Revenu de base et renouveau démocratique (Périgueux, 22 août 2014) : introduction aux ateliers constituants dédiés au RDB

26/08/2014 | 59 commentaires

La jeune et tonique équipe de la pre­mière Uni­ver­si­té d’é­té du Reve­nu de base m’a gen­ti­ment invi­té à venir leur dire un mot pour expli­quer le lien puis­sant qui existe entre, d’une part, l’es­poir-d’é­man­ci­pa­tion-poli­tique-géné­rale-par-la-dis­tri­bu­tion-d’un-reve­nu-ou-divi­dende-ou-salaire-incon­di­tion­nel-et-à-vie et, d’autre part, l’ins­ti­tu­tion-et-la-défense-par-le-peuple-lui-même-d’une-démo­cra­tie-digne-de-ce-nom.

Pres­sés par les contraintes, les orga­ni­sa­teurs m’ont deman­dé de résu­mer mon ana­lyse en… 20 minutes (+ 20 minutes d’é­changes avec le public). Je parle donc un peu trop vite, par­don, mais c’est comme ça quand je sais que le temps me manque, je déparle un peu 😐
Et on a trou­vé encore un peu de temps (2h30) sur cette ques­tion le len­de­main matin (same­di 23 août), où nous nous sommes retrou­vés (nom­breux) pour des ate­liers consti­tuants dédiés au RDB (ou au salaire à vie, ou au divi­dende uni­ver­sel, selon les groupes) : j’ai hâte de voir les images et les sons de ces ate­liers, c’é­tait épatant.
Voi­ci donc la pré­sen­ta­tion du ven­dre­di soir (le son com­mence à 3’30 et moi à 8’30) :

Dès que j’ai les vidéos des ate­liers, je les place ici, promis.

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59 Commentaires

  1. etienne

    Des pho­tos du len­de­main (pen­dant la mise en commun) :

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  2. Ana Sailland

    A pro­pos du contrôle (évo­qué en début de vidéo) des for­tunes mobi­lières par l’é­tat (royal) avant 1789 :->
    Jacques coeur était un mar­chand ban­quier qui com­men­ça par ser­vir puis dont la puis­sance crois­sante devint si menaçante/omniprésente que le roi le fit emprisonner.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_C%C5%93ur
    Nous vivons à nou­veau une phase simi­laire où l’é­co­no­mie pre­miè­re­ment utile devient secon­dai­re­ment nuisible.
    Mais l’é­tat ne semble ni vou­loir ni pou­voir pas­ser à la phase de mise au pas, car il est squat­té en ses rangs par la puis­sance de l’argent, car il est donc ce qui le contraint, et ne peut donc s’en défendre, ni nous en défendre …
    Il s’a­git du point cru­cial de notre temps.

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    • Gotfried

      Le pou­voir royal d’An­cien Régime, ayant la carac­té­ris­tique d’être héré­di­taire, certes concentre le pou­voir poli­tique dans une seule paire de main dont la richesse ne fait aucun doute, mais en même temps est un frein puis­sant à l’es­sor des for­tunes. C’est une chose évi­dente depuis très long­temps que l’argent pro­cure un pou­voir colos­sale : celui de se « faire des amis », y com­pris pour hour­dir des sales coups contre le roi. Des « amis » qui, le roi mort à la chasse, ou d’un mal mys­té­rieux quel­conque, ne man­que­ront pas de recon­naître le suc­ces­seur dési­gné par ce géné­reux patricien.
      De tous temps, les rois se sont méfiés de ceux qui ont com­men­cé à deve­nir plus riches qu’eux. Vous citez Jacques Coeur, mais ce n’est pas un cas iso­lé : Jacques de Molay, der­nier grand maître de l’ordre du Temple (immen­sé­ment riche et pré­fi­gu­ra­teur du néo­li­bé­ra­lisme, puisque l’ordre fai­sant banque, agence de voyage, hôtel­le­rie, immo­bi­lier, et… guerre), qui lui a car­ré­ment fini grillé, ou encore Nico­las Fou­quet, dont l’im­mense for­tune et les réseaux puis­sants, inquié­tant Louis XIV, ont cau­sé la dis­grâce et le ban­nis­se­ment (on voit quand même com­ment les moeurs ont évolué).
      Mais il ne faut pas perdre de vue que si les rois ont agi ain­si, c’est avant tout par inté­rêt per­son­nel. Et puis il suf­fit d’un ou deux rois mous de suite pour que la finance renaisse de ses cendres et réus­sisse à sub­ver­tir le pou­voir royal (i.e. 1789). Dès le début du XVIIIe siècle, ce n’é­tait plus ça : krach bour­sier de 1720 en Grande Bre­tagne, effon­dre­ment du sys­tème de Law (un ban­quier pro­tes­tant d’o­ri­gine écos­saise) en France la même année… La « crise de la Tulipe », au XVIIe siècle, est un peu la matrice des crises finan­cières, et ça s’est évi­de­ment pro­duit dans un pays pro­tes­tant, sans pou­voir central.

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      • Ana Sailland

        L’i­dée a été sou­vent pré­sen­tée, et entre autres par les roya­listes, du pou­voir total héré­di­taire comme d’un prin­cipe ver­tueux, fon­dé sur l’i­dée que ce qui est abso­lu, incon­tes­table et incon­tes­té, ne peut par essence pas être cor­rom­pu. Qu’ain­si, l’hu­main-indi­vi­du, qui est double, par­ta­gé entre le bien et le mal, mais le mal n’é­tant consé­quence que de l’an­goisse et de la fai­blesse, ne sau­rait s’il est dépour­vu de fai­blesse, qu’être bon.
        Je ne suis pas roya­liste 🙂 et ce rai­son­ne­ment com­porte quelques omis­sions de taille. Mais il est cepen­dant rece­vable, en tant qu’ob­ser­vable, et le débat pour­rait enrichir.
        En par­ti­cu­lier, il s’ap­plique au sou­ve­rain unique que pour­rait être le peuple s’il était armé d’un sceptre réel et cou­ron­né autre­ment que de la cou­ronne en car­ton pâte que « consti­tue » l’ar­ticle 3 de 1958.
        Le peuple sou­ve­rain, unique et total, qui aurait tous les pou­voirs, ne sau­rait être cor­rom­pu contre son propre inté­rêt, ne sau­rait que vou­loir son bien et non point celui d’une caste, et son bien pas­sant par celui de Dame Terre, il ne sau­rait orches­trer le désastre éco­lo­gique comme le font ce jour les roi­te­lets dis­per­sés, mil­liar­daires et autres oli­garques ; il pour­rait com­mettre des erreurs néfastes , certes, mais serait prompt à les répa­rer dès qu’il en per­ce­vrait le cui­sant effet sur son propre bon­heur ou sa propre sécurité.
        C’est vrai ça … nous vou­lons la démo­cra­tie, mais la ques­tion des ver­tus de la démo­cra­tie et du pour­quoi de notre vou­loir est bien peu approfondie.

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  3. Ana Sailland

    Le reve­nu de base a un effet d’as­sè­che­ment des causes de l’es­cla­vage ins­ti­tu­tion­nel et d’autre part pré­sente la ver­tu d’un boost de l’é­co­no­mie (pas ok pour les décroissants 😉 ).
    Et outre les cri­tiques usuelles, ce der­nier point (boost de l’é­co­no­mie) pose pro­blème, car il ne booste pas ( risque) l’é­co­no­mie citoyenne mais au contraire l’é­co­no­mie dominante.
    En effet, le ché­tif en finance qui tou­che­ra sa manne céleste n’i­ra que rare­ment ache­ter bio ni local mais, même si cette manne est un tant soit peu sub­stan­tielle, il risque bien d’al­ler se four­nir chez Salo­prix­Four­Lid­lU, ou de se tour­ner vers des super­flus qui l’en­gluent, et donc de nour­rir ce contre quoi le prin­cipe du don dû s’insurge.
    Nous aurons donc inté­rêt à pen­ser le reve­nu de base comme au moins en par­tie un outil local, donc lié à la démo­cra­tie locale et à l’au­to­no­mie locale, pro­duc­tive et/ou moné­taire, à le pen­ser non seule­ment comme libé­ra­toire des néces­si­tés alié­nantes mais encore inci­ta­tif à la consom­ma­tion vertueuse.
    Entre autres, il peut être « payé en nature » dans une pro­por­tion rai­son­nable ne limi­tant pas trop la liber­té du béné­fi­ciaire mais l’in­ci­tant à se four­nir équitable/local/biocompatible.
    Entre autres, il peut être aus­si ali­men­té en mon­naie locale, une mon­naie gérée en démo­cra­tie réelle locale, quand à sa créa­tion et son affectation.
    La réflexion reve­nu de base me semble être ain­si insé­pa­rable des réflexions démo­cra­tie locale directe (double pléo­nasme ?) + mon­naie + éco­lo­gie + fraternité.
    En Suisse, il y a une forte pres­sion citoyenne pour le reve­nu de base, avec me semble-t-il un RIP en route.
    (ges­ta­tion de plein de RIP bou­le­ver­sant en ce moment, qui ruine la cri­tique fon­dée sur le récent vote xénophobe)
    Mais comme ce pays est petit et 50% démo­crate, les pro­po­seurs n’ont pas l’i­dée d’ap­pli­quer le prin­cipe de sub­si­dia­ri­té au reve­nu de base, et ils le pensent donc en Franc Suisse et dans le cadre de l’é­co­no­mie glo­bale. A mon avis, ils vont se plan­ter, à cause de ça.

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    • Sandy

      De quel boost éco­no­mique vous parlez ?

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      • Ana Sailland

        injec­tion monétaire

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        • Sandy

          Quelle injec­tion monétaire ?
          En fait de quelle idée de reve­nu de base tu parles, parce que il en existe qua­si­ment autant que de per­sonnes qui en parlent et j’ai du mal à com­prendre à quoi tu fais références.

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  4. Sandy

    « démo­cra­tie locale directe (double pléonasme ?) »
    double sim­plisme plutôt

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    • Ana Sailland

      éter­nue­ment ?

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      • Ana Sailland

        Si je dis réflexion sur les navets, tu contes­te­ra le mot navet ?

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        • Sandy

          Vous savez très bien que tout le monde ne par­tage pas votre avis sur la réduc­tion de la démo­cra­tie à la démo­cra­tie directe et en petit comité.

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          • Ana Sailland

            Pas mal de gens quand même 😉

          • Sandy

            Très peu à vrai dire.

    • EFFAB

      SANDY, tu es sur­tout ici pour noyer le pois­son et ember­li­fi­co­ter posts et com­men­taires… bref, à ques­tions idiotes moi je te taxe de TROLL et j’ai­me­rais bien déli­bé­rer de la façon la plus démo­cra­tique à ton sujet et à ta pré­sence par­mi nous_interventions et ziza­nies que tu espères peut-être très fort mais, pour­quoi pas, puis­qu’on doit bien for­cer les choses et nous éman­ci­per à ce monde avi­lis­sant et déna­tu­ré, pour­quoi ne pas com­men­cer les exer­cices pra­tiques et s’es­sayer à cer­tains méca­nismes de contrôles (…) quand il est peut-être dans l’in­té­rêt de la com­mu­nau­té de bien faire la dif­fé­rence entre des opi­nions oppo­sées et ce des­sein sour­nois de réfu­ta­tion sys­té­ma­tique, de divi­sion de ras-le-bol ?!

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      • Ana Sailland

        Caillou dans la chaussure.

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        • EFFAB

          Comme tou­jours, c’est plus fort que moi et cer­tai­ne­ment un peu stu­pide de ma part_à croire qu’il faut qu’à chaque fois je fasse le contraire de ce que dit ETIENNE ! ^^

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  5. NATION

    Moi je pense que le réflexe de cher­cher des solu­tions à la réa­li­té don­née n’est peut-être pas la bonne méthode, du moins dans un pre­mier temps.
    OK, il faut trou­ver la cause, et en l’oc­cur­rence la cause des causes, M. Chouard l’a bien nom­mée, et nombre de livres expliquent à par­tir du réel et de l’his­toire com­ment nous en sommes arri­vés là.
    Mais au départ, si nous vou­lons tous réflé­chir dans la même direc­tion, il faut bien que nous par­ta­gions les mêmes valeurs ! Donc fina­le­ment par­tir du point de vue de l’i­déa­liste, voire de l’u­to­piste, afin de cher­cher avant tout le meilleur, et le meilleur ne sera, que si l’on se fixe les plus hautes valeurs que la nou­velle socié­té éman­ci­pée que nous recher­chons, c’est-à-dire celle d’un monde plus humain, devra por­ter en son sein – un peu comme une devise si vous pré­fé­rez. D’ailleurs c’est aus­si le mes­sage de la reli­gion : elle se base avant tout sur des valeurs…
    Donc à mon avis, avant de cher­cher les solu­tions maté­rielles et légales en espé­rant trou­ver le meilleur consen­sus, il fau­drait d’a­bord se mettre d’ac­cord sur les valeurs uni­ver­selles et essen­tielles à l’in­di­vi­du et à la com­mu­nau­té natio­nale pour garan­tir la STABILITÉ du pays.
    Certes il est inté­res­sant et essen­tiel de s’at­ta­quer au pro­blème du sala­riat, du RDB etc., mais il est tout aus­si cru­cial par exemple de défi­nir les simples termes LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ : qu’est-ce que les gens mettent der­rière ces mots selon eux ?… On pour­rait aus­si prendre les termes COURAGE, AMOUR, ou HONNÊTETÉ etc.
    On pour­rait tout aus­si bien prendre comme modèle la doc­trine sociale de l’É­glise ou bien la phi­lo­so­phie grecque antique pour nous aiguiller.
    C’est peut-être très basique ce que je dis, mais une fois bien défi­nis, ou du moins bien assi­mi­lés par les par­ti­ci­pants, on pour­rait alors cher­cher nos solu­tions maté­rielles EN FONCTION de ces valeurs spi­ri­tuelles que tout le monde par­ta­ge­rait, çà nous évi­te­rait d’a­van­cer dans le flou ; ain­si la hié­rar­chie des choses reprendre sa place : l’es­prit guide la matière.
    Remar­quez que ce capi­ta­lisme aujourd’­hui mon­dia­li­sé se base bel et bien sur des valeurs judéo-protestantes.
    Sans idéo­lo­gie basée sur des valeurs fermes et por­teuses de sens, j’ai dû mal à voir com­ment on pour­ra trou­ver les meilleures solu­tions pour notre pays…

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  6. EFFAB

    NATION, les belles valeurs et les grands sen­ti­ments ne nour­rissent pas for­cé­ment que les impé­ra­tifs du quo­ti­dien et la valeur ‘tra­vail’, c’est pour­quoi il me semble beau­coup plus oppor­tun de libé­rer l’in­di­vi­du de ses besoins fon­da­men­tales et pri­maires tout en le res­pon­sa­bi­li­sant à cette néces­si­té et ce devoir que vou­loir coûte que coûte la perfection.
    Tout le monde n’est pas poète, tout le monde n’est pas phi­lo­sophe, loin s’en faut, mais cha­cun y gagne­rait en éman­ci­pa­tion et en digni­té s’il avait de quoi man­ger et bien vivre sans peur du len­de­main ni tenu en laisse ou en dette, pou­vez-vous com­prendre ce préalable ?
    C’est là un beau et pré­des­ti­né pseu­do : NATION ! qui plus est, avec les majuscules ^^

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    • Gotfried

      Si on va par là, « éman­ci­pa­tion » et « digni­té » sont aus­si des belles valeurs et de grands sen­ti­ments. Si les gens peuvent gar­der le même niveau de vie sans tra­vailler, beau­coup ne tra­vaille­ront plus. En par­ti­cu­lier ceux qui ont des métiers par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­ciles et peu rému­né­ra­teurs comme… les agri­cul­teurs ! Et plu­tôt que de se faire chier à culti­ver des cen­taines d’hec­tares pour nour­rir la France, il auront un petit pota­ger devant leur mai­son qui leur suf­fi­ra ample­ment. Les agri­cul­teurs font ce qu’on attend d’eux exclu­si­ve­ment sous la contrainte des banques (ils sont obli­gés de prendre des emprunts pour payer le maté­riel) et à cause du petit reve­nu qu’ils peuvent se déga­ger. Et il existe peu de domaines où la mécanisation/automatisation est déjà aus­si poussée.
      Offres-leur l’op­por­tu­ni­té de pro­fi­ter de la vie sans tra­vailler, ils se jet­te­ront des­sus sans la moindre hési­ta­tion. Dans beau­coup d’autres pro­fes­sions plus ou moins indis­pen­sables le tra­vail est dif­fi­cile et peu rému­né­ra­teur. Certes c’est déplo­rable, certes il faut chan­ger ça, mais mettre la souf­france ou les dif­fi­cul­tés des indi­vi­dus par­ti­cu­liers avant la néces­si­té impé­rieuse qu’ils accom­plissent la tâche qui leur est confiée, c’est du sabo­tage et de l’in­cons­cience. Main­te­nir la socié­té est la pre­mière des prio­ri­tés, car mal­gré ses injus­tices et ses dés­équi­libres, elle seul est garante d’un mini­mum de civi­li­sa­tion, de sécu­ri­té, d’ordre.
      Par ailleurs, avoir de quoi man­ger et bien vivre, ce n’est pas avoir 1000, 1500, 2000€ qui tombent sur son compte tous les mois. Il faut mettre un terme à ces pro­ces­sus men­taux capi­ta­listes : on peut vivre pour pas un rond, et on peut mou­rir de soif mil­liar­daire. L’argent n’a rien à voir là dedans. Par contre, il faut que soit pro­duit au moins autant qu’on est appe­lés à consom­mer (et j’emploie consom­ma­tion au sens large). Avoir de quoi man­ger et bien vivre implique la sécu­ri­sa­tion de la pro­duc­tion. Le RdB fait tout le contraire !
      Met­tant la char­rue avant les boeufs, il voit exclu­si­ve­ment l’ex­tré­mi­té consom­ma­trice dans un rap­port mar­chand moné­ti­sé, sans se poser nul­le­ment la ques­tion de l’exis­tence de denrées/marchandises à consom­mer, qui implique néces­sai­re­ment pro­duc­tion. On croi­rait presque que la bouffe (et tout le reste) arrive par magie dans les rayons du Leclerc, et qu’il suf­fit d’a­voir plus de pognon pour ache­ter plus ou mieux. Le RdB, c’est le rêve du client à la caisse du super­mar­ché quand il tend sa carte bleue, pas plus. J’at­tends beau­coup plus révo­lu­tion­naire et éman­ci­pa­teur que la reven­di­ca­tion comique des Incon­nus : « Pri­mo, reva­lo­ri­sa­tion du pou­voir d’a­chat, deu­zio aug­men­ta­tion des salaires, et tierso/trimo, plus d’argent à la fin du mois ».

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  7. Protagoras

    Je suis encore éton­né du peu de consi­dé­ra­tion que jouissent les nou­velles tech­no­lo­gies dans la pen­sée éman­ci­pa­trice. Pen­ser le monde sans les outils tech­niques qui le com­posent ou le com­po­se­ront, c’est le pen­ser à moitié.
    Étienne dans la vidéo ren­voie un peu rapi­de­ment la ques­tion d’un audi­teur sous le pré­texte que c’est beau­coup d’ef­fort pour pas grand-chose. Argu­ment peu accep­table celui du trop d’ef­fort, lorsque 5 minutes avant il sou­hai­tait faire sor­tir tt l’hu­ma­ni­té dans la rue en même temps. Si l’Homme n’est pas capable d’ap­puyer sur un bou­ton « like » sur son ordi­na­teur, il ne sau­ra des­cendre dans la rue.
    La ques­tion seraient com­ment les nou­velles tech­no­lo­gies peuvent rendre L’Ecclesia contem­po­raine possible ?

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    • Sandy

      Inter­net peut être un outil for­mi­dable de décloi­son­ne­ment ter­ri­to­rial. Le drame contem­po­rain de nos sys­tèmes poli­tiques, c’est le poids ( et la pol­lu­tion selon moi ) du rap­port de force local sur le rap­port de force natio­nal. Des gens qui ont de très bonnes idées se retrouvent iso­lés sur leur ter­ri­toires alors qu’ils seraient cer­tai­ne­ment lar­ge­ment majo­ri­taires s’ils pou­vaient fran­chir cette bar­rière et com­mu­ni­quer leur idée à tous les autres au niveau national.
      Le cloi­son­ne­ment est très clai­re­ment un frein au germe des idées qui pour­raient faire réel­le­ment avan­cer les choses.
      Bien sûr il y a face book …
      Je sais aus­si que le par­ti socia­liste a mis en place un sys­tème de réseau social qui per­met à leur adhé­rents de com­mu­ni­quer. Mais ce sont des médias sous uti­li­sés car il n’y a pas de véri­table enjeu derrière.
      Un vrai média qui per­met­trait de prendre des déci­sions, serait je pense bien plus utilisé.

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  8. Ana Sailland

    Cette page est arti­cu­lée autour du reve­nu de base.
    La grosse objec­tion à ce pro­jet réside dans la mise en doute de la capa­ci­té de l’être humain à s’in­ves­tir sans contre­par­tie, ou plus que néces­saire quand il lui suf­fit de se rou­ler les pouces.
    Cet argu­ment n’est pas débile.
    J’aime lui répondre en signa­lant que notre socié­té nour­rit une foule de gens inutiles dont le métier ne sert qu’à gérer l’é­goïsme ou l’ou­til fon­da­men­tal de la contrainte au tra­vail (la mon­naie), citons par­mi eux assu­reurs ou ban­quiers : recon­nais­sons que ces gens ne ser­vi­raient à rien si nous étions « gen­tils », et mus autant par la pul­sion contri­bu­trice que par de nos jours la néces­si­té ou l’appât du gain.
    Mais cet argu­ment (comme d’autres que je ne vais pas res­ser­vir ce jour) ne tient pas si comme dit dans le pugi­lat ver­bal qui entoure le thème de cette page, l’homme est mauvais.
    C’est vrai que ça nous coupe un peu le caquet 😉 et que faute de preuve le défen­seur du reve­nu de base se sent gêné aux entournures.
    Cos­tume trop géné­reux serait il trop ser­ré par nature ?
    Il est donc impor­tant de rele­ver les exemples fla­grants de la gen­tillesse humaine lorsque la pul­sion contri­bu­trisme l’emporte sur le repli sur soi.
    Suis mon­tée ce jour man­ger une soupe sur le Salève, et là, cette char­mante Dame qui au col de la croi­sette four­nit une cui­sine hyper­saine et hyper bonne m’a indi­qué (nous bavar­dons sou­vent) l’un de ces exemples précieux.
    http://​www​.repor​terre​.net/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​6​277
    Exploi­ta­tion sau­vée par la soli­da­ri­té locale.
    Un jeune homme pied à l’é­trier pour un deve­nir heu­reux et productif.
    Cerise sur le gâteau : Le pro­prié­taire de la terre la loue pour trois fois rien, et en plus aide copieusement …
    Mais l’homme est mau­vais, dit on …
    Tu parles Charles …
    C’est vrai que s’il est contraint à cela, il peut le devenir.
    Et pour­tant dans ce cadre, notre civi­li­sa­tion, qui nor­ma­lise l’acte à la norme du prix, cer­tains résistent, de tout leur coeur.

    Réponse
  9. EFFAB
  10. J-Stéphane

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    Réponse
    • EFFAB

      ça fout les boules ou la haine ?… le reve­nu uni­ver­sel est ins­crit dans la Consti­tu­tion, ça c’est sûr ! Laquelle ? mais la pro­chaine, la seule ! la seule digne de cette appel­la­tion, les pré­cé­dentes n’é­tant que des chèques en blanc ou je-ne-sais-quelle inten­tion pré­ten­tieuse et men­son­gère : c’est révol­tant ! et c’est bien de ça dont il s’a­git, cette petite piche­nette bien pla­cée et bien à propos !… ^^

      … l’abs­ten­tion ou le vote blanc ?
      Par l’abs­ten­tion » ne plus légi­ti­mer ain­si les institutions »
      « Voter c’est consom­mer », c’est cautionner
      Jean-Paul JOUARY :
      « Le pro­blème de l’abs­ten­tion c’est qu’il faut réus­sir à mani­fes­ter l’abs­ten­tion en mani­fes­tant le refus du sys­tème en place_et si jamais ça se mélange avec ceux qui s’abs­tiennent parce qu’ils en ont rien à faire, la quan­ti­fi­ca­tion reste incon­nue et c’est ce qui me gêne un petit peu_en revanche, si on fai­sait mon­ter un mou­ve­ment (…), si on fai­sait mon­ter cette exi­gence d’un refus total des ins­ti­tu­tions avec exi­gence de réfé­ren­dum popu­laire (RIP) pos­sible, avec ses limites (…), si c’é­tait cou­plé avec une pro­po­si­tion comme ça, l’abs­ten­tion pour­rait prendre un sens effec­ti­ve­ment extrê­me­ment effrayant pour les gou­ver­nants ! »… } ce qu’il ajoute après dans le même ordre d’i­dée, la fin de la vidéo concluant par ceci ^^

      Réponse
    • EFFAB

      Certes, un grand clas­sique déjà abor­dé ici-et-là sur ce blog…

      … il n’empêche, il est des choses dont on ne se lasse jamais, telle la pré­sence et le sou­rire d’une per­sonne aimée, chose en nature comme en deve­nir chaque fois plus édifiante

      Réponse
  11. J-Stéphane
    « … Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, lais­sant les assiettes des autres vides et qui ayant tout, disent avec une bonne figure, une bonne conscience, nous, nous qui avons tout, on est pour la paix. Je sais que je dois leur crier à ceux là, les pre­miers vio­lents, les pro­vo­ca­teurs de toute vio­lence, c’est vous !
    Et quand le soir, dans vos belles mai­sons, vous allez embras­ser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez pro­ba­ble­ment plus de sang sur vos mains d’in­cons­cients que n’en aura jamais le déses­pé­ré qui a pris des armes pour essayer de sor­tir de son désespoir … »

    Hen­ri Grouès, dit l’ab­bé Pierre, né le 5 août 1912 à Lyon et mort le 22 jan­vier 2007 


    Réponse
  12. J-Stéphane
  13. J-Stéphane
  14. J-Stéphane

    Les anti­qui­tés ont droit à un abri ave­nue Foch pour l’hiver.
    http://​www​.cmo​-anti​quites​.com/​u​p​l​o​a​d​/​g​e​d​i​t​/​1​/​f​i​l​e​/​F​O​C​H​_​C​h​a​p​i​t​e​a​u​3​.​jpg
    http://​www​.cmo​-anti​quites​.com/​a​c​c​u​e​i​l​/​c​m​o​_​s​a​l​o​n​s​_​b​r​o​c​a​n​t​e​s​/​s​a​l​o​n​_​a​n​t​i​q​u​a​i​r​e​s​_​p​a​r​i​s​_​x​vie
    Les mar­chan­dises ont droit à des cha­lets pour l’hi­ver ave­nue des Champs Élysées
    http://​www​.lefi​ga​ro​.fr/​m​e​d​i​a​s​/​2​0​1​1​/​1​1​/​3​0​/​2​b​8​0​6​5​e​2​-​1​b​f​e​-​1​1​e​1​-​9​2​5​f​-​6​2​e​a​c​d​a​b​0​4​7​c​.​jpg
    Comme quoi il est facile de faire des abris…
    http://​rue89​.nou​ve​lobs​.com/​2​0​1​4​/​0​2​/​2​7​/​c​a​r​t​e​-​c​o​m​m​u​n​e​-​e​s​t​-​p​l​e​i​n​e​-​l​o​g​e​m​e​n​t​s​-​v​i​d​e​s​-​2​5​0​2​5​1​?​u​t​m​_​c​o​n​t​e​n​t​=​b​u​f​f​e​r​5​7​0​c​f​&​u​t​m​_​m​e​d​i​u​m​=​s​o​c​i​a​l​&​u​t​m​_​s​o​u​r​c​e​=​f​a​c​e​b​o​o​k​.​c​o​m​&​u​t​m​_​c​a​m​p​a​i​g​n​=​b​u​f​fer

    Réponse
    • thierry

      les abris très bien, la bouffe super mais s’il n’y a pas de revenu/salaire qui tombe régu­liè­re­ment et qui les sort de la misère, ils ne seront jamais citoyens et avec ceux qui vont bas­cu­ler ça fera bien­tôt 10 mil­lions de gens qui auraient pu avoir quelque chose à ou à crier dans l’agora.
      Non, on va leur dire « atten­dez, soyez patients, on va bien­tôt écrire la consti­tu­tion » et avec un peu de chance, si tout le monde est d’ac­cord, vous aurez les moyens de vivre et de deve­nir comme nous, citoyens.

      Réponse
      • J-Stéphane

        Un reve­nu garan­ti n’est pas une garan­tie contre la misère.
        Ça peut être une garan­tie contre la pau­vre­té si les besoins essen­tiels sont maté­riel­le­ment garantis.
        Ne serait-ce pas pire que la misère que d’a­voir un tas d’argent et aucune offre pour répondre aux besoins vitaux ?

        Réponse
        • thierry

          misère v/ pauvreté ?
          Pau­vre­té on peut com­prendre, misère est déjà plus com­plexe à défi­nir et s’en ser­vir contre un reve­nu pour les pauvres me semble douteux.
          Alors avec ce pré­texte, les riches ont de quoi attendre que la consti­tu­tion s’oc­cupe de leur petites misères et les pauvres res­tent dis­qua­li­fiés et inter­dits de consti­tu­tion ou même de réflexion poli­tique, ils n’ont qu’à s’oc­cu­per de man­ger et de se loger, bizarre et dom­mage, je pen­sais que c’é­tait un sujet inté­res­sant pour ali­men­ter (?) la dis­cus­sion sur les pré­am­bules à la constitution…

          Réponse
          • J-Stéphane

            Effec­ti­ve­ment, les riches à force de nous faire croire que la pau­vre­té est misère, on en a oublié que la misère est néant, et la pau­vre­té absence de luxe.

  15. J-Stéphane
    • J-Stéphane

      Une idée c’est comme une graine, elle doit être bonne pour ger­mer, et se repro­duire pour survivre.

      Réponse
    • Ana Sailland

      Dans les conver­sa­tions sur le reve­nu de base vient plus que sou­vent la ques­tion sur laquelle nous avons dis­ser­té « qui ramas­se­ra les poubelles ».
      J’en ai une autre bien plus rigo­lote : « Qui accep­te­ra le métier de CRS » ?
      Bonne méditation 😉

      Réponse
      • J-Stéphane

        Hélas, il fau­dra du temps, beau­coup de temps, pour répa­rer les dégâts cau­sés par tant d’an­nées d’a­char­ne­ment à per­ver­tir l’es­prit indi­vi­duel et le cer­veau col­lec­tif ; pres­tige de l’u­ni­forme armé, déva­lo­ri­sa­tion des métiers civiques et du civisme, plai­sir d’a­voir une licence pour se défou­ler afin de se sou­la­ger d’une pathologie…

        Réponse
    • Ana Sailland

      Nous ne devons pas consi­dé­rer le pot­lach comme anec­do­tique et inadap­té à la civi­li­sa­tion tech­ni­cienne, car en son essence il contient un prin­cipe génial :
      C’est celui qui donne le plus qui reçoit le plus d’hon­neur, jus­qu’au point qu’il pour­ra gouverner.
      Cela n’ex­clue pas celui qui ne donne rien ou très peu du par­tage du gâteau …
      Sim­ple­ment celui là sera faible à la palabre.
      Tan­dis que celui qui se sera le plus inves­ti, sera écouté.
      L’ho­no­ra­bi­li­té par la contri­bu­tion consti­tue l’é­lec­tion, et non pas le bul­le­tin de vote, ni le tirage au sort 😉
      Bref, cette piste est à creu­ser peut être plus qu’au registre eth­no­gra­phie amusante …
      Notons que nous en sommes sans en avoir l’air très proches mais avec une per­ver­sion majeure :
      Ceux qui gou­vernent (au grand jour ou dans l’ombre) sont ceux qui détiennent le capi­tal et ( ou donc) l’ou­til de pro­duc­tion, et non pas ceux qui trans­pirent au sein de cet outil de production.
      Nous sommes une civi­li­sa­tion du pot­lach, mais per­ver­tie par « le droit sacré à la pro­prié­té » qui trans­forme la céré­mo­nie du pot­lach en salle des marchés.

      Réponse
      • Ana Sailland

        Dans le cas du pot­lach, celui qui donne le plus gouverne.
        Dans le cas du capi­ta­lisme, celui qui prend le plus gouverne.
        C’est très différent 🙂

        Réponse
        • J-Stéphane

          Dans un échange don de soi entre citoyen et col­lec­ti­vi­té je sup­pose, parce que le plou­to­crate donne plus d’argent à l’o­li­garque que le citoyen, et il prend encore plus aux citoyens.
          On peut pré­fé­rer comme for­mule, celui qui donne plus et qui prend moins gou­verne, que le don soit d’argent ou de soi, et là, on devine la classe sociale la plus à mène de gouverner. 😉

          Réponse
    • J-Stéphane

      Le reve­nu mini­mum d’exis­tence est vrai­ment une bonne idée, je dirais même une idée saine, car elle ren­dra notre socié­té beau­coup moins pathogène.
      Mais hor­mis les inquié­tudes de ; qui fera quoi, et faire quoi de ceux qu’ils ne veulent pas faire, inquié­tudes jus­ti­fiées, mais secon­daires, car je suis cer­tains qu’elles se régle­ront très vite, car nous serons enfin dans le bon sens, et non à contre-cou­rant, je m’in­quiète plus des gens mal­sains qui ont le pou­voir, et qui l’au­ront encore même si ce reve­nu mini­mum uni­ver­sel voit le jour.
      Sachant qu’ils ont tou­jours oeu­vré pour nous asser­vir, com­ment les empê­cher de sabor­der cette belle idée en accé­lé­rant de plus en plus vite le coût de la vie, et ain­si rendre le reve­nu mini­mum inef­fi­cace, car dans l’im­pos­si­bi­li­té de suivre le rythme d’in­fla­tion impo­sé par ces escla­va­gistes expé­ri­men­tés depuis tant de générations ?

      Réponse
      • 222

        Il est évident que le Reve­nu de Base ne peut s’en­vi­sa­ger sérieu­se­ment sans une refonte totale de l’en­semble et, bien sûr, d’une Consti­tu­tion ‘béton’ et digne de ce nom, écrite par le bon sens et selon ces cri­tères, ces fon­da­men­taux chouardiens/démocratiques.
        CHOUARDament !

        Réponse
        • Ana Sailland

          Le reve­nu de base dans le contexte moné­taire pré­sent me laisse dubi­ta­tive puisque la mon­naie étant conçue autour du prin­cipe contrac­tuel est par essence en oppo­si­tion avec le prin­cipe de l’inconditionnel.
          Donc comme tu dis Effab, une refonte de tout est nécessaire,
          et par­ti­cu­liè­re­ment une refonte totale du sys­tème monétaire.

          Réponse
  16. oli

    Une civi­li­sa­tion accès sur le don et le partage ? 😉
    En atten­dant, le reve­nu uni­ver­sel doit aus­si se voir avec la ques­tion de pro­prié­té d’u­sage et de pro­prié­té lucra­tive. Car son effi­ca­ci­té de cou­vrir les pre­miers besoins dépen­dra tou­jours du prix de l’a­li­men­ta­tion, et du prix des loyers ou mai­son, donc du prix de la terre. Si ces der­niers sont trop éle­vés, l’o­bli­ga­tion de tra­vailler reste, le rap­port de force pos­sé­dants – dépos­sé­dés également.
    Daniel Quinn a une belle for­mule pour par­ler de cela, il parle de « nour­ri­ture mise sous clé ». Quand la terre, et donc la nour­ri­ture, et la pro­duc­tion de nour­ri­ture (avec aujourd’­hui l’au­to­ri­sa­tion lamen­table de faire bre­ve­ter des graines) appar­tiennent à un petit groupe, celui-ci est en mesure de réduire les autres en escla­vage, par le chan­tage des besoins pri­maires. C’est ce qui se passe lors des colo­nies ou des inva­sions, c’est ce qui se passe aus­si chez nous, depuis qu’on a reti­ré les der­niers ter­rains com­mu­naux au Moyen Age afin de for­cer tout le monde à tra­vailler au béné­fice d’un tiers pour pou­voir manger.

    Réponse
    • Ana Sailland

      yesssssss
      … Il faudra(it) qu’on puisse appro­fon­dir de vive voix …

      Réponse
    • 222

      Oui, la pro­prié­té d’u­sage, j’ai la chance ou la volon­té, à mon tout petit niveau, d’en faire l’ex­pé­rience même si nous n’en sommes qu’au tout début du tout début… mais il est un fait, rien n’est plus clair à mon esprit que ce monde à réen­chan­ter, d(ai)s aujourd’­hui, pour toutes ces rai­sons que nous sommes ici tout en étant d’Ailleurs.
      Lama EFFAB

      Réponse
  17. Ana Sailland

    Un vieillard qui plante un arbre frui­tier est la preuve incar­née du fait que la pul­sion de contri­bu­tion est l’un des plus puis­sants moteurs de l’ac­ti­vi­té humaine.
    Cette per­sonne agit pour le futur et n’en attend rien, son espoir de récol­ter le pre­mier fruit n’é­tant assor­ti d’au­cune garantie.
    Le drame de notre civi­li­sa­tion réside dans l’oc­cul­ta­tion de cette pul­sion, dans son inhi­bi­tion, voire sou­vent dans l’in­ter­dic­tion qui nous est impo­sée de la lais­ser vivre et gou­ver­ner nos actes.
    En lieu et place, la défiance, qui conduit au contrat, un contrat bien vite tru­qué. Car si la peur se sub­sti­tue à la pul­sion contri­bu­tive, elle draine avec elle toutes les per­ver­sions qui lui sont méca­ni­que­ment attachées.
    Nous sommes la civi­li­sa­tion du contrat tru­qué, et regar­dons avec mépris les peuples pré­ten­dus pri­mi­tifs qui sont ou étaient mus par le contributisme.
    Le vou­loir atta­ché au concept de reve­nu incon­di­tion­nel, quelle qu’en soit la décli­nai­son, est le mar­queur du besoin de retour au contri­bu­tisme, au détri­ment du contrac­tuel et de ses dérives.
    Le fait que le reve­nu incon­di­tion­nel soit pen­sé déli­vré en mon­naie est quant à lui la marque du fait que ce concept n’est qu’une marche d’un long esca­lier qui mène­ra à mieux : car se libé­rer en uti­li­sant l’ou­til de l’a­lié­na­tion est contra­dic­toire, ne peut abou­tir à une liber­té accom­plie et ne peut qu’être une étape.
    Pour que plus tard mieux soit pos­sible, nous citoyens devons nous habi­tuer à fonc­tion­ner autre­ment que dans le contrac­tuel, et chaque fois que nos pri­sons le per­mettent, opter pour le contri­bu­tisme : agir lorsque c’est béné­fique et sans poser de condition.
    C’est exac­te­ment ce que font les mili­tants, qui se donnent à fond.
    Et se don­ner, c’est déjà savoir donner.
    C’est exac­te­ment ce que fait une mère qui éduque et protège.
    Et innom­brables sont les exemples qui démontrent en clair que l’hu­main n’est pas fait pour comp­ter mais pour contribuer.

    Réponse
    • Katharina

      voir Anti­gone
      après avoir été puni par Créon pour avoir cou­vert de terre son frère mort dans la plaine (Poly­neikes tué dans le com­bat avec « le bon » frère Eteokles) au lieu de le lais­ser pourrir :
      Je suis faite pour par­ta­ger l’a­mour non la haine

      Réponse
      • Ana Sailland

        J’en pro­fite lâche­ment pour glis­ser un truc :
        Ai pas­sé 3 jours autour du 31 en forêt avec des gens extraordinaires.
        Dont un tra­duc­teur du tibé­tain (c’est son métier) donc infailli­ble­ment très poin­tu sur mait sujet. Quelle chance d’a­voir l’op­por­tu­ni­té de pas­ser des jours avec de telles personnes.
        J’a­vais près de moi des docu­ments sur la nais­sance de la démo­cra­tie athé­nienne quand nous par­lâmes de la nais­sance du bouddhisme.
        !!! Ô étrange coïn­ci­dence des dates !!!
        Mon sang de rêveuse ne fit qu’un tour et j’i­ma­gi­nai un phé­no­mène du genre de l’af­faire du cen­tième singe, qui aurait expli­qué l’é­mer­gence hic et nunc de deux grands pro­grès de la conscience.
        En effet, il y a un peu de res­sem­blance entre ces deux miracles, d’une part ici des tyrans qui se coupent les ailes et ins­taurent la démo­cra­tie et d’autre part là-bas le prince Sid­dhar­tha qui s’ar­rache à son confort pour pro­vo­quer la glo­ri­fi­ca­tion de la com­pas­sion, et de bien d’autres choses déli­cieuses pour l’in­ten­si­té d’être.
        Mais mon ami, plus sérieux que moi me livra le fin mot de l’Histoire :
        L’in­tense rela­tion com­mer­ciale qui à cette époque reliait les conti­nents ( style route de la soie ) n’é­tait pas que com­mer­cialme mais aus­si culturelle.
        Et il ne serait pas éton­nant qu’un Solon, un Pisis­trate ou un Clis­thène aient reçu enfants au cours de leur édu­ca­tion des notions venus de l’Inde ou de plus loin encore.
        Sans pou­voir en dire plus, ne pre­nons pas ces hypo­thèses pour acquises.
        Ce pen­dant je connecte ça à la lec­ture des mémoires de Marc aurèle ( trou­vées aux puces en sor­tant de chez mon den­tiste hihi ) qui m’a­vait for­te­ment éton­nées tant elles por­taient en fili­granne la phi­lo­so­phie du déta­che­ment qui est plus asia­tique qu’européenne.

        Réponse
  18. Ana Sailland

    Il y a une forte confu­sion entre tra­vail et emploi, confu­sion men­tale, et cette confu­sion est un fait de civi­li­sa­tion. Ren­for­cée chez nous par l’é­ty­mo­lo­gie désas­treuse du mot tra­vail (tri­pa­lium = tor­ture) qui ne se ren­contre pas for­cé­ment dans d’autres langues.
    Avoir un emploi, c’est occu­per une case dans la socié­té, un rôle. Mais vous savez, quand vous ache­tez un outil, vous lisez le mode d’emploi. Cela veut bien dire qu’être employé, c’est être rava­lé au rang d’ins­tru­ment, ou d’outil.
    Alors que
    Tra­vailler veut ou devrait signi­fier agir, façon­ner, contri­buer dans un esprit d’au­to­no­mie ou de géné­ro­si­té qui n’est pas celui de l’emploi.
    On dit bien « tra­vail sur soi » pour dési­gner un cer­tain type de démarche spirituelle.
    On dit bien « tra­vailler son pia­no » ou « tra­vailler son ser­vice » pour un joueur de tennis.
    Ain­si, alors que le terme emploi est psy­cho­lo­gi­que­ment asso­cié à la notion de salaire, le terme tra­vail l’est beau­coup moins, par­fai­te­ment adap­té aux acti­vi­tés libres de contri­bu­tion ou de progrès.
    Le reve­nu incon­di­tion­nel sera en prio­ri­té per­çu comme un moyen de nous libé­rer du chan­tage au chô­mage, mais il est beau­coup plus que cela.
    Il est le mar­queur d’une volon­té de sépa­rer les concepts d’emploi et de tra­vail et de favo­ri­ser le tra­vail au détri­ment de l’emploi.
    Noble cause.
    J’en viens main­te­nant au « machinisme ».
    Au 19ème siècle et début 20ème il était consi­dé­ré comme le socle de la future éman­ci­pa­tion de l’être humain enfin libé­ré du « tu vivras à la sueur de ton front ».
    Et puis nous avons déchanté.
    On pour­rait croire que la dés­illu­sion pro­vien­drait d’une erreur d’ap­pré­cia­tion et que le machi­nisme por­tait plus d’es­poir qu’il n’en pou­vait supporter.
    Mais nous savons bien que la pro­prié­té de l’ou­til de pro­duc­tion a confis­qué le béné­fice du pro­grès, ou a volon­tai­re­ment frei­né ce progrès.
    Mais nous savons bien que les « gains de pro­duc­ti­vi­té » ne sont pas uti­li­sés pour réduire le temps de tra­vail mais pour réduire le temps d’emploi en créant du chô­mage, « dégrais­ser » pour accroître le dividende.
    Cepen­dant, la réduc­tion mas­sive du bleu de tra­vail demeure un indice visible des effets du machi­nisme, dont pour­tant le lamb­da ne pro­fite que peu.
    Il est clair que tout tra­vail humain rem­pla­cé par un tra­vail méca­nique devrait cor­res­pondre à un départ en vacances et non pas à une mise au chô­mage. C’est un lieu com­mun … auquel les « élites » sont sourdes.
    Mais mais mais : 21 ème siècle .….….
    Nous assis­tons main­te­nant à une explo­sion tech­no­lo­gique, des savoir-faire, de l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle, du robo­tisme et de l’automatique
    qui laisse pré­sa­ger (pas besoin de Madame Soleil) la dis­pa­ri­tion pro­chaine d’un nombre incal­cu­lable de métiers.
    Sans même suivre Jacques Fres­co, la socié­té va spon­ta­né­ment détruire le concept emploi (et lais­ser vivre le concept travail)
    Si bien que si de nos jours le reve­nu incon­di­tion­nel peut paraître uto­pique et peut être atta­qué de mille argu­ments dont cer­tains sont encore rece­vables, dans un ave­nir pas très loin­tain, il sera une néces­si­té, sera incontournable.
    Dans trente ans le reve­nu incon­di­tion­nel sera inévitable.
    Car il n’y aura plus d’emploi vital à assumer.

    Réponse
  19. J-Stéphane
  20. Ronald

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