[Lanceurs d’alerte, contrôle des politiciens et constitution d’origine citoyenne] Rendez-vous le 10 décembre 2016 à Paris, avec Philippe Pascot, Yvan Stefanovitch et Stéphanie Gibaud

21/11/2016 | 21 commentaires

Je vous donne ren­dez-vous le same­di 10 décembre pro­chain, à Paris, pour une table-ronde sur le thème « Alerte ! Quelle socié­té vou­lons-nous pour demain ? », avec trois per­sonnes que je trouve admi­rables, pour leur dévoue­ment au bien com­mun et pour leur cou­rage : Phi­lippe Pas­cot et Yvan Ste­fa­no­vitch, deux jour­na­listes qui mènent des enquêtes re-mar-qua-bles sur les pri­vi­lèges scan­da­leux et sur la cor­rup­tion impu­nie gran­dis­sante des « élus » de la « Répu­blique », et Sté­pha­nie Gibaud, lan­ceuse d’a­lerte héroïque, qui a dévoi­lé la tur­pi­tude de son employeur (UBS, acteur cen­tral de l’é­va­sion fis­cale en France) et qui, au lieu d’être récom­pen­sée et pro­té­gée, est hon­teu­se­ment aban­don­née par le gou­ver­ne­ment après l’a­voir bien servi.

L’an­nonce SynerJ : https://​synerj​.org/

L’an­nonce Face­book de la rencontre :
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​3​3​6​1​5​0​3​1​3​4​2​9​4​52/

   


Je vou­drais insis­ter par­ti­cu­liè­re­ment sur le cas de Sté­pha­nie Gibaud, qui a vu sa vie rui­née — lit­té­ra­le­ment — pour son cou­rage et son hon­nê­te­té, et pour­tant SANS ÊTRE AIDÉE DU TOUT PAR LE GOUVERNEMENT (qui, aujourd’­hui, la laisse se débattre seule et cre­ver sans rien faire !!!!!!), alors que cette femme a per­mis de ren­flouer le Tré­sor public avec des sommes colos­sales (au moins 12 mil­liards d’eu­ros !!).

Une fois de plus, je trouve le com­por­te­ment de nos gou­ver­nants révol­tant et scan­da­leux : à l’é­vi­dence, les ministres et les par­le­men­taires, et même les juges, pro­tègent les ultra­riches qui les portent au pou­voir, en mar­ty­ri­sant osten­si­ble­ment les lan­ceurs d’a­lertes, de façon à dis­sua­der d’a­gir les pro­chains héros citoyens.

Faute d’une consti­tu­tion digne de ce nom, les voleurs d’argent et les voleurs de pou­voir s’en­traident en secret pour res­ter hors de por­tée de la colère du peuple.

Mais sur­tout, je trouve qu’ « on n’a pas de figure », nous autres, pré­ten­dus « citoyens », si on n’est même pas fou­tus de pro­té­ger nous-mêmes nos lan­ceurs d’a­lerte. Je vous invite donc à faire comme moi et à aider finan­ciè­re­ment Sté­pha­nie, qui se débat dans les pires galères maté­rielles alors qu’elle nous a ren­du les plus grands services. 

Il y a une adresse où on peut l’ai­der : http://​www​.leet​chi​.com/​c​/​s​o​l​i​d​a​r​i​t​e​-​d​e​-​g​i​b​a​u​d​-​s​t​e​p​h​a​nie. Si cha­cun lui verse un ou deux euros par mois jus­qu’à ce qu’elle se sorte d’af­faire (elle nous pré­vien­dra), elle rece­vra à la fois une aide publique (qu’elle mérite mille fois), et des signes tan­gibles de gra­ti­tude et de sou­tien (qui l’ai­de­ront mora­le­ment dans les bagarres qui l’attendent). 

On peut aus­si aider Sté­pha­nie en lui ache­tant son livre (pas­sion­nant) :


https://​www​.cherche​-midi​.com/​l​i​v​r​e​s​/​l​a​-​f​e​m​m​e​-​q​u​i​-​e​n​-​s​a​v​a​i​t​-​v​r​a​i​m​e​n​t​-​t​rop

J’ai hâte de vous y retrou­ver, avec ces trois héros : il devrait y avoir de l’ambiance 🙂

Je compte sur vous, bande de virus 🙂

Étienne.

PS : quelques docu­ments utiles, à lire et à voir :

Stéphanie Gibaud : « Pourquoi moi, lanceuse d’alerte, je dois quitter mon appartement » (24 mars 2016) :

https://​blogs​.media​part​.fr/​s​t​e​p​h​a​n​i​e​-​g​i​b​a​u​d​/​b​l​o​g​/​2​4​0​3​1​6​/​p​o​u​r​q​u​o​i​-​m​o​i​-​l​a​n​c​e​u​s​e​-​d​a​l​e​r​t​e​-​j​e​-​d​o​i​s​-​q​u​i​t​t​e​r​-​m​o​n​-​a​p​p​a​r​t​e​m​ent

Lanceurs d’alerte : « Une Légion d’honneur pour Stéphanie Gibaud » (7 avril 2016) :

http://​lex​pan​sion​.lex​press​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​-​e​c​o​n​o​m​i​q​u​e​/​l​a​n​c​e​u​r​s​-​d​-​a​l​e​r​t​e​-​u​n​e​-​l​e​g​i​o​n​-​d​-​h​o​n​n​e​u​r​-​p​o​u​r​-​s​t​e​p​h​a​n​i​e​-​g​i​b​a​u​d​_​1​7​8​0​5​5​7​.​h​tml

Stéphanie Gibaud explique son cas sur LCI (24 mars 2016) :

Stefanovitch chez Bourdin : « Le Sénat, un paradis fiscal pour des parlementaires fantômes » :

Philippe Pascot – Pilleurs d’Etat – Bourdin Direct – RMC :


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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​7​0​1​5​2​8​9​8​2​317

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21 Commentaires

  1. Rahir

    Je suis Belge, poli­cier fédé­ral (et donc inter­dit par notre consti­tu­tion de tout com­men­taire ou avis politique…hum hum 😉 ) 

    Cela étant, vous sui­vant depuis un moment, et ayant une édu­ca­tion ber­cée par l’es­prit cri­tique, je vous adresse mes encou­ra­ge­ments sur ce site pour une tâche qui risque encore de vous bles­ser pro­fon­dé­ment je le crains.
    Gar­dez le moral et res­tez rassembleur. 

    Il est clair que si mes dis­po­ni­bi­li­tés le permettent,
    je vien­drai de Bel­gique pour vous écou­ter et débattre le cas échéant. 

    Je ne suis qu’un virus mais fier de l’être 😉
    Bon cou­rage et rap­pe­lez-vous cette phrase :
    « Ce n’est pas les plus forts qui gagnent, mais bien ceux qui n’a­ban­donnent jamais ! » 

    Ami­ca­le­ment
    Oli

    Réponse
  2. binnemaya

    Bon­jour à Tous
    Excel­lente ana­lyse de Lor­don sur l’at­ti­tude des médias :
    http://blog.mondediplo.net/2016–11-22-Politique-post-verite-ou-journalisme-post

    Politique post-vérité ou journalisme post-politique ?

    par Fré­dé­ric Lor­don, 22 novembre 2016

    Un sys­tème qui, le len­de­main de l’élection de Donald Trump, fait com­men­ter l’événement par Chris­tine Ockrent — sur France Culture… — et le sur­len­de­main par BHL inter­viewé par Apha­tie, n’est pas seule­ment aus­si absurde qu’un pro­blème qui vou­drait don­ner des solu­tions : c’est un sys­tème mort. On ne s’étonnera pas que le thème des morts-vivants connaisse un tel regain d’intérêt dans les séries ou dans les films : c’est l’époque qui se repré­sente en eux, et c’est peut-être bien le sen­ti­ment confus de cette époque, à la fois déjà morte et encore vivante, qui tra­vaille secrè­te­ment les sen­si­bi­li­tés pour leur faire appa­raître le zom­bie comme le per­son­nage le plus par­lant du moment.

    Les morts-vivants

    On objec­te­ra sans doute que les morts-vivants sont plu­tôt des tré­pas­sés qui reviennent, alors qu’en l’occurrence l’époque, si toute vie s’en est reti­rée, n’en finit pas de mou­rir. Ins­ti­tu­tions poli­tiques, par­tis en géné­ral, par­ti socia­liste en par­ti­cu­lier, médias, c’est tout le sys­tème de la conduite auto­ri­sée des opi­nions qui a été comme pas­sé à la bombe à neu­trons : évi­de­ment radi­cal au-dedans, ou plu­tôt chairs fon­dues en mar­me­lade indif­fé­ren­ciée, seuls les murs res­tent debout, par un pur effet d’inertie maté­rielle. Au vrai, ça fait très long­temps que la décom­po­si­tion est en marche, mais c’est que nous avons affaire à un genre par­ti­cu­lier de sys­tème qui ignore ses propres mes­sages d’erreur-système. Dès le 21 avril 2002, l’alarme aurait dû être géné­ra­li­sée. Mais ce sys­tème qui enseigne à tous la constante obli­ga­tion de « chan­ger » est lui d’une immo­bi­li­té gra­ni­tique — tout est dit ou presque quand Libé­ra­tion, l’organe du moderne intran­si­tif, fait chro­ni­quer Alain Duha­mel depuis cent ans. Il s’en est logi­que­ment sui­vi le TCE en 2005, les étapes suc­ces­sives de la mon­tée du FN, le Brexit en Grande-Bre­tagne, Trump aux États-Unis, et tout le monde pressent que 2017 s’annonce comme un grand cru. Voi­là donc quinze ans que, désar­çon­né à chaque nou­velle gifle, vécue comme une incom­pré­hen­sible ingra­ti­tude, le sys­tème des pres­crip­teurs fait du bruit avec la bouche et clame que si c’est ça, il faut « tout chan­ger » — avec la ferme inten­tion de n’en rien faire, et en fait la radi­cale inca­pa­ci­té de pen­ser quoi que ce soit de différent.

    On ne s’étonnera pas que le thème des morts-vivants connaisse un tel regain d’intérêt : c’est l’époque qui se repré­sente en eux

    Mais avec le temps, le tra­vail de l’agonie devient mor­dant, et le sys­tème se sent main­te­nant la proie d’une obs­cure inquié­tude : com­mence même à lui venir la conscience confuse qu’il pour­rait être en cause — et peut-être mena­cé ? Sans doute réagit-on dif­fé­rem­ment en ses dif­fé­rentes régions. Le Par­ti socia­liste n’est plus qu’un bulbe à l’état de bécha­melle, dont on mesure très exac­te­ment la vita­li­té aux appels de Cam­ba­dé­lis, après l’élection de Trump, à res­ser­rer les rangs autour de Hol­lande (ou bien aux pers­pec­tives de lui sub­sti­tuer Valls).

    C’est la par­tie « médias », plus expo­sée peut-être, qui exprime un début d’angoisse ter­mi­nale. A la manière dont elle avait pris la raclée du TCE en 2005 — une gigan­tesque éruc­ta­tion contre le peuple imbé­cile (1) —, on mesure quand même depuis lors un effet des gifles à répé­ti­tion. Alors les médias, un peu son­nés à force, com­mencent à écrire que les médias pour­raient avoir eu une res­pon­sa­bi­li­té. Le propre du mort-vivant cepen­dant, encore debout mais en ins­tance de mou­rir, c’est que rien ne peut plus le rame­ner com­plè­te­ment vers la vie. Aus­si, la ques­tion à peine posée, viennent dans l’instant les réponses qui confirment le pur simu­lacre d’une vita­li­té rési­duelle, et la réa­li­té de l’extinction en cours. Y a‑t-il res­pon­sa­bi­li­té des médias ? « Oui, mais quand même non ».

    La pro­tes­ta­tion socio­lo­gique des médias

    Comme le sys­tème pres­crip­teur du chan­ge­ment pour tous n’a aucune capa­ci­té de chan­ge­ment pour lui-même, défaut qui signe d’ailleurs la cer­ti­tude qua­si-évo­lu­tion­naire de sa dis­pa­ri­tion, il s’arrange pour poser la ques­tion sous la forme qui le remette aus­si peu que pos­sible en ques­tion : non nous ne sommes pas « cou­pés », et nous ne vivons pas dif­fé­rem­ment des autres ; oui nous avons fait notre tra­vail, la preuve : nous avons tout par­fai­te­ment fact-checké.

    Dans un mou­ve­ment aus­si sin­cè­re­ment scan­da­li­sé que tou­chant de can­deur, Tho­mas Legrand, par exemple, pro­teste sur France Inter qu’on puisse trou­ver la presse « décon­nec­tée » : n’est-elle pas désor­mais « peu­plée de pigistes et de pré­caires » (2) ? Il faut vrai­ment être arri­vé au bout du che­min pour n’avoir plus d’autre res­source que de trans­for­mer ain­si le vice en ver­tu, et se faire un rem­part de la pro­lé­ta­ri­sa­tion orga­ni­sée des sou­tiers, pro­vi­den­tielle garan­tie socio­lo­gique d’une com­mune condi­tion qui ren­drait sans objet les accu­sa­tions de « décon­nexion ». Mais on en est là. Des hips­ters pré­ca­ri­sés jusqu’au tro­gnon servent de bou­clier humain à des édi­to­ria­listes recuits qui, désor­mais étran­gers à toutes les régu­la­tions de la décence, n’hésitent plus à en faire un argument.

    Comme on veut cepen­dant don­ner tous les gages de la meilleure volon­té réflexive, on concède qu’on doit pou­voir encore mieux faire pour connaître ce qui agite les popu­la­tions réelles, et l’on pro­met de l’enquête, du ter­rain, de la proxi­mi­té, de l’immersion, bref de la zoo­lo­gie. On se demande alors si le contre­sens est l’effet d’une roue­rie de rac­croc ou d’une inson­dable bêtise. Car si l’élection de Trump a révé­lé « un pro­blème avec les médias », ça n’est que très super­fi­ciel­le­ment de « ne pas l’avoir vue venir » : c’est plu­tôt d’avoir contri­bué à la pro­duire ! L’hypothèse de la bêtise prend imman­qua­ble­ment consis­tance avec les cris d’injustice que pousse sur Twit­ter un mal­heu­reux pré­sen­ta­teur de France Info : « Mais arrê­tez de dire que c’est un échec de la presse, c’est d’abord un échec de la poli­tique ! C’est pas la presse qui donne du taf aux gens ». Ou encore : « C’est dingue de se foca­li­ser uni­que­ment sur les médias. La dés­in­dus­tria­li­sa­tion de la Rust Belt ce n’est pas à cause des jour­naux ». Tran­chant de la forme, puis­sance de l’analyse — l’époque.

    « C’est dingue de se foca­li­ser uni­que­ment sur les médias »

    Tout y est, et notam­ment que « la presse » ne se recon­naît aucune res­pon­sa­bi­li­té depuis vingt ans dans la conso­li­da­tion idéo­lo­gique des struc­tures du néo­li­bé­ra­lisme, qu’elle n’a jamais réser­vé la parole à ceux qui en chan­taient les bien­faits, qu’elle n’a jamais réduit à l’extrême-droite tout ce qui, à gauche, s’efforçait d’avertir de quelques incon­vé­nients, de la pos­si­bi­li­té d’en sor­tir aus­si, qu’elle n’a jamais fait de l’idée de reve­nir sur le libre-échange géné­ra­li­sé une sorte de mons­truo­si­té morale, ni de celle de cri­ti­quer l’euro le recom­men­ce­ment des années trente, qu’elle n’a jamais péda­go­gi­sé la flexi­bi­li­sa­tion de tout, en pre­mier lieu du mar­ché du tra­vail, bref qu’elle n’a jamais inter­dit, au nom de la « moder­ni­té », du « réa­lisme » et du « prag­ma­tisme » réunis, toute expres­sion d’alternative réelle, ni bar­ré abso­lu­ment l’horizon poli­tique en don­nant l’état des choses comme indé­pas­sable — oui, celui-là même qui pro­duit de la Rust Belt dans tous les pays déve­lop­pés depuis deux décen­nies, et fata­le­ment pro­dui­ra du Trump avec. Mais non, bien sûr, la presse n’a jamais fait ça.

    Si l’élection de Trump a révé­lé « un pro­blème avec les médias », ça n’est que très super­fi­ciel­le­ment de « ne pas l’avoir vue venir » : c’est plu­tôt d’avoir contri­bué à la produire !

    Le petit bon­homme de France Info ne doit pas écou­ter sa propre chaîne qui, en matière éco­no­mique, édi­to­ria­lise à un che­veu de BFM Busi­ness, comme toutes les autres au demeu­rant, rai­son pour quoi d’ailleurs le pauvre est deve­nu stric­te­ment inca­pable d’avoir même l’idée d’une dif­fé­rence pos­sible, l’intuition qu’il y a peut-être un dehors. De ce point de vue on pour­ra égailler autant qu’on veut des bataillons de pigistes pré­ca­ri­sés dans la nature avec pour feuille de route « le retour au ter­rain », on ne voit pas trop ce que cette dis­per­sion pour­rait pro­duire comme révi­sions édi­to­riales sérieuses, qui auraient dû sur­ve­nir il y a long­temps déjà, et ne sur­vien­dront plus quoi qu’il arrive. On en a plus que l’intuition à cette phé­no­mé­nale décla­ra­tion d’intention du direc­teur du Monde qui annonce avoir consti­tué une « task force » (sic) prête à être lâchée à la ren­contre « de la France de la colère et du rejet » (3), et l’on mesure d’ici l’ampleur des dépla­ce­ments de pen­sée que des enquêtes ain­si mis­sion­nées vont pou­voir pro­duire auprès de leur com­man­di­taire. Il est vrai que celui-ci n’hésite pas à témoi­gner d’un confra­ter­nel ascen­dant à l’endroit des « médias amé­ri­cains confron­tés à leur 21 avril. Nous avons eu aus­si le réfé­ren­dum de 2005. On a appris à être plus vigi­lants ». La chose n’avait échap­pé à personne.

    L’intuition tourne à la cer­ti­tude qua­si-expé­ri­men­tale quand, au len­de­main d’un désastre comme celui de l’élection amé­ri­caine, on peut lire qu’Hillary Clin­ton « avait le seul pro­gramme réa­li­sable et solide » (Jérôme Feno­glio, Le Monde), que « la réac­tion iden­ti­taire contre la mon­dia­li­sa­tion ali­mente la déma­go­gie de ceux qui veulent fer­mer les fron­tières » (Laurent Jof­frin, Libé­ra­tion), que « le choix de la presse [fina­le­ment il y en avait un ?] était le triste choix de la ratio­na­li­té contre le fan­tasme » (Tho­mas Legrand, France Inter), que « la mon­dia­li­sa­tion n’est pas seule en cause [car c’est] la révo­lu­tion tech­no­lo­gique [pour­rait-on être contre ?] qui est autant, sinon plus, res­pon­sable du déman­tè­le­ment des vieux bas­sins d’emploi, c’est elle qui porte la délo­ca­li­sa­tion du tra­vail, bien plus que l’idéologie [sic]  » (Le Monde), scies hors d’âge, qu’on lit à l’identique depuis 2005, enfer­mées dans l’antinomie de la mon­dia­li­sa­tion ou du qua­trième Reich, pro­duits de série embou­tis sur enclumes édi­to­ria­listes, l’ironie tenant au fait qu’on aura rare­ment vu pro­pa­gan­distes de la flexi­bi­li­té frap­pés d’une telle rigi­di­té, puisqu’il est main­te­nant acquis que, ayant per­du toute capa­ci­té de révi­sion cog­ni­tive, ils iront jusqu’au bout du bout, d’un pas méca­nique, les bras devant à l’horizontale.

    Le ful­gu­rant édi­to­ria­liste du Monde devrait pour­tant se méfier de ses propres ana­lyses, dont une part pour­rait finir par s’avérer fon­dée : c’est qu’on sait déjà ce qu’il va écrire fin avril-début mai 2017, qu’on pour­rait même l’écrire dès aujourd’hui à sa place, et qu’une telle sim­pli­ci­té donne imman­qua­ble­ment des envies d’automatisation — la fameuse tech­no­lo­gie —, à moins, il est vrai un cran tech­no­lo­gique en des­sous, qu’on ne fasse tirer au sort la construc­tion de phrases par un singe, dans un sac où l’on aura mélan­gé des cubes avec écrit : « pro­tes­ta­taire », « popu­lisme », « colère », « tout chan­ger », « repli natio­nal », « manque de péda­go­gie », « l’Europe notre chance », et « réfor­mer davan­tage ». Sub­sti­tu­tion par le sys­tème expert ou bien par le macaque, il est exact en tout cas que l’emploi de l’éditorialiste du Monde, lui, n’aura pas été vic­time, selon ses propres mots, de « l’idéologie ».

    La « poli­tique post-véri­té » (misère de la pen­sée éditorialiste)

    On en fini­rait presque par se deman­der si l’indigence de ses réac­tions ne condamne pas ce sys­tème plus sûre­ment encore que l’absence de toute réac­tion. C’est que pour avoir depuis si long­temps désap­pris à pen­ser, toute ten­ta­tive de pen­ser à nou­veau, quand elle vient de l’intérieur de la machine, est d’une déses­pé­rante nul­li­té, à l’image de la phi­lo­so­phie du fact-che­cking et de la « post-véri­té », radeau de la méduse pour jour­na­lisme en per­di­tion. L’invocation d’une nou­velle ère his­to­rique dite de la « post-véri­té » est donc l’un de ces som­mets que réserve la pen­sée édi­to­ria­liste : une nou­velle race de poli­ti­ciens, et leurs élec­teurs, s’asseyent sur la véri­té, nous aver­tit-elle (on n’avait pas vu). Des Brexi­teers à Trump, les uns mentent, mais désor­mais à des degrés inouïs (plus seule­ment des petits men­songes comme « mon enne­mi c’est la finance »), les autres croient leurs énor­mi­tés, on peut donc dire n’importe quoi à un point nou­veau, et la poli­tique est deve­nue radi­ca­le­ment étran­gère aux régu­la­tions de la véri­té. C’est une nou­velle poli­tique, dont l’idée nous est livrée là par un gigan­tesque effort concep­tuel : la « poli­tique de la post-véri­té ». Sou­te­nue par les réseaux sociaux, pro­pa­ga­teurs de toutes les affa­bu­la­tions — et à l’évidence les vrais cou­pables, ça la presse l’a bien vu.

    Car, on ne le dit pas assez, contre la poli­tique de la post-véri­té, le jour­na­lisme lutte, et de toutes ses forces : il fact-checke. On ne pour­ra donc pas dire que le jour­na­lisme a failli face à Trump : sans relâche il a com­pul­sé des sta­tis­tiques et retour­né de la docu­men­ta­tion — n’a‑t-il pas éta­bli qu’il était faux de dire que tous les Mexi­cains sont des vio­leurs ou qu’Obama n’était pas amé­ri­cain ? Mais voi­là, la post-véri­té est une vague géante, un tsu­na­mi qui emporte tout, jusqu’aux digues métho­diques du fact-che­cking et du jour­na­lisme ration­nel, et les popu­la­tions écu­mantes de colère se mettent à croire n’importe quoi et n’importe qui. Au fait, pour­quoi en sont-elles venues ain­si à écu­mer de colère, sous l’effet de quelles causes, par exemple de quelles trans­for­ma­tions éco­no­miques, com­ment en sont-elles arri­vées au point même de se rendre aux pires men­songes ? C’est la ques­tion qu’il ne vient pas un ins­tant à l’idée du jour­na­lisme fact-che­ckeur de poser.

    Il est d’ailleurs mal par­ti pour en trou­ver les voies si l’on en juge par les fortes pen­sées de ses intel­lec­tuels de l’intérieur, comme Katha­rine Viner, édi­to­ria­liste au Guar­dian, à qui l’on doit les for­mi­dables bases phi­lo­so­phiques de la « post-véri­té ». Et d’abord en armant la per­cée concep­tuelle de connais­sance tech­no­lo­gique der­nier cri : les réseaux sociaux, nous explique Viner, sont par excel­lence le lieu de la post-véri­té car ils enferment leurs adhé­rents dans des « bulles de filtre », ces algo­rithmes qui ne leur donnent que ce qu’ils ont envie de man­ger et ne laissent jamais venir à eux quelque idée contra­riante, orga­ni­sant ain­si la végé­ta­tion dans le même, l’auto-renforcement de la pen­sée hors de toute per­tur­ba­tion. Mais on croi­rait lire là une des­crip­tion de la presse mains­tream, qui ne se rend visi­ble­ment pas compte qu’elle n’a jamais été elle-même autre chose qu’une gigan­tesque bulle de filtre ! Ain­si excel­lem­ment par­tie pour un exer­cice déca­pant de remise en cause, Katha­rine Viner en vient logi­que­ment à conclure que Trump « est le symp­tôme de la fai­blesse crois­sante des médias à contrô­ler les limites de ce qu’il est accep­table de dire » (4). Le tuto­rat moral de la parole publique, spé­cia­le­ment celle du peuple et des « popu­listes », voi­là, sans sur­prise, le lieu ter­mi­nal de la phi­lo­so­phie édi­to­ria­liste de la « post-vérité ».

    Com­prendre ce qui engendre les erre­ments de cette parole, pour lui oppo­ser autre chose que les pos­tures de la ver­tu assis­tée par le fact-che­cking, par exemple une action sur les causes, ne peut pas un ins­tant entrer dans une tête d’éditorialiste-de-la-vérité, qui com­prend confu­sé­ment que, « les causes » ren­voyant à ce monde, et l’hypothèse d’y chan­ger quoi que ce soit de sérieux étant par prin­cipe bar­rée, la ques­tion ne devra pas être posée.

    Le jour­na­lisme post-politique

    Ce que le jour­na­lisme « de com­bat » contre la post-véri­té semble donc radi­ca­le­ment inca­pable de voir, c’est qu’il est lui-même bien pire : un jour­na­lisme de la post-poli­tique — ou plu­tôt son fan­tasme. Le jour­na­lisme de la congé­la­tion défi­ni­tive des choix fon­da­men­taux, de la déli­mi­ta­tion caté­go­rique de l’épure, et for­cé­ment in fine du gar­dien­nage du cadre. La fré­né­sie du fact-che­cking est elle-même le pro­duit déri­vé tar­dif, mais au plus haut point repré­sen­ta­tif, du jour­na­lisme post-poli­tique, qui règne en fait depuis très long­temps, et dans lequel il n’y a plus rien à dis­cu­ter, hor­mis des véri­tés fac­tuelles. La phi­lo­so­phie spon­ta­née du fact-che­cking, c’est que le monde n’est qu’une col­lec­tion de faits et que, non seule­ment, comme la terre, les faits ne mentent pas, mais qu’ils épuisent tout ce qu’il y a à dire du monde.

    Le pro­blème est que cette véri­té post-poli­tique, oppo­sée à la poli­tique post-véri­té, est entiè­re­ment fausse, que des faits cor­rec­te­ment éta­blis ne seront jamais le ter­mi­nus de la poli­tique mais à peine son com­men­ce­ment, car des faits n’ont jamais rien dit d’eux-mêmes, rien ! Des faits ne sont mis en ordre que par le tra­vail de média­tions qui ne leur appar­tiennent pas. Ils ne font sens que sai­sis du dehors par des croyances, des idées, des schèmes inter­pré­ta­tifs, bref, quand il s’agit de poli­tique, de l’idéologie.

    Le spasme de dégoût que sus­cite imman­qua­ble­ment le mot d’idéologie est le symp­tôme le plus carac­té­ris­tique du jour­na­lisme post-poli­tique. Comme « réforme » et « moderne », le « dépas­se­ment de l’idéologie » est l’indice du cré­tin. Sans sur­prise d’ailleurs, le cré­tin post-poli­tique est un admi­ra­teur de la « réa­li­té » — sys­té­ma­ti­que­ment oppo­sée à toute idée de faire autre­ment. Les deux sont évi­dem­ment inti­me­ment liés, et le fact-che­cking à dis­tance avec eux. La pur­ga­tion ache­vée de l’idéologie laisse enfin appa­raître la « réa­li­té », telle qu’en elle-même immar­ces­cible, qu’il n’y a plus qu’à célé­brer ration­nel­le­ment en fact-che­ckant la confor­mi­té des énon­cés (post-)politiques à ses « faits ».

    Il faut avoir fait l’expérience de regards de sidé­ra­tion bovine confron­tés à l’idée que la « fin des idéo­lo­gies », le « refus de l’idéologie », sont des sum­mum d’idéologie qui s’ignorent pour se faire plus pré­ci­sé­ment une idée du déla­bre­ment intel­lec­tuel d’où sont sor­tis simul­ta­né­ment : la « réa­li­té » comme argu­ment fait pour clô­tu­rer toute dis­cus­sion, c’est-à-dire évi­dem­ment la néga­tion de toute poli­tique comme pos­si­bi­li­té d’une alter­na­tive, la noyade de l’éditorialisme dans les caté­go­ries du « réa­lisme » et du « prag­ma­tisme », la place de choix don­née par les médias à leurs rubriques de fact-che­cking, la cer­ti­tude d’être à jour de ses devoirs poli­tiques quand on a tout fact-che­cké, le désar­roi sin­cère que les popu­la­tions ne se rendent pas d’elles-mêmes à la véri­té des faits cor­rects, et cepen­dant la per­sé­vé­rance dans le pro­jet de sou­mettre toute poli­tique à l’empire du fact-che­cking, à en faire la vitrine d’une presse moderne qui, très signi­fi­ca­ti­ve­ment, pousse sur le devant de la scène ses Déco­deurs et sa Désintox’.

    Mais voi­là, les déco­deurs recodent sans le savoir, c’est-à-dire, comme tou­jours les incons­cients, de la pire des manières. Ils recodent la poli­tique dans le code de la post-poli­tique, le code de la « réa­li­té », et les dés­in­toxi­queurs intoxiquent — exac­te­ment comme le « décryp­tage », cette autre abysse de la pen­sée jour­na­lis­tique, puisque « décryp­ter » selon ses ineptes caté­go­ries, c’est le plus sou­vent voi­ler du plus épais brouillard.

    Le fact-che­cking qui, épou­van­té, deman­de­ra dans un cri de pro­tes­ta­tion si c’est donc qu’« on pré­fère le men­songe à la véri­té », est sans doute ici hors d’état de sai­sir l’argument qui n’a rien à voir avec l’exigence élé­men­taire d’établir cor­rec­te­ment des faits, mais plu­tôt avec l’accablant symp­tôme, après Trump, d’une auto-jus­ti­fi­ca­tion des médias presque entiè­re­ment repliée sur le devoir fact-che­ckeur accom­pli. Trump a men­ti, nous avons véri­fié, nous sommes irré­pro­chables. Mal­heu­reu­se­ment non. C’est qu’un Trump puisse débou­ler dans le pay­sage dont vous êtes cou­pables. Vous êtes cou­pables de ce qu’un Trump n’advient que lorsque les organes de la post-poli­tique ont cru pou­voir tenir trop long­temps le cou­vercle sur la mar­mite politique.

    Dif­fé­rences et préférences

    Car voi­là toute l’affaire : la post-poli­tique est un fan­tasme. Elle est le pro­fond désir du sys­tème inté­gré de la poli­tique de gou­ver­ne­ment et des médias mains­tream de décla­rer for­clos le temps de l’idéologie, c’est-à-dire le temps des choix, le désir d’en finir avec toutes ces absurdes dis­cus­sions igno­rantes de la « réa­li­té », dont il nous est enjoint de com­prendre que, elle, ne chan­ge­ra pas. Mais c’est le désir de ce sys­tème, et de ce sys­tème seule­ment. Pour son mal­heur, le peuple obtus conti­nue, lui, de pen­ser qu’il y a encore matière à dis­cu­ter, et quand toutes les ins­ti­tu­tions éta­blies de la post-poli­tique refusent de faire droit à cet élé­men­taire désir de poli­tique, alors ce peuple est prêt à sai­sir n’importe quelle pro­po­si­tion, fût-ce la pire, pour­vu qu’elle soit celle d’une dif­fé­rence (5). Tout le fact-che­cking du monde n’ôtera jamais que la poli­tique est l’exercice de la dif­fé­rence quand il est, lui, le pro­non­cé silen­cieux de la fin des dif­fé­rences, ce qui reste quand on a déci­dé qu’il n’y aurait plus de dif­fé­rences : le règne vide et insi­gni­fiant des « faits » — mais pour mieux lais­ser inques­tion­né, dans l’arrière-plan, le signi­fié-maître : le monde est comme il est.

    Il reste alors une seule ligne de repli au jour­na­lisme mains­tream, au jour­na­lisme de la post-poli­tique qui se croit le jour­na­lisme de la véri­té : concé­der qu’il reste bien en effet une dif­fé­rence, mais une seule, et qu’elle est hideuse au point que tout devra lui être pré­fé­ré — « tout » devant s’entendre adé­qua­te­ment comme l’ensemble des sacri­fices à consen­tir « hélas » à la « réa­li­té ». Main­te­nir cette confi­gu­ra­tion du pro­blème post-poli­tique, n’admettant comme exté­rieur que la poli­tique innom­mable de l’extrême-droite, requiert alors d’opérer le déni radi­cal de la dif­fé­rence de gauche. Et si jamais celle-ci com­mence à faire son che­min, de la com­battre impitoyablement.

    Le Pen ne sor­ti­ra pas de l’euro, Trump a déjà fait savoir qu’il pré­ser­ve­rait la déré­gle­men­ta­tion finan­cière, la Grande-Bre­tagne du Brexit ne sera pas exac­te­ment un enfer anti-capitaliste

    C’est bien en ce point que ce sys­tème laisse affleu­rer ses propres pré­fé­rences, ses haines inavouables. Disons ici car­ré­ment ceci : plu­tôt qu’une dif­fé­rence de gauche, il pré­fé­re­ra prendre le risque de la dif­fé­rence d’extrême-droite, dont il doit bien pres­sen­tir que ses propres efforts, déri­soi­re­ment inef­fi­caces, ne suf­fi­ront plus long­temps à en empê­cher l’advenue. Et voi­là, au bout de ses échecs à endi­guer quoi que ce soit, où il fini­ra d’impuissance : s’il faut en pas­ser par l’expérience d’extrême-droite, ain­si soit-il ! Elle sera tel­le­ment ignoble qu’elle aura au moins le mérite de remo­né­ti­ser le dis­cours de la ver­tu, et la « réa­li­té » sera ré-ins­tal­lée dans ses droits en une alter­nance à peine.

    Au reste, il s’en trou­ve­ra bien quelques-uns au sein du grand par­ti post-poli­tique pour aper­ce­voir que les rap­ports de l’extrême-droite et de la « réa­li­té » sont en fait loin d’être si dis­ten­dus que le fact-che­cking pour­rait le faire croire : Marine Le Pen ne sor­ti­ra pas de l’euro, Trump a déjà fait savoir qu’il pré­ser­ve­rait la déré­gle­men­ta­tion finan­cière, la Grande-Bre­tagne du Brexit ne sera pas exac­te­ment un enfer anti-capi­ta­liste. À coup sûr, ce sont les migrants, les étran­gers, et en France tous ceux qui ne res­pirent pas la souche, qui connaî­tront leur dou­leur. Mais, d’une part, un répu­bli­ca­nisme auto­ri­taire capa­ra­çon­né d’islamophobie s’en accom­mo­de­ra par­fai­te­ment. Et, d’autre part, la post-poli­tique de la morale cache­ra sa joie de se refaire la cerise aus­si faci­le­ment — le der­nier espoir pour les ventes de Libé­ra­tion, du Monde et de L’Obs, c’est bien le FN.

    Le déni de l’homogénéité (pauvre Décodeur)

    Si donc, du point de vue de la « réa­li­té », le choix est entre le bien et un moindre mal, dont on expli­que­ra qu’on le tient cepen­dant pour le som­met du mal, alors il faut se mettre à tout prix en tra­vers du vrai mal, mais sans pou­voir dire ouver­te­ment que c’est lui qu’on consi­dère comme tel : le mal d’une autre dif­fé­rence, le mal qui ne croit pas à la « réa­li­té », celui qui pense que les défi­ni­tions impli­cites de la « réa­li­té » sont tou­jours men­son­gères, au moins par omis­sion, qu’elles occultent sys­té­ma­ti­que­ment d’où sont venus ses cadres, qui les a ins­tal­lés, qu’ils n’ont pas tou­jours été là, par consé­quent qu’il est pos­sible d’en inven­ter d’autres. Ce mal à com­battre sans mer­ci, c’est la dif­fé­rence de gauche.

    On ne s’étonnera pas de lire sous la plume d’un déco­deur demi-habile la puis­sante cri­tique de « lémé­dia » (6), injuste réduc­tion à l’uniformité d’un pay­sage si cha­toyant de diver­si­té. « Les​jours​.fr ou Le Chas­seur Fran­çais  » ne racontent pas la même chose nous apprend le pen­seur-déco­deur, de même qu’« Arte c’est [pas] pareil que Sud Radio ». Comme c’est pro­fond, comme c’est per­ti­nent. « L’actualité sociale [n’est pas] pré­sen­tée de manière iden­tique dans L’Humanité et dans Valeurs Actuelles  » pour­suit-il si bien lan­cé, et n’est-ce pas tout à fait vrai ? On pense aus­si­tôt à Gilles Deleuze : « on connaît des pen­sées imbé­ciles, des dis­cours imbé­ciles qui sont faits tout entiers de véri­tés ». Misère de la pen­sée fact-checkeuse.

    Dans le registre qui est pour­tant le sien, pour ne pas trop le secouer quand même, on pour­rait deman­der à notre déco­deur com­bien de fois par an il entend citer L’Humanité, Poli­tis ou Le Monde Diplo­ma­tique dans la revue de presse de France Inter, ou ailleurs, com­bien de fois il voit leurs repré­sen­tants à la télé ou dans les radios. Vou­drait-il avoir l’amabilité de se livrer à ce genre de décompte ? (on lui signale qu’Acrimed s’y livre à sa place depuis deux décen­nies et que, de même, jamais un article d’Acrimed n’est cité dans lémé­dia bario­lés). Au hasard, puisqu’il décode au Monde, pour­rait-il fact-che­cker vite fait com­bien de reprises ont salué l’édifiante enquête de Poli­tis sur les méthodes mana­gé­riales de Xavier Niel (7), où l’on com­prend tout de même une ou deux choses sur ce qui conduit de la vio­lence néo­li­bé­rale aux rages qui sai­sissent les classes salariées ?

    La gauche, l’inadmissible différence

    Sauf pour cette forme de céci­té inté­res­sée qui tient des varia­tions de queues de cerises pour des dif­fé­rences onto­lo­giques, lémé­dia existent bel et bien, on peut même en don­ner la carac­té­ris­tique consti­tu­tive : la haine com­mune de la gauche que, signi­fi­ca­ti­ve­ment, tous nomment de la même manière : « extrême-gauche » ou « gauche radi­cale », quand ça n’est pas le risible « gauche de la gauche », cet aveu invo­lon­taire que ce qu’ils appellent usuel­le­ment « la gauche » est bel et bien à droite. Sans sur­prise, cette haine est por­tée à son comble dans les médias de gauche de droite, où le culte de la « réa­li­té », c’est-à-dire le schème fon­da­men­tal de la pen­sée de droite, a été si pro­fon­dé­ment inté­rio­ri­sé que le recon­naître met­trait à mal des enga­ge­ments de plu­sieurs décen­nies — au ser­vice de la « réa­li­té » —, et pire encore, des repré­sen­ta­tions intimes de soi, des luttes per­son­nelles trop incer­taines pour s’efforcer de croire qu’on est « quand même de gauche ».

    Il suf­fit d’observer dans ces médias le trai­te­ment com­pa­ré, tex­tuel, ico­no­gra­phique et poli­tique, des per­son­na­li­tés de gauche (de vraie gauche) et des per­son­na­li­tés du centre, voire car­ré­ment bien ins­tal­lées à droite, pour se faire une idée de leur lieu réel — encore ce week-end dans Libé­ra­tion, « NKM, la geek, c’est chic », oui, c’est d’une insou­te­nable vio­lence. S’il y a des endroits où l’on fait sans mer­ci la chasse à la dif­fé­rence de gauche, à cette dif­fé­rence qui pense que le monde pré­sent n’est pas la « réa­li­té », parce qu’il n’a pas tou­jours été ce qu’il est, qu’il l’est deve­nu par l’effet d’une série de coups de force, dont la plu­part d’ailleurs ont été poli­ti­que­ment accom­plis par des gou­ver­ne­ments « de gauche », et sym­bo­li­que­ment vali­dés par des médias « de gauche », s’il y a des endroits où cette dif­fé­rence fait l’objet d’une traque éra­di­ca­trice, ce sont bien, en effet, « lémédia ».

    Or l’étouffement sys­té­ma­tique de la dif­fé­rence de gauche, celle qui s’en pren­drait ouver­te­ment à la mon­dia­li­sa­tion libé­rale, qui frac­tu­re­rait le ver­rou à toute poli­tique pro­gres­siste pos­sible de l’euro, qui contes­te­rait l’emprise du capi­tal sur toute la socié­té, et même : remet­trait en ques­tion les droits de la pro­prié­té lucra­tive sur les moyens de pro­duc­tion, orga­ni­se­rait juri­di­que­ment le contrôle poli­tique des pro­duc­teurs sur leur acti­vi­té, cet étouf­fe­ment ne laisse ouvert que le sou­pi­rail de l’extrême-droite, porte des Trump au pou­voir car ceux-ci arrivent lan­cés avec bien plus d’avance que des San­ders, dont lémé­dia, en effet, ont tout fait pour qu’il ne vienne pas déran­ger la can­di­date ché­rie (8), comme ils font tout pour abais­ser Cor­byn, traî­ner Mélen­chon dans la boue, tous noms propres à lire ici plu­tôt comme des noms com­muns, comme les appel­la­tions géné­riques d’une pos­si­bi­li­té de dif­fé­rence. Oui lémé­dia existent, bons apôtres du dépas­se­ment de l’idéologie en proie à des haines idéo­lo­giques incoer­cibles : par haine de San­ders, ils ont eu Trump ; par haine de Cor­byn, ils main­tien­dront May ; à Mélen­chon ils pré­fé­re­ront taci­te­ment Le Pen — mais atten­tion, avec des édi­to­riaux gran­di­lo­quents aver­tis­sant qu’il y a eu « un séisme ». Et si d’aventure le désir d’une dif­fé­rence de gauche dés­in­ves­tis­sait ces per­son­nages trop ins­ti­tu­tion­nels et sou­vent trop impar­faits, pour prendre la rue sérieu­se­ment, c’est-à-dire, par-delà le folk­lore du monôme, avec la menace de consé­quences, lémé­dia n’y ver­raient plus que des « cas­seurs », comme lors de Nuit Debout quand, pas­sé le moment du ravis­se­ment citoyen, le cor­tège de tête a com­men­cé à affo­ler les rédac­tions, inter­lo­quées d’« une telle violence ».

    L’écroulement ?

    C’est qu’un sys­tème signale son impuis­sance à ses points de stu­pé­fac­tion, qui le voient désem­pa­ré d’incompréhension aux situa­tions qu’il a lui-même contri­bué à pro­duire. On sait qu’on se rap­proche de ces points lorsque, résul­tat néces­saire de la pro­hi­bi­tion des dif­fé­rences, la confu­sion s’accroît, nour­rie par le com­men­taire média­tique, lui-même de plus en plus déso­rien­té. Alors des élec­teurs de « gauche » affo­lés se pré­ci­pitent à une pri­maire de droite ; on débat gra­ve­ment de la légi­ti­mi­té d’une telle par­ti­ci­pa­tion ; on laisse un pur pro­duit du sys­tème se qua­li­fier lui-même d’anti-système quand une telle bouf­fon­ne­rie devrait lui valoir le ridi­cule uni­ver­sel ; on com­men­te­ra bien­tôt son livre inti­tu­lé Révo­lu­tion, et le sauf-conduit accor­dé sans sour­ciller à une pareille impos­ture lexi­cale livre­ra en effet l’essence réelle de lémé­dia, leur com­mune col­la­bo­ra­tion au dévoie­ment des mots, à l’effacement de toute pers­pec­tive de trans­for­ma­tion sociale dont le signi­fiant his­to­rique, « révo­lu­tion », recouvre désor­mais la sup­pres­sion des 35 heures et la libé­ra­li­sa­tion des auto­cars. Car il faut ima­gi­ner com­ment aurait été reçue la Révo­lu­tion d’un Macron dans les années 70, à l’époque où lémé­dia n’avaient pas encore acquis leur consis­tance d’aujourd’hui : dans un mélange d’outrage, de rires et d’épluchures. Dans un for­mi­dable téles­co­page où le for­tuit exprime inin­ten­tion­nel­le­ment toute une néces­si­té, c’est sur Macron, pré­ci­sé­ment, que L’Obs fait sa une le jour même de l’élection de Trump — Macron, l’agent par excel­lence de l’indifférenciation, du règne de la non-dif­fé­rence, le car­bu­rant de la dif­fé­rence d’extrême-droite.

    Lorsque la gauche offi­cielle, celle que lémé­dia accom­pa­gne­ront jusqu’à la décharge, devient à ce point de droite, qui peut s’étonner que la droite pour conti­nuer d’avoir l’air de droite, c’est-à-dire dif­fé­rente de la gauche, n’ait d’autre solu­tion que d’aller encore plus loin à droite, et que tout le pay­sage soit alors empor­té d’un seul mou­ve­ment ? Mais pous­sé par qui ? Sinon par cette « gauche » elle-même et sémé­dia. Pacte de res­pon­sa­bi­li­té, CICE, TSCG, loi tra­vail, étran­gle­ment de l’AP-HP, mas­sacre social pas­si­ve­ment obser­vé à La Poste : les com­man­de­ments dou­lou­reux mais incon­tes­tables de la « réa­li­té » — elle, hors fact-che­cking. Et pen­dant la des­truc­tion qui trum­pise infailli­ble­ment toutes les socié­tés, lémé­dia sou­tiennent à bout de force la « gauche-qui-se-confronte-au-réel (elle !) », cet asile de la démis­sion poli­tique, cette pau­vre­té pour têtes fari­neuses, qui ont trou­vé leur der­nière redoute dans ce roga­ton de pensée.

    Plu­tôt l’abîme que la vraie gauche, voi­là à la fin des fins le choix impli­cite, le choix de fait, de lémé­dia. C’est que les pro­tes­ta­tions outra­gées d’une telle impu­ta­tion n’en pour­ront mais : de quelque manière que les indi­vi­dus recouvrent leurs actes en paroles, ce sont bien ces actes qui tra­hissent leur pré­fé­rences de fait, leur pré­fé­rences réelles. Après avoir tout fait pour ne lais­ser aucune chance à la seule dif­fé­rence oppo­sable à la dif­fé­rence d’extrême-droite, on dira alors que, comme Trump, Le Pen est arri­vée… parce que le bas peuple ne croit plus à la véri­té. Voi­là où en est la pen­sée de lémé­dia. Qui n’auront bien sûr, pas plus à ce moment qu’aujourd’hui, aucune res­pon­sa­bi­li­té dans l’état des choses.

    Un sys­tème qui ne pos­sède plus aucune force de rap­pel, plus aucune régu­la­tion interne, plus aucune capa­ci­té de pilo­ter une réelle tran­si­tion poli­tique à froid ne mérite que de dis­pa­raître. Il va. Le propre d’un sys­tème aus­si rigi­di­fié, aus­si her­mé­tique à son dehors, et inca­pable d’enregistrer ce qui se passe dans la socié­té, c’est qu’il ne connait pas d’autre « ajus­te­ment » que la rup­ture, et qu’il suf­fit de très peu de temps pour le faire pas­ser de l’empire écra­sant qui barre tout l’horizon à la ruine com­plète qui le rouvre entièrement.

    Fré­dé­ric Lordon

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  3. L.G

    Bon­jour,

    Pro­fes­seur d’es­pa­gnol jus­qu’en 2013, j’é­tu­diais avec mes élèves de ter­mi­nale un excellent film inti­tu­lé La méthode de Mar­ce­lo Piñey­ro réa­li­sé en 2005 : une fic­tion qui montre cepen­dant quel est le sort réser­vé aux lan­ceurs d’a­lerte à tra­vers le per­son­nage de Julio. La réflexion que je menais alors avec mes élèves concer­nait le conflit entre « loyau­té » à l’en­tre­prise et res­pect de la loi. 

    Le fait que le gou­ver­ne­ment soit si timo­ré au moment de défi­nir un sta­tut pour les lan­ceurs d’a­lerte n’a rien d’é­ton­nant : il expo­se­rait de fait la fonc­tion publique et obli­ge­rait ain­si le gou­ver­ne­ment à recon­naître un cer­tain nombre de dys­fonc­tion­ne­ments pour l’ins­tant étouf­fés par une omer­ta tout aus­si scan­da­leuse que dans les entre­prises privées.

    Cor­dia­le­ment,

    A‑L L.G

    Réponse
  4. etienne

    Monténégro : Le dernier jouet de l’OTAN pour provoquer la Russie

    Par Finian Cun­nin­gham – Le 9 novembre 2011 – Source Stra­te­gic Culture

    « Dif­fi­cile d’avoir cette semaine un gros titre plus sen­sa­tion­nel que celui-ci : « Le Mon­té­né­gro dit avoir déjoué le plan sou­te­nu par la Rus­sie de tuer le Pre­mier ministre Dju­ka­no­vic ». L’information spec­ta­cu­laire a sui­vi l’annonce dimanche der­nier par le pro­cu­reur géné­ral du pays qu’une ten­ta­tive de coup d’État effec­tuée – pré­ten­du­ment – par des natio­na­listes russes avait été déjouée pen­dant les élec­tions par­le­men­taires du mois dernier.

    Sans four­nir aucune preuve à l’appui de sa décla­ra­tion choc, le pro­cu­reur géné­ral Mili­voje Kat­nic a affir­mé qu’une « orga­ni­sa­tion puis­sante » com­pre­nant quelque 50 natio­na­listes russes, serbes et mon­té­né­grins avait com­plo­té pour blo­quer les élec­tions tenues le 16 octobre et déclen­cher un coup d’État en assas­si­nant le Pre­mier ministre en poste depuis long­temps, Milo Djukanovic.

    Il a été affir­mé que le sup­po­sé coup d’État avait été déjoué par les auto­ri­tés mon­té­né­grines la veille des élec­tions. Main­te­nant les mêmes auto­ri­tés ont conclu que le com­plot avait été our­di à l’intérieur du ter­ri­toire russe.

    Sans dévoi­ler les iden­ti­tés des indi­vi­dus qui auraient été arrê­tés, la ver­sion offi­cielle manque de crédibilité.

    Le porte-parole du Krem­lin Dmi­try Pes­kov a reje­té les accu­sa­tions d’interférence russe au Mon­té­né­gro. Les par­tis poli­tiques de l’opposition mon­té­né­grine ont quant à eux condam­né ces affir­ma­tions comme de la « pro­pa­gande gros­sière » des­ti­née à pous­ser l’agenda du Pre­mier ministre pro-OTAN et pro-euro­péen de Djukanovic.

    « Il est évident que le pro­cu­reur spé­cial est deve­nu un ser­vi­teur du Par­ti démo­cra­tique des socia­listes [au pou­voir]», a décla­ré Milu­tin Duka­no­vic, chef de l’opposition Front démo­cra­tique, cité par Radio Free Europe.

    En effet, depuis que Milo Dju­ka­no­vic a annon­cé, il y a près d’un an, ses pro­jets d’adhésion à l’alliance mili­taire diri­gée par les États-Unis qu’est l’OTAN, son gou­ver­ne­ment s’est heur­té à une vive oppo­si­tion au sein de la minus­cule popu­la­tion du Mon­té­né­gro, qui compte envi­ron 620 000 habitants.

    Beau­coup de Mon­té­né­grins se sou­viennent que leur pays a été bom­bar­dé par l’OTAN il y a 16 ans, lorsqu’il fai­sait encore par­tie de la Ser­bie résul­tant de l’ancienne You­go­sla­vie. En 2006, le Mon­té­né­gro est deve­nu indé­pen­dant de Bel­grade, mais les mémoires res­tent mar­quées par le bom­bar­de­ment aérien de l’OTAN, dans lequel des mil­liers de gens ont été tués au cours d’une cam­pagne mili­taire, qui ser­vait les inté­rêts occi­den­taux emme­nés par les États-Unis pour démem­brer les Bal­kans et en faire des États pro-occi­den­taux. Ces États ont depuis lors ren­for­cé l’expansion de l’OTAN vers les fron­tières de la Russie.

    Aujourd’hui, le Mon­té­né­gro se trouve être le der­nier trem­plin pour l’agression de l’OTAN contre la Russie.

    Cela semble plus qu’une coïn­ci­dence que trois jours seule­ment avant que le Mon­té­né­gro ne porte ses graves accu­sa­tions de sub­ver­sion russe, la secré­taire adjointe de l’OTAN se soit ren­due dans le pays, pro­met­tant qu’il serait élu 29e membre de l’alliance dès 2017.

    L’adhésion du Mon­té­né­gro à l’OTAN doit être approu­vée par cha­cun des membres de l’alliance. Leur vote semble assu­ré à la lumière des der­nières décla­ra­tions sur l’«agression » russe.

    La Rus­sie a lon­gue­ment expri­mé sa désap­pro­ba­tion offi­cielle d’une nou­velle expan­sion en direc­tion de ses fron­tières. Mos­cou a ouver­te­ment appor­té son sou­tien poli­tique aux par­tis d’opposition au Mon­té­né­gro, qui sont contre l’adhésion à l’OTAN.

    Le gou­ver­ne­ment Dju­ka­no­vic affirme que Mos­cou finance les par­tis d’opposition – des affir­ma­tions que Mos­cou et les par­tis à l’intérieur du pays nient caté­go­ri­que­ment. Ces der­niers disent que les allé­ga­tions de finan­ce­ment par Mos­cou ne sont que des entour­loupes de Dju­ka­no­vic pour dis­cré­di­ter l’opposition légi­time à ses ambi­tions otanesques. » […]

    Lire la suite :
    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​m​o​n​t​e​n​e​g​r​o​-​l​e​-​d​e​r​n​i​e​r​-​j​o​u​e​t​-​d​e​-​l​o​t​a​n​-​p​o​u​r​-​p​r​o​v​o​q​u​e​r​-​l​a​-​r​u​s​sie
    Source : le Saker Francophone

    Réponse
  5. Merome

    A Étienne et les lec­teurs de ce blog, je tente de lan­cer un truc pour dif­fu­ser mas­si­ve­ment l’i­dée que nous ne sommes pas en démocratie. 

    Mer­ci d’en prendre connais­sance et de dif­fu­ser si vous esti­mez que ça vaut la peine : 

    Financement participatif d’une prise de conscience massive

    https://​merome​.net/​b​l​o​g​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​p​o​s​t​/​2​0​1​6​/​1​1​/​2​4​/​F​i​n​a​n​c​e​m​e​n​t​-​p​a​r​t​i​c​i​p​a​t​i​f​-​d​-​u​n​e​-​p​r​i​s​e​-​d​e​-​c​o​n​s​c​i​e​n​c​e​-​m​a​s​s​ive

    Une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques années déjà, et que je sou­mets à la critique.

    L’i­dée que nous ne sommes pas en démo­cra­tie est encore trop peu dif­fu­sée à mon goût, et empêche même les pen­seurs les plus en pointe avec qui je me trouve des accoin­tances, de for­mu­ler une alter­na­tive à ce qu’ils ana­lysent comme des ano­ma­lies ou pire des échecs.

    Très récem­ment, le Brexit, le CETA et l’é­lec­tion de Trump ont fait appa­raître une contes­ta­tion sérieuse de l’ordre éta­bli, mais très peu semblent être ceux qui en com­prennent réel­le­ment les res­sorts, car ils ana­lysent la chose en consi­dé­rant que nous sommes en démo­cra­tie et par consé­quent que l’é­lec­tion ou même le réfé­ren­dum res­tent des moyens d’ex­pri­mer direc­te­ment et véri­ta­ble­ment son point de vue.

    Une masse crois­sante, mais néan­moins mino­ri­taire, d’in­ter­nautes nour­ris aux confé­rences et bou­quins de Fran­cis Dupuis-Deri, Yves Sin­to­mer, Domi­nique Rous­seau, Ber­nard Manin, Cor­ne­lius Cas­to­ria­dis, David Van Rey­brook… tré­pignent d’im­pa­tience et vitu­pèrent en enten­dant les com­men­taires des jour­na­listes car ils savent que l’é­lec­tion est un mode de sélec­tion de repré­sen­tants qui, par défi­ni­tion, ne per­met pas la démo­cra­tie. Ils savent que le mot « démo­cra­tie » lui-même a été volé par les par­tis poli­tiques à des fins élec­to­ra­listes. Ils savent que choi­sir une per­sonne par­mi des can­di­dats non-choi­sis n’est pas un suf­frage. Ils savent que les médias jouent un rôle déter­mi­nant et par­ti­cipent à la cor­rup­tion de toute élite politique.

    Ces faits, par­fai­te­ment docu­men­tés, rele­vés par les his­to­riens et les poli­to­logues, sont pour la plu­part igno­rés du grand public et les médias de masse ne s’en font pas l’écho.

    D’où l’i­dée, peut-être sau­gre­nue, sans doute naïve, d’u­ti­li­ser le finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif pour lan­cer, avant les élec­tions pré­si­den­tielles une cam­pagne d’af­fi­chage publi­ci­taire natio­nale sur le thème « Nous ne sommes pas en démocratie ».

    Une cam­pagne neutre, citoyenne, n’ap­pe­lant à rien d’autre que s’in­for­mer sur ce sujet.

    Il s’a­git de sor­tir de l’entre soi du web mili­tant et tou­cher à la fois le citoyen lamb­da qui se demande pour qui il va bien pou­voir voter et, si l’am­pleur de la mobi­li­sa­tion est suf­fi­sante, d’at­ti­rer l’at­ten­tion des médias tra­di­tion­nels qui devront s’in­ter­ro­ger sur l’o­ri­gine d’une telle campagne.

    Par exemple (j’ai fait ça vite fait, hein, je pense qu’on pour­rait mobi­li­ser des talen­tueux gra­phistes pour faire mieux que ça) :

    Avant de lan­cer véri­ta­ble­ment un pro­jet de crowd­fun­ding, j’au­rais vou­lu savoir com­bien on était à être capables de mettre 5, 10 ou 50 euros dans un tel pro­jet, juste pour que la démo­cra­tie, la vraie, avance plus vite.

    Sachant que la moindre cam­pagne publi­ci­taire d’en­ver­gure se chiffre à plu­sieurs dizaines de mil­liers d’eu­ros, mais le finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif a mon­tré par le pas­sé que ce genre de choses était possible.

    Qui me suit ?

    https://​merome​.net/​b​l​o​g​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​p​o​s​t​/​2​0​1​6​/​1​1​/​2​4​/​F​i​n​a​n​c​e​m​e​n​t​-​p​a​r​t​i​c​i​p​a​t​i​f​-​d​-​u​n​e​-​p​r​i​s​e​-​d​e​-​c​o​n​s​c​i​e​n​c​e​-​m​a​s​s​ive

    Réponse
    • etienne

      Moi, ça m’intéresse 🙂
      et je participerai.
      Étienne.

      Réponse
    • Ronald

      Bof, l’af­fi­chage, moi je trouve pas ça top. L’in­for­ma­tion sur la démo­cra­tie néces­site tout de même un peu d’ex­pli­ca­tions. Per­sonne ne s’ar­rête devant une affiche durant dix minutes pour lire un texte. Il faut ame­ner le texte devant les yeux de gens qui sont déjà occu­pés à lire. Ce serait plus appro­prié de faire pas­ser un com­mu­ni­qué dans un jour­nal. Par exemple, dans Direct matin, on peut ache­ter une page pour 140.000 euros (majo­ré de 15 % s’il s’a­git d’un communiqué) :
      http://​www​.tarif​spresse​.com/​P​D​F​/​0​0​6​2​9​_​2​0​1​6​0​3​2​2​.​pdf

      Bien enten­du, il faut s’a­dap­ter au sup­port. On évi­te­ra ain­si par exemple d’é­crire que Bol­lo­ré est une crapule …

      Réponse
      • Merome

        @Ronald : ta remarque est per­ti­nente, mais Direct Matin (ou un autre jour­nal) encore faut-il l’a­che­ter et le lire. La pub affi­chée s’im­pose à toi, c’est même pour ça qu’on la cri­tique ! Et il ne s’a­git pas de publier le ver­ba­tim d’une confé­rence d’E­tienne sur une affiche, mais bien de mettre un mes­sage per­cu­tant, et de ren­voyer vers un site web qui explique en détail.

        Réponse
        • Ronald

          Non, non, je pense que ce n’est pas la bonne méthode.
          Je pense qu’il y a des gens qui s’in­forment par inter­net, et d’autres par les médias clas­siques. Mettre un nom de site sur une affiche papier ne fonc­tion­ne­ra pas. Il faut faire un com­mu­ni­qué (un « article spon­so­ri­sé ») pour les lec­teurs de jour­naux (et j’ai jus­te­ment cité Direct Matin parce qu’il ne faut pas l’a­che­ter : c’est un jour­nal gratuit).
          Et pour ceux qui s’in­forment par le net, alors là oui, on peut faire une annonce plus brève – sur un site de média tra­di­tion­nel type Huf­fing­ton post ou libe​ra​tion​.fr – avec une adresse ou un lien ren­voyant à une site plus détaillé.
          Enfin bon ce n’est que mon avis, je n’ai pas plus de connais­sance en com­mu­ni­ca­tion poli­tique que ça.

          Réponse
  6. etienne

    [Cra­pu­le­rie des grands patrons, tou­jours pré­sen­tés comme exem­plaires par lémé­dia, bien sûr]

    Chez Veolia, le banquet des fauves

    par Mar­tine Orange (Media­part) :

    « Deux diri­geants de la branche Eau de Veo­lia France sont deve­nus action­naires d’une socié­té luxem­bour­geoise après lui avoir confié un énorme contrat : le trai­te­ment des paie­ments de toutes les fac­tures d’eau du groupe. Ils espé­raient revendre par la suite cette socié­té 200 mil­lions d’euros au mini­mum. À Veo­lia de préférence.

    La machi­na­tion était cen­sée ne jamais venir au grand jour. Com­ment ima­gi­ner un tel dévoie­ment au sein de Veo­lia ? Alors que le groupe a sup­pri­mé plu­sieurs mil­liers d’emplois dans l’activité Eau au cours des quatre der­nières années, et lan­cé un pro­gramme d’économies de plus de 600 mil­lions d’euros, deux des plus hauts res­pon­sables de l’activité de la branche Eau tra­vaillaient sur­tout à leur enri­chis­se­ment, en uti­li­sant les moyens finan­ciers, les clients, la répu­ta­tion du groupe pour leur seul pro­fit personnel.

    Dans la plus grande dis­cré­tion, ces diri­geants sont deve­nus action­naires, avec une poi­gnée d’acolytes, d’une toute petite struc­ture basée au Luxem­bourg, Olky Pay­ment Ser­vice Pro­vi­der. Une socié­té qu’ils venaient jus­te­ment de choi­sir pour lui confier un énorme contrat : le trai­te­ment de tous les paie­ments des fac­tures d’eau des abon­nés de Veo­lia en France ! 

    Cette pla­te­forme, qui gère en par­ti­cu­lier les paie­ments par TIP (titre inter­ban­caire de paie­ment), a une tech­nique par­ti­cu­lière : elle repré­sente auto­ma­ti­que­ment les fac­tures impayées auprès des banques et peut mettre en place des paie­ments frac­tion­nés. Un huis­sier des temps modernes en quelque sorte.

    Ce sys­tème est cen­sé lut­ter contre les impayés, de plus en plus impor­tants dans la ges­tion des ser­vices d’eau. Non pas parce que la pau­vre­té sévit de plus en plus en France, à entendre les grands conces­sion­naires d’eau (Veo­lia, Suez envi­ron­ne­ment, Saur), mais en rai­son de la loi Brottes, votée en 2013. Celle-ci, selon eux, serait une inci­ta­tion à ne pas payer puisqu’elle ins­ti­tue un droit mini­mum à l’eau et inter­dit toute cou­pure défi­ni­tive. Vent debout contre ce texte, les conces­sion­naires d’eau réclament désor­mais que les muni­ci­pa­li­tés prennent à leur charge une par­tie des fac­tures impayées, au titre de l’aide sociale.

    Pen­dant ce temps, les deux diri­geants de la branche Eau avaient tout mis en place pour engran­ger les béné­fices. Avec l’espoir de faire une culbute encore plus grande dans un délai assez bref. Car le but était de revendre l’ensemble de la socié­té au groupe, ou à d’autres, le plus rapi­de­ment pos­sible. Le prix de revente avait déjà été fixé entre les dif­fé­rents action­naires : 200 mil­lions d’euros minimum ! 

    Antoine Fré­rot, PDG de Veo­lia © Reuters

    200 mil­lions d’euros ! La cupi­di­té des diri­geants est déci­dé­ment deve­nue sans limite. Depuis des années, la chro­nique des affaires de rému­né­ra­tion et d’enrichissement per­son­nel dans le monde patro­nal ne cesse de s’étoffer. Mais cette affaire tra­duit un degré sup­plé­men­taire dans l’effondrement moral, l’absence de toute éthique, de tout scru­pule. Avec un sen­ti­ment com­plet d’impunité, ces diri­geants se sont appuyés sur leurs connais­sances, ce petit monde de réseaux, de com­bines, d’entre-soi qui fait si sou­vent la marque du capi­ta­lisme fran­çais, pour mon­ter leur machi­na­tion. L’argent empor­tant tout.

    L’affaire paraît avoir été pen­sée et orches­trée de longue date. Car tous les engre­nages du méca­nisme s’emboîtent en un temps record. Les socié­tés néces­saires sont créées au moment vou­lu. Tout le monde semble jon­gler avec aisance dans l’opacité de la finance dis­crète et des para­dis fiscaux.

    Tout com­mence en 2014. » […]

    Lire la suite :
    https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​2​4​1​1​1​6​/​c​h​e​z​-​v​e​o​l​i​a​-​l​e​-​b​a​n​q​u​e​t​-​d​e​s​-​f​a​u​ves

    Source : Mediapart

    Réponse
  7. etienne

    « Communication stratégique de l’Union visant à contrer la propagande dirigée contre elle par des tiers » :

    Mon com­men­taire : L’UE, ce n’est pas la paix, c’est la guerre : contre la Ser­bie c’est fait, contre l’U­kraine c’est fait, et bien­tôt contre la Russie 🙁
    Le fas­cisme unio­neu­ro­péen pro­gresse chaque jour. Seuls des citoyens deve­nus consti­tuants pour­ront y faire face. Si nous res­tons de misé­rables élec­teurs (des enfants muse­lés, quoi), c’est foutu.

    http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-%2F%2FEP%2F%2FTEXT+TA+P8-TA-2016–0441+0+DOC+XML+V0%2F%2FFR&language=FR

    Réponse
  8. etienne

    Anissa Naouai : There’s a crusade against « fake news »

    […]
    Mis­lea­ding, misin­for­ming, pul­ling out of the context, and pro­pa­ga­ting war, that’s is your inten­tion, for sure. Remem­ber WMDs ? [« We should have been more skep­ti­cal »] Yes, you should have been. But les­sons aren’t learnt. Yugo­sla­via, Iraq, Afgha­nis­tan, Libya, Syria, ISIS, ter­ro­rists, or what do you call them « mode­rate rebels » ? 

    What you do is way more dan­ge­rous : your « real news » starts wars, kills and dis­places mil­lions, and des­troy entire regions.
    So fuck « fake news » ! Most can see that coming. It’s the real news that need a check.

    Je tra­duis vite fait :

    Anis­sa Naouai : Il y a une croi­sade qui démarre contre les pré­ten­dues « fausses nou­velles » [sur Face­book, sur Inter­net et sur les réseaux sociaux]
    […]
    Trom­per, mal infor­mer, sor­tir du contexte, et pro­pa­ger la guerre, ça c’est votre inten­tion, pour sûr. Vous vous sou­ve­nez du coup des « armes de des­truc­tion mas­sive » ? [un notable avoue : « nous aurions dû être plus pru­dents »] Oui, vous auriez dû. Mais les leçons n’ont pas été apprises. La You­go­sla­vie, l’I­rak, l’Af­gha­nis­tan, la Libye, la Syrie, les ISIS, les ter­ro­ristes, ou les — com­ment les qua­li­fiez-vous ? « rebelles modérés »?… 

    Ce que VOUS faites est beau­coup plus dan­ge­reux : vos pré­ten­dues « vraies nou­velles » démarrent des guerres, tuent et détruisent des mil­lions de per­sonnes, et détruisent des régions entières. 
    Alors, fuck vos pré­ten­dues « fausses nou­velles » ! La plu­part des citoyens vous voient venir. Ce sont vos pré­ten­dues « vraies nou­velles » qui ont besoin d’être vérifiées.

    https://​www​.face​book​.com/​i​n​t​h​e​n​o​w​/​v​i​d​e​o​s​/​7​1​5​6​1​5​8​5​5​2​5​5​4​53/

    Réponse
  9. etienne

    HOMME BLANC AVOIR LANGUE FOURCHUE…
    Le double jeu infamant de l’Occident avec Gorbatchev

    par Eric Zuesse – Le 10 sep­tembre 2015 – Source Stra­te­gic Culture

    La condi­tion­na­li­té de l’accord de l’Union sovié­tique, pour per­mettre à l’Allemagne de l’Ouest de récu­pé­rer l’Allemagne de l’Est, et ter­mi­ner ain­si la guerre froide, était que l’OTAN ne s’étendrait pas « d’un pouce vers l’est ». C’est l’accord qui a été approu­vé par le pré­sident russe de l’Union sovié­tique, Mikhaïl Gor­bat­chev, un grand homme et un héros exem­plaire pour les démo­crates par­tout dans le monde.

    Il accep­ta alors de mettre fin à l’Union sovié­tique, en aban­don­nant le com­mu­nisme, et donc de mettre fin à la guerre froide. Il a accep­té cela, parce qu’on lui avait pro­mis que l’OTAN ne s’étendrait pas « d’un pouce vers l’est » ou « d’un pouce à l’est », selon la façon dont la pro­messe a été tra­duite et com­prise – mais elle a le même sens, peu importe la tra­duc­tion. Il a fait confiance au pré­sident amé­ri­cain George Her­bert Wal­ker Bush, dont l’ami et secré­taire d’État James Baker a fait cette pro­messe à Gor­bat­chev. Avec cette pro­messe, Gor­bat­chev a accep­té de mettre fin à l’Union sovié­tique, au pacte com­mu­niste de défense mutuelle, qui était leur équi­valent de l’OTAN, le Pacte de Var­so­vie. Et il croyait que la nation res­tante, la Rus­sie, qu’il diri­ge­rait alors, serait accep­tée comme une démo­cra­tie occidentale.

    Il a même été pro­mis par les États-Unis que « nous allions être un membre [de l’OTAN], nous serions d’abord obser­va­teurs, puis un membre ». En d’autres termes, les États-Unis ont pro­mis que l’OTAN ne s’étendrait pas jusqu’aux fron­tières de la Rus­sie en deve­nant une menace mor­telle pour la sécu­ri­té natio­nale du peuple russe, iso­lé et sépa­ré de ses anciens alliés mili­taires. Au lieu de cela, a dit Gor­bat­chev, la Rus­sie serait elle-même accueillie dans l’Alliance occi­den­tale, et fina­le­ment devien­drait un membre de l’OTAN. C’était l’accord, met­tant fin à une guerre froide de qua­rante-six ans.

    La Rus­sie a res­pec­té sa part de l’accord. Les États-Unis ne l’ont pas fait. Les États-Unis ont la langue four­chue [comme dans leurs accords avec les Amé­rin­diens, NdT] et ont depuis élar­gi l’OTAN, pour y inté­grer les anciennes nations membres du Pacte de Var­so­vie dans une alliance mili­taire anti-russe – exac­te­ment ce que les États-Unis avaient pro­mis de ne jamais faire. Le pré­sident amé­ri­cain George Her­bert Wal­ker Bush a dit en pri­vé au chan­ce­lier de l’Allemagne de l’Ouest Hel­mut Kohl (qui était d’accord avec ce que James Baker avait arran­gé) : « Qu’ils aillent au diable ! Nous avons vain­cu, pas eux. » Il ne vou­lait pas la paix avec la Rus­sie. Il vou­lait la conqué­rir. Il vou­lait enfon­cer le nez des Russes dans leur infé­rio­ri­té par rap­port aux Américains.

    Le désir constant de la Rus­sie de rejoindre l’OTAN a été reje­té. C’est une guerre inten­tion­nelle de l’OTAN. C’est exac­te­ment le contraire de ce que les États-Unis avaient pro­mis à la Rus­sie, sur la base de quoi le Pacte de Var­so­vie a pris fin. Com­ment le peuple russe peut-il alors faire confiance à un pays comme les États-Unis ? Ils seraient fous de le faire.

    Mais cette trom­pe­rie, cette double peine, n’est pas seule­ment la honte de l’Amérique. Elle est aus­si deve­nue la honte de l’ensemble des nations qui ont adhé­ré à cette pro­messe occi­den­tale à l’époque. Parce que tous ont accep­té le lea­der­ship de l’Amérique dans le double jeu de cette guerre contre la Rus­sie, la guerre de l’Amérique pour conqué­rir la Rus­sie. Ils l’acceptent tout sim­ple­ment, en res­tant membres de ce gang mili­taire, main­te­nant néfaste, que l’OTAN est deve­nue. Pire encore, cer­tains des pays membres de l’OTAN à l’époque étaient – comme Kohl en Alle­magne occi­den­tale, le modèle de sa pro­té­gée Ange­la Mer­kel, qui per­pé­tue main­te­nant le crime – eux-mêmes des par­ti­ci­pants majeurs à l’élaboration, puis main­te­nant à la rup­ture, de cette pro­messe faite aux Russes.

    Voi­ci la preuve de ce crime inter­na­tio­nal his­to­rique, mas­sif et constant. Le crime qui est à l’origine de tant de misère, de des­truc­tions et de morts, non seule­ment en Rus­sie, mais dans le reste de l’Europe, où des mil­lions de réfu­giés fuient la Libye, la Syrie, l’Ukraine et d’autres anciens pays alliés de la Rus­sie – suite au chaos engen­dré par les États-Unis.

    LE TÉMOIGNAGE […]

    Lire la suite :
    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​h​o​m​m​e​-​b​l​a​n​c​-​a​v​o​i​r​-​l​a​n​g​u​e​-​f​o​u​r​c​hue

    Source : le Saker Francophone

    Réponse
  10. Scipion

    Bon­jour à tous,

    j’ai­me­rais vous racon­ter une petite his­toire. En 1942, les juges qui condam­naient à mort des civils consi­dé­rés comme « résis­tants » étaient retrou­vés la tête écla­tée contre les pavés dans des ruelles sombres. Hé hé hé.

    C’est juste une ques­tion de rap­port de force en vérité.

    Si ils font ça c’est parce qu’ils voient que de toutes façons rien de les bloquera.

    Réponse
  11. etienne

    IMPORTANT : communiqué de SynerJ à J‑15 :

    « Bon­jour à tous,

    Nous voi­ci désor­mais à 15 jours de la table-ronde SynerJ avec Phi­lippe Pas­cot, Etienne Chouard, Sté­pha­nie Gibaud et Yvan Stefanovitch.

    Au regard des nom­breuses ins­crip­tions que nous avons déjà enre­gis­trées, il s’a­vère que cette soi­rée ren­contre un vif suc­cès et nous vous en remer­cions chaleureusement.

    Pour rap­pel, la salle peut accueillir 300 places assises et afin de garan­tir votre pré­sence le jour‑J, il est vive­ment conseillé de vali­der votre ins­crip­tion en nous envoyant un mail au plus vite.

    !!! Atten­tion, les ins­crip­tions Face­book ne consti­tuent pas la vali­da­tion de votre ins­crip­tion, en cas de trop forte affluence, nous serons dans l’o­bli­ga­tion de prio­ri­ser les ins­crip­tions par mail !!!

    La pro­cé­dure pour vous ins­crire est très simple :
    Envoyez-nous un simple mail à collectif@synerj.org

    En pré­ci­sant votre nom et pré­nom, ain­si que ceux de toutes les per­sonnes qui vous accompagneront.

    Vous rece­vrez rapi­de­ment un mail de confirmation.

    Mer­ci pour votre com­pré­hen­sion à tous et nous vous don­nons ren­dez-vous le 10 décembre. »

    Toute l’é­quipe SynerJ

    https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​3​3​6​1​5​0​3​1​3​4​2​9​4​5​2​/​p​e​r​m​a​l​i​n​k​/​3​4​3​0​1​2​1​9​9​4​0​9​9​30/

    Réponse
    • Aquablue03

      Des nou­velles de la péti­tion aux infos direct tv !
      Il manque le nom de l’é­quipe que M.Morand a « omis » de don­ner pour na pas faire d’ombre à l’é­cri­ture de son bou­quin sur la cor­rup­tion française !
      Juste le nombre de signa­tures appa­raissent ver­ba­le­ment .….147.000 intéressés !
      Bonne nuit

      Réponse
    • Aquablue03

      Bon­jour ! Récep­tion Mail de L’au­teur de la péti­tion :« Pour l’interdiction aux déten­teurs d’un casier judi­ciaire d’ef­fec­tuer un man­dat élec­to­ral » vous envoie un message !
      Boîte de réception
      x
      MesO­pi­nions Se désabonner

      27 janv. (Il y a 2 jours)

      À moi
      Si ce mes­sage ne s’af­fiche pas cor­rec­te­ment, sui­vez ce lien
      Bon­jour à toutes et à tous,

      Vous avez signé la péti­tion « Pour l’interdiction aux déten­teurs d’un casier judi­ciaire d’ef­fec­tuer un man­dat électoral ».

      Le 27/01/2017 :

      Mer­ci à tous ceux qui ont per­mis que cette loi voit le jour le 1er février.
      Mer­ci à Xavier Jan­do dit Dan­jou, Yan­nick Tal­houet, Jean Bolt les trois autres ins­ti­ga­teurs de la pétition.

      Peti­tion : Pour l’interdiction aux déten­teurs d’un casier judi­ciaire d’ef­fec­tuer un man­dat électoral

      Même s’ils « se réveillent un peu tard (loi, pas valable en 2017, amen­de­ments à pré­voir, sénat sans doute réfractaire)même « s’ils » tirent un peu beau­coup la cou­ver­ture à eux en oubliant (volon­tai­re­ment?) qu’ils ne l’ont fait cette loi que sous la pres­sion popu­laire que nous avons organisé.

      Cela, prouve que l’on peut gagner si nous nous orga­ni­sons : ON EST LE NOMBRE !
      Si quelques médias ou jour­na­listes encore un peu libre nous relaient, si nous uti­li­sons le sys­tème pour mieux le remettre à sa place : au ser­vice des citoyens !
      Mer­ci à tous,
      Phi­lippe Pascot

      Une loi « casier judi­ciaire vierge » pour « en finir avec le sen­ti­ment d’im­pu­ni­té » des élus :Voir l’article

      Signons , par­ta­geons ! Soyons 150 000 avant le 1er février !
      Par­ta­gez cette péti­tion avec vos amis :
      Bon dimanche

      Réponse
  12. etienne

    Quand j’é­coute Jean-Luc Mélen­chon aujourd’­hui, je suis heu­reux de voir que germent enfin les idées que je défends depuis onze ans (citoyens consti­tuants, tirage au sort…), et il y a des trou­vailles issues du tra­vail de cet homme-là (et bien des idées à discuter) :

    MÉLENCHON – FAQ – 6E RÉPUBLIQUE, CONSTITUTION, TIRAGE AU SORT, CANNABIS, BIO, YOUTUBE, SNOWDEN, ASSANGE…

    Réponse
    • Aquablue03

      Bon­soir ,
      Oui , mais il va concou­rir pour une place d’élu …,
      soi disant pour la lais­ser après ! À suivre .…
      C’est mon favo­ri après vous bien sûr

      Réponse
  13. Ronald

    En atten­dant que ne soit mise en ligne la vidéo de la réunion de SynerJ, voi­ci la video de la réunion pré­cé­dente, avec Loïc Blon­diaux.

    Le temps est révo­lu où les idées de démo­cra­ti­sa­tion étaient ridi­cu­li­sées. Au fur et à mesure qu’elles vont s’é­tendre, elle vont être reprises et dis­cu­tées par des pro­fes­sion­nels des ins­ti­tu­tions. Cela va être inté­res­sant de voir com­ment ces idées vont être refor­mu­lées, défen­dues ou critiquées. 

    Glo­ba­le­ment, vous connais­sez déjà les grandes lignes de la pré­sen­ta­tion, mais il y a des mises en pers­pec­tive intéressantes.
    On note­ra en fin de pre­mière vidéo (54′ et sui­vantes) le pas­sage où il explique com­ment doit se faire la tran­si­tion vers une consti­tu­tion démo­cra­tique de manière non révo­lu­tion­naire. C’est à peu près ain­si que je voyais les choses. Juste que je ne com­prend pas trop pour­quoi il juge néces­saire de poser au préa­lable que l’on res­pec­te­ra le bloc de consti­tu­tion­na­li­té actuel, ça me semble un peu bizarre.

    L’ex­po­sé :

    L’é­change avec le public :

    Réponse
  14. etienne

    [Graphique de répartition] Les inculpés de LuxLeaks :

    Réponse

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