[via les​-crises​.fr] L’assassinat de la Grèce, par James Petras

1/04/2015 | 53 commentaires

L’assassinat de la Grèce
par James Petras :

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L’asphyxie de Syri­za fait par­tie inté­grante d’un pro­ces­sus qui dure depuis dix ans en vue de l’élimination de la Grèce par l’UE.

by Dr. James Petras

Le gou­ver­ne­ment grec est aujourd’hui enfer­mé dans une lutte à mort face à l’élite qui domine les banques et les centres du pou­voir poli­tique de l’Union Européenne.

Ce qui est en jeu, ce sont les condi­tions de vie de 11 mil­lions de tra­vailleurs, fonc­tion­naires et arti­sans grecs, ain­si que la via­bi­li­té de l’Union Euro­péenne. Si le gou­ver­ne­ment de Syri­za capi­tule face aux exi­gences des ban­quiers de l’Union Euro­péenne et accepte de pour­suivre la poli­tique d’austérité, la Grèce sera alors condam­née à des décen­nies de régres­sion, de misère et de domi­na­tion colo­niale. Si la Grèce décide de résis­ter et si elle est contrainte de quit­ter l’Union Euro­péenne, il lui fau­dra répu­dier une dette exté­rieure de 270 mil­liards d’euros, pro­vo­quant la chute des mar­chés finan­ciers inter­na­tio­naux et l’effondrement de l’Union Européenne.

Les diri­geants euro­péens : des fan­toches impuissants

Les diri­geants de l’Union Euro­péenne misent sur un renie­ment par les diri­geants de Syri­za des pro­messes faites à l’électorat grec qui, au début du mois de février 2015, vou­lait, à une écra­sante majo­ri­té (plus de 70 %), en finir avec l’austérité et le paie­ment de la dette, déve­lop­per les inves­tis­se­ments de l’état dans l’économie natio­nale et le déve­lop­pe­ment social (Finan­cial Times 7−8÷2÷15, p. 3). Les choix sont dou­lou­reux, leurs consé­quences auront une por­tée his­to­rique mon­diale. Les enjeux vont bien au-delà de l’aspect local, ou même régio­nal à court terme. C’est à l’échelle mon­diale que tout le sys­tème finan­cier en sera affec­té (FT 10/2/15, p. 2).

Bien au-delà de l’Europe, le non-rem­bour­se­ment de la dette va se pro­pa­ger à tous, débi­teurs ou créan­ciers ; la confiance des inves­tis­seurs à l’égard de l’empire finan­cier occi­den­tal sera ébran­lée. Avant tout, toutes les banques occi­den­tales ont des liens directs ou indi­rects avec les banques grecques (FT 2/6/15, p. 3). Quand ces der­nières s’effondreront, elles seront pro­fon­dé­ment affec­tées au-delà de ce que leurs gou­ver­ne­ments peuvent sup­por­ter. L’intervention mas­sive de l’état sera à l’ordre du jour. Le gou­ver­ne­ment grec n’aura plus alors d’autre choix que de prendre le contrôle de l’ensemble du sys­tème finan­cier… l’effet domi­no affec­te­ra en pre­mier lieu l’Europe du Sud puis se pro­pa­ge­ra aux “régions domi­nantes” du nord ain­si qu’à l’Angleterre et à l’Amérique du Nord (FT 9/2/15, p. 2).

Afin de com­prendre les ori­gines de ces crises et des choix aux­quels la Grèce et l’Union Euro­péenne sont confron­tées, il est néces­saire de pas­ser rapi­de­ment en revue les déve­lop­pe­ments éco­no­miques et poli­tiques des trois der­nières décen­nies. Nous pro­cé­de­rons en exa­mi­nant les rela­tions grecques et euro­péennes entre les années 1980 et 2000, puis la crise actuelle et l’intervention euro­péenne dans l’économie grecque. Dans la sec­tion finale, nous dis­cu­te­rons de l’ascension et de l’élection de Syri­za et de sa sou­mis­sion gran­dis­sante dans le contexte 0de domi­na­tion et d’intransigeance de l’Union Euro­péenne, met­tant en évi­dence la néces­si­té d’une cas­sure radi­cale avec les anciennes rela­tions de ‘sei­gneur à vassal’.

His­toire ancienne : la fon­da­tion de l’empire européen

En 1980 la Grèce fut admise dans la Com­mu­nau­té éco­no­mique euro­péenne (CEE) comme un état vas­sal de l’empire émergent fran­co-alle­mand. Avec l’élection d’Andreas Papan­dréou, chef du par­ti pan­hel­lé­nis­tique socia­liste grec qui dis­po­sait d’une majo­ri­té abso­lue au Par­le­ment, l’espoir d’un chan­ge­ment radi­cal dans les affaires inté­rieures et exté­rieures se fai­sait jour. 1/ En par­ti­cu­lier, pen­dant la cam­pagne élec­to­rale, Papan­dréou avait pro­mis la sor­tie de l’OTAN et de la CEE, l’annulation des accords auto­ri­sant les États-Unis à main­te­nir des bases mili­taires en Grèce et une éco­no­mie fon­dée sur la “pro­prié­té sociale” des moyens de pro­duc­tion. Après avoir été élu, Papan­dréou a immé­dia­te­ment assu­ré à la CEE et à Washing­ton que son gou­ver­ne­ment res­te­rait au sein de la com­mu­nau­té euro­péenne et de l’OTAN et renou­ve­lé les accords sur les bases mili­taires des États-Unis. Des études, com­man­dées par le gou­ver­ne­ment au début des années 80, mon­trant les résul­tats à moyen et long terme du main­tien de la Grèce dans la CEE, notam­ment la perte de contrôle du com­merce, des bud­gets et des mar­chés, ont été igno­rées par Papan­dréou qui a choi­si de sacri­fier l’indépendance poli­tique et l’autonomie éco­no­mique sur l’autel des trans­ferts de fonds à grande échelle, des prêts et des cré­dits venant de la CEE. Depuis son bal­con, Papan­dréou a par­lé aux masses d’indépendance, de jus­tice sociale, alors qu’il conser­vait des liens avec les ban­quiers euro­péens et les oli­garques grecs, arma­teurs comme ban­quiers. L’élite euro­péenne à Bruxelles et les oli­garques grecs à Athènes ont gar­dé la main­mise sur les hautes sphères du sys­tème poli­tique et éco­no­mique de la Grèce.

Papan­dréou a conser­vé les pra­tiques de clien­té­lisme poli­tique mises en place par les pré­cé­dents gou­ver­ne­ments de droite, rem­pla­çant uni­que­ment les fonc­tion­naires de droite par des membres du par­ti PASOK.

La CEE a balayé la rhé­to­rique radi­cale bidon de Papan­dréou et s’est foca­li­sée sur le fait qu’elle ache­tait le contrôle et la sou­mis­sion de l’état grec en finan­çant un régime clien­té­liste cor­rom­pu, qui détour­nait les fonds des pro­jets de déve­lop­pe­ment de la com­pé­ti­ti­vi­té éco­no­mique grecque au pro­fit d’un sys­tème de favo­ri­tisme fon­dé sur une consom­ma­tion accrue.

Les élites euro­péennes savaient, au final, que la main­mise finan­cière sur l’économie leur per­met­trait de dic­ter la poli­tique grecque et de la gar­der au sein de l’empire euro­péen émergent.

En dépit de la rhé­to­rique déma­go­gique “tiers-mon­diste” de Papan­dréou, la Grèce était pro­fon­dé­ment ancrée au sein de l’Union Euro­péenne et de l’OTAN. Entre 1981 et 1985, Papan­dréou a reje­té sa rhé­to­rique socia­liste en faveur d’une aug­men­ta­tion des dépenses sociales pour les réformes de l’aide sociale, l’augmentation des salaires, des pen­sions et de la cou­ver­ture de san­té, tout en ren­flouant les entre­prises en faillite éco­no­mique mises à terre par des capi­ta­listes klep­to­crates. Résul­tat, tan­dis que le niveau de vie aug­men­tait, la struc­ture éco­no­mique de la Grèce res­sem­blait tou­jours à celle d’un état vas­sal for­te­ment dépen­dant de la finance de l’Union Euro­péenne, des tou­ristes euro­péens, et à une éco­no­mie de rente basée sur l’immobilier, la finance et le tourisme.

Papan­dréou a conso­li­dé le rôle de la Grèce comme avant-poste vas­sa­li­sé de l’OTAN, une plate-forme pour une inter­ven­tion mili­taire amé­ri­caine au Moyen-Orient et en Médi­ter­ra­née orien­tale dou­blée d’un mar­ché pour les pro­duits manu­fac­tu­rés d’Allemagne et d’Europe du Nord.

D’octobre 1981 à juillet 1989 la consom­ma­tion grecque a aug­men­té tan­dis que la pro­duc­ti­vi­té stag­nait. Papan­dréou a rem­por­té les élec­tions en 1985 en uti­li­sant les fonds de la CEE. Pen­dant ce temps la dette grecque euro­péenne s’envolait… Les diri­geants de l’UE ont condam­né la mau­vaise uti­li­sa­tion des fonds par la vaste armée de klep­to­crates de Papan­dréou mais pas trop bruyam­ment. Bruxelles recon­nais­sait que Papan­dréou et le PASOK repré­sen­taient le meilleur moyen pour muse­ler l’électorat radi­cal grec et gar­der la Grèce sous tutelle de la CEE et comme fidèle vas­sal de l’OTAN.

Des leçons pour Syri­za : les réformes à court terme et la stra­té­gie vas­sa­liste du PASOK

Qu’il soit dans le gou­ver­ne­ment ou en dehors, le PASOK a sui­vi les traces de son adver­saire de droite (Nou­velle Démo­cra­tie) en accep­tant la cami­sole de force de l’OTAN-CEE. La Grèce a conti­nué à main­te­nir les dépenses mili­taires par habi­tant au niveau le plus éle­vé de tous les membres euro­péens de l’OTAN. Résul­tat, la Grèce a reçu prêts et cré­dits pour finan­cer des réformes sociales à court terme et la cor­rup­tion à grande échelle à long terme, tout en élar­gis­sant l’appareil poli­tique de l’état-parti.

Avec l’ascension du pre­mier ministre ouver­te­ment néo­li­bé­ral Costas Simi­tis en 2002, le régime du PASOK a mani­pu­lé les comptes, fabri­qué des don­nées gou­ver­ne­men­tales sur son défi­cit bud­gé­taire, avec l’aide des banques d’investissement de Wall Street, et est deve­nu un membre de l’Union Moné­taire Euro­péenne. En adop­tant l’euro, Simi­tis a favo­ri­sé une plus grande subor­di­na­tion finan­cière de la Grèce aux fonc­tion­naires euro­péens non élus de Bruxelles, domi­nés par le minis­tère alle­mand des finances et les banques.

Les oli­garques grecs ont fait de la place au som­met pour une nou­velle espèce d’élite klep­to­cra­tique issue du PASOK, qui a détour­né des mil­lions sur les achats mili­taires, com­mis des fraudes ban­caires et s’est livrée à une éva­sion fis­cale massive.

Les élites bruxel­loises ont per­mis à la classe moyenne grecque de vivre l’illusion d’être des “euro­péens pros­pères” car elles conser­vaient une influence déci­sive à tra­vers les prêts et l’accumulation des dettes.

Une fraude ban­caire à grande échelle – trois cent mil­lions d’euros – a même impli­qué le bureau de l’ex-premier ministre Papandréou.

Les rela­tions clien­té­listes à l’intérieur de la Grèce n’avaient d’égales que les rela­tions clien­té­listes entre Bruxelles et Athènes.

Même avant le krach de 2008 les créan­ciers de l’UE, ban­quiers pri­vés et prê­teurs offi­ciels, fixaient les para­mètres de la poli­tique grecque.

Le krach mon­dial révé­la les fon­da­tions fra­giles de l’état grec – et condui­sit direc­te­ment à l’intervention directe et bru­tale de la Banque Cen­trale Euro­péenne, du Fonds Moné­taire Inter­na­tio­nal et de la Com­mis­sion Euro­péenne – la tris­te­ment célèbre « Troï­ka ». Cette der­nière a impo­sé les poli­tiques « d’austérité » comme condi­tion du “sau­ve­tage”, qui ont dévas­té l’économie, pro­vo­quant une crise éco­no­mique majeure, appau­vris­sant plus de 40% de la popu­la­tion, rédui­sant les reve­nus de 25% et géné­rant 28% de chômage.

La Grèce : cap­ti­vi­té par invitation

Pri­son­nière de l’UE poli­ti­que­ment et éco­no­mi­que­ment, la Grèce était impuis­sante au plan poli­tique. Mis à part les syn­di­cats qui ont lan­cé trente grèves géné­rales entre 2009 et 2014, les deux prin­ci­paux par­tis, PASOK et Nou­velle Démo­cra­tie, ont ame­né la prise de contrôle par l’UE. La dégé­né­res­cence du PASOK en un appen­dice de l’UE consti­tué d’oligarques et de vas­saux col­la­bo­ra­teurs a vidé de son sens la rhé­to­rique ‘socia­liste’. Le par­ti de droite Nou­velle Démo­cra­tie a ren­for­cé et ren­du plus pro­fonde encore la main­mise de l’UE sur l’économie grecque. La Troï­ka a prê­té à son vas­sal grec des fonds (“de sau­ve­tage”) qui furent uti­li­sés pour rem­bour­ser les oli­garques finan­ciers alle­mands, fran­çais et anglais et ren­for­cer les banques pri­vées grecques. La popu­la­tion grecque était ‘affa­mée’ par les poli­tiques “d’austérité” des­ti­nées à main­te­nir le flot des rem­bour­se­ments sor­tant vers le haut.

L’Europe : Union ou Empire ?

La crise de L’Union Euro­péenne de 2008/2009 eut plus d’impact sur ses maillons faibles, l’Europe du Sud et l’Irlande. L’Union Euro­péenne a révé­lé sa véri­table nature d’empire hié­rar­chique, dans lequel les états puis­sants, l’Allemagne et la France, pou­vaient ouver­te­ment et direc­te­ment contrô­ler l’investissement, le com­merce, les poli­tiques moné­taires et finan­cières. Le “sau­ve­tage” de la Grèce tant van­té par l’UE était en fait le pré­texte pour impo­ser de pro­fonds chan­ge­ments struc­tu­rels. Ceux-ci incluaient la déna­tio­na­li­sa­tion et la pri­va­ti­sa­tion de tous les sec­teurs éco­no­miques stra­té­giques, les rem­bour­se­ments de dettes per­pé­tuels, les dik­tats étran­gers sur les poli­tiques de reve­nus et d’investissements. La Grèce a ces­sé d’être un état indé­pen­dant : elle a été tota­le­ment et abso­lu­ment colonisée.

Les crises per­pé­tuelles de la Grèce : la fin de “l’illusion européenne”

L’élite grecque et, au moins depuis 5 ans, la plu­part des élec­teurs, ont cru que les mesures régres­sives (“aus­té­ri­té”) adop­tées – les licen­cie­ments, les coupes bud­gé­taires, les pri­va­ti­sa­tions, etc., étaient des trai­te­ments amers de courte durée qui mène­raient rapi­de­ment à une réduc­tion de la dette, à l’équilibre bud­gé­taire, à de nou­veaux inves­tis­se­ments, à la crois­sance et au redres­se­ment. Du moins, c’est ce que leur disaient les experts éco­no­miques et les diri­geants de Bruxelles.

En réa­li­té, la dette a aug­men­té, la spi­rale des­cen­dante de l’économie s’est pour­sui­vie, le chô­mage s’est ampli­fié, la dépres­sion s’est aggra­vée. “L’austérité” était une poli­tique de classe ins­tau­rée par Bruxelles pour enri­chir les ban­quiers étran­gers et piller le sec­teur public grec.

La clé du pillage par l’UE a été la perte de la sou­ve­rai­ne­té grecque. Les deux par­tis majo­ri­taires, Nou­velle Démo­cra­tie et le PASOK, en étaient des com­plices actifs. Mal­gré un taux de chô­mage de 55% chez les 16–30 ans, la cou­pure de l’électricité de 300 000 foyers et un exode de masse (plus de 175 000), l’UE (comme on pou­vait le pré­voir) a refu­sé d’admettre que le plan d’”austérité” avait échoué à redres­ser l’économie grecque. La rai­son pour laquelle l’UE s’obstinait dans cette “poli­tique ayant échoué” rési­dait dans le fait qu’elle béné­fi­ciait du pou­voir, des pri­vi­lèges et des pro­fits du pillage et de sa supré­ma­tie impériale.

De plus, la recon­nais­sance par l’élite de Bruxelles de son échec en Grèce aurait pro­ba­ble­ment pour résul­tat qu’il lui serait deman­dé de recon­naître éga­le­ment ses échecs dans le reste de l’Europe du Sud et au-delà, y com­pris en France, en Ita­lie et chez d’autres membres clés de l’UE (Eco­no­mist 17/1/15, p. 53). Les élites diri­geantes, finan­cières et entre­pre­neu­riales, d’Europe et des USA ont pros­pé­ré par les crises et la dépres­sion, en impo­sant des coupes bud­gé­taires dans les sec­teurs sociaux, les salaires et les trai­te­ments. Admettre un échec en Grèce aurait des réper­cus­sions en Amé­rique du Nord et en Europe, remet­tant en ques­tion leurs poli­tiques éco­no­miques, leur idéo­lo­gie et la légi­ti­mi­té des diri­geants. La rai­son pour laquelle tous les régimes de l’UE sou­tiennent l’insistance de l’UE à ce que la Grèce conti­nue à res­pec­ter cette poli­tique “d’austérité” mani­fes­te­ment per­verse et rétro­grade et impose des “réformes struc­tu­relles” réac­tion­naires, est que ces mêmes gou­ver­nants ont sacri­fié le niveau de vie de leur propre popu­la­tion active au cours des crises éco­no­miques (FT 13/2/15, p. 2).

Les crises éco­no­miques, de 2008/2009 jusqu’à aujourd’hui (2015), demandent tou­jours de durs sacri­fices pour per­pé­tuer les pro­fits des classes diri­geantes et finan­cer les sub­ven­tions publiques des banques pri­vées. Toutes les ins­ti­tu­tions finan­cières majeures – la BCE, la Com­mis­sion Euro­péenne et le FMI – suivent la même ligne : aucune contes­ta­tion ou écart ne sera tolé­ré. La Grèce doit accep­ter les dik­tats de l’UE ou faire face à d’énormes repré­sailles finan­cières. “Etran­gle­ment éco­no­mique ou ser­vage per­pé­tuel envers la dette” est la leçon que Bruxelles envoie à tous les états membres de l’UE. Alors que, osten­si­ble­ment, elle parle à la Grèce – c’est un mes­sage des­ti­né à tous les états, mou­ve­ments d’opposition et syn­di­cats qui met­traient en ques­tion les dik­tats de l’oligarchie bruxel­loise et de ses suze­rains allemands.

Tous les prin­ci­paux médias et grands pontes de l’économie ont ser­vi de méga­phone aux oli­garques de Bruxelles. Le mes­sage répé­té sans cesse par les libé­raux, conser­va­teurs et sociaux démo­crates aux nations per­sé­cu­tées, aux tra­vailleurs dont les reve­nus baissent, qu’ils soient sala­riés ou payés à la tâche, ain­si qu’aux petits entre­pre­neurs, est qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter des mesures rétro­grades, taillant dans le vif de leurs condi­tions de vie (les “réformes”) s’ils veulent espé­rer la ‘reprise éco­no­mique’ – qui, bien sûr, n’a pas eu lieu depuis cinq ans !

La Grèce est deve­nue la cible prin­ci­pale des élites éco­no­miques en Europe car les grecs sont pas­sés de mani­fes­ta­tions sans consé­quence au pou­voir poli­tique. L’élection de Syri­za, sur la base d’une sou­ve­rai­ne­té conva­les­cente, reje­tant l’austérité et redé­fi­nis­sant ses rela­tions avec les cré­di­teurs en faveur d’un déve­lop­pe­ment natio­nal marque les pré­mices d’une éven­tuelle confron­ta­tion à l’échelle du continent.

L’ascension de Syri­za : héri­tage dou­teux, luttes de masse et pro­messes radi­cales (non tenues)

La crois­sance de Syri­za, d’une alliance de petites sectes mar­xistes en un par­ti élec­to­ral de masse, est lar­ge­ment due à l’incorporation de mil­lions de fonc­tion­naires des classes moyennes, de retrai­tés et de petits entre­pre­neurs. Beau­coup sou­te­naient le PASOK aupa­ra­vant. Ils ont voté Syri­za pour retrou­ver leurs condi­tions de vie et la sta­bi­li­té de l’emploi de la pré­cé­dente période de “pros­pé­ri­té” (2000−2007) qu’ils avaient obte­nue au sein de l’UE. Le rejet total du PASOK et de la Nou­velle Démo­cra­tie fut l’aboutissement de 5 années de pro­fondes souf­frances qui auraient pu pro­vo­quer une révo­lu­tion dans un autre pays. Leur radi­ca­lisme com­men­ça par des mani­fes­ta­tions, des marches, et des grèves qui furent autant de ten­ta­tives de pres­sion sur les régimes de droite pour qu’ils changent le cap de l’UE et que cesse l’austérité tout en res­tant au sein de l’UE.

Ce sec­teur de SYRIZA est ‘radi­cal’ en ce qu’il oppose le confor­misme pré­sent à la nos­tal­gie du pas­sé – le temps des vacances à Londres et Paris finan­cées par l’euro, du cré­dit facile pour ache­ter voi­tures et mets impor­tés, pour ‘se sen­tir moderne’ et ‘euro­péen’ et par­ler anglais !

La poli­tique de Syri­za reflète, en par­tie, cette part ambigüe de son élec­to­rat. D’un autre côté, Syri­za s’est assu­ré le vote des jeunes radi­caux, chô­meurs et tra­vailleurs, qui n’ont jamais fait par­tie de la socié­té de consom­ma­tion et qui ne s’identifient pas à “l’Europe”. Syri­za s’est impo­sé comme un par­ti de masse en moins de 5 ans et ses sym­pa­thi­sants comme ses diri­geants reflètent un haut degré d’hétérogénéité.

La branche la plus radi­cale, idéo­lo­gi­que­ment, est repré­sen­tée prin­ci­pa­le­ment par des groupes mar­xistes qui à l’origine se sont regrou­pés pour for­mer un par­ti. La branche des jeunes chô­meurs s’y est jointe suite aux émeutes contre la police déclen­chées par l’assassinat d’un jeune acti­viste lors des pre­mières années de la crise. La troi­sième vague est com­po­sée en majo­ri­té de mil­liers de fonc­tion­naires licen­ciés et de retrai­tés qui ont souf­fert de larges coupes dans leurs pen­sions sur ordre de la troï­ka en 2012. La qua­trième vague repré­sente les membres de l’ex PASOK qui ont fui le nau­frage d’un par­ti en faillite.

La gauche de Syri­za se trouve prin­ci­pa­le­ment dans la base popu­laire et par­mi les diri­geants des mou­ve­ments locaux issus des classes moyennes. Les grands diri­geants de Syri­za qui tiennent les postes-clés sont des uni­ver­si­taires, dont cer­tains étran­gers. Beau­coup sont des membres récents voire ne sont même pas membres du par­ti. Peu d’entre eux ont pris part aux luttes de masse – et beau­coup n’ont que peu de liens avec les mili­tants de base. Ils sont les plus enclins à signer un “accord” tra­his­sant des grecs appauvris.

Depuis que Syri­za a rem­por­té les élec­tions en 2015, le par­ti a com­men­cé à enter­rer son pro­gramme ini­tial de chan­ge­ments struc­tu­rels radi­caux (socia­lisme) et à adop­ter des mesures visant à s’adapter aux inté­rêts du sec­teur des affaires grec. Tsi­pras a par­lé de la “négo­cia­tion d’un accord” dans le cadre d’une Union Euro­péenne domi­née par les alle­mands. Tsi­pras et son ministre des finances ont pro­po­sé de rené­go­cier la dette, l’obligation de payer et 70% des réformes ! Quand un accord a été signé, ils ont com­plè­te­ment capitulé !

Pen­dant un court moment, Syri­za a main­te­nu une posi­tion double : “s’opposer” à l’austérité et par­ve­nir à un accord avec ses créan­ciers. Cette poli­tique “réa­liste” reflète les posi­tions des nou­veaux ministres uni­ver­si­taires, des anciens membres du PASOK et de la classe moyenne qui s’enfonce. La rhé­to­rique et les pos­tures radi­cales de Syri­za sont révé­la­trices de la pres­sion des chô­meurs, de la jeu­nesse et de la masse pauvre, qui seraient ceux qui auraient à perdre si un accord de paie­ment aux créan­ciers était négocié.

Union Euro­péenne – SYRIZA : les conces­sions avant la lutte ont mené à la red­di­tion et à la défaite

La “dette grecque” n’est pas vrai­ment une dette des grecs. Les créan­ciers ins­ti­tu­tion­nels et les banques euro­péennes ont prê­té sciem­ment et à grand risque de l’argent à des klep­to­crates, des oli­garques et des ban­quiers qui en ont siphon­né la plus grande par­tie dans des comptes en Suisse, dans de l’immobilier de grand stan­ding à Londres et à Paris, acti­vi­tés inca­pables de géné­rer des reve­nus afin de rem­bour­ser la dette. En d’autres termes, la dette est en grande par­tie illé­gi­time et a été mise à tort sur le dos des grecs.

Syri­za, depuis le début des “négo­cia­tions”, n’a pas remis en ques­tion la légi­ti­mi­té de la dette ni iden­ti­fié les caté­go­ries spé­ci­fiques de per­sonnes et les entre­prises qui devraient la payer.

De plus, pen­dant que Syri­za contes­tait la poli­tique “d’austérité”, il ne remet­tait pas en cause les orga­ni­sa­tions et les ins­ti­tu­tions euro­péennes qui l’imposaient.

Depuis ses débuts, Syri­za a accep­té l’adhésion à l’Union Euro­péenne. Au nom du “réa­lisme”, le gou­ver­ne­ment Syri­za a accep­té de payer la dette ou une par­tie de celle-ci comme base de négociation.

Struc­tu­rel­le­ment, Syri­za a déve­lop­pé une direc­tion très cen­tra­li­sée dans laquelle toutes les déci­sions majeures sont prises par Alexis Tsi­pras, ce qui limite l’influence des mili­tants de base radi­ca­li­sés. Cela a faci­li­té les “com­pro­mis” avec l’oligarchie de Bruxelles qui vont à l’encontre des pro­messes de cam­pagne et qui peuvent mener à la per­pé­tuelle dépen­dance de la Grèce aux diri­geants et créan­ciers de l’UE.

De plus, Tsi­pras a res­ser­ré la dis­ci­pline au sein du par­ti au len­de­main de son élec­tion, s’assurant qu’aucun com­pro­mis dou­teux ne ferait l’objet d’un quel­conque débat public ou d’une révolte extra-parlementaire.

L’Empire contre le suc­cès démo­cra­tique grec

Lors des élec­tions par­le­men­taires grecques, pro­ba­ble­ment les plus impor­tantes depuis la seconde guerre mon­diale, les tra­vailleurs grecs ont défié une incroyable cam­pagne média­tique de peur et ont voté mas­si­ve­ment pour le par­ti de gauche, anti-aus­té­ri­té, SYRIZA.

Dès l’instant où Syri­za a reçu un man­dat démo­cra­tique, l’élite de l’UE a sui­vi la route auto­ri­taire typique de tous les monarques impé­riaux. Elle a exi­gé de Syri­za (1) une red­di­tion incon­di­tion­nelle, (2) le main­tien des struc­tures, poli­tiques et pra­tiques du pré­cé­dent régime vas­sal de coa­li­tion (PASOK-Nou­velle Démo­cra­tie) (3) que Syri­za sus­pende toute réforme sociale, (aug­men­ta­tion du salaire mini­mum, aug­men­ta­tion des dépenses dans le sec­teur des retraites, de la san­té, de l’éducation et de la lutte contre le chô­mage) (4) que SYRIZA se plie aux direc­tives éco­no­miques strictes et à la super­vi­sion déve­lop­pées par la “troï­ka” (la Com­mis­sion Euro­péenne, la Banque Cen­trale Euro­péenne, et le Fonds Moné­taire Inter­na­tio­nal) (5) que SYRIZA conserve l’objectif actuel d’excédent bud­gé­taire pri­maire de 4,5% du PIB en 2015–2017.

Pour ren­for­cer sa stra­té­gie de stran­gu­la­tion du nou­veau gou­ver­ne­ment, Bruxelles a mena­cé de cou­per brus­que­ment toutes les faci­li­tés de cré­dit pré­sentes et futures, de récla­mer tous les paie­ments de dette, de mettre fin à l’accès aux fonds d’urgence, et de ne pas sou­te­nir les obli­ga­tions ban­caires grecques – les­quelles four­nissent les prêts aux entre­prises locales.

Bruxelles offre à Syri­za la funeste “solu­tion” de com­mettre un sui­cide poli­tique en accep­tant le dik­tat qui lui est impo­sé, s’aliénant ain­si son élec­to­rat. En tra­his­sant son man­dat, Syri­za se confron­te­rait à des mani­fes­ta­tions de colère popu­laire. En reje­tant le dik­tat de Bruxelles et en mobi­li­sant son élec­to­rat, Syri­za pour­rait cher­cher de nou­velles sources de finan­ce­ment, en impo­sant un contrôle des capi­taux et en s’orientant vers une « éco­no­mie d’urgence » radicale.

Bruxelles s’est retran­ché sur ses posi­tions et a fait la sourde oreille aux pre­mières conces­sions de Syri­za, pré­fé­rant inter­pré­ter celles-ci comme une avan­cée vers une capi­tu­la­tion totale, au lieu d’y voir des efforts pour par­ve­nir à un “com­pro­mis”.

Syri­za a déjà aban­don­né ses demandes d’effacement de grandes parts de la dette, en faveur d’une exten­sion de la période de recou­vre­ment de celle-ci. Syri­za a accep­té de conti­nuer à payer ses échéances, du moment qu’elles soient liées au taux de crois­sance éco­no­mique. Syri­za accepte la super­vi­sion de l’UE, tant qu’elle n’est pas menée par la “troï­ka” hon­nie, laquelle a des conno­ta­tions toxiques pour la plu­part des grecs. Mal­gré tout, les chan­ge­ments séman­tiques ne changent pas la sub­stance de la “sou­ve­rai­ne­té limitée”.

Syri­za a déjà accep­té une dépen­dance struc­tu­relle à moyen et long terme dans le but de s’assurer le temps et la marge de manœuvre néces­saires afin de finan­cer ses pro­grammes popu­laires à court terme. Tout ce que Syri­za demande c’est un mini­mum de flexi­bi­li­té fis­cale sous la super­vi­sion de “radi­caux” ayant la qua­li­té de ministre des finances allemand !

Syri­za a tem­po­rai­re­ment sus­pen­du les pri­va­ti­sa­tions en cours de sec­teurs clés de l’infrastructure (infra­struc­tures por­tuaires et aéro­por­tuaires), de l’énergie et des télé­com­mu­ni­ca­tions. Cepen­dant, elle n’y a pas mis fin, ni révi­sé les pri­va­ti­sa­tions pas­sées. Mais pour Bruxelles, la “liqui­da­tion” des lucra­tifs sec­teurs stra­té­giques grecs est une par­tie essen­tielle de son agen­da de “réformes structurelles”.

Les pro­po­si­tions modé­rées de Syri­za et ses efforts pour opé­rer dans le cadre struc­tu­rel de l’UE éta­bli par les pré­cé­dents gou­ver­ne­ments vas­saux ont été reje­tés par l’Allemagne et ses 27 lar­bins de l’UE.

L’affirmation dog­ma­tique de poli­tiques extré­mistes, ultra néo­li­bé­rales de l’UE, y com­pris le déman­tè­le­ment de l’économie natio­nale grecque et le trans­fert des sec­teurs les plus lucra­tifs dans les mains d’investisseurs impé­riaux, est répé­tée dans les pages de tous les prin­ci­paux quo­ti­diens. Le Finan­cial Times, le Wall Street Jour­nal, le New York Times, le Washing­ton Post, le Monde sont des armes de pro­pa­gande de l’extrémisme de l’Union Euro­péenne. Confron­té à l’intransigeance de Bruxelles et face au ‘choix his­to­rique’ de la capi­tu­la­tion ou de la radi­ca­li­sa­tion, Syri­za a essayé de per­sua­der des gou­ver­ne­ments clés. Syri­za a tenu de nom­breuses réunions avec des ministres de l’UE. Le pre­mier ministre Alexis Tsi­pras et le ministre des finances Yanis Varou­fa­kis sont allés à Paris, Londres, Bruxelles, Ber­lin et Rome pour cher­cher un accord de ‘com­pro­mis’. Cela n’a ser­vi à rien. L’élite bruxel­loise mar­te­lait sans relâche :

La dette devra être payée entiè­re­ment et dans les temps.

La Grèce devrait res­treindre ses dépenses pour accu­mu­ler un sur­plus de 4,5% ce qui assu­re­rait les paie­ments aux créan­ciers, aux inves­tis­seurs, spé­cu­la­teurs et kleptocrates.

Le manque de toute flexi­bi­li­té éco­no­mique de l’Union Euro­péenne, comme de toute dis­po­si­tion à accep­ter le moindre com­pro­mis, est une déci­sion poli­tique : humi­lier et détruire la cré­di­bi­li­té de SYRIZA en tant que gou­ver­ne­ment anti-aus­té­ri­té aux yeux de ses sou­tiens natio­naux et de ceux qui seraient sus­cep­tibles de l’imiter à l’étranger, en Espagne, en Ita­lie, au Por­tu­gal ou en Irlande (Economist1/17/15, p. 53).

Conclu­sion

Yánis Varoufá­kis and Aléxis Tsí­pras (Vol­taire)

L’étranglement de Syri­za fait par­tie inté­grante du pro­ces­sus, long de 10 ans, visant à l’assassinat de la Grèce par l’Union Euro­péenne. Une réponse bru­tale à la ten­ta­tive héroïque d’un peuple entier, pro­je­té dans la misère, condam­né à être diri­gé par des conser­va­teurs klep­to­crates et des sociaux-démocrates.

Les empires ne se défont pas de leurs colo­nies par des argu­ments rai­son­nables ni par la faillite de leurs “réformes” régressives.

L’attitude de Bruxelles envers la Grèce est gui­dée par la poli­tique du “diri­ger ou rui­ner”. “Sau­ve­tage” est un euphé­misme pour recy­cler les finan­ce­ments, tra­ver­sant la Grèce et retour­nant aux banques contrô­lées par la zone euro, pen­dant que les tra­vailleurs et sala­riés grecs sont acca­blés par une dette tou­jours plus impor­tante et une domi­na­tion durable. Le “plan de sau­ve­tage” de Bruxelles est un ins­tru­ment de contrôle par des ins­ti­tu­tions impé­riales, qu’elles s’appellent “troï­ka” ou autre.

Bruxelles et l’Allemagne ne veulent pas de membres contes­ta­taires, ils peuvent néan­moins condes­cendre à faire de petites conces­sions afin que le ministre des finances Varou­fa­kis puisse reven­di­quer “une vic­toire par­tielle” – une comé­die gro­tesque ayant pour euphé­misme “ram­pez ! Sinon…”

Le plan de sau­ve­tage sera décrit par Tsi­pras-Varou­fa­kis comme étant “nou­veau” et “dif­fé­rent” des accords pas­sés ou encore comme un repli “tem­po­raire”. Les alle­mands peuvent “accor­der” à la Grèce de réduire son excé­dent de bud­get pri­maire de 4,5 à 3,5% ‘l’an pro­chain’ – mais elle devra tou­jours réduire les fonds des­ti­nés à sti­mu­ler l’économie et “repor­ter” la hausse des retraites, des salaires minimums…

Les pri­va­ti­sa­tions et autres réformes régres­sives ne s’arrêteront pas, elles seront “rené­go­ciées”. L’état ne gar­de­ra qu’une “part” minoritaire.

On deman­de­ra aux plou­to­crates de payer quelques taxes sup­plé­men­taires mais pas les mil­liards d’euros d’impôts non payés au cours des der­nières décennies.

De même les klep­to­crates du Pasok- Nou­velle Démo­cra­tie ne seront pas pour­sui­vis en jus­tice pour pillage et vol.

Les com­pro­mis de SYRIZA démontrent que la défi­ni­tion déli­rante don­née par la droite (the Eco­no­mist, Finan­cial Times Times, NY Times, etc.) de Syri­za comme appar­te­nant à la “gauche dure”, ou ultra-gauche n’est nul­le­ment fon­dée sur la réa­li­té. Car “l’espoir pour l’avenir” de l’électorat grec pour­rait à pré­sent virer à la colère. Seule une pres­sion popu­laire peut inver­ser l’apparente capi­tu­la­tion de Syri­za, et les infor­tu­nés com­pro­mis du ministre des finances Varou­fa­kis. Comme celui-ci manque de sou­tien dans son par­ti, Tsi­pras peut faci­le­ment le démettre pour avoir signé un “arran­ge­ment” qui sacri­fie les inté­rêts fon­da­men­taux du peuple.

Cepen­dant, si, dans les faits, le dog­ma­tisme de l’Union Euro­péenne et son intran­si­geance excluent même les accords les plus favo­rables, Tsi­pras et Syri­za (contre leur volon­té) pour­raient être for­cés de quit­ter l’Empire de l’Euro et faire face au défi de bâtir une poli­tique et une éco­no­mie vrai­ment nou­velles et radi­cales, en tant qu’état libre et indépendant.

Une sor­tie réus­sie de la Grèce de l’empire ger­ma­no-bruxel­lois entraî­ne­rait pro­ba­ble­ment la dis­so­lu­tion de l’UE, car d’autres états vas­saux se rebel­le­raient et sui­vraient l’exemple grec. Ils renie­raient non seule­ment l’austérité mais aus­si leurs dettes exté­rieures et le paie­ment éter­nel des inté­rêts. L’empire finan­cier tout entier – le pré­ten­du sys­tème finan­cier mon­dial pour­rait être ébran­lé… La Grèce pour­rait rede­ve­nir le “ber­ceau de la démocratie”.

Post-scrip­tum : Il y a trente ans, je fus un par­ti­ci­pant actif et un conseiller pen­dant trois ans (de 1981 à 1984), du pre­mier ministre Papan­dréou. Tout comme Tsi­pras, il a com­men­cé avec des pro­messes de chan­ge­ment radi­cal et a fini par capi­tu­ler devant Bruxelles et l’OTAN, se ran­geant aux côtés des oli­garques et des klep­to­crates au nom de “com­pro­mis prag­ma­tiques”. Espé­rons que face à une révolte de masse, le pre­mier ministre Alexis Tsi­pras et Syri­za pren­dront un tout autre che­min. L’Histoire n’est pas obli­gée de se répé­ter comme une tra­gé­die ou une farce.

[1] Le compte-ren­du du régime d’Andreas Papan­dreou s’appuie sur mon expé­rience per­son­nelle, des inter­views et des obser­va­tions et sur mon article (écrit en col­lec­tif) “Socia­lisme grec : L’état patri­mo­nial revi­si­té” paru dans Para­doxes médi­ter­ra­néens : la struc­ture poli­tique et sociale de l’Europe du Sud, James Kurth et James Petras (Oxford : presse de Berg 1993/ pp. 160–224)

Source : James Petras, My Cat­bird Seat, le 22/02/2015

Tra­duit par les lec­teurs du site www​.les​-crises​.fr. Tra­duc­tion libre­ment repro­duc­tible en inté­gra­li­té, en citant la source.

Source : les​-crises​.fr

Mon com­men­taire (l’an­tienne d’Étienne) :

• Les banques ont une consti­tu­tion, et donc les banques ont des repré­sen­tants poli­tiques (qui leur aban­donnent pre­miè­re­ment le contrôle de la créa­tion moné­taire), PARCE QU’ELLES s’oc­cupent d’é­crire elles-mêmes la Consti­tu­tion (comme elles le font à tra­vers les trai­tés européens).

• Les élec­teurs n’ont PAS de consti­tu­tion, et donc les élec­teurs n’ont PAS de repré­sen­tants poli­tiques (qui pour­raient leur garan­tir le contrôle citoyen de la créa­tion moné­taire), PARCE QU’ILS ne s’oc­cupent PAS d’é­crire eux-mêmes la Consti­tu­tion (comme ils devraient le faire avec des mil­liers de mini-ate­liers consti­tuants popu­laires contagieux).

C’est une forme (ter­rible) de sélec­tion naturelle :
si on veut une Consti­tu­tion (digne de ce nom), et donc une mon­naie publique au ser­vice du peuple, il fau­dra écrire NOUS-MÊMES cette Constitution.

Et pour l’é­crire nous-mêmes, il ne suf­fit PAS d’a­voir com­pris cette idée : il faut s’y entraî­ner, VRAIMENT, quo­ti­dien­ne­ment. Ne lais­sez plus pas­ser une jour­née sans avoir rédi­gé vous-mêmes quelques mots de consti­tu­tion. C’est vous qui devez impul­ser vous-même votre propre muta­tion en citoyen consti­tuant. Per­sonne ne le fera à votre place, et c’est votre muta­tion qui va tout chan­ger. Un citoyen est consti­tuant, forcément.

Faites pas­ser
(aux Grecs aus­si, si vous pouvez).

Bon cou­rage à tous.
Étienne.

(Mer­ci à Oli­vier Berruyer​. Sacré résis­tant ; esprit libre et cou­ra­geux. Un type bien.)

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53 Commentaires

  1. claude saint-jarre

    Très on article à lire et excellent com­men­taire d’É­tienne à méditer.

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  2. claude saint-jarre

    Quelle est la capa­ci­té du peuple Grec de quit­ter la grandes villes pour aller s’é­ta­blir sur les quelque 3000 Îles pour y pêcher et culti­ver ? Si le désir y était, serait-ce fai­sable ? ( par exemple, le coût du billet du bateau peut empê­cher ; mais les lois empêchent-elles de s’ap­pro­prier un mor­ceau de terre pour y bâtir mai­son près des côtes et pêcher?) Est-ce que ce pour­rait être une nou­velle Odys­sée ? Je sais qu’il y a quelques per­ma­cul­teurs Grecs qui sont déjà dans une île, je reçois des nou­velles ; mais pour­quoi pas des mil­lions ? Je sais, facile à dire…pas facile à faire peut-être???

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    • claude saint-jarre

      Déso­lé pour la faute de frappe.

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      • J-Stéphane

        La faute de frappe est sur­tout monétaire. 😉

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  3. J-Stéphane

    La dette publique c’est le nom qu’ils donnent à la pénu­rie moné­taire qu’ils imposent aux pays riches grâce à la pri­va­ti­sa­tion de la créa­tion moné­taire pour piller les richesses et asser­vir les peuples.

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  4. J-Stéphane

    L’aus­té­ri­té c’est une ver­sion expé­di­tive de l’en­det­te­ment publique.

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  5. RV

    Tant qu’une négo­cia­tion n’est pas à son terme il me semble dif­fi­cile d’être aus­si affir­ma­tif quand à une red­di­tion du gou­ver­ne­ment grec. Par ailleurs l’au­dit de la dette a été lan­cé ces jours ci et bien malin qui pour­rait dire aujourd’­hui ce qui va en sor­tir. Alors quand un gou­ver­ne­ment annonce qu’il va rem­bour­ser la dette et en même temps orga­nise un audit, il n’y a peut-être pas lieu de l’ac­ca­bler de la sorte …

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  6. joss

    La dette de la Grèce a déjà été payée et les inté­rêts usu­raires ont déjà pris en compte le défaut de paie­ment. La preuve = la popu­la­tion ne s’est pas enri­chie et le taux d’in­fla­tion n’est pas au zénith.
    Ils veulent des taux usu­raires sans défaut de paie­ment ; c’est le beurre, l’argent du beurre… et le sou­rire des Grecs.
    L’Eu­rope nous aura évi­té la guerre, mais pour mieux nous faire les poches et bra­der tous les biens communs.

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  7. Ana Sailland

    « Syri­za, depuis le début des “négo­cia­tions”, n’a pas remis en ques­tion la légi­ti­mi­té de la dette ni iden­ti­fié les caté­go­ries spé­ci­fiques de per­sonnes et les entre­prises qui devraient la payer. »

    Exact à l’ins­tant de la rédac­tion mais le gou­ver­ne­ment vient de lan­cer l’au­dit de la dette. Hier je crois. Sur les traces de ce qui a eu lieu en Amé­rique latine avec l’as­sis­tance du CADTM.

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    Sauf démons­tra­tion contraire, il n’y a pas au sein de l’UE de pro­cé­dure d’ex­clu­sion pré­vue par les traités.
    Mena­cer de res­ter et de jouer le rôle de bou­let peut être un argu­ment en cas de négo­cia­tion rela­tive à un rabo­tage de la dette.

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    Je ne com­prends pas pour­quoi si peu de gens invoquent l’i­dée de mon­naie natio­nale complémentaire

    En Argen­tine, le peuple s’é­tait doté de mon­naies de secours. Si l’é­tat favo­rise le phé­no­mène, ça peut résoudre bien des pro­blèmes de flui­di­té des échanges inté­rieurs. Et donc dimi­nuer le chan­tage à l’ »aide<>diplomatique« l’ac­cueil de navires russes en médi­ter­ran­née serait une sacrée giboulée

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  8. binnemaya

    Je pense qu’on va rapi­de­ment (maxi 2 mois) savoir si les grecs résis­te­ront aux créan­ciers vau­tours si j’é­tais a leur place je résis­te­rai quitte a faire explo­ser tout le sys­tème finan­cier mon­dial car il nous mène a la cata alors pour­quoi ne pas accé­lé­rer sa chute mais comme dit Etienne il fau­drait qu’il s’or­ga­nise pour recons­truire une démo­cra­tie réelle qui donne le pou­voir au plus grand nombre (et pas celui sur son compte en banque).
    L’es­poir fait vivre et que ceux de nous qui peuvent le faire les aident a chan­ger de sys­tème le fasse.

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  9. BA

    1- La Grèce est en faillite.

    2- Les banques pri­vées grecques sont en faillite.

    3- La Banque cen­trale de Grèce est en faillite.

    4- Mais à part ça, ça va.

    Jeu­di 2 avril 2015 :

    Grèce : la BCE relève encore le pla­fond de l’ELA, à 71,8 mil­liards d’euros.
    La Banque cen­trale euro­péenne (BCE) a encore rele­vé mer­cre­di soir de 700 mil­lions d’euros, à 71,8 mil­liards, le pla­fond de son finan­ce­ment d’urgence (ELA) des banques grecques, a‑t-on appris de source ban­caire grecque.
    La BCE aide par ce seul biais les banques grecques depuis début février.

    roman​die​.com/​n​e​w​s​/​G​r​e​c​e​-​l​a​-​B​C​E​-​r​e​l​e​v​e​-​e​n​c​o​r​e​-​l​e​-​p​l​a​f​o​n​d​-​d​e​-​l​E​L​A​-​a​-​7​1​8​-​m​r​d​-​E​U​R​/​5​8​0​9​0​3​.​rom

    Sur son blog, Oli­vier Ber­ruyer vient juste de lan­cer une alerte.

    Lisez cet article :

    ALERTE Grèce

    J’ai hési­té à rédi­ger ce billet, mais bon…
    J’ai dis­cu­té cette semaine avec plu­sieurs spé­cia­listes du dos­sier grec, y com­pris des per­sonnes ayant ren­con­tré des ministres de Syriza.
    Les conclu­sions étant inquié­tantes, je les par­tage avec vous.

    http://​www​.les​-crises​.fr/​a​l​e​r​t​e​-​g​r​e​ce/

    Réponse
  10. Ronald

    Un mou­ve­ment pour un retour vers une mon­naie publique a peut-être lieu actuel­le­ment en Islande. A la demande du pre­mier ministre, le pré­sident de la Com­mis­sion des Affaires éco­no­miques et du Com­merce Fros­ti Sigur­jons­son vient de remettre un rap­port pro­po­sant une réforme du sys­tème monétaire :
    MONETARY REFORM
    A BETTER MONETARY SYSTEM FOR ICELAND
    http://​eng​.for​sae​tis​ra​du​ney​ti​.is/​m​e​d​i​a​/​S​k​y​r​s​l​u​r​/​m​o​n​e​t​a​r​y​-​r​e​f​o​r​m​.​pdf (en anglais)

    Il pro­pose de reti­rer la pos­si­bi­li­té de créa­tion moné­taire aux banques com­mer­ciale et de la réser­ver à la Banque Cen­trale Islan­daise. C’est inté­res­sant car il entre assez dans le détail de la réforme qui englobe tout le sys­tème ban­caire (je n’ai d’ailleurs pas tout compris).

    Quelques pas­sages :

    p15

    « The Cen­tral Bank will be exclu­si­ve­ly res­pon­sible for crea­ting the money neces­sa­ry to sup­port eco­no­mic growth. Ins­tead of relying on inter­est rates to influence money crea­tion by banks, the Cen­tral Bank can change the money sup­ply direct­ly. Deci­sions on money crea­tion will be taken by a com­mit­tee that is inde­pendent of govern­ment and trans­pa­rent in its deci­sion-making, as is the cur­rent mone­ta­ry poli­cy com­mit­tee. New money, crea­ted by the Cen­tral Bank, will be trans­fer­red to the govern­ment and put into cir­cu­la­tion in the eco­no­my via increa­sed govern­ment spen­ding, by reduc­tion in taxes, by repaying public debt or by paying a citi­zen dividend. »

    (La banque cen­trale sera exclu­si­ve­ment res­pon­sable de la créa­tion moné­taire néces­saire au sou­tient de la crois­sance éco­no­mique. Au lieu de jouer sur les taux d’in­té­rêt pour influen­cer la créa­tion moné­taire par les banques, la Banque Cen­trale peut modi­fier direc­te­ment la masse moné­taire. Les déci­sions concer­nant la créa­tion moné­taire seront prise par un comi­té qui est indé­pen­dant du gou­ver­ne­ment et trans­pa­rent lors de sa prise de déci­sion, comme l’est l’ac­tuel comi­té de poli­tique moné­taire. La mon­naie nou­vel­le­ment créée sera trans­fé­rée au gou­ver­ne­ment et mise en cir­cu­la­tion dans l’é­co­no­mie par l’aug­men­ta­tion des dépenses gou­ver­ne­men­tales, la réduc­tion des impôts, la réduc­tion de la dette publique ou en ver­se­ment d’un divi­dende citoyen.)

    p25. L’au­teur cite ici un article concer­nant l’ac­tuel fonc­tion­ne­ment de la Banque Cen­trale Islan­daise, que l’on pour­rait croire copié-col­lé des trai­tés euro­péens. S’il n’y a pas là der­rière un com­plot mondial …

    « The main objec­tive of the Cen­tral Bank of Ice­land is to pro­mote price sta­bi­li­ty. With the consent of the Prime Minis­ter, the Cen­tral Bank is autho­ri­zed to declare a nume­ri­cal tar­get for the infla­tion rate.
    The Cen­tral Bank shall help pro­mote the government’s eco­no­mic poli­cy as long as such pro­mo­tion is not incon­sistent with its main objec­tive sta­ted in para­graph 1. »

    (L’ob­jec­tif pre­mier de la Banque Cen­trale D’Is­lande est de pro­mou­voir la sta­bi­li­té des prix. Avec l’ac­cord du Pre­mier Ministre, la Banque Cen­trale est auto­ri­sée à fixer un objec­tif chif­fré pour le taux d’inflation.
    La Banque Cen­trale aide­ra à la pro­mo­tion de la poli­tique éco­no­mique du gou­ver­ne­ment, tant que cette pro­mo­tion n’est pas incom­pa­tible avec l’ob­jec­tif prin­ci­pal énon­cé dans le pre­mier paragraphe.)

    p34

    « Yet, des­pite the fact that many eco­no­mists and cen­tral ban­kers have long known this model to be a fal­la­cy, it is still taught to stu­dents today as fac­tual des­crip­tion of how the mone­ta­ry sys­tem ope­rates. An empi­ri­cal stu­dy by Wer­ner concludes that the money mul­ti­plier theo­ry is wrong and banks indi­vi­dual­ly create money out of nothing. »

    (Néan­moins, en dépit du fait que de nom­breux éco­no­mistes et ban­quiers cen­traux savent depuis long­temps que ce modèle [que la Banque Cen­trale a le contrôle sur la créa­tion moné­taire des banques com­mer­ciales] est une fic­tion, il est encore expli­qué aux étu­diants comme une des­crip­tion effec­tive du fonc­tion­ne­ment du sys­tème moné­taire. Une étude empi­rique de Wer­ner conclut que la théo­rie de mul­ti­pli­ca­teur moné­taire est fausse et que les banques créent indi­vi­duel­le­ment de la mon­naie ex nihilo.)

    p78. Très judi­cieu­se­ment, il évoque la néces­si­té de sépa­rer les pouvoirs.

    « A fun­da­men­tal aim of the Sove­rei­gn Money Sys­tem is to reduce the risk of the power to create money being misu­sed or abu­sed for pri­vate gains. The powers to create and allo­cate money pre­sent­ly avai­lable to eve­ry com­mer­cial bank will be repa­tria­ted to the state. The power to create money will be held by the CBI while par­lia­ment will decide how any new money is allo­ca­ted. The power to create money is the­re­by sepa­ra­ted from the power to allo­cate new money.
    An inde­pendent Money Crea­tion Com­mit­tee […] at the CBI will decide how much money is crea­ted by the CBI while the elec­ted govern­ment will decide how new money is used. As with the state bud­get, the par­lia­ment will debate the govern­ment’s pro­po­sal for allo­ca­tion of new money. »

    (Un objec­tif fon­da­men­tal du Sys­tème de Mon­naie Sou­ve­raine est de réduire le risque que le pou­voir de créa­tion moné­taire soit mal uti­li­sé ou fasse l’ob­jet d’a­bus en faveur d’in­té­rêts pri­vés. Le pou­voir de créer et d’al­louer la mon­naie actuel­le­ment aux mains de chaque banque com­mer­ciale sera ren­du à l’État. Le pou­voir de créa­tion moné­taire sera déte­nu par la Banque Cen­trale d’Is­lande, tan­dis que le par­le­ment déci­de­ra com­ment la mon­naie nou­vel­le­ment créée sera allouée. Le pou­voir de créer la mon­naie et celui de l’al­louer sont dès lors sépa­rés. Un Comi­té de Créa­tion Moné­taire indé­pen­dant à la Banque Cen­trale déci­de­ra de la quan­ti­té de mon­naie créée, tan­dis que le gou­ver­ne­ment élu déci­de­ra com­ment cette mon­naie sera uti­li­sée. Comme pour le bud­get, le par­le­ment débat­tra de la pro­po­si­tion gou­ver­ne­men­tale concer­nant l’al­lo­ca­tion de cette monnaie.)

    Alors, ce n’est bien sûr pas encore réa­li­sé dans les faits. Mais ce qui est inté­res­sant, c’est que cette pro­po­si­tion soit publiée par le Pre­mier Ministre :
    http://​eng​.for​sae​tis​ra​du​ney​ti​.is/​n​e​w​s​-​a​n​d​-​a​r​t​i​c​l​e​s​/​r​e​f​o​r​m​-​o​f​-​t​h​e​-​m​o​n​e​t​a​r​y​-​s​y​s​tem
    Ce qui montre tout de même dans cer­tains pays un stade plus avan­cé dans la réflexion. En France, ce genre de dis­cours reste confi­né à l’In­ter­net Under­ground (et vous avez de la chance si vous n’êtes pas accu­sé d’a­po­lo­gie du terrorisme …)

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    • Ana Sailland

      Voir aus­si l’i­ni­tia­tive popu­laire « mon­naie pleine » en Suisse, qui vise à confier l’in­té­gra­li­té de la créa­tion moné­taire à la BNS.

      Réponse
  11. Eliade Guy

    Hors sujet : le code civil sur le ges­tion­naire de sources GITHUB
    Article de kor­ben .. http://​kor​ben​.info/​c​o​d​e​-​c​i​v​i​l​-​g​i​t​.​h​tml

    Je suis allé voir assez facile d’ emploi … per­met de voir les modi­fi­ca­tions appor­tées au code civil dans le temps pour ceux que le sujet interesse
    https://​github​.com/​s​t​e​e​v​e​/​f​r​a​n​c​e​.​c​o​d​e​-​c​i​vil

    Réponse
  12. nlescan
      • Ana Sailland

        La Rus­sie a accès à un port en Syrie. C’est un peu peu.
        Pour Tsi­pras c’est un gros atout.

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      • claude saint-jarre

        Bon­jour. Vous qui êtes un pays.. contrai­re­ment au Qué­bec, la situa­tion est un peu plus claire, peut-être. Ici, un peu plus com­plexe. Com­ment envi­sa­gez-vous la mise en place d’une Assem­blée Consti­tuante ? Y ‑a-t-il un plan, un échéan­cier, une impro­vi­sa­tion ? Sou­hai­tez-vous que ce soit le Gou­ver­ne­ment qui le mette sur pied ou bien elle se fera sans Gou­ver­ne­ment, par com­munes ou autre­ment ? C’est un secret?? 😉 Si vous me posez la même ques­tion pour ici, ma réponse est : je ne sais plus ! Et un réponse nou­velle est peut-être en gestation…

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        • claude saint-jarre

          ben… on a une dette aussi:)

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        • claude saint-jarre

          Ce matin au lever : pour une Consti­tu­tion fami­liale via une Assem­blée Consti­tuante fami­liale et l’é­cri­ture fami­liale de sa Consti­tu­tion ! C’est facile !
          Il faut une école de vie démo­cra­tique me disait un ami. Bien sûr. Mais une école de vie démo­cra­tique fami­liale, du vil­lage et de la ville et de sa région. Vous diriez de votre Com­mune, je crois. Sans oublier une école de vie démo­cra­tique pour l’in­di­vi­du et par l’individu.

          Réponse
  13. Eliade Guy

    Tsi­pras Cunc­ta­tor … génial

    Réponse
  14. Ana Sailland

    « Le gou­ver­ne­ment grec de la gauche radi­cale a pré­pa­ré un plan de natio­na­li­sa­tion du sys­tème ban­caire et d’in­tro­duc­tion d’une mon­naie paral­lèle à l’euro »

    A court d’argent, la Grèce admet un retour à la drachme

    http://​fr​.sput​nik​news​.com/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​2​0​1​5​0​4​0​3​/​1​0​1​5​4​9​1​1​5​6​.​h​t​m​l​#​i​x​z​z​3​W​H​J​T​s​PBL

    yessssssssssssss 🙂

    Réponse
    • Ana Sailland

      Tsi­pras doit nous lire sur FB mdr

      Je crois que l’empire UE est sans défense face au concept de mon­naie natio­nale com­plé­men­taire et ne peut que fron­cer les sourcils.

      C’est la fin du chan­tage à la non liqui­di­té locale.

      Le carac­tère archi­pel du pays serait en outre favo­rable à une mosaïque de mon­naies locales, mais ça je ne pense pas que ça se fera.

      J’en pro­fite pour rese­mer mon antienne

      La démo­cra­tie à grande échelle ne peut se conce­voir que comme une démo­cra­tie gigogne à étages mul­tiples où le conte­nu délègue au conte­nant et non pas où le conte­nant concède au conte­nu. ( prin­cipe de sub­si­dia­ri­té ascen­dante ) et il me semble que la mon­naie peut ou doit être orga­ni­sée selon une topo­lo­gie cal­quée sur celle de la codé­ci­sion politique.

      Réponse
  15. Simon

    L’a­na­lyse qui mène à défi­nir l’UE comme un empire me semble per­ti­nente. A condi­tion de com­prendre « empire » non comme un impé­ria­lisme comme le conçoit un cer­tain mar­xisme (les effets de l’ac­cu­mu­la­tion du capi­tal), mais Empire au sens Alle­mand du terme. C’est-à-dire un ensemble de régions domi­nées par une autre (par exemple : le Saint-Empire Romain Ger­ma­nique). D’ailleurs les deux concep­tions, l’une plus éco­no­mique et l’autre plus poli­tique et his­to­rique ne s’ex­cluent pas forcement..
    Nous entrons dans une période his­to­rique qui voit l’af­fai­blis­se­ment des états-nation au pro­fit d’en­sembles poli­tiques de type empire (le Chine cor­res­pond à ce modèle, elle n’est pas vrai­ment une nation). Les géo­po­li­ti­ciens et his­to­riens com­pren­dront à quoi je fait allusion.
    Il est impos­sible à la France (pour des rai­sons qui s’ex­pliquent par son his­toire et ses ins­ti­tu­tions, sa culture quoi, i.e le pays à l’o­ri­gine du modèle d’é­tat-nation) de mar­cher dans ce modèle au delà d’un cer­tain seuil, quand bien même ses élites font tout pour aller dans cette direc­tion, toute cette affaire va se heur­ter à des contra­dic­tions maxi­males. L’his­toire Euro­péenne reprend la voie du tragique…

    Réponse
    • Katharina

      pour une ana­lyse plus pré­cise, voi­ci un extrait de l’ar­ticle « Une Europe Détes­table, conduite par des gens méprisables
      par Charles Gave  » qu’E­tienne a pos­té plus haut :

      Les par­ti­sans Fran­çais de l’Etat Euro­péen (Delors, Tri­chet etc..) déci­dèrent alors de faire un coup d’Etat et de for­cer la créa­tion de cet Etat en com­men­çant par la mon­naie, c’est à dire l’Euro, ce qui était cen­sé coin­cer l’Allemagne, Mit­ter­rand annon­çant fiè­re­ment alors « qu’il avait cloué les mains de l’Allemagne sur la table de l’Euro ». On le véri­fie chaque jour.

      A l’époque, j’avais écrit ” des Lions menés par des Anes”, mon pre­mier livre, dans lequel j’expliquais que l’Euro allait ame­ner à trop de mai­sons en Espagne, trop de fonc­tion­naires en France et trop d’usines en Alle­magne et où j’annonçais un désastre éco­no­mique sans pré­cé­dent dans l’Europe du Sud.

      Et pour cause, je ne connais pas dans l’histoire de fixa­tion de taux de changes fixes entre deux pays avec une pro­duc­ti­vi­té dif­fé­rente qui ne se soit pas ter­mi­né par un désastre.

      Et la conclu­sion de ce livre était que l’Euro allait tuer l’Europe que j’aimais, c’est à dire l’Europe de la diver­si­té et faire remon­ter les vieilles haines ances­trales à la surface…

      Car toutes les ten­ta­tives dans l’Histoire de recréer l’Empire Romain, ce fan­tôme qui hante notre his­toire, se sont ter­mi­nées dans la guerre et dans le sang.

      Comme on pou­vait s’y attendre, depuis ce coup d’Etat, les pro­cé­dures de remises au pas de ceux qui ne sont pas d’accord sont deve­nues de moins en moins démocratiques.

      Lorsque la crise Grecque, la pre­mière, com­men­ça, un socia­liste, Papan­dreou était au pou­voir. Il accep­ta les condi­tions impo­sées par le FMI qu’il avait appe­lé à la res­cousse (pré­si­dé alors par Strauss-Kahn…), à la condi­tion que le peuple Grec soit consul­té par refe­ren­dum. Il fut ins­tan­ta­né­ment rem­pla­cé, après de sor­dides manœuvres de cou­loir par un dénom­mé Papademos…ancien vice gou­ver­neur de la BCE.

      Quelque temps après, Ber­lus­co­ni, le pre­mier Ministre Ita­lien, émit l’idée que si l’Allemagne conti­nuait à suivre une poli­tique défla­tion­niste qui tuait ses voi­sins, alors l’Italie pour­rait déci­der de quit­ter l’Euro. Lui aus­si fut promp­te­ment débar­qué et rem­pla­cé par le Quis­ling de ser­vice, un ancien Com­mis­saire Euro­péen, dénom­mé Mon­ti, que per­sonne n’avait jamais élu et qui avait fait toute sa car­rière à Bruxelles.

      Dans les deux cas de figure, un pre­mier ministre par­fai­te­ment légi­time qui avait osé remettre en cause la Doxa Euro­péenne a été débar­qué manu mili­ta­ri pour être rem­pla­cé par quelqu’un de plus …souple.

      Mais tout cela s’est fait dans une cer­taine dis­cré­tion, le but étant de ne pas affo­ler les populations.

      Avec les der­nières élec­tions Grecques, les masques sont tombés.

      Tour à tour, nous avons eu :

      Mon­sieur Bar­ro­so, ancien Mao/Trotskyste et ancien Pré­sident de la Com­mis­sion Euro­péenne qui déclare que les élus ne savent pas résis­ter aux demandes incon­grues de la popu­la­tion et que donc les res­pon­sa­bi­li­tés doivent être exer­cées par des gens non élus, peu sen­sibles aux fou­cades du corps électoral…
      Schäuble, le ministre des finances alle­mand qui dit que les élec­tions Grecques ne chan­geaient rien. Pour­quoi voter ?
      Et enfin Jun­cker, le frau­deur fis­cal, viré par les élec­teurs Luxem­bour­geois et ins­tan­ta­né­ment nom­mé comme Pré­sident de la Com­mis­sion Euro­péenne qui annonce qu’il n’existe pas de sor­tie « démo­cra­tique » aux Ins­ti­tu­tions Européennes.

      (…)

      Réponse
  16. BA

    L’Is­lande est en train de faire une révolution.

    Et même : l’Is­lande est en train de faire LA Révolution.

    Lisez cet article :

    Un chan­ge­ment radi­cal dans l’his­toire de la finance moderne : l’Is­lande veut redon­ner le mono­pole de la créa­tion de mon­naie à sa banque centrale.

    Le gou­ver­ne­ment islan­dais envi­sage de reti­rer des banques la créa­tion moné­taire pour la confier à la seule banque cen­trale de l’île.
    Dans un rap­port de 113 pages com­man­dé par le Pre­mier ministre islan­dais, inti­tu­lé « A bet­ter mone­ta­ry sys­tem for Ice­land » (« Un meilleur sys­tème moné­taire pour l’Islande » – voir ce rap­port ci-des­sous), Fros­ti Sigur­jons­son recom­mande au Fram­sók­nar­flok­ku­rinn (Par­ti pro­gres­siste) au pou­voir de confier entiè­re­ment la créa­tion de l’argent à la banque cen­trale, avant de remettre cette pré­ro­ga­tive au parlement.
    L’Islande veut ain­si mettre fin à un sys­tème qui s’est carac­té­ri­sé par une série de crises, y com­pris la crise finan­cière de 2008, qui a mis le pays en quasi-faillite.
    Si ce plan est approu­vé par le par­le­ment islan­dais, il chan­ge­ra tota­le­ment la donne et appor­te­ra un chan­ge­ment radi­cal dans l’his­toire de la finance moderne.

    On peut donc sup­po­ser que les banques com­mer­ciales du monde occi­den­tal doivent suivre cette ini­tia­tive avec beau­coup d’at­ten­tion, et d’inquiétude, dans la mesure où elle vise à les dépos­sé­der d’un cer­tain pouvoir.

    L’A­gence France Presse a pré­sen­té ce projet :

    Selon l’é­tude, à laquelle ont par­ti­ci­pé quatre ban­quiers cen­traux, l’île a connu plus de 20 crises finan­cières de divers types depuis 1875, avec six crises graves qui se pro­duisent envi­ron tous les 15 ans. Fros­ti Sigur­jons­son pré­cise que ces pas­sages de crise sur­viennent à des moments bien déterminés :

    « Le pro­blème sur­vient à chaque fois à par­tir d’une bulle de cré­dit pen­dant un cycle éco­no­mique fort. »

    Selon Fros­ti Sigur­jons­son, les banques cen­trales n’ont pas le pou­voir de res­treindre cet embal­le­ment du cré­dit, ce qui fait grim­per l’in­fla­tion, favo­rise les prises de risque exces­sives et la spé­cu­la­tion, fra­gi­lise les banques et mène à des inter­ven­tions coû­teuses de l’État.
    En Islande, comme dans les autres pays déve­lop­pés, la banque cen­trale contrôle l’émission des pièces et des billets, mais ce n’est pas elle qui est à l’origine de la créa­tion de la plus grande par­tie de la masse moné­taire (« M1 »). Celle-ci pro­vient des lignes de cré­dit que les banques octroient à leurs clients. La seule pos­si­bi­li­té de la banque cen­trale, c’est de ten­ter d’influencer le rythme de cette créa­tion moné­taire au tra­vers de sa poli­tique monétaire.

    Le rap­port indique ain­si que les banques com­mer­ciales en Islande ont créé envi­ron 91% de l’argent en cir­cu­la­tion, com­pa­ra­ti­ve­ment à 9% pour la banque cen­trale islandaise.

    En ver­tu de la pro­po­si­tion nom­mée « Sove­rei­gn Money » (« Argent sou­ve­rain »), la banque cen­trale islan­daise devien­drait la seule ins­tance ayant le pou­voir de créer de l’argent.

    « De façon essen­tielle, le pou­voir de créa­tion de la mon­naie est iso­lé du pou­voir de déci­der com­ment cet argent sera uti­li­sé », a écrit Fros­ti Sigur­jons­son dans sa pro­po­si­tion. « Comme pour le bud­get de l’E­tat, le Par­le­ment débat­tra sur ​​la pro­po­si­tion du gou­ver­ne­ment concer­nant la répar­ti­tion de la mon­naie nou­vel­le­ment créée ».
    Les banques pour­sui­vraient leurs acti­vi­tés de ges­tion­naires des comptes et des trans­ferts ban­caires et elles agi­raient comme des inter­mé­diaires entre les prê­teurs et les emprun­teurs en matière de crédit.

    Fros­ti Sigur­jons­son est un homme d’af­faires et éco­no­miste, et il est l’un des cer­veaux à l’origine du pro­gramme d’al­lé­ge­ment de la dette pour les nom­breux ménages islan­dais qui se sont retrou­vés en 2014 en situa­tion de sur­en­det­te­ment à la suite de la crise de 2008.

    La réforme moné­taire de l’Islande :

    http://​www​.express​.be/​b​u​s​i​n​e​s​s​/​f​r​/​e​c​o​n​o​m​y​/​u​n​-​c​h​a​n​g​e​m​e​n​t​-​r​a​d​i​c​a​l​-​d​a​n​s​-​l​h​i​s​t​o​i​r​e​-​d​e​-​l​a​-​f​i​n​a​n​c​e​-​m​o​d​e​r​n​e​-​l​i​s​l​a​n​d​e​-​v​e​u​t​-​r​e​d​o​n​n​e​r​-​l​e​-​m​o​n​o​p​o​l​e​-​d​e​-​l​a​-​c​r​e​a​t​i​o​n​-​d​e​-​m​o​n​n​a​i​e​-​a​-​s​a​-​b​a​n​q​u​e​-​c​e​n​t​r​a​l​e​/​2​1​2​4​8​1​.​htm

    Réponse
    • Ana Sailland

      bra­vo à vous deux

      Réponse
    • Katharina

      sublime ! Très beau com­bat ! Ce que j’aime le plus c’est la fin quand le dépu­té dégrin­gole avec l’ar­ro­gance du maître : c’est Manu la trem­blotte en train de défendre la liber­té d’ex­pres­sion quand une dépu­té accuse le gou­ver­ne­ment de n’a­voir rien fait contre les profs pédo­philes dans les écoles.
      Aucun rapport.

      Tu t’op­poses à celui qui se croit être assis à la droite de dieu. Si tu ne com­prends pas ca, il te traîte de malade men­tal et te chasse du para­dis (du bou­lot facile).

      C’est la même chose ici : un jeune jour­na­liste a deman­dé le chef des Verts Özde­mir pour­quoi il a caché au peuple d’a­voir été entraî­né au pro­gramme « young lea­ders » des Euroat­lan­tistes. Il a chan­gé immé­diat­ment de mec sym­pa-liber­té-d’ex­pres­sion en fou-furieux- dic­ta­teur, traî­tant le jeune jour­na­liste de fou qui devrait se rendre en thé­ra­pie le plus vite pos­sible à cause de sa question.

      Il ya 40 ans, les maîtres ne dési­gnaient pas les « ter­ro­ristes », mais les « com­mu­nistes » d’en­ne­mi, pas « C’est ma liber­té » mais « C’est comme ca ».
      Le reste : pareil. Ils ont réus­si à tran­qui­li­ser le par­le­ment et l’as­sem­blée avec des indem­ni­tés faramineuses.
      Sauf si tu touche à l’arbre de la connais­sance du Bien et du Mal. Là , fini . ne jamais tou­cher à l’arbre de la connais­sance du Bien et du Mal et tout se passe très bien.

      Réponse
      • Katharina

        le com­men­taire répond à Merome of course

        Réponse
    • etienne

      Mer­ci Merome, c’est épatant !

      Les autres, ne ratez pas ça (rap­pel) :

      Lettre ouverte aux traîtres à la République
      http://​blogs​.media​part​.fr/​b​l​o​g​/​l​a​u​r​e​n​t​-​c​h​e​m​l​a​/​0​3​0​4​1​5​/​l​e​t​t​r​e​-​o​u​v​e​r​t​e​-​a​u​x​-​t​r​a​i​t​r​e​s​-​l​a​-​r​e​p​u​b​l​i​que

      Je vous engage à relire, avant de voter,
      la DÉFINITION de ce qu’est un ÉTAT POLICIER selon Ray­mond Car­ré de Malberg :

      « L’É­tat de police est celui dans lequel l’au­to­ri­té admi­nis­tra­tive peut, d’une façon dis­cré­tion­naire et avec une liber­té de déci­sion plus ou moins com­plète, appli­quer aux citoyens toutes les mesures dont elle juge utile de prendre par elle-même l’i­ni­tia­tive, en vue de faire face aux cir­cons­tances et d’at­teindre à chaque moment les fins qu’elle se pro­pose : ce régime de police est fon­dé sur l’i­dée que la fin suf­fit à jus­ti­fier les moyens. 

      À L’É­tat de police s’op­pose l’É­tat de droit. »

      En écar­tant le juge judi­ciaire de toute auto­ri­sa­tion préa­lable aux écoutes admi­nis­tra­tives, c’est l’É­tat de droit que vous détrui­sez : garant des liber­tés indi­vi­duelles, sa remise en cause nie le prin­cipe de sépa­ra­tion des pouvoirs.

      Réponse
  17. Ronald

    Oui, très chouette échange.

    Je suis tou­jours stu­pé­fait qu’on puisse uti­li­ser l’ar­gu­ment « Je sais bien que, parce que je ne suis pas un ter­ro­riste, je n’au­rais jamais une camé­ra dans ma salle de bains et cela ne me dérange en rien que des ter­ro­ristes soient vus et écoutes par­tout où ils peuvent se trou­ver afin de déjouer leurs actions. »

    Sous pré­texte que l’on ne fait rien d’illé­gal, on se dit qu’on ne le fera jamais et donc qu’on n’a rien à craindre d’une loi qui cible les per­sonnes dans l’illé­ga­li­té. Et donc qu’on peut tout à fait per­mettre ces lois. C’est quand même igno­rer que ce n’est pas nous qui déci­dons ci ce que nous fai­sons est illé­gal, c’est l’E­tat. Par exemple, le pou­voir décide qu’il est inter­dit de relayer la posi­tion de l’E­tat Isla­mique et donc fait fer­mer les sites qui le font (et sans doute sur­veiller leurs auteurs). Je ne relaie pas l’E­tat Isla­mique, donc je n’ai rein à craindre. Mais demain, d’autres com­por­te­ments auto­ri­sés aujourd’­hui seront pro­ba­ble­ment jugé illé­gaux ou sim­ple­ment sus­pects : par exemple relayer la posi­tion russe sur l’U­kraine, pro­mou­voir le non rem­bour­se­ment des dettes publiques, etc. … D’autres per­sonnes qui ont lais­sé faire se retrou­ve­ront de la sorte dans le groupe des indi­vi­dus sus­pects, sans avoir pour cela chan­gé leur attitude. 

    En fait dire : « Je ne fais jamais rien d’illé­gal, je ne risque donc rien », cela n’est cohé­rent que si l’on dit « Quoi qu’il arrive, je serai tou­jours du côté du pou­voir » (ce qui, il est vrai, est le cas de beau­coup de monde).

    Réponse
    • Ana Sailland

      -« agir en sorte d’être expul­sé  » »> je crois que les trai­tés n’ont pas pré­vu l’ex­pul­sion. C’est un sacré atout ( pou­voir jouer le fait accompli )
      Par contre pous­ser l’UE à la faute est malin de chez malin.

      -La mon­naie com­plé­men­taire étant com­plé­men­taire n’a pas besoin for­cé­ment d’être conver­tible, ou bien cette ques­tion n’est peut être pas essentielle. -> ?
      Il y a des semaines que nous nous deman­dions ici ou ailleurs pour­quoi cette solu­tion n’é­tait pas envi­sa­gée, voi­là, c’est fait 🙂

      -Comp­ter sur une coré­vo­lu­tion avec d’autres pays est en effet un gros risque de dés­illu­sion, et Tsi­pras doit lou­voyer au mieux pour assai­nir ses posi­tions avant un choc dont à mon avis il peut sor­tir gagnant … l’ef­fet domi­no venant ensuite, comme consé­quence et pas comme outil.
      C’est ce besoin d’as­sai­nir qui si je choi­sis un angle de vue opti­miste donne cette impres­sion d’at­ten­tisme que les gros vilains ont aimé pré­sen­ter comme tra­hi­son. Ils risque d’être déçus ( … et moi aus­si hihi )

      Réponse
  18. BA

    La Grèce est hyper-endettée.

    La Grèce est com­plè­te­ment écra­sée sous des mon­tagnes de dettes.

    Avril 2015 :

    Le 9 avril, la Grèce devra rem­bour­ser 458 mil­lions d’eu­ros au FMI.

    Le 14 avril, la Grèce devra rem­bour­ser 1,4 mil­liard d’eu­ros, et le 17 avril, elle devra rem­bour­ser 1 mil­liard d’eu­ros de bons du Trésor.

    Pro­blème : en avril 2015, la Grèce est en faillite.

    Solu­tion ( ? ? ? ) du problème :

    Mer­cre­di 8 avril, la Grèce a … emprun­té 1,14 mil­liard d’eu­ros sur les mar­chés. Durée : 6 mois. Taux : 2,97 %.

    Et en mai 2015 ?

    Le 8 mai, la Grèce devra rem­bour­ser 1,4 mil­liard d’eu­ros de bons du Trésor.

    Le 12 mai, la Grèce devra rem­bour­ser 763 mil­lions d’eu­ros au FMI.

    Le 15 mai, elle devra rem­bour­ser 1,4 mil­liard d’eu­ros de bons du Trésor.

    Pro­blème : en mai, la Grèce sera en faillite.

    Solu­tion du problème : 

    En mai, l’Al­le­magne paie­ra à la Grèce les 279 mil­liards d’eu­ros qu’elle lui doit depuis la Seconde Guerre Mondiale.

    Et comme ça, la crise de la dette grecque sera finie.

    Et comme ça, tout le monde sera content.

    Et tout est bien qui finit bien.

    Non, je déconne.

    Ber­lin rejette les demandes de répa­ra­tion d’Athènes.

    En plein débat sur la dette grecque, Athènes a exi­gé que l’Al­le­magne rem­bourse une dette datant de la Deuxième Guerre mon­diale, et verse des com­pen­sa­tions. Cette demande a été vive­ment cri­ti­quée par le ministre alle­mand de l’Économie.

    « Pour être hon­nête, je trouve cela idiot », a décla­ré Sig­mar Gabriel le 7 avril. Après tout, la Grèce a tout inté­rêt à obte­nir une cer­taine marge de manœuvre de ses par­te­naires de la zone euro étant don­né ses pro­blèmes finan­ciers, pour­suit-il. « Et cette marge de manœuvre n’a abso­lu­ment rien à voir avec la Deuxième Guerre mon­diale ou des répa­ra­tions », martèle-t-il.

    Le soir du lun­di 6 avril, le vice-ministre grec des Finances, Dimi­tris Mar­das, a pré­sen­té une éva­lua­tion de ce que devrait être la com­pen­sa­tion pour les crimes com­mis par les Nazis au par­le­ment grec. Cette com­pen­sa­tion devrait s’é­le­ver à 278,7 mil­liards d’eu­ros, selon lui. 

    http://​www​.eur​ac​tiv​.fr/​s​e​c​t​i​o​n​s​/​e​u​r​o​-​f​i​n​a​n​c​e​s​/​b​e​r​l​i​n​-​r​e​j​e​t​t​e​-​l​e​s​-​d​e​m​a​n​d​e​s​-​d​e​-​r​e​p​a​r​a​t​i​o​n​-​d​e​-​l​a​-​g​r​e​c​e​-​3​1​3​608

    Réponse
    • etienne

      Jacques Sapir : « Mon­sieur Manuel Valls ment, Mon­sieur Manuel Valls ment, Mon­sieur Manuel Valls est Allemand »
      http://​www​.les​-crises​.fr/​s​u​r​-​l​a​i​r​-​d​e​-​l​a​-​c​u​c​a​r​a​c​h​a​-​p​a​r​-​j​a​c​q​u​e​s​-​s​a​p​ir/

      Jacques Sapir : « C’est en cela que notre droit de la natio­na­li­té s’avère supé­rieur au « droit du sang ». Et là, il faut recon­naître que Manuel Valls, mais avec lui Emma­nuel Macron et Fran­çois Hol­lande, ne sont pas, ne sont plus, fran­çais tout comme ne l’étaient plus les sinistres per­son­nages de Vichy. Car le pro­blème n’est jamais l’origine. On se sou­vient que les pre­mières troupes de la 2ème DB à entrer dans Paris, celles du Capi­taine Dronne, étaient des Répu­bli­cains espa­gnols… Le pro­blème est pour qui, et pour quoi l’on se bat. 

      Et là, Manuel Valls a clai­re­ment choi­si le camp de Bruxelles, mais aus­si celui de l’Allemagne et en géné­ral de tous ceux qui ont choi­si l’austérité contre les peuples et l’Union Euro­péenne contre la Démo­cra­tie. Car, ce à quoi Mon­sieur Manuel Valls tend, ce à quoi il conspire, c’est tout sim­ple­ment de for­cer un gou­ver­ne­ment léga­le­ment élu, et repré­sen­tant la sou­ve­rai­ne­té du peuple, d’appliquer une autre poli­tique, une poli­tique déci­dée à Bruxelles, à Franc­fort et à Ber­lin. Cela fait de lui un com­plice de Jean-Claude Jun­ckers, l’homme qui décla­rait que les ins­ti­tu­tions euro­péennes étaient plus impor­tante qu’une élec­tion, d’une Madame Mer­kel, d’un Wolf­gang Schäuble.

      Il a fait ces décla­ra­tions, lui, Pre­mier ministre de la répu­blique fran­çaise, héri­tier d’une tra­di­tion qui asso­cie liber­té et sou­ve­rai­ne­té, dépo­si­taire, tout comme le Pré­sident de la Répu­blique, d’une Consti­tu­tion qui dit bien que « la Répu­blique est sociale ». »

      Réponse
      • Ana Sailland

        c’est fou qu’on en soit ici réduit à défendre l’élection 🙂 🙂 🙂

        mais pas si fou que ça puisque ces gens ne res­pectent même plus la fausse démo­cra­tie et s’ef­forcent d’ins­ti­tuer pire encore.

        Réponse
        • joss

          Nous pou­vons encore recon­naître le bon grain de l’i­vraie. Nous avons appris à navi­guer, nous savons uti­li­ser la bous­sole et suivre les étoiles. Nous connais­sons la cause des causes. Mais la popu­la­tion qui est bai­gnée dans la novlangue…une chatte n’y retrou­ve­rait pas ses petits 😉

          Réponse

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