Suite de l’entretien avec « La Mutinerie » : conseils de lecture pour nous émanciper des « libéraux » esclavagistes

5/06/2014 | 54 commentaires

Voi­ci la suite de l’en­tre­tien avec les jeunes gens de « La Muti­ne­rie », à la mai­son (sur la ter­rasse du toit cette fois), le 14 février 2014. J’y parle de quelques livres que je trouve impor­tants et utiles : 

Simone Weil, « Note sur la sup­pres­sion géné­rale des par­tis poli­tiques » »
Robert Michels, « Les par­tis poli­tiques ; essai sur les ten­dances oli­gar­chiques des démocraties »
David Grae­ber, « Dette : 5000 ans d’histoire »
Dome­ni­co Losur­do, « Contre-his­toire du libéralisme »

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54 Commentaires

  1. frigouret

    Sur le wiki­pe­dia, dans la liste des oppo­sants à l’es­cla­vage et des abo­li­tion­nistes, on retrouve pas mal de »libé­raux«.

    Par exemple, la rumeur d’un Vol­taire escla­va­giste est parait il basée sur un faux (voir l’ar­ticle de la même encyclopédie).

    Que­relle d’his­to­riens qui a sans doute un inté­rêt, mais qui n’in­firme pas pour autant les idées des per­sonnes incri­mi­nées. On dit pour démon­ter ce genre de rai­son­ne­ment que, si Ein­stein avait été cou­pable de battre sa femme, la théo­rie de la rela­ti­vi­té en res­te­rait ni plus vraie ni plus fausse.

    En fait,je n’aime pas la méthode et je suis éton­né, cher Étienne, que, vous qui subis­sez des pro­cès d’in­ten­tion, des amal­games, vous soyez si prompt à imi­ter ces méthodes sophistiques.

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    • etienne

      Cher Fri­gou­ret.

      Quelle « méthode » ? On lit les œuvres des auteurs de réfé­rences, stric­to sen­su, et on y trouve lit­té­ra­le­ment des hor­reurs… Où avez-vous vu des « pro­cès d’in­ten­tion » ? Je vous parle de volon­té escla­va­giste expli­cite et orga­ni­sée en sys­tème, déli­bé­rée et assu­mée ; pour­quoi par­lez-vous de « méthodes sophistiques » ?

      Avez-vous lu le livre de Losur­do ? Avez-vous véri­fié ses cita­tions ? Moi, j’ai com­men­cé à véri­fier (avec les livres que j’ai à la mai­son) et tout ce que j’ai retrou­vé colle ; pas d’in­ven­tion ni de défor­ma­tion (pour l’ins­tant). Bien sûr je reste, par prin­cipe, à la recherche d’er­reurs éven­tuelles, et nous ne man­que­rons pas de les signa­ler et de les mettre en valeur s’il y en a. 

      Les (so cal­led) oppo­sants à l’es­cla­vage par­mi les « libé­raux » s’op­po­saient à LEUR escla­vage : c’est la ser­vi­tude du « peuple des hommes libre », des « élus », qui leur fai­sait hor­reur, mais tout en théo­ri­sant par ailleurs l’es­cla­vage des autres (un détail)… Excu­sez-moi, mais je ne trouve pas absurde de tra­vailler ce « para­doxe », qui res­semble plu­tôt à une escro­que­rie, et dont nous voyons tou­jours les mêmes rouages en action aujourd’­hui, je trouve.

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    • grioune

      Ein­stein n’a jamais rien inven­té, il n’a fait que reco­pier les conclu­sions d’Hen­ri Poin­ca­ré qui a eu , le pre­mier, l’in­tui­tion de la fameuse for­mule E=MC car­ré. Mais il est mort pas très long­temps après et n’a pas eu le loi­sir de creu­ser cette découverte.

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        • grioune

          Ein­stein a copié sa fameuse thèse de la rela­ti­vi­té sur celle de Poin­ca­ré sans jamais citer celui-ci. Mais les deux sont morts et cha­cun a les croyances qu’il peut…

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          • Protagoras

            Et la phy­sique devient croyance, il est curieux notre monde non ?
            Mais bon vous venez de pas­ser de : il n’a rien inven­té à il a pla­gié un autre cher­cheur, c’est déjà une légère inflexion.

          • Ana Sailland

            Le génie d’Ein­stein a été de nier l’é­vi­dence et les acquis men­taux de l’His­toire. Il y a été aidé en cela par Mach plus que par Poincaré.
            Poin­ca­ré reste atta­ché à l’éther.
            Ein­stein nous en débarrasse.

            Je crois que c’est Mach qui le pre­mier met en doute l’es­pace abso­lu. Envi­ron 20 ans auparavant.

            C’est en tout cas lui qui évoque l’i­dée d’un espace induit par la masse autant qu’il la contient. Et Ein­stein en 1918 énonce et nomme le prin­cipe de Mach, qui enfante la rela­ti­vi­té générale.

            Ce qui est impor­tant pour nous, c’est de sai­sir ce tour­nant de l’His­toire où l’on apprend à dou­ter de l’é­vi­dence issue des siècles des siècles. Car dou­ter de l’es­pace abso­lu, du temps uni­ver­sel, de la simul­ta­néi­té (entre autres choses), c’est géant. Pre­nons en de la graine au cha­pitre de la politique 😉

  2. Françoise

    Hi,
    Le Sénat réécrit la Charte de l’environnement
    Publié le 29 mai 2014 par Arnaudgossement
    http://​www​.paper​blog​.fr/​7​1​5​7​4​5​3​/​l​e​-​s​e​n​a​t​-​r​e​e​c​r​i​t​-​l​a​-​c​h​a​r​t​e​-​d​e​-​l​-​e​n​v​i​r​o​n​n​e​m​e​nt/

    Ce 27 mai 2014, le Sénat a voté, dans l’in­dif­fé­rence géné­rale, une pro­po­si­tion de loi consti­tu­tion­nelle qui modi­fie la rédac­tion, au sein de la Charte de l’en­vi­ron­ne­ment, des prin­cipes de pré­cau­tion, de par­ti­ci­pa­tion et d’é­du­ca­tion à l’en­vi­ron­ne­ment. Le texte vient d’être trans­mis à l’As­sem­blée natio­nale. Analyse.

    Les condi­tions de la dis­cus­sion au Par­le­ment de cette pro­po­si­tion de loi consti­tu­tion­nelle et l’in­dif­fé­rence qui l’en­tourent sont assez éton­nantes. Et inquié­tantes car elles en disent long sur le rap­port actuel de nom­breux par­le­men­taires aux ques­tions qui touchent au déve­lop­pe­ment durable.

    La pro­po­si­tion de loi consti­tu­tion­nelle pré­sen­tée par le séna­teur Jean Bizet avait pour­tant de quoi rete­nir l’at­ten­tion et des élu(e)s et des médias. Cette pro­po­si­tion ne pro­pose rien de moins que de rou­vrir un débat très sen­sible sur la Charte de l’en­vi­ron­ne­ment qui avait sus­ci­té des échanges pas­sion­nés en 2004.

    Ne nous y trom­pons pas. Si la pré­sen­ta­tion des motifs de ce texte se veut ras­su­rante, son objet est clair : rou­vrir le débat sur la Charte de l’en­vi­ron­ne­ment dans un contexte radi­ca­le­ment dif­fé­rent de celui de 2004. Depuis, et sur­tout depuis l’é­chec du som­met de Copen­hague de 2009, une vague d’é­co­los­cep­ti­cisme déferle par­mi les res­pon­sables poli­tiques. L’heure n’est plus aux grandes décla­ra­tions sur « la mai­son qui brûle » ou au Gre­nelle de l’en­vi­ron­ne­ment. L’heure est donc la bonne pour remettre en cause et défaire.

    La Charte de l’en­vi­ron­ne­ment, votée au terme d’un débat pas­sion­né et pas­sion­nel, témoigne d’un équi­libre déli­cat et qui peut être aisé­ment fra­gi­li­sé. Comme pour tout texte consti­tu­tion­nel, c’est d’une main trem­blante qu’il faut envi­sa­ger sa réécri­ture au risque de rompre l’é­qui­libre de l’ensemble.

    C’est pour­quoi j’ai été stu­pé­fait de consta­ter que, lors de la dis­cus­sion en séance publique de la pro­po­si­tion de loi consti­tu­tion­nelle ce 27 mai 2014, la Secré­taire d’E­tat a défen­du un amen­de­ment ten­dant à ins­crire un article 34–2 au sein de la Consti­tu­tion dont l’ob­jet était de dévi­ta­li­ser com­plè­te­ment le prin­cipe de pré­cau­tion. La Consti­tu­tion de 1958 deve­nait ain­si un outil de limi­ta­tion des effets d’un autre élé­ment du bloc de consti­tu­tion­na­li­té : la Charte de l’en­vi­ron­ne­ment. Ledit article ten­dait à subor­don­ner l’ap­pli­ca­tion du prin­cipe de pré­cau­tion à .…une loi organique.

    Vous avez bien lu : le Gou­ver­ne­ment a défen­du une révi­sion de la Consti­tu­tion ten­dant à ce qu’une loi orga­nique (et non une loi ordi­naire) per­mette de réduire la por­tée de la Charte de l’en­vi­ron­ne­ment. Que l’on soit pour ou contre le prin­cipe de pré­cau­tion, on ne peut être que sur­pris par ce détour­ne­ment de la fonc­tion de la loi orga­nique et l’i­dée d’é­crire au sein de la Consti­tu­tion de 1958 (et non dans la Charte) un article uni­que­ment consa­cré au prin­cipe de pré­cau­tion. C’est le droit en géné­ral, consti­tu­tion­nel en par­ti­cu­lier qui est ici dure­ment mal­me­né. En défi­ni­tive, la loi orga­nique aurait ain­si per­mis à la Consti­tu­tion de réduire la por­tée de la Consti­tu­tion : le « n’im­porte quoi juri­dique » a‑t-il des limites ?

    Non, si l’on en juge à la lec­ture de la « petite loi » c’est à dire du texte issu des débats au Sénat et trans­mis à l’As­sem­blée nationale.

    Sur le fond, cette « petite loi » pro­pose de réécrire les prin­cipes de pré­cau­tion, de par­ti­ci­pa­tion et d’é­du­ca­tion à l’en­vi­ron­ne­ment. Pour l’es­sen­tiel il est ques­tion d’a­lour­dir la rédac­tion de ces prin­cipes pour en com­plexi­fier l’ap­pli­ca­tion à par­tir d’a­jouts stric­te­ment inutiles. Ma note d’a­na­lyse du sens et de la por­tée de la pro­po­si­tion de loi consti­tu­tion­nelle pré­sen­tée par le séna­teur Jean Bizet peut être lue ici.

    La réécri­ture du prin­cipe de participation

    Il convient cepen­dant de s’ar­rê­ter ici sur la prin­ci­pale modi­fi­ca­tion appor­tée à cette pro­po­si­tion de loi consti­tu­tion­nelle à la suite des débats en séance publique. Elle concerne le prin­cipe de par­ti­ci­pa­tion du public ins­crit à l’article7 de la Charte de l’environnement. 

    La rédac­tion actuelle de cet article 7 est la suivante :

    « Toute per­sonne a le droit, dans les condi­tions et les limites défi­nies par la loi, d’ac­cé­der aux infor­ma­tions rela­tives à l’en­vi­ron­ne­ment déte­nues par les auto­ri­tés publiques et de par­ti­ci­per à l’é­la­bo­ra­tion des déci­sions publiques ayant une inci­dence sur l’environnement. »

    Les séna­teurs pro­posent d’a­jou­ter les dis­po­si­tions sui­vantes au sein de cet article 7 :

    « L’in­for­ma­tion du public et l’é­la­bo­ra­tion des déci­sions publiques s’ap­puient sur la dif­fu­sion des résul­tats de la recherche et le recours à une exper­tise scien­ti­fique indé­pen­dante et pluridisciplinaire.

    L’ex­per­tise scien­ti­fique est conduite dans les condi­tions défi­nies par la loi »

    C’est cette der­nière phrase qui retient immé­dia­te­ment l’at­ten­tion : « L’ex­per­tise scien­ti­fique est conduite dans les condi­tions défi­nies par la loi »

    Cette pro­po­si­tion de loi pro­pose donc d’i­den­ti­fier les sources « offi­cielles » de pro­duc­tion d’ex­per­tise scien­ti­fique. Adieu les lan­ceurs d’a­lerte, seules les don­nées scien­ti­fiques pro­duites par les cir­cuits vali­dés par la loi pour­ront consti­tuer les infor­ma­tions à four­nir au public et seules ces der­nières pour­ront être sou­mises au débat public. Le prin­cipe de par­ti­ci­pa­tion du public abou­ti­rait ain­si à consa­crer « la vraie science » ?

    Il faut espé­rer que la Ministre de l’é­co­lo­gie et les dépu­tés mettent un terme clair et défi­ni­tif à cette aventure.

    Arnaud Gos­se­ment

    Compte ren­du ana­ly­tique offi­ciel du 27 mai 2014
    http://​www​.senat​.fr/​c​r​a​/​s​2​0​1​4​0​5​2​7​/​s​2​0​1​4​0​5​2​7​_​4​.​h​t​m​l​#​p​a​r​_​420

    Réponse
  3. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Le libé­ra­lisme est une doc­trine qui uti­lise le mot contraire de ce qu’elle pra­tique, c’est de l’es­cla­va­gisme qui ne dit pas son nom. 

    Dans les faits, c’est une mino­ri­té d’es­claves de leur paresse, une bande de fai­néants qui s’oc­troie le droit d’as­ser­vir la majorité. 

    Le machi­nisme en est la preuve fla­grante, entre leurs mains c’est deve­nu un moyen d’ex­clure socia­le­ment l’es­clave au lieu de l’émanciper. 

    Alors que le chô­mage aug­mente, le libé­ra­lisme met sur le mar­ché du tra­vail des enfants sta­giaires, peu ou pas payés, oblige les deux parents à négli­ger leur rôle social, récu­père une part sociale du PIB pour inci­ter les han­di­ca­per à être employés, et empêche de plus en plus nos vieux se reposer. 

    Le libé­ra­lisme c’est la liber­té du petit nombre de dis­po­ser du grand nombre 😉

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  4. frigouret

    La méthode c’est l’amalgame.

    Quel­qies com­mu­nistes furent des assa­sins, tous les com­mu­nistes sont ils des assas­sins ? Le com­mu­nisme est il défi­nit par l’as­sas­si­nat ? Quelques per­sonnes juives sont des salo­pards , tous les juifs le sont ils ? Tor­que­ma­da est il typique de tous les chrétiens ?
    Le libe­ra­lisme est fon­dè sur la pro­prié­té de soi même, le libé­ra­lisme est une arme théo­rique contre l’es­cla­va­gisme, cer­tains libé­raux sont ou furent racistes, il y a une nuance, non ? Le bou­quin attaque le libé­ra­lisme dans son titre , il aurait dû s’in­ti­tu­li­ter  » his­toire des libé­raux incon­sé­quents » par exemple.

    Je ne lirais pas Losur­do, les résu­més que j’ai eue de son oeuvre m’en dégoute, le gaillard réha­bi­lite Sta­line et décrit le régime chi­nois comme un modèle d’emmancipation du tiers monde , j’ai pas le coeur a l’en­ri­chir ni a lui faire de la pub.

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  5. Ana Sailland

    Chic revoi­là Frigouret 🙂

    Il y a envi­ron 40 ans, ma maman avait fait des recherches sur la marine à voile, et elle était tom­bée par hasard sur des docu­ments authen­tiques qui l’a­vaient décil­lée concer­nant la noble gran­deur de voltaire.
    Je n’ai hélas pas de preuve de ce que j’a­vance (et il m’est dou­lou­reux de ne pou­voir inter­ro­ger cette source).

    😉 Mais tout comme soral, vol­taire dit des choses intéressantes 😉
    Un être n’est pas mono­bloc et le conseil d’al­ler culti­ver son jar­din peut être pris en compte, même si pas dans la pure­té de la pen­sée boud­dhiste, même venu d’un pré­va­ri­ca­teur ou autre bidouilleur de fac­tures militaires.
    Cepen­dant, ce logi­ciel d’ou­ver­ture qui consiste à ne pas jeter la soupe quand un che­veu gras ou épais en trouble la sur­face, ce logi­ciel perd de son inté­rêt quand un être vil est por­té aux nues et quand cela a des réper­cus­sions néfastes sur la claire voyance du cer­veau col­lec­tif en ce qui concerne son édi­fi­ca­tion fal­si­fiée. Car ouver­ture n’est pas autoaveuglement.

    Fri­gou­ret fait allu­sion à juste titre au fait qu’en logique mathé­ma­tique doit être consi­dé­rée avec le plus grand soin la néga­tion des pro­po­si­tions quan­ti­fiées. Plus de vive voix uni­que­ment hihi.

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  6. frigouret

    J- Sté­phane .

    Là vous décri­vez les fonc­tion­naires. Bon je devient con a entendre des conne­ries, on pour­rait essayer de ren­trer dans un cercle ver­tueux peut etre ?

    Réponse
    • J-Stéphane

      Pour le moment, vous êtes le seul à en être sortie…

      Réponse
  7. Ana Sailland

    La liber­té est une notion dif­fi­cile à manier.
    Il était bon de l’ins­crire sur le fron­ton de la répu­blique, mais peut être manque-t-il quelques ali­néas (qu’une maxime, phy­si­que­ment, ne peut hélas pas porter).

    Sans être un salo­pard, on peut en défi­nir, et à son propre avan­tage, des limites trop loin­taines pour ne pas être toxiques pour autrui.
    Ou bien au contraire, par le sou­ci de l’autre, on peut s’au­to­li­mi­ter au point de ne pas vivre pleinement.
    Et en cette occur­rence, ce qui est vrai pour la per­sonne l’est pour la socié­té et ses règles.

    C’est une notion qui, d’o­ri­gine cos­mique, anté­di­lu­vienne, est anta­go­niste de la notion d’har­mo­nie sociale, de coor­di­na­tion. L’hu­main a cette par­ti­cu­la­ri­té qui le dis­tingue de la four­mi qu’il est à la fois for­te­ment indi­vi­dué et for­te­ment social, et cela induit la tem­pête sous son crâne, en per­ma­nence. Et il n’y a que la loi ou l’hy­per conscience qui puissent appor­ter le calme à cette archi­tec­ture géné­ti­que­ment schi­zo­phrène, mais ô com­bien appré­ciable, et pré­cieuse, car c’est là, dans cette dua­li­té intrin­sèque que réside notre futur et la matu­ra­tion poten­tielle de l’Es­prit, au des­sus des contingences.
    Nous avons ce chal­lenge à relever.

    Les glo­rieux de 89 et 93 nous en ont sor­ti d’autres du même style, par exemple le droit inalié­nable à la pro­prié­té, qui depuis nous déchire et divise la pen­sée poli­tique en cou­rants incom­pa­tibles, qui ni les uns ni les autres ne sont viables, car tous incomplets.
    Com­pre­nons que tout concept éri­gé en prin­cipe devient ipso fac­to exces­sif et toxique, et que tou­jours la phi­lo­so­phie per­ma­nente devrait nour­rir la pen­sée avant qu’elle ne se sclé­rose, ou ne soit confis­quée par oppor­tu­nistes et manipulateurs.
    Nos valeurs ne peuvent être saines que si en per­ma­nences refon­dées à tra­vers la codé­li­bé­ra­tion universelle.

    Réponse
  8. frigouret

    Ana
    Pour­quoi la liber­té serait elle anta­go­niste a la coor­di­na­tion ? A l’har­mo­nie sociale ?
    L’A­go­ra c’est la place du mar­ché , ou les hommes libres échan­geaient libre­ment leurs pro­duits et leurs opinions.

    Réponse
  9. frigouret

    La socié­té des amis des noirs.

    Club abo­li­tio­niste du XVIII eme , en france, com­po­sè de giron­dins, les libe­raux de l’e­poque, Condor­cet, Brissot .……

    De la nuance svp

    Réponse
  10. Méchant Virus

    Vous avez fini de par­tir dans des tirades socio-phi­lo­so­phiques à tout bout de champ ? Une page de bla­bla, j’y vois déjà : la liber­té, Sta­line, les juifs, le sophisme, etc… Par contre pas un argument.

    On parle de libé­ra­lisme éco­no­mique. La liber­té n’a rien à voir là dedans.

    Le libé­ra­lisme éco­no­mique est une doc­trine qui sug­gère que l’é­co­no­mie, pour être la plus effi­cace pos­sible, doit s’af­fran­chir de toute barrière. 

    Il est inutile de cher­cher des preuves de quoi que ce soit puisque l’es­cla­vage est méca­ni­que­ment l’a­bou­tis­se­ment d’une telle doctrine.

    Après il est pos­sible que quelques capi­ta­listes ultra libé­raux se soient sen­tis un peu cou­pables de la tour­nure des évé­ne­ments. Le but n’est pas d’in­cri­mi­ner telle ou telle per­sonne, c’est de mettre en lumière de façon fac­tuelle ce que j’ex­plique au des­sus de façon théorique.

    Réponse
  11. frigouret

    C’est faux
    Le libé­ra­lisme éco­no­mique est l’ap­pli­ca­tion éco­no­mique de la vision libe­rale repo­sant sur le droit et la liber­té individuelle.
    Une éco­no­mie effi­cace a tous prix, c’est a dire fou­lant aux pieds les prin­cipes sus cités, et une carac­té­ris­tique des régimes totalitaires.
    Les phrases du type  » il est inutile de cher­cher des preuves » sont un appel a l’ignorance.

    Réponse
    • Méchant Virus

      « Le libé­ra­lisme éco­no­mique est l’application éco­no­mique de la vision libé­rale repo­sant sur le droit et la liber­té individuelle. »

      Abso­lu­ment pas, ça c’est ce qu’on te fait croire pour que la pilule passe mieux. La liber­té indi­vi­duelle dans le libé­ra­lisme éco­no­mique ne s’ap­plique qu’aux pos­sé­dants. Elle ne peut en aucun cas être appli­quée à l’en­semble des acteurs économiques.

      « Une éco­no­mie effi­cace a tous prix, c’est a dire fou­lant aux pieds les prin­cipes sus cités, et une carac­té­ris­tique des régimes totalitaires. »

      Je confirme, c’est pour ça que le libé­ra­lisme éco­no­mique débouche sur des régimes tota­li­taires (même s’ils nous font croire que nous sommes en démocratie).

      « Les phrases du type » il est inutile de cher­cher des preuves » sont un appel a l’ignorance. »

      Non, c’est ce qui dif­fé­ren­cie un concept d’une affir­ma­tion fac­tuelle. Dans le concept, la logique suf­fit à conclure. Ce qu’E­tienne essaie de faire, si j’ai bien com­pris sa démarche, c’est de don­ner des exemples concrets afin de vali­der le concept. Je par­tage ton objec­tion qui indique que cer­tains capi­ta­listes libé­raux sont deve­nus non escla­va­gistes en consta­tant les atro­ci­tés com­mises. Cela n’in­va­lide pas le concept sui­vant : le libé­ra­lisme éco­no­mique tend à faire tom­ber les contraintes sala­riales. De ce fait il tire sys­té­ma­ti­que­ment les salaires vers le bas. Le paroxysme de cela étant un salaire nul. Le salaire nul des esclaves (ou des dépor­tés comme le signale aus­si Etienne).

      Je t’ai peut être paru un peu vin­di­ca­tif mais ça n’é­tait pas le but. Désolé.

      Réponse
  12. Ana Sailland

    fri­gou­ret, je tente de répondre à la ques­tion que tu me poses ->

    La coor­di­na­tion modi­fie le champ des possibles.
    Elle est faite pour ça, dans l’es­poir qu’elle l’agrandit.
    Mais le béné­fice induit peut être ésopien.

    Grâce à la conver­gence des forces et des talents, elle peut offrir des pos­si­bi­li­tés neuves, mais en sup­pri­mer d’autres, anciennes.
    Ain­si la coor­di­na­tion peut elle avoir deux com­po­santes, l’une créa­trice de liber­té, et l’autre réductrice.

    Si, suite à un pesage concer­té du pour et du contre, la com­po­sante réduc­trice est libre­ment accep­tée et conve­nue entre deux per­sonnes, il ne s’a­git pas d’une perte de liber­té, puisque cette réduc­tion est choisie.

    Mais dans le cas d’une foule nom­breuse, qui sécrète ses règles, il y aura fata­le­ment des gens contraints de se sou­mettre à une volon­té, géné­rale, ou pré­ten­due telle, qui n’est pas la leur.
    Et cela, que l’on soit en démo­cra­tie réelle ou en dictature !
    (plus rare­ment dans le pre­mier cas, espé­rons le 😉 )
    Il n’existe aucun sys­tème de mise en fais­ceau des forces et com­pé­tences de 60 mil­lions de per­sonnes qui à un moment ou à l’autre ne contraigne un nombre non négli­geable de ces per­sonnes, au delà des choix qu’elles opé­re­raient si elles étaient libres chro­ni­que­ment de leur décision.

    Les oies qui volent en for­ma­tion, en V, et se relayent comme le font des cou­reurs cyclistes, ces dames là gagnent à ain­si se coor­don­ner, et aucune n’y perd. Mais dans le cas d’une socié­té immense et hyper­com­plexe, les ques­tions à se poser avant de se coor­don­ner sont infi­ni­ment plus nom­breuses et variées, et il est rares que les choses soient aus­si claires que dans le cas des oies, et il est rare que per­sonne n’y perde … des plumes.

    Notons d’ailleurs que les cou­reurs cyclistes n’ont pas la belle dis­ci­pline des oies ; cela tient au fait qu’ils ont des ambi­tions per­son­nelles qui plus que sou­vent l’emportent sur l’in­té­rêt géné­ral du pelo­ton. Et ici, se coor­don­ner cor­res­pond bien sou­vent à une perte, sou­ci que n’ont pas les oies dont l’ins­tinct social et le désir géné­tique d’at­teindre l’E­gypte avant l’hi­ver, l’emporte sur toute consi­dé­ra­tion personnelle.

    😉 hier mon fils a ache­té quatre poules qui sont en train de faire connais­sance, et je me réjouis d’as­sis­ter, si c’est pos­sible, à l’é­di­fi­ca­tion de leurs règles sociales 😉

    Une déci­sion com­mune peut être venir de l’au­to­ri­té, ou du vote, du consen­te­ment , du consen­sus . Il n’y a que dans les cas du consen­sus et du vote una­nime qu’on pour­ra (presque) jurer qu’au­cun indi­vi­du ne lache un peu de sa liber­té, ou beaucoup.

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  13. Ana Sailland

    Je lis plus haut que le libé­ra­lisme n’au­rait rien à voir avec la liber­té, et sous la même plume, que le libé­ra­lisme va avec un affran­chis­se­ment de toute barrière.

    N’est ce pas contradictoire ?

    Mais il est vrai, je triche, qu’il s’a­git non pas de la liber­té de l’hu­main mais de celle de l’économie …

    Mais quand Pas­cal Lamy prône la liber­té d’une chose qui n’est pas l’hu­main, n’est on pas en train de détruire la liber­té de l’hu­main, et le droit de se défendre contre cette chose, cette enti­té sans nom ni corps ni esprit ni âme, sécré­tée par nous, mais qui nous échappe, acquiert la capa­ci­té juri­dique bien que ne pos­sé­dant ni coeur ni poumon ?

    Non, le libé­ra­lisme et la liber­té sont bien deux thèmes insé­pa­rables, intriqués.

    Et le libé­ra­lisme com­pris comme liber­té du com­merce est bien, méca­ni­que­ment, la liber­té du com­mer­çant de faire n’im­porte quoi, du moins la liber­té du com­mer­çant puis­sant, d’é­cra­ser l’autre. Et là il s’a­git d’êtres humains, et non plus seule­ment du lévia­than « commerce ».

    Réponse
  14. frigouret

    En fait je pro­pose que l’on signal le mot »libé­ra­lisme<> libéralisme«…

    Réponse
  15. frigouret

    » libé­ra­lisme«

    Mot pié­gés que l’on uti­lise pour desi­gner des sys­tèmes diri­gistes, mono­po­lis­tiques, éta­tiste, inter­ven­tion­niste, guer­riers, liberticides.

    Réponse
    • Méchant Virus

      Je suis tout à fait d’ac­cord, le mot libé­ra­lisme est ultra pié­gé. A des­sein évidemment.

      Réponse
  16. frigouret

    Dans un extrait d’une émis­sion TV pré­sen­té ici récem­ment on entend Emma­nuel Todd déve­lop­per la même idée , a savoir que l’Eu­ro n’a rien de libé­ral, et qu’il serait temps de revoir nos concepts.

    Réponse
  17. Ana Sailland

    l’isme en géné­ral est un suf­fixe qui crée discorde.

    Réponse
    • J-Stéphane

      Je dirais même, des cataclysme.

      Réponse
  18. J-Stéphane

    Bon­soir,

    C’est ça qu’c’est bon ! j’a­dore quand on est d’ac­cord sur les causes et consé­quences, et que l’on se perd sur les termes et les mots à employer, c’est exac­te­ment le but recher­ché, que l’on se dis­pute sur la cou­leur de la casaque pour en oublier le cavalier. 

    Pour moi le libé­ra­lisme dans sa théo­rie, l’es­sen­tiel est plu­tôt caché der­rière les mots que dans les mots.

    Dans sa pra­tique c’est la cel­lule qui est plus impor­tante que le corps, le cra­paud qui est plus gros que le boeuf.

    Et dans les consé­quences, un régime mul­ti-roya­liste qui per­met par l’argent qui coule dans les veines (de la cel­lule et non du corps) d’a­voir ses serfs, et donc d’être de plus en plus dans le besoin d’une crois­sance démo­gra­phique pour ser­vir de plus en plus de maitres, et d’une crois­sance éco­no­mique pour mul­ti­plier les maga­sins de jouets.

    Réponse
  19. frigouret

    On pour­ra y aller de toutes les cir­con­vo­lu­tions les retho­riques je ne renonce pas a ce qui fait le fon­de­ment du libé­ra­lisme, a savoir le droit et la liber­té indi­vi­duelle. Tant que la cri­tique du libé­ra­lisme a pour objec­tif de remettre en cause ces fon­de­ments je la refu­te­rais de mon mieux.

    Réponse
  20. Ana Sailland

    fri­gou­ret

    je ne suis pas spé­cia­liste de la genèse du mot libé­ra­lisme ( ne suis d’ailleurs spé­cia­liste de couic queue dalle 😉 ) mais il me semble qu’en effet, à l’o­ri­gine, il s’a­gis­sait d’une notion plu­tôt human_iste, favo­rable à la per­sonne peut être, mais il est clair que ce mot a évo­lué, engran­geant un peu de la pen­sée fal­la­cieuse des phy­sio­crates, ou beau­coup, et un zeste plu­tôt aigre de la socié­té de défense des droits du loup, droits à la liber­té, veux-je dire, au milieu des mou­tons. Est ce pour cette rai­son que nous avons été obli­gés d’in­ven­ter néo-libé­ra­lisme ? Pour dis­tin­guer la branche noble ( et déli­cate à théo­ri­ser !) de celle qui se jus­ti­fie de la liber­té pour édi­fier un sys­tème qui tue les libertés ?
    Peut être sommes nous tout sim­ple­ment au pays de la nov­langue et des mots à l’en­vers, là où Alice ne retrouve plus ses mer­veilles et y perd son latin.

    Réponse
  21. frigouret

    Il y a le libé­ra­lisme théo­rique, emman­ci­pa­teur, et les actes concrets de par­ti­cu­liers ou même de théo­ri­ciens du libé­ra­lisme desemancipateurs .
    On com­prend bien que pour s’af­fran­chir de l’an­cien régime ‚disons les bour­geois, on dû conce­voir un arse­nal théo­rique pour jus­ti­fier leur révolte. Ces même bour­geois sesont empres­sés de désa­vouer leurs propres concepts par des réserves racia­listes ou pro­prie­ta­ristes pour jus­ti­fier leur propre domi­na­tion. Mais ces réserves ne tiennent pas la route face a l’exa­men cri­tique et la bombe concep­tuelle par eux éla­bo­rée leur pète au nez quand elle est reprise par la nou­velle classe des dominés.

    Réponse
  22. frigouret

    Par contre quand des sta­li­niens comme lasur­do entre­prennent une cri­tique du libé­ra­lisme ils se servent des dérives des appli­ca­tions concrètes de ce qui n’est plus du libé­ra­lisme pour remettre en cause son pro­jet emman­ci­pa­teur théo­rique. Et pour cause ces adeptes d’un com­mu­nisme tota­li­taire sont bien emmer­dès par la face éman­ci­pa­trice du libé­ra­lisme .Ce bou­quin tient de la retho­rique sophiste.

    Réponse
  23. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Je ne vois pas où l’in­di­vi­du trouve sa liber­té dans le libé­ra­lisme, le libé­ra­lisme impose à l’in­di­vi­du de payer pour pou­voir lais­ser s’ex­pri­mer ses apti­tudes natu­relles à être auto­nome, donc libre, sans argent pas d’au­to­ri­sa­tion, sans auto­ri­sa­tion l’in­di­vi­du est bon à rien, il devient un cri­mi­nel, un assis­té ou il meurt.

    Pour­tant si on enlève ces contraintes admi­nis­tra­tives et éco­no­miques, tout humain rede­vient capable de cueillir, voir pro­duire, il rede­vient donc libre. Le libé­ra­lisme a glo­ba­li­sé le « on regarde, mais on ne touche pas », et même le « on pro­duit, mais on ne consomme pas ». 

    Le libé­ra­lisme por­te­rait bien son nom si il per­met­tait à ceux qui ne sont pas libres (de satis­faire leurs besoins) de le deve­nir sans pour autant en asser­vir d’autres, les tech­no­lo­gies en sont la réponse. 

    La liber­té on en a l’exemple chez les autres espèces, elles ne vont pas payer le pos­sé­dant pour se ser­vir, il n’y a que le faite de les  » pes­ti­ci­der  » qui sou­lage l’é­goïsme des pos­sé­dants, et c’est aus­si se qui attend les indi­vi­dus dému­nis de tout pou­voir de consommation. 

    La liber­té est là, me semble-t-il, entre le pou­voir natu­rel de consom­mer et le pou­voir éco­no­mique de consommer.

    Le pos­sé­dant, lui peut s’of­frir toutes les auto­ri­sa­tions pour pos­sé­der tou­jours plus, le libé­ra­lisme n’est rien d’autre que de l’in­di­vi­dua­lisme c’est « Il ne peut en res­ter qu’un », c’est la sélec­tion pas natu­relle du plus faible, car il sélec­tionne celui qui a des apti­tudes contre nature.

    Nous ne devons pas pen­ser en tant qu’in­di­vi­dus, mais en tant qu’espèce…

    Réponse
  24. frigouret

    Et bien vous êtes un libé­ral qui s’i­gnore. C’est bien en pen­sant l’homme en tant qu’es­pèce que les libé­raux ont ela­bo­rè leur théo­rie du droit natu­rel. C’est du droit natu­rel que vient la décla­ra­tion des droits de l’homme. C’est en s’ap­puyant sur la décla­ra­tion que Robes­pierre fonde son dis­cours contre l’es­cla­vage. Le libé­ra­lisme en tant que phi­lo­so­phie poli­tique est l’an­ti­thèse du droit du plus fort, plus fort phy­si­que­ment dans le cas d’une dic­ta­ture, plus fort numé­ri­que­ment dans le cas d’une démocratie.
    Rien dans le libé­ra­lisme en tant que phi­lo­so­phie poli­tique ne s’op­pose a la pra­tique d’un com­mu­nisme libre c’est a dire a un com­mu­nisme pra­ti­qué entre volontaires.

    Réponse
    • J-Stéphane

      Ça ne vou­drait pas plu­tôt dire que c’est le libé­ra­lisme qui est igno­ré… comme pour la démocratie ?

      Réponse
  25. frigouret

    D’ailleurs Lock, qui par ailleurs était une pour­ri­ture escla­va­giste, avait for­mu­lé une réserve impor­tante sur le droit de pro­prié­té, cette réserve sti­pu­lait que l’on était légi­time a s’ap­pro­prier une res­source a condi­tions SS qu’il en reste suf­fi­sam­ment en quan­ti­té et en qua­li­té pour les autres. Mais ça, en effet ‚beau­coup de » libé­raux« l’ont oublié.

    Réponse
    • J-Stéphane

      Bon­soir,

      Source Le petit livre vert : http://​www​.lepe​tit​li​vre​vert​.fr/​r​e​v​e​n​u​-​d​e​-​b​a​s​e​-​p​o​u​r​-​u​n​e​-​r​e​f​o​r​m​e​-​h​u​m​a​n​i​s​t​e​-​d​u​-​d​r​o​i​t​-​d​e​-​p​r​o​p​r​i​e​t​e​-​j​a​c​q​u​e​s​-​b​e​r​t​h​i​l​l​i​er/

       »
      Pour une réforme huma­niste du Droit de Propriété

      Résu­mé du livre de Jacques Ber­thil­lier. Edi­tion : La Pen­sée Uni­ver­selle – 1991.

      Pré­face par le Pro­fes­seur Albert Jacquard

      Depuis que les hommes regardent autour d’eux, ils se sont tout natu­rel­le­ment ima­gi­nés que la terre était un espace sans limite. Sou­dain tout a chan­gé ; l’effectif des hommes est pas­sé à 7 mil­liards. Aujourd’hui le temps du monde fini commence.

      Nous devons être éco­nomes des richesses offertes, sinon nous abou­ti­rons très vite à l’épuisement de la pla­nète et à la mort de l’homme.

      Toutes les orga­ni­sa­tions mises en place par les socié­tés humaines pour assu­rer leur sur­vie doivent être revues, une réflexion s’affranchissant des anciennes illu­sions est néces­saire et urgente. Aucune remise en cause ne doit être taboue.

      Les méthodes pro­gres­si­ve­ment éla­bo­rées au cours des siècles pas­sés, soit pour répar­tir les biens dis­po­nibles, soit pour se les appro­prier, doivent désor­mais faire l’objet d’une révi­sion fondamentale.

      Ce qui était vrai pour l’appropriation des ter­rains l’est aus­si pour les moyens de pro­duc­tion. Leur trans­mis­sion héré­di­taire sys­té­ma­tique ne peut qu’aboutir à l’accumulation du capi­tal entre les mains de quelques-uns, jouis­sant d’un pou­voir exor­bi­tant, face à une foule de gens dému­nis qui sont peu à peu pri­vés de tout espoir. L’idéal d’une socié­té juste, fra­ter­nelle, assu­rant cer­taine éga­li­té entre les citoyens, ne peut plus être alors que le camou­flage d’une socié­té inflexible, impi­toyable, des­truc­trice de la majo­ri­té des hommes.

      Certes, la remise en cause du droit de pro­prié­té entraîne, dans des cultures comme la nôtre, de tels bou­le­ver­se­ments que la plu­part des esprits pré­fèrent res­ter cris­pés sur le main­tien du sys­tème actuel. En réa­li­té ces bou­le­ver­se­ments, de toute façon inévi­tables, peuvent s’avérer béné­fiques pour autant que le chan­ge­ment du sys­tème juri­dique fasse l’objet d’une réflexion suf­fi­sam­ment approfondie.

      C’est à cette réflexion que nous convie Jacques Ber­thil­lier. Son ana­lyse de l’histoire du droit de pro­prié­té et de l’inadaptation de ce droit, aux condi­tions à venir de l’homme, lui per­met de déga­ger une voie nou­velle. Son enthou­siasme pour la for­mule qu’il pré­co­nise est com­mu­ni­ca­tif. Sans doute fau­dra-t-il sou­mettre sa pro­po­si­tion à mille cri­tiques ; il n’existe pas en ce domaine, il en est bien conscient, de « il n’y a qu’à ». Son tra­vail a le grand mérite de nous mettre face à une ques­tion déci­sive pour notre ave­nir. Grâce à lui le pro­blème est bien posé. Reste à confron­ter les pos­sibles solutions.

      Intro­duc­tion.

      Le droit de pro­prié­té est au coeur de notre orga­ni­sa­tion sociale. Com­bat­tu par les uns, prô­née par les autres, il divise le monde en deux clans, le capi­ta­lisme et le collectivisme.

      Entre les tenants de la pro­prié­té indi­vi­duelle et ceux de la pro­prié­té col­lec­tive, le fos­sé n’est pas irré­mé­diable. Il existe une voie inter­mé­diaire, de nature à rap­pro­cher les uns et les autres sans pour autant com­pro­mettre les acquis de notre civilisation.

      À l’aube de notre mil­lé­naire, à une époque en par un phé­no­mène d’accélération de l’histoire, le monde évo­lue à une vitesse pro­di­gieuse, il est donc grand temps de libé­rer l’individu, à la fois des ser­vi­tudes d’un pou­voir éta­tique cen­tra­li­sa­teur et, du pou­voir de l’argent géné­ré par l’accumulation du capital.

      Ain­si, l’accumulation du capi­tal, par l’héritage, a main­te­nu cer­taines inéga­li­tés sociales pro­vo­quant, de ce fait, un sen­ti­ment d’injustice à l’égard des immenses for­tunes qui se per­pé­tuent de père en fils sans la moindre pres­ta­tion de tra­vail pour ces bénéficiaires.

      Alors que la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive des régimes tota­li­taires donne aux hommes jusqu’ici asser­vis de réels espoirs, le moment est donc venu de réflé­chir sur la manière d’assurer une meilleure répar­ti­tion du capi­tal pro­duc­tif entre les indi­vi­dus. Pour y par­ve­nir, cer­tains pré­co­nisent un ren­for­ce­ment de l’imposition du capi­tal. Pour nous, il sem­ble­rait pré­fé­rable d’opérer une redis­tri­bu­tion équi­table du capi­tal à chaque géné­ra­tion, par une trans­for­ma­tion radi­cale de l’héritage et une remise en cause des fon­de­ments de la propriété.
      Un peu d’histoire

      I – Évo­lu­tion historique

      Aux temps les plus recu­lés de notre civi­li­sa­tion, la pro­prié­té, droit de dis­po­ser des choses de la façon la plus abso­lue, n’existait que pour les biens mobi­liers. Avec l’apparition du séden­ta­risme se sont déve­lop­pées l’appropriation pri­vée du sol et sa trans­mis­sion héré­di­taire dans le cadre de la tri­bu, puis de la famille. Le déve­lop­pe­ment du com­merce et l’importance accrue des métaux pré­cieux ont contri­bué, par la suite, à réduire la part de la pro­prié­té fon­cière. La pro­prié­té indi­vi­duelle se sub­sti­tuait alors à la pro­prié­té fami­liale pour les objets, les ani­maux et même pour la terre. C’est ain­si que pro­gres­si­ve­ment se sont consti­tués de grands domaines fon­ciers, puis d’immenses for­tunes héré­di­taires. Cette évo­lu­tion se pour­sui­vra par des voies diverses jusqu’à la fin du XIXe siècle dans la plu­part des pays.

      Face aux inéga­li­tés de richesses de plus en plus mar­quées, s’est éle­vé un cou­rant de pen­sée hos­tile à la notion même de pro­prié­té indi­vi­duelle. Il prit ses racines dans la plus haute Anti­qui­té puisque déjà Pla­ton, dans un écrit célèbre « La Répu­blique », conce­vait l’idéal d’une socié­té nou­velle tota­le­ment com­mu­niste. Plus près de nous, Jean-Jacques Rous­seau prône des idées éga­li­taires dans son « Contrat Social », reprise par Saint-Simon et Prou­dhon, ce der­nier ayant résu­mé sa pen­sée dans une phrase célèbre : « la pro­prié­té c’est le vol ».

      C’est pour­tant Karl Marx qui conteste, avec le plus de force, l’appropriation pri­vée des moyens de pro­duc­tion, consi­dé­rant que ceux-ci doivent être cen­tra­li­sés aux mains de l’État, c’est-à-dire du pro­lé­ta­riat ins­ti­tué en classe diri­geante (le capi­tal, 1867). 50 ans plus tard, avec la révo­lu­tion bol­che­vique conduite par Lénine, naî­tront les répu­bliques socia­listes dans les­quelles la plu­part des moyens de pro­duc­tion seront confiés à l’État. La Chine à son tour, en 1958 avec la créa­tion des com­munes popu­laires, ins­tau­re­ra une vie com­mu­nau­taire extrê­me­ment pous­sée au sein de 26 000 com­munes regrou­pant 750 000 coopératives.

      Ces trans­for­ma­tions cepen­dant, ne vont pas appor­ter tous les bien­faits atten­dus. C’est ain­si que, deux évo­lu­tions paral­lèles mais déca­lées, 1978 pour la Chine, 1988, pour l’URSS, vont tendre à relan­cer l’initiative pri­vée et à réduire l’emprise de l’État sur l’économie. Une évo­lu­tion d’une rapi­di­té incon­ce­vable il y a encore quelques années, a vu éga­le­ment le jour dans les pays socia­listes euro­péens pour récla­mer plus de jus­tice, davan­tage de liber­tés indi­vi­duelles et un nou­vel amé­na­ge­ment de l’organisation éco­no­mique et sociale.

      II – La leçon des faits

      Face aux récents bou­le­ver­se­ments des pays socia­listes, le moment est venu de tirer par­ti de l’expérience du pas­sé pour réflé­chir sur la place don­née à l’homme dans l’économie et sur le rôle assi­gné à l’État.

      L’homme, en pre­mier lieu, et ceci n’est plus contes­té, consti­tue bien la force maî­tresse de tout déve­lop­pe­ment éco­no­mique ; il est le vrai moteur de la crois­sance. De ses moti­va­tions, de son goût de l’effort, de son apti­tude à inno­ver, de sa liber­té d’entreprendre vont dépendre les réus­sites de l’espace éco­no­mique dans lequel il s’insère. D’ailleurs, sa liber­té d’initiative fait par­tie inté­grante du droit à la liber­té, un des besoins fon­da­men­taux de la nature humaine.

      Mais l’homme, en tant que consom­ma­teur, est aus­si un agent de régu­la­tion de l’économie par ses arbi­trages sur le mar­ché où la loi de l’offre et de la demande per­met de fixer les prix de vente des pro­duits et des services.

      L’État, de son côté, un rôle essen­tiel à jouer en tant que régu­la­teur de l’économie, par son action sur le bud­get, sur la poli­tique du cré­dit et par ses choix stra­té­giques. Il doit veiller aus­si à la sau­ve­garde du patri­moine natio­nal et de l’environnement, sans pour autant trans­gres­ser le prin­cipe essen­tiel de sépa­ra­tion des pou­voirs, fon­de­ment de toute démocratie.

      Dans ce contexte, conforme au sché­ma de la pen­sée clas­sique, il semble néan­moins sou­hai­table d’amender le régime de la pro­prié­té pri­vée pour assu­rer une meilleure répar­ti­tion du capi­tal, afin d’éviter que son accu­mu­la­tion, par le jeu de la trans­mis­sion héré­di­taire, non seule­ment fausse la com­pé­ti­tion éco­no­mique, mais crée un esprit de classe for­te­ment pré­ju­di­ciable aux bons rap­ports humains. Cette « réforme huma­niste du droit de pro­prié­té » crée­rait aus­si les bases d’un rap­pro­che­ment entre les peuples qui vivent sous des régimes éco­no­miques différents.
      Une voie nouvelle

      Dans les pays démo­cra­tiques le pou­voir poli­tique n’est plus héré­di­taire. Pour­quoi n’en va-t-il pas de même pour le pou­voir éco­no­mique encore trop dépen­dant de la règle de trans­mis­sion héré­di­taire du capi­tal, elle-même contraire au prin­cipe d’égalité des droits et de pro­mo­tion au seul mérite ?

      Il serait donc judi­cieux d’accompagner toute réforme sur l’héritage d’une meilleure répar­ti­tion du capi­tal, de façon à par­ve­nir à une asso­cia­tion plus équi­table entre le capi­tal et le tra­vail, tout en pre­nant soin de ne pas alté­rer l’esprit d’entreprise et la moti­va­tion des agents éco­no­miques les plus performants.

      Dans ces condi­tions, il sem­ble­rait oppor­tun d’envisager quelques mesures essentielles :

      - faci­li­ter à tout indi­vi­du l’accès au capi­tal productif
      – lui per­mettre, de son vivant, de se consti­tuer un capi­tal en accu­mu­lant une épargne pré­le­vée sur le reve­nu de son travail.
      – mais limi­ter, néan­moins, la trans­mis­sion héré­di­taire du patri­moine aux seuls avoirs sen­ti­men­taux tels que la mai­son fami­liale (prin­ci­pale ou secon­daire) et des biens mobi­liers pou­vant lui être rat­ta­chés (objet de famille ou bien précieux).

      Pour cela il conviendrait :

      - d’exonérer de tout droit de suc­ces­sion les biens char­gés d’un avoir sen­ti­men­tal, sous réserve de leur conser­va­tion dans la famille ou d’un réem­ploi dans des biens de même nature ;
      – de taxer for­te­ment, au-delà d’une fran­chise, la trans­mis­sion héré­di­taire des biens de courte durée (infé­rieure à 15 ans) ;
      – de sup­pri­mer tota­le­ment l’héritage pour les autres biens.

      Ain­si, au décès de leur pro­prié­taire, tous les biens exclus de la trans­mis­sion héré­di­taire revien­draient à la col­lec­ti­vi­té qui, obli­ga­toi­re­ment, devrait recé­der le droit de jouis­sance à toute per­sonne phy­sique ou morale qui s’en por­te­rait acqué­reur. Celle-ci béné­fi­cie­rait alors d’un contrat de jouis­sance de très longue durée, de 7 à 49 ans, selon les biens consi­dé­rés et le choix des titu­laires, ce qui leur per­met­traient de jouir de ses biens et même de les céder, mais non de les trans­mettre héré­di­tai­re­ment. En contre­par­tie, il s’obligeait à acquit­ter à la com­mu­nau­té une indem­ni­té fixée par adjudication.

      Les moda­li­tés de cette adju­di­ca­tion, propre à chaque caté­go­rie de biens, condui­rait à des valeurs fixées par le mar­ché, évi­tant ain­si tout passe-droit et tout arbi­traire dans la fixa­tion des prix.

      Dans son esprit, cette réforme rejoin­drait les for­mules de finan­ce­ment par cré­dit-bail dans les­quelles, si l’utilisateur du bien n’en pos­sède pas l’entière pro­prié­té, néan­moins il en récolte bien les fruits résul­tant de son usage. Cette réforme offri­rait en outre, l’immense avan­tage de per­mettre une redis­tri­bu­tion du capi­tal à chaque géné­ra­tion. La col­lec­ti­vi­té de son côté per­ce­vrait une rému­né­ra­tion fonc­tion des avan­tages atten­dus des biens don­nés en jouis­sance et des dis­po­ni­bi­li­tés moné­taires des adju­di­ca­taires ; en revanche, elle en per­drait tout pou­voir de gestion.

      Pour évi­ter tout excès de bureau­cra­tie dans le cadre d’une pro­cé­dure infor­ma­ti­sée, les contrats de jouis­sance immo­bi­lier seraient éta­blis par les notaires, les banques, de leur côté, inter­ve­nant dans la négo­cia­tion des contrats de jouis­sance por­tant sur les entreprises.
      Perspectives.

      Pour autant que nous ayons foi en la nature humaine et sur sa capa­ci­té de choi­sir son des­tin, de vaincre les dif­fi­cul­tés et de for­ger l’histoire de sa géné­ra­tion, le moment est venu d’essayer, simul­ta­né­ment, de libé­rer l’individu des ser­vi­tudes d’un pou­voir éta­tique et, tout autant, du pou­voir de l’argent géné­ré par l’accumulation du capital.

      En assu­rant la pro­mo­tion des indi­vi­dus, en favo­ri­sant leur esprit d’entreprise et leur sens de l’initiative, en culti­vant leur goût de l’effort, en leur don­nant l’ambition de réus­sir, on en fera des hommes plei­ne­ment res­pon­sables et non plus des agents éco­no­mi­que­ment assistés.

      Or, dans le domaine éco­no­mique, se sont notam­ment la sup­pres­sion du pou­voir héré­di­taire et l’ouverture du capi­tal aux plus grands nombres qui seront les plus sûrs moyens pour modi­fier les com­por­te­ments humains grâce à une meilleure asso­cia­tion entre le capi­tal et le travail.

      Mais com­ment par­ve­nir à ce résul­tat sans remettre en cause notre légis­la­tion sur la pro­prié­té, de façon à sup­pri­mer les pri­vi­lèges, aus­si bien de l’individu que de l’État, qui bride l’individu en l’assujettissant aus­si bien à la bureau­cra­tie qu’au capital ?

      Pour autant, en Occi­dent, une remise en cause aus­si fon­da­men­tale d’un droit suc­ces­so­ral plus que mil­lé­naire n’est pra­ti­que­ment conce­vable que si elle est appli­quée à une très vaste échelle. C’est pour­quoi, cette pro­po­si­tion de réforme du droit de pro­prié­té et de la trans­mis­sion du patri­moine doit s’envisager, d’emblée, non seule­ment dans une pers­pec­tive à très long terme mais aus­si à l’échelle pla­né­taire. En effet, elle per­drait toute cré­di­bi­li­té, si, dès le départ, on admet­tait l’existence de para­dis fis­caux ou vien­drait se réfu­gier les capitaux.

      Cet objec­tif appa­rem­ment loin­tain ne doit pas pour autant nous ame­ner à dif­fé­rer notre réflexion. Ce serait oublier la for­mi­dable accé­lé­ra­tion de l’histoire, née du pro­grès tech­nique et du déve­lop­pe­ment des com­mu­ni­ca­tions. L’Europe se construit avec les anciens pays socia­listes, les nations dites « émer­gentes » ne pour­ront pas res­ter étran­gères aux muta­tions des pays les plus développés.

      Alors que les anciens pays de l’Est découvrent l’efficacité de l’économie de mar­ché et s’orientent déjà vers des for­mules de type loca­tif, il serait oppor­tun que, paral­lè­le­ment, les pays occi­den­taux prennent conscience des injus­tices chro­niques géné­rées par une accu­mu­la­tion héré­di­taire du capi­tal, qui réflé­chissent aus­si aux freins éco­no­miques résul­tant d’une exces­sive et durable concen­tra­tion du capi­tal qui limite son acces­sion au plus grand nombre.

      C’est sur cette récon­ci­lia­tion loyale entre les forces du capi­tal et du tra­vail que pour­rait s’accélérer le pro­ces­sus de rap­pro­che­ment entre les peuples, qui vivait sous des régimes dif­fé­rents et qui aspire à vaincre leurs antagonismes.
      Réfé­rences bibliques.

      la Bible, il y a plus de 3000 ans, a posé de façon claire quelque règles essen­tielles, en par­ti­cu­lier la répar­ti­tion de la terre, prin­ci­pal fac­teur de pro­duc­tion de cette époque, entre les 12 tri­bus d’Israël. En cas d’aliénation, son retour tous les 50 ans à ses pro­prié­taires d’origine, à l’occasion du jubi­lé, pour pré­ser­ver les règles de par­tage initial.

      La terre est dis­tri­buée en fonc­tion de l’importance de la popu­la­tion des tri­bus et à l’intérieur de chaque tri­bu, entre les familles, par tirage au sort quelque soit leur impor­tance. Cette façon de pro­cé­der avait pro­ba­ble­ment pour rai­sons d’éviter tout favo­ri­tisme dans l’affectation des lots et de res­pon­sa­bi­li­ser la famille en trans­gres­sant la règle : à cha­cun selon ses besoins

      Tous les 50 ans au plus tard, c’est-à-dire pour le jubi­lé, la terre en cas d’aliénation, retourne à la famille qu’il avait reçue en partage.

      Les terres ne se vendent donc pas à per­pé­tui­té, toute vente com­porte un droit de rachat et en l’absence de rachat le ven­deur retrouve sa terre l’année du jubilé

      Cette règle ne s’applique qu’aux biens de pro­duc­tion (à l’époque les fonds de terre) et la fixa­tion du prix de vente est fonc­tion du nombre de récoltes res­tant à venir. L’année du jubi­lé est l’année de liberté
      En conclusion.

      Avec le jubi­lé, soit tous les 50 ans envi­ron toutes les deux géné­ra­tions, on revient à la répar­ti­tion du capi­tal d’origine. Il s’agit d’un retour aux sources, selon le sens don­né au mot jubilé.

      Ain­si, cha­cun accède au capi­tal sans dis­po­ser pour autant de la pos­si­bi­li­té de s’enrichir indé­fi­ni­ment au détri­ment d’autrui. Façon har­mo­nieuse de conci­lier effi­ca­ci­té éco­no­mique et jus­tice sociale.

      Mal­heu­reu­se­ment, la pra­tique du jubi­lé n’est plus appli­cable. En outre, l’économie s’est diver­si­fiée et la terre n’est plus l’unique fac­teur de production.

      Dès lors, que faire aujourd’hui ?

      Lais­ser les choses en l’état ou bien essayer de s’adapter aux impé­ra­tifs d’une éco­no­mie moderne, en s’appuyant sur les règles don­nées par la Bible : ouvrir à cha­cun l’accès au capi­tal pro­duc­tif, et évi­ter son accu­mu­la­tion indéfinie.

      Ce sont ces règles qui sous-tendent nos pro­po­si­tions. D’où la réduc­tion de la trans­mis­sion héré­di­taire et de déve­lop­pe­ment des régimes de loca­tion pour des durées de base mul­tiples de 7 : 7,14, 21, 28, 35, 42 et 49 ans (une année de moins que le jubilé).

      Cepen­dant, au risque de trans­gres­ser l’esprit des textes, nous avons inno­vé avec le retour aux inté­rêts com­po­sés, for­mule qui a paru néces­saire dans le contexte d’une éco­no­mie moderne. »

      Réponse
    • Ana Sailland

      chic ! un autre sujet passionnant 🙂

      le droit de pro­prié­té serait moins un pro­blème si 

      1) le droit de trans­mis­sion était repensé

      2) le droit de pro­prié­té n’é­tait accor­dé qu’à des humains et pas à des « per­sonnes morales »

      🙂 un super sujet pour ate­lier constituant 🙂

      Réponse
  26. Ana Sailland

    J‑Stéphane

    Le bail emphy­téo­tique, qui est appli­qué stric­te­ment dans cer­taines com­munes suisses, me semble être une bonne piste dé réflexion en ce qui concerne les droits de succession :

    Il res­pecte le désir des père et mère qui sou­haitent assu­rer l’a­ve­nir de leurs enfants.

    Il ne per­met pas la confis­ca­tion par une lignée de biens vitaux, pour les siècles des siècles. 

    A Mari­na­le­da, ils ont pré­vu un truc inté­res­sant : si les enfants res­tent dans la mai­son, ils héritent, mais s’ils partent, ils n’ont aucun droit.

    Pour finir : On n’est pas pro­prié­taire de la terre : on en est res­pon­sable (notion de gar­dien du lieu chez cer­tains peuples)

    Réponse
    • J-Stéphane

      Bon­jour

      Ana, ce sont de for­mi­dables petites graines d’ac­cords sociaux, je leur sou­haite de s’é­par­piller aux 4 vents et de ger­mer dans les textes de loi. 

      Une chose me met hors de moi, c’est l’op­por­tu­nisme du mar­ché immo­bi­lier pri­vé qui s’oc­troie les mérites des infra­struc­tures publiques envi­ron­nantes et autres atouts offerts par dame-nature pour faire grim­per les tarifs vente et location.

      « On n’est pas pro­prié­taire de la terre : on en est res­pon­sable (notion de gar­dien du lieu chez cer­tains peuples) » J’adhère, et je dirais même que l’on devrait rem­pla­cé le droit du sol par un droit ter­rien à tout terrien.

      Réponse
  27. Lelong

    J’ai honte de ce com­men­taire à terre mais j’ai vai­ne­ment essayé d’en­re­gis­trer le son avec VLC pour l’é­cou­ter en dépla­ce­ment. Connais­sez vous un moyen de faire un MP3.?
    Merci.

    Réponse
  28. pparent

    @Lelong

    La tech­nique que j’u­ti­li­se­rai est :

    1) Acti­ver le html5 : http://​www​.you​tube​.com/​h​t​ml5
    2) Faire enre­gis­trer sous dans ton navi­ga­teur (Page complète)
    3) Récu­pé­rer le fichier video (videoplayback.webm) dans le dos­sier ou tu as enre­gis­tré la page et le conver­tir avec un logi­ciel adap­té. Per­so je suis sous Gnu/linux, lelo­gi­ciel ffm­peg fait par­fai­te­ment l’af­faire. (Si tu n’est pas un heu­reux uti­li­sa­teur de logi­ciel libre je ne connais pas les nom de logi­ciels de conver­sion dans cet envi­ron­ne­ment mais il doit en exis­ter.) Vlc sait peut-être faire ça aussi.

    Réponse
  29. pparent

    ps :
    Je viens de tes­ter VLC fait très bien l’af­faire pour la conversion :

    Media->conversion->ajouter (playback.webm)->convertir/enregistrer->profil (Audio MP3) -> Fichier de des­ti­na­tion (choi­sir) -> Démarrer

    Réponse
  30. J-Stéphane

    Source : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​o​l​l​e​c​t​i​v​i​sme

    « Col­lec­ti­visme :

    Le col­lec­ti­visme est une idéo­lo­gie et une forme d’or­ga­ni­sa­tion sociale dont la légi­ti­mi­té du pou­voir déci­sion­nel et exé­cu­tif se trouve dans la col­lec­ti­vi­té, l’en­semble de la population.

    Dans le col­lec­ti­visme ce sont les citoyens qui orga­nisent la socié­té et l’é­co­no­mie en reje­tant la pro­prié­té pri­vée des moyens de pro­duc­tion et donc en socia­li­sant (col­lec­ti­vi­sant) ces même moyens de pro­duc­tion (usines, etc) ain­si que les ser­vices (eaux, élec­tri­ci­té, banques, poste, écoles, hôpi­taux, etc).

    Dans le col­lec­ti­visme les moyens de pro­duc­tion appar­tiennent donc a tous et on y décide démo­cra­ti­que­ment et en com­mun de la façon de les uti­li­ser en fonc­tion de nos besoins (que pro­duire et en quelle quan­ti­té). Les richesses sont répar­ties équi­ta­ble­ment (à cha­cun selon ses besoins) et cha­cun « apporte sa pierre à l’é­di­fice » (de cha­cun selon ses moyens).

    Le sys­tème col­lec­ti­viste s’illustre donc par cette phrase « De cha­cun selon ses moyens, à cha­cun selon ses besoins » que l’on trouve dans Cri­tique du pro­gramme de Gotha de Karl Marx. On trouve aus­si cette for­mule chez d’autres socia­listes tels que Louis Blanc qui en serait l’in­ven­teur ou encore chez Lénine dans L’é­tat et la révolution.

    Le col­lec­ti­visme met en avant la soli­da­ri­té et, donc, s’op­pose à l’in­di­vi­dua­lisme poli­tique qui prône la concur­rence à outrance (la guerre de tous contre tous). Mais il ne s’op­pose pas à l’in­di­vi­dua­lisme en tant que droit de chaque indi­vi­du à exis­ter et à être libre.

    Il ne faut pas confondre, pro­prié­té pri­vée des moyens de pro­duc­tion (usines, ser­vices pos­taux, etc) et pro­prié­té pri­vée per­son­nelle (ma mai­son, ma télé, etc). Dans une socié­té col­lec­ti­vi­sée cha­cun conserve ses pos­ses­sions per­son­nelles (ma voi­ture, mon ordi­na­teur, etc), seuls sont expro­priés ceux qui pos­sèdent des choses qui, en défi­ni­tive, sont consi­dé­rées comme « bien com­mun » car elles servent à tous et n’ont donc pas à être gérées par une mino­ri­té. En clair, seuls les riches ont à craindre du col­lec­ti­visme car ils devront par­ta­ger leurs richesses… »

    Source : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​o​l​l​e​c​t​i​v​i​sme

    Réponse
  31. Ana Sailland

    J‑Stéphane,

    « il ne s’oppose pas à l’individualisme en tant que droit de chaque indi­vi­du à exis­ter et à être libre »

    Es tu bien sûr de ça ?

    Com­ment décide-ton ce qui est col­lec­tif et ce qui ne l’est pas, et la déci­sion étant prise, com­ment s’ob­tient l’adhé­sion de tous à cette décision ?

    La déci­sion de tous doit elle, au pré­texte qu’elle est de tous, être consi­dé­rée comme la déci­sion de chacun ?

    Ne fau­dra-t-il pas que la belle âme col­lec­tive à un moment don­né soit contrainte de gaver les âmes dis­si­dentes, qui sont moins belles qu’elle, comme on gave les oies, par la force et la contrainte ?

    Ne risque-ton pas de pas­ser de la dic­ta­ture oli­gar­chique à la dic­ta­ture du pro­lé­ta­riat, en créant ce pro­lé­taire au sens romain antique, dont la seule richesse indi­vi­duelle consiste en sa per­sonne et les siens êtres chers ?

    ;;;;;;;;;;;;;;;

    En fait, il y a gros­so modo deux sortes d’ismes : 

    -Celui qui par­tant d’une situa­tion don­née est choi­si déli­bé­ré­ment pour aller vers une autre situa­tion, une autre société.
    Celui là est impo­sé, par des pen­seurs asso­ciés à des impul­seurs, ou au mieux par un pro­ces­sus démocratique.

    -L’autre, qui est sim­ple­ment obser­vé, par les socio­logues, ou les eth­no­logues, les éco­no­mistes, ou d’autres.
    Celui là est issu de la matu­ra­tion de l’âme des peuples.

    Le pre­mier peut me semble-t-il réduire la liber­té de cer­tains êtres, pas for­cé­ment tous, et en par­ti­cu­lier la liber­té de ceux qui ne sont pas d’ac­cord avec la prise de déci­sion, et pas for­cé­ment pour des rai­sons bas­se­ment matérielles.

    L’autre aus­si va réduire la liber­té, mais dans le sub­li­mi­nal, et l’être qui s’est construit dans une ambiance socié­tale ne se sen­ti­ra pas for­cé­ment for­ma­té, ni vic­time de la socié­té qui l’a construit. Bien que ça arrive 😉

    ;;;;;;;;;;;

    La démo­cra­tie elle-même (la vraie, parce que l’autre, y a pas pho­to) n’est elle pas géné­ti­que­ment inhi­bi­trice de l’in­di­vi­dua­lisme en géné­ral, ce qui n’est peut être pas grave, et de la liber­té du dis­si­dent en par­ti­cu­lier, ce qui peut l’être plus (pour lui !) ?

    Dans tout isme déci­dé autre­ment que par l’é­clo­sion lente ou natu­relle d’un mode de fonc­tion­ne­ment (je pense ici au col­lec­ti­visme amé­rin­dien ou du paci­fique), n’y a‑t-il pas le vice hélas inévi­table que pré­sente toute déci­sion col­lec­tive, fut elle inté­gra­le­ment démo­cra­tique, d’al­ler contre la liber­té de l’in­di­vi­du dont le point de vue n’au­rait pas été rete­nu par le débat ?

    Ce vice sys­té­mique est pré­sent dès qu’il y a déci­sion col­lec­tive (sauf dans le cas du consen­sus vrai), mais s’il s’a­git de choi­sir de pla­cer un lam­pa­daire près de la fenêtre de celui qui aime dor­mir volets ouverts, ça ne gêne­ra qu’une per­sonne, tan­dis que dans le cas d’un isme, c’est toute une civi­li­sa­tion qui se décide, , et pour longtemps.
    Si bien qu’il fau­drait être bien sûr de nous pour affir­mer avoir fait le bon choix. Et il ne serait pas bon que la démo­cra­tie réelle soit orgueilleuse au point de sou­der son propre futur à des valeurs immuables.

    Réponse
    • J-Stéphane

      Ana,

      Je ne suis sûr de rien, cette phrase n’est pas de moi, je ne fais que retrans­crire le texte trou­vé ici : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​o​l​l​e​c​t​i​v​i​sme. J’ai trou­vé qu’il avait sa place dans ce fil de com­men­taires, entre le libé­ra­lisme et la pro­prié­té pri­vée, il me sem­blait inté­res­sant d’a­voir ce prisme en prime. Être sûr est une appré­cia­tion éphé­mère, et c’est bien ce qui manque aux ismes, et aux lois qu’il en résulte. 

      Je ne dis sur­tout pas qu’il faille cher­cher un autre isme, un quel­conque juste milieu entre le capi­ta­lisme et le col­lec­ti­visme, ce serait encore une fois faire l’er­reur d’im­po­ser une norme qui fige toute liber­té. Nous le savons (de Mar­seille), par TOUTATISME, le TOUTISME tend vers l’AUTISME.

      Pour moi, l’isme est un aveu de fai­blesse et de paresse, car l’in­di­vi­du qui vit avec un autre doit conti­nuel­le­ment faire des com­pro­mis, et se remettre en question.

      Dans cette logique, il me semble impos­sible d’é­crire des règles sur tout et n’im­porte quoi sans en déna­tu­rer le sens vital, la vie c’est l’é­vo­lu­tion, et les lois ont une sale ten­dance à vou­loir figer la vie, ce qui revient à la tuer. 

      Il y a quand même des évi­dences pour ce qui est de gérer la pro­prié­té. La pro­prié­té pri­vée lucra­tive ter­restre conti­nue­ra à en déra­ci­ner cer­tains mal­gré son abon­dance (il me semble que le racisme est un enra­ci­ne­ment hors-sol). Pour la pro­prié­té publique, il est pos­sible d’en amé­lio­rer l’u­sage quand les oli­garques ces­se­ront de voter les lois à la place du peuple. 

      Pour ce qui est de défi­nir la pro­prié­té d’u­sage, il me semble évident sans même faire inter­ve­nir les divers prin­cipes moraux et cultu­rels, que pour exemple ; si dans un lieu où il y 10 chaises, tout le monde s’ac­cor­de­ra à dire qu’il n’est pas cor­rect que cer­tains uti­lisent plus qu’une chaise, alors que d’autres attendent pour s’as­soir. La loi devrait même mettre debout un cer­tain temps ceux qui ont pen­sé qu’ils pou­vaient en user plus que nécessaire.

      Réponse
  32. Ana Sailland

    Je n’a­vais pas cap­té que c’é­tait une cita­tion. Mais ça m’a per­mis de mieux cer­ner mes inquiétudes 🙂

    Réponse
  33. F.P

    J’i­ma­gine que vous n’a­vez jamais lu la Route de la ser­vi­tude de Frie­drich Hayek.

    « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils ché­rissent les causes. »

    Réponse
  34. Ana Sailland

    Concept : le pro­tec­tion­nisme généreux.

    On taxe tout pro­duit ou ser­vice impor­té dont le prix attrac­tif est fon­dé sur le dum­ping social, puis on verse la taxe aux tra­vailleurs du pays exportateur.
    Notre éco­no­mie est pro­té­gée et le tra­vailleur loin­tain est protégé.

    Réponse
  35. FAMA

    arrê­ter de par­ler du pas­sé nous somme main­te­nant des esclaves (pas­séiste, laxiste) des grands du mondes (l argent est le fouet) alors au lieu de débattre sur le pas­sé deman­dez vous com­ment accep­ter que les fron­tière n existe pas que la foret les pierres et les ani­maux appar­tienne a per­sonne et d aimer toutes choses pour ne pas créé des conflits qui ali­mente la haine et la conne­rie humaine qui fait le bon­heur des por­te­feuilles déjà bien gar­nies une bonne entente, une poi­gné de main et l hon­nê­te­té peuvent don­ner de très bon résul­tats . le res­pect en l autre com­mence par soi-même

    Réponse

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