[Passionnant et important] Didier Sicard : « Il est urgent d’enquêter sur l’origine animale de l’épidémie de Covid-19 »

28/03/2020 | 7 commentaires

Article pas­sion­nant et impor­tant, de Didier Sicard sur France culture, signa­lé par Juan.

Cette ana­lyse recoupe en de nom­breux points nos recherches des racines pro­fondes (la cause des causes) des crimes odieux du pré­ten­du « néo­li­bé­ra­lisme », gou­ver­nance par les nombres for­mi­da­ble­ment décrite par Alain Supiot, scien­tisme irres­pon­sable et assas­sin qu’on retrouve chez les nazis, chez les sovié­tiques, et chez… les Unioneuropéistes.

Don­ner le pou­voir à des comp­tables (des ges­tion­naires, des mana­gers) a été une catas­trophe huma­ni­taire majeure dont on n’a pas fini de payer le prix exor­bi­tant.

On en crè­ve­ra peut-être, si notre sot­tise et notre vul­né­ra­bi­li­té aux bobards (en l’oc­cur­rence, les men­songes des mar­chands et de leurs élus) en rajoutent encore au désastre.

Étienne.

PS : moi j’au­rais plu­tôt don­né à ce texte le titre suivant :
« Il est urgent d’en­quê­ter sur l’o­ri­gine humaine de l’é­pi­dé­mie de Covid-19 ».

On pour­rait aus­si incri­mi­ner la vora­ci­té des hommes à man­ger tous les autres animaux.


Didier Sicard : « Il est urgent d’enquêter sur l’origine animale de l’épidémie de Covid-19 »

Entre­tien |La recherche se foca­lise sur les trai­te­ments et les vac­cins, ana­lyse le pro­fes­seur Didier Sicard, mais elle néglige l’o­ri­gine ani­male de l’é­pi­dé­mie. Spé­cia­liste des mala­dies infec­tieuses, il affirme qu’il faut retour­ner sur le ter­rain, étu­dier de plus près la chaîne de trans­mis­sion des coronavirus.

https://​www​.fran​ce​cul​ture​.fr/​s​c​i​e​n​c​e​s​/​d​i​d​i​e​r​-​s​i​c​a​r​d​-​i​l​-​e​s​t​-​u​r​g​e​n​t​-​d​e​n​q​u​e​t​e​r​-​s​u​r​-​l​o​r​i​g​i​n​e​-​a​n​i​m​a​l​e​-​d​e​-​l​e​p​i​d​e​m​i​e​-​d​e​-​c​o​v​i​d​-19

Pour Didier Sicard, il faut notamment "essayer de reconstituer le parcours épidémiologique qui fait que la chauve-souris tolère des coronavirus depuis des millions d’années, mais aussi qu’elle les disperse".
Pour Didier Sicard, il faut notam­ment « essayer de recons­ti­tuer le par­cours épi­dé­mio­lo­gique qui fait que la chauve-sou­ris tolère des coro­na­vi­rus depuis des mil­lions d’années, mais aus­si qu’elle les dis­perse ». Cré­dits : Isa­bel Pavia – Get­ty

Didier Sicard est un spé­cia­liste des mala­dies infec­tieuses, il a notam­ment tra­vaillé long­temps sur le VIH. Doc­teur en méde­cine interne, il est aujourd’­hui pro­fes­seur émé­rite à Sor­bonne Uni­ver­si­té. Ce qui le frappe dans cette crise est « l’in­dif­fé­rence au point de départ », à l’o­ri­gine de la pandémie. 

Très impli­qué dans la créa­tion de l’Ins­ti­tut Pas­teur au Laos, Didier Sicard a pu consta­ter à quel point la trans­for­ma­tion de la forêt pri­maire rap­proche l’homme des chauves-sou­ris et donc d’un réser­voir de virus qu’on a trop peu étudié.

Par ailleurs, si la Chine a inter­dit le 24 février der­nier « tota­le­ment et immé­dia­te­ment » le tra­fic et la consom­ma­tion d’a­ni­maux sau­vages, une légis­la­tion ana­logue existe déjà depuis 2003 sans être appli­quée réel­le­ment par Pékin. Le pro­fes­seur Sicard plaide donc pour la créa­tion d’un tri­bu­nal sani­taire international. 

L’an­cien pré­sident du Comi­té consul­ta­tif d’é­thique de 1999 à 2008 sou­ligne enfin com­bien, dans cette épi­dé­mie où la ques­tion du contact est pri­mor­diale, il faut que cha­cun se com­porte comme un modèle. 

Vous sou­hai­tez reve­nir aux ori­gines du mal ?

Le point de départ de cette pan­dé­mie, c’est un mar­ché ouvert de Wuhan dans lequel s’accumulent des ani­maux sau­vages, ser­pents, chauves-sou­ris, pan­go­lins, conser­vés dans des caisses en osier. En Chine, ces ani­maux sont ache­tés pour la fête du Rat. Ils coûtent assez cher et ce sont des ali­ments de choix. Sur ce mar­ché, ils sont tou­chés par les ven­deurs, dépe­cés, alors qu’ils sont macu­lés d’urine et que les tiques et les mous­tiques font une sorte de nuage autour de ces pauvres ani­maux, par mil­liers. Ces condi­tions ont fait que quelques ani­maux infec­tés ont for­cé­ment infec­té d’autres ani­maux en quelques jours. On peut faire l’hypothèse qu’un ven­deur s’est bles­sé ou a tou­ché des urines conta­mi­nantes avant de por­ter la main à son visage. Et c’est parti !

Ce qui me frappe tou­jours, c’est l’indifférence au point de départ. Comme si la socié­té ne s’intéressait qu’au point d’arrivée : le vac­cin, les trai­te­ments, la réani­ma­tion. Mais pour que cela ne recom­mence pas, il fau­drait consi­dé­rer que le point de départ est vital. Or c’est impres­sion­nant de voir à quel point on le néglige. L’indifférence aux mar­chés d’animaux sau­vages dans le monde est dra­ma­tique. On dit que ces mar­chés rap­portent autant d’argent que le mar­ché de la drogue. Au Mexique, il y a un tel tra­fic que les doua­niers retrouvent même des pan­go­lins dans des valises…

Ce n’est pour­tant pas la pre­mière fois que des ani­maux sont à l’origine de crises sanitaires ?

Les ani­maux sont effec­ti­ve­ment à l’origine de la plu­part des crises épi­dé­miques depuis tou­jours : le VIH, les grippes aviaires type H5N1, Ebo­la. Ces mala­dies virales viennent tou­jours d’un réser­voir de virus ani­mal. Et on ne s’y inté­resse pra­ti­que­ment pas. C’est la même chose pour la dengue. J’ai des rela­tions très étroites avec le Laos et sur place, au moment où la mala­die appa­raît, les popu­la­tions disent : ‘Il faut démous­ti­quer ‘. Mais en réa­li­té c’est pen­dant la sai­son sèche, au moment où il n’y a que des larves, qu’il fau­drait mener une poli­tique d’extermination des larves de mous­tique. Or per­sonne ne le fait parce que les gens se disent ‘oh, il n’y a pas de mous­tiques, pour­quoi vou­lez-vous qu’on uti­lise des insec­ti­cides ?’. Et l’Institut Pas­teur du Laos s’époumone en vain, en deman­dant aux popu­la­tions locales de por­ter l’effort avant que la mala­die n’éclate.

C’est exac­te­ment comme le tra­vail qui reste à faire sur les chauves-sou­ris. Elles sont elles-mêmes por­teuses d’une tren­taine de coro­na­vi­rus ! Il faut que l’on mène des tra­vaux sur ces ani­maux. Evi­dem­ment, ce n’est pas très facile : aller dans des grottes, bien pro­té­gé, prendre des vipères, des pan­go­lins, des four­mis, regar­der les virus qu’ils hébergent, ce sont des tra­vaux ingrats et sou­vent mépri­sés par les labo­ra­toires. Les cher­cheurs disent : ‘Nous pré­fé­rons tra­vailler dans le labo­ra­toire de bio­lo­gie molé­cu­laire avec nos cagoules de cos­mo­nautes. Aller dans la jungle, rame­ner des mous­tiques, c’est dan­ge­reux.’ Pour­tant, ce sont de très loin les pistes essentielles.

Par ailleurs, on sait que ces épi­dé­mies vont recom­men­cer dans les années à venir de façon répé­tée si on n’interdit pas défi­ni­ti­ve­ment le tra­fic d’animaux sau­vages. Cela devrait être cri­mi­na­li­sé comme une vente de cocaïne à l’air libre. Il fau­drait punir ce crime de pri­son. Je pense aus­si à ces éle­vages de pou­let ou de porc en bat­te­rie que l’on trouve en Chine. Ils donnent chaque année de nou­velles crises grip­pales à par­tir de virus d’origine aviaire. Ras­sem­bler comme cela des ani­maux, ce n’est pas sérieux.

C’est comme si l’art vété­ri­naire et l’art médi­cal humain n’avaient aucun rap­port. L’origine de l’épidémie devrait être l’objet d’une mobi­li­sa­tion inter­na­tio­nale majeure.

Quel type de recherches fau­drait-il mettre en œuvre ? 

Il faut essayer de recons­ti­tuer le par­cours épi­dé­mio­lo­gique qui fait que la chauve-sou­ris tolère des coro­na­vi­rus depuis des mil­lions d’années, mais aus­si qu’elle les dis­perse. Elle conta­mine ain­si d’autres ani­maux. Lorsque les chauves-sou­ris sont accro­chées dans les grottes et meurent, elles tombent par terre. Alors les ser­pents, les vipères en par­ti­cu­lier, qui raf­folent de leurs cadavres, les mangent. Tout comme les petits chauves-sou­ri­ceaux enfants qui tombent et sont dévo­rés immé­dia­te­ment par ces ser­pents qui sont donc pro­ba­ble­ment des hôtes inter­mé­diaires des virus. En plus, il y a dans ces grottes des nuages de mous­tiques et de tiques et il fau­drait essayer de voir quels sont les insectes qui sont aus­si éven­tuel­le­ment trans­met­teurs du virus.

Une autre hypo­thèse porte sur la trans­mis­sion qui se pro­duit quand les chauves-sou­ris sortent la nuit man­ger des fruits, en par­ti­cu­lier dans les bégo­nia­cées. Elles ont un réflexe qua­si­ment auto­ma­tique, dès qu’elles déglu­tissent, elles urinent. Elles vont donc conta­mi­ner les fruits de ces arbres et les civettes, qui adorent les mêmes fruits, se conta­minent en les man­geant. Les four­mis par­ti­cipent aux agapes et les pan­go­lins – pour les­quels la nour­ri­ture la plus mer­veilleuse est consti­tuée de four­mis – dévorent les four­mis et s’infectent à leur tour.

C’est toute cette chaîne de conta­mi­na­tion qu’il faut explo­rer. Les réser­voirs de virus les plus dan­ge­reux sont pro­ba­ble­ment les ser­pents, car ce sont eux qui se nour­rissent per­pé­tuel­le­ment des chauves-sou­ris, elles-mêmes por­teuses des coro­na­vi­rus. Il se pour­rait donc que les ser­pents hébergent ces virus en per­ma­nence. Mais c’est jus­te­ment cela qu’il faut savoir et véri­fier. Il fau­drait donc que des cher­cheurs cap­turent des chauves-sou­ris, mais aus­si qu’ils fassent le même tra­vail sur les four­mis, les civettes, les pan­go­lins et essayent de com­prendre leur tolé­rance au virus. C’est un peu ingrat, mais essentiel.

 

Quel est le rap­port qu’en­tre­tient la popu­la­tion locale avec ces chauves-souris ? 

Ce qui m’a frap­pé au Laos, où je vais sou­vent, c’est que la forêt pri­maire est en train de régres­ser parce que les Chi­nois y construisent des gares et des trains. Ces trains, qui tra­versent la jungle sans aucune pré­cau­tion sani­taire, peuvent deve­nir le vec­teur de mala­dies para­si­taires ou virales et les trans­por­ter à tra­vers la Chine, le Laos, la Thaï­lande, la Malai­sie et même Sin­ga­pour. La route de la soie, que les chi­nois sont en train d’a­che­ver, devien­dra peut-être aus­si la route de pro­pa­ga­tion de graves maladies.

Sur place, les grottes sont de plus en plus acces­sibles. Les humains ont donc ten­dance à s’ap­pro­cher des lieux d’ha­bi­ta­tion des chauves-sou­ris, qui sont de sur­croît des ali­ments très recher­chés. Les hommes construisent aus­si désor­mais des parcs d’arbres à fruit tout près de ces grottes parce qu’il n’y a plus d’arbres en rai­son de la défo­res­ta­tion. Les habi­tants ont l’impression qu’ils peuvent gagner des ter­ri­toires, comme en Ama­zo­nie. Et ils construisent donc des zones agri­coles toutes proches de zones de réser­voir de virus extrê­me­ment dangereuses.

Moi, je n’ai pas la réponse à toutes ces ques­tions, mais je sais sim­ple­ment que le point de départ est mal connu. Et qu’il est tota­le­ment mépri­sé. On en fait des dis­cours de confé­rence sur un mode folk­lo­rique. On parle à pro­pos des chauves-sou­ris de la malé­dic­tion des pharaons.

 

Mais il n’existe pas d’après vous d’études suf­fi­sam­ment sérieuses sur la capa­ci­té des chauves-sou­ris à héber­ger des coronavirus ?

Si, il y a sûre­ment des études sérieuses, je ne peux pas dire qu’il n’y a rien du tout.  Mais je le vois bien, quand je me rends à l’Institut Pas­teur du Laos qui est diri­gé par un homme excep­tion­nel, Paul Brey. Ce direc­teur a la fibre d’un Louis Pas­teur, il est pas­sion­né depuis vingt ans par les ques­tions de trans­mis­sion. Mais il est extrê­me­ment seul. Même l’étude des mous­tiques, qui est fon­da­men­tale pour com­prendre la trans­mis­sions des mala­dies au Laos, est presque aban­don­née. Et Paul Brey me répète qu’il y a une tren­taine d’espèces de coro­na­vi­rus chez les chauve-sou­ris. L’effort scien­ti­fique n’est donc pas à la hauteur.

Quand le minis­tère des Affaires étran­gères fran­çais retire le poste de viro­logue de cet Ins­ti­tut Pas­teur qui est à quelques cen­taines de kilo­mètres de la fron­tière chi­noise, on est atter­ré. Cela s’est pas­sé en novembre 2019. Nous allons essayer de récu­pé­rer ce poste, mais c’est quand même effrayant de se dire qu’aux portes même de là où les mala­dies infec­tieuses virales viennent, on a de la peine à mettre tous les efforts. L’Institut Pas­teur du Laos est sou­te­nu très modé­ré­ment par la France, il est sou­te­nu par les Japo­nais, les Amé­ri­cains, les Luxem­bour­geois. La France y contri­bue, mais elle n’en fait pas un outil majeur de recherche.

Quel est le rôle exact de cet Ins­ti­tut Pasteur ?

Sa mis­sion est de for­mer des cher­cheurs locaux. De faire des études épi­dé­mio­lo­giques sur les virus exis­tants le chi­kun­gu­nya, la dengue et main­te­nant le coro­na­vi­rus. D’être un lieu d’é­tudes scien­ti­fiques bio­lo­giques de haut niveau dans un ter­ri­toire loin­tain, tro­pi­cal, mais avec un labo­ra­toire de haute sécu­ri­té. D’être au plus près de là où se passent les épi­dé­mies et d’a­voir des labo­ra­toires à la hau­teur. C’est très dif­fi­cile pour les pays rela­ti­ve­ment pauvres d’avoir un équi­pe­ment scien­ti­fique de haut niveau. Le réseau des Ins­ti­tuts Pas­teurs – qui existent dans plu­sieurs pays – est une struc­ture que le monde nous envie. Mais des ins­ti­tuts comme celui du Laos ont besoin d’être aidé beau­coup plus qu’il ne l’est actuel­le­ment. Ces labo­ra­toires ont du mal à bou­cler leur bud­get et ils ont aus­si de la peine à recru­ter des cher­cheurs. La plu­part d’entre eux pré­fèrent être dans leur labo­ra­toire à l’Institut Pas­teur à Paris ou dans un labo­ra­toire Sano­fi ou chez Merieux, mais se trans­for­mer en explo­ra­teur dans la jungle, il n’y a pas beau­coup de gens qui font cela. Or c’est ce que fai­sait Louis Pas­teur, il allait voir les pay­sans dans les vignes, il allait voir les ber­gers et leurs mou­tons. Il sor­tait de son labo­ra­toire. Tout comme Alexandre Yer­sin qui était sur le ter­rain, au Viet­nam, quand il a décou­vert le bacille de la peste.

La recherche ento­mo­lo­gique et la recherche sur les ani­maux trans­met­teurs n’est donc pas à la hau­teur des enjeux. Bien sûr qu’elle existe, mais elle doit comp­ter peut-être pour 1% de la recherche. Parce que ce qui fas­cine les can­di­dats au Prix Nobel, c’est de trou­ver un trai­te­ment ou un nou­veau virus en bio­lo­gie molé­cu­laire et pas de recons­ti­tuer les chaînes épi­dé­mio­lo­giques. Or les grandes décou­vertes infec­tieuses sont nées ain­si : l’agent du palu­disme, le Plas­mo­dium, a été décou­vert par un Fran­çais, Alphonse Lave­ran sur le ter­rain, en Tuni­sie. Et ce sont des recherches qui sont fon­da­men­tales et qui sont faites à une échelle qu’on a un peu oubliée. Comme si la vision micro avait fini par faire dis­pa­raître l’importance du macro.

Auriez-vous d’autres exemples qui montrent que l’étude du com­por­te­ment ani­mal est cruciale ?

La peste reste un exemple pas­sion­nant. Le réser­voir de la peste, ce sont les rats. Il y a des popu­la­tions de rats qui sont très résis­tantes et qui trans­mettent le bacille de la peste, mais s’en fichent com­plè­te­ment. Et puis, il y a des popu­la­tions de rats très sen­sibles. Il suf­fit qu’un jour, quelques indi­vi­dus de la popu­la­tion de rats sen­sible ren­contrent la popu­la­tion de rats qui est résis­tante pour qu’ils se conta­minent. Les rats sen­sibles meurent. A ce moment là, les puces qui se nour­rissent du sang des rats, déses­pé­rées de ne plus avoir de rats vivants, vont se mettre à piquer les hommes. Recons­ti­tuer ce tout début de la chaîne de trans­mis­sion per­met d’agir. Dans les endroits où la peste sévit encore, en Cali­for­nie, à Mada­gas­car, en Iran ou en Chine, lorsque l’on constate que quelques rats se mettent à mou­rir, c’est exac­te­ment le moment où il faut inter­ve­nir : c’est extrê­me­ment dan­ge­reux car c’est le moment où les puces vont se mettre à vou­loir piquer les humains. Dans les régions pes­teuses, lorsque l’on voit des cen­taines de rats morts, c’est une véri­table bombe.

Heu­reu­se­ment, la peste est une mala­die du pas­sé. Il doit y avoir encore 4 000 ou 5 000 cas de peste dans le monde. Ce n’est pas consi­dé­rable et puis les anti­bio­tiques sont effi­caces. Mais c’est un exemple, pour mon­trer que l’origine ani­male est fon­da­men­tale et tou­jours dif­fi­cile à appré­hen­der. Elle est néan­moins essen­tielle pour la com­pré­hen­sion et per­met de mettre en place des poli­tiques de pré­ven­tion. Aujourd’hui, si l’on conti­nue à vendre des ani­maux sau­vages sur un mar­ché, on est dans une situa­tion déli­rante. Il faut appli­quer le prin­cipe de précaution.

Le tra­fic d’animaux sau­vage est pour­tant pro­hi­bé. Il existe une conven­tion inter­na­tio­nale qui encadre toutes les ventes. 

Oui, mais en Chine, notam­ment, cette conven­tion inter­na­tio­nale n’est pas res­pec­tée. Il fau­drait créer une sorte de tri­bu­nal sani­taire inter­na­tio­nal. On voit bien que si on demande à chaque pays de s’organiser natio­na­le­ment, rien ne chan­ge­ra. La Chine a fait pres­sion au début sur l’OMS pour qu’on ne dise pas qu’il s’agissait d’une pan­dé­mie. Elle a ten­té de blo­quer les choses, car elle contri­bue for­te­ment au finan­ce­ment de l’OMS. Il serait donc impor­tant que ce soit un tri­bu­nal sani­taire tota­le­ment indé­pen­dant, comme un tri­bu­nal inter­na­tio­nal pour les crimes de guerre, avec des ins­pec­teurs indé­pen­dants qui véri­fient ce qu’il se passe sur le terrain.

Au Laos, dans la cam­pagne, il y a beau­coup de mar­chés où les ani­maux sau­vages sont ven­dus comme des pou­lets ou des lapins. Dans l’indifférence géné­rale, car c’est la culture locale. Or la culture est la choses la plus dif­fi­cile à faire évo­luer dans un pays.

Dans cette épi­dé­mie, en tant que spé­cia­liste des mala­dies infec­tieuses, y a‑t-il quelque chose qui vous frappe dans l’attitude de la population ? 

Oui, c’est l’écart entre une sorte de désin­vol­ture indif­fé­rente, un regard un peu cri­tique sur l’Italie, sur la Chine et la décou­verte bru­tale de la catas­trophe sani­taire. On est pas­sé d’une insou­ciance à une extrême inquié­tude et les deux sont aus­si toxiques l’une que l’autre : l’insouciance crée la conta­mi­na­tion et l’angoisse extrême abou­tit à des com­por­te­ments irra­tion­nels. J’en veux pour preuve la fuite des Pari­siens, des Lyon­nais, des habi­tants des grandes villes vers leurs rési­dences secon­daires. Cela m’a paru témoi­gner d’abord une vision à très courte vue, comme si l’on pou­vait échap­per, en guerre, à l’arrivée des armées alle­mandes. Et ensuite d’un com­por­te­ment extra­or­di­nai­re­ment indi­vi­dua­liste, dans le mau­vais sens du terme : ‘Sauve qui peut, moi je me ren­ferme dans ma cam­pagne et puis tant pis pour les autres, je me pro­tège’. Bien sûr, j’imagine que si l’on peut pro­té­ger des per­sonnes âgées et les mettre à l’abri, c’est très bien. Mais quand on voit des jeunes couples ou des bandes d’amis qui se disent main­te­nant on va par­tir en vacances ! Il y a là une image d’autant plus cho­quante que dans cette épi­dé­mie, il s’agit jus­te­ment de tout autre chose que d’un sauve-qui-peut. Il s’agit, à l’inverse, de se deman­der com­ment cha­cun peut être vu par l’autre comme un modèle.

Il fau­drait donc affi­cher une sorte d’attitude universalisable ? 

Oui, il ne faut pas se mettre ‘en dehors’. Il ne faut pas consi­dé­rer qu’on a 30 ans et qu’on est en bonne san­té et qu’on ne va pas se lais­ser avoir par tous ces dis­cours. Je pense aus­si aux couples qui pour­raient dire, on va conti­nuer quand même à s’embrasser dans la rue, on se connaît, on n’est pas conta­gieux. Alors que l’on sait qu’environ 13 des per­sonnes conta­mi­nantes ne pré­sentent aucun symp­tôme. Par consé­quent, il faut que cha­cun intègre le fait qu’il est pos­si­ble­ment conta­mi­nant à son insu. Et si cette per­sonne part dans un ter­ri­toire à prio­ri vierge de tout virus, son com­por­te­ment va être une vraie bombe pour les autres.

L’épidémie est pas­sée par des gens qui sont reve­nus de Chine ou d’Italie. Je connais l’exemple d’une femme ita­lienne qui s’est ren­due en Argen­tine. Elle a par­ti­ci­pé à un mariage et embras­sé tout le monde. Cette femme a conta­mi­né 56 per­sonnes ! L’irresponsabilité en période d’épidémie fait d’immenses dégâts. Il faut au contraire res­pec­ter à la lettre les mesures bar­rières. Comme attendre, par exemple, devant le super­mar­ché avant d’entrer si on voit qu’il y a du monde.

Quant aux masques, ce sont des pro­tec­teurs psy­cho­lo­giques pour les pro­me­neurs et non des pro­tec­teurs viro­lo­giques. Il faut que chaque Fran­çais se dise : je fais tout pour que les autres ne puissent rien me repro­cher. Nous avons besoin d’une atti­tude où l’on cherche le regard de l’autre avant son propre regard. Cela seul sera por­teur d’efficacité.

Pour­quoi dites-vous que les masques ne sont pas protecteurs ?

Ils sont pro­tec­teurs bien évi­dem­ment pour les méde­cins et les soi­gnants, dans un milieu où cir­cule le virus. Mais quand vous avez des gens qui se pro­mènent dans la rue en por­tant des masques, c’est para­doxal. Ils pensent se pro­té­ger des autres mais il y a un écart consi­dé­rable entre l’inutilité des masques dans la rue et l’utilité vitale des masques dans les hôpi­taux. Moi même, j’étais à la phar­ma­cie same­di matin et j’ai mon­tré ma carte de méde­cin pour véri­fier si je pou­vais ache­ter des masques. Le phar­ma­cien m’a répon­du qu’il n’y en avait plus. Donc, si j’en avais eu besoin pour soi­gner un malade je n’aurai pas pu aller le voir, ou je l’aurais peut-être conta­mi­né. On a trop vu de gens se pro­me­ner dans la rue en arbo­rant des masques comme une sorte de pano­plie. Il y a un drame poli­tique majeur dans cette absence de masque.

Faut-il les réser­ver aux soignants ? 

Oui, c’est évident. A tous ceux qui tra­vaillent à proxi­mi­té du virus. Quand vous voyez au super­mar­ché des cais­sières qui n’ont pas de masques alors que les clients ont des masques, il y a quelque chose de com­plè­te­ment contre pro­duc­tif. Ceux qui n’en ont pas besoin en ont eu, et ceux qui en ont vrai­ment besoin en manquent. Cela est direc­te­ment lié aux com­por­te­ments indi­vi­duels. Jamais je n’aurais osé me pro­me­ner dans la rue avec un masque tant que les soi­gnants n’en avaient pas. C’est quelque chose qui m’aurait effa­ré. Cela montre au fond la céci­té des gens et leur igno­rance. Si on se pro­mène sans croi­ser per­sonne, il n’y a aucun inté­rêt à por­ter un masque.

Que pen­sez-vous, d’un point de vue éthique, de l’attitude des soi­gnants, qui sont en pre­mière ligne alors qu’ils étaient en grève il y a encore quelques semaines ? 

C’est leur fonc­tion. Un méde­cin est mobi­li­sé dans son fort inté­rieur pour accom­plir son métier. Les lâches ne viennent pas dès le début. Donc cela me paraît à la fois admi­rable et nor­mal. La souf­france du corps hos­pi­ta­lier, je la vois depuis dix ou quinze ans. Le nombre de mes col­lègues qui m’ont dit, tu as tel­le­ment de chance d’être à la retraite ! Nous souf­frons, c’est épou­van­table, l’hôpital est deve­nu une entre­prise. Et je suis tout à fait d’accord avec leur dis­cours : l’hôpital a été mar­ty­ri­sé. Avec des déci­sions pure­ment éco­no­miques qui ont fait fi de l’intérêt des malades et des médecins.

Il faut mesu­rer le nombre de méde­cins qui sont par­tis en retraite anti­ci­pée en expli­quant que leur métier n’avait plus d’intérêt et qu’ils avaient l’impression de pas­ser leur temps à rem­plir des fiches et des cases. Il y a eu un vrai sac­cage de l’hôpital public depuis une décen­nie. Le der­nier ministre de la San­té qui avait encore vrai­ment conscience de son rôle et qui res­pec­tait le per­son­nel de san­té, c’était Xavier Ber­trand. Après, cela a été la catastrophe.

Mais cette casse du sys­tème hos­pi­ta­lier a‑t-elle des réper­cus­sions aujourd’hui au moment de la crise sanitaire ? 

Non, il y a un décou­plage. Toutes les mesures qui ren­daient l’hôpital non fonc­tion­nel ont tem­po­rai­re­ment dis­pa­ru. Les admi­nis­tra­teurs sont ter­ri­fiés dans leurs bureaux et ne font plus rien. Ce sont les méde­cins qui font tout. Ils ont retrou­vé la tota­li­té de leur pou­voir. Il y a pour eux un cer­tain bon­heur à retrou­ver le métier qu’ils ont tou­jours vou­lu faire. L’administration a plié bagage, ou plus exac­te­ment elle est aux ordres. Le rap­port de force s’est ren­ver­sé : il y a un an, les méde­cins étaient aux ordres de l’administration ; à pré­sent, c’est l’administration qui est aux ordres des méde­cins. C’est un phé­no­mène très inté­res­sant. Les méde­cins eux-mêmes ne sont plus entra­vés par la contrainte de rem­plir leurs lits avec des malades qui rap­portent de l’argent, ce qui était le prin­cipe jusqu’alors. Main­te­nant, ils répondent à leur cœur de métier. A ce qui est la lutte contre la mort. Au fond, ils retrouvent l’ADN pro­fond de leur métier.

C’est presque un para­doxe : il y a moins de détresse dans le corps médi­cal actuel­le­ment en situa­tion d’activité maxi­male, qu’il n’y avait de détresse il y a six mois quand ils étaient déses­pé­rés et dépri­més car ils esti­maient que leur métier avait per­du son sens.

Pen­sez-vous que le poli­tique sau­ra s’en souvenir ? 

Oui, je le pense. Je crois qu’on va chan­ger d’époque. Je peux vous don­ner un exemple pour lequel je me bats depuis deux ans. Je ne don­ne­rai pas le nom de l’hôpital mais je connais une femme chi­rur­gien spé­cia­liste des grands brû­lés. A l’hôpital, son ser­vice a fer­mé et elle n’avait plus de poste. Elle sou­hai­tait néan­moins conti­nuer à tra­vailler avec des enfants vic­times de brû­lures. Or son ser­vice d’enfants brû­lés a été trans­for­mé en un ser­vice de chi­rur­gie plas­tique de la fesse et du sein. Parce que cela rap­porte beau­coup d’argent. Mais elle me dit tou­jours que s’il y avait un incen­die dans une école avec qua­rante ou cin­quante enfants brû­lés, on n’aurait plus la capa­ci­té de les accueillir parce qu’on consi­dère que la brû­lure n’est pas assez ren­table et qu’il vaut mieux s’intéresser à la chi­rur­gie des stars. Cette vision éco­no­mique de la méde­cine, qui s’est intro­duite depuis dix ans, est une catas­trophe absolue.

Il s’agit d’un hôpi­tal public ? 

Oui bien enten­du. Dans le pri­vé, les éta­blis­se­ments font ce qu’ils veulent. Mais que dans le public, on détruise une acti­vi­té qui n’est pas ren­table – car les brû­lures cela coûte effec­ti­ve­ment très cher et rap­porte très peu et il n’y a pas d’activité pri­vé capable de les prendre en charge – qu’on écarte cela au pro­fit d’activités ren­tables ce n’est pas nor­mal. Au fond, le public était angois­sé à l’idée qu’il lui fal­lait inves­tir énor­mé­ment dans des équi­pe­ments haut de gamme pour être à la hau­teur du pri­vé. Or le public n’aura jamais autant d’argent que le pri­vé et n’arrivera jamais à suivre. Et à force de dépen­ser de l’argent pour des sec­teurs ultra poin­tus, on finit par négli­ger l’accueil des per­sonnes les plus vul­né­rables, que ce soient les per­sonnes âgées, les per­sonnes en situa­tion d’alcoolisme, de pré­ca­ri­té. L’hôpital public a fini par oublier sa fonc­tion hos­pi­ta­lière, je l’ai dit à plu­sieurs reprises.
90% des méde­cins en ont été conscients et cela a été pour eux une souf­france ter­rible. Tout comme pour les infir­mières et les autres per­son­nels soi­gnants, de faire un métier qui était relié à l’argent.

En quoi pen­sez vous que les hommes poli­tiques vont modi­fier leur regard sur l’hôpital ? 

On n’a aucune cer­ti­tude, mais je pense que les Fran­çais s’en sou­vien­dront et deman­de­ront des comptes. Le Pré­sident Macron avait pro­mis d’arrêter la tari­fi­ca­tion à l’activité, le sys­tème actuel de finan­ce­ment des hôpi­taux. Les éco­no­mistes ont pous­sé des hauts-cris en disant qu’on n’arriverait plus à mesu­rer ce que coûte telle ou telle opé­ra­tion. Et le chef de l’Etat a renon­cé. Moi, je pense qu’après cette crise, le pré­sident de la Répu­blique va modi­fier cette tari­fi­ca­tion à l’activité. L’hôpital deman­de­ra à être rem­bour­sé sur ce qu’il réa­lise et ce qu’il consi­dère comme sa prio­ri­té. Il faut faire confiance à l’hôpital pour ne pas trai­ter les patients inuti­le­ment et rem­plir des lits comme si on était au club médi­ter­ra­née. L’hôpital va retrou­ver sa vraie fonc­tion de soins publics.

Source : https://​www​.fran​ce​cul​ture​.fr/​s​c​i​e​n​c​e​s​/​d​i​d​i​e​r​-​s​i​c​a​r​d​-​i​l​-​e​s​t​-​u​r​g​e​n​t​-​d​e​n​q​u​e​t​e​r​-​s​u​r​-​l​o​r​i​g​i​n​e​-​a​n​i​m​a​l​e​-​d​e​-​l​e​p​i​d​e​m​i​e​-​d​e​-​c​o​v​i​d​-19

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

Catégorie(s) de l'article :

7 Commentaires

  1. Jacques

     » VIH […] Pas­teur (Ins­ti­tut) […] tri­bu­nal  » : ces trois mots, ici atta­chés à l’ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle du pro­fes­seur Didier Sicard, ont eu valeur de mots-clés lors de la lec­ture que je viens de faire de cet article ; mon juge­ment est fait sur ce sujet ! … et ne me rap­proche pas de Juan Bran­co … décidément !

    Réponse
  2. joss

    Sur l’o­ri­gine du virus…parmi les scé­na­rios possibles…
    une étude de 2015 par­vient à mettre au point un virus chi­mé­rique, un croi­se­ment entre un coro­na­vi­rus de chauve-sou­ris SHC014-COV et le coro­na­vi­rus de 2003 SARS-COV1 :
    A SARS-like clus­ter of cir­cu­la­ting bat coro­na­vi­ruses shows poten­tial for human emer­gence (09/11/2015-Nature Medicine)
    https://​www​.nature​.com/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​n​m​.​3​985

    Après tra­duc­tion du résumé :
    « L’é­mer­gence du coro­na­vi­rus du syn­drome res­pi­ra­toire aigu sévère (SRAS-CoV) et du syn­drome res­pi­ra­toire du Moyen-Orient (MERS)-CoV sou­ligne la menace d’é­vé­ne­ments de trans­mis­sion inter-espèces condui­sant à des épi­dé­mies chez l’homme. Nous exa­mi­nons ici le poten­tiel de mala­die d’un virus simi­laire au SRAS, le SHC014-CoV, qui cir­cule actuel­le­ment dans les popu­la­tions de chauves-sou­ris en fer à che­val chinoises1. En uti­li­sant le sys­tème de géné­tique inverse du SRAS-CoV2, nous avons géné­ré et carac­té­ri­sé un virus chi­mé­rique expri­mant le pic du coro­na­vi­rus de la chauve-sou­ris SHC014 dans un sque­lette de SRAS-CoV adap­té à la sou­ris. Les résul­tats indiquent que les virus du groupe 2b codant pour le pic SHC014 dans un sque­lette de type sau­vage peuvent uti­li­ser effi­ca­ce­ment plu­sieurs ortho­lo­gies de l’en­zyme de conver­sion de l’an­gio­ten­sine II (ACE2) humaine, récep­teur du SRAS, se répli­quer effi­ca­ce­ment dans les cel­lules pri­maires des voies res­pi­ra­toires humaines et obte­nir des titres in vitro équi­va­lents aux souches épi­dé­miques de CoV-SARS. En outre, des expé­riences in vivo démontrent la répli­ca­tion du virus chi­mé­rique dans les pou­mons de sou­ris avec une patho­gé­nèse notable. L’é­va­lua­tion des moda­li­tés immu­no-thé­ra­peu­tiques et pro­phy­lac­tiques dis­po­nibles basées sur le SRAS a révé­lé une faible effi­ca­ci­té ; les deux approches, anti­corps mono­clo­nal et vac­cin, n’ont pas réus­si à neu­tra­li­ser et à pro­té­ger contre l’in­fec­tion par les CoV en uti­li­sant la nou­velle pro­téine de pointe. Sur la base de ces résul­tats, nous avons redé­ri­vé syn­thé­ti­que­ment un virus recom­bi­nant SHC014 infec­tieux de pleine lon­gueur et avons démon­tré une répli­ca­tion virale robuste à la fois in vitro et in vivo. Nos tra­vaux sug­gèrent un risque poten­tiel de réémer­gence du SRAS-CoV à par­tir des virus cir­cu­lant actuel­le­ment dans les popu­la­tions de chauves-souris. »

    Réponse
  3. joss

    sur wiki­pe­dia :
    https://​en​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​S​H​C​0​1​4​-​CoV

    SHC014-CoV est un coro­na­vi­rus sem­blable au SRAS (SL-COV) qui infecte les chauves-sou­ris en fer à che­val (f. Rhi­no­lo­phi­dae), décou­vert pour la pre­mière fois en Chine en 2013 [1].
    En 2015, l’U­ni­ver­si­té de Caro­line du Nord à Cha­pel Hill et l’Ins­ti­tut de viro­lo­gie de Wuhan ont mené des recherches mon­trant que le virus pou­vait être ame­né à infec­ter la lignée cel­lu­laire HeLa humaine, en uti­li­sant la géné­tique inverse pour créer un virus chi­mé­rique com­po­sé d’une pro­téine de sur­face SHC014 et de la struc­ture prin­ci­pale d’un virus du SRAS[2][3], mais il a été démon­tré qu’il dif­fé­rait de plus de 5 000 nucléo­tides du SRAS-CoV‑2, la cause d’une pan­dé­mie humaine en 2019–2020[4].

    Réponse
  4. joss

    « Il est plus pro­bable que le CoV‑2 du SRAS soit un CoV recom­bi­nant géné­ré dans la nature entre un CoV de chauve-sou­ris et un autre coro­na­vi­rus chez un hôte ani­mal inter­mé­diaire. D’autres études sont néces­saires pour explo­rer cette pos­si­bi­li­té et résoudre la ques­tion de l’o­ri­gine natu­relle du CoV‑2 du SRAS. Nous devons sou­li­gner que, bien que le CoV‑2 du SRAS ne pré­sente aucune preuve d’o­ri­gine en labo­ra­toire, les virus pré­sen­tant des menaces aus­si impor­tantes pour la san­té publique doivent être trai­tés cor­rec­te­ment en labo­ra­toire et éga­le­ment être cor­rec­te­ment régle­men­tés par la com­mu­nau­té scien­ti­fique et les gouvernements. »

    Réponse
  5. Laolao

    Dire que Paul BREY est un Louis Pas­teur et van­ter autant un homme qui se rému­nère plus sur les sub­ven­tions qu’il ne fait avec son équipe c’est indé­cent et oublier une par­tie du pro­blème qui fait que l’IP peut encore mieux. Bien sûr la France a son rôle et devrait finan­cer de manière consé­quente un labo­ra­toire situé dans une zone d’é­tude pri­vi­lé­giée pour l’é­tude des mala­dies tro­pi­cales mais aus­si des mala­dies émer­gentes d’o­ri­gine ani­males pour les rai­sons citées par M. SICARD.
    Il y a une équipe qui n’at­tend que ça de pou­voir aller plus loin dans ses inves­ti­ga­tions et c’est plu­tôt à elle que nous devons tout le travail.
    Bref, c’est un article inté­res­sant pour com­prendre gros­siè­re­ment les risques engen­drés par la dis­pa­ri­tion des habi­tats natu­rels et l’ex­ploi­ta­tion ali­men­taire d’êtres vivants qui étaient peu en contact avec l’homme… mais autant faire l’é­loge d’un homme au dépend des vrais acteurs n’est pas sérieux.

    Réponse

Laisser un commentaire

Derniers articles