[CORRUPTION GÉNÉRALE DE L’UE] Osons causer : 10 FAITS qui montrent comment LES MULTINATIONALES ACHÈTENT LA POLITIQUE EUROPÉENNE

2/11/2016 | 7 commentaires

Ne ratez pas ce tra­vail remar­quable de l’é­quipe Osons Cau­ser sur la CORRUPTION GÉNÉRALISÉE qui règne au sein de la pré­ten­due « Union européenne » :

10 FAITS qui montrent comment LES MULTINATIONALES ACHÈTENT LA POLITIQUE EUROPÉENNE :

Nous devrions sou­te­nir ces jeunes gens du mieux que nous pou­vons, je trouve : https://​www​.tipeee​.com/​o​s​o​n​s​-​c​a​u​ser

Est-ce que la retrans­crip­tion de cette vidéo existe ?

[Edit 2 novembre, 21 h : la retrans­crip­tion n’exis­tait pas ce matin, mais Julie s’en est occu­pée toute la jour­née, la voi­ci, mer­ci à elle ! 🙂 ]

Retrans­crip­tion de la vidéo de l’équipe OSONS CAUSER : 

10 faits qui montrent comment les multinationales achètent la politique européenne

http://​osons​cau​ser​.com/​1​0​-​f​a​i​t​s​-​m​o​n​t​r​e​n​t​-​m​u​l​t​i​n​a​t​i​o​n​a​l​e​s​-​a​c​h​e​t​e​n​t​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​ne/

“Wesh Wesh les amis ! 

Alors aujourd’hui, on va par­cou­rir ensemble 10 faits qui montrent que les mul­ti­na­tio­nales achètent la poli­tique européenne.

Alors, l’Union euro­péenne c’est très loin, c’est à Bruxelles, on connaît pas trop, on n’a pas l’impression, le sen­ti­ment clair, de l’influence que ça a sur nos vies, mais pour­tant les poli­tiques déci­dées à l’Union euro­péenne eh bien elles façonnent tout le cadre de toutes les lois de tous les pays membres et ça fait 500 mil­lions de personnes.

Donc ça a énor­mé­ment de consé­quences, les déci­sions qui sont prises à Bruxelles.

Et en ce moment, l’Europe, l’Union euro­péenne, est très contro­ver­sée, il y a de plus en plus de gens qui ont envie de se bar­rer, ne se recon­naissent plus dans les déci­sions euro­péennes, et il y en a d’autres qui croient encore au pro­jet euro­péen et qui se disent qu’il fau­drait une meilleure Europe, plus d’Europe.

Et nous, on n’avait pas envie de ren­trer dans ce débat, on avait envie de pro­po­ser des faits. Alors, on s’est beau­coup docu­men­té, on a fait un taf de recherches colos­sal, on est allé à Bruxelles, on a ren­con­tré des ONG spé­cia­li­sées, on a beau­coup taf­fé pour jus­te­ment ame­ner des faits, pour que tout le monde ait un idée claire de com­ment ça se passe, com­ment se passe le pro­ces­sus de déci­sion euro­péen et qui a la main à toutes les étapes, dans les ins­ti­tu­tions déci­sion­naires en Europe.

Et nous, ce qu’on a trou­vé, à l’occasion de ce tra­vail de recherche, c’est que, der­rière la Com­mis­sion, der­rière le Par­le­ment, der­rière l’expertise et à tous les endroits qui font la poli­tique euro­péenne, en réa­li­té, dans le concret, der­rière tout ça, il y a les mul­ti­na­tio­nales qui, avec leur argent achètent des dépu­tés, achètent des com­mis­saires, achètent des fonc­tion­naires, achètent des experts… et donc, en gros, ont la main, façonnent les poli­tiques prises par l’Union européenne.

Donc nor­ma­le­ment à la fin de cette vidéo, quel que soit votre avis sur l’Union euro­péenne, vous aurez des billes, des faits incon­tes­tables pour com­prendre ce qu’est la réa­li­té des déci­sions à Bruxelles.

  • FAIT NUMÉRO 1 : les mul­ti­na­tio­nales achètent des dépu­tés pen­dant leur mandat.

Alors les pre­mières per­sonnes que les mul­ti­na­tio­nales peuvent ache­ter, c’est les dépu­tés euro­péens. Ça a l’air com­plè­te­ment fou comme ça, c’est vrai que c’est dur à croire, mais vrai­ment, un dépu­té euro­péen, quand il est à Bruxelles ou à Stras­bourg, quand il siège pour l’intérêt géné­ral des 500 mil­lions d’Européens, il peut en même temps occu­per un emploi pri­vé, et donc peut-être, être à la solde d’un employeur qui est une grande multinationale.

Alors, ça s’appelle un conflit d’intérêts : en même temps qu’il est dépu­té et qu’il doit défendre l’intérêt géné­ral, il est en lien avec l’intérêt pri­vé d’une grande boîte.

C’est un peu comme si un arbitre de foot, en même temps qu’il doit arbi­trer “impar­tia­le­ment”, était payé par une des deux équipes… 

Alors, vous pou­vez ima­gi­ner que c’est une pra­tique rare, ou sim­ple­ment faite de quelques dépu­tés un peu lou­foques comme il y en a tou­jours. Mais non pas du tout : il y a un mec qui s’appelle Guy Verhof­stadt qui est un des 5 dépu­tés les plus influents de tout le Par­le­ment, et c’est un ancien pre­mier ministre belge, c’est le pré­sident du groupe par­le­men­taire libé­ral  au Par­le­ment donc c’est un mec qui pèse, qui pèse, qui pèse… Et ce mec-là, il a 9 autres tafs en plus que dépu­té c’est à dire qu’il a 9 cas­quettes, c’est une col­lec­tion, le mec se met bien. Et par­mi ces 9 cas­quettes, il est payé plus de 10.000 € par mois par un de plus gros fonds d’investissement belge qui s’appelle Sofi­na. Alors ça qu’est-ce que ça veut dire ? 

Ça veut dire que, quand il vote le Mr Verhof­stadt, quand il doit régu­ler la finance, est-ce qu’il a la cas­quette de l’intérêt géné­ral des 500 mil­lions d’européens ? ou est-ce qu’il a la cas­quette du fonds d’investissement finan­cier belge Sofi­na ? Com­ment on va savoir ? Il est com­plè­te­ment en conflit d’intérêts.

Et donc, ce qu’on voit avec cet exemple qui est vrai­ment scan­da­leux, parce que le seul truc qu’il doit faire pour le régu­ler, la “régu­la­tion” de cette double cas­quette, c’est sim­ple­ment de cocher un croix dans un tableau… Vous ver­rez le tableau, c’est tout ce qu’on lui demande ! Il a juste à dire “oui c’est vrai je suis payé par un fonds d’investissement”… Donc, on voit que même des dépu­tés (qui sont les seules per­sonnes qu’on élit dans tout le pro­ces­sus légal euro­péen : il n’y a que pour les dépu­tés qu’on peut voter) et même ces dépu­tés-là peuvent être ache­tés par des mul­ti­na­tio­nales et avoir en même temps leurs inté­rêts en tête… 

Donc, ça com­mence bien notre Odys­sée par­mi les déci­sions euro­péennes. On voit que les mul­ti­na­tio­nales se mettent très bien.

  • FAIT NUMÉRO 2 : les mul­ti­na­tio­nales dictent jusqu’à ⅓ des amen­de­ments aux députés.

 Le seul taf des dépu­tés euro­péens, c’est de modi­fier la loi. Ça, dans le jar­gon par­le­men­taire, ça s’appelle dépo­ser des amen­de­ments à la loi et ce qu’on a décou­vert dans nos recherches, c’est que les mul­ti­na­tio­nales pou­vaient dic­ter des amen­de­ments aux dépu­tés. C’est-à-dire que les dépu­tés déposent des copiés-col­lés de pro­po­si­tions des multinationales.

Alors vous allez pen­ser que ça n’arrive jamais, que c’est excep­tion­nel tel­le­ment c’est gros comme une mai­son, mais je vais vous lais­ser avec Lau­ra, une meuf géniale d’une ONG qui s’appelle CIO, Cor­po­rate Europe Obser­va­to­ry, et qui est spé­cia­li­sée jus­te­ment sur l’influence des mul­ti­na­tio­nales sur les déci­sions à Bruxelles. Elle, elle va vous dire dans quelle pro­por­tion ça se passe ce scandale :

Lau­ra : “Ce qu’on observe, c’est : par­fois, on a des dépu­tés qui nous envoient jus­te­ment ces pro­po­si­tions d’amendements, et alors on peut com­pa­rer. C’est à peu près ⅓ des amendements.”

Un tiers ! Mais c’est colos­sal, parce que le tra­vail des dépu­tés, c’est nor­ma­le­ment d’amender en ayant en tête l’intérêt géné­ral des 500 mil­lions d’européens, et là, ce qu’on voit, c’est qu’une fois sur trois, ils font leur tra­vail en reco­piant tex­to des mesures et des sou­haits des lob­bies et des grandes multinationales.

Est-ce que c’est vrai­ment ça, notre idée de la démocratie ?

  • FAIT NUMÉRO 3 : les mul­ti­na­tio­nales achètent des com­mis­saires euro­péens : le pou­voir d’une pro­messe d’embauche.

On a par­lé des dépu­tés euro­péens qui sont un peu comme le Par­le­ment en Europe. Main­te­nant on va par­ler de la Com­mis­sion euro­péenne. Ça, c’est un peu comme un gou­ver­ne­ment et les com­mis­saires euro­péens sont un peu comme des ministres : c’est eux qui s’occupent tech­ni­que­ment des sujets.

Alors, ces com­mis­saires euro­péens, les grandes entre­prises ne peuvent pas direc­te­ment les ache­ter, c’est inter­dit : on ne peut pas employer en même temps un com­mis­saire quand il est en fonction. 

Alors là, l’astuce, c’est de leur pro­mettre un emploi dans le futur. 

Alors, je vais vous lais­ser avec le plus grand lob­byiste amé­ri­cain des années 80–90, Jack Abra­moff, qui explique très bien com­ment pro­mettre un emploi, c’est déci­sif pour se mettre dans la poche toute l’action d’un fonctionnaire :

Jack Abra­moff (ancien lob­byiste au Sénat américain) : 

«”Quand vous aurez fini de tra­vailler pour l’administration, nous aime­rions beau­coup que vous envi­sa­giez de tra­vailler avec nous.” Au moment où un de mes col­lègues ou moi avions pro­non­cé ces mots, c’était plié. On les tenait ! Et qu’est-ce que ça veut dire ? Chaque requête venant de chez nous ou d’un de nos clients, tout ce qu’on vou­lait, ils allaient le faire.

Et, mieux que ça, ils allaient pen­ser à faire des choses qu’on n’aurait pas ima­gi­nées nous-mêmes…»

Au niveau euro­péen, cette pra­tique est hyper cou­rante. Par exemple, dans la der­nière Com­mis­sion euro­péenne, donc le der­nier gou­ver­ne­ment, il y a énor­mé­ment de ministres qui sont pas­sés dans le pri­vé, on y a consa­cré une vidéo entière pour mon­trer tout ça.( cf. “Pour­quoi les mul­ti­na­tio­nales achètent nos diri­geants ?”)

Il y a le pré­sident de la Com­mis­sion Bar­ro­so (José Manuel Bar­ro­so) qui est pas­sé chez Gold­man Sachs, il y a la Com­mis­saire à la concur­rence (Nee­lie Kroes) qui est pas­sée chez Uber et il y a la Com­mis­saire au cli­mat (Connie Hede­gaard) qui est pas­sée chez Volkswagen… 

Donc, on voit qu’il a énor­mé­ment de sus­pi­cion de conflit d’intérêts. Encore une fois, comme on leur a pro­mis un emploi dans une boîte pri­vée, et bien on peut se deman­der si les Com­mis­saires euro­péens défen­daient les inté­rêts de tous les Euro­péens ou les inté­rêts de leur futur employeur.

  • FAIT NUMÉRO 4 : les mul­ti­na­tio­nales achètent les fonc­tion­naires euro­péens : pro­messe d’embauche (bis).

Alors, on avait les Com­mis­saires qui sont un peu comme les poli­tiques du gou­ver­ne­ment, c’est nos ministres un peu, et donc, à Bruxelles, il y a aus­si les fonc­tion­naires à la Com­mis­sion euro­péenne. Et ces fonc­tion­naires, ils sont très impor­tants parce qu’ils res­tent en poste plus long­temps : ils peuvent être fonc­tion­naires par­fois pen­dant 10 ans ou 15 ans à la même direc­tion géné­rale, donc il connaissent très très bien les dossiers.

Et ces fonc­tion­naires, les mul­ti­na­tio­nales ont aus­si inté­rêt à les cibler, et là, vous allez voir que c’est exac­te­ment le même fonc­tion­ne­ment qu’avec les Com­mis­saires : ils leur pro­mettent des emplois, et c’est même pire que les pro­messes d’emploi parce qu’à Bruxelles, les car­rières entre lob­bies pri­vés et fonc­tion publique de la Com­mis­sion sont com­plè­te­ment poreuses. D’après l’association CIO, il y a envi­ron la moi­tié des fonc­tion­naires de la Com­mis­sion euro­péenne à Bruxelles qui sont d’anciens ou de futurs lob­byistes pri­vés, et donc, on voit que leurs inté­rêts sont exces­si­ve­ment mêlés.

Si vous vou­lez un exemple, par exemple il y a Tobias McKen­ney. Alors, ce mec-là a bos­sé pen­dant long­temps sur la pro­prié­té intel­lec­tuelle et le copy­right à la Direc­tion géné­rale du mar­ché inté­rieur dans la fonc­tion publique de Bruxelles. 

Et après il a été embau­ché direc­teur Europe de la pro­prié­té intel­lec­tuelle par Google !

Donc, est-ce que ces gens qui vont être bien­tôt embau­chés par des entre­prises pri­vées qui vont tri­pler leur salaire, est-ce que ces gens vont régu­ler la pro­prié­té intel­lec­tuelle, le char­bon, les OGM avec l’intérêt géné­ral en tête ou avec l’intérêt de leur futur employeur ?

Je sais pas, enfin moi, j’en doute pas mal, et je pense que ça, ça nous montre aus­si que jusque dans les rouages fins de la fonc­tion publique bruxel­loise, les mul­ti­na­tio­nales arrivent à ache­ter des décisions.

  • FAIT NUMÉRO 5 : les experts “indé­pen­dants” sont payés par des multinationales.

Avant chaque pro­jet de loi, la Com­mis­sion euro­péenne nomme un groupe d’experts.

Et ce qu’il faut com­prendre, c’est que ce groupe d’experts, il a un rôle très impor­tant : c’est lui qui va défri­cher le domaine et poser le pro­blème que va tâcher de résoudre la loi.

Et les mul­ti­na­tio­nales, évi­dem­ment, elles se glissent dans ce groupe d’experts pour le façon­ner à leur guise.

Ces groupes d’experts, ils sont com­po­sés de fonc­tion­naires euro­péens ou des pays natio­naux, de repré­sen­tants d’intérêts indus­triels (lob­bies) ou de la socié­té civile (ONG) et sur­tout de plein d’experts “indé­pen­dants” qui sont sou­vent des chercheurs.

Et en fait, si on regarde dans le détail, ces experts indé­pen­dants ne sont pas si indé­pen­dants que ça : ils sont direc­te­ment finan­cés par des mul­ti­na­tio­nales et des lobbies.

Exemple : le cas du gaz de schiste. Par exemple, si l’on prend le groupe d’experts qui s’est réuni sur la ques­tion du gaz de schiste, on remarque que 70% des gens qui le com­posent sont payés direc­te­ment par des indus­tries gazières ! Et si on regarde plus pré­ci­sé­ment les “experts indé­pen­dants” qui repré­sentent des cher­cheurs, ou l’Université, “l’Académie”, eux sont presque ⅔ à être payés direc­te­ment par les indus­tries gazières !

Alors ça, c’est très impor­tant, ce finan­ce­ment de l’expertise dans les groupes d’experts par les mul­ti­na­tio­nales, parce que, dans le cas du gaz de schiste, ça contri­bue à chan­ger com­plè­te­ment le pro­blème que va chan­ger la loi et la direc­tive : la loi, au lieu de se deman­der si les gaz de schiste c’est bon ou non pour l’environnement et l’économie euro­péenne, c’est pas du tout ça que s’est posé comme pro­blème la loi : le pro­blème c’était “com­ment bien extraire du gaz de schiste ?”… 

Donc on voit que, impli­ci­te­ment, le gaz de schiste était acquis, ce qui est nor­mal si on finance plus de 70% des membres du groupe d’experts… Donc, on voit avec cet exemple du groupe d’experts, qu’avant même la loi, tout au début, quand on dis­cute de quel est le pro­blème ? Quelle est la pro­blé­ma­tique ? Eh bien, déjà là, les mul­ti­na­tio­nales ont la main sur les déci­sions de l’Europe.

  • FAIT NUMÉRO 6 : les mul­ti­na­tio­nales financent des lob­bies déguisés.

On a vu que les mul­ti­na­tio­nales, elles arri­vaient à faire pas­ser leurs inté­rêts jusqu’au groupe d’experts et aux experts cen­sés être indépendants.

Là, ce qu’on va voir, c’est qu’elles font pareil dans des ins­ti­tu­tions qui sont cen­sées être des trucs de recherches “neutres” et qui n’ont rien à voir avec des méchants lob­bies industriels.

Alors, si vous vou­lez un exemple, parce qu’il faut bien prendre l’exemple pour com­prendre cette affaire : est-ce que vous connais­sez l’Institut Euro­péen pour l’Hydratation ? L’European Hydra­tion Ins­ti­tute ? J’imagine que non. Pour­tant c’est un lieu for­mi­dable qui a pour mis­sion de pro­mou­voir le savoir concer­nant l’hydratation humaine dans dif­fé­rents domaines.

Donc ce truc a l’air génial, il va nous apprendre qu’il faut bien boire de l’eau…

Alors cet ins­ti­tut, il a été finan­cé à hau­teur de 6,6 mil­lions d’eu­ros par Coca Cola et, évi­dem­ment il va pro­duire des recherches qui conviennent à l’intérêt de Coca Cola.

Alors, la der­nière en date, elle est drôle, elle date de 2016. C’est une étude qui montre que des bois­sons caféi­nées peuvent être uti­li­sées aus­si bien que l’eau pour se réhy­dra­ter après l’effort. Vous avez déjà vu des gens boire expres­so sur expres­so après avoir cou­ru un mara­thon ? Moi jamais. Mais évi­dem­ment, ça convient à Coca puisque Coca, c’est des bois­sons caféi­nées qui sont cen­sées te “réhy­dra­ter”. Et donc on voit que cette “fausse science”, elle est uti­li­sée pour que les indus­triels pro­duisent des études qui mettent en avant leurs pro­duits et leurs intérêts.

Et, est-ce que cet ins­ti­tut euro­péen pour l’hydratation figure dans le registre des lobbies ? 

Nous, on est allé voir et on voit que non ! 

Donc, les mul­ti­na­tio­nales ont une autre manière d’influencer les déci­sions, c’est de pro­duire plein d’études, plein d’études qui conviennent à leurs inté­rêts, comme a fait coca Cola avec cette étude pour­rie sur les bois­sons caféi­nées, pour pro­duire plein d’études qui vont dans leurs inté­rêts et des études qui ne sont même pas per­çues comme des lob­bies qui influencent les décisions. 

Donc, on voit, si on va dans le détail de l’expertise, que les mul­ti­na­tio­nales appro­fon­dissent et appro­fon­dissent la main­mise qu’elles ont sur les déci­sions européennes.

  • FAIT NUMÉRO 7 : les mul­ti­na­tio­nales influencent les résul­tats de la science en la finançant.

On a vu que les mul­ti­na­tio­nales elles arri­vaient déjà à payer des experts indé­pen­dants, à payer des ins­ti­tu­tions de “recherche indé­pen­dante” pour façon­ner les poli­tiques selon leurs inté­rêts, mais ce qu’elles font, et ça c’est plus dur à docu­men­ter, c’est que les mul­ti­na­tio­nales paient direc­te­ment de la recherche. Elles paient direc­te­ment des uni­ver­si­tés, des cher­cheurs, des pro­grammes académiques.

Alors ça, c’est dif­fi­cile à voir, parce qu’il y a beau­coup beau­coup de recherches et beau­coup beau­coup de types de finan­ce­ments pri­vés. Mais il y a des gens (PLOS) en 2013 qui ont fait une méta ana­lyse, c’est-à-dire qui ont regar­dé toutes les recherches pro­duites sur un sujet. Et ils ont remar­qué que, quand une recherche était payée par l’industrie du sucre, c’est-à-dire Coca, Pep­si, etc., quand une recherche était payée par l’industrie des bois­sons sucrées, elles avaient 5 fois moins de chance de prou­ver qu’il y avait un lien entre la consom­ma­tion de bois­sons sucrées et l’obésité, comme par hasard.

Et donc, on voit avec cet exemple que c’est prou­vé : quand une mul­ti­na­tio­nale finance des recherches, eh bien, sou­vent, elle le fait avec son angle de vue. Il y a beau­coup plus de chance qu’une recherche finan­cée par une mul­ti­na­tio­nale trouve des résul­tats qui cor­res­pondent aux inté­rêts de cette multinationale.

Donc là, ce qu’on voit, c’est qu’une autre manière d’acheter les poli­tiques euro­péennes, c’est d’influencer très très très en amont la recherche scien­ti­fique en payant des études favo­rables à leurs intérêts.

  • FAIT NUMÉRO 8 : les mul­ti­na­tio­nales paient les experts des agences de régu­la­tion et de contrôle.

En plus de la Com­mis­sion et du Par­le­ment en Europe, il y a d’autres organes qui prennent des déci­sions, c’est les agences de régu­la­tion qui sont char­gées d’examiner si un médi­ca­ment ou des pro­duits qu’on consomme tous les jours sont ris­qués, et elles prennent ces déci­sions en regar­dant la recherche. 

Et donc, on a vu, si on reprend notre exemple du sucre, que, quand des mul­ti­na­tio­nales finan­çaient direc­te­ment des recherches, ces recherches avaient des chances de trou­ver des résul­tats qui les arrangent, c’est-à-dire qui montrent que le sucre ne cause pas l’obésité.

Alors évi­dem­ment, il y a beau­coup de recherches qui montrent que si l’on consomme beau­coup de sucre, on a des chances de gros­sir, c’est sûr, mais comme les mul­ti­na­tio­nales en financent d’autres, ça jette le doute : il y a des études qui montrent que oui, et d’autres qui montrent que non. 

Et en 2010, l’agence de sécu­ri­té ali­men­taire euro­péenne (EFSA : Euro­pean Food Safe­ty Autho­ri­ty) elle a dû se poser la ques­tion s’il fal­lait mettre une limite maxi­male dans la dose de sucre de nos pro­duits. Et qu’est-ce qu’elle a conclu ? Elle a conclu que les “preuves” n’étaient pas suf­fi­santes pour éta­blir un lien entre consom­ma­tion de sucre et obésité…

Alors, on peut se dire que c’est sim­ple­ment parce que, dans la recherche, il y a un peu des deux puisque les mul­ti­na­tio­nales paient, mais en fait ça va plus loin, parce que, quand on exa­mine le groupe de l’agence de sécu­ri­té ali­men­taire qui a pris cette déci­sion, sur les 21 membres de ce groupe, 19 étaient payés par les com­pa­gnies d’a­gro indus­trie du sucre !

Et donc, on voit que les mul­ti­na­tio­nales, non contentes de semer le doute en ache­tant des recherches qui aillent dans leurs inté­rêts, et bien elles vont jusqu’à payer les mecs qui vont déci­der si un médi­ca­ment est bon ou pas ou si les pro­duits sont bons ou pas.

Donc, à tous les niveaux, jusque dans nos vies, dans ce qu’on consomme, les mul­ti­na­tio­nales font tout pour que les déci­sions euro­péennes aillent dans leur intérêt.

  • FAIT NUMÉRO 9 : les mul­ti­na­tio­nales dépensent des sommes colos­sales en lobbying.

Donc, on a vu que, libre­ment, les mul­ti­na­tio­nales pou­vaient payer des gens à toutes les étapes du pro­ces­sus de déci­sion euro­péen, depuis la science jusqu’aux amen­de­ments au Parlement. 

Mais, pour bien com­prendre jusqu’où les mul­ti­na­tio­nales ont des moyens et dépensent de l’argent pour influen­cer les poli­tiques, il faut aus­si inclure le lobbying.

Le lob­bying, c’est toutes les dépenses faites par des mul­ti­na­tio­nales pour, en fait, faire le lien entre des déci­deurs qu’elles vont payer et des études qu’elles pro­duisent. Et ça tout ce liant ça repré­sente des sommes colos­sales.  Au bas mot, c’est les esti­ma­tions basses, il y a 1,5 mil­liard, 1,5 mil­liard d’euros qui sont dépen­sés par les mul­ti­na­tio­nales euro­péennes en lob­bying à Bruxelles.

Elles emploient au mini­mum du mini­mum 25.000 per­sonnes rien que dans la capi­tale à Bruxelles. Et ça, ça repré­sente qua­si­ment 1 lob­byiste par fonc­tion­naire puisqu’il y a 33.000 fonc­tion­naires euro­péens. Donc, il y a un mar­quage à la culotte.

C’est eux qui vont les influen­cer, leur don­ner des petites bro­chures le matin, juste la veille d’une déci­sion ou d’une réunion qu’ils doivent avoir. C’est eux qui vont aller influen­cer tout dou­ce­ment toutes les per­sonnes qu’elles ne peuvent pas ache­ter. C’est ces lob­byistes qui vont aller ache­ter les contrats, et se mettre dans la poche, et payer des confé­rences à tous les cher­cheurs, les experts et les fonc­tion­naires dont on a par­lé pré­cé­dem­ment dans cette vidéo.

Et ça, ces dépenses colos­sales ne sont abso­lu­ment pas enca­drées, il n’y a pas, il n’y a pas de régu­la­tion. On demande sim­ple­ment dans cer­tains cas très par­ti­cu­liers aux lob­byistes de se décla­rer dans un registre mais c’est tout.

Et donc, on voit que Bruxelles et la poli­tique de l’Union euro­péenne est extrê­me­ment poreuse aux influences des mul­ti­na­tio­nales et aux mil­lions, et aux mil­liards même, qu’elles sont prêtes à dépen­ser. Et donc on voit que, fina­le­ment, c’est pas ano­din, si dans plein de déci­sions euro­péennes on a l’impression que l’intérêt géné­ral est très très loin des pré­oc­cu­pa­tions des déci­deurs et que ces déci­deurs ont l’air beau­coup plus proches des mul­ti­na­tio­nales, vu comme ils les bichonnent et vu comme ils les marquent à la culotte.

  • FAIT NUMÉRO 10 : la trans­pa­rence : une fausse solu­tion aux conflits d’intérêts.

Et com­ment c’est contrô­lé, là, tous ces conflits d’intérêts à tous les étages ? Eh bien, pour le per­son­nel euro­péen, on voit, c’est très clair qu’il n’y a aucune volon­té d’y mettre fin, il n’y a aucun contrôle. Les dépu­tés, les fonc­tion­naires, ils ne risquent rien si ils sont en train de bos­ser, ou qu’ils vont bos­ser, pour des mul­ti­na­tio­nales : ni amende, ni pri­son, ni d’être viré, rien du tout.

Par exemple, les Dépu­tés, là, ils peuvent bos­ser pen­dant leur man­dat dans des mul­ti­na­tio­nales. Qu’est-ce qu’ils doivent faire ? Ils doivent le noter dans un car­net, ils doivent dire “oui c’est vrai je bosse pour une multinationale”.

Alors ça, c’est com­plè­te­ment absurde, c’est comme s’il y avait un espion qui est un agent double, il bosse en même temps pour la France et les Etats Unis, et la France son employeur il lui dit “Ah mais ça va, tu l’as écrit dans un car­net c‘est tout bon, ok on conti­nue à te payer, on va pas te virer de l’espionnage, on va pas te pour­suivre pour haute tra­hi­son. Sois le bien­ve­nu, conti­nue, on est au cou­rant.” : c’est comme ça que les Dépu­tés sont régu­lés, c’est vrai­ment absurde ! 

Et pour les fonc­tion­naires euro­péens, alors faut bien com­prendre que pour tous les petits fonc­tion­naires de la Com­mis­sion, il y a aucun pro­blème. Ils peuvent être en train de bos­ser sur un dos­sier, ren­con­trer quelqu’un d’une mul­ti­na­tio­nale qui leur dit “Allez arrange-nous et on t’embauche, on te triple ton salaire” et du jour au len­de­main, pas­ser dans la grande mul­ti­na­tio­nale alors qu’ils viennent de prendre une déci­sion sur elle. Il y a aucun pro­blème pour tous les petits fonctionnaires.

Pour les hauts fonc­tion­naires et les Com­mis­saires, alors là, vous allez voir c’est fou.

C’est si ils veulent, tout de suite après la fin de leur man­dat, pas­ser dans une mul­ti­na­tio­nale, alors ils peuvent le faire si c’est pas direc­te­ment sur le sujet qu’ils ont régulé…

Si jamais c’est sur le sujet qu’ils ont régu­lé, alors, ils doivent attendre un an et demi…

S’ils attendent un an et demi, ils font exac­te­ment ce qu’ils veulent… Et s’ils sont pres­sés et qu’ils veulent aller dans la mul­ti­na­tio­nale tou­cher leur gros salaire avant d’attendre ces un an et demi, alors un “Comi­té d’éthique” se réunit. Et ce “Comi­té d’éthique”, c’est des gens proches de la Com­mis­sion, donc en gros leurs copains qui vont regar­der si, “Ah oui oui c’est vrai vous pou­vez ou vous ne pou­vez pas, il y a ou non conflits d’intérêts” et ce Comi­té d’éthique il n’a jamais sévi, il est hyper bienveillant.

Donc, on voit qu’à tous les étages, où il y a plein de conflits d’intérêts à Bruxelles, eh bien il n’y aucune volon­té de lut­ter contre, à Bruxelles on s’en accom­mode très bien, on trouve ça nor­mal qu’on soit Dépu­té et en même temps embau­ché par une mul­ti­na­tio­nale, ou qu’on soit fonc­tion­naire ou Com­mis­saire euro­péen et que tout de suite après, on se fasse embau­cher par une boîte qu’on a régu­lée pour un salaire miro­bo­lant… Ils n’en ont rien à faire.

QUE RETENIR ? QUE FAIRE ?

Bon, après ces 10 faits, qu’on soit en faveur d’une sor­tie de l’Union euro­péenne ou qu’on sou­haite la réfor­mer, il faut prendre acte de l’ampleur, de la pro­fon­deur des conflits d’intérêts et de la puis­sance de l’influence des mul­ti­na­tio­nales sur les déci­sions prises dans l’Union européenne.

Et ça, si on veut recon­qué­rir une démo­cra­tie, en France en Europe ou au Suri­nam ou je ne sais où, la pro­blé­ma­tique du conflit d’intérêts est cen­trale et cruciale.

Il faut qu’on agisse, que les pou­voirs publics et que les citoyens régulent tous ces leviers qu’ont les mul­ti­na­tio­nales pour chan­ger les déci­sions à leur avan­tage, et ça, eh bien il y a plein de solu­tions qui existent, il y a plein d’acteurs, Trans­pa­ren­cy Inter­na­tio­nal, CIO, et plein d’acteurs démo­cra­tiques qui y ont réfléchi. 

Par exemple, un truc impor­tant pour les Dépu­tés, c’est d’interdire d’être en même temps un repré­sen­tant du peuple et de l’intérêt géné­ral de bos­ser pour une entre­prise, d’avoir un emploi pri­vé. Il n’y a aucune rai­son d’être en même temps avo­cat, employé de je ne sais quelle mul­ti­na­tio­nale et Dépu­té. Pen­dant ton man­dat t’es rien du tout et ça ira très bien. C’est une mesure simple.

Il y a une autre mesure simple, c’est de régle­men­ter for­te­ment le pas­sage de la fonc­tion publique à un emploi pri­vé quand c’est dans le même sec­teur que régu­lait le fonc­tion­naire. Si un fonc­tion­naire régule la pêche, il ne peut pas tra­vailler pour une entre­prise de pêche immé­dia­te­ment après son boulot.

Et les experts, les gens des ONG qui ont un peu réflé­chi des­sus, ils pensent qu’un délai mini­mal de 3 ans avant d’occuper un job dans le sec­teur qu’on a régu­lé, c’est le mini­mum. Parce qu’en 3 ans, les dos­siers ont chan­gé, les équipes ont peut-être chan­gé et donc l’information qu’a gagnée le fonc­tion­naire pen­dant son tra­vail public, il ne va pas pou­voir la vendre au pro­fit de son employeur pri­vé. Et donc, par exemple, mettre ce délai de 3 ans c’est le mini­mum du mini­mum pour régu­ler le pas­sage de la fonc­tion publique et de la Com­mis­sion, au privé.

Et troi­sième point, on a beau­coup insis­té sur tous les dom­mages que pou­vaient cau­ser l’expertise et la recherche ou la science payées par des inté­rêts pri­vés. Donc, ça, pour empê­cher toute la confu­sion et tout le doute que sème cette science pri­vée, il y a des choses très simples à faire : il faut pro­mou­voir une exper­tise publique, lui don­ner des moyens, conti­nuer à avoir un finan­ce­ment public de la recherche, l’approfondir, et aus­si exa­mi­ner mais fine­ment, avec beau­coup d’exigence tous les résul­tats de recherches pri­vées. Puisqu’on voit bien s’il y a 5 fois plus de chance quand une recherche est finan­cée par les indus­tries du sucre, de trou­ver que le sucre ne rend pas gros, quand on voit tous ces biais que cause le finan­ce­ment de la recherche, il suf­fi­rait de les contrô­ler et de mettre un label “Atten­tion, cette science c’est d’la merde, c’est payé par des gens qui ont des inté­rêts par­ti­cu­liers dans l’affaire”.

Évi­dem­ment, régu­ler les conflits d’intérêts et contrô­ler cette main­mise des mul­ti­na­tio­nales sur nos déci­sions, ça ne règle­ra pas d’un coup de baguette magique tous les pro­blèmes de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive. Il y aura sûre­ment tou­jours le pro­blème du contrôle des élus, les pro­messes non tenues et l’alternance infi­nie entre des par­tis qui sont en fait les mêmes. 

Il y aura sûre­ment d’autres choses à faire, mais ce qu’on com­prend avec cette vidéo, c’est que, quand un jour, nous autres citoyens, on va se réveiller pour leur bot­ter le cul et conqué­rir enfin une nou­velle Consti­tu­tion pour avoir un pou­voir de tous sur les déci­sions, eh bien le conflit d’intérêts et ce pou­voir qu’ont les mul­ti­na­tio­nales pour cro­quer tou­jours plus les déci­sions qui changent nos vies, eh bien ce sera un des pre­miers trucs à régu­ler et on ne l’oubliera pas !

(Mer­ci beau­coup d’avoir regar­dé cette vidéo. Alors, on s’est essayé à un for­mat un peu par­ti­cu­lier : cette fois, on est allé à Bruxelles, on a ren­con­tré des acteurs, fait des entre­tiens et fait énor­mé­ment de recherches pour trou­ver ces infos et on espère que ça vous a plu. Si ça vous a plu, n’hésitez pas à nous sou­te­nir sur Tipeee parce que nous si on n’a pas vos dons, on ne peut pas sur­vivre, et d’ailleurs, mer­ci à tous les Tipeurs qui sont tou­jours de plus en plus nom­breux, on a hâte de vous che­cker en vrai, et puis évi­dem­ment comme d’habitude si vous kif­fez le taf, n’hésitez pas à liker, à vous abon­ner, parce que sinon on ne se voit pas et c’est quand même moins fun. C’était un plai­sir les copains à très vite, Ciao.)

Osons cau­ser

Rap­pel : vidéo source de ce texte impor­tant : http://​osons​cau​ser​.com/​1​0​-​f​a​i​t​s​-​m​o​n​t​r​e​n​t​-​m​u​l​t​i​n​a​t​i​o​n​a​l​e​s​-​a​c​h​e​t​e​n​t​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​ne/

 
J’in­siste aus­si sur les sources détaillées de cette enquête (ils ont vrai­ment fait du bon bou­lot, ces jeunes gens, pen­sez à les aider, allez) :

SOURCES :

INTRODUCTION SUR LE LOBBYING ET L’INFLUENCE :

[LE POUVOIR DES LOBBIES SUR LES DÉCISIONS] http://​www​.lemonde​.fr/​e​u​r​o​p​e​e​n​n​e​s​-​2​0​1​4​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​4​/​0​5​/​0​7​/​b​r​u​x​e​l​l​e​s​-​l​e​s​-​l​o​b​b​i​e​s​-​a​-​l​a​-​m​a​n​-​u​v​r​e​_​4​4​1​2​7​4​7​_​4​3​5​0​1​4​6​.​h​tml

Cet article et enquête euro­péenne de 2014 illustre, en pre­nant quatre exemples, le pou­voir des lob­bies sur les déci­sions euro­péennes. Il est impor­tant de com­men­cer par là pour com­prendre que les pro­cé­dés d’influence décrits dans la vidéo portent leurs fruits.

[LE LOBBING À BRUXELLES] http://​www​.slate​.fr/​s​t​o​r​y​/​6​9​2​9​7​/​l​o​b​b​y​-​b​r​u​x​e​l​l​e​s​-​v​i​s​i​t​e​-​g​u​i​dee

Excellent article INTRODUCTIF. L’NG Cor­po­rate Eruope Obser­va­to­ry donne une visite gui­dée et com­men­tée du “quar­tier euro­péen” de Bruxelles et de ses nom­breux lob­bies. Tout y passe : le tra­vail concret des lob­bistes, leur nombre, les car­rières, leurs astuces. Un MUST READ si vous vou­lez vous intro­duire à la thématique.

[LA VIDÉO INTRODUCTIVE SUR L’INFLUENCE DES MULTINATIONALES]https://youtu.be/ePJeuyBRf2E

Cette vidéo est extrê­me­ment claire et syn­thé­tique sur les moyens d’influence dont dis­posent les mul­ti­na­tio­nales pour façon­ner les poli­tiques euro­péennes selon leurs inté­rêts. UN MUST SEE.

[ FAIT 1 ] LES MULTINATIONALES ACHÈTENT DES DÉPUTÉS PENDANT LEUR MANDAT

[VERHOFSTADT ET D’AUTRES DÉPUTÉS PAYÉS] http://www.lesoir.be/913007/article/actualite/union-europeenne/2015–06-19/guy-verhofstadt-pointe-du-doigt-pour-potentiels-conflits-d-interets

Un article réca­pi­tu­lant tous les enjeux autour du cas Verhof­stadt et de la pro­blé­ma­tique du conflit d’intérêt. Bonne introduction.

Pour aller plus loin :

[LE RAPPORT DE RÉFÉRENCE SUR LA QUESTION] https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​s​i​t​e​s​/​d​e​f​a​u​l​t​/​f​i​l​e​s​/​f​o​e​e​_​c​e​o​_​l​c​_​-​_​1​5​0​6​_​-​_​w​h​o​s​e​_​r​e​p​r​e​s​e​n​t​a​t​i​v​e​s​_​-​m​e​p​s​_​o​n​_​t​h​e​_​i​n​d​u​s​t​r​y​_​p​a​y​r​o​l​l​f​i​n​a​l​.​pdf

Un rap­port détaillé sur la man­da­ture de 2014. CEO passe au crible les par­le­men­taires et isole une dizaine de cas par­ti­cu­liè­re­ment frap­pant. On y croi­se­ra la bien connue Rachi­da Dati.

[LES DÉPUTÉS MULTICASQUETTES ET LEURS SALAIRES] https://​www​.eur​ac​tiv​.fr/​s​e​c​t​i​o​n​/​e​l​e​c​t​i​o​n​s​-​2​0​1​4​/​n​e​w​s​/​l​e​s​-​f​r​a​n​c​a​i​s​-​s​e​-​d​i​s​t​i​n​g​u​e​n​t​-​p​a​r​-​d​e​s​-​r​e​v​e​n​u​s​-​p​a​r​a​l​l​e​l​e​s​-​e​l​e​v​e​s​-​a​u​-​p​a​r​l​e​m​e​n​t​-​e​u​r​o​p​e​en/

Cet article est tiré d’une enquête de Trans­pa­ren­cy Inter­na­tio­nal sur les décla­ra­tions d’intérêts des dépu­tés euro­péens élus en 2014. Il montre l’ampleur des reve­nus tirés d’autres acti­vi­tés et se concentre par­ti­cu­liè­re­ment sur les cas des dépu­tés fran­çais. Allez y faire un tour, vous y ver­rez d’anciennes connais­sances commes les ministres Dati, Alliot-Marie et Muselier.

[ FAIT 2 ] LES MULTINATIONALES DICTENT JUSQU’À 13 DES AMENDEMENTS AUX DÉPUTÉS

[AMENDEMENTS COPIÉS/COLLÉS] http://​uk​.reu​ters​.com/​a​r​t​i​c​l​e​/​u​k​-​e​u​r​o​p​e​-​l​o​b​b​y​i​n​g​-​i​d​U​K​T​R​E​7​2​H​2​1​M​2​0​1​1​0​318

ANGLAIS Une enquête com­plète de Reu­ters, réa­li­sée en 2011, sur le lob­bying auprès des par­le­men­taires et les amen­de­ments dic­tés par les mul­ti­na­tio­nales. Les décla­ra­tions du dépu­té fran­çais Jean-Paul Gau­zès vaut le détour. Le mec assume com­plè­te­ment reco­pier des amen­de­ments écrits par les lob­bies, OKLM.

Pour aller plus loin :

Pour vous faire une idée des copiés/collés, un site a mené une étude exhaus­tive des amen­de­ments dépo­sés pour la direc­tive sur les liber­tés numé­rique et les don­nées.http://​lob​by​plag​.eu/​i​n​f​l​u​e​nce

[ FAIT 3 ] LES MULTINATIONALES ACHÈTENT LES COMMISSAIRES EUROPÉENS : LE POUVOIR D’UNE PROMESSE D’EMBAUCHE

[COMMISSION EUROPÉENNE ACHETÉE] https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​r​e​v​o​l​v​i​n​g​-​d​o​o​r​s​/​2​0​1​5​/​1​0​/​r​e​v​o​l​v​i​n​g​-​d​o​o​r​s​-​s​p​i​n​-​a​g​ain

ANGLAIS. Pour avoir une idée d’à quel point il est cou­rant pour des mul­ti­na­tio­nales de pro­mettre un emploi aux com­mis­saires euro­péens, jetez un oeil à cette étude de CEO sur la car­rière de membres de la der­nière com­mis­sion Bar­ro­so. Tous les com­mis­saires tra­vaillent main­te­nant pour des entre­prises et, très régu­liè­re­ment, sur des thé­ma­tiques proches de celles qu’ils régu­laient lorsqu’ils étaient en poste à la commission.

Pour aller plus loin :

[COMPRENDRE POURQUOI LES EMBAUCHES : LE CAS GOLDMAN SACHS] http://​www​.fran​cet​vin​fo​.fr/​m​o​n​d​e​/​e​u​r​o​p​e​/​a​v​e​c​-​b​a​r​r​o​s​o​-​g​o​l​d​m​a​n​-​s​a​c​h​s​-​c​o​n​t​i​n​u​e​-​a​-​t​i​s​s​e​r​-​s​a​-​t​o​i​l​e​-​a​u​-​c​o​e​u​r​-​d​u​-​p​o​u​v​o​i​r​_​1​5​4​3​6​1​7​.​h​tml

Cet article est EXCELLENT. En par­cou­rant par le détail la toile que tisse Gold­man Sachs autour du pou­voir euro­péen, on com­prend mieux pour­quoi les mul­ti­na­tio­nales dépensent autant d’argent et d’énergie pour recru­ter d’anciens dirigeants.

[LE DOCUMENTAIRE SUR LES LOBBIES US] https://​you​tu​.be/​C​H​i​i​c​N​0​K​g10

Voi­ci le lien vers le docu­men­taire dont est extraite la cita­tion de Jack Abra­moff. Il est un peu daté mais assez com­plet pour se faire une idée de la réa­li­té du tra­vail de lobbying.

[ FAIT 4 ] LES MULTINATIONALES ACHÈTENT LES FONCTIONNAIRES EUROPÉENS : PROMESSE D’EMBAUCHE BIS

[DES FONCTIONNAIRES ACHETÉS] https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​r​e​v​o​l​v​i​n​g​d​o​o​r​w​a​tch

Ce site est une mine, mais est en ANGLAIS. CEO recense très régu­liè­re­ment les der­niers pas­sages du public au pri­vé et du pri­vé au public de hauts fonc­tion­naires. Vous y trou­ve­rez des dizaines d’exemples pour vous faire une idée de l’ampleur du phénomène.

[ FAIT 5 ] LES EXPERTS “INDÉPENDANTS” SONT PAYÉS PAR LES MULTINATIONALES

[LE GROUPE D’EXPERTS SUR LES GAZ DE SCHISTE] http://multinationales.org/L‑Europe-laisse-la-porte-grande-ouverte-aux-lobbies-du-gaz-de-schiste

Cet article de l’Observatoire des Mul­ti­na­tio­nales, orga­nisme lié à Bas­ta Mag, détaille cette affaire du groupe d’experts sur le gaz de schiste.

Pour aller plus loin :

[LE RAPPORT DE CEO ET AMIS DE LA TERRE] https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​s​i​t​e​s​/​d​e​f​a​u​l​t​/​f​i​l​e​s​/​a​t​t​a​c​h​m​e​n​t​s​/​c​a​r​t​e​_​b​l​a​n​c​h​e​_​f​o​r​_​f​r​a​c​k​i​n​g​_​f​i​n​a​l​.​pdf

Voi­là un rap­port, en ANGLAIS une nou­velle fois, de l’ONG CEO sur le groupe d’expert sur le gaz de schiste et les liens de ses membres avec l’industrie gazière. Ce groupe n’est qu’un exemple illus­tra­tif. Au cours de nos recherches, nous avons ren­con­tré bien d’autres groupes d’experts com­por­tant la même pro­por­tion de membre en conflit d’intérêt.

[L’INFLUENCE DU CHOIX DES EXPERTS SUR LE PROBLÈME POSÉ] https://​blogs​.media​part​.fr/​m​a​x​i​m​e​-​c​o​m​b​e​s​/​b​l​o​g​/​1​5​0​4​1​5​/​g​a​z​-​d​e​-​s​c​h​i​s​t​e​-​p​o​u​r​q​u​o​i​-​j​a​i​-​r​e​n​o​n​c​e​-​p​a​r​t​i​c​i​p​e​r​-​a​u​-​g​r​o​u​p​e​-​d​e​x​p​e​r​t​s​-​d​e​-​l​a​-​c​o​m​m​i​s​s​i​o​n​-​e​u​r​o​p​e​e​nne

Maxime Combes, éco­no­miste d’Attac, a été contac­té pour par­ti­ci­per à ce groupe d’experts sur le gaz de schiste. En voyant le recru­te­ment des autres membres et, sur­tout, les mis­sions don­nés à ce groupe, il a refu­sé de par­ti­ci­per à cette mas­ca­rade. Vous appren­drez dans ce billet de blog que le groupe se don­nait pour mis­sion de réflé­chir aux pro­jets d’extraction, sans tenir aucun compte des enjeux environnementaux.

[ FAIT 6 ] LES MULTINATIONALES FINANCENT DES LOBBIES DEGUISES

[L’INSTITUT POUR L’HYDRATATION] https://www.arretsurimages.net/articles/2016–04-13/Comment-Coca-abreuve-les-etudes-sur-l-hydratation-id8636

Cet article d’Arrêt sur Images est par­fait. Il détaille le scan­dale de cet ins­ti­tut qui habille les inté­rêts de Coca-Cola des appa­rats de la science. L’article détaille les finan­ce­ments de l’institut par Coca, les tech­niques uti­li­sées pour com­mu­ni­quer plus lar­ge­ment et mettre en avant les sodas en les fai­sant pas­ser pour des pro­duits hydratants.

Pour aller plus loin :

[D’AUTRES EXEMPLES DE THINK TANK “ÉCRANS” POUR LES MULTINATIONALES]

Les géants du web financent un “ins­ti­tut de recherche” le ‘Euro­pean Pri­va­cy Ins­ti­tute” :http://​www​.pcworld​.com/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​3​9​2​4​9​/​g​o​o​g​l​e​-​m​i​c​r​o​s​o​f​t​-​a​n​d​-​y​a​h​o​o​-​a​r​e​-​s​e​c​r​e​t​-​b​a​c​k​e​r​s​-​b​e​h​i​n​d​-​e​u​r​o​p​e​a​n​-​p​r​i​v​a​c​y​-​a​s​s​o​c​i​a​t​i​o​n​.​h​tml

Le labo­ra­toire Roche a mon­té en Angle­terre une asso­cia­tion citoyenne contre le can­cer : https://​www​.the​guar​dian​.com/​s​o​c​i​e​t​y​/​2​0​0​6​/​o​c​t​/​1​8​/​c​a​n​c​e​r​c​a​r​e​.​h​e​a​lth

[ FAIT 7 ] LES MULTINATIONALES INFLUENCENT LES RÉSULTATS DE LA SCIENCE EN LA FINANÇANT

[LES MANIPULATIONS DE LA SCIENCE PAR L’INDUSTRIE] http://​jour​nals​.plos​.org/​p​l​o​s​m​e​d​i​c​i​n​e​/​a​r​t​i​c​l​e​?​i​d​=​1​0​.​1​3​7​1​/​j​o​u​r​n​a​l​.​p​m​e​d​.​1​0​0​1​578

Cette “Méta-ana­lyse” explore les résul­tats scien­ti­fiques obte­nus en cher­chant les liens entre bois­sons sucrées et gain de poids. Cette ana­lyse a per­mis d’identifier  le pou­voir d’influence des finan­ceurs indus­triels sur la qua­li­té de la science. Mer­ci à ces scien­ti­fiques. Sans cet exemple exhaus­tif, on aurait été bien embar­ras­sé pour mon­trer soli­de­ment le pou­voir de l’argent sur la science.

Pour aller plus loin :

[CONFÉRENCE : L’INDUSTRIE UTILISE LE FINANCEMENT DE LA  SCIENCE POUR CRÉER LE DOUTE SELON SES INTÉRÊTS] https://​you​tu​.be/​h​4​t​a​Q​x​Z​1​zg8

Dans cette conf chez Grogle, David Michaels pré­sente son livre magis­tral sur l’utilisation stra­té­gique de la science par les lob­bies du tabac. Cet exemple est par­fait pour com­prendre, par le détail, com­ment et pour­quoi les indus­triels sont prêts à consa­crer des bud­gets immenses pour sim­ple­ment détour­ner l’attention et créer du doute. SI VOUS COMPRENEZ L’ANGLAIS, C’EST PAR LÀ QUE ÇA SE PASSE 🙂

[LE LOBBY DU SUCRE PRIS LA MAIN DANS LE SAC] http://​www​.scien​ce​se​ta​ve​nir​.fr/​s​a​n​t​e​/​l​e​s​-​l​o​b​b​i​e​s​-​d​u​-​s​u​c​r​e​-​a​v​a​i​e​n​t​-​f​i​n​a​n​c​e​-​d​e​s​-​e​t​u​d​e​s​-​p​o​u​r​-​m​i​n​i​m​i​s​e​r​-​l​-​i​m​p​a​c​t​-​s​u​r​-​l​e​s​-​m​a​l​a​d​i​e​s​-​c​a​r​d​i​a​q​u​e​s​_​1​0​4​964

Un article récent d’une revue médi­cale amé­ri­caine prouve, après une enquête appro­fon­die, que l’industrie du sucre a payé, dans les années 60, plu­sieurs cher­cheurs d’Harvard près de 50 000 $ pour qu’ils signent une recherche mini­mi­sant le rôle du sucre sur les mala­dies cardiaques.

[15% DES CHERCHEURS AVOUENT CHANGER L’ORIENTATION DE LEUR RECHERCHE POUR PLAIRE AUX FINANCEURS] http://​pages​.sto​laf​.edu/​r​o​s​s​/​f​i​l​e​s​/​2​0​1​4​/​0​5​/​S​c​i​e​n​t​i​s​t​s​B​e​h​a​v​i​n​g​B​a​d​l​y​.​pdf

Cet article, publié en anglais dans Science en 2014, cherche à mon­trer les “écarts” métho­do­lo­giques des cher­cheurs amé­ri­cains. Il s’appuie sur un son­dage pas­sé en 2002 à des échan­tillons repré­sen­ta­tifs de cher­cheurs amé­ri­cains ( + 3 000 répon­dants). Cette étude montre que le finan­ce­ment est clai­re­ment la source la plus impor­tante de man­que­ments métho­do­lo­giques à la pro­bi­té scien­ti­fique. Plus de 15% des son­dés avouent avoir “chan­gé le plan, la métho­do­lo­gie ou les résul­tats d’une étude sous la pres­sion d’un financeur”.

[ FAIT 8 ] LES MULTINATIONALES PAIENT LES EXPERTS DES AGENCES DE RÉGULATION ET DE CONTRÔLE

[L’AGENCE DE SÉCURITÉ ALIMENTAIRE]

Une vidéo très bien faite :https://​you​tu​.be/​I​n​v​3​i​X​5​r​hpo

Le rap­port de CEO (en ANGLAIS) : https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​e​f​s​a​/​2​0​1​3​/​1​0​/​u​n​h​a​p​p​y​-​m​e​a​l​-​e​u​r​o​p​e​a​n​-​f​o​o​d​-​s​a​f​e​t​y​-​a​u​t​h​o​r​i​t​y​s​-​i​n​d​e​p​e​n​d​e​n​c​e​-​p​r​o​b​lem

Vous trou­ve­rez dans ce rap­port et cette vidéo les nom­breux conflits d’intérêts que ren­contre l’agence de sécu­ri­té ali­men­taire euro­péenne. Encore une fois, nous avons pris l’exemple de l’EFSA, mais nous aurions pu par­ler de l’agence du médi­ca­ment (EMA) qui, elle aus­si, était épin­glée en 2012 pour ces conflits d’intérêts par la Cour des comptes européenne.

Pour aller plus loin :

Le rap­port en ANGLAIS SUR l’EFSA  ici :http://​www​.eca​.euro​pa​.eu/​L​i​s​t​s​/​N​e​w​s​/​N​E​W​S​1​2​1​0​_​1​1​/​N​E​W​S​1​2​1​0​_​1​1​_​E​N​.​PDF

Un article mon­trant les mêmes logiques à l’OMS (Orga­ni­sa­tion mon­diale de la san­té) :http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/26/l‑oms-sous-influence-de-l-industrie-pharmaceutique_1324720_3244.html

[ FAIT 9 ] LES MULTINATIONALES ENGAGENT DES DÉPENSES COLOSSALES EN LOBBYING

[LOBBIES TROP PEU RÉGULÉS] http://​www​.trans​pa​ren​cyin​ter​na​tio​nal​.eu/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​u​p​l​o​a​d​s​/​2​0​1​6​/​0​6​/​J​o​i​n​t​-​l​e​t​t​e​r​-​L​o​b​b​y​i​s​t​s​-​f​o​r​-​t​r​a​n​s​p​a​r​e​n​t​-​l​o​b​b​y​i​n​g​.​pdf

Quoi de mieux qu’une lettre ouverte de lob­byistes se plai­gnant de la trop faible régu­la­tion de leur pro­fes­sion à Bruxelles ? Cette lettre (en ANGLAIS) de juin 2016 décrit la fai­blesse de l’encadrement des acti­vi­tés de lob­bying et de “rela­tions publiques” autour des ins­ti­tu­tions euro­péennes. Elle demande, notam­ment, à ce que l’inscription dans le registre soit obli­ga­toire et recouvre un panel plus large d’activités.

Pour aller plus loin :

[LA COMMISSION REFUSE DE DÉVOILER SES LIENS AVEC LES LOBBIES DU TABAC] http://​www​.eur​ac​tiv​.fr/​s​e​c​t​i​o​n​/​a​f​f​a​i​r​e​s​-​p​u​b​l​i​q​u​e​s​/​n​e​w​s​/​l​a​-​c​o​m​m​i​s​s​i​o​n​-​r​e​f​u​s​e​-​d​e​-​l​e​v​e​r​-​l​e​-​v​o​i​l​e​-​s​u​r​-​l​e​-​l​o​b​b​y​i​n​g​-​d​u​-​t​a​b​ac/

Whao ! EN 2016, la média­trice euro­péenne, s’appuyant sur des conven­tions signées à l’ONU, a deman­dé à la Com­mis­sion Euro­péenne de divul­guer le détails des liens entre les membres de ses ser­vices et les repré­sen­tants de l’industrie du tabac. La Com­mis­sion a refu­sé la trans­pa­rence, au grand dam de la démo­cra­tie. Affligeant….

[ARTICLE SOMPTUEUX SUR LES LOBBYISTES] http://​www​.nytimes​.com/​2​0​1​3​/​1​0​/​1​9​/​w​o​r​l​d​/​e​u​r​o​p​e​/​l​o​b​b​y​i​n​g​-​b​o​n​a​n​z​a​-​a​s​-​f​i​r​m​s​-​t​r​y​-​t​o​-​i​n​f​l​u​e​n​c​e​-​e​u​r​o​p​e​a​n​-​u​n​i​o​n​.​h​t​m​l​?​_​r=1

Cet article, mal­heu­reu­se­ment en ANGLAIS, est excellent. Fon­dé sur une enquête à pro­pos d’un grand cabi­net de lob­bying, l’article décrit, de l’intérieur,  les pra­tiques et les enjeux des lob­byistes. Il montre à quel point les car­rière, les agen­das et les infor­ma­tions des fonc­tion­naires euro­péens et des indus­triels doivent s’entremêler.

[ FAIT 10 ] LES FAIBLESSES DE LA RÉGULATION DES CONFLITS D’INTÉRÉT : LA FAUSSE SOLUTION DE LA TRANSPARENCE

[LE RIDICULE CODE DE CONDUITE DES DÉPUTÉS EUROPÉENS] a href=« http://​www​.euro​parl​.euro​pa​.eu/​p​d​f​/​m​e​p​s​/​2​0​1​3​0​5​_​C​o​d​e​_​o​f​_​c​o​n​d​u​c​t​_​F​R​.​pdf » tar­get=« _blank »>http://​www​.euro​parl​.euro​pa​.eu/​p​d​f​/​m​e​p​s​/​2​0​1​3​0​5​_​C​o​d​e​_​o​f​_​c​o​n​d​u​c​t​_​F​R​.​pdf

Je ne sais pas quoi dire, il parle pour lui-même. Le conflit d’intérêt est dif­fi­cile à consti­tuer, le comi­té char­gé d’y veiller est “consul­ta­tif”, le juge en la matière est lui-même dépu­té et les sanc­tions n’existent qua­si­ment pas. Bref, c’est une BLAGUE ! 🙂 

Pour nous sou­te­nir, mer­ci 🙂 http://​bit​.ly/​t​i​p​e​e​e​o​s​o​n​s​c​a​u​ser

Source (des sources détaillées) : OSONS CAUSER, http://​osons​cau​ser​.com/​1​0​-​f​a​i​t​s​-​m​o​n​t​r​e​n​t​-​m​u​l​t​i​n​a​t​i​o​n​a​l​e​s​-​a​c​h​e​t​e​n​t​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​ne/

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Comme cerise sur ce gâteau de la CORRUPTION EUROPÉENNE CRASSE, je rap­pelle que TOUS les fonc­tion­naires euro­péens béné­fi­cient d’une IMMUNITÉ JUDICIAIRE À VIE pour tous les actes qu’ils ont com­mis pen­dant leurs fonc­tions (WTF!).

Cha­cun se demande évi­dem­ment à quoi sert ce droit exor­bi­tant, que même les pires dic­ta­teurs n’ac­cordent jamais qu’à leur seule famille. Même dans les pires régimes, on n’a jamais vu ain­si pro­té­ger toute l’administration…

Voyez ceci :

Les Eurocrates tout-puissants : l’information clé que Verheugen oublie de vous dire !

Franck Biancheri

Il lui fau­dra cer­tai­ne­ment encore une ou deux années de plus pour recon­naître que sa poli­tique de sou­tien à l’élargissement à la Tur­quie[1], c’était éga­le­ment une poli­tique écrite par ses prin­ci­paux bureaucrates.

Pour Newro­peans, et un nombre sub­stan­tiel de citoyens euro­péens, c’est une évi­dence depuis de nom­breuses années et c’est d’ailleurs pour cette rai­son que Newro­peans a choi­si de faire de la démo­cra­ti­sa­tion de l’UE sa prio­ri­té poli­tique pour la décen­nie à venir. C’est aus­si pour cela que le mou­ve­ment a choi­si de pla­cer en pre­mière place de son pro­gramme pour les élec­tions euro­péennes de 2009 une réforme essen­tielle pour stop­per la dérive bureau­cra­tique du pro­jet euro­péen : sup­pri­mer l’immunité judi­ciaire à vie dont béné­fi­cient les fonc­tion­naires des ins­ti­tu­tions européennes.

Oui, vous avez bien lu : aucun tri­bu­nal dans l’Union euro­péenne ne peut sanc­tion­ner les dérives des fonc­tion­naires euro­péens inter­ve­nues dans le cadre de leur fonc­tion, et cette pro­tec­tion leur est accor­dée à vie. Vous trou­ve­rez tout le détail dans l’annexe d’un Trai­té euro­péen de 1965 qui a accor­dé ce pri­vi­lège exor­bi­tant[2].

Je me per­mets d’insister car c’est tel­le­ment énorme qu’on peut faci­le­ment mal com­prendre l’information : ceux qui béné­fi­cient de cette immu­ni­té à vie, ce ne sont pas les Com­mis­saires euro­péens comme Verheu­gen, nom­més par les gou­ver­ne­ments, ni les dépu­tés euro­péens de Stras­bourg que nous éli­sons. Non, ceux là ont une immu­ni­té poli­tique clas­sique, comme dans les Etats membres, qui ne dure que le temps de leur fonc­tion (5 ans). Ceux qui béné­fi­cient de cette immu­ni­té, ce sont les fonc­tion­naires, qui res­tent en poste géné­ra­le­ment une tren­taine d’années ! Et de toute façon, elle leur est accor­dée jusqu’à leur mort !

Aucun régime démo­cra­tique dans l’Histoire n’a accor­dé un tel pri­vi­lège à ses bureau­crates. Même les dic­ta­tures concentrent les immu­ni­tés à vie sur la per­sonne du dic­ta­teur ou de ses plus proches sbires. En tout cas, ces mêmes dic­ta­tures nous enseignent quelque chose d’utile pour com­prendre où se trouve le vrai pou­voir à Bruxelles : ces immu­ni­tés à vie ne s’attribuent qu’à ceux qui ont vrai­ment le pou­voir, et tout le pouvoir.
Alors, déjà, comme le rap­pelle fort jus­te­ment Gün­ter Verheu­gen, la durée de fonc­tion des fonc­tion­naires euro­péens (trente ans envi­ron contre cinq pour les Com­mis­saires), conduit la haute hié­rar­chie de la Com­mis­sion à consi­dé­rer les « poli­tiques » de la mai­son comme de vul­gaires signa­taires de déci­sions éla­bo­rées sans eux, voire contre eux. Vous pou­vez ima­gi­ner, avec l’immunité à vie dans la poche, com­ment ils peuvent éva­luer les rap­ports de force entre eux et le soi-disant niveau poli­tique de la Com­mis­sion : tout le pou­voir aux Euro­crates[3] et seule­ment l’apparence aux Commissaires.

En fait, soyons hon­nêtes, un Com­mis­saire euro­péen ne sert plus à rien sauf à main­te­nir la fic­tion d’une direc­tion poli­tique à Bruxelles.

Cette situa­tion est extrê­me­ment inquié­tante pour la démo­cra­tie en Europe. C’est une ques­tion qui devrait être au cœur des débats poli­tiques dans chaque Etat-membre : com­ment reprendre le contrôle démo­cra­tique de la machine euro­péenne ? Pour­tant, nos lea­ders natio­naux, nos par­tis natio­naux passent leur temps à se dés­in­té­res­ser des affaires euro­péennes, ou peut-être pire, à confier entiè­re­ment le des­tin de l’UE à ces bureau­crates en répé­tant aux Euro­crates : « pour le com­ment, c’est à vous de voir ». Mais quels types d’hommes et de femmes poli­tiques sont deve­nus nos « lea­ders » natio­naux qui oublient que la pre­mière tâche d’un poli­tique élu en démo­cra­tie c’est de diri­ger son admi­nis­tra­tion, d’obliger cette der­nière à suivre la volon­té popu­laire ; et pas l’inverse !
Hélas peu d’espoir du côté des par­tis natio­naux, car d’un bout à l’autre de l’UE aujourd’hui les chefs de ces par­tis sont des déma­gogues : ils se pré­tendent « lea­ders »   mais ne font que suivre les son­dages. Alors espé­rer que demain ils imposent une direc­tion à leurs bureau­crates plu­tôt que de tout sim­ple­ment les suivre, c’est une illusion.
C’est donc pour chan­ger cela que nous avons lan­cé Newro­peans et que nous nous pré­sen­te­rons aux suf­frages des 500 mil­lions d’Européens en Juin 2009. Il est impé­ra­tif de remettre les citoyens et non pas les bureau­crates au cœur du pro­jet euro­péen. C’est l’objectif que nous nous sommes assi­gnés. Et cela passe notam­ment par une confron­ta­tion directe avec l’appareil bureau­cra­tique euro­péen sur la ques­tion de son immu­ni­té à vie. Cette immu­ni­té à vie doit être sup­pri­mée dès que pos­sible ; et la Com­mis­sion doit décla­rer au plus vite qu’elle sus­pend ad aeter­nam l’utilisation de cette immu­ni­té devant les tri­bu­naux des Etats membres de l’Union euro­péenne. M. Verheu­gen, c’est une déci­sion que vous et vos amis Com­mis­saires pour­riez prendre dès demain si vous le vou­liez. Ou plu­tôt si vos Euro­crates vous auto­ri­saient à le faire ?
S’il y avait déjà des élus Newro­peans au Par­le­ment euro­péen, cela ferait plu­sieurs années que nous aurions conduit le Par­le­ment à impo­ser cette déci­sion à la Com­mis­sion. Mais, au Par­le­ment actuel, sans élus Newro­peans donc, bien qu’informée depuis quatre ans, l’immense majo­ri­té des Euro-dépu­tés ne veut pas abor­der le sujet, par peur de fâcher les Eurocrates !
C’est vrai que la majo­ri­té de ceux qui peuplent actuel­le­ment le Par­le­ment euro­péen ne sont pas là pour don­ner la parole aux citoyens euro­péens et prendre les risques qui s’imposent pour par­ve­nir à le faire. Ils sont juste là pour occu­per les bonnes places mises à dis­po­si­tion des par­tis natio­naux tous les cinq ans.

Verheu­gen a rai­son de dénon­cer la main­mise des bureau­crates sur le pou­voir euro­péen. Mais pour chan­ger cela, il va fal­loir se battre dans l’arène élec­to­rale en 2009, comme tou­jours dans l’Histoire, les citoyens ont dû le faire pour démo­cra­ti­ser des régimes non démocratiques !

Franck Bian­che­ri
Pré­sident de Newro­peans
[1] Il était en charge de l’élargissement dans la pré­cé­dente Commission.
[2] Texte des trai­tés euro­péens rela­tif aux immu­ni­tés des fonc­tion­naires euro­péens : Euro​pa​.eu ; et plus d’information sur la ques­tion : Newro­peans
[3] Je tiens à pré­ci­ser que ce pou­voir des Euro­crates est concen­tré dans les mains de moins de 500 hauts fonc­tion­naires. L’immense majo­ri­té des fonc­tion­naires euro­péens n’a ni la volon­té, ni la capa­ci­té d’exercer ce pou­voir en haut du sys­tème. Mais via les immu­ni­tés à vie qu’in fine seule la haute hié­rar­chie peut lever si elle le sou­haite, non seule­ment les direc­teurs géné­raux et direc­teurs tiennent leurs troupes avec un ins­tru­ment par­ti­cu­liè­re­ment effi­caces ; mais en plus ils savent qu’en cas de crise c’est leur « patron poli­tique » qui sau­te­ra. Ces der­nières années ont vu des Com­mis­saires, voire des Com­mis­sions entières, démis­sion­ner ou être mises en accu­sa­tion, y com­pris devant la jus­tice. Cher­chez en revanche les hauts fonc­tion­naires euro­péens dans le même cas ! Vous ne trou­ve­rez rien, car il n’y en a tout sim­ple­ment pas eu. C’est l’avantage d’être intouchable.

Source : http://www.newropeans-magazine.org/en/2006/10/11/les-eurocrates-tout-puissants‑l%C2%92information-cle-que-verheugen-oublie-de-vous-dire/

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Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​6​4​4​5​3​3​0​4​7​317

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7 Commentaires

  1. etienne

    Pour creu­ser le sujet :

    [Passionnant et important]
    Qui gouverne la France et l’Europe ?
    27 avril 2012 – François ASSELINEAU

    Réponse
  2. etienne

    Attention : la retranscription est arrivée : voir dans le billet ci-dessus.

    Mer­ci Julie 🙂

    Réponse
  3. etienne

    [Très inté­res­sant]

    (Ça fait presque 10 ans que j’ai décou­vert les aveux incroyables de Caroll Qui­gley — « Tra­ge­dy & Hope » et « Anglo-Ame­ri­cain Esta­bli­she­ment » —, et effec­ti­ve­ment, c’est vrai­ment scot­chant. ÉC.)

    L’agenda noir derrière le globalisme et l’ouverture des frontières


    Par Bran­don Smith – Le 26 octobre 2016 – Source alt​-mar​ket​.com

    Source : http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​l​a​g​e​n​d​a​-​n​o​i​r​-​d​e​r​r​i​e​r​e​-​l​e​-​g​l​o​b​a​l​i​s​m​e​-​e​t​-​l​o​u​v​e​r​t​u​r​e​-​d​e​s​-​f​r​o​n​t​i​e​res

    Quand les gens qui ne connaissent pas le mou­ve­ment de la liber­té tombent sur le fait indé­niable de la « conspi­ra­tion » du glo­ba­lisme, ils ont ten­dance à cher­cher des réponses faciles pour com­prendre ce qu’il en est et pour­quoi elle existe. La plu­part des gens aujourd’hui ont été condi­tion­nés à per­ce­voir les évé­ne­ments du point de vue mal inter­pré­té du « rasoir d’Occam » – ils sup­posent à tort que l’explication la plus simple est pro­ba­ble­ment la bonne.

    En fait, ce n’est pas ce que le rasoir d’Occam exprime. Au contraire, pour résu­mer, il est dit que l’explication la plus simple « étant don­né les preuves en main » est pro­ba­ble­ment la bonne expli­ca­tion. [Si les preuves changent, l’explication change, NdT]

    Il a été bien connu et docu­men­té depuis des décen­nies que la pous­sée vers le glo­ba­lisme est un effort déli­bé­ré et ciblé de la part d’une « élite » très sélect ; les finan­ciers inter­na­tio­naux, les banques cen­trales, les diri­geants poli­tiques et les nom­breux membres de think tanks exclu­sifs. Ils ont sou­vent admis ouver­te­ment leurs objec­tifs pour une mon­dia­li­sa­tion totale dans leurs propres publi­ca­tions, croyant peut-être que les rotu­riers sans ins­truc­tion ne les liraient jamais de toute façon. Car­roll Qui­gley, men­tor de Bill Clin­ton et membre du Coun­cil on Forei­gn Rela­tions, est sou­vent cité, ayant ouver­te­ment admis le sché­ma géné­ral suivant :

    « Les puis­sants du capi­ta­lisme finan­cier avaient un but à long terme, rien de moins que de créer un sys­tème mon­dial de contrôle finan­cier, dans des mains pri­vées, capable de domi­ner le sys­tème poli­tique de chaque pays et l’économie du monde dans son ensemble. Ce sys­tème devait être contrô­lé de manière féo­dale par les banques cen­trales du monde agis­sant de concert, par des accords secrets négo­ciés lors de fré­quentes réunions et des confé­rences. Le som­met de ces sys­tèmes devait être la Banque des règle­ments inter­na­tio­naux à Bâle, Suisse ; une banque pri­vée déte­nue et contrô­lée par les banques cen­trales du monde, qui étaient elles-mêmes des socié­tés pri­vées. Chaque banque cen­trale […] devait cher­cher à domi­ner son gou­ver­ne­ment par sa capa­ci­té à contrô­ler les prêts du Tré­sor, mani­pu­ler les bourses, influer sur le niveau de l’activité éco­no­mique dans le pays, et influen­cer les poli­ti­ciens assou­plis par des récom­penses éco­no­miques ulté­rieures dans le monde des affaires. »Car­roll Qui­gley, Tra­gé­die et espoir

    Les gens der­rière cet effort pour appli­quer le glo­ba­lisme sont liés entre eux par une idéo­lo­gie par­ti­cu­lière, peut-être même une reli­gion sec­taire, par laquelle ils envi­sagent un ordre mon­dial tel que décrit dans la Répu­blique de Pla­ton. Ils croient qu’ils sont « choi­sis » soit par le des­tin, la des­ti­née ou la géné­tique pour diri­ger, tels des rois phi­lo­sophes, le reste d’entre nous. Ils croient qu’ils sont les plus sages et les plus capables que l’humanité ait à offrir, et que par des moyens évo­lu­tifs, ils peuvent créer le chaos et l’ordre à l’envi et mode­ler la socié­té à volonté.

    Cette men­ta­li­té est évi­dente dans les sys­tèmes qu’ils construisent et exploitent. Par exemple, la banque cen­trale en géné­ral n’est rien de plus qu’un méca­nisme pour conduire les pays vers la dette, la déva­lua­tion de leur mon­naie et fina­le­ment leur asser­vis­se­ment par l’extorsion éco­no­mique géné­ra­li­sée. Le jeu final pour les banques cen­trales est, je crois, le déclen­che­ment d’une crise finan­cière his­to­rique qui puisse ensuite être uti­li­sée par les élites comme levier pour pro­mou­voir la cen­tra­li­sa­tion mon­diale com­plète comme seule solu­tion viable.

    Ce pro­ces­sus d’économies et de socié­tés désta­bi­li­sées n’est pas diri­gé par les chefs des dif­fé­rentes banques cen­trales. Au lieu de cela, il est diri­gé par des ins­ti­tu­tions mon­diales encore plus cen­tra­li­sées telles que le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal et la Banque des règle­ments inter­na­tio­naux, tel que décrit dans un article révé­la­teur venant des médias mains­tream comme Ruling The World Of Money publié par Harper’s Maga­zine.

    Nous voyons aus­si, au tra­vers des mots uti­li­sés par les glo­ba­listes, que la cam­pagne pour un « nou­vel ordre mon­dial » ne vise pas à être basée sur le volontariat.

    … « Alors que la lutte semble déri­ver sûre­ment vers une démo­cra­tie sociale mon­diale, il est pos­sible qu’il y ait de très grands retards et des décep­tions avant qu’elle ne devienne un sys­tème mon­dial effi­cace et bien­fai­sant. D’innombrables per­sonnes […] détes­te­ront le nou­vel ordre mon­dial […] et vont mou­rir pour pro­tes­ter contre lui. Quand nous essayons d’évaluer sa pro­messe, nous devons gar­der à l’esprit la détresse d’une géné­ra­tion ou de mécon­tents, beau­coup d’entre eux  étant des gens très galants et bien éle­vés. »HG Welles, socia­liste fabien et auteur de The New World Order

    « En bref, la « mai­son de l’ordre mon­dial » devra être construite du bas vers le haut plu­tôt que du haut vers le bas. Cela res­sem­ble­ra à une grande « confu­sion bour­don­nante en plein essor », pour uti­li­ser la fameuse des­crip­tion de la réa­li­té de William James, mais la fin des sou­ve­rai­ne­tés natio­nales, éro­dées mor­ceau par mor­ceau, per­met­tra d’accomplir beau­coup plus que l’ancienne attaque fron­tale. »Richard Gard­ner, membre de la Com­mis­sion tri­la­té­rale, publié dans le numé­ro d’avril 1974 de Forei­gn Affairs

    « Le nou­vel ordre mon­dial ne peut pas se faire sans la par­ti­ci­pa­tion des États-Unis, car nous sommes le com­po­sant le plus signi­fi­ca­tif. Oui, il y aura un nou­vel ordre mon­dial, et il for­ce­ra les États-Unis à modi­fier leurs per­cep­tions. » − Hen­ry Kis­sin­ger, World Action Coun­cil, le 19 avril 1994

    Je pour­rais citer des glo­ba­listes toute la jour­née, mais je pense que vous en avez une idée géné­rale. Alors que cer­taines per­sonnes voient le glo­ba­lisme comme une«éma­na­tion natu­relle » des libres mar­chés ou le résul­tat inévi­table du pro­grès éco­no­mique, la réa­li­té est que l’explication la plus simple (compte tenu des preuves tan­gibles), c’est que le glo­ba­lisme est une véri­table guerre menée contre l’idéal des peuples sou­ve­rains et des nations. C’est une guerre de gué­rilla, ou une guerre de qua­trième géné­ra­tion, menée par un petit groupe d’élites contre le reste d’entre nous.

    Un élé­ment impor­tant de cette guerre concerne la nature des fron­tières. Les fron­tières des nations, des États, des villes et même des vil­lages ne sont pas seule­ment des lignes sur une carte ou des bar­rières invi­sibles. Voi­là ce que les élites et les médias tra­di­tion­nels vou­draient nous faire croire. Au lieu de cela, les fron­tières lorsqu’elles sont appli­quées cor­rec­te­ment repré­sentent les prin­cipes ;  ou du moins, c’est cen­sé être leur fonction.

    Les êtres humains sont des bâtis­seurs com­mu­nau­taires natu­rels ; nous cher­chons constam­ment d’autres per­sonnes ayant la même tour­nure d’esprit et les mêmes usages parce que nous com­pre­nons incons­ciem­ment que des groupes de per­sonnes qui tra­vaillent ensemble peuvent (sou­vent, mais pas tou­jours) accom­plir davan­tage. Cela dit, les êtres humains ont éga­le­ment une ten­dance natu­relle à valo­ri­ser la liber­té indi­vi­duelle et le droit d’association volon­taire. Nous ne vou­lons pas être for­cés à nous asso­cier avec des per­sonnes ou des groupes qui ne détiennent pas les mêmes valeurs. [Et il n’y a pas de hié­rar­chie entre ces valeurs ou ces groupes autres, NdT].

    Les cultures érigent des fron­tières parce que, fran­che­ment, les gens ont le droit d’examiner de près ceux qui sou­haitent se joindre et par­ti­ci­per à leurs efforts. Les gens ont aus­si le droit de dis­cri­mi­ner toute per­sonne qui ne par­tage pas leurs valeurs fon­da­men­tales ; ou, en d’autres termes, nous avons le droit de refu­ser l’association avec d’autres groupes et des idéo­lo­gies qui sont des­truc­trices pour la nôtre. [C’est un prin­cipe uni­ver­sel qui vaut pour les autres cultures y com­pris et sur­tout dans l’autre sens, NdT].

    Fait inté­res­sant, les glo­ba­listes et leurs porte-paroles font valoir qu’en refu­sant de s’associer à ceux qui pour­raient por­ter atteinte à nos valeurs, c’est NOUS qui vio­lons LEURS droits. Voir com­ment ça fonctionne ?

    Les mon­dia­listes exploitent le mot « iso­la­tion­nisme » pour faire honte aux cham­pions de la sou­ve­rai­ne­té aux yeux du public, mais il n’y a pas de honte à l’isolement lorsque des prin­cipes tels que la liber­té de parole et d’expression ou le droit à la légi­time défense sont défen­dus. Il n’y a rien de mal à iso­ler un modèle éco­no­mique pros­père de modèles éco­no­miques infruc­tueux. For­cer une éco­no­mie de mar­ché libre décen­tra­li­sée à adop­ter une admi­nis­tra­tion féo­dale par des banques cen­trales et un gou­ver­ne­ment fini­ra par détruire ce modèle. For­cer une éco­no­mie de mar­ché libre à une inter­dé­pen­dance finan­cière avec les éco­no­mies socia­listes va aus­si très pro­ba­ble­ment por­ter atteinte à cette culture. Tout comme l’importation de mil­lions de per­sonnes avec des valeurs dif­fé­rentes pour se nour­rir sur une nation après qu’elle est deve­nue socia­liste est une recette pour l’effondrement.

    Le fait est que cer­taines valeurs et struc­tures sociales sont mutuel­le­ment exclu­sives ; peu importe com­ment vous essayez, cer­taines cultures ne peuvent jamais être homo­gé­néi­sées avec d’autres cultures. Vous ne pou­vez qu’éliminer une culture pour faire place à une autre dans un monde sans fron­tière. Voi­ci ce que les glo­ba­listes cherchent à atteindre. C’est le grand but der­rière les poli­tiques et la mon­dia­li­sa­tion des fron­tières ouvertes – anéan­tir la concur­rence idéo­lo­gique pour que l’humanité pense qu’elle n’a pas d’autre choix que la reli­gion éli­tiste. La fin de jeu ultime des glo­ba­listes n’est pas de contrô­ler les gou­ver­ne­ments (les gou­ver­ne­ments ne sont rien de plus qu’un outil). Au contraire, leur jeu final est d’obtenir une influence psy­cho­lo­gique totale et éven­tuel­le­ment le consen­te­ment des masses.

    La varié­té et les choix doivent être reti­rés de notre envi­ron­ne­ment pour que le glo­ba­lisme s’implante, ce qui est une belle façon de dire que beau­coup de gens devront mou­rir et de nom­breux prin­cipes devront être effa­cés de la conscience publique. Les élites affirment que leur concept d’une culture mon­diale unique est le prin­cipe au pinacle de l’humanité, et qu’il n’y a plus aucun besoin de fron­tières, car aucun autre prin­cipe n’est supé­rieur au leur. Tant que les fron­tières en tant que concept conti­nuent d’exister, il y a tou­jours la pos­si­bi­li­té d’idéaux dis­tincts et sépa­rés pour riva­li­ser avec la phi­lo­so­phie mon­dia­liste. C’est inac­cep­table pour les élites.

    Cela a conduit à un mème de pro­pa­gande pas si sub­til d’ailleurs, comme quoi les cultures qui valo­risent la sou­ve­rai­ne­té plu­tôt que le glo­ba­lisme sont en quelque sorte des chau­drons  bouillon­nant, poten­tiel­le­ment dia­bo­liques. Aujourd’hui, avec la marée mon­tante des mou­ve­ments anti-mon­dia­listes, l’argument dans les médias mains­tream est que les « popu­listes » (conser­va­teurs) sont d’une classe infé­rieure et sans ins­truc­tion et sont un élé­ment dan­ge­reux mis là pour ren­ver­ser la « paix et la pros­pé­ri­té » offertes par les mains des glo­ba­listes. En d’autres termes, nous sommes trai­tés comme des enfants bar­bouillant avec nos doigts plein de pein­tures sur une Mona Lisa fine­ment ouvra­gée. Encore une fois, Car­roll Qui­gley favo­rise (ou pré­dit) cette pro­pa­gande des décen­nies à l’avance quand il dis­cute de la néces­si­té de«tra­vailler au sein du sys­tème » pour le chan­ger au lieu de lut­ter contre lui :

    « Par exemple, je vous ai par­lé de la classe moyenne infé­rieure comme l’épine dor­sale du fas­cisme à l’avenir. Je pense que cela peut se pro­duire. Les membres du par­ti nazi en Alle­magne étaient tou­jours de la classe moyenne infé­rieure. Je pense que les mou­ve­ments d’extrême droite dans ce pays sont géné­ra­le­ment de ce groupe. »Car­roll Qui­gley, de Dissent : En avons-nous besoin ?

    Le pro­blème est que ces gens refusent d’affronter les fruits de la mon­dia­li­sa­tion qui peuvent être obser­vés jusqu’à pré­sent. Les glo­ba­listes ont eu le champ libre sur la plu­part des gou­ver­ne­ments du monde pen­dant au moins un siècle, sinon plus. En consé­quence de leurs influences, nous avons eu deux guerres mon­diales, la Grande Dépres­sion, la Grande Réces­sion qui est tou­jours en cours, trop de conflits et géno­cides régio­naux pour les comp­ter et l’oppression sys­té­ma­tique des agents libres, entre­pre­neurs, inven­teurs, souf­flant des idées au point que main­te­nant, nous souf­frons d’une stag­na­tion sociale et financière.

    Les glo­ba­listes ont long­temps été au pou­voir. Pour­tant, l’existence des fron­tières est blâ­mée pour la tem­pête des crises que nous avons endu­rées pen­dant les cent der­nières années. Les cham­pions de la Liber­té sont appe­lés des « déplo­rables » et des popu­listes fas­cistes tan­dis que les glo­ba­listes esqui­ve­raient le blâme comme des anguilles visqueuses ?

    Ceci est la meilleure carte que les glo­ba­listes ont dans leur manche, et c’est la rai­son pour laquelle je conti­nue de faire valoir qu’ils envi­sagent de per­mettre à des mou­ve­ments conser­va­teurs d’acquérir une par­tie du pou­voir poli­tique dans la pro­chaine année, avant de tirer le tapis sur leur sou­tien à la vie finan­cière inter­na­tio­nale pour nous accu­ser de la tra­gé­die résultante.

    Il n’y a pas le mini­mum de preuves pour sou­te­nir l’idée que la mon­dia­li­sa­tion, l’interdépendance et la cen­tra­li­sa­tion fonc­tionnent réel­le­ment. Il suf­fit d’examiner le cau­che­mar éco­no­mique et lié à l’immigration actuel dans l’UE pour le com­prendre. Ain­si, les glo­ba­listes vont main­te­nant faire valoir que le monde n’est en réa­li­té pas ASSEZ cen­tra­li­sé. C’est vrai ; ils pré­tendent que nous devons avoir plus de mon­dia­li­sa­tion, pas moins, pour résoudre les maux du monde.

    Dans l’intervalle, les prin­cipes de la sou­ve­rai­ne­té doivent être his­to­ri­que­ment dia­bo­li­sés – le concept de cultures dis­tinctes construites sur des croyances dis­tinctes doit être psy­cho­lo­gi­que­ment assi­mi­lé au mal par les géné­ra­tions futures. Sinon, les glo­ba­listes ne seront jamais en mesure d’établir avec suc­cès un sys­tème mon­dial sans frontières.

    Ima­gi­nez, un ins­tant, une époque proche où le prin­cipe de sou­ve­rai­ne­té serait consi­dé­ré comme si odieux, raciste, violent et toxique que toute per­sonne aurait honte ou serait même punie par le col­lec­tif pour oser sou­te­nir le concept. Ima­gi­nez un monde dans lequel la sou­ve­rai­ne­té et le conser­va­tisme seraient ensei­gnés à la pro­chaine géné­ra­tion comme les nou­veaux « péchés ori­gi­nels » ; des idées dan­ge­reuses qui ont presque pro­vo­qué l’extinction de l’homme.

    Cette pri­son men­tale est l’endroit où les glo­ba­listes veulent nous enfer­mer. Nous pou­vons nous libé­rer, mais cela néces­si­te­rait un ren­ver­se­ment com­plet de la manière dont nous par­ti­ci­pons à la socié­té. Cela veux dire que nous avons besoin d’une rébel­lion d’associations volon­taires, d’une pous­sée de la décen­tra­li­sa­tion au lieu de la mon­dia­li­sa­tion, des mil­liers et des mil­liers de groupes volon­taires axés sur la loca­li­sa­tion, l’autonomie et la vraie pro­duc­tion. Nous devons agir pour construire un sys­tème qui est basé sur la redon­dance au lieu d’une fra­gile inter­dé­pen­dance. Nous devons reve­nir à un âge avec beau­coup de fron­tières, pas moins de fron­tières, jusqu’à ce que chaque indi­vi­du soit lui-même libre de par­ti­ci­per au groupe social ou au com­por­te­ment qu’il croit être le meilleur pour lui, ain­si que la liber­té de se défendre contre les gens qui cherchent à le sabo­ter ; une socié­té tri­bale volon­taire dépour­vue d’associations forcées.

    Bien enten­du, cet effort exi­ge­rait un sacri­fice inima­gi­nable et un com­bat qui pour­rait pro­ba­ble­ment durer une géné­ra­tion, et pré­tendre le contraire serait un men­songe. Je ne peux pas convaincre qui­conque qu’un poten­tiel futur basé sur un modèle hypo­thé­tique vaut ce sacri­fice. Je ne sais pas si c’est le cas ou non. Je ne peux que sou­li­gner qu’un monde domi­né par les glo­ba­listes tel que nous le vivons aujourd’hui est clai­re­ment condam­né. Nous pou­vons dis­cu­ter de ce qui vient ensuite, mais seule­ment après avoir reti­ré nos têtes de la guillotine.

    Bran­don Smith

    Tra­duit par Her­vé, véri­fié par Wayan, relu par Cathe­rine pour le Saker Fran­co­phone.

    Source : http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​l​a​g​e​n​d​a​-​n​o​i​r​-​d​e​r​r​i​e​r​e​-​l​e​-​g​l​o​b​a​l​i​s​m​e​-​e​t​-​l​o​u​v​e​r​t​u​r​e​-​d​e​s​-​f​r​o​n​t​i​e​res


    Car­roll Qui­gley dans le docu­men­taire d’Alex… par Scrip­to­ma­niak

    Réponse
  4. joss
  5. etienne

    L’Euro contre l’Europe

    par Jacques Sapir

    « L’Union euro­péenne tra­verse aujourd’hui crise majeure. Il s’agit d’une crise éco­no­mique mais aus­si d’une crise d’identité. A l’origine de cette crise on trouve l’Euro. La mon­naie unique se vou­lait le cou­ron­ne­ment de la construc­tion euro­péenne. En réa­li­té, elle cause son déclin. Elle cor­rode les fon­da­tions éco­no­miques et sociales des pays qui l’ont adop­té, met à mal la démo­cra­tie, sus­cite, peu à peu, la mon­tée de com­por­te­ments tyran­niques qui pro­duisent, en réac­tion une vague dite « popu­liste » sans pré­cé­dent et sans égal. La mon­naie unique cause des dys­fonc­tion­ne­ments de plus en plus impor­tants dans les pays qui l’ont choi­sie. Seule l’Allemagne semble y échap­per ; ce n’est pas un hasard. L’Euro a été conçu par et pour l’Allemagne. Per­met­tant une sous-éva­lua­tion de la mon­naie alle­mande, l’Euro entraine aus­si une sur­éva­lua­tion des mon­naies de pays comme la France, l’Italie[1] et l’Espagne[2]. Cela se tra­duit par l’énorme excé­dent com­mer­cial struc­tu­rel de l’Allemagne au détri­ment de ses voi­sins, un excé­dent com­mer­cial qui porte en lui la fin de l’Union européenne.


    Sources : base de don­nées du FMI (octobre 2016)

    Sans l’Euro, cet excé­dent aurait pro­duit une rééva­lua­tion de la valeur de la mon­naie alle­mande, tout comme il aurait conduit à la dépré­cia­tion de la valeur des autres mon­naies par rap­port à la mon­naie alle­mande. Or, ceci est impos­sible du fait de l’Euro. L’Allemagne avait ain­si une balance com­mer­ciale défi­ci­taire de ‑1,4% du PIB en 1999 ; elle se retrouve avec un excé­dent de plus de 8% en 2015. Sur­tout, cet excé­dent ne cesse de s’accroître depuis l’introduction de l’Euro.

    Les crises désor­mais sont per­ma­nentes depuis 2010. Elles ont de graves consé­quences sociales, directes, comme on le voit avec la mon­tée du chô­mage, et celui des jeunes dans les pays d’Europe du sud, ou indi­rectes, comme les poli­tiques bud­gé­taires stu­pi­de­ment res­tric­tives adop­tées pour « sau­ver l’Euro », qui entrainent une chute his­to­rique des inves­tis­se­ments pesant non seule­ment sur la crois­sance mais sur le bien-être des popu­la­tions. Les crises à répé­ti­tion entre les pays de l’UE les dressent les uns contre les autres, et menacent la coopé­ra­tion euro­péenne comme jamais aupa­ra­vant. L’Euro consti­tue un défi et un dan­ger pour l’état d’esprit euro­péen. Le constat est désor­mais par­ta­gé par de nom­breux éco­no­mistes. Qu’il s’agisse de Lord Mer­vyn King, l’ancien gou­ver­neur de la Bank of England ou Banque cen­trale du Royaume-Uni, qui vient de publier un livre[3] où il étrille l’Euro, de plu­sieurs prix Nobel, dont Joseph Stiglitz[4], ou d’un livre co-écrit par plu­sieurs économistes[5] – tous pensent de même. Ils ne sont pas les seuls. Des poli­tiques de pre­mier plan, comme Oskar Lafon­taine (ex diri­geant du SPD et fon­da­teur du par­ti Die Linke[6]), Ste­fa­no Fas­si­na, ancien ministre du gou­ver­ne­ment de centre-gauche en Italie[7], ont joint leur voix aux critiques. 

    Ces cri­tiques sont le ver­sant poli­cé de la mon­tée des mou­ve­ments popu­listes dans les dif­fé­rents pays euro­péens, que ce soit le Mou­ve­ment 5 étoiles en Ita­lie, PODEMOS en Espagne, le Front Natio­nal en France, ou des mou­ve­ments simi­laires au Pays-Bas et même en Alle­magne (avec AfD). Et cela nous mène à une ques­tion évi­dente : pour­quoi donc l’Euro a‑t-il été mis en place ? […]

    Lire la suite :
    https://​rus​seu​rope​.hypo​theses​.org/​5​393

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    • binnemaya

      Salut Etienne,

      l’Eu­ro a été mis en place pour sou­mettre les peuples et sur­tout cas­ser les conquêtes sociales obte­nues à la sor­tie de la guerre par les résis­tants (sur­tout com­mu­nistes mais pas que).

      Sapir a rai­son (l’UE est morte) mais son appel d’un front uni avec l’extrême droite (FN+DLF+UPR) est inac­cep­table pour quel­qu’un qui pré­tend défendre l’in­té­rêt général.

      Réponse

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