Invité demain chez Taddéï, sur RT France (Interdit d’Interdire en direct de 19 h à 20 h), pour défendre le RIC et les #GiletsJaunesConstituants

6/01/2019 | 20 commentaires

Invi­té demain chez Tad­déï, sur RT France (Inter­dit d’In­ter­dire en direct de 19 h à 20 h), pour défendre le RIC et les #Gilets­Jau­nes­Cons­ti­tuants, face à une per­son­na­li­té (prof de droit public si tout se passe comme pré­vu) qui n’y est pas favo­rable.
Enfin une contro­verse sur le fond (nos ins­ti­tu­tions et la légi­ti­mi­té du peuple en poli­tique en toutes matières) ! J’ai hâte… 

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20 Commentaires

  1. sipo

    « Enfin une contro­verse sur le fond ».

    Par­lons-en Mr. Chouard. Par­tons du fond, par­tons donc de votre pos­tu­lat : « notre impuis­sance poli­tique est la cause de l’in­jus­tice sociale ». Inter­ro­geons les termes, ce que sont la puis­sance et le Poli­tique. Inter­ro­geons la dif­fé­rence entre puis­sance et pou­voir. Inter­ro­geons la caté­go­rie (puis­sance ou pou­voir) du Poli­tique. Inter­ro­geons ce qui fait que les domi­nants soient des domi­nants pour inter­ro­ger le rôle du Poli­tique dans le rap­port domi­nants / domi­nés. Inter­ro­geons les évidences.

    La Loi est écrite par les domi­nants pour main­te­nir leur domi­nance, pour contrô­ler les domi­nés. L’ap­pli­ca­tion de la Loi (l’ef­fec­ti­vi­té du droit) est donc essen­tielle pour que les domi­nants res­tent des domi­nants. C’est pour cette rai­son, parce qu’elle contrôle, contraint, sou­met les domi­nés, qu’à leurs yeux, la Loi est effec­tive, qu’elle est forte, qu’elle se veut même impla­cable. Voi­là ce qui rend la Loi, la pro­duc­tion de la Loi c’est-à-dire le Poli­tique, puis­sant et déci­sif aux yeux des domi­nés. D’où l’é­vi­dence pour eux, que se rendre maître de la Loi, du Poli­tique, soit la lutte à mener pour se libé­rer du joug des domi­nants. Or la Loi n’est pas intrin­sè­que­ment une force, une puis­sance, elle est un pou­voir dans la main des domi­nants pour uni­que­ment contrô­ler, confor­ter leur domi­na­tion et non pour la créer ou l’ins­tau­rer. Ce n’est donc pas parce que les domi­nants pos­sèdent le pou­voir poli­tique qu’ils sont des dominants.

    C’est l’in­verse : c’est parce qu’ils sont domi­nants qu’ils pos­sèdent le pou­voir politique.

    Les domi­nants sont, eux, tou­jours hors-la-Loi. La Loi est pour eux ce qui doit s’ap­pli­quer uni­que­ment aux domi­nés afin d’or­ga­ni­ser leur puis­sance. Leur puis­sance est éco­no­mique, mili­taire et tech­nique. Plus un homme est éle­vé dans la hié­rar­chie sociale c’est-à-dire plus il est puis­sant, alors moins la Loi le concerne car plus il la contrôle (ce que les domi­nés appellent la cor­rup­tion). La Loi est un moyen (un pou­voir dans le sens de ce qui rend pos­sible). Le sys­tème poli­tique n’est pas plus une puis­sance que ne l’est le sys­tème média­tique. Les puis­sants sont tels tant qu’ils sont les pos­sé­dants des véri­tables puis­sances : l’E­co­no­mique, le Mili­taire et le Tech­nique. Et pour orga­ni­ser leur domi­nance sur les domi­nés, ils ont à leur dis­po­si­tion, de par cette puis­sance éco­no­mique, mili­taire et tech­nique, les dif­fé­rents moyens ou pou­voirs, c’est-à-dire les pou­voirs poli­tique, média­tique, bancaire, … 

    L’im­puis­sance des domi­nés n’est pas poli­tique. Don­nez-leur le pou­voir poli­tique, ils ne seront pas pour autant puis­sants. Ils n’au­ront que le pou­voir d’or­ga­ni­ser leur propre impuis­sance (c’est cela la démo­cra­tie : le pou­voir du peuple). Car ce pou­voir n’a pas de puis­sance intrin­sèque (il n’est, je le répète au delà des évi­dences, qu’un moyen, un pou­voir et non une puis­sance). Ce pou­voir, ce moyen n’a donc pas la force de contraindre les domi­nants à céder aux domi­nés leur puis­sance éco­no­mique, mili­taire et tech­nique. Il n’est sim­ple­ment pas une réa­li­té, une force effec­tive, qui per­mette de s’at­ta­quer à l’exis­tant, à la pos­ses­sion de la puis­sance qui défi­nit les caté­go­ries sociales.

    Vous êtes démo­crate, c’est un point de vue res­pec­table. C’est un sys­tème poli­tique qui peut per­mettre aux domi­nés d’ob­te­nir une amé­lio­ra­tion de leur condi­tion, mais de là à croire qu’un sys­tème poli­tique vrai­ment démo­cra­tique déli­vre­rait les domi­nés de leur impuis­sance, les déli­vre­rait de la puis­sance des domi­nants (pour reprendre votre pos­tu­lat), c’est n’est même pas de l’u­to­pie mais une incom­pré­hen­sion, ten­dant à l’i­do­lâ­trie (et c’est tout l’in­té­rêt de la classe domi­nante d’in­ci­ter les domi­nés à cette croyance), de ce que signi­fie le mot démocratie.

    Bien à vous.

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  2. sipo

    Trois remarques sur cette émission.

    - L’in­ter­lo­cu­teur de Mr. Chouard a évo­qué l’im­puis­sance des repré­sen­tants. Creu­sez cette idée, ce qu’est le Poli­tique dans un sys­tème de domination.
    – Il a fait part de son sen­ti­ment que Mr. Chouard avait plus confiance dans la force de la Loi que lui-même, spé­cia­liste de droit consti­tuant. Inter­ro­gez-vous pour­quoi ? Inter­ro­gez-vous sur les rai­sons de l’ef­fec­ti­vi­té du droit.
    – Mr. Chouard part du concept de la sou­ve­rai­ne­té du peuple, le kra­tos du demos, pour bâtir ses démons­tra­tions (« si le peuple était vrai­ment sou­ve­rain il devrait faire ceci et cela, être à l’i­ni­tia­tive de ceci et de cela », etc.). Or il sait que la sou­ve­rai­ne­té du peuple n’est qu’un prin­cipe, une idée qui n’est pas une réa­li­té. Com­ment bâtir une démons­tra­tion intel­lec­tuelle sur quelque chose qui n’existe pas ? Il prend pour point de départ ce qui devrait être un point d’ar­ri­vée. Il devrait par­tir de la réa­li­té, le constat d’une mino­ri­té de domi­nants qui opprime une majo­ri­té de domi­nés et creu­ser d’où vient la puis­sance des domi­nants et quels sont les méca­nismes de pou­voir mis en place pour gérer cette puis­sance. Ses méca­nismes de pou­voir per­mettent-ils de prendre ou par­ta­ger la puissance ?

    Ces trois points, je les ai évo­qués dans mes pré­cé­dents commentaires.
    Bien à vous.

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  3. Wikicrate

    @sipo, vous écri­vez : « On sait que [!!!!] la sou­ve­rai­ne­té du peuple n’est qu’un prin­cipe, une idée qui n’est pas une réa­li­té. Com­ment bâtir une démons­tra­tion intel­lec­tuelle sur quelque chose qui n’existe pas ? »
    – Mais enfin, n’est-ce pas ce qui carac­té­rise tout pro­jet humain, autre qu’ins­tinc­tif, que d’être conçu avant que d’être réalisé ?
    Avant que la tour Eif­fel existe, n’a-t’elle pas été une idée ?
    Com­ment l’a-t’on fait exister ?
    A par­tir de l’i­dée on a fait des plans, on a fait des cal­culs, on a appro­vi­sion­né des maté­riaux, on a cou­lé des pièces, et puis on fait le mon­tage de ce grand mécano.
    La démo­cra­tie est certes une idée. Mais il y a eu plein de pro­to­types à dif­fé­rentes échelles, de démo­cra­tie, des expé­riences un peu par­tout on per­mis de tirer des leçons de théo­ri­ser et d’ac­cu­mu­ler des expériences.
    Peut être, sans doute, y aura t’il encore des ajus­te­ments et des leçons à tirer si l’on va plus loin ? On ne sait pas.
    Ce que l’on sait, c’est que le sys­tème actuel amène tou­jours plus de concen­tra­tion des richesses et des pou­voirs et que les ultra riches qui, à quelques dizaines pos­sèdent autant que la moi­tié des habi­tants de la pla­nète et que ce sys­tème non durable addict à une crois­sance conti­nue com­plè­te­ment insou­te­nable à court terme, ne fonc­tionne de toutes façons pas et qu’il n’y a, pour l’heure, pas de rai­son légi­time de craindre de faire pire.

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    • sipo

      @Wikicrate.
      Je ne dis pas que la sou­ve­rai­ne­té du peuple soit irréa­li­sable, je dis qu’elle n’est pas ce que vous pré­ten­dez qu’elle soit. Je dis seule­ment que le pos­tu­lat de Mr. Chouard, « l’im­puis­sance des domi­nés est poli­tique », est faux, le corol­laire idéa­li­sé de ce pos­tu­lat étant le pou­voir (poli­tique) du peuple. L’im­puis­sance des domi­nés n’est pas poli­tique, car le Poli­tique n’est pas une puis­sance mais un pou­voir subor­don­né à la puis­sance. Le pou­voir poli­tique n’est pas capable de libé­rer les domi­nés de leur impuis­sance, mais au mieux d’en amé­lio­rer les conditions .
      Je dis aus­si que, dans votre réflexion, au lieu de par­tir de cet idéal démo­cra­tique (son expres­sion, sous la forme néga­tive, étant le pos­tu­lat de Mr. Chouard) qui vous amène à une conclu­sion en faveur de solu­tions poli­tiques (qui seraient libé­ra­trices de la puis­sance des domi­nants), vous par­tiez de l’a­na­lyse du sys­tème de domi­na­tion exis­tant, votre pos­tu­lat de départ et donc votre conclu­sion, seraient peut-être différents.
      Bien à vous.

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  4. Jacques

    Etienne Chouard ne s’est-il pas déjà appli­qué à « creu­ser d’où vient la puis­sance des domi­nants » ? —- J’é­voque ici la demande expo­sée par « sipo » il y a quelques ins­tants. —- Je sug­gère de se repor­ter au conte­nu du com­men­taire qu’ Etienne a choi­si de sur­li­gner (fluo) et qui figure ici même dans [Mer­ci RT] « le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire est la cause com­mune des Gilets jaunes » / 12 décembre 2018. —- Repro­duire ici – au béné­fice du « cer­veau col­lec­tif « – un très large extrait de l’a­na­lyse réa­li­sée par Lar­ry Por­tis (page 316 du Cahier
    Chom­sky / édi­tions de l’Herne,2007) serait fruc­tueux, me semble-t-il … mais je n’ai pas cette compétence.

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    • sipo

      Mr. Chouard parle de ceux qu’il appelle « nos maîtres » (le Poli­tique), mais oublie d’in­sé­rer dans sa réflexion les maîtres de nos maîtres c’est-à-dire les puis­sants (l’E­co­no­mique, le Mili­taire et le Tech­nique). Or il croit que si les domi­nés s’emparaient du Poli­tique, ils impo­se­raient leur Loi aux puissants.

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  5. Wikicrate

    Mer­ci à Jacques Tad­dei d’a­voir per­mis ce débat fort inté­res­sant mal­gré des par­ti pris cer­tain de la part de Mr Mathieu, au delà de son rôle d’expert.
    Qui est au juste ce contra­dic­teur d’E­tienne Chouard, Ber­trand Mathieu, pro­fes­seur de droit consti­tu­tion­nel, pré­sen­té de façon incomplète ?
    Il est membre Conseil supé­rieur de la magis­tra­ture (CSM), en tant que per­son­na­li­té exté­rieure, dési­gnée par le pré­sident de l’Assemblée natio­nale Ber­nard Accoyer, pour la période 2011–20152.
    Il était membre de la Haute auto­ri­té de la Pri­maire, char­gée de super­vi­ser la pri­maire pré­si­den­tielle des Répu­bli­cains de 2016 en défi­nis­sant le cadre d’organisation du scru­tin, veillant à sa régu­la­ri­té et à l’égalité entre les candidats.
    Il est nom­mé conseiller d’État en ser­vice extra­or­di­naire, à comp­ter du 1er octobre 2017 . C’est le gou­ver­ne­ment qui nomme, par décret en Conseil des ministres, des conseillers d’É­tat en ser­vice extra­or­di­naire, par­mi des per­son­na­li­tés choi­sies en rai­son de leurs com­pé­tences. Ces conseillers d’É­tat n’exercent que des fonc­tions admi­nis­tra­tives. La durée de cette fonc­tion, non renou­ve­lable, ini­tia­le­ment fixée à quatre ans, a été por­tée à cinq ans par la loi no 2011–525 d’a­mé­lio­ra­tion de la qua­li­té du droit. 

    Mr Ber­trand Mathieu offre t’il toutes les condi­tions d’in­dé­pen­dance vis à vis des pou­voirs ou bien sa situa­tion, son milieu, ses amis, ne le mettent-ils pas, quelle que soit sa com­pé­tence sur les ques­tions de Consti­tu­tion, en situa­tion de conflit de loyau­té pour dépar­ta­ger l’in­té­rêt géné­ral et la confiance de ses amis.

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    • Citoyen Constituant

      « la période 2011–20152 » Encore un man­dat qu’il fau­drait raccourcir ! 😀

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  6. Ronald

    Très bonne émis­sion. Rien que déjà de ne pas par­ler des chambres à gaz, c’est un progrès. 

    C’est bien d’a­voir un inter­lo­cu­teur qui connaît le sujet et qui prend la dis­cus­sion au sérieux. Je n’ai pas l’im­pres­sion qu’il y ait des obs­tacle fon­da­men­ta­le­ment insur­mon­table. En fait, comme sou­vent, la plu­part des objec­tion qu’il a contre la démo­cra­tie directe ou le tirage au sort s’ap­plique aus­si bien (voire en pire) aux élus (lob­byisme, etc). Jus­qu’à la ques­tion de la sus­cep­ti­bi­li­té à réagir à l’é­mo­tion évo­quée en fin d’é­mis­sion et qu’au­rait le peuple. Les élus ne l’ont-ils pas autant : quelques jours de mani­fes­ta­tion, et ils pré­parent actuel­le­ment une loi pour réduire le droit de manifester …
    Je crois que le pro­blème fon­da­men­tal, que j’en­tends chez tous les inter­ve­nants qui cri­tiquent le RIC, c’est que par leur bouche ils disent « le peuple est sou­ve­rain », mais dans leur tête (et ils n’en sont même pas conscients), ce sont les élus qui sont sou­ve­rains et ils délèguent à l’oc­ca­sion un part de déci­sion au peuple. Dès que quel­qu’un parle de « garde-fou », c’est for­cé­ment qu’il a ce pré­ju­gé à l’esprit.
    Alors il y a dans le débat des avan­cées sur les constats : B. Mathieu admet que ce ne sont pas les élus qui décident, que ce sont des ins­tances non élues, que le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive par­ta­gée est fait pour ne pas fonc­tion­ner (on aurait aimé qu’il le dise quand il fut mis en place avec sa col­la­bo­ra­tion), et que le régime actuel n’est pas la démo­cra­tie (il veut bien concé­der jus­qu’à « régime mixte ». J’at­tends le jour où on te répon­dra dans un débat « Mais bien sûr, mon bon mon­sieur, que le peuple n’est pas sou­ve­rain et ne l’a jamais été, d’où sortez-vous ? » 

    Sinon, les deux pro­blèmes qui restent :

    - le pro­blème du sujet du débat. Actuel­le­ment, on ne parle que du RIC. Or, on sait que le pro­blème est plus glo­bal et qu’il fau­drait refon­der toute la consti­tu­tion. Mais on n’en est pas là et on essaie d’a­bord de faire abou­tir le RIC. Mais alors, les gens vont sou­le­ver les cri­tiques contre le RIC et tu répon­dra par la refonte de la consti­tu­tion. Ce qui fait que même par­fois Tad­dei est per­du dans le fil de la dis­cus­sion. Il fau­drait essayer de dis­so­cier les deux argu­men­taires mais en même temps ils sont ter­ri­ble­ment liés.

    - le pro­blème sou­le­vé par B.Mathieu à la fin (à par­tir de 50:20) m’a tou­jours sem­blé un vrai et dif­fi­cile sujet : Il y aura tou­jours un plus grand pour­cen­tage de gens qui seront dis­po­ser à élire que de gens qui acceptent de par­ti­ci­per à ces assem­blées déli­bé­ra­tives. Ce qui fait que le pas­sage d’un régime à l’autre lais­se­ra plus de gens de côté qu’ac­tuel­le­ment. Et effec­ti­ve­ment si le cri­tère de juge­ment est le nombre de gens inter­ve­nant dans la vie poli­tique, l’é­lec­tion est supé­rieure. Le meilleur argu­ment pour défendre le pro­ces­sus déli­bé­ra­tif reste à mon avis la qua­li­té de la déci­sion finale, qui sera plus en phase avec la volon­té géné­rale et moins sujette à des conflits d’in­té­rêt. J. Tes­tart, consta­tant bien que seul un faible pour­cen­tage des per­sonnes sol­li­ci­tées par­ti­cipent aux jurys citoyens, se satis­fait néan­moins du bon résul­tat que cela donne, il ne se pré­oc­cupe pas de repré­sen­ta­ti­vi­té (il suf­fit que le panel soit « diversifié »).

    Après, ce qui me sidère tou­jours, ce sont les gens qui parlent de la Consti­tu­tion de Ve Répu­blique avec véné­ra­tion comme si c’é­tait un texte sacré. Elle a quand même été rédi­gée par Michel Debré sur un coin de table dans un contexte de coup d’E­tat avec quelques conseillers il y 60 ans : on devrait au moins pou­voir dis­cu­ter du fait qu’on pour­rait remettre les choses à plat.

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  7. zedav

    Les magis­trats ne sont indé­pen­dants que de façon très théo­rique. Leurs aspi­ra­tions car­rié­ristes, leur confor­misme struc­tu­rel (pour vou­loir dire le droit tel qu’il est, il faut y adhé­rer au moins glo­ba­le­ment), leur atta­che­ment à l’exer­cice de leur pou­voir (sur les petits) les rend très obéis­sant à leur hié­rar­chie et sur­tout l’ab­sence de contrôle réel et encore moins popu­laire font d’eux des sou­mis au pou­voir exé­cu­tif et aux per­sonnes puis­santes et influentes.
    Éty­mo­lo­gi­que­ment, magis­trat évoque une notion de supé­rio­ri­té. Le conseil supé­rieur de la magis­tra­ture pour­rait donc s’é­crire le conseil supé­rieur de la supé­rio­ri­té. Autant dire un panier de pour­ri­tures, du moins si l’on en croit nos amis chi­nois pour qui « le pois­son pour­rit tou­jours d’a­bord par la tête » ou ceux qui on écrit sous une forme ou une autre tout au long de l’his­toire des idées que le pou­voir ren­dait fou et que le pou­voir abso­lu ren­dait abso­lu­ment fou.
    Tant que l’on n’a pas eu à faire au CSM, on n’a aucune idée du degré d’in­fa­tua­tion et de suf­fi­sance qui habite ces gens, ni du degré de mépris et de morgue qu’ils ont pour le citoyen ordinaire.
    Apprendre ici que ce M. Mathieu, presque tota­le­ment dénué d’ar­gu­ment mais plein de pon­cifs, d’o­pi­nions vagues fon­dées sur des sen­ti­ments et des impres­sions dont ils sont convain­cus qu’elle sont LA véri­té est un membre du CSM est tout à fait cohérent…

    Réponse
  8. Sud

    Déçu par la per­son­na­li­té de Mon­sieur MATHIEU. On sent l’expert de droit public qu’il pro­fesse ou a pro­fes­sé ( ?) et non celui de droit consti­tu­tion­nel. On sait le droit admi­nis­tra­tif exor­bi­tant de droit com­mun. Cela laisse des traces sur la per­son­na­li­té de ce mon­sieur œuvrant actuel­le­ment au Conseil d’État.
    Mais par ailleurs, allez lire les vœux de l’un de ses confrères consti­tu­tion­na­listes (les lire sur son site : la Consti­tu­tion déco­dée). Vous consta­te­rez chez ce vrai consti­tu­tion­na­liste les mêmes réserves, la même condes­cen­dance envers le Peuple ; et la peur qui suinte de cha­cune de ses phrases à l’évocation de la sou­ve­rai­ne­té populaire…
    Amère consta­ta­tion qui augure de len­de­mains peu amènes lorsque seront évo­qués les quatre volets indis­so­ciables du RIC : consti­tuant, légis­la­tif, abro­ga­tif et révocatoire…
    Enfin, avouer en public la mise en œuvre impos­sible du réfé­ren­dum d’origine par­ta­gée, à la rédac­tion duquel on a par­ti­ci­pé n’a pas gêné Mon­sieur MATHIEU ?
    N’ya-t-il pas là meilleure illus­tra­tion de sa per­son­na­li­té ? Tout comme ce sou­rire condes­cen­dant (per­ma­nent durant l’entretien) oppo­sé à la gra­vi­té du visage de Mon­sieur CHOUARD à l’évocation de sujets tel­le­ment fon­da­men­taux. Oui, nous étions bien hier, en pré­sence de l’un des ser­vi­teurs de la caste actuel­le­ment au pou­voir. Pen­sez-donc : pon­ti­fier sur les droits des Citoyens lorsque l’on siège au Conseil d’État !…

    Réponse
  9. Michel

    Juste deux com­men­taires de cet excellent débat :
    Il va fal­loir tra­vailler deux contre-argu­ments simples qui vont reve­nir en boucle :
    – C’est une uto­pie ça ne pour­ra pas fonctionner, …
    – Le tirage au sort (sys­tème bordélique)
    Don­ner sys­té­ma­ti­que­ment l’exemple des jurés tiré au sort, ça fonctionne !
    Bon cou­rage, et atten­tion à vous !

    Réponse
    • sipo

      L’ef­fec­ti­vi­té du droit dépend de la puis­sance de celui qui le produit !

      Dit autre­ment, ce n’est pas la Loi qui rend sou­ve­rain mais c’est le sou­ve­rain qui rend la Loi. Les poli­ti­ciens n’ont pas d’autre pou­voir que celui que veulent bien leur confier leurs maîtres c’est-à-dire les puis­sants. Le Poli­tique, dans le sys­tème de domi­na­tion, a un rôle d’interface entre domi­nants et domi­nés, char­gé de la pro­duc­tion de la Loi, gar­dienne de la sta­bi­li­té du rap­port de force entre les classes sociales, et non pas outil d’émancipation.

      La Loi sou­met tou­jours et jamais ne libère ! On ne peut exer­cer le pou­voir poli­tique seule­ment si on en a la puissance.

      Réponse
  10. Benoit

    La vidéo de l’in­ter­ven­tion à inter­dit d’interdire

    Réponse
  11. Jack

    Dans cet échange, a pro­pos du RIC, il a été invo­qué la ten­ta­tion de cer­tain de reve­nir sur cer­taine loi comme inter­dic­tion de la peine de mort ou le mariage pour tous, ect. La solu­tion pro­po­sée serait de ne pas légi­fé­rer avant un cer­tain laps de temps, mais il y a bien plus simple, se mettre d’accord pour ins­crire dans la future consti­tu­tion abso­lu­ment néces­saire ces lois.

    Réponse
  12. Pascal

    @SIPO
    Mer­ci pour votre com­men­taire, et pour la sou­riante pers­pec­tive qui semble en découler…
    Votre argu­men­ta­tion me semble per­ti­nente : il ne suf­fit pas d’a­voir le pou­voir poli­tique, encore faut-il avoir la puis­sance pour l’exer­cer. Les Puis­sants qui nous dominent contrôlent tous les moyens coer­ci­tifs (éco­no­mie, armée, médias…) via des Poli­tiques dont ils peuvent de plus en plus se pas­ser, la pri­va­ti­sa­tion étant pas­sée par là.
    Fort de ce constat, avez-vous une piste à nous pro­po­ser ? Je veux dire, en dehors de la résignation ?
    Per­son­nel­le­ment, j’en aper­çois une. Floue, mal défi­nie, et tel­le­ment fra­gile que vous n’a­vez pas cru bon de la prendre en compte : c’est la force de l’hu­ma­ni­té – au sens « d’être un humain » – qu’i­gnore l’oligarchie, fas­ci­née par la tech­no-science et son rêve transhumaniste.
    La pla­nète accouche chaque jour de cen­taines de pro­jets qui relient les humains entre eux. Des pro­jets aux­quels éco­no­mistes, mili­taires et publi­ci­taires ne com­prennent rien – ils ne sont pas équi­pés pour ça – et sur les­quels ils n’ont que peu de prise.
    Une part crois­sante de l’hu­ma­ni­té s’af­fran­chit de ses maîtres, mais sa visi­bi­li­té pour le grand public est déri­soire et sa démarche ridi­cu­li­sée. Ne dou­tons pas qu’une véri­table démo­cra­tie, ser­vie par une presse indé­pen­dante (même par­tiel­le­ment), per­met­tra que s’ex­priment d’autres modèles de socié­té que le modèle consu­mé­riste. Rien ne garan­tit que « les gens » s’en empa­re­ront, c’est vrai… mais une alter­na­tive réelle existera.
    Vous avez rai­son sur un point : on ne bat­tra pas les Puis­sants avec de l’argent et des canons. C’est, je crois, sur un autre ter­rain que les choses vont se passer.
    Etienne Chouard me pro­pose de tra­vailler la Consti­tu­tion, c’est-à-dire de me pla­cer « au-des­sus » du niveau légis­la­tif, où s’expriment le pour et le contre, pour me situer au niveau des « prin­cipes à mettre en place » pour gérer au mieux ces oppo­si­tions qui tra­versent toute socié­té. Plus haut du point de vue juri­dique, certes, mais aus­si et sur­tout plus haut en moi-même, là où l’intérêt géné­ral équi­libre mon inté­rêt égoïste. Ce « lieu » existe chez tous les humains…
    Il y a en cha­cun de nous le meilleur et le pire. D’autres struc­tures sociales pour­raient nous encou­ra­ger à culti­ver le meilleur, et dans la pers­pec­tive de l’effondrement géné­ral – dont plus per­sonne ne doute sérieu­se­ment – les groupes gagnants seront ceux où l’on prend soin les uns des autres. Pas ceux où l’on joue cha­cun pour soi.
    Mer­ci de m’avoir don­né à réfléchir…

    Réponse
    • sipo

      Il eût fal­lu mieux me lire car, d’une part, je dis le contraire du bon point que vous m’at­tri­buez : je dis que les domi­nés ne se libé­re­ront pas par le pou­voir poli­tique, ils auraient bien plus de chance avec des canons… Or la solu­tion poli­tique est celle que vous défen­dez ici. N’ai-je pas cru bon de la prendre en compte quand, d’autre part, sa cri­tique a été mon unique propos ? 

      Croyez-vous que, parce que les domi­nés vont écrire un texte, fut-il consti­tuant, les domi­nants céde­ront ou par­ta­ge­rons leur puis­sance ? Par quelle puis­sance les domi­nés ren­dront-ils leur texte contrai­gnant ? Là est toute la ques­tion, on ne se décrète pas sou­ve­rain ! Là est l’illu­sion démo­cra­tique : la Loi sou­met mais ne libère pas.

      Vous avez rai­son : la phi­lo­so­phie de l’oxy­more démos/kratos est, depuis le début de l’ère du capi­ta­lisme et de l’E­tat-nation, l’hu­ma­nisme. On peut en effet se poser la ques­tion si ido­lâ­trer ses propres chaînes n’est pas, au fond, le comble de la résignation.

      Bien à vous.

      Réponse

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