Répudiation des dettes souveraines : une ligne du temps (Éric Toussaint, CADTM)

30/10/2017 | 14 commentaires

Éric Tous­saint a pré­pa­ré une pas­sion­nante « Time­Line » (sorte de frise his­to­rique inter­ac­tive) sur les dettes sou­ve­raines de par le monde, et cette fresque impor­tante est publiée sur le site du CADTM :


http://​www​.cadtm​.org/​R​e​p​u​d​i​a​t​i​o​n​-​d​e​s​-​d​e​t​t​e​s​-​s​o​u​v​e​r​a​i​nes

À connaître et à faire connaître.

Pré­sen­ta­tion par le CADTM : 

« Depuis le début du 19e siècle, de nom­breux États ont per­du leur auto­no­mie, de l’Amérique Latine à la Tuni­sie, l’Égypte, l’Empire Otto­man ou encore la Grèce. La dette a été uti­li­sée comme une arme de domi­na­tion et de spoliation.

Contrai­re­ment à la nar­ra­tion domi­nante, les pays de la péri­phé­rie endet­tés ne sont pas res­pon­sables des crises de dettes sou­ve­raines, qui la plu­part du temps trouvent leur ori­gine dans les pays capi­ta­listes les plus puis­sants et se trans­forment en crises de grande échelle qui impactent les pays de la péri­phé­rie. Ce ne sont pas les dépenses publiques exces­sives mais plu­tôt les condi­tions impo­sées par les créan­ciers qui entraînent l’accumulation de dettes insou­te­nables. Les crises de la dette et leurs consé­quences sont tou­jours gérées au pro­fit des grandes banques et des gou­ver­ne­ments des grandes puis­sances, qui les sou­tiennent. Les classes domi­nantes des pays endet­tés sont complices.

Cette dic­ta­ture de la dette n’est pas iné­luc­table. Au cours des 2 der­niers siècles, plu­sieurs États ont répu­dié leur dette avec suc­cès. Éric Tous­saint passe en revue les répu­dia­tions réa­li­sées par le Mexique, les États-Unis, Cuba, le Cos­ta Rica et la Rus­sie des soviets.

Cette chro­no­lo­gie cap­ti­vante, sous la forme du ligne du temps illus­trée, donne des points de repère indis­pen­sables pour com­prendre la méca­nique impla­cable de la dette et l’évolution du monde capi­ta­liste au cours des deux der­niers siècles.

Pour mieux com­prendre cette ligne du temps, il est recom­man­dé de lire le livre « Le Sys­tème dette » qui sera publié le 8 novembre 2017 par les édi­tions Les Liens qui Libèrent. »

CADTM

Cette his­toire mon­diale de la résis­tance popu­laire aux usu­riers devrait faire par­tie de la culture géné­rale de tout citoyen du monde digne de ce nom, et c’est à lire là : http://​www​.cadtm​.org/​R​e​p​u​d​i​a​t​i​o​n​-​d​e​s​-​d​e​t​t​e​s​-​s​o​u​v​e​r​a​i​nes

Je rap­pelle que UN ÉTAT DIGNE DE CE NOM N’EMPRUNTE PAS LA MONNAIE DONT IL A BESOIN POUR LES SERVICES PUBLICS, IL LA CRÉE.

LE CONCEPT MÊME DE « DETTE PUBLIQUE » EST UN AVEU DE TRAHISON DES « REPRÉSENTANTS ».

Chaque citoyen du monde devrait abso­lu­ment connaître le CHARTALISME : https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​h​a​r​t​a​l​i​sme

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14 Commentaires

  1. BA

    Les défauts de paie­ment datent de 800 ans.

    Pre­mier exemple :
    Une des pre­mières banques de l’Histoire est une banque de Gênes, la banque Lec­ca­cor­vo. A par­tir de 1244, la banque Lec­ca­cor­vo se déve­loppe. Elle prête des sommes énormes au roi de France, Saint Louis.
    Grave erreur !
    Lisez cet extrait de livre :
    « Lorsque Saint Louis rentre de croi­sade en avril 1254, il se montre aga­cé par l’insistance des Génois à vou­loir récu­pé­rer leurs fonds. Ils ont per­mis au roi de com­battre les infi­dèles, il serait bien étrange qu’ils en retirent un avan­tage maté­riel en plus du pres­tige et pro­ba­ble­ment du salut éter­nel qui décou­le­ra du finan­ce­ment de la croi­sade ! Saint Louis ne négo­cie même pas avec ces manants, d’autant que leur pra­tique finan­cière, c’est-à-dire le prêt à inté­rêt, reste sus­pecte aux yeux de l’Église. En effet, mal­gré les écrits de Saint Tho­mas, l’Église main­tient ses pré­ven­tions à l’égard des prêts, et le pape Clé­ment V rap­pel­le­ra au début du XIVe siècle que le prêt à inté­rêt est par nature usu­raire. Il faut dire que ça per­met­tra au pas­sage à Phi­lippe le Bel d’essayer de s’emparer de l’or des Tem­pliers. Quoi qu’il en soit, Saint Louis refuse de payer et fait ban­que­route » (Jean-Marc Daniel, “Huit leçons d’histoire éco­no­mique”, édi­tion Odile Jacob, page 24).
    C’est le pre­mier défaut de paie­ment de l’histoire de France.

    Et la conséquence ?
    La consé­quence de ce défaut de paie­ment de la France est la faillite de la banque Lec­ca­cor­vo en 1259.

    Deuxième exemple :
    Quelques années plus tard, à Flo­rence, la banque Per­uz­zi et la banque Bar­di prêtent des sommes énormes au roi d’Angleterre, Edouard III.
    Grave erreur !
    Lisez cet extrait de livre :
    « Edouard III emprunte aux ban­quiers de Flo­rence pour ras­sem­bler une armée nom­breuse et atta­quer la France. Les hos­ti­li­tés débutent en 1337, et le moins que l’on puisse dire est que cela s’engage mal pour Edouard III. Les Fran­çais enva­hissent la Guyenne alors anglaise et mettent le siège devant Bor­deaux en 1339. La ville résiste, mais l’attaque anglaise au nord depuis Anvers sup­po­sée contraindre les Fran­çais à redé­ployer leurs forces a du mal à se déve­lop­per. En effet, Edouard III, pour pou­voir appro­vi­sion­ner ses troupes, a besoin de fonds et il ne les obtient que par une négo­cia­tion per­ma­nente avec les ban­quiers ita­liens. Ceux-ci s’impatientent, s’inquiètent, cri­tiquent sa stra­té­gie mili­taire : où sont les vic­toires ? Où sont les villes pillées ? Où sont les pays mis à sac ? En 1340, Edouard III, n’obtenant plus de sub­sides de ses ban­quiers, com­mence à dif­fé­rer ses rem­bour­se­ments. En 1343, il fait ban­que­route. Résul­tat, la banque Per­uz­zi de Flo­rence fait faillite tan­dis qu’en 1346 c’est au tour de la banque Bar­di » (“Huit leçons d’histoire éco­no­mique”, page 26).

    Et la conséquence ?
    La consé­quence de ce défaut de paie­ment de l’An­gle­terre est la faillite de la banque Per­uz­zi en 1343 et la faillite de la banque Bar­di en 1346.

    Des défauts de paie­ment d’États sou­ve­rains, il y en a eu des cen­taines dans l’Histoire.
    Des États se déclarent en défaut de paie­ment, et donc ils pro­voquent la faillite des prêteurs.
    On connaît le film : ça fait huit cents ans que ça dure.
    Et ça va continuer.

    Réponse
  2. ève

    La dette fran­çaise ‚.….. est-elle bien là où on la sollicite ?
    Nation pleine de dettes anciennes nouvelles !
    Mais que font-ils donc de nos sous d’i­ci et de là-bas ?
    Ne plus rien ache­ter et faire tout soi-même , enfin presque !
    Bonne semaine

    Réponse
  3. etienne

    Rocard, plus clair que d’habitude :

    Réponse
  4. gilles

    Très bonnes ana­lyses du Comi­té d’An­nu­la­tion de la Dette du Tiers-Monde, mer­ci à Étienne et à Éric Tous­saint et à ses équipes et sym­pa­thi­sants du CADTM. Une péti­tion pour le main­tien de l’exis­tence de l’argent liquide.

    https://​www​.meso​pi​nions​.com/​p​e​t​i​t​i​o​n​/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​i​n​t​e​r​d​i​c​t​i​o​n​-​a​r​g​e​n​t​-​l​i​q​u​i​d​e​/​3​5​352

    Même si c’est sûr, il y a d’autres com­bats à mener, mais ne les oppo­sons pas. Gar­dons déjà notre liber­té de payer en argent liquide contre la toute puis­sance de la finance et de la spéculation

    Réponse
    • ève

      Oui , mer­ci , c’est signé !

      Réponse
  5. etienne

    La BCE se comporte comme un fonds vautour à l’égard de la Grèce

    par Éric Toussaint

    Une carte blanche d’Eric Tous­saint. La crise grecque a per­mis à la Banque cen­trale euro­péenne de réa­li­ser de plan­tu­reux pro­fits, par la mise en place de toute une série de méca­nismes finan­ciers. Une rétro­ces­sion au peuple grec ne serait que justice.

    Mario Dra­ghi vient de recon­naître que les banques cen­trales membres de la zone euro avaient accu­mu­lé 7,8 mil­liards d’euros de pro­fits grâce aux titres grecs que la BCE a ache­tés au cours des années 2010–2012 dans le cadre du pro­gramme SMP (Secu­ri­ties Mar­kets Pro­gramme). A cela s’ajoutent d’autres sommes, dont ne parle pas le pré­sident de la BCE : les pro­fits réa­li­sés par ces mêmes banques cen­trales dans le cadre des achats dits « ANFA » (Agree­ment on Net Finan­cial Assets). Il faut éga­le­ment ajou­ter les pro­fits réa­li­sés par les 14 pays de la zone euro qui ont octroyé un prêt bila­té­ral à la Grèce en 2010 à un taux d’intérêt abu­sif d’environ 5 %. Il est aus­si néces­saire de comp­ta­bi­li­ser les éco­no­mies réa­li­sées par les pays domi­nants de la zone euro dans le refi­nan­ce­ment de leurs dettes publiques : la crise qui a frap­pé la Grèce et les autres pays de la péri­phé­rie a entraî­né une fuite des prê­teurs pri­vi­lé­giant les pays les plus riches de la zone euro qui, en consé­quence, ont béné­fi­cié d’une baisse du coût de leurs emprunts. Enfin, la BCE a ache­té dans le cadre du Quan­ta­tive easing (QE) pour 400 mil­liards d’euros de titres sou­ve­rains alle­mands, le plus sou­vent avec un ren­de­ment nul ou néga­tif. La BCE a éga­le­ment ache­té des titres sou­ve­rains belges pour envi­ron 70 mil­liards d’euros. Ces achats de titres alle­mands ou belges ne lui rap­portent qua­si­ment rien tan­dis que les titres grecs qu’elle détient pour un mon­tant dix fois infé­rieur lui ont rap­por­té 7,8 mil­liards d’euros. Cha­cun sait donc à qui pro­fite cette poli­tique de la BCE.

    On peut résu­mer en 4 actes l’intervention de la BCE dans la tra­gé­die grecque.

    Acte 1

    Le rôle de la BCE dans le pre­mier Mémo­ran­dum de 2010. Dès 2010, la BCE est inter­ve­nue avec comme prin­ci­pale pré­oc­cu­pa­tion de limi­ter au maxi­mum les pertes des banques pri­vées fran­çaises, alle­mandes, ita­liennes et du Bene­lux (dont Dexia et KBC), très expo­sées tant auprès du sec­teur pri­vé que du sec­teur public en Grèce.

    Contrai­re­ment à ce que déve­loppe le dis­cours domi­nant, le pro­blème prin­ci­pal était posé par les banques pri­vées grecques, au bord de l’insolvabilité, dont la pos­sible faillite consti­tuait une sérieuse menace pour leurs prêteurs.

    Au cours de la pré­pa­ra­tion du Mémo­ran­dum de mai 2010, la BCE a refu­sé de réduire la dette publique grecque alors que, géné­ra­le­ment, le lan­ce­ment d’un plan dit « de sau­ve­tage » est accom­pa­gné d’une restruc­tu­ra­tion de la dette.

    La BCE s’est com­por­tée comme un authen­tique fonds vau­tour et a obte­nu un rem­bour­se­ment à 100 %.

    Acte 2

    La BCE per­met aux grandes banques pri­vées de se déga­ger avan­ta­geu­se­ment de la Grèce. Afin d’aider les banques étran­gères à réduire sub­stan­tiel­le­ment leur expo­si­tion à la dette grecque, la BCE lance alors le pro­gramme SMP par lequel elle achète mas­si­ve­ment sur le mar­ché secon­daire des titres grecs. Que se serait-il pas­sé si la BCE n’avait pas lan­cé le pro­gramme SMP ? Les prix des titres grecs auraient atteint un taux plan­cher de l’ordre de 20 % de leur valeur faciale. Or les achats mas­sifs de la BCE ont main­te­nu le prix à un taux anor­ma­le­ment éle­vé (de l’ordre de 70 %). En consé­quence, grâce à la BCE, les banques pri­vées ont limi­té leurs pertes au moment de la revente des titres.

    Acte 3

    La BCE pro­fite de la restruc­tu­ra­tion de la dette grecque de mars 2012 et se com­porte comme un fonds vau­tour. En mars 2012, la restruc­tu­ra­tion que la BCE orchestre implique un hair­cut de 53 % de la valeur des titres, à charge des créan­ciers pri­vés. Qui sont, à ce moment-là, les créan­ciers pri­vés ? D’une part, les banques grecques, qui, bien qu’elles aient réduit leur expo­si­tion, gardent une quan­ti­té signi­fi­ca­tive de titres grecs dans leurs actifs. Ceux-ci sont sou­mis à un hair­cut mais les banques reçoivent une com­pen­sa­tion de plu­sieurs mil­liards appe­lée un swee­te­ner (édul­co­rant) et se voient garan­tir une nou­velle injec­tion finan­cière pour les reca­pi­ta­li­ser. Les prin­ci­pales vic­times sont les fonds de pen­sion publics grecs qui ont été for­cés par les auto­ri­tés du pays et la Troï­ka à conver­tir leurs actifs en titres grecs quelque temps avant la restruc­tu­ra­tion (qui était dûment pla­ni­fiée, mais main­te­nue secrète).

    Les banques fran­çaises, alle­mandes, ita­liennes et du Bene­lux s’étaient déga­gées en reven­dant les titres grecs à la BCE, à des banques chy­priotes et à des fonds vau­tours. Pour faire simple, les banques chy­priotes ont pris de plein fouet le hair­cut et cela a contri­bué à la crise chy­priote qui a sui­vi quelques mois plus tard et qui a trou­vé son dénoue­ment en mars 2013. Quant aux fonds vau­tours qui avaient ache­té avec une décote, ils ont refu­sé de par­ti­ci­per à la restruc­tu­ra­tion et ont obte­nu un rem­bour­se­ment à 100 %. La BCE s’est com­por­tée comme un authen­tique fonds vau­tour et obtient éga­le­ment un rem­bour­se­ment à 100 %.

    Chaque fois qu’une par­tie des pro­fits de la BCE sur les titres grecs a été trans­fé­rée à Athènes, la somme est immé­dia­te­ment repar­tie vers les créan­ciers pour rem­bour­ser la dette.

    Acte 4

    La BCE fait du chan­tage per­ma­nent. Après la restruc­tu­ra­tion, la BCE met fin au pro­gramme d’achats SMP et lance le pro­gramme OMT (Opé­ra­tions Moné­taires sur Titres, ou en anglais, Outright Mone­ta­ry Transactions).

    La BCE se fait rem­bour­ser les titres grecs à 100 % de leur valeur et à des taux d’intérêt qui peuvent atteindre 6,5 %. Vu le carac­tère clai­re­ment abu­sif de sa posi­tion, dénon­cée y com­pris par le gou­ver­ne­ment grec, la BCE s’engage à rétro­cé­der à la Grèce les inté­rêts per­çus. Effec­ti­ve­ment, elle effec­tue au béné­fice du gou­ver­ne­ment Sama­ras un rem­bour­se­ment de 3,3 mil­liards d’euros en 2013 et 2014 pour sou­te­nir sa poli­tique néo­li­bé­rale. En revanche, pen­dant les six pre­miers mois du gou­ver­ne­ment de Tsi­pras, elle refuse d’effectuer une quel­conque rétro­ces­sion. Depuis lors, la BCE et les banques natio­nales de la zone euro n’ont rien rever­sé à la Grèce.

    La méca­nique est impla­cable : chaque fois qu’une par­tie des pro­fits de la BCE sur les titres grecs a été trans­fé­rée à Athènes, la somme est immé­dia­te­ment repar­tie vers les créan­ciers pour rem­bour­ser la dette. Il faut mettre fin à ce pillage. Les pro­fits de la BCE réa­li­sés sur le dos du peuple grec doivent être rétro­cé­dés à la Grèce et être inté­gra­le­ment uti­li­sés pour finan­cer des dépenses sociales afin de remé­dier aux effets dra­ma­tiques des poli­tiques dic­tées par la Troï­ka et relan­cer l’emploi. La dette récla­mée à la Grèce doit être annu­lée car elle est illé­gi­time, odieuse, illé­gale et insou­te­nable. C’est ce qu’a démon­tré la Com­mis­sion pour la véri­té sur la dette grecque mise en place par la pré­si­dente du Par­le­ment grec en 2015.

    http://​www​.cadtm​.org/​L​a​-​B​C​E​-​s​e​-​c​o​m​p​o​r​t​e​-​c​o​m​m​e​-​u​n​-​f​o​nds

    Source : CADTM

    Réponse
    • Ronald

      Pour la par­tie sur les pro­fits des banques pri­vées, je suis d’accord. En accor­dant des prêts sous condi­tion à l’État grec, la BCE rend celui-ci sol­vable plus long­temps et lui per­met de rem­bour­ser les banques pri­vées. Dans le cas contraire, l’État grec aurait fait défaut et cela aurait entraî­né une perte pour ces créan­ciers privés.
      Par contre, je trouve bizarre l’interprétation que la BCE se serait « com­por­té comme un fond vau­tour » pour « faire des pro­fits ». Il me semble qu’une banque cen­trale ne peut pas faire de « pro­fits » en mon­naie, vu qu’elle est elle-même créa­trice de la mon­naie. Si elle veut faire des pro­fits, elle peut en émettre indé­fi­ni­ment , non ? Ici, en accor­dant des prêts tout en contrai­gnant l’État grec à un rem­bour­se­ment à 100 %, elle oblige celui-ci à avoir un bud­get à l’équilibre. Aupa­ra­vant, l’État grec finan­çait ses ser­vices sociaux par la dette, main­te­nant, on lui fait com­prendre que ce ne sera plus pos­sible. Il a ain­si dû réduire ses dépenses pour atteindre un défi­cit bud­gé­taire nul, s’alignant sur les pra­tiques des gou­ver­ne­ments de l’Allemagne et du nord de l’Europe. Je pense que ce n’est pas pour la BCE tel­le­ment un but de « pro­fit » mais plu­tôt de « dres­sage », où alors je n’ai pas tout compris.

      Réponse
  6. etienne

    Michel Onfray aux jeunes gens : 

    Réponse
    • Ronald

      Il faut ajou­ter deux choses à ce que dit Onfray.
      Il semble dire que nous sommes abreu­vés de pro­pa­gande volon­tai­re­ment trom­peuse. Je ne pense pas que ce soit volon­taire. Les « lea­ders d’opinions » pensent à mon avis réel­le­ment ce qu’ils disent, et croient réel­le­ment à l’idéologie pro­fes­sée. C’est cela aus­si qui les rend effi­cace. Quand des jour­na­listes mis à la porte de iTé­lé créent leur propre média indé­pen­dant, le conte­nu et l’idéologie sont exac­te­ment les mêmes qu’avant.
      Il dit aus­si que contrai­re­ment aux tota­li­ta­rismes clas­siques, nous vivons dans une dic­ta­ture douce. Certes, mais parce que la contes­ta­tion reste modé­rée. Si elle se fait plus forte, le pou­voir a tou­jours la pos­si­bi­li­té de recou­rir à des méthodes de répres­sion plus habi­tuels. Et d’ailleurs il com­mence à le faire : ceux qui contestent perdent leur poste, leur moyen d’expression (Lan­ce­lin, Sapir, …). Les liber­tés fon­da­men­tales com­mencent à être sup­pri­mées (lois anti­ter­ro­ristes). Je ne vois pas ce qui empê­che­rait la France de deve­nir une dic­ta­ture « classique ».
      Le point posi­tif, c’est que l’auditoire de jeunes qui écoute Onfray est aus­si plus « éveillé » qu’il ne l’était lui-même à leur âge. Comme il le dit, lui ava­lait sans dis­cu­ter tout ce que les auto­ri­tés lui ensei­gnaient. Mais grâce à Inter­net, les jeunes d’aujourd’hui gagnent vingt ans dans leur che­mi­ne­ment pour com­prendre le monde. Comme l’explique Ben­ja­min Bayart, pour la géné­ra­tion actuelle, il est natu­rel d’une part de s’informer sur un sujet à plu­sieurs sources (ce que ne fai­saient que très peu de per­sonnes autre­fois), et d’autre part de faire des com­men­taires cri­tiques des inter­ven­tions publiques. Je suis éton­né des talents d’analyses, de cri­tique et de com­mu­ni­ca­tion que peuvent par­fois avoir des moins de trente ans notam­ment sur You­tube (alors à côté c’est vrai, il y en a aus­si qui me semblent de plus en plus idiots, il y a ces his­toires de QI qui baisse … Je me demande s’il n’y aurait pas un creu­se­ment de l’inégalité de l’intelligence comme il y en a un de l’inégalité économique ?).
      Quand on voit la contes­ta­tion qui existe aujourd’hui avec des adultes qui ont gran­di avec les Gui­gnols de l’Info, je suis curieux de voir ce que cela don­ne­ra avec une géné­ra­tion qui a gran­di avec Dieudonné …

      Un exemple illus­tra­tif de ces vidéo inté­res­santes et cri­tiques, pour ceux qui comme moi, aiment bien décou­vrir que ce qu’ils ont toute leur vie cru savoir sur un sujet est fina­le­ment com­plè­te­ment à côté de la plaque ; ici : la pro­pa­ga­tion de la langue fran­çaise en France :
      https://​you​tu​.be/​x​3​T​Q​k​Q​O​_​XMc

      Réponse
      • nanou

        TARTUFFES

        Tar­tuffe ne croie pas, il n’est pas croyant, mais il fait comme s’il croyait, comme si il était croyant et à force de paraître ce qu’il n est pas il finit par être ce qu’il ne paraît pas,
        un mécréant, un faux croyant, un hypo­crite finit devant l’infini, tar­tuffe ne croie pas, mais il veut se faire pas­ser pour celui qui croie et il finit par y croire, par ce prendre ou ce faire prendre au jeu à ce jeu que l’ont joue par en des­sous et que l’ont nomme hypo­cri­sie mot d’origine grecque comme notre démocratie.

        Avec tar­tuffe comme avec tout démo­crate on a tou­jours du mal à démê­ler le vrai du faux l’un comme l’autre ne sont ni vrai, ni faux, mais une savante com­bi­nai­son des deux. il faut un vrai usage de la faus­se­té sur le plan éco­no­mique et un faux usage de la véri­té sur le plan poli­tique donc vrai mon­naie pour de faux échange et fausse mon­naie pour de vrai échange autre­ment dit, Molière la bien com­pris il y a impos­ture mau­vaise ou fausse pos­ture à celui qui ne croie pas un traite mot de ce qu’il raconte mais qui au fond de lui-même reste per­sua­dé d’être vrai UN VRAI MENTEUR c’est tout ce qui l’est.

        Tar­tuffe ne croie pas qu’il ne croie pas, résul­tat, il y croie.
        Le démo­crate lui ne croie pas qu’il croie, résul­tat il s’y croie et pousse les autres à y croire sur parole bien sur.

        Que nous dit tar­tuffe quand on prend le temps de le confes­ser, puisque la fes­sée est inter­dite. Il nous dit en pre­mier lieu que la démo­cra­tie est le gou­ver­ne­ment du peuple par le peuple et pour le peuple s’est sa pis­tis comme on dit en grec, sa croyance toute l’étendue de sa croyance qui est à l’œuvre, mais rien qu’une croyance, c’est à dire l’expression de ses dési­rs, pas de ce qui est, c’est la qu’il prend ses dési­rs pour la réa­li­té et nous autres pour des perroquets.

        Il nous dit en deuxième lieu que la démo­cra­tie est une libre asso­cia­tion ou les sujets sont tour à tour gou­ver­nant et gou­ver­nées, ce n’est plus une croyance mais une opi­nion une doxa qui reste vrai­sem­blable, mais non vrai, jamais rela­té par les faits ni attes­té par l’histoire.
        Atten­tion nous dit tar­tuffe cette opi­nion reste vraie et sera tou­jours vraie, même si elle n’est jamais véri­fiée cela s’appelle un para­digme, un modèle, une sorte de pen­sée régu­la­trice qui dit ce qui doit être, sans ce pré­oc­cu­pé de ce qui est.
        Nous voi­là bien avan­cé, mais la poli­tique est un art tech­né rap­pelle tar­tuffe et non une science épis­té­mée, mora­li­té il ne faut pas pous­ser le bou­chon trop loin, juste ce qu’il faut pour sau­ver les apparences.

        En troi­sième lieu nous dit tar­tuffe de quoi on ce plaint qu’elle est le vrai sujet de dis­corde les hommes, les idées ou les ins­ti­tu­tions parce que pour lui l’enjeu est le seul, c’est à ce que l’on arrive à ce que les hommes soient les maîtres de leurs déci­sions n’est ce pas, ou du moins qu’ils aient cette impression.

        Quoi l’impression de paraître ce qu’ils ne sont pas, mais c’est la, c’est la que l’on retrouve vrai­ment tar­tuffe, l’être pour lequel il n’y a pas de dif­fé­rence fon­da­men­tale en être et paraître entre déci­der et l’impression de déci­der, entre vrai et fausse liber­té, la liber­té étant un déno­mi­na­teur com­mun entre les deux.

        Mer­ci pour la tar­tuf­fe­rie mes­sieurs les démocrates.

        C’est ce qui m’incline à dire ou redire que la démo­cra­tie est sœur jumelle de l’hypocrisie, la véri­té y est mais faus­sée, le peuple y est mais mani­pu­lé, le pou­voir y est mais dou­blé, la liber­té y est mais cor­ri­gée, la foi, la foi y est mais mau­vaise, on n’en sort pas, on ne s’en sor­ti­ra pas tant qu’on a pas com­pris que les fins sont peut être démo­cra­tique, mais les moyens ne le sont pas, ne le seront jamais, cela me ramène à quelqu’un qui dit qu’il y a trois mots qui carac­té­risent cette putain de socié­té de civi­li­sa­tion, la modé­ra­tion, la cor­rec­tion et la répres­sion, trois pro­gé­ni­ture démo­cra­tique, modé­ré vos pro­pos, rec­ti­fier votre tir et répri­mer vos dési­rs, voi­là ce que ce dit le peuple en votant, puisqu’il ne sait pas, qu’il ne sait pas, qu’il vote contre le peuple.
        https://​you​tu​.be/​w​H​0​-​N​w​z​w​SSU

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    • Ronald

      J’a­vais vu l’é­pi­sode mais c’est vrai qu’à l’é­poque ça ne m’a­vait pas marqué. 🙂

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