Ah ! que je suis content de revoir cet homme-là !
J’aime son regard, dans tous les sens du terme ; j’aime sa certitude que tous les hommes peuvent devenir meilleurs, ensemble, s’ils acceptent de se parler pour décider du bien commun.

Nous allons animer ensemble, avec Jacques Testart, une rencontre publique à Lyon le 11 mars (vendredi prochain) à 19h, pour réfléchir à cette combinaison essentielle (et encore largement méconnue) :
tirage au sort et démocratie.

Ça se passe dans le cadre d’une semaine « Expériences politiques », dont voici le programme (cliquez sur l’image) :
http://experiences-politiques.fr/programme/

Le lendemain après-midi, il y a un atelier constituant :)

Nous n’aurons, vendredi soir, qu’une salle de 150 places, je crois, dont 100 ont été offertes ici : https://www.eventbrite.fr/e/billets-tirage-au-sort-et-democratie-experiences-politiques-22163262916, et dont 50 seront disponibles à la Maison Pour Tous (Lyon 3e).

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Je vous parle de Jacques depuis longtemps ( et , par exemple) parce que je trouve son travail extraordinairement utile pour PROUVER (pour que nous puissions être tous bien certains) qu’un monde politique démocratique digne de ce nom est à la fois possible et souhaitable.

Jacques est un scientifique qui réunit des Conférences de citoyens (assemblées tirées au sort) pour qu’elles forgent et formulent leur opinion sur des sujets d’éthique scientifique complexes et controversés. Mais pour lui, une opinion n’a de valeur que si elle est correctement éclairée, et il travaille précisément sur cet éclairage : il fait former les tirés au sort pendant plusieurs séances avant qu’ils ne puissent voter.

Astucieusement, les conditions de cet éclairage de l’opinion (de cette formation des tirés au sort) sont fixées par un Comité de pilotage, composé d’adversaires connus sur le problème controversé en question : ces adversaires ne vont pas mener eux-mêmes la formation, mais ils vont dire quel programme il faut suivre à leur avis, pour que les tirés au sort opinent en toute connaissance de cause.

Voici comment Jacques l’explique (je le trouve passionnant, tout simplement) :

Jacques Testart : Comment les citoyens peuvent s’emparer des choix de société ?

Conférences de citoyens & Démocratie directe

Le site Sciences citoyennes :

http://sciencescitoyennes.org/

Je trouve cette idée (faire piloter l’éclairage de l’opinion de tous par les adversaires d’une controverse, sujet par sujet) intelligente et stimulante, et je réfléchis à sa généralisation à toutes les institutions (sans la limiter aux seuls sujets d’éthique scientifique). Je compte donc poser quelques questions à Jacques pour avoir son sentiment (et ses suggestions) sur des propositions d’utilisation d’éclairage-guidé-par-des-Comités-de-pilotage en matière de politique générale.

Par exemple, si l’on considère qu’on ne peut valablement voter que si on a travaillé le sujet en question, est-ce qu’on ne devrait pas :

1) empêcher les référendums secs, sans débats contradictoires préalables ?
2) empêcher les sondages habituels, et imposer plutôt les sondage délibératifs ?
3) empêcher un député de voter une loi s’il a dormi ou s’il s’est absenté pendant les débats ? ;)
4) imposer aux services publics d’information de présenter toujours deux personnes en désaccord, sans jamais imposer un point de vue univoque ? (C’est juste une piste, car on sent bien poindre mille difficultés.)
5) empêcher (ou dissuader) un électeur d’élire un candidat sans avoir écouté attentivement tous les autres candidats ? (Ne grimpez pas aux rideaux tout de suite, on réfléchit :) )
6) nous auto-organiser à faible coût un parlement citoyen délibératif et permanent, capable au moins de dire de facon fiable ce que désire réellement « le peuple français » sur tous les sujets de son choix. 50 ou 100 tirés au sort pourraient suffire pour cette institution auto-proclammée qui se chargerait d’interpeller les pouvoirs et de donner son point de vue dans les médias (suggestion de Chris).

Etc.

Je vous invite à nous suggérer ici, en commentaires, d’autres applications qui vous viendraient à l’esprit ; par exemple autour des Chambres de contrôle (toutes tirées au sort) : comment éclairer leur jugement ? Quels articles pourrait-on proposer ?

J’aimerais aussi savoir si, pour Jacques, il est (éventuellement) imaginable de faire passer l’éclairage de l’opinion (par Comités de pilotage) de l’échelle de 40 personnes à celle de 4 000 ou même de 40 millions de personnes, et avec quelles modalités.

Avons-nous besoin de représentants ? Est-il possible de désigner des représentants fidèles ? Comment pourrions-nous instituer un bon éclairage de l’opinion d’une Chambre législative 1) élue sans candidats ou 2) tirée au sort (environ 1000 personnes) ? Et si on écrivait un article ?

Par ailleurs, il est des cas où il n’est peut-être pas possible (et peut-être pas souhaitable) de prendre tout ce temps pour éclairer l’opinion de ceux qui vont voter. Je pense notamment à cet article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 qui déclarait le droit sacré (et le devoir indispensable) du peuple à l’insurrection (contre un pouvoir qui serait devenu tyrannique). Est-on d’accord pour dire qu’un référendum révocatoire n’a pas besoin de formation des électeurs ni de comité de pilotage ? :)

J’aimerais enfin (si c’est possible, on verra) consacrer un moment à essayer de faire avec Jacques, sur scène, un atelier constituant :) pour montrer à ceux qui se demandent comment ils pourraient faire leurs propres ateliers, pour qu’ils voient comme c’est simple, finalement : on est autour d’une table à prendre un café, et l’un d’entre nous invite la Constitution dans la conversation, en montrant aux autres l’article qu’il a rédigé ce matin à la hâte au réveil ; il n’est pas très bien écrit, mais on s’en fiche car ce n’est qu’une première mouture et le secret de l’action, c’est de commencer. J’imagine que Jacques va me dire « hep hep hep tu as oublié de prévoir ça et ça, non ? » – « Ah oui, que je suis bête, corrigeons… », et on corrige ensemble, et ainsi de suite… La salle pourrait peut-être intervenir pour nous proposer des mots ou des idées…

Si on est en forme, ça peut être pédagogique, ça peut donner envie à plein de gens d’essayer, en donnant en spectacle le fait que les ateliers constituants c’est simple et agréable, non ?

Bon, j’ai déjà hâte d’y être :)

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Un dernier mot pour vous parler du dernier livre de Jacques :

L’humanitude au pouvoir Comment les citoyens peuvent décider du bien commun

http://www.seuil.com/livre-9782021219319.htm

C’est un livre génial :) Ah, mais comme ça donne de l’espoir, toutes ces histoires d’humains devenant plus intelligents et plus généreux par l’effet de la délibération collective bien organisée !

Je vais reproduire ici un extrait que je trouve particulièrement émouvant ; c’est à la page 37 :

L’humanitude : intelligence collective avec empathie

Il est des situations privilégiées, hélas fort peu fréquentes, où les personnes impliquées dans une action de groupe particulièrement exaltante semblent subir une mutation intellectuelle, affective et comportementale que je propose de nommer humanitude. Ce terme, dont la sonorité évoquera celui de bravitude, lancé sans nécessité ni bravoure par la présidente de la Région Poitou-Charentes, risque d’être moqué. Pourtant, j’ai découvert après coup que le mot humanitude a déjà été proposé, il y a trente-cinq ans19 et repris en 1995 pour qualifier la relation de bientraitance vis-à-vis des personnes âgées : « Pour rester en relation avec ces personnes et partager avec elles émotion et sentiment, il faut un  »prendre soin » fondé sur toutes les caractéristiques qui permettent aux hommes de se reconnaître les uns les autres : l’Humanitude20. »

Le sens que nous donnons ici à humanitude n’est pas limité à la bienveillance et porte l’idée d’émancipation collective car, au-delà de la compassion, il vise la recherche active de solutions partagées.

Je ne connais pas de mot qui embrasse toutes les qualités que peut manifester une personne en communion avec ses semblables pour proposer, en responsabilité, des actions bénéfiques au plus grand nombre. En effet, si le substantif « humanisme » signale le caractère altruiste, empathique, fraternel, qui se manifeste dans l’humanitude, il ne dit rien sur l’intelligence collective qui permet d’apporter des propositions concrètes.

Ceux qui ont vécu Mai 68 se souviennent de l’empathie presque générale qui s’était emparée des usagers du métro ou de personnes croisées un peu partout : c’était comme si chacun éprouvait soudain le sens du mot fraternité et s’étonnait de n’en avoir rien su auparavant. Dans l’allégresse partagée, et souvent sans motif évident, on se souriait, échangeait des plaisanteries ou des idées un peu loufoques, on s’entraidait sans qu’il soit besoin de demander. Le monde était à nous parce qu’un autre monde semblait possible, libéré des méchants, des exploiteurs, des emmerdeurs et castrateurs, un monde où l’on aurait le droit de vivre intensément chaque instant, de le transformer en fête des sens et de l’esprit, de communier avec chacun qui n’est plus un inconnu, de découvrir le goût et l’aptitude pour le bonheur simple, l’échange, l’imagination, et le respect des gens.

Cette mutation de l’Homo economicus en Homo enfin sapiens sapiens, celui qui agit en conscience, se réalisait dans une situation où bien peu étaient réellement acteurs, seulement contemporains d’un mouvement débordant la médiocrité quotidienne en ouvrant des fenêtres généreuses et fantasques sur la « vraie vie ». Un phénomène comparable peut exister, par exemple à l’occasion d’une grande manifestation publique où s’expriment, dans l’enthousiasme et le nombre, des idées joliment utopiques mais largement partagées, ou à l’occasion d’une grève soutenue qui amène à des complicités profondes avec des collègues qu’on ignorait au quotidien.

Les avancées politiques et sociales obtenues depuis deux siècles ne résultent pas directement du suffrage universel, mais d’abord des luttes sociales, des mouvements à caractère révolutionnaire où fleurissait l’humanitude et qui ont été capables d’imposer ces avancées au législateur : abolition des discriminations raciales ou de l’esclavage, droits des minorités et des femmes, décolonisation, droits sociaux…

L’humanitude n’est pas une qualité individuelle, elle ne jaillit pas d’un mouvement solitaire, mais par l’émulation qui naît au sein d’un groupe en effervescence intellectuelle, morale et affective. Elle figure le meilleur de l’humanité et de l’intelligence partagée. Dans Douze Hommes en colère (film de 1957), le réalisateur Sidney Lumet montrait comment des jurés en viennent à innocenter un homme dont la culpabilité était initialement certaine : contre les jugements trop rapides, c’était un éloge de la réflexion et de l’esprit critique de citoyens gagnés par l’humanitude.

C’est la même humanitude qui se manifeste dans les conférences de citoyens. Celles-ci stimulent l’exaltation de personnes qui découvrent leur capacité à maîtriser un sujet compliqué et ignoré il y a peu, en inventant des solutions auxquelles les experts n’avaient pas pensé ou qu’ils avaient négligées, en éprouvant la puissance du collectif pour élaborer un avis qui échappe aux mesquineries des intérêts particuliers, en esquissant une nouvelle identité où ils peinent à se reconnaître tant elle est faite de savoir, de rigueur et d’altruisme, et en cultivant l’hypothèse que le monde pourrait être changé grâce à cette œuvre à laquelle ils participent.

Selon un expert allemand des jurys citoyens, « toutes les études démontrent que les conclusions sont fortement marquées par la recherche de l’intérêt général. Sa défense est un rôle si attrayant que les citoyens vont jusqu’à proposer des solutions qui vont parfois à l’encontre de leurs propres intérêts. C’est ainsi qu’aux États-Unis les jurys citoyens ont demandé une augmentation des impôts »21.

Pour la plupart, ces citoyens s’attristent de devoir retourner à la médiocrité où la condition ordinaire les condamne, à l’issue d’une telle communion intellectuelle et humaniste avec quelques-uns de leurs semblables. Ainsi peut-on observer « la transformation personnelle que beaucoup de membres des panels disent avoir subie : l’expérience les marque, certains changeant de métier, de mode de vie, s’impliquant dans la vie publique comme ils ne l’avaient jamais fait »22.

Malgré leur pouvoir informatif ou cathartique, aucune des autres procédures « participatives » n’est capable, au moins le temps d’élaboration d’un avis, de transformer un être banal en citoyen responsable capable d’humanitude. En ce sens, il faut craindre que l’engouement croissant pour faire de l’Internet un outil majeur de l’élaboration démocratique vienne briser l’élan d’empathie, lequel passe aussi par la communion physique, les regards complices, les émotions que traduisent les visages.

C’est surtout l’humanitude qui fait l’originalité d’une conférence de citoyens et ce phénomène nous semble découler d’une levée soudaine de la chape oppressive qui inhibait au jour le jour l’intelligence, la générosité, la volonté de savoir et décider. La conférence de citoyens est l’occasion d’une rébellion paisible mais intégrale contre la domestication. Cela ne suffit pas pour conduire une révolution sociale impliquant la majorité de la population, mais donne à espérer dans les capacités humaines pour définir et réaliser de véritables changements. Car les gens qui peuplent nos sociétés sont rarement admirables : souvent lâches, bêtes et égoïstes, la plupart ne sont que la forme inhibée d’Homo sapiens comme la chenille rampante contient le papillon. Permettre la métamorphose, même dans un bref échantillon, c’est constater que l’imago vaut mieux que la larve et qu’il peut s’épanouir chez le plombier ou la ménagère, le bourgeois ou le travailleur précaire, l’apolitique ou l’électeur d’extrême droite… Il s’agit d’une sorte de miracle, qu’ont observé presque tous ceux qui ont organisé ou participé à de telles procédures.

Peut-être n’est-ce possible que grâce à la sélection des seuls volontaires pour constituer un jury citoyen ? En effet, parmi les personnes tirées au sort mais qui ont refusé ce mandat, exigeant et non rémunérateur, on peut penser que certains auraient manqué de l’aspiration curieuse et altruiste nécessaire pour les transformer en « super-citoyens », c’est-à-dire en personnes pleinement conscientes que la solidarité est le meilleur ciment de l’humanité. Par l’acceptation d’une mission collective d’intérêt public, l’émulation naît dans ce petit groupe et éveille la conscience universaliste de ceux qui ne combattent pas pour prendre ou garder le pouvoir. Ainsi se révèle le meilleur de l’humanité. Pourtant, il ne s’agit pas d’élitisme quand ce sont les élus du sort eux-mêmes qui valident leur participation, offerte par le hasard, et que leur rôle fugace et bénévole se concentre sur le bien commun.

Croire aux vertus de la citoyenneté, ce n’est pas célébrer les êtres humains en l’état où les a placés la société, c’est ne pas douter qu’un citoyen sommeille en chacun et s’efforcer de l’éveiller, c’est cultiver l’humanitude pour faire du gogo un citoyen.

Dans l’immédiat, et pour cultiver au plus tôt la capacité d’humanitude, en faire désirer les effets, les enfants pourraient consacrer davantage de temps aux échanges pour des créations collectives (dessin, scénario, chant choral, théâtre…).

Si des conditions opportunes sont capables de révéler l’humanitude, on peut se demander si cet état de l’humain est le fruit d’une levée d’inhibition ou celui d’une stimulation. L’humanitude est-elle empêchée dans les conditions usuelles, ou bien des conditions exceptionnelles sont-elles capables de créer cet état ? On ne peut que remarquer le rôle de l’économie capitaliste pour maintenir les populations dans une situation d’inhumanitude mais d’autres formes de société semblent aussi y parvenir.

Ainsi, même dans les sociétés dites « primitives », une certaine hiérarchie et l’attribution de rôles affectés aux divers membres pourraient freiner les manifestations d’humanitude. Dans nos sociétés néolibérales, une dispute oppose ceux qui accusent le système de « flatter les bas instincts » avec les jeux d’argent, la culture de compétition, le culte de la réussite, etc., à ceux qui répondent qu’on ne doit pas refuser aux gens ce qui les rend heureux. Mais, ce qui indigne finalement si, comme défendu ici, les êtres humains ne sont pas ce qu’ils paraissent, s’ils peuvent plus et mieux, c’est la dérision qui fait nommer démocratie un mode d’administration du monde qui ignore (qui craint ?) ce supplément d’âme et d’intelligence, qui parque les humains dans un troupeau existentiel n’accédant à la vraie liberté que par des lucarnes intermittentes. La démocratie ne peut se suffire de l’exécution des pulsions de l’humain inachevé, mais c’est pourtant là la seule exigence des démocrates aujourd’hui. Si notre système politique ne peut qu’entretenir cette illusion grâce à l’aliénation des majorités à coups de sondages, de débats publics ou d’élections, c’est qu’il s’adresse toujours à la part la plus médiocre de l’humain. Ainsi va la comédie politique…

 Jacques Testart, « L’humanitude au pouvoir. Comment les citoyens peuvent décider du bien commun », Seuil 2015, p. 37 et s..

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Notes :

  1. Freddy Klopfenstein, Humanitude, Genève, Labor et Fides, 1980.
  2. Voir : http://www.igm-formation.net/index.php?option=com_content & task = view & id = 20 & Itemid = 39
  3. Hans-Liudger Dienel, « Les jurys citoyens : pourquoi sont-ils si rarement utilisés ? », in La Démocratie participative inachevée, Marie-Hélène Bacqué et Yves Sintomer (dir.), Paris, Yves Michel, 2010.
  4. Marie-Angèle Hermitte, « Conférence de citoyens », in Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation, Paris, GIS Démocratie et Participation, 2013, voir : http://www.participation-et-democratie.fr/node/1289

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10154009490537317

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Rappel de cette belle rencontre (pour moi très émouvante) entre trois personnes qui, dans le pays, bossent beaucoup à faire connaître au grand public les vertus fondamentalement démocratiques du tirage au sort en politique :

Plan détaillé minuté de « J’AI PAS VOTÉ – La rencontre – Étienne Chouard, Jacques Testart et Yves Sintomer »
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_minut%C3%A9_de_%22J’AI_PAS_VOT%C3%89_-_La_rencontre_-_%C3%89tienne_Chouard,_Jacques_Testart_et_Yves_Sintomer%22
(Ouf ! Quel boulot ! Merci ! :) )

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Autre rappel important :
Traitement des Objections contre le Tirage au Sort
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Affichage_Objections_contre_le_Tirage_au_Sort