On ne peut pas penser à l’endroit avec des mots à l’envers. Besoin planétaire d’éducation populaire.

21/06/2016 | 85 commentaires

 
On ne peut pas pen­ser à l’en­droit avec des mots à l’envers.

D’où l’im­por­tance, pour le bien com­mun, de l’é­du­ca­tion populaire.

Mais sans vous, ça ne pour­ra pas se faire.

Il est temps de deve­nir tous consti­tuants, par­tout sur terre.

Édu­ca­tion popu­laire : un enjeu de lutte
par Alexia Morvan


https://​blogs​.media​part​.fr/​e​d​i​t​i​o​n​/​l​a​-​r​e​v​u​e​-​d​u​-​p​r​o​j​e​t​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​1​1​1​1​2​/​e​d​u​c​a​t​i​o​n​-​p​o​p​u​l​a​i​r​e​-​u​n​-​e​n​j​e​u​-​d​e​-​l​u​t​t​e​-​p​a​r​-​a​l​e​x​i​a​-​m​orv

Reprendre le maquis de l’éducation popu­laire « avec un petit e » c’est se res­sai­sir de la ques­tion de l’émancipation.

L’éducation popu­laire est une inven­tion du XIXe siècle. Elle sup­pose deux évé­ne­ments his­to­riques très étroi­te­ment liés : la révo­lu­tion indus­trielle (nais­sance du capi­ta­lisme) et la Révo­lu­tion fran­çaise (nais­sance d’une démo­cra­tie repré­sen­ta­tive ou formelle).

Ins­truire ces nou­veaux citoyens (pour les citoyennes il fau­dra attendre le XXe siècle !) pour la Répu­blique, ou ces tra­vailleurs pour les besoins de l’industrie, devient un enjeu pour tous les cou­rants poli­tiques et pour les patrons même si leurs objec­tifs diffèrent.

Une construc­tion par étapes 

À par­tir de cette pre­mière période de l’éducation popu­laire qua­li­fiée « d’éducationniste », toute l’histoire de ce champ peut se lire comme un lent pro­ces­sus de domes­ti­ca­tion des orga­ni­sa­tions civiles par l’État, qui, par étapes spé­cia­lise, rétré­cit et fina­le­ment incar­cère leur poten­tiel cri­tique.

Le pre­mier acte de dis­so­cia­tion est la loi de 1884 sur la recon­nais­sance des syn­di­cats qui va d’ailleurs ins­pi­rer celle de 1901 sur les asso­cia­tions. Alors même que le par­ti poli­tique, le syn­di­cat, l’association, sont issus d’une même matrice his­to­rique (l’association), la loi enté­rine un prin­cipe de divi­sion des rôles qui assure l’étanchéité entre scène poli­tique (aux asso­cia­tions poli­tiques auto­ri­sées, la vision glo­bale, les ques­tions d’intérêt géné­ral, la repré­sen­ta­tion du peuple à l’assemblée) et scène pro­fes­sion­nelle (aux syn­di­cats, les conflits du travail). 

Pel­lou­tier esti­mait que la domi­na­tion de la bour­geoi­sie ne pou­vait se per­pé­tuer sans la domi­na­tion idéo­lo­gique dont l’art et l’enseignement « offi­ciel » consti­tuaient les vec­teurs essen­tiels. Une majeure par­tie de l’éducation popu­laire en s’institutionnalisant (en rela­tion étroite avec la laï­ci­sa­tion de l’enseignement) prend le sens de sup­plé­ment extra­s­co­laire de l’école répu­bli­caine pour les classes popu­laires. Les termes de culture popu­laire ou ouvrière attestent de la pré­sence conti­nue d’un cli­vage avec cette concep­tion de l’éducation popu­laire (démo­cra­ti­sa­tion sco­laire), une méfiance à l’égard des savoirs trans­mis par la culture domi­nante, tant en terme de conte­nus que de moda­li­tés d’appropriation du savoir.

La loi Astier de 1919 (deuxième tour­nant) sur l’enseignement tech­nique appro­fon­dit le tra­vail de seg­men­ta­tion en attri­buant la res­pon­sa­bi­li­té de l’extension des loi­sirs à l’éducation popu­laire tan­dis que se mul­ti­plient les mou­ve­ments de jeu­nesse et avec eux une spé­cia­li­sa­tion par l’âge, le milieu et le genre. 

On com­prend mieux dès lors pour­quoi en 1936 le pre­mier secré­ta­riat d’Etat qui entre­prend direc­te­ment des rela­tions avec les mou­ve­ments de jeu­nesse et d’éducation popu­laire, est réser­vé aux sports et loi­sirs, puis en 1940 pour­quoi se crée pour la pre­mière fois un dépar­te­ment minis­té­riel en charge des seuls pro­blèmes de la jeu­nesse sous le gou­ver­ne­ment de Vichy. 

A contra­rio en 1944 le pro­jet d’ordonnance de Gué­hen­no pour les asso­cia­tions, fédé­ra­tions, coopé­ra­tives, comi­tés d’entreprises et sec­tions jeu­nesses des par­tis poli­tiques assi­mi­lées à des œuvres édu­ca­tives, est une ten­ta­tive d’inscrire la fina­li­té d’une for­ma­tion cri­tique des citoyens dans une large poli­tique publique d’éducation popu­laire. Ce pro­jet (au nom de la culture popu­laire) s’affronte avec celui d’une direc­tion de la jeu­nesse et des pra­tiques spor­tives. L’échec de l’équipe de Gué­hen­no enté­rine le suc­cès d’une concep­tion récréa­tive de l’éducation popu­laire (démo­cra­ti­sa­tion des loi­sirs, épa­nouis­se­ment personnel).

Le troi­sième tour­nant de cette domes­ti­ca­tion se mani­feste à par­tir de 1958 par la pro­fes­sion­na­li­sa­tion du sec­teur (per­son­nel spé­cia­li­sé for­mé par l’État) et la pla­ni­fi­ca­tion d’équipements socio­cul­tu­rels (avec la charge de locaux) dans le cadre d’une vaste poli­tique d’animation mais sur­tout de paci­fi­ca­tion de la vie sociale des quar­tiers urbains. L’État reproche aux asso­cia­tions d’être trop idéo­lo­giques et pas assez techniques.

La qua­trième étape de cette domes­ti­ca­tion s’amorce avec « l’Etat modeste » en 1975. Celui-ci, de plus en plus libé­ral, devient expert du décou­page de l’action publique en dis­po­si­tifs de trai­te­ment local à court terme des symp­tômes (chô­mage, délin­quance juvé­nile…) d’une socié­té non démo­cra­tique. Les modes de finan­ce­ments publics inci­ta­tifs décen­tra­li­sés découpent les actions de l’éducation popu­laire en contrats ter­ri­to­ria­li­sés sur des objec­tifs opé­ra­tion­nels avec une inva­sion de sigles à la mesure des inter­ven­tions spé­cia­li­sées. Les nou­veaux ani­ma­teurs sont cen­sés conce­voir des séquences d’activité pour un public don­né, gui­dés par une « métho­do­lo­gie de pro­jet » avec de nou­velles réfé­rences (média­tion cultu­relle, inser­tion sociale, déve­lop­pe­ment local…).

Dans ces condi­tions l’éducation popu­laire « avec un petit e » pou­vait elle être autre que clandestine ?

Édu­ca­tion popu­laire et émancipation

Depuis 1995, les indices d’un retour de la conflic­tua­li­té sociale en France s’accompagnent d’une réap­pro­pria­tion de la notion d’éducation popu­laire (offre publique de réflexion du minis­tère de la Jeu­nesse et des Sports entre 1998 et 2000). L’enjeu du XXIe siècle consiste à entre­te­nir ce deuxième pôle plus res­tric­tif dans sa défi­ni­tion mais plus ouvert du point de vue de ses pro­ta­go­nistes (au-delà des acteurs offi­ciels agréés) d’un type d’éducation popu­laire visant l’émancipation par des savoirs et des péda­go­gies cri­tiques, par l’exercice poli­tique du plus grand nombre, pour la trans­for­ma­tion radi­cale de l’ordre hié­rar­chique (patriar­cal, colo­nial, capi­ta­liste…) du monde social. Cette orien­ta­tion impose la dés­ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion au sens de la dé-spé­cia­li­sa­tion de l’éducation popu­laire comme condi­tion de sa repolitisation.

La ques­tion cen­trale devient de qui, de quoi faut-il s’émanciper ensemble, faire cause com­mune (classe) et comment ?

L’éducation popu­laire poli­tique consiste dès lors, en groupe, à dire le monde, tel qu’il est, tel qu’on vou­drait qu’il soit, et exer­cer une volon­té col­lec­tive quant à la façon de vivre. Elle prend sa source dans les expé­riences concrètes de domi­na­tion des groupes concer­nés car l’émancipation est indé­ter­mi­née et mul­tiple jusqu’à ce qu’elle prenne forme par des alié­na­tions iden­ti­fiées dans des situa­tions réelles, base de construc­tion d’une reven­di­ca­tion et d’une stra­té­gie com­mune de trans­for­ma­tion. Elle s’accompagne d’une péda­go­gie expé­ri­men­tale d’instruction des conflits tour­née vers l’action col­lec­tive. Cette péda­go­gie tente d’articuler une phi­lo­so­phie de l’émancipation (Ran­cière, Bol­tans­ki) et une théo­rie (ou socio­lo­gie) cri­tique de la domi­na­tion (Marx, Bour­dieu). Elle peut inves­tir tous les espaces, objets, pos­sibles, avec des groupes et des méthodes péda­go­giques variées et sti­mu­lantes (his­toires de vie, confé­rences ges­ti­cu­lées, théâtre de l’opprimé, enquêtes, jeux à par­tir de situa­tions pro­blèmes, entraî­ne­ment au débat public…), dès lors que ceux-ci sou­lèvent des conflits d’intérêts au sens large aux yeux des inté­res­sés pour en faire des pré­textes d’émancipation col­lec­tive dans une visée de trans­for­ma­tion radi­cale de la réa­li­té sociale. 

Alexia Mor­van.

*Alexia Mor­van est doc­teur en sciences de l’éducation. Elle exerce son acti­vi­té pro­fes­sion­nelle dans une coopé­ra­tive d’é­du­ca­tion popu­laire (Le Pavé).

La Revue du pro­jet, n° 20, octobre 2012

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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85 Commentaires

  1. etienne

    Voi­là pour­quoi les médias, comme une seule voix, sont pour la loi tra­vail, contre la grève, contre la CGT, contre la volon­té des Fran­çais de conser­ver un code du tra­vail décent :

    Réponse
  2. BA

    Sar­ko­zy : anti-démo­crate un jour, anti-démo­crate toujours.

    Quand Sar­ko­zy était pré­sident de la Répu­blique, il était anti-démocrate. 

    Par exemple :

    En 2005, Sar­ko­zy avait été furieux de voir le peuple fran­çais voter « non » au réfé­ren­dum concer­nant le trai­té sur la consti­tu­tion européenne.

    En 2008, Sar­ko­zy était pré­sident de la Répu­blique. Il savait que le trai­té de Lis­bonne repre­nait 98 % du trai­té sur la consti­tu­tion euro­péenne. Il savait que le peuple fran­çais allait voter « non » au trai­té de Lis­bonne si un réfé­ren­dum était organisé. 

    Pour contour­ner le peuple fran­çais, Sar­ko­zy a donc fait adop­ter le trai­té de Lis­bonne sans pas­ser par le réfé­ren­dum ! Il a deman­dé au par­le­ment fran­çais de voter le trai­té de Lisbonne !

    Et aujourd’­hui ?

    Aujourd’­hui, Sar­ko­zy est tou­jours autant anti-démo­crate. Il veut un nou­veau trai­té euro­péen. Mais comme il sait que le peuple fran­çais vote­ra « non » à ce nou­veau trai­té, il ne deman­de­ra pas son avis au peuple français !

    C’est comme ça, la construc­tion européenne !

    Les par­ti­sans de la construc­tion euro­péenne savent que les peuples vote­ront « non » aux trai­tés euro­péens, alors ils n’or­ga­nisent plus jamais de référendum !

    La construc­tion euro­péenne conti­nue, mais sans les peuples.

    La construc­tion euro­péenne conti­nue, contre les peuples.

    La construc­tion euro­péenne est anti-sociale, anti-popu­laire, anti-démo­cra­tique. Elle doit être détruite.

    Mer­cre­di 22 juin 2016 :

    Sa pro­po­si­tion est celle d’un nou­veau trai­té euro­péen qui ne ferait pas l’ob­jet d’un réfé­ren­dum (comme le trai­té de Lis­bonne), avec un Schen­gen 2, la créa­tion d’un « euro-Schen­gen » (avec les ministres de l’In­té­rieur), d’un Fonds moné­taire euro­péen, et une Europe qui se concentre sur des dos­siers prioritaires.

    http://​www​.lese​chos​.fr/​e​l​e​c​t​i​o​n​s​/​p​r​i​m​a​i​r​e​-​a​-​d​r​o​i​t​e​/​0​2​1​1​0​5​2​3​7​9​9​1​9​-​a​-​b​e​r​l​i​n​-​s​a​r​k​o​z​y​-​r​e​v​e​-​d​u​-​r​e​t​o​u​r​-​d​u​-​m​e​r​k​o​z​y​-​2​0​0​8​4​2​9​.​php

    Réponse
  3. etienne
  4. etienne

    Nata­cha Polo­ny : Par­ler de sou­ve­rai­ne­té a plus de sens que jamais
    Le texte du col­loque du 18 juin du Comi­té Orwell
    http://​www​.cau​seur​.fr/​n​a​t​a​c​h​a​-​p​o​l​o​n​y​-​c​o​m​i​t​e​-​o​r​w​e​l​l​-​s​o​u​v​e​r​a​i​n​e​t​e​-​g​l​o​b​a​l​i​s​a​t​i​o​n​-​m​o​n​d​i​a​l​i​s​a​t​i​o​n​-​3​8​8​3​2​.​h​tml
    #édu­ca­tion­po­pu­laire #mot­sim­por­tants­re­misà­len­droit #sou­ve­rai­ne­té #sou­ve­rai­nisme

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  5. BA

    Mer­cre­di 22 juin 2016, vers 19 heures 26 :

    A la veille du réfé­ren­dum, deux son­dages donnent le Brexit en tête. 

    Alors que les Bri­tan­niques sont appe­lés à voter pour ou contre la sor­tie de l’U­nion euro­péenne, deux son­dages donnent le camp du non à l’UE en tête.

    Deux nou­veaux son­dages don­naient mer­cre­di le camp d’une sor­tie du Royaume-Uni de l’U­nion euro­péenne légè­re­ment en tête des inten­tions de vote, à la veille du réfé­ren­dum his­to­rique sur cette question.

    Selon Opi­nium, qui a inter­ro­gé 3.011 Bri­tan­niques sur inter­net, 45% étaient pour une sor­tie, 44% pour un main­tien dans l’UE, mais 9% étaient tou­jours indé­cis et 2% pré­fé­raient ne pas se prononcer.

    Selon TNS, qui a son­dé 2.320 per­sonnes, 43% étaient pour une sor­tie de l’UE, 41% étaient pour res­ter, et 16% étaient encore indécis.

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/a‑la-veille-du-referendum-deux-sondages-donnent-le-brexit-en-tete_1805175.html

    Réponse
  6. BA

    Vic­toire !

    « Vive la nation ! »

    C’é­tait le cri du peuple fran­çais lors de la Révo­lu­tion française !

    C’est le cri de tous les peuples qui luttent pour leur indé­pen­dance nationale !

    En ce jour his­to­rique, le peuple bri­tan­nique a choi­si l’in­dé­pen­dance nationale !

    Le des­sin qui résume tout :

    C’est le retour de l’Histoire !

    C’est le retour des nations !

    C’est le droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes, tel qu’il a été inven­té par la Révo­lu­tion française !

    Main­te­nant, c’est au tour du peuple fran­çais de choisir !

    Main­te­nant, c’est au tour du peuple alle­mand de choisir !

    Main­te­nant, c’est au tour du peuple ita­lien de choisir !

    Il faut redon­ner la parole aux peuples !

    Il faut consul­ter les 27 peuples euro­péens en orga­ni­sant 27 référendums :

    « Vou­lez-vous res­ter dans l’U­nion euro­péenne, ou vou­lez-vous en sortir ? »

    Nous vou­lons choi­sir, nous aussi !

    Nous vou­lons dis­po­ser de nous-mêmes, nous aussi !

    Nous vou­lons un référendum !

    BA, jaco­bin.

    Réponse
    • Sam

      YEEEEEEESSE !

      Réponse
  7. etienne

    « Nous avons trop long­temps été amu­sés et induits en erreur par les noms. Il est bien évident que l’usage impropre de mots ou la talen­tueuse mau­vaise uti­li­sa­tion de noms ou d’épithètes ont eu une grande et dan­ge­reuse influence sur la poli­tique de ce pays. 

    Tout abus de lan­gage auquel on peut pen­ser n’a‑t-il pas été pra­ti­qué depuis long­temps pour don­ner au peuple de fausses idées concer­nant à la fois le gou­ver­ne­ment et ses administrateurs ? […] 

    J’espère qu’une main ingé­nieuse four­ni­ra au public un petit dic­tion­naire de ces mots qui, tout comme plu­sieurs lea­ders poli­tiques de ce pays, ont chan­gé de sens depuis l’année 1776. »

    Ano­nyme, jour­nal « Natio­nal Gazette », 12 décembre 1792 aux USA, cité par Dupuis-Déri, « Démo­cra­tie, his­toire poli­tique d’un mot » (2013), p 27.

    Réponse
  8. etienne

    L’avertissement pro­phé­tique de Pierre Men­dès France
    24 juin 2016, par Edwy PLENEL :

    En 1957, lors du débat sur le Trai­té de Rome, Pierre Men­dès France met­tait en garde contre un pro­jet ins­pi­ré par « un libé­ra­lisme du XIXe siècle ». Cette mise en garde oubliée résonne dans notre pré­sent où éclate la crise d’une Europe qui a per­du la confiance majo­ri­taire des peuples.

    Le 18 jan­vier 1957, Pierre Men­dès France (1907−1982) inter­vient à l’Assemblée natio­nale dans le débat sur le pro­jet du Trai­té de Rome qui, signé deux mois plus tard, le 25 mars, ins­ti­tue­ra la pre­mière com­mu­nau­té éco­no­mique euro­péenne, com­po­sée de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et des trois pays du Bene­lux, Bel­gique, Luxem­bourg et Pays-Bas. Alors figure du Par­ti radi­cal, il avait quit­té la pré­si­dence du Conseil deux ans aupa­ra­vant, après sept mois et dix-huit jours de gou­ver­ne­ment dont la briè­ve­té n’empêchera pas le sou­ve­nir durable, celui d’un homme d’État ver­tueux, aver­ti en matière éco­no­mique, sou­cieux des comptes publics, res­pec­tueux du débat démo­cra­tique et, de plus, en quête d’une issue à la crise coloniale.

    À bien­tôt soixante ans de dis­tance, ce dis­cours oublié semble une mise en garde pro­phé­tique, tant Men­dès France y met en évi­dence les vices ori­gi­nels d’un mar­ché éco­no­mique com­mun qui, poli­ti­que­ment, ne pou­vait que pro­duire un éloi­gne­ment pro­gres­sif des peuples de l’idéal euro­péen. Men­dès France, qui sera par­mi les 207 voix contre la pour­suite des négo­cia­tions sur l’élaboration du Trai­té (322 pour, 30 abs­ten­tions), n’hésite pas en effet à affir­mer que ce pro­jet « est basé sur le libé­ra­lisme clas­sique du XIXe siècle » et à y voir, si la poli­tique éco­no­mique de la France devait lui être sou­mise, « l’abdication d’une démo­cra­tie ».

    Autre­ment dit, pour Men­dès France qui, pour­tant, pre­nait l’économie au sérieux, celle-ci ne pou­vait être l’absolu d’une poli­tique. Ou, plu­tôt, la poli­tique, comme bien com­mun, déli­bé­ra­tion per­ma­nente et confiance par­ta­gée, ne pou­vait s’y dis­soudre, sauf à perdre en route la démo­cra­tie elle-même, son idéal et sa vita­li­té. Écou­tons donc ce Cas­sandre, fort lucide et tou­jours jeune, qui, déjà, plaide au nom d’une forte exi­gence sociale et, sur­tout, pré­dit l’engrenage fatal d’une péda­go­gie anti-démo­cra­tique de la future Union européenne.

    « L’harmonisation doit se faire dans le sens du pro­grès social, affirme le dépu­té Men­dès France, dans le sens du relè­ve­ment paral­lèle des avan­tages sociaux et non pas, comme les gou­ver­ne­ments fran­çais le redoutent depuis si long­temps, au pro­fit des pays les plus conser­va­teurs et au détri­ment des pays socia­le­ment les plus avancés. »

    « Mes chers col­lègues, pour­suit Men­dès France, il m’est arri­vé sou­vent de recom­man­der plus de rigueur dans notre ges­tion éco­no­mique. Mais je ne suis pas rési­gné, je vous l’avoue, à en faire juge un aréo­page euro­péen dans lequel règne un esprit qui est loin d’être le nôtre. Sur ce point, je mets le gou­ver­ne­ment en garde : nous ne pou­vons pas nous lais­ser dépouiller de notre liber­té de déci­sion dans des matières qui touchent d’aussi près notre concep­tion même du pro­grès et de la jus­tice sociale ; les suites peuvent en être trop graves du point de vue social comme du point de vue politique.

    « Prenons‑y bien garde aus­si : le méca­nisme une fois mis en marche, nous ne pour­rons plus l’arrêter. (…) Nous ne pour­rons plus nous déga­ger. Nous serons entiè­re­ment assu­jet­tis aux déci­sions de l’autorité supra­na­tio­nale devant laquelle, si notre situa­tion est trop mau­vaise, nous serons condam­nés à venir qué­man­der des déro­ga­tions et des exemp­tions, qu’elle ne nous accor­de­ra pas, soyez-en assu­rés, sans contre­par­ties et sans conditions. »

    À la lec­ture de ces anciennes paroles, Men­dès France prend sou­dain sta­ture de devin tra­gique, anti­ci­pant ce que ses contem­po­rains ne voient pas, parce qu’ils sont aveugles ou parce qu’ils s’aveuglent. Car c’est peu dire que la suite, notam­ment celle vécue ces trente der­nières années par des gou­ver­ne­ments de gauche, élus sur des pro­messes sociales alter­na­tives, aura don­né rai­son à cette prophétie.

    À la fin de son dis­cours, Men­dès France sou­ligne le cœur du désac­cord : ce pro­jet de mar­ché com­mun, résume-t-il, « est basé sur le libé­ra­lisme clas­sique du XIXe siècle, selon lequel la concur­rence pure et simple règle tous les pro­blèmes ». Autre­ment dit, un libé­ra­lisme éco­no­mique qui ruine tout libé­ra­lisme poli­tique, impo­sant la loi d’airain de la concur­rence à la vie sociale, au détri­ment des soli­da­ri­tés col­lec­tives et des liber­tés individuelles.

    « L’abdication d’une démo­cra­tie peut prendre deux formes, conclut Men­dès France, soit le recours à une dic­ta­ture interne par la remise de tous les pou­voirs à un homme pro­vi­den­tiel, soit la délé­ga­tion de ces pou­voirs à une auto­ri­té exté­rieure, laquelle, au nom de la tech­nique, exer­ce­ra en réa­li­té la puis­sance poli­tique, car au nom d’une saine éco­no­mie on en vient aisé­ment à dic­ter une poli­tique moné­taire, bud­gé­taire, sociale, fina­le­ment “une poli­tique”, au sens le plus large du mot, natio­nale et internationale. »

    « Dire cela, ajou­tait Pierre Men­dès France, ce n’est pas être hos­tile à l’édification de l’Europe, mais c’est ne pas vou­loir que l’entreprise se tra­duise, demain, par une décep­tion ter­rible pour notre pays, après un grand et bel espoir, par le sen­ti­ment qu’il en serait la vic­time et, tout d’abord, ses élé­ments déjà les plus défavorisés. »

    Faute de l’avoir écou­té, nous vivons aujourd’hui ces temps de « décep­tion ter­rible » pré­dits par Men­dès France. 

    Edwy PLENEL

    https://www.mediapart.fr/journal/international/240616/l‑avertissement-prophetique-de-pierre-mendes-france

    Réponse
  9. etienne

     
    [poli­ti­ciens = dingues (ou diables)]

    « Il se passe quelque chose »
    … et c’est pire que ce que vous pensez !

    […] « L’idée que nous pour­rions uti­li­ser des isla­mistes pour lut­ter contre les dji­ha­distes a tou­jours été folle, et mal­gré tout c’est pour cette poli­tique étran­gère que l’Establishment et les fau­cons du Congrès – des deux par­tis – ont fait pres­sion. Le virage sun­nite, pris par l’administration Bush, sou­te­nu – et finan­cé – par les Saou­diens, les Turcs et les pays du Golfe, et inten­si­fié par l’administration Oba­ma, a ren­for­cé le pou­voir de nos pires enne­mis et mis en dan­ger le peuple amé­ri­cain. Et voi­ci l’ironie ultime : tout cela a été fait au nom de la lutte contre le terrorisme » […]

    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​i​l​-​s​e​-​p​a​s​s​e​-​q​u​e​l​q​u​e​c​h​o​s​e​-​e​t​-​c​e​s​t​-​p​i​r​e​-​q​u​e​-​c​e​-​q​u​e​-​v​o​u​s​-​p​e​n​sez

    Réponse
  10. etienne

     
    [bal de cra­pules politiciennes]

    Le top des excuses pour ne pas faire de référendum

    Réponse
  11. etienne

    N. Farage (2011), aux par­le­men­taires et aux tech­no­crates euro­péens : « Je veux que vous soyez tous virés ! »

    Réponse
  12. etienne

    Rap­pel :
    1995–2012 : le com­bat de Jacques Che­mi­nade contre le péril financier :

    Réponse
  13. etienne

    Phi­lippe Seguin, 1992 : « Mon irre­ce­va­bi­li­té se fonde sur le fait que le pro­jet de loi [à pro­pos du trai­té de Maas­tricht] viole, de façon fla­grante, le prin­cipe en ver­tu duquel la sou­ve­rai­ne­té natio­nale est inalié­nable et impres­crip­tible, ain­si que le prin­cipe de la sépa­ra­tion des pou­voirs, en dehors duquel une socié­té doit être consi­dé­rée comme dépour­vue de Consti­tu­tion. Il existe en effet, au-des­sus même de la charte consti­tu­tion­nelle, des droits natu­rels, inalié­nables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l’homme et du citoyen tels qu’ils ont été défi­nis par la Décla­ra­tion de 1789. 

    Et quand l’ar­ticle 3 de la Consti­tu­tion du 4 octobre 1958 rap­pelle que « La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte ori­gi­nel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fon­de­ment de notre État de droit. Nulle assem­blée ne sau­rait donc accep­ter de vio­ler déli­bé­ré­ment ce pacte fondamental. 

    La ques­tion de la sépa­ra­tion des pou­voirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assem­blée n’a com­pé­tence pour se des­sai­sir de son pou­voir légis­la­tif par une loi d’ha­bi­li­ta­tion géné­rale, dépour­vue de toute condi­tion pré­cise quant à sa durée et à sa finalité. 

    A for­tio­ri, aucune assem­blée ne peut délé­guer un pou­voir qu’elle n’exerce qu’au nom du peuple. 

    Or, le pro­jet de loi qui nous est sou­mis com­porte bien une habi­li­ta­tion d’une géné­ra­li­té telle qu’elle peut être assi­mi­lée à un blanc-seing. 

    Et nous voi­là confron­tés à une situa­tion tout à fait extra­or­di­naire dans notre his­toire consti­tu­tion­nelle puisque, pour la pre­mière fois, on demande au Par­le­ment de consti­tu­tion­na­li­ser par avance des textes qui n’existent pas encore et qui, pour la plu­part, ne seront même pas sou­mis à rati­fi­ca­tion dès lors qu’il s’a­gi­ra de normes com­mu­nau­taires direc­te­ment appli­cables. On demande donc au Par­le­ment, qui n’en a pas le droit, rien de moins que d’a­ban­don­ner sa com­pé­tence légis­la­tive aux organes com­mu­nau­taires chaque fois que ceux-ci le juge­ront néces­saire pour l’ap­pli­ca­tion du traité. »

    […]

    « Que l’on ne s’y trompe pas, la logique du pro­ces­sus de l’en­gre­nage éco­no­mique et poli­tique mis au point à Maas­tricht est celle d’un fédé­ra­lisme au rabais fon­da­men­ta­le­ment anti-démo­cra­tique, faus­se­ment libé­ral et réso­lu­ment tech­no­cra­tique. L’Eu­rope qu’on nous pro­pose n’est ni libre, ni juste, ni effi­cace. Elle enterre la concep­tion de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale et les grands prin­cipes issus de la Révo­lu­tion : 1992 est lit­té­ra­le­ment l’an­ti-1789. Beau cadeau d’an­ni­ver­saire que lui font, pour ses 200 ans, les pha­ri­siens de cette Répu­blique qu’ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de rui­ner par leurs actes ! »

    Phi­lippe Séguin, « excep­tion d’ir­re­ce­va­bi­li­té » à pro­pos des « Trans­ferts de com­pé­tences néces­saires à l’é­ta­blis­se­ment de l’U­nion éco­no­mique et moné­taire euro­péenne (en vue de l’ap­pli­ca­tion du trai­té de Maas­tricht) », dis­cours for­mi­dable pro­non­cé le 5 mai 1992.

    La vidéo :
    http://videos.assemblee-nationale.fr/video.674333_55488159b3ea7.traite-de-maastricht–exception-d-irrecevabilite-defendue-par-philippe-seguin-5-mai-1992–5‑mai-1992

    Le texte :
    http://​www​.cvce​.eu/​o​b​j​/​d​i​s​c​o​u​r​s​_​d​e​_​p​h​i​l​i​p​p​e​_​s​e​g​u​i​n​_​p​a​r​i​s​_​5​_​m​a​i​_​1​9​9​2​-​f​r​-​2​0​8​c​a​f​c​7​-​f​1​7​5​-​4​e​9​1​-​a​f​4​f​-​d​a​4​7​6​9​4​4​0​e​8​3​.​h​tml

    pdf sur­li­gné : https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​D​o​c​s​/​D​i​s​c​o​u​r​s​_​P​h​i​l​i​p​p​e​_​S​e​g​u​i​n​_​c​o​n​t​r​e​_​M​a​a​s​t​r​i​c​h​t​_​5​_​m​a​i​_​1​9​9​2​.​pdf

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  14. etienne

    « Le régime démo­cra­tique ne peut être conçu, créé et sou­te­nu que par des hommes qui savent qu’ils ne savent pas tout. Le démo­crate est modeste, il avoue une cer­taine part d’ignorance, il recon­naît le carac­tère en par­tie aven­tu­reux de son effort et que tout ne lui est pas don­né, et à par­tir de cet aveu, il recon­naît qu’il a besoin de consul­ter les autres, de com­plé­ter ce qu’il sait. »

    Albert Camus, extrait de « Réflexions sur une démo­cra­tie sans caté­chisme », in La Gauche, juillet 1948.

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  15. etienne

    « Le démo­crate après tout est celui qui admet qu’un adver­saire peut avoir rai­son, qui le laisse donc s’exprimer et qui accepte de réflé­chir à ses argu­ments. Quand des par­tis ou des hommes se trouvent assez per­sua­dés de leurs rai­sons pour accep­ter de fer­mer la bouche de leurs contra­dic­teurs par la vio­lence, alors la démo­cra­tie n’est plus. »

    Albert Camus, extrait de « Démo­cra­tie et Modes­tie », in Com­bat, février 1947.

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  16. etienne

    Jacques Ellul : « Ce qui est nou­veau, en ce temps, et peut-être pour la pre­mière fois dans l’his­toire, c’est l’u­ti­li­sa­tion du mot dési­gnant l’an­cienne valeur pour le fixer sur son exact oppo­sé, c’est l’in­ver­sion totale. Cette inver­sion des valeurs dont cha­cun com­mence à se rendre compte, plus ou moins clai­re­ment, pro­duit un effet pro­fond et grave sur l’homme contem­po­rain : il ne peut plus croire en ces mots, qui de fait deviennent de simples sons. 

    Et encore s’ils n’é­taient que cela, ce ne serait pas bien sérieux : mais ces mots ont expri­mé l’es­pé­rance de l’homme, ils l’ont moti­vée. Ce ne sont pas des sons neutres : deve­nus inverses d’eux-mêmes, ils consti­tuent un poi­son violent de l’âme, de l’être entier. Ils détruisent l’homme parce que celui-ci qu’on le veuille ou non porte encore en lui la soif de jus­tice, de véri­té, d’é­ga­li­té, et qu’on lui donne l’a­cide de l’in­jus­tice, du men­songe, de l’ex­ploi­ta­tion pour se désaltérer. 

    Ain­si l’homme de ce temps n’a plus aucun repère fixe, sain, stable pour orien­ter son action et sa vie, pour juger ce qu’il fait et ce que l’on fait autour de lui. Il n’a plus aucun cri­tère clair et sûr, pour dépar­ta­ger un bien et un mal. Tout ce qu’on lui offre est une bous­sole affo­lée, de fausses lumières dans le brouillard. Telle est la véri­table por­tée de cette inver­sion des valeurs : et ceci vaut pour tous. 

    Tous, sans excep­tion, sont vic­times de cette inver­sion – de ce pain de men­songe et de mirages suc­ces­sifs dis­si­pés à chaque approche. Alors, cet homme qui ne peut plus croire aux valeurs, qui n’a plus aucun repère fixe pour se situer lui-même, ne peut pas davan­tage conce­voir une espé­rance : tout a sans cesse menti. 

    On a avan­cé d’une trom­pe­rie vers un men­songe, d’une misère vers une illu­sion. Il sombre alors dans un scep­ti­cisme sans gran­deur et sans luci­di­té. Il meurt de misère spi­ri­tuelle dans le des­sè­che­ment et le vide des yeux morts. » 

    Jacques Ellul, « L’es­pé­rance oubliée ».

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  17. etienne

    « Quand un tis­su de men­songes bien embal­lé a été ven­du pro­gres­si­ve­ment aux masses pen­dant des géné­ra­tions, la véri­té paraî­tra com­plè­te­ment absurde et son repré­sen­tant un fou furieux. »

    Dresde James.

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  18. etienne

    À New York, lors d’un ban­quet, le 25 sep­tembre 1880, le célèbre jour­na­liste John Swin­ton se fâche quand on pro­pose de boire un toast à la liber­té de la presse :

    « Il n’existe pas, à ce jour, en Amé­rique, de presse libre et indé­pen­dante. Vous le savez aus­si bien que moi. Pas un seul par­mi vous n’ose écrire ses opi­nions hon­nêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opi­nions et nous savons tous que si nous nous aven­tu­rions à le faire, nous nous retrou­ve­rions à la rue illi­co. Le tra­vail du jour­na­liste est la des­truc­tion de la véri­té, le men­songe patent, la per­ver­sion des faits et la mani­pu­la­tion de l’o­pi­nion au ser­vice des Puis­sances de l’Argent. Nous sommes les outils obéis­sants des Puis­sants et des Riches qui tirent les ficelles dans les cou­lisses. Nos talents, nos facul­tés et nos vies appar­tiennent à ces hommes. Nous sommes des pros­ti­tuées de l’in­tel­lect. Tout cela, vous le savez aus­si bien que moi ! »

    (Cité dans : Labor’s Untold Sto­ry, de Richard O. Boyer and Her­bert M. Morais, NY, 19551979.)

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  19. etienne

    « Le lan­gage poli­tique est conçu pour don­ner aux men­songes des airs de véri­té, rendre le meurtre res­pec­table, et faire pas­ser pour solide ce qui n’est que du vent. »
    George Orwell.

    « Les noms mêmes des quatre minis­tères qui nous dirigent font res­sor­tir une sorte d’im­pu­dence dans le ren­ver­se­ment déli­bé­ré des faits. Le minis­tère de la Paix s’oc­cupe de la guerre, celui de la Véri­té, des men­songes, celui de l’A­mour, de la tor­ture, celui de l’A­bon­dance, de la famine. Ces contra­dic­tions ne sont pas acci­den­telles, elles ne résultent pas non plus d’une hypo­cri­sie ordi­naire, elles sont des exer­cices déli­bé­rés de doublepensée.
    Ce n’est en effet qu’en conci­liant des contraires que le pou­voir peut être indé­fi­ni­ment rete­nu. L’an­cien cycle ne pou­vait être bri­sé d’au­cune autre façon. Pour que l’é­ga­li­té humaine soit à jamais écar­tée, pour que les grands, comme nous les avons appe­lés, gardent per­pé­tuel­le­ment leurs places, la condi­tion men­tale domi­nante doit être la folie dirigée. »
    George Orwell, 1984.

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  20. etienne

    On avale à pleine gor­gée le men­songe qui nous flatte,
    et l’on boit goutte à goutte une véri­té qui nous est amère.
    Diderot

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  21. etienne

    « Ou tu défends la liber­té d’expression pour des opi­nions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout. Même Hit­ler et Sta­line étaient ravis de défendre la liber­té d’expression pour des idées qui leur conve­naient. Voi­là les enjeux essen­tiels. Pour pou­voir élu­der ce débat, il y a tou­jours le flot de men­songes habituels. »

    Noam Chom­sky

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  22. etienne

    « La parole n’a pas été don­née à l’homme, il l’a prise. »
    Aragon.

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  23. etienne

    « Désor­mais, nous dit-on, l’individu est roi et le roi est sujet. Tout devrait donc être pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est, du moins, ce que cherchent à nous faire croire tous ces pro­fes­sion­nels de la poli­tique qui occupent le devant de la scène à nos dépens. Car, hélas, le pré­sent est tou­jours à l’image du pas­sé : le pri­vi­lège du pou­voir n’est pas de répondre aux ques­tions ─ de voter ─ mais de les poser ─ d’organiser les élections. »
    Upins­ky, « Com­ment vous aurez tous la tête cou­pée (ou la parole). Le cal­cul et la mort sont les deux pôles de la poli­tique » (1991), p 25.

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  24. etienne

    « Pour dire un men­songe, on peut aller vite. Pour dire la véri­té, il faut réflé­chir. Men­songe et véri­té ne sont pas les deux faces d’une même pièce : il est plus facile de dire un men­songe qu’une véri­té ; le men­songe s’accommode mieux de la vitesse, de la non réflexion, du n’importequoitisme. La véri­té, c’est un pro­ces­sus long, qui demande du temps. »
    Vik­tor Dedaj.

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  25. etienne

    [un article épa­tant de Nata­cha Polony]

    Encore un coup des xénophobes !

    Ils sont de retour. Les xéno­phobes, les racistes, ceux qui avaient accom­pa­gné le résul­tat du 29 mai 2005. Ceux qui courent à lon­gueur d’éditoriaux ou de dis­cours, sous la plume de Ber­nard-Hen­ri Lévy ou de Franz-Oli­vier Gies­bert, dans la voix de Jacques Atta­li ou de Pas­cal Lamy. Le peuple a voté, qu’il soit bri­tan­nique aujourd’hui ou fran­çais hier, il a mal voté, il est donc xéno­phobe. Raciste, même. Voter pour la sor­tie du Royaume-Uni de l’Union euro­péenne, c’est mili­ter pour la hié­rar­chie entre les races.

    Voi­là déjà long­temps que les tenants de la « seule poli­tique pos­sible » usent de ces notions de racisme et de xéno­pho­bie – user étant bien le terme – pour évi­ter de débattre de la nature et des moti­va­tions de leurs choix éco­no­miques et poli­tiques. Évi­dem­ment, on aurait des rai­sons non négli­geables de soup­çon­ner une entour­loupe idéo­lo­gique, par­ti­cu­liè­re­ment de la part de gens qui nous expli­quaient il y a peu que la Grande-Bre­tagne était un modèle de pros­pé­ri­té éco­no­mique dont nous ferions bien – pares­seux et réac­tion­naires que nous sommes – de nous ins­pi­rer, et qui affirment aujourd’hui avec gra­vi­té que le vote pro-Brexit n’est qu’une réponse un peu trop érup­tive d’une classe ouvrière débous­so­lée par la crise. Et l’on connaît la suite : qui dit crise, dit besoin de boucs émis­saires, dit flam­bée raciste contre les immigrés…

    Qu’il existe dans tous les pays d’Europe (comme dans toute l’humanité, faut-il le rap­pe­ler ?) des racistes rêvant de pré­ser­ver une sup­po­sée pure­té, per­sonne ne le nie­ra. Mais voter contre l’Union euro­péenne est-il une marque de xéno­pho­bie ? Et, ques­tion corol­laire, voter pour l’Union euro­péenne relève-t-il de l’amour de l’Autre et, plus lar­ge­ment, de l’adhésion à une citoyen­ne­té euro­péenne ? Et d’ailleurs, citoyen­ne­té ou identité ?

    Ceux qui nous vendent aujourd’hui une Union euro­péenne essen­tiel­le­ment occu­pée à orga­ni­ser la libre cir­cu­la­tion des pro­fits vers le para­dis fis­cal luxem­bour­geois et la libre cir­cu­la­tion des tra­vailleurs déta­chés vers des lieux où les pro­tec­tions sociales sont scan­da­leu­se­ment garan­ties vont-ils nous expli­quer enfin quelle est leur défi­ni­tion de l’Europe ? De fait, on n’en trouve pas trace dans les trai­tés pré­cé­dem­ment signés.

    L’Europe est-elle cette civi­li­sa­tion qui naît sur les ruines de l’Empire romain, dans des royaumes conver­tis de jus­tesse au catho­li­cisme après un pas­sage par l’arianisme ? Doit-on gar­der le sou­ve­nir de la fron­tière mar­quée par les mis­sions de Cyrille et Méthode qui la par­tage entre monde grec et monde latin, cette fron­tière qui a res­sur­gi quand l’Allemagne et le Vati­can ont recon­nu de manière uni­la­té­rale la Croa­tie (catho­lique et pro-alle­mande) qui vou­lait se sépa­rer de la Ser­bie (ortho­doxe et slave) ? L’identité de l’Europe est-elle dans cette com­mu­nau­té de pen­seurs huma­nistes qui, après 1453 et la prise de Constan­ti­nople par les Turcs, ont redé­cou­vert l’Antiquité grâce aux let­trés byzan­tins ? Est-elle dans le libé­ra­lisme d’Adam Smith ou la décons­truc­tion car­té­sienne, dans les Lumières de Mon­tes­quieu ou dans celles de Kant ?

    Il est curieux que les contemp­teurs de la xéno­pho­bie soient jus­te­ment ceux qui effacent conscien­cieu­se­ment cette his­toire com­plexe de la civi­li­sa­tion euro­péenne. Ni sou­ve­nir loin­tain de Rome et d’Athènes, ni royaumes chré­tiens… sur­tout pas ! On ris­que­rait de consta­ter que la Tur­quie, déci­dé­ment, n’a rien à faire dans l’Europe. On pour­rait s’apercevoir que la France a au moins autant à voir avec les pays du pour­tour médi­ter­ra­néen, le Mare Nos­trum des Romains, qu’avec les tolé­rants et froids scan­di­naves. Bref, mieux vaut nier l’autre, les autres, effa­cer leur his­toire, pour per­mettre le grand mar­ché. Nier l’histoire spé­ci­fique de la Grande-Bre­tagne, et même accu­ser le peuple le plus tour­né vers le monde d’être désor­mais fer­mé sur lui-même. Un comble !

    La néga­tion des nations euro­péennes et de leur his­toire, maquillée en lutte contre la xéno­pho­bie, ne sau­rait se pré­va­loir d’une quel­conque « ouver­ture à l’autre » (sur­tout de la part de gens qui ont sou­te­nu et par­fois sus­ci­té les guerres les plus hasar­deuses et dont les réfu­giés qui frappent aux portes de l’Europe sont les tristes témoins), pas plus que la néga­tion des langues euro­péennes au pro­fit d’un « glo­bish » de tech­no­crates et de finan­ciers ne sau­rait se faire pas­ser pour un amour de l’Europe et de sa civi­li­sa­tion. Res­pec­ter la dif­fé­rence, c’est construire l’Europe sur l’articulation de ses dif­fé­rences et la liber­té de ses peuples. C’est se sou­ve­nir que le peuple anglais n’a jamais eu besoin des leçons des élites fran­çaises pour résis­ter aux folies meurtrières.

    Mais la véri­té, c’est que la glo­ba­li­sa­tion, unique pro­gramme de l’Union euro­péenne, déteste les dif­fé­rences et s’accommode mal de l’esprit des peuples et de l’histoire des nations. Alors, remer­cions les Anglais qui, une fois de plus, nous ont rap­pe­lés aux devoirs des grands pays. « Ce n’est pas la fin, disait Chur­chill en 1942, ni même le com­men­ce­ment de la fin, mais c’est peut-être la fin du com­men­ce­ment. » Le com­men­ce­ment d’une construc­tion de l’Europe des peuples et des nations, tra­duc­tion poli­tique d’une grande civilisation.

    Nata­cha Polony

    Source : http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/06/24/31002–20160624ARTFIG00285-encore-un-coup-des-xenophobes.php

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  26. etienne

    Pour­quoi les Bri­tan­niques ont dit non à l’Europe
    par John PILGER :

    http://​www​.legrand​soir​.info/​p​o​u​r​q​u​o​i​-​l​e​s​-​b​r​i​t​a​n​n​i​q​u​e​s​-​o​n​t​-​d​i​t​-​n​o​n​-​a​-​l​-​e​u​r​o​p​e​.​h​tml

    La déci­sion de quit­ter l’Europe votée par la majo­ri­té des Bri­tan­niques est un acte par­fai­te­ment démo­cra­tique. Des mil­lions de gens ordi­naires ont refu­sé de se lais­ser impres­sion­ner, inti­mi­der et mépri­ser par les ana­lystes des prin­ci­paux par­tis, le monde des affaires, l’oligarchie finan­cière et les grands médias.

    Ce fut en grande par­tie le vote de ceux qui étaient déçus et démo­ra­li­sés par l’arrogance des défen­seurs d’une poli­tique de main­tien dans l’UE asso­ciée à la décons­truc­tion d’une poli­tique sociale équi­table en Grande Bre­tagne. Le ser­vice Natio­nal de San­té, der­nier bas­tion des réformes his­to­riques de 1945, a été à ce point déman­te­lé par les Conser­va­teurs et les Tra­vaillistes par­ti­sans des pri­va­ti­sa­tions qu’il en est réduit à devoir se battre pour sa survie.

    L’alarme a été déclen­chée quand George Osborne, secré­taire au tré­sor, incar­na­tion de l’ancien régime bri­tan­nique et de la mafia ban­caire en Europe, a mena­cé d’amputer de 30 mil­liards de £ le bud­get des ser­vices publics si la popu­la­tion fai­sait le mau­vais choix. Ce chan­tage était scandaleux.

    Le pro­blème de l’immigration a été exploi­té au cours de la cam­pagne avec un cynisme ache­vé non seule­ment par les popu­listes déli­rants d’extrême droite mais aus­si par les tra­vaillistes traî­nant avec eux une vieille tra­di­tion de racisme, symp­tôme de cor­rup­tion du som­met plu­tôt que de la base du par­ti. On connaît pour­tant les rai­sons de la pré­sence de ces mil­lions de réfu­giés qui ont fui le Proche et le Moyen Orient – d’abord l’Iraq, main­te­nant la Syrie – suite aux inva­sions et aux agres­sions lan­cées par la Grande Bre­tagne, les Etats-Unis, la France, l’Union Euro­péenne et l’OTAN. Avant cela, il y eut la des­truc­tion déli­bé­rée de la You­go­sla­vie ; plus loin encore la confis­ca­tion de la Pales­tine et l’imposition de l’Etat d’Israël.

    Les casques à plumes ont dis­pa­ru mais le sang n’a jamais séché. Ce mépris du dix-neu­vième siècle pour les pays et les peuples, selon l’importance de leur uti­li­té colo­niale, demeure une pièce maî­tresse de la « glo­ba­li­sa­tion » avec son socia­lisme per­vers pour les riches et son capi­ta­lisme débri­dé pour les pauvres : liber­té pour le capi­tal, déni de liber­té pour le tra­vail, poli­ti­ciens per­fides et agents civils politisés.

    Tout cela a main­te­nant atter­ri en Europe, enri­chis­sant Tony Blair et ses sem­blables en appau­vris­sant et asser­vis­sant des mil­lions de per­sonnes. Ce 23 juin, les Bri­tan­niques n’ont rien vu d’autre.

    Les pro­mo­teurs les plus effi­caces de « l’idéal euro­péen » n’ont pas été l’extrême droite mais une insup­por­table classe patri­cienne diri­geante pour laquelle Londres repré­sente le Royaume Uni. Ses membres diri­geants se voient comme ins­truits, libé­raux, élite éclai­rée du vingt et unième siècle et même un peu cool. Ils ne sont en réa­li­té qu’une bour­geoi­sie aux goûts consu­mé­ristes insa­tiables, por­teuse de sen­ti­ments de supé­rio­ri­té dépassés.

    Dans leur quo­ti­dien, le Guar­dian, ils ont aboyé jour après jour sur ceux qui osaient consi­dé­rer l’Union Euro­péenne comme pro­fon­dé­ment anti-démo­cra­tique, à la source d’injustices sociales et d’un extré­misme viru­lent connu sous le nom de néolibéralisme.

    L’objectif de cet extré­misme est d’installer une théo­cra­tie capi­ta­liste figée qui conforte une socié­té à trois classes : une majo­ri­té divi­sée et endet­tée diri­gée par une classe struc­tu­rée stable et une classe per­ma­nente de tra­vailleurs pauvres. Aujourd’hui, en Grande Bre­tagne, 63% des enfants pauvres vivent dans une famille dont un seul membre tra­vaille. Pour eux, la trappe est déjà fer­mée. Une étude rap­porte que 600.000 habi­tants du Grand Man­ches­ter, la seconde ville bri­tan­nique, découvrent les effets de la grande pau­vre­té tan­dis que 1.6 mil­lions de Bri­tan­niques s’enfoncent dans la précarité.

    Cette situa­tion catas­tro­phique a été trop peu évo­quée par les médias contrô­lés par la bour­geoi­sie, notam­ment par la BBC domi­née par Oxbridge. Pen­dant la cam­pagne du refe­ren­dum, aucune ana­lyse en pro­fon­deur n’a pu éclip­ser le cli­ché hys­té­rique d’une sor­tie de l’Europe, comme si la Grande Bre­tagne allait subi­te­ment déri­ver vers les cou­rants hos­tiles quelque part au nord de l’Islande.

    Au matin après le vote, un repor­ter de la BBC accueillait les poli­ti­ciens dans son stu­dio comme de vieux copains en disant, notam­ment à Lord Peter­son, archi­tecte décon­si­dé­ré du Blai­risme : « Pour­quoi ces gens rejettent-ils l’Europe à ce point ? ». « Ces gens » sont la majo­ri­té des Britanniques.

    Tony Blair, opu­lent cri­mi­nel de guerre, reste un héros de la classe « euro­péenne » Man­del­son, ce que l’on n’ose plus guère dire aujourd’hui. Le Guar­dian a décrit Blair en son temps comme un mys­tique fidèle à son pro­jet de guerre pré­da­trice. Après le scru­tin, l’éditorialiste Mar­tin Ket­tle a appor­té une réponse Brech­tienne au mau­vais usage de la démo­cra­tie par les masses. « Aujourd’hui, nous pou­vons nous accor­der sur le fait que les refe­ren­dums sont mau­vais pour la Grande Bre­tagne. » titrait-il sur sa page. Le « nous » n’était pas expli­ci­té mais bien com­pris, tout comme l’était « ces gens » à la BBC. « Le refe­ren­dum a confé­ré moins de légi­ti­mi­té aux poli­tiques, rien de plus, » écri­vait Kettle…Le ver­dict au sujet des refe­ren­dums devrait être bru­tal : plus jamais ça.

    Ce genre de bru­ta­li­té à laquelle aspire Ket­tle est illus­tré par le spec­tacle de la Grèce, un pays pas­sé à l’aspirateur. Là, il y a eu un refe­ren­dum dont on n’a pas tenu compte. Comme pour le par­ti tra­vailliste en Grande Bre­tagne, les diri­geants du gou­ver­ne­ment Syri­za à Athènes sont issus de milieux aisés, pri­vi­lé­giés, édu­qués, frot­tés à l’hypocrisie et aux tra­hi­sons post­mo­der­nistes. Le peuple grec a uti­li­sé cou­ra­geu­se­ment le refe­ren­dum pour deman­der à son gou­ver­ne­ment de négo­cier de meilleurs termes pour l’accord conclu à Bruxelles qui broyait la vie de leur pays. Ils ont été tra­his comme les Bri­tan­niques l’auraient été.

    Ven­dre­di, la BBC a deman­dé à Jere­my Cor­byn, lea­der du par­ti tra­vailliste, s’il ren­drait hom­mage à son par­te­naire, le démis­sion­naire Came­ron, dans leur com­bat pour le « oui » et il a alors, jusqu’à pro­vo­quer la nau­sée, ren­du hom­mage à la digni­té de Came­ron, rap­pe­lé son sou­tien au mariage gay et ses excuses aux familles irlan­daises pour les vic­times du « bloo­dy Sun­day ». Il n’a rien dit des germes de divi­sion semés dans le pays par Came­ron, de ses poli­tiques d’austérité bru­tales, de ses men­songes au sujet des garan­ties appor­tées au Ser­vice Natio­nal de San­té. Il n’a pas non plus rap­pe­lé la folie guer­rière du gou­ver­ne­ment Came­ron : l’envoi de forces spé­ciales en Libye, la four­ni­ture de lan­ceurs et de muni­tions à l’Arabie Saou­dite et, par-des­sus tout, sa dis­po­ni­bi­li­té pour une troi­sième guerre mondiale.

    Au cours de la semaine pré­cé­dant le refe­ren­dum, aucun poli­ti­cien ni, à ma connais­sance, aucun jour­na­liste bri­tan­nique n’a fait men­tion du dis­cours de Vla­di­mir Pou­tine à Saint Péters­bourg com­mé­mo­rant le sep­tante-cin­quième anni­ver­saire de l’invasion de l’Union Sovié­tique par les Nazis le 22 juin 41. La vic­toire des Sovié­tiques au prix de 27 mil­lions de vies sovié­tiques et de la majo­ri­té des forces armées alle­mandes nous a per­mis de l’emporter dans cette seconde guerre mondiale.

    Pou­tine a asso­cié l’actuel ren­for­ce­ment fébrile des troupes de l’OTAN ain­si que la conso­li­da­tion des bases mili­taires aux fron­tières occi­den­tales de la Rus­sie à l’opération Bar­ba­ros­sa du troi­sième Reich. Les exer­cices de l’OTAN en Pologne ont été les plus impor­tants depuis l’invasion nazie ; l’opération Ana­con­da a simu­lé une attaque de la Rus­sie, vrai­sem­bla­ble­ment avec des armes nucléaires. A la veille du refe­ren­dum, le secré­taire géné­ral de l’OTAN, Jens Stol­ten­berg, a sour­noi­se­ment pré­ve­nu les Bri­tan­niques de ce qu’ils met­traient en dan­ger la paix et la sécu­ri­té en votant pour la sor­tie de l’Union Euro­péenne. Ces mil­lions-là l’ont igno­ré, comme ils ont igno­ré Came­ron, Osborne, Cor­byn, Oba­ma et celui qui dirige la banque d’Angleterre ; en votant ain­si ils ont peut-être, et seule­ment peut-être, ren­du un espoir de paix réelle et de démo­cra­tie en Europe.

    John PILGER

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    Tra­duit de l’anglais par Oscar GROSJEAN pour Investig’Action

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    Réponse
  27. Sam

    Par la sou­ve­raine grâce des Anglais, et en tout cas par la force du fait accom­pli, un strict fait s’impose désor­mais à la conscience des gens, même les plus lavés du cer­veau : il est pos­sible de sor­tir de l’Union euro­péenne. Nous est donc octroyé, enfin, un acquis com­mu­nau­taire. Je veux dire une croyance – sinon une connais­sance – effec­ti­ve­ment com­mune, que cha­cun aura l’occasion d’apprécier libre­ment et qui (une fois n’est pas cou­tume avec l’UE) ne lui aura pas été impo­sé par la force ou par la ruse, sim­ple­ment par le fait, accom­pli dans les règles et, d’ailleurs, sui­vant la seule méthode qui soit applicable. 

    Bien sûr, à pré­sent que nous savons tous qu’il est pos­sible de le faire, nous le ferons – ça ne sau­rait tar­der encore longtemps.

    Après quelques habi­tuels gros délits d’initiés, “les mar­chés” vont, quant à eux, vite reprendre leur marche gen­ti­ment dans un élan retrou­vé, comme pour tout le monde satis­faits de la nou­velle situa­tion. Cha­cun pour­ra consta­ter que rien n’a pro­fon­dé­ment chan­gé durant la tra­ver­sée de quelques tur­bu­lences pas­sa­gères. Après quoi ça ne pour­ra qu’aller mieux.

    Un récent son­dage euro­péen (*) confirme que l’esprit des Fran­çais (et des Espa­gnols) dénote par les marques d’une trop longue mani­pu­la­tion pseu­do-fédé­ra­liste : c’est à mon avis effrayant, mais un nombre incroya­ble­ment éle­vé de Fran­çais – 34% d’entre les son­dés – conti­nue de croire qu’une pour­suite dans l’intégration « tou­jours plus étroite » est sou­hai­table, donc a for­tio­ri pra­ti­cable, fai­sable, tenable, durable. C’est d’autant plus sur­pre­nant et inquié­tant que les Fran­çais se dis­tinguent éga­le­ment (après la Grèce) comme l’une des nations qui sont les moins favo­rables à l’UE (telle qu’elle est). Les Fran­çais de 35 ans et plus sont moins d’un tiers à avoir un avis favo­rable. Il y a dif­fi­ci­le­ment place pour l’interprétation : cette curio­si­té ne peut tenir qu’à la double, fausse croyance que l’UE (bien que catas­tro­phique en son état réel, actuel) est lar­ge­ment amen­dable et que nous puis­sions, au moins sur la papier, lui don­ner une forme ins­ti­tu­tion­nelle viable.

    Cette posi­tion psy­cho­tique n’est donc évi­dem­ment pas le fait d’un éga­re­ment spon­ta­né, mais à l’intrusion de cette double fausse croyance. J’ai per­son­nel­le­ment fré­quen­té pas mal d’européistes plu­tôt au fait des réa­li­tés ins­ti­tu­tion­nelles et qui pour­tant fument de cette herbe. Pour­tant, pas besoin d’être très malin pour com­prendre, par exemple, que sans État (fédé­ral), pas de flux de com­pen­sa­tions finan­cières auto­ma­tiques, donc pas de mon­naie unique qui tienne. On ne demande pas aux habi­tants de la Lozère d’éponger la dette exté­rieure de leur dépar­te­ment vis-à-vis de celui du Haut-Rhin. Et si un Lozé­rien veut bos­ser dans l’aéronautique, faute de pou­voir le faire par chez lui, à la rigueur il peut choi­sir d’aller vivre à Tou­louse, ce qui n’entraîne heu­reu­se­ment pas non plus de tels absurdes trans­ferts finan­ciers, sans par­ler d’en faire des prêts, dettes et inté­rêts. Et si ça marche, évi­dem­ment, c’est parce que que les Conseillers géné­raux de la Lozère et du Haut-Rhin n’ont rigou­reu­se­ment rien à en dire, parce que ça découle auto­ma­ti­que­ment de règles supé­rieures écrites à Paris. Pour­vu que ça dure. C’est ce qu’on appelle un État. Quant on a com­pris ça, on en a com­pris assez pour dire bye-bye à cette impasse mor­telle qu’est l’UE. Et qu’on est bien bêtes de lais­ser se déve­lop­per de telles archi­tec­tures tyran­niques car non seule­ment elles le sont mais elles ne peuvent que l’être et le rester.

    Cette croyance (idiote) est sim­ple­ment le pro­duit de décen­nies de men­songes, disais-je, du moins de l’absence criante et per­sis­tante, dans les débats, de ce genre de péda­go­gie élé­men­taire. Mais pour cette même rai­son elle se soigne assez bien… sur le papier. Il suf­fit en gros de com­prendre qu’on n’est pas sur la voie du fédé­ra­lisme euro­péen (depuis des années, on y est même clai­re­ment de moins en moins) – et que, d’ailleurs, même si on y était, l’UE serait le meilleur obs­tacle. Mais jus­te­ment, ce n’est pas tant par les expli­ca­tions – les débats réels sur le sujet sont tou­jours le plus rare pos­sible, pour cause – que par la voie du fait accom­pli qu’on a pu long­temps nous cacher que l’UE n’a pas d’avenir : il suf­fi­sait déjà lar­ge­ment que, faute de pré­cé­dent, chaque popu­la­tion soit ulti­me­ment convain­cue, sans jus­te­ment y pen­ser, que nous n’avions de toutes manières que le choix de nous plier à accep­ter de bri­co­ler l’UE en atten­dant tou­jours « une autre Europe », tout sim­ple­ment parce que l’UE était un fait accom­pli et parce qu’il était comme incon­ce­vable d’en sor­tir, puisque per­sonne ne l’avait jamais fait (et bien sûr tout était fait pour que cette illu­sion dure). C’en est fini de cet état de fait, le reste sui­vra bientôt.

    Vive les Anglais. Vive tous ces ouvriers, ces pêcheurs, à qui on a déro­bé leurs indus­tries, leurs ser­vices publics et leur digni­té. Vive la démo­cra­tie. Mer­ci pour eux, pour nous et tous les autres peuples que la mort de l’UE vien­dra bien­tôt soulager.

    (*) http://​www​.pew​glo​bal​.org/​2​0​1​6​/​0​6​/​0​7​/​e​u​r​o​s​k​e​p​t​i​c​i​s​m​-​b​e​y​o​n​d​-​b​r​e​x​it/

    Réponse
  28. BA

    Réfé­ren­dum au Royaume-Uni : « D’une façon ou d’une autre, ce résul­tat doit être annu­lé. » (Peter Suther­land, patron de la banque Gold­man Sachs)

    Lun­di 27 juin 2016 :

    Le pré­sident de Gold­man Sachs annonce qu’il va fal­loir annu­ler le Brexit « d’une façon ou d’une autre » 

    L’ancien Com­mis­saire euro­péen à la concur­rence, ancien direc­teur géné­ral de l’OMC, actuel pré­sident de l’European Poli­cy Cen­ter et actuel pré­sident de Gold­man Sachs Inter­na­tio­nal a dif­fu­sé le tweet sui­vant suite à la vic­toire du Brexit au réfé­ren­dum britannique :

    « La jeune géné­ra­tion au Royaume-Uni a été sacri­fiée, tout ça à cause d’une défor­ma­tion des faits et des consé­quences. D’une façon ou d’une autre, ce résul­tat doit être annulé. »

    https://​twit​ter​.com/​P​D​S​u​t​h​e​r​l​a​n​d​U​N​/​s​t​a​t​u​s​/​7​4​6​6​8​7​3​6​2​9​0​2​7​2​8​704

    Réponse
  29. zedav

    « D’une façon ou d’une autre »

    J’ai bien peur en effet que cette sor­tie de l’UE ne soit que for­melle et que les maîtres des lois et règle­ments trouvent des che­mins juri­diques opaques et dis­crets pour rendre ce Brexit aus­si effec­tif que ne l’ont été les réfé­ren­dums des autres peuples européens…

    Réponse
  30. Sam

    Suther­land joue à nous faire peur, on a l’ha­bi­tude : c’est son bou­lot. Blague à part, donc, on pour­rait deman­der s’il faut tra­duire la ques­tion et sa réponse ain­si : la City sort de l’UE. Non seule­ment il y croit, à son rêve euro­péen (il serait trop cher à ache­ter) mais il sait que la Grande-Bre­tagne ne risque pas de quit­ter l’OMC, ni l’O­TAN. Blague à part, donc, rien ne va chan­ger pour le moment. Je sup­pose qu’ils se sont payé quelques mon­tages tran­quillou, fixant entre autres à l’a­vance la « puni­tion » que serait la déva­lua­tion « infli­gée » à la Livre ster­ling ; que tout a bien rou­lé pour eux, en bonne entente avec la Cou­ronne – qui renoue pour pas cher avec son cher empire – et qu’une fois empo­ché le fric, tout va ren­trer sage­ment dans l’ordre. Cela n’en­lève rien au mérite des citoyens bri­tan­niques, il y a sim­ple­ment que les son­dages l’a­vaient su à l’a­vance et qu’on a veillé à le cacher à la populace.

    Que la gauche bri­tan­nique ait eu de bonnes rai­sons de sor­tir de l’UE, c’est évident. Mais main­te­nant, évi­dem­ment, tout lui reste à faire. Pour enfin essayer de les y aider, et de nous aider en même temps, il serait bien que nous pre­nions au moins – c’est très peu deman­der au demeu­rant, mais c’est en fait un effort inouï – l’ha­bi­tude d’ar­rê­ter de répé­ter en cœur une rhé­to­rique trop bien hui­lée qui dit que ces salauds de roast­beef sont tous des ultra­li­bé­raux. Je ne vise per­sonne : je rap­pelle jus­te­ment que cette sale­té d’i­mage nous a été car­ré bien dans le crane, à tous ou presque. Réus­site plus géniale encore que dis­crète de la part du poi­son bruxel­lois. Tu parles si on quitte l’UE en deux mois. Mais patience.

    Réponse
  31. etienne

    Et si le Royaume-Uni ne quit­tait jamais l’U­nion européenne ?
    http://www.lefigaro.fr/international/2016/06/27/01003–20160627ARTFIG00009-le-brexit-arlesienne-de-l-ete-2016.php

    « Un nombre crois­sant de res­pon­sables direc­te­ment impli­qués se gardent de garan­tir la réa­li­té d’un divorce entre le Royaume-Uni et l’U­nion euro­péenne. David Came­ron a fait savoir qu’il lais­se­rait à son suc­ces­seur le soin de pro­vo­quer la rup­ture, au plus tôt à l’automne.

    De notre cor­res­pon­dant à Bruxelles

    Le Brexit ? N’y comp­tez pas trop… Les 52 % de Bri­tan­niques qui viennent de voter « non » à l’UE ont déclen­ché un trem­ble­ment de terre en Europe, sur les mar­chés et dans les chan­cel­le­ries. Mais de là à garan­tir un divorce offi­ciel entre le Royaume-Uni et le Conti­nent, il y a comme un bras de mer qu’un nombre crois­sant de res­pon­sables direc­te­ment impli­qués se gardent de fran­chir, à Bruxelles, à Londres et à Berlin.

    Le pre­mier flot­te­ment a sur­gi ven­dre­di lorsque David Came­ron a fait savoir qu’il lais­se­rait à son suc­ces­seur le soin de pro­vo­quer la rup­ture, au plus tôt à l’au­tomne. Un haut res­pon­sable euro­péen confirme que le pre­mier ministre défait ne répon­dra pas à la ques­tion, lors­qu’il se retrou­ve­ra face à ses pairs des vingt-sept autres pays de l’UE, mar­di soir à Bruxelles. « Je suis prêt à en mettre ma main au feu », ren­ché­rit un diplo­mate au fait des discussions.

    Fuite cal­cu­lée à Berlin ?

    Le doute s’est ren­for­cé dimanche lors d’un couac – ou d’une fuite cal­cu­lée ? – à la chan­cel­le­rie à Ber­lin. Peter Alt­maier, confi­dent d’An­ge­la Mer­kel et hommes des dos­siers dif­fi­ciles, a amor­cé une bombe : « La classe poli­tique lon­do­nienne devrait avoir la pos­si­bi­li­té de réflé­chir une nou­velle fois aux consé­quences d’un retrait ». Le Royaume Uni pour­rait-il res­ter dans l’UE, contrai­re­ment au leit­mo­tiv offi­ciel des 27 ? Le conseiller Alt­maier a rec­ti­fié le tir, pré­ci­sant que l’Al­le­magne n’en­ten­dait pas faire reve­nir les Bri­tan­niques sur leur choix.

    Mais garan­tir que l’on ne cher­che­ra pas à faire chan­ger d’a­vis n’in­ter­dit pas au Royaume-Uni de se ravi­ser de lui-même, pour­suit un res­pon­sable. Après avoir mari­né quelques mois dans un bouillon de chaos poli­tique interne et d’ins­ta­bi­li­té éco­no­mique, les Bri­tan­niques pour­raient bien faire marche arrière. Pour­quoi les Conti­nen­taux brus­que­raient-ils le tableau, quand le pro­blème peut se dis­soudre tout seul, dans la durée ? La chan­ce­lière, le pre­mier ministre Came­ron en sur­sis et son vain­queur Boris John­son se disent prêts à attendre jus­qu’à l’au­tomne, sinon plus.

    L’hy­po­thèse d’é­lec­tions légis­la­tives anticipées

    « Ce qu’un réfé­ren­dum a fait, un autre réfé­ren­dum peut le défaire sans déni de démo­cra­tie », estime le diplo­mate. La Chambre des com­munes, où dominent les élus pro-euro­péens, pour­rait tout aus­si bien igno­rer le vote puis­qu’un réfé­ren­dum n’est pas contrai­gnant selon la loi. Des élec­tions légis­la­tives anti­ci­pées dues à l’in­ca­pa­ci­té du suc­ces­seur de David Came­ron d’ho­no­rer les rêves de gran­deur du 23 juin pour­raient bou­le­ver­ser la donne poli­tique. Chut ! Il ne faut pas (encore) le dire trop fort à Londres. À Bruxelles et à Ber­lin, beau­coup y pensent. À Paris, on semble s’en inquiéter.

    Cette tour­nure ne ferait ni l’af­faire de Fran­çois Hol­lande qui juge le réfé­ren­dum « irré­ver­sible ». Ni celle de Manuel Valls qui compte sur le départ immé­diat du Royaume-Uni pour enter­rer un trai­té com­mer­cial hon­ni avec les États-Unis. Ni celle encore d’Em­ma­nuel Macron qui a pro­po­sé sans rire d’a­dres­ser un « ulti­ma­tum » à Londres. 

    L’am­bi­tieuse pro­messe fran­co-ita­lienne d’une refon­da­tion rapide de l’UE et de la zone euro risque au pas­sage d’être écor­née, ce qui ne déplai­rait pas à Ange­la Merkel.

    « Mon sen­ti­ment per­son­nel est que le Royaume Uni ne signi­fie­ra jamais à ses vingt-sept par­te­naires qu’il veut quit­ter l’UE » (Un diplomate).

    Le Brexit connaî­trait ain­si le même sort que le « Grexit », sor­tie de la Grèce à laquelle beau­coup croyaient dur comme fer il y a tout juste un an. Elle ne s’est jamais pro­duite. Alexis Tsi­pras, cham­pion du désordre éta­bli s’est depuis trans­for­mé en réfor­ma­teur-modèle, avec la béné­dic­tion de Bruxelles. Autre réfé­ren­dum, autres élec­tions peut-être, Boris John­son pour­rait-il lui aus­si se heur­ter à la réa­li­té et emprun­ter le même che­min ? « Mon sen­ti­ment per­son­nel est que le Royaume-Uni ne signi­fie­ra jamais à ses vingt-sept par­te­naires qu’il veut quit­ter l’UE », assure le diplomate.

    L’ar­ticle 50 du trai­té de Lis­bonne, désor­mais invo­qué à toutes les sauces, ne per­met en aucun cas de for­cer le départ du Royaume-Uni. C’est à Londres qu’il revient léga­le­ment de l’in­vo­quer, à sa guise et sans délai impar­ti. Il y aura de fortes pres­sions. Mais pour­quoi les Bri­tan­niques se tire­raient-ils dans le pied, en s’im­po­sant un divorce aux condi­tions de l’UE, avec de sur­croît un compte-à-rebours de deux ans, vrai­ment irré­ver­sible celui-là ? De fait, un dis­cret ren­dez-vous des « sher­pas » a confir­mé, dimanche, que les Vingt-Sept changent peu à peu d’ap­proche, à la veille du som­met : en clair, le « non » du 23 juin n’im­plique plus néces­sai­re­ment un Brexit en bonne et due forme. Et dans tous les scé­na­rios, Londres peut res­ter maître du calendrier… »

    Jean-Jacques Mevel

    Source : Le Figaro
    Signa­lé par rezo​.net

    Réponse
  32. etienne

    Tapie : les juges ont ache­vé leur instruction
    par Laurent MAUDUIT (Media­part) :

    « Les juges d’ins­truc­tion ont, selon nos infor­ma­tions, signi­fié au par­quet et aux pro­ta­go­nistes du scan­dale Tapie qu’ils avaient ache­vé leur enquête. Cette noti­fi­ca­tion ouvre la voie à un pro­cès devant un tri­bu­nal cor­rec­tion­nel, qui pour­rait avoir lieu en 2017.

    C’est une étape majeure dans l’interminable affaire Tapie qui vient d’être fran­chie : selon nos infor­ma­tions, les trois juges en charge du dos­sier ont noti­fié au par­quet, au cours de la semaine écou­lée, ain­si qu’aux dif­fé­rents pro­ta­go­nistes du scan­dale, qu’ils avaient ache­vé leur ins­truc­tion. Cette noti­fi­ca­tion ouvre donc la voie à un pro­bable pro­cès devant un tri­bu­nal cor­rec­tion­nel, sans doute dans le cou­rant de l’année 2017. Après avoir défrayé la chro­nique poli­ti­co-judi­ciaire pen­dant plus de 20 ans, l’affaire Tapie approche donc de son épi­logue puisque si, dans la pro­cé­dure pénale, les magis­trats ins­truc­teurs ont bien­tôt fini leur office, le volet civil de l’affaire pour­rait se clore dès le 30 juin pro­chain, avec l’arrêt atten­du de la Cour de cassation.

    C’est peu dire que la jus­tice a été longue à se sai­sir du scan­dale Tapie. Alors que dès le mois de juillet 2008, dans les jours qui ont sui­vi l’annonce de l’octroi de 404 mil­lions d’euros à Ber­nard Tapie par un tri­bu­nal arbi­tral en dédom­ma­ge­ment de la vente d’Adidas par l’ex-Crédit lyon­nais, des indices nom­breux de fraudes avaient été mis au jour, il a fal­lu attendre sep­tembre 2012 pour qu’une infor­ma­tion judi­ciaire soit ouverte, confiée à trois juges d’instruction, Serge Tour­naire, Claire Thé­paut et Guillaume Daïeff.

    Mais dès que les magis­trats ont été sai­sis, l’affaire, qui était en passe d’être étouf­fée, a pris une tout autre tour­nure. Des dizaines et des dizaines de per­qui­si­tions, des cen­taines d’auditions et de pro­cès-ver­baux, des mil­liers d’actes de pro­cé­dure : enfin, la jus­tice s’est don­né les moyens d’établir la véri­té. Le résul­tat est celui que l’on sait. Six per­son­na­li­tés ont d’abord été mises en exa­men au prin­temps 2014 pour « escro­que­rie en bande orga­ni­sée » et « com­pli­ci­té de détour­ne­ment de fonds publics » : Ber­nard Tapie ; son avo­cat, Me Mau­rice Lan­tourne ; l’un des trois arbitres, Pierre Estoup ; l’ex-directeur de cabi­net de la ministre des finances et actuel patron du groupe Orange, Sté­phane Richard ; l’ex-président de la struc­ture publique de défai­sance dénom­mée Consor­tium de réa­li­sa­tion (CDR), Jean-Fran­çois Roc­chi ; et l’ex-président de l’Établissement public de finan­ce­ment de restruc­tu­ra­tion (EPFR – l’actionnaire du CDR), Ber­nard Sce­ma­ma. Ulté­rieu­re­ment, en sep­tembre 2015, l’ancien secré­taire géné­ral de l’Élysée, Claude Guéant, a aus­si été mis en exa­men « du chef de com­pli­ci­té [par ins­truc­tions] de détour­ne­ment de fonds publics com­mis par un particulier ».

    Par ailleurs, plu­sieurs autres pro­ta­go­nistes de l’affaire ont été pla­cés sous le sta­tut de témoin assis­té. C’est le cas des deux autres arbitres, l’ancien pré­sident du Conseil consti­tu­tion­nel Pierre Mazeaud, et l’avocat et aca­dé­mi­cien Jean-Denis Bre­din, et éga­le­ment de l’avocat du CDR, Me Gilles August.

    C’est donc cette immense enquête, remon­tant jusque dans les som­mets de l’État, que les trois magis­trats ont ache­vée. Ils l’ont noti­fiée au par­quet et à toutes les par­ties concer­nées, en fin de semaine der­nière. La suite des évé­ne­ments est désor­mais enca­drée par les dis­po­si­tions pré­vues par l’article 175 du code de pro­cé­dure pénale : […]

    Quoi qu’il en soit, le scan­dale Tapie va donc vers son épi­logue. C’est vrai, comme on vient de le voir, pour la pro­cé­dure pénale. Mais c’est vrai tout autant pour la pro­cé­dure civile, car dès le 30 juin pro­chain, la Cour de cas­sa­tion pour­rait rendre un ultime arrêt, confir­mant les arrêts de cour d’appel ayant annu­lé l’arbitrage frau­du­leux puis condam­né Ber­nard Tapie à rendre le pac­tole qu’il a indû­ment per­çu, majo­ré des inté­rêts (lire Affaire Tapie : la cour de cas­sa­tion ren­dra son arrêt le 30 juin).

    Certes, affaire gigogne, le scan­dale Tapie mobi­lise la jus­tice encore sur d’autres fronts. L’ex-ministre des finances et actuelle patronne du FMI, Chris­tine Lagarde, est ain­si ren­voyée pour « négli­gences » devant la cour de jus­tice de la Répu­blique (lire Tapie : la jus­tice reproche à Chris­tine Lagarde son incu­rie). Par ailleurs, l’enquête conduite par les trois juges d’instruction de l’affaire Tapie a mis au jour des indices si nom­breux d’irrégularités dans le trai­te­ment fis­cal des indem­ni­tés per­çues par Ber­nard Tapie que ce volet de l’affaire a été déta­ché du reste des dos­siers Tapie ; et une infor­ma­tion judi­ciaire spé­ci­fique a été ouverte pour « concus­sion, com­pli­ci­té et recel »,visant notam­ment l’ancien ministre du bud­get, Éric Woerth, au sujet du cadeau fis­cal qu’il a fait à Ber­nard Tapie en 2009. Media­part avait révé­lé que Woerth lui a accor­dé une ris­tourne d’au moins 58 mil­lions d’euros (lire Woerth visé par une enquête sur son méga cadeau fis­cal à Tapie).

    Et puis, il y a un der­nier front judi­ciaire qui se mène au tri­bu­nal de com­merce. Dès l’annulation de la sen­tence frau­du­leuse, Ber­nard Tapie aurait en effet dû être dans l’obligation de rendre le magot indû­ment per­çu. Mais il a scan­da­leu­se­ment obte­nu du tri­bu­nal de com­merce le pla­ce­ment de ses socié­tés dans des pro­cé­dures de sau­ve­garde, le pro­té­geant d’éventuelles som­ma­tions d’huissiers ; et le par­quet a par­ti­ci­pé à cette manœuvre (lire Le par­quet volet au secours de Tapie). Puis plus récem­ment, lorsque cette même affaire est venue devant la cour d’appel de Paris, le juge­ment du tri­bu­nal de com­merce n’a pas été annu­lé, pour la stu­pé­fiante rai­son que le par­quet avait com­mis… une erreur de pro­cé­dure ! (lire Tapie garde (encore) son magot).

    Mais, par-delà toutes ces péri­pé­ties, dont cer­taines sont scan­da­leuses, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel : au civil comme au pénal, la jus­tice est en train de faire son office. Enfin…

    Laurent Mau­duit »

    Lire la suite :
    https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​f​r​a​n​c​e​/​2​7​0​6​1​6​/​t​a​p​i​e​-​l​e​s​-​j​u​g​e​s​-​o​n​t​-​a​c​h​e​v​e​-​l​e​u​r​-​i​n​s​t​r​u​c​t​i​o​n​?​o​n​g​l​e​t​=​f​ull

    Réponse
  33. etienne

    Woerth visé par une enquête sur son méga cadeau fis­cal à Tapie
    par Laurent LAURENT MAUDUIT et Yann PHILIPPIN (Media­part) :

    « Une infor­ma­tion judi­ciaire pour « concus­sion, com­pli­ci­té et recel » vient d’être ouverte contre l’ancien ministre du bud­get, au sujet du cadeau fis­cal qu’il a fait à Ber­nard Tapie en 2009. Media­part avait révé­lé que Woerth lui a accor­dé une ris­tourne d’au moins 58 mil­lions d’euros. »

    Éric Woerth est enfin rat­tra­pé par le scan­dale Tapie. Selon une infor­ma­tion du Canard enchaî­né, confir­mée à Media­part de source judi­ciaire, le par­quet de Paris a ouvert le 11 mars une infor­ma­tion judi­ciaire pour « concus­sion, com­pli­ci­té et recel » visant l’an­cien ministre du bud­get (Les Répu­bli­cains) Éric Woerth et plu­sieurs membres de son cabi­net de l’é­poque, au sujet de l’é­norme cadeau fis­cal accor­dé par Woerth à Ber­nard Tapie en 2009. Le délit de concus­sion consiste, pour une per­sonne dépo­si­taire de l’au­to­ri­té publique, à « accor­der sous une forme quel­conque et pour quelque motif que ce soit une exo­né­ra­tion ou fran­chise des droits, contri­bu­tions, impôts ou taxes publics en vio­la­tion des textes légaux ou régle­men­taires ». Il est pas­sible de cinq ans de pri­son et 75 000 euros d’amende.

    Les faits, révé­lés par Libé­ra­tion et Media­part, sont extrê­me­ment graves. Après que Ber­nard Tapie a tou­ché 405 mil­lions d’euros à la suite de l’arbitrage frau­du­leux dans l’affaire Cré­dit Lyonnais/Adidas, Éric Woerth, alors ministre du bud­get et très proche du pré­sident Sar­ko­zy, a accor­dé à l’homme d’affaires une ris­tourne de 58 à 90 mil­lions d’euros sur les impôts à payer au titre de ce pac­tole, contre l’avis de sa propre admi­nis­tra­tion. Afin de rendre pos­sible ce cadeau, Woerth est allé jusqu’à modi­fier en secret le cour­rier rédi­gé par la Direc­tion géné­rale des finances publiques (DGFIP), qui avait fixé la fis­ca­li­té appli­cable à Tapie.

    Cette manœuvre a été décou­verte dès 2013 par les juges d’instruction pari­siens Serge Tour­naire, Claire Thé­paut et Guillaume Daïeff, dans le cadre de leur enquête pour « escro­que­rie en bande orga­ni­sée » sur l’arbitrage Adi­das. Mais fort curieu­se­ment, la jus­tice ne s’était pas sai­sie de ces faits nou­veaux, alors même que le cadeau à Tapie a été finan­cé par l’É­tat, c’est-à-dire par l’en­semble des contribuables.

    Fort heu­reu­se­ment, cette iner­tie de la jus­tice a mis en colère le pro­cu­reur géné­ral près la Cour des comptes, Gilles Joha­net. Dans un cour­rier au vitriol adres­sé au ministre des finances et daté du 24 novembre 2015, cour­rier que Media­part avait révé­lé, ce haut magis­trat inter­pel­lait Michel Sapin sur le cadeau fis­cal de Woerth à Tapie, sou­li­gnant que « ces agis­se­ments pour­raient être pas­sibles de pour­suites devant la Cour de dis­ci­pline bud­gé­taire et finan­cière », et qu’« au plan pénal, ces élé­ments pour­raient éga­le­ment venir à l’appui de pour­suites sur le fon­de­ment du délit de concussion ».

    Gilles Joha­net avait adres­sé une copie de son cour­rier au pro­cu­reur de Paris. Lequel a ouvert le 11 mars une infor­ma­tion judi­ciaire, confiée aux trois juges d’instruction déjà char­gés de l’affaire de l’arbitrage. Ces magis­trats ne pour­ront pour­suivre que les ex-col­la­bo­ra­teurs d’Éric Woerth. Au terme de leur enquête, ils pour­ront sai­sir la Cour de jus­tice de la répu­blique (CJR) au sujet d’Éric Woerth, cette juri­dic­tion d’exception étant la seule habi­li­tée à pour­suivre les délits com­mis par un ministre dans l’exercice de ses fonc­tions. L’an­cien ministre, ancien tré­so­rier de l’UMP et désor­mais res­pon­sable du pro­jet du par­ti Les Répu­bli­cains, va donc enfin devoir rendre des comptes à la justice.

    À l’occasion de cette nou­velle pro­cé­dure visant Éric Woerth, nous repu­blions notre enquête parue le 2 décembre der­nier, qui révé­lait les cou­lisses de ce scan­dale d’État, et dévoi­lait les manœuvres du cabi­net d’Éric Woerth pour tordre le bras du fisc et favo­ri­ser Ber­nard Tapie. » […]

    https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​f​r​a​n​c​e​/​2​2​0​3​1​6​/​w​o​e​r​t​h​-​v​i​s​e​-​p​a​r​-​u​n​e​-​e​n​q​u​e​t​e​-​s​u​r​-​s​o​n​-​m​e​g​a​-​c​a​d​e​a​u​-​f​i​s​c​a​l​-​t​a​pie

    Réponse
  34. zedav

    Les « gra­dés » ne feront pas un jour de taule…c’est comme ça que ça se passe dans la maffia.

    Réponse
  35. etienne

    [Pro­pa­gande] Brexit : L’arnaque du “vote des jeunes”…
    http://​www​.les​-crises​.fr/​b​r​e​x​i​t​-​l​-​a​r​n​a​q​u​e​-​d​u​-​v​o​t​e​-​d​e​s​-​j​e​u​n​es/

    « Évi­dem­ment, ce genre de gra­phique a été uti­li­sé jusqu’à plus soif : »

    « Les jeunes sont par­ti­cu­liè­re­ment euro­péistes, donc…

    Mais il est “dom­mage” – pour ne pas dire fran­che­ment mani­pu­la­teur – de ne pas par­ler de l’abstention (son­dage Sky News) : »

    « Ce qui change un peu la vision des choses quand on s’intéresse à la classe d’âge entière, non ? : »

    « Il est dif­fi­cile d’étendre les résul­tats aux abs­ten­tion­nistes : sont-ils aus­si euro­philes que les votants ? Osent-ils dire le fond de leur pen­sée quand ils sont sondés ?

    En tous cas, leur non mobi­li­sa­tion démontre leur dés­in­té­rêt du sujet… »

    Réponse
    • Ronald

      Certes, l’ar­gu­ment de la « jeune géné­ra­tion sacri­fiée » n’est qu’un pré­texte. Et il n’est pas uti­li­sé par les mêmes dans d’autre cir­cons­tances où les jeunes votent « mal ». Mais l’ar­gu­ment cen­tral n’est à mon avis pas dénué de fon­de­ment. Les vieux ne devant plus pro­fi­ter de l’or­ga­ni­sa­tion sociale que pen­dant un petit nombre d’an­née ont-ils les mêmes droits que les jeunes qui vont encore y vivre un grand nombre d’an­nées ? Une per­sonne plus âgée pen­se­ra for­cé­ment plus au court terme qu’une per­sonne jeune. La ques­tion a déjà été abor­dée en science poli­tique en dehors d’un contexte polé­mique (je crois que c’est Van Pari­js que j’a­vais enten­du sur le sujet). 

      Des idées telles que pon­dé­rer le droit de vote en fonc­tion de l’âge (les jeunes ayant droit à une pon­dé­ra­tion plus éle­vée) ne me semblent pas à récu­ser d’emblée. Un article sur « Le pou­voir gris » est acces­sible ici :
      http://perso.numericable.fr/~sitedurtf7/downloads/viriot2005.pdf

      Réponse
    • etienne
    • etienne

      Dès qu’une fois un peuple a confié à quelques-uns de ses membres le dan­ge­reux dépôt de l’au­to­ri­té publique et qu’il leur a remis le soin de faire obser­ver les lois, tou­jours enchaî­né par elles, il voit tôt ou tard sa liber­té, ses biens, sa vie à la mer­ci des chefs qu’il s’est choi­si pour le défendre.

      Jean-Paul Marat, « Les chaînes de l’esclavage » (1774).

      Réponse
    • etienne

      « Appre­nez donc que, hors ce qui concerne la dis­ci­pline mili­taire, c’est-à-dire, le manie­ment et la tenue des armes, les exer­cices et les évo­lu­tions, la marche contre les enne­mis des lois et de l’É­tat, les sol­dats de la patrie ne doivent aucune obéis­sance à leurs chefs ; que loin de leur être sou­mis, ils en sont les arbitres ; que leur devoir de citoyen les oblige d’exa­mi­ner les ordres qu’ils en reçoivent, d’en peser les consé­quences, d’en pré­ve­nir les suites. Ain­si lorsque ces ordres sont sus­pects, ils doivent res­ter dans l’i­nac­tion ; lorsque ces ordres blessent les droits de l’homme, ils doivent y oppo­ser un refus for­mel ; lorsque ces ordres mettent en dan­ger la liber­té publique, ils doivent en punir les auteurs ; lorsque ces ordres attentent à la patrie, ils doivent tour­ner leurs armes contre leurs offi­ciers. Tout ser­ment contraire à ces devoirs sacrés, est un sacri­lège qui doit rendre odieux celui qui l’exige, et mépri­sable celui qui le prête. »

      Marat, « L’Ami du Peuple », 8 juillet 1790.

      Réponse
  36. etienne

    Tré­sor et ins­pec­tion géné­rale des Finances, la caste des pantouflards
    « Dans la suite de la série enta­mée la semaine der­nière, nous publions un nou­vel extrait du livre noir des banques. Ce pas­sage revient sur les allers retours inces­sants entre la haute admi­nis­tra­tion de Ber­cy et les grandes banques. Et cite quelques cas emblé­ma­tiques de pan­tou­flage, dont les énarques de l’inspection géné­rale des Finances se sont fait une spé­cia­li­té. A la clé : col­lu­sion, consan­gui­ni­té et conflits d’intérêts… » (…] (Lire la suite)
    http://​pan​tou​fle​watch​.org/​2​0​1​6​/​0​6​/​2​8​/​t​r​e​s​o​r​-​e​t​-​i​n​s​p​e​c​t​i​o​n​-​g​e​n​e​r​a​l​e​-​d​e​s​-​f​i​n​a​n​c​e​s​-​l​a​-​c​a​s​t​e​-​d​e​s​-​p​a​n​t​o​u​f​l​a​r​ds/

    Source : http://​pan​tou​fle​watch​.org
    Signa­lé par rezo​.net

    Réponse
  37. etienne

    Brexit : Requiem pour un rêve
    Par Ugo Bar­di − Le 23 juin 2016 :

    « Pen­dant de nom­breuses années, je pen­sais que l’Europe unie était une excel­lente idée. Une ins­ti­tu­tion créée par des hommes sages, qui avaient vou­lu évi­ter de répé­ter les erreurs hor­ribles qui ont conduit les Euro­péens à se mas­sa­crer les uns les autres dans deux guerres ter­ribles. L’Europe était cen­sée être une Europe des peuples, une force pour la paix, pour la jus­tice, pour l’égalité, pour la défense des deux, l’humanité et la nature.

    Il y a deux ans, je suis venu à Bruxelles pour une audi­tion au Par­le­ment euro­péen ; ce fut un choc. L’Europe que je connais­sais, l’Europe que je croyais connaître, elle n’était plus nulle part. Ce que j’ai trou­vé : un tas de gens mal avi­sés, des bureau­crates pom­peux errant dans un palais gigan­tesque et inutile. Les fan­tômes des fon­da­teurs avaient été com­plè­te­ment exor­ci­sés et main­te­nant ce qui res­tait n’était qu’une coquille vide ; une struc­ture se per­pé­tuant pour elle-même sans aucun objec­tif clair, à l’exception de forer plus de com­bus­tibles fos­siles de sous la terre, et – peut-être – de faire la guerre à la Rus­sie. Le rêve d’une Europe des peuples qui agissent pour la paix et la jus­tice avait dis­pa­ru. Requiem pour un rêve.

    Et main­te­nant ? Il semble clair que l’Europe, comme elle est main­te­nant, ne peut pas sur­vivre à ce coup et peut-être que ce n’est pas une mau­vaise chose. Peut-on réfor­mer cette Europe ? Ou pou­vons-nous redé­mar­rer à par­tir de zéro ? Impos­sible à dire. Dans tous les cas, voi­ci le mes­sage que j’ai écrit il y a deux ans après mon voyage à Bruxelles. Si vous pou­vez lire l’espagnol, vous pou­vez être éga­le­ment inté­res­sé par les consi­dé­ra­tions d’Antono Turiel. »

    Ugo Bar­di

    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​b​r​e​x​i​t​-​r​e​q​u​i​e​m​-​p​o​u​r​-​u​n​-​r​eve

    Note du Saker Francophone :

    « Ce texte fait par­tie d’une pro­bable longue série de cha­cun des auteurs fami­liers de ce site, pour ana­ly­ser et don­ner leur sen­ti­ment sur ce vote des Britanniques. 

    Le Saker Fran­co­phone a une posi­tion anti-sys­tème assu­mée et en ce sens, ce vote est, espé­rons-le, le début de la décons­truc­tion de ce tota­li­ta­risme soft qui menace de nous englou­tir, dans un monde où se côtoie­rait le pire des cau­che­mars d’Hux­ley et d’Orwell.

    Ce n’est que le début et il va fal­loir suivre les ten­ta­tives du Sys­tème qui, comme il n’est que tou­ché mais pas cou­lé, et va se défendre, n’en dou­tons pas. »

    Réponse
  38. etienne

    Brexit : le peuple contre les « des­potes éclairés »
    Par Mathieu Bock-Côté :

    FIGAROVOX/ANALYSE : Jacques Atta­li reproche à David Came­ron d’a­voir orga­ni­sé le Brexit. Mathieu Bock-Côté redoute l’é­mer­gence d’un Pro­grès décla­ré irré­ver­sible par des des­potes éclai­rés contre les­quels les peuples n’au­raient pas leur mot à dire.

    —————————————————-
    Mathieu Bock-Côté est doc­teur en socio­lo­gie, char­gé de cours aux HEC à Mont­réal et chro­ni­queur au Jour­nal de Mont­réal et à Radio-Cana­da.. Ses tra­vaux portent prin­ci­pa­le­ment sur le mul­ti­cul­tu­ra­lisme, les muta­tions de la démo­cra­tie contem­po­raine et la ques­tion natio­nale qué­bé­coise. Il est l’au­teur d’ Exer­cices poli­tiques (VLB édi­teur, 2013), de Fin de cycle : aux ori­gines du malaise poli­tique québécois(Boréal, 2012) et de La déna­tio­na­li­sa­tion tran­quille (Boréal, 2007). Son der­nier livre, Le mul­ti­cul­tu­ra­lisme comme reli­gion poli­tique, vient de paraître aux édi­tions du Cerf.
    —————————————————-

    Quelques jours avant le réfé­ren­dum sur le Brexit, alors que les par­ti­sans du Leave et du Remain s’op­po­saient vigou­reu­se­ment en Grande-Bre­tagne, Jacques ATTALI confes­sait sur son blogue de L’Ex­press le fond de sa pen­sée. Je la résume d’une for­mule : ce qui l’in­di­gnait dans ce réfé­ren­dum, c’é­tait fon­da­men­ta­le­ment qu’on le tienne. On peut reprendre ses mots : « un tel réfe­ren­dum implique qu’un peuple peut remettre en cause toute évo­lu­tion consi­dé­rée jusque-là comme irré­ver­sible, telle qu’une réforme ins­ti­tu­tion­nelle, une conquête sociale, une réforme des mœurs ». 

    On devine aujourd’­hui sa colère : un peuple à son avis insuf­fi­sam­ment éclai­ré se serait per­mis d’en­tra­ver la marche de l’his­toire, qui pas­se­rait par le déman­tè­le­ment pro­gres­sif de l’É­tat-nation. La construc­tion euro­péenne irait tel­le­ment de soi qu’il ne devrait pas vrai­ment être pos­sible de ne pas l’en­dos­ser. Une fois la vision de Jacques Atta­li ins­crite dans les ins­ti­tu­tions et le droit, il ne devrait plus être per­mis de reve­nir en arrière. Notre roi-phi­lo­sophe impro­vi­sé, mani­fes­te­ment, croit savoir le sens du pro­grès et ne tolère pas qu’on le dis­cute. À la rigueur, il veut bien tolé­rer que nous ne pro­gres­sions pas à son rythme : les lumières sont inéga­le­ment dis­tri­buées en ce monde. Mais on ne sau­rait tou­te­fois prendre une autre direc­tion que la sienne. Ça, c’est interdit.

    Étrange pers­pec­tive sur le monde. La démo­cra­tie, ici, ne se pense plus sous le signe de la déli­bé­ra­tion mais de la révé­la­tion – et il s’a­git d’une révé­la­tion presque reli­gieuse, qui se pré­sente sous le signe du pro­grès. Cette révé­la­tion, c’est que l’hu­ma­ni­té devrait tou­jours pous­ser plus loin sa marche vers l’in­dif­fé­ren­cia­tion et décons­truire les caté­go­ries his­to­riques ou anthro­po­lo­giques qui résistent à ce mou­ve­ment. Les civi­li­sa­tions, les peuples et les reli­gions devraient pro­gres­si­ve­ment s’ef­fa­cer pour que se des­sine une huma­ni­té récon­ci­liée par un métis­sage inten­sif. Les États seraient des struc­tures poli­tiques péri­mées : il fau­drait les décons­truire aus­si pour que prenne place pro­gres­si­ve­ment une forme de gou­ver­nance mon­diale, qui s’a­li­men­te­rait bien évi­dem­ment, on s’en doute, des sages conseils de Jacques Atta­li et des autres consciences exem­plaires et lumi­neuses du genre humain. Une tech­no­cra­tie glo­ba­li­sée, déli­vrée des fron­tières trop étroites des vieilles nations et par­ti­cu­liè­re­ment, des vieilles nations euro­péennes, pour­rait ain­si pilo­ter la marche du monde à l’a­bri des regret­tables pas­sions popu­laires. Il fau­drait pour cela tra­vailler acti­ve­ment à la mon­dia­li­sa­tion des enjeux politiques.

    On com­prend dès lors la sym­pa­thie mili­tante de Jacques Atta­li pour les dif­fé­rents visages de l’i­déo­lo­gie domi­nante : cos­mo­po­li­tisme, supra­na­tio­na­lisme, mul­ti­cul­tu­ra­lisme, tout ce qui pousse à la déna­tio­na­li­sa­tion du monde ren­contre mani­fes­te­ment son appro­ba­tion. Tout cela, Jacques Atta­li le jus­ti­fie au nom du pro­grès, qu’il sau­rait appa­rem­ment défi­nir objec­ti­ve­ment. On se deman­de­ra peut-être com­ment un homme si intel­li­gent peut construire aus­si ouver­te­ment une pen­sée antidémocratique. 

    Car on connaît la suite du rai­son­ne­ment : il fau­drait « sanc­tua­ri­ser le pro­grès » et rendre à peu près impos­sibles à révo­quer les grandes avan­cées socié­tales ou iden­ti­taires qu’il embrasse. Il nous invite ain­si à faire une liste, assez longue, on s’en doute, des sujets qui devraient être éloi­gnés des sales pattes du peuple. Car tel est l’en­jeu : réser­ver les grandes ques­tions de socié­té à ceux qui sont assez éclai­rés pour se pro­non­cer à leur sujet et qui com­mu­nient à la même révé­la­tion que lui. Il pro­pose d’ailleurs une méca­nique fort com­plexe pour mettre les grands pro­grès sociaux à l’a­bri de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, en pré­ten­dant d’ailleurs se por­ter à la défense de l’œuvre des géné­ra­tions pas­sées contre le sac­cage des vivants : on retrouve là, étran­ge­ment, une tour­nure d’es­prit propre à la pen­sée contre-révo­lu­tion­naire, ce qui étonne chez un homme de gauche comme Jacques Attali.

    On me par­don­ne­ra de le citer un peu lon­gue­ment, mais je ne vou­drais pas qu’on m’ac­cuse de défor­mer sa pensée : 

    « En par­ti­cu­lier, une géné­ra­tion devrait y réflé­chir à deux fois avant de modi­fier une situa­tion ayant un impact sur les géné­ra­tions sui­vantes. Il fau­drait ensuite modi­fier la pro­cé­dure de réforme consti­tu­tion­nelle, pour s’as­su­rer qu’un vote de cir­cons­tances ne puisse avoir des consé­quences de long terme non dési­rées. Toute déci­sion ayant un impact lourd sur le sort des géné­ra­tions sui­vantes, ne devrait pas pou­voir être prise par une majo­ri­té de moins de 60% des votants, réaf­fir­mée à trois reprises à au moins un an d’é­cart. Cer­tains ne ver­ront dans cette prise de posi­tion qu’une ten­ta­tive déses­pé­rée d’une oli­gar­chie dépas­sée pour main­te­nir un ordre démo­dé, en mépri­sant les dési­rs des peuples. Il s’a­git au contraire de don­ner aux peuples le temps de réflé­chir aux consé­quences de ses actes et d’é­vi­ter qu’une géné­ra­tion, par caprice, ne détruise ce que les pré­cé­dentes ont vou­lu lais­ser aux suivantes ». 

    Le peuple serait-il néan­moins consul­té au moment de mettre en place cette méca­nique qui le dépos­sé­de­rait de pou­voirs essentiels ?

    Cette ten­ta­tive de neu­tra­li­sa­tion poli­tique du peuple comme de la nation n’est pas si neuve. Elle témoigne, de manière cari­ca­tu­rale, peut-être, du pré­ju­gé anti­dé­mo­cra­tique d’une frange impor­tante des élites contem­po­raines, qui n’en finissent plus de dis­qua­li­fier le peuple mora­le­ment, comme s’il n’é­tait plus habi­li­té à se pro­non­cer et à déci­der dès qu’une ques­tion essen­tielle sur­git dans la vie publique. 

    C’est d’ailleurs pour cela qu’on assiste aujourd’­hui à une judi­cia­ri­sa­tion crois­sante des enjeux poli­tiques et socié­taux : on croit les tri­bu­naux plus adap­tés à la déli­bé­ra­tion dans des socié­tés plu­rielles et com­plexes comme les nôtres. 

    Ils se déro­be­raient à la loi du nombre et sur­tout, dans une socié­té qui se repré­sente à tra­vers la figure de la diver­si­té, ils évi­te­raient que ne se concré­tise la crainte pro­fonde d’une tyran­nie de la majo­ri­té sur les mino­ri­tés. Le rem­pla­ce­ment de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire par le gou­ver­ne­ment des juges contri­bue évi­dem­ment à la dégra­da­tion ges­tion­naire de la poli­tique démo­cra­tique, puisque les enjeux qui touchent à la défi­ni­tion même de la com­mu­nau­té poli­tique sont chas­sés du débat public.

    Dans ce grand pro­cès du peuple, on dia­bo­lise d’ailleurs le réfé­ren­dum, puis­qu’il per­met­trait au peuple d’in­ves­tir une ques­tion fon­da­men­tale de ses pas­sions par­ti­cu­lières : il ne se pen­che­rait pas sur la ques­tion réfé­ren­daire comme sur une ques­tion d’exa­men. Il la poli­ti­se­rait, l’ins­cri­rait dans un contexte plus vaste. Appa­rem­ment, ce serait impar­don­nable. Il suf­fit pour­tant de se sou­ve­nir du réfé­ren­dum de 2005 sur la consti­tu­tion euro­péenne pour se sou­ve­nir de sem­blables pro­pos : une fois la vic­toire du Non recon­nue, on repro­cha à Jacques Chi­rac d’a­voir consul­té le peuple. Plus encore, cer­tains repro­chèrent à Chi­rac d’a­voir tenu un réfé­ren­dum natio­nal, qui vien­drait ain­si recon­duire la légi­ti­mi­té de l’es­pace natio­nal comme lieu de la déci­sion démocratique. 

    Le phi­lo­sophe Jür­gen Haber­mas arri­ve­ra plus tard avec sa solu­tion : le seul réfé­ren­dum euro­péen valable serait celui qui convo­que­rait dans une même consul­ta­tion l’en­semble du peuple euro­péen, ce qui lui don­ne­rait au même moment l’oc­ca­sion de se consti­tuer. On devine une objec­tion majeure, que le phi­lo­sophe ne peut balayer sim­ple­ment du revers de la main : un peuple n’est pas qu’un arti­fice juri­dique et il ne suf­fit pas de décré­ter son exis­tence pour le faire adve­nir dans la réa­li­té de l’his­toire. Le peuple n’est pas une construc­tion sociale arti­fi­cielle : c’est une réa­li­té his­to­rique profonde.

    C’est une même haine du peuple qui se fait main­te­nant sen­tir depuis la vic­toire du Leave. Sur les médias sociaux, on se déchaine contre le réfé­ren­dum. Helene Bek­ze­mian, jour­na­liste au Monde, a sug­gé­ré dans un tweet, à la suite de la vic­toire du Leave, de reti­rer le droit de vote aux élec­teurs trop vieux. Devant le tol­lé qu’elle a pro­vo­qué, elle s’est ensuite trou­vée une posi­tion de repli : elle fai­sait de la pro­vo­ca­tion ! C’é­tait une blague ! Mais, a‑t-elle pris la peine de pré­ci­ser, on devrait quand même réflé­chir au fait que la vieillesse impo­sait ici ses choix à la jeu­nesse, alors qu’elle n’au­rait pas à vivre dans le monde pour lequel elle venait de voter. Sin­gu­lière tour­nure d’es­prit : ima­gine-t-on la réac­tion si un jour­na­liste mar­qué à droite avait, sous le cou­vert de l’hu­mour, pro­po­sé de reti­rer le droit de vote à cer­taines caté­go­ries de la popu­la­tion ? On aurait crié à la pho­bie. Ce com­men­taire est symp­to­ma­tique, d’ailleurs, des pré­ju­gés idéo­lo­giques d’une caste média­tique qui construit le débat public en pré­sen­tant les contra­dic­teurs de l’i­déo­lo­gie domi­nante comme des déma­gogues ou des demeu­rés, les pre­miers misant sur les seconds pour acqué­rir pou­voir et prestige.

    On le sait, quand le peuple ne par­tage pas les pré­ju­gés des élites média­tiques et éco­no­miques, on n’hé­site pas à l’ac­cu­ser de popu­lisme : cette caté­go­rie fourre-tout aux défi­ni­tions si nom­breuses qu’elles sont géné­ra­le­ment contra­dic­toire per­met tout sim­ple­ment de dis­qua­li­fier la déso­béis­sance poli­tique du com­mun des mor­tels devant ceux qui pré­tendent le mettre en tutelle. Mais tou­jours on bute sur un peuple qui s’obs­tine à ne pas dis­pa­raître, qui demeure plus sou­vent qu’au­tre­ment fidèle à sa culture et ses tra­di­tions et qui n’ap­pré­cie pas trop qu’on le sur­plombe mora­le­ment comme s’il était une bête poli­tique inquié­tante à domp­ter. Dans la démo­cra­tie contem­po­raine, on pra­tique l’a­ni­ma­li­sa­tion du peuple, ou pire encore, sa bestialisation. 

    On peut voir les choses autre­ment : la tenue d’un réfé­ren­dum, parce qu’elle per­met un retour au peuple, déprend le débat public des grands para­mètres de la res­pec­ta­bi­li­té média­tique et de cer­taines caté­go­ries idéo­lo­giques fos­si­li­sées, per­met au poli­tique de resur­gir dans l’his­toire et de redé­fi­nir les termes du débat public. Le cor­set trop étroit de la rec­ti­tude poli­tique peut alors écla­ter : il ne faut pas y voir un déchai­ne­ment sau­vage de pas­sions mal­saines mais une redé­cou­verte de la part exis­ten­tielle du politique.

    Retour à Jacques Atta­li. Dans le cadre du débat sur le Brexit, il a témoi­gné d’une forme de fon­da­men­ta­lisme pro­gres­siste révé­lant une triste obses­sion anti­na­tio­nale et anti­dé­mo­cra­tique. Il n’y a pas, en démo­cra­tie, de doc­trine à ce point sacrée qu’elle devrait sur­plom­ber toutes les autres et écra­ser à l’a­vance ses contra­dic­teurs, en affi­chant sim­ple­ment sa splen­deur morale. 

    On pour­rait retour­ner l’ar­gu­ment contre Atta­li : que ferait-il si des tra­di­tion­na­listes aus­si convain­cus que lui d’a­voir une véri­té révé­lée à impo­ser à la popu­la­tion récla­maient la pos­si­bi­li­té de faire l’é­co­no­mie de la démo­cra­tie ? Que dirait-il si ces tra­di­tion­na­listes vou­laient par exemple sanc­tua­ri­ser le mariage, ou la vie, ou l’i­den­ti­té natio­nale, et vou­laient blin­der juri­di­que­ment et consti­tu­tion­nel­le­ment leurs propres pré­fé­rences poli­tiques, quitte à trans­for­mer Jacques Atta­li en contra­dic­teur impuis­sant, dépos­sé­dé politiquement ? 

    On devine qu’il dénon­ce­rait une inad­mis­sible manœuvre anti­dé­mo­cra­tique, et il aurait évi­dem­ment rai­son. Il nous per­met­tra de pen­ser la même chose de sa proposition. 

    La démo­cra­tie est fon­dée sur un prin­cipe fon­da­men­tal : celui de la pos­si­bi­li­té, pour les hommes, de défi­nir les formes de l’exis­tence col­lec­tive. Cela pré­sup­pose le libre-exa­men de toutes les croyances et convic­tions : même celles de Jacques Attali. »

    Mathieu Bock-Côté

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/06/27/31001–20160627ARTFIG00277-brexit-le-peuple-contre-les-despotes-eclaires.php
    Source : Le Figaro

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  39. etienne

    #NDDL : pour res­pec­ter le résul­tat du réfé­ren­dum, l’aé­ro­port sera dépla­cé là où les consul­tés ont le plus voté oui 🙂 

    Ça me fait pen­ser à cet article de consti­tu­tion (d’o­ri­gine popu­laire), mis au point en mini-ate­lier consti­tuant (pro­li­fique et contagieux) : 

    Article XX :
    §1 Pas de guerre sans référendum.
    §2 Ceux qui ont voté oui à la guerre doivent la faire eux-mêmes
    (rigou­reu­se­ment aucune exemp­tion ne sera acceptée).
    §3 Au bout de 6 mois de guerre (quand ceux qui ont voté la guerre sont morts), un nou­veau réfé­ren­dum doit être réorganisé.

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    • Ronald

      La carte est amu­sante, et elle illustre bien le pro­blème. Mais d’autre part je suis assez d’ac­cord avec le péri­mètre du réfé­ren­dum choi­si. Va-t-on ne consul­ter que les gens de Notre-Dame des Landes, alors que c’est l’aé­ro­port de toute une région. si on ne consulte que ceux qui ont les désa­gré­ments, on ne fait jamais rien. On ne va pas non plus consul­ter toute la France : les Nan­tais se diront : de quoi se mêlent ces Pari­siens qui ne connaissent rien au pro­blème. Une consul­ta­tion régio­nale me semble bien ce qu’il y a de plus jus­ti­fié. Alors je com­prends bien le pro­blème pour les locaux. Je pense que dans une socié­té idéale, ceux qui ont les incon­vé­nients doivent être dédom­ma­gés : par exemple les voi­sins d’un aéro­port ont les voyages gra­tuits à vie, ceux d’une cen­trale nucléaire ont l’élec­tri­ci­té gra­tuite, etc …

      Pour l’ar­ticle sur la décla­ra­tion de guerre, j’ai lu quelque chose de sem­blable chez Bar­ba­ra Good­win (Jus­tice By Lot­te­ry), mais avec une nuance astu­cieuse : vu que les per­sonnes les plus âgées ne sont pas aptes à faire la guerre, lorsque la pro­po­si­tion de décla­ra­tion de guerre vient sur la table, seul les jeunes de l’as­sem­blée sont auto­ri­sés à voter, et sont envoyés au front si le oui l’emporte.

      De la même manière, elle pro­pose que si l’on évoque l’é­ven­tua­li­té de construire une cen­trale nucléaire, seuls ceux qui sont sur une zone où elle peut être construite ont le droit de voter. Si le oui l’emporte, on tire au sort la zone où elle sera bâtie.

      Réponse
      • Olivier

        Je suis assez d’ac­cord avec ce point de vue et il est pro­bable que si l’aé­ro­port avait été pré­vu plus au nord les rôles seraient inversés.
        N’im­porte qui râle­rait si on lui disait : « Tu vois l’arbre avec le petit moi­neau qui gazouille à ton réveil tous les matins ? Ben on va le raser te mettre une grosse tour de contrôle avec des cou­cous que tu pour­ras entendre beu­gler à 20km jour et nuit ».

        Pour les com­pen­sa­tion je pense sim­ple­ment qu’un bon dédom­ma­ge­ment serait déjà le rachat des terres au prix qu’elles vont acqué­rir suite au déve­lop­pe­ment éco­no­mique de la zone d’in­fluence de l’aé­ro­port, et ensuite de pro­po­ser de reloger/racheter les mai­sons des rive­rains qui le sou­haitent pour ne pas faire comme pour ce nou­veau stade à Lyon ou les agri­cul­teurs sont expro­priés. (Tous le monde n’est pas for­cé­ment inté­res­sé pour des voyages gra­tis en avions, j’ai 30 ans et je ne l’ai jamais pris)

        Je note aus­si que ce réfé­ren­dum fait appa­raître d’autres contrainte peu men­tion­nées lors des débats sur cet aéro­port au delà de l’as­pect envi­ron­ne­men­tal et des pos­sibles alter­na­tives avec l’existant.
        Le fait que les com­munes plus au nord aient voté ‘oui’ montre que l’aé­ro­port actuel est pro­ba­ble­ment bien moins acces­sible que le serai un aéro­port hors agglo­mé­ra­tion (L’aé­ro­port sera pro­ba­ble­ment livré avec un accès auto­rou­tier sans avoir à pas­ser par l’ag­glo­mé­ra­tion ou périph de Nantes)

        Même si on peut cri­ti­quer le taux de par­ti­ci­pa­tion ~50% et une faible majo­ri­té ~55% pour ce pro­jet qui déchaine les pas­sions depuis quelques décen­nies, on a quand même une majo­ri­té et sur­tout une majo­ri­té de com­munes ~70% de visu. Ce résul­tat aurait été tout de même plus cho­quant si il n’a­vait été du qu’à la ville de Nantes et ses alentours.

        D’un point de vue exté­rieur je dirais donc que :
        – la ques­tion est claire et va bien dans le sens du « oui alors on fait, non on ne change rien »
        – le péri­mètre choi­si est adap­té au pro­jet et ses éven­tuelle nui­sances et retom­bées économiques
        – la majo­ri­té en tant que % de popu­la­tion est lar­ge­ment confor­té par la majo­ri­té en terme de com­munes (pas de Dic­tat du chef-lieux de dpt)
        (Je com­prend cepen­dant que les rive­rains soient contre et le soient tou­jours même après)

        Pour l’exemple sur l’ar­ticle de la guerre je pense clai­re­ment que ça n’est pas une façon de voir la démo­cra­tie. La démo­cra­tie est, me semble t‑il, la recherche du consen­sus dans un peuple. Donc sur cet article en ques­tion c’est sim­ple­ment de l’a­nar­chie, quel est l’in­té­rêt de faire un réfé­ren­dum pour une guerre si seul ceux qui ont voté pour s’en­gage ? autant qu’ils prennent direc­te­ment leur balu­chon et qu’ils aillent à la guerre non ? Dans ce cas on ne peut plus réel­le­ment par­lé d’un peuple mais de mul­ti­tude d’in­di­vi­dua­li­té avec par­fois des inté­rêts com­muns ponctuel.

        D’ailleurs, dans une autre actua­li­té, c’est pas un peu la volon­té de cette loi tra­vail qui veut lais­ser chaque per­sonne morale (entre­prise) négo­cier seule face à chaque per­sonne phy­sique (employé) en effa­çant la force qu’ap­porte l’ac­cord de branche ? (donc de groupe) ceux qui vou­dront tra­vailler plus pour gagner moins le pour­ront!… et les autres en pâti­rons ! C’est pas vrai­ment démocratique… 

        Je force un peu le trait mais je pense que l’i­dée est là, un choix démo­cra­tique doit être col­lec­tif pour faire avan­cer le col­lec­tif et non des choix indi­vi­duels qui font avan­cer les indi­vi­dus et peu voir pas le collectif.

        En gros l’ar­ticle devrait être limi­té à :
        $1 pas de guerre sans référendum.
        $2 pas de guerre sans unanimité.

        Reste a défi­nir ce qu’est l’u­na­ni­mi­té dans une com­mu­nau­té de plu­sieurs mil­lions d’ha­bi­tant afin d’é­li­mi­ner « le bruit » (les « trolls ») des vota­tions. Cer­tai­ne­ment pas 100% des votants 90 p‑e ?

        Ensuite se pose la ques­tion de l’ef­fort a four­nir pour convaincre 90% des gens.
        Si il faut plu­sieurs années pour trou­ver un accord avec 90% de la popu­la­tion là où on pour­rait limite le faire du jour au len­de­main avec une majo­ri­té à 50% + 1 il est clair que dans le pre­mier cas il risque d’être dif­fi­cile d’a­van­cer comme dans le second il est « trop simple » d’avancer.

        Pour conclure sur le sujet de ce post, je pense que la seule chose à repro­cher à ce réfé­ren­dum, c’est que la majo­ri­té est vali­dé à 50% alors qu’elle devrait a mini­ma l’être à 60% sinon 65, voire au 23.

        Et enfin, je fini­rai en disant que lais­ser la déci­sion à 100 per­sonnes tirées au sort en assem­blée à qui on aura lais­sé suf­fi­sam­ment de temps, d’in­ter­ve­nants et de docu­men­ta­tion sur le sujet (comme les EID au Mali) est sûre­ment plus démo­cra­tique que de faire voter une popu­la­tion qui aura fait son choix en fonc­tion du cha­risme de telle ou telle élite poli­tique et de quelques repor­tages à la télé.

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  40. BA

    Jean-Marie Le Guen a sous-éva­lué son patrimoine.

    Il appa­raît que le secré­taire d’E­tat char­gé des rela­tions avec le Par­le­ment avait ini­tia­le­ment men­ti sur sa pre­mière décla­ra­tion en sous-éva­luant son patri­moine immobilier.

    Selon les infor­ma­tions du Monde, Jean-Marie Le Guen a très lar­ge­ment sous-éva­lué la valeur de ses appar­te­ments, garage, ter­rains et immeuble dans sa décla­ra­tion. Les mon­tants qu’il avait men­tion­nés étaient de 30 % à 40 % infé­rieurs au prix du marché.

    C’est l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale qui a fait part de ses doutes à la Haute Auto­ri­té. Certes « Patrim », la base de don­nées avec laquelle Ber­cy éva­lue les biens immo­bi­liers n’est pas une science exacte, mais de tels écarts sont tout de même rares. 

    Jean-Marie le Guen s’est d’a­bord jus­ti­fié en décri­vant des appar­te­ments plu­tôt sombres, mal expo­sés. Cela n’a pas fran­che­ment convain­cu la Haute Auto­ri­té. Le ministre a fini par revoir sa copie. Le 10 juin, il adresse un « annule et rem­place ». Le secré­taire d’E­tat, assu­jet­ti à l’im­pôt de soli­da­ri­té sur la for­tune, déclare à pré­sent 2,6 mil­lions d’eu­ros de biens immobiliers.

    En accep­tant de revoir sa copie, le secré­taire d’E­tat a échap­pé à un signa­le­ment au pro­cu­reur. Cette sous-décla­ra­tion ne res­te­ra tou­te­fois pas sans consé­quence. Com­ment le secré­taire d’E­tat pour­rait-il échap­per à un redres­se­ment fiscal ? 

    Tou­jours selon nos infor­ma­tions, Jean-Marie Le Guen pour­rait devoir plu­sieurs dizaines de mil­liers d’eu­ros à la direc­tion géné­rale des impôts. Si le pro­cu­reur de la Répu­blique estime qu’il y a eu fraude fis­cale, il pour­rait éga­le­ment y avoir des suites judiciaires.

    http://​www​.lemonde​.fr/​s​o​c​i​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​4​/​0​6​/​2​7​/​j​e​a​n​-​m​a​r​i​e​-​l​e​-​g​u​e​n​-​a​-​s​o​u​s​-​e​v​a​l​u​e​-​s​o​n​-​p​a​t​r​i​m​o​i​n​e​_​4​4​4​6​6​4​5​_​3​2​2​4​.​h​tml

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  41. etienne

    [Recom­man­dé] La folie col­lec­tive du Dépar­te­ment d’État des États-Unis, par Robert Parry

    http://​www​.les​-crises​.fr/​r​e​c​o​m​m​a​n​d​e​-​l​a​-​f​o​l​i​e​-​c​o​l​l​e​c​t​i​v​e​-​d​u​-​d​e​p​a​r​t​e​m​e​n​t​-​d​e​t​a​t​-​d​e​s​-​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​p​a​r​-​r​o​b​e​r​t​-​p​a​r​ry/#
    #Démo­cra­tie­Pré­ten­du­men­tRe­pré­sen­ta­tive
    #Élus­Pré­ten­du­ment­Com­pé­tents

    « Au cours des der­nières décen­nies, le dépar­te­ment d’Etat des Etats-Unis qui était jadis une mai­son rai­son­na­ble­ment pro­fes­sion­nelle et réa­liste en matière de diplo­ma­tie est deve­nu un repaire de bureau­crates guer­riers pos­sé­dés par des obses­sions impé­riales, un phé­no­mène dan­ge­reux sou­li­gné par la récente « dis­si­dence » de masse en faveur de nou­velles tue­ries en Syrie.

    51 « diplo­mates » du Dépar­te­ment d’Etat ont signé une note de ser­vice dis­tri­buée par un « canal de la dis­si­dence » offi­ciel, deman­dant des frappes mili­taires contre le gou­ver­ne­ment syrien de Bachar al-Assad dont les forces ont mené la contre-offen­sive contre les extré­mistes isla­mistes qui cherchent à contrô­ler cette impor­tante nation du Moyen-Orient .

    Le fait qu’un si grand nombre de fonc­tion­naires du Dépar­te­ment d’Etat plaident en faveur d’un élar­gis­se­ment de la guerre d’agression en accord avec l’agenda néo­con­ser­va­teur, qui a pla­cé la Syrie sur une liste noire il y a vingt ans, est révé­la­teur du degré de folie qui s’est empa­ré du Dépar­te­ment d’Etat.

    Le Dépar­te­ment d’Etat semble être deve­nu un mélange de néo­con­ser­va­teurs pur jus, de libé­raux inter­ven­tion­nistes et de quelques arri­vistes qui ont com­pris qu’il était dans leur inté­rêt de se com­por­ter comme des pro­con­suls glo­baux qui imposent leurs solu­tions ou recherchent un « chan­ge­ment de régime » plu­tôt que de se com­por­ter en diplo­mates res­pec­tueux à la recherche de véri­tables compromis.

    Même cer­tains fonc­tion­naires du Dépar­te­ment d’Etat, que je connais per­son­nel­le­ment et qui ne sont pas vrai­ment néo­con­ser­va­teurs ou libé­raux-fau­cons, agissent comme s’ils avaient ava­lé la pilule et toute la boîte avec. Ils parlent comme des durs et se com­portent avec arro­gance envers les popu­la­tions des pays sous leur contrôle. Les étran­gers sont trai­tés comme des objets stu­pides tout juste bons à être sou­mis ou soudoyés.

    Il n’est donc pas tout à fait sur­pre­nant que plu­sieurs dizaines de « diplo­mates » éta­su­niens s’en prennent à la posi­tion plus modé­rée du pré­sident Barack Oba­ma sur la Syrie tout en se posi­tion­nant en pré­vi­sion de l’élection d’Hillary Clin­ton, qui devrait auto­ri­ser une inva­sion illé­gale de la Syrie – sous cou­vert d’établir des « zones d’exclusion aérienne » et des « zones de sécu­ri­té » – ce qui signi­fie en clair, tuer d’avantage de jeunes sol­dats syriens. Les « diplo­mates » demandent l’utilisation d’ « armes à longue por­tée et aériennes ».

    Ces fau­cons sont si avides guerres que le risque d’un conflit direct avec la Rus­sie ne les dérange pas. D’un léger revers de la main, ils balaient la pos­si­bi­li­té d’un conflit avec une puis­sance nucléaire en affir­mant qu’ils ne pré­co­nisent pas « d’emprunter une pente glis­sante qui se ter­mi­ne­rait dans une confron­ta­tion mili­taire avec Rus­sie. » Dis comme-ça, ça rassure. […] »

    Réponse
  42. etienne
  43. etienne

    Dans la série « L’Eu­rope, c’est la paie (des ultra-riches) »

    L’aus­té­ri­té en Grèce a fait explo­ser le nombre de sui­cides et de meurtres

    […] « Les mesures dras­tiques d’aus­té­ri­té impo­sées en Grèce pour assai­nir les finances publiques du pays se sont accom­pa­gnées d’une explo­sion des sui­cides, des meurtres et d’une dété­rio­ra­tion de la san­té publique, selon une étude amé­ri­ca­no-grecque, publiée jeu­di 18 avril.

    Le taux de mor­ta­li­té résul­tant de sui­cides et d’ho­mi­cides a aug­men­té de 22,7 % et de 27,6 % res­pec­ti­ve­ment de 2007 à 2009 sur­tout par­mi les hommes, pré­cisent les auteurs de ce rap­port publié dans l’A­me­ri­can Jour­nal of Public Health, en se basant sur les sta­tis­tiques du gou­ver­ne­ment. Ils ont aus­si consta­té un accrois­se­ment du nombre de cas de troubles men­taux, d’a­bus de drogue et même de mala­dies infec­tieuses pro­vo­quées par le virus du Nile occi­den­tal et du sida.

    Ces phé­no­mènes ont coïn­ci­dé avec une forte hausse du chô­mage à la suite de la crise éco­no­mique de 2007 dont le taux est pas­sé de 7,2 % en 2008 à 22,6 % au début de 2012. Dans le même temps, les dépenses de l’E­tat consa­crées aux ser­vices publics ont été for­te­ment réduites, le bud­get du minis­tère de la san­té bais­sant pour sa part de 23,7 % de 2009 à 2011. 

    Cette dimi­nu­tion des ser­vices de san­té publique s’est aus­si pro­duite au moment où un grand nombre de Grecs au chô­mage ont été contraints de réduire leurs recours aux soins médi­caux pri­vés pour se faire soi­gner dans des orga­nismes publics, dont les moyens étaient éga­le­ment très réduits et plus entiè­re­ment gra­tuits. » […] (Lire la suite)

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/19/l‑austerite-en-grece-a-fait-exploser-le-nombre-de-suicides-et-de-meurtres_3162603_3234.html

    Réponse
  44. BA

    Fran­çois Hol­lande veut « évi­ter la dis­lo­ca­tion de l’U­nion européenne »

    - « Evi­ter la dislocation » -

    Les diri­geants des 27 ont aus­si fort à faire pour « évi­ter la dis­lo­ca­tion », a consta­té le pré­sident français.

    L’U­nion euro­péenne, où l’ex­trême droite et les mou­ve­ments popu­listes ont le vent en poupe, est déjà fra­gi­li­sée par une suc­ces­sion de crises, notam­ment migra­toire, qui conti­nue de les divi­ser comme jamais.

    Depuis un an, la frac­ture est par­ti­cu­liè­re­ment pro­fonde avec la plu­part des pays de l’Est qui refusent de mettre en oeuvre les solu­tions col­lec­tives d’ac­cueil de réfu­giés déci­dées à Bruxelles. 

    Des pistes de « réflexion » sur l’a­ve­nir de l’U­nion ont été lan­cées dès mer­cre­di matin, et les Euro­péens vont se retrou­ver le 16 sep­tembre à Bra­ti­sla­va pour ten­ter de trou­ver des ter­rains d’en­tente plus concrets.

    « La situa­tion est très grave, mais nous croyons que les 27 peuvent gérer », a sou­li­gné la chan­ce­lière alle­mande Ange­la Mer­kel. « Nous sommes déci­dés et déter­mi­nés à res­ter unis pour répondre aux défis », a‑t-elle martelé. 

    « Rien ne serait plus grave que le sta­tu quo exploi­té par les popu­listes. Rien ne doit empê­cher l’Eu­rope d’a­van­cer et sur­tout pas la déci­sion que les Bri­tan­niques ont prise », a pour sa part esti­mé M. Hollande.

    Le secré­taire d’E­tat amé­ri­cain John Ker­ry a ajou­té à la confu­sion post-Brexit en affir­mant « qu’il y a un cer­tain nombre de moyens » pour ren­ver­ser la déci­sion bri­tan­nique de sor­tir de l’UE. 

    « Je ne veux pas, en tant que secré­taire d’E­tat, les expo­ser aujourd’­hui. Je pense que ce serait une erreur. Mais il y a des moyens », a expli­qué M. Ker­ry, qui s’é­tait entre­te­nu lun­di avec M. Cameron.

    http://​www​.bour​so​ra​ma​.com/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​b​r​e​x​i​t​-​l​-​u​e​-​e​n​o​n​c​e​-​s​e​s​-​l​i​g​n​e​s​-​r​o​u​g​e​s​-​f​a​c​e​-​a​-​l​o​n​d​r​e​s​-​5​1​0​c​5​e​1​d​3​1​8​1​0​e​a​6​3​6​4​f​8​f​2​7​3​7​8​1​c​49e

    Réponse
  45. BA

    Atten­tion, chef d’oeuvre.

    Sur France Inter, le jour­na­liste pro-euro­péen Bru­no Don­net ana­lyse le pro­sé­ly­tisme des médias fran­çais en 3 minutes 12 :

    « Pro­sé­ly­tisme jour­na­lis­tique, l’a­près-coup de Bru­no Donnet »

    Le Brexit a ser­vi de révé­la­teur à un pro­blème évident des médias en France : le pro­sé­ly­tisme. Si les gens qui fabriquent l’in­for­ma­tion sont majo­ri­tai­re­ment pro-euro­péens, ce n’est pas for­cé­ment le cas de ceux qui les écoutent. Il est temps de ques­tion­ner urgem­ment le prin­cipe de la repré­sen­ta­ti­vi­té dans les médias. 

    https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​_​K​y​i​R​Y​W​P​xLE

    Réponse
  46. etienne

    Vous avez dit « populiste » ?

    Ceux qui uti­lisent le mot « popu­liste » comme une insulte sont à l’é­vi­dence des enne­mis du peuple.

    Réponse
  47. etienne

    [Le géno­cide amé­ri­cain conti­nue, jus­qu’au bout du bout]
    Les Indiens du Cana­da pré­fèrent mourir
    http://www.lemonde.fr/m‑moyen-format/article/2016/04/22/les-indiens-du-canada-preferent-mourir_4907359_4497271.html

    ———————–

    À pro­pos de l’ef­froyable géno­cide des Indiens (qui dure et dure tou­jours, depuis l’ar­ri­vée de Chris­tophe Colomb en 1492), je suis en train de lire (de dévo­rer, plutôt) :
    « QUE SONT LES INDIENS DEVENUS ? Culture et géno­cide chez les Indiens d’A­mé­rique du Nord », de Ward Churchill
    et c’est lit­té­ra­le­ment bouleversant :

    http://​www​.cri​ti​ques​libres​.com/​i​.​p​h​p​/​v​c​r​i​t​/​7​405

    —————–

    J’ai décou­vert Ward Chur­chill (et aus­si­tôt com­man­dé le seul de ses livres que j’aie trou­vé tra­duit en fran­çais, ci-des­sus évo­qué) en lisant le texte sui­vant, impor­tant (atten­tion, ça secoue) : 

    Le paci­fisme comme patho­lo­gie (par Der­rick Jensen)

    http://​par​tage​-le​.com/​2​0​1​5​/​1​2​/​l​e​-​p​a​c​i​f​i​s​m​e​-​c​o​m​m​e​-​p​a​t​h​o​l​o​g​i​e​-​p​a​r​-​d​e​r​r​i​c​k​-​j​e​n​s​en/

    Réponse
  48. etienne

    La tri­lo­gie du Par­rain détaille com­ment le monde est réel­le­ment dirigé :

    « les chefs de la mafia ont recon­nu le point de vue qu’Augustin fit il y a long­temps : le gou­ver­ne­ment n’est très sou­vent qu’une autre bande orga­ni­sée de voyous, qui léga­lisent le vol et la criminalité. »

    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​l​a​-​t​r​i​l​o​g​i​e​-​d​u​-​p​a​r​r​a​i​n​-​d​e​t​a​i​l​l​e​-​c​o​m​m​e​n​t​-​l​e​-​m​o​n​d​e​-​e​s​t​-​r​e​e​l​l​e​m​e​n​t​-​d​i​r​ige

    Réponse
  49. etienne
  50. etienne

    DANGER : Oba­ma ignore les inquié­tudes légi­times des russes concer­nant leur sécu­ri­té nationale
    Par Eric Zuesse :

    « Lorsque le pré­sident démo­cra­ti­que­ment élu de l’Ukraine a été vio­lem­ment ren­ver­sé en février 2014 et rem­pla­cé par un régime rageu­se­ment anti-russe, non seule­ment les habi­tants des régions de l’Ukraine qui ont voté mas­si­ve­ment pour lui – la Cri­mée ayant voté à 75% pour lui, et le Don­bass à 90% – ont été ter­ri­fiés par ce qu’ils consi­dé­raient être un nou­veau régime san­gui­naire, mais les Russes aus­si, parce que les dic­ta­teurs qui ont été ins­tal­lés ont clai­re­ment reven­di­qué leur haine des Russes et même des rus­so­phones. L’une de leur pre­mières ini­tia­tives légis­la­tives a été de pros­crire la langue russe, mais la haine fla­grante à l’origine de la pro­po­si­tion a pro­vo­qué son rejet au par­le­ment de l’Ukraine, parce que ce nou­veau régime avait besoin de sou­tien exté­rieur, et l’interdiction d’une langue par­lée par près de la moi­tié de la popu­la­tion de la nation aurait sus­ci­té une condam­na­tion internationale.

    Peu après que les Cri­méens ont voté mas­si­ve­ment, le 16 mars 2014, pour se sépa­rer de l’Ukraine et rejoindre la Rus­sie, dont la Cri­mée avait fait par­tie jusqu’à ce que le dic­ta­teur sovié­tique Niki­ta Khroucht­chev trans­fère arbi­trai­re­ment celle-ci à l’Ukraine en 1954, le haut com­man­dant mili­taire de l’OTAN, le géné­ral amé­ri­cain Phi­lip Breed­love , a dit que, parce que la Rus­sie avait pro­té­gé les Cri­méens de l’invasion du régime ukrai­nien nou­vel­le­ment ins­tal­lé, qui mena­çait ceux-ci s’ils tenaient un réfé­ren­dum pour se sépa­rer de l’Ukraine, « main­te­nant, il est très clair que la Rus­sie agit beau­coup plus en adver­saire qu’en par­te­naire », et il a spé­cu­lé sar­cas­ti­que­ment au sujet du « pro­chain pays où les rus­so­phones auraient besoin d’être incor­po­rés en Rus­sie » – comme si les habi­tants de la Cri­mée n’avaient pas une bonne rai­son de craindre le nou­veau régime, et comme si les rus­so­phones dans tous les pays étaient dans la même situa­tion et avait besoin de la même pro­tec­tion ; et comme si l’OTAN elle-même avait le moindre droit à com­men­ter sur ce sujet, puisque l’Ukraine n’est même pas un membre de l’OTAN. L’Ukraine est une nation qui par­tage une longue fron­tière avec la Rus­sie, mais cela donne-t-il à l’OTAN le droit de défendre l’Ukraine de l’agression russe ? Est-ce que l’OTAN tente de pro­vo­quer une inva­sion russe, pour avoir un pré­texte à lan­cer une guerre nucléaire à grande échelle ?

    Pour­quoi le haut com­man­dant mili­taire de l’OTAN com­men­tait-il là-des­sus ? Il repré­sen­tait le pré­sident des États-Unis, non pas le peuple de l’Ukraine, et cer­tai­ne­ment pas les gens de Cri­mée. Ceux-ci avaient de bonnes rai­sons d’être ter­ri­fiés par le nou­veau régime, mais le géné­ral d’Obama, qui diri­geait les opé­ra­tions mili­taires de l’OTAN, ne s’en sou­ciait pas du tout.

    Et les risques que les États-Unis et leurs alliés fai­saient cou­rir aux popu­la­tions rus­so­phones dans d’autres pays qui bordent la Rus­sie ont éga­le­ment été igno­rés. […] » (lire la suite)

    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​d​a​n​g​e​r​-​o​b​a​m​a​-​i​g​n​o​r​e​-​l​e​s​-​i​n​q​u​i​e​t​u​d​e​s​-​l​e​g​i​t​i​m​e​s​-​d​e​s​-​r​u​s​s​e​s​-​c​o​n​c​e​r​n​a​n​t​-​l​e​u​r​-​s​e​c​u​r​i​t​e​-​n​a​t​i​o​n​ale

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  51. etienne

    Démence bureau­cra­tique : libre pour être esclave

    « Les écoles en Amé­rique aujourd’hui, sont moins pré­oc­cu­pées par le bien-être glo­bal des élèves, qu’elles ne le sont à veiller à ce qu’ils obéissent à toutes les règles, peu importe si elles sont utiles et si cela pro­duit de bons résul­tats aux tests. L’accent mis sur l’obéissance aveugle et l’apprentissage par cœur les pré­pare à un tra­vail de bureau déshu­ma­ni­sant, où les employeurs ne cherchent même pas à faire sem­blant de se sou­cier de leur bien-être. Au lieu de cela, ils leur font honte s’ils prennent des vacances et les forcent à faire des heures sup­plé­men­taires gra­tui­te­ment. Les employeurs et les admi­nis­tra­teurs sco­laires ne se sou­cient que de ce qu’ils peuvent pro­duire : les enfants ne sont pas trai­tés dif­fé­rem­ment de jouets et les employés ne sont pas trai­tés dif­fé­rem­ment de robots. […] (Lire la suite)

    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​d​e​m​e​n​c​e​-​b​u​r​e​a​u​c​r​a​t​i​q​u​e​-​l​i​b​r​e​-​p​o​u​r​-​e​t​r​e​-​e​s​c​l​ave

    Réponse
  52. etienne

    Les mondialistes exigent maintenant ouvertement la centralisation du Nouvel Ordre Mondial


    Par Bran­don Smith – Le 6 juillet 2016 – Source alt​-mar​ket​.com

    Je l’ai dit à plu­sieurs reprises par le pas­sé, lorsque les cri­mi­nels éli­tistes com­mencent à admettre ouver­te­ment leurs plans, cela signi­fie qu’ils sont prêts à lâcher le sys­tème actuel. Ils ne se sou­cient plus du tout que l’on connaisse leurs plans, parce qu’ils pensent que la vic­toire est inévitable.

    C’est plus sub­til et moins en évi­dence que les appels à un Nou­vel Ordre Mon­dial publiés par le pas­sé, c’est sûr. Cepen­dant, à aucun autre moment je n’ai vu les finan­ciers inter­na­tio­naux et leurs marion­nettes, les portes-parole poli­tiques, aus­si assu­rés à pro­pos de leurs appels à la cen­tra­li­sa­tion mon­diale, que dans le sillage de la réus­site du réfé­ren­dum sur le Brexit. C’est comme si le Brexit avait inver­sé un com­mu­ta­teur dans le récit exis­tant et mis en avant un flot de nou­velle pro­pa­gande, le tout visant à convaincre le grand public que les banques cen­trales doivent unir leurs forces et agir comme une seule ins­ti­tu­tion, afin de lut­ter contre une crise éco­no­mique qui n’est même pas encore visible pour les non-croyants.

    Bien que j’ai pré­dit l’activation de cette cam­pagne de pro­pa­gande dans mon article Brexit : Glo­bal Trig­ger Event, Fake Out Or Some­thing Else ?, publié avant le vote du réfé­ren­dum, la vitesse à laquelle elle se déve­loppe est vrai­ment étonnante.

    Main­te­nant, dans les cir­cons­tances actuelles du ral­lye post-Brexit de la semaine pré­cé­dente (entraî­né par l’espoir d’une inter­ven­tion de la Banque cen­trale et un volume de tran­sac­tions extrê­me­ment faible), on pour­rait pen­ser que les appels glo­ba­listes pour la cen­tra­li­sa­tion totale de la ges­tion de la poli­tique finan­cière ne font pas beau­coup de sens. Où est cette crise, contre laquelle les ban­quiers conti­nuent de nous mettre en garde ?

    Comme je l’ai sou­li­gné en détail dans les articles récents, je crois que le Brexit est un évé­ne­ment déclen­cheur par­tiel d’une catas­trophe future sur les mar­chés, qui a été conçue depuis de nom­breuses années. Autre­ment dit, une cala­mi­té finan­cière mon­diale a été déli­bé­ré­ment mise en scène par avance, et le Brexit est des­ti­né à agir comme un bouc émis­saire pour cela. Les fon­da­men­taux de l’économie mon­diale sont de plus en plus néga­tifs depuis des années, et seul l’indi­ca­teur du mar­ché des actions pou­vait appa­raître comme positif.

    Il y a beau­coup de gens qui sup­posent que les actions ont échap­pé au pire, après le réfé­ren­dum au Royaume-Uni, en rai­son du ral­lye du 4 juillet. Cepen­dant, je dirais qu’ils ne devraient pas être trop à l’aise, vu le faible pic de volume d’actions échan­gées jusqu’à maintenant.

    Ces types de ral­lye ne devraient pas être une sur­prise. Ils étaient fré­quents au cours du crash sur les déri­vés de cré­dit qui a frap­pé en 2008, à la suite des faillites de Bear Sterns et Leh­man Bro­thers. En fin de compte, le mar­ché action est un mau­vais indi­ca­teur et les fon­da­men­taux vont tou­jours gagner à la fin.

    Comme le note Forbes dans une ana­lyse éton­nam­ment hon­nête, le moment Leh­man de 2008 n’a pas été vrai­ment un moment du tout. Le crash des pro­duits déri­vés a été ali­men­té par de nom­breuses fai­blesses dans la struc­ture de la bulle de la dette ; Leh­man n’était qu’un élé­ment avec un pro­fil plus ris­qué, dans un désordre déjà chao­tique. Lorsque la faillite de Leh­man est deve­nue publique, les actions ont beau­coup plon­gé, à une vitesse assez sem­blable à celle qui a été enre­gis­trée juste après le réfé­ren­dum sur le Brexit. Mais, une semaine plus tard, les actions étaient remon­tées et de retour près des mêmes som­mets, très peu de temps avant que Leh­man ne tombe.

    La psy­cho­lo­gie des inves­tis­seurs sur les mar­chés est tou­jours d’aller d’abord vers ce qu’ils connaissent et c’est ce qu’ils ont été condi­tion­nés à faire, tout comme les chiens de Pav­lov. Les inves­tis­seurs aujourd’hui, comme alors, ont été condi­tion­nés à ache­ter après un repli, peu importe quoi. Bien sûr, une fois la réa­li­té et les prin­cipes fon­da­men­taux de retour, les actions sont repar­ties à la baisse seule­ment deux semaines plus tard.

    Le Brexit ne va pas dis­pa­raître et les effets néga­tifs qu’il annonce sont encore à peine visibles à la popu­la­tion. Ce pro­ces­sus va peser acti­ve­ment sur les mar­chés dans les mois à venir, au fur et à mesure que les inves­tis­seurs vont conti­nuer à perdre leur foi aveugle dans le sys­tème. Nous n’avons même pas encore com­men­cé la par­tie et tout cela en sup­po­sant qu’il n’y aura pas d’autres moments cata­ly­sa­teurs au coin de la rue.

    Au-delà de la méca­nique de l’économie, les élites elles-mêmes sont sou­vent un bon test déci­sif, pour pré­dire ce qui est sur le point d’advenir dans le casi­no des mar­chés et en dehors.

    Le fait que les médias finan­ciers grand public soient main­te­nant inon­dés par des appels à des mesures extrêmes, en coor­di­na­tion avec la banque cen­trale et de nom­breuses élites aver­tis­sant d’une plus grande crise, devrait être le sujet de pré­oc­cu­pa­tion pour le public. Tout comme la Banque des règle­ments inter­na­tio­naux (BRI) et le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal (FMI) ont aver­ti d’un acci­dent en 2007 et au début de 2008 qui s’est révé­léexact, ils ont éga­le­ment mis en garde contre un acci­dent en 2016. Post-Brexit, le chœur desaver­tis­se­ments des élites a chan­té à l’unisson. Ils se sont rare­ment trom­pés sur une crise éco­no­mique, jus­te­ment parce que ce sont ces gens qui créent les condi­tions de cette crise en pre­mier lieu.

    George Soros conti­nue de pré­tendre que le Brexit a « accé­lé­ré une crise finan­cière sur les mar­chés », même après le der­nier ral­lye boursier.

    Bloom­berg, à l’appui du pré­sident de la Banque cen­trale euro­péenne Mario Dra­ghi, a publié un article inti­tu­lé Dra­ghi sou­haite un New World Order que les popu­listes vont aimer haïr. Bloom­berg plus tard a reti­ré le mot New dans le titre.

    L’article répète un appel gran­dis­sant des ban­quiers cen­traux au monde entier, pour ces­ser de se pré­oc­cu­per des poli­tiques et des pro­blèmes domes­tiques pour com­men­cer à se coor­don­ner au niveau mon­dial afin de faire face aux pro­blèmes mon­diaux. La BRI contrôle déjà la poli­tique pour prendre des déci­sions pour toutes les autres banques cen­trales, comme c’est admis dans les infâmes Har­pers expo­sant sur la BRI, dans un article inti­tu­lé Le règne sur le monde de l’argent. Mais ce n’est jamais men­tion­né par Dra­ghi ou Bloom­berg.

    Fait inté­res­sant, la BRI fait main­te­nant la pro­mo­tion non seule­ment d’une coor­di­na­tion mon­diale des poli­tiques, mais aus­si de règles mon­diales pour toutes les banques cen­trales. Si la BRI contrôle déjà les déci­sions poli­tiques de la Réserve fédé­rale, la BCE, et de tous les autres banques cen­trales, alors pour­quoi veulent-ils que des règles glo­balessoient mises en place pour ces mêmes banques centrales ?

    Ils font cela parce que le but, la fin du jeu, est de le faire accep­ter aux masses et même qu’elles exigent une banque cen­trale mon­diale, que ce soit sous la forme de la BRI ou du FMI, ou peut-être toutes les deux com­bi­nées en une seule enti­té. Encore une fois, les élites uti­lisent la stra­té­gie hégé­lienne pro­blème-réac­tion-solu­tion pour mani­pu­ler le public selon les volon­tés du contrôle globaliste.

    La BRI a été mise en place il y a long­temps pour ce moment-là. […] 

    (lire la suite…)

    Source : le Saker fran­co­phone, http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​l​e​s​-​m​o​n​d​i​a​l​i​s​t​e​s​-​e​x​i​g​e​n​t​-​m​a​i​n​t​e​n​a​n​t​-​o​u​v​e​r​t​e​m​e​n​t​-​l​a​-​c​e​n​t​r​a​l​i​s​a​t​i​o​n​-​d​u​-​n​o​u​v​e​l​-​o​r​d​r​e​-​m​o​n​d​ial

    Réponse
  53. etienne

    #Cen­tra­li­té­De­La­Sou­ve­rai­ne­té­Mo­né­taire

    [Quand la Consti­tu­tion d’un pays est écrite par ses pires enne­mis (comme en Rus­sie, appa­rem­ment, et comme en UE, évi­dem­ment), le peuple est volé, floué, domi­né, infan­ti­li­sé, exploi­té, martyrisé.]

    Quand la Rus­sie se débar­ras­se­ra-t-elle de son talon d’Achille : la cin­quième colonne ?

    ———————————–

    La Rus­sie, sous Pou­tine, a mon­tré qu’elle ne craint per­sonne… Alors pour­quoi cette défé­rence envers les banks­ters qui tiennent la Banque cen­trale de la Rus­sie sous leur l’emprise ?

    ———————————–

    «…Ce qui est clai­re­ment res­sor­ti cette fois, de mes entre­tiens à Saint-Péters­bourg, c’est que les évé­ne­ments se rap­prochent d’un tour­nant déci­sif Marche ou crève, suite auquel soit la poli­tique éco­no­mique est offi­ciel­le­ment mise entre les mains des cercles com­pé­tents de l’é­co­no­mie natio­nale telles que celui de Boris Titov, Andrey Kle­pach et Ser­gey Gla­zyev, soit elle suc­com­be­ra au poi­son insi­dieux du Consen­sus de Washing­ton et au mythe libé­ral du mar­ché libre. » F.William Engdhal

    ——

    Pen­dant trois jours, en juin, du 16 au 18, j’ai eu l’occasion de par­ti­ci­per en tant que pané­liste au Forum éco­no­mique inter­na­tio­nal annuel de Saint-Péters­bourg, en Russie.

    Ne les lais­sez pas s’emparer de votre liberté

    Je suis allé en Rus­sie à plu­sieurs reprises depuis le coup d’État de février 2014 en Ukraine, orga­ni­sé par les États-Unis, et les esca­lades déli­bé­rées des mili­taires de l’OTAN entraî­nant des ten­sions éco­no­miques et des sanc­tions contre la Fédé­ra­tion de Rus­sie. Le forum de cette année, mon deuxième en tant que par­ti­ci­pant, m’a don­né une occa­sion rare de par­ler avec les prin­ci­paux repré­sen­tants de tous les sec­teurs de l’économie – depuis les PDG du sec­teur russe de l’énergie, des che­mins de fer Rus­sia Rail­ways, du four­nis­seur natio­nal d’électricité Rus­sia Grid, jusqu’au nom­breuses petites et moyennes entre­prises, pour finir avec un large éven­tail d’économistes. Cela a aigui­sé ma per­cep­tion de la pré­ca­ri­té de la situa­tion de la Rus­sie aujourd’hui.

    Ce qui est deve­nu plus clair pour moi, au cours des trois jours de dis­cus­sions à Saint-Péters­bourg, est pré­ci­sé­ment la vul­né­ra­bi­li­té de la Rus­sie. Son talon d’Achille est l’idéologie domi­nante qui contrôle tous les postes clé de l’économie du gou­ver­ne­ment de la Fédé­ra­tion de Rus­sie, sous le pre­mier ministre Dmi­tri Medvedev. 

    Aux termes de la Consti­tu­tion russe adop­tée dans le chaos des années Elt­sine et énor­mé­ment influen­cée, sinon lit­té­ra­le­ment rédi­gée, par des conseillers du FMI étran­gers à la Rus­sie, la poli­tique éco­no­mique est sous la res­pon­sa­bi­li­té du Pre­mier ministre et de ses divers ministres de l’Économie, des Finances et ain­si de suite. Le pré­sident russe, Vla­di­mir Pou­tine aujourd’hui, est res­pon­sable de la défense et de la poli­tique étrangère.

    C’est la Banque cen­trale de Rus­sie qui rend pra­ti­que­ment impos­sible la four­ni­ture du flux de cré­dit pour inves­tir véri­ta­ble­ment de toute urgence dans les infra­struc­tures néces­saires sur la vaste éten­due du ter­ri­toire de la Rus­sie. La Banque cen­trale de Rus­sie a reçu deux tâches, consti­tu­tion­nel­le­ment man­da­tées quand elle a été créée comme enti­té indé­pen­dante du gou­ver­ne­ment russe dans les pre­miers mois de la Fédé­ra­tion de Rus­sie, suite à l’éclatement de l’Union sovié­tique. Elle doit contrô­ler l’inflation inté­rieure russe et la sta­bi­li­té du rouble par rap­port aux prin­ci­pales mon­naies étran­gères. Comme les banques cen­trales occi­den­tales, son rôle est presque pure­ment moné­taire, et non économique.

    En juin 2015, lorsque j’ai par­ti­ci­pé pour la pre­mière fois au forum de Saint-Péters­bourg, le taux de base de la Banque cen­trale russe était de 11%. Au sum­mum de la soi-disant crise du rouble en jan­vier 2015, il avait atteint 17%. L’été der­nier, on s’attendait à ce que Elvi­ra Nabiul­li­na, la gou­ver­neure de la Banque cen­trale depuis 2013, com­mence à rame­ner, assez rapi­de­ment, les taux cen­traux à des niveaux gérables, sur­tout à un moment où les taux de base des banques cen­trales comme la Banque cen­trale euro­péenne, la Réserve fédé­rale amé­ri­caine et la Banque du Japon étaient les plus faibles depuis 500 ans, à zéro ou même néga­tifs. En outre, depuis jan­vier 2016, le prix du pétrole, un fac­teur impor­tant dans la force de rouble car la Rus­sie est le plus grand expor­ta­teur de pétrole au monde, a aug­men­té de plus de 60% par rap­port au creux de $30 le baril qu’il connais­sait alors, il est proche de $50 six mois plus tard.

    Cette baisse des taux par la Banque cen­trale russe n’a pas eu lieu. Au contraire, cela tue len­te­ment l’économie. Après un an d’attente, au début de juin 2016, la Banque cen­trale de Rus­sie sous le gou­ver­no­rat de Nabiul­li­na a effec­tué sa pre­mière baisse des taux… le rame­nant au niveau tou­jours mor­tel de 10,5%. Peut-être devrait-on noter que la moné­ta­riste Nabiul­li­na a été nom­mée, par le maga­zine lon­do­nien Euro­mo­ney, meilleur gou­ver­neur de Banque cen­trale de l’année 2015. Cela devrait être consi­dé­ré comme un mau­vais pré­sage pour la Rus­sie. Tout aus­si inquié­tant était la louange adres­sée par la direc­tion du FMI à Washing­ton pour la ges­tion moné­ta­riste de Nabiul­li­na lors de la crise du rouble du début 2015.

    Opé­ra­tion réus­sie… le patient est mort

    Ce que j’ai vécu dans mes dis­cus­sions, lors de la confé­rence cette année – qui a connu une par­ti­ci­pa­tion record de plus de 12 000 hommes d’affaires et autres à tra­vers le monde – c’est le sen­ti­ment que coexistent deux gou­ver­ne­ments russes oppo­sés. Tous les postes éco­no­miques et finan­ciers impor­tants sont fer­me­ment occu­pés actuel­le­ment par des éco­no­mistes libé­raux moné­ta­ristes, accros au libre-mar­ché, qui pour­raient être dénom­més Le Jar­din d’enfants de Gaï­dar. Egor Gaï­dar a été l’architecte, avec Jef­frey Sachs – un éco­no­miste de Har­vard sou­te­nu par Soros – du choc radi­cal thé­ra­peu­tique à l’origine des dif­fi­cul­tés éco­no­miques qui ont frap­pé le pays dans les années 1990, plon­geant la popu­la­tion dans une pau­vre­té mas­sive et le pays dans l’hyperinflation.

    Aujourd’hui, Le Jar­din d’enfants de Gaï­dar abrite l’ancien ministre des Finances, Alexeï Kou­drine, un autre favo­ri du maga­zine Euro­mo­ney, qui lui a attri­bué le titre de ministre des finances inter­na­tio­nales de l’année 2010. Il abrite aus­si le ministre de l’Économie, Alexey Ulyu­kaev, et le vice-Pre­mier ministre de Med­ve­dev, Arka­dy Dvorkovic.

    Dvor­ko­vic, diplô­mé de l’Université Duke en Caro­line du Nord, est un pro­té­gé qui a direc­te­ment ser­vi au cours de ses pre­mières années sous Egor Gaï­dar. Puis, en 2010, sous le pré­sident russe Med­ve­dev, Dvor­ko­vic a pro­po­sé un sché­ma fou pour faire de Mos­cou un centre finan­cier mon­dial, avec l’aide de Gold­man Sachs et des grandes banques de Wall Street pour s’occuper de tout. On pour­rait appe­ler ça invi­ter le renard dans le pou­lailler. Le cre­do éco­no­mique de Dvor­ko­vic est « Moins d’État !». Il était le lob­byiste en chef de la cam­pagne d’adhésion à l’OMC de la Rus­sie, et a essayé de faire adop­ter la pri­va­ti­sa­tion rapide des actifs qui res­taient encore la pro­prié­té de l’État.

    C’est aujourd’hui le groupe de base autour du Pre­mier ministre Dmi­tri Med­ve­dev qui étrangle toute véri­table reprise éco­no­mique russe. Ils suivent le script occi­den­tal écrit à Washing­ton par le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal et le Tré­sor amé­ri­cain. Qu’ils le fassent, à ce stade, avec l’honnête convic­tion que c’est le mieux pour leur nation ou, à contra­rio, par haine psy­cho­lo­gique pro­fonde pour leur pays, je ne suis pas en mesure de dire. Les effets de leurs poli­tiques, comme je l’ai appris dans mes nom­breuses dis­cus­sions ce mois-ci à Saint-Péters­bourg, sont dévas­ta­trices. En effet, ils imposent eux-mêmes des sanc­tions éco­no­miques à la Rus­sie, bien pires que celles des États-Unis ou de l’UE. Si le par­ti Rus­sie unie de Vla­di­mir Pou­tine perd les élec­tions du 18 sep­tembre, ce ne sera pas dû à ses ini­tia­tives de poli­tique étran­gère, pour les­quelles il jouit encore de son­dages de popu­la­ri­té supé­rieurs à 80%. Ce sera parce que la Rus­sie n’a pas net­toyé les écu­ries d’Augias du Jar­din d’enfants de Gaï­dar.

    Obéir au Consen­sus de Washington

    Suite à diverses dis­cus­sions, j’ai été cho­qué d’apprendre que la poli­tique offi­cielle de l’équipe éco­no­mique de Med­ve­dev et de la Banque cen­trale est aujourd’hui de suivre les poli­tiques d’austérité bud­gé­taire stan­dards du Consen­sus de Washing­ton, mises en œuvre par le FMI. Et ceci en dépit du fait que la Rus­sie, il y a des années, a rem­bour­sé les prêts du FMI et n’est plus sous ses condi­tion­na­li­tés, comme c’était le cas pen­dant la crise du rouble en 1998.

    Non seule­ment cela, la Rus­sie a un des plus faibles ratios de dette d’État par rap­port au PIB de tous les grands pays dans le monde, seule­ment 17%, tan­dis que les États-Unisbéné­fi­cient d’un ratio de 104%, et les pays de la zone euro d’un niveau d’endettement moyen de plus de 90% du PIB, loin des 60% exi­gés par le Trai­té de Maas­tricht. Au Japon, ce ratio atteint la valeur astro­no­mique de 229%.

    La poli­tique éco­no­mique offi­cielle de la Banque cen­trale de Rus­sie aujourd’hui, avec ses taux absur­de­ment éle­vés, est de rame­ner le taux d’inflation actuel, de seule­ment 8%, à son objec­tif de 4%, par une poli­tique expli­cite d’austérité bud­gé­taire et de réduc­tion de la consom­ma­tion. Au cours de l’histoire, aucune éco­no­mie n’a réus­si une poli­tique éco­no­mique par une réduc­tion for­cée de la consom­ma­tion, et cer­tai­ne­ment pas la Grèce ni aucune nation afri­caine. Pour­tant, la Banque cen­trale de Rus­sie, en pilo­tage auto­ma­tique, chante reli­gieu­se­ment les chants de la mort gré­go­riens du FMI, comme s’ils étaient une for­mule magique. Si la Rus­sie conti­nue sa poli­tique dans cette voie moné­ta­riste, il se pour­rait bien que l’expression cynique « L’opération a été un suc­cès, mais le patient est mort » s’accomplisse.

    Le Club Stolypine 

    Il y a, autour de Med­ve­dev, une oppo­si­tion cohé­rente, expé­ri­men­tée et de plus en plus impor­tante contre cette cabale libé­rale occi­den­tale. Ils sont actuel­le­ment repré­sen­tés par ce qu’on appelle le Club Sto­ly­pine, créé par un groupe d’économistes natio­naux russes en 2012, afin d’élaborer des stra­té­gies alter­na­tives glo­bales pour réduire la dépen­dance de la Rus­sie au dol­lar et sti­mu­ler la crois­sance de l’économie réelle.

    J’ai eu l’honneur de me trou­ver dans un groupe ras­sem­blant plu­sieurs membres et fon­da­teurs de ce groupe. Il com­pre­nait un co-fon­da­teur du Club Sto­ly­pine, Boris Titov, un homme d’affaires russe et ouver­te­ment adver­saire idéo­lo­gique de Kou­drine, qui est pré­sident de l’organisation russe Busi­ness Rus­sia. Il insiste sur la néces­si­té d’augmenter la pro­duc­tion natio­nale de biens, de sti­mu­ler la demande, d’attirer des inves­tis­se­ments, de réduire les impôts et les taux de refi­nan­ce­ment de la Banque cen­trale. Titov est aujourd’hui une figure cen­trale des der­nières ini­tia­tives de la Rus­sie en Chine. Il a ser­vi en tant que pré­sident de la par­tie russe du Conseil d’affaires rus­so-chi­nois, et il est membre du Pré­si­dium du Conseil natio­nal pour la gou­ver­nance d’entreprise.

    Mon groupe com­pre­nait éga­le­ment des membres émi­nents du Club Sto­ly­pine : Ser­geï Gla­ziev, conseiller du pré­sident de la Fédé­ra­tion de Rus­sie, et Andrey Kle­pach, vice-pré­sident de la Banque VEB pour le déve­lop­pe­ment. Kle­pach, un co-fon­da­teur du Club Sto­ly­pine, était aupa­ra­vant sous-ministre de l’Économie de la Rus­sie et direc­teur du dépar­te­ment de pré­vi­sion macroé­co­no­mique du minis­tère du Déve­lop­pe­ment éco­no­mique et du Com­merce. Mon impres­sion est que ce sont des gens sérieux et dévoués, qui com­prennent que le cœur de la vraie poli­tique éco­no­mique natio­nale est le capi­tal humain et le bien-être de la popu­la­tion, pas l’inflation ou d’autres don­nées économétriques.

    Les obli­ga­tions Stolypine

    À ce stade, pour étendre mes remarques à l’audience de Saint-Péters­bourg, je vou­drais vous faire part d’une pro­po­si­tion pour mettre la vaste et riche éco­no­mie de la Rus­sie et de sa popu­la­tion sur une tra­jec­toire de crois­sance posi­tive, mal­gré les sanc­tions et les taux d’intérêt éle­vés de la Banque centrale.

    Tous les élé­ments néces­saires sont là. Le pays a la plus grande éten­due de terres de toutes les nations du monde. Il a sans doute les plus riches res­sources miné­rales inex­ploi­tées et de métaux pré­cieux. Il a quelques-uns des meilleurs esprits scien­ti­fiques et ingé­nieurs dans le monde, une main‑d’œuvre qua­li­fiée, des gens agréables et très intelligents.

    Ce qui manque est la coor­di­na­tion de tous ces ins­tru­ments pour faire une sym­pho­nie éco­no­mique natio­nale har­mo­nique. Bien sûr, il y a une crainte d’être accu­sé de retour­ner au Gos­plan sovié­tique, la pla­ni­fi­ca­tion cen­trale par trop de gens dans des posi­tions de gou­ver­ne­ment. Les cica­trices du trau­ma­tisme natio­nal sovié­tique ne sont que par­tiel­le­ment gué­ries par les années de règne de Pou­tine, qui ont per­mis aux Russes de se sen­tir à nou­veau res­pec­tés dans le monde.

    Les cica­trices ne sont pas seule­ment les consé­quences des vicis­si­tudes du com­mu­nisme. Elles viennent aus­si de la manière dont les États-Unis, sous le pré­sident George H.W. Bush, au début des années 1990 et ensuite sous chaque pré­sident amé­ri­cain depuis, ont humi­lié et mépri­sé la Rus­sie et tout ce qui est russe. Mal­heu­reu­se­ment, ces cica­trices, consciem­ment ou incons­ciem­ment, entravent encore beau­coup de titu­laires des postes de res­pon­sa­bi­li­té à tra­vers le pays.

    Du côté posi­tif, il y a beau­coup de modèles réus­sis de déve­lop­pe­ment éco­no­mique sans dette. L’un d’entre eux est l’Allemagne après la Seconde Guerre mon­diale, menée dans les années 1950 par l’autorité de cré­dit spé­ciale de l’État – Kre­di­tans­talt für Wie­de­rauf­bau – qui a res­tau­ré l’Allemagne à par­tir des cendres de la guerre avec des taux d’intérêt sub­ven­tion­nés. Il a éga­le­ment été uti­li­sé pour recons­truire l’ancienne Répu­blique démo­cra­tique alle­mande après la réuni­fi­ca­tion en 1990.

    Il y a le modèle de réus­site dans les années 1960 sous le pré­sident fran­çais Charles de Gaulle, appe­lé Pla­ni­fi­ca­tion, où chaque région, avec des repré­sen­tants de tous les grands groupes sociaux, pay­sans, petites et moyennes entre­prises, syn­di­cats, grandes entre­prises, a dis­cu­té des prio­ri­tés régio­nales et a envoyé la conclu­sion des débats à un orga­nisme cen­tral pour rédi­ger le plan quin­quen­nal. Cinq ans, non pas à cause de l’imitation sovié­tique, mais parce que les grandes infra­struc­tures exigent un mini­mum de cinq ans et que la cor­rec­tion pos­sible des plans inef­fi­caces ou obso­lètes a besoin d’une période courte de cinq ans.

    Je pro­po­se­rais l’établissement d’une auto­ri­té unique de l’État pour le déve­lop­pe­ment natio­nal des infra­struc­tures, indé­pen­dant de la Banque cen­trale de Rus­sie et du minis­tère des Finances. Idéa­le­ment, il y aurait un Conseil impar­tial de super­vi­sion, com­po­sé des res­sor­tis­sants russes les plus res­pec­tés et expé­ri­men­tés en matière éco­no­mique de chaque région. Il serait peut-être judi­cieux de pla­cer ce Conseil direc­te­ment sous la res­pon­sa­bi­li­té du Pré­sident. Il pour­rait adop­ter les meilleures pra­tiques des deux modèles décrits ci-des­sus, ain­si que d’autres suc­cès au cours des der­nières années, comme la Corée du Sud après les années 1950.

    Le modèle déve­lop­pé par Pio­tr Arka­die­vitch Sto­ly­pine, du club épo­nyme d’économistes natio­naux d’aujourd’hui, est appro­prié. En tant que pré­sident du Conseil des ministres, dési­gné par le tsar Nico­las II, Sto­ly­pine a ser­vi à la fois comme Pre­mier ministre et ministre de l’Intérieur de 1906 à 1911. Il a intro­duit des réformes agraires réus­sies pour créer une classe de pro­prié­taires ter­riens de métai­ries axées sur le mar­ché, et la construc­tion d’une seconde par­tie du monu­men­tal Trans­si­bé­rien de Ser­geï Witte, le long  du fleuve Amour, fron­tière avec la Chine. Il a com­men­cé à trans­for­mer l’économie de la Rus­sie de façon spectaculaire.

    Je pro­po­se­rais que cette auto­ri­té de l’État, sug­gé­rée pour le déve­lop­pe­ment natio­nal des infra­struc­tures, soit aus­si habi­li­tée à émettre des Obli­ga­tions Sto­ly­pine spé­ciales pour finan­cer une grande varié­té des pro­jets d’infrastructure natio­naux conve­nus, qui per­met­traient d’accélérer l’intégration éco­no­mique eur­asienne et la créa­tion de vastes nou­veaux mar­chés avec la Chine, le Kaza­khs­tan, le Bela­rus, jusqu’à l’Inde et l’Iran.

    Les Obli­ga­tions Sto­ly­pine seraient déli­vrées aux seuls res­sor­tis­sants russes, four­ni­raient un taux d’intérêt attrayant et équi­table, et ne seraient pas trans­fé­rables aux déten­teurs d’obligations étran­gères. En rai­son de ce finan­ce­ment interne, elles ne seraient pas vul­né­rables aux guerres finan­cières hybrides occi­den­tales. La dette contrac­tée ne serait pas un pro­blème, en rai­son de la qua­li­té de l’investissement et en rai­son du niveau actuel extra­or­di­nai­re­ment bas de l’endettement de l’État russe. L’urgence des situa­tions exige des solu­tions extraordinaires.

    La vente des obli­ga­tions spé­ciales serait effec­tuée direc­te­ment par la nou­velle auto­ri­té d’État ain­si consti­tuée, et non par l’intermédiaire des banques, aug­men­tant ain­si la pos­si­bi­li­té de taux d’intérêt attrac­tifs pour la popu­la­tion russe. Les obli­ga­tions pour­raient être dis­tri­buées au public par l’intermédiaire du réseau natio­nal de bureaux de poste, ce qui réduit les coûts de dis­tri­bu­tion. Comme l’ont fait l’Allemagne et d’autres pays déjà avec beau­coup de suc­cès, les obli­ga­tions pour­raient être garan­ties par quelque chose que la Rus­sie pos­sède en quan­ti­té, ses terres.

    Parce que les obli­ga­tions iront exclu­si­ve­ment aux pro­jets d’infrastructure jugés prio­ri­té natio­nale, ils seraient anti-infla­tion­nistes. Ceci est dû à la potion magique des inves­tis­se­ments d’infrastructure du gou­ver­ne­ment. En per­met­tant une cir­cu­la­tion plus effi­cace des per­sonnes et des mar­chan­dises à tra­vers toute la Rus­sie, l’économie natio­nale pour­ra atteindre des zones où, par manque d’infrastructures modernes, rien n’existe aujourd’hui. De nou­veaux mar­chés s’ouvriront et les coûts de trans­port seront net­te­ment plus bas.

    Les nou­velles entre­prises et emplois créés par la construc­tion des infra­struc­tures four­ni­ront au bud­get de l’État des recettes fis­cales éle­vées issues d’une éco­no­mie pros­père. C’est l’opposé du modèle cou­rant anti-infla­tion de la Banque cen­trale – réduc­tion de la consom­ma­tion –, qui a échoué. Ces inves­tis­se­ments en expan­sion sape­ront à leur tour la puis­sance actuelle de la Banque cen­trale sur l’économie natio­nale, jusqu’à ce que les membres de la Dou­ma – le Par­le­ment russe – se rendent compte qu’il est temps de se débar­ras­ser de la loi de 1991 régis­sant la Banque cen­trale et de réta­blir l’État dans son rôle sou­ve­rain sur la mon­naie, ce qui est l’un des attri­buts essen­tiels de la souveraineté.

    Objec­ti­ve­ment aujourd’hui, la Rus­sie pos­sède tout ce dont elle a besoin pour deve­nir un géant éco­no­mique mon­dial pros­père et un lea­der tech­no­lo­gique, en plus de la déci­sion déjà prise de deve­nir chef de file mon­dial de l’exportation de pro­duits agri­coles natu­relssans OGM.

    Ce qui est clai­re­ment res­sor­ti cette fois de mes entre­tiens à Saint-Péters­bourg, c’est que les évé­ne­ments se rap­prochent d’un tour­nant déci­sif Marche ou crève, suite auquel soit la poli­tique éco­no­mique est offi­ciel­le­ment mise entre les mains des cercles com­pé­tents de l’économie natio­nales telles que celui de Boris Titov, Andrey Kle­pach et Ser­geï Gla­zyev, soit elle va suc­com­ber au poi­son insi­dieux du Consen­sus de Washing­ton et au mythe libé­ral du mar­ché libre. Après mes entre­tiens pri­vés récents, je suis dans une pers­pec­tive opti­miste pour ce qui concerne un chan­ge­ment positif.

    F. William Engdhal

    Article Ori­gi­nal paru dans New Eas­tern Outlook

    Tra­duit par jj, relu par nadine pour le Saker francophone

    http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​q​u​a​n​d​-​l​a​-​r​u​s​s​i​e​-​s​e​-​d​e​b​a​r​r​a​s​s​e​r​a​-​t​-​e​l​l​e​-​d​e​-​s​o​n​-​t​a​l​o​n​-​d​a​c​h​i​l​l​e​-​l​a​-​c​i​n​q​u​i​e​m​e​-​c​o​l​o​nne

    —————————-

    [Ça ne vous rap­pelle rien ?…
    Le fléau des hommes sur terre, c’est la tyran­nie des usuriers.
    Le seul moyen de nous en éman­ci­per, c’est de deve­nir consti­tuants. Per­son­nel­le­ment. Mas­si­ve­ment. Main­te­nant. ÉC]

    Réponse
  54. etienne

    Com­mu­ni­qué du Som­met de Var­so­vie de l’OTAN

    Oli­vier Berruyer :
    « Le der­nier com­mu­ni­qué de l’OTAN. Un bijou de nov­langue, d’inversion des réa­li­tés, à étu­dier de près pour qui veut com­prendre com­ment naissent les guerres.

    La Rus­sie est citée… 55 fois. La Chine, 0…

    C’était bien la paix…

    (je vous ai sur­li­gné les pas­sages les plus importants) » 

    http://​www​.les​-crises​.fr/​c​o​m​m​u​n​i​q​u​e​-​d​u​-​s​o​m​m​e​t​-​d​e​-​v​a​r​s​o​v​i​e​-​d​e​-​l​o​t​an/

    Rap­pel :

    Réponse
  55. etienne

    Ariane Wal­ter : Hol­lande et la classe poli­tique à poil

    « Nous sommes diri­gés par des bau­druches gon­flées par des puis­sances étran­gères qui veulent se mettre toutes les richesses du monde dans leur poche. Et, nous, les petits Fran­çais, avec nos richesses et nos lois sociales, nous fai­sons par­tie des Indiens à scalper. »


    http://​www​.legrand​soir​.info/​h​o​l​l​a​n​d​e​-​e​t​-​l​a​-​c​l​a​s​s​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​a​-​p​o​i​l​.​h​tml

    Réponse
  56. etienne

    Pas­sion­nant :

    Ana­lyses diver­gentes du coup d’État en Turquie
    Le coup d’État en Tur­quie a bien réus­si, par Djordje Kuzmanovic

    Erdo­gan : “Ce coup d’état est un cadeau que Dieu nous fait, car nous allons pou­voir pur­ger l’armée »

    http://​www​.les​-crises​.fr/​l​e​-​c​o​u​p​-​d​e​t​a​t​-​e​n​-​t​u​r​q​u​i​e​-​a​-​b​i​e​n​-​r​e​u​s​s​i​-​p​a​r​-​d​j​o​r​d​j​e​-​k​u​z​m​a​n​o​v​ic/

    Réponse
  57. joss

    Docu­men­taire « l’é­du­ca­tion inter­dite », celle qu’on n’a pas, celle qui nous per­met de deve­nir citoyen.
    http://​4eme​singe​.com/​l​e​d​u​c​a​t​i​o​n​-​i​n​t​e​r​d​i​t​e​-​l​a​-​e​d​u​c​a​c​i​o​n​-​p​r​o​h​i​b​i​d​a​-​d​o​c​u​m​e​n​t​a​i​r​e​-​v​o​s​tfr

    PS
    contrai­re­ment à l’é­du­ca­tion actuelle, qui per­met de main­te­nir les échelles hié­rar­chiques de domi­nance en fabri­cant des producteurs/consommateurs dociles

    Réponse

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  1. ON FAIT QUOI ? #01 : Comment les riches ont pris le pouvoir | Blog du Plan C - […] : à propos du pacifisme comme pathologie, j’en parlais là en 2016, et je crois que nous devrions tous…

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