[Important] L’Italie est-elle en train de créer une monnaie parallèle ? par Martine Orange, Mediapart

18/06/2019 | 6 commentaires

L’Italie est-elle en train de créer une mon­naie paral­lèle ? par Mar­tine ORANGE, Mediapart

Source : Media­part, https://www.mediapart.fr/journal/economie/170619/l‑italie-est-elle-en-train-de-creer-une-monnaie-parallele

« Offi­ciel­le­ment, il ne s’agit que d’une motion de prin­cipe, sans autre por­tée. Mais cette motion a été votée à l’unanimité par la chambre des dépu­tés ita­lienne le 28 mai. Et c’est cette una­ni­mi­té qui inquiète d’abord nombre de res­pon­sables euro­péens. Toutes ten­dances confon­dues, les dépu­tés ont approu­vé le prin­cipe de créer des titres de paie­ment appe­lés mini-BOTs (Buo­ni ordi­na­ri del teso­ro). Sorte de bons ordi­naires du Tré­sor à court terme, ils sont cen­sés pou­voir être uti­li­sés pour payer les créances inté­rieures de l’État italien.

Tout de suite après le vote, le pre­mier ministre Giu­seppe Conte et le ministre des finances Gio­van­ni Tria ont dit tout le mal qu’ils pen­saient de cette ini­tia­tive par­le­men­taire, assu­rant que jamais ils n’auraient recours à de tels ins­tru­ments. Mais ces annonces n’ont pas suf­fi à cal­mer le monde finan­cier et les res­pon­sables euro­péens. De nom­breux ana­lystes s’interrogent sur les inten­tions du gou­ver­ne­ment ita­lien, domi­né par le chef de la Ligue, Mat­teo Sal­vi­ni. Va-t-il ou non uti­li­ser ces nou­veaux titres ? Ceux-ci pour­raient-ils être assi­mi­lés à une mon­naie paral­lèle, au risque de miner l’euro ?

La menace est prise tel­le­ment au sérieux que le pré­sident de la BCE, Mario Dra­ghi, s’est sen­ti obli­gé lors d’une confé­rence de presse du 6 juin de com­men­ter cette ini­tia­tive ita­lienne, dans l’espoir de l’arrêter au plus vite. « Les mini-BOTs sont soit de la mon­naie, alors ils sont illé­gaux, soit de la dette et alors l’endettement ita­lien va encore aug­men­ter. Je ne pense pas qu’il y ait une troi­sième pos­si­bi­li­té », a‑t-il expli­qué. Signe de l’inquiétude gran­dis­sante, l’ancien vice-pré­sident de la BCE, Vitor Constân­cio, est à son tour inter­ve­nu pour essayer de tuer dans l’œuf l’idée ita­lienne. « Ce genre de “bons” a déjà été expé­ri­men­té en Argen­tine ou en Autriche, dans les années 1930. Cela n’a jamais fonc­tion­né »insiste-t-il, après avoir rap­pe­lé que ces ins­tru­ments seraient contraires aux trai­tés européens.

Le responsable de la Ligue, Matteo Slavini, pendant la campagne des élections européennes. © ReutersLe res­pon­sable de la Ligue, Mat­teo Sla­vi­ni, pen­dant la cam­pagne des élec­tions euro­péennes. © Reuters
 
C’est l’économiste Clau­dio Bor­ghi, conseiller de la Ligue et main­te­nant pré­sident de la com­mis­sion du bud­get de l’Assemblée natio­nale, qui est à l’origine de l’idée des mini-BOTs. Mili­tant de longue date pour la sor­tie de l’euro, il ne parle plus depuis son élec­tion – tout comme la Ligue, d’ailleurs – d’une sor­tie bru­tale de la mon­naie unique. Trop dan­ge­reux. Mais mar­qué par la crise euro­péenne et le trai­te­ment réser­vé à la Grèce, il a pro­mu l’idée de créer des ins­tru­ments de paie­ment qui pour­raient per­mettre de redon­ner des marges de manœuvre éco­no­miques et bud­gé­taires au gou­ver­ne­ment ita­lien dans le cadre des trai­tés exis­tants, et ser­vir de moyens alter­na­tifs en cas de crise. Et, avec cette idée, la Ligue a convain­cu son allié gou­ver­ne­men­tal, le Mou­ve­ment Cinq Étoiles (M5S).

Selon le méca­nisme ima­gi­né par Bor­ghi, les mini-BOTs seraient des titres de paie­ment – comme une sorte de recon­nais­sance de dette –, pou­vant aller de 1 à 500 euros, émis par le Tré­sor ita­lien pour faire face aux retards de paie­ment de l’État à l’égard de ses four­nis­seurs. L’État ita­lien pour­rait aus­si les émettre comme des lettres de cré­dit pour les contri­buables qui béné­fi­cient de rem­bour­se­ment. Ces titres, sans limite de temps, seraient garan­tis par l’État, et pour­raient être accep­tés comme paie­ment pour les impôts. Les par­ti­cu­liers, en revanche, ne seraient pas obli­gés de les accepter.

Pour les deux alliés de la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale, ce sys­tème aurait le mérite de per­mettre à l’Italie de sor­tir du car­can de l’austérité impo­sé par l’euro, sans enfreindre les trai­tés euro­péens. D’après leurs pre­mières esti­ma­tions, entre 50 et 100 mil­liards d’euros pour­raient être émis sous la forme de mini-BOTs, ce qui per­met­trait, selon eux, de relan­cer l’économie.

Quelles sont les inten­tions réelles de Mat­teo Sal­vi­ni ? Pré­pare-t-il sans le dire une sor­tie de l’euro ? Ou cherche-t-il avec les mini-BOTs à se don­ner un moyen de pres­sion pour mieux négo­cier des marges de manœuvre avec Bruxelles ? À ce stade, per­sonne ne sait répondre. Les res­pon­sables euro­péens regardent en tout cas son ini­tia­tive comme une menace sus­cep­tible d’ébranler tout l’édifice européen.

La Ligue et M5S se défendent aujourd’hui de toute volon­té de sor­tir de l’euro, en uti­li­sant les mini-BOTs. Pour le res­pon­sable de M5S, Lui­gi Di Maio, il s’agit juste d’une idée pour payer les arrié­rés dus par l’État. « Si c’est une pro­po­si­tion pour accé­lé­rer le paie­ment des dettes com­mer­ciales de l’administration publique, dis­cu­tons-en », dit-il. Depuis la crise, de nom­breuses PME accusent l’État de les avoir mises en dif­fi­cul­té, faute de payer à temps ses factures.Mais pour les détrac­teurs de ce pro­jet, les mini-BOTs sont bien plus qu’un moyen de sécu­ri­ser la dette exis­tante : ils consti­tuent une menace de mon­naie paral­lèle. Com­ment empê­cher en fait que ces titres ne deviennent pas des titres de paie­ment pour les tran­sac­tions cou­rantes entre particuliers ?

Le risque de voir les mini-BOTs se trans­for­mer en une mon­naie paral­lèle à l’euro est d’autant plus grand que la Ligue met tout en œuvre pour créer cette confu­sion. En début d’année, elle a fait adop­ter une dis­po­si­tion légis­la­tive pour rap­pe­ler que l’or dépo­sé à la Banque d’Italie appar­tient bien à l’État. Elle aime­rait aus­si don­ner aux titres émis l’aspect de billets, en repre­nant cer­tains modèles de la lire, ce qui confir­me­rait son sta­tut de monnaie.

Insen­si­ble­ment, le gou­ver­ne­ment ita­lien est ain­si en train de mettre en place, à tra­vers le Tré­sor public, les moyens pour créer une sorte de banque cen­trale auto­nome du sys­tème de l’euro, sus­cep­tible d’émettre sa propre mon­naie et de la garan­tir. Dès lors, la BCE, qui est garante de l’émission et du contrôle de la mon­naie, per­drait tout contrôle sur une par­tie des émis­sions en euros. Au risque de saper toute la cré­di­bi­li­té de la mon­naie européenne.

Monnaie ou dette ?

Le deuxième risque, aux yeux des res­pon­sables euro­péens, est que le gou­ver­ne­ment ita­lien uti­lise les mini-BOTs pour s’affranchir de toute dis­ci­pline bud­gé­taire. Ces titres, pré­viennent-ils, ne pour­raient être assi­mi­lés qu’à des ins­tru­ments de dette et donc contri­buer à la dette totale de l’Italie, déjà énorme : 133 % du PIB.

Sur­tout, insistent-ils, si les contri­buables paient leurs impôts avec des mini-BOTs, cela ne pour­rait que dimi­nuer les reve­nus de l’État ita­lien en euros et poser des ques­tions sur sa capa­ci­té à hono­rer le ser­vice de sa dette à l’extérieur. Ce doute, à terme, risque de por­ter atteinte à la signa­ture de l’Italie et plus géné­ra­le­ment de la zone euro, voire de relan­cer une crise, pré­viennent-ils. Sur les mar­chés finan­ciers, le spread (dif­fé­rence) entre les taux ita­liens et les taux alle­mands, qui servent de réfé­rence sur le mar­ché obli­ga­taire de la zone euro, est déjà de plus de 2,5 %.

La défiance des res­pon­sables euro­péens à l’égard du gou­ver­ne­ment ita­lien est totale. Et les cri­tiques fusent. « Quand nous exa­mi­nons l’économie ita­lienne, nous voyons les dom­mages cau­sés par les choix poli­tiques récents. Le che­min pour le redres­se­ment et la crois­sance ita­lienne ne passe pas par dépen­ser plus quand il n’y a pas les marges de manœuvre finan­cière pour le faire »dit Val­dis Dom­brovs­kis, vice-pré­sident de la Com­mis­sion européenne. 

Pour la troi­sième fois depuis 2008, l’Italie est en réces­sion. Faute d’activité et de ren­trées suf­fi­santes, l’État ita­lien a le plus grand mal à tenir ses enga­ge­ments bud­gé­taires : le défi­cit pour­rait atteindre 2,5 % au lieu des 2 % pré­vus, selon les cal­culs euro­péens. Il y a quinze jours, la Com­mis­sion euro­péenne a enga­gé les pre­mières étapes pour déclen­cher une nou­velle pro­cé­dure pour défi­cit exces­sif contre Rome. Elle consi­dère que le gou­ver­ne­ment ne prend pas les mesures suf­fi­santes pour sta­bi­li­ser sa situa­tion éco­no­mique et finan­cière et réduire son endettement.

Le ministre italien des finances Giovanni Tria et le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno. © ReutersLe ministre ita­lien des finances Gio­van­ni Tria et le pré­sident de l’Eurogroupe, Mario Cen­te­no. © Reuters

Même si le pre­mier ministre réaf­firme sa volon­té de s’en tenir stric­te­ment aux cadres impo­sés par la Com­mis­sion euro­péenne – il a mena­cé de démis­sion­ner la semaine der­nière s’il ne par­ve­nait pas à un accord gou­ver­ne­men­tal sur ce point –, la Ligue conteste de plus en plus ouver­te­ment les règles et les contraintes bud­gé­taires impo­sées par Bruxelles. « Nous ne sommes pas la Grèce. Nous sommes des contri­bu­teurs nets au bud­get euro­péen. Nous avons un excé­dent com­mer­cial, nous avons un bud­get pri­maire [avant ser­vice de la dette – ndlr] excé­den­taire. Nous ne deman­dons rien à per­sonne. Et nous sommes en meilleure forme que la France », s’indigne Clau­dio Bor­ghi, qui aime­rait voir les mini-BOTs entrer en action au plus vite.

Alors que le ton est déjà mon­té très haut entre Rome et Bruxelles, il pour­rait mon­ter encore plus haut à par­tir de sep­tembre, au moment des négo­cia­tions sur le bud­get de 2020. La Ligue a déjà fait savoir qu’il était hors de ques­tion de res­pec­ter les règles euro­péennes et d’appliquer des mesures d’austérité et de conso­li­da­tion bud­gé­taire alors que le pays est en pleine réces­sion. « Je ne vais pas me sui­ci­der pour des règles imbé­ciles. Tant que le chô­mage n’est pas tom­bé à 5 %, nous avons le droit d’investir. Nous avons des régions où le chô­mage des jeunes est supé­rieur à 50 % », a décla­ré Mat­teo Sal­vi­ni devant un audi­toire de la Ligue tout acquis à sa cause.

Le lea­der du par­ti d’extrême droite sou­haite impo­ser dans le cadre du pro­chain bud­get une forte dimi­nu­tion des impôts, notam­ment pour les plus aisés, pour relan­cer l’activité. Cela pour­rait peut-être à très court terme faire remon­ter la crois­sance ita­lienne. Mais les effets de ces mesures retombent comme un souf­flé, comme le prouve l’amnistie fis­cale décré­tée par Donald Trump. Dix-huit mois plus tard, il n’y a plus rien sauf des dettes sup­plé­men­taires. Les réduc­tions fis­cales pour­raient coû­ter à l’Italie 1 % à 2 % d’endettement sup­plé­men­taire, selon de pre­mières estimations.

Tout cela est impen­sable pour la Com­mis­sion euro­péenne. Pour elle, il faut s’en tenir aux règles, rien qu’aux règles. Mais der­rière son oppo­si­tion à la poli­tique d’extrême droite de Mat­teo Sal­vi­ni se cache aus­si un déni à l’égard de l’Italie. À aucun moment, Bruxelles n’a vou­lu admettre les cri­tiques et encore moins appor­ter le moindre remède à une construc­tion de la zone euro mal faite qui s’est tra­duite par un effon­dre­ment éco­no­mique de l’Italie.

Depuis son entrée dans l’euro, le pays stagne. Il n’a pas retrou­vé aujourd’hui son niveau d’activité de 2007. Des régions entières dans le sud sont sinis­trées. Son sys­tème ban­caire est miné par les mau­vaises créances et les impayés. Même s’il res­pecte nombre de règles euro­péennes, comme celle por­tant sur le défi­cit bud­gé­taire depuis 2005, il n’est pas par­ve­nu à recons­ti­tuer les res­sources suf­fi­santes pour relan­cer son éco­no­mie et dimi­nuer son endettement.

Face à cette situa­tion, l’Europe s’en est sor­tie jusqu’à pré­sent en invo­quant « l’irresponsabilité » ita­lienne. Sans se poser la moindre ques­tion sur son action et ses consé­quences. Car la mon­tée en puis­sance de l’extrême droite et de Mat­teo Sal­vi­ni se nour­rit de ce ter­reau de désastre éco­no­mique. De cela non plus, les res­pon­sables euro­péens ne se sont pas excusés.

La situa­tion est arri­vée à un tel point de ten­sion avec Rome que Bruxelles devrait cepen­dant s’interroger sur les réponses à appor­ter à l’Italie. Car cette fois, l’Europe risque de ne pas pou­voir reten­ter un coup d’État lar­vé, comme elle l’a fait au som­met de Cannes de 2011 pour écar­ter Sil­vio Ber­lus­co­ni du pou­voir. Cette fois, l’extrême droite ita­lienne s’est dotée de moyens de riposte.

Car dans ce bras de fer, les mini-BOTs prennent l’allure d’une arme de dis­sua­sion mas­sive, tant leur charge repré­sente un carac­tère déto­nant pour l’ensemble de la zone euro. « L’Union euro­péenne devrait agir avec pré­cau­tion […], le dan­ger est que plus Sal­vi­ni se trouve poli­ti­que­ment “cor­né­ri­sé”, plus il risque de recou­rir à cet ins­tru­ment. Et quand il le fera, la crise de l’Eurozone resur­gi­ra. Et cette fois, la BCE pour­rait ne pas être capable de venir à la res­cousse »aver­tit Wolf­gang Mün­chau, édi­to­ria­liste du Finan­cial Times.

L’enchaînement, qui pour­rait conduire à une nou­velle crise, n’est pas assu­ré. Mais les risques sont bien là. À tout moment, l’Europe pour­rait voir resur­gir la crise qui n’a pas été trai­tée, mais seule­ment anes­thé­siée grâce à la poli­tique moné­taire de la BCE. Et cette fois, le dan­ger est plus pres­sant. L’Italie n’est pas la Grèce : c’est la troi­sième puis­sance éco­no­mique de l’Europe.

Mar­tine Orange, Mediapart.

https://www.mediapart.fr/journal/economie/170619/l‑italie-est-elle-en-train-de-creer-une-monnaie-parallele

Catégorie(s) de l'article :

6 Commentaires

  1. joss

    2 vidéos inté­res­santes en ita­lien (sélec­tion­ner les sous-titres en FR) sur le thème des minibot :

    »Qui a peur des MINIBOT ? – Mau­ro Scardovelli :
    le cadre sur l’é­pi­sode des minibot
    https://​you​tu​.be/​t​G​7​k​a​O​y​5​pVw

    »Siège à DRAGHI : Cata­pultes et MINIBOT – Alber­to Micalizzi :
    les détails sur les minibot
    https://​you​tu​.be/​d​Z​n​b​v​5​f​u​vnc

    Ils sont en ébul­li­tion en Ita­lie sur le thème de la monnaie 🙂

    Réponse
  2. Dom GDziD

    Et les cri­tiques fusent. « Quand nous exa­mi­nons l’économie ita­lienne, nous voyons les dom­mages cau­sés par les choix poli­tiques récents. Le che­min pour le redres­se­ment et la crois­sance ita­lienne ne passe pas par dépen­ser plus quand il n’y a pas les marges de manœuvre finan­cière pour le faire », dit Val­dis Dom­brovs­kis, vice-pré­sident de la Com­mis­sion européenne.
    « Je ne vais pas me sui­ci­der pour des règles imbé­ciles. Tant que le chô­mage n’est pas tom­bé à 5 %, nous avons le droit d’investir. Nous avons des régions où le chô­mage des jeunes est supé­rieur à 50 % », a décla­ré Mat­teo Sal­vi­ni devant un audi­toire de la Ligue tout acquis à sa cause.
    Car dans ce bras de fer, les mini-BOTs prennent l’allure d’une arme de dis­sua­sion mas­sive, tant leur charge repré­sente un carac­tère déto­nant pour l’ensemble de la zone euro. « L’Union euro­péenne devrait agir avec pré­cau­tion […], le dan­ger est que plus Sal­vi­ni se trouve poli­ti­que­ment “cor­né­ri­sé”, plus il risque de recou­rir à cet ins­tru­ment. Et quand il le fera, la crise de l’Eurozone resur­gi­ra. Et cette fois, la BCE pour­rait ne pas être capable de venir à la res­cousse », aver­tit Wolf­gang Mün­chau, édi­to­ria­liste du Finan­cial Times.
    Je retiens 2 choses à ces pro­pos, comme tant d’autres similaire… :
    1- Visi­ble­ment nous ne sommes tou­jours pas sor­ti du mythe sacrée de la crois­sance ! Une crois­sance infi­nie dans un monde finie ! C’est d’une absur­di­té sans nom et très peu de gens accepte de sor­tir de ce para­digme mor­ti­fère. Et je dis bien mor­ti­fère. Car quand on voir le nombre de morts cau­sés par cette non-pen­sée éco­no­mique je trouve que nous devrions nous inter­ro­ger très sérieu­se­ment sur la ques­tion et en toute urgence, toute « affaire » (dans tous les sens du terme!) cessante.
    Il y a les morts dus à l’ex­ploi­ta­tion d’es­claves pour four­nir aux pays « riches » des res­sources : matières pre­mières, den­rées agri­cole (café, cho­co­lat, etc.), « biens » manu­fac­tu­rés en pro­ve­nances des pays « pauvres », sans par­ler des mil­lions de morts des guerres de ter­ri­toires pour s’ap­pro­prier les richesses des voi­sins ou autres : pétrole par exemple, sans par­ler éga­le­ment des morts « col­la­té­raux : alcool, tabac, pol­lu­tion de l’air et de notre envi­ron­ne­ment au sens large, obé­si­té, mal­nu­tri­tion, et toutes les mala­dies dites de « l’homme » moderne… et j’en passe.
    Et tous ces morts pour­quoi ? Sim­ple­ment pour gagner plus d’argent, faire plus de pro­fit!… Gagner tou­jours plus que son voisin…
    2- Il y a un deuxième mythe tout aus­si dévas­ta­teur dont nous ne sommes tou­jours pas sor­tis et dont encore moins de per­sonnes ne parlent et qui est direc­te­ment cor­ré­lé avec le précédent.
    Il s’a­git de celui de l’emploi, du tra­vail, quoi !
    Comme si nous devions être condam­ner aux tra­vaux for­cés toute notre vie pour expier je ne sais quelle pêché ori­gi­nel !… Encore une pen­sée d’une absur­di­té sans nom mais qui fonc­tionne main dans la main avec celle de la « crois­sance » infi­nie dans un monde finie.
    Nous savons tous et toutes que ce que nous appe­lons le « pro­grès », mais est-ce réel­le­ment un pro­grès, pro­grès de quoi d’ailleurs…, devrait nous ame­ner méca­ni­que­ment à avoir ‘besoin » de moins tra­vailler pour pro­duire ce que nous appe­lons les biens de « consom­ma­tion ». Et ce, sans rien chan­ger à notre « niveau » de vie. Sim­ple­ment en sup­pri­mant l’ob­so­les­cence pro­gram­mée dans un pre­mier temps. Rendre obli­ga­toire la répa­ra­bi­li­té à vie des pro­duits fabri­qués. Puis inter­dire la publi­ci­té, la pro­pa­gande de notre monde dit « moderne », pour per­mettre de géné­rer plus de pro­fit, d’argent, avec des biens dont la seule, je dis bien la seule uti­li­té est de mas­quer notre vacui­té inté­rieure, elle, en revanche„ infinie!…

    Cette crise, qui n’est pas neuve, est avant tout une crise exis­ten­tielle lié à nos atta­che­ments et nos peurs, dont la plus fon­da­men­tale est celle de la mort… Et pour pal­lier cette peur, nous accu­mu­lons des atta­che­ments maté­riels et autres (…) dans le but de pou­voir y échap­per. Et nous voyons à quoi cette pos­ture de l’au­truche nous conduit : la des­truc­tion à plus ou moins brève échéance de l’es­pèce humaine qui aura été la seule à être « capable » de s’au­to-détruire, toute « seule »…

    Quand pas­se­rons-nous de l’é­tat « d’a­voir » humain à celui d’Être humain véri­table, celui qui « donne » réel­le­ment sans comp­ter, sans « cal­cul » et sans RIEN attendre en retour?!…

    Réponse
  3. Michel

    je note aus­si : « Le lea­der du par­ti d’extrême droite sou­haite impo­ser dans le cadre du pro­chain bud­get une forte dimi­nu­tion des impôts, notam­ment pour les plus aisés, pour relan­cer l’activité. Cela pour­rait peut-être à très court terme faire remon­ter la crois­sance ita­lienne. Mais les effets de ces mesures retombent comme un souf­flé, comme le prouve l’amnistie fis­cale décré­tée par Donald Trump. Dix-huit mois plus tard, il n’y a plus rien sauf des dettes sup­plé­men­taires. Les réduc­tions fis­cales pour­raient coû­ter à l’Italie 1 % à 2 % d’endettement sup­plé­men­taire, selon de pre­mières estimations. »

    c’est une grosse ambi­guï­té de cette extrême droite qui de tous temps à tou­jours été favo­rable aux+ riches…

    Réponse
  4. Renaud

    Abso­lu­ment d’ac­cord Dom GDziD @ le 24 juin à 10h55
    Avant toute chose « plus que tout autre domaine de la pen­sée éco­no­mique, la mon­naie est celui où la com­plexi­té est uti­li­sée pour cacher la réa­li­té plu­tôt que pour l’ex­pli­quer » à dit Ken­neth Gal­braith. Vu les exemples qui nous envi­ronnent, rien n’est plus juste !
    Ain­si, Mario Dra­ghi, le 6 juin 2019 a per­du une occa­sion de se taire et l’an­cien vice-pré­sident de la BCE, Vitor Constân­cio en disant que « ce genre de « bons » (les mini-bots) a déjà été expé­ri­men­té en Argen­tine et en Autriche dans les années 30, cela n’a jamais fonctionné »
    Ces hauts cadres ban­caires sont des igno­rants et en plus des menteurs !
    Ils res­sassent des pon­cifs, faux pour l’es­sen­tiel, des­ti­nés aux publics pour que les publics répètent leurs asser­tions comme autant d’é­tei­gnoirs… de la créa­ti­vi­té. Des insultes à l’intelligence !
    Si ! Des mon­naies alter­na­tives ont fonc­tion­né et peuvent fonc­tion­ner mais l’ab­sence de volon­té et les inté­rêts supé­rieurs des puis­sances (entre autres poli­tiques au ser­vice des sphères finan­cières) font que ces mon­naie alter­na­tives « ne peuvent pas fonc­tion­ner » en paral­lèle avec une mon­naie natio­nale ou pluri-nationale…
    L’exemple qui suit (lien ci-des­sous) très bien docu­men­té, donne la preuve que des mon­naies paral­lèles sont viables, et même, salvatrices.
    Quand on pense à ce qui est arri­vé en Europe – juste après – (début des années 30) que les gou­ver­ne­ments aient inter­dit leur usage est la démons­tra­tion de leur bien fon­dé. Ma devise per­son­nelle est la suivante :
    ‑l’His­toire doit ser­vir et ne pas encombrer-
    Voir le conte­nu de très grande qua­li­té de ce lien :

    http://​socie​tal​.org/​d​o​c​s​/​3​3​.​pdf

    Ami­tiés

    Renaud

    Réponse
  5. Renaud
  6. Ronald

    Une SUBERBE inter­view de Clau­dio Bor­ghi, éco­no­miste de la Lega et arti­san des mini-BOTs (mise en ligne et tra­duite par les Non-Ali­gnés, mer­ci à eux). Elle date de 2017, et l’on voit que tout était déjà pré­vu à l’é­poque. Ca va être très inté­res­sant de voir ce que va don­ner un pays euro­péen mené par des gens éco­no­mi­que­ment hétérodoxes :

    Le plan de Salvini pour sortir de l’Euro

    https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​t​i​m​e​_​c​o​n​t​i​n​u​e​=​2​&​v​=​t​i​3​X​Q​-​O​u​aKs

    https://​you​tu​.be/​t​i​3​X​Q​-​O​u​aKs

    Réponse

Laisser un commentaire

Derniers articles