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Soirée Constituante au sujet de la guerre en Ukraine, en direct avec Patrick Pasin, mercredi 1er mars 2023 à 20h
Soirée constituante avec Patrick Pasin, éditeur, auteur, producteur et réalisateur de documentaires, conférencier, … Extrait 20 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=f4nYnw5xMEE&t=827s Émission complète : https://youtu.be/qcz_m_3hXkI?t=263 SOMMAIRE 00:00 Préparation 4:23 Intro 9:06 Patrick Pasin (exposé du problème) 1:16:05 Atelier constituant (élaboration de solutions) 1:51:34 Pour participer à l’atelier 2:08:20 Questions et réactions du public 2:26:27 Recommandations de livres et…
Débat avec Philippe Murer contre le RIC constituant en direct jeudi 16 février à 19h
Le Mouvement Constituant Populaire nous invite en direct jeudi soir 16 février à 19h à un débat avec Philippe Murer, voici la rediffusion : https://www.youtube.com/watch?v=kYIqimJ723w Vérifier les faits sur CaptainFact – Répondre au sondage sur Telegram « Pour ou contre le RIC constituant ». Sommaire de la vidéo 00:00 Introduction 02:00 Présentation 08:00 Arguments de Philippe Murer contre le RIC constituant (18 minutes) 26:19 Réaction d’un citoyen Suisse (Pierre Alain Bruchez) (12 minutes)…
Vidéo TVL : La démocratie morte et enterrée ? – Bistro Libertés avec Etienne Chouard
Merci TVL pour leur invitation : « Etienne Chouard, le père du référendum d’initiative citoyenne (RIC) est l’invité spécial d’Eric Morillot. C’est une icône des Gilets Jaunes. Qu’on le classe comme populiste de gauche ou de droite, peu importe : c’est un adversaire qui compte du mondialisme. Avec Mike Borowski Myriam Palomba, Greg Tabibian et Georges Matharan, ils débattront sur deux sujets qui sont au cœur de l’actualité avec l’utilisation abusive du 49–3 et la réforme des retraites : 1)…
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« (Re)prenons notre vie en main », rdz-vs près d’Annecy, les 27 et 28 sept. 2014, aux ‘Journées Nationales de la Transition Citoyenne’
Rendez-vous avec les gentils virus de Savoie (et des environs), à l’occasion des Journées Nationales de la Transition Citoyenne, samedi 27 septembre 2014, à 14 h30 à Poisy, près d’Annecy :

Nous aurons plus de temps que d’habitude, pour nos échanges et ateliers : samedi après-midi et dimanche matin. Ceci nous permettra d’approfondir la réflexion sur des articles qui le méritent.
Le planning : http://framacalc.org/planning_journer_transition
Ce sera au Lycée agricole de Poisy
Route École Agriculture, 74330 Poisy
Nous aurons le grand plaisir d’y retrouver Ana 🙂
À tout bientôt.
Étienne.
[Mise à jour, 10 octobre 2014 :
Quelques images, quelques traces, arrivent, de tous ces bons moments passés ensemble. Des entretiens à côté de la conférence et des ateliers, et puis la conférence et le débat.
httpv://youtu.be/fgwlCw8M1WE
httpv://youtu.be/Wm51mKXIpNo
httpv://youtu.be/P835JQmtKOk
La vidéo de la conférence — nous étions quelque 400, je crois — (coupées en plusieurs petits films sur deux pages) :
(Je ne sais pas les enregistrer, ni les placer en incrustation ici. Si quelqu’un peut m’aider…)
http://www.librinfo74.fr/2014/10/a‑la-fete-de-la-transition-citoyenne-etienne-chouard-nous-propose-detre-des-constituants/
http://www.librinfo74.fr/2014/10/suite–a–la–fete–de–la–transition–citoyenne–etienne–chouard–nous–propose–detre–des–constituants/
httpv://youtu.be/BMkbhEG1g4k
Étienne.]
François Asselineau invité à l’émission TV ‘On n’est pas couché’ samedi 20 sept. 2014
François Asselineau (sans doute notre meilleur donneur d’alerte sur tout ce qui touche à l’UE) est enfin invité à la télévision, et à une heure de grande écoute ; c’est samedi prochain (20 sept. 2014).
Ça devrait bien stimuler (et alimenter en arguments) la prise de conscience populaire du piège radicalement antidémocratique qu’est la prétendue « Union européenne », depuis sa conception.
Quelle démocratie voulons-nous aujourd’hui ? Rdz-vs à Aix-en-Prov, le 23 sept, avec F. Bosqué (Tera)
Vous vous souvenez que j’ai rencontré Frédéric Bosqué lors de l’Université d’été du Revenu de Base (ici, la vidéo de notre entretien).

Page Facebook du projet Tera.
Je vais retrouver Frédéric à Aix-en-Provence mardi prochain (à 19h30, après les cours), pour une « double conférence/débat » (qui se déroulera peut-être en « dialogue/débat », on verra 🙂 )
Ce sera au 385 rue Serpentine, 13510 Éguilles.
Au plaisir d’y retrouver plein de gentils virus provençaux — avec leurs voisins, à démocratiquement contaminer 🙂
Étienne.
L’atelier constituant (entretien avec L’Affranchi-Presse, mai 2014)
Retour à l’essentiel : VOUS, oui vous, en train de bosser, dès que possible 🙂
Les gentils virus sont vraiment épatant 😐 Ils ont déjà retranscrit le plan détaillé de cette réflexion ciblée sur l’atelier constituant :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/L%27atelier_constituant_-_Entretien_avec_Etienne_Chouard_-_l%27Affranchi-Presse
1 Résumé de l’entretien
1.1 Qu’est-ce qu’un atelier constituant ?
Une reconstruction d’un peuple digne de ce nom.
La fabrication, ensemble, de notre imaginaire collectif.
Concrètement on réfléchit et on écrit, on parle de constitution.
Des travaux pratiques à propos de la constitution.
Un entraînement utile pour demain, pour que le sujet nous devienne familier.
Un questionnement, une discussion sur un sujet ou une modalité précise de la constitution tel le RIC ou les gardes-fous.
Une rencontre simple, légère, informelle et souple.
Une façon simple, agréable et prometteuse de faire de la politique.
C’est un école politique qui fait que les gens vont se former en s’occupant du bien commun sous l’angle de l’écriture du plus haut niveau du droit.
1.2 L’objectif d’un atelier constituant
C’est nous en train de nous transformer.
C’est découvrir qu’on est capable d’écrire la constitution, que c’est agréable, très simple et que cela va tout changer.
C’est prendre d’en bas en formation populaire sur la constitution.
C’est faire que le peuple veuille s’instituer par notre propre éducation populaire.
1.3 Qu’écrit-on dans une constitution ?
Ce sont les règles supérieurs que l’on écrit.
On va écrire :
qui écrit les lois,
avec qu’elle procédure de délibération collective,
sous le regard de quels contrôleurs,
sous le risque de quelle punition ou sanction,
avec quel mandat renouvelable ou pas,
quel type de désignation de ces acteurs,
quelle initiative populaire laisse-t-on aux humains pour « prendre la main »,
des sujets qui comptent, qui correspondent à un pouvoir régalien de notre puissance politique et qui seront ensuite retirés du débat politique de par le fait qu’ils sont dans la constitution.
par exemple : la monnaie doit être publique et les banques ne peuvent être privées ou encore le financement de l’économie.
1.4 Les obstacles
Le non respect mutuel
Apprendre à se respecter.
Permettre à tous de parler.
Ne pas laisser de côté les timides.
Ne pas permettre la monopolisation par quelqu’un.
Nombre trop important des participants empêchant une correcte expression de chacun sur un temps convenable.
L’agressivité
Elle tient sûrement en partie au fait que nous sommes en général muselés et sans espace pour nous exprimer.
Le hors sujet
Écrire une constitution n’est pas écrire une loi, il s’agit d’instituer des pouvoirs qui vont rester sous le contrôle des citoyens.
L’écueil
Monter dans la constitution trop de sujets qui doivent rester politiques et qui doivent être laissés à la réflexion des citoyens au cas par cas dans le cadre de lois, tels l’écologie et la pollution par exemple.
Se mettre à légiférer et écrire des lois.
Les gens préfèrent des maîtres
Alain a écrit : « Le trait le plus visible de l’homme juste est de ne point vouloir gouverner les autres et de seulement se gouverner lui-même. » ’
Les gens veulent des représentants qui décident à leur place et préfèrent avoir de mauvais maîtres plutôt que d’être eux-mêmes des maîtres. C’est un obstacle aux ateliers constituants.
1.5 Suggestion pratique
Combien de participants pour un atelier constituant et où, quelle durée ?
Seul ou à plusieurs.
N’importe où en réunion, chez soi, dans les transports, les salles d’attente, etc.
Quelques minutes suffisent, la durée peut varier selon les humeurs et le temps disponible.
Il vaut mieux prévoir plusieurs petites rencontres fréquentes et régulières que de longues rencontres trop espacées.
Avoir un réservoir des ateliers réalisés.
Avoir un site pour annoncer et rendre compte des sujets déjà travaillés ce qui permettrait aux autres d’avoir des pistes.
Créer une plate-forme dédiée aux ateliers constituants.
Chez les Gentils Virus nous avons déjà cela sur le présent wiki avec le « calendrier » qui permet de placer les événements et aussi une page spéciale qui regroupe tous les travaux concernant les ateliers constituants. Voir : Projetgentilsvirus:Actualités et Les Ateliers Constituants
Merci à tous pour tout ce que vous faites, par pur dévouement.
On n’est forts qu’ensemble.
Étienne.
Voir aussi :
• Sur le blog :
Qu’est-ce qu’un atelier constituant ?
• Échanges sur Agoravox :
http://www.agoravox.tv/tribune–libre/article/etienne–chouard–l–atelier–46668
• Échanges sur Facebook :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10152806337317317
15 minutes avec ‘Nouvelle Donne’ SUR LE CHÔMAGE : ‘dette publique’ comme coup d’État bancaire, et ‘remboursement de la dette publique’ comme source infaillible de crise majeure, chartalisme, UE chômagène, libre échange imposé par les empires à leurs colonies, NAIRU comme preuve du scandale et trahison… et indispensables ateliers constituants populaires
Après la censure d’une vidéo (« BOOOM – Étienne Chouard brise l’omertà en direct à la télé ») qui dépassait 400 000 vues en 4 jours (elle faisait plus de 100 000 par jour, ça allait bien 🙂 ), voici une deuxième tentative virale pour la rentrée : 15 minutes avec le mouvement « Nouvelle Donne », cette fois SUR LE CHÔMAGE :
Le chômage est une construction politique (de type maffieux, c’est-à-dire terroriste) qui permet aux 1% oisifs de faire régner la terreur parmi les 99% ainsi astreints aux travaux forcés.
Et nos « élus » (en fait, ce ne sont PAS DU TOUT « nos » élus mais les élus des riches, ce qui explique TOUT), « nos élus » prétendus, donc, se foutent de nous, littéralement, quand ils prétendent combattre le chômage en façade (avec un pistolet à eau) pendant qu’ils encouragent le chômage en coulisse (avec des bombes incendiaires).
Il nous faut nous réunir, nous entraider, nous auto-former, polariser nos volontés, autour de NOTRE CAUSE COMMUNE (nous devons instituer nous-même notre puissance politique), au lieu de nous diviser sur des conséquences diverses de notre impuissance.
Ce salaud de Bossuet le résumait ainsi : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. » => Le « SUFFRAGE UNIVERSEL » ravalé à la désignation de maîtres est l’arme politique — UNE DES CAUSES PREMIÈRES — qui permet à la classe des 1% d’acheter les acteurs politiques et de terroriser la classe des 99%.
Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes.
Arrêtons d’adorer le faux « suffrage universel » comme une vache sacrée et travaillons à chercher (et à modifier) les causes profondes de nos malheurs.
Thèmes (à peine évoqués lors) de ces 15 minutes (et documents complémentaires rappelés sur le site pour bosser ) :
– la ‘dette publique’ comme coup d’État bancaire,
– et le ‘remboursement de la dette publique’ comme source infaillible de crise majeure et de chômage de masse,
– le chartalisme comme alternative stimulante et prometteuse,
– L’UE comme piège chômagène,
– Le libre échange imposé par les empires à leurs colonies,
– et le NAIRU comme Nème preuve du scandale et de la trahison…
– et indispensables ateliers constituants populaires…
Faites passer 🙂
Comme autre trace de ce passage à Amiens, il y a aussi cette courte conclusion :
PS : je ne sais évidemment pas si « Nouvelle Donne » prendra finalement le cap de l’auto-éducation populaire constituante… mais on peut rêver (ils parlent déjà beaucoup de tirage au sort et ils commencent à le tester). On verra bien ce qui adviendra.
Pour bosser et aller plus loin, voici des éléments de documentation complémentaire sur les points évoqués dans la vidéo :
• Sur le CHARTALISME et la corrélation (parfaite !) entre remboursement d’une dette publique et crise majeure et chômage généralisé :
- La fiche wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chartalisme#Transactions_verticales
Extrait (important) :
Voici le cas des États-Unis résumé par le professeur Wray7 :
« À une brève exception près, le gouvernement fédéral a été endetté chaque année depuis 1776. En janvier 1835, pour la première et seule fois de toute l’histoire des U.S.A., la dette publique fut éliminée, et un surplus budgétaire fut maintenu les deux années suivantes pour accumuler ce que le Secrétaire au Trésor Levi Woodbury appela « un fond pour faire face aux futurs déficits. » En 1837 l’économie s’effondra en une grande dépression qui mit le budget en déficit, et le gouvernement a toujours été endetté depuis. Depuis 1776 il y eut exactement sept périodes de surplus budgétaires substantiels avec une réduction significative de la dette. De 1817 à 1821 la dette nationale baissa de 29 % ; de 1823 à 1836 elle fut éliminée (les efforts de Jackson) ; de 1852 à 1857 elle chuta de 59 %, de 1867 à 1873 de 27 %, de 1880 à 1893 de plus de 50 %, et de 1920 à 1930 d’environ un tiers. Bien sûr, la dernière fois que nous avions un surplus budgétaire était durant les années Clinton. Je ne connais pas de ménage qui fut capable d’avoir un budget en déficit pendant approximativement 190 des 230 et quelque dernières années, et d’accumuler des dettes virtuellement sans limite depuis 1837.
Les États-Unis ont également connu six périodes de dépression. Les dépressions commencèrent en 1819, 1837, 1857, 1873, 1893, et 1929. (Ne remarquez-vous rien ? Jetez un œil aux dates listées plus haut.) À l’exception des surplus de Clinton, chaque réduction significative de la dette en cours fut suivie d’une dépression, et chaque dépression fut précédée par une réduction de dette significative. Le surplus de Clinton fut suivi par la récession de Bush, une euphorie spéculative, et maintenant l’effondrement dans lequel nous nous trouvons. Le jury délibère encore pour savoir si nous pourrions réussir à en faire une nouvelle grande dépression.
Bien qu’on ne puisse jamais éluder la possibilité d’une coïncidence, sept surplus suivis par six dépressions et demi (avec encore quelque possibilité pour en faire la parfaite septième) devrait faire hausser quelques sourcils. Et, au passage, nos moins graves récessions ont presque toujours été précédées par des réductions du budget fédéral. Je ne connais aucun cas de dépression engendrée par un surplus du budget des ménages. »
— L. Randall Wray, traduction., source.
IL NE FAUT PAS REMBOURSER LA DETTE PUBLIQUE.
Si on fait ça (si des traîtres font ça !), on va sombrer dans un chômage généralisé.
.
- Le site (important) « Frapper monnaie » :
http://frappermonnaie.wordpress.com/
• Le passionnant petit livre de Philippe Derudder : « Les monnaies locales complémentaires : pourquoi, comment ? »
http://www.franceculture.fr/oeuvre–les–monnaies–locales–complementaires–pourquoi–comment–de–philippe–derudder
• le site (étonnant) « Chômage et monnaie » :
http://www.chomage-et-monnaie.org/
• Sur la très bonne affaire (pour les riches) et la très mauvaise affaire (pour les pauvres) qu’est la dette publique , ne ratez surtout pas notre cher Guillemin, expliquant, dans son extraordinaire bouquin « Silence aux pauvres », le rôle crucial (et criminel) de Necker et des Girondins (cherchez ces mots dans la page) avant et pendant la Révolution française :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/07/15/237–henri–guillemin–silence–aux–pauvres–1989
- et puis tout Guillemin, en fait :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?Henri–guillemin–robespierre–rousseau–castoriadis–zinn
• Plus de détails sur le piège politique de la dette publique en France aujourd’hui :
• Voir aussi l’excellent (l’indispensable) petit livre d’André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder : « La dette publique, un affaire rentable » :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2008/05/16/94–la–dette–publique–est–une–affaire–tres–rentable–mais–pour–qui

• Pour appuyer ma phrase « Tous les banquiers du monde savent que, quand on se bat contre l’inflation, on va automatiquement le payer en chômage des plus défavorisés : non seulement ils le savent, mais il le font exprès POUR ÇA ! »
Voir Jean-Paul Fitoussi, Professeur des Universités à l’Institut d’Études Politiques de Paris, Président du Conseil Scientifique de l’IEP de Paris, Président de l’OFCE et Secrétaire général de l’Association Internationale des Sciences Économiques, entretiens avec JC Guillebaud, « La politique de l’impuissance », 2005, Arléa :
- JCG : « Vous êtes en train de dire qu’au fond, obsédé par la lutte contre l’inflation, on a littéralement consenti au chômage. »
- JPF : « Pis que ça ! On a dans une première phase instrumentalisé le chômage pour combattre l’inflation. Chaque « banquier central » de la planète sait que, dès qu’il augmente les taux d’intérêts, il met au chômage une partie des catégories les plus vulnérables de la population. Non seulement il le sait, mais c’est précisément pour ça qu’il le fait. Pourquoi augmente-t-on les taux d’intérêts ? Parce qu’on est persuadé que la demande est trop forte et que les entreprises produisant à pleine capacité ne pourraient la satisfaire qu’en augmentant leurs prix. La douche froide des taux d’intérêts réduit ainsi la demande et incite les entreprises à licencier. » (p. 45)
(…)
- JCG : « Que pensez-vous des deux arguments martelés à cette époque [après 1982] à propos de l’inflation et du respect des grands équilibres ? Premièrement on a dit qu’il était légitime (y compris moralement) de lutter contre l’inflation parce qu’elle pénalisait les plus pauvres ; deuxièmement, qu’il fallait maintenir les grands équilibres par simple respect et générosité pour les générations à venir, afin de ne pas faire peser une charge trop lourde sur la tête de nos enfants. On a habillé, en quelque sorte, cette politique d’un discours de générosité… »
- JPF : « C’était un double mensonge. En augmentant les taux d’intérêts, et surtout en les maintenant à un niveau élevé une fois l’inflation vaincue, on savait qu’on favorisait ceux qui détiennent le capital financier, et que l’on excluait de l’accès aux biens durables (qui exigent un recours à l’emprunt) les catégories les plus vulnérables de la population. (…) Le second mensonge, c’est qu’en augmentant les taux d’intérêt on faisait du service de la dette un des postes les plus importants du budget de l’État. » (P. 46)
- JPF : « Que l’orientation des politiques économiques de l’Union soit, pour l’essentiel, indépendante de tout processus démocratique est à la fois contraire aux traditions politiques des peuples européens, et dangereux pour l’efficacité économique de l’ensemble. » (p. 72)
- JPF : « En forçant le trait, on pourrait affirmer que le « gouvernement économique » de l‘Europe se rapproche à s’y méprendre d’un despote éclairé qui, à l’abri des pressions populaires, chercherait le bien commun au travers de l’application d’une doctrine rigoureuse – le libéralisme -, supposée supérieure à toutes les autres en termes d’efficacité économique. La démocratie ne serait donc pas le système politique le mieux à même d’appréhender l’intérêt général ; elle placerait les gouvernements en position de vulnérabilité devant les pressions des populations en faveur de la redistribution. Le pouvoir a ainsi changé de mains. Les politiques ont préféré le confier à des agences indépendantes. (…)
Mais il est vrai aussi que, dès l’origine, la construction européenne fut l’œuvre d’une démocratie des élites, plutôt que de la démocratie tout court. Cependant les élites ont changé (…) aujourd’hui elles ont tendance à assimiler le bien public au marché. »
La suite est édifiante… Un petit livre important, à lire…
Source : mon analyse de 2005 « UNE MAUVAISE CONSTITUTION QUI RÉVÈLE UN SECRET CANCER DE NOTRE DÉMOCRATIE » (note 14, page 20) :
https://old.chouard.org/Europe/Constitution_revelateur_du_cancer_de_la_democratie.pdf
• Sur les raisons impérieuses et urgentes de sortir de la prétendue « Union européenne », ne ratez pas cette page :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/05/20/125–les–raisons–majeures–de–sortir–de–l–union–europeenne–vite
• sur le cas particulier du libre-échange, lire le livre majeur de Friedrich List, « Système national d’économie politique », 1857 (avec une préface claire et puissante d’Emmanuel Todd) :
• Et puis, sur les racines et les gènes nazis de l’Union européenne, regardez aussi ceci :
httpv://youtu.be/nwS0E1N1OCg
• sur le scandale du NAIRU :
- la fiche wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_ch%C3%B4mage_n%27acc%C3%A9l%C3%A9rant_pas_l%27inflation
- le site « NAIRU, le Nom de la Ruse. La face cachée du chômage. » : http://lenairu.blogspot.fr/
- voir aussi : http://lenairu.free.fr/pages/lenairuvitepag.html
Définitivement marre des professionnels de la politique qui se permettent depuis 200 ans d’être constituants : ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir. Ceci n’est pas négociable, pour des citoyens dignes de ce nom.

Un film de synthèse sur l’exigence démocratique populaire qui monte dans le pays : « J’ai pas voté »
https://www.facebook.com/jaipasvote
Il y a quelques années, pour la préparation de ce film, une équipe de jeunes gens a réuni (à Paris) et filmé les trois personnes qui, à ma connaissance, travaillent et défendent le plus ‑en France- le tirage au sort en politique : Yves Sintomer, Jacques Testart et moi. Formidable moment, vous imaginez comme j’étais content.
Nous nous sommes rencontrés à Paris, et ce fut une bien intéressante conversation à trois.
Le film ci-dessus, que je trouve très bien fait (et qui comporte des passages très convaincants et originaux, que des gentils virus isoleront sans doute dans petites vidéos séparées), utilise quelques (petits) fragments de cet entretien parisien.
Dans ce film, très riche en idées dissidentes (il faudrait en rédiger un plan détaillé, sans doute, pour nous aider à fixer ces idées), les interventions de Loïc Blondiaux sont utiles, à la fois modérées et incisives ; et les passages avec Bernard Manin sont émouvants (Manin qui, avec son formidable bouquin « Principes du gouvernement représentatif », a changé la vie de beaucoup de gens).
L’équipe des réalisateurs est en train de bosser sur le film complet de la rencontre Sintomer-Testart-Chouard. J’ai particulièrement hâte de voir cette vidéo-là.
[Edit 12 sept 2014 :
Une bande de gentils virus dévoués et courageux vient de finir le plan détaillé de ce film. Quel boulot ! Merci à eux, vraiment.
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22
Sommaire
1 Première partie
1.1 Intro : témoignages et réflexions diverses sur le vote – Voter ou pas ? – Le vote est-il faire un choix ? – Que signifie : ne pas voter ?
1.2 Le vote et les élites
1.2.1 Le vote est le sacre de l’élite (Loïc Blondiaux)
1.2.2 L’élection crée une défiance des citoyens, une démocratie qui va mal (Blondiaux)
1.2.3 Servitude et alignement des gouvernements aux forces de pouvoir ( Kempf, Blondiaux, Aurouet)
1.3 Causes de l’abstention
1.3.1 Débats de fond anéantis, thèmes de campagne immuables, promesses non tenues ( Blondiaux)
1.3.2 Taux d’abstention niés
1.3.3 Politisation des abstentionnistes, choix réduit entre les partis gouvernementaux et les partis protestataires ou extrêmes (Jouary, Aurouet, Brunel)
1.4 Montée des extrêmes
1.4.1 Stratégie de séduction de l’électorat (Liogier)
1.4.2 Thèmes de campagne modernes, dé-diabolisation pour espérer prendre le pouvoir (Liogier)
1.5 Pouvoir du peuple, référendums
1.5.1 Le référendum en tant que leurre du pouvoir du peuple (Jouary)
1.5.2 illusion démocratique du référendum sur la constitution européenne
1.5.3 Pas de loi légitime sans l’appropriation implicite ou explicite du peuple (Jouary)
1.6 Origine et buts de la démocratie des Athéniens au 5ème siècle avant JC
1.7 Mais la démocratie actuelle ?
1.7.1 Le régime représentatif ôtant le pouvoir du peuple n’est pas une démocratie (Jouary, Aurouet)
1.7.2 La démocratie représentative a constitué une alternative entre démocratie et monarchie (Blondiaux, Jouary)
1.7.3 La démocratie représentative, régime combinant des incompatibles : légitimité du pouvoir au peuple mais non décision ou gouvernement par le peuple. (Blondiaux)
2 Deuxième partie
2.1 Révolution et mise en place d’une démocratie bourgeoise : 1789
2.1.1 Origine de la révolution française
2.1.2 Processus de substitution et d’identification entre souveraineté populaire et représentation (Blondiaux, Jouary)
2.1.3 La révolution française – Sieyes contre Rousseau
2.1.4 Le vote en tant qu’élément démocratique du gouvernement, perçu comme une perte de souveraineté (Blondiaux, Jouary)
2.2 L’oligarchie – vote, conservatisme, corruption par l’argent contre l’égalité et la liberté -
2.2.1 Fondement de la légitimité du vote
2.2.2 Éducation au vote et incitation
2.2.3 Droit de vote une conquête ? Et pourtant… (Badiou)
2.2.4 Système oligarchique et conservatisme
2.2.5 Argent corrupteur des démocraties
2.3 Aristocratie élective et peuple incompétent (Manin)
2.4 Les représentants politiques – une classe isolée et un peuple oublié -
2.4.1 Non représentativité réelle du peuple au sein des représentants politiques (Manin)
2.4.2 Peuple oublié et mal informé (Blondiaux)
2.5 La politique une profession ?
2.5.1 Une formation souvent unique
2.5.2 Cumul des mandats et professionnalisation (Jouary)
2.5.3 Oligarchie financière
2.6 Le tirage au sort (Sintomer)
3 Troisième partie
3.1 Conférence de Citoyens
3.2 Épilogue (Sintomer, Testart) – utilité et mise en pratique du tirage au sortSource et détails : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22
Étienne.]
Invité à ‘Ce soir ou jamais’ demain 5 sept. 2014
Chers virus, voici une bonne nouvelle :
je suis invité par Frédéric Taddeï (merci à lui et à son équipe)
à le rejoindre demain dans son émission « Ce soir ou jamais ».
http://www.france2.fr/emissions/ce–soir–ou–jamais
Les autres invités de ce 5 septembre 2014 sont :
• Jacques Attali,
• Alexandre de Vitry,
• Robert Hue,
• Marcel Gauchet.
(et deux autres personnes, à préciser, je crois).
La page facebook de l’émission…
J’espère que je serai en forme (et que j’aurai un peu de temps) pour planter comme il faut quelques brouettes de graines d’impuissance-cause-commune, de Constitution forcément d’origine citoyenne, de monnaie forcément publique et de vraie démocratie.
Je penserai bien fort à vous tous et à notre cerveau collectif.
Étienne.
[Edit 10 septembre 2014.
Les quelques extraits de l’émission de CSOJ du 5/9/2014 s’avèrent extrêmement contagieux…
Je récapitule ici quelques exemples :
L’extrait de Révolte (40 000 vues en 4 jours) (censuré) :
httpv://youtu.be/xOo0cUv0iXo
L’extrait de Peter Moore (500 000 vues en 5 jours…) (censuré)
httpv://youtu.be/Sj6yHAeBMgQ
La vidéo publiée par Peter Moore vient d’être supprimée (le 10 sept), pour atteinte aux droit d’auteur, à la demande de France Télévision…
Supprimer une vidéo qui tourne à 100 000 par jour, c’est dommage pour nous…
Le système se défend…
Il vaut peut-être mieux relayer la vidéo officielle de CSOJ :
Et l’émission totale :
httpv://youtu.be/pQam4I_MRtA
Twitter officiel :
https://twitter.com/csoj/status/509414817434984448
Fact checking : Jacques Attali est-il fiable ?
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean–paul–richier/070914/fact–checking–jacques–attali–est–il–fiable
Attali – disciple de Schopenhauer ?
http://www.agoravox.tv/tribune–libre/article/attali–disciple–de–schopenhauer–46633
httpv://youtu.be/MlVct8ZVsL4
Merci aux milliers de virus qui m’encouragent, c’est très émouvant.
Étienne.]
Frédéric Lordon : se débarrasser du capitalisme
J’aime la pensée — et le verbe — de Frédéric,
et, à partir d’un premier extrait audio,
je vous propose ici une articulation avec d’autres extraits :
Frédéric Lordon (chez Daniel Mermet) :
se débarrasser du capitalisme :
httpv://youtu.be/CWlLBgqGg0Q
Besoin de Frédéric sur le processus constituant (rappel) :
httpv://youtu.be/QxMsufcHb4k
La position de Frédéric sur le processus constituant (rappel) :
httpv://youtu.be/-Fn4mYdpMKI
Frédéric Lordon – La révolution n’est pas un pique-nique. Analytique du dégrisement :
D’une étroite ligne de crête : prendre les hommes tels qu’ils sont et non tels qu’on voudrait qu’ils fussent :
httpv://youtu.be/4PEJlSvVZaY
Je cherche le texte (admirable) de cette conférence (ci-dessus). Est-ce que quelqu’un a ça en réserve ?
« Je voudrais finalement poser un problème, dont j’emprunterai volontiers le terme à La Boétie et à Spinoza parce qu’ils l’ont en commun ; c’est un terme à la fois très ordinaire et très profond ; ce terme c’est habitude. Une forme de vie, c’est une habitude ; et le problème de la révolution, c’est de produire en chemin, de construire, quelque chose qu’elle ne peut pas supposer entièrement déjà là, à savoir une habitude du commun et de la liberté. » Frédéric Lordon.
Lordon/Chouard :
l’homme est-il —ou pas— voué à toujours aimer obéir à un maître ?
httpv://youtu.be/5K2H_v-ABLU
J’aime cette formule que Frédéric (Bosqué) utilise souvent :
Il faut rendre désirable ce qui est nécessaire.

Bordeaux, 21 août 2014 : les ateliers constituants, c’est épatant !
Les jeunes gens de « la Révolution des Grenouilles » sont en train de bosser sur le montage de la soirée que nous avons passée ensemble à Bordeaux la semaine dernière.
Merci à eux, mille mercis, pour tout ce travail formidable, avant, pendant et après cette rencontre)
Voici la première partie, la présentation des ateliers : on était presque 300 ! Et à minuit, on était encore 180, les yeux bien ouverts ! Tout ça est épatant.
httpv://youtu.be/Nu5yZPqSFx0
Si un gentil virus veut bien taper (et publier en commentaire) le PLAN détaillé de cet échange (avec le minutage en gros), ça sera utile à tous, je crois, car il y a là quelques sujets nouveaux.
Dès que la deuxième partie (celle des ateliers) sera prête, je la placerai ici. J’ai hâte de voir ce que le montage va donner.
[Mise à jour 2 sept. 2014 :
ça y est ! La vidéo des ateliers eux-mêmes est prête :
(mille mercis à Jean)
httpv://youtu.be/eg7D8Z5RjJ8
Et même, le script des comptes rendus a été préparé par nos Grenouilles révolutionnaires : ]
Atelier constituant du 21 août 2014
http://larevolutiondesgrenouilles.fr/?p=737
Compte-rendu écrit
Voila le compte-rendu écrit des restitutions des différents groupes qui se sont choisit des thèmes particuliers (notez que ceci est une retranscription tel quel des restitutions, pour plus de détails regardez la vidéo). Les personnes présentes n’ont eu qu’une heure pour débattre sur les sujets c’est pourquoi les compte-rendu peuvent vous paraitre superficiels.
Malheureusement il nous en manque quelques-uns certains ayant emporté avec eux le fruit de leur réflexion. Si ceux qui sont partis avec le matériel pouvaient nous envoyer leur compte-rendu écrit ce serait gentil…Faites-le nous parvenir par e‑mail à cet adresse : [email protected]
Thème : La subsidiarité (Groupe 1)
Le principe de constitution est anti-subsidiaire.
Le plus petit élément décide des compétence des qu’il délègue ou gère.
L’entité peut être de nature différente.
Thème : La subsidiarité (Groupe 2)
Idée : Structures simples au départ et si besoin création d’autres structures. Deux questions : Qui ? Quoi ?
Thème : Le tirage au sort (Groupe 1)
Tout citoyen/personne majeur pourra être désignée par tirage au sort pour exercer toute responsabilité politique à tous les niveaux de l’État.
- Possibilité de refuser ?
- Age maximum ?
- Durée du mandat ?
- Collèges hommes/femmes séparés ?
- Revenus ?
- Nombres de personnes ?
- Nationalité ?
Thème : Le tirage au sort (Groupe 2)
La France est une république démocratique. Le pouvoir est exercé par le peuple qui désigne un groupe de tirés au sort pour le pouvoir législatif (lois, budget, contrôle de l’exécutif). Une charte d’éligibilité soumise à referendum pour l’exécutif (trois consuls qui votent publiquement + porte parole du gouvernement). Referendum d’initiative populaire pour révoquer le Président et le parlement.
- Souveraineté nationale (État) : ministres tirés au sort
- Diplomatie
- Monnaie
- Politique de santé
- Impôts
- Éducation
- Souveraineté locale :
- Voiries
- Culture
- Police
- Impôts
- Éducation
Thème : L’éducation (Groupe 1)
Elle aurait :
- Une base nationale : Assemblée tirée au sort. La base nationale détermine un minimum de savoir.
- Une base locale : N’importe qui peut proposer des matières et on choisit avec le Référendum d’initiative populaire.
L’éducation doit être construite sur la découverte et l’échange. Le professeur servirait de médiateur, en impliquant les élèves dans ses cours à échanger leurs idées, partager leurs connaissances. Phénomène de confiance réciproque professeurs/élèves.
Thème : l’éducation (Groupe 2)
- Empathie/reconnaitre les singularités
- Transmission intergénérationnel et inter-culturel réciproque
- Curiosité
- Valoriser la prise d’initiative
- Autonomie et responsabilisation
- Débat
- Créativité
- L’éducation continue à tout âge et dans tous les contextes de la vie
- Bienveillance
- Apprendre à réfléchir par soi-même
- Être capable de remettre en question ce qui est présenté comme la vérité
- Reconnaitre/Favorise la place de chacun pour mettre en valeur le collectif
- Il ne faut pas frustrer la curiosité humaine
Thème : Le consensus
- Recherche d’un socle de valeur(s) commune(s) où l’intérêt collectif prime sur l’intérêt individuel
- L’individu ne doit pas être nié : Sa valeur dépend-elle de ce qu’il possède ? [ATTENTION DANGER]
- Reconnaitre que “l’autre” a autant de valeur que “moi”
- Stimuler la curiosité chez l’enfant par l’écoute et la bienveillance.
Thème : Identité et coordination
Garder son identité locale tout en participant à un mouvement global.
L’identité : C’est un individu = une place = des valeurs
La méthodologie :
Il faut une perméabilité des savoirs et des savoirs-faire du local au local pour aboutir à un global et plus.
Source : http://larevolutiondesgrenouilles.fr/?p=737
Pour info, un journal courageux (et curieux), INFOS-BORDEAUX — UN SEUL journaliste sur les 400 journalistes informés personnellement par les organisateurs… Ils ne sont pas curieux, ces journalistes, n’est-ce pas ? — un journal de Bordeaux, donc, a publié deux articles (bienveillants) sur cette rencontre ; un avant la soirée et un après la soirée. Voilà ces deux articles (merci à l’équipe qui les a publiés) :
Comme le rappelle Jérôme Bouin dans Le Figaro, « cet homme a été l’un des hérauts de la victoire du « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen (TCE). Se déclarant indépendant des partis traditionnels, il avait transformé son blog en arme de destruction du texte conçu sous l’autorité de Valéry Giscard d’Estaing. Au point d’être l’invité de nombreux médias et de voir son argumentaire contre le TCE devenir un véritable best-seller de la blogosphère ».
Cet évènement est organisé par le collectif « la révolution des grenouilles » pour qui « il est temps de sortir de la marmite avant qu’il ne soit trop tard » !

En cette période estivale, plus de 250 personnes de tous âges étaient réunies pour écouter l’introduction de ce professeur d’économie et de droit, dans un hangar. Celle-ci tenait en une conviction, émaillée de digressions diverses : notre système politique vise à produire des « maîtres ».
En effet, dans notre démocratie représentative, le système électif produit naturellement une victoire d’un camp majoritaire sur un autre, minoritaire, lequel ne sera pas pris en considération pendant la durée du mandat. Et l’élection transforme littéralement l’élu, en imposant l’idée qu’il a gagné parce qu’il est le meilleur, et qu’il tire un pouvoir particulier du fait de sa victoire. Aucune place ici au consensus. Ce système, fondé sur le Droit, tire sa légitimité de la Constitution, laquelle, au lieu de garantir la souveraineté du peuple contre les excès naturels des dirigeants, est écrite par les dirigeants eux-mêmes pour protéger leurs privilèges.
Chouard propose de mettre en place un système de tirage au sort des représentants. Ceci a pour avantages de se prémunir des conflits d’intérêt, de maintenir le représentant dans une situation d’humilité, au service de la population, et enfin, de garantir une meilleure représentation que celle où une même oligarchie truste systématiquement les postes de pouvoirs. Ceci assorti de toute la panoplie de la démocratie directe, comme le référendum d’initiative populaire, les mandats non renouvelables et révocables, mais aussi un revenu de base et le contrôle public de la création monétaire.
Dans une longue série d’anecdotes historiques, le professeur rappelle les travaux de l’anthropologue américain Graeber qui détaille plusieurs cas de démocratie authentique : des villages médiévaux qui s’organisaient sous forme de démocratie locale, avec des règles édictées par les villageois eux-mêmes et pour eux-mêmes, aux sociétés de pirates, qui désignent eux-mêmes leur capitaine et se partagent équitablement le butin. Sans parler des multiples sociétés primitives, où on recherche l’unanimité : on discute, parfois pendant longtemps, jusqu’à l’obtention du consensus, et on ne vote jamais.
Or la période des 2 derniers siècles, en Occident, où l’élection s’est imposée de plus en plus comme le mode de désignation des représentants, se caractérise également par une permanence des mêmes élites aux postes de pouvoir, toujours issues des classes les plus riches.
Après les questions du public, Chouard s’est effacé et toute la salle s’est répartie en une douzaine d’ateliers de discussion sur la Constitution, selon plusieurs thématiques, telles que « comment constituer le corps législatif ? », « comment le peuple peut-il garder le contrôle du pouvoir ? », « comment imposer la recherche du consensus et faire en sorte qu’il n’y ait pas de perdants ? », « qu’est-ce que la souveraineté ? » Au bout d’une heure, un représentant de chaque groupe vient présenter le résultat des réflexions : en général rien de bien révolutionnaire, mais au moins – et c’est le but revendiqué par Chouard lui-même – une participation de tous à la réflexion sur la Constitution.
« Le désordre est créateur d’idées et de vie », comme le dit ce blogueur qui gagne à être connu. On ne pourrait mieux résumer la soirée !
Dans cette conférence, je vous parle de Pasolini, qui déplorait (déjà en 1975 !) que ses amis de gauche renoncent à la politique en traitant les autres de « fascistes », sans rien changer au fond, finalement, et en se donnant simplement bonne conscience à bon compte (des min. 46:53 à 49:15).
Voici le texte dont je parle :
« Toutes ces dernières années, […] (et plus grave) nous n’avons rien fait pour qu’il n’y ait pas de fascistes. Nous les avons seulement condamnés, en flattant notre conscience avec notre indignation ; plus forte était notre indignation, plus tranquille était notre conscience.
En vérité, nous avons eu une attitude fasciste envers les fascistes (je parle surtout des jeunes) : nous avons hâtivement et impitoyablement voulu croire qu’ils étaient prédestinés à être fascistes par leur race et que, face à cette détermination de leur destin, il n’y avait rien à faire.
Et ne nous le dissimulons pas : nous savions tous, dans notre vraie conscience, que quand l’un de ces jeunes décidait d’être fasciste, c’était purement fortuit, ce n’était qu’un geste sans motifs et irrationnel ; un seul mot aurait peut-être suffi pour qu’il en allât différemment.
Mais jamais aucun d’entre nous n’a parlé avec eux, ou ne leur a parlé. Nous les avons tout de suite acceptés comme d’inévitables représentants du Mal, tandis qu’ils n’étaient sans doute que des adolescents et adolescentes de dix-huit ans qui ne connaissaient rien à rien, et qui se sont jetés la tête la première dans cette horrible aventure par simple désespoir. »
Pier Paolo Pasolini, « Écrits corsaires » (1975), p 81.
[Mise à jour (30 août 2014) :
Catherine vient de finir le plan détaillé de cette vidéo. Quel boulot !!! Merci !!
Plan détaillé minuté – conférence – Bordeaux – 21 août 2014
Conférence d’Étienne Chouard à Bordeaux : « Les ateliers constituants, c’est épatant ! » organisée par La Révolution des Grenouilles
Plan détaillé et minuté :
Sommaire1 (0:0:00) Présentation
2 (0:2:59) L’idée des Gentils Virus : coller la crève à l’oligarchie.
2.1 (0:3:18) Système de domination oligarchique : le suffrage universel = perte du droit de décider nous-mêmes
2.2 (0:5:06) Talon d’Achille du système de domination = maîtrise de la force publique qui passe par le droit, droit soumis au droit des droits : la constitution
3 (0:09:15) L’écriture de la constitution : mise en pratique
3.1 Constitution = complexe ?
3.2 (0:11:04) Besoin d’être expert ?
3.3 (0:11:44) Les concepts à maîtriser
3.4 (0:14:03) Importance de l’entraînement et contre-exemple
4 (0:18:55) Livres de David Graeber, Pierre Clastres, Francis Dupuis-Deri, Marcus Rediker
4.1 « La démocratie aux marges » de David Graeber
4.1.1 (0:20:55) Tirage au sort opposé à l’élection
4.2 (0:023:52) Athènes n’était pas la seule démocratie, dans l’histoire des milliers de sociétés étaient démocratiques
4.2.1 (0:25:13) Sans État, la gestion des affaires est démocratique
4.2.1.1 (0:25:41) Sociétés villageoises au Moyen-Age
4.2.1.2 (0:26:50) Sociétés des pirates
4.2.1.3 (0:29:41) Vote et consensus
4.2.1.4 (0:031:53) Le vote est au sein des sociétés armées
4.2.1.5 (0:32:58) État et maîtres
5 (0:34:10) État et contrôle par la constitution
5.1 (0:37:30) L’activité constituante est la première activité politique du citoyen
6 (0:38:27) Les ateliers
6.1 (0:39:10) L’aspect législatif
6.2 (0:40:23) L’initiative populaire
6.3 (0:42:35) Consensus
6.4 (0:45:11) Souveraineté locale, fédérale
6.4.1 (0:46:46) Faire société et gestion des conflits
6.4.1.1 (0:48:33) Pasolini et le mot « fasciste »
6.4.2 (0:49:24) Décisions de la souveraineté selon le niveau et l’échelle, question de subsidiarité
7 (0:54:28) Questions/réponses
7.1 (0:54:37) Consensus, Temps, consciences collectives et individuelles ouverture spirituelle
7.2 (0:56:09) Équilibre entre les pouvoirs spirituels et temporels ; vote par pondération ternaire
7.2.1 (0:57:24) Réponse d’Etienne sur le vote à points
7.3 (1:00:10) consensus et valeurs à 60 millions de personnes
7.3.1 (1:02:59) Réponse d’Etienne : Atelier des valeurs
7.4 (1:04:13) Valeur des tirés au sort
7.4.1 ( 1:05:15) Réponse d’Etienne sur la valeur des tirés au sort
7.5 (1:05:39) Éducation populaire et méthodologie d’action
7.5.1 (1:08:09) Réponse d’Etienne sur la méthodologie : notions de désordre et d’agir en adulte
7.5.1.1 (1:10:33) Processus adulte et référence au philosophe Alain
7.6 ( 1:11:36) Proposition d’une première étape avant la constituante
7.7 (1:14:00) Demande de meilleure diffusion et suivi des manifestations
7.7.1 (1:16:10) Réponse d’Etienne
7.8 (1:16:18) Travail de déconstruction et reconstruction, problème de consensus, contrôle des décisions1 (0:0:00) Présentation
Remerciements à l’Espace Darwin et présentation par Maxime du collectif de La Révolution des Grenouilles
Le collectif de La Révolution des Grenouilles est un mélange de Colibris, de Démocratie Réelle et de Gentils Virus.
Le site collaboratif alternatif de la Gironde est : http://gironde.demosphere.eu/
2 (0:2:59) L’idée des Gentils Virus : coller la crève à l’oligarchie.2.1 (0:3:18) Système de domination oligarchique : le suffrage universel = perte du droit de décider nous-mêmes
C’est le système oligarchique qui a organisé depuis 200 ans l’impuissance politique des peuples, partout sur terre, avec l’idée géniale du point de vue oligarchique du suffrage universel nous privant du droit de décider nous-mêmes de nos affaires.
2.2 (0:5:06) Talon d’Achille du système de domination = maîtrise de la force publique qui passe par le droit, droit soumis au droit des droits : la constitutionL’idée des virus est de trouver la faille, l’astuce qui rend le système de domination fragile, arriver à ce que les cellules du corps social que nous sommes tous se polarisent vers le talon d’Achille du système de domination qui est la maîtrise de la force publique qui passe par le droit ( organise l’obéissance de la gendarmerie, de l’armée, des juges, des gardiens de prison, de tous les fonctionnaires).
Toutes les puissances publiques sont organisées autour du droit, le droit soumis au droit des droits : la constitution.
Notre cause commune qui est notre impuissance politique partout sur Terre débouche mécaniquement, logiquement, sur une solution commune : si nous écrivions nous-mêmes la constitution au lieu de la laisser écrire par ceux qui devraient la craindre.
3 (0:09:15) L’écriture de la constitution : mise en pratique3.1 Constitution = complexe ?
Il faut parier, et faire confiance, sur l’intelligence, le courage, l’honnêteté des gens.
Quand on compte sur eux, ils font tout ce qu’ils peuvent pour être digne de cette confiance.
3.2 (0:11:04) Besoin d’être expert ?C’est en faisant des ateliers constituants que l’on acquiert de la compétence.
3.3 (0:11:44) Les concepts à maîtriserLa séparation des pouvoirs
La reddition des comptes
L’initiative populaire
Les mandats courts et non renouvelables
Le tirage au sort (protection contre les conflits d’intérêt)3.4 (0:14:03) Importance de l’entraînement et contre-exemple
Il est essentiel de s’entraîner à la constitution avant que ce soit l’heure d’écrire la vraie, de se préparer à avoir plein de gens prêts à écrire la constitution sans aspirer au pouvoir.
Exemple de la Tunisie et des erreurs concernant la constituante qui a finalement échappée aux citoyens.
4 (0:18:55) Livres de David Graeber, Pierre Clastres, Francis Dupuis-Deri, Marcus Rediker4.1 « La démocratie aux marges » de David Graeber
Anthropologue, auteur aussi de « Dette – 5000 ans d’histoire » qui permet de comprendre la vraie nature de la monnaie et de la dette, David Graeber avec son livre « La démocratie aux marges » recoupe Pierrre Clastres, anthropologue avec son livre « La société contre l’État » qui est un livre essentiel sur les sociétés primitives ou sans Etat.
Comment les humains se protègent contre les pouvoirs, avec quelles astuces, avec qu’elle vigilance permanente ?
4.1.1 (0:20:55) Tirage au sort opposé à l’électionGraeber insiste sur le fait que pour lui, anthropologue, sur le plan politique, depuis quelques siècles, les professeurs de droit constitutionnel et les professeurs de politique, les gens qui décrivent les systèmes politiques font comme si la seule démocratie connue était Athènes.
Le tirage au sort nous conserve des représentants humbles qui ne sont pas les meilleurs mais qui sont des serviteurs ; il est opposé à l’élection qui produit des maîtres, les représentants devenant moins humbles et finissant par se comporter comme des chefs. Les conséquences sont mécaniques.
Les tirés au sort préparaient les lois et ne les votaient pas, ce sont les citoyens qui votaient les lois.
4.2 (0:023:52) Athènes n’était pas la seule démocratie, dans l’histoire des milliers de sociétés étaient démocratiquesCes livres, inclus « Démocratie Histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France » de Dupuis-Déri, montrent qu’il n’y a pas qu’Athènes qui était une démocratie. Des milliers de sociétés démocratiques ont existé un peu partout dans l’histoire des Hommes.
Ainsi 95% des sociétés amérindiennes qui étaient en fédération de tribus étaient extrêmement démocratiques avec un chef sans pouvoir (Pierre Clastres) sauf en cas de guerre.
De même chez les pirates (« Pirates de tous les pays » – Marcus Rediker) le capitaine n’a seulement du pouvoir que lors de l’abordage mais ensuite le perd.
4.2.1 (0:25:13) Sans État, la gestion des affaires est démocratiqueCe qu’expliquent les anthropologues c’est que dans l’histoire des Hommes, les humains savent très bien se réunir en petits groupes sans État et gèrent eux-mêmes leurs affaires de façon démocratique. Tout le monde participe à toutes les lois. Mais les intellectuels, les élites, les maîtres n’ont jamais appelé cela « démocratie ».
4.2.1.1 (0:25:41) Sociétés villageoises au Moyen-AgeAinsi les sociétés villageoises au Moyen-Age vivaient comme des démocraties, votaient leurs lois à main levée. Les seigneurs intervenaient peu dans la vie des villageois, juste pour les impôts ou enrôler les Hommes pour la guerre. Les villageois étaient jaloux de leur pouvoir sur la maîtrise de leurs règles de vie commune.
Les conditions de vie étaient très démocratiques dans l’Ancien Régime bien que l’on apprenne (en la scolarité) que c’était une période noire, d’oppression absolue, tyrannique. L’absolutisme est en effet un aspect tyrannique mais au niveau local il y avait plein de démocratie.
4.2.1.2 (0:26:50) Sociétés des piratesRediker dans « Pirates de tous les pays » parle des pirates, marins rebelles, mutins, qui formaient des sociétés sans État, sociétés complexes et avec des gens venant de tous pays.
Ces pirates pourtant décrits par les élites comme des affreux avaient des capitaines sans pouvoir en temps de paix, hors abordage. L’équipage désigne le capitaine et le vire quand il n’est pas content. Le contre-maître sert de contre-pouvoir, il surveille en permanence le capitaine et est à l’écoute de l’équipage. La répartition du butin est quasi-égalitaire, le capitaine reçoit juste une fois et demie de plus que chaque autre membre de l’équipage.
4.2.1.3 (0:29:41) Vote et consensusCe que Graeber observe dans ces sociétés c’est que toutes les sociétés primitives ne votent pas à la majorité leurs lois, ils discutent, cherchent tous l’unanimité, le consensus.
4.2.1.4 (0:031:53) Le vote est au sein des sociétés arméesLes rares sociétés dans lesquelles il y avait le vote et non le consensus c’étaient les sociétés armées, des sociétés de soldats.
Ainsi la société d’Athènes ou celle des pirates votaient et étaient armées.Ce sont les sociétés armées qui votaient, et c’est parce qu’elles été armées qu’elles votaient.
4.2.1.5 (0:32:58) État et maîtresIl y a plein d’idées d’organisation politiques (Clastres), plein d’exemples de vie où on se respecte, où on décide ensemble de nos affaires.
Aucune de ces sociétés primitives, armées ou pas armées, ne désigne des gens pour voter des lois à leur place.Il n’y a que les sociétés avec un État qui votent des maîtres. Il n’y a que l’État qui décide cela.
5 (0:34:10) État et contrôle par la constitutionNous nous réunissons pour former une force publique qui empêche la loi du plus fort, qui fait régner la justice. l’État sert à cela, à rendre compatible cette idée d’un État que nous contrôlerions.
Actuellement nous n’avons aucun contrôle de l’État.Si nous écrivions la constitution – s’entraîner à l’écrire déjà avant par des ateliers de manière régulière – nous écririons notre puissance politique, nous aurions la puissance qui nous manque pour faire régner la justice alors que dans le capitalisme, système tellement injuste, une poignée de privilégiés se sont octroyés le droit d’écrire la constitution.
5.1 (0:37:30) L’activité constituante est la première activité politique du citoyenLe peu de politique que nous devrions faire c’est l’activité constituante
Pas de citoyen autre que constituant, un vrai citoyen cela doit-être constituant.
6 (0:38:27) Les ateliersQuels sujets ?
Tous les sujets. on est libre.
Il suffit de décider de quelques sujets communs.
6.1 (0:39:10) L’aspect législatifQu’est-ce que le corps législatif ?
Comment organiser le corps législatif ?
Quel nombre de chambres ?
Élection ou tirage au sort ?
A quel niveau ? Au niveau des communes ou de la fédération ?6.2 (0:40:23) L’initiative populaire
Comment est-ce qu’on garde le contrôle ?
Comment on fait pour qu’aucun chef ne puisse s’affranchir de tout contrôle ?
Quelle mission de l’éducation nationale ?
Une formation politique à écrire la constitution dès le plus jeune âge ?
Apprendre aux enfants ce qu’est une constitution ?
Référendum d’initiative populaire6.3 (0:42:35) Consensus
Que prévoir comme institution pour permettre la recherche du consensus plutôt que le vote des lois ?
Que doit-on écrire dans la constitution pour nous aider à, pour nous pousser à, discuter jusqu’au consensus plutôt que de suite voter et mettre de côté une minorité qui n’a plus qu’à se taire ?
Comment rejeter le droit des minorités, éviter la dictature de la majorité ?
Comment on peut faire dans nos institutions pour favoriser, imposer, faciliter la recherche du consensus plutôt que la majorité ?6.4 (0:45:11) Souveraineté locale, fédérale
Si on fait une démocratie, elle sera forcement locale, au niveau des communes. C’est au niveau des communes que nous allons voter nous-mêmes nos lois. c’est au niveau des communes que nous allons exercer notre souveraineté, souveraineté individuelle et collective, pas au niveau d’un département, d’une région ou autres.
Il y a des niveaux, des économies d’échelle, toutes sortes d’activités économiques et politiques ou militaires où on a intérêt à se fédérer.
Il y aura sûrement une fédération de communes.Il va falloir décider :
Qu’est-ce que la souveraineté ?
A quel moment je dis : « je suis souverain » ?
Qu’est-ce que je consens comme abandon de la souveraineté dans le cadre de la fédération ?6.4.1 (0:46:46) Faire société et gestion des conflits
Il est important de respecter les idées d’autrui, de savoir parler aux gens dangereux, et de faire société.
La politique c’est discuter avec les gens, avec qui on n’a pas envie de discuter.
On fait société, entre gens avec des conflits. La politique c’est une mise en scène des conflits, rechercher des solutions des conflits.
6.4.1.1 (0:48:33) Pasolini et le mot « fasciste »Pier Paolo Pasolini dans son livre « Écrits corsaires » a un passage sur le mot « fasciste » : Être sûr de là où est le bien.
6.4.2 (0:49:24) Décisions de la souveraineté selon le niveau et l’échelle, question de subsidiaritéOù est-ce qu’on fait, à quelle échelle ?
Quels sujets donnés à la commune ?
Quelles sont les lois que nous allons pouvoir voter au niveau local ?
Qu’est-ce qu’il faut absolument mettre au niveau national, peut-être au niveau régional ?Exemple : le programme de l’école – niveau national ou local ?
Au niveau national, autant dire que cela vous échappe, ce n’est pas vous qui décidez.
Au niveau local, il est possible d’exercer la souveraineté en vérifiant les méthodes de l’école (idem pou les impôts).Quel est le périmètre de ce qu’on appelle la subsidiarité ?
7 (0:54:28) Questions/réponses
7.1 (0:54:37) Consensus, Temps, consciences collectives et individuelles ouverture spirituelleQuestions de Valentine :
Besoin de parler du temps. Le consensus prend du temps.
Sociétés primitives, sociétés pirates qui sont des sociétés secrètes ont une conscience collective plus importante ou aimanté par l’ensemble des consciences individuelles.
L’État aujourd’hui est un État sans esprit, sans ouverture spirituelle ; il est important de se relier et cela est lié au consensus.7.2 (0:56:09) Équilibre entre les pouvoirs spirituels et temporels ; vote par pondération ternaire
Questions de Stéphane :
Question de l’équilibre entre les pouvoirs temporels et les pouvoirs spirituels : l’équilibre de sociétés pérennes est entre ces deux pouvoirs sinon cela crée du désordre.
En complément du vote il y a la pondération ternaire qui est un outil plus précis :le vote existe
+1 à un candidat
le vote blanc c’est 0
le vote noir c’est ‑1 à la personne qu’on ne veut absolument pas voir élue7.2.1 (0:57:24) Réponse d’Etienne sur le vote à points
Pour l’équilibre du pouvoir temporel et spirituel, je suis incompétent, je ne sais pas, n’y ai pas réfléchi.
Le vote à points cela permet de nuancer son point de vue, cela permet de ne pas être manichéen.Le vote à points c’est le vote de valeur (+6 à ‑6)
Le dépouillement de ce genre de vote est plus long, plus compliqué, nécessite des machines.
Si machines il y a risque de truand il y a.
La sécurisation du dépouillement fait partie des problèmes de ce type de scrutin.7.3 (1:00:10) consensus et valeurs à 60 millions de personnes
Question de Nathalie :
Le partage des valeur avec les voisins est non assuré.
Comment arriver à un consensus avec des opinions divergentes et nombreusement divergentes ?
Comment y arriver à 60 millions de personnes ?7.3.1 (1:02:59) Réponse d’Etienne : Atelier des valeurs
Nos sociétés humaines sont toutes et sont toujours traversées de conflits.
Est-ce que nous serions capables de dire quelles sont ces valeurs sur lesquelles on va être fermes, solides ?
Et quelles sont les valeurs sur lesquelles on peut admettre des compromis ?
C’est un sujet essentiel pour tout le monde.
7.4 (1:04:13) Valeur des tirés au sortQuestion de Marie-Ange :
Les personnes sont tirées au sort, pas de vote, pas « je l’aime ou pas » ; elles accepteront ou pas l’honneur de prendre des responsabilités.
7.4.1 ( 1:05:15) Réponse d’Etienne sur la valeur des tirés au sort
Comme on estime qu’on est tous égaux politiquement, il n’y aurait pas besoin de vérifier la valeur des tirés au sort ?
Il faut discuter ensemble pour vérifier si cela est dangereux ou pas.
7.5 (1:05:39) Éducation populaire et méthodologie d’actionQuestions de Paolina :
Notion d’éducation populaire : être privé du droit de vote impliquerait une motivation d’action (en son quartier, au travail, là où les gens vivent) et faire de la politique.
Ce qui empêche de faire de la politique c’est le fait de voter.
Après l’écoute (ainsi cette conférence et autres conférences) ce qui compte c’est de passer à l’action.
Quelle méthodologie ? Quelle modération, qu’elles règles ?
Qui pourra tirer au sort ? Faudra-t-il être français pour tirer au sort ou pas ?7.5.1 (1:08:09) Réponse d’Etienne sur la méthodologie : notions de désordre et d’agir en adulte
C’est à nous de décider.
Nous allons décider ensemble.
On peut synthétiser mais la méthodologie c’est aux citoyens en train de se transformer en constituants de mettre en place eux-mêmes cette méthodologie, de sélectionner et préférer ce qui marche.
Vous allez créer ce qui vous manque, en adulte.
Le désordre n’est pas toujours néfaste, il permet aussi l’imagination. Il n’y a pas de méthode unique ou forcement normative.
7.5.1.1 (1:10:33) Processus adulte et référence au philosophe AlainIl ne faut pas chercher une méthode unique. Chaque personne en train de réfléchir peut décider. C’est un processus adulte.
Alain : » Une assemblée ne pense pas. »
L’être pensant c’est un individu avec sa responsabilité. Il y a une déresponsabilisation d’une assemblée.
7.6 ( 1:11:36) Proposition d’une première étape avant la constituanteIntervention de Cédric :
Il y a une première étape c’est d’abord sortir du régime européen.
Sillonner et tronçonner le système de l’intérieur comme un cheval de Troie.
Incitation à suivre l’UPR.7.7 (1:14:00) Demande de meilleure diffusion et suivi des manifestations
Remarque de Delphine :
Non volonté de créer un espace propre.
Les idées pourraient être plus diffusées, elles mériteraient un suivi moins aléatoire que les manifestations ponctuelles.
7.7.1 (1:16:10) Réponse d’Etienne
Je fais ce que je peux.
7.8 (1:16:18) Travail de déconstruction et reconstruction, problème de consensus, contrôle des décisionsQuestions de Danny :
Commencer par le commencement : il faudrait procéder à un travail de déconstruction et de reconstruction des mentalités ; ainsi un travail sur les valeurs de chacun, le spirituel de chacun.
Il faudra éduquer les gens, comment cela cela va se faire ?
Pour le consensus on aura un problème de décision finale.
C’est une utopie de penser que tout le monde va prendre part à la décision donc il y aura différents niveaux de décision.
Interrogation par rapport à la mise en place des systèmes de contrôles :
Comment on va contrôler les décisions ?
Rendez-vous le 31 août à Saint-André-de-Valborgne, pour une journée démocratique
Une belle initiative (de personnes qui viennent de loin) pour aller aider Camille et ses amis dans leur résistance démocratique locale :
Ce serait bien qu’il y ait beaucoup de monde là-bas, ce jour-là et d’autres : Camille a besoin de sentir qu’il y a plein de monde qui compte sur elle et qui est fier de ce qu’elle fait.
Nous devrions être nombreux à aider Camille, de différentes façons, car ce qu’elle fait est emblématique de ce que nous devrions tous faire, commune par commune.
Rappel : le blog où Camille nous tient informés de ses aventures :
http://democratie-saintandredevalborgne.com/
Revenu de base et renouveau démocratique (Périgueux, 22 août 2014) : introduction aux ateliers constituants dédiés au RDB
La jeune et tonique équipe de la première Université d’été du Revenu de base m’a gentiment invité à venir leur dire un mot pour expliquer le lien puissant qui existe entre, d’une part, l’espoir‑d’émancipation-politique-générale-par-la-distribution‑d’un-revenu-ou-dividende-ou-salaire-inconditionnel-et-à-vie et, d’autre part, l’institution-et-la-défense-par-le-peuple-lui-même‑d’une-démocratie-digne-de-ce-nom.
Pressés par les contraintes, les organisateurs m’ont demandé de résumer mon analyse en… 20 minutes (+ 20 minutes d’échanges avec le public). Je parle donc un peu trop vite, pardon, mais c’est comme ça quand je sais que le temps me manque, je déparle un peu 😐
Et on a trouvé encore un peu de temps (2h30) sur cette question le lendemain matin (samedi 23 août), où nous nous sommes retrouvés (nombreux) pour des ateliers constituants dédiés au RDB (ou au salaire à vie, ou au dividende universel, selon les groupes) : j’ai hâte de voir les images et les sons de ces ateliers, c’était épatant.
Voici donc la présentation du vendredi soir (le son commence à 3’30 et moi à 8’30) :
httpv://youtu.be/LTLEYvUZM0g
Dès que j’ai les vidéos des ateliers, je les place ici, promis.
Entretien avec Frédéric Bosqué (projet ‘Tera’ : éco-villages avec revenu de base en monnaie locale et constitutions populaires communales)
À l’occasion d’une intervention à l’Université du Revenu de Base, vers Périgueux, j’ai rencontré un humain bien sympathique, Frédéric Bosqué. Voici notre entretien :
httpv://youtu.be/TDtCcb_ZVOA
Frédéric et son équipe parcourent la France en vélo pour détecter (et nous signaler) des initiatives locales particulièrement intéressantes.
Voici une courte présentation du projet qu’il appelle ‘Tera’ :
httpv://youtu.be/NlTjVkrDqTA
Trois différents usages politiques du tirage au sort, à bien distinguer : 1) chambres de contrôle 2) corps législatif 3) assemblée constituante
L’infatigable (et très gentil) Benoît (merci à lui) vient d’isoler un passage important de la soirée (formidable) passée à Bruxelles avec David (Van Reybrouck) : il me semble que tous les gentils virus, pour être très contagieux, devraient bien repérer et bien distinguer ces 3 grands usages du tirage au sort :
httpv://www.youtube.com/watch?v=KUdpV2dnlX8
Et voici le commentaire de Benoît sur sa chaîne Youtube :
Quels sont les atouts et défauts du tirage au sort ?
Voici 3 de ses utilisations en politique :
01:19 1) Les chambres de contrôle
03:11 2) L’assemblée législative
07:26 3) L’assemblée constituante
LES 11 VERTUS DU TIRAGE AU SORT :
1. La procédure du tirage au sort est impartiale et équitable : elle garantit une justice distributive (conséquence logique du principe d’égalité politique affirmé comme objectif central de la démocratie).
2. Le tirage au sort empêche la corruption (il dissuade même les corrupteurs : il est impossible et donc inutile de tricher, on évite les intrigues) : ne laissant pas de place à la volonté, ni des uns ni des autres, il n’accorde aucune chance à la tromperie, à la manipulation des volontés.
3. Le tirage au sort ne crée jamais de rancunes : pas de vanité d’avoir été choisi ; pas de ressentiment à ne pas avoir été choisi : il a des vertus pacifiantes pour la Cité, de façon systémique.
4. Tous les participants, représentants et représentés sont mis sur un réel pied d’égalité.
5. Le hasard, reproduisant rarement deux fois le même choix, pousse naturellement à la rotation des charges et empêche mécaniquement la formation d’une classe politicienne toujours portée à tirer vanité de sa condition et cherchant toujours à jouir de privilèges. Le principe protecteur majeur est celui-ci : les gouvernants sont plus respectueux des gouvernés quand ils savent avec certitude qu’ils reviendront bientôt eux-mêmes à la condition ordinaire de gouvernés.
6. Le tirage au sort est facile, rapide et économique.
7. Le hasard et les grands nombres composent naturellement, mécaniquement, un échantillon représentatif. Rien de mieux que le tirage au sort pour composer une assemblée qui ressemble trait pour trait au peuple à représenter. Pas besoin de quotas, pas de risque d’intrigues.
8. Savoir qu’il peut être tiré au sort incite chaque citoyen à s’instruire et à participer aux controverses publiques : c’est un moyen pédagogique d’émancipation intellectuelle.
9. Avoir été tiré au sort pousse chaque citoyen à s’extraire de ses préoccupations personnelles et à se préoccuper du monde commun ; sa désignation et le regard public posé sur lui le poussent à s’instruire et à développer ses compétences par son travail, exactement comme cela se passe pour les élus : c’est un moyen pédagogique de responsabilisation des citoyens, de tous les citoyens.
10. Préférer le tirage au sort, c’est refuser d’abandonner le pouvoir du suffrage direct à l’Assemblée, et c’est tenir à des contrôles réels de tous les représentants : donc, le tirage au sort portant avec lui des contrôles drastiques à tous les étages, il est mieux adapté que l’élection (qui suppose que les électeurs connaissent bien les élus et leurs actes quotidiens) pour les entités de grande taille. (Alors qu’on entend dire généralement le contraire.)
11. DE FAIT, pendant 200 ans de tirage au sort quotidien (au Ve et IVe siècle av. JC à Athènes), les riches n’ont JAMAIS gouverné, et les pauvres toujours. (Les riches vivaient très confortablement, rassurez-vous, mais ils ne pouvaient pas tout rafler sans limite, faute d’emprise politique.) Ceci est essentiel : mécaniquement, infailliblement, irrésistiblement, le tirage au sort DÉSYNCHRONISE le pouvoir politique du pouvoir économique. C’est une façon très astucieuse d’affaiblir les pouvoirs pour éviter qu’ils n’abusent. On est donc tenté de penser que c’est l’élection des acteurs politiques qui a rendu possible le capitalisme, et que le tirage au sort retirerait aux capitalistes leur principal moyen de domination.
Extrait de « Démocratie fatiguée : quelles solutions ? (1÷9) David Van Reybrouck/Étienne Chouard – 18 avril 2014 »
httpv://youtu.be/EMWG4nnkUy8
Et de la vidéo du cercle des volontaires, Belgique « Étienne Chouard David Van Reybrouck Démocratie fatiguée Quelles solutions »
httpv://youtu.be/8hrG-EcNdKM
Rendez-vous à Amiens, pour un débat organisé par Nouvelle Donne, dimanche 24 août 2014
Pierre Larrouturou m’a gentiment invité autour d’une Table Ronde intitulée « Comment reconstruire l’espoir ? », organisée par Nouvelle Donne, à Amiens dimanche prochain, 24 août 2014, à 9h30 :

http://www.nouvelledonne.fr/journees–dete–nouvelle–donne–2014–a–amiens
Il semble que ce soit la procédure du tirage au sort en politique, en cours d’adoption et de mise au point par ce nouveau mouvement, qu’on va me demander de commenter un peu. Peut-être aussi la nécessaire mutation des électeurs en citoyens constituants ? On verra.
Sur le site de Nouvelle Donne, j’ai effectivement trouvé cette synthèse sur le tirage au sort, et ça donne, bien sûr, envie d’aller en parler avec eux :

Le tirage au sort en politique
par Diane Vattolo, comité local Nouvelle Donne de Seine-Saint-Denis
Résumé
Pratique jadis éprouvée, le tirage au sort en politique revient aujourd’hui. Le tirage au sort est démocratique et l’élection est aristocratique. Bien pensé dans ses modalités et ses usages, il offre plus de justice et d’égalité politique. C’est pourquoi Nouvelle Donne l’a mis en place dans le cadre de la désignation de ses listes de candidats aux élections européennes de 2014.
Cette procédure qui peut nous sembler aujourd’hui surprenante en politique, nous paraît normale et positive dans les jurys d’assise (désignation des jurés par tirage au sort sur les listes électorales).
Le tirage au sort pour désigner les représentants – et même les personnes exerçant un pouvoir exécutif – jalonne pourtant l’histoire politique. Fondamental dans la démocratie Athénienne, le tirage au sort est aussi très présent dans les républiques de Venise et de Florence.
Aujourd’hui dans le monde entier, des expériences citoyennes ayant recours au tirage au sort se multiplient. Quelques exemples :
- En Colombie-Britannique (Canada) pour désigner une assemblée citoyenne écrivant le projet de réforme du mode de scrutin en 2001.
- Les jurys citoyens (Bürgerforum) sont notamment utilisés depuis 2001 dans 17 quartiers de Berlin pour décider d’une partie de leur budget (500 000 euros).
- Islande après 2008 : assemblée citoyenne constitutive tirée au sort, suivie d’un conseil élu (25 personnes ordinaires, parlementaires exclus) puis référendum.
- En France, plusieurs expérimentations ont eu lieu au niveau national, notamment sur des questions relatives à la sciences et à la technologie (bioéthique, OGM, etc.) à partir de 1998. Depuis lors, les conférences de citoyens sont également utilisées par les collectivités territoriales pour formuler des avis sur des sujets très divers : la gestion de l’eau, le traitement des déchets, la politique sociale, le développement rural, la santé…
Les grands penseurs de la démocratie (Aristote, Montesquieu, Rousseau, Harrington, Tocqueville…) s’accordent à reconnaître que « Le tirage au sort est démocratique et l’élection est aristocratique », même si tous ne défendent pas nécessairement la première solution, et l’histoire montre que l’aristocratie tend généralement vers l’oligarchie.
Certains biais de l’élection sont totalement absents du tirage au sort : pour être élu (choisi) il faut être connu, ce qui nécessite une campagne électorale coûteuse (même si elle sera peut-être remboursée, il faut au moins avancer les fonds) et des talents spécifiques à celle-ci pour les candidats (communication, présentation…) pas forcément en lien avec les talents essentiels une fois élu (prendre les bonnes décisions après s’être formé, proposer des évolutions intéressantes…).
La légitimité du tirage au sort, dépend essentiellement des réponses à ces questions :
- pour quelles fonctions ? (représentative, législative, exécutive)
- dans quelles conditions s’exerceront ces fonctions ? (durée, limites, révocabilité…)
- sur quelle base ? (tous ou une partie sélectionnée et alors sur quels critères ?)
De plus, une rotation rapide des tâches / le non cumul des mandats dans le temps, couplé au tirage au sort, permet au plus grand nombre d’exercer les fonctions politiques.
L’objection essentielle avancée au tirage au sort est la peur de désigner un incompétent, à laquelle on peut répondre :
- On peut s’en prémunir par des institutions complémentaires comme :
- le volontariat, d’autant plus s’il est couplé à une nécessaire reddition des comptes assorties de sanctions.
- Une certaine sélection de la base du tirage au sort (par exemple citoyens non déchus de leurs droits civiques, car s’ils sont aptes à voter…)
- On peut former et assister (assistants parlementaires et experts, jurys citoyens et autres outils de participation citoyenne)
- Dans les parlements, les décisions sont collégiales, donc seul le fait que la majorité soit composée d’incompétents est à craindre.
Les principaux intérêts d’une désignation par tirage au sort comparée à l’élection sont :
- le caractère réellement démocratique : le tirage au sort rend plausible pour chaque citoyen d’être au pouvoir.
- la représentativité : catégories socio-professionnelles, d’âge, de sexe, d’opinions sont également représentées, surtout si l’échantillon est grand.
- Une bien plus grande résistance à la corruption (pas de campagne à financer).
- L’éducation populaire, par la pratique pour les désignés par le sort, et par extension de tous puisque la perspective d’accéder au pouvoir existe plus facilement.
- C’est un mécanisme externe et neutre, empêchant les déchirements entre factions, et préservant l’ego de ceux qui ne sont pas désignés
Pour les raisons évoquées ci-dessus, Nouvelle Donne a mis en place le tirage au sort parmi les adhérents volontaires :
- pour la constitution de la commission électorale qui déterminera la première moitié de la liste des candidats aux européennes
- pour la désignation des candidats de la deuxième moitié de la liste (qui n’ont de chances d’être élus que si nous faisons bien plus de 50%…)
La base est donc large (tous les adhérents), des garde-fous sont mis en place (volontariat, contrat du candidat et de l’élu Nouvelle Donne, collégialité) et la formation considérée comme essentielle.
Ces conditions nous permettent donc de revendiquer fièrement cette pratique du tirage au sort dans ce cadre comme plus juste et équitable, et peut-être bien plus efficace.
Glossaire
La démocratie (du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, « souveraineté du peuple », de δῆμος / dêmos, « peuple » et κράτος / krátos, ‘pouvoir’, ‘souveraineté’ ou encore kratein, ‘commander’) est le régime politique dans lequel le peuple est souverain (le peuple renvoyant cependant à la notion plus restrictive de citoyens, la citoyenneté n’étant pas forcément donnée à toute la population).
La démocratie est devenue un système politique (et non plus un simple régime) dans lequel la souveraineté est attribuée au peuple qui l’exerce de façon :
- directe lorsque le régime dans lequel le peuple adopte lui-même les lois et décisions importantes et choisit lui-même les agents d’exécution, généralement révocables. On parle alors de démocratie directe ;
- indirecte lorsque le régime dans lequel des représentants sont tirés au sort ou élus par les citoyens, pour un mandat non-impératif à durée limitée, durant lesquels ils ne sont généralement pas révocables par les citoyens. On parle alors de démocratie représentative ;
- semi-directe dans le cas de démocraties indirectes dans laquelle le peuple est cependant appelé à statuer lui-même sur certaines lois, par les référendums, qui peut être un référendum d’initiative populaire, soit pour poser un véto à un projet de loi, soit pour proposer un projet de loi.
(source Wikipedia)
Une oligarchie (du grec ancien ὀλιγαρχία / oligarkhía, dérivé de ὀλίγος / olígos (« petit », « peu nombreux »), et ἄρχω / árkhô (« commander ») est une forme de gouvernement où le pouvoir est réservé à un petit groupe de personnes qui forment une classe dominante.
On peut distinguer les oligarchies institutionnelles et les oligarchies de fait. Les oligarchies institutionnelles sont les régimes politiques dont les constitutions et les lois ne réservent le pouvoir qu’à une minorité de citoyens. Les oligarchies de fait sont les sociétés dont le gouvernement est constitutionnellement et démocratiquement ouvert à tous les citoyens mais où en fait ce pouvoir est confisqué par une petite partie de ceux-ci.
L’oligarchie est faite des meilleurs (« aristocratie » au sens étymologique), des plus riches (ploutocratie), des scientifiques et techniciens (technocratie), des anciens (gérontocratie), de ceux qui bénéficient de la force ou de tout autre pouvoir de fait.
(source Wikipedia)
Références
Ce travail s’appuie principalement sur les travaux synthétiques sur le sujet de : Yves Sintomer, Bernard Manin et Étienne Chouard
Livres :
Yves Sintomer, « Petite histoire de l’expérimentation démocratique – Tirage au sort et politique d’Athènes à nos jours », La découverte, 2011
Bernard Manin, « Principes du gouvernement représentatif », Champs Flammarion, 1995
(en) Oliver Dowlen « Sorted : Civic lotteries and the future of public participation », MASS LBP, 2008 http://www.masslbp.com/download/MASSLBPSortedfulltext.pdf
Extraits recensés par l’Université Populaire du Pays d’Aix :
https://old.chouard.org/Europe/Ressources_UPCPA/UP_d_Aix_sur_le_tirage_au_sort_kleroterion_Sintomer_Montesquieu_Tocqueville.pdf
Vidéos de conférences :
Tirage au sort et politique : de l’autogouvernement républicain à la démocratie délibérative
(Yves Sintomer, conférence au Collège de France, 15 février 2012)
http://www.college-de-france.fr/site/pierre-rosanvallon/seminar-2012–02–15–10h00.htm
Le tirage au sort comme bombe politiquement durable contre l’oligarchie – Étienne Chouard
Sortition as a sustainable protection against oligarchy (VF sous-titrée anglais) – Étienne Chouard
https://youtu.be/0e22oUvDSwM
Sites synthétiques :
https://old.chouard.org/Europe/tirage_au_sort.php
http://stochocratie.free.fr/
(en) http://equalitybylot.wordpress.com/
(en) http://www.constitution.org/
(en) http://thecommonlot.com/
Articles de presse :
http://www.liberation.fr/politiques/2014/03/07/les–elections–n–ont–jamais–ete–concues–pour–etre–democratiques_985329 ARTICLE SUPPRIMÉ
http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi–remettre–gout–jour–tirage–au–sort–politique–democratie–gil–delannoi–243801.html
http://www.ledevoir.com/politique/canada/70598/colombie–britannique–la–democratie–mise–a–niveau–par–les–citoyens
http://www.lemonde.fr/election–presidentielle–2012/article/2012/01/11/des–candidats–par–tirage–au–sort–pour–rapprocher–les–politiques–des–citoyens_1627965_1471069.html
Citations essentielles
« Allons-nous oublier […] que l’on tire meilleur parti d’une ignorance associée à une sage pondération que d’une habileté jointe à un caractère capricieux, et qu’en général les cités sont mieux gouvernées par les gens ordinaires que par les hommes d’esprit plus subtil ? Ces derniers veulent toujours paraître plus intelligents que les lois […]. Les gens ordinaires au contraire […] ne prétendent pas avoir plus de discernement que les lois. Moins habiles à critiquer l’argumentation d’un orateur éloquent, ils se laissent guider, quand ils jugent des affaires, par le sens commun et non par l’esprit de compétition. C’est ainsi que leur politique a généralement des effets heureux. »
Thucydide (citant Cléon), « La Guerre du Péloponnèse », II, 37,
in Œuvres complètes, Gallimard, « La Pléiade », Paris, 1964.
« Le jury, et surtout le jury civil, sert à donner à l’esprit de tous les citoyens une partie des habitudes de l’esprit du juge ; et ces habitudes sont précisément celles qui préparent le mieux le peuple à être libre. […]
Il répand dans toutes les classes le respect pour la chose jugée et l’idée du droit. […]
Il enseigne aux hommes la pratique de l’équité. »
Tocqueville, « De la démocratie en Amérique », Livre 1, deuxième partie, chapitre VIII
Diagramme représentant la constitution des Athéniens au IVe siècle
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Constitution–des–Atheniens–au–IVe–siecle.png?uselang=fr
GNU FDL / CC By-SA Mathieugp avec contribution de WartDark. Améliorations importantes effectuées en mai 2010 grâce à la critique constructive de Laurent Henry.
> Désignation des candidats Nouvelle Donne aux européennes
On devrait être six (dont Edwy Plenel) lors de cette Table Ronde, et on aura deux heures (puis une heure 30 de questions-réponses) : on n’aura donc peu de temps pour défendre des idées ; il va falloir choisir.
Le programme est ici.
Pour mémoire, à l’occasion de notre conférence à deux avec David Van Reybrouck (délicieux souvenir), à Bruxelles, j’avais résumé en une douzaine de minutes les trois grands usages du tirages au sort en politique
que j’ai repérés, depuis presque dix ans que je travaille sur cette procédure
(c’est de la minute 11:30 à 23:20) :
httpv://www.youtube.com/watch?v=8hrG-EcNdKM
Par ailleurs, la revue Hiatus d’avril 2013 avait publié le récapitulatif où je résume les vices de l’élection et les vertus du tirage au sort :

(Il va sans dire que le tableau inverse peut être tenté par celui qui en ressentira le besoin.)
Ce serait bien que les différents membres de Nouvelle Donne fassent bien germer toutes ces idées (en allant SURTOUT jusqu’au tirage au sort de l’Assemblée constituante et des Chambres de contrôle — j’insisterai là-dessus dimanche, si je le peux).
Ça a l’air bien parti (mais on peut prévoir raisonnablement de nombreux obstacles). Nous verrons bien.
J’espère pouvoir y défendre l’idée d’une constitution (forcément) d’origine populaire, de citoyens (forcément) constituants, et de tirage au sort (forcément) antidote anti-oligarchique universel. (Et de l’indispensable sortie de l’UE, évidemment.)
J’ai hâte d’y être.
Étienne.
[Edit (10 sept 2014) :
la vidéo complète de cette table ronde est ici :
httpv://youtu.be/tSSw8ATP5XY]
Rendez-vous les 22 et 23 août près de Périgueux, pour la première Université d’Été du Revenu de Base, avec atelier constituant dédié à l’allocation universelle inconditionnelle
Je vous propose de participer à un atelier constituant dédié au revenu de base (ou aux variantes possibles, également émancipatrices), vendredi et samedi prochains, 22 et 23 août 2014, à la première Université d’été du revenu de base, près de Périgueux,
http://universite.revenudebase.info/
Le drame des êtres vivants sur terre, ce qui fonde « la malédiction du travail », c’est LE CHANTAGE INSTITUÉ par 1% des humains (les grands propriétaires) contre tout ce qui vit sur terre, et les TRAVAUX FORCÉS, le bagne pour tous, que ce chantage rend possibles et apparemment inéluctables.
Ce chantage a besoin de quelques POINTS D’APPUI fondamentaux (dont le déplacement permettrait sans doute de nous débarrasser des maîtres-chanteurs). Entre autres points d’appui,
• le type de monnaie utilisé (aujourd’hui privée, rare, chère, à valeur stable),
• la possibilité d’une coercition sur les individus (un État doté du monopole de la violence),
• une anticonstitution qui permet aux plus riches, grâce à un faux « suffrage universel », d’acheter les acteurs politiques (manœuvrant l’État) et donc de produire un DROIT inique, trop gentiment dénommé « capitalisme », qui met toute la société à leur service,
• la confiscation des terres (et des ressources) rendue possible par le droit capitaliste,
• notre désespérante vulnérabilité aux bobards et les sciences exactes de la tromperie,
• la division du travail,
• l’atomisation des travailleurs
• et leur dépendance à la monnaie.
S’il fallait pointer un ou deux points d’appui particulièrement décisifs des maîtres-chanteurs (à part le droit reconnu par tous d’écrire et de réviser la constitution, qui est, selon moi, le principal verrou & levier des 1% contre les 99%), je choisirais sans doute la création monétaire privatisée et la dépendance individuelle à la monnaie.
L’idée du « revenu de base » s’en prend donc à notre dépendance à la monnaie, mais ne parle pas de création monétaire.
Le « dividende universel » (de Stéphane Laborde), lui, s’en prend aux deux à la fois, en finançant la monnaie fondante du dividende par création monétaire.
Mais son montant (ses calculs préconisent 600€ par mois, si je me souviens bien) est à mon avis insuffisant, car il risque de laisser intactes les conditions du chantage des employeurs (en leur offrant même un effet d’aubaine, avec une possibilité inespérée de baisser les salaires), je le crains : ce sera intéressant d’en parler avec Stéphane (il prend la parole vendredi à 16h30).
J’espère qu’il y aura dans cet événement des activistes du réseau-salariat pour défendre les puissants arguments de Bernard Friot en faveur du salaire à vie financé par cotisation sociale. Politiquement, c’est l’ensemble de propositions le plus cohérent, je trouve.
Décider entre nous d’instituer un versement d’argent inconditionnel et à vie, une somme suffisante pour vivre dignement sans travailler, ce serait à la fois nous libérer des maîtres-chanteurs, et permettre à chaque humain de mener librement l’activité qu’il juge la plus intelligente.
De mon côté, j’ai repéré certaines des propositions qui vont dans le sens de cette émancipation par distribution inconditionnelle de monnaie, comme :
– le revenu de base ;
– le salaire à vie, financé par nos cotisations sociales, avec qualification de la personne et pas du poste, de Bernard Friot (c’est la proposition que je préfère, personnellement ; mais toutes m’intéressent) ;
– le dividende universel financé par création monétaire de Stéphane Laborde ;
– le crédit social défendu par Louis Even…
J’espère découvrir de nouvelles piste lors de ces journées à Coulounieix-Chamiers.
L’objection sur laquelle je voudrais attirer l’attention, c’est le fait que la dépendance à la monnaie et aux employeurs (qui sont, pour nous, les seuls pourvoyeurs de monnaie) est un rouage CENTRAL de la société de travaux forcés (appelée frauduleusement « libéralisme ») mise en place à la fin du 18ème siècle par les grands marchands et par les banques ; et que les artisans de ce bagne (les parlementaires, les ministres, et la plupart des professionnels de la politique, qui ont bâti cette prison et qui l’entretiennent aujourd’hui) ne laisseront PAS détruire la clef de voûte de leur chantage permanent sans résister.
En tout cas, ce ne sont PAS ces hommes-là qui écriront les règles de notre émancipation, puisqu’ils tirent précisément leur pouvoir et leurs privilèges de notre infantilisation et de notre asservissement.
Autrement dit, il ne sert à rien de demander cette institution aux parlementaires, la solution ne viendra pas des « élus » (car ils ne servent, pour l’essentiel, que les riches qui les font élire).
Autrement dit, si nous voulons instituer l’outil monétaire de notre émancipation des maîtres-chanteurs, il faudra l’écrire nous-mêmes, et au plus haut niveau du droit pour le mettre à l’abri des péripéties politiciennes quotidiennes.
D’où l’idée, vendredi soir (18h), en plénière, d’expliquer rapidement cette idée, pour alimenter & stimuler les travaux pratiques du lendemain, samedi matin (9h30), avec un atelier constituant spécialement dédié à l’institution du revenu de base (ou du salaire à vie, ou du dividende universel, etc.) : si nous écrivions nous-mêmes la constitution, avec quels mots le ferions-nous ? Et avec quelles modalités de mise à jour ? Indexation automatique ? Sur quel indice ? Contrôlé par qui et comment ? Revenu minimum couplé ou pas avec un revenu maximum ? Etc.
Cette fin de soirée, cette nuit et ce petit matin, placés entre l’exposé du vendredi soir et l’atelier du samedi matin, permettent habituellement aux gens (on l’a déjà fait) de regrouper des idées prometteuses et de venir avec plein de suggestions, à échanger / vérifier en petits groupes.
Ce sera la première fois qu’on dédie un atelier constituant au revenu-de-base/salaire-à-vie/dividende-universel… J’ai hâte de voir ce que ça va donner.
Au plaisir de vous y retrouver.
Étienne.
NB : Agnès Maillard, alias Le Monolecte, a écrit un bon papier sur le sujet :
De l’absolue nécessité d’un revenu universel
http://blog.monolecte.fr/post/2014/08/12/de–labsolue–necessite–dun–revenu–universel
Je suis très content de retrouver Agnès lors de cette rencontre. Si vous ne connaissez pas Agnès, allez lire Le Monolecte, le blog des agitateurs du vide, c’est passionnant 🙂
Qu’est-ce qu’un « atelier constituant » ?
Un « atelier constituant » est une séance pratique, au cours de laquelle on s’entraîne — personnellement et réellement, seul ou à plusieurs — à écrire des articles de notre constitution.
C comme Constitution, C comme Citoyen :
L’idée du « Plan C », c’est que « ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ». Nous n’avons PAS de Constitution parce que NOUS la laissons écrire par les professionnels de la politique (qui sont précisément ceux qui ne devraient PAS l’écrire, puisqu’ils devraient la craindre). Nous n’aurons de constitution QUE QUAND nous l’écrirons NOUS-MÊMES. La proposition, simple et forte, est donc, de façon autonome, sans rien demander à personne, de devenir capables d’instituer nous-mêmes notre puissance politique, en écrivant d’abord (et en protégeant ensuite) nous-mêmes une Constitution d’origine Citoyenne.
Il s’agit donc, radicalement, de prendre nos problèmes économiques et sociaux à leur racine, et il se trouve que cette racine est commune : nous avons une cause commune, c’est notre impuissance politique.
Les ateliers constituants sont donc la mise en pratique de la proposition théorique du Plan C, pour démontrer et rendre sensible 1) que c’est possible, et 2) que c’est beaucoup mieux : des humains dont ce n’est pas le métier peuvent très bien écrire eux-mêmes les règles supérieures qui instituent des pouvoirs publics (parlement, gouvernement, justice, médias et banques), et surtout des contre-pouvoirs (séparation des pouvoirs, rotation des charges, chambres de contrôle tirées au sort, révocabilité des acteurs, reddition des comptes et référendums d’initiative populaire). Non seulement les simples citoyens peuvent le faire, mais ils sont les seuls à pouvoir le faire correctement : les professionnels de la politique, eux, sont en conflit d’intérêts dans le processus constituant.
Sur le plan pratico pratique, c’est très simple : il suffit d’apporter de quoi écrire ; peut-être aussi des marqueurs et des grandes feuilles pour afficher au mur la synthèse de chaque atelier (pour la mise en commun à la fin)… N’importe qui peut faire un atelier constituant, n’importe où et n’importe quand : il suffit d’en avoir envie.
Au plan individuel (et intérieur), cet entraînement pratique rend possible et enclenche une mutation fondamentale : un atelier constituant transforme un électeur constitué (un enfant politique) en citoyen constituant (un adulte politique). Et en prenant nos problèmes par ce bout-là, nos utopies deviennent des projets politiques ; ce que nous prenions pour des obstacles insurmontables disparaît. Essayez, vous verrez, c’est enthousiasmant :o)
Étienne Chouard.
PS : merci au jeune Krapo, pour ses dessins, patiemment travaillés avec une bande de virus.
Rendez-vous à Bordeaux, le 21 août, pour un atelier constituant
Ça fait longtemps que je ne suis pas allé à la rencontre des virus atlantiques (la dernière fois, c’était pour une conférence avec Bernard Friot)…
« La Révolution des Grenouilles » a préparé tout ce qu’il faut, à Bordeaux, pour que nous puissions, une nouvelle fois, nous entraîner à instituer nous-mêmes notre puissance politique (celle-là même que nous refusent, obstinément et hypocritement, les « élus » de la « république » depuis 200 ans).
Ce sera jeudi prochain, 21 août 2014, à 19h30. Voici les liens utiles :
http://larevolutiondesgrenouilles.fr/?p=635
Suggestion (parfaitement indicative ; nous sommes libres) :
Je viens de finir le livre épatant de David Graeber, « La démocratie aux marges », et je voudrais vous inviter, après avoir résumé les points que j’ai trouvés bouleversants dans ce bouquin, à nous concentrer ce soir sur les articles relatifs à la création des lois : comment composer le parlement (élections avec ou sans candidats ? élections ou tirage au sort ? ou les deux ?), comment voter les lois (majorité ou consensus ? Quel mode de scrutin ?), à quelle échelle ? (nationale ou locale ? Quels domaines pour le local ? quels domaines pour le national ?), quelles garanties et modalités pour l’initiative populaire, etc.
Prenez de quoi écrire ! 🙂
Et puis, si vous avez un peu bossé sur la façon (foncièrement antidémocratique, démophobe même) dont notre anticonstitution de 1958 prévoit que les lois seront toujours écrites SANS NOUS et même MALGRÉ NOUS s’il le faut, ce sera bien, parce que vous irez plus vite à l’essentiel.
Le texte de notre anticonstitution (à avoir toujours à portée de la main, pour apprendre seul à faire mieux) : en PDF ou en livre.
Au plaisir de vous revoir bientôt, bande de virus 🙂
HOLOCAUSTE DES ANIMAUX NON HUMAINS : pétition pour un nouveau statut juridique de l’animal
la multiplication sur Terre des holocaustes (massacres industriels) pousse à en chercher les causes profondes. Le plus banalisé, et sans doute le plus ancien, des holocaustes, celui des animaux, est peut-être le premier, dont la légalité juridique légitime au fond les autres.
Je ressens souvent les tortures et les massacres infligés sans remord aux animaux comme une des racines importantes des tortures et des massacres infligés sans remord à des humains, comme si le mépris absolu de certains être vivants et sensibles rendait possible – et donc prévisible – le mépris absolu de n’importe quel être vivant et sensible, et donc nos semblables : dans un tel système juridique d’impunité pour les crimes contre les animaux, il suffit à un homme malveillant d’animaliser ceux dont il veut se débarrasser pour légitimer les pires horreurs.
Parmi les actions que nous pourrions entreprendre de façon radicale (c’est-à-dire en prenant les problèmes à la racine), il y a le statut juridique que les hommes (animaux humains, armés) donnent aux bêtes (animaux non humains, désarmés).
Une pétition lancée par l’association « 30 millions d’amis » demande au législateur (mais si, vous savez, l’assemblée d’animaux humains « élus » par leurs semblables pour observer et comprendre « la volonté générale », pour ensuite la retranscrire en « lois »), une pétition demande au législateur, donc, de modifier notre Code civil pour cesser de considérer les animaux comme des « meubles ». En droit, la définition des biens meubles est négative : sont meubles tous les biens non immeubles, et les animaux en font partie, pour l’instant. La pétition demande formellement que les animaux non humains ne soient plus qualifiés juridiquement de meubles, mais plutôt d’êtres vivants sensibles.
Pour un nouveau statut juridique de l’animal – Pétition :
http://www.30millionsdamis.fr/jagis/signer–la–petition/je–signe/22–pour–un–nouveau–statut–juridique–de–lanimal/
Il est possible que la possibilité même de chosifier les animaux soit un obstacle logique puissant qui nous empêche depuis des millénaires de nous protéger contre les tueries, en rendant légitimes et non criminelles certaines tueries.
Il est donc possible que déchosifier les animaux soit un chemin qui nous conduise progressivement à déchosifier les hommes VRAIMENT.
Je dis possible pour être prudent, mais je pense plutôt probable.
Rappel (voir tout le fil de commentaires) des tortures que nous sommes capables, sans remord ni peine, d’imposer en masse à nos compagnons de vie sur terre, les animaux, nous autres humains soi disant supérieurs en dignité :
HOLOCAUSTE AU CONGO, durablement et actuellement assisté par nos « représentants » : où sont nos « journalistes » ?
httpv://www.youtube.com/watch?v=NMtgHzXZnIg
Pas envie de commenter tout de suite, la colère est mauvaise conseillère.
Mon impuissance politique me pèse de plus en plus.
http://friendsofthecongo.org/
Tell to your representatives « We want PL 109–456 fully implemented »
En faisant preuve de retenue, la Russie n’a fait que persuader Washington qu’elle était faible, par Paul Craig Roberts, traduit et signalé par les-crises.fr
http://www.les-crises.fr/pcr–russie–faible/
ÉC
« Un billet de Paul Craig Roberts…
Je rappelle que cet économiste et journaliste paléoconservateur américain a été sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan (1981−1982), et est un des pères fondateurs des Reaganomics.
Il a également été rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal.
Sa vision décape, en général… »
[Olivier Berruyer]
Paul Craig Roberts, 1er août 2014 :
Je viens juste d’entendre deux choses sur la radio publique nationale [NPR] qui ont complètement anéanti le peu de confiance qu’il me restait encore dans l’Administration américaine. J’en ai conclu que l’expression « un Américain intelligent » est un oxymore.
Les élites américaines ont décidé que les Américains n’étaient pas suffisamment menacés par la guerre et le chaos économique, aussi nous apportent-elles le virus Ebola en Amérique. La radio publique nationale [NPR] a annoncé que deux personnes infectées par le virus Ebola, qui est incurable et généralement mortel, ont été conduites à l’hôpital universitaire d’Emory à Atlanta, en Géorgie. Il suffit d’une toux, d’un éternuement, d’une goutte de salive, et le virus est relâché dans l’un des principaux centres du réseau de transport des États-Unis.
Une pandémie, ça vous tente ? Il y a peu de doutes que toute la planète ou presque pousserait un grand soupir de soulagement d’être débarrassé de Washington.
Les porteurs de l’Ebola seront prétendument mis en quarantaine dans des locaux spéciaux. Mais nous savons déjà que les hôpitaux américains ne sont même pas capables de contenir les infections nosocomiales [http://rt.com/usa/177408–nightmare–bacteria–antibiotic–southeast/]. Qu’advient-il des couverts, assiettes, bols et verres qu’utilisent les personnes infectées pour manger et boire ? Et qui s’occupe de nettoyer les lits ? Une bourde faite par une personne, une déchirure dans un gant en caoutchouc, et le virus est lâché dans la nature.
Si on ne meurt pas d’Ebola, on devra encore échapper à une guerre nucléaire.
J’ai écouté une partie de la conférence de presse d’Obama. Obama accuse Poutine de faire tout ce qu’Obama est le seul à faire. Si Obama croit ce qu’il a dit à la presse, il se laisse mener en bateau par ses conseillers. S’il ne croit pas en la propagande grossière dont il parle, il nous mène tout à fait consciemment vers une guerre avec la Russie, ce qui signifie probablement aussi la guerre avec la Chine et notre fin à tous.
Gardez à l’esprit qu’en huit ans, l’armée américaine a été incapable d’occuper l’Irak avec succès, et qu’en 13 ans, les États-Unis ont été incapables de venir à bout de quelques milliers de Talibans faiblement armés en Afghanistan.
La Russie et la Chine ne sont pas l’Irak, la Libye ou l’Afghanistan.
La guerre avec la Russie sera nucléaire. Washington s’y est préparé. Washington a abandonné le traité ABM, a créé ce qu’il pense être un « bouclier anti-missiles balistiques », et a changé sa doctrine de guerre pour permettre aux USA de lancer les premiers une attaque nucléaire . Tout ceci évidemment dirigé contre la Russie, ce que son gouvernement sait très bien. Combien de temps la Russie va-t-elle rester les bras croisés à attendre la première frappe de Washington ?
La Russie n’a rien fait d’autre que d’opposer des obstacles tardifs aux mensonges de Washington, ceux que Washington utilise pour déclencher des guerres. La Russie (et la Chine) se sont laissées berner par Washington et les armes de destruction massive irakiennes. La Russie (et la Chine) se sont laissées berner par Washington sur la soi-disant traque de 13 ans de Ben Laden, qui aurait nécessité la conquête et l’occupation de l’Afghanistan. La Russie (et la Chine) sont tombées dans le panneau lorsque Washington a affirmé que la résolution des Nations unies établissant une zone d’exclusion aérienne sur la Libye avait pour but d’empêcher l’armée de l’air de Kadhafi de bombarder son propre peuple. Avant de découvrir que Washington faisait un usage abusif de cette résolution en envoyant la force aérienne de l’OTAN renverser le gouvernement libyen.
Lorsque Washington a tracé une « ligne rouge » concernant l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien contre les forces extérieures – celles que Washington avait organisées et envoyées en Syrie pour renverser le gouvernement – ne cessant de prétendre que ces mercenaires islamistes étaient les vrais représentants de la démocratie en Syrie, la plus grande partie du monde a su que Washington était sur le point d’organiser une attaque chimique et d’accuser Assad. Quand l’attaque a eu lieu au moment prévu, cette fois la Russie et la Chine ne s’y sont pas laissé prendre. Pas plus que le Parlement britannique. Washington n’a pu produire la moindre preuve des accusations que Washington avait montées de toute pièce, et qui lui auraient au moins valu le concours des Britanniques pour un assaut militaire contre la Syrie. La Russie, en revanche, fut capable d’apporter des preuves, et celles-ci ont déjoué le complot de Washington à l’encontre de la Syrie.
Cette intervention de la Russie a provoqué la colère de Washington, tout comme celle qui avait déjoué les manigances de Washington en vue d’attaquer l’Iran. Washington, sans aucune preuve, et en contradiction avec les rapports des inspecteurs de l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique opérant sur le terrain, selon lesquels il n’y avait jamais eu de détournement d’uranium du programme nucléaire légal vers un programme d’armement, avait quand-même mis en place ce qu’il fallait pour une attaque de l’Iran. Celle-ci s’est retrouvée encerclée par une quarantaine de bases militaires américaines et menacé par deux des flottes de Washington au large de ses côtes.
Mais la Russie s’est interposée et a élaboré un plan que Washington a été obligé d’accepter : maintenir l’enrichissement d’uranium iranien à un niveau suffisant pour produire de l’énergie, mais bien trop bas pour servir à l’armement.
Deux mauvaises notes pour la Russie, dont le gouvernement a empêché des guerres que Washington voulait. La Russie (et la Chine) étaient censées avaliser les mensonges de Washington, à l’instar des États-pantins de l’Europe et autres pays lui ayant abandonné leur souveraineté depuis belle lurette : Canada, Australie, et Japon.
Malheureusement pour elle, en montrant qu’elle avait à présent suffisamment de pouvoir et d’influence pour bloquer les plans de guerre de Washington, la Russie a, de facto, déclenché la doctrine Wolfowitz à son encontre. J’ai déjà cité cette doctrine dans des articles récents, mais vous pouvez chercher sur Google et la découvrir par vous-même. Cette doctrine est la base de la politique étrangère de Washington. Elle affirme que l’objectif principal de Washington est d’empêcher la montée de tout pays qui pourrait faire obstacle à son hégémonie sur le monde. (La doctrine mentionne explicitement la Russie, mais elle s’applique aussi à la Chine.)
Washington est perturbé parce que la Russie a, par deux fois, déjoué ses intentions belliqueuses et parce que le Parlement du Royaume-Uni, État fantoche des US, a voté du côté des Russes.
Washington est aussi préoccupé par la montée des relations économiques et politiques entre ses marionnettes européennes et la Russie. Les pays européens, particulièrement l’Allemagne, ont des liens économiques nombreux et fructueux avec la Russie, et toute l’Europe est dépendante de la fourniture d’énergie russe.
Washington a donc conclu qu’il risquait de voir le contrôle de l’Europe lui échapper. Pendant que le gouvernement russe s’endormait aux commandes lors des Jeux olympiques, Washington a réussi son coup à Kiev.
Le néoconservatrice Victoria Nuland, appointée par Obama comme Sous-secrétaire d’Etat, a annoncé en conférence de presse en décembre dernier que Washington avait dépensé cinq milliards de dollars, achetant des ONG ukrainiennes pour former une “cinquième colonne” pouvant s’introduire dans des manifestations en vue de déstabiliser un gouvernement, manipulant et achetant des politiciens ukrainiens destinés à servir de larbins à Washington. Nuland,bien sûr, a présenté cet achat de l’Ukraine par Washington comme étant “une grande avancée” de la démocratie.
Le coup d’État de Washington contre un gouvernement démocratiquement élu a mis au pouvoir des extrémistes proclamant leur haine des Juifs et des Russes. Ces extrémistes ont détruit les mémoriaux russes commémorant la libération de l’Ukraine du Troisième Reich par la Russie, ont proscrit le russe comme langue officielle régionale, et s’en sont violemment pris physiquement aux russophones.
L’Ukraine a toujours été une zone aux frontières changeantes. Comme l’ont dit certains, « l’Ukraine est un pays à la recherche de frontières ». Quand l’Ukraine était une province soviétique, les dirigeants soviétiques rattachèrent, pour diverses raisons, des provinces traditionnellement russes à la République Socialiste Soviétique d’Ukraine. Après l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991, la pression de Washington sur une Russie affaiblie conduisit à séparer l’Ukraine de la Russie, y compris la Crimée qui faisait partie de la Russie depuis les années 1700 et constituait son accès aux mers chaudes.
Les populations russes des ex-territoires russes rattachés à l’Ukraine, de manière inconsidérée, par les dirigeants soviétiques ont été alarmées par l’extrême russophobie du gouvernement mis en place à Kiev par Washington. Les ex-territoires russes ont voté pour rejoindre leur pays d’origine et quitter l’Etat fantoche russophobe établi à Kiev par les États-Unis.
Le gouvernement russe a accepté la demande de la Crimée, mais a repoussé les demandes émanant d’autres ex-provinces russes afin de démontrer à l’Europe que la Russie ne faisait pas de provocation et n’était pas à l’origine de cette crise. Poutine a même fait annuler par la Douma son pouvoir d’intervenir en Ukraine pour protéger les provinces sécessionnistes. Cette retenue a gêné plus qu’aidé la position du gouvernement russe. Washington a usé de sa machine de propagande pour qualifier l’autodétermination des Criméens d’« invasion et annexion de la Crimée par la Russie ».
La retenue de la Russie à l’égard des demandes des autres anciennes provinces russes pour rejoindre la Russie a eu pour conséquence une attaque militaire déclenchée par le gouvernement fantoche de Kiev, encouragé par Washington, contre les provinces séparatistes, attaque que la Russie a refusé d’accepter. La propagande de Washington a ensuite réussi à accuser la Russie d’être responsable de la guerre que Washington a lancée sur les provinces séparatistes.
Washington n’a aucun intérêt pour la vérité. De ce fait, la Russie ne peut pas gagner la propagande de guerre lorsque Washington en contrôle la langue : l’anglais. Les médias occidentaux, quant à eux, sont des abrutis donnant les mains libres à Washington pour exterminer toute vie sur Terre.
Si le gouvernement russe avait accepté la demande des provinces séparatistes, il n’y aurait eu aucune guerre. Le gouvernement ukrainien est certes cinglé et contrôlé par Washington, mais pas au point d’attaquer les territoires reconnus par la Russie comme étant les siens.
En faisant preuve de retenue, la Russie n’a fait que persuader Washington qu’elle était faible, et Washington a augmenté la pression. La Russie a convaincu l’Europe qu’il ne lui en coûterait rien de se plier aux sanctions de Washington contre la Russie. En comptant sur la bonne volonté, la raison, la vérité et les preuves, la Russie s’est trompée sur Washington et ses serviles marionnettes européennes.
Ce qu’Obama voulait dire lors de sa conférence de presse à la Maison Blanche aujourd’hui (1er août) lorsqu’il a dit que Poutine devrait utiliser la diplomatie – ce que Poutine n’a cessé de faire en vain – c’est que Poutine devrait rendre la Crimée au gouvernement de pantins de Washington à Kiev, malgré l’opposition des habitants de Crimée et du peuple russe. Cela permettrait à Washington d’expulser la Russie de son port de mer chaude et de son accès à la mer Méditerranée et rendrait inutile la base navale de la Russie à Tartous, en Syrie. Obama veut aussi que Poutine envoie des forces militaires russes dans les zones séparatistes de l’Ukraine, régions qui faisaient traditionnellement partie de la Russie, pour soumettre ces territoires séparatistes au gouvernement de pantins de Washington à Kiev.
Telle est la position « diplomatique » de Washington. Seule une personne totalement démente pourrait considérer la position d’Obama comme réaliste.
En tant que personne considérée comme saine d’esprit par les médias mondiaux, et parvenant à des conclusions raisonnables malgré la propagande de Washington, je suis souvent interviewé par des médias étrangers ainsi que des médias américains indépendants. Dernièrement, les médias russes se sont tournés vers moi à de nombreuses occasions. Ce que j’ai appris est que l’hostilité de Washington envers la Russie rend perplexes les médias russes.
La Russie n’agit pas dans le vieux Sud Confédéré pour essayer de monter les États sudistes contre Washington du fait des vols, des meurtres et de la destruction de la culture sudiste commis par Washington. Mais Washington se permet d’agir dans le sud de la Russie en essayant de monter l’Ukraine, longtemps partie intégrante de la Russie, contre la Russie.
Comme les Russes, sauf peut-être au sein du gouvernement, ignorent l’existence de la doctrine Wolfowitz, ils ne savent pas que le but principal de Washington est d’empêcher l’avènement de toute autre puissance qui pourrait limiter son rôle de Moi-le-Pouvoir-Unique, d’Hegemon sur la Terre. Au lieu de comprendre la véritable nature de la menace, les médias russes me demandent si les finances russes peuvent se permettre de répondre aux sanctions de Washington et de l’UE en coupant les approvisionnements en énergie de l’Europe.
Je suis surpris à chaque fois que j’entends cette question. La Russie peut provoquer l’arrêt d’une grande partie de l’industrie européenne et priver les Européens de chauffage pendant l’hiver, et les médias russes me demandent si la Russie peut se le permettre ?!
La Russie peut-elle se permettre d’être diabolisée par des mensonges, ensevelie sous un tas de sanctions propagandistes qui affecteront l’Europe et certaines sociétés américaines, de montrer une image d’elle-même si faible et si démunie face aux sanctions occidentales qu’elle doive les accepter sans même en faire peser le coût sur l’Europe et les États-Unis ?
Les Russes, à leur tour, auraient-ils subi un lavage de cerveau de Washington ?
Je suis préoccupé par la crise que Washington a orchestrée, parce que je pense qu’elle va mener à la guerre, et qu’elle sera nucléaire. Êtes-vous prêts à être détruits suite aux mensonges de Washington concernant un avion de ligne malaisien ? Je suis convaincu que Washington est derrière la destruction du vol MH-17, car leur propagande était déjà prête et est entrée immédiatement en action. Que Washington soit responsable est la raison pour laquelle Washington ne veut pas publier les photos satellites de la zone au moment de la destruction de l’avion de ligne. Que Washington soit responsable est la raison pour laquelle Washington répond aux preuves factuelles de la Russie avec des mensonges et de la propagande. C’est Obama et ses larbins à Kiev qui refusent de négocier, pas la Russie.
La Russie a autant de têtes nucléaires que Washington, et le « bouclier ABM » de Washington n’est qu’une farce. Si ce gouvernement américain insensé engendre une crise menant à la guerre, que seul Washington aura causée, nous allons tous mourir, et pour quoi ? La réponse est : pour un MENSONGE de Washington.
Voulez-vous mourir pour un mensonge ? Un autre mensonge de Washington ?
Si vous ne voulez pas, vous feriez bien d’en faire part à Washington.
La Russie ne peut mettre fin à cette crise sans taper du poing sur la table. J’ai soutenu l’idée que la Russie devrait plaider son cas aux Nations Unies. Ou alors, le gouvernement russe doit poser à l’Europe deux questions. La première : l’Europe veut-elle que la Russie lui coupe ses approvisionnements en énergie, énergie que Washington, malgré ses mensonges, ne pourra remplacer avant 3 ans voire plus, si tant est qu’elle le puisse ? L’autre question est : l’Europe veut-elle la guerre avec la Russie et l’Europe pense-t-elle que ces pays idiots qui hébergent les missiles de Washington ne se retrouveront pas atomisés et exterminés ?
Cette crise en Ukraine continuera aux dépens de la Russie et de toute l’humanité jusqu’à ce que la Russie explique à l’Occident stupide, arrogant et empli d’hubris que les actions criminelles et agressives de l’Occident contre la Russie comportent un coût réel et que la Russie est prête à le faire payer.
Les Occidentaux qui subissent la propagande n’ont aucune idée du destin vers lequel leurs gouvernements déments les conduisent. Il faut que la Russie signifie clairement aux Occidentaux victimes de la propagande et du lavage de cerveau qu’elle ne sera pas le jouet de l’Occident et n’acceptera pas l’agression gratuite du fou de la Maison Blanche.
Si la Chine en faisait autant, cela pourrait contribuer à sauver la vie sur terre. Le plus tôt serait le mieux.
Si le monde ne freine pas les criminels déments de Washington, le monde a signé son propre arrêt de mort.
Source : Paul Craig Roberts, traduction collective par les lecteurs du blog www.les-crises.fr
Source : http://www.les-crises.fr/pcr–russie–faible/











