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Soirée Constituante au sujet de la guerre en Ukraine, en direct avec Patrick Pasin, mercredi 1er mars 2023 à 20h

Soirée Constituante au sujet de la guerre en Ukraine, en direct avec Patrick Pasin, mercredi 1er mars 2023 à 20h

Soi­rée consti­tuante avec Patrick Pasin, édi­teur, auteur, pro­duc­teur et réa­li­sa­teur de docu­men­taires, confé­ren­cier, … Extrait 20 minutes : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​f​4​n​Y​n​w​5​x​M​E​E​&​t​=​8​27s Émis­sion com­plète : https://​you​tu​.be/​q​c​z​_​m​_​3​h​X​k​I​?​t​=​263 SOMMAIRE 00:00 Pré­pa­ra­tion 4:23 Intro 9:06 Patrick Pasin (expo­sé du pro­blème) 1:16:05 Ate­lier consti­tuant (éla­bo­ra­tion de solu­tions) 1:51:34 Pour par­ti­ci­per à l’a­te­lier 2:08:20 Ques­tions et réac­tions du public 2:26:27 Recom­man­da­tions de livres et…

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Débat avec Philippe Murer contre le RIC constituant en direct jeudi 16 février à 19h

Débat avec Philippe Murer contre le RIC constituant en direct jeudi 16 février à 19h

Le Mou­ve­ment Consti­tuant Popu­laire nous invite en direct jeu­di soir 16 février à 19h à un débat avec Phi­lippe Murer, voi­ci la redif­fu­sion : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​k​Y​I​q​i​m​J​7​23w Véri­fier les faits sur Cap­tain­Fact – Répondre au son­dage sur Tele­gram « Pour ou contre le RIC consti­tuant ». Som­maire de la vidéo 00:00 Intro­duc­tion 02:00 Pré­sen­ta­tion 08:00 Argu­ments de Phi­lippe Murer contre le RIC consti­tuant (18 minutes) 26:19 Réac­tion d’un citoyen Suisse (Pierre Alain Bru­chez) (12 minutes)…

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Vidéo TVL : La démocratie morte et enterrée ? – Bistro Libertés avec Etienne Chouard

Mer­ci TVL pour leur invi­ta­tion : « Etienne Chouard, le père du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne (RIC) est l’invité spé­cial d’Eric Morillot. C’est une icône des Gilets Jaunes. Qu’on le classe comme popu­liste de gauche ou de droite, peu importe : c’est un adver­saire qui compte du mon­dia­lisme. Avec Mike Borows­ki Myriam Palom­ba, Greg Tabi­bian et Georges Matha­ran, ils débat­tront sur deux sujets qui sont au cœur de l’actualité avec l’utilisation abu­sive du 49–3 et la réforme des retraites : 1)…

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For­mat grille – For­mat articles complets

« (Re)prenons notre vie en main », rdz-vs près d’Annecy, les 27 et 28 sept. 2014, aux ‘Journées Nationales de la Transition Citoyenne’

Ren­­dez-vous avec les gen­tils virus de Savoie (et des envi­rons), à l’oc­ca­sion des Jour­nées Natio­nales de la Tran­si­tion Citoyenne, same­di 27 sep­tembre 2014, à 14 h30 à Poi­sy, près d’Annecy :

Nous aurons plus de temps que d’ha­bi­tude, pour nos échanges et ate­liers : same­di après-midi et dimanche matin. Ceci nous per­met­tra d’ap­pro­fon­dir la réflexion sur des articles qui le méritent.

Le plan­ning : http://​fra​ma​calc​.org/​p​l​a​n​n​i​n​g​_​j​o​u​r​n​e​r​_​t​r​a​n​s​i​t​ion

Ce sera au Lycée agri­cole de Poisy
Route École Agri­cul­ture, 74330 Poisy 

Nous aurons le grand plai­sir d’y retrou­ver Ana 🙂

À tout bientôt.

Étienne.

[Mise à jour, 10 octobre 2014 :

Quelques images, quelques traces, arrivent, de tous ces bons moments pas­sés ensemble. Des entre­tiens à côté de la confé­rence et des ate­liers, et puis la confé­rence et le débat.

httpv://youtu.be/fgwlCw8M1WE

httpv://youtu.be/Wm51mKXIpNo

httpv://youtu.be/P835JQmtKOk

La vidéo de la confé­rence — nous étions quelque 400, je crois — (cou­pées en plu­sieurs petits films sur deux pages) : 
(Je ne sais pas les enre­gis­trer, ni les pla­cer en incrus­ta­tion ici. Si quel­qu’un peut m’aider…)

http://www.librinfo74.fr/2014/10/a‑la-fete-de-la-transition-citoyenne-etienne-chouard-nous-propose-detre-des-constituants/

http://​www​.librin​fo74​.fr/​2​0​1​4​/​1​0​/​s​u​i​t​e​–​a​–​l​a​–​f​e​t​e​–​d​e​–​l​a​–​t​r​a​n​s​i​t​i​o​n​–​c​i​t​o​y​e​n​n​e​–​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​r​d​–​n​o​u​s​–​p​r​o​p​o​s​e​–​d​e​t​r​e​–​d​e​s​–​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​ts/

httpv://youtu.be/BMkbhEG1g4k

Étienne.]

François Asselineau invité à l’émission TV ‘On n’est pas couché’ samedi 20 sept. 2014

Fran­çois Asse­li­neau (sans doute notre meilleur don­neur d’a­lerte sur tout ce qui touche à l’UE) est enfin invi­té à la télé­vi­sion, et à une heure de grande écoute ; c’est same­di pro­chain (20 sept. 2014).

https://​www​.face​book​.com/​u​p​r​.​f​r​a​n​c​o​i​s​a​s​s​e​l​i​n​e​a​u​/​p​h​o​t​o​s​/​a​.​3​9​3​9​7​4​7​0​2​6​1​1​.​1​7​3​2​7​8​.​3​6​7​7​1​3​3​9​7​6​1​1​/​1​0​1​5​2​7​5​5​1​6​0​3​1​7​612

Ça devrait bien sti­mu­ler (et ali­men­ter en argu­ments) la prise de conscience popu­laire du piège radi­ca­le­ment anti­dé­mo­cra­tique qu’est la pré­ten­due « Union euro­péenne », depuis sa conception. 

Quelle démocratie voulons-nous aujourd’hui ? Rdz-vs à Aix-en-Prov, le 23 sept, avec F. Bosqué (Tera)

Vous vous sou­ve­nez que j’ai ren­con­tré Fré­dé­ric Bos­qué lors de l’U­ni­ver­si­té d’é­té du Reve­nu de Base (ici, la vidéo de notre entre­tien).

Page Face­book du pro­jet Tera.

Je vais retrou­ver Fré­dé­ric à Aix-en-Pro­­vence mar­di pro­chain (à 19h30, après les cours), pour une « double conférence/débat » (qui se dérou­le­ra peut-être en « dialogue/débat », on verra 🙂 )

Ce sera au 385 rue Ser­pen­tine, 13510 Éguilles.

Au plai­sir d’y retrou­ver plein de gen­tils virus pro­ven­çaux — avec leurs voi­sins, à démo­cra­ti­que­ment contaminer 🙂 

Étienne.

L’atelier constituant (entretien avec L’Affranchi-Presse, mai 2014)

Retour à l’es­sen­tiel : VOUS, oui vous, en train de bos­ser, dès que possible 🙂

Les gen­tils virus sont vrai­ment épa­tant 😐 Ils ont déjà retrans­crit le plan détaillé de cette réflexion ciblée sur l’a­te­lier constituant :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/L%27atelier_constituant_-_Entretien_avec_Etienne_Chouard_-_l%27Affranchi-Presse

1 Résu­mé de l’entretien
1.1 Qu’est-ce qu’un ate­lier constituant ?

Une recons­truc­tion d’un peuple digne de ce nom.
La fabri­ca­tion, ensemble, de notre ima­gi­naire collectif.
Concrè­te­ment on réflé­chit et on écrit, on parle de constitution.
Des tra­vaux pra­tiques à pro­pos de la constitution.
Un entraî­ne­ment utile pour demain, pour que le sujet nous devienne familier.
Un ques­tion­ne­ment, une dis­cus­sion sur un sujet ou une moda­li­té pré­cise de la consti­tu­tion tel le RIC ou les gardes-fous.
Une ren­contre simple, légère, infor­melle et souple.
Une façon simple, agréable et pro­met­teuse de faire de la politique.
C’est un école poli­tique qui fait que les gens vont se for­mer en s’oc­cu­pant du bien com­mun sous l’angle de l’é­cri­ture du plus haut niveau du droit. 

1.2 L’ob­jec­tif d’un ate­lier constituant

C’est nous en train de nous transformer.
C’est décou­vrir qu’on est capable d’é­crire la consti­tu­tion, que c’est agréable, très simple et que cela va tout changer.
C’est prendre d’en bas en for­ma­tion popu­laire sur la constitution.
C’est faire que le peuple veuille s’ins­ti­tuer par notre propre édu­ca­tion populaire. 

1.3 Qu’é­crit-on dans une constitution ?

Ce sont les règles supé­rieurs que l’on écrit.
On va écrire :

qui écrit les lois,
avec qu’elle pro­cé­dure de déli­bé­ra­tion collective,
sous le regard de quels contrôleurs,
sous le risque de quelle puni­tion ou sanction,
avec quel man­dat renou­ve­lable ou pas,
quel type de dési­gna­tion de ces acteurs,
quelle ini­tia­tive popu­laire laisse-t-on aux humains pour « prendre la main »,
des sujets qui comptent, qui cor­res­pondent à un pou­voir réga­lien de notre puis­sance poli­tique et qui seront ensuite reti­rés du débat poli­tique de par le fait qu’ils sont dans la constitution. 

par exemple : la mon­naie doit être publique et les banques ne peuvent être pri­vées ou encore le finan­ce­ment de l’économie. 

1.4 Les obstacles

Le non res­pect mutuel 

Apprendre à se respecter.
Per­mettre à tous de parler.
Ne pas lais­ser de côté les timides.
Ne pas per­mettre la mono­po­li­sa­tion par quelqu’un.
Nombre trop impor­tant des par­ti­ci­pants empê­chant une cor­recte expres­sion de cha­cun sur un temps convenable. 

L’agressivité 

Elle tient sûre­ment en par­tie au fait que nous sommes en géné­ral muse­lés et sans espace pour nous exprimer. 

Le hors sujet 

Écrire une consti­tu­tion n’est pas écrire une loi, il s’a­git d’ins­ti­tuer des pou­voirs qui vont res­ter sous le contrôle des citoyens. 

L’écueil 

Mon­ter dans la consti­tu­tion trop de sujets qui doivent res­ter poli­tiques et qui doivent être lais­sés à la réflexion des citoyens au cas par cas dans le cadre de lois, tels l’é­co­lo­gie et la pol­lu­tion par exemple.
Se mettre à légi­fé­rer et écrire des lois. 

Les gens pré­fèrent des maîtres 

Alain a écrit : « Le trait le plus visible de l’homme juste est de ne point vou­loir gou­ver­ner les autres et de seule­ment se gou­ver­ner lui-même. » ’
Les gens veulent des repré­sen­tants qui décident à leur place et pré­fèrent avoir de mau­vais maîtres plu­tôt que d’être eux-mêmes des maîtres. C’est un obs­tacle aux ate­liers constituants. 

1.5 Sug­ges­tion pratique

Com­bien de par­ti­ci­pants pour un ate­lier consti­tuant et où, quelle durée ? 

Seul ou à plusieurs.
N’im­porte où en réunion, chez soi, dans les trans­ports, les salles d’at­tente, etc.
Quelques minutes suf­fisent, la durée peut varier selon les humeurs et le temps disponible.
Il vaut mieux pré­voir plu­sieurs petites ren­contres fré­quentes et régu­lières que de longues ren­contres trop espacées. 

Avoir un réser­voir des ate­liers réalisés. 

Avoir un site pour annon­cer et rendre compte des sujets déjà tra­vaillés ce qui per­met­trait aux autres d’a­voir des pistes.
Créer une plate-forme dédiée aux ate­liers constituants.
Chez les Gen­tils Virus nous avons déjà cela sur le pré­sent wiki avec le « calen­drier » qui per­met de pla­cer les évé­ne­ments et aus­si une page spé­ciale qui regroupe tous les tra­vaux concer­nant les ate­liers consti­tuants. Voir : Projetgentilsvirus:Actualités et Les Ate­liers Constituants 

Source : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/L%27atelier_constituant_-_Entretien_avec_Etienne_Chouard_-_l%27Affranchi-Presse

Mer­ci à tous pour tout ce que vous faites, par pur dévouement.
On n’est forts qu’ensemble.

Étienne.

atelier constituant (Krapo)

Voir aus­si :

• Sur le blog : 
Qu’est-ce qu’un ate­lier constituant ?

• Échanges sur Agoravox :
http://​www​.ago​ra​vox​.tv/​t​r​i​b​u​n​e​–​l​i​b​r​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​r​d​–​l​–​a​t​e​l​i​e​r​–​4​6​668

• Échanges sur Facebook :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​2​8​0​6​3​3​7​3​1​7​317

15 minutes avec ‘Nouvelle Donne’ SUR LE CHÔMAGE : ‘dette publique’ comme coup d’État bancaire, et ‘remboursement de la dette publique’ comme source infaillible de crise majeure, chartalisme, UE chômagène, libre échange imposé par les empires à leurs colonies, NAIRU comme preuve du scandale et trahison… et indispensables ateliers constituants populaires


Univ d'été ND 2014

Après la cen­sure d’une vidéo (« BOOOM – Étienne Chouard brise l’o­mer­tà en direct à la télé ») qui dépas­sait 400 000 vues en 4 jours (elle fai­sait plus de 100 000 par jour, ça allait bien 🙂 ), voi­ci une deuxième ten­ta­tive virale pour la ren­trée : 15 minutes avec le mou­ve­ment « Nou­velle Donne », cette fois SUR LE CHÔMAGE :

Le chô­mage est une construc­tion poli­tique (de type maf­fieux, c’est-à-dire ter­ro­riste) qui per­met aux 1% oisifs de faire régner la ter­reur par­mi les 99% ain­si astreints aux tra­vaux forcés.

Et nos « élus » (en fait, ce ne sont PAS DU TOUT « nos » élus mais les élus des riches, ce qui explique TOUT), « nos élus » pré­ten­dus, donc, se foutent de nous, lit­té­ra­le­ment, quand ils pré­tendent com­battre le chô­mage en façade (avec un pis­to­let à eau) pen­dant qu’ils encou­ragent le chô­mage en cou­lisse (avec des bombes incendiaires).

Il nous faut nous réunir, nous entrai­der, nous auto-for­­mer, pola­ri­ser nos volon­tés, autour de NOTRE CAUSE COMMUNE (nous devons ins­ti­tuer nous-même notre puis­sance poli­tique), au lieu de nous divi­ser sur des consé­quences diverses de notre impuissance.

Ce salaud de Bos­suet le résu­mait ain­si : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des consé­quences alors qu’ils en ché­rissent les causes. » => Le « SUFFRAGE UNIVERSEL » rava­lé à la dési­gna­tion de maîtres est l’arme poli­tique — UNE DES CAUSES PREMIÈRES — qui per­met à la classe des 1% d’a­che­ter les acteurs poli­tiques et de ter­ro­ri­ser la classe des 99%.

Dieu se rit des hommes qui se plaignent des consé­quences alors qu’ils en ché­rissent les causes.
Arrê­tons d’a­do­rer le faux « suf­frage uni­ver­sel » comme une vache sacrée et tra­vaillons à cher­cher (et à modi­fier) les causes pro­fondes de nos malheurs.

Thèmes (à peine évo­qués lors) de ces 15 minutes (et docu­ments com­plé­men­taires rap­pe­lés sur le site pour bosser ) :
– la ‘dette publique’ comme coup d’État bancaire,
– et le ‘rem­bour­se­ment de la dette publique’ comme source infaillible de crise majeure et de chô­mage de masse,
– le char­ta­lisme comme alter­na­tive sti­mu­lante et prometteuse,
– L’UE comme piège chômagène,
– Le libre échange impo­sé par les empires à leurs colonies,
– et le NAIRU comme Nème preuve du scan­dale et de la trahison…
– et indis­pen­sables ate­liers consti­tuants populaires…

Faites pas­ser 🙂

Comme autre trace de ce pas­sage à Amiens, il y a aus­si cette courte conclusion :

PS : je ne sais évi­dem­ment pas si « Nou­velle Donne » pren­dra fina­le­ment le cap de l’au­to-édu­ca­tion popu­laire consti­tuante… mais on peut rêver (ils parlent déjà beau­coup de tirage au sort et ils com­mencent à le tes­ter). On ver­ra bien ce qui adviendra.


Pour bos­ser et aller plus loin, voi­ci des élé­ments de docu­men­ta­tion com­plé­men­taire sur les points évo­qués dans la vidéo :

• Sur le CHARTALISME et la cor­ré­la­tion (par­faite !) entre rem­bour­se­ment d’une dette publique et crise majeure et chô­mage généralisé : 

- La fiche wiki­pé­dia : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​h​a​r​t​a​l​i​s​m​e​#​T​r​a​n​s​a​c​t​i​o​n​s​_​v​e​r​t​i​c​a​les

Extrait (impor­tant) :

Voi­ci le cas des États-Unis résu­mé par le pro­fes­seur Wray7 :

« À une brève excep­tion près, le gou­ver­ne­ment fédé­ral a été endet­té chaque année depuis 1776. En jan­vier 1835, pour la pre­mière et seule fois de toute l’histoire des U.S.A., la dette publique fut éli­mi­née, et un sur­plus bud­gé­taire fut main­te­nu les deux années sui­vantes pour accu­mu­ler ce que le Secré­taire au Tré­sor Levi Wood­bu­ry appe­la « un fond pour faire face aux futurs défi­cits. » En 1837 l’économie s’effondra en une grande dépres­sion qui mit le bud­get en défi­cit, et le gou­ver­ne­ment a tou­jours été endet­té depuis. Depuis 1776 il y eut exac­te­ment sept périodes de sur­plus bud­gé­taires sub­stan­tiels avec une réduc­tion signi­fi­ca­tive de la dette. De 1817 à 1821 la dette natio­nale bais­sa de 29 % ; de 1823 à 1836 elle fut éli­mi­née (les efforts de Jack­son) ; de 1852 à 1857 elle chu­ta de 59 %, de 1867 à 1873 de 27 %, de 1880 à 1893 de plus de 50 %, et de 1920 à 1930 d’environ un tiers. Bien sûr, la der­nière fois que nous avions un sur­plus bud­gé­taire était durant les années Clin­ton. Je ne connais pas de ménage qui fut capable d’avoir un bud­get en défi­cit pen­dant approxi­ma­ti­ve­ment 190 des 230 et quelque der­nières années, et d’accumuler des dettes vir­tuel­le­ment sans limite depuis 1837.

Les États-Unis ont éga­le­ment connu six périodes de dépres­sion. Les dépres­sions com­men­cèrent en 1819, 1837, 1857, 1873, 1893, et 1929. (Ne remar­­quez-vous rien ? Jetez un œil aux dates lis­tées plus haut.) À l’exception des sur­plus de Clin­ton, chaque réduc­tion signi­fi­ca­tive de la dette en cours fut sui­vie d’une dépres­sion, et chaque dépres­sion fut pré­cé­dée par une réduc­tion de dette signi­fi­ca­tive. Le sur­plus de Clin­ton fut sui­vi par la réces­sion de Bush, une eupho­rie spé­cu­la­tive, et main­te­nant l’effondrement dans lequel nous nous trou­vons. Le jury déli­bère encore pour savoir si nous pour­rions réus­sir à en faire une nou­velle grande dépression.

Bien qu’on ne puisse jamais élu­der la pos­si­bi­li­té d’une coïn­ci­dence, sept sur­plus sui­vis par six dépres­sions et demi (avec encore quelque pos­si­bi­li­té pour en faire la par­faite sep­tième) devrait faire haus­ser quelques sour­cils. Et, au pas­sage, nos moins graves réces­sions ont presque tou­jours été pré­cé­dées par des réduc­tions du bud­get fédé­ral. Je ne connais aucun cas de dépres­sion engen­drée par un sur­plus du bud­get des ménages. »

— L. Ran­dall Wray, tra­duc­tion., source.

 

IL NE FAUT PAS REMBOURSER LA DETTE PUBLIQUE. 
Si on fait ça (si des traîtres font ça !), on va som­brer dans un chô­mage généralisé.

.
- Le site (impor­tant) « Frap­per mon­naie » :
http://​frap​per​mon​naie​.word​press​.com/

• Le pas­sion­nant petit livre de Phi­lippe Derud­der : « Les mon­naies locales com­plé­men­taires : pour­quoi, comment ? »
http://​www​.fran​ce​cul​ture​.fr/​o​e​u​v​r​e​–​l​e​s​–​m​o​n​n​a​i​e​s​–​l​o​c​a​l​e​s​–​c​o​m​p​l​e​m​e​n​t​a​i​r​e​s​–​p​o​u​r​q​u​o​i​–​c​o​m​m​e​n​t​–​d​e​–​p​h​i​l​i​p​p​e​–​d​e​r​u​d​der

• le site (éton­nant) « Chô­mage et mon­naie » :
http://​www​.cho​mage​-et​-mon​naie​.org/

• Sur la très bonne affaire (pour les riches) et la très mau­vaise affaire (pour les pauvres) qu’est la dette publique , ne ratez sur­tout pas notre cher Guille­min, expli­quant, dans son extra­or­di­naire bou­quin « Silence aux pauvres », le rôle cru­cial (et cri­mi­nel) de Necker et des Giron­dins (cher­chez ces mots dans la page) avant et pen­dant la Révo­lu­tion française :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​7​/​1​5​/​2​3​7​–​h​e​n​r​i​–​g​u​i​l​l​e​m​i​n​–​s​i​l​e​n​c​e​–​a​u​x​–​p​a​u​v​r​e​s​–​1​989

- et puis tout Guille­min, en fait :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​H​e​n​r​i​–​g​u​i​l​l​e​m​i​n​–​r​o​b​e​s​p​i​e​r​r​e​–​r​o​u​s​s​e​a​u​–​c​a​s​t​o​r​i​a​d​i​s​–​z​inn

• Plus de détails sur le piège poli­tique de la dette publique en France aujourd’hui :

• Voir aus­si l’ex­cellent (l’in­dis­pen­sable) petit livre d’An­dré-Jacques Hol­becq et Phi­lippe Derud­der : « La dette publique, un affaire ren­table » :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​0​8​/​0​5​/​1​6​/​9​4​–​l​a​–​d​e​t​t​e​–​p​u​b​l​i​q​u​e​–​e​s​t​–​u​n​e​–​a​f​f​a​i​r​e​–​t​r​e​s​–​r​e​n​t​a​b​l​e​–​m​a​i​s​–​p​o​u​r​–​qui

• Pour appuyer ma phrase « Tous les ban­quiers du monde savent que, quand on se bat contre l’in­fla­tion, on va auto­ma­ti­que­ment le payer en chô­mage des plus défa­vo­ri­sés : non seule­ment ils le savent, mais il le font exprès POUR ÇA ! »

Voir Jean-Paul Fitous­si, Pro­fes­seur des Uni­ver­si­tés à l’Ins­ti­tut d’É­tudes Poli­tiques de Paris, Pré­sident du Conseil Scien­ti­fique de l’IEP de Paris, Pré­sident de l’OFCE et Secré­taire géné­ral de l’As­so­cia­tion Inter­na­tio­nale des Sciences Éco­no­miques, entre­tiens avec JC Guille­baud, « La poli­tique de l’impuissance », 2005, Arléa :

- JCG : « Vous êtes en train de dire qu’au fond, obsé­dé par la lutte contre l’inflation, on a lit­té­ra­le­ment consen­ti au chô­mage. »

- JPF : « Pis que ça ! On a dans une pre­mière phase ins­tru­men­ta­li­sé le chô­mage pour com­battre l’inflation. Chaque « ban­quier cen­tral » de la pla­nète sait que, dès qu’il aug­mente les taux d’intérêts, il met au chô­mage une par­tie des caté­go­ries les plus vul­né­rables de la popu­la­tion. Non seule­ment il le sait, mais c’est pré­ci­sé­ment pour ça qu’il le fait. Pour­quoi aug­­mente-t-on les taux d’intérêts ? Parce qu’on est per­sua­dé que la demande est trop forte et que les entre­prises pro­dui­sant à pleine capa­ci­té ne pour­raient la satis­faire qu’en aug­men­tant leurs prix. La douche froide des taux d’intérêts réduit ain­si la demande et incite les entre­prises à licen­cier. » (p. 45)

(…)

- JCG : « Que pen­­sez-vous des deux argu­ments mar­te­lés à cette époque [après 1982] à pro­pos de l’inflation et du res­pect des grands équi­libres ? Pre­miè­re­ment on a dit qu’il était légi­time (y com­pris mora­le­ment) de lut­ter contre l’inflation parce qu’elle péna­li­sait les plus pauvres ; deuxiè­me­ment, qu’il fal­lait main­te­nir les grands équi­libres par simple res­pect et géné­ro­si­té pour les géné­ra­tions à venir, afin de ne pas faire peser une charge trop lourde sur la tête de nos enfants. On a habillé, en quelque sorte, cette poli­tique d’un dis­cours de générosité… »

- JPF : « C’était un double men­songe. En aug­men­tant les taux d’intérêts, et sur­tout en les main­te­nant à un niveau éle­vé une fois l’inflation vain­cue, on savait qu’on favo­ri­sait ceux qui détiennent le capi­tal finan­cier, et que l’on excluait de l’accès aux biens durables (qui exigent un recours à l’emprunt) les caté­go­ries les plus vul­né­rables de la popu­la­tion. (…) Le second men­songe, c’est qu’en aug­men­tant les taux d’intérêt on fai­sait du ser­vice de la dette un des postes les plus impor­tants du bud­get de l’État. » (P. 46)

- JPF : « Que l’orientation des poli­tiques éco­no­miques de l’Union soit, pour l’essentiel, indé­pen­dante de tout pro­ces­sus démo­cra­tique est à la fois contraire aux tra­di­tions poli­tiques des peuples euro­péens, et dan­ge­reux pour l’efficacité éco­no­mique de l’ensemble. » (p. 72)

- JPF : « En for­çant le trait, on pour­rait affir­mer que le « gou­ver­ne­ment éco­no­mique » de l‘Europe se rap­proche à s’y méprendre d’un des­pote éclai­ré qui, à l’abri des pres­sions popu­laires, cher­che­rait le bien com­mun au tra­vers de l’application d’une doc­trine rigou­reuse – le libé­ra­lisme -, sup­po­sée supé­rieure à toutes les autres en termes d’efficacité éco­no­mique. La démo­cra­tie ne serait donc pas le sys­tème poli­tique le mieux à même d’appréhender l’intérêt géné­ral ; elle pla­ce­rait les gou­ver­ne­ments en posi­tion de vul­né­ra­bi­li­té devant les pres­sions des popu­la­tions en faveur de la redis­tri­bu­tion. Le pou­voir a ain­si chan­gé de mains. Les poli­tiques ont pré­fé­ré le confier à des agences indé­pen­dantes. (…)

Mais il est vrai aus­si que, dès l’origine, la construc­tion euro­péenne fut l’œuvre d’une démo­cra­tie des élites, plu­tôt que de la démo­cra­tie tout court. Cepen­dant les élites ont chan­gé (…) aujourd’hui elles ont ten­dance à assi­mi­ler le bien public au marché. »

La suite est édi­fiante… Un petit livre impor­tant, à lire…

Source : mon ana­lyse de 2005 « UNE MAUVAISE CONSTITUTION QUI RÉVÈLE UN SECRET CANCER DE NOTRE DÉMOCRATIE » (note 14, page 20) :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​C​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​_​r​e​v​e​l​a​t​e​u​r​_​d​u​_​c​a​n​c​e​r​_​d​e​_​l​a​_​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​.​pdf

• Sur les rai­sons impé­rieuses et urgentes de sor­tir de la pré­ten­due « Union euro­péenne », ne ratez pas cette page :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​5​/​2​0​/​1​2​5​–​l​e​s​–​r​a​i​s​o​n​s​–​m​a​j​e​u​r​e​s​–​d​e​–​s​o​r​t​i​r​–​d​e​–​l​–​u​n​i​o​n​–​e​u​r​o​p​e​e​n​n​e​–​v​ite

• sur le cas par­ti­cu­lier du libre-échange, lire le livre majeur de Frie­drich List, « Sys­tème natio­nal d’é­co­no­mie poli­tique », 1857 (avec une pré­face claire et puis­sante d’Em­ma­nuel Todd) :

• Et puis, sur les racines et les gènes nazis de l’U­nion euro­péenne, regar­dez aus­si ceci :

httpv://youtu.be/nwS0E1N1OCg

• sur le scan­dale du NAIRU :

- la fiche wiki­pé­dia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_ch%C3%B4mage_n%27acc%C3%A9l%C3%A9rant_pas_l%27inflation

- le site « NAIRU, le Nom de la Ruse. La face cachée du chô­mage. » : http://​lenai​ru​.blog​spot​.fr/

- voir aus­si : http://​lenai​ru​.free​.fr/​p​a​g​e​s​/​l​e​n​a​i​r​u​v​i​t​e​p​a​g​.​h​tml


Défi­ni­ti­ve­ment marre des pro­fes­sion­nels de la poli­tique qui se per­mettent depuis 200 ans d’être consti­tuants : ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir. Ceci n’est pas négo­ciable, pour des citoyens dignes de ce nom.

Un film de synthèse sur l’exigence démocratique populaire qui monte dans le pays : « J’ai pas voté »

https://​www​.face​book​.com/​j​a​i​p​a​s​v​ote
Il y a quelques années, pour la pré­pa­ra­tion de ce film, une équipe de jeunes gens a réuni (à Paris) et fil­mé les trois per­sonnes qui, à ma connais­sance, tra­vaillent et défendent le plus ‑en France- le tirage au sort en poli­tique : Yves Sin­to­mer, Jacques Tes­tart et moi. For­mi­dable moment, vous ima­gi­nez comme j’é­tais content.

Nous nous sommes ren­con­trés à Paris, et ce fut une bien inté­res­sante conver­sa­tion à trois.

Le film ci-des­­sus, que je trouve très bien fait (et qui com­porte des pas­sages très convain­cants et ori­gi­naux, que des gen­tils virus iso­le­ront sans doute dans petites vidéos sépa­rées), uti­lise quelques (petits) frag­ments de cet entre­tien parisien.

Dans ce film, très riche en idées dis­si­dentes (il fau­drait en rédi­ger un plan détaillé, sans doute, pour nous aider à fixer ces idées), les inter­ven­tions de Loïc Blon­diaux sont utiles, à la fois modé­rées et inci­sives ; et les pas­sages avec Ber­nard Manin sont émou­vants (Manin qui, avec son for­mi­dable bou­quin « Prin­cipes du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif », a chan­gé la vie de beau­coup de gens).

L’é­quipe des réa­li­sa­teurs est en train de bos­ser sur le film com­plet de la ren­contre Sin­­to­­mer-Tes­­tart-Chouard. J’ai par­ti­cu­liè­re­ment hâte de voir cette vidéo-là.

[Edit 12 sept 2014 :
Une bande de gen­tils virus dévoués et cou­ra­geux vient de finir le plan détaillé de ce film. Quel bou­lot ! Mer­ci à eux, vraiment.

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Som­maire

1 Pre­mière partie
1.1 Intro : témoi­gnages et réflexions diverses sur le vote – Voter ou pas ? – Le vote est-il faire un choix ? – Que signi­fie : ne pas voter ?
1.2 Le vote et les élites
1.2.1 Le vote est le sacre de l’é­lite (Loïc Blondiaux)
1.2.2 L’é­lec­tion crée une défiance des citoyens, une démo­cra­tie qui va mal (Blon­diaux)
1.2.3 Ser­vi­tude et ali­gne­ment des gou­ver­ne­ments aux forces de pou­voir ( Kempf, Blon­diaux, Aurouet)
1.3 Causes de l’abstention
1.3.1 Débats de fond anéan­tis, thèmes de cam­pagne immuables, pro­messes non tenues ( Blondiaux)
1.3.2 Taux d’abs­ten­tion niés
1.3.3 Poli­ti­sa­tion des abs­ten­tion­nistes, choix réduit entre les par­tis gou­ver­ne­men­taux et les par­tis pro­tes­ta­taires ou extrêmes (Joua­ry, Aurouet, Brunel)
1.4 Mon­tée des extrêmes
1.4.1 Stra­té­gie de séduc­tion de l’é­lec­to­rat (Lio­gier)
1.4.2 Thèmes de cam­pagne modernes, dé-dia­­bo­­li­­sa­­tion pour espé­rer prendre le pou­voir (Lio­gier)
1.5 Pou­voir du peuple, référendums
1.5.1 Le réfé­ren­dum en tant que leurre du pou­voir du peuple (Joua­ry)
1.5.2 illu­sion démo­cra­tique du réfé­ren­dum sur la consti­tu­tion européenne
1.5.3 Pas de loi légi­time sans l’ap­pro­pria­tion impli­cite ou expli­cite du peuple (Joua­ry)
1.6 Ori­gine et buts de la démo­cra­tie des Athé­niens au 5ème siècle avant JC
1.7 Mais la démo­cra­tie actuelle ?
1.7.1 Le régime repré­sen­ta­tif ôtant le pou­voir du peuple n’est pas une démo­cra­tie (Joua­ry, Aurouet)
1.7.2 La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive a consti­tué une alter­na­tive entre démo­cra­tie et monar­chie (Blon­diaux, Jouary)
1.7.3 La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, régime com­bi­nant des incom­pa­tibles : légi­ti­mi­té du pou­voir au peuple mais non déci­sion ou gou­ver­ne­ment par le peuple. (Blon­diaux)
2 Deuxième partie
2.1 Révo­lu­tion et mise en place d’une démo­cra­tie bour­geoise : 1789
2.1.1 Ori­gine de la révo­lu­tion française
2.1.2 Pro­ces­sus de sub­sti­tu­tion et d’i­den­ti­fi­ca­tion entre sou­ve­rai­ne­té popu­laire et repré­sen­ta­tion (Blon­diaux, Jouary)
2.1.3 La révo­lu­tion fran­çaise – Sieyes contre Rousseau
2.1.4 Le vote en tant qu’élément démo­cra­tique du gou­ver­ne­ment, per­çu comme une perte de sou­ve­rai­ne­té (Blon­diaux, Jouary)
2.2 L’oligarchie – vote, conser­va­tisme, cor­rup­tion par l’argent contre l’é­ga­li­té et la liberté -
2.2.1 Fon­de­ment de la légi­ti­mi­té du vote
2.2.2 Édu­ca­tion au vote et incitation
2.2.3 Droit de vote une conquête ? Et pour­tant… (Badiou)
2.2.4 Sys­tème oli­gar­chique et conservatisme
2.2.5 Argent cor­rup­teur des démocraties
2.3 Aris­to­cra­tie élec­tive et peuple incom­pé­tent (Manin)
2.4 Les repré­sen­tants poli­tiques – une classe iso­lée et un peuple oublié -
2.4.1 Non repré­sen­ta­ti­vi­té réelle du peuple au sein des repré­sen­tants poli­tiques (Manin)
2.4.2 Peuple oublié et mal infor­mé (Blon­diaux)
2.5 La poli­tique une profession ?
2.5.1 Une for­ma­tion sou­vent unique
2.5.2 Cumul des man­dats et pro­fes­sion­na­li­sa­tion (Joua­ry)
2.5.3 Oli­gar­chie financière
2.6 Le tirage au sort (Sin­to­mer)
3 Troi­sième partie
3.1 Confé­rence de Citoyens
3.2 Épi­logue (Sin­to­mer, Tes­tart) – uti­li­té et mise en pra­tique du tirage au sort

Source et détails : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Étienne.]

Invité à ‘Ce soir ou jamais’ demain 5 sept. 2014

Chers virus, voi­ci une bonne nouvelle :
je suis invi­té par Fré­dé­ric Tad­deï (mer­ci à lui et à son équipe)
à le rejoindre demain dans son émis­sion « Ce soir ou jamais ».

Rentrée CSOJ, 5 sept 2014http://​www​.fran​ce2​.fr/​e​m​i​s​s​i​o​n​s​/​c​e​–​s​o​i​r​–​o​u​–​j​a​m​ais

Les autres invi­tés de ce 5 sep­tembre 2014 sont :
Jacques Atta­li,
• Alexandre de Vitry,
Robert Hue,
Mar­cel Gau­chet.
(et deux autres per­sonnes, à pré­ci­ser, je crois).

La page face­book de l’émission…

J’es­père que je serai en forme (et que j’au­rai un peu de temps) pour plan­ter comme il faut quelques brouettes de graines d’im­puis­sance-cause-com­mune, de Consti­tu­tion for­cé­ment d’o­ri­gine citoyenne, de mon­naie for­cé­ment publique et de vraie démocratie.

Je pen­se­rai bien fort à vous tous et à notre cer­veau collectif.

Étienne.

[Edit 10 sep­tembre 2014.
Les quelques extraits de l’é­mis­sion de CSOJ du 5/9/2014 s’a­vèrent extrê­me­ment contagieux…
Je réca­pi­tule ici quelques exemples :

L’ex­trait de Révolte (40 000 vues en 4 jours) (cen­su­ré) :
httpv://youtu.be/xOo0cUv0iXo

L’ex­trait de Peter Moore (500 000 vues en 5 jours…) (cen­su­ré)
httpv://youtu.be/Sj6yHAeBMgQ
La vidéo publiée par Peter Moore vient d’être sup­pri­mée (le 10 sept), pour atteinte aux droit d’au­teur, à la demande de France Télévision…

Sup­pri­mer une vidéo qui tourne à 100 000 par jour, c’est dom­mage pour nous…

Le sys­tème se défend…

Il vaut peut-être mieux relayer la vidéo offi­cielle de CSOJ :

Et l’é­mis­sion totale :
httpv://youtu.be/pQam4I_MRtA

Twit­ter officiel :
https://​twit​ter​.com/​c​s​o​j​/​s​t​a​t​u​s​/​5​0​9​4​1​4​8​1​7​4​3​4​9​8​4​448


Fact che­cking : Jacques Atta­li est-il fiable ?
http://​blogs​.media​part​.fr/​b​l​o​g​/​j​e​a​n​–​p​a​u​l​–​r​i​c​h​i​e​r​/​0​7​0​9​1​4​/​f​a​c​t​–​c​h​e​c​k​i​n​g​–​j​a​c​q​u​e​s​–​a​t​t​a​l​i​–​e​s​t​–​i​l​–​f​i​a​ble

Atta­li – dis­ciple de Schopenhauer ?
http://​www​.ago​ra​vox​.tv/​t​r​i​b​u​n​e​–​l​i​b​r​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​a​t​t​a​l​i​–​d​i​s​c​i​p​l​e​–​d​e​–​s​c​h​o​p​e​n​h​a​u​e​r​–​4​6​633

httpv://youtu.be/MlVct8ZVsL4

Mer­ci aux mil­liers de virus qui m’en­cou­ragent, c’est très émouvant.

Étienne.]

Frédéric Lordon : se débarrasser du capitalisme

J’aime la pen­sée — et le verbe — de Frédéric,
et, à par­tir d’un pre­mier extrait audio,
je vous pro­pose ici une arti­cu­la­tion avec d’autres extraits :

Fré­dé­ric Lor­don (chez Daniel Mermet) :
se débar­ras­ser du capitalisme :

httpv://youtu.be/CWlLBgqGg0Q

Besoin de Fré­dé­ric sur le pro­ces­sus consti­tuant (rap­pel) :
httpv://youtu.be/QxMsufcHb4k

La posi­tion de Fré­dé­ric sur le pro­ces­sus consti­tuant (rap­pel) :
httpv://youtu.be/-Fn4mYdpMKI

Fré­dé­ric Lor­don – La révo­lu­tion n’est pas un pique-nique. Ana­ly­tique du dégrisement :
D’une étroite ligne de crête : prendre les hommes tels qu’ils sont et non tels qu’on vou­drait qu’ils fussent :

httpv://youtu.be/4PEJlSvVZaY
Je cherche le texte (admi­rable) de cette confé­rence (ci-des­­sus). Est-ce que quel­qu’un a ça en réserve ?

« Je vou­drais fina­le­ment poser un pro­blème, dont j’emprunterai volon­tiers le terme à La Boé­tie et à Spi­no­za parce qu’ils l’ont en com­mun ; c’est un terme à la fois très ordi­naire et très pro­fond ; ce terme c’est habi­tude. Une forme de vie, c’est une habi­tude ; et le pro­blème de la révo­lu­tion, c’est de pro­duire en che­min, de construire, quelque chose qu’elle ne peut pas sup­po­ser entiè­re­ment déjà là, à savoir une habi­tude du com­mun et de la liber­té. » Fré­dé­ric Lordon.

Lordon/Chouard :
l’homme est-il —ou pas— voué à tou­jours aimer obéir à un maître ?

httpv://youtu.be/5K2H_v-ABLU

J’aime cette for­mule que Fré­dé­ric (Bos­qué) uti­lise souvent :
Il faut rendre dési­rable ce qui est nécessaire.

Fréd & Eric

Bordeaux, 21 août 2014 : les ateliers constituants, c’est épatant !

Les jeunes gens de « la Révo­lu­tion des Gre­nouilles » sont en train de bos­ser sur le mon­tage de la soi­rée que nous avons pas­sée ensemble à Bor­deaux la semaine der­nière.

Mer­ci à eux, mille mer­cis, pour tout ce tra­vail for­mi­dable, avant, pen­dant et après cette rencontre)

Voi­ci la pre­mière par­tie, la pré­sen­ta­tion des ate­liers : on était presque 300 ! Et à minuit, on était encore 180, les yeux bien ouverts ! Tout ça est épatant.

httpv://youtu.be/Nu5yZPqSFx0

Si un gen­til virus veut bien taper (et publier en com­men­taire) le PLAN détaillé de cet échange (avec le minu­tage en gros), ça sera utile à tous, je crois, car il y a là quelques sujets nouveaux.

Dès que la deuxième par­tie (celle des ate­liers) sera prête, je la pla­ce­rai ici. J’ai hâte de voir ce que le mon­tage va donner.

[Mise à jour 2 sept. 2014 :
ça y est ! La vidéo des ate­liers eux-mêmes est prête :

(mille mer­cis à Jean)

httpv://youtu.be/eg7D8Z5RjJ8

Et même, le script des comptes ren­dus a été pré­pa­ré par nos Gre­nouilles révolutionnaires : ]

Ate­lier consti­tuant du 21 août 2014 
http://​lare​vo​lu​tion​des​gre​nouilles​.fr/​?​p​=​737

Compte-rendu écrit

Voi­la le compte-ren­­du écrit des res­ti­tu­tions des dif­fé­rents groupes qui se sont choi­sit des thèmes par­ti­cu­liers (notez que ceci est une retrans­crip­tion tel quel des res­ti­tu­tions, pour plus de détails regar­dez la vidéo). Les per­sonnes pré­sentes n’ont eu qu’une heure pour débattre sur les sujets c’est pour­quoi les compte-ren­­du peuvent vous paraitre superficiels.

Mal­heu­reu­se­ment il nous en manque quelques-uns cer­tains ayant empor­té avec eux le fruit de leur réflexion. Si ceux qui sont par­tis avec le maté­riel pou­vaient nous envoyer leur compte-ren­­du écrit ce serait gentil…Faites-le nous par­ve­nir par e‑mail à cet adresse : [email protected]

 

Thème : La subsidiarité (Groupe 1)

Le prin­cipe de consti­tu­tion est anti-subsidiaire.

Le plus petit élé­ment décide des com­pé­tence des qu’il délègue ou gère.

L’entité peut être de nature différente.

 

Thème : La subsidiarité (Groupe 2)

Idée : Struc­tures simples au départ et si besoin créa­tion d’autres struc­tures. Deux ques­tions : Qui ? Quoi ?

Thème : Le tirage au sort (Groupe 1)

Tout citoyen/personne majeur pour­ra être dési­gnée par tirage au sort pour exer­cer toute res­pon­sa­bi­li­té poli­tique à tous les niveaux de l’État.

  • Pos­si­bi­li­té de refuser ?
  • Age maxi­mum ?
  • Durée du mandat ?
  • Col­lèges hommes/femmes séparés ?
  • Reve­nus ?
  • Nombres de personnes ?
  • Natio­na­li­té ?

Thème : Le tirage au sort (Groupe 2)

La France est une répu­blique démo­cra­tique. Le pou­voir est exer­cé par le peuple qui désigne un groupe de tirés au sort pour le pou­voir légis­la­tif (lois, bud­get, contrôle de l’exécutif). Une charte d’éligibilité sou­mise à refe­ren­dum pour l’exécutif (trois consuls qui votent publi­que­ment + porte parole du gou­ver­ne­ment). Refe­ren­dum d’initiative popu­laire pour révo­quer le Pré­sident et le parlement.

  • Sou­ve­rai­ne­té natio­nale (État) : ministres tirés au sort

- Diplo­ma­tie

- Mon­naie

- Poli­tique de santé

- Impôts

- Édu­ca­tion

  • Sou­ve­rai­ne­té locale :

- Voi­ries

- Culture

- Police

- Impôts

- Édu­ca­tion

Thème : L’éducation (Groupe 1)

Elle aurait :

  • Une base natio­nale : Assem­blée tirée au sort. La base natio­nale déter­mine un mini­mum de savoir.
  • Une base locale : N’importe qui peut pro­po­ser des matières et on choi­sit avec le Réfé­ren­dum d’initiative populaire.

L’éducation doit être construite sur la décou­verte et l’échange. Le pro­fes­seur ser­vi­rait de média­teur, en impli­quant les élèves dans ses cours à échan­ger leurs idées, par­ta­ger leurs connais­sances. Phé­no­mène de confiance réci­proque professeurs/élèves.

Thème : l’éducation (Groupe 2)

  • Empathie/reconnaitre les singularités
  • Trans­mis­sion inter­gé­né­ra­tion­nel et inter-cultu­­rel réciproque
  • Curio­si­té
  • Valo­ri­ser la prise d’initiative
  • Auto­no­mie et responsabilisation
  • Débat
  • Créa­ti­vi­té
  • L’éducation conti­nue à tout âge et dans tous les contextes de la vie
  • Bien­veillance
  • Apprendre à réflé­chir par soi-même
  • Être capable de remettre en ques­tion ce qui est pré­sen­té comme la vérité
  • Reconnaitre/Favorise la place de cha­cun pour mettre en valeur le collectif
  • Il ne faut pas frus­trer la curio­si­té humaine

 

Thème : Le consensus

  • Recherche d’un socle de valeur(s) commune(s) où l’intérêt col­lec­tif prime sur l’intérêt individuel
  • L’individu ne doit pas être nié : Sa valeur dépend-elle de ce qu’il pos­sède ? [ATTENTION DANGER]
  • Recon­naitre que “l’autre” a autant de valeur que “moi”
  • Sti­mu­ler la curio­si­té chez l’enfant par l’écoute et la bienveillance.

Thème : Identité et coordination

Gar­der son iden­ti­té locale tout en par­ti­ci­pant à un mou­ve­ment global.

L’identité : C’est un indi­vi­du = une place = des valeurs

La métho­do­lo­gie :

Il faut une per­méa­bi­li­té des savoirs et des savoirs-faire du local au local pour abou­tir à un glo­bal et plus.

Source : http://​lare​vo​lu​tion​des​gre​nouilles​.fr/​?​p​=​737


Pour info, un jour­nal cou­ra­geux (et curieux), INFOS-BORDEAUX — UN SEUL jour­na­liste sur les 400 jour­na­listes infor­més per­son­nel­le­ment par les orga­ni­sa­teurs… Ils ne sont pas curieux, ces jour­na­listes, n’est-ce pas ? — un jour­nal de Bor­deaux, donc, a publié deux articles (bien­veillants) sur cette ren­contre ; un avant la soi­rée et un après la soi­rée. Voi­là ces deux articles (mer­ci à l’é­quipe qui les a publiés) :

Étienne Chouard à Bor­deaux le jeu­di 21 aoûtLe jeu­di 21 août 2014, le célèbre blo­gueur Étienne Chouard vien­dra à Bor­deaux don­ner une confé­rence sur le thème « la vraie démo­cra­tie » (20h00, Espace Dar­win au 87 quai des Quey­ries).

Comme le rap­pelle Jérôme Bouin dans Le Figa­ro, « cet homme a été l’un des hérauts de la vic­toire du « non » au réfé­ren­dum sur le trai­té consti­tu­tion­nel euro­péen (TCE). Se décla­rant indé­pen­dant des par­tis tra­di­tion­nels, il avait trans­for­mé son blog en arme de des­truc­tion du texte conçu sous l’autorité de Valé­ry Gis­card d’Estaing. Au point d’être l’invité de nom­breux médias et de voir son argu­men­taire contre le TCE deve­nir un véri­table best-sel­­ler de la blo­go­sphère ».

Cet évè­ne­ment est orga­ni­sé par le col­lec­tif « la révo­lu­tion des gre­nouilles » pour qui « il est temps de sor­tir de la mar­mite avant qu’il ne soit trop tard » !

Source : http://​www​.infos​-bor​deaux​.fr/​2​0​1​4​/​b​r​e​v​e​s​/​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​r​d​–​a​–​b​o​r​d​e​a​u​x​–​l​e​–​j​e​u​d​i​–​2​1​–​a​o​u​t​–​6​139


Confé­rence : Étienne Chouard fait le plein à Bor­deauxPiqués par la curio­si­té, nous sommes allés enquê­ter sur ce per­son­nage sin­gu­lier et ses fameux « ate­liers constituants ». 

Ateliers constituants à Bordeaux, 21 août 2014

En cette période esti­vale, plus de 250 per­sonnes de tous âges étaient réunies pour écou­ter l’introduction de ce pro­fes­seur d’économie et de droit, dans un han­gar. Celle-ci tenait en une convic­tion, émaillée de digres­sions diverses : notre sys­tème poli­tique vise à pro­duire des « maîtres ».

En effet, dans notre démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, le sys­tème élec­tif pro­duit natu­rel­le­ment une vic­toire d’un camp majo­ri­taire sur un autre, mino­ri­taire, lequel ne sera pas pris en consi­dé­ra­tion pen­dant la durée du man­dat. Et l’élection trans­forme lit­té­ra­le­ment l’élu, en impo­sant l’idée qu’il a gagné parce qu’il est le meilleur, et qu’il tire un pou­voir par­ti­cu­lier du fait de sa vic­toire. Aucune place ici au consen­sus. Ce sys­tème, fon­dé sur le Droit, tire sa légi­ti­mi­té de la Consti­tu­tion, laquelle, au lieu de garan­tir la sou­ve­rai­ne­té du peuple contre les excès natu­rels des diri­geants, est écrite par les diri­geants eux-mêmes pour pro­té­ger leurs privilèges.

Chouard pro­pose de mettre en place un sys­tème de tirage au sort des repré­sen­tants. Ceci a pour avan­tages de se pré­mu­nir des conflits d’intérêt, de main­te­nir le repré­sen­tant dans une situa­tion d’humilité, au ser­vice de la popu­la­tion, et enfin, de garan­tir une meilleure repré­sen­ta­tion que celle où une même oli­gar­chie truste sys­té­ma­ti­que­ment les postes de pou­voirs. Ceci assor­ti de toute la pano­plie de la démo­cra­tie directe, comme le réfé­ren­dum d’initiative popu­laire, les man­dats non renou­ve­lables et révo­cables, mais aus­si un reve­nu de base et le contrôle public de la créa­tion monétaire.

Dans une longue série d’anecdotes his­to­riques, le pro­fes­seur rap­pelle les tra­vaux de l’anthropologue amé­ri­cain Grae­ber qui détaille plu­sieurs cas de démo­cra­tie authen­tique : des vil­lages médié­vaux qui s’organisaient sous forme de démo­cra­tie locale, avec des règles édic­tées par les vil­la­geois eux-mêmes et pour eux-mêmes, aux socié­tés de pirates, qui dési­gnent eux-mêmes leur capi­taine et se par­tagent équi­ta­ble­ment le butin. Sans par­ler des mul­tiples socié­tés pri­mi­tives, où on recherche l’unanimité : on dis­cute, par­fois pen­dant long­temps, jusqu’à l’obtention du consen­sus, et on ne vote jamais.

Or la période des 2 der­niers siècles, en Occi­dent, où l’élection s’est impo­sée de plus en plus comme le mode de dési­gna­tion des repré­sen­tants, se carac­té­rise éga­le­ment par une per­ma­nence des mêmes élites aux postes de pou­voir, tou­jours issues des classes les plus riches.

Après les ques­tions du public, Chouard s’est effa­cé et toute la salle s’est répar­tie en une dou­zaine d’ateliers de dis­cus­sion sur la Consti­tu­tion, selon plu­sieurs thé­ma­tiques, telles que « com­ment consti­tuer le corps légis­la­tif ? », « com­ment le peuple peut-il gar­der le contrôle du pou­voir ? », « com­ment impo­ser la recherche du consen­sus et faire en sorte qu’il n’y ait pas de per­dants ? », « qu’est-ce que la sou­ve­rai­ne­té ? » Au bout d’une heure, un repré­sen­tant de chaque groupe vient pré­sen­ter le résul­tat des réflexions : en géné­ral rien de bien révo­lu­tion­naire, mais au moins – et c’est le but reven­di­qué par Chouard lui-même – une par­ti­ci­pa­tion de tous à la réflexion sur la Constitution.

« Le désordre est créa­teur d’idées et de vie », comme le dit ce blo­gueur qui gagne à être connu. On ne pour­rait mieux résu­mer la soirée !

Source : http://​www​.infos​-bor​deaux​.fr/​2​0​1​4​/​b​r​e​v​e​s​/​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​–​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​r​d​–​f​a​i​t​–​l​e​–​p​l​e​i​n​–​a​–​b​o​r​d​e​a​u​x​–​6​204


Dans cette confé­rence, je vous parle de Paso­li­ni, qui déplo­rait (déjà en 1975 !) que ses amis de gauche renoncent à la poli­tique en trai­tant les autres de « fas­cistes », sans rien chan­ger au fond, fina­le­ment, et en se don­nant sim­ple­ment bonne conscience à bon compte (des min. 46:53 à 49:15).

Voi­ci le texte dont je parle :

« Toutes ces der­nières années, […] (et plus grave) nous n’a­vons rien fait pour qu’il n’y ait pas de fas­cistes. Nous les avons seule­ment condam­nés, en flat­tant notre conscience avec notre indi­gna­tion ; plus forte était notre indi­gna­tion, plus tran­quille était notre conscience.

En véri­té, nous avons eu une atti­tude fas­ciste envers les fas­cistes (je parle sur­tout des jeunes) : nous avons hâti­ve­ment et impi­toya­ble­ment vou­lu croire qu’ils étaient pré­des­ti­nés à être fas­cistes par leur race et que, face à cette déter­mi­na­tion de leur des­tin, il n’y avait rien à faire.

Et ne nous le dis­si­mu­lons pas : nous savions tous, dans notre vraie conscience, que quand l’un de ces jeunes déci­dait d’être fas­ciste, c’é­tait pure­ment for­tuit, ce n’é­tait qu’un geste sans motifs et irra­tion­nel ; un seul mot aurait peut-être suf­fi pour qu’il en allât différemment.

Mais jamais aucun d’entre nous n’a par­lé avec eux, ou ne leur a par­lé. Nous les avons tout de suite accep­tés comme d’i­né­vi­tables repré­sen­tants du Mal, tan­dis qu’ils n’é­taient sans doute que des ado­les­cents et ado­les­centes de dix-huit ans qui ne connais­saient rien à rien, et qui se sont jetés la tête la pre­mière dans cette hor­rible aven­ture par simple désespoir. »

Pier Pao­lo Paso­li­ni, « Écrits cor­saires » (1975), p 81.


[Mise à jour (30 août 2014) :
Cathe­rine vient de finir le plan détaillé de cette vidéo. Quel bou­lot !!! Merci !!

Plan détaillé minu­té – confé­rence – Bor­deaux – 21 août 2014

Source : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_minut%C3%A9_-_conf%C3%A9rence_-_Bordeaux_-_21_ao%C3%BBt_2014

Confé­rence d’Étienne Chouard à Bor­deaux : « Les ate­liers consti­tuants, c’est épa­tant ! » orga­ni­sée par La Révo­lu­tion des Grenouilles

Source : https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​0​8​/​2​8​/​b​o​r​d​e​a​u​x​–​2​1​–​a​o​u​t​–​2​0​1​4​–​a​t​e​l​i​e​r​s​–​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​ts/

Plan détaillé et minuté :
Sommaire

1 (0:0:00) Présentation
2 (0:2:59) L’i­dée des Gen­tils Virus : col­ler la crève à l’oligarchie.
2.1 (0:3:18) Sys­tème de domi­na­tion oli­gar­chique : le suf­frage uni­ver­sel = perte du droit de déci­der nous-mêmes
2.2 (0:5:06) Talon d’Achille du sys­tème de domi­na­tion = maî­trise de la force publique qui passe par le droit, droit sou­mis au droit des droits : la constitution
3 (0:09:15) L’é­cri­ture de la consti­tu­tion : mise en pratique
3.1 Consti­tu­tion = complexe ?
3.2 (0:11:04) Besoin d’être expert ?
3.3 (0:11:44) Les concepts à maîtriser
3.4 (0:14:03) Impor­tance de l’en­traî­ne­ment et contre-exemple
4 (0:18:55) Livres de David Grae­ber, Pierre Clastres, Fran­cis Dupuis-Deri, Mar­cus Rediker
4.1 « La démo­cra­tie aux marges » de David Graeber
4.1.1 (0:20:55) Tirage au sort oppo­sé à l’élection
4.2 (0:023:52) Athènes n’é­tait pas la seule démo­cra­tie, dans l’his­toire des mil­liers de socié­tés étaient démocratiques
4.2.1 (0:25:13) Sans État, la ges­tion des affaires est démocratique
4.2.1.1 (0:25:41) Socié­tés vil­la­geoises au Moyen-Age
4.2.1.2 (0:26:50) Socié­tés des pirates
4.2.1.3 (0:29:41) Vote et consensus
4.2.1.4 (0:031:53) Le vote est au sein des socié­tés armées
4.2.1.5 (0:32:58) État et maîtres
5 (0:34:10) État et contrôle par la constitution
5.1 (0:37:30) L’ac­ti­vi­té consti­tuante est la pre­mière acti­vi­té poli­tique du citoyen
6 (0:38:27) Les ateliers
6.1 (0:39:10) L’as­pect législatif
6.2 (0:40:23) L’i­ni­tia­tive populaire
6.3 (0:42:35) Consensus
6.4 (0:45:11) Sou­ve­rai­ne­té locale, fédérale
6.4.1 (0:46:46) Faire socié­té et ges­tion des conflits
6.4.1.1 (0:48:33) Paso­li­ni et le mot « fasciste »
6.4.2 (0:49:24) Déci­sions de la sou­ve­rai­ne­té selon le niveau et l’é­chelle, ques­tion de subsidiarité
7 (0:54:28) Questions/réponses
7.1 (0:54:37) Consen­sus, Temps, consciences col­lec­tives et indi­vi­duelles ouver­ture spirituelle
7.2 (0:56:09) Équi­libre entre les pou­voirs spi­ri­tuels et tem­po­rels ; vote par pon­dé­ra­tion ternaire
7.2.1 (0:57:24) Réponse d’E­tienne sur le vote à points
7.3 (1:00:10) consen­sus et valeurs à 60 mil­lions de personnes
7.3.1 (1:02:59) Réponse d’E­tienne : Ate­lier des valeurs
7.4 (1:04:13) Valeur des tirés au sort
7.4.1 ( 1:05:15) Réponse d’E­tienne sur la valeur des tirés au sort
7.5 (1:05:39) Édu­ca­tion popu­laire et métho­do­lo­gie d’action
7.5.1 (1:08:09) Réponse d’E­tienne sur la métho­do­lo­gie : notions de désordre et d’a­gir en adulte
7.5.1.1 (1:10:33) Pro­ces­sus adulte et réfé­rence au phi­lo­sophe Alain
7.6 ( 1:11:36) Pro­po­si­tion d’une pre­mière étape avant la constituante
7.7 (1:14:00) Demande de meilleure dif­fu­sion et sui­vi des manifestations
7.7.1 (1:16:10) Réponse d’Etienne
7.8 (1:16:18) Tra­vail de décons­truc­tion et recons­truc­tion, pro­blème de consen­sus, contrôle des décisions

1 (0:0:00) Présentation

Remer­cie­ments à l’Es­pace Dar­win et pré­sen­ta­tion par Maxime du col­lec­tif de La Révo­lu­tion des Grenouilles
Le col­lec­tif de La Révo­lu­tion des Gre­nouilles est un mélange de Coli­bris, de Démo­cra­tie Réelle et de Gen­tils Virus.
Le site col­la­bo­ra­tif alter­na­tif de la Gironde est : http://​gironde​.demos​phere​.eu/
2 (0:2:59) L’i­dée des Gen­tils Virus : col­ler la crève à l’oligarchie.

2.1 (0:3:18) Sys­tème de domi­na­tion oli­gar­chique : le suf­frage uni­ver­sel = perte du droit de déci­der nous-mêmes

C’est le sys­tème oli­gar­chique qui a orga­ni­sé depuis 200 ans l’im­puis­sance poli­tique des peuples, par­tout sur terre, avec l’i­dée géniale du point de vue oli­gar­chique du suf­frage uni­ver­sel nous pri­vant du droit de déci­der nous-mêmes de nos affaires.
2.2 (0:5:06) Talon d’Achille du sys­tème de domi­na­tion = maî­trise de la force publique qui passe par le droit, droit sou­mis au droit des droits : la constitution

L’i­dée des virus est de trou­ver la faille, l’as­tuce qui rend le sys­tème de domi­na­tion fra­gile, arri­ver à ce que les cel­lules du corps social que nous sommes tous se pola­risent vers le talon d’A­chille du sys­tème de domi­na­tion qui est la maî­trise de la force publique qui passe par le droit ( orga­nise l’o­béis­sance de la gen­dar­me­rie, de l’ar­mée, des juges, des gar­diens de pri­son, de tous les fonctionnaires).
Toutes les puis­sances publiques sont orga­ni­sées autour du droit, le droit sou­mis au droit des droits : la constitution.
Notre cause com­mune qui est notre impuis­sance poli­tique par­tout sur Terre débouche méca­ni­que­ment, logi­que­ment, sur une solu­tion com­mune : si nous écri­vions nous-mêmes la consti­tu­tion au lieu de la lais­ser écrire par ceux qui devraient la craindre.
3 (0:09:15) L’é­cri­ture de la consti­tu­tion : mise en pratique

3.1 Consti­tu­tion = complexe ?

Il faut parier, et faire confiance, sur l’in­tel­li­gence, le cou­rage, l’hon­nê­te­té des gens.
Quand on compte sur eux, ils font tout ce qu’ils peuvent pour être digne de cette confiance.
3.2 (0:11:04) Besoin d’être expert ?

C’est en fai­sant des ate­liers consti­tuants que l’on acquiert de la compétence.
3.3 (0:11:44) Les concepts à maîtriser

La sépa­ra­tion des pouvoirs
La red­di­tion des comptes
L’i­ni­tia­tive populaire
Les man­dats courts et non renouvelables
Le tirage au sort (pro­tec­tion contre les conflits d’intérêt)

3.4 (0:14:03) Impor­tance de l’en­traî­ne­ment et contre-exemple

Il est essen­tiel de s’en­traî­ner à la consti­tu­tion avant que ce soit l’heure d’é­crire la vraie, de se pré­pa­rer à avoir plein de gens prêts à écrire la consti­tu­tion sans aspi­rer au pouvoir.
Exemple de la Tuni­sie et des erreurs concer­nant la consti­tuante qui a fina­le­ment échap­pée aux citoyens.
4 (0:18:55) Livres de David Grae­ber, Pierre Clastres, Fran­cis Dupuis-Deri, Mar­cus Rediker

4.1 « La démo­cra­tie aux marges » de David Graeber

Anthro­po­logue, auteur aus­si de « Dette – 5000 ans d’his­toire » qui per­met de com­prendre la vraie nature de la mon­naie et de la dette, David Grae­ber avec son livre « La démo­cra­tie aux marges » recoupe Pierrre Clastres, anthro­po­logue avec son livre « La socié­té contre l’État » qui est un livre essen­tiel sur les socié­tés pri­mi­tives ou sans Etat.
Com­ment les humains se pro­tègent contre les pou­voirs, avec quelles astuces, avec qu’elle vigi­lance permanente ?
4.1.1 (0:20:55) Tirage au sort oppo­sé à l’élection

Grae­ber insiste sur le fait que pour lui, anthro­po­logue, sur le plan poli­tique, depuis quelques siècles, les pro­fes­seurs de droit consti­tu­tion­nel et les pro­fes­seurs de poli­tique, les gens qui décrivent les sys­tèmes poli­tiques font comme si la seule démo­cra­tie connue était Athènes.
Le tirage au sort nous conserve des repré­sen­tants humbles qui ne sont pas les meilleurs mais qui sont des ser­vi­teurs ; il est oppo­sé à l’é­lec­tion qui pro­duit des maîtres, les repré­sen­tants deve­nant moins humbles et finis­sant par se com­por­ter comme des chefs. Les consé­quences sont mécaniques.
Les tirés au sort pré­pa­raient les lois et ne les votaient pas, ce sont les citoyens qui votaient les lois.
4.2 (0:023:52) Athènes n’é­tait pas la seule démo­cra­tie, dans l’his­toire des mil­liers de socié­tés étaient démocratiques

Ces livres, inclus « Démo­cra­tie His­toire poli­tique d’un mot aux États-Unis et en France » de Dupuis-Déri, montrent qu’il n’y a pas qu’Athènes qui était une démo­cra­tie. Des mil­liers de socié­tés démo­cra­tiques ont exis­té un peu par­tout dans l’his­toire des Hommes.
Ain­si 95% des socié­tés amé­rin­diennes qui étaient en fédé­ra­tion de tri­bus étaient extrê­me­ment démo­cra­tiques avec un chef sans pou­voir (Pierre Clastres) sauf en cas de guerre.
De même chez les pirates (« Pirates de tous les pays » – Mar­cus Redi­ker) le capi­taine n’a seule­ment du pou­voir que lors de l’a­bor­dage mais ensuite le perd.
4.2.1 (0:25:13) Sans État, la ges­tion des affaires est démocratique

Ce qu’ex­pliquent les anthro­po­logues c’est que dans l’his­toire des Hommes, les humains savent très bien se réunir en petits groupes sans État et gèrent eux-mêmes leurs affaires de façon démo­cra­tique. Tout le monde par­ti­cipe à toutes les lois. Mais les intel­lec­tuels, les élites, les maîtres n’ont jamais appe­lé cela « démocratie ».
4.2.1.1 (0:25:41) Socié­tés vil­la­geoises au Moyen-Age

Ain­si les socié­tés vil­la­geoises au Moyen-Age vivaient comme des démo­cra­ties, votaient leurs lois à main levée. Les sei­gneurs inter­ve­naient peu dans la vie des vil­la­geois, juste pour les impôts ou enrô­ler les Hommes pour la guerre. Les vil­la­geois étaient jaloux de leur pou­voir sur la maî­trise de leurs règles de vie commune.
Les condi­tions de vie étaient très démo­cra­tiques dans l’An­cien Régime bien que l’on apprenne (en la sco­la­ri­té) que c’é­tait une période noire, d’op­pres­sion abso­lue, tyran­nique. L’ab­so­lu­tisme est en effet un aspect tyran­nique mais au niveau local il y avait plein de démocratie.
4.2.1.2 (0:26:50) Socié­tés des pirates

Redi­ker dans « Pirates de tous les pays » parle des pirates, marins rebelles, mutins, qui for­maient des socié­tés sans État, socié­tés com­plexes et avec des gens venant de tous pays.
Ces pirates pour­tant décrits par les élites comme des affreux avaient des capi­taines sans pou­voir en temps de paix, hors abor­dage. L’é­qui­page désigne le capi­taine et le vire quand il n’est pas content. Le contre-maître sert de contre-pou­­voir, il sur­veille en per­ma­nence le capi­taine et est à l’é­coute de l’é­qui­page. La répar­ti­tion du butin est qua­­si-éga­­li­­taire, le capi­taine reçoit juste une fois et demie de plus que chaque autre membre de l’équipage.
4.2.1.3 (0:29:41) Vote et consensus

Ce que Grae­ber observe dans ces socié­tés c’est que toutes les socié­tés pri­mi­tives ne votent pas à la majo­ri­té leurs lois, ils dis­cutent, cherchent tous l’u­na­ni­mi­té, le consensus.
4.2.1.4 (0:031:53) Le vote est au sein des socié­tés armées

Les rares socié­tés dans les­quelles il y avait le vote et non le consen­sus c’é­taient les socié­tés armées, des socié­tés de soldats.
Ain­si la socié­té d’Athènes ou celle des pirates votaient et étaient armées.

Ce sont les socié­tés armées qui votaient, et c’est parce qu’elles été armées qu’elles votaient.
4.2.1.5 (0:32:58) État et maîtres

Il y a plein d’i­dées d’or­ga­ni­sa­tion poli­tiques (Clastres), plein d’exemples de vie où on se res­pecte, où on décide ensemble de nos affaires.
Aucune de ces socié­tés pri­mi­tives, armées ou pas armées, ne désigne des gens pour voter des lois à leur place.

Il n’y a que les socié­tés avec un État qui votent des maîtres. Il n’y a que l’État qui décide cela.
5 (0:34:10) État et contrôle par la constitution

Nous nous réunis­sons pour for­mer une force publique qui empêche la loi du plus fort, qui fait régner la jus­tice. l’État sert à cela, à rendre com­pa­tible cette idée d’un État que nous contrôlerions.
Actuel­le­ment nous n’a­vons aucun contrôle de l’État.

Si nous écri­vions la consti­tu­tion – s’en­traî­ner à l’é­crire déjà avant par des ate­liers de manière régu­lière – nous écri­rions notre puis­sance poli­tique, nous aurions la puis­sance qui nous manque pour faire régner la jus­tice alors que dans le capi­ta­lisme, sys­tème tel­le­ment injuste, une poi­gnée de pri­vi­lé­giés se sont octroyés le droit d’é­crire la constitution.
5.1 (0:37:30) L’ac­ti­vi­té consti­tuante est la pre­mière acti­vi­té poli­tique du citoyen

Le peu de poli­tique que nous devrions faire c’est l’ac­ti­vi­té constituante
Pas de citoyen autre que consti­tuant, un vrai citoyen cela doit-être constituant.
6 (0:38:27) Les ateliers

Quels sujets ?
Tous les sujets. on est libre.
Il suf­fit de déci­der de quelques sujets communs.
6.1 (0:39:10) L’as­pect législatif

Qu’est-ce que le corps législatif ?
Com­ment orga­ni­ser le corps législatif ?
Quel nombre de chambres ?
Élec­tion ou tirage au sort ?
A quel niveau ? Au niveau des com­munes ou de la fédération ?

6.2 (0:40:23) L’i­ni­tia­tive populaire

Com­ment est-ce qu’on garde le contrôle ?
Com­ment on fait pour qu’au­cun chef ne puisse s’af­fran­chir de tout contrôle ?
Quelle mis­sion de l’é­du­ca­tion nationale ?
Une for­ma­tion poli­tique à écrire la consti­tu­tion dès le plus jeune âge ?
Apprendre aux enfants ce qu’est une constitution ?
Réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive populaire

6.3 (0:42:35) Consensus

Que pré­voir comme ins­ti­tu­tion pour per­mettre la recherche du consen­sus plu­tôt que le vote des lois ?
Que doit-on écrire dans la consti­tu­tion pour nous aider à, pour nous pous­ser à, dis­cu­ter jus­qu’au consen­sus plu­tôt que de suite voter et mettre de côté une mino­ri­té qui n’a plus qu’à se taire ?
Com­ment reje­ter le droit des mino­ri­tés, évi­ter la dic­ta­ture de la majorité ?
Com­ment on peut faire dans nos ins­ti­tu­tions pour favo­ri­ser, impo­ser, faci­li­ter la recherche du consen­sus plu­tôt que la majorité ?

6.4 (0:45:11) Sou­ve­rai­ne­té locale, fédérale

Si on fait une démo­cra­tie, elle sera for­ce­ment locale, au niveau des com­munes. C’est au niveau des com­munes que nous allons voter nous-mêmes nos lois. c’est au niveau des com­munes que nous allons exer­cer notre sou­ve­rai­ne­té, sou­ve­rai­ne­té indi­vi­duelle et col­lec­tive, pas au niveau d’un dépar­te­ment, d’une région ou autres.

Il y a des niveaux, des éco­no­mies d’é­chelle, toutes sortes d’ac­ti­vi­tés éco­no­miques et poli­tiques ou mili­taires où on a inté­rêt à se fédérer.
Il y aura sûre­ment une fédé­ra­tion de communes.

Il va fal­loir décider :

Qu’est-ce que la souveraineté ?
A quel moment je dis : « je suis souverain » ?
Qu’est-ce que je consens comme aban­don de la sou­ve­rai­ne­té dans le cadre de la fédération ?

6.4.1 (0:46:46) Faire socié­té et ges­tion des conflits

Il est impor­tant de res­pec­ter les idées d’au­trui, de savoir par­ler aux gens dan­ge­reux, et de faire société.
La poli­tique c’est dis­cu­ter avec les gens, avec qui on n’a pas envie de discuter.
On fait socié­té, entre gens avec des conflits. La poli­tique c’est une mise en scène des conflits, recher­cher des solu­tions des conflits.
6.4.1.1 (0:48:33) Paso­li­ni et le mot « fasciste »

Pier Pao­lo Paso­li­ni dans son livre « Écrits cor­saires » a un pas­sage sur le mot « fas­ciste » : Être sûr de là où est le bien.
6.4.2 (0:49:24) Déci­sions de la sou­ve­rai­ne­té selon le niveau et l’é­chelle, ques­tion de subsidiarité

Où est-ce qu’on fait, à quelle échelle ?
Quels sujets don­nés à la commune ?
Quelles sont les lois que nous allons pou­voir voter au niveau local ?
Qu’est-ce qu’il faut abso­lu­ment mettre au niveau natio­nal, peut-être au niveau régional ?

Exemple : le pro­gramme de l’é­cole – niveau natio­nal ou local ?
Au niveau natio­nal, autant dire que cela vous échappe, ce n’est pas vous qui décidez.
Au niveau local, il est pos­sible d’exer­cer la sou­ve­rai­ne­té en véri­fiant les méthodes de l’é­cole (idem pou les impôts).

Quel est le péri­mètre de ce qu’on appelle la subsidiarité ?

7 (0:54:28) Questions/réponses
7.1 (0:54:37) Consen­sus, Temps, consciences col­lec­tives et indi­vi­duelles ouver­ture spirituelle

Ques­tions de Valentine :

Besoin de par­ler du temps. Le consen­sus prend du temps.
Socié­tés pri­mi­tives, socié­tés pirates qui sont des socié­tés secrètes ont une conscience col­lec­tive plus impor­tante ou aiman­té par l’en­semble des consciences individuelles.
L’État aujourd’­hui est un État sans esprit, sans ouver­ture spi­ri­tuelle ; il est impor­tant de se relier et cela est lié au consensus.

7.2 (0:56:09) Équi­libre entre les pou­voirs spi­ri­tuels et tem­po­rels ; vote par pon­dé­ra­tion ternaire

Ques­tions de Stéphane :

Ques­tion de l’é­qui­libre entre les pou­voirs tem­po­rels et les pou­voirs spi­ri­tuels : l’é­qui­libre de socié­tés pérennes est entre ces deux pou­voirs sinon cela crée du désordre.
En com­plé­ment du vote il y a la pon­dé­ra­tion ter­naire qui est un outil plus précis :

le vote existe
+1 à un candidat
le vote blanc c’est 0
le vote noir c’est ‑1 à la per­sonne qu’on ne veut abso­lu­ment pas voir élue

7.2.1 (0:57:24) Réponse d’E­tienne sur le vote à points

Pour l’é­qui­libre du pou­voir tem­po­rel et spi­ri­tuel, je suis incom­pé­tent, je ne sais pas, n’y ai pas réfléchi.
Le vote à points cela per­met de nuan­cer son point de vue, cela per­met de ne pas être manichéen.

Le vote à points c’est le vote de valeur (+6 à ‑6)
Le dépouille­ment de ce genre de vote est plus long, plus com­pli­qué, néces­site des machines.
Si machines il y a risque de truand il y a.
La sécu­ri­sa­tion du dépouille­ment fait par­tie des pro­blèmes de ce type de scrutin.

7.3 (1:00:10) consen­sus et valeurs à 60 mil­lions de personnes

Ques­tion de Nathalie :

Le par­tage des valeur avec les voi­sins est non assuré.

Com­ment arri­ver à un consen­sus avec des opi­nions diver­gentes et nom­breu­se­ment divergentes ?
Com­ment y arri­ver à 60 mil­lions de personnes ?

7.3.1 (1:02:59) Réponse d’E­tienne : Ate­lier des valeurs

Nos socié­tés humaines sont toutes et sont tou­jours tra­ver­sées de conflits.
Est-ce que nous serions capables de dire quelles sont ces valeurs sur les­quelles on va être fermes, solides ?
Et quelles sont les valeurs sur les­quelles on peut admettre des compromis ?
C’est un sujet essen­tiel pour tout le monde.
7.4 (1:04:13) Valeur des tirés au sort

Ques­tion de Marie-Ange :

Les per­sonnes sont tirées au sort, pas de vote, pas « je l’aime ou pas » ; elles accep­te­ront ou pas l’hon­neur de prendre des responsabilités.

7.4.1 ( 1:05:15) Réponse d’E­tienne sur la valeur des tirés au sort

Comme on estime qu’on est tous égaux poli­ti­que­ment, il n’y aurait pas besoin de véri­fier la valeur des tirés au sort ?
Il faut dis­cu­ter ensemble pour véri­fier si cela est dan­ge­reux ou pas.
7.5 (1:05:39) Édu­ca­tion popu­laire et métho­do­lo­gie d’action

Ques­tions de Paolina :

Notion d’é­du­ca­tion popu­laire : être pri­vé du droit de vote impli­que­rait une moti­va­tion d’ac­tion (en son quar­tier, au tra­vail, là où les gens vivent) et faire de la politique.

Ce qui empêche de faire de la poli­tique c’est le fait de voter.

Après l’é­coute (ain­si cette confé­rence et autres confé­rences) ce qui compte c’est de pas­ser à l’action.

Quelle métho­do­lo­gie ? Quelle modé­ra­tion, qu’elles règles ?
Qui pour­ra tirer au sort ? Fau­­dra-t-il être fran­çais pour tirer au sort ou pas ?

7.5.1 (1:08:09) Réponse d’E­tienne sur la métho­do­lo­gie : notions de désordre et d’a­gir en adulte

C’est à nous de décider.
Nous allons déci­der ensemble.
On peut syn­thé­ti­ser mais la métho­do­lo­gie c’est aux citoyens en train de se trans­for­mer en consti­tuants de mettre en place eux-mêmes cette métho­do­lo­gie, de sélec­tion­ner et pré­fé­rer ce qui marche.
Vous allez créer ce qui vous manque, en adulte.
Le désordre n’est pas tou­jours néfaste, il per­met aus­si l’i­ma­gi­na­tion. Il n’y a pas de méthode unique ou for­ce­ment normative.
7.5.1.1 (1:10:33) Pro­ces­sus adulte et réfé­rence au phi­lo­sophe Alain

Il ne faut pas cher­cher une méthode unique. Chaque per­sonne en train de réflé­chir peut déci­der. C’est un pro­ces­sus adulte.
Alain : » Une assem­blée ne pense pas. »
L’être pen­sant c’est un indi­vi­du avec sa res­pon­sa­bi­li­té. Il y a une déres­pon­sa­bi­li­sa­tion d’une assemblée.
7.6 ( 1:11:36) Pro­po­si­tion d’une pre­mière étape avant la constituante

Inter­ven­tion de Cédric :

Il y a une pre­mière étape c’est d’a­bord sor­tir du régime européen.

Sillon­ner et tron­çon­ner le sys­tème de l’in­té­rieur comme un che­val de Troie.
Inci­ta­tion à suivre l’UPR.

7.7 (1:14:00) Demande de meilleure dif­fu­sion et sui­vi des manifestations

Remarque de Delphine :

Non volon­té de créer un espace propre.

Les idées pour­raient être plus dif­fu­sées, elles méri­te­raient un sui­vi moins aléa­toire que les mani­fes­ta­tions ponctuelles.

7.7.1 (1:16:10) Réponse d’Etienne

Je fais ce que je peux.
7.8 (1:16:18) Tra­vail de décons­truc­tion et recons­truc­tion, pro­blème de consen­sus, contrôle des décisions

Ques­tions de Danny :

Com­men­cer par le com­men­ce­ment : il fau­drait pro­cé­der à un tra­vail de décons­truc­tion et de recons­truc­tion des men­ta­li­tés ; ain­si un tra­vail sur les valeurs de cha­cun, le spi­ri­tuel de chacun.

Il fau­dra édu­quer les gens, com­ment cela cela va se faire ?

Pour le consen­sus on aura un pro­blème de déci­sion finale.

C’est une uto­pie de pen­ser que tout le monde va prendre part à la déci­sion donc il y aura dif­fé­rents niveaux de décision.

Inter­ro­ga­tion par rap­port à la mise en place des sys­tèmes de contrôles :

Com­ment on va contrô­ler les décisions ?

Source : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_minut%C3%A9_-_conf%C3%A9rence_-_Bordeaux_-_21_ao%C3%BBt_2014

Rendez-vous le 31 août à Saint-André-de-Valborgne, pour une journée démocratique

Une belle ini­tia­tive (de per­sonnes qui viennent de loin) pour aller aider Camille et ses amis dans leur résis­tance démo­cra­tique locale : 

Ce serait bien qu’il y ait beau­coup de monde là-bas, ce jour-là et d’autres : Camille a besoin de sen­tir qu’il y a plein de monde qui compte sur elle et qui est fier de ce qu’elle fait.

Nous devrions être nom­breux à aider Camille, de dif­fé­rentes façons, car ce qu’elle fait est emblé­ma­tique de ce que nous devrions tous faire, com­mune par commune.

Rap­pel : le blog où Camille nous tient infor­més de ses aventures :
http://​demo​cra​tie​-sain​tan​dre​de​val​borgne​.com/

Revenu de base et renouveau démocratique (Périgueux, 22 août 2014) : introduction aux ateliers constituants dédiés au RDB

La jeune et tonique équipe de la pre­mière Uni­ver­si­té d’é­té du Reve­nu de base m’a gen­ti­ment invi­té à venir leur dire un mot pour expli­quer le lien puis­sant qui existe entre, d’une part, l’es­poir‑d’é­man­ci­pa­tion-poli­tique-géné­rale-par-la-dis­tri­bu­tion‑d’un-reve­nu-ou-divi­dende-ou-salaire-incon­di­tion­nel-et-à-vie et, d’autre part, l’ins­ti­tu­tion-et-la-défense-par-le-peuple-lui-même‑d’une-démo­cra­tie-digne-de-ce-nom.

Pres­sés par les contraintes, les orga­ni­sa­teurs m’ont deman­dé de résu­mer mon ana­lyse en… 20 minutes (+ 20 minutes d’é­changes avec le public). Je parle donc un peu trop vite, par­don, mais c’est comme ça quand je sais que le temps me manque, je déparle un peu 😐
Et on a trou­vé encore un peu de temps (2h30) sur cette ques­tion le len­de­main matin (same­di 23 août), où nous nous sommes retrou­vés (nom­breux) pour des ate­liers consti­tuants dédiés au RDB (ou au salaire à vie, ou au divi­dende uni­ver­sel, selon les groupes) : j’ai hâte de voir les images et les sons de ces ate­liers, c’é­tait épatant.
Voi­ci donc la pré­sen­ta­tion du ven­dre­di soir (le son com­mence à 3’30 et moi à 8’30) :
httpv://youtu.be/LTLEYvUZM0g
Dès que j’ai les vidéos des ate­liers, je les place ici, promis.

Entretien avec Frédéric Bosqué (projet ‘Tera’ : éco-villages avec revenu de base en monnaie locale et constitutions populaires communales)

À l’oc­ca­sion d’une inter­ven­tion à l’U­ni­ver­si­té du Reve­nu de Base, vers Péri­gueux, j’ai ren­con­tré un humain bien sym­pa­thique, Fré­dé­ric Bos­qué. Voi­ci notre entretien :

httpv://youtu.be/TDtCcb_ZVOA

Fré­dé­ric et son équipe par­courent la France en vélo pour détec­ter (et nous signa­ler) des ini­tia­tives locales par­ti­cu­liè­re­ment intéressantes.
Voi­ci une courte pré­sen­ta­tion du pro­jet qu’il appelle ‘Tera’ :

httpv://youtu.be/NlTjVkrDqTA

http://​www​.tera​.coop

Trois différents usages politiques du tirage au sort, à bien distinguer : 1) chambres de contrôle 2) corps législatif 3) assemblée constituante

L’in­fa­ti­gable (et très gen­til) Benoît (mer­ci à lui) vient d’i­so­ler un pas­sage impor­tant de la soi­rée (for­mi­dable) pas­sée à Bruxelles avec David (Van Rey­brouck) : il me semble que tous les gen­tils virus, pour être très conta­gieux, devraient bien repé­rer et bien dis­tin­guer ces 3 grands usages du tirage au sort :

httpv://www.youtube.com/watch?v=KUdpV2dnlX8

Et voi­ci le com­men­taire de Benoît sur sa chaîne You­tube :

Quels sont les atouts et défauts du tirage au sort ?
Voi­ci 3 de ses uti­li­sa­tions en politique :

01:19 1) Les chambres de contrôle

03:11 2) L’as­sem­blée législative

07:26 3) L’as­sem­blée constituante

LES 11 VERTUS DU TIRAGE AU SORT :

1. La pro­cé­dure du tirage au sort est impar­tiale et équi­table : elle garan­tit une jus­tice dis­tri­bu­tive (consé­quence logique du prin­cipe d’égalité poli­tique affir­mé comme objec­tif cen­tral de la démocratie).

2. Le tirage au sort empêche la cor­rup­tion (il dis­suade même les cor­rup­teurs : il est impos­sible et donc inutile de tri­cher, on évite les intrigues) : ne lais­sant pas de place à la volon­té, ni des uns ni des autres, il n’accorde aucune chance à la trom­pe­rie, à la mani­pu­la­tion des volontés.

3. Le tirage au sort ne crée jamais de ran­cunes : pas de vani­té d’avoir été choi­si ; pas de res­sen­ti­ment à ne pas avoir été choi­si : il a des ver­tus paci­fiantes pour la Cité, de façon systémique.

4. Tous les par­ti­ci­pants, repré­sen­tants et repré­sen­tés sont mis sur un réel pied d’égalité.

5. Le hasard, repro­dui­sant rare­ment deux fois le même choix, pousse natu­rel­le­ment à la rota­tion des charges et empêche méca­ni­que­ment la for­ma­tion d’une classe poli­ti­cienne tou­jours por­tée à tirer vani­té de sa condi­tion et cher­chant tou­jours à jouir de pri­vi­lèges. Le prin­cipe pro­tec­teur majeur est celui-ci : les gou­ver­nants sont plus res­pec­tueux des gou­ver­nés quand ils savent avec cer­ti­tude qu’ils revien­dront bien­tôt eux-mêmes à la condi­tion ordi­naire de gouvernés.

6. Le tirage au sort est facile, rapide et économique.

7. Le hasard et les grands nombres com­posent natu­rel­le­ment, méca­ni­que­ment, un échan­tillon repré­sen­ta­tif. Rien de mieux que le tirage au sort pour com­po­ser une assem­blée qui res­semble trait pour trait au peuple à repré­sen­ter. Pas besoin de quo­tas, pas de risque d’intrigues.

8. Savoir qu’il peut être tiré au sort incite chaque citoyen à s’instruire et à par­ti­ci­per aux contro­verses publiques : c’est un moyen péda­go­gique d’émancipation intellectuelle.

9. Avoir été tiré au sort pousse chaque citoyen à s’extraire de ses pré­oc­cu­pa­tions per­son­nelles et à se pré­oc­cu­per du monde com­mun ; sa dési­gna­tion et le regard public posé sur lui le poussent à s’instruire et à déve­lop­per ses com­pé­tences par son tra­vail, exac­te­ment comme cela se passe pour les élus : c’est un moyen péda­go­gique de res­pon­sa­bi­li­sa­tion des citoyens, de tous les citoyens.

10. Pré­fé­rer le tirage au sort, c’est refu­ser d’abandonner le pou­voir du suf­frage direct à l’Assemblée, et c’est tenir à des contrôles réels de tous les repré­sen­tants : donc, le tirage au sort por­tant avec lui des contrôles dras­tiques à tous les étages, il est mieux adap­té que l’élection (qui sup­pose que les élec­teurs connaissent bien les élus et leurs actes quo­ti­diens) pour les enti­tés de grande taille. (Alors qu’on entend dire géné­ra­le­ment le contraire.)

11. DE FAIT, pen­dant 200 ans de tirage au sort quo­ti­dien (au Ve et IVe siècle av. JC à Athènes), les riches n’ont JAMAIS gou­ver­né, et les pauvres tou­jours. (Les riches vivaient très confor­ta­ble­ment, ras­­su­­rez-vous, mais ils ne pou­vaient pas tout rafler sans limite, faute d’emprise poli­tique.) Ceci est essen­tiel : méca­ni­que­ment, infailli­ble­ment, irré­sis­ti­ble­ment, le tirage au sort DÉSYNCHRONISE le pou­voir poli­tique du pou­voir éco­no­mique. C’est une façon très astu­cieuse d’affaiblir les pou­voirs pour évi­ter qu’ils n’abusent. On est donc ten­té de pen­ser que c’est l’élection des acteurs poli­tiques qui a ren­du pos­sible le capi­ta­lisme, et que le tirage au sort reti­re­rait aux capi­ta­listes leur prin­ci­pal moyen de domination.

https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​D​o​c​u​m​e​n​t​s​_​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​s​/​c​e​n​t​r​a​l​i​t​e​_​d​u​_​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​_​e​n​_​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​.​pdf

Extrait de « Démo­cra­tie fati­guée : quelles solu­tions ? (1÷9) David Van Reybrouck/Étienne Chouard – 18 avril 2014 »
httpv://youtu.be/EMWG4nnkUy8

Et de la vidéo du cercle des volon­taires, Bel­gique « Étienne Chouard David Van Rey­brouck Démo­cra­tie fati­guée Quelles solutions »
httpv://youtu.be/8hrG-EcNdKM

Rendez-vous à Amiens, pour un débat organisé par Nouvelle Donne, dimanche 24 août 2014

Pierre Lar­rou­tu­rou m’a gen­ti­ment invi­té autour d’une Table Ronde inti­tu­lée « Com­ment recons­truire l’es­poir ? », orga­ni­sée par Nou­velle Donne, à Amiens dimanche pro­chain, 24 août 2014, à 9h30 :

Logo de l'Université d'été 2014
http://​www​.nou​vel​le​donne​.fr/​j​o​u​r​n​e​e​s​–​d​e​t​e​–​n​o​u​v​e​l​l​e​–​d​o​n​n​e​–​2​0​1​4​–​a​–​a​m​i​ens

Il semble que ce soit la pro­cé­dure du tirage au sort en poli­tique, en cours d’a­dop­tion et de mise au point par ce nou­veau mou­ve­ment, qu’on va me deman­der de com­men­ter un peu. Peut-être aus­si la néces­saire muta­tion des élec­teurs en citoyens consti­tuants ? On verra.

Sur le site de Nou­velle Donne, j’ai effec­ti­ve­ment trou­vé cette syn­thèse sur le tirage au sort, et ça donne, bien sûr, envie d’al­ler en par­ler avec eux :

Source : http://​www​.nou​vel​le​donne​.fr/​l​e​–​t​i​r​a​g​e​–​a​u​–​s​o​r​t​–​e​n​–​p​o​l​i​t​i​que

Le tirage au sort en politique

par Diane Vat­to­lo, comi­té local Nou­velle Donne de Seine-Saint-Denis

Résu­mé

Pra­tique jadis éprou­vée, le tirage au sort en poli­tique revient aujourd’hui. Le tirage au sort est démo­cra­tique et l’élection est aris­to­cra­tique. Bien pen­sé dans ses moda­li­tés et ses usages, il offre plus de jus­tice et d’égalité poli­tique. C’est pour­quoi Nou­velle Donne l’a mis en place dans le cadre de la dési­gna­tion de ses listes de can­di­dats aux élec­tions euro­péennes de 2014.

Cette pro­cé­dure qui peut nous sem­bler aujourd’hui sur­pre­nante en poli­tique, nous paraît nor­male et posi­tive dans les jurys d’assise (dési­gna­tion des jurés par tirage au sort sur les listes électorales).

Le tirage au sort pour dési­gner les repré­sen­tants – et même les per­sonnes exer­çant un pou­voir exé­cu­tif – jalonne pour­tant l’histoire poli­tique. Fon­da­men­tal dans la démo­cra­tie Athé­nienne, le tirage au sort est aus­si très pré­sent dans les répu­bliques de Venise et de Florence.

Aujourd’hui dans le monde entier, des expé­riences citoyennes ayant recours au tirage au sort se mul­ti­plient. Quelques exemples :

  • En Colom­­bie-Bri­­tan­­nique (Cana­da) pour dési­gner une assem­blée citoyenne écri­vant le pro­jet de réforme du mode de scru­tin en 2001.
  • Les jurys citoyens (Bür­ger­fo­rum) sont notam­ment uti­li­sés depuis 2001 dans 17 quar­tiers de Ber­lin pour déci­der d’une par­tie de leur bud­get (500 000 euros).
  • Islande après 2008 : assem­blée citoyenne consti­tu­tive tirée au sort, sui­vie d’un conseil élu (25 per­sonnes ordi­naires, par­le­men­taires exclus) puis référendum.
  • En France, plu­sieurs expé­ri­men­ta­tions ont eu lieu au niveau natio­nal, notam­ment sur des ques­tions rela­tives à la sciences et à la tech­no­lo­gie (bioé­thique, OGM, etc.) à par­tir de 1998. Depuis lors, les confé­rences de citoyens sont éga­le­ment uti­li­sées par les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales pour for­mu­ler des avis sur des sujets très divers : la ges­tion de l’eau, le trai­te­ment des déchets, la poli­tique sociale, le déve­lop­pe­ment rural, la santé…

Les grands pen­seurs de la démo­cra­tie (Aris­tote, Mon­tes­quieu, Rous­seau, Har­ring­ton, Toc­que­ville…) s’accordent à recon­naître que « Le tirage au sort est démo­cra­tique et l’élection est aris­to­cra­tique », même si tous ne défendent pas néces­sai­re­ment la pre­mière solu­tion, et l’histoire montre que l’aristocratie tend géné­ra­le­ment vers l’oligarchie.

Cer­tains biais de l’élection sont tota­le­ment absents du tirage au sort : pour être élu (choi­si) il faut être connu, ce qui néces­site une cam­pagne élec­to­rale coû­teuse (même si elle sera peut-être rem­bour­sée, il faut au moins avan­cer les fonds) et des talents spé­ci­fiques à celle-ci pour les can­di­dats (com­mu­ni­ca­tion, pré­sen­ta­tion…) pas for­cé­ment en lien avec les talents essen­tiels une fois élu (prendre les bonnes déci­sions après s’être for­mé, pro­po­ser des évo­lu­tions intéressantes…).

La légi­ti­mi­té du tirage au sort, dépend essen­tiel­le­ment des réponses à ces questions :

  • pour quelles fonc­tions ? (repré­sen­ta­tive, légis­la­tive, exécutive)
  • dans quelles condi­tions s’exerceront ces fonc­tions ? (durée, limites, révocabilité…)
  • sur quelle base ? (tous ou une par­tie sélec­tion­née et alors sur quels critères ?)

De plus, une rota­tion rapide des tâches / le non cumul des man­dats dans le temps, cou­plé au tirage au sort, per­met au plus grand nombre d’exercer les fonc­tions politiques.

L’objection essen­tielle avan­cée au tirage au sort est la peur de dési­gner un incom­pé­tent, à laquelle on peut répondre :

  • On peut s’en pré­mu­nir par des ins­ti­tu­tions com­plé­men­taires comme : 
    • le volon­ta­riat, d’autant plus s’il est cou­plé à une néces­saire red­di­tion des comptes assor­ties de sanctions.
    • Une cer­taine sélec­tion de la base du tirage au sort (par exemple citoyens non déchus de leurs droits civiques, car s’ils sont aptes à voter…)
  • On peut for­mer et assis­ter (assis­tants par­le­men­taires et experts, jurys citoyens et autres outils de par­ti­ci­pa­tion citoyenne)
  • Dans les par­le­ments, les déci­sions sont col­lé­giales, donc seul le fait que la majo­ri­té soit com­po­sée d’incompétents est à craindre.

Les prin­ci­paux inté­rêts d’une dési­gna­tion par tirage au sort com­pa­rée à l’élection sont :

  • le carac­tère réel­le­ment démo­cra­tique : le tirage au sort rend plau­sible pour chaque citoyen d’être au pouvoir.
  • la repré­sen­ta­ti­vi­té : caté­go­ries socio-pro­­fes­­sion­­nelles, d’âge, de sexe, d’opinions sont éga­le­ment repré­sen­tées, sur­tout si l’échantillon est grand.
  • Une bien plus grande résis­tance à la cor­rup­tion (pas de cam­pagne à financer).
  • L’éducation popu­laire, par la pra­tique pour les dési­gnés par le sort, et par exten­sion de tous puisque la pers­pec­tive d’accéder au pou­voir existe plus facilement.
  • C’est un méca­nisme externe et neutre, empê­chant les déchi­re­ments entre fac­tions, et pré­ser­vant l’ego de ceux qui ne sont pas désignés

Pour les rai­sons évo­quées ci-des­­sus, Nou­velle Donne a mis en place le tirage au sort par­mi les adhé­rents volontaires :

  1. pour la consti­tu­tion de la com­mis­sion élec­to­rale qui déter­mi­ne­ra la pre­mière moi­tié de la liste des can­di­dats aux européennes
  2. pour la dési­gna­tion des can­di­dats de la deuxième moi­tié de la liste (qui n’ont de chances d’être élus que si nous fai­sons bien plus de 50%…)

La base est donc large (tous les adhé­rents), des garde-fous sont mis en place (volon­ta­riat, contrat du can­di­dat et de l’élu Nou­velle Donne, col­lé­gia­li­té) et la for­ma­tion consi­dé­rée comme essentielle.

Ces condi­tions nous per­mettent donc de reven­di­quer fiè­re­ment cette pra­tique du tirage au sort dans ce cadre comme plus juste et équi­table, et peut-être bien plus efficace.

Glossaire

La démo­cra­tie (du grec ancien δημοκρατία / dēmo­kratía, « sou­ve­rai­ne­té du peuple », de δῆμος / dêmos, « peuple » et κράτος / krá­tos, ‘pou­voir’, ‘sou­ve­rai­ne­té’ ou encore kra­tein, ‘com­man­der’) est le régime poli­tique dans lequel le peuple est sou­ve­rain (le peuple ren­voyant cepen­dant à la notion plus res­tric­tive de citoyens, la citoyen­ne­té n’étant pas for­cé­ment don­née à toute la population).

La démo­cra­tie est deve­nue un sys­tème poli­tique (et non plus un simple régime) dans lequel la sou­ve­rai­ne­té est attri­buée au peuple qui l’exerce de façon :

  • directe lorsque le régime dans lequel le peuple adopte lui-même les lois et déci­sions impor­tantes et choi­sit lui-même les agents d’exécution, géné­ra­le­ment révo­cables. On parle alors de démo­cra­tie directe ;
  • indi­recte lorsque le régime dans lequel des repré­sen­tants sont tirés au sort ou élus par les citoyens, pour un man­dat non-impé­­ra­­tif à durée limi­tée, durant les­quels ils ne sont géné­ra­le­ment pas révo­cables par les citoyens. On parle alors de démo­cra­tie représentative ;
  • semi-directe dans le cas de démo­cra­ties indi­rectes dans laquelle le peuple est cepen­dant appe­lé à sta­tuer lui-même sur cer­taines lois, par les réfé­ren­dums, qui peut être un réfé­ren­dum d’initiative popu­laire, soit pour poser un véto à un pro­jet de loi, soit pour pro­po­ser un pro­jet de loi.

(source Wiki­pe­dia)

Une oli­gar­chie (du grec ancien ὀλιγαρχία / oli­gar­khía, déri­vé de ὀλίγος / olí­gos (« petit », « peu nom­breux »), et ἄρχω / árkhô (« com­man­der ») est une forme de gou­ver­ne­ment où le pou­voir est réser­vé à un petit groupe de per­sonnes qui forment une classe dominante.

On peut dis­tin­guer les oli­gar­chies ins­ti­tu­tion­nelles et les oli­gar­chies de fait. Les oli­gar­chies ins­ti­tu­tion­nelles sont les régimes poli­tiques dont les consti­tu­tions et les lois ne réservent le pou­voir qu’à une mino­ri­té de citoyens. Les oli­gar­chies de fait sont les socié­tés dont le gou­ver­ne­ment est consti­tu­tion­nel­le­ment et démo­cra­ti­que­ment ouvert à tous les citoyens mais où en fait ce pou­voir est confis­qué par une petite par­tie de ceux-ci.

L’oligarchie est faite des meilleurs (« aris­to­cra­tie » au sens éty­mo­lo­gique), des plus riches (plou­to­cra­tie), des scien­ti­fiques et tech­ni­ciens (tech­no­cra­tie), des anciens (géron­to­cra­tie), de ceux qui béné­fi­cient de la force ou de tout autre pou­voir de fait.
(source Wiki­pe­dia)

Références

Ce tra­vail s’appuie prin­ci­pa­le­ment sur les tra­vaux syn­thé­tiques sur le sujet de : Yves Sin­to­mer, Ber­nard Manin et Étienne Chouard

Livres :
Yves Sin­to­mer, « Petite his­toire de l’expérimentation démo­cra­tique – Tirage au sort et poli­tique d’Athènes à nos jours », La décou­verte, 2011
Ber­nard Manin, « Prin­cipes du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif », Champs Flam­ma­rion, 1995
(en) Oli­ver Dow­len « Sor­ted : Civic lot­te­ries and the future of public par­ti­ci­pa­tion », MASS LBP, 2008 http://​www​.masslbp​.com/​d​o​w​n​l​o​a​d​/​M​A​S​S​L​B​P​S​o​r​t​e​d​f​u​l​l​t​e​x​t​.​pdf

Extraits recen­sés par l’Université Popu­laire du Pays d’Aix :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​R​e​s​s​o​u​r​c​e​s​_​U​P​C​P​A​/​U​P​_​d​_​A​i​x​_​s​u​r​_​l​e​_​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​_​k​l​e​r​o​t​e​r​i​o​n​_​S​i​n​t​o​m​e​r​_​M​o​n​t​e​s​q​u​i​e​u​_​T​o​c​q​u​e​v​i​l​l​e​.​pdf

Vidéos de confé­rences :
Tirage au sort et poli­tique : de l’autogouvernement répu­bli­cain à la démo­cra­tie délibérative
(Yves Sin­to­mer, confé­rence au Col­lège de France, 15 février 2012)
http://www.college-de-france.fr/site/pierre-rosanvallon/seminar-2012–02–15–10h00.htm

Le tirage au sort comme bombe poli­ti­que­ment durable contre l’oligarchie – Étienne Chouard
Sor­ti­tion as a sus­tai­nable pro­tec­tion against oli­gar­chy (VF sous-titrée anglais) – Étienne Chouard
https://​you​tu​.be/​0​e​2​2​o​U​v​D​SwM

Sites syn­thé­tiques :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​.​php
http://​sto​cho​cra​tie​.free​.fr/
(en) http://​equa​li​ty​by​lot​.word​press​.com/
(en) http://​www​.consti​tu​tion​.org/
(en) http://​the​com​mon​lot​.com/

Articles de presse :
http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​s​/​2​0​1​4​/​0​3​/​0​7​/​l​e​s​–​e​l​e​c​t​i​o​n​s​–​n​–​o​n​t​–​j​a​m​a​i​s​–​e​t​e​–​c​o​n​c​u​e​s​–​p​o​u​r​–​e​t​r​e​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​s​_​9​8​5​329 ARTICLE SUPPRIMÉ
http://​www​.atlan​ti​co​.fr/​d​e​c​r​y​p​t​a​g​e​/​p​o​u​r​q​u​o​i​–​r​e​m​e​t​t​r​e​–​g​o​u​t​–​j​o​u​r​–​t​i​r​a​g​e​–​a​u​–​s​o​r​t​–​p​o​l​i​t​i​q​u​e​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​g​i​l​–​d​e​l​a​n​n​o​i​–​2​4​3​8​0​1​.​h​tml
http://​www​.lede​voir​.com/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​c​a​n​a​d​a​/​7​0​5​9​8​/​c​o​l​o​m​b​i​e​–​b​r​i​t​a​n​n​i​q​u​e​–​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​m​i​s​e​–​a​–​n​i​v​e​a​u​–​p​a​r​–​l​e​s​–​c​i​t​o​y​ens
http://​www​.lemonde​.fr/​e​l​e​c​t​i​o​n​–​p​r​e​s​i​d​e​n​t​i​e​l​l​e​–​2​0​1​2​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​2​/​0​1​/​1​1​/​d​e​s​–​c​a​n​d​i​d​a​t​s​–​p​a​r​–​t​i​r​a​g​e​–​a​u​–​s​o​r​t​–​p​o​u​r​–​r​a​p​p​r​o​c​h​e​r​–​l​e​s​–​p​o​l​i​t​i​q​u​e​s​–​d​e​s​–​c​i​t​o​y​e​n​s​_​1​6​2​7​9​6​5​_​1​4​7​1​0​6​9​.​h​tml


Cita­tions essentielles

« Allons-nous oublier […] que l’on tire meilleur par­ti d’une igno­rance asso­ciée à une sage pon­dé­ra­tion que d’une habi­le­té jointe à un carac­tère capri­cieux, et qu’en géné­ral les cités sont mieux gou­ver­nées par les gens ordi­naires que par les hommes d’esprit plus sub­til ? Ces der­niers veulent tou­jours paraître plus intel­li­gents que les lois […]. Les gens ordi­naires au contraire […] ne pré­tendent pas avoir plus de dis­cer­ne­ment que les lois. Moins habiles à cri­ti­quer l’argumentation d’un ora­teur élo­quent, ils se laissent gui­der, quand ils jugent des affaires, par le sens com­mun et non par l’esprit de com­pé­ti­tion. C’est ain­si que leur poli­tique a géné­ra­le­ment des effets heureux. »
Thu­cy­dide (citant Cléon), « La Guerre du Pélo­pon­nèse », II, 37,
in Œuvres com­plètes, Gal­li­mard, « La Pléiade », Paris, 1964.

« Le jury, et sur­tout le jury civil, sert à don­ner à l’esprit de tous les citoyens une par­tie des habi­tudes de l’esprit du juge ; et ces habi­tudes sont pré­ci­sé­ment celles qui pré­parent le mieux le peuple à être libre. […]
Il répand dans toutes les classes le res­pect pour la chose jugée et l’idée du droit. […]
Il enseigne aux hommes la pra­tique de l’équité. »
Toc­que­ville, « De la démo­cra­tie en Amé­rique », Livre 1, deuxième par­tie, cha­pitre VIII

Dia­gramme repré­sen­tant la consti­tu­tion des Athé­niens au IVe siècle
http://​com​mons​.wiki​me​dia​.org/​w​i​k​i​/​F​i​l​e​:​C​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​–​d​e​s​–​A​t​h​e​n​i​e​n​s​–​a​u​–​I​V​e​–​s​i​e​c​l​e​.​p​n​g​?​u​s​e​l​a​n​g​=fr
GNU FDL / CC By-SA Mathieugp avec contri­bu­tion de Wart­Dark. Amé­lio­ra­tions impor­tantes effec­tuées en mai 2010 grâce à la cri­tique construc­tive de Laurent Henry.

 > Dési­gna­tion des can­di­dats Nou­velle Donne aux européennes

 Source : http://​www​.nou​vel​le​donne​.fr/​l​e​–​t​i​r​a​g​e​–​a​u​–​s​o​r​t​–​e​n​–​p​o​l​i​t​i​que

On devrait être six (dont Edwy Ple­nel) lors de cette Table Ronde, et on aura deux heures (puis une heure 30 de ques­­tions-réponses) : on n’au­ra donc peu de temps pour défendre des idées ; il va fal­loir choisir.

Le pro­gramme est ici.

 

Pour mémoire, à l’oc­ca­sion de notre confé­rence à deux avec David Van Rey­brouck (déli­cieux sou­ve­nir), à Bruxelles, j’a­vais résu­mé en une dou­zaine de minutes les trois grands usages du tirages au sort en politique
que j’ai repé­rés, depuis presque dix ans que je tra­vaille sur cette procédure
(c’est de la minute 11:30 à 23:20) :

httpv://www.youtube.com/watch?v=8hrG-EcNdKM

Par ailleurs, la revue Hia­tus d’a­vril 2013 avait publié le réca­pi­tu­la­tif où je résume les vices de l’é­lec­tion et les ver­tus du tirage au sort :

Comparaison entre élections (de maîtres) et tirage au sort (de serviteurs)

(Il va sans dire que le tableau inverse peut être ten­té par celui qui en res­sen­ti­ra le besoin.)

Ce serait bien que les dif­fé­rents membres de Nou­velle Donne fassent bien ger­mer toutes ces idées (en allant SURTOUT jus­qu’au tirage au sort de l’As­sem­blée consti­tuante et des Chambres de contrôle — j’in­sis­te­rai là-des­­sus dimanche, si je le peux).
Ça a l’air bien par­ti (mais on peut pré­voir rai­son­na­ble­ment de nom­breux obs­tacles). Nous ver­rons bien.

J’es­père pou­voir y défendre l’i­dée d’une consti­tu­tion (for­cé­ment) d’o­ri­gine popu­laire, de citoyens (for­cé­ment) consti­tuants, et de tirage au sort (for­cé­ment) anti­dote anti-oli­­gar­­chique uni­ver­sel. (Et de l’in­dis­pen­sable sor­tie de l’UE, évidemment.)

J’ai hâte d’y être.

Étienne.

[Edit (10 sept 2014) :
la vidéo com­plète de cette table ronde est ici :
httpv://youtu.be/tSSw8ATP5XY]

Rendez-vous les 22 et 23 août près de Périgueux, pour la première Université d’Été du Revenu de Base, avec atelier constituant dédié à l’allocation universelle inconditionnelle

Je vous pro­pose de par­ti­ci­per à un ate­lier consti­tuant dédié au reve­nu de base (ou aux variantes pos­sibles, éga­le­ment éman­ci­pa­trices), ven­dre­di et same­di pro­chains, 22 et 23 août 2014, à la pre­mière Uni­ver­si­té d’é­té du reve­nu de base, près de Périgueux, 

Page d'accueil du site de l'université d'été du revenu de base, Périgueux, août 2014http://​uni​ver​site​.reve​nu​de​base​.info/

Le drame des êtres vivants sur terre, ce qui fonde « la malé­dic­tion du tra­vail », c’est LE CHANTAGE INSTITUÉ par 1% des humains (les grands pro­prié­taires) contre tout ce qui vit sur terre, et les TRAVAUX FORCÉS, le bagne pour tous, que ce chan­tage rend pos­sibles et appa­rem­ment inéluctables.

Ce chan­tage a besoin de quelques POINTS D’APPUI fon­da­men­taux (dont le dépla­ce­ment per­met­trait sans doute de nous débar­ras­ser des maîtres-chan­­teurs). Entre autres points d’appui,
le type de mon­naie uti­li­sé (aujourd’­hui pri­vée, rare, chère, à valeur stable),
la pos­si­bi­li­té d’une coer­ci­tion sur les indi­vi­dus (un État doté du mono­pole de la violence),
une anti­cons­ti­tu­tion qui per­met aux plus riches, grâce à un faux « suf­frage uni­ver­sel », d’a­che­ter les acteurs poli­tiques (manœu­vrant l’É­tat) et donc de pro­duire un DROIT inique, trop gen­ti­ment dénom­mé « capi­ta­lisme », qui met toute la socié­té à leur service,
la confis­ca­tion des terres (et des res­sources) ren­due pos­sible par le droit capitaliste,
• notre déses­pé­rante vul­né­ra­bi­li­té aux bobards et les sciences exactes de la trom­pe­rie,
• la divi­sion du tra­vail,
l’a­to­mi­sa­tion des travailleurs
• et leur dépen­dance à la mon­naie.

S’il fal­lait poin­ter un ou deux points d’ap­pui par­ti­cu­liè­re­ment déci­sifs des maîtres-chan­­teurs (à part le droit recon­nu par tous d’é­crire et de révi­ser la consti­tu­tion, qui est, selon moi, le prin­ci­pal ver­rou & levier des 1% contre les 99%), je choi­si­rais sans doute la créa­tion moné­taire pri­va­ti­sée et la dépen­dance indi­vi­duelle à la mon­naie.

L’i­dée du « reve­nu de base » s’en prend donc à notre dépen­dance à la mon­naie, mais ne parle pas de créa­tion monétaire.
Le « divi­dende uni­ver­sel » (de Sté­phane Laborde), lui, s’en prend aux deux à la fois, en finan­çant la mon­naie fon­dante du divi­dende par créa­tion moné­taire.
Mais son mon­tant (ses cal­culs pré­co­nisent 600€ par mois, si je me sou­viens bien) est à mon avis insuf­fi­sant, car il risque de lais­ser intactes les condi­tions du chan­tage des employeurs (en leur offrant même un effet d’au­baine, avec une pos­si­bi­li­té ines­pé­rée de bais­ser les salaires), je le crains : ce sera inté­res­sant d’en par­ler avec Sté­phane (il prend la parole ven­dre­di à 16h30).
J’es­père qu’il y aura dans cet évé­ne­ment des acti­vistes du réseau-sala­­riat pour défendre les puis­sants argu­ments de Ber­nard Friot en faveur du salaire à vie finan­cé par coti­sa­tion sociale. Poli­ti­que­ment, c’est l’en­semble de pro­po­si­tions le plus cohé­rent, je trouve.

Déci­der entre nous d’ins­ti­tuer un ver­se­ment d’argent incon­di­tion­nel et à vie, une somme suf­fi­sante pour vivre digne­ment sans tra­vailler, ce serait à la fois nous libé­rer des maîtres-chan­­teurs, et per­mettre à chaque humain de mener libre­ment l’ac­ti­vi­té qu’il juge la plus intelligente. 

De mon côté, j’ai repé­ré cer­taines des pro­po­si­tions qui vont dans le sens de cette éman­ci­pa­tion par dis­tri­bu­tion incon­di­tion­nelle de mon­naie, comme :
– le reve­nu de base ;
– le salaire à vie, finan­cé par nos coti­sa­tions sociales, avec qua­li­fi­ca­tion de la per­sonne et pas du poste, de Ber­nard Friot (c’est la pro­po­si­tion que je pré­fère, per­son­nel­le­ment ; mais toutes m’intéressent) ;
– le divi­dende uni­ver­sel finan­cé par créa­tion moné­taire de Sté­phane Laborde ;
– le cré­dit social défen­du par Louis Even…
J’es­père décou­vrir de nou­velles piste lors de ces jour­nées à Coulounieix-Chamiers. 


L’ob­jec­tion sur laquelle je vou­drais atti­rer l’at­ten­tion, c’est le fait que la dépen­dance à la mon­naie et aux employeurs (qui sont, pour nous, les seuls pour­voyeurs de mon­naie) est un rouage CENTRAL de la socié­té de tra­vaux for­cés (appe­lée frau­du­leu­se­ment « libé­ra­lisme ») mise en place à la fin du 18ème siècle par les grands mar­chands et par les banques ; et que les arti­sans de ce bagne (les par­le­men­taires, les ministres, et la plu­part des pro­fes­sion­nels de la poli­tique, qui ont bâti cette pri­son et qui l’en­tre­tiennent aujourd’­hui) ne lais­se­ront PAS détruire la clef de voûte de leur chan­tage per­ma­nent sans résister. 

En tout cas, ce ne sont PAS ces hommes-là qui écri­ront les règles de notre éman­ci­pa­tion, puis­qu’ils tirent pré­ci­sé­ment leur pou­voir et leurs pri­vi­lèges de notre infan­ti­li­sa­tion et de notre asservissement. 

Autre­ment dit, il ne sert à rien de deman­der cette ins­ti­tu­tion aux par­le­men­taires, la solu­tion ne vien­dra pas des « élus » (car ils ne servent, pour l’es­sen­tiel, que les riches qui les font élire). 

Autre­ment dit, si nous vou­lons ins­ti­tuer l’ou­til moné­taire de notre éman­ci­pa­tion des maîtres-chan­­teurs, il fau­dra l’é­crire nous-mêmes, et au plus haut niveau du droit pour le mettre à l’a­bri des péri­pé­ties poli­ti­ciennes quotidiennes.

D’où l’i­dée, ven­dre­di soir (18h), en plé­nière, d’ex­pli­quer rapi­de­ment cette idée, pour ali­men­ter & sti­mu­ler les tra­vaux pra­tiques du len­de­main, same­di matin (9h30), avec un ate­lier consti­tuant spé­cia­le­ment dédié à l’ins­ti­tu­tion du reve­nu de base (ou du salaire à vie, ou du divi­dende uni­ver­sel, etc.) : si nous écri­vions nous-mêmes la consti­tu­tion, avec quels mots le ferions-nous ? Et avec quelles moda­li­tés de mise à jour ? Indexa­tion auto­ma­tique ? Sur quel indice ? Contrô­lé par qui et com­ment ? Reve­nu mini­mum cou­plé ou pas avec un reve­nu maxi­mum ? Etc. 

Cette fin de soi­rée, cette nuit et ce petit matin, pla­cés entre l’ex­po­sé du ven­dre­di soir et l’a­te­lier du same­di matin, per­mettent habi­tuel­le­ment aux gens (on l’a déjà fait) de regrou­per des idées pro­met­teuses et de venir avec plein de sug­ges­tions, à échan­ger / véri­fier en petits groupes.

Ce sera la pre­mière fois qu’on dédie un ate­lier consti­tuant au reve­­nu-de-base/­­sa­­laire-à-vie/­­di­­vi­­dende-uni­­ver­­sel… J’ai hâte de voir ce que ça va donner.

Au plai­sir de vous y retrouver.

Étienne.


NB : Agnès Maillard, alias Le Mono­lecte, a écrit un bon papier sur le sujet :
De l’absolue néces­si­té d’un reve­nu universel 
http://​blog​.mono​lecte​.fr/​p​o​s​t​/​2​0​1​4​/​0​8​/​1​2​/​d​e​–​l​a​b​s​o​l​u​e​–​n​e​c​e​s​s​i​t​e​–​d​u​n​–​r​e​v​e​n​u​–​u​n​i​v​e​r​sel

Je suis très content de retrou­ver Agnès lors de cette ren­contre. Si vous ne connais­sez pas Agnès, allez lire Le Mono­lecte, le blog des agi­ta­teurs du vide, c’est passionnant 🙂

Qu’est-ce qu’un « atelier constituant » ?

Un « ate­lier consti­tuant » est une séance pra­tique, au cours de laquelle on s’entraîne — per­son­nel­le­ment et réel­le­ment, seul ou à plu­sieurs — à écrire des articles de notre constitution.

C comme Consti­tu­tion, C comme Citoyen :

L’idée du « Plan C », c’est que « ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’écrire les règles du pou­voir ». Nous n’avons PAS de Consti­tu­tion parce que NOUS la lais­sons écrire par les pro­fes­sion­nels de la poli­tique (qui sont pré­ci­sé­ment ceux qui ne devraient PAS l’écrire, puisqu’ils devraient la craindre). Nous n’aurons de consti­tu­tion QUE QUAND nous l’écrirons NOUS-MÊMES. La pro­po­si­tion, simple et forte, est donc, de façon auto­nome, sans rien deman­der à per­sonne, de deve­nir capables d’instituer nous-mêmes notre puis­sance poli­tique, en écri­vant d’abord (et en pro­té­geant ensuite) nous-mêmes une Consti­tu­tion d’origine Citoyenne.

Il s’agit donc, radi­ca­le­ment, de prendre nos pro­blèmes éco­no­miques et sociaux à leur racine, et il se trouve que cette racine est com­mune : nous avons une cause com­mune, c’est notre impuis­sance politique.

Les ate­liers consti­tuants sont donc la mise en pra­tique de la pro­po­si­tion théo­rique du Plan C, pour démon­trer et rendre sen­sible 1) que c’est pos­sible, et 2) que c’est beau­coup mieux : des humains dont ce n’est pas le métier peuvent très bien écrire eux-mêmes les règles supé­rieures qui ins­ti­tuent des pou­voirs publics (par­le­ment, gou­ver­ne­ment, jus­tice, médias et banques), et sur­tout des contre-pou­­voirs (sépa­ra­tion des pou­voirs, rota­tion des charges, chambres de contrôle tirées au sort, révo­ca­bi­li­té des acteurs, red­di­tion des comptes et réfé­ren­dums d’initiative popu­laire). Non seule­ment les simples citoyens peuvent le faire, mais ils sont les seuls à pou­voir le faire cor­rec­te­ment : les pro­fes­sion­nels de la poli­tique, eux, sont en conflit d’intérêts dans le pro­ces­sus constituant.

Sur le plan pra­ti­co pra­tique, c’est très simple : il suf­fit d’apporter de quoi écrire ; peut-être aus­si des mar­queurs et des grandes feuilles pour affi­cher au mur la syn­thèse de chaque ate­lier (pour la mise en com­mun à la fin)… N’importe qui peut faire un ate­lier consti­tuant, n’importe où et n’importe quand : il suf­fit d’en avoir envie.

Au plan indi­vi­duel (et inté­rieur), cet entraî­ne­ment pra­tique rend pos­sible et enclenche une muta­tion fon­da­men­tale : un ate­lier consti­tuant trans­forme un élec­teur consti­tué (un enfant poli­tique) en citoyen consti­tuant (un adulte poli­tique). Et en pre­nant nos pro­blèmes par ce bout-là, nos uto­pies deviennent des pro­jets poli­tiques ; ce que nous pre­nions pour des obs­tacles insur­mon­tables dis­pa­raît. Essayez, vous ver­rez, c’est enthou­sias­mant :o)

Étienne Chouard.

PS : mer­ci au jeune Kra­po, pour ses des­sins, patiem­ment tra­vaillés avec une bande de virus.

Rendez-vous à Bordeaux, le 21 août, pour un atelier constituant

Ça fait long­temps que je ne suis pas allé à la ren­contre des virus atlan­tiques (la der­nière fois, c’é­tait pour une confé­rence avec Ber­nard Friot)…

« La Révo­lu­tion des Gre­nouilles » a pré­pa­ré tout ce qu’il faut, à Bor­deaux, pour que nous puis­sions, une nou­velle fois, nous entraî­ner à ins­ti­tuer nous-mêmes notre puis­sance poli­tique (celle-là même que nous refusent, obs­ti­né­ment et hypo­cri­te­ment, les « élus » de la « répu­blique » depuis 200 ans).

Ce sera jeu­di pro­chain, 21 août 2014, à 19h30. Voi­ci les liens utiles :

http://​lare​vo​lu​tion​des​gre​nouilles​.fr/​?​p​=​635

Sug­ges­tion (par­fai­te­ment indi­ca­tive ; nous sommes libres) :

Je viens de finir le livre épa­tant de David Grae­ber, « La démo­cra­tie aux marges », et je vou­drais vous invi­ter, après avoir résu­mé les points que j’ai trou­vés bou­le­ver­sants dans ce bou­quin, à nous concen­trer ce soir sur les articles rela­tifs à la créa­tion des lois : com­ment com­po­ser le par­le­ment (élec­tions avec ou sans can­di­dats ? élec­tions ou tirage au sort ? ou les deux ?), com­ment voter les lois (majo­ri­té ou consen­sus ? Quel mode de scru­tin ?), à quelle échelle ? (natio­nale ou locale ? Quels domaines pour le local ? quels domaines pour le natio­nal ?), quelles garan­ties et moda­li­tés pour l’i­ni­tia­tive popu­laire, etc.

Pre­nez de quoi écrire ! 🙂

Et puis, si vous avez un peu bos­sé sur la façon (fon­ciè­re­ment anti­dé­mo­cra­tique, démo­phobe même) dont notre anti­cons­ti­tu­tion de 1958 pré­voit que les lois seront tou­jours écrites SANS NOUS et même MALGRÉ NOUS s’il le faut, ce sera bien, parce que vous irez plus vite à l’essentiel.

Le texte de notre anti­cons­ti­tu­tion (à avoir tou­jours à por­tée de la main, pour apprendre seul à faire mieux) : en PDF  ou en livre.

L’an­nonce sur Facebook…

Au plai­sir de vous revoir bien­tôt, bande de virus 🙂

HOLOCAUSTE DES ANIMAUX NON HUMAINS : pétition pour un nouveau statut juridique de l’animal

la mul­ti­pli­ca­tion sur Terre des holo­caustes (mas­sacres indus­triels) pousse à en cher­cher les causes pro­fondes. Le plus bana­li­sé, et sans doute le plus ancien, des holo­caustes, celui des ani­maux, est peut-être le pre­mier, dont la léga­li­té juri­dique légi­time au fond les autres. 

Je res­sens sou­vent les tor­tures et les mas­sacres infli­gés sans remord aux ani­maux comme une des racines impor­tantes des tor­tures et des mas­sacres infli­gés sans remord à des humains, comme si le mépris abso­lu de cer­tains être vivants et sen­sibles ren­dait pos­sible – et donc pré­vi­sible – le mépris abso­lu de n’im­porte quel être vivant et sen­sible, et donc nos sem­blables : dans un tel sys­tème juri­dique d’im­pu­ni­té pour les crimes contre les ani­maux, il suf­fit à un homme mal­veillant d’a­ni­ma­li­ser ceux dont il veut se débar­ras­ser pour légi­ti­mer les pires horreurs.

Par­mi les actions que nous pour­rions entre­prendre de façon radi­cale (c’est-à-dire en pre­nant les pro­blèmes à la racine), il y a le sta­tut juri­dique que les hommes (ani­maux humains, armés) donnent aux bêtes (ani­maux non humains, désarmés).

Une péti­tion lan­cée par l’as­so­cia­tion « 30 mil­lions d’a­mis » demande au légis­la­teur (mais si, vous savez, l’as­sem­blée d’a­ni­maux humains « élus » par leurs sem­blables pour obser­ver et com­prendre « la volon­té géné­rale », pour ensuite la retrans­crire en « lois »), une péti­tion demande au légis­la­teur, donc, de modi­fier notre Code civil pour ces­ser de consi­dé­rer les ani­maux comme des « meubles ». En droit, la défi­ni­tion des biens meubles est néga­tive : sont meubles tous les biens non immeubles, et les ani­maux en font par­tie, pour l’ins­tant. La péti­tion demande for­mel­le­ment que les ani­maux non humains ne soient plus qua­li­fiés juri­di­que­ment de meubles, mais plu­tôt d’êtres vivants sensibles.

Pour un nou­veau sta­tut juri­dique de l’a­ni­mal – Pétition :

http://​www​.30mil​lions​da​mis​.fr/​j​a​g​i​s​/​s​i​g​n​e​r​–​l​a​–​p​e​t​i​t​i​o​n​/​j​e​–​s​i​g​n​e​/​2​2​–​p​o​u​r​–​u​n​–​n​o​u​v​e​a​u​–​s​t​a​t​u​t​–​j​u​r​i​d​i​q​u​e​–​d​e​–​l​a​n​i​m​al/

Il est pos­sible que la pos­si­bi­li­té même de cho­si­fier les ani­maux soit un obs­tacle logique puis­sant qui nous empêche depuis des mil­lé­naires de nous pro­té­ger  contre les tue­ries, en ren­dant légi­times et non cri­mi­nelles cer­taines tueries.

Il est donc pos­sible que décho­si­fier les ani­maux soit un che­min qui nous conduise pro­gres­si­ve­ment à décho­si­fier les hommes VRAIMENT.

Je dis pos­sible pour être pru­dent, mais je pense plu­tôt pro­bable.


Rap­pel (voir tout le fil de com­men­taires) des tor­tures que nous sommes capables, sans remord ni peine, d’im­po­ser en masse à nos com­pa­gnons de vie sur terre, les ani­maux, nous autres humains soi disant supé­rieurs en dignité :

Le coup de poing dans la figure du film Earth­lings (Ter­riens). Le sort que les ani­maux « hommes » réservent aux autres ter­riens — l’a­bus de pou­voir géné­ra­li­sé, cruel et indus­triel­le­ment quo­ti­dien — est un trai­te­ment digne des nazis.

écorchés vifs pour leur fourrure, des animaux non humains

En faisant preuve de retenue, la Russie n’a fait que persuader Washington qu’elle était faible, par Paul Craig Roberts, traduit et signalé par les​-crises​.fr

Encore un billet pas­sion­nant et impor­tant sur le blog d’Olivier.
http://​www​.les​-crises​.fr/​p​c​r​–​r​u​s​s​i​e​–​f​a​i​b​le/
Je le repro­duis in exten­so parce que je trouve que ce qui y est dit est vital.
Mer­ci à Oli­vier et à ses lec­teurs, pour ce tra­vail d’u­ti­li­té publique. Faites passer.
ÉC
« Un billet de Paul Craig Roberts…
Je rap­pelle que cet éco­no­miste et jour­na­liste paléo­con­ser­va­teur amé­ri­cain a été sous-secré­­taire au Tré­sor dans l’administration Rea­gan (1981−1982), et est un des pères fon­da­teurs des Reaganomics.
Il a éga­le­ment été rédac­teur en chef adjoint au Wall Street Journal.
Sa vision décape, en général… »
[Oli­vier Berruyer]
Olivier Berruyer (www.les-crises.fr)

Paul Craig Roberts, 1er août 2014 :

Je viens juste d’entendre deux choses sur la radio publique natio­nale [NPR] qui ont com­plè­te­ment anéan­ti le peu de confiance qu’il me res­tait encore dans l’Administration amé­ri­caine. J’en ai conclu que l’expression « un Amé­ri­cain intel­li­gent » est un oxymore.

Les élites amé­ri­caines ont déci­dé que les Amé­ri­cains n’étaient pas suf­fi­sam­ment mena­cés par la guerre et le chaos éco­no­mique, aus­si nous apportent-elles le virus Ebo­la en Amé­rique. La radio publique natio­nale [NPR] a annon­cé que deux per­sonnes infec­tées par le virus Ebo­la, qui est incu­rable et géné­ra­le­ment mor­tel, ont été conduites à l’hôpital uni­ver­si­taire d’Emory à Atlan­ta, en Géor­gie. Il suf­fit d’une toux, d’un éter­nue­ment, d’une goutte de salive, et le virus est relâ­ché dans l’un des prin­ci­paux centres du réseau de trans­port des États-Unis.

Une pan­dé­mie, ça vous tente ? Il y a peu de doutes que toute la pla­nète ou presque pous­se­rait un grand sou­pir de sou­la­ge­ment d’être débar­ras­sé de Washington.

Les por­teurs de l’Ebola seront pré­ten­du­ment mis en qua­ran­taine dans des locaux spé­ciaux. Mais nous savons déjà que les hôpi­taux amé­ri­cains ne sont même pas capables de conte­nir les infec­tions noso­co­miales [http://​rt​.com/​u​s​a​/​1​7​7​4​0​8​–​n​i​g​h​t​m​a​r​e​–​b​a​c​t​e​r​i​a​–​a​n​t​i​b​i​o​t​i​c​–​s​o​u​t​h​e​a​st/]. Qu’advient-il des cou­verts, assiettes, bols et verres qu’utilisent les per­sonnes infec­tées pour man­ger et boire ? Et qui s’occupe de net­toyer les lits ? Une bourde faite par une per­sonne, une déchi­rure dans un gant en caou­tchouc, et le virus est lâché dans la nature.

Si on ne meurt pas d’Ebola, on devra encore échap­per à une guerre nucléaire.

J’ai écou­té une par­tie de la confé­rence de presse d’Obama. Oba­ma accuse Pou­tine de faire tout ce qu’Obama est le seul à faire. Si Oba­ma croit ce qu’il a dit à la presse, il se laisse mener en bateau par ses conseillers. S’il ne croit pas en la pro­pa­gande gros­sière dont il parle, il nous mène tout à fait consciem­ment vers une guerre avec la Rus­sie, ce qui signi­fie pro­ba­ble­ment aus­si la guerre avec la Chine et notre fin à tous.

Gar­dez à l’esprit qu’en huit ans, l’armée amé­ri­caine a été inca­pable d’occuper l’Irak avec suc­cès, et qu’en 13 ans, les États-Unis ont été inca­pables de venir à bout de quelques mil­liers de Tali­bans fai­ble­ment armés en Afghanistan.

La Rus­sie et la Chine ne sont pas l’Irak, la Libye ou l’Afghanistan.

La guerre avec la Rus­sie sera nucléaire. Washing­ton s’y est pré­pa­ré. Washing­ton a aban­don­né le trai­té ABM, a créé ce qu’il pense être un « bou­clier anti-mis­­siles balis­tiques », et a chan­gé sa doc­trine de guerre pour per­mettre aux USA de lan­cer les pre­miers une attaque nucléaire . Tout ceci évi­dem­ment diri­gé contre la Rus­sie, ce que son gou­ver­ne­ment sait très bien. Com­bien de temps la Rus­sie va-t-elle res­ter les bras croi­sés à attendre la pre­mière frappe de Washington ?

La Rus­sie n’a rien fait d’autre que d’opposer des obs­tacles tar­difs aux men­songes de Washing­ton, ceux que Washing­ton uti­lise pour déclen­cher des guerres. La Rus­sie (et la Chine) se sont lais­sées ber­ner par Washing­ton et les armes de des­truc­tion mas­sive ira­kiennes. La Rus­sie (et la Chine) se sont lais­sées ber­ner par Washing­ton sur la soi-disant traque de 13 ans de Ben Laden, qui aurait néces­si­té la conquête et l’occupation de l’Afghanistan. La Rus­sie (et la Chine) sont tom­bées dans le pan­neau lorsque Washing­ton a affir­mé que la réso­lu­tion des Nations unies éta­blis­sant une zone d’exclusion aérienne sur la Libye avait pour but d’empêcher l’armée de l’air de Kadha­fi de bom­bar­der son propre peuple. Avant de décou­vrir que Washing­ton fai­sait un usage abu­sif de cette réso­lu­tion en envoyant la force aérienne de l’OTAN ren­ver­ser le gou­ver­ne­ment libyen.

Lorsque Washing­ton a tra­cé une « ligne rouge » concer­nant l’utilisation d’armes chi­miques par le gou­ver­ne­ment syrien contre les forces exté­rieures – celles que Washing­ton avait orga­ni­sées et envoyées en Syrie pour ren­ver­ser le gou­ver­ne­ment – ne ces­sant de pré­tendre que ces mer­ce­naires isla­mistes étaient les vrais repré­sen­tants de la démo­cra­tie en Syrie, la plus grande par­tie du monde a su que Washing­ton était sur le point d’organiser une attaque chi­mique et d’accuser Assad. Quand l’attaque a eu lieu au moment pré­vu, cette fois la Rus­sie et la Chine ne s’y sont pas lais­sé prendre. Pas plus que le Par­le­ment bri­tan­nique. Washing­ton n’a pu pro­duire la moindre preuve des accu­sa­tions que Washing­ton avait mon­tées de toute pièce, et qui lui auraient au moins valu le concours des Bri­tan­niques pour un assaut mili­taire contre la Syrie. La Rus­sie, en revanche, fut capable d’apporter des preuves, et celles-ci ont déjoué le com­plot de Washing­ton à l’encontre de la Syrie.

Cette inter­ven­tion de la Rus­sie a pro­vo­qué la colère de Washing­ton, tout comme celle qui avait déjoué les mani­gances de Washing­ton en vue d’attaquer l’Iran. Washing­ton, sans aucune preuve, et en contra­dic­tion avec les rap­ports des ins­pec­teurs de l’Agence Inter­na­tio­nale pour l’Énergie Ato­mique opé­rant sur le ter­rain, selon les­quels il n’y avait jamais eu de détour­ne­ment d’uranium du pro­gramme nucléaire légal vers un pro­gramme d’armement, avait quand-même mis en place ce qu’il fal­lait pour une attaque de l’Iran. Celle-ci s’est retrou­vée encer­clée par une qua­ran­taine de bases mili­taires amé­ri­caines et mena­cé par deux des flottes de Washing­ton au large de ses côtes.

Mais la Rus­sie s’est inter­po­sée et a éla­bo­ré un plan que Washing­ton a été obli­gé d’accepter : main­te­nir l’enrichissement d’uranium ira­nien à un niveau suf­fi­sant pour pro­duire de l’énergie, mais bien trop bas pour ser­vir à l’armement.

Deux mau­vaises notes pour la Rus­sie, dont le gou­ver­ne­ment a empê­ché des guerres que Washing­ton vou­lait. La Rus­sie (et la Chine) étaient cen­sées ava­li­ser les men­songes de Washing­ton, à l’instar des États-pan­­tins de l’Europe et autres pays lui ayant aban­don­né leur sou­ve­rai­ne­té depuis belle lurette : Cana­da, Aus­tra­lie, et Japon.

Mal­heu­reu­se­ment pour elle, en mon­trant qu’elle avait à pré­sent suf­fi­sam­ment de pou­voir et d’influence pour blo­quer les plans de guerre de Washing­ton, la Rus­sie a, de fac­to, déclen­ché la doc­trine Wol­fo­witz à son encontre. J’ai déjà cité cette doc­trine dans des articles récents, mais vous pou­vez cher­cher sur Google et la décou­vrir par vous-même. Cette doc­trine est la base de la poli­tique étran­gère de Washing­ton. Elle affirme que l’objectif prin­ci­pal de Washing­ton est d’empêcher la mon­tée de tout pays qui pour­rait faire obs­tacle à son hégé­mo­nie sur le monde. (La doc­trine men­tionne expli­ci­te­ment la Rus­sie, mais elle s’applique aus­si à la Chine.)

Washing­ton est per­tur­bé parce que la Rus­sie a, par deux fois, déjoué ses inten­tions bel­li­queuses et parce que le Par­le­ment du Royaume-Uni, État fan­toche des US, a voté du côté des Russes.

Washing­ton est aus­si pré­oc­cu­pé par la mon­tée des rela­tions éco­no­miques et poli­tiques entre ses marion­nettes euro­péennes et la Rus­sie. Les pays euro­péens, par­ti­cu­liè­re­ment l’Allemagne, ont des liens éco­no­miques nom­breux et fruc­tueux avec la Rus­sie, et toute l’Europe est dépen­dante de la four­ni­ture d’énergie russe.

Washing­ton a donc conclu qu’il ris­quait de voir le contrôle de l’Europe lui échap­per. Pen­dant que le gou­ver­ne­ment russe s’endormait aux com­mandes lors des Jeux olym­piques, Washing­ton a réus­si son coup à Kiev.

Le néo­con­ser­va­trice Vic­to­ria Nuland, appoin­tée par Oba­ma comme Sous-secré­­taire d’Etat, a annon­cé en confé­rence de presse en décembre der­nier que Washing­ton avait dépen­sé cinq mil­liards de dol­lars, ache­tant des ONG ukrai­niennes pour for­mer une “cin­quième colonne” pou­vant s’introduire dans des mani­fes­ta­tions en vue de désta­bi­li­ser un gou­ver­ne­ment, mani­pu­lant et ache­tant des poli­ti­ciens ukrai­niens des­ti­nés à ser­vir de lar­bins à Washing­ton. Nuland,bien sûr, a pré­sen­té cet achat de l’Ukraine par Washing­ton comme étant “une grande avan­cée” de la démocratie.

Le coup d’État de Washing­ton contre un gou­ver­ne­ment démo­cra­ti­que­ment élu a mis au pou­voir des extré­mistes pro­cla­mant leur haine des Juifs et des Russes. Ces extré­mistes ont détruit les mémo­riaux russes com­mé­mo­rant la libé­ra­tion de l’Ukraine du Troi­sième Reich par la Rus­sie, ont pros­crit le russe comme langue offi­cielle régio­nale, et s’en sont vio­lem­ment pris phy­si­que­ment aux russophones.

L’Ukraine a tou­jours été une zone aux fron­tières chan­geantes. Comme l’ont dit cer­tains, « l’Ukraine est un pays à la recherche de fron­tières ». Quand l’Ukraine était une pro­vince sovié­tique, les diri­geants sovié­tiques rat­ta­chèrent, pour diverses rai­sons, des pro­vinces tra­di­tion­nel­le­ment russes à la Répu­blique Socia­liste Sovié­tique d’Ukraine. Après l’effondrement de l’Union Sovié­tique en 1991, la pres­sion de Washing­ton sur une Rus­sie affai­blie condui­sit à sépa­rer l’Ukraine de la Rus­sie, y com­pris la Cri­mée qui fai­sait par­tie de la Rus­sie depuis les années 1700 et consti­tuait son accès aux mers chaudes.

Les popu­la­tions russes des ex-ter­­ri­­toires russes rat­ta­chés à l’Ukraine, de manière incon­si­dé­rée, par les diri­geants sovié­tiques ont été alar­mées par l’extrême rus­so­pho­bie du gou­ver­ne­ment mis en place à Kiev par Washing­ton. Les ex-ter­­ri­­toires russes ont voté pour rejoindre leur pays d’origine et quit­ter l’Etat fan­toche rus­so­phobe éta­bli à Kiev par les États-Unis.

Le gou­ver­ne­ment russe a accep­té la demande de la Cri­mée, mais a repous­sé les demandes éma­nant d’autres ex-pro­­vinces russes afin de démon­trer à l’Europe que la Rus­sie ne fai­sait pas de pro­vo­ca­tion et n’était pas à l’origine de cette crise. Pou­tine a même fait annu­ler par la Dou­ma son pou­voir d’intervenir en Ukraine pour pro­té­ger les pro­vinces séces­sion­nistes. Cette rete­nue a gêné plus qu’aidé la posi­tion du gou­ver­ne­ment russe. Washing­ton a usé de sa machine de pro­pa­gande pour qua­li­fier l’autodétermination des Cri­méens d’« inva­sion et annexion de la Cri­mée par la Russie ».

La rete­nue de la Rus­sie à l’égard des demandes des autres anciennes pro­vinces russes pour rejoindre la Rus­sie a eu pour consé­quence une attaque mili­taire déclen­chée par le gou­ver­ne­ment fan­toche de Kiev, encou­ra­gé par Washing­ton, contre les pro­vinces sépa­ra­tistes, attaque que la Rus­sie a refu­sé d’accepter. La pro­pa­gande de Washing­ton a ensuite réus­si à accu­ser la Rus­sie d’être res­pon­sable de la guerre que Washing­ton a lan­cée sur les pro­vinces séparatistes.

Washing­ton n’a aucun inté­rêt pour la véri­té. De ce fait, la Rus­sie ne peut pas gagner la pro­pa­gande de guerre lorsque Washing­ton en contrôle la langue : l’anglais. Les médias occi­den­taux, quant à eux, sont des abru­tis don­nant les mains libres à Washing­ton pour exter­mi­ner toute vie sur Terre.

Si le gou­ver­ne­ment russe avait accep­té la demande des pro­vinces sépa­ra­tistes, il n’y aurait eu aucune guerre. Le gou­ver­ne­ment ukrai­nien est certes cin­glé et contrô­lé par Washing­ton, mais pas au point d’attaquer les ter­ri­toires recon­nus par la Rus­sie comme étant les siens.

En fai­sant preuve de rete­nue, la Rus­sie n’a fait que per­sua­der Washing­ton qu’elle était faible, et Washing­ton a aug­men­té la pres­sion. La Rus­sie a convain­cu l’Europe qu’il ne lui en coû­te­rait rien de se plier aux sanc­tions de Washing­ton contre la Rus­sie. En comp­tant sur la bonne volon­té, la rai­son, la véri­té et les preuves, la Rus­sie s’est trom­pée sur Washing­ton et ses ser­viles marion­nettes européennes.

Ce qu’Obama vou­lait dire lors de sa confé­rence de presse à la Mai­son Blanche aujourd’hui (1er août) lorsqu’il a dit que Pou­tine devrait uti­li­ser la diplo­ma­tie – ce que Pou­tine n’a ces­sé de faire en vain – c’est que Pou­tine devrait rendre la Cri­mée au gou­ver­ne­ment de pan­tins de Washing­ton à Kiev, mal­gré l’opposition des habi­tants de Cri­mée et du peuple russe. Cela per­met­trait à Washing­ton d’expulser la Rus­sie de son port de mer chaude et de son accès à la mer Médi­ter­ra­née et ren­drait inutile la base navale de la Rus­sie à Tar­tous, en Syrie. Oba­ma veut aus­si que Pou­tine envoie des forces mili­taires russes dans les zones sépa­ra­tistes de l’Ukraine, régions qui fai­saient tra­di­tion­nel­le­ment par­tie de la Rus­sie, pour sou­mettre ces ter­ri­toires sépa­ra­tistes au gou­ver­ne­ment de pan­tins de Washing­ton à Kiev.

Telle est la posi­tion « diplo­ma­tique » de Washing­ton. Seule une per­sonne tota­le­ment démente pour­rait consi­dé­rer la posi­tion d’Obama comme réaliste.

En tant que per­sonne consi­dé­rée comme saine d’esprit par les médias mon­diaux, et par­ve­nant à des conclu­sions rai­son­nables mal­gré la pro­pa­gande de Washing­ton, je suis sou­vent inter­viewé par des médias étran­gers ain­si que des médias amé­ri­cains indé­pen­dants. Der­niè­re­ment, les médias russes se sont tour­nés vers moi à de nom­breuses occa­sions. Ce que j’ai appris est que l’hostilité de Washing­ton envers la Rus­sie rend per­plexes les médias russes.

La Rus­sie n’agit pas dans le vieux Sud Confé­dé­ré pour essayer de mon­ter les États sudistes contre Washing­ton du fait des vols, des meurtres et de la des­truc­tion de la culture sudiste com­mis par Washing­ton. Mais Washing­ton se per­met d’agir dans le sud de la Rus­sie en essayant de mon­ter l’Ukraine, long­temps par­tie inté­grante de la Rus­sie, contre la Russie.

Comme les Russes, sauf peut-être au sein du gou­ver­ne­ment, ignorent l’existence de la doc­trine Wol­fo­witz, ils ne savent pas que le but prin­ci­pal de Washing­ton est d’empêcher l’avènement de toute autre puis­sance qui pour­rait limi­ter son rôle de Moi-le-Pou­­voir-Unique, d’Hegemon sur la Terre. Au lieu de com­prendre la véri­table nature de la menace, les médias russes me demandent si les finances russes peuvent se per­mettre de répondre aux sanc­tions de Washing­ton et de l’UE en cou­pant les appro­vi­sion­ne­ments en éner­gie de l’Europe.

Je suis sur­pris à chaque fois que j’entends cette ques­tion. La Rus­sie peut pro­vo­quer l’arrêt d’une grande par­tie de l’industrie euro­péenne et pri­ver les Euro­péens de chauf­fage pen­dant l’hiver, et les médias russes me demandent si la Rus­sie peut se le permettre ?!

La Rus­sie peut-elle se per­mettre d’être dia­bo­li­sée par des men­songes, ense­ve­lie sous un tas de sanc­tions pro­pa­gan­distes qui affec­te­ront l’Europe et cer­taines socié­tés amé­ri­caines, de mon­trer une image d’elle-même si faible et si dému­nie face aux sanc­tions occi­den­tales qu’elle doive les accep­ter sans même en faire peser le coût sur l’Europe et les États-Unis ?

Les Russes, à leur tour, auraient-ils subi un lavage de cer­veau de Washington ?

Je suis pré­oc­cu­pé par la crise que Washing­ton a orches­trée, parce que je pense qu’elle va mener à la guerre, et qu’elle sera nucléaire. Êtes-vous prêts à être détruits suite aux men­songes de Washing­ton concer­nant un avion de ligne malai­sien ? Je suis convain­cu que Washing­ton est der­rière la des­truc­tion du vol MH-17, car leur pro­pa­gande était déjà prête et est entrée immé­dia­te­ment en action. Que Washing­ton soit res­pon­sable est la rai­son pour laquelle Washing­ton ne veut pas publier les pho­tos satel­lites de la zone au moment de la des­truc­tion de l’avion de ligne. Que Washing­ton soit res­pon­sable est la rai­son pour laquelle Washing­ton répond aux preuves fac­tuelles de la Rus­sie avec des men­songes et de la pro­pa­gande. C’est Oba­ma et ses lar­bins à Kiev qui refusent de négo­cier, pas la Russie.

La Rus­sie a autant de têtes nucléaires que Washing­ton, et le « bou­clier ABM » de Washing­ton n’est qu’une farce. Si ce gou­ver­ne­ment amé­ri­cain insen­sé engendre une crise menant à la guerre, que seul Washing­ton aura cau­sée, nous allons tous mou­rir, et pour quoi ? La réponse est : pour un MENSONGE de Washington.

Vou­­lez-vous mou­rir pour un men­songe ? Un autre men­songe de Washington ?

Si vous ne vou­lez pas, vous feriez bien d’en faire part à Washington.

La Rus­sie ne peut mettre fin à cette crise sans taper du poing sur la table. J’ai sou­te­nu l’idée que la Rus­sie devrait plai­der son cas aux Nations Unies. Ou alors, le gou­ver­ne­ment russe doit poser à l’Europe deux ques­tions. La pre­mière : l’Europe veut-elle que la Rus­sie lui coupe ses appro­vi­sion­ne­ments en éner­gie, éner­gie que Washing­ton, mal­gré ses men­songes, ne pour­ra rem­pla­cer avant 3 ans voire plus, si tant est qu’elle le puisse ? L’autre ques­tion est : l’Europe veut-elle la guerre avec la Rus­sie et l’Europe pense-t-elle que ces pays idiots qui hébergent les mis­siles de Washing­ton ne se retrou­ve­ront pas ato­mi­sés et exterminés ?

Cette crise en Ukraine conti­nue­ra aux dépens de la Rus­sie et de toute l’humanité jusqu’à ce que la Rus­sie explique à l’Occident stu­pide, arro­gant et empli d’hubris que les actions cri­mi­nelles et agres­sives de l’Occident contre la Rus­sie com­portent un coût réel et que la Rus­sie est prête à le faire payer.

Les Occi­den­taux qui subissent la pro­pa­gande n’ont aucune idée du des­tin vers lequel leurs gou­ver­ne­ments déments les conduisent. Il faut que la Rus­sie signi­fie clai­re­ment aux Occi­den­taux vic­times de la pro­pa­gande et du lavage de cer­veau qu’elle ne sera pas le jouet de l’Occident et n’acceptera pas l’agression gra­tuite du fou de la Mai­son Blanche.

Si la Chine en fai­sait autant, cela pour­rait contri­buer à sau­ver la vie sur terre. Le plus tôt serait le mieux.

Si le monde ne freine pas les cri­mi­nels déments de Washing­ton, le monde a signé son propre arrêt de mort.

Source : Paul Craig Roberts, tra­duc­tion col­lec­tive par les lec­teurs du blog www​.les​-crises​.fr

Source : http://​www​.les​-crises​.fr/​p​c​r​–​r​u​s​s​i​e​–​f​a​i​b​le/