Initiative citoyenne européenne : un revenu pour tous, sans conditions

25/03/2014 | 10 commentaires

Un bel appel col­lec­tif , qui nous per­met­tra peut-être de favo­ri­ser un débat essen­tiel pour nous tous : reve­nu de base, salaire à vie, divi­dende universel…

Source : http://​www​.bas​ta​mag​.net/​U​n​-​r​e​v​e​n​u​-​p​o​u​r​-​t​o​u​s​-​s​ans

Initiative citoyenne européenne :
un revenu pour tous, sans conditions

(col­lec­tif)

Chô­mage de masse, pau­vre­té, pré­ca­ri­té, pres­sion insou­te­nable sur les res­sources natu­relles et sur les hommes… La bataille pour l’emploi et la course à la crois­sance menées depuis plus de 30 ans semblent conduire à une impasse. Face à ce constat, des per­son­na­li­tés de dif­fé­rents bords poli­tiques sug­gèrent de chan­ger de logi­ciel de pen­sée et sou­tiennent l’instauration d’un reve­nu de base : le droit à un reve­nu pour tous, sans condi­tion. Ils appellent à signer l’Initiative Citoyenne Euro­péenne en cours, afin d’obliger l’Union euro­péenne à ouvrir le débat sur le sujet.

Notre pays n’a jamais été aus­si riche. Pour­tant, 8,5 mil­lions de Fran­çais, dont 2,5 mil­lions d’enfants, vivent aujourd’hui sous le seuil de pau­vre­té. Nous sommes ins­tal­lés depuis qua­rante ans dans une situa­tion de chô­mage de masse qui touche près de 5 mil­lions de per­sonnes. De nom­breux tra­vailleurs sont en situa­tion pré­caire, occupent des temps par­tiels subis ou des emplois trop mal payés pour les sor­tir de la pau­vre­té. Sans comp­ter l’explosion de la souf­france au tra­vail qui, en plus de coû­ter 3 à 4% du PIB, détruit des vies.

La solu­tion à ces pro­blèmes, nous dit-on, serait la crois­sance éco­no­mique. Or mal­gré tous les efforts mis en œuvre pour la retrou­ver depuis qua­rante ans, celle-ci n’a jamais suf­fi à résor­ber le chô­mage. Au contraire, les gains de pro­duc­ti­vi­té réa­li­sés au cours du der­nier siècle ont per­mis d’automatiser de nom­breuses tâches, rédui­sant ain­si le besoin de main d’œuvre. En outre, l’explosion de la pro­duc­tion indus­trielle nous a conduits à accroître notre pres­sion sur les res­sources natu­relles et nos émis­sions de gaz à effet de serre.

Notre pro­po­si­tion : le reve­nu de base

Mais ce constat ne consti­tue pas un hori­zon indé­pas­sable. Nos socié­tés modernes sont en mesure d’assurer à tous une vie digne. Pour y par­ve­nir dès main­te­nant, nous, citoyens fran­çais et euro­péens de tous bords poli­tiques, deman­dons l’instauration d’un reve­nu de base. Il s’agit de dis­tri­buer à tous, de la nais­sance à la mort, un reve­nu inalié­nable, incon­di­tion­nel, indi­vi­duel et cumu­lable avec les reve­nus du tra­vail sala­rié et du patri­moine, sans contrôle des res­sources ni exi­gence de contrepartie.

Il ne faut pas voir dans le reve­nu de base une nou­velle forme de cha­ri­té ou un simple outil pour gérer la pau­vre­té, mais un nou­veau droit humain garan­ti par la socié­té au même titre que le droit à l’éducation ou le droit de vote.

Le reve­nu de base donne sens à l’article 25 de la Décla­ra­tion Uni­ver­selle des Droits de l’Homme : “Toute per­sonne a droit à un niveau de vie suf­fi­sant pour assu­rer sa san­té, son bien-être et ceux de sa famille”. Le Conseil euro­péen a d’ailleurs recon­nu l’existence d’un « droit fon­da­men­tal de la per­sonne à des res­sources et pres­ta­tions suf­fi­santes pour vivre confor­mé­ment à la digni­té humaine ».

Sans reve­nu, pas de citoyen

L’idée du reve­nu de base n’est pas nou­velle. Dès la fin du XVIIIème siècle, l’homme poli­tique fran­co-amé­ri­cain Tho­mas Paine la défen­dait dans son essai sur La Jus­tice Agraire en expli­quant que “sans reve­nu, point de citoyen”. Depuis, de nom­breux pen­seurs lui ont emboî­té le pas, dont 5 prix Nobel d’économie (James Meade, James Tobin, Mil­ton Fried­man, Jan Tin­ber­gen et Her­bert Simon).

Le reve­nu de base a été expé­ri­men­té au Cana­da, en Inde en Nami­bie et en Alas­ka, avec des résul­tats notables sur le déve­lop­pe­ment de petites acti­vi­tés pro­duc­tives, l’éducation des enfants, l’accès aux soins, la dimi­nu­tion de la délin­quance et une construc­tion posi­tive de soi. Et ce pro­jet sécu­laire pour­rait bien­tôt deve­nir réa­li­té. Suite à une forte mobi­li­sa­tion citoyenne, les citoyens suisses déci­de­ront par réfé­ren­dum d’ici 2015 d’inscrire dans la loi le ver­se­ment d’un reve­nu de base 2500 francs suisses [1] à tous les rési­dents du pays.

Le reve­nu de base libère le tra­vail et les ini­tia­tives humaines

Le reve­nu de base est un vec­teur de trans­for­ma­tions posi­tives pour notre éco­no­mie et notre socié­té. Il ne per­met pas seule­ment d’éradiquer la misère et de relan­cer une éco­no­mie lais­sée atone par l’insuffisance de la demande. Il libère éga­le­ment des éner­gies nou­velles en don­nant la pos­si­bi­li­té à cha­cun de choi­sir libre­ment une acti­vi­té réel­le­ment épa­nouis­sante et enri­chis­sante, utile socia­le­ment et économiquement.
En nous sou­la­geant du tra­vail subi et de la contrainte vitale que repré­sente la recherche d’un moyen de sub­sis­tance, le reve­nu de base per­met­trait de tra­vailler autre­ment. Il libère du temps pour don­ner un nou­veau souffle à l’activité asso­cia­tive, l’engagement citoyen, les pro­jets pro­fes­sion­nels, la créa­tion artis­tique et ain­si recréer du lien social, fami­lial et de la confiance dans nos villes, nos quar­tiers et nos villages.

Au-delà de ses effets posi­tifs sur la pau­vre­té, l’activité éco­no­mique et le lien social, le reve­nu de base per­met de mettre fin aux effets per­vers du sys­tème actuel d’aides sociales géné­rant humi­lia­tions et stig­ma­ti­sa­tions injus­ti­fiées [2]. Incon­di­tion­nel, le reve­nu de base est dis­tri­bué auto­ma­ti­que­ment, sans qu’aucune démarche ne soit néces­saire pour le per­ce­voir. On peut en outre accep­ter un emploi sans craindre de perdre son reve­nu de base, ni même de le voir dimi­nué, contrai­re­ment au RSA. Ain­si, avec le reve­nu de base, le tra­vail paie toujours.

Une pro­po­si­tion éco­no­mique équilibrée

Le reve­nu de base n’a pas voca­tion à se sub­sti­tuer à notre modèle social mais plu­tôt à le par­faire pour le rendre plus éman­ci­pa­teur. Les tra­vaux d’experts sur son finan­ce­ment ne manquent pas. Seule la volon­té poli­tique fait encore défaut. C’est pour­quoi nous, citoyens fran­çais, suisses et euro­péens, au-delà de nos cli­vages poli­tiques et idéo­lo­giques, sou­te­nons et signons l’Initiative Citoyenne Euro­péenne (ICE) pour le reve­nu de base. Nous avons jusqu’au 14 jan­vier pour récol­ter 800 000 signa­tures à tra­vers l’Europe et ain­si contraindre la Com­mis­sion Euro­péenne à étu­dier cette proposition.

Le Reve­nu de Base n’est pas une solu­tion clé en main à tous les pro­blèmes actuels. Mais il pose les bases d’une socié­té plus juste, plus humaine, et pro­pose enfin une vision posi­tive du 21ème siècle.

Pour signer l’initiative citoyenne euro­péenne : http://​basi​cin​co​me2013​.eu/​u​b​i​/​fr/

Voir le mou­ve­ment fran­çais pour un reve­nu de base

Pre­miers signa­taires : Yves Cochet (euro­dé­pu­té éco­lo­giste, ancien ministre), José Bové, Eva Joly, Kari­ma Del­li, Michèle Riva­si (eurodéputé(e)s), Jean Deses­sard (Séna­teur EELV), Chris­tophe Girard (Maire PS du 4ème arron­dis­se­ment de Paris, Conseiller régio­nal IDF), Corinne Morel Dar­leux (Conseillère régio­nale Rhône Alpes PG – FdG), Paul Ariès (rédac­teur en chef de la revue les Z’indigné(e)s), Jean-Paul Joua­ry (phi­lo­sophe), Vincent Lie­gey, Sté­phane Made­leine, Anne-Isa­belle Veillot et Chris­tophe Ondet (auteurs du mani­feste pour une dota­tion incon­di­tion­nelle d’autonomie), Yves Cit­ton (ensei­gnant et phi­lo­sophe) et la revue Mul­ti­tudes, Fré­dé­ric Brun (ins­pec­teur géné­ral au minis­tère de l’agriculture, pré­sident de Oikia, orga­nisme de coopé­ra­tion éco­lo­gique euro­péen), Anne Quer­rien (Socio­logue, urba­niste), Yann Mou­lier Bou­tang (Pro­fes­seur de sciences éco­no­miques), Bap­tiste Mylon­do (ensei­gnant en éco­no­mie et phi­lo­so­phie poli­tique), Marie Pezé (doc­teur en psy­cho­lo­gie, spé­cia­liste de la souf­france au tra­vail), Marc de Bas­quiat (doc­teur en éco­no­mie), Étienne Chouard (ensei­gnant, blo­gueur), David Poryn­gier (Pré­sident du Mou­ve­ment des libé­raux de gauche), Thier­ry Crou­zet (écri­vain, blo­gueur), Fran­çois Rouillay (Co-fon­da­teur des Incroyables comes­tibles France).

Notes

[1] Soit envi­ron 2000 €, ce qui cor­res­pond au seuil de pau­vre­té suisse

[2] Com­plexi­té admi­nis­tra­tive, fort taux de non recours, effets de seuil éco­no­mi­que­ment néfastes

Source : http://​www​.bas​ta​mag​.net/​U​n​-​r​e​v​e​n​u​-​p​o​u​r​-​t​o​u​s​-​s​ans

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10 Commentaires

  1. Sam

    Eh oh les copains, vous cau­sez à « L’Eu­rope »… un engin tota­li­taire pas réfor­mable pour un franc, je vous l’ap­prends ? D’un point de vue ins­ti­tu­tion­nel, l’exemple est désas­treux. Rien à attendre d’une construc­tion confé­dé­rale, et Étienne devrait le savoir.

    Plus acces­soi­re­ment, le bud­get euro­péen est insi­gni­fiant, et les « dépu­tés » du « Par­le­ment euro­péen » qui n’ont que très peu de prise sur les dépenses n’en ont rigou­reuse aucune sur les recettes. Pour cause, leur contrôle appar­tient par construc­tion aux États (« ‑membres »). L’u­sur­pa­teur à qui vous men­diez n’a rien comme pognon en propre. Et il n’a aucun pou­voir d’in­ter­ven­tion directe sur les salaires. Il n’ a même pas le droit de défi­nir le régime de pro­prié­té dans les « É‑M » ».

    Le plus attris­tant, peut-être, c’est que les com­pé­tences qu’ont gar­dé les États « ‑membres » manquent bien sou­vent mais pas en l’es­pèce. Com­pé­ti­ti­vi­té, je me marre si le salaire n’est plus que le complément…

    Quant à la mau­vaise loi d’i­ni­tia­tive par­le­men­taire et soi-disant citoyenne en France, elle vaut tou­jours bien mieux que le machin euro­péen qui se pré­tend équivalent. 

    Il aurait fal­lu lan­cer un tel appel au plan natio­nal, bougres d’ânes, et non pas conti­nuer à légi­ti­mer le monstre euro­péen en lui men­diant ain­si ce que vous n’au­rez jamais sans com­men­cer par lui régler son compte… Mais non, on s’a­gite et per­sonne ne s’emmerde à reven­di­quer la des­truc­tion de l’UE. Et de l’ef­fet de serre en rabe… Quel cirque… Merde, quoi, où sont les priorités ? 

    Pff, ça me désole, ça me dégoûte, dsl, … je retourne à mes travaux.

    Réponse
  2. Nabil de S'BIHA

    Bon­jour,

    Sur ce sujet, je vous conseille le Pr John K. Gal­braith qui a éla­bo­ré des théo­ries et des ana­lyses très pous­sées sur cette idée qu’il a défen­du durant une longue par­tie de sa longue vie. Du côté des conser­va­teurs, ou des libé­raux (en France), regar­dez les tra­vaux du Pr Mil­ton Fried­man sur ce sujet, aus­si intéressant.

    Réponse
    • nanou

      A la ques­tion qu’est ce que vous conseillez aux fran­çais qui vont voter pour les muni­ci­pales ? la réponse de fran­çis Cousin : 

      « Alors je ne m’a­dresse pas aux fran­çais qui vont aux urnes mais à tous les êtres humains en rup­ture de mar­chan­dises pour retrou­ver les ter­rains de la com­mu­nau­té universelle.

      Ce que nous a appris la Com­mune de Paris, comme ce que nous ont appris les insur­rec­tions chouennes et ven­déennes, ce que nous ont appris toutes les grandes frac­tures de 36 et 68, c’est que l’a­ve­nir de notre vie humaine contre la mar­chan­dise n’est pas dans les urnes : les urnes, quel que soit le racket poli­tique qui les orga­nise, sont des sys­tèmes qui visent à pro­ro­ger par la vota­tion le sys­tème de la ser­vi­tude de l’aliénation et de la domestication.

      Le choix qui nous est posé aujourd’­hui pour les années à venir n’est pas de choi­sir un mode de domes­ti­ca­tion en la mar­chan­dise pour une éco­no­mie don­née contre une autre éco­no­mie don­née, le choix qui nous est posé c’est : à bas la poli­tique, à bas l’é­co­no­mie et vive l’insurrection de l’être pour l’a­bo­li­tion de l’argent. »

      J’ADORE

      Réponse
  3. avisse

    Je suis assez dac­cord sur le fait qu’il ne faut pas faire de com­pro­mis avec des élus appar­chis. Je ne pense pas non plus qu’il faut cal­quer une socié­té sur celle pour­ri dans laquelle nous vivons déjà.
    Pen­sons notre nou­velle socié­té, une socié­té non pas cor­rom­pue, mar­chande, finan­cière, mais bien éga­li­taire, avec un regard hagard sur ce qui se passe autour de nous.

    Réponse
  4. violon

    Étienne,
    après mes chan­sons sur la démo­cra­tie et le tirage au sort,
    j’en ai écrit deux autres sur : LE REVENU DE BASE et LA MONNAIE.
    je suis prêt à aller les chan­ter où tu veux…

    Réponse
  5. kerdraon

    Tant que la socié­té sera basé sur le Capi­ta­lisme, l’hu­main sera écra­sé et asser­vi ! il n’est pas uto­pique de croire que nous ! le peuple ! nous pou­vons chan­ger les choses ! tous ensembles ! dans le res­pect de cha­cun ! je pense aus­si que si chaque per­sonne avait un reve­nu de base on en serait pas là ! cela ferait moins de chô­meur ! moins de demande d emploi, les patrons seraient obli­gés de revoir les salaires car moins de main d’oeuvre ! et la ça ne serait plus le citoyens qui s abais­se­raient pour un salaire de misère ! mais des patrons bien dans le tra­cas pour faire mar­cher leur capi­tal ! je ferais aus­si payer les machines qui rem­placent les hommes ! 1 machine 40 per­sonnes  » la machine cotise pour le nombre de per­sonne qu’elle rem­place ! moins de trou a la sécu ! enfin bon il y a tant de chose a dire pour chan­ger ce monde de merde. mais si cha­cun avan­çait ses idées ! et que tous ensemble on en dis­cute ! je pense que l’on peu faire un monde meilleur !
    bien cordialement
    N. kerdraon

    PS si vous avez quelque loca­tion que ce soit ! ben je démé­nage a Saillant !

    Réponse
  6. gilles

    à Sam, la « construc­tion » euro­péenne, c’est Chuck Norris !

    Un jour la Mort appa­raît à la vue de la Construc­tion Européenne. 

    « J’ap­prends que vous vous pré­ten­dez aus­si inévi­table et irré­ver­sible que moi ! »

    « Non, vous étiez en situa­tion de mono­pole et ain­si vous ne vous êtes jamais atta­qué à l’É­tat-Nation, l’É­tat-Pro­vi­dence, la Sou­ve­rai­ne­té natio­nale et popu­laire, la pro­tec­tion sociale, la Démo­cra­tie. Eh, bien avec la Concur­rence libre et non-faus­sée, je vais ter­mi­ner le job mieux que vous et pour moins cher ! »

    Réponse
  7. Fred

    Le reve­nu de base ? Une avan­cée sociale ? Mon cul oui ! Des miettes que nous laisse le sys­tème sans qu’il ne change d’un poil. Je vois d’i­ci le RDB ser­vir de pré­texte à la décons­truc­tion de tous les acquis sociaux qu’il nous reste, et le RDB ne suf­fi­ra pas à vivre. C’est le contraire de ce que pro­pose Friot pour le salaire à vie. Quand au mode de finan­ce­ment d’un tel pro­jet, on nous dit que les pro­po­si­tions des experts ne manquent pas de ce côté là, mais bon, ils ont beau être experts, j’ai­me­rai bien avoir le détail car le peu que j’ai lu à ce sujet ne me semble pas vrai­ment réalisable…

    Réponse

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