Réactions remarquables à l’élection de Donald Trump à la Maison blanche

12/11/2016 | 34 commentaires

Je vou­drais signa­ler dans ce billet quelques réac­tions que je trouve remar­quables, après l’é­lec­tion de Donald Trump à la pré­si­dence des Etats-unis :

D’a­bord remer­cier Tatia­na, pour ce billet, que je trouve pro­fond et émouvant :

Hystérie collective autour de Donald Trump – Mise au point

Ensuite signa­ler ce beau coup de gueule, qui part d’une dra­ma­ti­sa­tion, mais qui cherche ardem­ment une lumière dans la dis­cus­sion, entre humains égaux en digni­té, et en arrê­tant de mépriser/diaboliser ses adversaires : 

J’ai man­qué pas mal de trucs (il parle vrai­ment vite), mais ça a l’air vrai­ment bien, comme appel à curer la fosse sep­tique de la pré­ten­due gauche libé­rale (Clin­ton, Blair, Hol­lande et autres innom­brables social-traîtres).

—–

Réca­pi­tu­lons, dans les com­men­taires ci-des­sous, les autres réac­tions remar­quables si vous vou­lez bien.

Etienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​6​7​6​3​5​1​1​3​2​317

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34 Commentaires

    • Ronald

      Jean Bric­mont avait déjà fait aupa­ra­vant une ana­lyse des pro­jets de Trump pen­dant la campagne :

      Je trouve notam­ment inté­res­sante son idée qu’il a déjà déve­lop­pée ailleurs, et qui cir­cule ci et là, que les guerres actuelles ont un fon­de­ment plus idéo­lo­gique que capi­ta­lis­tique. Et qu’elles n’ont même plus pour elle l’ar­gu­ment de l’in­té­rêt maté­riel pour les USA. On peut appli­quer la même idée à l’U­nion Euro­péenne qui est plus gui­dée par le fana­tisme que par la ratio­na­li­té économique.

      Réponse
  1. claude saint-jarre

    Mon­sieur Bric­mont ter­mine en disant : Main­te­nant, nous devons pen­ser à nous-mêmes. Je suis d’ac­cord, en pré­ci­sant qu’on doit décou­vrir ce qu’on veut plu­tôt qu’at­tendre de savoir ce que mon­sieur Trump fera ; sinon, on sera tou­jours sus­pen­dus à ses lèvres.
    D’autre part,je n’ai pas encore enten­du par­ler d’É­tat­su­niens qui songent à l’é­cri­ture citoyenne de leur Consti­tu­tion. Étrange…

    Réponse
  2. claude saint-jarre

    Mon­sieur Bric­mont a un autre bon point : nous ne sommes pas élec­teurs, pour­tant nous subi­rons les effets de ses décisions.Cela me fait pen­ser à une situa­tion sem­blable, celle de la crise sani­taire dénon­cée par les écrits de Cico­lel­la dans Toxique Pla­nète ou Domi­nique Bel­pomme dans Com­ment naissent les mala­dies et com­ment res­ter en san­té. L’en­vi­ron­ne­ment dété­rio­ré crée des mala­dies ( épi­gé­né­tique) et il faut une méde­cine envi­ron­ne­men­tale. Ce nou­veau para­digme, le Gou­ver­ne­ment l’i­gnore et pour­tant on en subit les effets. Alors, com­ment se défendre ?

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  3. Ronald

    La réac­tion du tou­jours per­ti­nent Roma­ric Godin.

    Je suis d’ac­cord qu’une évo­lu­tion iso­la­tion­niste des USA est plau­sible. C’est sans doute la voie de moindre résis­tance, qui vau­dra à Trump le moins d’op­po­si­tion (sauf celle d’ir­ré­duc­tibles fana­tiques, et sans doute des diri­geants euro­péens qui vont se trou­ver dépour­vus sans Maître).

    Trump ou le rêve de l’âge d’or isolationniste des Etats-Unis


    http://​www​.latri​bune​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​t​r​u​m​p​-​o​u​-​l​e​-​r​e​v​e​-​d​e​-​l​-​a​g​e​-​d​-​o​r​-​i​s​o​l​a​t​i​o​n​n​i​s​t​e​-​d​e​s​-​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​6​1​5​6​7​7​.​h​tml

    Réponse
  4. nlesca

    Ce que dit l’a­mé­ri­cain exci­té, en gros, c’est que la gauche a fait gagner donald trump en choi­sis­sant une fausse repré­sen­tante qui défend l’es­ta­blish­ment et qui croit gagner des élec­tions en posant avec des stars sans rien pro­po­ser (il se moque d’elle), il dit aus­si qu’il faut arrê­ter d’insulter ses adver­saires poli­tiques de racistes et de sexistes, que la gauche ne sait plus débattre et convaincre et se contente d’in­sul­ter et de dia­bo­li­ser, il semble pro Ber­nie Sanders…
    Sym­pa­thique mais il est encore loin du compte si il croit que Ber­nie San­ders aurait été une solu­tion… Trump va très pro­ba­ble­ment pour­rir la vie des clan­do, égoïs­te­ment on peut se réjouir qu’il nous évite le taf­ta (quoique je demande à voir).… J’a­voue que cette élec­tion ne m’a fait ni chaud ni froid… Le seul truc qui me fait plai­sir, c’est que les gars ont fait le contraire de ce que leur disait la télé…

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  5. rawbrol

    Bon­jour Etienne,
    A quand un véri­table lieu de discussion ?
    Ce for­mat de blog est nul­lis­sime. Avec toutes tes connais­sances, tu n’aurais pas un ou des gars suf­fi­sam­ment aguer­ri à l’informatique pour te créer un forum en PHP ?
    His­toire de ran­ger tes idées par caté­go­ries, au lieu de ce fatras illi­sible en colonnes ?
    Ma remarque peut paraitre idiote, mais réfléchis‑y quand même stp. Ce qui est bien orga­ni­sé se lit faci­le­ment, et engendre une struc­ture, un socle, à par­tir duquel il est plus facile de se réfé­rer, et d’y pro­duire des réponses acces­sibles à tous. C’est un peu comme chez soi, si c’est trop le bor­del, on n’arrive plus à avan­cer dans quelque domaine que ce soit.
    Le forum en PHP, est LA solu­tion d’organisation de dis­cus­sions la plus opti­mi­sée à l’heure actuelle.
    Voilà…sinon bisou à toi, je t’aime bien car j’aime tes pro­pos et sou­haite qu’ils soient dif­fu­sés plus largement.

    Réponse
    • etienne

      Mer­ci pour le conseil (ce n’est évi­dem­ment pas le pre­mier dans ce sens), mais ce n’est pas encore assez pour m’ai­der (car je suis débordé) 🙁
      Tu n’au­rais pas un brouillon de plan ? une pro­po­si­tion de struc­ture ? Une liste de fonc­tion­na­li­tés indispensables ?
      Je ne me rends pas bien compte des pro­blèmes essen­tiels que pose ce blog, ni des alter­na­tives (simples).
      J’es­père sim­ple­ment qu’il ne faut pas chan­ger de logi­ciel et que Word­Press fera l’affaire 🙂
      Étienne.

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      • rawbrol

        Un brouillon de plan ?
        Ah ben si je peux faire par­tie d’un bout de la pro­chaine révo­lu­tion fran­çais en tant que geek-conseil, je ne vais pas me pri­ver de t’en don­ner du brouillon de plan tiens ! (Bon…tu risques d’avoir à bouf­fer un ch’ti pavé de ma part, peut-être avec des trucs que tu sais déjà, mais « C’est le jeu ma pauvre Lucette… ^^ » )
        Par contre non, déso­lé, mais aban­donne tout de suite l’idée de Word­Press, ce n’est pas le for­mat adé­quat. Je le redis, avec totale et abso­lue impar­tia­li­té, le meilleur for­mat infor­ma­tique actuel de dif­fu­sion d’idées bien clas­sées, c’est le forum en PHP. Et plu­tôt qu’un long dis­cours, rien ne vaut un bon exemple com­pa­ra­tif (qui ne devrait ain­si pas te prendre trop du temps dont tu manques, ce que j’imagine aisément).
        Ce forum est un forum en PHP :
        http://​www​.ratio​na​lisme​.org/​f​o​r​u​m​_​a​t​h​e​i​s​m​e​/​i​n​d​e​x​.​php
        En cli­quant sur ce lien, tu te retrouves devant des « rubriques », arbi­trai­re­ment créées par le ges­tion­naire de ce forum (dont le thème cen­tral est l’athéisme). En cli­quant sur le titre d’une rubrique (ENQUÊTES MINUTIEUSES et CAPILLOFOUILLÉES par exemple), tu te retrouves devant des « topics », que les uti­li­sa­teurs du forum peuvent créer et dans les­quels ils peuvent pos­ter des mes­sages. Chaque topic est cen­sé avoir un conte­nu en rap­port avec son titre et même si les diva­ga­tions sont nom­breuses, dans ce forum comme dans d’autres, tu remarques tout de suite des dif­fé­rences avec ce blog où je t’écris :
        / a / Les rubriques sont pos­sibles, pas dans ce blog.
        / b / La lec­ture d’un topic prend la lar­geur de la page, dif­fé­rent de ce for­mat de blog en colonne épui­sant à la lec­ture pour les yeux et le cerveau.
        / c / On peut rajou­ter faci­le­ment des images dans un mes­sage. Images, vidéos, liens hyper­texte pour être plus pré­cis. Pas pos­sible sim­ple­ment avec ce blog (je ne vois pas de bou­tons pour géné­rer les balises quand je clic sur « Répondre »)

        Avec ces 3 points, on a bien une pro­po­si­tion de struc­ture et une liste de fonc­tion­na­li­tés indis­pen­sables, comme pou­voir insé­rer des images faci­le­ment (« le poids des mots, tous­sa toussa… »).

        Main­te­nant le plus chiant c’est dans la pra­tique, com­ment faire…
        / a / Tu as un ou des potes qui savent tech­ni­que­ment le faire… et le font pour la cause. Pro­blème réglé.
        / b / Tu googles « créer un forum en phpbb » et passes des heures à t’instruire…
        / c / Une per­sonne lit ce mes­sage, sait faire, et dit ici en retour qu’elle peut t’aider, et écrit ici le sché­ma pra­tique pour ceux qui ne savent pas faire, dont je fais par­tie : quel héber­geur prendre, quel logiciel(s) ins­tal­ler, etc.
        / d / Ayant ma vie libre et le temps qui va avec, ça et quelques connais­sances infor­ma­tiques, je prends ce temps néces­saire pour le faire, et après l’étape tech­nique, tu me dis quelles rubriques créer. Quand le pro­duit est prêt, je te file les clefs de ges­tion du bor­del et le pro­blème est réglé. Mau­vais point : sans doute l’affaire de quelques semaines, vu que j’ai comme tout le monde une vie privée.

        De mon point de vue, la solu­tion A serait la meilleure, vu qu’une per­sonne aguer­rie à l’aspect tech­nique devrait en avoir pour quelques heures voire peut-être dizaine de minutes pour arri­ver au pro­duit fini. La solu­tion B est évi­de­ment à pros­crire, tu as sûre­ment autre chose à faire de plus inté­res­sant. La solu­tion C serait fun et ferait une pierre dans le jar­din de la puis­sance d’internet et de son hyper-com­mu­ni­ca­tion posi­tive. La solu­tion D, bien qu’elle ne m’arrangerait pas, m’obligerait quand même à me bou­ger le cul sur ce sujet pré­cis, ce qui pour­rait être intéressant.

        Réponse
          • rawbrol

            (mon pré­nom c’est david, mais raw­brol ou raw ça le fait aussi ^^)
            Ala­la.. et moi qui t’es sou­lé avec toute ces expli­ca­tions, alors que ce dont je par­lais, tu l’as déjà ! Et bien non, je ne savais pas que ce forum exis­tait, alors que ton blog, je les par­cours en dilet­tante depuis qqs mois… peut-être qu’il serait utile qu’une réfé­rence, un lien vers ce forum appa­raisse clai­re­ment en haut de ton blog ? Je ne dois pas être le seul à pas­ser à côté.
            Par contre, je viens de ten­ter de m’y ins­crire, puisque c’est ça que je cher­chais comme for­mat de lec­ture et de dis­cus­sion, mais les ins­crip­tions sont fer­mées. C’est encore pos­sible que je puisse y créer un compte ?

  6. etienne

    L’élection de Trump : Le plus grand Fuck You jamais vu, par Michael Moore

    Oli­vier Ber­ruyer (les​-crises​.fr) :

    « Très bonnes ana­lyses de Moore, qui ont été confir­mées le jour de l’élection… »

    Vidéo d’octobre 2016 :

    Extrait de son film Michael Moore in Trumpland

    N.B. la fin est tron­quée : il ne sou­te­nait évi­dem­ment pas Trump…

    Juillet 2016 : Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner, par Michael Moore

    Source : Huf­fing­ton Post, Michael Moore, 26/07/2016

    Chers amis, chères amies,

    Je suis déso­lé d’être le por­teur de mau­vaises nou­velles, mais je crois avoir été assez clair l’été der­nier lorsque j’ai affir­mé que Donald Trump serait le can­di­dat répu­bli­cain à la pré­si­dence des États-Unis. Cette fois, j’ai des nou­velles encore pires à vous annon­cer : Donald J. Trump va rem­por­ter l’élection du mois de novembre. 

    Ce clown à temps par­tiel et socio­pathe à temps plein va deve­nir notre pro­chain pré­sident. Le pré­sident Trump. Allez, dites-le tous en chœur, car il fau­dra bien vous y habi­tuer au cours des quatre pro­chaines années : “PRÉSIDENT TRUMP!”

    Jamais de toute ma vie n’ai-je autant vou­lu me tromper.

    Je vous observe atten­ti­ve­ment en ce moment. Vous agi­tez la tête en disant : “Non Mike, ça n’arrivera pas!”. Mal­heu­reu­se­ment, vous vivez dans une bulle. Ou plu­tôt dans une grande caisse de réso­nance capable de vous convaincre, vous et vos amis, que les Amé­ri­cains n’éliront pas cet idiot de Trump. Vous alter­nez entre la conster­na­tion et la ten­ta­tion de tour­ner au ridi­cule son plus récent com­men­taire, lorsque ce n’est pas son atti­tude narcissique.

    Par la suite, vous écou­tez Hil­la­ry et envi­sa­gez la pos­si­bi­li­té que nous ayons pour la pre­mière fois une femme à la pré­si­dence. Une per­sonne res­pec­tée à tra­vers le monde, qui aime les enfants et pour­sui­vra les poli­tiques entre­prises par Oba­ma. Après tout, n’est-ce pas ce que nous vou­lons ? La même chose pour quatre ans de plus ?

    Il est temps de sor­tir de votre bulle pour faire face à la réa­li­té. Vous aurez beau vous conso­ler avec des sta­tis­tiques (77 % de l’électorat est com­po­sé de femmes, de per­sonnes de cou­leur et d’adultes de moins de 35 ans, et Trump ne rem­por­te­ra la majo­ri­té d’aucun de ces groupes), ou faire appel à la logique (les gens ne peuvent en aucun cas voter pour un bouf­fon qui va à l’encontre de leurs propres inté­rêts), ça ne res­te­ra qu’un moyen de vous pro­té­ger d’un trau­ma­tisme. C’est comme lorsque vous enten­dez un bruit d’arme à feu et pen­sez qu’un pneu a écla­té ou que quelqu’un joue avec des pétards. Ce com­por­te­ment me rap­pelle aus­si les pre­mières man­chettes publiées le 11 sep­tembre, annon­çant qu’un petit avion a heur­té acci­den­tel­le­ment le World Trade Center.

    Nous avons besoin de nou­velles encou­ra­geantes parce que le monde actuel est un tas de merde, parce qu’il est pénible de sur­vivre d’un chèque de paie à l’autre, et parce que notre quo­ta de mau­vaises nou­velles est atteint. C’est la rai­son pour laquelle notre état men­tal passe au neutre lorsqu’une nou­velle menace fait son apparition.

    C’est la rai­son pour laquelle les per­sonnes ren­ver­sées par un camion à Nice ont pas­sé les der­nières secondes de leur vie à ten­ter d’alerter son conduc­teur : “Atten­tion, il y a des gens sur le trottoir!”

    Eh bien, mes amis, la situa­tion n’a rien d’un acci­dent. Si vous croyez encore qu’Hillary Clin­ton va vaincre Trump avec des faits et des argu­ments logiques, c’est que vous avez com­plè­te­ment man­qué la der­nière année, durant laquelle 16 can­di­dats répu­bli­cains ont uti­li­sé cette méthode (et plu­sieurs autres méthodes moins civi­li­sées) dans 56 élec­tions pri­maires sans réus­sir à arrê­ter le mas­to­donte. Le même scé­na­rio est en voie de se répé­ter l’automne pro­chain. La seule manière de trou­ver une solu­tion à ce pro­blème est d’admettre qu’il existe en pre­mier lieu.

    Com­pre­nez-moi bien, j’entretiens de grands espoirs pour ce pays. Des choses ont chan­gé pour le mieux. La gauche a rem­por­té les grandes batailles cultu­relles. Les gais et les­biennes peuvent se marier. La majo­ri­té des Amé­ri­cains expriment un point de vue libé­ral dans presque tous les son­dages. Les femmes méritent l’égalité sala­riale ? Posi­tif. L’avortement doit être per­mis ? Posi­tif. Il faut des lois envi­ron­ne­men­tales plus sévères ? Posi­tif. Un meilleur contrôle des armes à feu ? Posi­tif. Léga­li­ser la mari­jua­na ? Posi­tif. Le socia­liste qui a rem­por­té l’investiture démo­crate dans 22 États cette année est une autre preuve que notre socié­té s’est pro­fon­dé­ment trans­for­mée. À mon avis, il n’y a aucun doute qu’Hillary rem­por­te­rait l’élection haut la main si les jeunes pou­vaient voter avec leur console X‑box ou Playstation.

    Hélas, ce n’est pas comme ça que notre sys­tème fonc­tionne. Les gens doivent quit­ter leur domi­cile et faire la file pour voter. S’ils habitent dans un quar­tier pauvre à domi­nante noire ou his­pa­nique, la file sera plus longue et tout sera fait pour les empê­cher de dépo­ser leur bul­le­tin dans l’urne. Avec pour résul­tat que le taux de par­ti­ci­pa­tion dépasse rare­ment 50 % dans la plu­part des élec­tions. Tout le pro­blème est là. Au mois de novembre, qui pour­ra comp­ter sur les élec­teurs les plus moti­vés et ins­pi­rés ? Qui pour­ra comp­ter sur des sym­pa­thi­sants en liesse, capables de se lever à 5 heures du matin pour s’assurer que tous les Tom, Dick et Har­ry (et Bob, et Joe, et Billy Bob et Billy Joe) ont bel et bien voté ? Vous connais­sez déjà la réponse. Ne vous mépre­nez pas : aucune cam­pagne publi­ci­taire en faveur d’Hillary, aucune phrase-choc dans un débat télé­vi­sé et aucune défec­tion des élec­teurs liber­ta­riens ne pour­ra arrê­ter le train en marche.

    Voi­ci 5 rai­sons pour les­quelles Trump va gagner :

    1. Le poids élec­to­ral du Mid­west, ou le Brexit de la Cein­ture de rouille

    Je crois que Trump va por­ter une atten­tion par­ti­cu­lière aux États “bleus” de la région des Grands Lacs, c’est-à-dire le Michi­gan, l’Ohio, la Penn­syl­va­nie et le Wis­con­sin [N.B. : Trump a rem­por­té les 4]. Ces quatre États tra­di­tion­nel­le­ment démo­crates ont cha­cun élu un gou­ver­neur répu­bli­cain depuis 2010, et seule la Penn­syl­va­nie a opté pour un démo­crate depuis ce temps. Lors de l’élection pri­maire du mois de mars, plus de rési­dents du Michi­gan se sont dépla­cés pour choi­sir un can­di­dat répu­bli­cain (1,32 mil­lion) qu’un can­di­dat démo­crate (1,19 million).

    Dans les plus récents son­dages, Trump devance Clin­ton en Penn­syl­va­nie. Et com­ment se fait-il qu’il soit à éga­li­té avec Clin­ton en Ohio, après tant d’extravagances et de décla­ra­tions à l’emporte-pièce ? C’est sans doute parce qu’il a affir­mé (avec rai­son) qu’Hillary a contri­bué à détruire la base indus­trielle de la région en appuyant l’ALÉNA. Trump ne man­que­ra pas d’exploiter ce filon, puisque Clin­ton appuie éga­le­ment le PTP et de nom­breuses autres mesures qui ont pro­vo­qué la ruine de ces quatre États.

    Durant la pri­maire du Michi­gan, Trump a posé devant une usine de Ford et mena­cé d’imposer un tarif doua­nier de 35 % sur toutes les voi­tures fabri­quées au Mexique dans le cas où Ford y démé­na­ge­rait ses acti­vi­tés. Ce dis­cours a plu aux élec­teurs de la classe ouvrière. Et lorsque Trump a mena­cé de contraindre Apple à fabri­quer ses iPhone aux États-Unis plu­tôt qu’en Chine, leur cœur a bas­cu­lé et Trump a rem­por­té une vic­toire qui aurait dû échoir au gou­ver­neur de l’Ohio John Kasich.

    L’arc qui va de Green Bay à Pitts­burgh est l’équivalent du centre de l’Angleterre. Ce pay­sage dépri­mant d’usines en décré­pi­tude et de villes en sur­sis est peu­plé de tra­vailleurs et de chô­meurs qui fai­saient autre­fois par­tie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théo­rie des effets de retom­bées de l’ère Rea­gan. Ils ont ensuite été aban­don­nés par les poli­ti­ciens démo­crates qui, mal­gré leurs beaux dis­cours, fri­cotent avec des lob­byistes de Gold­man Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.

    Voi­là donc com­ment le scé­na­rio du Brexit est en train de se repro­duire. Le char­la­tan Elmer Gan­try se pose en Boris John­son, fai­sant tout pour convaincre les masses que l’heure de la revanche a son­né. L’outsider va faire un grand ménage ! Vous n’avez pas besoin de l’aimer ni d’être d’accord avec lui, caril sera le cock­tail molo­tov que vous tire­rez au beau milieu de tous ces bâtards qui vous ont escro­qué ! Vous devez envoyer un mes­sage clair, et Trump sera votre messager !

    Pas­sons main­te­nant aux cal­culs mathé­ma­tiques. En 2012, Mitt Rom­ney a per­du l’élection pré­si­den­tielle par une marge de 64 voix du Col­lège élec­to­ral. Or, la per­sonne qui rem­por­te­ra le scru­tin popu­laire au Michi­gan, en Ohio, en Penn­syl­va­nie et au Wis­con­sin récol­te­ra exac­te­ment 64 voix. Outre les États tra­di­tion­nel­le­ment répu­bli­cains, qui s’étendent de l’Idaho à la Géor­gie, tout ce dont Trump aura besoin pour se his­ser au som­met ce sont les quatre États du Rust Belt. Oubliez la Flo­ride, le Colo­ra­do ou la Vir­gi­nie. Il n’en a même pas besoin.

    2. Le der­nier tour de piste des Hommes blancs en colère

    Nos 240 ans de domi­na­tion mas­cu­line risquent de se ter­mi­ner. Une femme risque de prendre le pou­voir ! Com­ment en est-on arri­vés là, sous notre propre règne ? Nous avons igno­ré de trop nom­breux aver­tis­se­ments. Ce traître fémi­niste qu’était Richard Nixon nous a impo­sé le Titre IX, qui inter­dit toute dis­cri­mi­na­tion sur la base du genre dans les pro­grammes édu­ca­tifs publics. Les filles se sont mises à pra­ti­quer des sports. Nous les avons lais­sées pilo­ter des avions de ligne et puis, sans crier gare, Beyon­cé a enva­hi le ter­rain du Super Bowl avec son armée de femmes noires afin de décré­ter la fin de notre règne !

    Cette incur­sion dans l’esprit des mâles blancs en dan­ger évoque leur crainte du chan­ge­ment. Ce monstre, cette “fémi­na­zie” qui – comme le disait si bien Trump – “saigne des yeux et de par­tout où elle peut sai­gner” a réus­si à s’imposer. Après avoir pas­sé huit ans à nous faire don­ner des ordres par un homme noir, il fau­drait main­te­nant qu’une femme nous mène par le bout du nez ? Et après ? Il y aura un couple gai à la Mai­son-Blanche pour les huit années sui­vantes ? Des trans­genres ? Vous voyez bien où tout cela mène. Bien­tôt, les ani­maux auront les mêmes droits que les humains et le pays sera diri­gé par un ham­ster. Assez, c’est assez !

    3. Hil­la­ry est un pro­blème en elle-même

    Pou­vons-nous par­ler en toute fran­chise ? En pre­mier lieu, je dois avouer que j’aime bien Hil­la­ry Clin­ton. Je crois qu’elle est la cible de cri­tiques non méri­tées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j’ai pro­mis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de bri­ser cette pro­messe aujourd’hui pour évi­ter qu’un pro­to-fas­ciste ne devienne notre com­man­dant en chef. Je crois mal­heu­reu­se­ment qu’Hillary Clin­ton va nous entraî­ner dans d’autres aven­tures mili­taires, car elle est un “fau­con” per­ché à droite d’Obama. Mais peut-on confier le bou­ton de nos bombes nucléaires à Trump le psy­cho­pathe ? Poser la ques­tion, c’est y répondre.

    Cela dit, notre plus grand pro­blème n’est pas Trump mais bien Hil­la­ry. Elle est très impo­pu­laire. Près de 70 % des élec­teurs la consi­dèrent comme mal­hon­nête ou peu fiable. Elle repré­sente la vieille manière de faire de la poli­tique, c’est-à-dire l’art de racon­ter n’importe quoi pour se faire élire, sans égard à quelque prin­cipe que ce soit. Elle a lut­té contre le mariage gay à une cer­taine époque, pour main­te­nant célé­brer elle-même de tels mariages. Ses plus farouches détrac­trices sont les jeunes femmes. C’est injuste, dans la mesure où Hil­la­ry et d’autres poli­ti­ciennes de sa géné­ra­tion ont dû lut­ter pour que les filles d’aujourd’hui ne soient plus encou­ra­gées à se taire et res­ter à la mai­son par les Bar­ba­ra Bush de ce monde. Mais que vou­lez-vous, les jeunes n’aiment pas Hillary.

    Pas une jour­née ne passe sans que des mil­lé­niaux me disent qu’ils ne l’appuieront pas. Je conviens qu’aucun démo­crate ou indé­pen­dant ne sera enthou­siaste à l’idée de voter pour elle le 8 novembre. La vague sus­ci­tée par l’élection d’Obama et la can­di­da­ture de San­ders ne revien­dra pas. Mais au final,l’élection repose sur les gens qui sortent de chez eux pour aller voter, et Trump dis­pose d’un net avan­tage à cet effet.

    4. Les par­ti­sans désa­bu­sés de Ber­nie Sanders

    Ne vous inquié­tez pas des par­ti­sans de San­ders qui ne vote­ront pas pour Hil­la­ry Clin­ton. Le fait est que nous serons nom­breux à voter pour elle ! Les son­dages indiquent que les par­ti­sans de San­ders qui pré­voient de voter pour Hil­la­ry sont déjà plus nom­breux que les par­ti­sans d’Hillary ayant repor­té leur vote sur Oba­ma en 2008. Le pro­blème n’est pas là. Si une alarme doit son­ner, c’est à cause du “vote dépri­mé”. En d’autres termes, le par­ti­san moyen de San­ders qui fait l’effort d’aller voter ne fera pas l’effort de convaincre cinq autres per­sonnes d’en faire de même. Il ne fera pas 10 heures de béné­vo­lat chaque mois, et n’expliquera pas sur un ton enjoué pour­quoi il vote­ra pour Hillary.

    Les jeunes n’ont aucune tolé­rance pour les dis­cours qui sonnent faux. Dans leur esprit, reve­nir aux années Bush-Clin­ton est un peu l’équivalent d’utiliser MyS­pace et d’avoir un télé­phone cel­lu­laire gros comme le bras.

    Les jeunes ne vote­ront pas davan­tage pour Trump. Cer­tains vote­ront pour un can­di­dat indé­pen­dant, mais la plu­part choi­si­ront tout sim­ple­ment de res­ter à la mai­son. Hil­la­ry doit leur don­ner une bonne rai­son de bou­ger. Mal­heu­reu­se­ment, je ne crois pas que son choix de colis­tier soit de nature à convaincre les mil­lé­niaux. Un ticket de deux femmes aurait été beau­coup plus auda­cieux qu’un gars blanc, âgé, cen­triste et sans saveur. Mais Hil­la­ry a misé sur la pru­dence, et ce n’est qu’un exemple par­mi d’autres de sa capa­ci­té à s’aliéner les jeunes.

    5. L’effet Jesse Ventura

    Pour conclure, ne sous-esti­mez pas la capa­ci­té des gens à se conduire comme des anar­chistes mali­cieux lorsqu’ils se retrouvent seuls dans l’isoloir. Dans notre socié­té, l’isoloir est l’un des der­niers endroits dépour­vus de camé­ras de sécu­ri­té, de micros, d’enfants, d’épouse, de patron et de poli­ciers ! Vous pou­vez y res­ter aus­si long­temps que vous le sou­hai­tez, et per­sonne ne peut vous obli­ger à y faire quoi que ce soit.

    Vous pou­vez choi­sir un par­ti poli­tique, ou écrire Mickey Mouse et Donald Duck sur votre bul­le­tin de vote. C’est pour cette rai­son que des mil­lions d’Américains en colère seront ten­tés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu’ils appré­cient le per­son­nage ou adhèrent à ses idées, mais tout sim­ple­ment parce qu’ils le peuvent. Des mil­lions de gens seront ten­tés de deve­nir marion­net­tistes et de choi­sir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.

    Vous sou­ve­nez-vous de 1998, année où un lut­teur pro­fes­sion­nel est deve­nu gou­ver­neur du Min­ne­so­ta ? Le Min­ne­so­ta est l’un des États les plus intel­li­gents du pays, et ses citoyens ont un sens de l’humour assez par­ti­cu­lier. Ils n’ont pas élu Jesse Ven­tu­ra parce qu’ils étaient stu­pides et croyaient que cet homme était un intel­lec­tuel des­ti­né aux plus hautes fonc­tions poli­tiques. Ils l’ont fait parce qu’ils le pou­vaient. Élire Ven­tu­ra a été leur manière de se moquer d’un sys­tème malade. La même chose risque de se pro­duire avec Trump.

    Un homme m’a inter­pel­lé la semaine der­nière, lorsque je ren­trais à l’hôtel après avoir par­ti­ci­pé à une émis­sion spé­ciale de Bill Maher dif­fu­sée sur HBO à l’occasion de la conven­tion répu­bli­caine : “Mike, nous devons voter pour Trump. Nous DEVONS faire bou­ger les choses !” C’était là l’essentiel de sa réflexion.

    Faire bou­ger les choses. Le pré­sident Trump sera l’homme de la situa­tion, et une grande par­tie de l’électorat sou­haite être aux pre­mières loges pour assis­ter au spectacle.

    Cor­dia­le­ment,

    Michael Moore

    Ce billet de blog a ini­tia­le­ment été publié sur The Huf­fing­ton Post et tra­duit de l’anglais par Pierre-Etienne Paradis.

    Source : Huf­fing­ton Post, Michael Moore, 26/07/2016

    9 novembre 2016 : Moore donne sa To do List “post-élection”

    Liste des choses à faire au lendemain de l’élection :

    1. Prendre le contrôle du par­ti démo­crate afin de le rendre au peuple. La stra­té­gie des diri­geants actuels a lamen­ta­ble­ment échoué.

    2. Virer tous les experts, ana­lystes, son­deurs et tous ceux qui, dans les médias, se sont accro­chés à leur théo­rie, refu­sant d’envisager d’autres pos­si­bi­li­tés ou d’admettre la réa­li­té des faits. Imbus de leur propre per­sonne, ces mêmes spé­cia­listes nous disent aujourd’hui qu’il faut “résor­ber la frac­ture sociale” et “lut­ter contre les cli­vages”. Ils vont sor­tir des conne­ries de ce type dans les jours et les semaines à venir. N’écoutez plus leurs salades.

    3. Les repré­sen­tants démo­crates au Congrès qui ne se sont pas réveillés ce matin avec une furieuse envie de résis­ter en entra­vant le pro­gramme des Répu­bli­cains (comme ces der­niers l’ont fait quo­ti­dien­ne­ment pen­dant les huit années de la pré­si­dence de Barack Oba­ma) doivent évi­ter de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui savent ce qu’il faut faire pour empê­cher le triomphe de la mes­qui­ne­rie et le délire qui s’annonce.

    4. Arrê­tez de dire que vous êtes “aba­sour­dis” et “sous le choc”. Dites plu­tôt que vous étiez dans votre bulle et que vous n’avez pas enten­du le déses­poir de vos conci­toyens, aban­don­nés depuis DES ANNÉES par nos deux par­tis, qui rêvent de prendre leur revanche sur ce sys­tème, et dont la colère gronde. Quand une star de la télé a annon­cé qu’elle avait l’intention de virer tous les res­pon­sables poli­tiques, démo­crates et répu­bli­cains, ces Amé­ri­cains se sont retrou­vés dans son dis­cours. La vic­toire de Donald Trump n’a rien de sur­pre­nant. L’attitude mépri­sante de ses adver­saires, qui ne voyaient en lui qu’un bouf­fon, a ren­du son ascen­sion irré­sis­tible. C’est à la fois une créa­ture et une créa­tion des médias, même si ceux-ci n’accepteront jamais de le reconnaître.

    5. Répé­tez la phrase sui­vante à tous ceux que vous croi­se­rez aujourd’hui : “HILLARY CLINTON A OBTENU LA MAJORITÉ DES SUFFRAGES!” La MAJORITÉ de nos conci­toyens pré­fé­raient Hil­la­ry Clin­ton à Donald Trump. Un point c’est tout. C’est un fait. Si vous vous êtes dit ce matin que vous viviez dans un pays de cons, vous faites erreur. La majo­ri­té des Amé­ri­cains ont voté pour Hil­la­ry, pas pour Trump. La vic­toire de Donald Trump n’est due qu’au sys­tème — aus­si obs­cur qu’absurde — des Grands Élec­teurs, un concept qui date du XVIIIe siècle. Tant que nous ne chan­ge­rons pas ça, nous conti­nue­rons d’avoir des pré­si­dents que nous n’avons pas élus et dont nous ne vou­lons pas. Vous vivez dans un pays où la majo­ri­té des élec­teurs pensent que nous com­men­çons à subir les effets du chan­ge­ment cli­ma­tique, qu’à tra­vail égal les femmes doivent être payées autant que les hommes, que les études uni­ver­si­taires ne devraient plus être syno­nymes d’endettement, qu’ils ne veulent plus que nous enva­his­sions d’autres pays, qu’il faut aug­men­ter le salaire mini­mum et que cha­cun devrait pou­voir béné­fi­cier d’une cou­ver­ture sociale digne de ce nom. Tout cela n’a pas chan­gé. Nous vivons dans un pays où la majo­ri­té des gens par­tagent une vision “pro­gres­siste” de la socié­té. Il ne nous manque plus que des res­pon­sables poli­tiques capables de mettre en œuvre ces mesures (voir point n° 1, ci-dessus).

    (Source)

    moore-1

    moore-2

    Source : http://​www​.les​-crises​.fr/​c​i​n​q​-​r​a​i​s​o​n​s​-​p​o​u​r​-​l​e​s​q​u​e​l​l​e​s​-​t​r​u​m​p​-​v​a​-​g​a​g​n​e​r​-​p​a​r​-​m​i​c​h​a​e​l​-​m​o​o​re/

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    • Ronald

      Très impres­sion­nant, la pré­vi­sion de Michael Moore. C’est exac­te­ment ce qui s’est pas­sé. Mais une conclu­sion s’im­pose : c’est que c’é­tait bien une stra­té­gie de cam­pagne vou­lue par Trump. Aus­si, si on peut tou­jours pré­tendre que le camp Clin­ton n’a rien com­pris au pays, Trump au moins montre qu’il est intel­li­gent et qu’il a exac­te­ment la même vision de la situa­tion que Moore. Reste à savoir s’il en tire­ra le même pro­jet politique …

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  7. etienne

    Les Clinton et Soros lancent la Révolution violette de l’Amérique

    Par Wayne Mad­sen – Le 11 novembre 2016 – Source Stra­te­gic Culture

    « La can­di­date démo­crate vain­cue Hil­la­ry Rod­ham Clin­ton n’est pas prête de se décou­ra­ger. Le matin sui­vant sa défaite sur­prise en faveur de l’arriviste du Par­ti répu­bli­cain Donald Trump, Mme Clin­ton et son mari, l’ancien pré­sident Bill Clin­ton, ont péné­tré dans la salle de bal de l’hôtel art déco newyor­kais au centre de Man­hat­tan, tous deux vêtus de tenues vio­lettes. La presse a immé­dia­te­ment rele­vé la cou­leur et a deman­dé ce qu’elle repré­sen­tait. Le porte-parole de Clin­ton a affir­mé que c’était pour repré­sen­ter le ras­sem­ble­ment de l’«Amérique bleue » démo­crate et de l’«Amérique rouge » répu­bli­caine en une cou­leur unique, le vio­let. Cette décla­ra­tion était une ruse totale, puisqu’elle est bien connue des citoyens des pays visés dans le pas­sé par les viles opé­ra­tions poli­tiques du magnat inter­na­tio­nal des fonds spé­cu­la­tifs, George Soros.

    Les Clin­ton qui ont tous deux reçu de George Soros des mil­lions de dol­lars en fonds de cam­pagne et en dona­tions à la Fon­da­tion Clin­ton, étaient en fait en train d’aider au lan­ce­ment de la « Révo­lu­tion vio­lette » de Soros en Amé­rique. La Révo­lu­tion vio­lette résis­te­ra à tous les efforts de l’administration Trump visant à empê­cher les poli­tiques mon­dia­listes des Clin­ton et du futur ex-pré­sident Barack Oba­ma. La Révo­lu­tion vio­lette cher­che­ra aus­si à ce que l’administration Trump ne dure pas grâce à des mani­fes­ta­tions de rues et à des per­tur­ba­tions poli­tiques dans le style Soros. […]

    Lire la suite :
    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​l​e​s​-​c​l​i​n​t​o​n​-​e​t​-​s​o​r​o​s​-​l​a​n​c​e​n​t​-​l​a​-​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​-​v​i​o​l​e​t​t​e​-​d​e​-​l​a​m​e​r​i​que
    Source : Le Saker Francophone

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  8. etienne

    Là-bas si j’y suis : Ambroise Croizat, vive la Sécu !!

    En février 2011, notre repor­tage sur AMBROISE CROIZAT fut une redé­cou­verte, et pour beau­coup une décou­verte, du père de la Sécu­ri­té Sociale. Une superbe conquête inlas­sa­ble­ment com­bat­tue par les par­ti­sans de la loi du pro­fit. Repor­tage : Fran­çois RUFFIN, avec Michel ÉTIÉVENT, auteur du livre Ambroise Croi­zat ou l’invention sociale (édi­tions GAP, 1999).

    Cha­cun connaît une rue qui porte ce nom, un col­lège, une biblio­thèque, mais qui était Ambroise CROIZAT ? C’est à lui, ministre com­mu­niste à la Libé­ra­tion, que l’on doit la Sécu­ri­té Sociale et les retraites.

    À lui et à ce peuple qui a pous­sé, der­rière lui, des mil­lions d’anonymes qui ont récla­mé ces mesures, qui de leurs mains ont bâti les pre­mières caisses. Mais ce fon­da­teur de la Sécu nous pré­ve­nait déjà : « ne par­lez pas d’acquis, en face le patro­nat ne désarme jamais. »

    Plus de 65 ans après sa mort, retour sur l’histoire de ce grand homme.

    Écou­ter l’émission :
    https://la-bas.org/les-emissions-258/les-emissions/2016–17/ambroise-croizat-vive-la-secu

    Réponse
  9. nanou

    « Les jours heu­reux » « La sociale » 2 docu­men­taires à ne sur­tout pas manquer.

    C’est un tour­nant his­to­rique après l’hor­reur abso­lue de la seconde guerre mon­diale, des camps de concen­tra­tion, des gou­lags, des 2 bombes ato­miques et de 60 mil­lions de morts. Des gens à tra­vers le CNR vont créer la sécu­ri­té sociale, la fonc­tion publique, la coti­sa­tion etc., caisse unique, taux unique, ges­tion ouvrière.
    C’est cela qui est révolutionnaire.

    70 ans plus tard, la pro­pa­gande et le capi­ta­lisme ont lavé la mémoire des Fran­çais et attaquent sys­té­ma­ti­que­ment toutes ces conquêtes. Il est grand temps de reprendre le pou­voir à ces gens qui veulent nous ren­voyer à l’é­poque de l’hor­reur, mais ne nous y trom­pons pas : ni le FN ni les autres ne nous sor­ti­ront de ce désastre : c’est au peuple et à lui seul de défi­nir ce qui est bon pour lui.

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  10. etienne

    Emmanuel Todd : “Le discours disant que le vote Trump est le vote des petits blancs racistes est absurde, c’est le contraire.”

    « Je crois que c’est l’augmentation de la mor­ta­li­té des Amé­ri­cains blancs de 45 à 54 ans entre 1999 et 2013 qui m’a fait cra­quer. La mor­ta­li­té a un peu bais­sé pour les Blancs qui avaient fait des études supé­rieures com­plètes, elle a stag­né pour ceux qui avaient fait des études supé­rieures incom­plètes, elle a aug­men­té en-des­sous de ce seuil, entraî­nant l’élévation du taux glo­bal. Nous en sommes au point où le groupe majo­ri­taire, les Blancs, repré­sen­tant 72% du corps élec­to­ral, est tel­le­ment en souf­france que sa mor­ta­li­té aug­mente. Les causes de cette aug­men­ta­tion ne sont pas “natu­relles” : il s’agit de sui­cides, d’alcool, de drogue, d’empoisonnements médi­ca­men­teux. A l’instinct je me suis dit : à ce stade, le sys­tème idéo­lo­gique néo-libé­ral peut cra­quer. Cet indi­ca­teur est vrai­ment le signe que la glo­ba­li­sa­tion éco­no­mique a fini par conduire à une insé­cu­ri­té indi­vi­duelle et sociale insup­por­table même en pays anglo-saxon. Les son­dages “sor­tie des urnes” ont bien mon­tré qu’au fond, la prin­ci­pale moti­va­tion du vote Trump était la volon­té de chan­ge­ment. Tout sauf ce que repré­sente Clinton.

    Au fond, je suis reve­nu l’autre jour à la pre­mière intui­tion pros­pec­tive de ma vie, anté­rieure à mon hypo­thèse et mes recherches sur la déter­mi­na­tion des idéo­lo­gies par les struc­tures fami­liales. En 1976, j’avais pré­dit, à l’instinct, dans La Chute finale, l’effondrement du sys­tème sovié­tique, en me basant, fon­da­men­ta­le­ment, sur la hausse de la mor­ta­li­té infan­tile russe entre 1970 et 1974. Je peux aujourd’hui bou­cler l’interprétation : la famille com­mu­nau­taire pay­sanne russe – éga­li­taire, auto­ri­taire – a bien mené à l’idéologie com­mu­niste. Mais à un cer­tain stade, l’absurdité éco­no­mique et sociale du com­mu­nisme est deve­nue telle que la Rus­sie a fini par s’en débar­ras­ser, par trans­cen­der sa propre déter­mi­na­tion anthro­po­lo­gique. Il se passe aujourd’hui quelque chose du même ordre aux Etats-Unis. Une réa­li­sa­tion exa­gé­rée du poten­tiel idéo­lo­gique indi­vi­dua­liste et inéga­li­taire de la famille nucléaire abso­lue anglo-saxonne a mené l’Amérique dans une autre forme d’absurdité. La popu­la­tion finit par réagir et part dans une autre direc­tion. Ce qui se passe en Amé­rique peut donc sans doute être mis en paral­lèle, en termes d’importance his­to­rique, avec ce qui s’est pas­sé en Rus­sie vers 1990. Dans les deux cas, un taux de mor­ta­li­té aver­tit le cher­cheur. La démo­gra­phie est tel­le­ment plus fiable que l’économie !

    La chute du néo-libé­ra­lisme suc­cède donc à celle du com­mu­nisme. Le paral­lèle s’arrête ici j’espère. Le capi­ta­lisme est plas­tique, mul­ti­forme : il devrait per­mettre une recons­truc­tion assez rapide de la nation américaine.. »

    Vous envi­sa­gez le vote Trump comme une réac­tion démo­cra­tique éga­li­taire. Que faire de la dimen­sion raciale du vote ? Le par­ti répu­bli­cain est tou­jours un par­ti blanc. Les démo­crates pro­tègent les Noirs et les His­pa­niques. On parle de Trump comme de l’élu des “petits blancs”

    « La lec­ture socio­lo­gique de cette élec­tion s’est faite avant tout sur des cri­tères d’éducation et de race. Mais il faut quand même regar­der les thèmes élec­to­raux. La cam­pagne amé­ri­caine a débu­té par une double sur­prise, la mon­tée en puis­sance de Ber­nie San­ders et celle de Donald Trump, qui avaient en com­mun la dénon­cia­tion du libre-échange. San­ders a échoué, mais Trump a réus­si en s’émancipant idéo­lo­gi­que­ment du par­ti Répu­bli­cain. Je vois bien en France et ailleurs tous ceux qui veulent pen­ser que Trump n’appliquera pas son pro­gramme. Mais nous devons accep­ter de voir la ten­dance lourde de la socié­té amé­ri­caine, à gauche autant qu’à droite de l’échiquier idéo­lo­gique. La véri­table idéo­lo­gie de l’Amérique c’est aujourd’hui ce que j’appelle la “glo­ba­li­za­tion fatigue“. Et d’une cer­taine façon, le pro­gramme de Trump a déjà com­men­cé à être appli­qué sous Oba­ma. Les États Unis sont le pays qui a pris le plus de mesures pro­tec­tion­nistes depuis la crise et les dépenses de recons­truc­tion des infra­struc­tures ont déjà débu­té. Com­men­çons donc par vali­der une dimen­sion mar­xiste de l’interprétation. Et un choix économique. » […]

    Lire la suite :
    http://​www​.les​-crises​.fr/​e​m​m​a​n​u​e​l​-​t​o​d​d​-​l​e​-​d​i​s​c​o​u​r​s​-​d​i​s​a​n​t​-​q​u​e​-​l​e​-​v​o​t​e​-​t​r​u​m​p​-​e​s​t​-​l​e​-​v​o​t​e​-​d​e​s​-​p​e​t​i​t​s​-​b​l​a​n​c​s​-​r​a​c​i​s​t​e​s​-​e​s​t​-​a​b​s​u​r​d​e​-​c​e​s​t​-​l​e​-​c​o​n​t​r​a​i​re/

    Source : les​-crises​.fr Oli­vier Berruyer

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  11. etienne

    [Images grecques de notre futur fran­çais ?] Des nou­velles de la Grèce, qui conti­nue à s’en­fon­cer sous les coups de son gou­ver­ne­ment « de gauche » traîtresse :

    Contre courant invite Stathis Kouvelakis (très intéressant) :

    « De Syriza à Nuit Debout : le printemps des peuples européens est-il déjà terminé ? »

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  12. etienne

    L’OTAN annonce le plus grand déploiement de troupes contre la Russie depuis la guerre froide

    Par Alex Lan­tier, 9 novembre 2016

    « L’OTAN met­tra des cen­taines de mil­liers de sol­dats en état d’alerte pour une action mili­taire contre la Rus­sie dans les pro­chains mois, ont décla­ré les hauts res­pon­sables de l’OTAN au Times de Londres lundi.

    Cette alliance mili­taire diri­gée par les États-Unis pré­voit d’accélérer la mobi­li­sa­tion des forces qui se comptent par dizaines de mil­liers et, fina­le­ment, des cen­taines de mil­liers et de mil­lions qui doivent être mobi­li­sés contre la Rus­sie. Au-delà de sa force d’intervention d’urgence de 5000 hommes, l’OTAN triple sa « force d’intervention en place » à 40 000 et met des cen­taines de mil­liers de sol­dats aux niveaux d’alerte plus élevés.

    Le Times a écrit : « Sir Adam West, repré­sen­tant per­ma­nent sor­tant de la Grande-Bre­tagne à l’OTAN, a dit qu’il pen­sait que l’objectif était d’accélérer le temps de réponse de quelque 300 000 mili­taires à d’environ deux mois. À l’heure actuelle, une force de cette taille pour­rait prendre jusqu’à 180 jours pour être déployée ».

    Le secré­taire géné­ral de l’OTAN, Jens Stol­ten­berg, a décla­ré : « Nous […] nous pen­chons sur la ques­tion de ce que nous appe­lons les forces de suite. Il y a un grand nombre de per­sonnes dans les forces armées des alliés de l’OTAN. Nous sommes à la recherche de la façon dont un plus grand nombre d’entre elles peut être prêt en un délai plus court. « Selon le Times, M. Stol­ten­berg a expli­qué que l’OTAN est dans une recherche géné­rale sur les méthodes pour « l’amélioration de la pré­pa­ra­tion d’un grand nombre des trois mil­lions de sol­dats, marins, avia­teurs et sol­dats de l’infanterie de marine de l’alliance ».

    La cible de ces déploie­ments, les plus impor­tants depuis la dis­so­lu­tion de l’Union sovié­tique par la bureau­cra­tie sta­li­nienne et la fin de la guerre froide il y a un quart de siècle, est la Russie.
    « Nous avons vu une Rus­sie plus affir­mée met­tant en œuvre un impor­tant ren­for­ce­ment mili­taire depuis de nom­breuses années, en tri­plant les dépenses mili­taires depuis 2000 en termes réels ; en déve­lop­pant de nou­velles capa­ci­tés mili­taires ; en exer­çant leurs forces et en uti­li­sant la force mili­taire contre les voi­sins », a décla­ré Stol­ten­berg. « Nous avons éga­le­ment vu la Rus­sie uti­li­ser la pro­pa­gande en Europe par­mi les alliés de l’OTAN et c’est exac­te­ment la rai­son pour laquelle l’OTAN réagi. Nous répon­dons avec le plus grand ren­for­ce­ment de notre défense col­lec­tive depuis la fin de la guerre froide ».

    Ces décla­ra­tions montrent com­ment la pla­ni­fi­ca­tion de l’OTAN pour une guerre hor­rible contre la Rus­sie a conti­nué dans le dos du peuple tout au long de la cam­pagne élec­to­rale pré­si­den­tielle amé­ri­caine. Par ailleurs, les déploie­ments mili­taires et les pré­pa­ra­tifs de guerre par le Penta­gone et les états-majors des dif­fé­rents pays euro­péens vont de l’avant, quels que soient les résul­tats de l’élection aux États-Unis et celles pré­vues dans les pays euro­péens de l’OTAN en 2017.

    L’attaque vague de Stol­ten­berg sur la « pro­pa­gande » russe en Europe est une allu­sion à l’opposition ins­tinc­tive à la guerre qui existe dans la classe ouvrière euro­péenne et inter­na­tio­nale et à la méfiance popu­laire envers la pro­pa­gande anti-russe véhi­cu­lée par des res­pon­sables de l’OTAN comme Stol­ten­berg et West.

    L’année der­nière, un son­dage réa­li­sé par Pew a trou­vé une large oppo­si­tion inter­na­tio­nale à la par­ti­ci­pa­tion de l’OTAN à une guerre conven­tion­nelle contre la Rus­sie en Europe de l’Est, même dans un scé­na­rio qui sup­po­se­rait que la Rus­sie ait com­men­cé le conflit. Dans ces condi­tions hypo­thé­tiques, 58 % des Alle­mands, 53 % des Fran­çais et 51 % des Ita­liens se sont oppo­sés à toute action mili­taire contre la Rus­sie. L’opposition à la guerre dans le son­dage aurait sans doute été plus éle­vée si les son­deurs avaient men­tion­né que la déci­sion de l’OTAN d’attaquer les forces russes en Europe de l’Est pour­rait mener à une guerre nucléaire.

    Cette oppo­si­tion est ancrée dans une pro­fonde désaf­fec­tion à l’égard des guerres impé­ria­listes au Moyen-Orient de la période post-sovié­tique et du sou­ve­nir de deux guerres mon­diales en Europe au XXe siècle. Les argu­ments que Stol­ten­berg a employé pour la contre­car­rer sont poli­ti­que­ment frauduleux.

    La prin­ci­pale menace de l’agression mili­taire et de la guerre en Europe ne vient pas de la Rus­sie, mais des pays de l’OTAN. Au cours des 25 der­nières années, les puis­sances impé­ria­listes de l’OTAN ont bom­bar­dé et enva­hi des pays d’Asie cen­trale, du Moyen-Orient et d’Afrique. En Europe, ils ont bom­bar­dé la Ser­bie et le Koso­vo dans les guerres bal­ka­niques des années 1990, repous­sé les fron­tières de l’OTAN à des cen­taines de km vers l’Est et sou­te­nu un putsch violent mené par les fas­cistes pour ren­ver­ser un gou­ver­ne­ment pro-russe en Ukraine en 2014.

    Le carac­tère agres­sif de la poli­tique de l’OTAN a émer­gé une fois de plus ven­dre­di der­nier, lorsque NBC News a rap­por­té que les uni­tés amé­ri­caines de cyber­guerre avaient pira­té les réseaux clés russes d’électricité, d’Internet et mili­taires. Ceux-ci sont main­te­nant « vul­né­rables à l’attaque par des armes infor­ma­tiques amé­ri­caines secrètes si les États-Unis le jugent néces­saire », a décla­ré NBC. » […]

    Lire la suite :
    https://​www​.wsws​.org/​f​r​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​2​0​1​6​/​n​o​v​2​0​1​6​/​0​9​1​1​-​n​0​9​.​s​h​tml
    Source : Comi­té inter­na­tio­nal de la Qua­trième Inter­na­tio­nale (CIQI),
    relayée par la (très pré­cieuse) revue de presse du site les​-crises​.fr Oli­vier Berruyer

    Réponse
  13. claude saint-jarre

    Mais Todd oublie Mélenchon !

    Réponse
  14. etienne

    « Faire passer les classes populaires pour fascisées est très pratique »

    http://www.lepoint.fr/societe/faire-passer-les-classes-populaires-pour-fascisees-est-tres-pratique-16–11-2016–2083327_23.php

    De l’A­mé­rique de Trump à la France péri­phé­rique, il n’y a qu’un pas. Le géo­graphe Chris­tophe Guilluy nous explique pour­quoi. Interview.

    PROPOS RECUEILLIS PAR CLÉMENT PÉTREAULT
    Publié le 16/11/2016 à 07:10 | Le Point​.fr

    « Trum­pi­sa­tion » de la socié­té, « lepé­ni­sa­tion des esprits », « jean­pier­re­per­naul­ti­sa­tion de l’in­for­ma­tion », les édi­to­ria­listes ne savent plus qui acca­bler pour expli­quer la mon­tée des popu­lismes. Il existe pour­tant une autre lec­ture du phé­no­mène. Chris­tophe Guilluy est le géo­graphe mau­dit de la gauche fran­çaise. Ses torts ? Une ana­lyse qui prend les réfor­mistes à rebrousse-poil et des livres qui décor­tiquent les rouages incons­cients de notre ordre social. Si Manuel Valls consi­dère qu’ex­pli­quer, c’est déjà vou­loir excu­ser, Chris­tophe Guilluy pré­fère com­prendre plu­tôt que condamner.

    Le Point​.fr : L’é­lec­tion d’un popu­liste comme Donald Trump ne semble pas vous éton­ner. Un tel scé­na­rio pour­rait-il adve­nir en France ?

    Chris­tophe Guilluy : Étant don­né l’é­tat de fra­gi­li­sa­tion sociale de la classe moyenne majo­ri­taire fran­çaise, tout est pos­sible. Sur les plans géo­gra­phique, cultu­rel et social, il existe bien des points com­muns entre les situa­tions fran­çaises et amé­ri­caines, à com­men­cer par le déclas­se­ment de la classe moyenne. C’est « l’A­mé­rique péri­phé­rique » qui a voté Trump, celle des ter­ri­toires dés­in­dus­tria­li­sés et ruraux qui est aus­si celle des ouvriers, employés, tra­vailleurs indé­pen­dants ou pay­sans. Ceux qui étaient hier au cœur de la machine éco­no­mique en sont aujourd’­hui ban­nis. Le paral­lèle avec la situa­tion amé­ri­caine existe aus­si sur le plan cultu­rel, nous avons adop­té un modèle éco­no­mique mon­dia­li­sé. Fort logi­que­ment, nous devons affron­ter les consé­quences de ce modèle éco­no­mique mon­dia­li­sé : l’ou­vrier – hier à gauche –, le pay­san – hier à droite –, l’employé – à gauche et à droite – ont aujourd’­hui une per­cep­tion com­mune des effets de la mon­dia­li­sa­tion et rompent avec ceux qui n’ont pas su les pro­té­ger. La France est en train de deve­nir une socié­té amé­ri­caine, il n’y a aucune rai­son pour que l’on échappe aux effets indé­si­rables du modèle.

    Vous consi­dé­rez que per­sonne n’a vu venir le phé­no­mène Trump ou le Brexit, car les repré­sen­ta­tions des classes popu­laires sont erronées…

    Dans l’en­semble des pays déve­lop­pés, le modèle mon­dia­li­sé pro­duit la même contes­ta­tion. Elle émane des mêmes ter­ri­toires (Amé­rique péri­phé­rique, France péri­phé­rique, Angle­terre péri­phé­rique… ) et de caté­go­ries qui consti­tuaient hier la classe moyenne, lar­ge­ment per­due de vue par le monde d’en haut.
    Oui, la per­cep­tion que des caté­go­ries domi­nantes – jour­na­listes en tête – ont des classes popu­laires se réduit à leur champ de vision immé­diat. Je m’ex­plique : ce qui reste aujourd’­hui de classes popu­laires dans les grandes métro­poles sont les classes popu­laires immi­grées qui vivent dans les ban­lieues c’est-à-dire les mino­ri­tés : en France elles sont issues de l’im­mi­gra­tion magh­ré­bine et afri­caine, aux États-Unis plu­tôt blacks et lati­nos. Les classes supé­rieures, qui sont les seules à pou­voir vivre au cœur des grandes métro­poles, là où se concentrent aus­si les mino­ri­tés, n’ont comme per­cep­tion du pauvre que ces quar­tiers eth­ni­ci­sés, les ghet­tos et ban­lieues… Tout le reste a dis­pa­ru des repré­sen­ta­tions. Aujourd’­hui, 59 % des ménages pauvres, 60 % des chô­meurs et 66 % des classes popu­laires vivent dans la « France péri­phé­rique », celle des petites villes, des villes moyennes et des espaces ruraux.

    Pour expli­quer l’é­lec­tion de Trump, les médias amé­ri­cains évoquent « la ven­geance du petit blanc ». Un même désir de ven­geance pour­rait-il peser dans la pro­chaine élec­tion française ?

    Faire pas­ser les classes moyennes et popu­laires pour « réac­tion­naires », « fas­ci­sées », « péti­ni­sées » est très pra­tique. Cela per­met d’é­vi­ter de se poser des ques­tions cru­ciales. Lorsque l’on diag­nos­tique quel­qu’un comme fas­ciste, la prio­ri­té devient de le réédu­quer, pas de s’in­ter­ro­ger sur l’or­ga­ni­sa­tion éco­no­mique du ter­ri­toire où il vit. L’an­ti­fas­cisme est une arme de classe. Paso­li­ni expli­quait déjà dans ses Écrits cor­saires que depuis que la gauche a adop­té l’é­co­no­mie de mar­ché, il ne lui reste qu’une chose à faire pour gar­der sa pos­ture de gauche : lut­ter contre un fas­cisme qui n’existe pas. C’est exac­te­ment ce qui est en train de se passer.

    C’est-à-dire ?

    Il y a un mépris de classe presque incons­cient véhi­cu­lé par les médias, le ciné­ma, les poli­tiques, c’est énorme. On l’a vu pour l’é­lec­tion de Trump comme pour le Brexit, seule une opi­nion est pré­sen­tée comme bonne ou sou­hai­table. On disait que gagner une élec­tion sans relais poli­tique ou média­tique était impos­sible, Trump nous a prou­vé qu’au contraire, c’é­tait faux. Ce qui compte, c’est la réa­li­té des gens depuis leur point de vue à eux. Nous sommes à un moment très par­ti­cu­lier de désaf­fi­lia­tion poli­tique et cultu­rel des classes popu­laires, c’est vrai dans la France péri­phé­rique, mais aus­si dans les ban­lieues où les milieux popu­laires cherchent à pré­ser­ver ce qui leur reste : un capi­tal social et cultu­rel pro­tec­teur qui per­met l’en­traide et le lien social. Cette volon­té explique les logiques sépa­ra­tistes au sein même des milieux modestes. Une dyna­mique, qui n’in­ter­dit pas la coha­bi­ta­tion, et qui répond à la volon­té de ne pas deve­nir minoritaire.

    Donc pour vous les élites essaie­raient de « réédu­quer le peuple » plu­tôt que de le régler ses problèmes ?

    La bour­geoi­sie d’au­jourd’­hui a bien com­pris qu’il était inutile de s’op­po­ser fron­ta­le­ment au peuple. C’est là qu’in­ter­vient le « brouillage de classe », un phé­no­mène, qui per­met de ne pas avoir à assu­mer sa posi­tion. Entre­te­nue du bobo à Steve Jobs, l’i­déo­lo­gie du cool encou­rage l’ou­ver­ture et la diver­si­té, en appa­rence. Le dis­cours de l’ou­ver­ture à l’autre per­met de main­te­nir la bour­geoi­sie dans une pos­ture de supé­rio­ri­té morale sans remettre en cause sa posi­tion de classe (ce qui per­met au bobo qui contourne la carte sco­laire, et qui a donc la même demande de mise à dis­tance de l’autre que le pro­lé­taire qui vote FN, de condam­ner le rejet de l’autre). Le dis­cours de bien­veillance avec les mino­ri­tés offre ain­si une cau­tion sociale à la nou­velle bour­geoi­sie qui n’est en réa­li­té ni diverse ni ouverte : les milieux sociaux qui prônent le plus d’ou­ver­ture à l’autre font paral­lè­le­ment preuve d’un gré­ga­risme social et d’un entre-soi inégalé.

    Vous décri­vez le modèle éco­no­mique libé­ral comme « pré­da­teur » du modèle répu­bli­cain… Vous y allez un peu fort !

    Nous, terre des lumières et patrie des droits de l’homme, avons choi­si le modèle libé­ral mon­dia­li­sé sans ses effets socié­taux : mul­ti­cul­tu­ra­lisme et ren­for­ce­ment des com­mu­nau­ta­rismes. Or, en la matière, nous n’a­vons pas fait mieux que les autres pays.

    Seul le FN semble trou­ver un écho dans cette France périphérique…

    Le FN n’est pas le bon indi­ca­teur, les gens n’at­tendent pas les dis­cours poli­tiques ou les ana­lyses d’en haut pour se déter­mi­ner. Les classes popu­laires font un diag­nos­tic des effets de plu­sieurs décen­nies d’a­dap­ta­tion aux normes de l’é­co­no­mie mon­diale et uti­lisent des can­di­dats ou des réfé­ren­dums, ce fut le cas en 2005, pour l’exprimer.

    Com­ment per­ce­vez-vous le phé­no­mène Macron ?

    Il y a au moins une chose qu’on ne peut pas lui repro­cher : il n’a­vance pas mas­qué ! Il ne cherche pas à faire sem­blant de tenir un dis­cours « de gauche ». Il dit : « pour s’en sor­tir, il faut encore plus de libé­ra­lisme » ce qui est assez cohé­rent intel­lec­tuel­le­ment et assez repré­sen­ta­tif de ce qu’est deve­nue la gauche.

    LIRE aus­si Chris­tophe Guilluy : « Nous allons vers une période de ten­sions et de para­noïa identitaire »

    Der­nier ouvrage publié : Le Cré­pus­cule de la France d’en haut, 2016, Flam­ma­rion, 256 pages.

    Réponse
  15. etienne

    Trump : la harangue qui a peut-être tout changé…

    La pub de cam­pagne incroyable de Trump, en der­nière minute, qui a dénon­cé l’élite glo­ba­liste corrompue

    Par Ricky Twis­dale – Le 11 novembre 2016 – Source Rus­sia Insider

    « Depuis les élec­tions his­to­riques mon­diales du 8 novembre, qui ont vu Donald Trump vaincre ce qui sem­blait être des pro­ba­bi­li­tés insur­mon­tables d’être élu 45e pré­sident des États-Unis, tous les spé­cia­listes des médias, son­dages et experts poli­tiques sont occu­pés à décou­vrir com­ment il l’a fait. À l’exception de ceux qui mentent déli­bé­ré­ment et savaient déjà qu’il avait un sou­tien popu­laire massif.

    À seule­ment deux jours de l’élection, une annonce épique de Trump a été dif­fu­sée, il n’a pas rete­nu ses coups contre l’élite inter­na­tio­na­liste mon­diale et a direc­te­ment mis en évi­dence, pour l’électeur amé­ri­cain, ce qui était en jeu. La vidéo a déjà recueilli 8 mil­lions de vues sur YouTube.

    Voi­ci la vidéo sous-titrée en fran­çais par le Saker Francophone.

    Quelques faits saillants :

    « Ce mou­ve­ment consiste à rem­pla­cer un esta­blish­ment poli­tique défaillant et cor­rom­pu par un nou­veau gou­ver­ne­ment contrô­lé par vous, le peuple américain. »

    Le dis­cours poli­tique amé­ri­cain n’utilise jamais le terme « nou­veau gou­ver­ne­ment » pour dési­gner un chan­ge­ment de pou­voir démo­cra­tique – contrai­re­ment aux sys­tèmes par­le­men­taires euro­péens, par exemple. Il uti­lise le terme « nou­velle admi­nis­tra­tion ». Pour les Amé­ri­cains, « nou­veau gou­ver­ne­ment » signi­fie un sys­tème poli­tique entiè­re­ment nou­veau. Cela signi­fie révo­lu­tion. Ce choix des mots par Trump ne peut pas être accidentel.

    « C’est une struc­ture de pou­voir mon­diale, qui est res­pon­sable des déci­sions éco­no­miques qui ont spo­lié la classe ouvrière, dépouillé notre pays de sa richesse, et mis cet argent dans les poches d’une poi­gnée de grandes socié­tés et enti­tés politiques. »

    Outre l’insistance infa­mante que Trump a mise sur le mot « enti­tés » (et il y a beau­coup de telles enti­tés néfastes opé­rant dans le monde), il a lais­sé entendre que la poli­tique amé­ri­caine n’est effec­ti­ve­ment pas contrô­lée par les Amé­ri­cains. Elle est contrô­lée par une élite mon­diale – par elle et pour ses inté­rêts. Les États-Unis et leur pré­do­mi­nance éco­no­mique et mili­taire ne sont que le moyen le plus impor­tant de la boîte à outils pour atteindre l’objectif.

    Tout au long de l’annonce, on a vu défi­ler les images sinistres du sys­tème de la Réserve fédé­rale, de Wall Street, de la pré­si­dente de la Fed, Janet Yel­len, du mil­liar­daire mani­pu­la­teur des masses, George Soros, du pré­sident de Gold­man Sachs, Lloyd Blank­fein, et d’autres élites puis­santes. Pour tous ceux, nom­breux, qui étaient aver­tis de ces ques­tions depuis des années, c’était une jus­ti­fi­ca­tion exal­tante de leur com­bat. Pour ceux qui n’étaient pas encore au cou­rant, les mots de Trump doivent néan­moins les avoir ins­pi­rés et éveillés.

    Cette bombe de véri­té de der­nière minute et le gant jeté aux pieds de l’establishment mon­dial est peut-être juste ce qui était néces­saire pour tirer un sou­tien sup­plé­men­taire de la gauche et de la droite, des étu­diants pro-Ber­nie jusqu’au sein de la classe ouvrière dévas­tée, et pous­ser Trump au som­met le jour de l’élection.

    Le can­di­dat Trump a décla­ré la guerre à l’establishment . Nous ver­rons jusqu’à quel point le pré­sident Trump est capable de mener cette guerre. Mais il a le sou­tien d’une grande par­tie du peuple. »

    Ricky Twis­dale

    Liens
    De mai 68 et des conspi­ra­tions anglo-saxonnes

    Tra­duit et édi­té par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

    Source : http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​t​r​u​m​p​-​l​a​-​h​a​r​a​n​g​u​e​-​q​u​i​-​a​-​p​e​u​t​-​e​t​r​e​-​t​o​u​t​-​c​h​a​nge

    Réponse
  16. lunesoleil

    Mer­ci Etienne pour le par­tage de la vidéo Tatia­na que j’ai par­ta­gé dans mon article sur trump , ces jeunes ont beau­coup a nous apprendre ,

    Réponse
  17. etienne

    Syrie : les assassins effacent leurs traces en éliminant les témoins… par Finian Cunningham :

    Le pré­sident amé­ri­cain Barack Oba­ma vient de don­ner l’ordre au Penta­gone d’assassiner les com­man­dants du réseau ter­ro­riste al-Nus­ra en Syrie. Les médias amé­ri­cains ont com­men­té au cours du wee­kend, en disant que la nou­velle urgence décou­lait des craintes du ren­sei­gne­ment amé­ri­cain que les groupes affi­liés à al-Qaï­da ne s’apprêtent à mon­ter des attaques ter­ro­ristes contre des cibles occi­den­tales, à par­tir de leurs for­te­resses en Syrie.

    La pré­ten­due kill list des États-Unis sera mise en œuvre par le biais de frappes de drones et d’agents de ren­sei­gne­ment. Ces der­niers se réfèrent vrai­sem­bla­ble­ment aux forces spé­ciales amé­ri­caines qui opèrent déjà dans le nord de la Syrie aux côtés de l’armée turque.

    La semaine der­nière, la presse bri­tan­nique a annon­cé que des troupes d’élite bri­tan­niques avaient reçu l’ordre de tuer jusqu’à 200 volon­taires dji­ha­distes bri­tan­niques soup­çon­nés d’être actifs en Syrie et en Irak. Encore une fois, le même rai­son­ne­ment a été invo­qué dans le der­nier plan amé­ri­cain. Que le but du pro­gramme d’assassinat était de pré­emp­ter les attaques ter­ro­ristes se retour­nant contre les États occidentaux.

    Un res­pon­sable bri­tan­nique de la défense aurait décla­ré que la mis­sion pour­rait être la plus impor­tante jamais entre­prise par le SAS, au cours de ses soixante-quinze années d’histoire. « La chasse est lan­cée, a décla­ré le fonc­tion­naire, pour éli­mi­ner de très mau­vaises personnes. »

    Il est éga­le­ment signi­fi­ca­tif que les opé­ra­tions de des­truc­tion des SAS bri­tan­niques en Syrie se déroulent dans le cadre d’un « effort mul­ti­na­tio­nal ». Cela sug­gère que l’initiative du Penta­gone com­men­tée ce week-end est coor­don­née avec les Britanniques.

    Cepen­dant, il y a quelque chose de vrai­ment étrange, dans cette déter­mi­na­tion sou­daine des Amé­ri­cains et des Bri­tan­niques d’éliminer les ter­ro­ristes en Syrie.

    Depuis le déclen­che­ment de la guerre syrienne en 2011, les forces amé­ri­caines, bri­tan­niques, et d’autres forces de l’OTAN, ont eu peu de suc­cès dans la lutte contre les groupes ter­ro­ristes liés à al-Qaï­da, tels que État isla­mique (IS, ISIS ou Daesh) et Jabhat al-Nus­ra (éga­le­ment connu sous le nom de Jabhat al Fatal al Sham).

    Une expli­ca­tion simple de cette ano­ma­lie appa­rente est que les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN tra­vaillent en secret avec ces réseaux de ter­ro­ristes, en tant que mer­ce­naires pour le chan­ge­ment du régime de Assad en Syrie – allié de longue date de la Rus­sie et de l’Iran. Ceux que Washing­ton qua­li­fie de « rebelles modé­rés » et qu’elle sou­tient, sont en réa­li­té des inter­mé­diaires pour livrer des armes et des fonds à des groupes ter­ro­ristes connus. Dans ce contexte, les groupes ter­ro­ristes ont été des atouts occi­den­taux dans la guerre pour le chan­ge­ment de régime. Par consé­quent, il n’y avait aucune inci­ta­tion à liqui­der ces mer­ce­naires – jusqu’à pré­sent. Pour­quoi main­te­nant ? Voi­là la ques­tion révélatrice.

    Les récentes débâcles du ces­sez-le-feu sur le champ de bataille de la ville d’Alep ont mis au jour le lien sys­té­ma­tique de l’Occident avec le ter­ro­risme. L’échec de Washing­ton à hono­rer son enga­ge­ment de sépa­rer les soi-disant modé­rés des extré­mistes est une preuve évi­dente que la pré­ten­due dicho­to­mie est un canu­lar. Le fait est que les rebelles sou­te­nus par les États-Unis sont plei­ne­ment inté­grés aux groupes ter­ro­ristes. C’est-à-dire que les États-Unis et leurs alliés sont des com­man­di­taires du ter­ro­risme en Syrie. […]

    Cela a conduit à une mise en cause rai­son­nable, par le gou­ver­ne­ment russe, selon laquelle les États-Unis appuient al-Nus­ra, bien que ce der­nier soit une orga­ni­sa­tion inter­na­tio­na­le­ment pros­crite, au cœur de la soi-disant « guerre contre le ter­ro­risme ». Cette accu­sa­tion a été cor­ro­bo­rée par des décla­ra­tions de com­man­dants de Nus­ra qui disent qu’ils ont reçu des four­ni­tures d’armes secrètes des Amé­ri­cains. Elle est éga­le­ment étayée par des décou­vertes récentes d’armements amé­ri­cains dans les tanières ter­ro­ristes qui ont été prises par l’armée arabe syrienne.

    Donc, la ques­tion est : qu’y a‑t-il der­rière cette urgence sou­daine du Penta­gone à éli­mi­ner la direc­tion d’al Nus­ra en Syrie ?

    Tout d’abord, notons que la pré­ci­sion des kill lists ter­ro­ristes, sur les­quelles les Amé­ri­cains et les Bri­tan­niques tra­vaillent sou­dai­ne­ment, semble incon­grue étant don­né que ces puis­sances de l’OTAN n’ont appa­rem­ment, jusqu’à pré­sent, pas été en mesure de four­nir à la Rus­sie les coor­don­nées des bases extré­mistes en Syrie.

    Le minis­tère russe de la Défense a révé­lé, la semaine der­nière, que les Amé­ri­cains n’ont pas four­ni une seule bribe d’information sur l’emplacement des groupes ter­ro­ristes en Syrie. Les États-Unis devaient par­ta­ger des ren­sei­gne­ments sur des posi­tions extré­mistes, dans le cadre des plans de ces­sez-le-feu déci­dés en sep­tembre par le secré­taire d’État John Ker­ry et le ministre russe des Affaires étran­gères Ser­gueï Lavrov.

    Cela marque alors un chan­ge­ment curieux. Après ne pas avoir été en mesure de four­nir des ren­sei­gne­ments sur les groupes ter­ro­ristes, on nous dit main­te­nant, dans un contexte dif­fé­rent, que les États-Unis et leur homo­logue bri­tan­nique sont en train d’entreprendre d’urgence des frappes pour déca­pi­ter le com­man­de­ment d’al Nus­ra et d’ISIS.

    Du côté bri­tan­nique, les rap­ports indi­quaient qu’une liste de cen­taines de dji­ha­distes bri­tan­niques avait été éta­blie par les ser­vices de ren­sei­gne­ment du MI5, du MI6 et du GCHQ. Pour­quoi cette infor­ma­tion n’a‑t-elle pas été par­ta­gée aupa­ra­vant avec la Rus­sie, dans le cadre de l’accord Kerry-Lavrov ?

    Le calen­drier est éga­le­ment un autre fac­teur révé­la­teur. Oba­ma a don­né l’ordre au Penta­gone d’organiser l’assassinat des diri­geants d’al Nus­ra dans le sillage du coup de ton­nerre de la vic­toire de Donald Trump à l’élection pré­si­den­tielle. L’élection de Trump la semaine der­nière a eu pour résul­tat d’aveugler tota­le­ment la Mai­son Blanche et l’establishment de Washing­ton, qui pen­sait que la démo­crate Hil­la­ry Clin­ton était un pari sûr.

    L’impulsion amé­ri­caine bru­tale, pour neu­tra­li­ser les cadres d’al Nus­ra, vient aus­si au moment où la flot­tille de la marine russe prend posi­tion en Médi­ter­ra­née au large de la Syrie. La flot­tille est conduite par le porte-avion Ami­ral Kouz­net­sov, avec des des­troyers équi­pés de mis­siles de croi­sière Kali­br. La for­ma­tion navale a été décrite comme le plus grand déploie­ment russe depuis la fin de la guerre froide il y a 25 ans. Il ren­for­ce­ra consi­dé­ra­ble­ment la puis­sance aérienne de la Rus­sie, qui a déjà trans­for­mé la guerre syrienne en une émi­nente défaite pour les insur­gés sou­te­nus par l’Occident.

    Main­te­nant que près de trois semaines après le début de la ces­sa­tion uni­la­té­rale des frappes aériennes russes sur les cibles ter­ro­ristes en Syrie, les insur­gés ne se sont tou­jours pas ren­dus, on s’attend à ce que la force aérienne russe et les forces syriennes sur le ter­rain mènent une offen­sive finale et déci­sive, pour ter­mi­ner la guerre par pro­cu­ra­tion sou­te­nue par l’Occident.

    Le pré­sident élu Trump a décla­ré à plu­sieurs reprises son appro­ba­tion des efforts anti­ter­ro­ristes russes et syriens, contrai­re­ment à l’administration Oba­ma, qui a cher­ché à les entra­ver en accu­sant Mos­cou et Damas de « crimes de guerre » contre des civils. La Rus­sie a reje­té ces fausses allé­ga­tions. Elle sou­ligne les récentes ini­tia­tives visant à mettre en place des cor­ri­dors huma­ni­taires à Alep, comme preuve qu’elle essaie de mini­mi­ser les pertes civiles. Ce sont les mili­tants sou­te­nus par les États-Unis qui ont sabo­té les efforts humanitaires.

    En tout cas, on peut s’attendre à ce que l’accession de Trump à la Mai­son Blanche donne à la Rus­sie une plus grande liber­té pour mettre fin à la guerre syrienne. Et comme on l’a noté, les forces mili­taires russes aug­men­tées semblent être prêtes pour cette pous­sée finale.

    C’est peut-être là que l’on trouve la véri­table signi­fi­ca­tion du der­nier pro­gramme du Penta­gone et du ter­ro­risme bri­tan­nique. Si nous accep­tons la pré­misse plau­sible et prou­vée, que les Amé­ri­cains et leurs alliés de l’OTAN ont secrè­te­ment finan­cé, armé et diri­gé des sbires ter­ro­ristes dji­ha­distes, alors on peut s’attendre à ce qu’il y ait beau­coup de preuves, dans les rangs ter­ro­ristes, de telles connexions cri­mi­nelles étatiques.

    À mesure que les forces russes et syriennes éra­diquent les restes ter­ro­ristes, on peut anti­ci­per qu’une foule d’informations hau­te­ment incul­pantes seront dévoi­lées, ce qui affec­te­rait gra­ve­ment Washing­ton, Londres, Paris et d’autres dans la sale guerre en Syrie. Par­mi les témoins se trou­ve­ront aus­si des cen­taines d’al Nus­ra et d’autres agents ter­ro­ristes, qui pour­raient être dis­po­sés à dévoi­ler qui étaient leurs tra­fi­quants. Le panier de crabe attend d’être ouvert.

    Pour anti­ci­per ces preuves dévas­ta­trices de la culpa­bi­li­té occi­den­tale dans la guerre cri­mi­nelle secrète en Syrie, le Penta­gone et son par­te­naire bri­tan­nique semblent envoyer leurs troupes d’élite pour effec­tuer un peu de « net­toyage dans la mai­son ». Ce net­toyage pour­rait concer­ner des dji­ha­distes qui en savent trop.

    Pas éton­nant qu’un fonc­tion­naire bri­tan­nique ait décla­ré que cela pour­rait être la mis­sion la plus impor­tante pour le SAS au cours de ses 75 ans d’histoire.

    Washing­ton et Londres sont dans le collimateur.

    Finian Cun­nin­gham

    Tra­duit et édi­té par jj, relu par Cathe­rine pour le Saker Francophone

    Source : le Saker Fran­co­phone, http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​s​y​r​i​e​-​l​e​s​-​a​s​s​a​s​s​i​n​s​-​e​f​f​a​c​e​n​t​-​l​e​u​r​s​-​t​r​a​c​e​s​-​e​n​-​e​l​i​m​i​n​a​n​t​-​l​e​s​-​t​e​m​o​ins

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    L’Homme de ma vie : Donald Trump – Le billet d’Audrey Vernon :

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    Là-bas si j’y suis Un entre­tien exclu­sif avec Emma­nuel Todd 
    [VIDÉO : 51’23]

    Todd à contre-courant

    Pour l’enfariné Manuel Valls, c’est un mau­vais Fran­çais, pour l’académicien Alain Fin­kiel­kraut, c’est un auteur qui « chie sur la tête des lec­teurs ». Emma­nuel Todd a l’art d’énerver la bour­geoi­sie intel­lec­tuelle et même la bour­geoi­sie tout court. Un monde qu’il connaît puisque c’est le sien.

    Déjà traître à son milieu, son grand-père, le phi­lo­sophe Paul Nizan, démo­lis­sait les BHL et les Zem­mour de l’époque, dans son livre Les Chiens de garde. Emma­nuel Todd affirme que c’est par tra­di­tion fami­liale qu’il joue ain­si son rôle d’intellectuel, à contre-cou­rant. Bien sûr, les intel­lec­tuels jouent tous aux rebelles, c’est comme ça que le pou­voir les aime, mais com­bien de doigts vous faut-il pour comp­ter ceux qui ont vrai­ment mis leur savoir au ser­vice du contre-pou­voir ? Com­bien dans ce contre-cou­rant qui res­semble par­fois à un mince filet d’eau ? Voire même com­plè­te­ment à sec comme l’a encore mon­tré l’élection de Donald Trump, reten­tis­sante faillite du monde intel­lo-média­tique [1] ?

    Avec 46% d’abstention, Donald Trump a obte­nu près de trois mil­lions de voix de moins que son adver­saire, mais le sys­tème élec­to­ral amé­ri­cain lui a don­né le pou­voir. Un choc, un séisme, une panique, une hor­reur, mais pas pour tout le monde. Les nom­breuses vic­times de la glo­ba­li­sa­tion impo­sée depuis plus de trente ans ont été sen­sibles aux pro­messes du mil­liar­daire Trump contre la mon­dia­li­sa­tion néo-libé­rale, pour le pro­tec­tion­nisme, la poli­tique sociale et le retour de l’État.

    Fera-t-il ce qu’il a pro­mis ? Le déce­vant bilan d’Obama ou les tra­hi­sons des socia­listes fran­çais incitent à en dou­ter. Mais il n’y avait pas de doute à avoir sur la poli­tique ultra-libé­rale, sécu­ri­taire et mili­taire qu’entendait mener son adver­saire Hil­la­ry Clinton.

    Todd met Trump de côté et s’intéresse à ce qui a inté­res­sé les élec­teurs qui ont fait gagner Trump. Une Amé­rique pro­fonde, plu­tôt blanche, plu­tôt rurale, plu­tôt mas­cu­line, plu­tôt âgée, plu­tôt peu diplô­mée et en voie de déclas­se­ment plus ou moins avan­cé. Une récente étude a mon­tré que le taux de mor­ta­li­té de la popu­la­tion blanche amé­ri­caine la moins édu­quée, âgée de 45 à 54 ans, a aug­men­té de façon inédite au cours des der­nières années. Des dégâts impu­tables à l’insécurité éco­no­mique qui frappe des pans entiers de la socié­té amé­ri­caine igno­rés et mépri­sés par les élites édu­quées des grandes villes.

    L’élection de Trump marque-t-elle un réveil contre la glo­ba­li­sa­tion néo-libérale ?

    Un entre­tien de Daniel MERMET avec Emma­nuel TODD :

    01. TRUMP ou la fin de la globalisation ?

    02. Vers un retour de l’État

    03. TODD contre les chiens de garde

    04. TRUMP à la Mai­son Blanche, LE PEN à l’Élysée ?

    05. Le retour de la Russie
    https://​la​-bas​.org/​l​a​-​b​a​s​-​m​a​g​a​z​i​n​e​/​e​n​t​r​e​t​i​e​n​s​/​t​o​d​d​-​a​-​c​o​n​t​r​e​-​c​o​u​r​ant

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