[Controverse sur la monnaie et les banques] Mes réponses à Alain Beitone, qui conteste l’alternative monétaire chartaliste (création monétaire publique) et ma « vision complotiste désespérante », moi qui dénonce la prédation déchaînée des banquiers contre les peuples

2/09/2018 | 48 commentaires

Après la publi­ca­tion début août d’une vidéo où j’explique pour­quoi je sou­haite une créa­tion moné­taire publique affran­chie des banques pri­vées, Alain Bei­tone, un pro­fes­seur d’économie à Mar­seille, vient de publier un papier sur un site néo­con pour expli­quer que je n’y com­prends rien sur la mon­naie, que c’est « une vision com­plo­tiste déses­pé­rante » que d’ac­cu­ser les banques de se ser­vir et d’asservir au lieu de ser­vir, que pré­tendre que les ban­quiers conspirent contre l’in­té­rêt géné­ral c’est semer « la confu­sion », que c’est sim­pliste, que « la réa­li­té est plus com­plexe », que l’in­cri­mi­na­tion des ban­quiers dans les mal­heurs des peuples par la cap­ta­tion du finan­ce­ment des puis­sances publiques et par l’en­det­te­ment géné­ra­li­sé de toute l’hu­ma­ni­té, c’est « un fan­tasme de l’ex­trême droite »… et que défendre le char­ta­lisme (Théo­rie éta­tique de la mon­naie de G. F. Knapp, 1905, admi­rée et reprise par Keynes) démontre une « incom­pré­hen­sion totale des ques­tions moné­taires », etc.

Je défends donc à nou­veau mon point de vue et je démontre que cha­cune de ces cri­tiques est infondée.

(Rap­pel : j’ai déjà eu à me défendre, en 2011, contre les dif­fa­ma­tions de Mon­sieur Beitone.)

Voi­ci mes réponses :

Le fichier pdf : Reponse_a_Alain_Beitone_sur_la_monnaie_et_les_banques_2‑9–2018.pdf

[Controverse sur la monnaie et les banques] Mes réponses à Alain Beitone, qui conteste l’alternative monétaire chartaliste (création monétaire publique) et ma « vision complotiste désespérante », moi qui dénonce la prédation déchaînée des banquiers contre les peuples
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C’est une contro­verse importante.
Signa­lez-moi en com­men­taire, s’il vous plaît, les argu­ments qui pour­raient, selon vous, être encore avan­cés, dans un sens ou dans l’autre.

Bonne lec­ture.

Étienne.

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48 Commentaires

  1. Djondo

    Cet éco­no­miste semble vou­loir se faire mous­ser en atta­quant la renom­mée d’Etienne Chouard ?

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  2. lemant

    Le tra­vail qui amène de nou­velles richesses (télé­phones, pétrole, ser­vices …) per­met certes à celui qui les vend de gagner de l’argent qui vient de l’a­che­teur, mais ne crée pas en soi de l’argent. Non, il faut avoir fabri­qué de l’argent un jour pour pou­voir fabri­quer d’une part et ache­ter d’autre part (échan­ger) ces richesses.
    Beau­coup confondent ces « richesses » créées par le tra­vail avec l’argent. Le tra­vail crée des richesses qui per­mettent de gagner de l’argent, si celui-ci a été fabri­qué aupa­ra­vant par quel­qu’un (ou alors c’est une pro­messe de payer), mais ce n’est pas le tra­vail ni les richesses créées qui « fabriquent » ou qui entraî­ne­raient de fac­to l’ap­pa­ri­tion de l’argent. Sans argent fabri­qué, sans déci­sion ou auto­ri­sa­tion de quel­qu’un de le fabri­quer, du moins de le créer sous une forme vir­tuelle (cet argent a bien été fabri­qué un jour !), les richesses créées ne valent rien puisque pri­vées du moyen de les échan­ger (ou alors nous reve­nons au troc).
    Créer des richesses dans un pays, au sens où cer­tains l’en­tendent, n’en­ri­chit pas ce pays direc­te­ment. Ces richesses « auto­risent », ou donnent la pos­si­bi­li­té au pays de fabri­quer de l’argent (selon le sys­tème qu’il a choi­si) au pro­ra­ta des richesses pro­duites à vendre afin de créer des emplois (dans la pro­duc­tion, la vente, l’a­chat des biens et services).

    Réponse
  3. lemant

    En 1983, Godley publie « Macroe­co­no­mics » et remet le char­ta­lisme au goût du jour. Ce livre fut écrit parce que Godley devint convain­cu que les key­né­siens de toutes sortes per­daient leur guerre contre Mil­ton Fried­man et les moné­ta­ristes, parce que les key­né­siens ne savaient appor­ter que des réponses très alam­bi­quées à des ques­tions aus­si simples que : d’où vient l’argent ? Où va-t-il ? Com­ment le flux des reve­nus s’or­ga­nisent avec la masse de mon­naie ? Com­ment une nou­velle pro­duc­tion est finan­cée ? (Lavoie)

    Voi­ci d’im­por­tantes consé­quences pra­tiques de la nature de ce sys­tème moné­taire que nous pou­vons com­prendre grâce au char­ta­lisme écrit Bersac :

    a. Pour s’ac­quit­ter des taxes obli­ga­toires, le sec­teur non-gou­ver­ne­men­tal d’un État (le sec­teur pri­vé, c’est-à-dire les ménages et les entre­prises) doit se pro­cu­rer de la mon­naie de cet État avant de payer ses taxes.

    b. Si ces citoyens doivent d’a­bord se pro­cu­rer de sa mon­naie pour pou­voir ensuite la dépen­ser, en revanche, l’É­tat émet­teur de cette mon­naie doit d’a­bord créer et dépen­ser cette mon­naie avant de se la pro­cu­rer en taxant ou en emprun­tant. L’É­tat ne peut jamais obte­nir plus de mon­naie qu’il n’en a créée et injec­tée au préa­lable dans le sec­teur non-gou­ver­ne­men­tal. S’il y par­vient, c’est un signe très inquié­tant quant à son effi­ca­ci­té dans sa lutte contre le faux-monnayage.

    c. Si le sec­teur non-gou­ver­ne­men­tal désire épar­gner cette mon­naie tout en payant ses taxes, il est indis­pen­sable que l’É­tat dépense plus qu’il ne taxe. Le mon­tant de dépenses de l’É­tat excé­dant ses recettes est très exac­te­ment le mon­tant épar­gné par le sec­teur non-gou­ver­ne­men­tal. Comme le mon­tant des dépenses excé­den­taires de l’É­tat est appe­lé défi­cit public, cela signi­fie que le défi­cit public s’a­joute, à l’u­ni­té près, à l’é­pargne du sec­teur non-gouvernemental.

    d. Si pour son fonc­tion­ne­ment, l’é­co­no­mie a besoin en per­ma­nence d’un cer­tain mon­tant d’é­pargne en cette mon­naie, cela signi­fie­rait que le défi­cit public qu’il a créé ne devra jamais être « rem­bour­sé », pour assu­rer le bon fonc­tion­ne­ment du sec­teur non-gouvernemental.

    e. Si le sec­teur non-gou­ver­ne­men­tal croît conti­nuel­le­ment, et que cette crois­sance de sa pro­duc­tion de biens et de ser­vices néces­site, pour son bon fonc­tion­ne­ment, un accrois­se­ment tout aus­si conti­nu de l’é­pargne au sein de cette éco­no­mie, alors, tou­jours pour assu­rer le bon fonc­tion­ne­ment de cette éco­no­mie, l’É­tat doit géné­rer des défi­cits publics qu’il ne « rem­bour­se­ra » jamais, conti­nû­ment encore.

    f. Comme l’É­tat crée la mon­naie par de simples jeux d’é­cri­tures comp­tables, sur les livres de comptes des ser­vices concer­nés au Tré­sor Public et à la banque cen­trale, il ne peut pas être plus à court de mon­naie qu’un arbitre de ren­contre spor­tive n’est à court de point à dis­tri­buer. Seules comptent les règles du jeu (éco­no­mique) que la com­mu­nau­té s’est choi­sie pour accor­der ces points. C’est cela qui fait la beau­té du match ou la pros­pé­ri­té de l’é­co­no­mie, et non le fait que les points ou la mon­naie à gagner soient poten­tiel­le­ment illi­mi­tés ou au contraire arbi­trai­re­ment pla­fon­nés à l’a­vance. L’É­tat peut conti­nû­ment finan­cer des défi­cits par créa­tion moné­taire si néces­saire. Ce sys­tème moné­taire contem­po­rain per­met à l’É­tat de créer de la mon­naie de manière illi­mi­tée, et pour­tant, nous sommes loin d’être confron­tés à une hyper-infla­tion per­ma­nente. Comme l’a­vait noté Adam Smith, ce n’est pas pour autant qu’il en dépense effec­ti­ve­ment trop, et le dol­lar, l’eu­ro, le yen et d’autres sont des mon­naies très stables et appré­ciées, mal­gré cette « porte ouverte à l’in­fla­tion ». En fait, comme nous le ver­rons plus com­plè­te­ment, l’É­tat est le plus sou­vent très conser­va­teur et modé­ré avec sa mon­naie, voire trop, en par­ti­cu­lier au regard de l’inflation.

    Réponse
  4. joss

    J’ai eu le même sou­cis (à un autre niveau) pour « ouvrir » les yeux d’un ami ban­quier sur le fonc­tion­ne­ment monétaire…

    Réponse
  5. J. Jégu

    C’est en cher­chant à faire le point que les publi­ca­tions récentes rela­tives à la créa­tion moné­taire que je découvre cette polé­mique entre E. Chouard et A. Beitone.

    Je connais le pre­mier pour avoir jadis (avant 2008 je pense ) atti­ré son atten­tion sur l’im­por­tance de la mon­naie y com­pris lorsque l’on traite du conte­nu d’une consti­tu­tion. Je connais peu le second, si ce n’est par d’an­ciens échange ( déjà ) avec Chouard. 

    Per­met­tez-moi de faire ici un bref témoi­gnage et une esquisse de proposition.

    Mon témoi­gnage. Ma car­rière fût essen­tiel­le­ment tech­nique et éloi­gnée des ques­tions d’argent. Je croyais à l’é­poque que là aus­si régnait une cer­taine rigueur et exac­ti­tude, comme en phy­sique et mathé­ma­tiques. Vou­lant en avoir le cœur net et intri­gué par la per­sis­tance du chô­mage, j’ai acquis et lu dès 1997 un ouvrage sur la ques­tion moné­taire : La mon­naie dévoi­lée par Gabriel Galand et Alain Grand­jean ; L’Har­mat­tan 1996 . Depuis lors, et désor­mais sur vingt ans, sou­vent dans le cadre d’as­so­cia­tions comme par exemple « Chô­mage et mon­naie », je n’ai fait qu’ exa­mi­ner et réexa­mi­ner cette ques­tion fon­da­men­tale mais élu­dée et mal connue de la monnaie. 

    Avec quelques autres, j’en suis arri­vé à une convic­tion intime basée sur ce qui finit pas deve­nir une évi­dence que le sys­tème moné­taire actuel, fruit d’une longue et com­plexe évo­lu­tion his­to­rique, est fon­da­men­ta­le­ment pré­da­teur d’une frac­tion notable de la richesse issue de la pro­duc­tion par une mino­ri­té – consciente ou non – qui est consti­tuée de ceux qui en jouent, les ban­quiers pour le dire briè­ve­ment.

    Je constate aus­si, après avoir par­cou­ru la réponse d’E. Chouard que sa com­pré­hen­sion, ses posi­tions et les miennes semblent être par­fai­te­ment iden­tiques. Je le remer­cie pour tout le tra­vail qu’il fait.

    Ma pro­po­si­tion. Elle résulte de mon expé­rience per­son­nelle : déjà mon igno­rance du sujet jus­qu’à la soixan­taine, ensuite la consta­ta­tion que ceux avec qui je me retrouve rapi­de­ment assez proche, dans nos échanges, viennent le plus sou­vent – pas tou­jours – d’une for­ma­tion de type « sciences dures ». Je me demande donc s’il ne serait pas utile de faire appel à une équipe de jeunes, inté­res­sés et volon­taires, déjà sélec­tion­nés et orien­tés vers des études en « sciences dures » et leur deman­der de trai­ter la ques­tion moné­taire en se réfé­rant aux thèses en pré­sence. Bien enten­du le dia­logue avec les éco­no­mistes de tout bord ne leur serait en aucun cas interdit !

    J.J.

    Réponse
  6. lemant

    Depuis la démo­né­ti­sa­tion de l’or en 1971, la façon de voir ou de com­prendre la créa­tion moné­taire échappe à toute véri­té car tout est vir­tuel. Ain­si on peut voir le même pro­ces­sus de créa­tion moné­taire de 2 façons qui ne sont pas fausses ni vraies, ce sont deux façons dif­fé­rente devoir la même chose (avec des consé­quences très dif­fé­rentes selon l’une ou l’autre façon de voir).
    Aucune ne peut prou­ver sa supé­rio­ri­té « scientifique ».
    Il s’a­git peut être de convaincre l’autre que la chose peut aus­si se voir d’une autre façon sans cher­cher à convaincre que sa vision est fausse.
    Il n’existe pas de consen­sus entre les char­ta­listes et disons les mains­tream. Les cré­dits ban­caires sont-ils de la mon­naie ou des pro­messes de payer en monnaie ?

    Réponse
  7. Maxime Lévesque

    L’é­cole éco­no­mique domi­nante modé­lise l’argent comme une res­source, c’est sur cet axiome erro­né que la sphère poli­tique se convainc du bien-fon­dé de poli­tiques désas­treuses, par exemple : on s’im­pose l’aus­té­ri­té moné­taire (une pseu­do res­source), alors qu’on liquide les vraies res­sources (contraire de l’aus­té­ri­té) non renou­ve­lables (éco­sys­tèmes, miné­raux, etc..).

    Un tel para­doxe (et c’est loin d’être le seul) est un indice que les axiomes de base de l’é­cole domi­nante sont viciés.

    La thèse Chartaliste, en résumé : 

    1- La mon­naie est une institution.

    2- Dans cette ins­ti­tu­tion, un acteur (en géné­ral un État) a le rôle d’émetteur.

    3- Lorsque l’émetteur dépense, disons X uni­tés, ces X uni­tés sont créées, puisque par cette action, il y a X uni­tés de plus en circulation.

    4- Lorsque l’émetteur taxe Y uni­tés, il y a Y uni­tés de moins en cir­cu­la­tion, ces uni­tés sont donc détruites. 

    5- La dépense (par l’é­met­teur de mon­naie) crée l’argent, la taxe détruit l’argent (retire cet argent de la cir­cu­la­tion). La taxa­tion est donc un opé­ra­tion ayant pour but de réduire l’in­fla­tion, ça n’est PAS un reve­nu pour l’é­tat émet­teur, puisque celui ci peut créer autant qu’il veut.

    Le char­ta­lisme per­met d’é­va­luer des poli­tiques selon le cri­tère de ren­ta­bi­li­té sociale, et en terme de res­sources réelles, et non en terme moné­taire : si pour une socié­té un pro­jet est jugé sou­hai­table socia­le­ment, l’argent peut sim­ple­ment être créé. La seule consé­quence pos­sible est une hausse d’in­fla­tion qui pour­ra être réduite par la taxa­tion (des­truc­tion) ulté­rieure de l’argent créé. De plus, lorsque des actifs ou res­sources réelles sont créés (ex. pro­duc­tion d’éner­gie renou­ve­lables), la créa­tion moné­taire peut avoir un effet néga­tif sur l’in­fla­tion : faire bais­ser les coûts de l’éner­gie, il est donc faux d’af­fir­mer que toute créa­tion moné­taire publique est obli­ga­toi­re­ment inflationiste.

     

    Ce groupe de discussion fait la promotion du chartalisme :
    Théorie Chartaliste de la Monnaie (Modern Monetary Theory) :

    https://​www​.face​book​.com/​g​r​o​u​p​s​/​c​h​a​r​t​a​l​i​s​me/

    Réponse
  8. joss

    Quoi de mieux comme preuve qu’un bou­quin édi­té par les faux-mon­nayeurs eux-mêmes 😉

    Modern Money Mecha­nics, ce docu­ment publié par la FED de Chi­ca­go, explique le fonc­tion­ne­ment de l’ex­pan­sion du cré­dit via le sys­tème des réserves frac­tion­naires !!! …avec 100$ dépo­sés à la banque, ils peuvent prê­ter jus­qu’à 900$ (quand ils res­pectent la règle)… et là-des­sus ils prennent des intérêts 😉

    Modern Money Mechanics
    A Workbook on Bank Reserves and Deposit Expansion

    http://liberty-tree.ca/links.nsf/aa4f9df889e46a910625714d0020f26e/e7ba51d011da5b7006257563005ad00b/$FILE/Modern%20Money%20Mechanics.pdf

    Réponse
  9. Ronald

    Il y a toute une par­tie de non-dit. C’est que au départ, Alain Bei­tone, ne doit pas être par­ti­cu­liè­re­ment favo­rable ni au pou­voir ban­caire ni au pou­voir amé­ri­cain. Mais il finit main­te­nant presque par les sou­te­nir, tel­le­ment (comme chez beau­coup d’é­lites sociale-démo­crates) est grande sa détes­ta­tion de tout ce que repré­sente Vincent Lapierre (à savoir qu’on puisse être natio­na­liste et de gauche). Mais bon, comme il ne le dira jamais expli­ci­te­ment, on ne peut pas non plus l’ac­cu­ser gratuitement.

    Sinon, le sujet de son livre semble inté­res­sant, je l’a­chè­te­rais bien pour savoir ce qu’il raconte :
    https://​jour​nals​.ope​ne​di​tion​.org/​l​e​c​t​u​r​e​s​/​2​4​158

    Réponse
  10. J. Jégu

    « Les cré­dits ban­caires sont-ils de la mon­naie ou des pro­messes de payer en monnaie ? »
    C’est bien là toute l’am­bi­guï­té du sys­tème à réserves frac­tion­naires. Si on appelle mon­naie uni­que­ment la mon­naie émise par une banque cen­trale, alors le cré­dit ban­caire ne débouche que sur la pro­messe de payer en mon­naie ( cen­trale ! ). Si au contraire, mais ce n’est là qu’un ques­tion de voca­bu­laire, si on appelle mon­naie tout ce qui per­met les échanges éco­no­miques per­ma­nents, alors le cré­dit ban­caire pro­duit bien cet effet. La mon­naie ban­caire est de fait la mon­naie de toutes les éco­no­mies modernes. Point de mys­tère, ou de véri­té double. Il suf­fit de s’en­tendre sur le sens des mots, lequel est trop sou­vent mal défi­ni entre interlocuteurs.

    Votre com­men­taire, lemant, avec la cita­tion de Ber­sac, résume bien le sens du char­ta­lisme. Ecrire : « Il n’existe pas de consen­sus entre char­ta­listes et disons les mains­tream » est en effet une évi­dence. Il me semble que le char­ta­lisme décrit la situa­tion telle qu’elle devrait être. Le mains­tream décrit, et pas tou­jours très exac­te­ment, ce qui est. Et ce qui est fait que les banques béné­fi­cient d’un inté­rêt sur tout euro-mon­naie de mon­naie ban­caire créé ex nihi­lo par elles-mêmes. En outre elles dis­posent du pri­vi­lège caché et lar­ge­ment igno­ré de pou­voir moné­ti­ser leurs dépenses, c’est-à-dire de payer tout bien ou ser­vice (les salaires du per­son­nel par exemple) sim­ple­ment en appro­vi­sion­nant le compte de leur créan­cier ! Elles moné­tisent leurs dépenses et démo­né­tisent leurs recettes !

    Bref, rien n’est à inven­ter dans le char­ta­lisme ; l’his­toire s’en est char­gée. Il suf­fi­rait de don­ner aux Etats le droit d’u­ti­li­ser les méca­nismes uti­li­sés quo­ti­dien­ne­ment par les banques et d’in­ter­dire à celles-ci de le faire. Cela les relé­gue­rait de fait au rang fort utile d’ éta­blis­se­ments finan­ciers les­quels ne jouissent pas du pri­vi­lège bancaire. 

    Même en matière de théo­rie moné­taire, je ne vois pas com­ment deux posi­tions dif­fé­rentes, voire oppo­sées, pour­raient être vraies en même temps. C’est ce pro­blème, théo­ri­que­ment soluble mais que nous — empê­trés cha­cun dans ses cer­ti­tudes — nous n’ar­ri­vons pas à trai­ter, que j’ai sug­gé­ré de sou­mettre à un panel de jeunes cer­veaux, connus pour ration­nels et volon­taires . Peut-être pour­rait-on en reti­rer un juge­ment qui ferait avan­cer le consen­sus . Car j’ai la fai­blesse de pen­ser que ce consen­sus vien­dra et que le plus tôt serait le mieux.

    J.J.

    Réponse
  11. Maxime Lévesque

    J. Jégu lors­qu’une banque pri­vé prete de l’argent, elle aug­mente un solde ban­caire de X uni­tés (une marge de cré­dit par exemple), elle ne peut pas faire cette opé­ra­tion sans éale­ment créer un comte deuxième compte néga­tif de X uni­tés, le compte que l’emprunteur devra renflouer. 

    Un pre­teur pri­vé qu’il soit un indi­vi­du ou une banque ne peut pas créer d’ac­tif moné­taire net : pour s’en convaincre, obser­vons sim­ple­ment qu’a­vec un pret ban­caire, un actif est créé ET une dette du même mon­tant est aus­si créée. Cette opé­ra­tion n’aug­mente pas la quan­ti­té nette d’argent en circulation. 

    Un solde ban­caire n’est rien d’autre qu’une dette du ban­quier envers le déten­teur du compte. 

    Le seul acteur pou­vant aug­men­ter la quan­ti­té nette d’argent en cir­cu­la­tion est l’é­met­teur de mon­naie. Le char­ta­lisme n’est pas une théo­rie de ce que devrait être la mon­naie, il décrit le fonc­tion­ne­ment actuel des monnaies.
    Ceci étant dit la plu­part des pays s’im­posent des contraintes sur la dépense publique, donc limite la créa­tion moné­taire, et s’im­pose la contrainte de devoir vendre des bons du tré­sors pour soi disant ren­flouer les défi­cits. Cette opé­ra­tion ne sert à rien d’autre que d’of­frir des pla­ce­ments sans risque au déten­teurs de capitaux.

    Réponse
    • lemant

      Je suis d’ac­cord avec vous, le char­tisme décrit déjà ce qui se fait mais l’autre façon de voir (les banques créent la mon­naie) peut aus­si s’en­tendre car comme dit JJé­gu, c’est une ques­tion de voca­bu­laire et des années de dis­cus­sion et des mil­liers de lignes écrites font voir que nous n’a­vons pas tous la même signi­fi­ca­tion du mot mon­naie (pour les mains­tream, les cré­dits sont de la mon­naie). Même quand cha­cun défend sa façon de voir, on ne se met que rare­ment d’accord.
      Je pense qu’il ne faut pas dire aux autres, vous avez faux (à la Jégu peut être…), mais vous n’a­vez pas tord mais on peut aus­si com­prendre que le char­tisme est déjà ce qu’il se passe depuis 1971, c’est l’oeuf et la poule…
      Je pense que les gens peuvent être plus faci­le­ment convain­cu qu’il existe plu­sieurs façon de voir la même chose que de leur dire que leur façon n’est pas la bonne…?

      Réponse
      • lemant

        chartalisme…(salaud de cor­rec­teur auto­ma­tique mais qui montre bien que le mot fran­çais est mal choi­si, tout le monde au départ lit charlatan.…)

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  12. joss

    Cela fait plus de 200 ans que les faux-mon­nayeurs exercent et qu’ils ont acquis ce pri­vi­lège par la tra­hi­son de nos gouvernants.

    Mémoires d’un ministre du trésor public, 1780–1815 – Nicolas François Mollien

    À la page 292, sa note d’a­ver­tis­se­ment sur la Banque de France !!!
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39650z/f71.double.r=m%C3%A9moires%20mollien

    NB. le docu­ment est téléchargeable

    Napo­léon feint de ne pas com­prendre la note.

    Expli­qué ici par notre cher Hen­ri Guille­min 😉 …à la min 5:00

    Réponse
  13. MONDOLORI

    Bon­jour,
    C’est une constante.
    Quand on dérange, les laquais et autres lar­bins sortent la potion magique : com­plo­tiste, extré­miste, extrême droite et si cela ne suf­fit pas il faut rajou­ter la chan­tilly anti quelque chose.…
    Fina­le­ment ils confirment que vous avez rai­son et qu’ils sont inquiets.

    Vive­ment la révolution.

    Réponse
  14. J. Jégu

    @ Maxime Léveque
    « Un pre­teur pri­vé qu’il soit un indi­vi­du ou une banque ne peut pas créer d’actif moné­taire net : pour s’en convaincre, obser­vons sim­ple­ment qu’avec un pret ban­caire, un actif est créé ET une dette du même mon­tant est aus­si créée. Cette opé­ra­tion n’augmente pas la quan­ti­té nette d’argent en circulation. »

    Ah, bon. Voi­là de quoi cla­ri­fier le débat ! Expli­quez-nous donc qui émet la mon­naie que cha­cun uti­lise quo­ti­dien­ne­ment … On remet le comp­teur à zéro, et on repart … pour une ving­taine d’an­nées ! Bon courage.

    Réponse
  15. lemant

    @J.Jégu (bra­vo pour le tra­vail effectué)
    « elles (les banques secon­daires) dis­posent du pri­vi­lège caché et lar­ge­ment igno­ré de pou­voir moné­ti­ser leurs dépenses, c’est-à-dire de payer tout bien ou ser­vice (les salaires du per­son­nel par exemple) sim­ple­ment en appro­vi­sion­nant le compte de leur créan­cier ! Elles moné­tisent leurs dépenses et démo­né­tisent leurs recettes ! »

    Je ne suis pas trop d’ac­cord avec cette idée par­fois écrite il est vrai.… Expli­quez moi. Si une banque construit un nou­vel éta­blis­se­ment ban­caire et/ou paye ses sala­riés, elle va bien devoir don­ner de l’argent à l’ar­chi­tecte et aux ouvriers du bâti­ment (et le per­son­nel des banques) si ces der­niers n’ont pas leur compte ban­caire à la banque dont on parle. OK quand tout va bien, elle ne pro­pose à la banque de l’ar­chi­tecte qu’une pro­messe de payer (qui s’ef­fa­ce­ra même pro­ba­ble­ment si la deuxième banque doit de l’argent à la pre­mière…). Quand tout va mal, la deuxième banque pré­fè­re­ra de l’argent plu­tôt qu’une pro­messe d’argent. La pre­mière banque est bien obli­gée de payer avec de l’argent déjà exis­tant (soit qu’elle a sur son compte, soit qu’elle l’emprunte à une autre banque ou à la banque cen­trale). A la limite (je ne sais pas trop), elle se fait une un prêt c’est à dire une dette à elle même, mais faut quand même trou­ver l’argent le jour où cet argent change de banque (d’où l’in­té­rêt pour les banques d’a­voir de grosses part de mar­ché, ce qui donne plus de chance que la banque de l’ar­chi­tecte lui appartienne…et donc pas besoin de trou­ver l’argent…)
    Non ?
    Non ?

    Réponse
    • J.Jégu

      @ lemant
      Atten­tion à ne pas conclure que si 100 €-ban­caires passent d’une banque vers une autre, il y a 100 €-ban­caires à tran­si­ter de cette banque vers l’autre. Non ; il suf­fit sta­tis­ti­que­ment de ( envi­ron ) 10 €-cen­traux. C’est cette réa­li­té sta­tis­tique qui per­met depuis tou­jours aux ban­quiers de gérer des « pro­messes de payer » bien plus impor­tantes que ce qu’ils sont effec­ti­ve­ment en capa­ci­té de payer. Si on ne com­prend pas cela on ne com­prend rien à l’activité ban­caire … Voyez peut-être, si vous êtes cou­ra­geux, « com­prendre la cir­cu­la­tion moné­taire » sur mes pages perso .

      Réponse
      • lemant

        non non J.Jégu, si quel­qu’un retire les 100 en liquide ou si les banques (en temps de crise) ne veulent pas de pro­messes de mon­naie de la part des autres banques, il va bien fal­loir les trou­ver ces 100.
        Dans votre tra­vail, vous par­tez encore une fois d’un dépot à une banque sans vous sou­cier d’où il vient…(« soit un dépot d… » mais il vient d’où au départ ce d??????)
        Bien sur 2 banques qui se doivent 100 mil­lions pour l’une et 90 mil­lions pour l’autre peuvent faire affaire avec seule­ment 10 M de réserves, sauf quand cela fuit (billets reti­rés au dis­tri­bu­teur ou banques qui ne se font plus confiance…)
        Vous expli­quez bien une façon de voir les choses, bien que vous ne par­liez pas des « fuites » mais res­tez dans la cir­cu­la­tion inter banques qui explique bien com­ment les banques gèrent les pro­messes de payer quant tout va bien…
        Je tra­vaille aus­si sur le sujet depuis long­temps donc je connais « for­cé­ment » vos tra­vaux (et le débat inter­mi­nable entre ceux qui décrivent la ponte des oeufs de la poule sans se sou­cier d’où vient la poule et les autres) et je vous féli­cite même si cela me chif­fonne que vous ne par­liez pas de la poule (aux oeufs d’or…)
        Bien à vous

        Réponse
  16. Maxime Lévesque

    @J. Jégu pour répondre à ta ques­tion : « qui émet la mon­naie que cha­cun uti­lise quo­ti­dien­ne­ment », il y a deux sortes d’argent : les billets (l’argent son­nant) et les dépôts ban­caires. Les billets sont émis par l’é­tat émet­teur (dans le cas de l’eu­ro c’est une fédé­ra­tion d’é­tat), alors que les dépôts ban­caire sont de simples écri­tures comptables. 

    Ima­gi­nez un ban­quier qui se cré un compte avec un solde de $100, il engage un jar­di­nier pour $100, le paie­ment se fait par vire­ment ban­caire. Si ce jar­di­nier a un compte chez le ban­quier, ce der­nier n’au­ra rien débour­sé. Si le jar­di­nier vire ce solde de $100 vers une autre banque, le pre­mier ban­quier aura une dette de $100 envers le second ban­quier. Un ban­quier créant X uni­té d’argent de solde ne peut donc pas le faire sans se créer une dette de X uni­tés, soit enver le déten­teur du compte, ou evers un autre banquier.

    Réponse
    • lemant

      Moins d’ac­cord sur les 2 types d’argent. C’est la même chose : la « devise » chère à Ber­sac (= l’argent, la mon­naie) à 10 % sous forme de billets et le reste sous forme de bits.
      Soit on voit le sys­tème : l’é­tat émet (fabrique) la mon­naie quand il dépense (1220 mil­liards en France par an (en 2014 par exemple), L’É­tat va récu­pé­rer sous formes de taxes diverses, sur­tout la TVA, au total envi­ron 960 mil­liards dans l’an­née (soit 44,7 % du PIB). Avec les autres recettes de l’É­tat (vente ou loca­tions de biens et ser­vices…), ses recettes sont au total de 1140 M et le défi­cit public annuel est donc fina­le­ment de 80 mil­liards d’eu­ros. Il reste donc 80 mil­liards sur les 1220 ini­tiaux fabri­qués et dépen­sés par l’É­tat, qui sont dans les poches du privé.
      L’é­tat détruit les 1140 M et choi­sit (il pour­rait les taxer) d’emprunter à ceux qui ont les 80 M man­quant sous formes d’o­bli­ga­tions. Il était pas for­cé mais il pense que c’est bien d’é­qui­li­brer sa feuille comp­table, cela sert aus­si à limi­ter l’in­fla­tion par­fois comme vous le dites plus bas, cela sert par­fois aus­si selon la situa­tion à éta­blir un taux d’in­té­rêt de réfé­rence (pour tout le monde), celui que l’é­tat sou­ve­rain choi­sit d’ac­cor­der à ceux à qui il emprunte (mais c’est sur­tout pour s’as­su­rer que ce taux ne tombe pas trop bas = argent trop facile à emprun­ter, cré­dits qui s’affolent…
      Alors on est chartiste…(sans for­cé­ment le savoir)

      Soit c’est le clas­sique : l’é­tat ne peut dépen­ser que ce qu’il reçoit en impôts, le reste il doit l’emprunter sur les mar­chés au prix d’une dette.…

      Réponse
      • Maxime Lévesque

        @leman : je reprend votre exemple, au monent où l’é­tat décide « d’emprunter  » (j’ex­pli­que­rai plus tard pour­quoi je met emprun­ter entre double guillemets).
        Donc, repre­nons votre exemple à par­tir d’ici :
        > l’é­tat choi­sit (il pour­rait les taxer) d’emprunter à ceux qui ont les 80 M man­quant sous formes d’obligations

        Que se passe t‑il réel­le­ment : l’é­tat reçoit 80M du sec­teur pri­vé, et les retire de la cir­cu­la­tion, et il cré 80M d’o­bli­ga­tion. Il y a alors 80M de dol­lars en mon­naie de moins en cir­cu­la­tion, mais il y a éga­le­ment 80M en bons du tré­sors de PLUS en cir­cu­la­tion. Un bon du tré­sor est aus­si liquide que de l’argent son­nant (avec un bémol dans la zone Euro), il s’est donc détruit 80 d’une type d’argent, et créé une autre type d’argent.
        L’emprunt n’est en fait qu’une conver­sion de devise, des dol­lars (ou Euro) ne rap­por­tant aucun inté­ret sont échan­gés contre des bons, qui eux rap­portent de l’in­té­ret. L’o­pé­ra­tion est la même que lors­qu’on déplace un mon­tant X d’un compte ban­caire sans inté­rets vers un comte avec intérets.
        Dans la zone Euro, les bons ne sont pas tou­jours aus­si liquides que des euros, si il est émis par la Grèce par exemple, mais appli­quez cet exemple au Cana­da, au USA, UK, ou autre pays monai­tai­re­ment sou­ve­rain, et vous ver­rez que la seul créa­tion moné­taire NETTE se pro­duit lors de la dépense par l’é­tat émet­teur. Que cet état émet­teur choi­sisse de conver­tir de sa mon­naie (sans inté­ret), en mon­naie avec inté­ret ne chanre pas la quan­ti­té de base en circulation.

        Réponse
        • lemant

          Les bons sont liquides ?
          Si vous vou­lez liqué­fier votre bon et le vendre 1000, et disons que je vous l’a­chète et vous donne 1000.
          Moi j’ai 1000 en moins et un bon en plus
          Vous avez 1000 en plus et le bon en moins
          Rien ne se crée…
          Mais c’est vrai qu’il vaut mieux avoir le bon qui rap­porte les inté­rêts que 1000 qui s’ef­fritent par l’inflation…

          Les pre­mières « obli­ga­tions », celles de la ville de Paris (les rentes de l’Hô­tel de ville) appa­raissent en 1522. Ce sont les pre­mières rentes per­pé­tuelles. Cet ins­tru­ment avait été choi­si pour contour­ner l’in­ter­dic­tion de l’u­sure faite aux catho­liques par la papau­té. Le renon­ce­ment au capi­tal du créan­cier per­met­tait de rendre reli­gieu­se­ment accep­table cette mesure. Le XIXe siècle sera plus tard l’âge d’or de la « rente ».
          C’est alors le pla­ce­ment le plus recher­chée par la bour­geoi­sie triom­phante. Qui­conque à un capi­tal le place en rente et l’on ne mesure plus sa for­tune qu’en regar­dant les sommes que l’on détient en rentes à 5 %, autre­ment dit non pas le capi­tal pla­cé, mais les inté­rêts ver­sés par l’É­tat et à vie.
          Bal­zac intro­duit sou­vent ses per­son­nages en indi­quant qu’ils ont cent ou deux cent mille francs « de rentes », autre­ment dit qu’ils reçoivent cette somme en inté­rêt de l’É­tat chaque année (Roma­ric Godin, La Tribune).
          Le rôle de l’É­tat est alors d’as­su­rer pour la bour­geoi­sie et les ren­tiers, la liqui­di­té de la dette publique, c’est à dire un défi­cit public pas trop impor­tant pour évi­ter la ban­que­route, pas trop faible pour main­te­nir la dette publique comme une rente… Le défi­cit est donc deman­dé par le marché !!!

          Réponse
    • joss

      Avec un dépôt de 100, le ban­quier met en réserve 10%, cad 10 et prête 90.
      Les 90 deviennent un dépôt, 9 est alors mis en réserve et 81 est prêté.
      Les 81 deviennent un dépôt,…et ain­si de suite jus­qu’à trou­ver une limite.
      C’est mathématique.
      Au total, 900 sera prê­té pour 100 dépo­sé initialement.
      Sui­vant le lan­gage du ban­quier, il dira qu’a­vec 100 dépo­sés en banque il peut prê­ter 90. Il ne parle que de la 1ère étape de prêt et fait abs­trac­tion de toutes les autres.
      N’ou­blions pas que sur les 900, il deman­de­ra un intérêt.

      Réponse
  17. etienne

    Lu sur le fil Facebook :

    James K Galbraith Reviews Modern Monetary Theory Kansas City Sept 2017

    Réponse
    • joss

      C’est le fils de John.
      Pas évident son accent, mieux vaut mettre le sous-titrage.

      Réponse
  18. ève

    « Dans une éco­no­mie moné­taire, les dif­fé­rentes grandeurs
    éco­no­miques (pro­duc­tion, reve­nu, consom­ma­tion, épargne, etc.) prennent une forme monétaire.
    Un sala­rié reçoit en contre­par­tie de sa par­ti­ci­pa­tion à la production
    un salaire monétaire. »
    Mr Bei­tone dit que le sala­rié reçoit à sa par­ti­ci­pa­tion à la pro­duc­tion un salaire moné­taire ‚.….… je com­prends alors qu’un salaire doit cor­res­pondre à la pos­si­bi­li­té de pou­voir assu­mer sa vie et celle de ses enfants dans de dignes condi­tions . Cela veut dire qu’il doit pas­ser à un niveau supé­rieur à celui d’un S.M.I.C. , ce qui n’est pas le cas ! Nous sommes rému­né­rés actuel­le­ment par une misère monétaire !

    Réponse
  19. joss

    Il faut que j’ap­pro­fon­disse le Chartalisme…quelques soi­rées en perspective 😉

    Réponse
    • Lemant

      Alors il vous faut lire le livre de jean Bap­tiste Ber­sac : devises l’irresi Émer­gence de la mon­naie télé­char­gez le gra­tui­te­ment sur la toile
      N’hesites pas

      Réponse
      • joss

        mer­ci 😉

        Réponse
  20. joss

    La richesse d’un pays, ce sont les « bras », les « cer­veaux » (connais­sance accu­mu­lée et dis­po­nible) et les res­sources (matières pre­mières, éner­gie, outils).
    La mon­naie, c’est l’u­ni­té de compte.
    M. Bei­tone dit qu’en créant la mon­naie on ne crée pas de la richesse. Il a rai­son, mais il omet de dire qu’en créant la mon­naie (et en l’u­ti­li­sant là où il faut) on se donne les moyens d’u­ti­li­ser la richesse du pays.
    C’est comme l’ar­ro­sage d’un champ : ce n’est pas en aug­men­tant les stocks d’eau que la récolte va aug­men­ter, il faut arro­ser les plan­ta­tions au bon endroit. Si on n’ar­rose pas, si on arrose à côté ou si on arrose tou­jours la même plante, on com­prend bien ce qu’il se passera.
    Alors dire que la pau­vre­té s’ins­talle en France parce qu’on manque d’u­ni­té de compte (alors qu’il suf­fit de la créer en appuyant sur quelques touches d’un cla­vier) est une absurdité.

    Réponse
  21. J. Jégu

    En lisant cer­tains com­men­taires, je me trouve embar­ras­sé. Cer­tains savent sans doute – en tout cas E. Chouard le sait – qu’une dis­cus­sion de plus d’un semestre et de plu­sieurs cen­taines de pages a eu lieu il y a une dizaine d’années sur le blog de Paul Jorion. 

    Mal­gré sa vaste culture et son pas­sé de ban­quier, celui-ci n’a pas, à l’époque, admis que ce soit les banques com­mer­ciales qui, de fait, créent la mon­naie néces­saire à l’économie.

    Il est tou­jours ris­qué et pré­ten­tieux de pré­tendre avoir rai­son ; il ne faut jamais exclure tota­le­ment la pos­si­bi­li­té de se trom­per soi-même. Mal­gré tout, la thèse selon laquelle ce sont les banques qui créent la mon­naie pour l’économie, la créent et la lui vendent, avec l’accord de tout notre cor­pus juri­dique et moné­taire, cette thèse ne semble plus très contes­tée. Le com­men­taire de joss à pro­pos de la FED de Chi­ca­go en est un exemple. On a depuis vécu le « quan­ti­ta­tive easing » pour les banques et d’aucuns ont récla­mé un « quan­ti­ta­tive easing for the people ».

    Je veux bien chan­ger d’avis, mais pour cela il fau­drait me convaincre. Quand je vois les exemples don­nés, je reste sur ma faim. Quand il y a trans­fert entre deux banques, il s’agit pra­ti­que­ment tou­jours de trans­ferts mul­tiples qui ne donnent lieu en réa­li­té qu’à des trans­ferts d’écarts de solde. Il suf­fit sta­tis­ti­que­ment d’une petite frac­tion des sommes mani­pu­lées pour gérer cor­rec­te­ment ces sommes. C’est ain­si qu’on peut com­prendre que lorsqu’une banque reçoit 100 € d’une autre banque, elle peut encais­ser 100 € en mon­naie cen­trale et por­ter 100 € en mon­naie ban­caire sur le compte d’un client. Mais ensuite, elle peut consi­dé­rer que 100 € en mon­naie cen­trale, c’est beau­coup trop pour gérer 100 € de mon­naie ban­caire. Elle dis­pose donc disons de 80 à 90 € en mon­naie cen­trale capables de gérer 400 à 1000 € sup­plé­men­taires en mon­naie ban­caire. Elle peut donc sans risque grave pro­cé­der à des prêts de ce niveau qui sont créa­teurs de nou­velle mon­naie pour l’économie.

    Je sais que tout cela n’est guère intui­tif. Il m’est jadis arri­vé d’y réflé­chir de façon détaillée (Com­prendre la cir­cu­la­tion moné­taire ). Sans doute est-il pos­sible de faire beau­coup plus simple ; avis aux amateurs !

    Un autre point fon­da­men­tal me chif­fonne : dire que le char­ta­lisme est la des­crip­tion de ce qui se fait aujourd’hui. Que les États aujourd’hui soient garants de leur mon­naie, je pense tout à fait que oui ; com­ment pour­rait-on faire autre­ment ?  Mais dire dans la fou­lée que ce sont les États qui émettent leur mon­naie (sélec­tion des actions à finan­cer, créa­tion des moyens de paie­ments), alors là, non. Ce sont les banques com­mer­ciales qui émettent la mon­naie ban­caire et, pour nous, la BCE indé­pen­dante, qui émet la mon­naie cen­trale. Les États sont trai­tés comme des agents éco­no­miques non-ban­caires, me semble-t-il : ils empruntent. Ce que nous sou­hai­te­rions jus­te­ment , c’est que le char­ta­lisme, dont la logique est peu dis­cu­table, soit enfin mis en place – et cela au niveau mon­dial. Bien sûr, je peux me trom­per … et res­ter à jamais dans l’erreur.

    En effet, et je tiens à vous deman­der de m’en excu­ser, je n’ai plus le temps dis­po­nible pour par­ti­ci­per aux débats éven­tuels qui seraient utiles et que, peut-être, cer­tains souhaiteraient.

    Cor­dia­le­ment.
    J.J.

    Réponse
    • Lemant

      @Jégu et Joss

      Le modèle du divi­seur de cré­dit s’op­pose dans la théo­rie à celui du mul­ti­pli­ca­teur de cré­dit. Dans le cadre du modèle du mul­ti­pli­ca­teur de cré­dit, on sup­pose que les banques ont besoin de déte­nir au préa­lable une cer­taine quan­ti­té de réserves pour prê­ter. Au contraire dans le modèle du divi­seur de cré­dit, les banques prêtent d’a­bord, puis se refi­nancent ensuite. Ain­si elles créent la quan­ti­té de mon­naie cor­res­pon­dante à la demande de cré­dit qui leur est adres­sée, et la quan­ti­té de réserves (et donc la base moné­taire) s’a­juste en consé­quent. Ce modèle s’ins­crit dans un sché­ma où la mon­naie est endo­gène, c’est-à-dire que ce sont les agents éco­no­miques eux-mêmes qui déter­minent la quan­ti­té de mon­naie en cir­cu­la­tion et non la banque cen­trale comme le modèle du mul­ti­pli­ca­teur le sup­pose impli­ci­te­ment (BSI economics)

      Oui bien sur, les long débats entre Jorion et les autres font juste com­prendre qu’il ya 2 façons de voir la même chose (avec des consé­quences dif­fé­rentes certes)…
      Car tous les 2 vous par­tez d’une banque qui reçoit 100 (et après il se passe plein de chose…) mais ils viennent d’où ces 100 ?? d’une autre banque etc… mais il ya bien un début non ? quel­qu’un les fabrique (en billets rare­ments, en bits sou­vent) non ?

      Au cœur du pro­blème se situe la dif­fi­cul­té que les gens ont à se rendre compte qu’il y a eu un chan­ge­ment essen­tiel dans le fonc­tion­ne­ment de nos sys­tèmes moné­taires depuis les années 1970.

      Les accords de Bret­ton Woods à la sor­tie de la guerre avaient éta­bli un prix de l’once d’or à 35 dol­lars et chaque mon­naie natio­nale était ados­sée elle-même au dol­lar. Quand un pays déci­dait d’aug­men­ter sa masse moné­taire, l’É­tat était auto­ri­sé à uti­li­ser, ou plu­tôt à mettre en réserve dans sa banque cen­trale une quan­ti­té d’or cor­res­pon­dante à la quan­ti­té d’argent que l’É­tat sou­hai­tait fabriquer.
      Depuis 1971, le gou­ver­ne­ment peut dépen­ser autant qu’il le sou­haite dans la mesure où il y a suf­fi­sam­ment de biens et ser­vices à vendre, même s’il n’a aucun or en réserve. C’est un chan­ge­ment énorme. Indé­pen­dam­ment du fait que le gou­ver­ne­ment ait dépen­sé plus ou moins que ses reve­nus, quel que soit le jour par­ti­cu­lier, le gou­ver­ne­ment a tou­jours la même capa­ci­té à dépenser.
      Il n’y a pas de concept tel que le gou­ver­ne­ment « n’a plus d’argent » ou qu’il ne soit pas capable de finan­cer un pro­gramme. Com­bien le gou­ver­ne­ment peut dépen­ser dépend entiè­re­ment de son choix. Il n’y a aucune res­tric­tion sur sa capa­ci­té finan­cière. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de res­tric­tion à ses dépenses. Clai­re­ment, il y en a, la quan­ti­té de biens et ser­vices qui sont à vendre, le tra­vail des gens au chô­mage inclut (c’est à dire en comp­tant les biens et ser­vices que les chô­meurs pour­raient échan­ger s’ils avaient un travail).

      Nous pou­vons inter­pré­ter les choses ain­si, le gou­ver­ne­ment dépense, intro­duit des actifs finan­ciers nets dans l’é­co­no­mie diraient les éco­no­mistes, c’est à dire fabrique de l’argent sous forme de lignes infor­ma­tiques en cré­di­tant les comptes ban­caires pri­vés. Cette dépense n’est pas contrainte par le reve­nu du gou­ver­ne­ment. Un gou­ver­ne­ment émet­teur de sa propre mon­naie n’a pas de contrainte finan­cière sur sa dépense, ce qui n’est pas la même chose que de recon­naître les contraintes bud­gé­taires impo­sées par les politiques.
      L’É­tat n’a pas de sou­ci de tré­so­re­rie. Il peut par­tir en guerre au Mali (avec les dépenses qui vont avec), il peut dépen­ser où il veut quand il veut.
      Son pro­blème vient plus tard, com­ment faire en sorte que l’argent inves­ti ne crée pas d’in­fla­tion. Ce qui peut arri­ver quand la quan­ti­té d’argent dépasse la quan­ti­té de pro­duits à vendre ou à acheter.

      Mon­sieur Jégu, que faites vous de votre temps??

      Réponse
      • J.Jégu

        « Un gou­ver­ne­ment émet­teur de sa propre mon­naie n’a pas de contrainte finan­cière sur sa dépense, ». Certes mais nous ne sommes abso­lu­ment pas dans ce cas. Ce sont les banques et non pas l’é­tat qui pra­tiquent le « divi­seur de cré­dits » en sélec­tion­nant les emprun­teurs qui leur conviennent et en encaissent les inté­rêts sur toute mon­naie créée, c’est à dire sur la tota­li­té de la mon­naie uti­li­sée ( j’ai en tête le chiffre de 40 à 50 mil­liards d’ euros par an … ). Voi­là notre pro­blème à nous. 

        « Son pro­blème vient plus tard, com­ment faire en sorte que l’argent inves­ti ne crée pas d’inflation. » L’in­fla­tion est un para­mètre éco­no­mique par­mi beau­coup d’autres. Elle m’a per­son­nel­le­ment ren­du service.

        Je consacre l’es­sen­tiel de mon temps à accom­pa­gner de mon mieux mon épouse âgée de 85 ans et atteinte de la mala­die d’Alz­hei­mer. Vous ne pou­viez le devi­ner. Sachez que là aus­si les familles doivent pen­ser monnaie.

        Réponse
        • lemant

          Nous ne sommes pas dans ce cas là (et sur­tout pas en Europe sans états nations sou­ve­rains) c’est vrai, mais si on vou­lait l’être, il n’y aurait pas grand chose à chan­ger, l’é­tat fabri­que­rait la mon­naie au moment même où il dépen­se­rait, ex nihi­lo et la détrui­rait en rece­vant les taxes(comme font les banques secon­daires dans votre version).
          Mais comme il faut que l’argent cir­cule plus vite (en fait dans ces bits « vir­tuels », tout est cir­cu­la­tion plus que créa­tion, c’est un peu la même chose), nous avons besoin du cré­dit ban­caire (ou une autre solu­tion que nous n’a­vons pas encore trou­vée). Le cré­dit est bien pra­tique pour faire cir­cu­ler la mon­naie (ou la fabri­quer si vous vou­lez) mais vous savez comme moi (vu vos années pas­sées sur le sujet) que Mins­ky a mieux que d’autre expli­quer les incon­vé­nients des cré­dits qui s’emballent tou­jours entrai­nant les crises.
          On le sait (vous aus­si bien sur), depuis les orfèvres, qu’on peut prê­ter plus que ce qu’on a et les banques au final prêtent 2 fois plus en gros que ce qu’elles ont, (que ce soit des pro­messes ou de la mon­naie n’est au final peu impor­tant sauf que bien sur la mon­naie est plus fiable que les promesses…)
          Ber­sac encore que nous aimons bien :
          Le cré­dit ne fait que pro­mettre de payer plu­tôt que de payer effec­ti­ve­ment. Donc, il demeure tou­jours la pos­si­bi­li­té que ce cré­dit ne soit pas hono­ré et qu’il ne vaille donc rien. Plus les cré­dits s’ac­cu­mulent, plus il devient donc néces­saire de dis­po­ser du mon­tant suf­fi­sant de mon­naie pour faire face à une conver­sion mas­sive de ces cré­dits en mon­naie tel que pro­mis. C’est la fameuse ruée ou panique ban­caire. Elle peut prendre le très théâ­trale aspect des files de dépo­sants venant reti­rer tous les cré­dits de leurs comptes, mais aus­si, beau­coup plus mas­sif et rapide, cela peut prendre l’as­pect de l’in­ter­rup­tion des cré­dits accor­dés par les autres banques dont dépen­dait la banque main­te­nant en faillite.
          Les faillites bien réelles de Leh­man Bro­thers, Bear Stearns ou Nor­thern Rock prouvent que le dan­ger n’est pas nul et que la vul­gate libé­rale est trop rapide : si ces banques avaient pu créer de la mon­naie, alors elles se seraient sim­ple­ment créées de quoi faire face à leurs échéances plu­tôt que de faire faillite. Une fois au bord de la ban­que­route, qui prend le risque de leur faire cré­dit, c’est à dire de leur remettre une somme dont il devient de plus en plus dou­teux qu’elle sera rem­bour­sée ? Leh­man, Bear Stearns et Nor­thern Rock nous répondent : «  per­sonne » (Ber­sac).

          Avec tout mon res­pect pour le tra­vail que vous avez fait et que vous faites encore

          Réponse
          • RV

            « si ces banques avaient pu créer de la mon­naie, alors elles se seraient sim­ple­ment créées de quoi faire face à leurs échéances plu­tôt que de faire faillite. »
            Merci !

    • etienne
  22. etienne

    Joseph Stiglitz : « L’Europe est au bord de l’abîme »

    5 sept 2018 par Mathieu MAGNAUDEIX, Mediapart :

    Dans un entre­tien à Media­part, le célèbre prix Nobel d’économie Joseph Sti­glitz s’inquiète de la pour­suite de l’austérité dans la zone euro. Il s’alarme aus­si des poli­tiques de Donald Trump et de l’explosion des inéga­li­tés, dix ans après la crise finan­cière de 2008. Plus que jamais, il plaide pour « aug­men­ter les salaires », régu­ler la finance et lut­ter contre les « monopoles ».

    New York (États-Unis), de notre cor­res­pon­dant.– Dix ans après la crise de 2008, où en est la régu­la­tion finan­cière ? Membres de l’I­CRICT, une com­mis­sion indé­pen­dante créée il y a trois ans qui pro­pose notam­ment de réfor­mer la taxa­tion des mul­ti­na­tio­nales, d’é­mi­nents éco­no­mistes et défen­seurs d’une régu­la­tion de la finance se sont réunis mar­di 4 sep­tembre à New York. Par­mi eux, le spé­cia­liste des para­dis fis­caux Gabriel Zuc­man, pro­fes­seur à l’u­ni­ver­si­té cali­for­nienne de Ber­ke­ley, la dépu­tée euro­péenne éco­lo­giste Eva Joly, ou l’é­co­no­miste indienne Jaya­ti Ghosh, venue dire ses craintes de voir la bulle d’en­det­te­ment des pays émer­gents « écla­ter bien­tôt, peut-être dès cette année ».

    Lui aus­si membre de l’I­CRICT, le célèbre prix Nobel d’é­co­no­mie Joseph Sti­glitz, pro­fes­seur à l’u­ni­ver­si­té Colum­bia et ancien chef éco­no­miste de la Banque mon­diale, a répon­du aux ques­tions de Mediapart.


    Joseph Sti­glitz, en juin 2017, à Mexi­co. © Reuters

    Pana­ma Papers, Para­dise Papers, Swiss Leaks, Lux­Leaks, Mal­ta Files, etc. Depuis la crise de 2008, de grandes enquêtes inter­na­tio­nales ont prou­vé l’am­pleur de l’é­va­sion fis­cale dans le monde. Mais la situa­tion a‑t-elle vrai­ment changé ?

    Joseph Sti­glitz. La crise finan­cière de 2008 n’a pas été pro­vo­quée par les para­dis fis­caux, mais il est assez remar­quable de consta­ter la lumière crue qu’elle a pro­je­tée sur eux. Et c’est une bonne chose ! Grâce au tra­vail d’in­ves­ti­ga­tion de jour­na­listes du monde entier, on s’est ren­du compte de la magni­tude de l’é­va­sion fis­cale, mais aus­si de l’é­vi­te­ment fis­cal, qui privent les États de res­sources cru­ciales. Les res­tric­tions bud­gé­taires qui ont sui­vi la crise ont d’ailleurs accru cette prise de conscience et ren­du l’o­pi­nion très sen­sible à ces questions.

    Plus récem­ment, je pense que l’é­lec­tion de Donald Trump a aus­si aidé à cette prise de conscience. Le pré­sident amé­ri­cain est un expert incon­tes­té du blan­chi­ment d’argent. Avec lui, l’o­pi­nion a décou­vert ce mar­ché obs­cur où toutes sortes de gens miteux blan­chissent de l’argent sale en ache­tant et reven­dant des appar­te­ments de luxe. C’est exac­te­ment le modèle de Trump ! (Il regarde par la fenêtre, au 34e étage d’une tour de Man­hat­tan, qui donne sur des gratte-ciel sur la 3e Avenue).

    Tout cela a fini par ren­for­cer le sen­ti­ment que dans une ville comme celle-ci, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Les gens ordi­naires ne peuvent plus ache­ter de biens immo­bi­liers. Les plus pauvres habitent à l’ex­té­rieur et doivent chaque jour faire de longs tra­jets. Mais au cœur de la ville, il y a des mil­liers et des mil­liers de mètres car­rés vides, pro­prié­té de riches spé­cu­la­teurs, qui s’en servent sou­vent à des fins de blan­chi­ment. Ce genre de choses ren­force la colère des citoyens.

    Y a‑t-il eu des pro­grès depuis dix ans pour réduire les para­dis fis­caux et régu­ler les mar­chés financiers ?

    Sur la trans­pa­rence du sys­tème finan­cier inter­na­tio­nal et l’é­va­sion fis­cale, il y a eu cer­tains pro­grès. Mais c’est loin d’être suf­fi­sant. Le verre reste aux trois quarts vide. Quant au sys­tème finan­cier, est-il plus stable qu’il y a dix ans ? Je dirais pro­ba­ble­ment. Les seuils de capi­taux mini­mums exi­gés [des banques – ndlr] ont été aug­men­tés, il y a davan­tage de super­vi­sion. Mais ce n’est clai­re­ment pas suf­fi­sant. Au cours des trois ou quatre der­nières années, il y a même eu d’im­por­tantes rechutes, avec la remise en cause de régu­la­tions finan­cières adop­tées après la crise. La pres­sion des grandes banques amé­ri­caines a été cou­ron­née de suc­cès. À l’ins­tar de Citi­group, elles ne se cachent pas de faire pres­sion au tra­vers d’a­men­de­ments légis­la­tifs écrits par leurs lobbyistes.

    Lire la suite, sur Mediapart :
    https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​0​5​0​9​1​8​/​j​o​s​e​p​h​-​s​t​i​g​l​i​t​z​-​l​-​e​u​r​o​p​e​-​e​s​t​-​a​u​-​b​o​r​d​-​d​e​-​l​-​a​b​ime

    Réponse
  23. nessbyz

    Les mon­naies locales étantes désor­mais inter­dites en france, il fau­drait rapi­de­ment quit­ter cet état et sur­tout ne plus par­ti­ci­per à une éco­no­mie biaisée.
    Ps/ la mon­naie cen­trale jm’ y oppo­se­rai aus­si car c’ est ce qui vient à l’ encontre du déve­lop­pe­ment par le bas comme pour ce cas de démo­cra­tie réelle sur ytube qui reste incon­trô­lable ; si demain les com­men­taires deve­naient inte­dits, ça ne serait plus rien du tout au niveau politique.

    Réponse
  24. RV

    Un pas de coté dans l’actualité.
    ———————————–

    En février 2018, le Vene­zue­la est deve­nu le pre­mier pays au monde à émettre une cryp­to-mon­naie sou­ve­raine. Le fait qu’un État charge sa Banque cen­trale de la créer est non seule­ment inédit mais contraire à son carac­tère « anti-sys­tème ». C’est là sans doute le coup de génie des éco­no­mistes du gouvernement.

    https://​www​.legrand​soir​.info/​l​e​-​p​e​t​r​o​-​u​n​e​-​a​r​m​e​-​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​n​a​i​r​e​-​p​o​u​r​-​u​n​e​-​c​o​n​t​r​e​-​o​f​f​e​n​s​i​v​e​-​e​c​o​n​o​m​i​q​u​e​-​e​n​-​m​i​l​i​e​u​-​c​a​p​i​t​a​l​i​s​t​e​.​h​tml

    Réponse
  25. klay

    L’a­vis d’un citoyen pas doué en comp­ta­bi­li­té, pour que le plus grand nombre puisse comprendre.

    Les dépôts aug­mentent lors d’un défi­cit public, et lors­qu’ une banque com­mer­ciale accorde un prêt.
    « fun­da­men­tal­ly, (8) depo­sits come from only two places : new bank len­ding and govern­ment defi­cits (9) » (page8)
    https://​www​.kre​di​top​fe​rhilfe​.net/​d​o​c​s​/​S​_​a​n​d​_​P​_​_​R​e​p​e​a​t​_​A​f​t​e​r​_​M​e​_​8​_​1​4​_​1​3​.​pdf

    Mais le dépôt est détruit lors du rem­bour­se­ment du prêt. Tout comme le titre de dette à l’ac­tif de la banque. Et si une banque n’est pas rem­bour­sée, elle subit une perte qui peut la mener à la faillite.

    Le défi­cit public peut, lui, être lais­sé dans l’é­co­no­mie. Car les banques com­mer­ciales se retrouvent avec des bons du tré­sor à leur actif, lors d’un défi­cit. Bons du tré­sor qu’elles peuvent faci­le­ment échan­ger auprès de la banque cen­trale contre des réserves. Voir le docu­ment de marc lavoie sur le chartalisme :
    http://​eco​de​mys​ti​fi​ca​teur​.blog​.free​.fr/​p​u​b​l​i​c​/​b​l​o​w​u​p​-​i​m​a​g​e​s​/​D​o​c​u​m​e​n​t​s​/​N​e​o​-​c​h​a​r​t​a​l​i​s​m​_​T​r​a​d​u​c​t​i​o​n​_​2​0​1​.​f​i​n​a​l​e​_​a​v​e​c​_​b​i​b​l​i​o​g​r​a​p​h​i​e​.​pdf

    Lors d’un excé­dent bud­gé­taire, on aurait une des­truc­tion de dépôts et de bons du trésor.

    Après, les règles du jeu changent sui­vant les pays et les époques. Mais c’est un peu pareil par­tout. Les QE en zone euro, c’est un échange de bons du tré­sor contre des réserves. Le but étant de main­te­nir en vie la zone euro, en évi­tant une hausse des taux d’in­té­rêts pour les pays faibles.

    La vraie mon­naie ce sont les pièces et billets, et les réserves. On peut ajou­ter les bons du tré­sor qui sont un sub­sti­tut aux réserves (et qui rap­portent des inté­rêts). Tout ça, les banques com­mer­ciales ne peuvent pas le créer, et heu­reu­se­ment. C’est tiré du livre de JB Ber­sac, ça.

    Donc pour clore un débat qui n’a que trop duré : les banques com­mer­ciales peuvent créer de la mon­naie, mais elles ne peuvent pas créer la mon­naie. Je crois que c’est clair.

    Cor­dia­le­ment.

    Réponse
  26. Bénédicte

    Cher Etienne,

    Com­ment dire… MERCI ! pour votre sagesse, votre pug­na­ci­té, votre invrai­sem­blable énergie.

    Une aube nou­velle se lève toute revê­tue de jaune, d’or, comme votre parole. Nous l’en­ten­dons, elle résonne et nous la reprenons.

    Notre réso­lu­tion se mani­feste dans nos pas – ça y est nous ne sommes plus à genoux, nous sommes debout.

    Pour­sui­vons notre route ensemble, main­te­nant que nous nous sommes levés de bon­heur… avec cette musique en tête : « Una mat­ti­na » de Ludo­vi­co Einaudi :
    https://​you​tu​.be/​0​B​v​m​9​y​G​4​cvs

    Et à vous, Etienne, je vous sou­haite le meilleur, du plus pro­fond du cœur.

    Réponse

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