Aurélien Bernier : la gauche radicale et ses tabous

17/04/2014 | 14 commentaires

Un entre­tien très intéressant :

Plus sévère, on aurait pu inti­tu­ler cette incroyable mise au point : « la gauche radi­cale et ses tra­hi­sons ». Il faut arrê­ter d’ap­pe­ler un chat un rat : les par­tis qui refusent la sor­tie de la pré­ten­due « Union euro­péenne » servent DE FAIT les inté­rêts des mul­ti­na­tio­nales et des banques (qui ont vou­lu et impo­sé l’UE), ne méritent donc pas l’é­ti­quette de gauche et sont, objec­ti­ve­ment, de droite (si les mots ont un sens). Vous pou­vez me lyn­cher, ça ne chan­ge­ra rien au FAIT que pro­mettre le pro­grès social au nom de la gauche tout en nous condam­nant (en douce) à une anti-consti­tu­tion de droite qui inter­dit à tout jamais le pro­grès social, c’est lit­té­ra­le­ment une escro­que­rie poli­tique qui met la poli­tique à fronts renversés.

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14 Commentaires

  1. Profil

    Bon­jour,
    En effet ! Je n’a­vais jamais pen­sé à cet argu­ment. Bien vu ! Cette Europe est car­ré­ment une arnaque.

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  2. Yohan

    > Il faut arrê­ter d’appeler un chat un rat : les par­tis qui refusent la sor­tie de la
    > pré­ten­due « Union euro­péenne » servent DE FAIT les inté­rêts des
    > mul­ti­na­tio­nales et des banques (qui ont vou­lu et impo­sé l’UE), ne méritent
    > donc pas l’étiquette de gauche et sont, objec­ti­ve­ment, de droite (si les mots
    > ont un sens).

    Humm, ça me paraît pas digne du père Chouard, ça. Il y a mille et une Europe, mille et une façon de construire une Union euro­péenne. Un tel rac­cour­ci péremp­toire ne sert guère le débat, à mon humble avis. Alors si les mots ont un sens, faut leur don­ner la place de s’exprimer.
    Par ailleurs, écrire sur un outil qui ne connaît pas les fron­tières (Inter­net), sym­bole de notre époque, qu’on veut remettre des fron­tières me semble légè­re­ment à rebrousse-his­toire, et quelque peu ironique.
    Allez, mon bon Chouard, ne nous lais­sons pas aller au rac­cour­ci rhé­to­rique, c’est pas de votre trempe, et ça ne fait que saper le reste de l’Œuvre.

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    • Peguy

      Avant de juger, il serait consé­quent (et tout sim­ple­ment hon­nête) de vision­ner et écou­ter la video-entre­tien avec Auré­lien Ber­nier qui reprend l’his­toire de la der­nière période (Maas­tricht…) et les évo­lu­tions des dif­fé­rents acteurs poli­tiques (PC, FG, etc…). Donc Yohann, la démons­tra­tion est là, et plei­ne­ment à la hau­teur de qui veut vrai­ment débattre. Mais est-ce votre cas ?

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    • Adrien

      Je n’ai pas encore pris le temps de regar­der cette vidéo mais votre com­men­taire m’interpelle.

      Il ne s’a­git pas de vou­loir remettre des fron­tières, ni de dire qu’une vraie Union Euro­péenne ne doit pas exis­ter, il s’a­git sim­ple­ment de consta­ter qu’il est IMPOSSIBLE ou hau­te­ment impro­bable (ce qui est pire, puis­qu’il nous laisse à croire que c’est pos­sible) que CETTE union là soit réfor­mable en ce sens que ses prin­cipes libé­raux sont ins­crits dans les textes qui forment l’ADN de cette UE.
      En 1997, les 34 des pays euro­péens étaient « de gauche », et ils ont accé­lé­ré le pro­ces­sus. Qu’est-ce qui vous fait croire qu’ils feront mieux demain ? 

      Il faut arrê­ter de croire que cette Europe est réfor­mable. Détrui­sons là, et construi­sons en une autre avec d’autres fondations.

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    • Camille

      C´est vous qui faites de la rhé­to­rique, et pas de la plus hon­nête, avec votre argu­ment de « remettre les fron­tières ». Ouuh on ima­gine de suite les bar­be­lés et les mira­dors hein ? C´est évi­dem­ment ce à quoi Etienne Chouard et les par­ti­sans d´une sor­tie de l´UE rêvent depuis toujours…

      Ou vous n´essayez pas de com­prendre ou vous êtes de mau­vaise foi.
      Cordialement

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  3. lisztfr

    Impos­sible de voir la video. 

    Je pense que sor­tir de l’Eu­rope est une fausse bonne idée, tra­dui­sant un retour en arrière sym­bo­lique qui va anéan­tir tout cadre géo­po­li­tique glo­bal et toute notre façon de res­sen­tir le monde, nos repré­sen­ta­tions à pro­pos d’une pos­si­bi­li­té de pro­grès. Le cadre est l’Eu­rope, et toute ins­ti­tu­tion humaine a voca­tion d’empire, l’Eu­rope incarne cela de la façon la moins nocive pos­sible. Sans l’Eu­rope il nous reste rien, alors pru­dence ! il res­te­ra un monde ampu­té de l’i­dée de pro­grès, au sens téléo­lo­gique. Je dis, tout ce que nous fabri­quons tend vers l’u­ni­ver­sel, l’Europe est la forme concrète de cette idée actuel­le­ment, – de la Rai­son dirait Hégel, sans doute de l’Es­prit du monde, au sens socio­lo­gique, débar­ras­sé de toute métaphysique. 

    La BCE avec Dra­ghi va appli­quer les méthodes US consis­tant à rache­ter la dette, à la moné­ti­ser. Nous allons vers un capi­ta­lisme fic­tif, qui dure­ra encore un cer­tain temps. 

    Je confesse mon anti­pa­thie pour les cercles sou­ve­rai­nistes qui ne valent pas mieux que les indé­pen­dan­tistes Corses. Ces gens n’ont aucune idée, Che­vè­ne­ment étant leur figure de proue, dra­pés dans un natio­na­lisme de façade, ils n’a­gitent que du vent : Abattre l’Europe c’est abattre l’empire Romain, lais­ser un monde sans gou­ver­nail. Pour ne recon­duire qu’un capi­ta­lisme pri­maire ! Leur « pro­grès » est basé sur une mécom­pré­hen­sion du capi­ta­lisme, qu’ils ne sau­ve­ront pas du tout, puis­qu’ils ne résolvent pas le pro­blème de la demande effec­tive ; On se moque des USA mais eux font la seule chose à faire.

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    • jean.dampierre

      @ listz­fr

      Bon­jour,

      bien qu’é­tant plu­tôt sou­ve­rai­niste, je recon­nais, et je suis sou­vent ten­té par votre argumentation.

      « Abattre l’Europe c’est abattre l’empire Romain »
      et beau­coup pensent que nous avons gagné (nous les gau­lois et autres) à être conquis par les Romains.
      Cela a été aus­si la pen­sée de Vichy, très majo­ri­taire après la défaite de 40 : asso­cions nous à l’Al­le­magne (au grand Reich), nous avons plus à gagner qu’à y perdre (dans ce cas, ils se sont trompés).
      Et main­te­nant beau­coup (la grande majo­ri­té) pensent que nous avons plus à gagner à nous fondre dans l’en­ti­té Europe-USA (dont le grand trai­té Nord Atlan­tique est le prémisse).

      Il y a de nom­breux argu­ments en faveur d’une telle thèse, dont la médio­cri­té de notre classe poli­tique qui se révèle vrai­ment peu capable même d’as­su­rer notre place dans cet ensemble.

      Vous posez donc bien la ques­tion : vou­lons nous nous fondre dans un grand ensemble, ou vivre par nous même ?

      La réponse n’est pas évi­dente et dépend de la sen­si­bi­li­té, des inté­rêts éco­no­miques et cultu­rels de chacun. 

      En tous cas, pour toutes les couches qui pro­fitent de la mon­dia­li­sa­tion, la réponse est clai­re­ment de pour­suivre notre inté­gra­tion nord amé­ri­caine. Et pour celles qui sont « limites » (par exemple la grande majo­ri­té des fonc­tion­naires, dont les ensei­gnants), il fau­drait sacri­fier leurs inté­rêts immé­diats à ceux de leurs enfants. Et dans ce cas, majo­ri­tai­re­ment, on sacri­fie ses enfants.

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  4. R.Miguel

    Excellent ana­lyse ! Par contre je suis curieux des com­men­taires de gens se récla­mant des idées d’ Etienne tout en étant pro-Europe. Il serait temps de com­prendre que chan­ger l’Eu­rope de l’in­té­rieur est impos­sible. La seule solu­tion est d’en sortir.

    Réponse
  5. MozartUS

    Je pense que sor­tir de l’Europe est une vraie bonne idée, tra­dui­sant un bon en avant sym­bo­lique qui va insuf­fler un élan dans tout le cadre géo­po­li­tique glo­bal actuel­le­ment sclé­ro­sé ain­si que dans notre manière très tech­no­phile de croire que le pro­grès sera tou­jours là pour nous sau­ver de tout.

    Le cadre de l’Europe est la voca­tion d’un empire vas­sal a celui des US, l’Europe incarne cela de la façon la plus nocive pos­sible. Sans l’Europe nous retrou­vons tout ce que nous avons per­du, alors allons‑y sans crainte ! il res­te­ra un monde ampu­té de cette idée nau­séa­bonde du pro­grès per­pé­tuel, qui soit disant nous libé­re­rais de tout nos maux alors que c’est tota­le­ment faux, le pro­grès n’a rien a voir dans une équa­tion ou c’est la limi­ta­tion des res­sources éner­gé­tique qui déter­mine tout, y com­pris le progrès. 

    Si l’on conti­nue sur cette tra­jec­toire la BCE avec Dra­ghi va appli­quer les méthodes US consis­tant à rache­ter la dette, à la moné­ti­ser. Nous allons vers une des­truc­tion com­plete de la valeur de nos mon­naie, qui ne dure­ra pas très long­temps, éven­tuel­le­ment encore une petite année avant le grand saut dans l’inconnue ou dans une reces­sion à la Japo­naise prêt à durer 20 ans .

    Sor­tir de l’Europe c’est évi­ter une fin telle que l’empire Romain en a connu. C’est de nou­veau avoir un monde avec un gou­ver­nail. Le pro­blème de la demande effec­tive n’est pas de gar­der ou non l’Europe, non, il est dans la fin des res­sources , de toutes les ressources. 

    Gar­der l’Europe ne chan­ge­ra rien à la limi­ta­tion des res­sources et au fait que l’Europe en pos­sède peu , main­te­nant qu’elle a extrait toutes celles qui étaient faci­le­ment extractibles. 

    La moyenne d’age du conti­nent Euro­péen tourne autour de 40 ans, ce n’est pas en Europe que le monde va se refaire donc lais­sez les futurs retrai­tés entre eux et arrê­ter de les for­cer à s’intégrer avec des popu­la­tions qu’ils ne connaissent pas , dont ils ne parlent pas la langue et qu’ils ne veulent pas. 

    On se moque des USA et à rai­son car ce pays est en voie d’effondrement , il font toutes les choses qui ne sont pas à faire pour leur futur.

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  6. Hibou

    Tant qu’on ne com­pren­dra pas que le mar­ché libre est la forme la plus abou­tie de démo­cra­tie, alors les puis­sants auront de beaux jours devants eux.

    Le pou­voir se sert :
    – de l’ab­sence de liber­té moné­taire pour enri­chir les ban­quiers et les ultra riches par la planche à billets et les réserves fractionnaires
    – de l’ab­sence de liber­té fon­cière pour enri­chir les pro­prié­taires terriens
    – de l’ab­sence de liber­té du tra­vail pour divi­ser le peuple en lui fai­sant croire à une lutte des classes, la caste énar­chique pou­vant conti­nuer de régner en maître en s’at­tri­buant des postes de hauts fonc­tion­naires très bien payés sur notre dos, pour nous commander !
    – etc.

    A lire abso­lu­ment : http://​www​.twit​lon​ger​.com/​s​h​o​w​/​n​_​1​r​k​4​546

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  7. Eric

    Liszt­fr, sor­tir de l’U­nion euro­péenne ne consiste pas à sor­tir de l’Eu­rope. Com­ment la France, qui est un pays euro­péen, pour­rait-elle sor­tir de l’Eu­rope !? Vous n’a­vez pas com­pris que l’UE est une créa­tion de l’empire amé­ri­cain qui n’a pour but que de vas­sa­li­ser et d’op­pri­mer les peuples euro­péens. Il faut donc que les Etats euro­péens recouvrent leur sou­ve­rai­ne­té afin de pou­voir coopé­rer entre eux sur des bases justes, c’est-à-dire des bases qui auront été défi­nies et approu­vées par les dif­fé­rents peuples euro­péens. L’Eu­rope des peuples euro­péens, la véri­table Europe poli­tique, exis­te­ra alors vrai­ment. L’U.E., elle, est l’Eu­rope des oli­garques euro­péens (il y a beau­coup de pédo­cri­mi­nels par­mi eux) qui, bien sûr, méprisent les peuples européens.

    Auré­lien Ber­nier dit qu’il faut que la gauche redonne le pou­voir au peuple : j’es­père qu’il a com­pris que cette affir­ma­tion implique la dis­so­lu­tion de tous les par­tis poli­tiques, car les élus de ces der­niers volent la sou­ve­rai­ne­té des citoyens (qui ne méri­te­ront ce qua­li­fi­ca­tif que lors­qu’ils seront souverains).

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  8. Trazibule

    Ceux qui résument le choix poli­tique à droite ou gauche, piègent leurs lec­teurs, cela les conduit jusqu’à l’absurdité du vote utile l
    Résul­tat une bonne idée de droite sera mépri­sée par la gauche et inversement.
    C’est exac­te­ment le prin­cipe mafieux qui exige des hommes d’être pour eux ou contre eux, choix qui impose de fait l’existence de la mafia comme une fatalité.
    Face à l‘Europe, les citoyens se trouvent obli­gé de dire je suis pour ou je suis contre, même si entre ces deux choix, il existe milles pos­si­bi­li­tés dif­fé­rentes, cette dicho­to­mie les efface du paysage.
    Nos diri­geants ont bien com­pris qu’en sim­pli­fiant ils évi­taient les cri­tiques, sous enten­dant en plus qu’eux seuls seraient com­pé­tents et que nous autres bêtes citoyens, devrions quand même faire leur faire confiance. C’est vrai, puisqu’ils ont réus­si dans la vie cela prouve leur haute intel­li­gence ! Comme si un grand escroc ne réus­sis­sait pas lui aus­si dans la vie !
    Non les choix ne sont pas si som­maires : droite ou gauche, Europe ou natio­na­lismes, mais c’est vrai que de réflé­chir un peu plus loin que le bout du nez des médias, cela demande des efforts !
    Alors à vous de choi­sir, soit adhé­rer bête­ment à l’idée toute pré­mâ­chée du camp que vous pré­fé­rez, soit vous don­ner la liber­té de réflé­chir à votre propre façon de voir.

    Au fait si nous avons des idées dif­fé­rentes ou même oppo­sées et que nous sou­hai­tons vivre quand même ensemble sans trop de conflits, avec un tant soit peu de séré­ni­té, alors nous devons apprendre à nous écou­ter et à débattre, nous don­ner des règles entre nous, neutres, indé­pen­dantes des idées par­ti­sanes, cela s’appelle la laï­ci­té, indé­pen­dance des lois et des dogmes (reli­gieux ou éco­no­miques) et l’écriture de ces lois par les citoyens est un pro­ces­sus constituant.
    L’Europe (ou plus : monde, ou moins : états) doit être avant tout « consti­tuée » par les citoyens, pas ins­ti­tuée par une consti­tu­tion écrite par une com­pé­tence aus­si hon­nête soit-elle.
    Pour com­men­cer pas besoin de chef, juste besoin de s’écouter et réflé­chir ensemble aux façons de débattre.
    (Rédi­geons un mode d’emploi de la démo­cra­tie, pro­jet de ren­contre le 17 mai à Marseille…)

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  9. thierry

    atta­quons tout de suite la consti­tu­tion euro­péenne, comme modèle de la consti­tu­tion mon­diale, y’a du boulot !

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  10. Alexandre Rougé

    Pous­sive et labo­rieuse mise au point ! Je ne vois guère ce qu’elle a d’in­croyable : elle n’est rien d’autre que banale – à grands coups d’en­fon­çage de portes ouvertes. Ce mec débarque tota­le­ment. Bien­ve­nue sur Terre, bonhomme !

    Sem­blable constat a déjà été éta­bli, et autre­ment mieux que ça, par Alain de Benoist, depuis les années 1990 (tra­hi­son de la gauche, pen­sée unique et ali­gne­ment des pro­grammes sur la ligne impo­sée par Bruxelles, stu­pi­di­té et péremp­tion du cli­vage droite-gauche, etc.). Voir en par­ti­cu­lier son solide recueil « Cri­tiques – Théo­riques », paru en 2003 à L’Âge d’homme.
    Et je n’ose même pas ren­voyer à ce que Soral a pu balan­cer sur cette pauvre loche de Mer­lu­chon. Le Front de gauche est lui aus­si condam­né par prin­cipe au lar­bi­nat et au puta­nat. (Je m’empresse d’a­jou­ter que je chie par ailleurs sur Soral pour son sou­tien gro­tesque et mora­le­ment abject à Marine Le Pen au nom de sa petite bou­tique E & R.)

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