Henri Guillemin : 15 conférences passionnantes et importantes sur LES DEUX RÉVOLUTIONS FRANÇAISES, 1789–1792 puis 1792–1794 (regroupées par les​-crises​.fr)

4/05/2022 | 4 commentaires

Oli­vier Ber­ruyer, sur son for­mi­dable site les​-crises​.fr, vient de publier un réca­pi­tu­la­tif bien fait et utile (c’est com­mode de tout pré­sen­ter au même endroit) sur une série essen­tielle de notre cher Guille­min, sur la Révo­lu­tion fran­çaise.

Je lui pique cette perle sans hési­ter, pour l’ac­cueillir ici, sur ce blog qui aime et res­sasse Guille­min depuis plus de dix ans (2009, je crois).

Ces confé­rences sont consi­gnées dans un des livres les plus impor­tants de Guille­min : 1789–1792 1792–1794 Les DEUX révo­lu­tions françaises

Étienne.

Henri Guillemin pensif
Hen­ri Guillemin

 


Oli­vier Ber­ruyer : « Il y a exac­te­ment 30 ans, le 4 mai 1992, Hen­ri Guille­min tirait sa révé­rence à l’âge de 89 ans, après avoir mené une longue et brillante car­rière, d’une rare inté­gri­té, lais­sant une œuvre très consé­quente dont le regain d’intérêt ne fai­blit pas.
Pour lui rendre hom­mage, nous repu­blions ci-des­sous sa série de vidéos sur la Révo­lu­tion française. »

Source : https://​www​.les​-crises​.fr/​i​l​-​y​-​a​-​3​0​-​a​n​s​-​h​e​n​r​i​-​g​u​i​l​l​e​m​i​n​-​n​o​u​s​-​q​u​i​t​t​a​i​t​-​l​e​-​4​-​m​a​i​-​1​9​92/

Révolution française #01 : La préparation spirituelle

1789–1794, la Révo­lu­tion fran­çaise couvre cinq années de l’histoire de France. Mais que sait-on de cette période ? Hen­ri Guille­min ne se contente pas des ver­sions offi­cielles et convenues.

Pour l’historien fran­çais, en 1789, on assiste à une révo­lu­tion des gens de bien, qui doit per­mettre à la bour­geoi­sie d’affaires d’accéder au pou­voir, quitte à le par­ta­ger avec l’aristocratie dans le res­pect d’un cer­tain ordre social. La vraie Révo­lu­tion, popu­laire, qui se pré­oc­cupe réel­le­ment des classes pauvres, du Quart État, res­tait à venir. Elle aura vécu de 1792 à 1794 et sera liqui­dée avec la mort de Robes­pierre. C’est donc de ces deux Révo­lu­tions fran­çaises que va trai­ter Hen­ri Guille­min, en bous­cu­lant sin­gu­liè­re­ment, une fois de plus, les idées reçues.

Source : RTS, Hen­ri Guille­min, 22-10-1966

Révolution française #02 : La France en 1789

Hen­ri Guille­min traite des influences et des causes de la révo­lu­tion qui allait bou­le­ver­ser l’ordre immuable de l’Europe poli­tique. Deux causes à l’origine de cette prise de conscience sociale : la consti­tu­tion d’une nou­velle classe, la hausse consi­dé­rable des prix conju­guée avec une forte aug­men­ta­tion de la population.

Source : RTS, Hen­ri Guille­min, 15-10-1966

Révolution française #03 : Les États généraux

Vizille, dans le Dau­phi­né. Pré­fi­gu­ra­tion des Etats géné­raux, cette réunion du 21 juillet 1788 groupe des notables, des aris­to­crates, des ecclé­sias­tiques et des bour­geois. A la tête des finances fran­çaises, Brienne a rem­pla­cé Necker, chas­sé par le roi. Les Etats géné­raux n’avaient plus été convo­qués depuis 1614. Le 28 août 1788, le roi rap­pelle Necker, qui occupe à nou­veau son poste de chef du Tré­sor français.

La situa­tion éco­no­mique est désas­treuse, celle du peuple into­lé­rable. Les prix sont en hausse. Arti­sans et ouvriers n’arrivent presque plus à sub­sis­ter. Chô­mage dans la soie­rie. La situa­tion de la pay­san­ne­rie n’est guère plus enviable. Elle doit payer de lourdes taxes qui ne pro­fitent qu’à des nobles sou­cieux de s’enrichir à bon compte. Les émeutes de 1789 vont écla­ter dans ce cli­mat social détérioré.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #04 : Juillet 1789

Il était huit heures du matin à Ver­sailles, le 15 juillet 1789 lorsque le duc de La Roche­fou­cauld-Lian­court annon­çait à Louis XVI que, la veille, les Pari­siens avaient pris la Bas­tille. Sur­pris que l’on s’attaque à une pri­son qui n’avait plus que sept déte­nus (deux fous, quatre faus­saires et un fils de famille enfer­mé à la demande de ses parents), Louis XVI, on le sait avait deman­dé si c’était une révolte. « Non, sire, lui répon­dit le duc, c’est une révolution. »

La révo­lu­tion avait com­men­cé en réa­li­té quelques mois plus tôt, lorsqu’en 1788, Louis XVI avait déci­dé de réunir les États Géné­raux. En fai­sant ce qu’aucun roi n’avait osé faire avant lui depuis plus de 150 ans, le sou­ve­rain ouvrait une boîte de Pan­dore. Le roi avait convo­qué les États Géné­raux pour résoudre une situa­tion finan­cière catas­tro­phique, mais le 5 mai 1789, leurs dépu­tés étaient venus à Ver­sailles avec bien d’autres reven­di­ca­tions. Celles qu’exprimaient les cahiers de doléances rédi­gés au prin­temps, dans toutes les villes et tous les vil­lages de France, juste avant la réunion des États Généraux.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #05 : La grande peur bourgeoise

II faut bien com­prendre la signi­fi­ca­tion du 14 juillet, de la prise de la Bas­tille. Elle va sus­ci­ter une peur consi­dé­rable dans la bour­geoi­sie. La ter­reur de la popu­lace devient panique. «… Toutes ces âmes lamen­tables, les spo­liés du fisc, les déva­li­sés par Ver­sailles, toutes les faims, toutes les soifs, toutes les bouches tor­dues par le san­glot et le blas­phème, toutes les poi­trines pleines de ven­geance, la voi­là la popu­lace… C’est la lie du pres­soir social, c’est la plaie sociale vivante, une plaie deve­nue bouche, qui saigne et qui hurle, et qui mord. Avant de s’indigner devant la fureur du souffle, il faut savoir ce qu’était l’horreur du miasme…» Ain­si s’exprime Vic­tor Hugo, com­men­tant la Révolution.

Dès le 11 juillet 1789, le Comi­té per­ma­nent grou­pant les 307 grands élec­teurs pari­siens, crée une milice citoyenne, l’armement des gens conve­nables, diri­gée en appa­rence contre la Cour, mais en fait contre cette popu­lace. Ces milices bour­geoises patrouillent dès la nuit du 14 juillet dans la capi­tale, et s’emparent des armes des révol­tés contre quelque argent – il faut quand même man­ger et nour­rir sa famille ! A l’Assemblée natio­nale, les dépu­tés sont épou­van­tés par ce qui se passe : la grande peur bour­geoise se mani­feste ouver­te­ment. Les dépu­tés se suc­cèdent auprès du roi pour le sup­plier de reve­nir à Paris… Il y revient, il rap­pelle Necker et retire de la capi­tale ses troupes inutiles.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #06 : L’affaire religieuse

Un pénible inci­dent déclenche les jour­nées d’octobre. La situa­tion ali­men­taire de la capi­tale et de la pro­vince est catas­tro­phique. La farine est chère et le pain d’un prix inabor­dable pour les plus humbles. Le roi a fait venir à Ver­sailles un régi­ment des Flandres. Lors d’un dîner réunis­sant les offi­ciers, la cocarde tri­co­lore est pié­ti­née. Le 6 octobre, la foule enva­hit le Palais de Ver­sailles. Le roi accepte de reve­nir à Paris. Le 2 novembre, la situa­tion finan­cière du royaume étant catas­tro­phique, l’Assemblée natio­nale décide la main­mise de la Nation sur les biens de l’Eglise : 3 mil­liards de francs sont ain­si récupérés.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #07 : L’année 1790

Dans le cadre de la Révo­lu­tion fran­çaise, Hen­ri Guille­min aborde l’année 90. Après les évé­ne­ments de juillet 1789, le peuple espère et croit en la Révo­lu­tion : il peut man­ger, et la situa­tion s’est amé­lio­rée de ce fait. Les biens du cler­gé sai­sis en décembre 89 par l’Assemblée sont mis sur le mar­ché en une pre­mière tranche de 400 mil­lions. Qui va les acqué­rir ? Les pay­sans, comme le pré­tend Miche­let ? Non, c’est la bour­geoi­sie, ce sont les riches qui vont pro­fi­ter de cette « natio­na­li­sa­tion » des biens de l’Eglise.

Situa­tion en ce début de 1790 : l’Assemblée consti­tuante dirige la France mais ne repré­sente tou­jours pas la nation ; les aris­to­crates sont quelque peu dépouillés et les catho­liques mécon­tents à cause de la Consti­tu­tion civile du cler­gé – ils ten­te­ront ensemble de s’opposer à la Révo­lu­tion, mais ne pour­ront rien faire, ne rece­vant pas l’aide escomp­tée de l’étranger. Et l’armée ? Que vont faire les géné­raux ? Vont-ils se ral­lier à la cause révolutionnaire ?

Et il y a l’affaire des colo­nies ; la France a per­du l’Empire des Indes, mais res­tent les Antilles : Saint-Domingue où 30 000 colons vivent du labeur de 300 000 esclaves ; la « Décla­ra­tion des droits de l’homme » crée­ra quelque confu­sion : comme tous égaux… Cette année 90 est encore mar­quée par l’éviction défi­ni­tive de Necker et la dis­pa­ri­tion de Mira­beau, qui mour­ra en avril 1791. Mais un autre per­son­nage fait alors son appa­ri­tion sur la scène poli­tique : Georges-Jacques Dan­ton, fon­da­teur du Club des cordeliers.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #08 : Septembre 1792

Le Comi­té du Qua­trième État qui, jusqu’alors, n’était pas inter­ve­nu, décide dans la nuit du 9 au 10 août 1792, d’empêcher la Garde natio­nale d’avoir une défense sérieuse. Dan­ton tend un piège au chef de la Garde et convoque Man­dat à l’Hôtel de Ville où il est assas­si­né. La défense des Tui­le­ries est désorganisée.

La foule se rend aux Tui­le­ries où elle essaye de par­le­men­ter avec la Garde suisse, mais l’officier qui la com­mande ordonne sou­dain d’ouvrir le feu, et c’est le mas­sacre de nom­breux citoyens. Se regrou­pant, le peuple revient à la charge en grand nombre, et le roi, réfu­gié à l’Assemblée natio­nale donne l’ordre de ces­ser le feu. Les Suisses sont mas­sa­crés : mille morts contre quatre cents dans la foule.

Le peuple a com­pris enfin que le roi est de conni­vence avec l’étranger et que la Cour est un foyer de tra­hi­son. Pour la pre­mière fois, le Qua­trième Etat, c’est-à-dire les pauvres gens, les sala­riés, les « pas­sifs », prend part à la vie poli­tique fran­çaise. « C’est l’irruption de la France dans les affaires françaises ».

Robes­pierre dira : « Le peuple est enchaî­né dès qu’il dort, il est mépri­sé dès qu’il né se fait plus craindre, il est vain­cu dès qu’il par­donne à ses enne­mis avant de les avoir com­plè­te­ment domp­tés. Obser­vez, dit-il, ce pen­chant de cer­tains pour qui sont asso­ciés comme équi­va­lents, les mots de « pauvre » et les mots de « brigands ».

Les vrais bri­gands, ce sont ceux qui ne veulent consti­tuer la Répu­blique que pour eux-mêmes et qui suivent, dans tout, l’intérêt des riches. Ils sont les « hon­nêtes gens », ils sont les « gens comme il faut»… et nous, comme ils disent, nous sommes les « sans culottes », c’est-à-dire la canaille » ! Le dépu­té Cou­ton réclame l’abolition com­plète des droits féo­daux, abo­lis depuis 1789 fic­ti­ve­ment, mais tou­jours exi­gés des paysans.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #09 : La crise de 1793

Le 21 sep­tembre 1792, la Conven­tion se réunit. Mais les élec­tions pari­siennes a la Conven­tion ont été par­tiel­le­ment tru­quées et ter­ri­ble­ment diri­gées. A Paris c’est donc toute l’extrême-gauche cor­de­lière qui va rem­por­ter ces élec­tions. Robes­pierre, Dan­ton, Marat ils sont tous là. On a beau avoir le suf­frage uni­ver­sel, la com­po­si­tion sociale de la Conven­tion est la même que celle de la Consti­tuante et de la Légis­la­tive. C’est tou­jours les grands notables, les pro­prié­taires, les pos­sé­dants qui par­viennent à être les délé­gués de la France. Sur les 750 dépu­tés de la Conven­tion, qui est pour la pre­mière fois élue au suf­frage uni­ver­sel, il y seule­ment deux ouvriers. Les Giron­dins sont encore là et ils se placent aux plus hauts postes.

Du côté de la guerre, après Val­my, les Prus­siens se sont reti­rés. Le 1er octobre 1792, le ter­ri­toire fran­çais est libé­ré. Ceci fait, on peut pas­ser aux choses sérieuses. On va assis­ter à la fin de l’année 92 à trois choses. Pre­miè­re­ment, une mise en scène de la poli­tique de conquête. Deuxiè­me­ment la poli­tique de libé­ra­tion s’accompagne d’une idée nou­velle, l’idée des limites natu­relles. Troi­siè­me­ment, il faut que les pays libé­rés par­ti­cipent aux dépenses. Il n’en faut pas plus pour déchaî­ner les géné­raux. C’est l’invasion du Pala­ti­nat jusqu’à Franc­fort, au nord, la Bel­gique est conquise.

Reste le pro­blème du roi. Pour la plèbe pari­sienne, le roi est res­pon­sable. Le roi est un traître, il faut le tuer. Le 21 jan­vier 1793 le roi Louis XIV est guillo­ti­né. Jusqu’à la fin il a espé­ré être sauvé.

Le 1er mars, les coa­li­sés attaquent sur le nord et l’est de la France à l’ouest c’est la Ven­dée qui prend feu, c’est la grande crise de 93.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #10 : Les Girondins se perdent

Hen­ri Guille­min pour­suit son évo­ca­tion de la Révo­lu­tion fran­çaise avec Les Giron­dins se perdent. Au début de 1793, la situa­tion est assez tra­gique en France. Les armées fran­çaises ont enva­hi la Bel­gique, mais la Conven­tion ne s’en tient pas là. Le 1er février, la guerre est décla­rée à l’Angleterre et, le 7, à l’Espagne. Le géné­ral Dumou­riez décide éga­le­ment d’envahir la Hol­lande, mais les coa­li­sés se pré­parent à contre-atta­quer main­te­nant que l’affaire de la Pologne est momen­ta­né­ment liqui­dée. Le 8 mors, Dan­ton monte à la tri­bune de la Conven­tion et déclare la patrie en dan­ger ; il décrit une situa­tion plus dra­ma­tique qu’elle ne l’est. Il crée des agi­ta­tions dans Paris pour mettre les e hon­nêtes gens en situa­tion insup­por­table et per­mettre à Dumou­riez une opé­ra­tion mili­taire sur la capitale.

En novembre 1792, les Giron­dins avaient obte­nu la sup­pres­sion des tri­bu­naux cri­mi­nels qui n’avaient d’ailleurs guère fonc­tion­né. Le 9 mars, sans rai­son appa­rente, Dan­ton réclame la créa­tion d’un Tri­bu­nal révo­lu­tion­naire assor­ti de Comi­tés de sur­veillance qui, dans cha­cune des qua­rante-huit sec­tions de Paris, dési­gne­ront les cou­pables au Comi­té de sûre­té géné­rale. Le 22 mars, après avoir ren­con­tré Dan­ton, Dumou­riez prend contact avec les Autri­chiens et, le 5 avril, il essaie d’entraîner ses troupes à la déser­tion sans tou­te­fois y par­ve­nir. Il se met alors seul au ser­vice de l’ennemi. Dan­ton, très com­pro­mis pour avoir pris la défense de ce géné­ral ‑qui vient de tra­hir, fait une volte-face totale.

Pour se sau­ver, sen­tant sa situa­tion per­son­nelle extrê­me­ment dan­ge­reuse, il va se retour­ner avec une vio­lence ter­rible contre les Giron­dins et pro­non­cer un effrayant dis­cours, le 10 avril. Il deman­de­ra par­don à Marat et ren­dra hom­mage à son jour­nal :L’Ami du Peuple ; il dénon­ce­ra vio­lem­ment les Giron­dins, deman­dant en fait leur exclu­sion et leur mort, ain­si que la tête du duc d’Orléans. Des « Comi­tés de salut public sont créés. C’est à ce moment que les forces centre-révo­lu­tion­naires se déchaînent, pro­fi­tant de la situa­tion mili­taire inquié­tante et de l’explosion en Ven­dée. L’opposition entre les Giron­dins et la Mon­tagne – que l’on a sou­vent attri­buée à quelques riva­li­tés de per­sonnes – est une oppo­si­tion idéo­lo­gique fon­da­men­tale. Les Giron­dins se perdent. Deve­nus les enne­mis publics et les col­la­bo­ra­teurs de l’ennemi, ils seront défi­ni­ti­ve­ment per­dus lors des insur­rec­tions de juin.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #11 : La Terreur

En sep­tembre 1793, la Révo­lu­tion fran­çaise bas­cule, la France est mena­cée à l’extérieur par la guerre contre les plus grandes puis­sances euro­péennes et à l’intérieur par l’insurrection de plu­sieurs dépar­te­ments, les dépu­tés de la Conven­tion décident de prendre des mesures d’exceptions. La Ter­reur se carac­té­rise ain­si par un état d’exception des­ti­né à endi­guer mili­tai­re­ment, poli­ti­que­ment, et éco­no­mi­que­ment la crise mul­tiple à laquelle le pays est alors confronté.

Mais pour Hen­ri Guille­min, c’est Dan­ton qui est res­pon­sable de la Ter­reur qui va s’organiser à par­tir du 4 sep­tembre. Tout les jours, Dan­ton monte à la tri­bune de la Conven­tion pour obte­nir une tête par jour.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #12 : Danton contre Robespierre

Le 6 sep­tembre 93, Robes­pierre fait adjoindre deux nou­veaux membres au Comi­té de salut public, favo­rable à la Ter­reur. Alors voi­là consti­tué le grand Comi­té de salut public qui va être en fonc­tion jusqu’au 9 Ther­mi­dor. Paral­lè­le­ment, il y a la Ter­reur, inven­tée par Dan­ton. Mais qui sont ceux qui décident que les gens passent à la guillo­tine, c’est le Comi­té de sûre­té générale.

Pour Hen­ri Guille­min, le Comi­té beau­coup plus indé­pen­dant que l’histoire ne le pré­tend est com­po­sé d’hommes de Dan­ton. Robes­pierre avait ten­té une épu­ra­tion de ce comi­té. Ce même comi­té décide de tuer la reine, le 16 octobre. Un crime gra­tuit ? Ces crimes-là ce sont des crimes de Dan­ton, Robes­pierre n’y est pour rien.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #13 : La ligne droite

L’année 1794, la der­nière de la Révo­lu­tion, com­mence. Malade et usé, Robes­pierre fait par­tie du Comi­té de salut public, par devoir, après avoir refu­sé d’y entrer. Il est l’homme de la « ligne droite », il vou­drait une cité juste et il est l’objet d’attaques ter­ribles. « Héber­tistes » et par­ti­sans de Dan­ton sont notam­ment contre lui et il est remar­quable de patience.

Mais les « Héber­tistes », ultra-révo­lu­tion­naires qui veulent la guerre à outrance et la pleine appli­ca­tion de la ter­reur, accusent les Comi­tés de modé­ran­tisme et d’impéritie ; en mars 1794, ils pensent même se sou­le­ver contre la Conven­tion, mais alors les Comi­tés les font guillo­ti­ner, le 24 mars. Le 30, Dan­ton est arrê­té à son tour et sera exé­cu­té le 5 avril. Robes­pierre alors sera chez lui, sombre.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #14 : Le secret de Robespierre

Avril 1794, les héber­tistes et les dan­to­nistes ne sont plus là, ils ont été liqui­dé. Alors la voie est libre pour la ligne droite de Robes­pierre. Hélas, déjà lorsque l’on avait exclu les Giron­dins, on avait pu croire que la voie était libre. Mais étaient par­ve­nu de nou­veaux obs­tacles. Mais qui est en scène ? Avant tout la Conven­tion qui a, entre les mains, tous les pou­voirs. Mais la Conven­tion se sont des riches, des notables. Ces gens ne subissent que contraints et for­cés, la poli­tique que leur impose le Comi­té de salut public parce qu’ils ont peur d’une contre-révo­lu­tion. Ils tolèrent mais ils tolèrent en guet­tant tout le temps l’occasion de ren­ver­ser la vapeur.

Et Robes­pierre dans tout ça. Il sait qu’il n’en a plus pour long­temps. Il se sent malade. Il assiste à toutes ces guillo­ti­nades, impuis­sant face au Comi­té de sûre­té géné­rale. Ils font pas­ser à la guillo­tine des amis de Robes­pierre. Mais que veut Robes­pierre ? Il veut essayer de chan­ger le cli­mat l’humanité. Et sur­tout et c’est le secret de Robes­pierre, la reli­gion c’est un contact avec la jus­tice vivante. Robes­pierre avait bien, en effet, une mystique.

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

Révolution française #15 : Le mythe révolutionnaire

Dans ce der­nier épi­sode, Hen­ri Guille­min achève de bri­ser le mythe de la Révo­lu­tion fran­çaise. Il s’en prend d’abord aux grandes figures de cette Révo­lu­tion en les pré­sentent sous un nou­vel éclai­rage. Mira­beau, un lion avec des griffes en caou­tchouc, un ven­du, un impos­teur. Dan­ton une grosse mouche verte et vrom­bis­sante. Les Giron­dins, une oli­gar­chie de beau-par­leurs et de bour­geois arro­gants. Car­not, un homme qui pen­sait conser­va­tion sociale. Heu­reu­se­ment, à côté de ces visages, d’autres récon­fortent l’historien. Les petits curés, le pas­teur Jean­bon Saint-André, Saint-Just, un coeur pur et un être noble, Georges Cou­thon, Marat et bien sûr Robespierre.

Pour l’historien fran­çais, il y deux révo­lu­tions, deux réa­li­tés suc­ces­sives et oppo­sées. D’abord de 1789 à 1792, la prise du pou­voir par l’oligarchie finan­cière. C’est ça la pre­mière révo­lu­tion et ce n’est pas une révo­lu­tion, c’est une réforme. C’est la monar­chie qui sub­siste, contrô­lée par la bour­geoi­sie d’affaire. La date capi­tale c’est le 17 juillet 91 lorsque la bour­geoi­sie jette le masque et après s’être ser­vie des pauvres, leur tire des­sus. Deuxième révo­lu­tion, la vraie, cette fois, c’est les pauvres, les ouvriers, les pay­sans qui sont dans le coup. Alors les pos­sé­dants, n’ont pas de cesse que se ter­mine cet épisode.

Et Guille­min de citer Jacques Gode­chot à la ques­tion de savoir qu’est-ce que fina­le­ment la Révo­lu­tion fran­çaise : « C’est le pas­sage du sys­tème féo­dal expi­rant au sys­tème capi­ta­liste naissant ».

Source : RTS, Hen­ri Guillemin

 


 


 
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4 Commentaires

  1. Al

    ‘les crises’, c’est de l’op­po­si­tion contrô­lée genre ‘cadavre enchienne’. Nor­mal vu sa pro­fes­sion et l’o­pa­ci­té de son finan­ce­ment. Il emploie tous les pon­cifs oli­gar­chiques pos­sibles, croit au 11 sep­tembre, à l’es­cro­que­rie convi­dienne etc etc et cen­sure sys­té­ma­ti­que­ment les com­men­taires qui ont le culot de le lui faire remar­quer. Pour la ‘revo­lu­tion’, elle fut déci­dée par les loges anglo-saxonnes anti-chre­tiennes ame­nant la pre­mière puis­sance mon­diale à la vas­sa­li­té envers la city en 1815. Les détails importent peu.

    Réponse
  2. pelissier

    Mais où est la Com­mune ? Et les sou­lè­ve­ments des CANUTS 40 ans avant la Com­mune ? Pour moi les seules révo­lu­tions 8 La Com­mune la prise totale de toutes les déci­sions, Les CANUTS remise en cause du pro­grès et du productivisme !

    Réponse
  3. Thomas Fototoi

    Excel­lente source d’in­for­ma­tion, mais il me semble impor­tant de noter que cette série est lacu­naire : l’o­ri­gi­nale dis­po­nible sur le site de la RTS men­tionne 19 épi­sodes dont 4 lacunes (n°8, n°9, n°10, n°18)
    https://​www​.rts​.ch/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​d​o​s​s​i​e​r​s​/​h​e​n​r​i​-​g​u​i​l​l​e​m​i​n​/​1​1​9​6​7​5​4​8​-​l​a​-​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​-​f​r​a​n​c​a​i​s​e​.​h​tml

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