LA VRAIE DÉMOCRATIE CONTRE L’OLIGARCHIE

8/02/2022 | 6 commentaires

Vous avez 5 minutes ?

Réflé­chis­sez à votre propre res­pon­sa­bi­li­té, per­son­nelle, quo­ti­dienne, dans votre IMPUISSANCE poli­tique, dans votre rôle d’IN­CA­PABLE dans la prise des déci­sions qui vous concernent pour­tant au pre­mier chef : vous ne pou­vez déci­der DE RIEN. Est-ce de votre faute ?

Je vous parle à vous, par­don c’est indis­cret, mais per­sonne n’y réflé­chi­ra à votre place.
Personne.
Je vous parle de votre pro­blème et vous êtes la seule solution.

Per­sonne d’autre que les citoyens EUX-MÊMES ne va orga­ni­ser un vrai « droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes ».

Vous ne pour­rez pas venir à bout des infi­nies CONSÉQUENCES qui vous affligent sans vous en prendre (et dans votre tête d’a­bord) à LEUR CAUSE : votre véné­ra­tion (sui­ci­daire) de L’É­LEC­TION-par­mi-des-can­di­dats-qu’on-peut-aider ; c’est cette pro­cé­dure qui donne (logi­que­ment, impla­ca­ble­ment) tous les pou­voirs à ceux qui ont le plus de moyens pour aider… 

Donc, c’est ce que vous ado­rez par-des­sus tout qui vous main­tient la tête dans le trou.

Je vous ça sans mépris, évi­dem­ment, sans condes­cen­dance, aucu­ne­ment, mais avec un peu de déses­poir quand même à consta­ter que cette véné­ra­tion de l’é­lec­tion per­dure, que cette ado­ra­tion de LA pro­cé­dure de notre dépos­ses­sion poli­tique TOTALE conti­nue à sévir dans la tête des gens, comme un vieux conditionnement… 

Cette mau­vaise idée de « l’é­lec­tion démo­cra­tique » est tel­le­ment fausse et tenace à la fois, tel­le­ment pro­fon­dé­ment enra­ci­née, que je me prends à dou­ter que mon idée de méta­mor­phose pro­chaine de l’hu­ma­ni­té (comme un ado­les­cent qui devient tou­jours un adulte quand son heure est venue, par sa seule volon­té) soit une bonne idée : c’est peut-être une idée à la con, une idée qui ne peut pas mar­cher dans notre espèce humaine telle qu’elle est (et qui va donc res­ter aus­si infan­tile que martyrisée). 

OK, cer­tains com­prennent ce que j’ex­plique (et ils sont vrai­ment nom­breux, je le vois bien dans la rue, quand ils me sou­rient ou me prennent dans leurs bras), mais (presque) aucun ne passe à l’ac­tion : per­sonne (ou presque) n’or­ga­nise régu­liè­re­ment des ate­liers consti­tuants pour entraî­ner ses voi­sins, ses copains, ses cou­sins, ses fran­gins…, et la conta­gion n’o­père pas, faute d’a­gents contagieux.

J’au­rai fait ce que j’ai pu.
Advienne que pourra.

Cette petite vidéo date de 2013 envi­ron, et rien ne s’est amé­lio­ré, on dirait.

Fra­ter­nel­le­ment.

Étienne.


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6 Commentaires

  1. Étienne CHOUARD

    #2 – L’INDÉPENDANCE DES ÉLUS – Avec Anne-Emmanuelle BOURGAUX (2014)

    Réponse
  2. Marc507322

    Bon­jour Étienne,

    Mer­ci de m’a­voir fait connaître la vrai démocratie.
    La situa­tion est désespérante.
    Mais je me deman­dais si on ne pour­rait pas ins­tau­rer la démo­cra­tie (la vraie) en com­men­çant par la com­mune et la com­mu­nau­té de com­munes. Ça ferait un entraî­ne­ment à petite échelle.
    Et puis ça pour­rait se pro­pa­ger à d’autres com­mu­nau­tés de com­munes si les moda­li­tés sont simples à mettre en œuvre. Et puis ça pour­rait grandir.
    Gar­dons courage.
    On ne sait jamais.
    Marc

    Réponse
    • Étienne CHOUARD

      Mer­ci Marc.

      Je n’ai jamais rien rêvé de mieux que de com­men­cer par la libé­ra­li­sa­tion de nos com­munes (en deve­nant consti­tuants, dans notre vil­lage ou quar­tier), effec­ti­ve­ment, pour ensuite regrou­per les forces éman­ci­pées dans une fédé­ra­tion de com­munes libres (à la manière décrite magni­fi­que­ment par Proudhon).

      Mais rien (ou presque) ne démarre dans ce sens non plus.

      Réponse
  3. Joh

    La situa­tion est grave car le capi­tal est finis­sant en tant que mode de pro­duc­tion. Car il est basé sur des sources d’éner­gie et matières pre­mières abon­dantes et donc peu chères.
    Il a gran­di jus­qu’à en deve­nir incon­trô­lable par le biais d’en­tre­prises géantes qui si elles s’ef­fondrent entraînent le monde avec eux. On l’a vu en 2008 où la faillite d’un sys­tème de spé­cu­la­tion a été évi­tée au prix d’une dette tou­jours plus énorme mais ça n’a pas suffi.
    Donc on recom­mence avec le tota­li­ta­risme qui a été le mode de vie de l’hu­ma­ni­té depuis au moins 5500 ans d’his­toire connue (et au vu des sources archéo­lo­giques sans doute beau­coup plus).
    Donc sans doute de grands chan­ge­ments auront lieu, posi­tifs si nous arri­vons à nous unir.

    Réponse
  4. Jojo

    Très hum­ble­ment, faire des ate­liers consti­tuants dehors, sur les places publiques (devant les bureaux de vote les jours d’é­lec­tion), régu­liè­re­ment, pour ins­tau­rer une tra­di­tion. Sans se signa­ler comme des révo­lu­tion­naires, juste comme des citoyens sou­cieux de la loi concrète.
    Même ça c’est dif­fi­cile. Indé­pen­dam­ment des intem­pé­ries. Je sup­pose que c’est pas auto­ri­sé ; pas d’es­pace dédié à l’exer­cice de la démo­cra­tie sur la voie publique (Nuit Debout a dû jouer les enva­his­seurs hon­nis par les rive­rains excé­dés). Mais je me demande si ce serait pas une zone grise. Si ça pour­rait pas don­ner lieu à négo­cia­tion avec l’au­to­ri­té publique, du moment qu’il n’y a pas atteinte à l’ordre public.
    L’i­dée serait d’a­voir une vraie visi­bi­li­té per­ma­nente. Une pré­sence tran­quille et habi­tuelle dans le pay­sage. On ver­rait si ça séduit, si ça indif­fère ou si ça gêne. Et, de ce côté-là, il pour­rait y avoir quelques surprises.
    Je vois, Etienne, qu’il n’est tou­jours pas temps pour vous de vous deman­der pour­quoi ça coince.
    Vous vous cou­chez bien tard, il me semble, pour quel­qu’un qui a fait tout ce qu’il a pu et qui jette l’éponge.

    Réponse
  5. Luis Mondina

    Etienne Chouard,

    Mer­ci pour votre tra­vail, votre enga­ge­ment et déter­mi­na­tion. Il semble que ca aille tel­le­ment vite, un sen­ti­ment d’im­puis­sance face à la mons­trueuse inéga­li­té et Etat poli­cier, avec les oli­garches tel­le­ment riches et puis­sants et qui ont la police, l’ar­mée, la jus­tice de leur coté.
    Et alors se mettre à la tache d’é­crire une consti­tu­tion semble alors so déca­lée et un tra­vail impor­tant. Je me demande vrai­ment si il n’y a pas une fai­blesse de la volon­té comme l’é­crit Patrick Savi­dan qui est de plus ampli­fié (comme vous l’é­cri­vez) par notre véné­ra­tion sui­ci­daire de l’é­lec­tion. À l’in­té­rieur de moi même il y a ce conflit entre me dire n’y aurait il pas le can­di­dat Mélen­chon qui serait le moins pire en entre­pre­nant en paral­lèle au niveau de la com­mune la mise en place consti­tuante. Il me semble que ca pour­rait peut-être en effect avoir un effet boule de neige si les citoyens direc­te­ment concer­nés ver­raient les effets directs dans leurs vies au sein de leurs com­munes dans ce cas et puis par élar­gis­se­ment. Mais si l’a­te­lier consti­tuant ne s’ins­crit pas dans un pou­voir poli­tique réel où les habi­tants, les gens peuvent témoi­gner qu’ils ont été les déci­deurs, votant des actions legis­la­tives com­mu­nales qui influent direc­te­ment sur leur vie com­mu­nale, et en ce même temps avec au lieu du conseil com­mu­nal clas­sique, la mise en place d’as­sem­blé natio­nale où à l’is­sue de débats, d’e­changes comme sur le prin­cipe d’a­te­lier consti­tuant, il sera écrit la consti­tu­tion com­mu­nale avec tous ceux qui sou­haitent y par­ti­ci­per. Mais je pense que tant qu’il n’y a pas d’ef­fet sur une amé­lio­ra­tion des condi­tions de vie concrête des citoyens, alors la fai­blesse de la volon­té reprend de la force avec démis­sion, sou­mis­sion incons­ciente et vic­time et bour­reau de notre propre condi­tion. Mer­ci beau­coup pour ce que vos actions. Sin­cè­re­ment – Luis Mondina

    Réponse

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