[Scandale absolu] Destruction de la Sécurité sociale française : encore un crime antisocial voté contre des millions de Français, la nuit, par une poignée de traîtres hors contrôle. Nous n’avons pas de constitution, pas de RIC, pour nous protéger contre les félonies des « élus ».

26/10/2019 | 11 commentaires

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Le scan­dale que Roma­ric Godin décrit ici est la ruine volon­taire de notre sécu­ri­té sociale par nos pré­ten­dus « repré­sen­tants » qui « affament l’É­tat » (« starve the beast ») pour pré­pa­rer l’o­pi­nion à la pri­va­ti­sa­tion des assu­rances sociales :

Sécurité sociale : l’Assemblée vote le déficit pour compenser la politique néolibérale

24 octobre 2019, par Roma­ric Godin et Manuel Jar­di­naud, sur Mediapart

https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​f​r​a​n​c​e​/​2​4​1​0​1​9​/​s​e​c​u​r​i​t​e​-​s​o​c​i​a​l​e​-​l​-​a​s​s​e​m​b​l​e​e​-​v​o​t​e​-​l​e​-​d​e​f​i​c​i​t​-​p​o​u​r​-​c​o​m​p​e​n​s​e​r​-​l​a​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​n​e​o​l​i​b​e​r​ale

En pre­mière lec­ture, l’Assemblée natio­nale a acté que l’État ne com­pen­se­ra pas dans le bud­get de la Sécu­ri­té sociale les exo­né­ra­tions et les trans­ferts de coti­sa­tions qui lui servent à mener sa poli­tique de baisse d’impôts. Un pré­cé­dent d’ampleur auquel les oppo­si­tions et une poi­gnée de dépu­tés LREM ont ten­té, en vain, de s’opposer.

L’analyse est sans appel. Il s’agit d’un « chan­ge­ment radi­cal de phi­lo­so­phie ». Un peu avant minuit, dans la nuit du 22 au 23 octobre, Valé­rie Rabault, à la tête du groupe socia­liste à l’Assemblée natio­nale, ne déco­lère pas. Les dépu­tés débattent de l’article 3 du pro­jet de loi de finan­ce­ment de la Sécu­ri­té sociale (PLFSS). Cet article, pour­tant reje­té en com­mis­sion avec l’apport de voix LREM, pré­voit que, désor­mais, l’État ne com­pen­se­ra pas les baisses de cotisations.

C’est donc une rup­ture his­to­rique du pacte social fran­çais. Depuis 1994, en ver­tu de la loi Veil, les com­pen­sa­tions étaient la règle. Pour une rai­son évi­dente : la Sécu­ri­té sociale, depuis sa créa­tion en 1945, est en théo­rie gérée par ceux qui payent les coti­sa­tions sociales : les employeurs et les salariés.

Agnès Buzyn, ministre de la santé. © ReutersAgnès Buzyn, ministre de la santé. © Reuters

 
D’ailleurs, en com­mis­sion des affaires sociales, c’est une dépu­tée LREM, Del­phine Bagar­ry, qui avait fait un petit cours d’histoire à ses col­lègues de groupe fort peu loquaces ce jour-là alors que la dis­cus­sion por­tait sur la pos­si­bi­li­té d’a­men­der ce fameux article 3 : « En adop­tant ces amen­de­ments, nous témoi­gne­rions de notre atta­che­ment au prin­cipe de la ges­tion pari­taire de la Sécu­ri­té sociale, tel qu’il a été pen­sé par le Conseil natio­nal de la Résistance. » 

Si l’État décide de réduire ces coti­sa­tions sans l’accord una­nime des par­te­naires sociaux, alors il lui revient de ne pas faire payer sa déci­sion à la Sécu­ri­té sociale et de com­pen­ser les pertes de recettes.

Dans l’hémicycle, mal­gré la demande insis­tante de l’opposition de déca­ler le débat au len­de­main, en ver­tu du nou­veau règle­ment de l’Assemblée qui incite à évi­ter tout débat au-delà de minuit, l’amendement est fina­le­ment dis­cu­té et reje­té au milieu de la nuit par 93 voix contre 51, plus une abs­ten­tion. L’ar­ticle 3 est ensuite voté dans son ensemble avant la sus­pen­sion de séance à 1 h 05.

Mal­gré l’heure tar­dive, l’ensemble de la gauche a ten­té de faire bas­cu­ler le vote sur l’a­men­de­ment, tout comme les élus LR, UDI et Liber­tés et ter­ri­toires, mais aus­si huit dépu­tés LREM. Fait notable : mis en dif­fi­cul­té tout au long de la dis­cus­sion, le rap­por­teur géné­ral LREM Oli­vier Véran n’a pas pris part au vote… Il avait expli­qué être atta­ché à cette auto­no­mie des comptes sociaux mais refu­sé de sou­te­nir l’amendement en rai­son de « l’imbroglio juri­dique » auquel il condui­rait en met­tant le PLFSS en contra­dic­tion avec le pro­jet de loi de finance (PLF).

Une frange non négli­geable de la repré­sen­ta­tion natio­nale, dont cer­tains au sein de la majo­ri­té, a ten­té de sau­ver une cer­taine concep­tion du modèle social fran­çais. En vain.

Car l’époque semble révo­lue où quelques grands prin­cipes poli­tiques prennent le pas sur des mesures tech­niques. Du moins à ce niveau. Car, en réa­li­té, la loi Veil était déjà contour­née. En 2019, il man­quait deux mil­liards d’euros de com­pen­sa­tions par des arti­fices comp­tables. Cette fois, l’attaque est fron­tale et plus large.

Elle touche le prin­cipe même. Pour le bud­get 2020, cet article 3 va conduire à creu­ser le défi­cit de la Sécu­ri­té sociale de 5,2 mil­liards d’euros. Les « mesures gilets jaunes », celles annon­cées par Emma­nuel Macron le 10 décembre der­nier, seront ain­si prises en charge par le bud­get de la Sécu­ri­té sociale sans compensations.

Ce sera le cas non seule­ment des exo­né­ra­tions des heures sup­plé­men­taires (1,9 mil­liard d’euros de manque à gagner), de l’exonération de la prime excep­tion­nelle pla­fon­née à 1 000 euros (1,2 mil­liard d’euros), de la sup­pres­sion du for­fait social des ver­se­ments de l’intéressement et de la par­ti­ci­pa­tion pré­vu dans la loi Pacte (600 mil­lions d’euros), mais aus­si de la baisse de la CSG pour les retraites modestes (1,5 mil­liard d’euros).

Ce manque à gagner, qui fait replon­ger la Sécu­ri­té sociale dans le défi­cit, aura des consé­quences plus larges. Car comme le fait remar­quer dans une note récente l’économiste Hen­ri Ster­dy­niak, le défi­cit de la Sécu­ri­té sociale et celui de l’État ont une dif­fé­rence notable. Le second vient aug­men­ter une dette qui peut être « rou­lée », autre­ment dit son capi­tal n’est jamais rem­bour­sé, elle n’est pas « amor­tie » : on s’endette pour rem­bour­ser et ne sont effec­ti­ve­ment payés que les inté­rêts. La dette de la « Sécu », en revanche, doit être amor­tie. Non par néces­si­té, du reste, mais par déci­sion politique.

Alors que les taux sont néga­tifs et que toute dette nou­velle est, jusqu’à son renou­vel­le­ment, indo­lore pour les finances publiques (il n’y a pas de nou­velles dépenses d’intérêts), la Sécu­ri­té sociale, elle, doit réduire sa dette à marche forcée.

Cette action d’amortissement est réa­li­sée par la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) qui, en 2019, a rem­bour­sé 15,7 mil­liards d’euros en ponc­tion­nant d’autant les recettes de la Sécu­ri­té sociale.

Hen­ri Ster­dy­niak consi­dère donc que l’État fait por­ter à la Sécu­ri­té sociale le seul effort de désen­det­te­ment public et que, de fac­to, sans cet effort impo­sé, la Sécu­ri­té sociale affi­che­rait en 2019 un excé­dent de 11,7 mil­liards d’euros !

Or, en lui fai­sant, de sur­croît, por­ter l’effort de finan­cer ses poli­tiques éco­no­miques de baisses d’impôt, l’État ren­force la pres­sion future sur les comptes sociaux puisqu’il fau­dra amor­tir la dette contrac­tée à cette occa­sion. On doit donc logi­que­ment s’attendre à ce que la part des recettes consa­crée au désen­det­te­ment soit encore plus éle­vée. Et que, en consé­quence, les moyens don­nés aux besoins sociaux soient plus réduits.

L’article 3 du PLFSS ouvre donc la voie à un cercle vicieux qui sape les bases finan­cières à long terme de la Sécu­ri­té sociale. On peut, du reste, ima­gi­ner que lorsque revien­dra la ques­tion de la com­pé­ti­ti­vi­té – et elle revien­dra néces­sai­re­ment –, de nou­velles réduc­tions de coti­sa­tion inter­vien­dront et rédui­ront encore la capa­ci­té d’action de la Sécu­ri­té sociale puisque ces baisses ne seront plus compensées.

« Un point de rupture »

Pré­sent sur les bancs aux côtés d’Agnès Buzyn, la ministre de la san­té qui a cla­mé son atta­che­ment à ce que « les bud­gets de l’État et de la Sécu­ri­té sociale, ain­si que les lois qui les concernent, soient sépa­rés », Gérald Dar­ma­nin ne s’est pas caché d’envisager de péren­ni­ser un tel arran­ge­ment. Mal­gré ce que le dépu­té LR Jean-Pierre Door a appe­lé « une affaire triste et dra­ma­tique » et l’Insoumis Adrien Qua­ten­nens « un point de rup­ture ».

Le ministre du budget Gérald Darmanin, visé par les plaintes de deux femmes. © ReutersLe ministre du budget Gérald Darmanin, visé par les plaintes de deux femmes. © Reuters

 
Le ministre des comptes publics a recon­nu en creux que le débat n’était pas clos et que ce non-res­pect de la loi Veil pour­rait ne pas res­ter excep­tion­nel : « Nous aurons l’occasion de repar­ler de cette répar­ti­tion entre l’État et la Sécu­ri­té sociale après l’examen du pro­jet de loi sur les retraites et après le Brexit, après y avoir consa­cré un peu plus de temps, de tra­vail et de réflexion, et d’une manière peut-être un peu plus dépassionnée. »

Quelques minutes plus tôt, fort de son expé­rience de par­ti­ci­per à la dis­cus­sion de son 26e PLFSS, Charles de Cour­son avait pré­ve­nu : Tout cela est donc de très mau­vaise poli­tique. Dès lors que l’on renonce à l’application de la loi de 1994, tout est permis. »

Car, comme tou­jours, les réformes du gou­ver­ne­ment Phi­lippe ont une por­tée plus large et à plus long terme qu’on ne le pense ordi­nai­re­ment. Ici, le but de ces manœuvres est clair : il s’agit de faire por­ter aux comptes sociaux le poids de l’ajustement bud­gé­taire. La Sécu­ri­té sociale devient alors une immense caisse de défai­sance des poli­tiques éco­no­miques néo­li­bé­rales du gou­ver­ne­ment : elle doit assu­rer un désen­det­te­ment ren­du dif­fi­cile par le refus de s’attaquer sérieu­se­ment aux niches fis­cales pour les entre­prises et par les baisses d’impôts massives.

Mais c’est aus­si une les­si­veuse à jus­ti­fi­ca­tion des « réformes dou­lou­reuses, mais néces­saires ». Car l’article 3 et l’amortissement de la dette étant une machine à créer des défi­cits, il fau­dra bien conti­nuer à ration­ner les moyens de l’assurance-maladie (qui, en 2020, et mal­gré la crise de l’hôpital, devra effec­tuer 4,2 mil­liards d’euros d’économies après les 4 mil­liards de 2019) et réduire les ver­se­ments de pension.

Cela tombe fort bien puisque le gou­ver­ne­ment pré­voit pré­ci­sé­ment une réforme des retraites majeure. Et la seule chose que l’on sait de cette réforme, c’est qu’elle devra per­mettre une ges­tion par les coûts de l’assurance-vieillesse grâce à un sys­tème à « coti­sa­tions défi­nies » qui assu­re­ra une sta­bi­li­té des dépenses de retraites à un niveau stable de 14 % du PIB. Autre­ment dit, au niveau d’une crois­sance éco­no­mique qui demeure anémique.

On pour­rait cepen­dant répondre qu’une fois la dette amor­tie, ce qui est pré­vue en 2025, la Sécu­ri­té sociale béné­fi­cie­ra de moyens nou­veaux pour mener ses poli­tiques sociales. Mais c’est dou­ble­ment un leurre. D’abord parce que, puisqu’on orga­nise la pénu­rie et les défi­cits, il n’est pas cer­tain que l’amortissement soit ter­mi­né à temps. Le gou­ver­ne­ment n’a ces­sé de repous­ser ce terme depuis deux ans.

Ensuite, parce que, une fois lar­ge­ment en excé­dent, la Sécu­ri­té sociale sera uti­li­sée comme « caisse de com­pen­sa­tion » du défi­cit de l’État. Concrè­te­ment, on uti­li­se­ra ses excé­dents pour amé­lio­rer le solde des admi­nis­tra­tions au sens de Maas­tricht et pou­voir conti­nuer à bais­ser les impôts sur le capi­tal et les entre­prises, mais aus­si sur les plus for­tu­nés. Le « pacte pro­duc­tif » de Bru­no Le Maire pro­met ain­si de nou­velles baisses d’impôt sur la pro­duc­tion. Ces baisses seront finan­cées par la Sécu­ri­té sociale.

Enfin, l’État pour­rait uti­li­ser ce défi­cit nou­veau non pour amé­lio­rer les pres­ta­tions, mais pour, encore une fois, réduire les coti­sa­tions et le coût du tra­vail sans le com­pen­ser. Quoi qu’il en soit, il paraît évident que désor­mais la Sécu­ri­té sociale n’est plus auto­nome, mais est pla­cée au ser­vice des choix éco­no­miques du gouvernement.

Avec cet article 3, le gou­ver­ne­ment donne donc un nou­veau coup de poi­gnard dans le dos de l’État social fran­çais. Ce qui est atta­qué direc­te­ment, c’est l’idée d’un sys­tème auto­nome pari­taire per­met­tant de trou­ver un équi­libre entre les inté­rêts du capi­tal et ceux du tra­vail pour assu­rer la redis­tri­bu­tion sociale.

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Certes, ce n’est pas nou­veau, mais l’ampleur de l’offensive et son carac­tère désor­mais ouvert est évident. En mena­çant ain­si de rayer pour l’avenir la loi Veil de 1994, le gou­ver­ne­ment brise avec une tra­di­tion fran­çaise : celle de cher­cher à trou­ver des com­pen­sa­tions a mini­ma aux réformes néo­li­bé­rales dans la sphère sociale. Désor­mais, la logique est inver­sée : la sphère sociale est pillée et ce pillage même vient jus­ti­fier les réformes.

La main­mise de l’État sur les struc­tures pari­taires se fait donc au détri­ment des poli­tiques sociales. C’est pré­ci­sé­ment l’action de l’idéologie néo­li­bé­rale : pla­cer l’État au ser­vice exclu­sif du capi­tal. Pour bais­ser la pres­sion fis­cale, on réduit les poli­tiques sociales. C’est là une poli­tique qu’Emmanuel Macron mène avec une ardeur qui n’a jamais été démentie.

Il le prouve encore avec la réforme de l’assurance-chômage où la sup­pres­sion des coti­sa­tions sala­riales conduit natu­rel­le­ment à une coges­tion État-patro­nat, avec l’État repre­nant la main pour réa­li­ser une réforme extrê­me­ment vio­lente contre les assu­rés. C’est que l’assurance-chômage n’est plus une assu­rance. C’est une pres­ta­tion sociale lais­sée à la dis­cré­tion d’un État. Avec cet article 3 du PLFSS, il en va de même désor­mais de la Sécu­ri­té sociale.

Au cours du débat à l’Assemblée, Adrien Qua­ten­nens avait résu­mé, à l’adresse du banc du gou­ver­ne­ment et de la majo­ri­té : « La méthode que vous employez est bien connue. Des cher­cheurs anglais l’ont théo­ri­sée : il s’agit de créer les condi­tions d’un trou finan­cier, pour ensuite le déplo­rer afin de jus­ti­fier d’autres poli­tiques. » Avec le PLFSS 2020, la méthode est bien en marche.

Roma­ric Godin et Manuel Jardinaud

Source : Media­part.

 
Mon com­men­taire : si nous avions une vraie consti­tu­tion, et donc un RIC digne de ce nom (en toutes matières et écrit par nous-mêmes), nous pour­rions empê­cher nous-mêmes nos bour­reaux élus de nous mar­ty­ri­ser : de notre propre ini­tia­tive, nous abro­ge­rions les lois scé­lé­rates et nous révo­que­rions les traîtres qui les ont votées ; par RIC nous sor­ti­rions aus­si du car­can unio­neu­ro­péen qui per­met aux grands mar­chands de ran­çon­ner les socié­tés et d’im­po­ser aux popu­la­tions les pires régres­sions sociales.

Nous ne sor­ti­rons pas de cette pri­son juri­dique et éco­no­mique sans deve­nir consti­tuants, c’est-à-dire des adultes politiques.

Étienne.

#star­ve­the­beast

Il faut sor­tir de l’U­nion euro­péenne, vite ! #frexit


Denis Kess­ler, ancien vice-pré­sident du MEDEF, avouait en 2007, dans la revue Chal­lenges, cette révol­tante tra­hi­son (évi­dem­ment jamais annon­cée dans les pro­grammes électoraux) :

« Le modèle social fran­çais est le pur pro­duit du Conseil natio­nal de la Résis­tance. Un com­pro­mis entre gaul­listes et com­mu­nistes. Il est grand temps de le réfor­mer, et le gou­ver­ne­ment s’y emploie. 

Les annonces suc­ces­sives des dif­fé­rentes « réformes » par le gou­ver­ne­ment peuvent don­ner une impres­sion de patch­work, tant elles paraissent variées, d’im­por­tance inégale, et de por­tées diverses : sta­tut de la fonc­tion publique, régimes spé­ciaux de retraite, refonte de la Sécu­ri­té sociale, pari­ta­risme… À y regar­der de plus près, on constate qu’il y a une pro­fonde uni­té à ce pro­gramme ambitieux. 

La liste des « réformes » ? C’est simple, pre­nez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans excep­tion. Elle est là. Il s’a­git aujourd’­hui de sor­tir de 1945, et de défaire métho­di­que­ment le pro­gramme du Conseil natio­nal de la Résistance ! » 

Source : Chal­lenges, 4 octobre 2007, « Adieu, 1945, rac­cro­chons notre pays au monde »

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11 Commentaires

  1. barbe

    Bon­jour Etienne.

    Je pense qu’il serait plus moti­vant d’en­chaî­ner les choses ainsi : 

    le peuple n’est pas asso­cié aux déci­sions que l’on prend en son nom. Il n’a pas le choix de la socié­té à laquelle pour­tant il aspire ; il ne lui reste que sa pra­tique indi­vi­duelle, fami­liale, par où il montre l’exemple de la vie qui lui convient ; mais le reste : les règles col­lec­tives, les lois, l’or­ga­ni­sa­tion des grandes ins­ti­tu­tions dont la sécu, lui échappent, et l’on est fon­dé à par­ler de pri­va­ti­sa­tion de ce qui est com­mun, au pro­fit de quelques uns. Ce fonc­tion­ne­ment est mortifère. 

    Il me semble qu’il serait plus moti­vant de dire : 

    Citoyens, faites la loi, direc­te­ment, votez pour elle, plu­tôt que pour des repré­sen­tants ; et non pas seule­ment : par­ti­ci­pez à des ate­liers consti­tuants, por­tant sur un autre monde auquel on aspire, mais dont l’i­nexis­tence exa­cerbe notre impuis­sance politique. 

    Il convient de mar­te­ler la chose : 

    Il n’y a plus aucune rai­son, quand on voit l’im­pé­ri­tie des repré­sen­tants, que les citoyens soient pri­vés du pou­voir de voter direc­te­ment les grands textes. Et c’est d’ailleurs l’ab­sence de pra­tiques réfé­ren­daires depuis si long­temps, qui n’est pas pour rien dans le dépé­ris­se­ment de notre pays. 

    Réponse
    • Landoni

      Les ate­liers consti­tuants l’a­mi, sont néces­saires pour apprendre (ré-apprendre..) com­ment le Peuple peut se réat­tri­buer la démo­cra­tie pour qu’il soit le moment venu capable d’a­gir efficacement.

      Réponse
  2. gonzalez

    Mer­ci pour l’article.
    J’i­gnore si la consti­tuante vien­dra par la force du nombre ou par un autre biais, comme tout le monde. J’i­gnore com­ment la masse qui s’a­grège en ce moment trou­ve­ra le che­min de la démo­cra­tie, comme tout le monde. J’i­gnore si l’ef­fon­dre­ment du vivant impac­te­ra l’hu­ma­ni­té avant ou après, comme tout le monde. La frayeur le dis­pute à la colère, la rage d’être membre d’une espèce d’ho­mi­ni­dés qui orga­nise elle même sa perte et la peur de voir les miens qui s’é­puisent à lut­ter, détruits par des psy­cho­pathes de leur propre race.
    J’es­père que vous résis­tez à l’a­veu­gle­ment de trop de nos contem­po­rains et que vous per­du­rez à être mon modèle de patience mal­gré tout.
    Toute mon amitié.

    Réponse
  3. MONTAGNE

    aujourd’­hui l’E­NA donc l’E­TAT sont arri­vés à un point de non retour infer­nal où effec­ti­ve­ment les pou­voirs des maires sont super­vi­sés et reto­qués par les pré­fets ( non élus ) , les citoyens que nous sommes envoyons des dépu­tés pour for­ma­ter notre pays selon nos choix , ceux-ci reto­qués par des contre votes en cati­mi­ni alors qu’il n’y a plus aucuns quo­rums repré­sen­ta­tifs d’élus .
    voyez le nombre de mou­ve­ments sociaux igno­rés .…..affo­lant .
    notre démo­cra­tie est deve­nue aus­si ver­ti­cale qu’une matraque de CRS !!!!!!!!!!!

    où se trouve notre sauveur ???????

    Réponse
    • Hervé Delmas

      Le Peuple se sau­ve­ra par lui-même et pour lui-même OU devien­dra esclave dans un camp de pro­duc­tion au béné­fice du “1%“.

      Réponse
  4. Bineau

    Salut Etienne,

    C’est ce qu’a­vait annon­cé Ber­nard Friot, tu ne devrais pas être sur­pris. Il ne s’a­git pas de dézin­guer la Sécu, il s’a­git de chan­ger le sens de la répar­ti­tion. Il s’a­git pour nos « réfor­ma­teurs » de repas­ser la sécu sur le mode capi­ta­liste, comme avant-guerre, contre le Régime Général. 

    Peu de gens le savent, mais le Régime Géné­ral a été construit contre la sécu­ri­té sociale d’a­vant-guerre, il serait peut-être temps de le sou­li­gner en rouge pour savoir enfin contre qui on se bat. 

    Ce n’est pas un scan­dale, les pro­prié­taires capi­ta­listes défendent leurs inté­rêts de classe, eux au moins sont conscients de leur appar­te­nance à une classe, ils ne sont forts que de notre fai­blesse, c’est évident !

    Bon vision­nage.

    https://​you​tu​.be/​B​b​P​0​F​b​4​_​rug

    Réponse
  5. VENGEON

    L’UE, c’est l’Eu­rope de la paix, disent-ils en depuis leurs agences de mar­ke­ting en bons agents de propagande.

    Moi, je dis que c’est l’u­nion des oli­gar­chies qui n’u­ti­lisent plus les peuples pour se faire la guerre, mais qui uti­lisent les armées pour répri­mer les peuples qui veulent s’é­man­ci­per d’une classe insociable.

    L’U€ c’est l’au­to­ri­taire au-des­sus des gou­ver­ne­ments, c’est une exploi­ta­tion qui gou­verne les états.

    Réponse
  6. etienne

    SÉCURITÉ SOCIALE : UN MENSONGE D’ÉTAT

    https://​you​tu​.be/​b​n​9​f​h​H​v​p​fEs

    Nous n’a­vons pas de consti­tu­tion digne de ce nom (et donc aucun moyen pour nous défendre contre les traî­trises des « élus ») PARCE QUE nous démis­sion­nons du pro­ces­sus constituant
    #Pas­De­Dé­mo­cra­tie­Sans­Ci­toyens­Cons­ti­tuants

    Réponse
  7. joss

    François Bégaudeau à l’ENS – Pensée dominante et démocratie

    https://​you​tu​.be/​3​0​9​k​e​d​f​z​CgM

    https://​you​tu​.be/​3​0​9​k​e​d​f​z​CgM

    00:08:11 ▶ ́ . Existe-t-il une pen­sée domi­nante et si tel est le cas, quel en est son conte­nu ? Est-elle une pen­sée de classe ou un consen­sus à l’é­chelle de la socié­té ? Quelle est l’ob­jec­tif de la pen­sée domi­nante et quelle est son influence sur la lutte des classes ? Ecou­tez les réponses de Fran­çois Bégau­deau, actua­li­sant la pen­sée mar­xiste sur le sujet. 

    00:54:44 ▶ ́ , ́ ́. Revoyez la Réplique avec , socio­logue et poli­to­logue du CEVIPOF. Il est l’au­teur de l’ou­vrage , ’ ? (Presses de Scien­ces­Po, 2019) Pour­quoi les élites sont-elles acquises à une pen­sée domi­nante ? Est-ce un phé­no­mène social évi­table ou le propre même de toute socié­té ? Des solu­tions existent-elles pour limi­ter ces effets dans notre socié­té démo­cra­tique ou faut-il néces­sai­re­ment envi­sa­ger un chan­ge­ment de sys­tème ? Ecou­tez les réponses de Gil Delan­noi et de Fran­çois Bégau­deau, notam­ment sur les avan­tages et risques démo­cra­tiques du tirage au sort.

    01:31:12 ▶ LES QUESTIONS DU PUBLIC.

    Réponse
  8. etienne

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