[L’alerte populaire que devrait provoquer le cas grec] Quatre raisons de ne pas payer la dette grecque au FMI : illégitime, odieuse, illégale et insoutenable ! par Renaud Vivien, CADTM

22/04/2017 | 0 commentaires

Ne ratez pas ça (le pillage et la dévas­ta­tion de LA GRÈCE servent de LABORATOIRE aux usu­riers pour mesu­rer notre incroyable tolé­rance aux tour­ments, et NOTRE TOUR ARRIVE, si on ne sort pas du piège : l’as­ser­vis­se­ment des peuples aux banques et aux mul­ti­na­tio­nales est dans le pro­gramme de l’UE maudite) :

Quatre raisons de ne pas payer la dette grecque au FMI

Pre­miè­re­ment, le ver­se­ment atten­du porte sur une dette lar­ge­ment ILLÉGITIME puisque seule­ment 5% des prêts octroyés en 2010 et en 2012 ont été affec­tés au bud­get grec. Les 95% res­tants ont ser­vi à payer les dettes déte­nues majo­ri­tai­re­ment par les banques pri­vées étran­gères et à reca­pi­ta­li­ser les banques grecques. Ces chiffres ne pro­viennent pas d’une orga­ni­sa­tion révo­lu­tion­naire mais d’une étude menée par le think tank néo-libé­ral alle­mand Euro­pean School of Mana­ge­ment and Tech­no­lo­gy. Il s’agit donc bien d’une opé­ra­tion de sau­ve­tage mais pas celle qui est pré­sen­tée dans le dis­cours offi­ciel. Les béné­fi­ciaires ne sont pas les citoyen-ne‑s grec-que‑s mais les banques, qui ont été inté­gra­le­ment rem­bour­sées avec l’argent public des contri­buables euro­péens via les prêts du FMI, des États et des ins­ti­tu­tions de l’UE. Cette opé­ra­tion de sau­ve­tage est donc illé­gi­time à fois pour la popu­la­tion grecque som­mée de payer au FMI (avec un taux d’intérêt de 3,6% !) la dette résul­tant de ces sau­ve­tages mais aus­si pour les autres peuples en Europe venus sau­ver une fois de plus les res­pon­sables de la crise finan­cière qui avaient spé­cu­lé sur la dette grecque. Dans son pre­mier rap­port, le Comi­té d’audit de la dette grecque mis sur pied par l’ex-présidente du Par­le­ment hel­lé­nique démon­trait que le « pro­blème grec » n’a pas pour ori­gine une ges­tion débri­dée des finances publiques mais bien une crise ban­caire qui a été col­ma­tée avec de fonds publics.

Deuxiè­me­ment, la dette récla­mée par le FMI est inté­gra­le­ment ODIEUSE. Selon la doc­trine juri­dique qui s’appuie sur des juris­pru­dences natio­nale et inter­na­tio­nale, une dette est qua­li­fiée d’« odieuse » lorsqu’elle réunit deux élé­ments : d’une part, l’absence de béné­fice pour la popu­la­tion de l’État qui la contracte et, d’autre part le fait que créan­ciers en étaient conscients |1|. Le rap­port du Bureau indé­pen­dant d’évaluation du FMI publié en juillet |2| prouve que la qua­li­fi­ca­tion de « dette odieuse » est par­fai­te­ment adap­tée au cas grec. En effet, la direc­tion du FMI savait dès 2010 que la dette était insou­te­nable et que le pro­gramme d’austérité impo­sé en contre­par­tie du prêt allait aggra­ver la situa­tion du pays.

Cette affir­ma­tion s’appuie sur le pro­cès-ver­bal de la réunion du Conseil exé­cu­tif du FMI du 9 mai 2010 au cours de laquelle s’est joué le sort de la Grèce. On y apprend que de nom­breux direc­teurs du FMI sou­le­vaient l’échec annon­cé du mémo­ran­dum. Pour le repré­sen­tant argen­tin : « Les dures leçons de nos propres crises pas­sées sont dif­fi­ciles à oublier. En 2001, des poli­tiques simi­laires ont été pro­po­sées par le Fonds en Argen­tine. Ses consé­quences catas­tro­phiques sont bien connues (…) Il est très pro­bable que la Grèce finisse plus mal en point. Les mesures d’ajustement recom­man­dées par le Fonds vont réduire le bien-être de sa popu­la­tion et la capa­ci­té réelle de rem­bour­se­ment de la Grèce après la mise en œuvre de ce pro­gramme ». Le repré­sen­tant de la Suisse ajoute : « un exa­men sérieux devrait être accor­dé à la restruc­tu­ra­tion de la dette comme moyen d’assurer la via­bi­li­té bud­gé­taire et de faire assu­mer une par­tie du far­deau de l’ajustement aux créan­ciers pri­vés ». Puis de poser la ques­tion-clé : « Pour­quoi la restruc­tu­ra­tion de la dette et la par­ti­ci­pa­tion du sec­teur pri­vé n’ont-elles pas été prises en consi­dé­ra­tion ? ». En effet, si le FMI avait appli­qué ses cri­tères habi­tuels en matière de sou­te­na­bi­li­té, il aurait impo­sé un allè­ge­ment de la dette grecque dès 2010. Pour­quoi ne l’a‑t-il pas fait ? Et pour­quoi est-il même allé jusqu’à chan­ger sou­dai­ne­ment ses règles pour pou­voir prê­ter à un État insolvable ?

La réponse fut don­née offi­ciel­le­ment trois ans plus tard dans un autre rap­port du FMI qui sou­ligne que l’ajournement de la restruc­tu­ra­tion de la dette a été mis à pro­fit par les banques pri­vées « pour réduire leur expo­si­tion et trans­fé­rer la dette aux ins­ti­tu­tions publiques |3| ». Comme l’ont décla­ré l’ex-représentant de la Grèce au FMI et un ex-conseiller éco­no­mique de Bar­ro­so audi­tion­nés au Par­le­ment grec par le Comi­té d’audit de la dette, le fran­çais Strauss-Kahn, qui occu­pait le poste de direc­teur du FMI, a déli­bé­ré­ment exclu en 2010 la restruc­tu­ra­tion de la dette afin de pro­té­ger les banques euro­péennes prin­ci­pa­le­ment fran­çaises et alle­mandes qui étaient les plus exposées.

La troi­sième rai­son pour inva­li­der la créance du FMI est qu’elle est tout bon­ne­ment ILLÉGALE. D’une part, les mesures impo­sées en échange du prêt bafouent la sou­ve­rai­ne­té de la Grèce et violent de nom­breuses conven­tions inter­na­tio­nales pro­té­geant les droits humains comme l’a sou­li­gné l’Expert de l’ONU sur la dette dans son rap­port sur la Grèce |4|. D’autre part, le gou­ver­ne­ment grec n’a pas voté l’accord de prêt de 2010 contrai­re­ment à ce que pré­voit la Constitution.

Illé­gi­time, odieuse, illé­gale, la dette grecque demeure éga­le­ment INSOUTENABLE, davan­tage encore qu’en 2010 du fait de l’imposition de trois memo­ran­da qui détruisent jour après jour l’économie et les condi­tions de vie de la popu­la­tion. Le poids de cette dette, qui empêche l’État de rem­plir ses obli­ga­tions en matière de droits fon­da­men­taux, s’alourdit méca­ni­que­ment au rythme de l’austérité et des pri­va­ti­sa­tions exi­gées par les créan­ciers entraî­nant un cercle vicieux dans lequel le gou­ver­ne­ment sol­li­cite de nou­veaux prêts pour payer des dettes croissantes.

Pour bri­ser ce cercle infer­nal et stop­per le crime, l’annulation incon­di­tion­nelle de la dette grecque s’impose. Ne nous y trom­pons pas : l’initiative ne vien­dra pas du FMI en dépit de ses rap­ports qui sou­lignent sa res­pon­sa­bi­li­té dans le marasme grec et de ses décla­ra­tion récentes en faveur d’un allè­ge­ment de la dette qui, sou­li­gnons le, ne concer­ne­rait pas ses créances et s’accompagnerait d’une nou­velle dose d’austérité. Elle ne vien­dra pas non plus de l’Eurogroupe dont les Ministres des finances se réunissent le 5 décembre. Inter­ro­gé par le dépu­té M. Van Hees, le Ministre belge des finances a répon­du « qu’une décote sur la dette nomi­nale était exclue » et que « le pro­ces­sus d’ajustement grec devait se pour­suive de manière iden­tique même après la période sous pro­gramme ».

Pen­ser qu’une solu­tion juste à la dette grecque est pos­sible dans le cadre actuel des négo­cia­tions revien­drait donc à croire au Père Noël.

Renaud Vivien, CADTM, décembre 2016.

Renaud Vivien est co-secré­taire géné­ral du CADTM Bel­gique ; www​.cadtm​.org et membre de la Com­mis­sion d’audit de la dette grecque

Source : CADTM, http://​www​.cadtm​.org/​Q​u​a​t​r​e​-​r​a​i​s​o​n​s​-​d​e​-​n​e​-​p​a​s​-​p​a​y​e​r​-la


Rap­pel du pro­gramme des USURIERS qui défendent l’UE (À LIRE ABSOLUMENT !!! c’est juste incroyable…) 

[À qui sert la prétendue « Union européenne »] Stathis KOUVELAKIS : Après la capitulation de SYRIZA… l’asservissement total du peuple grec (et bientôt le nôtre)

https://www.chouard.org/2016/08/05/a‑qui-sert-la-pretendue-union-europeenne-stathis-kouvelakis-apres-la-capitulation-de-syriza-lasservissement-total-du-peuple-grec/


[via les​-crises​.fr] L’assassinat de la Grèce, par James Petras

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​5​/​0​4​/​0​1​/​v​i​a​-​l​e​s​-​c​r​i​s​e​s​-​f​r​-​l​a​s​s​a​s​s​i​n​a​t​-​d​e​-​l​a​-​g​r​e​c​e​-​p​a​r​-​j​a​m​e​s​-​p​e​t​r​as/


Et ne ratez sur­tout pas 

l’explication lumineuse de la prétendue CRISE de la dette publique grecque par Myret Zaki :


IL FAUT sortir de l’UE, de l’€ et de l’OTAN,
c’est prioritaire, urgent et VITAL.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​1​7​2​6​7​8​7​6​2​317

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