[ESSENTIEL !] REPRENDRE LE CONTRÔLE DE LA CRÉATION MONÉTAIRE POUR ÉCHAPPER À L’AUSTÉRITÉ, par Romaric Godin, sur Mediapart

11/07/2017 | 15 commentaires

Je vous le dis sou­vent : nous devrions nous abon­ner à Media­part.
La rai­son prin­ci­pale en est qu’il n’y a guère plus d’autres « jour­na­listes » indé­pen­dants des mil­liar­daires (voir le livre IMPORTANT de Laurent Mau­duit : « Main basse sur l’information »).
Mais voi­ci qu’en plus, Media­part recourt main­te­nant aux ser­vices de Roma­ric Godin (récem­ment viré du « jour­nal » La Tri­bune, pro­ba­ble­ment pour trop grande sub­ver­si­vi­té), un for­mi­dable révé­la­teur d’in­for­ma­tions utiles !

Lisez bien l’ar­ticle ci-des­sous, que je prends la liber­té de repro­duire en entier vu l’ur­gence et l’im­por­tance, article qui confirme for­te­ment ce que clament et démontrent André-Jacques Hol­becq et Phi­lippe Derud­der depuis plus de 10 ans (vous devriez relire cet article impor­tant du blog — et ses com­men­taires —, de mai 2007 : Non, ce n’est pas « trop cher » : le finan­ce­ment des besoins col­lec­tifs est ren­du sciem­ment rui­neux par un sabor­dage moné­taire éton­nant).

Voi­ci le pré­cieux article :

Reprendre le contrôle de la création monétaire pour échapper à l’austérité

10 juillet 2017 par ROMARIC GODIN

Source : Media­part, https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​1​0​0​7​1​7​/​r​e​p​r​e​n​d​r​e​-​l​e​-​c​o​n​t​r​o​l​e​-​d​e​-​l​a​-​c​r​e​a​t​i​o​n​-​m​o​n​e​t​a​i​r​e​-​p​o​u​r​-​e​c​h​a​p​p​e​r​-​l​-​a​u​s​t​e​r​ite

Dans un ouvrage récem­ment paru outre-Manche, l’économiste Ann Pet­ti­for explique pour­quoi le monde ne sau­rait être « à court d’argent » pour finan­cer les grands défis qui lui font face, comme l’égalité sociale et le chan­ge­ment cli­ma­tique. La seule condi­tion reste d’ôter aux banques le pou­voir de créa­tion moné­taire qu’elles détiennent seules et sans vrai contrôle. Une lec­ture qui per­met de rela­ti­vi­ser les « urgences » pré­ten­dues de l’actuel gou­ver­ne­ment fran­çais en matière éco­no­mique et financière. 

Quelques jours avant les élec­tions géné­rales bri­tan­niques du 7 juin der­nier, la pre­mière ministre The­re­sa May répon­dait à la télé­vi­sion à une infir­mière qui deman­dait des hausses de salaires pour le per­son­nel du ser­vice natio­nal de san­té (NHS) : « Il n’y a pas d’arbre magique à argent (there is no magic money tree) que nous pour­rions secouer pour dis­po­ser de l’argent que les gens dési­rent. » Cette réponse est un grand clas­sique de la pen­sée libé­rale pour jus­ti­fier l’austérité bud­gé­taire sous le cou­vert d’un pré­ten­du « bon sens ». Il est d’ailleurs repris ces jours-ci par le gou­ver­ne­ment fran­çais, qui estime que, parce que le défi­cit public pour­rait être en 2017 de 3,2 % du PIB, plu­tôt que de 2,8 %, la France est entrée dans « l’état d’urgence bud­gé­taire ».


The­re­sa May répond à une infir­mière qu’il n’y a pas « d’arbre magique à argent ». © Youtube

En sep­tembre 2014, le com­men­ta­teur poli­tique Jean-Michel Apa­thie pen­sait avoir liqui­dé en un tweet tout débat éco­no­mique autour de cette réflexion : « À ceux qui disent qu’une autre poli­tique est pos­sible : Y A PLUS DE SOUS ! C’est clair, non ? »

Comme celle de The­re­sa May, cette pré­ten­due clar­té ne lais­se­rait d’autre option que l’austérité bud­gé­taire. Mais cette évi­dence n’est qu’apparente et dénote au mieux une incom­pré­hen­sion com­plète du sys­tème éco­no­mique et finan­cier dans lequel nous vivons. Du reste, pour finan­cer les exi­gences de son allié au Par­le­ment de West­mins­ter, le par­ti ultra-conser­va­teur unio­niste nord-irlan­dais DUP, The­re­sa May a sou­dai­ne­ment décou­vert un « arbre magique à argent » et pro­mis un mil­liard de livres pour les six com­tés nord-irlandais. 

Quant à la France, elle n’a pas regar­dé s’il y avait ou non encore « des sous » lorsque, comme les autres grands pays occi­den­taux, elle a sau­vé en quelques jours son sys­tème ban­caire dans la fou­lée de la faillite de Leh­man Bro­thers en sep­tembre 2008. 

Bref, l’argument de « l’épuisement des caisses » ne tient pas. Pour une rai­son simple : le sys­tème moné­taire ne fonc­tionne pas avec des « caisses » et l’argent est créé ex nihi­lo. Le com­prendre per­met d’avancer et d’ouvrir consi­dé­ra­ble­ment un débat que d’aucuns, effec­ti­ve­ment, vou­draient tant tenir fermé.

Pour ce faire, un ouvrage récem­ment paru en langue anglaise aux édi­tions Ver­so à Londres, The Pro­duc­tion of Money : How To Break the Power of Ban­kers, est hau­te­ment pré­cieux. Signé de l’économiste bri­tan­nique Ann Pet­ti­for, ce livre est sans doute la meilleure – et la plus claire – expli­ca­tion sur notre sys­tème moné­taire et sur ses consé­quences. Pour elle, la com­pré­hen­sion par les citoyens du méca­nisme de la créa­tion moné­taire est un moyen de faire des choix éclai­rés en se libé­rant de l’idéologie aus­té­ri­taire qui s’est abat­tue depuis 30 ans sur le monde occi­den­tal, avec le sou­tien du sys­tème financier.

Dans son ouvrage, l’économiste montre avec brio que l’idée que l’argent existe en quan­ti­té limi­tée (et que, donc, à un moment ou à un autre, il ne puisse plus y « avoir de sous ») n’a en réa­li­té pas de sens. Certes, l’école néo­clas­sique a long­temps défen­du cette idée que la mon­naie était une « matière pre­mière » dont le prix était le taux d’intérêt. Les emprun­teurs étaient donc sur un mar­ché avec les épar­gnants, échan­geant leurs actifs moné­taires comme toute autre mar­chan­dise. Dans ce sys­tème, les ban­quiers ne seraient que les inter­mé­diaires entre ces deux acteurs du mar­ché de la mon­naie. Et, effec­ti­ve­ment, dans cette vision, lorsque l’argent manque, son prix aug­mente à défaut d’augmentation de l’épargne, donc de la pro­duc­tion d’argent. Il faut donc réduire la dépense pour réta­blir l’équilibre. D’où l’austérité.

Cette vision, qui sous-tend la réponse de The­re­sa May et la réflexion de Jean-Michel Apa­thie, est cepen­dant en déca­lage com­plet avec toute réa­li­té. Ann Pet­ti­for sou­ligne que « l’on ne peut jamais être à court d’argent ». Dès ses débuts, le sys­tème ban­caire a, d’ailleurs, eu comme voca­tion de résoudre ce pro­blème du « manque d’argent » en créant de la mon­naie par le cré­dit pour com­pen­ser le manque d’épargne dis­po­nible. Ce cré­dit consti­tue aujourd’hui l’essentiel de la créa­tion moné­taire : 95 % de la mon­naie en cir­cu­la­tion a été créée par les banques com­mer­ciales, 5 % par les banques cen­trales. Le sys­tème est simple : les banques accordent des cré­dits sur des fonds qu’elles ne pos­sèdent pas « en caisse ». Ces fonds sont alors immé­dia­te­ment cré­di­tés en dépôts et l’immense majo­ri­té de ces fonds n’est pas trans­for­mée en argent fidu­ciaire, concret, dont la créa­tion est du seul apa­nage de la banque cen­trale. L’argent créé n’a donc pas majo­ri­tai­re­ment besoin d’être créé par la banque cen­trale. Sa pro­duc­tion relève prin­ci­pa­le­ment de la seule volon­té des banques commerciales.

Pen­dant long­temps, cette créa­tion moné­taire était certes en théo­rie limi­tée par des contraintes de quan­ti­té phy­sique d’or et d’argent, ce qui limi­tait cette crois­sance du cré­dit. Aujourd’hui, elle l’est par les réserves et les taux de refi­nan­ce­ment défi­nis par les banques cen­trales, mais ces cadres sont peu contrai­gnants. Le taux de refi­nan­ce­ment dur­cit certes le cadre, mais si la demande est là mal­gré ce dur­cis­se­ment, comme en 2005–2006, rien n’empêchera une banque de créer encore de la monnaie.

Les banques dis­posent donc bien de cette capa­ci­té de créer de la mon­naie « à par­tir de rien » (« out of thin air », écrit l’auteur) en quan­ti­té en réa­li­té illi­mi­tée. D’autant que les banques cen­trales, en cas de besoin, peuvent créer éga­le­ment « à par­tir de rien » de la mon­naie pour les acteurs du sys­tème finan­cier. C’est ain­si que, chaque mois, la BCE déverse 60 mil­liards d’euros sur les mar­chés finan­ciers et que la Fed a pu trou­ver 85 mil­liards de dol­lars pour sau­ver en 2008 la com­pa­gnie d’assurance AIG. Cette réa­li­té, long­temps contes­tée, a été recon­nue par la Banque d’Angleterre en 2014, et, un peu plus impli­ci­te­ment, encore plus récem­ment en avril 2017, par la Bundesbank.

Dans ce contexte, les vrais freins à la créa­tion moné­taire, la vraie régu­la­tion, sont de deux ordres. Le pre­mier, c’est la confiance. Si les banques n’ont pas confiance dans leurs débi­teurs, elles ne crée­ront pas de mon­naie en leur refu­sant un cré­dit. Le second frein, c’est la volon­té des emprun­teurs de dis­po­ser de fonds sup­plé­men­taires. Si elles n’ont pas de clients, les banques ne pour­ront pas créer de mon­naie, quand bien même elles en auraient la pos­si­bi­li­té. C’est ce qui s’est pas­sé en zone euro entre 2013 et 2016, lorsque la BCE a ouvert les vannes du cré­dit, mais que les banques ont man­qué d’abord de confiance, puis de demande. Le pro­blème alors n’était pas le manque de « sous », ni le « prix de l’argent ». C’est bien la preuve que la pre­mière force de la créa­tion moné­taire réside dans les banques com­mer­ciales et dans les rela­tions avec leurs clients.

Comment reprendre le contrôle de l’argent ?

Tout ceci change consi­dé­ra­ble­ment la donne. L’argent ne sau­rait man­quer. Pour l’auteur, c’est là une « bonne nou­velle ». C’est ce qu’elle appelle le « miracle d’une éco­no­mie moné­taire déve­lop­pée : l’épargne n’est PAS néces­saire au finan­ce­ment des achats ou de l’investissement ». Lorsque le pre­mier ministre Édouard Phi­lippe pré­tend donc vou­loir favo­ri­ser l’investissement pro­duc­tif en modi­fiant la fis­ca­li­té de l’épargne, il consi­dère que la France est une éco­no­mie sous-déve­lop­pée et non moné­ta­ri­sée. « La dis­po­ni­bi­li­té des moyens finan­ciers dans une éco­no­mie moné­taire est à pla­cer en contraste avec une éco­no­mie pauvre et peu déve­lop­pée où l’épargne est la seule source de finan­ce­ment de l’investissement », explique Ann Pettifor.

Couverture de l'ouvrage d'Ann Pettifor © VersoCou­ver­ture de l’ou­vrage d’Ann Pet­ti­for © Verso

Le sys­tème finan­cier a été créé pour cela : dépas­ser les limites de l’épargne et offrir des moyens nou­veaux à l’économie. Et l’auteur de pour­suivre : « Un sys­tème moné­taire déve­lop­pé peut finan­cer de très grands pro­jets, des pro­jets qui dépas­se­raient de loin la somme de l’épargne d’une éco­no­mie. […] Cela signi­fie qu’une socié­té fon­dée sur un sys­tème moné­taire sain pour­rait s’offrir une édu­ca­tion gra­tuite et un sys­tème de san­té ; elle pour­rait finan­cer le sou­tien aux arts autant qu’à la défense ; elle pour­rait faire face aux mala­dies et ren­flouer les banques dans une crise finan­cière. Alors que nous pou­vons man­quer de res­sources humaines et phy­siques pour sor­tir nos éco­no­mies des éner­gies fos­siles, les besoins de la socié­té ne devraient jamais man­quer de rela­tions finan­cières pour faire face à ces chan­ge­ments vastes. » Le pro­blème n’est pas, dès lors, de savoir « où trou­ver de l’argent » pour faire face aux grands défis sociaux, éco­no­miques et envi­ron­ne­men­taux, mais de savoir com­ment maî­tri­ser la créa­tion moné­taire. L’enjeu, dès lors, est de créer un sys­tème moné­taire « sain ».

Or, comme le rap­pelle Ann Pet­ti­for, notre sys­tème ne l’est pas, sain. Car le pro­blème est évi­dem­ment que, dis­po­sant de ce pou­voir, le sys­tème finan­cier ne l’utilise pas dans l’intérêt géné­ral, mais uni­que­ment en faveur d’intérêts par­ti­cu­liers. La créa­tion moné­taire favo­rise alors les mar­chés finan­ciers eux-mêmes, et les ren­de­ments éle­vés et rapides qu’ils pro­mettent. Et lorsque la méca­nique se casse, il suf­fit de deman­der l’aide des États, aux­quels l’on prê­te­ra l’argent néces­saire à son propre sau­ve­tage et dont on assu­re­ra le rem­bour­se­ment par une poli­tique cen­trée sur le res­pect des créan­ciers, l’austérité, alors même que l’économie réelle voit son poten­tiel réduit par la concur­rence de l’investissement finan­cier et par les exi­gences de ren­de­ments. Pro­gres­si­ve­ment, « les valeurs du sec­teur finan­cier l’emportent sur toute autre consi­dé­ra­tion », estime l’auteure, qui explique : « Ce n’est pas un hasard si la déré­gu­la­tion finan­cière a mené à la déré­gu­la­tion des heures de tra­vail. » Dans cette logique, les finan­ciers ont évi­dem­ment tout inté­rêt à défendre l’idée d’une quan­ti­té limi­tée de mon­naie qui, en réa­li­té, leur serait réservée.

Pour Ann Pet­ti­for, c’est cette prise de contrôle de la puis­sance créa­trice de la mon­naie par la finance qui amène aux maux actuels. Outre l’austérité, ceci conduit néces­sai­re­ment à un recul de l’investissement pro­duc­tif sur le long terme et à un monde où les besoins essen­tiels ne sont pas satis­faits. En revanche, l’économie mon­diale est à la mer­ci d’un sys­tème finan­cier cen­tré sur lui-même et qui fait payer à« l’économie réelle » les crises cau­sées par ses brusques pertes de confiance entre ses acteurs, comme en 2007 et 2008. Des crises des­truc­trices qui font le jeu des natio­na­listes et des extré­mistes, selon Ann Pet­ti­for, en détrui­sant l’aptitude du poli­tique, donc de la démo­cra­tie, à résoudre les pro­blèmes, à com­bler les besoins sociaux et à orien­ter l’économie vers ces besoins. L’enjeu est donc majeur.

La deuxième par­tie de l’ouvrage pro­pose d’explorer des solu­tions et l’auteure y dis­cute les diverses pro­po­si­tions visant à reprendre le contrôle de la créa­tion moné­taire. Elle y défend ses posi­tions, fon­dées prin­ci­pa­le­ment sur un retour à la pen­sée de Keynes. Pour elle, la pen­sée key­né­sienne, limi­tée à un simple exer­cice de relance par la dépense publique, a été cari­ca­tu­rée afin de la dis­cré­di­ter. Keynes est prin­ci­pa­le­ment un pen­seur de la mon­naie et du sys­tème moné­taire. Son point de départ est de consti­tuer un sys­tème moné­taire sain, notam­ment par l’alliance entre un taux d’intérêt réel bas et une dis­tri­bu­tion de cré­dit réduite, un sys­tème où « la finance est sou­mise aux inté­rêts plus larges de la socié­té ». L’inverse du sys­tème actuel, selon l’auteur. « L’abandon de Keynes a été payé d’un prix éle­vé : le chô­mage et l’appauvrissement de mil­lions de per­sonnes », estime-t-elle.

Cette vision lui fait REJETER les pro­po­si­tions de maî­trise de la créa­tion moné­taire, notam­ment celle qui consiste à don­ner à la seule banque cen­trale la capa­ci­té de créer de la mon­naie et qui sera dis­cu­tée l’an pro­chain en Suisse, dans le cadre d’une vota­tion bap­ti­sée « ini­tia­tive mon­naie pleine ». Selon elle, ce sys­tème trans­fère à une com­mis­sion bureau­cra­tique la créa­tion moné­taire, alors même qu’elle est ins­pi­rée par la « théo­rie quan­ti­ta­tive de la mon­naie » qui édicte la néces­si­té, par­fois, de réduire auto­ri­tai­re­ment la masse moné­taire. Ceci com­porte, selon l’auteure, le risque de prises de déci­sions sans contrôle démo­cra­tique ins­pi­rée par une vision dan­ge­reuse de ce qu’est la monnaie.

Ini­tia­tive mon­naie pleine – Par­tie 1 : Emis­sion moné­taire uni­que­ment par la Banque natio­nale ! from Voll­geld-Ini­tia­tive on Vimeo.

Vidéo de pré­sen­ta­tion de l’i­ni­tia­tive suisse « mon­naie pleine » qui sera sou­mise au peuple hel­vé­tique en 2018. © Vollgeld-initiative.

Elle pré­fère des moyens plus simples, qui n’enlèvent rien au fonc­tion­ne­ment du sys­tème, mais réduisent le pou­voir auto­nome de la finance : éta­blir un contrôle étroit de la dis­tri­bu­tion du cré­dit, ren­for­cer les ratios de sol­va­bi­li­té, assu­rer un endet­te­ment public à taux faible pour agir plus géné­ra­le­ment sur les taux et sur­tout mieux maî­tri­ser les flux de capi­taux. Ce der­nier élé­ment, qui serait réa­li­sé par une taxe sur les tran­sac­tions finan­cières ou taxe Tobin, est la pro­po­si­tion la plus forte. Il s’agit non seule­ment de « rame­ner les fonds off­shore dans les nations où la richesse est créée », mais aus­si de retrou­ver des moyens d’agir. « La mobi­li­té du capi­tal ôte aux auto­ri­tés d’un pays le pou­voir d’organiser la pros­pé­ri­té éco­no­mique en déter­mi­nant les taux d’intérêt les plus appro­priés », estime Ann Pettifor.

On note­ra, et ce n’est pas un hasard, que l’essentiel de ces pro­po­si­tions est aujourd’hui reje­té par la plu­part des auto­ri­tés poli­tiques. En France, par exemple, le nou­veau gou­ver­ne­ment sou­tient une moindre régu­la­tion ban­caire et a aban­don­né tout pro­jet euro­péen de taxe Tobin. Ann Pet­ti­for estime que la pre­mière condi­tion pour ôter le « pou­voir des ban­quiers » est donc de déve­lop­per une meilleure com­pré­hen­sion des méca­nismes de créa­tion moné­taire, en dépit de l’opposition de la majo­ri­té des uni­ver­si­taires. C’est seule­ment une fois ce tra­vail effec­tué que la mobi­li­sa­tion citoyenne et poli­tique pour­ra s’organiser.

Et, pour l’auteure, l’enjeu est par­ti­cu­liè­re­ment urgent pour deux causes : celle des femmes, sou­vent les pre­mières vic­times des coupes dans les dépenses de l’État et de la pré­ca­ri­sa­tion de l’emploi, et celle des défen­seurs de l’environnement, qui ne peuvent espé­rer des poli­tiques vrai­ment effi­caces contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique avec l’actuel sys­tème monétaire.


L’É­mis­sion poli­tique avec Fran­çois Fillon, 24 mars 2017 © YouTube

Et c’est bien là l’essentiel actuel­le­ment pour nous, Fran­çais. La lec­ture de l’ouvrage d’Ann Pet­ti­for met en relief les contra­dic­tions essen­tielles de la poli­tique envi­sa­gée par le nou­veau pou­voir : assu­rer un enga­ge­ment envi­ron­ne­men­tal fort et défendre et ren­for­cer les logiques de l’actuel sys­tème moné­taire et finan­cier. Une logique sui­vie par Emma­nuel Macron, comme jadis dési­rée par Fran­çois Fillon qui, à l’i­mage de The­re­sa May, refu­sait de don­ner plus de moyens à des infir­mières « pour ne pas faire de la dette ». Mais cette lec­ture per­met aus­si d’envisager une alter­na­tive réfor­miste, fémi­niste et envi­ron­ne­men­ta­liste à la domi­na­tion actuelle du centre droit, autour de cette réforme du sys­tème monétaire. 

Aus­si sa tra­duc­tion fran­çaise pour­rait-elle s’avérer indispensable.

Roma­ric Godin.

Source : Media­part, https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​1​0​0​7​1​7​/​r​e​p​r​e​n​d​r​e​-​l​e​-​c​o​n​t​r​o​l​e​-​d​e​-​l​a​-​c​r​e​a​t​i​o​n​-​m​o​n​e​t​a​i​r​e​-​p​o​u​r​-​e​c​h​a​p​p​e​r​-​l​-​a​u​s​t​e​r​i​t​e​?​o​n​g​l​e​t​=​f​ull

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15 Commentaires

  1. etienne

    La Réserve fédérale fait du sabotage – Et « les experts » sont inconscients

    Par Bran­don Smith – Le 28 juin 2017 – Source alt​-mar​ket​.com

    J’ai écrit sur le sujet du sabo­tage volon­taire par la Réserve fédé­rale de l’économie amé­ri­caine plu­sieurs fois dans le pas­sé. En fait, je me suis déjà réfé­ré à la Fed en tant que « kami­kaze éco­no­mique ». Je crois tou­jours que l’étiquette lui colle par­fai­te­ment, et les récentes actions de la Fed, je crois, confirment direc­te­ment mes accusations.

    En 2015, lorsque j’ai pré­dit que les ban­quiers cen­traux s’engageraient consi­dé­ra­ble­ment dans un pro­gramme de hausses constantes des taux d’intérêt et qu’ils com­men­ce­raient à réduire les mesures de relance pour le sec­teur finan­cier amé­ri­cain et plus par­ti­cu­liè­re­ment sur les mar­chés bour­siers, presque per­sonne ne vou­lait l’entendre. L’esprit mou­ton­nier à l’époque était que la Fed pas­se­rait inévi­ta­ble­ment à des taux d’intérêt néga­tifs, et que la hausse des taux était tout sim­ple­ment « impossible ».

    De nom­breux ana­lystes, même dans le Mou­ve­ment de la Liber­té, ont rapi­de­ment adop­té cette théo­rie sans se poser plus de ques­tions. Pour­quoi ? En rai­son d’une hypo­thèse fon­da­men­tale qui est tout sim­ple­ment fausse ; l’hypothèse selon laquelle l’objectif de la Réserve fédé­rale est de main­te­nir l’économie amé­ri­caine à tout prix ou tout au moins de main­te­nir l’illusion que l’économie est stable. Ils sup­posent que l’économie amé­ri­caine est indis­pen­sable aux glo­ba­listes et que le dol­lar amé­ri­cain est un outil inat­ta­quable dans leur arse­nal. Par consé­quent, la Fed ne com­pro­met­trait jamais déli­bé­ré­ment la struc­ture finan­cière amé­ri­caine car, sans elle, « ils tuent leur poule aux œufs d’or ».

    C’est évi­dem­ment une absur­di­té totale.

    Depuis sa créa­tion ini­tiale de 1913 à 1916, la Réserve fédé­rale a été res­pon­sable de la perte de 98% du pou­voir d’achat du dol­lar. Les ana­lystes idiots des médias grand public sou­tiennent que cette sta­tis­tique n’est pas aus­si mau­vaise que cela parce que « les gens ont accu­mu­lé des inté­rêts » sur leur tré­so­re­rie pen­dant que la valeur du dol­lar dimi­nuait, ce qui, en quelque sorte, contre­ba­lance ou même sur­passe les pertes en pou­voir d’achat. Ces gars sont si stu­pides qu’ils ne réa­lisent même pas le trou noir sous-jacent de leur propre argument.

    Si quelqu’un met son épargne sur un compte ou dans des obli­ga­tions du Tré­sor et qu’il a gagné des inté­rêts dès le moment où la Fed a com­men­cé rapi­de­ment à miner la valeur du dol­lar et ce, jusqu’en 1959, alors oui, il a pu com­pen­ser cette perte en recueillant des inté­rêts. Cepen­dant, cet argu­ment, de façon insen­sée, oublie de prendre en compte les mil­lions de per­sonnes qui sont nées long­temps après que la Fed a com­men­cé son pro­gramme de déva­lua­tion. Qu’en est-il des « épar­gnants » nés en 1980 ou en 1990 ? Ils n’ont pas eu la pos­si­bi­li­té de per­ce­voir des inté­rêts pour com­pen­ser les pertes déjà créées par la Fed. Ils sont nés dans une éco­no­mie où la sau­ve­garde du pou­voir d’achat est intrin­sè­que­ment plus dif­fi­cile parce qu’une per­sonne doit tra­vailler beau­coup plus fort pour éco­no­mi­ser la même quan­ti­té de capi­tal que ses parents, sans oublier d’acheter les mêmes objets dont jouis­saient ses parents, comme une mai­son ou une voiture.

    Au fil des décen­nies, la Fed a ren­du presque impos­sible pour les ménages de sou­te­nir une famille avec un seul salaire. Aujourd’hui, les hommes et les femmes qui devraient être en train d’amorcer leur car­rière et de com­men­cer leur vie de famille sont pour la pre­mière fois en 130 ans plus sus­cep­tibles de devoir vivre à la mai­son avec leurs parents que tout autre arran­ge­ment de vie.

    Les gens sont plus sus­cep­tibles de vivre avec leurs parents main­te­nant qu’à l’époque où les jeunes vou­laient res­ter proches d’eux pour s’en occu­per. C’est-à-dire que la plu­part des jeunes sont blo­qués à la mai­son parce qu’ils ne peuvent pas se per­mettre de faire autre chose, non pas parce qu’ils veulent néces­sai­re­ment être là.

    Ceci est presque entiè­re­ment un symp­tôme de la déva­lua­tion de la mon­naie et de son poten­tiel d’achat par la banque cen­trale. La dégra­da­tion du niveau de salaire des Amé­ri­cains depuis que la planche à billet de la Fed a com­men­cé à tuer le billet vert est aus­si claire que le jour.

    La Fed est éga­le­ment res­pon­sable de presque tous les prin­ci­paux ralen­tis­se­ments éco­no­miques depuis sa créa­tion. Comme je l’ai noté dans le pas­sé, Ben Ber­nanke a ouver­te­ment admis que la Fed était la cause fon­da­men­tale du car­nage éco­no­mique pro­lon­gé pen­dant la Grande Dépres­sion le 8 novembre 2002, dans un dis­cours pro­non­cé lors d’une confé­rence en l’honneur à Mil­ton Fried­man … à l’occasion de son 90e anniversaire : […]

    Lire la suite :
    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​l​a​-​r​e​s​e​r​v​e​-​f​e​d​e​r​a​l​e​-​f​a​i​t​-​d​u​-​s​a​b​o​t​a​g​e​-​e​t​-​l​e​s​-​e​x​p​e​r​t​s​-​s​o​n​t​-​i​n​c​o​n​s​c​i​e​nts

    Source : le SakerFrancophone.

    Réponse
  2. Pierre

    Je n’ai pas envie de m’a­bon­ner à Media­part même si je trouve cet article très inté­res­sant. Je n’ai pas aimé cer­taines vidéos qui don­nait le plus beau rôle à Mélen­chon dans une admi­ra­tion béate mais sans le moindre esprit cri­tique, et à cotés de ça avec la plus mau­vaise foi don­ner une mau­vaise image de l’U­PR et sur­tout ne pas en par­ler. Ne pas par­ler de toutes ces démons­tra­tions qui prouvent par a+b qu’on ne peu pas s’en sor­tir en res­tant dans l’ue et qu’il est impos­sible de rené­go­cier ces trai­tés. De plus, j’ai tou­jours trou­vé que media­part est une résis­tance molle, qui ne vas pas vrai­ment au fond des choses. Néan­moins, c’est un bon article et je peu encore chan­ger d’avis.

    Réponse
  3. Arnaud

    Bon­jour !
    Mer­ci pour le par­tage de cet article. J’en­ra­geais un peu de ne pas pou­voir le lire sur Media­part, m’é­tant désa­bon­né il y a qq semaines, suite à leur cou­ver­ture des der­nières élections…

    N’hé­si­tez pas à aller voir les tra­vaux de Gérard Fou­cher, c’est le boss de la vul­ga­ri­sa­tion de la créa­tion monétaire.

    https://​www​.you​tube​.com/​u​s​e​r​/​G​e​r​a​r​d​F​o​u​c​h​e​r​7​5​018

    Réponse
  4. BA

    Le Royaume-Uni va quit­ter l’U­nion européenne.

    A pro­pos de ce Brexit, la Com­mis­sion euro­péenne a éva­lué à 60 mil­liards d’eu­ros la somme que le Royaume-Uni devra payer à l’U­nion européenne.

    La réponse du ministre des Affaires étran­gères Boris John­son est claire : « ils peuvent tou­jours courir ! »

    Mar­di 11 juillet 2017 :

    Brexit : l’UE peut « tou­jours cou­rir » pour sa fac­ture, selon Johnson.

    Les res­pon­sables euro­péens peuvent « tou­jours cou­rir » pour que Londres paye la fac­ture du Brexit, éva­luée à plu­sieurs dizaines de mil­liards d’eu­ros, a lan­cé mar­di le ministre bri­tan­nique des Affaires étran­gères Boris John­son devant le Parlement. 

    « Les sommes qu’ils (les res­pon­sables euro­péens : NDLR) pro­posent de récla­mer à ce pays me semblent exor­bi­tantes, et je pense que « ils peuvent tou­jours cou­rir » est une expres­sion tout à fait appro­priée », a ajou­té Boris John­son, héros de la cam­pagne en faveur du Brexit.

    Aucun chiffre offi­ciel concer­nant le règle­ment finan­cier des enga­ge­ments de Londres envers l’U­nion euro­péenne n’a été publié, mais un haut res­pon­sable euro­péen avait indi­qué à l’AFP en avril que la Com­mis­sion euro­péenne l’a­vait éva­lué entre 55 et 60 mil­liards d’euros. 

    https://​www​.roman​die​.com/​n​e​w​s​/​B​r​e​x​i​t​-​l​-​U​E​-​p​e​u​t​-​t​o​u​j​o​u​r​s​-​c​o​u​r​i​r​-​p​o​u​r​-​s​a​-​f​a​c​t​u​r​e​-​s​e​l​o​n​-​J​o​h​n​s​o​n​_​R​P​/​8​1​3​9​8​3​.​rom

    Réponse
  5. etienne

    Je vous trans­mets la réac­tion (à cet article) de Marie-Louise Duboin, fille de l’im­mense Jacques Duboin : 

    « « Bra­vo au réveil de Media­part, de Ann Pet­ti­for, de Lord Tur­ner et de Stanislas ! 

    Mais ren­dons à César… Remettre la créa­tion moné­taire à une ins­ti­tu­tion démo­cra­tique pour que cette créa­tion, qui est “capi­tale” (dans tous les sens du mot !!) parce qu’elle décide de l’économie, soit enfin au ser­vice de tous et non d’une mino­ri­té, il y bien long­temps que nous menons cette « croisade » !

    Quand je dis “nous” c’est tout le mou­ve­ment créé par Jacques Duboin à la suite de la crise de 29, donc dès le début des années 1930 ! 

    Et c’est dès mars 2007, soit juste avant la nou­velle “crise” finan­cière mon­diale née des sub­primes que j’ai publié un livre en ce sens. Son titre est « Mais où va l’argent ! » aux édi­tions du sextant. 

    Je suis déso­lée d’en faire ici moi-même la pub, mais c’est parce que je pense que vous ne devriez pas hési­ter à en par­ler, il est répu­té facile à lire et à bien faire com­prendre les méca­nismes moné­taires, même par ceux (et ils sont tel­le­ment nom­breux!) que ce genre de sujet rebute !

    Mer­ci d’avoir pris 1 minute pour lire ce message !

    Marie-Louise Duboin. »

    http://​www​.edi​tions​du​sex​tant​.com/​f​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​s​p​=​l​i​v​&​l​i​v​r​e​_​i​d=7

    Réponse
  6. yann beauvois

    Allez je jette un pavé dans la marre du contentement :
    j’ai pos­té cela aus­si sur Facebook -
    Cette réflexion part du pos­tu­lat qu’il est temps de dépas­ser les constats et de car­ré­ment agir pour mettre en œuvre des solu­tions MAINTENANT !

    Petite réflexion avec les solu­tions envi­sa­gées dans cet article :

    c’est déjà bien que la véri­té éclate, un secret de polichinelle,
    la mon­naie-dette est crée ex nihi­lo par la ren­contre des ban­quiers et des emprun­teurs (dont le prin­ci­pal, de loin, est l’État)

    1) Pour­quoi la créa­tion moné­taire serait-elle lié à un cré­dit (une dette) ?
    Est-ce que les mètres, et les kilos sont liés à des crédits ?
    (Et oui, une uni­té moné­taire est une uni­té de mesure)
    Doit-on louer nos mètres et nos kilos pour les utiliser ?

    2) [un sys­tème où « la finance est sou­mise aux inté­rêts plus larges de la société »]
    Com­ment sou­mettre la finance de la monnaie-dette,
    quand elle est la créa­trice de cette mon­naie qui sert à tout acheter ?
    Quant tout le reste de la socié­té est sou­mis, à cette créatrice ?
    Ne devrait-on pas lui enle­ver la créa­tion de la mon­naie, tout simplement ?
    CQFD

    3) Pour Ann Pettifor :
    « Selon elle, ce sys­tème trans­fère à une com­mis­sion bureau­cra­tique la créa­tion moné­taire, alors même qu’elle est ins­pi­rée par la « théo­rie quan­ti­ta­tive de la mon­naie » qui édicte la néces­si­té, par­fois, de réduire auto­ri­tai­re­ment la masse moné­taire. Ceci com­porte, selon l’auteure, le risque de prises de déci­sions sans contrôle démo­cra­tique ins­pi­rée par une vision dan­ge­reuse de ce qu’est la monnaie. »
    intel­li­gente la dame,
    car en effet, ici on risque sim­ple­ment un trans­fert de pou­voir d’une oli­gar­chie actuelle vers une oli­gar­chie future.
    CQFD

    4) Mais pata­tras, elle oublie tout de son rai­son­ne­ment précédent :
    (car cer­taines solu­tions paraissent en dehors du champ du pos­sible aux gens cloi­son­nés dans un cer­tain paradigme)

    « Elle pré­fère des moyens plus simples, qui n’enlèvent rien au fonc­tion­ne­ment du sys­tème, mais réduisent le pou­voir auto­nome de la finance : »
    qui n’en­lèvent rien au fonc­tion­ne­ment de la monnaie-dette ???
    On va juste muse­ler les créa­teurs de mon­naie-dette qui sert à tout ache­ter, même leurs gardiens ?

    « éta­blir un contrôle étroit de la dis­tri­bu­tion du crédit »
    Qui c’est qui va éta­blir le contrôle des contrô­leurs étroits de la dis­tri­bu­tion de crédit ?

    « ren­for­cer les ratios de solvabilité »
    Les emprun­teurs de mon­naie-dette doivent être plus cer­tains de rembourser !
    MAIS POURQUOI VOULEZ-VOUS EMPRUNTER POUR CRÉER DE LA MONNAIE ??????????????????????????
    (ici, on parle de créa­tion d’u­ni­tés moné­taires pour valo­ri­ser les échanges que nous faisons)
    EMPRUNTEZ-VOUS pour avoir des Mètres et des Kilos, pour mesurer ??????????
    oui mais l’u­ni­té moné­taire est par­ti­cu­lière (c’est vraie) alors la solution ?

    « assu­rer un endet­te­ment public à taux faible pour agir plus géné­ra­le­ment sur les taux et sur­tout mieux maî­tri­ser les flux de capitaux »
    Pour­quoi mes des­cen­dants devraient-ils payer pour ma génération ?
    c’est super égoïste !
    Et le temps, les générations
    Pour­quoi tous ces éco­no­mistes font comme si le temps n’exis­tait pas ?

    « Ce der­nier élé­ment, qui serait réa­li­sé par une taxe sur les tran­sac­tions finan­cières ou taxe Tobin, est la pro­po­si­tion la plus forte »
    Et la mar­motte, elle pliait le chocolat !

    « Les ultra riches doivent payer des impôts sur la for­tune, car l’Impôt est fait pour répar­tir les inéga­li­tés de répar­ti­tion (ou même on ne le dit pas, le vol orga­ni­sé par les classes domi­nantes) blablabla… »
    Mais Ça ne marche pas, l’His­toire est là pour le prouver.
    Ça fait com­bien de siècles qu’on essaye de récu­pé­rer le magot par les impôts ?
    Vous croyez vrai­ment que les impôts, c’est fait pour taxer les riches ?
    De plus, com­ment taxer un risque futur ?
    Ils vont bien trou­ver encore un « amor­tis­se­ment » pour y échapper.

    MAIS vous voyez pas où est la SOLUTION ?
    D’où part toute cette his­toire de monnaie ?
    Cré­dit, taux, contrôle, impôts, etc…
    – qu’est-ce qu’il y a avant ?
    non, pas le Big Bang
    – oui au départ de toutes les uni­tés monétaires ?
    la CRÉATION MONÉTAIRE !!!
    c’est au niveau de la créa­tion moné­taire que tout se joue !

    Chan­geons les para­mètres de créa­tion monétaire,
    et nous chan­ge­rons donc tout le reste, qui suit !

    Pour mieux com­prendre la solu­tion envisagée,
    pour chan­ger la créa­tion monétaire :

    la Monnaie Libre !

    https://​www​.mon​naie​li​breoc​ci​ta​nie​.org
    http://​crea​tion​mo​ne​taire​.info

    Pour­quoi faire com­pli­qué, quand on peut faire simple et résoudre toute la série depuis le départ ?
    (cher­cher le rasoir d’Ock­ham pour comprendre)
    Pour­quoi vou­loir chan­ger la loco­mo­tive en fusée, quand on peut construire la fusée tout de suite ?
    (on change l’an­cien para­digme, en créant un nou­veau qui sera adop­té, pas en essayant de chan­ger l’ancien 😉

    de plus :
    « Il s’agit non seule­ment de « rame­ner les fonds off­shore dans les nations où la richesse est créée », mais aus­si de retrou­ver des moyens d’agir. »

    En fai­sant la guerre, à ces nations ?

    « La mobi­li­té du capi­tal ôte aux auto­ri­tés d’un pays le pou­voir d’organiser la pros­pé­ri­té éco­no­mique en déter­mi­nant les taux d’intérêt les plus appro­priés », estime Ann Pettifor.

    Mais pour­quoi les États ne créent pas leur propre mon­naie et déclarent obso­lète la mon­naie des banques commerciales ?
    (bon, en fai­sant le change pour les rési­dents du pays, on n’est pas des brutes)
    Un peu tiré par les che­veux, mais c’est bien l’i­dée derrière
    - pour­quoi gar­der les ban­quiers à leurs postes ?
    Les rois ne se fai­saient pas autant de souci…

    « la pre­mière condi­tion pour ôter le « pou­voir des ban­quiers » est donc de déve­lop­per une meilleure com­pré­hen­sion des méca­nismes de créa­tion moné­taire, en dépit de l’opposition de la majo­ri­té des universitaires. »

    « pour ôter le « pou­voir des ban­quiers » » = « déve­lop­per une meilleure com­pré­hen­sion des méca­nismes de créa­tion monétaire » ???????????

    la réponse est dans la ques­tion « CRÉATION MONÉTAIRE »
    que le peuple prenne en main la créa­tion monétaire !!!!!
    Pour­quoi attendre qu’on le fasse pour vous ?
    Quand l’es­clave com­prend qu’il est esclave, est-il libéré ?

    « C’est seule­ment une fois ce tra­vail effec­tué que la mobi­li­sa­tion citoyenne et poli­tique pour­ra s’organiser. »
    Mais madame, le peuple ne vous a pas attendu :
    On crée déjà notre propre mon­naie libre : la Ḡ1

    « Mais cette lec­ture per­met aus­si d’envisager une alter­na­tive réfor­miste, fémi­niste et envi­ron­ne­men­ta­liste à la domi­na­tion actuelle du centre droit, autour de cette réforme du sys­tème monétaire. »
    Eh oui avec des « yaka » le monde change tous les jours…
    pour­quoi faire simple quand on peut faire com­pli­qué et que cela fait rêver le peuple – pen­dant ce temps-la, il res­sent moins sa souffrance !

    Tiens cela me fait pen­ser à une petite allégorie :
    http://cuckooland.free.fr/Bou%C3%A9eDeBaseContreMolletsLibres.html

    Réponse
  7. Dom GDziD

    Tant que ce que nous appe­lons « l’é­co­no­mie » (!…) sera au ser­vice UNIQUEMENT de la « créa­tion » de tou­jours plus de pro­fit (d’argent!!…) et non AU SERVICE EXCLUSIF du bien com­mun, il n’y a pas grand choses a espé­ré de bon…
    Et toute les « solu­tions » qui seront mise en œuvre, ne ser­vi­ront à rien, ou quasiment…
    Allons tou­jours à la cause des causes!: l’a­vi­di­té, l’attachement…
    Donc, j’en reviens imman­qua­ble­ment à ça : sans tra­vail inté­rieur INDIVIDUEL de chacun‑e sur ses atta­che­ments, aucun chan­ge­ment ne ver­ra le jour…
    Nous pas­sons notre temps à écha­fau­der tout un tas de théo­rie sur le meilleur sys­tème éco­no­mique pos­sible, le meilleur sys­tème moné­taire pos­sible, le meilleur sys­tème poli­tique pos­sible sans nous rendre compte que cela « ne sert » qu’à nous évi­ter de plon­ger à la racine du « problème » !
    L’en­semble des théo­ries éco­no­miques, moné­taires et poli­tiques n’ont été créées, ex-nihi­lo, que pour pal­lier notre « dif­fi­cul­té », pour ne pas dire notre inca­pa­ci­té…, à être dans le don… « Sim­ple­ment » faire les choses « justes » sans rien attendre du résul­tat, finan­cier, ou autre…
    Et vous ver­rez, qu’à ce moment là tout ces sys­tèmes dis­pa­raî­tront car ils n’au­ront plus lieu d’exis­ter… Je sais, ce n’est pas demain la veille ! Et nous « devrons » pas­ser par une ou des phases de tran­si­tion, c’est inévitable.
    Les ate­liers consti­tuants, chers à ton cœur Étienne, sont une de ces phases tran­si­toires néces­saire, tant est, qu’ils sont pra­ti­qués de cette façon, à savoir aller au bout de la réflexion, aller à la racine ultime… et ne pas se conten­ter de trou­ver un « simple » pal­lia­tif à la situa­tion actuelle.
    Ce n’est pas facile, cela demande un effort sou­te­nu, de chaque ins­tant, de pré­sence à Soi, et aux autres, dans la bien­veillance, tout le temps et pas uni­que­ment dans les ateliers !
    Ceux-si ne sont qu’un pré­texte, à mon sens, de mettre ce pro­ces­sus inté­rieur en action…
    Alors, en route vers le Soi, pour un monde meilleur 🙂 et n’at­ten­dons pas que les autres le fassent à notre place, car nous sommes TOUS co-res­pon­sables du monde dans lequel nous vivons !

    Réponse
  8. Dom GDziD

    Et encore un grand mer­ci Étienne pour tout ce que tu fais, dans cette phase transitoire… 🙂

    Réponse
  9. etienne

    LE SECRET DE LA MONNAIE EN 1 MINUTE CHRONO ! 

    par l’ex­cellent Gérard Foucher 🙂

    Réponse
  10. Berbère
  11. Gérard P.

    Mer­ci pour cet article.
    Le fait que Mme Ann Pet­ti­for n’intègre pas la rému­né­ra­tion du tra­vail sala­rié ou le prix du tra­vail arti­sa­nal – tra­vail sala­rié ou arti­sa­nal créa­teur de biens et ser­vices - [le pro­duit] dans la créa­tion moné­taire ne consti­tue-t-il pas une erreur ?

    Il me semble qu’au sujet de la créa­tion moné­taire, nous devrions tous lire et relire le pro­fes­seur de macro-éco­no­mie moné­taire Ber­nard Schmitt des uni­ver­si­tés de Dijon et Fri­bourg et ses col­la­bo­ra­teurs ou élèves : Jean-Luc Bailly, Xavier Brad­ley, Oli­vier Brif­faut, Alva­ro Cen­ci­ni, Claude Gnos, Cur­zio de Got­tar­di, Pierre Gue­neau, Jona­than Mas­son­net, Nadia Pif­fa­ret­ti, Ser­gio Ros­si, Elie Sadigh, Jean Tra­mu­set et les autres.

    Des livres de Ber­nard Schmitt peuvent être télé­char­gés sous forme de fichiers pdf sans recon­nais­sance de carac­tères sur le site suivant :
    http://​www​.quan​tum​-macroe​co​no​mics​.info/​b​i​b​l​i​o​g​r​a​p​h​i​e​/​?​l​a​n​g​=fr

    Cor­dia­le­ment.

    Réponse
  12. joss

    Vous me direz : « encore une confé­rence sur la créa­tion moné­taire », mais je trouve que celle-ci apporte des infor­ma­tions sur des concepts éco­no­miques majeurs :

    Création monétaire mythes et réalités | Formation Attac Bruxelles 2

    Réponse
  13. etienne

    Trading de haute fréquence : la justice est aveugle aux lois de la finance


    https://​lare​le​veet​la​peste​.fr/​t​r​a​d​i​n​g​-​d​e​-​h​a​u​t​e​-​f​r​e​q​u​e​n​c​e​-​j​u​s​t​i​c​e​-​a​v​e​u​g​l​e​-​a​u​x​-​l​o​i​s​-​d​e​-​f​i​n​a​n​ce/

    Les banques (les pré­ten­dus inves­tis­seurs ») se goinfrent sans limites PARCE QUE nous n’a­vons pas de consti­tu­tion — et donc pas de repré­sen­tants — PARCE QUE nous démis­sion­nons de notre rôle fon­da­teur, nous renon­çons à être constituants.

    Toutes ces ter­ribles nou­velles ne sont que des consé­quences dont nous négli­geons la cause pre­mière, qui est en nous.

    Réponse

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