[Passionnant, émouvant, important] John PILGER interroge Julian ASSANGE (vidéo), et John Pilger insiste sur le rôle criminel des « journalistes » mainstream qui nous conduisent à nouveau à accepter la guerre

5/11/2016 | 28 commentaires

Je consi­dère John Pil­ger et Julian Assange comme deux per­sonnes admi­rables, du point de vue du bien com­mun ; deux jour­na­listes dignes de ce nom, deux héros de la résis­tance à la cor­rup­tion, aux abus de pou­voir et à la guerre.

Je regroupe ici deux docu­ments poi­gnants, essen­tiels pour com­prendre pour quelles lamen­tables rai­sons l’hu­ma­ni­té va subir à nou­veau l’en­fer sur terre.

1) Une vidéo pas­sion­nante, où Pil­ger et Assange éva­luent cal­me­ment les res­pon­sa­bi­li­tés scan­da­leuses de la guerre qui vient.

2) Une syn­thèse écrite, impor­tante, à lire le crayon à la main, où Pil­ger pointe la res­pon­sa­bi­li­té car­di­nale des jour­na­listes dans les guerres qui ravagent et rava­ge­ront la planète.

Mer­ci à RT et à LGS de relayer ces impor­tantes infor­ma­tions, au milieu de l’am­biance géné­rale va-t-en-guerre de la presse pros­ti­tuée aux pires criminels.

C’est à nous, simples citoyens, de défendre ces héros, lan­ceurs l’a­lertes, « whist­le­blo­wers », du mieux que nous pou­vons, pied à pied, de por­ter leur parole, par­tout sur terre, contre les men­songes des médias de la banque et de la guerre, pour que la conscience popu­laire refuse mas­si­ve­ment la guerre, où que ce soit, et pour que soient un jour incri­mi­nés les riches assassins.

Étienne.


Entretien exclusif de John Pilger avec Julian Assange :

À l’intérieur du gouvernement invisible : Guerre, Propagande, Clinton & Trump


par John PILGER
Le jour­na­liste amé­ri­cain, Edward Ber­nays, est sou­vent pré­sen­té comme l’inventeur de la pro­pa­gande moderne. Neveu de Sig­mund Freud, le pion­nier de la psy­cha­na­lyse, Ber­nays a inven­té le terme « rela­tions publiques » comme un euphé­misme pour dési­gner les mani­pu­la­tions et les trom­pe­ries.En 1929, il a per­sua­dé les fémi­nistes de pro­mou­voir les ciga­rettes pour les femmes en fumant lors d’une parade à New York – un com­por­te­ment consi­dé­ré à l’époque comme sau­gre­nu. Une fémi­niste, Ruth Booth, a décla­ré,  » Femmes ! Allu­mez un nou­veau flam­beau de la liber­té ! Lut­tez contre un autre tabou sexiste ! »

L’influence de Ber­nays s’étendait bien au-delà de la publi­ci­té. Son plus grand suc­cès a été de convaincre le public amé­ri­cain de se joindre à la grande tue­rie de la Pre­mière Guerre mon­diale. Le secret, disait-il, était « de fabri­quer le consen­te­ment » des per­sonnes afin de les « contrô­ler et orien­ter selon notre volon­té et à leur insu ».

Il décri­vait cela comme « le véri­table pou­voir de déci­sion dans notre socié­té » et l’appelait le « gou­ver­ne­ment invi­sible ».

Aujourd’hui, le gou­ver­ne­ment invi­sible n’a jamais été aus­si puis­sant et aus­si peu com­pris. Dans toute ma car­rière de jour­na­liste et de cinéaste, je n’ai jamais connu de pro­pa­gande aus­si influente sur nos vies que celle qui sévit aujourd’hui, et qui soit aus­si peu contestée.

Ima­gi­nez deux villes. Les deux sont en état de siège par les forces gou­ver­ne­men­tales de ces pays. Les deux villes sont occu­pées par des fana­tiques, qui com­mettent des atro­ci­tés, comme la décapitation.

Mais il y a une dif­fé­rence essen­tielle. Dans une des deux villes, les jour­na­listes occi­den­taux embar­qués avec les sol­dats gou­ver­ne­men­taux décrivent ces der­niers comme des libé­ra­teurs et annoncent avec enthou­siasme leurs batailles et leurs frappes aériennes. Il y a des pho­tos en pre­mière page de ces sol­dats héroïques fai­sant le V de la vic­toire. Il est très peu fait men­tion des vic­times civiles.

Dans la deuxième ville – dans un pays voi­sin – il se passe presque exac­te­ment la même chose. Les forces gou­ver­ne­men­tales assiègent une ville contrô­lée par la même trempe de fanatiques.

La dif­fé­rence est que ces fana­tiques sont sou­te­nus, équi­pés et armés par « nous » – par les Etats-Unis et la Grande-Bre­tagne. Ils ont même un centre de médias finan­cé par la Grande-Bre­tagne et les Etats-Unis.

Une autre dif­fé­rence est que les sol­dats gou­ver­ne­men­taux qui assiègent cette ville sont les méchants, condam­nés pour avoir agres­sé et bom­bar­dé la ville – ce qui est exac­te­ment ce que les bons sol­dats font dans la pre­mière ville.

Dérou­tant ? Pas vrai­ment. Tel est le double stan­dard de base qui est l’essence même de la pro­pa­gande. Je parle, bien sûr, du siège actuel de la ville de Mos­soul par les forces gou­ver­ne­men­tales ira­kiennes, sou­te­nues par les Etats-Unis et la Grande-Bre­tagne et le siège d’Alep par les forces gou­ver­ne­men­tales de la Syrie, sou­te­nues par la Rus­sie. L’un est bon ; l’autre est mauvais.

Ce qui est rare­ment signa­lé est que les deux villes ne seraient pas occu­pées par des fana­tiques et rava­gées par la guerre si la Grande-Bre­tagne et les États-Unis n’avaient pas enva­hi l’Irak en 2003. Cette entre­prise cri­mi­nelle fut lan­cée sur la base de men­songes éton­nam­ment sem­blables à la pro­pa­gande qui déforme main­te­nant notre com­pré­hen­sion de la guerre en Syrie.

Sans ce bat­te­ment de tam­bour de pro­pa­gande dégui­sé en infor­ma­tions, les mons­trueux Daesh, Al-Qai­da, al-Nus­ra et tout le reste de ces bandes de dji­ha­distes pour­raient ne pas exis­ter, et le peuple syrien ne serait pas en train de se battre pour sa survie.

Cer­tains se sou­vien­dront peut-être de tous ces jour­na­listes de la BBC qui en 2003 défi­laient devant les camé­ras pour nous expli­quer que l’initiative de Blair était « jus­ti­fiée » pour ce qui allait deve­nir le crime du siècle. Les chaînes de télé­vi­sion US four­nis­saient les mêmes jus­ti­fi­ca­tions pour George W. Bush. Fox News invi­ta Hen­ry Kis­sin­ger pour dis­ser­ter sur les men­songes de Colin Powell.

La même année, peu après l’invasion, j’ai fil­mé une inter­view à Washing­ton de Charles Lewis, le célèbre jour­na­liste d’investigation. Je lui ai deman­dé, « Qu’est-ce qui se serait pas­sé si les médias les plus libres du monde avaient sérieu­se­ment remis en ques­tion ce qui s’est avé­ré être une pro­pa­gande gros­sière ? »

Il a répon­du que si les jour­na­listes avaient fait leur tra­vail, « il y a de très fortes chances qui nous ne serions pas entrés en guerre contre Irak. »

Ce fut une décla­ra­tion cho­quante, et confir­mée par d’autres jour­na­listes célèbres à qui j’ai posé la même ques­tion – Dan Rather de CBS, David Rose du Obser­ver et des jour­na­listes et pro­duc­teurs de la BBC, qui sou­hai­taient res­ter anonymes.

En d’autres mots, si les jour­na­listes avaient fait leur tra­vail, s’ils avaient contes­té et enquê­té sur la pro­pa­gande au lieu de l’amplifier, des cen­taines de mil­liers d’hommes, de femmes et d’enfants seraient encore en vie aujourd’hui, et il n’y aurait pas de Daesh et aucun siège à Alep ou à Mossoul.

Il y aurait eu aucune atro­ci­té dans le métro de Londres le 7 Juillet 2005. Il n’y aurait eu aucune fuite de mil­lions de réfu­giés ; il n’y aurait pas de camps misérables.

Lorsque l’atrocité ter­ro­riste a eu lieu à Paris, au mois de novembre der­nier, le pré­sident Fran­çois Hol­lande a immé­dia­te­ment envoyé des avions pour bom­bar­der la Syrie – et plus de ter­ro­risme a sui­vi, de façon pré­vi­sible, pro­duit par la gran­di­lo­quence de Hol­lande sur la France « en guerre » et « ne mon­trant aucune pitié ». Que la vio­lence de l’État et la vio­lence dji­ha­diste s’alimentent mutuel­le­ment est une réa­li­té qu’aucun diri­geant natio­nal n’a le cou­rage d’aborder.

« Lorsque la véri­té est rem­pla­cée par le silence », a décla­ré le dis­si­dent sovié­tique Yev­tu­shen­ko, « le silence devient un men­songe ».

L’attaque contre l’Irak, l’attaque contre la Libye, l’attaque contre la Syrie ont eu lieu parce que les diri­geants de cha­cun de ces pays n’étaient pas des marion­nettes de l’Occident. Le bilan en matière de droits de l’homme d’un Sad­dam ou d’un Kadha­fi est hors de pro­pos. Ils ont déso­béi aux ordres et n’ont pas aban­don­né le contrôle de leur pays.

Le même sort atten­dait Slo­bo­dan Milo­se­vic une fois qu’il avait refu­sé de signer un « accord » qui exi­geait l’occupation de la Ser­bie et sa conver­sion à une éco­no­mie de mar­ché. Son peuple fut bom­bar­dé, et il fut pour­sui­vi à La Haye. Une telle indé­pen­dance est intolérable.

Comme Wik­Leaks l’a révé­lé, ce ne fut que lorsque le diri­geant syrien Bashar al-Assad reje­ta en 2009 un pro­jet d’oléoduc qui devait tra­ver­ser son pays en pro­ve­nance du Qatar vers l’Europe, qu’il a été attaqué.

A par­tir de ce moment, la CIA a pré­vu de détruire le gou­ver­ne­ment de la Syrie avec les fana­tiques jiha­distes – les mêmes fana­tiques qui tiennent actuel­le­ment en otage les habi­tants de Mos­soul et des quar­tiers est d’Alep.

Pour­quoi les médias n’en parlent pas ? L’ancien fonc­tion­naire du Minis­tère des Affaires étran­gères bri­tan­nique, Carne Ross, qui était res­pon­sable des sanc­tions opé­ra­tion­nelles contre l’Irak, m’a dit : « Nous four­nis­sions aux jour­na­listes des bribes d’informations soi­gneu­se­ment triées, ou nous les tenions à l’écart. Voi­là com­ment ça fonc­tion­nait. ».

L’allié médié­val de l’Occident, l’Arabie Saou­dite – à laquelle les Etats-Unis et la Grande-Bre­tagne vendent des mil­liards de dol­lars d’armement – est en ce moment en train de détruire le Yémen, un pays si pauvre que, dans le meilleur des cas, la moi­tié des enfants souffrent de malnutrition.

Cher­chez sur You­Tube et vous ver­rez le genre de bombes mas­sives – « nos » bombes – que les Saou­diens uti­lisent contre des vil­lages de terre bat­tue, et contre les mariages et les funérailles.

Les explo­sions res­semblent à de petites bombes ato­miques. Ceux qui pilotent ces bombes depuis l’Arabie Saou­dite tra­vaillent côte à côte avec des offi­ciers bri­tan­niques. Vous n’en enten­drez pas par­ler dans les jour­naux télé­vi­sés du soir.

La pro­pa­gande est plus effi­cace lorsque notre consen­te­ment est fabri­qué par l’élite édu­quée – Oxford, Cam­bridge, Har­vard, Colum­bia – qui fait car­rière à la BBC, au Guar­dian, New York Times, Washing­ton Post.

Ces médias sont répu­tés pour être pro­gres­sistes. Ils se pré­sentent comme des gens éclai­rés, des tri­buns pro­gres­sistes de la morale ambiante. Ils sont anti-racistes, pro-fémi­nistes et pro-LGBT.

Et ils adorent la guerre.

En même temps qu’ils défendent le fémi­nisme, ils sou­tiennent les guerres rapaces qui nient les droits d’innombrables femmes, dont le droit à la vie.

En 2011, la Libye, un Etat moderne, fut détruite sous pré­texte que Mouam­mar Kadha­fi était sur le point de com­mettre un géno­cide contre son propre peuple. L’information tour­nait en boucle ; mais il n’y avait aucune preuve. C’était un mensonge.

En réa­li­té, la Grande-Bre­tagne, l’Europe et les États-Unis vou­laient ce qu’ils aiment à appe­ler un « chan­ge­ment de régime » en Libye, le plus grand pro­duc­teur de pétrole en Afrique. L’influence de Kadha­fi sur le conti­nent et, sur­tout, son indé­pen­dance était intolérable.

Il a donc été assas­si­né avec un cou­teau dans le dos par des fana­tiques, sou­te­nus par les Etats-Unis, la Grande-Bre­tagne et la France. Devant une camé­ra, Hil­la­ry Clin­ton a applau­di sa mort hor­rible en décla­rant,  » Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ! »

La des­truc­tion de la Libye fut un triomphe média­tique. Tan­dis que l’on bat­tait les tam­bours de guerre, Jona­than Freed­land écri­vait dans le Guar­dian : « Bien que les risques soient bien réels, le cas d’une inter­ven­tion reste forte. »

Inter­ven­tion. Un mot poli, bénin, très « Guar­dian », dont la signi­fi­ca­tion réelle, pour la Libye, fut la mort et la destruction.

Selon ses propres dos­siers, l’OTAN a lan­cé 9.700 « frappes aériennes » contre la Libye, dont plus d’un tiers étaient des­ti­nées à des cibles civiles. Elles com­pre­naient des mis­siles avec des ogives d’uranium. Regar­dez les pho­tos des décombres à Misu­ra­ta et à Syrte, et les fosses com­munes iden­ti­fiées par la Croix-Rouge. Le rap­port de l’Unicef sur les enfants tués dit, « la plu­part [d’entre eux] avaient moins de dix ans. » Comme consé­quence directe, Syrte est deve­nue la capi­tale de l’Etat Islamique.

L’Ukraine est un autre triomphe média­tique. Des jour­naux libé­raux res­pec­tables tels que le New York Times, le Washing­ton Post et le Guar­dian, et les dif­fu­seurs tra­di­tion­nels tels que la BBC, NBC, CBS et CNN ont joué un rôle cru­cial dans le condi­tion­ne­ment de leurs télé­spec­ta­teurs pour accep­ter une nou­velle et dan­ge­reuse guerre froide.

Tous ont défor­mé les évé­ne­ments en Ukraine pour en faire un acte malé­fique de la Rus­sie, alors qu’en réa­li­té, le coup d’Etat en Ukraine en 2014 fut le tra­vail des États-Unis, aidés par l’Allemagne et de l’OTAN.

Cette inver­sion de la réa­li­té est tel­le­ment omni­pré­sente que les menaces mili­taires de Washing­ton envers la Rus­sie sont pas­sées sous silence ; tout est occul­té par une cam­pagne de déni­gre­ment et de peur du genre de celui que j’ai connu pen­dant la pre­mière guerre froide. Une fois de plus, les Russ­koffs viennent nous cher­cher des poux, diri­gés par un nou­veau Sta­line, que The Eco­no­mist dépeint comme le diable.

L’occultation de la véri­té sur l’Ukraine est une des opé­ra­tions de cen­sure les plus com­plètes que j’ai jamais vue. Les fas­cistes qui ont conçu le coup d’Etat à Kiev sont de la même trempe que ceux qui ont sou­te­nu l’invasion nazie de l’Union sovié­tique en 1941. Alors que l’on se répand sur les craintes d’une mon­tée de l’antisémitisme fas­ciste en Europe, aucun diri­geant ne men­tionne les fas­cistes en Ukraine – sauf Vla­di­mir Pou­tine, mais lui ne compte pas.

Beau­coup dans les médias occi­den­taux ont tra­vaillé dur pour pré­sen­ter la popu­la­tion rus­so­phone eth­nique de l’Ukraine comme des étran­gers dans leur propre pays, comme des agents de Mos­cou, presque jamais comme des Ukrai­niens qui cherchent une fédé­ra­tion en Ukraine et, en tant que citoyens ukrai­niens, qui résistent à un coup d’Etat orches­tré depuis l’étranger contre leur gou­ver­ne­ment élu.

Chez les bel­li­cistes règne pra­ti­que­ment le même état d’excitation que lors d’une réunion de classe. Le bat­teurs de tam­bour du Washing­ton Post qui incitent à la guerre contre la Rus­sie sont les mêmes qui publiaient les men­songes sur les armes de des­truc­tions mas­sive de Sad­dam Hussein.

Pour la plu­part d’entre nous, la cam­pagne pré­si­den­tielle US est un spec­tacle de monstres, où Donald Trump tient le rôle du grand méchant. Mais Trump est détes­té par ceux qui détiennent le pou­voir aux États-Unis pour des rai­sons qui ont peu à voir avec son com­por­te­ment odieux et ses opi­nions. Pour le gou­ver­ne­ment invi­sible à Washing­ton, le Trump impré­vi­sible est un obs­tacle au pro­jet de l’Amérique pour le 21e siècle, qui est de main­te­nir la domi­na­tion des États-Unis et de sou­mettre la Rus­sie, et, si pos­sible, la Chine.

Pour les mili­ta­ristes à Washing­ton, le vrai pro­blème avec Trump est que, dans ses moments de luci­di­té, il ne semble pas vou­loir une guerre avec la Rus­sie ; il veut par­ler avec le pré­sident russe, pas le com­battre ; il dit qu’il veut par­ler avec le pré­sident de la Chine.

Dans le pre­mier débat avec Hil­la­ry Clin­ton, Trump a pro­mis de ne pas être le pre­mier à uti­li­ser des armes nucléaires dans un conflit. Il a dit : « Je ne vou­drais cer­tai­ne­ment pas effec­tuer la pre­mière frappe. Une fois l’option nucléaire prise, c’est fini. » Les médias n’en ont pas parlé.

Le pen­sait-il réel­le­ment ? Qui sait ? Il se contre­dit sou­vent. Mais ce qui est clair, c’est que Trump est consi­dé­ré comme une grave menace pour le sta­tu quo entre­te­nu par le vaste appa­reil de sécu­ri­té natio­nale qui opère aux États-Unis, quel que soit l’occupant de la Mai­son Blanche.

La CIA veut le voir bat­tu. Le Penta­gone veut le voir bat­tu. Les médias veulent le voir bat­tu. Même son propre par­ti veut le voir bat­tu. Il repré­sente une menace pour les diri­geants du monde – contrai­re­ment à Clin­ton, qui n’a lais­sé aucun doute qu’elle était prête à aller en guerre contre la Rus­sie et la Chine, deux pays qui pos­sèdent des armes nucléaires.

Clin­ton a la forme, comme elle s’en vante sou­vent. En effet, elle n’a plus rien à prou­ver. En tant que séna­trice, elle a sou­te­nu le bain de sang en Irak. Quand s’est pré­sen­tée contre Oba­ma en 2008, elle a mena­cé de « tota­le­ment détruire » l’Iran. En tant que secré­taire d’Etat, elle a com­plo­té dans la des­truc­tion des gou­ver­ne­ments de la Libye et du Hon­du­ras et mis en branle la pro­vo­ca­tion de la Chine.

Elle a pro­mis de sou­te­nir une zone d’exclusion aérienne en Syrie – une pro­vo­ca­tion directe d’une guerre avec la Rus­sie. Clin­ton pour­rait bien deve­nir le pré­sident le plus dan­ge­reux des États-Unis de mon vivant – un titre pour lequel la concur­rence est rude.

Sans la moindre preuve, elle a accu­sé la Rus­sie de sou­te­nir Trump et d’avoir pira­té ses e‑mails. Publiés par Wiki­Leaks, ces e‑mails nous révèlent que ce que dit Clin­ton en pri­vé, dans ses dis­cours aux riches et puis­sants, est le contraire de ce qu’elle dit en public.

Voi­là pour­quoi il est si impor­tant de faire taire et de mena­cer Julian Assange. En tant que diri­geant de Wiki­Leaks, Julian Assange connaît la véri­té. Et per­met­tez-moi de ras­su­rer tous ceux qui sont pré­oc­cu­pés, il va bien, et Wiki­Leaks tourne à plein régime.

Aujourd’hui, la plus grande accu­mu­la­tion de forces diri­gées par les Etats-Unis depuis la Seconde Guerre mon­diale est en route – dans le Cau­case et l’Europe orien­tale, à la fron­tière avec la Rus­sie, et en Asie et dans le Paci­fique, où la Chine est la cible.

Gar­dez cela à l’esprit lorsque le cirque de l’élection pré­si­den­tielle attein­dra son apo­gée le 8 Novembre, Si Clin­ton gagne, un chœur des com­men­ta­teurs écer­ve­lés célé­bre­ra son cou­ron­ne­ment comme un grand pas en avant pour les femmes. Aucun ne men­tion­ne­ra les vic­times de Clin­ton : les femmes syriennes, les femmes ira­kiennes, les femmes libyennes. Aucun ne men­tion­ne­ra les exer­cices de défense civile menées en Rus­sie. Aucun ne rap­pel­le­ra « les flam­beaux de la liber­té » d’Edward Bernays.

Un jour, le porte-parole char­gé des rela­tions avec la presse de George Bush a qua­li­fié les médias de « faci­li­ta­teurs com­plices ».

Venant d’un haut fonc­tion­naire d’une admi­nis­tra­tion dont les men­songes, per­mis par les médias, ont pro­vo­qué tant de souf­frances, cette des­crip­tion est un aver­tis­se­ment de l’histoire.

En 1946, le pro­cu­reur du Tri­bu­nal de Nurem­berg a décla­ré au sujet des médias alle­mands : « Avant chaque agres­sion majeure, ils lan­çaient une cam­pagne de presse cal­cu­lée pour affai­blir leurs vic­times et pré­pa­rer psy­cho­lo­gi­que­ment le peuple alle­mand pour une attaque. Dans le sys­tème de pro­pa­gande, la presse quo­ti­dienne et la radio étaient les armes les plus impor­tantes. »

John Pil­ger

Tra­duc­tion « j’avais récem­ment recom­men­cé à écou­ter France-Inter mais je n’ai tenu qu’une petite semaine » par VD pour le Grand Soir avec pro­ba­ble­ment toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://​john​pil​ger​.com/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​i​n​s​i​d​e​-​t​h​e​-​i​n​v​i​s​i​b​l​e​-​g​o​v​e​r​n​m​e​n​t​-​w​a​r​-​pro…
URL de cet article 31101
http://www.legrandsoir.info/a‑l-interieur-du-gouvernement-invisible-guerre-propagande-clinton-trump.html

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​6​5​5​5​1​0​5​3​2​317

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28 Commentaires

  1. etienne

    John Pilger – Les Nouveaux Maîtres du Monde (2001)

    Réponse
    • ève

      NON !
      Les maitres du monde , c’est la main d’oeuvre !
      Ima­gi­ner qu’un matin , per­sonne ne soit au travail !
      Puis­qu’il faut mou­rir dans la pré­ca­ri­té , qu’ils soient invités

      Réponse
  2. etienne

    Interview – John Pilger à Going Underground VOSTFR

    Réponse
  3. etienne

    Utopia – John Pilger (2013)

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  4. etienne

    John Pilger – La Guerre Invisible (2010)

    Réponse
  5. etienne

    Pour Julian Assange, Clinton et Daesh sont financés par le même argent

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  6. etienne

    WikiLeaks, essaie-t-il de pousser Donald Trump dans la Maison Blanche ?

    Réponse
  7. Alix HEURLIER

    Cher Etienne, mer­ci pour ce site et tout se tra­vail accompli. 

    Ça fait un sacré moment que je doute, que je réponds sur ce sujet (entre autre) : « je ne sais pas com­ment me posi­tion­ner, il y a trop d’in­for­ma­tions à trier. Mais plus j’a­vance plus j’ai l’im­pres­sion que tout ceci n’est qu’une vaste fumis­te­rie ven­due (parce qu’en plus elle n’est pas gra­tuite) par des gens qui se disent du bon côté. » 

    Mer­ci d’exister ! 

    Je suis effa­ré parce que je viens de lire. J’a­vais d’autres sources rap­por­tant des faits simi­laires mais je n’é­tais pas sûr de leur fia­bi­li­té. Et puis j’ai presque 49 ans d’en­doc­tri­ne­ment. Or il se trouve que lorsque je vous ai décou­vert il y a une dizaine d’an­nées, j’ai tout de suite été « séduit » par vos pro­pos, ce qui entraîne une cer­taine confiance qu’il n’est géné­ra­le­ment pas facile à don­ner. Ayant plus de temps aujourd’­hui, j’ai l’im­pres­sion de « ren­con­trer » un par­te­naire qui sonne juste. 

    Je reste dans les parages…

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  8. Thomas

    Mer­ci, mer­ci de conti­nuer le plus long­temps que vous pour­rez à nous ren­sei­gner sur la véri­té qui se fait rare de nos jours, et qui est for­te­ment cen­su­ré mais qui devrait être connu de tous ! Mais j’ai tou­jours cette ques­tion du pour­quoi, pour­quoi nous sommes pas mis au cou­rant de tout ce lob­by men­son­ger si ne nous ren­sei­gnons pas par nous même ! cette véri­té peux faire peur tel­le­ment elle est dif­fi­cile a croire mais elle est mal­heu­reu­se­ment bien là ! ils ne veulent pas de gens curieux…

    Tho­mas 30 ans
    Conti­nuer svp ma curio­si­té en redemande

    Réponse
  9. etienne

    Le vrai crime dans l’«Huma-gate », ce sont les liens avec les Frères musulmans !

    Par F. William Eng­dahl – Le 3 novembre 2016

    Le vrai crime qui a été révé­lé par les cour­riels d’Hillary Clin­ton envoyés depuis son ser­veur pri­vé a été conscien­cieu­se­ment camou­flé, au moins jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit là d’une conspi­ra­tion cri­mi­nelle – oui, une réelle conspi­ra­tion –, visant à cacher quelque chose au peuple amé­ri­cain et au monde. C’est si explo­sif que cela pour­rait faire plus que dérailler l’étrange cam­pagne pré­si­den­tielle de Clin­ton. C’est si dan­ge­reux pour ceux qui sont impli­qués qu’un ministre de la Jus­tice amé­ri­cain [Loret­ta Lynch] et un Direc­teur du FBI [James Comey] l’ont éga­le­ment camou­flé au risque d’y perdre leur car­rière. Sur­tout, ce serait consti­tu­tif de charges sus­cep­tibles d’engendrer la des­ti­tu­tion du Pré­sident Barack Oba­ma, pour com­pli­ci­té cri­mi­nelle dans un crime odieux contre les États-Unis. Voi­là ce qui est en train d’être conscien­cieu­se­ment camouflé…

    La per­sonne clé qu’il s’agit d’examiner ici, c’est Huma Mah­mood [Mah­moud] Abe­din : la com­pagne qua­si constante d’Hillary depuis qu’elle fut son assis­tante à la Mai­son blanche sous Bill Clin­ton, au gré de la mon­tée en puis­sance des scan­dales qui com­men­cèrent en 1996. Huma Abe­din est aujourd’hui, à 40 ans, la vice-direc­trice de cam­pagne de la même Hil­la­ry Clin­ton, can­di­date à l’élection présidentielle.

    Huma Abe­din est appa­rem­ment la seule autre per­sonne a avoir dis­po­sé d’un accès com­plet au compte d’e‑mails pri­vés d’Hillary quand elle était Secré­taire d’État, et Huma était sa chef d’équipe adjointe [Depu­ty Chief of Staff], et, dans un arran­ge­ment sus­pect à faire dres­ser les che­veux sur la tête, avec mar­qué des­sus en rouge pétant « conflit d’intérêt », au moment même où elle occu­pait son emploi au Dépar­te­ment d’État amé­ri­cain nan­tie de la plus haute accré­di­ta­tion de sécu­ri­té, Abe­din était employée par la Fon­da­tion Clin­ton : la même Fon­da­tion Clin­ton qui se trouve [aujourd’hui] sous le coup d’une enquête pour avoir illé­ga­le­ment uti­li­sé la place de Hil­la­ry en tant que Secré­taire d’État afin de vendre de l’influence, en échange de mil­lions de dol­lars de « dons » à la Fon­da­tion de Bill 1. Les prin­ci­paux dona­teurs com­pre­naient les gou­ver­ne­ments de l’Arabie saou­dite et du Qatar, et pas par acci­dent : ce sont ceux-là mêmes qui sont les deux prin­ci­paux finan­ciers du Front al-Nus­ra d’al-Qaïda (l’opposition « modé­rée » de Washing­ton à Assad) et de l’EEIL aujourd’hui 2.

    Pour­quoi est-ce que je pense que Huma Abe­din, qui a été une intime de Clin­ton depuis vingt ans, depuis ses dix-neuf ans, se trouve au cœur d’une conspi­ra­tion cri­mi­nelle illé­gale qua­li­fiée de poten­tiel­le­ment « plus grosse que le Watergate » ?

    Mais parce que Huma Abe­din se trouve être au centre d’un réseau de ter­ro­risme inter­na­tio­nal cri­mi­nel qui fut der­rière les groupes ter­ro­ristes isla­mistes majeurs actifs dans le monde, depuis que la CIA créa les moud­ja­hi­dines afghans à la fin des années 1970, en tant qu’une par­tie de son Opé­ra­tion Cyclone.

    Huma Abe­din, le bras droit de la poten­tielle pro­chaine Pré­si­dente amé­ri­caine, est en effet membre de la Fra­ter­ni­té des Frères musul­mans de pied en cap, plus pré­ci­sé­ment dans son cas de la « Soro­ri­té musul­mane ». Et le degré d’influence qu’elle a sur Hil­la­ry Clin­ton, d’après tous les obser­va­teurs rap­pro­chés, est consi­dé­ré comme extraordinaire. […]
    Lire la suite :
    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​l​e​-​v​r​a​i​-​c​r​i​m​e​-​d​a​n​s​-​l​h​u​m​a​-​g​a​t​e​-​c​e​-​s​o​n​t​-​l​e​s​-​l​i​e​n​s​-​a​v​e​c​-​l​e​s​-​f​r​e​r​e​s​-​m​u​s​u​l​m​ans
    Source : le Saker Francophone

    Réponse
  10. etienne

    L’oligarchie peut elle encore voler l’élection présidentielle étatsunienne ?

    Par Paul Craig Roberts – Le 5 novembre 2016 – Stra­te­gic Culture

    Tout a été fait pour que cette élec­tion soit volée à Trump. C’était le but des son­dages tru­qués en sur­pon­dé­rant les par­ti­sans de Hil­la­ry dans les échan­tillons. Après des semaines pas­sées à entendre les résul­tats de son­dages annon­çant qu’Hillary est en tête, le public ne croi­ra pas que l’élection a été tru­quée. Le vote élec­tro­nique rend les élec­tions faciles à tru­quer, et j’ai déjà trans­mis les expli­ca­tions don­nées par les experts en fraude élec­to­rale, sur la façon dont cela peut être fait.

    De toute évi­dence, l’oligarchie ne veut pas de Donald Trump à la Mai­son Blanche, car elle n’est pas sûre de pou­voir le contrô­ler, et Hil­la­ry est son agent.

    Avec la réou­ver­ture de l’enquête du FBI sur Hil­la­ry et les scan­dales connexes qui explosent tout autour d’elle, le vol de l’élection ne devient pas seule­ment plus ris­qué, mais aus­si moins sus­cep­tible de ser­vir les inté­rêts de l’oligarchie.

    L’image, ain­si que l’argent, font par­tie du pou­voir oli­gar­chique. L’image de l’Amérique en pren­drait un grand coup si le peuple amé­ri­cain éli­sait un pré­sident qui est sou­mis à une enquête pour félonie.

    De plus, une pré­si­dente Hil­la­ry serait sou­mise à enquête pen­dant des années. Avec autant de pro­jec­teurs bra­qués sur elle, elle ne serait pas en mesure de ser­vir les inté­rêts de l’oligarchie. Elle serait sans valeur pour eux et, au contraire, les enquêtes qui ont déter­ré diverses connexions entre Hil­la­ry et les oli­garques pour­raient faire du tort à ces derniers.

    En d’autres termes, pour l’oligarchie, Hil­la­ry est pas­sée du sta­tut de choix avan­ta­geux à celui de choix risqué.

    Une pré­si­dence Hil­la­ry pour­rait entraî­ner notre pays dans le chaos. Je doute que les oli­garques soient assez stu­pides pour pen­ser qu’une fois qu’elle a prê­té ser­ment, Hil­la­ry puisse virer le direc­teur du FBI, Comey, et clore l’enquête. Le der­nier pré­sident à avoir ten­té une telle chose était Richard Nixon, et regar­dez où cela l’a mené.

    De plus, les répu­bli­cains à la Chambre et au Sénat ne l’admettraient pas. Le pré­sident du comi­té par­le­men­taire sur la sur­veillance et la réforme du gou­ver­ne­ment, Jason Chaf­fetz, a déjà décla­ré que Hil­la­ry allait être « une cible facile ». Avant même la fin de sa pre­mière jour­née de man­dat, nous dis­po­sons déjà de deux ans de maté­riel légal prêt à être pré­sen­té. Le pré­sident de la Chambre Paul Ryan a décla­ré que l’enquête devra suivre son cours.

    Si vous étiez un oli­garque, vou­driez-vous d’un agent sus­cep­tible d’être sou­mis à enquête ? Si vous étiez Hil­la­ry, vou­driez-vous subir ce genre de pression ?

    Que se pas­se­ra-t-il si le FBI recom­mande l’inculpation du pré­sident ? Même les Amé­ri­cains insou­ciants y ver­raient un camou­flage, si le pro­cu­reur géné­ral refu­sait de pour­suivre l’affaire. Les Amé­ri­cains per­draient toute confiance en leur gou­ver­ne­ment. Le chaos régne­rait. Le chaos peut deve­nir révo­lu­tion, et ce n’est pas bon pour les oligarques.

    En outre, si l’on peut croire cer­tains rap­ports, des scan­dales salaces semblent attendre leur heure avant d’entrer en scène. Par exemple, en mai der­nier, Fox News a déclaré :

    « L’ancien pré­sident Bill Clin­ton était un pas­sa­ger du fameux avion à par­touzes beau­coup plus assi­du que pré­cé­dem­ment signa­lé, avec les jour­naux de bord mon­trant que l’ancien pré­sident a fait au moins 26 voyages à bord du Loli­ta Express – cher­chant même à se débar­ras­ser de ses gardes du corps sur au moins cinq des vols, selon les enre­gis­tre­ments obte­nus parFox​News​.com.

    La pré­sence de Clin­ton à bord du Boeing 727 de Jef­frey Epstein a été signa­lée à 11 reprises, mais les jour­naux de bord montrent que le vrai chiffre est plus du double et que les voyages, entre 2001 et 2003, com­pre­naient des tra­jets éten­dus à tra­vers le monde avec Epstein et ses com­pa­gnons, iden­ti­fiés sur les papiers de vol par leurs ini­tiales ou par des pré­noms, comme«Tatia­na ». Le sur­nom de cet avion clos, ins­pi­ré par Nabo­kov, vient du fait qu’il aurait été équi­pé d’un lit où les pas­sa­gers avaient des rap­ports en groupe avec des jeunes filles. »

    Fox News rap­porte qu’Epstein a pur­gé une peine en pri­son pour « sol­li­ci­ta­tion et achat de mineurs pour la pros­ti­tu­tion. Il diri­geait une équipe de tra­fi­quants qui se pro­cu­rait des jeunes filles, dont cer­taines n’ayant que 12 ans, pour les mettre au ser­vice de ses amis sur « l’île Orgie », un domaine sur l’île d’Epstein, appe­lé Lit­tle St. James, aux Îles Vierges américaines ».

    Cer­tains sites Inter­net, dont la cré­di­bi­li­té m’est incon­nue, ont aus­si lié Hil­la­ry à ces vols.

    Ce genre de com­por­te­ment semble témé­raire, même pour Bill et Hil­la­ry qui sont habi­tués à tou­jours s’en tirer. Néan­moins, si vous êtes un oli­garque déjà inquiet au sujet de la réou­ver­ture du cas de Hil­la­ry sur ces cour­riers élec­tro­niques et d’autres enquêtes du FBI, comme celui de la Fon­da­tion Clin­ton, et pré­oc­cu­pé par ce qui pour­rait res­sor­tir des 650 000 cour­riels trou­vés sur l’ordinateur de l’ancien dépu­té répu­bli­cain Wei­ner, sujet d’une enquête pour pédo­phi­lie par le NYPD, mettre Hil­la­ry au bureau ovale ne res­semble pas à une bonne décision.

    À ce stade, je pense que l’oligarchie pré­fé­re­rait don­ner les élec­tions à Trump, plu­tôt que de les lui voler, et plu­tôt que per­mettre aux Amé­ri­cains insou­ciants de détruire la répu­ta­tion de l’Amérique en choi­sis­sant pour pré­sident des États-Unis une per­sonne sous investigation

    Être la « nation excep­tion­nelle » pren­drait une toute nou­velle signi­fi­ca­tion s’il y avait un cri­mi­nel à la barre.

    Paul Craig Roberts

    Article ori­gi­nal publié dans Stra­te­gic Culture

    Tra­duit par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone.
    Note du Saker Fran­co­phone : Vous trou­ve­rez une per­ti­nente ana­lyse cri­tique de ce texte de PCR sur le site fran­co­phone De Defen​sa​.org.

     

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  11. nanou

    C’est un TRUMPLEMENT de terre.
    La pro­pa­gande vient de subir une défaite historique.

    Réponse
  12. etienne

    Encore un pas­sion­nant billet (comme tous les jours)
    publié par Oli­vier sur son blog, les​-crises​.fr :

    [Pourquoi il a gagné] Trump comme on ne vous l’a jamais montré…

    Oli­vier Ber­ruyer : Les médias on mon­tré – à rai­son – la large face sombre de Trump.

    Il l’ont même mon­trée jusqu’à plus soif, jusqu’à l’hystérie.

    Notez que, pour l’essentiel, cette face pro­blé­ma­tique, dan­ge­reuse, écœu­rante, n’est, la plu­part du temps, que celle du par­ti Répu­bli­cain dans son ensemble.

    Mais le gros pro­blème – vous le savez si vous avez l’habitude de lire ce site – est qu’on ne nous a pas mon­tré l’autre face, celle qui l’a fait gagner. Et sans cette face, il était évi­dem­ment bien impos­sible de conce­voir sa vic­toire – d’où le nau­frage médiatique…

    Cette face est par­fois plai­sante – car on peut esti­mer qu’il a rai­son, que c’est du bon sens. Par­fois, sim­ple­ment drôle, avec le bagout du per­son­nage. Par­fois “popu­liste” (nou­velle insulte, mais qui, sou­vent, fait juste une moyenne avec tous nos “éli­tistes”). Par­fois aus­si d’un cynisme révol­tant – mais qui parle aus­si à beau­coup de gens… Bref, elle existe, et le métier d’un jour­na­liste est de la montrer.

    Je vous pro­pose donc quelques vidéos gla­nées sur le web, qui sont des mon­tages sous-titrés de moments forts de ses mee­tings – non vus à la télé…

    Incise (vu qu’on en parle après – et c’est savou­reux quand on a enten­du les réac­tions du jour en Europe, 87e nau­frage de notre diplomatie) :

    Et une seconde vidéo, en ver­sion d’abord courte :

    Et en ver­sion longue :

    Après, c’est du débat poli­tique et démocratique…

    N.B. : j’ai cher­ché sur You­tube, mais je n’ai pas trou­vé d’équivalent à ce der­nière mon­tage consti­tué uni­que­ment de phrases de Trump, qu’il me semble impor­tant d’avoir enten­dues. Et je n’ai pas le temps de refaire un tel mon­tage, d’où la reprise (les médias n’ont qu’à faire leur bou­lot… Signa­lez d’autres liens si vous en avez). Je pré­cise cepen­dant clai­re­ment que je ne par­tage nul­le­ment les valeurs du site ayant réa­li­sée cette vidéo (qui ne pose, elle, aucun sou­ci), bien au contraire, comme les habi­tués de ce blog le savent.

    Oli­vier Berruyer.

    Source : http://​www​.les​-crises​.fr/​p​o​u​r​q​u​o​i​-​i​l​-​a​-​g​a​g​n​e​-​t​r​u​m​p​-​c​o​m​m​e​-​o​n​-​n​e​-​v​o​u​s​-​l​a​-​j​a​m​a​i​s​-​m​o​n​t​re/

    Réponse
    • Ronald

      Ce qu’il y a de posi­tif avec Trump, c’est qu’il a intro­duit dans le débat public des pro­blèmes que tout le monde voit mais qui n’a­vaient pas le droit d’être évo­qués. À ma connais­sance, c’est le pre­mier homme public a dire qu’il ver­sait de l’argent à des par­le­men­taires, et qu’en échange, ils lui rendent ser­vice quand il en a besoin.

      Quand un demande à des repré­sen­tants du Camp du Bien ce qu’ils ont à répli­quer, on n’ob­tient que des slo­gans sur le thème « non au popu­lisme ! », « heures les plus sombres de notre his­toire », … On finit par se dire que ces gens sont soit stu­pides soit complices. 

      Même en admet­tant que Trump ne tienne aucune de ses pro­messes pro­gres­sistes, le fait d’a­voir intro­duit des sujets sur la place publique est déjà un pro­grès en soi.

      Un com­men­taire sur les réac­tions du Camp du Bien, auquel je n’ai rien à retrancher :

      Réponse
      • etienne

        Flo­ri­lège (de coups de pied dans la fourmilière) :

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  13. etienne

    Jean Bricmont : Victoire de Trump : la défaite de l’arrogance

    https://​fran​cais​.rt​.com/​o​p​i​n​i​o​n​s​/​2​8​8​0​3​-​v​i​c​t​o​i​r​e​-​t​r​u​m​p​-​d​e​f​a​i​t​e​-​a​r​r​o​g​a​n​c​e​-​b​r​i​c​m​ont

    « L’é­lec­tion de Trump révèle l’abime crois­sant entre les vic­times de la mon­dia­li­sa­tion et les élites intel­lec­tuelles de gauche qui ont depuis long­temps ces­sé de s’in­té­res­ser à elles, selon l’essayiste belge Jean Bricmont. »

    JB : « Pour­tant je suis assez vieux pour me sou­ve­nir d’une époque où tous les par­tis de gauche, socia­listes ou com­mu­nistes, et même les démo­crates amé­ri­cains, s’ap­puyaient sur les tra­vailleurs ou sur la « classe ouvrière » ou sur le « com­mon man ». Per­sonne n’al­lait véri­fier si ces gens étaient munis de diplômes uni­ver­si­taires et on ne fai­sait non plus d’en­quête pour véri­fier si leurs opi­nions étaient poli­ti­que­ment cor­rectes sur des ques­tions comme le racisme, le sexisme ou l’homophobie.

    Ce qui défi­nis­sait les tra­vailleurs comme sujets pro­gres­sistes était leur situa­tion d’ex­ploi­ta­tion éco­no­mique et non pas une quel­conque ortho­doxie idéo­lo­gique ou pure­té morale.

    Le héros plus ou moins mythique de la gauche ne fut plus le pro­lé­taire mais le mar­gi­nal, le migrant

    À la fin des années 1970 un grand tour­nant s’est opé­ré dans les par­tis de gauche ; ils ont été de plus en plus domi­nés par des intel­lec­tuels sou­vent issus du monde uni­ver­si­taire et leur idéo­lo­gie a radi­ca­le­ment chan­gé par rap­port à celle de la gauche classique.

    Loin de viser à éta­blir une forme ou une autre de socia­lisme ou même de jus­tice sociale, la gauche est deve­nue la cham­pionne de la lutte pour l’é­ga­li­té des chances, contre les dis­cri­mi­na­tions, les pré­ju­gés, et, mon­dia­li­sa­tion oblige, l’ou­ver­ture des marchés.

    Le héros plus ou moins mythique de la gauche ne fut plus le pro­lé­taire mais le mar­gi­nal, le migrant, l’é­tran­ger, le dis­si­dent, ou le rebelle, mêmes si celui-ci est un fana­tique reli­gieux dont aucun intel­lec­tuel de gauche ne vou­drait dans son voi­si­nage. On est for­cé de repen­ser à Rous­seau qui se moquait des gens qui font mine d’ai­mer les Tatares pour se dis­pen­ser d’ai­mer leurs voisins.

    On s’est peu à peu retrou­vé avec une nou­velle alliance de classe : le 1% comme on l’ap­pelle, ou, pour être réa­listes, les 10% des plus riches qui béné­fi­cient de la mon­dia­li­sa­tion sont alliés à l’en­semble de la petite-bour­geoi­sie intel­lec­tuelle qui nous vendent la mon­dia­li­sa­tion heu­reuse au nom de « l’ou­ver­ture à l’autre » et qui agitent le spectre du racisme et du sexisme pour atti­rer les mino­ri­tés et cer­taines fémi­nistes (bien que les femmes ne soient pas une mino­ri­té, cer­taines fémi­nistes ont des reven­di­ca­tions simi­laires à celles des minorités).

    Les prin­ci­pales vic­times de la mon­dia­li­sa­tion sont les tra­vailleurs les moins qualifiés

    Mais cette alliance était extrê­me­ment contre-nature d’un point de vue socio-éco­no­mique, parce que les prin­ci­pales vic­times de la mon­dia­li­sa­tion sont les tra­vailleurs les moins qua­li­fiés, qui sont sou­vent issus de mino­ri­tés ou des femmes.

    Le par­ti pris pro-glo­ba­li­sa­tion de la gauche l’a ame­née d’une dérive à l’autre. D’a­bord elle a aban­don­né toute pré­ten­tion à une régu­la­tion quel­conque de l’é­co­no­mie, se conten­tant de pré­tendre répar­tir équi­ta­ble­ment les fruits de la crois­sance et à assu­rer « l’é­ga­li­té des chances ». Mais dans le monde réel, on a eu affaire à un accrois­se­ment des inéga­li­tés et à une crois­sance éco­no­mique très faible.

    On a aus­si ima­gi­né que le droit inter­na­tio­nal pou­vait être abo­li et qu’une cer­taine « com­mu­nau­té inter­na­tio­nale », en pra­tique les Etats-Unis et leurs alliés, allait faire régner l’ordre au niveau mon­dial et cela de façon mili­taire. À nou­veau, dans le monde réel, cela n’a fait qu’en­gen­drer plus de chaos, de misère, de réfu­giés, et de résis­tance à cet ordre « amé­ri­cain ». En fait, à la longue, la popu­la­tion amé­ri­caine s’est mise à souf­frir d’un mal étrange, le « war fatigue ». À part une mino­ri­té d’i­déo­logues, presque plus per­sonne aux Etats-Unis ne veut assu­mer les coûts d’un empire.

    Il a fal­lu aus­si réagir aux pro­tes­ta­tions des vic­times de la mon­dia­li­sa­tion. Ces pro­tes­ta­tions ont été gérées par l’i­déo­lo­gie de la tolé­rance : toute hos­ti­li­té à la mon­dia­li­sa­tion deve­nait rejet de l’autre, racisme, xéno­pho­bie. Les intel­lec­tuels se sont lan­cés avec enthou­siasme dans ce « com­bat contre le racisme », tout en veillant à gar­der leur posi­tion pri­vi­lé­giée dans la socié­té, à l’abri des tor­nades de la mondialisation.

    L’é­lec­tion de Trump montre la révolte de la popu­la­tion américaine

    Aux États-Unis, on se contente de stig­ma­ti­ser les mal-pen­sants, en Europe, on va jus­qu’à les pour­suivre devant les tribunaux.

    Tout cela devait bien explo­ser un jour, comme le mur de Ber­lin et l’URSS, et fon­da­men­ta­le­ment pour les mêmes rai­sons : une élite auto-satis­faite, cou­pée des réa­li­tés sociales et pas­sa­ble­ment incom­pé­tente qui pré­tend faire le bon­heur du peuple sans lui deman­der son avis, et qui, en fin de compte, ne délivre même pas les bien­faits pro­mis, finit par pro­duire une révolte contre elle.

    Après le Brexit, vint Trump. On peut glo­ser à l’en­vi sur ce per­son­nage, mais plus les « libé­raux » amé­ri­cains en disent du mal, plus ils sou­lignent impli­ci­te­ment l’é­nor­mi­té de leur défaite : après des années de poli­ti­que­ment cor­rect et « d’é­du­ca­tion » au fémi­nisme et à l’an­ti­ra­cisme, que peut-on ima­gi­ner de pire comme échec que l’é­lec­tion d’un indi­vi­du aus­si dia­bo­li­sé par les fémi­nistes et les anti­ra­cistes que Trump ?

    Pour les euro­péistes et les par­ti­sans de la mon­dia­li­sa­tion et des guerres huma­ni­taires, la vic­toire de Trump a un peu l’ef­fet que les grèves ouvrières en Pologne avaient sur les com­mu­nistes : celles-ci mon­traient le mécon­ten­te­ment qui exis­tait même dans le pro­lé­ta­riat là où il était sup­po­sé exer­cer sa dic­ta­ture. L’é­lec­tion de Trump montre la révolte de la popu­la­tion amé­ri­caine dans la cita­delle même du libre-échange et de l’impérialisme.

    Reste évi­dem­ment à savoir si Trump va réa­li­ser les aspects pro­gres­sistes de son pro­gramme : pro­tec­tion­nisme et paix avec la Rus­sie. Ce sont ces aspects qui irritent sans doute le plus l’o­li­gar­chie et non ses petites phrases ou ses gali­pettes. Par consé­quent, ce sont ces aspects qui néces­si­te­ront le plus d’in­tel­li­gence et de déter­mi­na­tion de sa part.

    Une gauche qui ferait un bilan lucide de ses éga­re­ments pas­sés devrait consa­crer tous ses efforts à pous­ser Trump dans la bonne direc­tion, plu­tôt que de s’a­lié­ner encore plus la popu­la­tion en adop­tant une nou­velle pos­ture de supé­rio­ri­té morale et en ven­dant à nou­veau son âme à la direc­tion du par­ti démocrate. »

    Jean Bric­mont

    Réponse
    • Ronald

      Les choses semblent déjà claires : le Par­ti Répu­bli­cain a remis les choses au point. Dans le site pro­gram­ma­tique de l’é­quipe de tran­si­tion, il n’est plus ques­tion du retour du Glass-Stea­gall Act pro­mis par Trump, et la poli­tique étran­gère reste très clas­si­que­ment cen­trée sur « la lutte contre le ter­ro­risme et les idées radi­cales ». Il reste néan­moins pré­vu une poli­tique de relo­ca­li­sa­tion de l’in­dus­trie ; on ver­ra ce qu’il en reste.
      Le site : https://​www​.grea​ta​gain​.gov/

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  14. etienne

    Viktor Dedaj : 15 jours avec Donald Trump, et je ce que j’ai appris

    « Déci­dé­ment, le char­la­ta­nisme assu­mé des jour­na­listes ne fini­ra jamais de m’é­ton­ner. Hier encore, les médias nous expli­quaient que Clin­ton allait gagner – et même lar­ge­ment. Aujourd’­hui, les mêmes nous expliquent pour­quoi Trump a gagné. En 24h, ils ont com­pris ce qu’ils n’a­vaient pas com­pris pen­dant un an. Trop forts.

    Quant à moi, au début des pri­maires aux Etats-Unis, j’a­vais fait un pari. A l’é­poque, on ne savait pas encore qui serait les can­di­dats res­pec­tifs du Par­ti Démo­crate et du Par­ti Répu­bli­cain, mais une chose me parais­sait cer­taine, et c’est ceci : Hil­la­ry Clin­ton n’al­lait pas être élue. J’ai bien-sûr gagné mon pari et j’en suis encore à digé­rer un cous­cous royal arro­sé d’un pichet de côte du Rhône offert par mon mal­heu­reux chal­len­ger (j’ai les vic­toires modestes).

    Cela dit, je viens de pas­ser quinze jours en com­pa­gnie de Donald Trump, de ses sym­pa­thi­sants, de ses conseillers. Tous les soirs, aus­si­tôt ren­tré du tra­vail et jus­qu’à des heures dérai­son­nables, je m’at­ta­blais à la tâche ingrate que je m’é­tais fixée : connaître Donald Trump et, sur­tout, les gens qui sont der­rière lui. J’ai donc patiem­ment écou­té ses dis­cours (quelques-uns suf­fisent car il répé­tait peu ou prou sou­vent la même chose) ; j’ai écou­té bon nombre de ses conseillers et/ou proches ; j’ai lon­gue­ment consul­té et sui­vi les sites qui le sou­te­naient. Pen­dant quinze jours, donc, j’ai bouf­fé du Trump à toutes les sauces. Voi­ci un rapide compte-ren­du de mes impressions.

    Au risque de vous déce­voir, j’ai acquis l’in­time convic­tion que Donald Trump n’est pas le Che Gue­va­ra de l’im­mo­bi­lier de luxe, mais bien un mec de droite. Sa poli­tique sera donc, en toute logique, très pro­ba­ble­ment une poli­tique de droite. Je dis « très pro­ba­ble­ment » car l’ex­pé­rience montre que les poli­ti­ciens de droite ont ten­dance à appli­quer des poli­tiques de droite – alors que les poli­ti­ciens « de gauche », eux, se contentent de tra­hir leurs pro­messes (et par la même occa­sion de cri­ti­quer sévè­re­ment ceux qui, ailleurs, les tiennent).

    Au risque de vous sur­prendre, les « cer­veaux » du camp Trump (conseillers, jour­na­listes) ne sont pas par­ti­cu­liè­re­ment extré­mistes dans leurs pro­pos – si on les replace dans le contexte US qui n’est pas un havre de pro­gres­sisme. Si la forme est par­fois plus « rugueuse » que les ver­sions polies (du verbe « polir ») com­mu­né­ment ser­vies dans les milieux de l’é­lite éta­bli, le fond est empreint d’un bon sens et d’une logique qui semble cruel­le­ment faire défaut depuis quelque temps dans ce pays. C’est vrai, ils détestent « la gauche ». Mais lorsque « la gauche » est repré­sen­tée chez eux par des Hil­la­ry Clin­ton et consorts (il s’a­git des Etats-Unis), qui d’entre nous ne la détes­te­rait pas, cette gauche-là ?

    Alors que les médias (fran­çais et US) se contentent de nous les pré­sen­ter sim­ple­ment comme des « réac­tion­naires » et des « xéno­phobes », on constate qu’en réa­li­té leur argu­men­taire est plus déve­lop­pé qu’il n’y paraît (et très cer­tai­ne­ment moins réac et xéno­phobe qu’on ne le dit). Exemple : « Mme Clin­ton pré­tend défendre la cause des femmes alors qu’elle a ren­voyé les femmes Libyennes à l’âge de pierre ». Autre exemple « On reproche à M. Trump des pro­pos tenus il y a dix ans dans un contexte pri­vé et par­ti­cu­lier, alors que Mme Clin­ton s’af­fiche avec des rap­peurs dont je ne pour­rais pas répé­ter les paroles de leurs chan­sons sans être censuré ».

    Par ailleurs, les cri­tiques sur la poli­tique étran­gère des Etats-Unis étaient omni­pré­sentes. Curieu­se­ment, alors que le camp Trump est pré­sen­té comme le camp « agres­sif » et « guer­rier », je n’ai per­son­nel­le­ment enten­du et lu que le contraire : des cri­tiques très sévères contre les guerres « pour le pétrole », « basées sur des men­songes », « qui ont coû­té des cen­taines de mil­liers de vies », etc. avec des rap­pels fré­quents de la fameuse décla­ra­tion de Made­leine All­bright (sur les 500,000 enfants ira­kiens morts qui en « valaient le prix »).

    J’ai enten­du par ailleurs des rap­pels inces­sants à la néces­si­té de reve­nir à la diplo­ma­tie (ferme, certes, mais diplo­ma­tie quand même) et de mettre fin au bel­li­cisme tous azi­muts des admi­nis­tra­tions pré­cé­dentes (notez le pluriel).

    J’ai enten­du et lu « la folie de Mme Clin­ton, ron­gée par sa Rus­so­pho­bie, qui veut nous entraî­ner dans une guerre nucléaire ».
    Autre cri­tique qui reve­nait sou­vent : le double-jeu de l’é­lite éta­bli qui entre­tient des rela­tions cor­diales avec les régimes qui financent le ter­ro­risme… (Ara­bie Saou­dite et Qatar, sou­vent et nom­mé­ment cités). Par­mi les révé­la­tions de Wiki­leaks qui ont été lar­ge­ment relayées par le camp Trump – accom­pa­gnés d’ac­cu­sa­tions de « tra­hi­son », ni plus, ni moins – est l’a­veu impli­cite de Clin­ton dans un email de 2012 que l’A­ra­bie Saou­dite et le Qatar finan­çaient bien les réseaux terroristes.

    Les cri­tiques n’é­taient pas limi­tées au Par­ti Démo­crate. En effet, presque sys­té­ma­ti­que­ment, lorsque la cri­tique ne visait pas spé­ci­fi­que­ment une action ou un trait du Par­ti Démo­crate, il était rap­pe­lé que la cri­tique visait aus­si « Le Par­ti Répu­bli­cain » en tant que par­ti repré­sen­tant de l’é­lite. Bonne nou­velle : Bush et les néo­con­ser­va­teurs étaient sys­té­ma­ti­que­ment traî­nés dans la boue (en com­pa­gnie d’Obama).

    Ber­nie San­ders : certes, M. San­ders était un socia­liste éga­ré, mais il était intègre, hon­nête, et com­pre­nait com­ment mar­chait le sys­tème. Et Hil­la­ry et le Par­ti Démo­crate lui ont volé sa nomi­na­tion à la can­di­da­ture (pro­ba­ble­ment des appels du pied aux par­ti­sans de Sanders…)

    Les louanges envers Wiki­leaks n’ont pas man­qué. Certes, là encore, il s’a­git pro­ba­ble­ment d’op­por­tu­nisme, mais c’est déjà ça. L’i­mage gra­vée dans l’es­prit du public n’est peut-être plus celle d’une « orga­ni­sa­tion cri­mi­nelle » et plus proche de celle de « guer­riers de l’in­for­ma­tion ». En tous cas, on était loin du dis­cours de Clin­ton qui vou­lait « dro­ner » Julian Assange. J’es­père de tout cœur que le nou­veau pré­sident des Etats-Unis s’en sou­vien­dra et fera le geste qui per­met­tra à Assange d’être libre…

    En ce qui concerne les fuites, savam­ment dif­fu­sées par Wiki­leaks, on note­ra aus­si que dès le début, l’en­tou­rage de Trump a reje­té les accu­sa­tions contre la Rus­sie et, fait moins connu, a insis­té que les fuites pro­ve­naient, selon eux, des cercles internes du pou­voir (police et ser­vices secrets), las­sés par le niveau de cor­rup­tion consta­té. Il se pour­rait que ce ne soit qu’un argu­ment pour saper un peu plus la cré­di­bi­li­té de Clin­ton, mais mon impres­sion est qu’ils étaient dans le vrai.

    Élé­ment inté­res­sant (et trou­vé par hasard) : Donald Trump ne croit pas à la ver­sion offi­cielle des atten­tats du 11 sep­tembre (Inter­view en anglais) :
    )

    Lors de ma plon­gée dans le monde de Trump, j’ai évi­dem­ment croi­sé Hil­la­ry Clin­ton. Au bout de quelques jours, je me suis ren­du compte à quel point son dis­cours me parais­sait plus extré­miste et décon­nec­té de la réa­li­té que celui du camp Trump. Il ne fait aucun doute dans mon esprit qu’en termes du conte­nu du dis­cours, des idées véhi­cu­lées, Clin­ton était net­te­ment plus dan­ge­reuse que Trump. Trump s’ex­pri­mait comme Trump, c’est-à-dire comme un busi­ness­man à suc­cès, une célé­bri­té, qui a bien côtoyé le monde poli­tique mais sans plus d’at­taches ou de rela­tions que celles « dues à son rang ». Je n’ai pas trou­vé trace du Ku-Klux-Klan et j’ai enten­du quelques (rares) allu­sions à l’ex­trême-droite (les supré­ma­cistes, notam­ment) en termes très peu flatteurs.

    Au final, j’ai trou­vé la cam­pagne (au sens large) de Trump extrê­me­ment faible dans son argu­men­taire « inté­rieur » (poli­tique sociale, droits, liber­tés) mais extrê­me­ment effi­cace dans sa dénon­cia­tion des dérives exté­rieures, des men­songes suc­ces­sives, des double-jeux, des dan­gers posés par la poli­tique exté­rieure des Etats-Unis (et donc par Clin­ton). Un véri­table feu d’ar­ti­fice que je n’au­rais pas renié, et qui fut dif­fu­sé à l’é­chelle du pays et – fait très rare et excep­tion­nel – par de hautes per­son­na­li­tés auprès d’un public pro­ba­ble­ment peu habi­tué à de tels dis­cours. Sur ce point pré­cis, il me semble qu’il ne faut pas sous-esti­mer les effets à terme d’un tel débal­lage de « véri­tés désa­gréables à entendre sur la poli­tique exté­rieure des Etats-Unis » (et mal­gré la cen­sure des médias US). C’est déjà ça… et c’est pas mal.

    Alors, qui est Donald Trump ? Il m’a don­né l’im­pres­sion d’être un de ces « bons chré­tiens conser­va­teurs » qui a fini par s’exas­pé­rer d’une classe para­si­taire « libé­rale » (à cha­cun son voca­bu­laire) qui ron­geait les fon­da­tions de ce qu’il ché­rit le plus au monde (après sa femme et ses enfants évi­dem­ment) : le capi­ta­lisme. Qui l’a sou­te­nu ? Un peu tout le monde, mais par­mi les « élites », très cer­tai­ne­ment ceux qui pen­saient qu’une opé­ra­tion de pro­vo­ca­tion ouverte contre la Rus­sie, la Chine, et le reste du monde, et le risque d’un conflit nucléaire qui sem­blait se pré­ci­ser à l’ho­ri­zon, ne valait déci­dé­ment pas vrai­ment le prix.

    Atten­dons de voir si celui qui a pro­mis « d’as­sé­cher le maré­cage » (slo­gan des der­niers jours de sa cam­pagne) tien­dra parole ou s’il ne se révé­le­ra être qu’un cro­co­dile de plus. »

    Vik­tor Dedaj

    https://​www​.face​book​.com/​v​i​k​t​o​r​.​d​e​d​a​j​/​p​o​s​t​s​/​1​0​2​0​9​8​3​4​0​3​7​5​8​0​299

    Réponse
  15. etienne

    Dimi­tri Cou­rant :

    (
    https://​www​.face​book​.com/​c​o​u​r​a​n​t​.​d​i​m​i​t​r​i​/​p​o​s​t​s​/​9​3​7​9​6​9​5​2​2​9​7​5​332

    « Pour savoir ce qu’est le popu­lisme je recom­mande donc chau­de­ment la lec­ture de cet excellent papier du phi­lo­sophe Jacques Ran­cière :

    Non, le peuple n’est pas une masse brutale et ignorante

    Par Jacques Ran­cière, Phi­lo­sophe

    Le mot « popu­lisme » a beau­coup ser­vi ces der­niers mois. Il a été pro­non­cé à pro­pos des attaques contre l’islam de Marine Le Pen, de la dénon­cia­tion des élites de Jean-Luc Mélen­chon, de la trans­for­ma­tion des Roms en boucs émis­saires par Nico­las Sar­ko­zy… De quoi est donc fait ce popu­lisme qui frappe les démo­cra­ties occi­den­tales ? Libé­ra­tiona sol­li­ci­té trois phi­lo­sophes : Jacques Ran­cière (lire ci-des­sous) qui cri­tique la notion même de popu­lisme. Enzo Tra­ver­so qui  s’inquiète de la mon­tée de l’islamophobie et Ber­nard Stie­gler qui ana­lyse le« popu­lisme indus­triel » né du pas­sage de la démo­cra­tie de l’écrit à la socié­té de l’image analogique.

    « Il ne se passe pas de jour où l’on n’entende dénon­cer les risques du popu­lisme. Il n’est pas pour autant facile de sai­sir ce que le mot désigne. Qu’est-ce qu’un popu­liste ? A tra­vers tous les flot­te­ments du mot, le dis­cours domi­nant semble le carac­té­ri­ser par trois traits essen­tiels : un style d’interlocution qui s’adresse direc­te­ment au peuple par-delà ses repré­sen­tants et ses notables ; l’affirmation que gou­ver­ne­ments et élites diri­geantes se sou­cient de leurs propres inté­rêts plus que de la chose publique ; une rhé­to­rique iden­ti­taire qui exprime la crainte et le rejet des étrangers.

    Il est clair pour­tant qu’aucune néces­si­té ne lie ces trois traits. Qu’il existe une enti­té appe­lée peuple qui est la source du pou­voir et l’interlocuteur prio­ri­taire du dis­cours poli­tique, c’est la convic­tion qui ani­mait les ora­teurs répu­bli­cains et socia­listes d’antan. Il ne s’y lie aucune forme de sen­ti­ment raciste ou xéno­phobe. Que nos poli­ti­ciens pensent à leur car­rière plus qu’à l’avenir de leurs conci­toyens et que nos gou­ver­nants vivent en sym­biose avec les repré­sen­tants des grands inté­rêts finan­ciers, il n’est besoin d’aucun déma­gogue pour le pro­cla­mer. La même presse qui dénonce les dérives « popu­listes » nous en four­nit jour après jour les témoi­gnages les plus détaillés. De leur côté, les chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment dits « popu­listes », comme Sil­vio Ber­lus­co­ni ou Nico­las Sar­ko­zy, se gardent bien de pro­pa­ger l’idée « popu­liste » que les élites sont cor­rom­pues. Le terme « popu­lisme » ne sert pas à carac­té­ri­ser une force poli­tique défi­nie. Il ne désigne pas une idéo­lo­gie ni même un style poli­tique cohé­rent. Il sert sim­ple­ment à des­si­ner l’image d’un cer­tain peuple.

    Car « le peuple » n’existe pas. Ce qui existe ce sont des figures diverses, voire anta­go­niques du peuple, des figures construites en pri­vi­lé­giant cer­tains modes de ras­sem­ble­ment, cer­tains traits dis­tinc­tifs, cer­taines capa­ci­tés ou inca­pa­ci­tés. La notion de popu­lisme construit un peuple carac­té­ri­sé par l’alliage redou­table d’une capa­ci­té – la puis­sance brute du grand nombre – et d’une inca­pa­ci­té – l’ignorance attri­buée à ce même grand nombre. Pour cela, le troi­sième trait, le racisme, est essen­tiel. Il s’agit de mon­trer à des démo­crates tou­jours sus­pects d’«angélisme », ce qu’est en véri­té le peuple pro­fond : une meute habi­tée par une pul­sion pri­maire de rejet qui vise en même temps les gou­ver­nants qu’elle déclare traîtres, faute de com­prendre la com­plexi­té des méca­nismes poli­tiques, et les étran­gers qu’elle redoute par atta­che­ment ata­vique à un cadre de vie mena­cé par l’évolution démo­gra­phique, éco­no­mique et sociale. La notion de popu­lisme remet en scène une image du peuple éla­bo­rée à la fin du XIXe siècle par des pen­seurs comme Hip­po­lyte Taine et Gus­tave Le Bon, effrayés par la Com­mune de Paris et la mon­tée du mou­ve­ment ouvrier : celle des foules igno­rantes impres­sion­nées par les mots sonores des « meneurs » et menées aux vio­lences extrêmes par la cir­cu­la­tion de rumeurs incon­trô­lées et de frayeurs contagieuses.

    Ces déchaî­ne­ments épi­dé­miques de foules aveugles entraî­nées par des lea­ders cha­ris­ma­tiques sont-ils vrai­ment à l’ordre du jour chez nous ? Quels que soient les griefs expri­més tous les jours à l’égard des immi­grés et notam­ment des « jeunes des ban­lieues », ils ne se tra­duisent pas en mani­fes­ta­tions popu­laires de masse. Ce qu’on appelle racisme aujourd’hui dans notre pays est essen­tiel­le­ment la conjonc­tion de deux choses. Ce sont d’abord des formes de dis­cri­mi­na­tion à l’embauche ou au loge­ment qui s’exercent par­fai­te­ment dans des bureaux asep­ti­sés. Ce sont ensuite des mesures d’Etat dont aucune n’a été la consé­quence de mou­ve­ments de masse : res­tric­tions à l’entrée du ter­ri­toire, refus de don­ner des papiers à des gens qui tra­vaillent, cotisent et paient des impôts en France depuis des années, res­tric­tion du droit du sol, double peine, lois contre le fou­lard et la bur­qa, taux impo­sés de recon­duites à la fron­tière ou de déman­tè­le­ments de cam­pe­ments de nomades. Ces mesures ont pour but essen­tiel de pré­ca­ri­ser une par­tie de la popu­la­tion quant à ses droits de tra­vailleurs ou de citoyens, de consti­tuer une popu­la­tion de tra­vailleurs qui peuvent tou­jours être ren­voyés chez eux et de Fran­çais qui ne sont pas assu­rés de le rester.

    Ces mesures sont appuyées par une cam­pagne idéo­lo­gique, jus­ti­fiant cette dimi­nu­tion de droits par l’évidence d’une non-appar­te­nance aux traits carac­té­ri­sant l’identité natio­nale. Mais ce ne sont pas les « popu­listes » du Front natio­nal qui ont déclen­ché cette cam­pagne. Ce sont des intel­lec­tuels, de gauche dit-on, qui ont trou­vé l’argument impa­rable : ces gens-là ne sont pas vrai­ment fran­çais puisqu’ils ne sont pas laïques.

    Le récent « déra­page » de Marine Le Pen est à cet égard ins­truc­tif. Il ne fait en effet que conden­ser en une image concrète une séquence dis­cur­sive (musul­man = isla­miste = nazi) qui traîne un peu par­tout dans la prose dite répu­bli­caine. L’extrême droite « popu­liste » n’exprime pas une pas­sion xéno­phobe spé­ci­fique éma­nant des pro­fon­deurs du corps popu­laire ; elle est un satel­lite qui mon­naye à son pro­fit les stra­té­gies d’Etat et les cam­pagnes intel­lec­tuelles dis­tin­guées. L’Etat entre­tient le sen­ti­ment per­ma­nent d’une insé­cu­ri­té qui mêle les risques de la crise et du chô­mage à ceux du ver­glas ou du for­ma­mide pour faire culmi­ner le tout dans la menace suprême de l’islamiste ter­ro­riste. L’extrême droite met les cou­leurs de la chair et du sang sur le por­trait stan­dard des­si­né par les mesures minis­té­rielles et la prose des idéologues.

    Ain­si ni les « popu­listes » ni le peuple mis en scène par les dénon­cia­tions rituelles du popu­lisme ne répondent-ils vrai­ment à leur défi­ni­tion. Mais peu importe à ceux qui en agitent le fan­tôme. L’essentiel, pour eux, est d’amalgamer l’idée même du peuple démo­cra­tique à l’image de la foule dan­ge­reuse. Et d’en tirer la conclu­sion que nous devons nous en remettre à ceux qui nous gou­vernent et que toute contes­ta­tion de leur légi­ti­mi­té et de leur inté­gri­té est la porte ouverte aux tota­li­ta­rismes. « Mieux vaut une répu­blique bana­nière qu’une France fas­ciste », disait un des plus sinistres slo­gans anti­le­pé­nistes d’avril 2002. Le bat­tage actuel sur les dan­gers mor­tels du popu­lisme vise à fon­der en théo­rie l’idée que nous n’avons pas d’autre choix. »

    Jacques Ran­cière Philosophe

    http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​f​r​a​n​c​e​/​2​0​1​1​/​0​1​/​0​3​/​n​o​n​-​l​e​-​p​e​u​p​l​e​-​n​-​e​s​t​-​p​a​s​-​u​n​e​-​m​a​s​s​e​-​b​r​u​t​a​l​e​-​e​t​-​i​g​n​o​r​a​n​t​e​_​7​0​4​326

    Car le popu­lisme dans son sens his­to­rique, que ce soit lors de sa nais­sance dans la Rus­sie du XIXe puis sa dif­fu­sion par le Peo­ple’s Par­ty aux USA ou encore en Amé­rique Latine au XXe est prin­ci­pa­le­ment une dyna­mique anti-éli­tiste de gauche en défense du peuple (cf : Antoine Chol­let).

    Ce n’est que très récem­ment que « popu­liste » est deve­nu une insulte visant à dis­qua­li­fier les adver­saires des « par­tis de gou­ver­ne­ment », adver­saires de droite comme de gauche, xéno­phobe ou pro-migrants sans dis­tinc­tion, et le peuple avec eux. Le contraire popu­liste est avant tout « éli­tiste ». Et il en va de même pour « déma­gogue » qui dési­gnait dans l’An­ti­qui­té ceux qui pre­naient le par­ti du peuple contre l’aristocratie.

    Idem pour « demo­cra­tie ». Le sys­tème repré­sen­ta­tif élec­tif actuel a été conçu lors des révo­lu­tions du XVIIIe contre la démo­cra­tie par ses pères fon­da­teurs aus­si bien états-uniens que fran­çais. Pour en savoir plus lire Wolin 1993, Manin 1995, et Dupuis-Déri 2013.

    Dimi­tri Courant.

    Réponse
    • joss

      Jean Paul Jouary sur le populisme :

      Réponse
      • etienne

        Je ne suis pas du tout d’ac­cord avec Jean-Paul Joua­ry sur ce point : il rend les armes aux men­teurs, il valide l’ac­cep­tion néga­tive d’un mot essen­tiel­le­ment posi­tif (pour nous tous).

        Est popu­liste celui qui défend (vrai­ment) les inté­rêts du peuple. Ne pas confondre avec déma­gogue, qui ment pour gagner les élec­tions et accé­der au pou­voir par la ruse. Ceux qui dénoncent le popu­lisme sont des éli­tistes. C’est leur droit, mais il faut que, de son côté, le peuple refuse de se lais­ser ber­ner par la mise à l’en­vers des mots impor­tants, et qu’il assume et fasse res­pec­ter le mot popu­liste comme un dra­peau rouge, un signe de ral­lie­ment autour de l’in­té­rêt géné­ral, contre les ultra­riches et leurs privilèges.

        Réponse
        • joss

          Le popu­liste est celui qui défend les inté­rêts du peuple, mais l’é­lite lui accole une inten­tion néga­tive cachée, ser­vir les inté­rêts de quelques uns (ou de lui-même)…le comble ! Comme si l’é­lite connais­sait à l’a­vance les inten­tions de cha­cun. Ce qui revient à le trai­ter de « démagogue ».
          Il faut se méfier des mots « mul­ti-usage » (les dis­cours servent tou­jours de maquillage), ce sont les actes et les faits qui comptent dans le sens du bien com­mun et dans un pro­ces­sus de pro­tec­tion contre les dominances.

          Réponse
  16. etienne

    Edward Snowden : « Obama ou Trump, cela n’a pas d’importance, nous sommes toujours autant surveillés »


    De Mos­cou, le célèbre lan­ceur d’a­lerte a exhor­té les amé­ri­cains de « pen­ser eux-même », expli­quant qu’au­cun dirigent ni aucune élec­tion ne chan­ge­rait le sys­tème de sur­veillance de masse dans le monde.

    Edward Snow­den s’ex­pri­mait de Mos­cou, le 10 novembre, via une pla­te­forme de lives­tream héber­gée aux Pays-Bas pour répondre aux ques­tions des audi­teurs réunis au théâtre Tuchins­ki à Amsterdam.

    Il a dès le début atti­ré l’at­ten­tion du public sur le résul­tat de l’é­lec­tion amé­ri­caine exhor­tant la popu­la­tion à voir au-delà de la pro­cé­dure élec­to­rale ou d’un pré­sident élu et prendre son ave­nir en main. « Il nous faut arrê­ter « d’a­voir de l’es­poir » avec Oba­ma ou « d’a­voir peur » de Trump. Ce qu’il nous faut c’est pen­ser par nous même », a indi­qué le lan­ceur d’alerte.

    Snow­den, ancien employé de la NSA (les ser­vices secrets amé­ri­cains) a fui les États-Unis en 2013 après avoir divul­gué des docu­ments top-secrets de l’a­gence révé­lant des détails sur ses pro­grammes mon­diaux de sur­veillance de la popu­la­tion. Il réside actuel­le­ment en Rus­sie où l’a­sile lui a été accordé.

    Le lan­ceur d’a­lerte a refu­sé d’en­trer dans une dis­cus­sion por­tant uni­que­ment sur la vic­toire élec­to­rale de Donald Trump, insis­tant sur le fait qu’il ne s’a­git pas que d’une simple ques­tion d’é­lec­tion ou de gouvernement. 

    Il a par exemple pro­fi­té de son inter­ven­tion pour rap­pe­ler que le pré­sident amé­ri­cain sor­tant Barack Oba­ma n’a pas rem­pli les pro­messes qu’il avait faites au peuple à pro­pos de la fin de la sur­veillance de masse ou encore la fer­me­ture de la pri­son de Guantanamo. 

    « Le pré­sident Oba­ma a fait de la fin de la sur­veillance de masse et de la tor­ture en pri­son ses sujets clefs de cam­pagne et nous y avons crus. Nous avons pen­sé que tout allait chan­ger parce que la bonne per­sonne était entrée dans le bureau ».

    Le lan­ceur d’a­lerte a admis avoir sui­vi l’é­lec­tion de près, mais a insis­té sur le fait qu’il était « au-des­sus » de cela ». « Je me sou­cie plus de ce qui se passe autour de moi, autour de nous, c’est bien plus impor­tant », a‑t-il insisté.

    Reve­nant au sujet de Donald Trump, Edward Snow­den a décla­ré : « ce n’est pas que les gens consi­dèrent Trump comme une per­sonne excep­tion­nelle, c’est juste qu’ils trouvent que c’est l’op­tion la moins pire ». 

    Inter­ro­gé par un membre du public sur ce que le peuple amé­ri­cain devait faire, il a exhor­té à par­ti­ci­per à des orga­ni­sa­tions qui luttent pour la pro­tec­tion de droits civils et de la vie privée.

    Le lan­ceur d’a­lerte a ajou­té qu’il espé­rait retour­ner un jour aux États-Unis, mais qu’il refu­se­rait défi­ni­ti­ve­ment « de ser­vir le gou­ver­ne­ment contre le peuple ». 

    Source : RT
    https://​fran​cais​.rt​.com/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​2​8​8​3​0​-​e​d​w​a​r​d​-​s​n​o​w​d​e​n​-​o​b​a​m​a​-​o​u​-​t​r​ump

    Réponse
  17. etienne

    « La démo­cra­tie ne consiste pas à mettre épi­so­di­que­ment un bul­le­tin dans une urne, à délé­guer les pou­voirs à un ou plu­sieurs élus puis à se dés­in­té­res­ser, s’abs­te­nir, se taire pen­dant cinq ans. Elle est action conti­nuelle du citoyen non seule­ment sur les affaires de l’E­tat, mais sur celles de la région, de la com­mune, de la coopé­ra­tive, de l’as­so­cia­tion, de la profession.

    Si cette pré­sence vigi­lante ne se fait pas sen­tir, les gou­ver­ne­ments (quels que soient les prin­cipes dont ils se recom­mandent), les corps orga­ni­sés, les fonc­tion­naires, les élus, en butte aux pres­sions de toute sorte de groupes, sont aban­don­nés à leur propre fai­blesse et cèdent bien­tôt, soit aux ten­ta­tions de l’ar­bi­traire, soit à la rou­tine et aux droits acquis … 

    La démo­cra­tie n’est effi­cace que si elle existe par­tout et en tout temps. »

    Pierre MENDES-FRANCE

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  18. etienne

    Excellent ! (j’ai raté des trucs, quand même…)
    Il fau­drait tra­duire ça, s’il vous plaît 🙂

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