[PRATIQUE DU COMPLOT des riches contre les pauvres] Buchanan, le tyran (dé)masqué : la mission d’un homme pour détruire la démocratie, par George Monbiot dans The Guardian (traduit par les​-crises​.fr)

16/08/2017 | 23 commentaires

Une bonne syn­thèse, tra­duite et signa­lée par le meilleur site d’in­for­ma­tion en France, les​-crises​.fr.

Ce n’est pas une « théo­rie du com­plot », c’est une PRATIQUE du com­plot, évi­dente et scandaleuse.

Et il fau­dra du cou­rage aux citoyens dignes de ce nom pour y résis­ter, sans se lais­ser inti­mi­der par les chiens de garde média­tiques judi­ciaires et poli­ciers dudit complot.

Étienne.


‘ Bucha­nan a déve­lop­pé un pro­gramme caché pour sup­pri­mer la démo­cra­tie pour le compte des très riches. Il refa­çonne la poli­tique. Illus­tra­tion : Sébas­tien Thibault’

La vision de James McGill Buchanan d’un capitalisme totalitaire a infecté les politiques publiques aux États-Unis. Aujourd’hui, elle est en train de s’exporter.

C’est le cha­pitre man­quant : une clé pour com­prendre la poli­tique de la der­nière moi­tié du ving­tième siècle. Lire le nou­veau livre de Nan­cy Mac Lean : “Demo­cra­cy in chains : The Deep His­to­ry of the Radi­cal Right’s Stealth Plan for Ame­ri­ca”, c’est voir ce qui jusqu’alors était demeu­ré invisible.

Le tra­vail du pro­fes­seur d’histoire sur le sujet com­men­ça par acci­dent. En 2013, elle tom­ba sur une mai­son colo­niale aban­don­née sur le cam­pus de l’université George Mason en Vir­gi­nie. Celle-ci était rem­plie d’archives non clas­sées appar­te­nant à un homme mort cette année là et dont le nom ne vous est pro­ba­ble­ment guère fami­lier : James McGill Bucha­nan. Elle affirme que la pre­mière chose qu’elle récu­pé­ra fut un lot de lettres confi­den­tielles concer­nant des mil­lions de dol­lars trans­fé­rés à l’université par le mil­liar­daire Charles Koch.

Ses décou­vertes dans cette mai­son des hor­reurs révèlent com­ment Bucha­nan, avec l’aide de magnats des affaires et des ins­ti­tuts finan­cés par ces der­niers, déve­lop­pèrent un pro­gramme secret pour sup­pri­mer la démo­cra­tie au béné­fice des ultra-riches. Ce pro­gramme est en train de remo­de­ler la sphère poli­tique et pas seule­ment aux Etats-Unis.

Bucha­nan fut for­te­ment influen­cé à la fois par le néo­li­bé­ra­lisme de Frie­drich Hayek et de Lud­wig von Mises ain­si que par le défen­seur du pri­mat de la pro­prié­té John C. Cal­houn, lequel défen­dit dans la pre­mière moi­tié du XIXème siècle l’idée selon laquelle la liber­té consiste à avoir le droit abso­lu d’utiliser votre pro­prié­té (y com­pris vos esclaves) comme vous le sou­hai­tez ; toute ins­ti­tu­tion qui empiète sur ce droit est un agent d’oppression, exploi­tant les pos­sé­dants pour le compte de la masse.

James Bucha­nan réa­li­sa la syn­thèse de ces influences pour créer ce qu’il appe­la la théo­rie du choix public (Public Choice). Selon cette der­nière, une socié­té ne peut être consi­dé­rée comme libre à moins que chaque citoyen n’ait la pos­si­bi­li­té de mettre un veto sur les déci­sions prises par celle-ci.

Pour Bucha­nan, cela vou­lait dire concrè­te­ment que per­sonne ne devait être impo­sé contre sa volon­té. Or, selon lui, les riches étaient exploi­tés par ceux qui uti­lisent leur vote pour leur extor­quer de l’argent et qui l’utilisent pour finan­cer, via l’impôt, la dépense publique et les sys­tèmes de pro­tec­tion sociale. Auto­ri­ser les tra­vailleurs à créer des syn­di­cats et mettre en place des niveaux d’imposition pro­gres­sifs sur le reve­nu était l’exemple d’une légis­la­tion « dis­cri­mi­na­toire ou dif­fé­ren­tielle » envers les déten­teurs du capital.

Tout conflit entre « la liber­té » (auto­ri­ser les riches à agir comme bon leur semble) et la démo­cra­tie devait être réso­lu en faveur de la liber­té. Dans son livre, « The Limits of Liber­ty », Bucha­nan notait que « le des­po­tisme pour­rait être la seule forme d’organisation alter­na­tive à la struc­ture poli­tique telle que nous l’observons. »

Le despotisme au nom de la défense de la liberté.

Sa solu­tion à ce pro­blème était une “révo­lu­tion consti­tu­tion­nelle” : créer des contraintes irré­vo­cables pour limi­ter le choix démo­cra­tique. Spon­so­ri­sé durant toute sa car­rière par des fon­da­tions appar­te­nant à des mil­liar­daires et de grandes entre­prises, il déve­lop­pa un cadre théo­rique pour pré­sen­ter à quoi res­sem­ble­rait sa révo­lu­tion consti­tu­tion­nelle ain­si que la stra­té­gie pour la mettre en œuvre.

Il expli­qua com­ment les poli­tiques de désé­gré­ga­tion dans les écoles du sud des Etats-Unis pour­raient être mises en échec en créant un réseau d’écoles pri­vées sou­te­nues par les États. Il fut le pre­mier à pro­po­ser de pri­va­ti­ser les uni­ver­si­tés et d’imposer aux étu­diants de payer l’intégralité des frais de sco­la­ri­té : son but ini­tial était d’écraser le mili­tan­tisme étudiant.

Il appe­la à pri­va­ti­ser la sécu­ri­té sociale et de nom­breuses autres fonc­tions de l’État. Il cher­cha à rompre les liens entre le peuple et le gou­ver­ne­ment et à réduire à néant la confiance envers les ins­ti­tu­tions. Pour résu­mer, son objec­tif était de sau­ver le capi­ta­lisme de la démocratie.

En 1980, il put mettre son pro­gramme en action. Il fut invi­té au Chi­li où il aida la dic­ta­ture de Pino­chet à écrire une nou­velle consti­tu­tion qui, grâce aux habiles méca­nismes pro­po­sés par Bucha­nan, s’est avé­rée impos­sible à abro­ger com­plè­te­ment. Pen­dant que la tor­ture et les mas­sacres fai­saient rage, il conseilla le gou­ver­ne­ment d’étendre les pro­grammes de pri­va­ti­sa­tion, d’austérité, de res­tric­tion moné­taire, de déré­gu­la­tion et de des­truc­tion des syn­di­cats : un ensemble de mesures qui contri­buèrent à un effon­dre­ment éco­no­mique en 1982.

Rien de tout cela ne trou­bla l’Académie Sué­doise qui, par le biais de Assar Lind­beck de l’université de Stock­holm, un sup­por­teur de Bucha­nan, lui attri­bua le prix d’économie en mémoire d’Alfred Nobel. C’est une des déci­sions qui, par­mi d’autres, contri­buèrent à dis­cré­di­ter ce prix. Mais son pou­voir com­men­ça vrai­ment à se faire sen­tir lorsque Koch, actuel­le­ment la sep­tième for­tune des Etats-Unis, déci­da que Bucha­nan pos­sé­dait la clé qui lui per­met­trait d’enclencher la trans­for­ma­tion qu’il sou­hai­tait. Koch consi­dé­rait même des idéo­logues comme Mil­ton Fried­man ou Alan Greens­pan comme des « ven­dus » car ils cher­chaient à amé­lio­rer l’efficacité du gou­ver­ne­ment plu­tôt que de lé détruire pure­ment et sim­ple­ment. Bucha­nan pous­sa cette logique jusqu’au bout.

MacLean affirme que Charles Koch injec­ta des mil­lions de dol­lars dans le tra­vail de Bucha­nan à l’université George Mason dont les dépar­te­ments d’économie et de droit res­semblent davan­tage à des think-tanks finan­cés par des entre­prises qu’à des ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires. Il uti­li­sa l’économiste pour recru­ter les « cadres » des­ti­nés à mettre en place son pro­gramme (Mur­ray Roth­bard de l’institut Cato fon­dé par Koch, a exhor­té le mil­liar­daire à étu­dier les tech­niques de Lénine et à les appli­quer à la cause liber­ta­rienne). À eux deux, ils com­men­cèrent à déve­lop­per un pro­gramme des­ti­né à chan­ger les règles.

Les papiers décou­verts par MacLean montrent que Bucha­nan consi­dé­rait la dis­si­mu­la­tion comme étant cru­ciale. Il aver­tit ses col­la­bo­ra­teurs que « le secret de la conspi­ra­tion est en tout temps essen­tiel ». Au lieu de révé­ler le but final, ils allaient avan­cer pas à pas, par paliers. Par exemple, au lieu de cher­cher à détruire le sys­tème de sécu­ri­té sociale, ils affir­me­raient vou­loir le sau­ver arguant que sans des « réformes » radi­cales, ce der­nier était condam­né (le même argu­ment est uti­li­sé par ceux qui attaquent le NHS [le sys­tème de san­té bri­tan­nique]. Petit à petit, ils construi­raient une « contre-intel­li­gent­sia », alliée à « vaste réseau de pou­voir poli­tique » des­ti­né à deve­nir la nou­velle élite.

Par le réseau de think-tanks que Koch et les autres mil­liar­daires ont finan­cé, par leur trans­for­ma­tion du par­ti répu­bli­cain et les cen­taines de mil­lions qu’ils ont injec­té dans les élec­tions légis­la­tives et judi­ciaires amé­ri­caines, par la colo­ni­sa­tion mas­sive de l’administration de Trump par les membres de ce réseau et par les cam­pagnes redou­ta­ble­ment effi­caces contre un ensemble de sujets allant de la san­té publique au chan­ge­ment cli­ma­tique, il serait juste de dire que la vision de Bucha­nan est arri­vée à matu­ri­té aux États-Unis.

Mais pas seule­ment là-bas. Lire ce livre fut comme enle­ver la couche de buée recou­vrant la fenêtre d’où j’observe la vie poli­tique bri­tan­nique. La grande liqui­da­tion des régle­men­ta­tions mise en évi­dence par le désastre de la tour Green­fel, la des­truc­tion de l’architecture de l’État par l’austérité, les règles bud­gé­taires, le déman­tè­le­ment des ser­vices publics, les frais de sco­la­ri­té et le contrôle des écoles : toutes ces mesures suivent le pro­gramme de Bucha­nan à la lettre. Je me demande com­bien de per­sonnes ont conscience que le pro­jet des écoles libres de David Came­ron s’appuie sur un pro­jet conçu pour lut­ter contre la désé­gré­ga­tion du sud des États-Unis.

Bucha­nan avait rai­son sur un point : il y a un conflit intrin­sèque entre ce qu’il appe­lait « la liber­té éco­no­mique » et la liber­té poli­tique. La liber­té com­plète pour les mil­liar­daires signi­fie la pau­vre­té, l’insécurité, la pol­lu­tion et la dis­pa­ri­tion des ser­vices publics pour le reste de la socié­té. Etant don­né que nous ne vote­rons jamais pour un tel pro­gramme, il ne peut être mis en place qu’en ayant recours à la trom­pe­rie et à un contrôle auto­ri­taire. Le choix auquel nous sommes confron­tés oppose un capi­ta­lisme sans res­tric­tion et la démo­cra­tie. Nous ne pou­vons pas avoir les deux.

Le pro­gramme de Bucha­nan est un mode d’emploi pour la mise en place d’un capi­ta­lisme tota­li­taire. Et ses dis­ciples ont à peine com­men­cé à le mettre en appli­ca­tion. Grâce aux décou­vertes de MacLean, nous pou­vons au moins prendre conscience de son exis­tence. L’une des pre­mières règles en poli­tique est : connais ton enne­mi. On s’en approche.

George Mon­biot (The Guardian)

Tra­duc­tion par Camille M., publiée sur les​-crises​.fr :

Source : The Guar­dian, George Mon­biot, 19-07-2017

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23 Commentaires

  1. etienne

    Pratique du complot – Autre mise en évidence, par Michel Collon, cette fois :

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  2. etienne
  3. etienne

    For­mi­dable Gérard Filoche, en 2015 :

    Réponse
  4. etienne

    François Ruffin : EMPLOIS AIDÉS : « ON SUPPRIME L’ÉCHELLE AVANT DE FABRIQUER UN ESCALIER »

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    • Ronald

      Le pro­blème du mar­ché du tra­vail est le même que le pro­blème de fond de tous les mar­chés : il n’y a pas de rai­son a prio­ri pour qu’à un moment don­né l’offre concorde exac­te­ment avec la demande. Il y aura tou­jours des employeurs qui ne trou­ve­ront pas le can­di­dat qui leur conviennent, et de l’autre côté des (plus nom­breux) cher­cheurs d’emploi qui ne trouvent pas de poste. A cela, il n’y a pas trente-six solutions.

      Si on a comme objec­tif le « plein-emploi », il n’y a qu’une issue : il faut « faus­ser le mar­ché ». C’est le prin­cipe des emplois aidés. La puis­sance publique ajoute un sub­side sous une forme ou une autre dans la balance pour que l’of­freur d’emploi accepte d’embaucher le deman­deur d’emploi. Il fau­drait voir ce qu’en pense exac­te­ment Ruf­fin, car il semble dire (2:10) qu’il n’a « jamais défen­du ce type d’emploi ». Alors qu’ailleurs il semble sou­te­nir le pro­jet de Jacques Géné­reux et de la FI d’un Etat employeur en der­nier res­sort qui four­ni­rait un emploi à tout le monde. Ce n’est rien d’autre que le prin­cipe de l’emploi aidé, mais ici l’aide est de 100 %.
      L’in­con­vé­nient que tout le monde connaît, c’est que ces sub­sides doivent bien venir de quelque part. Il sont pré­le­vés sur le reste de la com­mu­nau­té. Quand ont dit que « ces emplois sont trop chers », cela veut dire que les gens sur qui les pré­lè­ve­ments sont effec­tués aime­raient bien être un peu moins ponctionnés.
      Un autre incon­vé­nient est qu’il n’y a pas adé­qua­tion entre le deman­deur d’emploi et le poste. Un exemple per­son­nel : un de mes amis tra­vaillait comme sala­rié dans un garage et esti­mait que la charge de tra­vail deve­nait trop impor­tante. Il deman­dait alors à son patron d’en­ga­ger un aide sup­plé­men­taire. Le patron n’é­tait pas trop chaud, mais il a fina­le­ment eu l’i­dée de faire appel à une asso­cia­tion de réin­ser­tion de per­sonnes sor­tant de pri­son. Il avait ain­si droit à une sub­ven­tion pour enga­ger l’une de ces per­sonnes. Rapi­de­ment, mon ami a consta­té que l’ « aide » était tout à fait inca­pable de four­nir un tra­vail valable et n’en avait d’ailleurs aucune envie, et il a fini pas dire à son patron qu’il ne pour­rait plus tra­vailler dans ces condi­tions. Fina­le­ment ces emplois aidés peuvent être éco­no­mi­que­ment plus un far­deau qu’une aide pour l’en­tre­prise. Beau­coup risquent de ne pas être très « utiles ».

      Deuxième solu­tion : si on veut évi­ter ce der­nier pro­blème, et pour­vu qu’on ne soit pas atta­ché la valeur du plein-emploi en soi, il y a le reve­nu de base. Les per­sonnes qui ne cor­res­pondent à aucune offre d’emploi dis­po­nible ont néan­moins de quoi sub­ve­nir à leurs besoins. Outre les divers avan­tages connus, on a ici l’a­van­tage par rap­port à la méthode pré­cé­dente de satis­faire les anti-éta­tistes qui voient d’un mau­vais œil des mil­lions de per­sonnes employés par les pou­voirs locaux à faire un tra­vail peu utile (cfr « socia­lisme muni­ci­pal » et consort).
      L’in­con­vé­nient (outre que « ça coûte tou­jours cher » aux contri­bu­teurs nets au bud­get de l’État), c’est que le reve­nu de base ne per­met le déve­lop­pe­ment du tra­vail que des per­sonnes ayant au départ un sens de la débrouillar­dise. La per­sonne dés­in­sé­rée risque de l’être encore plus et de manière défi­ni­tive. On perd l’ac­tion socia­li­sante du travail.

      Troi­sième pos­si­bi­li­té : si on ne veut pas que « ça coûte », et qu’on n’est pas atta­ché au plein emploi, il ne reste qu’à lais­ser faire le mar­ché. En ce cas, il y aura des mil­lions de per­sonnes qui n’au­ront ni tra­vail ni source de revenu.

      En dehors ce cela, je ne vois pas d’autre solu­tion qui aurait tous les avan­tages et aucun inconvénient.

      PS : Les ama­teurs de science jour­na­lis­tique auront remar­qué que Raphaëlle Duche­min nous fait com­prendre en quelques inter­ven­tions les vices des médias domi­nant actuels, qui font qu’ils méritent d’être balayés :
      – mécon­nais­sance des enjeux des sujets abordés
      – goût du sang
      – pra­tique de la « langue de pute »
      – appui en toutes cir­cons­tances du pou­voir en place

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  5. endiveAlaCreme

    Cher Ronald,

    votre lec­ture m’a héris­sée le poil…

    (1ère pos­si­bi­li­té) « Quand ont dit que « ces emplois sont trop chers », cela veut dire que les gens sur qui les pré­lè­ve­ments sont effec­tués aime­raient bien être un peu moins ponctionnés. »

    Evi­dem­ment si on le confort et le gaz à tous les étages, dif­fi­cile de se mettre à la place des autres (sur­tout bien sûr s’ils n’y mettent pas du leur pour se sor­tir de leur situa­tion. Aide-toi…)
    Et sur­tout on n’en­vi­sage pas de taxer les pauvres mil­liar­daires qui donnent du bon tra­vail aux classes bour­geoises (moyennes ‑de moins en moins- et hautes) et leurs vaillantes entre­prises qui opti­misent à tout va outre mer.

    (2ème pos­si­bi­li­té) « Fina­le­ment ces emplois aidés peuvent être éco­no­mi­que­ment plus un far­deau qu’une aide pour l’entreprise »

    L’exemple est par­ti­cu­liè­re­ment bien choi­si. On prend un repris de jus­tice, qui ferait un excellent conduc­teur (10 ans de bra­quage der­rière lui ‑je plai­sante-), et on le met dans la branche méca­nique puis­qu’il s’y connaît en auto­mo­bile. Et sur­tout on ne va sur­tout pas voir si ça colle… Le sys­tème hié­rar­chique dans toute sa splen­deur. Sys­tème qu’a­dore le capi­ta­lisme entre autre. Et dans les grosses boîtes c’est idem que dans les admi­nis­tra­tions publiques… Mais je ne me fais pas de bile pour cer­taines PME.

    « (…) On perd l’action socia­li­sante du travail. »

    De toute façon, com­ment un type inca­pable et non moti­vé (ver­dict dans le texte et en plus dé-fi-ni-tif) va-t-il être socia­li­sé par le gara­giste qui reste les deux pieds sous son bureau puis­qu’ap­pa­rem­ment il ne se rend pas compte que son arpète, inca­pable de mettre les choses au clair avec son aide sur leur plan de charge, ne s’en sort pas ?

    (3ème pos­si­bi­li­té) « En ce cas, il y aura des mil­lions de per­sonnes qui n’auront ni tra­vail ni source de revenu. »

    Retour au pre­miè­re­ment, bien joué.

    « En dehors ce cela, je ne vois pas d’autre solu­tion qui aurait tous les avan­tages et aucun inconvénient. »

    Vous me sem­blez doué d’une vision qui laisse peu de place aux mar­gi­naux dans une socié­té. (Mar­gi­naux fabri­qués à la chaîne dans notre sys­tème édu­ca­tif, cf Franck Lepage pour des pistes autres)

    Je vous dit ça (c’est mon point de vue que je ne veux pas vous impo­ser) avec res­pect pour votre posi­tion. Puisque nous n’en sommes pas au stade de vivre ensemble, je veux dire dans la socié­té de nos rêves.

    C’est un peu la limite du chan­ge­ment de consti­tu­tion si la socié­té n’est pas glo­ba­le­ment sur la même lon­gueur d’onde.
    Et dans ce cas, pas­sé l’eu­pho­rie des com­men­ce­ments, on va se retrou­ver avec un sys­tème 4ème répu­blique (alliances et ré-alliances à n’en plus finir) entre groupes de citoyens cette fois. Mais groupes aus­si variables qu’une émul­sion dès qu’il y a du remous dans le potage (poli­tique, était-il néces­saire de le préciser)…

    Déso­lé Etienne de venir cas­ser (un peu) la baraque.

    Réponse
  6. Djondo

    Encore mer­ci…
    Mon­sieur Etienne Chouard,
    vous n’êtes pas encore assez connu.
    Lorsque je pré­sente ce livre que vous nous signa­lez, la réac­tion du pécu­nium regu­la­rum (pékin moyen) c’est de dégai­ner son télé­phone, de faire « ok google » et de voir que « wiki­pé­dia » vous rap­proche de l’ex­trème droite et d’A. Soral.
    Je suis conduit à décla­rer que wiki­pé­dia est sujet à des mani­pu­la­tions par des équipes qui font valoir leur vérité.
    Et par ailleurs de sup­por­ter le fait que quel­qu’un pré­tende que A. Soral peut dire des choses juste.

    Ce livre, qu’il faut semble t’il avoir lu, est connu main­te­nant de deux autres per­sonnes grâce à vous.

    Réponse
  7. etienne

    Un gouvernement privé : comment les employeurs règnent sur nos vies (et pourquoi nous n’en parlons pas), par Elizabeth Anderson

    Source : les​-crise​.fr, http://​www​.les​-crises​.fr/​u​n​-​g​o​u​v​e​r​n​e​m​e​n​t​-​p​r​i​v​e​-​c​o​m​m​e​n​t​-​l​e​s​-​e​m​p​l​o​y​e​u​r​s​-​r​e​g​n​e​n​t​-​s​u​r​-​n​o​s​-​v​i​e​s​-​e​t​-​p​o​u​r​q​u​o​i​-​n​o​u​s​-​n​e​n​-​p​a​r​l​o​n​s​-​p​a​s​-​p​a​r​-​e​l​i​z​a​b​e​t​h​-​a​n​d​e​r​s​on/#
    Source : Times Higher Edu­ca­tion, Phi­lip Ros­coe, 15-06-2017

    Le livre de la semaine : du per­son­nel por­tant des couches aux ser­veuses har­ce­lées, une étude du tra­vail pleine d’une colère légi­time, déclare Phi­lip Roscoe

    Source : Rex
    Contrai­re­ment à ce qui se passe en Europe, il est tout à fait légal pour les employeurs états-uniens de har­ce­ler leurs sala­riés, tant qu’ils le font sans discrimination.

    Eli­za­beth Ander­son est une phi­lo­sophe sur le sen­tier de la guerre. Ses confé­rences sur l’humanisme, publiées dans ce volume avec des com­men­taires et une réac­tion, visent le pou­voir illé­gi­time, dic­ta­to­rial et arbi­traire que les employeurs exercent sur leur per­son­nel, sur­tout aux États-Unis où la légis­la­tion du tra­vail est indi­gente. Elle nomme cette emprise « gou­ver­ne­ment pri­vé », parce que les gou­ver­nés, nous, en fait, sommes exclus du pro­ces­sus de gouvernance.

    Ce livre abonde d’exemples d’entreprises qui trans­forment la vie de leurs sala­riés en un vrai cau­che­mar. On y trouve les sus­pects habi­tuels et pire encore : j’ai été scan­da­li­sé de l’apprendre, le droit de se rendre aux toi­lettes pen­dant les heures de tra­vail est un che­val de bataille des rela­tions du tra­vail depuis des dizaines d’années et il n’est pas rare que des tra­vailleurs soient obli­gés de por­ter des couches sur la chaîne de mon­tage ou en soient réduits à uri­ner dans leurs vêtements.

    Des exemples aus­si extrêmes peuvent certes nuire à la sub­ti­li­té et à la force de l’argumentation de Mme Ander­son. Le pro­blème, d’après elle, est omni­pré­sent. Il est inhé­rent à la struc­ture même du contrat de tra­vail amé­ri­cain. « L’emploi de gré à gré » donne aux employeurs le droit de licen­cier leurs sala­riés pour n’importe quelle rai­son, hor­mis celles qui sont inter­dites par la loi, comme la dis­cri­mi­na­tion sur la base de la race ou du han­di­cap. Contrai­re­ment à l’Europe, il est aus­si tout à fait légal pour les employeurs de har­ce­ler leurs sala­riés, tant qu’ils le font sans dis­cri­mi­na­tion. Les sala­riés abdiquent ain­si la tota­li­té de leurs droits. L’employeur peut espion­ner leurs com­men­taires sur Face­book, insis­ter pour que ses sala­riés s’astreignent à un régime ali­men­taire ou un pro­gramme de san­té par­ti­cu­lier, les sanc­tion­ner pour le choix de leur par­te­naire sexuel et entra­ver leur liber­té politique.

    Dans une vente simple, les pro­duits changent de main et les deux par­ties partent cha­cune de leur côté sans autres obli­ga­tions ni liens. Les sala­riés, eux, doivent se sou­mettre tota­le­ment à leurs employeurs pour la durée du contrat, ce qui, pour Eli­za­beth Ander­son, abou­tit à des rela­tions sociales extrê­me­ment inéga­li­taires. Comme elle l’a démon­tré de façon si convain­cante dans son tra­vail pré­cé­dent, des rela­tions de cet ordre sont pro­fon­dé­ment cor­ro­sives. Exer­cer son libre arbitre est un besoin humain fon­da­men­tal, et la struc­ture du sys­tème du sala­riat l’entrave. Ander­son ne cesse d’insister sur ce point encore et encore. On ne peut pas sim­ple­ment pré­tendre qu’un sala­rié qui n’aime pas son tra­vail peut le quit­ter : il ne peut pas quit­ter le sys­tème du sala­riat entier, un sys­tème qui pour­tant le dégrade et le rabaisse struc­tu­rel­le­ment. Sou­te­nir que les sala­riés sont libres parce qu’ils peuvent quit­ter leur tra­vail revient à faire valoir, écrit-elle, que Mus­so­li­ni n’était pas un dic­ta­teur parce que les Ita­liens pou­vaient émigrer.

    Ander­son uti­lise la méta­phore de la dic­ta­ture com­mu­niste : « com­mu­niste » parce que les moyens de pro­duc­tion sont pos­sé­dés par la col­lec­ti­vi­té. Ici, elle est sans doute volon­tai­re­ment pro­vo­ca­trice. On peut ima­gi­ner le fris­son, le malaise qui par­court la salle de confé­rences à la seule men­tion de ce mot. En fait la struc­ture du tra­vail sala­rié n’est qu’en par­tie sa cible. Ce qui la fait vrai­ment bon­dir, c’est la céci­té ins­ti­tu­tion­nelle de l’académie, et par­ti­cu­liè­re­ment de l’économie en tant que dis­ci­pline, devant la vraie nature de la rela­tion de tra­vail aux EU. Les éco­no­mistes qui sou­tiennent que les mar­chés du tra­vail sont fon­dés sur un libre échange souffrent d’hémiagnosie intel­lec­tuelle : comme ces tristes malades qui ne per­çoivent que la moi­tié de leur corps, de tels éco­no­mistes ne voient que la moi­tié de l’économie. La vraie force du livre, donc, est de démê­ler une alliance par­ti­cu­lière et contra­dic­toire entre la doc­trine liber­taire intel­lec­tuelle et l’autoritarisme d’entreprise et de fus­ti­ger ceux qui négligent leurs res­pon­sa­bi­li­tés pro­fes­sion­nelles et poli­tiques en refu­sant de défendre ceux qui sont au plus bas de l’échelle du tra­vail salarié.

    Le pre­mier cours d’Anderson est par­ti­cu­liè­re­ment bon. Elle offre une brève his­toire de la pen­sée éga­li­taire pré­in­dus­trielle tant en Grande-Bre­tagne qu’en Amé­rique, en l’interprétant comme source d’inspiration his­to­rique et de créa­ti­vi­té pour le pré­sent. Elle sou­tient que ces pen­seurs ont vu le mar­ché comme un moyen d’échapper au féo­da­lisme, aux patriar­cats, aux mono­poles et à toutes les autres formes de domi­na­tion qui pesaient sur la Grande-Bre­tagne au XVIIe siècle. L’archétype éga­li­taire est l’artisan indé­pen­dant ou le fer­mier pro­prié­taire, ou la sorte de petite entre­prise indus­trielle qu’Adam Smith a décrite. La révo­lu­tion indus­trielle a gâché ces rêves. Elle a per­mis une concen­tra­tion énorme de capi­taux, ren­dant non viables les petites entre­prises et les acti­vi­tés indé­pen­dantes. Les heures longues, mornes, dan­ge­reuses impo­sées à la nou­velle classe ouvrière ont reçu l’approbation d’intellectuels libé­raux anglais comme Jere­my Ben­tham, qui a pré­co­ni­sé des ins­ti­tu­tions orga­ni­sées, hié­rar­chi­sées et axées sur la rou­tine, comme fon­de­ments de la socié­té. Curieu­se­ment, selon Ander­son, ils ont réus­si à trans­plan­ter des argu­ments éga­li­taires dans ce nou­veau contexte, mal­gré le fait évident que les consé­quences du mar­ché sont tout à fait oppo­sées à l’émancipation ima­gi­née par Smith et d’autres.

    Le deuxième cours se déplace vers le ter­rain plus épi­neux du gou­ver­ne­ment pri­vé et de la dic­ta­ture com­mu­niste. Les droits exhaus­tifs confé­rés [aux employeurs] par le contrat de tra­vail limitent les liber­tés « répu­bli­caine » et posi­tive des sala­riés, l’une par rap­port à l’autorité arbi­traire et l’autre par rap­port à la pos­si­bi­li­té de se déve­lop­per à tra­vers une large gamme de choix. Elle sou­ligne l’incohérence logique de la théo­rie de l’entreprise. Les entre­prises appa­raissent quand il est plus effi­cace de coopé­rer à l’intérieur d’une orga­ni­sa­tion que de trai­ter sur le mar­ché. Les entre­prises sont donc – par défi­ni­tion – des endroits où le mar­ché s’arrête. Pour­tant les éco­no­mistes conti­nuent à sou­te­nir l’hypothèse que les contrats de tra­vail à l’intérieur des entre­prises obéissent aux lois du mar­ché à l’extérieur. Le cours se ter­mine sur quelques timides sug­ges­tions de consti­tu­tions sur le lieu de tra­vail et de démo­cra­tie [au sein de l’entreprise] pour les salariés.

    Les cours sont d’un ton mesu­ré. Ander­son est consciente de son public dis­tin­gué. Mais quand elle détri­cote la théo­rie éco­no­mique de l’entreprise, on ne peut pas s’empêcher de pen­ser que ce qu’elle recherche – ce dont elle a vrai­ment envie – c’est d’une embrouille avec un éco­no­miste. Et lors du com­men­taire final et des réac­tions, elle y arrive. Le des­ti­na­taire de son tir grou­pé est le Pr Tyler Cowen, éco­no­miste uni­ver­si­taire et chro­ni­queur très en vue, qui offre des argu­ments clas­siques contre ses affir­ma­tions : que les entre­prises favo­risent la tolé­rance pour recru­ter de meilleurs tra­vailleurs ; que les lieux de tra­vail peuvent être sources de digni­té ; que les petits avan­tages sont sou­vent trop éle­vés et donc inef­fi­caces ; que les gains, fon­dés sur l’efficacité pour la plu­part des tra­vailleurs et des clients, obte­nus en per­met­tant aux employeurs de mettre à la porte les gens comme ils le sou­haitent, l’emportent sur les coûts pour ceux qui ne sont plus employés ; que la repré­sen­ta­tion des tra­vailleurs est inef­fi­cace et péna­lise les action­naires ; et que, s’ils ne sont pas contents, les sala­riés peuvent tou­jours partir.

    Les der­nières pages du livre gré­sillent de rage. Ander­son n’est pas éton­née que Cowen, assis confor­ta­ble­ment comme il l’est en haut de la pyra­mide, soit ravi du sys­tème. Il a per­du le contact avec la réa­li­té du tra­vail quo­ti­dien, un défaut aug­men­té par un dédain pro­fes­sion­nel pour le témoi­gnage qua­li­ta­tif. Le res­pect, la posi­tion et l’autonomie ont ten­dance à aug­men­ter confor­mé­ment à la valeur mar­chande des sala­riés et une dis­cus­sion des petits avan­tages devient presque obs­cène quand l’avantage en ques­tion est le droit de ne pas être obli­gé de faire pipi dans son pan­ta­lon au tra­vail. Et sur­tout, la notion de liber­té de par­tir est risible quand les pro­blèmes sont struc­tu­rels : si 90 pour cent des ser­veuses sont vic­times de har­cè­le­ment sexuel, vers quel tra­vail faut-il qu’elles s’orientent ?

    En se concen­trant sur la posi­tion misé­rable des ouvriers et des employés dans les ser­vices, Ander­son néglige la constante dégra­da­tion du tra­vail de bureau à mesure que des régimes dis­ci­pli­naires axés sur des objec­tifs connaissent une dérive tou­jours plus éle­vée dans la hié­rar­chie des orga­ni­sa­tions. Elle ne rend aucun compte de la ges­tion inté­rio­ri­sée et de l’autocensure par­mi ces tra­vailleurs-là. Cela aurait pu aider à élar­gir le débat, par­ti­cu­liè­re­ment là où il s’applique à des envi­ron­ne­ments de tra­vail cen­sés être agréables. Les rela­tions entre les sexes telles qu’elles existent dans le tra­vail uni­ver­si­taire, par exemple, pour être intan­gibles n’en sont pas moins per­ni­cieuses. Le corps pro­fes­so­ral est ici par­ti­cu­liè­re­ment cou­pable. Quand Cowen tapote le genou méta­pho­rique d’Anderson et entonne : « Soyez assu­rée, j’offre l’interprétation cor­recte de la théo­rie », elle a tous les droits de faire déton­ner son artillerie.

    Phi­lip Ros­coe est lec­teur en ges­tion à l’Université de Saint Andrew.

    Source : Times Higher Edu­ca­tion, Phi­lip Ros­coe, 15-06-2017

    Tra­duit par les lec­teurs du site http://​www​.les​-crises​.fr. Tra­duc­tion libre­ment repro­duc­tible en inté­gra­li­té, en citant la source.
    http://​www​.les​-crises​.fr/​u​n​-​g​o​u​v​e​r​n​e​m​e​n​t​-​p​r​i​v​e​-​c​o​m​m​e​n​t​-​l​e​s​-​e​m​p​l​o​y​e​u​r​s​-​r​e​g​n​e​n​t​-​s​u​r​-​n​o​s​-​v​i​e​s​-​e​t​-​p​o​u​r​q​u​o​i​-​n​o​u​s​-​n​e​n​-​p​a​r​l​o​n​s​-​p​a​s​-​p​a​r​-​e​l​i​z​a​b​e​t​h​-​a​n​d​e​r​son

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  8. etienne

    La Russie et la Chine abandonnent officiellement le dollar comme monnaie d’échange

    Source :
    http://​reseauin​ter​na​tio​nal​.net/​r​u​s​s​i​e​-​c​h​i​n​e​-​a​b​a​n​d​o​n​n​e​n​t​-​o​f​f​i​c​i​e​l​l​e​m​e​n​t​-​d​o​l​l​a​r​-​m​o​n​n​a​i​e​-​d​e​c​h​a​n​ge/

    Afin de réduire l’hégémonie occi­den­tale, notam­ment amé­ri­caine, sur le monde de la finance, et par-delà sur l’économie mon­diale, la Rus­sie et la Chine ont déci­dé de pas­ser à la vitesse supé­rieure en annon­çant l’abandon du dol­lar comme mon­naie d’échange. Il est vrai que les sanc­tions éco­no­miques prises par les pays euro­péens et les Etats-Unis contre la Rus­sie avec l’avènement du conflit ukrai­nien ont contraint ce pays à cher­cher de nou­velles armes dans le domaine de la finance pour faire face à la crise.

    Connues pour leur proxi­mi­té pas seule­ment géo­gra­phique, mais aus­si et sur­tout stra­té­gique, la Rus­sie et la Chine semblent déci­dées à élar­gir leur coopé­ra­tion à d’autres domaines. En plus de tra­vailler ensemble et de se concen­trer sur l’affaiblissement de la supré­ma­tie du dol­lar comme mon­naie inter­na­tio­nale, les deux super­puis­sances pré­voient, en effet, la créa­tion de leur propre agence de nota­tion et d’une banque de déve­lop­pe­ment, et de sys­tèmes de paie­ment concur­rents de Mas­ter­Card et Visa. Les pays occi­den­taux ont long­temps domi­né les mar­chés financiers.

    Le dol­lar demeure (pour l’instant) la mon­naie de réserve mon­diale, les agences de nota­tion amé­ri­caines, S & P, Moo­dy et Fitch, sont les seules à réel­le­ment faire auto­ri­té pour éva­luer la sol­va­bi­li­té des entre­prises et des gou­ver­ne­ments, et le FMI est encore domi­né par les Occi­den­taux. Mais avec les ini­tia­tives récentes de la Chine et de la Rus­sie, cela pour­rait bien­tôt chan­ger. Les deux pays sont rela­ti­ve­ment mal cotés (la Chine est cotée AA- et la Rus­sie BBB) par les trois grandes agences de nota­tion (alors qu’elles décernent encore la meilleure note aux Etats-Unis, AAA), ce qui a pour consé­quence d’augmenter les taux d’intérêt qu’ils doivent payer sur leurs obli­ga­tions, et dis­sua­der les inves­tis­seurs de leur prê­ter de l’argent. La cote de la Rus­sie a été dégra­dée par S & P et Moo­dy après l’annexion de la Cri­mée. La nou­velle cote qu’elle a attri­buée au pays, « BBB » (qua­li­té moyenne infé­rieure), n’est plus qu’un grade au-des­sus de celle réser­vée à la pacotille.

    Une telle situa­tion a pous­sé les Russes à réagir promp­te­ment face à cette hégé­mo­nie amé­ri­caine. Et les choses semblent aller rapi­de­ment si l’on juge par le temps très court qui s’est écou­lé entre l’annonce faite le 14 août der­nier par le pré­sident Vla­di­mir Pou­tine de vendre désor­mais son gaz en devises natio­nales et non plus en dol­lar amé­ri­cain et l’accélération de la coopé­ra­tion sino-russe. Il n’aura donc pas fal­lu attendre long­temps pour que Mos­cou mette au point un accord glo­bal avec la Chine allant dans ce sens. L’agence de presse russe RIA Novos­ti, qui cite la revue Kom­mer­sant, va même jusqu’à annon­cer que le gou­ver­ne­ment russe a d’ores et déjà expé­dié deux navires vers l’Europe avec à leur bord 80 000 tonnes de pétrole qui seront réglées en rouble et non en dol­lar, du jamais vu.

    Une autre mesure prise par la Rus­sie et la Chine pour saper la puis­sance finan­cière de l’Ouest est la mise en place d’une banque de déve­lop­pe­ment pri­vée en concur­rence directe avec le FMI. Le manque de repré­sen­ta­ti­vi­té du FMI, où les pays émer­gents n’ont qu’un pou­voir de déci­sion très faible, est une cri­tique récur­rente. Le géant éco­no­mique qu’est la Chine, la seconde puis­sance éco­no­mique qui pour­rait même pas­ser pre­mière cette année, y détient tou­jours moins de droits de vote que la Grande-Bre­tagne, par exemple.

    La Rus­sie envi­sage éga­le­ment la créa­tion d’une « union éco­no­mique eur­asienne » dans laquelle le rouble ser­vi­rait de mon­naie d’échange cen­trale. De son côté, la Chine sou­haite déve­lop­per l’usage du ren­min­bi dans les tran­sac­tions inter­na­tio­nales. En outre, le pré­sident russe, Vla­di­mir Pou­tine, a émis le sou­hait de conce­voir un sys­tème natio­nal de paie­ment pour concur­ren­cer les géants amé­ri­cains de paie­ment Visa et Mas­ter­card. L’annonce de ces déci­sions a été accueillie avec beau­coup d’appréhension en Occi­dent. Le jour­nal alle­mand Die Welt, par exemple, com­pare ces ini­tia­tives pour mettre fin à la domi­na­tion finan­cière de l’Occident à la course aux arme­ments pen­dant la guerre froide, et il évoque « une guerre finan­cière avec l’Occident ». Il est vrai que l’hégémonie amé­ri­caine sur l’économie mon­diale à tra­vers le dol­lar n’a jamais souf­fert d’une quel­conque contes­ta­tion depuis… 1945.

    Amine Sadek

    Réponse
  9. etienne

    L’HORREUR DE LA PRISON, OUTIL CENTRAL ET FONDATEUR DU PRÉTENDU « LIBÉRALISME » pour per­mettre aux riches d’ex­ploi­ter libre­ment les pauvres : le pre­mier objet d’é­tudes de Toc­que­ville, et la rai­son même de son voyage en Amé­rique, fut le sys­tème car­cé­ral (incroyable, non ?) – L’in­ven­tion majeure de Ben­tham, autre père fon­da­teur du « libé­ra­lisme », est le pan­op­tique, une pri­son par­faite, pour enfer­mer les (innom­brables) récal­ci­trants à leur idéo­lo­gie de pro­prié­taires « invio­lables et sacrés ».

    Quand parlent les chiffres


    https://​www​.legrand​soir​.info/​q​u​a​n​d​-​p​a​r​l​e​n​t​-​l​e​s​-​c​h​i​f​f​r​e​s​.​h​tml

    Source : Le Grand Soir

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    • Lolo

      C’est effa­rant comme dans ce pays on s’in­quiète plus du sort des pri­son­niers que de celui des victimes.

      Réponse
    • joss

      Un GRAND livre sur le sujet :
      « Sur­veiller et punir » de Michel Foucault

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  10. etienne

    Liste de 176 acquisitions de Google ! Entreprises, brevets, tout y passe

    Voi­ci une liste de 176 socié­tés et bre­vets rache­tés par Google depuis 2001. J’essaie de la tenir à jour (comme celle des pro­duits et ser­vices Google) afin d’aider à com­prendre la stra­té­gie glo­bale de Google. Ces der­niers mois Google inves­tit beau­coup dans le cloud.

    Lire la suite :

    http://​www​.webran​kin​fo​.com/​d​o​s​s​i​e​r​s​/​g​o​o​g​l​e​/​a​c​q​u​i​s​i​t​i​ons

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  11. etienne

    La CIA reconnaît avoir orchestré le coup d’Etat iranien de 1953

    par Marie-Vio­lette Ber­nard — Libé­ra­tion, 20 août 2013


    Moham­med Mos­sa­degh lors de son pro­cès le 11 novembre 1953 devant le Tri­bu­nal Mili­taire de Téhé­ran. Pho­to archive AFP.

    Des docu­ments récem­ment déclas­si­fiés confirment le rôle des Amé­ri­cains dans le putsch contre le Pre­mier ministre Moha­med Mossadegh.

    Soixante ans après le coup d’État qui a ren­ver­sé le Pre­mier ministre ira­nien Moha­med Mos­sa­degh, le 18 août 1953, la CIA recon­naît pour la pre­mière fois avoir orches­tré ce putsch dans des docu­ments récem­ment déclas­si­fiés. Les Archives de la sécu­ri­té natio­nale ont publié lun­di sur leur site plu­sieurs docu­ments internes, notam­ment le rap­port d’un his­to­rien de l’agence amé­ri­caine du ren­sei­gne­ment datant des années 1970. Un groupe de cher­cheurs de l’université George Washing­ton a obte­nu ces docu­ments grâce à la loi sur la liber­té des infor­ma­tions, obli­geant les agences fédé­rales amé­ri­caines à trans­mettre leurs docu­ments internes à qui­conque en fait la demande.

    « Le coup d’État mili­taire qui a ren­ver­sé Mos­sa­degh et son cabi­net de Front natio­nal a été mené sous la direc­tion de la CIA dans un acte de poli­tique étran­gère », est-il écrit dans ces docu­ments. Les États-Unis avaient en effet déci­dé d’appuyer le Royaume-Uni, pla­cé dans une situa­tion déli­cate après la natio­na­li­sa­tion en 1951 de l’Anglo-Iranian Oil Com­pa­ny, l’ancêtre de BP, par Moha­med Mos­sa­degh. Washing­ton crai­gnait à l’époque que les Sovié­tiques n’envahissent l’Iran, dans un contexte de guerre froide. « Non seule­ment le pétrole ira­nien aurait alors été irré­mé­dia­ble­ment per­du pour l’Ouest, mais la chaîne de défense autour de l’Union sovié­tique, une com­po­sante de la poli­tique étran­gère amé­ri­caine, aurait été rom­pue », jus­ti­fient les auteurs des rapports.

    Les États-Unis ont orches­tré le ren­ver­se­ment de Moha­med Mos­sa­degh lors d’une opé­ra­tion secrète dont le nom de code était TPAJAX. Le com­plot, repo­sant sur des col­la­bo­ra­teurs locaux, consis­tait notam­ment à affai­blir le Pre­mier ministre par une cam­pagne de pro­pa­gande, à for­cer le chah à coopé­rer, à sou­doyer les membres du Par­le­ment ira­nien et à orga­ni­ser des mani­fes­ta­tions, rap­porte le maga­zine amé­ri­cain Forei­gn Poli­cy. Après le coup d’État, le chah Moham­mad Reza Pah­la­vi fut mis sur le trône et demeu­ra un proche allié de Washing­ton jusqu’à son ren­ver­se­ment lors de la révo­lu­tion isla­mique de 1979.


    Le Shah d’I­ran et l’Im­pé­ra­trice Soraya venant de Bag­dad, arrivent à l’aé­ro­port de Rome le 18 août 1953. (Pho­to archive AFP)

    Un secret de polichinelle

    Le rôle de la CIA dans ce putsch, un secret de poli­chi­nelle depuis des années, hante tou­jours les rela­tions entre les États-Unis et l’Iran. La secré­taire d’Etat amé­ri­caine Made­leine Albright, pour ten­ter d’améliorer les rela­tions avec Téhé­ran, avait déjà admis en 2000 que les Etats-Unis avaient « joué un rôle signi­fi­ca­tif » dans le ren­ver­se­ment de Mos­sa­degh. Et d’ajouter qu’il s’agissait d’un « revers pour le déve­lop­pe­ment poli­tique de l’Iran ». Le pré­sident Barack Oba­ma avait lui aus­si recon­nu le rôle des Etats-Unis lors de son dis­cours au Caire en 2009.

    [Extraits du docu­ment rela­tif à l’o­pé­ra­tion secrète]

    Néan­moins, la posi­tion est toute autre au Royaume-Uni, qui a lui aus­si par­ti­ci­pé à l’orchestration de ce putsch. Les docu­ments révèlent ain­si que les Bri­tan­niques ont empê­ché leurs alliés de déclas­si­fier ces « infor­ma­tions embar­ras­santes » dans les années 1970. Bien que l’ancien ministre des Affaires étran­gères anglais Jack Straw ait publi­que­ment recon­nu en 2009 les « inter­fé­rences » du Royaume-Uni dans la vie poli­tique ira­nienne du XXe siècle, le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique s’est refu­sé lun­di à confir­mer son impli­ca­tion dans le coup d’Etat, rap­porte le Guardian.

    Un cer­tain nombre de docu­ments concer­nant le coup d’Etat de 1953 sont aujourd’hui encore clas­si­fiés. Mal­colm Byrne, le direc­teur adjoint des Archives de la sécu­ri­té natio­nale, a appe­lé les auto­ri­tés amé­ri­caines à publier le reste des rap­ports sur cette affaire. « Il n’y a plus de rai­son valable à gar­der secret un épi­sode si impor­tant de notre his­toire récente », a‑t-il expli­qué lun­di. « Étouf­fer ces détails ne fait que déna­tu­rer l’Histoire et par­ti­cipe à la créa­tion de mythes de chaque côté », conclut-il. L’administration amé­ri­caine, qui a pré­cé­dem­ment expri­mé ses regrets au sujet de ce putsch, n’a jusqu’ici jamais pré­sen­té d’excuses officielles.

    Marie-Vio­lette Ber­nard Sésia

    Lire l’ar­ticle :
    http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​p​l​a​n​e​t​e​/​2​0​1​3​/​0​8​/​2​0​/​l​a​-​c​i​a​-​r​e​c​o​n​n​a​i​t​-​a​v​o​i​r​-​o​r​c​h​e​s​t​r​e​-​l​e​-​c​o​u​p​-​d​-​e​t​a​t​-​i​r​a​n​i​e​n​-​d​e​-​1​9​5​3​_​9​2​5​833

    Source : Libé­ra­tion, en 2013.
    Signa­lée par Oli­vier Ber­ruyer, sur les​-crises​.fr.

    Réponse
  12. Gaudefroy

    De tous les blogs qui luttent en per­ma­nence contre les trom­pe­ries innom­brables entre états ou des états contre le peuple, le blog de Jim Fet­zer me parait l’un des plus inté­res­sants (c’est en anglais) : 

    Son der­nier article relaie un appel urgent à Trump d’ar­rê­ter Soros, l’ar­chi­tecte des révo­lu­tions colo­rées et du coup d’é­tat en cours aux USA ain­si que de sor­tir le joker du 11 sep­tembre en révé­lant ce qu’il sait.

    http://​james​fet​zer​.blog​spot​.fr/​2​0​1​7​/​0​8​/​s​o​r​o​s​-​m​u​s​t​-​b​e​-​a​r​r​e​s​t​e​d​-​p​r​o​s​e​c​u​t​e​d​-​a​n​d​.​h​tml

    Ou cet article sur Robert Muel­ler, l’homme le plus dan­ge­reux des USA :

    http://​james​fet​zer​.blog​spot​.fr/​2​0​1​7​/​0​8​/​s​c​o​t​t​-​b​e​n​n​e​t​t​-​m​u​e​l​l​e​r​-​n​e​x​t​-​m​a​n​c​h​u​r​i​a​n​.​h​tml

    (cela vau­drait le coup de tra­duire les 2)

    L’in­ver­sion accu­sa­toire consis­te­ra à accu­ser Jim Fet­zer de conspi­ra­tion­nisme, cad de l’ac­cu­ser de for­ger lui-même avec son ima­gi­na­tion les trom­pe­ries qu’il s’ef­force de dénon­cer objectivement…

    Tou­jours dans la rubrique com­plot : docu­ments  » déclas­si­fiés  » du FBI sur la fuite de Hit­ler en Argentine…

    https://​vault​.fbi​.gov/​a​d​o​l​f​-​h​i​t​l​e​r​/​a​d​o​l​f​-​h​i​t​l​e​r​-​p​a​r​t​-​0​1​-​o​f​-​0​4​/​v​iew

    J’ai du mal à y croire, je n’ai pas tout lu.
    Manoeuvre du pou­voir de déclas­si­fier du vrai et du faux ?
    Je donne ma langue au chat.

    Un autre dénon­cia­teur de com­plots est Gor­don Duff de vete­rans today qui me parait beau­coup plus dou­teux. Les  » révé­la­tions  » dans ces articles se ramassent à la pelle.

    Hors sujet de ce fil : une nou­velle assez incroyable rele­vée par le jour­nal de TV  » Libertés » : 

    Ins­tan­ta­né d’une réécri­ture du Monde par Google fla­shé le 21/08/2017 :

    https://​you​tu​.be/​H​x​L​s​A​Q​l​9​8v8

    Réponse
    • Ronald

      Pour le papier du FBI, il est juste dit si j’ai bien com­pris qu’un infor­ma­teur du FBI à ren­con­tré quel­qu’un qui lui a dit avoir vu Hit­ler trans­fé­ré en Argen­tine. Je ne dis pas que ça ne méri­tais pas un compte-ren­du offi­ciel, mais j’i­ma­gine qu’au­jourd’­hui le FBI doit rece­voir tous les jours ce genre d’in­fo avec feu Ben Laden ou Sad­dam Hus­sein … En outre, le résu­mé dit bien que l’in­for­ma­tion a été « unable to be verified ».

      Pour l’in­for­ma­tion sur Google, c’est vrai et je n’ai pas d’ex­pli­ca­tion. Mais bon, si je tape [his­to­ry art « people of color »], l’al­go­rithme me donne à peu près les même pho­tos que [his­to­ry euro­pean people].

      Alors, il ne faut pas tou­jours prendre ce que dit TV Liber­tés pour argent comp­tant. Actuel­le­ment, ils relaient l’in­for­ma­tion que « les anti­fa amé­ri­cains mani­festent parce que Soros ne leur paie pas leur salaire » :
      https://​twit​ter​.com/​t​v​l​o​f​f​i​c​i​e​l​/​s​t​a​t​u​s​/​8​9​9​5​5​0​1​5​5​6​9​4​8​9​1​009
      C’est rigo­lo, mais il ne faut quand même pas réflé­chir long­temps pour se dire que c’est peut-être un fake. En quelque clics, on trouve la source :
      https://​twit​ter​.com/​b​e​v​h​i​l​l​s​a​n​t​i​f​a​/​s​t​a​t​u​s​/​8​4​8​7​4​1​1​3​0​0​4​0​6​2​3​1​0​6​?​l​a​n​g​=fr
      Qui est un compte paro­dique (son nom « Bever­ly Hil­ls anti­fa » étant un indice fort pour les gens cré­dules). Ou alors TV Liber­tés l’a com­pris et fait elle-même du second degré, mais j’en doute. Je crains qu’il n’y ait ni chez eux ni dans leurs spec­ta­teurs la moindre per­sonne qui s’in­quiète de véri­fier les informations.

      Réponse
      • Gaudefroy

        @Ronald

        Je ne prends sur­tout pas ce que dit TV  » Liber­tés  » pour argent comp­tant. Comme ce jour­nal indexe les sujets, je peux le regar­der vite fait en dia­go­nale. Et com­pa­ré à l’é­crit, c’est de fait très pauvre.

        Concer­nant la réécri­ture du Monde par Google, j’ai bien sûr véri­fié par moi-même sur Google en tapant les mots-clés évo­qués. Met­tez-vous dans la peau d’un afri­cain qui tape­rait afri­ca his­to­ry people sur Google et qui ne ver­rait dans Google images pra­ti­que­ment que des blancs.

         » Mais bon, si je tape [his­to­ry art « people of color »], l’algorithme me donne à peu près les même pho­tos que [his­to­ry euro­pean people]. » 

        Votre phrase est plu­tôt absconse. 

        Les peuples Euro­péens sont des peuples de cou­leur, comme tous les autres peuples du monde…et de cou­leur blanche. Comme on appelle les peuples Afri­cain par com­mo­di­té des peuples de cou­leur noire (à l’ex­cep­tion des pays  » arabes »).

        Réponse
        • Ronald

          « Abs­conse », oui, déso­lé, j’ai été un peu laco­nique ; c’est parce c’é­tait rédi­gé après avoir lu plu­sieurs pages sur le sujet.
          Je résume : le pro­blème est déjà évo­qué depuis un cer­tain temps sur les forums amé­ri­cains. Je n’ai pas vu d’ex­pli­ca­tion défi­ni­tive. Il y a des inter­ve­nants qui font remar­quer que la plu­part des pho­tos sont des pein­tures, et ont consta­té que quand on rem­place la recherche [his­to­ry euro­pean people] par [his­to­ry art people], l’al­go­rithme des images Google donne a peu près les même résul­tats. Pour­quoi, on ne sait pas. Est-ce que parce que les requêtes Google faites aux USA asso­cient le plus sou­vent « his­to­ry » et « euro­pean » à l’his­toire de l’art ?
          Ca n’ex­plique pas la sur­re­pré­sen­ta­tion d’i­mages de Noirs. Mais d’autres per­sonnes évoquent que peut-être la recherche Google « people » serait très sou­vent (aux USA) dans le cadre de l’ex­pres­sion « black people ». L’al­go­rithme asso­cie­rait les deux mots spontanément.

          Effec­ti­ve­ment alors, si vous faite la recherche [his­to­ry art « people of color »], vous tom­bez sur la liste des images en causes, mais ça semble là tout à fait adé­quat. Mais par les « rai­son­ne­ments » de l’al­go­rithme Google on en arri­ve­rait à la situa­tion où la recherche [his­to­ry euro­pean people] ren­voie à la solu­tion de la recherche [his­to­ry art « people of color »].

          Voi­là, c’est ain­si que j’i­ma­gine les choses. Ce n’est pas la pre­mière fois que des bizar­re­ries de la recherche Google sont sou­le­vées, il y en a d’autres qui cir­culent dans d’autres domaines (pour­quoi est-ce que quand j’é­cris dans la barre de recherche « j’ai 8 », la sai­sie semi-auto­ma­tique me sort « j’ai 8 ans et je suis enceinte » ?! …).

          Réponse
  13. etienne

    Quand Xavier Niel (pro­prié­taire du Monde et de l’Obs) a un sou­ci avec un jour­na­liste, il achète son jour­nal pour être tranquille…

    Signa­lé par les​-crises​.fr

    Réponse
  14. etienne

    Poutine interpelle les journalistes :
    pourquoi ne diffusez-vous pas tous les gestes US agressifs contre la Russie ?

    Réponse

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