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Résistance à la guerre qui vient : appel à l’aide — besoin de traducteurs

Résistance à la guerre qui vient : appel à l’aide — besoin de traducteurs

Bon­jour. Avec l’en­voi de chars lourds Léo­pard dans la plaine d’U­kraine, sur les traces de leurs pré­dé­ces­seurs Tigre de 1943, nos diri­geants som­nam­bules conti­nuent d’ar­pen­ter le che­min qui mène à la guerre totale – qui sera vrai­ment, pour le coup, peut-être la der­nière, et pour de bon, met­tant fin à notre civi­li­sa­tion. Les tam­bours de la guerre des grands médias, comme tou­jours avides de sang, résonnent de plus en plus fort. Afin de les contrer, j’au­rais sou­hai­té aider à faire tra­duire dans…

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Les activités de décembre 2022

Les activités de décembre 2022

Chers amis, Je n’ai pas publié sur le blog depuis juillet, par­don­nez-moi je déses­père, et je me recentre comme je peux sur un pro­jet de livre dont je vous par­le­rai un de ces jours. Vous êtes nom­breux à me poser des ques­tions au sujet de la reprise des émis­sions « Jeu­di Chouard, le jour des citoyens consti­tuants ». Vous en aurez bien­tôt des nou­velles, sous une forme peut-être dif­fé­rente, pro­ba­ble­ment en par­te­na­riat avec le Mou­ve­ment Consti­tuant Popu­laire, en tenant compte bien sûr de vos nombreux…

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Rendez-vous chez Zioclo ce soir, lundi 25 juillet 2022, à 19h, pour parler de démocratie et de liberté d’expression

Bon­jour à tous 🙂 Je n’ai pas vu toutes les vidéos de Zio­clo (il y en a énor­mé­ment), mais ce que j’ai vu m’a paru très chouette, avec une ouver­ture d’es­prit, une curio­si­té et un a prio­ri bien­veillant, pour essayer de com­prendre notre monde par toutes ses facettes. Donc je suis content de vous retrou­ver ce soir chez ce jeune homme, pour par­ler chez lui de démo­cra­tie et de liber­té d’ex­pres­sion : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​o​w​W​O​c​t​9​K​MMs En plus du lien You­Tube ci-des­sus, il y a deux autres…

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For­mat grille – For­mat articles complets

Avignon, 9 juillet 2014, Fête de la démocratie, suggestions d’ateliers constituants, avec Camille Halut

L’é­quipe de Cause Tou­jours a fil­mé, mon­té et mis en ligne (en 3 vidéos liées) notre ren­contre avec Camille près d’A­vi­gnon, à pro­pos de sa cou­ra­geuse (et emblé­ma­tique) résis­tance à Saint-André de Val­borgne (résis­tance dont je vous par­lais déjà ici et ici)..

Il me semble que Camille nous montre un che­min, un exemple vivant de ce que nous pour­rions faire nous-mêmes, cha­cun dans notre com­mune, pour don­ner vie, concrè­te­ment, à l’as­pi­ra­tion démo­cra­tique qui grandit :

httpv://www.youtube.com/watch?v=aqIKVa411YQ&list=PL9IQXC7V-4xPFJG5DiWMMXw4rGsOkWJho&index=1

Je cherche des moyens pour aider Camille et ses amis.
Nous devrions au moins faire connaître cette ini­tia­tive, en par­ler entre nous.
Peut-être même aller dans son vil­lage, pour assis­ter phy­si­que­ment à tout ça.
Si on essaie de faire la même chose chez nous, lui faire savoir, pour qu’elle sente que ses efforts font des petits.
Si vous avez d’autres idées…

Saint-André de Valborgne Saint-André de Valborgne Saint-André de Valborgne

Mer­ci aux intré­pides repor­ters de Cause Tou­jours 🙂

Innombrables expériences démocratiques non athéniennes : lire Graeber, Dupuis-Déri et Rediker

Voi­ci un article que j’ai pré­pa­ré pour le maga­zine Kai­zen (les Coli­bris de Pierre Rabhi) et qui vient d’être publié sur leur site :

innombrables expériences démocratiques NON athénienneshttp://​www​.kai​zen​-maga​zine​.com/​i​n​n​o​m​b​r​a​b​l​e​s​–​e​x​p​e​r​i​e​n​c​e​s​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​s​–​n​o​n​–​a​t​h​e​n​i​e​n​n​e​s​–​l​i​r​e​–​g​r​a​e​b​e​r​–​d​u​p​u​i​s​–​d​e​r​i​–​e​t​–​r​e​d​i​k​er/

Innom­brables expé­riences démo­cra­tiques non athéniennes :
lire Grae­ber, Dupuis-Déri et Rediker

David Grae­ber est épa­tant. Après m’avoir remué en pro­fon­deur sur le sujet de la mon­naie avec son livre Dette : 5 000 ans d’histoire, voi­ci qu’il me retourne sur celui de la démo­cra­tie avec son livre La démo­cra­tie aux marges (avec une pas­sion­nante pré­face d’Alain Caillé).

David Graeber

Après m’avoir fait com­prendre que presque tout ce qu’on nous apprend en « éco­no­mie » sur la mon­naie et la dette est un tis­su de contre­sens, voi­là que David me fait réa­li­ser, à moi qui jus­te­ment croyais avoir déjà fait un bon tra­vail de démys­ti­fi­ca­tion sur le plan poli­tique autour de la démo­cra­tie, que j’ai encore un étage à mon­ter pour prendre conscience des erreurs cou­rantes en la matière. 

Cet anthro­po­logue observe les socié­tés humaines réelles, y com­pris et sur­tout les com­mu­nau­tés dont l’imaginaire n’a pas encore été colo­ni­sé par les mar­chands (et leurs armées), les socié­tés qu’on appelle « pri­mi­tives » et qui sont, en fait, à bien des égards, plus humaines et plus géné­reuses que nous, stu­pides consom­ma­teurs maté­ria­listes et com­pé­ti­teurs égoïstes – décer­ve­lés par la réclame et les jeux du cirque – que nous sommes devenus.

Du point de vue de l’anthropologue Grae­ber, Athènes n’est pas la seule démo­cra­tie au monde, loin de là, et c’en est même une ver­sion plu­tôt dégra­dée (mili­taire et bru­tale), alors que toutes les socié­tés sans État se sont orga­ni­sées ─ et s’organisent encore, natu­rel­le­ment, spon­ta­né­ment ─ de façon démo­cra­tique ! C’est-à-dire en se réunis­sant tous pour dis­cu­ter ensemble et déci­der ensemble, et presque tou­jours sans voter ! En cher­chant tou­jours le consen­sus, sorte de qua­­si-una­­ni­­mi­­té… Cor­ne­gi­douille, ça secoue !

Le pas­sage sur le petit nombre de socié­tés qui votent leurs lois (alors que je pen­sais, après l’avoir pas mal étu­diée, que la démo­cra­tie, c’est pré­ci­sé­ment voter nous-mêmes nos lois au lieu d’élire des maîtres) est pas­sion­nant : Grae­ber explique que les socié­tés qui votent leurs lois sont tou­jours des socié­tés de sol­dats, donc armées, donc redou­tables, capables d’imposer leurs vues par la force, et pour qui le vote est une solu­tion rai­son­nable pour ne pas s’entre-tuer et éco­no­mi­ser des vies humaines en se comp­tant avant de se battre.

Et il décrit, au contraire, la mul­ti­tude des autres socié­tés (que les anthro­po­logues connaissent bien mais que nous igno­rons trop), les com­mu­nau­tés sans coer­ci­tion, sans État, où per­sonne n’a les moyens d’imposer un com­por­te­ment à qui que ce soit, et qui pré­fèrent la solu­tion appa­rem­ment la plus dif­fi­cile : négo­cier plu­tôt que voter, cher­cher un consen­sus plu­tôt qu’une majorité.

Grae­ber explique ce choix éton­nant d’une façon lumi­neuse (page 48 et s.) :

On doit se deman­der pour­quoi ces méthodes [lever la main pour dire son accord ou désac­cord avec une pro­po­si­tion] sont si rare­ment employées. Et pour­quoi, à l’inverse, les com­mu­nau­tés humaines ont tou­jours pré­fé­ré s’imposer la tâche bien plus dif­fi­cile d’aboutir à des déci­sions unanimes.

L’explication que je vou­drais sug­gé­rer est la sui­vante : il est plus facile, dans des com­mu­nau­tés de face-à-face, de se repré­sen­ter ce que la plu­part des membres veulent faire, que d’imaginer les moyens de convaincre ceux qui sont en désaccord.

La prise de déci­sion consen­suelle est typique des socié­tés au sein des­quelles on ne voit aucun moyen de contraindre une mino­ri­té à accep­ter une déci­sion majo­ri­taire, soit parce qu’il n’existe pas d’État dis­po­sant du mono­pole de la coer­ci­tion, soit parce qu’il ne mani­feste aucun inté­rêt ni aucune pro­pen­sion à inter­ve­nir dans les prises de déci­sions locales. S’il n’y a aucun moyen de for­cer ceux qui consi­dèrent une déci­sion majo­ri­taire comme désas­treuse à s’y plier, alors la der­nière chose à faire, c’est d’organiser un vote. Ce serait orga­ni­ser une sorte de com­pé­ti­tion publique à l’issue de laquelle cer­tains seraient consi­dé­rés comme des per­dants. Voter serait le meilleur moyen de pro­vo­quer ces formes d’humiliation, de res­sen­ti­ment et de haine qui conduisent au bout du compte à la dis­pa­ri­tion des com­mu­nau­tés. […]

Cela ne veut pas dire que tout le monde doit être d’accord. La plu­part des formes de consen­sus incluent toute une varié­té de formes gra­duées de désac­cords. L’enjeu est de s’assurer que per­sonne ne s’en aille avec le sen­ti­ment que ses opi­nions ont été tota­le­ment ignorées […]

La démo­cra­tie majo­ri­taire ne peut donc émer­ger que lorsque deux fac­teurs sont conjoin­te­ment à l’œuvre : 1) le sen­ti­ment que les gens doivent avoir un pou­voir égal dans la prise de déci­sion au sein du groupe, et 2) un appa­reil de coer­ci­tion capable d’assurer l’application des décisions.

Dans la plus grande par­tie de l’histoire humaine, ces deux condi­tions n’ont été qu’exceptionnellement réunies au même moment. Là où existent des socié­tés éga­li­taires, impo­ser une coer­ci­tion sys­té­ma­tique est jugé habi­tuel­le­ment de façon néga­tive. Paral­lè­le­ment, là où un appa­reil de coer­ci­tion exis­tait pour de bon, il ne venait guère à l’esprit de ses agents qu’ils met­taient en œuvre une quel­conque volon­té populaire.

Nul ne sau­rait contes­ter l’évidence que la Grèce antique a été l’une des socié­tés les plus com­pé­ti­tives que l’histoire ait connues. Elle avait en effet ten­dance à faire de toute chose un objet de riva­li­té publique, de l’athlétisme à la phi­lo­so­phie ou à l’art dra­ma­tique, etc. Il n’est donc guère sur­pre­nant que la prise de déci­sion poli­tique ait connu elle aus­si un sort semblable.

Plus cru­cial encore est le fait que les déci­sions étaient prises par le peuple en armes.

En d’autres termes, si un homme est armé, on a tout inté­rêt à prendre en compte son opinion. […]

Chaque vote était, au sens fort du terme, une conquête. »

Source : David Grae­ber, La Démo­cra­tie aux marges, Bord de l’eau, 2014

En lisant la suite, je vou­drais tout publier, tout relayer :

  • le « miroir des hor­reurs » (le spec­tacle dégoû­tant d’une foule cruelle et dan­ge­reuse que le prince ren­voie exprès à son peuple — à tra­vers les jeux du cirque hier, ou à tra­vers les défor­ma­tions télé­vi­sées à 20 h aujourd’hui —, pour le dis­sua­der de convoi­ter le pou­voir en ayant peur de lui-même),
  • la réfu­ta­tion par­faite de la thèse ridi­cule de Samuel Hun­ting­ton (qui pré­tend que les valeurs démo­cra­tiques sont spé­ci­fi­que­ment « occi­den­tales », alors que la réa­li­té des élites en ques­tion est au contraire, tou­jours et par­tout, la haine de la démo­cra­tie et le mas­sacre des démocrates),
  • l’évocation du tra­vail for­mi­dable de Mar­cus Redi­ker sur l’éthique pro­fon­dé­ment démo­cra­tique des pirates des mers (pre­miers résis­tants farouches à la bru­ta­li­té mar­chande à la fin du XVIIe siècle),
  • la mise en valeur de l’extraordinaire expé­rience de l’AZLN dans la forêt du Lacan­don (« Les zapa­tistes ont déve­lop­pé un sys­tème très éla­bo­ré d’assemblées com­mu­nau­taires opé­rant par voie de consen­sus, com­plé­tées par des comi­tés de femmes et de jeunes ─ afin de contre­ba­lan­cer la domi­na­tion tra­di­tion­nelle des adultes mâles ─ et des conseils for­més de délé­gués révocables. »),
  • etc.

Ce texte de Grae­ber (assez court, fina­le­ment) est d’utilité publique, il fau­drait le faire lire dans les écoles, il devrait être en libre accès sur Inter­net pour tous ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des livres.

Donc, pour Grae­ber, les démo­cra­ties dignes de ce nom ne sont adve­nues — et ne peuvent adve­nir (et c’est là, pour l’avenir, que j’espère qu’il se trompe) — QUE à l’abri de l’État, qu’aux marges des socié­tés ayant ins­ti­tué un mono­pole de la coer­ci­tion à une puis­sance publique.

J’aimerais bien échan­ger avec lui, pour pas­ser au feu de sa cri­tique mon idée de « pro­ces­sus consti­tuant popu­laire », car, même après l’avoir lu, je conti­nue à me deman­der com­ment une socié­té peut pro­té­ger effi­ca­ce­ment les 99 % contre les 1 % les plus forts et les plus égoïstes sans orga­ni­ser une puis­sance publique pro­tec­trice qui soit, par construc­tion, supé­rieure à toute puis­sance pri­vée et sous contrôle public permanent.

Dans sa conclu­sion, cet anar de Grae­ber (mais la vraie démo­cra­tie est-elle autre chose que l’anarchie, ce pro­jet fon­da­men­ta­le­ment géné­reux et paci­fique défen­du par des héros comme Prou­dhon, Kro­pot­kine, Tol­stoï ?), cet anar de Grae­ber, donc, nous sug­gère de résis­ter à l’Empire du moment avec la méthode zapa­tiste d’une refon­da­tion démo­cra­tique par l’auto-organisation de com­mu­nau­tés auto­nomes. Ça me fait pen­ser aux « micro-résis­­tances », que Michel (Onfray) sug­gère d’organiser contre ce qu’il appelle des « micro-fas­­cismes ». Ces deux pro­po­si­tions sont inté­res­santes, évi­dem­ment, mais elles ne me paraissent pas tout à fait à la hau­teur de la puis­sance et de la cruau­té du pro­jet d’asservissement des grands pri­vi­lé­giés qui nous pré­parent une toute pro­chaine guerre… Ils devraient bien s’entendre, ces deux-là (David et Michel), d’ailleurs. On dirait que les anthro­po­logues (Grae­ber, Clastres…), à force d’étudier des socié­tés bien réelles sans chefs et pour­tant calmes et pros­pères, deviennent natu­rel­le­ment anar­chistes… D’ailleurs (mais je ne vais pas démar­rer là-des­­sus), David Grae­ber a écrit un troi­sième petit livre, lui aus­si tout à fait pas­sion­nant du début à la fin : Pour une anthro­po­lo­gie anar­chiste (2004)… Je vous en par­le­rai une autre fois.

* * * * *

Par ailleurs, sur ce même sujet de réap­pro­pria­tion popu­laire du mot démo­cra­tie, je vou­drais signa­ler deux autres livres que je lis en même temps, et qui ren­forcent et com­plètent mon auto-for­­ma­­tion, ma cure de dés­in­toxi­ca­tion politique.

Fran­cis Dupuis-Déri, dont j’ai déjà par­lé, vient d’écrire un livre vrai­ment pas­sion­nant, très ins­truc­tif, très utile pour notre édu­ca­tion popu­laire : Démo­cra­tie, his­toire poli­tique d’un mot, aux États-Unis et en France (2013). Je sou­ligne ici notam­ment l’exemple for­mi­dable des com­mu­nau­tés vil­la­geoises au Moyen Âge, incroya­ble­ment démo­cra­tiques au regard des por­traits cala­mi­teux que nous ont dres­sés de l’Ancien régime les pré­ten­dues « Lumières » (très mar­chandes, en fait, et très plou­to­cra­tiques, au fond, les « Lumières »). Cet exemple de la démo­cra­tie quo­ti­dienne au Moyen Âge est édi­fiant. L’exemple très démo­cra­tique des Amé­rin­diens est, lui aus­si, pas­sion­nant. Il faut que nous creu­sions tout ça.

Francis Dupuis-Déri

Voyez ce pas­sage, pages 40 et s. :

Cela dit, « démo­cra­tie » et ses déri­vés sont rare­ment uti­li­sés avant le XIXe siècle. Jusqu’alors, il s’agit plu­tôt de termes savants qui font réfé­rence à l’Antiquité gréco-romaine.

Pour­tant, au Moyen Âge et pen­dant la Renais­sance euro­péenne, des mil­liers de vil­lages dis­po­saient d’une assem­blée d’habitants où se pre­naient en com­mun les déci­sions au sujet de la col­lec­ti­vi­té. Les « com­mu­nau­tés d’habitants », qui dis­po­saient même d’un sta­tut juri­dique, ont fonc­tion­né sur le mode de l’autogestion pen­dant des siècles. Les rois et les nobles se conten­taient de gérer les affaires liées à la guerre ou à leurs domaines pri­vés, d’administrer la jus­tice et de mobi­li­ser leurs sujets par des cor­vées. Les auto­ri­tés monar­chiques ou aris­to­cra­tiques ne s’ingéraient pas dans les affaires de la com­mu­nau­té, qui se réunis­sait en assem­blée pour déli­bé­rer au sujet d’enjeux poli­tiques, com­mu­naux, finan­ciers, judi­ciaires et paroissiaux. […]

La par­ti­ci­pa­tion à l’assemblée était obli­ga­toire et une amende était impo­sée aux absents quand l’enjeu était impor­tant. Un quo­rum de deux tiers devait alors être res­pec­té pour que la déci­sion col­lec­tive soit valide, par exemple celle d’aliéner une par­tie des biens com­muns de la com­mu­nau­té (bois ou pâtu­rage). Il était si impor­tant que la com­mu­nau­té s’exprime que même lorsque la peste a frap­pé dans la région de Nîmes, en 1649, l’assemblée a été convo­quée dans la cam­pagne sur les deux rives d’une rivière, pour per­mettre de réunir à la fois les per­sonnes ayant fui la ville et celles qui y étaient res­tées. En géné­ral, le vote était rapide, à main levée, par accla­ma­tion ou selon le sys­tème de « bal­lote » dis­tin­guant les « pour » des « contre » par des boules noires et blanches. Lorsque la déci­sion était impor­tante, les noms des per­sonnes pré­sentes et ayant voté étaient por­tés au procès-verbal. […]

En plus des assem­blées de la com­mu­nau­té, des assem­blées fédé­rales réunis­saient plu­sieurs com­mu­nau­tés d’une même val­lée, par exemple, pour trai­ter des affaires com­munes. […]

En plus de ces assem­blées muni­ci­pales, des assem­blées au sein des guildes de mar­chands et d’artisans. […]

La démo­cra­tie médié­vale, bien vivante alors, mais aujourd’hui si mécon­nue, per­met­tait au peuple de tra­ver­ser de longs mois sans contact direct avec des repré­sen­tants de la monar­chie, une ins­ti­tu­tion qui offrait fina­le­ment très peu de ser­vices à sa popu­la­tion com­po­sée de sujets, et non de citoyens. […]

Les com­mu­nau­tés d’habitants et les guildes de métiers perdent peu à peu de leur auto­no­mie poli­tique non pas en rai­son d’un dys­fonc­tion­ne­ment de leurs pra­tiques démo­cra­tiques, qui se pour­suivent d’ailleurs dans cer­tains cas jusqu’au XVIIIe siècle, mais plu­tôt en rai­son de la mon­tée en puis­sance de l’État, de plus en plus auto­ri­taire et cen­tra­li­sa­teur. [Lire La fin des Cor­po­ra­tions de Ste­ven L. Kaplan.] Vers les XVIe et XVIIe siècles, les royaumes monar­chiques se trans­forment peu à peu en États, soit un nou­veau sys­tème poli­tique qui déve­loppe plu­sieurs stra­té­gies pour accroître son pou­voir d’imposition, de taxa­tion et de conscrip­tion, alors que la guerre coûte de plus en plus cher, en rai­son des déve­lop­pe­ments tech­no­lo­giques de la marine et de l’armement (arque­buses, canons). En effet, ces États modi­fient petit à petit les lois et règle­ments qui encadrent les villes et vil­lages, pour maxi­mi­ser leur capa­ci­té d’appropriation des reve­nus et des hommes. […]

L’assemblée d’habitants est alors un espace où s’organise la résis­tance face à cette mon­tée en puis­sance de l’État. Par exemple, en pro­tes­ta­tion contre une conscrip­tion jugée illé­gi­time, les assem­blées choi­sissent un han­di­ca­pé pour ser­vir dans la milice. Lorsqu’on annonce de nou­velles taxes, les cloches convoquent l’assemblée et le démos se trans­forme par­fois en foule émeu­tière, en plèbe : elle attaque les pri­sons pour libé­rer les pri­son­niers endet­tés, incen­die la mai­son du « gabe­leur », voire l’assassine. En guise de repré­sailles, les troupes royales confisquent les cloches et les fondent. Fina­le­ment, les assem­blées d’habitants sont tout sim­ple­ment inter­dites et le roi nomme des pré­fets à la tête des communautés. 

[…]

En Amé­rique du Nord, les colo­ni­sa­teurs d’origine euro­péenne ont été en contact avec des socié­tés amé­rin­diennes fonc­tion­nant selon des prin­cipes démo­cra­tiques. Pour le cas de la Nou­­velle-France, notons l’exemple des Wen­dats (connus aus­si sous le nom de Hurons), qui comp­taient quatre niveaux de gou­ver­ne­ment, soient le clan, le vil­lage, la nation et la confé­dé­ra­tion. Le clan regrou­pait envi­ron 250 per­sonnes, soit une dizaine de familles. Chaque clan avait un chef civil et un ou plu­sieurs chefs de guerre, nom­més sou­vent par un conseil de femmes. Ces chefs n’avaient pas de pou­voir coer­ci­tif leur per­met­tant d’imposer leur volon­té. […] Selon un Fran­çais témoin des socié­tés amé­rin­diennes au tout début du XVIIIe siècle, le titre de « chef » « ne leur donne aucun pou­voir sur les guer­riers ; ces sortes de gens ne connaissent point la subor­di­na­tion mili­taire non plus que civile. Cela est tel­le­ment vrai que si ce grand chef s’avisait de com­man­der quelque chose au moindre homme de son par­ti, [ce der­nier] est en droit de répondre net­te­ment à cette figure de capi­taine qu’il ait à faire lui-même ce qu’il ordonne aux autres ». […]

De telles com­mu­nau­tés éga­li­taires et démo­cra­tiques atti­raient inévi­ta­ble­ment les Euro­péens déser­teurs de la marine ou de l’armée, les esclaves en fuite et des femmes fuyant un mari violent. Si bien que les auto­ri­tés colo­niales inter­di­saient les contacts entre les esclaves, par exemple, et les com­mu­nau­tés amérindiennes.

Conscient que les pra­tiques démo­cra­tiques d’assemblées déli­bé­ra­tives ont été très répan­dues dans le monde, l’anthropologue Mar­cel Détienne insiste sur l’importance de contes­ter « une opi­nion fort répan­due, dans les États-Unis d’Europe et d’Amérique, que la démo­cra­tie est tom­bée du ciel, une fois pour toutes, en Grèce, et même sur une seule cité, […] Athènes.

Comme le rap­pellent aus­si l’anthropologue David Grae­ber et l’économiste Amar­tya Sen, la pra­tique de s’assembler pour déli­bé­rer au sujet des affaires com­munes a exis­té un peu par­tout, y com­pris en Europe au Moyen Âge et dans les siècles sui­vants, et dans les ter­ri­toires que l’Europe a conquis et colonisés. »

Source : Fran­cis Dupuis-Déri, Démo­cra­tie. His­toire poli­tique d’un mot, aux États-Unis et en France

* * * * *

De son côté, Mar­cus Redi­ker entre­tient la mémoire des luttes des marins et des pirates contre le capi­ta­lisme nais­sant (fin XVIIe, début XVIIIe) : j’ai quatre ou cinq de ses livres, par­mi les­quels Pirates de tous les pays (2004).

Marcus Rediker

Cette lec­ture est édi­fiante : encore une contre-his­­toire puisqu’il s’agit ici de décons­truire les men­songes des his­to­riens pros­ti­tués aux riches (ils ne le sont pour­tant pas tous) qui ont copieu­se­ment calom­nié les pirates en occul­tant les condi­tions de tra­vail épou­van­tables des marins qui ont jus­ti­fié — ô com­bien ! — les muti­ne­ries : les pirates étaient des résis­tants à la cruau­té mar­chande et ils ont orga­ni­sé des com­mu­nau­tés incroya­ble­ment démo­cra­tiques, au sens strict. Voyez ce pas­sage, pas­sion­nant je trouve (mais Redi­ker est tou­jours pas­sion­nant…), pages 120 et s. :

« Chaque vais­seau fonc­tionne selon les termes d’un contrat court approu­vé par l’équipage, éta­bli au début du voyage ou à l’occasion de l’élection d’un nou­veau capi­taine. C’est en fonc­tion de ces conven­tions écrites que les équi­pages confient l’autorité, dis­tri­buent le butin et la nour­ri­ture et font res­pec­ter la dis­ci­pline”. Ces arran­ge­ments font du capi­taine la créa­ture de l’équipage. [Ça donne des idées, non ?] […]

Ayant besoin de quelqu’un qui ait à la fois un tem­pé­ra­ment cou­ra­geux et des com­pé­tences de navi­ga­teur, les hommes élisent leur chef. Ils veulent un com­man­de­ment par l’exemple, pas un com­man­de­ment dû à un sta­tut et à une hié­rar­chie impo­sés de fait. Ils n’accordent que peu de pri­vi­lèges. […] L’équipage garan­tit au capi­taine une auto­ri­té incon­tes­tée pour le com­bat et la chasse, mais « pour tous les autres aspects quels qu’ils soient », il est « gou­ver­né par une majo­ri­té. » Un capi­taine mar­chand scan­da­li­sé note : « Le capi­taine semble n’avoir aucune méthode de com­man­de­ment, mais quand il s’agit de par­tir en chasse ou d’engager un com­bat, alors il a le pou­voir abso­lu. » [Comme les chefs amé­rin­diens qui n’ont de pou­voir qu’en temps de guerre.]

De la même façon que la majo­ri­té élit, elle peut démettre. Cer­tains sont démis de leurs fonc­tions pour couar­dise, cruau­té ou pour avoir refu­sé de « cap­tu­rer et de piller des vais­seaux anglais. » Un capi­taine doit subir une colère ins­pi­rée de la conscience de classe de son équi­page pour s’être com­por­té « comme un gent­le­man. » Occa­sion­nel­le­ment, en cas de des­po­tisme, il peut être som­mai­re­ment exécuté.

Sou­­ve­­nons-nous du com­men­taire de Wal­ter Ken­ne­dy affir­mant que la plu­part des ban­dits des mers, « ayant aupa­ra­vant souf­fert des mau­vais trai­te­ments infli­gés par leurs offi­ciers, se pro­tègent soi­gneu­se­ment d’un tel mal ». La sélec­tion démo­cra­tique des offi­ciers appa­raît ain­si en contraste total et signi­fi­ca­tif avec l’organisation qua­si dic­ta­to­riale du com­man­de­ment dans le ser­vice mar­chand et la Royal Navy.

Afin d’éviter les abus d’autorité, les pirates élisent un offi­cier appe­lé le quar­­tier-maître, dont les pou­voirs contre­ba­lancent ceux du capi­taine. William Snel­grave explique qu’il « est char­gé de l’inspection géné­rale de toutes les affaires, il contrôle sou­vent les ordres du capi­taine. Cette per­sonne est aus­si celle qui doit être la pre­mière lors de l’abordage de n’importe quel bateau ». Un autre pri­son­nier, le capi­taine Richard Haw­kins, qua­li­fie le quar­­tier-maître de « direc­teur en chef » du vais­seau pirate. […]

Le quar­­tier-maître est donc le gar­dien de la tra­di­tion pirate, celui qui émet les juge­ments défi­ni­tifs concer­nant la pra­tique cultu­relle. Comme un tri­bun dans la Rome antique, il pro­tège le peuple contre les puis­sants, les plé­béiens contre les patri­ciens. Dans le ser­vice mar­chand, le quar­­tier-maître n’est pas consi­dé­ré comme un offi­cier mais sim­ple­ment comme un marin « dégour­di », c’est-à-dire bien infor­mé et expé­ri­men­té. Chez les pirates, il est éle­vé à une posi­tion suprê­me­ment valo­ri­sée de confiance, d’autorité et de pouvoir. […]

Le rôle du quar­­tier-maître consis­tant à main­te­nir l’autorité au sein d’un exé­cu­tif dua­liste et repré­sen­ta­tif est un prin­cipe propre à l’organisation sociale des pirates, et il influence la créa­tion de nou­veaux bateaux. Le quar­­tier-maître, tri­bun, média­teur, tré­so­rier et par­tie pre­nante du main­tien de la paix à bord d’un navire, devient sou­vent le capi­taine d’un nou­veau vais­seau lorsqu’un bâti­ment est cap­tu­ré puis conver­ti. […]

Et pour­tant, ni le capi­taine ni le quar­­tier-maître ne repré­sentent l’autorité la plus éle­vée sur le bateau pirate. Cet hon­neur revient au conseil com­mun, qui réunit régu­liè­re­ment tous les hommes, du capi­taine jusqu’à l’homme du beau­pré. Les déci­sions ayant le plus de consé­quences sur le bien-être de l’équipage sont prises lors de réunions ouvertes où les débats sont hou­leux. En ren­dant l’équipage sou­ve­rain, les pirates s’appuient sur une ancienne cou­tume mari­time tom­bée dans l’oubli vers 1700, sui­vant laquelle le maître d’un navire mar­chand consul­tait tout son équi­page (qui était sou­vent en par­tie pro­prié­taire de la car­gai­son) pour la prise de déci­sions vitales. Les fli­bus­tiers connaissent éga­le­ment la tra­di­tion navale mili­taire – le conseil de guerre – au cours duquel les offi­ciers supé­rieurs d’un navire ou d’une flotte se retrouvent afin de défi­nir une stra­té­gie. La réunion de la com­mu­nau­té flot­tante accré­di­tait la réa­li­té du vieux pro­verbe qui affirme : « Nous sommes tous ensemble sur ce bateau. » […]

Les déci­sions prises par le conseil sont sacro-saintes. Même le capi­taine le plus cou­ra­geux n’ose les affron­ter. Les conseils ont démis un cer­tain nombre de capi­taines et d’autres offi­ciers de leur poste. Tho­mas Ans­tis perd sa fonc­tion de capi­taine : il est, selon l’expression des marins, « remis au pied du mât », c’est-à-dire qu’il rede­vient un marin ordi­naire sur le bateau qu’il a aupa­ra­vant com­man­dé. Charles Vane, éti­que­té comme couard par son équi­page, est démis de ses fonc­tions de capi­taine. Charles Mar­tel perd son titre en rai­son de sa cruau­té envers l’équipage et les pri­son­niers, un homme « plus juste » est nom­mé à sa place. Parce qu’une majo­ri­té de l’équipage de Bar­tho­lo­mew Roberts consi­dère que le « vieux pirate » David Simp­son est deve­nu vicieux depuis qu’il est quar­­tier-maître, il est « viré par les hommes ».

La démo­cra­tie à bord des navires peut paraître étouf­fante. Cer­tains équi­pages font en per­ma­nence appel au conseil, « déci­dant toutes choses à la majo­ri­té des votes ». D’autres l’organisent comme un tri­bu­nal. « Ils aiment voter », déclare un capi­taine cap­tu­ré, « toutes les affaires des pirates sont trai­tées de cette façon ». En réa­li­té, il y a « tel­le­ment peu de gou­ver­ne­ment et de subor­di­na­tion » par­mi les pirates qu’« ils sont, selon l’occasion, tous capi­taines, tous chefs ». Le capi­taine de marine mili­taire Hum­phrey Orme, qui cap­ture et inter­roge un gang de pirates en 1723, résume suc­cinc­te­ment la situa­tion : « Les plai­sirs tirés d’une fonc­tion sont très pré­caires à bord des bateaux pirates et reposent entiè­re­ment sur le bon vou­loir et le bien-être de l’équipage. »

La dis­tri­bu­tion du butin est expli­ci­te­ment régu­lée par la charte du navire. Les pirates font appel à un sys­tème de par­tage pré­ca­pi­ta­liste afin de répar­tir leurs prises. Le capi­taine et le quar­­tier-maître reçoivent entre une part et demie et deux parts ; les canon­niers, maîtres d’équipage, seconds, char­pen­tiers et doc­teurs reçoivent entre une part et un quart et une part et demie ; tous les autres ont droit à une part cha­cun”. Ce sys­tème de rému­né­ra­tion prend une dis­tance radi­cale avec les pra­tiques de la marine mar­chande, de la Royal Navy et des cor­saires. Il ins­ti­tue un sys­tème éla­bo­ré de niveaux hié­rar­chiques de reve­nus, qui réduit dras­ti­que­ment les dis­pa­ri­tés entre le haut et le bas de l’échelle. En réa­li­té, il s’agit pro­ba­ble­ment de l’un des pro­grammes d’attribution des res­sources les plus éga­li­ta­ristes du XVIIIe siècle. Si comme le sug­gère Phi­lip Gosse, émi­nent his­to­rien de la pira­te­rie, « les meilleurs des marins sont les pirates », la dis­tri­bu­tion équi­table du butin et la concep­tion du par­te­na­riat peuvent être com­prises comme l’œuvre d’hommes qui accordent de la valeur et du res­pect aux com­pé­tences de leurs camarades.

En expro­priant un navire mar­chand (après une muti­ne­rie ou une cap­ture), les pirates s’approprient les moyens de pro­duc­tion mari­times et déclarent qu’ils sont la pro­prié­té com­mune de ceux qui tra­vaillent à son bord. Ils abo­lissent la rela­tion sala­riale qui se trouve au cœur du pro­ces­sus d’accumulation capitaliste.

Source : Makus Redi­ker, Pirates de tous les pays, édi­tions Liber­ta­lia (ça ne s’invente pas), 2014

Cerise sur ce gâteau démo­cra­tique, l’exergue choi­si par Mar­cus Rediker :

« Mau­dit sois-tu, tu n’es qu’un lâche, comme le sont tous ceux qui acceptent d’être gou­ver­nés par les lois que des hommes riches ont rédi­gées afin d’assurer leur propre sécu­ri­té. Ils nous font pas­ser pour des ban­dits, ces scé­lé­rats, alors qu’il n’y a qu’une dif­fé­rence entre eux et nous, ils volent les pauvres sous cou­vert de la loi tan­dis que nous pillons les riches sous la pro­tec­tion de notre seul courage. »
Charles Bellamy

Com­plé­ment vidéo (à pro­pos du livre pas­sion­nant À bord du négrier (2013) de Mar­kus Rediker :

* * * * *

On n’aura donc aucun mal, fina­le­ment, à four­nir à nos contra­dic­teurs incré­dules d’autres exemples que celui d’Athènes, pour illus­trer la pos­si­bi­li­té bien réelle de socié­tés authen­ti­que­ment démocratiques.

S’ils passent par ici, je remer­cie David, Fran­cis et Mar­cus d’exister, je gran­dis en les lisant.

Étienne Chouard

Source : http://​www​.kai​zen​-maga​zine​.com/​i​n​n​o​m​b​r​a​b​l​e​s​–​e​x​p​e​r​i​e​n​c​e​s​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​s​–​n​o​n​–​a​t​h​e​n​i​e​n​n​e​s​–​l​i​r​e​–​g​r​a​e​b​e​r​–​d​u​p​u​i​s​–​d​e​r​i​–​e​t​–​r​e​d​i​k​er/

Saint-André-de-Valborgne « Sous surveillance »

8 juillet 2014 : repor­tage à Saint André de Val­borgne (où les oli­garques locaux refusent d’être fil­més) + extrait de notre conférence/débat près d’Avignon avec (la cou­ra­geuse) Camille Halut :

httpv://www.youtube.com/watch?v=IxsPM9ExPTQ

Le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, ce n’est PAS la démocratie :

Jean-Jacques Rous­seau, dans « Le contrat social » (1762) :

« LA SOUVERAINETÉ NE PEUT ÊTRE REPRÉSENTÉE, par la même rai­son qu’elle ne peut être alié­née ; elle consiste essen­tiel­le­ment dans la volon­té géné­rale, et la volon­té ne se repré­sente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les dépu­tés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses repré­sen­tants, ils ne sont que ses com­mis­saires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. 

TOUTE LOI QUE LE PEUPLE EN PERSONNE N’A PAS RATIFIÉE EST NULLE ; CE N’EST POINT UNE LOI. 

Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’é­lec­tion des membres du par­le­ment : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liber­té, l’u­sage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. »

Si nous vou­lons à la fois des repré­sen­tants (ce qui peut se conce­voir, évi­dem­ment) et res­ter libres, nous devons abso­lu­ment sur­veiller en per­ma­nence les repré­sen­tants de la puis­sance publique dans l’exer­cice du pou­voir (et donc, nous devons écrire nous-mêmes la consti­tu­tion qui règle et garan­tit cette sur­veillance car JAMAIS les élus n’é­cri­ront eux-mêmes de telles règles, à cause du conflit d’intérêts).

Le blog de « Cause toujours » :
Logo blog
http://​cau​se​tou​jours​.fr/​2​0​1​4​/​0​7​/​1​4​/​s​t​–​a​n​d​r​e​–​d​e​–​v​a​l​b​o​r​g​n​e​–​s​o​u​s​–​s​u​r​v​e​i​l​l​a​n​ce/

Le site de Camille : Pour une vraie démo­cra­tie à Saint-André-de-Val­­borgne : http://​demo​cra​tie​-sain​tan​dre​de​val​borgne​.com/

[EDIT : Peu de temps après le repor­tage, une requête a été faite par le Maire au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif deman­dant la démis­sion de Camille Halut pour trouble de l’ordre.]

Il me semble que nous devrions aider Camille, dans la mesure de nos moyens, cha­cun à sa manière.

Roméo Bouchard : « Constituer le Québec – Pistes de solution pour une véritable démocratie »

Les idées authen­ti­que­ment démo­cra­tiques se déve­loppent des deux côtés de l’At­lan­tique, bien sûr, au sein des peuples, à la base, et je vou­drais vous signa­ler un bon petit livre qui vient de sor­tir au Québec :

Couverture du livre de Roméo Bouchard :
http://​nou​veau​pro​jet​.com/​m​a​g​a​z​i​n​e​/​c​o​n​s​t​i​t​u​e​r​–​l​e​–​q​u​e​bec

Roméo Bou­chard

J’y ai retrou­vé des tas d’i­dées connues, bien sûr, mais sous des for­mu­la­tions ori­gi­nales, et j’y ai aus­si trou­vé des ana­lyses et des pro­po­si­tions utiles et sur­pre­nantes, nou­velles pour moi ; et puis un ton par­ti­cu­lier, qui n’est pas tout à fait le nôtre et qui est bien intéressant.

Extrait :

« Les mots consti­tu­tion et assem­blée consti­tuante ne font pas par­tie de la tra­di­tion ni du voca­bu­laire poli­tique au Cana­da, où la popu­la­tion n’a jamais eu à se pro­non­cer sur une consti­tu­tion. Nous sommes nés par césa­rienne, en quelque sorte, comme beau­coup d’ex-colo­nies. Lors de l’é­lec­tion qué­bé­coise de 2012, mal­gré le peu de temps dis­po­nible, nous avons quand même vou­lu faire de l’as­sem­blée consti­tuante la base d’un pro­jet élec­to­ral auda­cieux : sous le nom de Coa­li­tion pour la consti­tuante, nous avons pré­sen­té 19 can­di­dats. Le seul article au pro­gramme était la convo­ca­tion d’une assem­blée consti­tuante dont les membres devaient être tirés au sort. » […]

http://​www​.sans​par​ti​.org

Plan du livre :
Préface
L’illu­sion de la démocratie
Com­ment j’ai per­du la foi
Voter ou ne pas voter ?
Pre­mière piste : avec ou sans partis ?
Deuxième piste : élec­tion ou tirage au sort ?
Troi­sième piste : la démo­cra­tie directe
Qua­trième piste : le prin­cipe de proximité
Cin­quième piste : une éco­no­mie citoyenne
La solu­­tion-clef : l’as­sem­blée constituante
Conclu­sion : des « citoyens constituants »

Un bon petit livre, qui pour­ra vous aider à être bien conta­gieux, bande de virus 🙂

À pro­pos de Qué­bec, il est ques­tion que des Qué­bé­cois m’in­vitent bien­tôt chez eux, pour réflé­chir ensemble sur nos idées de réap­pro­pria­tion popu­laire du poli­tique et du bien com­mun : j’es­père que ce sera pos­sible et j’ai hâte d’y être !

Mer­ci Roméo, pour les mots gentils 🙂

Le point de vue d’Usul

« Usul » a pré­pa­ré cette vidéo (gros bou­lot) pour pré­sen­ter mon tra­vail, de façon à la fois amu­sante et sérieuse :

httpv://www.youtube.com/watch?v=Dahg7XPHu98

Mer­ci à lui.

Mais le soir même, au vu de quelques réac­tions, il regret­tait appa­rem­ment sa bien­veillance première :
https://​www​.face​book​.com/​p​e​r​m​a​l​i​n​k​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​7​7​8​6​9​4​9​1​5​5​1​4​7​2​5​&​i​d​=​1​5​3​9​3​8​2​5​1​3​2​3​731

Je ne sais pas trop quoi pen­ser de tout ça (des doutes qui assaillent ce jeune homme hon­nête face aux inti­mi­da­tions quand elles l’at­teignent à son tour, et des ennuis qu’on va peut-être lui faire pour avoir osé me défendre).
Je serais triste de lui cau­ser du tort, même sans le vou­loir, car je le crois bien inten­tion­né. Il fau­dra peut-être qu’il retire cette vidéo. Je ne sais pas. 

Advienne que pourra.

Emprunts toxiques : le maire, la banque et les truands

httpv://www.youtube.com/watch?v=u‑YgXFwT5g0

Les banques ont des repré­sen­tants poli­tiques, mais pas nous !

Si on veut une Consti­tu­tion, il fau­dra l’é­crire nous-mêmes.

Rap­pel : demain, mer­cre­di 9 juillet à 14 h, ate­lier consti­tuant à Avignon.

Atelier constituant en Avignon, le 9 juillet 2014 : artisans de spectacles et démocratie locale, avec Camille Halut

Je vous pro­pose de nous retrou­ver en Avi­gnon le 9 juillet pro­chain, pour un ate­lier consti­tuant que nous allons dédier, si vous le vou­lez bien : 

1) À la pro­tec­tion consti­tu­tion­nelle des arti­sans de spectacle
(j’in­vente cette expres­sion que je pré­fère à « inter­mit­tents », qui montre mal l’im­por­tance poli­tique et sociale de ces travailleurs)

C’est d’ac­tua­li­té, on dirait : en Avi­gnon et en juillet, on ne devrait pas man­quer de citoyens inté­res­sés à réflé­chir à cette question.

2) Aux ins­ti­tu­tions qu’il nous fau­drait pour garan­tir une vraie démo­cra­tie locale.

Camille Halut sera par­mi nous (ça me fait bien plai­sir), et j’ai­me­rais échan­ger avec elle et avec vous sur ce que nous pour­rions écrire (à condi­tion de le faire nous-mêmes) pour n’être plus jamais sans défense contre d’é­ven­tuels (et tou­jours pos­sibles) élus infantilisants. 

Le point cen­tral du fait de fil­mer (et dif­fu­ser en direct) en per­ma­nence les hommes au pou­voir dans l’exer­cice de leurs fonc­tions est abso­lu­ment pas­sion­nant. À dis­cu­ter, j’en suis sûr ! On va voir ça, justement.

Voi­ci les lieux et heures de cette rencontre :
9 juillet 2014, de 14 h à 21 h,
salle muni­ci­pale du Rex,
rue des parois­siens, 84110 Montfavet

Voyez aus­si toutes sortes d’é­vé­ne­ments pro­met­teurs, dans la même veine : 

Si vous n’a­vez pas encore vu la pièce tou­chante de Cécile CANAL, « La démo­cra­tie expli­quée à mon dépu­té », c’est le moment ! 

Mer­ci à tous les gen­tils virus qui orga­nisent tout ça, merci !

À tout bientôt 🙂

Étienne.

Pour une vraie démocratie à Saint-André-de-Valborgne : les efforts admirables de Camille Halut – Filmer les élus en train de travailler ou pas ?

Camille Halut, jeune et cou­ra­geuse étu­diante en droit à Mont­pel­lier, a été tirée au sort pour figu­rer sur une liste de son vil­lage, Saint-André-de-Val­­borgne dans les Cévennes, puis élue !

Depuis, elle se bagarre contre les (vives) résis­tances des élus-en-place-depuis-long­­temps, pas contents du tout de voir ain­si des citoyens indo­ciles ten­ter de s’oc­cu­per eux-mêmes de leurs propres affaires. Par exemple, cer­tains élus refusent abso­lu­ment d’être fil­més, va savoir pour­quoi, alors que ces mêmes élus ne se privent pas de faire fil­mer leurs admi­nis­trés un peu par­tout, sans leur accord, et même par­fois contre leur refus !

L’ex­pé­rience qu’elle vit là-bas va sans doute lui don­ner des tas d’i­dées d’ins­ti­tu­tions qui nous garan­ti­raient mieux contre les voleurs de pou­voir. On lui deman­de­ra, quand on la retrou­ve­ra à Avi­gnon, le 9 juillet prochain.

Pour com­prendre cette affaire, voyez d’a­bord ces deux articles du Midi Libre qui l’évoquent : 

À Saint-André-de-Val­­borgne, la crise per­ma­nente au conseil
http://www.midilibre.fr/2014/05/16/a‑saint-andre-la-crise-permanente-au-conseil,861811.php

Le maire Régis Bou­rel­ly est mis en dif­fi­cul­té par Camille Halut, une jeune oppo­sante aux idées radicales.

Régis Bou­rel­ly est maire de Saint-André-de-Val­­borgne depuis 2001 mais ce troi­sième man­dat com­mence des plus dif­fi­ci­le­ment pour lui. Pour le vote du bud­get, il a fal­lu convo­quer le conseil trois fois, dépas­ser le délai légal et deman­der pour ce faire l’au­to­ri­sa­tion de la sous-pré­­fec­­ture, et au final, se prendre quand même un recours pour « excès de pou­voir contre un acte admi­nis­tra­tif » de la part d’une toute nou­velle opposante. 

Camille Halut, étu­diante en deuxième année de droit à Mont­pel­lier, et habi­tante du vil­lage a en effet une concep­tion toute par­ti­cu­lière de la démo­cra­tie locale. La jeune femme, qui se pré­sente sur la liste Démo­cra­tie réelle aux Euro­péennes (elle est deuxième sur la liste pour notre région Sud Ouest) défend l’i­dée que « notre sys­tème actuel n’est pas la démo­cra­tie. C’est aux citoyens de s’ex­pri­mer, pas à des per­sonnes élues qui ne sont pas suf­fi­sam­ment légi­times. Les der­nières élec­tions euro­péennes l’ont mon­tré avec 60 % d’abstention. »

Tirage au sort

Camille Halut a ten­té de défendre l’i­dée d’un tirage au sort des can­di­dats à par­tir des listes élec­to­rales, et d’un maire qui chan­ge­rait tous les six mois. Pen­dant la cam­pagne des muni­ci­pales, elle a ain­si contac­té dans le vil­lage une cen­taine de per­sonnes. Trois ont été élus avec elle. Mais pas for­cé­ment pour appor­ter une pierre construc­tive à l’é­di­fice muni­ci­pal ! Si les oppo­sants contestent ce qu’ils estiment être « de l’argent jeté par les fenêtres avec un pro­jet de route pour des­cendre à la rivière, qui est tota­le­ment inutile », ils n’ont pour l’ins­tant pas pré­sen­té d’autres pro­po­si­tions « J’ai des pro­jets, comme tout citoyen bien sûr », dit Camille Halut, qui se défend d’une quel­conque ambi­tion poli­tique per­son­nelle, y com­pris dans six ans.

Chan­ge­ment de maire tous les six mois ?

D’i­ci là, l’op­po­sante compte bien conti­nuer à rendre compte sur son blog des séances de conseils et ce, dans les moindres détails. Son recours au tri­bu­nal contre l’in­ter­dic­tion faite par le maire de fil­mer les séances a en revanche été reje­té. Régis Bou­rel­ly en a fait une ques­tion de prin­cipe. « Une majo­ri­té d’é­lus ne veut pas être fil­mée, un point c’est tout. J’ai dû annu­ler le conseil à deux reprises parce qu’elle sor­tait sa camé­ra mal­gré tout. Et le der­nier en date du 7 mai, a duré trois heures ! For­cé­ment dès que je dis un mot, l’op­po­si­tion conteste ! ». Pour l’an­née à venir, le gros pro­jet de Saint-André, c’est de régler le pro­blème d’ar­se­nic dans l’eau au hameau de Tour­gueil. Mais les oppo­sants ont éga­le­ment dépo­sé un troi­sième recours, pour l’an­nu­la­tion des élec­tions cette fois.

Source : http://www.midilibre.fr/2014/05/16/a‑saint-andre-la-crise-permanente-au-conseil,861811.php

Camille avait pré­sen­té l’i­dée aux jour­na­listes quelque temps auparavant : 

Cévennes : « Le citoyen n’est pas qu’un simple électeur »
http://​www​.midi​libre​.fr/​2​0​1​4​/​0​3​/​1​9​/​l​e​–​c​i​t​o​y​e​n​–​n​–​e​s​t​–​p​a​s​–​q​u​–​u​n​–​s​i​m​p​l​e​–​e​l​e​c​t​e​u​r​,​8​3​6​6​6​4​.​php

Une ini­tia­tive ori­gi­nale de Camille Halut à Saint-André-de-Valborgne.

Vous avez pro­po­sé une ini­tia­tive citoyenne pour les élec­tions muni­ci­pales à St-André-de-Val­­borgne. Pou­­vez-vous expli­quer les ori­gines de ce projet ?

En fait, j’ai rejoint “la contre-élec­­tion euro­péenne” en m’ins­cri­vant sur le site de l’ac­tion menée pour une démo­cra­tie réelle en Europe. Je me suis beau­coup inves­tie dans cette “contre-élec­­tion”. Étant ori­gi­naire de Saint-André-de-Val­­borgne, je me suis dit pour­quoi ne pas appli­quer cette démarche pour les élec­tions muni­ci­pales de mon village.

Jus­te­ment, quelle est cette démarche ?

On ne peut pas réduire le citoyen juste à l’é­lec­teur. Il faut, selon moi, aller plus loin, que tout un cha­cun par­ti­cipe à la vie poli­tique. C’est pour cela que cha­cun, dans un ordre aléa­toire, se pré­sente. Ensuite, la popu­la­tion, non élue, se réunie en com­mis­sion pour tra­vailler sur des pro­jets, avant de les sou­mettre au vote par réfé­ren­dum. N’im­porte qui peut pro­po­ser un pro­jet dans un comi­té de pilo­tage consti­tué de volontaires.

« Quand on fait les choses à la place des gens, cela ne les pousse pas à faire… »
Camille Halut

Une manière de gérer la com­mune de façon démo­cra­tique et de res­pon­sa­bi­li­ser les gens, notam­ment à la ges­tion de l’argent public. Quant aux élus, leur rôle serait can­ton­né au simple fait d’en­re­gis­trer les pro­jets et d’être un sup­port légal. Quant au maire, il y aurait un sys­tème de rota­tion, pour que cha­cun à leur tour durant le man­dat, tous les conseillers muni­ci­paux siègent dans le fau­teuil de pre­mier magis­trat, après des démis­sions volon­taires à cette fonc­tion durant un temps impar­ti. Tout est légal et donc pos­sible. Et comme cela, l’é­lu s’en­gage à ne plus mono­po­li­ser mais rendre le pou­voir de déci­sion qui revient légi­ti­me­ment aux citoyens.

Un pro­jet à la por­tée de tous ?

Oui bien sûr. C’est à la por­tée de tous les citoyens. Cha­cun est capable d’ap­por­ter quelque chose. Moi, per­son­nel­le­ment, cela ne m’in­té­resse pas d’être poli­tique. En revanche, je suis une citoyenne. On voit bien quand on fait les choses à la place des gens, cela ne les pousse pas à faire. La démo­cra­tie réelle, cela part de la base, comme dans la Grèce Antique.

Com­ment avez-vous procédé ?

J’ai orga­ni­sé un tirage au sort de l’en­semble des ins­crits sur les listes élec­to­rales. J’ai récu­pé­ré la liste élec­to­rale puis­qu’elle est dis­po­nible et acces­sible à tous les citoyens. J’ai ensuite deman­dé à des per­sonnes du vil­lage de me dire qui, par­mi les ins­crits, étaient rési­dents à l’an­née. Sur 449 élec­teurs, j’en ai comp­ta­bi­li­sé 310.

Paral­lè­le­ment, j’ai mis des affiches, fait du porte-à-porte et orga­ni­sé des dis­cus­sions citoyennes pour expli­quer l’in­té­rêt de cette démarche et j’ai eu un très bon écho de la part des habi­tants. Et beau­coup ont de nom­breux pro­jets comme créer des calades dans les rues par exemple. Il faut arrê­ter de bri­der les initiatives.

Et alors ce tirage au sort…

J’ai donc orga­ni­sé le tirage au sort, ce qui a mis en exergue 310 can­di­dats poten­tiels dans un ordre aléa­toire par rap­port à celui de la liste élec­to­rale. Cela s’est concré­ti­sé par un énorme rou­leau de papier (sou­rire). Et pour aller jus­qu’au bout, j’ai appe­lé un à un, du moins tous ceux dont j’ai pu obte­nir les contacts télé­pho­niques, dans l’ordre du tirage, les élec­teurs pour savoir s’ils dési­raient ou non se pré­sen­ter. Après trois jours au télé­phone, cinq ont accep­té (moi com­prise). Le pre­mier de la liste était vers le 95e tiré.

Fina­le­ment dans un vil­lage ce type de démarche peut sem­bler facile ?

C’est ce que je pen­sais, mais ça a été au contraire plus com­pli­qué. Je n’a­vais pas mesu­ré les contraintes éco­no­miques, liées aux emplois qui dépendent fré­quem­ment de la mai­rie. Mais beau­coup sont inté­res­sés (même cer­tains qui sont sur les listes concur­rentes). En tout cas, la liste (incom­plète) de cinq per­sonnes est dépo­sée en pré­fec­ture. On ver­ra par la suite…

Source : http://​www​.midi​libre​.fr/​2​0​1​4​/​0​3​/​1​9​/​l​e​–​c​i​t​o​y​e​n​–​n​–​e​s​t​–​p​a​s​–​q​u​–​u​n​–​s​i​m​p​l​e​–​e​l​e​c​t​e​u​r​,​8​3​6​6​6​4​.​php

Voyez sur­tout le blog que Camille a mis en place pour nous tenir au cou­rant de sa lutte (c’est pas­sion­nant, David contre Goliath) :

Pour une vraie démo­cra­tie à Saint-André-de-Valborgne
http://​demo​cra​tie​-sain​tan​dre​de​val​borgne​.com/

Voyez notam­ment (mais pas seule­ment) la bagarre (qui nous concerne tous) sur le droit des citoyens (ou pas) de fil­mer les séances du Conseil municipal :
•http://​demo​cra​tie​-sain​tan​dre​de​val​borgne​.com/​d​u​–​d​r​o​i​t​–​d​e​–​f​i​l​m​er/
• http://​demo​cra​tie​-sain​tan​dre​de​val​borgne​.com/​c​o​n​s​e​i​l​–​m​u​n​i​c​i​p​a​l​–​a​n​n​u​l​e​–​p​o​u​r​–​c​a​u​s​e​–​d​e​–​f​i​lm/
• http://democratie-saintandredevalborgne.com/conseil-municipal-8-annule‑4/
httpv://www.youtube.com/watch?v=mn-TwduZs6c


Le prin­cipe géné­ral est effec­ti­ve­ment L’AUTORISATION PAR LA LOI de fil­mer les séances des Conseils municipaux :
http://​www​.legi​france​.gouv​.fr/​a​f​f​i​c​h​C​o​d​e​A​r​t​i​c​l​e​.​d​o​?​c​i​d​T​e​x​t​e​=​L​E​G​I​T​E​X​T​0​0​0​0​0​6​0​7​0​6​3​3​&​i​d​A​r​t​i​c​l​e​=​L​E​G​I​A​R​T​I​0​0​0​0​0​6​3​8​9​8​7​6​&​d​a​t​e​T​e​x​t​e​=​&​c​a​t​e​g​o​r​i​e​L​i​e​n​=​cid

Article L2121-18 du Code géné­ral des col­lec­ti­vi­tés territoriales

« Les séances des conseils muni­ci­paux sont publiques.

Néan­moins, sur la demande de trois membres ou du maire, le conseil muni­ci­pal peut déci­der, sans débat, à la majo­ri­té abso­lue des membres pré­sents ou repré­sen­tés, qu’il se réunit à huis clos.

Sans pré­ju­dice des pou­voirs que le maire tient de l’ar­ticle L. 2121–16, ces séances peuvent être retrans­mises par les moyens de com­mu­ni­ca­tion audiovisuelle.

Le rejet-défaite en jus­tice dont se pré­vaut abu­si­ve­ment le maire n’est PAS un rejet sur le fond, mais un rejet sur la forme du réfé­ré : « il n’y avait pas urgence à juger » ont seule­ment dit les juges, qui se sont décla­rés incom­pé­tents ; cela n’est PAS un juge­ment qui sup­pri­me­rait le droit pour les citoyens de fil­mer leurs légis­la­teurs au travail.

Publication chez Utovie des Actes du colloque « Henri Guillemin et la révolution française : le moment Robespierre »

Les Édi­tions Uto­vie viennent de publier les Actes du col­loque « Hen­ri Guille­min et la révo­lu­tion fran­çaise : le moment Robespierre ».

J’a­vais ado­ré cette jour­née, très émou­vante et pas­sion­nante, et j’aime ce livre, plus inté­res­sant encore : je suis sûr qu’il plai­ra beau­coup à de nom­breux virus.

• Plan de l’ou­vrage (175 pages) :

- Pré­face, par Édouard Mangin
– Le mot d’ac­cueil de Phi­lippe Guillemin
– Sur l’é­la­bo­ra­tion du Robes­pierre de Guille­min, par Patrick Berthier
– Sur Robes­pierre et Rous­seau, par Claude Mazauric
– Robes­pierre, théo­ri­cien et acteur d’une Répu­blique démo­cra­tique et sociale, par Flo­rence Gauthier
– Hen­ri Guille­min et Robes­pierre : contre-his­­toire du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif et pro­po­si­tions de pro­lon­ge­ments consti­tuants, par Étienne Chouard
– Robes­pierre ou la ter­reur des droits de l’homme, par Yan­nick Bosc
– Argent et cor­rup­tion sous la Ter­reur, par Oli­vier Blanc
– Robes­pierre et la reli­gion dans l’his­to­rio­gra­phie (1794−2012), par Marc Belissa
– Le pro­blème Robes­pierre : celui de son héri­tage, ou de ses héri­tiers ? par Serge Deruette
– Les confé­rences retrou­vées d’Hen­ri Guille­min sur la Révo­lu­tion, par Patrick Rödel
– Actua­li­té et vita­li­té de Guille­min, par Edwy Plenel
– Post­face, par Michel-Antoine Rognard
– Notices sur les contri­bu­teurs du volume

• Pré­face d’É­douard Mangin :

« Au-delà de par­ache­ver le tra­vail four­ni pour que cet évé­ne­ment ait lieu, l’é­di­tion des actes du col­loque « Hen­ri Guille­min et la Révo­lu­tion fran­çaise – le moment Robes­pierre », qui se dérou­la le 26 octobre 2013 à l’Ins­ti­tut catho­lique de Paris (ICP), pro­cure pour les orga­ni­sa­teurs un double plai­sir, ou plu­tôt, un plai­sir à double détente, tein­té à la fois de nos­tal­gie et de désir de recon­duire ce qui est tou­jours un peu une aventure.

La pre­mière émo­tion pro­vient des textes eux-mêmes. Relire les inter­ven­tions, c’est assu­ré­ment les redé­cou­vrir à froid et en savou­rer la pro­fon­deur, la por­tée et les sub­ti­li­tés, sur un thème peu cou­rant et sur­tout plein d’en­jeux, où les opi­nions se dif­fractent pour de mul­tiples rai­sons, par­mi les­quelles la mécon­nais­sance des faits ou le par­­ti-pris idéologique.

« La Révo­lu­tion fran­çaise – le moment Robes­pierre » est en effet un sujet suf­fi­sam­ment riche et com­plexe pour qu’on ne l’en­ferme pas, serait-ce dans la plus belle des cha­pelles, ou le plus impo­sant des temples. À cet égard, la diver­si­té des inter­ve­nants peut être per­çue comme un reflet de la démarche non conven­tion­nelle d’Hen­ri Guille­min, consti­tuée à la fois de recherches his­to­riques scru­pu­leuses, et d’af­fir­ma­tions sans ambages, de convic­tions puis­santes et intimes nées d’ex­tra­or­di­naires intui­tions sur le sens de l’His­toire et les lois humaines ; ras­sem­blant à la fois le déploie­ment logique des faits propre à l’his­to­rien, et l’ap­pel aux forces de l’i­ma­gi­naire de l’écrivain.

Relire ces textes c’est aus­si, au-delà d’eux, revivre cette belle jour­née par­ti­cu­lière d’au­tomne : un site à l’ar­chi­tec­ture com­po­site et évo­ca­trice ; une jour­née enso­leillée, la der­nière de la sai­son ; une salle, la fameuse salle des Actes de l’Ins­ti­tut, pleine d’un public inter­gé­né­ra­tion­nel, extrê­me­ment atten­tif, et qui n’a pas désem­pli de la journée.

Tout cela offre une pre­mière invi­ta­tion au voyage, pour para­phra­ser le poète, un voyage réunis­sant tous ceux qui, à un titre ou à un autre, contri­buèrent à cette aventure.

J’ai par­lé d’une double détente. Il y a effec­ti­ve­ment un second plai­sir, moins immé­diat, plus lent à émer­ger et qui s’im­pose par­ti­cu­liè­re­ment aux orga­ni­sa­teurs du colloque.

Mal­gré eux, en reli­sant ces textes, ils revivent le fil des évé­ne­ments qui ont pré­cé­dé la jour­née du 26 octobre, les joies et les décon­ve­nues qu’ils ont vécues, toutes péri­pé­ties propres à ce genre d’é­vé­ne­ment. Com­ment en effet oublier l’é­mo­tion de cet incon­di­tion­nel d’Hen­ri Guille­min, dont la voix signait l’a­van­cée en âge, qui me télé­pho­na un matin pour connaître les horaires du col­loque. « Vous habi­tez Paris ? — Non ! s’ex­cla­ma-t-il, j’ha­bite à 500 km et je viens en voi­ture spé­cia­le­ment pour lui, pour Guille­min ! » Ou cet étu­diant me deman­dant des adresses d’a­mis bien­veillants ou d’hô­tels bon mar­ché près de l’Ins­ti­tut catho­lique, car il venait de Bruxelles et avait même déca­lé ses congés en appre­nant la tenue du col­loque. Ou encore cette femme qui dans sa jeu­nesse avait décou­vert Hen­ri Guille­min à tra­vers ses confé­rences télé­vi­sées, ce qui l’a­vait mar­quée à jamais dans le choix de ses études et de son tra­vail, et qui me par­lait d’Hen­ri Guille­min avec tant de fer­veur et d’in­tel­li­gence que je l’i­ma­gi­nais aisé­ment faire par­tie des inter­ve­nants pour une pro­chaine fois.

Revivre la genèse du col­loque amène imman­qua­ble­ment à revivre le cha­leu­reux déjeu­ner de jan­vier 2013 au cours duquel Edwy Ple­nel, plein d’en­thou­siasme, confir­ma le par­te­na­riat de Media­part ain­si que sa pré­sence à la table ronde finale. Sur ce point, le sou­tien de Media­part, en met­tant notre blog d’in­for­ma­tion sur le col­loque en pre­mière page dès le début de sep­tembre, nous a été très pré­cieux. Car com­ment mobi­li­ser le public sans com­mu­ni­quer ? Il y eut aus­si Témoi­gnage chré­tien avec le beau texte de Patrick Rödel en une du numé­ro du 17 octobre 2013. Et enfin, je me sou­viens de l’im­mé­diate mobi­li­sa­tion de l’as­so­cia­tion des Amis de Robes­pierre pour le Bicen­te­naire de la Révo­lu­tion (ARBR) qui acti­va très effi­ca­ce­ment son impor­tant réseau, créant le flux régu­lier des pre­mières pré-ins­­crip­­tions. Presque tous les mes­sages reçus à tra­vers ces relais furent accom­pa­gnés de remer­cie­ments et d’encouragements.

[…]

L’œuvre d’Hen­ri Guille­min est si vaste et si utile par ces temps de pen­sée molle et confuse, presque urgente à faire vivre aujourd’­hui, que d’autres voyages appa­raissent néces­saires. Sans doute. Et c’est bien pour cela que le frêle esquif actuel­le­ment à quai, cla­po­tant sage­ment dans son port d’ar­ri­vée, est prêt à appa­reiller de nouveau.

Édouard MANGIN

• Pré­sen­ta­tion du colloque : 
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​3​/​0​9​/​2​1​/​3​4​1​–​s​a​m​e​d​i​–​2​6​–​o​c​t​–​2​0​1​3​–​c​o​l​l​o​q​u​e​–​h​e​n​r​i​–​g​u​i​l​l​e​m​i​n​–​a​–​p​a​ris

• Vidéos du colloque : 
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​4​/​0​1​/​0​8​/​3​6​0​–​l​e​s​–​v​i​d​e​o​s​–​d​u​–​c​o​l​l​o​q​u​e​–​2​0​1​3​–​h​e​n​r​i​–​g​u​i​l​l​e​m​i​n​–​e​t​–​l​a​–​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​–​f​r​a​n​c​a​i​s​e​–​l​e​–​m​o​m​e​n​t​–​r​o​b​e​s​p​i​e​rre

• Le texte de mon intervention :
Hen­ri Guille­min et Robes­pierre : contre-his­­toire du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif et pro­po­si­tions de pro­lon­ge­ments constituants

https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​E​t​i​e​n​n​e​_​C​h​o​u​a​r​d​_​H​e​n​r​i​_​G​u​i​l​l​e​m​i​n​_​e​t​_​R​o​b​e​s​p​i​e​r​r​e​_​o​c​t​_​2​0​1​3​.​pdf

Je remer­cie tous ceux qui ont orga­ni­sé cette ren­contre cha­leu­reuse et utile, et qui ont eu la gen­tillesse de m’y invi­ter. J’en­voie un salut par­ti­cu­lier à Patrick Ber­thier, qui a écrit des pages très émou­vantes sur Guille­min, et qui a édi­té mon texte avec un soin méti­cu­leux et un grand respect.

Mer­ci aus­si aux Édi­tions Uto­vie, de rendre dis­po­nibles, et donc de gar­der vivants, tous les tra­vaux d’Hen­ri Guillemin.

Étienne.

Ken Loach – Défier le récit des puissants

Un bou­quin pas­sion­nant, et entraî­nant, comme Ken Loach lui-même :
http://​www​.indi​gene​-edi​tions​.fr/​c​e​u​x​–​q​u​i​–​m​a​r​c​h​e​n​t​–​c​o​n​t​r​e​–​l​e​–​v​e​n​t​/​d​e​f​i​e​r​–​l​e​–​r​e​c​i​t​–​d​e​s​–​p​u​i​s​s​a​n​t​s​.​h​tml

https://​www​.face​book​.com/​d​e​f​i​e​r​r​e​c​i​t​p​u​i​s​s​a​nts

L’au­to-ins­ti­tu­tion de notre socié­té aura besoin de récits et de porte-voix ;
ce petit livre ori­gi­nal est truf­fé de méthodes utiles et d’i­dées stimulantes.

TRAVAIL ou EMPLOI ? par Bernard FRIOT

Une courte pre­mière vidéo pro­po­sée par l’é­quipe « Deve­nons Citoyens » :

httpv://www.youtube.com/watch?v=rsnPYHxIvmc

Je consi­dère que Ber­nard Friot porte l’i­dée la plus révo­lu­tion­naire et la plus pro­met­teuse de notre temps.

Cet homme pas­sion­nant nous dit : 

• Com­pre­nons (en pro­fon­deur) et défen­dons nous-mêmes (per­son­nel­le­ment) l’ins­ti­tu­tion éman­ci­pa­trice de la COTISATION SOCIALE et du SALAIRE À VIE (avec qua­li­fi­ca­tion des per­sonnes plu­tôt que des postes) :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​3​/​0​6​/​0​7​/​3​3​1​–​p​a​s​s​i​o​n​n​a​n​t​–​b​e​r​n​a​r​d​–​f​r​i​o​t​–​e​x​p​l​i​q​u​e​–​l​–​e​n​j​e​u​–​d​e​s​–​r​e​t​r​a​i​t​e​s​–​p​a​r​–​r​e​p​a​r​t​i​t​i​o​n​–​r​e​s​i​s​t​e​r​–​a​–​l​a​–​r​e​f​o​r​m​e​–​c​a​p​i​t​a​l​i​s​t​e​–​e​t​–​a​s​s​u​m​e​r​–​c​e​t​t​e​–​a​u​t​r​e​–​d​e​f​i​n​i​t​i​o​n​–​d​e​–​l​a​–​v​a​l​e​u​r​–​e​c​o​n​o​m​i​que

• Et dis­tin­guons la pro­prié­té D’USAGE (à géné­ra­li­ser et à garan­tir à tous) de la pro­prié­té LUCRATIVE (à interdire) :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​4​/​1​2​/​2​0​4​–​p​a​s​s​i​o​n​n​a​n​t​–​b​e​r​n​a​r​d​–​f​r​i​o​t​–​d​i​s​t​i​n​g​u​e​r​–​l​a​–​p​r​o​p​r​i​e​t​e​–​d​–​u​s​a​g​e​–​d​e​–​l​a​–​p​r​o​p​r​i​e​t​e​–​l​u​c​r​a​t​i​v​e​–​p​o​u​r​–​e​t​e​n​d​r​e​–​l​a​–​p​r​e​m​i​e​r​e​–​e​t​–​i​n​t​e​r​d​i​r​e​–​l​a​–​s​e​c​o​nde

• Ce que PROUVE l’ex­pé­rience réus­sie des RETRAITES, c’est que nous sommes CAPABLES de FINANCER NOUS-MÊMES nos acti­vi­tés (nous : sala­riés, 93% de la popu­la­tion active) : nous n’a­vons pas besoin de l’argent des riches, nous n’a­vons pas à leur payer un inté­rêt non néces­saire et rui­neux, on peut s’af­fran­chir des maîtres-chan­­teurs de l’emploi et de la dette :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​0​/​1​1​/​0​7​/​1​1​0​–​l​–​e​n​j​e​u​–​d​e​s​–​r​e​t​r​a​i​tes

Ne ratez pas le tra­vail de Ber­nard Friot : il va vous trans­for­mer, et sans doute chan­ger votre vie (en bien).
BERNARD FRIOT NOUS AIDE À NOUS ÉMANCIPER

Demain La Décroissance N° 14 – Entretien à la maison avec Christian Laurut

Encore un long entre­tien ; c’é­tait le 10 mai 2014, à la mai­son, avec des ques­tions clai­re­ment orien­tées éco­lo, mais je ne me laisse pas faire 🙂 (on n’a pas de « pro­blèmes éco­lo­giques », on a un pro­blème politique) :

httpv://www.youtube.com/watch?v=thwQ6rZrt4Q

Tu radotes, Chouard, va plu­tôt écrire ton bouquin ! 

Conseils de lectures anti-esclavagistes

conseils un peu plus appuyés cette fois peut-être :

httpv://www.youtube.com/watch?v=YEOn39qClgs

Vous allez me détes­ter à force de rado­ter comme ça, par­don. On cherche la forme qui va se répandre ensuite toute seule, comme une trai­née de poudre, de façon virale et enfin auto­nome… On cherche…
____

Lien Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​2​5​9​4​2​6​1​2​8​7​317

François Asselineau : L’histoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer « le débarquement des anglo-saxons »

Encore un article pas­sion­nant de Fran­çois Asselineau :

De_Gaulle_refuse_de_commemorer_le_6_juin

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l‑histoire-vraie-il-y-a-50-ans-le-153022

C’est vrai­ment très intéressant.


Voir aus­si la reprise de ce tra­vail de mémoire de Fran­çois Asse­li­neau par Oli­vier Ber­ruyer, avec des com­plé­ments et com­men­taires intéressants :

http://​www​.les​-crises​.fr/​p​o​u​r​q​u​o​i​–​d​e​–​g​a​u​l​l​e​–​r​e​f​u​s​a​–​t​–​i​l​–​t​o​u​j​o​u​r​s​–​d​e​–​c​o​m​m​e​m​o​r​e​r​–​l​e​–​d​e​b​a​r​q​u​e​m​e​n​t​–​d​u​–​6​–​j​u​in/

Voir sur­tout cet autre article d’Olivier :
[L’en­sei­gne­ment de l’ignorance]
Quelle est la nation qui a le plus contri­bué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?

http://​www​.les​-crises​.fr/​l​a​–​f​a​b​r​i​q​u​e​–​d​u​–​c​r​e​t​i​n​–​d​e​f​a​i​t​e​–​n​a​z​is/

Avec cet incroyable gra­phique (qui prouve l’ef­fet, sur l’o­pi­nion d’une pro­vince, de 70 ans de pro­pa­gande d’un empire en formation) :

Et aus­si ces chiffres :


Pertes humaines pen­dant la Seconde Guerre mondiale :
http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​P​e​r​t​e​s​_​h​u​m​a​i​n​e​s​_​p​e​n​d​a​n​t​_​l​a​_​S​e​c​o​n​d​e​_​G​u​e​r​r​e​_​m​o​n​d​i​ale

Au hasard, citoyens !

Mer­ci aux étu­diants, et mer­ci à Judith, qui ont pré­pa­ré fil­mé et mon­té ce bel outil de contagion.

Ces ate­liers ont été orga­ni­sés par Les Citoyens Consti­tuants et les virus qui veulent sont les bien­ve­nus pour les aider à en orga­ni­ser d’autres et faire de l’é­du­ca­tion populaire.

C’est émou­vant de voir tous ces humains, sou­vent très jeunes , qui planchent en ate­lier, bien concen­trés sur l’es­sen­tiel, bon sang que c’est beau ! Ah il est bien, ce film, merci !

Suite de l’entretien avec « La Mutinerie » : conseils de lecture pour nous émanciper des « libéraux » esclavagistes

Voi­ci la suite de l’en­tre­tien avec les jeunes gens de « La Muti­ne­rie », à la mai­son (sur la ter­rasse du toit cette fois), le 14 février 2014. J’y parle de quelques livres que je trouve impor­tants et utiles : 

Simone Weil, « Note sur la sup­pres­sion géné­rale des par­tis poli­tiques » »
Robert Michels, « Les par­tis poli­tiques ; essai sur les ten­dances oli­gar­chiques des démocraties »
David Grae­ber, « Dette : 5000 ans d’histoire »
Dome­ni­co Losur­do, « Contre-his­­toire du libéralisme »

Formidable expérience du G1000 : démonstration en marche de la pertinence du tirage au sort en politique


G1000 (Fase 3 – Phase 3) par VideoIn­Mo­tion

Bel­gique :
L’in­croyable expé­rience démo­cra­tique du G1000

Nom­breux liens (pas­sion­nants), signa­lés par Chris :

http://​www​.g1000​.org/fr

http://​www​.g1000​.org/​f​r​/​m​a​n​i​f​e​s​t​e​.​php

http://​www​.g1000​.org/​f​r​/​m​e​t​h​o​d​e​_​p​h​a​s​e​_​2​.​php

http://​www​.g1000​.org/​f​r​/​m​e​t​h​o​d​e​_​p​h​a​s​e​_​3​.​php

http://​www​.g1000​.org/​f​r​/​r​e​s​u​l​t​a​t​s​_​p​h​a​s​e​_​1​.​php

http://​www​.g1000​.org/​f​r​/​r​e​s​u​l​t​a​t​s​_​p​h​a​s​e​_​2​.​php

http://​www​.g1000​.org/​f​r​/​r​e​s​u​l​t​a​t​s​_​p​h​a​s​e​_​3​.​php

http://​www​.g1000​.org/​f​r​/​b​u​d​g​e​t​.​php

http://​www​.g1000​.org/​f​r​/​p​r​i​n​c​i​p​e​s​_​c​o​l​l​e​c​t​e​.​php

Il faut par­cou­rir tous le site en pro­fon­deur en fait !!!

LE RAPPORT FINAL en PDF, lit­té­ra­le­ment passionnant :
http://​www​.g1000​.org/​d​o​c​u​m​e​n​t​s​/​G​1​0​0​0​_​F​R​_​W​e​b​s​i​t​e​.​pdf

Le G1000, l’initiative qui réen­chante la Démo­cra­tie citoyenne.
Décou­vrez cette expé­rience démo­cra­tique géante à tra­vers ces 12 vidéo qui donnent envie de voir arri­ver la même chose en France.

G1000 : LA GENÈSE

Com­ment est né le G1000 : Inter­view David Van Reybrouck
httpv://www.youtube.com/watch?v=ampCTI8wurY

25 per­son­na­li­tés des mondes aca­dé­mique, cultu­rel et média­tique ont pré­sen­té à Bruxelles le « G1000 », une ini­tia­tive visant à mettre sur pied un som­met « citoyen » sur les défis de la démo­cra­tie représentative.

http://​videos​.dhnet​.be/​v​i​d​e​o​/​a​c​t​u​/​l​e​–​g​1​0​0​0​–​s​o​m​m​e​t​–​c​i​t​o​y​e​n​–​l​e​–​1​1​–​n​o​v​e​m​b​r​e​–​p​r​o​c​h​a​i​n​/​?​s​i​g​=​i​L​y​R​O​o​a​f​z​a1C

G1000 : PHASES 1 & 2

Euro­news – Le G1000 donne la parole aux citoyens | Europe Weekly
httpv://youtu.be/N6HDST5X1_0

RTBF : Le G1000 un som­met citoyen pour un autre monde à Tours et Taxis
http://​www​.rtbf​.be/​v​i​d​e​o​/​d​e​t​a​i​l​_​l​e​–​g​1​0​0​0​–​u​n​–​s​o​m​m​e​t​–​c​i​t​o​y​e​n​–​p​o​u​r​–​u​n​–​a​u​t​r​e​–​m​o​n​d​e​–​a​–​t​o​u​r​s​–​e​t​–​t​a​x​i​s​?​i​d​=​1​3​8​8​693

G1000 : Réen­chan­ter la démocratie
httpv://www.youtube.com/watch?v=yY9TcAUKd6k

Le G1000 compte réveiller la démo­cra­tie belge
http://​neme​sistv​.info/​v​i​d​e​o​/​D​N​9​A​K​2​2​U​H​W​8​W​/​l​e​–​g​1​0​0​0​–​c​o​m​p​t​e​–​r​e​v​e​i​l​l​e​r​–​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​b​e​lge

G1000 : le pre­mier grand remue-méninges citoyen est en cours
http://​videos​.dhnet​.be/​v​i​d​e​o​/​a​c​t​u​/​g​1​0​0​0​–​l​e​–​p​r​e​m​i​e​r​–​g​r​a​n​d​–​r​e​m​u​e​–​m​e​n​i​n​g​e​s​–​c​i​t​o​y​e​n​–​e​s​t​–​e​n​–​c​o​u​r​s​/​?​s​i​g​=​i​L​y​R​O​o​a​f​2​iI2

Inter­view de Min Reu­champs en charge de la métho­do­lo­gie du G1000
httpv://www.youtube.com/watch?v=vVPAlZkPOMk

Inter­view de Jean-Benoit Pilet concer­nant le G1000
httpv://www.youtube.com/watch?v=hMP7AwK97Uc

G1000 : PHASES 3

RTBF : Le G1000 un som­met citoyen, a besoin d’argent
http://​www​.rtbf​.be/​v​i​d​e​o​/​d​e​t​a​i​l​_​l​e​–​g​1​0​0​0​–​u​n​–​s​o​m​m​e​t​–​c​i​t​o​y​e​n​–​a​–​b​e​s​o​i​n​–​d​–​a​r​g​e​n​t​?​i​d​=​1​7​0​4​833

G1000 phase 3

G1000 (Fase 3 – Phase 3)

G1000 : emploi, chô­mage, l’a­vis des citoyens
http://​www​.tele​bruxelles​.net/​p​o​r​t​a​i​l​/​i​n​f​o​/​i​n​f​o​–​r​e​g​i​o​n​a​l​e​/​2​2​0​5​4​–​g​1​0​0​0​–​e​m​p​l​o​i​–​c​h​o​m​a​g​e​–​l​a​v​i​s​–​d​e​s​–​c​i​t​o​y​ens

Prochain atelier constituant, « sur les forces armées », à Paris, samedi 7 juin 2014, 16 h, avec « Flamme éternelle »

Chers amis,

Je vous pro­pose (same­di pro­chain, 7 juin) un nou­vel ate­lier consti­tuant, encore pari­sien, orien­té cette fois sur les forces armées :

Avec quels mots un peuple peut-il à la fois ins­ti­tuer des forces armées pour le défendre (contre les dan­gers inté­rieurs => police et contre les dan­gers exté­rieurs => armée), et s’en protéger ?

• Par exemple, com­ment empê­cher la police de tirer sur une foule qui manifeste ?

• Par exemple, com­ment empê­cher les forces armées de sur­veiller tout le monde ?

Com­ment les empê­cher de mener au nom du peuple des guerres honteuses ?

• Etc.

(je compte sur vous pour enri­chir mon questionnement)

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Pour vous don­ner des idées, je vous sug­gère de lire (et d’é­tu­dier) auparavant
le pas­sion­nant dis­cours de Robes­pierre sur les Gardes Natio­nales,
c’est une mine à idées sur ce sujet central :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​R​O​B​E​S​P​I​E​R​R​E​_​D​I​S​C​O​U​R​S​_​SUR L’ORGANISATION DES GARDES NATIONALES…

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Same­di pro­chain, je vous pro­pose une pré­sen­ta­tion un peu par­ti­cu­lière : au lieu de par­ler seul en intro­duc­tion des ate­liers, je m’en­tre­tien­drai avec un his­to­rien de la guerre, Laurent Hen­nin­ger, qui a gen­ti­ment accep­té de se prê­ter au jeu.

Après lui avoir expli­qué en quelques mots mon idée (ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire eux-mêmes les limites de leurs propres pou­voirs, ce n’est pas aux pro­fes­sion­nels de la poli­tique d’é­crire ou modi­fier la Consti­tu­tion ; nous n’a­vons pas de Consti­tu­tion et si nous en vou­lons une, il fau­dra l’é­crire nous-mêmes, ce dont nous sommes tout à fait capables, ce que com­mencent à prou­ver les ate­liers consti­tuants popu­laires), ain­si que les pistes sur les­quelles je tra­vaille à pro­pos des forces armées, j’ai­me­rais recueillir ses réac­tions, sug­ges­tions, objec­tions, pro­tes­ta­tions peut-être… et y réagir à mon tour, etc.

Vous pour­riez inter­ve­nir dans notre conver­sa­tion, cela va sans dire.

Il me semble que cette conver­sa­tion publique (Laurent et moi ne nous connais­sons pas, on prend un risque, ce sera peut-être une contro­verse) pour­rait être une entrée en matière utile (et ori­gi­nale) pour vous aider à mettre vous-mêmes ensuite « les mains dans le moteur » du contrat social.
Vous nous direz après si c’é­tait une bonne idée ?

Et puis ensuite, comme d’ha­bi­tude, nous pren­drions du temps pour mettre en com­mun et dis­cu­ter des tra­vaux et pro­po­si­tions des dif­fé­rents ate­liers. On a la per­mis­sion de minuit, donc un peu de temps devant nous si on en a besoin.

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Tout cela aura lieu grâce à la très gen­tille invi­ta­tion de Tho­mas Hir­sch­horn, dans le cadre de l’é­vé­ne­ment qu’il orga­nise au Palais de Tokyo et qu’il inti­tule « Flamme éter­nelle » : http://​www​.flamme​-eter​nelle​.com/

Pré­sen­ta­tion du concept « flamme éter­nelle » :
http://www.flamme-eternelle.com/Flamme%20%C3%A9ternelle_2_2014.pdf

Voi­ci une affiche qui pré­sente le pro­gramme de la journée :

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J’ai hâte de vous y retrou­ver, je crois que ça va être très intéressant.

(Si vous avez des idées (ou des sug­ges­tions de docu­ments à lire) sur cette ques­tion avant de nous retrou­ver là-bas, n’hé­si­tez pas à en par­ler ici, bien sûr.)

À tout bientôt.

Étienne.

PS : je fais un appel aux gen­tils virus pour fil­mer cette ren­contre : nous aurons besoin d’aide de ce côté-là. Y a‑t‑il quelques bonne âmes pour se dévouer, cette fois encore ?