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Camille Case, poétesse et diseuse remarquable, nous invite à travailler ensemble sur les mots qui nous importent : « Place nette » et « Prise de sens »

Camille Case, poétesse et diseuse remarquable, nous invite à travailler ensemble sur les mots qui nous importent : « Place nette » et « Prise de sens »

Objet : déve­lop­per un réseau d’a­mis qui reçoivent des artistes chez eux le temps d’une soi­rée, ou pro­gramment des poètes et cher­cheurs qui ont des choses à dire, dans des salles de spec­tacles, des cafés, des lieux asso­cia­tifs actifs pour les rece­voir. Chers amis, Je vou­drais aujourd’­hui vous par­ler de Camille Case, poé­tesse éton­nante, diseuse bou­le­ver­sante, une sla­meuse, et aus­si une cher­cheuse en matière de mots, à tra­vers un spec­tacle inter­ac­tif qu’elle appelle « Place nette » et des…

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« Pour donner le pouvoir au peuple (et empêcher la guerre) ? Il faut mettre les MÉDIAS hors de portée des RICHES » – Étienne Chouard sur Anti | thèse

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https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​E​0​z​s​-​H​K​O​O4g Som­maire : 00:00 Intro 02:57 En lutte contre les poli­ti­ciens 07:53 Accu­sa­tion d’ex­trême droite 10:50 La Shoah et les Anti­fa 23:03 Réforme des retraites 31:16 La Ve Répu­blique, une pri­son poli­tique 36:32 La bas­cule tota­li­taire 41:01 Les racines du capi­ta­lisme 44:05 Élec­tion vs démo­cra­tie 48:08 Le tirage au sort 52:40 Com­munes libres et repré­sen­ta­tion 1:01:06 Les par­tis poli­tiques 1:04:21 Deve­nir des adultes poli­tiques 1:15:50 Les médias 1:20:33…

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Je vous lis l’un des livres les plus importants pour moi : « Le mythe du déficit » de Stephanie Kelton (2021)

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Chers amis, Je viens vous lire quelques pas­sages impor­tants d’un des trois livres qui comptent le plus pour moi : l’in­tro­duc­tion et les deux pre­miers cha­pitres du livre de Ste­pha­nie Kel­ton qui s’in­ti­tule « Le mythe du défi­cit » édi­té en 2021 par « Les liens qui libèrent ». 4e de cou­ver­ture : Le mythe du défi­cit « Nous gérons notre éco­no­mie comme une per­sonne d’un mètre quatre-vingts qui se déplace cour­bée en deux en per­ma­nence sous un pla­fond qui est à deux mètres cin­quante, parce qu’on l’a…

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For­mat grille – For­mat articles complets

David Koubbi (avocat de Jérôme Kerviel) : JUSTICE vs FINANCE (Thinkerview)

Encore un très inté­res­sant entre­tien pro­po­sé par Thin­ker­view,
cette fois-ci avec David Koub­bi, l’a­vo­cat de Jérôme Kerviel. 

Ça décape 🙂

httpv://youtu.be/-odoA0BauaE

Ce serait bien de rédi­ger un plan détaillé de cet entre­tien, comme un aide-mémoire, pour nous aider à en mémo­ri­ser les idées.

En fait, tous les entre­tiens de Thin­ker­view sont concer­nés par cette remarque 😉

——

J’ai­me­rais sou­mettre ma thèse au feu de l’es­prit cri­tique de David, thèse selon laquelle c’est pré­ci­sé­ment la pro­cé­dure de l’é­lec­tion (ce qu’on appelle fau­ti­ve­ment le « suf­frage uni­ver­sel » : « élire des maîtres, au lieu de voter des lois ») qui est la cause pre­mière qui per­met aux plus riches d’a­che­ter le pou­voir poli­tique, lit­té­ra­le­ment, depuis 200 ans. 

Tout le reste (un État et des ser­vices publics pro­fon­dé­ment cor­rom­pus, par la tête prin­ci­pa­le­ment, et une infi­ni­té d’in­jus­tices impu­nies à tra­vers le corps social) n’é­tant, dans cette ana­lyse, qu’une série de consé­quences de cette catas­trophe première.

Or, « dieu rit des hommes qui déplorent les effets dont ils adorent les causes ».
Autre­ment dit, il est inco­hé­rent de déplo­rer le capi­ta­lisme finan­cier tout en ado­rant comme une vache sacrée l’é­lec­tion par­mi des can­di­dats (pro­cé­dure qui donne pré­ci­sé­ment le pou­voir à ceux qui ont les moyens de finan­cer leurs candidats).

À bien écou­ter David Koub­bi dans cet entre­tien, j’ai l’in­tui­tion qu’il n’au­ra pas de mal à par­ta­ger cette analyse 😉

Étienne.

#pas­de­dé­mo­cra­tie­sans­ti­ra­geau­sort

#pas­de­cons­ti­tu­tion­sans­ci­toyens­cons­ti­tuants

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​7​1​7​9​2​6​2​4​2​317

Eric Zuesse : « HOMME BLANC AVOIR LANGUE FOURCHUE »… Le double jeu infamant de l’Occident avec Gorbatchev


Eric Zuesse

Par Eric Zuesse – Le 10 sep­tembre 2015 – Source Stra­te­gic Culture

La condi­tion­na­li­té de l’accord de l’Union sovié­tique, pour per­mettre à l’Allemagne de l’Ouest de récu­pé­rer l’Allemagne de l’Est, et ter­mi­ner ain­si la guerre froide, était que l’OTAN ne s’étendrait pas « d’un pouce vers l’est ». C’est l’accord qui a été approu­vé par le pré­sident russe de l’Union sovié­tique, Mikhaïl Gor­bat­chev, un grand homme et un héros exem­plaire pour les démo­crates par­tout dans le monde.

Il accep­ta alors de mettre fin à l’Union sovié­tique, en aban­don­nant le com­mu­nisme, et donc de mettre fin à la guerre froide. Il a accep­té cela, parce qu’on lui avait pro­mis que l’OTAN ne s’étendrait pas « d’un pouce vers l’est » ou « d’un pouce à l’est », selon la façon dont la pro­messe a été tra­duite et com­prise – mais elle a le même sens, peu importe la tra­duc­tion. Il a fait confiance au pré­sident amé­ri­cain George Her­bert Wal­ker Bush, dont l’ami et secré­taire d’État James Baker a fait cette pro­messe à Gor­bat­chev. Avec cette pro­messe, Gor­bat­chev a accep­té de mettre fin à l’Union sovié­tique, au pacte com­mu­niste de défense mutuelle, qui était leur équi­valent de l’OTAN, le Pacte de Var­so­vie. Et il croyait que la nation res­tante, la Rus­sie, qu’il diri­ge­rait alors, serait accep­tée comme une démo­cra­tie occidentale.

Il a même été pro­mis par les États-Unis que « nous allions être un membre [de l’OTAN], nous serions d’abord obser­va­teurs, puis un membre ». En d’autres termes, les États-Unis ont pro­mis que l’OTAN ne s’étendrait pas jusqu’aux fron­tières de la Rus­sie en deve­nant une menace mor­telle pour la sécu­ri­té natio­nale du peuple russe, iso­lé et sépa­ré de ses anciens alliés mili­taires. Au lieu de cela, a dit Gor­bat­chev, la Rus­sie serait elle-même accueillie dans l’Alliance occi­den­tale, et fina­le­ment devien­drait un membre de l’OTAN. C’était l’accord, met­tant fin à une guerre froide de qua­­rante-six ans.

La Rus­sie a res­pec­té sa part de l’accord. Les États-Unis ne l’ont pas fait. Les États-Unis ont la langue four­chue [comme dans leurs accords avec les Amé­rin­diens, NdT] et ont depuis élar­gi l’OTAN, pour y inté­grer les anciennes nations membres du Pacte de Var­so­vie dans une alliance mili­taire anti-russe – exac­te­ment ce que les États-Unis avaient pro­mis de ne jamais faire. Le pré­sident amé­ri­cain George Her­bert Wal­ker Bush a dit en pri­vé au chan­ce­lier de l’Allemagne de l’Ouest Hel­mut Kohl (qui était d’accord avec ce que James Baker avait arran­gé) : « Qu’ils aillent au diable ! Nous avons vain­cu, pas eux. » Il ne vou­lait pas la paix avec la Rus­sie. Il vou­lait la conqué­rir. Il vou­lait enfon­cer le nez des Russes dans leur infé­rio­ri­té par rap­port aux Américains.

Le désir constant de la Rus­sie de rejoindre l’OTAN a été reje­té. C’est une guerre inten­tion­nelle de l’OTAN. C’est exac­te­ment le contraire de ce que les États-Unis avaient pro­mis à la Rus­sie, sur la base de quoi le Pacte de Var­so­vie a pris fin. Com­ment le peuple russe peut-il alors faire confiance à un pays comme les États-Unis ? Ils seraient fous de le faire.

Mais cette trom­pe­rie, cette double peine, n’est pas seule­ment la honte de l’Amérique. Elle est aus­si deve­nue la honte de l’ensemble des nations qui ont adhé­ré à cette pro­messe occi­den­tale à l’époque. Parce que tous ont accep­té le lea­der­ship de l’Amérique dans le double jeu de cette guerre contre la Rus­sie, la guerre de l’Amérique pour conqué­rir la Rus­sie. Ils l’acceptent tout sim­ple­ment, en res­tant membres de ce gang mili­taire, main­te­nant néfaste, que l’OTAN est deve­nue. Pire encore, cer­tains des pays membres de l’OTAN à l’époque étaient –  comme Kohl en Alle­magne occi­den­tale, le modèle de sa pro­té­gée Ange­la Mer­kel, qui per­pé­tue main­te­nant le crime – eux-mêmes des par­ti­ci­pants majeurs à l’élaboration, puis main­te­nant à la rup­ture, de cette pro­messe faite aux Russes.

Voi­ci la preuve de ce crime inter­na­tio­nal his­to­rique, mas­sif et constant. Le crime qui est à l’origine de tant de misère, de des­truc­tions et de morts, non seule­ment en Rus­sie, mais dans le reste de l’Europe, où des mil­lions de réfu­giés fuient la Libye, la Syrie, l’Ukraine et d’autres anciens pays alliés de la Rus­sie – suite au chaos engen­dré par les États-Unis.

LE TÉMOIGNAGE

« J’étais là quand nous avons dit aux Russes que nous allions en faire un membre, un obser­va­teur d’abord, puis un membre » – Law­rence Wil­ker­son, le 3 octobre 2014, sur The Real News Net­work, à 18:54 dans l’entretien.

« Quand j’ai par­lé avec Baker, il a conve­nu qu’il disait à Gor­bat­chev que si l’Union sovié­tique auto­ri­sait la réuni­fi­ca­tion alle­mande et l’adhésion à l’OTAN, l’Occident ne déve­lop­pe­rait pas l’OTAN d’un pouce à l’est. » – Bill Brad­ley, le 22 août 2009 .

« M. Kohl a choi­si de faire écho à M. Baker et non à M. Bush. Le chan­ce­lier a assu­ré M. Gor­bat­chev, comme M. Baker l’avait fait, que ‘natu­rel­le­ment l’OTAN ne pou­vait pas étendre son ter­ri­toire’ en Alle­magne de l’Est […] La réunion Gor­­bat­­chev-Kohl s’est ter­mi­née par un accord, contrai­re­ment à la ses­sion de Gor­­bat­­chev-Baker la veille […] M. Kohl et ses col­la­bo­ra­teurs ont immé­dia­te­ment ren­due publique cette impor­tante conces­sion, lors d’une confé­rence de presse. Puis ils sont retour­nés chez eux pour com­men­cer à fusion­ner les deux Alle­magnes, sous une mon­naie et un sys­tème éco­no­mique unique. » – Mary Louise Sarotte, New York Times, 29 novembre 2009.

« Selon les dos­siers de la chan­cel­le­rie, Kohl a choi­si de se réfé­rer à Baker, pas à Bush, puisque la ligne douce de Baker était plus sus­cep­tible de pro­duire les résul­tats que Kohl vou­lait : l’autorisation de Mos­cou pour com­men­cer à réuni­fier l’Allemagne. Kohl a ain­si assu­ré à Gor­bat­chev que ‘natu­rel­le­ment l’OTAN ne pour­rait pas étendre son ter­ri­toire au ter­ri­toire actuel de l’Allemagne de l’Est’. Dans des entre­tiens paral­lèles, Gen­scher a trans­mis le même mes­sage à son homo­logue sovié­tique, Edouard She­vard­nadze : L’OTAN ne s’étendra pas à l’Est. Mais l’énoncé de Kohl devien­dra rapi­de­ment une héré­sie par­mi les prin­ci­paux déci­deurs occidentaux.

Une fois Baker retour­né à Washing­ton, à la mi-février 1990, il est tom­bé d’accord avec l’avis du Conseil de sécu­ri­té natio­nale et a adop­té sa posi­tion. Dès lors, les membres de l’équipe de poli­tique étran­gère de Bush ont impo­sé une stricte dis­ci­pline de mes­sage, ne fai­sant aucune remarque sur l’OTAN figée à la ligne de 1989. Kohl, lui aus­si, a ali­gné sa rhé­to­rique sur celle de Bush, comme le montrent les rele­vés de notes des États-Unis et de l’Allemagne de l’Ouest au som­met des 24 et 25 février à Camp David. Bush a expri­mé à Kohl ses sen­ti­ments, à pro­pos du com­pro­mis avec Mos­cou : ‘Qu’ils aillent au diable ! Nous avons vain­cu, pas eux’,a‑t‑il dit. En avril, Bush a expri­mé sa pen­sée dans un télé­gramme confi­den­tiel adres­sé au pré­sident fran­çais Fran­çois Mit­ter­rand […] Bush à clai­re­ment fait com­prendre à Mit­ter­rand que l’organisation de sécu­ri­té domi­nante dans l’Europe de l’après-Guerre Froide devait res­ter l’OTAN – et non une sorte quel­conque d’alliance paneuropéenne.

Le mois sui­vant, Gor­bat­chev a pro­po­sé un tel arran­ge­ment paneu­ro­péen, dans lequel une Alle­magne uni­fiée rejoin­drait l’OTAN et le Pacte de Var­so­vie, créant ain­si une ins­ti­tu­tion mas­sive de sécu­ri­té. Gor­bat­chev a même sou­le­vé l’idée de faire adhé­rer l’Union sovié­tique à l’OTAN. ‘Vous dites que l’OTAN n’est pas diri­gée contre nous, qu’il s’agit sim­ple­ment d’une struc­ture de sécu­ri­té qui s’adapte aux nou­velles réa­li­tés’, a décla­ré Gor­bat­chev à Baker en mai, selon les archives sovié­tiques. Baker a refu­sé d’envisager une telle idée, répli­quant avec dédain : ‘La sécu­ri­té paneu­ro­péenne est un rêve…’ Au moment du Som­met de Camp David, […] tous les membres de l’équipe de Bush, avec Kohl , se sont accor­dés sur une offre par laquelle Gor­bat­chev rece­vrait une aide finan­cière de l’Allemagne de l’Ouest – et un peu plus à côté – en échange d’autoriser l’Allemagne de se réuni­fier et de per­mettre à une Alle­magne unie de faire par­tie de l’OTAN. » – Mary Louise Sarotte.

« L’incapacité d’apprécier la fin de la guerre froide a eu un pro­fond impact sur les atti­tudes russes et occi­den­tales – et aide à expli­quer ce que nous voyons main­te­nant. La sup­po­si­tion com­mune que l’Occident a for­cé l’effondrement de l’Union sovié­tique et a ain­si gagné la guerre froide est fausse. Le fait est que la guerre froide s’est ter­mi­née par la négo­cia­tion au pro­fit des deux côtés. Au som­met de Malte en décembre 1989, Mikhaïl Gor­bat­chev et le pré­sident George H.W. Bush ont confir­mé que la base idéo­lo­gique de la guerre avait dis­pa­ru, décla­rant que les deux nations ne se consi­dé­raient plus comme des enne­mis. Au cours des deux années sui­vantes, nous avons tra­vaillé plus étroi­te­ment avec les Sovié­tiques qu’avec même cer­tains de nos alliés. ‘Par la grâce de Dieu, l’Amérique a rem­por­té la guerre froide’, a décla­ré Bush lors de son dis­cours sur l’état de l’Union en 1992. Cette rhé­to­rique n’aurait pas été par­ti­cu­liè­re­ment dom­ma­geable par elle-même. Mais elle a été ren­for­cée par les mesures prises sous les trois pré­si­dents sui­vants. Le pré­sident Bill Clin­ton a appuyé le bom­bar­de­ment de la Ser­bie par l’OTAN, sans l’approbation du Conseil de sécu­ri­té des Nations Unies et l’expansion de l’OTAN pour inclure les anciens pays du Pacte de Var­so­vie. Ces démarches sem­blaient vio­ler l’accord disant que les États-Unis ne pro­fi­te­raient pas de la retraite sovié­tique de l’Europe de l’Est. L’effet sur la confiance des Russes dans les États-Unis a été dévas­ta­teur. » – Jack Mat­lock, Washing­ton Post, 14 mars 2014.

« Sir Rodric Brai­th­waite GCMG, ancien ambas­sa­deur bri­tan­nique en Union sovié­tique et en Rus­sie, nous a infor­més que des assu­rances avaient été don­nées, en 1990, par les États-Unis (James Baker, secré­taire d’État amé­ri­cain), l’Allemagne (Hel­mut Kohl, chan­ce­lier alle­mand), le Royaume-Uni (par le Pre­mier ministre de l’époque, John Major, et le ministre bri­tan­nique des Affaires étran­gères, Dou­glas Hurd) et la France (par le pré­sident fran­çais Fran­çois Mit­ter­rand). Sir Rodric Brai­th­waite a décla­ré que ce ‘dos­sier fac­tuel n’a pas été contes­té avec suc­cès en Occi­dent’.» L’UE et la Rus­sie : avant et après la crise en Ukraine, 20 février 2015, Chambre des Lords bri­tan­nique, para­graphe 107.

Conclu­sion

L’incapacité de Gor­bat­chev à exi­ger ces assu­rances par écrit a été lar­ge­ment cri­ti­quée, mais les accords de poi­gnée de main dans les affaires inter­na­tio­nales sont cou­rants et aucun trai­té ne devait être signé à la fin de la guerre froide parce que cela n’avait pas été une guerre chaude, il n’y avait aucune res­ti­tu­tion ou répa­ra­tions à payer par l’une ou l’autre par­tie. Gor­bat­chev a pen­sé que les États-Unis étaient hon­nêtes et dignes de confiance, que les accords obte­nus en pri­vé devant de nom­breux témoins seraient hono­rés par l’Occident, comme ils le seraient par la Russie.

Mal­heu­reu­se­ment, il fai­sait confiance à des méga-escrocs qui étaient diri­gés par un super-gang­s­ter, G.H.W. Bush, et le monde entier souffre de ces escrocs aujourd’hui, tous les jours. Au lieu de s’excuser et de s’arrêter, l’Occident insulte la Rus­sie constam­ment. C’est appro­fon­dir encore plus les consé­quences du péché ori­gi­nel de G.H.W. Bush, le méga-crime de l’Occident, qui pro­duit un chaos et une effu­sion de sang crois­sants en Libye, en Syrie, en Ukraine et ailleurs, avec une crise de réfu­giés qui en résulte dans toute l’Europe.

Par exemple, Defense News, la revue com­mer­ciale des entre­prises tra­vaillant pour la défense aux États-Unis, a fait son gros titre le 4 sep­tembre 2015 avec « La nou­velle doc­trine mili­taire ukrai­nienne iden­ti­fie la Rus­sie comme un agres­seur, et envi­sage des acqui­si­tions navales », en précisant :

« Le Pre­mier ministre ukrai­nien Arse­ni Iat­se­niouk [que Vic­to­ria Nuland, du Dépar­te­ment d’État amé­ri­cain, https://​you​tu​.be/​M​S​x​a​a​–​6​7​yGM le 4 février 2014, 18 jours avant le https://youtu.be/8‑RyOaFwcEw] a décla­ré que le nou­veau pro­jet de doc­trine mili­taire du pays est le pre­mier dans l’histoire de l’Ukraine, à iden­ti­fier clai­re­ment la Rus­sie comme enne­mi et agres­seur. L’annonce a été faite le 1ersep­tembre lors de la visite du Pre­mier ministre à Odes­sa. […] Iat­se­niouk a décla­ré que […] le pré­sident ukrai­nien ‘signe­ra le décret cor­res­pon­dant’ […] Le vice-ami­­ral James Fog­go, com­man­dant de la 6e flotte amé­ri­caine, et l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine Geof­frey R. Pyatt [qui a pris les https://​you​tu​.be/​M​S​x​a​a​–​6​7​yGM de Nuland et lan­cé le coup d’État pour elle] ont par­ti­ci­pé à la céré­mo­nie […] ‘Nous nous sen­tons comme une seule force avec nos par­te­naires, les pays membres de l’OTAN, avec nos par­te­naires amé­ri­cains. Par consé­quent, les navires amé­ri­cains sont entrés et vont entrer dans les eaux ter­ri­to­riales ukrai­niennes à l’avenir [pour vaincre les Russes en Cri­mée et expul­ser la base navale de la marine russe qui a son siège là depuis 1783]. Nous allons conti­nuer notre exer­cice conjoint’, a décla­ré Iatseniouk. »

Eric Zuesse

Tra­duit et édi­té par jj, relu par nadine pour le Saker Francophone

http://​lesa​ker​fran​co​phone​.fr/​h​o​m​m​e​–​b​l​a​n​c​–​a​v​o​i​r​–​l​a​n​g​u​e​–​f​o​u​r​c​hue

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​7​1​3​8​4​8​5​7​7​317

[Lanceurs d’alerte, contrôle des politiciens et constitution d’origine citoyenne] Rendez-vous le 10 décembre 2016 à Paris, avec Philippe Pascot, Yvan Stefanovitch et Stéphanie Gibaud

Je vous donne ren­­dez-vous le same­di 10 décembre pro­chain, à Paris, pour une table-ronde sur le thème « Alerte ! Quelle socié­té vou­­lons-nous pour demain ? », avec trois per­sonnes que je trouve admi­rables, pour leur dévoue­ment au bien com­mun et pour leur cou­rage : Phi­lippe Pas­cot et Yvan Ste­fa­no­vitch, deux jour­na­listes qui mènent des enquêtes re-mar-qua-bles sur les pri­vi­lèges scan­da­leux et sur la cor­rup­tion impu­nie gran­dis­sante des « élus » de la « Répu­blique », et Sté­pha­nie Gibaud, lan­ceuse d’a­lerte héroïque, qui a dévoi­lé la tur­pi­tude de son employeur (UBS, acteur cen­tral de l’é­va­sion fis­cale en France) et qui, au lieu d’être récom­pen­sée et pro­té­gée, est hon­teu­se­ment aban­don­née par le gou­ver­ne­ment après l’a­voir bien servi.

L’an­nonce SynerJ : https://​synerj​.org/

L’an­nonce Face­book de la rencontre :
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​3​3​6​1​5​0​3​1​3​4​2​9​4​52/

httpv://youtu.be/g82BzDIbIa0

httpv://youtu.be/tREjX7kXh1E

   


Je vou­drais insis­ter par­ti­cu­liè­re­ment sur le cas de Sté­pha­nie Gibaud, qui a vu sa vie rui­née — lit­té­ra­le­ment — pour son cou­rage et son hon­nê­te­té, et pour­tant SANS ÊTRE AIDÉE DU TOUT PAR LE GOUVERNEMENT (qui, aujourd’­hui, la laisse se débattre seule et cre­ver sans rien faire !!!!!!), alors que cette femme a per­mis de ren­flouer le Tré­sor public avec des sommes colos­sales (au moins 12 mil­liards d’eu­ros !!).

Une fois de plus, je trouve le com­por­te­ment de nos gou­ver­nants révol­tant et scan­da­leux : à l’é­vi­dence, les ministres et les par­le­men­taires, et même les juges, pro­tègent les ultra­riches qui les portent au pou­voir, en mar­ty­ri­sant osten­si­ble­ment les lan­ceurs d’a­lertes, de façon à dis­sua­der d’a­gir les pro­chains héros citoyens.

Faute d’une consti­tu­tion digne de ce nom, les voleurs d’argent et les voleurs de pou­voir s’en­traident en secret pour res­ter hors de por­tée de la colère du peuple.

Mais sur­tout, je trouve qu’ « on n’a pas de figure », nous autres, pré­ten­dus « citoyens », si on n’est même pas fou­tus de pro­té­ger nous-mêmes nos lan­ceurs d’a­lerte. Je vous invite donc à faire comme moi et à aider finan­ciè­re­ment Sté­pha­nie, qui se débat dans les pires galères maté­rielles alors qu’elle nous a ren­du les plus grands services. 

Il y a une adresse où on peut l’ai­der : http://​www​.leet​chi​.com/​c​/​s​o​l​i​d​a​r​i​t​e​–​d​e​–​g​i​b​a​u​d​–​s​t​e​p​h​a​nie. Si cha­cun lui verse un ou deux euros par mois jus­qu’à ce qu’elle se sorte d’af­faire (elle nous pré­vien­dra), elle rece­vra à la fois une aide publique (qu’elle mérite mille fois), et des signes tan­gibles de gra­ti­tude et de sou­tien (qui l’ai­de­ront mora­le­ment dans les bagarres qui l’attendent). 

On peut aus­si aider Sté­pha­nie en lui ache­tant son livre (pas­sion­nant) :


https://​www​.cherche​-midi​.com/​l​i​v​r​e​s​/​l​a​–​f​e​m​m​e​–​q​u​i​–​e​n​–​s​a​v​a​i​t​–​v​r​a​i​m​e​n​t​–​t​rop

httpv://youtu.be/luO3hGC703g

J’ai hâte de vous y retrou­ver, avec ces trois héros : il devrait y avoir de l’ambiance 🙂

Je compte sur vous, bande de virus 🙂

Étienne.

PS : quelques docu­ments utiles, à lire et à voir :

Stéphanie Gibaud : « Pourquoi moi, lanceuse d’alerte, je dois quitter mon appartement » (24 mars 2016) :

https://​blogs​.media​part​.fr/​s​t​e​p​h​a​n​i​e​–​g​i​b​a​u​d​/​b​l​o​g​/​2​4​0​3​1​6​/​p​o​u​r​q​u​o​i​–​m​o​i​–​l​a​n​c​e​u​s​e​–​d​a​l​e​r​t​e​–​j​e​–​d​o​i​s​–​q​u​i​t​t​e​r​–​m​o​n​–​a​p​p​a​r​t​e​m​ent

Lanceurs d’alerte : « Une Légion d’honneur pour Stéphanie Gibaud » (7 avril 2016) :

http://​lex​pan​sion​.lex​press​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​–​e​c​o​n​o​m​i​q​u​e​/​l​a​n​c​e​u​r​s​–​d​–​a​l​e​r​t​e​–​u​n​e​–​l​e​g​i​o​n​–​d​–​h​o​n​n​e​u​r​–​p​o​u​r​–​s​t​e​p​h​a​n​i​e​–​g​i​b​a​u​d​_​1​7​8​0​5​5​7​.​h​tml

Stéphanie Gibaud explique son cas sur LCI (24 mars 2016) :

httpv://youtu.be/3u2-MxzN4OY

Stefanovitch chez Bourdin : « Le Sénat, un paradis fiscal pour des parlementaires fantômes » :

httpv://youtu.be/R_DxaJILojY

Philippe Pascot – Pilleurs d’Etat – Bourdin Direct – RMC :

httpv://youtu.be/JngNyfTbR4g
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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​7​0​1​5​2​8​9​8​2​317

[Pourriture politicienne impunie] Ziad Takieddine affirme avoir remis 5 millions d’euros à Sarkozy et Guéant pour la campagne de 2007

Un pas­sion­nant dos­sier publié par Oli­vier Ber­ruyer ce matin, sur les​-crises​.fr (le meilleur site d’in­fo du pays, selon moi, avec Media­part, le Saker fran­co­phone, Inves­tig’Ac­tion, Le Grand Soir et deux ou trois autres) :

[Vidéos] Ziad Takieddine affirme avoir remis 5 millions d’euros à Sarkozy et Guéant pour la campagne de 2007

Oli­vier Ber­ruyer : « Un scan­dale incroyable, qui ne fait incroya­ble­ment pas la une de nos gazettes…

Qui, elles, font par contre la leçon à Trump qui n’est même pas encore en fonc­tion au lieu de s’occuper de notre ancien Président… »

Source : Le Figa­ro, Paul Louis, 15/11/2016

Ziad Takieddine Crédits photos : Jacques Demarthon/AFP

Ziad Takied­dine Cré­dits pho­tos : Jacques Demarthon/AFP

Dans un entre­tien vidéo dif­fu­sé par Media­part, l’homme d’affaires fran­­co-liba­­nais explique avoir remis trois valises rem­plies d’argent liquide au minis­tère de l’Intérieur entre 2006 et 2007. Les avo­cats de Claude Guéant et de Nico­las Sar­ko­zy annoncent des poursuites.

À quelques jours du pre­mier tour de la pri­maire de la droite et du centre, ce n’est pas une bonne nou­velle pour Nico­las Sar­ko­zy. Dans un entre­tien réa­li­sé et enre­gis­tré par le site d’investigation Media­part et l’agence Pre­mières Lignes, Ziad Takied­dine passe aux aveux. L’homme d’affaires, proche du régime de Mouam­mar Kadha­fi, recon­naît avoir ser­vi d’intermédiaire en trans­por­tant à trois reprises de l’argent liquide libyen jusqu’au minis­tère de l’Intérieur fran­çais, place Beau­vau, entre novembre 2006 et jan­vier 2007. Le Fran­­co-Liba­­nais affirme avoir remis au total la somme de 5 mil­lions d’euros des­ti­née au ministre de l’Intérieur de l’époque, Nico­las Sar­ko­zy, dans le cadre du finan­ce­ment de sa cam­pagne présidentielle.

Ce n’est pas la pre­mière fois que Ziad Takied­dine porte des accu­sa­tions sur un éven­tuel finan­ce­ment libyen. En mai 2012, alors qu’il était enten­du par un juge dans le volet finan­cier du dos­sier de l’affaire Kara­chi, dans lequel il est mis en exa­men, il déclare que « les infor­ma­tions révé­lées par la presse au sujet du finan­ce­ment de la cam­pagne de Nico­las Sar­ko­zy de 2007 » étaient « tout à fait cré­dibles ». Media­part avait notam­ment ren­du public une note témoi­gnant d’un ver­se­ment d’environ 50 mil­lions d’euros. La plainte de Nico­las Sar­ko­zy s’était sol­dée par un non-lieu.

S’agissant des 5 mil­lions d’euros, Ziad Takied­dine livre les détails du trans­fert. Trans­por­tant à chaque fois une valise pleine de « billets de cinq cent » et quelques « liasses de deux cent », il aurait per­son­nel­le­ment effec­tué trois voyages entre Tri­po­li et Paris via des vols clas­siques de la com­pa­gnie Afri­qiyah. Comme il l’a affir­mé en 2012 dans le cadre de pour­suites de la Cour pénale inter­na­tio­nale, Abdal­lah Senous­si, l’un des chefs des ser­vices libyens et beau-frère par alliance de Mouam­mar Kadha­fi, a « per­son­nel­le­ment super­vi­sé » les remises d’argent.

« Un jour, M.Senoussi me demande si je veux être celui qui trans­porte ces sommes à Claude Guéant, de l’Intérieur. À ce moment-là, je dis “si c’est bon, c’est bon”», raconte Takied­dine. Inquiet d’une pos­sible arres­ta­tion par les auto­ri­tés fran­çaises à son arri­vée, Senous­si lui répond : « Ne vous inquié­tez pas, de toute manière les ser­vices sont pré­ve­nus… Vous ren­trez avec, vous le livrez à M.Guéant et vous nous confir­mez quand c’est reçu ! ».

« Dénoncer l’État mafieux dans lequel on est en train de vivre »

Fin 2006, Claude Guéant, direc­teur de cabi­net du minis­tère de l’Intérieur, aurait ain­si reçu deux valises dans son bureau des mains de Takied­dine, la pre­mière conte­nant envi­ron 1,5 mil­lion d’euros contre 2 mil­lions pour la deuxième. La « livrai­son », atten­due par Claude Guéant, est expé­di­tive et ne sus­cite aucun com­men­taire : « Il (Claude Guéant) sort de der­rière son bureau. On parle un tout petit peu. Il voit où j’ai lais­sé la valise. Et voi­là », témoigne Ziad Takied­dine. En jan­vier 2007, la troi­sième valise, d’un mon­tant de 1,5 mil­lion d’euros, est remise à Nico­las Sar­ko­zy en per­sonne, dans l’appartement pri­vé du ministre de l’Intérieur.

L’homme d’affaires affirme aujourd’hui que Nico­las Sar­ko­zy était par­fai­te­ment au cou­rant du conte­nu des valises. S’il le pre­nait pour un « cham­pion » en 2006–2007, il pré­sente désor­mais l’ex-président comme quelqu’un « de faux » et sou­haite « dénon­cer l’État mafieux dans lequel on est en train de vivre ». « J’ai décou­vert des choses qui ne méritent plus d’être cachées », ajoute-t-il.

Contac­té par Media­part, Claude Guéant a démen­ti les révé­la­tions de Ziad Takied­dine : « Je n’ai jamais reçu d’espèces du gou­ver­ne­ment libyen, non plus de qui­conque d’autre du reste. Je n’en ai pas davan­tage vu pas­ser. Le pré­tendre est men­son­ger et diffamatoire ».

« Il est tout de même étrange qu’il avance ses allé­ga­tions à quelques jours de la pri­maire de la droite. S’il avait des preuves, pour­quoi ne pas les avoir four­nies avant ? » a rele­vé l’avocat de Claude Guéant, Phi­lippe Bou­­chez-El Gho­zi, qui a annon­cé une plainte en dif­fa­ma­tion allait être dépo­sée. Claude Guéant « n’a jamais enten­du par­ler du moindre cen­time libyen qui aurait pu ser­vir à finan­cer la cam­pagne de 2007 et, mal­gré les nom­breuses inves­ti­ga­tions dili­gen­tées, il n’a jamais été mis en cause à ce titre », a sou­li­gné l’avocat.

Dans un com­mu­ni­qué, Me Thier­ry Her­zog, l’avocat de Nico­las Sar­ko­zy, accuse le site Media­part de ten­ter de « salir » son client à quelques jours du pre­mier tour de la pri­maire de la droite et ajoute que « l’absence de cré­di­bi­li­té » de Ziad Takied­dine a été « maintes fois démon­trée ». « M. Nico­las Sar­ko­zy oppose un démen­ti for­mel à ces nou­velles allé­ga­tions », déclare-t-il. « Des pour­suites judi­ciaires seront donc enga­gées en réponse à cette mani­pu­la­tion grossière. »

Une pro­cé­dure judi­ciaire a été ouverte en 2013 par le par­quet de Paris qui doit inves­ti­guer l’hypothèse d’un finan­ce­ment libyen de la cam­pagne de Nico­las Sar­ko­zy en 2007. Elle porte sur des charges de cor­rup­tion active et pas­sive, tra­fic d’influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux, blan­chi­ment, com­pli­ci­té et recel de ces délits. Pour l’heure, mal­gré les mul­tiples témoi­gnages d’ex-hauts res­pon­sables du régime libyen dont dis­pose la jus­tice, aucune preuve ne vient confir­mer ces accusations.

Source : Le Figa­ro, Paul Louis, 15/11/2016

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Ziad Takieddine : « J’ai remis trois valises d’argent libyen à Guéant et Sarkozy »

Source : https://​you​tu​.be/​W​m​v​S​y​R​G​V​Tew, 16-11-2016

httpv://youtu.be/WmvSyRGVTew

Ziad Takied­dine, l’homme qui a intro­duit Nico­las Sar­ko­zy auprès de Mouam­mar Kadha­fi, avoue avoir appor­té au minis­tère de l’intérieur, fin 2006 et début 2007, plu­sieurs valises d’argent liquide pré­pa­rées par le régime libyen, pour un mon­tant total de 5 mil­lions d’euros. « J’ai décou­vert des choses qui ne méritent plus d’être cachées », déclare-t-il, en annon­çant son inten­tion de « racon­ter exac­te­ment les faits à la justice ».

Tour­né le 12 novembre 2016, à Paris.
Entre­tien par Nico­las Vescovacci.
Media­part (Fabrice Arfi et Karl Laske), pro­duc­tion Pre­mières Lignes.

Source : https://​you​tu​.be/​W​m​v​S​y​R​G​V​Tew, 16-11-2016

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Comment Ziad Takieddine a parlé à Mediapart

Source : France Inter16/11/2016

Sonia Devil­lers reçoit Nico­las Ves­co­vac­ci dans L’Instant M pour son inter­view exclu­sive de Ziad Takied­dine dans Mediapart

Trois valises avec zip en cuir mar­ron. Cinq mil­lions d’euros en cou­pures neuves. Dans un entre­tien fil­mé, dif­fu­sé sur le site d’info Média­part, Ziad Takied­dine balance, les livrai­sons d’argent en pro­ve­nance de Lybie et à des­ti­na­tion de Nico­las Sar­ko­zy entre 2006 et 2007. Révé­la­tion choc dans une enquête que le Monde qua­li­fiait récem­ment « d’impossible ». Quand, com­ment et pour­quoi cette inter­view a‑t‑elle lieu ?L”Instant M pose la ques­tion à Nico­las Ves­ca­vac­ci, jour­na­liste d’investigation.

httpv://youtu.be/0HCUXSl-nRwhttps://youtu.be/0HCUXSl-nRw

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TAKIEDDINE : SILENCE !

par Daniel Schnei­der­mann, @si, 17/11/2016
Soyons clair. Aucun media n’est jamais obli­gé de “reprendre” les révé­la­tions d’un autre media. Il peut y avoir toutes sortes de rai­sons de ne pas les reprendre. Soit qu’on ne les estime pas fiables, soit (si si, ça arrive) qu’on ne sou­haite pas, par vilaine jalou­sie, faire de la pub à un media concur­rent. Et Media­partn’échappe pas à la règle. Aucun confrère n’est obli­gé de reprendre les révé­la­tions de Media­part. A for­tio­ri, sur l’affaire du finan­ce­ment libyen de la cam­pagne de Sar­ko­zy, affaire sur laquelle, per­son­nel­le­ment, j’ai tou­jours esti­mé que Media­part, à la dif­fé­rence des affaires Bet­ten­court ou Cahu­zac, n’avait pas four­ni dès le départ la preuve irré­fu­table de l’existence de ces finan­ce­ments. Des témoins à la sin­cé­ri­té invé­ri­fiable, des docu­ments contes­tés : le doute pou­vait sub­sis­ter.Ça, c’était jusqu’à avant-hier, mar­di 15 novembre. Avant-hier, Media­part a mis en ligne une inter­view de l’intermédiaire fran­­co-liba­­nais Ziad Takied­dine, racon­tant dans le détail com­ment il appor­té à trois reprises, en 2006 et 2007, trois mal­lettes de billets de 500 et 200 euros au minis­tère de l’Intérieur, alors diri­gé par Sar­ko­zy (pour un total de cinq mil­lions d’euros). Peut-être Takied­dine fabule-t-il. Peut-être a‑t‑il tout inven­té. Tou­jours est-il que ce témoi­gnage existe. Qu’il est pré­cis. Que Takied­dine s’est mis dans la situa­tion de devoir en répondre à la Jus­tice (il a d’ailleurs été, le soir même, enten­du par la police).

Il est donc tout sim­ple­ment incom­pré­hen­sible qu’un jour­nal comme le 20 Heures de Field et Puja­das, entre autres, n’en ait souf­flé mot ni mar­di, ni mer­cre­di soir. On peut pré­sen­ter ce témoi­gnage avec toutes les pré­cau­tions pos­sibles. On peut sim­ple­ment le citer sans rien en dif­fu­ser. On peut, commeLe Monde, esti­mer ce témoi­gnage tar­dif, dou­teux, esti­mer que les mobiles de ces ver­se­ments sont impré­cis. Mais le pas­ser pure­ment et sim­ple­ment sous silence, c’est com­mettre, aux yeux de la France entière, une erreur qui sera long­temps repro­chée aux medias tai­seux. Que croient-ils ? Qu’on ne les voit pas ? Qu’on ne se rend compte de rien ? Mais leur silence, sur cet enième épi­sode du feuille­ton fran­çais “les poli­tiques et les mal­lettes”, qui rap­pel­le­ra aux plus anciens la belle époque de la “cas­sette Méry”éclate tous les soirs, comme une insulte à des mil­lions de citoyens.

D’autant que l’événement sur­vient à quelques jours du der­nier débat de la pri­maire de la Droite.Dans lequel on guet­te­ra évi­dem­ment toute allu­sion à “la” ques­tion. On ima­gine la ner­vo­si­té en cou­lisse, dont témoignent les pré­pa­ra­tifs. A en croire Le Pari­sien, tout a été fait pour que le débat ne déborde pas : d’abord, la chaîne de Field a pré­fé­ré s’associer à Europe 1 qu’à France Inter. Effets col­la­té­raux : les poten­tiels (et rela­tifs) incon­trô­lables ont été écar­tés : le sûr Elkab­bach a été pré­fé­ré au jeune Sot­to (qui avait asti­co­té Sar­ko­zy sur Byg­ma­lion), Et Natha­lie Saint-Cricq pré­fé­rée à Léa (“c’est une plaisanterie”)Salamé, offi­ciel­le­ment, défense de rire, parce que Europe 1 ne sou­hai­tait pas qu’on entende Sala­mé sur son antenne. Les bou­lons sont ser­rés. Mais le sont-ils jamais assez ?

par Daniel Schnei­der­mann, @si, 17/11/2016

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Commentaires recommandés [sur le site [les​-crises​.fr]

SpectreLe 18 novembre 2016 à 01h43

Ce matin, j’avais parié que dans le der­nier débat de la pri­maire UMP, le sujet serait évo­qué pour la forme — dix secondes au mieux —, que Sar­ko­zy bot­te­rait en touche, puis que l’on pas­se­rait bien vite à autre chose.

Eh bien… pas man­qué. Pour ceux qui ont man­qué cette séquence pathé­tique :Débat de la pri­maire de la droite : Sar­ko­zy juge « indigne » une ques­tion sur Takied­dine (Le Monde)

Vous note­rez l’immense pug­na­ci­té de Puja­das : un vrai pit­bull, il n’a rien lâché !!

Avec un “““jour­na­lisme””” aus­si lâche et ser­vile, com­ment s’étonner que des poli­ti­cards cor­rom­pus et men­teurs puissent conti­nuer de sévir pen­dant des DÉCENNIES ? 2 mois ferme pour avoir volé des pâtes ou asper­gé un maire avec de l’eau, impu­ni­té et passe-droit pour les banks­ters ou les magouilleurs pro­fes­sion­nels for­més à la mafia RPR : bien­ve­nue en France !

Source : http://​www​.les​-crises​.fr/​v​i​d​e​o​s​–​z​i​a​d​–​t​a​k​i​e​d​d​i​n​e​–​a​f​f​i​r​m​e​–​a​v​o​i​r​–​r​e​m​i​s​–​5​–​m​i​l​l​i​o​n​s​–​d​e​u​r​o​s​–​a​–​s​a​r​k​o​z​y​–​e​t​–​g​u​e​a​n​t​–​p​o​u​r​–​l​a​–​c​a​m​p​a​g​n​e​–​d​e​–​2​0​07/

 
Eh bien… Ça va faire quelques para­graphes de plus à ajou­ter au pro­chain livre de Phi­lippe Pas­cot (dont les livres, pré­cieux dic­tion­naires de la cor­rup­tion géné­ra­li­sée du sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire — et des hon­teux pri­vi­lèges légaux de nos pré­ten­dus « repré­sen­tants »— four­millent de mil­liers de révé­la­tions de la même eau).

Mon com­men­taire : je pense que LA PROCÉDURE de l’é­lec­tion par­mi des can­di­dats POUSSE au men­songe, et l’é­lec­tion INCITE à la cor­rup­tion (ce qui fait quand même deux très gros défauts, et j’en ai repé­ré huit autres, en plus !), parce que l’é­lec­tion PERMET D’AIDER des can­di­dats, et donc, ceux qui ont les moyens d’ai­der vont aider les leurs, for­cé­ment, méca­ni­que­ment, cer­tai­ne­ment, sys­té­ma­ti­que­ment. Cette aide fait des « élus » les DÉBITEURS de ceux qui les ont aidés (et qui les aide­ront encore) à accé­der au pou­voir, et DONC leurs SERVITEURS. 

Avec la pro­cé­dure de l’é­lec­tion (que nous ado­rons stu­pi­de­ment comme si elle était intou­chable), on a une cause pre­mière évi­dente de la cor­rup­tion poli­ti­cienne endémique.

Au contraire, le tirage au sort des acteurs publics (assor­ti de leur contrôle sour­cilleux, évi­dem­ment) ne pousse PAS au men­songe (il ne sert à rien de men­tir : le tirage au sort est insen­sible au men­songe) et le tirage au sort n’in­cite PAS à la cor­rup­tion (il n’y a per­sonne à cor­rompre : la pro­cé­dure du tirage au sort, par construc­tion, méca­ni­que­ment, cer­tai­ne­ment, for­cé­ment, RETIRE TOUTE PRISE AUX ESCROCS de tous poils).

#pas­de­dé­mo­cra­tie­sans­ti­ra­geau­sort

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​6​9​3​9​8​0​8​0​7​317

Réactions remarquables à l’élection de Donald Trump à la Maison blanche

Je vou­drais signa­ler dans ce billet quelques réac­tions que je trouve remar­quables, après l’é­lec­tion de Donald Trump à la pré­si­dence des Etats-unis :

D’a­bord remer­cier Tatia­na, pour ce billet, que je trouve pro­fond et émouvant :

Hystérie collective autour de Donald Trump – Mise au point

httpv://www.youtube.com/watch?v=4egtarw11uA

Ensuite signa­ler ce beau coup de gueule, qui part d’une dra­ma­ti­sa­tion, mais qui cherche ardem­ment une lumière dans la dis­cus­sion, entre humains égaux en digni­té, et en arrê­tant de mépriser/diaboliser ses adversaires : 

J’ai man­qué pas mal de trucs (il parle vrai­ment vite), mais ça a l’air vrai­ment bien, comme appel à curer la fosse sep­tique de la pré­ten­due gauche libé­rale (Clin­ton, Blair, Hol­lande et autres innom­brables social-traîtres).

—–

Réca­pi­tu­lons, dans les com­men­taires ci-des­­sous, les autres réac­tions remar­quables si vous vou­lez bien.

Etienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​6​7​6​3​5​1​1​3​2​317

[Philippe Pascot] (Évidente) pétition pour l’interdiction aux détenteurs d’un casier judiciaire d’effectuer un mandat électoral

Un élu condam­né en jus­tice pour mal­ver­sa­tion ne devrait évi­dem­ment PLUS JAMAIS pou­voir être can­di­dat à une élection. 

C’est incroyable qu’on ait à se battre pour seule­ment sou­te­nir un pro­jet qui tombe autant sous le sens.

Il n’y a que les élus (ou les can­di­dats) pour ne pas com­prendre le scan­dale abso­lu des candidats-repris-de-justice.

Je sou­tiens donc sans réserve Phi­lippe Pas­cot dans sa cou­ra­geuse bagarre contre la cor­rup­tion (scan­da­leuse) des par­le­men­taires en France. 

la péti­tion :
http://​www​.meso​pi​nions​.com/​p​e​t​i​t​i​o​n​/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​i​n​t​e​r​d​i​c​t​i​o​n​–​a​u​x​–​d​e​t​e​n​t​e​u​r​s​–​c​a​s​i​e​r​–​j​u​d​i​c​i​a​i​r​e​–​e​f​f​e​c​t​u​e​r​/​1​9​889

La chro­nique de Guillaume Meu­rice sur ce sujet est abso­lu­ment poilante 🙂 :
httpv://youtu.be/MBLsMIeca3E

J’ai signé sa péti­tion, bien sûr, mais sur­tout, je lis (tous les jours quelques lignes de) ses trois bou­quins qui sont trois bombes : « Pilleurs d’É­tat » et « Délits d’é­lus » (tomes 1 et 2)… 

http://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​c​t​_​i​n​f​o​.​p​h​p​?​p​r​o​d​u​c​t​s​_​i​d​=​354

http://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​c​t​_​i​n​f​o​.​p​h​p​?​p​r​o​d​u​c​t​s​_​i​d​=​319

http://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​c​t​_​i​n​f​o​.​p​h​p​?​p​r​o​d​u​c​t​s​_​i​d​=​375

Les salaires extra­va­gants, les passe-droit, la paresse, la mal­hon­nê­te­té, l’im­pu­ni­té et les hon­teux pri­vi­lèges des « élus » qui nous imposent pour­tant – sans rou­gir de honte – chô­mage, dépos­ses­sion poli­tique, libre-échange, délo­ca­li­sa­tions, des­truc­tion du droit du tra­vail, sabo­tage des ser­vices publics, pri­va­ti­sa­tion des biens publics, rigueur et aus­té­ri­té (!!!), eux qui se gavent eux-mêmes comme per­sonne (11 000 € par mois !, dont 7 000 au black sans payer le moindre impôt !!), sont lit­té­ra­le­ment révoltants. 

Ces trois livres sont le résul­tat édi­fiant d’une enquête d’u­ti­li­té publique, que les citoyens devraient s’of­frir mutuel­le­ment en cadeau de réveil-prise de conscience… 

(Ne pas comp­ter sur les « élus », ni sur les « jour­na­listes » – spon­so­ri­sés par les mêmes ultra-riches – pour faire connaître au plus grand nombre ce pré­cieux dic­tion­naire de la pour­ri­ture parlementaire.) 

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Ceci dit, ain­si infor­mé sur les voies ordi­naires de la cor­rup­tion poli­ti­cienne, je sug­gère – vous me voyez venir, bande de virus 🙂 – de prendre de la hau­teur sur ces innom­brables scan­dales, qui ne sont que des CONSÉQUENCES de notre démis­sion du pro­ces­sus constituant :

Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir. Ce n’est pas aux par­le­men­taires, ni aux ministres, ni aux juges, ni aux hommes de loi, d’é­crire ou de modi­fier LA CONSTITUTION (qu’ils devraient tous craindre) : c’est au peuple lui-même, et à lui seul, de fixer les termes – et les contrôles – du man­dat qu’il confie à ses représentants. 

Les « élus » trichent parce qu’ils écrivent eux-mêmes les contrôles contre leurs triches (sot­tise que la nôtre, de les lais­ser faire !)
Si l’on veut des repré­sen­tants exem­plaires, il fau­dra néces­sai­re­ment deve­nir nous-mêmes consti­tuants, per­son­nel­le­ment, quotidiennement. 

Un citoyen digne de ce nom est constituant.
Sinon, poli­ti­que­ment, c’est un enfant, forcément.

Étienne.

PS : je serai avec Phi­lipe Pas­cot, Yvan Ste­fa­no­vitch et (la très cou­ra­geuse et très valeu­reuse) Ste­pha­nie Gibaud, le 10 décembre pro­chain à Mon­treuil. Une bien belle ren­contre en perspective 🙂 


Annonce de la rencontre

J’es­père qu’on aura le temps de faire ensemble des ate­liers consti­tuants 🙂 (« One track min­ded », me disent mes proches 🙂 ).

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[Passionnant, émouvant, important] John PILGER interroge Julian ASSANGE (vidéo), et John Pilger insiste sur le rôle criminel des « journalistes » mainstream qui nous conduisent à nouveau à accepter la guerre

Je consi­dère John Pil­ger et Julian Assange comme deux per­sonnes admi­rables, du point de vue du bien com­mun ; deux jour­na­listes dignes de ce nom, deux héros de la résis­tance à la cor­rup­tion, aux abus de pou­voir et à la guerre.

Je regroupe ici deux docu­ments poi­gnants, essen­tiels pour com­prendre pour quelles lamen­tables rai­sons l’hu­ma­ni­té va subir à nou­veau l’en­fer sur terre.

1) Une vidéo pas­sion­nante, où Pil­ger et Assange éva­luent cal­me­ment les res­pon­sa­bi­li­tés scan­da­leuses de la guerre qui vient.

2) Une syn­thèse écrite, impor­tante, à lire le crayon à la main, où Pil­ger pointe la res­pon­sa­bi­li­té car­di­nale des jour­na­listes dans les guerres qui ravagent et rava­ge­ront la planète.

Mer­ci à RT et à LGS de relayer ces impor­tantes infor­ma­tions, au milieu de l’am­biance géné­rale va-t-en-guerre de la presse pros­ti­tuée aux pires criminels.

C’est à nous, simples citoyens, de défendre ces héros, lan­ceurs l’a­lertes, « whist­le­blo­wers », du mieux que nous pou­vons, pied à pied, de por­ter leur parole, par­tout sur terre, contre les men­songes des médias de la banque et de la guerre, pour que la conscience popu­laire refuse mas­si­ve­ment la guerre, où que ce soit, et pour que soient un jour incri­mi­nés les riches assassins.

Étienne.


Entretien exclusif de John Pilger avec Julian Assange :

httpv://youtu.be/WksG3XSBvE4

À l’intérieur du gouvernement invisible : Guerre, Propagande, Clinton & Trump


par John PILGER
Le jour­na­liste amé­ri­cain, Edward Ber­nays, est sou­vent pré­sen­té comme l’inventeur de la pro­pa­gande moderne. Neveu de Sig­mund Freud, le pion­nier de la psy­cha­na­lyse, Ber­nays a inven­té le terme « rela­tions publiques » comme un euphé­misme pour dési­gner les mani­pu­la­tions et les trom­pe­ries.En 1929, il a per­sua­dé les fémi­nistes de pro­mou­voir les ciga­rettes pour les femmes en fumant lors d’une parade à New York – un com­por­te­ment consi­dé­ré à l’époque comme sau­gre­nu. Une fémi­niste, Ruth Booth, a décla­ré,  » Femmes ! Allu­mez un nou­veau flam­beau de la liber­té ! Lut­tez contre un autre tabou sexiste ! »

L’influence de Ber­nays s’étendait bien au-delà de la publi­ci­té. Son plus grand suc­cès a été de convaincre le public amé­ri­cain de se joindre à la grande tue­rie de la Pre­mière Guerre mon­diale. Le secret, disait-il, était « de fabri­quer le consen­te­ment » des per­sonnes afin de les « contrô­ler et orien­ter selon notre volon­té et à leur insu ».

Il décri­vait cela comme « le véri­table pou­voir de déci­sion dans notre socié­té » et l’appelait le « gou­ver­ne­ment invi­sible ».

Aujourd’hui, le gou­ver­ne­ment invi­sible n’a jamais été aus­si puis­sant et aus­si peu com­pris. Dans toute ma car­rière de jour­na­liste et de cinéaste, je n’ai jamais connu de pro­pa­gande aus­si influente sur nos vies que celle qui sévit aujourd’hui, et qui soit aus­si peu contestée.

Ima­gi­nez deux villes. Les deux sont en état de siège par les forces gou­ver­ne­men­tales de ces pays. Les deux villes sont occu­pées par des fana­tiques, qui com­mettent des atro­ci­tés, comme la décapitation.

Mais il y a une dif­fé­rence essen­tielle. Dans une des deux villes, les jour­na­listes occi­den­taux embar­qués avec les sol­dats gou­ver­ne­men­taux décrivent ces der­niers comme des libé­ra­teurs et annoncent avec enthou­siasme leurs batailles et leurs frappes aériennes. Il y a des pho­tos en pre­mière page de ces sol­dats héroïques fai­sant le V de la vic­toire. Il est très peu fait men­tion des vic­times civiles.

Dans la deuxième ville – dans un pays voi­sin – il se passe presque exac­te­ment la même chose. Les forces gou­ver­ne­men­tales assiègent une ville contrô­lée par la même trempe de fanatiques.

La dif­fé­rence est que ces fana­tiques sont sou­te­nus, équi­pés et armés par « nous » – par les Etats-Unis et la Grande-Bre­­tagne. Ils ont même un centre de médias finan­cé par la Grande-Bre­­tagne et les Etats-Unis.

Une autre dif­fé­rence est que les sol­dats gou­ver­ne­men­taux qui assiègent cette ville sont les méchants, condam­nés pour avoir agres­sé et bom­bar­dé la ville – ce qui est exac­te­ment ce que les bons sol­dats font dans la pre­mière ville.

Dérou­tant ? Pas vrai­ment. Tel est le double stan­dard de base qui est l’essence même de la pro­pa­gande. Je parle, bien sûr, du siège actuel de la ville de Mos­soul par les forces gou­ver­ne­men­tales ira­kiennes, sou­te­nues par les Etats-Unis et la Grande-Bre­­tagne et le siège d’Alep par les forces gou­ver­ne­men­tales de la Syrie, sou­te­nues par la Rus­sie. L’un est bon ; l’autre est mauvais.

Ce qui est rare­ment signa­lé est que les deux villes ne seraient pas occu­pées par des fana­tiques et rava­gées par la guerre si la Grande-Bre­­tagne et les États-Unis n’avaient pas enva­hi l’Irak en 2003. Cette entre­prise cri­mi­nelle fut lan­cée sur la base de men­songes éton­nam­ment sem­blables à la pro­pa­gande qui déforme main­te­nant notre com­pré­hen­sion de la guerre en Syrie.

Sans ce bat­te­ment de tam­bour de pro­pa­gande dégui­sé en infor­ma­tions, les mons­trueux Daesh, Al-Qai­­da, al-Nus­­ra et tout le reste de ces bandes de dji­ha­distes pour­raient ne pas exis­ter, et le peuple syrien ne serait pas en train de se battre pour sa survie.

Cer­tains se sou­vien­dront peut-être de tous ces jour­na­listes de la BBC qui en 2003 défi­laient devant les camé­ras pour nous expli­quer que l’initiative de Blair était « jus­ti­fiée » pour ce qui allait deve­nir le crime du siècle. Les chaînes de télé­vi­sion US four­nis­saient les mêmes jus­ti­fi­ca­tions pour George W. Bush. Fox News invi­ta Hen­ry Kis­sin­ger pour dis­ser­ter sur les men­songes de Colin Powell.

La même année, peu après l’invasion, j’ai fil­mé une inter­view à Washing­ton de Charles Lewis, le célèbre jour­na­liste d’investigation. Je lui ai deman­dé, « Qu’est-ce qui se serait pas­sé si les médias les plus libres du monde avaient sérieu­se­ment remis en ques­tion ce qui s’est avé­ré être une pro­pa­gande gros­sière ? »

Il a répon­du que si les jour­na­listes avaient fait leur tra­vail, « il y a de très fortes chances qui nous ne serions pas entrés en guerre contre Irak. »

Ce fut une décla­ra­tion cho­quante, et confir­mée par d’autres jour­na­listes célèbres à qui j’ai posé la même ques­tion – Dan Rather de CBS, David Rose du Obser­ver et des jour­na­listes et pro­duc­teurs de la BBC, qui sou­hai­taient res­ter anonymes.

En d’autres mots, si les jour­na­listes avaient fait leur tra­vail, s’ils avaient contes­té et enquê­té sur la pro­pa­gande au lieu de l’amplifier, des cen­taines de mil­liers d’hommes, de femmes et d’enfants seraient encore en vie aujourd’hui, et il n’y aurait pas de Daesh et aucun siège à Alep ou à Mossoul.

Il y aurait eu aucune atro­ci­té dans le métro de Londres le 7 Juillet 2005. Il n’y aurait eu aucune fuite de mil­lions de réfu­giés ; il n’y aurait pas de camps misérables.

Lorsque l’atrocité ter­ro­riste a eu lieu à Paris, au mois de novembre der­nier, le pré­sident Fran­çois Hol­lande a immé­dia­te­ment envoyé des avions pour bom­bar­der la Syrie – et plus de ter­ro­risme a sui­vi, de façon pré­vi­sible, pro­duit par la gran­di­lo­quence de Hol­lande sur la France « en guerre » et « ne mon­trant aucune pitié ». Que la vio­lence de l’État et la vio­lence dji­ha­diste s’alimentent mutuel­le­ment est une réa­li­té qu’aucun diri­geant natio­nal n’a le cou­rage d’aborder.

« Lorsque la véri­té est rem­pla­cée par le silence », a décla­ré le dis­si­dent sovié­tique Yev­tu­shen­ko, « le silence devient un men­songe ».

L’attaque contre l’Irak, l’attaque contre la Libye, l’attaque contre la Syrie ont eu lieu parce que les diri­geants de cha­cun de ces pays n’étaient pas des marion­nettes de l’Occident. Le bilan en matière de droits de l’homme d’un Sad­dam ou d’un Kadha­fi est hors de pro­pos. Ils ont déso­béi aux ordres et n’ont pas aban­don­né le contrôle de leur pays.

Le même sort atten­dait Slo­bo­dan Milo­se­vic une fois qu’il avait refu­sé de signer un « accord » qui exi­geait l’occupation de la Ser­bie et sa conver­sion à une éco­no­mie de mar­ché. Son peuple fut bom­bar­dé, et il fut pour­sui­vi à La Haye. Une telle indé­pen­dance est intolérable.

Comme Wik­Leaks l’a révé­lé, ce ne fut que lorsque le diri­geant syrien Bashar al-Assad reje­ta en 2009 un pro­jet d’oléoduc qui devait tra­ver­ser son pays en pro­ve­nance du Qatar vers l’Europe, qu’il a été attaqué.

A par­tir de ce moment, la CIA a pré­vu de détruire le gou­ver­ne­ment de la Syrie avec les fana­tiques jiha­distes – les mêmes fana­tiques qui tiennent actuel­le­ment en otage les habi­tants de Mos­soul et des quar­tiers est d’Alep.

Pour­quoi les médias n’en parlent pas ? L’ancien fonc­tion­naire du Minis­tère des Affaires étran­gères bri­tan­nique, Carne Ross, qui était res­pon­sable des sanc­tions opé­ra­tion­nelles contre l’Irak, m’a dit : « Nous four­nis­sions aux jour­na­listes des bribes d’informations soi­gneu­se­ment triées, ou nous les tenions à l’écart. Voi­là com­ment ça fonc­tion­nait. ».

L’allié médié­val de l’Occident, l’Arabie Saou­dite – à laquelle les Etats-Unis et la Grande-Bre­­tagne vendent des mil­liards de dol­lars d’armement – est en ce moment en train de détruire le Yémen, un pays si pauvre que, dans le meilleur des cas, la moi­tié des enfants souffrent de malnutrition.

Cher­chez sur You­Tube et vous ver­rez le genre de bombes mas­sives – « nos » bombes – que les Saou­diens uti­lisent contre des vil­lages de terre bat­tue, et contre les mariages et les funérailles.

Les explo­sions res­semblent à de petites bombes ato­miques. Ceux qui pilotent ces bombes depuis l’Arabie Saou­dite tra­vaillent côte à côte avec des offi­ciers bri­tan­niques. Vous n’en enten­drez pas par­ler dans les jour­naux télé­vi­sés du soir.

La pro­pa­gande est plus effi­cace lorsque notre consen­te­ment est fabri­qué par l’élite édu­quée – Oxford, Cam­bridge, Har­vard, Colum­bia – qui fait car­rière à la BBC, au Guar­dian, New York Times, Washing­ton Post.

Ces médias sont répu­tés pour être pro­gres­sistes. Ils se pré­sentent comme des gens éclai­rés, des tri­buns pro­gres­sistes de la morale ambiante. Ils sont anti-racistes, pro-fémi­­nistes et pro-LGBT.

Et ils adorent la guerre.

En même temps qu’ils défendent le fémi­nisme, ils sou­tiennent les guerres rapaces qui nient les droits d’innombrables femmes, dont le droit à la vie.

En 2011, la Libye, un Etat moderne, fut détruite sous pré­texte que Mouam­mar Kadha­fi était sur le point de com­mettre un géno­cide contre son propre peuple. L’information tour­nait en boucle ; mais il n’y avait aucune preuve. C’était un mensonge.

En réa­li­té, la Grande-Bre­­tagne, l’Europe et les États-Unis vou­laient ce qu’ils aiment à appe­ler un « chan­ge­ment de régime » en Libye, le plus grand pro­duc­teur de pétrole en Afrique. L’influence de Kadha­fi sur le conti­nent et, sur­tout, son indé­pen­dance était intolérable.

Il a donc été assas­si­né avec un cou­teau dans le dos par des fana­tiques, sou­te­nus par les Etats-Unis, la Grande-Bre­­tagne et la France. Devant une camé­ra, Hil­la­ry Clin­ton a applau­di sa mort hor­rible en décla­rant,  » Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ! »

La des­truc­tion de la Libye fut un triomphe média­tique. Tan­dis que l’on bat­tait les tam­bours de guerre, Jona­than Freed­land écri­vait dans le Guar­dian : « Bien que les risques soient bien réels, le cas d’une inter­ven­tion reste forte. »

Inter­ven­tion. Un mot poli, bénin, très « Guar­dian », dont la signi­fi­ca­tion réelle, pour la Libye, fut la mort et la destruction.

Selon ses propres dos­siers, l’OTAN a lan­cé 9.700 « frappes aériennes » contre la Libye, dont plus d’un tiers étaient des­ti­nées à des cibles civiles. Elles com­pre­naient des mis­siles avec des ogives d’uranium. Regar­dez les pho­tos des décombres à Misu­ra­ta et à Syrte, et les fosses com­munes iden­ti­fiées par la Croix-Rouge. Le rap­port de l’Unicef sur les enfants tués dit, « la plu­part [d’entre eux] avaient moins de dix ans. » Comme consé­quence directe, Syrte est deve­nue la capi­tale de l’Etat Islamique.

L’Ukraine est un autre triomphe média­tique. Des jour­naux libé­raux res­pec­tables tels que le New York Times, le Washing­ton Post et le Guar­dian, et les dif­fu­seurs tra­di­tion­nels tels que la BBC, NBC, CBS et CNN ont joué un rôle cru­cial dans le condi­tion­ne­ment de leurs télé­spec­ta­teurs pour accep­ter une nou­velle et dan­ge­reuse guerre froide.

Tous ont défor­mé les évé­ne­ments en Ukraine pour en faire un acte malé­fique de la Rus­sie, alors qu’en réa­li­té, le coup d’Etat en Ukraine en 2014 fut le tra­vail des États-Unis, aidés par l’Allemagne et de l’OTAN.

Cette inver­sion de la réa­li­té est tel­le­ment omni­pré­sente que les menaces mili­taires de Washing­ton envers la Rus­sie sont pas­sées sous silence ; tout est occul­té par une cam­pagne de déni­gre­ment et de peur du genre de celui que j’ai connu pen­dant la pre­mière guerre froide. Une fois de plus, les Russ­koffs viennent nous cher­cher des poux, diri­gés par un nou­veau Sta­line, que The Eco­no­mist dépeint comme le diable.

L’occultation de la véri­té sur l’Ukraine est une des opé­ra­tions de cen­sure les plus com­plètes que j’ai jamais vue. Les fas­cistes qui ont conçu le coup d’Etat à Kiev sont de la même trempe que ceux qui ont sou­te­nu l’invasion nazie de l’Union sovié­tique en 1941. Alors que l’on se répand sur les craintes d’une mon­tée de l’antisémitisme fas­ciste en Europe, aucun diri­geant ne men­tionne les fas­cistes en Ukraine – sauf Vla­di­mir Pou­tine, mais lui ne compte pas.

Beau­coup dans les médias occi­den­taux ont tra­vaillé dur pour pré­sen­ter la popu­la­tion rus­so­phone eth­nique de l’Ukraine comme des étran­gers dans leur propre pays, comme des agents de Mos­cou, presque jamais comme des Ukrai­niens qui cherchent une fédé­ra­tion en Ukraine et, en tant que citoyens ukrai­niens, qui résistent à un coup d’Etat orches­tré depuis l’étranger contre leur gou­ver­ne­ment élu.

Chez les bel­li­cistes règne pra­ti­que­ment le même état d’excitation que lors d’une réunion de classe. Le bat­teurs de tam­bour du Washing­ton Post qui incitent à la guerre contre la Rus­sie sont les mêmes qui publiaient les men­songes sur les armes de des­truc­tions mas­sive de Sad­dam Hussein.

Pour la plu­part d’entre nous, la cam­pagne pré­si­den­tielle US est un spec­tacle de monstres, où Donald Trump tient le rôle du grand méchant. Mais Trump est détes­té par ceux qui détiennent le pou­voir aux États-Unis pour des rai­sons qui ont peu à voir avec son com­por­te­ment odieux et ses opi­nions. Pour le gou­ver­ne­ment invi­sible à Washing­ton, le Trump impré­vi­sible est un obs­tacle au pro­jet de l’Amérique pour le 21e siècle, qui est de main­te­nir la domi­na­tion des États-Unis et de sou­mettre la Rus­sie, et, si pos­sible, la Chine.

Pour les mili­ta­ristes à Washing­ton, le vrai pro­blème avec Trump est que, dans ses moments de luci­di­té, il ne semble pas vou­loir une guerre avec la Rus­sie ; il veut par­ler avec le pré­sident russe, pas le com­battre ; il dit qu’il veut par­ler avec le pré­sident de la Chine.

Dans le pre­mier débat avec Hil­la­ry Clin­ton, Trump a pro­mis de ne pas être le pre­mier à uti­li­ser des armes nucléaires dans un conflit. Il a dit : « Je ne vou­drais cer­tai­ne­ment pas effec­tuer la pre­mière frappe. Une fois l’option nucléaire prise, c’est fini. » Les médias n’en ont pas parlé.

Le pen­­sait-il réel­le­ment ? Qui sait ? Il se contre­dit sou­vent. Mais ce qui est clair, c’est que Trump est consi­dé­ré comme une grave menace pour le sta­tu quo entre­te­nu par le vaste appa­reil de sécu­ri­té natio­nale qui opère aux États-Unis, quel que soit l’occupant de la Mai­son Blanche.

La CIA veut le voir bat­tu. Le Penta­gone veut le voir bat­tu. Les médias veulent le voir bat­tu. Même son propre par­ti veut le voir bat­tu. Il repré­sente une menace pour les diri­geants du monde – contrai­re­ment à Clin­ton, qui n’a lais­sé aucun doute qu’elle était prête à aller en guerre contre la Rus­sie et la Chine, deux pays qui pos­sèdent des armes nucléaires.

Clin­ton a la forme, comme elle s’en vante sou­vent. En effet, elle n’a plus rien à prou­ver. En tant que séna­trice, elle a sou­te­nu le bain de sang en Irak. Quand s’est pré­sen­tée contre Oba­ma en 2008, elle a mena­cé de « tota­le­ment détruire » l’Iran. En tant que secré­taire d’Etat, elle a com­plo­té dans la des­truc­tion des gou­ver­ne­ments de la Libye et du Hon­du­ras et mis en branle la pro­vo­ca­tion de la Chine.

Elle a pro­mis de sou­te­nir une zone d’exclusion aérienne en Syrie – une pro­vo­ca­tion directe d’une guerre avec la Rus­sie. Clin­ton pour­rait bien deve­nir le pré­sident le plus dan­ge­reux des États-Unis de mon vivant – un titre pour lequel la concur­rence est rude.

Sans la moindre preuve, elle a accu­sé la Rus­sie de sou­te­nir Trump et d’avoir pira­té ses e‑mails. Publiés par Wiki­Leaks, ces e‑mails nous révèlent que ce que dit Clin­ton en pri­vé, dans ses dis­cours aux riches et puis­sants, est le contraire de ce qu’elle dit en public.

Voi­là pour­quoi il est si impor­tant de faire taire et de mena­cer Julian Assange. En tant que diri­geant de Wiki­Leaks, Julian Assange connaît la véri­té. Et per­­met­­tez-moi de ras­su­rer tous ceux qui sont pré­oc­cu­pés, il va bien, et Wiki­Leaks tourne à plein régime.

Aujourd’hui, la plus grande accu­mu­la­tion de forces diri­gées par les Etats-Unis depuis la Seconde Guerre mon­diale est en route – dans le Cau­case et l’Europe orien­tale, à la fron­tière avec la Rus­sie, et en Asie et dans le Paci­fique, où la Chine est la cible.

Gar­dez cela à l’esprit lorsque le cirque de l’élection pré­si­den­tielle attein­dra son apo­gée le 8 Novembre, Si Clin­ton gagne, un chœur des com­men­ta­teurs écer­ve­lés célé­bre­ra son cou­ron­ne­ment comme un grand pas en avant pour les femmes. Aucun ne men­tion­ne­ra les vic­times de Clin­ton : les femmes syriennes, les femmes ira­kiennes, les femmes libyennes. Aucun ne men­tion­ne­ra les exer­cices de défense civile menées en Rus­sie. Aucun ne rap­pel­le­ra « les flam­beaux de la liber­té » d’Edward Bernays.

Un jour, le porte-parole char­gé des rela­tions avec la presse de George Bush a qua­li­fié les médias de « faci­li­ta­teurs com­plices ».

Venant d’un haut fonc­tion­naire d’une admi­nis­tra­tion dont les men­songes, per­mis par les médias, ont pro­vo­qué tant de souf­frances, cette des­crip­tion est un aver­tis­se­ment de l’histoire.

En 1946, le pro­cu­reur du Tri­bu­nal de Nurem­berg a décla­ré au sujet des médias alle­mands : « Avant chaque agres­sion majeure, ils lan­çaient une cam­pagne de presse cal­cu­lée pour affai­blir leurs vic­times et pré­pa­rer psy­cho­lo­gi­que­ment le peuple alle­mand pour une attaque. Dans le sys­tème de pro­pa­gande, la presse quo­ti­dienne et la radio étaient les armes les plus impor­tantes. »

John Pil­ger

Tra­duc­tion « j’avais récem­ment recom­men­cé à écou­ter France-Inter mais je n’ai tenu qu’une petite semaine » par VD pour le Grand Soir avec pro­ba­ble­ment toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://​john​pil​ger​.com/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​i​n​s​i​d​e​–​t​h​e​–​i​n​v​i​s​i​b​l​e​–​g​o​v​e​r​n​m​e​n​t​–​w​a​r​–​pro…
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[Contre la corruption générale des politiciens] Larry Lessig sera avec Flore Vasseur à Annecy, jeudi prochain, 10 novembre

Je vous avais par­lé l’an pas­sé de Lar­ry Les­sig, le pro­fes­seur de Har­vard qui est entré en rébel­lion contre l’influence de l’argent en poli­tique.

« Depuis 7 ans, Lar­ry Les­sig dénonce sans relâche l’emprise des inté­rêts pri­vés sur la démo­cra­tie amé­ri­caine. Défen­seur de la culture libre, c’est un pilier de la Sili­con Val­ley. Pro­fes­seur de droit et d’éthique à Har­vard, conseiller d’Obama en 2008, fin consti­tu­tion­na­liste, il connaît tous les rouages de Washington. 

Il aurait pu être juge à la Cour Suprême. Il a déci­dé de se rebel­ler pour sau­ver l’intérêt géné­ral. Il mobi­lise sur les routes, sur Inter­net, dérange, ques­tionne, force le débat. Au nom de son pays malade et de son ami mort, Aaron Swartz, hackeur de génie et enfant ché­ri de l’in­ter­net, il veut chan­ger la donne. Après de mul­tiples expé­ri­men­ta­tions pour impo­ser le thème de l’influence de l’argent dans la cam­pagne pré­si­den­tielle amé­ri­caine, il a déci­dé de se por­ter can­di­dat, dans le camp démo­crate. Une expé­rience tra­gique qui dit tout de l’état de la démo­cra­tie américaine. »

Voi­là un prof de droit consti­tu­tion­nel à qui j’au­rais deux mots à dire, bien sûr 🙂 (voir plus bas)…

Eh bien, Flore Vas­seur va rece­voir ce citoyen cou­ra­geux à Anne­cy jeu­di pro­chain, juste après l’é­lec­tion américaine.

Voi­ci quelques liens qui annoncent sa venue — vei­nards d’Annéciens 🙂 :

• http://​www​.bon​lieu​-anne​cy​.com/​f​i​c​h​e​_​s​p​e​c​t​a​c​l​e​.​p​h​p​?​i​d​_​s​p​e​c​t​a​c​l​e​=​262

https://​www​.face​book​.com/​f​l​o​r​e​.​v​a​s​s​e​u​r​.​1​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​6​2​7​6​1​9​2​4​9​919

https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​1​1​3​4​0​8​6​3​9​1​3​1​4​10/

J’es­père que l’en­tre­tien et le débat seront filmés.

J’es­père aus­si qu’il y aura à Anne­cy quelques virus démo­cra­tiques, ou citoyens consti­tuants c’est pareil, pour poser à Lar­ry des ques­tions fon­da­trices. Par exemple :

– Que pen­­sez-vous de cette para­ly­sante CONTRADICTION qui consiste à 1) déplo­rer notre impuis­sance poli­tique et 2) ado­rer comme une vache sacrée le faux « suf­frage uni­ver­sel » (c’est-à-dire élire des maîtres, au lieu de voter des lois) ?

ou

– En tant que pro­fes­seur de droit consti­tu­tion­nel, que pen­­sez-vous du lien (que com­prennent de plus en plus les élec­teurs) entre ce faux « suf­frage uni­ver­sel » pour dési­gner les Assem­blées consti­tuantes, et l’impuissance poli­tique ins­ti­tu­tion­nelle des peuples du monde entier ? Autre­ment dit, le TIRAGE AU SORT DE L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE n’est-elle pas la seule pro­cé­dure équi­table et incor­rup­tible pour ins­ti­tuer dura­ble­ment une socié­té juste, hors de por­tée de la puis­sance de triche des plus riches ?

Mer­ci Flore ; n’ou­blie pas d’embrasser Lar­ry pour nous 🙂

Étienne.

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Daniel Mermet : « dans le chemin il y a tous les possibles, alors que dans le but, il n’y a que le but. »

« … Un de mes pro­fes­seurs de des­sin aux Arts appli­qués don­nait un superbe ensei­gne­ment qui se ramas­sait en une seule phrase : « À chaque ins­tant votre des­sin est fini. » 

En règle géné­rale, dans un cours de des­sin, on vous indique le temps dont vous dis­po­sez. Cinq minutes, une heure, quatre heures, ou plu­sieurs séances. Avec lui, non. Il fal­lait com­men­cer par l’essentiel et res­ter sur l’essentiel. Dès que le fusain tou­chait le papier, et à chaque trait, l’urgent était l’essentiel. Un « essen­tiel » qu’il appar­te­nait à cha­cun de décou­vrir. Puis de s’y main­te­nir. Sur la brèche, sur la ligne de crête, pre­mière ligne, ligne de feu, ligne de par­tage des eaux. Ain­si, à chaque ins­tant, le des­sin peut s’arrêter. L’important est dans chaque ins­tant de la ligne. Pas dans la fin. Ni dans le début. Mais dans le trait, dans le chemin.

Quel sage pour­rait ain­si des­si­ner sa vie ? Qu’à chaque ins­tant la vie puisse être inter­rom­pue et qu’à chaque ins­tant elle soit « essen­tielle » ? Tou­jours prête à la halte et prête à s’en aller. 

Nous croyons pour­suivre un but, nous croyons que le trait, comme un che­min, nous conduit vers un but. 

Or il n’y a pas de but. Le but c’est le chemin. 

Le but n’est rien, le che­min est tout. 

Dans le che­min il y a tous les pos­sibles, alors que dans le but, il n’y a que le but. 

Être en che­min, voi­là le but. 

Être n’est pas le but. Il n’y a pas d’Être que d’être en chemin… »

Daniel Mer­met

 
Daniel est un homme impor­tant pour moi : depuis 2004, à tra­vers Là-bas si j’y suis et aus­si à tra­vers quelques conver­sa­tions, il me trans­forme pro­fon­dé­ment, en bien je crois.

C’est vrai qu’on n’est pas (encore) très nom­breux, à défendre un pro­ces­sus consti­tuant popu­laire, ouvert à vrai­ment tous les êtres humains ; c’est vrai qu’on n’ar­rive pas encore à rendre le monde meilleur ; mais on est en marche, on est ensemble, autant que pos­sible, autour d’une idée ori­gi­nale et radi­cale, on se trans­forme ensemble, on apprend ensemble qu’on est capables d’é­crire nous-mêmes notre consti­tu­tion, et on pro­gresse, mal­gré les calom­nies et les dif­fi­cul­tés, on fait de notre mieux pour être de plus en plus nom­breux à cher­cher à ser­vir nous-mêmes le bien com­mun, sans accep­ter les cari­ca­tures des poli­ti­ciens qui font de celui qui n’est pas d’ac­cord un adver­saire à vaincre.

Ne déses­pé­rez pas d’être petit. Tout ce qui est grand a com­men­cé par être petit.

Fais ce que tu dois, et advienne que pourra.

Étienne.

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Fil FB cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​6​5​2​2​1​6​9​3​2​317

[CORRUPTION GÉNÉRALE DE L’UE] Osons causer : 10 FAITS qui montrent comment LES MULTINATIONALES ACHÈTENT LA POLITIQUE EUROPÉENNE

Ne ratez pas ce tra­vail remar­quable de l’é­quipe Osons Cau­ser sur la CORRUPTION GÉNÉRALISÉE qui règne au sein de la pré­ten­due « Union européenne » :

10 FAITS qui montrent comment LES MULTINATIONALES ACHÈTENT LA POLITIQUE EUROPÉENNE :

httpv://youtu.be/3gv7jxCtnpk

Nous devrions sou­te­nir ces jeunes gens du mieux que nous pou­vons, je trouve : https://​www​.tipeee​.com/​o​s​o​n​s​–​c​a​u​ser

Est-ce que la retrans­crip­tion de cette vidéo existe ?

[Edit 2 novembre, 21 h : la retrans­crip­tion n’exis­tait pas ce matin, mais Julie s’en est occu­pée toute la jour­née, la voi­ci, mer­ci à elle ! 🙂 ]

Retrans­crip­tion de la vidéo de l’équipe OSONS CAUSER : 

10 faits qui montrent comment les multinationales achètent la politique européenne

http://​osons​cau​ser​.com/​1​0​–​f​a​i​t​s​–​m​o​n​t​r​e​n​t​–​m​u​l​t​i​n​a​t​i​o​n​a​l​e​s​–​a​c​h​e​t​e​n​t​–​p​o​l​i​t​i​q​u​e​–​e​u​r​o​p​e​e​n​ne/

“Wesh Wesh les amis ! 

Alors aujourd’hui, on va par­cou­rir ensemble 10 faits qui montrent que les mul­ti­na­tio­nales achètent la poli­tique européenne.

Alors, l’Union euro­péenne c’est très loin, c’est à Bruxelles, on connaît pas trop, on n’a pas l’impression, le sen­ti­ment clair, de l’influence que ça a sur nos vies, mais pour­tant les poli­tiques déci­dées à l’Union euro­péenne eh bien elles façonnent tout le cadre de toutes les lois de tous les pays membres et ça fait 500 mil­lions de personnes.

Donc ça a énor­mé­ment de consé­quences, les déci­sions qui sont prises à Bruxelles.

Et en ce moment, l’Europe, l’Union euro­péenne, est très contro­ver­sée, il y a de plus en plus de gens qui ont envie de se bar­rer, ne se recon­naissent plus dans les déci­sions euro­péennes, et il y en a d’autres qui croient encore au pro­jet euro­péen et qui se disent qu’il fau­drait une meilleure Europe, plus d’Europe.

Et nous, on n’avait pas envie de ren­trer dans ce débat, on avait envie de pro­po­ser des faits. Alors, on s’est beau­coup docu­men­té, on a fait un taf de recherches colos­sal, on est allé à Bruxelles, on a ren­con­tré des ONG spé­cia­li­sées, on a beau­coup taf­fé pour jus­te­ment ame­ner des faits, pour que tout le monde ait un idée claire de com­ment ça se passe, com­ment se passe le pro­ces­sus de déci­sion euro­péen et qui a la main à toutes les étapes, dans les ins­ti­tu­tions déci­sion­naires en Europe.

Et nous, ce qu’on a trou­vé, à l’occasion de ce tra­vail de recherche, c’est que, der­rière la Com­mis­sion, der­rière le Par­le­ment, der­rière l’expertise et à tous les endroits qui font la poli­tique euro­péenne, en réa­li­té, dans le concret, der­rière tout ça, il y a les mul­ti­na­tio­nales qui, avec leur argent achètent des dépu­tés, achètent des com­mis­saires, achètent des fonc­tion­naires, achètent des experts… et donc, en gros, ont la main, façonnent les poli­tiques prises par l’Union européenne.

Donc nor­ma­le­ment à la fin de cette vidéo, quel que soit votre avis sur l’Union euro­péenne, vous aurez des billes, des faits incon­tes­tables pour com­prendre ce qu’est la réa­li­té des déci­sions à Bruxelles.

  • FAIT NUMÉRO 1 : les mul­ti­na­tio­nales achètent des dépu­tés pen­dant leur mandat.

Alors les pre­mières per­sonnes que les mul­ti­na­tio­nales peuvent ache­ter, c’est les dépu­tés euro­péens. Ça a l’air com­plè­te­ment fou comme ça, c’est vrai que c’est dur à croire, mais vrai­ment, un dépu­té euro­péen, quand il est à Bruxelles ou à Stras­bourg, quand il siège pour l’intérêt géné­ral des 500 mil­lions d’Européens, il peut en même temps occu­per un emploi pri­vé, et donc peut-être, être à la solde d’un employeur qui est une grande multinationale.

Alors, ça s’appelle un conflit d’intérêts : en même temps qu’il est dépu­té et qu’il doit défendre l’intérêt géné­ral, il est en lien avec l’intérêt pri­vé d’une grande boîte.

C’est un peu comme si un arbitre de foot, en même temps qu’il doit arbi­trer “impar­tia­le­ment”, était payé par une des deux équipes… 

Alors, vous pou­vez ima­gi­ner que c’est une pra­tique rare, ou sim­ple­ment faite de quelques dépu­tés un peu lou­foques comme il y en a tou­jours. Mais non pas du tout : il y a un mec qui s’appelle Guy Verhof­stadt qui est un des 5 dépu­tés les plus influents de tout le Par­le­ment, et c’est un ancien pre­mier ministre belge, c’est le pré­sident du groupe par­le­men­taire libé­ral  au Par­le­ment donc c’est un mec qui pèse, qui pèse, qui pèse… Et ce mec-là, il a 9 autres tafs en plus que dépu­té c’est à dire qu’il a 9 cas­quettes, c’est une col­lec­tion, le mec se met bien. Et par­mi ces 9 cas­quettes, il est payé plus de 10.000 € par mois par un de plus gros fonds d’investissement belge qui s’appelle Sofi­na. Alors ça qu’est-ce que ça veut dire ? 

Ça veut dire que, quand il vote le Mr Verhof­stadt, quand il doit régu­ler la finance, est-ce qu’il a la cas­quette de l’intérêt géné­ral des 500 mil­lions d’européens ? ou est-ce qu’il a la cas­quette du fonds d’investissement finan­cier belge Sofi­na ? Com­ment on va savoir ? Il est com­plè­te­ment en conflit d’intérêts.

Et donc, ce qu’on voit avec cet exemple qui est vrai­ment scan­da­leux, parce que le seul truc qu’il doit faire pour le régu­ler, la “régu­la­tion” de cette double cas­quette, c’est sim­ple­ment de cocher un croix dans un tableau… Vous ver­rez le tableau, c’est tout ce qu’on lui demande ! Il a juste à dire “oui c’est vrai je suis payé par un fonds d’investissement”… Donc, on voit que même des dépu­tés (qui sont les seules per­sonnes qu’on élit dans tout le pro­ces­sus légal euro­péen : il n’y a que pour les dépu­tés qu’on peut voter) et même ces dépu­­tés-là peuvent être ache­tés par des mul­ti­na­tio­nales et avoir en même temps leurs inté­rêts en tête… 

Donc, ça com­mence bien notre Odys­sée par­mi les déci­sions euro­péennes. On voit que les mul­ti­na­tio­nales se mettent très bien.

  • FAIT NUMÉRO 2 : les mul­ti­na­tio­nales dictent jusqu’à ⅓ des amen­de­ments aux députés.

 Le seul taf des dépu­tés euro­péens, c’est de modi­fier la loi. Ça, dans le jar­gon par­le­men­taire, ça s’appelle dépo­ser des amen­de­ments à la loi et ce qu’on a décou­vert dans nos recherches, c’est que les mul­ti­na­tio­nales pou­vaient dic­ter des amen­de­ments aux dépu­tés. C’est-à-dire que les dépu­tés déposent des copiés-col­­lés de pro­po­si­tions des multinationales.

Alors vous allez pen­ser que ça n’arrive jamais, que c’est excep­tion­nel tel­le­ment c’est gros comme une mai­son, mais je vais vous lais­ser avec Lau­ra, une meuf géniale d’une ONG qui s’appelle CIO, Cor­po­rate Europe Obser­va­to­ry, et qui est spé­cia­li­sée jus­te­ment sur l’influence des mul­ti­na­tio­nales sur les déci­sions à Bruxelles. Elle, elle va vous dire dans quelle pro­por­tion ça se passe ce scandale :

Lau­ra : “Ce qu’on observe, c’est : par­fois, on a des dépu­tés qui nous envoient jus­te­ment ces pro­po­si­tions d’amendements, et alors on peut com­pa­rer. C’est à peu près ⅓ des amendements.”

Un tiers ! Mais c’est colos­sal, parce que le tra­vail des dépu­tés, c’est nor­ma­le­ment d’amender en ayant en tête l’intérêt géné­ral des 500 mil­lions d’européens, et là, ce qu’on voit, c’est qu’une fois sur trois, ils font leur tra­vail en reco­piant tex­to des mesures et des sou­haits des lob­bies et des grandes multinationales.

Est-ce que c’est vrai­ment ça, notre idée de la démocratie ?

  • FAIT NUMÉRO 3 : les mul­ti­na­tio­nales achètent des com­mis­saires euro­péens : le pou­voir d’une pro­messe d’embauche.

On a par­lé des dépu­tés euro­péens qui sont un peu comme le Par­le­ment en Europe. Main­te­nant on va par­ler de la Com­mis­sion euro­péenne. Ça, c’est un peu comme un gou­ver­ne­ment et les com­mis­saires euro­péens sont un peu comme des ministres : c’est eux qui s’occupent tech­ni­que­ment des sujets.

Alors, ces com­mis­saires euro­péens, les grandes entre­prises ne peuvent pas direc­te­ment les ache­ter, c’est inter­dit : on ne peut pas employer en même temps un com­mis­saire quand il est en fonction. 

Alors là, l’astuce, c’est de leur pro­mettre un emploi dans le futur. 

Alors, je vais vous lais­ser avec le plus grand lob­byiste amé­ri­cain des années 80–90, Jack Abra­moff, qui explique très bien com­ment pro­mettre un emploi, c’est déci­sif pour se mettre dans la poche toute l’action d’un fonctionnaire :

Jack Abra­moff (ancien lob­byiste au Sénat américain) : 

«”Quand vous aurez fini de tra­vailler pour l’administration, nous aime­rions beau­coup que vous envi­sa­giez de tra­vailler avec nous.” Au moment où un de mes col­lègues ou moi avions pro­non­cé ces mots, c’était plié. On les tenait ! Et qu’est-ce que ça veut dire ? Chaque requête venant de chez nous ou d’un de nos clients, tout ce qu’on vou­lait, ils allaient le faire.

Et, mieux que ça, ils allaient pen­ser à faire des choses qu’on n’aurait pas ima­gi­nées nous-mêmes…»

Au niveau euro­péen, cette pra­tique est hyper cou­rante. Par exemple, dans la der­nière Com­mis­sion euro­péenne, donc le der­nier gou­ver­ne­ment, il y a énor­mé­ment de ministres qui sont pas­sés dans le pri­vé, on y a consa­cré une vidéo entière pour mon­trer tout ça.( cf. “Pour­quoi les mul­ti­na­tio­nales achètent nos diri­geants ?”)

Il y a le pré­sident de la Com­mis­sion Bar­ro­so (José Manuel Bar­ro­so) qui est pas­sé chez Gold­man Sachs, il y a la Com­mis­saire à la concur­rence (Nee­lie Kroes) qui est pas­sée chez Uber et il y a la Com­mis­saire au cli­mat (Connie Hede­gaard) qui est pas­sée chez Volkswagen… 

Donc, on voit qu’il a énor­mé­ment de sus­pi­cion de conflit d’intérêts. Encore une fois, comme on leur a pro­mis un emploi dans une boîte pri­vée, et bien on peut se deman­der si les Com­mis­saires euro­péens défen­daient les inté­rêts de tous les Euro­péens ou les inté­rêts de leur futur employeur.

  • FAIT NUMÉRO 4 : les mul­ti­na­tio­nales achètent les fonc­tion­naires euro­péens : pro­messe d’embauche (bis).

Alors, on avait les Com­mis­saires qui sont un peu comme les poli­tiques du gou­ver­ne­ment, c’est nos ministres un peu, et donc, à Bruxelles, il y a aus­si les fonc­tion­naires à la Com­mis­sion euro­péenne. Et ces fonc­tion­naires, ils sont très impor­tants parce qu’ils res­tent en poste plus long­temps : ils peuvent être fonc­tion­naires par­fois pen­dant 10 ans ou 15 ans à la même direc­tion géné­rale, donc il connaissent très très bien les dossiers.

Et ces fonc­tion­naires, les mul­ti­na­tio­nales ont aus­si inté­rêt à les cibler, et là, vous allez voir que c’est exac­te­ment le même fonc­tion­ne­ment qu’avec les Com­mis­saires : ils leur pro­mettent des emplois, et c’est même pire que les pro­messes d’emploi parce qu’à Bruxelles, les car­rières entre lob­bies pri­vés et fonc­tion publique de la Com­mis­sion sont com­plè­te­ment poreuses. D’après l’association CIO, il y a envi­ron la moi­tié des fonc­tion­naires de la Com­mis­sion euro­péenne à Bruxelles qui sont d’anciens ou de futurs lob­byistes pri­vés, et donc, on voit que leurs inté­rêts sont exces­si­ve­ment mêlés.

Si vous vou­lez un exemple, par exemple il y a Tobias McKen­ney. Alors, ce mec-là a bos­sé pen­dant long­temps sur la pro­prié­té intel­lec­tuelle et le copy­right à la Direc­tion géné­rale du mar­ché inté­rieur dans la fonc­tion publique de Bruxelles. 

Et après il a été embau­ché direc­teur Europe de la pro­prié­té intel­lec­tuelle par Google !

Donc, est-ce que ces gens qui vont être bien­tôt embau­chés par des entre­prises pri­vées qui vont tri­pler leur salaire, est-ce que ces gens vont régu­ler la pro­prié­té intel­lec­tuelle, le char­bon, les OGM avec l’intérêt géné­ral en tête ou avec l’intérêt de leur futur employeur ?

Je sais pas, enfin moi, j’en doute pas mal, et je pense que ça, ça nous montre aus­si que jusque dans les rouages fins de la fonc­tion publique bruxel­loise, les mul­ti­na­tio­nales arrivent à ache­ter des décisions.

  • FAIT NUMÉRO 5 : les experts “indé­pen­dants” sont payés par des multinationales.

Avant chaque pro­jet de loi, la Com­mis­sion euro­péenne nomme un groupe d’experts.

Et ce qu’il faut com­prendre, c’est que ce groupe d’experts, il a un rôle très impor­tant : c’est lui qui va défri­cher le domaine et poser le pro­blème que va tâcher de résoudre la loi.

Et les mul­ti­na­tio­nales, évi­dem­ment, elles se glissent dans ce groupe d’experts pour le façon­ner à leur guise.

Ces groupes d’experts, ils sont com­po­sés de fonc­tion­naires euro­péens ou des pays natio­naux, de repré­sen­tants d’intérêts indus­triels (lob­bies) ou de la socié­té civile (ONG) et sur­tout de plein d’experts “indé­pen­dants” qui sont sou­vent des chercheurs.

Et en fait, si on regarde dans le détail, ces experts indé­pen­dants ne sont pas si indé­pen­dants que ça : ils sont direc­te­ment finan­cés par des mul­ti­na­tio­nales et des lobbies.

Exemple : le cas du gaz de schiste. Par exemple, si l’on prend le groupe d’experts qui s’est réuni sur la ques­tion du gaz de schiste, on remarque que 70% des gens qui le com­posent sont payés direc­te­ment par des indus­tries gazières ! Et si on regarde plus pré­ci­sé­ment les “experts indé­pen­dants” qui repré­sentent des cher­cheurs, ou l’Université, “l’Académie”, eux sont presque ⅔ à être payés direc­te­ment par les indus­tries gazières !

Alors ça, c’est très impor­tant, ce finan­ce­ment de l’expertise dans les groupes d’experts par les mul­ti­na­tio­nales, parce que, dans le cas du gaz de schiste, ça contri­bue à chan­ger com­plè­te­ment le pro­blème que va chan­ger la loi et la direc­tive : la loi, au lieu de se deman­der si les gaz de schiste c’est bon ou non pour l’environnement et l’économie euro­péenne, c’est pas du tout ça que s’est posé comme pro­blème la loi : le pro­blème c’était “com­ment bien extraire du gaz de schiste ?”… 

Donc on voit que, impli­ci­te­ment, le gaz de schiste était acquis, ce qui est nor­mal si on finance plus de 70% des membres du groupe d’experts… Donc, on voit avec cet exemple du groupe d’experts, qu’avant même la loi, tout au début, quand on dis­cute de quel est le pro­blème ? Quelle est la pro­blé­ma­tique ? Eh bien, déjà là, les mul­ti­na­tio­nales ont la main sur les déci­sions de l’Europe.

  • FAIT NUMÉRO 6 : les mul­ti­na­tio­nales financent des lob­bies déguisés.

On a vu que les mul­ti­na­tio­nales, elles arri­vaient à faire pas­ser leurs inté­rêts jusqu’au groupe d’experts et aux experts cen­sés être indépendants.

Là, ce qu’on va voir, c’est qu’elles font pareil dans des ins­ti­tu­tions qui sont cen­sées être des trucs de recherches “neutres” et qui n’ont rien à voir avec des méchants lob­bies industriels.

Alors, si vous vou­lez un exemple, parce qu’il faut bien prendre l’exemple pour com­prendre cette affaire : est-ce que vous connais­sez l’Institut Euro­péen pour l’Hydratation ? L’European Hydra­tion Ins­ti­tute ? J’imagine que non. Pour­tant c’est un lieu for­mi­dable qui a pour mis­sion de pro­mou­voir le savoir concer­nant l’hydratation humaine dans dif­fé­rents domaines.

Donc ce truc a l’air génial, il va nous apprendre qu’il faut bien boire de l’eau…

Alors cet ins­ti­tut, il a été finan­cé à hau­teur de 6,6 mil­lions d’eu­ros par Coca Cola et, évi­dem­ment il va pro­duire des recherches qui conviennent à l’intérêt de Coca Cola.

Alors, la der­nière en date, elle est drôle, elle date de 2016. C’est une étude qui montre que des bois­sons caféi­nées peuvent être uti­li­sées aus­si bien que l’eau pour se réhy­dra­ter après l’effort. Vous avez déjà vu des gens boire expres­so sur expres­so après avoir cou­ru un mara­thon ? Moi jamais. Mais évi­dem­ment, ça convient à Coca puisque Coca, c’est des bois­sons caféi­nées qui sont cen­sées te “réhy­dra­ter”. Et donc on voit que cette “fausse science”, elle est uti­li­sée pour que les indus­triels pro­duisent des études qui mettent en avant leurs pro­duits et leurs intérêts.

Et, est-ce que cet ins­ti­tut euro­péen pour l’hydratation figure dans le registre des lobbies ? 

Nous, on est allé voir et on voit que non ! 

Donc, les mul­ti­na­tio­nales ont une autre manière d’influencer les déci­sions, c’est de pro­duire plein d’études, plein d’études qui conviennent à leurs inté­rêts, comme a fait coca Cola avec cette étude pour­rie sur les bois­sons caféi­nées, pour pro­duire plein d’études qui vont dans leurs inté­rêts et des études qui ne sont même pas per­çues comme des lob­bies qui influencent les décisions. 

Donc, on voit, si on va dans le détail de l’expertise, que les mul­ti­na­tio­nales appro­fon­dissent et appro­fon­dissent la main­mise qu’elles ont sur les déci­sions européennes.

  • FAIT NUMÉRO 7 : les mul­ti­na­tio­nales influencent les résul­tats de la science en la finançant.

On a vu que les mul­ti­na­tio­nales elles arri­vaient déjà à payer des experts indé­pen­dants, à payer des ins­ti­tu­tions de “recherche indé­pen­dante” pour façon­ner les poli­tiques selon leurs inté­rêts, mais ce qu’elles font, et ça c’est plus dur à docu­men­ter, c’est que les mul­ti­na­tio­nales paient direc­te­ment de la recherche. Elles paient direc­te­ment des uni­ver­si­tés, des cher­cheurs, des pro­grammes académiques.

Alors ça, c’est dif­fi­cile à voir, parce qu’il y a beau­coup beau­coup de recherches et beau­coup beau­coup de types de finan­ce­ments pri­vés. Mais il y a des gens (PLOS) en 2013 qui ont fait une méta ana­lyse, c’est-à-dire qui ont regar­dé toutes les recherches pro­duites sur un sujet. Et ils ont remar­qué que, quand une recherche était payée par l’industrie du sucre, c’est-à-dire Coca, Pep­si, etc., quand une recherche était payée par l’industrie des bois­sons sucrées, elles avaient 5 fois moins de chance de prou­ver qu’il y avait un lien entre la consom­ma­tion de bois­sons sucrées et l’obésité, comme par hasard.

Et donc, on voit avec cet exemple que c’est prou­vé : quand une mul­ti­na­tio­nale finance des recherches, eh bien, sou­vent, elle le fait avec son angle de vue. Il y a beau­coup plus de chance qu’une recherche finan­cée par une mul­ti­na­tio­nale trouve des résul­tats qui cor­res­pondent aux inté­rêts de cette multinationale.

Donc là, ce qu’on voit, c’est qu’une autre manière d’acheter les poli­tiques euro­péennes, c’est d’influencer très très très en amont la recherche scien­ti­fique en payant des études favo­rables à leurs intérêts.

  • FAIT NUMÉRO 8 : les mul­ti­na­tio­nales paient les experts des agences de régu­la­tion et de contrôle.

En plus de la Com­mis­sion et du Par­le­ment en Europe, il y a d’autres organes qui prennent des déci­sions, c’est les agences de régu­la­tion qui sont char­gées d’examiner si un médi­ca­ment ou des pro­duits qu’on consomme tous les jours sont ris­qués, et elles prennent ces déci­sions en regar­dant la recherche. 

Et donc, on a vu, si on reprend notre exemple du sucre, que, quand des mul­ti­na­tio­nales finan­çaient direc­te­ment des recherches, ces recherches avaient des chances de trou­ver des résul­tats qui les arrangent, c’est-à-dire qui montrent que le sucre ne cause pas l’obésité.

Alors évi­dem­ment, il y a beau­coup de recherches qui montrent que si l’on consomme beau­coup de sucre, on a des chances de gros­sir, c’est sûr, mais comme les mul­ti­na­tio­nales en financent d’autres, ça jette le doute : il y a des études qui montrent que oui, et d’autres qui montrent que non. 

Et en 2010, l’agence de sécu­ri­té ali­men­taire euro­péenne (EFSA : Euro­pean Food Safe­ty Autho­ri­ty) elle a dû se poser la ques­tion s’il fal­lait mettre une limite maxi­male dans la dose de sucre de nos pro­duits. Et qu’est-ce qu’elle a conclu ? Elle a conclu que les “preuves” n’étaient pas suf­fi­santes pour éta­blir un lien entre consom­ma­tion de sucre et obésité…

Alors, on peut se dire que c’est sim­ple­ment parce que, dans la recherche, il y a un peu des deux puisque les mul­ti­na­tio­nales paient, mais en fait ça va plus loin, parce que, quand on exa­mine le groupe de l’agence de sécu­ri­té ali­men­taire qui a pris cette déci­sion, sur les 21 membres de ce groupe, 19 étaient payés par les com­pa­gnies d’a­gro indus­trie du sucre !

Et donc, on voit que les mul­ti­na­tio­nales, non contentes de semer le doute en ache­tant des recherches qui aillent dans leurs inté­rêts, et bien elles vont jusqu’à payer les mecs qui vont déci­der si un médi­ca­ment est bon ou pas ou si les pro­duits sont bons ou pas.

Donc, à tous les niveaux, jusque dans nos vies, dans ce qu’on consomme, les mul­ti­na­tio­nales font tout pour que les déci­sions euro­péennes aillent dans leur intérêt.

  • FAIT NUMÉRO 9 : les mul­ti­na­tio­nales dépensent des sommes colos­sales en lobbying.

Donc, on a vu que, libre­ment, les mul­ti­na­tio­nales pou­vaient payer des gens à toutes les étapes du pro­ces­sus de déci­sion euro­péen, depuis la science jusqu’aux amen­de­ments au Parlement. 

Mais, pour bien com­prendre jusqu’où les mul­ti­na­tio­nales ont des moyens et dépensent de l’argent pour influen­cer les poli­tiques, il faut aus­si inclure le lobbying.

Le lob­bying, c’est toutes les dépenses faites par des mul­ti­na­tio­nales pour, en fait, faire le lien entre des déci­deurs qu’elles vont payer et des études qu’elles pro­duisent. Et ça tout ce liant ça repré­sente des sommes colos­sales.  Au bas mot, c’est les esti­ma­tions basses, il y a 1,5 mil­liard, 1,5 mil­liard d’euros qui sont dépen­sés par les mul­ti­na­tio­nales euro­péennes en lob­bying à Bruxelles.

Elles emploient au mini­mum du mini­mum 25.000 per­sonnes rien que dans la capi­tale à Bruxelles. Et ça, ça repré­sente qua­si­ment 1 lob­byiste par fonc­tion­naire puisqu’il y a 33.000 fonc­tion­naires euro­péens. Donc, il y a un mar­quage à la culotte.

C’est eux qui vont les influen­cer, leur don­ner des petites bro­chures le matin, juste la veille d’une déci­sion ou d’une réunion qu’ils doivent avoir. C’est eux qui vont aller influen­cer tout dou­ce­ment toutes les per­sonnes qu’elles ne peuvent pas ache­ter. C’est ces lob­byistes qui vont aller ache­ter les contrats, et se mettre dans la poche, et payer des confé­rences à tous les cher­cheurs, les experts et les fonc­tion­naires dont on a par­lé pré­cé­dem­ment dans cette vidéo.

Et ça, ces dépenses colos­sales ne sont abso­lu­ment pas enca­drées, il n’y a pas, il n’y a pas de régu­la­tion. On demande sim­ple­ment dans cer­tains cas très par­ti­cu­liers aux lob­byistes de se décla­rer dans un registre mais c’est tout.

Et donc, on voit que Bruxelles et la poli­tique de l’Union euro­péenne est extrê­me­ment poreuse aux influences des mul­ti­na­tio­nales et aux mil­lions, et aux mil­liards même, qu’elles sont prêtes à dépen­ser. Et donc on voit que, fina­le­ment, c’est pas ano­din, si dans plein de déci­sions euro­péennes on a l’impression que l’intérêt géné­ral est très très loin des pré­oc­cu­pa­tions des déci­deurs et que ces déci­deurs ont l’air beau­coup plus proches des mul­ti­na­tio­nales, vu comme ils les bichonnent et vu comme ils les marquent à la culotte.

  • FAIT NUMÉRO 10 : la trans­pa­rence : une fausse solu­tion aux conflits d’intérêts.

Et com­ment c’est contrô­lé, là, tous ces conflits d’intérêts à tous les étages ? Eh bien, pour le per­son­nel euro­péen, on voit, c’est très clair qu’il n’y a aucune volon­té d’y mettre fin, il n’y a aucun contrôle. Les dépu­tés, les fonc­tion­naires, ils ne risquent rien si ils sont en train de bos­ser, ou qu’ils vont bos­ser, pour des mul­ti­na­tio­nales : ni amende, ni pri­son, ni d’être viré, rien du tout.

Par exemple, les Dépu­tés, là, ils peuvent bos­ser pen­dant leur man­dat dans des mul­ti­na­tio­nales. Qu’est-ce qu’ils doivent faire ? Ils doivent le noter dans un car­net, ils doivent dire “oui c’est vrai je bosse pour une multinationale”.

Alors ça, c’est com­plè­te­ment absurde, c’est comme s’il y avait un espion qui est un agent double, il bosse en même temps pour la France et les Etats Unis, et la France son employeur il lui dit “Ah mais ça va, tu l’as écrit dans un car­net c‘est tout bon, ok on conti­nue à te payer, on va pas te virer de l’espionnage, on va pas te pour­suivre pour haute tra­hi­son. Sois le bien­ve­nu, conti­nue, on est au cou­rant.” : c’est comme ça que les Dépu­tés sont régu­lés, c’est vrai­ment absurde ! 

Et pour les fonc­tion­naires euro­péens, alors faut bien com­prendre que pour tous les petits fonc­tion­naires de la Com­mis­sion, il y a aucun pro­blème. Ils peuvent être en train de bos­ser sur un dos­sier, ren­con­trer quelqu’un d’une mul­ti­na­tio­nale qui leur dit “Allez arrange-nous et on t’embauche, on te triple ton salaire” et du jour au len­de­main, pas­ser dans la grande mul­ti­na­tio­nale alors qu’ils viennent de prendre une déci­sion sur elle. Il y a aucun pro­blème pour tous les petits fonctionnaires.

Pour les hauts fonc­tion­naires et les Com­mis­saires, alors là, vous allez voir c’est fou.

C’est si ils veulent, tout de suite après la fin de leur man­dat, pas­ser dans une mul­ti­na­tio­nale, alors ils peuvent le faire si c’est pas direc­te­ment sur le sujet qu’ils ont régulé…

Si jamais c’est sur le sujet qu’ils ont régu­lé, alors, ils doivent attendre un an et demi…

S’ils attendent un an et demi, ils font exac­te­ment ce qu’ils veulent… Et s’ils sont pres­sés et qu’ils veulent aller dans la mul­ti­na­tio­nale tou­cher leur gros salaire avant d’attendre ces un an et demi, alors un “Comi­té d’éthique” se réunit. Et ce “Comi­té d’éthique”, c’est des gens proches de la Com­mis­sion, donc en gros leurs copains qui vont regar­der si, “Ah oui oui c’est vrai vous pou­vez ou vous ne pou­vez pas, il y a ou non conflits d’intérêts” et ce Comi­té d’éthique il n’a jamais sévi, il est hyper bienveillant.

Donc, on voit qu’à tous les étages, où il y a plein de conflits d’intérêts à Bruxelles, eh bien il n’y aucune volon­té de lut­ter contre, à Bruxelles on s’en accom­mode très bien, on trouve ça nor­mal qu’on soit Dépu­té et en même temps embau­ché par une mul­ti­na­tio­nale, ou qu’on soit fonc­tion­naire ou Com­mis­saire euro­péen et que tout de suite après, on se fasse embau­cher par une boîte qu’on a régu­lée pour un salaire miro­bo­lant… Ils n’en ont rien à faire.

QUE RETENIR ? QUE FAIRE ?

Bon, après ces 10 faits, qu’on soit en faveur d’une sor­tie de l’Union euro­péenne ou qu’on sou­haite la réfor­mer, il faut prendre acte de l’ampleur, de la pro­fon­deur des conflits d’intérêts et de la puis­sance de l’influence des mul­ti­na­tio­nales sur les déci­sions prises dans l’Union européenne.

Et ça, si on veut recon­qué­rir une démo­cra­tie, en France en Europe ou au Suri­nam ou je ne sais où, la pro­blé­ma­tique du conflit d’intérêts est cen­trale et cruciale.

Il faut qu’on agisse, que les pou­voirs publics et que les citoyens régulent tous ces leviers qu’ont les mul­ti­na­tio­nales pour chan­ger les déci­sions à leur avan­tage, et ça, eh bien il y a plein de solu­tions qui existent, il y a plein d’acteurs, Trans­pa­ren­cy Inter­na­tio­nal, CIO, et plein d’acteurs démo­cra­tiques qui y ont réfléchi. 

Par exemple, un truc impor­tant pour les Dépu­tés, c’est d’interdire d’être en même temps un repré­sen­tant du peuple et de l’intérêt géné­ral de bos­ser pour une entre­prise, d’avoir un emploi pri­vé. Il n’y a aucune rai­son d’être en même temps avo­cat, employé de je ne sais quelle mul­ti­na­tio­nale et Dépu­té. Pen­dant ton man­dat t’es rien du tout et ça ira très bien. C’est une mesure simple.

Il y a une autre mesure simple, c’est de régle­men­ter for­te­ment le pas­sage de la fonc­tion publique à un emploi pri­vé quand c’est dans le même sec­teur que régu­lait le fonc­tion­naire. Si un fonc­tion­naire régule la pêche, il ne peut pas tra­vailler pour une entre­prise de pêche immé­dia­te­ment après son boulot.

Et les experts, les gens des ONG qui ont un peu réflé­chi des­sus, ils pensent qu’un délai mini­mal de 3 ans avant d’occuper un job dans le sec­teur qu’on a régu­lé, c’est le mini­mum. Parce qu’en 3 ans, les dos­siers ont chan­gé, les équipes ont peut-être chan­gé et donc l’information qu’a gagnée le fonc­tion­naire pen­dant son tra­vail public, il ne va pas pou­voir la vendre au pro­fit de son employeur pri­vé. Et donc, par exemple, mettre ce délai de 3 ans c’est le mini­mum du mini­mum pour régu­ler le pas­sage de la fonc­tion publique et de la Com­mis­sion, au privé.

Et troi­sième point, on a beau­coup insis­té sur tous les dom­mages que pou­vaient cau­ser l’expertise et la recherche ou la science payées par des inté­rêts pri­vés. Donc, ça, pour empê­cher toute la confu­sion et tout le doute que sème cette science pri­vée, il y a des choses très simples à faire : il faut pro­mou­voir une exper­tise publique, lui don­ner des moyens, conti­nuer à avoir un finan­ce­ment public de la recherche, l’approfondir, et aus­si exa­mi­ner mais fine­ment, avec beau­coup d’exigence tous les résul­tats de recherches pri­vées. Puisqu’on voit bien s’il y a 5 fois plus de chance quand une recherche est finan­cée par les indus­tries du sucre, de trou­ver que le sucre ne rend pas gros, quand on voit tous ces biais que cause le finan­ce­ment de la recherche, il suf­fi­rait de les contrô­ler et de mettre un label “Atten­tion, cette science c’est d’la merde, c’est payé par des gens qui ont des inté­rêts par­ti­cu­liers dans l’affaire”.

Évi­dem­ment, régu­ler les conflits d’intérêts et contrô­ler cette main­mise des mul­ti­na­tio­nales sur nos déci­sions, ça ne règle­ra pas d’un coup de baguette magique tous les pro­blèmes de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive. Il y aura sûre­ment tou­jours le pro­blème du contrôle des élus, les pro­messes non tenues et l’alternance infi­nie entre des par­tis qui sont en fait les mêmes. 

Il y aura sûre­ment d’autres choses à faire, mais ce qu’on com­prend avec cette vidéo, c’est que, quand un jour, nous autres citoyens, on va se réveiller pour leur bot­ter le cul et conqué­rir enfin une nou­velle Consti­tu­tion pour avoir un pou­voir de tous sur les déci­sions, eh bien le conflit d’intérêts et ce pou­voir qu’ont les mul­ti­na­tio­nales pour cro­quer tou­jours plus les déci­sions qui changent nos vies, eh bien ce sera un des pre­miers trucs à régu­ler et on ne l’oubliera pas !

(Mer­ci beau­coup d’avoir regar­dé cette vidéo. Alors, on s’est essayé à un for­mat un peu par­ti­cu­lier : cette fois, on est allé à Bruxelles, on a ren­con­tré des acteurs, fait des entre­tiens et fait énor­mé­ment de recherches pour trou­ver ces infos et on espère que ça vous a plu. Si ça vous a plu, n’hésitez pas à nous sou­te­nir sur Tipeee parce que nous si on n’a pas vos dons, on ne peut pas sur­vivre, et d’ailleurs, mer­ci à tous les Tipeurs qui sont tou­jours de plus en plus nom­breux, on a hâte de vous che­cker en vrai, et puis évi­dem­ment comme d’habitude si vous kif­fez le taf, n’hésitez pas à liker, à vous abon­ner, parce que sinon on ne se voit pas et c’est quand même moins fun. C’était un plai­sir les copains à très vite, Ciao.)

Osons cau­ser

Rap­pel : vidéo source de ce texte impor­tant : http://​osons​cau​ser​.com/​1​0​–​f​a​i​t​s​–​m​o​n​t​r​e​n​t​–​m​u​l​t​i​n​a​t​i​o​n​a​l​e​s​–​a​c​h​e​t​e​n​t​–​p​o​l​i​t​i​q​u​e​–​e​u​r​o​p​e​e​n​ne/

 
J’in­siste aus­si sur les sources détaillées de cette enquête (ils ont vrai­ment fait du bon bou­lot, ces jeunes gens, pen­sez à les aider, allez) :

SOURCES :

INTRODUCTION SUR LE LOBBYING ET L’INFLUENCE :

[LE POUVOIR DES LOBBIES SUR LES DÉCISIONS] http://​www​.lemonde​.fr/​e​u​r​o​p​e​e​n​n​e​s​–​2​0​1​4​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​4​/​0​5​/​0​7​/​b​r​u​x​e​l​l​e​s​–​l​e​s​–​l​o​b​b​i​e​s​–​a​–​l​a​–​m​a​n​–​u​v​r​e​_​4​4​1​2​7​4​7​_​4​3​5​0​1​4​6​.​h​tml

Cet article et enquête euro­péenne de 2014 illustre, en pre­nant quatre exemples, le pou­voir des lob­bies sur les déci­sions euro­péennes. Il est impor­tant de com­men­cer par là pour com­prendre que les pro­cé­dés d’influence décrits dans la vidéo portent leurs fruits.

[LE LOBBING À BRUXELLES] http://​www​.slate​.fr/​s​t​o​r​y​/​6​9​2​9​7​/​l​o​b​b​y​–​b​r​u​x​e​l​l​e​s​–​v​i​s​i​t​e​–​g​u​i​dee

Excellent article INTRODUCTIF. L’NG Cor­po­rate Eruope Obser­va­to­ry donne une visite gui­dée et com­men­tée du “quar­tier euro­péen” de Bruxelles et de ses nom­breux lob­bies. Tout y passe : le tra­vail concret des lob­bistes, leur nombre, les car­rières, leurs astuces. Un MUST READ si vous vou­lez vous intro­duire à la thématique.

[LA VIDÉO INTRODUCTIVE SUR L’INFLUENCE DES MULTINATIONALES]https://youtu.be/ePJeuyBRf2E

Cette vidéo est extrê­me­ment claire et syn­thé­tique sur les moyens d’influence dont dis­posent les mul­ti­na­tio­nales pour façon­ner les poli­tiques euro­péennes selon leurs inté­rêts. UN MUST SEE.

[ FAIT 1 ] LES MULTINATIONALES ACHÈTENT DES DÉPUTÉS PENDANT LEUR MANDAT

[VERHOFSTADT ET D’AUTRES DÉPUTÉS PAYÉS] http://www.lesoir.be/913007/article/actualite/union-europeenne/2015–06–19/guy-verhofstadt-pointe-du-doigt-pour-potentiels-conflits-d-interets

Un article réca­pi­tu­lant tous les enjeux autour du cas Verhof­stadt et de la pro­blé­ma­tique du conflit d’intérêt. Bonne introduction.

Pour aller plus loin :

[LE RAPPORT DE RÉFÉRENCE SUR LA QUESTION] https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​s​i​t​e​s​/​d​e​f​a​u​l​t​/​f​i​l​e​s​/​f​o​e​e​_​c​e​o​_​l​c​_​–​_​1​5​0​6​_​–​_​w​h​o​s​e​_​r​e​p​r​e​s​e​n​t​a​t​i​v​e​s​_​–​m​e​p​s​_​o​n​_​t​h​e​_​i​n​d​u​s​t​r​y​_​p​a​y​r​o​l​l​f​i​n​a​l​.​pdf

Un rap­port détaillé sur la man­da­ture de 2014. CEO passe au crible les par­le­men­taires et isole une dizaine de cas par­ti­cu­liè­re­ment frap­pant. On y croi­se­ra la bien connue Rachi­da Dati.

[LES DÉPUTÉS MULTICASQUETTES ET LEURS SALAIRES] https://​www​.eur​ac​tiv​.fr/​s​e​c​t​i​o​n​/​e​l​e​c​t​i​o​n​s​–​2​0​1​4​/​n​e​w​s​/​l​e​s​–​f​r​a​n​c​a​i​s​–​s​e​–​d​i​s​t​i​n​g​u​e​n​t​–​p​a​r​–​d​e​s​–​r​e​v​e​n​u​s​–​p​a​r​a​l​l​e​l​e​s​–​e​l​e​v​e​s​–​a​u​–​p​a​r​l​e​m​e​n​t​–​e​u​r​o​p​e​en/

Cet article est tiré d’une enquête de Trans­pa­ren­cy Inter­na­tio­nal sur les décla­ra­tions d’intérêts des dépu­tés euro­péens élus en 2014. Il montre l’ampleur des reve­nus tirés d’autres acti­vi­tés et se concentre par­ti­cu­liè­re­ment sur les cas des dépu­tés fran­çais. Allez y faire un tour, vous y ver­rez d’anciennes connais­sances commes les ministres Dati, Alliot-Marie et Muselier.

[ FAIT 2 ] LES MULTINATIONALES DICTENT JUSQU’À 13 DES AMENDEMENTS AUX DÉPUTÉS

[AMENDEMENTS COPIÉS/COLLÉS] http://​uk​.reu​ters​.com/​a​r​t​i​c​l​e​/​u​k​–​e​u​r​o​p​e​–​l​o​b​b​y​i​n​g​–​i​d​U​K​T​R​E​7​2​H​2​1​M​2​0​1​1​0​318

ANGLAIS Une enquête com­plète de Reu­ters, réa­li­sée en 2011, sur le lob­bying auprès des par­le­men­taires et les amen­de­ments dic­tés par les mul­ti­na­tio­nales. Les décla­ra­tions du dépu­té fran­çais Jean-Paul Gau­zès vaut le détour. Le mec assume com­plè­te­ment reco­pier des amen­de­ments écrits par les lob­bies, OKLM.

Pour aller plus loin :

Pour vous faire une idée des copiés/collés, un site a mené une étude exhaus­tive des amen­de­ments dépo­sés pour la direc­tive sur les liber­tés numé­rique et les don­nées.http://​lob​by​plag​.eu/​i​n​f​l​u​e​nce

[ FAIT 3 ] LES MULTINATIONALES ACHÈTENT LES COMMISSAIRES EUROPÉENS : LE POUVOIR D’UNE PROMESSE D’EMBAUCHE

[COMMISSION EUROPÉENNE ACHETÉE] https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​r​e​v​o​l​v​i​n​g​–​d​o​o​r​s​/​2​0​1​5​/​1​0​/​r​e​v​o​l​v​i​n​g​–​d​o​o​r​s​–​s​p​i​n​–​a​g​ain

ANGLAIS. Pour avoir une idée d’à quel point il est cou­rant pour des mul­ti­na­tio­nales de pro­mettre un emploi aux com­mis­saires euro­péens, jetez un oeil à cette étude de CEO sur la car­rière de membres de la der­nière com­mis­sion Bar­ro­so. Tous les com­mis­saires tra­vaillent main­te­nant pour des entre­prises et, très régu­liè­re­ment, sur des thé­ma­tiques proches de celles qu’ils régu­laient lorsqu’ils étaient en poste à la commission.

Pour aller plus loin :

[COMPRENDRE POURQUOI LES EMBAUCHES : LE CAS GOLDMAN SACHS] http://​www​.fran​cet​vin​fo​.fr/​m​o​n​d​e​/​e​u​r​o​p​e​/​a​v​e​c​–​b​a​r​r​o​s​o​–​g​o​l​d​m​a​n​–​s​a​c​h​s​–​c​o​n​t​i​n​u​e​–​a​–​t​i​s​s​e​r​–​s​a​–​t​o​i​l​e​–​a​u​–​c​o​e​u​r​–​d​u​–​p​o​u​v​o​i​r​_​1​5​4​3​6​1​7​.​h​tml

Cet article est EXCELLENT. En par­cou­rant par le détail la toile que tisse Gold­man Sachs autour du pou­voir euro­péen, on com­prend mieux pour­quoi les mul­ti­na­tio­nales dépensent autant d’argent et d’énergie pour recru­ter d’anciens dirigeants.

[LE DOCUMENTAIRE SUR LES LOBBIES US] https://​you​tu​.be/​C​H​i​i​c​N​0​K​g10

Voi­ci le lien vers le docu­men­taire dont est extraite la cita­tion de Jack Abra­moff. Il est un peu daté mais assez com­plet pour se faire une idée de la réa­li­té du tra­vail de lobbying.

[ FAIT 4 ] LES MULTINATIONALES ACHÈTENT LES FONCTIONNAIRES EUROPÉENS : PROMESSE D’EMBAUCHE BIS

[DES FONCTIONNAIRES ACHETÉS] https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​r​e​v​o​l​v​i​n​g​d​o​o​r​w​a​tch

Ce site est une mine, mais est en ANGLAIS. CEO recense très régu­liè­re­ment les der­niers pas­sages du public au pri­vé et du pri­vé au public de hauts fonc­tion­naires. Vous y trou­ve­rez des dizaines d’exemples pour vous faire une idée de l’ampleur du phénomène.

[ FAIT 5 ] LES EXPERTS “INDÉPENDANTS” SONT PAYÉS PAR LES MULTINATIONALES

[LE GROUPE D’EXPERTS SUR LES GAZ DE SCHISTE] http://multinationales.org/L‑Europe-laisse-la-porte-grande-ouverte-aux-lobbies-du-gaz-de-schiste

Cet article de l’Observatoire des Mul­ti­na­tio­nales, orga­nisme lié à Bas­ta Mag, détaille cette affaire du groupe d’experts sur le gaz de schiste.

Pour aller plus loin :

[LE RAPPORT DE CEO ET AMIS DE LA TERRE] https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​s​i​t​e​s​/​d​e​f​a​u​l​t​/​f​i​l​e​s​/​a​t​t​a​c​h​m​e​n​t​s​/​c​a​r​t​e​_​b​l​a​n​c​h​e​_​f​o​r​_​f​r​a​c​k​i​n​g​_​f​i​n​a​l​.​pdf

Voi­là un rap­port, en ANGLAIS une nou­velle fois, de l’ONG CEO sur le groupe d’expert sur le gaz de schiste et les liens de ses membres avec l’industrie gazière. Ce groupe n’est qu’un exemple illus­tra­tif. Au cours de nos recherches, nous avons ren­con­tré bien d’autres groupes d’experts com­por­tant la même pro­por­tion de membre en conflit d’intérêt.

[L’INFLUENCE DU CHOIX DES EXPERTS SUR LE PROBLÈME POSÉ] https://​blogs​.media​part​.fr/​m​a​x​i​m​e​–​c​o​m​b​e​s​/​b​l​o​g​/​1​5​0​4​1​5​/​g​a​z​–​d​e​–​s​c​h​i​s​t​e​–​p​o​u​r​q​u​o​i​–​j​a​i​–​r​e​n​o​n​c​e​–​p​a​r​t​i​c​i​p​e​r​–​a​u​–​g​r​o​u​p​e​–​d​e​x​p​e​r​t​s​–​d​e​–​l​a​–​c​o​m​m​i​s​s​i​o​n​–​e​u​r​o​p​e​e​nne

Maxime Combes, éco­no­miste d’Attac, a été contac­té pour par­ti­ci­per à ce groupe d’experts sur le gaz de schiste. En voyant le recru­te­ment des autres membres et, sur­tout, les mis­sions don­nés à ce groupe, il a refu­sé de par­ti­ci­per à cette mas­ca­rade. Vous appren­drez dans ce billet de blog que le groupe se don­nait pour mis­sion de réflé­chir aux pro­jets d’extraction, sans tenir aucun compte des enjeux environnementaux.

[ FAIT 6 ] LES MULTINATIONALES FINANCENT DES LOBBIES DEGUISES

[L’INSTITUT POUR L’HYDRATATION] https://www.arretsurimages.net/articles/2016–04–13/Comment-Coca-abreuve-les-etudes-sur-l-hydratation-id8636

Cet article d’Arrêt sur Images est par­fait. Il détaille le scan­dale de cet ins­ti­tut qui habille les inté­rêts de Coca-Cola des appa­rats de la science. L’article détaille les finan­ce­ments de l’institut par Coca, les tech­niques uti­li­sées pour com­mu­ni­quer plus lar­ge­ment et mettre en avant les sodas en les fai­sant pas­ser pour des pro­duits hydratants.

Pour aller plus loin :

[D’AUTRES EXEMPLES DE THINK TANK “ÉCRANS” POUR LES MULTINATIONALES]

Les géants du web financent un “ins­ti­tut de recherche” le ‘Euro­pean Pri­va­cy Ins­ti­tute” :http://​www​.pcworld​.com/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​3​9​2​4​9​/​g​o​o​g​l​e​–​m​i​c​r​o​s​o​f​t​–​a​n​d​–​y​a​h​o​o​–​a​r​e​–​s​e​c​r​e​t​–​b​a​c​k​e​r​s​–​b​e​h​i​n​d​–​e​u​r​o​p​e​a​n​–​p​r​i​v​a​c​y​–​a​s​s​o​c​i​a​t​i​o​n​.​h​tml

Le labo­ra­toire Roche a mon­té en Angle­terre une asso­cia­tion citoyenne contre le can­cer : https://​www​.the​guar​dian​.com/​s​o​c​i​e​t​y​/​2​0​0​6​/​o​c​t​/​1​8​/​c​a​n​c​e​r​c​a​r​e​.​h​e​a​lth

[ FAIT 7 ] LES MULTINATIONALES INFLUENCENT LES RÉSULTATS DE LA SCIENCE EN LA FINANÇANT

[LES MANIPULATIONS DE LA SCIENCE PAR L’INDUSTRIE] http://​jour​nals​.plos​.org/​p​l​o​s​m​e​d​i​c​i​n​e​/​a​r​t​i​c​l​e​?​i​d​=​1​0​.​1​3​7​1​/​j​o​u​r​n​a​l​.​p​m​e​d​.​1​0​0​1​578

Cette “Méta-ana­­lyse” explore les résul­tats scien­ti­fiques obte­nus en cher­chant les liens entre bois­sons sucrées et gain de poids. Cette ana­lyse a per­mis d’identifier  le pou­voir d’influence des finan­ceurs indus­triels sur la qua­li­té de la science. Mer­ci à ces scien­ti­fiques. Sans cet exemple exhaus­tif, on aurait été bien embar­ras­sé pour mon­trer soli­de­ment le pou­voir de l’argent sur la science.

Pour aller plus loin :

[CONFÉRENCE : L’INDUSTRIE UTILISE LE FINANCEMENT DE LA  SCIENCE POUR CRÉER LE DOUTE SELON SES INTÉRÊTS] https://​you​tu​.be/​h​4​t​a​Q​x​Z​1​zg8

Dans cette conf chez Grogle, David Michaels pré­sente son livre magis­tral sur l’utilisation stra­té­gique de la science par les lob­bies du tabac. Cet exemple est par­fait pour com­prendre, par le détail, com­ment et pour­quoi les indus­triels sont prêts à consa­crer des bud­gets immenses pour sim­ple­ment détour­ner l’attention et créer du doute. SI VOUS COMPRENEZ L’ANGLAIS, C’EST PAR LÀ QUE ÇA SE PASSE 🙂

[LE LOBBY DU SUCRE PRIS LA MAIN DANS LE SAC] http://​www​.scien​ce​se​ta​ve​nir​.fr/​s​a​n​t​e​/​l​e​s​–​l​o​b​b​i​e​s​–​d​u​–​s​u​c​r​e​–​a​v​a​i​e​n​t​–​f​i​n​a​n​c​e​–​d​e​s​–​e​t​u​d​e​s​–​p​o​u​r​–​m​i​n​i​m​i​s​e​r​–​l​–​i​m​p​a​c​t​–​s​u​r​–​l​e​s​–​m​a​l​a​d​i​e​s​–​c​a​r​d​i​a​q​u​e​s​_​1​0​4​964

Un article récent d’une revue médi­cale amé­ri­caine prouve, après une enquête appro­fon­die, que l’industrie du sucre a payé, dans les années 60, plu­sieurs cher­cheurs d’Harvard près de 50 000 $ pour qu’ils signent une recherche mini­mi­sant le rôle du sucre sur les mala­dies cardiaques.

[15% DES CHERCHEURS AVOUENT CHANGER L’ORIENTATION DE LEUR RECHERCHE POUR PLAIRE AUX FINANCEURS] http://​pages​.sto​laf​.edu/​r​o​s​s​/​f​i​l​e​s​/​2​0​1​4​/​0​5​/​S​c​i​e​n​t​i​s​t​s​B​e​h​a​v​i​n​g​B​a​d​l​y​.​pdf

Cet article, publié en anglais dans Science en 2014, cherche à mon­trer les “écarts” métho­do­lo­giques des cher­cheurs amé­ri­cains. Il s’appuie sur un son­dage pas­sé en 2002 à des échan­tillons repré­sen­ta­tifs de cher­cheurs amé­ri­cains ( + 3 000 répon­dants). Cette étude montre que le finan­ce­ment est clai­re­ment la source la plus impor­tante de man­que­ments métho­do­lo­giques à la pro­bi­té scien­ti­fique. Plus de 15% des son­dés avouent avoir “chan­gé le plan, la métho­do­lo­gie ou les résul­tats d’une étude sous la pres­sion d’un financeur”.

[ FAIT 8 ] LES MULTINATIONALES PAIENT LES EXPERTS DES AGENCES DE RÉGULATION ET DE CONTRÔLE

[L’AGENCE DE SÉCURITÉ ALIMENTAIRE]

Une vidéo très bien faite :https://​you​tu​.be/​I​n​v​3​i​X​5​r​hpo

Le rap­port de CEO (en ANGLAIS) : https://​cor​po​ra​teeu​rope​.org/​e​f​s​a​/​2​0​1​3​/​1​0​/​u​n​h​a​p​p​y​–​m​e​a​l​–​e​u​r​o​p​e​a​n​–​f​o​o​d​–​s​a​f​e​t​y​–​a​u​t​h​o​r​i​t​y​s​–​i​n​d​e​p​e​n​d​e​n​c​e​–​p​r​o​b​lem

Vous trou­ve­rez dans ce rap­port et cette vidéo les nom­breux conflits d’intérêts que ren­contre l’agence de sécu­ri­té ali­men­taire euro­péenne. Encore une fois, nous avons pris l’exemple de l’EFSA, mais nous aurions pu par­ler de l’agence du médi­ca­ment (EMA) qui, elle aus­si, était épin­glée en 2012 pour ces conflits d’intérêts par la Cour des comptes européenne.

Pour aller plus loin :

Le rap­port en ANGLAIS SUR l’EFSA  ici :http://​www​.eca​.euro​pa​.eu/​L​i​s​t​s​/​N​e​w​s​/​N​E​W​S​1​2​1​0​_​1​1​/​N​E​W​S​1​2​1​0​_​1​1​_​E​N​.​PDF

Un article mon­trant les mêmes logiques à l’OMS (Orga­ni­sa­tion mon­diale de la san­té) :http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/26/l‑oms-sous-influence-de-l-industrie-pharmaceutique_1324720_3244.html

[ FAIT 9 ] LES MULTINATIONALES ENGAGENT DES DÉPENSES COLOSSALES EN LOBBYING

[LOBBIES TROP PEU RÉGULÉS] http://​www​.trans​pa​ren​cyin​ter​na​tio​nal​.eu/​w​p​–​c​o​n​t​e​n​t​/​u​p​l​o​a​d​s​/​2​0​1​6​/​0​6​/​J​o​i​n​t​–​l​e​t​t​e​r​–​L​o​b​b​y​i​s​t​s​–​f​o​r​–​t​r​a​n​s​p​a​r​e​n​t​–​l​o​b​b​y​i​n​g​.​pdf

Quoi de mieux qu’une lettre ouverte de lob­byistes se plai­gnant de la trop faible régu­la­tion de leur pro­fes­sion à Bruxelles ? Cette lettre (en ANGLAIS) de juin 2016 décrit la fai­blesse de l’encadrement des acti­vi­tés de lob­bying et de “rela­tions publiques” autour des ins­ti­tu­tions euro­péennes. Elle demande, notam­ment, à ce que l’inscription dans le registre soit obli­ga­toire et recouvre un panel plus large d’activités.

Pour aller plus loin :

[LA COMMISSION REFUSE DE DÉVOILER SES LIENS AVEC LES LOBBIES DU TABAC] http://​www​.eur​ac​tiv​.fr/​s​e​c​t​i​o​n​/​a​f​f​a​i​r​e​s​–​p​u​b​l​i​q​u​e​s​/​n​e​w​s​/​l​a​–​c​o​m​m​i​s​s​i​o​n​–​r​e​f​u​s​e​–​d​e​–​l​e​v​e​r​–​l​e​–​v​o​i​l​e​–​s​u​r​–​l​e​–​l​o​b​b​y​i​n​g​–​d​u​–​t​a​b​ac/

Whao ! EN 2016, la média­trice euro­péenne, s’appuyant sur des conven­tions signées à l’ONU, a deman­dé à la Com­mis­sion Euro­péenne de divul­guer le détails des liens entre les membres de ses ser­vices et les repré­sen­tants de l’industrie du tabac. La Com­mis­sion a refu­sé la trans­pa­rence, au grand dam de la démo­cra­tie. Affligeant….

[ARTICLE SOMPTUEUX SUR LES LOBBYISTES] http://​www​.nytimes​.com/​2​0​1​3​/​1​0​/​1​9​/​w​o​r​l​d​/​e​u​r​o​p​e​/​l​o​b​b​y​i​n​g​–​b​o​n​a​n​z​a​–​a​s​–​f​i​r​m​s​–​t​r​y​–​t​o​–​i​n​f​l​u​e​n​c​e​–​e​u​r​o​p​e​a​n​–​u​n​i​o​n​.​h​t​m​l​?​_​r=1

Cet article, mal­heu­reu­se­ment en ANGLAIS, est excellent. Fon­dé sur une enquête à pro­pos d’un grand cabi­net de lob­bying, l’article décrit, de l’intérieur,  les pra­tiques et les enjeux des lob­byistes. Il montre à quel point les car­rière, les agen­das et les infor­ma­tions des fonc­tion­naires euro­péens et des indus­triels doivent s’entremêler.

[ FAIT 10 ] LES FAIBLESSES DE LA RÉGULATION DES CONFLITS D’INTÉRÉT : LA FAUSSE SOLUTION DE LA TRANSPARENCE

[LE RIDICULE CODE DE CONDUITE DES DÉPUTÉS EUROPÉENS] a href=« http://​www​.euro​parl​.euro​pa​.eu/​p​d​f​/​m​e​p​s​/​2​0​1​3​0​5​_​C​o​d​e​_​o​f​_​c​o​n​d​u​c​t​_​F​R​.​pdf » tar­get=« _blank »>http://​www​.euro​parl​.euro​pa​.eu/​p​d​f​/​m​e​p​s​/​2​0​1​3​0​5​_​C​o​d​e​_​o​f​_​c​o​n​d​u​c​t​_​F​R​.​pdf

Je ne sais pas quoi dire, il parle pour lui-même. Le conflit d’intérêt est dif­fi­cile à consti­tuer, le comi­té char­gé d’y veiller est “consul­ta­tif”, le juge en la matière est lui-même dépu­té et les sanc­tions n’existent qua­si­ment pas. Bref, c’est une BLAGUE ! 🙂 

Pour nous sou­te­nir, mer­ci 🙂 http://​bit​.ly/​t​i​p​e​e​e​o​s​o​n​s​c​a​u​ser

Source (des sources détaillées) : OSONS CAUSER, http://​osons​cau​ser​.com/​1​0​–​f​a​i​t​s​–​m​o​n​t​r​e​n​t​–​m​u​l​t​i​n​a​t​i​o​n​a​l​e​s​–​a​c​h​e​t​e​n​t​–​p​o​l​i​t​i​q​u​e​–​e​u​r​o​p​e​e​n​ne/

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Comme cerise sur ce gâteau de la CORRUPTION EUROPÉENNE CRASSE, je rap­pelle que TOUS les fonc­tion­naires euro­péens béné­fi­cient d’une IMMUNITÉ JUDICIAIRE À VIE pour tous les actes qu’ils ont com­mis pen­dant leurs fonc­tions (WTF!).

Cha­cun se demande évi­dem­ment à quoi sert ce droit exor­bi­tant, que même les pires dic­ta­teurs n’ac­cordent jamais qu’à leur seule famille. Même dans les pires régimes, on n’a jamais vu ain­si pro­té­ger toute l’administration…

Voyez ceci :

Les Eurocrates tout-puissants : l’information clé que Verheugen oublie de vous dire !

Franck Biancheri

Il lui fau­dra cer­tai­ne­ment encore une ou deux années de plus pour recon­naître que sa poli­tique de sou­tien à l’élargissement à la Tur­quie[1], c’était éga­le­ment une poli­tique écrite par ses prin­ci­paux bureaucrates.

Pour Newro­peans, et un nombre sub­stan­tiel de citoyens euro­péens, c’est une évi­dence depuis de nom­breuses années et c’est d’ailleurs pour cette rai­son que Newro­peans a choi­si de faire de la démo­cra­ti­sa­tion de l’UE sa prio­ri­té poli­tique pour la décen­nie à venir. C’est aus­si pour cela que le mou­ve­ment a choi­si de pla­cer en pre­mière place de son pro­gramme pour les élec­tions euro­péennes de 2009 une réforme essen­tielle pour stop­per la dérive bureau­cra­tique du pro­jet euro­péen : sup­pri­mer l’immunité judi­ciaire à vie dont béné­fi­cient les fonc­tion­naires des ins­ti­tu­tions européennes.

Oui, vous avez bien lu : aucun tri­bu­nal dans l’Union euro­péenne ne peut sanc­tion­ner les dérives des fonc­tion­naires euro­péens inter­ve­nues dans le cadre de leur fonc­tion, et cette pro­tec­tion leur est accor­dée à vie. Vous trou­ve­rez tout le détail dans l’annexe d’un Trai­té euro­péen de 1965 qui a accor­dé ce pri­vi­lège exor­bi­tant[2].

Je me per­mets d’insister car c’est tel­le­ment énorme qu’on peut faci­le­ment mal com­prendre l’information : ceux qui béné­fi­cient de cette immu­ni­té à vie, ce ne sont pas les Com­mis­saires euro­péens comme Verheu­gen, nom­més par les gou­ver­ne­ments, ni les dépu­tés euro­péens de Stras­bourg que nous éli­sons. Non, ceux là ont une immu­ni­té poli­tique clas­sique, comme dans les Etats membres, qui ne dure que le temps de leur fonc­tion (5 ans). Ceux qui béné­fi­cient de cette immu­ni­té, ce sont les fonc­tion­naires, qui res­tent en poste géné­ra­le­ment une tren­taine d’années ! Et de toute façon, elle leur est accor­dée jusqu’à leur mort !

Aucun régime démo­cra­tique dans l’Histoire n’a accor­dé un tel pri­vi­lège à ses bureau­crates. Même les dic­ta­tures concentrent les immu­ni­tés à vie sur la per­sonne du dic­ta­teur ou de ses plus proches sbires. En tout cas, ces mêmes dic­ta­tures nous enseignent quelque chose d’utile pour com­prendre où se trouve le vrai pou­voir à Bruxelles : ces immu­ni­tés à vie ne s’attribuent qu’à ceux qui ont vrai­ment le pou­voir, et tout le pouvoir.
Alors, déjà, comme le rap­pelle fort jus­te­ment Gün­ter Verheu­gen, la durée de fonc­tion des fonc­tion­naires euro­péens (trente ans envi­ron contre cinq pour les Com­mis­saires), conduit la haute hié­rar­chie de la Com­mis­sion à consi­dé­rer les « poli­tiques » de la mai­son comme de vul­gaires signa­taires de déci­sions éla­bo­rées sans eux, voire contre eux. Vous pou­vez ima­gi­ner, avec l’immunité à vie dans la poche, com­ment ils peuvent éva­luer les rap­ports de force entre eux et le soi-disant niveau poli­tique de la Com­mis­sion : tout le pou­voir aux Euro­crates[3] et seule­ment l’apparence aux Commissaires.

En fait, soyons hon­nêtes, un Com­mis­saire euro­péen ne sert plus à rien sauf à main­te­nir la fic­tion d’une direc­tion poli­tique à Bruxelles.

Cette situa­tion est extrê­me­ment inquié­tante pour la démo­cra­tie en Europe. C’est une ques­tion qui devrait être au cœur des débats poli­tiques dans chaque Etat-membre : com­ment reprendre le contrôle démo­cra­tique de la machine euro­péenne ? Pour­tant, nos lea­ders natio­naux, nos par­tis natio­naux passent leur temps à se dés­in­té­res­ser des affaires euro­péennes, ou peut-être pire, à confier entiè­re­ment le des­tin de l’UE à ces bureau­crates en répé­tant aux Euro­crates : « pour le com­ment, c’est à vous de voir ». Mais quels types d’hommes et de femmes poli­tiques sont deve­nus nos « lea­ders » natio­naux qui oublient que la pre­mière tâche d’un poli­tique élu en démo­cra­tie c’est de diri­ger son admi­nis­tra­tion, d’obliger cette der­nière à suivre la volon­té popu­laire ; et pas l’inverse !
Hélas peu d’espoir du côté des par­tis natio­naux, car d’un bout à l’autre de l’UE aujourd’hui les chefs de ces par­tis sont des déma­gogues : ils se pré­tendent « lea­ders »   mais ne font que suivre les son­dages. Alors espé­rer que demain ils imposent une direc­tion à leurs bureau­crates plu­tôt que de tout sim­ple­ment les suivre, c’est une illusion.
C’est donc pour chan­ger cela que nous avons lan­cé Newro­peans et que nous nous pré­sen­te­rons aux suf­frages des 500 mil­lions d’Européens en Juin 2009. Il est impé­ra­tif de remettre les citoyens et non pas les bureau­crates au cœur du pro­jet euro­péen. C’est l’objectif que nous nous sommes assi­gnés. Et cela passe notam­ment par une confron­ta­tion directe avec l’appareil bureau­cra­tique euro­péen sur la ques­tion de son immu­ni­té à vie. Cette immu­ni­té à vie doit être sup­pri­mée dès que pos­sible ; et la Com­mis­sion doit décla­rer au plus vite qu’elle sus­pend ad aeter­nam l’utilisation de cette immu­ni­té devant les tri­bu­naux des Etats membres de l’Union euro­péenne. M. Verheu­gen, c’est une déci­sion que vous et vos amis Com­mis­saires pour­riez prendre dès demain si vous le vou­liez. Ou plu­tôt si vos Euro­crates vous auto­ri­saient à le faire ?
S’il y avait déjà des élus Newro­peans au Par­le­ment euro­péen, cela ferait plu­sieurs années que nous aurions conduit le Par­le­ment à impo­ser cette déci­sion à la Com­mis­sion. Mais, au Par­le­ment actuel, sans élus Newro­peans donc, bien qu’informée depuis quatre ans, l’immense majo­ri­té des Euro-dépu­­tés ne veut pas abor­der le sujet, par peur de fâcher les Eurocrates !
C’est vrai que la majo­ri­té de ceux qui peuplent actuel­le­ment le Par­le­ment euro­péen ne sont pas là pour don­ner la parole aux citoyens euro­péens et prendre les risques qui s’imposent pour par­ve­nir à le faire. Ils sont juste là pour occu­per les bonnes places mises à dis­po­si­tion des par­tis natio­naux tous les cinq ans.

Verheu­gen a rai­son de dénon­cer la main­mise des bureau­crates sur le pou­voir euro­péen. Mais pour chan­ger cela, il va fal­loir se battre dans l’arène élec­to­rale en 2009, comme tou­jours dans l’Histoire, les citoyens ont dû le faire pour démo­cra­ti­ser des régimes non démocratiques !

Franck Bian­che­ri
Pré­sident de Newro­peans
[1] Il était en charge de l’élargissement dans la pré­cé­dente Commission.
[2] Texte des trai­tés euro­péens rela­tif aux immu­ni­tés des fonc­tion­naires euro­péens : Euro​pa​.eu ; et plus d’information sur la ques­tion : Newro­peans
[3] Je tiens à pré­ci­ser que ce pou­voir des Euro­crates est concen­tré dans les mains de moins de 500 hauts fonc­tion­naires. L’immense majo­ri­té des fonc­tion­naires euro­péens n’a ni la volon­té, ni la capa­ci­té d’exercer ce pou­voir en haut du sys­tème. Mais via les immu­ni­tés à vie qu’in fine seule la haute hié­rar­chie peut lever si elle le sou­haite, non seule­ment les direc­teurs géné­raux et direc­teurs tiennent leurs troupes avec un ins­tru­ment par­ti­cu­liè­re­ment effi­caces ; mais en plus ils savent qu’en cas de crise c’est leur « patron poli­tique » qui sau­te­ra. Ces der­nières années ont vu des Com­mis­saires, voire des Com­mis­sions entières, démis­sion­ner ou être mises en accu­sa­tion, y com­pris devant la jus­tice. Cher­chez en revanche les hauts fonc­tion­naires euro­péens dans le même cas ! Vous ne trou­ve­rez rien, car il n’y en a tout sim­ple­ment pas eu. C’est l’avantage d’être intouchable.

Source : http://www.newropeans-magazine.org/en/2006/10/11/les-eurocrates-tout-puissants‑l%C2%92information-cle-que-verheugen-oublie-de-vous-dire/

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Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​6​4​4​5​3​3​0​4​7​317

[Au diable les « élus » ! Vive la démocratie !] Finalement Paul Magnette s’avère être un traître, comme la plupart des autres « élus » : pour des modifications insignifiantes, il vient d’accepter de signer le CETA !

[Edit 1er novembre 2016 : Fina­le­ment Paul Magnette s’a­vère être un traître, comme la plu­part des autres « élus » 🙁 : pour des modi­fi­ca­tions insi­gni­fiantes (le trai­té avec un pays enchaî­né à l’Em­pire par l’A­LE­NA est tou­jours secret et il n’est tou­jours pas sou­mis au réfé­ren­dum), il vient d’ac­cep­ter de signer le CETA !

Déci­dé­ment, l’é­lec­tion porte au pou­voir LES PIRES. : sont « élus » ceux qui mentent le mieux à ceux qu’ils pré­tendent « représenter ».

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Et plus grave encore, les tech­no­crates unio­neu­ro­péens (de vrais fas­cistes, en fait) vont bien­tôt faire de ces trai­tés félons de « libre-échange » un « domaine de com­pé­tence exclu­sive de l’UE », ce qui leur per­met­tra à l’a­ve­nir de les impo­ser aux peuples euro­péens sans se sou­cier même de l’a­vis des par­le­ments nationaux :

Libre-échange : la tentation autoritaire

par Mar­tine Orange (Media­part) :

Pres­sé d’effacer l’affront wal­lon, le conseil euro­péen a pré­vu de signer le trai­té de libre-échange avec le Cana­da, dès dimanche. L’épisode a cepen­dant sou­li­gné un com­plet divorce avec la socié­té civile euro­péenne. Le temps de la mon­dia­li­sa­tion heu­reuse est achevé.

Il fal­lait laver l’affront wal­lon au plus vite. Les dif­fé­rents par­le­ments régio­naux belges avaient à peine don­né leur accord au texte amen­dé que le pré­sident du conseil euro­péen, Donald Tusk, annon­çait la signa­ture du trai­té entre le Cana­da et l’Union euro­péenne. Le pre­mier ministre cana­dien, Jus­tin Tru­deau, se féli­ci­tait de son côté de l’accord trou­vé et annon­çait sa venue à Bruxelles. L’accord sur le CETA sera signé dès dimanche.

En pré­ci­pi­tant les évé­ne­ments, les res­pon­sables euro­péens espèrent redon­ner à l’Union euro­péenne sa cré­di­bi­li­té enta­mée. Après la Grèce, le Brexit, la crise sur les réfu­giés, cette nou­velle contes­ta­tion a mis à mal l’appareil euro­péen. De nom­breuses cri­tiques se sont éle­vées sur son fonc­tion­ne­ment, sa capa­ci­té à négo­cier des trai­tés commerciaux.

Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne, et Donald Tusk, président du conseil européen. © ReutersJean-Claude Juncker, président de la commission européenne, et Donald Tusk, président du conseil européen. © Reuters

Signer le CETA au plus vite est une façon d’apporter la démons­tra­tion que l’Union euro­péenne, quoi que ses détrac­teurs aient pu en dire ces der­niers jours, est tou­jours en pleine pos­ses­sion de ses pou­voirs. C’est une manière de réduire la contes­ta­tion wal­lonne à rien : un énième rebon­dis­se­ment dans la vie poli­tique com­pli­quée belge, de la lutte entre Wal­lons et Fla­mands, une manœuvre de ces socia­listes wal­lons « obtus et ringards ».

Le pre­mier ministre belge, Charles Michel, comme les repré­sen­tants fla­mands se sont d’ailleurs empres­sés d’accréditer cette thèse : « Pas une vir­gule n’a bou­gé dans le texte du CETA », a assu­ré le chef du gou­ver­ne­ment belge devant le par­le­ment, jeu­di soir. Une thèse que reprennent à leur compte les res­pon­sables euro­péens. Rien d’important n’a été concé­dé aux par­ties wal­lonnes, puisqu’il est pos­sible dès le len­de­main de mettre en œuvre le trai­té de libre-échange entre le Cana­da et l’Union européenne.

Pré­oc­cu­pés à défendre leur légi­ti­mi­té, les res­pon­sables euro­péens n’ont désor­mais qu’une obses­sion : tout faire pour que pareil blo­cage ne se repro­duise plus, pour qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer la machine euro­péenne. Des conser­va­teurs demandent déjà que les modes de négo­cia­tion soient chan­gés, que les trai­tés com­mer­ciaux soient de la com­pé­tence exclu­sive de la com­mis­sion et du par­le­ment euro­péens, sans que les États puissent dire leur mot sur le processus.

À Bruxelles, on attend avec impa­tience l’arrêt de la cour euro­péenne de jus­tice sur le trai­té com­mer­cial avec Sin­ga­pour. Si celle-ci tranche que cet accord est de la com­pé­tence exclu­sive de la com­mis­sion, comme tous les tech­no­crates euro­péens l’espèrent, alors la voie sera libre : ils n’auront plus de compte à rendre aux par­le­ments natio­naux et pour­ront enga­ger les pays de l’Union euro­péenne comme bon leur semble. Ber­lay­mont (le siège de la Com­mis­sion euro­péenne) aura alors tout pouvoir.

La ten­ta­tion auto­ri­taire des res­pon­sables euro­péens, leur désir de pas­ser en force sont bien là. La façon dont ils vont gérer les demandes belges per­met­tra d’en mesu­rer l’ampleur. Car quoi qu’ils en disent, des enga­ge­ments ont bien été pris : sur la pro­tec­tion des ser­vices publics, sur les OGM, sur les méca­nismes de pro­tec­tion des mar­chés agri­coles en cas de dés­équi­libre. Sur­tout, les régions wal­lonne, ger­ma­no­phone et celle de Bruxelles ont impo­sé que les tri­bu­naux arbi­traux soient trans­for­més en cour publique inter­na­tio­nale avec des juges dont les man­dats seraient enca­drés. Et avant toute chose, elles ont exi­gé que la cour euro­péenne de jus­tice se pro­nonce sur la com­pa­ti­bi­li­té de cette cour avec les prin­cipes consti­tu­tion­nels euro­péens. Le fait même que la com­mis­sion euro­péenne n’ait jamais posé la ques­tion à la cour euro­péenne de jus­tice laisse pen­ser que les choses ne vont peut-être pas de soi.

Que vont faire les res­pon­sables euro­péens de tous ces enga­ge­ments pris ? Vont-ils accep­ter de les mettre en appli­ca­tion, en concé­dant que d’autres pays exigent les mêmes trai­te­ments et garan­ties ? Ou, pour pré­ser­ver l’intégrité du trai­té, vont-ils déci­der de tout igno­rer, main­te­nant que la crise est pas­sée et que l’accord est signé : les pro­messes, comme cha­cun le sait, n’engageant que ceux qui les reçoivent ? La réponse à cette ques­tion est redoutée.

Ima­gi­ner que tout va rede­ve­nir comme avant ou encore mieux qu’avant, avec une com­mis­sion dotée de tous les pou­voirs face aux États, comme des res­pon­sables euro­péens semblent en cares­ser l’idée, serait une lourde erreur. Car même si le conseil euro­péen veut feindre de l’ignorer, la crise de légi­ti­mi­té des ins­tances euro­péennes face à la socié­té civile euro­péenne est bien plus grande que celle à l’égard des pays par­te­naires, même s’il semble pres­sé de ne répondre qu’à ces derniers.

La contes­ta­tion belge a recueilli un écho et un sou­tien inat­ten­du auprès de toutes les opi­nions publiques euro­péennes. Celles-ci n’adhèrent plus à la mon­dia­li­sa­tion heu­reuse, tant van­tée depuis vingt ans. Le CETA est signé, alors que 70 % des Wal­lons et des Fran­çais s’y disent oppo­sés. Des mani­fes­ta­tions contre le CETA et le Taf­ta ont lieu dans toute l’Europe. En Alle­magne, plus de 300 000 per­sonnes ont défi­lé dans tout le pays pour dénon­cer ces trai­tés de libre-échange, début octobre. L’accord avec le Cana­da fait d’ailleurs l’objet de mul­tiples recours d’associations devant la cour consti­tu­tion­nelle de Karls­ruhe. Et celle-ci n’a don­né qu’un accord pro­vi­soire sur ce trai­té, se réser­vant de se pro­non­cer plus tard sur sa confor­mi­té avec les prin­cipes consti­tu­tion­nels allemands.

Le malaise de la socié­té civile devant ces grands accords com­mer­ciaux, dont les seuls béné­fi­ciaires évi­dents sont les mul­ti­na­tio­nales, gagne les par­tis poli­tiques. Dès sep­tembre, le ministre alle­mand de l’économie, le socia­liste Sig­mar Gabriel, s’est décla­ré oppo­sé au Taf­ta, entraî­nant à sa suite les socia­listes fran­çais. Aujourd’hui, celui-ci recon­naît que même le CETA pose pro­blème et que les opi­nions publiques n’ont peut-être pas été suf­fi­sam­ment prises en compte. Des ren­ver­se­ments s’esquissent aus­si au par­le­ment euro­péen : des élus socia­listes, notam­ment alle­mands, qui s’étaient pro­non­cés en faveur du trai­té de libre-échange avec le Cana­da, paraissent ten­tés de recon­si­dé­rer leur position.

La com­mis­sion et le conseil euro­péen peuvent tou­jours déci­der de pas­ser en force contre les opi­nions publiques, de s’asseoir sur les oppo­si­tions et les refus de la socié­té civile, comme ils l’ont fait lors des réfé­ren­dums irlan­dais, fran­çais et néer­lan­dais. Le désa­mour à l’égard de l’Europe n’en sera que plus grand. En refu­sant tout débat, tout com­pro­mis, ils courent le risque d’accélérer encore la décom­po­si­tion de l’Union. Sans retour possible.

 

https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​2​9​1​0​1​6​/​l​i​b​r​e​–​e​c​h​a​n​g​e​–​l​a​–​t​e​n​t​a​t​i​o​n​–​a​u​t​o​r​i​t​a​ire

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L’U­nion euro­péenne est un fas­cisme mar­chand, un can­cer anti­so­cial qui gran­dit, avec l’ac­cord des élec­teurs qui votent pour les poli­ti­ciens qui le défendent.
Qu’ils le veuillent ou non, ces élec­teurs qui votent pour les défen­seurs de la pré­ten­due « Union euro­péenne » sont per­son­nel­le­ment res­pon­sables de la guerre qui vient.

Paul Magnette, je ne vous remer­cie pas. Vous êtes la tra­hi­son incar­née. Vous devriez avoir honte. Au diable les « élus » ! Vive la démo­cra­tie vraie !

Étienne Chouard.]

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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[Passionnant] « France, terrorisme et diplomatie en carton » : Pierre Conesa interrogé par Thinkerview

httpv://www.youtube.com/watch?v=AQN8AYVzXqs

Ce type est vrai­ment passionnant.

« Diplo­ma­tie en car­ton » me paraît un euphé­misme trop gen­til, comme si les acteurs poli­tiques fai­saient de leur mieux pour ser­vir le bien com­mun, mais en étaient incapables.

L’hy­po­thèse de la cor­rup­tion et de la traî­trise est beau­coup plus plau­sible, je trouve.

Il me semble qu’il manque sur­tout à cette réflexion (très riche et utile) la recherche de causes pre­mières encore plus en amont : qui, sur terre, a inté­rêt au chaos en ques­tion (évi­dem­ment contraire au bien com­mun) ? Et quel est le pro­ces­sus consti­tuant qui nous conduit tou­jours à choi­sir pré­ci­sé­ment la pro­cé­dure qui donne le pou­voir aux grands pri­vi­lé­giés, tou­jours enne­mis du bien commun ?

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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[25/10/2016] Je suis invité de 18h20 à 18h50 sur Sud-Radio, avec… devinez qui… Jacques Attali 🙂 (invitation annulée 10 min avant l’émission… Quel dégonflé 🙂 )

Je suis invi­té de 18h20 à 18h50 sur Sud-Radio,
avec… devi­nez qui… Jacques Attali 🙂

http://​www​.sudra​dio​.fr/

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[EDIT : 10 minutes avant l’é­mis­sion, la per­sonne qui m’a­vait invi­té vient de m’ap­pe­ler, désolée : 

L’INVITATION EST ANNULÉE

🙁
Quel dégon­flé, ce banquier 🙂 ]
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Pour ceux qui n’ont pas sui­vi les épi­sodes pré­cé­dents, j’ai déjà ren­con­tré Atta­li à la télé, le 5 sep­tembre 2014 à Ce Soir Ou Jamais :
https://​you​tu​.be/​q​c​q​a​_​Y​i​i​Gxc
dont le court extrait sui­vant a dépas­sé 20 mil­lions de vues :

https://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​2​5​k​b​n​j​_​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​r​d​–​l​a​–​s​i​t​u​a​t​i​o​n​–​n​–​e​s​t​–​p​a​s​–​c​a​t​a​s​t​r​o​p​h​i​q​u​e​–​p​o​u​r​–​c​e​u​x​–​q​u​i​–​f​i​n​a​n​c​e​n​t​–​l​e​s​–​e​l​u​s​–​c​e​–​s​o​i​r​–​o​u​–​j​a​_tv

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J’es­père que ce soir, on pour­ra [ben non, c’est raté] évo­quer plus sérieu­se­ment le tirage au sort en incri­mi­nant cor­rec­te­ment le faux « suf­frage universel ».

Étienne.
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[Edit : Magnette est un traître comme les autres « élus »] [À ne pas rater, et à faire passer] À propos du CETA, magnifique discours de Paul Magnette, Ministre-Président de la Wallonie :

[Edit 1er novembre 2016 : Fina­le­ment Paul Magnette s’a­vère être un traître, comme la plu­part des autres « élus » 🙁 : pour des modi­fi­ca­tions de détail, il vient d’ac­cep­ter de signer le CETA !

Déci­dé­ment, l’é­lec­tion porte au pou­voir LES PIRES. : sont « élus » ceux qui mentent le mieux à ceux qu’ils pré­tendent « représenter ».

—–

Et plus grave encore, les tech­no­crates unio­neu­ro­péens (de vrais fas­cistes, en fait) vont bien­tôt faire de ces trai­tés félons de « libre-échange » un « domaine de com­pé­tence exclu­sive de l’UE », ce qui leur per­met­tra à l’a­ve­nir de les impo­ser aux peuples euro­péens sans se sou­cier même de l’a­vis des par­le­ments nationaux.

Libre-échange : la tentation autoritaire

par Mar­tine Orange (Media­part) :
https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​2​9​1​0​1​6​/​l​i​b​r​e​–​e​c​h​a​n​g​e​–​l​a​–​t​e​n​t​a​t​i​o​n​–​a​u​t​o​r​i​t​a​ire

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L’U­nion euro­péenne est un fas­cisme mar­chand, un can­cer anti­so­cial qui gran­dit, avec l’ac­cord des élec­teurs qui votent pour les poli­ti­ciens qui le défendent.
Qu’ils le veuillent ou non, ces élec­teurs qui votent pour les défen­seurs de la pré­ten­due « Union euro­péenne » sont per­son­nel­le­ment res­pon­sables de la guerre qui vient.

Paul Magnette, je ne vous remer­cie pas. Vous êtes la tra­hi­son incar­née. Vous devriez avoir honte. Au diable les « élus » ! Vive la démo­cra­tie vraie !

Étienne Chouard.]

httpv://youtu.be/B5GhqxWeqzQ

Mon com­men­taire (sur sa page) :

« Mer­ci, beau­coup. Ce dis­cours est remarquable.
Vous nous pro­té­gez contre les traîtres qui nous gou­vernent (en France et ailleurs). Grand merci.

Pour­­riez-vous nous don­ner une retrans­crip­tion de ce texte ?

J’es­père que, plus tard, de simples petites conces­sions secon­daires ne vous amè­ne­ront pas à fina­le­ment signer ce trai­té félon, struc­tu­rel­le­ment et bru­ta­le­ment contraire à l’in­té­rêt général.

En tout cas, mer­ci de résis­ter ici et maintenant.

ÉC. »

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MONNAIE ET DÉMOCRATIE : deux rendez-vous en duo avec Philippe Derudder, vers Bourges et La Rochelle, les 8 et 9 octobre 2016

Bon­jour à tous.

Deux chouettes jour­nées s’approchent 🙂

httpv://youtu.be/jx4jkqk95PM

Je dois beau­coup à Phi­lippe Derud­der et André-Jacques Hol­becq, pour mon éveil en matière monétaire.

C’est André-Jacques qui m’a inter­pel­lé très tôt, sur le forum du Plan C, en atti­rant notre atten­tion sur la cen­tra­li­té de la créa­tion moné­taire et sur le sabor­dage scan­da­leux que nous révé­lait « la loi de 1973 ». 

Je vous recom­mande d’ar­pen­ter, si vous ne le connais­sez pas déjà, ce très long mais très impor­tant fil du forum consa­cré à la créa­tion moné­taire : si vous sui­vez nos échanges pas­sés, vous y pro­gres­se­rez à votre tour comme nous l’a­vons fait, petit à petit. Pour vous faci­li­ter la vie, j’ai regrou­pé toutes ces pré­cieuses pages en un docu­ment pdf unique : « REPRENDRE LE POUVOIR SUR NOTRE MONNAIE » (1 200 pages (!), mais j’y ai sur­li­gné en jaune de nom­breux pas­sages essen­tiels) ; c’est une mine à réfé­rences utiles pour com­prendre la mon­naie, ses méca­nismes (actuels vs sou­hai­tables), les enjeux de socié­té qui y sont liés, et puis les nom­breuses alter­na­tives pos­sibles (que devraient d’a­bord connaître les citoyens pour ensuite pou­voir les défendre), etc.

Dix ans après cet éveil (et des mil­liers de livres et de textes plus tard), je vais bien­tôt avoir le plai­sir de vous ren­con­trer sur ce sujet « mon­naie et démo­cra­tie » avec Phi­lippe Derud­der lui-même, ce qui est une pre­mière et me rem­plit de joie. Phi­lippe va nous par­ler de la mon­naie (je ne connais per­sonne qui explique mieux que lui les prin­cipes de base de la mon­naie (ne ratez pas son petit livre sur les mon­naies locales, c’est un vrai bijou, impor­tant, tout le monde devrait l’a­voir lu et tra­vaillé), et moi je vais vous par­ler… de démo­cra­tie et de pro­ces­sus consti­tuant popu­laire (bien sûr 🙂 ), car les deux sujets — mon­naie et démo­cra­tie — sont, dans notre esprit à tous les deux, inti­me­ment liés et interdépendants.

Mais en fait, ça va être encore plus inté­res­sant que ça : au cours de l’ex­po­sé de cha­cun, l’autre pour­ra inter­ve­nir pour ques­tion­ner, sug­gé­rer, com­men­ter, de façon à vous offrir davan­tage deux échanges dyna­miques, peut-être même par­fois une contro­verse (bien­veillante), que deux confé­rences séparées.

De plus, (comme d’ha­bi­tude) je vous invi­te­rai ensuite à tra­vailler à votre tour 🙂 dans des ate­liers consti­tuants, natu­rel­le­ment foca­li­sés sur la mon­naie : faut-il déci­der dans la consti­tu­tion, et avec quels mots, qui est légi­time pour créer la mon­naie ? Qui est légi­time pour déci­der si le corps social a besoin de plus ou moins de mon­naie (qui va déci­der s’il faut créer de la mon­naie ou en détruire) ? Qui contrôle qu’au­cune per­sonne pri­vée ni aucune famille ne s’empare du pou­voir de créa­tion moné­taire ? Quel type de mon­naie vou­­lons-nous ? Publique ? Pri­vée ? Payante ? Gra­tuite ? Tem­po­raire ? Per­ma­nente ? Stable ? Fon­dante ? Rare ? Abon­dante ? Unique ? Mul­tiple ? Natio­nale ? Locale ? Les deux ? Simple mar­chan­dise négo­ciable sur un mar­ché et expo­sée aux spé­cu­la­tions des plus riches ou Bien social vital non négo­ciable ? Mon­naie publique dis­po­nible à pro­fu­sion pour finan­cer (et donc rendre pos­sibles) les ser­vices publics ? Mon­naie nou­velle répar­tie régu­liè­re­ment de façon incon­di­tion­nelle et à vie ? , etc. 

Il fau­dra (apprendre ensemble à) bien dis­tin­guer les choix moné­taires qui relèvent de la consti­tu­tion (choix plu­tôt stables, simples et fon­da­teurs, mis à l’é­cart des que­relles poli­tiques quo­ti­diennes) des choix moné­taires qui relèvent de la loi (choix plus variables en fonc­tion de la conjonc­ture et constam­ment redé­fi­nis à tra­vers les contro­verses poli­tiques ordinaires).

Il fau­dra aus­si pen­ser à nous garantir/armer contre les inévi­tables coups d’É­tats oli­gar­chiques (anti­dé­mo­cra­tiques) qui ne man­que­ront pas d’être fomen­tés par des ban­dits — comme celui de la pré­ten­due « Union euro­péenne » —, et il fau­dra trai­ter comme cri­mi­nels les acteurs poli­tiques qui se ren­draient à nou­veau cou­pables de tels forfaits.

J’es­père que naî­tront de ces ate­liers quelques pro­po­si­tions d’ar­ticles de consti­tu­tion d’o­ri­gine citoyenne capables de don­ner des idées à tout le monde, à la fois sur l’im­por­tance car­di­nale du sujet moné­taire, sur la fécon­di­té de la par­ti­ci­pa­tion des citoyens à la réflexion sur les alter­na­tives moné­taires, et sur­tout, sur l’im­bri­ca­tion étroite entre l’é­man­ci­pa­tion moné­taire des peuples et la nature popu­laire du pro­ces­sus constituant.

Voi­ci donc les deux ren­­dez-vous en question : 

1) Rendez-vous le 8 octobre 2016, au 4ème FORUM PAIX ET SOLIDARITÉ (23 rue de la Mairie, 18510 Menetou-Salon) : 

Annonce sur Face­book : https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​3​3​9​0​4​0​8​1​9​7​8​0​6​91/

2) Rendez-vous le lendemain, 9 octobre 2016, au GÎTE DE MONTIFAUD (1 route de Montifaud, 17430 Genouillé) :

Ça va être deux belle jour­nées. Le niveau va encore monter.

J’ai hâte de vous retrou­ver en chair et en os, bande de virus 🙂

Étienne.
__________

PS : je vous signale ci-des­­sous quelques liens pour bos­ser ces deux sujets :

Page dédiée à la mon­naie : https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​m​o​n​n​a​i​e​.​php

Page dédiée au tirage au sort, seule pro­cé­dure démo­cra­tique digne de ce nom : https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​.​php

Vidéo « Sommes-nous en démo­cra­tie ? » : https://​you​tu​.be/​6​L​B​4​6​2​z​–​j70
httpv://youtu.be/6LB462z-j70

Vidéo « Les enjeux de la créa­tion moné­taire » : https://​you​tu​.be/​u​R​a​g​F​a​I​G​b5w
httpv://youtu.be/uRagFaIGb5w

Un autre très bon bou­quin, « La dette publique, une affaire ren­table » :

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​5​4​9​6​5​7​3​8​7​317:a>

ORIGINAL ET PASSIONNANT ! [CONSTITUTION D’ORIGINE CITOYENNE ET TIRAGE AU SORT DES CONSTITUANTS] Très très précieux conseils de Mabrouka M’barek, députée constituante tunisienne, aux auditions programmatiques de JLM2017.

[CONSTITUTION D’ORIGINE CITOYENNE ET TIRAGE AU SORT DES CONSTITUANTS]
Très très pré­cieux conseils de Mabrou­ka M’Ba­rek, dépu­tée consti­tuante tuni­sienne, aux audi­tions pro­gram­ma­tiques de JLM2017. 

Entre­tien ORIGINAL ET PASSIONNANT !

httpv://www.youtube.com/watch?v=I3yUcq2_umA

Onze ans après les pre­mières (toutes petites) graines semées sur Inter­net, je mesure les pro­grès, la « ger­mi­na­tion », d’une part au choix du thème de cette audi­tion, d’autre part à la per­ti­nence des ana­lyses et pro­po­si­tions de Mabrou­ka, mais aus­si aux mots des ques­tions posées à Mabrouka.

Je sens que l’i­dée d’une Consti­tu­tion d’o­ri­gine Citoyenne (« le plan C ») germe par­tout, enfin, et ça me rend heureux 🙂

Mer­ci Mabrou­ka, je t’ai trou­vée épa­tante, émou­vante, enthousiasmante 🙂

Vous devriez faire connaître cette vidéo autour de vous, bande de virus : elle est vrai­ment très ori­gi­nale, et très utile, je trouve, pour don­ner encore de la chair et de la vie à notre idée radicale.

Mer­ci d’être tous là, on n’est forts qu’en­semble, et le niveau monte 🙂

Etienne.

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[Edit 6 octobre 2016] Patri­cia a bos­sé sur la retrans­crip­tion, voi­ci son pré­cieux travail :

Audition programmatique sur la constituante

Mabrou­ka M’ba­rek a été membre de l’as­sem­blée consti­tuante de Tuni­sie, élue en 2011, assem­blée qui a abou­ti à la rédac­tion et à la pro­mul­ga­tion de la consti­tuante de 2014. Élue au congrès pour la répu­blique, l’or­ga­ni­sa­tion fon­dée par le pré­sident Mar­zou­ki, repré­sen­tante des tuni­siens éta­blis aux Amé­riques et en Europe… Retour sur cette expé­rience, aus­si bien sur le pro­ces­sus par lequel la socié­té tuni­sienne a pris conscience de la néces­si­té d’une AC et du carac­tère prio­ri­taire de cet enjeu ; puis sur les moda­li­tés pra­tiques d’or­ga­ni­sa­tion du tra­vail dans une AC :

. Mise en place d’une constituante
. Moda­li­tés pratiques
. Recommandations

Le plus impor­tant et le grand défi sont com­ment fédé­rer une socié­té autour d’un pro­jet consti­tu­tion­nel, pro­jet qui doit pro­ve­nir d’une assise popu­laire. L’é­cri­ture de la consti­tu­tion est une ini­tia­tive his­to­rique, un pro­ces­sus qui implique de se pro­je­ter des décen­nies vers le futur. C’est un exer­cice pas­sion­nant qui devrait être exer­cé par tout citoyen parce que ça vous trans­forme, c’est une expé­rience qui trans­cende votre propre vie.

L’é­cri­ture de la consti­tu­tion prend beau­coup de temps, ce qui n’est pas tou­jours com­pris par le peuple qui, à l’ex­té­rieur de l’as­sem­blée a des attentes : les gens vou­laient un emploi, il y avait des dif­fi­cul­tés dues à la crise éco­no­mique ; la révo­lu­tion tuni­sienne s’est dérou­lée lors de la crise finan­cière en Europe… il y avait donc beau­coup d’im­pé­ra­tifs qui nous rame­naient à la réa­li­té. Mais en même temps, l’é­cri­ture de la consti­tu­tion est un exer­cice pour le futur, il faut bien com­prendre cela, com­prendre les enjeux his­to­riques et les enjeux pour les pro­chaines générations.

Quoi qu’il arrive et quel que soit l’é­vé­ne­ment qui va créer le déclen­che­ment d’une consti­tuante, il faut aller au delà de cet évé­­ne­­ment-là. L’op­por­tu­ni­té de l’é­cri­ture d’une consti­tu­tion inclut l’i­dée de ce qu’est être « un bon citoyen », mais aus­si de ce que sera « un bon ancêtre ». C’est une expé­rience fan­tas­tique, une exer­cice qui doit être fait par tous les citoyens : c’est tout un peuple qui doit apprendre à écrire sa propre consti­tu­tion, apprendre à se trans­cen­der et à réa­li­ser l’im­por­tance de l’hu­ma­ni­té quand on se pro­jette dans le futur, car s’il n’y a plus de géné­ra­tions futures, alors il n’y a plus d’objectifs.

L’a­van­tage de la Tuni­sie, c’est qu’elle a réus­si à fédé­rer la consti­tuante avec un évé­ne­ment assez impor­tant qu’est la révo­lu­tion. Le régime poli­tique du moment, et ce depuis plu­sieurs décen­nies, étant la dic­ta­ture, même si les tuni­siens avaient déjà pris la rue, c’est en 2010 que le pro­jet com­mun du peuple fût de des­ti­tuer le dic­ta­teur. C’est vrai­ment l’é­vé­ne­ment qui a fédé­ré tout le monde, que ce soit l’é­lite éco­no­mique ou les classes les moins pri­vi­lé­giées, c’est cela qui a pro­pul­sé l’i­dée de consti­tuante. Ce pro­jet n’au­rait peut être pas abou­ti si des franges de la socié­té avaient été exclues.

En l’ab­sence d’un élan révo­lu­tion­naire, on doit essayer de pui­ser la légi­ti­mi­té d’une consti­tuante dans ce que le peuple demande. D’où l’im­por­tance de fédé­rer d’a­bord les gens à la cause de la consti­tuante avant même de convo­quer la constituante.

Au niveau de la Tuni­sie, immé­dia­te­ment après la révo­lu­tion, il y eut une orga­ni­sa­tion incroyable, une orga­ni­sa­tion décen­tra­li­sée avec des comi­tés dans chaque quar­tier, cha­cun était poli­ti­sé, appor­tait des idées, il y avait beau­coup de par­tage. L’er­reur fut de tout cen­tra­li­ser dans un dis­po­si­tif très bureau­cra­tique. C’é­tait néces­saire, mais le pro­blème, c’est que ça a sup­pri­mé l’or­ga­ni­sa­tion locale, et quand on a des comi­tés locaux et régio­naux, c’est dif­fi­cile à struc­tu­rer. D’où l’im­por­tance de trou­ver un moyen ou une méca­nique régio­nale, locale, et en même temps une orga­ni­sa­tion inclu­sive, pour cen­tra­li­ser les idées.

La por­tée d’une consti­tuante est impor­tante car très peu de per­sonnes ont décrit cette expé­­rience-là, l’or­ga­ni­sa­tion ou la « feuille de route », car lors­qu’on coupe la méca­nique régio­nale, on avorte la révo­lu­tion, et on coupe l’in­té­rêt de ceux qui par­ti­cipent loca­le­ment, entraî­nant une sen­sa­tion de spec­ta­teur ; Car pen­dant que la consti­tuante tra­vaille, quelle est la nature de la tran­si­tion ? Cette « feuille de route » per­met­trait d’in­clure le tra­vail de tous.

Car l’é­cri­ture de la consti­tu­tion va prendre beau­coup de temps, et au début, les gens vont être pour, mais ensuite ils se lassent car ça prend du temps. C’est donc d’au­tant plus impor­tant que la légi­ti­mi­té soit pri­mor­diale. Si on prend la plate forme de JLM, sa cam­pagne menée autour de la convo­ca­tion d’une AC semble insuf­fi­sante dans le sens où seuls ceux qui auront voté pour lui seront d’ac­cord. Le défi et la dif­fi­cul­té sont de ral­lier tout le peuple fran­çais autour d’une consti­tuante, et pas seule­ment les élec­teurs de JLM, et que cette consti­tuante abou­tisse à quelque chose d’his­to­rique et de solide afin de for­ti­fier la démo­cra­tie fran­çaise. La dif­fi­cul­té en France, c’est de faire com­prendre à vos com­pa­triotes que vous n’êtes pas en démo­cra­tie. Les tuni­siens eux, savaient très bien qu’ils étaient en dic­ta­ture, leur sou­hait était d’au­tant plus grand à vou­loir la démocratie.

IL faut convaincre les fran­çais pour­quoi il faut une consti­tuante, ain­si que la nature de la tran­si­tion et l’im­por­tance de les convaincre d’y participer.

Mais convo­quer une consti­tuante, ce n’est pas suf­fi­sant : il faut aus­si s’oc­cu­per de la tran­si­tion (qui est la vie à l’ex­té­rieur de l’as­sem­blée) car la consti­tuante ne va pas régler les pro­blèmes de chô­mage, par exemple. D’où l’im­por­tance de sépa­rer d’un côté le tra­vail consti­tuant et de l’autre la ges­tion des affaires cou­rantes, la chambre légis­la­tive, donc de conce­voir un par­le­ment à 2 chambres, une qui effec­tue le tra­vail consti­tuant et l’autre, la ges­tion des affaires cou­rantes d’ordre éco­no­miques, finan­cières, etc.

On peut donc conce­voir un sénat ou une chambre des repré­sen­tants tirés au sort, le temps de la tran­si­tion, afin de ne pas limi­ter la durée de l’é­cri­ture de la consti­tu­tion, et sur la nature de la tran­si­tion, qui est une période d’expérimentation (pour­quoi pas basée sur une mini constitution).

Mais pour construire, il faut déjà décons­truire ; d’où l’im­por­tance de redé­fi­nir les concepts. Les Nations Unies ont un pro­gramme d’as­sis­tance à l’é­cri­ture de la consti­tu­tion et la pre­mière chose qui est dite, c’est « la consti­tu­tion est un contrat social » (contrat : mot du jar­gon néo-libé­­ral). Non : la consti­tu­tion n’est pas un contrat social, car alors un contrat peut être cas­sé. Une consti­tu­tion est un docu­ment qui pro­tège le peuple envers ceux qui sont au pou­voir. La consti­tu­tion n’est pas là pour orga­ni­ser les pou­voirs mais pour limi­ter les pou­voirs et en don­ner au peuple. Ce n’est pas un contrat social qui orga­nise les pou­voirs. C’est au peuple de déci­der ce qu’est une consti­tu­tion. Et pour ce faire, je recom­mande le tirage au sort de la dési­gna­tion des membres de la consti­tuante. À mon sens, c’est vrai­ment ce qui va pro­duire : une consti­tuante qui soit le plus proche de l’i­dée démo­cra­tique. Ça peut être des consti­tuantes locales ou régio­nales : celle qui va être natio­nale va cen­tra­li­ser et essayer de regrou­per les pro­po­si­tions des mini-consti­­tuantes, ce sera donc un long processus.

Le tra­vail de la consti­tuante et l’administration.

Le tra­vail de l’ad­mi­nis­tra­tion est pri­mor­dial et fon­da­men­tal, mais l’ad­mi­nis­tra­tion n’est jamais neutre car elle est poli­ti­sée. Il suf­fit de prendre exemple sur les pro­grammes éco­no­miques de l’E­NA : ils sont basés sur le capi­ta­lisme, ils rejettent les visions post-key­­né­­siennes, qui ne sont même pas étu­diées. Pour les per­sonnes qui sortent de l’E­NA, l’é­co­no­mie c’est un équi­libre, une main invi­sible… Le fait que ce soit les banques qui créent la mon­naie est un sujet qui n’est pas abor­dé… Et du coup cela impacte com­plè­te­ment le tra­vail de l’ad­mi­nis­tra­tion, ce qui engendre une vision par défaut qui est néo-libérale,

La consti­tuante doit avoir son propre média, c’est fon­da­men­tal, une chaîne TV par­le­men­taire de la consti­tuante, afin que le peuple apprenne à connaître chaque consti­tuant, à le suivre. Chaque débat, chaque mot enten­du va être sui­vi, com­men­té… qu’il y ait des commentateurs.

le sta­tut des dépu­tés de la constituante

Les rem­bour­se­ments de frais ou indem­ni­tés sont pré­fé­rables à un salaire, (un dinar n’est pas équi­valent à un dol­lar). Impor­tance de la trans­pa­rence de la consti­tuante faite parle pré­sident de la consti­tuante, car trans­pa­rence engendre confiance.

Quand un pays est sou­ve­rain, on peut don­ner tous les moyens pour cette consti­tuante de réus­sir. Les moyens maté­riels, tech­no­lo­giques, tech­niques, les moyens humains pour déve­lop­per des consul­ta­tions locales dans les ate­liers consti­tuants du pays, avec des sup­ports high-tech… Si la banque cen­trale est sou­ve­raine alors les fonds ne sont pas un pro­blème. Quand on est un pays souverain,le finan­ce­ment n’est pas un pro­blème.

Ce qui est impor­tant, ce sont les res­sources, les pos­si­bi­li­tés mises en place et donc les consul­ta­tions dans les consti­tuantes régio­nales et ain­si faire remon­ter les idées en amont. La consti­tuante, c’est vrai­ment quelque chose qui doit inclure tout le monde. l’i­dée est donc de déve­lop­per les ate­liers consti­tuants dans les écoles, les lycées, les facul­tés, les entreprises,les asso­cia­tions, les comi­tés d’en­tre­prises avec ins­tau­ra­tion d’une plage horaire sur une jour­née de la semaine, pour que ce soit un pro­ces­sus le plus inclu­sif et par­ti­ci­pa­tif possible,

Est abor­dé :
la notion de temps
le sys­tème mixte (repré­sen­ta­tif et tirage au sort)
le risque de pro­blèmes iden­ti­taires qui peuvent pol­luer (reli­gion etc„,)
l’im­por­tance de la jus­tice tran­si­tion­nelle à définir,
l’im­pli­ca­tion dans la consti­tuante de la diaspora,

Les gens qui s’im­pli­que­ront vont se poser 3 ques­tions exis­ten­tielles : d’où on vient (notre peuple), pour­quoi on fait ça, où on veut aller (pour pro­té­ger les futures géné­ra­tions de français)…

Mer­ci Patricia ! 🙂 

Populisme et souverainisme ne sont pas des gros mots

Cette syn­thèse de mon tra­vail (qui date d’août 2012) est un peu longue et pas assez ordon­née, par­don, mais ces pro­po­si­tions sont impor­tantes et déci­sives, je crois. Elles pour­raient être une ébauche de livre original 🙂

[J’y ai ajou­té (entre cro­chets) la pro­po­si­tion du « salaire à vie », car je la pense aujourd’­hui (4 ans plus tard) plus éman­ci­pante du capi­ta­lisme que celle du « reve­nu de base » (d’ores et déjà récu­pé­rée et cor­rom­pue par les exploi­teurs) — voir l’ex­pli­ca­tion de Ber­nard FRIOT. Toutes les tech­niques de sol­va­bi­li­sa­tion incon­di­tion­nelle des citoyens m’in­té­ressent a prio­ri, et mes recherches continuent.]

Bon cou­rage à tous, bande de virus 🙂

Étienne

[Un entre­tien qui date de 2012 (un peu désordre, par­don) avec un jeune jour­na­liste de Rage­Mag : http://​rage​mag​.fr/popu­­liste-nest-pas-un-gros-mot-entre­­tien-avec-etienne-chouard/ (Le lien est deve­nu mort, je ne sais pas pourquoi.)]

“Populiste n’est pas un gros mot”

entretien avec Étienne Chouard

Publié le 24 août 2012, par Ragemag

Il s’est fait connaître en 2005, en deve­nant l’homme qui a dit NON ! à la consti­tu­tion euro­péenne. Depuis, l’enseignant Étienne Chouard conti­nue de mener son com­bat contre les Ver­saillais. Cours (très) par­ti­cu­lier d’instruction civique en com­pa­gnie d’un empê­cheur de tour­ner en rond…

Étienne Chouard, chez lui, en mars 2012 © Mathieu Deslandes/Rue89

En 2005, vous vous êtes bat­tu contre l’adoption du trai­té consti­tu­tion­nel euro­péen, pou­­vez-vous nous résu­mer les rai­sons et les moyens de cet engagement ?

J’ai déci­dé de m’engager (modes­te­ment et presque timi­de­ment) après avoir lu le texte de cette anti-consti­­tu­­tion que l’on nous pro­po­sait, et qui vidait de leur (peu de) sub­stance toutes les consti­tu­tions natio­nales. Cette situa­tion était aggra­vée par un trai­te­ment média­tique lamen­table (automne/hiver 2004 et prin­temps 2005). Les médias étaient tous en faveur du trai­té et dénon­çaient les par­ti­sans du non comme des xéno­phobes, des réac­tion­naires, des natio­na­listes, alors que ces der­niers avaient des argu­ments puis­sants, déci­sifs, docu­men­tés et d’inspiration démo­cra­tique pour signa­ler que ce texte était dangereux.

Comme tout le monde, j’en ai beau­coup par­lé autour de moi, et j’ai écrit un texte de syn­thèse qui expo­sait cinq argu­ments par­ti­cu­liè­re­ment frap­pants (à mon sens) et que j’ai envoyé à mes col­lègues ensei­gnants sur une liste pro­fes­sion­nelle pour les invi­ter à m’aider à y voir clair ; puis, j’ai pos­té ce texte sur mon (tout petit) site per­son­nel, comme une bou­teille à la mer… Et ce texte s’est répan­du dans le pays comme une trai­née de poudre : en le rece­vant, les gens, par je ne sais quelle alchi­mie, s’enthousiasmaient et le ren­voyaient sou­vent à tout leur car­net d’adresses… J’ai ain­si reçu douze mille mails en deux mois… Fina­le­ment, c’est à la fois le regard bien­veillant, la confiance, de la plu­part de mes lec­teurs, ain­si que la méfiance des autres — ceux qui disaient de moi que j’étais un impos­teur — qui ont été les moteurs de mon enga­ge­ment depuis.

Quant aux moyens, il y a mon tra­vail bien sûr, mais il y a aus­si le tra­vail des mil­liers de mili­tants qui ont repris le texte, et qui l’ont dif­fu­sé par­tout avec les moyens du bord ; ils l’ont pho­to­co­pié puis ils l’ont glis­sé dans les boîtes aux lettres de leurs rues, etc. Cer­tains ont même tatoué leur voi­ture ou leur moto d’un « votez non à la consti­tu­tion euro­péenne et allez voir le site http://etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​pe/ »… Il y a eu un tra­vail de four­mis de la part de per­sonnes qui ne sont pas des pro­fes­sion­nels de la poli­tique et des médias. Ils se sont pas­sé le mot entre eux.

“Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’écrire les règles du pouvoir”

Puis, les médias s’y sont mis, inter­pel­lés par leurs lec­teurs. Un pre­mier jour­na­liste a fait un papier dans L’Huma inti­tu­lé : « Et si Etienne Chouard fai­sait gagner le non » Puis j’ai vu pas­ser à la mai­son toutes les télés, les radios, les jour­naux. Mis à part quelques jour­na­listes bien­veillants, les médias n’ont d’ailleurs pas été très gen­tils (ils ne l’étaient guère avec les nonistes). Mais peu importe. Mon métier, c’est prof : je m’occupe du bien com­mun par voca­tion. Donc, ce que je fais en paral­lèle depuis 2005 n’est pas très éloi­gné : je conti­nue à m’occuper du bien com­mun, mais à plus grande échelle, parce que je pense avoir trou­vé une idée ori­gi­nale pour nous sor­tir — nous tous — du pétrin.

Quelle est cette idée ?

L’idée cen­trale de tout mon tra­vail est que “ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’écrire les règles du pou­voir” : ce n’est pas aux pro­fes­sion­nels de la poli­tique d’écrire la Consti­tu­tion : ils doivent la craindre et donc ils ne doivent sur­tout pas l’écrire. La cause des causes de nos mal­heurs est, selon moi, en nous-mêmes, parce que nous ne sommes pas capables — en par­tie parce qu’on nous a trom­pés et en par­tie parce que nous nous trom­pons — de don­ner leur véri­table sens aux mots démo­cra­tie et consti­tu­tion, et parce que nous ne prê­tons pas atten­tion aux graves conflits d’intérêts qui empoi­sonnent le pro­ces­sus constituant.

Peut-on être aujourd’hui à la fois euro­péiste et démocrate ?

Oui, mais pas d’emblée, pas for­cé­ment, et sûre­ment pas de la façon dont cela s’est fait depuis cin­quante ans. La façon actuelle de construire l’Europe est anti­so­ciale, anti­par­le­men­taire, anti­dé­mo­cra­tique (sous cou­vert de dis­cours léni­fiants qui affirment l’inverse de la réa­li­té). J’ai publié il y a peu sur mon blog une pas­sion­nante confé­rence d’Henri Guille­min sur le fas­cisme en France, qui remonte à la révo­lu­tion fran­çaise pour com­prendre ce mot utile mais galvaudé.

Avec du recul, il me semble que le fond du fas­cisme (au sens large) est un pro­jet poli­tique de domi­na­tion des riches contre les pauvres, incar­né (avant même que le mot fas­cisme n’apparaisse) par les Giron­dins durant la révo­lu­tion, puis par les Ver­saillais durant la Com­mune en 1871, puis par les repré­sen­tants du centre gauche durant la troi­sième Répu­blique (le par­ti “centre gauche” était le par­ti des indus­triels et des ban­quiers, à droite de la droite la plus cupide et la plus cynique), et fina­le­ment par les fas­cismes stric­to sen­su du 20e siècle : quand les ultra-riches ont vu qu’ils allaient perdre les élec­tions (avec la mon­tée des socia­lismes au début du 20e), ils ont renon­cé au suf­frage uni­ver­sel (qui n’était sup­por­table à leurs yeux que tant qu’ils gagnaient toutes les élec­tions) et ils sont deve­nus des adver­saires achar­nés du suf­frage universel…

”L’obsession des pos­sé­dants est de main­te­nir le niveau des salaires le plus bas possible”

Autre­ment dit, les grands pri­vi­lé­giés ne sont pour le suf­frage uni­ver­sel que quand ils sont sûrs de gagner les élec­tions ; sinon, ils deviennent “fas­cistes”… Autant dire que le fas­cisme au sens large (comme domi­na­tion de classe) est une per­ma­nence depuis 200 ans. En dupant les pauvres (qui votent pour lui) le fas­cisme vide les Répu­bliques de leur sens et prive les sala­riés de leurs pro­tec­tions. Et je trouve que l’Union Euro­péenne obtient pré­ci­sé­ment ce même résul­tat, mais de façon beau­coup plus astu­cieuse et dis­crète que le fas­cisme à la papa : le résul­tat le plus concret des trai­tés euro­péens, c’est le chô­mage de masse ins­ti­tu­tion­na­li­sé par une poli­tique moné­taire obsé­dée par l’inflation ; et du chô­mage de masse découlent direc­te­ment les bas salaires et la doci­li­té des tra­vailleurs. Or, depuis 200 ans (depuis beau­coup plus de temps, en fait), l’obsession des pos­sé­dants est de main­te­nir le niveau des salaires le plus bas pos­sible. Et c’est la meilleure clef de lec­ture du réel, je crois, celle qui donne une cohé­rence aux “impuis­sances” des acteurs poli­tiques : l’Union euro­péenne est le meilleur outil que les riches aient inven­té à ce jour pour atteindre l’objectif des bas salaires, en para­ly­sant les luttes sociales.

Pour­quoi l’Europe inté­­resse-t-elle tant les élites ?

Parce que l’Europe est d’une taille tel­le­ment gigan­tesque qu’aucune démo­cra­tie digne de ce nom n’y est pos­sible, et parce que sa pré­ten­due “Consti­tu­tion” y a été pen­sée et écrite par les pré­ten­dues “élites” en ques­tion : ce sont les indus­triels et les ban­quiers qui ont vou­lu, finan­cé et fait écrire les ins­ti­tu­tions euro­péennes. C’est pour­quoi les ins­ti­tu­tions euro­péennes ins­ti­tu­tion­na­lisent la guerre éco­no­mique : la “concur­rence libre et non faus­sée” crée une fata­li­té de la lutte du tous contre tous. Rien à voir avec l’intérêt géné­ral, mais tout à voir avec l’intérêt des plus riches. Nos plou­to­cra­ties se radicalisent.

”Sou­ve­rai­niste n’est pas un gros mot du tout !”

On a du mal à défaire les logiques d’intérêt des dogmes idéologiques.

C’est lié. Vous savez, un dogme c’est une pen­sée impo­sée, répé­tée, rabâ­chée. Les riches ont mis ça en place de façon très orga­ni­sée : ils ont ache­té presque tous les médias impor­tants. Pour­quoi le ban­quier Roth­schild achète le jour­nal Libé­ra­tion ? Pas pour gagner de l’argent, il va en perdre. Pour­quoi la banque Lazard achète le jour­nal Le Monde ? Idem. Pour­quoi le Cré­dit Agri­cole achète la radio Sky­rock ? Itou. Pour­quoi les mar­chands d’armes Lagar­dère et Das­sault ont-ils ache­té les trois quarts de la presse et une grande par­tie des mai­sons d’édition ? Que des mar­chands de canons maî­trisent les médias et l’édition, c’est à la fois dan­ge­reux et révol­tant. Avec ces outils-là, en plus de gagner les élec­tions (ce qui est tout à fait essen­tiel, évi­dem­ment), on peut effec­ti­ve­ment fabri­quer et entre­te­nir un dogme. Par exemple, on peut rabâ­cher tous les jours que “l’Europe, c’est bien”, ou qu’il faut abso­lu­ment, “pour des rai­sons huma­ni­taires”, aller faire la guerre un peu par­tout dans le monde : en Afgha­nis­tan, en Irak, en Lybie, en Syrie, en Iran, et puis quoi encore ?

Selon vous, peut-on être démo­crate sans être souverainiste ?

Non ; pro­ba­ble­ment non. Mais sou­ve­rai­niste n’est pas un gros mot du tout ! C’est plu­tôt le mot anti­sou­ve­rai­niste qui désigne des traîtres au bien com­mun : si vous êtes contre la sou­ve­rai­ne­té, vous êtes pour quoi ? Rous­seau et Robes­pierre étaient (évi­dem­ment) sou­ve­rai­nistes. La patrie est une fic­tion construc­tive qui nous ras­semble, qui essaye de repro­duire à plus grande échelle l’attraction fami­liale qui fait que l’on s’entraide volon­tiers. Le sou­ve­rai­nisme est le fon­de­ment de nom­breuses soli­da­ri­tés (natio­nales sou­vent, mais pas seule­ment) : on ne se connaît pas indi­vi­duel­le­ment mais l’on est prêt à se don­ner du mal pour ceux qui sont de la même patrie.Tenir en détes­ta­tion le natio­na­lisme, le sou­ve­rai­nisme ou le patrio­tisme fait par­tie du dogme des “libé­raux” qui, en fait, ne veulent plus d’État dans leur che­min (et ils nous jouent cette musique depuis les phy­sio­crates au 18e siècle). Les pré­ten­dus “libé­raux” affirment que l’on doit les guerres aux sen­ti­ments chau­vins liés au natio­na­lisme. Mais c’est une blague !

“La Consti­tu­tion doit sépa­rer les pou­voirs et per­mettre de les contrôler”

Les guerres, on les doit évi­dem­ment aux grands indus­triels et aux ban­quiers (lire Guille­min pour s’en convaincre avec force détail) ; on pour­rait même, d’une cer­taine façon, attri­buer les guerres aux phi­lo­sophes des “Lumières” (qui étaient de sor­dides uti­li­ta­ristes, des phi­lo­sophes des riches pour les riches, qui fai­saient tout ce qu’ils pou­vaient pour mettre les men­diants au tra­vail au lieu de les aider, et qui pré­fé­raient la tor­ture à vie des tra­vaux for­cés à la peine de mort, trop clé­mente à leurs yeux) phi­lo­sophes qui sou­te­naient les Giron­dins (dont la pre­mière déci­sion prise par l’assemblée légis­la­tive de 1792 fut de décla­rer une guerre de rapine contre les pays voi­sins, de façon à ce que l’État ain­si ren­floué puisse rem­bour­ser la dette publique à leur pro­fit au lieu de faire défaut), Giron­dins roya­listes qui pou­vaient bien se recon­naître plus tard dans les Ver­saillais, les riches mas­sa­creurs de la Com­mune de 1871. Une grande tra­di­tion qui semble bien per­du­rer aujourd’hui au sein de l’Union euro­péenne : endet­te­ment monstre des États auprès des plus riches, et guerre éco­no­mique per­ma­nente des pauvres contre les pauvres (pour les empê­cher de faire la révo­lu­tion). Bien sûr, je peux me trom­per, et gra­ve­ment, comme tout le monde. Mais il me semble que la contre-his­­toire des 200 ans du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif reste à détailler et à dif­fu­ser largement.

Qu’est ce qu’une Constitution ?

C’est un texte supé­rieur qui décrit les condi­tions dans les­quelles les pou­voirs ins­ti­tués, légis­la­tif, exé­cu­tif, judi­ciaire, vont pou­voir pro­duire du droit, pro­duire des normes juri­diques impé­ra­tives qui s’imposeront à tous. C’est un texte qui va à la fois ins­ti­tuer des pou­voirs très utiles (parce que nous sommes nom­breux et que nous avons donc besoin d’eux) et aus­si très dan­ge­reux, car ceux qui les détiennent peuvent en abu­ser ou ser­vir les inté­rêts d’une classe pri­vi­lé­giée plu­tôt que l’intérêt géné­ral. Une Consti­tu­tion sert donc avant tout à limi­ter et à affai­blir les pou­voirs. La Consti­tu­tion doit sépa­rer les pou­voirs et per­mettre de les contrô­ler quo­ti­dien­ne­ment ; elle doit aus­si per­mettre au peuple de reprendre l’initiative à tout moment contre ses repré­sen­tants en cas de besoin.

“Chaque citoyen devrait pro­té­ger la Consti­tu­tion, SA Consti­tu­tion, les armes à la main”

Une bonne consti­tu­tion est donc un texte pro­tec­teur en cas de coup dur. Si, au lieu de ça, elle orga­nise l’impuissance des peuples et l’impunité des repré­sen­tants (comme le font toutes les Consti­tu­tions du monde), ce n’est plus une consti­tu­tion, c’est une impos­ture, c’est une anti-consti­­tu­­tion. C’est le cas de la consti­tu­tion fran­çaise et des ins­ti­tu­tions euro­péennes (et de bien d’autres). Les citoyens devraient non seule­ment savoir ce qu’est une consti­tu­tion, mais ils devraient aus­si faire atten­tion à qui l’écrit, qui la pro­tège et qui la fait exé­cu­ter : nous devrions tous sur­veiller la qua­li­té du pro­ces­sus consti­tuant. Chaque citoyen devrait pro­té­ger la Consti­tu­tion, SA Consti­tu­tion, les armes à la main.

Comme lors d’ une révolution ?

Oui, sauf qu’il y a de vraies et de fausses révo­lu­tions. La révo­lu­tion fran­çaise de 1789 est une fausse révo­lu­tion. C’est une révo­lu­tion entre riches : ces sont les mar­chands actifs qui prennent la place des nobles oisifs.

Carl Schmitt disait : « le sou­ve­rain est celui qui décide de l’état d’exception ». Qui aujourd’hui décide de cet état d’exception ?

Aujourd’hui le sou­ve­rain est col­lec­tif. C’est une bande de familles très riches qui financent les marion­nettes poli­tiques que sont les élus. Le régime de gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif n’est pas la démo­cra­tie. Il est anti-démo­­cra­­tique. Il a été construit pré­ci­sé­ment et sciem­ment pour inter­dire au peuple toute forme de démo­cra­tie. Le régime du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif a per­mis aux riches de confis­quer 100% du pou­voir poli­tique. Le sou­ve­rain aujourd’hui, c’est une petite frac­tion du peuple : les plus riches. C’est pour­quoi, on doit par­ler de plou­to­cra­tie et pas du tout de démo­cra­tie. Et les marion­nettes poli­tiques sont des kapos : ce sont des élec­teurs qui ont déci­dé de col­la­bo­rer avec les enne­mis du peuple en échange de bons trai­te­ments. Nous sommes dans un régime qui est un inter­mé­diaire entre dic­ta­ture et démo­cra­tie. Inter­mé­diaire parce qu’on a le droit de par­ler, de mani­fes­ter, tant que ça ne change rien à ce qu’ils appellent “l’ordre social”. La “démo­cra­tie repré­sen­ta­tive” est un oxy­more qui n’a rien à voir avec la vraie démo­cra­tie. Elle pour­rait pour­tant l’être, mais à condi­tion que ce soit les citoyens eux-mêmes qui en écrivent les règles de contrôle quo­ti­dien. Je peux ima­gi­ner une démo­cra­tie repré­sen­ta­tive qui ne serait pas un oxy­more. Mais aujourd’hui la démo­cra­tie n’a rien de repré­sen­ta­tive : c’est une oli­gar­chie ploutocratique.

Qu’est-ce qu’est la démo­cra­tie selon vous ?

La démo­cra­tie est un régime dans lequel le peuple garde le contrôle de ses repré­sen­tants. Un peuple qui peut impo­ser les lois lui-même et refu­ser celles qu’on tente de lui impo­ser lorsqu’il n’est pas d’accord ; un peuple qui peut chan­ger la consti­tu­tion de sa propre ini­tia­tive ; un peuple qui peut révo­quer un acteur poli­tique lorsqu’il estime qu’il défaille. Si nous accep­tons d’appeler “démo­cra­tie” son strict contraire, on se rend inca­pable de com­prendre ce qu’est la vraie démo­cra­tie, et on s’interdit de la vou­loir. La mise à l’envers de ce mot essen­tiel est un très beau piège poli­tique.. Dans une vraie démo­cra­tie, les banques ne seraient pas pri­vées mais publiques. Nous aurions pro­ba­ble­ment ins­tau­ré le reve­nu de base et la TVA sociale qui va avec. Tous les impôts seraient rem­pla­cés par la TVA (50% des prix, impôt dif­fi­ci­le­ment frau­dable) et chaque humain tou­che­rait un reve­nu de base qui lui per­met­trait de dire non à un tra­vail dégra­dant. Grâce au reve­nu de base, tout le monde aurait la pos­si­bi­li­té de don­ner le meilleur de lui-même sans qu’on lui torde le bras parce que, pri­vé de terre, il a un besoin vital d’un reve­nu (chan­tage à la misère).

[Mieux encore ! Ayant com­pris les leçons fon­da­men­tales de Ber­nard Friot, dans une vraie démo­cra­tie, nous aurions ins­ti­tué nous-mêmes le SALAIRE À VIE, avec la qua­li­fi­ca­tion de la per­sonne (et pas du poste). Voir https://​you​tu​.be/​c​j​L​1​M​u​E​5​wpI et https://​you​tu​.be/​u​h​g​0​S​U​Y​O​Xjw.]

“Popu­liste n’est pas un gros mot”

La néces­si­té d’avoir un reve­nu pousse les gens à accep­ter n’importe quel tra­vail, et c’est pro­fon­dé­ment alié­nant. Ils sont contraints par ce sys­tème lamen­table à accep­ter des acti­vi­tés dégra­dantes, inutiles, voire nui­sibles pour le bien com­mun. Quand quelqu’un accepte, pour gagner de l’argent, de deve­nir un ingé­nieur finan­cier, ou un pro­duc­teur de semences sté­riles, ou un fabri­quant d’armes de des­truc­tion mas­sive, c’est révol­tant. Une vraie démo­cra­tie chan­ge­rait tout. Le pro­blème c’est que nous n’arrivons même pas à la vou­loir parce qu’on a lais­sé mettre à l’envers tous les mots impor­tants : consti­tu­tion, citoyen, élec­teur, démo­cra­tie, suf­frage uni­ver­sel. Tous ces mots ont été inver­sés et tant que nous l’acceptons nous sommes les jouets des maîtres du lan­gage. Mais ce n’est pas du tout une fata­li­té : on peut remettre tous les mots impor­tants à l’endroit, par édu­ca­tion popu­laire, c’est-à-dire entre nous, à la base.

Avez-vous lu La stra­té­gie du choc de Nao­mi Klein. Que pen­­sez-vous de ses thèses ?

C’est une clef de lec­ture impor­tante, la mise à jour d’une stra­té­gie abjecte, cynique au pos­sible. Dans les années 50, des scien­ti­fiques ont décou­vert que des per­sonnes ayant subi des élec­tro­chocs per­daient toute volon­té, tout sens cri­tique et devien­draient dociles comme des bre­bis. Sur le modèle de cette tech­nique, les “libé­raux” intègrent le fait qu’une col­lec­ti­vi­té cho­quée par un évè­ne­ment (natu­rel ou arti­fi­ciel : un séisme, une guerre) n’est pas capable de résis­ter à une agres­sion sup­plé­men­taire et donc de se battre contre une “réforme” dont elle ne veut pas. Ces chocs peuvent très bien être pro­vo­qués : des atten­tats, des décla­ra­tions de guerre. Il existe toute sorte de pos­si­bi­li­tés pour pro­vo­quer des chocs.

“S’informer c’est résis­ter. Armez-vous !”

Qu’est-ce que le popu­lisme selon vous ?

Popu­liste n’est pas un gros mot. Je suis moi-même popu­liste, évi­dem­ment. J’ai lu Chris­to­pher Lasch et Orwell sur les conseils de Jean-Claude Michéa qui est un phi­lo­sophe spé­cia­liste du “libé­ra­lisme” que je trouve admi­rable. Le mot popu­lisme a un sens dif­fé­rent selon la bouche qui le pro­nonce. Chez Lasch, le popu­lisme est un mot posi­tif : un popu­liste c’est quelqu’un qui se pré­oc­cupe des inté­rêts du peuple. Dans la bouche des oli­garques et des Ver­saillais, ceux qui vou­draient “glo­ba­li­ser” la “gou­ver­nance”, c’est-à-dire cap­tu­rer la tota­li­té des pou­voirs poli­tiques, éco­no­miques, cultu­rels et média­tiques, le mot popu­liste veut dire déma­gogue, men­teur. Mais ce sont eux les déma­gogues. Ce sont eux qui mentent au peuple pour avoir le pouvoir.

“Le tirage au sort à la place de l’élection”

Encore une fois, “popu­liste” est un mot qui a été mis à l’envers. Je sug­gère d’ailleurs à tous les résis­tants de signa­ler les mots dan­ge­reux qui ont ain­si été mis à l’envers. Je pro­pose que nous bali­sions les mots men­teurs par un signal codé entre nous, avec des guille­mets à l’envers (Alt+175 et Alt+174 sur un cla­vier de PC), comme pour poin­ter un piège : par exemple, » popu­liste «, » démo­cra­tie «, » suf­frage uni­ver­sel «, » citoyen «, » réforme «, » consti­tu­tion «, etc. Un homme aver­ti en vaut deux. Si on repère clai­re­ment les men­songes de la Nov­langue, on sera moins vulnérable.

Vous disiez tout à l’heure que le peuple avait sa part de res­pon­sa­bi­li­té de se faire diri­ger. Peut-on consi­dé­rer qu’on est encore un peuple ?

Le peuple est un concept tem­po­raire. Une col­lec­ti­vi­té, à un moment don­né, se consi­dère comme un peuple et est prête à envi­sa­ger des objec­tifs com­muns et à se pro­té­ger mutuel­le­ment. En pre­nant conscience du dan­ger des voleurs de pou­voirs (qui exis­te­ront tou­jours dans les col­lec­ti­vi­tés : les aspi­rants chefs, les lea­ders…), nous devrions arri­ver à nous en méfier et à évi­ter à tout prix de leur don­ner le pou­voir, et donc à ins­ti­tuer le tirage au sort à la place de l’élection. Un peuple qui aurait tes­té à petite échelle, au niveau de la com­mune, une vraie démo­cra­tie, avec le tirage au sort et ses contrôles.

Est-ce que, selon vous, la Suisse est une démocratie ?

La Suisse est une semi-démo­­cra­­tie (ce qui est déjà bien), grâce au réfé­ren­dum d’initiative popu­laire. Les Suisses ont ain­si les moyens ins­ti­tu­tion­nels, à leur propre ini­tia­tive, de court-cir­­cui­­ter leurs repré­sen­tants sur les sujets les plus graves. La Suisse est donc infi­ni­ment plus démo­cra­tique que la France, qui ne l’est pas du tout. Mais il est essen­tiel de com­prendre que cette puis­sance des Suisses ‑et cette impuis­sance des Fran­­çais- est pro­gram­mée, pro­gram­mée dans la Constitution !

“Les pro­fes­sion­nels de la poli­tique ont un inté­rêt per­son­nel à pro­gram­mer l’impuissance du peuple”

Qu’est-ce qu’un réfé­ren­dum d’initiative populaire ?

Le RIP (ou RIC : réfé­ren­dum d’initiative Citoyenne) est l’institution qui garan­tit au peuple qu’il lui est pos­sible, de sa propre ini­tia­tive et à tout moment, de reprendre le contrôle des pro­ces­sus légis­la­tifs et consti­tuants. C’est cen­tral. Le réfé­ren­dum d’initiative popu­laire existe dans quelques pays dans le monde : en Ita­lie, dans la moi­tié des États-Unis, au Vene­zue­la et en Autriche, par exemple. En France, en 2008, le par­le­ment, aux ordres du gou­ver­ne­ment, a révi­sé la consti­tu­tion pour ins­ti­tuer ce qu’ils ont appe­lé frau­du­leu­se­ment (je pèse mes mots) un “réfé­ren­dum d’initiative popu­laire”. Il suf­fit de lire l’article 11 pour consta­ter que ce n’est qu’un refe­ren­dum d’initiative par­le­men­taire. Nos pré­ten­dus » repré­sen­tants « se moquent donc ouver­te­ment de nous. Nous ne sommes pas en démo­cra­tie : nous sommes en ploutocratie.

Par quel moyen le peuple fran­çais peut-il re-deve­­nir ou deve­nir le souverain ?

Il faut qu’on réflé­chisse pour créer quelque chose de nou­veau et concen­trer notre objec­tif sur un point pré­cis et aucun autre (pour réunir le plus grand nombre d’entre nous). Il fau­drait que ce point com­mun soit effec­ti­ve­ment déci­sif c’est-à-dire suf­fi­sant pour entrai­ner ensuite natu­rel­le­ment la plu­part des modi­fi­ca­tions que nous souhaitons.

Ce point est, me semble-t-il, dans la qua­li­té du pro­ces­sus consti­tuant : il ne faut plus qu’il y ait de pro­fes­sion­nels de la poli­tique dans l’Assemblée consti­tuante, ni dans le Conseil consti­tu­tion­nel. PLUS JAMAIS ET EN AUCUN CAS. En effet, les pro­fes­sion­nels de la poli­tique ont un inté­rêt per­son­nel à pro­gram­mer l’impuissance du peuple, et c’est ce qu’ils font, tou­jours et par­tout. Seule une consti­tu­tion d’origine citoyenne per­met­tra au peuple de reprendre le contrôle de ses affaires (les affaires publiques).

Le tirage au sort est-il l’avenir de la démocratie ?

Non, le tirage au sort n’est pas « l’avenir de la démo­cra­tie », il en est indis­so­ciable ; c’est un lien beau­coup plus fort qu’une simple étape chro­no­lo­gique : il n’y a pas de démo­cra­tie sans tirage au sort.

Étienne Chouard.

Pro­pos recueillis par Arthur Scheuer et Bap­tiste Thion

http://etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​pe/forum/index.php?2012/09/08/253-rage­­mag-popu­­liste-n-est-pas-un-gros-mot


Pour appro­fon­dir le tra­vail de Ber­nard Friot : 

Le site réseau sala­riat :

http://​www​.reseau​-sala​riat​.info/​?​l​a​n​g​=fr

Bernard Friot « La conférence gesticulée »

httpv://www.youtube.com/watch?v=ZuZz9NSOh10

Usul présente le Salaire à Vie (Bernard Friot)

httpv://www.youtube.com/watch?v=uhg0SUYOXjw

Friot formules ses reproches au revenu de base :

httpv://youtu.be/XJG1_IEgfks

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Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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UN ÉTAT — OU UNE COMMUNE — DIGNE DE CE NOM N’EMPRUNTE PAS LA MONNAIE DONT IL A BESOIN, IL LA CRÉE.

Le pillage de la Grèce est le plus grand des scan­dales. Je lis ça et ça me révolte :

Énième cure d’austérité en Grèce :

http://​bfm​bu​si​ness​.bfmtv​.com/​m​o​n​d​e​/​e​n​i​e​m​e​–​c​u​r​e​–​d​–​a​u​s​t​e​r​i​t​e​–​e​n​–​g​r​e​c​e​–​1​0​4​0​6​3​5​.​h​tml

Les parlementaires grecs seront amenés la semaine prochaine à voter un énième train de mesures de rigueur. Elles concernent cette fois la réorganisation du marché de l’énergie et de nouvelles privatisations.

Le Par­le­ment grec doit se pro­non­cer la semaine pro­chaine sur un énième train de mesures de rigueur, récla­mées par les créan­ciers en vue du déblo­cage de 2,8 mil­liards d’eu­ros de prêts à la Grèce, a‑t‑on appris same­di de source parlementaire.

Le pro­jet de loi, qui concerne sur­tout la réor­ga­ni­sa­tion du mar­ché de l’élec­tri­ci­té, l’ac­cé­lé­ra­tion des pri­va­ti­sa­tions et la ges­tion des prêts ban­caires non per­for­mants, « doit être débat­tu lun­di en com­mis­sion par­le­men­taire avant un vote à l’As­sem­blée mar­di soir », a décla­ré à une res­pon­sable du bureau de presse du Parlement.

Des mesures controversées

Par­mi les sujets contro­ver­sés abor­dés dans ce pro­jet de loi figure le trans­fert des com­pa­gnies publiques dont celles de l’E­lec­tri­ci­té (DEI) et de l’eau à la Socié­té des Par­ti­ci­pa­tions publiques (Edis), récem­ment créée sur le modèle fran­çais de l’APE (Agence des par­ti­ci­pa­tions de l’Etat).

Edis fait par­tie du nou­veau fonds de pri­va­ti­sa­tions EESP qui suc­cède à l’ac­tuel Tai­ped (Fonds d’ex­ploi­ta­tion du patri­moine public), créé au moment de l’é­clo­sion de la crise de la dette en 2010 pour faci­li­ter la vente des biens publics et aug­men­ter les liqui­di­tés de l’E­tat.

La Grèce toujours en récession

L’in­tro­duc­tion au Par­le­ment de ce nou­veau pro­jet de loi inter­vient une semaine après la fin de la visite des repré­sen­tants des créan­ciers à Athènes pour éva­luer les comptes grecs, un rituel qui se répète depuis 2010, lorsque la Grèce a été pla­cée sous la tutelle de l’UE et du FMI.

Ven­dre­di, le FMI a de nou­veau appe­lé l’UE à allé­ger la dette grecque, qui pèse sur les finances publiques, tout en insis­tant sur les coupes dans les retraites, rabo­tées à plu­sieurs reprises ces der­nières années. Sou­mise à des poli­tiques d’aus­té­ri­té dra­co­niennes, la Grèce peine tou­jours à sor­tir de la réces­sion mal­gré l’a­mé­lio­ra­tion de ses finances.

Source : BFM busi­ness http://​bfm​bu​si​ness​.bfmtv​.com/​m​o​n​d​e​/​e​n​i​e​m​e​–​c​u​r​e​–​d​–​a​u​s​t​e​r​i​t​e​–​e​n​–​g​r​e​c​e​–​1​0​4​0​6​3​5​.​h​tml

 
Mon commentaire : 

Ces pri­va­ti­sa­tions pour ali­men­ter l’É­tat en argent sont un scan­dale appro­fon­di et répé­té, et en plus, ces hon­teuses rapines d’u­su­riers sont infli­gées au peuple grec par la pré­ten­due « gauche radicale » !!!

UN ÉTAT DIGNE DE CE NOM N’EMPRUNTE PAS LA MONNAIE DONT IL A BESOIN, IL LA CRÉE.

Les poli­ti­ciens qui aban­donnent la sou­ve­rai­ne­té moné­taire (qui ne leur appar­tient pas !) sont indignes, même « à gauche », ce sont des incom­pé­tents ou des traîtres.

Pour nous pré­mu­nir de la révol­tante et non néces­saire « purge grecque » à venir, il faut mul­ti­plier entre nous, TOUS LES JOURS, les mini-ate­­liers consti­tuants pro­li­fiques et conta­gieux (MAC-PC), en les orien­tant très prio­ri­tai­re­ment sur la ques­tion monétaire.

Bou­­gez-vous ! Il faut faire pas­ser cette idée rapi­de­ment autour de vous pour que le niveau monte plus vite, ÇA URGE : une nation – ou une com­mune – digne de ce nom n’emprunte pas la mon­naie dont le peuple a besoin, elle la crée.

Nous devons vite apprendre à créer NOUS-MÊMES la mon­naie dont nous avons besoin pour vivre.

Étienne.

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Les 7 propositions de Donald Trump que les grands médias nous cachent

Infor­ma­tion pas­sion­nante et impor­tante, publiée par Igna­cio Ramo­net (Fon­da­teur d’At­tac et Direc­teur du Monde diplo­ma­tique pen­dant plus de dix ans), et signa­lée par Auré­lien Ber­nier :

Les 7 propositions de Donald Trump que les grands médias nous cachent

[···] « on se demande com­ment un per­son­nage avec de si misé­rables idées peut ren­con­trer un tel suc­cès chez les élec­teurs amé­ri­cains qui, évi­dem­ment, ne sont pas tous décé­ré­brés ? Quelque chose ne cadre pas.

Pour résoudre cette énigme, il a fal­lu fendre le mur de l’information et ana­ly­ser de plus près le pro­gramme com­plet du can­di­dat répu­bli­cain. On découvre alors sept autres options fon­da­men­tales qu’il défend, et que les grands médias passent sys­té­ma­ti­que­ment sous silence.

1) En pre­mier lieu, les jour­na­listes ne lui par­donnent pas ses attaques fron­tales contre le pou­voir média­tique. Ils lui reprochent d’encourager régu­liè­re­ment son public à huer les médias « mal­hon­nêtes ». Trump affirme sou­vent : « Je ne suis pas en com­pé­ti­tion avec Hil­la­ry Clin­ton, mais avec les médias cor­rom­pus. » Récem­ment, il a twee­té : « Si les grands médias, répu­gnants et cor­rom­pus, cou­vraient de manière hon­nête ma cam­pagne, sans fausses inter­pré­ta­tions, je dépas­se­rais Hil­la­ry de 20 %. » Il n’a pas hési­té à inter­dire d’accès à ses mee­tings plu­sieurs médias impor­tants comme The Washing­ton Post, Poli­ti­co, Huf­fing­ton Post et Buzz­Feed. Il a même osé atta­quer Fox News, la grande chaîne de la droite pam­phlé­taire, qui pour­tant le sou­tient à fond …

2) Une autre cause des attaques média­tiques contre Trump : sa dénon­cia­tion de la glo­ba­li­sa­tion éco­no­mique qu’il tient pour res­pon­sable de la des­truc­tion des classes moyennes. Selon lui, l’économie glo­ba­li­sée est une cala­mi­té dont le nombre de vic­times ne cesse de croître. Il rap­pelle que plus de 60 000 usines ont dû fer­mer ces quinze der­nières années aux Etats-Unis et qu’environ cinq mil­lions d’emplois indus­triels ont été détruits.

3) Trump est un fervent pro­tec­tion­niste. Il pro­pose d’augmenter les taxes sur tous les pro­duits impor­tés. Et se dit prêt, s’il arrive au pou­voir, à éta­blir des droits de douanes de 40% sur les pro­duits chi­nois. « Nous allons récu­pé­rer le contrôle du pays et nous ferons en sorte que les Etats-Unis rede­viennent un grand pays » affirme-il sou­vent, en repre­nant son slo­gan de cam­pagne. Par­ti­san du Brexit, il a décla­ré que, s’il était élu, il ferait sor­tir les Etats-Unis de l’Accord de libre échange nord-amé­­ri­­cain (ALENA). Il s’est éga­le­ment atta­qué au Trai­té Trans-Paci­­fique (TPP) et a confir­mé que, une fois élu, il reti­re­rait les Etats-Unis de l’accord : « Le TPP consti­tue­rait un coup mor­tel pour l’industrie manu­fac­tu­rière des Etats Unis. » Evi­dem­ment, s’il est élu, il stop­pe­rait aus­si les négo­cia­tions en cours avec l’Union euro­péenne. Il va même plus loin : « Nous allons rené­go­cier ou sor­tir de l’OMC (Orga­ni­sa­tion mon­diale du com­merce). Ces accords com­mer­ciaux sont un désastre. » répète-t-il. Dans des régions comme le rust belt, la « cein­ture de rouille » du nord-est où les délo­ca­li­sa­tions et la fer­me­ture d’usines ont fait explo­ser le chô­mage et géné­ra­li­sé la pau­vre­té, ces pro­pos sont reçus avec enthou­siasme et font renaître tous les espoirs.

4) Autre option dont les médias parlent peu : son refus des réduc­tions bud­gé­taires néo­li­bé­rales en matière de sécu­ri­té sociale. De nom­breux élec­teurs répu­bli­cains vic­times de la crise éco­no­mique, et tous ceux qui ont plus de 65 ans, ont besoin de la Social Secu­ri­ty (retraite) et du Medi­care (assu­rance mala­die) mis en place par le pré­sident Barack Oba­ma que les autres diri­geants répu­bli­cains veulent sup­pri­mer. Trump a pro­mis ne pas reve­nir sur ces avan­cées sociales. Il a aus­si pro­mis de dimi­nuer les prix des médi­ca­ments, d’aider à régler les pro­blèmes des « SDF », de réfor­mer la fis­ca­li­té des petits contri­buables, et de sup­pri­mer un impôt fédé­ral qui touche 73 mil­lions de foyers modestes.

5) Dénon­çant l’arrogance de Wall Street, Trump pro­pose éga­le­ment d’augmenter de manière signi­fi­ca­tive les impôts des tra­ders spé­cia­li­sés dans les hedge funds (fonds spé­cu­la­tifs) qui gagnent des for­tunes. Il pro­met le réta­blis­se­ment de la loi Glass-Stea­­gall (votée en 1933 pen­dant la Dépres­sion et abro­gée en 1999 par William Clin­ton), qui sépa­rait la banque tra­di­tion­nelle de la banque d’affaires pour évi­ter que celle-ci puisse mettre en péril l’épargne popu­laire par des inves­tis­se­ments à haut risque. Evi­dem­ment, l’ensemble du sec­teur finan­cier est vent debout contre Trump et s’oppose au réta­blis­se­ment de cette loi.

6) En matière de poli­tique inter­na­tio­nale, Trump s’est fait fort de trou­ver des ter­rains d’entente à la fois avec la Rus­sie et avec la Chine. Il veut notam­ment signer une alliance avec Vla­di­mir Pou­tine et la Rus­sie pour com­battre effi­ca­ce­ment l’organisation Etat isla­mique (Daesh) même si pour l’établir Washing­ton doit accep­ter l’annexion de la Cri­mée par Moscou.

7) Enfin, Trump estime qu’avec son énorme dette sou­ve­raine, l’Amérique n’a plus les moyens d’une poli­tique étran­gère inter­ven­tion­niste tous azi­muts. Elle n’a plus voca­tion à garan­tir la paix à n’importe quel prix. Contrai­re­ment à plu­sieurs res­pon­sables de son par­ti, et tirant les leçons de la fin de la guerre froide, il veut chan­ger l’OTAN : « Il n’y aura plus – affirme-t-il – de garan­tie d’une pro­tec­tion auto­ma­tique des Etats-Unis envers les pays membres de l’OTAN. » » [···]

Igna­cio Ramonet

http://​www​.mede​lu​.org/​L​e​s​–​7​–​p​r​o​p​o​s​i​t​i​o​n​s​–​d​e​–​D​o​n​a​l​d​–​T​r​ump

Source : mémoire des luttes

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[Rendez-vous] 23 sept 2016 : présentation du film Demain à Puyloubier (13)

Je serai à Puy­lou­bier (tout près de chez moi, pour une fois, au pied de la mon­tagne Sainte-Vic­­toire), ven­dre­di pro­chain 23 sep­tembre 2016 à 19 h 30, pour pré­sen­ter (en 15–20 min) le film Demain :

Comme vous le savez sans doute, le pro­jet de Cyril et de Méla­nie, avec Demain, est de décrire une foule d’ac­tions posi­tives enthou­sias­mantes, un peu par­tout sur terre, actions pour le BIEN COMMUN menées par des col­lec­tifs bien moti­vés, pour nous remon­ter le moral en asso­ciant les idées de pro­jets citoyens, éco­lo­giques et soli­daires, de mon­naies locales, de vraie démo­cra­tie… en remon­tant même, fina­le­ment, à la cause pre­mière de nos impuis­sances poli­tiques pour défendre — tenez-vous bien — les très néces­saires assem­blées consti­tuantes tirées au sort !… 🙂 

Un film épa­tant, donc, qu’on revoit tou­jours avec plai­sir sans se las­ser, tant il four­mille de détails exci­tants et sti­mu­lants. C’est un grand réser­voir d’op­ti­misme et de bonne humeur 🙂

Si vous habi­tez dans la région d’Aix-Mar­seille, je serai heu­reux de vous y ren­con­trer (on pren­dra sûre­ment un pot après le débat qui sui­vra le film).

Étienne.

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