Une constitution digne de ce nom (d’origine populaire) permettrait à un peuple digne de ce nom (composé de citoyens constituants) de s’opposer aux représentants qui veulent lui imposer la guerre

16/11/2015 | 49 commentaires

Une consti­tu­tion digne de ce nom (d’origine popu­laire) per­met­trait à un peuple digne de ce nom (des citoyens consti­tuants) de s’opposer — à tout moment, sou­ve­rai­ne­ment — aux repré­sen­tants qui veulent lui impo­ser la guerre.

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49 Commentaires

  1. etienne

    Res­tez bien concen­trés sur LA CAUSE de votre impuis­sance, je vous en prie, dans vos réflexions et dans vos commentaires.
    Ces­sons de nous dis­per­ser sur les (infi­nies) consé­quences de cette impuis­sance popu­laire première.
    • De quand date votre der­nier entraî­ne­ment à ins­ti­tuer vous-même votre puis­sance politique ?
    • Quel rythme, de votre côté, personnellement ?
    • Quelle conta­gion, à votre actif ?
    • Où en est votre action per­son­nelle quo­ti­dienne, sur le plan de l’en­traî­ne­ment constituant ?

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  2. binnemaya

    Manuel Valls COP21 que de la négo ?
    Je pense que notre sym­pa­thique GVT est entrain d’ap­pli­quer la théo­rie du choc a la méthode CIA/PINOCHET.
    Nous devons comme tu dis ampli­fier nos rela­tions et la dif­fu­sion du mes­sage car cà sent le plan pour­rit a plein nez genre :
    GVT d’u­nion natio­nale qui va s’y oppo­ser dans la concorde géné­rale sera anti france.…pourquoi faire des élec­tions vu que tous le monde est d’accord…la jus­tice en temps de guerre pas­sons etc…

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    • joss

      S’ils veulent un gou­ver­ne­ment d’u­nion natio­nale, ils ne peuvent qu’adhé­rer à la démo­cra­tie directe. Elle est la seule à pou­voir repré­sen­ter l’u­nion nationale.

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  3. nlesca

    conta­gion ? on fait ce qu’on peut, ce qui n’est pro­ba­ble­ment pas suffisant.
    Entrai­ne­ment ? j’ai plein d’i­dées, mais je ne sais pas bien qui a part moi adhère a mes trucs…

    Par contre je suis éton­né de trou­ver sou­vent autours de moi des gens qui sont en fait déjà conta­mi­nés, qui connaissent le taf d’Étienne, des gens dont l’ap­pa­rence et le pro­fil ne per­met­tait pas de repé­rer au pre­mier coup d’œil le coté démo­crate. La semaine der­nière j’ai décou­vert qu’une mère de famille musul­mane avec qui je bosse connais Etienne et adhère au pro­jet. J’ai trou­vé ça encou­ra­geant… c’est pas for­cé­ment elle qui vien­dra com­men­ter dans les post ou que l’on croi­se­ra dans les ate­liers… mais elle est conta et elle attend de pied ferme de pou­voir voter ses lois, ça fait plaisir.

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  4. annostt

    A voir :
    Men­songe, guerre et vidéo

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  5. etienne

    À qui la faute ?
    Par Jacques-Fran­çois Bonaldi
    http://www.les-crises.fr/a‑qui-la-faute-par-jacques-francois-bonaldi/

    « Qui, en France, au sein de la classe poli­tique, de ce qu’on appelle main­te­nant d’un terme qui ne veut rien dire : la socié­té civile, au sein des mou­ve­ments orga­ni­sés (syn­di­cats, par­tis, etc.) a, depuis main­te­nant cinq ans, cinq ter­ribles et longues années, « com­pa­ti » à la dou­leur des Syriens, qui vivent au quo­ti­dien l’effroi, l’horreur, la bar­ba­rie… Leur pré­sident, que les poli­ti­ciens fran­çais vouent d’un bel unis­son aux gémo­nies, vient, devant des dépu­tés fran­çais, de pro­non­cer une phrase que tout le monde, si les œillères n’empêchaient pas de voir, devrait accep­ter comme une véri­té dou­lou­reu­se­ment exacte : ‘Paris a connu ce que nous, les Syriens, nous vivons depuis cinq ans’ ! » […]

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  6. Anno Nymous

    Bon­jour à tous,

    Je voul­lais juste pré­ve­nir que la stra­te­gie d’etre bor­de­lique dans pour ne pas pou­voir tuer le mou­ve­ment dans l’oeuf, ne tiens pas selon moi, en tous les cas tel que l’on s’or­ga­nise actuellement.

    En effet, les pou­voirs ont accès à qui consulte quel conte­nu tant que nous ne pre­nons pas un mini­mum de pré­cau­tions. En pra­tique, l’é­ta­blis­se­ment d’une liste des défen­seurs de l’i­dée de l’é­cri­ture citoyenne d’une consti­tu­tion (ou d’un autre mou­ve­ment sur inter­net) est tri­viale pour les pou­voir type NSA, il leur suf­fit de regar­der qui a consul­té de manière consis­tante les conte­nus qui y sont rela­tif (ce blog, les vidéos d’E­tienne, lemes​sage​.org, les citoyens consti­tuants, et divers autres site). Et en pra­tique je suis sûr qu’au­cun défen­seur de l’i­dée n’é­chappe aujourd’­hui à une telle liste, ou presque. Il serait donc tout aus­si facile de tuer le mou­ve­ment dans l’oeuf (et c’est vrai pour n’im­porte quel autre mouvement).

    Une solu­tion tech­nique qui pour­rait poten­tiel­le­ment nous pro­té­ger de cela est l’u­ti­li­sa­tion de Tor. Per­son­nel­le­ment, j’ai déci­dé à par­tir d’au­jourd’­hui de ne plus consul­ter de conte­nu poli­tique que via le tor­brow­ser (duquel j’é­cris ce com­men­taire), même s’il est sur­ement déjà trop tard pour moi, du fait de mes acti­vi­tés pas­sées sur le net.

    Je conseille à tout le monde, par pré­cau­tion, d’u­ti­li­ser le tor­brow­ser pour se pro­té­ger son ano­ny­mat lors de la consul­ta­tion de conte­nu poli­tique, et éga­le­ment d’u­ti­li­ser du logi­ciel libre. Si vous uti­li­sez Win­dows ou Mac toutes vos actions sont pis­tées à la source (sur­tout avec Win­dows 10), et toute autre mesure prise par des­sus est poten­tiel­le­ment vaine.

    Au pas­sage, je ne sais pas jus­qu’à quel point la sécu­ri­té des dis­si­dents, pour­raient être mena­cée dans le futur en France, et dans quelle mesure ça peut être de la pure para­noïa. Mais, étant don­né que l’on semble ren­trer dans une phase un peu plus dan­ge­reuse, en terme de sécu­ri­té autant prendre des précautions.

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    • Ronald

      Je pense que prendre le che­min de la clan­des­ti­ni­té est peine per­due. Qu’est-ce qu’on va ten­ter ? De faire une course au secret avec la NSA ? On ne sera jamais gagnant sur ce plan-là. Il faut dès lors comp­ter que tout ce que l’on fait où dit est public à tout moment (en pra­tique c’est lar­ge­ment le cas). Il faut jouer sur la pos­si­bi­li­té de tou­cher le maxi­mum de gens, et en même temps évi­ter de faire ou dire quelque chose de poten­tiel­le­ment répré­hen­sible. Alors, évi­dem­ment, je sais bien que s’Ils veulent vrai­ment mettre des gens hors d’é­tat de nuire, Ils ne vont pas s’en­com­brer de for­ma­li­tés. Plu­sieurs poli­ti­ciens ont déjà pro­po­sé ces der­niers jours d’as­si­gner à rési­dence toutes les per­sonnes iden­ti­fiées comme >radi­ca­li­sées< (Etienne en fait peut-être par­tie). Mais je pense qu’il sera tou­jours plus dif­fi­cile d’é­touf­fer un mou­ve­ment en pleine lumière qu’un mou­ve­ment souterrain.

      Réponse
      • Anno Nymous

        En fait je penses que l’i­déal n’est pas d’a­voir un mou­ve­ment sou­te­rain, mais d’a­voir les deux composantes. 

        C’est à dire qu’il y a une com­po­sante de gens qui sont publique et qui assume des actions publique et c’est très bien. (à cha­cun de juger s’il y a un risu­qe, si oui lequel, et s’il est pret à la prendre, il y a à cela c’est extre­me­ment dif­fi­cile à dire de manière objective).

        Mais à coté il y actuel­le­ment, comme dans tout mou­ve­ment, toute une caté­go­rie de gens, pour qui déja aujourd’­hui les seules actions notables on été de regar­der beu­coup de conte­nu, d’etre convain­cu et d’en par­ler en pri­vé avec leur amis. Et il me par­rait très dom­mage que ceux-ci soient sur liste, car c’est non-néces­se­caire, et que poten­tiel­le­ment le mou­ve­ment serait moins faci­le­ment contro­lable avec les deux com­po­santes présentes.

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  7. binnemaya

    tota­le­ment d’ac­cord il faut en plus rajou­ter le cryp­tage de ce emails.
    Par contre TOR pose un PB tout bète mais usant c’est le ralen­tis­se­ment du web qu’il génère

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  8. barbe

    bon­jour
    pour­quoi ne pas défi­nir le ter­ro­risme, dans un esprit de paci­fisme radi­cal visible dans la cla­meur de Etienne, comme toute démarche vio­lente ou non qui vise à for­cer des gens à prendre posi­tion (sur un ter­rain qui leur est étran­ger)? Sartre, en ce sens, serait un ter­ro­riste, et l’as­su­me­rait je pense.
    Naguère, quand on était encore en répu­blique, pour ne pas même par­ler de la démo­cra­tie, on aurait été démis­sion­né pour le prin­cipe ? Ah, à moins que le ter­ro­risme per­mette de ne pas impu­ter les res­pon­sa­bi­li­tés ? Il serait une forme de plus à ajou­ter à l’é­thique de la pro­vo­ca­tion, qui a rem­pla­cé, dans la vie publique, l’é­thique de la responsabilité…

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  9. Gaudefroy

    L’antiterrorisme (modu­la­tion de la stra­té­gie du choc ?) n’est pas une forme de répres­sion judi­ciaire, mais un mode de gouvernement.

    https://​lun​di​.am/​Q​u​a​t​r​e​-​t​h​e​s​e​s​-​p​o​u​r​-​u​n​e​-​n​e​u​t​r​a​l​i​s​a​t​i​o​n​-​p​r​e​v​e​n​t​i​v​e​-​d​e​-​l​-​a​n​t​i​t​e​r​r​o​r​i​sme

    Un exemple très éclai­rant de l’u­ti­li­sa­tion de l’an­ti­ter­ro­risme par le FBI contre le mou­ve­ment Eco­lo­gique radi­cal Earth Libe­ra­tion Front, avec une indic qui confine à la sociopathie.

    https://​lun​di​.am/​R​e​t​o​u​r​-​d​e​-​f​l​a​m​mes

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  10. Gaudefroy

    Par­don­nez-moi, encore un copier-col­ler, mais qui me paraît cen­tral au niveau argumentaire :

     » L’agression mon­dia­liste dont sont vic­times les peuples de Syrie, d’Irak, du Yemen, d’Ukraine, concerne donc l’ensemble des popu­la­tions du globe. Il s’agit d’un sys­tème idéo­lo­gique d’oppression nou­veau, qui a sub­ver­ti les anciens concepts de guerre et de crime de guerre, d’État et de liber­té des peuples, pour impo­ser, avec ses armes de des­truc­tion mas­sive dont il conserve jalou­se­ment le mono­pole, un ter­ro­risme intel­lec­tuel fait de notions telles que le ter­ro­risme et le crime contre l’humanité. Ces deux notions relèvent assu­ré­ment de la même strate para­site qui vise la domi­na­tion mon­diale par le chaos.  » (Damien Viguier, avocat)

    http://​www​.ega​li​tee​tre​con​ci​lia​tion​.fr/​C​r​i​m​e​-​c​o​n​t​r​e​-​l​-​h​u​m​a​n​i​t​e​-​t​e​r​r​o​r​i​s​m​e​-​e​t​-​m​u​t​a​t​i​o​n​-​d​u​-​d​r​o​i​t​-​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​-​3​5​5​6​4​.​h​tml

    « Nous vou­drions en savoir plus sur ce concept de légi­time défense qui pré­voit des frappes aériennes réa­li­sées contre un Etat qui n’a­gresse per­sonne, sans avoir obte­nu l’ac­cord de cet Etat, ain­si que sur sa confor­mi­té au droit inter­na­tio­nal », a écrit la porte-parole de la diplo­ma­tie russe sur sa page Facebook.

    « Sur quels fon­de­ments agis­sez-vous sur le ter­ri­toire d’un Etat sou­ve­rain en contour­nant son gou­ver­ne­ment légi­time, qui ne sou­tient pas ce même Etat isla­mique et qui le com­bat sans relâche ? », s’interroge M.Zakharova.

    Selon elle, les frappes fran­çaises en Syrie peuvent être consi­dé­rées comme la « des­truc­tion du droit inter­na­tio­nal au vu et au su de la com­mu­nau­té internationale ». 

    http://​fr​.sput​nik​news​.com/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​2​0​1​5​0​9​2​8​/​1​0​1​8​4​4​3​0​6​4​/​s​y​r​i​e​-​f​r​a​n​c​e​-​f​r​a​p​p​e​s​-​r​u​s​s​i​e​.​h​tml

    (Hélas la Rus­sie semble tout récem­ment être en train d’a­ban­don­ner son com­bat tous azi­muths sur la défense west­pha­lienne des souverainetés.)

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  11. etienne

    Des vic­times sans valeur : les quatre mil­lions de musul­mans tués dans les guerres occi­den­tales depuis 1990
    http://​www​.les​-crises​.fr/​q​u​a​t​r​e​-​m​i​l​l​i​o​n​s​-​d​e​-​m​u​s​u​l​m​a​n​s​-​t​u​e​s​-​d​a​n​s​-​l​e​s​-​g​u​e​r​r​e​s​-​o​c​c​i​d​e​n​t​a​l​e​s​-​d​e​p​u​i​s​-​1​990

    Intro­duc­tion d’Oli­vier Ber­ruyer au texte de Nafeez Ahmed :

    « Papier fon­da­men­tal de Nafeez Ahmed, publié en avril dernier.

    Rap­pe­lons que Nafeez Ahmed, est un poli­to­logue bri­tan­nique et jour­na­liste d’investigation, qui tra­vaille avec la BBC et le Guar­dian. Il est le direc­teur de l’Institute for Poli­cy Research and Deve­lop­ment de Brigh­ton, et enseigne à l’université du Sus­sex. Il a été nomi­né en 2003 pour le prix Napo­li, équi­valent du Gon­court français.

    “Pour­quoi nous détestent-ils autant ?” Eh bien pour ça, 4 mil­lions de morts envi­ron – bien plus que pour 10 lignes dans un livre même saint…

    • 1ère Guerre du golfe (1991) : 200 000 morts en Irak
    • Sanc­tions bru­tales contre l’Irak (1993−2001) : 1 700 000 morts en Irak
    • “Guerre contre le ter­ro­risme” (2001−2014) : 1 300 000 morts :
    – 1 000 000 de morts en Irak,
    – 220 000 en Afgha­nis­tan (esti­ma­tion basse, d’autres sont bien plus importantes),
    – 80 000 au Pakistan ;
    – Yémen et autres pays non étudiés.

    Et si on essayait la fra­ter­ni­té, main­te­nant qu’on res­sent ce que ça fait des morts inno­cents ?»

    Le texte de Nafeez Ahmed :
    http://​www​.les​-crises​.fr/​q​u​a​t​r​e​-​m​i​l​l​i​o​n​s​-​d​e​-​m​u​s​u​l​m​a​n​s​-​t​u​e​s​-​d​a​n​s​-​l​e​s​-​g​u​e​r​r​e​s​-​o​c​c​i​d​e​n​t​a​l​e​s​-​d​e​p​u​i​s​-​1​990

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    • nlesca

      D’une part, d’autre part qui a don­né du blé aux tali­bans au départ ? Qui bos­sait avec Ben Laden ?

      Ils ont créé un monstre, l’ont nour­ri, s’en sont ser­vi pour pré­tex­ter leur guerres néo colo­niales . Encore très récem­ment ils aimaient bien leur monstre, sen­sé faire du « bon bou­lot »…Mais la le monstre est deve­nu plus gros, il s’at­taque aux enfants et aux vielles dames et sa peau épaisse le rend dif­fi­cile à piquer.

      Ces abru­tis-sor­ciers nous ont mis dedans et on et pas sor­tis de l’auberge.

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      • joss

        On pour­rait dire pareil pour le nucléaire. Ils jouent aux appren­tis sor­ciers, tant qu’il y a du pro­fit ! Et les pots cas­sés c’est tou­jours pour les mêmes.

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  12. binnemaya

    Cer­tains me trai­te­rons de com­plo­tiste que je ne suis pour­tant pas, je suis juste quel­qu’un d’insignifiant qui se pose des ques­tions significatives :
    Comme en 2001 on apprend mais cela reste a confir­mer que les ser­vices secrets algé­rien ont pré­ve­nu les nôtres de l’imminence d’at­ten­tats sur paris dans une salle de spec­tacle avec en prime une per­sonne iden­ti­fier, qui bien sur l’on igno­rer ce qui pose des ques­tions dont nous devrions récla­mer les réponses ?
    La voix qui a reven­di­quer les attaques iden­ti­fié comme étant celle de fabien clain de tou­louse avait déjà mena­cé de s’en prendre au bata­clan bien avant ?
    Pour c’est comme si on me repro­je­tai en 2001 avec les mêmes interrogations.

    Réponse
  13. binnemaya

    pen­ser avant d’a­gir n’a jamais tué personne :

    « La pire séduc­tion du mal, c’est la pro­vo­ca­tion au com­bat » (Kaf­ka)

    Réponse
  14. binnemaya

    voi­ci l’extrait d’un texte d’Ho­ward Zinn qui me semble par­ti­cu­liè­re­ment bien résu­mer l’o­ri­gine du mal : 

    « La déso­béis­sance civile n’est pas notre pro­blème. Notre pro­blème c’est l’o­béis­sance civile. Notre pro­blème, ce sont les gens qui obéissent aux dik­tats impo­sés par les diri­geants de leurs gou­ver­ne­ments et qui ont donc sou­te­nu des guerres. Des mil­lions de per­sonnes ont été tuées à cause de cette obéis­sance. Notre pro­blème, c’est l’o­béis­sance des gens quand la pau­vre­té, la famine, la stu­pi­di­té, la guerre et la cruau­té ravagent le monde. Notre pro­blème, c’est que les gens soient obéis­sants alors que les pri­sons sont pleines de petits voleurs et que les plus grands ban­dits sont à la tête du pays. C’est ça notre problème ».

    Réponse
  15. gilles

    Com­ment l’é­lite néo-conser­va­trice amé­ri­caine agit pour entraî­ner l’é­lite fran­çaise dans ses guerres en neu­tra­li­sant son indé­pen­dance éco­no­mique, poli­tique et géo-stra­té­gique, un exemple : la vente d’Al­stom. Par Eric Dené­cé et Jean-Michel Qua­tre­point qui reviennent sur la vente d’Al­stom à Gene­ral Elec­tric ain­si que les enjeux de guerre éco­no­mique qui la sous-tend. Les diri­geants poli­tiques socia­listes ou conser­va­teurs obéissent au patro­nat des entre­prises situées dans le pays et si le patro­nat par son action­na­riat est étran­ger, fata­le­ment, ces diri­geants poli­tiques sont obli­gés de faire une poli­tique favo­rables aux inté­rêts étran­gers en oubliant les inté­rêts des sala­riés fran­çais et l’in­té­rêt de la France. 

    https://​you​tu​.be/​8​8​c​Z​e​s​t​F​j9c

    Réponse
  16. Jean

    Je vou­drais signa­ler- pour ceux qui peuvent pen­ser que la guerre est néces­saire pour assu­rer notre sécu­ri­té- le miracle incroyable
    du pays suisse dans ce domaine, qui a réus­sit dans les deux guerres mon­diales réunies, en refu­sant en bloc la guerre, à essuyer moins de 100 pertes humaines, mal­gré son empla­ce­ment géo­gra­phique stra­té­gique peu avan­ta­geux, et la puis­sance limi­tée du pays du fait de sa petite taille.

    https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​H​i​s​t​o​i​r​e​_​d​e​_​l​a​_​S​u​i​s​s​e​_​p​e​n​d​a​n​t​_​l​a​_​S​e​c​o​n​d​e​_​G​u​e​r​r​e​_​m​o​n​d​i​ale
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Suisse_pendant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale
    https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​P​e​r​t​e​s​_​h​u​m​a​i​n​e​s​_​p​e​n​d​a​n​t​_​l​a​_​S​e​c​o​n​d​e​_​G​u​e​r​r​e​_​m​o​n​d​i​ale
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pertes_humaines_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale

    La suisse semble aus­si assez lar­ge­ment avoir été épar­gnée par les atten­tats meur­tiés depuis un sciècle.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27attentats_meurtriers#XIXe_si.C3.A8cle

    Ca me parait assez notable pour le rappeler.

    Réponse
  17. binnemaya
  18. Gaudefroy

    L’op­po­si­tion en peau de lapin, anti-impé­ria­liste pour de rire, appe­lée NPA sou­tient le com­bat  » anti­fa  » (tra­dui­sez ici néo­con­ser­va­teur) d’Or­nel­la Guyet. Saluons leur luci­di­té et leur rigueur intel­lec­tuelle par un amer ricanement.

    http://​tant​quille​fau​dra​.org/​d​e​b​a​t​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​m​i​c​h​e​l​-​c​o​l​l​o​n​-​u​n​-​m​i​l​i​t​a​n​t​-​d​e​-​l​a​-​347

    Confu​sion​nisme​.info, une bonne source d’in­fos à l’en­vers. Exemple : décou­vrez une vraie jour­na­liste en la per­sonne de Dia­na Jonhstone 

    http://​confu​sion​nisme​.info/​2​0​1​5​/​1​0​/​2​9​/​j​e​a​n​-​b​r​i​c​m​o​n​t​-​e​t​-​d​i​a​n​a​-​j​o​h​n​s​t​o​n​e​-​a​-​l​a​-​l​i​b​r​a​i​r​i​e​-​r​e​s​i​s​t​a​n​c​es/

    Une France vrai­ment laïque, ce serait une bonne idée. Quelle régres­sion depuis 40 ans où le waha­bisme et le sio­nisme sont deve­nus le nou­veau mar­xisme des dam­nés de la terre. D’ailleurs dans ce conflit, les pauvres citoyens occi­den­taux non confes­sion­na­li­sés n’existent même plus, ils crèvent dans le silence et dans la honte.

    http://​www​.ega​li​tee​tre​con​ci​lia​tion​.fr/​L​a​-​t​r​a​g​e​d​i​e​-​p​e​u​t​-​e​l​l​e​-​a​p​p​o​r​t​e​r​-​l​e​-​c​h​a​n​g​e​m​e​n​t​-​3​6​1​8​4​.​h​tml

     » J’ac­cuse  » de Michel Col­lon va tout de même beau­coup plus loin que le déplu­mé Houel­le­becque. Quand donc le peuple Fran­çais se soulèvera ?

    http://​www​.michel​col​lon​.info/​T​e​r​r​o​r​i​s​m​e​-​M​i​c​h​e​l​-​C​o​l​l​o​n​-​a​c​c​u​s​e​-​e​t​.​h​t​m​l​?​l​a​n​g​=fr

    Réponse
  19. etienne

    Des anciens pilotes de drones se disent « hor­ri­fiés » par la cruau­té des pro­grammes d’assassinat. (The Intercept)

    « Les pilotes de drones sont en train d’infliger de lourdes pertes civiles et ont déve­lop­pé une culture ins­ti­tu­tion­nelle insen­sible à la mort d’enfants et d’autres inno­cents, ont décla­ré quatre anciens pilotes lors d’une confé­rence de presse aujourd’hui à New York. […] »

    http://​www​.legrand​soir​.info/​d​e​s​-​a​n​c​i​e​n​s​-​p​i​l​o​t​e​s​-​d​e​-​d​r​o​n​e​s​-​s​e​-​d​i​s​e​n​t​-​h​o​r​r​i​f​i​e​s​-​p​a​r​-​l​a​-​c​r​u​a​u​t​e​-​d​e​s​-​p​r​o​g​r​a​m​m​e​s​-​d​-​a​s​s​a​s​s​i​n​a​t​-​t​h​e​-​i​n​t​e​r​c​e​p​t​.​h​tml

    Les meurtres, qui font par­tie du pro­gramme d’assassinat ciblé de l’administration Oba­ma, aident le recru­te­ment de ter­ro­ristes et sapent ain­si l’objectif du pro­gramme qui consiste à éli­mi­ner ces com­bat­tants, ont-ils ajou­té. Les pilotes se réfèrent aux enfants comme des « ter­ro­ristes minia­tures » et com­parent leur assas­si­nat à « cou­per l’herbe avant qu’elle pousse trop haut », a décla­ré l’un des pilotes, Michael Haas, ancien offi­cier supé­rieur de l’Armée de l’Air. Haas a éga­le­ment décrit l’usage lar­ge­ment répan­du de drogues et d’alcool, en pré­ci­sant que cer­tains pilotes avaient effec­tué des mis­sions sous leur emprise.

    En plus de Haas, les autres pilotes sont l’ancien ser­gent-major de la Force aérienne, Bran­don Bryant ain­si que les anciens pilotes Cian West­mo­re­land et Ste­phen Lewis. Ces hommes ont effec­tué des mis­sions d’assassinat sur un grand nombre des prin­ci­paux théâtres de la guerre post-11/9 contre le ter­ro­risme, dont l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan.

    « Nous avons été témoins directs des abus », a décla­ré Bryant, « et nous sommes hor­ri­fiés. »

    Un porte-parole de l’Armée de l’Air n’a pas abor­dé les allé­ga­tions pré­cises, mais a écrit dans un cour­riel que « les exi­gences aux­quelles les pilotes [de drone] sont sou­mis sont énormes. Une grande par­tie des efforts sont déployés pour appor­ter un sou­la­ge­ment, de sta­bi­li­ser la force, et de main­te­nir une capa­ci­té de com­bat… Les pilotes sont tenus de res­pec­ter les normes de com­por­te­ment éta­blies. Un com­por­te­ment jugé incom­pa­tible avec les valeurs fon­da­men­tales de la Force aérienne est exa­mi­né de manière appro­priée et, si néces­saire, des mesures dis­ci­pli­naires sont prises ».

    Au-delà de la confé­rence de presse, le groupe a éga­le­ment dénon­cé hier le pro­gramme dans une inter­view au quo­ti­dien The Guar­dian et dans une lettre ouverte adres­sée au pré­sident Obama.

    Lors de la confé­rence de presse, M. Bryant a décla­ré que le meurtre de civils par drones exa­cerbe le ter­ro­risme. « Nous en tuons quatre et en créons 10 [mili­tants], » a décla­ré M. Bryant. « Si vous tuez un père, un oncle ou un frère qui n’a rien à voir avec quoi que ce soit, leurs familles vont vou­loir se ven­ger. »

    L’administration Oba­ma a fait de grands efforts pour gar­der secret les détails du pro­gramme de drones, mais dans leurs décla­ra­tions aujourd’hui les anciens pilotes ont révé­lé la culture qui s’est déve­lop­pé entre les res­pon­sables de sa mise en œuvre. Haas a dit que les pilotes deviennent accul­tu­rés au point de nier l’humanité des per­sonnes visées sur leurs écrans. « Il y avait un très grand déta­che­ment quant à qui étaient ces per­sonnes que nous avions dans notre ligne de mire, » a‑t-il dit. « Ouvrir le feu était gran­de­ment salué et encou­ra­gé »

    La morts d’enfants et d’autres non-com­bat­tants lors des frappes a été ratio­na­li­sée par de nom­breux pilotes de drones, a dit Haas. En tant qu’instructeur de vol, Haas a affir­mé avoir été offi­cieu­se­ment répri­man­dé par ses supé­rieurs pour avoir reca­lé un étu­diant qui avait expri­mé sa « soif de sang, » et une envie irré­sis­tible de tuer.

    Haas a éga­le­ment décrit l’usage répan­du d’alcool et de drogues chez les pilotes de drones. Les pilotes de drones, a‑t-il dit, étaient sou­vent ivres et uti­li­saient des sels de bain et de la mari­jua­na syn­thé­tique pour échap­per aux dépis­tages éven­tuels et dans une ten­ta­tive de « chan­ger la réa­li­té et d’essayer d’imaginer être ailleurs. » Haas a dit qu’il connais­sait au moins une demi-dou­zaine de per­sonnes dans son uni­té qui uti­li­saient des sels de bain et que l’usage de drogues avait « com­pro­mis leurs facul­tés » au cours des missions.

    Le pro­gramme d’assassinat de l’administration Oba­ma a fait l’objet d’un exa­men accru au cours des der­niers mois. Au mois d’octobre der­nier, The Inter­cept a publié un lot de docu­ments clas­si­fiés, trans­mis par un lan­ceur d’alertes du gou­ver­ne­ment, qui montre com­ment le pro­gramme a tué des gens sur la base de ren­sei­gne­ments non fiables, que la grande majo­ri­té des per­sonnes tuées dans la cam­pagne d’Afghanistan, qui dure depuis des années, n’étaient pas les cibles visées et que l’armée a clas­sé par défaut les per­sonnes tuées par erreur non comme des civils mais comme des ennemis.

    Les pilotes ont dit qu’ils se sen­taient encore plus en devoir de par­ler au len­de­main des atten­tats ter­ro­ristes meur­triers à Paris la semaine der­nière ; ils croient que les assas­si­nats par drones ont ali­men­té la mon­tée du groupe extré­miste l’Etat isla­mique qui a reven­di­qué la res­pon­sa­bi­li­té des attaques.

    West­mo­re­land a décla­ré à pro­pos des drones : « A court terme, ils sont effi­caces pour tuer des gens, mais à long terme, ils ne le sont pas. Il y a des gamins de 15 ans qui ont gran­di sans avoir connu une seule jour­née sans vols de drones au-des­sus de leurs têtes, mais vous avez aus­si ceux qui vivent à l’étranger et qui regardent ce qui se passe dans leur pays d’origine et qui voient régu­liè­re­ment les vio­la­tions qui s’y déroulent, et ça c’est quelque chose qui peut les radi­ca­li­ser ».

    Dans leur lettre ouverte à Oba­ma, les anciens pilotes de drones ont expri­mé un point de vue simi­laire, en écri­vant que pen­dant leur ser­vice, ils « ont fini par réa­li­ser que l’assassinat de civils inno­cents ne fai­sait qu’alimenter les sen­ti­ments de haine qui sont à l’origine du ter­ro­risme et des groupes comme l’EI, » et en décri­vant plus loin le pro­gramme comme « une des forces motrices les plus dévas­ta­trices du ter­ro­risme et de désta­bi­li­sa­tion dans le monde entier. »

    Lors de la confé­rence de presse, les pilotes ont expri­mé ces sen­ti­ments. « Il semble que nos actions ces der­niers temps n’ont fait qu’aggraver le pro­blème… Les drones sont effi­caces pour tuer des gens, mais pas pour tuer les bons », a décla­ré M. Bryant. « Avons-nous per­du notre huma­ni­té dans notre pour­suite de ven­geance et de sécu­ri­té ? »

    Mur­ta­za Hussain

    Tra­duc­tion « sommes-nous réel­le­ment conscients de ce que nous fai­sons ailleurs ? » par VD pour le Grand Soir avec pro­ba­ble­ment toutes les fautes et coquilles habituelles.

    Source : http://​www​.legrand​soir​.info/​d​e​s​-​a​n​c​i​e​n​s​-​p​i​l​o​t​e​s​-​d​e​-​d​r​o​n​e​s​-​s​e​-​d​i​s​e​n​t​-​h​o​r​r​i​f​i​e​s​-​p​a​r​-​l​a​-​c​r​u​a​u​t​e​-​d​e​s​-​p​r​o​g​r​a​m​m​e​s​-​d​-​a​s​s​a​s​s​i​n​a​t​-​t​h​e​-​i​n​t​e​r​c​e​p​t​.​h​tml

    Réponse
  20. etienne

    Va-t-en-guerre

    http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​v​a​-​t​-​e​n​-​g​u​e​rre

    Il est peut-être temps de prendre suf­fi­sam­ment de recul pour admi­rer le génie de la stra­té­gie anti­ter­ro­riste occi­den­tale, évi­dem­ment mar­quée par sa grande cohé­rence stra­té­gique et tactique.

    1) Com­battre les assas­si­nats aveugles et les tirs contre des civils par des assas­si­nats aveugles et des tirs contre des civils ;

    2) Com­battre les atteintes aux droits démo­cra­tiques et aux liber­tés publiques par des atteintes aux droits démo­cra­tiques et aux liber­tés publiques ;

    3) Com­battre les ten­ta­tives des dji­ha­distes de pro­mou­voir une vision de deux camps oppo­sés et irré­con­ci­liables – l’Is­lam, d’un côté, et l’Oc­ci­dent, de l’autre – en fai­sant la pro­mo­tion d’une vision qui pré­sente deux camps oppo­sés et irré­con­ci­liables – en l’oc­cur­rence l’Is­lam et l’Occident ;

    4) Com­battre le dis­cours des dji­ha­distes sur l’is­la­mo­pho­bie mala­dive de l’Oc­ci­dent en nour­ris­sant l’is­la­mo­pho­bie mala­dive en Occident ;

    5) Com­battre la pro­pa­ga­tion d’une forme réac­tion­naire de l’is­lam poli­tique en fai­sant affaire et en éta­blis­sant des alliances poli­tiques avec les États les plus inves­tis dans la pro­pa­ga­tion de la forme la plus réac­tion­naire de l’is­lam politique ;

    6) Com­battre l’i­dée que les pou­voirs occi­den­taux agissent dans leur seul inté­rêt et de manière néo­co­lo­niale lors­qu’ils sou­tiennent les États les plus auto­ri­taires et les plus cor­rom­pus, en sou­te­nant les États les plus auto­ri­taires et les plus cor­rom­pus de manière néo­co­lo­niale et dans le seul inté­rêt des pou­voirs occidentaux ;

    7) Com­battre le fait que Daesh se pré­sente comme un véri­table État en guerre contre les pays occi­den­taux, en décla­rant que les pays occi­den­taux sont en guerre contre l’É­tat islamique ;

    8) Com­battre la pro­pa­gande de Daesh qui veut que l’Occident soit le lieu d’une déca­dence sans âme et vaine, seule­ment mar­qué par son atta­che­ment aux pra­tiques hédo­nistes, en met­tant en avant des pra­tiques hédo­nistes en tant que carac­té­ris­tiques déter­mi­nantes pour dis­tin­guer l’Occident de Daesh ;

    9) Com­battre le fait que les dji­ha­distes pré­tendent que les cou­rants isla­mistes réfor­mistes sont naïfs de croire qu’ils pour­ront prendre le pou­voir par le biais des élec­tions, en sou­te­nant un coup d’État contre un pré­sident isla­miste réfor­miste arri­vé au pou­voir par le biais d’élections démocratiques ;

    10) Com­battre le pré­ten­du anti­sio­nisme des isla­mistes radi­caux qui se nour­rit de l’argument qui veut que l’Occident main­tien­drait deux poids, deux mesures à l’égard d’Israël, qui se voit doté d’argent et d’armes quel que soit le sort des Pales­ti­niens, en main­te­nant deux poids, deux mesures à l’égard d’Israël, qui se voit doté d’argent et d’armes quel que soit le sort des Palestiniens.

     

    Les choses ain­si posées, com­ment pour­raient-elles mal tourner ?

     

    Sebas­tian Bud­gen est édi­teur chez Ver­so (Londres). Il est éga­le­ment membre fon­da­teur de l’es­pace de recherche cri­tique mar­xiste His­to­ri­cal Mate­ria­lism. Quelques uns de ses articles sont dis­po­nibles dans la New Left Review. 

    Source : http://​www​.ver​so​books​.com/​b​l​o​g​s​/​2​3​5​0​-​t​h​e​-​w​a​r​-​m​u​s​t​-​g​o​-​o​n​-​s​e​b​a​s​t​i​a​n​-​b​u​d​g​e​n​-​o​n​-​t​h​e​-​w​e​s​t​-​s​-​s​t​r​a​t​e​g​y​-​a​f​t​e​r​-​p​a​ris

    Source en fran­çais : http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​v​a​-​t​-​e​n​-​g​u​e​rre

    Réponse
  21. etienne
    S’il n’y avait qu’un billet à lire sur les racines des atten­tats, c’est celui-ci, tout y est.
    Mathieu Aron, Benoit Col­lom­bat et Jacques Monin, l’Honneur du jour­na­lisme fran­çais, cha­peau bas !
    Mer­ci à tous ceux qui ont aidé à pré­pa­rer ce billet INDISPENSABLE…
    Source : France Inter, Mat­thieu Aron, 20/11/2015

    L’émission Daesh : autopsie d’un monstre

    Mat­thieu Aron : Ce soir, enquête sur la fabri­ca­tion du monstre Daesh, quel a été l’implication de pays comme l’Arabie Saou­dite et le Qatar ? Nous allons voir dans une enquête signée Jacques Monin et Benoît Col­lom­bat que l’enjeu pétro­lier a pu jouer un rôle considérable.
    extrait Hocham Daoud : “Tout le monde a joué avec Daesh. Tout le monde vou­lait jouer a tra­vers Daesh pour s’imposer. En fait, on a créé Fran­ke­stein, aujourd’hui tout le monde essaye de trou­ver un moyen pour l’arrêter. Oui il y a des moyens, s’il y a une volon­té politique.”
    Mat­thieu Aron : Pour com­men­cer cette émis­sion, je vous pro­pose d’écouter cet extrait d’interview :
    extrait Marc Tré­vi­dic : Si l’Émir du Kati­ba en Syrie de l’EI demande à main levée à ses recrues “Qui veut aller faire un atten­tat en France ?” vous allez avoir 200 bras qui vont se lever en une demi seconde.
    Mat­thieu Aron : 200 can­di­dats au mar­tyr. C’est le chiffre effrayant don­né par le juge Marc Tré­vi­dic. Vous sui­vez l’enquête sur les atten­tats. Et ce qui nous a tous frap­pé, c’est ces opé­ra­tions kami­kazes qui se sont dérou­lées pour la pre­mière fois en France.
    Elo­die Gué­guen : Oui, encore qu’il soit plus juste de par­ler d’attentats sui­cides pour être très pré­cis, le terme Kami­kaze dési­gnait ces pilotes japo­nais qui s’écrasaient volon­tai­re­ment sur des cibles mili­taires. Là, il s’agit d’autre chose, d’ailleurs Daesh a concep­tua­li­sé ce type d’attaques dès le début de la guerre en Syrie. Daesh a même créé un terme spé­ci­fique (inri­mas­si ?!), il désigne des com­bat­tants qui, les armes à la main, se rap­proche de la foule ou de leur cible et qui déclenchent leur cein­ture explo­sive. Soit quand ils sont encer­clés soit lorsqu’ils n’ont plus de muni­tions. C’est donc pré­ci­sé­ment le scé­na­rio de ven­dre­di dernier.
    Mat­thieu Aron : Et le juge Marx Tré­vi­dic, qui dans son cabi­net d’instruction, a enten­du des dizaines de ter­ro­ristes, nous dit “il y a plé­thore de can­di­dats” et il n’est pas le seul à le dire…
    Elo­die Gué­guen : Non il s’agit mal­heu­reu­se­ment d’une réa­li­té, ça semble presque incon­ce­vable mais selon les experts, les can­di­dats au mar­tyr seraient même trop nom­breux, c’est ce qu’a obser­vé le cher­cheur le cher­cheur Romain Caillet. L’un des meilleurs spé­cia­listes des milieux djihadistes.
    extrait Romain Caillet : “C’est pas seule­ment de la pro­pa­gande, c’est une réa­li­té. Il y a même des listes d’attentes. En tout cas en Syrie et en Irak, il y a des listes d’attentes de gens qui sont prêt à faire des opé­ra­tions mar­tyr, des atten­tats sui­cides, aus­si bien des jeunes qui viennent de quar­tiers sen­sibles en France ou des gens de bonnes familles, des res­sor­tis­sants du Golfe qui sont for­tu­nés ou des tuni­siens issus de régions déshé­ri­tées du sud de la Tunisie”.
    Elo­die Gué­guen : Les ori­gines, les pro­fils, sont variés, vous l’avez enten­du. Mais ces kami­kazes de l’EI ont un point com­mun, ils sont volon­taires. Ce choix, ils le mani­festent dès leur arri­vée dans les camps d’entrainements. Deux filières existent et Daesh demande aux com­bat­tants de choi­sir leur filière, explique le jour­na­liste David Thom­son, auteur de livres “Les Fran­çais Djihadistes”.
    extrait David Thom­son : “Dès qu’on arrive en Syrie, on pose la ques­tion aux com­bat­tants au sein de l’EI : Est-ce que vous vou­lez être un com­bat­tant “nor­mal” ou com­bat­tant “(inri­mas­si ?!)”, ça veut dire com­bat­tant, can­di­dat, pour une opé­ra­tion kami­kaze. Et ensuite ils suivent une sélec­tion par­ti­cu­lière parce que l’EI peut pas se per­mettre de voir au der­nier moment un kami­kaze flan­cher, c’est une ques­tion de cré­di­bi­li­té aus­si pour eux.”
    Mat­thieu Aron : Ils suivent une for­ma­tion par­ti­cu­lière, dit David Thom­son, ça signi­fie quoi ?
    Elo­die Gué­guen : Et bien ça veut dire qu’ils vont être iso­lés du reste du groupe, ils vont être pla­cés dans un camp d’entrainement spé­ci­fique. Comme les autres, ils rece­vront une for­ma­tion reli­gieuse, théo­lo­gique, ils sui­vront aus­si un entraî­ne­ment mili­taire, mais ils seront mieux enca­drés psy­cho­lo­gi­que­ment, mieux enca­drés ou plus endoctrinés.
    Mat­thieu Aron : Est-ce qu’on sait en quoi consistent pré­ci­sé­ment ces tech­niques, parce qu’il faut les appe­ler comme ça, de lavage de cerveau ?
    Elo­die Gué­guen : Alors ça dans les détails, mal­heu­reu­se­ment on l’ignore. Il n’existe pas à notre connais­sance de témoi­gnages de dji­ha­distes de Daesh qui seraient pas­sés par ces camps de kami­kazes, qui auraient ensuite renon­cés à com­mettre une attaque sui­cide, puis qui auraient racon­té leur expé­rience. A l’image de ce qu’on fait cer­tains repen­tis, comme on les appelle.
    Mat­thieu Aron : Alors ce que l’on sait en revanche, c’est que ces can­di­dats aux attaques sui­cides sont très très bien trai­tés par les cadres de l’EI.
    Elo­die Gué­guen : Oui c’est d’ailleurs une des rai­sons qui motivent cer­tains dji­ha­distes à se por­ter can­di­dat pour com­mettre une action kami­kaze selon le cher­cheur Roman Caillet.
    extrait Roman Caillet : “Ils sont trai­tés avec beau­coup plus d’égard que les autres com­bat­tants, ce qui fait que peut-être psy­cho­lo­gi­que­ment ils ont une dette envers ceux qui les ont accueillis dans ces centres. Et puis une cer­taine culpa­bi­li­té, ils pensent ne pas avoir fait assez donc ils veulent se rat­tra­per en fai­sant une grosse opé­ra­tion. On peut aus­si pen­ser, que cer­tains veulent pas­ser à la pos­té­ri­té. Être fina­le­ment, celui qui a per­mis de rem­por­ter la bataille, de prendre telle ou telle ville.”
    Mat­thieu Aron : Vou­loir pas­ser à la pos­té­ri­té en se sui­ci­dant, pour­tant le sui­cide, à ma connais­sance, il est inter­dit par l’Islam.
    Elo­die Gué­guen : Et bien pas dans l’esprit de ceux qui com­mettent ces actes au nom de Daesh. C’est ce que nous explique Fethi Bens­la­ma, il est pro­fes­seur de psy­cho­pa­tho­lo­gie à l’université Paris Diderot.
    extrait Fethi Bens­la­ma : “Pour eux ce n’est pas un sui­cide, c’est un auto-sacri­fice. Comme le dit le com­mu­ni­qué qui reven­dique les atten­tats. Il uti­lise le mot “divor­cé du monde d’ici-bas”. Divor­cé du monde d’ici-bas pour se marier avec l’autre monde. Dans l’autre monde, ils vivent, ils jouissent, et même ils sont une jouis­sance abso­lu, extrême, ce qui est le pro­ces­sus interne par lequel quelqu’un accepte d’aller jusqu’au bout de cet acte-là.”
    Mat­thieu Aron : En conclu­sion, que sait-on ce soir sur ceux qui sont mort en mar­tyr ven­dre­di à Paris et ensuite à Saint Denis ?
    Elo­die Gué­guen : Alors tous ou presque, on le sait, sont pas­sés par des camps d’entrainements en Syrie. Main­te­nant il y a deux hypo­thèses. Soit c’est un groupe de ter­ro­ristes dont les membres se connais­saient, qui se sont for­mer et entrai­nés ensemble pour mener cette attaque. Soit, et c’est une hypo­thèse pri­vi­lé­giée, soit ils ont été soi­gneu­se­ment sélec­tion­nés, “cas­tés” les uns après les autres par Daesh, ce qui mon­tre­rait un degré de pré­pa­ra­tion encore plus sophistiqué.
    extrait Fran­çois Hol­lande : “Notre enne­mi en Syrie, c’est Daesh. Il ne s’agit donc pas de conte­nir, mais de détruire cette orga­ni­sa­tion. La Syrie est deve­nue la plus grande fabrique de ter­ro­ristes que le monde ai connue et la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale est divi­sée et incohérente.”
    Mat­thieu Aron : Face au ter­ro­risme, une com­mu­nau­té divi­sé et inco­hé­rente, dit Fran­çois Hol­lande. Et bien nous allons reve­nir ce soir sur la fabri­ca­tion du monstre Daesh. A‑t-on fer­mé les yeux sur la mon­tée en puis­sance de ce groupe ter­ro­riste ? Quelle est l’implication de l’Arabie Saou­dite et du Qatar et quel rôle a joué la diplo­ma­tie fran­çaise ? Avec Benoit Col­lom­bat, vous avez donc enquê­té et pour bien com­prendre il faut reve­nir au début de l’histoire. Tout part de la guerre en Irak.
    Jacques Monin : Oui, de la chute de Sad­dam Hus­sein parce que lorsqu’ils le ren­versent, les Amé­ri­cains com­mettent deux erreurs. D’abord, ils mentent sur les armes de des­truc­tions mas­sives et sur les liens sup­po­sés entre Sad­dam Hus­sein et al-Qai­da. Mais sur­tout ils mar­gi­na­lisent les Sun­nites pour mettre les Chiites au pou­voir et Paul Bre­mer, qui est alors le gou­ver­neur amé­ri­cain à Bag­dad, com­met une faute qui va jeter des dizaines de mil­liers de sol­dats aguer­ris dans les bras du futur EI. Cette faute, un des hommes le plus mieux infor­més de France, Alain Juillet, l’ex patron du ren­sei­gne­ment de la DGSE, nous la raconte.
    extrait Alain Juillet : “Bre­ner fait une erreur colos­sale. C’est qu’il donne l’ordre de licen­cier tous les mili­taires de l’armée ira­kienne. On envoie, je ne sais plus com­bien ils étaient, 200 000 ou 300 000 gens, qui vivaient avec une solde de l’armée. Ils partent avec leurs armes, ils n’ont plus rien. Et comme ils sont Sun­nites et qu’on fait la chasse aux Sun­nites, il va y avoir l’impossibilité pour eux de retrou­ver des emplois et autres. Donc ça va créer un res­sen­ti­ment, une frus­tra­tion, une haine ter­rible envers l’occupant et envers les Occi­den­taux.”
    Mat­thieu Aron : Les Amé­ri­cains pro­duisent donc un ter­rain de haine et un ter­reau sur lequel va se déve­lop­per l’EI.
    Jacques Monin : Oui. D’autant plus faci­le­ment qu’il n’y a plus de véri­table État, les ser­vices publics n’existent plus, l’économie est mori­bonde, la cor­rup­tion est deve­nue la norme. C’est donc effec­ti­ve­ment sur ces cendres que le groupe EI va prendre racine et pour Myriam Ben­raad, qui est doc­teur en science poli­tique et spé­cia­liste de l’Irak, c’est un peu comme dans la jungle, ce sont les plus forts qui émergent dans ce chaos.
    extrait Myriam Ben­raad : “Il y aura un cer­tain nombre de groupes qui vont pul­lu­ler, les milices, les dji­ha­distes, la ten­dance al-Qaï­da, c’est une nébu­leuse d’acteurs mais le fait est que les com­bat­tants d’al-Qaïda Irak devien­dra l’EI sont les plus zélés, les plus déter­mi­nés. Donc l’État Isla­mique va faire le vide, va coop­ter un cer­tain nombre de chefs de tri­bus, qui de fait par­fois même quitte leur tri­bu pour rejoindre l’organisation. Donc d’une mou­vance hété­ro­clite on a un pro­ces­sus d’unification et ils ont fait à mon avis for­tune, bâti beau­coup de leur suc­cès, sur cette uni­té qu’ils ont su construire dans un ter­rain qui était par ailleurs très divi­sé, très morcelé.”
    Jacques Monin : Et sur ce ter­rain, une per­son­na­li­té va émer­ger, c’est Abou Bakr al-Bagh­da­di qui règne tou­jours d’ailleurs aujourd’hui en maitre sur Daesh. L’autre groupe dji­ha­diste domi­nant dans la région, c’est al-Nos­ra, qui est plus proche d’al-Qaïda.
    Mat­thieu Aron : Et ces groupes qui montent en puis­sance, et bien on les voit dans un pre­mier temps plu­tôt d’un bon oeil chez les voi­sins de la Syrie et notam­ment en Ara­bie Saoudite.
    Jacques Monin : Oui parce que l’Arabie Saou­dite est sun­nite, elle a donc très mal vécu l’arrivé au pou­voir des chiites en Irak et l’avènement des groupes dji­ha­distes, c’est un peu à ses yeux une manière de frei­ner un axe chiite (Liban Syrie, Irak, Iran) qui com­mence à prendre un peu trop d’espace à son gout. C’est ce qu’analyse Alain Chouet, un autre ex-patron du ren­sei­gne­ment de la DGSE.
    extrait Alain Chouet : “L’Arabie Saou­dite essaye de s’opposer à la créa­tion de ce que l’on appelle le crois­sant chiite au Moyen-Orient et de main­te­nir un axe sun­nite à tra­vers l’Arabie, la Jor­da­nie et la Tur­quie. Ces mou­ve­ments sala­fistes, sun­nites, sont le seul moyen actuel­le­ment pour l’Arabie de s’opposer à la créa­tion d’un vaste ensemble chiite qui lui serait évi­dem­ment hos­tile. Il y a aus­si l’enjeu pour l’Arabie Saou­dite de s’opposer à toutes pos­si­bi­li­tés de dérives démo­cra­tiques et natio­na­listes dans les pays arabes. L’État Isla­mique l’a dit x fois, la démo­cra­tie est une abomination.”
    Mat­thieu Aron : Voi­là donc pour le contexte géo­po­li­tique, mais ce qu’il faut pré­ci­ser c’est que der­rière cette toile de fond, il y a aus­si des enjeux éco­no­miques abso­lu­ment considérables.
    Jacques Monin : C’est un aspect qui était assez peu évo­qué jusqu’ici mais il y a effec­ti­ve­ment en arrière-plan le pétrole et le gaz, parce que jusqu’ici l’Arabie Saou­dite domine la pro­duc­tion de pétrole et le Qatar celle du Gaz. Hors ces deux pays apprennent que l’Iran, leur plus farouche rival, pro­jette de construire un pipe­line qui tra­ver­se­rait l’Irak et la Syrie pour s’assurer un débou­ché vers la Médi­ter­ra­née, alors ça redis­tri­buait tota­le­ment les cartes du mar­ché du pétrole et du gaz, et pour Alain Juillet c’est un des élé­ments qui vont pous­ser ces deux pays à désta­bi­li­ser Bachar el-Assad.
    extrait Alain Juillet :” L’Arabie Saou­dite et le Qatar prennent très mal l’idée d’un pipe­line qui pour­rait aller depuis l’Iran jusqu’à la Médi­ter­ra­née et qui pour­rait donc concur­ren­cer leurs livrai­sons de pétrole. Ils vont dire “mais dans le fond, le pro­blème c’est Bachar, Bachar est en train de signer un accord qu’il ne devrait pas signer avec l’Iran, donc c’est un per­son­nage extrê­me­ment dan­ge­reux, donc il faut ren­ver­ser Bachar. “

    Jacques Monin : Et preuve qu’un mou­ve­ment se met en route, le prince qui dirige les ser­vices de ren­sei­gne­ments saou­diens va alors voir Vla­di­mir Pou­tine, chez lui en Rus­sie, pour lui deman­der de ne plus sou­te­nir Bachar el-Assad, vous com­pre­nez qu’il sera écon­duit sans ménagement.
    Mat­thieu Aron : Avec ou sans l’appui des Russes, une opé­ra­tion de désta­bi­li­sa­tion de Bachar el-Assad est donc lan­cée pour des rai­sons éco­no­miques liées à l’acheminement du pétrole, ça on l’a com­pris, mais pas uniquement.
    [ALERTE ALERTE, un jour­na­liste s’est intro­duit à France Inter !!!!]
    Jacques Monin : Non, l’Arabie Saou­dite et le Qatar financent aus­si les rebelles pour faire tom­ber le régime laïc de la Syrie et pour y ins­tau­rer un régime isla­mique extrê­me­ment sévère, explique encore Alain Juillet.
    extrait Alain Juillet : “Les oppo­sants reli­gieux, c’est-à-dire les Frères Musul­mans, dont le Qatar est un des sup­port recon­nu hein, les Frères Musul­mans et les saou­diens ne vont pas hési­ter à finan­cer des gens pour réins­tal­ler dans ce pays laïque la vrai reli­gion, la reli­gion vue par les sala­fistes en défi­ni­tive. Et c’est ça qui va se pas­ser, donc on va voir le Qatar finan­cer des mou­ve­ments, Jabhat al-Nos­ra en par­ti­cu­lier, qui est proche d’al-Qaïda et qui va se battre au niveau reli­gieux, en disant “il faut impo­ser l’islam”. Et puis il y a Daesh, là encore au départ c’est un grou­pe­ment qui reçoit beau­coup d’argent, de la part, on le sait bien, de la part des saou­diens et des qata­ris. Mais qui n’a pas encore pris l’ampleur qu’il a pris, mais qui démarre.
    [ALERTE ALERTE, deux jour­na­listes se sont intro­duits à France Inter !!!!]
    Jacques Monin : Oui vous avez donc com­pris, on a deux mou­ve­ments ter­ro­ristes prin­ci­paux, Daesh et al-Nos­ra, qui sont finan­cés par le Qatar et par l’Arabie Saou­dite, et ça a d’ailleurs encore été rele­vé très récem­ment, c’était en mai 2015 dans un rap­port du Congrès américain.
    Mat­thieu Aron : Cela dit, le sou­ci, Jacques Monin, c’est que ce finan­ce­ment, tout le monde en parle, mais que per­sonne jusqu’ici n’a réus­si à en appor­ter la preuve.
    Jacques Monin : Alors plus ou moins, mais c’est très dif­fi­cile parce que les cir­cuits finan­ciers sont com­pli­qués à éta­blir. Mais Pierre Cone­sa, qui lui est un ex haut-fonc­tion­naire du Quai d’Orsay, et donc un spé­cia­liste de l’islam, croit savoir com­ment cet argent sort des comptes des haut digni­taires du Golfe pour arri­ver jusqu’aux groupes djihadistes.
    extrait Pierre Cone­sa : “L’Arabie Saou­dite est poreuse, en terme finan­cier, parce que l’argent public et l’argent pri­vé n’existent pas, la dis­tinc­tion n’existe pas. Quand il manque de l’argent dans la caisse public, c’est le roi qui verse. Et quand il y en a trop, c’est lui qui ramasse. Et donc toutes les familles des 10 000 princes qui tournent autour, c’est exac­te­ment pareil. Et pour­quoi c’est poreux ? Parce que si vous vou­lez, l’Arabie Saou­dite, c’est une espèce de Dis­ney World de l’islam, c’est-à-dire que tout est faux. Vous croyez que les gens sont reli­gieux etc., en fait c’est une espèce de ghet­to dans lequel il n’y a aucun ciné­ma, aucun théâtre. Et quand les Saou­diens sortent à l’étranger à ce moment-là ils s’éclatent, évi­dem­ment ils font tout ce qui est inter­dit là-bas. Et quand ils reviennent, comme ils se sentent cou­pable, ils achètent des indul­gences. Et ces indul­gences, ils ne disent pas “cet argent doit aller à al-Nos­ra” ou “il doit aller à Daesh”. Sim­ple­ment cet argent va de fait vers ces groupes isla­mistes.
    Jacques Monin : Vous avez com­pris, des indul­gences. C’est en fait de l’argent qu’on donne a des fon­da­tions, des ONG saou­diennes, dont les objec­tifs sont par­fois plus que discutables.
    Mat­thieu Aron : L’Arabie Saou­dite et le Qatar ont donc aidé des groupes dji­ha­distes. Mais au même moment, nous aus­si, la France, nous avons aidé des groupes rebelles.
    Jacques Monin : Oui. L’ASL l’Armée Syrienne Libre, qu’on décrit alors à Paris comme une alter­na­tive démo­cra­tique pos­sible, cré­dible, à Bachar el-Assad. Mais en fait, dès le départ, la France prend fait et cause pour les rebelles, contre le dic­ta­teur syrien. Rap­pe­lez-vous “le départ de Bachar el-Assad ce n’est qu’une ques­tion de semaines”, expli­quait Laurent Fabius. Et en aout 2012, lors d’un dépla­ce­ment a la fron­tière turque. Le ministre des affaires étran­gères fran­çais pro­noncent ces phrases désor­mais célèbres.
    extrait Laurent Fabius : “Les per­sonnes que je viens de voir, qui sont des syriens d’un vil­lage qui a été bom­bar­dé juste de l’autre côté de la fron­tière. Euh… Ces témoi­gnages sont abso­lu­ment bou­le­ver­sants, j’ai dit à mes inter­lo­cu­teurs que quand on entend ça, et je suis conscient de la force que je suis en train de dire. Mon­sieur Bachar el-Assad ne méri­tait pas d’être sur la Terre.
    Mat­thieu Aron : “Ne méri­tait pas d’être sur la Terre.” Les mots sont ter­ribles et ça jus­ti­fie, et bien que l’on arme les rebelles.
    OB : Je me per­mets de rap­pe­ler que c’est juste tota­le­ment illé­gal au regard du Droit Inter­na­tio­nal, qu’on est cen­sé défendre en tant que membre per­ma­nent du Conseil de Sécu­ri­té de l’ONU hein, je dis ça, je dis rien…
    Jacques Monin : Effec­ti­ve­ment, c’est ce qu’on pense à ce moment-là. Alors offi­ciel­le­ment on livre des gilets pare-balles, des outils de cryp­tage pour les com­mu­ni­ca­tions, des masques contre les armes chi­miques, ou des lunettes de vue noc­turnes, mais en fait ce sont bien des canon 20mm, des mitrailleuses, des lances roquettes et des mis­siles anti-char que nous avons livré à ces groupes.
    OB : 90 000 morts à ce jour dans l’armée syrienne et les milices, à savoir les trou­fions appe­lés du contin­gent et les volon­taires comme vous ou moi… Mais atten­tion, on défend la Démo­cra­tie et les Droits de l’Homme (blanc)
    Mat­thieu Aron : Ces armes, offi­ciel­le­ment des­ti­nées à l’Armée Syrienne Libre, et pour­tant dans les faits, on ne sait pas trop dans quelles mains elles sont tombées.
    OB : Non, on ne sait pas hélas… C’est un mys­tère absolu…

    Ici, un islamiste de la brigade salafiste Ahrar al-Sham avec un missile Milan français
    Jacques Monin : Bah non. On le réa­lise aujourd’hui. L’ASL ne pesait rien. Ce qu’on appelle les rebelles, c’est une nébu­leuse illi­sible. Cer­taines de ces armes sont donc effec­ti­ve­ment pas­sées dans les mains d’al-Nosra, le groupe proche d’al-Qaïda, et c’est ce qui fait dire à l’ex-patron du ren­sei­gne­ment exté­rieur de la France, Alain Juillet, qu’on s’est plan­té sur toute la ligne.
    OB : Mais qui, qui, qui, aurait pu s’en douter ?
    Robert Baer, l’ancien chef de région de la CIA au Moyen-Orient (dont le rôle est tenu par Cloo­ney dans le film Syria­na) a indi­qué ”Les États-Unis ont été inca­pables d’identifier le moindre groupe syrien dit « modé­ré » lorsque la guerre civile a débu­té.” (Source : L’Humanité).
    extrait dia­logue Alain Juillet et Jacques Monin :
    Alain Juillet : Moi je pense qu’il y a eu une faillite des ser­vices de ren­sei­gne­ments dans ce domaine. Et ça se com­prend, puisqu’une des pre­mières réac­tions qu’on a faite, ça a été de cou­per les ponts, fer­mer l’ambassade. Une pre­mière réac­tion c’est de fer­mer l’ambassade en Syrie et de ne plus avoir de contact avec les ser­vices syriens. Mais dans ce genre de choses, il faut avoir des contacts en permanence.
    Jacques Monin : On a livré des armes aux rebelles ?
    Alain Juillet : Bien sûr.
    Jacques Monin : La France a livré des armes à al-Qaï­da ? A l’État Islamique ?
    Alain Juillet : Les Amé­ri­cains ont livré des armes pour empê­cher la pro­gres­sion de l’armée de Bachar contre Jabhat al-Nos­ra et Daesh. Les Amé­ri­cains ont livré des mis­siles anti-char encore récem­ment. La ques­tion, c’est qu’on enten­dait à ce moment-là “Nous sou­te­nons les Syriens libres”. Mais quand on regarde sur le ter­rain ce que c’est que les Syriens libres, c’est rien du tout.
    OB : Je rap­pelle que Fran­çois Hol­lande a avoué en 2014
    Mat­thieu Aron : La France se serait donc tota­le­ment trom­pée dans son éva­lua­tion de la situa­tion. On a quand même du mal à le com­prendre. Com­ment, au som­met de l’État fran­çais, on ait été aus­si mal infor­mé ? Com­ment on a pu croire que l’ASL pou­vait peser face à ces groupes djihadistes ?
    Jacques Monin : Alors, il y a plu­sieurs aspects dans cette ques­tion. D’abord, pour Pierre Cone­sa, qui lui connait bien les rouages du quai d’Orsay. C’est tout l’appareil diplo­ma­tique qui s’est lais­sé aveu­gler. C’est donc un sys­tème, un fonc­tion­ne­ment, le fonc­tion­ne­ment même du Minis­tère des Affaires Étran­gères, qui dit-il, est à revoir.
    extrait Pierre Cone­sa : “D’abord il y a eu un axe diplo­ma­tique qui a été dès le début extrê­me­ment insis­tant sur le thème “notre enne­mi c’est Assad”. À par­tir de ce moment-là, l’analyse de la crise a été mono­lo­gique. Ça allait dans le sens de ce qu’avait déci­dé Fabius, et pas en fonc­tion de ce qu’était la réa­li­té du ter­rain. C’était “qu’est-ce que dit notre chef ?” et on va effec­ti­ve­ment confor­ter ce que dit notre chef. C’est-à-dire “c’est Assad, il faut se battre contre Assad”. Et donc pour ne pas sub­ven­tion­ner les groupes isla­mistes, c’était “on va sub­ven­tion­ner l’ASL”. Mais c’est vrai que c’est une faillite ter­rible.”
    Mat­thieu Aron : Et cette faillite elle a peut-être aus­si d’autres explications.
    Jacques Monin : Oui. Éco­no­mique par exemple. Là aus­si, l’Arabie Saou­dite et le Qatar, ce sont des par­te­naires éco­no­miques de la France. Et face à eux la Syrie ne pèse pas lourd. Alain Chouet, l’ancien patron du ren­sei­gne­ment de la DGSE, qui s’est ren­du plu­sieurs fois en Syrie, se sou­vient de ce qu’on lui répon­dait au début de la crise lorsqu’il aler­tait les auto­ri­tés fran­çaises sur la réa­li­té de la situa­tion sur le terrain.
    extrait Alain Chouet : “La réac­tion que j’avais en géné­ral, en ren­trant de Syrie, où je venais un peu racon­ter ce que j’avais vu, ce que j’avais enten­du, les mes­sages qu’on avait essayé de me faire pas­ser. La réac­tion, une fois, la plus cari­ca­tu­rale, a été “écoute tu ne vas pas nous embê­ter avec la Syrie, c’est même pas le PNB de la Slo­vé­nie, alors on a mieux à faire avec nos amis Qata­ris et Saoudiens !”
    OB : j’ai tou­jours pen­sé qu’avec la glo­ba­li­sa­tion, on fini­rait par payer dans notre chair tout le mal qu’on a fait… – oui, je sais ça fait Miss France.
    Mat­thieu Aron : Bon, sans com­men­taire… Et en plus Jacques Monin, ce n’est pas la pre­mière fois qu’on se trompe.
    RIP Diplo­ma­tie Fran­çaise, 1958–2007
    Jacques Monin : Non. Rap­pe­lez-vous, au moment de l’intervention en Libye. On a com­mis le même type d’erreur de juge­ment. Écou­tez ce que raconte a ce sujet Patrick Haim­za­deh, qui est un ancien diplo­mate à Tri­po­li [Patrick Haim­za­deh a tra­vaillé à l’ambassade de France à Tri­po­li durant de nom­breuses années. Cet ancien offi­cier de l’Armée de l’air fran­çaise est un par­fait connais­seur de la Libye], qui a ren­con­tré Benoit Col­lom­bat. À l’époque, Paris s’engage contre Kadha­fi, on s’en sou­vient. Mais c’est le Qatar qui tire les ficelles en s’appuyant sur sa chaine de télé­vi­sion Al Jazeera.
    extrait dia­logue Patrick Haim­za­deh et Benoit Collombat :
    Patrick Haim­za­deh : Dès le départ, l’objectif c’était effec­ti­ve­ment de faire sau­ter Kadha­fi. Al Jazee­ra avait dès le départ mis en place une cel­lule de dés­in­for­ma­tion, en tout cas pour relayer les paroles de libyens qui étaient en fait dans les stu­dios d’Al Jazee­ra à Doha et qui ont évo­qué notam­ment l’histoire des bom­bar­de­ments. Qui a été cen­trale, parce que l’histoire des bom­bar­de­ments c’est ce qui a été repris par Nico­las Sar­ko­zy le 21 février, 4 jours après le début de l’insurrection, à Bruxelles, pour décla­rer la logique de guerre contre Kadha­fi. Mais les bom­bar­de­ments, il n’y en a jamais eu.
    Benoit Col­lom­bat : Des bom­bar­de­ments de popu­la­tions civiles impu­tés aux kadhafistes ?
    Patrick Haim­za­deh : oui. Donc ça c’est le pre­mier volet de l’intervention qata­ri, c’est l’intervention média­tique. La deuxième inter­ven­tion, c’est le sou­tien à une cer­taine frange de l’insurrection, à cer­tains cou­rants isla­mistes, qui ne sont pas tous main­te­nant des gens qui se recon­naissent dans l’État Isla­mique, mais qui sont des gens qui ont été sou­te­nus par le Qatar. Des livrai­sons d’armes, fran­çaises d’ailleurs, par le Qatar, ça s’est fait.
    Benoit Col­lom­bat : Est-ce que la France savait, selon vous, le jeu que jouait le Qatar ?
    Patrick Haim­za­deh : Bien sûr. On avait des hommes sur le ter­rain, on savait très bien. Il fal­lait que ça aille vite et l’objectif mili­taire pre­mier c’était la chute de Kadha­fi, donc à ce moment-là per­sonne ne vou­lait voir ce qui com­men­çait à se des­si­ner en Libye.
    OB : Énorme, et zou, ça glisse comme rien… Par ailleurs, pas de sou­ci, la pari­té a été res­pec­tée : si les armes étaient fran­çaises, les morts étaient bien libyens.
    Mat­thieu Aron : Voi­là pour la Libye donc. Retour main­te­nant en Syrie. On a un groupe, l’État Isla­mique, qui monte en puis­sance grâce à l’argent des Qata­ris et des Saou­diens, mais cette aide va peu à peu s’interrompre.
    Jacques Monin : Oui parce que le groupe État Isla­mique devient de plus en plus dan­ge­reux, il va s’approcher des fron­tières saou­diennes, il devient si incon­trô­lable que ses alliés vont finir par cou­per effec­ti­ve­ment les ponts avec lui. Et selon Alain Chouet, l’ex patron du ren­sei­gne­ment de la DGSE. A la mi-2013, les Saou­diens prennent en fait conscience que ces rebelles, les rebelles qu’ils ont aidés, peuvent se retour­ner contre eux.
    extrait Alain Chouet : “A l’été 2013, le cabi­net royal saou­dien a cou­pé les vivres com­plè­te­ment aux frères d’Égypte, mais aus­si aux mou­ve­ments vio­lents qui agis­saient aus­si bien dans le nord de l’Irak qu’en Syrie. C’est là qu’apparait d’ailleurs l’État Isla­mique, parce que jusque-là, il n’existe pas l’État Isla­mique. Il y a un État Isla­mique en Irak, mais il n’y a pas d’État Isla­mique en Irak et au Levant. C’est impor­tant de le com­prendre parce qu’à par­tir du moment où l’Arabie et le Qatar coupent les vivres au mou­ve­ment, il est obli­gé de sor­tir du bois. Et on le voit sor­tir du bois, sa pre­mière action, ça a été d’aller piller la banque cen­trale de Mos­soul. Ils ont raflé 500 mil­lions de dol­lars en billets et en lin­gots d’or avec les­quels ils se sont payés des chefs de tri­bus du nord de l’Irak. Qui paie, com­mande. N’étant plus payé par l’Arabie Saou­dite, l’État Isla­mique échappe à son créa­teur et reprend la stra­té­gie clas­sique des Frères Musul­mans, qui est de condam­ner la famille Saoud. Le monstre a échap­pé à ses créa­teurs.
    Mat­thieu Aron : L’Arabie Saou­dite prend donc conscience qu’elle a enfan­té un monstre, et cette ana­lyse, Jacques Monin, ce n’est pas sim­ple­ment celle d’anciens patrons du ren­sei­gne­ment français.
    OB : telle mère, telle fille…
    Jacques Monin : Non. À ce moment-là, même les plus hauts digni­taires d’Arabie Saou­dite recon­naissent qu’ils ont com­mis des erreurs. Pre­nez par exemple le prince et homme d’affaires saou­dien al-Walid Ben Talal. C’est l’un des plus grands inves­tis­seurs saou­diens en France, c’est la ving­tième for­tune du monde, il pos­sède entre-autre le George V à Paris et plu­sieurs hôtels de Dis­ney­Land. Et bien écou­tez ce qu’il répond en octobre 2014 a une jour­na­liste de CNN lorsqu’elle l’interroge sur le sujet.
    extrait jour­na­liste de CNN et Al-Walid Ben Talal
    jour­na­liste de CNN : Quand est-il du finan­ce­ment du ter­ro­risme par des grandes for­tunes saou­diennes ? Est-ce qu’il est auto­ri­sé ? Est-ce qu’on réprime le finan­ce­ment des groupes ter­ro­ristes quels qu’ils soient ?
    Al-Walid Ben Talal : Très hon­nê­te­ment, je dois vous dire que oui, on avait une fai­blesse de ce côté-là. Mal­heu­reu­se­ment quelques élé­ments extré­mistes en Ara­bie Saou­dite ont finan­cé des élé­ments extré­mistes en Syrie mais l’Arabie Saou­dite a pris des mesures très sévères pour y mettre fin. Et main­te­nant tout ça c’est terminé.
    Mat­thieu Aron : “C’est ter­mi­né.” Explique ce prince saou­dien. Les choses sont peut-être un peu plus complexes.
    Jacques Monin : Oui parce que comme sou­vent, il y a ce que l’on dit et ce que l’ont fait, ou plu­tôt en l’occurrence ce que l’on ne fait pas. Parce que si les Saou­diens ne font plus rien pour aider le groupe État Isla­mique, ils ne font plus rien non plus pour lut­ter contre lui. Et c’est ce que remarque l’ancien haut-fonc­tion­naire du quai d’Orsay Pierre Conesa
    extrait Pierre Cone­sa : “L’Arabie Saou­dite ne com­bat pas Daesh. En fait ce sont des pays de l’OTAN qui vont battre Daesh. Il y a 12 pays de l’OTAN, y com­pris l’Australie, plus 5 pays arabes. En fait sur­tout la Jor­da­nie plus quelques pays du Golfe. Mais en fait quand on regarde la com­po­si­tion des forces aériennes, on s’aperçoit que l’Arabie Saou­dite met autant d’avions que la Hol­lande et le Dane­mark addi­tion­nés. Mais par contre elle met 5 fois plus d’avions pour se battre au Yémen contre les Hou­this, c’est-à-dire contre les chiites. Donc l’Arabie Saou­dite fait la même poli­tique que Daesh, c’est-à-dire la per­sé­cu­tion des chiites, mais il n’y a aucune rai­son de se battre entre eux. La socié­té saou­dienne ne com­pren­drait pas pour­quoi on va essayer de faire dis­pa­raitre une socié­té qui leur res­semble autant, celle-là même qui déca­pite, qui cru­ci­fie, qui coupe les mains des voleurs, qui opprime les femmes et qui inter­dit les autres reli­gions.
    Mat­thieu Aron : L’Arabie Saou­dite ne fait donc rien pour inter­ve­nir véri­ta­ble­ment et en cou­lisse son rôle pour­rait être encore plus trouble ?
    Mais qui, qui, qui aurait pu s’en douter ?

    « Le rap­port [de la Com­mis­sion par­le­men­taire que j’ai pré­si­dée sur les ser­vices de ren­sei­gne­ment durant le 11 sep­tembre] montre la par­ti­ci­pa­tion directe du gou­ver­ne­ment saou­dien dans le finan­ce­ment du 11 sep­tembre. Nous savons au moins que plu­sieurs des 19 kami­kazes ont reçu le sou­tien finan­cier de plu­sieurs enti­tés saou­diennes, y com­pris du gou­ver­ne­ment. Le fait de savoir si les autres ont aus­si été sou­te­nus par l’Arabie saou­dite n’est pas clair, car cette infor­ma­tion a été cachée au peuple amé­ri­cain. On nous dit que cela ne peut être fait pour des rai­sons de sécu­ri­té natio­nale, mais c’est exac­te­ment le contraire. Publier est impor­tant pré­ci­sé­ment pour notre sécu­ri­té nationale.

    Les Saou­diens savent ce qu’ils ont fait, ils savent que nous savons. La vraie ques­tion est la manière dont ils inter­prètent notre réponse. Pour moi, nous avons mon­tré que quoi qu’ils fassent, il y aurait impu­ni­té. Ils ont donc conti­nué à sou­te­nir Al-Qaï­da, puis plus récem­ment dans l’appui éco­no­mique et idéo­lo­gique à l’État isla­mique. C’est notre refus de regar­der en face la véri­té qui a créé la nou­velle vague d’extrémisme qui a frap­pé Paris. » [Séna­teur Bob Gra­ham, ancien Pré­sident de la Com­mis­sion du Ren­sei­gne­ment du Sénat amé­ri­cain, Le Figa­ro, 02/02/2015]

    Jacques Monin : Si l’on en croit des sources bien infor­mées, comme on dit, l’Arabie Saou­dite conti­nue­rait indi­rec­te­ment de finan­cer Daesh en ache­tant son pétrole au mar­ché noir avec la com­pli­ci­té de la Tur­quie. C’est ce que sou­tient en tout cas un fin connais­seur du sujet, l’ancien patron d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent, qui a lui-même long­temps tra­vaillé en Irak et en Syrie.
    extrait Loïk Le Floch-Prigent et Benoit Collombat
    Loïk Le Floch-Prigent : Le pétrole de Daesh ne peut sor­tir, ne peut être payé, que par des gens qui sont près a le payer et à étouf­fer son exis­tence. C’est for­cé­ment un mélange de Turc et de Saou­diens. Il n’y a pas d’autres solu­tions. C’est-à-dire que c’est les deux pays qui sont en contact et qui ont la pos­si­bi­li­té de le faire. 
    Jacques Monin : Qu’est-ce qu’ils en font les Saou­diens de ce pétrole ? Ils le blanchissent ?
    Loïk Le Floch-Prigent : Oh, ils l’utilisent for­cé­ment, ils ne peuvent pas le blan­chir. Je vous rap­pelle qu’un pétrole a un ADN et par consé­quent on sait d’où il vient si jamais il est sur le mar­ché. Si jamais ils expor­taient ce pétrole, ce serait su. Ce pétrole ne vient jamais sur le mar­ché donc ils l’utilisent, c’est tout. La lave­rie s’appelle une raffinerie.
    Mat­thieu Aron : Voi­là donc pour les élé­ments qui jettent le doute sur l’implication du Qatar et de l’Arabie Saou­dite. Et pour­tant la France conti­nue d’entretenir les meilleurs rap­ports avec ces pays.
    Jacques Monin : Rap­pe­lez-vous, Fran­çois Hol­lande s’est ren­du dans le Golfe, c’était en mai der­nier. il signe avec le Qatar un contrat qui porte sur la vente de 24 Rafales. Et puis il y a un mois, il y a un mois à peine, en octobre der­nier, Manuel Valls se rend à son tour à Ryad pour signer des pro­messes de contrat et voi­là d’ailleurs ce qu’il lance devant un par­terre de digni­taires saoudiens.
    extrait Manuels Valls : Avec l’Arabie Saou­dite nous avan­çons en confiance, nous appro­fon­dis­sons une rela­tion éco­no­mique que nous tour­nons réso­lu­ment vers l’avenir. Venez inves­tir dans notre pays au coeur de l’Europe, c’est le moment, plus que jamais.”
    Mat­thieu Aron : À ce stade de votre enquête, Jacques Monin, ce que l’on peut rete­nir c’est qu’en Syrie de très nom­breux pays ont joué avec le feu.
    Jacques Monin : Les États-Unis qui ont désta­bi­li­sé l’Irak, les pays du Golfe qui ont finan­cé des mou­ve­ments dji­ha­distes, la France qui a joué les rebelles contre le pou­voir syrien sans voir qui elle avait véri­ta­ble­ment en face d’elle et la Tur­quie qui laisse pros­pé­rer les tra­fics sur son ter­ri­toire. Bref, pour Hocham Daoud qui est anthro­po­logue au CNRS, les res­pon­sa­bi­li­tés sont multiples.
    extrait Hocham Daoud : “Tout le monde a joué avec Daesh. Tout le monde vou­lait jouer à tra­vers Daesh pour s’imposer. En fait, on a créé Fran­ke­stein, aujourd’hui tout le monde essaye de trou­ver un moyen pour l’arrêter. Oui il y a des moyens, on peut avoir des forces de coor­di­na­tions pour venir à bout de Daesh s’il y a une volon­té politique.”
    Mat­thieu Aron : Une réponse poli­tique, sans doute, mais en atten­dant c’est une réponse mili­taire qui est apportée.
    Jacques Monin : C’est d’abord un signe adres­sé à l’opinion fran­çaise, c’est un signe de fer­me­té et de déter­mi­na­tion. Mais sur le ter­rain l’efficacité des frappes est limi­tée et rien ne dit d’ailleurs qu’elles n’auront pas des effets per­vers. Écou­tez ce que pense à ce sujet, l’ancien colo­nel de marine Michel Goya, tou­jours inter­ro­gé par Benoit Collombat.
    extrait Michel Goya et Benoit Collombat :
    Michel Goya : Vous savez, les frappes fran­çaises c’est 3 % du total de toutes les frappes de la coa­li­tion qui n’a pas détruit l’État Isla­mique. Des 200 et quelques frappes que nous avons réa­li­sées, en réa­li­té c’est un petit coup por­té à l’État Isla­mique, donc on peut ima­gi­ner d’augmenter les doses je dirais, mais fon­da­men­ta­le­ment ça ne va pas chan­ger grand-chose.
    Benoit Col­lom­bat : Et est-ce que ça n’alimente pas le ter­ro­risme encore un peu plus ?
    Michel Goya : Oui, cette cam­pagne de frappes c’est un ser­gent recru­teur remar­quable pour l’État I’Islamique. La cam­pagne aérienne, la coa­li­tion dans son ensemble a peut-être tué 400 civils. Donc tout ça, ça ali­mente glo­ba­le­ment le res­sen­ti­ment sur place, ça ali­mente l’idée que ce sont tou­jours les arabes sun­nites qui se prennent des bombes des­sus. Le bilan de la coa­li­tion, on a tué 10 000 com­bat­tants, c’est un chiffre invé­ri­fiable en réa­li­té. 10 000 com­bat­tants mais elle en a recru­té aus­si un cer­tain nombre.
    Mat­thieu Aron : Voi­là, c’est ce que l’on appelle un cercle infer­nal, mais com­ment faire autre­ment ? Aucune solu­tion simple ne semble, au moins à court terme, se déga­ger. Reste l’autre ques­tion, qu’il est peut-être aus­si tant de poser. C’est celle de nos alliances, avec Jacques Monin, notam­ment le Qatar et l’Arabie Saoudite.
    Jacques Monin : Oui, peut-on adop­ter une pos­ture morale lorsqu’il s’agit de Damas et fer­mer les yeux sur ce que font Doha et Riyad ? Com­ment peut-on être cré­dible si l’on fait du com­merce avec des pays qui sou­tiennent que l’on dénonce par ailleurs. Là-des­sus le spé­cia­liste du ren­sei­gne­ment Alain Chouet est catégorique.
    extrait Alain Chouet : “On ne pour­ra pas conti­nuer éter­nel­le­ment dans une poli­tique schi­zo­phrène qui consiste à vou­loir impo­ser la démo­cra­tie dans cer­tains pays en main­te­nant une alliance entre nos démo­cra­ties et la démo­cra­tie qui est la plus grande du monde, et les états théo­cra­tiques les plus réac­tion­naires de la région. On a fer­mé les yeux sur l’idéologie prô­née par ces pays, parce qu’on ne la voyait pas, parce qu’on n’en voyait pas les effets. On n’en mesu­rait pas les effets parce que rien ne se pas­sait chez nous, ou s’il se pas­sait des choses on ne les voyait pas, eh bien main­te­nant on les voit.
    Jacques Monin : Oui alors ques­tion. La France va-t-elle évo­luer de ce côté-là ? Rien n’est moins sûr, pour l’instant Mati­gnon affiche un embar­ras pru­dent et pré­fère insis­ter sur l’évolution de ses alliés, plu­tôt que sur ses turpitudes.
    Mat­thieu Aron : Mer­ci Jacques Monin pour cette enquête réa­li­sée en col­la­bo­ra­tion avec Benoit Col­lom­bat. Enquête à retrou­ver sur notre site inter­net fran​cein​ter​.fr et la page Face­book de Secret d’Infos.
    Source : France Inter, Mat­thieu Aron, 20/11/2015

    (mer­ci de signa­ler les coquilles…)

    Source : Le blog d’O­li­vier Ber­ruyer, les​-crises​.fr :
    http://​www​.les​-crises​.fr/​f​r​a​n​c​e​-​i​n​t​e​r​-​d​a​e​s​h​-​a​u​t​o​p​s​i​e​-​d​u​n​-​m​o​n​s​t​re/

    Réponse
  22. etienne
  23. etienne

    Pierre Cone­sa (ex Affaires Stratégiques) : 
    Ara­bie Saou­dite, Théâtre de Dupes, Stra­té­gie planétaire. 

    Réponse
  24. joss
  25. joss

    Les dix stra­té­gies de mani­pu­la­tion de masses (tirées de Noam Chomsky) :
    http://​www​.syl​vie​si​mon​re​ve​la​tions​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​l​e​s​-​d​i​x​-​s​t​r​a​t​e​g​i​e​s​-​d​e​-​m​a​n​i​p​u​l​a​t​i​o​n​-​d​e​-​m​a​s​s​e​s​-​1​1​2​6​7​3​9​3​9​.​h​tml

    ex. la stra­té­gie N°2 :
    2/ Créer des pro­blèmes, puis offrir des solutions

    Cette méthode est aus­si appe­lée « pro­blème-réac­tion-solu­tion ». On crée d’abord un pro­blème, une « situa­tion » pré­vue pour sus­ci­ter une cer­taine réac­tion du public, afin que celui-ci soit lui-même deman­deur des mesures qu’on sou­haite lui faire accep­ter. Par exemple : lais­ser se déve­lop­per la vio­lence urbaine, ou orga­ni­ser des atten­tats san­glants, afin que le public soit deman­deur de lois sécu­ri­taires au détri­ment de la liberté.

    (Ou encore : créer une crise éco­no­mique pour faire accep­ter comme un mal néces­saire le recul des droits sociaux et le déman­tè­le­ment des ser­vices publics.).

    Réponse
  26. joss

    Digi­thèque de maté­riaux juri­diques et politiques
    http://​mjp​.univ​-perp​.fr/

    On y retrouve les consti­tu­tions de dif­fé­rents pays (texte en FR).
    Et bien d’autres choses intéressantes.

    Réponse

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