[Pourriture politicienne impunie] Ziad Takieddine affirme avoir remis 5 millions d’euros à Sarkozy et Guéant pour la campagne de 2007

18/11/2016 | 11 commentaires

Un pas­sion­nant dos­sier publié par Oli­vier Ber­ruyer ce matin, sur les​-crises​.fr (le meilleur site d’in­fo du pays, selon moi, avec Media­part, le Saker fran­co­phone, Inves­tig’Ac­tion, Le Grand Soir et deux ou trois autres) :

[Vidéos] Ziad Takieddine affirme avoir remis 5 millions d’euros à Sarkozy et Guéant pour la campagne de 2007

Oli­vier Ber­ruyer : « Un scan­dale incroyable, qui ne fait incroya­ble­ment pas la une de nos gazettes…

Qui, elles, font par contre la leçon à Trump qui n’est même pas encore en fonc­tion au lieu de s’occuper de notre ancien Président… »

Source : Le Figa­ro, Paul Louis, 15/11/2016

Ziad Takieddine Crédits photos : Jacques Demarthon/AFP

Ziad Takied­dine Cré­dits pho­tos : Jacques Demarthon/AFP

Dans un entre­tien vidéo dif­fu­sé par Media­part, l’homme d’affaires fran­co-liba­nais explique avoir remis trois valises rem­plies d’argent liquide au minis­tère de l’Intérieur entre 2006 et 2007. Les avo­cats de Claude Guéant et de Nico­las Sar­ko­zy annoncent des poursuites.

À quelques jours du pre­mier tour de la pri­maire de la droite et du centre, ce n’est pas une bonne nou­velle pour Nico­las Sar­ko­zy. Dans un entre­tien réa­li­sé et enre­gis­tré par le site d’investigation Media­part et l’agence Pre­mières Lignes, Ziad Takied­dine passe aux aveux. L’homme d’affaires, proche du régime de Mouam­mar Kadha­fi, recon­naît avoir ser­vi d’intermédiaire en trans­por­tant à trois reprises de l’argent liquide libyen jusqu’au minis­tère de l’Intérieur fran­çais, place Beau­vau, entre novembre 2006 et jan­vier 2007. Le Fran­co-Liba­nais affirme avoir remis au total la somme de 5 mil­lions d’euros des­ti­née au ministre de l’Intérieur de l’époque, Nico­las Sar­ko­zy, dans le cadre du finan­ce­ment de sa cam­pagne présidentielle.

Ce n’est pas la pre­mière fois que Ziad Takied­dine porte des accu­sa­tions sur un éven­tuel finan­ce­ment libyen. En mai 2012, alors qu’il était enten­du par un juge dans le volet finan­cier du dos­sier de l’affaire Kara­chi, dans lequel il est mis en exa­men, il déclare que « les infor­ma­tions révé­lées par la presse au sujet du finan­ce­ment de la cam­pagne de Nico­las Sar­ko­zy de 2007 » étaient « tout à fait cré­dibles ». Media­part avait notam­ment ren­du public une note témoi­gnant d’un ver­se­ment d’environ 50 mil­lions d’euros. La plainte de Nico­las Sar­ko­zy s’était sol­dée par un non-lieu.

S’agissant des 5 mil­lions d’euros, Ziad Takied­dine livre les détails du trans­fert. Trans­por­tant à chaque fois une valise pleine de « billets de cinq cent » et quelques « liasses de deux cent », il aurait per­son­nel­le­ment effec­tué trois voyages entre Tri­po­li et Paris via des vols clas­siques de la com­pa­gnie Afri­qiyah. Comme il l’a affir­mé en 2012 dans le cadre de pour­suites de la Cour pénale inter­na­tio­nale, Abdal­lah Senous­si, l’un des chefs des ser­vices libyens et beau-frère par alliance de Mouam­mar Kadha­fi, a « per­son­nel­le­ment super­vi­sé » les remises d’argent.

« Un jour, M.Senoussi me demande si je veux être celui qui trans­porte ces sommes à Claude Guéant, de l’Intérieur. À ce moment-là, je dis “si c’est bon, c’est bon”», raconte Takied­dine. Inquiet d’une pos­sible arres­ta­tion par les auto­ri­tés fran­çaises à son arri­vée, Senous­si lui répond : « Ne vous inquié­tez pas, de toute manière les ser­vices sont pré­ve­nus… Vous ren­trez avec, vous le livrez à M.Guéant et vous nous confir­mez quand c’est reçu ! ».

« Dénoncer l’État mafieux dans lequel on est en train de vivre »

Fin 2006, Claude Guéant, direc­teur de cabi­net du minis­tère de l’Intérieur, aurait ain­si reçu deux valises dans son bureau des mains de Takied­dine, la pre­mière conte­nant envi­ron 1,5 mil­lion d’euros contre 2 mil­lions pour la deuxième. La « livrai­son », atten­due par Claude Guéant, est expé­di­tive et ne sus­cite aucun com­men­taire : « Il (Claude Guéant) sort de der­rière son bureau. On parle un tout petit peu. Il voit où j’ai lais­sé la valise. Et voi­là », témoigne Ziad Takied­dine. En jan­vier 2007, la troi­sième valise, d’un mon­tant de 1,5 mil­lion d’euros, est remise à Nico­las Sar­ko­zy en per­sonne, dans l’appartement pri­vé du ministre de l’Intérieur.

L’homme d’affaires affirme aujourd’hui que Nico­las Sar­ko­zy était par­fai­te­ment au cou­rant du conte­nu des valises. S’il le pre­nait pour un « cham­pion » en 2006–2007, il pré­sente désor­mais l’ex-président comme quelqu’un « de faux » et sou­haite « dénon­cer l’État mafieux dans lequel on est en train de vivre ». « J’ai décou­vert des choses qui ne méritent plus d’être cachées », ajoute-t-il.

Contac­té par Media­part, Claude Guéant a démen­ti les révé­la­tions de Ziad Takied­dine : « Je n’ai jamais reçu d’espèces du gou­ver­ne­ment libyen, non plus de qui­conque d’autre du reste. Je n’en ai pas davan­tage vu pas­ser. Le pré­tendre est men­son­ger et diffamatoire ».

« Il est tout de même étrange qu’il avance ses allé­ga­tions à quelques jours de la pri­maire de la droite. S’il avait des preuves, pour­quoi ne pas les avoir four­nies avant ? » a rele­vé l’avocat de Claude Guéant, Phi­lippe Bou­chez-El Gho­zi, qui a annon­cé une plainte en dif­fa­ma­tion allait être dépo­sée. Claude Guéant « n’a jamais enten­du par­ler du moindre cen­time libyen qui aurait pu ser­vir à finan­cer la cam­pagne de 2007 et, mal­gré les nom­breuses inves­ti­ga­tions dili­gen­tées, il n’a jamais été mis en cause à ce titre », a sou­li­gné l’avocat.

Dans un com­mu­ni­qué, Me Thier­ry Her­zog, l’avocat de Nico­las Sar­ko­zy, accuse le site Media­part de ten­ter de « salir » son client à quelques jours du pre­mier tour de la pri­maire de la droite et ajoute que « l’absence de cré­di­bi­li­té » de Ziad Takied­dine a été « maintes fois démon­trée ». « M. Nico­las Sar­ko­zy oppose un démen­ti for­mel à ces nou­velles allé­ga­tions », déclare-t-il. « Des pour­suites judi­ciaires seront donc enga­gées en réponse à cette mani­pu­la­tion grossière. »

Une pro­cé­dure judi­ciaire a été ouverte en 2013 par le par­quet de Paris qui doit inves­ti­guer l’hypothèse d’un finan­ce­ment libyen de la cam­pagne de Nico­las Sar­ko­zy en 2007. Elle porte sur des charges de cor­rup­tion active et pas­sive, tra­fic d’influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux, blan­chi­ment, com­pli­ci­té et recel de ces délits. Pour l’heure, mal­gré les mul­tiples témoi­gnages d’ex-hauts res­pon­sables du régime libyen dont dis­pose la jus­tice, aucune preuve ne vient confir­mer ces accusations.

Source : Le Figa­ro, Paul Louis, 15/11/2016

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Ziad Takieddine : « J’ai remis trois valises d’argent libyen à Guéant et Sarkozy »

Source : https://​you​tu​.be/​W​m​v​S​y​R​G​V​Tew, 16-11-2016

Ziad Takied­dine, l’homme qui a intro­duit Nico­las Sar­ko­zy auprès de Mouam­mar Kadha­fi, avoue avoir appor­té au minis­tère de l’intérieur, fin 2006 et début 2007, plu­sieurs valises d’argent liquide pré­pa­rées par le régime libyen, pour un mon­tant total de 5 mil­lions d’euros. « J’ai décou­vert des choses qui ne méritent plus d’être cachées », déclare-t-il, en annon­çant son inten­tion de « racon­ter exac­te­ment les faits à la justice ».

Tour­né le 12 novembre 2016, à Paris.
Entre­tien par Nico­las Vescovacci.
Media­part (Fabrice Arfi et Karl Laske), pro­duc­tion Pre­mières Lignes.

Source : https://​you​tu​.be/​W​m​v​S​y​R​G​V​Tew, 16-11-2016

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Comment Ziad Takieddine a parlé à Mediapart

Source : France Inter16/11/2016

Sonia Devil­lers reçoit Nico­las Ves­co­vac­ci dans L’Instant M pour son inter­view exclu­sive de Ziad Takied­dine dans Mediapart

Trois valises avec zip en cuir mar­ron. Cinq mil­lions d’euros en cou­pures neuves. Dans un entre­tien fil­mé, dif­fu­sé sur le site d’info Média­part, Ziad Takied­dine balance, les livrai­sons d’argent en pro­ve­nance de Lybie et à des­ti­na­tion de Nico­las Sar­ko­zy entre 2006 et 2007. Révé­la­tion choc dans une enquête que le Monde qua­li­fiait récem­ment « d’impossible ». Quand, com­ment et pour­quoi cette inter­view a‑t-elle lieu ?L”Instant M pose la ques­tion à Nico­las Ves­ca­vac­ci, jour­na­liste d’investigation.

https://​you​tu​.be/​0​H​C​U​X​S​l​-​nRw

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TAKIEDDINE : SILENCE !

par Daniel Schnei­der­mann, @si, 17/11/2016
Soyons clair. Aucun media n’est jamais obli­gé de “reprendre” les révé­la­tions d’un autre media. Il peut y avoir toutes sortes de rai­sons de ne pas les reprendre. Soit qu’on ne les estime pas fiables, soit (si si, ça arrive) qu’on ne sou­haite pas, par vilaine jalou­sie, faire de la pub à un media concur­rent. Et Media­partn’échappe pas à la règle. Aucun confrère n’est obli­gé de reprendre les révé­la­tions de Media­part. A for­tio­ri, sur l’affaire du finan­ce­ment libyen de la cam­pagne de Sar­ko­zy, affaire sur laquelle, per­son­nel­le­ment, j’ai tou­jours esti­mé que Media­part, à la dif­fé­rence des affaires Bet­ten­court ou Cahu­zac, n’avait pas four­ni dès le départ la preuve irré­fu­table de l’existence de ces finan­ce­ments. Des témoins à la sin­cé­ri­té invé­ri­fiable, des docu­ments contes­tés : le doute pou­vait sub­sis­ter.Ça, c’était jusqu’à avant-hier, mar­di 15 novembre. Avant-hier, Media­part a mis en ligne une inter­view de l’intermédiaire fran­co-liba­nais Ziad Takied­dine, racon­tant dans le détail com­ment il appor­té à trois reprises, en 2006 et 2007, trois mal­lettes de billets de 500 et 200 euros au minis­tère de l’Intérieur, alors diri­gé par Sar­ko­zy (pour un total de cinq mil­lions d’euros). Peut-être Takied­dine fabule-t-il. Peut-être a‑t-il tout inven­té. Tou­jours est-il que ce témoi­gnage existe. Qu’il est pré­cis. Que Takied­dine s’est mis dans la situa­tion de devoir en répondre à la Jus­tice (il a d’ailleurs été, le soir même, enten­du par la police).

Il est donc tout sim­ple­ment incom­pré­hen­sible qu’un jour­nal comme le 20 Heures de Field et Puja­das, entre autres, n’en ait souf­flé mot ni mar­di, ni mer­cre­di soir. On peut pré­sen­ter ce témoi­gnage avec toutes les pré­cau­tions pos­sibles. On peut sim­ple­ment le citer sans rien en dif­fu­ser. On peut, commeLe Monde, esti­mer ce témoi­gnage tar­dif, dou­teux, esti­mer que les mobiles de ces ver­se­ments sont impré­cis. Mais le pas­ser pure­ment et sim­ple­ment sous silence, c’est com­mettre, aux yeux de la France entière, une erreur qui sera long­temps repro­chée aux medias tai­seux. Que croient-ils ? Qu’on ne les voit pas ? Qu’on ne se rend compte de rien ? Mais leur silence, sur cet enième épi­sode du feuille­ton fran­çais “les poli­tiques et les mal­lettes”, qui rap­pel­le­ra aux plus anciens la belle époque de la “cas­sette Méry”éclate tous les soirs, comme une insulte à des mil­lions de citoyens.

D’autant que l’événement sur­vient à quelques jours du der­nier débat de la pri­maire de la Droite.Dans lequel on guet­te­ra évi­dem­ment toute allu­sion à “la” ques­tion. On ima­gine la ner­vo­si­té en cou­lisse, dont témoignent les pré­pa­ra­tifs. A en croire Le Pari­sien, tout a été fait pour que le débat ne déborde pas : d’abord, la chaîne de Field a pré­fé­ré s’associer à Europe 1 qu’à France Inter. Effets col­la­té­raux : les poten­tiels (et rela­tifs) incon­trô­lables ont été écar­tés : le sûr Elkab­bach a été pré­fé­ré au jeune Sot­to (qui avait asti­co­té Sar­ko­zy sur Byg­ma­lion), Et Natha­lie Saint-Cricq pré­fé­rée à Léa (“c’est une plaisanterie”)Salamé, offi­ciel­le­ment, défense de rire, parce que Europe 1 ne sou­hai­tait pas qu’on entende Sala­mé sur son antenne. Les bou­lons sont ser­rés. Mais le sont-ils jamais assez ?

par Daniel Schnei­der­mann, @si, 17/11/2016

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Commentaires recommandés [sur le site [les​-crises​.fr]

SpectreLe 18 novembre 2016 à 01h43

Ce matin, j’avais parié que dans le der­nier débat de la pri­maire UMP, le sujet serait évo­qué pour la forme — dix secondes au mieux —, que Sar­ko­zy bot­te­rait en touche, puis que l’on pas­se­rait bien vite à autre chose.

Eh bien… pas man­qué. Pour ceux qui ont man­qué cette séquence pathé­tique :Débat de la pri­maire de la droite : Sar­ko­zy juge « indigne » une ques­tion sur Takied­dine (Le Monde)

Vous note­rez l’immense pug­na­ci­té de Puja­das : un vrai pit­bull, il n’a rien lâché !!

Avec un “““jour­na­lisme””” aus­si lâche et ser­vile, com­ment s’étonner que des poli­ti­cards cor­rom­pus et men­teurs puissent conti­nuer de sévir pen­dant des DÉCENNIES ? 2 mois ferme pour avoir volé des pâtes ou asper­gé un maire avec de l’eau, impu­ni­té et passe-droit pour les banks­ters ou les magouilleurs pro­fes­sion­nels for­més à la mafia RPR : bien­ve­nue en France !

Source : http://​www​.les​-crises​.fr/​v​i​d​e​o​s​-​z​i​a​d​-​t​a​k​i​e​d​d​i​n​e​-​a​f​f​i​r​m​e​-​a​v​o​i​r​-​r​e​m​i​s​-​5​-​m​i​l​l​i​o​n​s​-​d​e​u​r​o​s​-​a​-​s​a​r​k​o​z​y​-​e​t​-​g​u​e​a​n​t​-​p​o​u​r​-​l​a​-​c​a​m​p​a​g​n​e​-​d​e​-​2​0​07/

 
Eh bien… Ça va faire quelques para­graphes de plus à ajou­ter au pro­chain livre de Phi­lippe Pas­cot (dont les livres, pré­cieux dic­tion­naires de la cor­rup­tion géné­ra­li­sée du sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire — et des hon­teux pri­vi­lèges légaux de nos pré­ten­dus « repré­sen­tants »— four­millent de mil­liers de révé­la­tions de la même eau).

Mon com­men­taire : je pense que LA PROCÉDURE de l’é­lec­tion par­mi des can­di­dats POUSSE au men­songe, et l’é­lec­tion INCITE à la cor­rup­tion (ce qui fait quand même deux très gros défauts, et j’en ai repé­ré huit autres, en plus !), parce que l’é­lec­tion PERMET D’AIDER des can­di­dats, et donc, ceux qui ont les moyens d’ai­der vont aider les leurs, for­cé­ment, méca­ni­que­ment, cer­tai­ne­ment, sys­té­ma­ti­que­ment. Cette aide fait des « élus » les DÉBITEURS de ceux qui les ont aidés (et qui les aide­ront encore) à accé­der au pou­voir, et DONC leurs SERVITEURS. 

Avec la pro­cé­dure de l’é­lec­tion (que nous ado­rons stu­pi­de­ment comme si elle était intou­chable), on a une cause pre­mière évi­dente de la cor­rup­tion poli­ti­cienne endémique.

Au contraire, le tirage au sort des acteurs publics (assor­ti de leur contrôle sour­cilleux, évi­dem­ment) ne pousse PAS au men­songe (il ne sert à rien de men­tir : le tirage au sort est insen­sible au men­songe) et le tirage au sort n’in­cite PAS à la cor­rup­tion (il n’y a per­sonne à cor­rompre : la pro­cé­dure du tirage au sort, par construc­tion, méca­ni­que­ment, cer­tai­ne­ment, for­cé­ment, RETIRE TOUTE PRISE AUX ESCROCS de tous poils).

#pas­de­dé­mo­cra­tie­sans­ti­ra­geau­sort

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​6​9​3​9​8​0​8​0​7​317

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11 Commentaires

  1. Nanita

    Ce que dit Takied­dine qui fait lui aus­si par­tie de cette faune cor­rom­pue et cor­rup­trice , a été confir­mé par Senou­ci devant la CPI . Il a don­né le même chiffre exac­te­ment. L’a­vo­cat de Sar­ko­zy a beau jeu de deman­der des preuves quand on sait que dans ce genre d’af­faires tout est bali­sé ! Il n’empêche que lors­qu’on brigue un poste aus­si impor­tant que celui de pré­sident de la Répu­blique et qu’on se gar­ga­rise matin midi et soir de « valeurs » on doit être comme la femme de César, au-des­sus de tout soupçon !

    Réponse
  2. LIKIN ANTHONY

    Bon­jour, pour le bilan car­bone c’est une catas­trophe car depuis la sup­pres­sion du billet de 500 (c’était à cause du ter­ro­risme) la pro­chaine fois, il fau­dra six voyages en avions.
    Je ne com­prend pas toutes toutes ces attaques. Mon­sieur Kadha­fi a sim­ple­ment réglé sa note de cam­ping. Le vrais scan­dale c’est le prix d’un empla­ce­ment de cam­ping à Paris.
    Le cam­ping l’Élisée ne sera cer­tai­ne­ment pas rete­nu par le guide du routard.

    Réponse
  3. etienne

    Financements libyens : une honte, en effet

    https://​blogs​.media​part​.fr/​f​a​b​r​i​c​e​-​a​r​f​i​/​b​l​o​g​/​1​8​1​1​1​6​/​f​i​n​a​n​c​e​m​e​n​t​s​-​l​i​b​y​e​n​s​-​u​n​e​-​h​o​n​t​e​-​e​n​-​e​f​fet

    Le pré­sen­ta­teur du 20 Heures de France 2, David Puja­das, a expli­qué que son JT n’a­vait pas consa­cré une seule seconde aux confes­sions de Ziad Takied­dine parce que rien ne vien­drait les « accré­di­ter ». Voyons voir.

    Le concept de « post-véri­té », qui vient d’être consa­cré mot de l’an­née par le véné­rable dic­tion­naire bri­tan­nique Oxford, s’est dan­ge­reu­se­ment empa­ré de l’affaire libyenne. La post-véri­té fait réfé­rence, selon sa défi­ni­tion, « à des cir­cons­tances dans les­quelles les faits objec­tifs ont moins d’influence pour mode­ler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opi­nions per­son­nelles ».

    Sorte de petite sœur du sys­tème de “dou­ble­pen­sée” de George Orwell dans 1984« l’ignorance, c’est la force », « la guerre, c’est la paix », etc. –, la post-véri­té auto­rise aujourd’hui à ce que, dans l’affaire des finan­ce­ments libyens de Sar­ko­zy par exemple, les faits n’existent tout sim­ple­ment plus. Ils ont été rem­pla­cés, dans cer­taines rédac­tions qui ont déci­dé de taire les der­niers déve­lop­pe­ments du dos­sier, par un jour­na­lisme d’impression, de sen­ti­ments, sans rap­port avec le réel.

    Les faits sont morts et les mots ne sont plus. C’est ce phé­no­mène bizarre, entre autres expli­ca­tions évi­dem­ment plus com­plexes, qui a favo­ri­sé le cli­mat de l’élection démo­cra­tique de Donald Trump, un men­teur, un raciste et un sexiste, à la tête de la pre­mière puis­sance mondiale.

    Dans la France média­tique, il y a depuis quelques jours un patron de la post-véri­té. Il s’appelle David Puja­das, jour­na­liste et pré­sen­ta­teur du 20 Heures de la pre­mière chaîne de ser­vice public, France 2. Vous savez, celle que nous finan­çons tous. Voi­là, celle-là.

    Ziad Takieddine, le 12 novembre 2016, dans son appartement parisien. © Pedro Da Fonseca/Premières LignesZiad Takied­dine, le 12 novembre 2016, dans son appar­te­ment pari­sien. © Pedro Da Fonseca/Premières Lignes

    Depuis le 15 novembre et la révé­la­tion par Media­part des aveux de l’intermédiaire Ziad Takied­dine, qui a confes­sé face camé­ra avoir remis trois valises d’argent libyen à MM. Sar­ko­zy et Guéant en 2006 et 2007, le 20 Heures de France 2 n’a pas consa­cré une seconde de son temps d’antenne à cette affaire. Pas une seule.

    Hier, jeu­di 17 novembre, David Puja­das a consen­ti, du bout des lèvres, à poser LA ques­tion à Nico­las Sar­ko­zy, ancien pré­sident de la Répu­blique et can­di­dat pour le rede­ve­nir, lors du débat de la pri­maire de droite. « Avez-vous, oui ou non, reçu de l’argent liquide de Libye ? », a deman­dé le pré­sen­ta­teur. Évi­dem­ment, per­sonne ne s’attendait à ce que l’intéressé réponde : « Mer­ci M. Puja­das de me poser la ques­tion parce que c’est vrai que cela fait dix ans que j’en ai gros sur la patate. Eh bien oui, je connais bien les valises de Ziad Takied­dine. On s’est gavés avec Claude. »

    Sans rien répondre sur le fond, Nico­las Sar­ko­zy, tout à son habi­tude, a choi­si d’humilier le pré­sen­ta­teur, le ser­vice public et le jour­na­lisme avec eux. « Vous n’avez pas honte de don­ner écho à un homme qui a fait de la pri­son et qui a été condam­né à d’innombrables reprises pour dif­fa­ma­tion et qui est un men­teur. Ce n’est pas l’idée que je me fais du ser­vice public. C’est une honte », s’est indi­gné l’ancien chef de l’État. Mais après tout, pour­quoi pas ? Nico­las Sar­ko­zy répond comme il le veut et on le sait habi­tué au « casse-toi pauv’ con »quand quelque chose n’a pas l’heur de lui plaire.

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    Et que s’est-il pas­sé ensuite ? Rien. David Puja­das a lais­sé dire. Pas de relance. L’épisode, qui n’a pas duré plus de 30 secondes, s’est conclu par un pres­sé « On enchaîne ».  Alors oui, Ziad Takied­dine a fait de la pri­son. Il a été pla­cé en déten­tion pro­vi­soire pour avoir vio­lé son contrôle judi­ciaire impo­sé après sa mise en exa­men dans l’affaire Kara­chi. Nico­las Sar­ko­zy a juste oublié de rap­pe­ler que dans cette affaire, Ziad Takied­dine est mis en exa­men pour avoir reçu des com­mis­sions occultes sur des mar­chés d’armement et d’avoir, comme il a fini par l’avouer, trans­por­té… des valises de cash au béné­fice du clan Bal­la­dur, dont un cer­tain Sar­ko­zy Nico­las était un pilier.

    D’ailleurs, d’après les propres aveux de Takied­dine, cor­ro­bo­rés par l’enquête du juge Renaud Van Ruym­beke, les deux hommes aujourd’hui sus­pec­tés d’avoir reçu les espèces en ques­tion étaient Thier­ry Gau­bert, à l’époque col­la­bo­ra­teur de Nico­las Sar­ko­zy, et Nico­las Bazire, futur témoin de mariage du même Sar­ko­zy. De cela, les télé­spec­ta­teurs de France 2 n’en sau­ront rien. Pas plus qu’ils ne sau­ront que Ziad Takied­dine a été condam­né pour être reve­nu de Libye, en mars 2011, avec une valise de 1,5 mil­lions d’euros en liquide. Tiens, tiens…

    Sur la forme, David Puja­das s’est lais­sé gifler, humi­lier, sans rien dire. Sans défendre notre métier. Sans dire pour­quoi il pose la ques­tion et pour­quoi elle est d’intérêt public. Il a accep­té sans cil­ler d’être rabais­sé au niveau de la honte par un homme déjà deux fois mis en exa­men (pour « cor­rup­tion » dans l’affaire Bis­muth et « finan­ce­ment illé­gal de cam­pagne » dans Byg­ma­lion). Après l’émission, le porte-parole de Sar­ko­zy, Éric Ciot­ti, n’a rien trou­vé de mieux que de dénon­cer la « vio­lence inouïe » de France 2 à l’encontre de son cham­pion. Je vous le dis : les mots n’ont plus de sens.

    Mais il y a pire que cette séquence déjà désas­treuse. Inter­ro­gé au micro de France Info pour savoir pour­quoi le JT de France 2, son JT, n’avait rien fait sur l’aveu de Takied­dine, Puja­das a répon­du que « rien ne l’accréditait ».

    C’est là que la post-véri­té entre en jeu. Rien n’accréditerait donc les aveux de Takieddine ?

    Voyons voir.

    • 1) Le témoi­gnage de Takied­dine vient confir­mer en tous points (dates, lieux, mon­tants, pro­ta­go­nistes) les aveux sur pro­cès-ver­bal d’Abadallah Senous­si, ancien chef des ser­vices secrets libyens, devant la Cour pénale internationale.

    Nous avons déjà racon­té les cir­cons­tances de l’entretien avec Ziad Takied­dine et pour­quoi cela le rend aujourd’hui cré­dible. Je me per­mets de le redire. Le jour­na­liste indé­pen­dant Nico­las Ves­co­vac­ci, qui a cosi­gné nos révé­la­tions, a ren­con­tré Ziad Takied­dine le 18 octobre 2016 dans le cadre d’un pro­jet per­son­nel autour, notam­ment, de la Libye. Lors de cet entre­tien, qui a duré plus de quatre heures, l’homme d’affaires fran­co-liba­nais lui a confié pour la pre­mière fois avoir remis des valises d’espèces en pro­ve­nance de Libye à MM. Sar­ko­zy et Guéant pour un mon­tant total de 5 mil­lions d’euros.

    Trois semaines après cette entre­vue, Media­part ren­dra public le pro­cès-ver­bal d’audition – incon­nu jusqu’alors et que Ziad Takied­dine ne pou­vait pas connaître maté­riel­le­ment avant sa révé­la­tion – d’Abdallah Senous­si, recueilli en 2012 dans le cadre d’une pro­cé­dure d’instruction de la CPI. Senous­si y racon­tait donc, dans le détail, com­ment il avait fait livrer à MM. Sar­ko­zy et Guéant la même somme de 5 mil­lions d’euros par l’entremise du même Takied­dine. La jus­tice fran­çaise n’a eu connais­sance de cette audi­tion devant la CPI que le 20 juin 2016.

    En résu­mé, nous avons aujourd’hui celui qui a remis l’argent en Libye (Senous­si) qui a avoué sur PV et celui qui l’a trans­por­té et livré en France (Takied­dine), aus­si – après ses confi­dences à Media­part, l’homme d’affaires a tout confir­mé à la police. Pour ceux qui en doutent, il existe des témoi­gnages concor­dants qui font des preuves testimoniales.

    • 2) Cela semble avoir échap­pé à M. Puja­das, mais Ziad Takied­dine a livré devant les camé­ras de l’agence Pre­mières Lignes (qui a fil­mé ses confi­dences pour Media­part) bien plus qu’un témoi­gnage. Ce sont des aveux. L’intermédiaire, pour la pre­mière fois, a accep­té de s’auto-incriminer, c’est-à-dire de recon­naître la com­mis­sion d’un pos­sible délit au cœur des secrets finan­ciers entre deux États, la Libye et la France. Cela ne sera pas sans consé­quence judi­ciaire pour lui, à n’en pas douter.
    Choukri Ghanem, en décembre 2007. © ReutersChou­kri Gha­nem, en décembre 2007. © Reuters
    • 3) Cela ne s’arrête pas là. Comme nous l’avons déjà racon­té, l’ancien pre­mier ministre libyen, Chou­kri Gha­nem, avait consi­gné, en 2007, dans un petit car­net manus­critl’existence de ver­se­ments libyens, notam­ment de… Senous­si, au pro­fit de Nico­las Sar­ko­zy. Et en 2007, la lune de miel entre Kadha­fi et Sar­ko­zy était totale. Per­sonne ne peut objec­ter aujourd’hui que Chou­kri Gha­nem avait anti­ci­pé la guerre quatre ans en avance pour consi­gner la cor­rup­tion dès 2007, dans le but éven­tuel de mon­ter une for­ge­rie finan­cière contre Sar­ko­zy pour ven­ger le régime Kadha­fi. Cela est impos­sible maté­riel­le­ment. Il n’est de toute façon pas pos­sible d’opposer quoi que ce soit à Chou­kri Gha­nem : son corps a été retrou­vé flot­tant dans le Danube à Vienne (Autriche), le 29 avril 2012, le len­de­main des pre­mières révé­la­tions de Media­part sur la cor­rup­tion libyenne de Sarkozy.
    • 4) La jus­tice dis­pose par ailleurs d’éléments maté­riels qui confirment que Ziad Takied­dine s’est bien ren­du en Libye à plu­sieurs reprises entre novembre 2006 et jan­vier 2007, dates durant les­quelles aurait eu lieu la valse des mal­lettes, d’après l’intermédiaire. Ils ont aus­si des élé­ments qui prouvent qu’il ren­con­trait fré­quem­ment à l’époque Claude Guéant, direc­teur de cabi­net de Nico­las Sar­ko­zy au minis­tère de l’intérieur. De fait, Takied­dine n’est pas n’importe qui dans l’histoire fran­co-libyenne. Il est celui – et ceci est éga­le­ment docu­men­té par la jus­tice – qui a intro­duit Nico­las Sar­ko­zy auprès du dic­ta­teur libyen en 2005. C’est lui qui a orga­ni­sé les visites, les dépla­ce­ments, a par­fois assu­ré la tra­duc­tion des entre­tiens, y com­pris les plus confidentiels.
    • 5) Senous­si est bien connu de l’ancienne pré­si­dence de la Répu­blique et des amis de Nico­las Sar­ko­zy. Comme Media­part l’a déjà racon­té, l’Élysée a tout fait jusqu’en 2009 pour accé­der au vœu le plus cher (sans mau­vais jeu de mots) de Senous­si : faire tom­ber le man­dat d’arrêt dont il avait éco­pé en 1999 après avoir été condam­né par la cour d’assises de Paris à la réclu­sion cri­mi­nelle à per­pé­tui­té dans l’affaire de l’attentat du DC-10 d’UTA. Et qui M. Senous­si avait-il choi­si comme avo­cat en novembre 2005, un mois après la pre­mière visite de Sar­ko­zy à Tri­po­li, pour défendre ses inté­rêts ? Un cer­tain Thier­ry Her­zog, l’avocat per­son­nel de Nico­las Sarkozy.
    • 6) Je passe sur ce que nous avons déjà racon­té mille fois sur Media­part : le docu­ment offi­ciel libyen que nous avions révé­lé et que M. Sar­ko­zy avait qua­li­fié de « faux gros­sier »la jus­tice lui a don­né tort ; la fuite orga­ni­sée par l’État fran­çais du direc­teur de cabi­net de Kadha­fi, Bachir Saleh, pour­tant recher­ché par Inter­pol, au len­de­main de révé­la­tions de Media­part ; les témoi­gnages concor­dants qui parlent des finan­ce­ments libyens de Sar­ko­zy par le clan Kadha­fi ; les espèces de l’am­bas­sa­deur Boillon, proche de Sar­ko­zy et Kadhafi…

    OK, mais Takied­dine est « sul­fu­reux ». Vous avez sûre­ment vu pas­ser l’adjectif dans de nom­breux articles de presse consa­crés à cette affaire. Bien sûr qu’il est sul­fu­reux. Mais un ancien pré­sident deux fois mis en exa­men pour « cor­rup­tion » et « finan­ce­ment illé­gal de cam­pagne », un ancien ministre et secré­taire géné­ral de l’Élysée (Claude Guéant) condam­né pour « détour­ne­ment de fonds publics » ne seraient-ils pas, eux aus­si, un peu « sulfureux » ?

    J’ai même vu pas­ser des articles pour dire, comme Nico­las Sar­ko­zy d’ailleurs, que Ziad Takid­dine a men­ti par le pas­sé. C’est vrai. La belle affaire : c’est jus­te­ment le propre de celui qui passe aux aveux après ne pas avoir dit la véri­té. Il se passe aujourd’hui avec Kadha­fi ce qu’il s’était déjà pas­sé dans l’affaire Kara­chi où, après avoir nié (en men­tant) pen­dant trois ans, Takied­dine a fini par recon­naître avoir por­té les valises de cash du clan Balladur.

    Ziad Takied­dine n’est pas un paran­gon de ver­tu. Quelle décou­verte ! Qui peut croire rai­son­na­ble­ment que l’on enquête sur la cor­rup­tion avec des oies blanches ? Ziad Takied­dine, avec qui Media­part a eu des rap­ports extrê­me­ment com­plexes et désa­gréables, a fait du che­min. Il a déci­dé de par­ler pour des rai­sons qui lui appar­tiennent (au risque de se mettre en cause devant la jus­tice) dans le but, dit-il, de dénon­cer un sys­tème qu’il qua­li­fie de « mafieux » et auquel il avait donc pris part. Ce n’est pas rien et cela mérite, je trouve, d’être pris en compte vu le contexte décrit plus haut. Sauf pour le plus grand JT de ser­vice public. Cela n’existe pas pour lui et, par rico­chets, pour ses téléspectateurs.

    Cela me rap­pelle tel­le­ment le dos­sier Cahu­zac. J’entends la même musique : la mise en cause de Media­part – comme si nous étions le pro­blème des infor­ma­tions que nous révé­lons –, la même gêne poli­tique, le même cirque média­tique. La même injonc­tion : il n’y a pas de preuves.

    Ah bon ?

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    Les silen­cieux de l’affaire devraient se sou­ve­nir de quelques grands moments de l’histoire du jour­na­lisme : l’affaire Ben Bar­ka, le Water­gate, les micros du Canard ou le Rain­bow War­rior. Quelles étaient les « preuves » de Jacques Dero­gy dans la pre­mière quand il révèle le témoi­gnage qui fera ce titre de légende de L’Express, « J’ai vu tuer Ben Bar­ka » ? Quelles étaient les preuves des jour­na­listes du Washing­ton Postdans la deuxième quand ils révèlent le sys­tème d’espionnage mis en place par Nixon ? Quelles étaient les « preuves » de Claude Ange­li dans la troi­sième quand il livre l’identité des agents de la DST qui ont posé des micros-espions dans les futurs locaux de l’hebdomadaire ? Quelles étaient les « preuves » d’Edwy Ple­nel dans la der­nière quand, jour­na­liste au Monde, il raconte que c’est bien la DGSE qui a cou­lé le bateau de Green­peace ? Il se trouve que les jour­na­listes n’ont pas tou­jours des preuves, mais ils ont tou­jours des sources. Le plus fou, c’est que dans l’affaire libyenne, il y a des documents…Mais quelle serait la preuve d’une remise d’es­pèces ? Un sel­fie de Takied­dine, place Beau­vau, avec Sar­ko­zy met­tant les doigts en “V” ?

    Alors bien sûr, mon pro­pos ne consiste pas à dire qu’il faut prendre pour argent comp­tant (sans mau­vais jeu de mots, bis) le tra­vail de Media­part. Sur­tout pas. Bien enten­du, il faut contre-enquê­ter sur ce que l’on fait. Véri­fier. Contre­dire. Mais voir que la plus grande chaîne du ser­vice public passe sous silence cette affaire avec des argu­ments dignes d’un videur de boîte de nuit, oui, cela me fait un peu honte.

    Bien­ve­nue dans la faille spa­tio-tem­po­relle de la post-vérité.

    —————————-

    ADDENDUM - L’his­to­rien amé­ri­cain Timo­thy Sny­der a signé, le 19 novembre, une tri­bunedans Le Monde en forme de kit de sur­vie intel­lec­tuelle en vingt points pour « résis­ter au monde de Trump ». Au point n°8, il est écrit : « Aban­don­ner les faits, c’est aban­don­ner la liber­té. Si rien n’est vrai, per­sonne ne peut plus cri­ti­quer le pou­voir, puisqu’il n’y a plus de base pour le faire. Si rien n’est vrai, tout est spec­tacle. Le plus gros por­te­feuille paie pour les plus aveu­glantes lumières ». C’est évi­dem­ment valable pour la France.

    PS : Je pense que nous devrions nous abon­ner nom­breux à Media­part, pour que ces jour­na­listes n’aient pas besoin de l’argent des riches pour conti­nuer à nous infor­mer de leurs intrigues et tur­pi­tudes. ÉC.

    Réponse
  4. etienne

    Révélations sur Sarkozy et la Libye : « le traitement médiatique est hallucinant » par David Perrotin

    « Depuis novembre, Media­part et Le Monde ont publié de nom­breuses révé­la­tions sur un pos­sible ver­se­ment de fonds par Kadha­fi lors de la cam­pagne de Sar­ko­zy en 2007. Une seule ques­tion a été posée à l’ancien pré­sident pour­tant inter­viewé plus de huit fois ce mois-ci.

    « Entre­tien vidéo exclu­sif – Takied­dine : “J’ai remis trois valises d’argent libyen à Guéant et Sar­ko­zy.”» Media­part, en par­te­na­riat avec l’agence Pre­mières lignes, a lâché un nou­veau témoi­gnage mar­di qu’on aurait pu pen­ser acca­blant. Et pour­tant, cet énième élé­ment de l’affaire du finan­ce­ment libyen pré­su­mé de la cam­pagne de Sar­ko­zy en 2007 a été trai­té plu­tôt dis­crè­te­ment. Il ne fait ni la une des jour­naux, ni celle des JT, et n’est pas, loin s’en faut, le sujet prin­ci­pal abor­dé dans les inter­views poli­tiques. Et si cer­tains médias jugent que les décla­ra­tions de Takied­dine doivent être prises avec des pin­cettes, il faut rap­pe­ler que ce témoi­gnage n’est pas iso­lé. Le 3 novembre der­nier, Le Monde publiait d’autres révé­la­tions tout aus­si explo­sives —ren­for­çant celles déjà publiées par le site Media­part depuis 2011— à pro­pos de la cam­pagne de 2007.

    S’il n’y a tou­jours aucune preuve tan­gible concer­nant un finan­ce­ment de la cam­pagne de Sar­ko­zy par le réseau de l’ex-dictateur Mouam­mar Kadha­fi, les indices accablent le clan Sar­ko­zy. Selon les deux sites d’information, qui ont eu accès à l’enquête, les magis­trats ins­truc­teurs jugent même désor­mais « pro­bable l’hypothèse d’un finan­ce­ment libyen ». Notam­ment après ces élé­ments de l’enquête (non exhaustifs):

    • Les enquê­teurs ont obte­nu pas moins de sept témoi­gnages qui accré­ditent ­l’hypothèse du ver­se­ment de fonds par Mouam­mar Kadha­fi à l’équipe de Nico­las Sarkozy.

    • La jus­tice dis­pose aus­si d’écoutes télé­pho­niques acca­blantes. « Oui, ils cherchent le lien avec Kadha­fi mais ils ne cherchent pas au bon endroit », dit par exemple l’avocat fran­co-dji­bou­tien Moha­med Aref dans une conver­sa­tion inter­cep­tée par la police.

    • Media­part a révé­lé l’existence d’un car­net d’un ancien ministre du pétrole libyen, Chou­kri Gha­nem, qui men­tionne ­plu­sieurs ver­se­ments pour un mon­tant de 6,5 mil­lions d’euros. Ce der­nier sera retrou­vé mort le 29 avril 2012 dans le Danube, en Autriche.

    • Une conver­sa­tion inter­cep­tée prouve que Nico­las Sar­ko­zy aurait deman­dé en 2014 une lettre à Alexandre Djouh­ri et qui l’innocenterait.

    • Selon un autre témoin cité par Media­part, des mal­lettes de plu­sieurs mil­lions d’euros ont été don­nées direc­te­ment à Boris Boillon (ex-conseiller diplo­ma­tique de Nico­las Sar­ko­zy à l’Élysée) et à Claude Guéant et ont été rame­nées dans un voyage en avion pri­vé de Syrte au Bourget.

    • Boillon, enfin, per­ce­vait selon ce témoin « des petits cadeaux », sous forme d’enveloppes avec des mil­liers d’euros. Et jus­te­ment, le 31 juillet 2013, Boris Boillon est inter­pel­lé à la gare du Nord, avec un sac conte­nant 350.000 euros d’argent liquide.

    Même s’il n’y a pas de preuve irré­fu­table, même si l’enquête est tou­jours en cours, il paraît tout de même logique que des jour­na­listes inter­rogent le can­di­dat à la pri­maire de droite sur ces nou­veaux éléments.

    8 inter­views de Sar­ko­zy, 1 ques­tion sur la Libye

    Depuis les révé­la­tions du Monde le 3 novembre, Nico­las Sar­ko­zy a été inter­ro­gé par TF1, France 2, France 3, Le Pari­sien, Valeurs actuelles, RTL et, Public Sénat avec Sud Radio (sans par­ler des médias spé­cia­li­sés comme Terre​-net​.fr ou Busi­ness immo). Aucune ques­tion ne lui a été posée sur ce sujet. Il aura fal­lu attendre ce jeu­di pour que la seule et l’unique lui soit posée par Le Figa­ro— près de deux semaines après les pre­mières révélations. […]

    Lire la suite :
    http://​www​.les​-crises​.fr/​r​e​v​e​l​a​t​i​o​n​s​-​s​u​r​-​s​a​r​k​o​z​y​-​e​t​-​l​a​-​l​i​b​y​e​-​l​e​-​t​r​a​i​t​e​m​e​n​t​-​m​e​d​i​a​t​i​q​u​e​-​e​s​t​-​h​a​l​l​u​c​i​n​a​n​t​-​p​a​r​-​d​a​v​i​d​-​p​e​r​r​o​t​in/

    Source : les​-crises​.fr Oli­vier Berruyer

    Réponse
  5. etienne
  6. etienne

    Osons Causer #2 : pourquoi les politiques ne vont jamais en prison ?

    Réponse
  7. Elysabethe

    Voi­là ce qui devrait mettre les citoyens fran­çais dans la rue, l’im­pu­ni­té totale de nos poli­ti­ciens, et dieu sait si Pierre Péan a des pro­cès au cul pour les dénon­cer ces fameuses magouilles, qu’elles soient fran­çaises ou franco-africaines. 

    Le pire est que c’est une vieille pra­tique et que rien ni per­sonne ne semble pou­voir les arrêter ;
    DONC ARRÊTONS DE VOTER POUR LES MÊMES VOLEURS ET MENTEURS. STOP

    Réponse
  8. etienne

    [Pourriture politicienne] Juncker déplore le « manque d’amour » des Européens pour l’UE… et demande l’arrêt des référendums

    « Le pré­sident de la Com­mis­sion euro­péenne craint le résul­tat des élec­tions autri­chiennes du 4 décembre. Selon lui, les Etats ne devraient pas consul­ter leurs peuples sur la ques­tion de l’UE, car cela « rajou­te­rait de la défiance à la défiance ».

    « Je crois qu’il n’est pas sage d’or­ga­ni­ser des débats sur l’ap­par­te­nance à l’U­nion euro­péenne », a affir­mé Jean-Claude Jun­cker, le pré­sident de la Com­mis­sion euro­péenne, qui dit « craindre le résul­tat » qui en découlerait. »

    Lire la suite :
    https://​fran​cais​.rt​.com/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​2​9​8​6​1​-​j​u​n​c​k​e​r​-​d​e​p​l​o​r​e​-​m​a​n​q​u​e​-​d​a​m​o​u​r​-​e​u​r​o​p​e​e​n​s​-​p​o​u​r​-​u​e​-​d​e​m​a​n​d​e​-​a​r​r​e​t​-​r​e​f​e​r​e​n​d​ums
    source : https://​fran​cais​.rt​.com

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