Demain soir, on saura si les jeunes sont allés se mettre en travers de l’arbitraire, en élisant… En élisant n’importe qui contre le tyran du moment — qu’il est urgent de freiner, de limiter, d’empêcher !

18/06/2022 | 1 commentaire

Chers amis,

Voi­là 17 ans que j’ins­truis, dans ma tête et sur ce site, le pro­cès de l’élection.
Dix-sept ans que je creuse ce sujet cen­tral, et que je découvre et dénonce les méca­nismes dia­bo­liques (qui divisent) de ce piège poli­tique — infan­ti­li­sant et humi­liant — qu’est l’élection.

Pour­tant, dans notre anti-consti­tu­tion, c’est tout ce que nous avons : l’élection.
Ce serait donc folie de n’en rien faire quand elle nous offre, par­fois, une pos­si­bi­li­té, petite mais réelle, de résis­ter à l’ar­bi­traire qui vient.

Je rai­sonne en terme de contre-pouvoirs.
Je cherche en toutes matières à limi­ter les pouvoirs.
Je ne suis pas consti­tuant (puisque, pour l’ins­tant, les « élus » m’en empêchent), mais je suis électeur.
Je peux donc élire celui qui pro­met de résis­ter au tyran du moment.
C’est peu, c’est très peu je le sais bien, et ça ne garan­tit rien, mais ce n’est pas rien.

Depuis 17 ans, je ne me suis jamais abstenu.
Je tiens l’abs­ten­tion pour une démission.
J’en com­prends natu­rel­le­ment la logique, puis­sante, sym­bo­lique, phi­lo­so­phique, noble même d’une cer­taine manière.
Mais aus­si suicidaire.
L’abs­ten­tion est une démission.
Et je trouve que, quand le dan­ger de bas­cule tota­li­taire est immense, quand le risque est de subir cinq nou­velles années d’ar­bi­traire révol­tant, de mal­trai­tance des tra­vailleurs pro­lé­taires par les oisifs action­naires, d’empoisonnement for­cé des enfants et des grands, de recul encore et encore de nos pré­cieuses liber­tés, de sur­veillance orwel­lienne, sans aucun contre-pou­voir dres­sé au par­le­ment contre un enne­mi du peuple pour­tant avé­ré, dans cette situa­tion tra­gique c’est une faute de ne pas y aller (il suf­fit de se pin­cer le nez) : ceux qui détestent Mélen­chon (et qui se sont juré de ne jamais voter pour lui), et ceux qui détestent même car­ré­ment tous les poli­ti­ciens (et qui ont juré de ne plus jamais élire quel­qu’un), tous ceux-là, que je com­prends bien et envers qui je n’ai aucune ran­cune, doivent bien mesu­rer leur res­pon­sa­bi­li­té ; les deux situa­tions ne sont pas équi­va­lentes : entre un Macron déchaî­né parce que doté d’une nou­velle majo­ri­té ser­vile, et un Macron enchaî­né par une majo­ri­té qui lui sera hos­tile, il y a un monde.

En éli­sant un oppo­sant au tyran, on peut empê­cher, ralen­tir au moins, la bas­cule totalitaire.
Gagner du temps pour que gran­disse et s’or­ga­nise encore la résis­tance popu­laire, avant que ne soient fina­le­ment enfer­més les oppo­sants (ne sou­riez pas : tou­jours et par­tout les tyrans en viennent à « vapo­ri­ser » leurs vrais opposants).

Alors oui, encore une fois, j’i­rai « voter ».
J’i­rai élire le moins pire pour évi­ter le pire.
Et j’es­père bien que les jeunes gens feront de même.
Car sur les vieux, en majo­ri­té, il ne faut pas comp­ter pour pro­té­ger les libertés.

Et demain soir, on sau­ra si les jeunes sont allés se mettre en tra­vers de l’ar­bi­traire, en élisant…
En éli­sant n’im­porte qui, n’im­porte qui d’autre que le tyran du moment, qu’il est urgent de frei­ner, de limi­ter, d’empêcher.

Ceci dit, cha­cun de nous n’y peut rien, ou presque.
C’est une époque, un air du temps, qui décide de tout ça.
Et puis, aus­si, c’est Macron qui compte les voix.
Mais s’abs­te­nir, alors que seule l’é­lec­tion d’une majo­ri­té d’op­po­si­tion peut pro­té­ger la socié­té, c’est en fait par­ti­ci­per à l’oppression.

Fais ce que tu dois et advienne que pourra.

Étienne.

 


 
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1 Commentaire

  1. Jérôme S.

    Que les jeunes soient allés voter, ou pas, n’au­ra à mon avis eu aucun impact. En effet, le résul­tat des élec­tions 2022 sem­blait déci­dé à l’a­vance puisque lors du second tour de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle, une image en incrus­ta­tion affi­chait le résul­tat défi­ni­tif (58%-42%) alors que (dixit le jour­na­liste de France2) les résul­tats en cours de dépouille­ment étaient affi­chés à l’é­cran « en direct avec le Minis­tère de l’In­té­rieur » et que Marine Le Pen était en légère avance avec envi­ron 14 mil­lions de suf­frages. Puis il y a eu la dis­pa­ri­tion de 2 mil­lions de suf­frages, tou­jours en direct. Bref, une fraude gro­tesque. Une de plus. « Ce ne sont pas les votes qui comptent mais ceux qui comptent les votes » disait Staline.

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