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Chers amis, Je vais encore vous parler de covid, mais pas du tout pour parler de santé : je vous parle d'abus de pouvoirs caractérisés contre les libertés. C'est pour ça que j'en parle sur ce site, ce n'est pas du tout hors sujet par rapport à mon travail depuis 2005, au contraire : je participe à une bagarre bien réelle et très concrète pour protéger les libertés des représentés contre l'arbitraire criminel de leurs représentants. Comme vous le savez maintenant, tout le mécanisme liberticide...

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[IMPORTANT] L’Ivermectine est-elle efficace contre le Covid-19 ? Écoutez le Dr. Ryan Cole

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Je trouve cet exposé très convaincant — et très important. Il faudrait retranscrire le texte de cette vidéo en français, pour le relire LENTEMENT. Nous avons TOUS d'importants biais de confirmation, OK. C'est universel, ça fait partie de la condition humaine. Mais vous devriez écouter ça malgré ces biais s'ils vous en écartent. Régler YouTube : Sous-titres, puis Traduction  automatique, puis Français. Étienne. https://youtu.be/ZZHfK2cFZAE Description : L'Ivermectin est-elle efficace contre le...

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Corruption profonde (systématique) de la science médicale : une publication de 2003 dans le BMJ : « Qui paie la pizza ? Redéfinir les relations entre les médecins et les sociétés pharmaceutiques »

Chers amis,

Comme vous le savez, je conteste le fondement scientifique des mesures liberticides que nos prétendus « représentants » nous infligent depuis un an : ce n’est pas aux scientifiques de dicter les décisions politiques auxquelles nous sommes assujettis par la force ; et c’est d’autant plus le cas du fait que la science en général est corruptible, et que la science médicale en particulier est profondément corrompue.

L’illégitimité de « la science » à gouverner est double : illégitime d’abord car la démocratie est par définition le strict opposé du gouvernement par les experts ; et illégitime ensuite parce que le risque de corruption des experts les éloigne en plus du bien commun.

Nous serions fous de faire aveuglément confiance aux « Conseils scientifiques », à une « Haute Autorité de Santé » ou à d’autres « Agences » d’experts soi-disant indépendants. Nous devrions exiger des débats démocratiques approfondis et loyaux sur toutes les mesures attentatoires à nos libertés, et nous devrions ensuite décider ensemble par référendum.

Ne pas oublier cette formule de Keynes : « La place des experts est sur la banquette arrière. »

C’est dans ce contexte politique, de plus en plus oppressant depuis un an, que j’étaie ma méfiance envers les injonctions scientifiques avec les documents utiles à mon sens, parmi lesquels celui-ci, sur la corruption générale de la science médicale.

Bonne lecture.

Étienne.


Corruption systématique de la science médicale : une publication dans le BMJ (une des revues scientifiques médicales les plus prestigieuses au monde), en 2003 déjà :
Source de la première partie : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1126053/
(traduction automatique relue par moi => il peut rester des coquilles bien sûr)

 

Qui paie la pizza ? Redéfinir les relations entre les médecins et les sociétés pharmaceutiques.
1 : Enchevêtrement

Ray Moynihan , journaliste 1

Résumé court

Dans cet article en deux parties, un journaliste basé à Washington DC explore les conflits de brassage sur l’un des principaux campus médicaux du monde alors qu’il rejoint le débat mondial plus large sur la façon de redéfinir les relations avec les grandes sociétés pharmaceutiques.

Tordus ensemble comme le serpent et le personnel, les médecins et les sociétés pharmaceutiques se sont empêtrés dans un réseau d’interactions aussi controversées qu’omniprésentes (encadré). Alors que les factures nationales de médicaments augmentent à des taux qui dépassent largement ceux de l’inflation (Fig. 1), cet enchevêtrement et les flux d’argent et d’influence qui en découlent attirent de plus en plus l’attention du public et des universitaires.examen minutieux.

Un fichier externe contenant une image, une illustration, etc. Le nom de l'objet est moyrpart1.f1.jpg

Fig. 1 Dépenses de détail en médicaments d’ordonnance aux États-Unis, 1997-2001.

Figure 2 :
Un fichier externe contenant une image, une illustration, etc. Le nom de l'objet est moyrpart1.f3.jpg

Sue Sharples

Des études menées dans plusieurs pays montrent que 80 à 95 % des médecins consultent régulièrement des représentants des sociétés pharmaceutiques malgré les preuves que leurs informations sont trop positives et que les habitudes de prescription sont donc moins appropriées ,  De nombreux médecins reçoivent chaque année de multiples dons de sociétés pharmaceutiques, et la plupart des médecins nient leur influence malgré des preuves considérables du contraire Les interactions de l’industrie sont en corrélation avec les préférences des médecins pour les nouveaux produits qui n’ont aucun avantage démontré par rapport aux produits existants, une diminution de la prescription de génériques et une augmentation à la fois des dépenses de prescription et des prescriptions irrationnelles et imprudentes, selon une analyse récente de l’éthique des dons en cadeau. Le nombre de cadeaux que les médecins reçoivent est en corrélation avec la croyance selon laquelle les représentants de médicaments n’ont aucun impact sur le comportement de prescription

Il est courant d’accepter les repas et les frais de déplacement ou d’hébergement pour des réunions éducatives sponsorisées, même si cela est associé à une augmentation des demandes de formulaire et de la prescription du médicament du sponsor.  ,  La plupart des médecins assistent à des événements parrainés par l’entreprise fournissant une formation médicale continue,  pourtant, des preuves montrent que ces événements font une promotion privilégiée du médicament du sponsor. De nombreuses sociétés professionnelles s’appuient fortement sur le parrainage (sponsorship) de l’industrie,  tout comme leurs revues médicales s’appuient sur des essais financés par les compagnies pharmaceutiques, des publicités d’entreprises, des réimpressions achetées par l’entreprise et des suppléments sponsorisés par l’entreprise – malgré les conflits d’intérêts qui en résultent et la preuve que les suppléments sponsorisés sont plus promotionnels que les autres articles. 

Résumé des points

  • Les enchevêtrements entre les médecins et les sociétés pharmaceutiques sont répandus, et les preuves montrent que les interactions avec l’industrie influencent le comportement des médecins
  • Il est prouvé que la recherche sponsorisée a tendance à produire des résultats favorables [aux sponsors]
  • Des institutions académiques de premier plan débattent actuellement des règles régissant les relations entre chercheurs et sponsors
  • Les dépenses pharmaceutiques augmentent rapidement et l’enchevêtrement peut saper les stratégies de prescription rationnelles
  • Les critiques soutiennent qu’une culture du don de cadeaux dans l’industrie crée des droits et des obligations pour les médecins qui sont en conflit avec leur obligation principale envers les patients.

 

On estime que 60 % de la recherche et du développement biomédicaux aux États-Unis sont désormais financés par le secteur privé, et les deux tiers des établissements universitaires ont des liens d’équité avec des sponsors extérieurs.  Trouver des chercheurs en médecine ou des cliniciens chevronnés sans liens financiers avec les sociétés pharmaceutiques est devenu extrêmement difficile.  Ceux qui sont considérés comme des « leaders d’opinion » travaillent régulièrement comme membres rémunérés des conseils consultatifs des sociétés pharmaceutiques, même s’il est prouvé que cette pratique fait partie du mécanisme promotionnel de l’industrie.

Selon un article sur les « trucs du métier », publié dans Pharmaceutical Marketing , le processus de CONSEIL est l’un des moyens les plus puissants pour SE RAPPROCHER des gens ET les INFLUENCER.

Formes d’enchevêtrement

  • Visites en face à face de représentants de sociétés pharmaceutiques
  • Acceptation de cadeaux directs sous forme d’équipement, de voyage ou d’hébergement.
  • Acceptation de cadeaux indirects, par le biais du parrainage de logiciels ou de voyages.
  • Participation à des dîners sponsorisés et à des événements sociaux ou récréatifs
  • Participation à des événements éducatifs sponsorisés, à des formations médicales continues, à des ateliers ou à des séminaires.
  • Participation à des conférences scientifiques parrainées
  • Détention d’actions ou de participations
  • Réalisation de recherches sponsorisées
  • Financement par l’entreprise d’écoles de médecine, de chaires universitaires ou de salles de conférence
  • Adhésion à des sociétés et associations professionnelles parrainées
  • Conseiller une fondation pour une maladie ou un groupe de patients sponsorisés.
  • Participation à des directives cliniques parrainées ou utilisation de celles-ci
  • Entreprendre des travaux de conseil rémunérés pour des entreprises
  • Appartenance à des conseils consultatifs d’entreprises de « leaders d’opinion » ou à des « bureaux de conférenciers ».
  • Rédaction d’articles scientifiques « fantômes ».
  • Dépendance des revues médicales à l’égard de la publicité des entreprises pharmaceutiques, des réimpressions achetées par les entreprises et des suppléments sponsorisés.

Le familier devient étrange

Les relations qui de l’intérieur semblent familières semblent maintenant étranges aux gens de l’extérieur. Le fait d’inviter régulièrement à manger et à boire avec des prescripteurs est désormais considéré par certaines autorités judiciaires comme de la corruption, un cas majeur se déroulant actuellement en Italie  ; le parrainage massif des sociétés professionnelles et de leurs comités de rédaction de recommandations est considéré dans certains milieux comme suspect, comme le montre le cas de la connexion de 11 millions de dollars (7 millions de livres sterling ; 10 millions d’euros) de Genentech avec l’American Heart Association  ; les événements accrédités dans le cadre de la formation médicale continue ne semblent guère plus qu’une occasion pour des orateurs payés par des sponsors de parler de leurs médicaments, surtout lorsque même la salle de conférence porte le nom du sponsor.

Les relations qui impliquent le financement de la recherche universitaire par des entreprises sont les plus examinées : un examen récent des preuves a révélé que les conflits d’intérêts financiers étaient « omniprésents et problématiques » dans la recherche biomédicale, un quart des chercheurs universitaires recevant des fonds de l’industrie et un tiers ayant des liens financiers personnels avec des sponsors. Le problème est que la base de données factuelles des soins de santé est fondamentalement déformée. Des preuves solides et cohérentes montrent que les recherches financées par l’industrie ont tendance à tirer des conclusions favorables à l’industrie et les études financées par l’industrie étaient beaucoup plus susceptibles de parvenir à des conclusions favorables au promoteur que les études non industrielles. Une autre revue, publiée dans ce numéro, a des conclusions et des préoccupations similaires. L’explication du « biais systématique » dans les résultats n’est pas que la science sponsorisée est une mauvaise science, mais plutôt que les questions scientifiques posées reflètent l’intérêt personnel du sponsor.

« La profession médicale est achetée par l’industrie pharmaceutique, non seulement en termes de pratique de la médecine, mais aussi en termes d’enseignement et de recherche », déclare Arnold Relman, professeur à Harvard et ancien rédacteur en chef du New England Journal of Medicine, dont la récente critique de l’influence de l’industrie des soins de santé, publié dans la Nouvelle République lui a valu ainsi qu’à son un co-auteur l’un des plus grands prix du journalisme de magazine aux États-Unis. « Les institutions universitaires de ce pays se permettent d’être les agents rémunérés de l’industrie pharmaceutique. Je pense que c’est honteux ».

Les principaux groupes d’intérêt, dont l’American Medical Association et la Pharmaceutical Research and Manufacturers of America, ont répondu aux préoccupations actuelles concernant l’enchevêtrement avec des codes de conduite révisés.  ,  Bien que les comportements flagrants tels que les paiements directs en espèces aux médecins soient découragés, certains des nouveaux codes n’ont généralement fait guère plus qu’approuver la myriade de formes d’interactions existantes, a déclaré une éthicienne biomédicale de l’Université de Stanford, Mildred Cho, une chercheuse qui s’intéresse de près à l’enchevêtrement entre les médecins et les entreprises pharmaceutiques.

Même les groupes qui suggèrent véritablement un plus grand degré d’indépendance, y compris l’Association of American Medical Colleges, le font dans le contexte d’un mariage stable – les dernières recommandations de l’association disent : « Un partenariat de principe entre l’industrie et le milieu universitaire est essentiel si nous sont de préserver le progrès médical et de continuer à améliorer la santé de nos citoyens. Cho dit : « Les conflits d’intérêts sont tellement omniprésents qu’un grand nombre de règles existantes – ou leurs révisions – partent du principe que ces conflits sont nécessaires, voire souhaitables, parce que les intérêts financiers privés des médecins ou des instituts de recherche renforcent les intérêts des patients au lieu d’entrer en conflit avec eux. Et je ne pense pas que cette hypothèse soit juste ».

Des institutions comme l’Université de Californie à San Francisco (UCSF), l’un des principaux bénéficiaires aux États-Unis du financement de la recherche en santé par le gouvernement et un campus étroitement lié à l’industrie pharmaceutique et au secteur biotechnologique en plein essor, sont inexorablement entraînées dans le débat. à proximité de la Silicon Valley. Un « groupe de travail sur les conflits d’intérêts » mis en place par le sénat académique vient de produire un projet de rapport sollicitant des évolutions majeures des règles relatives aux relations avec les sponsors privés de la recherche. Reflétant de profonds désaccords au sein de l’université et de l’establishment médical au sens large, une sérieuse scission s’est produite au sein du groupe de travail, qui doit bientôt rendre son rapport. En fin de compte, le sénat académique fera une recommandation à l’administration de l’université sur le sujet et, étant donné la taille et le prestige de l’UCSF, les résultats de ce conflit actuel résonneront bien au-delà des collines de San Francisco.

Relations avec les chercheurs

L’UCSF a actuellement la réputation d’avoir l’une des politiques les plus strictes des États-Unis en matière de liens financiers entre les chercheurs et les commanditaires d’études, et ce pour deux raisons. Tout d’abord, la plupart des autres institutions ne considèrent pas les relations des chercheurs avec des entreprises individuelles d’une valeur inférieure à 10 000 dollars au cours d’une année donnée comme un lien notable et n’exigent donc pas leur divulgation, alors qu’à l’UCSF, les chercheurs ayant un lien extérieur d’une valeur supérieure à 250 dollars doivent le divulguer à l’institution. Deuxièmement, il est expressément interdit à un chercheur principal menant des recherches sponsorisées à l’UCSF d’avoir toute autre forme de lien financier avec ce sponsor pendant la durée de ces recherches.

Malgré cette restriction apparente, une étude portant sur deux décennies de divulgations à l’UCSF a révélé l’existence d’un réseau complexe de liens qui, bien que ne touchant qu’une petite minorité de la population du campus, n’a cessé d’augmenter. Les liens communs entre les universitaires et les sociétés pharmaceutiques ou biotechnologiques privées comprenaient :

  • des conférences rémunérées, allant de 250 à 20 000 dollars par an ;
  • des consultations rémunérées, la plupart du temps inférieures à 10 000 $ mais pouvant atteindre 120 000 $ par an ;
  • des postes rémunérés dans des conseils consultatifs ; et
  • des participations au capital, pour la plupart supérieures à 10 000 dollars et pouvant aller jusqu’à 1 million de dollars.

Le projet de rapport préparé pour le sénat académique de l’UCSF préconise un assouplissement fondamental de la règle universitaire – la fin de l’interdiction des liens personnels avec un sponsor pendant la durée d’un projet de recherche sponsorisé et un changement de définition conforme à celui d’autres institutions, de sorte que tout lien de moins de 10 000 dollars par an avec une entreprise individuelle ne serait plus considéré comme notable. Étant donné que de nombreux chercheurs ont des relations financières avec plusieurs entreprises, les nouvelles règles pourraient signifier qu’une grande partie des transactions privées des universitaires publics ne seraient pas divulguées.

Le président du groupe de travail, Michael Weiner, déclare que, bien que le comité fortement divisé ne soit pas encore parvenu à une recommandation consensuelle, son opinion personnelle est que les interdictions actuelles sont inutilement restrictives – une opinion qui, selon lui, est partagée par nombre de ses collègues chercheurs cliniques à l’UCSF. Pendant ce temps, d’autres membres du groupe de travail font pression pour maintenir l’interdiction des liens financiers personnels pendant les recherches sponsorisées, et un membre anonyme m’a parlé des dangers potentiels si l’UCSF lève l’interdiction : « Actuellement, le public pense qu’il peut faire confiance aux recherches menées par cette institution. L’assouplissement des règles pourrait ouvrir la porte à des préoccupations selon lesquelles les chercheurs pourraient être influencés par le financement des entreprises et leurs recherches pourraient être biaisées en faveur de ce sponsor. »

Relations avec les cliniciens

Alors que le débat sur les liens entre les chercheurs universitaires et leurs sponsors se poursuit à l’UCSF, comme ailleurs, les interactions de l’industrie avec les cliniciens prescripteurs sont également examinées. Le doyen de la faculté de médecine de l’UCSF, Haile Debas, est de plus en plus préoccupé par ce qu’il considère comme un accès incontrôlé de l’industrie aux médecins des campus et par les données indiquant que de nombreux jeunes médecins se croient à l’abri de l’influence promotionnelle. « Je pense qu’il s’agit d’un problème très grave, auquel nous devons nous attaquer », a-t-il déclaré.

Aux États-Unis, on estime que 80 000 représentants de sociétés pharmaceutiques,  soutenus par plus de 19 milliards de dollars de budgets promotionnels annuels combinés de l’industrie,  visitent des médecins chaque jour, y compris ceux qui travaillent dans les services de l’hôpital du centre médical de l’UCSF. Le magazine industriel Pharmaceutical Executive les décrit comme « l’outil de marketing préféré de l’industrie », car « les représentants portent l’essentiel des attentes de vente » et les relations qu’ils établissent avec les médecins sont si essentielles. 

Presque chaque midi, une entreprise sponsorise des pizzas ou des pâtes gratuites à l’UCSF, et des dizaines de médecins résidents affamés y participent. Comme Katz l’a observé dans sa récente analyse des cadeaux : « La nourriture, la flatterie et l’amitié sont tous de puissants outils de persuasion, en particulier lorsqu’ils sont combinés. »  Mais les contacts qui commencent par un déjeuner gratuit ne sont pas seulement des arguments de vente à sens unique : de nombreux cliniciens prescripteurs sont également des universitaires en herbe, et le personnel amical de la société pharmaceutique qui accompagne le repas peut faciliter le flux de financement de la recherche, les tournées de conférences et les précieuses publications sur lesquelles se construisent des carrières médicales réussies.

Aux États-Unis, les entreprises pharmaceutiques parrainent chaque année près de 300 000 événements destinés aux médecins dans le cadre de leurs efforts de promotion, dont beaucoup sont bien plus généreux que des pizzas gratuites. Selon le nouveau code volontaire de l’industrie couvrant les relations avec les professionnels de la santé, si une entreprise fait venir 300 médecins dans un club de golf, rembourse leurs frais, paie leur participation et les éduque sur le dernier médicament de l’entreprise, afin de les former pour qu’ils deviennent des membres de l’écurie de conférenciers rémunérés de l’entreprise, l’ensemble de l’activité serait conforme.

Le vice-président senior pour les affaires scientifiques et réglementaires de Pharmaceutical Research and Manufacturers America, John Kelly, défend le nouveau code comme étant dans l’intérêt des patients, et en ce qui concerne l’événement du centre de golf, il a déclaré qu’il était « approprié de former le nombre de conférenciers dont une entreprise a besoin pour soutenir ses efforts de communication. »

Le chef des services médicaux de l’hôpital UCSF, Robert Wachter, professeur de médecine, n’approuve pas les junkets organisés par les sociétés, mais se félicite des pizzas gratuites à l’heure du déjeuner, arguant qu’elles ne sont assorties d’aucune condition. « L’argent de l’industrie est acceptable tant que les entreprises n’ont aucun rôle dans le choix du contenu ou des intervenants. » En tant que leader national d’une spécialité émergente des médecins hospitaliers appelés « hospitalistes », Wachter voit une grande valeur dans l’éducation financée par l’entreprise, tant qu’il y a un pare-feu entre le parrainage et le contenu éditorial. Et dans son rôle de « leader d’opinion », il est parfois rémunéré pour rencontrer des dirigeants de l’industrie pharmaceutique afin de développer une compréhension mutuelle autour des enjeux liés à ce nouveau domaine – des interactions qu’il considère comme appropriées tant qu’elles sont transparentes. Pour Haile Debas, les déjeuners gratuits et les formations sponsorisées font partie d’un processus beaucoup plus vaste dans lequel les entreprises « achètent de l’influence » et établissent des relations problématiques, « créant des conflits d’intérêts pour les prescripteurs, qui peuvent à leur tour affecter leurs jugements sur les soins aux patients et faire augmenter par inadvertance les coûts des soins de santé ».

Avec un pic d’environ 18 % en 1999, la croissance annuelle des dépenses pharmaceutiques de l’UCSF dans ses hôpitaux et centres médicaux a été maîtrisée en 2000, mais en 2003, elle augmente déjà à nouveau à deux chiffres – pour toutes les raisons familières : hausse des prix des médicaments, hausse volumes d’ordonnances et proportion croissante d’ordonnances rédigées pour les médicaments plus récents et plus chers (figure 2).

En outre, les pénuries régulières de médicaments plus anciens, moins chers, mais efficaces, sont également à l’origine de l’augmentation des coûts au centre médical de l’UCSF et dans les hôpitaux à travers les États-Unis.

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Les universitaires chargés de parvenir à une utilisation plus rationnelle des médicaments sont convaincus que l’enchevêtrement entre les sociétés pharmaceutiques et les médecins est en partie la raison de l’explosion des coûts et une partie de la raison pour laquelle les tentatives de contrôle des coûts sont sapées. La doyenne de la pharmacie de l’UCSF, Mary Anne Koda-Kimble, comprend bien les avantages mutuels qui découlent de ces relations, mais estime que ces liens exercent une influence indue sur la consommation de médicaments. Son département, comme d’autres à l’UCSF et ailleurs, est en train de repenser sérieusement, avec une discussion ouverte sur les plans pour réduire fondamentalement l’influence de l’industrie.

Redéfinir les relations

À la fin de l’année dernière, Haile Debas a nommé son propre comité spécial pour « redéfinir les relations » avec l’industrie, et il vient de recevoir son rapport final (voir la partie 2 de cet article). « Il doit y avoir des relations avec l’industrie, mais dans un cadre qui respecte l’indépendance du médecin et n’affecte pas indûment ses jugements sur les soins aux patients », a-t-il déclaré.

Un autre chercheur de l’UCSF préconisant un changement est Drummond Rennie, rédacteur en chef adjoint de JAMA (le Journal de l’American Medical Association), qui soutient que la culture du cadeau, qui commence avec les étudiants en médecine, engendre un sentiment de droit à long terme. « Je ne reproche pas aux spécialistes du marketing de se comporter comme des spécialistes du marketing. Ce qu’ils font, c’est que les gens se sentent en droit – ce n’est donc pas un pot-de-vin ; c’est leur dû. Et vous vous retrouvez dans une situation où les médecins ne font pas cinquante mètres lors d’une grande réunion médicale sans être transportés dans un bus de la compagnie pharmaceutique.

Le revers de ce sentiment de droit est bien sûr l’endettement, qui, comme le souligne Katz, doit être remboursé par le soutien aux médicaments du mécène  avec un sentiment d’obligation en conflit direct avec l’ obligation principale des médecins à leurs patients.

Remarques

De nombreuses demandes d’entretien avec la société pharmaceutique Genentech, pour discuter des directives de l’American Heart Association et des questions plus larges de l’enchevêtrement, ont été refusées.

Intérêts concurrents : Aucun n’a été déclaré.

Références

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Les articles du BMJ sont fournis ici avec l’aimable autorisation de BMJ Publishing Group

 

Deuxième partie de l’article :
Source de la 2ème partie : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1126054/
(traduction automatique relue par moi => il peut donc rester des coquilles bien sûr)

Qui paie la pizza ? Redéfinir les relations entre les médecins et les sociétés pharmaceutiques.
2 : démêlage

Ray Moynihan , journaliste 1

Si l’Association américaine des étudiants en médecine a quelque chose à voir avec cela, les relations entre les médecins et l’industrie pharmaceutique seront bientôt considérablement différentes. Représentant 30 000 étudiants, stagiaires et résidents à travers les États-Unis, l’association mène une campagne intitulée « PharmFree », qui demande la fin des cadeaux, des déjeuners gratuits, des formations sponsorisées et des conférences rémunérées. 1

Figure 1

Un fichier externe contenant une image, une illustration, etc. Le nom de l'objet est moyrpart2.f1.jpg

Sue Sharples

Les étudiants sont invités à signer un engagement PharmFree à rechercher des sources impartiales d’informations sur les soins de santé et à prêter un serment d’Hippocrate récemment révisé, appelé « serment modèle pour le nouveau médecin », qui comprend les engagements : « Je prendrai des décisions médicales. à l’abri de l’influence de la publicité ou de la promotion. Je n’accepterai pas d’argent, de cadeaux ou d’hospitalité qui pourraient créer un conflit d’intérêts dans mon éducation, ma pratique, mon enseignement ou mes recherches. »

L’étrange devient familier

La campagne de American Medical Student Association est inspirée en partie par le travail de l’association new-yorkaise Pas de déjeuner libre (No Free Lunch), qui revendique la devise « Dites simplement non aux représentants de médicaments », qui organise une amnistie de stylos, et qui, avec un groupe australien appelé Healthy Skepticism exhorte les médecins à se détourner de l’éducation et de l’information soutenues par l’industrie pour se tourner vers des documents indépendants.  Selon No Free Lunch, « Notre querelle n’est pas avec l’industrie pharmaceutique mais avec la promotion de l’industrie pharmaceutique. Le moment est venu d’éliminer son influence de nos pratiques. » Ces petites campagnes sont les signes d’une redéfinition fondamentale des relations entre les médecins et les sociétés pharmaceutiques, alors que les associations professionnelles, les organismes de normalisation et les institutions individuelles du monde entier commencent à démêler certains des flux malsains d’argent et d’influence (encadré).

Tendances au désenchevêtrement

  • Restrictions ou interdictions concernant les visites de représentants de médicaments chez les médecins.
  • Restrictions ou interdictions concernant les événements éducatifs financés par l’industrie.
  • Interdiction aux individus ou aux organisations ayant des conflits d’intérêts de gérer la formation médicale continue agréée.
  • Évolution vers une formation médicale continue financée de manière indépendante et vers le recours à des sources d’information indépendantes.
  • Campagnes visant à mettre fin à l’acceptation de tous les cadeaux et voyages.
  • Campagnes visant à mettre fin à l’acceptation d’honoraires pour les interventions lors de conférences éducatives.
  • Les organismes professionnels réduisent leur dépendance à l’égard du parrainage des sociétés pharmaceutiques.
  • Interdiction par les associations professionnelles aux chercheurs ayant des conflits d’intérêts de mener des recherches.
  • Les revues médicales réduisent leur dépendance à l’égard des recettes publicitaires et des suppléments sponsorisés.
  • Appels à la création de « trusts aveugles » au niveau institutionnel pour gérer de manière indépendante les financements extérieurs.
  • Introduction dans les directives de la « présomption réfutable » selon laquelle les chercheurs ayant des conflits d’intérêts ne peuvent pas mener de recherches sur des sujets humains.
  • Appels à la création de nouveaux organismes nationaux pour mener des recherches motivées par l’intérêt public
  • Demande aux membres des comités de réglementation et des comités consultatifs d’éviter les conflits d’intérêts.

Points de synthèse

Les groupes de réforme de la médecine et les associations d’étudiants réclament un désengagement des entreprises pharmaceutiques et une éducation et des sources d’information indépendantes.

L’Université de Californie à San Francisco envisage de mettre fin aux déjeuners gratuits sponsorisés par les entreprises pharmaceutiques et de retirer les représentants des médicaments.

Les associations professionnelles et les organismes de normalisation s’orientent vers une plus grande distance dans leurs relations avec l’industrie.

L’industrie défend la valeur de son parrainage éducatif pour les patients et rejette l’idée d’une tendance au désenchevêtrement.

L’ancienne norme de divulgation a été complétée par une demande croissante de plus de distance dans les relations. Selon les lignes directrices récemment révisées de l’Association of American Medical Colleges sur les intérêts financiers des chercheurs en médecine, « la transparence, bien que nécessaire pour maintenir la confiance du public dans la recherche universitaire, n’est pas suffisante pour protéger les sujets humains. »  Ces directives, conçues pour aider à remodeler les règles sur plus de 100 campus à travers l’Amérique du Nord, ont introduit une nouvelle présomption : « une personne qui a un intérêt financier important dans une recherche impliquant des sujets humains ne peut pas mener de telles recherches », sauf si les circonstances sont impérieuses et si présomption peut être réfutée avec succès.

À l’Université de Californie à San Francisco (UCSF), un comité spécial convoqué par le doyen de la faculté de médecine vient de recommander la fin des déjeuners gratuits pour les médecins et l’abandon du parrainage direct par l’entreprise des événements éducatifs par les entreprises. Dans le même temps, le directeur général du centre médical de l’université — un complexe avec un chiffre d’affaires de 800 millions de dollars (500 millions de livres sterling ; 700 millions d’euros) par an et qui accueille un million de patients — souhaite restreindre sévèrement l’accès des représentants des sociétés pharmaceutiques aux médecins prescripteurs et pourraient même supprimer entièrement les représentants du système hospitalier. L’université n’est pas à l’avant-garde d’une telle réforme, mais sa taille et son prestige garantissent que son changement radical dans les relations entre médecins et entreprises pharmaceutiques a une audience mondiale.

Relations avec les cliniciens

« C’est une prise de conscience dans le monde académique que nous devons nous assurer que nos relations sont plus appropriées », déclare le doyen de la faculté de médecine de l’UCSF et ancien chancelier d’université, Haile Debas. « Les relations avec l’industrie sont essentielles, mais elles doivent être redéfinies. » Le rapport que Debas a commandé en 2002 vient de recommander la fin des déjeuners gratuits parrainés par les entreprises et la fin du parrainage direct de tous les événements éducatifs sur le campus. On ne sait pas encore exactement comment ces nouvelles règles pourraient fonctionner dans la pratique, ni si le parrainage indirect remplacera les flux monétaires existants. Debas est cependant convaincu qu’un changement est en train de s’opérer dans ces relations : « Je pense qu’il y aura plus de distance. »

Le président du comité de rapport, vice-doyen pour les affaires académiques, Neal Cohen, affirme que le mouvement de changement est comme un « rouleau compresseur » mû par de nombreuses forces dans l’université, du corps médical et de la communauté au sens large. Spécialiste des soins intensifs, Cohen, comme de nombreux médecins établis, a bénéficié de l’enchevêtrement avec l’industrie ; il garde un souvenir ému d’une visite payée aux antipodes. « Une fois, j’ai fait un voyage en Australie financé par une société pharmaceutique, pour parler d’un anesthésique. » Le referait-il maintenant ? « Non. J’aimerais retourner en Australie, mais je paierai moi-même. Je crois que j’ai donné des conseils objectifs, mais il serait difficile de convaincre quelqu’un d’autre que ma route vers l’Australie n’était pas entachée. Aujourd’hui, je réfléchirais beaucoup plus attentivement à ma relation avec l’industrie. Les préoccupations relatives aux conflits d’intérêts sont beaucoup plus présentes dans mon esprit qu’elles ne l’étaient il y a 10 ou 15 ans. »

En face de l’école de médecine se trouve l’administration du centre médical de l’université, où le directeur général Mark Laret travaille depuis son bureau du cinquième étage avec vue sur le parc du Golden Gate et le pont au-delà. « À certains égards, nous sommes tous dépendants de l’argent des grandes sociétés pharmaceutiques », dit-il, faisant référence au généreux financement de déjeuners gratuits et d’événements éducatifs importants à l’université, « mais nous allons devoir nous sevrer d’une dépendance généralement inappropriée. Cette relation est l’une de ces choses que nous devons nettoyer. Le plus tôt sera le mieux. »

Comme Haile Debas, Laret est devenu particulièrement préoccupé par l’accès incontrôlé des représentants des sociétés pharmaceutiques aux médecins et, dans certains cas, aux patients. Au début de l’année, M. Laret a discuté avec le doyen de l’école de pharmacie de la possibilité de développer du matériel éducatif pour les médecins hospitaliers qui pourrait effectivement « compléter ou même supplanter » celui distribué par les représentants des sociétés pharmaceutiques. Il avait été choqué, lors de discussions avec des médecins résidents, encore en formation, de constater à quel point nombre d’entre eux s’en remettaient aux représentants des entreprises pharmaceutiques pour s’informer sur les médicaments. « Je pense que cela doit changer. Les patients veulent être sûrs que les décisions que prennent leurs médecins ne sont pas indûment influencées par le marketing des sociétés pharmaceutiques. »

Il ressort clairement des conversations avec de nombreux responsables de l’UCSF qu’un plan se dessine pour, à terme, « virer les représentants », mais M. Laret dit qu’il ne préjuge pas de l’orientation du processus actuel. Étant donné que les représentants et leurs visites individuelles représentent une grande partie du budget promotionnel annuel de 19 milliards de dollars de l’industrie pharmaceutique aux États-Unis, il est peu probable que les sociétés pharmaceutiques cèdent un campus influent comme l’UCSF sans se battre. Lorsqu’on lui demande si ses projets ne risquent pas d’échouer, M. Laret répond : « Nous parlons d’un changement de culture dans l’organisation. Il s’agit de savoir quand, pas si ».

Laret, administrateur professionnel d’hôpitaux, a beaucoup réfléchi à l’importance des relations entre les médecins et les entreprises pharmaceutiques, ayant siégé au groupe de travail spécial de l’Association of American Medical Colleges qui a produit les nouvelles directives nationales. « La dernière chose que nous voulons faire est d’étouffer la créativité. La commercialisation de la science est une bonne chose pour les êtres humains », affirme-t-il. « Nous ne devons pas considérer les grandes entreprises pharmaceutiques comme des ennemis ; elles sont des partenaires précieux. Mais trouver les bons termes de cette relation est le véritable défi. »

Ce thème est repris par M. Cohen : « Le véritable dilemme éthique n’est pas celui du repas gratuit, mais celui de la préservation des possibilités de nouveaux développements, qui nécessitent des relations étroites pour que les nouveaux produits correspondent aux besoins cliniques. La question est de savoir comment entretenir ces relations sans compromettre la crédibilité des chercheurs. »

Relations avec les chercheurs

Les dernières directives de l’Association of American Medical Colleges — qui prévoient la nouvelle présomption selon laquelle un conflit d’intérêts important peut empêcher un chercheur de mener des recherches — offrent certaines orientations aux institutions universitaires qui cherchent à redéfinir leurs relations avec les sponsors, mais il est trop tôt pour voir comment elles sont mises en pratique. D’autres conseils ont été donnés par le groupe industriel Pharmaceutical Research and Manufacturers of America, qui promulgue actuellement une nouvelle série de principes pour les relations. Adoptés l’année dernière, ces principes stipulent que  » les promoteurs n’engageront pas, pour mener des essais cliniques, des chercheurs qui ont des intérêts exclusifs dans le composé étudié « , bien qu’ils n’interdisent pas la myriade d’autres formes de liens financiers entre les promoteurs et les chercheurs. En réponse à l’alarme croissante du public concernant les cas dans lesquels des résultats peu flatteurs ont été supprimés — y compris un exemple notoire à l’UCSF dans lequel des données sur un médicament thyroïdien provenant d’un essai sponsorisé ont été enterrées pendant sept ans — les nouveaux principes de l’industrie exhortent les entreprises à rapporter toutes les essais sponsorisés, même s’ils sont défavorables. 

En tant que membre du comité chargé d’examiner et de gérer les liens financiers entre les universitaires de l’UCSF et leurs sponsors industriels, le professeur associé Mary-Margaret Chren se félicite de la tendance actuelle à mettre plus de distance dans ces relations. « La divulgation est un outil très limité pour gérer les conflits d’intérêts« , dit-elle, en faisant valoir que la médecine devrait s’aligner sur les autres professions. « Notre système ne tolérerait jamais que des juges prennent de l’argent de ceux qu’ils jugent, pourtant, pour une raison quelconque, cela ne s’applique pas à la médecine, et les médecins estiment qu’ils devraient avoir une liberté totale sans aucune protection contre des relations potentiellement compromettantes. »

Il y a près de dix ans, Chren, un dermatologue rattaché au San Francisco Veterans Affairs Medical Center, a publié un article suggérant qu’un « intermédiaire institutionnel indépendant à but non lucratif soit responsable de toutes les interactions entre les médecins scientifiques et les entreprises ». Bien qu’elle ait été ignorée en 1994, l’idée de Chren pourrait devenir plus pertinente aujourd’hui si les tentatives actuelles de désenchevêtrement se poursuivent.

L’Accreditation Council for Continuing Medical Education, l’organisme qui fixe les normes de la formation médicale continue aux États-Unis, vient de publier un nouveau projet de directives indiquant que les chercheurs ou les enseignants ayant des liens financiers avec des sociétés pharmaceutiques ou d’autres sponsors peuvent avoir des conflits d’intérêts et seraient donc « exclus des rôles de membre du comité de planification, de gestionnaire, d’enseignant et d’auteur » dans le cadre de la formation médicale continue. Le préambule du projet indique clairement qu’il propose une grande rupture avec le passé : « Désormais, un conflit d’intérêts exclura une personne ou une entreprise du contrôle du contenu de la FMC. Nous reconnaissons qu’il s’agit d’un changement majeur ». Le projet a suscité de vives réactions de la part des associations professionnelles, qui affirment que d’importantes activités éducatives n’auraient pas lieu sans le soutien des entreprises pharmaceutiques.

« C’est absurde », déclare Drummond Rennie, rédacteur adjoint au JAMA et professeur de médecine à l’UCSF. « Cet argument présuppose que certains des plus aisés de notre société n’ont pas les moyens de payer leur déjeuner, leur formation ou leur conférence. Mais devinez quoi, toutes sortes de personnes plus pauvres paient chaque étape du processus. Personne ne leur donne de l’argent. Lorsque j’entends des médecins crier à la pauvreté… et à l’incapacité de payer leurs études, j’ai honte de ma profession car ce sont des mensonges évidents. »

John Kelly, vice-président senior des affaires scientifiques et réglementaires chez Pharmaceutical Research and Manufacturers of America, affirme que son secteur ne soutient pas le projet de règles relatives à la formation médicale continue et, lors d’une récente interview, il s’est dit convaincu qu’elles ne seraient pas mises en œuvre. M. Kelly soutient fermement que la formation médicale continue sponsorisée est dans l’intérêt des patients car elle facilite l’accès des médecins aux « meilleures informations disponibles », mais il n’a pas voulu répondre à la question de savoir pourquoi la formation médicale continue sponsorisée était dans l’intérêt de ses sponsors. Sur la question plus large des mouvements naissants vers le désenchevêtrement, Kelly a fait ce commentaire : « Il faut faire attention à ne pas surinterpréter ce qui se passe dans une seule institution ou un seul projet de directives, ou à ne pas y voir une tendance. Ce n’est pas une tendance ». Le projet de rapport du groupe de travail sur les conflits d’intérêts du sénat académique de l’UCSF, qui préconise un assouplissement des règles et une implication potentiellement plus étroite, corrobore certainement l’affirmation de Kelly (voir la première partie de cet article).

Interrogé sur la campagne PharmFree menée par l’Association américaine des étudiants en médecine, M. Kelly a déclaré que, contrairement aux étudiants, les organisations représentant les médecins en exercice continuent de reconnaître le rôle important des entreprises dans le financement des activités éducatives. Pourtant, certains groupes professionnels ont déjà commencé à se défaire de leur dépendance financière vis-à-vis des entreprises pharmaceutiques. La Society of General Internal Medicine a introduit l’année dernière une politique limitant le financement des sociétés pharmaceutiques à 10 % du budget annuel total de l’organisation, aucune société ne pouvant financer plus de 5 %. Après la mise en œuvre de ces nouvelles règles, le parrainage de la conférence annuelle de la société par les entreprises pharmaceutiques a chuté de plus de 100 000 dollars (près de 70 %).

Le président de la société et professeur à l’université de Californie à Los Angeles, Martin Shapiro, explique que les changements ont été précipités par un cas particulier de recherche sponsorisée, dans un contexte d’inquiétude croissante quant à la proximité entre les associations professionnelles et leurs sponsors. « Il suffit de se promener dans les salles de certaines autres réunions professionnelles et conférences médicales pour constater que ça pue la propagande et l’attirail pharmaceutiques. Et il ne suffit pas de traverser ces salles en se bouchant le nez — l’argent de la société est déjà dans votre poche par le biais de la subvention de vos frais de conférence ou de votre adhésion à une association. »

Vers un désenchevêtrement

Derrière les réceptionnistes, dans le hall très fréquenté du centre médical de l’UCSF, un panneau indique : « Notre mission est de soigner, guérir, enseigner et découvrir. » Une grande partie de cette découverte est maintenant gérée par les entreprises pharmaceutiques, qui travaillent en relation avec les médecins, développant de nouvelles thérapies prometteuses et rentables. Le défi pour ceux qui dirigent les hôpitaux, les institutions universitaires et les systèmes de santé dans leur ensemble est de faciliter le meilleur de ces relations de découverte, sans laisser les flux de bonne volonté, d’argent et d’influence qui en résultent dénaturer fondamentalement les dimensions de soin, de guérison et d’enseignement de la mission médicale.

Le développement de nouveaux produits pharmaceutiques et leur promotion sont deux activités très différentes, et l’examen minutieux de l’industrie, motivé en grande partie par l’accélération des dépenses en médicaments, ne fera que clarifier les limites entre ces différentes activités. De nombreux médecins, ainsi que leurs associations professionnelles, sont confrontés à des choix difficiles : doivent-ils continuer à faire partie de la machinerie promotionnelle étendue de l’industrie ou doivent-ils chercher à prendre une réelle distance dans leurs relations, afin de prescrire, d’enseigner et de donner des conseils de manière réellement indépendante ? L’évolution croissante vers une véritable séparation pourrait bien rendre intenables des conflits d’intérêts auparavant acceptables.

En mars 2003, dans une salle située à deux pas du bureau du doyen de l’UCSF, un groupe important d’étudiants en première et deuxième année de médecine se régalait de pizzas, de hot dogs et des omniprésents hamburgers. Bien qu’il s’agisse d’un endroit idéal pour établir un réseau d’entreprises avec la prochaine génération de prescripteurs, il n’y avait pas un seul représentant ou logo de médicament en vue. Confus, j’ai trouvé les organisateurs qui m’ont dit que ce déjeuner gratuit était payé par l’université et, comme la ligne du T-shirt, n’était certainement « pas sponsorisé ».

Remarques

Je remercie Alan Cassels, chercheur en politique pharmaceutique à l’Université de Victoria, au Canada, pour ses commentaires réfléchis.

Intérêts concurrents : Aucun déclaré.

Références

1. Association américaine des étudiants en médecine. Campagne PharmFree. AMSA, 2002. www.amsa.org/prof/pharmfree.cfm www.amsa.org/prof/pharmfree.cfm (consulté le 8 mai 2003).
2. Pas de déjeuner gratuit. http://nofreelunch.org/ (consulté le 8 mai 2003).
3. Scepticisme sain. www.healthyskepticism.org (consulté le 8 mai 2003).
4. Groupe de travail sur les conflits d’intérêts financiers dans la recherche clinique. Protéger les sujets, préserver la confiance, promouvoir le progrès. Association of American Medical Colleges, 2001 : 9. www.aamc.org/members/coitf/start.htm (consulté le 28 avril 2003).
5. Recherche pharmaceutique et fabricants d’Amérique. Principes sur la conduite des essais cliniques et la communication des résultats des essais cliniques. Washington, DC : PhRMA, 2002 www.phrma.org/publications/quickfacts/20.06.2002.428.cfm (consulté le 8 mai 2003).
6. Rennie D. Tempête thyroïdienne. JAMA 1997 ; 277 : 1238-43. [ PubMed ]  ]
7. Chren M. Enquêteurs indépendants et sociétés à but lucratif. Arch Dermatol 1994 ; 130 : 432-7. [ PubMed ]  ]
8. Le Conseil d’accréditation pour les normes de formation médicale continue pour assurer la séparation de la promotion de l’éducation dans le cadre des activités de FMC des fournisseurs accrédités de l’ACCME . Chicago : ACCME, 2003. www.accme.org/incoming/SCS_Draft_Jan_2003.pdf (consulté le 8 mai 2003).

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[Le prétendu « consensus scientifique » (qui légitime toutes les mesures politiques de persécution) est FAUX, TRUQUÉ, FORCÉ : c’est bien un consensus mais un consensus de tricheurs – Exemples récents de la corruption générale de la science médicale] « Au nom de la science. La science peut-elle servir de guide à notre société ? » Par Maxime Langevin, chez Laurent Mucchielli

Chers amis,
 
Le document que je vous signale  aujourd’hui est sans doute un des plus importants depuis un an, et il est particulièrement révoltant : des pressions innombrables, liées à la fois à l’appât du gain et à la soif de domination, entraînent une corruption générale de la science médicale qui la discrédite gravement, à toutes les étapes de sa production et de sa diffusion. Ceux qui aiment vraiment la science, et qui comptent sur elle, ne peuvent que s’en alarmer.
 
Cette réflexion essentielle devrait nous aider à mieux résister aux invraisemblables abus de pouvoir, suppressions de libertés fondamentales et persécutions arbitraires qui nous sont infligés au nom de la science depuis un an (et apparemment pour encore longtemps).
 
Plus largement, ce texte de Maxime Langevin évoque pour moi un problème constituant central : la menace radicalement antidémocratique de « la gouvernance par les nombres » (ne ratez pas les conférences bouleversantes d’Alain Supiot sur ce point), qui est un projet de dépolitisation des décisions communes, de façon à laisser tout décider par des « experts ». Or, même avec des experts intègres, ce projet scientiste est le strict opposé de la démocratie.
 
Ce qu’on va voir ici, c’est que, en plus d’être (par principe démocratique) illégitimes à décider, les experts sont loin d’être intègres et fiables, du point de vue du bien commun.
 
Et au fond, tout ceci me renforce dans l’idée que, comme toutes nos organisations vitales (alimentation, distribution, énergies, transports…), notre système de soins (recherche médicale, industrie médicale et établissement médicaux) devrait être un service public (donc sans contrainte de rentabilité) et pas du tout un centre de profit privé.
 
Et mes amis qui me reprochent (parfois amèrement) de ne pas respecter docilement « LE consensus scientifique mondial«  (avec de gros guillemets), au point de voir en moi un « anti-science » (sic), trouveront ici (une partie) des raisons factuelles qui me conduisent (logiquement) à être très méfiant envers toutes les prétentions scientifiques à nous gouverner, et qui me conduisent donc à défendre plus que jamais les libertés publiques fondamentales (ce que je fais inlassablement depuis 2005).
 
Bonne lecture.
 
Étienne.
 
PS : je vous recommande de consulter régulièrement le blog de Laurent Mucchielli ; c’est toujours intéressant et important, vous ne perdrez pas votre temps.
 
PPS : les sous-titres (populistes et pas contents) dans des cadres bleus sont ajoutés par moi : ils correspondent aux notes que j’ai prises en marge du texte, en le lisant, pour le résumer à ma manière.

 


 

Introduction de Laurent Mucchielli :
« C’est au nom de l’autorité de la science que le gouvernement a depuis un an décidé de mettre sous cloche les processus démocratiques et certaines libertés fondamentales. Or la science n’est ni infaillible, ni incorruptible. Revenant sur plusieurs exemples marquants de 2020, cet article montre que, en réalité, c’est bien plus souvent la politique qui a influencé la science que l’inverse. »
Source : https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/290321/au-nom-de-la-science-la-science-peut-elle-servir-de-guide-notre-societe

 

Au nom de la science. La science peut-elle servir de guide à notre société ?

Par Maxime LANGEVIN, diplômé de l’École Polytechnique, doctorant en mathématiques appliquées pour la chimie

La science est étouffée par une volonté de gain politique et financier. Le covid-19 a déchaîné une corruption étatique à grande échelle, néfaste pour la santé publique.” Cette déclaration fracassante, pointant du doigt une suppression – voire une instrumentalisation – de la science par un complexe médico-politique, semble être tirée d’une tribune complotiste. C’est en réalité un extrait d’un éditorial de la prestigieuse revue de médecine générale The British Medical Journal écrit par Kamran Abbasi. Quelles sont les raisons qui peuvent pousser un scientifique reconnu et respecté, qu’on ne pourra pas vraiment qualifier d’anti-système (il a notamment été consultant pour la NHS, l’OMS, Harvard et McKinsey and Co., et intervient régulièrement sur les ondes de la BBC), à tenir des propos aussi virulents ?

La pandémie de covid-19 et les réactions des gouvernements ont propulsé la science sous le feu des projecteurs. En effet, la société française, comme de nombreuses sociétés occidentales, est depuis bientôt un an régie par des obligations, interdictions et recommandations prises au nom de la science par nos gouvernements afin de lutter contre la propagation du Sars-CoV-2, le virus responsable de la maladie covid-19. Malgré leur empiètement sur de nombreuses libertés fondamentales (liberté de se déplacer, de commercer, de se rassembler, par exemple) et leur caractère contraignant, ces mesures ont été globalement bien accueillies, ne donnant pas lieu à des mouvements de contestation majeurs ou bénéficiant d’une forte couverture médiatique. Ce constat montre que nos sociétés ont temporairement accepté de subordonner leurs principes fondamentaux aux injonctions de la science, dans l’idée de garantir leur sécurité. La science, qui désigne à la fois la méthode scientifique (méthode permettant d’accéder au savoir, basée sur la confrontation entre observations, hypothèses et théories, prédictions et expériences) et l’ensemble des connaissances acquises par la communauté scientifique au travers de cette méthode, est souvent perçue comme un ensemble de connaissances objectives, privées de biais, et tournées vers l’amélioration de notre société. De par son caractère objectif, si la science recommande de contrevenir aux principes fondateurs de nos sociétés pour notre sécurité, il semble raisonnable d’accepter cette recommandation.

Cependant, avons-nous raison de prôner la subordination de nos sociétés à une autorité scientifique ? La science peut-elle nous servir de guide pour décider de nos actes ? L’idée que la science puisse guider le pouvoir politique néglige cependant le fait que celle-ci, pratiquée et diffusée par des êtres humains faillibles, est aisément corruptible, et qu’il puisse arriver que l’idéologie qui prétend suivre la science est en réalité en train de la manipuler pour justifier ses desseins politiques : ainsi, la science fut utilisée pour justifier les politiques eugénistes et racistes dans l’occident du XXème siècle, depuis la campagne Aktion T4 jusqu’aux expériences de Tuskegee. Cela ne signifie pas que la science est inhéremment mauvaise, ou ne peut servir d’aide à la décision politique. Cela signifie simplement qu’une décision n’est pas nécessairement ni juste ni bonne parce qu’elle est appuyée par la science et ses représentants. Ces leçons amères auraient dû nous enseigner que le simple appui de la science à des décisions ne peut prévaloir totalement sur le respect par celles-ci d’autres valeurs, notamment le respect de certains droits et libertés fondamentaux.

La corruption de la science peut s’immiscer à toutes les étapes de production et diffusion de savoir scientifique – production des données, publication dans des journaux, diffusion dans les médias, et manipulation par le pouvoir politique. L’objectif de ce texte est de présenter certains des exemples de corruption de la science depuis le début de la pandémie de covid-19, afin de mettre en lumière les limites, pour une société, de la démarche qui consiste à subordonner des valeurs et principes fondateurs à une direction qui lui serait donnée par la science.

1. Production de données scientifiques

Le fondement de la recherche scientifique est la production et l’analyse de données expérimentales. D’une part, ces données peuvent être falsifiées, donnant lieu à la publication de travaux scientifiques erronés. D’autre part, la production de données nécessite de formuler un problème, ainsi qu’une volonté scientifique d’explorer ce problème : un climat défavorable à l’étude d’une question scientifique peut donc empêcher que celle-ci soit abordée. De quelle manière ces deux phénomènes ont-ils pu jouer un rôle au cours de la pandémie ?

Production de fausses données

L’efficacité de l’hydroxychloroquine reste à l’heure actuelle un sujet extrêmement clivant en France. La question de l’efficacité de traitements basés sur l’hydroxychloroquine, nécessitant l’analyse de nombreuses études cliniques, sort largement du cadre de cet article et n’est pas son objet. En revanche, sa politisation à donné lieu à l’un des plus grands scandales scientifiques de 2020. Au printemps 2020, alors qu’en France les essais cliniques Discovery et Hycovid sont chargés notamment d’évaluer l’effet du traitement de façon objective, un article publié dans le Lancet, l’une des plus prestigieuses revues médicales, fait l’effet d’une bombe : non seulement l’hydroxychloroquine ne serait pas efficace, mais sa prescription en milieu hospitalier serait associé d’une part à une mortalité significativement plus élevée, ainsi qu’à un risque accru d’arythmie cardiaque. Aussitôt, les essais cliniques français sont suspendus, tandis que le Haut Conseil de Santé Publique recommande de ne plus prescrire le traitement. Pourtant, les données utilisées dans l’article du Lancet, supposés provenir de 671 hôpitaux sur 6 continents (ce qui représente un nombre et une diversité de centres très élevés pour une étude clinique) et fournies par une entreprise privée, Surgisphere, s’avèrent en réalité totalement frauduleuses. Mais la rétractation subséquente de l’article du Lancet n’aura pas empêché les conséquences réelles de ses conclusions, à savoir la suspension des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine en France.

Cette affaire nous offre plusieurs enseignements. Premièrement, il nous rappelle que les données scientifiques sont sujettes à la fraude (bien qu’elles soient vraisemblablement bien plus souvent sujettes à l’erreur). Ensuite, la fraude du Lancet était facilement détectable. D’une part, l’article aurait été capable de rassembler des données de plus de 600 hôpitaux, à travers le biais d’une société inconnue refusant de communiquer lesdites données. De plus, celles-ci auraient montré une augmentation extrêmement significative de la mortalité, un signal assez fort dont on aurait attendu qu’il soit repéré par les nombreuses études cliniques en cours de par le monde au moment de la soumission de l’article. Cela invite au minimum à un certain scepticisme quant à la réalité des données présentées. Naturellement, cela aurait pu mener à vérifier la véracité des données, et à identifier très rapidement le caractère frauduleux de l’article.

Articles complets

Le fait qu’une fraude aussi grossière puisse passer le processus de peer review (les articles scientifiques sont, avant publication, revus par d’autres scientifiques indépendants – les pairs, ou peers en anglais – afin de s’assurer de la qualité de l’article) du Lancet jette un sérieux doute sur la fiabilité du journal supposé être parmi les plus rigoureux du monde scientifique. La réalité est peut être que les publications allant dans un certain sens, qui suivent un certain consensus, sont acceptées sans être scrutés avec la même attention que le requiert d’habitude le processus de peer review. Enfin, le fait que les autorités scientifiques aient interrompu les essais cliniques en France à la suite de l’article du Lancet est surprenant, au vu des enjeux : cela montre la facilité avec laquelle des scientifiques peuvent s’appuyer sur d’autres publications sans évaluer attentivement la fiabilité des résultats qui y sont présentés.

La falsification de données reste cependant extrêmement mal vue et risquée pour une carrière et une réputation scientifique. Mais il n’y a pas besoin de falsifier des données, particulièrement sur des sujets aussi complexes que la biologie ou l’épidémiologie. Ces domaines requièrent d’analyser énormément de données, souvent imparfaites, et provenant d’expériences aux niveaux de qualité extrêmement variables. Au milieu de cette masse de données, il suffit de ne regarder que celles qui confirment nos propres opinions, en ignorant volontairement ou pas celles qui ne concordent pas avec nos préconceptions, un phénomène bien connu en science, le biais de confirmation.

Autocensure de la part des scientifiques

Mais la principale raison pour laquelle la production scientifique fut biaisée en 2020 est probablement venue de l’autocensure, volontaire ou inconsciente, des scientifiques. Remettre en question certaines positions – sur l’utilité des confinements, le port du masque, la fiabilité des tests de diagnostic – était risqué professionnellement pour de nombreux scientifiques.

Articles completsAinsi, John Ioannadis, un épidémiologiste de l’université de Stanford considéré comme l’un des scientifiques les plus influents sur la planète, a été accusé d’être responsable de la perte de “milliers de vies”, de produire de la “science affreuse”, et d’être une “tâche noire” sur l’histoire de Stanford. Son tort ? La publication à la mi-mars d’un essai  expliquant que les données soutenant les décisions prises pour lutter contre la pandémie étaient très incertaines, et qu’il était crucial d’acquérir plus de données afin d’ajuster rapidement notre réponse. Au vu de l’ampleur de la réaction contre Ioannadis, pourtant l’un des scientifiques les plus réputés du monde biomédical, il est vite apparu que l’expression d’une opinion divergente par un scientifique pourrait compromettre sa réputation, une situation bien résumée par un épidémiologiste ayant choisi l’anonymat en refusant une interview par la journaliste américaine Laurie Clark par peur de compromettre sa carrière et sa réputation : “Mettre la tête au-dessus du parapet est une chose dangereuse à faire en ce moment.”

De plus, dans le monde de la recherche académique, les postes permanents et stables sont l’exception plus que la règle. Compromettre sa réputation en sortant du rang, qui s’est traduit pour Ioannidis par des attaques publiques, peut dans le cas de jeunes chercheurs occupant des postes précaires se traduire par une diminution très sérieuse des chances de trouver une position académique stable.

Articles completsIndépendamment de l’impact professionnel, les pressions et menaces exercées directement sur les scientifiques peuvent également les conduire à l’autocensure. J. Ludvigsson, un pédiatre suédois et professeur d’épidémiologie clinique à la prestigieuse université de Karolinska, s’est retiré début 2021 de toute activité de recherche sur le covid-19 suite aux menaces reçues après avoir publié une étude montrant que le risque encouru par les enfants, malgré la non-fermeture des écoles primaires, était très faible. “Il a déclaré au journal de l’Association Suédoise de Médecine que durant une semaine il se réveillait chaque nuit à 3 heures du matin sans pouvoir se rendormir, et qu’il avait “perdu son appétit pour le covid-19 – que ce soit pour faire de la recherche ou prendre la parole”. Il a décidé d’arrêter de rechercher et de débattre au sujet du covid-19. Il n’est pas le seul : à l’heure actuelle, plusieurs responsables de santé publique suédois sont encore sous protection policière à la suite de nombreuses menaces de mort envoyées par des détracteurs de la politique publique suédoise.

Un des présupposés de l’apparition d’un consensus scientifique fiable est la libre expression des scientifiques, dans leurs opinions et leur travail. Ceux-ci ont été soumis à une telle pression sociale pour se conformer aux opinions dominantes que l’émergence d’un consensus fiable ne peut être qu’illusoire. Ce climat délétère créé un cercle vicieux : certaines questions scientifiques ne peuvent être posées sans susciter un tollé, dissuadant les scientifiques d’étudier ces questions et de s’exprimer dessus, justifiant encore plus le climat – l’opinion publique imaginant que si ces questions n’ont jamais été posées, c’est très certainement que la réponse donnée par le point de vue dominant doit être évidente.

2. Publication des articles scientifiques

Articles completsPour pouvoir être reconnus et diffusés, les travaux scientifiques doivent être présentés sous forme d’articles et publiés dans des revues scientifiques. Si les éditeurs du journal voient un intérêt dans l’article, ils font appel à des scientifiques indépendants pour évaluer la qualité de l’article soumis, et permettent à la revue de publier ou non l’article. Cette peer review (revue par les pairs) permet théoriquement d’assurer la qualité des travaux scientifiques présentés dans le journal. Ce qui est publié dans les journaux scientifiques l’est à la discrétion des éditeurs. On y voit aisément une source de biais qui nuit à l’objectivité présupposée de la science.

Immunité de groupe : le bon calcul est celui qui valide l’opinion dominante

Une des questions au centre des débats depuis le début de la pandémie est la suivante : quel pourcentage de la population doit avoir acquis une forme d’immunité – à travers un vaccin ou l’infection par le virus – pour que la dynamique de la pandémie soit cassée et que celle-ci s’éteigne (ou en tout cas reste sous contrôle) ?

L’estimation de ce seuil d’immunité collective la plus consensuelle, autour des 65-70 % le plus souvent avancée par les médias, politiques et certains scientifiques, est bien souvent prise pour une certitude. Mais d’où provient ce pourcentage ? Celui-ci est dérivé des modèles d’épidémiologie SIR. Ces modèles, relativement simples, divisent la population en personnes susceptibles, infectées (et donc contagieuses), et enfin personnes guéries et considérées comme immunisées. Ces modèles permettent de mettre en équation l’évolution de l’épidémie, qui permettent d’estimer une valeur du seuil d’immunité collective, autour de 65-70 % pour un virus avec un taux de reproduction autour de 3 comme celui responsable du covid-19. Cependant, ces modèles font de nombreuses hypothèses : notamment celle que la population est homogène, c’est-à-dire que tout le monde est également susceptible de contracter le virus et de le transmettre. Cette hypothèse est évidemment démentie par l’expérience : de par l’âge, le nombre de contacts sociaux et professionnels, et la susceptibilité au virus, la capacité à contracter et transmettre le virus est très variable dans la population.

Certains chercheurs en épidémiologie incluent donc cette hétérogénéité de la population dans leurs modèles. L’équipe de Gabriela Gomes, une chercheuse à l’Université Strathclyde de Glasgow totalisant près de 3000 citations et 40 ans de recherche, a ainsi publié sur le serveur de prépublications Medrxiv un article intitulé “Seuils d’immunité collective estimés pour d’épidémie en train de se dérouler”. Dans celui-ci, ils montrent que la prise en compte de l’hétérogénéité de la population dans les calculs peut mener à des estimations du seuil d’immunité collective autour de 10 % à 20 % pour les scénarios les plus optimistes, bien loin des 65-70 % avancés habituellement. Cela ne signifie pas forcément que l’équipe de Gabriela Gomes ait nécessairement raison grâce à leur modélisation plus poussée (reposant elle aussi sur de nombreuses hypothèses simplifiant la situation réelle). Cependant, cela nous apprend que le fait d’inclure l’hétérogénéité des populations dans les modèles SIR peut faire varier le seuil d’immunité collective de 70 % à 10 %, et donc que nous sommes encore dans une grande incertitude face au véritable seuil d’immunité collective. L’utilisation de la valeur de 65 % pour prendre des décisions politiques paraît alors discutable.

Articles completsLes conclusions de l’article de Gabriela Gomes et son équipe sont donc d’une importance cruciale. Mais celles-ci n’ont jamais été publiées, à cause du refus du journal scientifique à qui l’article fut soumis. La réponse du journal scientifique à l’équipe de Gabriela Gomes pour expliquer leur refus de publier son article est édifiante. Il n’est pas question d’un refus à cause de la qualité de l’article, mais d’un refus de le soumettre au processus de peer review à cause des conclusions même de l’article : “Étant donné les implications en termes de santé publique, il convient d’exiger un très haut niveau de preuve pour les affirmations autour du seuil d’immunité collective, car elles pourraient être interprétées comme justifiant une relaxation des interventions, mettant potentiellement en danger des personnes”.

Invoquant un niveau de preuve requis plus élevé pour certaines affirmations, tout en refusant à l’article la possibilité d’être soumis au peer review (processus dont le but est précisément d’évaluer la fiabilité et la qualité des résultats présentés), le journal refuse de publier des conclusions qui remettent en question le fait que le seuil d’immunité collective se situe autour de 65 %. Cela afin d’éviter de mettre des personnes en danger en justifiant des relaxations des interventions étatiques. Interventions étatiques justifiées notamment par le fait que le seuil d’immunité collective soit aussi élevé… On constate que les éditeurs du journal scientifique en question sont enfermés [ou nous enferment (ÉC)] dans un raisonnement circulaire.

Ce qui est encore plus troublant est le fait que les éditeurs, partant d’une bonne intention, outrepassent totalement leur rôle scientifique et endossent un rôle politique. En effet, le rôle de la science est d’informer et d’éclairer notre compréhension des phénomènes naturels. C’est le rôle de la politique de déterminer quelles actions sont à entreprendre face à cette incertitude. Ici, les éditeurs préfèrent occulter une partie du savoir sur le seuil d’immunité collective afin de favoriser une action (des interventions étatiques pour lutter contre la propagation du covid-19) qu’ils estiment préférable et se placent donc dans un rôle éminemment politique. Cette volonté de censurer une proposition si elle vient en travers de ce qui est “bien” est très dérangeante, d’autant plus venant d’une communauté scientifique considérée comme factuelle et objective par l’opinion publique.

Délai de publication pour les études à contre-courant

Début juin 2020, un article par Flaxman et al. montrant à l’aide de modèles l’efficacité des confinements dans les pays européens est publié dans le journal Nature, une des revues scientifiques les plus sélectives. Cet article, co-écrit par certains des scientifiques ayant recommandé la mise en place des mesures en question dans leurs pays respectifs (ce qui crée un conflit d’intérêt, les personnes ayant recommandés des mesures n’étant pas neutres dans l’évaluation de ces mesures) a rapidement été repris comme une justification des confinements, et totalise aujourd’hui plus de 700 citations.

Suite à cette publication, une équipe de scientifiques a écrit une réponse à l’article, pointant un problème majeur avec les modèles utilisés. Le modèle décrit dans l’article de Flaxman et al. permet d’attribuer aux différentes mesures un effet différent selon le pays où elles sont mises en œuvre. Cela permet à leur modèle de réconcilier le fait que la trajectoire épidémique de la Suède ait suivi une dynamique similaire à celle constatée dans les autres pays sans avoir appliqué de confinement. En effet, leur modèle attribue à la mesure “interdictions des grands rassemblements publics” (la mesure la plus restrictive adoptée par la Suède au printemps) un effet plus de 35 fois plus fort en Suède que dans le reste des pays étudiés. Sans cela, l’inflexion de la trajectoire épidémique constatée dans les autres pays auraient été attribuée par leur modèle à l’interdiction des rassemblements publics, et pas aux confinements stricts.

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La réponse à l’article a pris plus de 6 mois à être publiée, contre seulement 2 mois pour l’article original.

L’attribution sans justification d’une efficacité à l’interdiction des grands rassemblements publics 35 fois plus grande en Suède qu’autre part remet en question la cohérence et la pertinence du modèle, et par conséquent les conclusions qui en sont tirées. C’est bel et bien l’objet de la réponse publiée par les chercheurs.

Articles completsIl aura fallu à peine plus de 2 mois, depuis sa réception le 30 mars à sa publication le 8 juin, pour que le premier article concluant au mérite des interventions mises en place par la plupart des gouvernements (et recommandés par des auteurs de l’article) soit publié. Cependant, il faudra plus de 6 mois, du 15 juin au 23 décembre, pour que la réponse soit publiée — une fois que l’article initial avait déjà été cité plus de 500 fois et repris comme une justification du confinement par le monde entier. Les dirigeants peuvent facilement se reposer sur l’illusion d’un « consensus scientifique » qui valide leurs actions lorsque les scientifiques questionnant ce statu quo imposé de fait ne sont publiés que de nombreux mois plus tard.

Essai clinique sur le port du masque au Danemark

Un autre sujet clivant est celui de l’obligation de port du masque mis en place dans de nombreux pays. Une des raisons derrière la force du débat sur le masque naît peut être d’une part du fait que celui-ci touche au visage et donc à l’intime, d’autre part du revirement sur ce sujet fait par la plupart des experts en santé publique et dirigeants politiques depuis le début de la pandémie. Au début de la pandémie de covid-19, les messages des gouvernements occidentaux et des experts en santé publique étaient très clairs : le port du masque est inutile pour le grand public. Ce message reflète l’état de l’art de la science sur le port du masque pour la prévention des infections respiratoires jusqu’à mars 2019. Ainsi, une analyse de la littérature scientifique sur la transmission de la grippe, effectuée par le CDC (Center for Disease Control, entité fédérale chargée de la prévention des maladies aux USA) et datant de février 2020, explique que “malgré des études mécanistiques supportant un effet potentiel de l’hygiène des mains et du port du masque, les preuves apportés par 14 essais cliniques randomisés contrôlés ne supportent pas d’effet substantiel de ces mesures”.

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“L’étude de 14 essais cliniques randomisés de ces mesures ne supportent pas un effet substantiel sur la transmission de la grippe”
Rapport du CDC sur les mesures non-pharmaceutiques pour lutter contre les pandémies de grippe, mai 2020.

Effectivement, même s’il peut paraître intuitif que porter un masque, en bloquant une partie des gouttelettes émises et reçues par le porteur, peut réduire le risque de transmission, la réalité est souvent plus complexe : peut-être que les gouttelettes transmettant le virus sont trop petites pour être stoppés par certains masques ; peut-être que les gens portant un masque se sentent plus en sécurité et font moins attention à leur hygiène générale et à prendre leur distances avec des personnes malades ; peut-être que que les gens portant un masque touchent plus leur visage et augmentent ainsi la probabilité de contracter l’infection… Autant de questionnements qui nécessitent une évaluation de la mesure en observant son influence dans un contexte réaliste, si possible avec un groupe témoin équivalent, au cours d’un essai clinique randomisé contrôlé, tel que ceux pris en compte dans l’article du CDC cité plus haut.

Mais très rapidement, le discours de certains scientifiques et des gouvernements occidentaux sur le port du masque a évolué. D’inutile, il est devenu recommandé voire, désormais, obligatoire pour le grand public. Ce changement s’appuie sur de nombreuses études de modélisation, d’études de laboratoires sur des personnes atteintes du covid-19, ou sur des études observationnelles, qui montrent un bénéfice du port du masque pour empêcher la propagation du covid-19. Cependant, ce revirement n’a jamais été motivé par les résultats d’un véritable essai clinique randomisé contrôlé. Cela est compréhensible : mettre en place un essai clinique sur ce sujet est difficile, long et coûteux, et les autorités ont préféré imposer le port du masque sans considérer avoir besoin des résultats d’un essai clinique. Cependant, au vu du coût important du port du masque en termes psychologiques, écologiques et de qualité de vie, réaliser un essai clinique sur l’utilité de celui-ci pour empêcher la transmission du covid-19 et quantifier l’utilité des mesures d’obligation du port du masque est une question scientifique qui paraît importante. C’est précisément ce qu’a souhaité réaliser au début de l’été une équipe de chercheurs danois.

Ceux-ci ont recruté 6000 danois pour l’étude, et les ont répartis au hasard en deux groupes d’environ 3000 personnes. Dans le premier groupe, les participants ont reçu un stock de masques chirurgicaux, une instruction sur la bonne façon de le porter, et la consigne de le porter dès qu’ils sortaient de chez eux. L’autre groupe, lui, n’a pas modifié son comportement (à une période où le port du masque était très rare dans la vie courante au Danemark). Les chercheurs ont ensuite suivi le nombre d’infections au covid-19 dans les deux groupes, afin de savoir s’ il y avait moins d’infections dans le groupe portant le masque, l’hypothèse initiale des chercheurs étant que le port du masque réduirait de 50 % le risque d’infections. L’étude, dont le recrutement fut initié début avril 2020, fut terminée début juin 2020. Beaucoup de personnes attendaient les résultats de cette étude avec impatience, car elle était la première à fournir des données sur le port du masque par le grand public dans le cadre d’un essai clinique randomisé contrôlé. Malheureusement, les résultats de l’essai clinique sont restés non publiés pendant de long mois.

Des chercheurs, souhaitant que les résultats de l’essai clinique soient disponibles, ont contacté les auteurs de l’étude afin de comprendre pourquoi ils n’étaient toujours pas disponibles. La réponse de Thomas Lars Benfield, un des investigateurs principaux de l’essai, à la question de quand les résultats seraient disponibles, est sans équivoque : “Lorsqu’un journal sera assez courageux pour que les résultats soient publiés.”

Articles completsL’article décrivant les résultats de l’étude ne sera publié que cinq mois plus tard, mi-novembre, après avoir été refusé successivement par les trois plus prestigieux journaux de médecine (The Lancet, The New England Journal of Medicine, et The Journal of the American Medical Association). Les résultats furent finalement publiés dans les Annals of Internal Medicine, un journal médical très réputé. Les éditeurs ont réaffirmé dans un éditorial la qualité de l’essai clinique : il serait donc surprenant que les trois refus précédents aient été causés par la qualité de l’étude. Les résultats finalement disponibles éclairent la réponse de Benfield : contrairement à l’hypothèse émise par les chercheurs, l’étude ne parvient pas à montrer un effet positif du port du masque pour protéger le porteur de l’infection par le covid-19. Cet essai clinique ne tranche pas définitivement la question de l’intérêt du port du masque – il n’évalue pas la protection pour les personnes interagissant avec le porteur (seulement la protection du porteur lui-même), et si les résultats excluent avec une forte probabilité qu’il puisse y avoir un effet majeur du port du masque (l’hypothèse initiale des chercheurs), l’étude n’est pas conçue pour pouvoir exclure un effet mineur bénéfique du port du masque — mais il interroge sur l’impartialité de la science en 2020, en démontrant encore une fois que les résultats qui ne se conforment pas à l’avis général rencontrent de grandes difficultés à être publiés, et sont refusés de façon partiale par les principaux journaux médicaux. Cela alors même que la question de la protection du porteur, bien que moins présente dans les communications gouvernementales que celle de la protection des personnes interagissant avec le porteur d’un masque, reste d’une importance capitale, notamment car l’un des risques identifié avec le port généralisé du masque est un sentiment de fausse sécurité. Encore une fois, comment faire confiance à des recommandations basées sur “la science”, si le processus de production de connaissances scientifiques rejette les résultats non conformes aux recommandations en question ?

3. Diffusion des articles scientifiques et corruption politique de la science

L’opinion publique n’a de la science qu’une vision partielle, qui est celle offerte par les médias, les politiques et certains experts ayant une exposition médiatique et politique. Or, ces différents acteurs peuvent choisir de manipuler les résultats scientifiques, afin de présenter à la population une image de la science conforme à leurs volontés politiques et divers intérêts.

Censure de contenu scientifique par les réseaux sociaux

Articles completsMalgré sa publication récente dans un journal prestigieux, les résultats de l’essai clinique danois sur le port du masque sont encore censurés : Carl Heneghan, un professeur de Médecine Fondée sur les Faits (une branche de la médecine visant à exploiter au mieux les données disponibles pour prodiguer les meilleurs soins possibles) à la prestigieuse université d’Oxford, a vu un de ses articles, relayant les résultats de l’étude danoise, signalé comme propageant de fausses informations par les modérateurs du réseau social Facebook – dont les modérateurs peuvent décider de nier les résultats d’un article scientifique publié.

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Ce type de raisonnement circulaire – les politiques de santé publique sont bonnes, donc elles ne doivent pas être questionnées, donc le fait qu’elles soient bonnes ou mauvaises ne peut être discuté – se retrouve par exemple dans les règles d’utilisation de la plateforme YouTube, par exemple.

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Contenu censuré par YouTube, règles d’utilisation de la plateforme : Le contenu qui contredit l’efficacité des mesures de santé publique locales ou celles de l’OMS sur la distanciation physique et l’isolation pour réduire la transmission du covid-19”

Cette censure part d’une bonne intention : éviter la propagation d’informations qui nuiraient à l’adoption de mesures dont les personnes à l’origine de ces règles de censure supposent qu’elles sauvent des vies. Mais comment peut-on savoir si elles sauvent effectivement plus de vies qu’elles n’en impactent négativement, si l’on ne peut pas discuter ouvertement de l’efficacité de ces mesures ?

Qui a peur des données scientifiques ?

Articles completsComment faire accepter à la population générale des mesures extrêmement restrictives ? Cette question épineuse s’est posée au printemps dernier pour de nombreux gouvernements occidentaux. Une façon efficace de convaincre la population de suivre des mesures restrictives est de la convaincre qu’elle est menacée. Dans un échange d’emails révélés par le journal Die Welt, il apparaît que le secrétaire d’état allemand Markus Kerber ait, avec le concours de scientifiques, envisagé de créer des projections permettant : [de générer] peur et obéissance dans la population.”

À cette fin, les scientifiques ont discuté entre eux de quel taux de mortalité inclure dans leur modèle ; certains rappelant qu’étant donné le but du modèle (de générer de la peur), mieux valait présenter des chiffres : “[…] plutôt mauvais que bon.”

Plutôt que de suivre une démarche scientifique et d’essayer d’identifier les valeurs les plus probables du taux de mortalité, le groupe de scientifiques allemands ont donc préféré choisir une valeur du taux de mortalité qui permettait à leur modèle de présenter des projections assez effrayantes pour susciter l’obéissance et le consentement de la population envers les mesures.

Cette représentation erronée de données scientifiques (ici le taux de mortalité) a également été documentée au Royaume-Uni. La létalité du covid-19 étant extrêmement variable selon l’âge des personnes, la peur générée par la maladie peut ne pas suffire à garantir l’adhérence aux mesures dans l’ensemble des groupes d’âge de la population.

Le SAGE (Scientific Advisory Group for Emergencies, équivalent britannique du conseil scientifique français), s’est rapidement rendu compte de cette limitation.

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Articles completsUn nombre substantiel de personnes ne se sentent pas encore suffisamment personnellement menacées ; elles pourraient être rassurées par le faible taux de létalité dans leur groupe démographique. Le niveau de menace personnelle perçue doit être augmentée, à l’aide de messages émotionnels percutants”. SAGE, Options for increasing adherence to social distancing measures, 22 mars 2020 

Les données scientifiques ne pouvant pas nécessairement générer assez de “menace personnelle” pour certains groupes d’âge, leur choix est donc d’aller contre ce que disent les données, en utilisant des messages jouant sur les émotions afin de générer un sentiment de peur disproportionnée dans une partie de la population.

Détournement politique des conseils scientifiques

Au-delà du fait que la production de connaissances scientifiques est biaisée et influencée par des forces politiques, ses résultats peuvent aussi être parfaitement détournés directement par la politique. Un exemple nous parvient d’un pays pourtant réputé pour la transparence de sa politique, et admiré pour sa gestion de la pandémie : le Danemark.

Alors que la pandémie de covid-19 débutait en Europe, l’Agence de Santé Danoise a estimé que le covid-19 n’était pas assez dangereux pour justifier certaines des mesures de restrictions portant atteinte aux libertés individuelles, dont les mesures de confinement strict de la population. L’agence de santé a classé le covid-19 dans sa catégorie B de maladies, la catégorie A comprenant des maladies comme la peste ou Ebola, ce qui, d’après la loi danoise, ne permettait pas la mise en place de mesures coercitives sans une recommandation préalable de l’agence de santé.

Le 12 mars, la première ministre danoise Mette Frederiksen a décidé de ne pas suivre les recommandations de son agence de santé en passant une loi d’urgence reléguant le rôle de l’agence de régulatrice à simple conseillère et lui permettant de mettre en place des mesures coercitives sans l’accord de l’agence. L’agence avait en effet confirmé le 15 mars son désaccord devant l’emploi de mesures coercitives. Cela n’a pas empêché Mette Frederiksen d’affirmer, à plusieurs reprises, dans une allocution télévisée, que ces mesures étaient recommandées par la même agence, qui s’y était pourtant opposée à plusieurs reprises.

Une dizaine de jours après, la première ministre a une nouvelle fois décidé de détourner les avis des scientifiques de l’agence de santé. Ceux-ci lui avaient communiqué les nouveaux chiffres sur la progression de l’épidémie, où le taux de reproduction du virus avait baissé de 2.6 à 2.1, une amélioration positive significative. Mais celle-ci a préféré conserver le premier chiffre, plus inquiétant, afin de pouvoir l’utiliser dans une allocution télévisée annonçant une prolongation du confinement danois, l’agence de santé étant signifiée que le vrai chiffre : “[n’était] pas désiré politiquement”.

Ce n’est pas la première ni la dernière fois que des dirigeants politiques mentent sciemment et manipulent la population. Cependant, cet exemple, tiré d’une des démocraties généralement considérée comme un exemple de transparence et de confiance envers ses autorités publiques, illustre une des limitations de l’emploi de la science comme principe politique. Quand bien même celle-ci serait objective, ses enseignements sont eux-mêmes sujets à la dissimulation et à la manipulation notamment à des fins politiques.

Conclusion

En s’abandonnant à la science comme seule guide, nous avons fait un pari très risqué. D’une part parce que la science, comme le montre les exemples de cet article, est corruptible. De plus, la formation d’un consensus scientifique fiable est un phénomène à long terme, pas nécessairement compatible avec le besoin d’action à court terme de la politique, rendant risqué l’utilisation de travaux de recherche très récents pour guider ses prises de décisions. D’autre part, car nous ne suivons pas “la science”, mais plutôt une communauté d’experts, qui, comme tout être humain, sont faillibles, influencés par leurs propres conflits d’intérêts et leurs propres biais. C’est évidemment le cas des politiques qui nous gouvernent en temps normal. Cependant, la différence fondamentale réside dans le fait que le nouveau pouvoir scientifique n’est pas soumis à la séparation des pouvoirs usuelle : les experts qui dictent les mesures de lutte contre la pandémie, sont ceux qui sont aussi chargés d’évaluer l’efficacité de ces mesures. À la fois juge et partie, ils ne peuvent être objectifs dans le jugement des mesures qu’eux-mêmes ont recommandées, et pourtant leur parole sur le sujet est placée en dehors de tout questionnement par les politiques et journalistes qui les écoutent.

Enfin, la science n’est pas propre à guider une société. En effet, la science n’est en soi qu’une manière de produire des connaissances. Les prises de décisions publiques peuvent (et doivent) s’appuyer sur ces connaissances, mais restent fondamentalement des questions politiques, notamment dans leurs prises en compte des arbitrages entre libertés, sécurité, santé et économie. Prétendre que des décisions sont prises en “suivant la science” alors qu’elles ne relèvent pas du champ scientifique mais du champ politique revient malheureusement à justifier des décisions politiques par un argument d’autorité qui ne tolère pas de débat. Il est urgent que le respect de nos valeurs fondamentales et de notre humanité revienne au premier plan de nos décisions, et que les résultats scientifiques qui les appuient ne soient pas traités comme les écritures d’une nouvelle religion, mais repris dans leur contexte, débattus et critiqués.

Maxime LANGEVIN

Source : l’excellent blog de Laurent Mucchielli, https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/290321/au-nom-de-la-science-la-science-peut-elle-servir-de-guide-notre-societe



 
Derniers commentaires (d’Étienne) :

Articles completsJ’observe qu’une des principales sources de corruption n’a pas été étudiée ici par Maxime Langevin : l’incroyable accumulation des CONFLITS D’INTÉRÊTS les plus criants dans les soi-disant « Hautes autorités de santé », « Comités scientifiques » et autres « Agences » d’ « experts indépendants » : ces centres de DÉCISION sont souvent à la fois OPAQUES (hors contrôle) et CORROMPUS (noyautés par le trafic d’influence).

Par exemple, le chef du SAGE (le Conseil scientifique (sic) anglais), Sir Patrick Vallance, qui promeut et anime l’énorme campagne de vaccination au Royaume-Uni, a par ailleurs reçu DES MILLIONS ( !) de livres sterling de la part des vendeurs de VACCINS).

Voir aussi le cas incroyable du Docteur Sir John Bell, promoteur ardent des TESTS Covid inutiles et ruineux en Angleterre.

 

Je rappelle ensuite ci-dessous les alarmes à la corruption générale lancées (non pas par moi mais) par les Rédacteurs en chef des plus grandes revues médicales du monde :

Dr Arnold Seymour Relman, ancien professeur de médecine à Harvard, ancien Rédacteur en chef du New England Journal of Medicine :

« La profession médicale est achetée par l’industrie du médicament et des vaccins, non seulement au niveau de la pratique médicale mais également au niveau de l’enseignement et de la recherche. »

Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1126053


Dr Marcia Angell, professeur de médecine à l’Université de Harvard, et Rédactrice en chef pendant 20 ans du New England Journal of Medicine :

« Il n’est simplement plus possible de croire à l’essentiel de la recherche clinique qui est publiée, ou de se fier au jugement de médecins de référence ou à des directives médicales faisant autorité. Je n’ai aucun plaisir à faire ce constat, auquel je suis parvenue lentement et avec réticence au cours de deux décennies passées comme rédactrice en chef du New England Journal of Medicine. »

Source : http://www.nybooks.com/articles/2009/01/15/drug-companies-doctorsa-story-of-corruption/


Richard Horton, Rédacteur en Chef du Lancet :

« Une grande partie de la littérature scientifique, sans doute la moitié, pourrait être tout simplement fausse. Affligée d’études avec des échantillons réduits, d’effets infimes, d’analyses préliminaires invalides, et de conflits d’intérêts flagrants, avec l’obsession de suivre les tendances d’importance douteuse à la mode, la science a pris le mauvais tournant vers les ténèbres. »

Source : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(15)60696-1/fulltext


Kamran Abbasi , rédacteur en chef du BMJ (British Journal of Medicine), 13 novembre 2020, éditorial du BMJ :

« Covid-19 : politisation, « corruption » et suppression de la science

Quand la bonne science est supprimée par le complexe médico-politique, les gens meurent.

Les politiciens et les gouvernements suppriment la science. Ils le font dans l’intérêt public, disent-ils, pour accélérer la disponibilité des diagnostics et des traitements. Ils le font pour soutenir l’innovation, pour mettre des produits sur le marché à une vitesse sans précédent. […] Mais le comportement sous-jacent est troublant.

La science est supprimée à des fins politiques et financières. Covid-19 a déclenché la corruption de l’État à grande échelle et c’est néfaste pour la santé publique. Les politiciens et l’industrie sont responsables de ce détournement de fonds opportuniste. Il en va de même pour les scientifiques et les experts en santé. La pandémie a révélé comment le complexe médico-politique peut être manipulé en cas d’urgence – un moment où il est encore plus important de sauvegarder la science.

La réponse pandémique du Royaume-Uni fournit au moins quatre exemples de suppression de la science ou des scientifiques. » […]

Source : BMJ, https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4425


Je vous recommande enfin la lecture de ce petit livre, tout à fait consternant :

LA SOURIS TRUQUÉE. Enquête sur la fraude scientifique – Poche
Nicholas Wade, William Broad

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https://www.decitre.fr/livres/la-souris-truquee-9782020217682.html

Livre très important, bien évoqué ci-dessous, en 4 minutes denses :


Je résume :

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Fil Facebook correspondant à ce billet :
« Banni » de FB pour 30 jours (pour avoir seulement signalé un traitement alternatif, l’ivermectine, privant de légitimité l’apartheid vaccinal qui vient) => pas de post.

Tweet correspondant à ce billet :

Une sacrée bonne nouvelle : le lancement d’une Gazette pour les Amis du RIC

Pour bien s’informer de l’avancement l’instauration du RIC​ en France​ : s’inscrire à la Gazette des Amis du RIC !
Une lettre d’informations mensuelle gratuite dédiée aux actualités du RIC et aux actions pour son instauration.

Vidéo de présentation :

S’inscrire à la Gazette :
https://convergence.ric-france.fr/gazette

 

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Tweet correspondant à ce billet :

https://twitter.com/Etienne_Chouard/status/1379435863373873161

Peter McCullough, éminent cardiologue praticien et universitaire chercheur, ‘Editor’ dans deux grandes revues scientifiques US, dénonce la DÉSINFORMATION et la CENSURE (sur la covid et ses TRAITEMENTS) dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les publications scientifiques

J’ai retranscrit cet exposé (ci-dessous). Si l’un d’entre vous trouve le site officiel des trois grandes études dont il parle, je suis preneur, merci.

Étienne.


« Je suis Peter McCullough, je suis interniste et cardiologue, professeur de médecine à l’Université du Texas, je suis sur le campus de Baylor (Dallas) et j’ai été impliqué dans la réponse à la covid-19. Je suis un docteur universitaire : je vois des patients mais je suis très impliqué dans la recherche, je suis rédacteur [editor] dans deux revues majeures aux États-Unis ; dans mon domaine, je suis la personne la plus publiée de toute l’histoire, dans le monde, pour ce qui traite du cœur et des reins.

Les personnes de moins de 50 ans qui n’ont pas de problème de santé, il n’y a pas de justification scientifique, pour eux d’être vaccinés ; il n’y a AUCUNE justification scientifique.

Une des erreurs que j’ai entendues comme justification pour la vaccination est la propagation asymptomatique. Je veux qu’on soit très clair à ce sujet : mon opinion et qu’il y a une faible chance, sinon aucune chance d’une propagation asymptomatique : une personne malade le transmet à une personne [qui devient] malade.

Les Chinois ont publié une étude dans le British Medical Journal : sur 11 millions de personnes, ils ont essayé de trouver une propagation asymptomatique, ILS N’ONT PAS TROUVÉ.

Et [pourtant], cela a été l’un des éléments importants de désinformation.

Ce qui se passe est inimaginable : combien d’entre vous ont regardé les actualités (locales ou nationales) ? Avez-vous jamais été informés sur un traitement à la maison ? Combien d’entre vous ont déjà entendu un seul mot sur ce qu’il faut faire quand on vous apprend que vous avez un diagnostic Covid-19 ?

Ce n’est pas étonnant : c’est un échec complet à tous les niveaux. Il n’y a pas un seul médecin dans les médias qui ait traité un patient Covid, pas un seul !

Ce qui s’est passé autour du mois de mai, c’est que nous savions qu’il y allait avoir un vaccin pour ce virus. Tous les efforts sur des traitements [alternatifs aux vaccins] ont alors été ABANDONNÉS !

 Les Institut Nationaux de Santé avaient à l’époque un programme multitraitements… Ils l’ont laissé tomber après 20 patients ! affirmant qu’ils ne pouvaient trouver plus de 20 patients ! Ils ont dit : « on ne peut pas trouver de patients »… C’est l’annonce la plus malhonnête [la plus fourbe] de tous les temps.

Et la vitesse de distorsion est alors allée à plein régime pour le développement de vaccins… il y eut un silence total sur toute information sur le traitement, n’importe laquelle, une censure totale sur Twitter, YouTube…

On ne peut même pas publier des articles à ce sujet ! ON NE PEUT MÊME PAS PUBLIER DE L’INFORMATION DANS NOTRE PROPRE LITTÉRATURE MÉDICALE ! Il y a eu un « nettoyage » complet.

Je n’avais jamais été sur les réseaux sociaux auparavant, et ma fille (qui est à la maison pendant ses études de droit), je lui en ai parlé, et elle m’a recommandé de faire une vidéo Youtube.

J’ai donc fait une vidéo YouTube, avec 4 diapositives d’une étude — une étude révisée par des pairs, publiée dans l’un des meilleurs journaux médicaux au monde ! 4 diapositives… —  j’avais une cravate et un costume… elle m’a montré comment enregistrer avec PowerPoint. Je l’ai postée sur Youtube. Elle est devenue absolument virale. Et, en une semaine, YouTube [l’a supprimée et] a dit que j’avais « violé les termes et conditions de la communauté »…

C’est là que le bureau du sénateur Johnson s’est impliqué à Washington, il a dit : « Oh mon dieu ! C’est une information scientifique importante, pour aider les patients en plein milieu d’une crise, et les médias sociaux censurent ! ! ! En se fondant sur quelle autorité ? ! ? »

Les gens atteints de la Covid développent une immunité complète et durable. C’est un principe très important : une immunité complète et durable. Vous ne pouvez pas faire mieux que l’immunité naturelle, vous ne pouvez pas vacciner en plus et la rendre meilleure. Il n’y a aucune justification scientifique, clinique ou de sécurité, pour VACCINER un patient guéri ! Aucune justification pour TESTER un patient guéri ! Vous êtes guéri de la Covid ? Pourquoi passeriez-vous des tests ? il n’y a absolument AUCUNE justification.

Le meilleur médicament anti-inflammatoire est la COLCHICINE. Vous n’en avez probablement jamais entendu parler… Dans la plus grande étude de qualité d’essais randomisée — plus de 4 000 patients — une étude randomisée contrôlée, avec du placebo, il y a une réduction de 50 % de la mortalité ! Silence total ! Rien ! Un blackout complet du médicament ! Comment est-ce possible ?

La partie la plus mortelle de l’infection virale et la thrombose. J’ai toujours traité mes patients avec quelque chose pour le virus, quelque chose pour l’inflammation, et quelque chose pour la thrombose (comme le Dr Urso). J’ai des patients très, très malades, et je n’en ai perdu que deux.

Une très grande étude de McKinney (Texas) et une autre de New York montrent que, lorsque les médecins traitent précocement des patients de plus de 50 ans avec des comorbidités avec une approche séquentielle multi drogues, avec des médicaments disponibles (4 à 6 médicaments sont à leur disposition, dont les MBR monoclonaux qui sont les plus efficaces), il y a une réduction de 85 % des hospitalisations et des décès.

 85 %

 85 %

 Rappelez-vous de ce chiffre. »

Peter McCullough.

Source : https://www.youtube.com/watch?v=jNar16ZWQwY

Fil Facebook correspondant à ce billet :
Pas de fil pour cause de censure par Facebook (clairement au service des vendeurs de vaccins).

Tweet correspondant à ce billet :

Banni de Facebook pour 30 jours pour avoir seulement relayé un billet (important) de @LMucchielli vantant les mérites de l’Ivermectine

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C’est intéressant parce que, dans ce billet, on ne parle pas des vaccins mais d’un traitement.

Par contre, moi, dans mon commentaire, je fais explicitement le lien entre l’existence d’un traitement et la disparition de la justification de l’obligation vaccinale.

La censure du régime totalitaire qui vient est donc explicitement conçue pour protéger les marchands de vaccins.

Pour moi la censure directe est une première.

Rendez-vous-vs sur le blog (jusqu’à la prochaine escalade antidémocratique).

Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
Rien, pour cause de censure FB (du 1er avril au 1er mai 2021)

Tweet correspondant à ce billet :
https://twitter.com/Etienne_Chouard/status/1377626988739985417

Rappel de l’étude scientifique (Ioannidis, janv. 2021) prouvant L’ABSENCE D’EFFETS POSITIFS des « mesures » contre la maladie (enfermements aveugles, fermetures arbitraires, masques, couvre-feux…)

Après l’étude prouvant la faible surmortalité en 2020, je rappelle (avec le retweet ci-dessous) l’étude scientifique (janvier 2021) prouvant l’absence d’effets positifs des « mesures » contre la maladie :

L’étude de John Ioannidis : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/eci.13484

L’intervention de John Ioannidis à l’IHU de Marseille sur son étude :


Les preuves s’accumulent qui montrent qu’on devrait arrêter de persécuter les gens POUR RIEN.

Avec une Constitution digne de ce nom, les politiques publiques seraient évaluées — et corrigées en cas de besoin — par les citoyens eux-mêmes.


Aux hyper-agressifs de FB et TW, je rappelle que ma légitimité à défendre ici les libertés publiques contre l’arbitraire des gouvernements est la même que la vôtre, qu’en démocratie la liberté de parole et la décision commune n’ont rien à voir avec l’expertise, et que les insultes et les ricanements arrogants me portent à penser que j’ai raison de lutter contre l’apartheid sanitaire qui vient, plutôt qu’à y renoncer.

Merci pour votre patience et votre gentillesse. Entre détenus politiques, on devrait s’entraider plutôt que s’entretuer : je rappelle que ni vous ni moi ne décidons jamais de rien. Il est donc extravagant, et pour tout dire un peu délirant, de nous accuser mutuellement de « responsabilité » ou d’ « irresponsabilité » de quoi que ce soit. À l’évidence, celui qui ne décide de rien ne peut être tenu pour responsable de rien de qui a été décidé.

Par contre, les vrais responsables, qui méritent, eux, d’être houspillés, dénoncés, incriminés, ce sont les politiciens AU POUVOIR, ça oui.

Amicalement.

Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :

Tweet correspondant à ce billet :

[Défense des libertés contre l’arbitraire gouvernemental] L’épidémie de Covid-19 a eu un impact relativement faible sur la mortalité en France, par Laurent Toubiana (Inserm, Sorbonne), Laurent Mucchielli (CNRS), Pierre Chaillot (INSEE) et Jacques Bouauda (INSERM, AP-HP) (24 mars 2021)

Je vous signale ici une étude scientifique indépendante des labos que je trouve intéressante et importante, dans l’optique qui est la mienne : vérifier le fondement scientifique — et donc la légitimité politique — des « mesures » liberticides que nos « représentants » nous infligent arbitrairement depuis un an : enfermement général, « couvre-feu » (sic) pire que pendant la guerre, persécutions policières des contrevenants à des ordres pourtant manifestement stupides (interdiction des promenades en forêt ou à la plage), fermetures administratives (et ruine désespérante) de nombreuses activités jugées arbitrairement « non-essentielles », masquage même à l’extérieur, et jusqu’aux enfants ! toute la journée, décisions arbitraires en « Conseil de défense » hors de tout contrôle démocratique (sans verbatim et donc sans possibilité de contrôle ni de recours pour excès de pouvoir ou pour concussion), interdiction de soigner faites aux médecins (doliprane et « restez chez vous » jusqu’à la réa, médicaments inoffensifs interdits), interdiction d’aller à l’hôpital et de recevoir des visites (et donc condamnation à mourir étouffé et seul) pour les vieux malades en EHPAD, légitimité usurpée par des « Conseils scientifiques » anticonstitutionnels, opaques et corrompus par les plus graves conflits d’intérêts, et j’en passe…

Toute cette folie REPOSE SUR la gravité extrême de la maladie de la saison 2019-2020.

Un an après, on s’aperçoit scientifiquement que toutes les prévisions catastrophistes étaient grossièrement exagérées et erronées, et que la maladie en question n’est absolument pas la peste.

Il est donc temps d’arrêter de persécuter des millions d’innocents.
On ne paie pas nos représentants (à prix d’or, d’ailleurs) pour nous martyriser.

Il est aussi temps d’examiner la responsabilité véritable de ce chaos non nécessaire, qui est celle des gouvernements qui ont volontairement — et donc criminellement — détruit depuis cinquante ans notre système public de soins, au point de l’avoir manifestement rendu aujourd’hui incapable de faire face à n’importe quelle épidémie saisonnière, covid ou autre. Mais on reparlera de ces vraies responsabilités plus tard.

Concentrons-nous aujourd’hui sur ce rapport (de quatre scientifiques éminents et complémentaires) sur la gravité constatée de la maladie au nom de laquelle on nous maltraite depuis un an.

Bonne lecture.

Étienne.


L’épidémie de Covid-19 a eu un impact relativement faible sur la mortalité en France

Laurent Toubianaa,b, Laurent Mucchiellic, Pierre Chaillotd,*, Jacques Bouauda,e*
a Inserm, Sorbonne Université, Université Sorbonne Paris Nord, UMR S_1142, LIMICS, Paris, France,
b IRSAN, Institut pour la valorisation des Données de Santé, Paris, France,
c CNRS, Centre méditerranéen de sociologie, de science politique et d’histoire, UMR 7305, LAMES, Aix-Marseille Universités, France,
d INSEE, Institut national de la statistique et des études économiques, Paris, France,
e AP-HP, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, DRCI, Paris, France
All authors contributed equally to the work

* Les jugements et opinions exprimés par les auteurs n’engagent qu’eux-mêmes, et non les institutions auxquelles ils appartiennent.

Résumé :

Contexte :

L’arrivée de l’épidémie de Covid-19 en France a provoqué la mise en place dans l’urgence, d’un confinement généralisé de la population. Cette contrainte (et d’autres par la suite) a été acceptées étant donné l’anxiété induite par le spectre d’une catastrophe sanitaire. Après une année d’une crise sans précédent, quel a été l’impact réel de l’épidémie ? Pour évaluer la gravité d’un fléau, la référence absolue est la mortalité. Cet article analyse la surmortalité liée à la Covid-19, en France, en 2020.

Matériels et méthodes :

Cet article se fonde essentiellement sur les longues séries temporelles démographiques i) de la population par âge et ii) du nombre de décès quotidiens depuis 1962. En effet, nous ne pouvons utiliser les décès attribués à la maladie Covid-19 parmi lesquels une part importante se serait inéluctablement produites même en l’absence de cette épidémie.

Nous comparons, la surmortalité de cette épidémie aux autres épisodes habituels de surmortalité saisonnière (maladies infectieuses et canicules) et à leurs effets de moisson (« harvesting »). Ces estimations obligent à tenir compte de l’évolution de la structure de la population française marquée par un vieillissement et donc une augmentation tendancielle de la mortalité.

Résultats :

L’année 2020 n’a connu aucune surmortalité chez les personnes âgées de moins de 65 ans (qui représentent environ 80 % de la population totale).

Seuls les âges les plus avancés ont connu une surmortalité, cette dernière étant la plus forte après 80 ans.

Au passage de l’épidémie de Covid-19, pour la population française dans son ensemble, les auteurs estiment à 3,66 %, l’excès par rapport à la mortalité attendue en 2020.

Discussion :

3,66 % de surmortalité représente 23 mille morts en excès sur les 629 mille attendus normalement en 2020.

Ces chiffres doivent être mis en perspective avec les 400 mille morts annoncés par le Président de la République Française en octobre 2020 pour justifier la mise en place du deuxième confinement.

L’année 2019 avait montré en revanche, un défaut de mortalité de 2,92 % directement lié à l’effet de moisson des épisodes grippaux de 2015 et 2017.

La surmortalité observée en 2020 au passage de l’épidémie de Covid-19 ne serait qu’un rattrapage du défaut de mortalité de 2019.

Utiliser la mortalité de 2019 en tant qu’élément de comparaison pour estimer l’impact de l’épidémie en 2020 comme cela est pratiqué couramment, est donc une simplification doublement biaisée.

Conclusion :

L’épidémie qui touché la France en 2020, montre une surmortalité nulle pour les moins de 65 ans (soit 80 % de la population) et très faible pour les plus de 65 ans (3,34 % d’excès pour cette classe d’âge).

Ce résultat est très loin des hécatombes annoncées et pour laquelle des mesures sanitaires disproportionnées ont été mises en oeuvre

Mots-clefs : Covid-19 – Mortalité – Surmortalité – Vieillissement – Effet de moisson – Structure de la population –Immunosénescence.

Lire le rapport intégral ici :
http://recherche.irsan.fr/fr/documentation/index/voir/154-L%E2%80%99%C3%A9pid%C3%A9mie-de-Covid?19-a-eu-un-impact-relativement-faible-sur-la-mortalit%C3%A9-en-France

Pour conserver votre équilibre mental, votre joie de vivre, pour ne plus avoir inutilement peur, éteignez votre télé et lisez tous les jours REINFO COVID 🙂

Je conseille à tous ceux qui veulent se forger par eux-mêmes une opinion éclairée par différents points de vue, ceux qui cherchent une information qui ne soit pas uniquement progouvernementale, de consulter tous les jours le site réinfo covid ; je le trouve vraiment très important :

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avec notamment, bien sûr, Louis Fouché, que je trouve toujours passionnant et enthousiasmant. Ce jeune homme est épatant.

Le site propose ce résumé :

« QUI SOMMES-NOUS ?
Nous sommes un collectif de soignants, médecins et scientifiques universitaires, réunis autour d’une idée : le besoin d’une politique sanitaire juste et proportionnée pour la France. Rejoints par des citoyens désirant jouer un rôle actif dans la résolution de la crise que traverse notre démocratie, la pluralité s’ajoute à l’expertise pour constituer nos plus grandes forces.

. Aider à réouvrir l’espace du débat démocratique et scientifique
. Proposer une autre politique sanitaire
. Aider nos concitoyens à être dans la prudence et le courage
. Mettre en lien tous ceux qui veulent agir. »


Fil facebook correspondant à ce billet :

Tweet correspondant à ce billet :

Il faut soigner les malades et pas enfermer les gens en bonne santé. Le gouvernement continue à détruire l’hôpital en douce, en pleine crise, c’est ça la réalité.

Le gouvernement continue à détruire l’hôpital en douce, en pleine crise, c’est ça la réalité.

PAR CONSÉQUENCE DIRECTE DE CET ASSASSINAT DE L’OUTIL PUBLIC DE SOINS, l’hôpital ne peut plus faire face à la moindre épidémie (de COVID ou de n’importe quelle autre épidémie habituelle dans la vie des hommes), et ce fait de DÉTRESSE DES SOIGNANTS sert de PRÉTEXTE à enfermer et persécuter tout le monde ! en rendant tous les gens en bonne santé malheureux, terrorisés, fous et/ou ruinés.

Cet échange de 4 minutes ENTRE DEUX MÉDECINS (un enfermiste et un soigniste) est assez emblématique de la fracture incroyable qui se creuse dans le pays entre les fossoyeurs des libertés au nom de « la santé » (tu parles : enfermer et bâillonner tout le monde au lieu de soigner les malades, super programme) et les défenseurs des libertés et d’un système de santé correctement financé :


Les quelques scientistes-enfermistes-piqueurs fanatiques qui me traquent sur Facebook et sur tweeter en me déniant même le droit à seulement parler de ce crime contre l’humanité, et en m’accusant de « déni de réel » (mais look who’s talking, quoi…) ne répondent JAMAIS à l’argument massue que, depuis un an, le gouvernement n’a PAS créé les lits et les postes nécessaires pour soigner les gens : IL A MÊME CONTINUÉ À DÉTRUIRE DES LITS ET DES POSTES ! EN 2020 et encore en 2021 ! ! jusqu’au point de déprogrammer les soins urgents de centaines de milliers de malades graves (cancers, diabètes, etc.) qui vont DONC mourir à cause de cette idéologie criminelle (nommée trompeusement « libéralisme ») qui impose la rentabilité obligatoire des services publics.

Il faut arrêter de dire que le gouvernement « fait tout pour faire face » à l’épidémie : CE N’EST PAS VRAI.

Ce n’est pas moi qui suis « dans le déni », ce sont les scientistes enfermistes piqueurs fous.

Fil Facebook correspondant à ce billet :

Tweet correspondant à ce billet :

[NULLITÉ des modèles mathématiques pour légitimer les décisions politiques] Les mesures prises pour l’épidémie ont-elles vraiment sauvé des vies ? (Décoder l’éco)

Ce type est passionnant (il s’appelle Pierre) :

.
Les statistiques terrorisantes sont FAUSSES,

les épidémies ne se répandent JAMAIS de façon exponentielle,

les modèles mathématiques catastrophistes sont EXTRAVAGANTS,

la récente démonstration dans la revue NATURE sur la base de ces modèles est MALHONNÊTE.

La dictature sanitaire qui nous est imposée sans débats démocratiques n’a AUCUN FONDEMENT SCIENTIFIQUE RÉEL.

Les causes réelles de la catastrophe sont les politiques ultralibérales criminelles (asphyxie financière de tous les moyens d’intervention publique de l’État et destruction volontaire de tous les services publics, en l’occurrence les hôpitaux et la recherche médicale publique) qui sont imposées au pays depuis cinquante ans par les prétendues « élites », dont la culture économique a été profondément (et malheureusement durablement, apparemment irrémédiablement) pervertie et polluée par les financements idéologiques ultralibéraux des « grandes écoles ».

Étienne.

—–

Pierre résume son analyse dans la description (sous la vidéo) :

« Nous sommes en 2021 et des mesures de restrictions continuent d’être appliquées dans une grande partie des pays occidentaux. Pour les gouvernements, il s’agit de la bonne façon de protéger les gens de l’épidémie.

Dans les vidéos précédentes, nous avons vu de plein de manières différentes que la mortalité sur l’année 2020 n’est finalement pas impressionnante.

On a vu que le nombre de décès en France en 2020 s’explique d’abord par le vieillissement des français.

De plus, il n’y a pas eu d’épidémie sérieuse en 2019 et donc c’est une année avec très peu de décès. C’est un peu pareil pour 2018 en atténué. L’année 2020 est donc ce que l’on appelle une année moisson pendant laquelle nous avons eu beaucoup de décès de personnes qui d’habitude seraient décédées un an ou deux ans plus tôt. Il s’agit donc d’un phénomène de rattrapage des années 2018 et 2019. Les années moissons ont lieu tous les 2 à 3 ans. C’est notamment pour cette raison que l’âge des personnes décédées est très élevé.

Enfin, jusqu’ici la forte mortalité des années moissons était en partie compensée par une baisse régulière de la mortalité ce que l’on résume en disant que l’espérance de vie augmente. Depuis quelques années l’espérance de vie a commencé à stagner, comme si nous étions arrivés à une sorte de palier. Ce palier est peut-être naturel ou est peut-être le signe que la politique de santé reposant sur la rentabilité financière n’est pas la bonne.

Tous ces éléments sur la mortalité 2020 pour la France sont détaillés dans une dizaine de vidéo de ma chaîne. Le même type d’analyse commence à arriver dans des papiers scientifiques français ou d’autres pays comme la Belgique ou la Suisse.

Puisque le phénomène des baby-boomers, la faible mortalité de l’année 2019 et la stagnation de l’espérance de vie ont touché quasiment tout le monde occidental, ces analyses vont se démultiplier avec l’arrivée des chiffres définitifs et complets pour l’année 2020.

Si vous lisez ou regardez les médias, vous avez pu voir les discours des politiques et des journalistes changer. Au fur et à mesure que tombent toutes les analyses de la mortalité dans les pays occidentaux, tout le monde se rend compte aujourd’hui que la catastrophe annoncée n’est finalement pas arrivée du tout.

Pour mémoire, la catastrophe a été annoncé par des illuminés comme Neil Ferguson qui annonce la fin du monde à chaque grippe. En France, 400 000 morts de la maladie étaient annoncées sur l’année quelles que soient les mesures. Ajoutées aux 600 000 décès habituels, cela aurait dû faire 1 million de morts en France en 2020. On en a finalement eu 660 000.
La plupart des politiques et journalistes ont arrêté de prétendre que 2020 a été une hécatombe, mais affirment que si le monde s’en est aussi bien sorti, c’est grâce à l’efficacité de leurs mesures. Ils se servent donc de ce raisonnement pour continuer à maintenir les restrictions. Plutôt que de devoir prouver que les restrictions servent à quelque chose, ils les appliquent et annoncent la fin du monde si jamais on les enlève.

Il faut bien se rendre compte de la stupidité et de la dangerosité de ce raisonnement. Si des gens coulent du nez et qu’un charlatan leur donne de la mort au rat en guise de médicament, vous aurez la moitié des gens qui vont mourir et le charlatan va dire : « ouf, heureusement que je leur ai donné mon médicament, vous avez vu comme ce virus était dangereux ! ». C’est ce type de raisonnement qui a justifié les saignées pendant des siècles. Heureusement depuis, on est passé à autre chose.

Avec ce type de raisonnement, on peut aussi faire un sacrifice tous les jours pour que le soleil continue à se lever. Il suffit de promettre la catastrophe si on arrête. Ce principe de faire peur, c’est la base du charlatanisme.

Juste si on réfléchit 2 minutes. Lorsque l’on a une épidémie, que l’on prend des mesures et qu’au final on a plus de décès que d’habitude sur une courte période, on n’en déduit pas que les mesures sont bonnes et que le virus est dangereux. A minima, on en déduit que la combinaison virus-mesure n’est pas bonne du tout.

il serait peut-être temps de remettre en question les mesures prises.
Les défenseurs de ces mesures s’appuient toutefois sur des études scientifiques pour annoncer le nombre de vies sauvées grâce à leurs décisions. Dans cette vidéo, on va commencer par montrer que les études défendant les mesures et quantifiant les vies sauvées sont basées sur une arnaque intellectuelle. Les modèles mathématiques ne sont pas utilisés pour comprendre un phénomène, mais sont dévoyés pour faire la promotion des mesures. On verra en détail l’arnaque dans un article publié dans la revue NATURE (https://www.nature.com/articles/s41586-020-2404-8) considérée comme l’une des plus grandes revues scientifiques de notre époque.

Dans la deuxième partie de la vidéo, on va regarder, ce qu’il se passe en France pendant les périodes épidémiques et ce que l’on peut déduire des mesures prises en 2020. »

Avec une vraie constitution, les criminels qui suppriment les lits d’hôpitaux (et détruisent tous les services publics) depuis 40 ans rendraient des comptes au peuple et seraient punis. Au lieu de ça, l’impunité des fripouilles est totale. Notre « constitution » est un fake.


Le chirurgien Bernard Kron démolit la propagande politico-médiatique sur la saturation des réas


Dr Bernard Kron – « Les chiffres qu’on vous donne sont faux ! Et il suffirait d’ouvrir des lits ! »

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https://www.maxmilo.com/produit/blouses-blanches-colere-noire/


LA CAUSE première et principale de la prétendue « crise sanitaire »,
c’est LA DESTRUCTION VOLONTAIRE (DONC CRIMINELLE) DE TOUT NOTRE SYSTÈME DE SOINS
par les ultralibéraux (les prétendues « élites » déformées dans les prétendues « grandes écoles ») depuis cinquante ans.


François Ruffin à l’Assemblée nationale : « Je n’obéirai plus »

[NULLITÉ des modèles mathématiques pour légitimer les décisions politiques] Que restera-t-il de l’épidémiologie à la fin de la crise Covid-19 ? par Juliette ROUCHIER

Encore un article remarquable sur le blog de Laurent Mucchielli, que je trouve extrêmement important pour la défense des libertés dans le monde.

Il s’agit (je vais le dire en termes moins mesurés que la très sérieuse Juliette ROUCHIER) de la démonstration scientifique de la nullité crasse et de la malfaisance criminelle des modèles mathématiques extravagants (absolument pas scientifiques) qui servent aux gouvernements à persécuter les populations depuis un an.

Toute cette folie d’une politique publique progressivement asservie aux statistiques me fait penser à la « gouvernance par les nombres » (parfaitement décrite par Alain Supiot) qui nous est progressivement imposée depuis cinquante ans : la folie scientiste qui anime l’ultralibéralisme est un trait commun entre l’URSS stalinienne, l’Allemagne nazie et l’Union européenne : tous les régimes totalitaires prétendent remplacer la délibération démocratique par un absolutisme prétendument scientifique. Avec la « crise sanitaire », cette folie scientiste s’aggrave.

Je reproduis ici ce bon réquisitoire contre les prétendus « modèles » mathématiques, pour pouvoir en surligner les passages qui me paraissent les plus importants.

Bonne lecture.

Étienne.


Que restera-t-il de l’épidémiologie à la fin de la crise Covid-19 ?

Laurent Mucchielli : Cet article rappelle quelques erreurs systématiques portés par les épidémiologues les plus visibles, comme la croyance que leur modèle est plus vrai que la réalité ou bien la nécessité d’exprimer des vues pessimistes pour soutenir des formes de gouvernement par l’acceptabilité sociale. On ne devrait pas laisser à cette discipline le monopole de l’expertise pour la décision publique.

par Juliette ROUCHIER, directrice de recherche au CNRS en économie et environnement, spécialiste de l’utilisation des modèles agents appliqués aux sciences sociales, et ancienne responsable du GDR « Policy Analytics » (Aide à la décision innovante pour les politiques publiques).

Le Monde a publié le 6 mars 2021 un entretien avec Simon Cauchemez qui marque une étape importante dans une forme d’absurdité logique qui s’expose depuis bientôt un an aux yeux de tous nos concitoyens. Quand on lui demande s’il s’est trompé en annonçant 300 000 à 350 000 morts il y a un an, le modélisateur du Conseil Scientifique répond « non », même si le nombre de morts estimés à cause de la Covid-19 est de moins de 90 000 à ce jour (puisque les morts avec Covid-19 ne sont pas tous morts de Covid-19 : l’INED recommande encore d’attendre pour conclure). Ses arguments centraux sont de deux natures : les mesures prises sont à l’origine de cet écart massif, et l’épidémie n’est pas finie.

Cette négation est un révélateur d’un certain nombre de biais, généralisés au sein de la communauté épidémiologiste la plus officielle, dont celui qui consiste à refuser toute remise en cause. Si celui-ci pose en particulier des problèmes lorsque les prédictions servent à justifier des politiques publiques, il en existe d’autres qui s’expriment régulièrement dans des séminaires, des publications, comme l’idée qu’on se doit d’être pessimiste dans les interventions publiques.

En préambule à ce texte, il faut noter la mauvaise habitude qui s’est imposée de faire usage d’arguments d’autorité pour inclure ou exclure les personnes qui seraient « habilitées », en leur qualité d’épidémiologues, à critiquer ou même parler de modélisation. Cette défense disciplinaire est assez classique (on la trouve en économie ou en finance depuis quelques dizaines d’années). Elle reste choquante pour tous les praticiens interdisciplinaires qui défendent, au contraire, l’idée que le modèle formel a l’avantage d’établir une lingua franca qui le rend discutable par toute personne capable de le lire et de poser des questions pertinentes à son égard.

Les 400 000 morts du Président

Ce qui a caractérisé la période de crise que nous connaissons est un amour immodéré des chiffres et nombres, produits et utilisés de façon souvent un peu farfelue. Les « 400 000 morts du Président de la République », dans son allocution du 28 octobre marquent un moment de bascule dans la capacité à masquer la réalité sous des modèles.

Après la première saison de l’épidémie, où au minimum 350 000 morts avaient déjà été annoncés par l’équipe de Ferguson pour l’Angleterre, ce qui créait déjà un décalage important avec les données, on pouvait se dire que les modèles étaient à réviser (on note au passage que S. Cauchemez a travaillé 8 ans dans le laboratoire de Ferguson, ce qui peut expliquer qu’il ait été choisi comme expert national, à l’instar de son ancien collègue outre-Manche). A priori, ils sont pourtant basés sur les mêmes principes : des extrapolations de mortalité ou réanimation à partir des données du moment, et n’ont pas intégré les connaissances acquises déjà en septembre.

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Ainsi une hypothèse importante est apparuedès juin : il existe des humains que le virus ne peut pas utiliser pour continuer son voyage entre hôtes. Une part non négligeable de la population serait protégée de ce virus avant même de l’avoir rencontré – soit l’individu possède une « immunité croisée », soit ses muqueuses ne laissent pas pénétrer le virus – ou il ne le transmettrait pas, même une fois infecté. C’est ce qui expliquerait à la fois le faible taux d’infection chez et par des enfants (à ce jour Karl Friston donne le chiffre de 40 % d’enfants et 25 % des adultes qui naturellement ne feront pas partie de la chaîne de transmission), mais aussi le fait qu’au sein de nombreux foyers seulement une partie de la famille se trouve infectée si l’un est malade, ou encore la diffusion limitée du virus sur le Diamond Princess. En effet, sur environ 3 700 passagers exposés au virus pour la première fois, 700 seulement l’ont attrapé – alors que l’on sait que le SARS-COV2 circulait malgré le confinement en cabine, par le système d’aération (beaucoup moins que sans confinement, mais il circulait tout de même). C’est l’idée que Michael Levitt (prix Nobel de chimie) a défendu, et il a pu montrer également dès mars 2020 que l’épidémie ne suivait pas une courbe exponentielle, mais que le taux de croissance diminuait rapidement.

Ces hypothèses essentielles pour réaliser des prédictions numériques, qui mériteraient au moins d’être testées, n’ont sûrement pas servi à produire les chiffres, presque identiques à ceux qui était annoncés six mois plus tôt. C’est comme si rien n’avait été appris.

Par exemple, la question de l’évolution du virus (les « variants ») était évoquée publiquement dès septembre en France, et on pouvait donc comprendre que plusieurs épidémies se succédaient déjà, chacune construisant une courbe plus ou moins en cloche. Mais cette donnée a été ignorée dans les discussions de séminaires en France ou à l’étranger : comme s’il fallait reconnaître une « seconde vague », un « rebond » automatique à la fin du confinement, et ce même si les courbes des modèles ne ressemblaient pas du tout aux courbes des données. Ainsi, la « seconde vague », artefact de modélisation, s’est-elle imposée comme vérité dans le grand public, sans qu’il soit possible de la mesurer dans la réalité. Le modèle est, à nouveau, « plus vrai » que la réalité.

Pour autant, sa valeur de vérité demeurait relative puisque Simon Cauchemez lui-même réduisait un peu l’ampleur de la « catastrophe annoncée » : lorsque le Président disait 400 000, lui-même misait plutôt sur 300 000. Il convient de noter la nonchalance avec laquelle 1/3 de morts sont ajoutés dans la balance. On voit que toute hypothèse trop pessimiste est toujours bonne à prendre chez les épidémiologues officiels. D’autant que ce chiffre pose un problème lorsqu’il est abandonné sans correction dans l’espace public. Face à une létalité estimée de 0,5 % à ce moment, n’importe quel citoyen connaissant la règle de trois savait que 400 000 morts n’adviendraient que sur une population française plus grande qu’elle ne l’est à l’heure actuelle (il faudrait 80 millions d’habitants). En outre, la répartition par classe d’âge de la mortalité était largement connue de tous et retomber sur un chiffre si simplement proportionnel montrait que les modèles n’avaient pas grand-chose de « savant ». On peut se demander quelle part du public a perdu confiance dans les affirmations des scientifiques face à cette extrapolation un peu farfelue.

Plus grave encore : cet épisode a révélé que, tout en agitant sans cesse des chiffres et des nombres, les épidémiologues ne prenaient pas les valeurs annoncées au sérieux : la dénégation reste faible dans le Check news, et aucun membre du conseil scientifique n’a corrigé publiquement le chiffre en insistant sur l’exagération du Président. Travailler dans la modélisation quantitative et ne pas défendre la valeur numérique des résultats : c’est un manque de sérieux qui pose vraiment question dans le contexte d’inquiétude que subit la population.

Enfin, peut-être le pire : à aucun moment les épidémiologues n’ont pris le soin de préciser en combien de temps toutes ces personnes étaient censées mourir. Or, on ne s’inquiète pas de la même façon quand une maladie fera 300 000 morts en cinq ans (ce qui semble envisageable si la Covid-19 devient endémique et si les soins précoces sont toujours invisibilisés dans notre pays) ou 300 000 morts en une saison. En jouant sur cette ambiguïté, les membres du Conseil Scientifique ont donc bien fait de la politique plutôt que de la science (dont le travail est au contraire de réduire toute ambiguïté).

Cet épisode met en lumière non seulement la persistance dans l’erreur de méthode, le refus d’intégrer des nouvelles données, et – par la bande – le manque de capacité critique des grands journaux qui ont relayé ces informations sans particulièrement s’inquiéter de leur validité.

L’homogénéité du monde et l’agrégation de données

D’autres chiffres sont apparus ici ou là, comme le fameux nombre 6 pour les rassemblements privés autorisés ou les tables au restaurant. On serait bien en peine de connaître le modèle sous-jacent à l’édiction de cette norme, voire sa logique : si des rencontres de six personnes se font régulièrement, et si les personnes impliquées changent de groupe régulièrement, la propagation devrait se faire à peu près aussi bien dans des groupes de huit ou quatre. Aujourd’hui, on autorise les étudiants à remplir les universités à 20 %, sans qu’on ait même une idée d’où pourrait sortir un tel chiffre. Des nombres magiques régulent ainsi nos vies.

À ma connaissance, peu de chercheurs sont intervenus pour signifier que les modèles utilisés ne permettaient pas de traiter ces questions de modifications de réseaux (et donc de « prévoir » l’effet d’un confinement ou autres règles de « distanciation »). Gianluca Manzo signalait le rôle des super-disséminateurs dans l’épidémie, qui nécessitait une attention sérieuse à la réalité des interactions. Sans cette réflexion, comment penser une politique efficace puisque l’hétérogénéité du nombre de liens est essentielle dans les dynamiques de diffusion. J’avais insisté moi-même sur le fait qu’on ne peut pas faire de prédiction ferme avec des modèles de diffusion sur des réseaux, qui sont soumis de façon très importante à l’histoire des hasards de certaines rencontres (on appelle cet effet la « dépendance au chemin »).

En l’absence d’analyse fine de ces questions de réseaux, certains épidémiologues ont traité le confinement dans les quelques modèles qui les représentaient en retirant de façon homogène 70 % des interactions à chacun des agents. C’est évidemment une erreur de bas niveau que de croire qu’on capture ainsi une représentation crédible du confinement tel qu’il a été vécu et, surtout, de croire que cette façon de représenter n’a pas d’influence sur les résultats. Il ne s’agit pas de reprocher aux collègues de réaliser ces modèles homogènes pour en observer les résultats et les analyser. Le problème surgit dès qu’on les utilise comme des guides pour l’action dans un monde fortement hétérogène.

Un autre aspect absurde de la modélisation officielle a été de produire des courbes nationales d’extrapolation de données, sans passer par des analyses locales de situation. Or, lors du premier confinement, les différentes zones observées étaient séparées et le virus ne circulait pas plus que les humains entre les régions : du point de vue de la diffusion du virus, chacune d’entre elles était dans une dynamique spécifique, et les extrapolations de cas ne pouvaient se faire de façon intéressante et pertinente qu’à l’échelon local. Pour autant, on a continué à entendre des assertions comme « mon modèle est meilleur pour les données nationales que locales, donc je l’utilise à l’échelle nationale » – là où tout modélisateur sérieux aurait plutôt conclu que le modèle devait DONC aller à la poubelle et être sérieusement révisé. De façon étrange, les collègues ne semblaient pas comprendre les questions concernant les dynamiques locales quand on les posait en séminaire, et n’y répondaient jamais. Finalement, c’est en novembre qu’Alexandra Henrion-Caude (dans une vidéo apparemment supprimée par YouTube) a montré combien une analyse des dynamiques locales aurait été informative – en particulier pour affronter l’apparition d’une seconde épidémie en connaissant mieux le degré de naïveté de la population et les formes épidémiques à attendre.

Le modèle à la place de la réalité

L’idée de la « seconde vague » a été longuement discutée. Apparemment, de nombreux spécialistes des maladies respiratoires s’inquiétaient que cette idée se répande car ils savaient qu’elle n’est pas pertinente. Ils s’attendaient à voir une courbe en cloche, puis à devoir attendre pour voir ce qu’il adviendrait ensuite de l’épidémie : reviendrait-elle ou non ? Dans les modèles, par contre, si un confinement ne dure pas très longtemps, dès qu’il s’interrompt on voit une remontée quasi-immédiate du nombre de cas. Dans notre livre, nous montrons que cela est vrai quel que soit le modèle. Si cet effet apparaît quelles que soient les hypothèses, c’est qu’il est mécaniquement lié à la modélisation en SIR (Sain, Infecté, Rétabli), pas qu’il est « vrai ». Dans les chiffres d’infection, ce n’est qu’avec un certain décalage qu’on a pu voir une remontée des cas en juillet – pas du tout comme les modèles l’auraient « prédit ». On peut alors faire l’hypothèse que ce résultat est lié au fait que la dynamique du virus-même n’est pas prise en compte dans les modèles (sa « saisonnalité »). La seule façon de croire à une « seconde vague » identique à celle des modèles est de nier une fois de plus les propriétés temporelles et dynamiques. On peut noter d’ailleurs que c’est en s’intéressant à cette remontée de juillet, qu’ils ont considéré comme une anomalie, que les membres de l’IHU de Marseille ont pu détecter un premier variant, et prévenir les Français avec une bonne connaissance du phénomène dès le mois de septembre 2020.

La question de la qualité des données a été évoquée de façon régulière par les démographes. Pour Hervé Le Bras, très tôt on pouvait identifier les limites des analyses chiffrées. D’autres ont pu rappeler les méthodes habituelles de recueil de données pour suivre une épidémie, ou montrer comment les discours officiels utilisaient sans cesse de nouvelles mesures pour décrire l’épidémie, sans qu’aucune ne soit bien définie, ni ses incertitudes spécifiées – en particulier en ce qui concerne les déclarations de décès de personnes avec Covid-19 ou de Covid-19.

Or, malgré la dépendance fondamentale aux données de tous les modèles basés sur des extrapolation dans le temps, aucune attention n’a été prêtée à cette discussion par les épidémiologues les plus visibles. Les preuves tournaient parfois en rond d’un modèle d’évaluation à un autre modèle, et la qualité des données mesurées semblait finalement accessoire. Par exemple, R0 est une valeur approximée grâce à un modèle basée sur les données d’infection (non mesurée avant que le nombre de tests soit suffisant), mais sert de variable d’entrée à de nombreux modèles de prédiction, sans que soient toujours prises des précautions concernant la compatibilité des hypothèses, ou l’accumulation des incertitudes lors de l’enchâssement de modèles.

Ainsi, le satisfecit épidémiologique, repris complaisamment par Libération, repose tout de même sur l’idée qu’on ne prend en compte ni les erreurs à court terme (en nombre d’occupation des lits de réanimation avec quelques semaines d’avance), ni à long terme (une année entière). À partir d’un modèle qui a été rapidement validé sur quelques jeux de données–excessivement imparfaites – Simon Cauchemez prétend être certain que ses prédictions auraient été réalisées si on n’avait pas confiné. On parle ici d’une différence d’ordre de grandeur de 1 à 3, ce qui est énorme. Cette logique pose un problème : il n’y a aucun contrefactuel pour démontrer qu’il a raison, puisque les modèles ne pouvaient être validés. Par exemple, on ne peut pas calculer l’ampleur de l’effet du confinement avec le type de modèle utilisé, donc aucune prédiction réfutable n’a été émise.

Pourtant, il n’y a aucune observation de pays où la catastrophe annoncée ait été réalisée au niveau prévu, et on en reste même loin. On peut faire référence à quelques situations préoccupantes, très localisées, mais on voit qu’elles sont des exceptions plus que des règles, et qu’il faudrait en analyser finement les causes.

Un autre genre de preuve pourrait en effet être apporté par les pays qui ont établi le contrefactuel politique, comme la Suède. Malheureusement pour nos épidémiologues, elle joue le rôle de preuve inversée, avec des courbes presque similaires aux nôtres, sans qu’aucune règle autoritaire n’y ait été imposée, pas plus que la destruction méthodique de l’économie. Si on doit dire que « les modèles ne se sont pas trompés » il faut alors expliquer pourquoi notre mortalité est similaire à celle de la Suède, qui en toute logique devrait voir son ratio de morts être environ trois fois plus élevé que le nôtre. Plusieurs études montrent maintenant que le confinement strict ne présente pas de gain perceptible face à des mesures plus légères de distanciation, que l’obligation de rester à la maison n’est pas garante d’une réduction de circulation du virus, pointent que la suppression des grands rassemblements est la meilleure explication pour décrire l’histoire de l’épidémie en Suède (qui a aussi fermé les universités et les lycées). Pour autant, on lit souvent que la Suède serait « différente » et ne pourrait être comparée à la France. On peut se demander sur quels critères cette affirmation puisque ni les caractéristiques de la population ni l’organisation ne sont pour l’instant explicatifs des courbes de mortalité, et que la Suède avait visiblement un déficit de lits en réanimation supérieur au nôtre, et une densité de population dans les grandes villes équivalente à nos métropoles.

Pourquoi les collègues, et les journalistes, continuent-ils à répéter, souvent de façon péremptoire, que leurs modèles sont justes alors que cela n’a aucun sens sans démonstration rigoureuse ? Le niveau d’éducation étant ce qu’il est, beaucoup d’internautes s’amusent de façon visible à pointer les erreurs de prédiction, ce qui permet de réduire encore la confiance dans la parole des experts. Il n’y a qu’au pays de Lewis Carroll que la répétition rend vraie une proposition (1).

Admettre quelques exagérations, et expliquer les modifications apportées aux modèles tandis que le temps passait, aurait permis de remettre en cause la tendance signalée au pessimisme. Faisons une expérience de pensée : il semble acceptable aujourd’hui de produire une surestimation dans un rapport de 1 à 3 du nombre de morts, sans que l’ampleur de la différence ne soit discutée. Imaginons à l’inverse que quelqu’un ait prévu 70 000 morts plutôt que 90 000  : l’erreur est bien moins grande, les ordres de grandeur sont conservés.  Mais cette prévision aurait sûrement valu des critiques à son émetteur, si on l’avait même écouté.

Finalement, avec le recul, on constate que les modèles supposément quantitatifs nous auront donné des narrations vagues, et n’auront jamais été validés de façon convaincante par des observations. Certains finissent par être donnés sous forme d’outils à générer des « prédictions » brutes jetées en pâture à un public non informé, sans claire qualification des « précautions » à prendre pour les interpréter. Le public risque encore de se rendre compte que ces modèles ne prévoient « bien » qu’en de très rares occasions, elles-mêmes peu prévisibles. Si cela déçoit un peu plus le public, gouverné depuis un an par des arguments qu’il découvre si fragiles, que va devenir l’autorité d’une « science » qui n’est plus discutée entre savants mais sert surtout de promotion médiatique ?

Interprétation d’un naufrage intellectuel

Que s’est-il passé lorsque l’épidémie est arrivée en France et que la science a été soudain mise au centre de l’attention médiatique et politique ? La même chose que ce que notre profession connaît depuis des années : l’ANR a lancé un appel à projets. Certains projets ont été sélectionnés, et d’autres non : ceci a créé des ressentiments et des inquiétudes, et a poussé chacun à s’agiter encore plus pour être visible ou reconnu – et donc « écrire des papiers » rapidement plutôt que de collaborer pour améliorer la compréhension collective des problèmes. Même si on a pu voir des exceptions notables, initiées dès mars, comme le collectif CoVprehension, où l’explication des phénomènes a été collectivement analysée et rédigée, les séminaires de ModCov19 (le réseau officiel lancé par le CNRS autour de la modélisation) ont par contre montré un monde d’échanges savants très « habituel », où chacun présente un papier réalisé en petit groupe, et où la discussion est limitée à quelques questions minimales posées en dix minutes, sans critique possible. Cette organisation individualiste et coupant court aux discussions n’est pas un choix des chercheurs eux-mêmes, c’est simplement la forme devenue rituelle, la norme émergente des vingt dernières années. C’est le résultat d’un long glissement lié à la culture du projet et de l’évaluation individuelle : mieux vaut maintenant rendre invisible les collègues et leurs résultats ou questions, que de se confronter à leur point de vue et perdre un temps précieux en construction de carrière ou en accès aux financements.

Ainsi, bien que l’académie de médecine ait indiqué dès juillet que l’analyse des eaux usées permettaient de prévoir efficacement la présence du virus dans la population et anticiper avec deux semaines d’avance les entrées à l’hôpital, certains épidémiologues ont préféré ignorer cette information, et ne pas la croiser avec leurs propres prévisions pour améliorer les modèles – alors que ceux-ci remplissaient exactement le même rôle. L’apparition des variants et son impact sur la stratégie sanitaire n’est mis en avant que tardivement par l’épidémiologie officielle, alors que tout ceci était clairement signalé dès septembre par l’IHU.  Pas plus que les questions soulevées sur l’efficacité du vaccin, depuis des mois, ne sont même signalées comme limite pour les modèles présentés.

Cette compétition intense pour l’accès aux ressources repose en plus sur des nécessaires hiérarchies implicites, et l’autorité de certaines instances sont acquises dans beaucoup de discussions savantes. Par exemple : les résultats de l’Institut Pasteur sont toujours vrais, même si – si on en croit leurs propres analyses – certaines reconnaissent que leurs modèles n’étaient pas prévus pour intégrer l’effet d’un confinement, et qu’il a fallu improviser. Pourtant, la précarisation des chercheurs étant parfaitement installée, on se rend compte que l’équipe qui a donné des indications depuis des mois à notre gouvernement, est composée presqu’exclusivement de jeunes non statutaires. Ceux qu’on appelle les « précaires » de la recherche ont souvent un peu moins d’expérience et de culture scientifique du fait de leur âge, donc potentiellement un peu moins de réflexivité, et un réseau plus limité pour discuter avec leurs pairs et tester largement leurs hypothèses et idées (car la relation aux pairs ne se réduit pas au « peer-review » mais est un exercice d’échange quotidien). Enfin, on sait qu’il est très délicat pour eux de développer une recherche profonde et risquée, voire d’apporter des contradictions au sein des espaces de recherche dont leur carrière dépend.

Cette acceptation passive de la compétition va de pair avec une méconnaissance de disciplines avec lesquelles les épidémiologues devraient pourtant être familiers. Par exemple, comment comprendre que certains chercheurs de sciences dures confondent démocratie et respect de leurs recommandations ? Parce qu’ils n’ont pas de culture de l’aide à la décision intégrant la science, ne connaissent pas l’idée d’arbitrage entre des options possibles comme la développent par exemple les économistes, ni ne savent qu’une décision en univers complexe ne peut en aucun cas se baser sur un unique critère d’analyse. Pendant un an, c’est un arbitrage entre acceptabilité perçue dans la population et nombre de morts qui a été fait – or, « l’acceptabilité » est un concept de manipulation sociale bien plus que de discussion démocratique. En confondant leurs idées personnelles avec le bien commun, les scientifiques qui se prétendaient aptes à aider au gouvernement du pays ont fait preuve de leur inculture en philosophie, en épistémologie, en aide à la décision, ou même en sociologie des sciences. Ce biais est malheureusement très répandu, et on n’imagine pas le résoudre sans transformer en profondeur les parcours éducatifs.

On peut espérer que cette rapide exposition des défauts structurels du travail dans le monde scientifique et l’expertise, dont on ne donne ici que quelques éléments, permettra de revoir intelligemment les trajectoires de politique scientifique dans les prochaines années. En particulier si les maladies infectieuses émergentes sont à attendre en grand nombre, on ne pourra pas se permettre un tel manque de discussion entre scientifiques. La compétition à tout crin n’a jamais été, a priori, le chemin à prendre pour que la connaissance puisse servir à tous.

Juliette ROUCHIER, directrice de recherche au CNRS en économie et environnement, spécialiste de l’utilisation des modèles agents appliqués aux sciences sociales, et ancienne responsable du GDR « Policy Analytics » (Aide à la décision innovante pour les politiques publiques).

Source : le blog de Laurent Mucchielli sur Mediapart, https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/220321/que-restera-t-il-de-l-epidemiologie-la-fin-de-la-crise-covid-19

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PS : C’est vrai qu’ils sont incroyablement jeunes, les modélisateurs de (la multinationale) Pasteur…

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Pétition : NON au passeport vaccinal !

Je signe des pétitions, comme une victime qui crie dans le noir de la cave où elle a été enfermée, parce que je suis ravalé au rang dégradant d’ÉLECTEUR (c’est-à-dire INCAPABLE politique majeur) par ceux qui osent prétendre être mes « représentants » — et qui se sont arrogé le droit d’écrire eux-mêmes la Constitution (qu’ils devraient craindre).

J’en suis réduit à signer de dérisoires pétitions (sans force contraignante) parce que mon pays n’a pas de Constitution (digne de ce nom).

Dans un peuple devenu constituant, donc vigilant, il n’y aurait plus AUCUNE place pour un tyran.

Je signe, mais la mort dans l’âme car je sais bien que le « régime » qui nous opprime devient totalitaire et qu’il faudrait beaucoup plus qu’une pétition pour lui résister.

Les pouvoirs abusent parce qu’on les laisse faire.

Les juristes sont trop conformistes : ils devraient aider les électeurs à devenir citoyens, en les aidant à écrire eux-mêmes les règles de leur représentation.

Étienne Chouard, aspirant citoyen constituant.


La pétition contre le passeport vaccinal : https://www.leslignesbougent.org/petitions/non-au-passeport-vaccinal

NON au passeport vaccinal

Vos libertés sont en jeu !

Adressé à : M. Olivier Véran, Ministre de la Santé et des Solidarités

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Alors que les campagnes de vaccination battent leur plein en France et partout en Europe, de plus en plus de pays envisagent l’instauration d’un passeport vaccinal.

ATTENTION : le gouvernement, jouant sur les mots, parle désormais de “passeport sanitaire”.

C’est strictement la même chose.

Un tel “passeport” restreindrait :

  • Votre liberté de vous déplacer.
  • Votre droit de fréquenter certains lieux.
  • Votre droit d’accéder à certains services.

C’est de la vaccination obligatoire déguisée. Et c’est du fichage.

POUR NOUS, LE PASSEPORT VACCINAL C’EST NON !

La Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé qu’un projet de législation sur un tel passeport serait présenté le 17 mars 2021, ce qui permettrait un “retour gradué” à la libre circulation. (1)

Nous devons réagir D’URGENCE, avant que ce projet aboutisse.

Mettre en place un passeport vaccinal n’a AUCUN SENS :

1. Ce n’est pas parce que vous êtes vacciné que vous n’êtes pas contagieux, et même Pfizer et Moderna l’ont reconnu ! Leurs vaccins portent sur la diminution des symptômes du Covid-19… pas sur l’absence de contagiosité de la personne vaccinée. (2)

2. Que le vaccin soit fiable ou non, le bienfait attendu d’un passeport vaccinal est limité et ne justifie absolument pas de nous priver de notre liberté de choix :

    • si le vaccin protège efficacement, ceux qui l’ont reçu ne devront pas craindre de se retrouver près de personnes non vaccinées.
    • si le vaccin ne protège que partiellement, un passeport vaccinal engendrerait un faux sentiment de sécurité. (3)

3. Refuser de se faire vacciner est un droit. Début mars, seuls 59 % de nos concitoyens se disent prêts à subir une vaccination Covid. (4) Cette méfiance est d’autant plus compréhensible que nous avons encore très peu de recul sur l’innocuité et l’efficacité des vaccins sur le long terme.

4. Il est beaucoup trop tôt pour ce genre de mesures. La France accuse un retard important en termes de vaccination. Avec seulement 0,10 % de sa population qui a reçu les 2 doses du vaccin, notre pays est le “mauvais élève de l’Union Européenne”. (5) Comment pourrait-on imposer un passeport vaccinal alors que la plupart de la population n’a pas encore accès au vaccin ?

Disons “non”, maintenant à un tel projet !

Si, vous aussi, vous refusez qu’un passeport vaccinal devienne un laisser-passer pour certains (les citoyens vaccinés) et une restriction de libertés pour les autres (les non-vaccinés)…

…alors signez cette pétition !

Demain, une ségrégation par le vaccin ?

Pour encourager le passeport vaccinal, l’argument du “retour à la normale” est employé.

Le gouvernement et les médias font croire qu’un passeport vaccinal vous permettra de voyager plus librement, de revoir vos proches fréquemment. Ce serait donc “pour votre bien”.

C’est le contraire qui se produira.

Ce passeport accroîtra les restrictions et portera une grave atteinte à nos libertés individuelles.

Ce ne sont pas seulement les restrictions d’accès à un pays, un restaurant, un cinéma, un musée, qui sont en cause.

C’est le jour où un petit-fils sera exclu de l’école car il ne sera pas vacciné.

C’est le jour où un frère perdra son emploi car son passeport vaccinal ne portera pas la case “Covid”.

Malheureusement, cette ségrégation est déjà dans les têtes de tous !

Au Vatican, les opposants aux vaccins Covid sont qualifiés de “négationnistes suicidaires” par le Pape François et les employés qui refusent l’injection sont menacés de licenciement. (6)

En Suisse, l’Union patronale suisse (UPS) a estimé que : “Dans le secteur privé, il doit être possible pour les employeurs de faire la différence entre les salariés vaccinés et non vaccinés” (7)

Tout cela est inacceptable.

Disons non à cette manière détournée d’imposer le vaccin à toute la population. (8)

Un tel passeport irait à l’encontre de la résolution 2361/2021 prise par le Conseil de l’Europe le 27 janvier dernier.

Cette résolution stipule que toute obligation de vaccination est désormais illégale par défaut : personne ne peut être vacciné contre sa volonté, sous la pression. (9)

Que dit cette résolution ?

  • Que les 47 États membres sont obligés de signaler avant toute injection que la vaccination n’est PAS obligatoire (7.3.1) ;
  • Que les personnes non vaccinées ne doivent pas subir de discrimination (7.3.2) ;
  • Que la discrimination est également expressément interdite en cas de risques sanitaires existants ou si une personne ne souhaite pas être vaccinée (7.3.2)
  • Que les fabricants de vaccins sont tenus de publier toutes les informations sur la sécurité des vaccins (7.3.4).

L’obligation d’un tel vaccin serait une atteinte aux droits de l’Homme, ni plus ni moins.

Renoncer aux vaccins Covid, c’est un droit

Nous ne portons aucun jugement sur ceux qui ont choisi de se faire vacciner.

Qu’on ne porte pas de jugement sur ceux qui choisissent d’y renoncer !

Certains ont peur des dangers pour leur santé, manquent de confiance en l’efficacité ou la fiabilité des vaccins Covid, ont besoin de plus de recul, etc…

Ils en ont le droit !

Chaque individu est libre de l’usage qu’il fait de son corps, conformément à ses choix. (10) Le droit de disposer de son corps a été reconnu par la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 2002 ! (11)

Le passeport vaccinal nous privera de cette liberté de décider de notre santé.

Le passeport vaccinal menacera la protection de nos données personnelles.

Après les confinements, l’enfermement de nos aînés dans les Ehpads, le port du masque obligatoire, l’application TousAntiCovid et le traçage numérique, le passeport vaccinal sera le coup de grâce à nos libertés individuelles.

Ne nous laissons pas faire !

Mettre en place un passeport vaccinal serait enfin un véritable catalyseur d’inégalités : les vaccinés du Covid auront des droits que les autres n’auront pas.

Nous devons refuser qu’un fossé se creuse entre personnes vaccinées et non-vaccinées, qu’ils soient riches ou pauvres, en bonne santé ou malades.

C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement :

  • Qu’il déclare renoncer officiellement et définitivement à la mise en place de tout passeport vaccinal, certificat de vaccination ou passeport sanitaire
  • Qu’il reconnaisse la liberté de choix de chacun face à la vaccination contre le Covid-19
  • Qu’il définisse un cadre strict pour empêcher le secteur privé d’imposer des obligations vaccinales à ses salariés
  • Qu’il poursuive les recherches sur les vaccins en s’assurant que la sécurité de tous est garantie.

Signez et partagez cette pétition pour faire valoir votre liberté !

Plus nous serons nombreux, moins le passeport vaccinal aura de chances de s’imposer !

À l’attention de M. Olivier Véran, Ministre de la Santé et des Solidarités

Monsieur le Ministre de la Santé,

Votre devoir est de protéger la santé des Français.

Jusqu’à présent, votre stratégie se concentre sur la vaccination généralisée de la population, et nous espérons que cela portera ces fruits.

Certains Français refusent de se faire vacciner. C’est aussi de votre devoir que de respecter leur liberté et de les protéger.

Ayant eu vent du projet imminent de passeport vaccinal de la Commission européenne, nous vous demandons solennellement :

  • Que la France annonce à l’Union Européenne qu’elle renonce officiellement et définitivement à la mise en place du passeport vaccinal, certificat de vaccination, passeport sanitaire ou toutes les formes qu’il pourrait prendre,
  • De reconnaître la liberté de choix de chacun face à la vaccination contre le Covid-19,
  • De définir un cadre strict pour empêcher le secteur privé d’imposer des obligations vaccinales à ses salariés,
  • De poursuivre les recherches sur les vaccins en vous assurant que la sécurité de tous est garantie.

Nous comptons, Monsieur le Ministre, sur votre compréhension des enjeux derrière cette pétition et vous prions de croire en l’expression de notre haute considération.

Sources

 

  1. https://www.france24.com/fr/europe/20210301-union-europ%C3%A9enne-un-projet-de-l%C3%A9gislation-sur-un-passeport-vaccinal-propos%C3%A9-en-mars
  2. Kern, J. (2021). Covid-19 : la vaccination signifie-t-elle l’arrêt du port du masque ? Futura-sciences, Santé.https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-covid-19-vaccination-signifie-t-elle-arret-port-masque-84711/
  3. https://www.tdg.ch/le-passeport-vaccinal-non-merci-909596024175
  4. https://www.lejdd.fr/Societe/sondage-covid-19-la-campagne-francaise-de-vaccination-durement-jugee-en-france-et-a-letranger-4028281
  5. https://www.capital.fr/economie-politique/deuxieme-dose-du-vaccin-la-france-est-encore-en-retard-par-rapport-a-ses-voisins-europeens-1392790
  6. https://www.europe1.fr/international/covid-19-au-vatican-ceux-qui-refusent-le-vaccin-risquent-le-licenciement-4026269
  7. https://www.lepoint.fr/monde/suisse-licencier-les-employes-qui-refusent-la-vaccination-25-02-2021-2415500_24.php
  8. https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/les-non-dits-du-passeport-vaccinal-1290601
  9. Assemblée parlementaire. (2021). Résolution 2361 : Vaccins contre la covid-19 : considérations éthiques, juridiques et pratiques. https://pace.coe.int/fr/files/29004/html
  10. https://cours-de-droit.net/le-droit-de-disposer-de-son-corps-et-le-droit-a-l-integrite-physique-a121609240/# :~:text=L’Expression%20contest%C3%A9e%20%C2%AB%20libre%20disposition,capacit%C3%A9%20et%20de%20sa%20personne
  11. Cour eur. D.H., arrêt Pretty c. Royaume-Uni du 29 avril 2002, §§ 61-62 et 66, http://echr.coe.int (7 mai 2014)

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[Résistance à l’oppression des enfermistes] Prophètes de malheur : rendez les exponentielles ! (Jean-François Toussaint chez Laurent Mucchielli)

Une fois de plus, on trouve sur le blog de Laurent Mucchielli des arguments solides contre la tyrannie qui vient. J’apprécie depuis un an les analyses de Jean-François Toussaint : c’est lui que j’ai entendu le premier soutenir avec force la corrélation entre la gravité de la maladie de 2020 et l’âge des populations touchées, ce que les statistiques ont depuis largement confirmé.

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Je pense que nous devrions défendre les libertés publiques sans nous laisser intimider par les cris et les menaces des enfermistes, qui exagèrent outrancièrement (avec des modèles mathématiques à la con) la gravité des dangers d’une maladie saisonnière, pour nous faire oublier leur responsabilité personnelle dans la destruction volontaire (et donc criminelle) de nos systèmes publics de soin et de recherche depuis cinquante ans.

 

Je reproduis ici intégralement l’article du Dr Toussaint (je vous conseille de suivre les liens qu’il indique, c’est intéressant), et je vous invite à consulter souvent le blog de Laurent Mucchelli, qui nous signale toujours des analyses les plus sérieuses.

Étienne.


Laurent Mucchielli (18 mars 2021) : Le professeur Jean-François Toussaint poursuit son analyse des évolutions actuelles de l’épidémie de coronavirus. Il répond à l’occasion aux journalistes auteurs de fantaisies récentes et aux propos fort peu responsables de certains savants.


Prophètes de malheur : rendez les exponentielles !

Par Jean-François TOUSSAINT, professeur de physiologie à l’Université de Paris

Comme souvent depuis 6 mois les articles anti-« rassuristes », entièrement à charge ou presque, omettent à dessein de mentionner plusieurs points essentiels à la compréhension du débat. Dans une obtuse obstination, ils se contentent de confronter des fragments de déclarations tronquées, alors qu’elles étaient établies sur des constats exprimés au présent. Nous avions par exemple très tôt précisé qu’il pourrait y avoir une deuxième vague à l’automne mais qu’elle serait alors conditionnée à des critères de saisonnalité issus de ce que l’on observait alors en Amérique du Sud, bien plus qu’au soi-disant relâchement des Français qui devait entrainer les deuxièmes vagues de mai, juin, juillet ou août derniers.

Après des mois de confinement partiel ou total, de couvre-feu à toute heure, et d’enfermement dominical à géographie variable, on comprend à quel point le comportement de nos concitoyens n’a plus rien à voir avec les sursauts imprédictibles de l’épidémie et ses mutations virales. L’Espagne, qui continue d’aller au théâtre et à l’opéra (1 550 décès par million d’habitants),  ou la Suède, sans masque et sans confinement mais confiante dans ses autorités (1 300), finissent comme il était dit il y a un an au même niveau de mortalité que la France (1 360) dont les instances se perdent en hystéries successives et controverses inutiles.

L’une de ces « enquêtes » aurait ainsi pu évoquer les raisons pour lesquelles je me suis opposé très tôt à la décision de confinement général et qui restent les plus importantes à ce jour : destructions sociales majeures ; impacts massifs sur tous les pans de la société ; pertes d’espérance à tous les âges et surtout chez les plus jeunes ; effondrements dramatiques dans un contexte de stagnation attesté depuis plus de 10 ans – contexte dans lequel il eut fallu au contraire agir avec la plus extrême prudence, ce dont n’ont pas voulu tenir compte les membres du conseil scientifique Covid-19.

Leur auteur aurait pu signaler que ma formation m’avait d’ailleurs conduit à prendre des responsabilités en réanimation pendant près de 20 ans – je connais les difficultés du métier – mais que ma participation à toutes les instances du Haut Conseil de la Santé Publique m’avait aussi permis d’aborder depuis longtemps les questions concernant les risques futursleur prévention, nos marges d’adaptationles maladies émergentes ou ré-émergentes et leurs conséquences sur la vie humaine.

Il aurait pu également rappeler les erreurs des modélisateurs qui se sont juste trompés dès les premiers jours sur l’ampleur de la mortalité. Les projections du 28 octobre prévoyant 9 000 patients en réanimation « quoi qu’on fasse  » (ce chiffre n’a jamais été atteint, la vague officielle s’est arrêtée à 4903 le 16 novembre) ayant montré a contrario que le deuxième confinement n’était pas nécessaire.

Mais ces projections ont suffisamment refroidi quelques décideurs pour qu’ils se soient opposés pendant les deux derniers mois, aux appels à l’enfermement absolu de tout le territoire, encore exprimés dans certaines déclarations irresponsables récentes qui encourageraient à confiner « le couteau sous la gorge  », geste à l’appui, comme s’il s’agissait d’une lutte entre bolcheviks et mencheviks. Le contexte est peut-être pré-révolutionnaire mais, s’il est encouragé par ces propos d’une autre époque, nous basculerions alors dans une phase qui ne serait plus du tout favorable à la prise en charge des plus vulnérables. Or ceci reste pourtant l’objectif de ces acharnés de l’enfermement. Essayez de comprendre.

Et même si les mesures du moment, inefficaces sur le taux d’occupation des lits de réanimation, ne sont prises que pour calmer quinze jours les plus exaltés, elles ne sont aucunement liées aux pseudo-courbes exponentielles annoncées à coup de trompette depuis janvier. Celles-ci ne se sont tout simplement pas produites. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les courbes de la mortalité quotidienne dans les 8 départements d’Ile-de-France depuis un an :

 

figure-1a

 

 

figure-1b

Figure 1 : Nombre de décès quotidiens dans les 8 départements d’Ile de France depuis 1 an (graphiques du site Le Monde au 17 mars 2021). Aucune hausse significative n’est observable depuis 5 mois. La seule phase massive correspond à l’accélération brutale de mars 2020.

 

Il ne s’agit donc plus d’un problème de surmortalité, comme le rappellent les travaux récents de l’INED, mais d’un problème de gestion des réanimations hospitalières en manque de moyens. Faut-il à nouveau enfermer des millions de gens pour cela ?

Il aurait enfin pu rappeler les arguments en faveur de l’immunité collective, naturelle ou vaccinale (malgré toutes les cacophonies sur le sujet) et de la stratégie précoce « tester – isoler – tracer » n’isolant que les seuls malades et non la totalité des pays, à laquelle un grand nombre d’États, dont les premiers touchés (Corée du Sud), ont su recourir sans engendrer de destructions massives de leur société.

Tout cela aurait permis de comprendre pourquoi le gouvernement s’oppose encore partiellement au confinement national, dans une position quasi « rassuriste » qu’il tiendra, peut-être (dans le délire ambiant tout est désormais possible), tant que les partisans de la détention pour tous et tout le temps n’auront pas démontré un rapport bénéfice/risque favorable sur le long terme. Or la littérature internationale évolue actuellement dans la direction opposée, malgré les hurlements des zélotes de l’utopie « Zéro Covid » et de ceux qui prophétisent chaque jour l’apocalypse parce qu’ils auront toujours peur de chaque jour.

De la même façon un article récent, qui aurait pu être écrit il y a 6 mois, tant sa grille de lecture n’a pas évolué, croyait pouvoir révéler que certains avaient « bombardé la population de désinformations de tout calibre, la plupart contredisant les résultats scientifiquement établis  ». Malheureusement leurs auteurs ne parviennent pas à donner à leurs lecteurs la moindre référence ayant démontré scientifiquement (donc avec des preuves établies sur l’observation du réel et non sur des modélisations) un rapport bénéfice-risque favorable au confinement général. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces démonstrations n’existent nulle part dans la littérature scientifique.

Ces commentateurs font alors semblant de croire que « les médias avaient produit des efforts particuliers pour apporter une information de qualité … Ce qui fut le cas pour la plupart des quotidiens nationaux…  » Tentative d’auto-amnistie ? Absolution rétroactive ? La réalité est que loin de ces critères, au moins trois d’entre eux, et deux unités dites de veille journalistique ont parfois inventé une autre vérité, basée sur des faits qui ne se sont jamais produits. Journalisme de veille dites-vous ? Qui veille ? Qui produit les fake news ?

Mais le plus étonnant dans tout cela fut de constater ce 11 mars qu’il avait fallu douze mois, et des demandes mille fois répétées, pour qu’on assiste enfin à une augmentation du nombre de lits de réanimation – la promesse des 12 000 faite en août par le ministre de la santé est tombé aux oubliettes depuis longtemps, d’autant que c’est l’une de ses adversaires qui investit logiquement, avec l’appui de sa région, pour répondre à l’évident constat et aux carences de l’état. Or les taux de remplissage de ces lits constituent l’un des principaux critères pour, soi-disant, justifier le confinement. En espérant qu’il ne s’agisse pas de modulation des critères d’admission au moment d’entrer dans deux campagnes électorales successives, doit-on alors conclure que ce nombre fait désormais l’objet de critères politiques et non plus sanitaires ?

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la vérité devient de plus en plus floue et la panique continue de guider le monde. Beaucoup de commentateurs, omniprésents dans le débat public, se comportent alors comme des influenceurs ayant abandonné l’objectivité qui devraient guider leurs déontologies professionnelles respectives. Retournant leurs accusations permanentes, n’est-il pas temps de questionner leur responsabilité dans la cacophonie ambiante ?

 

figure-2

Figure 2  : Données Insee des décès quotidiens en France pour les mois de janvier et février 2019 (losanges blancs), 2020 (carrés blancs) et 2021 (carrés noirs). L’ensemble du mois de février 2021 se superpose à celui de 2019 (la différence sur les quatre derniers jours est due au retard usuel d’archivage). Merci à Eric Le Bourg pour la constitution du graphique.

 

Et nous voilà fin mars… Nous venons de passer l’hiver entretenus dans la peur d’une catastrophe imminente, chaque fois repoussée à la prochaine quinzaine. Alors qu’il n’y a pas eu de surmortalité en France en février (nous sommes revenus à l’étiage de 2019), on nous promet maintenant que ce sera pour avril. Dans quel but ? Par quelle frayeur de l’autre ? Quelle lubie de contrôle ? Ou de soumission ? Quand cessera cette fuite en avant ? Car on comprend que le virus se fiche absolument de toutes nos prédictions, de tous nos modèles et de nos comportements. Il va où il veut, touche qui il veut et rien, à part l’immunisation naturelle ou vaccinale, ne l’empêche de se répandre dans l’air du temps.

Le temps des cerises

Sauf que… sauf que justement voilà l’printemps. Et bientôt le temps des cerises. Et ce temps-là n’est pas bon pour le virus, qui préfère l’humidité hivernale de nos réclusions intérieures. Alors sortez ! Flânez sur le canal de l’Ourcq. Courrez sur les quais de Seine. Divaguez sur les digues de Dunkerque et de Nice. II en va de votre santé mentale. Ouvrez les portes et les fenêtres. Mettez la literie au grand air et débarrassez-vous des parasites qui vous ont encombré tout l’hiver : les épidémiologistes ruineux, les membres du conseil scientifique, les prédicateurs d’apocalypse, et tous ceux qui ne nous offrent comme horizon que la geôle hermétique et la détention à perpétuité.

Fêtez la commune. Commémorez le courage des communards. Craignaient-t-ils le typhus avant de rejoindre la butte rouge ? Demandaient-ils l’autorisation d’Adolphe Thiers ?

Allez Butte aux cailles, au Château d’eau, au Père Lachaise, rue Ramponeau.

Évadez-vous.

Jean-François TOUSSAINT

Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur …
Le temps des cerises, Jean-Baptiste Clément

Jean-François Toussaint est directeur de l’IRMES (Institut de Recherche bioMédicale et d’Épidémiologie du Sport) qu’il a créé en 2006 à l’Insep avec l’université Paris Descartes, l’Inserm et l’AP-HP. Ses travaux sont consacrés au contexte de la performance au XXIe siècle, aux bénéfices sanitaires de l’activité physique ou sportive, aux risques du haut niveau et aux limites humaines. Après une thèse de science à Harvard, il devient cardiologue et professeur de physiologie à l’université Paris Descartes. Il est co-auteur de plus d’une centaine d’ouvrages et de publications scientifiques. Il organise les États Généraux de la Prévention en 2006 et rédige plusieurs plans nationaux pour le compte des ministères de la santé et des sports. Il dirige le Groupe Adaptation et Prospective du Haut Conseil de la santé publique dont il oriente les analyses vers les grands enjeux de santé et la prévention des risques émergents.

Membre du Comité d’Orientation stratégique du Musée de l’Homme, il préside le groupe d’experts de la Commission Européenne « Sport, Santé et Participation ». Il a organisé plusieurs congrès internationaux dont le récent colloque « L’homme peut-il s’adapter à lui-même ? » faisant intervenir notamment Jacques Delors, Albert Fert, Jean-Claude Ameisen, Gilles Boeuf et Cédric Villani.

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Compléments :

Un an après le premier confinement, la privatisation de l’hôpital toujours en marche

https://francais.rt.com/entretiens/84351-un-an-apres-premier-confinement-privatisation-hopital-toujours-en-marche

INTERVIEW. Le confinement est sans effet ? Le chercheur John Ioannidis défend son étude polémique

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/interview-le-chercheur-john-ioannidis-defend-son-etude-sur-le-confinement_151510

Évaluation des effets du séjour obligatoire au domicile et de la fermeture d’entreprise sur la propagation du COVID-19

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/eci.13484

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Et voilà… ça coûte moins cher

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Finalement, au bout du compte, le prétendu « libéralisme » est un crime contre l’humanité.

À l’évidence, ceux qui se disent « libéraux » détestent LES COMMUNS et ne rêvent que de se les approprier pour en faire des centres de profit (privés).
C’est comme ça depuis l’origine : le premier crime des « libéraux » fut les ENCLOSURES (le fait d’enclore les communs, de se les approprier), puis d’enfermer et de massacrer (littéralement) les résistants.

Ce qui nous perd, dans notre espèce humaine, c’est notre incroyable vulnérabilité aux bobards : il aura suffi aux pires canailles de se proclamer eux-mêmes « libéraux » pour gruger toute l’humanité, qui aime naturellement la liberté mais sans prêter attention au piège (pourtant grossier) de la liberté du renard libre dans un poulailler libre.

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Le Dr. Gérald Kierzek résiste à la doxa : « C’EST L’AUTORITÉ ADMINISTRATIVE QUI NE VEUT PAS CRÉER DE LITS PÉRENNES » et qui nous enferme volontairement dans la crise !

Je trouve le Dr. Gérald Kierzek très convaincant pour résister aux pressions vers un régime totalitaire. J’ai noté :

  • Les réas sont saturées DEPUIS DES DÉCENNIES (rien à voir avec la COVID, donc : n’importe quelle épidémie met désormais notre système à genoux) à cause de la destruction volontaire de l’hôpital (par ceux-là même qui nous appellent aujourd’hui, comme des tartuffes, à « défendre l’hôpital » contre l’engorgement…)
    .
  • Les chiffres épouvantables semant la terreur (« 90 000 morts »…) sont obtenus en CUMULANT les chiffres de PLUSIEURS années ( !) au lieu de remettre les compteurs à zéro (comme tous les ans, évidemment).
    .
  • En plus, les chiffres des morts publiés partout sont des chiffres ABSOLUS : ils ne sont jamais mis en relation ni avec les années précédentes, ni avec le nombre total de morts (le nb de mort NORMAUX en France est de 600 000/an ( !) tous les ans), ni avec les tranches d’âge concernées : il n’y a rigoureusement aucune surmortalité en 2020 pour les moins de 65 ans ( !)  : ce sont les plus de 75 ans qui meurent, comme d’habitude donc, sauf que les papy-boomers sont de plus en plus nombreux à être très vieux, ET C’EST ÇA (ET PAS LA COVID19) QUI EXPLIQUE LA SURMORTALITÉ EN VALEUR ABSOLUE mais pas en valeur relative de la tranche d’âge… Ces chiffres sont donc manipulatoires : ils servent à faire croire à une hécatombe exceptionnelle qui n’existe pas.
    .
  • Les modèles mathématiques catastrophistes qui fondent toutes les alertes terrifiantes sont tous BIDON : ils se sont TOUS trompés, tout le temps… C’est idiot de continuer à leur faire confiance.
    .
  • On sait maintenant soigner les gens AVANT la réanimation, mais encore faudrait-il avoir des lits simples pour les accueillir… Or IL N’Y A PLUS DE LITS, puisque le gouvernement les a volontairement et régulièrement détruits, et qu’il continue à en détruire en 2020 et 2021 ! !
    .
  • Les transferts chers et spectaculaires de malades sont de la propagande mensongère : les transferts ne sont pas nécessaires, il suffirait de solliciter les lits libres à proximité dans le privé. Mais non, c’est idéologiquement insupportable de faire appel au privé…
    .
  • Dr Kierzek : « Dans mon hôpital, à l’Hôtel-Dieu, on pourrait ouvrir 100 lits du jour au lendemain ! Pourquoi on le fait pas ? À l’hôtel Dieu, en effet, la réa a été désaffectée il y a 5 ans : on l’a visitée la semaine dernière, tout est prêt, les fluides, l’oxygène, etc. (OK, on va nous dire « mais non c’est pas une réa », alors ok : mettons des lits de pré-réa, justement, pour faire sortir les patients de réa quand ils n’ont plus besoin de réanimation mais pour lesquels on est aujourd’hui coincés parce qu’on n’a pas de lits d’aval… Mais là, on ne veut pas, et ça : c’est L’AUTORITÉ ADMINISTRATIVE QUI NE VEUT PAS CRÉER DE LITS PÉRENNES : ils veulent juste pousser un peu les murs, faire un peu de show avec les transferts, mais rien de plus,  pour éviter d’assumer la responsabilité de dire « on crée des lits », parce que ça voudrait dire « on a fait une connerie en les fermant ces dernières années »
    .
  • Il n’y a pas du tout de flux abondant de malades : urgences : – 30 % d’activité, services normaux d’hospitalisation non débordés, il n’y a que la réa qui sature, mais c’est pas par un flux de centaines de malades qui arrivent, c’est juste la différence entre les entrées et les sorties : sur les 1200 lits en Île de France, il y a environ 1000 malades qui restent plusisuers jours, forcément, donc, sur les entrées et sorties quotidiennes, il y a une différence de 25 à 50 malades…(pas qui s’additionnent tous les jours, c’est juste le delta entrées – sorties) qu’on essaie d’écluser un peu par les transferts… Alors ça pourrait se faire par les cliniques privées, ça pourrait se faire en créant un service ou deux en Île de France, et ça permettrait de normaliser la situation (sans terroriser tout le monde)…
    .
  • L’objectif, c’est de vider les réas, et donc le confinement ça ne servirait à rien !
    .
  • On est prisonniers des modèles mathématiques où on nous dit « attention, il faut vite libérer des lits, et même encore plus !, pour garder des réserves parce que « ça va être catastrophique dans trois semaines »… Et ça fait 4 mois qu’on nous dit ça !…Voilà pourquoi on éloigne les malades de façon centrifuge le plus loin possible de Paris : pour garder des places libres à côté… Sauf que ces modèles mathématiques, à un moment donné, il faudrait réexaminer leur pertinence…

 

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[Edit (9h après la publication) :

Un ami que j’aime me reproche mon « irresponsabilité » d’ainsi dédramatiser la situation, ce qui pourrait conduire la population à « baisser la garde »…

Je lui ai répondu ceci (qui pourrait quasiment faire l’objet d’un nouveau billet) :

« Cher …,

• Les chiffres de l’INSEE sont sortis pour 2020 : sur toutes les tranches d’âge inférieures à 65 ans, il y a eu MOINS de morts en 2020 qu’en 2019 (1000 de moins).

Je répète : non pas plus de morts, mais MOINS de morts en 2020.

• De 65 à 75 ans, UN PEU plus de morts.

• La plus grande partie des morts sont au-delà de 75 ans (moyenne d’âge des morts supérieure à 85 ans).

=> Ce qui s’est passé cette année, Guy-François, c’est qu’il y avait BEAUCOUP PLUS DE VIEUX de plus de 65 ans (comme moi bientôt) ET en même temps BEAUCOUP MOINS DE JEUNES de moins de 65 ans : 800 000 très vieux de plus ! et 600 000 jeunes de moins ! ! (qu’en 2017). Gros vieillissement de la population, donc, qui vient simplement de l’arrivée des papy-boomers (et ça se passe comme ça depuis 5 ans dans plein de pays dans le monde). Et ça va durer encore 25 ans ! Et il se trouve que, statistiquement, ce sont les vieux qui meurent, pas les jeunes (naturellement, mécaniquement, fatalement, banalement).

Je t’annonce donc que, du simple fait des lois élémentaires de la démographie, il y aura de plus en plus de morts pendant les 20 ans qui viennent, EN VALEURS ABSOLUES, en nombre de morts, comme ça, pour les mêmes raisons, pendant encore des décennies.

MAIS pas en valeurs relatives !

CE QUI FAIT QUE l’augmentation des morts en valeur absolue n’est PAS une bonne raison pour ravager la société (par des mesures aussi inutiles que dévastatrices), puisque c’est une situation NORMALE.

• EN VALEURS RELATIVES, — et c’est évidemment comme ça qu’il faut compter sinon on se fait peur pour rien, — les TAUX de mortalité PAR TRANCHE D’ÂGE sont sensiblement LES MÊMES en 2020 que les années précédentes. On a plus de morts en valeurs absolues parce qu’on a beaucoup plus de très vieux, C’EST TOUT. Si cela n’avait pas été le COVID, cela aurait été n’importe quelle épidémie. C’est la vie : les infections respiratoires nous emportent nos vieux, tous les ans depuis la nuit des temps (2,6 millions de morts par an TOUS LES ANS dans le monde par infection respiratoire, c’est la normalité de notre humanité.

• En plus, je n’oublie pas le sort épouvantable que « les autorités de santé » ont réservé à nos vieux, précisément, au printemps dernier :
ENFERMÉS comme des rats dans leurs EHPADs,
SANS SOIN (paracétamol obligatoire et C’EST TOUT, C’EST UN ORDRE),
SANS VISITES,
INTERDITS d’HÔPITAL (souviens-toi : les médecins avaient peur eux-mêmes de recevoir les gens qui toussaient, tellement les médias terrorisaient tout le monde),
on les a même achevés au RIVOTRIL…
on ne les a même pas inhumés,
on les a jetés dans des sacs.
C’est de la médecine, ça ?
PAS DU TOUT : ON A INTERDIT AUX MÉDECINS DE SOIGNER.
On a imposé à tout le monde de RESTER CHEZ SOI et d’aller l’hôpital seulement au dernier moment, quand on était bon pour la réa direct, ce qui a évidemment débordé l’hôpital (déjà dévasté par 50 ans d’ultralibéralisme). EMPÊCHER LES MÉDECINS DE PRESCRIRE EST UN AUTRE CRIME DE CE RÉGIME.

• Je n’oublie pas non plus que ce sont LES MÊMES qui reprochent sévèrement aux jeunes — et mêmes aux enfants, bordel ! — de ne pas porter leurs masques en papier et de se montrer ainsi « égoïstes » et même « responsables des blocages des urgences » (quel culot !), ce sont LES MÊMES, donc, qui ont DÉTRUIT VOLONTAIREMENT 8 lits sur 10 depuis 1970 ! Et LES MÊMES qui continuent à détruire des lits en 2020 ! ! et LES MÊMES qui continuent à détruire des lits d’hôpitaux par centaines encore en 2021 ! ! !

Bon sang, mais arrêtez de traiter d’irresponsables ceux qui refusent le masque, l’enfermement et la ruine des PME (mesures totalement INUTILES, c’est prouvé scientifiquement par le plus grand épidémiologiste du monde), et prenez-vous-en plutôt au gouvernement, qui est LE SEUL RESPONSABLE DE CETTE CRISE, POUR AVOIR VOLONTAIREMENT, CRIMINELLEMENT, DEPUIS LONGTEMPS, OBSTINÉMENT, AVEUGLÉMENT,DÉTRUIT TOUT NOTRE SYSTÈME DE SOINS.

Ça me désole de te voir me traiter, moi, d' »irresponsable » au motif que je dénonce seulement les crimes de ce régime de merde.

Tu te trompes d’irresponsable.

• Enfin, la Suède a LES MÊMES RÉSULTATS QUE NOUS SANS CONFINER, SANS ENFERMER PERSONNE, SANS JETER AUCUNE PME DANS LA MISÈRE, SANS TERRORISER TOUT LE MONDE, SANS RENDRE DÉPRESSIFS SES ENFANTS… La Suède a LES MÊMES RÉSULTATS QUE NOUS. Il faut arrêter de dire que nos chiffres sont liés aux mesures prises, ce n’est pas vrai.

(et ne me parle pas des pouièmes de différence, ce serait indécent, s’il te plaît : regarde le coût des mesures, économique, sanitaire et social, y a pas photo : les mesures prises sont catastrophiques et elles ne sont que ça). IL NE FALLAIT PAS DÉTRUIRE LES HÔPITAUX, voilà ce que les tyrans essaient de cacher en nous faisant porter, nous, la responsabilité de leurs crimes à eux.

Avec toute mon amitié, cher …

Étienne. »

Gérard MAUDRUX, médecin : « Pourquoi l’IVERMECTINE est probablement le meilleur traitement de la Covid » (chez Laurent Mucchielli)

Chers amis,

Je vais encore une fois vous parler de cette prétendue « crise sanitaire » — que j’analyse, moi, comme une bascule totalitaire, ce qui est, de mon point de vue, évidemment une bonne et forte raison pour vous en parler, et urgemment.

Et je vais vous en parler malgré les reproches amers que me font certains amis d’oser parler de ça, d’oser avoir une opinion sur ça, alors que je ne suis pas médecin, alors que je ne suis pas scientifique, alors que, en un mot, je suis prétendument « incompétent »…

• Je fais d’abord remarquer que je ne suis pas le seul incompétent sur terre à m’exprimer sur cette question : absolument tout le monde en parle, absolument tout le temps. Je ne vois donc pas du tout au nom de quoi le fait que je donne mon propre avis serait un scandale.

• Je fais ensuite remarquer que la démocratie est précisément ce régime politique dans lequel les décisions publiques ne sont PAS prises par les experts, les compétents, mais que la souveraineté (le droit de penser, d’opiner et finalement de décider) appartient à tous les citoyens, sans exception et à égalité : en démocratie, « un homme=une voix » (et pas du tout « un expert=une voix »).

Je vais donc éviter de culpabiliser, et continuer à m’informer : « bien faire et laisser braire » m’a appris mon papa (il y a fort longtemps).


L’heure est grave : ceux qui prétendent nous « représenter » vont bientôt empêcher de vivre librement ceux qui refusent de se faire « vacciner » (c’est-à-dire injecter de force des produits qu’on peut estimer très dangereux) : c’est apparemment la Commission européenne (non élue et totalement irresponsable devant personne) qui l’imposera aux pauvres Européens. Une source parmi mille autres : « Covid : un « passeport vert » européen avant les vacances d’été »

C’est donc bien un APARTHEID qui se prépare à très courte échéance : une société à deux vitesses, avec des hommes doté de droits (les dociles) et des sous-hommes privés de droits, privés de libertés (les indociles).

Sur quoi est fondée cette horreur qui vient ?

Le fondement unique de l’obligation vaccinale est que, soi-disant, ON NE PEUT PAS FAIRE AUTREMENT
(there is no alternative, TINA, quoi, ça ne vous rappelle rien ?).
Et pourquoi est-ce qu’on ne peut pas faire autrement ?

Parce que :

1) cette maladie est TRÈS GRAVE (épouvantable même),

2) il n’existe AUCUN AUTRE TRAITEMENT QUE LES VACCINS,

3) et bien sûr LES VACCINS SONT EFFICACES ET SANS DANGER.

DONC, logiquement, IL FAUT vacciner tout le monde… Pour le bien des gens, évidemment.

Celui qui démontrerait la fausseté d’UNE SEULE de ces trois affirmations mettrait par terre le fondement même de l’obligation vaccinale — et il détruirait aussi le fondement — et donc la légitimité — de toutes les lois scélérates liberticides avec lesquelles on nous persécute depuis un an.

Or, ces TROIS affirmations sont fausses…

L’article du Dr Maudrux ci-dessous semble bien détruire l’argument 2 :
il existe au moins un traitement très efficace et parfaitement inoffensif contre la COVID19, et c’est L’IVERMECTINE.

Il y a en fait beaucoup d’autres traitements éprouvés (et utilisés) contre la COVID, mais un seul suffit à contester l’obligation vaccinale.

Or, il se trouve que les scientifiques et les médecins qui ont découvert et qui prouvent que l’Ivermectine a des résultats spectaculaires sur la COVID19 ont toutes les peines du monde à se faire entendre dans les médias mainstream, et toutes les peines du monde à faire publier leurs études dans les revues scientifiques mainstream… Ceci ressemble bien à un énorme scandale, car on prive ainsi, potentiellement, des millions de personnes de médicaments efficaces, sûrs et pas chers, pour permettre à quelques parasites de faire d’énormes profits avec des vaccins inefficaces, dangereux et hors de prix. Les politiciens bradent notre santé et nos libertés contre la fortune de quelques privilégiés.

L’affaire est donc profondément politique ; elle n’a rien à voir avec la vraie science ; elle a tout à voir avec « la science » corrompue par l’industrie.

Nous avons un problème politique cardinal avec la corruption par l’industrie pharmaceutique des autorités de santé (y compris des facultés, des experts et des agences) et des médias (y compris des revues scientifiques). La dernière preuve en date, que je soumets aussi au feu de votre esprit critique, est celle-ci : « Corruption épistémique, industrie pharmaceutique et corps de la science médicale », par Sergio Sismondo (Source) J’en ferai un billet à part, la description des moyens pratiques de truquer les études scientifiques à tout propos est édifiante.

Je trouve le dossier ci-dessous sur les bienfaits et l’innocuité de l’Ivermectine assez convaincant (il propose de nombreuses sources sérieuses à consulter) et je le verse au dossier de la défense des libertés et de la démocratie, pour examen critique par les membres de notre cerveau collectif : y a-t-il, selon vous, des erreurs dans les affirmations du Dr Maudrux, s’il vous plaît ?

Je reviendrai plus tard 1) sur la contestation (puissante) des deux autres fondements de la bascule totalitaire (gravité de la maladie et innocuité des vaccins), ainsi que 2) sur le crime contre l’humanité qu’est la destruction volontaire du système de soins depuis quarante ans au prétexte malhonnête de « la dette publique ».

Bonne lecture.

Étienne.

Pourquoi l’Ivermectine est probablement le meilleur traitement de la Covid

L’Ivermectine, associée à des macrolides, donne des résultats positifs particulièrement importants dans le traitement des différentes formes de Covid, tant en prévention, en traitement précoce qu’au début des phases sévères en hospitalisation. Son dénigrement par les « autorités sanitaires » constitue un nouveau refus de soigner et donc un nouveau scandale vis-à-vis des malades.

par Gérard MAUDRUX, médecin, ancien président de la Caisse maladie des professions libérales et de la Caisse de retraite des médecins

https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/250221/pourquoi-l-ivermectine-est-probablement-le-meilleur-traitement-de-la-covid

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L’Ivermectine restera peut-être dans l’histoire sur le podium des trois médicaments ayant rendu le plus de services à l’humanité, avec la Pénicilline et l’Aspirine. Sur quelle marche ? Pas la première si on regarde simplement l’ampleur de son utilisation (près de 4 milliards de prescriptions depuis 40 ans), mais à coup sûr sur la première en regard du facteur bénéfice/risque. Ce médicament a en effet un large éventail d’indications et n’a pratiquement pas d’effets secondaires graves contrairement à ses deux voisines (allergies et choc anaphylactique pour la Pénicilline, hémorragies pour l’Aspirine).

Un antiparasitaire puissant

Dès sa naissance à la fin des années 1970, l’Ivermectine s’est avéré être un agent antiparasitaire puissant, contre un large éventail de nématodes (vers) et d’arthropodes internes et externes chez les animaux. Chez l’homme elle est utilisée contre des maladies dévastatrices et défigurantes des populations pauvres des tropiques, comme l’onchocercose des rivières qui rend aveugle, et les filarioses, ces vers fins qui pénètrent et circulent dans votre organisme. Elle est utilisée gratuitement comme seul médicament dans des campagnes visant à éliminer ces deux maladies au niveau mondial.

L’Ivermectine est très utilisée en médecine vétérinaire depuis 1981, elle est reconnue pour être active contre 183 espèces de nématodes et 129 espèces d’insectes et acariens, listes qui augmentent chaque année. Elle est aussi utilisée sur nombre de virus, comme le virus de la pseudo rage porcine. Ainsi l’Ivermectine traite les vers ronds de l’estomac ou de l’intestin, les vers dans les poumons, les acariens, les poux, les mouches des cornes, les tiques (qui causent d’énormes dégâts chez les bovins dans les régions tropicales), jusqu’aux poux des poissons en aquaculture (mais interdit en raison des effets sur le reste de la faune aquatique).

Elle est autorisée chez l’homme dans plus de 100 pays, en France elle a une autorisation pour l’anguillulose gastro-intestinale, la microfilarémie et la gale. Près de 100 millions de personnes sont traitées chaque année avec ce produit dans le monde, et plus de 4 milliards de dose ont été prescrites en 30 ans. Des programmes sont en train d’être mis en place dans certains pays comme le Nigeria, le Burkina Faso et le Ghana pour traiter la totalité de la population, 0,15 mg/kg une fois l’an étant suffisant pour guérir l’onchocercose (30 à 40 millions de cas /an), mais également l’anguillulose intestinale (35 millions de cas), la gale (300 millions), les leishmanioses, toutes les maladies parasitaires de la peau, etc.

Prix Nobel pour son découvreur

L’Ivermectine est une des rares molécules à avoir obtenu un prix Nobel et est issue d’une collaboration internationale public-privé. Sa découverte est due à 大村 智, Ōmura Satoshi, spécialiste des antibiotiques à l’Institut Kitasato de Tokyo, qui l’a confié à un laboratoire privé américain, Merck, Sharp and Dohme (MSD) en 1974 pour l’évaluation in vitro de sa bio-activité. MSD s’est intéressé à son application humaine dès 1978, avant la commercialisation pour les animaux. Les premiers essais phase 1 ont démarré en 1980, phase 2 en 1983, pour se terminer en 1987 avec une première autorisation mondiale, en France, pour l’onchocercose, au vu des résultats sur 1 206 patients. Aujourd’hui, le même organisme, qui l’a autorisé, pense, comme le National Institut of Health, que plus de 14 000 cas dans différentes études n’est pas suffisant pour l’autoriser dans le cas du Sars-Cov-2. Le prix Nobel de médecine a été attribué en 2015 à ses découvreurs, Satoshi Ōmura au Japon et William Campbel aux Etats-Unis.

Outre cette action sur les parasites, l’Ivermectine a une action virucide, d’abord testée et adoptée chez nombre d’infections virales chez l’animal, comme la pseudo rage porcine due à un virus à ARN, comme le Sars-COV-2. Chez l’homme des études sont en cours contre différentes variétés de flavivirus, sur la dengue, le Zika, le Chikungunya, et le virus responsable de l’infection du Nil occidental. Les résultats cliniques sur le Sars-cov-2 sont très prometteurs (cette présentation du Dr Paul Marik offre un panorama d’ensemble de l’état des connaissances et des hypothèses sur les modes d’action de l’Ivermectine).

Innocuité

En général en médecine, plus un traitement est efficace, plus il y a de risques qu’il y ait des effets indésirables sur d’autres organes, ce qui est logique. Pour l’Ivermectine il n’en est rien, ce médicament est inoffensif.

Si on regarde Vigibase, base de données de l’OMS qui récolte depuis 30 ans les effets secondaires de chaque agence du médicament dans plus de 130 pays (dont la France), on relève 175 208 déclarations pour l’Aspirine, 159 824 pour le Doliprane, et 4 614 pour l’Ivermectine. Sur 4 milliards de prescriptions dans cette période, cela fait 0,0001 % d’effets secondaires. Il est difficile d’ailleurs d’attribuer tous ces effets à la seule Ivermectine, beaucoup étant dus au relargage de déchets de parasites morts et, pour le Covid, aux autres médicaments associés. Par comparaison, depuis le début de l’année et au 15 février, cette base signale 65 188 déclarations pour Comirnaty (le vaccin Pfizer), contre 46 pour l’Ivermectine.

Dans son rapport du 11 janvier sur ces effets secondaires dans le traitement de la Covid, l’ANSM ne signale aucun problème. Sur les 15 143 spécialités pharmaceutiques remboursées en France, c’est certainement la molécule, ou une des molécules qui présente le moins de risques. « l’Ivermectine est sans danger et peut être utilisé à grande échelle » écrit également l’OMS. Les études in vitro et les dossiers d’AMM montrent que les doses efficaces sont faibles par rapport aux doses pouvant poser problème, cela a même été testé à 10 fois la dose chez l’homme, sans réaction. Une étude a même été faite chez le chien à 30 fois la dose (10mg/kg), sans problème.

Pour l’anecdote, une seule publication au monde parle de mortalité due à Ivermectine, dans The Lancet (un journal dont la fiabilité n’est décidément pas à la hauteur de la réputation). Cette publication de 1997, décrit 15 décès sur 47 pensionnaires d’Ehpad traités par Ivermectine pour une épidémie de gale. The Lancet aurait pu remarquer qu’un traitement par Lindane et Permethrine, insecticides mortels pour nombre d’animaux comme les chats, avait été appliqué en badigeon juste avant. Il a fallu une autre publication pour le découvrir. L’Ivermectine a ainsi mis des années pour se remettre d’un seul article aux conclusions erronées.

Pour le dire simplement, tandis qu’un surdosage de Doliprane, médicament recommandé par les autorités, peut entraîner une nécrose du foie potentiellement mortelle, un surdosage d’Ivermectine est inoffensif.

Prophylaxie

L’Ivermectine a une action remarquable en prophylaxie contre le Sars-Cov-2. Le faible taux de Covid en Afrique, alors qu’au début de l’épidémie l’OMS prévoyait une hécatombe, n’est peut-être pas étranger à sa large utilisation (sans compter tous les traitements pour le paludisme avec Hydroxychloroquine). Dans le International Journal of Antimicrobial AgentsMartin Hellwig et ses collègues de Plymouth (USA), après une revue de la littérature, constatent que les pays où la chimio-prophylaxie par Ivermectine est administrée en masse connaissent une épidémie significativement plus faible. Toutefois si une prise annuelle est suffisante pour nombre de parasites, ce n’est pas le cas pour les virus, d’où l’intérêt des travaux en cours de la société Medincell à Montpellier pour développer une forme à action prolongée.

Il y a actuellement dans le monde, concernant la seule prophylaxie, 11 études sur le sujet (3ECR), portant sur plus de 7 000 patients, avec une efficacité moyenne de 89 %. En voici deux exemples, avec 100 % d’efficacité :

– Une étude en Argentine a porté sur près de 1 200 soignants au contact de patients Covid, sur 4 sites, pendant 2 mois et demi. 788 ont reçu de l’Ivermectine et 407 non. Résultat : 237 infections dans le groupe non traité (soit 58 % du groupe), et 0 dans le groupe traité. Un résultat sans appel.

– Une seconde publication, française, a porté sur les 121 résidents et employés d’un Ehpad (69 résidents, moyenne d’âge 90 ans, et 52 employés) de Seine et Marne qui se sont retrouvé protégés de la Covid, grâce au traitement d’une épidémie de gale dans l’établissement en mars 2020.

Action thérapeutique

Si l’Ivermectine agit sur le Sars-CoV-2 lorsqu’il attaque l’organisme humain, empêchant son entrée dans les cellules et sa multiplication, il serait totalement illogique que ce que l’on constate en prophylaxie ne se reproduise pas en thérapeutique. C’est ce que montrent la plupart des études, décrivant une amélioration très rapide des troubles en phase précoce (dans les 48 heures). Et elle n’est pas dénuée d’intérêt non plus en phase plus tardive. La plupart du temps, l’Ivermectine est toutefois associée à des macrolides (azithromycine ou doxycycline le plus souvent), comme dans le protocole de l’IHU de Marseille (où l’azithromycine est donnée en complément de l’hydroxychloroquine). C’est donc principalement sur l’association de ces deux médicaments que porte l’évaluation scientifique de leur efficacité thérapeutique.

Aucune étude dans le monde ne montre une inefficacité de l’Ivermectine. Seules 2 ou 3 études (par ex. Chacar, 2020) ne montrent pas de différence avec d’autres soins (ou une absence de soins particuliers) mais ces études portent chaque fois sur peu de cas et surtout sur des sujets jeunes (âgés de 20 à 40 ans). Comment démontrer qu’un traitement marche mieux qu’un autre à un âge où la quasi-totalité des personnes guérit naturellement ?

S’il est difficile d’analyser ces études, toutes différentes, toutes avec imperfections possibles, le mieux est de les additionner, ce qu’est en train de faire l’OMS pour évaluer l’Ivermectine. On trouve plusieurs sites qui le font, et il y a les études de plusieurs médecins, comme les docteurs Marik et Kory aux Etats Unis et Hill et Lawrie en Angleterre.

Le site c19ivermectin.com recense 41 études (dont 20 randomisées) faites par 304 auteurs portant sur 14 833 patients, avec des résultats de 89 % en prophylaxie, 83 % en phase précoce, la mortalité globale diminuant de 78 %.

En mars 2020 le professeur Paul Marik a créé un groupe d’experts, avec le Dr Kory, la Front Line COVID-19 Critical Care Alliance (FLCCC), pour colliger et analyser toutes les études afin d’élaborer un protocole de traitement pour le COVID-19. Ils ont découvert sur le tard l’Ivermectine. Leurs travaux reprennent tous les modes d’action de l’Ivermectine et les résultats de tous les essais disponibles en prophylaxie et en thérapeutique. Ils détaillent chacune des études, sans faire de méta analyse et concluent à une efficacité de l’Ivermectine en prophylaxie, thérapeutique et Covids longs. Ces résultats sur plus de 7 000 patients ont été présentés le 6 janvier devant le National Institut of Health.

Andrew Hill, à la demande de l’OMS/Unitaid a analysé 18 essais cliniques randomisés les moins discutables, portant sur 2 282 patients. Il a noté une amélioration rapide des troubles, une hospitalisation réduite et une réduction de 75 % de la mortalité.

Il y a également les travaux du Dr Tess Lawrie. Ce médecin d’origine sud-africaine, chercheur en Grande Bretagne, directrice d’une société indépendante de Conseil en Médecine basée sur des preuves (Evidence-Base Medecine Consultancy Ltd), qui traque les bonnes et les mauvaises publications. Son travail sur l’Ivermectine est fait selon les règles Cochrane comme elle a l’habitude de le faire pour l’OMS pour ses recommandations dans le monde entier. Elle a repris les 27 analyses de la FLCCC, pour en faire une méta-analyse incluant les essais contrôlés randomisés (ECR) et les études observationnelles contrôlées (EOC), et excluant 11 études dont 5 prophylactiques. Les résultats sur les seules études les moins discutables, contrôlées, relues et publiées, montrent une diminution de la mortalité de 83 %. Sur les études en prophylaxie, efficacité à 88 %. Tout est résumé dans une excellente interview à voir.

Toutes ces études, de part et d’autre de l’Atlantique convergent, donnent toutes les mêmes résultats, résultats confirmés en ne sélectionnant que les études ne pouvant pas comporter de biais. Comme le dit Tess Lawrie, on peut discuter selon les études du pourcentage de baisse de la mortalité, mais la seule chose qu’on ne peut pas mettre en question, c’est la réalité de la baisse. L’OMS et l’ANSM, ainsi que d’autres pays (Afrique du Sud, Royaume-Uni, …) sont en train d’étudier le dossier Ivermectine pour revoir leur position. L’Inde distribue massivement (120 millions de doses vendues) et a 3 à 4 fois moins de décès que nous, et chaque mois 2 ou 3 pays de plus autorisent son utilisation. Voir ici une carte du monde.

Une comparaison cruelle pour la France (et la plupart des pays occidentaux)

Que sont les études non retenues ? Quelques études trop petites ou peu représentatives (moins de 40 ans, patients en réanimation), mais aussi de grosses études, car non encore relues et publiées, mais les résultats sont là. Prenons l’exemple de cette très grosse étude observationnelle réalisée en République Dominicaine, dans les hôpitaux de Bournigal et Punta Cana, sur une cohorte de près de 3 100 patients s’étant présentés aux urgences des hôpitaux avec des symptômes datant de 3,6 jours en moyenne. Ce pays pauvre traitait largement à l’hydroxychloroquine, mais est tombé en rupture de stock dès la troisième semaine d’avril 2020. Ayant lu que l’Ivermectine pouvait être avantageusement utilisée dans la Covid dans une étude australienne in vitro, leur Comité d’éthique a tranché entre Doliprane et Ivermectine. Ils ont alors traité entre le 1er mai et le 10 aout (date de fin de l’étude en question) tous les patients se présentant aux urgences pour Covid, soit 3 099 au total. Selon l’importance des troubles, ils ont distingué ces patients en 4 catégories.

– Catégorie 1 : 2 706 patients ont été renvoyés et suivis chez eux, avec Ivermectine. Sur ces 2 706 patients, 16 ont dû par la suite être hospitalisés en unités Covid (soit 0,6 %), 2 sont passés en soins intensifs et finalement un seul est décédé, soit un taux de létalité de 0,04 % dans l’ensemble de la cohorte). En France, où l’on se contentait officiellement de donner du Doliprane, on peut estimer que 10 à 15 % des patients symptomatiques sont passés par l’hôpital et que 2 % sont morts (environ 20 000 cas positifs et 400 morts par jour en moyenne depuis 2 mois).

– Catégorie 2 : 300 patients présentaient des troubles plus sévères et ont été immédiatement hospitalisés dans des unités Covid. Sur ces 300 patients, 3 sont décédés, soit un taux de létalité de 1 %. En France, ce chiffre est de l’ordre de 15 à 20 %.

– Les catégories 3 et 4 concernent des patients encore plus malades et arrivés plus tardivement (7 à 8 jours) après l’apparition des premiers symptômes, qui ont été immédiatement placés en soins intensifs. Sur ces 93 patients, un bon tiers (34) sont décédés. Ici il est manifeste que l’Ivermectine n’a plus d’intérêt thérapeutique.

Ainsi, aux stades précoces, l’association Ivermectine/Azithromycine évite l’hospitalisation dans l’immense majorité des cas, et ramène la mortalité à 1 cas sur 2 700, soit un taux quasiment égal à 0. A ce stade comme au stade de l’hospitalisation, la différence avec les taux de mortalité constatés en France est frappante. Il n’y a finalement qu’au stade de la réanimation que cette bithérapie ne montre plus vraiment d’intérêt.

Autorisation de traitement, mensonges et dénis

Pourquoi l’Ivermectine n’est-elle pas encore officiellement autorisée en France ? Tout médicament, avant commercialisation, doit passer nombre d’examens pour démontrer son efficacité et son innocuité, avec un rapport bénéfice/risque qui doit être favorable. Les études sont longues et coûteuses, financées uniquement par les laboratoires, qui remettent finalement un dossier clés en main aux autorités sanitaires en attendant que ces dernières leur délivrent le sésame (l’autorisation de mise sur le marché, AMM). Pour qu’un laboratoire fasse ces démarches, il faut qu’il y trouve un intérêt financier. Le problème de l’Ivermectine – comme de l’hydroxychloroquine – est qu’elle est tombée dans le domaine public, qu’elle est génériquée et ne rapporte donc plus beaucoup d’argent aux industriels qui la produisent.

C’est le laboratoire Merck qui en détenait jadis le brevet. En France, il ne vend plus actuellement que moins de 5 % des onze présentations commerciales autorisées, le reste étant des génériques. Ce médicament ne présente donc plus aucun intérêt pour lui. Faut-il dès lors s’étonner que Merck dénigre à présent son propre médicament ? Comme l’hydroxychloroquine, l’Ivermectine est une molécule « orpheline » que personne ne prendra plus en charge (ni dans la lutte contre la Covid, ni dans d’autres maladies). Dès lors, ce devrait être le rôle des autorités sanitaires publiques de s’en emparer, dans l’intérêt général. Un pays aussi immense que l’Inde l’a compris. Pas la France, dont la stratégie totalement hospitalo-centrée empêche plus largement de penser les traitements en phase précoce, ce qui nous vaut de figurer dans le peloton de tête des pays où la mortalité liée à la Covid aura été la plus forte, sans parler des séquelles durables de la maladie chez les patients qui n’ont pas été véritablement soignés.

Sur tout ceci pèse cependant une chappe de plomb, un déni voire un tabou, qui n’est pas sans rappeler l’affaire de l’hydroxychloroquine. Les autorités sanitaires, l’INSERM et nombre de médecins triés sur le volet pour intervenir sur les plateaux de télévision dénigrent l’Ivermectine. La presse (à commencer par l’AFP) relaye immédiatement ce dénigrement et il ne se trouve pas un seul journaliste pour aller vérifier tout ça. Enfin la revue Prescrire (qui est indépendante des industriels mais pas de l’Etat dont elle reçoit des subsides) se laisse aller à son tour à manipuler les résultats des études scientifiques pour dénigrer ce médicament.

L’OMS et, en France, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) sont en train d’étudier le dossier de l’Ivermectine, ce médicament dont les découvreurs ont été nobélisés et qui démontre son efficacité dans de nombreux pays ailleurs qu’en Occident. Il faut espérer que la situation se débloque avant la fin de l’épidémie et avant qu’il ne nous reste plus que les yeux pour pleurer les morts.

Gérard MAUDRUX.

Source : https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/250221/pourquoi-l-ivermectine-est-probablement-le-meilleur-traitement-de-la-covid

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Covid19 : crise sanitaire ou bascule totalitaire ? Débat Etienne Chouard Jean Bricmont – Ça va bien se passer ! #02

Je suis venu à Paris au début du mois de février 2021, et Vincent Lapierre m’a permis d’avoir deux échanges, à la fois animés et instructifs, avec des gens que j’aime bien et avec qui pourtant je ne suis pas d’accord du tout sur ce point précis de l’analyse de ce qu’on appelle « la crise sanitaire » (que je considère beaucoup plus comme une bascule totalitaire) : un échange avec Jordanix (dont j’ai parlé dans un précédent billet), et un autre avec Jean Bricmont.

La seconde de ces rencontres à avoir été publiée (ci-dessus) est celle avec Jean Bricmont (voir sa page Facebook).

J’ai un grand respect pour Jean, dont j’estime l’humanisme et le courage. Il m’a fait l’honneur de me proposer d’écrire la préface de son livre (Les censeurs contre la République), que je trouve très important, et j’ai beaucoup travaillé sur cette préface, en défense rationnelle de la liberté d’expression. Nous nous connaissons depuis des années et ce qui nous arrive ici est inattendu : alors que nous sommes le plus souvent d’accord sur tout ce qui est important, nous voilà en désaccord presque total sur un sujet qui nous paraît important à tous les deux. Je vois là une occasion en or d’organiser une bonne mise en scène des conflits, loyale et respectueuse, exemplaire quoi, où les deux amis que nous sommes vont pouvoir comparer leurs peurs respectives avec bienveillance, en cherchant tous les deux où est le vrai plutôt que d’essayer d’avoir raison (et prouver que l’autre à tort).

Je trouve que, comme l’échange avec Jordanix, cet échange avec Jean représente assez bien quelques facettes du clivage incroyable qui est en train de se creuser dans nos sociétés humaines, et particulièrement en France, entre des millions de simples citoyens à la fois non scientifiques et directement concernés par « les mesures prises au nom de la science » : ceux qui ont peur de perdre leur santé ou même leur vie, et ceux qui ont peur de perdre leurs libertés et même de basculer vers une tyrannie.

Il me semble, depuis le début, que nous devrions nous parler de nos peurs respectives (toutes sont légitimes, au départ, par principe) en les évaluant toutes, avec une bienveillance mutuelle, pour trier celles qui sont bien fondées et celles qui sont mal fondées. Ceux qui traitent leurs contradicteurs d’incompétents ou de paranoïaques ont peu de chance de progresser, à mon avis : c’est mal connaître sa propre cause que d’ignorer celle de ses contradicteurs. Nous avons besoin de comprendre en profondeur pourquoi nos contradicteurs pensent ce qu’ils pensent, et cette compréhension ne peut advenir que par une discussion franche, loyale et respectueuse. Et le fait de ne pas arriver à tomber d’accord ne doit pas nous décourager. Nous devons construire ensemble nos désaccords, pour éviter que ceux-ci ne s’hypertrophient par malentendus successifs et cumulatifs au point de nous jeter dans une détestation mutuelle insensée.

À propos des commentaires, comme je l’ai fait à propos de mon échange avec Jordanix, je voudrais dire ici que je désapprouve et condamne formellement les commentaires méprisants et insultants : c’est un bien mauvais service à rendre à la cause de la vérité que d’accabler violemment ceux dont on estime qu’ils se trompent. Je vous en supplie : IL FAUT DÉDIABOLISER L’ERREUR ! Arrêtez (de part et d’autre) de faire de l’erreur un crime impardonnable, une tache indélébile, un stigmate infamant… c’est absurde : on ne progresse que grâce aux erreurs (des siennes propres et de celles des autres), celui qui trébuche montre aux autres le chemin. C’est régressif de devenir malveillant contre celui qui se trompe. Je fais des efforts permanents pour rester bienveillant dans mes débats avec des gens avec qui je suis pourtant en profond désaccord, parce que je considère que LE RESPECT RÉCIPROQUE EST LA CONDITION PREMIÈRE D’UN DÉBAT DIGNE DE CE NOM, et je découvre ensuite des commentateurs qui ne font, eux, aucun effort ni de respect ni de bienveillance compréhensive et qui déchaînent leur ressentiment… Je suis très attristé (et même un peu désespéré, je l’avoue) par ceux qui pensent me « défendre » en étant aussi violents et insultants avec mes interlocuteurs : sans s’en rendre compte (j’espère), il me compliquent terriblement la tâche, et pas seulement conjoncturellement, fondamentalement aussi : c’est incohérent de se dire démocrate et d’être en fait aussi méprisant de ses adversaires.

Je voudrais dire aussi un mot à propos de ceux qui me reprochent de prendre la parole sur la prétendue « crise sanitaire », en prétendant que je suis incompétent et que je ferais donc mieux de me taire, en déplorant que je « discrédite ainsi tout mon travail sur la démocratie » (domaines où je serais soi-disant compétent et donc légitime à m’exprimer »…

Il est question ici des libertés publiques menacées par des abus de pouvoir historiques (jamais on n’avait ainsi enfermé toute la population sur terre). Je ne vois pas du tout pourquoi je me tairais ici, alors que je consacre ma vie depuis quinze ans ( !) à défendre précisément les libertés contre les abus de pouvoir, au prétexte que seuls les scientifiques pourraient opiner en ces matières ? C’est une blague ? Il n’est évidemment pas question que ces questions ultra-politiques soient abandonnées aux scientifiques (ou prétendus tels). PAS QUESTION, inutile d’insister. Si ça vous insupporte, vous n’êtes pas obligé de vous infliger cette douleur de me lire et vous êtes libre d’aller lire ailleurs.

Pour ceux qui sont restés, je voudrais prévenir mes amis férus de science, amis de la science (je le suis aussi), qu’il existe chez les savants un risque non négligeable d’arrogance, d’impatience et finalement de brutalité très antidémocratique : on a tant travaillé sur un sujet qu’on est excédé par la sottise et la prétention de ceux qui prétendent débattre sans avoir autant travaillé que nous. On comprend bien ce raisonnement. Je comprends qu’on en arrive, dans ce cas, à mépriser la démocratie et à préférer l’idée d’une dictature  éclairée, une « gouvernance par les nombres », objective, rigoureuse, fiable, meilleure pour le bien commun que les délibérations démocratiques des incompétents. Je comprends ce raisonnement, il est logique, mais je le crains. Il fait comme si la science ne pouvait pas être corrompue (jusqu’à la moelle), il fait comme si la science était toujours fiable, il fait comme si la science était homogène et sans oppositions ni désaccords de fond, il néglige les opinions dissidentes, et ce mépris des opposants minoritaires est profondément anti-scientifique, c’est ce qu’on appelle le scientisme, une sorte de dévotion aveugle envers « la science » prétendument incorruptible et infaillible..

Au contraire de ces prétentions scientistes, toute la philosophie démocratique repose sur l’affirmation que la politique (l’art de décider à propos des communs) n’est pas une compétence et que la décision publique appartient à tous, à égalité : une homme = une voix pour décider ensemble de notre destin. Donc, même si les savants sont évidemment plus savants que les simples citoyens (personne ne nie cela), en démocratie, ce ne sont pas les savants qui décident. Certes, les savants éclairent et influencent nos décisions, mais c’est nous qui décidons ; nous, c’est-à-dire la totalité des êtres vivants sous le régime démocratique.

Il manque à cet échange des passages importants (par exemple celui où j’interpelle Jean sur l’irresponsabilité criminelle des scientifiques qui se permettent de pratiquer en secret des expériences folles pour créer des virus ultra-contagieux et ultra-meurtriers), passages réservés par Vincent uniquement à ceux qui paient un abonnement. Je regrette ce choix mais il appartient à Vincent, c’est sa liberté. J’espère qu’il pourra, un jour prochain, décider finalement de publier l’intégrale gratuitement. Et j’espère qu’alors, ceux que ces débats intéressent l’aideront financièrement librement et naturellement. Nos médias indépendants ont besoin que nous les aidions nous-mêmes, c’est la condition de leur indépendance.

Merci à Vincent d’organiser de telles rencontres, malgré les difficultés.

Étienne.

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Jean Bricmont vient de rééditer un grand livre, « Les censeurs contre la République »

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[Abus de pouvoir] Envoyé Spécial (France 2) : le reportage sur les origines du coronavirus choque les internautes (VIDEO)

TOUS les citoyens du monde sont évidemment LÉGITIMES À PROTESTER contre ces scientifiques dingues et leurs expériences criminelles, trompeusement nommées « gain de fonction » (une folie scientifique qui consiste à rendre volontairement transmissibles à l’homme les formes les plus meurtrières de virus normalement inoffensifs pour nous).

« HÉ ! Vous n’êtes pas les seuls concernés ! Et les risques que vous faites courir à l’Humanité sont INSENSÉS. ARRÊTEZ ! ! ! »

Étienne.

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Source (« complotiste », elle aussi ?) : Envoyé Spécial France 2 :

Envoyé Spécial (France 2) : le reportage sur les origines du coronavirus choque les internautes (VIDEO)
L’enquête incroyable d' »Envoyé Spécial » sur les origines mystérieuses de la pandémie ont énormément fait réagir les téléspectateurs sur les réseaux sociaux ce jeudi 11 mars.

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Ce jeudi 11 mars 2021, la diffusion des nouveaux reportages d’Envoyé Spécial sur France 2 a provoqué une grande vague de réactions sur les réseaux sociaux. En effet, plusieurs preuves dans cette enquête édifiante laissent penser que la pandémie a pu être causée par la fuite accidentelle du virus depuis le laboratoire de Wuhan. Si les journalistes du service public ont laissé une place au doute, l’investigation s’appuie tout de même sur des recherches scientifiques, et a découvert qu’un coronavirus causant des symptômes très similaires à la Covid-19 était à l’étude à Wuhan depuis la pneumonie des mineurs du Yunnan en 2012, et que la personne qui avait fait les prélèvements dans la mine a par la suite participé à la création de huit coronavirus synthétiques en mélangeant le SRAS à un coronavirus de chauve-souris. Aujourd’hui, cette mine est inaccessible et placée sous haute surveillance par le gouvernement chinois.

Une méthode controversée au sein la communauté scientifique, effectuée d’après l’experte pour anticiper les dangers des nouveaux virus d’origine animale afin de mieux les anticiper [Là, avec ce prétexte totalement bidon, on nous prend vraiment pour des cons, c’est clair. ÉC]. Le laboratoire en question se trouve « à quelques dizaines de mètres » du marché de Wuhan, soupçonné il y a un an d’avoir été le lieu d’origine de l’épidémie. Deux ans plus tôt encore, deux diplomates avaient alerté dans un communiqué les « failles du sécurité » et le manque de personnel correctement formés après avoir visité ce laboratoire qui effectue des manipulations dangereuses de coronavirus de chauve-souris.

L’OMS a écarté la thèse d’une fuite accidentelle de laboratoire, mais son investigation n’était pas indépendante. En réalité, elle a été faite conjointement avec la Chine, avec un accès extrêmement limité au laboratoire de Wuhan. Par exemple, Envoyé Spécial rapporte que l’OMS n’a eu accès à aucune données stockées par le laboratoire, aucun dossier, et qu’un membre de la commission d’enquête de l’OMS, Peter Daszak, était l’un des financeurs des travaux de ce laboratoire sur les coronavirus de chauve-souris. Des e-mails de Peter Daszak prouvent qu’il a par la suite conseillé aux experts de l’OMS de privilégier la piste de transmission animale plutôt que de celle d’un accident de laboratoire.

De plus, comme le montrent les différents extraits ci-dessous, la circulation du virus chez l’homme porterait à croire qu’il a été façonné spécifiquement pour être contagieux chez les humains, et surtout, l’accès à la base de données du laboratoire de Wuhan a été supprimé sans explications trois mois seulement avant le début de la pandémie. La Chine avait-elle quelque chose à cacher ? De quoi relancer les soupçons qui avaient commencé à émerger dès le mois de mars 2020, avec les doutes sur le nombre réel de décès en Chine causés par la Covid-19. Sur Twitter, les internautes n’en revenaient pas de l’enquête d’Envoyé Spécial et ont été nombreux à exprimer leur, comme le montrent les tweets ci-dessous. Pour visionner le reportage dans son intégralité, cliquez ici.


Source : Envoyé Spécial France 2 :
https://www.programme-television.org/news-tv/Envoye-Special-France-2-le-reportage-sur-les-origines-du-coronavirus-choque-les-internautes-VIDEO-4670421

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1) DICTATURE SANITAIRE, 2) ASSANGE ET 3) LA CENSURE – ÇA VA BIEN SE PASSER #01 – Rencontre entre Étienne Chouard, Jordanix et Viktor Dedaj, chez Vincent Lapierre

Je suis venu à Paris au début du mois de février 2021, et Vincent Lapierre m’a permis d’avoir deux échanges, à la fois animés et instructifs, avec des gens que j’aime bien et avec qui pourtant je ne suis pas d’accord du tout sur ce point précis de l’analyse de ce qu’on appelle « la crise sanitaire » (que je considère beaucoup plus comme une bascule totalitaire) : un échange avec Jordanix, et un autre avec Jean Bricmont (dont je parlerai dans le billet suivant).

La première de ces rencontres à avoir été publiée est celle avec Jordanix (voir sa chaîne Youtube).

Je trouve que cet échange représente assez bien quelques facettes du clivage incroyable qui est en train de se creuser dans nos sociétés humaines, et particulièrement en France, entre des millions de simples citoyens à la fois non scientifiques et directement concernés par « les mesures prises au nom de la science » : ceux qui ont peur de perdre leur santé ou même leur vie, et ceux qui ont peur de perdre leurs libertés et même de basculer vers une tyrannie.

Il me semble, depuis le début, que nous devrions nous parler de nos peurs respectives (toutes sont légitimes, au départ, par principe) en les évaluant toutes, avec une bienveillance mutuelle, pour trier celles qui sont bien fondées et celles qui sont mal fondées. Ceux qui traitent leurs contradicteurs d’incompétents ou de paranoïaques ont peu de chance de progresser, à mon avis : c’est mal connaître sa propre cause que d’ignorer celle de ses contradicteurs. Nous avons besoin de comprendre en profondeur pourquoi nos contradicteurs pensent ce qu’ils pensent, et cette compréhension ne peut advenir que par une discussion franche, loyale et respectueuse. Et le fait de ne pas arriver à tomber d’accord ne doit pas nous décourager. Nous devons construire ensemble nos désaccords, pour éviter que ceux-ci ne s’hypertrophient par malentendus successifs et cumulatifs au point de nous jeter dans une détestation mutuelle insensée.

C’est l’échange avec Jordanix (plus que celui avec Viktor) qui est particulièrement commenté en-dessous de la vidéo sur Youtube.

À propos des commentaires, je voudrais dire ici que je désapprouve et condamne formellement les commentaires méprisants et insultants : c’est un bien mauvais service à rendre à la cause de la vérité que d’accabler violemment ceux dont on estime qu’ils se trompent. Je vous en supplie : IL FAUT DÉDIABOLISER L’ERREUR ! Arrêtez (de part et d’autre) de faire de l’erreur un crime impardonnable, une tache indélébile, un stigmate infamant… c’est absurde : on ne progresse que grâce aux erreurs (des siennes propres et de celles des autres), celui qui trébuche montre aux autres le chemin. C’est régressif de devenir malveillant contre celui qui se trompe. Je fais des efforts permanents pour rester bienveillant dans mes débats avec des gens avec qui je suis pourtant en profond désaccord, parce que je considère que LE RESPECT RÉCIPROQUE EST LA CONDITION PREMIÈRE D’UN DÉBAT DIGNE DE CE NOM, et je découvre ensuite des commentateurs qui ne font, eux, aucun effort ni de respect ni de bienveillance compréhensive et qui déchaînent leur ressentiment… Je suis très attristé (et même un peu désespéré, je l’avoue) par ceux qui pensent me « défendre » en étant aussi violents et insultants avec mes interlocuteurs : sans s’en rendre compte (j’espère), il me compliquent terriblement la tâche, et pas seulement conjoncturellement, fondamentalement aussi : c’est incohérent de se dire démocrate et d’être en fait aussi méprisant de ses adversaires.

Je voudrais dire aussi un mot à propos de ceux qui me reprochent de prendre la parole sur la prétendue « crise sanitaire », en prétendant que je suis incompétent et que je ferais donc mieux de me taire, en déplorant que je « discrédite ainsi tout mon travail sur la démocratie » (domaines où je serais soi-disant compétent et donc légitime à m’exprimer »…

Je voudrais prévenir mes amis férus de science, amis de la science (je le suis aussi), qu’il existe chez les savants un risque non négligeable d’arrogance, d’impatience et finalement de brutalité très antidémocratique : on a tant travaillé sur un sujet qu’on est excédé par la sottise et la prétention de ceux qui prétendent débattre sans avoir autant travaillé que nous. On comprend bien ce raisonnement. Je comprends qu’on en arrive, dans ce cas, à mépriser la démocratie et à préférer l’idée d’une dictature  éclairée, une « gouvernance par les nombres », objective, rigoureuse, fiable, meilleure pour le bien commun que les délibérations démocratiques des incompétents. Je comprends ce raisonnement, il est logique, mais je le crains. Il fait comme si la science ne pouvait pas être corrompue (jusqu’à la moelle), il fait comme si la science était toujours fiable, il fait comme si la science était homogène et sans oppositions ni désaccords de fond, il néglige les opinions dissidentes, et ce mépris des opposants minoritaires est profondément anti-scientifique, c’est ce qu’on appelle le scientisme, une sorte de dévotion aveugle envers « la science » prétendument incorruptible et infaillible..

Au contraire de ces prétentions scientistes, toute la philosophie démocratique repose sur l’affirmation que la politique (l’art de décider à propos des communs) n’est pas une compétence et que la décision publique appartient à tous, à égalité : une homme = une voix pour décider ensemble de notre destin. Donc, même si les savants sont évidemment plus savants que les simples citoyens (personne ne nie cela), en démocratie, ce ne sont pas les savants qui décident. Certes, les savants éclairent et influencent nos décisions, mais c’est nous qui décidons ; nous, c’est-à-dire la totalité des êtres vivants sous le régime démocratique.

Je vous conseille de lire ou de relire ces deux excellents Propos d’Alain (mon cher Émile Chartier, phare de la pensée). On pourrait intituler le premier « L’INDIGNATION DES COMPÉTENTS« . C’est un texte remarquable. Nous vivons, avec cette « crise sanitaire » où les citoyens sont comme tenus à l’écart des débats par des scientistes sûrs et certains de ne jamais se tromper, nous vivons un cas d’école de ce contre quoi nous avertit Alain : le peuple est l’armateur, les ministres sont le capitaine. Ce n’est pas au capitaine de fixer la destination, c’est à l’armateur.

« Lisez les feuilles publiques ; vous verrez qu’ils sont tous saisis d’un furieux besoin de déclamer contre l’électeur, disant qu’il est ignorant, qu’il est corrompu, qu’il est inconstant, qu’il est ingrat, et qu’enfin il faut chercher quelque système ingénieux qui permette aux éminents députés, aux éminents ministres, aux éminents bureaucrates de remettre l’électeur à sa place, et de travailler à son bonheur malgré lui.

Je connais cette chanson. Tous les bureaucrates que j’ai rencontrés me l’ont chantée ; et cela revenait à dire, presque sans détour, que le suffrage universel, si on le prend sérieusement, est une institution absurde. Car, disaient-ils, il faut avant tout savoir, si l’on veut agir. Or, dans votre beau système, le petit nombre des citoyens qui savent bien une chose, que ce soit les finances, la mutualité, l’enseignement on la politique extérieure, ce petit nombre est écrasé par la multitude des ignorants. « Nous espérions, disaient-ils, que les ignorants feraient du moins modestes et discrets, et qu’ils se laisseraient tout de même un peu gouverner par ceux qui sont préparés à cette tâche difficile. Mais point du tout. Votre république se réalise. Le député vient dans les bureaux, et y parle au nom du peuple. Le tard-instruit méprise les compétences, et veut réformer tout. Bientôt on nommera les ingénieurs, les amiraux, les professeurs au suffrage universel. Ils ont déjà saccagé notre culture française. L’ignorant dit : voilà ce que l’on doit m’apprendre. Ce beau système est arrivé à sa perfection propre avec votre Combes ; et nous y retomberons, c’est inévitable, à moins qu’une grande révolte de l’élite ne coïncide avec quelque mouvement de crainte et de modestie dans la masse ignorante. Mais, avec ces ambitieux et prétentieux instituteurs, qui ne supportent plus aucun frein, je crois bien qu’on ne peut guère compter sur une abdication volontaire des citoyens-rois. Et alors, où allons-nous ? »

Tout directeur, tout inspecteur, tout conseiller, tout préfet. tout recteur, tout ministre pense ainsi et parle ainsi, dès que l’électeur est retourné à son travail. Un Combes, un Pelletan, sont haïs et méprisés par l’élite, justement parce qu’ils résistent à ce mouvement-là.

Les partis n’y font rien. Le radical s’entend très bien là-dessus avec le monarchiste. Tous sentent très vivement que le peuple se hausse sur la pointe des pieds, et regarde dans les bureaux. L’élite des bureaucrates est contrôlée, critiquée, menacée dans ses privilèges. Les députés éprouvent, plus directement encore, cette puissance des masses, qui, bien loin de demander à grands cris quelque bouleversement impossible, prétendent tout simplement s’installer au fauteuil, et vérifier les livres de cuisine et de blanchissage. Péril imminent, contre quoi ils ont trouvé déjà la représentation proportionnelle, en attendant l’enseignement professionnel, qui remettra les citoyens à la chaîne. Citoyens, tâchez de bien saisir cette Révolution des bureaucrates contre le Peuple. Et méfiez-vous ; l’adversaire a plus d’un tour dans son sac. »

Alain, 4 juin 1910.

Et je vous rappelle aussi cet autre Propos, plus explicite encore, qu’on pourrait intituler « LES NON-COMPÉTENTS PEUVENT CONTRÔLER LES COMPÉTENTS«  :

« Il y a un argument contre la Démocratie égalitaire, que je trouve dans Auguste Comte, et qui a été souvent repris, c’est que, par le suffrage populaire, on aura tou­jours des députés incompétents. C’est pourquoi notre philosophe ne veut considérer le système de la libre critique et de l’égalité radicale que comme un passage à un état meilleur, où le pouvoir sera toujours aux mains d’un savant dans chaque spécialité, et d’un conseil d’éminents sociologues pour la coordination et l’ensemble.

Il est très vrai qu’un député, le plus souvent, ne sait rien à fond en dehors du mé­tier qu’il exerçait ; mais remarquez que, s’il est avocat, il connaît tout de même assez bien les lois, la procédure, et les vices du système judiciaire ; que, s’il est commer­çant, il s’entend aux comptes et à l’économie ; que, s’il est entrepreneur, il dira utile­ment son mot au sujet des travaux publics, et ainsi pour le reste. Aussi, quand on parle de l’ignorance et de l’incompétence des députés, je ne puis voir là qu’un déve­loppement facile et sans portée.

Mais je ne regarderais pas tant à la science ; plutôt à la probité, et à la simplicité des mœurs privées. Car si l’on prend pour député un grand armateur, ou un grand industriel, ou un grand banquier, ou un grand avocat, afin d’user de leur savoir-faire, ce sera un calcul de dupe assez souvent. On connaît des hommes fort habiles et intelligents, mais qui, peut-être, par l’habitude des affaires, penseront un peu trop à leur fortune, ou bien exerceront volontiers un pouvoir tyrannique, comme ils font naturellement chez eux et dans leur métier. Ainsi leur science pourra bien nous coûter cher. J’aimerais souvent mieux un honnête homme qui n’aurait pas trop réussi. Bref, je ne désire pas avant tout des Compétences.

Et pourquoi ? Parce que nous en avons autant qu’il nous en faut dans les services publics. La Cour de Cassation et le Conseil d’État connaissent profondément les lois. La Cour des Comptes a la science des Finances publiques. Tous les ministères ont des directeurs fort instruits. La guerre et la marine dépendent d’hommes qui connaissent leur métier. En fait les Compétences sont aux affaires. Il reste à les surveiller, et ce n’est pas si difficile.

On prend à tort les ministres pour des hommes qui devraient être plus savants que leurs subordonnés. Le ministre n’est autre chose qu’un délégué du peuple pour la surveillance d’un travail déterminé et nous avons, pour surveiller le surveillant, un autre député, rapporteur du budget ; les autres députés sont arbitres. Par exemple on peut bien juger de la fabrication des poudres sans être chimiste, car les spécialistes seront bien forcés de parler clair, si on l’exige, et c’est ce qui est arrivé. De la même manière, un juré peut apprécier la responsabilité d’après les rapports des médecins. Si le civet est brûlé, d’abord je le sentirai très bien, sans être cuisinier, et ensuite j’arrive­rai à me protéger contre ce petit malheur, même sans entrer dans la cuisine, car je suis celui qui paie. Le peuple est celui qui paie ; et ses représentants ont mille moyens de faire que le peuple soit bien servi, si seulement ils le veulent.

On peut même désirer ici une division du travail plus parfaite, les députés jugeant avant tout d’après les effets sans chercher les causes. Comme cet homme très riche et très occupé qui a plusieurs autos et ne connaît pas la panne. Sa méthode est de bien payer, et de renvoyer le chauffeur sans commentaires, à la première panne ; cela le dispense d’apprendre la mécanique. »

Alain (Propos, 27 octobre 1912).

Ce premier échange avec Jordanix est suivi par un exposé important de Viktor Dedaj sur le martyr de Julian Assange.

Je considère Viktor comme un ami, il m’est cher, je le trouve à la fois savant sur ses sujets, honnête et courageux. Son exposé sur le comble de l’abus de pouvoir (qu’est le sort réservé par les criminels de guerre à leur dénonciateur Assange) est passionnant et important.

Un troisième échange, sur la problématique centrale des « réseaux sociaux », n’est visible que pour les abonnés. Je regrette ça. J’espère que Vincent finira par publier gratuitement l’intégralité de l’échange. C’est aux auditeurs de l’aider librement s’ils jugent utile son travail de journaliste (ce que je crois). Pour l’instant, il y a toute une partie de notre échange qui est « à péage », je n’ai jamais fait comme ça, je n’aime pas ça, j’espère que ça changera, advienne que pourra.

En tout état de cause, merci à Vincent de rendre ces rencontre possibles.

Étienne.

PS : le descriptif de l’émission sur le site du Média pour tous : https://lemediapourtous.fr/cvbsp-emission-1/
 


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« Point de vue d’Etienne Chouard face au procès dénué de sens que lui fait la gauche sectaire »

Cette vidéo est un passage, produit et publié par quelqu’un que je ne connais pas du tout, extrait du long entretien que j’ai eu à la maison en juillet 2018 avec les Affranchis.

Ce serait bien, de la part de ceux qui pensent beaucoup de mal de moi (de bonne foi), d’accepter de débattre de tout ça loyalement.

Il me semble que, du point de vue du bien commun, ce serait bien.

Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet : https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10159036867187317

Tweet correspondant à ce billet : https://twitter.com/Etienne_Chouard/status/1368898430530097157

Troisième interview d’Étienne CHOUARD Être Humain : #3

J’ai reçu à la maison un jeune homme, nommé Thierry Jourdan, et cet échange lui a permis de publier sur son site (Studio One) les trois vidéos que voici (les deux autres sont dans des billets séparés).

Troisième partie :
8:15 Le ciel sur la tête…
12:14 Le crédit social…
23:01 Impôts / corvées…
31:40 La dette publique…
35:59 Tout est langage ?
39:51 Un monde absurde ?
43:27 Le monde de demain ?

Bon, là encore, ce serait bien de préciser un peu ce sommaire.
S’il y en a qui veulent bien m’aider (en rédigeant des petits résumés des parties), merci 🙂
 
Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10159021475962317

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https://twitter.com/Etienne_Chouard/status/1366527996107046916

 

Deuxième interview d’Étienne CHOUARD Être Humain : #2

J’ai reçu à la maison un jeune homme, nommé Thierry Jourdan, et cet échange lui a permis de publier sur son site (Studio One) les trois vidéos que voici (les deux autres sont dans des billets séparés).

Deuxième partie :
4:45 Le risque de la liberté…
6:03 S’émanciper !
14:44 Urgence ?
16:34 Refuser l’impôt ?
17:07 Créer de la thune…
18:20 Case prison !
21:56 Social network my ass !
29:55 Les libertaires…
35:46 Music….
39:03 Savoir ou croire ?

Bon, ce serait bien de préciser un peu ce sommaire.
S’il y en a qui veulent bien m’aider, merci 🙂
 
Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10159020295587317

Tweet correspondant à ce billet :
https://twitter.com/Etienne_Chouard/status/1366308553837969412

 

Première interview d’Étienne CHOUARD : ÊTRE HUMAIN #1

J’ai reçu à la maison un jeune homme, nommé Thierry Jourdan, et cet échange lui a permis de publier sur son site (Studio One) les trois vidéos que voici (les deux autres seront dans des billets séparés).

Première partie :
2 min 22 Les premiers souvenirs ?
3 min 03 Enfant quel métier voulais tu faire ?
20 min53 Un prof un élève…
25 min 44 L’implication politique…
30 min 46 Etienne Chouard président…
37 min 57 La démocratie Athénienne
50 min 55 La peine de mort remise en cause ?
56 min 52 La légitimé de la constitution ?
1h07 min 29 Comment cela fut mis en place…

Bon, ce serait bien de préciser un peu ce sommaire.
S’il y en a qui veulent bien m’aider, merci 🙂
 
Étienne.

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https://twitter.com/Etienne_Chouard/status/1366140339963191302

🔑 Interview sans coupure Inform’Action – Étienne CHOUARD, Toulouse 20 mai 2017

Interview intégrale, tournée pendant la série de reportages d’Inform’Action (4 parties) à Toulouse le 20 mai 2017.

☛ Chapitres :
00:30​ Les ateliers constituants
04:00​ Comment rendre cette idée accessible ?
15:20​ La croissance du progrès technologique
19:52​ Réponse aux groupes Antifas



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🔑 Et si nous réécrivions la constitution ? Toulouse, 20 mai 2017, avec Étienne CHOUARD 🌅 NOUVEAU MONDE #4

Quatrième épisode d’une série de reportages réalisés lors de la venue d’Étienne CHOUARD à Toulouse le 20 mai 2017. Et si cette idée-là fonctionnait ? Si chacun d’entre nous décidions de rédiger les règles d’accomplissement des lois ? Quelles idées en ressortiraient ?



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[Catalogne, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes] Jordi Cuixart, Catalan emprisonné pour résistance à l’oppression : 17 leçons de démocratie, leçons de dignité (magnifique vidéo, 5 min)

Un message de Jordi Cuixart, juste avant son procès, il y a 2 ans, en février 2019, depuis une prison espagnole :

« Je suis Jordi Cuixart, président d’Òmnium Cultural, la plus grande ONG culturelle de Catalogne. Je suis en prison préventive depuis plus de quinze mois pour avoir organisé des manifestations massives et toujours pacifiques en défense du droit à l’autodétermination de la Catalogne. Je suis le prisonnier politique d’un système juridico-exécutif espagnol hérité du franquisme. Oui, en Espagne le franquisme a survécu à la transition démocratique et les organes juridiques d’exception chargés de juger les dissidences politiques ont été maintenus.

En l’occurrence s’ouvre ce 12 février devant la Cour suprême espagnole, à Madrid, un procès contre la démocratie. Je serai assis sur le banc des accusés aux côtés de six anciens membres du gouvernement catalan, de l’ancienne présidente du parlement et de l’ancien président d’une autre grande ONG. J’encours jusqu’à dix-sept ans de prison pour des actes que je n’ai pas commis. Je serai jugé pour un crime de rébellion comme a pu l’être le général Tejero suite à sa tentative armée de coup d’État au parlement espagnol en 1981.

Ce crime imaginaire que j’aurais commis nécessite un processus de violence caractérisé qui n’a jamais eu lieu. Je serai également accusé du crime de sédition, qui exige un soulèvement populaire qui empêcherait l’application des lois ou l’actuation des autorités. Là aussi, c’est une pure invention. Ce procès a pour but de juger des hauts responsables catalans et les aspirations démocratiques de plus 80 % de la population en Catalogne de décider de son avenir dans les urnes. Dépassé, Madrid répond à cette volonté populaire par la répression physique et judiciaire.

Nos libertés fondamentales sont en péril et cette parodie de procès, où la sentence à une lourde peine de prison semble par ailleurs déjà écrite, sera mise sous le feu des projecteurs de la communauté internationale. Aux yeux de celle-ci, les accusés seront déclarés non coupables et l’État, coupable de son incapacité à dialoguer, verra sa crédibilité s’effondrer. Critiqué pour la politisation de son système judiciaire et son manque de transparence, ce procès est l’expression d’un État en grande souffrance démocratique.

Être en prison me permet d’accuser l’État de violer nos droits fondamentaux. Rousseau dit que « renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs », je n’y renoncerai pas ! Le respect des droits de l’homme est une base solide qui doit régir nos sociétés démocratiques. Aujourd’hui, en Espagne, ces droits sont bafoués sur l’autel de l’unité constitutionnelle. « I have a dream » qu’un jour l’État espagnol, un État étouffé par l’héritage du franquisme, se transforme en une oasis de démocratie. La crise est à la fois politique et démocratique. La réponse judiciaire qui est apportée ne fait que catalyser les tensions alors que seuls le dialogue et une issue politique permettront de les résoudre. »

Jordi Cuixart, 11/2/2019.
Source : https://www.tdg.ch/reflexions/proces-democratie-s-ouvre-madrid/story/25853737

Et puis une protestation sur la condamnation à 9 ans de prison ( !) pour ces opposants politiques pacifiques :

Jordi Cuixart, condamné à 9 ans d’emprisonnement pour avoir exercé des droits fondamentaux

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Barcelone, le 14 octobre 2019 – La Cour suprême espagnole a condamné Jordi Cuixart, président d’Òmnium Cultural, à purger une peine de 9 ans de prison pour le délit de sédition, délit qu’il n’a pas commis. Toutes ses actions ont été pacifiques, civiques et dans l’exercice de ses droits civils. Cette décision de justice représente une attaque directe aux droits fondamentaux de Jordi Cuixart et des autres accusés, ainsi que la pénalisation du droit de manifestation pacifique pour tous les citoyens de l’Etat espagnol.

La décision de justice constitue une attaque contre les libertés d’expression et de manifestation

Le président de l’Òmnium a été injustement mis en examen, inculpé et finalement condamné à une peine de prison pour avoir organisé une manifestation pacifique le 20 septembre 2017 et pour avoir appelé publiquement à participer au référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017. Il a été emprisonné en date du 16 octobre de cette année-là et a donc passé pratiquement 2 ans en détention provisoire.

Toutes ces actions s’inscrivent dans le cadre de l’exercice de droits fondamentaux comme la liberté d’expression et le droit de manifestation, inclus et protégés par la Constitution espagnole, la Charte des droits fondamentaux de l’UE, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ou la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU et des ONG telles qu’Amnisty International, l’Organisation mondiale contre la torture ou la Front Line Defenders, ont dénoncé cela et ont réclamé sa mise en liberté.

Il n’y a pas eu de sédition : Jordi Cuixart a agit de manière pacifique et civique

Jordi Cuixart a exercé le droit de réunion pacifique et sa liberté d’expression, au même titre que tous les citoyens qui ont participé à la manifestation du 20 septembre 2017. Considérer une manifestation massive comme une émeute, et donc un délit de sédition, c’est une attaque au pluralisme idéologique et une criminalisation de toute mobilisation massive.

Manifestations et actions prévues pour les jours et semaines à venir

En réponse à la décision de justice, des mobilisations de citoyens sont attendues dans les principales villes de Catalogne. Ce midi, les représentants de la société civile catalane (indépendantistes et nonindépendantistes) se sont concentrés à Barcelone pour démontrer leur unité face à la décision de justice de la Cour suprême. La concentration a compté sur la participation des principaux syndicats et des organisations patronales de Catalogne. Des actions massives seront prochainement annoncées pour les jours et semaines à venir.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Jordi Cuixart est le président de l’Òmnium Cultural, l’ONG culturelle et de défense des droits de l’homme la plus importante de Catalogne et d’Espagne, avec plus de 170 000 membres. Le 16 octobre 2017, il a été emprisonné pour avoir organisé et participé à une manifestation le 20 septembre de cette année-là, pour protester contre la détention de 16 membres du gouvernement catalan qui étaient prétendument en train d’organiser le référendum du 1er octobre. Depuis lors, ils ont passé 2 ans en détention provisoire.

Le 1er octobre 2017, 2,3 millions de citoyens ont participé à un référendum préalablement suspendu par le Tribunal constitutionnel. En réponse à cela, le gouvernement espagnol a déployé 10 000 agents de la Police nationale et de la Guardia Civil (force de police espagnole à statut militaire) et a usé de violence à l’égard des votants, en blessant, selon les services de santé, plus de 1 000 personnes. À ce jour, les pouvoirs publics espagnols n’ont pas respecté leur obligation d’enquêter sur la violence policière, conformément à la demande de divers organismes internationaux.

Et, paradoxalement, les personnes qui se sont employées à matérialiser un référendum d’autodétermination sur le futur politique de la Catalogne, un instrument politique défendu par 80 % de la société catalane, ont été poursuivies en justice ; ce même pourcentage s’oppose à la judiciarisation du conflit. Par ailleurs, des observateurs internationaux comme International Trial Watch, la Fédération Internationale des droits de l’homme et EuroMed Rights ont relevé des irrégularités au cours de la procédure judiciaire.

Appels d’organisations internationales

Appel du GTDA de l’ONU au gouvernement espagnol

Communiqués des ONG internationales

Communiqué d’Amnesty International
Communiqué de l’Organisation mondiale contre la torture
Communiqué du Front Line Defenders
Communiqué de l’International Trial Watch
Communiqué de la Fédération internationale des droits de l’homme et d’EuroMed Rights

Source : https://www.omnium.cat/fr/jordi-cuixart-condamne-a-9-ans-demprisonnement-pour-avoir-exerce-des-droits-fondamentaux/

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LA LIBERTÉ D’EXPRESSION, C’EST LA DÉMOCRATIE MÊME, 1) pour protéger la population contre les tyrans et 2) pour protéger l’opinion publique contre l’erreur – Préface d’Étienne Chouard au grand livre de Jean Bricmont : « Les censeurs contre la République »

En défense de la liberté d’expression, Jean Bricmont vient de rééditer un grand livre, « Les censeurs contre la République », aux éditions Jeanne, pour lequel j’ai préparé une longue PRÉFACE que je vous présente ici. Voici son plan, un outil pour la feuilleter ou pour la télécharger, et plus bas le texte sous une forme ordinaire :

  1. Liberté de parler pour protéger la démocratie contre les complots (la corruption ? l’oppression ?)
  2. Liberté de parler pour protéger la démocratie contre l’erreur : permettre aux citoyens d’identifier correctement le bien commun, de vouloir les bonnes décisions publiques

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/La_liberte_d_expression_c_est_la_democratie_meme_Preface_d_Etienne_au_livre_de_Jean.pdf

Je vous recommande le livre de Jean, c’est un livre important :

Jean Bricmont vient de rééditer un grand livre, « Les censeurs contre la République »

 




Préface :

La liberté de tout dire n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire.
Quand il est permis de tout dire, la vérité parle d’elle-même et son triomphe est assuré.

Jean-Paul Marat « Les Chaînes de l’esclavage », 1774.

 

Sous le gouvernement représentatif, surtout, c’est-à-dire, quand ce n’est point le peuple qui fait les lois, mais un corps de représentants, l’exercice de ce droit sacré [la libre communication des pensées entre les citoyens] est la seule sauvegarde du peuple contre le fléau de l’oligarchie. Comme il est dans la nature des choses que les représentants peuvent mettre leur volonté particulière à la place de la volonté générale, il est nécessaire que la voix de l’opinion publique retentisse sans cesse autour d’eux, pour balancer la puissance de l’intérêt personnel et les passions individuelles ; pour leur rappeler, et le but de leur mission et le principe de leur autorité. Là, plus qu’ailleurs, la liberté de la presse est le seul frein de l’ambition, le seul moyen de ramener le législateur à la règle unique de la législation. Si vous l’enchaînez, les représentants, déjà supérieurs à toute autorité, délivrés encore de la voix importune de ces censeurs, éternellement caressés par l’intérêt et par l’adulation, deviennent les propriétaires ou les usufruitiers paisibles de la fortune et des droits de la nation ; l’ombre même de la souveraineté disparaît, il ne reste que la plus cruelle, la plus indestructible de toutes les tyrannies ; c’est alors qu’il est au moins difficile de contester la vérité de l’anathème foudroyant de Jean-Jacques Rousseau contre le gouvernement représentatif absolu.

Robespierre, Le Défenseur de la Constitution, n° 5, 17 juin 1792.

 

La liberté d’expression, c’est la démocratie même

pour protéger la population contre les tyrans

et pour protéger l’opinion publique contre l’erreur

 

Ce livre est important. Il est courageux. C’est un acte de résistance à la tyrannie qui vient. Il m’a donné de nouveaux exemples de la fragilité de nos certitudes les plus enracinées, et il m’a conduit à actualiser et détailler  ma conviction que nous avons tous un vital besoin de libre débat, pour nous détromper en toutes matières. Ce livre m’a aussi permis de mesurer l’ampleur et la gravité des persécutions qu’on peut subir en France pour simplement avoir exprimé des pensées, des paroles qui déplaisent aux puissants.

Le blasphème est une parole interdite par les prêtres de la religion du moment. Je pensais que ce qu’on appelle « Les Lumières » nous avaient débarrassés du délit d’opinion, qu’elles nous avaient libérés de toutes les formes de blasphème. Il n’en est rien : il est aujourd’hui à nouveau des opinions interdites, des avis dont ceux-qui-parlent-dans-les-micros répètent comme un mantra : « ce que vous dites là n’est pas une opinion, c’est un délit », sans admettre qu’ils sont évidemment par-là même en train d’accepter, et même d’encourager, le retour du délit d’opinion.

Sitôt que les citoyens cessent de lutter personnellement pour défendre leurs libertés, à commencer par leur liberté de penser, ils s’enfoncent progressivement dans la servitude, les « élus » et leurs complices leur mettent petit à petit des fers aux mains et aux pieds.

Et il est plus difficile de sortir de prison que de refuser d’y entrer pendant qu’on est encore libre. Ce livre est passionnant, je l’ai lu et relu le crayon à la main.

Un livre qui défend la liberté d’expression représente forcément un enjeu plus large : la démocratie — régime politique où le peuple délibère et décide lui-même des politiques publiques qu’il juge bonnes — est une organisation sociale fragile, toujours menacée par les intrigues secrètes de quelques-uns contre la volonté générale, et toujours menacée de se tromper, de prendre de mauvaises décisions, contraires au bien commun.

Comme démocrate, je vois deux raisons majeures de défendre la liberté d’expression, l’une liée à l’intérêt collectif, l’autre aux intérêts individuels :

  • La liberté d’expression reconnue à tous les citoyens leur donne à la fois une arme d’alerte décisive et un entraînement fortifiant à la vigilance pour servir de « sentinelles du peuple », capables de surveiller l’exercice des pouvoirs d’un œil sourcilleux et de lancer l’alarme à la moindre intrigue des puissants contre la démocratie.
    La liberté d’expression sert à inquiéter les pouvoirs abusifs.

  • La liberté d’expression reconnue à tous les citoyens permet à chacun de rechercher personnellement et activement ce qui est vrai, et donc de le comprendre en profondeur ; d’entendre et donc d’analyser tous les points de vue opposés sur chaque question intéressant la Cité ; de voir ainsi la vérité triompher du mensonge publiquement et méthodiquement, à travers une loyale mise en scène des conflits ; de vivre personnellement et en détail la mise en évidence du bien commun.
    La liberté d’expression éclaire l’opinion et, par-là même, légitime les suffrages (fonde le droit d’opiner, de donner son opinion).

Alors que, symétriquement, les intrigants, les charlatans et les tyrans ont les deux bonnes raisons inverses d’entraver la liberté d’expression :

  • Quand les citoyens ont peur de parler, il ne leur est plus possible de dénoncer les plus graves complots contre la démocratie.
    Sans la liberté d’expression, les comploteurs ont la voie libre et la démocratie est perdue.

  • Quand les citoyens ont peur de parler, seules les idées reçues de la classe dominante sont visibles, les pires erreurs sont vouées à perdurer, et même la vérité n’est pas bien connue, ni bien comprise.
    Sans la liberté d’expression, l’opinion populaire, facilement trompée, perd sa fiabilité, et l’amour du bien commun ne peut pas s’imposer dans les esprits.

  

  1. Protéger la démocratie contre les complots (la corruption ? l’oppression ?)

Complot :  dessein secret, concerté entre plusieurs personnes, avec l’intention de nuire à l’autorité d’un personnage public ou d’une institution.
(Définition du Trésor de la langue française.)

Pour simplement survivre aux corruptions et aux complots de toutes sortes contre l’intérêt général, surtout ceux des gouvernants, une démocratie a besoin de citoyens-soldats armés, au moins intellectuellement, pour la protéger : c’est pour cette raison que, il y a 2 500 ans déjà, à Athènes, l’iségoria, droit de parole libre pour tous les citoyens athéniens, à tout propos et à tout moment, donnait à chacun la puissance d’agir pour protéger lui-même sa Cité : l’isègoria dotait la démocratie de milliers de paires d’yeux de sentinelles vigilantes. Si des intrigants venaient à mentir pour tromper le peuple, ou à manigancer pour prendre le pouvoir, des lanceurs d’alerte, bien protégés par des institutions démocratiques dignes de ce nom, alertaient (grâce à leur parole libre) les autres citoyens, pour les mobiliser contre le danger et pour protéger la démocratie.

Ce grand droit de libre parole entraînait naturellement avec lui une grande responsabilité : chacun pouvait avoir des comptes à rendre, devant une assemblée de citoyens tirés au sort, du mauvais usage qu’il pouvait avoir fait de l’isègoria :

« Cependant quiconque exerçait son droit fondamental d‘iségoria courait le risque d’une condamnation  sévère,  pour une proposition qu’il avait eu le droit de faire, même si cette proposition avait été adoptée par l’Assemblée. La fonction du graphe paranomon, procédure par laquelle un homme pouvait être accusé et jugé pour avoir fait une « proposition illégale » à l’Assemblée, est assez claire, une fonction double : modérer l’iségoria  par la discipline, et donner au peuple, au démos, la possibilité de reconsidérer une décision prise par lui-même. Un graphe paranomon aboutissant à une condamnation avait pour effet d’annuler un vote positif de l’Assemblée, grâce au verdict, non pas d’une élite restreinte telle que la Cour suprême des États-Unis, mais du démos, par l’intermédiaire d’un jury populaire nombreux, choisi par tirage au sort. Notre système protège la liberté des représentants grâce aux privilèges parlementaires, or ces mêmes privilèges, de façon paradoxale, protègent aussi l’irresponsabilité des représentants. Le paradoxe athénien se situait dans une voie tout à fait opposée : il protégeait à la fois la liberté de l’Assemblée en son ensemble, et celle de ses membres pris individuellement en leur refusant l’immunité. »

Moses I. Finley, « Démocratie antique et démocratie moderne », Payot 1972, p. 73-74.

Cette liberté d’expression était si importante pour les démocrates, si vitale, que les Athéniens la jugeaient encore plus importante que l’isonomia (l’égalité devant la loi) :

« Quand Hérodote décrit la naissance de la démocratie athénienne, il met en évidence l’isègoria et non l’isonomia comme principe de l’égalité démocratique ; et d’ailleurs son exposé est conforme à ce qu’on trouve dans les sources athéniennes : ce que les démocrates athéniens chérissent le plus dans l’égalité, c’est l’isègoria, pas l’isonomia. »

Mogens H. Hansen, « La démocratie athénienne à l’époque de Démosthène », Les Belles Lettres 2003, p. 111.

Ils jugeaient même la liberté d’expression si consubstantielle à la démocratie qu’ils pouvaient utiliser les deux termes démocratie et isègoria indifféremment, comme s’ils étaient synonymes :

« Le mot iségoria, le droit pour tous de parler à l’assemblée, était quelquefois employé par les écrivains grecs comme un synonyme de « démocratie ». »

Moses I. Finley, « Démocratie antique et démocratie moderne », Payot 1972, p. 65.

 

Depuis cette lointaine époque athénienne, les plus grands penseurs ont continué à défendre la liberté de parole pour les citoyens dans le but précis de résister aux pouvoirs abusifs, quels qu’ils soient (même au pouvoir d’une majorité populaire devenue intolérante). Il est utile de garder vivante la mémoire de leurs luttes, et de méditer lentement ces pensées passées, car leurs arguments pourraient tous nous servir aujourd’hui.

Au premier reproche opposé au peuple pour lui refuser le droit à la parole libre, le reproche d’incompétence, nous avons (nous le peuple) compris depuis longtemps que cette incompétence était soigneusement entretenue :

« Les mêmes qui lui ont ôté les yeux reprochent au peuple d’être aveugle. »

John Milton (1608-1674).

Aristote déjà, il y a 2 500 ans, pensait la foule capable d’une intelligence collective supérieure à l’intelligence individuelle d’un prince :

« D’après ces (considérations) il semble manifeste qu’aucun de ces critères [vertu, richesse, naissance, liberté] n’est correct au nom desquels certains estiment convenable que ce soit eux qui gouvernent et que tous les autres leur soient soumis. Car même à ceux qui s’estiment dignes d’être souverains sur le gouvernement au nom de leur vertu, tout comme à ceux qui invoquent leur richesse, les masses pourraient opposer un argument juste : rien n’empêche à un certain moment la masse d’être meilleure que le petit nombre ni d’être plus riche (que lui), non pas chaque individu, mais l’ensemble des gens. »

Aristote (-384 – 322 av JC),, « Les politiques », III, 13, 1283-b, Folio p. 251.

Cette observation devrait conduire logiquement à protéger le droit de cette foule à s’exprimer librement.

Contre le reproche d’incompétence et d’inconstance, souvent opposé au peuple pour le faire taire, Machiavel a aussi écrit des pages étonnantes en l’honneur de l’intelligence collective populaire, sorte de « sagesse des foules » :

« Tite-Live et tous les autres historiens affirment qu’il n’est rien de plus changeant et de plus inconstant que la foule. […] Mais, quoi qu’il en soit, je ne pense ni ne penserai jamais que ce soit un tort que de défendre une opinion par le raisonnement, sans vouloir recourir ni à la force ni à l’autorité.

Je dis donc que ce défaut dont les écrivains accusent la foule, on peut en accuser tous les hommes personnellement, et notamment les princes. Car tout individu qui n’est pas soumis aux lois peut commettre les mêmes erreurs qu’une foule sans contraintes. […]

Car on doit les comparer [les princes sages] avec une foule réglée par les lois, comme ils le sont eux-mêmes. On trouvera alors en cette foule la même vertu que nous constatons chez les princes ; et l’on ne verra pas qu’elle domine avec orgueil, ni qu’elle serve avec bassesse. […]

Aussi ne faut-il pas accuser davantage la nature de la foule que celle des princes, car ils se trompent tous, quand ils peuvent sans crainte se tromper. […]

Je conclus donc contre l’opinion générale, qui prétend que les peuples, quand ils ont le pouvoir, sont changeants, inconstants et ingrats. Et j’affirme que ces défauts ne sont pas différents chez les peuples et chez les princes. Qui accuse les princes et les peuples conjointement peut dire la vérité ; mais, s’il en excepte les princes, il se trompe. Car un peuple qui gouverne et est bien réglementé est aussi constant, sage et reconnaissant, et même davantage, qu’un prince estimé pour sa sagesse. Et, d’autre part, un prince affranchi des lois est plus ingrat, changeant et dépourvu de sagesse qu’un peuple.

La différence de leurs conduites ne naît pas de la diversité de leur nature, parce qu’elle est identique chez tous — et, s’il y a une supériorité, c’est celle du peuple ; mais du plus ou moins de respect qu’ils ont pour les lois, sous lesquelles ils vivent l’un et l’autre. […]

Quant à la sagesse et à la constance, je dis qu’un peuple est plus sage, plus constant et plus avisé qu’un prince. Ce n’est pas sans raison que l’on compare la parole d’un peuple à celle de Dieu. Car on voit que l’opinion générale réussit merveilleusement dans ses pronostics ; de sorte qu’elle semble prévoir par une vertu occulte le bien et le mal qui l’attendent. Quant à son jugement, il arrive rarement, lorsqu’un peuple entend deux orateurs opposés et de force égale, qu’il ne choisisse pas le meilleur avis et qu’il ne soit pas capable de discerner la vérité qu’on lui dit. Si, dans les entreprises risquées ou qui lui semblent profitables, il se trompe, un prince se trompe aussi très souvent dans ses passions, qui sont beaucoup plus nombreuses que celles du peuple. […]

On voit en outre que les cités où le peuple gouverne font en très peu de temps des progrès inouïs : beaucoup plus grands que les cités qui ont toujours vécu sous un prince. […] Ceci ne peut provenir que du fait que le gouvernement des peuples est meilleur que celui des princes. »

Machiavel, « Discours sur la Première Décade de Tite-Live » (1531) Livre 1, Chapitre 58 « La foule est plus sage et plus constante qu’un prince ».

Là encore, si la foule est sage, on peut en déduire qu’il faut protéger sa liberté de parole.

Au 18e siècle, contre les élites de censeurs, Condorcet (1743-1794) a calculé sous forme probabiliste ce qui peut s’appeler « la sagesse des foules » :

« Nous nous souvenons du principe de Scott Page : « La diversité prime sur la compétence« , et si j’y reviens, c’est qu’il représente la condition d’une idée soutenant tout l’édifice de la démocratie délibérative : le théorème de Condorcet. Condorcet a fait et écrit des choses admirables. Il est probablement l’un de ceux, dans l’histoire de la pensée, qui a le premier tenté de modéliser les phénomènes sociaux. S’intéressant à la question des assemblées qui délibèrent, il a mis en relief le risque que certains choix collectifs deviennent intransitifs. Mais il a défendu aussi de façon précoce l’idée de la sagesse des foules en considérant, dans son célèbre « Essai sur l’application de l’analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix » (chapitre CLXXX), que si chaque votant a une probabilité de chance supérieure à 50 % de prendre une bonne décision, plus l’assemblée est importante, plus la probabilité est grande qu’une décision collective, prise à la majorité, tende vers une conclusion optimale et rationnelle.

Ce théorème central de la démocratie délibérative est exprimé d’une autre façon par Hélène Landemore (en 2010) : « Dans la mesure où la diversité cognitive est, jusqu’à un certain point, fonction du nombre de participants, la délibération au sein d’un groupe nombreux est, d’un point de vue épistémique, supérieure à la délibération au sein d’un petit groupe. »

Les erreurs des uns étant compensées par les erreurs des autres, comme dans le cas de l’expérimentation de Kate Gordon portant sur l’évaluation de la masse d’objets, on peut supposer que le nombre accroît les chances qu’une assemblée tende vers la sagesse.

Gérald Bronner, La démocratie des crédules (2013), évoquant le théorème de Condorcet, p 234.

La mauvaise image du peuple (qu’on peut donc faire taire) — comme la bonne image des princes (qui peuvent donc parler librement) — a été analysée très tôt par les plus grands esprits, qui ont repéré dans ces préjugés les effets de la parole libre, comme ceux de la parole asservie :

« Mais si l’on veut savoir d’où naît le préjugé défavorable au peuple, généralement répandu, c’est que tout le monde a la liberté d’en dire ouvertement le plus grand mal, même au moment où il domine ; au lieu que ce n’est qu’avec la plus grande circonspection et en tremblant qu’on parle mal des princes. »

Machiavel, « Discours sur la première décade de Tite-Live », publié en 1521, Livre Premier, chap LVIII.

Machiavel, dont on sait trop peu combien il défendait le peuple contre les princes, tenait déjà (au 16e siècle) à ce que chacun entende tous les points de vue afin de se former un jugement digne de ce nom — ce qui suppose que tous les points de vue soient librement exprimés :

« La manière la plus prompte de faire ouvrir les yeux à un peuple est de mettre individuellement chacun à même de juger par lui-même et en détail de l’objet qu’il n’avait jusque-là apprécié qu’en gros. »

Machiavel, « Discours sur la première décade de Tite-Live » (« Discorsi ») livre I, chap. 47.

Le même Machiavel soulignait l’intérêt cardinal des conflits entre dominants et dominés — et donc, logiquement, de leur liberté de parole — pour produire les meilleures lois. Ici, c’est Alain Supiot, juriste passionnant, qui le cite et le commente :

C’est à cette histoire romaine que Machiavel s’est référé pour affirmer que les bonnes lois sont celles qui s’enracinent dans l’expérience des conflits :
« Dans toute république, écrit-il, il y a deux partis : celui des grands et celui du peuple ; et toutes les lois favorables à la liberté ne naissent que de leur opposition […]. On ne peut […] qualifier de désordonnée une république [la République romaine] où l’on voit briller tant de vertus : c’est la bonne éducation qui les fait éclore, et celle-ci n’est due qu’à de bonnes lois ; les bonnes lois à leur tour sont le fruit de ces agitations que la plupart condamnent si inconsidérément.23 »

Ainsi que l’a montré Claude Lefort, Machiavel découvre ici une vérité scandaleuse : dans une cité libre, la loi n’est pas une œuvre de la froide raison, mais le fruit du heurt de deux désirs également illimités, le désir des Grands de toujours posséder davantage et celui du peuple de ne pas être opprimé. Aussi la loi n’est-elle jamais donnée une fois pour toute : elle demeure ouverte aux conflits qui toujours conduisent à la réformer.24

Alain Supiot, La gouvernance des nombres, p. 114.

23 Machiavel, « Discours sur la première décade de Tite-Live », I, 4, in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1952, p. 390.

24 Claude Lefort, « Le Travail de l’œuvre : Machiavel » [1972], Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1986, p. 472 et s.

Pour le faire taire, on a aussi reproché au peuple des paroles immodérées qui pourraient inciter à la haine et à la violence, et donc troubler l’ordre public. Mais là aussi, nous savons depuis longtemps que c’est un argument fallacieux, utilisé de mauvaise foi le plus souvent soit par les tyrans soit par ceux qui se savent illégitimes et incapables de prouver leurs propres thèses :

« Si l’on y fait attention, l’on trouvera qu’il ne peut point y avoir de livre vraiment dangereux. Qu’un écrivain vienne nous dire que l’on peut assassiner ou voler, on n’en assassinera et l’on n’en volera pas plus pour cela, parce que la loi dit le contraire. Il n’y a que lorsque la religion et le zèle diront d’assassiner ou de persécuter que l’on pourra le faire, parce qu’alors on assassine impunément ou de concert avec la loi, ou parce que dans l’esprit des hommes la religion est plus forte que la loi et doit être préférablement écoutée. Quand les prêtres excitent les passions des hommes, leurs déclamations ou leurs écrits sont dangereux parce qu’il n’existe plus de frein pour contenir les passions sacrées qu’ils ont excitées, et parce que les dévots n’examinent jamais ce que disent leurs guides spirituels.

Il n’y a que l’imposture et la mauvaise foi qui puissent craindre ou interdire l’examen. La discussion fournit de nouvelles lumières au sage, elle n’est affligeante que pour celui qui veut d’un ton superbe imposer ses opinions ou pour le fourbe qui connaît la faiblesse de ses preuves, ou pour celui qui a la conscience de la futilité de ses prétentions. L’esprit humain s’éclaire même par ses égarements, il s’enrichit des expériences qu’il a faites sans succès, elles lui apprennent au moins à chercher des routes nouvelles.

Haïr la discussion, c’est avouer qu’on veut tromper, qu’on doute soi-même de la bonté de sa cause, ou qu’on a trop d’orgueil pour revenir sur ses pas. »

Paul-Henri Thiry d’Holbach, « Essai sur les préjugés ; ou De l’influence des opinions sur les mœurs & sur le bonheur des hommes », 1770.

En fait, la censure voulue par les puissants contre leurs opposants est repérée depuis longtemps :

« La liberté de tout dire n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire. Quand il est permis de tout dire, la vérité parle d’elle-même et son triomphe est assuré. »

Jean-Paul Marat « Les Chaînes de l’esclavage », 1774.

Et la préférence affichée « pour la vérité et contre l’erreur », dans la bouche des dominants, n’est souvent qu’un prétexte :

« La vérité est le nom que les plus forts donnent à leur opinion. »

Alphonse Karr (1808-1890).

C’est une fonction littéralement vitale, pour une société démocratique, que celle de rester toujours vigilant et capable de lancer l’alarme quand les puissants abusent de leur puissance. Marat et les révolutionnaires de 1789 voyaient les journalistes comme des « sentinelles du peuple », de précieux lanceurs d’alerte, chargés d’entretenir la méfiance des citoyens et d’éclairer leur opinion :

« Pour rester libre, il faut être sans cesse en garde contre ceux qui gouvernent : rien de plus aisé que de perdre celui qui est sans défiance ; et la trop grande sécurité des peuples est toujours l’avant-coureur de leur servitude.

Mais comme une attention continuelle sur les affaires publiques est au-dessus de la portée de la multitude, trop occupée d’ailleurs de ses propres affaires, il importe qu’il y ait dans l’État des hommes qui tiennent sans cesse leurs yeux ouverts sur le cabinet, qui suivent les menées du gouvernement, qui dévoilent ses projets ambitieux, qui sonnent l’alarme aux approches de la tempête, qui réveillent la nation de sa léthargie, qui lui découvrent l’abîme qu’on creuse sous ses pas, et qui s’empressent de noter celui sur qui doit tomber l’indignation publique. Aussi, le plus grand malheur qui puisse arriver à un État libre, où le prince est puissant et entreprenant, c’est qu’il n’y ait ni discussions publiques, ni effervescence, ni partis.

Tout est perdu, quand le peuple devient de sang-froid, et que sans s’inquiéter de la conservation de ses droits, il ne prend plus de part aux affaires : au lieu qu’on voit la liberté sortir sans cesse des feux de la sédition. »

Jean-Paul Marat, « Les chaînes de l’esclavage » (1774).

Plus généralement, l’idée même, pour un homme ou un groupe,  d’imposer une pensée et une parole aux autres est illégitime et indéfendable :

« Si ceux qui font les lois ou ceux qui les appliquent étaient des êtres d’une intelligence supérieure à l’intelligence humaine, ils pourraient exercer cet empire sur les pensées ; mais s’ils ne sont que des hommes, s’il est absurde que la raison d’un homme soit, pour ainsi dire, souveraine de la raison de tous les autres hommes, toute loi pénale contre la manifestation des opinions n’est qu’une absurdité. »

Maximilien Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, prononcé à la Sté des Amis de la Constitution, le 11 mai 1791.

La qualité même des pouvoirs dépend de leur exposition (ou pas) à la libre critique des personnes soumises à leur autorité :

« Tout pouvoir est méchant dès qu’on le laisse faire ; tout pouvoir est sage dès qu’il se sent jugé. »

Émile Chartier dit « Alain », « Propos », 25 janvier 1930.

Nos libertés publiques dépendent donc aussi de l’exposition des pouvoirs à la libre critique :

« La liberté réelle suppose une organisation constamment dirigée contre le pouvoir. La liberté meurt si elle n’agit point. »

Alain (Émile Chartier), « Mars ou la guerre jugée » (1936), page 122.

Au 18e siècle, on attendait du pouvoir législatif qu’il protège le peuple contre les abus du pouvoir exécutif :

« La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l’oppression de ceux qui gouvernent. »

DDHC, Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen du 24 juin 1793, article 9.

Mais l’expérience éternelle montre que des législateurs corrompus peuvent empêcher les opposants de s’exprimer en votant des lois de censure, lois scélérates. C’est ce type de lois illégitimes que le 1er amendement a voulu interdire définitivement au Parlement américain :

« Le Parlement n’adoptera aucune loi pour limiter la liberté d’expression, de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement ou d’adresser au Gouvernement des pétitions pour obtenir réparations des torts subis. »

Premier amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique, Bill of Rights ratifié en 1791.

L’isègoria des Grecs est donc restée une idée bien vivante à travers les siècles, comme rempart contre les pouvoirs abusifs. Au 17e, au 18e, au 19e comme au 20e siècle, la liberté de parole, c’est presque la liberté tout court, et c’est une vieille grande idée de protéger le peuple contre ses représentants en les empêchant de jamais museler les représentés.

Ainsi, pour Machiavel, il faut que tous les pouvoirs institués aient peur de quelque chose :

« Le peuple, quand il fait des magistrats, doit les créer de manière qu’ils aient lieu d’appréhender, s’ils venaient à abuser de leur pouvoir. »

Nicolas Machiavel, « Discours sur la première décade de Tite-Live », livre 1, chap. 41.

Alors que ces pouvoirs, précisément, cherchent toujours, évidemment, à n’avoir peur de rien de sérieux, à commencer par la parole libre de leurs opposants :

« Il y en a pour qui la liberté d’expression c’est la liberté de penser comme eux.

Priver un homme des moyens que la nature et l’art ont mis en son pouvoir de communiquer ses sentiments et ses idées, pour empêcher qu’il n’en fasse un mauvais usage, ou bien enchaîner sa langue de peur qu’il ne calomnie, ou lier ses bras de peur qu’il ne les tourne contre ses semblables, tout le monde voit que ce sont là des absurdités du même genre, que cette méthode est tout simplement le secret du despotisme qui, pour rendre les hommes sages et paisibles, ne connaît pas de meilleur moyens que d’en faire des instruments passifs ou de vils automates. »

Robespierre, « Discours sur la liberté de la presse », prononcé à la Société des Amis de la Constitution le 11 mai 1791, et utilisé devant l’Assemblée Nationale le 22 août 1791.

 

« Les despotes eux-mêmes ne nient pas que la liberté ne soit excellente ; seulement ils ne la veulent que pour eux-mêmes, et ils soutiennent que tous les autres en sont tout à fait indignes. »

Alexis de Tocqueville, « L’Ancien Régime et la Révolution », 1866 [décrivant honnêtement le fond de l’idéologie esclavagiste dite libérale].

 

« La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d’un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. Non pas par fanatisme de la « justice », mais parce que tout ce qu’il y a d’instructif, de salutaire et de purifiant dans la liberté politique tient à cela et perd de son efficacité quand la « liberté » devient un privilège. »

Rosa Luxembourg, « La révolution russe », 1918.

Et même plus encore dans un gouvernement représentatif que dans une démocratie véritable, la totale liberté de parole est absolument essentielle, fondamentale, vitale :

« Sous le gouvernement représentatif, surtout, c’est-à-dire, quand ce n’est point le peuple qui fait les lois, mais un corps de représentants, l’exercice de ce droit sacré [la libre communication des pensées entre les citoyens] est la seule sauvegarde du peuple contre le fléau de l’oligarchie. Comme il est dans la nature des choses que les représentants peuvent mettre leur volonté particulière à la place de la volonté générale, il est nécessaire que la voix de l’opinion publique retentisse sans cesse autour d’eux, pour balancer la puissance de l’intérêt personnel et les passions individuelles ; pour leur rappeler, et le but de leur mission et le principe de leur autorité.

Là, plus qu’ailleurs, la liberté de la presse est le seul frein de l’ambition, le seul moyen de ramener le législateur à la règle unique de la législation. Si vous l’enchaînez, les représentants, déjà supérieurs à toute autorité, délivrés encore de la voix importune de ces censeurs, éternellement caressés par l’intérêt et par l’adulation, deviennent les propriétaires ou les usufruitiers paisibles de la fortune et des droits de la nation ; l’ombre même de la souveraineté disparaît, il ne reste que la plus cruelle, la plus indestructible de toutes les tyrannies ; c’est alors qu’il est au moins difficile de contester la vérité de l’anathème foudroyant de Jean-Jacques Rousseau contre le gouvernement représentatif absolu. »

Robespierre, Le Défenseur de la Constitution, n° 5, 17 juin 1792.

Je trouve que ces pensées de Robespierre sont d’une actualité parfaite pour nous aider à penser la tyrannie qui vient aujourd’hui, et nous devrions les faire lire — et même méditer — par nos enfants, pour qu’ils soient bien conscients en profondeur de ces conditions vitales de leur propre liberté.

Je fais remarquer que la liberté d’acheter un média abandonne littéralement les principaux médias aux plus riches : la liberté de la presse est comme assassinée par un législateur qui consent à ce que les médias soient achetés comme on achète une marchandise : cette licence a permis en France à neuf milliardaires de contrôler finalement toute la presse du pays France, ce qui leur permet de ne publier que les « oppositions contrôlées » (© Orwell, 1984) et de faire silence sur toute les oppositions réelles, non contrôlées. Cette appropriation est criminelle. La liberté de la presse bien conçue, pour éclairer correctement l’opinion, devrait rendre inaliénables, indépendants à la fois des puissances politiques et des puissances économiques, tous les médias importants : les journaux, les radios et les télévisions, bien sûr, mais aussi les agences de presse, les instituts de sondages et les instituts statistiques.

Les partisans de l’ordre, qui acceptent la censure pour être paisible, devraient comprendre qu’il est déraisonnable de vouloir à la fois la liberté et la tranquillité :

« Demander, dans un État libre, des gens hardis dans la guerre et timides dans la paix, c’est vouloir des choses impossibles, et, pour règle générale, toutes les fois qu’on verra tout le monde tranquille dans un État qui se donne le nom de république, on peut être assuré que la liberté n’y est pas. »

Montesquieu, « Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence », 1721, Chapitre IX Deux causes de la perte de Rome, p. 51.

En fait, tout le monde, même le tyran du moment, a intérêt, un jour ou l’autre, à la liberté d’expression sans réserves, car nul ne peut être certain de rester toujours à l’abri des censures qu’il désire pour les autres :

« Celui qui veut conserver sa liberté doit protéger même ses ennemis de l’oppression ; car s’il ne s’y astreint pas il créera ainsi un précédent qui l’atteindra un jour. »

Thomas Paine (1737-1809).

D’autant plus que, au fond, la censure ne fonctionne pas : elle fait des censurés des martyrs et elle les aide même à se faire connaître, sous le manteau. Seule la libre controverse permet d’affaiblir vraiment les oppositions mal fondées :

« L’autorité ne doit jamais proscrire une religion, même quand elle la croit dangereuse. […] Le seul moyen d’affaiblir une opinion, c’est d’établir le libre examen. Or, qui dit libre examen dit éloignement de toute espèce d’autorité, absence de toute convention collective : l’examen est essentiellement individuel. »

Benjamin Constant, « Cours de politique constitutionnelle » (1861).

C’est quelquefois la population elle-même qui fixe des interdits à la parole, tantôt par intolérance, tantôt par lâcheté. Tocqueville, penseur « libéral » (entre guillemets parce que les « libéraux » sont souvent libéraux pour eux et esclavagistes pour les autres, prêts à enfermer leurs opposants — le sujet d’étude du voyage en Amérique de Tocqueville était… le système carcéral, enjeu majeur pour les « libéraux »), redoutait le risque de censure par la majorité :

« En Amérique, la majorité trace un cercle formidable autour de la pensée. Au-dedans de ces limites, l’écrivain est libre ; mais malheur à lui s’il ose en sortir. Ce n’est pas qu’il ait à craindre un autodafé, mais il est en butte à des dégoûts de tous genres et à des persécutions de tous les jours. La carrière politique lui est fermée : il a offensé la seule puissance qui ait la faculté de l’ouvrir. On lui refuse tout, jusqu’à la gloire. Avant de publier ses opinions, il croyait avoir des partisans ; il lui semble qu’il n’en a plus, maintenant qu’il s’est découvert à tous ; car ceux qui le blâment s’expriment hautement, et ceux qui pensent comme lui, sans avoir son courage, se taisent et s’éloignent.

Il cède, il plie enfin sous l’effort de chaque jour, et rentre dans le silence, comme s’il éprouvait des remords d’avoir dit vrai. »

Alexis de Tocqueville, « De la démocratie en Amérique », tome 1, 1835 – 2ème partie – Chapitre 7 Du pouvoir qu’exerce la majorité en Amérique sur la pensée.

Mais la population elle-même, comme les pouvoirs, n’est pas légitime à imposer une parole ou une autre à qui que ce soit. Ici, c’est Mill qui le clame :

« Un législatif ou un exécutif dont les intérêts ne seraient pas identifiés à ceux du peuple n’est pas autorisé à lui prescrire des opinions ni à déterminer pour lui les doctrines et les arguments à entendre. []

Supposons donc que le gouvernement ne fasse qu’un avec le peuple et ne songe jamais à exercer aucun pouvoir de coercition, à moins d’être en accord avec ce qu’il estime être la voix du peuple. Mais je refuse au peuple le droit d’exercer une telle coercition, que ce soit de lui-même ou par l’intermédiaire de son gouvernement, car ce pouvoir est illégitime. Le meilleur gouvernement n’y a pas davantage de droit que le pire : un tel pouvoir est aussi nuisible, si ce n’est plus, lorsqu’il s’exerce en accord avec l’opinion publique qu’en opposition avec elle. »

John Stuart Mill – De la liberté de pensée et de discussion (1859)

Christopher Lasch a bien analysé certains ressorts intellectuels qui conduisent les populations à devenir progressivement intolérantes et à redouter les controverses :

« Ces développements jettent une lumière supplémentaire sur le déclin du débat démocratique. « La diversité » — slogan qui semble séduisant à première vue — en est arrivée à signifier le contraire de ce qu’elle semble vouloir dire. Dans la pratique, la diversité sert à légitimer un nouveau dogmatisme, dans lequel des minorités rivales s’abritent derrière un ensemble de croyances qui échappe à la discussion rationnelle. La ségrégation physique de la population dans des ghettos racialement homogènes et refermés sur eux-mêmes a pour pendant la balkanisation de l’opinion. Chaque groupe essaye de se claquemurer derrière ses propres dogmes. Nous sommes devenus une nation de minorités ; il ne manque que leur reconnaissance officielle en tant que telles pour achever le processus.

Cette parodie de « communauté » — terme fort à la mode mais qui n’est pas très bien compris — charrie avec elle le postulat insidieux selon lequel on peut attendre de tous les membres d’un groupe donné qu’ils pensent de la même manière. L’opinion devient ainsi fonction de l’identité raciale ou ethnique, du sexe ou de la préférence sexuelle. Des « porte-parole » auto-désignés de la minorité appliquent ce conformisme en frappant d’ostracisme ceux qui dévient de la ligne du parti — par exemple ces noirs qui « pensent blanc ». Combien de temps encore l’esprit de libre examen et de débat ouvert peut-il survivre dans de telles conditions ? »

Christopher Lasch, « La révolte des élites », 1996.

Chomsky a souvent décrit les façons insidieuses, indirectes, par la bande, de censurer sans que ça se voie :

« La façon la plus intelligente de maintenir la passivité des gens, c’est de limiter strictement l’éventail des opinions acceptables, mais en permettant un débat vif à l’intérieur de cet éventail et même d’encourager des opinions plus critiques et dissidentes. Cela donne aux gens l’impression d’être libres de leurs pensées, alors qu’en fait, à tout instant, les présuppositions du système sont renforcées par les limites posées au débat. »

Noam Chomsky, « Le bien commun », 1998.

À propos de façons insidieuses de censurer les opinions dissidentes, il faut connaître la technique utilisée par les puissants au 20e siècle pour dépolitiser progressivement les choix de société les plus importants. C’est Alain Supiot (dans ses formidables conférences au Collège de France sur la Gouvernance par les nombres et sur le Retour des liens d’allégeance de type féodal) qui m’a rendu sensible cette ruse décisive (que les citoyens devraient bien connaître et faire connaître) : le prétendu « Prix Nobel d’économie » est en fait un prix décerné par la Banque de Suède ( !) « en l’honneur d’Alfred Nobel » ; c’est donc en fait un Grand-prix-des-usuriers (des banquiers) ; ce faux « Prix Nobel » sert à enraciner dans l’opinion publique l’affirmation (fausse) que « l’économie est une science ». Or, les sciences ne sont pas délibérées au Parlement, on ne soumet pas les lois de la gravitation au suffrage universel ; ce qui relève des sciences est soustrait au champ politique. Ainsi, en parlant de « sciences économiques » plutôt que d’« économie politique », on fait taire les penseurs hétérodoxes qui auraient bien des propositions alternatives aux lois cruelles des usuriers. C’est une forme de censure diaboliquement astucieuse.

Supiot souligne aussi l’étonnant parallèle qu’on peut observer entre le scientisme de l’URSS, le scientisme des nazis, et le scientisme de… l’Union européenne ! Dans tous ces cas, les puissants mettent le débat démocratique hors-jeu au prétexte qu’il s’agit de sciences, qu’on vise l’efficacité et qu’ « il n’y a pas d’alternative » (TINA). L’économie politique se transforme ainsi en religion, avec des dogmes rigides, incohérents et mystérieux, des rites, des prêtres cruels, des excommunications, des sacrifices, etc. Le scientisme est une façon moderne, détournée mais très efficace, de priver les citoyens de leur droit de parole.

Parmi ses innombrables vertus, la liberté d’expression permet de dissiper les mystères entretenus par les puissants pour fonder frauduleusement leur domination :

« Tout gouvernement a besoin d’effrayer sa population et une façon de le faire est d’envelopper son fonctionnement de mystère. C’est la manière traditionnelle de couvrir et de protéger le pouvoir : on le rend mystérieux et secret, au-dessus de la personne ordinaire. Sinon, pourquoi les gens l’accepteraient-ils ? »

Noam Chomsky, « Comprendre le pouvoir, premier mouvement », 1993.

C’est pourquoi, pour les dominants, il est extrêmement important de décourager les opposants politiques de parler librement :

« On sait, en effet, que la propagande totalitaire n’a pas besoin de convaincre pour réussir et même que ce n’est pas là son but. Le but de la propagande est de produire le découragement des esprits, de persuader chacun de son impuissance à rétablir la vérité autour de soi et de l’inutilité de toute tentative de s’opposer à la diffusion du mensonge. Le but de la propagande est d’obtenir des individus qu’ils renoncent à la contredire, qu’ils n’y songent même plus.

Cet intéressant résultat, l’abasourdissement médiatique l’obtient très naturellement par le moyen de ses mensonges incohérents, péremptoires et changeants, de ses révélations fracassantes et sans suite, de sa confusion bruyante de tous les instants.

Cependant, si chacun, là où il se trouve, avec ses moyens et en temps utile, s’appliquait à faire valoir les droits de la vérité en dénonçant ce qu’il sait être une falsification, sans doute l’air du temps serait-il un peu plus respirable. »

Encyclopédie des Nuisances, George Orwell devant ses calomniateurs, Quelques observations.

Les pires tyrans l’écrivent eux-mêmes clairement, ils savent très bien qu’il est vital pour leur domination que les dissidents dénonçant leurs mensonges soient bâillonnés :

« Si vous proférez un mensonge assez gros et continuez à le répéter, les gens finiront par le croire. Le mensonge ne peut être maintenu que le temps que l’État puisse protéger les gens des conséquences politiques, économiques et/ou militaires du mensonge. Il devient donc d’une importance vitale pour l’État d’utiliser tous ses pouvoirs pour réprimer la dissidence, car la vérité est l’ennemi mortel du mensonge, et donc par extension, la vérité est le plus grand ennemi de l’État. »

Phrases attribuées à Joseph Goebbels, Ministre à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous le Troisième Reich de 1933 à 1945.

Et ceux qui procèdent à la censure des libres penseurs sont toujours des complices du pouvoir :

« Les gouvernements protègent et récompensent les hommes à proportion de la part qu’ils prennent à l’organisation du mensonge. »

Léon Tolstoï, « L’esclavage moderne », 1900.

C’est notre humaine vulnérabilité aux bobards qui rend efficaces et utiles les mensonges des gouvernants — et c’est elle aussi qui rend si nécessaire la liberté générale et absolue de dénoncer les mensonges pour détromper les citoyens :

« Abusés par les mots, les hommes n’ont pas horreur des choses les plus infâmes, décorées de beaux noms ; et ils ont horreur des choses les plus louables, décriées par des noms odieux. Aussi l’artifice ordinaire des cabinets est-il d’égarer les peuples en pervertissant le sens des mots ; et souvent des hommes de lettres avilis ont l’infamie de se charger de ce coupable emploi.

En fait de politique, quelques vains sons mènent le stupide vulgaire, j’allais dire le monde entier. Jamais aux choses leurs vrais noms. Les princes, leurs ministres, leurs agents, leurs flatteurs, leurs valets, appellent art de régner celui d’épuiser les peuples, de faire de sottes entreprises, d’afficher un faste scandaleux, et de répandre partout la terreur ; politique, l’art honteux de tromper les hommes ; gouvernement, la domination lâche et tyrannique ; prérogatives de la couronne, les droits usurpés sur la souveraineté des peuples ; puissance royale, le pouvoir absolu ; magnificence, d’odieuses prodigalités ; soumission, la servitude ; loyauté, la prostitution aux ordres arbitraires ; rébellion, la fidélité aux lois ; révolte, la résistance à l’oppression ; discours séditieux, la réclamation des droits de l’homme ; faction, le corps des citoyens réunis pour défendre leurs droits ; crimes de lèse-majesté, les mesures prises pour s’opposer à la tyrannie ; charges de l’état, les dilapidations de la cour et du cabinet ; contributions publiques, les exactions ; guerre et conquête, le brigandage  à la tête d’une armée, art de négocier, l’hypocrisie, l’astuce, le manque de foi, la perfidie et les trahisons ; coups d’État, les outrages, les meurtres et les empoisonnements ; officiers du prince, ses satellites ; observateurs, ses espions ; fidèles sujets, les suppôts du despotisme ; mesure de sûreté, les recherches inquisitoriales ; punition des séditieux, le massacre des ennemis de la liberté. Voilà comment ils parviennent à détruire l’horreur qu’inspire l’image nue des forfaits et de la tyrannie. »

Jean-Paul Marat, « Les chaînes de l’esclavage » (1774), « 53 – Dénaturer les noms des chose ».

Et une longue pratique des mensonges endurcis — pas contredits à temps — rend difficile l’acceptation de la vérité :

« Les vieux mensonges ont plus d’amis que les nouvelles vérités. Quand un tissu de mensonges bien emballé a été vendu progressivement aux masses pendant des générations, la vérité paraîtra complètement absurde et son représentant un fou furieux. »

Pensée attribuée à « Dresde James ».

 

« En des temps de supercherie, dire la vérité est un acte révolutionnaire. » Orwell.

Souvent, c’est la parole la plus subversive et la plus légitime qui fait l’objet d’une censure ; au point qu’on peut être tenté de voir la censure d’une pensée comme un indicateur de pensée-utile-au-bien-commun, comme une preuve, une légion d’honneur, de résistance digne de nom :

« Il y a la question de savoir quelle information est importante pour le monde, quel type d’information peut permettre le changement. Et il y a une grande quantité d’information. Alors, l’information que les organisations font un effort économique pour cacher, c’est vraiment un bon signal que, quand l’information sort, il y ait un espoir que ça fasse du bien. Parce que les organisations qui la connaissent le mieux, qui la connaissent de l’intérieur, travaillent à la dissimuler. Et c’est ce que nous avons découvert par la pratique. Et c’est là l’histoire du journalisme. »

Julian Assange, entretien pour Ted, 2010.

Quand on parle de liberté d’expression en 2020, on ne peut pas ne pas évoquer le scandale du traitement de Julian Assange. Julian a utilisé son immense maîtrise en informatique pour offrir à tous les journalistes du monde WikiLeaks, un outil (inédit dans l’histoire des hommes) permettant à n’importe qui de dénoncer un complot, un mensonge ou un crime sans jamais rien craindre des censeurs, en garantissant aux lanceurs d’alerte le plus inviolable anonymat, et en offrant aux peuples du monde la totalité de l’information brute en accès direct.

WikiLeaks est un cauchemar pour tous les censeurs du monde.

Eh bien, pour avoir ainsi permis de dénoncer impunément des crimes d’État (et toutes sortes de mensonges crapuleux d’élus et de responsables de tout poil), dénonciation publique qui est la fonction première des journalistes, pour ce service rendu à l’humanité, Julian Assange est carrément torturé en prison depuis dix ans sans jugement et sans pouvoir se défendre, suivant une simulacre de justice digne des procès staliniens, avec la complicité de tous les gouvernements et de tous les « journalistes » mainstream du monde (tous vendus à quelques milliardaires), qui entretiennent un silence de mort sur son supplice au lieu de le défendre bec et ongles, si bien que, aujourd’hui encore, la plupart des citoyens ignorent tout des crimes commis par leurs représentants contre leur meilleur ami.

Julian est un héros mondial, il incarne à la fois le journalisme (le vrai), la liberté d’expression (la vraie), et la cruauté arbitraire impunie des pouvoirs pour censurer leurs vrais opposants.

Les tyrans n’acceptent que les « oppositions contrôlées » (© 1984, Orwell), c’est-à-dire les opposions dont ils n’ont rien à craindre. Avec le cas Assange, on voit bien que la censure est toujours là, terrible, contre les opposants dignes de ce nom.

La liberté d’Assange, c’est notre liberté. Le combat d’Assange, ce devrait être le nôtre : l’isègoria n’est pas un concept théorique antique pour le plaisir de penser, c’est une exigence pratique moderne pour garantir les libertés. Le martyr d’Assange, c’est notre propre avenir, cauchemardesque, si nous n’arrivons pas à le sortir des griffes des tyrans. Julian n’a que nous, les simples citoyens, pour le défendre. En fait, la liberté d’expression elle-même n’a que nous, les simples citoyens, pour la défendre.

Liberté d’expression garantie ou pas par la puissance publique, les humains fiers de leur libre-arbitre s’appellent des « libres penseurs ». Leur rôle est essentiel dans la préservation des libertés publiques. Comme on vient de le dire à propos d’Assange, c’est à chacun d’entre nous de résister à la censure, courageusement, et de rester des libres penseurs envers et contre tout. Jean Bricmont, à ce sujet, de mon point de vue, est exemplaire :

« À chaque époque, il existe des libres penseurs, c’est-à-dire des gens qui n’appartiennent à aucune secte, n’adhèrent à aucune religion, s’intéressent aux faits avant de parler de valeurs, jugent de la vérité d’une opinion indépendamment de la personne qui l’énonce, écoutent différents points de vue, hésitent, doutent et discutent avec tout le monde. Ils pensent que chacun a le droit d’exprimer son opinion.

En face d’eux, il y a les fanatiques, les cléricaux, les obscurantistes, qui font exactement le contraire. Ils tiennent à jour leurs fiches, surveillent qui parle avec qui et lancent des campagnes de haine et de diffamation contre les libres penseurs. Ils censurent tout ce qu’ils peuvent. Ils croient incarner la lutte du Bien contre le Mal.

Malheureusement, de nos jours, les fanatiques, les cléricaux et les obscurantistes ne parlent que de démocratie et de droits de l’homme, de lutte contre la haine, l’extrême-droite, le racisme et l’antisémitisme.

Cela a pour effet d’égarer un certain nombre d’esprits faibles qui se pensent comme étant de gauche tout en n’étant que des victimes de l’illusion consistant à croire que l’on appartient au camp du Bien, et qui se privent et tentent de priver les autres des ressources de l’esprit critique. »

Jean Bricmont, juin 2016.

Souvent, nous restons silencieux devant le mensonge public, comme le feraient des complices, par peur de nous lever seul contre la doxa et de nous voir sévèrement punis. D’où l’importance politique des plus courageux : par la vertu de l’exemple et par la force d’entraînement du précédent, les libres penseurs  facilitent la mobilisation générale à venir :

Une personne affirmant la vérité en public
peut libérer les gens de la pensée du groupe.

En fait, le combat entre la vérité et l’autorité est éternel :

« Tout homme qui fera profession de chercher la vérité et de la dire sera toujours odieux à celui qui exercera l’autorité. »

Condorcet (Mémoire sur l’instruction publique, 1791).

Et finalement, c’est une vieille idée que, de toutes les libertés, celle de s’exprimer est la première :

« Qu’on me donne la liberté de connaître, de m’exprimer et de disputer librement, selon ma conscience, avant toute autre liberté. »

John Milton, « Pour la liberté d’imprimer sans autorisation ni censure », 1644.

 

Mais il y a une deuxième raison de défendre une liberté d’expression absolue, plus importante encore que la résistance aux abus de pouvoir : la définition du bien commun, définition politique, toujours en mouvement et en débat, a besoin des libres controverses pour repérer les croyances erronées et pour que chacun puisse progresser dans la perception de la vérité :

 

  1. Protéger la démocratie contre l’erreur : permettre aux citoyens d’identifier correctement le bien commun, de vouloir les bonnes décisions publiques :

Toute société est traversée par une infinité d’intérêts contraires et antagonistes, parmi lesquels il faut arbitrer, sans commettre ni erreurs ni injustices. La démocratie est un régime politique qui suppose que ces arbitrages, ces choix communs, soient loyalement et méthodiquement débattus par les personnes concernées elles-mêmes.

L’importance de la controverse publique dans la recherche de la vérité a été identifiée par les plus grands penseurs connus depuis la nuit des temps. Sur cette deuxième idée — défendre la liberté d’expression pour éviter les erreurs et déjouer les tromperies —, on peut, comme dans la première partie, s’appuyer sur des traces des temps passés pour nous aider à penser aujourd’hui la vérité et la censure des erreurs/mensonges.

Déjà au 4e siècle avant JC, Aristote défendait à sa manière l’intelligence collective :

« La délibération sera, en effet, meilleure si tous délibèrent en commun, le peuple avec les notables, ceux-ci avec la masse. »

Aristote (-384 – 322 av JC), « Les Politiques » IV, 14, 1298-b, p. 325.

Mais l’occident n’a pas été seul à repérer la qualité des décisions prises ensemble :

« Au Japon, au début du 7e siècle, le prince bouddhiste Shokoto […] fut aussi l’initiateur d’une constitution relativement libérale ou KEMPO, appelée la « constitution des 17 articles », en 604 après JC. Tout à fait dans l’esprit de la Grande Charte (Magna Carta) signée six siècles plus tard en Angleterre, elle insistait sur le fait que les décisions relatives à des sujets d’importance ne devaient pas être prises par un seul. Elles devaient être discutées par plusieurs personnes.

Cette constitution donnait aussi le conseil suivant : « ne soyons pas portés à l’esprit de ressentiment lorsque les opinions d’autrui diffèrent des nôtres. Car tout homme a un cœur, et tout cœur a ses propres inclinations. Ce qui est juste pour les uns est faux pour les autres, et inversement. »

Amartya Sen, « La démocratie des autres », 2005, page 32.

John Stuart Mill, grande référence du libéralisme, identifie la liberté complète de contredire n’importe quelle thèse à la meilleure assurance de ne pas se tromper :

« Il existe une différence extrême entre présumer vraie une opinion qui a survécu à toutes les réfutations et présumer sa vérité afin de ne pas en permettre la réfutation. La liberté complète de contredire et de réfuter notre opinion est la condition même qui nous permet de présumer sa vérité en vue d’agir : c’est là la seule façon rationnelle donnée à un être doué de facultés humaines de s’assurer qu’il est dans le vrai. »

John Stuart Mill, « De la liberté de pensée et de discussion », 1859, chapitre 2.

Christopher Hill est un immense historien anglais, un de ceux qui tâchent de penser l’histoire vue depuis le peuple, comme Howard Zinn, Henri Guillemin, Gérard Noirel, Michelle Zancarini-Fournel ou Jacques Pauwels. Selon cet homme, dont les livres sont si importants pour nous désintoxiquer des mensonges des historiens officiels, il n’y a pas de vérité sacrée, et nous devons tous lutter pour préserver notre droit supérieur à toujours chercher nos erreurs parmi nos actuelles croyances :

« Ce qu’il faut sauvegarder avant tout, ce qui est le bien inestimable conquis par l’homme à travers tous les préjugés, toutes les souffrances et tous les combats, c’est cette idée qu’il n’y a pas de vérité sacrée, c’est-à-dire interdite à la pleine investigation de l’homme ; c’est ce qu’il y a de plus grand dans le monde, c’est la liberté souveraine de l’esprit ; c’est qu’aucune puissance ou intérieure ou extérieure, aucun pouvoir, aucun dogme ne doit limiter le perpétuel effort et la perpétuelle recherche de la race humaine […] ; c’est que toute vérité qui ne vient pas de nous est un mensonge. »

Christopher Hill, « 1640 : la révolution anglaise » (1940).

Montaigne, au 16e siècle déjà, aime à être franchement contredit, au nom de la recherche commune de la vérité. Je lis cette recherche systématique de la contradiction comme un appel à n’en faire taire aucune. Notre quête de vérité devrait nous conduire à craindre toute forme de censure. Je recommande la lecture des Essais dans la traduction de Lanly, en français moderne. Montaigne est un ami pour la vie, il nous aide tous à penser.

« Quand on me contredit, on éveille mon attention, mais non ma colère : je m’avance vers celui qui me contredit, qui m’instruit. La cause de la vérité devrait être la cause commune de l’un et de l’autre. […]

Je fais fête à la vérité et je la chéris en quelque main que je la trouve et je me livre à elle et lui tends mes armes vaincues d’aussi loin que je la vois approcher. Et, pourvu qu’on n’y procède pas avec l’air trop impérieux d’un maître d’école, je prête l’épaule aux reproches que l’on fait sur mes écrits ; je les ai même souvent modifiés plus pour une raison de civilité que pour une raison d’amélioration, car j’aime à favoriser et à encourager la liberté de ceux qui me font des critiques par ma facilité à céder, même à mes dépens.

Toutefois il est assurément difficile d’attirer à cela les hommes de mon temps : ils n’ont pas le courage de critiquer les autres parce qu’ils n’ont pas le courage de supporter de l’être, et ils parlent toujours avec dissimulation en présence les uns des autres. Je prends un si grand plaisir à être jugé et connu qu’il m’est pour ainsi dire indifférent que ce soit de l’une ou de l’autre des deux façons. Ma pensée se contredit elle-même si souvent, et se condamne, qu’il revient au même pour moi qu’un autre le fasse, vu principalement que je ne donne à sa critique que l’importance que je veux. »

Montaigne (1533-1592), « Essais », livre 3, chap. 8 « Sur l’art de la conversation ». p 1119.

En censurant les pensées qu’il faudrait combattre, on prive le citoyen d’entraînement à apprendre seul :

« L’exercice le plus fructueux et le plus naturel de notre esprit, c’est, à mon avis, la conversation. J’en trouve l’usage plus doux que celui d’aucune autre action de notre vie, et c’est la raison pour laquelle, si j’étais à cette heure forcé de choisir, je consentirais plutôt, je crois, à perdre la vue que l’ouïe ou la parole.

La conversation apprend et exerce en même temps. Si je discute avec un esprit vigoureux et un rude jouteur, il me presse les flancs, il m’éperonne à droite à gauche, ses idées stimulent les miennes. La rivalité, la recherche d’une certaine gloire, la lutte me poussent et m’élèvent au-dessus de moi-même, tandis que l’accord est une chose tout à fait ennuyeuse dans la conversation. »

Montaigne (1533-1592), « Essais », livre 3, chap. 8 « Sur l’art de la conversation ».

 

« Les contradictions des jugements, donc, ne me blessent ni ne m’émeuvent : elles m’éveillent seulement et me mettent en action.

Nous n’aimons pas la rectification de nos opinions ; il faudrait au contraire s’y prêter et s’y offrir, notamment quand elle vient sous forme de conversation, non de leçon magistrale.

À chaque opposition, on ne regarde pas si elle est juste, mais, à tort ou à raison, comment on s’en débarrassera. Au lieu de lui tendre les bras, nous lui tendons les griffes. Je supporterais d’être rudoyé par mes amis : « Tu es un sot, tu rêves. » J’aime qu’entre hommes de bonne compagnie on s’exprime à cœur ouvert, que les mots aillent où va la pensée.

Il faut fortifier notre ouïe et la durcir contre cette mollesse du son conventionnel des paroles. […] La conversation n’est pas assez vigoureuse et noble si elle n’est pas querelleuse, si elle est civilisée et étudiée, si elle craint le choc et si elle a des allures contraintes. »

Montaigne (1533-1592), « Essais », livre 3, chap. 8 « Sur l’art de la conversation ». p 1118.

 

« Nous n’apprenons à discuter que pour contredire, et, chacun contredisant et étant contredit, il en résulte que tout le profit de la discussion, c’est de ruiner et anéantir la vérité. »

Montaigne (1533-1592), « Essais », livre 3, chap. 8 « Sur l’art de la conversation ». p 1121.

Des siècles après Montaigne, on continue à défendre l’humble recherche de la vérité contre les combats de coqs cherchant toujours à avoir raison contre tout le monde :

« Si nous étions fondamentalement honnêtes, nous ne chercherions rien d’autre, en tout débat, qu’à faire sortir la vérité de son puits, en nous souciant peu de savoir si telle vérité apparaît finalement conforme à la première opinion que nous ayons soutenue ou à celle de l’autre ; ce qui serait indifférent, ou du moins d’importance tout à fait secondaire. »

Schopenhauer, « L’art d’avoir toujours raison », 1830, introduction.

Pour Rousseau, au 18e siècle, les règles de la vie en société et de la politesse (qui sont assurément une forme intime de censure) forment comme un moule, un carcan qui nous empêche de parler librement, ce qui nous empêche tous de savoir ce que pensent vraiment les autres :

« Aujourd’hui que des recherches plus subtiles et un goût plus fin ont réduit l’art de plaire en principes, il règne dans nos mœurs une vile et trompeuse uniformité, et tous les esprits semblent avoir été jetés dans un même moule : sans cesse la politesse exige, la bienséance ordonne : sans cesse on suit des usages, jamais son propre génie. On n’ose plus paraître ce qu’on est  ; et dans cette contrainte perpétuelle, les hommes qui forment ce troupeau qu’on appelle société, placés dans les mêmes circonstances, feront tous les mêmes choses si des motifs plus puissants ne les en détournent. On ne saura donc jamais bien à qui l’on a affaire. »

Jean-Jacques Rousseau, « Discours sur les sciences et les arts » (1750).

Même Blanqui, « l’Enfermé », au 19e siècle, vantait la tolérance mutuelle entre adversaires :

« Proudhoniens et communistes sont également ridicules dans leurs diatribes réciproques et ils ne comprennent pas l’utilité immense de la diversité dans les doctrines. Chaque école, chaque nuance a sa mission à remplir, sa partie à jouer dans le grand drame révolutionnaire, et si cette multiplicité des systèmes vous semblait funeste, vous méconnaîtriez la plus irrécusable des vérités : La lumière ne jaillit que de la discussion. »

Auguste Blanqui (1805-1881), « Maintenant, il faut des armes ».

Contre ceux qui veulent protéger la population de l’erreur en la censurant, en la cachant, Milton, au 17e siècle, voyait la vérité capable seule de toujours vaincre l’erreur, pourvu qu’on lui garantisse des joutes loyales, joutes très nécessaires pour accéder au vrai :

« Et quand même tous les vents de la doctrine auraient libre cours sur Terre, si la Vérité est en lice, c’est lui faire injure que douter de sa force, en mettant en place censure et interdiction. Que la Fausseté s’empoigne avec elle ; qui a jamais vu que la Vérité ait le désavantage dans une rencontre libre et ouverte ? Aucune censure n’a le poids de sa réfutation.

Quand tout le monde pense la même chose, personne ne pense.

Toutes les opinions, y compris les erreurs, sont d’un grand service pour atteindre rapidement la plus haute vérité.

Tuer un bon livre, c’est à peu près comme tuer un homme.

Qu’on me donne la liberté de connaître, de m’exprimer et de disputer librement, selon ma conscience, avant toute autre liberté.

Connaître le bien et le mal, c’est-à-dire connaître le bien par le mal, telle est la condition présente de l’homme : quelle sagesse peut-on choisir, quelle continence observer sans connaissance du mal ? […] Je ne saurais louer une vertu cloîtrée et fugitive, qui jamais ne sort ni ne respire, qui jamais ne se rue à l’assaut de l’adversaire, mais quitte la course […] ce qui nous purifie, c’est l’épreuve, laquelle procède par l’opposition. »

John Milton, « Pour la liberté d’imprimer sans autorisation ni censure » (1644).

Descartes nous suggère de douter par méthode de toutes nos croyances, ce que je lis comme une invitation à accepter au débat toutes les pensées hétérodoxes, pour pouvoir les évaluer :

« Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances. »

René Descartes, « Discours de la méthode » (1637).

L’immense Alain (j’aime ce philosophe), au 20e siècle, nous aide à penser tout à la fois notre individuelle et fondatrice liberté de penser — et de parler contre « l’opinion publique » s’il le faut — et la grande dangerosité de l’État :

« L’État est aisément neurasthénique. Mais qu’est-ce qu’un neurasthénique ? C’est un homme pensant, je veux dire instruit et fort attentif à ses opinions et à ses affections ; attentif en ce sens qu’il en est le spectateur. Et c’est en cela que consiste ce genre de folie, à constater ses propres opinions au lieu de les choisir et vouloir. Comme un homme qui, conduisant une automobile à un tournant, se demanderait : « Je suis curieux de savoir si je vais sauter dans le ravin. » Mais c’est justement son affaire de n’y point sauter. De même le neurasthénique se demande : « Est-ce que je serai gai ou triste aujourd’hui ? Est-ce que j’aurai de la volonté ou non ? Que vais-je choisir ? Je suis curieux de le savoir. » Mais il ne vient jamais à cette idée si simple de décréter au lieu d’attendre, pour les choses qui dépendent de lui.

Or ce genre de folie n’est jamais complet dans l’individu. Communément, dans les circonstances qui importent, il cesse d’attendre et se met à vouloir, résistant aux vices et aux crimes mieux qu’à la tristesse, et plutôt malheureux que méchant.

Cette maladie singulière me paraît au contraire propre à tout État ; et par là j’explique que ce grand corps soit toujours  malheureux  et   souvent  dangereux.   Et   voici pourquoi. Chacun a pu remarquer, au sujet des opinions communes, que chacun les subit et que personne ne les forme. Un citoyen, même avisé et énergique quand il n’a à conduire que son propre destin, en vient naturellement et par une espèce de sagesse à rechercher quelle est l’opinion dominante au sujet des affaires publiques. « Car, se dit-il, comme je n’ai ni la prétention ni le pouvoir de gouverner à moi tout seul, il faut que je m’attende à être conduit ; à faire ce qu’on fera, à penser ce qu’on pensera. » Remarquez, que tous raisonnent de même, et de bonne foi. Chacun a bien peut-être une opinion ; mais c’est à peine s’il se la formule à lui-même ; il rougit à la seule pensée qu’il pourrait être seul de son avis.

Le voilà donc qui honnêtement écoute les orateurs, lit les journaux, enfin se met à la recherche de cet être fantastique que l’on appelle l’opinion publique. « La question n’est pas de savoir si je veux ou non faire la guerre, mais si le pays veut ou non faire la guerre. » Il interroge donc le pays. Et tous les citoyens interrogent le pays, au lieu de s’interroger eux-mêmes.

Les gouvernants font de même, et tout aussi naïvement. Car, sentant qu’ils ne peuvent rien tout seuls, ils veulent savoir où ce grand corps va les mener. El il est vrai que ce grand corps regarde à son tour vers le gouvernement, afin de savoir ce qu’il faut penser et vouloir. Par ce jeu, il n’est point de folle conception qui ne puisse quelque jour s’imposer à tous, sans que personne pourtant l’ait jamais formée de lui-même et par libre réflexion. Bref, les pensées mènent tout, et personne ne pense. D’où il résulte qu’un État formé d’hommes raisonnables peut penser et agir comme un fou. Et ce mal vient originairement de ce que personne n’ose former son opinion par lui-même ni la maintenir énergiquement, en lui d’abord, et devant les autres aussi.

Posons que j’ai des devoirs, et qu’il faudra que j’obéisse. Fort bien. Mais je veux obéir à une opinion réelle ; et, pour que l’opinion publique soit réelle, il faut d’abord que je forme une opinion réelle et que je l’exprime ; car si tous renoncent d’abord, d’où viendra l’opinion ? Ce raisonnement est bon à suivre, et fait voir que l’obéissance d’esprit est toujours une faute. »

Alain (Émile Chartier), « Mars ou la guerre jugée », 1921, chapitre LXIX

Comme tant d’autres penseurs, Alain se méfie de la sacralisation des « idées vraies » (qui est le fondement-même de la censure, conçue précisément pour interdire les paroles « non vraies ») :

« J’aime qu’on me réfute, et je me réfute moi-même souvent. Ces libres propos n’ont nullement pour objet de lancer dans la circulation un certain nombre d’idées vraies. Je ne sais pas ce que c’est qu’une idée vraie. Une idée, pour moi, c’est une affirmation que l’on veut redresser et compléter aussitôt qu’on l’entend ; c’est une pensée qui en appelle une autre. Et je n’écrirais point si je ne lisais presque partout de fades lieux communs qui n’appellent rien, qui n’éveillent rien. Toutes mes idées, si elles sont comme je veux, sont des pierres d’attente. Et j’ai le droit de compter que ceux qui cherchent seulement l’occasion d’un oui ou d’un non ne me lisent point. »

Émile Chartier, dit Alain.

Henri Laborit, au 20e siècle, a rapproché le racisme de la censure, car les censeurs considèrent effectivement les simples citoyens comme des êtres inférieurs, à protéger :

« Tout endoctrinement facilité par l’ignorance de l’informé, ne lui présentant qu’un aspect des choses, tendant à lui imposer des automatismes de pensée et de comportement, occultant les opinions contraires en décrétant qu’elles sont erronées ou tentant de les présenter de telle sorte qu’elles perdent aussitôt toute cohérence face à la solution préparée par celui qui informe, individu ou institution, est l’expression d’un mépris profond de l’homme.

C’est considérer qu’il est incapable de se faire une opinion personnelle parce qu’ignorant, ce qui est vrai, mais au lieu de combler son ignorance en lui fournissant des opinions et des informations différentes ou contraires, c’est le tromper que de ne lui montrer qu’un aspect des choses. C’est le considérer comme un sous-homme, c’est faire preuve d’un véritable racisme.

Le rôle d’un pouvoir ne devrait pas être de « former » l’opinion, mais de lui fournir des éléments d’information nombreux et différenciés permettant à chaque individu de remettre en cause chaque jour les bases de la pérennité de ce pouvoir même.

Autrement dit, ce serait alors se supprimer tout pouvoir centralisé. Ce serait de fournir à chaque individu les moyens d’apporter sa part imaginative à la construction jamais finie de la société humaine. »

Henri Laborit, « La Nouvelle Grille », 1974.

Je dois à Jean la découverte du bijou que j’ai gardé pour la fin. C’est assurément dans le livre de John Stuart Mill, « De la liberté » (1859), au chapitre 2, « De la liberté de pensée et de discussion », qu’on trouve la plus belle et la plus forte démonstration que la censure est un mal et que la liberté est un bien. Laissez-moi donner à JS Mill un peu de mon temps de parole, voyez comme il raisonne bien et comme ce qu’il démontre est important :

« Ce qu’il y a de particulièrement néfaste à imposer silence à l’expression d’une opinion, c’est que cela revient à voler l’humanité : tant la postérité que la génération présente, les détracteurs de cette opinion davantage encore que ses détenteurs. Si l’opinion est juste, on les prive de l’occasion d’échanger l’erreur pour la vérité ; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable : une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l’erreur.

Il est nécessaire de considérer séparément ces deux hypothèses, à chacune desquelles correspond une branche distincte de l’argument. On ne peut jamais être sûr que l’opinion qu’on s’efforce d’étouffer est fausse ; et si nous l’étions, ce serait encore un mal. »

John Stuart Mill – De la liberté de pensée et de discussion (1859).

  • Si l’information qu’on cherche à censurer est vraie (et les idées reçues fausses) :

« Premièrement, il se peut que l’opinion qu’on cherche à supprimer soit vraie : ceux qui désirent la supprimer en contestent naturellement la vérité, mais ils ne sont pas infaillibles. Il n’est pas en leur pouvoir de trancher la question pour l’humanité entière, ni de retirer à d’autres qu’eux les moyens de juger. Refuser d’entendre une opinion sous prétexte qu’ils sont sûrs de sa fausseté, c’est présumer que leur certitude est la certitude absolue. Étouffer une discussion, c’est s’arroger l’infaillibilité. Cet argument commun suffira à la condamnation de ce procédé, car tout commun qu’il soit, il n’en est pas plus mauvais.

[…] Moins un homme fait confiance à son jugement solitaire, plus il s’en remet implicitement à l’infaillibilité « du  monde »  en  général. Et le monde, pour chaque individu, signifie la partie du monde avec laquelle il est en contact : son parti, sa secte, son Église, sa classe sociale. […] Il délègue à son propre monde la responsabilité d’avoir raison face aux mondes dissidents des autres hommes, et jamais il ne s’inquiète de ce que c’est un pur hasard qui a décidé lequel de ces nombreux mondes serait l’objet de sa confiance.

Les époques ne sont pas plus infaillibles que les individus, chaque époque ayant professé nombre d’opinions que les époques suivantes ont estimées non seulement fausses, mais absurdes. De même il est certain que nombre d’opinions aujourd’hui répandues seront rejetées par les époques futures, comme l’époque actuelle rejette nombre d’opinions autrefois répandues.

[…]

« Une qualité de l’esprit humain [est] à la source de tout ce qu’il y a de respectable en l’homme en tant qu’être intellectuel et moral, à savoir que ses erreurs sont rectifiables. Par la discussion et l’expérience — mais non par la seule expérience — il est capable de corriger ses erreurs : la discussion est nécessaire pour montrer comment interpréter l’expérience. Fausses opinions et fausses pratiques cèdent graduellement devant le fait et l’argument ; mais pour produire quelque effet sur l’esprit, ces faits et arguments doivent lui être présentés. Rares sont les faits qui parlent d’eux-mêmes, sans commentaire qui fasse ressortir leur signification. Il s’ensuit que toute la force et la valeur de l’esprit humain — puisqu’il dépend de cette faculté d’être rectifié quand il s’égare — n’est vraiment fiable que si tous les moyens pour le rectifier sont à portée de main. Le jugement d’un homme s’avère-t-il digne de confiance, c’est qu’il a su demeurer ouvert aux critiques sur ses opinions et sa conduite ; c’est qu’il a pris l’habitude d’écouter tout ce qu’on disait contre lui, d’en profiter autant qu’il était nécessaire et de s’exposer à lui-même — et parfois aux autres — la fausseté de ce qui était faux : c’est qu’il a senti que la seule façon pour un homme d’accéder à la connaissance exhaustive d’un sujet est d’écouter ce qu’en disent des personnes d’opinions variées et  comment  l’envisagent  différentes  formes d’esprit. Jamais homme sage n’acquit sa sagesse autrement ; et la nature de l’intelligence humaine est telle qu’elle ne peut l’acquérir autrement. Loin de susciter doute et hésitation lors de la mise en pratique, s’habituer à corriger et compléter systématiquement son opinion en la comparant à celle des autres est la seule garantie qui la rende digne de confiance.

[…]

S’il était interdit de remettre en question la philosophie newtonienne, l’humanité ne pourrait aujourd’hui la tenir pour vraie en toute certitude. Les croyances pour lesquelles nous avons le plus de garantie n’ont pas d’autre sauvegarde qu’une invitation constante au monde entier de les prouver non fondées. Si le défi n’est pas relevé — ou s’il est relevé et que la tentative échoue — nous demeurerons assez éloignés de la certitude, mais nous aurons fait de notre mieux dans l’état actuel de la raison humaine : nous n’aurons rien négligé pour donner à la vérité une chance de nous atteindre. Les lices restant ouvertes, nous pouvons espérer que s’il existe une meilleure vérité, elle sera découverte lorsque l’esprit humain sera capable de la recevoir. Entre-temps, nous pouvons être sûrs que notre époque a approché la vérité d’aussi près que possible. Voilà toute la certitude à laquelle peut prétendre un être faillible, et la seule manière d’y parvenir.

[…]

Il est étonnant que les hommes admettent la validité des arguments en faveur de la libre discussion, mais qu’ils objectent dès qu’il s’agit de les « pousser jusqu’au bout », et cela sans voir que si ces raisons ne sont pas bonnes pour un cas extrême, c’est qu’elles ne valent rien. Il est étonnant qu’ils s’imaginent s’attribuer l’infaillibilité en reconnaissant la nécessité de la libre discussion sur tous les sujets ouverts au doute, mais pensent également que certaines doctrines ou principes particuliers devraient échapper à la remise en question sous prétexte que leur certitude est prouvée, ou plutôt qu’ils sont certains, eux, de leur certitude. Qualifier une proposition de certaine tant qu’il existe un être qui nierait cette certitude s’il en avait la permission alors qu’il est privé de celle-ci, c’est nous présumer — nous et ceux qui sont d’accord avec nous — les garants de la certitude, garants qui de surcroît pourraient se dispenser d’entendre la partie adverse.

Dans notre époque — qu’on a décrite comme « privée de foi, mais terrifiée devant le scepticisme » — où les gens se sentent sûrs non pas tant de la vérité de leurs opinions que de leur nécessité, les droits d’une opinion à demeurer protégée contre l’attaque publique se fondent moins sur sa vérité que sur son importance pour la société. Il y a, dit-on, certaines croyances si utiles, voire si indispensables au bien-être qu’il est du devoir des gouvernements de les défendre, au même titre que d’autres intérêts de la société. Devant une telle situation de nécessité, devant un cas s’inscrivant aussi évidemment dans leur devoir, assure-t-on, un peu moins d’infaillibilité suffirait pour justifier, voire obliger, les gouvernements à agir selon leur propre opinion, confirmée par l’opinion générale de l’humanité.

On avance aussi souvent — et on le pense plus souvent encore — que seuls les méchants désireraient affaiblir ces croyances salutaires ; aussi n’y a-t-il rien de mal à interdire ce qu’eux seuls voudraient faire. Cette manière de penser, en justifiant les restrictions sur la discussion, fait de ce problème non plus une question de vérité, mais d’utilité des doctrines ; et on se flatte ce faisant d’échapper à l’accusation de garant infaillible des opinions. Mais ceux qui se satisfont à si bon compte ne s’aperçoivent pas que la prétention à l’infaillibilité est simplement déplacée. L’utilité même d’une opinion est affaire d’opinion : elle est un objet de dispute ouvert à la discussion, et qui l’exige autant que l’opinion elle-même. Il faudra un garant infaillible des opinions tant pour décider qu’une opinion est nuisible que pour décider qu’elle est fausse, à moins que l’opinion ainsi condamnée n’ait toute latitude pour se défendre. Il ne convient donc pas de dire qu’on permet à un hérétique de soutenir l’utilité ou le caractère inoffensif de son opinion si on lui défend d’en soutenir la vérité. La vérité d’une opinion fait partie de son utilité. […] Il ne peut y avoir de discussion loyale sur la question de l’utilité quand un seul des deux partis peut se permettre d’avancer un argument aussi vital.

[…]

Le fait de se sentir sûr d’une doctrine (quelle qu’elle soit) n’est pas ce que j’appelle prétendre à l’infaillibilité. J’entends par là le fait de vouloir décider cette question pour les autres sans leur permettre d’entendre ce qu’on peut dire de l’autre côté. Et je dénonce et ne réprouve pas moins cette prétention quand on l’avance en  faveur de mes convictions  les plus solennelles. Quelque persuadé que soit un homme non seulement de la fausseté, mais des conséquences pernicieuses d’une opinion — non seulement de ses conséquences pernicieuses, mais (pour employer des expressions que je condamne absolument) de son immoralité et de son impiété — c’est présumer de son infaillibilité, et cela en dépit du soutien que lui accorderait le jugement public de son pays ou de ses contemporains, que d’empêcher cette opinion de plaider pour sa défense. Et cette présomption, loin d’être moins dangereuse ou répréhensible, serait d’autant plus fatale que l’opinion en question serait appelée immorale ou impie. Telles sont justement les occasions où les hommes commettent ces terribles erreurs qui inspirent à la postérité stupeur et horreur. Nous en trouvons des exemples mémorables dans l’histoire lorsque nous voyons le bras de la justice utilisé pour décimer les meilleurs hommes et les meilleurs doctrines, et cela avec un succès déplorable quant aux hommes. [Suivent les exemples de Socrate, de Jésus et de Marc-Aurèle…] […]

Révéler au monde quelque chose qui lui importe au premier chef et qu’il ignorait jusque-là, lui montrer son erreur sur quelque point vital de ses intérêts spirituels et temporels, c’est le service le plus important qu’un être humain puisse rendre à ses semblables.

[…]

D’ailleurs cette règle se détruit d’elle-même en se coupant de ce qui la fonde. Sous prétexte que les athées sont des menteurs, elle incite tous les athées à mentir et ne rejette que ceux qui bravent la honte de confesser publiquement une opinion détestée plutôt que de soutenir un mensonge. Une règle qui se condamne ainsi à l’absurdité eu égard à son but avoué ne peut être maintenue en vigueur que comme une marque de haine, comme un vestige de persécution — persécution dont la particularité est de n’être infligée ici qu’à ceux qui ont prouvé ne pas la mériter. Cette règle et la théorie qu’elle implique ne sont guère moins insultantes pour les croyants que pour les infidèles. Car si celui qui ne croit pas en une vie future est nécessairement un menteur, il s’ensuit que seule la crainte de l’enfer empêche, si tant est qu’elle empêche quoi que ce soit, ceux qui y croient de mentir.

[…]

Les hommes qui ne jugent pas mauvaise cette réserve des hérétiques [imposée par la censure] devraient d’abord considérer qu’un tel silence revient à ce que les opinions hérétiques ne fassent jamais l’objet d’une réflexion franche et approfondie, de sorte que celles d’entre elles qui ne résisteraient pas à une pareille discussion ne disparaissent pas, même si par ailleurs on les empêche de se répandre. Mais ce n’est pas à l’esprit hérétique que nuit le plus la mise au ban de toutes les recherches dont les conclusions ne seraient pas conformes à l’orthodoxie. Ceux qui en souffrent davantage sont les bien-pensants, dont tout le développement intellectuel est entravé et dont la raison est soumise à la crainte de l’hérésie.

[…]

Il est impossible d’être un grand penseur sans reconnaître que son premier devoir est de suivre son intelligence, quelle que soit la conclusion à laquelle elle peut mener. La vérité bénéficie encore plus des erreurs d’un homme qui, après les études et la préparation nécessaire, pense par lui-même, que des opinions vraies de ceux qui les détiennent uniquement parce qu’ils s’interdisent de penser. Non pas que la liberté de penser soit exclusivement nécessaire aux grands penseurs. Au contraire, elle est aussi indispensable — sinon plus indispensable — à l’homme du commun pour lui permettre d’atteindre la stature intellectuelle dont il est capable. Il y a eu, et il y aura encore peut-être, de grands penseurs individuels dans une atmosphère générale d’esclavage intellectuel. Mais il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais dans une telle atmosphère de peuple intellectuellement actif. Quand un peuple accédait temporairement à cette activité, c’est que la crainte des spéculations hétérodoxes était pour un temps suspendue. »

John Stuart Mill – De la liberté de pensée et de discussion (1859).

  • Si l’information qu’on cherche à censurer est fausse (et les idées reçues vraies) :

« Passons maintenant à la deuxième branche de notre argument et, abandonnant l’hypothèse que les opinions reçues puissent être fausses, admettons qu’elles soient vraies et examinons ce que vaut la manière dont on pourra les soutenir là où leur vérité n’est pas librement et ouvertement débattue. Quelque peu disposé qu’on soit à admettre la possibilité qu’une opinion à laquelle on est fortement attaché puisse être fausse, on devrait être touché par l’idée que, si vraie que soit cette opinion, on la considérera comme un dogme mort et non comme une vérité vivante, si on ne la remet pas entièrement, fréquemment, et hardiment en question.

Il y a une classe de gens (heureusement moins nombreuse qu’autrefois) qui estiment suffisant que quelqu’un adhère aveuglément à une opinion qu’ils croient vraie sans même connaître ses fondements et sans même pouvoir la défendre contre les objections les plus superficielles. Quand de telles personnes parviennent à faire enseigner leur croyance par l’autorité, elles pensent naturellement que si l’on en permettait la discussion, il n’en résulterait que du mal. Là où domine leur influence, elles rendent presque impossible de repousser l’opinion reçue avec sagesse et réflexion, bien qu’on puisse toujours la rejeter inconsidérément et par ignorance ; car il est rarement possible d’exclure complètement la discussion, et aussitôt qu’elle reprend, les croyances qui ne sont pas fondées sur une conviction réelle cèdent facilement dès que surgit le moindre semblant d’argument. Maintenant, écartons cette possibilité et admettons que l’opinion vraie reste présente dans l’esprit, mais à l’état de préjugé, de croyance indépendante de l’argument et de preuve contre ce dernier : ce n’est pas encore là la façon dont un être raisonnable devrait détenir la vérité. Ce n’est pas encore connaître la vérité. Cette conception de la vérité n’est qu’une superstition de plus qui s’accroche par hasard aux mots qui énoncent une vérité. […] Si l’entretien de l’intelligence a bien une priorité, c’est bien de prendre conscience des fondements de nos opinions personnelles. Quoi que l’on pense sur les sujets où il est primordial de penser juste, on devrait au moins être capable de défendre ses idées contre les objections ordinaires.

[…]

Sur tous sujets où la différence d’opinion est possible, la vérité dépend d’un équilibre à établir entre deux groupes d’arguments contradictoires. […] Celui qui ne connaît que ses propres arguments connaît mal sa cause. Il se peut que ses raisons soient bonnes et que personne n’ait été capable de les réfuter. Mais s’il est tout aussi incapable de réfuter les raisons du parti adverse, s’il ne les connaît même pas, rien ne le fonde à préférer une opinion à l’autre. Le seul choix raisonnable pour lui serait de suspendre son jugement, et faute de savoir se contenter de cette position, soit il se laisse conduire par l’autorité, soit il adopte, comme on le fait en général, le parti pour lequel il se sent le plus d’inclination. Mais il ne suffit pas non plus d’entendre les arguments des adversaires tels que les exposent ses propres maîtres, c’est-à-dire à leur façon et accompagnés de leurs réfutations. Telle n’est pas la façon de rendre justice à ces arguments ou d’y mesurer véritablement son esprit. Il faut pouvoir les entendre de la bouche même de ceux qui y croient, qui les défendent de bonne foi et de leur mieux. Il faut les connaître sous leur forme la plus plausible et la plus persuasive : il faut sentir toute la force de la difficulté que la bonne approche du sujet doit affronter et résoudre. Autrement, jamais on ne possédera cette partie de vérité qui est seule capable de rencontrer et de supprimer la difficulté. […] Seuls [la] connaissent ceux qui ont également et impartialement fréquentés les deux partis et qui se sont attachés respectivement à envisager leurs raisons sous leur forme la plus convaincante. Cette discipline est si essentielle à une véritable compréhension des sujets moraux ou humains que, s’il n’y a pas d’adversaires pour toutes les vérités importantes, il est indispensable d’en imaginer et de leur fournir les arguments les plus forts que puisse invoquer le plus habile avocat du diable.

[…]

L’absence de discussion fait oublier non seulement les principes, mais trop souvent aussi le sens même de l’opinion. […] Il ne reste plus que quelques phrases apprises par cœur. […] Presque toutes les doctrines morales et croyances religieuses sont pleines de sens et de vitalité pour leurs initiateurs et leurs premiers disciples. Leur sens demeure aussi fort — peut-être même devient-il plus pleinement conscient — tant qu’on lutte pour donner à la doctrine ou la croyance un ascendant sur toutes les autres.  […] À la fin, soit elle s’impose et devient l’opinion générale, soit son progrès s’arrête ; elle conserve le terrain conquis, mais cesse de s’étendre. Quand l’un ou l’autre de ces résultats devient manifeste, la controverse sur le sujet faiblit et s’éteint graduellement. La doctrine a trouvé sa place, sinon comme l’opinion reçue, du moins comme l’une des sectes ou divisions admises de l’opinion ; ses détenteurs l’ont généralement héritée, ils ne l’ont pas adoptée ; c’est ainsi que les conversions de l’une à l’autre de ces doctrines deviennent un fait exceptionnel et que leurs partisans finissent par ne plus se préoccuper de convertir. Au lieu de se tenir comme au début constamment sur le qui-vive, soit pour se défendre contre le monde, soit pour le conquérir, ils tombent dans l’inertie, n’écoutent plus que rarement les arguments avancés contre leur credo et cessent d’ennuyer leurs adversaires (s’il y en a) avec des arguments en sa faveur. C’est à ce point qu’on date habituellement le déclin de la vitalité d’une doctrine. On entend souvent les cathéchistes de toutes croyances se plaindre de la difficulté d’entretenir dans l’esprit des croyants une perception vive de la vérité.

[…]

Une fois la croyance devenue héréditaire — une fois qu’elle est admise passivement et non plus activement, une fois que l’esprit ne se sent plus autant contraint de concentrer toutes ses facultés sur les questions qu’elle lui pose — on tend à tout oublier de cette croyance pour ne plus en retenir que des formules ou ne plus lui accorder qu’un mol et torpide assentiment, comme si le fait d’y croire dispensait de la nécessité d’en prendre clairement conscience ou de l’appliquer dans sa vie. […] Les doctrines n’ont aucune prise sur les croyants ordinaires, aucun pouvoir sur leurs esprits. Par habitude, ils en respectent les formules, mais pour eux, les mots sont dépourvus de sens et ne suscitent aucun sentiment qui force l’esprit à les assimiler et à les rendre conformes à la formule. Pour savoir quelle conduite adopter, les hommes prennent comme modèle leurs voisins pour apprendre jusqu’où il faut aller dans l’obéissance.

[…]

Dès qu’il n’y a plus d’ennemi en vue, maîtres et disciples s’endorment à leur poste.

[…]

Nombreuses sont les vérités dont on ne peut pas comprendre tout le sens tant qu’on ne les a pas vécues personnellement. Mais on aurait bien mieux compris la signification de ces vérités, et ce qui en aurait été compris aurait fait sur l’esprit une impression bien plus profonde, si l’on avait eu l’habitude d’entendre des gens qui la comprenaient effectivement discuter le pour et le contre. La tendance fatale de l’espèce humaine à laisser de côté une chose dès qu’il n’y a plus de raison d’en douter est la cause de la moitié de ses erreurs. Un auteur contemporain a bien décrit « le profond sommeil d’une opinion arrêtée ».

[…]

Aucune opinion ne mérite le nom de connaissance à moins d’avoir suivi, de gré ou de force, la démarche intellectuelle qu’eût exigée de son tenant une controverse active avec des adversaires. On voit donc à quel point il est aussi absurde de renoncer à un avantage indispensable qui s’offre spontanément, alors qu’il est si difficile à créer quand il manque. S’il y a des gens pour contester une opinion reçue ou pour désirer le faire si la loi ou l’opinion publique le leur permet, il faut les en remercier, ouvrir nos esprits à leurs paroles et nous réjouir qu’il y en ait qui fassent pour nous ce que nous devrions prendre davantage la peine de faire, si tant est que la certitude ou la vitalité de nos convictions nous importe. »

John Stuart Mill – De la liberté de pensée et de discussion (1859).

 

  • Si l’information qu’on cherche à censurer (comme les idées reçues) est à la fois partiellement fausse et partiellement vraie :

« Nous n’avons jusqu’à présent examiné que deux possibilités : la première, que l’opinion reçue peut être fausse, et une autre, du même coup, vraie ; la deuxième, que si l’opinion reçue est vraie, c’est que la lutte entre celle-ci et l’erreur opposée est essentielle à une perception claire et à un profond sentiment de sa vérité. Mais il arrive plus souvent encore que les doctrines en conflit, au lieu d’être l’une vraie et l’autre fausse, se départagent la vérité ; c’est ainsi que l’opinion non conforme est nécessaire pour fournir le reste de la vérité dont la doctrine reçue n’incarne qu’une partie.

[…]

Dans l’état actuel de l’esprit humain, seule la diversité donne une chance équitable à toutes les facettes de la vérité. Lorsqu’on trouve des gens qui ne partagent  point l’apparente unanimité du monde sur un sujet, il est toujours probable — même si le monde est dans le vrai — que ces dissidents ont quelque chose de personnel à dire qui mérite d’être entendu, et que la vérité perdrait quelque chose à leur silence.

[…]

Il faut s’élever contre la prétention exclusive d’une partie de la vérité d’être la vérité tout entière.

[…]

Ce n’est pas la lutte violente entre les parties de la vérité qu’il faut redouter, mais la suppression silencieuse d’une partie de la vérité ; il y a toujours de l’espoir tant que les hommes sont contraints à écouter les deux côtés ; c’est lorsqu’ils ne se préoccupent que d’un seul que leurs erreurs s’enracinent pour devenir des préjugés, et que la vérité, caricaturée, cesse d’avoir les effets de la vérité. Et puisque rien chez un juge n’est plus rare que la faculté de rendre un jugement sensé sur une cause où il n’a entendu plaider qu’un seul avocat, la vérité n’a de chance de se faire jour que dans la mesure où chacune de ses facettes, chacune des opinions incarnant une fraction de vérité, trouve des avocats et les moyens de se faire entendre. »

John Stuart Mill – De la liberté de pensée et de discussion (1859).

 

  • Récapitulons :

« Nous avons maintenant affirmé la nécessité — pour le bien-être intellectuel de l’humanité (dont dépend son bien-être général) — de la liberté de pensée et d’expression à l’aide de quatre raisons distinctes que nous allons récapituler ici.

Premièrement, une opinion qu’on réduirait au silence peut très bien être vraie : le nier, c’est affirmer sa propre infaillibilité.

Deuxièmement, même si l’opinion réduite au silence est fausse, elle peut contenir — ce qui arrive très souvent — une part de vérité ; et puisque l’opinion générale ou dominante sur n’importe quel sujet n’est que rarement ou jamais toute la vérité, ce n’est que par la confrontation des opinions adverses qu’on a une chance de découvrir le reste de la vérité.

Troisièmement, si l’opinion reçue est non seulement vraie, mais toute la vérité, on la professera comme une sorte de préjugé, sans comprendre ou sentir ses principes rationnels, si elle ne peut être discutée vigoureusement et loyalement.

Et cela n’est pas tout car, quatrièmement, le sens de la doctrine elle-même sera en danger d’être perdu, affaibli ou privé de son effet vital sur le caractère et la conduite : le dogme deviendra une simple profession formelle, inefficace au bien, mais encombrant le terrain et empêchant la naissance de toute conviction authentique et sincère fondée sur la raison ou l’expérience personnelle. »

John Stuart Mill – De la liberté de pensée et de discussion (1859).

 

« Quant à ce que l’on entend communément par le manque de retenue en discussion, à savoir les invectives, les sarcasmes, les attaques personnelles, etc., la dénonciation de ces armes mériterait plus de sympathie si l’on proposait un jour de les interdire également des deux côtés ; mais ce qu’on souhaite, c’est uniquement en restreindre l’emploi au profit de l’opinion dominante. Qu’un homme les emploie contre les opinions minoritaires, et il est sûr non seulement de n’être pas blâmé, mais d’être loué pour son zèle honnête et sa juste indignation. Cependant, le tort que peuvent causer ces procédés n’est jamais si grand que lorsqu’on les emploie contre les plus faibles, et les avantages déloyaux qu’une opinion peut tirer de ce type d’argumentation échoient presque exclusivement aux opinions reçues. La pire offense de cette espèce qu’on puisse commettre dans une polémique est de stigmatiser comme des hommes dangereux et immoraux les partisans de l’opinion adverse. Ceux qui professent des opinions impopulaires sont particulièrement exposés à de telles calomnies, et cela parce qu’ils sont en général peu nombreux et sans influence, et que personne ne s’intéresse à leur voir rendre justice. Mais étant donné la situation, cette arme est refusée à ceux qui attaquent l’opinion dominante ; ils courraient un danger personnel à s’en servir, et s’ils s’en servaient malgré tout, ils ne réussiraient qu’à exposer par contrecoup leur propre cause. En général, les opinions contraires à celles communément reçues ne parviennent à se faire entendre qu’en modérant scrupuleusement leur langage et en mettant le plus grand soin à éviter toute offense inutile : elles ne sauraient dévier d’un pouce de cette ligne de conduite sans perdre de terrain. En revanche, de la part de l’opinion dominante, les injures les plus outrées finissent toujours par dissuader les gens de professer une opinion contraire, voire même d’écouter ceux qui la professent. C’est pourquoi dans l’intérêt de la vérité et de la justice, il est bien plus important de réfréner l’usage du langage injurieux dans ce cas précis que dans le premier ; et par exemple, s’il fallait choisir, il serait bien plus nécessaire de décourager les attaques injurieuses contre l’incroyance que contre la religion. Il est évident toutefois que ni la loi ni l’autorité n’ont à se mêler de réprimer l’une ou l’autre, et que le jugement de l’opinion devrait être déterminé, dans chaque occasion, par les circonstances du cas particulier. D’un côté ou de l’autre, on doit condamner tout homme dans la plaidoirie duquel percerait la mauvaise foi, la malveillance, la bigoterie ou encore l’intolérance, mais cela sans inférer ses vices du parti qu’il prend, même s’il s’agit du parti adverse.

Il faut rendre à chacun l’honneur qu’il mérite, quelle que soit son opinion, s’il possède assez de calme et d’honnêteté pour voir et exposer — sans rien exagérer pour les discréditer, sans rien dissimuler de ce qui peut leur être favorable — ce que sont ses adversaires et leurs opinions. Telle est la vraie moralité de la discussion publique. »

John Stuart Mill – De la liberté de pensée et de discussion (1859).

 

* * * * *

 

Le livre de Jean Bricmont que vous tenez entre les mains traite de sujets que je trouve essentiels par rapport à mes propres thèses : je travaille pour qu’un grand nombre d’électeurs se transforment en citoyens et commencent à vouloir ensemble un processus constituant populaire. Une constitution digne de ce nom est un contrat social élaboré et signé par une multitude d’êtres humains, très différents mais décidant de se constituer en « peuple » pour coexister pacifiquement malgré de grandes et parfois irréductibles différences d’intérêts individuels. Pour penser, d’abord, et pour vouloir, ensuite, une telle constitution, pour savoir où est le vrai, où est le bien commun, pour comprendre où nous nous trompons et donc pour progresser, nous allons avoir besoin d’une vraie liberté de parole, d’une vraie loyauté des débats, d’une honnête mise en scène des conflits, aussi bien pendant les processus constituants que pendant les processus législatifs.

Jean Bricmont fait partie de ces hommes libres et courageux dont la démocratie (donc l’iségoria) a besoin pour la défendre. Je connais Jean depuis de nombreuses années, et j’aime à la fois son humanisme irréprochable, son aspiration profonde à la justice sous toutes ses formes, son esprit rationnel, logique et rigoureux (il est professeur de physique théorique), son respect par principe de toutes les pensées adverses par méthode scientifique et par goût pour la recherche de la vérité, et surtout aujourd’hui son courage, car nous vivons à nouveau une époque où il faut bien du courage pour résister à la tyrannie qui vient.

Il faut dire un mot aussi de Vincent Lapierre, l’éditeur de ce livre devenu difficile à éditer du fait, précisément, de la censure qui grandit. Je connais moins bien Vincent que Jean, mais j’en apprécie les qualités humaines et je lui suis surtout reconnaissant pour son travail remarquable sur la vie d’Hugo Chavez, admirable et emblématique « Ami du peuple ». Voilà un jeune homme qui a bien du courage, lui aussi, continuant vaillamment son travail de journaliste engagé, alors qu’il prend des coups littéralement de toutes parts.

J’ai lu et relu le livre que vous allez lire, le crayon à la main, et je le trouve à la fois passionnant et important. Il va sûrement vous transformer un peu, intérieurement.

Peut-être les abus de pouvoir dénoncés dans ce livre vous donneront-ils des idées pour rédiger vous-même, dans un prochain atelier constituant personnel J, un article de constitution qui définirait et qui protègerait durablement la liberté d’expression dans votre pays. Si vous avez « le vertige de la feuille blanche », si vous avez du mal à démarrer sans base de travail, vous pouvez vous inspirer, pour l’améliorer (en prévoyant, par exemple, qui va contrôler et qui va sanctionner la règle), de cet extrait du premier amendement de la constitution des États-Unis :

Le Parlement n’adoptera aucune loi pour limiter la liberté d’expression, de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement.

Vous allez voir : le fait de prendre votre stylo et d’écrire, vraiment, un article de constitution va vous changer en profondeur : si vous y prenez goût, vous allez rapidement devenir un adulte politique, un être humain qui n’accepte plus que ses représentants l’infantilisent. Définir vous-même la liberté d’expression, c’est sortir du rang dégradant d’électeur et c’est devenir un vrai citoyen, constituant. Si vous laissez les puissants instituer votre liberté d’expression, vous ne l’aurez jamais. Si vous décidez de l’instituer vous-même, vous l’aurez bientôt, et pour longtemps.

C’est confiné chez moi, avec interdiction de sortir et de manifester (et bientôt, je le redoute, interdiction d’accuser publiquement des imposteurs, des menteurs ou des oppresseurs du peuple), sous prétexte de « guerre » (économique ou sanitaire ou autre, peu importe) et donc d’urgente et impérieuse discipline soi-disant « pour survivre », que j’écris ces lignes. Nos maîtres, les « élus », n’ont pas de pitié, pas de scrupules, c’est à peine s’ils nous considèrent au fond comme des humains, comme leurs prochains, ils iront jusqu’à ce qu’ils rencontrent une limite, et c’est à nous, fondamentalement, à nous les représentés, de fixer leurs limites.

Il faut être courageux pour être libre.

Heureusement, le courage est contagieux, comme dit Julian.

J’espère que ce livre nous aidera à devenir plus nombreux à défendre personnellement les libertés publiques.

 

Étienne Chouard, avril 2020.
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🔑 Comment réécrire la constitution ? Ateliers constituants à Toulouse (20 mai 2017) avec 🗣 Etienne CHOUARD 🌅 NOUVEAU MONDE #3

Comment ? En nous entraînant, personnellement, fréquemment, obstinément, courageusement… pour être prêts le jour venu.

Les ateliers constituants sont le plus souvent des moments merveilleux, délicieux, pendant lesquels on ressent physiquement une métamorphose : on sent qu’on est en train de devenir un adulte politique, on sent que bientôt nos élus ne seront plus nos maîtres, on sent qu’on prend enfin à la racine le mal (qu’on croyait éternel) de notre impuissance politique, on sent que de cette façon tout va changer, enfin.

Il ne tient qu’à nous de tout faire pour devenir nombreux, très nombreux, rassemblés autour de NOTRE CAUSE COMMUNE : instituer nous-mêmes la puissance politique qui nous manque.

Bon courage à tous (et merci pour vos chouettes messages d’encouragement).

Étienne.



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🔑 Qu’est-ce qui vous incite (jusqu’à aujourd’hui) à renoncer à réécrire la constitution ? (Toulouse, 20 mai 2017) 🗣 E. CHOUARD 🌅 NOUVEAU MONDE #2

À moi de vous poser une question, importante : vous suivez mon travail depuis des années, vous dites avoir bien compris que nous devrions écrire nous-mêmes notre constitution, vous êtes même souvent déjà capables d’expliquer à des inconnus dans la rue que, si on ne s’entraîne pas à constituer, on n’arrivera pas à s’émanciper de nos maîtres élus… Et malgré tout ça, vous ne le faites pas, vous ne faites pas régulièrement des ateliers constituants. Ma question est : pourquoi ?

Parce que, si vous arrivez à trouver, en votre for intérieur, pourquoi vous ne vous entraînez pas (alors que que vous savez bien qu’il faut qu’on s’entraîne), si vous le comprenez pour vous-même et si vous me l’expliquez, on va peut-être trouver ensemble ce qui nous manque pour que cette idée formidable avance enfin infiniment plus vite dans la population ! Et peut-être cela va-t-il nous permettre de voir la libération des terriens de notre vivant ?

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[Fake-news, terrorisme, pratique des complots] CECI N’EST PAS UN COMPLOT, enquête remarquable

https://youtu.be/w6zGkTOq6qs

Passionnante enquête sur de nouveaux incroyables conflits d’intérêts (des cas de corruption aggravée, en fait) dans les Autorités de santé chargées d’imposer les politiques publiques.

À partir de la minute 18, l’influence (cachée) du « Comité d’experts scientifiques » par des consultants de McKinsey — la boîte qui vient d’être condamnée à plus d’un demi-milliard de dollars ( ! ! !) d’amende pour avoir empoisonné, drogué, sciemment, volontairement, criminellement, des millions d’Américains aux opiacés (en en tuant des centaines de milliers), et d’ailleurs la même entreprise criminelle qui conseille Macron pour nous martyriser en France — la corruption de la couverture scientifique des autorités belges et françaises est juste révoltante…

Mais le pompon, c’est à partir de 21′, le cas Marc VAN RANST (l’homme fort du « comité scientifique » belge) QUI EXPLIQUE LUI-MÊME EN 2019 À SES CLIENTS HILARES COMMENT ORGANISER LA TERREUR DANS LA POPULATION POUR CONDUIRE LES PAUVRES GENS À ACCEPTER LA VACCINATION.

Et on ose encore traiter de « complotistes » ceux qui dénoncent ces mensonges et ces crimes…

#NousSommesMartyrisésAuNomDUneScienceCorrompue

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

Ce reportage sera vite censuré, enregistrez-le.
Il est aussi sur Odysee :
https://odysee.com/@ReveilleDuPeuple:5/Ceci-n’est-pas-un-complot-(1):7


Ce reportage est aussi sur Viméo :
https://vimeo.com/504845318



COMPLÉMENTS :


Facture salée pour le cabinet McKinsey dans la crise des opiacés

https://www.lematin.ch/story/facture-salee-pour-le-cabinet-mckinsey-dans-la-crise-des-opiaces-964459056737

Le prestigieux cabinet de conseil a accepté de verser plus d’un demi-milliard de dollars [une misère par rapport au préjudice subi, inestimable, qui mériterait la prison à vie pour tous le staff. ÉC] pour solder des poursuites judiciaires lancées par plusieurs Etats américains.


La conférence incroyable où le TERRORISTE Marc Van Ranst explique à ses clients hilares, en 2019, comment terroriser toute une population (avec l’aide active des médias) pour conduire tous les pauvres gens à accepter la vaccination :

https://www.youtube.com/watch?v=UZMr7AEL0jQ

La même conférence traduite en français :
https://www.facebook.com/kairospresse/videos/2122722641192009

 

[Rappel] La technique de base de la MAFIA historique est de :
1. Terroriser ses victimes,

2. puis, le même qui a terrorisé se présente ensuite lui-même comme « le protecteur »…

3. … en échange de l’obéissance absolue des victimes terrorisées.

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🔑 Pourquoi réécrire nous-mêmes la constitution ? (Toulouse, 20 mai 2017) 🗣 E. CHOUARD 🌅 NOUVEAU MONDE #1

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Description de la vidéo (que je republie ici pour qu’elle reste visible sur Youtube puisque la chaîne d’Akina toute entière a donc été supprimée) :

Premier épisode d’une série de reportages réalisés lors de la venue d’ Etienne CHOUARD à Toulouse le 20 mai 2017. Il y explique l’illusion de la démocratie mise en place par l’Union Européenne et l’intérêt de pousser le peuple à réécrire lui-même la constitution.

☛ Liste des livres proposés lors de la conférence à retrouver chez votre libraire :
• La gouvernance par les nombres, Alain SUPIOT
• Gouverner par le chaos, Max MILOT
• L’argent et les mots, André SCHIFFRIN
• La mondialisation malheureuse, Thomas GUENOLE
• Nous ne sommes pas en démocratie, Etienne CHOUARD
• L’idéologie européenne, Benjamin LANDAIS, Aymeric MONVILLE et Pierre YAGHLEKJIAN
• L’euro est-il mort ?, sous la direction de Jacques SAPIR
• Éviter l’effondrement, Jean-michel NAULOT
• 30 bonne raisons pour sortir de l’Europe, Olivier DELORME
• Faut-il faire sauter Bruxelles ?, François RUFFIN
• 1984, George ORWELL
• Main basse sur l’information, Laurent MAUDUIT

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Attention : les algorithmes des outils suivants filtrent les informations, ils font semblant de nous mettre en réseau, mais ils ne vous informent pas (du tout) des nouvelles publications… Raison pour laquelle nous devrions préférer les outils précédents.
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Live facebook : État d’urgence sanitaire… constitutionnel ?

Après une première rencontre en décembre, notre série “Questions Constituantes” prend son rythme de croisière : tous les quinze jours, vous êtes invités à rencontrer un expert de la Constitution pour mieux comprendre ce texte fondamental pour la démocratie. Depuis 2005 et le débat référendaire sur la constitution européenne, Étienne Chouard a réalisé l’importance de nos institutions dans la vie de tous les jours. Il propose de prendre nos problèmes quotidiens à leur racine et de réfléchir nous-mêmes à l’institution d’une vraie démocratie.
– Le Mouvement Constituant Populaire

Rejoindre le live maintenant :

https://www.facebook.com/mouvconstpop/videos/771478223775508

Articles complets
Pour poser vos questions en live sur le Discord du MCP :
 
Pour vous inscrire au maillage territorial, vous informer et participer aux actions :
 
Intervenant : Étienne Chouard
Débat animé par Stéphanie Catala (Votez Pour Vous)
 
Débat codiffusé par Étienne Chouard (https://www.facebook.com/etienne.chouard), Culture-RIC (https://www.facebook.com/Culture.RIC/), Opération RIC (https://www.facebook.com/operationRIC), Le Message (https://www.facebook.com/le.message.org)
Akina (https://www.facebook.com/AkinaSchira8), Inform’Action (https://www.facebook.com/asso.informaction) et Le Gouv (https://www.facebook.com/LeGouvOfficiel).

[Passionnant et (très) important] 2020 : la moisson des morts

 

Tout ça est bouleversant, une fois encore : ÇA CHANGE TOUT à la compréhension des faits sanitaires depuis un an.

C’est étonnant, ce que ce jeune homme apporte au débat public à lui tout seul.

Merci à lui.

Étienne.

—–

Description lue sous la vidéo :

« Voilà, le message prend, on commence enfin à entendre dans les médias qu’il faut peut-être arrêter de faire peur aux gens avec des nombres de morts, mais plutôt regarder ce qu’il se passe en France, et dans le monde sur la pyramide des âges.

Les médias sont en train de découvrir que tous ces morts viennent peut-être du fait que la France, et tout le monde occidental, prend un sérieux coup de vieux.

Et donc que toute période épidémique fait plus de morts.

Depuis décembre, au moment où j’ai mis ma première vidéo, des chercheurs, des mathématiciens ou de gens curieux se sont mis à triturer les chiffres dans tous les sens et il se trouve que l’on tombe tous sur les mêmes conclusions. Je remercie en particulier ceux qui ne me croyaient pas et qui sont revenus vers moi avec beaucoup d’honnêteté pour me dire qu’ils trouvaient finalement les mêmes résultats, voire qu’ils avaient trouvé encore pire. Je remercie aussi tous ceux qui ont pris contact pour que l’on bosse ensemble, j’essaye de répondre à tout le monde, mais je n’ai que 7 nuits par semaine.

Dans cette vidéo je vais vous montrer un résultat qui, pour moi, met un terme à toute la psychose qui se passe en ce moment. Je vais vous montrer que l’année 2020 fait partie d’un cycle de 3 ans qui se répète tout le temps en démographie. L’année 2020 est ce que l’on appelle une année moisson, elle fonctionne avec 2018 et 2019.

L’année 2020 c’est l’année de la grande panique, parce qu’on a cru que l’on vivrait éternellement. On a enfermé tout le monde depuis 1 an, non pas parce qu’une maladie a tué des gens plus jeunes qu’avant, mais au contraire parce que les français ont vécu plus vieux. Ils ne sont pas décédés bien gentiment au fur et à mesure du temps en 2018 et 2019. Ils ont survécu et sont décédés plus tard en 2020, mais un peu trop en même temps, alors ça se voit et ça fait peur.

—————-

Méthode de correction de la pyramide des âges :

Pour les corriger, il me faut 2 choses.
Le nombre de décès par âge et par jour.
La population des années 2016 à 2020 chaque jour de l’année.
Il va falloir les calculer.
Sur le site de l’Insee, je trouve la population pour chaque âge au 1er janvier de chaque année. Par exemple, au 1er janvier 2015, nous avons X personnes vivantes nées en 1980. Cette population va évoluer toute l’année, certains vont décéder, d’autres vont partir à l’étranger et d’autre qui n’étaient pas là vont arriver en France.
Au bout d’un an de tous ces mouvements, nous arrivons à la population Y au 1er janvier 2016 des personnes nées en 1980.

Ainsi, pour estimer la population de chaque jour, je considère que la population évolue régulièrement pour passer de X à Y entre le premier janvier 2015 et le 1er janvier 2016.

Pour les puristes, je n’ai pas fait ça pour les plus âgés, parce que c’est moins précis que la méthode de soustraction des décès. Je remarque qu’à partir de 95 ans, la différence entre 2 années s’explique quasi exclusivement par le nombre de décès. Visiblement, on déménage moins à partir de 95 ans. En plus on sait qu’à cet âge, les périodes épidémiques jouent beaucoup sur la population. Il est donc de mon point de vue plus raisonnable de faire baisser la population au fur et à mesure des décès. Après, vous pourrez tester les 2 méthodes…

J’ai donc maintenant calculé la population pour chaque âge à chaque jour de l’année depuis 2015.

Je peux reprendre mon nombre de décès de chaque jour et je le divise par le nombre de personnes de chaque jour.

J’obtiens alors le taux de mortalité de chaque jour à chaque âge.

Maintenant je multiplie ce taux de mortalité par la population de 2020 à cette date pour estimer le nombre de décès que nous aurions eu avec la population de 2020 au lieu de celle du jour en question.

Pour l’effet moisson, je mets en 2015, la pyramide de 2017.
En 2016, celle de 2018.
En 2017 celle de 2019.
En 2018 celle de 2020. »

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[Résistance à l’oppression] Dolores Cahill, biologiste moléculaire et immunologiste, avertit des dangers de l’obligation vaccinale contre la COVID19

Ne criez pas, on cherche juste à rester vivants.

Je découvre cet ITV de Dolores Cahill, je le trouve important, et je suggère de le présenter dans un tableau à deux colonnes : à gauche les preuves des affirmations de cette dame, et à droite les preuves contraires.

Cette dame semble être une scientifique de renom, dans cette spécialité :
https://www.researchgate.net/profile/Dolores_Cahill
https://scholar.google.com/citations?user=LNdLEoMAAAAJ&hl=en

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Des nouvelles de « la science », au service de « la sécurité des plus fragiles »… (et des profiteurs de guerre)

Ce que disent les documents sur les vaccins anti-Covid-19 volés à l’Agence européenne des médicaments

Source : Le Monde, 16 janvier 2021, https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/16/vaccins-ce-que-disent-les-documents-voles-a-l-agence-europeenne-des-medicaments_6066502_3244.html£

Ces données dérobées, puis diffusées sur le Dark Web, montrent la pression à laquelle faisait face l’agence pour approuver au plus vite le vaccin Pfizer-BioNTech.

par Lise Barnéoud

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Des documents confidentiels dérobés à l’Agence européenne des médicaments (EMA) le 9 décembre 2020 refont surface dans le Dark Web. Le Monde a pu en récupérer une partie, et une équipe européenne de journalistes les a épluchés. L’ensemble comprend une vingtaine d’éléments, essentiellement autour du dossier d’évaluation du vaccin de Pfizer-BioNTech. Il comprend également 19 courriels, échangés entre le 10 novembre et le 25 novembre par divers responsables de l’agence, dont certains auraient été « manipulés » par les hackeurs, a averti l’EMA, vendredi 15 janvier, dans un communiqué. Toutefois, dans un échange avec Le Monde, l’agence reconnaît que « les courriels divulgués reflètent les problèmes et les discussions qui ont eu lieu ».

Parmi les e-mails, qui apparaissent dûment datés, avec les différents destinataires visibles, donc a priori moins susceptibles d’avoir fait l’objet de manipulations, cinq permettent de toucher du doigt la pression à laquelle faisait face l’agence pour approuver au plus vite un premier vaccin contre le Covid-19. Dans un échange daté du 12 novembre, une responsable de l’EMA signale par exemple une discussion avec la commissaire européenne à la santé, Stella Kyriakides. Celle-ci s’étant engagée « à ce que tous les Etats membres reçoivent le vaccin en même temps », elle aurait alors insisté sur l’importance de ne pas les « forcer » à utiliser des procédures nationales à cause de délais dans le processus d’autorisation officiel. Selon une directive de l’UE, les Etats peuvent en effet utiliser des médicaments non autorisés par l’EMA en cas d’épidémie.

Le 19 novembre, un haut responsable de l’EMA évoque également une conférence téléphonique avec la Commission européenne qui se serait tenue dans « une atmosphère plutôt tendue, parfois même un peu désagréable, qui donne une idée de ce que à quoi l’EMA peut s’attendre si les attentes ne sont pas satisfaites, que ces attentes soient réalistes ou non ». Le lendemain, dans un échange avec l’Agence danoise du médicament, le même responsable se dit surpris qu’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ait « clairement identifié les deux vaccins qui pourraient être approuvés avant la fin de l’année [Pfizer-BioNTech et Moderna]. Il y a encore des problèmes avec les deux », souligne l’agent.

C’est sur certains de ces « problèmes » que portent les autres documents dérobés en décembre 2020, non suspectés de manipulations par l’EMA. Et plus particulièrement, les problèmes concernant le vaccin Pfizer-BioNTech. On découvre ainsi qu’en novembre l’agence européenne formulait trois « objections majeures » vis-à-vis de ce vaccin : certains sites de fabrication n’avaient pas encore été inspectés ; il manquait encore des données sur les lots de vaccins commerciaux ; mais, surtout, les données disponibles révélaient des différences qualitatives entre les lots commerciaux et ceux qui avaient servi durant les essais cliniques. C’est sur ce dernier point que les évaluateurs semblent alors le plus préoccupés.

« Point bloquant »

En effet, pour passer d’un stade clinique à un stade commercial, les fabricants ont dû changer leurs processus de fabrication, ils ont aussi investi dans de nouvelles lignes de production et de nouvelles usines. Autant de modifications qui expliqueraient des différences dans la composition exacte des vaccins, en particulier une diminution du degré d’intégrité de l’ARN. Celui-ci est l’élément crucial de ce vaccin qui permet, une fois injecté dans les cellules, de fabriquer la protéine Spike du virus et ainsi apprendre au système immunitaire à reconnaître ce pathogène et le neutraliser. Les vaccins utilisés lors des essais cliniques possédaient entre 69 % et 81 % d’ARN « intègre », c’est-à-dire la séquence entière permettant de fabriquer la protéine Spike. En revanche, des données sur les lots fabriqués dans ces nouvelles lignes de production révélaient des pourcentages plus faibles, 59 % en moyenne. Certains lots descendaient même jusqu’à 51 % et 52 %. Un « point bloquant », dit l’EMA le 23 novembre.

La question se pose en effet de savoir si ce taux d’ARN plus faible pourrait non seulement impacter l’efficacité de la vaccination mais aussi sa sécurité, car qui dit moins d’ARN intègre, dit plus d’impuretés, notamment d’ARN tronqués. « Nous avons fréquemment des ARN un peu plus courts ou un peu plus longs dans ces produits. On filtre en fonction de la taille de la molécule, mais cette filtration est difficile à grande échelle », commente Steve Pascolo, chercheur à l’hôpital universitaire de Zurich, qui travaille depuis vingt ans sur les vaccins ARN (cofondateur de CureVac en 2000, il a quitté cette entreprise, et a aujourd’hui des projets en commun avec BioNTech). Ces ARN tronqués ne peuvent évidemment plus être traduits en protéine Spike. Toutefois, des données fournies par l’industriel à l’EMA indiquent qu’avec un taux d’ARN complet de 62 %, la protéine est tout de même produite dans des quantités comparables. « Dans les premiers essais de BioNTech, ils avaient des réponses immunitaires avec un seul microgramme d’ARN, pointe Steve Pascolo. Là, le vaccin est censé en avoir 30 microgrammes, donc ils ont de la marge. »

C’est aussi le point de vue de la Food and Drug Administration (FDA) américaine, avec qui l’EMA était en contact. « La question de la teneur en ARN messager n’est pas perçue comme majeure » pour la FDA, explique un responsable de l’EMA dans un mail daté du 23 novembre. Il apparaît en réalité dans ce message que ces problèmes de fabrication et de contrôle qualité n’affectent pas les autorisations d’utilisation d’urgence (mises en œuvre par les Etats-Unis, le Canada ou le Royaume-Uni). Ces dernières ne constituent pas en réalité une autorisation du vaccin lui-même, mais une autorisation de son utilisation temporaire. L’autorisation de mise sur le marché temporaire, que vise l’EMA, semble à l’inverse plus contraignante sur ce point. D’où cette nécessité de « s’aligner sur des spécifications communes » à l’EMA, la FDA et l’Agence canadienne, « afin d’éviter qu’une région obtienne tout le matériel sous-optimal », peut-on lire quelques jours plus tard dans un e-mail.

« Objection majeure »

Le 26 novembre, BioNTech et Pfizer ont l’occasion de répondre aux objections de l’EMA. Des inspections des différents sites sont en cours, peut-on lire dans leur présentation. Ils proposent aussi de relever le taux d’intégrité minimum d’ARN à 60 % dans les premières étapes de fabrication pour éviter de se retrouver en dessous de 50 % dans le produit final, ce qui apparaît comme le critère d’acceptation dans tous les documents consultés. Dans leur présentation, les fabricants de ce vaccin dit Comirnaty affirment que ces différences de quantité d’ARN « ne devraient pas affecter » ni l’efficacité ni la sécurité de leur produit. Certains de ces lots ont été utilisés dans des essais cliniques.

Mais l’EMA ne semble pas encore convaincue, puisque les derniers documents ou échanges disponibles ne permettent pas encore de lever cette « objection majeure ». Une capture d’écran d’un mail échangé le 30 novembre entre l’EMA et les fabricants le confirme : « Ces problèmes sont considérés comme critiques, en particulier dans le contexte de la nouveauté de ce type de produit et de l’expérience limitée, une stratégie de contrôle plus stricte est donc attendue ». Dans l’un des derniers rapports accessibles, on apprend toutefois qu’un ajustement des procédés de fabrication permet de retrouver des niveaux d’intégrité autour de 75 %, comparables aux lots des essais cliniques.

Trois jours plus tard, le 3 décembre, le Wall Street Journal publiait un article faisant état d’un problème de production du vaccin Pfizer. « Certains premiers lots de matières premières ne répondaient pas aux normes. Nous avons résolu le problème, mais nous avons manqué de temps pour répondre aux expéditions prévues de cette année », y explique une « personne directement impliquée dans le développement du vaccin Pfizer ». Faut-il y voir un lien ? Pfizer n’a pas souhaité s’exprimer, mentionnant uniquement l’enquête en cours de l’EMA sur la cyberattaque. Vendredi 15 janvier, BioNTech et Pfizer ont à nouveau annoncé des retards de livraison, invoquant des travaux nécessaires dans l’usine belge de Puurs.

Sollicitée, l’EMA a confirmé que ce problème de qualité avait été réglé par la suite : « La société a été en mesure de résoudre ces problèmes et de fournir les informations et données nécessaires pour permettre à l’EMA d’évoluer vers une recommandation positive pour ce vaccin ». L’agence assure par ailleurs que les spécifications actuelles sur le niveau d’ARN « sont considérées comme scientifiquement justifiées et acceptables  ». Il est par exemple peu probable, souligne l’agence, que ces molécules d’ARN tronquées puissent être traduites en protéine ou en peptide, et ainsi provoquer des effets indésirables. « Malgré l’urgence, il y a toujours eu un consensus dans toute l’UE pour ne pas compromettre les normes de haute qualité et pour fonder toute recommandation sur la force des preuves scientifiques, sur la sécurité, la qualité et l’efficacité d’un vaccin, et rien d’autre », insiste l’EMA. La Commission européenne a également répondu à notre sollicitation : elle affirme que ces discussions « n’ont jamais empiété sur l’indépendance de l’agence et n’ont jamais interféré de quelque manière que ce soit avec l’intégrité de la mission de l’EMA en ce qui concerne l’évaluation des candidats-vaccins ou d’autres médicaments ».

La piste russe ou russophile

Reste à savoir qui pourrait être derrière cette attaque. Les fichiers ont été récupérés sur Rutor : « Ru » pour Russia (Russie) et « tor », comme le navigateur Web permettant de naviguer de façon anonyme sur le Web. Ce qui pourrait accréditer l’idée d’un hackeur d’Etat russe ou russophile. « Ce genre de tactique de piratage avec vol de données, suivi de fuite, a déjà été pratiqué par des agents russes (Guccifer 2.0, ou l’affaire de l’Agence mondiale antidopage) », explique Jean-Michel Doan, spécialiste en cybercriminalité chez Sekoia, une entreprise de sécurité informatique. Difficile d’exclure également le cyberespionnage industriel, d’autant plus qu’il semble y avoir eu une sélection des documents visant spécifiquement Pfizer. La manière dont ce dossier a été nommé le suggère également : « Preuves de la grande arnaque aux données des vaccins de Pfizer (…)  ! » Quid d’un groupe antivax qui chercherait à décrédibiliser les vaccins ? « Il est peu probable qu’un hackeur antivax publie ensuite ses données sur un site assez obscur, spécialisé en piratage », commente Jean-Michel Doan.

Quelle que soit la lecture de ces documents, les faits sont les suivants : le vaccin de Pfizer-BioNTech sera finalement approuvé le 21 décembre 2020 par l’EMA, soit trois semaines après le Royaume-Uni et deux semaines après les Etats-Unis, ce qui montre que l’Agence européenne a malgré tout pris un certain temps pour résoudre ce problème de qualité avant de donner son feu vert. Un délai qui était pourtant jugé « difficilement acceptable par la Commission européenne », d’après un échange de courriels entre collègues de l’EMA daté du 19 novembre : « Quoi que nous fassions, accélérer le processus pour s’aligner [sur les autres agences] ou prendre le temps nécessaire pour avoir une garantie robuste (…), l’EMA devra faire face aux questions et aux critiques de diverses parties (Commission européenne, Etats membres, Parlement européen, médias, grand public) », y écrit un haut responsable de l’agence. Il n’avait pas prévu qu’une cyberattaque viendrait aussi s’y mêler.

Cette enquête fait partie du projet européen #behindthepledge, financé par Journalismfund et IJ4EU. Ludovica Jona (Italie), Hristo Boytchev (Allemagne), Lucien Hordijk (Pays-Bas) et Priti Patnaik (Suisse) y ont également contribué.

Source : Le Monde, 16 janvier 2021, https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/16/vaccins-ce-que-disent-les-documents-voles-a-l-agence-europeenne-des-medicaments_6066502_3244.html£


Je considère l’injection obligatoire de substances industrielles comme un ABUS DE POUVOIR inacceptable. ÉC.

La Covid-19 est en fait moins mortelle qu’une grippe. La seule raison pour laquelle nous avons eu une surmortalité plus forte en 2020 qu’en 2017, c’est uniquement que parce que les gens sont plus vieux.

Description de cette importante vidéo :

« Nous sommes en 2021 et on n’en a pas encore fini avec le coronavirus. La menace d’un nouveau confinement arrive. Tout le monde regarde vers l’Angleterre et leur nouveau variant. Ce qu’on va voir dans cette vidéo, c’est si l’épidémie de COVID-19 est vraiment plus mortelle que la grippe de 2017 et de combien est l’écart. Je vous annonce tout de suite qu’en faisant tous les calculs j’ai complètement halluciné.

Dans la vidéo précédente, je vous avais montré où aller chercher les données des personnes décédées pour faire vous-même les calculs et arrêter de vous faire manipuler par des journalistes qui ne maîtrisent absolument pas les chiffres et ont juste pour but de faire le plus peur possible, parce que c’est vendeur. A l’aide de ces chiffres je vous avais montré que l’épidémie de coronavirus n’a que très légèrement augmenté la mortalité et seulement pour les plus âgés. Les moins de 65 ans ne sont pas du tout plus décédés en 2020 qu’en 2019 et les plus de 65 ans, un peu plus.

J’expliquais sur cette vidéo que les décès supplémentaires que l’on voit en 2020 viennent surtout de la pyramide des âges de la France. Les français vieillissent avec notamment les célèbres baby-boomers. Même si la plupart des personnes regardant ma vidéo ont eu des critiques positives, j’ai regardé en détail ce que disaient les commentaires. En l’occurrence, 2 internautes, au milieu de leurs insultes me reprochent de mettre trop de poids au phénomène démographique. Ils disent que les 30 000 décès montrés comme liés au Covid-19 en mars-avril sont une preuve irréfutable que la Covid-19 est extrêmement dangereuse et mortelle. J’ai donc creusé la question et d’étudié en détail les chiffres de décès par âge. Pour ça, j’ai comparé l’épisode de grippe de 2017 à l’épisode de Covid-19.

Je vous avoue que je ne m’attendais absolument à ce que j’ai découvert. J’étais complètement scotché. En faisant cette comparaison vous allez voir qu’il ne faut plus dire que la Covid-19 est un peu plus mortelle qu’une grippe. La Covid-19 est en fait moins mortelle qu’une grippe. La seule raison pour laquelle nous avons eu une surmortalité plus forte en 2020 qu’en 2017, c’est uniquement que parce que les gens sont plus vieux.

Préparez-vous à tomber de votre chaise, on y va. »

Autres vidéos de la chaîne « Décoder l’éco » :
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Covid-19 : le bilan

Je partage ce point de vue :
Vous y trouverez des informations originales et décisives, il me semble.

Description de cette vidéo que je trouve importante :

« Cela fait maintenant 1 an que l’on entend parler quotidiennement du coronavirus. Cela fait bientôt 9 mois que toute la vie politique et économique vit au rythme des décisions prises uniquement pour répondre à la peur de ce virus.

Depuis le début du crise, de nombreuses voix dénoncent l’excessivité des mesures prises au regard des épidémies que l’on vit chaque année. Toutes ces voix sont désormais cataloguées dans le camp bien pratique des complotistes. Autrefois, l’inquisition faisait taire tout ceux qui osaient contredire le clergé. Aujourd’hui la société entière organise la censure de ceux qui sortent qui discours bien établi.

Dans cette vidéo, on va voir que depuis mars dernier, on ne constate absolument aucune surmortalité pour les moins de 50 ans.

Je vous montrerai où aller chercher toutes les données des décès en France et comment faire les calculs pour que vous puissiez le faire vous-même si vous voulez et vérifier que je n’invente absolument rien. J’exploite uniquement des données de l’état civil français.

On verra ensuite les effets du coronavirus sur la mortalité des plus âgés et je ferai la comparaison avec la grippe pour que vous puissiez faire vos conclusions. La mienne est simple : au regard des chiffres officiels des décès, il n’y a absolument aucune raison objective de mettre en place un confinement généralisé ou même d’imposer à toute la population n’importe quelle règle. On peut en revanche comprendre l’intérêt d’avertir les français des risques et en particulier les plus âgés pour qu’ils puissent faire leur choix et prendre les précautions qu’ils souhaitent. Mais même dans ce cas, il faut se poser la question de pourquoi ce n’était pas fait avant, puisque quand on regarde les chiffres, on se rend compte que des épidémies mortelles, on en a tous les ans, tous les hivers. »

Des nouvelles du totalitarisme en marche : le « passeport sanitaire », outil de l’apartheid à venir

Ceux qui crient à l’incompétence (ou même à la folie paranoïaque) des résistants aux lois scélérates qui se multiplient, voudriez-vous faire l’effort d’imaginer que vos contradicteurs ne sont peut-être pas complètement débiles et qu’ils ont peut-être raison de défendre les libertés ?

Cette crise n’est pas sanitaire mais politique. Après avoir renoncé au secret de la correspondance (en acceptant l’espionnage généralisé), au secret des sources (en acceptant la persécution des vrais journalistes), au droit de se réunir, au droit de se déplacer, et même au droit de manifester, on est en train de renoncer au secret médical, carrément.

Au nom de « la sécurité » (tu parles d’une sécurité), on est en train d’accepter de renoncer progressivement à toutes les libertés, à toute forme d’intimité, à l’intrusion arbitraire de l’État partout dans notre existence, et tous ces renoncements majeurs sont obtenus par la terreur, sous l’influence de l’action quotidienne délétère de médias terroristes. On confirme là que « le terrorisme » est une construction politique, un mot outil de domination ; les Allemands pendant l’Occupation appelaient « terroristes » les Français qui résistaient à la terreur bien réelle de l’occupant.

Je ne suis rien, et je serai sans doute écrasé par le totalitarisme en marche comme les autres résistants, mais ceux qui, soucieux de leur seule sécurité, auront collaboré à cet effondrement de l’humanité (en stigmatisant et en dénonçant ceux qu’ils appellent avec mépris des « conspirationnistes » ou des « complotistes »), auront sur la conscience une partie de la responsabilité de la fin du monde libre.

Fais ce que tu dois, et advienne que pourra.

Étienne.

« Je crois qu’il y a plus de cas d’atteinte à la liberté du peuple par des empiétements progressifs et silencieux du pouvoir que par des usurpations violentes et soudaines.

Les moyens de défense contre les dangers venus de l’étranger sont historiquement devenus les instruments de la tyrannie chez nous. »

James Madison (« père fondateur » des États-Unis).

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Etienne Chouard sur Interdit d’interdire (RT) : « Ce sont les réseaux sociaux qui permettent de faire monter le niveau d’exigence politique »

J’avais raté cet extrait (3’30 sur RT, 10 décembre 2018).

Objectivement, il est très bien :-)

Les gilets jaunes sont exemplaires, ils font ce que nous devrions tous faire : réfléchir d’abord aux conditions de leur représentation (rond-point par rond-point, commune par commune) et apprendre à vouloir, en toute première priorité, l’institution de leur puissance politique par le RIC ETM ÉPNM : le référendum d’initiative citoyenne en toutes matières, écrit par nous-mêmes.

Merci aux vrais journalistes, qui font loyalement leur job de lanceurs d’alerte (plutôt que de protéger tous les comploteurs du monde en traquant comme des sous-hommes ceux qu’ils appellent des « complotistes »).

Passionnant, Louis Fouché, interrogé par François Asselineau sur la prétendue « crise sanitaire » (créée de toutes pièces par la dévastation volontaire de l’hôpital perpétrée par les « libéraux » depuis 40 ans)

J’aime ce jeune homme, sa gentillesse, sa culture, son humilité, son honnêteté, sa philosophie, son respect des autres — même de ses détracteurs—, sa patience, son courage… tout ça est exemplaire.

Et ce qu’il explique est de la première importance.

À connaître et à faire connaître.

Étienne.

[Moment exceptionnel] Chouard convainc patiemment un député LREM : « trouvez-vous légitime que le peuple puisse DESTITUER – par RIC – un élu qu’il juge défaillant, et plus généralement décider de sa propre représentation à travers un processus constituant POPULAIRE ? » (février 2019, tournée en Bretagne avec les Gilets jaunes)

Je garde un souvenir intense de cette soirée importante, et je remercie Paul Molac, député LREM, d’avoir courageusement accepté ce long débat à la loyale en présence d’un public de Gilets jaunes parfois turbulent.
Cet extrait (14 minutes) est formidable, un peu historique de mon point de vue :
• on y parle d’abord de la légitimité du peuple à RÉVOQUER IMMÉDIATEMENT -PAR RIC – UN ÉLU qui mécontente gravement une majorité d’électeurs,
• on y a rappelé à quoi sert une constitution et le conflit d’intérêts des politiciens dans le processus constituant,
• et on y parle surtout de la pertinence d’un PROCESSUS CONSTITUANT POPULAIRE, notamment de l’idée de tirer au sort l’Assemblée constituante :
https://www.youtube.com/watch?v=_v59v3FHnFE
La vidéo de la soirée complète est là :
[IMPORTANT]Soirée mémorable, le 8 février 2019, avec Paul Molac (député LREM) et Cédric André, et plein de gilets jaunes bretons : « LA BRETAGNE VEUT LE RIC »
Permettre (et favoriser) ces échanges publics approfondis, à la loyale, entre les représentants et les représentés, me semble être une caractéristique fondamentale de toute démocratie digne de ce nom.
Et je suis convaincu que seuls les représentés sont capables d’instituer (d’imposer) ces échanges.
Étienne.
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NOUS NE SOMMES PAS EN DÉMOCRATIE – Etienne Chouard intervention sur CNews (c’est plutôt rare…) le 28 mars 2019, pour défendre les Gilets Jaunes, le RIC et la vraie démocratie

https://youtu.be/z5BbK0CryLM
C’est la première fois qu’on a une sélection complète de mon intervention sur CNews (c’est plutôt rare…), le 28 mars 2019, pour défendre les gilets jaunes, le RIC et la vraie démocratie (pas facile d’argumenter quand tout le monde veut parler en même temps).
Merci Benoît :)
L’émission entière, 1ère partie :
https://youtu.be/QnglK4iBcis
L’émission entière, 2ème partie :
https://youtu.be/CgdI1CNQy90
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[Censure du journal RUPTURES] Entre indifférence et complicité, les médias « alternatifs » favorisent le néo-maccarthysme (Laurent DAURÉ, sur Le Grand Soir)

[Abonnez-vous au journal Ruptures, c’est un bon outil de résistance à la tyrannie unioneuropéenne.
Étienne.]
Laurent DAURÉ :
Depuis que Ruptures a cherché à alerter sur le label mensonger que lui a attribué subitement Twitter le 7 septembre dernier – « Média affilié à un État, Russie » –, moins d’une heure après la mise en ligne d’une analyse montrant que 98 % des médias français de premier plan ont relayé la théorie conspirationniste du « Russiagate », le nombre d’articles consacrés à l’action arbitraire du réseau social états-unien se compte sur les doigts d’une main.
En effet, quatre médias seulement ont rendu compte de ce procédé néo-maccarthyste sur lequel Twitter refuse obstinément de s’expliquer ; non seulement la firme à l’oiseau bleu ne répond pas à nos sollicitations, y compris par lettre recommandée, mais elle fait de même avec les rares journalistes qui l’ont contactée à notre sujet.
Les médias francophones qui ont couvert l’histoire sont, par ordre chronologique : RT France, BFM-TV,Presse-citron, Causeur. Et c’est tout pour le moment. Quelques valeureux blogs communistes en ont également parlé.
Comme nous l’avons écrit dans notre dernier communiqué, cette labellisation erronée de Ruptures constitue un précédent en France. Le « mensuel progressiste radicalement eurocritique » est bel et bien le premier média hexagonal à subir cela (précisons que les répercussions ne se limitent pas à Twitter – avec un étouffement algorithmique de notre présence sur la plateforme –, elles concernent avant tout la réputation du journal).
Nous ne pouvons que constater la large indifférence que cette évolution inédite suscite parmi les médias dits « alternatifs » ou « indépendants », en particulier ceux qui se réclament de la gauche. Nos alertes sont jusque-là totalement ignorées, en tout cas elles ne se traduisent pas par des actions publiques. Pas même un petit tweet…
Le silence des médias dominants était attendu, et il est effectivement quasi total. Force est cependant de noter que le chef du service « BFM Tech », Raphaël Grably, a suivi l’affaire depuis le début – interpellant Twitter France à plusieurs reprises – et en a fait un article. Le Canard enchaîné, Mediapart et Arrêt sur images, pour ne citer que des titres bien installés, n’en ont toujours pas dit un mot, alors qu’ils traitent régulièrement de l’actualité et des enjeux relatifs au pouvoir des réseaux sociaux.
Comment expliquer cette occultation ? Nous en sommes réduits à des hypothèses. Quatre principalement.
Ignorent-ils la décision de Twitter de nous déclarer en intelligence avec Moscou ? Nous ne pouvons croire que leurs antennes soient déficientes à ce point.
Estiment-ils que l’affaire est anecdotique ou anodine ? Alors c’est qu’ils acceptent tacitement que des plateformes privées puissent pratiquer une forme d’arbitrage et de censure politiques (c’est une tendance croissante, à la fois sur Facebook, Twitter et YouTube, avec la bénédiction et même l’incitation des autorités).
Considèrent-ils que Ruptures mérite son « label rouge » ? Nous ne demandons pas mieux qu’ils enquêtent pour vérifier leur intuition. Ils verront bien si notre indépendance est une fiction.
Sont-ils en désaccord avec la ligne éditoriale de notre mensuel ? C’est fort probable, mais leur silence signifierait qu’ils s’assoient sur les principes – liberté d’expression et de la presse en tête – et ne comptent informer que sur les injustices que subissent des personnes ou des organisations qui trouvent grâce à leurs yeux.
Mais après tout faut-il être surpris de l’indifférence au tort qui nous est fait quand on constate l’attitude de la vaste majorité des médias – petits et grands – dans un cas autrement plus grave, je veux bien sûr parler du calvaire interminable de Julian Assange ? L’ignoble abandon dont est victime ce journaliste persécuté repousse les limites de la veulerie journalistique, que l’on savait pourtant généreuses.
À partir du moment où le sort de Julian Assange – un prisonnier politique dont la vie est en danger – ne suscite par une mobilisation massive, on peut se dire que la faillite intellectuelle et morale de la presse est actée (Mediapart et Edwy Plenel, après avoir ignoré ou calomnié le fondateur de WikiLeaks, se sont tardivement réveillés quant à l’importance de la cause). Le concours de lâcheté est ouvert en permanence et les concurrents sont pléthoriques.
Au-delà du cas de Ruptures, il y a une liste de positions qui valent une marginalisation automatique aux médias, organisations et personnalités qui les adoptent.
En voici quelques exemples : plaider en faveur de la sortie de l’Union européenne et/ou de l’Otan ; relativiser voire réfuter la « menace » russe, chinoise ou iranienne (l’énumération peut continuer en fonction des circonstances et des objectifs géostratégiques des puissances occidentales) ; dénoncer la politique d’apartheid de l’État israélien et pratiquer une solidarité conséquente à l’égard du peuple palestinien ; s’opposer à l’interventionnisme « humanitaire » en Afghanistan, en Libye ou en Syrie (à propos de ce dernier dossier, le blackout médiatique total sur les lanceurs d’alerte de l’OIAC est éloquent) ; soutenir le pouvoir légitime au Venezuela ou en Bolivie ; défendre la liberté d’expression sans aucun deux poids, deux mesures…
La marginalisation médiatique et professionnelle s’accompagne maintenant de plus en plus d’actes de censure, celle-ci étant sous-traitée par les États aux plateformes privées californiennes en situation de quasi-monopole. Il est déjà bien tard pour s’inquiéter de ce phénomène qui a pris beaucoup d’ampleur ces derniers mois.
Twitter serait-il spécifiquement allergique à la critique de la nouvelle guerre froide que les impérialistes cherchent à nous imposer et dont les multiples accusations d’« ingérence russe » constituent un vecteur essentiel ?… Que la firme états-unienne ait Ruptures dans le collimateur est une sorte de médaille honorifique pour notre petite équipe (elle nous a d’ailleurs apporté de nouveaux abonnements). Mais nous exigeons malgré tout le retrait du label fantaisiste. Il nous faudra peut-être malheureusement en passer par une action en justice pour l’obtenir.
À bas l’e-impérialisme ! Vive WikiLeaks !
Laurent Dauré
Source :
https://www.legrandsoir.info/entre-indifference-et-complicite-les-medias-alternatifs-favorisent-le-neo-maccarthysme.html
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