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Pouvoir, démocratie et liberté – TheSwissBox avec Etienne CHOUARD (EN DIRECT)

Pouvoir, démocratie et liberté – TheSwissBox avec Etienne CHOUARD (EN DIRECT)

Chers amis, Je reviens de Suisse où j’ai ren­con­tré Antoine qui tient la chaine TheS­wiss­Box. Voi­ci l’en­re­gis­tre­ment de notre conver­sa­tion. Bien à vous tous. Étienne. PS : si l’un d’entre vous veut bien, tout en décou­vrant la vidéo, noter les minutes où nous trai­tons d’un nou­veau sujet impor­tant, ce sera très utile pour cha­pi­trer l’en­tre­tien. Exemple : 12:30 Défi­ni­tion de l’é­tat de droit Mer­ci d’a­vance. https://​www​.you​tube​.com/​l​i​v​e​/​f​u​f​n​V​Z​p​g​3​b​8​?​f​e​a​t​u​r​e​=​s​h​are

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For­mat grille – For­mat articles complets

John Pilger : « une guerre mondiale a commencé – Brisez le silence ». – ÉC : « cherchez la cause des causes dans notre consentement au faux »‘suffrage universel’

Encore une remar­quable syn­thèse de John Pil­ger, inti­tu­lée « Une guerre mon­diale a com­men­cé – Bri­sez le silence » (voir plus bas).

Mon com­men­taire : j’aime lire John Pil­ger. Mais, je déses­père de ne trou­ver, même chez lui, tou­jours pas un mot sur la cause pre­mière de toutes ces grandes misères : notre consen­te­ment au faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois), pro­cé­dure plou­to­cra­tique qui donne (tou­jours) le pou­voir de déci­der aux ultras-riches et qui conduit donc – méca­ni­que­ment, depuis 200 ans – au capi­ta­lisme, et à la guerre.
Nous aurons la guerre tant que nous ado­re­rons (idio­te­ment) l’é­lec­tion comme une vache sacrée.
La seule pro­cé­dure qui retire toute prise aux escrocs poli­ti­ciens est aus­si la seule pro­cé­dure authen­ti­que­ment démo­cra­tique, c’est le tirage au sort.
Pas de paix sans démo­cra­tie et pas de démo­cra­tie sans tirage au sort.
Mais pas de tirage au sort sans pro­ces­sus consti­tuant popu­laire => Vous n’y cou­pe­rez pas, il va fal­loir tra­vailler : si vous vou­lez une vraie consti­tu­tion, il fau­dra apprendre à l’é­crire vous-même.
Sinon, comme tou­jours, les pires gouverneront.

Une guerre mondiale a commencé – Brisez le silence (par John Pilger)

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9ae3deca6381c2a9e1ecfec3d7b54303John Pil­ger est un jour­na­liste de natio­na­li­té Aus­tra­lienne, né à Syd­ney le 9 Octobre 1939, par­ti vivre au Royaume-Uni depuis 1962. Il est aujourd’hui basé à Londres et tra­vaille comme cor­res­pon­dant pour nombre de jour­naux, comme The Guar­dian ou le New Sta­tes­man.
Il a reçu deux fois le prix de meilleur jour­na­liste de l’année au Royaume-Uni (Britain’s Jour­na­list of the Year Award). Ses docu­men­taires, dif­fu­sés dans le monde entier, ont reçu de mul­tiples récom­penses au Royaume-Uni et dans d’autres pays.
John Pil­ger est membre, à l’instar de Van­da­na Shi­va et de Noam Chom­sky, de l’IOPS (Inter­na­tio­nal Orga­ni­za­tion for a Par­ti­ci­pa­to­ry Socie­ty), une orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale et non-gou­­ver­­ne­­men­­tale créée (mais encore en phase de créa­tion) dans le but de sou­te­nir l’activisme en faveur d’un monde meilleur, prô­nant des valeurs ou des prin­cipes comme l’autogestion, l’équité et la jus­tice, la soli­da­ri­té, l’anarchie et l’écologie.
Article ini­tia­le­ment publié le 20 mars 2016 en anglais, sur le site offi­ciel de John Pil­ger, à cette adresse.


Je suis allé fil­mer aux îles Mar­shall, qui se situent au Nord de l’Australie, au milieu de l’océan Paci­fique. A chaque fois que je raconte cela à des gens, ils demandent, « Où est-ce ? ». Si je leur donne comme indice « Biki­ni », ils répliquent, « vous par­lez du maillot de bain ».
Bien peu semblent savoir que le maillot de bain biki­ni a été ain­si nom­mé pour com­mé­mo­rer les explo­sions nucléaires qui ont détruit l’île de Biki­ni. Les États-Unis ont fait explo­ser 66 engins nucléaires aux îles Mar­shall entre 1946 et 1958 – l’équivalent de 1,6 bombe d’Hiroshima chaque jour, pen­dant 12 ans.
Biki­ni est silen­cieuse aujourd’hui, mutante et conta­mi­née. Des pal­miers y poussent sous une étrange forme de grille. Rien ne bouge. Il n’y a pas d’oiseaux. Les stèles du vieux cime­tière sont vibrantes de radia­tions. Mes chaus­sures ont été décla­rées “dan­ge­reuses” sur un comp­teur Geiger.
Debout sur la plage, j’ai regar­dé le vert éme­raude du Paci­fique dis­pa­raître dans un vaste trou noir. Il s’agissait du cra­tère lais­sé là par la bombe à hydro­gène qu’ils avaient appe­lée « Bra­vo ». L’explosion a empoi­son­né les gens et leur envi­ron­ne­ment sur des cen­taines de kilo­mètres, peut-être pour toujours.
Lors de mon voyage de retour, je me suis arrê­té à l’aéroport d’Honolulu, et j’ai remar­qué un maga­zine états-unien inti­tu­lé « Women’s Health » (la San­té des Femmes) . Sur la cou­ver­ture, une femme sou­riante dans un maillot de bain biki­ni, et comme titre : « Vous aus­si, vous pou­vez avoir un corps biki­ni ». Quelques jours aupa­ra­vant, aux îles Mar­shall, j’avais inter­viewé des femmes qui avaient des« corps biki­ni » très dif­fé­rents ; elles souf­fraient toutes de can­cer de la thy­roïde ou d’autres can­cers mortels.
Contrai­re­ment à la femme sou­riante du maga­zine, elles étaient toutes pauvres, vic­times et cobayes d’un super­pou­voir vorace, aujourd’hui plus dan­ge­reux que jamais.
Je relate cette expé­rience en guise d’avertissement et pour mettre un terme à une dis­trac­tion qui a consu­mé beau­coup d’entre nous. Le fon­da­teur de la pro­pa­gande moderne, Edward Ber­nays, a décrit ce phé­no­mène comme « la mani­pu­la­tion consciente et intel­li­gente des habi­tudes et des opi­nions » des socié­tés démo­cra­tiques. Il l’a appe­lé le « gou­ver­ne­ment invi­sible ».
Com­bien sont au cou­rant qu’une guerre mon­diale a com­men­cé ? En ce moment, il s’agit d’une guerre de pro­pa­gande, de men­songes et de dis­trac­tion, mais cela peut chan­ger ins­tan­ta­né­ment au moindre ordre mal inter­pré­té, avec le pre­mier missile.
En 2009, le pré­sident Oba­ma se tint devant une foule en liesse au centre de Prague, au cœur de l’Europe. Il s’engagea à « libé­rer le monde des armes nucléaires ». Les gens applau­dirent et cer­tains pleu­rèrent. Un tor­rent de pla­ti­tudes jaillit des médias. Par la suite, Oba­ma reçut le prix Nobel de la paix.
Un tis­su de men­songe. Il mentait.
L’administration Oba­ma a fabri­qué plus d’armes nucléaires, plus de têtes nucléaires, plus de sys­tèmes de vec­teurs nucléaires, plus de cen­trales nucléaires. Les dépenses en têtes nucléaires à elles seules ont plus aug­men­té sous Oba­ma que sous n’importe quel autre pré­sident. Le coût sur 3 ans s’élève à plus d’1 bil­lion de dollars.
Une mini- bombe nucléaire est pré­vue. Elle est connue sous le nom de B61-12. C’est sans pré­cé­dent. Le Géné­ral James Cart­wright, ancien vice-pré­­sident de l’état-major inter­ar­mées, a expli­qué que :« Minia­tu­ri­ser [rend l’utilisation de cette bombe] nucléaire plus conce­vable ».
Au cours des  dix-huit der­niers mois, la plus grande concen­tra­tion de forces mili­taires depuis la seconde Guerre Mon­diale — opé­rée par les USA — a lieu le long de la fron­tière occi­den­tale de la Rus­sie. Il faut remon­ter à l’invasion de l’Union Sovié­tique par Hit­ler pour trou­ver une telle menace envers la Rus­sie par des troupes étrangères.
L’Ukraine — autre­fois membre de l’Union Sovié­tique — est deve­nue un parc d’attraction pour la CIA. Ayant orches­tré un coup d’état à Kiev, Washing­ton contrôle effi­ca­ce­ment un régime fron­ta­lier et hos­tile envers la Rus­sie, un régime lit­té­ra­le­ment infes­té de Nazis. D’importantes per­son­na­li­tés du par­le­ment Ukrai­nien sont les héri­tiers poli­tiques des par­tis fas­cistes OUN et UPA. Ils font ouver­te­ment l’apologie d’Hitler et appellent à la per­sé­cu­tion et à l’expulsion de la mino­ri­té russophone.
Tout cela est rare­ment rap­por­té en Occi­dent, quand ce n’est pas inver­sé pour tra­ves­tir la vérité.
En Let­to­nie, Litua­nie et en Esto­nie — à côté de la Rus­sie — l’armée US déploie des troupes de com­bat, des tanks, des armes lourdes. Cette pro­vo­ca­tion extrême de la seconde puis­sance nucléaire du monde est pas­sée sous silence en Occident.
La pers­pec­tive d’une guerre nucléaire est d’autant plus dan­ge­reuse qu’une cam­pagne paral­lèle a été lan­cée contre la Chine.
Il est rare qu’un jour passe sans qu’on parle de la Chine comme d’une « menace ». Selon l’Amiral Har­ry Har­ris, le com­man­dant en chef US du Paci­fique, la Chine « construit un grand mur de sable dans le Sud de la Mer de Chine ».
Il fait réfé­rence à la construc­tion par la Chine de pistes d’atterrissage dans les îles Sprat­ly, qui font l’objet d’un conflit avec les Phi­lip­pines — un conflit sans impor­tance avant que Washing­ton ne mette la pres­sion sur le gou­ver­ne­ment de Manille et ne tente de le sou­doyer, et que le Penta­gone ne lance une cam­pagne de pro­pa­gande appe­lée « liber­té de navi­ga­tion ».
Qu’est-ce que cela veut vrai­ment dire ? Cela signi­fie la liber­té pour les navires de guerre états-uniens de patrouiller et de domi­ner les eaux côtières de la Chine. Essayez d’imaginer la réac­tion états-unienne si les navires de guerre chi­nois fai­saient la même chose au large de la Californie.
J’ai réa­li­sé un film appe­lé « La guerre invi­sible », dans lequel j’ai inter­viewé d’éminents jour­na­listes aux USA et au Royaume-Uni : des repor­ters comme Dan Rather de CBS, Rageh Omar de la BBC, et David Rose de The Observer.
httpv://youtu.be/hJh_7Xjq1ek
Tous décla­rèrent que si jour­na­listes et radio­dif­fu­seurs avaient joué leur rôle en remet­tant en ques­tion la pro­pa­gande selon laquelle Sad­dam Hus­sein pos­sé­dait des armes de des­truc­tion mas­sive, que si les men­songes de George W. Bush et de Tony Blair n’avaient pas été ampli­fiés et col­por­tés par les jour­na­listes, l’invasion de l’Irak de 2003 aurait pu ne pas avoir eu lieu, et des cen­taines de mil­liers de femmes, d’hommes et d’enfants seraient encore en vie aujourd’hui.
La pro­pa­gande pré­pa­rant actuel­le­ment le ter­rain pour une guerre contre la Rus­sie et/ou la Chine n’est en prin­cipe pas dif­fé­rente. A ma connais­sance, aucun jour­na­liste du « mains­tream » Occi­den­tal — un équi­valent de Dan Rather, disons — ne pose la ques­tion de savoir pour­quoi la Chine construit des pistes d’atterrissage dans le Sud de la mer de Chine.
La réponse devrait être fla­grante. Les USA encerclent la Chine d’un réseau de bases mili­taires, de mis­siles balis­tiques, de groupes de com­bat, de bom­bar­diers nucléaires.
Cet arc létal s’étend de l’Australie aux îles du Paci­fique, les Mariannes, les îles Mar­shall et Guam, les Phi­lip­pines, la Thaï­lande, Oki­na­wa et la Corée, et à tra­vers l’Eurasie, jusqu’à l’Afghanistan et l’Inde. Les USA ont pas­sé la corde autour du cou de la Chine. Cela ne fait pas l’objet d’un scoop. Silence média­tique. Guerre médiatique.
En 2015, dans le plus grand secret, les USA et l’Australie ont effec­tué le plus impor­tant exer­cice mili­taire air-mer de l’histoire contem­po­raine, sous le nom de Talis­man Sabre. Il visait à répé­ter un plan de bataille Air-Mer, blo­quant les voies mari­times, comme les détroits de Malac­ca et de Lom­bok, ce qui cou­pe­rait l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières pre­mières vitales pro­ve­nant du Moyen-Orient et de l’Afrique.
Dans le cirque que consti­tue la  cam­pagne pré­si­den­tielle états-unienne, Donald Trump est pré­sen­té comme un fou, un fas­ciste. Il est cer­tai­ne­ment odieux ; mais il est aus­si un pan­tin de haine média­tique. Ce simple fait devrait suf­fire à éveiller notre scepticisme.
Les idées de Trump sur l’immigration sont gro­tesques, mais pas plus que celles de David Came­ron. Ce n’est pas Trump le Grand Dépor­ta­teur des USA, mais le prix Nobel de la Paix, Barack Obama.
Selon un pro­di­gieux com­men­ta­teur libé­ral, Trump « déchaîne les forces obs­cures de la vio­lence » aux USA. Il les déchaîne ?
Ce pays est celui où des bam­bins tirent sur leur mère et où la police mène une guerre meur­trière contre les noirs amé­ri­cains. Ce pays est celui qui a atta­qué et ten­té de ren­ver­ser plus de 50 gou­ver­ne­ments, dont de nom­breuses démo­cra­ties, qui a bom­bar­dé de l’Asie au Moyen-Orient, entraî­nant la mort et le dépla­ce­ment de mil­lions de gens.
Aucun pays n’atteint ce niveau record de vio­lence sys­té­mique. La plu­part des guerres états-uniennes (presque toutes contre des pays sans défense) n’ont pas été décla­rées par des pré­si­dents répu­bli­cains mais par des libé­raux démo­crates : Tru­man, Ken­ne­dy, John­son, Car­ter, Clin­ton, Obama.
En 1947, une série de direc­tives du conseil de sécu­ri­té natio­nal illus­trent l’objectif pri­mor­dial de la poli­tique étran­gère états-unienne : « un monde consi­dé­ra­ble­ment fait à l’image [de l’Amérique] ». L’idéologie de l’américanisme mes­sia­nique. Nous étions tous amé­ri­cains. Ou autres. Les héré­tiques seraient conver­tis, sub­ver­tis, sou­doyés, calom­niés ou broyés.
Donald Trump est un symp­tôme de tout cela, mais c’est aus­si un anti­con­for­miste. ll dit que l’invasion de l’Irak était un crime ; il ne veut pas de guerre contre la Rus­sie et la Chine. Le dan­ger pour nous n’est pas Trump, mais Hil­la­ry Clin­ton. Elle n’a rien d’une anti­con­for­miste. Elle incarne la rési­lience et la vio­lence d’un sys­tème dont « l’exceptionnalisme » tant van­té n’est qu’un tota­li­ta­risme au visage occa­sion­nel­le­ment libéral.
À mesure que se rap­proche l’élection pré­si­den­tielle, Clin­ton sera saluée comme la pre­mière femme pré­si­dente, sans consi­dé­ra­tion aucune de ses crimes et de ses men­songes — tout comme Oba­ma fut accla­mé en tant que pre­mier pré­sident noir, et que les libé­raux gobaient ses pro­pos absurdes sur« l’espoir ». Et l’illusion se perpétue.
Dépeint par le chro­ni­queur du Guar­dian Owen Jones comme « drôle, char­mant, tel­le­ment cool qu’il éclipse pra­ti­que­ment tous les autres poli­ti­ciens », Oba­ma a récem­ment envoyé des drones mas­sa­crer 150 per­sonnes en Soma­lie. Il tue habi­tuel­le­ment des gens le mar­di, selon le New York Times, lorsqu’on lui remet une liste de per­sonnes à tuer par drone. Tel­le­ment cool.
Lors de la cam­pagne pré­si­den­tielle de 2008, Hil­la­ry Clin­ton a mena­cé de « tota­le­ment obli­té­rer » l’Iran par voie d’armes nucléaires. En tant que secré­taire d’état sous Oba­ma, elle a par­ti­ci­pé au ren­ver­se­ment du gou­ver­ne­ment démo­cra­tique du Hon­du­ras. Sa contri­bu­tion à la des­truc­tion de la Libye en 2011 fut une qua­­si-jubi­­la­­tion. Lorsque le lea­der Libyen, le colo­nel Kadha­fi, fut publi­que­ment sodo­mi­sé avec un cou­teau — un meurtre ren­du pos­sible par la logis­tique états-unienne — Clin­ton se réjouit de sa mort : « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ».
L’une des plus proches alliés de Clin­ton est Made­leine Albright, l’ancienne secré­taire d’état, qui s’en est pris à des jeunes filles parce qu’elles ne sou­te­naient pas « Hil­la­ry ». La tris­te­ment célèbre Made­leine Albright qui célé­bra à la télé­vi­sion la mort d’un demi- mil­lion d’enfants ira­kiens comme« valant le coup ».
Par­mi les plus impor­tants sou­tiens de Clin­ton, on retrouve le lob­by Israé­lien et les com­pa­gnies d’armement qui ont ali­men­té la vio­lence au Moyen-Orient. Elle et son mari ont reçu une for­tune de la part de Wall Street. Et pour­tant, elle s’apprête à se voir affu­blée du titre de can­di­date des femmes, à même de triom­pher du dia­bo­lique Trump, le démon offi­ciel. On dénombre éga­le­ment de nom­breux fémi­nistes par­mi ses sup­por­ters : ceux de la trempe de Glo­ria Stei­nem aux USA et d’Anne Sum­mers en Australie.
Une géné­ra­tion aupa­ra­vant, un culte post-moderne que l’on appelle aujourd’hui « la poli­tique iden­ti­taire » a blo­qué de nom­breux esprits libé­raux intel­li­gents dans leur exa­men des causes et des indi­vi­dus qu’ils sou­te­naient — comme les fraudes que sont Oba­ma et Clin­ton ; comme le mou­ve­ment pro­gres­siste bidon Syri­za en Grèce, qui a tra­hi son peuple en s’alliant avec ses ennemis.
L’auto-absorption [le nar­cis­sisme, NdT], une forme « d’égocentrisme », devint le nou­vel esprit du temps dans les socié­tés occi­den­tales pri­vi­lé­giées et signa­la la défaite des grands mou­ve­ments col­lec­tifs contre la guerre, l’injustice sociale, l’inégalité, le racisme et le sexisme.
Aujourd’hui, ce long som­meil prend peut-être fin. Les jeunes s’agitent à nou­veau. Pro­gres­si­ve­ment. Les mil­liers de bri­tan­niques qui ont sou­te­nu Jere­my Cor­byn comme lea­der du par­ti tra­vailliste font par­tie de cette agi­ta­tion — ain­si que ceux qui se sont ral­liés au séna­teur Ber­nie Sanders.
Au Royaume-Uni, la semaine der­nière, le plus proche allié de Jere­my Cor­byn, le tré­so­rier de l’opposition John McDon­nell, a enga­gé le gou­ver­ne­ment tra­vailliste au paie­ment des dettes frau­du­leuses des banques, et, dans les faits, à conti­nuer sa poli­tique de soi-disant austérité.
Aux USA, Ber­nie San­ders a pro­mis de sou­te­nir Clin­ton si ou lorsqu’elle sera nomi­née. Lui aus­si a voté pour l’utilisation de la vio­lence par les USA contre d’autres pays lorsqu’il jugeait cela « juste ». Il dit qu’Obama a « fait un excellent tra­vail ».
En Aus­tra­lie, il règne une sorte de poli­tique mor­tuaire, dans laquelle des jeux par­le­men­taires assom­mants sont dif­fu­sés dans les médias tan­dis que les réfu­giés et les peuples indi­gènes sont per­sé­cu­tés et que croissent les inéga­li­tés, ain­si que la menace d’une guerre. Le gou­ver­ne­ment de Mal­colm Turn­bull vient d’annoncer un bud­get de la soi-disant défense de 195 mil­liards de dol­lars, véri­table inci­ta­tion à la guerre. Il n’y eut aucun débat. Silence.
Qu’est deve­nue la grande tra­di­tion popu­laire d’action directe, libre de tout par­ti ? Où sont le cou­rage, l’imagination et l’engagement qu’exige la lutte pour un monde meilleur, juste et pai­sible ? Où sont les dis­si­dents de l’art, du ciné­ma, du théâtre, de la littérature ?
Où sont ceux qui ose­ront bri­ser le silence ? Devons-nous attendre que le pre­mier mis­sile nucléaire soit tiré ?
John Pil­ger


Tra­duc­tion : Nico­las Casaux

Édi­tion & Révi­sion : Hélé­na Delaunay
Source : http://​par​tage​-le​.com/​2​0​1​6​/​0​4​/​u​n​e​–​g​u​e​r​r​e​–​m​o​n​d​i​a​l​e​–​a​–​c​o​m​m​e​n​c​e​–​b​r​i​s​e​z​–​l​e​–​s​i​l​e​n​c​e​–​p​a​r​–​j​o​h​n​–​p​i​l​g​er/

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​1​0​1​9​8​8​7​3​7​3​1​7​?​p​n​r​e​f​=​s​t​ory

Rendez-vous à Nantes, mercredi et jeudi prochains : le 6 avril pour une conférence-débat à l’École des Mines, et le 7 pour des ateliers constituants

• Mer­cre­di pro­chain, 6 avril 2016, à 19 h 15, je vous retrouve à Nantes, à l’É­cole des Mines, avec le Col­lège des Tran­si­tions Socié­tales, pour une confé­­rence-débat intitulée :

« Pour entrer en démo­cra­tie, ne faut-il pas ré-écrire la consti­tu­tion… ensemble ? »

Il fal­lait s’ins­crire là, mais les ins­crip­tions sont closes car on a dépas­sé les 580 réser­va­tions à toute vitesse…

Je pense que ce sera fil­mé pour ceux qui ne pour­ront pas être là.
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• Le len­de­main jeu­di, 7 avril, à 18 h 45, nous nous retrou­vons pour des ate­liers consti­tuants :

Bonne nou­velle : nous pour­rons res­ter ensemble jus­qu’à 23 h 🙂

Pour ces ate­­liers-ci, on a choi­si de ne par­ler — mais à fond — que du réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire.
Je vous pré­pare aus­si une sur­prise, pour la par­tie pré­sen­ta­tion des ateliers 🙂

Là aus­si, il fal­lait s’ins­crire, et là aus­si nous sommes déjà à bloc, avec 250 réser­va­tions (qui est la limite de la salle). Là aus­si, nos échanges devraient être filmés.

L’an­nonce des ate­liers sur Face­book, avec les dif­fé­rents préparatifs :
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​1​6​8​3​3​6​7​4​4​8​6​1​7​5​04/

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Pour pré­pa­rer à la fois les ate­liers consti­tuants et le RIC, réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne, voyez cette longue mais impor­tante vidéo (c’é­tait lors d’un voyage émou­vant sur l’île de La Réunion ; un très chouette sou­ve­nir, avec le Par­ti Pirate et plein de mili­tants de tous bords, très cha­leu­reux et enthousiastes) :

httpv://youtu.be/lHQBsrHSTWM
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J’ai hâte de vous retrouver 🙂

Étienne.

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​1​0​0​9​8​6​8​8​7​317

La vidéo de la conférence de Lyon (et de l’atelier constituant à deux) avec Jacques Testart est disponible

Voi­ci la trace de cette belle soi­rée, avec Jacques Tes­tart, à Lyon le 11 mars der­nier :

httpv://youtu.be/kuqIkMqU-OU

httpv://youtu.be/s3HtBoTxF8A

httpv://youtu.be/23_k2mtz-4c

httpv://youtu.be/_xcd_qVeqMs

Mer­ci à Thom d’a­voir fil­mé et mon­té tout ça 🙂

Appel aux virus 🙂 : ce serait bien de rédi­ger et de publier une sorte de som­maire minu­té de cette vidéo, pour aider les gens à y retrou­ver faci­le­ment un pas­sage ou un autre. 

Mer­ci à tous, pour tout ce que vous faites pour rendre cette idée contagieuse :
ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pouvoir.
Si on veut une vraie consti­tu­tion, il fau­dra l’é­crire nous-mêmes.

Ren­­dez-vous à Nantes mer­cre­di et jeu­di prochains 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​0​9​8​7​5​8​2​5​2​317

Vidéo de l’atelier constituant de Metz, en octobre 2015 #pasdedémocratiesanscitoyensconstituants

Chers amis,

Pour que les gens encore endor­mis aient envie d’es­sayer de vivre eux-mêmes des ate­liers consti­tuants, cette nou­velle façon de faire de la poli­tique (en com­men­çant par le com­men­ce­ment), il fau­drait qu’ils voient com­ment ça se passe, qu’ils per­çoivent com­ment nous sommes qua­si­ment tous cap­ti­vés, enthou­sias­més, par cette façon de pen­ser nous-mêmes le bien com­mun, sans plus rien récla­mer à des maîtres « élus ».

Mais, pour l’ins­tant, nous avons fina­le­ment assez peu de films d’a­te­liers constituants. 

Je vous invite donc tous, si vous vou­lez bien, à fil­mer vous-mêmes vos propres ate­liers (un télé­phone mobile sur un petit tré­pied fera l’af­faire), à repé­rer vous-mêmes les meilleurs pas­sages (en notant de telle minute à telle minute, on dit ça, etc. c’est ça qui prend du temps, ce repé­rage rédi­gé du tri des bons moments), et à nous signa­ler que vous avez un peu de matière pre­mière pour faire un mon­tage. Je suis sûr qu’il y a des gen­tils virus réa­li­sa­teurs qui accep­te­ront de mon­ter ces rushs de façon tonique dans de courtes vidéos capables de don­ner envie d’es­sayer à des novices.

Voi­ci donc, à pro­pos, et c’est une bonne nou­velle, quelques images tour­nées à Metz en octobre 2015, grâce au tra­vail et au dévoue­ment de Syl­vain et de Cathe­rine, notam­ment ; mer­ci à eux pour nous tous :


Ate­lier Consti­tuant par cine­qua­prod

Décou­vrez le dérou­lé d’un ate­lier constituant.

Le compte-ren­­du ici :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Journ%C3%A9es_d%C3%A9mocratiques_de_Lorraine_-_octobre_2015

Lien vers tous les ate­liers consti­tuants organisés :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant

Pour plus d’informations :
http://​lor​raine​.gen​tils​vi​rus​.org/

Mer­ci à tous de faire pas­ser l’info,
et ren­­dez-vous demain same­di à Mon­treuil, 15h30, pour de nou­veaux ate­liers consti­tuants.

Hâte de vous revoir 🙂

Étienne.

PS : il y a un remar­quable compte ren­du d’a­te­lier consti­tuant sur le site de la (belle) revue Nexus :

https://​issuu​.com/​m​a​g​a​z​i​n​e​_​n​e​x​u​s​/​d​o​c​s​/​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​_​e​t​i​e​n​n​e​_​c​h​o​u​a​r​d​_​n​e​x​u​s​9​6​?​e​=​8​8​9​4​7​3​1​/​1​1​6​1​4​488

Je vous recom­mande de décou­vrir ce compte ren­du, si vous ne le connais­sez pas encore 🙂

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​0​7​0​2​2​8​5​1​7​3​1​7​?​p​n​r​e​f​=​s​t​ory

« L’ORDRE DE LA DETTE. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché », un LIVRE MAJEUR, de Benjamin Lemoine

Enfin ! Le livre de Ben­ja­min Lemoine est arrivé :

« L’ordre de la dette.
Enquête sur les infor­tunes de l’État et la pros­pé­ri­té du mar­ché »


http://​www​.edi​tions​la​de​cou​verte​.fr/​c​a​t​a​l​o​g​u​e​/​i​n​d​e​x​–​L​_​o​r​d​r​e​_​d​e​_​l​a​_​d​e​t​t​e​–​9​7​8​2​7​0​7​1​8​5​5​0​1​.​h​tml

Ce livre est abso­lu­ment pas­sion­nant, et déci­sif pour com­prendre la méthode, les acteurs et la chro­no­lo­gie de la tra­hi­son fon­da­men­tale du peuple par ses « repré­sen­tants », sabor­dage moné­taire qui a com­men­cé dans les années 60 (Pom­pi­dou + Giscard).

Extrait de la pré­face (d’André Orléan) :

[..] « Et son pre­mier résul­tat a de quoi faire réflé­chir : la dette publique de la France, telle que nous la connais­sons aujourd’­hui, à savoir sous la forme de titres négo­ciables que sous­crivent les mar­chés finan­ciers inter­na­tio­naux, est le résul­tat d’une volon­té déli­bé­rée, d’un choix politique !

En effet, nous explique Ben­ja­min Lemoine, pen­dant de très nom­breuses années, de l’a­près-guerre au début des années 1980, ce qu’on appelle la « dette négo­ciable », ou encore la dette de mar­ché, ne consti­tuait qu’aux envi­rons de 20 % du finan­ce­ment de l’É­tat. La plus grande par­tie du finan­ce­ment public était obte­nue via des méca­nismes régle­men­taires qui contrai­gnaient un ensemble d’ac­teurs éco­no­miques, selon diverses pro­cé­dures qu’on trou­ve­ra décrites dans le livre, à pla­cer leurs avoirs, pour par­tie ou pour tota­li­té, dans un compte au Tré­sor. Il s’en­sui­vait un flux per­ma­nent et auto­ma­tique de res­sources, dont une grande par­tie sous forme de dépôts, qui venaient ali­men­ter le Tré­sor et lui per­met­taient de faire face à ses res­pon­sa­bi­li­tés avec sécu­ri­té et à un coût que lui-même fixait. En consé­quence, durant cette période, le recours à l’emprunt, comme d’ailleurs les avances de la Banque de France n’ont joué qu’un rôle périphérique.

Jean-Yves Habe­rer, ins­pec­teur des finances et direc­teur du Tré­sor, qui sera un acteur cru­cial du déman­tè­le­ment de ce sys­tème, par­lait, pour décrire son fonc­tion­ne­ment, de « tous ces méca­nismes auto­ma­tiques qui fai­saient que le Tré­sor, sans bou­ger le petit doigt, était irri­gué de liqui­di­tés qui lui arri­vaient de tous les cir­cuits finan­ciers ». On ne sau­rait dire les choses plus clai­re­ment. La nou­velle doc­trine du Tré­sor cherche a contra­rio à faire de l’É­tat un « emprun­teur comme un autre » ; autre­ment dit, à lui faire perdre ses pré­ro­ga­tives et à en rem­pla­cer l’hé­gé­mo­nie par celle des mar­chés finan­ciers. Aujourd’­hui ce résul­tat est par­fai­te­ment atteint, comme cha­cun sait. Mais y par­ve­nir fut le résul­tat d’une évo­lu­tion longue et pro­gres­sive que Ben­ja­min Lemoine nous décrit avec précision.

Peut-être faut-il en situer le tout début à la fin des années 1950 lorsque Jacques Rueff, au nom de la lutte contre l’in­fla­tion, se fait le cri­tique acerbe du diri­gisme qui alors pré­vaut au sein de l’ap­pa­reil d’É­tat. Mais c’est avec l’ar­ri­vée de Valé­ry Gis­card d’Es­taing au minis­tère des Finances en 1962 que les trans­for­ma­tions ins­ti­tu­tion­nelles se mettent réel­le­ment en branle et que com­mence véri­ta­ble­ment le déman­tè­le­ment de ce qu’on nomme le « cir­cuit du Trésor ».

La vic­toire totale ne sera obte­nue qu’en 1985 avec les réformes finan­cières de Pierre Béré­go­voy qui par­achèvent l’œuvre de libé­ra­li­sa­tion pour­sui­vie avec constance depuis plus de vingt années. Désor­mais, l’É­tat dépend abso­lu­ment des mar­chés finan­ciers pour ce qui est de ses res­sources finan­cières. Ce sont eux qui fixent les condi­tions du finan­ce­ment public. Non seule­ment le taux de l’in­té­rêt mais éga­le­ment quelle poli­tique macroé­co­no­mique doit être sui­vie pour recueillir leur assentiment.

Il y a cer­tai­ne­ment un para­doxe fran­çais à obser­ver avec quelle opi­niâ­tre­té la haute fonc­tion publique du Tré­sor a lut­té contre les pou­voirs de l’É­tat ban­quier – qui était sa créa­tion et qui fai­sait sa puis­sance – pour faire en sorte que triomphe ce que l’on nomme aujourd’­hui le capi­ta­lisme néolibéral.

Il est vrai qu’elle s’est trou­vée fort bien récom­pen­sée par les posi­tions de pou­voir qu’elle a acquises ce fai­sant dans le monde ban­caire et finan­cier privé.

Ce tra­vail de convic­tion néo­li­bé­rale des hauts fonc­tion­naires trouve son illus­tra­tion exem­plaire au moment de l’al­ter­nance de 1981 à laquelle Ben­ja­min Lemoine consacre, à juste titre, d’im­por­tants déve­lop­pe­ments. C’est le fameux tour­nant de 1983 qui porte en germe la poli­tique sui­vie actuel­le­ment par Fran­çois Hol­lande. Il est d’ailleurs éton­nant d’ob­ser­ver à quel point les fon­da­men­taux néo­li­bé­raux se trouvent mis en place dès cette date. Le che­min de la finan­cia­ri­sa­tion est alors grand ouvert et il sera par­cou­ru à grande vitesse durant la décen­nie sui­vante, par la droite comme par la gauche.

Cet accord trans­par­ti­san qui fonde l’adhé­sion de la France au néo­li­bé­ra­lisme n’est pas sans rap­pe­ler celui de même nature qui a pré­si­dé à la créa­tion de l’É­tat social-key­­né­­sien au sor­tir de la Seconde Guerre mon­diale. S’é­la­bore, à la fin des années 1970, un nou­veau récit éco­no­mique, ce qu’il faut bien nom­mer une nou­velle ortho­doxie, qui vient légi­ti­mer l’a­bais­se­ment de l’É­tat social de même que la pré­pon­dé­rance accor­dée désor­mais aux entre­pre­neurs pri­vés en matière d’emploi. » […]

 
Nous avions dévo­ré la thèse de Ben­ja­min Lemoine quand nous l’a­vions décou­verte, à l’oc­ca­sion de la grande contro­verse sur la loi de 73. La thèse était impor­tante, pas­sion­nante, mais très volu­mi­neuse (une ramette de papier A4). Ce livre la rend enfin acces­sible à tous. C’est une bonne nouvelle. 

Voi­ci le plan du livre, très évo­ca­teur (et appé­tis­sant) pour tous ceux qui se sont déjà un peu inté­res­sés à l’en­jeu poli­tique cru­cial de la créa­tion moné­taire par la puis­sance publique :

Pré­face. Le résul­tat d’une volon­té déli­bé­rée, par André Orléan 
Intro­duc­tion. Une his­toire oubliée

I / Une his­toire à (re)prendre : la mise en mar­ché de la dette

1. Quand l’État a l’avantage : de la pos­si­bi­li­té d’un finan­ce­ment hors marché
Cou­vrir autre­ment le déficit
Cir­cuit du Tré­sor et mar­quage public de l’argent
Un prince de la République
Les banques sous contrainte
L’État, au-des­­sus du marché
Trans­gres­sion avec l’orthodoxie et menace inflationniste
Le rap­pel à l’ordre monétaire
L’adoption du modèle bri­tan­nique : le mar­ché en rémis­sion du « péché  monétaire »
L’arrivée de Valé­ry Gis­card d’Estaing
Un trem­ble­ment de terre : au nom de la démo­cra­tie des marchés
Un point de non-retour

2. La gauche au pou­voir se plie à l’ordre de la dette 
Stop­per la « ruine » de l’épargnant : don­ner aux inves­tis­seurs plu­tôt que les « frapper »
La relance Chirac
L’orthodoxie de Ray­mond Barre
L’inconcevable réha­bi­li­ta­tion des finances publiques « actives »
Renon­cer défi­ni­ti­ve­ment à la ten­ta­tion monétaire
« Une sai­son en enfer »
« Mer­ci de m’aider à comprendre »
« Une France qui vit au-des­­sus de ses moyens »
Pierre Béré­go­voy : plus roya­liste que le roi
« Ce sys­­tème-là, on va le casser »
Inter­pré­ter l’extinction d’un régime éco­no­mique : « pré­his­toire » de la moder­ni­té finan­cière ou expé­rience critique ?

3. La nour­ri­ture ter­restre dont les mar­chés ont besoin
Sur le modèle américain
Les dea­lers de proximité
Mise en scène du « sacri­fice » et gains durables des banques
Lier les mains de l’État et rendre impos­sible tout retour en arrière
Quand Fabius créée une agence « à la française »
La police des conduites administratives
Les obli­ga­tions DSK : le Tré­sor parie sur la désinflation
L’autodiscipline de l’État

II / La dette entre dans le débat public

4. Dis­ci­pli­ner les États : le rôle de l’Europe
Une « numé­ro­lo­gie arbitraire » ?
Opé­ra­tion Jup­pé : l’« affaire » France Télécom
Der­rière le cas France Télé­com, l’enjeu des retraites
Les gar­diens du temple comp­table contre l’« oppor­tu­nisme » des États
Obte­nir les meilleures sta­tis­tiques possibles
Jos­pin : le « faux rebelle »
La dis­ci­pline « brute » de la dette : pleins feux sur les pas­sifs de l’État
L’enjeu des retraites : quand on tire le fil, tout vient
L’éclosion d’un nou­vel acteur : les géné­ra­tions futures

5. Le rap­port Pébe­reau : coup média­tique et péda­go­gie économique
Bri­ser un tabou
Trouble dans les rangs des experts
La contre-offen­­sive des keynésiens
« Il n’y a pas d’alternative »
Quand le ministre en fait un peu trop…
La chasse gar­dée du Trésor
6. La pré­si­den­tielle de 2007 verrouillée ? 
Une éva­lua­tion « objective »
Un « déconomètre »
Bay­rou se fond dans le script de la dette
Une ver­sion dégra­dée du débat politique ?
La mise en scène de l’héroïsme présidentiel
Le « key­né­sia­nisme » de la dépense fiscale
Fran­çois Fillon : « à la tête d’un État en faillite »

7. Et si toutes les dettes se valaient ? 
Sau­ver les banques
Tra­quer l’État der­rière la forme juridique
L’invention de la dette nette
L’« iné­luc­table » baisse des retraites
L’ordre poli­tique des agences de notation
L’implacable « accep­ta­tion sociale »
L’obturation de l’avenir
La dette finan­cière contre la dette sociale
Pro­messes de l’État et « lutte de classes »

Conclu­sion. Per­cer les boîtes noires de la dette
Poli­tique de la (re-)structuration.

 
Ce livre raconte l’his­toire dans laquelle la banque (via Pom­pi­dou) a mis le pied dans la porte poli­tique en France, pour contrô­ler la socié­té fran­çaise, comme le film INSIDE JOB raconte l’his­toire dans laquelle la banque (via Rubin) a mis le pied dans la porte poli­tique aux USA, pour contrô­ler la socié­té amé­ri­caine et donc le monde. 

Livre impor­tant, livre-preuve, à connaître et à faire connaître, à mon avis.

Il fera, dans votre biblio­thèque, un très utile com­plé­ment pour appro­fon­dir le for­mi­dable petit livre d’An­dré-Jacques Hol­becq et Phi­lippe Derud­der, « La dette publique, une affaire ren­table. À qui pro­fite le sys­tème. », livre pion­nier de l’é­du­ca­tion popu­laire sur ce sujet, dont Ben­ja­min Lemoine parle dans son livre, bien sûr.

Bonne lec­ture 🙂

Étienne.

PS : c’é­tait ce même Ben­ja­min Lemoine qui nous avait pré­pa­ré cette tonique inter­ven­tion au « Som­met du Plan B » il y a quelques semaines (ça dure 10 minutes, à par­tir de 4 h 55 min) :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​5​/​1​2​/​3​0​/​f​o​r​m​i​d​a​b​l​e​–​l​e​s​–​s​u​i​s​s​e​s​–​v​o​n​t​–​v​o​t​e​r​–​p​o​u​r​–​e​n​f​i​n​–​r​e​t​i​r​e​r​–​a​u​x​–​b​a​n​q​u​e​s​–​p​r​i​v​e​e​s​–​l​e​u​r​–​p​o​u​v​o​i​r​–​d​e​–​c​r​e​a​t​i​o​n​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​/​#​c​o​m​m​e​n​t​–​1​4​894

PPS : rap­pel de l’a­veu du crime anti­so­cial de ter­ro­risme éco­no­mique (« à par­tir de main­te­nant, vous allez tous avoir peur, tout le temps ! »), pro­fé­ré par Pom­pi­dou lui-même, patron d’une grande banque d’af­faires (un usu­rier, donc), par­ve­nu au pou­voir poli­tique suprême (Pre­mier ministre de de Gaulle) et recru­teur d’un homme de main nom­mé Gis­card, pour admi­nis­trer à la socié­té fran­çaise le fouet « libéral » :
httpv://youtu.be/VgD6U9ZGANA

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​0​6​1​2​4​6​8​8​7​3​1​7​?​p​n​r​e​f​=​s​t​ory

« L’argent des Banques Centrales n’est donné qu’aux malfrats » #QEforThePeople !

Juste avant la ren­contre épa­tante avec Jacques Tes­tart à Lyon, ven­dre­di der­nier, j’ai pas­sé quelques minutes avec les jeunes jour­na­listes d’Agence Info Libre. En voi­ci la trace (27 min) : 

httpv://youtu.be/SKIOHKSkZbQ

Je vous demande par­don, ceux qui suivent mon tra­vail depuis long­temps vont trou­ver que je radote (et ils ont bien rai­son 🙂 ) Mais bon, une autre façon de voir ça est de dire que je tiens réso­lu­ment un cap pré­cis mûre­ment réfléchi.

Pour les pres­sés, il existe (déjà) un extrait très court — 3 minutes, ça va ? 🙂 :

httpv://youtu.be/mNQGtmxKgF4

Mer­ci à tous ceux qui m’é­crivent tous les jours des mes­sages d’en­cou­ra­ge­ment très émou­vants et à qui je n’ar­rive pas à répondre, sou­vent, faute de temps (vous êtes trop nom­breux). Même si je ne réponds pas, comme un affreux jojo que je suis, je vous lis et je puise une grande par­tie de ma force dans vos mes­sages, qui me montrent que je ne fais pas tout ça pour rien, que ça sert à quelque chose, à quel­qu’un. Il fau­dra peut-être un jour com­po­ser un livre avec ces mes­sages ; c’est vrai­ment très émou­vant et chaleureux. 

Bon, mer­ci pour tout, donc, et n’ou­bliez pas de vous entraî­ner tous les jours à consti­tuer, bande de virus 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​0​4​4​9​0​0​6​9​2​317

[Bilan partiel du gouvernement représentatif et du faux « suffrage universel »] Reniements, trahisons, attaques frontales contre le salariat

Un bilan (récent et par­tiel) du faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter nos lois), impo­sé depuis deux siècles par des « élus » grâce à une anti-consti­­tu­­tion (une pri­son au lieu d’une pro­tec­tion) :

Quatre ans de mal­fai­sances conti­nues : liste effarante.
Sol­fé­ri­niens : renie­ments, tra­hi­sons, attaques fron­tales contre le salariat

http://​www​.legrand​soir​.info/​s​o​l​f​e​r​i​n​i​e​n​s​–​r​e​n​i​e​m​e​n​t​s​–​t​r​a​h​i​s​o​n​s​–​a​t​t​a​q​u​e​s​–​f​r​o​n​t​a​l​e​s​–​c​o​n​t​r​e​–​l​e​–​s​a​l​a​r​i​a​t​.​h​tml

Mon com­men­taire :

Un bilan com­plet sur 200 ans du pré­ten­du « gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » reste à écrire (en tra­vail col­la­bo­ra­tif ?), en n’ou­bliant pas les mas­sacres (de pauvres par des pauvres), appe­lés fau­ti­ve­ment « guerres » pour mas­quer que ce sont des crimes de masse gou­ver­ne­men­taux (tou­jours sur ordres d’ultra-riches).

Ceci dit, la plus longue liste de consé­quences épou­van­tables ne nous dis­pense pas, si l’on veut y échap­per, de la recherche des causes pre­mières et déci­sives. Or, tous les élec­teurs du monde ont UNE CAUSE COMMUNE, qui est leur impuis­sance poli­tique consti­tu­tion­na­li­sée, et qui devrait donc (logi­que­ment) consti­tuer leur toute pre­mière priorité.

Si l’on veut une vraie démo­cra­tie, il fau­dra, par édu­ca­tion popu­laire, 1) nous dés­in­toxi­quer de la mise à l’en­vers des mots impor­tants par les grands pro­prié­taires et leurs escrocs poli­ti­ciens, et donc prin­ci­pa­le­ment 2) arrê­ter de défendre l’é­lec­tion de maîtres comme une vache sacrée (ça c’est vrai­ment impor­tant), pour 3) apprendre à écrire (et défendre, puis cor­ri­ger) nous-mêmes une consti­tu­tion digne de ce nom.

Voi­ci donc (une pre­mière ébauche de l’) incroyable liste de tra­hi­sons anti­so­ciales dont nos pré­ten­dus « repré­sen­tants » sont (ou plu­tôt devraient être) responsables : 

Quatre ans de mal­fai­sances conti­nues : liste effarante

Solfériniens : reniements, trahisons, attaques frontales contre le salariat

BilanPS

On ne pen­sait pas humai­ne­ment pos­sible de com­mettre autant de salo­pe­ries en quatre ans. On avait tort : les Sol­fé­ri­niens l’ont fait. Il ne manque que la conti­nua­tion de la scan­da­leuse LRU par la zélée Fio­ra­so, le désastre de la poli­tique étran­gère de l’endormi Fabius.

Projet de loi El-Khomri

En cas de licen­cie­ment illé­gal, l’indemnité prud’homale est pla­fon­née à 15 mois de salaire.

Les 11 heures de repos obli­ga­toire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées.

Une entre­prise peut, par accord, bais­ser les salaires et chan­ger le temps de travail.

Les temps d’astreinte peuvent être décomp­tés des temps de repos.

Le dis­po­si­tif « for­­faits-jours », qui per­met de ne pas décomp­ter les heures de tra­vail, est étendu.

Les appren­tis mineurs pour­ront tra­vailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine.

Le plan­cher de 24 heures heb­do­ma­daires pour un contrat à temps par­tiel n’est plus la règle dans la loi (confir­ma­tion d’une loi antérieure).

Il suf­fit d’un accord d’entreprise pour que les heures sup­plé­men­taires soient 5 fois moins majorées.

Une mesure peut-être impo­sée par réfé­ren­dum contre l’avis de 70% des syndicats.

Une entre­prise peut faire un plan social sans avoir de dif­fi­cul­tés économiques.

Après un accord d’entreprise, un sala­rié qui refuse un chan­ge­ment dans son contrat de tra­vail peut être licencié.

Par simple accord on peut pas­ser de 10h à 12h de tra­vail maxi­mum par jour.

Contac­ter le méde­cin du tra­vail devient presque impossible.

Le gou­ver­ne­ment envi­sage de sim­pli­fier le licen­cie­ment éco­no­mique.

Rap­port Badin­ter : Des limi­ta­tions peuvent être appor­tées aux liber­tés et droits fon­da­men­taux si elles sont jus­ti­fiées par les néces­si­tés du bon fonc­tion­ne­ment de l’entreprise.

[Envi­sa­gé] « For­fait jours » pour les sala­riés (= fin des heures supp.).

Rap­port Badin­ter : fin de fac­to des 35 heures.

Aus­té­ri­té : 2 mil­liards d’euros « d’économies » supplémentaires.

Nou­veau cadeau au patro­nat : prime de 2.000 € par an et par embauche pour les PME.

Prime réser­vée aux embauches à bas salaires.

La part socia­li­sée des bas salaires sera donc payée par… les contribuables.

La rup­ture du contrat de tra­vail sera simplifiée.

Bas­cu­le­ment du CICE en baisse défi­ni­tive de charges.

Hol­lande s’attaque à la durée légale du travail.

Décret n° 2015–1874 : la loi rela­tive au Dia­logue social et à l’emploi sacri­fie la citoyen­ne­té au travail.

EDF : sup­pres­sion de 4.000 postes en trois ans.

Pro­messe de sanc­tion­ner les licen­cie­ments bour­siers non tenue.

Compte péni­bi­li­té, l’inverse de la prévention.

Recul sur les critères.

Recul sur les dates d’entrée en vigueur.

Recul sur la date de paie­ment des pre­mières cotisations.

Recul sur le mode de déclaration.

Cri­mi­na­li­sa­tion de l’action syndicale :

Tor­pillage de la loi d’amnistie sociale votée au sénat.

Pri­son ferme pour 8 ex-Goo­­dyear mal­gré le retrait des plaintes.

Arres­ta­tion à l’aube de 4 syn­di­ca­listes d’Air France.

Répres­sion pour la Confé­dé­ra­tion Pay­sanne, man­sué­tude pour la FNSEA.

Aban­don du pro­jet de loi rela­tif à la démo­cra­tie sociale.

Loi Macron : toutes les FNAC pari­siennes se retrouvent en ZTI.

Loi Macron : vers un accès res­treint aux prud’hommes.

Air France : 100 mil­lions d’€ de CICE en 2 ans = 3000 emplois supprimés.

Démantèlement du droit du travail (ANI)

La pres­crip­tion sur les rap­pels de salaire passe de 5 à 3 ans.

Demandes liées à la rup­ture de contrat passent de 5 à 2 ans.

Dif­fé­ré d’indemnisation de 180 jours pour rup­ture conventionnelle.

Mutuelle d’entreprise obli­ga­toire (2Mds€ pour 400.000 personnes).

Sapin appelle les entre­prises à ne pas aug­men­ter les salaires trop vite.

Retrait du Burn-out de la liste des mala­dies professionnelles.

Des­truc­tion du Code du Travail.

[objec­tif] Pri­vi­lé­gier les accords d’entreprise, au détri­ment de la loi.

Géné­ra­li­sa­tion du tra­vail du dimanche.

La Poste expé­ri­mente la livrai­son de colis le dimanche.

Ouver­ture des maga­sins de nuit.

Loi Rebsamen :

CDD renou­ve­lable 2 fois.

Fra­gi­li­sa­tion des CE & CHSCT.

Fin de l’obligation de reclas­se­ment en cas d’inaptitude professionnelle.

Créa­tion du CDI intermittent.

Des­truc­tion de l’Inspection du Travail.

Sup­pres­sion des élec­tions prud’hommales.

Pla­fon­ne­ment des indem­ni­tés de prud’hommes pour licen­cie­ment abusif.

Condam­na­tion d’une ins­pec­trice du tra­vail (Téfal).

Faci­li­ta­tion des licen­cie­ments collectifs.

Le Guen sug­gère de bais­ser la durée et le mon­tant des allo­ca­tions chômage.

Myriam El Khom­ri envi­sage la dégres­si­vi­té des allo­ca­tions chômages.

Idée réaf­fir­mée le 01.02.16 par Michel Sapin.

Hausse du chômage.

309 000 radia­tions en novembre 2015.

Prime d’activité :
Moins d’aide pour les plus fra­giles (RSA acti­vi­té et PPE).

Le contri­buable com­pen­se­ra les bas salaires du privé.

[Pro­jet] Encou­ra­ger les emplois de ser­vice (« trappes à bas salaires »).

[Pro­jet] For­ma­tion : Valls demande des contre­par­ties aux chômeurs.

Pré­ca­ri­té : Explo­sion de l’intérim : +10% en un an.

Ségo­lène Royal favo­rable au retour des cou­pures d’eau pour les mau­vais payeurs.

Taux de pau­vre­té à nou­veau en augmentation.

La chasse à la fraude aux allo­ca­tions s’accentue.

Ren­for­ce­ment du contrôle des chômeurs.

Pas de « coup de pouce » pour le SMIC.

Ouver­ture des centres d’hébergement seule­ment par ‑5°C.

Baisse du mon­tant des APL.

Acces­si­bi­li­té : normes moins contrai­gnantes et dérogations.

Retraites : Reva­lo­ri­sa­tion de… 0,1% en 2015.

Les béné­fi­ciaires de l’AME pri­vés de remboursement.

Remise en cause du droit au séjour pour soins.

Durée de coti­sa­tion retraite por­tée à 43 ans.

Loi Macron 2 : mise en place de fonds de pension.

Hôpi­taux : sup­pres­sion de 22.000 postes en 3 ans.

Gel des retraites >1200€ et déca­lage de 6 mois de la revalorisation.

Hausse de l’allocation han­di­ca­pés de 7€.

Prime excep­tion­nelle (sic) de 40€ pour les retraites les plus faibles.

Aban­don de la régle­men­ta­tion sur l’accessibilité aux handicapés.

Baisse de la pres­ta­tion de com­pen­sa­tion du Handicap.

Pas retour sur les fran­chises de soins.

Loi fin de vie vidée de son conte­nu (en attente de CMP).

Don du sang : main­tien d’une dis­cri­mi­na­tion pour les homosexuels.

Bud­get Sécu­ri­té sociale : sus­pen­sion des votes à l’Assemblée.

Le taux du Livret A passe pour la 1ère fois sous la barre de 1% (0,75%).

Sup­pres­sion de cen­taines de postes de contrô­leurs fiscaux.

Îles Vierges, Mont­ser­rat, Ber­mudes et Jer­sey sor­tis de la liste des para­dis fiscaux.

Pas d’interdiction des para­dis fis­caux pour les banques françaises.

3 taux d’imposition pour les entre­prises : non tenu.

Fraude fis­cale et sociale : aucune annonce.

Fraude aux coti­sa­tions sociales (25Mds/an) : aucune annonce.

900 mil­lions d’euros de réduc­tion d’impôts pour les plus riches.

Sapin demande le retrait d’un amen­de­ment visant à taxer les dividendes.

Main­tien des niches fis­cales : 82 mil­liards de perte pour l’Etat.

Com­munes : baisse de la DGF.

Inci­ta­tion à la créa­tion de com­munes nou­velles pour conser­ver les niveaux de dotation.

CICE : 40 mil­liards sur 3 ans (dont 12 pour 2015).

Pacte de Responsabilité

Plus forte exo­né­ra­tion de « charges » de la Vè République.

- 6,3 mil­liards pour la pro­tec­tion sociale.

Le bou­clier fis­cal de Hol­lande : 730M€ pour 7 630 contri­buables aisés.

Main­tien du Cré­dit Impôt Recherche (5,5 Mds€/an).

Inter­dic­tion de publi­ca­tion du rapport.

ISF : le gou­ver­ne­ment ne taxe­ra pas les œuvres d’art.

Entraves à la taxe sur les tran­sac­tions financières.

Aban­don de la « grande réforme fis­cale » Ayrault.

Recul sur l’alignement de la fis­ca­li­té du capi­tal sur celle du travail.

Recul sur l’instauration d’une taxe sur l’excédent brut d’exploitation.

Valls regrette la hausse (sym­bo­lique) des impôts des plus riches.

Vote du TSCG sans renégociation.

Le gou­ver­ne­ment pri­vé de latitude.

Hausse de la TVA de 19,6 à 20% et de 7 à 10%.

Rejet du contrôle des frais des dépu­tés, sur avis défa­vo­rable d’Eckert.

Rejet du « repor­ting public » sur demande de C. Eckert.

Miche­lin : 18M€ de CICE, pro­fits en hausse de 12% : 494 sup­pres­sions de postes.

Cor­rup­tion : les entre­prises pour­ront payer pour évi­ter le procès.

Loi Macron : Pro­jet de libé­ra­li­sa­tion des règles d’implantation de la publicité.

Obso­les­cence pro­gram­mée : Macron tente de déna­tu­rer la loi sur les pièces détachées.

Loi de finance 2014 : l’article 92 pro­po­sait une amnis­tie totale pour les banques.

La France bas­cule dans la mar­chan­di­sa­tion du sang.

Inter­dic­tion pour l’EFS de fabri­quer du plas­ma thérapeutique.

Sup­pres­sion des stock-option : pro­messe non tenue.

« Auto­ré­gu­la­tion exi­geante » : pas de loi limi­tant les rému­né­ra­tions des patrons.

Aban­don de l’encadrement des bonus.

40Mds € de divi­dendes pour le CAC40 en 2014.

47Mds € de divi­dendes en 2015 (+9,9% hors taux de change).

Pas de sépa­ra­tion banques de dépôt / d’investissement.

Trans­fert du risque de faillite ban­caire sur les déposants.

Déman­tè­le­ment d’Alstom : le gou­ver­ne­ment cède au lob­bying de GE.

Pro­lon­ga­tion des conces­sions autoroutières.

Pri­va­ti­sa­tion des aéroports.

Pri­va­ti­sa­tion des bar­rages hydro électriques.

TAFTA : négo­cia­tions secrètes.

ISDS (méca­nisme de règle­ment des dif­fé­rends entre inves­tis­seur et Etats) : Un tri­bu­nal privé.

Loi « Flo­range » inef­fi­cace et vide (Goo­dyear, Fra­lib, Petroplus).

Pro­jet de loi (aban­don­né) sur le secret des affaires.

Mul­ti­pli­ca­tion des Par­te­na­riats Public-Privé.

Aban­don du pro­jet de loi sur la res­pon­sa­bi­li­té juri­dic­tion­nelle du Président.

Aban­don du pro­jet de réforme du Conseil supé­rieur de la magistrature.

de la Cour de Jus­tice de la République.

Hol­lande gonfle le nombre de pro­cé­dures antiterroristes.

Pro­jet de réforme pénale : Valls veut court-cir­­cui­­ter le Parlement.

Pro­jet de réforme pénale : mise à l’écart des juges.

Jus­tice en faillite : cri d’alarme en Seine-Saint-Denis.

Contrôles de police : aban­don de l’idée de récépissé.

État d’urgence éten­du à 3 mois.

Pro­jet d’extension à 6 mois & ins­crip­tion dans la Constitution.

Pro­lon­ga­tion de trois mois sans sai­sir le par­le­ment (22.01.16).

Inter­dic­tion des mani­fes­ta­tions non commerciales.

Assi­gna­tion à rési­dence d’opposants.

Déchéance de nationalité.

Bru­no Le Roux envi­sage la déchéance pour tous.

Ins­tau­ra­tion d’une réten­tion de sûre­té après cer­taines peines.

Sur­veillance mas­sive des citoyens.

Vote avec l’UMP contre un amen­de­ment de Tau­bi­ra sur la Loi Renseignement.

Envi­sage la pri­va­tion de liber­té à titre préventif.

Fin de la pré­somp­tion d’innocence.

Exten­sion de la pré­somp­tion de légi­time défense pour la police.

Sus­pen­sion de la Conven­tion Euro­péenne des Droits de Homme.

Arme­ment des polices municipales.

Valls sou­tient la can­di­da­ture de Lagarde à la tête du FMI.

Hol­lande veut réin­té­grer plei­ne­ment la France dans l’OTAN.

La France déplore (sic) l’exécution par l’Arabie saou­dite de 47 personnes.

Livrai­sons d’armes à la rébel­lion « modé­rée » syrienne (viol de l’embargo).

Mani­pu­la­tion des rap­ports sur les armes chi­miques en Syrie.

Vente de Rafales aux pétromonarchies.

Annu­la­tion du contrat Mis­tral avec la Rus­sie, et vente à l’Égypte.

Le PS sou­tient Jun­cker à la pré­si­dence de la Com­mis­sion Européenne.

Hol­lande pousse Tsi­pras à accep­ter un accord avec la Troïka.

Refus du droit d’asile pour Assange et Snowden.

Inter­dic­tion de sur­vol de l’espace aérien pour le pré­sident Evo Morales.

Illé­ga­li­té du mou­ve­ment Boy­cott, Dés­in­ves­tis­se­ment, Sanctions.

Royal veut pro­lon­ger de 10 ans la durée de vie des cen­trales nucléaires.

Boues rouges de Gar­danne : l’État accorde des per­mis de polluer.

Un mois après la COP21, forte baisse du bonus à l’achat de véhi­cules propres.

Loi Macron : Oui­bus, la SNCF concur­rence ses propres TGV et TER.

Les régions devront finan­cer les défi­cits induits par ces pertes.

Loi Macron : le droit de l’environnement sera réfor­mé par ordonnances.

Loi Macron : un amen­de­ment pour l’enfouissement des déchets radioactifs.

signe un accord du G8 qui pro­meut la frac­tu­ra­tion hydraulique.

Aéro­port Notre-Dame-Des-Landes.

Futures lignes TGV et LGV inutiles.

SNCF : sup­pres­sion de 1400 emplois en 2016.

Dés­in­ves­tis­se­ment dans la SNCF.

Aban­don du fret ferroviaire.

Hausse du ton­nage des camions.

Davan­tage d’autocars sur les routes.

Renon­ce­ment à la fer­me­ture de Fessenheim.

Réduc­tion de 25% des aides au main­tien dans l’agriculture biologique.

Éle­vage : à la botte de la FNSEA.

Ajour­ne­ment du rap­port de l’ADEME sur une France 100% renouvelable.

Indus­tria­li­sa­tion de l’agriculture.

Retrait de l’écotaxe.

À peine née, baisse de l’indemnité kilo­mé­trique vélo (IKV).

Silence sur les exten­sions d’autorisation d’OGM.

Sivens : La gen­dar­me­rie enquête sur la mort de Rémi Fraisse…tué par un gendarme.

Loi Numérique :

Oppo­si­tion à la recon­nais­sance des Com­muns par la loi.

Cla­viers, OS sou­ve­rain, inter­dic­tion des hyper­liens : le ridi­cule pour toute politique.

Dou­ble­ment du bud­get de Poly­tech­nique, 60M€ d’euros sup­plé­men­taires en cinq ans.

Sup­pres­sion de la publi­ci­té dans les pro­grammes jeu­nesse : Enterrée.

Retour sur l’engagement à sanc­tua­ri­ser le bud­get de la Culture.

Loi Fio­ra­so (LRU 2) Uni­ver­si­tés mises en concurrence.

Mise en place chao­tique et inéga­li­taire des TAP en primaire.

Le MEN enterre le Logi­ciel Libre et « vend » les élèves à Micro­soft pour 13 M€.

Réforme du collège :

Auto­no­mie pour 20% des horaires disciplinaires.

Mise en concur­rence des établissements.

Baisse des moyens.

Sup­pres­sion du Latin, du Grec et des classes bilangues euro­péennes.

Nomi­na­tions de com­plai­sance (ex : com­pagne d’A. Morelle).

Hol­lande reproche à Bar­to­lone une cam­pagne trop à gauche.

Aban­don du pro­jet de loi rela­tif aux incom­pa­ti­bi­li­tés appli­cables à l’exercice de fonc­tions gouvernementales.

11 128 Roms éva­cués de force de leurs cam­pe­ments en 2015.

Stig­ma­ti­sa­tion des Roms.

Fer­me­ture des fron­tières aux réfu­giés syriens (30 000 en 2 ans).

Carole Del­ga et Alain Rous­set cumulent dépu­ta­tion et pré­si­dence de région.

Le Drian cumule les fonc­tions de ministre et de pré­sident de région.

Loi Macron : Construc­tions illé­gales, démo­li­tion impossible.

Lau­rence Boone, chef éco­no­miste à Bank of Ame­ri­ca, nom­mée conseillère à l’Élysée.

Jean-Pierre Jouyet, ministre de Sar­ko­zy, nom­mé Secré­taire Géné­ral de l’Elysée.

Loi Alur vidée de sa substance.

Loi Alur : enter­re­ment dis­cret de la Garan­tie Uni­ver­selle des Loyers.

Hol­lande satis­fait du résul­tat du 1er tour des élec­tions régionales.

Désis­te­ment et appel à voter pour la droite.

Renon­ce­ment au vote des étrangers.

Appels à la déla­tion (fraude fiscale).

3 recours à l’article 49.3 en un an.

Des enfants en zone d’attente aéroportuaire.

Comptes de cam­pagne : Contrôles pen­dant 6 mois au lieu de 12.

Pré­pa­ra­tion d’une « Alliance », sans PCF ni EEL.

ROMANE

Source ori­gi­nale : http://​www​.bilan​-ps​.fr/​l​i​ste
Tra­vail heu­reu­se­ment signa­lé par : http://​www​.legrand​soir​.info/​s​o​l​f​e​r​i​n​i​e​n​s​–​r​e​n​i​e​m​e​n​t​s​–​t​r​a​h​i​s​o​n​s​–​a​t​t​a​q​u​e​s​–​f​r​o​n​t​a​l​e​s​–​c​o​n​t​r​e​–​l​e​–​s​a​l​a​r​i​a​t​.​h​tml

 
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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​0​3​8​0​4​5​6​9​2​3​1​7​?​p​n​r​e​f​=​s​t​ory

Rendez-vous à Montreuil le samedi 26 mars à 15 h, pour des ateliers constituants, avec le Comité des Citoyens Montreuillois

Bon­jour à tous.

Je vous pro­pose de nous retrou­ver dans 15 jours à Mon­treuil, pour appro­fon­dir ensemble, cette fois avec les élus du groupe « Ma ville j’y crois », l’i­dée que c’est aux citoyens d’é­crire eux-mêmes (et ensuite de défendre, per­son­nel­le­ment) la Consti­tu­tion ; Consti­tu­tion qui devrait être notre contrat social, ins­ti­tuant et garan­tis­sant notre puis­sance poli­tique, au lieu d’être au contraire une pri­son poli­tique comme elle l’est for­cé­ment sous la plume de pro­fes­sion­nels de la politique :

Le ren­­dez-vous est fixé le same­di 26 mars 2016, salle Frank­lin, 60 rue Frank­lin, à Mon­treuil, École Dide­rot 2, 12 rue Pépin (métro Mai­rie de Mon­treuil), à 15h et jus­qu’à 18h30…
Il faut réser­ver en envoyant un mail à [email protected]
Il me semble que la salle sera moins vaste que celle de Lyon avant-hier (nous étions plus de 300 🙂 ), donc il vaut mieux réser­ver, je crois.

[Edit : les orga­ni­sa­teurs ont trou­vé une salle un peu plus grande et le ren­­dez-vous est donc modi­fié : le ren­­dez-vous est à l’é­cole Dide­rot 2, 12 rue Pépin (métro Mai­rie de Montreuil).]

J’ai hâte de vous revoir, mais j’ai aus­si hâte que vous soyez (vite) capables de (et déter­mi­nés à) mener seuls, tous les jours, des mil­lions de mini-ate­­liers consti­tuants popu­laires sans moi 🙂

Mais bon, en atten­dant, je conti­nue à semer des graines de démo­cra­tie d’o­ri­gine popu­laire, du mieux que je le peux.

À bien­tôt, bande de virus 🙂

Étienne.

PS : Pen­sez à prendre du papier et de quoi écrire 🙂
C’est sur­tout à VOUS de bos­ser, si vous vou­lez vous trans­for­mer (en citoyen digne de ce nom, c’est-à-dire constituant).

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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[sentinelle du peuple] Gérard Filoche explique l’importance cardinale du droit du travail (CQFD, ce qu’il faut défendre)

Il y a long­temps, plus de dix ans, que j’aime écou­ter et lire Gérard Filoche. Cet ins­pec­teur du tra­vail défend bec et ongles les inté­rêts de ceux qui tra­vaillent contre leurs exploiteurs.

En ce moment, quand les chefs de son propre par­ti sont en train de lit­té­ra­le­ment détruire le droit du tra­vail, ses inter­ven­tions sont par­ti­cu­liè­re­ment utiles, je trouve impor­tant de foca­li­ser un peu notre atten­tion sur ce que dit Gérard Filoche :

Filoche à l’an­tenne de Là-Bas Si J’y Suis, avec Daniel Mermet :
9 mars, grève géné­rale contre la « loi travail » : 

Le pro­jet de loi EL KHOMRI vu par Gérard FILOCHE :
httpv://youtu.be/mlkfNu_NSKE

Extrait : « Tout est dans l’article 1 : ne serait-ce qu’à cause de ce seul article, tout le pro­jet de loi El Khom­ri doit être reti­ré. C’est la remise en cause his­to­rique, théo­rique, juri­dique fon­da­men­tale d’un siècle entier de code du travail.

Pour le com­prendre il faut savoir que le code du tra­vail est né en 1910 après la catas­trophe de Cour­rières de 1906 dans le Pas-de-Calais. Lors de cette tra­gé­die, 1099 mineurs avaient per­du la vie au fond des puits. Le patron avait exi­gé que le tra­vail reprenne en ces­sant la recherche des sur­vi­vants, car sinon le char­bon polo­nais allait arri­ver et il allait mettre la clef sous la porte. Une dou­zaine de jours plus tard, 13 puis 1 sur­vi­vants étaient réap­pa­rus. Le choc émo­tion­nel avait été tel qu’on avait déci­dé de créer le Minis­tère du tra­vail pour qu’il échappe aux exi­gences du Minis­tère de l’économie.

Le choix fon­da­men­tal a été d’adapter le tra­vail aux humains et non pas les humains au tra­vail. Si nous avons exi­gé les 3 X 8 : 8 h de tra­vail, 8 h de loi­sir, 8h de repos, ce n’est pas pour plaire aux patrons des entre­prises, c’est pour plaire aux humains, pour qu’ils puissent vivre avec leur travail.

Aus­si lorsque le Pré­sident Hol­lande annonce qu’il allait « adap­ter le droit au tra­vail aux besoins des entre­prises », c’est une contre-révo­­lu­­tion concep­tuelle. Elle n’a rien de « moderne » et rien à voir avec la « crise » : c’est le retour au 19° siècle, bien avant 1906, aux débuts du sala­riat post escla­vage quand il n’y avait ni lois ni coti­sa­tions sociales.

Ça n’a rien à voir non plus avec l’emploi : Fran­çois Hol­lande l’avoue le 21 février 2016 en pré­ci­sant que cette loi « n’aura pas d’effets en termes d’emploi avant plu­sieurs mois. Mais il s’agit d’installer un nou­veau modèle social » Il ne pou­vait mieux recon­naitre que le chô­mage était un pré­texte, et qu’il visait sur­tout à rompre avec le droit du tra­vail existant. » 

 
Gérard Filoche (en jan­vier) : « Un culot monstre de M. Gat­taz, d’o­ser récla­mer ça ! »
httpv://youtu.be/t4ChR9hjFjE

Il y a aus­si ce (trop) court échange, inté­res­sant, avec des petits patrons :
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=943548459027651&id=100001175166013
(je n’ai pas encore de lien YT vers cette vidéo => seule­ment FB)

Il faut lire sur le blog de Gérard la syn­thèse des reproches à for­mu­ler contre la loi scé­lé­rate « El Khomri »
En conden­sé, les rai­sons du RETRAIT du pro­jet El Khomri
http://​www​.filoche​.net/​2​0​1​6​/​0​3​/​0​7​/​e​n​–​c​o​n​d​e​n​s​e​–​l​e​s​–​r​a​i​s​o​n​s​–​d​u​–​r​e​t​r​a​i​t​–​d​u​–​p​r​o​j​e​t​–​e​l​–​k​h​o​m​ri/

=====

Je relie toutes ces alertes de Gérard Filoche à celles de Fran­çois Ruf­fin (et de son équipe du jour­nal Fakir, abon­­nez-vous), qui est, à mon sens, une autre pré­cieuse « sen­ti­nelle du peuple » (c’est comme ça que les révo­lu­tion­naires de 1789 appe­laient les jour­na­listes, comme Marat) :

[vidéo impor­tante] Quand la gauche a bas­cu­lé à droite 
httpv://youtu.be/i0d975vtTys

La mise à mort du CDI déci­dé par les banques :
httpv://youtu.be/0BZWzkTHXNo

=====

Et puis, bien sûr, je relie aus­si tout ça à la défi­ni­tion de Chom­sky du socia­lisme digne de ce nom :

Chom­sky : ce qu’on appelle « Socia­lisme » ? Du sens aux mots. 
httpv://youtu.be/Lbd7a4e02RI

=====

Tout ceci ne doit pas, cepen­dant, nous conduire à oublier d’ap­prendre à consti­tuer : en même temps que nos luttes sociales, il faut mul­ti­plier les ate­liers consti­tuants populaires. 

Ana Saillans a écrit à ce sujet un beau texte, que je repro­duis ici pour lui don­ner un peu plus de l’au­dience qu’elle mérite :

9 mars 2016

Autant ou plus que contre une loi inique,
c’est contre l’ « élite » qu’il faut se mobiliser.

Car la loi n’est écrite ni par un ministre ni par un parlement,
ceux là ne font que tenir le sty­lo et le micro, … et les armes,
mais de tous temps la loi est écrite par une classe psy­cho­so­ciale unique,
intem­po­relle, unie, et sans vergogne,
hypercompétente…
dans l’art de conso­li­der la répu­blique des copains-coquins.
Ses guerres intes­tines, sur le fond, ne sont qu’un leurre,
un men­songe qui n’a d’é­gal que celui de son huma­nisme de façade, et d’apparat.

Même s’il y eut, à l’oc­ca­sion de drames guer­riers, de brèves rémis­sions , la classe des maîtres a tou­jours, depuis les siècles des siècles, été unie contre les faibles.

Rem­pla­cer des élites par d’autres élites, et le mot élite m’é­corche l’en­ten­de­ment … , cela a tou­jours conduit au même résul­tat : la per­sis­tance de la sou­mis­sion du grand nombre au petit nombre.

Que se vayan todos, si, pero todos

La révo­lu­tion ne s’ar­rête pas au moment où le tyran tombe,
c’est au contraire à cet ins­tant qu’elle com­mence vraiment,
si
et seule­ment si
le peuple ne rentre pas à la maison,
refuse l’é­mer­gence de nou­veaux leaders,
refuse de se confier aux plus sédui­sants d’entre ses rangs,
inter­dit aux voleurs de révo­lu­tion de s’emparer de la réorganisation,
écrit lui-même le contrat nou­veau dont il sera le seul gardien,
éta­blit fer­me­ment la déci­sion col­lec­tive comme un bien commun,
inal­té­ra­ble­ment commun.

Nous ne savons pas, nul ne peut pré­voir, ce qu’il advien­dra dans les jours qui viennent du mou­ve­ment ron­chon qui légi­ti­me­ment gronde. Pétard mouillé ou chute du gou­ver­ne­ment, tout est pos­sible. Mais sou­ve­nons nous tou­jours que, pour un peuple, confier son des­tin, c’est le perdre. »

Ana Saillans

Source :
https://​www​.face​book​.com/​a​n​a​.​s​a​i​l​l​a​n​d​/​p​o​s​t​s​/​1​7​2​6​6​8​8​2​8​7​5​4​9​461

 
Je conseille à tout le monde de lire les réflexions d’A­na : ce qu’elle exprime est tou­jours utile au bien com­mun, tou­jours fort et clair.

=====

Encore une petite pointe de colère bien sen­tie, avant de rejoindre la manif :
Raquel Gar­ri­do remet en place la classe poli­tique qui pousse vers les bas salaires 
httpv://youtu.be/Z4yTtyICUH4

Salut à tous, bande de virus 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​0​1​7​3​7​1​7​6​2​317

Graine de démocratie : mobilisons-nous !

Je repro­duis ici un appel urgent qui tourne sur Face­book et qui vise à inter­pel­ler per­son­nel­le­ment nos par­le­men­taires pour qu’ils résistent aux acca­pa­reurs semen­ciers, au lieu de tout leur céder :


http://​www​.meso​pi​nions​.com/​p​e​t​i​t​i​o​n​/​n​a​t​u​r​e​–​e​n​v​i​r​o​n​n​e​m​e​n​t​/​y​e​s​w​e​g​r​a​i​n​e​–​m​a​r​a​i​c​h​e​r​s​–​a​i​e​n​t​–​d​r​o​i​t​–​u​t​i​l​i​s​e​r​–​s​e​m​e​n​c​e​s​/​1​4​494

Graine de démocratie : mobilisons-nous !

httpv://youtu.be/0yzFncHVbu4

NOUS AVONS JUSQU’AU 10 MARS POUR AGIR !! (voi­ci le lien vers la péti­tion –> http://​bit​.ly/​y​e​s​w​e​g​r​a​ine)

1ÈRE ÉTAPE : TROUVER LES DÉPUTÉ(E)S DE SA CIRCONSCRIPTION

Voi­ci la carte de la liste des dépu­tés par circonscription : 
https://​www​.nos​de​putes​.fr/cir­cons­crip­tion

Voi­ci com­ment rédi­ger l’adresse Mail :

Pour la struc­ture d’email pour inter­pel­ler un(e) député(e) c’est :
« 1e lettre du pré­nom col­lée au nom »@assemblee-nationale.fr
(Par exemple : Jérôme Dupont ⇒ jdupont@assemblee-nationale.fr)

Et pour les noms composés :
(Exemple : Jean-Marie Petit ⇒ jmpetit@assemblee-nationale.fr
ou Michelle Le Guen ⇒ mleguen@assemblee-nationale.fr)

2ÈME ÉTAPE : COPIER/COLLER LE MAIL CI-DESSOUS

Cher(e) (Monsieur/Madame) …

Les 15, 16 et 17 Mars pro­chain, le Pro­jet de loi pour la recon­quête de la bio­di­ver­si­té, de la nature et des pay­sages sera voté en deuxième lec­ture à l’Assemblée Nationale.

Dans cette loi figurent deux amen­de­ments citoyens por­tant sur la pré­ser­va­tion des semences dites « tra­di­tion­nelles » qui avaient été adop­tés en pre­mière lec­ture au Sénat (en jan­vier der­nier) avant d’être sup­pri­més en com­mis­sion le 2 Mars 2016.

Les voici :

• ARTICLE 4 QUATER : Des semences repro­duc­tibles en milieu naturel

Le code de la pro­prié­té intel­lec­tuelle est ain­si modifié :
Le 3° de l’ar­ticle L. 623–2 est ain­si modifié :
Après la der­nière phrase se ter­mi­nant par : « à la fin de chaque cycle », y est insé­ré une vir­gule et une phrase sup­plé­men­taire : « et dont sa semence est repro­duc­tible en milieu naturel » ;

Le 3° de l’ar­ticle L.623–2 est ain­si rédigé :
« 3° demeure stable, c’est-à-dire iden­tique à sa défi­ni­tion ini­tiale, à la suite de ses repro­duc­tions ou mul­ti­pli­ca­tions suc­ces­sives ou en cas de cycle par­ti­cu­lier de repro­duc­tion ou de mul­ti­pli­ca­tion, à la fin de chaque cycle, et dont sa semence est repro­duc­tible en milieu naturel. »

• ARTICLE 4 QUINQUIES : Libre uti­li­sa­tion des semences « tra­di­tion­nelles » entre maraîchers

Le code rural est ain­si modifié :
L’a­li­néa 2 de l’ar­ticle L.315–5 du code rural est ain­si modifié :
Après le mot : « des échanges », sont sup­pri­més les mots : « membres d’un grou­pe­ment d’intérêt éco­no­mique et environnemental » ;

L’a­li­néa 2 de l’ar­ticle L.315–5 du code rural serait ain­si rédigé :
« Il en est de même, sans pré­ju­dice de la régle­men­ta­tion qui leur est appli­cable, des échanges, entre agri­cul­teurs, de semences ou de plants n’ap­par­te­nant pas à une varié­té pro­té­gée par un cer­ti­fi­cat d’ob­ten­tion végé­tale et pro­duits sur une exploi­ta­tion hors de tout contrat de mul­ti­pli­ca­tion de semences ou de plants des­ti­nés à être commercialisés ».

Ces deux amen­de­ments citoyens issus des reven­di­ca­tions com­munes de la péti­tion #Yes­We­Graine contri­buent à favo­ri­ser la pra­tique de l’agroécologie.

En tant que membre des 70 000 signa­taires de la péti­tion #Yes­We­Graine, je vous invite à dépo­ser ou à voter favo­ra­ble­ment pour que ces deux amen­de­ments soient de nou­veau adoptés.

Je vous prie d’agréer, (Monsieur/Madame), l’assurance de ma consi­dé­ra­tion distinguée.

3ÈME ÉTAPE : ENVOYER LES EMAILS EN AJOUTANT EN COPIE [email protected]

Et expri­mez votre sou­tien sur les réseaux sociaux avec le #Yes­We­Graine

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POUR INFORMATION

Voi­ci les rai­sons invo­quées par les élus pour la sup­pres­sion des amen­de­ments #Yes­We­Graine :

Les dépu­tés ci-des­­sous ont dépo­sé dif­fé­rents amen­de­ments visant sim­ple­ment à sup­pri­mer ceux qui avaient été adop­tés par le Sénat.

David Douillet : dépu­té des Yve­lines, membre de la commission
Mar­tial Sad­dier : dépu­té de Haute-Savoie, membre de la commission
Jean-Marie Ser­mier : dépu­té du Jura et vice pré­sident de la Com­mis­sion déve­lop­pe­ment durable
Julien Aubert : dépu­té du Vau­cluse, membre de la commission
Vir­gi­nie Duby-Mul­­ler : dépu­tée de Haute-Savoie
Antoine Herth : dépu­té du Bas-Rhin
Lio­nel Tar­dy : dépu­té de Haute-Savoie
Gene­viève Gaillard : dépu­tée des Deux-Sèvres et rap­por­teur de la com­mis­sion sur le pro­jet de loi biodiversité

Pour la sup­pres­sion de
Au second ali­néa de l’ar­ticle L. 315–5 du code rural et de la pêche mari­time, les mots : « membres d’un grou­pe­ment d’in­té­rêt éco­no­mique et envi­ron­ne­men­tal » sont supprimés.
• Au pré­texte que toutes les semences doivent êtres sou­mises aux règle­men­ta­tions sur les semences com­mer­ciales pour « garan­tir des échanges sains, loyaux et mar­chands des semences » : http://www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD652.asp

• Au pré­texte qu’il n’y aura plus de moyen de contrôle sur les échanges de semences : http://www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD256.asp

• Au pré­texte que le libre échange des semences conduit à décon­si­dé­rer le tra­vail des semen­ciers et à nuire au com­merce exté­rieur : http://www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD928.asp

Pour la sup­pres­sion de
Le 3° de l’ar­ticle L. 623–2 du code de la pro­prié­té intel­lec­tuelle est com­plé­té par les mots : « et dont sa semence est repro­duc­tible en milieu naturel ».

• Au pré­texte que les cri­tères actuels sont effi­caces (pour les semences repro­duc­tibles) : http://www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD255.asp

• Au pré­texte qu’en exi­geant des semences qu’elles soient désor­mais repro­duc­tibles, le cer­ti­fi­cat d’obtention végé­tale (équi­valent du bre­vet) ne soit plus garan­ti : http://www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD651.asp

• Au pré­texte que les semences non repro­duc­tibles en milieu natu­rel sont déjà inter­dites : http://www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD694.asp

• Au pré­texte que les céréales ont besoin de ces pro­cé­dés et qu’il y a un risque éco­no­mique pour la filière fran­çaise : http://www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD924.asp

 
Incroyable his­toire, que ce scan­dale pla­né­taire de l’ac­ca­pa­re­ment du droit de semer par les géants semen­ciers mon­diaux. Notre impuis­sance devant de si détes­tables intrigues par­le­men­taires (ici, pour tuer notre liber­té de semer) est révoltante.
Pro­tes­tons comme on peut, et aidons ces lan­ceurs d’a­lerte, en signant leur péti­tion et en écri­vant à notre député.

Mais sans ces­ser de nous entraî­ner à deve­nir nous-mêmes consti­tuants, c’est impor­tant. Il fau­dra pré­ci­sé­ment rédi­ger de bons articles capables d’in­ter­dire à tout jamais aux « repré­sen­tants » d’o­béir ain­si (ser­vi­le­ment et secrè­te­ment) aux barons voleurs du moment.

PS : le lien vers la pétition :
http://​www​.meso​pi​nions​.com/​p​e​t​i​t​i​o​n​/​n​a​t​u​r​e​–​e​n​v​i​r​o​n​n​e​m​e​n​t​/​y​e​s​w​e​g​r​a​i​n​e​–​m​a​r​a​i​c​h​e​r​s​–​a​i​e​n​t​–​d​r​o​i​t​–​u​t​i​l​i​s​e​r​–​s​e​m​e​n​c​e​s​/​1​4​494
___

Lien vers le fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​0​1​1​3​5​9​6​0​7​3​1​7​?​p​n​r​e​f​=​s​t​ory

Rendez-vous à Lyon, le 11 mars 2016, avec Jacques Testart, sur le thème « Tirage au sort et démocratie »

Ah ! que je suis content de revoir cet homme-là !
J’aime son regard, dans tous les sens du terme ; j’aime sa cer­ti­tude que tous les hommes peuvent deve­nir meilleurs, ensemble, s’ils acceptent de se par­ler pour déci­der du bien commun.

Nous allons ani­mer ensemble, avec Jacques Tes­tart, une ren­contre publique à Lyon le 11 mars (ven­dre­di pro­chain) à 19h, pour réflé­chir à cette com­bi­nai­son essen­tielle (et encore lar­ge­ment méconnue) :
tirage au sort et démocratie.

Ça se passe dans le cadre d’une semaine « Expé­riences poli­tiques », dont voi­ci le pro­gramme (cli­quez sur l’image) :
http://​expe​riences​-poli​tiques​.fr/​p​r​o​g​r​a​m​me/

Le len­de­main après-midi, il y a un ate­lier constituant 🙂

Nous n’au­rons, ven­dre­di soir, qu’une salle de 150 places, je crois, dont 100 ont été offertes ici : https://​www​.event​brite​.fr/​e​/​b​i​l​l​e​t​s​–​t​i​r​a​g​e​–​a​u​–​s​o​r​t​–​e​t​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​e​x​p​e​r​i​e​n​c​e​s​–​p​o​l​i​t​i​q​u​e​s​–​2​2​1​6​3​2​6​2​916, et dont 50 seront dis­po­nibles à la Mai­son Pour Tous (Lyon 3e).

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Je vous parle de Jacques depuis long­temps ( et , par exemple) parce que je trouve son tra­vail extra­or­di­nai­re­ment utile pour PROUVER (pour que nous puis­sions être tous bien cer­tains) qu’un monde poli­tique démo­cra­tique digne de ce nom est à la fois pos­sible et souhaitable.

Jacques est un scien­ti­fique qui réunit des Confé­rences de citoyens (assem­blées tirées au sort) pour qu’elles forgent et for­mulent leur opi­nion sur des sujets d’é­thique scien­ti­fique com­plexes et contro­ver­sés. Mais pour lui, une opi­nion n’a de valeur que si elle est cor­rec­te­ment éclai­rée, et il tra­vaille pré­ci­sé­ment sur cet éclai­rage : il fait for­mer les tirés au sort pen­dant plu­sieurs séances avant qu’ils ne puissent voter.

Astu­cieu­se­ment, les condi­tions de cet éclai­rage de l’o­pi­nion (de cette for­ma­tion des tirés au sort) sont fixées par un Comi­té de pilo­tage, com­po­sé d’ad­ver­saires connus sur le pro­blème contro­ver­sé en ques­tion : ces adver­saires ne vont pas mener eux-mêmes la for­ma­tion, mais ils vont dire quel pro­gramme il faut suivre à leur avis, pour que les tirés au sort opinent en toute connais­sance de cause. 

Voi­ci com­ment Jacques l’ex­plique (je le trouve pas­sion­nant, tout simplement) :

Jacques Tes­tart : Com­ment les citoyens peuvent s’emparer des choix de société ?
httpv://youtu.be/wCAVBxcxnAI

Confé­rences de citoyens & Démo­cra­tie directe
httpv://youtu.be/QGUuUi0i42o

Le site Sciences citoyennes :

http://​scien​ces​ci​toyennes​.org/

Je trouve cette idée (faire pilo­ter l’é­clai­rage de l’o­pi­nion de tous par les adver­saires d’une contro­verse, sujet par sujet) intel­li­gente et sti­mu­lante, et je réflé­chis à sa géné­ra­li­sa­tion à toutes les ins­ti­tu­tions (sans la limi­ter aux seuls sujets d’é­thique scien­ti­fique). Je compte donc poser quelques ques­tions à Jacques pour avoir son sen­ti­ment (et ses sug­ges­tions) sur des pro­po­si­tions d’u­ti­li­sa­tion d’éclai­­rage-gui­­dé-par-des-Comi­­tés-de-pilo­­tage en matière de poli­tique générale.

Par exemple, si l’on consi­dère qu’on ne peut vala­ble­ment voter que si on a tra­vaillé le sujet en ques­tion, est-ce qu’on ne devrait pas :

1) empê­cher les réfé­ren­dums secs, sans débats contra­dic­toires préalables ?
2) empê­cher les son­dages habi­tuels, et impo­ser plu­tôt les son­dage délibératifs ?
3) empê­cher un dépu­té de voter une loi s’il a dor­mi ou s’il s’est absen­té pen­dant les débats ? 😉
4) impo­ser aux ser­vices publics d’in­for­ma­tion de pré­sen­ter tou­jours deux per­sonnes en désac­cord, sans jamais impo­ser un point de vue uni­voque ? (C’est juste une piste, car on sent bien poindre mille difficultés.)
5) empê­cher (ou dis­sua­der) un élec­teur d’é­lire un can­di­dat sans avoir écou­té atten­ti­ve­ment tous les autres can­di­dats ? (Ne grim­pez pas aux rideaux tout de suite, on réfléchit 🙂 )
6) nous auto-orga­­ni­­ser à faible coût un par­le­ment citoyen déli­bé­ra­tif et per­ma­nent, capable au moins de dire de facon fiable ce que désire réel­le­ment « le peuple fran­çais » sur tous les sujets de son choix. 50 ou 100 tirés au sort pour­raient suf­fire pour cette ins­ti­tu­tion auto-pro­­clam­­mée qui se char­ge­rait d’in­ter­pel­ler les pou­voirs et de don­ner son point de vue dans les médias (sug­ges­tion de Chris).

Etc.

Je vous invite à nous sug­gé­rer ici, en com­men­taires, d’autres appli­ca­tions qui vous vien­draient à l’es­prit ; par exemple autour des Chambres de contrôle (toutes tirées au sort) : com­ment éclai­rer leur juge­ment ? Quels articles pour­­rait-on proposer ?

J’ai­me­rais aus­si savoir si, pour Jacques, il est (éven­tuel­le­ment) ima­gi­nable de faire pas­ser l’é­clai­rage de l’o­pi­nion (par Comi­tés de pilo­tage) de l’é­chelle de 40 per­sonnes à celle de 4 000 ou même de 40 mil­lions de per­sonnes, et avec quelles modalités.

Avons-nous besoin de repré­sen­tants ? Est-il pos­sible de dési­gner des repré­sen­tants fidèles ? Com­ment pour­­rions-nous ins­ti­tuer un bon éclai­rage de l’o­pi­nion d’une Chambre légis­la­tive 1) élue sans can­di­dats ou 2) tirée au sort (envi­ron 1000 per­sonnes) ? Et si on écri­vait un article ?

Par ailleurs, il est des cas où il n’est peut-être pas pos­sible (et peut-être pas sou­hai­table) de prendre tout ce temps pour éclai­rer l’o­pi­nion de ceux qui vont voter. Je pense notam­ment à cet article 35 de la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 qui décla­rait le droit sacré (et le devoir indis­pen­sable) du peuple à l’in­sur­rec­tion (contre un pou­voir qui serait deve­nu tyran­nique). Est-on d’ac­cord pour dire qu’un réfé­ren­dum révo­ca­toire n’a pas besoin de for­ma­tion des élec­teurs ni de comi­té de pilotage ? 🙂

J’ai­me­rais enfin (si c’est pos­sible, on ver­ra) consa­crer un moment à essayer de faire avec Jacques, sur scène, un ate­lier consti­tuant 🙂 pour mon­trer à ceux qui se demandent com­ment ils pour­raient faire leurs propres ate­liers, pour qu’ils voient comme c’est simple, fina­le­ment : on est autour d’une table à prendre un café, et l’un d’entre nous invite la Consti­tu­tion dans la conver­sa­tion, en mon­trant aux autres l’ar­ticle qu’il a rédi­gé ce matin à la hâte au réveil ; il n’est pas très bien écrit, mais on s’en fiche car ce n’est qu’une pre­mière mou­ture et le secret de l’ac­tion, c’est de com­men­cer. J’i­ma­gine que Jacques va me dire « hep hep hep tu as oublié de pré­voir ça et ça, non ? » – « Ah oui, que je suis bête, cor­ri­geons… », et on cor­rige ensemble, et ain­si de suite… La salle pour­rait peut-être inter­ve­nir pour nous pro­po­ser des mots ou des idées…

Si on est en forme, ça peut être péda­go­gique, ça peut don­ner envie à plein de gens d’es­sayer, en don­nant en spec­tacle le fait que les ate­liers consti­tuants c’est simple et agréable, non ?

Bon, j’ai déjà hâte d’y être 🙂

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Un der­nier mot pour vous par­ler du der­nier livre de Jacques :

L’hu­ma­ni­tude au pou­voir Com­ment les citoyens peuvent déci­der du bien commun

http://​www​.seuil​.com/​l​i​v​r​e​–​9​7​8​2​0​2​1​2​1​9​3​1​9​.​htm

C’est un livre génial 🙂 Ah, mais comme ça donne de l’es­poir, toutes ces his­toires d’hu­mains deve­nant plus intel­li­gents et plus géné­reux par l’ef­fet de la déli­bé­ra­tion col­lec­tive bien organisée !

Je vais repro­duire ici un extrait que je trouve par­ti­cu­liè­re­ment émou­vant ; c’est à la page 37 :

L’hu­ma­ni­tude : intel­li­gence col­lec­tive avec empathie

Il est des situa­tions pri­vi­lé­giées, hélas fort peu fré­quentes, où les per­sonnes impli­quées dans une action de groupe par­ti­cu­liè­re­ment exal­tante semblent subir une muta­tion intel­lec­tuelle, affec­tive et com­por­te­men­tale que je pro­pose de nom­mer huma­ni­tude. Ce terme, dont la sono­ri­té évo­que­ra celui de bra­vi­tude, lan­cé sans néces­si­té ni bra­voure par la pré­si­dente de la Région Poi­­tou-Cha­­rentes, risque d’être moqué. Pour­tant, j’ai décou­vert après coup que le mot huma­ni­tude a déjà été pro­po­sé, il y a trente-cinq ans19 et repris en 1995 pour qua­li­fier la rela­tion de bien­trai­tance vis-à-vis des per­sonnes âgées : « Pour res­ter en rela­tion avec ces per­sonnes et par­ta­ger avec elles émo­tion et sen­ti­ment, il faut un  »prendre soin » fon­dé sur toutes les carac­té­ris­tiques qui per­mettent aux hommes de se recon­naître les uns les autres : l’Hu­ma­ni­tude20. »

Le sens que nous don­nons ici à huma­ni­tude n’est pas limi­té à la bien­veillance et porte l’i­dée d’é­man­ci­pa­tion col­lec­tive car, au-delà de la com­pas­sion, il vise la recherche active de solu­tions partagées.

Je ne connais pas de mot qui embrasse toutes les qua­li­tés que peut mani­fes­ter une per­sonne en com­mu­nion avec ses sem­blables pour pro­po­ser, en res­pon­sa­bi­li­té, des actions béné­fiques au plus grand nombre. En effet, si le sub­stan­tif « huma­nisme » signale le carac­tère altruiste, empa­thique, fra­ter­nel, qui se mani­feste dans l’hu­ma­ni­tude, il ne dit rien sur l’in­tel­li­gence col­lec­tive qui per­met d’ap­por­ter des pro­po­si­tions concrètes.

Ceux qui ont vécu Mai 68 se sou­viennent de l’empathie presque géné­rale qui s’é­tait empa­rée des usa­gers du métro ou de per­sonnes croi­sées un peu par­tout : c’é­tait comme si cha­cun éprou­vait sou­dain le sens du mot fra­ter­ni­té et s’é­ton­nait de n’en avoir rien su aupa­ra­vant. Dans l’al­lé­gresse par­ta­gée, et sou­vent sans motif évident, on se sou­riait, échan­geait des plai­san­te­ries ou des idées un peu lou­foques, on s’en­trai­dait sans qu’il soit besoin de deman­der. Le monde était à nous parce qu’un autre monde sem­blait pos­sible, libé­ré des méchants, des exploi­teurs, des emmer­deurs et cas­tra­teurs, un monde où l’on aurait le droit de vivre inten­sé­ment chaque ins­tant, de le trans­for­mer en fête des sens et de l’es­prit, de com­mu­nier avec cha­cun qui n’est plus un incon­nu, de décou­vrir le goût et l’ap­ti­tude pour le bon­heur simple, l’é­change, l’i­ma­gi­na­tion, et le res­pect des gens.

Cette muta­tion de l’Homo eco­no­mi­cus en Homo enfin sapiens sapiens, celui qui agit en conscience, se réa­li­sait dans une situa­tion où bien peu étaient réel­le­ment acteurs, seule­ment contem­po­rains d’un mou­ve­ment débor­dant la médio­cri­té quo­ti­dienne en ouvrant des fenêtres géné­reuses et fan­tasques sur la « vraie vie ». Un phé­no­mène com­pa­rable peut exis­ter, par exemple à l’oc­ca­sion d’une grande mani­fes­ta­tion publique où s’ex­priment, dans l’en­thou­siasme et le nombre, des idées joli­ment uto­piques mais lar­ge­ment par­ta­gées, ou à l’oc­ca­sion d’une grève sou­te­nue qui amène à des com­pli­ci­tés pro­fondes avec des col­lègues qu’on igno­rait au quotidien.

Les avan­cées poli­tiques et sociales obte­nues depuis deux siècles ne résultent pas direc­te­ment du suf­frage uni­ver­sel, mais d’a­bord des luttes sociales, des mou­ve­ments à carac­tère révo­lu­tion­naire où fleu­ris­sait l’hu­ma­ni­tude et qui ont été capables d’im­po­ser ces avan­cées au légis­la­teur : abo­li­tion des dis­cri­mi­na­tions raciales ou de l’es­cla­vage, droits des mino­ri­tés et des femmes, déco­lo­ni­sa­tion, droits sociaux…

L’hu­ma­ni­tude n’est pas une qua­li­té indi­vi­duelle, elle ne jaillit pas d’un mou­ve­ment soli­taire, mais par l’é­mu­la­tion qui naît au sein d’un groupe en effer­ves­cence intel­lec­tuelle, morale et affec­tive. Elle figure le meilleur de l’hu­ma­ni­té et de l’in­tel­li­gence par­ta­gée. Dans Douze Hommes en colère (film de 1957), le réa­li­sa­teur Sid­ney Lumet mon­trait com­ment des jurés en viennent à inno­cen­ter un homme dont la culpa­bi­li­té était ini­tia­le­ment cer­taine : contre les juge­ments trop rapides, c’é­tait un éloge de la réflexion et de l’es­prit cri­tique de citoyens gagnés par l’humanitude.

C’est la même huma­ni­tude qui se mani­feste dans les confé­rences de citoyens. Celles-ci sti­mulent l’exal­ta­tion de per­sonnes qui découvrent leur capa­ci­té à maî­tri­ser un sujet com­pli­qué et igno­ré il y a peu, en inven­tant des solu­tions aux­quelles les experts n’a­vaient pas pen­sé ou qu’ils avaient négli­gées, en éprou­vant la puis­sance du col­lec­tif pour éla­bo­rer un avis qui échappe aux mes­qui­ne­ries des inté­rêts par­ti­cu­liers, en esquis­sant une nou­velle iden­ti­té où ils peinent à se recon­naître tant elle est faite de savoir, de rigueur et d’al­truisme, et en culti­vant l’hy­po­thèse que le monde pour­rait être chan­gé grâce à cette œuvre à laquelle ils participent.

Selon un expert alle­mand des jurys citoyens, « toutes les études démontrent que les conclu­sions sont for­te­ment mar­quées par la recherche de l’in­té­rêt géné­ral. Sa défense est un rôle si attrayant que les citoyens vont jus­qu’à pro­po­ser des solu­tions qui vont par­fois à l’en­contre de leurs propres inté­rêts. C’est ain­si qu’aux États-Unis les jurys citoyens ont deman­dé une aug­men­ta­tion des impôts« 21.

Pour la plu­part, ces citoyens s’at­tristent de devoir retour­ner à la médio­cri­té où la condi­tion ordi­naire les condamne, à l’is­sue d’une telle com­mu­nion intel­lec­tuelle et huma­niste avec quelques-uns de leurs sem­blables. Ain­si peut-on obser­ver « la trans­for­ma­tion per­son­nelle que beau­coup de membres des panels disent avoir subie : l’ex­pé­rience les marque, cer­tains chan­geant de métier, de mode de vie, s’im­pli­quant dans la vie publique comme ils ne l’a­vaient jamais fait« 22.

Mal­gré leur pou­voir infor­ma­tif ou cathar­tique, aucune des autres pro­cé­dures « par­ti­ci­pa­tives » n’est capable, au moins le temps d’é­la­bo­ra­tion d’un avis, de trans­for­mer un être banal en citoyen res­pon­sable capable d’hu­ma­ni­tude. En ce sens, il faut craindre que l’en­goue­ment crois­sant pour faire de l’In­ter­net un outil majeur de l’é­la­bo­ra­tion démo­cra­tique vienne bri­ser l’é­lan d’empathie, lequel passe aus­si par la com­mu­nion phy­sique, les regards com­plices, les émo­tions que tra­duisent les visages.

C’est sur­tout l’hu­ma­ni­tude qui fait l’o­ri­gi­na­li­té d’une confé­rence de citoyens et ce phé­no­mène nous semble décou­ler d’une levée sou­daine de la chape oppres­sive qui inhi­bait au jour le jour l’in­tel­li­gence, la géné­ro­si­té, la volon­té de savoir et déci­der. La confé­rence de citoyens est l’oc­ca­sion d’une rébel­lion pai­sible mais inté­grale contre la domes­ti­ca­tion. Cela ne suf­fit pas pour conduire une révo­lu­tion sociale impli­quant la majo­ri­té de la popu­la­tion, mais donne à espé­rer dans les capa­ci­tés humaines pour défi­nir et réa­li­ser de véri­tables chan­ge­ments. Car les gens qui peuplent nos socié­tés sont rare­ment admi­rables : sou­vent lâches, bêtes et égoïstes, la plu­part ne sont que la forme inhi­bée d’Ho­mo sapiens comme la che­nille ram­pante contient le papillon. Per­mettre la méta­mor­phose, même dans un bref échan­tillon, c’est consta­ter que l’i­ma­go vaut mieux que la larve et qu’il peut s’é­pa­nouir chez le plom­bier ou la ména­gère, le bour­geois ou le tra­vailleur pré­caire, l’a­po­li­tique ou l’é­lec­teur d’ex­trême droite… Il s’a­git d’une sorte de miracle, qu’ont obser­vé presque tous ceux qui ont orga­ni­sé ou par­ti­ci­pé à de telles procédures.

Peut-être n’est-ce pos­sible que grâce à la sélec­tion des seuls volon­taires pour consti­tuer un jury citoyen ? En effet, par­mi les per­sonnes tirées au sort mais qui ont refu­sé ce man­dat, exi­geant et non rému­né­ra­teur, on peut pen­ser que cer­tains auraient man­qué de l’as­pi­ra­tion curieuse et altruiste néces­saire pour les trans­for­mer en « super-citoyens », c’est-à-dire en per­sonnes plei­ne­ment conscientes que la soli­da­ri­té est le meilleur ciment de l’hu­ma­ni­té. Par l’ac­cep­ta­tion d’une mis­sion col­lec­tive d’in­té­rêt public, l’é­mu­la­tion naît dans ce petit groupe et éveille la conscience uni­ver­sa­liste de ceux qui ne com­battent pas pour prendre ou gar­der le pou­voir. Ain­si se révèle le meilleur de l’hu­ma­ni­té. Pour­tant, il ne s’a­git pas d’é­li­tisme quand ce sont les élus du sort eux-mêmes qui valident leur par­ti­ci­pa­tion, offerte par le hasard, et que leur rôle fugace et béné­vole se concentre sur le bien commun.

Croire aux ver­tus de la citoyen­ne­té, ce n’est pas célé­brer les êtres humains en l’é­tat où les a pla­cés la socié­té, c’est ne pas dou­ter qu’un citoyen som­meille en cha­cun et s’ef­for­cer de l’é­veiller, c’est culti­ver l’hu­ma­ni­tude pour faire du gogo un citoyen.

Dans l’im­mé­diat, et pour culti­ver au plus tôt la capa­ci­té d’hu­ma­ni­tude, en faire dési­rer les effets, les enfants pour­raient consa­crer davan­tage de temps aux échanges pour des créa­tions col­lec­tives (des­sin, scé­na­rio, chant cho­ral, théâtre…).

Si des condi­tions oppor­tunes sont capables de révé­ler l’hu­ma­ni­tude, on peut se deman­der si cet état de l’hu­main est le fruit d’une levée d’in­hi­bi­tion ou celui d’une sti­mu­la­tion. L’hu­ma­ni­tude est-elle empê­chée dans les condi­tions usuelles, ou bien des condi­tions excep­tion­nelles sont-elles capables de créer cet état ? On ne peut que remar­quer le rôle de l’é­co­no­mie capi­ta­liste pour main­te­nir les popu­la­tions dans une situa­tion d’in­hu­ma­ni­tude mais d’autres formes de socié­té semblent aus­si y parvenir.

Ain­si, même dans les socié­tés dites « pri­mi­tives », une cer­taine hié­rar­chie et l’at­tri­bu­tion de rôles affec­tés aux divers membres pour­raient frei­ner les mani­fes­ta­tions d’hu­ma­ni­tude. Dans nos socié­tés néo­li­bé­rales, une dis­pute oppose ceux qui accusent le sys­tème de « flat­ter les bas ins­tincts » avec les jeux d’argent, la culture de com­pé­ti­tion, le culte de la réus­site, etc., à ceux qui répondent qu’on ne doit pas refu­ser aux gens ce qui les rend heu­reux. Mais, ce qui indigne fina­le­ment si, comme défen­du ici, les êtres humains ne sont pas ce qu’ils paraissent, s’ils peuvent plus et mieux, c’est la déri­sion qui fait nom­mer démo­cra­tie un mode d’ad­mi­nis­tra­tion du monde qui ignore (qui craint ?) ce sup­plé­ment d’âme et d’in­tel­li­gence, qui parque les humains dans un trou­peau exis­ten­tiel n’ac­cé­dant à la vraie liber­té que par des lucarnes inter­mit­tentes. La démo­cra­tie ne peut se suf­fire de l’exé­cu­tion des pul­sions de l’hu­main inache­vé, mais c’est pour­tant là la seule exi­gence des démo­crates aujourd’­hui. Si notre sys­tème poli­tique ne peut qu’en­tre­te­nir cette illu­sion grâce à l’a­lié­na­tion des majo­ri­tés à coups de son­dages, de débats publics ou d’é­lec­tions, c’est qu’il s’a­dresse tou­jours à la part la plus médiocre de l’hu­main. Ain­si va la comé­die politique…

 Jacques Tes­tart, « L’humanitude au pou­voir. Com­ment les citoyens peuvent déci­der du bien com­mun », Seuil 2015, p. 37 et s..

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Notes :

  1. Fred­dy Klop­fen­stein, Huma­ni­tude, Genève, Labor et Fides, 1980.
  2. Voir : http://​www​.igm​-for​ma​tion​.net/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​o​p​t​i​o​n​=​c​o​m​_​c​o​n​t​ent & task = view & id = 20 & Ite­mid = 39
  3. Hans-Liud­­ger Dienel, « Les jurys citoyens : pour­quoi sont-ils si rare­ment uti­li­sés ? », in La Démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive inache­vée, Marie-Hélène Bac­qué et Yves Sin­to­mer (dir.), Paris, Yves Michel, 2010.
  4. Marie-Angèle Her­mitte, « Confé­rence de citoyens », in Dic­tion­naire cri­tique et inter­dis­ci­pli­naire de la par­ti­ci­pa­tion, Paris, GIS Démo­cra­tie et Par­ti­ci­pa­tion, 2013, voir : http://​www​.par​ti​ci​pa​tion​-et​-demo​cra​tie​.fr/​n​o​d​e​/​1​289

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​0​0​9​4​9​0​5​3​7​317

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Rap­pel de cette belle ren­contre (pour moi très émou­vante) entre trois per­sonnes qui, dans le pays, bossent beau­coup à faire connaître au grand public les ver­tus fon­da­men­ta­le­ment démo­cra­tiques du tirage au sort en politique :
httpv://youtu.be/xiDpyNtasGQ

Plan détaillé minu­té de « J’AI PAS VOTÉ – La ren­contre – Étienne Chouard, Jacques Tes­tart et Yves Sintomer »
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_minut%C3%A9_de_%22J’AI_PAS_VOT%C3%89_-_La_rencontre_‑_%C3%89tienne_Chouard,_Jacques_Testart_et_Yves_Sintomer%22
(Ouf ! Quel bou­lot ! Merci ! 🙂 )

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Autre rap­pel important :
Trai­te­ment des Objec­tions contre le Tirage au Sort
http://​wiki​.gen​tils​vi​rus​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​A​f​f​i​c​h​a​g​e​_​O​b​j​e​c​t​i​o​n​s​_​c​o​n​t​r​e​_​l​e​_​T​i​r​a​g​e​_​a​u​_​S​ort

[« complotiste » ou courageuse lanceuse d’alerte ?] Manuela Cadelli, magistrate : « Le néolibéralisme est un fascisme »

Quand ce sont de simples citoyens qui disent que nos régimes par­le­men­taires actuels, à force de se vendre pour gagner les élec­tions, sont deve­nus l’ou­til d’un fas­cisme dégui­sé — et que cela se voit à la poli­tique de domi­na­tion abso­lue des mul­ti­na­tio­nales (et de guerre per­ma­nente, pour ter­ro­ri­ser tout le monde) que les pré­ten­dus « repré­sen­tants » imposent au peuple —, ces don­neurs d’a­lertes sont lis­tés et tra­qués pour « conspi­ra­tion­nisme », pour « confu­sion­nisme », pour « com­plo­tisme », etc. par de pré­ten­dus « anti­fas » et par de pré­ten­dus « jour­na­listes » (presque tous ven­dus aux banques, manifestement). 

Je suis curieux de voir le sort qui sera réser­vé à cette cou­ra­geuse magis­trate. Je trouve en tout cas son ana­lyse intéressante :

Le néolibéralisme est un fascisme

http://www.lesoir.be/1137303/article/debats/cartes-blanches/2016–03–01/neoliberalisme-est-un-fascisme

La carte blanche de Manue­la Cadel­li, pré­si­dente de l’Association syn­di­cale des magis­trats.

Le temps des pré­cau­tions ora­toires est révo­lu ; il convient de nom­mer les choses pour per­mettre la pré­pa­ra­tion d’une réac­tion démo­crate concer­tée, notam­ment au sein des ser­vices publics.

Le libé­ra­lisme était une doc­trine déduite de la phi­lo­so­phie des Lumières, à la fois poli­tique et éco­no­mique, qui visait à impo­ser à l’État la dis­tance néces­saire au res­pect des liber­tés et à l’avènement des éman­ci­pa­tions démo­cra­tiques. Il a été le moteur de l’avènement et des pro­grès des démo­cra­ties occidentales.

Le néo­li­bé­ra­lisme est cet éco­no­misme total qui frappe chaque sphère de nos socié­tés et chaque ins­tant de notre époque. C’est un extrémisme.

Le fas­cisme se défi­nit comme l’assujettissement de toutes les com­po­santes de l’État à une idéo­lo­gie tota­li­taire et nihiliste.

Je pré­tends que le néo­li­bé­ra­lisme est un fas­cisme car l’économie a pro­pre­ment assu­jet­ti les gou­ver­ne­ments des pays démo­cra­tiques mais aus­si chaque par­celle de notre réflexion. L’État est main­te­nant au ser­vice de l’économie et de la finance qui le traitent en subor­don­né et lui com­mandent jusqu’à la mise en péril du bien commun.

L’austérité vou­lue par les milieux finan­ciers est deve­nue une valeur supé­rieure qui rem­place la poli­tique. Faire des éco­no­mies évite la pour­suite de tout autre objec­tif public. Le prin­cipe de l’orthodoxie bud­gé­taire va jusqu’à pré­tendre s’inscrire dans la Consti­tu­tion des États. La notion de ser­vice public est ridiculisée.

Le nihi­lisme qui s’en déduit a per­mis de congé­dier l’universalisme et les valeurs huma­nistes les plus évi­dentes : soli­da­ri­té, fra­ter­ni­té, inté­gra­tion et res­pect de tous et des dif­fé­rences. Même la théo­rie éco­no­mique clas­sique n’y trouve plus son compte : le tra­vail était aupa­ra­vant un élé­ment de la demande, et les tra­vailleurs étaient res­pec­tés dans cette mesure ; la finance inter­na­tio­nale en a fait une simple variable d’ajustement.

Déformation du réel

Tout tota­li­ta­risme est d’abord un dévoie­ment du lan­gage et comme dans le roman de Georges Orwell, le néo­li­bé­ra­lisme a sa nov­langue et ses élé­ments de com­mu­ni­ca­tion qui per­mettent de défor­mer le réel. Ain­si, toute coupe bud­gé­taire relève-t-elle actuel­le­ment de la moder­ni­sa­tion des sec­teurs tou­chés. Les plus dému­nis ne se voient plus rem­bour­ser cer­tains soins de san­té et renoncent à consul­ter un den­tiste ? C’est que la moder­ni­sa­tion de la sécu­ri­té sociale est en marche.

L’abstraction domine dans le dis­cours public pour en évin­cer les impli­ca­tions sur l’humain. Ain­si, s’agissant des migrants, est-il impé­rieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pour­raient assu­mer. De même, cer­taines per­sonnes sont-elles qua­li­fiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la soli­da­ri­té nationale.

Culte de l’évaluation

Le dar­wi­nisme social domine et assigne à tous et à cha­cun les plus strictes pres­crip­tions de per­for­mance : fai­blir c’est faillir. Nos fon­de­ments cultu­rels sont ren­ver­sés : tout pos­tu­lat huma­niste est dis­qua­li­fié ou démo­né­ti­sé car le néo­li­bé­ra­lisme a le mono­pole de la ratio­na­li­té et du réa­lisme. Mar­ga­ret That­cher l’a indi­qué en 1985 : «  There is no alter­na­tive  ». Tout le reste n’est qu’utopie, dérai­son et régres­sion. Les ver­tus du débat et de la conflic­tua­li­té sont dis­cré­di­tées puisque l’histoire est régie par une nécessité.

Cette sous-culture recèle une menace exis­ten­tielle qui lui est propre : l’absence de per­for­mance condamne à la dis­pa­ri­tion et dans le même temps, cha­cun est incul­pé d’inefficacité et contraint de se jus­ti­fier de tout. La confiance est rom­pue. L’évaluation règne en maître, et avec elle la bureau­cra­tie qui impose la défi­ni­tion et la recherche de plé­thore d’objectifs et d’indicateurs aux­quels il convient de se confor­mer. La créa­ti­vi­té et l’esprit cri­tique sont étouf­fés par la ges­tion. Et cha­cun de battre sa coulpe sur les gas­pillages et les iner­ties dont il est coupable.

La Justice négligée

L’idéologie néo­li­bé­rale engendre une nor­ma­ti­vi­té qui concur­rence les lois du par­le­ment. La puis­sance démo­cra­tique du droit est donc com­pro­mise. Dans la concré­ti­sa­tion qu’ils repré­sentent des liber­tés et des éman­ci­pa­tions, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la pro­cé­dure sont désor­mais des obstacles.

De même le pou­voir judi­ciaire sus­cep­tible de contra­rier les domi­nants doit-il être maté. La jus­tice belge est d’ailleurs sous-finan­­cée ; en 2015, elle était la der­nière d’un clas­se­ment euro­péen qui inclut tous les états situés entre l’Atlantique et l’Oural. En deux ans, le gou­ver­ne­ment a réus­si à lui ôter l’indépendance que la Consti­tu­tion lui avait confé­rée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pou­­voir qu’il attend d’elle. Le pro­jet est mani­fes­te­ment celui-là : qu’il n’y ait plus de jus­tice en Belgique.

Une caste au-dessus du lot

La classe domi­nante ne s’administre pour­tant pas la même potion qu’elle pres­crit aux citoyens ordi­naires car aus­té­ri­té bien ordon­née com­mence par les autres. L’économiste Tho­mas Piket­ty l’a par­fai­te­ment décrit dans son étude des inéga­li­tés et du capi­ta­lisme au XXIe siècle (Seuil 2013).

Mal­gré la crise de 2008, et les incan­ta­tions éthiques qui ont sui­vi, rien ne s’est pas­sé pour poli­cer les milieux finan­ciers et les sou­mettre aux exi­gences du bien com­mun. Qui a payé ? Les gens ordi­naires, vous et moi.

Et pen­dant que l’État belge consen­tait sur dix ans des cadeaux fis­caux de 7 mil­liards aux mul­ti­na­tio­nales, le jus­ti­ciable a vu l’accès à la jus­tice sur­taxé (aug­men­ta­tion des droits de greffe, taxa­tion à 21 % des hono­raires d’avocat). Désor­mais pour obte­nir répa­ra­tion, les vic­times d’injustice doivent être riches.

Ceci dans un État où le nombre de man­da­taires publics défie tous les stan­dards mon­diaux. Dans ce sec­teur par­ti­cu­lier, pas d’évaluation ni d’études de coût rap­por­tée aux béné­fices. Un exemple : plus de trente ans après le fédé­ra­lisme, l’institution pro­vin­ciale sur­vit sans que per­sonne ne puisse dire à quoi elle sert. La ratio­na­li­sa­tion et l’idéologie ges­tion­naire se sont fort oppor­tu­né­ment arrê­tées aux portes du monde politique.

Idéal sécuritaire

Le ter­ro­risme, cet autre nihi­lisme qui révèle nos fai­blesses et notre couar­dise dans l’affirmation de nos valeurs, est sus­cep­tible d’aggraver le pro­ces­sus en per­met­tant bien­tôt de jus­ti­fier toutes les atteintes aux liber­tés, à la contes­ta­tion, de se pas­ser des juges qua­li­fiés inef­fi­caces, et de dimi­nuer encore la pro­tec­tion sociale des plus dému­nis, sacri­fiée à cet « idéal » de sécurité.

Le salut dans l’engagement

Ce contexte menace sans aucun doute les fon­de­ments de nos démo­cra­ties mais pour autant condamne-t-il au déses­poir et au découragement ?

Cer­tai­ne­ment pas. Voi­ci 500 ans, au plus fort des défaites qui ont fait tom­ber la plu­part des États ita­liens en leur impo­sant une occu­pa­tion étran­gère de plus de trois siècles, Nico­las Machia­vel exhor­tait les hommes ver­tueux à tenir tête au des­tin et, face à l’adversité des temps, à pré­fé­rer l’action et l’audace à la pru­dence. Car plus la situa­tion est tra­gique, plus elle com­mande l’action et le refus de « s’abandonner » (Le prince, cha­pitres XXV et XXVI).

Cet ensei­gne­ment s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble com­pro­mis. La déter­mi­na­tion des citoyens atta­chés à la radi­ca­li­té des valeurs démo­cra­tiques consti­tue une res­source ines­ti­mable qui n’a pas encore révé­lé, à tout le moins en Bel­gique, son poten­tiel d’entraînement et sa puis­sance de modi­fier ce qui est pré­sen­té comme iné­luc­table. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, cha­cun peut désor­mais s’engager, par­ti­cu­liè­re­ment au sein des ser­vices publics, dans les uni­ver­si­tés, avec le monde étu­diant, dans la magis­tra­ture et au bar­reau, pour rame­ner le bien com­mun et la jus­tice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités.

Le néo­li­bé­ra­lisme est un fas­cisme. Il doit être com­bat­tu et un huma­nisme total doit être rétabli.

Manue­la Cadel­li, pré­si­dente de l’Association Syn­di­cale des Magistrats

Source :
http://www.lesoir.be/1137303/article/debats/cartes-blanches/2016–03–01/neoliberalisme-est-un-fascisme

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[Impor­tant] Com­plé­ment de vocabulaire 🙂

Chom­sky (pas­sion­nant) :
Ce qu’on appelle « Socialisme » ?

httpv://youtu.be/Lbd7a4e02RI

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Autre pré­cieux com­plé­ment (rap­pel) :

« Néo­li­bé­ra­lisme ver­sus État-providence.
Le débat éco­no­mique entre clas­siques et keynésiens »
par Édouard Cot­­tin-Euziol (2016)


http://​www​.yves​mi​chel​.org/​p​r​o​d​u​c​t​–​p​a​g​e​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​n​e​o​l​i​b​e​r​a​l​i​s​m​e​–​v​e​r​s​u​s​–​e​t​a​t​–​p​r​o​v​i​d​e​n​ce/

J’ai rare­ment lu un livre à la fois aus­si léger à lire et aus­si effi­cace pour com­prendre l’es­sen­tiel du débat éco­no­mique fon­da­men­tal pour les humains. 

Un tra­vail remar­quable, à décou­vrir et à faire connaître.

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Vous pou­vez signer (si ce n’est déjà pas déjà fait) la PÉTITION INTERNATIONALE CONTRE LE TIPP ET LE CETA (Consti­tu­tion néo­li­bé­rale, pré­pa­rée dans le plus grand secret, scan­da­leux crime contre l’hu­ma­ni­té per­pé­tré par les mar­chands géants) :

https://​stop​-ttip​.org/​f​r​/​?​n​o​r​e​d​i​r​e​c​t​=​f​r​_FR
Plus de 3 mil­lions de signa­taires ! Les tech­no­crates néo­li­bé­raux irres­pon­sables s’en fichent com­plè­te­ment, bien sûr, mais nous on se compte, on n’est pas seuls !

#OnVautMieuxQueCa : les jeunes vont-ils arriver à bouger les syndicats ?

#OnVaut­Mieux­Que­Ca

Les jeunes vont-ils arri­ver à bou­ger ces fichus syndicats ?

« Youtubeurs/Youtubeuses, vidéastes, blogueurs/blogueuses, face au pro­jet abject et absurde de réforme du code du tra­vail, nous pen­sons qu’il est temps de ne plus res­ter dans notre coin. Nous avons déci­dé de nous retrou­ver, d’en par­ler et de vous pro­po­ser de nous rejoindre pour mon­trer à ceux qui pré­tendent nous gou­ver­ner que, nous tous, #OnVaut­Mieux­Que­Ca . »

httpv://youtu.be/E3EbLui2B2k

• Retrou­­vez-les ici en groupe :
Face­book : https://​www​.face​book​.com/​O​n​V​a​u​t​M​i​e​ux/
Twit­ter : https://​twit​ter​.com/​o​n​v​a​u​t​m​i​eux
Dia­spo­ra : OnVautMieuxQueCa
Mail : [email protected]

• Retrou­­vez-les ici un à un :

La péti­tion Loi tra­vail : non, merci !
https://​www​.change​.org/​p​/​l​o​i​–​t​r​a​v​a​i​l​–​n​o​n​–​m​e​r​c​i​–​m​y​r​i​a​m​e​l​k​h​o​m​r​i​–​l​o​i​t​r​a​v​a​i​l​n​o​n​m​e​rci

• Rap­pel : appel à la grève géné­rale le 9 mars : 
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​7​8​4​0​5​9​0​6​1​7​2​4​1​00/

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Je rap­pelle que tout pou­voir va jus­qu’à ce qu’il trouve une limite, impla­ca­ble­ment, méca­ni­que­ment. Or, démo­cra­ti­que­ment incultes que nous sommes, incroya­ble­ment confiants par rap­port aux pou­voirs, nous n’im­po­sons plus aucune limite aux abus de pou­voirs de nos maîtres

Je rap­pelle aus­si que ce n’est pas du tout l’é­lec­tion (du Front Popu­laire) qui, en 1936, a conduit la Banque de France à deman­der à Blum de lâcher les congés payés, le salaire mini­mum, la semaine de 40 heures…, car Auriol, comme ses pré­dé­ces­seurs, avait pro­mis au Gou­ver­neur de la Banque de France (le vrai chef d’É­tat de l’é­poque) de « bien tenir les salaires »… Non, ce qui a ouvert la voie de grands pro­grès sociaux, c’est la grève géné­rale (et illi­mi­tée) dans tout le pays.

Je rap­pelle enfin que la révo­lu­tion ne suf­fit pas à chan­ger le monde, la contre-révo­­lu­­tion reprend tou­jours le des­sus (jus­qu’i­ci) : je suis en train de dévo­rer l’his­toire de la Guerre d’Es­pagne, révo­lu­tion et contre-révo­­lu­­tion, de Bur­nett Bol­lo­ten (Agone 2014), un livre bou­le­ver­sant et pas­sion­nant, incroya­ble­ment d’ac­tua­li­té et utile aujourd’­hui, et la leçon que j’en tire (là où j’en suis) est qu’il nous faut abso­lu­ment une culture démo­cra­tique géné­ra­li­sée et préa­lable : si la mul­ti­tude ne se méfie pas fon­da­men­ta­le­ment, natu­rel­le­ment, des pou­voirs ins­ti­tués, la contre-révo­­lu­­tion (la réac­tion vio­lente des pri­vi­lé­giés qui veulent le pou­voir à tout prix) ne fait rapi­de­ment qu’une bou­chée des révo­lu­tion­naires, en infil­trant leurs orga­ni­sa­tions, en les dévoyant, en les cor­rom­pant et fina­le­ment en les massacrant.

Avant de nous insur­ger, nous devons apprendre, entre nous, à nous et à nos enfants, à ins­ti­tuer nous-mêmes des limites dras­tiques et durables à toute forme de pouvoir.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​3​9​9​5​6​8​7​2​6​7​317

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[Edit] J’ai vu pas­ser cette vidéo cri­tique, que je trouve intéressante : 

« #Onvaut­mieux­que­ça ? Code du Tra­vail (Ter­rene Trash 33) »
par Franck Brusset
httpv://youtu.be/vxJXJbnWKhE

C’est vrai que ces jeunes gens, au lieu de récol­ter sur une pla­te­forme inter­net des his­toires per­son­nelles de mal­trai­tance au tra­vail MALGRÉ le Code du tra­vail (preuve que ce Code ne sert pas bien de pro­tec­tion), feraient mieux de récol­ter des his­toires per­son­nelles où une mal­trai­tance au tra­vail a été ÉVITÉE GRÂCE au Code du tra­vail (preuve que ce Code sert effec­ti­ve­ment et qu’il faut donc le protéger).
Ce serait plus cohé­rent pour défendre le Code du tra­vail attaqué.

Ceci dit, ils peuvent faire évo­luer leur pro­jet, et c’est un essai d’ac­croche des endor­mis (un de plus) => 1) on ne peut pas savoir à l’a­vance si ça va fonc­tion­ner ou pas, et 2) si ça fonc­tionne (au moins un peu), on peut espé­rer que les réveillés vont dépas­ser le stade du # 🙂

Donc, ne pas décou­ra­ger ceux qui essaient des pistes 🙂

———————

Voir aus­si ce que dit Gérard Filoche​ de la « loi-tra­­vail » sur Là-bas si j’y suis :
http://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/9‑mars-greve-generale-contre-la-loi-travail

Histoire détaillée d’un odieux complot, celui de la dérégulation financière : INSIDE JOB, enquête essentielle pour comprendre la prochaine « crise » et l’énorme trahison des « élites »

Chers amis,

Vous vous sou­ve­nez sans doute de ce film for­mi­dable qui nous avait tous bluf­fés en 2010 et qui s’ap­pe­lait INSIDE JOB ?

L’ex­pres­sion « inside job » est uti­li­sée dans les enquêtes poli­cières, si j’ai bien com­pris, pour par­ler des crimes qui sont com­mis de l’in­té­rieur, par des intimes qui connais­saient par­fai­te­ment les vic­times et qui avaient toute leur confiance avant de les trahir.
On pour­rait peut-être tra­duire ce titre par « TRAHISON ».
Car c’est bien une immense tra­hi­son des peuples par leurs « res­pon­sables » publics dont ce film apporte les preuves éclatantes.

En sep­tembre der­nier (2015), j’ai pen­sé utile de faire voir ce filmvoir ce film à mes étu­diants (en éco­no­mie), et à y tra­vailler ensemble, pour les aider à com­prendre les enjeux réels de ce qu’on appelle la « science éco­no­mique » : régu­la­tion ou déré­gu­la­tion ? Là, on pou­vait juger sur pièces, éva­luer les résul­tats d’une déré­gu­la­tion gran­deur nature.

J’ai donc revu ce film pour l’oc­ca­sion, avant de le pré­sen­ter, et je me suis alors ren­du compte que j’a­vais oublié, en 5 ans, cer­tains faits impor­tants, des détails déci­sifs, cer­tains noms des traîtres, cer­tains enchaî­ne­ments chro­no­lo­giques et même quelques aveux incroyables. En effet, une vidéo est sti­mu­lante à regar­der, évi­dem­ment attrayante mais aus­si super­fi­cielle d’une cer­taine façon : un film grave moins de détails dans notre mémoire qu’un écrit lu et étu­dié à tête reposée.

J’ai donc entre­pris, pour aider mes étu­diants à bien fixer leurs idées, de leur pré­pa­rer une retrans­crip­tion inté­grale, en fran­çais, qu’ils pour­raient relire et ana­ly­ser tran­quille­ment, point par point.

Je suis par­ti des sous-titres en fran­çais que j’ai trou­vé . Mais ils étaient très som­maires, encom­brés d’in­for­ma­tions gênantes (minu­tages de syn­chro), et lacu­naires aus­si puis­qu’il y man­quait car­ré­ment tous les noms de ceux qui par­laient, un détail…

Ensuite, au fur et à mesure des cor­rec­tions et des mises en forme, j’ai ajou­té des copies d’é­cran, tou­jours pour aider le lec­teur à mieux mémo­ri­ser, les noms des témoins et des res­pon­sables sur­tout : ain­si, les images nous aident à revoir inté­rieu­re­ment les séquences du film tout en lisant.

Enfin, pour inci­ter mes élèves à une lec­ture active, je leur ai posé un peu par­tout des ques­tions (dans des enca­drés vert clair).
Je me suis deman­dé si je devais vous lais­ser ces ques­tions, ou s’il valait mieux les reti­rer. Ne sachant pas ce que vous alliez pré­fé­rer, je les ai lais­sées : il n’est pas dif­fi­cile, pour ceux que ces ques­tions énervent, de les ignorer 🙂

Enfin, j’ai ajou­té en der­nière page quelques conseils de lec­tures pour creu­ser le sujet.

Cli­quez sur l’i­mage pour ouvrir

Cli­quez sur l’i­mage pour ouvrir

Vous pou­vez feuille­ter ici-même ce pré­cieux document :
Inside_job_texte_integral_en_francais

Au bout du compte, j’ai dû revoir ce film au moins 20 fois, seconde par seconde, et ce chan­tier m’a deman­dé un tra­vail de Romain, des cen­taines d’heures, pen­dant des mois et des mois 🙂

Je vous livre aujourd’­hui le résul­tat, en vous invi­tant à y tra­vailler à votre tour et à faire connaître ce film autour de vous, car c’est la plus for­mi­dable enquête que j’ai vue sur ce qui est indé­nia­ble­ment le grand com­plot de la déré­gu­la­tion finan­cière : que d’en­tentes secrètes et de récom­penses occultes (par­fois dif­fé­rées dans le temps) il aura fal­lu aux ban­quiers pour arri­ver à leurs fins, que d’ac­teurs uni­ver­si­taires et jour­na­lis­tiques et poli­ti­ciens à cor­rompre… (Cette fois, on a les noms, et même des aveux !)

C’est pas­sion­nant. Et c’est un pro­cès impor­tant pour com­prendre la pro­chaine « crise » (qui n’est pas une crise pour tout le monde…).

La ques­tion cen­trale de cette affaire mon­diale est « régu­la­tion ou déré­gu­la­tion ? », « key­né­sia­nisme ou néolibéralisme ? ».

Ce choix de socié­té n’a pas du tout les mêmes enjeux pour les 99% et pour les 1% : les 99% ont un inté­rêt vital à la régu­la­tion (pour échap­per à l’es­cla­vage) alors que les 1% ont un inté­rêt cen­tral à la déré­gu­la­tion (deve­nir les renards libres dans un pou­lailler libre est le rêve ultime des négriers auto­pro­cla­més « libéraux »).

Dès lors, les choix publics qui seront impo­sés à tous par les repré­sen­tants poli­tiques (puisque notre pré­ten­due »démo­cra­tie« nous inter­dit de voter nous-mêmes nos lois et nous asser­vit à des maîtres « élus ») sont abso­lu­ment déci­sifs : ce contrôle pri­vé des choix publics, c’est « le mobile du crime », celui qui explique les innom­brables intrigues des 1%, à grands coups de mil­liards, pour cor­rompre les médias, les pro­fes­seurs, les intel­lec­tuels, les experts, les poli­ti­ciens, pour faire gagner les élec­tions à leurs hommes de main (éti­que­tés « droite » ou « gauche », peu importe) et impo­ser la déré­gu­la­tion aux 99% par la magie de la »force publique« ain­si privatisée.

À l’é­vi­dence, toutes ces manœuvres (bien mises en lumière dans ce film) peuvent légi­ti­me­ment être ana­ly­sées comme d’o­dieux com­plots contre le bien com­mun. Et ceux qui pré­tendent qu’il n’y a pas de com­plot (et que les don­neurs d’a­lerte sont des « conspi­ra­tion­nistes », des « com­plo­tistes », — bien­tôt des « ter­ro­ristes » ou des « nazis » si on les écoute…), ceux-là sont soit des sui­veurs irré­flé­chis (je tiens à ne pas dire abru­tis), soit des com­plices des comploteurs.

Les liens entre les « chas­seurs de conspis » (sic) et les néo­con­ser­va­teurs va-t-en-guerre sont de mieux en mieux docu­men­tés, d’ailleurs ; voir , , et .

Un jour­na­liste digne de ce nom est une sen­ti­nelle du peuple, il passe sa vie à cher­cher les com­plots contre l’in­té­rêt géné­ral et à les dénon­cer, vigou­reu­se­ment et cou­ra­geu­se­ment, sinon c’est un impos­teur, il ne sert à rien. Depuis tou­jours, les démo­cra­ties se savent fra­giles et ont besoin des yeux des simples citoyens pour mon­ter la garde à tout moment contre les intrigues tou­jours pos­sibles : à Athènes il y a 2 500 ans, l’i­sé­go­ria, droit de parole pour tous, à tout moment et à tout pro­pos, ser­vait déjà pré­ci­sé­ment à armer les citoyens pour que cha­cun puisse défendre per­son­nel­le­ment la démo­cra­tie. De ce point de vue, les « chas­seurs de conspis » (quel sale nom ils se sont don­né à eux-mêmes, vrai­ment) sont des enne­mis de la démo­cra­tie (à mon avis). Nous avons tous abso­lu­ment besoin de don­neurs d’a­lertes, de whistle-blo­­wers, et nous devons les pro­té­ger du mieux que nous le pouvons.

Si l’on veut sor­tir des griffes des 1% et évi­ter le retour à l’as­ser­vis­se­ment géné­ral du 19e siècle, il va fal­loir être un peu cou­ra­geux et arrê­ter de bais­ser les yeux devant les extra­va­gantes calom­nies des chiens de garde du système.

Le texte au for­mat pdf, 4 Mo (pour une impres­sion facile et propre ; je pré­co­nise for­mel­le­ment la couleur) :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​I​n​s​i​d​e​_​j​o​b​_​t​e​x​t​e​_​i​n​t​e​g​r​a​l​_​e​n​_​f​r​a​n​c​a​i​s​.​pdf

Le texte au for­mat doc, 140 Mo (pour copier/coller faci­le­ment des pas­sages importants) :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​I​n​s​i​d​e​_​j​o​b​_​t​e​x​t​e​_​i​n​t​e​g​r​a​l​_​e​n​_​f​r​a​n​c​a​i​s​.​doc

Je pense que vous devriez vrai­ment ache­ter le DVD (ça coûte à peine 10 € => le rap­port qualité/prix est imbat­table), pour aider les enquê­teurs à finan­cer leur pro­chain tra­vail, et pour l’a­voir encore à dis­po­si­tion quand on nous aura sup­pri­mé l’In­ter­net et pour expli­quer tout ça à vos petits-enfants 🙂

J’es­père que ce tra­vail de retrans­­crip­­tion-illus­­tra­­tion vous sera utile, pour pro­lon­ger et ampli­fier ce tra­vail d’en­quête his­to­rique, qui ne doit pas som­brer dans l’oubli.

Bon tra­vail, bande de virus 🙂

Étienne.

PS : la voix du nar­ra­teur (Matt Damon) est agréable et sa dic­tion est par­faite : ce film est donc, en plus, un bon cours d’anglais 🙂

PPS : en plus de cette pré­cieuse enquête sur la conspi­ra­tion pour la déré­gu­la­tion FINANCIÈRE, il fau­dra relayer d’autres enquêtes (j’en ai quelques unes en maga­sin) pour dénon­cer en détail les com­plots qui ont per­mis la scan­da­leuse déré­gu­la­tion COMMERCIALE (et le cor­tège délo­­ca­­li­­sa­­tions-dés­in­­dus­­tria­­li­­sa­­tion-chô­­mage-bas salaires-misère), de même que les intrigues qui sont en train de rendre pos­sible la hon­teuse déré­gu­la­tion SOCIALE.

PPPS : j’at­tire votre atten­tion sur le der­nier livre que j’ai signa­lé en biblio (j’ai gar­dé le meilleur pour la fin) : ne ratez pas ce livre, il est épa­tant, vraiment :

« Néo­li­bé­ra­lisme ver­sus État-providence.
Le débat éco­no­mique entre clas­siques et keynésiens »
par Édouard Cot­­tin-Euziol (2016)


http://​www​.yves​mi​chel​.org/​p​r​o​d​u​c​t​–​p​a​g​e​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​n​e​o​l​i​b​e​r​a​l​i​s​m​e​–​v​e​r​s​u​s​–​e​t​a​t​–​p​r​o​v​i​d​e​n​ce/

J’ai rare­ment lu un livre à la fois aus­si léger à lire et aus­si effi­cace pour com­prendre l’es­sen­tiel du débat éco­no­mique fon­da­men­tal pour les humains.

Un tra­vail remar­quable, à décou­vrir et à faire connaître.

PPPPS : fina­le­ment, je vous ai pré­pa­ré aus­si une ver­sion « nue », sans aucun enca­dré vert avec ques­tions, ni aucun coup de sur­li­gneur jaune 🙂
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​I​n​s​i​d​e​_​j​o​b​_​t​e​x​t​e​_​i​n​t​e​g​r​a​l​_​e​n​_​f​r​a​n​c​a​i​s​_​n​u​.​pdf

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​3​9​7​8​8​8​3​5​7​7​317

[Film passionnant] Vivre l’utopie ! Mémoire des luttes ouvrières anarchistes, pour la justice et pour la paix, en autogestion, pendant la « guerre d’Espagne »

Je vous rap­pelle ici un billet impor­tant que j’a­vais publié en mai 2012 sur mon pre­mier blog. Je le remonte en sur­face pour les 85 000 nou­veaux venus qui nous ont rejoints depuis, et qui peuvent être par­fois un peu per­dus dans ma grande tanière 🙂

Vivre l’u­to­pie ! mémoire des luttes ouvrières anar­chistes, pour la jus­tice et pour la paix, en auto­ges­tion, pen­dant la « guerre d’Espagne ».

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012%2F05%2F21%2F223-vivre-l-utopie-memoire-des-luttes-ouvrieres-anarchistes-pour-la-justice-et-la-paix

Pre­nez un moment pour arpen­ter aus­si les com­men­taires de cet ancien billet : vous y trou­ve­rez encore bien des perles de pensées.

Entre­te­nir la mémoire des luttes est une des fonc­tions impor­tantes de l’é­du­ca­tion populaire. 

Étienne.

————
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce rappel :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​3​9​6​1​9​8​6​8​2​2​3​1​7​?​p​n​r​e​f​=​s​t​ory

Pour Les Ami(e)s d’Henri Guillemin : nouvelle association, nouveau site, prochaine conférence de Patrick Rödel

Chers amis,

Comme vous, je pense, presque tous les jours, et même sou­vent plu­sieurs fois par jour, je m’é­coute une petite confé­rence de mon cher cher Guille­min ; rien de tel pour entre­te­nir la forme 🙂 et pour res­ter concen­tré sur l’es­sen­tiel, sur l’his­toire qui vaut la peine.

Et j’ai quelques nou­velles à vous transmettre :

• Une nou­velle asso­cia­tion est née, baptisée
« Les Ami(e)s d’Hen­ri Guillemin »

Patrick Rödel (neveu d’HG) annonce ici cette naissance :
https://​blogs​.media​part​.fr/​p​a​t​r​i​c​k​–​r​o​d​e​l​/​b​l​o​g​/​0​4​1​2​1​5​/​u​n​e​–​n​o​u​v​e​l​l​e​–​a​s​s​o​c​i​a​t​i​o​n​–​a​u​t​o​u​r​–​d​h​e​n​r​i​–​g​u​i​l​l​e​min

Bul­le­tin d’adhé­sion à l’association :
http://www.henriguillemin.org/wp-content/uploads/2015/11/Bulletin-adh%C3%A9sion-renouvellement.pdf

Je crois que ce serait bien que nous aidions cette asso­cia­tion, du mieux que nous pou­vons (au moins en la fai­sant connaître autour de nous).

• Un nou­veau site a éga­le­ment été créé, pour relayer les tra­vaux de l’association.
Je suis sûr qu’il nous fera connaître des perles inconnues.

Le site : hen​ri​guille​min​.org

Au sein de ce site, vous retrouverez
des vidéos choi­sies : http://​www​.hen​ri​guille​min​.org/​v​i​d​e​os/
un blog : http://​www​.hen​ri​guille​min​.org/​b​l​og/
une biblio­gra­phie : http://​www​.hen​ri​guille​min​.org/​p​o​r​t​f​o​l​io/#
• et d’autres choses encore…

• Une pro­chaine confé­­rence-débat sera don­née par Patrick Rödel, le 9 février 2016 à 18h30, dans le Temple du HÂ, 32 rue du Com­man­dant Arnould, à Bor­deaux (plan), dont le titre sera « HENRI GUILLEMIN, Une autre pra­tique de l’histoire »

Pré­sen­ta­tion : « On le croyait mort et oublié, et voi­ci qu’­Hen­ri Guille­min revient à la mode sur Internet.
En cette période de confor­misme, de glo­ri­fi­ca­tion du « roman natio­nal », la manière dont il aborde l’his­toire poli­tique du 19e et du 20e siècle met à mal les images conve­nues et les gloires encen­sées par des géné­ra­tions d’his­to­riens bien-pen­­sants, et séduit un nou­veau public. Son sou­ci de véri­té est loin de plaire à tout le monde, il prend à rebrousse-poils bon nombre de nos convic­tions, mais il ouvre des pers­pec­tives nou­velles qui sont utiles pour com­prendre la situa­tion poli­tique que nous vivons. »

__

• Je rap­pelle à cette occa­sion que Patrick Rödel, qui a donc connu de près Guille­min (c’é­tait son oncle), vient de publier un livre, « Les petits papiers d’Hen­ri Guillemin »

http://​www​.uto​vie​.com/​c​a​t​a​l​o​g​/​s​u​r​h​e​n​r​i​g​u​i​l​l​e​m​i​n​/​l​e​s​p​e​t​i​t​s​p​a​p​i​e​r​s​d​h​e​n​r​i​g​u​i​l​l​e​m​i​n​–​p​–​2​7​4​.​h​tml
__

• Je rap­pelle aus­si, pour ceux qui sont arri­vés récem­ment sur ce site, cette rubrique ultra-riche de mon pre­mier blog :
Hen­ri Guille­min, Robes­pierre, Rous­seau, Cas­to­ria­dis, Zinn…
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​H​e​n​r​i​–​g​u​i​l​l​e​m​i​n​–​r​o​b​e​s​p​i​e​r​r​e​–​r​o​u​s​s​e​a​u​–​c​a​s​t​o​r​i​a​d​i​s​–​z​inn

… et notam­ment cette mine insondable :
Hen­ri Guille­min explique Robes­pierre & les « Révo­lu­tions Françaises » :
la fausse de 1789 (les nou­veaux riches prennent le pou­voir aux anciens)
et la vraie de 1792 (le peuple est enfin défen­du, pen­dant deux ans)


http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​5​/​0​4​/​2​1​8​–​h​e​n​r​i​–​g​u​i​l​l​e​m​i​n​–​e​x​p​l​i​q​u​e​–​r​o​b​e​s​p​i​e​r​r​e​–​e​t​–​l​e​s​–​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​s​–​f​r​a​n​c​a​i​s​e​s​_​l​a​–​f​a​u​s​s​e​–​e​t​–​l​a​–​v​r​aie

Ne ratez pas la série de confé­rences sur la Com­mune de 1871, c’est pas­sion­nant et essentiel !
http://​www​.rts​.ch/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​d​o​s​s​i​e​r​s​/​3​4​7​7​7​6​4​–​l​e​s​–​d​o​s​s​i​e​r​s​–​d​e​–​l​–​h​i​s​t​o​i​r​e​–​l​a​–​c​o​m​m​u​n​e​–​d​e​–​p​a​r​i​s​.​h​tml
____

Enfin, que ceux qui ont découvrent des nou­veau­tés sur Guille­min soient assez gen­tils pour nous les signa­ler ici. Merci !

Salut à tous, bande de virus 🙂

Étienne.

Rendez-vous à Paris, lundi 8 février, pour un atelier constituant avec des étudiants

Salut à tous,

je viens à Paris lun­di pro­chain, 8 février 2016, invi­té gen­ti­ment par des étu­diants de la Facul­té de Droit et de Science poli­tique, à Guyancourt :

L’a­dresse exacte est :
Facul­té de droit de l’UVSQ
3 rue de la divi­sion Leclerc
78280 Guyancourt

À pro­pos du titre, « Démo­cra­tie citoyenne », de mon point de vue, c’est un pléo­nasme ; un meilleur titre serait évi­dem­ment « Démo­cra­tie d’o­ri­gine citoyenne » (com­ment ça « tu radotes… » ?) 🙂

Notre ren­contre devrait durer de 14h à 19h30, ce qui nous lais­se­ra le temps de bosser 🙂

Cette fois, « état d’ur­gence » oblige, il fau­dra don­ner à l’a­vance votre nom/prénom aux orga­ni­sa­teurs (avant lun­di matin) pour être admis à entrer à la fac si vous n’en êtes pas un étu­diant. Vous pou­vez envoyer nom & pré­nom soit à Flo­rian (qui orga­nise) : [email protected], soit en com­men­taire du fil Face­book qui annonce la ren­contre : https://​www​.face​book​.com/​f​r​a​n​c​e​u​v​s​q​/​p​h​o​t​o​s​/​a​.​2​4​2​1​2​6​3​7​9​4​6​6​3​1​4​.​1​0​7​3​7​4​1​8​2​9​.​2​4​1​2​1​0​7​8​6​2​2​4​5​4​0​/​2​4​2​1​2​3​6​7​9​4​6​6​5​8​4​/​?​t​y​p​e​=​3​&​t​h​e​a​ter

Il y a un train pour Saint-Quen­­tin-en-Yve­­lines qui part de La Défense, il me semble.

Amphi 1 à 14h pour l’ex­po­sé et les débats tous ensemble,
puis salles 232 et 233 à 16h30 pour les ateliers.

Pen­sez à prendre de quoi écrire : c’est fon­da­men­ta­le­ment nova­teur, pour vous trans­for­mer en pro­fon­deur, d’é­lec­teur (seule­ment lec­teur) en citoyen (donc, for­cé­ment, Législateur).

Au plai­sir de vous y retrouver 🙂

Étienne.

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​3​9​5​2​6​0​4​0​7​2​317
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Plein de res­sources sur les ate­liers constituants,
si vous vou­lez en savoir plus ou pour vous pré­pa­rer un peu :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant

Dimanche prochain, atelier constituant à Périgueux

Dimanche pro­chain, 7 février 2016, un ate­lier consti­tuant (popu­laire, évi­dem­ment) aura lieu à Péri­gueux. Il me semble que son pro­gramme va don­ner des idées (et envie) à bien d’autres humains, un peu partout 🙂

Voi­ci leur annonce :

Au pro­gramme :

Matin de 10h à 12h30 :

Pré­sen­ta­tion des orga­ni­sa­teurs (Benoît et Gen­tiane) et de la journée
Tour de parole pour expri­mer ce que « reprendre le pou­voir loca­le­ment » évoque pour chacun
Une vidéo pour se mettre dans le bain
Ate­liers de tra­vail coopé­ra­tif avec divers thèmes pro­po­sés autour d’ar­ticles de la constitution
Plé­nière col­lec­tive, chaque groupe fait son retour

On déjeune avec un repas par­ta­gé tiré de nos sacs,
ame­nez des plats et bois­sons à partager
Ame­nez vos cou­verts et vos verres si vous le pouvez
sinon nous ferons une vais­selle col­lec­tive ensemble 🙂

Après-midi de 14h à 18h :

Des exemples de com­munes qui ont repris le pou­voir ! vidéos, articles, témoignages
ça donne du punch

Des­si­nons ensemble la pyra­mide des pou­voirs telle qu’elle fonc­tionne aujourd’hui
Nom­mons ensemble les pou­voirs locaux si nous le pouvons

Brains­tor­ming col­lec­tif sur tous les outils de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive qui per­mettent de pas­ser d’une pyra­mide des pou­voirs à des pou­voirs col­lé­giaux, hori­zon­taux ! YES 🙂 

Pro­jec­tion d’une vidéo qui nous montre quelques exemples d’ou­tils de démo­cra­tie participative
C’est INSPIRANT !

2 thèmes, 2 Ate­liers au choix :

Reprendre le pou­voir en conser­vant le sys­tème en place d’aujourd’hui

ou

Reprendre le pou­voir dans le cadre d’une mai­son des citoyens

Plé­nière :
Retour de chaque ate­lier sur le résul­tat des réflexions et écri­tures collectives

Tour de parole pour clô­tu­rer la journée

À tout BIENTÔT. 

 
L’a­dresse de la page Facebook : 
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Faites comme eux 🙂
Et faites passer 🙂
Bon cou­rage à tous ! (et n’ou­bliez pas de nous raconter)

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Plein d’in­fos com­plé­men­taires et signa­le­ment de nom­breux autres ate­liers consti­tuants sur
le fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 
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[Formidable] Les Suisses vont voter pour (enfin) retirer aux banques privées leur pouvoir de création monétaire

Il faut remer­cier Roma­ric Godin, pour ce nou­vel article pas­sion­nant (il les enchaîne, ces temps-ci), dans le jour­nal éco­no­mique La Tri­bune , sur ce fléau mon­dial qu’est la créa­tion moné­taire confis­quée aux peuples par les banques privées.

Il s’a­git d’un réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire, en Suisse, pour reprendre aux banques pri­vées le droit du peuple suisse à battre sa propre mon­naie (rien que ça !).

On peut s’at­tendre à un rou­leau com­pres­seur média­tique contre cette pro­po­si­tion citoyenne, compte tenu du fait que toute la presse qui compte (sur terre) et la plu­part des « jour­na­listes » (sauf Roma­ric Godin et quelques autres, mani­fes­te­ment) ont été — lit­té­ra­le­ment — ven­dus aux banques (et aux mar­chands de canons, eux aus­si ache­tés par les banques). Je ne sais pas com­bien de temps des lan­ceurs d’a­lerte comme Roma­ric Godin vont pou­voir publier dans la presse à grand tirage, mais pour l’ins­tant il faut en pro­fi­ter : faites passer 🙂

Et pour appro­fon­dir le sujet de la créa­tion moné­taire — à mes yeux aus­si impor­tant que le pro­ces­sus consti­tuant — voyez ma page dédiée : https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​m​o​n​n​a​i​e​.​php

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

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Concrè­te­ment, ceci donne de fait à la BNS le mono­pole de l’é­mis­sion des pièces et billets, les seules formes moné­taires qu’elle maî­trise. Mais elle ne maî­trise pas l’es­sen­tiel de la mon­naie créée qui, en Suisse, comme ailleurs, est de la mon­naie « scrip­tu­rale », fai­sant l’ob­jet d’un jeu d’é­cri­ture et non d’é­changes phy­siques. Cette mon­naie est, pour l’es­sen­tiel, créée par les banques lors de l’at­tri­bu­tion de cré­dits à l’é­co­no­mie phy­sique ou à d’autres banques.

Pour les auteurs de l’i­ni­tia­tive, cette situa­tion pose deux pro­blèmes. D’a­bord, en « pri­va­ti­sant » via les banques la créa­tion moné­taire, l’E­tat perd là un reve­nu. Ensuite, contrai­re­ment à ce que pré­voit la consti­tu­tion, la BNS ne maî­trise que dif­fi­ci­le­ment la créa­tion moné­taire. Certes, la poli­tique de taux joue en théo­rie sur le prix du cré­dit et donc sa dis­tri­bu­tion, mais cette trans­mis­sion est impar­faite, on le constate encore en zone euro. La capa­ci­té de créa­tion moné­taire don­née aux banques encou­rage la for­ma­tion de bulles spé­cu­la­tives ou, au contraire, freine la pro­duc­tion de cré­dit lorsque celle-ci serait néces­saire. La finan­cia­ri­sa­tion de l’é­co­no­mie a été le corol­laire de ce pou­voir moné­taire des banques.

Transmettre à la BNS le pouvoir de création monétaire

Pour dis­po­ser d’une éco­no­mie plus stable et mieux maî­tri­sée et d’une créa­tion moné­taire plus cen­trée sur l’é­co­no­mie réelle, les auteurs de l’i­ni­tia­tive pro­posent donc de pré­ci­ser que la BNS « émet désor­mais seule » non seule­ment la mon­naie phy­sique, mais aus­si la « mon­naie scrip­tu­rale. » Consé­quence : les banques per­dront leur capa­ci­té de créer de l’argent ex nihi­lo. Tout prêt accor­dé par une banque devra ain­si être cou­vert par de la mon­naie de la banque cen­trale au bilan de l’é­ta­blis­se­ment. Dès lors, la BNS maî­tri­se­ra entiè­re­ment la créa­tion monétaire.

Le rôle des pouvoirs publics

L’i­ni­tia­tive pré­voit trois modes de dis­tri­bu­tion de l’argent créé par la BNS. D’a­bord via un trans­fert de cet argent aux pou­voirs publics pour ali­men­ter l’é­co­no­mie. Ce trans­fert ne se fera pas sous forme de prêt, mais de « don. » La BNS ali­men­te­ra donc direc­te­ment les caisses publiques de la Confé­dé­ra­tion et des Can­tons à la hau­teur qu’elle aura déter­mi­née. Cer­tains s’é­meuvent de la perte d’in­dé­pen­dance de la BNS, mais Rein­hold Har­rin­ger, le porte-parole du groupe à l’o­ri­gine de ce pro­jet contac­té par La Tri­bune, estime qu’une « com­plète indé­pen­dance n’existe jamais. » Il com­pare cette indé­pen­dance à celle de la jus­tice fédé­rale : ses tri­bu­naux sont « sous la pres­sion de l’o­pi­nion publique, mais ses déci­sions sont accep­tées par tous. » La BNS aura un « man­dat légal clair » et « pour­ra agir en toute indé­pen­dance », tout en devant « rendre des compte à l’o­pi­nion publique. » Concrè­te­ment, la BNS ne four­ni­ra pas tout l’argent dont aura besoin les bud­gets publics, elle ali­men­te­ra ce bud­get à la hau­teur qu’elle juge­ra juste. Quitte, du reste, à uti­li­ser ceci comme un moyen de pres­sion sur les auto­ri­tés pour les contraindre à réduire leurs dépenses qui, par ailleurs, en Suisse, sont déjà enca­drées par une « règle d’or. »

Un « QE pour le peuple » ?

Deuxième moyen de trans­mis­sion de l’argent de la BNS : les ménages eux-mêmes. Le nou­vel article 99‑a‑3 de la consti­tu­tion fédé­rale pro­po­sée par l’i­ni­tia­tive pré­voit l’at­tri­bu­tion directe d’argent de la BNS aux par­ti­cu­liers. L’i­ni­tia­tive émet donc la pos­si­bi­li­té d’un « QE pour les gens », idée qui cir­cule actuel­le­ment en Europe. Mais il est pos­sible d’i­ma­gi­ner que cet argent soit aus­si celui d’un reve­nu de base qui est actuel­le­ment en dis­cus­sion en Suisse, comme en Finlande.

L’importance du circuit bancaire demeure

Der­nier mode d’a­li­men­ta­tion de l’é­co­no­mie en argent de la banque cen­trale : les banques elles-mêmes. Mais cette fois, à la dif­fé­rence d’au­jourd’­hui, les banques ne pour­ront prê­ter que l’argent qu’elles auront aupa­ra­vant emprun­té à la BNS selon les moyens tra­di­tion­nels déjà exis­tant de refi­nan­ce­ment. « Il est impor­tant de conser­ver cette pos­si­bi­li­té », explique Rein­hold Har­rin­ger pour qui c’est un moyen impor­tant d’une ges­tion « fine et adap­tée » des besoins de l’é­co­no­mie. Avec cette pro­po­si­tion, la dis­tinc­tion entre l’argent de banque cen­trale et la masse moné­taire dis­po­nible pour l’é­co­no­mie dis­pa­raît. La capa­ci­té des banques d’a­li­men­ter des bulles est alors réduite, car elle doit rem­bour­ser l’argent qu’elle prête. Or, en zone euro, par exemple, c’est un des pro­blèmes de la BCE : son bilan enfle avec l’as­sou­plis­se­ment quan­ti­ta­tif, mais le cré­dit aux entre­prises reste en faible croissance.

Gestion plus efficace pour la croissance ?

Cette ges­tion directe de la masse moné­taire par la banque cen­trale sera-t-elle alors plus « effi­cace » que le sys­tème actuel pour géné­rer de la crois­sance ? Rein­hold Har­rin­ger le croit. « La banque cen­trale dis­pose d’une vision glo­bale de l’é­co­no­mie de meilleure qua­li­té que cha­cune des banques qui agissent avec une vision com­mer­ciale propre », sou­­ligne-t-il. Il estime aus­si que la banque cen­trale dis­po­se­ra éga­le­ment des moyens de mieux réagir aux évo­lu­tions conjonc­tu­relles, que ce soit un risque de ralen­tis­se­ment ou de sur­chauffe. Mais le but de l’i­ni­tia­tive est clai­re­ment de dis­po­ser d’une crois­sance de « meilleure qua­li­té », plus cen­trée sur l’é­co­no­mie réelle et plus stable.

Changement de modèle pour la finance helvétique

Cette ini­tia­tive dis­pose du sou­tien de plu­sieurs éco­no­mistes, suisses et euro­péens. Mais elle fait, on s’en doute, l’ob­jet de vives cri­tiques de la part du sec­teur ban­caire hel­vé­tique, qui est, avec près de 12 % du PIB suisse, un des piliers de l’é­co­no­mie natio­nale. Mais Rein­hold Har­rin­ger estime que l’i­ni­tia­tive va per­mettre au sec­teur de reve­nir à une acti­vi­té « plus tra­di­tion­nelle et plus solide. » Il cite le cas de banques comme la banque pos­tale suisse, qui, sans avoir la pos­si­bi­li­té de créer de la mon­naie, réa­lisent de bons béné­fices. Reste que, pour les géants ban­caires comme Cre­dit Suisse ou UBS, qui vivent sur les acti­vi­tés de mar­ché, le coup pour­rait être rude et ils pour­raient ain­si déci­der de quit­ter le pays. Mais l’i­ni­tia­tive semble viser un chan­ge­ment de sys­tème : mieux vaut des banques plus modestes, mais plus utiles, que des géants ban­caires instables et qui font peser un risque conti­nuel sur les comptes publics. Une vraie révo­lu­tion, donc.

Le risque de la transition

Éga­le­ment cri­tique, le think tank libé­ral Ave­nir Suisse, finan­cé par les grandes socié­tés du pays, prône plu­tôt une poli­tique de « petits pas mesu­rés » dans la réforme de la finance plu­tôt que la révo­lu­tion prô­née par l’i­ni­tia­tive « mon­naie pleine. » Selon Ave­nir Suisse, ce sys­tème de « mon­naie pleine » condui­rait à un « état tran­si­toire per­ma­nent » dan­ge­reux. Rein­hold Har­rin­ger, lui, répond qu’une phase de tran­si­tion est pré­vue. Le pre­mier jour, les enga­ge­ments vis-à-vis des clients des banques vont deve­nir des enga­ge­ments vis-à-vis de la banque cen­trale et seront sor­tis du bilan des banques. Mais rien ne sera chan­gé. Les rem­bour­se­ments des cré­dits contrac­tés par les clients vien­dront ali­men­ter les rem­bour­se­ments à la banque cen­trale. Le tout, affirme-t-il, pour­ra être cor­ri­gé en cas de besoin.

Une idée ancienne

L’i­ni­tia­tive n’est, il est vrai, pas fon­dée sur du sable. Elle s’ins­crit dans une longue his­toire. C’est, dans les années 1930, l’é­co­no­miste Irving Fisher, qui avait lan­cé la pro­po­si­tion dans le cadre du « plan de Chi­ca­go » pro­po­sé au pré­sident Frank­lin Dela­no Roo­se­velt. Ce der­nier a reje­té cette pro­po­si­tion, mais elle a été reprise par plu­sieurs éco­no­mistes, dont le moné­ta­riste Mil­ton Fried­man. Cette idée a cepen­dant été pro­gres­si­ve­ment oubliée sous le triomphe de la finan­cia­ri­sa­tion de l’é­co­no­mie. C’est la crise de 2007–2008 qui la fait revivre avec notam­ment une étude de deux éco­no­mistes du FMI, Jaro­mir Benes et Michael Kum­hof, qui reprennent et valident les thèses d’Ir­ving Fisher, voyant dans le retrait aux banques de la créa­tion moné­taire, un moyen de dyna­mi­ser la crois­sance en rédui­sant les risques de crise.

L’Islande a ouvert le bal

L’i­dée a alors retrou­vé des défen­seurs. Fin mars 2015, un par­le­men­taire islan­dais Fros­ti Sigurd­jons­son a remis au pre­mier ministre de l’île nor­dique un rap­port très com­plet sur le sujet en recom­man­dant d’ô­ter aux banques la capa­ci­té de créa­tion moné­taire. Ce rap­port n’a pas débou­ché sur une pro­po­si­tion concrète pour le moment, mais il a ampli­fié le débat autour de cette idée entre éco­no­mistes. Plu­sieurs autres ini­tia­tives visent à ren­for­cer le pou­voir des banques cen­trales vis-à-vis des banques com­mer­ciales. En Irlande, le par­ti conser­va­teur Fian­na Fàil pro­pose ain­si dans son pro­gramme des élec­tions de 2016 de don­ner à la banque cen­trale irlan­daise le moyen de limi­ter la capa­ci­té des banques à émettre des emprunts immobiliers.

Révolution dans la finance ?

Une adop­tion par la Suisse de cette ini­tia­tive serait indé­nia­ble­ment une révo­lu­tion dans le monde de la finance et ses consé­quences dépas­se­raient lar­ge­ment les fron­tières de la Confé­dé­ra­tion. Car la Suisse n’est pas la petite Islande, c’est un des centres finan­ciers les plus impor­tants de la mon­dia­li­sa­tion. Or, les rares son­dages sur la ques­tion ont don­né une large majo­ri­té au « oui » à l’i­ni­tia­tive. Le plus récent, datant d’août, don­nait 57 % pour l’i­ni­tia­tive, mais il doit être pris avec beau­coup de pré­cau­tion, car il n’a pas été réa­li­sé par un ins­ti­tut de son­dage recon­nu. Rein­hold Har­rin­ger estime que les son­dages montrent, au moins, que les citoyens hel­vé­tiques rejettent majo­ri­tai­re­ment le sys­tème actuel et se dit donc « confiant. »

Rien ne dit cepen­dant que cela débou­che­ra sur une majo­ri­té pour l’i­ni­tia­tive. Le sec­teur ban­caire va sans doute peser de tout son poids dans la cam­pagne, empor­tant une par­tie des par­tis de droite, tra­di­tion­nel­le­ment favo­rables à ce sec­teur. D’au­tant que, dans le cas qui nous occupe, il fau­dra aus­si obte­nir une majo­ri­té dans la moi­tié des can­tons (et il existe en Suisse six demi-can­­tons comp­tant pour une demie voix). Mais les vota­tions hel­vé­tique ont des résul­tats par­fois surprenants.

Au-delà des divisions traditionnelles

Une chose est cer­taine : le sujet dépasse les divi­sions poli­tiques tra­di­tion­nelles. Les por­teurs de ce pro­jet sont plu­tôt des conser­va­teurs et des libé­raux alé­ma­niques, ins­pi­rés par les idées moné­ta­ristes de sta­bi­li­té. Mais l’i­dée de réduire l’in­fluence des banques et de pla­cer la BNS face à sa res­pon­sa­bi­li­té éco­no­mique en termes de crois­sance peut séduire plus d’un élec­teur de gauche, plus nom­breux en Suisse romande. Si les par­tis poli­tiques suisses n’ont pas encore pris posi­tion dans ce débat, il n’est pas cer­tain que leurs consignes de vote soient ici réel­le­ment sui­vies. La Suisse pour­rait donc don­ner le ton à un chan­ge­ment notable dans la finance internationale.

#QEfor­the­people
Rappel :
ÉPOUVANTAILS ou REFLATION ?
RELANCER LA DEMANDE avec DE L’HELICOPTER MONEY. Vite !

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​1​0​/​1​2​/​e​p​o​u​v​a​n​t​a​i​l​s​–​o​u​–​r​e​f​l​a​t​i​o​n​–​r​e​l​a​n​c​e​r​–​l​a​–​d​e​m​a​n​d​e​–​a​v​e​c​–​d​e​–​l​h​e​l​i​c​o​p​t​e​r​–​m​o​n​e​y​–​v​i​te/

[Edit]
Ne ratez pas cette expli­ca­tion — LUMINEUSE — par Fran­çois de Sie­ben­thal :
Un ban­quier suisse explique en 36 minutes l’ar­naque de la créa­tion monétaire
httpv://youtu.be/dmwtBcU0qtA

Réflexions autour de l’idée de bonheur… en passant par F. Laloux (holacratie : autogestion sans aucun chef), la création monétaire publique, l’éducation émancipante (sans maître), etc.

J’ai ren­con­tré il y a quelques jours un jeune homme, Julien, au pied de la mon­tagne Sainte-Vic­­toire. Il venait par­ler du bonheur.
Il fai­sait doux, grand soleil, un air par­fai­te­ment lim­pide, pas de vent, calme et petits oiseaux… On était bien, quoi.

Bon, la vidéo est trop longue, assu­ré­ment ; mais ce qui est fait est fait 🙂
Pour des nou­veaux venus, ça peut ser­vir, peut-être.

Vers la minute 40′, ça s’a­nime, je crois (hola­cra­tie puis créa­tion moné­taire, etc.) — tou­jours un peu diesel… 🙂
Peut-être des gen­tils virus vont-ils extraire des mor­ceaux conta­gieux ? 🙂 On verra.
Ce serait bien de rédi­ger une table des matières (avec le minu­tage) pour aider les gens à aller direc­te­ment sur les sujets qui les intéressent.

httpv://youtu.be/lOb5hHeMCDc

Bonnes fêtes à tous 🙂

Étienne.
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PS : voi­ci la magni­fique confé­rence de Fré­dé­ric Laloux dont je vous parle dans la vidéo. Ça, c’est de la bombe, vous allez voir : il parle un peu trop len­te­ment au début, mais ce qu’il explique (qui res­semble à l’ho­la­cra­tie) est lit­té­ra­le­ment pas­sion­nant, et trans­po­sable à l’or­ga­ni­sa­tion poli­tique, je trouve. Vous verrez : 

Confé­rence « Rein­ven­ting Orga­ni­za­tions » en fran­çais (Fla­gey, Bruxelles) 

httpv://youtu.be/NZKqPoQiaDE

Et son livre, enfin en français :
Rein­ven­ting orga­ni­za­tions : Vers des com­mu­nau­tés de tra­vail inspirées
http://www.amazon.fr/Reinventing-organizations-communautés-travail-inspirées/dp/2354561059

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Ne ratez pas non plus le livre de Phi­lippe Derud­der : « Les mon­naies locales com­plé­men­taires : pour­quoi, comment » :

http://​www​.yves​mi​chel​.org/​p​r​o​d​u​c​t​–​p​a​g​e​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​l​e​s​–​m​o​n​n​a​i​e​s​–​l​o​c​a​l​e​s​–​c​o​m​p​l​e​m​e​n​t​a​i​r​e​s​–​p​o​u​r​q​u​o​i​–​c​o​m​m​e​n​t​–​d​u​p​l​i​c​a​te/
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Ne lais­sez pas pas­ser « Le maître igno­rant », de Jacques Ran­cière, très utile éga­le­ment pour pen­ser une démo­cra­tie digne de ce nom : « l’âme humaine est capable de s’ins­truire seule et sans maître »… Waou ! 🙂
http://www.amazon.fr/Le-ma%C3%AEtre-ignorant-Jacques-RANCI%C3%88RE/dp/2264040173

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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