Ce soir, 13 juin 2019, c’est Jeudi Chouard #14 sur Sud radio, et cette fois, j’ai le vif plaisir, l’honneur, l’émotion, de recevoir François Bégaudeau.

J’aime lire et écouter cet homme : il pense.
Librement.

Je voudrais parler avec lui de son dernier livre, « Histoire de ta bêtise », plein de pépites, de phrases qui claquent et de bons sujets de conversation politique.

Je voudrais aussi creuser quelques points importants évoqués dans son entretien chez Thinkerview, passionnant lui aussi.

ThinkerView : François Bégaudeau : Gilets Jaunes, Populisme, Bourgeois :

Sud radio, les Incorrectibles : François Bégaudeau : « le bourgeois de gauche oublie qu’il est de gauche »

J’aimerais parler avec François :
. du concept de « peuple », du « populisme »,
. de la gauche et de la droite,
. de l’intérêt général, de la volonté générale, de la loi, du législateur, du RIC,
. des communs et de leur gestion, d’Elinor Ostrom, de projets communs qui soient davantage qu’un « salmigondis unanimiste » (p. 82) :)
. de la nécessaire morale et des redoutables pharisiens (prêchant cruellement une morale qu’ils ne respectent pas eux-mêmes),
. des vertus de l’indignation,
. du rôle central de l’isoloir dans la liberté d’opiner (sans pression), du fait qu’une assemblée ne pense pas (Alain) et que, in fine, c’est chacun qui opine (co-décide) seul APRÈS avoir bien débattu,
. de l’impossibilité de décider sans vote,
. des « riches » et du « capital »,
. de la nécessité – ou pas – d’un État (sous contrôle populaire) pour établir un société anarchiste (authentiquement démocratique), de James C. Scott (Petit éloge de l’anarchisme),
. de la façon de penser contre soi par le jeu de bonnes institutions (une vraie mise en scène des conflits, une obligation à écouter nos pires ennemis avant de décider quoi que ce soit),
. de l’idée d’un processus constituant populaire pour protéger durablement les populations du monde contre l’arbitraire – et même contre le capitalisme…
. de Bernanos (La France contre les robots) et du Comité invisible (À nos amis)..
. du temps qui passe et de la lutte quotidienne, physique, pour arracher au capital du temps pour soi….
. de la bêtise ( ?) et du cynisme (indifférence à la souffrance d’autrui),
. du « complotisme » et des étiquettes (personne n’aime être étiqueté),
. d’Henri Guillemin,
. du mérite et de la responsabilité,
. de l’école,
. de la société (fiction utile ?),
. du jansénisme,
. de Foucault, de sa détestation de « toute la tradition socialiste » (1977) et de son rôle conceptuel dans le néolibéralisme, scientisme ennemi de toute forme d’autorité politique (scientisme commun à l’URSS et à l’UE), rôle souligné par Alain Supiot (Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres),
. de l’apport de Deleuze dans la pensée (mystérieux pour moi),
. de l’importance d’être reconnu par ses pairs (Cf. Thorstein Veblen et la rivalité ostentatoire) et de ne pas être reconnu par les pauvres (p. 93),
. de l’identité, que François juge être « une fable » (p. 94), de l’utilité des fables :) , de Régis Debray (Éloge des frontières),
. du mot d’ordre des bourgeois : « tout sauf les classes ! » (p. 95),

Je voudrais aussi lire des passages puissants de son livre.

Rien ne me ferait plus plaisir que de passer mon procès de l’élection au feu de son esprit critique.

J’ai particulièrement hâte d’y être.

Du fond du cœur, je remercie tout ceux qui comprennent le sens de mon travail et qui m’aident, un peu partout dans le pays et sur Internet, à résister à la domination.

Étienne.