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« Le déclin et la chute de l’empire Cochrane », un nouveau livre essentiel de Peter C Gøtzsche traduit en français par Ronald Mazzoleni
Chers amis, Ronald Mazzoleni, ami belge, médecin et fidèle lecteur de ce blog depuis bien longtemps, a fait l’immense effort de traduire très soigneusement le dernier livre de Peter C Gøtzsche : « Le déclin et la chute de l’empire Cochrane ». C’est formidable de rendre disponible aux francophones ce livre important (sur la corruption tragique d’une grande institution scientifique de référence), et je remercie Ronald du fond du coeur. Nous avons contacté Peter, pour lui demander l’autorisation de…
Étienne Chouard : « Nous sommes dans une prison politique et tout le monde s’en fout ! » (entretien avec Nexus)
https://www.youtube.com/watch?v=H3lWY9YOPlc « Errements de la démocratie, crise des institutions, Constitution de 1958 « truquée », 3e guerre mondiale. Dans un entretien de 80 minutes qu’il a accordé au magazine Nexus, Étienne Chouard parle sans masque. Cet ancien professeur de droit et d’économie s’est surtout fait connaître lors de la crise des gilets jaunes en 2018 avec une idée en tête : convaincre la population de la nécessité d’un RIC, un référendum d’initiative citoyenne. Étienne…
Rendez-vous ce soir, avec Nicolas Bouvier, pour l’anniversaire du NON de 2005 contre l’anticonstitution européenne
https://www.youtube.com/watch?v=hRdT_-2qYBo
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Rendez-vous à Bordeaux, le 21 août, pour un atelier constituant
Ça fait longtemps que je ne suis pas allé à la rencontre des virus atlantiques (la dernière fois, c’était pour une conférence avec Bernard Friot)…
« La Révolution des Grenouilles » a préparé tout ce qu’il faut, à Bordeaux, pour que nous puissions, une nouvelle fois, nous entraîner à instituer nous-mêmes notre puissance politique (celle-là même que nous refusent, obstinément et hypocritement, les « élus » de la « république » depuis 200 ans).
Ce sera jeudi prochain, 21 août 2014, à 19h30. Voici les liens utiles :
http://larevolutiondesgrenouilles.fr/?p=635
Suggestion (parfaitement indicative ; nous sommes libres) :
Je viens de finir le livre épatant de David Graeber, « La démocratie aux marges », et je voudrais vous inviter, après avoir résumé les points que j’ai trouvés bouleversants dans ce bouquin, à nous concentrer ce soir sur les articles relatifs à la création des lois : comment composer le parlement (élections avec ou sans candidats ? élections ou tirage au sort ? ou les deux ?), comment voter les lois (majorité ou consensus ? Quel mode de scrutin ?), à quelle échelle ? (nationale ou locale ? Quels domaines pour le local ? quels domaines pour le national ?), quelles garanties et modalités pour l’initiative populaire, etc.
Prenez de quoi écrire ! 🙂
Et puis, si vous avez un peu bossé sur la façon (foncièrement antidémocratique, démophobe même) dont notre anticonstitution de 1958 prévoit que les lois seront toujours écrites SANS NOUS et même MALGRÉ NOUS s’il le faut, ce sera bien, parce que vous irez plus vite à l’essentiel.
Le texte de notre anticonstitution (à avoir toujours à portée de la main, pour apprendre seul à faire mieux) : en PDF ou en livre.
Au plaisir de vous revoir bientôt, bande de virus 🙂
HOLOCAUSTE DES ANIMAUX NON HUMAINS : pétition pour un nouveau statut juridique de l’animal
la multiplication sur Terre des holocaustes (massacres industriels) pousse à en chercher les causes profondes. Le plus banalisé, et sans doute le plus ancien, des holocaustes, celui des animaux, est peut-être le premier, dont la légalité juridique légitime au fond les autres.
Je ressens souvent les tortures et les massacres infligés sans remord aux animaux comme une des racines importantes des tortures et des massacres infligés sans remord à des humains, comme si le mépris absolu de certains être vivants et sensibles rendait possible – et donc prévisible – le mépris absolu de n’importe quel être vivant et sensible, et donc nos semblables : dans un tel système juridique d’impunité pour les crimes contre les animaux, il suffit à un homme malveillant d’animaliser ceux dont il veut se débarrasser pour légitimer les pires horreurs.
Parmi les actions que nous pourrions entreprendre de façon radicale (c’est-à-dire en prenant les problèmes à la racine), il y a le statut juridique que les hommes (animaux humains, armés) donnent aux bêtes (animaux non humains, désarmés).
Une pétition lancée par l’association « 30 millions d’amis » demande au législateur (mais si, vous savez, l’assemblée d’animaux humains « élus » par leurs semblables pour observer et comprendre « la volonté générale », pour ensuite la retranscrire en « lois »), une pétition demande au législateur, donc, de modifier notre Code civil pour cesser de considérer les animaux comme des « meubles ». En droit, la définition des biens meubles est négative : sont meubles tous les biens non immeubles, et les animaux en font partie, pour l’instant. La pétition demande formellement que les animaux non humains ne soient plus qualifiés juridiquement de meubles, mais plutôt d’êtres vivants sensibles.
Pour un nouveau statut juridique de l’animal – Pétition :
http://www.30millionsdamis.fr/jagis/signer–la–petition/je–signe/22–pour–un–nouveau–statut–juridique–de–lanimal/
Il est possible que la possibilité même de chosifier les animaux soit un obstacle logique puissant qui nous empêche depuis des millénaires de nous protéger contre les tueries, en rendant légitimes et non criminelles certaines tueries.
Il est donc possible que déchosifier les animaux soit un chemin qui nous conduise progressivement à déchosifier les hommes VRAIMENT.
Je dis possible pour être prudent, mais je pense plutôt probable.
Rappel (voir tout le fil de commentaires) des tortures que nous sommes capables, sans remord ni peine, d’imposer en masse à nos compagnons de vie sur terre, les animaux, nous autres humains soi disant supérieurs en dignité :
HOLOCAUSTE AU CONGO, durablement et actuellement assisté par nos « représentants » : où sont nos « journalistes » ?
httpv://www.youtube.com/watch?v=NMtgHzXZnIg
Pas envie de commenter tout de suite, la colère est mauvaise conseillère.
Mon impuissance politique me pèse de plus en plus.
http://friendsofthecongo.org/
Tell to your representatives « We want PL 109–456 fully implemented »
En faisant preuve de retenue, la Russie n’a fait que persuader Washington qu’elle était faible, par Paul Craig Roberts, traduit et signalé par les-crises.fr
http://www.les-crises.fr/pcr–russie–faible/
ÉC
« Un billet de Paul Craig Roberts…
Je rappelle que cet économiste et journaliste paléoconservateur américain a été sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan (1981−1982), et est un des pères fondateurs des Reaganomics.
Il a également été rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal.
Sa vision décape, en général… »
[Olivier Berruyer]
Paul Craig Roberts, 1er août 2014 :
Je viens juste d’entendre deux choses sur la radio publique nationale [NPR] qui ont complètement anéanti le peu de confiance qu’il me restait encore dans l’Administration américaine. J’en ai conclu que l’expression « un Américain intelligent » est un oxymore.
Les élites américaines ont décidé que les Américains n’étaient pas suffisamment menacés par la guerre et le chaos économique, aussi nous apportent-elles le virus Ebola en Amérique. La radio publique nationale [NPR] a annoncé que deux personnes infectées par le virus Ebola, qui est incurable et généralement mortel, ont été conduites à l’hôpital universitaire d’Emory à Atlanta, en Géorgie. Il suffit d’une toux, d’un éternuement, d’une goutte de salive, et le virus est relâché dans l’un des principaux centres du réseau de transport des États-Unis.
Une pandémie, ça vous tente ? Il y a peu de doutes que toute la planète ou presque pousserait un grand soupir de soulagement d’être débarrassé de Washington.
Les porteurs de l’Ebola seront prétendument mis en quarantaine dans des locaux spéciaux. Mais nous savons déjà que les hôpitaux américains ne sont même pas capables de contenir les infections nosocomiales [http://rt.com/usa/177408–nightmare–bacteria–antibiotic–southeast/]. Qu’advient-il des couverts, assiettes, bols et verres qu’utilisent les personnes infectées pour manger et boire ? Et qui s’occupe de nettoyer les lits ? Une bourde faite par une personne, une déchirure dans un gant en caoutchouc, et le virus est lâché dans la nature.
Si on ne meurt pas d’Ebola, on devra encore échapper à une guerre nucléaire.
J’ai écouté une partie de la conférence de presse d’Obama. Obama accuse Poutine de faire tout ce qu’Obama est le seul à faire. Si Obama croit ce qu’il a dit à la presse, il se laisse mener en bateau par ses conseillers. S’il ne croit pas en la propagande grossière dont il parle, il nous mène tout à fait consciemment vers une guerre avec la Russie, ce qui signifie probablement aussi la guerre avec la Chine et notre fin à tous.
Gardez à l’esprit qu’en huit ans, l’armée américaine a été incapable d’occuper l’Irak avec succès, et qu’en 13 ans, les États-Unis ont été incapables de venir à bout de quelques milliers de Talibans faiblement armés en Afghanistan.
La Russie et la Chine ne sont pas l’Irak, la Libye ou l’Afghanistan.
La guerre avec la Russie sera nucléaire. Washington s’y est préparé. Washington a abandonné le traité ABM, a créé ce qu’il pense être un « bouclier anti-missiles balistiques », et a changé sa doctrine de guerre pour permettre aux USA de lancer les premiers une attaque nucléaire . Tout ceci évidemment dirigé contre la Russie, ce que son gouvernement sait très bien. Combien de temps la Russie va-t-elle rester les bras croisés à attendre la première frappe de Washington ?
La Russie n’a rien fait d’autre que d’opposer des obstacles tardifs aux mensonges de Washington, ceux que Washington utilise pour déclencher des guerres. La Russie (et la Chine) se sont laissées berner par Washington et les armes de destruction massive irakiennes. La Russie (et la Chine) se sont laissées berner par Washington sur la soi-disant traque de 13 ans de Ben Laden, qui aurait nécessité la conquête et l’occupation de l’Afghanistan. La Russie (et la Chine) sont tombées dans le panneau lorsque Washington a affirmé que la résolution des Nations unies établissant une zone d’exclusion aérienne sur la Libye avait pour but d’empêcher l’armée de l’air de Kadhafi de bombarder son propre peuple. Avant de découvrir que Washington faisait un usage abusif de cette résolution en envoyant la force aérienne de l’OTAN renverser le gouvernement libyen.
Lorsque Washington a tracé une « ligne rouge » concernant l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien contre les forces extérieures – celles que Washington avait organisées et envoyées en Syrie pour renverser le gouvernement – ne cessant de prétendre que ces mercenaires islamistes étaient les vrais représentants de la démocratie en Syrie, la plus grande partie du monde a su que Washington était sur le point d’organiser une attaque chimique et d’accuser Assad. Quand l’attaque a eu lieu au moment prévu, cette fois la Russie et la Chine ne s’y sont pas laissé prendre. Pas plus que le Parlement britannique. Washington n’a pu produire la moindre preuve des accusations que Washington avait montées de toute pièce, et qui lui auraient au moins valu le concours des Britanniques pour un assaut militaire contre la Syrie. La Russie, en revanche, fut capable d’apporter des preuves, et celles-ci ont déjoué le complot de Washington à l’encontre de la Syrie.
Cette intervention de la Russie a provoqué la colère de Washington, tout comme celle qui avait déjoué les manigances de Washington en vue d’attaquer l’Iran. Washington, sans aucune preuve, et en contradiction avec les rapports des inspecteurs de l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique opérant sur le terrain, selon lesquels il n’y avait jamais eu de détournement d’uranium du programme nucléaire légal vers un programme d’armement, avait quand-même mis en place ce qu’il fallait pour une attaque de l’Iran. Celle-ci s’est retrouvée encerclée par une quarantaine de bases militaires américaines et menacé par deux des flottes de Washington au large de ses côtes.
Mais la Russie s’est interposée et a élaboré un plan que Washington a été obligé d’accepter : maintenir l’enrichissement d’uranium iranien à un niveau suffisant pour produire de l’énergie, mais bien trop bas pour servir à l’armement.
Deux mauvaises notes pour la Russie, dont le gouvernement a empêché des guerres que Washington voulait. La Russie (et la Chine) étaient censées avaliser les mensonges de Washington, à l’instar des États-pantins de l’Europe et autres pays lui ayant abandonné leur souveraineté depuis belle lurette : Canada, Australie, et Japon.
Malheureusement pour elle, en montrant qu’elle avait à présent suffisamment de pouvoir et d’influence pour bloquer les plans de guerre de Washington, la Russie a, de facto, déclenché la doctrine Wolfowitz à son encontre. J’ai déjà cité cette doctrine dans des articles récents, mais vous pouvez chercher sur Google et la découvrir par vous-même. Cette doctrine est la base de la politique étrangère de Washington. Elle affirme que l’objectif principal de Washington est d’empêcher la montée de tout pays qui pourrait faire obstacle à son hégémonie sur le monde. (La doctrine mentionne explicitement la Russie, mais elle s’applique aussi à la Chine.)
Washington est perturbé parce que la Russie a, par deux fois, déjoué ses intentions belliqueuses et parce que le Parlement du Royaume-Uni, État fantoche des US, a voté du côté des Russes.
Washington est aussi préoccupé par la montée des relations économiques et politiques entre ses marionnettes européennes et la Russie. Les pays européens, particulièrement l’Allemagne, ont des liens économiques nombreux et fructueux avec la Russie, et toute l’Europe est dépendante de la fourniture d’énergie russe.
Washington a donc conclu qu’il risquait de voir le contrôle de l’Europe lui échapper. Pendant que le gouvernement russe s’endormait aux commandes lors des Jeux olympiques, Washington a réussi son coup à Kiev.
Le néoconservatrice Victoria Nuland, appointée par Obama comme Sous-secrétaire d’Etat, a annoncé en conférence de presse en décembre dernier que Washington avait dépensé cinq milliards de dollars, achetant des ONG ukrainiennes pour former une “cinquième colonne” pouvant s’introduire dans des manifestations en vue de déstabiliser un gouvernement, manipulant et achetant des politiciens ukrainiens destinés à servir de larbins à Washington. Nuland,bien sûr, a présenté cet achat de l’Ukraine par Washington comme étant “une grande avancée” de la démocratie.
Le coup d’État de Washington contre un gouvernement démocratiquement élu a mis au pouvoir des extrémistes proclamant leur haine des Juifs et des Russes. Ces extrémistes ont détruit les mémoriaux russes commémorant la libération de l’Ukraine du Troisième Reich par la Russie, ont proscrit le russe comme langue officielle régionale, et s’en sont violemment pris physiquement aux russophones.
L’Ukraine a toujours été une zone aux frontières changeantes. Comme l’ont dit certains, « l’Ukraine est un pays à la recherche de frontières ». Quand l’Ukraine était une province soviétique, les dirigeants soviétiques rattachèrent, pour diverses raisons, des provinces traditionnellement russes à la République Socialiste Soviétique d’Ukraine. Après l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991, la pression de Washington sur une Russie affaiblie conduisit à séparer l’Ukraine de la Russie, y compris la Crimée qui faisait partie de la Russie depuis les années 1700 et constituait son accès aux mers chaudes.
Les populations russes des ex-territoires russes rattachés à l’Ukraine, de manière inconsidérée, par les dirigeants soviétiques ont été alarmées par l’extrême russophobie du gouvernement mis en place à Kiev par Washington. Les ex-territoires russes ont voté pour rejoindre leur pays d’origine et quitter l’Etat fantoche russophobe établi à Kiev par les États-Unis.
Le gouvernement russe a accepté la demande de la Crimée, mais a repoussé les demandes émanant d’autres ex-provinces russes afin de démontrer à l’Europe que la Russie ne faisait pas de provocation et n’était pas à l’origine de cette crise. Poutine a même fait annuler par la Douma son pouvoir d’intervenir en Ukraine pour protéger les provinces sécessionnistes. Cette retenue a gêné plus qu’aidé la position du gouvernement russe. Washington a usé de sa machine de propagande pour qualifier l’autodétermination des Criméens d’« invasion et annexion de la Crimée par la Russie ».
La retenue de la Russie à l’égard des demandes des autres anciennes provinces russes pour rejoindre la Russie a eu pour conséquence une attaque militaire déclenchée par le gouvernement fantoche de Kiev, encouragé par Washington, contre les provinces séparatistes, attaque que la Russie a refusé d’accepter. La propagande de Washington a ensuite réussi à accuser la Russie d’être responsable de la guerre que Washington a lancée sur les provinces séparatistes.
Washington n’a aucun intérêt pour la vérité. De ce fait, la Russie ne peut pas gagner la propagande de guerre lorsque Washington en contrôle la langue : l’anglais. Les médias occidentaux, quant à eux, sont des abrutis donnant les mains libres à Washington pour exterminer toute vie sur Terre.
Si le gouvernement russe avait accepté la demande des provinces séparatistes, il n’y aurait eu aucune guerre. Le gouvernement ukrainien est certes cinglé et contrôlé par Washington, mais pas au point d’attaquer les territoires reconnus par la Russie comme étant les siens.
En faisant preuve de retenue, la Russie n’a fait que persuader Washington qu’elle était faible, et Washington a augmenté la pression. La Russie a convaincu l’Europe qu’il ne lui en coûterait rien de se plier aux sanctions de Washington contre la Russie. En comptant sur la bonne volonté, la raison, la vérité et les preuves, la Russie s’est trompée sur Washington et ses serviles marionnettes européennes.
Ce qu’Obama voulait dire lors de sa conférence de presse à la Maison Blanche aujourd’hui (1er août) lorsqu’il a dit que Poutine devrait utiliser la diplomatie – ce que Poutine n’a cessé de faire en vain – c’est que Poutine devrait rendre la Crimée au gouvernement de pantins de Washington à Kiev, malgré l’opposition des habitants de Crimée et du peuple russe. Cela permettrait à Washington d’expulser la Russie de son port de mer chaude et de son accès à la mer Méditerranée et rendrait inutile la base navale de la Russie à Tartous, en Syrie. Obama veut aussi que Poutine envoie des forces militaires russes dans les zones séparatistes de l’Ukraine, régions qui faisaient traditionnellement partie de la Russie, pour soumettre ces territoires séparatistes au gouvernement de pantins de Washington à Kiev.
Telle est la position « diplomatique » de Washington. Seule une personne totalement démente pourrait considérer la position d’Obama comme réaliste.
En tant que personne considérée comme saine d’esprit par les médias mondiaux, et parvenant à des conclusions raisonnables malgré la propagande de Washington, je suis souvent interviewé par des médias étrangers ainsi que des médias américains indépendants. Dernièrement, les médias russes se sont tournés vers moi à de nombreuses occasions. Ce que j’ai appris est que l’hostilité de Washington envers la Russie rend perplexes les médias russes.
La Russie n’agit pas dans le vieux Sud Confédéré pour essayer de monter les États sudistes contre Washington du fait des vols, des meurtres et de la destruction de la culture sudiste commis par Washington. Mais Washington se permet d’agir dans le sud de la Russie en essayant de monter l’Ukraine, longtemps partie intégrante de la Russie, contre la Russie.
Comme les Russes, sauf peut-être au sein du gouvernement, ignorent l’existence de la doctrine Wolfowitz, ils ne savent pas que le but principal de Washington est d’empêcher l’avènement de toute autre puissance qui pourrait limiter son rôle de Moi-le-Pouvoir-Unique, d’Hegemon sur la Terre. Au lieu de comprendre la véritable nature de la menace, les médias russes me demandent si les finances russes peuvent se permettre de répondre aux sanctions de Washington et de l’UE en coupant les approvisionnements en énergie de l’Europe.
Je suis surpris à chaque fois que j’entends cette question. La Russie peut provoquer l’arrêt d’une grande partie de l’industrie européenne et priver les Européens de chauffage pendant l’hiver, et les médias russes me demandent si la Russie peut se le permettre ?!
La Russie peut-elle se permettre d’être diabolisée par des mensonges, ensevelie sous un tas de sanctions propagandistes qui affecteront l’Europe et certaines sociétés américaines, de montrer une image d’elle-même si faible et si démunie face aux sanctions occidentales qu’elle doive les accepter sans même en faire peser le coût sur l’Europe et les États-Unis ?
Les Russes, à leur tour, auraient-ils subi un lavage de cerveau de Washington ?
Je suis préoccupé par la crise que Washington a orchestrée, parce que je pense qu’elle va mener à la guerre, et qu’elle sera nucléaire. Êtes-vous prêts à être détruits suite aux mensonges de Washington concernant un avion de ligne malaisien ? Je suis convaincu que Washington est derrière la destruction du vol MH-17, car leur propagande était déjà prête et est entrée immédiatement en action. Que Washington soit responsable est la raison pour laquelle Washington ne veut pas publier les photos satellites de la zone au moment de la destruction de l’avion de ligne. Que Washington soit responsable est la raison pour laquelle Washington répond aux preuves factuelles de la Russie avec des mensonges et de la propagande. C’est Obama et ses larbins à Kiev qui refusent de négocier, pas la Russie.
La Russie a autant de têtes nucléaires que Washington, et le « bouclier ABM » de Washington n’est qu’une farce. Si ce gouvernement américain insensé engendre une crise menant à la guerre, que seul Washington aura causée, nous allons tous mourir, et pour quoi ? La réponse est : pour un MENSONGE de Washington.
Voulez-vous mourir pour un mensonge ? Un autre mensonge de Washington ?
Si vous ne voulez pas, vous feriez bien d’en faire part à Washington.
La Russie ne peut mettre fin à cette crise sans taper du poing sur la table. J’ai soutenu l’idée que la Russie devrait plaider son cas aux Nations Unies. Ou alors, le gouvernement russe doit poser à l’Europe deux questions. La première : l’Europe veut-elle que la Russie lui coupe ses approvisionnements en énergie, énergie que Washington, malgré ses mensonges, ne pourra remplacer avant 3 ans voire plus, si tant est qu’elle le puisse ? L’autre question est : l’Europe veut-elle la guerre avec la Russie et l’Europe pense-t-elle que ces pays idiots qui hébergent les missiles de Washington ne se retrouveront pas atomisés et exterminés ?
Cette crise en Ukraine continuera aux dépens de la Russie et de toute l’humanité jusqu’à ce que la Russie explique à l’Occident stupide, arrogant et empli d’hubris que les actions criminelles et agressives de l’Occident contre la Russie comportent un coût réel et que la Russie est prête à le faire payer.
Les Occidentaux qui subissent la propagande n’ont aucune idée du destin vers lequel leurs gouvernements déments les conduisent. Il faut que la Russie signifie clairement aux Occidentaux victimes de la propagande et du lavage de cerveau qu’elle ne sera pas le jouet de l’Occident et n’acceptera pas l’agression gratuite du fou de la Maison Blanche.
Si la Chine en faisait autant, cela pourrait contribuer à sauver la vie sur terre. Le plus tôt serait le mieux.
Si le monde ne freine pas les criminels déments de Washington, le monde a signé son propre arrêt de mort.
Source : Paul Craig Roberts, traduction collective par les lecteurs du blog www.les-crises.fr
Source : http://www.les-crises.fr/pcr–russie–faible/
Avignon, 9 juillet 2014, Fête de la démocratie, suggestions d’ateliers constituants, avec Camille Halut
L’équipe de Cause Toujours a filmé, monté et mis en ligne (en 3 vidéos liées) notre rencontre avec Camille près d’Avignon, à propos de sa courageuse (et emblématique) résistance à Saint-André de Valborgne (résistance dont je vous parlais déjà ici et ici)..
Il me semble que Camille nous montre un chemin, un exemple vivant de ce que nous pourrions faire nous-mêmes, chacun dans notre commune, pour donner vie, concrètement, à l’aspiration démocratique qui grandit :
httpv://www.youtube.com/watch?v=aqIKVa411YQ&list=PL9IQXC7V-4xPFJG5DiWMMXw4rGsOkWJho&index=1
Je cherche des moyens pour aider Camille et ses amis.
Nous devrions au moins faire connaître cette initiative, en parler entre nous.
Peut-être même aller dans son village, pour assister physiquement à tout ça.
Si on essaie de faire la même chose chez nous, lui faire savoir, pour qu’elle sente que ses efforts font des petits.
Si vous avez d’autres idées…

Merci aux intrépides reporters de Cause Toujours 🙂
Innombrables expériences démocratiques non athéniennes : lire Graeber, Dupuis-Déri et Rediker
Voici un article que j’ai préparé pour le magazine Kaizen (les Colibris de Pierre Rabhi) et qui vient d’être publié sur leur site :
Innombrables expériences démocratiques non athéniennes :
lire Graeber, Dupuis-Déri et Rediker
David Graeber est épatant. Après m’avoir remué en profondeur sur le sujet de la monnaie avec son livre Dette : 5 000 ans d’histoire, voici qu’il me retourne sur celui de la démocratie avec son livre La démocratie aux marges (avec une passionnante préface d’Alain Caillé).
Après m’avoir fait comprendre que presque tout ce qu’on nous apprend en « économie » sur la monnaie et la dette est un tissu de contresens, voilà que David me fait réaliser, à moi qui justement croyais avoir déjà fait un bon travail de démystification sur le plan politique autour de la démocratie, que j’ai encore un étage à monter pour prendre conscience des erreurs courantes en la matière.
Cet anthropologue observe les sociétés humaines réelles, y compris et surtout les communautés dont l’imaginaire n’a pas encore été colonisé par les marchands (et leurs armées), les sociétés qu’on appelle « primitives » et qui sont, en fait, à bien des égards, plus humaines et plus généreuses que nous, stupides consommateurs matérialistes et compétiteurs égoïstes – décervelés par la réclame et les jeux du cirque – que nous sommes devenus.
Du point de vue de l’anthropologue Graeber, Athènes n’est pas la seule démocratie au monde, loin de là, et c’en est même une version plutôt dégradée (militaire et brutale), alors que toutes les sociétés sans État se sont organisées ─ et s’organisent encore, naturellement, spontanément ─ de façon démocratique ! C’est-à-dire en se réunissant tous pour discuter ensemble et décider ensemble, et presque toujours sans voter ! En cherchant toujours le consensus, sorte de quasi-unanimité… Cornegidouille, ça secoue !
Le passage sur le petit nombre de sociétés qui votent leurs lois (alors que je pensais, après l’avoir pas mal étudiée, que la démocratie, c’est précisément voter nous-mêmes nos lois au lieu d’élire des maîtres) est passionnant : Graeber explique que les sociétés qui votent leurs lois sont toujours des sociétés de soldats, donc armées, donc redoutables, capables d’imposer leurs vues par la force, et pour qui le vote est une solution raisonnable pour ne pas s’entre-tuer et économiser des vies humaines en se comptant avant de se battre.
Et il décrit, au contraire, la multitude des autres sociétés (que les anthropologues connaissent bien mais que nous ignorons trop), les communautés sans coercition, sans État, où personne n’a les moyens d’imposer un comportement à qui que ce soit, et qui préfèrent la solution apparemment la plus difficile : négocier plutôt que voter, chercher un consensus plutôt qu’une majorité.
Graeber explique ce choix étonnant d’une façon lumineuse (page 48 et s.) :
On doit se demander pourquoi ces méthodes [lever la main pour dire son accord ou désaccord avec une proposition] sont si rarement employées. Et pourquoi, à l’inverse, les communautés humaines ont toujours préféré s’imposer la tâche bien plus difficile d’aboutir à des décisions unanimes.
L’explication que je voudrais suggérer est la suivante : il est plus facile, dans des communautés de face-à-face, de se représenter ce que la plupart des membres veulent faire, que d’imaginer les moyens de convaincre ceux qui sont en désaccord.
La prise de décision consensuelle est typique des sociétés au sein desquelles on ne voit aucun moyen de contraindre une minorité à accepter une décision majoritaire, soit parce qu’il n’existe pas d’État disposant du monopole de la coercition, soit parce qu’il ne manifeste aucun intérêt ni aucune propension à intervenir dans les prises de décisions locales. S’il n’y a aucun moyen de forcer ceux qui considèrent une décision majoritaire comme désastreuse à s’y plier, alors la dernière chose à faire, c’est d’organiser un vote. Ce serait organiser une sorte de compétition publique à l’issue de laquelle certains seraient considérés comme des perdants. Voter serait le meilleur moyen de provoquer ces formes d’humiliation, de ressentiment et de haine qui conduisent au bout du compte à la disparition des communautés. […]
Cela ne veut pas dire que tout le monde doit être d’accord. La plupart des formes de consensus incluent toute une variété de formes graduées de désaccords. L’enjeu est de s’assurer que personne ne s’en aille avec le sentiment que ses opinions ont été totalement ignorées […]
La démocratie majoritaire ne peut donc émerger que lorsque deux facteurs sont conjointement à l’œuvre : 1) le sentiment que les gens doivent avoir un pouvoir égal dans la prise de décision au sein du groupe, et 2) un appareil de coercition capable d’assurer l’application des décisions.
Dans la plus grande partie de l’histoire humaine, ces deux conditions n’ont été qu’exceptionnellement réunies au même moment. Là où existent des sociétés égalitaires, imposer une coercition systématique est jugé habituellement de façon négative. Parallèlement, là où un appareil de coercition existait pour de bon, il ne venait guère à l’esprit de ses agents qu’ils mettaient en œuvre une quelconque volonté populaire.
Nul ne saurait contester l’évidence que la Grèce antique a été l’une des sociétés les plus compétitives que l’histoire ait connues. Elle avait en effet tendance à faire de toute chose un objet de rivalité publique, de l’athlétisme à la philosophie ou à l’art dramatique, etc. Il n’est donc guère surprenant que la prise de décision politique ait connu elle aussi un sort semblable.
Plus crucial encore est le fait que les décisions étaient prises par le peuple en armes.
En d’autres termes, si un homme est armé, on a tout intérêt à prendre en compte son opinion. […]
Chaque vote était, au sens fort du terme, une conquête. »
Source : David Graeber, La Démocratie aux marges, Bord de l’eau, 2014
En lisant la suite, je voudrais tout publier, tout relayer :
- le « miroir des horreurs » (le spectacle dégoûtant d’une foule cruelle et dangereuse que le prince renvoie exprès à son peuple — à travers les jeux du cirque hier, ou à travers les déformations télévisées à 20 h aujourd’hui —, pour le dissuader de convoiter le pouvoir en ayant peur de lui-même),
- la réfutation parfaite de la thèse ridicule de Samuel Huntington (qui prétend que les valeurs démocratiques sont spécifiquement « occidentales », alors que la réalité des élites en question est au contraire, toujours et partout, la haine de la démocratie et le massacre des démocrates),
- l’évocation du travail formidable de Marcus Rediker sur l’éthique profondément démocratique des pirates des mers (premiers résistants farouches à la brutalité marchande à la fin du XVIIe siècle),
- la mise en valeur de l’extraordinaire expérience de l’AZLN dans la forêt du Lacandon (« Les zapatistes ont développé un système très élaboré d’assemblées communautaires opérant par voie de consensus, complétées par des comités de femmes et de jeunes ─ afin de contrebalancer la domination traditionnelle des adultes mâles ─ et des conseils formés de délégués révocables. »),
- etc.
Ce texte de Graeber (assez court, finalement) est d’utilité publique, il faudrait le faire lire dans les écoles, il devrait être en libre accès sur Internet pour tous ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des livres.
Donc, pour Graeber, les démocraties dignes de ce nom ne sont advenues — et ne peuvent advenir (et c’est là, pour l’avenir, que j’espère qu’il se trompe) — QUE à l’abri de l’État, qu’aux marges des sociétés ayant institué un monopole de la coercition à une puissance publique.
J’aimerais bien échanger avec lui, pour passer au feu de sa critique mon idée de « processus constituant populaire », car, même après l’avoir lu, je continue à me demander comment une société peut protéger efficacement les 99 % contre les 1 % les plus forts et les plus égoïstes sans organiser une puissance publique protectrice qui soit, par construction, supérieure à toute puissance privée et sous contrôle public permanent.
Dans sa conclusion, cet anar de Graeber (mais la vraie démocratie est-elle autre chose que l’anarchie, ce projet fondamentalement généreux et pacifique défendu par des héros comme Proudhon, Kropotkine, Tolstoï ?), cet anar de Graeber, donc, nous suggère de résister à l’Empire du moment avec la méthode zapatiste d’une refondation démocratique par l’auto-organisation de communautés autonomes. Ça me fait penser aux « micro-résistances », que Michel (Onfray) suggère d’organiser contre ce qu’il appelle des « micro-fascismes ». Ces deux propositions sont intéressantes, évidemment, mais elles ne me paraissent pas tout à fait à la hauteur de la puissance et de la cruauté du projet d’asservissement des grands privilégiés qui nous préparent une toute prochaine guerre… Ils devraient bien s’entendre, ces deux-là (David et Michel), d’ailleurs. On dirait que les anthropologues (Graeber, Clastres…), à force d’étudier des sociétés bien réelles sans chefs et pourtant calmes et prospères, deviennent naturellement anarchistes… D’ailleurs (mais je ne vais pas démarrer là-dessus), David Graeber a écrit un troisième petit livre, lui aussi tout à fait passionnant du début à la fin : Pour une anthropologie anarchiste (2004)… Je vous en parlerai une autre fois.
* * * * *
Par ailleurs, sur ce même sujet de réappropriation populaire du mot démocratie, je voudrais signaler deux autres livres que je lis en même temps, et qui renforcent et complètent mon auto-formation, ma cure de désintoxication politique.
Francis Dupuis-Déri, dont j’ai déjà parlé, vient d’écrire un livre vraiment passionnant, très instructif, très utile pour notre éducation populaire : Démocratie, histoire politique d’un mot, aux États-Unis et en France (2013). Je souligne ici notamment l’exemple formidable des communautés villageoises au Moyen Âge, incroyablement démocratiques au regard des portraits calamiteux que nous ont dressés de l’Ancien régime les prétendues « Lumières » (très marchandes, en fait, et très ploutocratiques, au fond, les « Lumières »). Cet exemple de la démocratie quotidienne au Moyen Âge est édifiant. L’exemple très démocratique des Amérindiens est, lui aussi, passionnant. Il faut que nous creusions tout ça.
Voyez ce passage, pages 40 et s. :
Cela dit, « démocratie » et ses dérivés sont rarement utilisés avant le XIXe siècle. Jusqu’alors, il s’agit plutôt de termes savants qui font référence à l’Antiquité gréco-romaine.
Pourtant, au Moyen Âge et pendant la Renaissance européenne, des milliers de villages disposaient d’une assemblée d’habitants où se prenaient en commun les décisions au sujet de la collectivité. Les « communautés d’habitants », qui disposaient même d’un statut juridique, ont fonctionné sur le mode de l’autogestion pendant des siècles. Les rois et les nobles se contentaient de gérer les affaires liées à la guerre ou à leurs domaines privés, d’administrer la justice et de mobiliser leurs sujets par des corvées. Les autorités monarchiques ou aristocratiques ne s’ingéraient pas dans les affaires de la communauté, qui se réunissait en assemblée pour délibérer au sujet d’enjeux politiques, communaux, financiers, judiciaires et paroissiaux. […]
La participation à l’assemblée était obligatoire et une amende était imposée aux absents quand l’enjeu était important. Un quorum de deux tiers devait alors être respecté pour que la décision collective soit valide, par exemple celle d’aliéner une partie des biens communs de la communauté (bois ou pâturage). Il était si important que la communauté s’exprime que même lorsque la peste a frappé dans la région de Nîmes, en 1649, l’assemblée a été convoquée dans la campagne sur les deux rives d’une rivière, pour permettre de réunir à la fois les personnes ayant fui la ville et celles qui y étaient restées. En général, le vote était rapide, à main levée, par acclamation ou selon le système de « ballote » distinguant les « pour » des « contre » par des boules noires et blanches. Lorsque la décision était importante, les noms des personnes présentes et ayant voté étaient portés au procès-verbal. […]
En plus des assemblées de la communauté, des assemblées fédérales réunissaient plusieurs communautés d’une même vallée, par exemple, pour traiter des affaires communes. […]
En plus de ces assemblées municipales, des assemblées au sein des guildes de marchands et d’artisans. […]
La démocratie médiévale, bien vivante alors, mais aujourd’hui si méconnue, permettait au peuple de traverser de longs mois sans contact direct avec des représentants de la monarchie, une institution qui offrait finalement très peu de services à sa population composée de sujets, et non de citoyens. […]
Les communautés d’habitants et les guildes de métiers perdent peu à peu de leur autonomie politique non pas en raison d’un dysfonctionnement de leurs pratiques démocratiques, qui se poursuivent d’ailleurs dans certains cas jusqu’au XVIIIe siècle, mais plutôt en raison de la montée en puissance de l’État, de plus en plus autoritaire et centralisateur. [Lire La fin des Corporations de Steven L. Kaplan.] Vers les XVIe et XVIIe siècles, les royaumes monarchiques se transforment peu à peu en États, soit un nouveau système politique qui développe plusieurs stratégies pour accroître son pouvoir d’imposition, de taxation et de conscription, alors que la guerre coûte de plus en plus cher, en raison des développements technologiques de la marine et de l’armement (arquebuses, canons). En effet, ces États modifient petit à petit les lois et règlements qui encadrent les villes et villages, pour maximiser leur capacité d’appropriation des revenus et des hommes. […]
L’assemblée d’habitants est alors un espace où s’organise la résistance face à cette montée en puissance de l’État. Par exemple, en protestation contre une conscription jugée illégitime, les assemblées choisissent un handicapé pour servir dans la milice. Lorsqu’on annonce de nouvelles taxes, les cloches convoquent l’assemblée et le démos se transforme parfois en foule émeutière, en plèbe : elle attaque les prisons pour libérer les prisonniers endettés, incendie la maison du « gabeleur », voire l’assassine. En guise de représailles, les troupes royales confisquent les cloches et les fondent. Finalement, les assemblées d’habitants sont tout simplement interdites et le roi nomme des préfets à la tête des communautés.
[…]
En Amérique du Nord, les colonisateurs d’origine européenne ont été en contact avec des sociétés amérindiennes fonctionnant selon des principes démocratiques. Pour le cas de la Nouvelle-France, notons l’exemple des Wendats (connus aussi sous le nom de Hurons), qui comptaient quatre niveaux de gouvernement, soient le clan, le village, la nation et la confédération. Le clan regroupait environ 250 personnes, soit une dizaine de familles. Chaque clan avait un chef civil et un ou plusieurs chefs de guerre, nommés souvent par un conseil de femmes. Ces chefs n’avaient pas de pouvoir coercitif leur permettant d’imposer leur volonté. […] Selon un Français témoin des sociétés amérindiennes au tout début du XVIIIe siècle, le titre de « chef » « ne leur donne aucun pouvoir sur les guerriers ; ces sortes de gens ne connaissent point la subordination militaire non plus que civile. Cela est tellement vrai que si ce grand chef s’avisait de commander quelque chose au moindre homme de son parti, [ce dernier] est en droit de répondre nettement à cette figure de capitaine qu’il ait à faire lui-même ce qu’il ordonne aux autres ». […]
De telles communautés égalitaires et démocratiques attiraient inévitablement les Européens déserteurs de la marine ou de l’armée, les esclaves en fuite et des femmes fuyant un mari violent. Si bien que les autorités coloniales interdisaient les contacts entre les esclaves, par exemple, et les communautés amérindiennes.
Conscient que les pratiques démocratiques d’assemblées délibératives ont été très répandues dans le monde, l’anthropologue Marcel Détienne insiste sur l’importance de contester « une opinion fort répandue, dans les États-Unis d’Europe et d’Amérique, que la démocratie est tombée du ciel, une fois pour toutes, en Grèce, et même sur une seule cité, […] Athènes.
Comme le rappellent aussi l’anthropologue David Graeber et l’économiste Amartya Sen, la pratique de s’assembler pour délibérer au sujet des affaires communes a existé un peu partout, y compris en Europe au Moyen Âge et dans les siècles suivants, et dans les territoires que l’Europe a conquis et colonisés. »
Source : Francis Dupuis-Déri, Démocratie. Histoire politique d’un mot, aux États-Unis et en France
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De son côté, Marcus Rediker entretient la mémoire des luttes des marins et des pirates contre le capitalisme naissant (fin XVIIe, début XVIIIe) : j’ai quatre ou cinq de ses livres, parmi lesquels Pirates de tous les pays (2004).
Cette lecture est édifiante : encore une contre-histoire puisqu’il s’agit ici de déconstruire les mensonges des historiens prostitués aux riches (ils ne le sont pourtant pas tous) qui ont copieusement calomnié les pirates en occultant les conditions de travail épouvantables des marins qui ont justifié — ô combien ! — les mutineries : les pirates étaient des résistants à la cruauté marchande et ils ont organisé des communautés incroyablement démocratiques, au sens strict. Voyez ce passage, passionnant je trouve (mais Rediker est toujours passionnant…), pages 120 et s. :
« Chaque vaisseau fonctionne selon les termes d’un contrat court approuvé par l’équipage, établi au début du voyage ou à l’occasion de l’élection d’un nouveau capitaine. C’est en fonction de ces conventions écrites que les équipages confient l’autorité, distribuent le butin et la nourriture et font respecter la discipline”. Ces arrangements font du capitaine la créature de l’équipage. [Ça donne des idées, non ?] […]
Ayant besoin de quelqu’un qui ait à la fois un tempérament courageux et des compétences de navigateur, les hommes élisent leur chef. Ils veulent un commandement par l’exemple, pas un commandement dû à un statut et à une hiérarchie imposés de fait. Ils n’accordent que peu de privilèges. […] L’équipage garantit au capitaine une autorité incontestée pour le combat et la chasse, mais « pour tous les autres aspects quels qu’ils soient », il est « gouverné par une majorité. » Un capitaine marchand scandalisé note : « Le capitaine semble n’avoir aucune méthode de commandement, mais quand il s’agit de partir en chasse ou d’engager un combat, alors il a le pouvoir absolu. » [Comme les chefs amérindiens qui n’ont de pouvoir qu’en temps de guerre.]
De la même façon que la majorité élit, elle peut démettre. Certains sont démis de leurs fonctions pour couardise, cruauté ou pour avoir refusé de « capturer et de piller des vaisseaux anglais. » Un capitaine doit subir une colère inspirée de la conscience de classe de son équipage pour s’être comporté « comme un gentleman. » Occasionnellement, en cas de despotisme, il peut être sommairement exécuté.
Souvenons-nous du commentaire de Walter Kennedy affirmant que la plupart des bandits des mers, « ayant auparavant souffert des mauvais traitements infligés par leurs officiers, se protègent soigneusement d’un tel mal ». La sélection démocratique des officiers apparaît ainsi en contraste total et significatif avec l’organisation quasi dictatoriale du commandement dans le service marchand et la Royal Navy.
Afin d’éviter les abus d’autorité, les pirates élisent un officier appelé le quartier-maître, dont les pouvoirs contrebalancent ceux du capitaine. William Snelgrave explique qu’il « est chargé de l’inspection générale de toutes les affaires, il contrôle souvent les ordres du capitaine. Cette personne est aussi celle qui doit être la première lors de l’abordage de n’importe quel bateau ». Un autre prisonnier, le capitaine Richard Hawkins, qualifie le quartier-maître de « directeur en chef » du vaisseau pirate. […]
Le quartier-maître est donc le gardien de la tradition pirate, celui qui émet les jugements définitifs concernant la pratique culturelle. Comme un tribun dans la Rome antique, il protège le peuple contre les puissants, les plébéiens contre les patriciens. Dans le service marchand, le quartier-maître n’est pas considéré comme un officier mais simplement comme un marin « dégourdi », c’est-à-dire bien informé et expérimenté. Chez les pirates, il est élevé à une position suprêmement valorisée de confiance, d’autorité et de pouvoir. […]
Le rôle du quartier-maître consistant à maintenir l’autorité au sein d’un exécutif dualiste et représentatif est un principe propre à l’organisation sociale des pirates, et il influence la création de nouveaux bateaux. Le quartier-maître, tribun, médiateur, trésorier et partie prenante du maintien de la paix à bord d’un navire, devient souvent le capitaine d’un nouveau vaisseau lorsqu’un bâtiment est capturé puis converti. […]
Et pourtant, ni le capitaine ni le quartier-maître ne représentent l’autorité la plus élevée sur le bateau pirate. Cet honneur revient au conseil commun, qui réunit régulièrement tous les hommes, du capitaine jusqu’à l’homme du beaupré. Les décisions ayant le plus de conséquences sur le bien-être de l’équipage sont prises lors de réunions ouvertes où les débats sont houleux. En rendant l’équipage souverain, les pirates s’appuient sur une ancienne coutume maritime tombée dans l’oubli vers 1700, suivant laquelle le maître d’un navire marchand consultait tout son équipage (qui était souvent en partie propriétaire de la cargaison) pour la prise de décisions vitales. Les flibustiers connaissent également la tradition navale militaire – le conseil de guerre – au cours duquel les officiers supérieurs d’un navire ou d’une flotte se retrouvent afin de définir une stratégie. La réunion de la communauté flottante accréditait la réalité du vieux proverbe qui affirme : « Nous sommes tous ensemble sur ce bateau. » […]
Les décisions prises par le conseil sont sacro-saintes. Même le capitaine le plus courageux n’ose les affronter. Les conseils ont démis un certain nombre de capitaines et d’autres officiers de leur poste. Thomas Anstis perd sa fonction de capitaine : il est, selon l’expression des marins, « remis au pied du mât », c’est-à-dire qu’il redevient un marin ordinaire sur le bateau qu’il a auparavant commandé. Charles Vane, étiqueté comme couard par son équipage, est démis de ses fonctions de capitaine. Charles Martel perd son titre en raison de sa cruauté envers l’équipage et les prisonniers, un homme « plus juste » est nommé à sa place. Parce qu’une majorité de l’équipage de Bartholomew Roberts considère que le « vieux pirate » David Simpson est devenu vicieux depuis qu’il est quartier-maître, il est « viré par les hommes ».
La démocratie à bord des navires peut paraître étouffante. Certains équipages font en permanence appel au conseil, « décidant toutes choses à la majorité des votes ». D’autres l’organisent comme un tribunal. « Ils aiment voter », déclare un capitaine capturé, « toutes les affaires des pirates sont traitées de cette façon ». En réalité, il y a « tellement peu de gouvernement et de subordination » parmi les pirates qu’« ils sont, selon l’occasion, tous capitaines, tous chefs ». Le capitaine de marine militaire Humphrey Orme, qui capture et interroge un gang de pirates en 1723, résume succinctement la situation : « Les plaisirs tirés d’une fonction sont très précaires à bord des bateaux pirates et reposent entièrement sur le bon vouloir et le bien-être de l’équipage. »
La distribution du butin est explicitement régulée par la charte du navire. Les pirates font appel à un système de partage précapitaliste afin de répartir leurs prises. Le capitaine et le quartier-maître reçoivent entre une part et demie et deux parts ; les canonniers, maîtres d’équipage, seconds, charpentiers et docteurs reçoivent entre une part et un quart et une part et demie ; tous les autres ont droit à une part chacun”. Ce système de rémunération prend une distance radicale avec les pratiques de la marine marchande, de la Royal Navy et des corsaires. Il institue un système élaboré de niveaux hiérarchiques de revenus, qui réduit drastiquement les disparités entre le haut et le bas de l’échelle. En réalité, il s’agit probablement de l’un des programmes d’attribution des ressources les plus égalitaristes du XVIIIe siècle. Si comme le suggère Philip Gosse, éminent historien de la piraterie, « les meilleurs des marins sont les pirates », la distribution équitable du butin et la conception du partenariat peuvent être comprises comme l’œuvre d’hommes qui accordent de la valeur et du respect aux compétences de leurs camarades.
En expropriant un navire marchand (après une mutinerie ou une capture), les pirates s’approprient les moyens de production maritimes et déclarent qu’ils sont la propriété commune de ceux qui travaillent à son bord. Ils abolissent la relation salariale qui se trouve au cœur du processus d’accumulation capitaliste.
Cerise sur ce gâteau démocratique, l’exergue choisi par Marcus Rediker :
« Maudit sois-tu, tu n’es qu’un lâche, comme le sont tous ceux qui acceptent d’être gouvernés par les lois que des hommes riches ont rédigées afin d’assurer leur propre sécurité. Ils nous font passer pour des bandits, ces scélérats, alors qu’il n’y a qu’une différence entre eux et nous, ils volent les pauvres sous couvert de la loi tandis que nous pillons les riches sous la protection de notre seul courage. »
Charles Bellamy
Complément vidéo (à propos du livre passionnant À bord du négrier (2013) de Markus Rediker :
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On n’aura donc aucun mal, finalement, à fournir à nos contradicteurs incrédules d’autres exemples que celui d’Athènes, pour illustrer la possibilité bien réelle de sociétés authentiquement démocratiques.
S’ils passent par ici, je remercie David, Francis et Marcus d’exister, je grandis en les lisant.
Étienne Chouard
Saint-André-de-Valborgne « Sous surveillance »
8 juillet 2014 : reportage à Saint André de Valborgne (où les oligarques locaux refusent d’être filmés) + extrait de notre conférence/débat près d’Avignon avec (la courageuse) Camille Halut :
httpv://www.youtube.com/watch?v=IxsPM9ExPTQ
Le gouvernement représentatif, ce n’est PAS la démocratie :
Jean-Jacques Rousseau, dans « Le contrat social » (1762) :
« LA SOUVERAINETÉ NE PEUT ÊTRE REPRÉSENTÉE, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement.
TOUTE LOI QUE LE PEUPLE EN PERSONNE N’A PAS RATIFIÉE EST NULLE ; CE N’EST POINT UNE LOI.
Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. »
Si nous voulons à la fois des représentants (ce qui peut se concevoir, évidemment) et rester libres, nous devons absolument surveiller en permanence les représentants de la puissance publique dans l’exercice du pouvoir (et donc, nous devons écrire nous-mêmes la constitution qui règle et garantit cette surveillance car JAMAIS les élus n’écriront eux-mêmes de telles règles, à cause du conflit d’intérêts).
Le blog de « Cause toujours » :

http://causetoujours.fr/2014/07/14/st–andre–de–valborgne–sous–surveillance/
Le site de Camille : Pour une vraie démocratie à Saint-André-de-Valborgne : http://democratie-saintandredevalborgne.com/
[EDIT : Peu de temps après le reportage, une requête a été faite par le Maire au tribunal administratif demandant la démission de Camille Halut pour trouble de l’ordre.]
Il me semble que nous devrions aider Camille, dans la mesure de nos moyens, chacun à sa manière.
Roméo Bouchard : « Constituer le Québec – Pistes de solution pour une véritable démocratie »
Les idées authentiquement démocratiques se développent des deux côtés de l’Atlantique, bien sûr, au sein des peuples, à la base, et je voudrais vous signaler un bon petit livre qui vient de sortir au Québec :

http://nouveauprojet.com/magazine/constituer–le–quebec
Roméo Bouchard
J’y ai retrouvé des tas d’idées connues, bien sûr, mais sous des formulations originales, et j’y ai aussi trouvé des analyses et des propositions utiles et surprenantes, nouvelles pour moi ; et puis un ton particulier, qui n’est pas tout à fait le nôtre et qui est bien intéressant.
Extrait :
« Les mots constitution et assemblée constituante ne font pas partie de la tradition ni du vocabulaire politique au Canada, où la population n’a jamais eu à se prononcer sur une constitution. Nous sommes nés par césarienne, en quelque sorte, comme beaucoup d’ex-colonies. Lors de l’élection québécoise de 2012, malgré le peu de temps disponible, nous avons quand même voulu faire de l’assemblée constituante la base d’un projet électoral audacieux : sous le nom de Coalition pour la constituante, nous avons présenté 19 candidats. Le seul article au programme était la convocation d’une assemblée constituante dont les membres devaient être tirés au sort. » […]
Plan du livre :
Préface
L’illusion de la démocratie
Comment j’ai perdu la foi
Voter ou ne pas voter ?
Première piste : avec ou sans partis ?
Deuxième piste : élection ou tirage au sort ?
Troisième piste : la démocratie directe
Quatrième piste : le principe de proximité
Cinquième piste : une économie citoyenne
La solution-clef : l’assemblée constituante
Conclusion : des « citoyens constituants »
Un bon petit livre, qui pourra vous aider à être bien contagieux, bande de virus 🙂
À propos de Québec, il est question que des Québécois m’invitent bientôt chez eux, pour réfléchir ensemble sur nos idées de réappropriation populaire du politique et du bien commun : j’espère que ce sera possible et j’ai hâte d’y être !
Merci Roméo, pour les mots gentils 🙂
Le point de vue d’Usul
« Usul » a préparé cette vidéo (gros boulot) pour présenter mon travail, de façon à la fois amusante et sérieuse :
httpv://www.youtube.com/watch?v=Dahg7XPHu98
Merci à lui.
Mais le soir même, au vu de quelques réactions, il regrettait apparemment sa bienveillance première :
https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=778694915514725&id=153938251323731
Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça (des doutes qui assaillent ce jeune homme honnête face aux intimidations quand elles l’atteignent à son tour, et des ennuis qu’on va peut-être lui faire pour avoir osé me défendre).
Je serais triste de lui causer du tort, même sans le vouloir, car je le crois bien intentionné. Il faudra peut-être qu’il retire cette vidéo. Je ne sais pas.
Advienne que pourra.
Emprunts toxiques : le maire, la banque et les truands
httpv://www.youtube.com/watch?v=u‑YgXFwT5g0
Les banques ont des représentants politiques, mais pas nous !
Si on veut une Constitution, il faudra l’écrire nous-mêmes.
Rappel : demain, mercredi 9 juillet à 14 h, atelier constituant à Avignon.
Atelier constituant en Avignon, le 9 juillet 2014 : artisans de spectacles et démocratie locale, avec Camille Halut
Je vous propose de nous retrouver en Avignon le 9 juillet prochain, pour un atelier constituant que nous allons dédier, si vous le voulez bien :
1) À la protection constitutionnelle des artisans de spectacle
(j’invente cette expression que je préfère à « intermittents », qui montre mal l’importance politique et sociale de ces travailleurs)
C’est d’actualité, on dirait : en Avignon et en juillet, on ne devrait pas manquer de citoyens intéressés à réfléchir à cette question.
2) Aux institutions qu’il nous faudrait pour garantir une vraie démocratie locale.
Camille Halut sera parmi nous (ça me fait bien plaisir), et j’aimerais échanger avec elle et avec vous sur ce que nous pourrions écrire (à condition de le faire nous-mêmes) pour n’être plus jamais sans défense contre d’éventuels (et toujours possibles) élus infantilisants.
Le point central du fait de filmer (et diffuser en direct) en permanence les hommes au pouvoir dans l’exercice de leurs fonctions est absolument passionnant. À discuter, j’en suis sûr ! On va voir ça, justement.
Voici les lieux et heures de cette rencontre :
9 juillet 2014, de 14 h à 21 h,
salle municipale du Rex,
rue des paroissiens, 84110 Montfavet
Voyez aussi toutes sortes d’événements prometteurs, dans la même veine :
Si vous n’avez pas encore vu la pièce touchante de Cécile CANAL, « La démocratie expliquée à mon député », c’est le moment !
Merci à tous les gentils virus qui organisent tout ça, merci !
À tout bientôt 🙂
Étienne.
Pour une vraie démocratie à Saint-André-de-Valborgne : les efforts admirables de Camille Halut – Filmer les élus en train de travailler ou pas ?
Camille Halut, jeune et courageuse étudiante en droit à Montpellier, a été tirée au sort pour figurer sur une liste de son village, Saint-André-de-Valborgne dans les Cévennes, puis élue !
Depuis, elle se bagarre contre les (vives) résistances des élus-en-place-depuis-longtemps, pas contents du tout de voir ainsi des citoyens indociles tenter de s’occuper eux-mêmes de leurs propres affaires. Par exemple, certains élus refusent absolument d’être filmés, va savoir pourquoi, alors que ces mêmes élus ne se privent pas de faire filmer leurs administrés un peu partout, sans leur accord, et même parfois contre leur refus !
L’expérience qu’elle vit là-bas va sans doute lui donner des tas d’idées d’institutions qui nous garantiraient mieux contre les voleurs de pouvoir. On lui demandera, quand on la retrouvera à Avignon, le 9 juillet prochain.
Pour comprendre cette affaire, voyez d’abord ces deux articles du Midi Libre qui l’évoquent :
À Saint-André-de-Valborgne, la crise permanente au conseil
http://www.midilibre.fr/2014/05/16/a‑saint-andre-la-crise-permanente-au-conseil,861811.php
Le maire Régis Bourelly est mis en difficulté par Camille Halut, une jeune opposante aux idées radicales.
Régis Bourelly est maire de Saint-André-de-Valborgne depuis 2001 mais ce troisième mandat commence des plus difficilement pour lui. Pour le vote du budget, il a fallu convoquer le conseil trois fois, dépasser le délai légal et demander pour ce faire l’autorisation de la sous-préfecture, et au final, se prendre quand même un recours pour « excès de pouvoir contre un acte administratif » de la part d’une toute nouvelle opposante.
Camille Halut, étudiante en deuxième année de droit à Montpellier, et habitante du village a en effet une conception toute particulière de la démocratie locale. La jeune femme, qui se présente sur la liste Démocratie réelle aux Européennes (elle est deuxième sur la liste pour notre région Sud Ouest) défend l’idée que « notre système actuel n’est pas la démocratie. C’est aux citoyens de s’exprimer, pas à des personnes élues qui ne sont pas suffisamment légitimes. Les dernières élections européennes l’ont montré avec 60 % d’abstention. »
Tirage au sort
Camille Halut a tenté de défendre l’idée d’un tirage au sort des candidats à partir des listes électorales, et d’un maire qui changerait tous les six mois. Pendant la campagne des municipales, elle a ainsi contacté dans le village une centaine de personnes. Trois ont été élus avec elle. Mais pas forcément pour apporter une pierre constructive à l’édifice municipal ! Si les opposants contestent ce qu’ils estiment être « de l’argent jeté par les fenêtres avec un projet de route pour descendre à la rivière, qui est totalement inutile », ils n’ont pour l’instant pas présenté d’autres propositions « J’ai des projets, comme tout citoyen bien sûr », dit Camille Halut, qui se défend d’une quelconque ambition politique personnelle, y compris dans six ans.
Changement de maire tous les six mois ?
D’ici là, l’opposante compte bien continuer à rendre compte sur son blog des séances de conseils et ce, dans les moindres détails. Son recours au tribunal contre l’interdiction faite par le maire de filmer les séances a en revanche été rejeté. Régis Bourelly en a fait une question de principe. « Une majorité d’élus ne veut pas être filmée, un point c’est tout. J’ai dû annuler le conseil à deux reprises parce qu’elle sortait sa caméra malgré tout. Et le dernier en date du 7 mai, a duré trois heures ! Forcément dès que je dis un mot, l’opposition conteste ! ». Pour l’année à venir, le gros projet de Saint-André, c’est de régler le problème d’arsenic dans l’eau au hameau de Tourgueil. Mais les opposants ont également déposé un troisième recours, pour l’annulation des élections cette fois.
Source : http://www.midilibre.fr/2014/05/16/a‑saint-andre-la-crise-permanente-au-conseil,861811.php
…
Camille avait présenté l’idée aux journalistes quelque temps auparavant :
Cévennes : « Le citoyen n’est pas qu’un simple électeur »
http://www.midilibre.fr/2014/03/19/le–citoyen–n–est–pas–qu–un–simple–electeur,836664.php
Une initiative originale de Camille Halut à Saint-André-de-Valborgne.
Vous avez proposé une initiative citoyenne pour les élections municipales à St-André-de-Valborgne. Pouvez-vous expliquer les origines de ce projet ?
En fait, j’ai rejoint “la contre-élection européenne” en m’inscrivant sur le site de l’action menée pour une démocratie réelle en Europe. Je me suis beaucoup investie dans cette “contre-élection”. Étant originaire de Saint-André-de-Valborgne, je me suis dit pourquoi ne pas appliquer cette démarche pour les élections municipales de mon village.
Justement, quelle est cette démarche ?
On ne peut pas réduire le citoyen juste à l’électeur. Il faut, selon moi, aller plus loin, que tout un chacun participe à la vie politique. C’est pour cela que chacun, dans un ordre aléatoire, se présente. Ensuite, la population, non élue, se réunie en commission pour travailler sur des projets, avant de les soumettre au vote par référendum. N’importe qui peut proposer un projet dans un comité de pilotage constitué de volontaires.
« Quand on fait les choses à la place des gens, cela ne les pousse pas à faire… »
Camille Halut
Une manière de gérer la commune de façon démocratique et de responsabiliser les gens, notamment à la gestion de l’argent public. Quant aux élus, leur rôle serait cantonné au simple fait d’enregistrer les projets et d’être un support légal. Quant au maire, il y aurait un système de rotation, pour que chacun à leur tour durant le mandat, tous les conseillers municipaux siègent dans le fauteuil de premier magistrat, après des démissions volontaires à cette fonction durant un temps imparti. Tout est légal et donc possible. Et comme cela, l’élu s’engage à ne plus monopoliser mais rendre le pouvoir de décision qui revient légitimement aux citoyens.
Un projet à la portée de tous ?
Oui bien sûr. C’est à la portée de tous les citoyens. Chacun est capable d’apporter quelque chose. Moi, personnellement, cela ne m’intéresse pas d’être politique. En revanche, je suis une citoyenne. On voit bien quand on fait les choses à la place des gens, cela ne les pousse pas à faire. La démocratie réelle, cela part de la base, comme dans la Grèce Antique.
Comment avez-vous procédé ?
J’ai organisé un tirage au sort de l’ensemble des inscrits sur les listes électorales. J’ai récupéré la liste électorale puisqu’elle est disponible et accessible à tous les citoyens. J’ai ensuite demandé à des personnes du village de me dire qui, parmi les inscrits, étaient résidents à l’année. Sur 449 électeurs, j’en ai comptabilisé 310.
Parallèlement, j’ai mis des affiches, fait du porte-à-porte et organisé des discussions citoyennes pour expliquer l’intérêt de cette démarche et j’ai eu un très bon écho de la part des habitants. Et beaucoup ont de nombreux projets comme créer des calades dans les rues par exemple. Il faut arrêter de brider les initiatives.
Et alors ce tirage au sort…
J’ai donc organisé le tirage au sort, ce qui a mis en exergue 310 candidats potentiels dans un ordre aléatoire par rapport à celui de la liste électorale. Cela s’est concrétisé par un énorme rouleau de papier (sourire). Et pour aller jusqu’au bout, j’ai appelé un à un, du moins tous ceux dont j’ai pu obtenir les contacts téléphoniques, dans l’ordre du tirage, les électeurs pour savoir s’ils désiraient ou non se présenter. Après trois jours au téléphone, cinq ont accepté (moi comprise). Le premier de la liste était vers le 95e tiré.
Finalement dans un village ce type de démarche peut sembler facile ?
C’est ce que je pensais, mais ça a été au contraire plus compliqué. Je n’avais pas mesuré les contraintes économiques, liées aux emplois qui dépendent fréquemment de la mairie. Mais beaucoup sont intéressés (même certains qui sont sur les listes concurrentes). En tout cas, la liste (incomplète) de cinq personnes est déposée en préfecture. On verra par la suite…
…
Voyez surtout le blog que Camille a mis en place pour nous tenir au courant de sa lutte (c’est passionnant, David contre Goliath) :
Pour une vraie démocratie à Saint-André-de-Valborgne
http://democratie-saintandredevalborgne.com/
Voyez notamment (mais pas seulement) la bagarre (qui nous concerne tous) sur le droit des citoyens (ou pas) de filmer les séances du Conseil municipal :
•http://democratie-saintandredevalborgne.com/du–droit–de–filmer/
• http://democratie-saintandredevalborgne.com/conseil–municipal–annule–pour–cause–de–film/
• http://democratie-saintandredevalborgne.com/conseil-municipal-8-annule‑4/
httpv://www.youtube.com/watch?v=mn-TwduZs6c
Le principe général est effectivement L’AUTORISATION PAR LA LOI de filmer les séances des Conseils municipaux :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070633&idArticle=LEGIARTI000006389876&dateTexte=&categorieLien=cid
Article L2121-18 du Code général des collectivités territoriales
« Les séances des conseils municipaux sont publiques.
Néanmoins, sur la demande de trois membres ou du maire, le conseil municipal peut décider, sans débat, à la majorité absolue des membres présents ou représentés, qu’il se réunit à huis clos.
Sans préjudice des pouvoirs que le maire tient de l’article L. 2121–16, ces séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle.
Le rejet-défaite en justice dont se prévaut abusivement le maire n’est PAS un rejet sur le fond, mais un rejet sur la forme du référé : « il n’y avait pas urgence à juger » ont seulement dit les juges, qui se sont déclarés incompétents ; cela n’est PAS un jugement qui supprimerait le droit pour les citoyens de filmer leurs législateurs au travail.
Contrôle social des forces armées. Réflexion publique avec Laurent Henninger
httpv://www.youtube.com/watch?v=k0fHC0iyouU
C’était à Paris, le 7 juin 2014, au Palais de Tokyo, dans le cadre de l’exposition « Flamme éternelle » :
Publication chez Utovie des Actes du colloque « Henri Guillemin et la révolution française : le moment Robespierre »
Les Éditions Utovie viennent de publier les Actes du colloque « Henri Guillemin et la révolution française : le moment Robespierre ».

J’avais adoré cette journée, très émouvante et passionnante, et j’aime ce livre, plus intéressant encore : je suis sûr qu’il plaira beaucoup à de nombreux virus.
• Plan de l’ouvrage (175 pages) :
- Préface, par Édouard Mangin
– Le mot d’accueil de Philippe Guillemin
– Sur l’élaboration du Robespierre de Guillemin, par Patrick Berthier
– Sur Robespierre et Rousseau, par Claude Mazauric
– Robespierre, théoricien et acteur d’une République démocratique et sociale, par Florence Gauthier
– Henri Guillemin et Robespierre : contre-histoire du gouvernement représentatif et propositions de prolongements constituants, par Étienne Chouard
– Robespierre ou la terreur des droits de l’homme, par Yannick Bosc
– Argent et corruption sous la Terreur, par Olivier Blanc
– Robespierre et la religion dans l’historiographie (1794−2012), par Marc Belissa
– Le problème Robespierre : celui de son héritage, ou de ses héritiers ? par Serge Deruette
– Les conférences retrouvées d’Henri Guillemin sur la Révolution, par Patrick Rödel
– Actualité et vitalité de Guillemin, par Edwy Plenel
– Postface, par Michel-Antoine Rognard
– Notices sur les contributeurs du volume
• Préface d’Édouard Mangin :
« Au-delà de parachever le travail fourni pour que cet événement ait lieu, l’édition des actes du colloque « Henri Guillemin et la Révolution française – le moment Robespierre », qui se déroula le 26 octobre 2013 à l’Institut catholique de Paris (ICP), procure pour les organisateurs un double plaisir, ou plutôt, un plaisir à double détente, teinté à la fois de nostalgie et de désir de reconduire ce qui est toujours un peu une aventure.
La première émotion provient des textes eux-mêmes. Relire les interventions, c’est assurément les redécouvrir à froid et en savourer la profondeur, la portée et les subtilités, sur un thème peu courant et surtout plein d’enjeux, où les opinions se diffractent pour de multiples raisons, parmi lesquelles la méconnaissance des faits ou le parti-pris idéologique.
« La Révolution française – le moment Robespierre » est en effet un sujet suffisamment riche et complexe pour qu’on ne l’enferme pas, serait-ce dans la plus belle des chapelles, ou le plus imposant des temples. À cet égard, la diversité des intervenants peut être perçue comme un reflet de la démarche non conventionnelle d’Henri Guillemin, constituée à la fois de recherches historiques scrupuleuses, et d’affirmations sans ambages, de convictions puissantes et intimes nées d’extraordinaires intuitions sur le sens de l’Histoire et les lois humaines ; rassemblant à la fois le déploiement logique des faits propre à l’historien, et l’appel aux forces de l’imaginaire de l’écrivain.
Relire ces textes c’est aussi, au-delà d’eux, revivre cette belle journée particulière d’automne : un site à l’architecture composite et évocatrice ; une journée ensoleillée, la dernière de la saison ; une salle, la fameuse salle des Actes de l’Institut, pleine d’un public intergénérationnel, extrêmement attentif, et qui n’a pas désempli de la journée.
Tout cela offre une première invitation au voyage, pour paraphraser le poète, un voyage réunissant tous ceux qui, à un titre ou à un autre, contribuèrent à cette aventure.
J’ai parlé d’une double détente. Il y a effectivement un second plaisir, moins immédiat, plus lent à émerger et qui s’impose particulièrement aux organisateurs du colloque.
Malgré eux, en relisant ces textes, ils revivent le fil des événements qui ont précédé la journée du 26 octobre, les joies et les déconvenues qu’ils ont vécues, toutes péripéties propres à ce genre d’événement. Comment en effet oublier l’émotion de cet inconditionnel d’Henri Guillemin, dont la voix signait l’avancée en âge, qui me téléphona un matin pour connaître les horaires du colloque. « Vous habitez Paris ? — Non ! s’exclama-t-il, j’habite à 500 km et je viens en voiture spécialement pour lui, pour Guillemin ! » Ou cet étudiant me demandant des adresses d’amis bienveillants ou d’hôtels bon marché près de l’Institut catholique, car il venait de Bruxelles et avait même décalé ses congés en apprenant la tenue du colloque. Ou encore cette femme qui dans sa jeunesse avait découvert Henri Guillemin à travers ses conférences télévisées, ce qui l’avait marquée à jamais dans le choix de ses études et de son travail, et qui me parlait d’Henri Guillemin avec tant de ferveur et d’intelligence que je l’imaginais aisément faire partie des intervenants pour une prochaine fois.
Revivre la genèse du colloque amène immanquablement à revivre le chaleureux déjeuner de janvier 2013 au cours duquel Edwy Plenel, plein d’enthousiasme, confirma le partenariat de Mediapart ainsi que sa présence à la table ronde finale. Sur ce point, le soutien de Mediapart, en mettant notre blog d’information sur le colloque en première page dès le début de septembre, nous a été très précieux. Car comment mobiliser le public sans communiquer ? Il y eut aussi Témoignage chrétien avec le beau texte de Patrick Rödel en une du numéro du 17 octobre 2013. Et enfin, je me souviens de l’immédiate mobilisation de l’association des Amis de Robespierre pour le Bicentenaire de la Révolution (ARBR) qui activa très efficacement son important réseau, créant le flux régulier des premières pré-inscriptions. Presque tous les messages reçus à travers ces relais furent accompagnés de remerciements et d’encouragements.
[…]
L’œuvre d’Henri Guillemin est si vaste et si utile par ces temps de pensée molle et confuse, presque urgente à faire vivre aujourd’hui, que d’autres voyages apparaissent nécessaires. Sans doute. Et c’est bien pour cela que le frêle esquif actuellement à quai, clapotant sagement dans son port d’arrivée, est prêt à appareiller de nouveau.
Édouard MANGIN
• Présentation du colloque :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013/09/21/341–samedi–26–oct–2013–colloque–henri–guillemin–a–paris
• Le texte de mon intervention :
Henri Guillemin et Robespierre : contre-histoire du gouvernement représentatif et propositions de prolongements constituants
https://old.chouard.org/Europe/Etienne_Chouard_Henri_Guillemin_et_Robespierre_oct_2013.pdf
Je remercie tous ceux qui ont organisé cette rencontre chaleureuse et utile, et qui ont eu la gentillesse de m’y inviter. J’envoie un salut particulier à Patrick Berthier, qui a écrit des pages très émouvantes sur Guillemin, et qui a édité mon texte avec un soin méticuleux et un grand respect.
Merci aussi aux Éditions Utovie, de rendre disponibles, et donc de garder vivants, tous les travaux d’Henri Guillemin.
Étienne.
Ken Loach – Défier le récit des puissants
Un bouquin passionnant, et entraînant, comme Ken Loach lui-même :
http://www.indigene-editions.fr/ceux–qui–marchent–contre–le–vent/defier–le–recit–des–puissants.html
https://www.facebook.com/defierrecitpuissants
L’auto-institution de notre société aura besoin de récits et de porte-voix ;
ce petit livre original est truffé de méthodes utiles et d’idées stimulantes.
TRAVAIL ou EMPLOI ? par Bernard FRIOT
Une courte première vidéo proposée par l’équipe « Devenons Citoyens » :
httpv://www.youtube.com/watch?v=rsnPYHxIvmc
Je considère que Bernard Friot porte l’idée la plus révolutionnaire et la plus prometteuse de notre temps.
Cet homme passionnant nous dit :
• Comprenons (en profondeur) et défendons nous-mêmes (personnellement) l’institution émancipatrice de la COTISATION SOCIALE et du SALAIRE À VIE (avec qualification des personnes plutôt que des postes) :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013/06/07/331–passionnant–bernard–friot–explique–l–enjeu–des–retraites–par–repartition–resister–a–la–reforme–capitaliste–et–assumer–cette–autre–definition–de–la–valeur–economique
• Et distinguons la propriété D’USAGE (à généraliser et à garantir à tous) de la propriété LUCRATIVE (à interdire) :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/04/12/204–passionnant–bernard–friot–distinguer–la–propriete–d–usage–de–la–propriete–lucrative–pour–etendre–la–premiere–et–interdire–la–seconde
• Ce que PROUVE l’expérience réussie des RETRAITES, c’est que nous sommes CAPABLES de FINANCER NOUS-MÊMES nos activités (nous : salariés, 93% de la population active) : nous n’avons pas besoin de l’argent des riches, nous n’avons pas à leur payer un intérêt non nécessaire et ruineux, on peut s’affranchir des maîtres-chanteurs de l’emploi et de la dette :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2010/11/07/110–l–enjeu–des–retraites
Ne ratez pas le travail de Bernard Friot : il va vous transformer, et sans doute changer votre vie (en bien).
BERNARD FRIOT NOUS AIDE À NOUS ÉMANCIPER
Demain La Décroissance N° 14 – Entretien à la maison avec Christian Laurut
Encore un long entretien ; c’était le 10 mai 2014, à la maison, avec des questions clairement orientées écolo, mais je ne me laisse pas faire 🙂 (on n’a pas de « problèmes écologiques », on a un problème politique) :
httpv://www.youtube.com/watch?v=thwQ6rZrt4Q
Tu radotes, Chouard, va plutôt écrire ton bouquin !
Conseils de lectures anti-esclavagistes
conseils un peu plus appuyés cette fois peut-être :
httpv://www.youtube.com/watch?v=YEOn39qClgs
Vous allez me détester à force de radoter comme ça, pardon. On cherche la forme qui va se répandre ensuite toute seule, comme une trainée de poudre, de façon virale et enfin autonome… On cherche…
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Lien Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10152594261287317
Attentat démocratique
httpv://www.youtube.com/watch?v=zjq4y6115sg
Merci, bande de virus 🙂
François Asselineau : L’histoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer « le débarquement des anglo-saxons »
Encore un article passionnant de François Asselineau :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l‑histoire-vraie-il-y-a-50-ans-le-153022
C’est vraiment très intéressant.
Voir aussi la reprise de ce travail de mémoire de François Asselineau par Olivier Berruyer, avec des compléments et commentaires intéressants :
Voir surtout cet autre article d’Olivier :
[L’enseignement de l’ignorance]
Quelle est la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?
http://www.les-crises.fr/la–fabrique–du–cretin–defaite–nazis/
Avec cet incroyable graphique (qui prouve l’effet, sur l’opinion d’une province, de 70 ans de propagande d’un empire en formation) :

Et aussi ces chiffres :
Pertes humaines pendant la Seconde Guerre mondiale :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pertes_humaines_pendant_la_Seconde_Guerre_mondiale










