Un exemple (amusant) d’atelier constituant. (ici sur la vidéosurveillance, mais peu importe).

27/06/2017 | 10 commentaires

Un exemple (amu­sant) d’a­te­lier consti­tuant (ici sur la vidéo­sur­veillance mais, au fond, peu importe).

Cette petite scène, qui montre sur­tout com­ment il s’a­git sim­ple­ment d’in­vi­ter la consti­tu­tion dans nos conver­sa­tions quo­ti­diennes, pour­rait vous aider (je rêve) à enfin orga­ni­ser les vôtres.

Mille mer­cis à Benoît​​, jeune magi­cien de la mini vidéo virale, pour avoir ain­si extrait ce petit pas­sage de la (très chouette) confé­rence de Nantes.

Bon cou­rage, bande de virus 🙂

Étienne.

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​3​7​9​5​6​5​6​1​7​317

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10 Commentaires

  1. Benoit

    Mer­ci Etienne !

    J’ai fait les sous-titres et voi­ci la retranscription : 

    « C’est impro­vi­sé mais c’est tout simple en fait, c’est pas com­pli­qué, il faut pas s’i­ma­gi­ner… on peut dire qu’on est autour d’un café. C’est un rôle.
    Com­ment vous vous appelez ?

    - Magni­fique pré­nom : je m’ap­pelle Étienne

    - Sans blague ! Un autre Étienne. Ça c’est mar­rant : il n’y en a pas beau­coup. Salut Étienne.
    Et toi, tu t’ap­pelles comment ?

    - Alexandre

    - Vous vous sou­ve­nez, hier on a par­lé du réfé­ren­dum et on avait par­lé de la sur­veillance dans les rues, et ce matin j’ai eu une idée, alors je l’ai écrite et je me suis dit que j’al­lais vous en par­ler. Mais j’ai char­rié, vous allez voir, c’est mal écrit et puis peut-être que j’exagère

    « Tous les fonc­tion­naires sont fil­més dans l’exer­cice de leurs fonctions. »
    Donc les juges, les gar­diens de pri­son, les poli­ciers, les profs… (je suis prof). Mais en fait je suis tel­le­ment ulcé­ré par le fait qu’on soit sur­veillés [comme du bétail ou des délin­quants] que je vou­drais que, si on est sur­veillé, que tout le monde soit sur­veillé. Ce n’est pas juste qu’il n’y ait que les peuples qui soient sur­veillés, il fau­drait que les acteurs poli­tiques qui décident de sur­veiller les gens soient eux aus­si sur­veillés. Est-ce que c’est tous les fonc­tion­naires ? Ou est-ce que ça peut être seule­ment les acteurs publics ?

    - Est-ce que c’est une sur­veillance indi­vi­duelle ou plu­tôt col­lec­tive dans des lieux d’institution ?

    - « Dans l’exer­cice de leurs fonctions »
    les poli­ciers ça serait dans les com­mis­sa­riats, les gar­diens de pri­son dans les prisons…

    - Ça veut dire qu’il faut sur­veiller ceux qui sur­veillent aus­si et sur­veiller ceux qui sur­veillent qui surveillent…

    - Il y a un moment où ce n’est plus néces­saire. Je pense par exemple que les poli­ciers qui nous sur­veillent dans les rues (si j’ai bien com­pris, der­rière les camé­ras qu’il y a dans les rues : c’est des poli­ciers, je pense… – je suis pas sûr de ça) mais il fau­drait que ces gens-là soient eux-mêmes sur­veillés, non ?

    - Mais en même temps, il y a aus­si des citoyens qui prennent leur télé­phone por­table de plus en plus, qui filment les forces de l’ordre… c’est un contre-pouvoir.

    - Oui voi­là. Mais ils ne sont pas dans les com­mis­sa­riats, ils ne sont pas dans les pri­sons… dans les pré­toires où on décide de la vie/la mort des gens…
    En même temps, je ne vou­drais pas trop limi­ter les pou­voirs parce que, il y a un moment [où trop sur­veiller peut tout blo­quer] En fait, c’est insup­por­table d’être fil­mé. En fait, moi, ce que je voudrais…

    - Ça pour­rait avoir un effet per­vers aussi…

    - Voi­là, ils ne [feraient] plus rien… de peur de… En même temps, s’ils ne font plus de mau­vaises actions… c’est pas mal…
    Peut-être qu’on pourrait…
    J’ai écrit après : « les films sont consul­tables », j’ai mis « en ligne » point d’in­ter­ro­ga­tion. C’est décon­nant de publier en ligne les gens [au tra­vail], mais ils ne se gênent pas eux, ils le font [ils nous filment par­tout]. Et donc tous les argu­ments… il fau­drait que je pré­sente ça à un élu. Il va me dire : « Vous n’y pen­sez pas mon vieux, nous fil­mer pen­dant qu’on est en train de tra­vailler, on ne va plus avoir d’in­ti­mi­té ». Et tous les argu­ments qu’il va me ren­voyer, je vais lui dire : « mais nous non plus, on n’a plus d’in­ti­mi­té puisque vous nous fil­mez par­tout. » Et donc les argu­ments qu’il va me ren­voyer je pour­rais lui ren­voyer [à mon tour], non ?

    - Le sou­ci de fil­mer, c’est qu’on n’est pas for­cé­ment au top tout le temps… ça peut être mon­té en épingle pour des brou­tilles. Il faut pas mettre en ligne, tu as rai­son mais par contre on pour­rait dire que :
    « les films sont consul­tables par les juges et par la chambre de contrôle des fonc­tion­naires, 200 citoyens tirés au sort pour un an, non renou­ve­lable. La chambre de contrôle des fonc­tion­naires qui peut ester en jus­tice – donc qui peut déclen­cher une action – et lan­cer un réfé­ren­dum. » Quand il y a un problème. 

    - …et qu’il y ait une confi­den­tia­li­té qui soit res­treinte à ces 200 personnes

    - Est-ce qu’on l’é­cri­rait ça ? « Sous contrainte de confidentialité »

    - Pour moi, ça aurait un effet per­vers de les sor­tir, un peu télé-réalité

    - « Sous contrainte de confi­den­tia­li­té » on va noter ça comme ça, comme tu l’as dit et puis si on trouve un meilleur nom on pour­ra le mettre autre­ment. Et j’a­vais écrit aussi :
    « Toute vidéo­sur­veillance des citoyens doit être sou­mise à réfé­ren­dum par les auto­ri­tés qui sou­haitent la mettre en place ». Donc ils ne pour­raient plus mettre des camé­ras par­tout sans nous deman­der notre avis.
    « et peut être inter­dit par réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive [citoyenne] »

    « Toute vidéo­sur­veillance doit être sou­mise à réfé­ren­dum » Donc, ils ne peuvent pas le faire sans l’ac­cord des gens au moins majo­ri­taire… ça veut dire que les mino­ri­taires… si ceux qui ne veulent pas de la surveillance…

    - Du coup, on parle de sur­veillance globale…

    - La sur­veillance dans les rues « Toute vidéo­sur­veillance » dans les maga­sins, partout

    - Les citoyens peuvent très bien par réfé­ren­dum déci­der qu’il y ait de moins en moins de camé­ras en fait. Ne plus sup­por­ter l’i­dée qu’on soit fil­mé de par­tout. De faire ça au départ mais avec le réfé­ren­dum fina­le­ment non

    - Comme ça ils peuvent chan­ger d’a­vis tu veux dire ?

    - Oui, fina­le­ment on pour­rait chan­ger d’avis

    - Donc comme le dit Yvan [Bachaud], et [l’as­so­cia­ton] Article 3, si on a le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire comme
    comme garde-fou quoi, on peut chan­ger d’a­vis et l’in­ter­dire [la vidéosurveillance]

    - Pour­quoi pas ne pas deman­der dès le départ si les gens veulent être fil­més nuit et jour ? 

    -Voi­là, regarde : « Toute vidéo­sur­veillance des citoyens doit être sou­mise à réfé­ren­dum » ça veut dire avant… « doit être sou­mise préalablement »
    Tous les vidéo sur­veillances… qui cor­res­pondent pas, doivent être détruites. On pour­rait dire ça, non ? Parce que qu’est-ce qu’on fait avec toutes les camé­ras qu’ils ont ins­tal­lés ? Faut les virer, non ?

    - Si on fai­sait comme ça, toutes les camé­ras fau­drait les pas­ser au référendum.

    - Mais à ton avis, c’est exa­gé­ré ou pas ? Parce qu’il y en a par­tout : il y en a sur les auto­route mais y en a dans les maga­sins, dans les rues…

    - non je ne trouve pas ça exa­gé­ré dans le sens où ça nous concerne, c’est notre vie : on en revient à l’in­ti­mi­té, ce que tu évo­quais tout à l’heure.

    - Donc on peut sou­mettre à réfé­ren­dum toutes les camé­ras. Et on leur donne com­bien ? On leur donne 6 mois… ? Il fau­drait leur don­ner un temps pour les démonter

    - Est-ce qu’il fau­drait faire par type d’é­ta­blis­se­ment ? il y a peut-être des éta­blis­se­ments plus… sen­sibles – je sais pas si c’est le mot – où cer­tains pour­raient trou­ver ça plus approprié

    - Donc on met­trait une exception ?

    - Je pense aux banques qui n’au­raient pas for­cé­ment le même régime… [rires] ok j’ou­blie cet exemple. Il y aurait peut-être pas le même régime dans les trans­ports que dans les maga­sins par exemple. Peut-être qu’il y a des gens qui sou­hai­te­raient que ça soit pas le même régime de surveillance.

    - Déjà dans la vie pri­vée je pense, chez soi, dans la voiture…

    - Ben oui ! Alors com­ment on va faire ? Tu as raison…

    Tu as un autre exemple que les banques des situa­tions dans les­quels on devrait accep­ter sans réfé­ren­dum la vidéo surveillance ?

    - Les commissariats

    [rires]

    - Parce que les com­mis­sa­riats ça ne sur­veille pas que les citoyens pour le coup, il peut y avoir une sur­veillance des deux. Qu’est-ce qu’il se passe dans un commissariat ?

    - Mais ça on l’a mis, le 1er para­graphe c’est « Tous les fonc­tion­naires sont fil­més dans l’exer­cice de leurs fonction »

    - Oui mais là c’est pas que des fonc­tion­naires, parce que dans un com­mis­sa­riat il y a aus­si des citoyens

    c’est quand même com­pli­qué la sur­veillance. Ils nous cassent les pieds à nous sur­veiller, à nous obli­ger d’i­ma­gi­ner… Parce que c’est quand même un crève-cœur d’être sur­veillé par les gou­ver­nants et que les gou­ver­nants eux-mêmes ne soient pas sur­veillés… j’ai envie d’é­crire un truc, quoi !
    Il n’est pas facile, cet article là

    - Après, quelle est l’u­ti­li­té de la sur­veillance ? Quel est le but de la sur­veillance ? Est-ce qu’on sur­veille les gens parce qu’on a envie de leur faire peur, et donc qu’ils soient plus sou­mis et qu’ils acceptent plus de choses, ou est-ce qu’on les sur­veille parce qu’on a peur des voleurs, etc. ? Quel est le but de cette surveillance ?

    - Je pense que les poli­ciers qui savent qu’ils sont fil­més ne se com­portent pas de la même façon que quand ils savent qu’ils ne sont pas fil­més. Mais nous aus­si… toi et moi.

    - On est fil­mé là par exemple

    [rires]

    - J’ou­blie un peu ça, peut-être que je déconne de l’ou­blier si on orga­nise des sur­veillances comme ça, on va oublier les camé­ras, ça va nous retom­ber sur le museau. Non, la sur­veillance c’est une…
    je suis content de bien­tôt mou­rir : le monde dans lequel ils vont tous se sur­veiller : c’est un truc de dingue ! »

    Réponse
    • majax

      La fin est terrible.

      Réponse
      • Aquablue03

        Suis d’ac­cord !La vidéo sur­veillance va dis­pa­raitre , Jacques Atta­li et sa folie gran­dis­sante sont entrain de nous pré­voir un puçage défiant toute concur­rence ! Une sorte de numé­ros uti­li­sés comme dans les camps de concentration !
        Je n’ai pas l’in­fo concer­nant la façon dont ils vont s’y prendre ! Ce que je sais , c’est que je n’ai pas mis au monde des enfants pour que d’autres illu­mi­nés me les mutilent !
        Un ate­lier consti­tuant comme celui-là s’ap­pelle  » refaire le monde » !
        C’est pas l’ moment d’ bais­ser les bras !

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  2. BlueMan

    Moi, c’est mar­rant, si j’a­vais par­ti­ci­pé à cette table ronde, j’au­rais dis :

    Pre­nons le pro­blème dans l’autre sens : inter­di­sons toute vidéo­sur­veillance à l’ex­cep­tion d’en­droits stra­té­giques bien spécifiques :

    - Les ins­ti­tu­tions et com­merces où des impé­ra­tifs de sécu­ri­té publique ou pri­vée s’im­posent : banques, ven­deurs de bijoux, com­merces sou­vent atta­qués, etc., avec une demande d’au­to­ri­sa­tion auprès d’une chambre natio­nale de citoyens dédiée à ce problème.
    – Les com­mis­sa­riats et les pri­sons pour des rai­sons du res­pect du droit et de la pro­tec­tion des citoyens contre les abus policiers.
    – Les cours des palais de jus­tice qui seront sys­té­ma­ti­que­ment fil­més et retrans­mis en direct sur le Net pour obte­nir une jus­tice plus sereine et parce-que celle-ci est ren­due au nom du peuple français.

    Réponse
    • Aquablue03

      Dans le détail , ne pas oublier la vidéo­sur­veillance des acteurs res­pon­sables du com­merce sou­ter­rain , com­merce qui semble ne jamais se faire atta­quer en appa­rence .…. mais qui ne peut en aucun cas venir se plaindre.… !
      Cepen­dant , c’est bien là que résident les motifs de déve­lop­pe­ment de ces réseaux de sur­veillance en surface !
      Bon dimanche

      Réponse
  3. Vincent F

    il manque la dif­fé­rence entre camé­ra en réseau et camé­ra lié à un enre­gis­treur local.
    Par exemple une camé­ra pour­rait être lié à un enre­gis­tre­ment et l’ enre­gis­tre­ment acces­sible uni­que­ment à le demande d’un juge. La véri­fi­ca­tion de la nature des camé­ras, pour ne pas qu’ il y ai fraude de la part des pou­voir publique. devra être du res­sort d’un comi­té de citoyen tiré au sort.

    Réponse
    • majax

      + Big Data ?

      Réponse
  4. annaelle

    Mer­ci à vous d’a­voir retrans­cris cet échange d’i­dée autour de la vidéo­sur­veillance aus­si appe­lée « vidéo­pro­tec­tion » lors­qu’il s’a­git du domaine public. De nom­breuses réflexions qui devraient effec­ti­ve­ment tous nous ame­ner à nous ques­tion­ner sur le réel bien-fon­dé de la vidéosurveillance.

    Réponse
  5. Carine Dhoye

    oui ate­lier consti­tuant et après, je dési­re­rai avoir l’a­vis et la pro­cé­dure de mon­sieur chouard, com­ment se faire entendre auprès des auto­ri­tés ? Bien mer­ci Mon­sieur Chouard

    Réponse
  6. yves leusch

    Il est un fait que « être fil­mé » met la pression.….et pas un peu. Un jour Macron nous disait : « Si vous n’a­vez rien à vous repro­cher, je ne vois pas le pro­blème ! » Woais ! Moi je dis : « mais que pour­ra-t-on nous repro­cher un jour ! ». De plus , si tout est contrô­lé, fil­mé, il n’y à plus d’é­chap­pa­toire, plus d’er­reur, plus d’oubli.…J’ai tra­vaillé dans des pri­sons et l’at­mo­sphère se déten­dait lorsque un indi­vi­du par­ve­nait à s’é­chap­per ! Pour­quoi ? Tout sim­ple­ment ce fait per­met­tait encore d’es­pé­rer ! Echap­per à la sur­veillance don­nait de l’espoir.

    Réponse

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