Atelier constituant en Avignon, le 9 juillet 2014 : artisans de spectacles et démocratie locale, avec Camille Halut

4/07/2014 | 32 commentaires

Je vous pro­pose de nous retrou­ver en Avi­gnon le 9 juillet pro­chain, pour un ate­lier consti­tuant que nous allons dédier, si vous le vou­lez bien : 

1) À la pro­tec­tion consti­tu­tion­nelle des arti­sans de spectacle
(j’in­vente cette expres­sion que je pré­fère à « inter­mit­tents », qui montre mal l’im­por­tance poli­tique et sociale de ces travailleurs)

C’est d’ac­tua­li­té, on dirait : en Avi­gnon et en juillet, on ne devrait pas man­quer de citoyens inté­res­sés à réflé­chir à cette question.

2) Aux ins­ti­tu­tions qu’il nous fau­drait pour garan­tir une vraie démo­cra­tie locale.

Camille Halut sera par­mi nous (ça me fait bien plai­sir), et j’ai­me­rais échan­ger avec elle et avec vous sur ce que nous pour­rions écrire (à condi­tion de le faire nous-mêmes) pour n’être plus jamais sans défense contre d’é­ven­tuels (et tou­jours pos­sibles) élus infantilisants. 

Le point cen­tral du fait de fil­mer (et dif­fu­ser en direct) en per­ma­nence les hommes au pou­voir dans l’exer­cice de leurs fonc­tions est abso­lu­ment pas­sion­nant. À dis­cu­ter, j’en suis sûr ! On va voir ça, justement.

Voi­ci les lieux et heures de cette rencontre :
9 juillet 2014, de 14 h à 21 h,
salle muni­ci­pale du Rex,
rue des parois­siens, 84110 Montfavet

Voyez aus­si toutes sortes d’é­vé­ne­ments pro­met­teurs, dans la même veine : 

Si vous n’a­vez pas encore vu la pièce tou­chante de Cécile CANAL, « La démo­cra­tie expli­quée à mon dépu­té », c’est le moment ! 

Mer­ci à tous les gen­tils virus qui orga­nisent tout ça, merci !

À tout bientôt 🙂

Étienne.

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32 Commentaires

  1. pparent

    J’ai du mal à voir en quoi la pro­tec­tion des arti­sans de spec­tacle, est un sujet constitutionnel ?

    Il ne fau­drait pas céder à la ten­ta­tion d’a­jou­ter à la consti­tu­tion des trucs qui relève de la loi, et qui ne se trouvent habi­tuel­le­ment pas dans une consti­tu­tion juste pour inté­res­ser cer­taines personnes ! ^^

    Réponse
  2. etienne

    Pierre,

    Il me semble (mais je peux me trom­per) que la mise en scène des conflits est une ins­ti­tu­tion cen­trale de toute démo­cra­tie digne de ce nom, et donc doit être mise à l’a­bri (dans la Consti­tu­tion) des aléas quo­ti­diens de la pro­duc­tion des simples lois. 

    L’ex­po­si­tion publique (et pos­si­ble­ment artis­tique) des pro­blèmes et enjeux sociaux du moment per­met d’é­clai­rer l’o­pi­nion de ceux qui vont voter les lois (les citoyens dignes de ce nom).

    C’est pour­quoi les Athé­niens (et non pas tous les Grecs, sou­ligne Cas­to­ria­dis) tenaient tant à la tra­gé­die : l’art dra­ma­tique y était pen­sé comme une école per­ma­nente de civisme, une ins­ti­tu­tion poli­tique fon­da­men­tale, et pas comme une acti­vi­té secon­daire et futile.

    Il me semble que nous pour­rions, pour nous éman­ci­per, pen­ser l’art et la culture comme ça, sous leur angle poli­tique. Je pense à la (for­mi­dable) confé­rence ges­ti­cu­lée de Franck sur la catas­trophe qui a consis­té, après-guerre, à dépo­li­ti­ser la culture :

    Et de ce point de vue, « le sta­tut des inter­mit­tents du spec­tacle » (ou un équi­valent) pro­tège (ou semble pro­té­ger, au moins un peu) la pro­duc­tion artis­tique de la domi­na­tion abso­lue des plus riches.

    Mais notre dis­cus­sion nous amè­ne­ra peut-être à consi­dé­rer qu’un vrai reve­nu de base, en per­met­tant à tout le monde de sur­vivre sans se sou­mettre à un « employeur », et donc à cha­cun de mener libre­ment l’ac­ti­vi­té humaine qu’il lui semble utile et bon de mener, un vrai reve­nu de base, donc, don­ne­rait plus d’au­to­no­mie aux artistes que le sta­tut des inter­mit­tents du spectacle.

    Mais c’est peut-être un idée idiote, tu as peut-être rai­son. On ver­ra le 9 ce qui s’en dit.

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  3. EFFAB

    Par trop « gen­til » et des plus « idiots », il est un fait avé­ré qu’E­tienne CHOUARD décré­di­bi­lise tout sérieux et bien-fon­dé poli­tique en jon­glant de façon si hasar­deuse avec tous ces méca­nismes et autres points de détail dits démocratiques…

    … évi­dem­ment, user d’i­ro­nie c’est recon­naître d’une cer­taine façon s’être soi-même trom­pé , voire, dans le doute et l’i­gno­rance, être à ce point cri­tique de qui fus­tige à tout-va et iro­nise sur autrui_et c’est bien tout ce qui lui reste et ce qu’il fait de mieux, ALADIN, sal­tim­banque de la politique !

    Votre dévoué

    Réponse
  4. Oli

    Sur l’Art et la Constitution :

    Non ce n’est pas du tout une idée idiote que d’es­sayer de rendre l’art pos­sible et de le délier du joug des puissants.

    Beau­coup d’ar­tistes aime­raient réel­le­ment mettre la socié­té et ses pro­blèmes en scène, mais la plu­part se retrouve à devoir accep­ter de ne pas le faire, pour des rai­sons finan­cières clas­siques (si je prends l’exemple des auteurs, il est très dif­fi­cile de faire pas­ser ce genre de pro­jet auprès d’é­di­teurs, qui pensent à leur ligne édi­to­riale, qui soit disant leur per­met d’être cohé­rent en tant que ven­deur, et à leur chiffre d’af­faire, qui passe avant tout, avant l’o­ri­gi­na­li­té, avant le talent, avant la créa­ti­vi­té… autre fait impor­tant : ce sont les mai­sons d’é­di­tion les plus riches qui peuvent se payer les espaces dans les librai­ries…) et aus­si parce que le sta­tut juri­dique est extrê­me­ment com­pli­qué (être payé en droits d’au­teurs, ce qui arrive très sou­vent en cas de publi­ca­tion, c’est renon­cé au chô­mage et aux coti­sa­tions retraites, c’est même par­fois devoir prendre la CMU comme caisse pri­maire en atten­dant de pou­voir ren­trer à l’a­ges­sa – caisse des auteurs, c’est donc un sta­tut très pré­caire, et beau­coup d’en­tre­prises s’en servent pour faire du sala­riat dégui­sé der­rière… donc l’au­teur se retrouve avec les mêmes contraintes que l’employé, les droits en moins…), et aus­si à cause des mul­tiples abus (les droits d’au­teurs n’é­tant pas enca­drés, cer­taines mai­sons peuvent vous payer 5 euros brut de l’heure, par exemple, et ceci a ten­dance à faire bais­ser la rému­né­ra­tion des autres maisons…).

    Les auteurs ont donc des sta­tuts très pré­caires… Et sont pour la plu­part du temps contraints de renon­cer à ce qu’ils font, ou alors, contraints d’ac­cep­ter plein de petites contrats très mal payés pour vivre, et de ne plus avoir le temps de rien derrière.

    Sur l’im­por­tance de l’art :

    Le théâtre a effec­ti­ve­ment une impor­tance capi­tale, mais il n’est pas le seul, tous les autres arts per­mettent d’é­veiller la conscience humaine et citoyenne.
    Il a par exemple été prou­vé (émis­sion de france inter) que la lec­ture de romans, contrai­re­ment à celle de jour­naux, déve­lop­pait l’empathie. J’au­rais ten­dance à dire éga­le­ment que la musique et la pein­ture aussi.
    Et cer­tains romans, comme L’argent de Zola, ou Ger­mi­nal, sont de vraies mines d’or pour com­prendre la socié­té et sensibiliser.
    Autre exemple actuel, dans un autre genre, il s’a­git d’une BD, Vaca­dab (édi­té chez une mai­son qui a déci­dé de ne pas faire comme les autres, c’est très rare et c’est un che­min dif­fi­cile qu’elle a pris…) qui met en scène les excès des milieux com­mer­ciaux, qui cherchent à vendre au mépris de l’hu­main et qui adoptent des méthodes de tra­vail scandaleuses.

    Si il y a peu d’art qui dénonce à l’heure actuelle et qui tombe dans le diver­tis­se­ment, ce n’est pas parce que les artistes n’ont rien à dire, c’est réel­le­ment parce que le sys­tème étouffe tout dès la racine. 

    Ce n’est pas pour rien qu’on brû­lait les livres… Les mots ont un pou­voir extrê­me­ment libé­ra­teur pour les consciences. Et je pense per­son­nel­le­ment que toutes les com­pé­tences sont bonnes à prendre.

    Réponse
  5. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Ne fai­sons pas l’er­reur de nous déso­li­da­ri­ser, la soli­da­ri­té est l’es­sence d’une vie en socié­té, sans elle c’est la loi du plus fort, c’est la guerre civile assurée. 

    Comme pour les che­mi­nots et bien d’autres acteurs de notre socié­té, les acteurs-comé­diens ne se battent pas seule­ment pour leurs propres acquis sociaux (consciem­ment ou pas), mais pour défendre un de ces biens acquis qui tisse la paix sociale. Chaque fois qu’un bien public est pri­va­ti­sé, c’est pour en pri­ver le plus grand nombre, et satis­faire l’a­vi­di­té de quelques-uns.

    Les « arti­sans de spec­tacle » forment la grande famille qui intègre en son sein les der­niers jour­na­listes intègres, les der­niers repor­ters libres d’ex­pres­sion qui ont été chas­sés des médias pri­vés. Doit-on aus­si lais­ser pri­va­ti­ser la place publique, lais­ser cen­su­rer toute mani­fes­ta­tion dans l’es­pace public ?

    Notre socié­té a besoin de sal­tim­banques libres, ils sont les der­niers « oyez ! oyez ! » popu­laire, les bouf­fons qui dénoncent les agis­se­ments des rois et des cour­ti­sans. On sait bien se que les ban­quiers ont fait de leurs bancs publics, des sièges pri­vés, alors ne les lais­sons pas faire main basse sur les bancs des saltimbanques.

    Ne nous cher­chons pas des pré­textes pour ne pas agir : 

    « Aucun homme n’est une île, un tout, com­plet en-soi ; tout homme est un frag­ment du conti­nent, une par­tie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoin­drie, comme si les flots avaient empor­té un pro­mon­toire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me dimi­nue, parce que j’appartiens au genre humain ; aus­si n’envoie jamais deman­der pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne. » John Donne




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  6. françoise

    Hors sujet mais…

    Rus­sia today sur les oli­garques qui ont pris le pou­voir en Ukraine. 2 juillet 2014
    « Un cer­tain nombre de révé­la­tions par­ti­cu­liè­re­ment inquié­tantes, notam­ment sur les mis­siles balis­tiques stra­té­giques et les armes nucléaires, sont faites dans ce reportage… »
    link to les​mou​ton​sen​rages​.fr
    link to agen​cein​fo​libre​.fr

    Man­dat d’arrêt contre Kolo­moïs­ki : qu’est-ce qui attend l’oligarque ukrainien ?
    http://​french​.ruvr​.ru/​2​0​1​4​_​0​7​_​0​4​/​M​a​n​d​a​t​-​d​-​a​r​r​e​t​-​c​o​n​t​r​e​-​K​o​l​o​m​o​i​s​k​i​-​q​u​-​e​s​t​-​c​e​-​q​u​i​-​a​t​t​e​n​d​-​l​-​o​l​i​g​a​r​q​u​e​-​u​k​r​a​i​n​i​e​n​-​8​2​56/

    Rapides por­traits de Poro­chen­ko et ses amis oli­garques. Oli­vier Ber­ruyer, 5 juin 2014.
    http://​www​.les​-crises​.fr/​p​o​r​o​c​h​e​n​k​o​-​e​t​-​s​e​s​-​a​m​is/

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  7. pparent

    Bon­jour,

    D’a­bord une petite paren­thèse : de mon point de vue, l’art dans sa forme la plus pure, n’est pas poli­ti­sé, car il va bien au-delà de la poli­tique, des concepts, des idées, de la pen­sée. Il ne s’at­tache pas à des petits pro­blèmes ou petites luttes que nous avons aujourd’­hui, car il est bien au-delà, beau­coup plus uni­ver­sel. D’un coté, il est absurde, mais en même temps, il semble ren­fer­mer ce que nous sommes au plus pro­fond de nous. Je pense par exemple à la musique (et notam­ment la musique ins­tru­men­tale) en écri­vant cela.

    Pour en reve­nir au sujet, que le spec­tacle vivant ait été un vec­teur d’i­dées poli­tiques à Athènes, d’ac­cord, mais j’ai l’im­pres­sion que ça s’ex­plique aus­si beau­coup par l’é­tat de leur tech­no­lo­gie qui ren­dait ce moyen par­ti­cu­liè­re­ment intéressant.

    Aujourd’­hui, la grande majo­ri­té des inter­mit­tents du spec­tacle ne font pas de poli­tique, il me semble. Mais en même temps il y a plein d’autre moyens beau­coup plus effi­cace pour dif­fu­ser une idée, ou don­ner un regard sur la socié­té aujourd’­hui (docu­men­taire, film, vidéo, livre, bande des­si­née, pho­to­gra­phie, des­sin). Donc, est-ce qu’il est 100% indis­pen­sable que le spec­tacle vivant pro­fes­sion­nel soit poli­ti­sé, je ne suis pas sûr (ce qui ne veut bien sûr par dire qu’il ne peut pas l’être).

    Donc, au final, est-ce que mena­cer le sta­tut d’in­ter­mit­tent du spec­tacle peut mena­cer le bon fonc­tion­ne­ment poli­tique de notre socié­té actuelle ou future ? Ou bien être le vec­teur d’un abus de pou­voir ? Je n’ai pas l’im­pres­sion, ou alors tel­le­ment indi­rec­te­ment, que c’est trop négli­geable pour prendre ça en compte dans la consti­tu­tion. Après, je me trompe peut-être.

    Ça ne veut bien sûr pas dire que je ne suis pas pour la défense de ce sta­tut, et encore moins de l’art en géné­ral. Bien au contraire.

    Par contre, je pose ici une ques­tion qui me passe par la tête : com­ment assu­rer que l’as­sem­blée consti­tuante — qui n’au­ra plus de pou­voir dès que la consti­tu­tion sera finie d’être rédi­gée — ne soit ten­tée d’ins­crire dans la consti­tu­tion des choses qui relèvent de la loi ? Com­ment s’as­su­rer qu’ils ne com­mencent pas à déri­ver et à déci­der à la place de tout le monde, sur tout un tas de sujets, à un niveau plus inac­ces­sible (consti­tu­tion), par la ten­dance natu­relle du pou­voir à s’étendre ?

    Pierre.

    Réponse
  8. Ana Sailland

    « est-ce que mena­cer le sta­tut d’intermittent du spec­tacle peut mena­cer le bon fonc­tion­ne­ment politique » »>

    oui

    Est sal­va­teur tout ce qui peut éro­der la fabrique cen­tra­li­sée de l’imaginaire.
    Est patho­gène tout ce qui auto­rise la concen­tra­tion du pou­voir de créa­tion de l’imaginaire.

    Car l’i­ma­gi­naire est à la source de la liber­té de pen­ser autre­ment qu’en sui­vant les pan­neaux indi­ca­teurs impo­sés ; donc est l’une des sources du vou­loir autre­ment ; de la pluralité.

    Réponse
  9. SISA José

    Bon­jour, à l’at­ten­tion de pparent …

    Comme Ana, mes yeux sont sor­tis de leur orbites en lisant : 

    « Est-ce que mena­cer le sta­tut d’intermittent du spec­tacle peut mena­cer le bon fonc­tion­ne­ment politique » »>

    Mena­cer les moyens de vivre des inter­mit­tents, c’est mena­cer la culture, mena­cer la culture, c’est mena­cer la socié­té .… et son fonc­tion­ne­ment politique.

    Je n’en rajoute pas plus parce que là, vrai­ment, j’ai envie de gerber !

    Réponse
  10. pparent

    Bon­jour,

    Tout d’a­bord déso­lé si je ne me sens pas d’ac­cord avec la majo­ri­té içi. 😉

    Tout d’a­bord qu’il soit bien enten­du que mon pro­pos n’est PAS du tout de dire que les inter­mit­tents ne sont pas utiles, ou que leur sta­tut ne doit pas être défen­du. Je pense sim­ple­ment qu’il ne s’a­git pas d’un sujet constitutionnel.

    Je remarque tout de même que aujourd’­hui très peu de spec­tacle véhi­culent des vraies idées poli­tiques d’un part. Et que d’autre part les idées poli­tiques foi­son­nantes uti­lisent aujourd’­hui très lar­ge­ment d’autre canaux. Dites-moi si vous êtes d’accord ?

    « Est sal­va­teur tout ce qui peut éro­der la fabrique cen­tra­li­sée de l’imaginaire. » C’est vrai mais il faut gar­der en tête que aujourd’hui jus­te­ment il y a plein de moyen de publier de manière décen­tra­li­sée, sans pas­ser par l’ac­cord d’un quel­conque pou­voir. Ce blog en est un exemple. C’est bête mais le seul fait d’a­voir des impri­mantes nous per­met de trac­ter ou de col­ler des affiches ce qui était impos­sible à Athènes il y a 2500 ans.

    D’autre part, effec­ti­ve­ment, il y a de nom­breuses ‘caté­go­ries’ qui sont indis­pen­sables à la socié­té. Et si on com­mence à dire que parce qu’ils sont indis­pen­sable il faut trai­ter cela consti­tu­tion­nel­le­ment, on a pas fini ! ^^

    Les agri­cul­teurs diront que, si on menace leur moyen, on menace la socié­té… et son fonc­tion­ne­ment poli­tique, s’il n’y a plus rien à man­ger. Les ins­ti­tu­teurs diront qu’ils sont le vec­teur de l’en­sei­gne­ment poli­tique des citoyens. Les méde­cins diront que la poli­tique ne peut se faire cor­rec­te­ment dans une socié­té d’individus malades. Les ingé­nieurs en infor­ma­tique diront que, sans eux, Inter­net ne peut fonc­tion­ner et que, par consé­quent, la bonne cir­cu­la­tion des idées poli­tiques dépend de leur pro­tec­tion. On ne s’en sort pas.

    Donc, à mon avis, pour la consti­tu­tion, il faut s’en tenir à ce qui concerne direc­te­ment les prises de déci­sion col­lec­tive, et ce qui a un vrai impact direct et tan­gible des­sus. Une bonne ques­tion ques­tion que l’on peut se poser, c’est est-ce que l’on peut ima­gi­ner de manière réa­liste que, tous le reste fonc­tion­nant plu­tôt bien, le sta­tut des inter­mit­tents puisse être le vec­teur prin­ci­pal d’un risque d’ac­ca­pa­re­ment du pou­voir par un petit nombre, ou d’un abus de pouvoir ?

    Pierre.

    Réponse
    • J-Stéphane

      Bon­jour,

      Le cas seul des inter­mit­tents n’a pas à être men­tion­né dans la consti­tu­tion, mais il par­ti­ci­pe­ra gran­de­ment à rédi­ger l’ar­ticle sur le reve­nu universel. 

      Car comme tous les reve­nus sociaux des citoyens sans emploi (pen­sions, allo­ca­tions…), ce sont de for­mi­dables sources d’ins­pi­ra­tion pour amé­lio­rer les méca­nismes d’in­té­gra­tion sociale. 

      Je ne pense pas qu’il faille rogner sur ce sta­tut, mais il me semble plu­tôt qu’il serait bon de l’é­tendre à d’autres citoyens pour qu’en­fin un jour tout citoyen y ait droit.

      Réponse
      • J-Stéphane

        « Com­ment garan­tir des reve­nus stables à des sala­riés à l’emploi instable ? Cette ques­tion, essen­tielle pour le sala­riat contem­po­rain, les inter­mit­tents du spec­tacle se la posent en France depuis longtemps.

        De leur pre­mier mou­ve­ment social en 1919 à la lutte actuelle pour la défense de leur régime d’indemnisation, les inter­mit­tents n’ont ces­sé de se battre pour que l’instabilité de leur emploi ne signi­fie pas pré­ca­ri­té de leurs reve­nus et de leur pro­tec­tion sociale.

        Quelles stra­té­gies ont‑ils déve­lop­pées, tout au long du XXe siècle, pour « vivre de leur métier » ? Com­ment et pour­quoi le régime des inter­mit­tents du spec­tacle a‑t‑il été mis en place ?

        Pour quelles rai­sons les sala­riés concer­nés se battent‑ils pour le défendre ? Mathieu Gré­goire, maître de confé­rences en socio­lo­gie à l’université d’Amiens, exa­mine ici de nou­veaux pos­sibles entre plein‑emploi et précarité.

        À l’heure où l’emploi est de plus en plus flexible et le reflux du chô­mage de masse un hori­zon de moins en moins cré­dible, l’expérience des inter­mit­tents peut inté­res­ser tout le sala­riat. Leur régime ne peut‑il pas en effet consti­tuer un modèle alter­na­tif pour repen­ser les droits des sala­riés à l’emploi discontinu ? »

        Source : http://​www​.reseau​-sala​riat​.info/​d​4​a​d​5​f​5​8​2​a​2​1​9​9​1​b​d​0​5​1​9​3​e​4​3​a​6​6​1​8​6​4#0

        Réponse
    • Ronald

      Non, non, Pierre, vous n’êtes pas seul à pen­ser que le sta­tut des inter­mit­tents du spec­tacle n’est pas un sujet consti­tu­tion­nel. Je ne le pense pas non plus. 

      Mais cela n’a pas d’importance car on n’est pas en train de rédi­ger une consti­tu­tion, mais de faire un entraî­ne­ment à la rédac­tion d’une consti­tu­tion.

      Aus­si, les Ate­liers Consti­tuants ont un fonc­tion­ne­ment césa­riste : c’est le meneur de jeu (Étienne) qui décide quel thème sera l’objet de la dis­cus­sion. Si on ne pro­cède pas de la sorte, pour un autre Ate­lier, tel autre dira qu’il ne trouve pas que la mise en place de la police est un sujet consti­tu­tion­nel… Il faut bien choi­sir un sujet à l’avance pour que les par­ti­ci­pants (un groupe d’a­ma­teurs de la région) aient eu le temps de s’informer un peu sur le sujet. Cela n’a pas d’importance puisque encore une fois, ce n’est qu’un exer­cice. Dans la vraie vie, le moment venu, les sujets à inclure dans la consti­tu­tion seront bien sûr débat­tus en assem­blée et/ou dans la population.

      Ronald

      Réponse
  11. dany

    Paul Jorion :
    Élire nos repré­sen­tants ou les tirer au sort ?

    https://​www​.paul​jo​rion​.com/​b​l​o​g​/​?​p​=​6​5​9​4​4​#​m​o​r​e​-​6​5​944

    Ce texte de Jorion montre la dif­fi­cul­té d’en­vi­sa­ger la démocratie…

    Mal­gré son ouver­ture d’es­prit, il se demande pour­quoi perdre son temps à for­mer les gens quand il existe des spé­cia­listes comme lui… 

    Ce qui sur­prend d’au­tant plus, c’est qu’au sujet de la créa­tion moné­taire, il est à l’op­po­sé de tous les autres éco­no­mistes, ne dou­tant pas un ins­tant de son savoir… ou de son opinion ?

    Réponse
  12. EFFAB

    « EFFAB | 5 juillet 2014 at 06:55 | Répondre

    Your com­ment is awai­ting moderation. »

    Quel­qu’un peut-il m’ex­pli­quer ceci ?

    Réponse
  13. françoise

    Sur le blog d’O­li­vier Berruyer :
    Le dilemme de Poutine
    par Mike Whit­ney – 7 juillet 2014
    http://​www​.les​-crises​.fr/​r​e​p​r​i​s​e​-​l​e​-​d​i​l​e​m​m​e​-​d​e​-​p​o​u​t​i​ne/

    « La der­nière décen­nie du XXe siècle a connu un chan­ge­ment tec­to­nique dans les affaires mon­diales. Pour la pre­mière fois, une puis­sance non-Eur­asienne a émer­gé, non seule­ment comme un arbitre clé des rela­tions de pou­voir en Eur­asie, mais aus­si comme pou­voir suprême dans le monde. » (p. xiii)
    « Main­te­nant, une puis­sance non-Eur­asienne est deve­nue pré­émi­nente en Eur­asie. – Et la pri­mau­té mon­diale de l’Amérique dépend direc­te­ment de la durée et de l’efficacité de sa pré­pon­dé­rance main­te­nue sur le conti­nent eur­asia­tique » (p.30)
    Extraits du livre Le Grand Échi­quier : la Pri­mau­té Amé­ri­caine et ses Impé­ra­tifs Géos­tra­té­giques, Zbi­gniew Brze­zins­ki, Basic Books, 1997

    « On nous avait pro­mis à Munich, après la réuni­fi­ca­tion de l’Allemagne, aucune expan­sion de l’OTAN n’aura lieu à l’Est. Ensuite, l’OTAN s’est élar­gie en ajou­tant les anciens pays du Pacte de Var­so­vie, les anciens pays de l’URSS, et j’ai deman­dé : “Pour­quoi faites-vous cela ? ” Et ils m’ont répon­du : ” Ce n’est pas votre affaire.” » – Le pré­sident Russe Vla­di­mir Pou­tine, confé­rence de presse à Mos­cou, avril 2014

    Les États-Unis se trouvent dans une véri­table phase de décla­ra­tion de guerre avec la Rus­sie. Les déci­deurs poli­tiques à Washing­ton ont dépla­cé leur atten­tion depuis le Moyen-Orient vers l’Eurasie, où ils espèrent atteindre la par­tie la plus ambi­tieuse du pro­jet impé­rial : éta­blir des bases d’opérations avan­cées tout au long du flanc Ouest de la Rus­sie, pour arrê­ter l’intégration éco­no­mique entre l’Asie et l’Europe, et pour com­men­cer l’objectif long­temps recher­ché de démem­brer la Fédé­ra­tion de Rus­sie. Tels sont les objec­tifs de la poli­tique actuelle. Les États-Unis ont l’intention d’étendre leurs bases mili­taires en Asie cen­trale, de se sai­sir des res­sources vitales et des cor­ri­dors de pipe­lines, et d’encercler la Chine pour pou­voir contrô­ler sa crois­sance future. Cette pous­sière en Ukraine indique que la cloche de départ a déjà son­né et que l’opération est déjà entiè­re­ment en cours de dérou­le­ment. Comme nous le savons par expé­rience, Washing­ton va pour­suivre sa stra­té­gie sans relâche tout en s’affranchissant de l’opinion publique, du droit inter­na­tio­nal ou de la condam­na­tion des adver­saires et des alliés de la même façon. La seule super­puis­sance du monde n’a nul besoin d’écouter qui­conque. Il s’agit d’un droit en soi.

    Ce modèle, est bien sûr, infaillible. Il com­mence avec des sanc­tions de type doigts mora­li­sa­teurs qui agitent l’économique, et de la rhé­to­rique incen­diaire, et puis rapi­de­ment, il se trans­forme en bom­bar­de­ments fur­tifs, attaques de drones, des­truc­tion mas­sive des infra­struc­tures civiles, des mil­lions de réfu­giés fuyant les villes et les vil­lages déci­més, des esca­drons de la mort, du car­nage humain en gros, de vastes des­truc­tions de l’environnement, et la lame stable en échec l’anarchie de l’État… Tout ceci étant accom­pa­gné par la répé­ti­tion fade de la pro­pa­gande éta­tique vomie de tous les porte-voix de l’entreprise dans les médias occidentaux.

    N’est-ce pas la façon dont les choses se sont déjà dérou­lées en Afgha­nis­tan, en Irak, en Libye et en Syrie ?

    En effet, ils l’ont fait. Et main­te­nant, c’est au tour de Mos­cou. La sur­vie de Pou­tine et celle de la Fédé­ra­tion de Rus­sie dépend dans une très large mesure de sa capa­ci­té à sai­sir la nou­velle réa­li­té rapi­de­ment et de s’adapter en consé­quence. S’il décide d’ignorer les signes avant-cou­reurs qui sont tant espé­rés par Washing­ton qui ne sau­rait être apai­sé ou bien les hommes qui dictent la poli­tique étran­gère des États-Unis qui seraient peut-être per­sua­dés d’abandonner le soi-disant « pivot vers l’Asie », il pour­rait faire face à la même fin que Sad­dam Hus­sein ou Kadha­fi. Donc, la pre­mière prio­ri­té est tout sim­ple­ment d’accepter le fait que la guerre a com­men­cé. Toutes ses futures déci­sions poli­tiques doivent pro­ve­nir de cette connais­sance de base.

    Alors qu’est-ce que Pou­tine sait déjà ?
    ‑Il sait que la CIA, le Dépar­te­ment d’État des États-Unis et les pseu­do-ONG amé­ri­ca­no-finan­cées ont été direc­te­ment impli­qués dans le coup d’Etat de Kiev.
    ‑Il sait (à par­tir de mes­sages télé­pho­niques pira­tés) que c’était la main de Washing­ton dans le choix des diri­geants de la junte.
    ‑Il sait que la Mai­son Blanche et l’OTAN ont déjà sapé l’esprit de l’accord de Genève de ven­dre­di en mena­çant d’intensifier les sanc­tions éco­no­miques et en pré­voyant de trans­fé­rer davan­tage d’actifs mili­taires aux pays baltes, ain­si que 10.000 troupes ter­restres amé­ri­caines en Pologne et des navires de guerre amé­ri­cains sup­plé­men­taires en Mer Noire.
    ‑Il sait que des déci­deurs poli­tiques de haut rang des États-Unis l’ont dia­bo­li­sé dans les médias en tant que nou­vel Hit­ler, un sur­nom qui est imman­qua­ble­ment conno­té d’objectifs d’agression par Washington.
    ‑Et il sait aus­si que l’équipe Oba­ma grouille de néo-cons san­gui­naires et de guer­riers froids récal­ci­trants qui n’ont jamais aban­don­né l’idée de faire écla­ter la Rus­sie en petits mor­ceaux, de pou­voir piller ses res­sources, et d’installer une marion­nette des États-Unis à Moscou. 

    À cette fin, les médias occi­den­taux ont façon­né un récit absurde en pré­ten­dant que la Cri­mée fait par­tie d’un plan « dia­bo­lique »  de Pou­tine pour recons­truire l’Union sovié­tique et reve­nir aux jours de gloire de l’Empire russe. Bien qu’il n’y ait aucun point à réfu­ter dans cette allé­ga­tion risible, il convient de noter que de nom­breux jour­na­listes ont contes­té l’exubérance des médias en ana­ly­sant la cou­ver­ture de pro­pa­gande gérée par l’Etat. Voi­là com­ment Robert Par­ry l’a résu­mé dans un article récent :

    « Au cours de mes quatre plus grandes décen­nies dans le jour­na­lisme, je n’ai jamais assis­té à un tel spec­tacle de par­tia­li­té et de trom­pe­rie aus­si éla­bo­ré par les plus grands médias d’actualité grand public des États-Unis. Même à l’époque de Ronald Rea­gan … il y avait plus d’indépendance dans les prin­ci­paux organes de presse. Il y a eu aus­si beau­coup de bous­cu­lades des médias au large de la falaise de la réa­li­té pen­dant la guerre du Golfe Per­sique de George HW Bush et de la guerre en Irak de George W. Bush, qui ont tous deux été mani­fes­te­ment cou­tu­miers de fausses allé­ga­tions qui ont pu être si faci­le­ment ava­lées par les grands organes de presse américains.

    Mais il y a quelque chose de tout à fait orwel­lien dans la cou­ver­ture actuelle de la crise en Ukraine, y com­pris le fait d’accuser les autres de « pro­pa­gande » quand leurs expli­ca­tions… se révèlent beau­coup plus hon­nêtes et plus pré­cises que ce que le corps de presse tout entier des États-Unis a mis en pro­duc­tion…. La désin­vol­ture de cette pro­pa­gande … n’est pas seule­ment du jour­na­lisme de la honte, mais c’est aus­si par­ti­cu­liè­re­ment impru­dent de mal­ver­sa­tion au péril de la vie de nom­breux Ukrai­niens et de l’avenir de la pla­nète. » (« Ukraine, à tra­vers le miroir des Etats-Unis », Robert Par­ry, SmirkingChimp )

    Mal­heu­reu­se­ment, le brouillard de la pro­pa­gande géné­rée par l’État per­met de main­te­nir le public en grande par­tie dans l’obscurité sur les motifs réels du conflit actuel, ain­si que l’histoire sor­dide de l’hostilité amé­ri­caine envers la Rus­sie. Voi­ci un court texte de pré­sen­ta­tion d’un article paru sur le site World Socia­list Web Site qui aide à cou­per à tra­vers la BS et qui four­nit un peu plus d’éclairage sur ce qui se passe réellement :

    « Lorsque l’Union sovié­tique s’est effon­drée à la fin de 1991, Dick (Che­ney) vou­lait obte­nir non seule­ment le déman­tè­le­ment de l’Union sovié­tique et de l’empire russe, mais celui de la Rus­sie elle-même, de sorte qu’elle ne puisse plus jamais consti­tuer à nou­veau une menace pour le reste du monde, », écrit l’ancien secré­taire à la Défense, Robert Gates,  des États-Unis, dans ses mémoires récem­ment publiées. Gates fai­sait allu­sion à l’époque où Dick Che­ney était ministre de la Défense, et plus tard vice-pré­sident américain.

    Ces décla­ra­tions éclairent sous un jour nou­veau les dimen­sions géo­po­li­tiques du putsch récent en Ukraine. 

    Ce qui est en jeu, ce ne sont pas tant de simples ques­tions de natio­na­li­té, et encore moins la lutte contre la cor­rup­tion et pour la démo­cra­tie, mais bien au contraire une lutte inter­na­tio­nale pour le pou­voir et l’influence qui remonte à un quart de siècle. “( Les dimen­sions géo­po­li­tiques du coup d’état en Ukraine , Peter Schwarz, World Socia­list Web Site)

    Le Conseiller en Sécu­ri­té Natio­nale du pré­sident Jim­my Car­ter, Zbi­gniew Brze­zins­ki, consti­tue bien le prin­ci­pal archi­tecte de la poli­tique actuelle. Dans son désor­mais clas­sique « Le Grand Échi­quier … La supré­ma­tie amé­ri­caine Et Ses impé­ra­tifs Géos­tra­té­giques », Brze­zins­ki argu­mente que les États-Unis ont un besoin vital de devoir contrô­ler la masse conti­nen­tale de l’Eurasie et d’en repous­ser ses rivaux poten­tiels, afin de main­te­nir sa posi­tion domi­nante en tant que seule et unique super­puis­sance au monde. Les cri­tiques affirment que ce livre est un modèle pour une dic­ta­ture mon­diale, une reven­di­ca­tion qui est bien dif­fi­cile à contes­ter étant don­né l’accent par­ti­cu­liè­re­ment maniaque de Brze­zins­ki sur ce qu’il qua­li­fie « de la supré­ma­tie mon­diale de l’Amérique. » Voi­ci quelques extraits du texte qui éclairent bien les réflexions de l’auteur sur l’expansion US en Asie :

    « L’Amérique est main­te­nant la seule super­puis­sance mon­diale, et l’Eurasie devient l’arène cen­trale du globe. Par consé­quent, ce qui va se pas­ser tout autour de la dis­tri­bu­tion de l’énergie sur le conti­nent Eur­asien sera d’une impor­tance déci­sive pour la pri­mau­té mon­diale de l’Amérique et de l’héritage his­to­rique de l’Amérique. » (P.194) « Il s’ensuit que l’intérêt prin­ci­pal de l’Amérique est d’aider à s’assurer qu’aucune puis­sance unique ne soit en mesure de contrô­ler cet espace géo­po­li­tique et que la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale n’aura aucune entrave à son accès finan­cier et éco­no­mique ». (P148) …

    « La consom­ma­tion d’énergie dans le monde est appe­lée à aug­men­ter consi­dé­ra­ble­ment au cours des deux ou trois pro­chaines décen­nies. Selon les esti­ma­tions du Dépar­te­ment de l’Énergie des Etats-Unis, ils s’attendent à ce que la demande mon­diale aug­men­te­ra de plus de 50 % entre 1993 et 2015, la hausse la plus signi­fi­ca­tive de la consom­ma­tion se pro­dui­sant en Extrême-Orient. La dyna­mique de déve­lop­pe­ment éco­no­mique de l’Asie sus­cite déjà des pres­sions énormes pour l’exploration et l’exploitation de nou­velles sources d’énergie et les régions de l’Asie cen­trale et du bas­sin de la mer Cas­pienne sont connues pour conte­nir des réserves de gaz natu­rel et de pétrole qui éclipsent celles du Koweït, du Golfe du Mexique ou de la mer du Nord. » (p.125) … »…

    « La manière dont l’Amérique gère « l’Eurasie » devient cri­tique. L’Eurasie consti­tue le plus grand conti­nent du monde et un axe géo­po­li­tique. La puis­sance capable de domi­ner l’Eurasie contrô­le­rait deux des trois régions les plus avan­cées et éco­no­mi­que­ment pro­duc­tives du monde. … Envi­ron 75 % des habi­tants de la pla­nète vivent en Eur­asie, et la plu­part de la richesse phy­sique du monde se trouve concen­trée là aus­si, à la fois dans ses entre­prises et dans son sous-sol.  L’Eurasie repré­sente envi­ron 60 % du PNB de la pla­nète et envi­ron les trois quarts des res­sources éner­gé­tiques connues du monde entier » p.31) …

    (Extraits de « Le Grand Échi­quier : la Pri­mau­té Amé­ri­caine et ses Impé­ra­tifs Géos­tra­té­giques » – Zbi­gniew Brze­zins­ki, Basic Books, 1997)
    Pris dans son ensemble, « l’Échiquier » de Brze­zins­ki revient fina­le­ment à une stra­té­gie plu­tôt simple pour gou­ver­ner le monde. Tout ce que l’on doit faire, c’est de se sai­sir de l’approvisionnement éner­gé­tique cri­tique et des lignes de trans­port en com­mun, d’écraser ses rivaux poten­tiels, et de sub­ver­tir les coa­li­tions régio­nales, ou encore ce que Brze­zins­ki désigne avec désin­vol­ture, « empê­cher les bar­bares de se mettre ensemble. »
    Le plan com­porte cepen­dant des risques consi­dé­rables, (la Rus­sie détient pas mal d’armes nucléaires, après tout…), mais les risques sont lar­ge­ment com­pen­sés par la pers­pec­tive de domi­na­tion mon­diale incon­tes­tée pour un ave­nir prévisible.
    Le pro­blème avec la poli­tique de Washing­ton en Ukraine, c’est qu’elle laisse très peu d’options à Poutine.
    S’il déploie des troupes pour défendre l’ethnie Rus­so­phone à l’Est, alors Oba­ma va immé­dia­te­ment exi­ger des sanc­tions éco­no­miques sup­plé­men­taires, une zone « d’exclusion aérienne », le déploie­ment de l’OTAN, et la cou­pure du gaz natu­rel et des pro­duits pétro­liers en Europe.
    D’un autre côté, si Pou­tine ne fait rien, alors les attaques contre les per­sonnes rus­so­phones en Ukraine (comme la fusillade de dimanche à un poste de contrôle de l’Est avec trois morts.) vont s’intensifier et les États-Unis vont four­nir un sou­tien logis­tique mili­taire en secret aux extré­mistes néo- nazis du minis­tère de l’Intérieur, tout comme ils l’ont déjà fait avec les ter­ro­ristes dji­ha­distes en Syrie et en Libye. Cela va entraî­ner l’Ukraine dans une guerre civile dévas­ta­trice qui pour­rait endom­ma­ger l’économie de la Rus­sie et saper la sécu­ri­té nationale.
    Quelle que soit l’option que vous pou­vez envi­sa­ger, la Rus­sie perd dans tous les cas.
    Le jour­na­liste David Paul a résu­mé la situa­tion dans un article du Huf­fing­ton Post inti­tu­lé « Oubliez le bara­tin, Pou­tine tient une main per­dante ». Il a expliqué :
    « La for­mu­la­tion stra­té­gique de Brze­zins­ki est conçue pour amé­lio­rer la puis­sance amé­ri­caine dans la région sur le long terme, et que Pou­tine arrive à trou­ver un moyen de se reti­rer ou bien qu’il choi­sisse d’envahir n’a fina­le­ment aucune impor­tance. Quel que soit le choix que fait Pou­tine… en fin de compte il va ser­vir les inté­rêts de l’Amérique, même si une guerre civile ukrai­nienne et une crise de l’énergie en Europe doivent faire par­tie du prix à l’arrivée. » ( Huf­fing­ton Post )
    C’est tout le dilemme de Pou­tine, qui consiste à ten­ter de choi­sir le che­min qui est le moins sus­cep­tible d’aggraver la situa­tion et de plon­ger plus pro­fon­dé­ment l’Ukraine dans l’abîme.
    Pour l’instant, le choix semble évident, c’est juste qu’il faut tout sim­ple­ment s’asseoir bien à l’abri, résis­ter à la ten­ta­tion de s’impliquer, et ne rien faire d’irréfléchi. Fina­le­ment, cette rete­nue pour­ra être consi­dé­rée comme de la force et non plus de la fai­blesse et il sera en mesure de jouer un rôle plus construc­tif en condui­sant l’Ukraine vers la paix et la sécurité.

    MIKE WHITNEY  vit dans l’État de Washing­ton. Il est un contri­bu­teur à  Espoir : Barack Oba­ma et sa poli­tique de l’Illusion (AK Press). Hope­less est éga­le­ment dis­po­nible dans une  édi­tion Kindle. Il peut être contac­té à  fergiewhitney@msn.com .

    par MIKE WHITNEY – http://​www​.coun​ter​punch​.org/​2​0​1​4​/​0​4​/​2​3​/​p​u​t​i​n​s​-​d​i​l​e​m​ma/ – Tra­duc­tion Libre © Didier ARNAUD

    Source : http://​www​.les​-crises​.fr/​r​e​p​r​i​s​e​-​l​e​-​d​i​l​e​m​m​e​-​d​e​-​p​o​u​t​i​ne/

    Réponse
  14. J-Stéphane
  15. Oli

    Mer­ci J‑Stéphane pour cette vidéo,

    Les har­pa­gons, colons et autres per­vers en tout genre ont aus­si gagné la tête de l’EN.

    Le pro­blème, c’est que la bonne volon­té et les com­pé­tences des meilleurs pro­fes­seurs sont sou­vent mis à leur ser­vice et à la réa­li­sa­tion de leurs pro­jets sinistres… C’est ça le plus ter­rible dans l’histoire.

    Est-ce qu’on peut ima­gi­ner que cette stra­té­gie de des­truc­tion de l’é­du­ca­tion publique vise à long terme l’ou­ver­ture du sec­teur au mar­ché pri­vé, et donc au profit ?

    Réponse
  16. Oli

    Autre chose qui me vient à l’esprit.…

    Est-ce que l’ap­pé­tit insa­tiable pour l’argent, le pou­voir et les pos­ses­sions ne pour­rait pas être recon­nu offi­ciel­le­ment comme une vraie dépen­dance, au sens médi­cal du terme ?
    Comme on parle de dépen­dance à l’al­cool, ou aux drogues, par exemple.

    A quand des psys pour s’in­té­res­ser à ce genre de pathologie ?
    Ce type de recherche serait sans doute très utile pour tout le monde… Y com­pris pour les per­sonnes direc­te­ment concernées.

    Réponse
    • Norton

      Oli,
      « A quand des psys pour s’intéresser à ce genre de pathologie ?

      Si vous en connais­sez un qui n’est souffre pas,allez d’ur­gence lui poser vos questions…!

      Réponse
      • Norton

        Pardon,Oli,…« qui n’EN souffre pas »… Vous aurez compris.…

        Réponse
  17. SISA José

    Le sujet de l’a­te­lier est : « arti­sans de spec­tacles et démo­cra­tie locale »
    Moi, ce qui m’intéresse est de par­ler des valeurs inclu­sives dans les pro­ces­sus d’ac­cès à la culture, et à la démo­cra­tie locale.

    J’es­père que l’on pour­ra en par­ler un peu, car, bien que la pro­blé­ma­tique des inter­mit­tents est fon­da­men­tale, toutes les idées sur l’ac­cès à la culture le sont aussi 🙂

    Réponse
  18. GreyLiLas

    Hâte de voir la nou­velle vidéo d’A­vi­gnon du 9 juillet, même si le sujet ne me concerne pas directement.
    Mer­ci d’a­vance à la bonne âme qui la met­tra en ligne. 🙂

    Réponse
    • Norton

      Dom­mage que le com­men­ta­teur cata­logue l’U­PR comme un par­ti sou­ve­rai­niste de droite alors que le cli­vage gauche/droite y est pros­crit et qu’il n’est pas souverainiste…

      Si j’a­dop­tais l’at­ti­tude des oph­tal­mo-conta­mi­nés fos­si­li­sés et que je ne me déca­lais jamais de der­rière mon sem­pi­ter­nel point de vue,je dirais que cette video ne vaut rien parce qu’un com­men­ta­teur qui ne sait rien y com­mente la vie de quel­qu’un qui ne sais pas tout…

      Je ne le dirai pas…Il ne sais pas tout lui non plus,mais bon…

      Réponse
  19. Gildas

    Bon­jour à tous,
    Je fais par­tie de la coor­di­na­tion des inter­mit­tents et pré­caires de Midi-Pyré­nées (CIP-MP à Tou­louse). Je suis moi-même artiste et inter­mit­tent du spectacle.
    Si les inter­mit­tents bougent au-delà des syn­di­cats c’est parce qu’il est ques­tion de droits sociaux et non de culture. La ques­tion entre poli­tique et art est par ailleurs un sujet très intéressant.

    Voi­ci quelques éclai­rages sur le lien entre consti­tu­tion et intermittents.

    Pour­quoi prendre le sujet du régime des inter­mit­tents peut-il être un bon angle constitutionnel ?

    -le régime des inter­mit­tents sou­lève la ques­tion du rap­port au travail.
    Rapide his­to­rique ici en 3’34

    pour aller plus loin :
    Les inter­mit­tents du spec­tacle : enjeux d’un siècle de luttes
    De Mathieu Grégoire
    http://​www​.ies​-sala​riat​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​150

    Le régime a été créé en période de plein emploi pour répondre à une flexi­bi­li­té du tra­vail à court terme.

    Alors qu’aujourd’hui 6 chô­meurs sur 10 ne sont pas indem­ni­sés, notre pays compte 9 mil­lions de pauvres. (en des­sous du seuil de pauvreté)

    Le medef attaque les inter­mit­tents non pas pour des rai­sons finan­cières mais pour des rai­sons idéo­lo­giques, nous fonc­tion­nons sous une pro­tec­tion sociale adap­tée à la flexi­bi­li­té du travail.

    Quel est le rap­port avec la consti­tu­tion et le régime des intermittents ?

    Nous révé­lons l’importance de la ges­tion de l’unedic, c’est-à-dire de la répar­ti­tion des coti­sa­tions des sala­riés pour l’assurance-chômage, qui se fait actuel­le­ment d’une manière anti-démo­cra­tique (voir plus loin dans mon post).

    Com­ment vivre dans un sys­tème éco­no­mique où la flexi­bi­li­té est de plus en plus grande, où grâce à notre pro­duc­ti­vi­té il y a de moins en moins de travail.

    Si pour vivre, payer son loyer, s’acheter à man­ger etc. il faut de l’argent et que pour avoir de l’argent il faut tra­vailler, mais qu’il y a moins de tra­vail, com­ment fait-on pour vivre ?

    Der­rière cela, se pose la créa­tion de la créa­tion moné­taire, du salaire per­ma­nent de Ber­nard Friot, du reve­nu de base inconditionnel.

    Je vais rajou­ter le point de vue démo­cra­tique que j’ai décou­vert au tra­vers de la CIP depuis mon inves­tis­se­ment dans le mou­ve­ment début 2014, alors que je suis ren­tré dans la culture démo­cra­tique depuis quelques petites années.

    Les inter­mit­tents sont por­teurs d’une alter­na­tive à ces 2 posi­tions : le « nou­veau modèle »

    Le « nou­veau modèle » est force de pro­po­si­tion pour répondre à ce pro­blème de dis­con­ti­nui­té de l’emploi ;

    Il est télé­char­geable ici :
    http://​www​.cip​-idf​.org/​I​M​G​/​p​d​f​/​N​M​l​o​n​g​.​pdf

    pour avoir une expli­ca­tion « light » c’est içi :
    http://​www​.cip​-idf​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​2​073

    Une don­née impor­tante à rete­nir c’est Nombre d’Heures tra­vaillées = zéro, donne un SMIC !

    Et un article du monde :
    http://​www​.lemonde​.fr/​i​d​e​e​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​4​/​0​6​/​1​8​/​i​n​v​e​n​t​o​n​s​-​u​n​-​c​o​n​t​r​e​-​m​o​d​e​l​e​_​4​4​4​0​4​9​6​_​3​2​3​2​.​h​tml

    Donc il me semble que dans le cadre de l’écriture d’une consti­tu­tion par des citoyens, l’angle de l’intermittence du tra­vail est très intéressant.

    Il existe 200 000 inter­mit­tents du spec­tacle en France, 100 000 indem­ni­sés. 3,5% des chô­meurs, 3,4% des indemnisations.

    Voir la vidéo Ripostes 1

    Qu’est-ce que la CIP ?
    C’est la Coor­di­na­tion des Inter­mit­tents et précaires.

    Il me semble qu’elle a été créée suite aux luttes des inter­mit­tents en 2003, bien que la lutte sur le sujet date d’un siècle (cf Grégoire)

    La CIP est un groupe infor­mel, qui n’est pas un syn­di­cat, pas une asso­cia­tion, pas une entre­prise, elle est com­po­sée en majo­ri­té par des inter­mit­tents du spec­tacle, tech­ni­ciens son, éclai­ra­gistes, comé­diens, cir­cas­siens, chan­teurs et musi­ciens ; et de pré­caires : chô­meurs, rsistes, étu­diants… (en minorité)

    Nous sommes le seul groupe a dénon­cer haut et fort l’accord une­dic du 22mars 2014 et qui vise à faire des éco­no­mies sur le dos des chô­meurs en fai­sant des cadeaux aux entre­prises privées.

    La cip est une force d’action, poli­tique et médiatique.

    La cip, c’est des ana­lystes de textes des accords de l’unedic, c’est du lien avec Ber­nard Friot qui est inter­ve­nu dans la construc­tion en tant qu’économiste, du nou­veau modèle (Nombre d’Heures tra­vaillées = 0, donne un SMIC ).

    Au tra­vers de la cip, la culture démo­cra­tique est en action, nous exi­geons que les débats de concer­ta­tion soient fil­més et trans­mis au public, que tout doit être mis a plat pour refaire le fonc­tion­ne­ment de la ges­tion de l’indemnisation.

    Der­rière il y a la soli­da­ri­té inter-pro­fes­sion­nelle, les acquis du CNR.

    Grâce à la cip j’ai appris qu’il exis­tait de la spé­cu­la­tion sur l’unedic !

    Nous avons révé­lé les « inco­hé­rences » du sys­tème politique.Le plus fla­grant exemple est Fran­çois Reb­sa­men membre du PS (pas de révo­ca­bi­li­té ? dom­mage !), aujourd’hui ministre du tra­vail et signa­taire de l’accord scan­da­leux de l’UNEDIC qui avait signé la tri­bune du comi­té de suivi :

    - Annexe unique, artistes et techniciens
    – Date anni­ver­saire et 507h en 12 mois avec indem­ni­sa­tion sur 12 mois
    – Pla­fon­ne­ment du cumul salaires et indemnités
    – Prise en compte des heures d’enseignement et d’heures faites au régime général.

    Nous avons vu que les négo­cia­tions en mars 2014, sur l’accord UNEDIC se sont dérou­lées d’une manière on ne peut plus anti-démo­cra­tique, les par­te­naires sociaux ne se sont retrou­vés que 15 minutes ensemble autour de la table, le reste étant des négo­cia­tions de cou­loir entre le medef et cer­tains syndicats.

    Il y a énor­mé­ment de choses à dire à ce sujet, et ce n’est qu’une ouver­ture pour vous mon­trer à quel point le sujet de l’intermittence rentre par­fai­te­ment dans le cadre de l’écriture de la constitution.

    Étienne, com­ment s’est pas­sé votre inter­ven­tion à Avignon ?

    Je fini­rai par cette vidéo :

    je ne suis pas spé­cia­le­ment fan de Lalane, je ne sais pas s’il est inter­mit­tent, mais après son dis­cours sur la repré­sen­ta­ti­vi­té, sa chan­son a une cou­leur vrai­ment particulière…

    Réponse
  20. Gildas

    Je me suis trom­pé de vidéo de Lalanne :

    Réponse
  21. Jacques Roman

    Où est-ce qu’on peut trou­ver le compte ren­du de l’a­te­lier du 9 juillet ? JR

    Réponse
    • etienne

      Je n’ai pas le sou­ve­nir que quel­qu’un ait fil­mé les ate­liers, malheureusement.

      Réponse
    • Ana Sailland

      Je songe à mon grand-père cou­rant dans les tranchées
      qui tenait en sa main son œil arraché.

      Com­man­dant Rigal

      Celui là croyait défendre son pays quand il se bat­tait pour ses maîtres.

      Nous osons à peine, à nos aïeuls, envoyer, par delà leur tom­beau, cette gifle magis­trale, que consti­tue la véri­té. Bles­sure post mor­tem, double peine, à l’hon­neur, à la foi, infli­gée par la lignée de leurs descendants.

      C’est néces­saire pour­tant, pour ceux dont promp­te­ment nous serons les aïeuls, car qui sait se défend mieux d’une trom­pe­rie d’Etat.

      Réponse

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