Formidable François Ruffin aux Césars : « Le ‘libre-échange’ ça suffit ! » On va délocaliser nos « élites », trop coûteuses et pas rentables, licencier les « élus » qui ruinent en douce ceux qui les traitent pourtant le mieux du monde pour les ‘représenter’, rendre flexibles et mobiles et précaires les artistes-vedettes, les journalistes et les parlementaires qui trahissent ceux qui les paient

25/02/2017 | 13 commentaires

For­mi­dable cri de rage contre le ‘libre-échange’ et les ‘délo­ca­li­sa­tions’ !

Mer­ci François.

On devrait être des mil­lions, des mil­liards, à par­ta­ger ce cri de colère déter­mi­née. Le « libre-échange » ça suf­fit ! On va délo­ca­li­ser nos « élites », trop coû­teuses et pas ren­tables, licen­cier les « élus » qui ruinent en douce ceux qui les traitent pour­tant le mieux du monde pour les ‘repré­sen­ter’, rendre flexibles et mobiles et pré­caires et dociles les jour­na­listes et les par­le­men­taires qui tra­hissent ceux qui les paient… Bien­tôt ! Jus­tice au peuple !

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Edit : À ceux (UPR et autres) qui reprochent amè­re­ment à Fran­çois Ruf­fin de ne pas dénon­cer ici expli­ci­te­ment le piège poli­tique de la pré­ten­due « union » euro­péenne, je vou­drais dire deux choses : 

1) Fran­çois, avec Fakir, est sans doute un des tout meilleurs résis­tants au piège dia­bo­lique de l’UE. Je ne déve­loppe pas ce point évident, il suf­fit de lire Fakir et les livres de François.

2) Fran­çois insiste ici (et cette insis­tance ciblée fait pré­ci­sé­ment l’in­té­rêt et la force du cri) sur un aspect psy­cho­lo­gique essen­tiel (mais sou­vent très mal étu­dié par nous, je le réa­lise ici) pour le fonc­tion­ne­ment pra­ti­co­pra­tique du piège libré­chan­giste : les mul­ti­na­tio­nales (seuls grands gagnants et donc prin­ci­paux pro­pa­gan­distes du ‘libre-échange’) ont besoin de RELAIS pour mar­te­ler leur pro­pa­gande et for­ger l’o­pi­nion, et elles ont pris soin, c’est très astu­cieux, de PROTÉGER les prin­ci­paux relais (artistes vedettes, jour­na­listes, pro­fes­seurs, intel­lec­tuels, par­le­men­taires…) contre les méfaits de tous côtés du ‘libre-échange’ (délo­ca­li­sa­tions, dés­in­dus­tria­li­sa­tion, chô­mage, misère), ce qui conduit ces relais à l’in­dif­fé­rence par rap­port au piège, puis­qu’ils n’en souffrent pas.

Je trouve donc à la fois ori­gi­nale et bien ciblée cette inter­pel­la­tion aux pri­vi­lé­giés, car elle peut en réveiller/conscientiser quelques uns : en effet, tous les artistes vedettes ne sont pas en toute connais­sance de cause des pro­fi­teurs insen­sibles aux causes de la misère du monde ; tous les jour­na­listes ne sont pas consciem­ment des cyniques ven­dus à des mil­liar­daires ; tous les par­le­men­taires ne sont pas sciem­ment des cor­rom­pus traîtres à la patrie et indif­fé­rents au sort des ouvriers et employés 🙂

Donc oui, mer­ci Fran­çois Ruffin !!! 🙂

Étienne.

Edit bis : Oli­vier Ber­ruyer a bien sûr relayé cette vidéo, sui­vie de celle ci-des­sous, « 100% RUFFIN », et il l’a retrans­crite et commentée :

« Sous les applau­dis­se­ments de la salle, il monte sur scène en arbo­rant non plus comme à l’accoutumée son fameux t‑shirt “I love Ber­nard” mais un t‑shirt à l’effigie de Vincent Bol­lo­ré “I love Vincent”. La céré­mo­nie est, en effet dif­fu­sée sur Canal +, pro­prié­té de l’industriel breton.

“Mon film, il parle d’une usine qui part en Pologne et qui laisse der­rière un paquet de misère et un paquet de détresse. Et au moment où je vous parle, c’est une usine d’Amiens, qui s’appelle Whirl­pool, qui fabrique des sèche-linges, qui subit la même his­toire puisque main­te­nant ça part là aus­si en Pologne (…) Ça fait main­te­nant trente ans que ça dure dans l’ameublement, dans le tex­tile, dans la chi­mie, dans la métal­lur­gie, ain­si de suite. Pour­quoi ça dure depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont tou­chés, et donc on n’en a rien à foutre. Si c’étaient des acteurs qui étaient mis en concur­rence de la même manière avec des acteurs rou­mains, ça pose­rait pro­blème immé­dia­te­ment. Si c’étaient des jour­na­listes, quand on touche à l’avance fis­cale des jour­na­listes, ça fait des débats, il y’a des tri­bunes dans les jour­naux. Mais ima­gi­nons que ce soient les dépu­tés, qu’on dise que les dépu­tés ne sont pas assez com­pé­ti­tifs. Un dépu­té fran­çais coûte 7610 euros par mois, un dépu­té polo­nais coûte 2000 euros par mois (…) Mais ima­gi­nons qu’on dise : demain, il faut délo­ca­li­ser l’hémicycle à Varsovie.

Donc dans ce pays, il y’a peut-être des sans-dents, il y’a sur­tout des diri­geants sans cran. Donc Fran­çois Hol­lande, main­te­nant, il a l’occasion de mon­trer sur le der­nier fil que son adver­saire, c’est la finance, qu’il peut faire des réqui­si­tions, qu’il peut inter­dire les pro­duits Whirl­pool sur le ter­ri­toire fran­çais. Qu’il puisse sor­tir de l’impuissance et se bou­ger le cul.”

Lors de ce dis­cours, le camé­ra­man de Canal finit par ne plus faire de plan large sur le rédac­teur en chef de “Fakir” mais se contente d’un plan res­ser­ré afin de cacher son t‑shirt. »

Mer­ci au (très pré­cieux) blog les​-crises​.fr 🙂

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À connaître absolument : 

• For­mi­dable Fran­çois Ruffin : 

Vidéo ouverte à mes élus pleurnicheurs : crétins ou hypocrites ?

• Fakir : « Faut-il faire sau­ter Bruxelles ? »
http://​www​.fakir​presse​.info/​B​a​l​a​d​e​-​a​-​E​u​r​o​l​a​n​d​-​686

Formidable François Ruffin aux Césars : « Le ‘libre-échange’ ça suffit ! » On va délocaliser nos « élites », trop coûteuses et pas rentables, licencier les « élus » qui ruinent en douce ceux qui les traitent pourtant le mieux du monde pour les ‘représenter’, rendre flexibles et mobiles et précaires les artistes-vedettes, les journalistes et les parlementaires qui trahissent ceux qui les paient

• Le for­mi­dable bou­quin de Fran­çois Ruf­fin : « Leur Grande Trouille.
Jour­nal intime de mes pul­sions pro­tec­tion­nistes », à ne pas rater :
http://​www​.actes​-sud​.fr/​c​a​t​a​l​o​g​u​e​/​p​o​c​h​e​b​a​b​e​l​/​l​e​u​r​-​g​r​a​n​d​e​-​t​r​o​u​i​l​l​e​-​b​a​bel

Formidable François Ruffin aux Césars : « Le ‘libre-échange’ ça suffit ! » On va délocaliser nos « élites », trop coûteuses et pas rentables, licencier les « élus » qui ruinent en douce ceux qui les traitent pourtant le mieux du monde pour les ‘représenter’, rendre flexibles et mobiles et précaires les artistes-vedettes, les journalistes et les parlementaires qui trahissent ceux qui les paient

• À lire aus­si : « Le scan­dale des délo­ca­li­sa­tions » d’É­ric Laurent :
http://​www​.eric​-laurent​.com/​p​a​g​e​s​/​L​E​_​S​C​A​N​D​A​L​E​_​D​E​S​_​D​E​L​O​C​A​L​I​S​A​T​I​O​N​S​-​4​3​7​6​7​8​9​.​h​tml

Formidable François Ruffin aux Césars : « Le ‘libre-échange’ ça suffit ! » On va délocaliser nos « élites », trop coûteuses et pas rentables, licencier les « élus » qui ruinent en douce ceux qui les traitent pourtant le mieux du monde pour les ‘représenter’, rendre flexibles et mobiles et précaires les artistes-vedettes, les journalistes et les parlementaires qui trahissent ceux qui les paient

• Et puis aus­si les enquêtes for­mi­dables de Fakir contre le piège dia­bo­lique de l’UE ; par exemple, com­ment les tyrans euro­crates veulent cas­ser le CDI et com­ment ils y arriveront :

Formidable François Ruffin aux Césars : « Le ‘libre-échange’ ça suffit ! » On va délocaliser nos « élites », trop coûteuses et pas rentables, licencier les « élus » qui ruinent en douce ceux qui les traitent pourtant le mieux du monde pour les ‘représenter’, rendre flexibles et mobiles et précaires les artistes-vedettes, les journalistes et les parlementaires qui trahissent ceux qui les paient

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​9​9​7​7​0​9​7​5​2​317

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13 Commentaires

  1. etienne

    A lire et relire – Texte de Serge Car­fan­tan sur le cynisme politique.

    Source : http://​www​.lejdv​.fr/​h​u​x​l​e​y​-​m​e​i​l​l​e​u​r​-​m​o​n​d​es/

    « Pour étouf­fer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière vio­lente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépas­sées. Il suf­fit de créer un condi­tion­ne­ment col­lec­tif si puis­sant que l’idée même de révolte ne vien­dra même plus à l’esprit des hommes.

    L’idéal serait de for­ma­ter les indi­vi­dus dès la nais­sance en limi­tant leurs apti­tudes bio­lo­giques innées. Ensuite, on pour­sui­vrait le condi­tion­ne­ment en rédui­sant de manière dras­tique l’éducation, pour la rame­ner à une forme d’insertion pro­fes­sion­nelle. Un indi­vi­du inculte n’a qu’un hori­zon de pen­sée limi­té et plus sa pen­sée est bor­née à des pré­oc­cu­pa­tions médiocres, moins il peut se révol­ter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus dif­fi­cile et éli­tiste. Que le fos­sé se creuse entre le peuple et la science, que l’information des­ti­née au grand public soit anes­thé­siée de tout conte­nu à carac­tère subversif.

    Sur­tout pas de phi­lo­so­phie. Là encore, il faut user de per­sua­sion et non de vio­lence directe : on dif­fu­se­ra mas­si­ve­ment, via la télé­vi­sion, des diver­tis­se­ments flat­tant tou­jours l’émotionnel ou l’instinctif. On occu­pe­ra les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavar­dage et une musique inces­sante, d’empêcher l’esprit de pen­ser. On met­tra la sexua­li­té au pre­mier rang des inté­rêts humains. Comme tran­quilli­sant social, il n’y a rien de mieux.

    En géné­ral, on fera en sorte de ban­nir le sérieux de l’existence, de tour­ner en déri­sion tout ce qui a une valeur éle­vée, d’entretenir une constante apo­lo­gie de la légè­re­té ; de sorte que l’euphorie de la publi­ci­té devienne le stan­dard du bon­heur humain et le modèle de la liber­té. Le condi­tion­ne­ment pro­dui­ra ain­si de lui-même une telle inté­gra­tion, que la seule peur – qu’il fau­dra entre­te­nir – sera celle d’être exclus du sys­tème et donc de ne plus pou­voir accé­der aux condi­tions néces­saires au bonheur.

    L’homme de masse, ain­si pro­duit, doit être trai­té comme ce qu’il est : un veau, et il doit être sur­veillé comme doit l’être un trou­peau. Tout ce qui per­met d’endormir sa luci­di­té est bon socia­le­ment, ce qui mena­ce­rait de l’éveiller doit être ridi­cu­li­sé, étouf­fé, com­bat­tu. Toute doc­trine met­tant en cause le sys­tème doit d’abord être dési­gnée comme sub­ver­sive et ter­ro­riste et ceux qui la sou­tienne devront ensuite être trai­tés comme tels. On observe cepen­dant, qu’il est très facile de cor­rompre un indi­vi­du sub­ver­sif : il suf­fit de lui pro­po­ser de l’argent et du pouvoir ».

    Serge Car­fan­tan.

    À pro­pos de l’auteur :
    Serge Car­fan­tan est doc­teur agré­gé de phi­lo­so­phie, spé­cia­liste de la phi­lo­so­phie indienne et de la péda­go­gie de la philosophie.
    Il a ensei­gné à Bor­deaux, Libourne, Paren­tis, Mont de Mar­san, Pau et à l’université de Bayonne.
    Ce texte a été écrit dans le cadre d’un cours sur le cynisme poli­tique, dans lequel il s’inspire notam­ment des oeuvres d’Aldous Hux­ley, le Meilleur des mondes, et de Gun­ther Anders, l’Obsolescence de l’homme.

    Retrou­vez Serge Car­fan­tan sur son blog :
    http://​www​.phi​lo​so​phie​-spi​ri​tua​lite​.com/

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  2. etienne

    L’appel de Mikis Theodorakis : « Les banques ramèneront le fascisme en Europe ! »

    Nov. 2011 : Alors que la Grèce est pla­cée sous tutelle de la Troï­ka, que l’Etat réprime les mani­fes­ta­tions pour ras­su­rer les mar­chés et que l’Europe pour­suit les ren­floue­ments finan­ciers, le com­po­si­teur Mikis Theo­do­ra­kis a appe­lé les grecs à com­battre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramè­ne­ront le fas­cisme sur le continent.

    Inter­viewé lors d’une émis­sion poli­tique très popu­laire en Grèce, Mikis Theo­do­ra­kis, figure emblé­ma­tique de la résis­tance à la junte des colo­nels, a aver­ti que si la Grèce se sou­met aux exi­gences de ses soi-disant « par­te­naires euro­péens », c’en sera « fini de nous en tant que peuple et que nation ». Il a accu­sé le gou­ver­ne­ment de n’être qu’une « four­mi » face à ses « par­te­naires », alors que le peuple le voit comme « bru­tal et offen­sif ». Si cette poli­tique conti­nue, « nous ne pour­rons sur­vivre (…) la seule solu­tion est de se lever et de combattre ».
    Résis­tant de la pre­mière heure contre l’occupation nazie et fas­ciste, com­bat­tant répu­bli­cain lors de la guerre civile et tor­tu­ré sous le régime des colo­nels, Mikis Théo­do­ra­kis a éga­le­ment adres­sé une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nom­breux jour­naux grecs. Extraits :

    « Notre com­bat n’est pas seule­ment celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indé­pen­dante et démo­cra­tique. Ne croyez pas vos gou­ver­ne­ments lorsqu’ils pré­tendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs pro­grammes de « sau­ve­tage de la Grèce » aident seule­ment les banques étran­gères, celles pré­ci­sé­ment qui, par l’intermédiaire des poli­ti­ciens et des gou­ver­ne­ments à leur solde, ont impo­sé le modèle poli­tique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y pas d’autre solu­tion que de rem­pla­cer l’actuel modèle éco­no­mique euro­péen, conçu pour géné­rer des dettes, et reve­nir à une poli­tique de sti­mu­la­tion de la demande et du déve­lop­pe­ment, à un pro­tec­tion­nisme doté d’un contrôle dras­tique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les mar­chés, ces der­niers les englou­ti­ront, en même temps que la démo­cra­tie et tous les acquis de la civi­li­sa­tion euro­péenne. La démo­cra­tie est née à Athènes quand Solon a annu­lé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas auto­ri­ser aujourd’hui les banques à détruire la démo­cra­tie euro­péenne, à extor­quer les sommes gigan­tesques qu’elles ont elles-mêmes géné­rées sous forme de dettes.

    Nous ne vous deman­dons pas de sou­te­nir notre com­bat par soli­da­ri­té, ni parce que notre ter­ri­toire fut le ber­ceau de Pla­ton et Aris­tote, Péri­clès et Pro­ta­go­ras, des concepts de démo­cra­tie, de liber­té et d’Europe. (…)

    Nous vous deman­dons de le faire dans votre propre inté­rêt. Si vous auto­ri­sez aujourd’hui le sacri­fice des socié­tés grecque, irlan­daise, por­tu­gaise et espa­gnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bien­tôt votre tour. Vous ne pros­pé­re­rez pas au milieu des ruines des socié­tés euro­péennes. Nous avons tar­dé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. (…) 

    Résis­tez au tota­li­ta­risme des mar­chés qui menace de déman­te­ler l’Europe en la trans­for­mant en Tiers-monde, qui monte les peuples euro­péens les uns contre les autres, qui détruit notre conti­nent en sus­ci­tant le retour du fascisme. »

    http://​www​.huma​nite​.fr/​l​a​p​p​e​l​-​d​e​-​m​i​k​i​s​-​t​h​e​o​d​o​r​a​k​i​s​-​l​e​s​-​b​a​n​q​u​e​s​-​r​a​m​e​n​e​r​o​n​t​-​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​e​n​-​e​u​r​ope

    Source : L’Hu­ma­ni­té, nov. 2011

    Réponse
  3. etienne

    [Acces­soires dia­bo­liques du ‘libre-échange’]

    « TRIBUNAUX D’ARBITRAGE » : COMMENT LES MULTINATIONALES RACKETTENT LES PAYS


    Source : Osons causer

    Réponse
  4. etienne

    Quatre banques françaises contre les Sioux du Dakota expulsés par Trump

    http://​www​.bas​ta​mag​.net/​L​e​-​s​o​u​t​i​e​n​-​s​a​n​s​-​f​a​i​l​l​e​s​-​d​e​s​-​b​a​n​q​u​e​s​-​f​r​a​n​c​a​i​s​e​s​-​a​-​l​-​o​l​e​o​d​u​c​-​i​m​p​o​s​e​-​a​u​x​-​S​i​o​u​x​-​par
    Source : BastaMag

    Mon com­men­taire : Les banques pri­vées – c’est-à-dire les usu­riers – sont le fléau de l’hu­ma­ni­té. On leur doit le capi­ta­lisme et les tra­vaux for­cés à per­pé­tui­té, les plus grandes guerres chaque fois que les peuples veulent s’en débar­ras­ser, les mul­ti­na­tio­nales et le tor­rent de misère asso­ciée (de part et d’autre du ‘libre-échange’), la colo­ni­sa­tion et la dévas­ta­tion de la pla­nète mise en coupe réglée, la concen­tra­tion du capi­tal (l’art de la fusion-acqui­si­tion et de l’ef­fet de levier) et la cor­rup­tion poli­tique géné­ra­li­sée. Si on ne leur résiste pas, les escla­va­gistes gri­més en « banques » fini­ront par orga­ni­ser la terre en camps de travail.

    Toute banque devrait être publique et sous contrôle citoyen serré. 

    Créer une banque pri­vée devrait être consti­tu­tion­nel­le­ment qua­li­fié de crime contre l’humanité. 

    Les humains n’ont pas besoin des riches (que leur richesse rend fous, anti­so­ciaux) pour finan­cer leurs acti­vi­tés. Seule une puis­sance publique (sous contrôle citoyen quo­ti­dien) peut finan­cer une socié­té tout en la pro­té­geant de l’ex­trême cupi­di­té des usuriers.

    Réponse
  5. etienne

    À ceux (UPR et autres) qui reprochent (amè­re­ment) à Fran­çois Ruf­fin de ne pas dénon­cer ici expli­ci­te­ment le piège poli­tique de la pré­ten­due « union » euro­péenne, je vou­drais dire deux choses : 

    1) Fran­çois, avec Fakir, est sans doute un des tout meilleurs résis­tants au piège dia­bo­lique de l’UE. Je ne déve­loppe pas ce point évident, il suf­fit de lire Fakir et les livres de François.

    2) Fran­çois insiste ici (et cette insis­tance ciblée fait pré­ci­sé­ment l’in­té­rêt et la force du cri) sur un aspect psy­cho­lo­gique essen­tiel (mais sou­vent très mal étu­dié par nous, je le réa­lise ici) pour le fonc­tion­ne­ment pra­ti­co­pra­tique du piège libré­chan­giste : les mul­ti­na­tio­nales, les car­tels (seuls grands gagnants et donc prin­ci­paux pro­pa­gan­distes du ‘libre-échange’) ont besoin de RELAIS pour mar­te­ler leur pro­pa­gande et for­ger l’o­pi­nion, et ils ont pris soin, c’est très astu­cieux, de PROTÉGER les prin­ci­paux relais (artistes vedettes, jour­na­listes, pro­fes­seurs, intel­lec­tuels, par­le­men­taires…) contre les méfaits de tous côtés du ‘libre-échange’ (délo­ca­li­sa­tions, dés­in­dus­tria­li­sa­tion, chô­mage, misère), ce qui conduit ces relais à l’in­dif­fé­rence par rap­port au piège, puis­qu’ils n’en souffrent pas.

    Je trouve donc à la fois ori­gi­nale et bien ciblée cette inter­pel­la­tion aux pri­vi­lé­giés, car elle peut en réveiller/conscientiser/mobiliser quelques uns : en effet, tous les artistes vedettes ne sont pas en toute connais­sance de cause des pro­fi­teurs insen­sibles aux causes de la misère du monde ; tous les jour­na­listes ne sont pas consciem­ment des cyniques ven­dus à des mil­liar­daires ; tous les par­le­men­taires ne sont pas sciem­ment des cor­rom­pus traîtres à la patrie et indif­fé­rents au sort des ouvriers et employés 🙂 

    Donc oui, mer­ci Fran­çois Ruffin !!! 🙂

    Étienne.

    Réponse
    • Benoit

      Je ne cra­che­rais jamais sur le Fran­çois Ruf­fin repor­ter, réa­li­sa­teur et défen­seur des tra­vailleurs. Cepen­dant en homme poli­tique, je le crains. Il connaît, ou du moins il a les moyens de connaître l’U­PR et ses adhé­rents. Depuis long­temps déjà, « le cor­don sani­taire » à légi­ti­mer une atti­tude fas­ciste a l’é­gard de ceux qui osait relayer les ana­lyses de l’U­PR. Par exemple Pier­rick Lefeuvre. À Fakir, j’ai écris pour m’é­ton­ner de leur absence total d’in­té­rêt pour les clef d’a­na­lyse que donne Fran­çois Asse­li­neau, et qu’il était pos­sible d’en par­ler sans pour autant sous­crire à son pro­jet. La réponse est édi­fiante du manque d’as­ser­ti­vi­té et de com­plai­sance à l’é­gard du pou­voir média­tique. Il n’est pas ques­tion de soli­da­ri­té des petits face aux puis­sant mais sim­ple­ment de volon­té démo­cra­tique et de sens des priorités.
      Fran­çois Ruf­fin, expli­quait dans une vidéo, tout en la légi­ti­mant la ten­ta­tive d’in­ti­mi­da­tion (je laisse Étienne s’ex­pri­mer sur l’é­tat actuel de la situa­tion) qu’il a subit par les anti­fas et lieu­te­nant d’en­ti­tés poli­tiques dirons-nous… À la fin de cette vidéo, ma sym­pa­thie pour Fran­çois Ruf­fin avait un goût amère, dans cette his­toire il avait jouer le rôle du gen­til flic, et Sur­ement mal­gré lui. La poli­tique est par­tout, et les anciens sché­ma se jux­ta­pose aux nouveaux.
      Der­niè­re­ment ma sym­pa­thie pour le Ruf­fin homme poli­tique a pris un sacré coup : il se féli­cite de recou­vrir les affiches de l’U­PR pour la pré­si­den­tielle avec les siennes, pour les législatives.
      Contrai­re­ment aux 8 mil­lions d’€ emprun­té à une banque pour finan­cer affiches et par­fois même col­lage, l’U­PR se targue de finan­cer tout par adhé­sions et dons, et le col­lage au volontariat…
      À tout les coins des réseaux sociaux on peut consta­ter le bashing fait à l’en­contre de l’UPR.

      Alors, ok, nos pro­grammes sont dif­fé­rents et les que­relles ne vont pas dis­pa­raître d’un coup de baguette magique ; mais regar­dez bien les méthodes de cha­cun des 2 camps.

      Réponse
  6. etienne

    For­mi­dable Fran­çois Ruffin : 

    Vidéo ouverte à mes élus pleurnicheurs : crétins ou hypocrites ?

    J’au­rais dit TRAÎTRES, plu­tôt qu’hypocrites…

    Réponse
  7. etienne

    Oli­vier Ber­ruyer a bien sûr relayé cette vidéo, sui­vie de celle ci-des­sous, « 100% RUFFIN », et il l’a retrans­crite et commentée :

    « Sous les applau­dis­se­ments de la salle, il monte sur scène en arbo­rant non plus comme à l’accoutumée son fameux t‑shirt “I love Ber­nard” mais un t‑shirt à l’effigie de Vincent Bol­lo­ré “I love Vincent”. La céré­mo­nie est, en effet dif­fu­sée sur Canal +, pro­prié­té de l’industriel breton.

    “Mon film, il parle d’une usine qui part en Pologne et qui laisse der­rière un paquet de misère et un paquet de détresse. Et au moment où je vous parle, c’est une usine d’Amiens, qui s’appelle Whirl­pool, qui fabrique des sèche-linges, qui subit la même his­toire puisque main­te­nant ça part là aus­si en Pologne (…) Ça fait main­te­nant trente ans que ça dure dans l’ameublement, dans le tex­tile, dans la chi­mie, dans la métal­lur­gie, ain­si de suite. Pour­quoi ça dure depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont tou­chés, et donc on n’en a rien à foutre. Si c’étaient des acteurs qui étaient mis en concur­rence de la même manière avec des acteurs rou­mains, ça pose­rait pro­blème immé­dia­te­ment. Si c’étaient des jour­na­listes, quand on touche à l’avance fis­cale des jour­na­listes, ça fait des débats, il y’a des tri­bunes dans les jour­naux. Mais ima­gi­nons que ce soient les dépu­tés, qu’on dise que les dépu­tés ne sont pas assez com­pé­ti­tifs. Un dépu­té fran­çais coûte 7610 euros par mois, un dépu­té polo­nais coûte 2000 euros par mois (…) Mais ima­gi­nons qu’on dise : demain, il faut délo­ca­li­ser l’hémicycle à Varsovie.

    Donc dans ce pays, il y’a peut-être des sans-dents, il y’a sur­tout des diri­geants sans cran. Donc Fran­çois Hol­lande, main­te­nant, il a l’occasion de mon­trer sur le der­nier fil que son adver­saire, c’est la finance, qu’il peut faire des réqui­si­tions, qu’il peut inter­dire les pro­duits Whirl­pool sur le ter­ri­toire fran­çais. Qu’il puisse sor­tir de l’impuissance et se bou­ger le cul.”

    Lors de ce dis­cours, le camé­ra­man de Canal finit par ne plus faire de plan large sur le rédac­teur en chef de “Fakir” mais se contente d’un plan res­ser­ré afin de cacher son t‑shirt. »

    Mer­ci au (très pré­cieux) blog les​-crises​.fr 🙂

    Réponse
  8. etienne
  9. Ronald

    Ce post va me per­mettre de don­ner mon avis sur le libre-échange.

    Le libre-échange est une doc­trine lar­ge­ment répan­due par­mi les éco­no­mistes, et ce depuis deux siècles. Je pense donc : 1) Qu’elle a pro­ba­ble­ment une part de vrai. 2) Qu’il faut venir avec de bons argu­ments si on veut s’y opposer.
    Si on veut remon­ter à son ori­gine, son éla­bo­ra­tion théo­rique dans sa forme ache­vée est due à Ricar­do. Il base l’in­té­rêt du libre-échange sur sa théo­rie de l’a­van­tage com­pa­ra­tif, avec un texte célèbre, où il montre que deux pays, quelle que soient leur pro­duc­tion de départ, ont inté­rêt à pra­ti­quer le libre-échange :

    « Dans un même pays, les pro­fits sont en géné­ral tou­jours au même niveau, ou ne dif­fèrent qu’en rai­son de ce que le capi­tal peut être consa­cré à un emploi plus ou moins sûr et agréable. Il n’en est pas de même d’un pays à l’autre. Si les pro­fits des capi­taux employés dans le York­shire sur­pas­saient ceux des capi­taux employés à Londres, les fonds pas­se­raient bien vite de Londres dans le York­shire, et les pro­fits se nivel­le­raient. Mais si le sol de l’Angleterre deve­nait moins pro­duc­tif, ou si l‘accroissement des capi­taux et de la popu­la­tion venait à faire mon­ter les salaires et à faire bais­ser les pro­fits, il ne s’ensuivrait pas pour cela que le capi­tal et la popu­la­tion dussent néces­sai­re­ment aban­don­ner l’Angleterre, et se por­ter en Hol­lande, en Espagne ou en Rus­sie, où les pro­fits pour­raient être plus élevés.
    Si le Por­tu­gal n’avait aucune rela­tion com­mer­ciale avec d‘autres pays, au lieu d’employer son capi­tal et son indus­trie à faire du vin, avec lequel il achète aux autres nations le drap et la quin­caille­rie néces­saires pour son propre usage, ce pays se trou­ve­rait for­cé de consa­crer une par­tie de ce capi­tal à la fabri­ca­tion de ces articles, qu’il n’obtiendrait plus pro­ba­ble­ment qu’en qua­li­té infé­rieure et en quan­ti­té moindre.
    La masse de vin que le Por­tu­gal doit don­ner en échange pour le drap anglais n’est pas déter­mi­née par la quan­ti­té res­pec­tive de tra­vail que la pro­duc­tion de cha­cun de ces deux articles a coû­té ; – ce qui arri­ve­rait s’ils étaient tous deux fabri­qués en Angle­terre ou en Portugal.
    L’Angleterre peut se trou­ver dans des cir­cons­tances telles qu’il lui faille, pour fabri­quer le drap, le tra­vail de cent hommes par an, tan­dis que, si elle vou­lait faire du vin, il lui fau­drait peut-être le tra­vail de cent vingt hommes par an : il serait donc de l’intérêt de l’Angleterre d‘importer du vin, et d’exporter en échange du drap.
    En Por­tu­gal, la fabri­ca­tion du vin pour­rait ne deman­der que le tra­vail de quatre-vingts hommes pen­dant une année, tan­dis que la fabri­ca­tion du drap exi­ge­rait le tra­vail de quatre-vingt-dix hommes. Le Por­tu­gal gagne­rait donc à expor­ter du vin en échange pour du drap. Cet échange pour­rait même avoir lieu dans le cas où on fabri­que­rait en Por­tu­gal l’article im­por­té à moins de frais qu’en Angle­terre. Quoique le Por­tu­gal pût faire son drap en n’employant que quatre-vingt-dix hommes, il pré­fé­re­rait le tirer d‘un autre pays où il fau­drait cent ouvriers pour le fabri­quer, parce qu’il trou­ve­rait plus de pro­fit à employer son capi­tal à la pro­duc­tion du vin, en échange duquel il obtien­drait de l’Angleterre une quan­ti­té de drap plus forte que celle qu’il pour­rait pro­duire en détour­nant une por­tion de son capi­tal employé à la culture des vignes, et en l’employant à la fabri­ca­tion des draps.
    Dans ce cas, l’Angleterre don­ne­rait le pro­duit du tra­vail de cent hommes en échange du pro­duit du tra­vail de quatre-vingts. Un pareil échange ne sau­rait avoir lieu entre les indi­vi­dus du même pays. On ne peut échan­ger le tra­vail de cent Anglais pour celui de quatre-vingts autres Anglais ; mais le pro­duit du tra­vail de cent Anglais peut être échan­gé contre le pro­duit du tra­vail de quatre-vingts Por­tu­gais, de soixante Russes ou de cent vingt Asia­tiques. Il est aisé d‘expliquer la cause de la dif­fé­rence qui existe à cet égard entre un pays et plu­sieurs : cela tient à l’activité avec laquelle un capi­tal passe constam­ment, dans le même pays, d’une pro­vince à l’autre pour trou­ver un emploi plus pro­fi­table, et aux obs­tacles qui en pareil cas s’opposent au dépla­ce­ment des capi­taux d‘un pays à l’autre.
    Dans la sup­po­si­tion que nous venons de faire, les capi­ta­listes de l’Angleterre et les consom­ma­teurs des deux pays gagne­raient sans doute à ce que le vin et le drap fussent l’un et l’autre faits en Por­tu­gal, le capi­tal et l’industrie anglaise pas­sant par consé­quent, à cet effet, de l’Angleterre en Portugal. »
    (David Ricar­do, Des prin­cipes de l’é­co­no­mie poli­tique et de l’im­pôt, Cha­pitre VII).

    La pre­mière fois que j’ai lu ce pas­sage, je me suis dit que ce type était un génie. Et en effet, l’ar­gu­men­taire en faveur du libre-échange n’a pas beau­coup varié depuis 200 ans et reste fon­da­men­ta­le­ment basé sur cette démons­tra­tion. Il a cepen­dant bien sûr été l’ob­jet de cri­tiques depuis lors ; l’ar­ticle de Wiki­pé­dia sur le sujet me semble per­ti­nent et cor­rect dans l’ensemble :
    https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​A​v​a​n​t​a​g​e​_​c​o​m​p​a​r​a​tif

    Je passe outre le fait que Ricar­do était là sans doute un génie, mais aus­si un peu une fri­pouille : car son exemple met en scène un « Por­tu­gal » plus pro­duc­tif que l’  « Angle­terre » et qui pro­fite plus de l’é­change, alors que dans la réa­li­té de l’é­poque c’é­tait l’in­verse. A noter que l’exemple des draps et du vin était en fait tiré de la réa­li­té éco­no­mique du moment, les deux pays ayant signé un trai­té com­mer­cial (trai­té de Methuen, 1703) por­tant sur ces mar­chan­dises, et dont le Por­tu­gal ne vou­lait pas :
    https://​france​.attac​.org/​n​o​s​-​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​l​e​s​-​p​o​s​s​i​b​l​e​s​/​n​u​m​e​r​o​-​4​-​e​t​e​-​2​0​1​4​/​d​o​s​s​i​e​r​-​a​c​c​o​r​d​s​-​d​e​-​l​i​b​r​e​-​e​c​h​a​n​g​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​l​e​s​-​a​c​c​o​r​d​s​-​c​o​m​m​e​r​c​i​aux

    Si l’on veut résu­mer l’ar­gu­ment de Ricar­do, on dira que : « nous avons tou­jours inté­rêt à nous spé­cia­li­ser dans une mar­chan­dise pour laquelle notre coût de pro­duc­tion est moindre, et à l’é­chan­ger avec une autre nation qui fait de même ». Cela me semble exact, mais les pro­blèmes sur­gissent quand on se pose deux ques­tions qu’il n’a­borde pas :
    – pour­quoi le coût de pro­duc­tion est-il moindre ?
    – qui est ce « nous » ?

    Pour que le libre-échange fonc­tionne, le coût de pro­duc­tion dans le pays expor­ta­teur doit être moindre dans le pays expor­ta­teur que le pays impor­ta­teur (avec une dif­fé­rence cou­vrant au moins le coût du trans­port). Mais la dif­fé­rence de coût peut être due à plu­sieurs fac­teurs. J’en vois au moins de trois types :

    1) Des fac­teurs natu­rels. Il est moins coû­teux à la Bel­gique de pro­duire des bet­te­raves, et à la Colom­bie de pro­duire du café, plu­tôt que de s’a­char­ner à faire le contraire. Dans ce cas, il me semble nor­mal que l’un des pays se spé­cia­lise dans un mar­chan­dise, l’autre dans l’autre, et qu’ils échangent leur production.

    2) Des fac­teurs logis­tiques et tech­no­lo­giques. Cer­taines grosses indus­tries néces­sitent des inves­tis­se­ment lourds et de grandes échelles de pro­duc­tion, qui ne sont pas à por­tée de tous les pays. Il me semble rai­son­nable que les Emi­rats Arabes Unis achètent leurs avions aux USA et en Europe plu­tôt que de ten­ter de déve­lop­per une indus­trie aéro­nau­tique natio­nale. Ils les échan­ge­ront contre leur pro­duc­tion locale, à savoir le pétrole. Du moins tant qu’il y a une demande en pétrole, et que leur sous-sol en contient. Dans le cadre du maté­riel lourd, il me semble donc légi­time que les petits pays pra­tiquent le libre-échange, sous réserve de gar­der un œil sur le long terme et les poten­tielles évo­lu­tion des marchés.

    3) Des fac­teurs poli­tiques. Pour la majo­ri­té des pro­duits cou­rants, les dif­fé­rences de coût de pro­duc­tion entre pays ne sont cepen­dant liés qu’à des fac­teurs qui sont au fond poli­tiques : la répar­ti­tion des béné­fices entre sala­rié et patron, les normes sociales, les normes envi­ron­ne­men­tales sont poli­tiques et dépendent de l’État.
    L’un des grand motifs pour les­quels un groupe dirigent natio­nal prône le libre-échange, c’est parce qu’il y a de manière cachée une popu­la­tion qui est exploi­tée et qui lui donne un avan­tage com­pa­ra­tif. Ain­si, l’un des motifs de la Guerre de Séces­sion était que le Sud, escla­va­giste, vou­lait pra­ti­quer le libre-échange, alors que le Nord vou­lait le protectionnisme.

    Com­ment devrait donc être pré­sen­tée la démons­tra­tion de l’a­van­tage com­pa­ra­tif actua­li­sée avec les connais­sances du vingt-et-unième siècle ? 

    Pre­nons l’exemple de la France pro­duc­trice de vac­cins, et du Viet-Nam pro­duc­teur de tex­tile. Il n’y a aucun motif natu­rel ou tech­nique pour que la France ne puisse pas pro­duire du tex­tile et que celui-ci soit impor­té d’A­sie du Sud-Est. La dif­fé­rence de coût de pro­duc­tion qui rend avan­ta­geux l’é­change au-delà du coût du trans­port est uni­que­ment d’o­ri­gine politique.
    Si l’on consi­dère les Etats-nations « France » et « Viet-Nam » comme des enti­tés uni­taires avec cha­cune un compte d’ex­ploi­ta­tion, alors le rai­son­ne­ment de Ricar­do est valable. Cha­cune des enti­tés « à inté­rêt » à se spé­cia­li­ser et à échan­ger vac­cins contre tex­tile. C’est d’ailleurs le sophisme qu’u­ti­lisent les plu­part des com­men­ta­teurs libre-échan­gistes que l’on entend dans les médias.

    Mais quelle est la source du coût de pro­duc­tion moindre du tex­tile au Viet-Nam ? C’est que jus­te­ment ces enti­tés ne sont pas uni­taire mais sont des agglo­mé­rats poli­tiques. Il y a dans cha­cun deux groupes, qu’on appel­le­ra par sim­pli­ci­té « capi­ta­listes » et « sala­riés ». Au Viet-Nam, les pre­miers impo­sant aux seconds un ordre socio­po­li­tique tel que le coût y est moindre, par des salaires plus bas, de moindres ser­vices publics, en envi­ron­ne­ment moins sain. Il ne faut donc pas se poser la ques­tions de ce que gagnent au libre-échange les enti­tés « France » et « Viet-Nam », mais les dif­fé­rents groupes sociaux com­po­sant ces agglomérats.

    Le groupe « capi­ta­listes viet­na­miens » sera gagnant de par l’aug­men­ta­tion de la spé­cia­li­sa­tion dans une pro­duc­tion où ils excellent. Le groupe « capi­ta­listes fran­çais » de même. Cette divi­sion est d’ailleurs en par­tie théo­rique car ces groupes sont en fait plus unis et inter­na­tio­na­li­sés que les groupes « salariés ».
    Le groupe « sala­riés viet­na­miens » ne sera ni gagnant ni per­dant, mais ne pour­ra pas voir sa situa­tion s’a­mé­lio­rer. En effet, si les salaires et les condi­tions de tra­vaillent s’a­mé­liorent, l’a­van­tage com­pa­ra­tif du pays décroî­tra jus­qu »à ce que le coût du trans­port fasse relo­ca­li­ser la pro­duc­tion tex­tile en France. Une excep­tion est la situa­tion du plein emploi. S’il n’y a plus de chô­mage au Viet-Nam, la hausse des salaires aux dépens des capi­ta­listes viet­na­miens amé­lio­re­ra la situa­tion des sala­riés. Mais la méca­ni­sa­tion de la pro­duc­tion empê­che­ra rapi­de­ment cela. Et puis, on peut tou­jours trou­ver un pays où la pro­duc­tion est encore moins chère.
    Le groupe « sala­riés fran­çais » doit lui-même être sub­di­vi­sé, du fait qu’il s’a­git du pays avec la plus forte pro­duc­ti­vi­té. En effet, la pro­duc­tion des vac­cins ne néces­site pas l’emploi de toute la popu­la­tion active. Il y a un chô­mage struc­tu­rel, et donc deux sous-groupes : les « employés fran­çais » et les « sans-emplois français ».
    Les « employés fran­çais » sont gagnants, du fait qu’il peuvent ache­ter plus de tex­tile pour un moindre tra­vail fourni.
    Les « sans-emplois fran­çais » sont per­dants : du fait des gains de pro­duc­ti­vi­té liés à la spé­cia­li­sa­tion, ils ont moins de chance de trou­ver un emploi, et donc de se pro­cu­rer les res­sources vitales néces­saire en tex­tiles et en vaccins.

    La situa­tion de libre-échange de l’en­semble peut se main­te­nir tant qu’une « majo­ri­té poli­tique » y trouve son inté­rêt. Mais deux forces vont agir et dés­équi­li­brer le système :
    – les gains de pro­duc­ti­vi­tés, qui vont faire pas­ser des indi­vi­dus de la posi­tion « employé » à « sans-emploi », aug­men­tant le poids ce ce der­nier groupe.
    – le désir d’ac­cu­mu­la­tion du groupe « capi­ta­liste », qui va conduire à une dégra­da­tion des salaires et des condi­tions de vies des « sala­riés », les pous­sant dans le camp poli­tique opposé.
    (- je consi­dère comme nulle la force « morale » qui pous­se­rait les fran­çais à se pré­oc­cu­per de la manière dont sont pro­duits leurs tex­tiles au Viet-Nam ; ce n’est sans doute pas loin de la réalité)

    La bas­cule en faveur du pro­tec­tion­nisme se pro­dui­ra en France si une pro­por­tion suf­fi­sante du groupe « employés » bas­cule aux côtés du groupe « sans-emplois », pour faire modi­fier la poli­tique économique.

    Réponse
    • barbe

      A Ronald
      Il y a une faille dans le libre échange : 

      Elle nous est indi­quée par K Pola­nyi : ne sur­tout pas nom­mer concur­rence le com­merce au long cours : seuls des gens qui vivent dans un même pays et sous les mêmes règles sont des concurrents. 

      Le pro­duc­teur tex­tile au ban­gla­desh n’est pas cor­rec­te­ment nom­mé un concur­rent pour nous en Europe.
      C’est la limite du libre échange, qui se targue de mettre tout le monde entier en concur­rence.… de géné­ra­li­ser la guerre donc.

      Bien sûr : échan­ger ce qu’on a contre ce qu’on n’a pas (nos bonnes pommes contre des ana­nas), mais pas ce qu’on peut faire un peu par­tout (et qui pol­lue pour n’en­ri­chir que le com­merce) contre ce qu’on peut faire un peu par­tout (avec de la for­ma­tion certes, et du trans­port de capital).

      Réponse

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