[Important] Derrière le « libéralisme », la dictature des institutions britanniques, fondamentalement antidémocratiques (Valérie Bugault)

17/02/2020 | 3 commentaires

Pourquoi le modèle britannique est-il anti-démocratique ?

Der­rière le libé­ra­lisme, la dic­ta­ture des ins­ti­tu­tions britanniques.


par Valé­rie Bugault − février 2020 − Confé­rence à l’Ins­ti­tut Schiller

Source : Le Saker fran­co­phone, https://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​p​o​u​r​q​u​o​i​-​l​e​-​m​o​d​e​l​e​-​b​r​i​t​a​n​n​i​q​u​e​-​e​s​t​-​i​l​-​a​n​t​i​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​que

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Valé­rie Bugault : « Je vous pro­pose à l’occasion de cette conférence :

  • d’analyser com­ment le droit anglais a his­to­ri­que­ment été mis, de façon ins­ti­tu­tion­nelle, au ser­vice des puissants ;
  • avant d’examiner com­ment la puis­sance poli­tique est deve­nue une puis­sance économique ;
  • pour enfin consi­dé­rer la conclu­sion qui est que la domi­na­tion inter­na­tio­nale du droit anglo-saxon est la pro­messe de dis­pa­ri­tion de la civi­li­sa­tion et le plus sûr che­min vers l’esclavagisme de tous.

Le Parlement anglais : une organisation politique au service des puissants

Le Par­le­ment anglais est l’héritier direct des ins­ti­tu­tions issues de la Magna Car­ta ; de quoi parle-t-on vrai­ment ? La Magna Car­ta appa­rue en 1215 qua­si immé­dia­te­ment abro­gée a res­sur­gi en 1216 avant d’être amen­dée et com­plé­tée d’une loi doma­niale (Charte de Forêt) en novembre 1217. Une qua­trième ver­sion voit le jour en février 1225, qui valide la dis­pa­ri­tion de la moi­tié de celle pro­mul­guée en 1215 ; cette Charte nou­velle ver­sion, confir­mée solen­nel­le­ment le 10 novembre 1297, sera désor­mais connue sous le nom de Magna Carta.

La Magna Car­ta bran­die comme l’arme démo­cra­tique abso­lue est en réa­li­té la mani­fes­ta­tion d’une lutte de la féo­da­li­té contre le pou­voir royal cen­tra­li­sa­teur. Elle n’est pas un ins­tru­ment du peuple contre les puis­sants mais un ins­tru­ment des puis­sants sei­gneurs contre le pou­voir royal uni­fi­ca­teur. Il s’agit en réa­li­té de reti­rer au Roi, en tant qu’organe poli­tique cen­tral, l’essentiel ou une grande par­tie de ses pré­ro­ga­tives pour les don­ner à un conseil de grands féaux, ou grands aris­to­crates appe­lé « Conseil des Barons », afin de limi­ter et fina­le­ment contrô­ler le pou­voir Royal. Le peuple, qui n’a rien à voir dans cette guerre entre grands aris­to­crates, n’a stric­te­ment rien gagné à la pro­cla­ma­tion de ladite Charte.

C’est pré­ci­sé­ment ce conseil de grands féo­daux, ini­tia­le­ment appe­lé « Conseil des Barons », qui se trans­for­me­ra peu à peu en Par­le­ment. Ledit Par­le­ment est, dès le départ, fonc­tion­nel­le­ment, aus­si peu fon­da­teur de la « démo­cra­tie » au sens de gou­ver­ne­ment par le peuple et pour le peuple, que l’esclavagisme serait la cause ultime de la liberté.

Les prin­cipes du « droit à un pro­cès équi­table » et « d’égalité uni­ver­selle » devant la loi seront intro­duit dans la Magna Car­ta en 1354.

Ce der­nier prin­cipe dit « d’égalité uni­ver­selle » est une pure « péti­tion de prin­cipe »non contrai­gnante, c’est-à-dire non juri­di­que­ment sanc­tion­née. Il ne sera, par exemple, pas en mesure de jus­ti­fier, au XVIIème siècle, la sup­pres­sion de l’esclavage sur le ter­ri­toire anglais.

Par ailleurs, il faut insis­ter sur le fait que la pro­cla­ma­tion du « droit à un pro­cès équi­table » concer­nait aus­si peu le peuple, que la com­po­si­tion du Par­le­ment issu du Conseil des Barons de la Magna Car­ta. Seuls les puis­sants, et de plus en plus, à par­tir du XIIème siècle, les bour­geois des villes, avaient l’arme pro­cé­du­rale à leur dis­po­si­tion car la jus­tice médié­vale anglaise s’est construite, ab ini­tio, comme une jus­tice de classe.

Consi­dé­rer le par­le­ment anglais comme un orga­nisme repré­sen­tant la démo­cra­tie est une simple impos­ture poli­tique ; en réa­li­té, le Par­le­ment anglais a tou­jours été char­gé de mettre en musique juri­dique la volon­té des puis­sants : d’abord des puis­sances féo­dales, puis des puis­sances finan­cières qui les ont remplacées.

Le « droit » issu du Par­le­ment anglais est en réa­li­té un droit d’entre-soi, un droit oli­gar­chique qui se fomente plus sûre­ment à la City of Lon­don, centre finan­cier et éco­no­mique du Royaume, ou dans les « clubs » chers aux Anglais, que dans l’enceinte offi­cielle d’un Par­le­ment repré­sen­tant l’intérêt popu­laire. Le Par­le­ment ne fait, en réa­li­té le plus sou­vent, confor­mé­ment à sa mis­sion d’origine, qu’entériner des solu­tions pré-consti­tuées dans le silence des cou­loirs et des cabi­nets ; on parle à ce pro­pos de « lob­bying ».

Cette ana­lyse géné­rale n’est pas linéaire et l’on voit de-ci, de-là, en Angle­terre, cer­tains erre­ments de dépu­tés qui mani­festent ouver­te­ment leur oppo­si­tion à des pro­jets de lois. Plus ces erre­ments seront fré­quents et se mul­ti­plie­ront, plus vite le car­can ins­ti­tu­tion­nel du par­le­men­ta­risme vole­ra en éclat, et la démo­cra­tie réelle pour­ra alors poin­ter son nez en Angleterre…

Le « droit anglais » : un prin­cipe de régle­men­ta­tion au ser­vice des puissants

Reve­nons un ins­tant sur les par­ti­cu­la­ri­tés du droit anglo-saxon, en tant qu’héritier direct du droit anglais, et sur les condi­tions de son déve­lop­pe­ment à comp­ter du XVIème siècle.

Au cours du temps, est appa­ru une diver­gence fon­da­men­tale, de nature concep­tuelle, dans l’évolution du « droit » entre l’Angleterre et l’Europe continentale.

À la suite de l’effondrement de l’empire romain, le droit s’est déve­lop­pé en Europe, autour de la double hélice du pou­voir tem­po­rel d’une part et du pou­voir spi­ri­tuel d’autre part. Par pou­voir tem­po­rel, il faut com­prendre l’aristocratie orga­ni­sée autour du Roi com­pris comme le pre­mier d’entre ses pairs (Pri­mus inter pares). Par pou­voir spi­ri­tuel, il faut com­prendre le catho­li­cisme hié­rar­chi­sé et orga­ni­sé à Rome – avec quelques excep­tions his­to­riques – autour du pape.

En 1531, l’Angleterre a fait séces­sion vis-à-vis de cette orga­ni­sa­tion socio-poli­tique conti­nen­tale lorsque le Roi Hen­ri VIII, repré­sen­tant de l’ordre tem­po­rel, déci­da de prendre le pas sur le pou­voir spi­ri­tuel en le sou­met­tant à sa propre volonté.

L’église angli­cane – dite catho­lique réfor­mée c’est-à-dire à mi-che­min entre catho­li­cisme et pro­tes­tan­tisme – est née de la scis­sion de l’Angleterre opé­rée par le Roi Hen­ri VIII avec le pape Clé­ment VII qui refu­sa obs­ti­né­ment d’annuler son mariage avec Cathe­rine d’Aragon (afin de per­mettre audit Hen­ry VIII d’épouser Anne Boleyn). A par­tir de cette date, l’Église anglaise n’est plus sou­mise à l’autorité du pape catho­lique romain mais de l’arche­vêque de Can­tor­bé­ry, lequel est, en réa­li­té tota­le­ment dépen­dant du pou­voir tem­po­rel, c’est-à-dire du Roi d’Angleterre.

Cette réunion des pou­voirs tem­po­rel et spi­ri­tuel n’a pas eu lieu en Europe conti­nen­tale où, tout au contraire, cha­cun des deux pou­voirs tem­po­rel et spi­ri­tuel est res­té – du moins jusqu’à la révo­lu­tion de 1789 – concur­rent et indé­pen­dant, de force rela­ti­ve­ment égale (si on lisse l’histoire qui a vu suc­ces­si­ve­ment la pré­émi­nence de l’un des deux ordres sur le second, et vice ver­sa). La poro­si­té struc­tu­relle liée au fait que les grandes familles d’aristocrates occu­paient, de fac­to, les postes de digni­taires dans ces deux Ordres – Ordres poli­tiques au sens où ils struc­tu­raient effec­ti­ve­ment l’organisation de la Socié­té – n’a pas eu pour consé­quence une nor­ma­li­sa­tion des inté­rêts de ces Ordres, qui sont his­to­ri­que­ment res­tés dis­tincts et concurrents.

En Europe conti­nen­tale le pou­voir tem­po­rel avait tou­jours dû com­po­ser avec le pou­voir spi­ri­tuel, et réci­pro­que­ment ; en outre, ces deux pou­voirs avaient pour carac­té­ris­tique d’être orga­ni­sés de façon hié­rar­chique, c’est-à-dire ver­ti­cale, ce qui leur confé­rait une force sociale et poli­tique équi­va­lente. Il en est résul­té que le pou­voir nor­ma­tif des auto­ri­tés tem­po­relles, sei­gneurs et Roi com­pris, a tou­jours été limi­té par le pou­voir nor­ma­tif de l’autorité spi­ri­tuelle cen­tra­li­sée à Rome sous l’autorité du pape.

Cette double com­pé­tence nor­ma­tive struc­tu­relle a sans doute été, depuis la dis­pa­ri­tion de l’Empire Romain, le seul réel point com­mun des dif­fé­rents pays euro­péens. Nous avions donc, de façon onto­lo­gique, en Europe conti­nen­tale, une orga­ni­sa­tion poli­tique natu­rel­le­ment orga­ni­sée autour de l’idée de contre-pou­voirs. Cette orga­ni­sa­tion poli­tique et sociale qui a carac­té­ri­sé la période du Moyen-Âge en Europe est la rai­son prin­ci­pale qui fait que l’ancien régime était, struc­tu­rel­le­ment, beau­coup moins abso­lu­tiste que ne le sont les pré­ten­dus « régimes démo­cra­tiques » actuels, dis­crè­te­ment fon­dés sur la domi­na­tion des capi­taux, et cal­qués sur les pré­ceptes déri­vés du droit anglais.

Si le droit anglo-saxon est aujourd’hui fon­dé sur la pré­émi­nence finan­cière et éco­no­mique, il est, onto­lo­gi­que­ment depuis le XVIème siècle, mis au ser­vice exclu­sif des puissants.

Ce droit ne relève pas d’un quel­conque effort intel­lec­tuel ou col­lec­tif visant à flui­di­fier et faci­li­ter la vie en com­mun, il est tout sim­ple­ment la mise en forme écrite de la domi­na­tion des puis­sants, aris­to­crates dans un pre­mier temps, puis finan­ciers depuis Cromwell.

La fusion, en 1531 en Angle­terre, des pou­voirs tem­po­rel et spi­ri­tuel a engen­dré l’émergence d’une volon­té impé­riale par l’alliance du fer et de l’argent. Dans ce contexte, Oli­ver Crom­well (1599 – 1658) a éla­bo­ré le sys­tème poli­tique dans lequel l’hégémonie impé­riale est finan­cée par les ban­quiers. Ces ban­quiers, jusqu’alors ins­tal­lés en Hol­lande à la suite de leur expul­sion d’Espagne sous le règne du Roi Fer­di­nand et de la Reine Isa­belle – suite à la signa­ture du décret de l’Alhambra le 31 mars 1492 -, ont dès lors com­men­cé à s’intégrer mas­si­ve­ment au pou­voir poli­tique tem­po­rel anglais.

Selon la « loi natu­relle » qui veut que « celui qui donne est au-des­sus de celui qui reçoit », cette alliance du fer et du por­te­feuille a, à son tour, his­to­ri­que­ment et méca­ni­que­ment, don­né nais­sance à la supré­ma­tie des déten­teurs de capi­taux sur le pou­voir poli­tique. Cette supré­ma­tie s’est affir­mée au cours des XVIIème et XVIIIème siècle par le finan­ce­ment, par les puis­sances d’argent, des dif­fé­rentes Com­pa­gnies des Indes qui agis­saient pour le compte des États, en béné­fi­ciant du mono­pole de la force publique.

His­to­ri­que­ment mis au ser­vice du seul pou­voir tem­po­rel, le « droit » anglo-saxon s’est peu à peu, à la mesure de la prise du pou­voir poli­tique par les puis­sances d’argent, mis au seul ser­vice des prin­ci­paux déten­teurs de capi­taux. Il ne faut donc pas s’étonner de l’absolutisme de la domi­na­tion actuelle.

Cette évo­lu­tion, com­men­cée en Angle­terre, a vu la France être sa pre­mière vic­time dès 1789 ; elle s’est répan­due dans le monde entier au cours des XVIIIème, XIXème et XXème siècles.

Cette véri­table « révo­lu­tion » qui a eu lieu en France en 1789 s’est peu à peu répan­due en Europe et dans le monde pour finir par remettre en cause l’équilibre poli­tique post impé­rial (en réfé­rence à l’Empire Romain) issu de l’Europe du Moyen-Âge.

Le « Nou­vel Ordre Mon­dial », appe­lé de leurs vœux par les tenan­ciers du sys­tème éco­no­mique glo­bal qui ont pris le pou­voir effec­tif au XVIIIème siècle, est le résul­tat de la longue évo­lu­tion décrite ci-des­sus. Notons d’ailleurs que la devise« Novus Ordo Seclo­rum », issue du Grand Sceaux des États-Unis des­si­né en 1782, a été repris, en 1935, sur les billets de 1 dollar.

Ce « Nou­vel Ordre Mon­dial », qui n’est donc en rien « nou­veau, s’apparente à l’anéantissement com­plet de ce que l’on enten­dait tra­di­tion­nel­le­ment par le terme de « civi­li­sa­tion », qui sup­pose un déve­lop­pe­ment col­lec­tif et repose, fon­da­men­ta­le­ment, sur un équi­libre des forces et des pou­voirs. Aucune civi­li­sa­tion ne peut naître et pros­pé­rer dans le contexte de l’absence pérenne de contre-pou­voirs poli­tiques effectifs.

Il faut bien com­prendre que la réunion, au XVIème siècle, en Angle­terre, des pou­voirs spi­ri­tuel et tem­po­rel entre les mains du Roi d’Angleterre a pavé la route anglaise vers un impé­ria­lisme domi­né par les puis­sances d’argent. La route anglaise a, à son tour, via la domi­na­tion moné­taire et l’idéologie bri­tan­nique qu’elle a impo­sé au reste de l’humanité, pavé la route mon­diale vers l’impérialisme finan­cier absolu.

L’intégrisme finan­cier actuel, juri­di­que­ment maté­ria­li­sé par la supré­ma­tie du droit anglo-saxon, est le des­cen­dant direct, l’héritier fatal, de l’absolutisme du pou­voir anglais qui, en 1531, a fusion­né les pou­voirs tem­po­rel et spi­ri­tuel, fai­sant ain­si dis­pa­raître la réa­li­té des contre-pouvoirs.

En 1600, la East India Company acte le début du remplacement de l’aristocratie terrienne par les puissances d’argent au sein du pouvoir Anglais

Depuis le début du XVème siècle, l’époque dite des Grandes Décou­vertes et des grandes aven­tures mari­times, les déten­teurs de capi­taux n’ont eu de cesse de déve­lop­per leur contrôle dis­cret, par la mise en œuvre géné­rale du concept d’ano­ny­mat.

Ce concept d’anonymat, mis en musique au double niveau éco­no­mique et poli­tique, a connu son pre­mier réel grand suc­cès avec les « Com­pa­gnies des Indes », qui ont allè­gre­ment pra­ti­qué la confu­sion du pou­voir poli­tique et du pou­voir économique.

Sans sur­prise, la pre­mière Com­pa­gnie des Indes, la East India Com­pa­ny, est d’origine anglaise.

En quelque sorte, les Com­pa­gnies des Indes pré­fi­gurent la dis­tinc­tion, aujourd’hui entrée dans les mœurs éco­no­miques occi­den­tales, entre les béné­fices, lar­ge­ment pri­vés, et les charges, finan­cées par la col­lec­ti­vi­té publique. Avec la pré­ci­sion que, dès l’avènement des dif­fé­rentes Com­pa­gnies des Indes, les res­pon­sa­bi­li­tés civiles, pénales et poli­tiques des inter­ve­nants dis­pa­raissent dans le mono­pole d’État.

Les com­pa­gnies des Indes sont le pre­mier modèle dans lequel les déten­teurs réels du pou­voir, ceux qui pro­fitent de façon ultime des béné­fices des opé­ra­tions, sont très lar­ge­ment à l’abri de toute mise en cause juridique.

Les déten­teurs du pou­voir capi­ta­lis­tique, vain­queur par KO du pou­voir poli­tique, reven­diquent aujourd’hui, de façon « natu­relle », l’officialisation poli­tique et juri­dique de la réa­li­té de leur prise de pou­voir. Fata­le­ment, ce pou­voir éco­no­mique caché der­rière les mul­tiples faux sem­blants de l’anonymat capi­ta­lis­tique et du par­le­ment repré­sen­ta­tif devait, tôt ou tard, reven­di­quer offi­ciel­le­ment le pou­voir qu’il a offi­cieu­se­ment conquis au fil des siècles.

Les par­ti­sans du « Nou­vel Ordre Mon­dial » ou « Novus Ordo Seclo­rum », encore appe­lé « New World Order » sont en réa­li­té les émis­saires du pou­voir éco­no­mique caché.

La domination anglo-saxonne du monde actuel : « de l’absolutisme financier à l’esclavagisme pour tous »

La fusion, à la mode anglaise, du pou­voir tem­po­rel et du pou­voir spi­ri­tuel a fait dis­pa­raître l’équilibre des pou­voirs qui a, seul dans l’histoire du monde, per­mis l’émergence de la liber­té indi­vi­duelle et, notons-le, de la « bour­geoi­sie com­mer­çante » en tant que force politique.

Car l’émancipation popu­laire n’a pu, en occi­dent, voir le jour qu’en rai­son de l’instable équi­libre poli­tique entre pou­voir tem­po­rel et pou­voir spirituel.

Plus récem­ment, au XXème siècle, et tou­jours sous l’influence néfaste des ban­quiers glo­ba­listes, l’élimination de tout contre-pou­voir est deve­nue internationale.

Ayant dis­pa­ru dans l’organisation interne des États occi­den­taux, un contre-pou­voir a tou­te­fois exis­té de façon non ins­ti­tu­tion­nelle depuis la seconde Guerre Mon­diale au tra­vers de l’antagonisme inter­na­tio­nal des blocs de l’Est com­mu­niste et de l’Ouest libé­ral. À la chute de l’Union Sovié­tique, ce contre-pou­voir infor­mel qui exis­tait néan­moins de fac­to sur la scène inter­na­tio­nale a, à son tour dis­pa­ru, met­tant à nou­veau en lumière la cruelle inexis­tence de contre-pou­voir poli­tique interne aux États occidentaux.

Para­doxa­le­ment et de façon iro­nique, c’est sous les coups de bou­toirs répé­tés de la « liber­té indi­vi­duelle », elle-même mani­pu­lée à l’extrême, que dis­pa­raît la civi­li­sa­tion occi­den­tale carac­té­ri­sée par la liber­té indi­vi­duelle et par la liber­té poli­tique des masses popu­laires. Rap­pe­lons inci­dem­ment que l’ultra-individualisme, reven­di­qué par des mou­ve­ments comme les « LGBT », les « droits de l’enfant », « l’éducation sexuelle dès le plus jeune âge », est l’aboutissement logique de la domi­na­tion poli­tique abso­lue des prin­ci­paux déten­teurs de capi­taux : ces der­niers uti­li­sant à leur avan­tage exclu­sif le prin­cipe de bonne poli­tique consis­tant à « divi­ser pour mieux régner ».

Divi­ser chaque humain en une enti­té iso­lée de toute com­po­sante sociale pérenne et, au-delà, divi­ser l’humain et la vie en des enti­tés phy­siques auto­nomes, est l’une des armes les plus redou­tables uti­li­sées par les tenan­ciers du pou­voir éco­no­mique glo­bal pour asser­vir l’humanité. En effet, cette méthode d’asservissement appe­lée « divi­ser pour mieux régner » n’est pas seule­ment uti­li­sée, de manière géo­po­li­tique, pour divi­ser les peuples et les nations mais éga­le­ment, de façon beau­coup plus sour­noise et dan­ge­reuse, d’un point de vue poli­tique pour faire de chaque humain une enti­té instable dépour­vue de tout sup­ports émo­tion­nels et affec­tifs stables ; l’humain deve­nant dès lors un atome aisé­ment mani­pu­lable, ana­logue à un « objet » qu’il convient d’utiliser.

Le contrôle du phé­no­mène poli­tique par les prin­ci­paux déten­teurs de capi­taux a per­mis à ces der­niers de se rendre les maîtres abso­lus du concept régle­men­taire. Ils ont ain­si, peu à peu, sur toute la sur­face du globe impo­sé l’anonymat de leurs actions en déve­lop­pant de façon ins­ti­tu­tion­nelle les inter­mé­dia­tions capi­ta­lis­tiques opaques (para­dis fis­caux et autres struc­tures juri­diques opaques sur le modèle des trusts ano­nymes), inter­di­sant toute recherche en res­pon­sa­bi­li­té. La mul­ti­pli­ca­tion expo­nen­tielle des inter­mé­diaires finan­ciers a, à son tour, méca­ni­que­ment per­mis un res­ser­re­ment létal de l’emprise des finan­ciers sur tous les aspects de la vie en com­mun. Par l’imposition au niveau inter­na­tio­nal de leurs règles du jeu éco­no­mi­co-finan­cier, les ban­quiers glo­ba­listes à la manœuvre ont réus­si le tour de force d’imposer une uni­fi­ca­tion des modes de fonc­tion­ne­ment, préa­lables néces­saires à l’élaboration d’un gou­ver­ne­ment mondial.

Dans ce contexte d’accaparement du pou­voir, il faut com­prendre que le « droit anglo-saxon », est une arme bran­die comme un bou­clier anti­so­cial et anti-natio­nal par les tenan­ciers du pou­voir éco­no­mique réel. Le « droit-régle­men­ta­tion » à la mode anglo-saxonne sert à la fois de pré­texte et de jus­ti­fi­ca­tion au ren­for­ce­ment de l’absolutisme financier. »

Valé­rie Bugault.

Source : Le Saker fran­co­phone, https://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​p​o​u​r​q​u​o​i​-​l​e​-​m​o​d​e​l​e​-​b​r​i​t​a​n​n​i​q​u​e​-​e​s​t​-​i​l​-​a​n​t​i​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​que

Voir aus­si cet entre­tien (j’ai évi­dem­ment quelques désac­cords sérieux avec Valé­rie — notam­ment sur la néces­si­té ou pas d’une sépa­ra­tion des pou­voirs et d’une consti­tu­tion —, mais cette inter­view est pour­tant très intéressante) :

Quelles institutions politiques face au Nouvel ordre mondial ?

https://​you​tu​.be/​t​F​a​D​l​M​H​E​y​j​E​&​f​e​a​t​u​r​e​=​e​m​b​_​l​ogo

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3 Commentaires

  1. joss

    Le « sys­tème poli­tique anglais » a per­mis de mettre en avant de la scène les exé­cu­tants et à dis­si­mu­ler les commanditaires.
    La sépa­ra­tion des pou­voirs n’est pas appli­quée actuel­le­ment et elle n’est pas suf­fi­sante pour assu­rer une démo­cra­tie. C’est un outil par­mi d’autres, mais il est nécessaire.
    Je suis en train de me deman­der si la loi ne serait pas aus­si un bien com­mun. Si oui, elle devrait être gérée comme un bien com­mun, au sens d’E. Ostrom…comme la mon­naie. Le fait de déte­nir un bien com­mun donne du pou­voir à celui qui le détient. Or un bien com­mun devrait être géré par ceux qui l’u­ti­lisent. La « finance » s’est acca­pa­ré de la mon­naie et quelque part de la loi.

    Réponse
  2. GARCIA Félix

    Com­plé­men­taires des tra­vaux de Valé­rie BUGAULT, ceux de Caroll QUIGLEY, Pierre HILLARD, Eus­tace MULLINS, Antho­ny C.SUTTON etc …

    Je vous enjoins à décou­vrir les tra­vaux de Jean-Pierre PETIT, Marc HENRY, Laurent SCHWARTZ, John L. CASEY, Valen­ti­na ZHARKOVA, Hen­rik SVENSMARK, Gerald POLLACK, Mae-Wan HO, Luc MONTAGNIER etc …

    Cor­dia­le­ment,

    Félix GARCIA

    Réponse
  3. Philippe Laurent

    Dans le cadre de mes acti­vi­tés au sein du CNTF j aime­rais pou­voir com­mu­ni­quer avec Me Bugault , dont les tra­vaux confortent notre pro­jet de cour supreme. D avance mer­ci pour une adresse email ou un num de tel

    Réponse

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