Évident (et monstrueux) COMPLOT : les 99% ne devraient pas se laisser intimider par l’accusation de « théorie du complot », accusation qui protège les comploteurs et les traîtres, en interdisant tout diagnostic correct (et donc toute remédiation) des drames en cours

5/11/2014 | 170 commentaires

Un jeune homme de l’A­gence Info Libre à Mar­seille m’a pro­po­sé de par­ler un peu, au calme, du « prix Nobel » Jean Tirole et de quelques autres sujets économiques.

Laurent Mauduit,  Steve Keen,  Jean Massin,
Inside Job : les universitaires économistes pris la main dans le sac
(Ne ratez à aucun prix le film « Inside Job » : c’est une bombe.)

Fina­le­ment, on a par­lé de l’émission « Ce soir ou jamais » (extrait à 5 mil­lions de vues au cours du seul mois de sep­tembre), de Jean Tirole, donc, et de la catas­tro­phique cor­rup­tion de l’en­sei­gne­ment uni­ver­si­taire dont cet homme est cores­pon­sable, de Laurent Mau­duit qui démontre puis­sam­ment ces mal­ver­sa­tions en France (avec son livre révol­tant « Les impos­teurs de l’é­co­no­mie ») et de Steve Keen qui dénonce la même intoxi­ca­tion intel­lec­tuelle de nos meilleurs enfants (et du public) par­tout dans le monde (avec son livre for­mi­dable « L’im­pos­ture éco­no­mique »), deux impor­tants résis­tants contre ce dévoie­ment cri­mi­nel de notre école par les escrocs qu’on appelle gen­ti­ment « la finance » ou « le capi­tal ». On a aus­si par­lé du film bou­le­ver­sant Inside Job, du ministre de l’économie Emma­nuel Macron (ban­quier gou­ver­nant car­ré­ment le pays qu’il ruine), du tirage au sort (bien sûr, mais ce n’est pas le plus impor­tant), d’au­to-édu­ca­tion popu­laire consti­tuante, du par­ti de Pierre Lar­rou­tu­rou « Nou­velle Donne », et de Mélenchon :


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Pour appro­fon­dir ces sujets importants :

► « LES IMPOSTEURS DE L’ÉCONOMIE » de Laurent Mauduit :

Laurent Mauduit,

• Une bonne recen­sion de ce livre impor­tant sur (l’ex­cellent site) Le Grand Soir : Laurent Mau­duit. Les Impos­teurs de l’économie.
http://​www​.legrand​soir​.info/​l​a​u​r​e​n​t​-​m​a​u​d​u​i​t​-​l​e​s​-​i​m​p​o​s​t​e​u​r​s​-​d​e​-​l​-​e​c​o​n​o​m​i​e​.​h​tml

• L’ar­ticle de Laurent Mau­dit sur Tirole-l’im­pos­teur-dou­blé-d’un-cor­rup­teur (article impor­tant, pre­nez le temps de lire ça, c’est du jour­na­lisme digne de ce nom), sur Média­part (abon­nez-vous, ces don­neurs d’a­lerte ont besoin de notre aide à tous, pour res­ter indé­pen­dants de « la finance ») :

Jean Tirole, prix Nobel des « imposteurs de l’économie »

|  Par Laurent Mau­duit

Le Nobel a été attri­bué lun­di au pré­sident et fon­da­teur de l’École d’économie de Tou­louse, l’un des prin­ci­paux pro­mo­teurs en France de l’O­PA de la finance sur l’en­sei­gne­ment et la recherche éco­no­mique à l’université.

C’est, sans grande sur­prise, un concert de louanges qui a accueilli l’attribution du « prix de la Banque de Suède en sciences éco­no­miques en l’honneur d’Alfred Nobel » – impro­pre­ment appe­lé prix Nobel d’économie – au Fran­çais Jean Tirole. Du ministre de l’économie, Emma­nuel Macron, jusqu’à Jacques Atta­li, en pas­sant par Najat Val­laud-Bel­ka­cem ou encore Valé­rie Pécresse, ce sont des applau­dis­se­ments venus de tous les hori­zons qui ont salué le pré­sident et fon­da­teur de l’École d’économie de Tou­louse, par ailleurs pro­fes­seur invi­té au célèbre Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­lo­gy (MIT).

Jean Tirole.Jean Tirole. © (dr)

Avant de se lais­ser empor­ter par cet una­ni­misme émou­vant et un tan­ti­net fran­chouillard, mieux vaut savoir qui est l’heureux réci­pien­daire de cette récom­pense pla­né­taire. Car le per­son­nage sus­cite aus­si beau­coup de contro­verses. Il est même celui qui a le plus contri­bué, en France, à l’OPA du monde de la finance et de l’assurance sur la recherche éco­no­mique de pointe. Il est, dans notre pays, l’une des figures les plus connues de cette caté­go­rie d’experts que j’avais bap­ti­sés dans un livre publié en avril 2012, les Impos­teurs de l’économie (Édi­tions Pocket), dont Media­part avait publié les bonnes feuilles (lire L’OPA de la finance sur la recherche éco­no­mique). Et il n’y a guère que l’as­so­cia­tion Attac qui s’en soit sou­ve­nu, lun­di, en publiant un com­mu­ni­qué à contre-cou­rant : « Alors qu’un déluge de com­men­taires élo­gieux en forme de « coco­ri­cos » se pro­page dans les médias, Attac déplore ce choix qui s’inscrit dans la lignée des prix attri­bués à Hayek, Fried­man et autres éco­no­mistes néo­li­bé­raux en grande par­tie res­pon­sables de la crise actuelle ».

Certes, tout cela ne trans­pa­raît nul­le­ment dans le com­mu­ni­qué offi­ciel annon­çant l’honneur fait à l’économiste fran­çais. Le jury du Nobel s’y est seule­ment bor­né à sou­li­gner qu’il enten­dait récom­pen­ser Jean Tirole pour son « ana­lyse de la puis­sance du mar­ché et de la régu­la­tion ». « Jean Tirole est l’un des éco­no­mistes les plus influents de notre époque. Il est l’au­teur de contri­bu­tions théo­riques impor­tantes dans un grand nombre de domaines, mais a sur­tout cla­ri­fié la manière de com­prendre et régu­ler les sec­teurs comp­tant quelques entre­prises puis­santes. (…) La meilleure régu­la­tion ou poli­tique en matière de concur­rence doit (…) être soi­gneu­se­ment adap­tée aux condi­tions spé­ci­fiques de chaque sec­teur. Dans une série d’ar­ticles et de livres, Jean Tirole a pré­sen­té un cadre géné­ral pour conce­voir de telles poli­tiques et l’a appli­qué à un cer­tain nombre de sec­teurs, qui vont des télé­coms à la banque », lit-on encore dans ce communiqué.

Dans la com­mu­nau­té des éco­no­mistes fran­çais, la nou­velle risque pour­tant d’être accueillie avec beau­coup plus de réserves. D’abord, parce que le jury du Nobel d’économie a pris la détes­table habi­tude depuis plus de deux décen­nies de ne récom­pen­ser, à l’ex­cep­tion de Paul Krug­man en 2008, qu’un seul cou­rant de pen­sée, celui du néo­li­bé­ra­lisme. Or l’économie n’est pas une science exacte mais une branche des sciences sociales, c’est-à-dire une dis­ci­pline dont la richesse dépend du plu­ra­lisme de ses approches. Avec Jean Tirole, la détes­table habi­tude se pro­longe encore une année de plus.

Il y a une autre expli­ca­tion à la décep­tion que res­sen­ti­ront beau­coup d’économistes, qui tient à la per­son­na­li­té même du réci­pien­daire. Car Jean Tirole est à l’origine – et tou­jours à la direc­tion – de l’École d’économie de Tou­louse, qui est la tête de pont au sein de l’université fran­çaise des cou­rants de pen­sée libé­raux ou ultra­li­bé­raux en éco­no­mie. Plus que cela ! C’est lui, effec­ti­ve­ment, qui a joué les pré­cur­seurs pour invi­ter le monde de la finance à spon­so­ri­ser la recherche économique.

Dans ce livre sur Les Impos­teurs de l’économie, je m’étais certes inté­res­sé à beau­coup d’autres éco­no­mistes que lui. J’avais sur­tout cher­ché à mon­trer com­ment la crise finan­cière avait sus­ci­té aux États-Unis un large débat public, ali­men­té notam­ment par le docu­men­taire Inside Job, sur l’honnêteté et l’indépendance des éco­no­mistes. Mais j’observais qu’en France, aucune enquête sérieuse n’avait encore eu lieu sur le même sujet (lire ici mon billet de blog).

En m’appuyant sur des pre­miers tra­vaux, notam­ment ceux de l’économiste Jean Gadrey, j’avais cher­ché à éta­blir la liste des éco­no­mistes fran­çais qui arguent de leur qua­li­té d’universitaire pour mono­po­li­ser les débats publics, notam­ment sur les pla­teaux de télé­vi­sion, mais qui cachent le plus sou­vent qu’ils siègent dans des conseils d’administration de grandes banques, de com­pa­gnies d’assurance –ce qui est inter­dit par la loi –, ou alors qui mènent des mis­sions rému­né­rées par elles –,ce qui est éga­le­ment inter­dit par la loi si l’intéressé n’en for­mule pas la demande auprès de son auto­ri­té hié­rar­chique. Dans cette enquête, je me suis donc attar­dé sur des per­son­na­li­tés telles que Daniel Cohen,  Jean-Paul Fitous­si, Jean-Her­vé Loren­zi ou encore Oli­vier Pas­tré et leurs amis du Cercle des éco­no­mistes (de la pen­sée unique !).

En somme, je m’étais appli­qué à éta­blir que le monde de la finance avait lan­cé une OPA sur le monde des éco­no­mistes et que cer­tains d’entre eux y avaient cédé, en deve­nant peu ou prou lob­byistes au pro­fit de leurs dis­crets employeurs.

Pour bien sou­li­gner la gra­vi­té de cette évo­lu­tion, je m’étais aus­si appli­qué à éta­blir que le monde de la finance avait lan­cé une véri­table OPA sur l’ensemble du sec­teur de la recherche éco­no­mique de pointe en France et notam­ment sur les pôles d’ex­cel­lence à l’U­ni­ver­si­té. Et c’est la rai­son pour laquelle je m’étais alors inté­res­sé à Jean Tirole. Voi­ci donc ce que j’écrivais dans Les Impos­teurs de l’économie sur l’École d’économie de Tou­louse et, par contraste, sur sa grande rivale, l’École d’économie de Paris. Cela ne per­met pas de cer­ner les tra­vaux per­son­nels de Jean Tirole. Mais avec le recul, c’est utile pour qui­conque veut com­prendre l’importance qu’il a acquise dans le monde de l’enseignement et de la recherche éco­no­mique en France.

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C’est peu dire en effet que le monde de l’économie, et donc celui de l’enseignement et de l’Université vivent depuis quelques années une sorte d’épidémie, comme si un virus s’était pro­pa­gé dans l’ensemble des sec­teurs de l’Université char­gés de l’enseignement de l’économie – ces sec­teurs qui parais­saient pré­ci­sé­ment le plus pro­té­gés de ces funestes évo­lu­tions pour n’obéir qu’à une seule logique, celle de la recherche et du savoir. Ce n’est pas le virus des « sub­primes », mais c’est tout comme. Par com­mo­di­té, appe­lons-le le « virus Tirole ».

Dans la galaxie de l’Université, l’économiste Jean Tirole occupe une place à part. Avec Jean-Jacques Laf­font (1947−2004), qui jouis­sait d’une grande noto­rié­té pour ses tra­vaux sur la théo­rie des inci­ta­tions et de la régu­la­tion, il est à l’origine de l’École d’économie de Tou­louse – la célèbre Tou­louse School of Eco­no­mics (TSE) – qui est indé­nia­ble­ment l’une des très grandes réus­sites fran­çaises, avec l’École d’économie de Paris (PSE).

Grand spé­cia­liste de l’économie indus­trielle, réci­pien­daire de la médaille d’or du CNRS, Jean Tirole est l’un des plus grands éco­no­mistes fran­çais, l’un des plus talen­tueux. Mais disons-le fran­che­ment, c’est aus­si l’un des plus inquié­tants, car c’est lui, à Tou­louse, qui a fait entrer le plus spec­ta­cu­lai­re­ment le loup dans la ber­ge­rie, ou plu­tôt la finance dans le monde de l’Université. Il a don­né l’exemple, que d’autres uni­ver­si­tés ont sui­vi. Ce qui est à l’origine d’une véri­table implo­sion de l’enseignement de l’économie et de la recherche.

Le virus Tirole

C’est en effet l’Institut d’économie indus­trielle (Idei), ancêtre de la Tou­louse School of Eco­no­mics qui, au début des années 90, a avan­cé en éclai­reur, en nouant des par­te­na­riats avec des entre­prises pour créer et finan­cer une fon­da­tion abri­tant des ensei­gnants- cher­cheurs dis­po­sant de com­plé­ments de salaire par rap­port aux rému­né­ra­tions publiques et cou­vrant de nou­veaux sec­teurs de recherche, sou­hai­tés notam­ment par les entre­prises. Ou alors pour finan­cer direc­te­ment une chaire d’enseignement spécifique.

Mar­chant sur ces bri­sées, de nom­breuses uni­ver­si­tés ont créé à leur tour des struc­tures sem­blables, pro­fi­tant de finan­ce­ments publics mais aus­si de capi­taux pri­vés. Aux quatre coins de la France, des fon­da­tions ont donc vu le jour ou des chaires finan­cées par le pri­vé ont éclos. Mais dans cette « finan­cia­ri­sa­tion » de l’enseignement de l’économie, Tou­louse a tou­jours gar­dé cent cou­dées d’avance sur les centres rivaux.

Le drame, c’est que le pro­ces­sus est invi­sible ; il est sou­ter­rain. Tous les nou­veaux centres qui pros­pèrent affichent l’ambition d’être des pôles d’excellence. Et tous les cri­tères de vali­da­tion, propres à toute recherche scien­ti­fique, sont scru­pu­leu­se­ment res­pec­tés. Mais le monde de la finance s’est intro­duit, si l’on peut dire, dans le cœur du réac­teur. La loi de 2006 sur la recherche, en orga­ni­sant ce sys­tème de fon­da­tion finan­cée par des fonds publics et des groupes pri­vés voire même des mécènes, avec à la clef de très fortes défis­ca­li­sa­tions, a bru­ta­le­ment accé­lé­ré cette pri­va­ti­sa­tion à peine mas­quée de l’enseignement uni­ver­si­taire de pointe et de la recherche économique.

Certes, Jean Tirole conteste, bec et ongles, les effets cor­rup­teurs de cette OPA de la finance sur le monde aca­dé­mique. Dans une tri­bune libre publiée par le jour­nal Le Monde (11 décembre 2007), il a pré­sen­té un long argu­men­taire en défense de son école : « Et l’indépendance ? Bien que for­te­ment finan­cées par le sec­teur pri­vé, les uni­ver­si­tés amé­ri­caines sont non seule­ment des lieux de bouillon­ne­ment intel­lec­tuel intense, mais aus­si des espaces de liber­té extra­or­di­naires. Peut-on craindre qu’il en soit dif­fé­rem­ment pour les uni­ver­si­tés fran­çaises ? Je ne le crois pas. Tout d’abord, parce que, d’expérience per­son­nelle, les entre­prises res­pectent l’indépendance de l’Université. À l’avenir, elles finan­ce­ront l’Université fran­çaise col­lec­ti­ve­ment pour avoir accès à des étu­diants bien for­més et des experts. Vio­ler cette indé­pen­dance irait à l’encontre des objec­tifs recher­chés. L’indépendance peut de sur­croît être ren­for­cée par la diver­si­fi­ca­tion des par­te­na­riats, la consti­tu­tion d’un capi­tal, le droit de publier libre­ment, la vali­da­tion des tra­vaux par les grandes revues inter­na­tio­nales (garantes de qua­li­té) et la concur­rence entre uni­ver­si­tés (frein aux dérives intellectuelles). »

Mais, ses argu­ments peinent à empor­ter l’adhésion car ils ne donnent qu’une faible idée de l’implosion du sys­tème uni­ver­si­taire qu’induisent ces par­te­na­riats dés­équi­li­brés avec le pri­vé. Pour en prendre la mesure, il suf­fit de par­cou­rir un rap­port au-des­sus de tout soup­çon, dont la presse n’a jamais par­lé car il n’a pas été ren­du public, celui que la Cour des comptes a consa­cré à cette école.

Ce rap­port confi­den­tiel de la Cour des comptes, le voi­ci. On peut le télé­char­ger ici ou le consul­ter ci-des­sous :

Ecole d’e­co­no­mie de Tou­louse : le rap­port de la Cour des comptes by Laurent MAUDUIT

Le tapis rouge pour Axa et BNP

Dans ce rap­port qui couvre les années 2007 à 2010, on mesure en effet que ce par­te­na­riat public-pri­vé a pris une forme étrange. Tout a été fait par l’État pour que les grands groupes indus­triels et finan­ciers soient aux postes de com­mande, presque à pari­té avec les orga­nismes publics. C’est une pri­va­ti­sa­tion, ou du moins une pri­va­ti­sa­tion par­tielle de l’Université et de la recherche éco­no­mique qui a été organisée.

L’École d’économie de Tou­louse est gérée par une fon­da­tion du type de celle que la loi ultra­li­bé­rale sur la recherche de 2006 a auto­ri­sée. Dénom­mée Fon­da­tion Jean-Jacques Laf­font, cet orga­nisme a été créé par des éta­blis­se­ments publics pres­ti­gieux : le CNRS, l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’Institut natio­nal de la recherche agro­no­mique (Inra) et l’université Tou­louse 1. Mais, plu­tôt que de gar­der la main sur leur « bébé » et de n’inviter des par­te­naires pri­vés que de manière mino­ri­taire, ces orga­nismes ont tout fait, sous la hou­lette de Jean Tirole, pour que le pri­vé entre en force dans la fon­da­tion, pour qu’il en par­tage la gou­ver­nance et les financements.

Les apports finan­ciers pré­vus sur la période 2007–2012 pour finan­cer la Fon­da­tion et les 140 cher­cheurs qu’elle abrite au sein de l’école en témoignent : 42,8 mil­lions d’euros pro­viennent de l’État, 0,825 des fon­da­teurs, et 33,4 mil­lions des entre­prises pri­vées. À titre d’illustration, pour la seule année 2010, l’État a appor­té 7,5 mil­lions d’euros, les fon­da­teurs 0,165 et le pri­vé 6,825 mil­lions d’euros.

En clair, les portes de TSE, à la pointe de la recherche éco­no­mique en France, ont toutes grandes été ouvertes au pri­vé. Le groupe Axa a ain­si appor­té 600.000 euros ; EDF 500.000 euros ; Elec­tra­bel (filiale de GDF Suez) 600.000 euros ; la Caisse des dépôts 600.000 euros ; BNP Pari­bas 600.000 euros, La Poste 300.000 euros ; Cré­dit Agri­cole 600.000 euros, Total 600.000 euros et France Télé­com 250.000 euros.

La gou­ver­nance de la fon­da­tion est presque iden­tique. Les finan­ceurs pri­vés détiennent des sièges au conseil pra­ti­que­ment à pari­té avec les fon­da­teurs. Outre Jean Tirole, qui pré­side, et deux per­son­na­li­tés qua­li­fiées, les membres du conseil au titre des fon­da­teurs sont au nombre de six ; et les membres repré­sen­tant les entre­prises sont au nombre de cinq, en l’occurrence les repré­sen­tants d’Exane, de GDF Suez, de France Télé­com, du Cré­dit Agri­cole et de BNP Paribas.

En somme, une bonne par­tie des « ges­tion­naires » de la recherche éco­no­mique de pointe en France sont des entre­prises pri­vées, et notam­ment des banques. Des éta­blis­se­ments pri­vés qui ont bien sûr impor­té le fonc­tion­ne­ment du pri­vé au sein de l’école.

La Cour des comptes men­tionne cet état de fait notam­ment dans le cas des rému­né­ra­tions. Alors que le trai­te­ment d’un pro­fes­seur d’université en fin de car­rière avoi­sine les 5.000 euros net par mois, les béné­fi­ciaires d’une « chaire senior » à l’École de Tou­louse pro­fitent de rému­né­ra­tions finan­cées par la fon­da­tion qui oscil­lent entre « 21.000 et 80.000 euros ». Ces rému­né­ra­tions, note la Cour des comptes, résultent d’une « négo­cia­tion de gré à gré entre la direc­tion de TSE et les inté­res­sés », dans des condi­tions de dis­cré­tion « proche de l’opacité ».

À cela s’ajoute une rému­né­ra­tion au mérite, grâce à des primes attri­buées aux cher­cheurs qui publient dans les meilleures revues inter­na­tio­nales. Ces primes ont atteint un mon­tant proche de 700.000 euros en 2010 pour les 140 cher­cheurs. Soit 5.000 euros en moyenne. Mais les deux tiers des cher­cheurs n’en per­çoivent pas. Autre­ment dit quelque 46 cher­cheurs se par­tagent la somme, soit plus de 15.000 euros cha­cun. « Les béné­fi­ciaires d’une chaire junior se voient pro­po­ser des rému­né­ra­tions de 35.000 à 42.000 euros par an (soit près du double de la rému­né­ra­tion d’un maître de confé­rences en début de car­rière), plus 10.000 euros de frais de recherche », note encore la Cour des comptes.

En bref, c’est une bombe qui a été logée au sein de l’Université fran­çaise. Une bombe qui risque de conduire à un écla­te­ment de l’Université dans les dis­ci­plines éco­no­miques : avec une uni­ver­si­té de luxe, sous la coupe du pri­vé, dis­po­sant de pro­fes­seurs et de cher­cheurs pro­fi­tant des rému­né­ra­tions consi­dé­ra­ble­ment supé­rieures à celles de la fonc­tion publique ; et une uni­ver­si­té du pauvre, aban­don­née au public, avec des pro­fes­seurs sous-payés.

(…) Mais les consé­quences de cette pri­va­ti­sa­tion pas même mas­quée vont encore au-delà car ce sys­tème induit un type de recru­te­ment de cher­cheurs bien par­ti­cu­liers. On se doute en effet que les éco­no­mistes spé­cia­listes de l’exclusion sociale ou des inéga­li­tés ont assez peu de chances de faire car­rière à Tou­louse. En tout cas, ils ont moins de chances que les cher­cheurs dont les incli­nai­sons sont plus libé­rales et les thé­ma­tiques de recherches davan­tage liées aux mar­chés finan­ciers. Sur­ve­nu à la ren­trée uni­ver­si­taire 2009, un recru­te­ment à Tou­louse est par­ti­cu­liè­re­ment illus­tra­tif de ce phé­no­mène, celui d’Augustin Landier.

Dans les allées poisseuses du CAC 40

Diplô­mé de l’École nor­male supé­rieure, agré­gé de mathé­ma­tiques et titu­laire d’un doc­to­rat d’économie au célèbre Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­lo­gy (MIT), il a fon­dé un hedge funds à New York avant de pas­ser au Fonds moné­taire inter­na­tio­nal pour fina­le­ment atter­rir à la Tou­louse School of Eco­no­mics. Tra­der autant qu’économiste, spé­cu­la­teur autant que théo­ri­cien, Augus­tin Lan­dier est le sym­bole vivant de ce dan­ge­reux effa­ce­ment des fron­tières entre la finance et l’Université. Il est même deve­nu l’une des coque­luches de TSE et n’a pas atten­du bien long­temps avant d’être coop­té au Conseil d’analyse économique.

(…) Mais, une autre série de consé­quences est éga­le­ment pré­vi­sible : ce ne sont plus les cri­tères aca­dé­miques, ou en tout cas plus seule­ment eux, qui pré­sident aux choix de l’attribution des finan­ce­ments à tel ou tel pôle. Désor­mais, les spon­sors pri­vés détiennent une bonne par­tie de la déci­sion. Même entre les dif­fé­rents pôles d’excellence, ils peuvent ain­si pri­vi­lé­gier un type de recherche plu­tôt qu’un autre. Avan­ta­ger par exemple la recherche sur toutes les thé­ma­tiques qu’affectionne le monde de la finance et désa­van­ta­ger les recherches liées à une meilleure régu­la­tion de l’économie.

Les pro­mo­teurs de la pri­va­ti­sa­tion, Jean Tirole en tête, récusent cette dérive. Ils font valoir que le sec­teur pri­vé cofi­nance les fon­da­tions – celle de Tou­louse comme les autres qui ont ensuite vu le jour – mais qu’il y a une fron­tière étanche entre la ges­tion et les conte­nus scien­ti­fiques. C’est sa ligne de défense. C’est aus­si une fable. Et il n’est pas dif­fi­cile d’en éta­blir la démonstration.

Pre­nons un autre exemple, tout aus­si pres­ti­gieux, celui de l’École d’économie de Paris (PSE), créée en décembre 2006 et qui est gérée de la même manière, c’est-à-dire par l’entremise d’une fon­da­tion où sont repré­sen­tées de grandes ins­ti­tu­tions publiques (l’École nor­male supé­rieure, l’École des hautes études en sciences sociales, le Centre natio­nal de la recherche scien­ti­fique, l’Institut natio­nal de la recherche éco­no­mique et de l’université de Paris I Pan­théon-Sor­bonne) mais aus­si des groupes pri­vés, dont AXA et Exane.

(…) En appa­rence, PSE, qui accueille quelque 150 ensei­gnants-cher­cheurs et éco­no­mistes donne l’impression de s’être tenue à l’écart des dérives de son homo­logue de Tou­louse. L’École de Paris a ain­si veillé à ce que les entre­prises pri­vées qui financent la fon­da­tion ne dis­posent que de trois sièges au conseil d’administration, dont le pré­sident est Roger Gues­ne­rie, pro­fes­seur au Col­lège de France. PSE se tient donc à dis­tance rai­son­nable du monde de la finance, qui a été asso­cié au pro­jet mais qui n’en a pas pris le contrôle.

Cette situa­tion tient en grande par­tie à la per­son­na­li­té du pre­mier direc­teur de l’école, Tho­mas Piket­ty. Farou­che­ment jaloux de son indé­pen­dance, très peu enclin aux mon­da­ni­tés – contrai­re­ment à nombre d’autres éco­no­mistes –, le jeune cher­cheur s’est détour­né de ses recherches quelques mois fin 2006-début 2007 pour por­ter le pro­jet et trou­ver des finan­ce­ments pri­vés. Mais, pas­sant le relais à un autre éco­no­miste, Fran­çois Bour­gui­gnon, ex-chef éco­no­miste de la Banque mon­diale, il est retour­né à ses études sitôt l’école créée, début 2007, sus­ci­tant la colère de cer­tains des spon­sors, dont Hen­ri de Cas­tries, le patron d’Axa. La mini-crise qui a émaillé la nais­sance de l’École d’économie de Paris a contri­bué, elle aus­si, à mettre un peu de dis­tance entre la pres­ti­gieuse école et ces spon­sors pri­vés. Pour des rai­sons de fond comme de cir­cons­tance, l’OPA sur l’École d’économie de Paris, peut sem­bler avoir échoué.

Pour­tant, là encore, on peut sans trop de dif­fi­cul­tés consta­ter que le sys­tème mis en place à par­tir de 2006 a eu des consé­quences néfastes sur cet établissement.

D’abord, par cette loi de 2006, les cher­cheurs ou les éco­no­mistes ont été som­més d’arpenter les allées, par­fois pois­seuses, du CAC 40 pour faire la manche. Ce qui est natu­rel­le­ment mal­sain ou humi­liant (…) Mais il y a plus pré­oc­cu­pant : face à Tou­louse qui a avan­cé à marche for­cée dans ce pro­ces­sus de pri­va­ti­sa­tion, l’École d’économie de Paris a cher­ché à défendre son indé­pen­dance. Mais, elle l’a fait dans des condi­tions de plus en plus dif­fi­ciles comme le sou­ligne cet autre rap­port confi­den­tiel de la Cour des comptes, cou­vrant exac­te­ment la même période 2006–2009.

Ce rap­port confi­den­tiel, le voi­ci. On peut le télé­char­ger ici ou le consul­ter ci-dessous :

Ecole d’e­co­no­mie de Paris : le rap­port de la Cour des comptes by Laurent MAUDUIT

33 millions pour Toulouse, 2 millions pour Paris

(…) La plus spec­ta­cu­laire illus­tra­tion de cette inéga­li­té, ce sont les finan­ce­ments que PSE a trou­vés en quan­ti­té beau­coup plus faible que ceux de TSE. Alors que Tou­louse est par­ve­nue à lever 42,8 mil­lions d’euros pro­ve­nant de l’État, 0,825 des fon­da­teurs, et 33,4 mil­lions des entre­prises pri­vées, l’École de Paris n’a obte­nu en com­pa­rai­son qu’une misère : l’État a appor­té 20 mil­lions d’euros en 2007, les fon­da­teurs (École nor­male supé­rieure, CNRS, EHESS, Paris I…) 300.000 euros et les groupes pri­vés seule­ment… 2,375 mil­lions d’euros, four­nis notam­ment par Axa et Exane (un groupe finan­cier lié à BNP Pari­bas). Et même si l’on ajoute à ces sommes près de 20 mil­lions d’euros géné­rés par des apports immo­bi­liers en faveur de PSE, le magot glo­bal de l’école ne dépasse pas 45 mil­lions d’euros.

Au total, les grands groupes pri­vés ont appor­té 33,4 mil­lions d’euros à TSE et seule­ment 2,375 mil­lions à PSE. Dans la dis­pro­por­tion spec­ta­cu­laire des chiffres, on com­prend sur-le-champ les risques induits par cette pri­va­ti­sa­tion ram­pante de la recherche et de l’enseigne- ment de pointe en éco­no­mie : le sec­teur pri­vé – les grandes banques, les groupes d’assurance ou quelques mas­to­dontes indus­triels – a la facul­té de favo­ri­ser un pôle d’excellence plu­tôt qu’un autre.

Triste mais logique ! Répu­tée plus à gauche et plus atta­chée à la régu­la­tion, l’École d’économie de Paris a trou­vé beau­coup moins d’argent que Tou­louse, répu­tée plus à droite et plus ouverte aux thèses libé­rales sinon ultra­li­bé­rales. Ima­gine-t-on que le très réac­tion­naire patron d’Axa, Hen­ri de Cas­tries, sub­ven­tionne de gaie­té de cœur l’École d’économie de Paris et, du même coup, les tra­vaux de Tho­mas Piket­ty qui dressent un for­mi­dable réqui­si­toire contre le monde inéga­li­taire dont le même Hen­ri de Cas­tries est l’un des symboles ?

Assez logi­que­ment, des groupes comme Axa ou BNP Pari­bas adorent l’économiste Augus­tin Lan­dier et les thé­ma­tiques libé­rales et réac­tion­naires sur les­quelles il tra­vaille, et ont en hor­reur Tho­mas Piket­ty, et les thé­ma­tiques pro­gres­sistes qui ins­pirent ses tra­vaux. On devine sans grande peine qu’Henri de Cas­tries ne doit par exemple pas être un adepte de la « révo­lu­tion fis­cale » dont Tho­mas Piket­ty est le pre­mier et plus fou­gueux partisan.

Épi­logue de cette his­toire, d’ailleurs pré­vi­sible : fin 2010, Hen­ri de Cas­tries a annon­cé qu’il ne sol­li­ci­tait pas le renou­vel­le­ment de son man­dat de membre du conseil d’administration de PSE. Et en jan­vier 2011, le patron d’Exane, Nico­las Cha­nut, a adres­sé une lettre véhé­mente à tous les admi­nis­tra­teurs de PSE pour leur annon­cer que lui aus­si tirait sa révé­rence et ne sié­ge­rait plus au conseil.

Le plus invrai­sem­blable dans cette affaire, c’est que le rap­port de la Cour des comptes ne cherche même pas à iden­ti­fier les racines de la fai­blesse des apports pri­vés en faveur de PSE ni même ses pos­sibles dan­gers. Se bor­nant à l’aspect comp­table des choses, qui relève de son champ de com­pé­tence, la Cour déplore que l’École d’économie de Paris n’ait pas su lever plus de fonds auprès de… bailleurs pri­vés ! « La Cour recom­mande plus par­ti­cu­liè­re­ment que la fon­da­tion accroisse for­te­ment son capi­tal par la levée de fonds pri­vés, afin d’augmenter le pro­duit de ses pla­ce­ments », dit-elle en conclu­sion, sans mesu­rer l’ineptie du constat.

Dans ce monde où la finance détient toutes les com­mandes, les inéga­li­tés entre PSE et TSE ne se jugent pas seule­ment à l’aune de ces dota­tions. À la dif­fé­rence de son homo­logue de Tou­louse, l’École d’économie de Paris est aus­si confron­tée à d’inextricables dif­fi­cul­tés dans la rému­né­ra­tion des éco­no­mistes qui y tra­vaillent. Car elle ne peut pas offrir les mêmes avan­tages. L’École de Paris – c’est tout à son hon­neur ! – n’a pas vou­lu copier le sys­tème de rému­né­ra­tion mis en œuvre à Tou­louse, qui dyna­mite les modes de rému­né­ra­tion qui ont cours à l’Université. PSE a juste choi­si d’abonder les rému­né­ra­tions publiques des cher­cheurs, en leur ver­sant des com­plé­ments, le plus sou­vent modestes. Cer­tains ensei­gnants- cher­cheurs sont éga­le­ment invi­tés à dis­pen­ser chaque mois un ou deux jours de cours ou de for­ma­tion dans des enceintes publiques (Banque de France…), ce qui leur garan­tit un com­plé­ment de ressources.

Que faire d’autre ? Face aux pra­tiques anglo-saxonnes, les rému­né­ra­tions publiques fran­çaises sont si faibles que PSE per­drait cer­tains de ces éco­no­mistes, qui seraient alors ten­tés de par­tir à l’étranger, si une solu­tion de com­plé­ment de salaire n’avait pas été trouvée.

Le rap­port de la Cour des comptes détaille les rému­né­ra­tions de PSE : de 1.000 à 2.000 euros net par mois pour deux cours de mas­ters de 24 heures dans l’année pour les titu­laires de chaire asso­ciée ; 3.600 euros net pour un cours de mas­ters de 24 heures pour les pro­fes­seurs asso­ciés ; 2.600 euros par mois pour les doc­to­rants et 4.000 euros par mois pour les post-doc­to­rants… En clair, PSE est à la traîne par rap­port à TSE.

Mais ce sys­tème est, en véri­té, hypo­crite. Car l’École d’économie de Paris n’est pas une oasis. Et dans un monde où la finance a tout per­ver­ti, elle y a été hap­pée, elle aus­si, et elle doit trou­ver sans trop le dire d’autres sub­ter­fuges pour que ses cher­cheurs soient rému­né­rés au-delà de ce que l’Université offre ordi­nai­re­ment à ses professeurs.

(…) Ce sys­tème de rému­né­ra­tion pré­sente un aspect alar­mant parce qu’il n’est pas publi­que­ment assu­mé par la puis­sance publique, parce qu’il est en rup­ture avec les grilles de rému­né­ra­tions publiques. Les éco­no­mistes de PSE n’en sont pas direc­te­ment res­pon­sables. C’est la logique infer­nale de l’État pauvre qui pousse l’école à pra­ti­quer le sys­tème « D » au cas par cas. Ter­rible logique ! En condui­sant une poli­tique d’austérité, l’État fait cause com­mune avec les milieux de la finance qui veulent mettre la main sur les pôles d’excellence de la recherche éco­no­mique française.

(…) Quoi qu’il en soit, tout se cumule, les dota­tions aus­si bien que les rému­né­ra­tions, pour que PSE soit désa­van­ta­gée par rap­port à TSE ; et plus encore les autres uni­ver­si­tés, par rap­port à ces pôles d’excellence. L’État asphyxie les uns ; la banque ou l’assurance financent les autres… Oui, tout se cumule, en bout de course pour que les recherches libé­rales sur des thé­ma­tiques proches de la finance ou de l’industrie soient beau­coup plus nom­breuses que les recherches sur des thé­ma­tiques plus citoyennes. En bref, quoi qu’en dise Jean Tirole, c’est la finance qui a pris le pou­voir. Et même si PSE traîne des pieds – et il faut l’en féli­ci­ter –, la finance est en passe de gagner la partie.

Laurent Mau­duit.

Source : Média­part, http://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​f​r​a​n​c​e​/​1​3​1​0​1​4​/​j​e​a​n​-​t​i​r​o​l​e​-​p​r​i​x​-​n​o​b​e​l​-​d​e​s​-​i​m​p​o​s​t​e​u​r​s​-​d​e​-​l​-​e​c​o​n​o​m​i​e​?​o​n​g​l​e​t​=​f​ull

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► « L’IMPOSTURE ÉCONOMIQUE » de Steve Keen :

Steve Keen,

• Une recen­sion inté­res­sante de ce livre impor­tant par Alain Gran­jean (qui pro­duit lui aus­si, d’ailleurs, un tra­vail impor­tant, sur la rela­tion fon­da­men­tale entre « Chô­mage et mon­naie ») :
Steve Keen un évè­ne­ment à ne pas rater
http://​alain​grand​jean​.fr/​2​0​1​4​/​0​8​/​1​3​/​s​t​e​v​e​-​k​e​e​n​-​u​n​-​e​v​e​n​e​m​e​n​t​-​a​-​n​e​-​p​a​s​-​r​a​t​er/

• Une autre recen­sion inté­res­sante, par Dan Israël sur Médiapart :
« L’im­pos­ture éco­no­mique », le livre qui ébranle la pen­sée néolibérale
http://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​0​7​1​0​1​4​/​l​i​m​p​o​s​t​u​r​e​-​e​c​o​n​o​m​i​q​u​e​-​l​e​-​l​i​v​r​e​-​q​u​i​-​e​b​r​a​n​l​e​-​l​a​-​p​e​n​s​e​e​-​n​e​o​l​i​b​e​r​a​l​e​?​o​n​g​l​e​t​=​f​ull

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► « MARAT » de Jean Massin :
Jean Massin,

Ne ratez pas ce livre épatant.
L’i­cône emblé­ma­tique des 99%, ce devrait être Marat, authen­ti­que­ment l’A­mi du peuple, dévoué et incorruptible
(et Vol­taire l’i­cône des 1%, ban­quiers, négriers et mar­chands d’armes, men­teurs, voleurs et assas­sins au besoin).

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► « LES CHAÎNES DE L’ESCLAVAGE » de Marat :
Marat,

Texte inté­gral des « chaînes » sur (l’in­dis­pen­sable site de l’)UCAQ : http://​clas​siques​.uqac​.ca/​c​l​a​s​s​i​q​u​e​s​/​m​a​r​a​t​_​j​e​a​n​_​p​a​u​l​/​c​h​a​i​n​e​s​_​e​s​c​l​a​v​a​g​e​/​c​h​a​i​n​e​s​.​h​tml

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► Rap­pel de l’ex­trait de « Ce soir ou jamais » qui fait sur Inter­net, par buzz, ce que les médias mains­tream refusent de faire : semer à grande échelle la graine d’i­dée éman­ci­pa­trice de la traî­trise sys­té­mique de nos pré­ten­dus « repré­sen­tants » et DONC de l’im­por­tance radi­cale de notre auto-édu­ca­tion popu­laire constituante :
https://​www​.face​book​.com/​v​i​d​e​o​.​p​h​p​?​v​=​1​0​2​0​4​5​6​9​1​9​2​1​4​0​1​9​6​&​s​e​t​=​v​b​.​1​5​4​5​6​8​4​0​7​3​&​t​y​p​e​=​3​&​t​h​e​a​ter
(1 270 000 vues pour ce seul post face­book, fin octobre…)

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► « INSIDE JOB » le docu­men­taire qui PROUVE la tra­hi­son de « grands » uni­ver­si­taires « éco­no­mistes », lit­té­ra­le­ment pros­ti­tués aux banques (la fin est stupéfiante !) :

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170 Commentaires

  1. etienne


    Tête du voleur encra­va­té pile en train d’être pris et filmé…

    Réponse
    • Yéti

      Les chaînes de l’usure …

      « Qu’est ce donc que le capi­tal finan­cier, sinon rien d’autre que de la dette ? » 

      « Dans le « Cré­dit d’E­tat », Hume résume l’hy­po­cri­sie Droit­Del­Hom­miste : Il n’y a que dans l’é­poque moderne, avec sa conti­nui­té juri­dique de la pro­prié­té (2 articles des droits du couillon) que les capi­taux finan­ciers aug­mentent à l’in­fi­ni par inté­rêt et spé­cu­la­tion, ceci sur une période infi­nie. Le denier pla­cé à la nais­sance du Christ n’existe plus, éra­di­qué par les vicis­si­tudes de l’His­toire. En revanche il existe mul­ti­plié par 1000000, le pfen­nig pla­cé par le vieux Roth­schild, et il gros­si­ra pour l’é­ter­ni­té des bobos inter­na­tio­na­listes, sous la gou­ver­nance des Sei­gneurs du Glo­bal State Gott­fried Feder

      « Le capi­tal est néces­saire – le tra­vail est néces­saire. Le tra­vail seul peut peu de chose – le capi­tal seul ne doit rien pouvoir ! »
      Gott­fried Feder

      Réponse
    • PATRIE

      Mer­ci M. Chouard pour tous ces liens, mais en sou­te­nant Mélen­chon, çà décré­di­bi­lise tous vos posi­tion­ne­ments ou avis sur le système !
      D’où vient ce blo­cage sur Mélen­chon (l’un des pires trots­kistes franc-maçon actuels), c’est à n’y rien comprendre ?!
      Mélen­chon ne fera rien puisque c’est une pute du sys­tème capi­ta­liste, et qui a déci­dé de pour­rir la France d’en haut cette fois en mon­tant un par­ti européen !
      Il peut chan­ger ? Mais pour­quoi tro­que­rait-il son salaire et tout ce qui va avec, contre une vraie démo­cra­tie où il risque de perdre tous ses avan­tages (ou ce qu’il consi­dère comme’) ?!
      Vous le dites vous-même dans votre analyse !
      De plus sou­hai­ter un lea­der n’a aucun sens si on com­prend votre pro­jet (qu’il faut certes « déchouar­di­ser »), à moins que je n’ai rien com­pris, Mélen­chon n’est pas le vilain har­gneux aux dents jau­nies pos­tillo­nant sa haine du pro­lé­ta­riat face camé­ra lors des mee­tings, his­toire de mon­trer ses talents d’ac­teur (comme Sar­ko­zy à droite) contre grasse rémunération !
      Moi je suis pour le par­ti du peuple (le seul légi­time), je n’at­tends pas de lea­der, mais si il y en a qui se pré­sente, un Cha­vez ou un Pou­tine, alors oui volon­tiers. Mais Mélen­chon, là il y a erreur sur la personne.

      Réponse
    • Katharina

      der­nières nou­velles du 22 novembre dans DWN (Deutsche Wirtschaftsnachrichten) :

      Le 50ème top-ban­quier mort mar­di dans sa maison :

      Mar­di matin, le direc­teur d’af­faires du Citi­group, Shawn D. Mil­ler, a été retrou­vé mort dans son appar­te­ment à New York. Les agents de police trou­vaient son cadarvre dans la bai­gnoire. Son cou com­plè­te­ment tranché.
      Les vidéos de sur­veillance de sa mai­son montrent, qu’il a emme­né lun­di soir un homme incon­nu dasn son appar­te­ment. Il ne s’a­gis­sait pas de son amant actuel.
      Mil­ler conseillait des haut diri­geants et d’autres clients au sujet de dura­bi­li­té, de la poli­tique de l’en­vi­ron­ne­ment et du social ain­si que dans les domaines de l’in­dus­trie minière et de l’éner­gie renou­vel­lable. Pour la Citi­bank, il tra­vaillait dans plus de 100 pays dans des fonc­tions de surveillance .
      Entre le 8 mars 2013 et le 20 octobre 2014 49 ban­quiers sont morts. D’uns sont morts de sui­cide, d’autres dans des acci­dents. Mil­ler (top-mana­ger de la Citi­Bank) , mort le 21 nov. 2014 est le cinquantième.
      8 mars 2013 : David Ros­si, Monte Dei­Pa­schi. Sui­cide. S’est jeté par la fenêtre (reporte le Busi­ness Insider)
      27 avril 2013 : David William Way­good, HSBC Bank – Natio­nal West­mins­ter Bank. Sui­cide. Saute d’un train en marche. (reporte Seven Oaks Chronicle).
      23 juin 2013 : Rob Evans, Vize­Chef Bank of Ame­ri­ca. Mort en France dans le Iron Man Tri­ath­lon in (reporte le Lon­don Eve­ning Standard).
      3 juillet 2014 : Michael Bur­din, Bank of Ame­ri­ca. Sui­cide par saut d’un train en marche (reporte The Dai­ly Mail).
      21 juillet 2013 : Sascha Schorn­stein, Royal Bank of Scot­land : crash de son avion pri­vé dans la Manche. Le cadavre n’a jamais été retrou­vé. (reporte le jour­nal Ostsee-Zeitung).
      23 juillet 2013 : Cars­ten Schlo­ter. Chef de l’en­tre­prise de Télé­com­mu­ni­ca­tion Swiss­com et membre du comi­té direc­teur du Swiss Ame­ri­can Cham­ber of Com­merce à Zürich. Sui­cide. Lettre d’a­dieu trou­vé. (reporte le Tagesanzeiger).
      29 juillet 2013 : Hus­sein Naja­di, fon­da­teur du groupe de Banque Arabe- Malayique, Assas­si­né sur un par­king à Kua­la Lum­pur . Un sus­pect a été arrê­té en sep­tembre 2013. (reporte The Star)
      30 août 2013 : Pierre Wau­thier, Ex-employé chez JP Mor­gan, chef des finances du Schwei­zer Ver­si­che­rer Zurique. Sui­cide dans sa propre mai­son. Deux lettres d’a­dieu trou­vées. (reporte le Mana­ger Magazin).
      10 sep­tembre 2013 : Guy Rato­von­dra­ho­na, Chef de la Banque Cen­trale du Mada­gas­car. Mort subite, cause incon­nue, (reporte la Banque Cen­trale du Madagascar)
      21 octobre 2013 : Ezde­har Husai­nat, Ex-employée chez JP Mor­gan, ban­quière. Ecra­sée dans son garage par son propre véhi­cule (reporte The Dai­ly Mail).
      1er novembre 2013 : Vene­ra Mina­kh­me­to­va, Ex-ana­lyste de la Bank of Ame­ri­ca. Ecra­sée par un bus à Londres (reporte le Lon­don Eve­ning Standard).
      9 novembre 2013 : Patrick Shee­han, Wells Far­go New York. Mort dans un acci­dent de voi­ture à New York (reporte Bloomberg) .
      7 décembre 2013 : Joseph M. Ambro­sio, ana­lyste de finances chez JP Mor­gan. Mort subite suite à une affec­tion des voies res­pi­ra­toires (reporte Bloomberg).
      14 décembre 2013 : Ben­ja­min Idim, Ban­quier de la Dia­mond Bank en Nige­ria. Mort d’un acci­dent de voi­ture à New York (reporte Reuters)
      15 décembre 2013 : Jason Alan Salais, Ana­lyste tech­no­lo­gique de JP Mor­gan. Mort suite à une crise car­diaque (reporte Bloomberg).
      22 décembre 2013 : Susan Hewitt, Ex-Vize­pré­si­dente de la Deutsche Bank. Mort noyée dans une rivière près de Nante Ffran­con en Suisse (reporte la BBC)
      23 décembre 2013 : Robert Wil­son, Hed­ge­Fond­sma­na­ger de New York. Mort par saut de son appar­te­ment en 16eme étage à (reporte le Washing­ton Post).
      20 et 26 jan­vier 2014 : Tim Dicken­son, Chef de com­mu­ni­ca­tion et mar­ke­ting de la socié­té d’as­su­rances suisse Swiss Re AG. Mort subite. Cause incon­nue. (reporte The Australian).
      26 jan­vier 2014 : William „Bill“ Broeks­mit, Ex-risque-mana­ger de la Deutsche Bank. Retrou­vé mort dans son appar­te­ment. Cause incon­nue (reporte Bloomberg)
      27 jan­vier 2014 : Karl Slym, Mana­ger chez India Tata Motors. Sui­cide par saut de sa chambre d’Ho­tel à Bang­kok (repor­teThe Telegraph).
      28 jan­vier 2014 : Gabriel Magee, Vice­chef de l’In­ves­tis­se­ment et de la Tech­no­lo­gie chz JP Mor­gan. Saute par la fenêtre du toit de l’im­meuble cen­tral euro­péen de JP Mor­gan de 33 étages (reporte The Dai­ly Mail)
      30 jan­vier 2014 : Mike Due­ker, vice-pré­sident adjoint de la Fed à St. Louis et éco­no­miste en chef chez Rus­sel Invest­ments. Bloom­berg reporte sui­cide par saut d’un pont à Washington.
      3 février 2014 : Ryan Hen­ry Crane, négo­cia­teur d’ac­tions chez JP Mor­gan. Retrou­vé mort dasn son appar­te­ment à Connec­ti­cut. La cause de la mort n’a pas été publiée. (reporte Bloomberg)
      4 février 2014 : John Ruiz, ana­lyste chez Mor­gan Stan­ley. Retrou­vé mort à la mai­son à New Jer­sey. Cause de la mort n’a pas été publiée (reporte Bloomberg)
      7 février 2014 : Richard Tal­ley, fon­da­teur du Ame­ri­can Title Ser­vices à Cen­ten­nial, Colo­ra­do. Sui­cide sup­po­sé par coups de son pis­to­let : plu­sieurs coups dans le torse et la tête (reporte The Den­ver Post).
      18 février 2014 : Li Jun­jie, comp­table chez JP Mor­gan. Sui­cide par saut du toit de l’im­meuble de JP Mor­gan (30 étages) à Hong­kong) , reporte The Dai­ly Mail.
      19 février 2014 : James Stuart Junior, Ex-Chef de la Natio­nal Bank of Com­merce. Retrou­vé mort dans son appar­te­ment à Ari­zo­na. Cause de la mort non publiée (reporte Jour​nal​star​.com).
      28 février 2014 : Autumn Radtke, Chef de First Meta – négo­cia­teur de Bit­coins. Retrou­vé mort dans son appar­te­ment à Sin­ga­pur. Sui­cide sup­po­sé. (reporte The Dai­ly Mail).
      11 mars 2013 : Edmund Reilly, négo­cia­teur d’ac­tions chez Midtown’s Ver­ti­cal Group. Saut d’un train en marche (reporte le New York Post).
      11 mars 2013 : Moham­med Ham­wi, spé­cia­liste IT de l’en­tr­prise finan­cière Trepp à New York. Tué par trois coups de balle dans la tête en pleine rue (reporte New York Post).
      8 mars 2014 : Ken­neth Bel­lan­dro, Ex-Ban­quier chez JP Mor­gan. Sui­cide par saut par la fenêtre de son appar­te­ment à New York (reporte The Dai­ly Mail).
      22 mars 2014 : Joseph Giam­pa­pa, avo­cat chez JP Mor­gan. Mort dasn un acci­dent à Colum­bus, Ohio (reporte Eco­no­mic Poli­cy Journal).
      5 avril 2014 : Jan Peter Schmitt­mann, Ex-Chef de la Dutch Bank ABN Amro. Le cadavre de Schnitt­manns et les cadavres de sa fem­ma et sa fille sont retrou­vés dans son appar­te­ment à Amster­dam. Cir­cons­tances de mort non luci­di­tées (report Bloomberg)
      5 avril 2014 : Amir Kess, Co-fon­da­teur et mana­ger du Marks­tone Capi­tal Group. Tué par une voi­ture pen­dant une pro­me­nade en vélo près de Hod Sha­ron en Israel (reporte Haaretz) .
      7 avril 2014 : Jür­gen Frick, direc­teur de la Bank Frick & Co. AG en Liech­ten­stein. Tué par des coups de balles près de son garage. Mort d’une attaque car­diaque suite à l’in­ci­dent. Le tireur était Jür­gen Her­mann qui s’est sui­ci­dé après l’at­taque. Son cadavre était retrou­vé dans une riviére (reporte Bloomberg)
      13 avril 2014 : Tan­ji Dew­ber­ry vice-pré­si­dente de WL Ross Invest­ment à New York et adjoint du vice-pré­sident de Cre­dit Suisse. Brû­lée avec son fils dans sa mai­son à New Jer­sey (reporte Dai­ly Mail).
      18 avril 2014 : Bene­dict Phi­lip­pens, Direc­teur de la Banque Ans-Saint-Nico­las, tué avec sa femme et son enfant par un incon­nu devant sa mai­son (reporte Reuters).
      22 avril 2014 : Li Jian­hua, direc­teur de la CBRC AfDB. Mort d’une crise car­diaque (reporte Busi­ness Insider).
      25 avril 2014 : Une fran­caise nom­mée Lydia de la France’s Bred-Banque-Popu­laire saute d’un immeuble d’af­faires à Paris (reporte Busi­ness Times).
      26 avril 2014 : Andrew Jar­zyk, adjoint du vice-pré­sident de la Com­mer­cial Ban­king der PNC Finan­cial Ser­vices Group. Son cadavre a été retrou­vé dans le Hud­son River. Cause de la mort non luci­di­tée (reporte le New Jer­sey Journal).
      7 mai 2014 : Tho­mas Schenk­man, Mana­ger de Glo­bal Infra­struc­ture Engi­nee­ring, JP Mor­gan. Retrou­vé mort dans son appar­te­ment. Appa­rem­ment souf­frant d’une mala­die de coeur. (reporte le por­tal Smi­th­town Matters).
      9 mai 2014 : Naseem Mubeen, adjoint du pré­sident de la ZBTL Bank, Isla­ma­bad. Saute par la fenêtre du grand quar­tier géné­ral de sa banque (reporte Sprang Pakis­tan Today).
      23 mai 2014 : Nigel Shar­vin, Mana­ger de la Ulster Bank in Bel­fast. Il était en Espagne à une fête, dont il dis­pa­rais­sait. Le len­de­main, on a retrou­vé son cadarvre. Noyé sup­po­sé (reporte Bel­fast Telegraph).
      24 mai 2014 : Daniel Leaf, Ex-Mana­ger de la Bank of Scot­land Mana­ger de Sara­cen Fund Mana­gers. Mort par un acci­dent spor­tif dans les Hifh­land en Ecosse. (reporte Edin­burgh News).
      24 juin 2014 : Richard Gra­vi­no, diri­geant du groupe Appli­ca­tion et Déve­lop­pe­ment chez JP Mor­gan. Mort à Tam­pa Flo­ri­da dans sa mai­son. Cause de la mort incon­nue (reporte Herald Tribune).
      6 juillet 2014 : Julien Knott, direc­teur chez JP Mor­gan. Assas­si­nat sup­po­sé de sa femme et de soi-même dans sa mai­son à New jer­sey (reporte le Inter­na­tio­nal Busi­ness Times).
      20 juillet 2014 : Nico­las Valtz, Chef­ma­na­ger chez Gold­man Sachs. SSon cadarvre a été retrou­vé à la côte de Long Island. On sup­pose qu’il est tom­bé de sa planche à voile et s’est noyé (reporte Bloomberg).
      15 août 2014 : Ste­ven Dowd, chef du dépar­te­ment de finances du CMS Ban­corp à White Plains. Mort subite, reporte lega​cy​.com. Pas de nou­velles sur la cause de la mort.
      20 octobre 2014 : Calo­ge­ro Gam­bi­no, Mana­ger à la Deutsche Bank. Mort pen­du, retrou­vé par sa femme. Sui­cide sup­po­sé (reporte Reuters)

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      • 222

        J’a­vais déjà enten­du par­ler de ce phé­no­mène de défe­nes­tra­tion et autres pro­cé­dures si radi­cales mais cette liste-ci est autre­ment plus évo­ca­trice… reste à savoir main­te­nant s’il s’a­git là de conflits d’in­té­rêt oppo­sés ou de prises de conscience chez cer­tains indi­vi­dua­li­tés qui obligent cer­tains employeurs à requé­rir à de tels expéditifs !

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        • Katharina

          Oubien il s’a­git d’une prise de conscience chez les victimes …

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    • Drevet

      J’aime bien « théo­ries sim­plistes sur l’offre et la demande… » ce n’est QUE le capi­ta­lisme ! Le for­ma­tage des poli­tiques est vou­lu et main­te­nu par le sys­tème repré­sen­ta­tif qui a inté­rêt à le faire fonc­tion­ner de cette manière…puisque ce sont des PROFESSIONNELS de la poli­tique ! Avec une démo­cra­tie réelle, tous ces pro­fi­teurs seraient obli­gés de faire autre chose et ain­si, nous lais­ser plus libres dans nos choix…

      Réponse
  2. Yéti

    La Bau­druche contre la finance ? Ah ! Ah ! Ah ! L’a­pôtre de la traitre négrière capitaliste ?
    Le lam­ber­tiste faux-cul, for­mé comme Bar­ro­so où Von Rrompuy ?
    La racleuse de benêts gôôô­chistes qui appelle à voter pour le young lea­der otanien ? 

    « En dis­sol­vant les natio­na­li­tés, l’économie libé­rale fit de son mieux pour géné­ra­li­ser l’hostilité, pour conver­tir l’humanité en une horde de bêtes féroces – les concur­rents sont-ils autre chose ? – qui se dévorent mutuel­le­ment parce que les inté­rêts de cha­cun sont égaux à ceux de tous les autres. Après ce tra­vail pré­li­mi­naire, il ne res­tait plus à l’économie libé­rale qu’un pas à faire pour atteindre son but : il lui fal­lait encore dis­soudre la famille »
    Mani­feste du par­ti com­mu­niste Marx&Engels

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  3. etienne

    Film pas­sion­nant, magnifique !

    OPÉRATION CORREA
    1re par­tie : Les ânes ont soif 

    http://​www​.cp​-pro​duc​tions​.fr/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​161

    L’Equateur diri­gé depuis 2007 par le pré­sident de gauche Rafael Cor­rea pro­pose des solu­tions ori­gi­nales à la crise éco­no­mique, sociale et envi­ron­ne­men­tale. Pierre Carles et son équipe s’apprêtent à prendre leur pon­cho et leur sac à dos pour aller voir à quoi res­semble le « miracle équa­to­rien » bou­dé et igno­ré par la presse fran­çaise. La 1° par­tie de ce feuille­ton docu­men­taire est d’ores et déjà pro­po­sée en accès libre sur inter­net. Objec­tif : inci­ter les inter­nautes à finan­cer la suite de l’enquête outre-Atlan­tique, la faire cir­cu­ler en 2015 et ain­si de suite… Trois ou quatre épi­sodes devraient voir le jour d’ici l’élection pré­si­den­tielle fran­çaise de 2017. 

    La visite en France d’un cham­pion de la crois­sance éco­no­mique passe rare­ment inaper­çue, même lorsqu’elle ne pré­sente qu’un inté­rêt médiocre. Un ser­rage de louches sur le per­ron de l’Elysée avec un pré­sident chi­nois ou une chan­ce­lière alle­mande rameute à coup sûr le ban et l’arrière-ban des troupes jour­na­lis­tiques. Pour­quoi alors la presse hexa­go­nale a‑t-elle bou­dé le der­nier séjour à Paris de Rafael Correa ?

    Le 6 novembre 2013, le pré­sident équa­to­rien était à la Sor­bonne pour décrire le modèle éco­no­mique en train de s’inventer dans son pays, en inso­lente rup­ture avec le dogme de l’austérité et de l’inféodation à la finance auquel les diri­geants euro­péens veulent condam­ner leurs ouailles. En choi­sis­sant de ne pas obéir au FMI et d’imposer une rené­go­cia­tion de sa dette dans des condi­tions accep­tables, l’Équateur, petit pays d’Amérique du Sud, aux prises avec des dif­fi­cul­tés sans com­mune mesure avec celles que peut connaître la puis­sante Union euro­péenne, s’est sor­ti par le haut du pétrin dans lequel il s’enfonçait. Pas de coupes dans les dépenses publiques, mais des pro­grammes de redis­tri­bu­tion qui ont fait chu­ter le taux d’extrême pau­vre­té de 16,9 % à 8,6 % au cours des six der­nières années. Pas de dépouille­ment des droits sociaux par un patro­nat tout-puis­sant, mais des inves­tis­se­ments publics dans les infra­struc­tures et un taux de crois­sance (4,5 %) par­mi les plus éle­vés d’Amérique latine. Tout n’est pas rose dans le bilan de Rafael Cor­rea, mais au moins le pré­sident équa­to­rien repré­sente-t-il une preuve bien vivante que la poli­tique du bull­do­zer contre les pauvres adop­tée en Europe n’est pas néces­sai­re­ment la seule envisageable.

    On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif

    Peu de grands médias fran­çais – à l’exception du Monde diplo­ma­tique et de quelques jour­naux de presse écrite – ont prê­té atten­tion à la visite du pré­sident équa­to­rien. Aucune chaîne de télé­vi­sion ni radio natio­nale n’a repris le mes­sage qu’il sou­hai­tait adres­ser aux popu­la­tions euro­péennes : ne faites pas la folie de vous plier aux injonc­tions des banques, regar­dez com­ment l’austérité qu’elles vous infligent aujourd’hui a failli rui­ner notre pays par le pas­sé, et com­ment nous nous en sommes rele­vés en fai­sant tout le contraire. Pareil aver­tis­se­ment est-il sans valeur pour le public fran­çais ? « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif », a chuin­té Ivan Levaï, vété­ran chez France Inter, quand les com­parses de Pierre Carles ont com­men­cé à enquê­ter sur la ques­tion. Mais qui sont les ânes ? Et com­ment redon­ner soif à une presse gou­lu­ment ravi­taillée dans l’abreuvoir des experts du CAC 40 ?

    Après Pas vu pas pris, Enfin pris ?, Fin de conces­sion et Hol­lande, DSK, etc, Pierre Carles et son équipe pour­suivent leur cri­tique radi­cale des médias. Ils se pro­posent à pré­sent d’explorer la ques­tion du trai­te­ment de l’hérésie équa­to­rienne dans la presse fran­çaise. Il s’agira bien sûr de confron­ter la chef­fe­rie édi­to­riale à ses choix idéo­lo­giques, et de com­prendre par quel enchan­te­ment l’impasse borgne et insa­lubre du moné­ta­risme euro­péen se pré­sente à elle comme un hori­zon indé­pas­sable. Il s’agira aus­si d’enquêter sur place, en Équa­teur, afin d’élucider ce que le jour­nal d’affaires colom­bien Dine­ro (« argent ») qua­li­fie avec incré­du­li­té de « miracle éco­no­mique ». L’alternative qui se joue là-bas est-elle un simple mirage ou alors un modèle sus­cep­tible d’allumer quelques flam­mèches à notre horizon ?

    La bourse ou la vie

    Mais l’exploration jour­na­lis­tique coûte de l’argent. Pour ache­ver le tour­nage du pro­chain épi­sode d’Opération Cor­rea, nous devons réunir au moins 25 000 euros. La somme peut paraître confor­table, elle est pour­tant déri­soire au regard du bud­get « nor­mal » d’un docu­men­taire grand public : à ce prix-là, nous n’irions pas loin sans l’expérience, l’implication et l’inventivité de chaque membre de notre col­lec­tif. Grâce à votre par­ti­ci­pa­tion finan­cière, nous pour­rons finir d’arpenter les salles de rédac­tion pari­siennes et mener nos propres inves­ti­ga­tions dans ce pays étrange qui les inté­resse si peu. Une fois en boîte avec votre aide, le deuxième épi­sode du film sera lui aus­si libre­ment acces­sible sur Inter­net, en strea­ming et P2P, pour que le public s’en empare et le fasse vivre hors des clous de l’information industrielle.

    Action !

    Dans ce nou­veau pro­jet, il y a l’idée de repro­duire ce qu’on peut appe­ler le ciné­ma d’enquête et d’action dans lequel vous-mêmes êtes conviés à par­ti­ci­per, voire à don­ner… de votre per­sonne. Si vous êtes en colère contre des médias de masse si peu plu­ra­listes, si vous croyez au pou­voir du ciné­ma docu­men­taire, si vous avez envie de vous inves­tir pour pro­pa­ger un mes­sage de contes­ta­tion qui ne demande qu’à gran­dir, sou­te­nir Opé­ra­tion Cor­rea est un moyen de rejoindre une aven­ture poli­tique qui pro­met d’être enthou­sias­mante, réflexive et drôle. Avec cette nou­velle enquête, vous par­ti­ci­pez à un tra­vail inédit et à la mise en ciné­ma d’une réelle proposition.

    Source : http://​www​.cp​-pro​duc​tions​.fr/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​161

    Pierre Carles et son équipe ont besoin d’aide pour tour­ner la suite. Je n’ai pas hési­té une seconde. Ah ! Quel for­mi­dable film !

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  4. hégémon

    je me trompe peut être mais la voix de l’in­ter­vie­wer me dit quelque chose , ne serait-il pas le nar­ra­teur dans cette petite animation ?

    Réponse
  5. Agent 007

    Je fais par­tie des 99 % et évi­dem­ment je vous traite de com­plo­tiste , voire de gourou.
    Quel sort , vous et vos  » gen­tils virus  » pour moi ?

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  6. zut

    Abracadabr@

    Réponse
  7. Saint-Jarre Claude

    Au Qué­bec, enfu­mage se dit : enfirouapage

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  8. BA

    Le scan­dale de l’an­née 2014 : ce matin, des révé­la­tions explo­sives sur le Luxem­bourg sont publiées par 40 grands médias :

    Eva­sion fis­cale : tout sur les secrets du Luxembourg.

    Des mil­liards d’euros de recettes fis­cales éva­po­rées grâce à des accords fis­caux secrets. Plus de 300 mul­ti­na­tio­nales concer­nées, par­mi les­quelles des stars de l’économie comme Apple, Ama­zon, Heinz, Pep­si, Ikea, Deutsche Bank…

    Dans une enquête réa­li­sée en par­te­na­riat avec le consor­tium de jour­na­lisme d’investigation amé­ri­cain ICIJ (Inter­na­tio­nal Consor­tium of Inves­ti­ga­tive Jour­na­lists) et qua­rante médias étran­gers (The Guar­dian au Royaume-Uni, le Süd­deutsche Zei­tung en Alle­magne, la télé­vi­sion publique cana­dienne Cana­dian Broad­cas­ting Cor­po­ra­tion, l’Asahi Shim­bun au Japon, etc.), Le Monde révèle les des­sous du sys­tème fis­cal luxembourgeois.

    http://​www​.lemonde​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​-​m​o​n​d​i​a​l​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​4​/​1​1​/​0​5​/​e​v​a​s​i​o​n​-​f​i​s​c​a​l​e​-​t​o​u​t​-​s​u​r​-​l​e​s​-​s​e​c​r​e​t​s​-​d​u​-​l​u​x​e​m​b​o​u​r​g​_​4​5​1​8​8​9​5​_​1​6​5​6​9​4​1​.​h​tml

    Rap­pel :

    De jan­vier 1995 à décembre 2013, le Luxem­bourg a été diri­gé par Jean-Claude Juncker.

    Aujourd’­hui, Jean-Claude Jun­cker doit s’ex­pli­quer sur ces accords fis­caux secrets qui ont fait perdre des mil­liards d’eu­ros de ren­trées fis­cales à la France, à l’Al­le­magne, etc.

    Aujourd’­hui, Jean-Claude Jun­cker doit s’ex­pli­quer sur cet énorme scandale.

    Réponse
    • etienne

      Lux­Leaks : les accords fis­caux secrets du Luxem­bourg dévoilés
      Eco­no­mie – lesoir​.be

      http://www.lesoir.be/700069/article/economie/2014–11-05/luxleaks-accords-fiscaux-secrets-du-luxembourg-devoiles

      « Le scan­dale est pla­né­taire : le Luxem­bourg siphonne non seule­ment l’assiette fis­cale de la Bel­gique, mais aus­si de l’Europe, du monde entier. Aujourd’hui, nous sommes plus de trente jour­naux à dénon­cer le dum­ping fis­cal indé­cent accor­dé par le Luxem­bourg à plus de 340 socié­tés mul­ti­na­tio­nales par­mi les­quelles GBL ou Artal, mais aus­si Ikea, Pep­si ou FedEx, avec des taux si bas qu’ils ne se comptent par­fois plus en pourcent. De qui se moque le Grand-Duché ? »

      Réponse
  9. Eliade Guy

    Évident le « com­plot » com­mence par la défense de l’ inté­rêt personnel
    du spé­cia­liste, c’ est « l’Homme de Cour » de Bal­ta­zar Gracian.
    On y voit com­ment l’ homme se plie et se met à dis­tance à la fois du Prince pour s’é­di­fier une vie la plus « confor­table » pos­sible. Car il n’ a appa­rem­ment pas la puis­sance de se révolter.

    G

    Réponse
    • Katharina

      je suis éton­née que tu pense « le duc » n’a pas de puis­sance de s’é­le­ver. Il fait évi­dem­ment avec. Ces réseaux secrets ne fonc­tionnent que par des secrets. Tour le monde connaît un secret de quel­qu’un d’autre. « Si tu dénonce mon secret, je dénonce le tien. »

      Réponse
      • Eliade Guy

        Le duc quel duc.
        Je parle de l’ Homme de cour de Bal­ta­zar Gra­cian qui met en scéne un érudit
        Pour­rait on appe­ler aujourd’hui’ hui cet éru­dit « un spé­cia­liste » ? (beurk)
        Plu­tôt un libre pen­seur qui s’ auto-limite … N’ est il pas temps de détruire ces limites mes­sieurs les LIBRES pen­seurs … je les pro­voquent à l’ Amour et n’ ai pas de haine dans mon cœur

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        • Katharina

          ah oui, j’ai dû lire trop vite -

          Réponse
  10. Oli

    Je suis d’ac­cord avec le fond. 

    Ils ont pla­cé leurs pions dans les uni­ver­si­tés pour répandre la parole libé­rale. Ils ont fait pareil au Chi­li lors­qu’ils ont déci­dé d’im­po­ser cette éco­no­mie de la conne­rie en Amé­rique Latine.

    J’ai remar­qué que ça se pas­sait aus­si en France quand j’ai eu le plai­sir de par­ler à des étu­diants en éco­no­mie qui avaient fré­quen­té Tou­louse. Que dire… égo gon­flé à bloc parce qu’ils ont l’im­pres­sion d’en savoir plus que le « peuple » et qu’on leur fait faire des algo­rithmes. Très dif­fi­cile d’é­chan­ger avec eux, ils sont réel­le­ment butés. Bien évi­dem­ment, c’est l’u­ni­ver­si­té qui les rend comme ça, et ceux qui excellent dans la pen­sée libé­rale sont ensuite bien vus, rem­portent les féli­ci­ta­tions, obtiennent des postes lors­qu’ils pré­parent leur pro­jet de recherche.. C’est tout un engre­nage… Pour en faire des prix nobels…

    Au pas­sage, l’u­ni­ver­si­té fait pareil pour les autres sec­teurs, elles ne forment pas des his­to­riens ni des socio­logues, ni de psy ou de méde­cin, enfin si, elles en forment, mais des his­to­riens, socio­logues, psys et méde­cin d’a­bord au ser­vice du pou­voir et de l’é­co­no­mie, et non prio­ri­tai­re­ment au ser­vice du peuple. Les savoirs qui y sont ensei­gnés sont sélec­tion­nés… Une pen­sée unique est trans­mise… Et ceux qui s’en éloignent galèrent après au sein des uni­tés de recherche. Quant à ceux qui com­mencent à s’in­té­res­ser au peuple, là, ça devient le par­cours du com­bat­tant pour que leurs tra­vaux soient financés. 

    Sinon, une petite remarque sur la forme : par­ler des « meilleurs élèves » ça fait un peu éli­tiste, non ? Quelque part, c’est main­te­nir les strates de cette socié­té, car il n’y a pas que l’argent qui sépare les indi­vi­dus et les hié­rar­chise, il y a aus­si ce qu’on appelle le « savoir ».

    Réponse
  11. Oli

    Et j’ou­bliais… Pour faire un rac­cord avec le repor­tage sur Chaves et les réac­tions des médias, il se passe éga­le­ment la même chose dans les écoles de jour­na­lisme… Le savoir qui y est ensei­gné, atten­du et vali­dé est avant tout le savoir qui sert les inté­rêts du capi­tal (le pou­voir et l’économie).
    Il ne faut donc pas s’é­ton­ner après d’a­voir des jour­na­listes au ser­vice du pou­voir, la plu­part d’entre eux ignorent réel­le­ment l’his­toire des classes sociales dont ils sont issues, ou alors, ils pensent sin­cè­re­ment que tout s’est mira­cu­leu­se­ment réso­lu aujourd’­hui grâce à la méritocratie…

    Réponse
  12. Oli

    Ici, je parle des exé­cu­tants, des jour­na­listes sur le ter­rain, ceux qui font vrai­ment le tra­vail, et non pas bien sûr de leur direc­teur, car au niveau des direc­teurs on peut clai­re­ment par­ler de conflits d’in­té­rêts et de corruption.

    Réponse
    • Katharina

      cela va être dûr dans le proche ave­nir. Ils com­mencent déjà à finan­cer des écoles pri­maires de l’é­tat à Ber­lin. Et les lycées sur­tout. Leur but : le direc­teur est à la mer­ci de l’in­ves­tis­seur. L’in­ves­tis­seur finance des « labo­ra­toires » , des « pro­jets », puis du maté­riel. Dans les classes, des nou­veaux profs arri­vés avec l’in­ves­tis­seur recherchent des talents maniables. Ils savent très bien que l’é­lite ne peut pas s’en­gen­drer que par l’é­lite. Ils cherchent de la chair fraîche. Ils faut les protéger.

      Réponse
  13. Michael

    Bon­jour Étienne, j’ai vu ce film et il est très édu­ca­tif sur les détails de com­ment le monde entier c’est fait escroquer.

    Mais la crise de 2008 revien­dra sous une dif­fé­rente forme, mais tout cela est une méca­nique très ingé­nieuse qui a pour but de faire écla­ter des bulles finan­cières de façon à ce que la richesse ce concentre de plus en plus dans les mains d’un groupe de per­sonne de plus en plus réduit.

    ici une vidéo qui explique de façon simple pour­quoi nous sommes tous esclaves de la dette et du tra­vail à vie et com­ment nos enfants naî­tront avec une dette encore plus grande avant même de prendre leur pre­mière bouf­fée d’air :

    Comme la cause des causes il fau­drait cher­cher le « Com­plot Père de tous les Com­plots » res­pon­sable de cette décep­tion humaine planétaire.

    Qu’ils soient les éri­tiés et déscen­dants des Che­va­liers du Temple, les Franc-Maçons, les Illu­mi­nés de Bavière qui ont jurés qu’ils infil­tre­raient le monde entier pour le contro­ler, ces élites inhu­maines ont tout, le pou­voir, l’argent, tout l’argent, ils ont la puis­sance guer­rière, ils ont tout et contrôlent tout, cepen­dant il y a quand même 2 choses qu’ils ne contrôlent pas encore ce sont la vie et la religion.
    Le com­plot des com­plots ne serait-il pas que ces psy­cho­pathes veulent deve­nir nos Dieux ? 

    Réponse
  14. Michael

    (excu­sez-moi pour repu­blier ce com­men­taire mais sur le 1er les liens vidéos n’ap­pa­rais­saient pas)

    Bon­jour Étienne, j’ai vu ce film et il est très édu­ca­tif sur les détails de com­ment le monde entier c’est fait escroquer.

    Mais la crise de 2008 revien­dra sous une dif­fé­rente forme, mais tout cela est une méca­nique très ingé­nieuse qui a pour but de faire écla­ter des bulles finan­cières de façon à ce que la richesse ce concentre de plus en plus dans les mains d’un groupe de per­sonne de plus en plus réduit.

    ici une vidéo qui explique de façon simple pour­quoi nous sommes tous esclaves de la dette et du tra­vail à vie et com­ment nos enfants naî­tront avec une dette encore plus grande avant même de prendre leur pre­mière bouf­fée d’air :

    L’es­cla­vage moderne

    Comme la cause des causes il fau­drait cher­cher le « Com­plot Père de tous les Com­plots » res­pon­sable de cette décep­tion humaine planétaire.

    Qu’ils soient les éri­tiés et déscen­dants des Che­va­liers du Temple, les Franc-Maçons, les Illu­mi­nés de Bavière qui ont jurés qu’ils infil­tre­raient le monde entier pour le contro­ler, ces élites inhu­maines ont tout, le pou­voir, l’argent, tout l’argent, ils ont la puis­sance guer­rière, ils ont tout et contrôlent tout, cepen­dant il y a quand même 2 choses qu’ils ne contrôlent pas encore ce sont la vie et la religion.
    Le com­plot des com­plots ne serait-il pas que ces psy­cho­pathes veulent deve­nir nos Dieux ?

    Top Trans­hu­ma­nist affirme qu’il va deve­nir Dieu et tuer qui­conque essaie de l’arrêter !!!

    Phy­si­cist Richard Seed : We Will Become Gods

    Réponse
    • Mic El

      « ils ont tout et contrôlent tout, cepen­dant il y a quand même 2 choses qu’ils ne contrôlent pas encore ce sont la vie et la religion.
      Le com­plot des com­plots ne serait-il pas que ces psy­cho­pathes veulent deve­nir nos Dieux ? »

      ils ne contrôlent pas la vie, la preuve en est que même leurs pers­pec­tives trans­hu­ma­nistes les plus auda­cieuses ne peuvent que de retar­der la mort, pas la vaincre…

      Mais pour ce qui est de la reli­gion, ou des croyances, ils ont fait main basse des­sus depuis des mil­lé­naires. La saga d’An­ton Parks « les Chro­niques du Gírkù » (Girkù, est le nom que le héros, Enki, donne à son cris­tal dans lequel il enre­gistre ses mémoires…) met en scène cet asser­vis­se­ment des reli­gions à l’his­toire des vain­queurs… et com­ment ces maîtres qui nous dominent sont nos dieux, et n’ont qu’une ambi­tion nous concer­nant, celle de nous voir dis­pa­raître. pro­ba­ble­ment de sur­po­pu­la­tion… La guerre inté­rieure serait la seule voie pour don­ner corps à une vraie démocratie.

      Réponse
  15. Ana Sailland

    La fonc­tion pre­mière de la péda­go­gie est la construc­tion d’un être adulte, auto­nome, connais­sant, doué d’un esprit inci­sif, capable de déman­te­ler toute ten­ta­tive de l’encercler.

    Par­tant de là petit à petit sur­viennent pour cause prag­ma­tique des bémols à cette ambi­tion. Et de bémol en bémol en en arrive au grave.

    Le pro­gramme du CNR lui-même annonce la fabri­ca­tion d’é­lites capables d’as­su­mer les fonc­tions de l’Etat.
    En regard de l’i­déal de conscience qui devrait être le prin­cipe pre­mier, c’est déjà un pre­mier abandon.
    Je sais qu’on peut ne pas être d’accord 😉

    Puis dans l’in­cons­cient col­lec­tif l’i­dée que c’est l’é­cole qui garan­tit un bon métier, une bonne case.
    Certes, elle peut ser­vir à cela l’é­cole, mais comme consé­quence, pas comme essen­tiel : L’Homme construit sait s’a­dap­ter à tout.
    En outre si cette mis­sion fut un temps non men­son­gère, elle devient de nos jours obso­lète, mais là n’est pas la question.

    Et voi­ci que main­te­nant le capi­tal s’empare de la fabrique des êtres pensants.
    C’é­tait d’ailleurs une ambi­tion affi­chée depuis des décennies.
    Sans comp­ter que pour le libé­ra­lisme, la péda­go­gie est l’un des der­niers ser­vices publics à mar­chan­di­ser, et elle repré­sente un pac­tole astronomique.
    Mais là n’est pas non plus la question.

    La chose grave est que si autre­fois les maîtres main­tinrent des esclaves enchaî­nés par des liens de fer, ils se pré­parent main­te­nant un chep­tel consen­tant, car enchaî­né dans son esprit par des ambi­tions qu’on lui aura ino­cu­lées, et une inca­pa­ci­té à conce­voir un autre des­tin et un autre monde que ceux qu’on lui présentera.

    Dans le livret de famille vau­dois (Suisse) il y avait autre­fois un texte de Ramuz jugé magni­fique ; on y lisait deux vieux se féli­ci­tant de leurs enfants : « Voi­là que les enfants à cette heure sont casés ».
    Peu ont res­sen­ti le sub­li­mi­nal alié­nant conte­nu dans ce « casés ».
    J’y vois le sym­bole ramas­sé non seule­ment du chan­tage à l’emploi mais encore cet appau­vris­se­ment de l’être assi­mi­lé à sa case, quand pour­tant chaque être devrait rayon­ner une inven­ti­vi­té explosive.
    La mise en coupe réglée de l’é­du­ca­tion est par­mi les pires dan­gers qui menacent le futur et la civi­li­sa­tion, car ici se pré­pare la réduc­tion de l’in­di­vi­du à sa fonction.
    Un indi­vi­du pri­vé de l’i­ma­gi­naire et de la poly­cul­ture néces­saires à son évasion.

    Le mot « pro­lé­taire » désigne à l’o­ri­gine un citoyen romain qui n’a que ses enfants (proles) comme richesse. Ain­si à Rome le pro­lé­ta­riat est il la der­nière classe sociale.
    Par ana­lo­gie, Ber­nard Stie­gler uti­lise le mot pro­lé­ta­ri­sa­tion pour par­ler de cette réduction/assignation de l’in­di­vi­du à un poste, tel qu’il ne pos­sède rien d’autre que cela.
    La for­ma­tion de l’in­di­vi­du à une fonc­tion unique et sans l’é­di­fi­ca­tion d’un esprit riche et indé­pen­dant, cela est la forme la plus rusée de l’esclavage.

    Réponse
    • Ana Sailland

      Rétros­pec­tive …
      https://​you​tu​.be/​I​n​r​v​w​2​a​h​KD8

      L’as­si­gna­tion de l’in­di­vi­du à une tâche phy­sique unique n’est qu’une décli­nai­son par­mi d’autres de l’as­si­gna­tion de l’in­di­vi­du à une case. La ver­sion moderne concerne le cer­veau et non plus la main, mais le résul­tat est le même : insectisation.

      Réponse
  16. frigouret

    L’ar­ticle de Mau­duis ne me satis­fait pas, ce qui serait infor­ma­tif c’est d’en savoir un peu plus sur l’i­dée qui a value le Nobel a Tyrrol.
    Au lieu de ça Mau­duis fait du adho­mi­nen jus­qu’à la nausée.
    J’ai trou­vé Eli­nor Ostrom , Nobel aus­si, tout a fait épatante.
    .

    Réponse
  17. J-Stéphane

    Excellent Domi­nique Rous­seau en ce moment sur Médiapartlive.

    Réponse
  18. BA

    La vidéo qui démasque Jean-Claude Jun­cker le menteur :

    Jean-Claude Jun­cker a diri­gé le Luxem­bourg de jan­vier 1995 à décembre 2013.

    Aujourd’­hui, le plus grand scan­dale de l’an­née 2014 a révé­lé que le Luxem­bourg a pas­sé des accords fis­caux secrets.

    Ces accords fis­caux secrets ont fait perdre des mil­liards d’eu­ros de ren­trées fis­cales à la France, à l’Al­le­magne, etc.

    Or, qu’a­vons-nous vu le mar­di 21 octobre 2008 sur France 2 ?

    Nous avons vu ce men­teur de Jean-Claude Jun­cker jouer la comé­die devant des mil­lions de télespectateurs.

    Il faut voir et revoir cette vidéo durant laquelle Jean-Claude Jun­cker ment, joue la comé­die, donne des leçons de morale, fait sem­blant d’être scan­da­li­sé par le repor­tage du jour­na­liste et par les ques­tions de David Pujadas : 

    « Je récuse la façon cari­ca­tu­rale dont vous pré­sen­tez avec la condes­cen­dance bien fran­co-fran­çaise la réa­li­té luxem­bour­geoise. Votre repor­tage fut stric­te­ment ridi­cule. (…) Je ne me sens pas accu­sé par des repor­tages super­fi­ciels d’un jour­na­lisme pri­maire qui ne fait pas hon­neur à votre chaîne ». 

    Jean-Claude Jun­cker n’est qu’un men­teur et un comédien.

    Regar­dez bien cette vidéo à par­tir de 6 minutes 30 :

    http://​www​.marianne​.net/​J​u​n​c​k​e​r​-​p​i​q​u​e​-​s​a​-​c​r​i​s​e​-​a​u​-​J​T​-​d​e​-​F​r​a​n​c​e​-​2​_​a​9​2​5​0​1​.​h​tml


    France 2 VS J_C_Junker par Bitoll

    Réponse
  19. J-Stéphane

    La crise est une réac­tion défen­sive, l’aus­té­ri­té est une réac­tion offen­sive à la crise.

    Réponse
  20. J-Stéphane

    La démo­cra­tie c’est la poli­tique du détail.

    Réponse
  21. etienne

    Fré­dé­ric Lordon :
    De la sphère finan­cière au cabi­net ministériel…

    Mon com­men­taire :
    S’in­ter­dire de pen­ser COMPLOT, c’est pro­té­ger les comploteurs.

    Réponse
  22. etienne

    Siné mensuel

    Laurent Mau­duit
    « Com­ment les éco­no­mistes média­tiques nous enfument »
    (Siné Men­suel)

    Source : http://​www​.sine​men​suel​.com/​g​r​a​n​d​e​s​-​i​n​t​e​r​v​i​e​w​s​/​l​a​u​r​e​n​t​-​m​a​u​d​u​i​t​-​c​o​m​m​e​n​t​-​l​e​s​-​e​c​o​n​o​m​i​s​t​e​s​-​m​e​d​i​a​t​i​q​u​e​s​-​n​o​u​s​-​e​n​f​u​m​e​nt/

    Dessin de FaujourLaurent Mau­duit est cofon­da­teur de Media­part, jour­na­liste éco­no­mique, d’abord à Libé puis au Monde. Dans Les Impos­teurs de l’économie (éd. Jean-Claude Gaw­se­witch, 2012), il ana­ly­sait et dénon­çait les conni­vences entre les « grands médias » et les éco­no­mistes néo­li­bé­raux, deve­nus grands gou­rous média­tiques de la pen­sée unique. Dans son livre À tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient (éd. Don Qui­chotte, 2014), il boucle la boucle en expli­quant, preuves à l’appui, com­ment le peuple de gauche s’est fait avoir.

    Dans Les Impos­teurs de l’économie, vous décor­ti­quez le sys­tème des « éco­no­mistes » der­rière lequel se cachent les finan­ciers. Depuis cette ana­lyse, les noms ont peut-être un peu chan­gé, mais les pra­tiques sont-elles encore là ?

    Le livre a secoué cer­tains milieux intel­lec­tuels. J’y raconte la consan­gui­ni­té entre les éco­no­mistes les plus média­ti­sés, cen­sés être des intel­lec­tuels tra­vaillant à l’Université, et qui deviennent en fait des agents de pro­pa­gande des banques et des assu­rances pla­cés au cœur du sys­tème et du poli­tique. Ça, ça n’a qua­si­ment pas changé.

    Quand il y a une crise, il est très impor­tant que les citoyens puissent entendre la parole de gens qui ont sur leur matière des points de vue dif­fé­rents mais indé­pen­dants. Or beau­coup d’entre eux ont été cor­rom­pus pré­ci­sé­ment par le sys­tème qui a conduit à la crise. En théo­rie, la loi pro­tège l’indépendance des uni­ver­si­taires. En clair, elle leur inter­dit de sié­ger dans le conseil d’administration d’une entre­prise pri­vée ou d’avoir une mis­sion rému­né­rée par celle-ci sans avoir eu l’autorisation préa­lable de leur supé­rieur hié­rar­chique, ce qui n’est jamais fait. Il y a une sorte de juris­pru­dence qui s’est ins­tal­lée pour une cin­quan­taine d’économistes, une sorte de sys­tème de cor­rup­tion géné­ra­li­sée. Ils sont entre 40 et 50 éco­no­mistes sur­mé­dia­ti­sés (sur 3 000 ou 4 000 éco­no­mistes en France, scan­da­li­sés voire trau­ma­ti­sés par ces pra­tiques) à s’être trans­for­més en lob­byistes de leurs employeurs pri­vés. Le plus connu d’entre eux, Daniel Cohen, a été embau­ché par la banque Lazard, LA banque d’affaires du capi­ta­lisme de conni­vence fran­çais, qui est au cœur de tous les deals finan­ciers et indus­triels depuis vingt ans. Il gagnait, en 2011, entre 10 et 20 fois plus que ce qu’il gagne à l’École nor­male supé­rieure (ENS) !

    La for­ma­tion des éco­no­mistes est-elle en cause ?

    Il y a une OPA de la finance sur les milieux intel­lec­tuels et c’est un dan­ger. La loi de 2006 a auto­ri­sé les grandes uni­ver­si­tés à créer des fon­da­tions et des chaires finan­cées par les grands groupes, comme L’Oréal, Axa, Total, BNP Pari­bas, Cré­dit agri­cole… C’est une bombe logée au sein de l’université fran­çaise qui risque de conduire à un écla­te­ment de l’université dans les dis­ci­plines éco­no­miques : avec une uni­ver­si­té de luxe sous la coupe du pri­vé dis­po­sant de rému­né­ra­tions consi­dé­ra­ble­ment supé­rieures à celles de la fonc­tion publique ; et une uni­ver­si­té du pauvre aban­don­née au public avec des pro­fes­seurs sous-payés. Alors que le trai­te­ment d’un pro­fes­seur en fin de car­rière avoi­sine les 5000 euros par mois, les béné­fi­ciaires d’une chaire sénior à l’École d’économie de Tou­louse, très liée au pri­vé, ont une rému­né­ra­tion trois à quatre fois supé­rieure. D’évidence, l’indépendance de la recherche est en danger.

    Pour­quoi et com­ment ces éco­no­mistes ont-ils pris un tel pouvoir ?

    Au cours de mon enquête, j’observe aus­si qu’une par­tie des jour­na­listes est dans ce même sys­tème de cor­rup­tion. Je prends l’exemple d’une grande émis­sion qui est tota­le­ment à pen­sée unique, la pen­sée unique néo­li­bé­rale, qui est C dans l’air, d’Yves Cal­vi. Les seuls éco­no­mistes invi­tés sont pré­ci­sé­ment ceux dont je parle dans mon livre, ceux qui siègent au CA des banques, etc. et qui, de fait, média­tisent « l’économie » de leurs clients. Ils sont invi­tés non-stop, par­tout, dans tous les médias. On ne voit qu’eux pra­ti­que­ment, on n’entend qu’eux, ils nous expliquent la crise et ses solu­tions à leur manière, néo­li­bé­rale. Un scan­dale. Par­mi ceux que l’on entend et voit par­tout, il y en a qui sont pré­sen­tés comme éco­no­mistes alors qu’ils ne le sont même pas, comme Marc Fio­ren­ti­no qui déte­nait lui-même une socié­té de pla­ce­ment en Bourse et qui avait fait l’objet de trois sanc­tions de l’Autorité des mar­chés finan­ciers. Crai­gnant qu’on lui retire son agré­ment, il a dû chan­ger l’objet de sa socié­té. Ce qui est très grave, c’est qu’une grande par­tie des jour­na­listes éco­no­miques s’est cou­chée et a accep­té ces mœurs. Un naufrage…

    Com­ment expli­quez-vous cette dérive, ce manque de pluralisme ?

    Une des rai­sons pour les­quelles on n’entend pas les dif­fé­rences, le plu­ra­lisme, c’est que la grande presse l’interdit. On sort de la Libé­ra­tion avec des prin­cipes de presse édic­tés par le Conseil natio­nal de la résis­tance, dont l’indépendance de la presse, et tous les jour­naux se construisent sur ce modèle-là. Cha­cun à sa façon crée les condi­tions de son indé­pen­dance. Et que vit-on dans le cou­rant des années 2000, avec une ten­dance qui s’accélérera sous Sar­ko­zy ? La remise en cause de ce prin­cipe. C’est l’histoire du Monde, de Libé, des Échos, de toute la presse quo­ti­dienne natio­nale. On assiste d’abord à une nor­ma­li­sa­tion éco­no­mique. Les formes de pro­prié­té sont balayées, les jour­naux sont rache­tés, cro­qués par des oli­garques, et après cette nor­ma­li­sa­tion éco­no­mique suit une nor­ma­li­sa­tion édi­to­riale, où des jour­naux, sans être cor­rom­pus, deviennent des jour­naux sans âme, vidés de leur conte­nu. Cette double nor­ma­li­sa­tion de la presse accom­pagne la nor­ma­li­sa­tion des éco­no­mistes, l’OPA de la finance sur le monde aca­dé­mique et éco­no­mique, et fait que la presse n’est plus le lieu du débat plu­ra­liste en éco­no­mie. On est en fait dans une socié­té assez proche de celle du Second Empire. Regar­dez ce qui se passe sous Napo­léon III : un pou­voir fort, pas de contre-pou­voir, le Par­le­ment est mépri­sé, la presse est rache­tée par des oli­garques… Je pense qu’on n’est pas dans un État de droit ; je pense que la France est un pays malade et que ce sys­tème de remise au pas de la presse et des éco­no­mistes a été beau­coup plus loin que dans d’autres démo­cra­ties… Ima­gi­nez-vous qu’aux États-Unis, pays libé­ral s’il en est, le plus grand quo­ti­dien éco­no­mique soit la pro­prié­té du plus grand patron du pays ? On est dans un sys­tème de capi­ta­lisme de la bar­bi­chette : « Je te tiens, tu me tiens, on se rend des ser­vices mutuels et les jour­na­listes ne vont pas nous emmerder ! »

    On ne com­prend pas pour­quoi les poli­tiques, et notam­ment un PS à l’agonie, conti­nuent de mener ces politiques-là…

    Je pense qu’il y a deux réponses. Un, le bas­cu­le­ment pro­gres­sif des années 80–90 vers un capi­ta­lisme plus tyran­nique a fait que le réfor­misme clas­sique a été asphyxié. Hol­lande reprend le flam­beau là où Jos­pin l’a lais­sé : en 2002, Jos­pin, arri­vé en 1997 avec un pro­gramme très à gauche, dira : « Mon pro­jet n’est pas socia­liste. » Hol­lande, lui, passe car­ré­ment de l’autre côté, où le réfor­misme n’a plus sa place. Il y a une pré­émi­nence totale du capi­tal sur le travail.

    Seconde réponse : dans ce mou­ve­ment-là, la cor­rup­tion a gagné jusque dans les rangs du PS et une par­tie du per­son­nel poli­tique a été tota­le­ment gan­gré­née par le camp adverse ! Regar­dez sur qui s’appuie Fran­çois Hol­lande : Jean-Pierre Jouyet dont toutes les convic­tions sont à droite, qui pense « qu’il faut aller vers davan­tage de flexi­bi­li­té et des bou­lots qui ne sont pas for­cé­ment payés au Smic », dont les réseaux per­son­nels sont des ami­tiés avec les ban­quiers d’affaires. Emma­nuel Macron, deve­nu ministre de l’Économie et rem­pla­cé en tant que conseiller éco­no­mique de Hol­lande par Lau­rence Boone, membre du Cercle des éco­no­mistes (l’un des cénacles mon­dains et pari­siens de la pen­sée unique), chef éco­no­miste chez Bank of Ame­ri­ca Mer­rill Lynch, puis dans le groupe du mil­liar­daire Fran­çois Pinault (qui esti­mait que le Pré­sident n’en fai­sait pas assez en faveur des milieux patro­naux)… Il y a une poro­si­té très forte entre cer­tains milieux socia­listes et les milieux finan­ciers qui fait que cer­tains d’entre eux ne se posent même plus la ques­tion. Ils sont dans une bulle et ne devinent même pas les souf­frances sociales du pays.

    Le Par­ti socia­liste se retrouve à gérer un capi­ta­lisme qui ignore le com­pro­mis social. Il y a donc un effet d’essoufflement et on assiste sans doute à la mort d’un par­ti vieux d’un siècle. Il y a un autre aspect : c’est que cette mort inter­vient dans un sys­tème fran­çais très oli­gar­chique, et ça a à voir avec nos éco­no­mistes cor­rom­pus. Quelques oli­garques pro­fessent les mêmes fausses évi­dences néo­li­bé­rales quelles que soient les alter­nances. Je les appelle les « intel­lec­tuels essuie-glace » parce que, que ce soit la gauche ou la droite, eux, ils res­tent tou­jours en place. De ce point de vue-là, l’histoire d’Attali et de son bras droit Emma­nuel Macron est révé­la­trice. Le pre­mier rap­port Atta­li paraît en jan­vier 2008 alors que la crise est déjà visible. Écrit par Macron – c’est lui le rap­por­teur, c’est lui qui tient la plume –, il explique que la France devrait suivre l’exemple des « grands pays qui ont su faire des efforts » : le Por­tu­gal, l’Espagne et la Grèce ! L’alternance arrive et Macron change de train. Je le ren­contre en sep­tembre 2011 et il me dit : « Moi, je suis pru­dent. Jean-Pierre Jouyet (ex-ministre de Sar­ko­zy, qui fai­sait alors cam­pagne pour Hol­lande) est mal­adroit. Lui et moi, dans l’opinion publique, on est toxiques pour Hol­lande, il ne faut pas qu’on nous voie. » Ça m’intrigue quand il me dit ça. Mais il y a plein d’autres jour­na­listes qui voient qu’Hollande tra­vaille avec Macron au moment même où il dit : « Mon adver­saire, c’est la finance ! » On aurait dû être plus vigi­lants. Le renie­ment, la tra­hi­son, la volte-face de Hol­lande étaient déjà per­cep­tibles, et c’est au cœur même de cette his­toire d’économistes cor­rom­pus. Notre sys­tème, une démo­cra­tie ané­miée, sans contre-pou­voir, fait que l’oligarchie est par­ti­cu­liè­re­ment forte. Même le prix Nobel d’économie Paul Krug­man, démo­crate modé­ré, écrit dans le New York Times* : « Ce qui me choque chez Hol­lande, c’est qu’il sous­crive désor­mais aux doc­trines de droite pour­tant dis­cré­di­tées. Comme les autres, il s’est sou­mis, sou­mis­sion qui vire désor­mais à la faillite intellectuelle. »

    Et ces idées dis­cré­di­tées, celles que la droite a tou­jours défen­du et qui consti­tuent le cre­do de Hol­lande, vous les connais­sez : c’est que la dette publique est trop forte.

    C’est l’un des exemples types des ravages de la pen­sée unique. Les Fran­çais vivent avec l’idée qu’on leur serine à lon­gueur d’émission : le pays vit au-des­sus de ses moyens. On dépense trop, les dépenses sociales sont trop impor­tantes, donc il faut que cha­cun fasse des éco­no­mies, et l’État lui-même… d’où les 50 mil­liards d’euros d’économies, un mon­tant tota­le­ment hors normes. En fait, quand on étu­die les chiffres – ceux du rap­port de Gilles Car­rez (UMP) en 2011–, ils montrent que s’il n’y avait pas eu de baisse d’impôt de 2000 à 2010, la dette publique serait à 60 %. On serait un bon élève, juste au pla­fond du cri­tère de Maas­tricht, pas besoin de plan d’austérité. Or ces baisses d’impôts, c’est quoi ? C’est à 60 % des baisses d’impôts sur le reve­nu. Par défi­ni­tion, ça touche les 50 % des Fran­çais qui ont le plus d’argent. On a donc assis­té sur dix ans à un immense sys­tème de trans­fert de reve­nus : les riches s’enrichissent et on veut le faire payer aux pauvres sous la forme d’un plan d’austérité. Je pense qu’on vit la mort de la gauche, et que Hol­lande a pro­mu au som­met les fos­soyeurs, celui – Valls – dont Mon­te­bourg disait : « Il n’a qu’un pas à faire pour pas­ser à l’UMP. » Il n’y a plus aucune différence.

    On est quand même éton­nés qu’il n’y ait pas un éco­no­miste ou un poli­tique qui s’élève contre ce sys­tème, même si ça com­mence à râler chez les frondeurs…

    Ce qui est quand même ras­su­rant, c’est que la grande col­lec­ti­vi­té des éco­no­mistes a résis­té à cette évo­lu­tion-là. La grande masse a vécu cette évo­lu­tion avec indi­gna­tion et il y a des poches de résis­tance, Attac, Les Éco­no­mistes atter­rés qui pro­posent des solu­tions dif­fé­rentes, plus adéquates.

    CATHERINE SINET
    avec THIBAULT PRÉVOST

    * Du 19 jan­vier 2014, deux jours après la confé­rence de presse de Hol­lande don­nant le coup d’envoi de son Pacte de responsabilité.

     

    Source : http://​www​.sine​men​suel​.com/​g​r​a​n​d​e​s​-​i​n​t​e​r​v​i​e​w​s​/​l​a​u​r​e​n​t​-​m​a​u​d​u​i​t​-​c​o​m​m​e​n​t​-​l​e​s​-​e​c​o​n​o​m​i​s​t​e​s​-​m​e​d​i​a​t​i​q​u​e​s​-​n​o​u​s​-​e​n​f​u​m​e​nt/

    Paru dans Siné Men­suel N°35 – octobre 2014

    Réponse
  23. Ronald

    Je vou­drais rele­ver un accent nou­veau mis par Etienne dans son pro­pos à l’oc­ca­sion de cet inter­view à l’A­gence Info Libre. Le pas­sage com­mence à 29:45. C’est un point qui ne s’est éclair­ci pour moi que récem­ment (cer­tains l’au­ront com­pris depuis long­temps, mais moi je com­prends lentement).
    Il explique en fait que la grande inno­va­tion, ce n’est pas le tirage au sort. Ce qui est impor­tant c’est de sélec­tion­ner des gens qui ne soient pas juge et par­tie. Le tirage au sort n’est qu’un moyen. En lui-même, il peut tout à fait ser­vir à des objec­tifs oli­gar­chiques. D’ailleurs, à n’en pas dou­ter, quand le prin­cipe sera popu­la­ri­sé, il y aura des cra­pules qui se ser­vi­ront du label « tirage au sort » pour s’at­ti­rer les sym­pa­thies (par exemple en pro­cé­dant au tirage au sort entre divers sup­pôts de l’o­li­gar­chie, ou quelque chose du genre). Le véri­table objec­tif, c’est la sup­pres­sion des conflits d’in­té­rêts. Car en fait, le tirage au sort ne va pas révo­lu­tion­ner le monde. Il y aura tou­jours de la l’é­goïsme, de la finance, de l’ex­ploi­ta­tion, … Je ne pense même pas que le tirage au sort appor­te­ra l’é­ga­li­té des chances, puisque même au sein d’un groupe tiré au sort, les per­sonnes avec les ori­gines socio­cul­tu­relles éle­vées pour­ront l’emporter contre d’autres moins favo­ri­sées, même plus nom­breuses. Le prin­ci­pal béné­fice, voire le seul, du tirage au sort, c’est de sup­pri­mer les conflits d’in­té­rêts.

    On peut se deman­der pour­quoi le thème du tirage au sort est appa­ru au début du XXIe siècle, alors que les abus du pou­voir étaient sem­blables depuis plus de deux siècles. Je pense que c’est lié à l’ap­pa­ri­tion conco­mi­tante du thème du conflit d’in­té­rêt. En effet, il me semble que cette idée n’ap­pa­raît pas de manière saillante chez les anciens pen­seurs de la démo­cra­tie. Ce n’est un sujet qui n’est appa­ru de manière récur­rente que récem­ment, dans divers domaines : éco­no­mie, fonc­tion publique, éner­gie, san­té, etc … Cela est sans doute lié aux déve­lop­pe­ments des tech­niques d’in­for­ma­tion et de la trans­pa­rence, qui per­mettent de mettre un nom et de suivre le par­cours des dif­fé­rents inter­ve­nants de la prise de déci­sion publique, ce qui était plus dif­fi­cile autre­fois. Le pro­blème du conflit d’in­té­rêt se pose alors, et fort logi­que­ment, on est ame­né à se deman­der com­ment sélec­tion­ner les indi­vi­dus qui prennent les déci­sions, pour parer à cet écueil. D’où l’ap­pa­ri­tion de l’i­dée des mini-jurys citoyens.

    L’é­tape sup­plé­men­taire fran­chie par Etienne et d’autres est de com­prendre que la source de tous les conflits d’in­té­rêt remonte au pro­ces­sus consti­tuant, d’où découlent tous les pro­blèmes consta­tés dans les dif­fé­rents domaines poli­tiques cités. On com­prend dès lors que celui-ci est vicié à la base par un méga-conflit d’intérêt.

    En conclu­sion, le fil direc­teur d’Étienne peut se résu­mer en deux points :

    - Le tirage au sort n’est pas un but en soi. Il n’est qu’un ins­tru­ment visant à sup­pri­mer les conflits d’in­té­rêts dans la prise de déci­sion publique. Corol­laire : il n’est pas exclu­sif ; si d’autres pro­ces­sus abou­tissent au même résul­tat ou au moins n’y font pas obs­tacle (démo­cra­tie directe au autre), ils peuvent tout à fait s’y articuler.

    - Le thème de la Cause des Causes signi­fie deux choses (mal sépa­rées en géné­ral par Etienne dans ses expo­sés, mais qui relèvent néan­moins de deux débats distincts) :

    D’une part, celui qui veut agir sur les sujets poli­tiques par­ti­cu­liers doit remon­ter à ce qui fonde la puis­sance de déci­sion, à savoir la consti­tu­tion. La solu­tions aux pro­blèmes passe donc par l’ap­ti­tude à pro­duire une consti­tu­tion (d’où les Ate­liers Constituants).

    D’autre part si nous consta­tons des vices dans les poli­tiques appli­quées, le pro­blème remonte au pro­ces­sus de sélec­tion des déci­sion­naires qui sont l’ob­jet d’un conflit d’in­té­rêt, qu’il faut sup­pri­mer. La solu­tion est ici le tirage au sort des man­da­taires (soit dans les déci­sions poli­tiques par­ti­cu­lière : c’est le jury citoyen, soit dans l’é­la­bo­ra­tion des lois, c’est la Légis­la­tive tirée au sort, soit dans l’é­la­bo­ra­tion de la consti­tu­tion, c’est la Consti­tuante tirée au sort). 

    Réponse
  24. Antoine


    (après relec­ture : un peu long et pas bien cen­tré … mais il est tard, j’es­père que vous me par­don­ne­rez :x)

    Le terme que vous choi­sis­sez (« enfu­mer ») a‑t-il été choi­si a dessein ?
    Cette infil­tra­tion que vous dénon­cez ne se limite pas a la seule sphère finan­cière, toutes les facul­tés sont gan­gré­nées par des lob­bies en tout genre (sans vou­loir faire de 2eme jeu de mot). cer­taines res­tent très bien cela dit, mais semblent rares… j’es­père que ce n’est qu’une semblance…

    L’un des pro­cé­dés idoines le mieux docu­men­té est sans doute celui du lob­by du tabac, qui, ayant échoué a influer uni­que­ment via la publicité,
    https://​you​tu​.be/​l​f​i​f​G​r​B​m​eRg
    (inter­view de Nor­mand Baillargeon)

    échec notam­ment dû aux méde­cins et autres scien­tiques qui font leur bou­lot avec le sens de l’é­thique. Sans éthique, il n’y a tout sim­ple­ment plus de rela­tion de confiance entre patients et méde­cins, condui­sant les gens a mal se soi­gner, et ruine ain­si les fon­de­ments mêmes de la méde­cine et de toute vraie science au sens de la simple des­crip­tion de la nature, sans qu’elle n’en­traine d’i­déo­lo­gie poli­tique. Ces idéo­lo­gies se retrou­ve­raient alors for­cé­ment incom­plètes (ou alors, si on connait tout ce qu’il y a a connaitre, pour­quoi faire de la recherche ? c’est incohérent…).
    La pub a conduit à ce que l’on peut appe­ler un véri­table obs­cu­ran­tisme « scien­tiste », une cor­rup­tion géné­ra­li­sée de la science. par­ti­cu­liè­re­ment au XIXè siècle et début XXè, mais la fin du XXè et début XXIè se débrouillent pas mal de ce point de vue !
    Cf. quelques affiches publi­ci­taires affli­geantes sur la clope recen­sées ici : http://​www​.vive​la​pub​.fr/​f​u​m​e​z​-​c​e​s​t​-​b​o​n​-​p​o​u​r​-​v​o​t​r​e​-​s​a​n​t​e​-​s​e​l​o​n​-​l​a​-​p​ub/
    oui, vous avez bien lu : selon les publi­ci­taires, les méde­cins recom­man­daient la clope pour soi­gner les mala­dies pulmonaires !

    Inci­dem­ment, les socia­lo, ayant une bonne image, bon­homme et toute en bien­pen­sance appa­rente, s’at­taquent main­te­nant à ce que la droite n’au­rait jamais osé : les « pro­fes­sions règle­men­tées » … trop de coïn­ci­dence tue la coïncidence.

    Sur­tout quand, ce lob­by du tabac a lui aus­si infil­tré le milieu uni­ver­si­taire a par­tir de 1988 par un sys­tème bap­ti­sé ARISE . socio­lo­gie, phi­lo­so­phie, taba­co­lo­gie, can­ce­ro, etc etc TOUTES les branches des sciences sont inféc­tées par la corruption.
    En bel­gique (cf. lien ci-des­sous), en France (http://​sante​.lefi​ga​ro​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​2​0​1​2​/​0​5​/​2​5​/​1​8​2​5​2​-​e​x​p​e​r​t​s​-​f​r​a​n​c​a​i​s​-​v​e​n​d​u​s​-​l​i​n​d​u​s​t​r​i​e​-​t​a​bac), pro­ba­ble­ment tout les grands pays a rayon­ne­ment scien­ti­fique sont concernés…
    pour en savoir plus : http://​www​.mediat​ti​tudes​.info/​2​0​1​0​/​0​6​/​q​u​a​n​d​-​l​e​-​l​o​b​b​y​-​d​u​-​t​a​b​a​c​-​r​e​c​r​u​t​a​i​t​-​d​e​s​.​h​tml

    Ca n’est qu’en 1998 que 48 états ont pas­sé une conven­tion per­met­tant d’ac­cé­der aux infor­ma­tions de recherches menées par les indus­tries du tabac.
    Ain­si, en 2001, un suisse, P. Die­thelm, a pu mener des inves­ti­ga­tions qui ont révé­lées l’un des plus scan­da­leux cas de fraude scien­ti­fique décou­vert par le réseau du contrôle du tabac.
    Source : http://​info​-tabac​.ca/​i​n​f​i​l​t​r​a​t​i​o​n​-​l​o​r​s​q​u​e​-​l​a​r​g​e​n​t​-​d​u​-​t​a​b​a​c​-​a​c​h​e​t​e​-​l​a​-​s​c​i​e​n​c​e​/​#​.​V​G​J​u​m​m​f​g​Fjk
    Vu que je prend pour sujet la clope, on ne par­le­ra pas de l’homme de Pilt­down (canu­lar qui a para­ly­sé cer­taines branches des sciences durant 50 ans, cau­sant bien du tort au pauvre Theillard de Char­din, qui de toute façon était for­cé­ment cou­pable car jésuite), etc… mais à votre avis, qui pour­rait se résoudre à avouer, le cas échéant, que la théo­rie menant au boson de Higgs ne mène nulle part, et qu’on a du bidon­ner des résul­tats pour pas avoir l’air trop cons après avoir inves­ti des mil­liards dans sa recherche ? *oups, par­don !* ques­tion sub­si­diaire : quel indus­triel ou finan­cier serait assez dingue pour prendre un tel risque ? PERSONNE ! il faut au moins un état ou un ensemble d’é­tats pour ça !

    Bref : bra­vo aux lob­byistes indus­triels en tout genre (même si ceux du tabac ont été sacri­fiés, ça deve­nait trop visible), vous avez réus­si a :
    – détruire la cré­di­bi­li­té scien­ti­fique, met­tant sur le pavé des dizaines de mil­liers de jeunes plein d’en­thou­siasme, qui, grâce à la méca­ni­sa­tion et à la mutua­li­sa­tion des richesses auraient pu employer leurs cer­veaux pour le bien de l’hu­ma­ni­té. Vous avez donc choi­si de fer­mer des labo de recherche « par choix ration­nel » (oui : y’a des types qui connaissent ce que per­sonne n’a encore décou­vert… ben voyons…)
    – rui­ner les pro­jets de paix et de coopé­ra­tion par le tra­vail, la recherche etc, entre les peuples euro­péens par vos magouilles sor­dides (rap­pel : 25.000 lob­byistes dans les locaux de l’u­nion euro­péenne, au moins 14 com­mis­saires payés plus de 20.000€ cho­pés a prendre des pots-de-vin pour faire pas­ser des lois, des impôts euro­péens non consen­tis dégui­sés en « sub­ven­tions », l’ar­naque des 3% déci­dés sur un coin de table, etc etc) (encore mer­ci a E. Chouard d’a­voir pré­ve­nu, déso­lé de ne pas vous avoir connu plus tôt :/)
    – pous­ser au cul des extré­mistes de tout poil aux Pays-Bas, en Grèce, voir en Bel­gique, en Ukraine …
    – Je pré­fère arrê­ter la…

    Petite ques­tion à Mr Chouard pour essayer tout de même de col­ler au débat de base :

    Com­ment pen­sez vous que s’in­té­gre­rait à la consti­tu­tion, voir au prin­cipe du tirage au sort, l’an­tique ques­tion de l’A­CRA­SIE (plus tard, la « que­relle des uni­ver­saux » au moyen-age ou « cli­vage droite-gauche » d’il y a 30 ans, etc) ? et par­ti­cu­liè­re­ment faire en sorte de cri­ti­quer a bon escient la « théo­rie des choix ration­nels », qui entend donc faire l’emporter LA rai­son en tant que plé­bis­cite intem­po­rel (« égo » socia­lo-com­mu­niste ou capi­ta­liste), sur LES rai­sons des per­sonnes tem­po­relles (« moi »), les pri­vant de tout choix non-conven­tion­nés par un cer­tain arbitraire ?

    Je dis « cer­tain » parce que je ne crois pas a l’a­nar­chisme, et « arbi­traire » parce que per­son­nel­le­ment, je pense qu’il n’existe nulle part dans l’u­ni­vers d’op­ti­mum uni­ver­sel, géné­ra­li­sable … donc pas de « race supé­rieure » ou autre imbé­ci­li­té du genre.
    Le concept divin dés­in­car­né avait ceci d’in­té­res­sant qu’il consti­tuait ce qu’on pour­rait appe­ler une inter­face dia­lo­gique entre le « ration­nel » et « l’ir­ra­tion­nel » : Outil d’une puis­sance de sta­bi­li­sa­tion rela­ti­ve­ment contes­table (encore que les grandes épi­dé­mies, notam­ment de peste, ont pas mal aidé) mais inéga­lée, sauf par l’in­ter­net d’une part, et l’é­co­no­mie d’autre part, cette der­nière ayant un pou­voir de des­truc­tion tout aus­si inégalé :
    … d’a­bord qu’on soit bien au clair avec ceci : l’i­dée n’est pas de magni­fier la guerre par rap­port a la paix ! mais au contraire de mon­trer que la « paix abso­lue » du gen­til consom­ma­teur est en réa­li­té toute aus­si mor­telle que la guerre.
    Donc, pour reprendre l’exemple pré­cé­dent, si l’on ne consi­dère que le mar­ché du tabac, celui-ci est res­pon­sable actuel­le­ment a lui seul, selon les esti­ma­tions, de l’é­qui­valent d’en­vi­ron 1 holo­causte par an dans le monde (6 mil­lions de morts, en aug­men­ta­tion). Camps, bar­be­lés, mira­dors, etc… ont été inter­na­li­sés dans les intel­lects, incor­po­rés a ce que l’on appelle le « plai­sir de consom­mer » (va lut­ter contre ça, tu passe pour un din­go, facho, etc…).
    Les escla­va­gistes négriers et les nazis alle­mands fai­saient gros­so mer­do envi­rons 1 à 2 mil­lions de vic­times civiles par ans cha­cun (200 ans pour le 1er, 6 ans pour le second).
    Le 20è Siècle, HORS GUERRE, a vu envi­rons 100 mil­lions de morts par la SEULE « libé­ra­tion » de la « ques­tion taba­gique »… alors que les pro­jec­tions sur le XXIème à ce rythme vont vers les 6 à 10 mil­lions par ans …
    Aux­quels il faut rajou­ter les effets du SIDA, drogue, voi­ture, stress, mal­bouffe, pes­ti­cides, ebo­la, Lyme, etc… bref, la bran­chouille urba­niste abso­lue mani­pu­lée… par nos 1% de « libérateurs ».

    Ques­tion finale : la sur­po­pu­la­tion mon­diale est-elle cause ou consé­quence de ces fléaux-pro­grès modernes ? on aurait pas lou­pé un truc impor­tant en route ?

    Réponse
  25. Mic El

    Pas fran­che­ment hors sujet…

    Je trouve plu­tôt amu­sant, voir savou­reux, ce lan­ce­ment de par­ti par deux décon­neurs inéli­gibles. deux décon­neurs qui n’ont plus comme pos­si­bi­li­té de salut que la fuite en avant, reven­di­quée, en créant le par­ti récon­ci­lia­tion natio­nale. Avec comme objec­tif affi­ché du par­ti, la pro­mo­tion des citoyen dans la poli­tique locale. Le tout sur un ton bon enfant et déten­du. Bon soral passe son temps à cou­per la parole à dieudo…

    vidéo garan­tie sans horreurs…
    https://www.dailymotion.com/video/x29uwh0_dieudonne-et-alain-soral-presentent-le-parti-reconciliation-nationale-11–11-2014_news?start=0

    Réponse
  26. J-Stéphane

    « Joyeuse vie », par Audrey Vernon :

    Joyeuse vie.

    I.

    Bien ! pillards, intri­gants, fourbes, cré­tins, puissances !
    Atta­blez-vous en hâte autour des jouissances !
    Accou­rez ! place à tous !
    Maîtres, buvez, man­gez, car la vie est rapide.
    Tout ce peuple conquis, tout ce peuple stupide,
    Tout ce peuple est à vous !

    Ven­dez l’é­tat ! cou­pez les bois ! cou­pez les bourses !
    Videz les réser­voirs et taris­sez les sources !
    Les temps sont arrivés.
    Pre­nez le der­nier sou ! pre­nez, gais et faciles,
    Aux tra­vailleurs des champs, aux tra­vailleurs des villes !
    Pre­nez, riez, vivez !

    Bom­bance ! allez ! c’est bien ! vivez ! faites ripaille !
    La famille du pauvre expire sur la paille,
    Sans porte ni volet.
    Le père en fré­mis­sant va men­dier dans l’ombre ;
    La mère n’ayant plus de pain, dénû­ment sombre,
    L’en­fant n’a plus de lait.

    II.

    Mil­lions ! mil­lions ! châ­teaux ! liste civile !
    Un jour je des­cen­dis dans les caves de Lille
    Je vis ce morne enfer.
    Des fan­tômes sont là sous terre dans des chambres,
    Blêmes, cour­bés, ployés ; le rachis tord leurs membres
    Dans son poi­gnet de fer.

    Sous ces voûtes on souffre, et l’air semble un toxique
    L’a­veugle en tâton­nant donne à boire au phtisique
    L’eau coule à longs ruisseaux ;
    Presque enfant à vingt ans, déjà vieillard à trente,
    Le vivant chaque jour sent la mort pénétrante
    S’in­fil­trer dans ses os.

    Jamais de feu ; la pluie inonde la lucarne ;
    L’œil en ces sou­ter­rains où le mal­heur s’acharne
    Sur vous, ô travailleurs,
    Près du rouet qui tourne et du fil qu’on dévide,
    Voit des larves errer dans la lueur livide
    Du sou­pi­rail en pleurs.

    Misère ! l’homme songe en regar­dant la femme.
    Le père, autour de lui sen­tant l’an­goisse infâme
    Etreindre la vertu,
    Voit sa fille ren­trer sinistre sous la porte,
    Et n’ose, l’œil fixé sur le pain qu’elle apporte,
    Lui dire : D’où viens-tu ?

    Là dort le déses­poir sur son haillon sordide ;
    Là, l’a­vril de la vie, ailleurs tiède et splendide,
    Res­semble au sombre hiver ;
    La vierge, rose au jour, dans l’ombre est violette ;
    Là, rampent dans l’hor­reur la mai­greur du squelette,
    La nudi­té du ver ;

    Là fris­sonnent, plus bas que les égouts des rues,
    Familles de la vie et du jour disparues,
    Des groupes grelottants ;
    Là, quand j’en­trai, farouche, aux méduses pareille,
    Une petite fille à figure vieille
    Me dit : J’ai dix-huit ans !

    Là, n’ayant pas de lit, la mère malheureuse
    Met ses petits enfants dans un trou qu’elle creuse,
    Trem­blants comme l’oiseau ;
    Hélas ! ces inno­cents aux regards de colombe
    Trouvent en arri­vant sur la terre une tombe
    En place d’un berceau !

    Caves de Lille ! on meurt sous vos pla­fonds de pierre !
    J’ai vu, vu de ces yeux pleu­rant sous ma paupière,
    Râler l’aïeul flétri,
    La fille aux yeux hagards de ses che­veux vêtue,
    Et l’en­fant spectre au sein de la mère statue !
    Ô Dante Alighieri !

    C’est de ces dou­leurs-là que sortent vos richesses,
    Princes ! ces dénû­ments nour­rissent vos largesses,
    Ô vain­queurs ! conquérants !
    Votre bud­get ruis­selle et suinte à larges gouttes
    Des murs de ces caveaux, des pierres de ces voûtes,
    Du cœur de ces mourants.

    Sous ce rouage affreux qu’on nomme tyrannie,
    Sous cette vis que meut le fisc, hideux génie,
    De l’aube jus­qu’au soir,
    Sans trêve, nuit et jour, dans le siècle où nous sommes
    Ain­si que des rai­sins on écrase des hommes,
    Et l’or sort du pressoir.

    C’est de cette détresse et de ces agonies,
    De cette ombre, où jamais, dans les âmes ternies,
    Espoir, tu ne vibras,
    C’est de ces bouges noirs pleins d’an­goisses amères,
    C’est de ce sombre amas de pères et de mères
    Qui se tordent les bras,

    Oui, c’est de ce mon­ceau d’in­di­gences terribles
    Que les lourds mil­lions, étin­ce­lants, horribles,
    Semant l’or en chemin,
    Ram­pant vers les palais et les apothéoses,
    Sortent, monstres joyeux et cou­ron­nés de roses,
    Et teints de sang humain !

    III.

    Ô para­dis ! splen­deurs ! ver­sez à boire aux maîtres !
    L’or­chestre rit, la fête empourpre les fenêtres,
    La table éclate et luit ;
    L’ombre est là sous leurs pieds ! les portes sont fermées
    La pros­ti­tu­tion des vierges affamées
    Pleure dans cette nuit !

    Vous tous qui par­ta­gez ces hideuses délices,
    Sol­dats payés, tri­buns ven­dus, juges complices,
    Évêques effrontés,
    La misère fré­mit sous ce Louvre où vous êtes !
    C’est de fièvre et de faim et de mort que sont faites
    Toutes vos voluptés !

    À Saint-Cloud, effeuillant jas­mins et marguerites,
    Quand s’é­bat sous les fleurs l’es­saim des favorites,
    Bras nus et gorge au vent,
    Dans le fes­tin qu’é­gaie un lustre à mille branches,
    Cha­cune, en sou­riant, dans ses belles dents blanches
    Mange un enfant vivant !

    Mais qu’im­porte ! riez ! Se plain­dra-t-on sans cesse ?
    Serait-on empe­reur, pré­lat, prince et princesse,
    Pour ne pas s’amuser ?
    Ce peuple en larmes, triste, et que la faim déchire,
    Doit être satis­fait puis­qu’il vous entend rire
    Et qu’il vous voit danser !

    Qu’im­porte ! Allons, emplis ton coffre, emplis ta poche.
    Chan­tez, le verre en main, Tro­plong, Sibour, Baroche !
    Ce tableau nous manquait.
    Regor­gez, quand la faim tient le peuple en sa serre,
    Et faites, au ‑des­sus de l’im­mense misère,
    Un immense banquet !

    IV.

    Ils marchent sur toi, peuple ! Ô bar­ri­cade sombre,
    Si haute hier, dres­sant dans les assauts sans nombre
    Ton front de sang lavé,
    Sous la roue empor­tée, étin­ce­lante et folle,
    De leur cou­pé joyeux qui rayonne et qui vole,
    Tu rede­viens pavé !

    À César ton argent, peuple ; à toi la famine.
    N’es-tu pas le chien vil qu’on bat et qui chemine
    Der­rière son seigneur ?
    À lui la pourpre ; à toi la hotte et les guenilles.
    Peuple, à lui la beau­té de ces femmes, tes filles,
    À toi leur déshonneur !

    V.

    Ah ! quel­qu’un par­le­ra. La muse, c’est l’histoire.
    Quel­qu’un élè­ve­ra la voix dans la nuit noire.
    Riez, bour­reaux bouffons !
    Quel­qu’un te ven­ge­ra, pauvre France abattue,
    Ma mère ! et l’on ver­ra la parole qui tue
    Sor­tir des cieux profonds !

    Ces gueux, pires bri­gands que ceux des vieilles races,
    Ron­geant le pauvre peuple avec leurs dents voraces,
    Sans pitié, sans merci,
    Vils, n’ayant pas de cœur, mais ayant deux visages,
    Disent : — Bah ! le poète ! il est dans les nuages ! —
    Soit. Le ton­nerre aussi.

    Le 19 jan­vier 1853.

    Vic­tor Hugo.

    Réponse
    • J-Stéphane
      • 222

        Faire honte aux clas­si­queux et autres bien-pen­sants de tous poils, leur faire honte et sur­tout les pla­cer face à leurs res­pon­sa­bi­li­tés, face à leur insi­gni­fiance cultu­relle tant que celle-ci confond à ce point par­tage et éli­tisme, démo­cra­tie et vir­tuo­si­té, enfin, quand je dis  »confondre », je veux sur­tout dire  »oppo­ser », ou mieux pré­tendre pour mieux entourloupette ^^

        Réponse
    • 222

      Il n’y a pas pho­to, ÉTIENNE, Audrey n’a pas suc­com­bé au chant des sirènes_je ne puis en dire autant du faux-ami Ple­nel qui sent à lui seul l’hy­po­cri­sie et la moi­sis­sure à plein nez ou des (dais) qu’il ouvre la bouche, cette rhé­to­rique et ce ton si indi­gestes pour celui ou celle qui est entré en Conspi­ra­tion­nisme ou, tout comme moi, aime­rais envoyez bala­der la famille à chaque Noël, ce mini­mum que l’on se doit quand, comme Hugo en poète et huma­niste, on ne peut accep­ter ni à autrui ni à soi-même ce qui nous empri­sonne et ce qui nous abru­tie, simple his­toire de bon sens et cette intel­li­gence qui n’est belle et grande que dans cette humi­li­té de soi en même temps que ce res­pect à autrui.

      Superbe vidéo… Au fait, Audrey VERNON a‑t-elle les hon­neurs des médias depuis ? ^^

      (EFFAB)

      Réponse
    • J-Stéphane
    • J-Stéphane
      • etienne

        Mer­ci J‑Stéphane.

        Notez le com­men­taire de Judith : 

        Judith Ber­nard – 17/11/2014 22:46

        Depuis 2005, Etienne Chouard fait de l’é­du­ca­tion popu­laire ; dans la plu­part de ses billets de blog, il dif­fuse des textes de phi­lo­so­phie poli­tique, remet en cir­cu­la­tion des pas­sages de Rous­seau, de Mon­tes­quieu, d’A­lain, il a fait connaître à des cen­taines de mil­liers de per­sonnes la recherche contem­po­raine en phi­lo­so­phie, socio­lo­gie, anthro­po­lo­gie, Ran­cière, Sin­to­mer, Van Rey­brouck, Grae­ber ; son tra­vail est non seule­ment copieu­se­ment docu­men­té, mais il œuvre mas­si­ve­ment à la dif­fu­sion de ces sources de réflexion puis­sam­ment éman­ci­pa­trices. Dans son sillage, des gens que rien ne pré­des­ti­nait à cette expé­rience de lec­ture et d’ap­pro­fon­dis­se­ment de la pen­sée sont désor­mais sen­si­bi­li­sés à l’im­por­tance de la pen­sée politique. 

        Et le voi­là rha­billé en « gou­rou », et dis­qua­li­fié parce qu’il serait « auto­di­dacte » – il faut sai­sir exac­te­ment ce que Clé­ment Séné­chal entend par là. Chouard n’est « auto­di­dacte » que dans la mesure où il n’a pas fait de grande école (du type ENS, for­ma­tion dont Séné­chal est issu – comme moi : je sais de quoi je parle) ; mais, pro­fes­seur dans le supé­rieur (en BTS, où il enseigne le droit et l’é­co­no­mie), Etienne Chouard a tout de même une for­ma­tion dans le supérieur. 

        Il ne s’i­den­ti­fie pas aux élites et s’a­dresse direc­te­ment au « peuple », et c’est ce qu’une cer­taine caste poli­tique ne par­vient pas à sup­por­ter – cette même caste qui pré­tend pour­tant mili­ter pour l’é­du­ca­tion popu­laire et la conscien­ti­sa­tion des foules. Ce qui appa­raît ici, dans cette dis­qua­li­fi­ca­tion du tra­vail de Chouard, c’est au fond une contra­dic­tion pro­fonde d’une cer­taine gauche, qui fait mine d’ai­mer le peuple et de vou­loir se battre pour lui, mais qui prend peur dès que celui-ci se forme en effet et pro­duit des reven­di­ca­tions qu’elle n’a­vait pas pré­vues, et ne sau­rait dési­rer ; car la pro­po­si­tion poli­tique d’E­tienne Chouard – tirer au sort les Consti­tuants, au lieu de les élire – met sur la touche « l’a­vant-garde éclai­rée » que cette gauche a pré­ten­du être dans les siècles passés.

        J’aime aus­si le com­men­taire de Françoise : 

        Fran­çoise MARTIN – 18/11/2014 11:10

        Il me semble, Mon­sieur, que le por­trait que vous bros­sez d’E­tienne Chouard, est comme c’est trop sou­vent le cas dans ce que vous osez appe­ler le jour­na­lisme qui n’est pour­tant que trop sou­vent l’ex­pres­sion d’un regard par­ti­san sur l’in­for­ma­tion sup­po­sée déli­vrée, un por­trait donc pour le moins incom­plet et pour le pire net­te­ment orien­té vers une cari­ca­ture des­si­née au pas de charge. Pour moi, Etienne Chouard est d’a­bord une per­sonne qui, à ce titre comme toute per­sonne, a droit à nos égards à plus forte rai­son qu’il s’in­ves­tit et aide à s’in­ves­tir dans l’é­la­bo­ra­tion d’un pro­jet qui béné­fice à l’en­semble de la popu­la­tion, pro­jet qui consiste à ce que la Consti­tu­tion Fran­çaise des­ti­née à régir les rap­ports des citoyens entre eux et avec le monde, soit écrite par les inté­res­sés eux-mêmes c’est à dire l’en­semble de cette popu­la­tion à laquelle il s’a­dresse sans dis­tinc­tion et qu’il veut citoyenne pour que la démo­cra­tie soit res­pec­tée dans son essence. 

        Que ce pro­jet soit emprunt de quelques mal­adresses rela­tion­nelles, c’est pos­sible, je me gar­de­rai de le contes­ter tant il me semble que c’est à Etienne Chouard de le faire mais je ne peux que regret­ter que vous n’ayez pas mis plu­tôt l’ac­cent sur ce côté extrê­me­ment posi­tif de son action qu’est cette écri­ture de la Consti­tu­tion par tous et qui me semble être l’es­sen­tiel de son action qui pro­fite à tous tant elle abou­tit à une prise de conscience de la néces­si­té de réflé­chir à ce qu’est vrai­ment la démo­cra­tie et par­ti­cipe à la faire advenir.

        Réponse
        • Yéti

          Ce blog est mal orga­ni­sé, impos­sible de trou­ver un réper­toire, un index (on est dans bien dans l’ère html donc du mer­dier lotocrassique)
          En plus les com­men­taires sortent sur 15 de la lar­geur de l’écran …

          if (Mel­ting potes libé­ral amé­ri­cain) then
          Contrat social := minimal ;
          Etat := PINUTS ;
          Benêt := new(Caddie);
          Benêt.entraide := false ;
          Benêt.cause := false ;
          Benêt.vision := Supermarché ;
          Gôôô­chiste := new Pute_of(Capital);
          endthen

          Déclare Pau­mé is
          new(Benêt, colon, pauvre);

          if (Paumé.cause = false) then
          Paumé.love(barbu);
          or
          Pau­mé is new dealer ;
          and
          (Paumé.femmes = 3 new burqa ;
          Paumé.enfants = 46 new colon ;
          new(béton);)
          paye(souchien);
          endthen ;

          if (loto­cras­sie and Benêt.caddie=TRUE) then
          Benêt is new (Super­Cad­die);
          endif ;

          if (national_bolchevisme) then
          Shutdown(Benêt);
          free_space_of(Caddie);
          Reset();
          endif ;

          « Le valet Fillon a dit que Benêt­land avait recu­lé de 20 ans pour la pro­duc­tion indus­trielle … non … rame­né au nombre de benêts c’est 30 ! Par contre la béton­nière colo­niale tourne à fond avec les impôts de la sou­chien­ne­rie, assu­rant un peu de PIB virtuel … » 
          Sei­gneur Capi­ta­liste anonyme

          Réponse
          • Yéti

            D’ailleurs depuis le temps que vous y bos­sez … elle est où cette consti­tu­tion loto­crasse pour les pous­seurs de Cad­die de l’ar­le­quin multi-ethnitico-culturelo-nationelo-pognonelo-théocratico-polyarchique ?

            « Un abîme nous sépare de ceux qui se battent pour un bien-être matériel. » 
            Ernst Jünger

          • 222

            Si t’ar­rê­tais un peu de faire l’im­bé­cile, l’an­té­di­lu­vien monstre des mon­tagnes ou le TROLL de ser­vice, c’est comme tu veux tu choises !

        • Ana Sailland

          Peut être y a‑t-il de la jalou­sie chez cer­tains qui aime­raient eux-mêmes être gou­rous ou au mini­mum célèbres. 

          Et ne dis­po­sant pas de l’a­cui­té dont sont faits les pen­seurs ils ne savent qu’être censeurs.

          Déni­grer ce qui est haut peut, par effet de bord, offrir la renom­mée à ce qui est bas, un peu dans le sché­ma de pen­sée de ces anthro­po­phages qui espé­raient man­geant autrui engran­ger son esprit.

          Réponse
          • 222

            ^^

      • 222

        Étienne CHOUARD veut peut-être une 6eme Répu­blique comme il est écrit dans ce lien de l’Ex­press mais EFFAB, lui, c’est la Démo­cra­tie dont il rêve, le consen­sus ne pou­vant plei­ne­ment se faire qu’à par­tir de ce pos­tu­lat et non au sein de demi-mesures confron­tées sem­pi­ter­nel­le­ment à des conflits d’in­té­rêts aus­si dépla­cés qu’ar­bi­traires ou par trop exces­si­ve­ment inégalitaires.

        Réponse
  27. J-Stéphane
    • 222

      Un ramas­sis de déla­tion et de mau­vaise foi, quelque chose de très appro­chant en tout cas ce lien face­book ! preuve en soi, s’il en était encore besoin, du bien-fon­dé démo­cra­tique et de tout ce qui s’y rat­tache, Tirage au Sort et dépro­fes­sion­na­li­sa­tion des charges publiques, entre autres fon­da­men­taux et gardes-fous.

      Réponse
  28. J-Stéphane

    Article sur le livre « l’a­bo­li­tion de l’homme » de CS LEWIS.
    http://​reseauin​ter​na​tio​nal​.net/​c​o​n​t​r​e​-​l​a​b​o​l​i​t​i​o​n​-​l​h​o​m​me/

    [ Article à lire len­te­ment, à médi­ter pro­fon­dé­ment, à conser­ver long­temps, à relire souvent.
    En trois mots comme en mille, pou­vons-nous encore retrou­ver le sens du Beau, du Bien, du Juste ?
    Autre petite réflexion per­son­nelle : Les reli­gions expriment ce besoin pro­fond inhé­rent à notre huma­ni­té de nous lais­ser aspi­rer vers le haut, pré­ci­sé­ment vers le Beau, le Bien, le Juste. Ce n’est pas parce qu’elles sont par­fois ins­tru­men­ta­li­sées, qu’elles sont à reje­ter. Ceux qui les rejettent d’emblée et ceux qui les ins­tru­men­ta­lisent appar­tiennent fina­le­ment au même camp, celui des des­truc­teurs d’humanité.
    Voi­là. J’ai assez diva­gué comme ça.

    Byblos

    *****

    (De la bataille contre le Sys­tème, épi­sode VI)

    Cer­tains livres vous tombent des­sus comme un météore dont l’impact n’est que lumière. C’est ain­si qu’au détour d’un échange avec un édi­teur Suisse ins­tal­lé à Paris, j’ai enten­du par­ler pour la pre­mière fois de « L’abolition de l’homme », un bou­quin ful­gu­rant, d’une actua­li­té sidé­rante, pour­tant écrit durant la Seconde guerre mon­diale par l’auteur irlan­dais C.S. Lewis (1). L’écrivain y démontre que le rejet de toute morale uni­ver­selle, le sub­jec­ti­visme abso­lu de notre moder­ni­té en somme, a conduit notre civi­li­sa­tion à rem­pla­cer l’éducation des indi­vi­dus par leur « condi­tion­ne­ment » à des valeurs déta­chées du réel et qui, à terme, conduisent à la « capi­tu­la­tion de la Nature humaine » au pro­fit d’une élite de sur­morts (2). L’occasion idéale d’un épi­sode VI donc, à notre série « De la bataille contre le Sys­tème » (3)…

    De Orwell à Huxley

    Dans son roman « 1984 », Orwell avait ima­gi­né un Etat tota­li­taire s’imposant par la vio­lence, la sur­veillance, la mani­pu­la­tion de la langue et le contrôle des médias. Dans son « Meilleur des mondes » (4), Hux­ley avait quant à lui eu l’intuition que le tota­li­ta­risme auquel abou­ti­rait fata­le­ment le capi­ta­lisme dans sa ver­sion ultime serait un tota­li­ta­risme dans lequel, ivres de consom­ma­tion et gavés de diver­tis­se­ments (5), les esclaves auraient « l’amour de leur servitude ».
    Aujourd’hui, nous consta­tons que la réa­li­té qui s’impose peu à peu se situe exac­te­ment entre les deux : sur­veillance, Nov­langue et contrôle des médias pour tous ; « amour de la ser­vi­tude » pour ceux que le Sys­tème a cor­rec­te­ment for­ma­tés et, lorsque la situa­tion l’exige (et elle l’exigera tou­jours davan­tage à mesure qu’il devien­dra impos­sible de satis­faire aux dési­rs des masses), vio­lence et répres­sion pour les récalcitrants… ]

    Réponse
    • 222

      Il n’y a pas que les reli­gions ou plu­tôt la spi­ri­tua­li­té qui nous poussent vers le Bien, le Beau et le Juste, il y a éga­le­ment l’art, la culture, la musique, la créa­ti­vi­té, les sens, les sen­ti­ments, les émo­tions, la phi­lo­so­phie, la/le poli­tique, etc., etc. ^^

      Réponse
      • Katharina

        on oublie, mais cela revient tou­jours- il faut abso­lu­ment aller voir Zero Theo­rem de Ter­ry Gil­liam au ciné­ma. C’est l’a­mour qui gagne.

        Réponse
        • Yéti

          Ter­ry Gil­liam est un connard, qui a fait cre­ver un che­val de faim pour un film … Don Qui­chotte avec un mous­ta­chu cava­lier qui s’est bar­ré du coup …

          Réponse
          • Katharina

            et encore cette idée de com­dam­ner quel­qu’un pour un « fait » – où tu as trou­vé cette his­toire avec un che­val qui cre­vait ? Dans « Gala » ? = tell me more about it…
            Se payer le luxe à la « je ne parle plus avec cette per­sonne parce qu’un jour elle a fait un truc ter­riiiible… » est mal­sain. Il y a déjà assez de vrais connards, arrê­tez de désa­vouer les bons.
            Ter­ry Gil­liam est vache­ment impor­tant, « utile » par ses films. Ses films parlent de tout ce qui est impor­tant aujourd’­hui. Il a allu­mé des cer­veaux, il a fait péter des sys­tème par l’hu­mour est l’hu­ma­ni­té de son regard, son ima­gi­na­tion, sa vraie liber­té, sa dou­ceur aussi.

            Il est impor­tant comme d’autres qui font ce bou­lot-là. Si tu te prives de cette source, c’est tant pis pout toi. Si tu com­mences à atta­quer à la manière des « jour­na­listes » pas chers de dénon­cer des per­son­na­li­tés, parce que en l’an 1812, cette per­sonne a dit quelque chose pas cor­rect, et à la suite de ce soit disant fait dis­qua­li­fier son oeuvre et sa per­sonne, c’est mal­sain. Nous avons besoin de ras­sem­bler les forces et de recon­naître le bon tra­vail qui aide à ouvrir les yeux. ero Teo­rem est arri­vé au bon moment, réa­li­sé avec trés peu d’argent et magnifique.

          • 222

            Il y a aus­si André TARKOVSKI qui sacri­fie aus­si un che­val dans un film, si mes sou­ve­nirs sont bons, dans  »L’en­fance d’I­van » ou  »Andrei Rou­blev »… Mais qui n’a pas tué un jour une poule ou moi der­niè­re­ment, cet ani­mal qui man­geait un œuf fraî­che­ment pon­du… certes, je ne suis pas prêt de recom­men­cer et je com­prends mieux ma consé­quence à vou­loir man­ger le moins de viande possible.
            Bref, YÉTI, tu es soit trop  »pro­fond » soit un peu trop  »rac­cour­ci » ou polé­mique… dis-moi, quelle est le pour­quoi de ta pré­sence ici ? tu t’en­nuies à ce point ou tu ne sais trop quoi pro­po­ser toi-même de plus judi­cieux et de plus constructif ?!…

            EFFAB

          • jmv

            alors oui Ter­ry bien ou non?!

            on prend ce qu’il y a prendre, déjà un bud­get de film cou­tant des mil­lions pol­lue énor­mé­ment plus !

            au moins le che­val a sa vie écour­té par rap­port à tous ceux qui sont en cap­ti­vi­té, etc.…et com­ment c’est ton nom ? 

            toi avec ton régime de capi­ta­liste fran­çais, tu crois que tu n’as rien avoir avec l’es­cla­vage de popu­lace du Tiers Monde, tel des gamins qui se bru­lent les pou­mons ; à ramas­ser du soufre pour fabri­quer ton ordi­na­teur ; et à faire bru­ler ce même ordi­na­teur pour en récu­pé­rer les métaux précieux.…les défen­seurs d’a­ni­maux me font bien marrés ! 

            c’est les pre­miers à avoir un ani­mal en cage et à aller au zoo ! et leurs meilleurs amis scien­ti­fiques qui les cap­turent, les baguent, les fichent, en gros qui les font bien chier lol sous pré­texte de pro­tec­tion et con-naissance .…

            bref je pour­rais conti­nuer des heures !

          • 222

            ^^ oui, et la liste est si longue qu’on a appe­lé ceci ‘His­toire’ pour faire court, l’ex­pé­ri­men­ta­tion des zoos pour ani­maux n’é­tant qu’un pré­am­bule pour les cages vir­tuelles et les camps hors-zones qu’on nous pro­met et qui nous attendent si nous n’y pre­nons pas plus gare ! une pos­si­bi­li­té futu­riste en valant bien d’autres, j’en­tends bien, le sens de ‘valoir’ ici pour réel, pos­sible et non valeur ^^

    • 222

      Oui, superbe lien déjà cité par YÉTI !

      Réponse
      • Mic El

        de vous za moi effab, le 222 c’est le nombre de la mer­ka­bah!?, ou bien cela est-il sans rapport …

        Réponse
        • Ana Sailland

          Comme par hasard, Kri­sh­na conduit un char 😉

          ;;;;;;

          Pour le fun : http://fr.wikipedia.org/wiki/Poly%C3%A8dre_r%C3%A9gulier

          J’en pro­fite :

          En mathé­ma­tique, on réus­sit à démon­trer cer­taines choses, mais ça ne veut pas dire qu’on les comprend.

          Ain­si, nous savons démon­trer qu’il n’existe que cinq poly­èdres régu­liers convexes, mais le res­sen­tir est d’un autre ordre de difficulté.
          Car enfin, cet espace dans lequel nous vivons, nous ne le res­sen­tons que bien peu si une pro­prié­té telle doit être démon­trée plu­tôt que une qui saute aux yeux.

          Il y a dans la struc­ture de l’es­pace une dose de mys­tère anté­rieure au pal­pable. Et depuis ce cher Albert, nous savons com­bien le conte­nu et le conte­nant sont copains.
          Il est donc natu­rel qu’à tra­vers les mil­lé­naires et les conti­nents les hommes cherchent à trou­ver dans les formes et les nombres qui les décrivent une rela­tion avec les dieux.
          Cer­tains phy­si­ciens aus­si tentent le rêve de la théo­rie du champ uni­fié en s’en­ga­geant sur ce terrain.

          Mais en spi­ri­tua­li­té comme en science, beau­coup de char­la­tans, plus en tout cas que de découvreurs.

          ;;;;

          222 est le tiers de l’autre …

          Réponse
          • Yéti

            E= mc2 for­mule de point car­ré et toute la rela­ti­vi­té res­treinte aussi

            Albert l’in­gé­nieur des bre­vets a eu le prix Nobel pour l’ef­fet vol­taïque (une demi page) et il a appris à tiré la langue à la télé de son copain … de la même communauté.

            Hil­bert lui a écrit la rela­ti­vi­té géné­rale (le génie mathé­ma­tique du XXe siècle) sur un coin de table de can­tine … Albert n’ayant pas du tout le niveau.

            Puis Bose lui a ser­vi de nègre indien a la fin de sa vie …

            Mais tirer la langue à la télé a eu un très grand impact mar­ke­ting chez les benêts... de gôôôche !

          • 222

            Dis-moi, YÉTI, N’as­si­mile HARAMEIN, char­la­tan ou génie en son genre ?…

        • 222

          Cela est sans rap­port mais c’est moi qui suis peut-être pas­sé à côté d’une chose qui m’é­chappe en eme temps que ce mot me dit quelque chose mais sans plus… en fait, l’u­ti­li­sa­tion de ce second pseu­do quand je n’of­fi­cie pas sur mon ordi­na­teur habi­tuel et cet emprunt à une petite histoire/scénario que j’ai ima­gi­née il y a un ou deux réveille ans, l’his­toire d’un jeune homme qui se e un beau matin et s’a­per­çoit que de son 1 mètre 80 habi­tuel il est pas­sé à 2 mètre 22, autre­ment dit 222 cen­ti­mètres ! Sta­ture chan­gée mais sta­tut iden­tique, que peut-il bien faire avec ça ?
          Voi­là, vous savez tout ou presque, Comparse ^^

          Réponse
  29. etienne

    Les ban­quiers, tri­cheurs par culture

    http://​www​.lemonde​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​4​/​1​1​/​1​9​/​l​e​s​-​b​a​n​q​u​i​e​r​s​-​t​r​i​c​h​e​u​r​s​-​p​a​r​-​c​u​l​t​u​r​e​_​4​5​2​6​1​2​2​_​3​2​3​4​.​h​tml

    Les ban­quiers n’inspirent pas confiance, c’est là un euphé­misme. Chaque nou­velle enquête le rap­pelle : aucun sec­teur pro­fes­sion­nel ne sus­cite autant de rejet dans l’opinion, « si ce n’est les hommes poli­tiques, les cri­mi­nels empri­son­nés… et les ven­deurs de voi­ture », pré­cise Michel Maré­chal, pro­fes­seur d’économie expé­ri­men­tale à l’université de Zurich. Le cher­cheur ne va rien arran­ger à l’affaire. Avec son col­lègue de Zurich, Ernst Fehr, et Alain Cohn, de l’université de Chi­ca­go, il publie dans la revue scien­ti­fique Nature, publiée jeu­di 20 novembre, un article qui met en évi­dence la « culture de la triche » en vigueur dans le sec­teur ban­caire.

    Les trois cher­cheurs s’intéressent depuis des années aux iden­ti­tés pro­fes­sion­nelles et à la façon dont celles-ci peuvent contri­buer à construire des com­por­te­ments plus ou moins éthiques. « Les récents scan­dales finan­ciers, du dos­sier Ker­viel à l’affaire du Libor, et la convic­tion des experts que les normes en vigueur dans le monde de la banque pou­vaient expli­quer ces dérives nous ont convain­cus de la néces­si­té d’élaborer un pro­to­cole », explique M. Maré­chal. Un dis­po­si­tif assis sur le plus célèbre et le plus simple des jeux de hasard : pile ou face.

    Une grande banque inter­na­tio­nale avait accep­té de mettre à la dis­po­si­tion des uni­ver­si­taires 128 de ses employés, issus de tous les sec­teurs – banque pri­vée, ges­tion du risque, tra­ders, res­sources humaines – et de tous les niveaux. A une condi­tion : conser­ver l’anonymat (la suite lui don­ne­ra rai­son). La cohorte, qui avait en moyenne 11,5 ans d’expérience dans le sec­teur, était scin­dée en deux. A tous était posée une série de ques­tions iden­tiques por­tant sur leur bien-être, sui­vie de sept ques­tions dis­tinctes. Le pre­mier groupe se voyait inter­ro­gé sur son iden­ti­té pro­fes­sion­nelle (dans quelle banque tra­vaillez-vous ? quelle est votre fonc­tion ?…) ; le second, sur des sujets autres (quel est votre loi­sir favo­ri ? com­bien d’heures regar­dez-vous la télé­vi­sion chaque jour ?…).

    Des règles qui poussent à « une atti­tude malhonnête »

    Les affaires sérieuses pou­vaient com­men­cer. Les cobayes étaient invi­tés à lan­cer dix fois une pièce et à noter le résul­tat. Ennuyeux et banal ? Pas tant que ça, car le jeu était inté­res­sé, aver­tis­saient les cher­cheurs. Chaque lan­cer retom­bant côté « face » rap­por­tait 20 dol­lars ; « pile », au contraire, ne rap­por­tait rien.

    Tri­cher ? La ten­ta­tion était grande. Les joueurs n’étaient pas obser­vés. Un résul­tat hors de la norme pou­vait aisé­ment être attri­bué au fac­teur chance. Un, peut-être deux, mais pas dix ou vingt… Que pen­sez-vous qu’il advint ? L’échantillon de contrôle repor­ta un taux de 51,6 % de lan­cer « gagnant », « ce qui n’est pas signi­fi­ca­ti­ve­ment dif­fé­rent de 50 % », indiquent les cher­cheurs. Qui concluent que les ban­quiers ne sont pas mal­hon­nêtes par nature.

    En revanche, dans l’échantillon pla­cé dans des condi­tions pro­fes­sion­nelles, la pièce tom­ba du bon côté dans 58,2 % des cas. Ce qui, cette fois, n’a plus rien de nor­mal. En consi­dé­rant que per­sonne ne triche contre son inté­rêt, le cal­cul de pro­ba­bi­li­té estime à 26 % le taux de tri­cheurs dans le groupe étudié.

    Le même exer­cice a été repro­duit avec des employés d’autres sec­teurs. Aucune dif­fé­rence sta­tis­tique n’a été obser­vée entre les joueurs pla­cés en situa­tion pro­fes­sion­nelle et le groupe de contrôle. Et avec des étu­diants : là encore, aucun écart signi­fi­ca­tif n’a été rele­vé. En revanche, un autre groupe de 80 employés du sec­teur ban­caire venus d’autres éta­blis­se­ments se sont avé­rés par­ti­cu­liè­re­ment… chan­ceux. Ce n’était donc pas la banque d’origine mais bien le condi­tion­ne­ment pro­fes­sion­nel qu’il fal­lait incri­mi­ner. « Les normes et règles infor­melles en vigueur dans le monde de la banque pri­vi­lé­gient les valeurs maté­rielles et poussent ain­si à une atti­tude mal­hon­nête », concluent les chercheurs.

    Que faire main­te­nant ? Marie-Claire Vil­le­val, pro­fes­seur d’économie (CNRS, uni­ver­si­té de Lyon), invite à pour­suivre les recherches en se foca­li­sant cette fois sur la « prise de risques » mais aus­si de repro­duire une telle étude avec des hommes poli­tiques confron­tés à de pos­sibles gains élec­to­raux. « Il n’y a aucune rai­son de pen­ser que seul le sec­teur finan­cier soit concer­né », insiste-t-elle.

    Les cher­cheurs suisses insistent, eux, sur la néces­si­té de « modi­fier la culture pro­fes­sion­nelle des ban­quiers ». Mettre en place un « ser­ment », à l’image de celui d’Hippocrate pro­non­cé par les méde­cins ; écar­ter les bonus qui favo­risent un com­por­te­ment en conflit avec l’intérêt du client ou de la socié­té ; intro­duire des primes qui récom­pensent une atti­tude « citoyenne ». « Une prime aux lan­ceurs d’alerte », ima­gine Michel Maré­chal. Le rêve appar­tient-il à la culture pro­fes­sion­nelle du chercheur ?

    Natha­niel Herzberg
    Jour­na­liste au Monde 

    Source : http://​www​.lemonde​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​4​/​1​1​/​1​9​/​l​e​s​-​b​a​n​q​u​i​e​r​s​-​t​r​i​c​h​e​u​r​s​-​p​a​r​-​c​u​l​t​u​r​e​_​4​5​2​6​1​2​2​_​3​2​3​4​.​h​tml

    Réponse
  30. Katharina

    juste pour infor­ma­tion à quoi être préparé :

    pour ceux qui lisent l’allemand

    http://​www​.spie​gel​.de/​p​a​n​o​r​a​m​a​/​h​a​m​b​u​r​g​e​r​-​s​e​n​a​t​-​b​e​s​t​a​e​t​i​g​t​-​e​i​n​s​a​t​z​-​v​e​r​d​e​c​k​t​e​r​-​e​r​m​i​t​t​l​e​r​i​n​-​a​-​1​0​0​3​9​4​8​.​h​tml

    pen­dant 6 ans, une agent du ser­vice secret alle­mand a été mise dans le milieu résis­tant autour de la ROTE FLORA à Ham­bourg. Un lieu socio­cul­tu­rel sqat­té depuis 25 ans.

    Il faut ajou­ter que la ROTE FLORA n’a abso­lu­ment rien de terroristique.
    D’a­près l’ar­ticle , cette agente les a aidé de faire de la résis­tence, de se défendre au dan­ger d’être mis à la porte, à créer des liens avec les voi­sins etc., dans des actions, et , dans le style des agents de la RDA , a enga­gée des rela­tions amou­reuses avec des gens de la ROTE FLORA.

    je ne sais rien de plus, je ne sais non plus, si le conte­nu de l’ar­ticle-même est un fake pour semer le doute et la méfiance.

    Il ne faut pas se lais­ser provoquer…

    Réponse
    • Ana Sailland

      Fin 2011,
      Un matin les RG m’ont télé­pho­né pour ten­ter d’en savoir plus sur ce que nous avions déci­dé dans la soi­rée pré­cé­dente après le départ d’un mili­tant qui avait lou­pé la prise de décision 😉
      Ils étaient au cou­rant de tout ce qui s’é­tait dit en début de soi­rée mais pas de la suite.

      Pas para­no, on s’en fout !

      Humour : de nos jours les plus sus­pects sont ceux qui ne sont pas fichés car ça prouve qu’ils savent se cacher.

      Réponse
      • Katharina

        oui, ils appren­dront peut-être quelque chose…

        Réponse
  31. J-Stéphane

    Julian Assange : « Nous ne sommes qu’au tout début d’une nou­velle ère démocratique »

    Source : http://​obses​sion​.nou​ve​lobs​.com/​p​e​o​p​l​e​/​2​0​1​4​1​1​1​2​.​O​B​S​4​7​0​5​/​j​u​l​i​a​n​-​a​s​s​a​n​g​e​-​n​o​u​s​-​n​e​-​s​o​m​m​e​s​-​q​u​-​a​u​-​t​o​u​t​-​d​e​b​u​t​-​d​-​u​n​e​-​n​o​u​v​e​l​l​e​-​e​r​e​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​.​h​tml

    « Je suis fon­da­men­ta­le­ment convain­cu qu’In­ter­net peut mettre fi n à l’a­sy­mé­trie de l’in­for­ma­tion qu’ont impo­sé les puis­sants au reste du monde. C’est le sens de notre com­bat. Un ren­ver­se­ment des trans­pa­rences : ce n’est pas à l’E­tat de tout savoir de ses citoyens, mais aux citoyens de tout savoir de l’Etat. »

    « Nous aurions dû être écra­sés dès les pre­miers mois. Mais nous sommes encore là. Nous avons démon­tré qu’au­jourd’­hui, lorsque l’on se bat pour une cause juste, il était pos­sible de défi er les plus grands pouvoirs. »

    « Lors­qu’en­fant j’ai com­men­cé à pro­gram­mer, l’in­for­ma­tique per­son­nelle était encore un espace arti­sa­nal, où cha­cun pou­vait construire son propre monde. Inter­net est arri­vé avec la pro­messe d’un nou­vel espace de déli­bé­ra­tion col­lec­tive, réel­le­ment démo­cra­tique, libé­ré des inté­rêts des puis­sants. Aujourd’­hui, nous assis­tons à une mono­po­li­sa­tion de cet espace public par des grands groupes dont les « valeurs », comme la fi n de la vie pri­vée, sont de simples outils au ser­vice de leur stra­té­gie commerciale. »

    « Nous voyons par­tout des foyers de contes­ta­tion sur­gir. Du mou­ve­ment des indi­gnés à ce que nous fai­sons en pas­sant par la mul­ti­pli­ca­tion desw­hist­le­blo­wers [lan­ceurs d’a­lerte, ndlr] , nous ne sommes qu’au tout début d’une nou­velle ère démo­cra­tique, qui trouve ses racines dans les mêmes aspi­ra­tions, et sa pos­si­bi­li­té d’exis­tence grâce aux mêmes outils. »

    « Nos struc­tures poli­tiques ont été pen­sées pour une autre époque et ne réus­si­ront pas à s’adapter. »

    Réponse
    • Ana Sailland

      En plus de la phase apprendre à voir & savoir peut coexis­ter la phase apprendre à vivre & échan­ger, elle aus­si en dehors des cir­cuits imposés.

      Savoir implique l’indignation.
      Mais ensuite vient la mutation.
      Ins­ti­tu­tion­nelle ou tech­nique (ou inclusif)

      Réponse
  32. J-Stéphane
    • Katharina

      Génial …

      Réponse
      • J-Stéphane

        Puisque le vrai ment, pour­quoi ne pas faire dire la véri­té au faux. 😉

        Réponse
      • Ana Sailland

        Nos adver­saires nous expli­que­rons que les chi­nois sont des com­plo­tistes populistes 😉

        Ce docu­ment est à uti­li­ser comme pilon offen­sif contre l’en­dor­mis­se­ment des foules.

        Réponse
        • Ronald

          Ana, pas d’emportement : c’est un canular …

          Réponse
          • Ana Sailland

            Mais non, on veut nous faire croire que c’est un canular 😉

          • J-Stéphane

            Canu­lar effi­cace, car sans men­songe il tire des songes, et puis il est cou­tume en poli­tique de faire dire ce que l’on veut aux cos­tumes qui sont mis en scène. :p

          • J-Stéphane

            Oups, pas glop 🙁

          • Mic El

            « c’est un canular … »
            quel canu­lar ? tout est vrai …et c’est ça qui est drôle !

            cepen­dant je doute que cela ait été vu par plus d’un chi­nois sur 10000…
            et en même temps c’est l’hôpital qui se fout de la charité !

            pour leur retour­ner le compliment :
            Com­ment ima­gi­ner qu’un pays, que dis-je, un conti­nent ! aus­si fabu­leux que la chine ! un pays dans lequel il y a déjà mille ans, un pékin, si vous me pas­sez l’ex­pres­sion, issu des plus basses couches sociales, pou­vait accé­der gra­tui­te­ment aux uni­ver­si­tés jus­qu’à deve­nir man­da­rin, le seul auto­ri­sé à dire ‘JE’; et que dans ce même pays, mille ans plus tard, la plus grande par­tie de la popu­la­tion ignore jus­qu’à l’exis­tence du ‘Je’! Com­ment expli­quer qu’un pays plein de tant de richesses ait réus­sit à faire si tota­le­ment dis­pa­raître la plus grande de toutes les richesses, la subjectivité !

          • Jacques

            @ mic el
            Pour la « des­truc­tion » de la sub­jec­ti­vi­ter en chine, je vois plu­sieurs choses (non-exhaus­ti­ve­ment):

            1) Sous l’empire : le nombre incroyable d’e­neuques qui servent l’empereur dans la cite inter­dite => peur qu’un com­plo­tiste qui s’emparerait du pou­voir n’ait de descendance.

            2) Sous la revo­lu­tion cultu­relle (Mao): tous les intel­lec­tuels sont ren­voyer en « ree­du­ca­tion pro­le­taire », pour leur « apprendre » ce que c’est que le vrai tra­vail de la terre, et toute la culture chi­noise « d’a­vant » est interdite.

            3) De tout temps en chine les rela­tions, la famille, comptent plus que l’a­vis d’un seul… d’ou nego­cia­tions pro­lon­gees parce qu’ils ne savent pas d’eux memes sans la concer­ta­tion du groupe ; culte des ancetres, de la famille… que nous avons per­du ; cercles de « rela­tions » qui peuvent virer en mafias…

      • etienne

        Je crois que cette vidéo a été uti­li­sée pour de nom­breux sous-titrages différents 🙂
        Cer­tains sont extras 🙂

        Réponse
        • J-Stéphane

          Mer­ci Étienne de prendre la peine de cor­ri­ger mes ter­ribles fautes, ça me désole car je fais tou­jours mon pos­sible pour ne pas rendre mes inter­ven­tions fas­ti­dieuses à consul­ter, alors quand je vois que je te rajoute du tra­vail, je n’en suis pas fier. 🙁

          Réponse
          • Ana Sailland

            Je laisse presque tou­jours une ou deux fautes. T’est pas l’seul 😉

            LA fen^tre d’é­di­tion est peu pra­tique ( règle de base : quand on a tort, cher­cher une excususe )

        • 222

          Quand le men­songe, ou cet habillage, ce tra­ves­tis­se­ment des choses est au ser­vice de la véri­té, on par­donne tout à l’ar­tiste qui force et condense au mieux le por­trait pour bien se faire com­prendre du plus grand nombre… tu es tout par­don­né, m’en enfant ^^

          Réponse
  33. etienne

    https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​2​9​6​5​9​4​6​8​4​7​317

    Encore une calom­nie dans un « grand journal »…
    (Déci­dé­ment, c’est toutes les semaines en ce moment.)

    Là, ce sont les Inrocks qui viennent de m’ac­cu­ser — mais c’est une calom­nie — d’a­voir liké un groupe d’af­freux… Je n’ai rien liké du tout, on m’a ins­crit à ce truc sans me le deman­der, comme ça m’ar­rive tout le temps. Il faut savoir que je suis, depuis des années, ins­crit d’of­fice (sans l’a­voir deman­dé) à des tas de groupes Face­book (des dizaines et des dizaines)… J’ai renon­cé à me dés­ins­crire de tous car c’est lit­té­ra­le­ment sans arrêt, et puis il y a des mili­tants que j’aime bien qui trouvent des forces à me voir affi­ché avec eux, alors bon, je ne m’oc­cupe plus trop de ces « groupes » qui n’en sont pas vrai­ment puis­qu’on ne peut pas empê­cher l’ins­crip­tion d’autorité.

    Alors là, j’ai décou­vert que j’ap­par­te­nais à ce groupe crai­gnos en lisant l’ar­ticle des Inrocks => je suis donc allé voir « mes groupes » : je suis encore dans 89 groupes (!) (pour­tant, j’ai fui des dizaines et des dizaines de fois depuis mon ins­crip­tion sur FB) et effec­ti­ve­ment je suis dans ce groupe (très laid, et avec qui, évi­dem­ment, je n’ai rien de com­mun)… Alors je me suis dés­ins­crit aus­si­tôt, évi­dem­ment, une fois de plus. Mais tirer de ces ins­crip­tions arbi­traires (sans mon accord et fré­quentes comme du spam) la marque — voire la preuve (!) — d’une dérive idéo­lo­gique mal­saine (…), c’est soit débile, soit malveillant.

    Un jour­na­liste qui cher­che­rait le vrai devrait s’i­ma­gi­ner qu’un homme seul comme moi à (peut-être un peu) du mal à suivre comme il le fau­drait cette acti­vi­té de fou que je vis depuis des années, et quand quelque chose cloche, il pour­rait com­pa­rer ce que je dis (sans varier : ultra-démo­cra­tique) à ce qu’il a peur que je pense (ultra-anti-démo­cra­tique)…

    Me repro­cher publi­que­ment et cen­tra­le­ment un contre-sens aus­si total, sur un fait aus­si peu signi­fi­ca­tif (on peut être ins­crit à un groupe sans l’a­voir vou­lu, et quand on reçoit comme moi plus de 800 noti­fi­ca­tions par jour (!) — plus de 5000 par semaine… — , on peut faci­le­ment rater celle qui annonce une ins­crip­tion indé­si­rable, et puis voi­là, ensuite la vie de fou conti­nue), me faire un tel reproche (sans même essayer de me par­ler pour véri­fier, d’ailleurs), c’est vrai­ment moche.

    Et, bien sûr, comme dans l’Ex­press, je ne peux pas répondre moi-même (en com­men­taire sur le site) aux calom­nies du jour­nal. C’est vrai­ment des mœurs lamen­tables, quand même…

    Mais bon, tout se passe comme pré­vu : pour dis­cré­di­ter la cri­tique anti­par­le­men­taire des liber­taires (et des démo­crates, c’est qua­si­ment pareil), les par­le­men­taires (et leurs spon­sors) entre­tien­dront et déve­lop­pe­ront une CONFUSION avec la cri­tique par­le­men­taire des auto­ri­taires, même si leurs pro­jets sont anti­no­miques pour la socié­té. C’est bien ce qui se passe.

    Évi­dem­ment, la cri­tique anti­par­le­men­taire de droite se nour­rit des argu­ments de la cri­tique anti­par­le­men­taire de gauche (puisque les faits qui servent aux uns peuvent méca­ni­que­ment ser­vir aux autres dans leurs démons­tra­tions), ET INVERSEMENT. Ce n’est pas éton­nant de voir les deux groupes (aux pro­jets sociaux pour­tant dia­mé­tra­le­ment oppo­sés) recy­cler les faits et argu­ments décou­verts par les autres : ils ont le même adver­saire, ils ont donc des tas d’ar­gu­ments en com­mun, vrai­ment en commun.

    Mais réduire les deux cri­tiques au même pro­jet poli­tique, comme si elles étaient éga­le­ment dan­ge­reuses, c’est juste malhonnête.

    Étienne.

    PS : Si vous arri­vez à publier des com­men­taires (sur le site des Inrocks ou sur celui de L’Ex­press), res­tez GENTILS et CALMES, s’il vous plaît, c’est important.
    Un excès n’en jus­ti­fie pas un autre.

    PPS : L’a­dresse de l’ar­ticle des Inrocks :
    Com­ment les “Gen­tils virus” d’Étienne Chouard conta­minent le web
    http://​www​.lesin​rocks​.com/​2​0​1​4​/​1​1​/​2​3​/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​c​o​m​m​e​n​t​-​l​e​s​-​g​e​n​t​i​l​s​-​v​i​r​u​s​-​d​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​c​o​n​t​a​m​i​n​e​n​t​-​w​e​b​-​1​1​5​3​6​1​53/

    PPPS :
    L’interview inté­grale (l’o­ri­gi­nale, la vraie) des Gen­tils Virus par les Inrockuptibles
    http://​pou​voi​rau​peuple​.word​press​.com/​2​0​1​4​/​1​1​/​2​3​/​l​i​n​t​e​r​v​i​e​w​-​i​n​t​e​g​r​a​l​e​-​d​e​s​-​g​e​n​t​i​l​s​-​v​i​r​u​s​-​p​a​r​-​l​e​s​-​i​n​r​o​c​k​u​p​t​i​b​l​es/

    PPPPS :
    Plein de com­men­taires, et de liens com­plé­men­taires, là :
    https://​www​.face​book​.com/​g​r​o​u​p​s​/​g​e​n​t​i​l​s​v​i​r​u​s​/​8​8​2​6​1​0​2​1​5​0​9​6​873

    Réponse
    • Ana Sailland

      🙂 C’est en panne 😉

      Réponse
  34. J-Stéphane

    TISA, le com­men­ce­ment de la dic­ta­ture absolue.

    LES FAMILLES LES PLUS RICHES DES 50 PAYS DU CLUB BILDERBERG PRÉPARENT EN SECRET L’ACQUISITION DE TOUS LES SERVICES PUBLICS DE LEURS PAYS

    http://​demo​-fr​-actua​lites​.blog​spot​.fr/​2​0​1​4​/​1​1​/​t​i​s​a​-​l​e​-​c​o​m​m​e​n​c​e​m​e​n​t​-​d​e​-​l​a​-​d​i​c​t​a​t​u​r​e​.​h​t​m​l​?​m=1

    Réponse
  35. J-Stéphane
  36. Ana Sailland
  37. Sub

    Ce qui m’é­tonne le plus c’est que les plus grands théo­ri­cien du com­plots sont les gou­ver­ne­ments eux-mêmes, qui voient des ter­ro­ristes par­tout, par exemple et qui s’ils le pou­vaient ins­tal­le­raient des camé­ras dans le trou­fion de tout le monde (avec leur consen­te­ment, bien entendu).

    D’autre part, un peu d’é­tude sur l’His­toire de l’hu­ma­ni­té nous informe qu’il s’a­git d’une suite inin­ter­rom­pue de com­plots ayant tous pour but de prendre le pou­voir. Le com­plot, c’est donc plu­tôt la règle et il n’y a pas de rai­son que notre époque soit différente.

    Soyons donc fiers d’être des théo­ri­ciens du com­plot car, de toute façon, on sera tou­jours en des­sous de la vérité.

    Évi­dem­ment que les puis­sants s’en­tendent pour leur seul pro­fit. D’au­tant plus qu’ils sont tous pareils. Évi­dem­ment que les élites (ceux sur qui on jetait des cailloux à la récré, rap­pe­lez-vous) tra­hissent le peuple. L’er­reur la plus tra­gique serait d’at­tendre quoique ce soit du sys­tème actuel.

    Ce ne sont pas vos amis.

    Réponse
  38. joss

    Dans un monde gui­dé par des œillères, les « théo­ries du com­plot » n’existent que par ceux qui prêchent la « poli­tique de l’au­truche ». Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

    Réponse
  39. Katharina

    les liens :
    un simple exemple :

    http://​www​.repor​terre​.net/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​6​224

    et

    voi­là l’ar­ticle dans un des plus grands jour­naux « intel­lo » de l’Al­le­magne, « Die Zeit », dont les deux édi­teurs – Mat­thias Nass et Joseph Joffe – sont éga­le­ment membre du groupe Bil­der­berg ce qu’ils nient constemment.

    http://www.zeit.de/politik/ausland/2014–08/frankreich-macron-neuer-wirtschaftsminister

    le jour­nal fait le louange de Macron, le « génie », le sur­doué, l’a­mi des profs de l’E­NA, celui qui va sau­ver le gou­ver­ne­ment Hol­lande, pétant d’i­dées et de capa­ci­tés etc etc.

    Réponse
  40. joss

    Dans « théo­rie du com­plot » je vois l’in­ten­tion de nuire. Il y a aus­si le mot « théo­rie » qui éloigne de la réa­li­té. Mais il n’y a pas néces­sai­re­ment d’in­ten­tion de nuire, le but prin­ci­pal est la pro­tec­tion de cer­tains inté­rêts. La « théo­rie du com­plot » serait plu­tôt une col­lu­sion d’in­té­rêts au niveau mon­dial. Ce qui est légi­time, de défendre ses inté­rêts. Ils tirent les mar­rons du feu et nous tra­vaillons à main­te­nir le feu allu­mé, nous main­te­nons le sys­tème en état de fonctionnement.

    Comme ils sont peu nom­breux, le petit nombre (par rap­port à nous) et donc qu’ils peuvent faci­le­ment s’or­ga­ni­ser (Bil­der­berg, loges maçonniques,…),
    ‑que nous, la majo­ri­té, nous ne remar­quons rien de cette stra­té­gie (car ils sont occu­pés à nous écer­ve­ler ou à nous enfu­mer grâce à leur pro­pa­gande médiatique),
    ‑que mal­heu­reu­se­ment nous ne sommes pas en démo­cra­tie (mais ils nous le font croire) et nous pen­sons déte­nir le pou­voir et donc nous dor­mons sur nos lau­riers pen­dant que le pou­voir est cor­rom­pu et sert le petit nombre,
    ‑que la force du petit nombre (comme ils ont le pou­voir) est de divi­ser le grand nombre et de les pous­ser les uns contre les autres (chô­meurs, reli­gion, sexua­li­té, cou­leur de peau,…tout ce qui peut nous dif­fé­ren­cier est une bonne raison),
    ‑que la pro­tec­tion de leur sys­tème est assu­rée par la pré­sence d’un enne­mi exté­rieur (de fac­to, nous oublions nos condi­tions humaines et pro­té­geons le sys­tème) et d’un enne­mi inté­rieur (de fac­to, nous accep­tons de vivre dans une socié­té hyper­con­trô­lée), cet enne­mi s’appellent le terrorisme,
    ‑dès qu’un lan­ceur d’a­lerte par­vient à dénon­cer une par­tie du puzzle, il est trai­té soit de ter­ro­riste ou soit de « théo­ri­cien du com­plot », la boucle est bouclée.

    Mais c’est une col­lu­sion d’in­té­rêts inhé­rente à notre sys­tème capi­ta­liste, machine à créer des mono­poles au niveau mon­dial. A la fin il n’en res­te­ra plus qu’un, comme dans le jeu « Monopoly » !

    Réponse
    • Katharina

      je crois bien que c’est l’in­ten­tion, mais en même temps, ils (les 1 %) dégé­nèrent, se trompent, ils mentent – de manière visible. Et puis­qu’ils sont enfon­cés dans leur che­min, ils cherchent la com­plai­sance. Pour se réga­ler, voi­ci : https://​you​tu​.be/​O​Y​s​L​F​i​t​4​Frk

      Réponse
  41. J-Stéphane
          • Ana Sailland

            « On » dit que « L’E­tat c’est nous ».
            Naïveté.
            Ou naï­ve­té per­verse qui jus­ti­fie ou sug­gère l’obéissance
            et la contri­bu­tion à cette chose qui n’est pas nous.
            Car non, l’E­tat, ce n’est pas nous.
            Car enfin, obser­vez le qui, depuis Phi­lippe Lebel ou Hugues Capet, tra­verse les siècles, y change de cos­tume et de style, mais demeure.
            Car enfin, obser­vez le , Etat royal, répu­bli­cain, impé­rial, laïque, pro­vi­dence, social, libé­ral, peu importe : il est tou­jours l’Etat.
            Même « occu­pé », Vichyste, il demeure.

            Déso­lée de rame­ner l’an­tienne d’A­na, mais j’en par­lais déjà ici avec les trans­na­tio­nales comme prétexte :
            https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​1​2​/​1​0​/​d​e​m​o​k​r​a​t​i​a​-​u​n​-​p​r​o​j​e​t​/​#​c​o​m​m​e​n​t​-​8​334

            Bien sûr, l’E­tat et les trans­na­tio­nales, c’est pas pareil, mais cepen­dant il y a cette simi­li­tude qui nous fait prendre les ves­sies pour des lan­ternes, je veux dire confondre ce que nous créons et qui nous domine, avec nous.
            Et quand je dis ce que nous créons, je suis peut être dans le faux. Mon sen­ti­ment indé­mon­trable est que nous créons ce qui nous attend sans que nous le vou­lions, qui « nous attend au tournant ».
            Car, que ce soit chez les aztèques, en méso­po­ta­mie ou chez nous, dès lors que l’hu­main s’a­grège (il aime ça et c’est vital), il sécrète de l’or­ga­ni­sa­tion, qui bien vite s’au­to­no­mise et le gou­verne, par l’u­sage ou la loi, ça dépend, ou un peu des deux, la loi et la culture.
            Ben oui, quoi, pour vivre ensemble, faut l’har­mo­nie, non ?, et l’har­mo­nie, ça tombe pas tout cru du ciel ni tout cuit : ça s’in­vente, ça se décide ou ça s’im­pose, ça s’or­ga­nise : le mot est lâché, on légifère.
            Et là c’est cuit : l’ou­til s’é­man­cipe, comme ceci ou comme cela, tan­tôt un tyran, tan­tôt une oli­gar­chie, tan­tôt une démo­cra­tie ( raris­sime …), tou­jours des magis­trats, des gens armés, gref­fiers et autres huis­siers, le spec­tacle ou le secret, mais tou­jours c’est l’E­tat, qui domine, pérenne, anté­rieur à la nais­sance de cha­cun, pos­té­rieur à lui, trans­gé­né­ra­tion­nel, vivant donc, mais en quelque sorte sans nous.

            L’é­tat ce n’est pas nous, mais pire encore, il est sans nous. Il suf­fit que nous soyons là, mais il est cepen­dant « sans nous », nous trans­cende et nous nie.

            Alors la liber­té, mazette, Mon­sieur Char­bon­neau, mer­ci, c’est en effet un mythe de der­rière les fagots.
            Et les anar­chistes ont bien com­pris que la liber­té, c’est sans l’E­tat, sans Etat.

            Mais alors l’har­mo­nie, la syner­gie, la conver­gence, l’en­traide, la fra­ter­ni­té, com­ment on fait ?

            Sau­rons-nous nous aimer sans l’Etat ?

            Je sais que c’est possible.

            Joyeux Noël

          • etienne

            « Aujourd’­hui, l’É­tat pré­tend diri­ger la machine, mais en réa­li­té il la sert, dans l’ex­plo­sion absurde de sa puis­sance, car il n’est lui-même que rouage.

            Au ser­vice de l’hu­ma­ni­té, il n’y aura d’é­co­no­mie vrai­ment diri­gée que si l’Homme dirige l’État. »

            (min 18:10)

          • EFFAB

            L’é­tat du monde est à la mesure de ces Etats par trop obso­lètes et déme­su­ré­ment arbi­traires… trop de messes ont été dites, à des­sein, en vain, en faux, en four­voie­ments de toutes sortes, sin­cères ou non ; vou­loir le bien est une chose mais le faire vrai­ment et s’en don­ner les moyens, en âme et conscience et en actes exige une éthique et des ver­tus qui ne se mon­naient pas et redé­fi­nissent plus équi­ta­ble­ment la place de l’hu­main au coeur de tous dis­po­si­tifs et pro­cé­dures sociétales.
            Bref, l’E­tat est illé­gi­time et tant que cet état de fait per­dure, rien de véri­ta­ble­ment noble et consé­quent n’ad­vien­dra ici-bien-bas.

            Fer­ney est à détruire_redessinons tout autre­ment nos envi­ron­ne­ments et ces architectures.

            CHOUAR­Dament vôtre !

          • joss

            L’E­tat sert d’in­ter­mé­diaire entre les « 1% »(le Capi­tal) et nous (le reste ou 99%, si on veut).
            Grâce à la dette, il nous culpa­bi­lise, se per­met de nous faire les poches et de nour­rir le Capital.
            Grâce aux élec­tions, il nous res­pon­sa­bi­lise, nous fait croire que l’on a un mot à dire et que l’E­tat c’est nous.
            Le résul­tat est simple : on tra­vaille et ils s’enrichissent.

        • etienne

          Viva for Life et la guerre du gou­ver­ne­ment contre les pauvres

          par Daniel Zamo­ra

          Source : http://​blogs​.poli​tique​.eu​.org/​V​i​v​a​-​f​o​r​-​L​i​f​e​-​e​t​-​l​a​-​g​u​e​r​r​e​-du

          C’est avec le sou­rire aux lèvres que Willy Bor­sus est appa­ru ce mar­di sur le pla­teau de la RTBF afin de remettre le chèque de 100.000 euros du gou­ver­ne­ment à l’action de « lutte » contre la pau­vre­té Viva for Life. La pau­vre­té, dit il, c’est un « échec pour toute la socié­té ». La géné­ro­si­té fut donc le maitre mot de toute la soi­rée et, par exten­sion, une occa­sion (qu’on ima­gine exempte de toute oppor­tu­nisme poli­tique) pour le gou­ver­ne­ment fédé­ral de mettre en scène sa propre poli­tique en la matière.

          Cette appa­ri­tion n’est cepen­dant pas qu’une simple opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion, elle sym­bo­lise une recon­fi­gu­ra­tion plus pro­fonde des poli­tiques sociales et de la « lutte contre la pau­vre­té ». Loin de n’être qu’un aspect secon­daire de la stra­té­gie de la coa­li­tion au pou­voir, la pau­vre­té y tient une place cen­trale. Au fond, der­rière l’emphase mise sur la pau­vre­té, il y a éga­le­ment une cer­taine vision de la jus­tice sociale et de la manière dont nous devrions orga­ni­ser la solidarité.

          Lut­ter contre la pau­vre­té pour détruire la sécu­ri­té sociale

          En réa­li­té l’intérêt por­té à la pau­vre­té par le gou­ver­ne­ment vise à trans­for­mer notre manière de conce­voir la jus­tice sociale mais éga­le­ment les ins­ti­tu­tions de l’Etat social. A tra­vers les mesures de l’accord de gou­ver­ne­ment dans les domaines de l’assurance-chômage, de l’index, de la san­té ou des pen­sions, le gou­ver­ne­ment ne peut igno­rer qu’il va contri­buer direc­te­ment à une aug­men­ta­tion de la pau­vre­té. Son objec­tif n’est donc pas de réel­le­ment réduire la pau­vre­té, mais plu­tôt de la gérer.

          La réponse don­née dans l’après guerre au pau­pé­risme fut la sécu­ri­té sociale. Elle devait garan­tir une cer­taine sécu­ri­té d’existence au tra­vers de droits acquis par le tra­vail. Cette notion de droit était en oppo­si­tion fron­tale avec celle, beau­coup plus indi­vi­duelle, offerte par les dif­fé­rentes ins­ti­tu­tions d’assistance sociale (notam­ment les CAP, ancêtres des CPAS). Ain­si, le pas­sage d’une concep­tion très indi­vi­duelle des pro­blèmes sociaux (la pau­vre­té ou le chô­mage relèvent de la res­pon­sa­bi­li­té indi­vi­duelle) à une concep­tion col­lec­tive (les maux sociaux sont le pro­duit d’un sys­tème éco­no­mique) induit aus­si une trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions. On passe de l’assistance arbi­traire (on n’aide que les « bons pauvres ») à la sécu­ri­té sociale fon­dée sur le droit (il n’y a plus de « bons » ou de « mau­vais » mais des per­sonnes ayant des droits).

          L’objectif du gou­ver­ne­ment Michel est simple : reve­nir sur cet immense pro­grès social d’après 45 et réta­blir une lec­ture indi­vi­duelle de la pau­vre­té et du chô­mage. La pau­vre­té n’est plus le pro­duit struc­tu­rel du sys­tème éco­no­mique, mais celui de nos déci­sions, atti­tudes, de la paresse des béné­fi­ciaires (ou « frau­deurs » selon l’envie). Afin de lut­ter contre ce fléau de la paresse et des droits qui consacrent la « culture de la dépen­dance », il faut donc prio­ri­tai­re­ment bri­ser les ins­ti­tu­tions qui « pro­tègent » les assis­tés. Il faut trans­for­mer les dépo­si­taires de droits sociaux en allo­ca­taires de reve­nus condi­tion­nels. Bri­ser le droit et « res­pon­sa­bi­li­ser » afin de pou­voir trier les pauvres « méri­tants » des « mau­vais » pauvres, ceux qui « ne veulent pas » travailler.

          Cette lutte « contre la pau­vre­té » se conten­te­ra donc de limi­ter les effets de ses poli­tiques anti-sociales par de maigres bud­gets ayant pour objet de sau­ver les pauvres « méri­tants ». Ce lien entre des­truc­tion de la sécu et les actions visant à atté­nuer les consé­quences de ces mesures est d’ailleurs avoué à demi mot dans l’accord de gou­ver­ne­ment lui-même, puisqu’on peut y lire que : « L’augmentation éven­tuelle du nombre de béné­fi­ciaires du reve­nu d’intégration décou­lant de nou­velles réformes socioé­co­no­miques aura pour consé­quence que les CPAS rece­vront des moyens de com­pen­sa­tion sup­plé­men­taires. » [1]

          Il y est donc recon­nu impli­ci­te­ment que les réformes prô­nées par le gou­ver­ne­ment vont pro­duire de la pau­vre­té et que, dès lors, des fonds seraient déblo­qués (le cas échéant, par le biais d’une mise en scène à la télé­vi­sion la veille de Noel !) pour pal­lier la « casse sociale » pro­duite. Le pro­blème est évi­dem­ment que ces fonds sont infi­ni­ment infé­rieurs aux « éco­no­mies » réa­li­sées sur les bud­gets sociaux.

          Au fond, ce gou­ver­ne­ment nous vend une cer­taine concep­tion de la lutte contre la pau­vre­té qui a pour fonc­tion de détruire, d’une main, les méca­nismes de redis­tri­bu­tion des richesses tout en pro­po­sant, de l’autre main, quelques miettes aux pauvres « méri­tants » pour com­pen­ser les effets des mesures pré­cé­dentes. Le graphe qui suit l’illustre de manière sans doute plus direc­te­ment par­lante (et non sans ironie) :

          Un tel glis­se­ment n’est pas tota­le­ment neuf (bien qu’il prend une dimen­sion beau­coup plus impor­tante aujourd’hui) et avait déjà été mis en avant par Jan Vran­ken dans l’annuaire sur la pau­vre­té de 2013. L’auteur se deman­dait alors si « la poli­tique ‘directe’ en matière de pau­vre­té n’est (…) pas menée pour neu­tra­li­ser les réper­cus­sions néga­tives de la poli­tique indi­recte en matière de pau­vre­té ? » . [2] Par poli­tiques « indi­rectes », Vran­ken fait réfé­rence aux effets pro­duits par toutes les autres poli­tiques en matière de tra­vail, de pen­sions, de sécu­ri­té sociale, de loge­ment, de chô­mage, etc. Dans le contexte d’austérité actuel, la ques­tion est plus per­ti­nente que jamais. Com­ment, en effet, ne pas obser­ver que de nom­breuses « poli­tiques indi­rectes » (dégres­si­vi­té des allo­ca­tions de chô­mage, stage d’insertion, pré­ca­ri­sa­tion de l’emploi, baisse des pen­sions, blo­cage de l’indexation, coupes dans la san­té, etc.) créent mas­si­ve­ment de la pau­vre­té et que les maigres bud­gets de lutte contre celle-ci ne servent qu’à en modé­rer les effets. Dans le même sens, Vran­ken ajoute que, de nos jours, « les lacunes de la sécu­ri­té sociale et de la pro­tec­tion sociale en géné­ral sont tou­jours plus grandes » et mènent néces­sai­re­ment à gros­sir les rangs des « pauvres ». Les­quels n’ont comme recours « que l’ultime filet de sécu­ri­té, bien trop fin, du reve­nu d’intégration. »

          Une lutte contre la pau­vre­té sans redis­tri­bu­tion des richesses

          Dans cette pers­pec­tive, il ne s’agit plus tant d’infléchir la dyna­mique de creu­se­ment des inéga­li­tés que d’« acti­ver », « res­pon­sa­bi­li­ser », « contrô­ler » les pauvres. Le pro­blème n’est plus de lut­ter contre contre les inéga­li­tés sociales que de dis­tin­guer les pauvres « méri­tants » des « frau­deurs ». Sur ce plan, les choix du gou­ver­ne­ment sont tout à fait cohé­rents : c’est prio­ri­tai­re­ment l’activation, la remise au tra­vail et la lutte contre la « fraude sociale ». L’objectif réel est donc clair. Il s’agit, pour le gou­ver­ne­ment, de détruire toute notion de droit social et de lui sub­sti­tuer une aide condi­tion­nelle qui peut faci­le­ment être reti­rée si l’allocataire n’adopte pas l’attitude requise face aux emplois pré­caires qu’on lui offre.

          L’ambition du gou­ver­ne­ment est donc simple. Per­mettre aux plus riches d’être encore plus riches en détrui­sant les méca­nismes de sécu­ri­té sociale tout en aidant, de manière ciblée, les pauvres « méri­tants ». Pour les autres, ils n’ont qu’à se lever plus tôt le matin. La « géné­ro­si­té » sera donc bien le maitre mot de ce gouvernement.

          Daniel Zamo­ra

          [1] Accord de gou­ver­ne­ment, p. 60

          [2] Jan Vran­ken, Willy Lahaye, Emi­lie Char­lier, “Navi­guer à contre cou­rant avec des rames trop courtes ? Crise de la poli­tique en matière de pau­vre­té durant la crise” in : Jan Vran­ken, Willy Lahaye, Isa­belle Pan­ne­coucke, Ronan Van Ros­sem (eds.), Annuaire pau­vre­té en Bel­gique 2013, ACCO, Leu­ven, 2013, p.142.

          Source : http://​blogs​.poli​tique​.eu​.org/​V​i​v​a​-​f​o​r​-​L​i​f​e​-​e​t​-​l​a​-​g​u​e​r​r​e​-du

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          • thierry

            La cha­ri­té les dons etc… qui font le titre et le début de l’ar­ticle devraient être rap­pe­lés à la fin car c’est le pilier essen­tiel de cette poli­tique, encore une fois à l’i­mage de celle des US, don­nez don­nez (cf la radio ces temps-ci) l’E­tat ne peut pas tout faire, il s’oc­cupe des riches…

        • Ronald

          Inté­res­sante confé­rence de Wer­ren­brouck. Je pen­sais qu’il allait se pro­non­cer sur l’in­dé­pen­dance des banques cen­trales (en étant contre), mais fina­le­ment, il ne prend pas posi­tion. Car le pro­blème est assez com­plexe. Je pense que si on est en régime oli­gar­chique, il vaut mieux que l’E­tat et la Banque soient indé­pen­dants. Il vaut mieux des oli­gar­chies qui se neu­tra­lisent par­tiel­le­ment plu­tôt que tout les pou­voir réunis en un seul groupe. Par exemple, actuel­le­ment, l’en­det­te­ment des Etats est plu­tôt quelque chose qui tend à les limi­ter dans des expé­di­tions guer­rières aux quatre coins du globe. Ce n’é­tait pas une limite quand il y a un siècle, ils avaient aus­si le pou­voir de créa­tion monétaire.

          Si par contre le peuple deve­nait sou­ve­rain dans l’E­tat, alors, il vau­drait mieux que l’E­tat s’empare de la Banque, plu­tôt que de res­ter endet­té d’une struc­ture indé­pen­dante pré­da­trice. Ulté­rieu­re­ment, sous une consti­tu­tion démo­cra­tique, le mieux serait sans doute que le pou­voir poli­tique et le pou­voir moné­taire soient à nou­veau ren­dus indé­pen­dants (prin­cipe de la sépa­ra­tion des pouvoirs).

          Il ne faut cepen­dant pas consi­dé­rer que l’E­tat et la Banque sont deux oli­gar­chies équi­va­lentes, et que fina­le­ment peu importe qui l’emporte sur l’autre. Car il y a tou­jours plus d’es­poir d’ar­ri­ver à démo­cra­ti­ser l’E­tat que la Banque. De toutes les évo­lu­tions pos­sible, la pire serait que la Banque s’ap­pro­prie l’Etat.

          Réponse
          • 222

            Ce qui, inévi­ta­ble­ment, est en passe d’ad­ve­nir… excep­té si la Démo­cra­tie mette un terme défi­ni­tif à la Banque et au Capi­tal, c’est aus­si simple que ça.

      • etienne

        Espagne :
        la rue bien­tôt bâillonnée ?

        Dimanche 21 décembre 2014
        par Loïc Le Clerc

        Source : Marianne, http://​www​.marianne​.net/​E​s​p​a​g​n​e​-​l​a​-​r​u​e​-​b​i​e​n​t​o​t​-​b​a​i​l​l​o​n​n​e​e​_​a​2​4​3​4​3​0​.​h​tml

        Le Par­ti­do popu­lar l’a voté seul, grâce à sa majo­ri­té abso­lue au Par­le­ment espa­gnol : la « loi orga­nique de sécu­ri­té citoyenne », connue sous le nom de « loi bâillon ». Concrè­te­ment, le gou­ver­ne­ment sou­haite ain­si don­ner plus de pou­voirs aux forces de l’ordre, afin de limi­ter for­te­ment le nombre et l’am­pleur des mani­fes­ta­tions. Mais la dérive n’est pas très loin et ce sont plu­sieurs liber­tés fon­da­men­tales qui se ver­raient bafouées.

        Andres Kudacki/AP/SIPA

        Les dépu­tés espa­gnols, ou du moins ceux de la majo­ri­té par­le­men­taire conser­va­trice, ont voté en séance la semaine der­nière la « loi orga­nique de sécu­ri­té citoyenne », plus connue sous le quo­li­bet que lui ont don­né ses détrac­teurs de « ley mor­da­za », lit­té­ra­le­ment « loi bâillon ». Pour Paul Aubert, pro­fes­seur de civi­li­sa­tion espa­gnole contem­po­raine à l’université d’Aix-Marseille, que Marianne a inter­ro­gé à ce sujet, la tra­duc­tion la plus exacte serait « loi muse­lière ». Pour­quoi un tel sur­nom ? C’est que cette loi « ambi­guë et dan­ge­reuse » vient for­te­ment « limi­ter les droits et les liber­tés des citoyens (mani­fes­ta­tions, réunions, expres­sion, etc.) afin de mieux garan­tir la sécu­ri­té » en don­nant plus de pou­voirs aux forces de l’ordre.

        Qua­rante-cinq délits sont concer­nés et donc ce sont 45 peines qui se retrouvent dur­cies. Outre le fait que cette « loi muse­lière » punit plus sévè­re­ment les délits liés à la pros­ti­tu­tion, à la drogue ou aux occu­pa­tions illé­gales d’un loge­ment, elle a pour prin­ci­pale cible le mani­fes­tant. L’idée d’ac­cen­tuer la répres­sion a ger­mé dans le cer­veau du gou­ver­ne­ment depuis les mani­fes­ta­tions des Indi­gnés, ce mou­ve­ment lui étant deve­nue ingé­rable, non par sa vio­lence mais par sa per­sé­vé­rance. Mais cette situa­tion est loin main­te­nant, et l’Espagne, mal­gré la crise, la pau­vre­té et la ran­cœur per­ma­nente contre les élites ultra-cor­rom­pues, est calme. Alors beau­coup se demandent pour­quoi une telle loi vient éclore aujourd’hui ? D’ailleurs, tous les par­tis d’opposition ont, pour l’occasion, for­mé un front com­mun. En vain.

        Une jus­tice… sans juge

        Prin­ci­pale carac­té­ris­tique de cette loi : « Elle trans­forme en actes admi­nis­tra­tifs des actes lais­sés autre­fois à l’appréciation du juge », nous explique Paul Aubert. Dès lors, des délits punis par le code pénal deviennent des fautes admi­nis­tra­tives, ce qui entraîne donc le paie­ment d’amendes admi­nis­tra­tives. Désor­mais donc, pour les délits concer­nés, plus besoin de pas­ser devant une cour de jus­tice, c’est l’administration qui prend tout en charge. Plus de juge, d’avocat, etc. Rien que des poli­ciers et des fonc­tion­naires. Il s’agit pour­tant d’amendes clas­sées en trois caté­go­ries pou­vant mon­ter jusqu’à 600 000 euros. En quelque sorte, une per­sonne accu­sée d’avoir com­mis un de ces délits doit d’abord payer. Si elle sou­haite contes­ter sa peine, elle d’adresse à la juri­dic­tion « conten­tieux admi­nis­tra­tif » pour laquelle a été créée une toute nou­velle taxe. Pour une jus­tice acces­sible à tous, on repassera !

        Désor­mais, par exemple, mani­fes­ter devant les bâti­ments publics consti­tue une « faute grave » pou­vant être punie d’une amende allant jusqu’à 30 000 euros. Faute qui devient « très grave » si les mani­fes­tants pénètrent dans l’édifice en ques­tion. Là, la baga­telle pour­ra coû­ter 600 000 euros. De même, il est inter­dit d’occuper une banque ou d’« esca­la­der des édi­fices ou des monu­ments sans auto­ri­sa­tion ». Et, pour cha­po­ter le tout, comme il est plus qu’interdit de bra­ver un inter­dit, ain­si, si une quel­conque mani­fes­ta­tion est pro­hi­bée, y par­ti­ci­per relève là aus­si de la faute « très grave ».

        Afin de se jus­ti­fier, le Par­ti­do popu­lar a fait appel à Conra­do Esco­bar, porte-parole de la com­mis­sion Inté­rieur, lequel a osé décla­rer que « les mani­fes­ta­tions seront plus libres, car elles seront pro­té­gées des vio­lences » ! Pour lui, sans rire, cette loi serait même une « avan­cée démo­cra­tique ». Mais pour Paul Aubert, cette nou­velle loi repré­sente sur­tout une « menace pour les garan­ties consti­tu­tion­nelles (invio­la­bi­li­té du domi­cile, liber­té d’expression, liber­té de réunion, liber­té de mani­fes­ta­tion, etc.) ain­si que pour le droit d’asile ».

        Car la deuxième cible de choix de cette loi, c’est le migrant. Tout indi­vi­du qui serait pris en train de pas­ser les fron­tières des enclaves maro­caines de Ceu­ta et Melil­la sera ren­voyé « à chaud », illi­co pres­to de l’autre côté. Adios donc tout droit à l’assistance juri­dique, ou toute forme de prise en charge, qu’elle soit sani­taire ou huma­ni­taire, jus­qu’à ce qu’il soit déci­dé du sort du migrant.

        Cer­tains craignent de voir leur pays renouer avec des vieilles pra­tiques peu glo­rieuses. Et il n’est pas seule­ment ques­tion d’éditorialistes redou­tant de revivre les — trop sou­vent convo­quées en France — « heures sombres du pas­sé ». Pedro San­chez, le jeune chef de file du PSOE a qua­li­fié Maria­no Rajoy de pré­sident du gou­ver­ne­ment « le plus rétro­grade de l’Histoire », ajou­tant qu’il ne lui man­quait plus que de reprendre à son compte cette expres­sion fran­quiste : « La rue est mienne ». Ambiance…

        Une police toute-puissante

        Cette loi risque en tout cas, d’après Paul Aubert, de per­mettre « aux forces de police d’agir plus vite mais ne les met pas à l’abri d’abus ». Tout ce qui relè­ve­rait du manque de res­pect, de l’insulte ou de l’outrage est plus sévè­re­ment puni. Mais, plus inquié­tant, un poli­cier peut don­ner une amende dite « légère » (entre 100 et 600 euros) a tout indi­vi­du qui refu­se­rait de décli­ner son iden­ti­té. Fil­mer la police et dif­fu­ser les images sans auto­ri­sa­tion devient par ailleurs une faute grave.

        Pour Paul Aubert, « c’est bien la démo­cra­tie qui est en jeu ». Cette loi n’est pas encore en vigueur en Espagne, elle doit main­te­nant être rati­fiée par le Sénat. Si celui-ci l’approuve sans l’amender, alors la « loi muse­lière » sera effec­tive, au grand dam des Espa­gnols. Une mani­fes­ta­tion de pro­tes­ta­tion s’est dérou­lée ce same­di 20 décembre. La dernière ? 

        Source : Marianne, http://​www​.marianne​.net/​E​s​p​a​g​n​e​-​l​a​-​r​u​e​-​b​i​e​n​t​o​t​-​b​a​i​l​l​o​n​n​e​e​_​a​2​4​3​4​3​0​.​h​tml

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        • 222

          Ces nou­velles pro­cé­dures ‘admi­nis­tra­tives’ à venir montrent en tout cas très net­te­ment qui est au pou­voir, quand l’argent s’in­vite ain­si au moindre prétexte…Et ces mind controle dans notre proche actua­li­té du moment, ‘proche’ à ce point que des faits divers fassent la une ^^ en disent long sur ces mesures éner­giques prê­tés à l’emploi dont se pare l’é­lite pour arrê­ter dans l’œuf tout sou­bre­saut révolutionnaire…

          EFFAB

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          • Katharina

            pire : c’est l’é­ta­blis­se­ment très concret de ce que les bIl­der­berg ont concu en juin der­nier j’estime :
            en haut l’é­lite des richis­simes, puis rien, et puis une arma­da de « sans-dents » qui servent à esclaves pour l’é­co­no­mie. Entre les deux : la police et l’ar­mée qui deviennent milice pri­vée des ultra­riches payés par le contribuable.
            Macron y visait depuis son début : sup­pri­mer toute aide pour rendre impos­sible une vie sans tra­vail – voire sans tra­vail à tarif sous Smic bien enten­du. Simple, con, et bru­tal. Sans grâce, sans pitié. D’ailleurs depuis long­temps per­son­nel­le­ment je lutte contre l’ex­pres­sion « aider les plus pauvres » ou « être à côté des faibles ». Par­mi ces « faibles » il y énor­mé­ment de gens dont la pro­fes­sion (art, arti­sa­nat, ensei­gne­ment non-éta­tique …) ne fonc­tionne pas dans les lois impi­toyables de l’é­co­no­mie new world order. Ce sont donc ces « forts », « indi­vi­dua­listes » qui seront visés en même temps. C’est le but. Ne plus avoir la pos­si­bi­li­té de résis­ter. Ils se trom­pe­ront, car ils vont s’en­tre­tuer. Mais avant cela, il ya du com­bat. Com­battre ces « élites », fau­dra pas se tromper.

        • Katharina

          pro­tes­ter , pro­tes­ter, pro­tes­ter.… c’est sup­plier. C’est fini les « pro­tes­ta­tions ». Si les lois sont nuls, y aura d’autres moyens. Si les flics inter­disent les images il faut trou­ver autre chose. Les paroles ne sont pas inter­dites. Les signes ne sont pas interdites.

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        • joss

          Pro­chaine étape : pri­va­ti­sa­tion de la police ?

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          • Katharina

            c’est pos­sible. Mais d’a­bord ils vont appe­ler cela « lutte contre le terrorisme ».

          • Katharina

            en fait, si tu regardes cet article (http://​www​.vol​tai​re​net​.org/​a​r​t​i​c​l​e​1​8​6​1​8​2​.​h​tml – je viens de rece­voir par fb), l’ar­mée US a été déjà pri­va­ti­sée sous Bush. Sauf que tous les cons ont cru que c’é­tait pour lut­ter contre Bin Laden. En fait l’ar­mée amé­ri­caine (et bri­tish) y allait pour acqué­rir pour les riches – payée par le contri­buable. Voi­là tout. Ban Ki Moon était au cou­rant, tout le monde était au courant.
            Ou l’U­kraine : le dia­logue au télé­phone entre Nuland et l’am­bas­sa­deur amé­ri­cain en Ukraine ? Tout a déjà été clair il y a un an- sauf que tout le monde ne vou­lait pas com­prendre… voilà :

            https://​you​tu​.be/​8​Y​S​F​N​O​a​J​upE

            Tu prends l’argent du contri­buable, l’in­ves­tit en Ukraine et dit que c’est pour la lutte des USA, UNO, Alle­magne , EU pour la démo­cra­tie en Ukraine. Un jeu des riches avec l’argent des pauvres. C’est une pri­va­ti­sa­tion claire. Mais ils sont si lâches qu’il leur faut faire ces crimes en cachette. En accord avec l’O­NU et l’UE. Ce sont des pri­va­ti­sa­tions – mais non décla­rées. Donc les riches font leurs affaires avec l’argent des pauvres pour ensuite s’en­fuir au Luxem­bourg et ne pas payer des impôts. Mais avant ca, ils disent du mal de Pou­tine. Et les cons y croient.

            Dans le monde musul­man, il est une ques­tion d’hon­neur de bouf­fer de sa propre main. Quel­qu’un qui ne sait pas nour­rir lui-même par sa propre éner­gie n’a pas de fierté.
            Ces valeurs sont mises à l’in­dex par les USA, l’O­NU et l’UE en mon­trant des pho­tos Hol­ly­wood de leurs vas­salles pour prou­ver. Et les cons marchent.
            Of course pour Pou­tine ils agissent de la même maniére. Ce n’est pas très éton­nant que la théo­rie des genres est trés appré­ciée par ces riches qui ne se nou­rissent pas de leur propre énergie…
            Donc si à l’heure actuelle tout le monde qui cri­tique les riches sera mis à l’in­dex pour « anti­sé­mi­tisme », il est clair, ce que ces mêmes riches préparent .

  42. J-Stéphane

    Ana­lyse du pro­jet Macron : en route pour l’esclavage ?

    Un pro­jet qui porte sur le droit du tra­vail, fait par un ministre de l’économie. Pour la méthode, c’est un retour au milieu du XIXème siècle, avant qu’on invente un minis­tère du tra­vail. Sur le fond, cela risque d’être un retour au début du XIXème siècle si la modi­fi­ca­tion du code civil est maintenue.

    http://​www​.legrand​soir​.info/​a​n​a​l​y​s​e​-​d​u​-​p​r​o​j​e​t​-​m​a​c​r​o​n​-​e​n​-​r​o​u​t​e​-​p​o​u​r​-​l​-​e​s​c​l​a​v​a​g​e​.​h​tml

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    • 222

      Comme au pied du mur, l’His­toire et le Pou­voir se répètent, paro­dies d’eux-mêmes sans plus aucune gran­deur, fuite en avant et déni de tout… la chute de l’Em­pire et l’a­vè­ne­ment irré­sis­tible de la Démocratie !

      Réponse
      • Katharina

        non, l’his­toire ne se répète pas – mais on peux l’a­na­ly­ser et en tirer des conclu­sions pour maintenant.

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    • Katharina

      mais oui bien sûr. Je le dit depuis des mois. Ici aussi.

      Réponse
  43. Katharina

    pro­chaine étape conplot :

    http://​deutsche​-wirt​schafts​-nachrich​ten​.de/​2​0​1​4​/​1​2​/​2​7​/​s​c​h​w​e​d​e​n​-​e​t​a​b​l​i​e​r​t​e​-​p​a​r​t​e​i​e​n​-​e​r​s​e​t​z​e​n​-​w​a​h​l​e​n​-​d​u​r​c​h​-​e​i​n​e​n​-​p​a​k​t​-​b​i​s​-​2​0​22/

    en Suède plu­sieurs par­tis socia­listes et verts et autres ont conclut un pact jus­qu’en 2022 décla­rant d’être fiers d’a­voir ain­si trou­vé une manière de rendre inutile les pro­chaines élec­tions puis­qu’ils s’aiment tel­le­ment… les sué­dois nor­ma­le­ment sont appe­lés aux urnes tous les 5 ans.

    Réponse
    • 222
  44. Katharina

    je ne sais pas si vous connais­sez Max Stir­ner (autour de 1848): ses idées depuis tou­jours c’est les pro­duc­teurs, les tra­vailleurs qui devraient dire non et s’ap­pro­prier de leurs pro­duits. Mais ils ne le font pas parce qu’ils se sentent pro­té­gés par l’é­tat comme sujets…

    voi­ci http://​panar​chy​.org/​s​t​i​r​n​e​r​/​l​i​b​e​r​a​l​i​s​m​u​s​.​h​tml

    su ce site il y a aus­si des traductions.

    puis l’u­ni­ver­si­té d’é­lite de Prin­ce­ton expose des résul­tats de ses « recherches » : le peuple ne se trouve plus en démo­cra­tie. Ah bon ? Ils vont être heu­reux les pauvres de savoir qu’il n’y a plus d’is­sus – c’est cynique.

    http://​tal​king​points​me​mo​.com/​l​i​v​e​w​i​r​e​/​p​r​i​n​c​e​t​o​n​-​e​x​p​e​r​t​s​-​s​a​y​-​u​s​-​n​o​-​l​o​n​g​e​r​-​d​e​m​o​c​r​acy

    Réponse
  45. etienne

    « L’État n’est pas un ménage »

    ENTRETIEN • Pour l’économiste aus­tra­lien Steve Keen, la domi­na­tion des thèses néo­li­bé­rales résulte d’une impos­ture intel­lec­tuelle et poli­tique. La crise euro­péenne l’illustre par­fai­te­ment. […]

    http://​www​.lecour​rier​.ch/​1​2​7​2​4​1​/​l​_​e​t​a​t​_​n​_​e​s​t​_​p​a​s​_​u​n​_​m​e​n​age

    Peu connu en Europe, l’économiste aus­tra­lien Steve Keen déve­loppe une pen­sée alter­na­tive depuis de nom­breuses années. Dès 2001, il avait pré­vu et décrit le méca­nisme de la crise actuelle. Au moment où son ouvrage est enfin tra­duit en fran­çais sous le titre de L’imposture économique1, dans lequel il décons­truit tous les dogmes qui jus­ti­fient les poli­tiques d’austérité, Steve Keen livre un point de vue alar­miste sur la situa­tion d’une Europe au bord de la défla­tion. Une crainte par­ta­gée par la Banque cen­trale euro­péenne, comme l’accrédite sa nou­velle poli­tique moné­taire, mais qui exi­ge­rait plu­tôt un sou­tien aux salaires, comme le pro­pose le vain­queur des élec­tions grecques, Syriza.

    Des dizaines de mil­lions de chô­meurs, un pou­voir d’achat en berne, la défla­tion s’étend et menace toute l’Europe ; même le FMI n’exclut plus une troi­sième réces­sion ni la défla­tion. Pour­quoi en est-on arri­vé là ?

    Steve Keen : L’erreur fon­da­men­tale des poli­tiques éco­no­miques menées en Europe est de consi­dé­rer qu’un Etat fonc­tionne de la même manière qu’une famille. Cette erreur explique la pour­suite de pro­grammes d’austérité dans tous les Etats membres de l’Union euro­péenne. Un ménage qui doit rem­bour­ser ses dettes peut éco­no­mi­ser sur ses dépenses. Il dégage ain­si de l’argent qui peut lui ser­vir à faire face à ses échéances. Son choix n’affecte pas ses ren­trées d’argent. Ce n’est pas du tout le cas à l’échelle d’un pays. L’argent public « éco­no­mi­sé » par l’Etat est en fait reti­ré du cir­cuit éco­no­mique. Cela déprime la consom­ma­tion, d’un côté de la chaîne, et donc à la fois l’investissement et la pro­duc­tion, à l’autre bout de la chaîne. Avec une acti­vi­té éco­no­mique plus faible, les recettes fis­cales dimi­nuent. Ce qui rend, au final, plus dif­fi­cile le rem­bour­se­ment de la dette publique. Ce rai­son­ne­ment n’a rien de nova­teur. Il est connu depuis les années 1930 et les tra­vaux de Keynes. Il a même été admis par le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal, après un long déni.

    C’est ce méca­nisme qui est à l’œuvre en Europe ?

    Oui. En réa­li­té, l’Etat n’est pas le seul acteur à vou­loir se désen­det­ter. Les ménages et les entre­prises tentent d’économiser pour faire face à leurs propres dettes. C’est, là encore, autant d’argent qui est reti­ré du cir­cuit éco­no­mique. Cela se tra­duit par une consom­ma­tion atone, des inves­tis­se­ments famé­liques, le gel des embauches comme des salaires, sauf pour les cadres déjà les mieux payés. Etats, entre­prises, ménages, tous les acteurs de l’économie réduisent leur acti­vi­té en même temps. Cela mène direc­te­ment à la réces­sion (le recul de l’activité), puis à la défla­tion (la baisse géné­ra­li­sée des prix et des salaires). Cette der­nière est d’ailleurs la grande peur de la Banque cen­trale euro­péenne. La défla­tion est un phé­no­mène où les acteurs éco­no­miques – les ménages, les entre­prises, etc. – n’arrivent plus à vendre leur pro­duc­tion et leurs ser­vices, et dimi­nuent, en consé­quence, leurs prix de vente. Cela déclenche une sorte de spi­rale infer­nale et, au final, les reve­nus de tout le monde baissent et les échéances de la dette, pri­vée comme publique, ne peuvent plus être honorées.

    La défla­tion est-elle une menace tan­gible ou sim­ple­ment un risque théorique ?

    On peut déjà l’observer dans l’ensemble de l’Union euro­péenne. Elle s’est d’abord déve­lop­pée dans les pays d’Europe du Sud, pré­ci­sé­ment ceux qui ont été « aidés » par les plans d’austérité mas­sifs impo­sés à leur popu­la­tion par la Banque cen­trale euro­péenne, la Com­mis­sion de Bruxelles et le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal. Depuis l’été der­nier, la défla­tion est en train de s’étendre aux pays d’Europe du Nord. Je ne vois pas ce qui peut lui bar­rer la route, puisqu’un peu par­tout les diri­geants poli­tiques veulent dimi­nuer les salaires sous pré­texte que leur niveau trop éle­vé han­di­ca­pe­rait les expor­ta­tions… C’est absurde ! Si tous les pays euro­péens le font en même temps, les débou­chés se tari­ront les uns après les autres. Cela ne fera qu’accélérer la chute du conti­nent dans la défla­tion. Le Japon n’en est pas sor­ti depuis vingt ans et le conti­nent euro­péen a déjà été rava­gé par un tel épi­sode : c’était dans les années 1930, avec les consé­quences poli­tiques dra­ma­tiques que tout le monde peut encore avoir à l’esprit.

    Ces poli­tiques éco­no­miques sont direc­te­ment ins­pi­rées par des éco­no­mistes de l’école néo­clas­sique, ce que le grand public appelle l’école néo­li­bé­rale. Com­ment expli­quez-vous la main­mise de cette cha­pelle uni­ver­si­taire sur le débat politique ?

    Sa domi­na­tion est assu­rée prin­ci­pa­le­ment par deux outils : le pre­mier est consti­tué par les manuels sco­laires et uni­ver­si­taires. La plu­part des diri­geants poli­tiques n’ont fait qu’une ou deux années d’économie à l’université ou dans les grandes écoles. Ils ont juste eu le temps d’être expo­sés aux théo­ries sim­plistes sur l’offre et la demande, le pri­vé plus effi­cace que le public, la noci­vi­té du salaire mini­mum, la néces­si­té de la flexi­bi­li­té de la main‑d’œuvre, etc. Tout ce que je prouve dans mon livre comme étant faux. Ils n’ont pas le temps de véri­fier si tout cela est cohé­rent avec la réa­li­té et une fois en fonc­tion, ils inter­prètent la réa­li­té à tra­vers cette grille de lec­ture erro­née. Ce sché­ma est aus­si vrai en Aus­tra­lie, qu’aux Etats-Unis ou en Europe.

    Par­fois, il arrive un évé­ne­ment qui n’apparaît dans aucun de leurs manuels. Une crise finan­cière comme celle qui a com­men­cé en 2007, par exemple. Pour­quoi aucun élu n’a‑t-il rien vu venir ?

    L’écroulement des dettes accu­mu­lées par les banques sur le mar­ché immo­bi­lier a cau­sé une panique totale, jus­te­ment parce que ce n’était pas envi­sa­gé dans les manuels éco­no­miques. Toute la théo­rie néo­clas­sique, qui repose sur l’autorégulation des mar­chés finan­ciers, exclut toute pos­si­bi­li­té qu’une telle crise arrive un jour. Ce qui est clai­re­ment absurde. C’est là qu’intervient le second outil des éco­no­mistes néo­clas­siques : le Prix de la Banque cen­trale de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel, abu­si­ve­ment appe­lé « Prix Nobel d’économie ». Crée en 1968, il consacre, en par­ti­cu­lier depuis le milieu des années 1970, qua­si­ment exclu­si­ve­ment des éco­no­mistes néo­clas­siques, les plus ortho­doxes le plus sou­vent. C’est ce que l’on vient encore de voir avec la dis­tinc­tion du Fran­çais Jean Tirole, qui est en faveur de la remise en cause du contrat de tra­vail à durée indé­ter­mi­née, pour la concur­rence à la place des ser­vices publics, etc. Ces « Prix Nobel d’économie » deviennent bien sou­vent les conseillers des élus, qui ne lisent pas le type de livres que j’ai écris et ne se tiennent pas au cou­rant de la recherche en éco­no­mie ni des études de cas pro­duites par les ONG, les syn­di­cats ou des rares dépar­te­ments d’économie qui ont une vision cri­tique de leur dis­ci­pline. Les élus s’appuient le plus sou­vent sur leur cabi­net. Or, être déten­teur d’un prix de la Banque cen­trale de Suède est le meilleur pas­se­port pour inté­grer ces équipes de conseillers. Le sys­tème capi­ta­liste est bien pro­té­gé par les éco­no­mistes néoclassiques.

    1. Edi­tions d’En bas, décembre 2014, 530 pages, 36 CHF.

    Les insignes fai­blesses d’une pen­sée dominante

    Pour­quoi faut-il lire l’Australien Steve Keen ? Parce que les éco­no­mistes et les élus qui n’ont pas vu gon­fler la bulle immo­bi­lière et les prêts pour­ris dans les bilans des banques sont en train de nous faire croire qu’il faut des sacri­fices pour sor­tir de la crise. Les experts tra­vaillant pour les banques, conseillant les minis­tères, arbo­rant pour cer­tains leur « Prix Nobel », conti­nuent avec les recettes d’avant 2007. Et ça, ça énerve Steve Keen : « 85% des éco­no­mistes ont appris à voir le monde avec les lunettes de l’école néo­clas­sique, fon­dée il y a cent cin­quante ans. Celle-ci éli­mine de sa réflexion la dette, le rôle des banques et de la mon­naie. Bref, tout va tou­jours pour le mieux dans le meilleur des mondes… jusqu’au krach. »

    Incon­nu en Europe, Steve Keen est un des rares éco­no­mistes à avoir pré­vu la crise finan­cière et toutes ses impli­ca­tions, dès 2001 ! Rap­por­té à la taille de l’économie occi­den­tale, l’endettement mas­sif créé par les banques dépas­sait, dès le début des années 2000, le niveau atteint en 1929, année du fameux krach de Wall Street. Keen avait com­pris que l’économie mon­diale allait droit au tapis. Il a été recon­nu, par l’Association de l’économie du monde réel, qui ras­semble 12 000 uni­ver­si­taires alter­na­tifs dans le monde, comme celui qui a le plus clai­re­ment pré­ve­nu du danger.

    Pour se faire entendre Keen avait rédi­gé un livre appe­lé Debun­king eco­no­mics. Dans sa seconde édi­tion (2011), l’auteur a aus­si explo­ré les inco­hé­rences qui truffent l’économie domi­nante ensei­gnée aux étu­diants et qui sert de bous­sole aux élus. Grâce aux édi­tions de l’Atelier à Paris et aux édi­tions d’En bas en Suisse, l’œuvre de Keen est enfin acces­sible au public fran­co­phone. « En ce moment, il y a énor­mé­ment de publi­ca­tions en éco­no­mie, mais c’est à mon avis l’un des rares ouvrages dont on se sou­vien­dra encore dans cin­quante ans », lance l’économiste et jésuite Gaël Giraud, à l’origine de cette tra­duc­tion et qui assure une pré­face cha­leu­reuse. Pour­quoi ? Parce que « per­sonne avant lui n’avait assu­ré une telle arti­cu­la­tion entre les dif­fé­rentes voix cri­tiques. Son tra­vail scien­ti­fique nous prouve que les théo­ries néo­clas­siques ne sont pas cohé­rentes, que leurs adeptes ont un rap­port fan­tai­siste avec les don­nées recueillies sur le ter­rain et qu’ils échouent à expli­quer la réa­li­té obser­vée », ana­lyse Gaël Giraud. Equi­libre entre l’offre et la demande, « com­por­te­ment ration­nel » du consom­ma­teur, « ren­de­ment mar­gi­nal décrois­sant » de la pro­duc­tion indus­trielle, infailli­bi­li­té des mar­chés finan­ciers, etc., aucun des dogmes de l’économie domi­nante n’en sort intact.

    Keen nous apprend aus­si que les fon­da­teurs de l’école néo­clas­sique, comme les plus fins uti­li­sa­teurs de ces théo­ries, sont conscients depuis tou­jours de la fai­blesse de leurs outils… mais le cachent dans l’épaisseur de leurs rai­son­ne­ments. « J’aime la tra­duc­tion fran­çaise du titre de mon livre : L’imposture éco­no­mique. Il s’agit bien de cela, les éco­no­mistes néo­clas­siques sont des impos­teurs ! » lance Steve Keen, qui pense que les banques cen­trales en Europe pour­raient nous aider à sor­tir de la crise. Plu­tôt que d’aider les banques, elles pour­raient dis­tri­buer de l’argent direc­te­ment aux familles. Cela aug­men­te­rait le niveau glo­bal de la consom­ma­tion et per­met­trait du même coup le désen­det­te­ment des ménages, des entre­prises et des Etats. Une piste qui n’est pas envi­sa­gée par les experts des cabi­nets minis­té­riels, qui ne savent tou­jours pas qui est Keen. 

    Source : http://​www​.lecour​rier​.ch/​1​2​7​2​4​1​/​l​_​e​t​a​t​_​n​_​e​s​t​_​p​a​s​_​u​n​_​m​e​n​age

     
    Steve Keen,

    Réponse
    • joss

      On dit sou­vent aus­si que « l’E­tat n’a pas les moyens » ou sa consé­quence qu’ « on ne peut pas se le per­mettre ». Soit disant parce qu’il est endet­té. Mais les moyens de l’E­tat, ce sont les moyens humains, les machines, les matières pre­mières, l’éner­gie. La moi­tié de la popu­la­tion doit res­ter les bras croi­sés parce qu’il n’y a pas assez de mon­naie, parce qu’une poi­gnée d’in­di­vi­dus décide de la quan­ti­té qui peut cir­cu­ler et où elle doit cir­cu­ler. Un Etat sou­ve­rain se donne la mon­naie néces­saire à la hau­teur de ses moyens, il ne se la fait pas confis­quer par une poi­gnée d’in­di­vi­dus sous le chan­tage de l’u­sure ou du paye­ment d’intérêts.

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  46. etienne

    À pro­pos de Marat, une très bonne nouvelle :
    Des jeunes gens se sont mis en tête de scan­ner, conver­tir en texte, relire et cor­ri­ger, puis publier :
    tout le jour­nal de Marat,
    « L’A­mi du peuple » !

    L’an­née 1789 est prête, apparemment :
    https://​lami​du​peu​ple​de​jean​paul​ma​ra​tac​ces​jour​nal​.files​.word​press​.com/​2​0​1​4​/​1​1​/​a​d​p​b​l​o​g​1​7​8​9​.​pdf

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  47. etienne

    Por­trait de l’économiste en nettoyeur
    par Jean-Pierre Dupuy et Fré­dé­ric Lordon :

    http://​bibliobs​.nou​ve​lobs​.com/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​2​0​1​5​0​1​3​0​.​O​B​S​1​2​8​2​/​p​o​r​t​r​a​i​t​-​d​e​-​l​-​e​c​o​n​o​m​i​s​t​e​-​e​n​-​n​e​t​t​o​y​e​u​r​-​p​a​r​-​j​e​a​n​-​p​i​e​r​r​e​-​d​u​p​u​y​-​e​t​-​f​r​e​d​e​r​i​c​-​l​o​r​d​o​n​.​h​tml


    Jean Tirole rece­vant son prix Nobel d’é­co­no­mie 2014, à Stock­holm. (©NIVIERE/SIPA)

    Dénon­çant de longue date le manque de plu­ra­lisme intel­lec­tuel de leur dis­ci­pline, les éco­no­mistes hété­ro­doxes étaient sur le point d’obtenir la créa­tion d’une nou­velle filière uni­ver­si­taire, sépa­rée. Ce pro­jet vient d’être annu­lé sur inter­ven­tion « au plus haut niveau », de Phi­lippe Aghion et du prix Nobel Jean Tirole. Tribune. 

    « L’un a été auprès de Fran­çois Hol­lande l’ouvrier du paquet « aus­té­ri­té-pacte de res­pon­sa­bi­li­té », soit la plus grande erreur de poli­tique éco­no­mique depuis Hoo­ver, Brü­ning et Laval – ça valait bien une Légion d’honneur. L’autre est un théo­ri­cien de la concur­rence si convain­cu que les entre­prises ne manquent jamais de faire appel aux cau­tions de sa science pour appuyer leurs demandes de déré­gle­men­ta­tion – mais son prix Nobel récent assure que la science est néces­sai­re­ment neutre.

    Phi­lippe Aghion et Jean Tirole, puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit, ne sont pas seule­ment ces cari­ca­tures d’époque de l’économiste au ser­vice de tous les pou­voir tem­po­rels : eux-mêmes direc­te­ment enga­gés dans les luttes de pou­voir aca­dé­mique montent la garde et veillent au mono­pole ins­ti­tu­tion­nel de la pen­sée orthodoxe.

    Ain­si les aura-t-on vu acti­ve­ment œuvrer au déraille­ment d’un pro­jet de créa­tion au sein des ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires d’une nou­velle sec­tion « éco­no­mie poli­tique », dis­tincte de l’installée « science éco­no­mique ». L’affaire, vue de loin, semble avoir tout d’un obs­cur dif­fé­rend cor­po­ra­tiste, sans aucun inté­rêt pour le dehors. Il arrive cepen­dant que des enjeux très géné­raux se trouvent repliés dans des que­relles particulières.

    En l’occurrence il y va de la pos­si­bi­li­té d’une pen­sée éco­no­mique désa­li­gnée de la théo­rie domi­nante, dite néo­clas­sique, dont les rap­ports avec l’ordre pré­sent du monde, s’ils ne sont pas immé­diats, n’en sont pas moins tout à fait réels – à l’image des deux théo­ri­ciens-acti­vistes qui s’occupent à ver­rouiller toute la chaîne du dis­cours éco­no­mique, depuis la for­ma­tion uni­ver­si­taire jusqu’à la for­mu­la­tion de la poli­tique économique.

    Il y a beau temps que la sidé­rante absence de plu­ra­lisme des ins­ti­tu­tions de la science éco­no­mique leur a don­né un tour de dic­ta­ture intel­lec­tuelle qui cadre mal avec les contro­verses natu­relles de la science. La force ins­ti­tu­tion­nelle de ce sys­tème est immense, qui réside dans ses pro­prié­tés d’intégration ver­ti­cale : d’un bout à l’autre de la chaîne, de l’allocation des bourses doc­to­rales jusqu’au prix Nobel, ne règne qu’une seule concep­tion de la « valeur scien­ti­fique » : la confor­mi­té à la théo­rie des mar­chés, en laquelle tous se sou­tiennent, se recon­naissent et se ren­forcent mutuellement.

    En quelques décen­nies, le renou­vel­le­ment démo­gra­phique a conver­ti une majo­ri­té de départ en mono­li­thisme ache­vé : les doc­to­rants d’hier sont deve­nus les pro­fes­seurs d’aujourd’hui qui nomment leurs pairs de demain. Et puis, inter­na­tio­na­le­ment, « élisent » leur prix Nobel, dont les bulles redes­cendent en cas­cade tout au long de la pyra­mide. Toute pen­sée cri­tique a déser­té l’université éco­no­mique. Il n’y a plus qu’à lais­ser jouer les effets d’attrition démo­gra­phique pour y éteindre com­plè­te­ment toute hétérodoxie.

    On ne peut pour­tant pas dire que le bilan his­to­rique de la pen­sée ortho­doxe soit glo­rieux. Quelles qu’en soient les nuances internes, c’est bien elle qui a four­ni les jus­ti­fi­ca­tions de la « science » aux pro­fondes trans­for­ma­tions struc­tu­relles des éco­no­mies depuis trois décen­nies, dont le brillant résul­tat est offert à qui a des yeux pour voir. Cette « science»-là ne défen­dait-elle pas jusqu’en 2008 la thèse de l’efficience des mar­chés finan­ciers – qu’elle a lar­ge­ment contri­bué à déré­gle­men­ter et à ins­tal­ler à une échelle inouïe ?

    À l’image de ce qui se passe dans la conduite géné­rale des gou­ver­ne­ments, il faut sans doute prendre pour un signe d’époque que la catas­trophe insé­pa­ra­ble­ment intel­lec­tuelle et poli­tique de la « science éco­no­mique » domi­nante n’ait ain­si pro­duit aucune amorce de révi­sion. Faut-il y voir l’une de ces cris­pa­tions ter­mi­nales qui signalent les fins de règne ? On aime­rait le croire.

    Pour l’heure cepen­dant, le cumul de la domi­na­tion aca­dé­mique et du pou­voir d’influence s’accomplit dans des manœuvres de cou­lisses pour garan­tir le main­tien de l’ordre. C’est en inter­ve­nant direc­te­ment auprès du minis­tère de l’Education natio­nale, et de l’Elysée même, que Jean Tirole a obte­nu la sus­pen­sion de la créa­tion au CNU (Conseil natio­nal de l’Université) d’une nou­velle sec­tion d’économie poli­tique, plu­ra­liste, cri­tique, consti­tu­ti­ve­ment ouverte aux autres sciences sociales – insup­por­table, quoi.

    L’un jette dans la balance son prix Nobel, auquel on ne peut rien refu­ser puisqu’il sauve la France du décli­nisme, l’autre sa posi­tion au Col­lège de France, et une rosette que son remet­tant lui-même, Fran­çois Hol­lande, ne sau­rait désavouer.

    Le pre­mier est une cari­ca­ture de la consé­cra­tion scien­ti­fique la plus haute alliée à la fer­me­ture de pen­sée la plus totale. Le second afflige le Col­lège de France d’un défaut d’envergure intel­lec­tuelle qu’on n’aurait pas ima­gi­né dans ces murs. Les deux ont pris pos­ses­sion des com­mandes « scien­ti­fiques » de la poli­tique économique.

    Ils par­achèvent le net­toyage dans les ins­ti­tu­tions aca­dé­miques. Aura-t-on jamais vu si crû­ment le visage réel de l’économiste domi­nant, com­mis de l’ordre social et fon­dé de tous les pouvoirs ? » 

    Jean-Pierre Dupuy et Fré­dé­ric Lordon
    phi­lo­sophes et économistes

    Source : http://​bibliobs​.nou​ve​lobs​.com/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​2​0​1​5​0​1​3​0​.​O​B​S​1​2​8​2​/​p​o​r​t​r​a​i​t​-​d​e​-​l​-​e​c​o​n​o​m​i​s​t​e​-​e​n​-​n​e​t​t​o​y​e​u​r​-​p​a​r​-​j​e​a​n​-​p​i​e​r​r​e​-​d​u​p​u​y​-​e​t​-​f​r​e​d​e​r​i​c​-​l​o​r​d​o​n​.​h​tml

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  48. etienne

    Roc­co Gala­ti and COMER win ano­ther round of appeals against Bank of Canada
    http://​fin​de​pen​den​ce​hub​.com/​r​o​c​c​o​-​g​a​l​a​t​i​-​a​n​d​-​c​o​m​e​r​-​w​i​n​-​a​n​o​t​h​e​r​-​r​o​u​n​d​-​o​f​-​a​p​p​e​a​l​s​-​a​g​a​i​n​s​t​-​b​a​n​k​-​o​f​-​c​a​n​a​da/

    Michel Lefebvre (sur Face­book) :

    Les choses semblent bou­ger au Cana­da. Ce 26 jan­vier, le COMER (Com­mit­tee on Mone­ta­ry and Eco­no­mic Reform) et son avo­cat consti­tu­tion­nel Roc­co Gala­ti ont eu une vic­toire en appel contre la Bank of Cana­da (banque cen­trale), le minis­tère des finances et celui du reve­nu natio­nal. Le COMER démontre que la BOC est incons­ti­tu­tion­nel­le­ment contrô­lée par les banques pri­vées depuis 1974. Main­te­nant que l’ap­pel a été vic­to­rieux, le pro­cès va pou­voir avoir lieu, ce qui en cas de vic­toire devrait for­cer la BOC à pou­voir reprendre son acti­vi­té de créa­tion moné­taire sans inté­rêts pour le gou­ver­ne­ment.

    Cette nou­velle majeure depuis l’ap­pro­pria­tion un peu par­tout dans le monde de la créa­tion moné­taire par les banques pri­vées devrait théo­ri­que­ment per­mettre ni plus, ni moins, que la récu­pé­ra­tion de la sou­ve­rai­ne­té moné­taire à l’en­semble du peuple cana­dien par l’en­tre­mise de son gouvernement. 

    Or, cette nou­velle presque incroyable tant ses réper­cus­sions sont larges semble n’être abso­lu­ment pas retrans­mise par les médias mains­tream ce que déplore Gala­ti allant jus­qu’à pré­tendre que ceux-ci ne com­mu­niquent rien sur demande du gou­ver­ne­ment sou­cieux de per­pé­tuer le pou­voir des puis­sances bancaires…

    Je prends encore cette nou­velle avec des pin­cettes mais on trouve sur le site du COMER (http://​www​.comer​.org/) tous les autres docu­ments de la pro­cé­dure. Par ailleurs, la défense semble dis­po­ser éga­le­ment d’un droit de recours sou­mise à déci­sion de la Cour Suprême que Gala­ti estime impro­bable. À quand un grand pro­cès chez nous ?

    https://​www​.face​book​.com/​M​y​r​d​h​i​n​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​2​8​2​4​7​3​7​9​6​8​229

    Réponse
  49. joss
  50. joss

    Ariane Wal­ter à « Marianne » au sujet des « Fous du com­plot », avec un brin d’humour :

    Réponse
  51. passe par là

    L’im­pres­sion de com­plot vient du fait que chaque per­sonne n’a­git que dans ses inté­rêts per­son­nels, n’a pas une vision objec­tive. Tout le reste n’est qu’en­chaî­ne­ments… ce serait bien trop long à expli­quer mais le résul­tat est cette sen­sa­tion impres­sion voire évidence.

    Je ne peux expli­ci­ter plus en monologue.

    Réponse

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