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Résistance à la guerre qui vient : appel à l’aide — besoin de traducteurs
Bonjour. Avec l’envoi de chars lourds Léopard dans la plaine d’Ukraine, sur les traces de leurs prédécesseurs Tigre de 1943, nos dirigeants somnambules continuent d’arpenter le chemin qui mène à la guerre totale – qui sera vraiment, pour le coup, peut-être la dernière, et pour de bon, mettant fin à notre civilisation. Les tambours de la guerre des grands médias, comme toujours avides de sang, résonnent de plus en plus fort. Afin de les contrer, j’aurais souhaité aider à faire traduire dans…
Les activités de décembre 2022
Chers amis, Je n’ai pas publié sur le blog depuis juillet, pardonnez-moi je désespère, et je me recentre comme je peux sur un projet de livre dont je vous parlerai un de ces jours. Vous êtes nombreux à me poser des questions au sujet de la reprise des émissions « Jeudi Chouard, le jour des citoyens constituants ». Vous en aurez bientôt des nouvelles, sous une forme peut-être différente, probablement en partenariat avec le Mouvement Constituant Populaire, en tenant compte bien sûr de vos nombreux…
Rendez-vous chez Zioclo ce soir, lundi 25 juillet 2022, à 19h, pour parler de démocratie et de liberté d’expression
Bonjour à tous 🙂 Je n’ai pas vu toutes les vidéos de Zioclo (il y en a énormément), mais ce que j’ai vu m’a paru très chouette, avec une ouverture d’esprit, une curiosité et un a priori bienveillant, pour essayer de comprendre notre monde par toutes ses facettes. Donc je suis content de vous retrouver ce soir chez ce jeune homme, pour parler chez lui de démocratie et de liberté d’expression : https://www.youtube.com/watch?v=owWOct9KMMs En plus du lien YouTube ci-dessus, il y a deux autres…
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Avignon, 9 juillet 2014, Fête de la démocratie, suggestions d’ateliers constituants, avec Camille Halut
L’équipe de Cause Toujours a filmé, monté et mis en ligne (en 3 vidéos liées) notre rencontre avec Camille près d’Avignon, à propos de sa courageuse (et emblématique) résistance à Saint-André de Valborgne (résistance dont je vous parlais déjà ici et ici)..
Il me semble que Camille nous montre un chemin, un exemple vivant de ce que nous pourrions faire nous-mêmes, chacun dans notre commune, pour donner vie, concrètement, à l’aspiration démocratique qui grandit :
httpv://www.youtube.com/watch?v=aqIKVa411YQ&list=PL9IQXC7V-4xPFJG5DiWMMXw4rGsOkWJho&index=1
Je cherche des moyens pour aider Camille et ses amis.
Nous devrions au moins faire connaître cette initiative, en parler entre nous.
Peut-être même aller dans son village, pour assister physiquement à tout ça.
Si on essaie de faire la même chose chez nous, lui faire savoir, pour qu’elle sente que ses efforts font des petits.
Si vous avez d’autres idées…

Merci aux intrépides reporters de Cause Toujours 🙂
Innombrables expériences démocratiques non athéniennes : lire Graeber, Dupuis-Déri et Rediker
Voici un article que j’ai préparé pour le magazine Kaizen (les Colibris de Pierre Rabhi) et qui vient d’être publié sur leur site :
Innombrables expériences démocratiques non athéniennes :
lire Graeber, Dupuis-Déri et Rediker
David Graeber est épatant. Après m’avoir remué en profondeur sur le sujet de la monnaie avec son livre Dette : 5 000 ans d’histoire, voici qu’il me retourne sur celui de la démocratie avec son livre La démocratie aux marges (avec une passionnante préface d’Alain Caillé).
Après m’avoir fait comprendre que presque tout ce qu’on nous apprend en « économie » sur la monnaie et la dette est un tissu de contresens, voilà que David me fait réaliser, à moi qui justement croyais avoir déjà fait un bon travail de démystification sur le plan politique autour de la démocratie, que j’ai encore un étage à monter pour prendre conscience des erreurs courantes en la matière.
Cet anthropologue observe les sociétés humaines réelles, y compris et surtout les communautés dont l’imaginaire n’a pas encore été colonisé par les marchands (et leurs armées), les sociétés qu’on appelle « primitives » et qui sont, en fait, à bien des égards, plus humaines et plus généreuses que nous, stupides consommateurs matérialistes et compétiteurs égoïstes – décervelés par la réclame et les jeux du cirque – que nous sommes devenus.
Du point de vue de l’anthropologue Graeber, Athènes n’est pas la seule démocratie au monde, loin de là, et c’en est même une version plutôt dégradée (militaire et brutale), alors que toutes les sociétés sans État se sont organisées ─ et s’organisent encore, naturellement, spontanément ─ de façon démocratique ! C’est-à-dire en se réunissant tous pour discuter ensemble et décider ensemble, et presque toujours sans voter ! En cherchant toujours le consensus, sorte de quasi-unanimité… Cornegidouille, ça secoue !
Le passage sur le petit nombre de sociétés qui votent leurs lois (alors que je pensais, après l’avoir pas mal étudiée, que la démocratie, c’est précisément voter nous-mêmes nos lois au lieu d’élire des maîtres) est passionnant : Graeber explique que les sociétés qui votent leurs lois sont toujours des sociétés de soldats, donc armées, donc redoutables, capables d’imposer leurs vues par la force, et pour qui le vote est une solution raisonnable pour ne pas s’entre-tuer et économiser des vies humaines en se comptant avant de se battre.
Et il décrit, au contraire, la multitude des autres sociétés (que les anthropologues connaissent bien mais que nous ignorons trop), les communautés sans coercition, sans État, où personne n’a les moyens d’imposer un comportement à qui que ce soit, et qui préfèrent la solution apparemment la plus difficile : négocier plutôt que voter, chercher un consensus plutôt qu’une majorité.
Graeber explique ce choix étonnant d’une façon lumineuse (page 48 et s.) :
On doit se demander pourquoi ces méthodes [lever la main pour dire son accord ou désaccord avec une proposition] sont si rarement employées. Et pourquoi, à l’inverse, les communautés humaines ont toujours préféré s’imposer la tâche bien plus difficile d’aboutir à des décisions unanimes.
L’explication que je voudrais suggérer est la suivante : il est plus facile, dans des communautés de face-à-face, de se représenter ce que la plupart des membres veulent faire, que d’imaginer les moyens de convaincre ceux qui sont en désaccord.
La prise de décision consensuelle est typique des sociétés au sein desquelles on ne voit aucun moyen de contraindre une minorité à accepter une décision majoritaire, soit parce qu’il n’existe pas d’État disposant du monopole de la coercition, soit parce qu’il ne manifeste aucun intérêt ni aucune propension à intervenir dans les prises de décisions locales. S’il n’y a aucun moyen de forcer ceux qui considèrent une décision majoritaire comme désastreuse à s’y plier, alors la dernière chose à faire, c’est d’organiser un vote. Ce serait organiser une sorte de compétition publique à l’issue de laquelle certains seraient considérés comme des perdants. Voter serait le meilleur moyen de provoquer ces formes d’humiliation, de ressentiment et de haine qui conduisent au bout du compte à la disparition des communautés. […]
Cela ne veut pas dire que tout le monde doit être d’accord. La plupart des formes de consensus incluent toute une variété de formes graduées de désaccords. L’enjeu est de s’assurer que personne ne s’en aille avec le sentiment que ses opinions ont été totalement ignorées […]
La démocratie majoritaire ne peut donc émerger que lorsque deux facteurs sont conjointement à l’œuvre : 1) le sentiment que les gens doivent avoir un pouvoir égal dans la prise de décision au sein du groupe, et 2) un appareil de coercition capable d’assurer l’application des décisions.
Dans la plus grande partie de l’histoire humaine, ces deux conditions n’ont été qu’exceptionnellement réunies au même moment. Là où existent des sociétés égalitaires, imposer une coercition systématique est jugé habituellement de façon négative. Parallèlement, là où un appareil de coercition existait pour de bon, il ne venait guère à l’esprit de ses agents qu’ils mettaient en œuvre une quelconque volonté populaire.
Nul ne saurait contester l’évidence que la Grèce antique a été l’une des sociétés les plus compétitives que l’histoire ait connues. Elle avait en effet tendance à faire de toute chose un objet de rivalité publique, de l’athlétisme à la philosophie ou à l’art dramatique, etc. Il n’est donc guère surprenant que la prise de décision politique ait connu elle aussi un sort semblable.
Plus crucial encore est le fait que les décisions étaient prises par le peuple en armes.
En d’autres termes, si un homme est armé, on a tout intérêt à prendre en compte son opinion. […]
Chaque vote était, au sens fort du terme, une conquête. »
Source : David Graeber, La Démocratie aux marges, Bord de l’eau, 2014
En lisant la suite, je voudrais tout publier, tout relayer :
- le « miroir des horreurs » (le spectacle dégoûtant d’une foule cruelle et dangereuse que le prince renvoie exprès à son peuple — à travers les jeux du cirque hier, ou à travers les déformations télévisées à 20 h aujourd’hui —, pour le dissuader de convoiter le pouvoir en ayant peur de lui-même),
- la réfutation parfaite de la thèse ridicule de Samuel Huntington (qui prétend que les valeurs démocratiques sont spécifiquement « occidentales », alors que la réalité des élites en question est au contraire, toujours et partout, la haine de la démocratie et le massacre des démocrates),
- l’évocation du travail formidable de Marcus Rediker sur l’éthique profondément démocratique des pirates des mers (premiers résistants farouches à la brutalité marchande à la fin du XVIIe siècle),
- la mise en valeur de l’extraordinaire expérience de l’AZLN dans la forêt du Lacandon (« Les zapatistes ont développé un système très élaboré d’assemblées communautaires opérant par voie de consensus, complétées par des comités de femmes et de jeunes ─ afin de contrebalancer la domination traditionnelle des adultes mâles ─ et des conseils formés de délégués révocables. »),
- etc.
Ce texte de Graeber (assez court, finalement) est d’utilité publique, il faudrait le faire lire dans les écoles, il devrait être en libre accès sur Internet pour tous ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des livres.
Donc, pour Graeber, les démocraties dignes de ce nom ne sont advenues — et ne peuvent advenir (et c’est là, pour l’avenir, que j’espère qu’il se trompe) — QUE à l’abri de l’État, qu’aux marges des sociétés ayant institué un monopole de la coercition à une puissance publique.
J’aimerais bien échanger avec lui, pour passer au feu de sa critique mon idée de « processus constituant populaire », car, même après l’avoir lu, je continue à me demander comment une société peut protéger efficacement les 99 % contre les 1 % les plus forts et les plus égoïstes sans organiser une puissance publique protectrice qui soit, par construction, supérieure à toute puissance privée et sous contrôle public permanent.
Dans sa conclusion, cet anar de Graeber (mais la vraie démocratie est-elle autre chose que l’anarchie, ce projet fondamentalement généreux et pacifique défendu par des héros comme Proudhon, Kropotkine, Tolstoï ?), cet anar de Graeber, donc, nous suggère de résister à l’Empire du moment avec la méthode zapatiste d’une refondation démocratique par l’auto-organisation de communautés autonomes. Ça me fait penser aux « micro-résistances », que Michel (Onfray) suggère d’organiser contre ce qu’il appelle des « micro-fascismes ». Ces deux propositions sont intéressantes, évidemment, mais elles ne me paraissent pas tout à fait à la hauteur de la puissance et de la cruauté du projet d’asservissement des grands privilégiés qui nous préparent une toute prochaine guerre… Ils devraient bien s’entendre, ces deux-là (David et Michel), d’ailleurs. On dirait que les anthropologues (Graeber, Clastres…), à force d’étudier des sociétés bien réelles sans chefs et pourtant calmes et prospères, deviennent naturellement anarchistes… D’ailleurs (mais je ne vais pas démarrer là-dessus), David Graeber a écrit un troisième petit livre, lui aussi tout à fait passionnant du début à la fin : Pour une anthropologie anarchiste (2004)… Je vous en parlerai une autre fois.
* * * * *
Par ailleurs, sur ce même sujet de réappropriation populaire du mot démocratie, je voudrais signaler deux autres livres que je lis en même temps, et qui renforcent et complètent mon auto-formation, ma cure de désintoxication politique.
Francis Dupuis-Déri, dont j’ai déjà parlé, vient d’écrire un livre vraiment passionnant, très instructif, très utile pour notre éducation populaire : Démocratie, histoire politique d’un mot, aux États-Unis et en France (2013). Je souligne ici notamment l’exemple formidable des communautés villageoises au Moyen Âge, incroyablement démocratiques au regard des portraits calamiteux que nous ont dressés de l’Ancien régime les prétendues « Lumières » (très marchandes, en fait, et très ploutocratiques, au fond, les « Lumières »). Cet exemple de la démocratie quotidienne au Moyen Âge est édifiant. L’exemple très démocratique des Amérindiens est, lui aussi, passionnant. Il faut que nous creusions tout ça.
Voyez ce passage, pages 40 et s. :
Cela dit, « démocratie » et ses dérivés sont rarement utilisés avant le XIXe siècle. Jusqu’alors, il s’agit plutôt de termes savants qui font référence à l’Antiquité gréco-romaine.
Pourtant, au Moyen Âge et pendant la Renaissance européenne, des milliers de villages disposaient d’une assemblée d’habitants où se prenaient en commun les décisions au sujet de la collectivité. Les « communautés d’habitants », qui disposaient même d’un statut juridique, ont fonctionné sur le mode de l’autogestion pendant des siècles. Les rois et les nobles se contentaient de gérer les affaires liées à la guerre ou à leurs domaines privés, d’administrer la justice et de mobiliser leurs sujets par des corvées. Les autorités monarchiques ou aristocratiques ne s’ingéraient pas dans les affaires de la communauté, qui se réunissait en assemblée pour délibérer au sujet d’enjeux politiques, communaux, financiers, judiciaires et paroissiaux. […]
La participation à l’assemblée était obligatoire et une amende était imposée aux absents quand l’enjeu était important. Un quorum de deux tiers devait alors être respecté pour que la décision collective soit valide, par exemple celle d’aliéner une partie des biens communs de la communauté (bois ou pâturage). Il était si important que la communauté s’exprime que même lorsque la peste a frappé dans la région de Nîmes, en 1649, l’assemblée a été convoquée dans la campagne sur les deux rives d’une rivière, pour permettre de réunir à la fois les personnes ayant fui la ville et celles qui y étaient restées. En général, le vote était rapide, à main levée, par acclamation ou selon le système de « ballote » distinguant les « pour » des « contre » par des boules noires et blanches. Lorsque la décision était importante, les noms des personnes présentes et ayant voté étaient portés au procès-verbal. […]
En plus des assemblées de la communauté, des assemblées fédérales réunissaient plusieurs communautés d’une même vallée, par exemple, pour traiter des affaires communes. […]
En plus de ces assemblées municipales, des assemblées au sein des guildes de marchands et d’artisans. […]
La démocratie médiévale, bien vivante alors, mais aujourd’hui si méconnue, permettait au peuple de traverser de longs mois sans contact direct avec des représentants de la monarchie, une institution qui offrait finalement très peu de services à sa population composée de sujets, et non de citoyens. […]
Les communautés d’habitants et les guildes de métiers perdent peu à peu de leur autonomie politique non pas en raison d’un dysfonctionnement de leurs pratiques démocratiques, qui se poursuivent d’ailleurs dans certains cas jusqu’au XVIIIe siècle, mais plutôt en raison de la montée en puissance de l’État, de plus en plus autoritaire et centralisateur. [Lire La fin des Corporations de Steven L. Kaplan.] Vers les XVIe et XVIIe siècles, les royaumes monarchiques se transforment peu à peu en États, soit un nouveau système politique qui développe plusieurs stratégies pour accroître son pouvoir d’imposition, de taxation et de conscription, alors que la guerre coûte de plus en plus cher, en raison des développements technologiques de la marine et de l’armement (arquebuses, canons). En effet, ces États modifient petit à petit les lois et règlements qui encadrent les villes et villages, pour maximiser leur capacité d’appropriation des revenus et des hommes. […]
L’assemblée d’habitants est alors un espace où s’organise la résistance face à cette montée en puissance de l’État. Par exemple, en protestation contre une conscription jugée illégitime, les assemblées choisissent un handicapé pour servir dans la milice. Lorsqu’on annonce de nouvelles taxes, les cloches convoquent l’assemblée et le démos se transforme parfois en foule émeutière, en plèbe : elle attaque les prisons pour libérer les prisonniers endettés, incendie la maison du « gabeleur », voire l’assassine. En guise de représailles, les troupes royales confisquent les cloches et les fondent. Finalement, les assemblées d’habitants sont tout simplement interdites et le roi nomme des préfets à la tête des communautés.
[…]
En Amérique du Nord, les colonisateurs d’origine européenne ont été en contact avec des sociétés amérindiennes fonctionnant selon des principes démocratiques. Pour le cas de la Nouvelle-France, notons l’exemple des Wendats (connus aussi sous le nom de Hurons), qui comptaient quatre niveaux de gouvernement, soient le clan, le village, la nation et la confédération. Le clan regroupait environ 250 personnes, soit une dizaine de familles. Chaque clan avait un chef civil et un ou plusieurs chefs de guerre, nommés souvent par un conseil de femmes. Ces chefs n’avaient pas de pouvoir coercitif leur permettant d’imposer leur volonté. […] Selon un Français témoin des sociétés amérindiennes au tout début du XVIIIe siècle, le titre de « chef » « ne leur donne aucun pouvoir sur les guerriers ; ces sortes de gens ne connaissent point la subordination militaire non plus que civile. Cela est tellement vrai que si ce grand chef s’avisait de commander quelque chose au moindre homme de son parti, [ce dernier] est en droit de répondre nettement à cette figure de capitaine qu’il ait à faire lui-même ce qu’il ordonne aux autres ». […]
De telles communautés égalitaires et démocratiques attiraient inévitablement les Européens déserteurs de la marine ou de l’armée, les esclaves en fuite et des femmes fuyant un mari violent. Si bien que les autorités coloniales interdisaient les contacts entre les esclaves, par exemple, et les communautés amérindiennes.
Conscient que les pratiques démocratiques d’assemblées délibératives ont été très répandues dans le monde, l’anthropologue Marcel Détienne insiste sur l’importance de contester « une opinion fort répandue, dans les États-Unis d’Europe et d’Amérique, que la démocratie est tombée du ciel, une fois pour toutes, en Grèce, et même sur une seule cité, […] Athènes.
Comme le rappellent aussi l’anthropologue David Graeber et l’économiste Amartya Sen, la pratique de s’assembler pour délibérer au sujet des affaires communes a existé un peu partout, y compris en Europe au Moyen Âge et dans les siècles suivants, et dans les territoires que l’Europe a conquis et colonisés. »
Source : Francis Dupuis-Déri, Démocratie. Histoire politique d’un mot, aux États-Unis et en France
* * * * *
De son côté, Marcus Rediker entretient la mémoire des luttes des marins et des pirates contre le capitalisme naissant (fin XVIIe, début XVIIIe) : j’ai quatre ou cinq de ses livres, parmi lesquels Pirates de tous les pays (2004).
Cette lecture est édifiante : encore une contre-histoire puisqu’il s’agit ici de déconstruire les mensonges des historiens prostitués aux riches (ils ne le sont pourtant pas tous) qui ont copieusement calomnié les pirates en occultant les conditions de travail épouvantables des marins qui ont justifié — ô combien ! — les mutineries : les pirates étaient des résistants à la cruauté marchande et ils ont organisé des communautés incroyablement démocratiques, au sens strict. Voyez ce passage, passionnant je trouve (mais Rediker est toujours passionnant…), pages 120 et s. :
« Chaque vaisseau fonctionne selon les termes d’un contrat court approuvé par l’équipage, établi au début du voyage ou à l’occasion de l’élection d’un nouveau capitaine. C’est en fonction de ces conventions écrites que les équipages confient l’autorité, distribuent le butin et la nourriture et font respecter la discipline”. Ces arrangements font du capitaine la créature de l’équipage. [Ça donne des idées, non ?] […]
Ayant besoin de quelqu’un qui ait à la fois un tempérament courageux et des compétences de navigateur, les hommes élisent leur chef. Ils veulent un commandement par l’exemple, pas un commandement dû à un statut et à une hiérarchie imposés de fait. Ils n’accordent que peu de privilèges. […] L’équipage garantit au capitaine une autorité incontestée pour le combat et la chasse, mais « pour tous les autres aspects quels qu’ils soient », il est « gouverné par une majorité. » Un capitaine marchand scandalisé note : « Le capitaine semble n’avoir aucune méthode de commandement, mais quand il s’agit de partir en chasse ou d’engager un combat, alors il a le pouvoir absolu. » [Comme les chefs amérindiens qui n’ont de pouvoir qu’en temps de guerre.]
De la même façon que la majorité élit, elle peut démettre. Certains sont démis de leurs fonctions pour couardise, cruauté ou pour avoir refusé de « capturer et de piller des vaisseaux anglais. » Un capitaine doit subir une colère inspirée de la conscience de classe de son équipage pour s’être comporté « comme un gentleman. » Occasionnellement, en cas de despotisme, il peut être sommairement exécuté.
Souvenons-nous du commentaire de Walter Kennedy affirmant que la plupart des bandits des mers, « ayant auparavant souffert des mauvais traitements infligés par leurs officiers, se protègent soigneusement d’un tel mal ». La sélection démocratique des officiers apparaît ainsi en contraste total et significatif avec l’organisation quasi dictatoriale du commandement dans le service marchand et la Royal Navy.
Afin d’éviter les abus d’autorité, les pirates élisent un officier appelé le quartier-maître, dont les pouvoirs contrebalancent ceux du capitaine. William Snelgrave explique qu’il « est chargé de l’inspection générale de toutes les affaires, il contrôle souvent les ordres du capitaine. Cette personne est aussi celle qui doit être la première lors de l’abordage de n’importe quel bateau ». Un autre prisonnier, le capitaine Richard Hawkins, qualifie le quartier-maître de « directeur en chef » du vaisseau pirate. […]
Le quartier-maître est donc le gardien de la tradition pirate, celui qui émet les jugements définitifs concernant la pratique culturelle. Comme un tribun dans la Rome antique, il protège le peuple contre les puissants, les plébéiens contre les patriciens. Dans le service marchand, le quartier-maître n’est pas considéré comme un officier mais simplement comme un marin « dégourdi », c’est-à-dire bien informé et expérimenté. Chez les pirates, il est élevé à une position suprêmement valorisée de confiance, d’autorité et de pouvoir. […]
Le rôle du quartier-maître consistant à maintenir l’autorité au sein d’un exécutif dualiste et représentatif est un principe propre à l’organisation sociale des pirates, et il influence la création de nouveaux bateaux. Le quartier-maître, tribun, médiateur, trésorier et partie prenante du maintien de la paix à bord d’un navire, devient souvent le capitaine d’un nouveau vaisseau lorsqu’un bâtiment est capturé puis converti. […]
Et pourtant, ni le capitaine ni le quartier-maître ne représentent l’autorité la plus élevée sur le bateau pirate. Cet honneur revient au conseil commun, qui réunit régulièrement tous les hommes, du capitaine jusqu’à l’homme du beaupré. Les décisions ayant le plus de conséquences sur le bien-être de l’équipage sont prises lors de réunions ouvertes où les débats sont houleux. En rendant l’équipage souverain, les pirates s’appuient sur une ancienne coutume maritime tombée dans l’oubli vers 1700, suivant laquelle le maître d’un navire marchand consultait tout son équipage (qui était souvent en partie propriétaire de la cargaison) pour la prise de décisions vitales. Les flibustiers connaissent également la tradition navale militaire – le conseil de guerre – au cours duquel les officiers supérieurs d’un navire ou d’une flotte se retrouvent afin de définir une stratégie. La réunion de la communauté flottante accréditait la réalité du vieux proverbe qui affirme : « Nous sommes tous ensemble sur ce bateau. » […]
Les décisions prises par le conseil sont sacro-saintes. Même le capitaine le plus courageux n’ose les affronter. Les conseils ont démis un certain nombre de capitaines et d’autres officiers de leur poste. Thomas Anstis perd sa fonction de capitaine : il est, selon l’expression des marins, « remis au pied du mât », c’est-à-dire qu’il redevient un marin ordinaire sur le bateau qu’il a auparavant commandé. Charles Vane, étiqueté comme couard par son équipage, est démis de ses fonctions de capitaine. Charles Martel perd son titre en raison de sa cruauté envers l’équipage et les prisonniers, un homme « plus juste » est nommé à sa place. Parce qu’une majorité de l’équipage de Bartholomew Roberts considère que le « vieux pirate » David Simpson est devenu vicieux depuis qu’il est quartier-maître, il est « viré par les hommes ».
La démocratie à bord des navires peut paraître étouffante. Certains équipages font en permanence appel au conseil, « décidant toutes choses à la majorité des votes ». D’autres l’organisent comme un tribunal. « Ils aiment voter », déclare un capitaine capturé, « toutes les affaires des pirates sont traitées de cette façon ». En réalité, il y a « tellement peu de gouvernement et de subordination » parmi les pirates qu’« ils sont, selon l’occasion, tous capitaines, tous chefs ». Le capitaine de marine militaire Humphrey Orme, qui capture et interroge un gang de pirates en 1723, résume succinctement la situation : « Les plaisirs tirés d’une fonction sont très précaires à bord des bateaux pirates et reposent entièrement sur le bon vouloir et le bien-être de l’équipage. »
La distribution du butin est explicitement régulée par la charte du navire. Les pirates font appel à un système de partage précapitaliste afin de répartir leurs prises. Le capitaine et le quartier-maître reçoivent entre une part et demie et deux parts ; les canonniers, maîtres d’équipage, seconds, charpentiers et docteurs reçoivent entre une part et un quart et une part et demie ; tous les autres ont droit à une part chacun”. Ce système de rémunération prend une distance radicale avec les pratiques de la marine marchande, de la Royal Navy et des corsaires. Il institue un système élaboré de niveaux hiérarchiques de revenus, qui réduit drastiquement les disparités entre le haut et le bas de l’échelle. En réalité, il s’agit probablement de l’un des programmes d’attribution des ressources les plus égalitaristes du XVIIIe siècle. Si comme le suggère Philip Gosse, éminent historien de la piraterie, « les meilleurs des marins sont les pirates », la distribution équitable du butin et la conception du partenariat peuvent être comprises comme l’œuvre d’hommes qui accordent de la valeur et du respect aux compétences de leurs camarades.
En expropriant un navire marchand (après une mutinerie ou une capture), les pirates s’approprient les moyens de production maritimes et déclarent qu’ils sont la propriété commune de ceux qui travaillent à son bord. Ils abolissent la relation salariale qui se trouve au cœur du processus d’accumulation capitaliste.
Cerise sur ce gâteau démocratique, l’exergue choisi par Marcus Rediker :
« Maudit sois-tu, tu n’es qu’un lâche, comme le sont tous ceux qui acceptent d’être gouvernés par les lois que des hommes riches ont rédigées afin d’assurer leur propre sécurité. Ils nous font passer pour des bandits, ces scélérats, alors qu’il n’y a qu’une différence entre eux et nous, ils volent les pauvres sous couvert de la loi tandis que nous pillons les riches sous la protection de notre seul courage. »
Charles Bellamy
Complément vidéo (à propos du livre passionnant À bord du négrier (2013) de Markus Rediker :
* * * * *
On n’aura donc aucun mal, finalement, à fournir à nos contradicteurs incrédules d’autres exemples que celui d’Athènes, pour illustrer la possibilité bien réelle de sociétés authentiquement démocratiques.
S’ils passent par ici, je remercie David, Francis et Marcus d’exister, je grandis en les lisant.
Étienne Chouard
Saint-André-de-Valborgne « Sous surveillance »
8 juillet 2014 : reportage à Saint André de Valborgne (où les oligarques locaux refusent d’être filmés) + extrait de notre conférence/débat près d’Avignon avec (la courageuse) Camille Halut :
httpv://www.youtube.com/watch?v=IxsPM9ExPTQ
Le gouvernement représentatif, ce n’est PAS la démocratie :
Jean-Jacques Rousseau, dans « Le contrat social » (1762) :
« LA SOUVERAINETÉ NE PEUT ÊTRE REPRÉSENTÉE, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement.
TOUTE LOI QUE LE PEUPLE EN PERSONNE N’A PAS RATIFIÉE EST NULLE ; CE N’EST POINT UNE LOI.
Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. »
Si nous voulons à la fois des représentants (ce qui peut se concevoir, évidemment) et rester libres, nous devons absolument surveiller en permanence les représentants de la puissance publique dans l’exercice du pouvoir (et donc, nous devons écrire nous-mêmes la constitution qui règle et garantit cette surveillance car JAMAIS les élus n’écriront eux-mêmes de telles règles, à cause du conflit d’intérêts).
Le blog de « Cause toujours » :

http://causetoujours.fr/2014/07/14/st–andre–de–valborgne–sous–surveillance/
Le site de Camille : Pour une vraie démocratie à Saint-André-de-Valborgne : http://democratie-saintandredevalborgne.com/
[EDIT : Peu de temps après le reportage, une requête a été faite par le Maire au tribunal administratif demandant la démission de Camille Halut pour trouble de l’ordre.]
Il me semble que nous devrions aider Camille, dans la mesure de nos moyens, chacun à sa manière.
Roméo Bouchard : « Constituer le Québec – Pistes de solution pour une véritable démocratie »
Les idées authentiquement démocratiques se développent des deux côtés de l’Atlantique, bien sûr, au sein des peuples, à la base, et je voudrais vous signaler un bon petit livre qui vient de sortir au Québec :

http://nouveauprojet.com/magazine/constituer–le–quebec
Roméo Bouchard
J’y ai retrouvé des tas d’idées connues, bien sûr, mais sous des formulations originales, et j’y ai aussi trouvé des analyses et des propositions utiles et surprenantes, nouvelles pour moi ; et puis un ton particulier, qui n’est pas tout à fait le nôtre et qui est bien intéressant.
Extrait :
« Les mots constitution et assemblée constituante ne font pas partie de la tradition ni du vocabulaire politique au Canada, où la population n’a jamais eu à se prononcer sur une constitution. Nous sommes nés par césarienne, en quelque sorte, comme beaucoup d’ex-colonies. Lors de l’élection québécoise de 2012, malgré le peu de temps disponible, nous avons quand même voulu faire de l’assemblée constituante la base d’un projet électoral audacieux : sous le nom de Coalition pour la constituante, nous avons présenté 19 candidats. Le seul article au programme était la convocation d’une assemblée constituante dont les membres devaient être tirés au sort. » […]
Plan du livre :
Préface
L’illusion de la démocratie
Comment j’ai perdu la foi
Voter ou ne pas voter ?
Première piste : avec ou sans partis ?
Deuxième piste : élection ou tirage au sort ?
Troisième piste : la démocratie directe
Quatrième piste : le principe de proximité
Cinquième piste : une économie citoyenne
La solution-clef : l’assemblée constituante
Conclusion : des « citoyens constituants »
Un bon petit livre, qui pourra vous aider à être bien contagieux, bande de virus 🙂
À propos de Québec, il est question que des Québécois m’invitent bientôt chez eux, pour réfléchir ensemble sur nos idées de réappropriation populaire du politique et du bien commun : j’espère que ce sera possible et j’ai hâte d’y être !
Merci Roméo, pour les mots gentils 🙂
Le point de vue d’Usul
« Usul » a préparé cette vidéo (gros boulot) pour présenter mon travail, de façon à la fois amusante et sérieuse :
httpv://www.youtube.com/watch?v=Dahg7XPHu98
Merci à lui.
Mais le soir même, au vu de quelques réactions, il regrettait apparemment sa bienveillance première :
https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=778694915514725&id=153938251323731
Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça (des doutes qui assaillent ce jeune homme honnête face aux intimidations quand elles l’atteignent à son tour, et des ennuis qu’on va peut-être lui faire pour avoir osé me défendre).
Je serais triste de lui causer du tort, même sans le vouloir, car je le crois bien intentionné. Il faudra peut-être qu’il retire cette vidéo. Je ne sais pas.
Advienne que pourra.
Emprunts toxiques : le maire, la banque et les truands
httpv://www.youtube.com/watch?v=u‑YgXFwT5g0
Les banques ont des représentants politiques, mais pas nous !
Si on veut une Constitution, il faudra l’écrire nous-mêmes.
Rappel : demain, mercredi 9 juillet à 14 h, atelier constituant à Avignon.
Atelier constituant en Avignon, le 9 juillet 2014 : artisans de spectacles et démocratie locale, avec Camille Halut
Je vous propose de nous retrouver en Avignon le 9 juillet prochain, pour un atelier constituant que nous allons dédier, si vous le voulez bien :
1) À la protection constitutionnelle des artisans de spectacle
(j’invente cette expression que je préfère à « intermittents », qui montre mal l’importance politique et sociale de ces travailleurs)
C’est d’actualité, on dirait : en Avignon et en juillet, on ne devrait pas manquer de citoyens intéressés à réfléchir à cette question.
2) Aux institutions qu’il nous faudrait pour garantir une vraie démocratie locale.
Camille Halut sera parmi nous (ça me fait bien plaisir), et j’aimerais échanger avec elle et avec vous sur ce que nous pourrions écrire (à condition de le faire nous-mêmes) pour n’être plus jamais sans défense contre d’éventuels (et toujours possibles) élus infantilisants.
Le point central du fait de filmer (et diffuser en direct) en permanence les hommes au pouvoir dans l’exercice de leurs fonctions est absolument passionnant. À discuter, j’en suis sûr ! On va voir ça, justement.
Voici les lieux et heures de cette rencontre :
9 juillet 2014, de 14 h à 21 h,
salle municipale du Rex,
rue des paroissiens, 84110 Montfavet
Voyez aussi toutes sortes d’événements prometteurs, dans la même veine :
Si vous n’avez pas encore vu la pièce touchante de Cécile CANAL, « La démocratie expliquée à mon député », c’est le moment !
Merci à tous les gentils virus qui organisent tout ça, merci !
À tout bientôt 🙂
Étienne.
Pour une vraie démocratie à Saint-André-de-Valborgne : les efforts admirables de Camille Halut – Filmer les élus en train de travailler ou pas ?
Camille Halut, jeune et courageuse étudiante en droit à Montpellier, a été tirée au sort pour figurer sur une liste de son village, Saint-André-de-Valborgne dans les Cévennes, puis élue !
Depuis, elle se bagarre contre les (vives) résistances des élus-en-place-depuis-longtemps, pas contents du tout de voir ainsi des citoyens indociles tenter de s’occuper eux-mêmes de leurs propres affaires. Par exemple, certains élus refusent absolument d’être filmés, va savoir pourquoi, alors que ces mêmes élus ne se privent pas de faire filmer leurs administrés un peu partout, sans leur accord, et même parfois contre leur refus !
L’expérience qu’elle vit là-bas va sans doute lui donner des tas d’idées d’institutions qui nous garantiraient mieux contre les voleurs de pouvoir. On lui demandera, quand on la retrouvera à Avignon, le 9 juillet prochain.
Pour comprendre cette affaire, voyez d’abord ces deux articles du Midi Libre qui l’évoquent :
À Saint-André-de-Valborgne, la crise permanente au conseil
http://www.midilibre.fr/2014/05/16/a‑saint-andre-la-crise-permanente-au-conseil,861811.php
Le maire Régis Bourelly est mis en difficulté par Camille Halut, une jeune opposante aux idées radicales.
Régis Bourelly est maire de Saint-André-de-Valborgne depuis 2001 mais ce troisième mandat commence des plus difficilement pour lui. Pour le vote du budget, il a fallu convoquer le conseil trois fois, dépasser le délai légal et demander pour ce faire l’autorisation de la sous-préfecture, et au final, se prendre quand même un recours pour « excès de pouvoir contre un acte administratif » de la part d’une toute nouvelle opposante.
Camille Halut, étudiante en deuxième année de droit à Montpellier, et habitante du village a en effet une conception toute particulière de la démocratie locale. La jeune femme, qui se présente sur la liste Démocratie réelle aux Européennes (elle est deuxième sur la liste pour notre région Sud Ouest) défend l’idée que « notre système actuel n’est pas la démocratie. C’est aux citoyens de s’exprimer, pas à des personnes élues qui ne sont pas suffisamment légitimes. Les dernières élections européennes l’ont montré avec 60 % d’abstention. »
Tirage au sort
Camille Halut a tenté de défendre l’idée d’un tirage au sort des candidats à partir des listes électorales, et d’un maire qui changerait tous les six mois. Pendant la campagne des municipales, elle a ainsi contacté dans le village une centaine de personnes. Trois ont été élus avec elle. Mais pas forcément pour apporter une pierre constructive à l’édifice municipal ! Si les opposants contestent ce qu’ils estiment être « de l’argent jeté par les fenêtres avec un projet de route pour descendre à la rivière, qui est totalement inutile », ils n’ont pour l’instant pas présenté d’autres propositions « J’ai des projets, comme tout citoyen bien sûr », dit Camille Halut, qui se défend d’une quelconque ambition politique personnelle, y compris dans six ans.
Changement de maire tous les six mois ?
D’ici là, l’opposante compte bien continuer à rendre compte sur son blog des séances de conseils et ce, dans les moindres détails. Son recours au tribunal contre l’interdiction faite par le maire de filmer les séances a en revanche été rejeté. Régis Bourelly en a fait une question de principe. « Une majorité d’élus ne veut pas être filmée, un point c’est tout. J’ai dû annuler le conseil à deux reprises parce qu’elle sortait sa caméra malgré tout. Et le dernier en date du 7 mai, a duré trois heures ! Forcément dès que je dis un mot, l’opposition conteste ! ». Pour l’année à venir, le gros projet de Saint-André, c’est de régler le problème d’arsenic dans l’eau au hameau de Tourgueil. Mais les opposants ont également déposé un troisième recours, pour l’annulation des élections cette fois.
Source : http://www.midilibre.fr/2014/05/16/a‑saint-andre-la-crise-permanente-au-conseil,861811.php
…
Camille avait présenté l’idée aux journalistes quelque temps auparavant :
Cévennes : « Le citoyen n’est pas qu’un simple électeur »
http://www.midilibre.fr/2014/03/19/le–citoyen–n–est–pas–qu–un–simple–electeur,836664.php
Une initiative originale de Camille Halut à Saint-André-de-Valborgne.
Vous avez proposé une initiative citoyenne pour les élections municipales à St-André-de-Valborgne. Pouvez-vous expliquer les origines de ce projet ?
En fait, j’ai rejoint “la contre-élection européenne” en m’inscrivant sur le site de l’action menée pour une démocratie réelle en Europe. Je me suis beaucoup investie dans cette “contre-élection”. Étant originaire de Saint-André-de-Valborgne, je me suis dit pourquoi ne pas appliquer cette démarche pour les élections municipales de mon village.
Justement, quelle est cette démarche ?
On ne peut pas réduire le citoyen juste à l’électeur. Il faut, selon moi, aller plus loin, que tout un chacun participe à la vie politique. C’est pour cela que chacun, dans un ordre aléatoire, se présente. Ensuite, la population, non élue, se réunie en commission pour travailler sur des projets, avant de les soumettre au vote par référendum. N’importe qui peut proposer un projet dans un comité de pilotage constitué de volontaires.
« Quand on fait les choses à la place des gens, cela ne les pousse pas à faire… »
Camille Halut
Une manière de gérer la commune de façon démocratique et de responsabiliser les gens, notamment à la gestion de l’argent public. Quant aux élus, leur rôle serait cantonné au simple fait d’enregistrer les projets et d’être un support légal. Quant au maire, il y aurait un système de rotation, pour que chacun à leur tour durant le mandat, tous les conseillers municipaux siègent dans le fauteuil de premier magistrat, après des démissions volontaires à cette fonction durant un temps imparti. Tout est légal et donc possible. Et comme cela, l’élu s’engage à ne plus monopoliser mais rendre le pouvoir de décision qui revient légitimement aux citoyens.
Un projet à la portée de tous ?
Oui bien sûr. C’est à la portée de tous les citoyens. Chacun est capable d’apporter quelque chose. Moi, personnellement, cela ne m’intéresse pas d’être politique. En revanche, je suis une citoyenne. On voit bien quand on fait les choses à la place des gens, cela ne les pousse pas à faire. La démocratie réelle, cela part de la base, comme dans la Grèce Antique.
Comment avez-vous procédé ?
J’ai organisé un tirage au sort de l’ensemble des inscrits sur les listes électorales. J’ai récupéré la liste électorale puisqu’elle est disponible et accessible à tous les citoyens. J’ai ensuite demandé à des personnes du village de me dire qui, parmi les inscrits, étaient résidents à l’année. Sur 449 électeurs, j’en ai comptabilisé 310.
Parallèlement, j’ai mis des affiches, fait du porte-à-porte et organisé des discussions citoyennes pour expliquer l’intérêt de cette démarche et j’ai eu un très bon écho de la part des habitants. Et beaucoup ont de nombreux projets comme créer des calades dans les rues par exemple. Il faut arrêter de brider les initiatives.
Et alors ce tirage au sort…
J’ai donc organisé le tirage au sort, ce qui a mis en exergue 310 candidats potentiels dans un ordre aléatoire par rapport à celui de la liste électorale. Cela s’est concrétisé par un énorme rouleau de papier (sourire). Et pour aller jusqu’au bout, j’ai appelé un à un, du moins tous ceux dont j’ai pu obtenir les contacts téléphoniques, dans l’ordre du tirage, les électeurs pour savoir s’ils désiraient ou non se présenter. Après trois jours au téléphone, cinq ont accepté (moi comprise). Le premier de la liste était vers le 95e tiré.
Finalement dans un village ce type de démarche peut sembler facile ?
C’est ce que je pensais, mais ça a été au contraire plus compliqué. Je n’avais pas mesuré les contraintes économiques, liées aux emplois qui dépendent fréquemment de la mairie. Mais beaucoup sont intéressés (même certains qui sont sur les listes concurrentes). En tout cas, la liste (incomplète) de cinq personnes est déposée en préfecture. On verra par la suite…
…
Voyez surtout le blog que Camille a mis en place pour nous tenir au courant de sa lutte (c’est passionnant, David contre Goliath) :
Pour une vraie démocratie à Saint-André-de-Valborgne
http://democratie-saintandredevalborgne.com/
Voyez notamment (mais pas seulement) la bagarre (qui nous concerne tous) sur le droit des citoyens (ou pas) de filmer les séances du Conseil municipal :
•http://democratie-saintandredevalborgne.com/du–droit–de–filmer/
• http://democratie-saintandredevalborgne.com/conseil–municipal–annule–pour–cause–de–film/
• http://democratie-saintandredevalborgne.com/conseil-municipal-8-annule‑4/
httpv://www.youtube.com/watch?v=mn-TwduZs6c
Le principe général est effectivement L’AUTORISATION PAR LA LOI de filmer les séances des Conseils municipaux :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070633&idArticle=LEGIARTI000006389876&dateTexte=&categorieLien=cid
Article L2121-18 du Code général des collectivités territoriales
« Les séances des conseils municipaux sont publiques.
Néanmoins, sur la demande de trois membres ou du maire, le conseil municipal peut décider, sans débat, à la majorité absolue des membres présents ou représentés, qu’il se réunit à huis clos.
Sans préjudice des pouvoirs que le maire tient de l’article L. 2121–16, ces séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle.
Le rejet-défaite en justice dont se prévaut abusivement le maire n’est PAS un rejet sur le fond, mais un rejet sur la forme du référé : « il n’y avait pas urgence à juger » ont seulement dit les juges, qui se sont déclarés incompétents ; cela n’est PAS un jugement qui supprimerait le droit pour les citoyens de filmer leurs législateurs au travail.
Contrôle social des forces armées. Réflexion publique avec Laurent Henninger
httpv://www.youtube.com/watch?v=k0fHC0iyouU
C’était à Paris, le 7 juin 2014, au Palais de Tokyo, dans le cadre de l’exposition « Flamme éternelle » :
Publication chez Utovie des Actes du colloque « Henri Guillemin et la révolution française : le moment Robespierre »
Les Éditions Utovie viennent de publier les Actes du colloque « Henri Guillemin et la révolution française : le moment Robespierre ».

J’avais adoré cette journée, très émouvante et passionnante, et j’aime ce livre, plus intéressant encore : je suis sûr qu’il plaira beaucoup à de nombreux virus.
• Plan de l’ouvrage (175 pages) :
- Préface, par Édouard Mangin
– Le mot d’accueil de Philippe Guillemin
– Sur l’élaboration du Robespierre de Guillemin, par Patrick Berthier
– Sur Robespierre et Rousseau, par Claude Mazauric
– Robespierre, théoricien et acteur d’une République démocratique et sociale, par Florence Gauthier
– Henri Guillemin et Robespierre : contre-histoire du gouvernement représentatif et propositions de prolongements constituants, par Étienne Chouard
– Robespierre ou la terreur des droits de l’homme, par Yannick Bosc
– Argent et corruption sous la Terreur, par Olivier Blanc
– Robespierre et la religion dans l’historiographie (1794−2012), par Marc Belissa
– Le problème Robespierre : celui de son héritage, ou de ses héritiers ? par Serge Deruette
– Les conférences retrouvées d’Henri Guillemin sur la Révolution, par Patrick Rödel
– Actualité et vitalité de Guillemin, par Edwy Plenel
– Postface, par Michel-Antoine Rognard
– Notices sur les contributeurs du volume
• Préface d’Édouard Mangin :
« Au-delà de parachever le travail fourni pour que cet événement ait lieu, l’édition des actes du colloque « Henri Guillemin et la Révolution française – le moment Robespierre », qui se déroula le 26 octobre 2013 à l’Institut catholique de Paris (ICP), procure pour les organisateurs un double plaisir, ou plutôt, un plaisir à double détente, teinté à la fois de nostalgie et de désir de reconduire ce qui est toujours un peu une aventure.
La première émotion provient des textes eux-mêmes. Relire les interventions, c’est assurément les redécouvrir à froid et en savourer la profondeur, la portée et les subtilités, sur un thème peu courant et surtout plein d’enjeux, où les opinions se diffractent pour de multiples raisons, parmi lesquelles la méconnaissance des faits ou le parti-pris idéologique.
« La Révolution française – le moment Robespierre » est en effet un sujet suffisamment riche et complexe pour qu’on ne l’enferme pas, serait-ce dans la plus belle des chapelles, ou le plus imposant des temples. À cet égard, la diversité des intervenants peut être perçue comme un reflet de la démarche non conventionnelle d’Henri Guillemin, constituée à la fois de recherches historiques scrupuleuses, et d’affirmations sans ambages, de convictions puissantes et intimes nées d’extraordinaires intuitions sur le sens de l’Histoire et les lois humaines ; rassemblant à la fois le déploiement logique des faits propre à l’historien, et l’appel aux forces de l’imaginaire de l’écrivain.
Relire ces textes c’est aussi, au-delà d’eux, revivre cette belle journée particulière d’automne : un site à l’architecture composite et évocatrice ; une journée ensoleillée, la dernière de la saison ; une salle, la fameuse salle des Actes de l’Institut, pleine d’un public intergénérationnel, extrêmement attentif, et qui n’a pas désempli de la journée.
Tout cela offre une première invitation au voyage, pour paraphraser le poète, un voyage réunissant tous ceux qui, à un titre ou à un autre, contribuèrent à cette aventure.
J’ai parlé d’une double détente. Il y a effectivement un second plaisir, moins immédiat, plus lent à émerger et qui s’impose particulièrement aux organisateurs du colloque.
Malgré eux, en relisant ces textes, ils revivent le fil des événements qui ont précédé la journée du 26 octobre, les joies et les déconvenues qu’ils ont vécues, toutes péripéties propres à ce genre d’événement. Comment en effet oublier l’émotion de cet inconditionnel d’Henri Guillemin, dont la voix signait l’avancée en âge, qui me téléphona un matin pour connaître les horaires du colloque. « Vous habitez Paris ? — Non ! s’exclama-t-il, j’habite à 500 km et je viens en voiture spécialement pour lui, pour Guillemin ! » Ou cet étudiant me demandant des adresses d’amis bienveillants ou d’hôtels bon marché près de l’Institut catholique, car il venait de Bruxelles et avait même décalé ses congés en apprenant la tenue du colloque. Ou encore cette femme qui dans sa jeunesse avait découvert Henri Guillemin à travers ses conférences télévisées, ce qui l’avait marquée à jamais dans le choix de ses études et de son travail, et qui me parlait d’Henri Guillemin avec tant de ferveur et d’intelligence que je l’imaginais aisément faire partie des intervenants pour une prochaine fois.
Revivre la genèse du colloque amène immanquablement à revivre le chaleureux déjeuner de janvier 2013 au cours duquel Edwy Plenel, plein d’enthousiasme, confirma le partenariat de Mediapart ainsi que sa présence à la table ronde finale. Sur ce point, le soutien de Mediapart, en mettant notre blog d’information sur le colloque en première page dès le début de septembre, nous a été très précieux. Car comment mobiliser le public sans communiquer ? Il y eut aussi Témoignage chrétien avec le beau texte de Patrick Rödel en une du numéro du 17 octobre 2013. Et enfin, je me souviens de l’immédiate mobilisation de l’association des Amis de Robespierre pour le Bicentenaire de la Révolution (ARBR) qui activa très efficacement son important réseau, créant le flux régulier des premières pré-inscriptions. Presque tous les messages reçus à travers ces relais furent accompagnés de remerciements et d’encouragements.
[…]
L’œuvre d’Henri Guillemin est si vaste et si utile par ces temps de pensée molle et confuse, presque urgente à faire vivre aujourd’hui, que d’autres voyages apparaissent nécessaires. Sans doute. Et c’est bien pour cela que le frêle esquif actuellement à quai, clapotant sagement dans son port d’arrivée, est prêt à appareiller de nouveau.
Édouard MANGIN
• Présentation du colloque :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013/09/21/341–samedi–26–oct–2013–colloque–henri–guillemin–a–paris
• Le texte de mon intervention :
Henri Guillemin et Robespierre : contre-histoire du gouvernement représentatif et propositions de prolongements constituants
https://old.chouard.org/Europe/Etienne_Chouard_Henri_Guillemin_et_Robespierre_oct_2013.pdf
Je remercie tous ceux qui ont organisé cette rencontre chaleureuse et utile, et qui ont eu la gentillesse de m’y inviter. J’envoie un salut particulier à Patrick Berthier, qui a écrit des pages très émouvantes sur Guillemin, et qui a édité mon texte avec un soin méticuleux et un grand respect.
Merci aussi aux Éditions Utovie, de rendre disponibles, et donc de garder vivants, tous les travaux d’Henri Guillemin.
Étienne.
Ken Loach – Défier le récit des puissants
Un bouquin passionnant, et entraînant, comme Ken Loach lui-même :
http://www.indigene-editions.fr/ceux–qui–marchent–contre–le–vent/defier–le–recit–des–puissants.html
https://www.facebook.com/defierrecitpuissants
L’auto-institution de notre société aura besoin de récits et de porte-voix ;
ce petit livre original est truffé de méthodes utiles et d’idées stimulantes.
TRAVAIL ou EMPLOI ? par Bernard FRIOT
Une courte première vidéo proposée par l’équipe « Devenons Citoyens » :
httpv://www.youtube.com/watch?v=rsnPYHxIvmc
Je considère que Bernard Friot porte l’idée la plus révolutionnaire et la plus prometteuse de notre temps.
Cet homme passionnant nous dit :
• Comprenons (en profondeur) et défendons nous-mêmes (personnellement) l’institution émancipatrice de la COTISATION SOCIALE et du SALAIRE À VIE (avec qualification des personnes plutôt que des postes) :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013/06/07/331–passionnant–bernard–friot–explique–l–enjeu–des–retraites–par–repartition–resister–a–la–reforme–capitaliste–et–assumer–cette–autre–definition–de–la–valeur–economique
• Et distinguons la propriété D’USAGE (à généraliser et à garantir à tous) de la propriété LUCRATIVE (à interdire) :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/04/12/204–passionnant–bernard–friot–distinguer–la–propriete–d–usage–de–la–propriete–lucrative–pour–etendre–la–premiere–et–interdire–la–seconde
• Ce que PROUVE l’expérience réussie des RETRAITES, c’est que nous sommes CAPABLES de FINANCER NOUS-MÊMES nos activités (nous : salariés, 93% de la population active) : nous n’avons pas besoin de l’argent des riches, nous n’avons pas à leur payer un intérêt non nécessaire et ruineux, on peut s’affranchir des maîtres-chanteurs de l’emploi et de la dette :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2010/11/07/110–l–enjeu–des–retraites
Ne ratez pas le travail de Bernard Friot : il va vous transformer, et sans doute changer votre vie (en bien).
BERNARD FRIOT NOUS AIDE À NOUS ÉMANCIPER
Demain La Décroissance N° 14 – Entretien à la maison avec Christian Laurut
Encore un long entretien ; c’était le 10 mai 2014, à la maison, avec des questions clairement orientées écolo, mais je ne me laisse pas faire 🙂 (on n’a pas de « problèmes écologiques », on a un problème politique) :
httpv://www.youtube.com/watch?v=thwQ6rZrt4Q
Tu radotes, Chouard, va plutôt écrire ton bouquin !
Conseils de lectures anti-esclavagistes
conseils un peu plus appuyés cette fois peut-être :
httpv://www.youtube.com/watch?v=YEOn39qClgs
Vous allez me détester à force de radoter comme ça, pardon. On cherche la forme qui va se répandre ensuite toute seule, comme une trainée de poudre, de façon virale et enfin autonome… On cherche…
____
Lien Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10152594261287317
Attentat démocratique
httpv://www.youtube.com/watch?v=zjq4y6115sg
Merci, bande de virus 🙂
François Asselineau : L’histoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer « le débarquement des anglo-saxons »
Encore un article passionnant de François Asselineau :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l‑histoire-vraie-il-y-a-50-ans-le-153022
C’est vraiment très intéressant.
Voir aussi la reprise de ce travail de mémoire de François Asselineau par Olivier Berruyer, avec des compléments et commentaires intéressants :
Voir surtout cet autre article d’Olivier :
[L’enseignement de l’ignorance]
Quelle est la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?
http://www.les-crises.fr/la–fabrique–du–cretin–defaite–nazis/
Avec cet incroyable graphique (qui prouve l’effet, sur l’opinion d’une province, de 70 ans de propagande d’un empire en formation) :

Et aussi ces chiffres :
Pertes humaines pendant la Seconde Guerre mondiale :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pertes_humaines_pendant_la_Seconde_Guerre_mondiale
Au hasard, citoyens !
Merci aux étudiants, et merci à Judith, qui ont préparé filmé et monté ce bel outil de contagion.
Ces ateliers ont été organisés par Les Citoyens Constituants et les virus qui veulent sont les bienvenus pour les aider à en organiser d’autres et faire de l’éducation populaire.
C’est émouvant de voir tous ces humains, souvent très jeunes , qui planchent en atelier, bien concentrés sur l’essentiel, bon sang que c’est beau ! Ah il est bien, ce film, merci !
Suite de l’entretien avec « La Mutinerie » : conseils de lecture pour nous émanciper des « libéraux » esclavagistes
Voici la suite de l’entretien avec les jeunes gens de « La Mutinerie », à la maison (sur la terrasse du toit cette fois), le 14 février 2014. J’y parle de quelques livres que je trouve importants et utiles :
• Simone Weil, « Note sur la suppression générale des partis politiques » »
• Robert Michels, « Les partis politiques ; essai sur les tendances oligarchiques des démocraties »
• David Graeber, « Dette : 5000 ans d’histoire »
• Domenico Losurdo, « Contre-histoire du libéralisme »
Formidable expérience du G1000 : démonstration en marche de la pertinence du tirage au sort en politique
G1000 (Fase 3 – Phase 3) par VideoInMotion
Belgique :
L’incroyable expérience démocratique du G1000
Nombreux liens (passionnants), signalés par Chris :
http://www.g1000.org/fr
http://www.g1000.org/fr/manifeste.php
http://www.g1000.org/fr/methode_phase_2.php
http://www.g1000.org/fr/methode_phase_3.php
http://www.g1000.org/fr/resultats_phase_1.php
http://www.g1000.org/fr/resultats_phase_2.php
http://www.g1000.org/fr/resultats_phase_3.php
http://www.g1000.org/fr/budget.php
http://www.g1000.org/fr/principes_collecte.php
Il faut parcourir tous le site en profondeur en fait !!!
LE RAPPORT FINAL en PDF, littéralement passionnant :
http://www.g1000.org/documents/G1000_FR_Website.pdf
Le G1000, l’initiative qui réenchante la Démocratie citoyenne.
Découvrez cette expérience démocratique géante à travers ces 12 vidéo qui donnent envie de voir arriver la même chose en France.
G1000 : LA GENÈSE
Comment est né le G1000 : Interview David Van Reybrouck
httpv://www.youtube.com/watch?v=ampCTI8wurY
25 personnalités des mondes académique, culturel et médiatique ont présenté à Bruxelles le « G1000 », une initiative visant à mettre sur pied un sommet « citoyen » sur les défis de la démocratie représentative.
G1000 : PHASES 1 & 2
Euronews – Le G1000 donne la parole aux citoyens | Europe Weekly
httpv://youtu.be/N6HDST5X1_0
RTBF : Le G1000 un sommet citoyen pour un autre monde à Tours et Taxis
http://www.rtbf.be/video/detail_le–g1000–un–sommet–citoyen–pour–un–autre–monde–a–tours–et–taxis?id=1388693
G1000 : Réenchanter la démocratie
httpv://www.youtube.com/watch?v=yY9TcAUKd6k
Le G1000 compte réveiller la démocratie belge
http://nemesistv.info/video/DN9AK22UHW8W/le–g1000–compte–reveiller–la–democratie–belge
G1000 : le premier grand remue-méninges citoyen est en cours
http://videos.dhnet.be/video/actu/g1000–le–premier–grand–remue–meninges–citoyen–est–en–cours/?sig=iLyROoaf2iI2
Interview de Min Reuchamps en charge de la méthodologie du G1000
httpv://www.youtube.com/watch?v=vVPAlZkPOMk
Interview de Jean-Benoit Pilet concernant le G1000
httpv://www.youtube.com/watch?v=hMP7AwK97Uc
G1000 : PHASES 3
RTBF : Le G1000 un sommet citoyen, a besoin d’argent
http://www.rtbf.be/video/detail_le–g1000–un–sommet–citoyen–a–besoin–d–argent?id=1704833
G1000 phase 3
G1000 (Fase 3 – Phase 3)
G1000 : emploi, chômage, l’avis des citoyens
http://www.telebruxelles.net/portail/info/info–regionale/22054–g1000–emploi–chomage–lavis–des–citoyens
Prochain atelier constituant, « sur les forces armées », à Paris, samedi 7 juin 2014, 16 h, avec « Flamme éternelle »
Chers amis,
Je vous propose (samedi prochain, 7 juin) un nouvel atelier constituant, encore parisien, orienté cette fois sur les forces armées :
Avec quels mots un peuple peut-il à la fois instituer des forces armées pour le défendre (contre les dangers intérieurs => police et contre les dangers extérieurs => armée), et s’en protéger ?
• Par exemple, comment empêcher la police de tirer sur une foule qui manifeste ?
• Par exemple, comment empêcher les forces armées de surveiller tout le monde ?
• Comment les empêcher de mener au nom du peuple des guerres honteuses ?
• Etc.
(je compte sur vous pour enrichir mon questionnement)
*************************************************************
Pour vous donner des idées, je vous suggère de lire (et d’étudier) auparavant
le passionnant discours de Robespierre sur les Gardes Nationales,
c’est une mine à idées sur ce sujet central :
https://old.chouard.org/Europe/ROBESPIERRE_DISCOURS_SUR L’ORGANISATION DES GARDES NATIONALES…
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Samedi prochain, je vous propose une présentation un peu particulière : au lieu de parler seul en introduction des ateliers, je m’entretiendrai avec un historien de la guerre, Laurent Henninger, qui a gentiment accepté de se prêter au jeu.
Après lui avoir expliqué en quelques mots mon idée (ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire eux-mêmes les limites de leurs propres pouvoirs, ce n’est pas aux professionnels de la politique d’écrire ou modifier la Constitution ; nous n’avons pas de Constitution et si nous en voulons une, il faudra l’écrire nous-mêmes, ce dont nous sommes tout à fait capables, ce que commencent à prouver les ateliers constituants populaires), ainsi que les pistes sur lesquelles je travaille à propos des forces armées, j’aimerais recueillir ses réactions, suggestions, objections, protestations peut-être… et y réagir à mon tour, etc.
Vous pourriez intervenir dans notre conversation, cela va sans dire.
Il me semble que cette conversation publique (Laurent et moi ne nous connaissons pas, on prend un risque, ce sera peut-être une controverse) pourrait être une entrée en matière utile (et originale) pour vous aider à mettre vous-mêmes ensuite « les mains dans le moteur » du contrat social.
Vous nous direz après si c’était une bonne idée ?
Et puis ensuite, comme d’habitude, nous prendrions du temps pour mettre en commun et discuter des travaux et propositions des différents ateliers. On a la permission de minuit, donc un peu de temps devant nous si on en a besoin.
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Tout cela aura lieu grâce à la très gentille invitation de Thomas Hirschhorn, dans le cadre de l’événement qu’il organise au Palais de Tokyo et qu’il intitule « Flamme éternelle » : http://www.flamme-eternelle.com/
Présentation du concept « flamme éternelle » :
http://www.flamme-eternelle.com/Flamme%20%C3%A9ternelle_2_2014.pdf
Voici une affiche qui présente le programme de la journée :
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J’ai hâte de vous y retrouver, je crois que ça va être très intéressant.
(Si vous avez des idées (ou des suggestions de documents à lire) sur cette question avant de nous retrouver là-bas, n’hésitez pas à en parler ici, bien sûr.)
À tout bientôt.
Étienne.
PS : je fais un appel aux gentils virus pour filmer cette rencontre : nous aurons besoin d’aide de ce côté-là. Y a‑t‑il quelques bonne âmes pour se dévouer, cette fois encore ?








