Comment muter en citoyen adulte ?

30/10/2015 | 24 commentaires

Un entre­tien au calme, en Lor­raine, avec un point de fixa­tion (un peu) ori­gi­nal (vers la fin), sur le fait que seul un pro­ces­sus consti­tuant popu­laire ren­dra pos­sible l’ins­ti­tu­tion d’un État démo­cra­tique digne de ce nom, c’est-à-dire sou­mis à un contrôle citoyen quo­ti­dien et doté du pou­voir de créa­tion moné­taire et donc de la puis­sance d’un employeur en der­nier res­sort, gage de pros­pé­ri­té économique :

Mer­ci à Cathe­rine, tout par­ti­cu­liè­re­ment cette fois, et à tous ceux qui par­ti­cipent acti­ve­ment à l’en­se­men­ce­ment libé­ra­teur de notre grande com­mu­nau­té humaine avec l’i­dée d’auto-ins­ti­tu­tion de la socié­té.

Étienne.

Le fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

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24 Commentaires

  1. etienne

    Relayé par Cathe­rine sur le wiki des GVs :
    http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Comment_muter_en_citoyen_adulte_%3F_-_Etienne_Chouard

    Plan de la vidéo :

    0’30 – Loi Macron et article 49–3 ;
    6’08 – com­pé­tence des repré­sen­tants politique ;
    8’18 – 3ème et 4ème République ;
    10’45 – Nou­velles tech­no­lo­gies et Démocratie ;
    18′ – Pro­blème tech­nique ou politique ? ;
    19’30 – Pou­voir poli­tique vs pou­voir économique ;
    22’10 – Infla­tion légis­la­tive et démis­sion du politique ;
    26’10 – Créa­tion moné­taire et chartalisme ;
    34’05 – Conseils de lecture 

    Mer­ci Catherine 🙂

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    • pierre9459

      Mer­ci Etienne
      On s’est ren­con­trés un jour de col­loque Guillemin/Robespierre …
      Je vais je pense dif­fu­ser numé­ro par numé­ro cette perle dans les.…ateliers où je bosse.
      Mer­ci encore

      Réponse
  2. etienne

    [Cra­pu­le­rie de nos « repré­sen­tants »… et tou­jours notre cause com­mune : impuis­sance ins­ti­tu­tion­na­li­sée pour nous défendre]
    Le dis­cret pan­tou­flage des anciens de la com­mis­sion Barroso
    http://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​3​0​1​0​1​5​/​l​e​-​d​i​s​c​r​e​t​-​p​a​n​t​o​u​f​l​a​g​e​-​d​e​s​-​a​n​c​i​e​n​s​-​d​e​-​l​a​-​c​o​m​m​i​s​s​i​o​n​-​b​a​r​r​oso

    « Pas moins de neuf ex-com­mis­saires, par­tis à l’automne 2014, ont déjà rejoint le sec­teur pri­vé à des postes de pre­mier plan, selon une étude publiée par une ONG bruxel­loise. L’affaire relance le vieux débat concer­nant l’emprise de l’industrie pri­vée sur le pro­ces­sus de déci­sion à Bruxelles. » […]

    « Par­mi les 26 com­mis­saires sur le départ en 2014 (les deux autres ont rem­pi­lé, sous Jean-Claude Jun­cker), neuf ont déjà fait jouer les portes tour­nantes, et rejoint des postes de pre­mier plan dans le sec­teur pri­vé. Cette sta­tis­tique relance les vieilles inquié­tudes sur la proxi­mi­té de la com­mis­sion euro­péenne avec de grandes firmes euro­péennes, qui « achètent » leurs entrées dans l’exécutif. D’après le décompte de l’ONG, sur les 117 postes et fonc­tions occu­pés par les 26 ex-com­mis­saires, huit sont pro­blé­ma­tiques, et n’auraient pas été vali­dés par la com­mis­sion si celle-ci avait res­pec­té les textes d’éthique en vigueur.

    José Manuel Bar­ro­so se fait épin­gler pour avoir accep­té pas moins de 22 postes (tous ne sont pas rému­né­rés), tout à la fois pré­sident d’honneur de dif­fé­rentes uni­ver­si­tés et fon­da­tions, mais aus­si membre du groupe de pilo­tage des confé­rences Bil­der­berg, ou encore pré­sident d’honneur du comi­té orga­ni­sant le Euro­pean Busi­ness Sum­mit, l’un des prin­ci­paux évé­ne­ments annuels de lob­bying à Bruxelles (on peut retrou­ver l’inventaire éta­bli en anglais par CEO ici). 

    Par­mi les com­mis­saires les plus mal­me­nés dans l’étude de CEO, la Néer­lan­daise Nee­lie Kroes (pas­sée par la concur­rence, puis le mar­ché numé­rique) est deve­nue conseillère spé­ciale pour l’Europe du géant de la finance Bank of Ame­ri­ca Mer­rill Lynch, et tra­vaille aus­si pour des groupes de capi­tal-inves­tis­se­ment. Le Belge Karel de Gucht, ex-com­mis­saire au com­merce qui a lan­cé le chan­tier du trai­té trans­at­lan­tique (TTIP ou TAFTA), est aujourd’hui payé par le groupe de télé­coms Belgacom.

    La Luxem­bour­geoise Viviane Reding, dont le bras de fer avec la Hon­grie de l’autoritaire Vik­tor Orban a mar­qué les esprits à Bruxelles, a été élue au prin­temps euro­dé­pu­tée. Ce qui ne l’empêche pas d’accepter un siège au conseil d’administration du groupe de tech­no­lo­gie numé­rique Agfa-Gevaert. Elle avait éga­le­ment obte­nu le feu vert de la com­mis­sion pour rejoindre le conseil d’administration du groupe minier Nyrs­tar, mais elle a fina­le­ment déci­dé de jeter l’éponge, a‑t-elle fait savoir au site spé­cia­li­sé Politico.

    « La régle­men­ta­tion enca­drant les revol­ving doors reste inadé­quate, et n’est de toute façon pas appli­quée », résume Vicky Cann, de l’ONG CEO. Au terme du pre­mier man­dat Bar­ro­so, en 2010, la recon­ver­sion express de cer­tains com­mis­saires avait pour­tant pro­vo­qué de nom­breux remous. C’était par exemple le cas de l’Irlandais Char­lie McCree­vy, ex-com­mis­saire au mar­ché inté­rieur (et donc à la régu­la­tion finan­cière), qui avait rejoint les acti­vi­tés sur le com­merce des déri­vés du groupe BNY Mel­lon, mais aus­si le conseil d’administration de la com­pa­gnie Rya­nair, et enfin celui de Sen­te­nial, une entre­prise qui vend aux banques sa tech­no­lo­gie de paie­ment en ligne… »

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  3. Charlie BECKMAN

    En sus du contrôle moné­taire par le pou­voir citoyen, il fau­drait natio­na­li­ser les richesses et pri­va­ti­ser les pertes pour ceux qui en sont res­pon­sables afin d’é­vi­ter la nais­sance et le déve­lop­pe­ment du can­cer du pou­voir corrupteur.
    Cor­diales salutations.

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  4. Ana Sailland

    Concer­nant la nou­velle consti­tu­tion, « nous » devrons avoir sans cesse pré­sent à l’esprit
    l’ef­fet barbe à papa.

    C’est quoi l’ef­fet barbe à papa 🙂
    Ce qui est gluant et tourne en rond grossit.

    Si les ins­ti­tu­tions laissent dans un recoin de la loi des lois, ou des lois, ou des règles, ou des usages, une par­celle de pou­voir incon­trô­lable par le grand nombre, alors ce germe s’am­pli­fie­ra jus­qu’à rede­ve­nir monstrueux.

    Une autre image concerne le micro cris­tal de sul­fate de cuivre sus­pen­du à un fil dans une solu­tion de sul­fate de cuivre, qui au fil des jours gros­sit jus­qu’à pro­duire un gros cris­tal ( très beau soit dit en passant )
    Il y a dans le pou­voir l’é­qui­valent des forces de van der Waals : le pou­voir attire le pou­voir ; le pou­voir, comme l’en­tro­pie, ne peut qu’être crois­sant . Il orga­nise natu­rel­le­ment sa propre cohé­sion, et son expan­sion sans limite. Et à par­tir d’une cer­taine taille, il domine non seule­ment les peuples mais encore leurs gou­ver­ne­ments. Ici émerge le léviathan.

    Il faut donc tra­quer le germe du gemme noir.

    Atten­tion, ne nous mépre­nons pas, déci­der d’é­vi­ter la moindre par­celle de pou­voir incon­trô­lé peut faire pen­ser à un état tota­li­taire. Mais il y a une nuance entre incon­trô­lé et incon­trô­lable, et d’autre part, un contrôle par le col­lec­tif ne signi­fie pas un contrôle par l’é­tat, ni par des repré­sen­tants … incon­trô­lables 🙂 Ça se médite car le remède peut tou­jours tuer le malade.

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  5. joss

    Gérard Fou­cher :
    Europe : com­ment sor­tir du piège ?

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    • joss

      A la min 14, il parle d’E­tienne et de son idée virale.

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  6. joss

    Tiré de l’a­gence info libre :
    8 octobre 2015 – Yánis Varoufá­kis : « Le réfé­ren­dum n’é­tait pas fait pour être gagné, mais per­du, pour trou­ver une excuse à la sou­mis­sion immi­nente. Je le pense vrai­ment. La nuit du réfé­ren­dum, quand ce majes­tueux 62 % pour le ‘non’ est arri­vé, j’é­tais au sep­tième ciel. Mais ce n’é­tait pas le résul­tat que Tsi­pras sou­hai­tait. C’é­tait clai­re­ment écrit sur son visage. Alors cette nuit-là il m’a dit : il est temps de se rendre. Et je lui ai répon­du : pas pour moi. C’é­tait très ami­cal. Très triste, avec beau­coup d’af­fec­tion, d’a­mour même. (…) Il pen­sait que la Grèce pou­vait être détruite si on conti­nuait. Je ne par­ta­geais pas cet avis. Je suis parti. »

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  7. etienne

    Remar­quable résis­tance à la tyran­nie union-européenne :
    Nigel Farage : Nous vivons dans une Europe à la sauce Brejnev

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    • Ana Sailland

      Super, bien qu’il lui manque la der­nière ligne droite, puis­qu’il appelle démo­cra­tie ( et sou­haite le retour ) de ce qui a per­mis l’é­di­fi­ca­tion de la super nasse. Je veux dire : res­tau­rer la nasse ne pro­tè­ge­ra pas de la super nasse.
      Mais super(be) quand même 🙂

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    • Ronald

      On voit ici que Farage est un poli­ti­cien moderne. Il cite l’af­faire por­tu­gaise, dont on peut avoir un résu­mé par exemple ici :
      http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Portugal-la-droite-presente-un-gouvernement-minoritaire-en-sursis-2015–10-27–1373449
      Or, on ne peut pas le soup­çon­ner d’a­voir des sym­pa­thies pour le pro­gramme de la coa­li­tion por­tu­gaise PS-Bloc de gauche-Com­mu­nistes-Verts. Néan­moins, il a com­pris qu’a­vec les seuls par­ti­sans de son bord, il n’ar­ri­ve­rait à rien. Il faut défi­nir le pro­blème prin­ci­pal (en l’oc­cur­rence ici l’emprise de l’U­nion Euro­péenne) et coa­li­ser la plus large assiette de mécon­tents, en fai­sant abs­trac­tion des dif­fé­rences. Alors que le pou­voir tâche­ra au contraire d’ap­puyer sur les oppo­si­tions qui séparent les dif­fé­rents dis­si­dents. Un poli­ti­cien à l’an­cienne comme par exemple Mélen­chon ne com­prends pas du tout cela et serait abso­lu­ment inca­pable de défendre par exemple un mou­ve­ment natio­nal-popu­liste dans un autre pays européen.

      Pour l’a­mu­se­ment, on note­ra aus­si la petite habi­le­té : en citant Bre­j­nev devant un par­terre com­por­tant des dépu­tés de pays de l’Est, il se dou­tait bien qu’il allait rece­voir une réplique sur le thème : « Qu’est-ce que ce bri­tan­nique qui vient nous expli­quer ce qu’é­tait le régime sous Bre­j­nev ? » Et c’est vrai que ce « Point God­win » libé­ral m’a aus­si un peu éner­vé. Cela a fait mouche et on a eu la répar­tie de la dépu­tée Esto­nienne. Aus­si Farage a‑t-il pu sor­tir sa petite cita­tion ad hoc, ce qui a fait un meilleur effet que s’il l’a­vait don­née dans son inter­ven­tion prin­ci­pale (où cela aurait été un peu lour­dingue). Rou­blard, mais bien amené …

      Réponse
  8. Olivier

    Atten­tion Etienne,
    l’exemple de l’is­lande est très mau­vais et à double tranchant.
    Les islan­dais ne chauffent pas leurs mai­sons, non pas parce que les mai­sons sont bien iso­lées, mais parce qu’il y a une géo­ther­mie consi­dé­rable et toutes les mai­sons ont l’eau chaude ther­male, très chaude, à volonté.

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    • etienne

      Mer­ci Oli­vier. Je note ça.

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    • L'argent N'est Pas La Solution

      C’est là un avan­tage consi­dé­rable mais … n’y aurait-il pas un risque d’é­rup­tion vol­ca­nique, de cou­lée de boues, de nuages pyro­clas­tique etc. ?

      Ce serait bien de pou­voir pro­fi­ter de la manne géo­ther­mique sans accep­ter les riques de désastre natu­rel qui l’accompagne.

      Est-ce que le pro­fil vol­ca­nique de l’Is­lande est bien étu­dier par les scien­ti­fiques ? Est-ce qu’ils ont conclu qu’il n’y a pas de risque d’é­rup­tion vol­ca­niques catastrophiques ?

      L’Is­lande pour­rait même fabri­quer son élec­tri­ci­té à même la géo­ther­mie et uti­li­ser l’élec­tri­ci­té pro­duite pour fabri­quer des car­bu­rants de synthèse.

      En plus de se chauf­fer, l’Is­lande pour­rait deve­nir indé­pen­dante éner­gé­ti­que­ment, voire même économiquement.

      Je n’ai jamais com­pris pour­quoi des pays riches en éner­gie comme par exemple la Rus­sie ont besoin de faire du com­merce inter­na­tio­nal pour sub­ve­nir à leurs besoins.

      Il me semble que la Rus­sie se fait avoir lors­qu’elle vend son pétrole et son gaz. Ceux qui la lui achète comptent l’u­ti­li­ser pour faire rou­ler leur éco­no­mie et fabri­quer des biens et ser­vices. Pour­quoi la Rus­sie ne peut-elle pas fabri­quer ces biens et ser­vices elle-même en brû­lant son propre pétrole ?

      L’i­dée qu’il faille à tout prix ache­ter et vendre, l’i­dée qu’il faille a tout prix faire com­merce me semble une idio­tie, un non sens. 

      Avec sa géo­ther­mie abon­dante, l’Is­lande pour­rait se pas­ser du reste du monde. Je ne com­prends pas l’en­tê­te­ment des hommes à faire commerce.

      Réponse
  9. Gaudefroy

    Les Oeuvres prin­ci­pales de Robes­pierre sont main­te­nant dis­po­nibles en epub :

    https://fr.wikisource.org/wiki/%C5%92uvres_de_Robespierre

    ain­si que l’ou­vrage de
    Marat : Les chaînes de l’esclavage

    http://​www​.matin​-maga​zine​.com/​e​b​o​o​k​s​/​j​e​a​n​_​p​a​u​l​_​m​a​r​a​t​_​l​e​s​_​c​h​a​i​n​e​s​_​d​e​_​l​_​e​s​c​l​a​v​a​g​e​_​p​a​g​e​.​h​tml

    En le lisant, je me dis qu’il pour­rait être le bré­viaire de Hol­lande et sa clique.

    « Cha­pitre XXX
    Fati­guer le peuple de sa liberté

    Pour y par­ve­nir, le prince tra­vaille à exci­ter des désordres dans l’État.

    D’a­bord il apposte ses créa­tures dans les assem­blées popu­laires, pour oppo­ser les cla­meurs d’une fac­tion bruyante au vœu du peuple ; ou bien des émis­saires de la cour se mêlent aux socié­tés des amis de la patrie, pour empor­ter hors des bornes de la sagesse le zèle ardent et inexpérimenté.

    C’est un art connu des cabi­nets d’in­tro­duire dans les assem­blées popu­laires d’au­da­cieux intri­gants qui déclament des dis­cours insen­sés, et com­mettent des actions répré­hen­sibles, pour les impu­ter aux bons citoyens, calom­nier les inten­tions des patriotes, et pré­sen­ter le peuple comme une troupe de sédi­tieux et de brigands.

    Rien de plus ordi­naire aux princes que de trou­bler l’é­lec­tion des magis­trats popu­laires, en sou­doyant des tapa­geurs et des coupe-jar­rets pour mal­trai­ter les élec­teurs qui portent des patriotes purs, et insul­ter les offi­ciers de police qui veulent faire res­pec­ter la loi.

    Quel­que­fois le prince met en cam­pagne des troupes de fac­tieux, contre les­quels les lois déploient vai­ne­ment leur auto­ri­té ; mais qu’il fait d’un mot ren­trer dans l’ordre, pour faire croire aux avan­tages pré­ten­dus de la domi­na­tion d’un seul.

    Quel­que­fois encore il se sert de la plus vile popu­lace, pour trou­bler les magis­trats dans leurs fonc­tions, espé­rant que les gens sages, las­sé de vivre dans l’a­nar­chie, l’élèveront par déses­poir à la puis­sance absolue.

    D’au­tre­fois pour dégoû­ter le peuple de l’exer­cice de ses droits, et lui rendre insup­por­tables les incon­vé­nients de la liber­té, il forme des par­tis dans l’État, qu’il sou­lève les uns contre les autres, et dont il se rend le média­teur pour s’en rendre le maître, et les faire ser­vir d’ins­tru­ments à son ambi­tion, de sup­pôts à son autorité.

    Lorsque l’État est en com­bus­tion, il assemble des conseils natio­naux : mais il empêche, par de sourdes menées, qu’on n’y prenne aucune réso­lu­tion, ou bien il rend nuls les arrê­tés qu’on y à pris.

    Il va plus loin : sou­vent sous pré­texte de main­te­nir la tran­quilli­té publique, il empêche les assem­blées des­ti­nées à répri­mer ses excès et à réta­blir l’ordre ; puis il se pré­vaut du silence qu’il les empêche de rompre, ou des irré­gu­la­ri­tés qu’il leur à fait com­mettre, pour sup­po­ser en sa faveur le vœu de ceux que la crainte à fait taire, ou punir ceux qui osent parler .

    Ain­si l’ar­ti­fice favo­ri des princes, est de cher­cher à exci­ter des mou­ve­ments désor­don­nés, pour égor­ger les citoyens et calom­nier le peuple ; ils se servent de ses ver­tus réelles pour lui don­ner des tords appa­rents ; et comme ils en sont les juges, ils le punissent de leur propre per­ver­si­té. Ils s’é­crient ensuite les pre­miers que le peuple est le jouet des intri­gants, cher­chant de la sorte à le dégoû­ter de la liber­té qu’ils lui rendent laborieuse.

    Après de longues dis­sen­sions, sou­vent le citoyen fati­gué des désordres qui agitent et déso­lent l’État, se rejette dans les bras d’un maître, et cherche à se repo­ser dans la ser­vi­tude. Alors le prince ayant toute la puis­sance du peuple, qui n’a pu se conduire lui-même, se trouve le plus abso­lu des des­potes. C’est ce qu’on a vu arri­ver en Dane­mark, après de vains efforts, pour rap­pe­ler le gou­ver­ne­ment à la démocratie. »

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    • Ronald

      Joli pas­sage ! Fina­le­ment, nos diri­geants actuels n’ont rien inventé.

      Réponse
  10. L'argent N'est Pas La Solution

    Cher Mon­sieur Chouard,

    Vous dites que sans apport suf­fi­sant en argent, on ne peut pas don­ner le meilleur de soi-même.

    Mais l’argent, pour reprendre les mots de Fré­dé­ric Lor­don, c’est l’en­rô­le­ment des autres. Je trouve votre fixa­tion sur l’argent très inté­rés­sante et très révélatrice.

    Donc, pour pou­voir don­ner le meilleur de « moi-même » j’ai besoin d’en­rô­ler les autres ? J’ai besoin qu’il existe des autres et que ces autres tra­vaillent pour moi et alors je pour­rai don­ner le meilleur de moi-même ?

    Mais … si don­ner le meilleur de moi-même implique les autres alors ce n’est plus moi-même, c’est NOUS AUTRES. Il est alors mal­hon­nête de récla­mer que c’est moi-même qui donne ce meilleur.

    Il me semble que c’est une contra­dic­tion que de dire que pour don­ner le meilleur de moi-même il me faille enrô­ler les autres.

    De même c’est n’est pas « MON » poten­tiel si ce poten­tiel, pour se réa­li­ser, néces­site qu’il s’exerce au sein d’un groupe de tra­vail ou d’une société.

    Tout seul sur un île déserte, là je pour­rai don­ner le meilleur de MOI-même et exer­cer MON plein potentiel.

    Mais au sein d’une socié­té, ce poten­tiel et ce meilleur ne m’ap­par­tiennent plus. Vou­loir redis­tri­buer l’argent c’est sim­ple­ment vou­loir deve­nir un maître escla­va­giste et par­ta­ger avec les puis­sants leur pou­voir sur les masses. Et cela ne fonc­tionne que s’il y a une popu­la­tion cap­tive sou­mise au chan­tage à la misère.

    Votre solu­tion de se réap­pro­prier la créa­tion moné­taire ne va jamais béné­fi­cier à tout le monde. Il vous fau­dra tou­jours gar­der une cer­taine popu­la­tion dans la misère pour pou­voir don­ner à l’argent sa valeur.

    Pour­quoi faut-il l’argent ? Pour­quoi ne pour­rais-je pas don­ner le meilleur de moi-même par moi-même ?

    Plu­tôt que de s’ap­pro­prier la créa­tion moné­taire il faut, au contraire, décons­truire la dépen­dance à l’argent.

    Si vous n’a­vez pas besoin d’argent, alors vous pour­rez don­ner le meilleur de vous-même sans pour autant embri­ga­der les autres et vice-versa.

    J’adhère for­te­ment à la phi­lo­so­phie d’A­drian Bowyer « Wealth Without Money » … La Richesse Sans L’argent.
    http://​reprap​.org/​w​i​k​i​/​W​e​a​l​t​h​_​W​i​t​h​o​u​t​_​M​o​ney
    Allez y jet­ter un coup d’oeil, ça vaut la peine. C’est dans cette direc­tion là qu’il faut aller.

    Réponse
    • joss

      Tout dépend des règles qui régissent le fonc­tion­ne­ment de la mon­naie que l’on uti­lise (créa­tion moné­taire, inté­rêts,…). Les mon­naies actuelles (comme l’eu­ro) fonc­tion­ne­ment par l’en­det­te­ment, plus on l’u­ti­lise, plus on s’en­dette et plus on enri­chit une élite qui nous gou­verne. Ce ne sont pas les mon­naies qui sont mau­vaises, ce sont les tyrans qui en fixent les règles. La mon­naie ne devrait être qu’un moyen d’é­change de biens et de services.

      Réponse
      • L'argent N'est Pas La Solution

        Une mon­naie qui n’est pas basé sur la dette devient défla­tion­niste et per­met à ses déten­teurs de sim­ple­ment la conser­ver dans le temps pour se voir accor­der tou­jours plus de biens et ser­vices en retour. Si en plus ils l’ac­cu­mulent ça com­plique encore plus le problème.

        L’é­ta­lon-Or, par exemple, ne peut qu’être défla­tion­niste et c’est pour cela que Nixon a mis un terme à l’é­ta­lon-Or en 1972.

        Étienne Chouard se plaint que la mon­naie ne perde pas de sa valeur, qu’elle encou­rage l’ac­cu­mu­la­tion et que ça en prive les autres. Mais ceux qui tra­vaillent fort pour gagner leur fric aime­raient jus­te­ment pou­voir conser­ver ce fric pour assu­rer leurs vieux jours.

        Je main­tiens ma posi­tion. Le pro­blème c’est qu’on doive ache­ter et vendre. Le pro­blème c’est que nous ne sommes plus auto­nome, qu’on ne peut plus tra­vailler la terre etc.

        Quand on doit pas­ser par le mar­ché, qui implique for­cé­ment une cap­ta­tion de pro­fits, il faut impé­ra­ti­ve­ment une crois­sance éco­no­mique pour assu­rer l’é­qui­libre de trans­la­tion et donc le main­tient du niveau de vie des masses. C’est à mon avis un non sens absolu.

        Par contre sans la dépen­dance à l’argent, la crois­sance éco­no­mique ne serait plus néces­saire pour le main­tient du niveau de vie des masses.

        Long­temps, depuis l’an­ti­qui­té jus­qu’aux années 1700, l’hu­ma­ni­té a sur­vé­cu, pros­pé­ré, explo­ré les conti­nents, a déve­lop­pé la science et la tech­no­lo­gie avec une crois­sance éco­no­mique ané­mique et une stra­ti­fi­ca­tion éco­no­mique bien en deça de ce qu’on connaît aujourd’hui.

        J’ai­me­rais bien savoir ce qu’É­tienne Chouard pense de ma pro­po­si­tion de décons­truire la dépen­dance à l’argent.

        L’argent doit rede­ve­nir une option et ces­ser d’être une obligation.

        Réponse
        • joss

          Il fau­drait en finir avec le pro­fit et l’u­sure, mais pas en finir avec la mon­naie. Atten­tion, ce n’est pas parce que cer­tains battent leur chien avec un bâton qu’il faut en finir avec les bâtons.

          « Une mon­naie qui n’est pas basé sur la dette devient déflationniste »
          Pour­tant une mon­naie qui est basée sur la dette devient défla­tion­niste : voir la crise de 1929 et bien­tôt la crise actuelle.

          « L’étalon-Or, par exemple, ne peut qu’être défla­tion­niste et c’est pour cela que Nixon a mis un terme à l’étalon-Or en 1972 »
          L’or est défla­tion­niste (puisque limi­té en quan­ti­té). Mais l’é­ta­lon-or (l’once d’or valait 34$ suite aux accords de Bret­ton Woods après la 2ème guerre) était infla­tion­niste puisque les Amé­ri­cains fabri­quaient plus de dol­lars qu’ils ne pos­sé­daient d’or (les filous) ! En effet, suite à la 2ème guerre mon­diale, le plan Mar­shall avait été mis en place (soit disant) pour redres­ser l’Eu­rope détruite par la guerre. Ce plan était basé sur les accords de bret­ton Woods qui per­met­taient de faire une confiance folle au dol­lar (puisque équi­va­lant à de l’or par coup de baguette magique). Les Amé­ri­cains ayant été trop gour­mands ont créé plus de dol­lar qu’ils n’a­vaient d’or en stock ! Les Euro­péens s’é­tant redres­sés de la guerre ont com­men­cé à avoir des doutes sur le rem­bour­se­ment du dol­lar en or. Les Amé­ri­cains ont sen­ti venir les Euro­péens frap­per à leur porte (deman­der la conver­sion de leurs dol­lars en or). Ils ont donc mis uni­la­té­ra­le­ment un terme à cette équi­va­lence, ce qui entraî­na la fin des accords de Bret­ton Woods (signée par Nixon). Suite à cela, l’once d’or valait bien plus que 35$ et aujourd’­hui elle est à 1115$ !!!

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  11. GERMAIN Christele

    Bon­jour,
    Ayant moi aus­si sur mon che­min « vu » la signi­fi­ca­tion des mots/maux, je me per­mets quelques envois d’i­dées. Certes le modèle Athé­niens est qua­si iddy­lique mais il a lui aus­si des dérives, et fina­le­ment aurait-il si bien fonc­tion­né si les femmes avaient pu voter et si les esclaves n’a­vaient pas exis­té?? Pour ma part je ne cherche pas « la cause des causes » car je pense que deux consé­quences qui semblent oppo­sés ont fina­le­ment la même cause de départ, cela fonc­tionne trés bien sur un plan psy­cho­lo­gique. Mais si on reprend les mots : soit celui qui me semble le plus impor­tant : Action…on se rend compte alors que les « action­naires » qui sont fina­le­ment les pro­prié­taires d’une entre­prise ont des « divi­dendes » mais n’ont aucune res­pon­sa­bi­li­té sur les consé­quences de leurs « actions »!! Ain­si pour l’E­ri­ka, je pense que ce n’é­tait ni aux sinis­trés, ni à total ni au gou­ver­ne­ment de payer les dégats mais bien, selon leur parts, à cha­cun des action­naires. c’est ce que je nomme la « loi de res­pon­sa­bi­li­té ». tant que l’hu­main met sur « l’autre » la « res­pon­sa­bi­li­té » de ses actions et donc ne les assument pas comme il le devrait, on tombe dans un sys­tème de « c’est pas moi c’est l’autre » qui res­semble à une cours de récréa­tion!!! à mon niveau, et selon mes obser­va­tions, je pense que nous sommes dans une pelote de laine hyper emmé­lé et qu’a­vant de trou­ver l’é­qui­libre, il est impor­tant de démé­ler un par un les « noeuds »…comme par exemple : pour­quoi le divorce est en lien avec des « juges » et donc la jus­tice ?? Divor­cer est-il un délit?? Pour ma part, j’ai repris mon nom de jeune fille, la pro­cé­dure traine en lon­gueur mais je m’en balance, je fais fis du sys­tème et prend ma propre liber­té que j’as­sume plei­ne­ment. Dans les « mots » par exemple le mot « réfu­gié » n’existe pas tout comme les « accords de shen­gen et de libre cir­cu­la­tion des hommes » sim­ple­ment car dans l’ar­ticle 12 des droits de l’homme il est bien noté que cha­cun est libre de quit­ter donc pays et d’y reve­nir. L’eu­rope est donc hors la loi et les accords de shen­gen ne concerne aucun être humain vivant sur terre puisque les droits de l’homme sont recon­nus dans le monde entier. En fait on se rend compte sur beau­coup de sujet que l’hu­main est entré dans une sorte d’ab­sur­di­té cyclique!!! Comme par exemple on dit « agri­cul­ture indus­trielle » mais on met ce type d’a­gri­cul­ture avec les « vrais » agri­cul­teurs alors que dans le mot on voit bien « indus­trielle » donc toute exploi­ta­tion qui n’a plus une taille humaine devrait avoir les règles de l’in­dus­trie et non de l’a­gri­cul­ture. Les agri­cul­teurs et les éco­lo­gistes luttent les uns contre les autres alors qu’ils ont le même sou­ci : celui de res­pec­ter la nature et de faire de leur mieux pour la pré­ser­ver (il suf­fit pour cela d’al­ler dis­cu­ter avec des agri­cul­teurs du fin fond de nos cam­pagnes, ils sont en colères mais se trompent de « cible »!!!) …et puis petit « sou­rire »..la démo­cra­tie veut dire « pou­voir du peuple »..et pour moi tant que le mot « pou­voir » a une conno­ta­tion de « super­io­ri­té » il doit dis­pa­raitre de la langue…car le pou­voir en réa­li­té est bien « avoir la capa­ci­té d’a­gir », avoir le pou­voir n’a rien de « super­ieur » c’est juste une notion d’ac­tion pos­sible mais si rien n’est impos­sible tout n’est que « pos­si­bi­li­té »…alors ouvrons les pos­sibles sans lutte, juste en ne nous sou­met­tant pas à un ordre et une morale qui n’est pas le notre en res­pec­tant l’ordre et la moral de l’autre, bien sûr!!! Ahahaha

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  12. Florence

    Dans la lignée de Lewis Mum­ford, une excel­lente inter­view de Grae­ber (une des réf. de Gérard Fou­cher, un peu mal­me­née par Fré­dé­ric Lor­don à l’oc­ca­sion – ces doux rêveurs d’une huma­ni­té bonne ! – je caricature) :
    http://​www​.bas​ta​mag​.net/​L​e​-​n​e​o​l​i​b​e​r​a​l​i​s​m​e​-​n​o​u​s​-​a​-​f​a​i​t​-​e​n​t​r​e​r​-​d​a​n​s​-​l​-​e​r​e​-​d​e​-​l​a​-​b​u​r​e​a​u​c​r​a​t​i​e​-​t​o​t​ale

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