« Vaincre Macron », le nouveau livre de Bernard Friot, plus incisif, plus bouleversant et plus important que jamais

18/11/2017 | 8 commentaires

Chers amis,

Il y a quelques années, en juin 2010, j’ai décou­vert Franck Lepage (dans une magni­fique émis­sion de Daniel Mer­met), et Franck m’a fait ensuite décou­vrir le tra­vail for­mi­dable de Ber­nard Friot. Depuis, nous sommes deve­nus amis tous les trois et je trouve que Ber­nard pro­gresse sans cesse (Franck aus­si, d’ailleurs) : son dis­cours est de plus en plus pré­cis et péné­trant, son diag­nos­tic et sa pro­po­si­tion sont de plus en plus puis­sants, de mieux en mieux argumentés. 

Si vous ne connais­sez pas cette alter­na­tive, c’est le moment de la décou­vrir, avec ce nou­veau livre (petit et pas cher) qui en pro­pose une syn­thèse très claire. Il s’in­ti­tule « Vaincre Macron » (je n’aime pas trop ce titre) mais il dépasse bien sûr (de loin) les pro­blèmes de per­sonnes et vise le cœur (les ins­ti­tu­tions) du sys­tème dit « capi­ta­liste » : déci­der QUI est légi­time pour attri­buer la VALEUR économique ?

• Je repro­duis ici sa courte intro­duc­tion, que je trouve puis­sante, ain­si que son plan.
• Je vous signale ensuite la vidéo d’une bonne confé­rence où Ber­nard décrit l’es­sen­tiel de son nou­veau livre.
• Je vous signale aus­si une confé­rence que Ber­nard donne ce soir, à Mar­seille, ain­si qu’un ate­lier qu’il anime demain après-midi.
• je vous rap­pelle enfin que l’as­so­cia­tion « Réseau sala­riat » a besoin de notre aide à tous pour conti­nuer la bagarre.

« Vaincre Macron », le nouveau livre de Bernard Friot, plus incisif, plus bouleversant et plus important que jamais

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Intro­duc­tion

Pour vaincre Macron, il faut prendre la mesure de son entre­prise. Et, pour cela, com­men­cer par le com­men­ce­ment : le prin­temps des peuples tel qu’il jaillit au len­de­main de la Seconde Guerre mon­diale, comme en témoignent des docu­men­taires comme La Sociale (1) ou L’Es­prit de 45 (2), et la réponse que lui oppose dès le début des années 1950 la construc­tion de ce qui devien­dra l’U­nion euro­péenne. L’éner­gie que va déployer la classe diri­geante dans la consti­tu­tion de cette der­nière ne peut se com­prendre que si on se libère de la lec­ture sopo­ri­fique de la Libé­ra­tion qui en fait un moment de cir­cons­tances excep­tion­nelles ayant per­mis un meilleur par­tage des richesses entre le capi­tal et le tra­vail au béné­fice des tra­vailleurs. Je mon­tre­rai qu’au contraire les len­de­mains de la Seconde Guerre mon­diale sont une période révo­lu­tion­naire, c’est-à-dire un moment où le mode de pro­duc­tion est mis en cause : ce qui se joue, ce n’est pas la répar­ti­tion de ce qui est pro­duit, mais la pro­duc­tion elle-même et ses deux ins­ti­tu­tions essen­tielles, le régime de pro­prié­té de l’ou­til de tra­vail et le sta­tut du pro­duc­teur. Le mar­ché com­mun puis l’U­nion euro­péenne vont être mis en place pour res­tau­rer le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste que les ins­ti­tu­tions révo­lu­tion­naires, créées après 1945, ont subverti.

Tant que l’on ne prend pas la mesure de cette sub­ver­sion, soi­gneu­se­ment niée dans l’his­toire offi­cielle, on ne com­prend pas la « réforme » que vont impul­ser les gou­ver­ne­ments réunis dans l’U­nion, en s’ap­puyant les uns sur les autres, à par­tir de l’Acte unique mis en musique par Jacques Delors, dans les années 1980. La par­ti­tion fran­çaise de la chose a été pour l’es­sen­tiel écrite par Phi­lippe Seguin et Michel Rocard, entre 1986 et 1991. Les gou­ver­ne­ments qui leur suc­cé­de­ront vont l’in­ter­pré­ter ins­tru­ment par ins­tru­ment, avec une grande appli­ca­tion et une grande constance, mais avec une médiocre ampleur de vue, liée aux escar­mouches de l’al­ter­nance droite/gauche, que leur repro­che­ront le MEDEF et la CFDT. Aujourd’­hui, avec la pré­si­dence d’Em­ma­nuel Macron, la classe diri­geante se débar­rasse des pesan­teurs de l’al­ter­nance, l’es­prit du couple Seguin-Rocard est à nou­veau à l’œuvre avec le carac­tère sys­té­ma­tique de la réforme et son ins­crip­tion dans les clous impo­sés par l’U­nion euro­péenne. Le MEDEF et la CFDT applau­dissent avec la rete­nue qui sied au par­tage des rôles entre les ins­tances de l’é­co­no­mique et celles du politique.

À quoi s’at­taque la réforme ? C’est l’ob­jet du pre­mier cha­pitre. Il est consa­cré au récit des pré­mices d’une ins­ti­tu­tion com­mu­niste du tra­vail telle que l’i­ni­tient, en 1946, le Par­ti com­mu­niste et les mili­tants de la CGT emme­nés pour l’es­sen­tiel par les anciens de la CGT-Uni­taire. « Com­mu­niste » – et c’est ain­si qu’on entend ce terme dans cet ouvrage – parce quelle est le che­min de sor­tie du capi­ta­lisme : le com­mu­nisme ne se défi­nit pas autre­ment qu’empiriquement, par les ins­ti­tu­tions d’une autre pra­tique de la valeur éco­no­mique que l’ac­tion des tra­vailleurs orga­ni­sés par­vient à impo­ser. Contre les ins­ti­tu­tions capi­ta­listes de la valeur que sont la pro­prié­té lucra­tive, le finan­ce­ment de l’in­ves­tis­se­ment à cré­dit, la rému­né­ra­tion des tra­vailleurs au prix de leur force de tra­vail, les mili­tants construisent, comme je le mon­tre­rai : la copro­prié­té d’u­sage de l’ou­til de tra­vail, la sub­ven­tion de l’in­ves­tis­se­ment et le salaire à vie, en s’ap­puyant sur les acquis anti­ca­pi­ta­listes de la codi­fi­ca­tion du tra­vail qui avait démar­ré au tour­nant du XXe siècle, sous l’im­pul­sion de la CGT et de la SFIO nais­santes. Et leur dyna­mique ne s’ar­rête pas avec l’ex­pul­sion des ministres com­mu­nistes en 1947 : les trois décen­nies sui­vantes connaî­tront une conso­li­da­tion sub­stan­tielle des conquêtes de 1946. Pour­quoi 1946 et non pas 1945 ? Pour­quoi ces gros mots de révo­lu­tion et de com­mu­nisme ? Je m’en expli­que­rai, bien sûr. Mais j’a­lerte tout de suite le lec­teur : ce pre­mier cha­pitre inter­roge la fable de « 1945 », et les gros mots sont néces­saires pour refaire vivre l’his­toire popu­laire révo­lu­tion­naire qui nous a été volée.

Le deuxième cha­pitre ins­crit les ini­tia­tives d’Em­ma­nuel Macron dans la « réforme » menée par la classe diri­geante depuis les années 1980. Il sort sa com­pré­hen­sion de l’im­passe dans laquelle la mise l’in­vo­ca­tion du néo­li­bé­ra­lisme. Ce terme recouvre des inter­pré­ta­tions dif­fé­rentes, mais leur déno­mi­na­teur com­mun est l’ab­sence de lutte de classes. Le capi­ta­lisme serait un « sys­tème » qui certes bouge pour se repro­duire, d’où sa pério­di­sa­tion, mais, ses dépla­ce­ments relè­ve­raient d’une cause interne : épui­se­ment du for­disme, baisse du taux de pro­fit, carac­tère mor­ti­fère du féti­chisme de la valeur, pour reprendre quelques-unes des expli­ca­tions avan­cées pour défi­nir le néo­li­bé­ra­lisme. Le pos­tu­lat de la science sociale, fût-elle cri­tique, est qu’il n’y a qu’une seule classe pour soi, c’est-à-dire consciente de ses inté­rêts et orga­ni­sée pour les pro­mou­voir : la bour­geoi­sie. Les tra­vailleurs ne peuvent mener qu’un conflit de répar­ti­tion : au mieux faire bou­ger le cur­seur à leur avan­tage dans la répar­ti­tion de la « valeur », hypo­sta­siée dans sa forme capi­ta­liste de valeur d’é­change. Dans cette pers­pec­tive, la réforme ferait recu­ler les droits des tra­vailleurs pour res­tau­rer un par­tage de la « valeur » à l’a­van­tage du capi­tal. Je pro­pose une tout autre inter­pré­ta­tion : la réforme est une contre-révo­lu­tion, qui vise à res­tau­rer la pra­tique capi­ta­liste du régime de pro­prié­té et du sta­tut du pro­duc­teur. Le deuxième cha­pitre s’in­té­resse sur­tout au sta­tut du producteur.

Contre le sta­tut com­mu­niste du pro­duc­teur qui s’est affir­mé for­te­ment jusque dans les années 1970 – autour de la géné­ra­li­sa­tion du salaire à la qua­li­fi­ca­tion atta­ché à la per­sonne -, la classe diri­geante a entre­pris, depuis les années 1980, de rem­pla­cer ce der­nier par deux piliers de res­sources sans lien avec la qua­li­fi­ca­tion : un pre­mier pilier dit « non contri­bu­tif » uni­ver­sel, for­fai­taire, fis­ca­li­sé, dont la forme la plus abou­tie est le reve­nu uni­ver­sel, et un second pilier « contri­bu­tif » ados­sé au mar­ché des capi­taux, qui réas­signe les tra­vailleurs à la per­for­mance mar­chande en « sécu­ri­sant leurs par­cours » à coups de comptes indi­vi­duels, dont la forme la plus abou­tie est le compte per­son­nel d’ac­ti­vi­té (CPA). Sur cette base, elle tente aujourd’­hui de faire reve­nir le tra­vail à l’in­vi­si­bi­li­té qu’il subis­sait avant la conquête du code du tra­vail en rem­pla­çant ce der­nier par le pré­ten­du dia­logue social.

Le der­nier cha­pitre pro­pose un che­min pour vaincre Macron. Le lec­teur en devine d’emblée la bous­sole. La réponse offen­sive à une contre-révo­lu­tion capi­ta­liste ne peut être que la pour­suite déli­bé­rée de la révo­lu­tion com­mu­niste du tra­vail : copro­prié­té d’u­sage des entre­prises par les sala­riés et pour cela sub­ven­tion de l’in­ves­tis­se­ment et salaire à vie. Il faut pour­suivre la socia­li­sa­tion sala­riale de la valeur en dou­blant le mon­tant des coti­sa­tions actuelles pour les affec­ter à la géné­ra­li­sa­tion du salaire à vie et à la sub­ven­tion de l’in­ves­tis­se­ment, afin de rendre effec­tifs les droits éco­no­miques à attri­buer à cha­cun à sa majo­ri­té, car – et ce sera le point cen­tral du cha­pitre – les per­sonnes doivent être titu­laires de leur salaire et de leur outil de tra­vail pour pou­voir réel­le­ment déci­der de la valeur économique.

Je ne sous-estime pas le chan­ge­ment de la culture mili­tante qu’ap­pelle un tel che­min com­mu­niste. Ou plu­tôt des deux cultures mili­tantes qui s’op­posent à la réforme. Celle de la gauche de gauche mène la riposte à la réforme en appe­lant les citoyens et les tra­vailleurs à se mobi­li­ser pour une bonne poli­tique publique, pour un bon usage de l’argent par une bonne fis­ca­li­té, une bonne créa­tion moné­taire et un bon cré­dit public, pour de bons pôles publics dans des sec­teurs d’ac­ti­vi­té déci­sifs. « Bon » signi­fie ici : per­met­tant la muta­tion éco­lo­gique de l’ap­pa­reil pro­duc­tif, garan­tis­sant des droits d’in­ter­ven­tion des tra­vailleurs, assu­rant le par­tage du tra­vail pour tous. L’autre culture mili­tante, celle des alter­na­tifs de l’i­ci et main­te­nant, se situe plu­tôt dans la dis­si­dence avec le sou­ci de démon­trer qu’une pro­duc­tion non capi­ta­liste est pos­sible mal­gré tout à l’é­che­lon local, dans le sou­ci du sens de ce qui est pro­duit et de la façon dont il l’est. Ces mili­tants sont défiants vis-à-vis des ins­ti­tu­tions de l’é­co­no­mie, qu’il s’a­gisse de la valeur, du tra­vail, de la mon­naie, et pré­co­nisent la décrois­sance en témoi­gnant d’un mode de vie conforme à leurs convic­tions. Ces deux types de mili­tance, qui sou­vent s’i­gnorent ou se méfient l’un de l’autre, sont de fait les deux pieds avec les­quels nous pou­vons sor­tir du sur­place de la défaite ou de la mar­gi­na­li­té pour mettre en marche l’al­ter­na­tive com­mu­niste à la contre-révo­lu­tion réfor­ma­trice. Mais cela ne sera pos­sible que si les uns et les autres dépassent leur com­mune céci­té sur le déjà-là com­mu­niste du tra­vail : les pre­miers pour sor­tir d’une attente d’un salut venu de pou­voirs publics sou­te­nus par une mobi­li­sa­tion mili­tante et fon­der leur riposte sur la pour­suite de la conquête de droits éco­no­miques des tra­vailleurs per­met­tant leur sou­ve­rai­ne­té effec­tive sur le tra­vail, les seconds pour sor­tir de leur vision péjo­ra­tive de l’é­co­no­mie, et tra­vailler à l’af­fer­mis­se­ment d’ins­ti­tu­tions macro­so­ciales du travail.

Vaincre Macron, faut-il le pré­ci­ser, n’est pas sépa­rable d’une vic­toire sur le Front natio­nal, ce joker que la classe diri­geante garde en main. Que cette classe en soit, aujourd’­hui, à se décou­vrir au point de lais­ser tom­ber le masque de l’al­ter­nance entre le Par­ti socia­liste et Les Répu­bli­cains montre l’im­por­tance de l’obs­tacle qu’elle veut vaincre : le refus popu­laire de la façon dont elle orga­nise la pro­duc­tion. C’est au tra­vail, c’est dans l’en­tre­prise, c’est sur le ter­rain de la pro­duc­tion quelle va gagner ou perdre. Sa force tient dans le sen­ti­ment très répan­du qu’il n’y a pas d’al­ter­na­tive à ce qu’elle impose en la matière à des tra­vailleurs exas­pé­rés mais rési­gnés. Vaincre Macron repose donc sur la capa­ci­té de trans­for­mer un refus popu­laire désar­mé en adhé­sion à une pra­tique de chan­ge­ment de la pro­duc­tion, de la recherche, de l’en­tre­prise et du tra­vail qui les sor­ti­ra de l’or­nière capi­ta­liste, parce qu’elle fera des tra­vailleurs eux-mêmes les déci­deurs de ce qui est pro­duit : où, com­ment, par qui, avec quel finan­ce­ment, avec quelle place pour nos acti­vi­tés dans la divi­sion inter­na­tio­nale du tra­vail. Il n’y a pas besoin d’al­ler cher­cher cette pra­tique dans l’u­to­pie, il faut géné­ra­li­ser et radi­ca­li­ser ce qui est déjà-là : la copro­prié­té d’u­sage de l’ou­til de tra­vail par les inté­res­sés sans sou­mis­sion à des pro­prié­taires lucra­tifs ; le salaire à vie qui, en libé­rant les per­sonnes des aléas d’une rému­né­ra­tion liée à l’emploi ou au béné­fice, leur per­met de prendre des ini­tia­tives et d’in­ter­ve­nir effi­ca­ce­ment dans les déci­sions éco­no­miques ; la sub­ven­tion de l’in­ves­tis­se­ment ain­si débar­ras­sé du chan­tage des prêteurs.

Retrou­ver la dyna­mique de ces ins­ti­tu­tions, mises en dif­fi­cul­té par la contre-révo­lu­tion réfor­ma­trice, va nous faire renouer avec l’ex­ten­sion consi­dé­rable du champ du tra­vail qu’elles ont ren­du pos­sible en trans­for­mant en tra­vailleurs pro­duc­tifs des fonc­tion­naires, des parents, des soi­gnants, des retrai­tés, des chô­meurs : autant de caté­go­ries, notons-le, dont le tra­vail pro­duc­tif laisse une empreinte éco­lo­gique faible, ce qui montre que l’on peut étendre le champ du tra­vail en har­mo­nie avec le vivant, dès lors qu’on mar­gi­na­lise une pro­duc­tion capi­ta­liste indif­fé­rente jus­qu’à la folie à la valeur d’u­sage de ce qui est pro­duit. Il faut beau­coup plus de tra­vail pour pro­duire bio et c’est bien meilleur pour la pour­suite de notre exis­tence sur terre. Sor­tir le tra­vail du car­can capi­ta­liste est urgent pour la démo­cra­tie : le débat public sera pour­ri par la xéno­pho­bie tant que nous accep­te­rons le mot d’ordre inad­mis­sible du « par­tage du tra­vail », qui sup­pose que le tra­vail est en quan­ti­té limi­tée. Alors que si nous libé­rons la pro­duc­tion de l’im­passe pro­duc­ti­viste capi­ta­liste nous pour­rons l’en­ri­chir de l’ap­port de tous les tra­vailleurs qui le dési­rent. Cet apport sera d’au­tant plus pos­sible que les deux types de mili­tance que j’ai évo­qués auront comme sou­ci com­mun de béné­fi­cier de l’ap­port aigu de celles et ceux qui se vivent comme les indi­gènes de la Répu­blique. Face à une bour­geoi­sie aujourd’­hui ras­sem­blée der­rière Emma­nuel Macron pour une contre-révo­lu­tion à nou­veau sys­té­ma­ti­sée, seul trou­ve­ra le che­min de la vic­toire un sala­riat très ouvert qui se construi­ra dans sa lutte pour pour­suivre la révo­lu­tion com­mu­niste de la production.

[…]

Lire la suite, pas­sion­nante, dans ce petit livre important :
https://​ladis​pute​.atheles​.org/​e​c​o​n​o​m​i​e​t​r​a​v​a​i​l​/​v​a​i​n​c​r​e​m​a​c​ron

1. Gilles Per­ret, La Sociale, Rouge Pro­duc­tions, 2016.
2. Ken Loach, L’Es­prit de 45, Why Not Pro­duc­tion, 2013.


PLAN

Intro­duc­tion

Cha­pitre pre­mier La révo­lu­tion com­mu­niste du travail

1. La créa­tion conflic­tuelle du régime géné­ral de Sécu­ri­té sociale en 1946
2. Contrat de tra­vail et salaire : des ins­ti­tu­tions anticapitalistes
3. Les pré­mices d’une pro­duc­tion com­mu­niste à grande échelle

Cha­pitre 2 La réforme, une contre-révolution

1. Une ins­ti­tu­tion du tra­vail hors de toute qualification
2. Un droit de la per­sonne hors de tout lien avec la valeur
3. L’in­vi­si­bi­li­sa­tion du tra­vail par le dia­logue social

Cha­pitre 3 Pour­suivre la pra­tique com­mu­niste du travail

1. Don­ner un nou­vel hori­zon au travail
2. Atta­cher à la per­sonne les droits de sou­ve­rai­ne­té sur la valeur
3. Cen­trer la démo­cra­tie sur le travail
4. Pour­suivre le geste de créa­tion du régime géné­ral en 1946

Conclu­sion
Index des matières 

Ber­nard sera ce soir, 18 novembre 2017, à Mar­seille, Théâtre Maze­nod, 88 rue d’Au­bagne, à 18h30 :

Bernard Friot : Conférence gesticulée « Oui à la révolution communiste du travail »

http://​www​.reseau​-sala​riat​.info/​e​8​1​c​4​3​4​a​9​e​3​6​1​9​c​e​6​5​0​f​7​4​d​5​0​7​6​5​8​a​d​3​?​l​a​n​g​=fr

Ber­nard sera encore à Mar­seille dimanche matin, 19 novembre 2017, Mars Media Lab (Urban­Prod), 18 rue Col­bert, de 14 h à 17 h :

Atelier-Formation sur le salaire à vie avec Bernard Friot

http://​www​.reseau​-sala​riat​.info/​d​c​0​8​0​6​b​0​1​b​7​5​d​e​b​0​a​a​0​1​9​b​d​0​d​5​3​8​3​f​0​d​?​l​a​n​g​=fr

• Enfin, il faut signa­ler « Réseau Sala­riat », qui est la struc­ture asso­cia­tive qui sou­tient le tra­vail de Ber­nard Friot, et que nous devrions tous aider du mieux que nous pouvons :

http://​www​.reseau​-sala​riat​.info/​?​l​a​n​g​=fr

Voi­là. Si vous ne connais­sez pas Friot, vous devriez le décou­vrir, et le faire connaître autour de vous 🙂

Ami­tiés.

Étienne.

Post scrip­tum : un der­nier mot pour évo­quer, sans la déve­lop­per, la petite pointe de tris­tesse que je res­sens tou­jours quand je vois ces amis chers (dont le trouve les idées impor­tantes au point que je les intègre en pro­fon­deur dans mon propre tra­vail) ne pas inté­grer (du tout) dans leur propre ana­lyse l’ac­ti­vi­té popu­laire consti­tuante pour sor­tir de la pri­son juri­dique où nous sommes tous enfer­més (depuis que les riches nous ont impo­sé leur défi­ni­tion humi­liante du « suf­frage uni­ver­sel » : élire des maîtres au lieu de voter les lois).
Je garde cette tris­tesse au fond de moi, sans en rajou­ter ; je me dis que toutes les graines mettent du temps à ger­mer puis à pous­ser, et qu’il ne sert à rien de s’impatienter.


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​7​9​2​6​6​1​4​0​2​317

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8 Commentaires

  1. joss

    Un type qui a vécu dans notre futur, Vladimir Bukovsky sur l’UE :

    Réponse
  2. jeremiechayet

    Bon­soir Étienne,
    Ne soit pas amer, c’est par humi­li­té que la ques­tion consti­tuante n’est pas abor­dée par Ber­nard : il se déclare incompétent.
    Je me fai­sais cette réflexion sur un autre de tes amis : fré­dé­ric lor­don, qui, inter­ro­gé à l’es­sec par deux capi­ta­listes en for­ma­tion, quand la ques­tion fati­dique de l’al­ter­na­tive est enfin posée, ne trouve pas une seule seconde pour les bous­cu­ler fran­che­ment avec le salaire à vie et l’ex­ten­sion de la coti­sa­tio sociale à toute la production.
    N’empêche, vos échanges à tous nous font du bien.
    Ami­tiés sala­riales et constituantes.

    Réponse
  3. BA

    L’Al­le­magne est ingouvernable.

    Les élec­tions fédé­rales alle­mandes de 2017 se sont tenues le 24 sep­tembre 2017. Elles ont vu l’é­lec­tion de 94 dépu­tés d’ex­trême-droite : je dis bien 94 dépu­tés d’extrême-droite.

    Depuis ce jour-là, l’Al­le­magne est ingouvernable.

    CITATION :

    L’ar­ri­vée à la chambre des dépu­tés de l’AfD, qui était res­té sous la barre des 5% en 2013, consti­tue un tour­nant dans l’his­toire alle­mande d’après-guerre.

    Car elle signi­fie que pour « la pre­mière fois depuis 70 ans, des nazis vont s’ex­pri­mer au Reichs­tag », le bâti­ment qui abrite la chambre basse du Par­le­ment, a ton­né avant le scru­tin le ministre des Affaires étran­gères et figure des sociaux-démo­crates, Sig­mar Gabriel. 

    https://​www​.roman​die​.com/​n​e​w​s​/​Z​O​O​M​-​A​l​l​e​m​a​g​n​e​-​l​a​-​d​r​o​i​t​e​-​n​a​t​i​o​n​a​l​i​s​t​e​-​b​r​i​s​e​-​u​n​-​t​a​b​o​u​-​a​v​e​c​-​u​n​e​-​p​e​r​c​e​e​-​h​i​s​t​o​r​i​q​u​e​/​8​3​6​0​2​2​.​rom

    Nous avons déjà vu ce film.

    Nous savons ce que sera le XXIe siècle en Europe.

    En Alle­magne en par­ti­cu­lier, la catas­trophe sociale pro­voque en réac­tion la catas­trophe politique.

    Dans l’U­nion Euro­péenne en géné­ral, la catas­trophe sociale pro­voque en réac­tion la catas­trophe politique.

    2016 : il y avait 860 000 sans-abri en Alle­magne. La moi­tié d’entre eux sont des migrants.

    2018 : il y aura 1,2 mil­lion de sans-abri en Allemagne.

    Près de 20% de la popu­la­tion alle­mande, soit 16 mil­lions de per­sonnes, sont mena­cées par la pau­vre­té, indi­quait l’of­fice fédé­ral de la sta­tis­tique la semaine passée.

    Mer­cre­di 15 novembre 2017 :

    CITATION :

    Jus­qu’à 1,2 mil­lion de sans-abri en Alle­magne l’an prochain ?

    http://www.boursier.com/actualites/economie/jusqu-a‑1–2‑million-de-sans-abri-en-allemagne-l-an-prochain-37397.html

    Réponse
  4. BA

    C’est une pho­to historique.

    C’est la pho­to d’An­ge­la Mer­kel, qui s’ex­prime devant les jour­na­listes, dans la nuit du 19 au 20 novembre 2017.

    Sur la pho­to, les diri­geants de la droite pro-euro­péenne, la CDU, entourent Ange­la Mer­kel : ils ont des têtes d’enterrement.

    C’est la mort de la droite pro-euro­péenne, la CDU, qui vient juste de plon­ger l’Al­le­magne dans le chaos politique.

    C’est la mort de la gauche pro-euro­péenne, le SPD, qui a dis­pa­ru du paysage.

    C’est la mort du soi-disant « modèle allemand ».

    En Alle­magne, la droite pro-euro­péenne a créé une catas­trophe sociale.

    Cette catas­trophe sociale a entraî­né une réac­tion des élec­teurs alle­mands : le 24 sep­tembre 2017, pour la pre­mière fois depuis la seconde guerre mon­diale, 94 dépu­tés d’ex­trême-droite ont été élus en Allemagne.

    Je dis bien : 94 dépu­tés d’extrême-droite.

    L’Al­le­magne est ingouvernable.

    Réponse
  5. Renaud

    Encore mer­ci Étienne pour tout ce mer­veilleux tra­vail que tu effec­tues sans relâche. On se sent petit à côté !
    Ber­nard Friot est un allié de plus.

    Des com­men­taires pré­cé­dents (en par­ti­cu­lier sur la crise en Alle­magne) m’ins­pirent la réflexion qui suit.

    Ceci ne doit être vu que comme une péri­pé­tie. Car si l’on craint « encore un film de type nazi » on peut aus­si craindre « encore un film de type com­mu­niste ». Sans doute l’his­toire, si elle bégaie certes, ne se répète pas. Rien que l’o­rien­ta­tion démo­gra­phie actuelle en Alle­magne et en « Europe » , voire ailleurs, peut cou­per court à pas mal de phé­no­mènes vio­lents et autres.
    L’ « Europe » actuelle, arti­fi­cielle, est, par allé­go­rie, un infect mélange de bière et de vin. Beurk ! C’est imbu­vable et poi­son. Les « Europes » du Nord et du Sud sont incom­pa­tibles. Hélas, l’es­sen­tiel des diri­geant de l’ « Europe » du Sud se sont ven­dus à la sphère finan­cière mon­dia­li­sée, mais celle-ci (au moins jus­qu’à pré­sent, je pense à la Chine et à l’A­sie) est struc­tu­rée par les pays du Nord. Les résul­tats « euro­péens » parlent d’eux-mêmes…

    Sans doute, empi­ri­que­ment, les consciences et les forces éparses actuel­le­ment en ger­mi­na­tion (d’ailleurs dans le monde entier, je reviens d’É­qua­teur) pour­ront-elles arri­ver à for­mer, de fac­to et d’a­bord sans « volon­té cen­tra­li­sée », une sorte de syner­gie d’élé­ments dis­pa­rates mais œuvrant pour la Jus­tice et le res­pect des lois natu­relles dans le domaine éco­no­mique et social jus­qu’à ce qu’une une masse-cri­tique posi­tive s’en dégage. C’est ce qui me fait res­ter opti­miste quand-même. Mais alors, ce pour­rait être là l’ap­pli­ca­tion natu­relle et pro­gres­sive du Prin­cipe de Sub­si­dia­ri­té. D’a­bord plus ou moins conscient, mais d’au­tant plus effi­cient que les pro­duc­teurs, toutes caté­go­ries confon­dues, se réveillant (pour le moment c’est bien trop long j’en suis conscient) seront de fac­to déci­deurs et par­tie pre­nante de leur propre destin.

    Regar­dons la Suisse toute voi­sine. Ici, rien de théo­rique, mais un concret décou­lant des siècles. Non pas la Suisse ban­caire aus­si nocive et cri­mi­nelle que toutes les banques de même « nature » et de mêmes gaba­rit dans le monde, mais regar­dons seule­ment la Suisse territoriale. 

    Sans y être nom­mé, le Prin­cipe de Sub­si­dia­ri­té s’y exerce de par la consti­tu­tion de la Confé­dé­ra­tion Hel­vé­tique où, je le répète, il y a 3 niveaux principaux :
    1) les com­munes se gèrent elles-mêmes,
    2) ce qui n’est pas pos­sible au niveau de la com­mune passe au niveau immé­dia­te­ment ‘supé­rieur’ du Can­ton (les Can­tons sont les – États indé­pen­dants – qui par­ti­cipent depuis des siècles à la Confé­dé­ra­tion Helvétique)
    3) ce qui n’est pas pos­sible au niveau du Can­ton passe au niveau de la Confé­dé­ra­tion (celle-ci est for­mée par un groupe de minis­tères [5 ou 6] ayant pour unique pou­voir celui tou­chant leur domaine propre (défense, mon­naie, envi­ron­ne­ment, san­té publique, diplo­ma­tie et peut-être un ou deux autres domaines stricts).

    Il y a là une démo­cra­tie qua­si indestructible.

    Qu’est-ce qu’on attend pour nous en inspirer ?

    Ci-des­sous le lien de l’As­so­cia­tion pour les Droits Éco­no­miques et Démo­cra­tiques, ADED :

    http://​por​tail​.eco​.free​.fr/​A​D​E​D​.​h​tml

    Réponse
  6. alexis

    Une pen­sée pour Edwy Ple­nel et pour toi, Etienne, vic­times d’une même liber­té d’ex­pres­sion res­tric­tive (anti­no­mie volon­taire) bien pen­sante des Char­lies ou autres Anti­fas. Il ne reste qu’à par­don­ner l’i­gno­rance volon­taire ou invo­lon­taire de cer­tains. Heu­reu­se­ment Chi­nois et Russes arrivent à grands pas pour le meilleur ou pour le pire… Salutations.

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  7. etienne

    Bernard Friot « L’enjeu des retraites »

    au Gre­nier des Récol­lets, METZ, le jeu­di 17 octobre 2013 :

    Réponse
  8. BA

    Royaume-Uni : en sep­tembre 2008, les banques pri­vées bri­tan­niques étaient en faillite.

    Pour les empê­cher de faire faillite, le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique a dépen­sé des cen­taines de mil­liards de livres sterling.

    Un seul exemple : en 2008, pour sau­ver la banque Royal Bank of Scot­land (RBS), le gou­ver­ne­ment avait dépen­sé 45,8 mil­liards de livres ! ! ! Il avait natio­na­li­sé la banque à 78 %.

    Neuf ans plus tard, le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique va revendre 15 mil­liards de livres d’ac­tions de la banque. Il va la privatiser.

    Conclu­sion :

    Dans cette affaire de sau­ve­tage de la banque RBS, les contri­buables bri­tan­niques vont perdre 26,2 milliards !

    Le sys­tème ban­caire actuel, c’est ça :

    - quand ça va bien, les ban­quiers se goinfrent comme des porcs ;

    - quand ça va mal, les contri­buables doivent payer des mil­liards pour sau­ver les banques de la faillite, … et les ban­quiers se goinfrent comme des porcs ;

    - il faut détruire ce sys­tème pour­ri. Le plus tôt sera le mieux.

    https://​www​.lese​chos​.fr/​f​i​n​a​n​c​e​-​m​a​r​c​h​e​s​/​b​a​n​q​u​e​-​a​s​s​u​r​a​n​c​e​s​/​0​3​0​9​1​4​0​8​1​4​7​6​-​l​o​n​d​r​e​s​-​r​e​l​a​n​c​e​-​l​a​-​p​r​i​v​a​t​i​s​a​t​i​o​n​-​d​e​-​r​b​s​-​2​1​3​2​3​5​9​.​php

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