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Seul le « hasard » nous sauvera (on n’aura jamais de démocratie sans tirage au sort). C’est ce vendredi soir 3 nov 2023 à 21h30.

Seul le « hasard » nous sauvera (on n’aura jamais de démocratie sans tirage au sort). C’est ce vendredi soir 3 nov 2023 à 21h30.

https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​_​J​e​K​2​U​7​U​DdU Ouvrir la vidéo Le tirage rau sort est la seule pro­cé­dure démo­cra­tique, éga­li­taire et incor­rup­tible. Aucune démo­cra­tie n’est pos­sible sans tirage au sort des repré­sen­tants, parce que le tirage au sort est la seule pro­cé­dure qui AFFAIBLIT les repré­sen­tants, la seule tech­nique qui EMPÊCHE les repré­sen­tants de deve­nir des maîtres, la seule façon de dési­gner des repré­sen­tants qui pro­tège la sou­ve­rai­ne­té pleine et entière des citoyens, seuls législateurs…

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Modernocratie — ou La destinée démocratique de la Suisse, par Thomas Wroblevski et Jacques Silberstein

Modernocratie — ou La destinée démocratique de la Suisse, par Thomas Wroblevski et Jacques Silberstein

Chers amis, Je vous pré­sente ici la réflexion de Tho­mas Wro­blevs­ki, un jeune homme suisse dont je suis le tra­vail depuis plus de dix ans et dont j’ad­mire le cou­rage et la téna­ci­té. Il nous a pré­pa­ré un docu­ment pour pré­sen­ter son pro­jet. J’es­père qu’il vous don­ne­ra envie de l’ai­derl’ai­der : il en a bien besoin et il le mérite ample­ment (les dou­leurs vives et inces­santes que lui inflige son état de san­té sont une vraie tor­ture et je suis admi­ra­tif du dévoue­ment durable de ce jeune homme au bien…

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For­mat grille – For­mat articles complets

J’AI PAS VOTÉ, un très bon film sur les élections, avec un important complément sur le tirage au sort en politique

J’AI PAS VOTÉ, un très bon film sur le faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois), qui n’in­cite pas à l’abs­ten­tion mais qui cri­tique l’é­lec­tion et étu­die… le tirage au sort.

Ce film est uti­le­ment com­plé­té par cet échange (impor­tant, de mon point de vue) entre les trois per­sonnes qui, en France, à ma connais­sance, tra­vaillent le plus sur le tirage au sort 🙂 :

httpv://www.youtube.com/watch?v=xiDpyNtasGQ

À mon avis, il serait utile (et ça ne dépend que de nous) que ce film et son bonus dédié au tirage au sort soient beau­coup par­ta­gés, pour que le niveau monte par­mi les élec­teurs, et que nombre d’entre eux mutent en citoyens constituants 🙂

Étienne.

______________

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​1​3​0​8​5​2​6​3​7​317

Rap­pel de la publi­ca­tion pré­cé­dente sur ce film :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​0​9​/​1​0​/​u​n​–​f​i​l​m​–​d​e​–​s​y​n​t​h​e​s​e​–​s​u​r​–​l​e​x​i​g​e​n​c​e​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​–​p​o​p​u​l​a​i​r​e​–​q​u​i​–​m​o​n​t​e​–​d​a​n​s​–​l​e​–​p​a​y​s​–​j​a​i​–​p​a​s​–​v​o​te/

Une bande de gen­tils virus dévoués et cou­ra­geux a réa­li­sé le plan détaillé de ce film. Quel bou­lot ! Mer­ci à eux, vraiment.

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Som­maire

1 Pre­mière partie
1.1 Intro : témoi­gnages et réflexions diverses sur le vote – Voter ou pas ? – Le vote est-il faire un choix ? – Que signi­fie : ne pas voter ?
1.2 Le vote et les élites
1.2.1 Le vote est le sacre de l’élite (Loïc Blondiaux)
1.2.2 L’élection crée une défiance des citoyens, une démo­cra­tie qui va mal (Blon­diaux)
1.2.3 Ser­vi­tude et ali­gne­ment des gou­ver­ne­ments aux forces de pou­voir ( Kempf, Blon­diaux, Aurouet)
1.3 Causes de l’abstention
1.3.1 Débats de fond anéan­tis, thèmes de cam­pagne immuables, pro­messes non tenues ( Blondiaux)
1.3.2 Taux d’abstention niés
1.3.3 Poli­ti­sa­tion des abs­ten­tion­nistes, choix réduit entre les par­tis gou­ver­ne­men­taux et les par­tis pro­tes­ta­taires ou extrêmes (Joua­ry, Aurouet, Brunel)
1.4 Mon­tée des extrêmes
1.4.1 Stra­té­gie de séduc­tion de l’électorat (Lio­gier)
1.4.2 Thèmes de cam­pagne modernes, dé-dia­­bo­­li­­sa­­tion pour espé­rer prendre le pou­voir (Lio­gier)
1.5 Pou­voir du peuple, référendums
1.5.1 Le réfé­ren­dum en tant que leurre du pou­voir du peuple (Joua­ry)
1.5.2 illu­sion démo­cra­tique du réfé­ren­dum sur la consti­tu­tion européenne
1.5.3 Pas de loi légi­time sans l’appropriation impli­cite ou expli­cite du peuple (Joua­ry)
1.6 Ori­gine et buts de la démo­cra­tie des Athé­niens au 5ème siècle avant JC
1.7 Mais la démo­cra­tie actuelle ?
1.7.1 Le régime repré­sen­ta­tif ôtant le pou­voir du peuple n’est pas une démo­cra­tie (Joua­ry, Aurouet)
1.7.2 La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive a consti­tué une alter­na­tive entre démo­cra­tie et monar­chie (Blon­diaux, Jouary)
1.7.3 La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, régime com­bi­nant des incom­pa­tibles : légi­ti­mi­té du pou­voir au peuple mais non déci­sion ou gou­ver­ne­ment par le peuple. (Blon­diaux)
2 Deuxième partie
2.1 Révo­lu­tion et mise en place d’une démo­cra­tie bour­geoise : 1789
2.1.1 Ori­gine de la révo­lu­tion française
2.1.2 Pro­ces­sus de sub­sti­tu­tion et d’identification entre sou­ve­rai­ne­té popu­laire et repré­sen­ta­tion (Blon­diaux, Jouary)
2.1.3 La révo­lu­tion fran­çaise – Sieyes contre Rousseau
2.1.4 Le vote en tant qu’élément démo­cra­tique du gou­ver­ne­ment, per­çu comme une perte de sou­ve­rai­ne­té (Blon­diaux, Jouary)
2.2 L’oligarchie – vote, conser­va­tisme, cor­rup­tion par l’argent contre l’égalité et la liberté –
2.2.1 Fon­de­ment de la légi­ti­mi­té du vote
2.2.2 Édu­ca­tion au vote et incitation
2.2.3 Droit de vote une conquête ? Et pour­tant… (Badiou)
2.2.4 Sys­tème oli­gar­chique et conservatisme
2.2.5 Argent cor­rup­teur des démocraties
2.3 Aris­to­cra­tie élec­tive et peuple incom­pé­tent (Manin)
2.4 Les repré­sen­tants poli­tiques – une classe iso­lée et un peuple oublié –
2.4.1 Non repré­sen­ta­ti­vi­té réelle du peuple au sein des repré­sen­tants poli­tiques (Manin)
2.4.2 Peuple oublié et mal infor­mé (Blon­diaux)
2.5 La poli­tique une profession ?
2.5.1 Une for­ma­tion sou­vent unique
2.5.2 Cumul des man­dats et pro­fes­sion­na­li­sa­tion (Joua­ry)
2.5.3 Oli­gar­chie financière
2.6 Le tirage au sort (Sin­to­mer)
3 Troi­sième partie
3.1 Confé­rence de Citoyens
3.2 Épi­logue (Sin­to­mer, Tes­tart) – uti­li­té et mise en pra­tique du tirage au sort

Source et détails : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Étienne.]

[Délits d’élus, pilleurs d’État…] « ALLEZ (presque tous) VOUS FAIRE… » – Philippe Pascot publie le 4e tome de sa (précieuse) encyclopédie des turpitudes des voleurs de pouvoir ( + 3 vidéos)

Je suis en train de dévo­rer le qua­trième livre de Phi­lippe Pas­cot, qui vient de paraître (son titre montre un cer­tain éner­ve­ment, à force d’en découvrir…) :

« ALLEZ (presque tous) VOUS FAIRE… »
(Pilleurs d’É­tat tome 2)

Dis­po­nible ici.

Les citoyens actifs (de tous bords) devraient bien connaître le tra­vail de Phi­lippe Pas­cot, d’u­ti­li­té publique : recen­ser métho­di­que­ment les délits d’é­lus, pilleurs d’É­tat comme il le dit bien, et leur invrai­sem­blable impunité.

[Edit (la nuit porte conseil et je m’a­per­çois ce matin que je n’ai pas sou­li­gné la connexion entre le tra­vail de Phi­lippe et le mien) :

Comme vous savez, je conteste for­mel­le­ment la légi­ti­mi­té des repré­sen­tants poli­tiques à écrire eux-mêmes la Consti­tu­tion, qui est le texte supé­rieur qui ins­ti­tue leurs pou­voirs, mais aus­si et sur­tout le texte qui devrait ins­ti­tuer leurs contrôles et la mise en oeuvre effec­tive de leur responsabilité.

Les repré­sen­tants poli­tiques devraient CRAINDRE la Consti­tu­tion, qui devrait donc leur être par­fai­te­ment inac­ces­sible, res­tant la loi supé­rieure, le droit du droit, tout en haut de la pyra­mide de l’é­tat de droit. Cette crainte des hommes au pou­voir d’être sur­veillés et punis (crainte que les élus savent si bien orga­ni­ser pour les autres) consti­tue­rait la meilleure pro­tec­tion du peuple contre les abus de pouvoir.

Or, il est bien évident que, si le peuple laisse ses repré­sen­tants poli­tiques écrire eux-mêmes le texte qu’ils devraient craindre, ces repré­sen­tants vont tout natu­rel­le­ment écrire des textes dont ils n’au­ront rien à craindre… et ils devien­dront for­cé­ment, ipso fac­to, par le fait même, des voleurs de pou­voirs.

Tous les pou­voirs devraient avoir quelque chose à craindre. Et aucun pou­voir n’est capable d’ins­ti­tuer lui-même cor­rec­te­ment ses propres contrôles. C’est un prin­cipe fon­da­teur que tous les enfants devraient apprendre à l’é­cole et qu’ils devraient sur­tout apprendre à ins­ti­tuer eux-mêmes, per­son­nel­le­ment, pratiquement.

Pour­tant, nous en sommes là, pour l’ins­tant : par­tout sur terre depuis 200 ans, ce sont des pro­fes­sion­nels de la poli­tique qui écrivent les consti­tu­tions ; par­tout dans le monde depuis 200 ans, les Assem­blées consti­tuantes d’a­bord, et les Assem­blées légis­la­tives ensuite, sont ÉLUES par­mi des can­di­dats qu’on peut aider. Cette pro­cé­dure de l’é­lec­tion, méca­ni­que­ment, donne le pou­voir aux plus riches, ceux qui ont les moyens d’ai­der leurs can­di­dats, can­di­dats donc vain­queurs mais débi­teurs, qui servent ensuite évi­dem­ment, for­cé­ment, les inté­rêts pri­vés de leurs bien­fai­teurs, au lieu de ser­vir l’in­té­rêt géné­ral des électeurs.

Le fait ori­gi­nel que les hommes au pou­voir écrivent eux-mêmes les règles de leur propre pou­voir (parce que NOUS les lais­sons faire en démis­sion­nant du pro­ces­sus consti­tuant) entraîne auto­ma­ti­que­ment toutes sortes de troubles majeurs pour le corps social :

• L’INFANTILISATION DES CITOYENS, réduits à la condi­tion ser­vile d’é­lec­teurs, tenus à l’é­cart des déci­sions com­munes, et ain­si pro­gres­si­ve­ment décou­ra­gés de se pré­oc­cu­per du bien commun, 

• L’IMPUISSANCE POLITIQUE DU PEUPLE, condam­né à obéir à des lois qu’il n’a jamais ni écrites ni votées, et inca­pable de résis­ter même à des lois qu’il juge scélérates, 

• LA DOMINATION POLITIQUE PAR DES « REPRÉSENTANTS » IRRESPONSABLES, n’ayant aucun compte sérieux à rendre aux élec­teurs qu’ils pré­tendent représenter,

• L’EXPLOITATION ÉCONOMIQUE de la classe qui tra­vaille par la classe qui ne fait rien, « la classe des loi­sirs » si bien iden­ti­fiée par Thor­stein Veblen (dont j’ai par­lé ici, fin 2013, pour expli­quer l’im­por­tance cen­trale que j’ac­corde à l’i­dée de lutte des classes).

J’a­na­lyse « le capi­ta­lisme » comme la consé­quence éco­no­mique (iné­luc­table) d’une catas­trophe poli­tique pre­mière qui est la confis­ca­tion du pou­voir consti­tuant par les grands mar­chands, et notam­ment les mar­chands d’argent, il y a 200 ans (300 ans pour l’An­gle­terre : 1688 puis 1694) : le vol du pou­voir consti­tuant leur a per­mis d’im­po­ser dura­ble­ment la pro­cé­dure plou­to­cra­tique de l’é­lec­tion, qui leur a don­né elle-même le pou­voir légis­la­tif, le pou­voir (hau­te­ment stra­té­gique, évi­dem­ment) d’é­crire eux-mêmes les lois (!) et d’im­po­ser ain­si « le capi­ta­lisme », y com­pris dans sa ver­sion « fas­ciste » en cas de besoin (quand le peuple gronde trop fort).

De mon point de vue, le capi­ta­lisme est du droit avant d’être de l’é­co­no­mie : pour ver­rouiller dura­ble­ment l’ex­ploi­ta­tion de la classe labo­rieuse par la classe oisive, il fal­lait D’ABORD écrire (et impo­ser par une force publique invin­cible) les règles juri­diques du capi­ta­lisme.
En désordre, me viennent à l’esprit :
la per­son­na­li­té morale des entreprises,
la res­pon­sa­bi­li­té limi­tée des « entrepreneurs »,
les socié­tés par actions, ven­dables et ache­tables (et accu­mu­lables) sur des Bourses des valeurs,
la subor­di­na­tion des pro­lé­taires aux pro­prié­taires des moyens de production,
l’ab­sence de limites à la pro­prié­té et à l’hé­ri­tage,
l’é­lec­tion des maîtres poli­tiques par­mi des can­di­dats qu’on peut aider,
l’im­pu­ni­té des « élus », même quand il est avé­ré qu’ils ont tra­hi les inté­rêts du peuple,
la pri­va­ti­sa­tion de la créa­tion moné­taire, et donc le type et la rare­té des signes monétaires,
les médias ache­tables comme des mar­chan­dises, outils majeurs de la fabrique du consentement,
– etc.

Phi­lippe Pas­cot nous a pré­pa­ré un expo­sé en détail des infi­nis pri­vi­lèges et des innom­brables délits impu­nis des pro­fes­sion­nels de la poli­tique (les voleurs de pou­voirs), avec les faits, les dates et les noms, et cet expo­sé ordon­né donne du corps, de la chair, de la réa­li­té, des preuves, à ma thèse : mon ana­lyse théo­rique se confirme spec­ta­cu­lai­re­ment dans la pra­tique, entre autres à tra­vers une délin­quance et une impu­ni­té des acteurs, qui se sont affran­chis des contraintes en écri­vant eux-mêmes les règles qu’ils devraient craindre.

C’est ce qui fait l’in­té­rêt majeur, de mon point de vue d’é­lec­teur aspi­rant à deve­nir citoyen, donc consti­tuant, des livres de Phi­lippe Pas­cot : offrir aux citoyens qui contestent le sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire une véri­table ency­clo­pé­die pra­tique des tur­pi­tudes des pro­fes­sion­nels de la politique.

Nous avons besoin de lan­ceurs d’a­lerte comme lui — et de pas­seurs d’in­fos comme vous et moi ! — pour sti­mu­ler nos défenses, pour nous réveiller révol­tés et nous mobi­li­ser pour résis­ter, avant d’être pro­gres­si­ve­ment et insen­si­ble­ment réduits en escla­vage moderne.

Les faits patiem­ment recen­sés — et cou­ra­geu­se­ment publiés — par Phi­lippe ne sont que des consé­quences, certes, et on ne sor­ti­ra de cette cor­rup­tion endé­mique qu’en nous en pre­nant à leurs causes pre­mières, c’est-à-dire en deve­nant nous-mêmes consti­tuants, adultes poli­tiques ; mais ce sont des consé­quences éclai­rantes, éner­vantes et donc sti­mu­lantes, et au bout du compte éman­ci­pantes, si l’on sait y voir les effets de causes que nous ché­ris­sons sot­te­ment : le faux « suf­frage uni­ver­sel », élire des maîtres au lieu de voter les lois, est la cause pre­mière de notre impuis­sance poli­tique popu­laire, et des injus­tices éco­no­miques sociales géné­ra­li­sées qui découlent de cette impuissance.

/Edit]

Mer­ci aux Édi­tions Max Milo, d’o­ser publier des brû­lots comme les livres de Phi­lippe : on a bien besoin d’é­di­teurs cou­ra­geux pour relayer nos lan­ceurs d’a­lerte mal­gré les inti­mi­da­tions des mil­liar­daires (Phi­lippe en décrit des vertes et des pas mûres dans son livre).

Cette ency­clo­pé­die en quatre volumes est une réfé­rence, une mine d’in­for­ma­tions ori­gi­nales, utiles et révol­tantes (on n’en sort pas apai­sé, vous êtes prévenus…).

À connaître et à faire connaître
(à offrir en cadeau, par exemple, pour que l’in­fo passe vite au sein du peuple

mal­gré le silence impo­sé par la Prav­da des mil­liar­daires (Le Monde, Libé­ra­tion, Le Figa­ro, Le Point, L’Obs, etc.).

Voi­ci le PLAN du livre :

Petit hom­mage pour grandes per­sonnes 13

Remer­cie­ments 17

Qui suis-je ? 21

 

Biographie partielle de Philippe Pascot pour éviter de dire ou d’écrire des conneries (ou d’en dire un peu moins) 25

 

Avant-propos de réveil douloureux 31

 

Ils sont presque tous à côté de la plaque 43

 

En politique, le ridicule devient la règle 47

 

Des élus « hors sol », mais tête haute et poches pleines 53

 

Le pouvoir à n’importe quel prix 67

 

Réduire la démocratie et la liberté d’expression en France : un travail de tous les jours ! 75

 

Décisions d’élus, lois et petits arrangements dont on ne vous parle pas 85

 

Des lois qui ne servent que les fraudeurs 97

 

Plus fraudeur qu’un anti-fraudeur, tu meurs ! 107

 

La garde à vue de 96 heures pour fraude fiscale aggravée est censurée avant même d’être appliquée 115

 

L’argent de la fraude fiscale que les parlementaires et/ou le gouvernement ne veulent pas récupérer 121

 

590 millions d’euros de fraudes par an dont le gouvernement ne veut pas non plus ! 129

 

T’es agriculteur : tu paies ! T’es parlementaire agriculteur : tu ne paies pas ! 133

 

Ficher 60 millions d’individus honnêtes, c’est pour demain 137

 

Un « plaider-coupable » qui arrange bien les élus 143

 

Les parlementaires au secours de l’entreprise ripoux. Mieux que le plaider-coupable : la convention judiciaire d’intérêt public 
155

 

Une centaine de députés ne veulent pas d’une peine d’inéligibilité complémentaire « obligatoire » dans les affaires financières, 
surtout celles qui les concernent 163

 

Quand les parlementaires sont contre la « dématérialisation » des documents… mais uniquement pour eux ! 167

 

Comment essayer de gratter quelques électeurs de plus 173

 

Les parlementaires ne sont plus les représentants du peuple, mais une caste qui s’autodésigne 177

 

Lutter contre l’absentéisme des salariés mais pas contre celui des parlementaires 201

 

Même au chômage, ils se gavent avec 150 % du montant de leur indemnité 209

 

Le discours et les actes : la réserve parlementaire ou comment « arroser » à moindre frais 217

 

Conclusion 229

 
Fin de pro­me­nade dans le mari­got de nos poli­ti­ciens 245

Quelques der­niers élus, les doigts dans le pot de confi­ture, pour finir en beau­té 247

Petit lexique de la gram­maire poli­tique fran­çaise 295
Ils sont dans ce livre 307
Bul­le­tin de vote 315
Les livres à lire abso­lu­ment 318

 
Encore mer­ci, cher Philippe.

Bonne lec­ture à tous 🙂

Étienne.


Rap­pel des trois pré­cé­dents livres de Phi­lippe pour la défense du bien commun :


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​p​i​l​l​e​u​r​s​–​d​e​t​at/



https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​d​e​l​i​t​s​–​d​e​l​us/


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​d​u​–​g​o​u​d​r​o​n​–​e​t​–​d​e​s​–​p​l​u​m​es/


Je pro­fite de l’oc­ca­sion pour signa­ler ici trois vidéos qui gardent la trace de nos pre­mières rencontres :

Table-ronde SynerJ du 10 décembre 2016 (à Montreuil) : « Alerte ! Quelle société voulons-nous pour demain ? »
avec Stéphanie GIBAUD, Philippe PASCOT, Étienne CHOUARD et Yvan STEFANOVITCH

httpv://www.youtube.com/watch?v=MXI8GeuYcrI

httpv://www.youtube.com/watch?v=6kaUwUgWihk

Le Dîner du Cercle #9 (9 décembre 2016, à Paris) : « Les élections présidentielles, en France, sont-elles démocratiques ? »
avec Jean Lassalle, Philippe Pascot et Étienne Chouard :

httpv://www.youtube.com/watch?v=GbMl0o5Lyy8

____________________

Remarque : plu­sieurs fois, dans ce nou­veau livre, Phi­lippe prend à nou­veau ma défense (contre les hon­teuses dif­fa­ma­tions des tali­ban­ti­fas, néo-cons sous faux dra­peau) et ça me touche, parce que rien ne l’o­blige à faire ça et qu’il sait bien qu’il risque ain­si d’être empor­té à son tour dans la vague de calom­nies (qui fonc­tionnent pré­ci­sé­ment par amal­games arbi­traires suc­ces­sifs). Et pour­tant, il le fait quand même ; Phi­lippe est hon­nête et cou­ra­geux. Il n’y en a pas tant que ça, des hon­nêtes et courageux…
Donc mer­ci, Phi­lippe, mer­ci pour tout.

Étienne.

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​1​2​2​6​4​8​6​9​2​317

« Complotiste, moi ? » Une excellente analyse de Michel Collon

Oli­vier Ber­ruyer vient de remettre en avant, sur son site les​-crises​.fr,  un excellent papier de Michel Col­lon à pro­pos de la théo­rie du complot.

Je fais de même, ci-des­­sous, car ce papier est vrai­ment excellent et mérite effec­ti­ve­ment d’être connu du plus grand nombre :

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​1​0​9​6​9​4​1​6​2​317

 Dès qu’on critique les dirigeants des Etats-Unis, de l’UE ou d’Israël, certains agitent un épouvantail : « Vous êtes complotiste ! ». Sous-entendu : vous voyez le mal partout, mais ces dirigeants sont des démocrates, certes ils peuvent commettre des erreurs, mais ils agissent avec de bonnes intentions

Voi­là, en gros, nous serions for­cés de choi­sir entre :

  • La théo­rie du com­plot : tout est mani­gan­cé dans l’ombre, on nous cache tout, les maîtres du monde sont (au choix) : les juifs, les ban­quiers, les francs-maçons, les Illu­mi­na­ti, etc.
  • La théo­rie de la naï­ve­té : nos diri­geants occi­den­taux tra­vaillent pour le bien com­mun. Ils nous disent ce qu’ils font et ils font ce qu’ils disent.

Ni l’une, ni l’autre, mer­ci ! Nous reven­di­quons une troi­sième façon d’expliquer le fonc­tion­ne­ment de la socié­té, et elle n’a rien à voir avec ces deux fan­tasmes. Pour cla­ri­fier tout ça nous devrons répondre à quatre questions :

  1. Les com­plots, ça existe ou pas ?
  2. Le com­plo­tisme per­­met-il de com­prendre le monde ?
  3. Pour­quoi cer­tains parlent-ils tant de « théo­rie du complot » ?
  4. Les médias font-ils le jeu du complotisme ?
  1. Les complots, ça existe ou pas ?

Par­tons de la défi­ni­tion. Une syn­thèse des dic­tion­naires peut se résu­mer ain­si : « pro­jet secret éla­bo­ré par plu­sieurs per­sonnes contre une autre ou contre une ins­ti­tu­tion ». Sur base de ces divers élé­ments, véri­fions ensemble :

  • Quand la CIA et le MI 6 bri­tan­nique orga­nisent en 1953 un plan secret avec des troubles et une cam­pagne de dif­fa­ma­tion pour ren­ver­ser le pre­mier ministre Mos­sa­degh en Iran, et le rem­pla­cer par le Chah d’Iran, sou­mis aux USA[1], est-ce un com­plot ? Oui, il n’y a pas d’autre mot.
  • Quand Hen­ry Kis­sin­ger et la CIA orga­nisent en 1973 un plan secret pour ren­ver­ser le pré­sident pro­gres­siste Allende[2] et le rem­pla­cer par la dic­ta­ture mili­taire néo-libé­­rale du géné­ral Pino­chet, est-ce un com­plot ? Oui.
  • Quand Brze­zins­ki, conseiller du pré­sident Car­ter, orga­nise secrè­te­ment l’envoi en 1979 de Ben Laden et autres ter­ro­ristes en Afgha­nis­tan pour ren­ver­ser le gou­ver­ne­ment de gauche (il le recon­naî­tra vingt ans plus tard[3]), est-ce un com­plot ? Oui.
  • Quand, en 2003, le ministre de la Guerre US Donald Rum­sfeld pré­vient ses proches, mais pas l’opinion, que les Etats-Unis « vont prendre sept pays Afgha­nis­tan, Irak, Soma­lie, Sou­dan, Libye, Syrie pour finir par l’Iran »[4]plan qui sera effec­ti­ve­ment mis en oeuvre, est-ce un com­plot ? Oui.
  • Quand Bush et Blair fabriquent en 2003 de faux rap­ports[5] affir­mant que l’Irak pos­sède des armes de des­truc­tion mas­sive et cela pour jus­ti­fier leur guerre du pétrole, est-ce un com­plot ? Oui.

Nous ne dis­cu­te­rons pas ici la ques­tion de savoir si chaque guerre est ven­due avec de tels média­men­songes (cachant à l’opinion les véri­tables objec­tifs). Nous vou­lons juste sou­li­gner que les com­plots font bel et bien par­tie de la poli­tique inter­na­tio­nale, par­ti­cu­liè­re­ment en ce qui concerne les guerres et les coups d’Etat.

Les com­plots sont-ils tou­jours de droite ? Non. Si on se base sur la défi­ni­tion du dic­tion­naire, quand Cas­tro et Che Gue­va­ra orga­nisent à par­tir de 1955 – en secret évi­dem­ment – une insur­rec­tion pour ren­ver­ser la dic­ta­ture mili­taire pro-US qui opprime Cuba, est-ce un com­plot ? Oui. Pro­gres­siste cette fois : en faveur du peuple. Au contraire des com­plots tra­més par des élites pour leurs inté­rêts égoïstes. Bref, il existe des com­plots de droite et des com­plots de gauche.

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  1. Le complotisme permet-il de comprendre le monde ?

Ma réponse a tou­jours été très claire : Non ! Je l’ai écrit noir sur blanc dans mon livre Israël, par­­lons-en ! : « Le conflit Israël – Pales­tine n’est pas une guerre de reli­gion. Ce n’est pas non plus un com­plot juif. (…) La réa­li­té est bien plus simple. La réa­li­té der­rière Israël, c’est tout sim­ple­ment notre sys­tème éco­no­mique et social. Le capi­ta­lisme, de par ses lois éco­no­miques « natu­relles », pro­voque inévi­ta­ble­ment une grande accu­mu­la­tion de richesses à un pôle, et de pau­vre­té à un autre pôle. Depuis sa for­ma­tion jusqu’à aujourd’hui, le capi­ta­lisme a créé des for­tunes de plus en plus grandes et de plus en plus puis­santes. Ces gens entendent contrô­ler les matières pre­mières et le pétrole est la plus stra­té­gique. Pour le contrô­ler, ils sou­tiennent les dic­ta­tures pétro­lières arabes et Israël. Ce n’est pas un mys­té­rieux « com­plot », c’est juste une ques­tion de logique éco­no­mique. »[6]

Je l’ai répé­té dans mon livre sur Char­lie : « La seule façon de dépas­ser le faux pro­blème du com­plot consiste à débattre objec­ti­ve­ment sur les faits : en confron­tant les deux ver­sions, en ne croyant per­sonne sur parole et en véri­fiant tout sur base des meilleures sources selon les pos­si­bi­li­tés : témoins directs, témoins indi­rects fiables, docu­ments, rap­ports et com­mu­ni­qués. Tout cela des deux côtés bien sûr. »[7]

Mais qui a déve­lop­pé ce concept de « com­plo­tisme » ? C’est l’historien US Richard Hof­stad­ter. Dans son ouvrage The Para­noid Style in Ame­ri­can Poli­tics  (1964), il étu­dia l’idéologie de l’extrême droite US et notam­ment la chasse aux sor­cières du mac­car­thysme (1950 – 1956)[8]. Cette cam­pagne de répres­sion anti­com­mu­niste d’extrême droite avait été orches­trée par le séna­teur Joseph McCar­thy. Il pré­ten­dait que les Etats-Unis étaient gra­ve­ment mena­cés par un com­plot : « Des hommes haut pla­cés dans ce gou­ver­ne­ment tra­vaillent de concert pour nous livrer à la catas­trophe ? Ceci doit être le pro­duit d’une grande conspi­ra­tion, une conspi­ra­tion si igno­mi­nieuse que, lorsqu’elle sera mise à jour, ses prin­ci­paux pro­ta­go­nistes seront à jamais voués aux gémo­nies par les hon­nêtes gens. »[9] Au fond, McCar­thy repre­nait le thème obses­sion­nel d’Hitler : une grande conspi­ra­tion mon­diale judéo-maçon­­ni­­co-bol­­ché­­vique mena­çant l’Allemagne.

Le tra­vail d’Hofstadter mérite notre atten­tion. Car il four­nit une grille très pré­cise pour ana­ly­ser les com­po­santes de l’esprit com­plo­tiste qu’il appelle « para­noïaque ».  Selon Hof­stad­ter, le porte-parole para­noïaque nous entraîne dans un uni­vers où poli­tique et théo­lo­gie « expliquent » des évé­ne­ments qui en réa­li­té ont été pro­phé­ti­sés et se pré­parent depuis plu­sieurs géné­ra­tions. La « grande conspi­ra­tion » est tra­mée par des forces malé­fiques aux pou­voirs gigan­tesques et qua­si sur­na­tu­rels ; cette machi­na­tion enva­hit tous les pou­voirs : poli­tiques, édu­ca­tifs, média­tiques, reli­gieux, et donc aus­si l’Etat. C’est même pour cela qu’on n’en parle pas : le silence a été bien orga­ni­sé, ce qui confirme l’emprise des com­plo­teurs. Dans cet uni­vers, le genre humain ver­ra très bien­tôt le « bien » triom­pher du « mal ». Il s’agit donc de se ran­ger du bon côté.

Dans les périodes de crise et de désar­roi idéo­lo­gique, on assiste tou­jours à une recru­des­cence de la croyance aux com­plots. Et actuel­le­ment nous sommes bien dans une telle période pour diverses raisons :

  • la crise éco­no­mique, poli­tique et morale du sys­tème social
  • la per­cep­tion sen­sible des dan­gers qu’il apporte (envi­ron­ne­ment, guerres)
  • la perte de cré­di­bi­li­té des médias officiels
  • l’effondrement des par­tis de gauche en Europe
  • la dis­pa­ri­tion donc du cadre d’analyse objec­tif en termes d’intérêts des classes sociales

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Le com­plo­tisme ne per­met pas de com­prendre l’économie

En matière éco­no­mique, le com­plo­tisme est par­ti­cu­liè­re­ment à côté de la plaque. Certes, les com­plots existent. Quand les prin­ci­pales banques du monde s’entendent pour mani­pu­ler les taux de change de devises et accu­mu­ler ain­si des béné­fices extra, et qu’elles sont condam­nées à 1,7 mil­liards d’amendes par l’UE [10], de quoi s’agit-il, sinon d’un com­plot ? De même, quand des mul­ti­na­tio­nales s’arrangent entre elles, secrè­te­ment, pour fixer des prix trop bas aux matières pre­mières qu’elles achètent ou des prix trop éle­vés aux pro­duits qu’elles vendent, n’est-ce pas un com­plot ? Et quand une juge de New York, Denise Cote, condamne Apple pour avoir orches­tré une entente avec de grands édi­teurs aux Etats-Unis pour aug­men­ter les prix des livres élec­tro­niques (« Les plai­gnants ont démon­tré qu’Apple avait conspi­ré pour rele­ver les prix »), elle applique une défi­ni­tion juri­dique correcte.

Mais géné­ra­li­ser et pré­tendre que l’économie est com­plè­te­ment mani­pu­lée par un grand com­plot, que par exemple la crise éco­no­mique a été déli­bé­ré­ment pro­vo­quée par les banques pour aug­men­ter leurs pro­fits ou pour détruire les classes moyennes, là on entre dans le fan­tasme, car cela ne cor­res­pond pas aux faits observés.

En réa­li­té, dès sa nais­sance qua­si­ment, le sys­tème capi­ta­liste n’a ces­sé d’être accom­pa­gné de crises à inter­valles plus ou moins régu­liers. Pour­quoi ? Parce que ce sys­tème est basé sur trois lois éco­no­miques fondamentales :

  1. La pro­prié­té pri­vée des grandes usines et autres entre­prises (les forces de production).
  2. La concur­rence entre ces patrons.
  3. Le pro­fit maxi­mum comme moyen fon­da­men­tal de vaincre ses concurrents.

Ensemble ces trois lois pro­duisent un engre­nage qui s’impose de manière auto­ma­tique : chaque grand capi­ta­liste doit abso­lu­ment exploi­ter au maxi­mum ceux qui tra­vaillent pour lui. C’est-à-dire les faire pro­duire le plus pos­sible, les payer le moins pos­sible, et même par­fois licen­cier le plus pos­sible en inten­si­fiant le tra­vail de ceux qui res­tent. Et ce n’est pas une ques­tion de sen­ti­ments : les capi­ta­listes agissent ain­si non parce qu’ils sont « méchants » mais parce que s’ils ne le font pas, ils seront éli­mi­nés ou ava­lés par les concur­rents. Cha­cun pour soi et tous contre tous.

Pro­blème : quand un capi­ta­liste réa­lise de telles éco­no­mies, ses rivaux font évi­dem­ment pareil. Résul­tat : tous appau­vrissent ceux qui tra­vaillent pour eux. Dès lors à qui vont-ils vendre puisqu’ils ont détruit le pou­voir d’achat de leurs acheteurs ?

On pour­rait se dire : mais les capi­ta­listes s’étant enri­chis, ils vont dépen­ser davan­tage et quand même faire tour­ner l’économie ? Non. En aug­men­tant la part des pro­fits au détri­ment des salaires, ils se donnent les moyens d’augmenter leur capi­tal et leurs forces de pro­duc­tion. Mais le pou­voir de consom­ma­tion ne peut pas suivre puisqu’il a été réduit. Et ce dés­équi­libre fon­da­men­tal revient sans cesse dans le sys­tème capi­ta­liste. Il n’y a pas de pla­ni­fi­ca­tion veillant à l’équilibre entre les inves­tis­se­ments et les salaires.

En consé­quence, à un moment don­né, il y a trop de pro­duits sur le mar­ché par rap­port aux reve­nus qui peuvent être employés à les ache­ter. C’est la « sur­pro­duc­tion », le blo­cage. Les uns sont capables de pro­duire de plus en plus, mais les autres ne peuvent ache­ter tout ça. Ne pou­vant plus vendre assez, les capi­ta­listes arrêtent par­tiel­le­ment la pro­duc­tion et donc leur accu­mu­la­tion de richesses.

Conclu­sion. Cela ne pro­vient pas du com­plot de quelques-uns. C’est un effet auto­ma­tique des trois lois du capi­ta­lisme et, contrai­re­ment à cer­tains récits com­plo­tistes, les capi­ta­listes n’en sont pas heu­reux car cela met en dan­ger leurs pro­fits, et par­fois même l’existence de cer­tains d’entre eux.

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Sont-ils tout puissants ?

Une variante du com­plo­tisme pré­tend que l’économie serait diri­gée de façon occulte par un petit groupe de gens mys­té­rieux qui tirent les ficelles clan­des­ti­ne­ment. La réa­li­té est bien plus simple : envi­ron deux cent grandes mul­ti­na­tio­nales dominent tous les sec­teurs clés de l’économie. Et ça n’a rien de clan­des­tin, elles ont toutes un siège social et une adresse, des diri­geants et des action­naires connus. Avec des reve­nus et des pro­prié­tés iden­ti­fiés, des trains de vie luxueux. Tout cela géné­ra­le­ment dis­cret, oui, mais secret, non. Les « maîtres du monde » sont donc bien connus. Et c’est impor­tant, car on peut donc déci­der qui il faut com­battre si on veut défendre l’intérêt col­lec­tif contre les inté­rêts égoïstes.

Alors, qu’est-ce qui freine ou empêche ce com­bat ? Plu­sieurs causes que nous ver­rons. Mais d’abord le fait que les médias pré­sentent l’économie de façon défor­mée en ne don­nant la parole qu’aux experts pro­ca­pi­ta­listes. On en vient à pré­sen­ter les lois éco­no­miques du capi­ta­lisme comme « natu­relles et inévi­tables » en mar­te­lant qu’il n’y a pas d’alternative. On tue l’espoir.

Mais reve­nons au com­plo­tisme. En réa­li­té, cette vision d’une éco­no­mie qui serait diri­gée par des com­plo­teurs tout puis­sants est fausse et dan­ge­reuse. Fausse parce qu’en réa­li­té per­sonne ne peut contrô­ler l’ensemble de l’économie. Certes, d’un côté, les capi­ta­listes s’entendent entre eux pour défendre leurs inté­rêts face aux tra­vailleurs et aux popu­la­tions. Et aus­si pour défendre leurs inté­rêts contre ceux des autres pays. En ce sens, ce sont clai­re­ment eux qui dominent une éco­no­mie qui n’est pas du tout démo­cra­tique. Mais, de l’autre côté, ils se font aus­si concur­rence entre eux et cela affai­blit l’ensemble de leur sys­tème. Comme Albert Ein­stein l’avait très bien ana­ly­sé en 1949 : « L’anarchie éco­no­mique de la socié­té capi­ta­liste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense socié­té de pro­duc­teurs dont les membres cherchent sans cesse à se pri­ver mutuel­le­ment du fruit de leur tra­vail col­lec­tif — non pas par la force, mais, en somme, confor­mé­ment aux règles léga­le­ment éta­blies. L’aiguillon du pro­fit en conjonc­tion avec la com­pé­ti­tion entre les capi­ta­listes est res­pon­sable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capi­tal qui amène des dépres­sions éco­no­miques de plus en plus graves. La com­pé­ti­tion illi­mi­tée conduit à un gas­pillage consi­dé­rable de tra­vail et à la muti­la­tion de la conscience sociale des indi­vi­dus. » [11] Bon diag­nos­tic avec les trois élé­ments : pro­prié­té, pro­fit maxi­mum, compétition.

De ce diag­nos­tic (où Ein­stein rejoint Marx en fait) nous pou­vons tirer deux conclu­sions. 1. Sur le rap­port entre les ban­quiers et les indus­triels. 2. Sur les rap­ports au sein même de la classe capi­ta­liste en général.

  1. Ne pas exa­gé­rer l’importance de la banque. Certes, his­to­ri­que­ment, les ban­quiers ont joué un rôle impor­tant dans la pre­mière accu­mu­la­tion du capi­tal qui a per­mis la révo­lu­tion indus­trielle et la for­ma­tion des grands mono­poles. Et ils res­tent un rouage impor­tant du sys­tème éco­no­mique actuel. Mais l’idée qu’eux et la spé­cu­la­tion seraient seuls res­pon­sables de la crise et des maux du capi­ta­lisme n’est pas scien­ti­fique, elle ne reflète pas les lois réelles de son fonctionnement.

En réa­li­té, les mul­ti­na­tio­nales indus­trielles sont la base du capi­ta­lisme, leur exploi­ta­tion est la cause fon­da­men­tale de la crise, et ce sont elles, en der­nière ins­tance, qui pro­voquent les guerres. Ein­stein montre bien qu’en sup­po­sant que les banques n’existeraient pas, eh bien, même dans ce cas, les indus­triels pro­vo­que­raient des crises, consé­quences des règles que nous avons décrites. Dès lors, cen­trer toute l’attention, par exemple, sur Gold­man Sachs et ses com­plots (réels ou ima­gi­naires), c’est nier le pro­blème d’ensemble de ce sys­tème capi­ta­liste. C’est faire croire qu’en le gué­ris­sant de sa « mala­die ban­quière ou spé­cu­la­tive » il serait capable de mettre fin à l’exploitation et d’assurer le bien-être à tous. Illu­sion réfu­tée par les faits : jamais l’humanité n’a pro­duit autant de richesses, jamais il n’y a eu autant d’hommes mou­rant de faim.

  1. Bien mesu­rer les contra­dic­tions entre capi­ta­listes. On parle sou­vent des ren­contres du groupe Bil­der­berg comme étant le pou­voir abso­lu et tota­le­ment secret de notre socié­té. D’un côté, il est exact que cet organe où se concertent les plus grandes mul­ti­na­tio­nales a davan­tage de pou­voir que les gou­ver­ne­ments et peut leur dic­ter les grandes orien­ta­tions. De l’autre côté, le fait que les prin­ci­paux capi­ta­listes se concertent entre eux et tentent de s’entendre sur cer­taines ques­tions ne sup­prime pas la concur­rence achar­née que ces grandes mul­ti­na­tio­nales se mènent éga­le­ment entre elles et qui les affaiblit.

Quand les prin­ci­pales banques US se voient infli­ger des amendes colos­sales, comme indi­qué plus haut, et que Gold­man Sachs écope de cinq mil­liards de dol­lars, il est dif­fi­cile de croire que tout cela fait par­tie du grand com­plot tra­mé par Gold­man Sachs qui serait le maître abso­lu du monde. Il faut res­ter sérieux. Cette amende est l’effet concret des contra­dic­tions entre les banques et les autres capi­ta­listes, ceux-ci esti­mant que les banques leur ont fait du tort, voire ont mis l’ensemble du sys­tème en dan­ger et qu’il faut donc faire la police.

La Pre­mière Guerre mon­diale est bien la preuve que si les capi­ta­listes peuvent en effet s’entendre sur cer­taines ques­tions d’intérêt com­mun, ils peuvent aus­si avoir entre eux des conflits tota­le­ment des­truc­teurs et pas du tout pla­ni­fiés. Certes, au départ, chaque camp sou­hai­tait la guerre, espé­rant la gagner vite et pas cher. Cepen­dant per­sonne n’avait pré­vu qu’elle dure­rait aus­si long­temps et que cer­taines puis­sances en sor­ti­raient très affai­blies, voire détruites. L’Allemagne, récem­ment mon­tée en puis­sance, exi­geait : 1. L’Alsace-Lorraine, c’est-à-dire le char­bon et l’acier. 2. Les Bal­kans comme voie stra­té­gique vers l’Orient et le pétrole. 3. Les colo­nies afri­caines enfin dont elle esti­mait « ne pas avoir eu sa part ». La Grande-Bre­­tagne et la France pour­sui­vaient leurs propres objec­tifs impé­ria­listes. L’idée que ces puis­sances auraient com­plo­té ensemble est absurde[12].

Pour conclure sur ce point, un « com­plot glo­bal » est impos­sible car les capi­ta­listes sont en concur­rence entre eux. Ils peuvent s’entendre sur un ou plu­sieurs com­plots quand leurs inté­rêts convergent sur un point, dans une région ou pour abattre un diri­geant. Mais ils ne peuvent pas s’entendre sur un « com­plot glo­bal » car leurs inté­rêts divergent et que cha­cun veut abattre l’autre.

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Ana­lyse com­plo­tiste ou ana­lyse stratégique ?

Fausse donc, cette vision du « capi­ta­lisme com­plot tout puis­sant » est dan­ge­reuse. Car elle donne l’impression que l’Histoire est faite non par la lutte entre les diverses classes et forces sociales dont cha­cune défend ses inté­rêts mais par une poi­gnée de gens tout-puis­­sants. Et donc cette vision décou­rage la résis­tance des vic­times de ce sys­tème. Elle donne l’impression que les tra­vailleurs et citoyens n’ont aucune chance de mar­quer des points. Or, toute l’histoire de la lutte ouvrière et citoyenne montre qu’il est tout à fait pos­sible de se défendre et d’obtenir des pro­grès sociaux : inter­dic­tion du tra­vail des enfants, limi­ta­tion de la jour­née de tra­vail (jusqu’à quinze heures/jour au 19ème siècle !), obten­tion de la Sécu­ri­té sociale (assu­rances contre le chô­mage, la mala­die, l’accident de tra­vail, la vieillesse), res­pect de l’hygiène et de la sécu­ri­té au tra­vail. Toutes ces avan­cées ont été obte­nues par des luttes ouvrières. Si les tra­vailleurs euro­péens d’aujourd’hui ont un cer­tain niveau de vie, c’est grâce aux luttes de leurs parents et grands-parents, il ne faut jamais l’oublier. Sur­tout que les capi­ta­listes veulent à pré­sent reprendre tout ce qu’ils ont dû concéder.

Pour défendre ces conquêtes et pour obte­nir de nou­veaux pro­grès, il faut donc ne pas se lais­ser inti­mi­der par une pré­ten­due toute puis­sance, occulte ou non, des patrons, mais au contraire les voir tels qu’ils sont : avec leurs forces mais aus­si leurs fai­blesses. On doit, sans nier les dif­fi­cul­tés, avoir confiance en ses propres forces. Le com­plo­tisme est une forme de défai­tisme et au fond il fait le jeu des patrons et de l’exploitation.

Saïd Boua­ma­ma a bien expli­qué l’opposition com­plète entre les deux modes de pen­sée : « La théo­rie du com­plot pré­sente les évé­ne­ments poli­ti­que­ment signi­fiants comme le résul­tat d’une conspi­ra­tion glo­bale orches­trée en secret par un groupe social plus ou moins impor­tant. L’approche stra­té­gique c’est-à-dire maté­ria­liste ana­lyse l’histoire comme le résul­tat de la lutte entre les groupes domi­nés (classes, mino­ri­tés natio­nale et/ou eth­niques, nations, femmes, etc.) et les groupes domi­nants basée sur une diver­gence d’intérêt maté­riel. » [13]

La dif­fé­rence est essen­tielle : l’analyse maté­ria­liste (au sens d’une approche scien­ti­fique basée sur les faits maté­riels, obser­vables et prou­vables) montre com­ment il est pos­sible de lut­ter en pro­fi­tant des points faibles de l’adversaire. Tan­dis que le com­plo­tisme mène dans une impasse en ciblant de faux enne­mis, géné­ra­le­ment inatteignables.

Le com­plo­tisme ne per­met pas de com­prendre les guerres

En matière de guerre, il y a bel et bien des com­plots, on l’a vu. Mais là aus­si il serait dan­ge­reux de croire que les grandes puis­sances réus­sissent tous les com­plots qu’elles pré­parent. Le com­plot réus­sit quand il y a dépo­li­ti­sa­tion et absence de mobi­li­sa­tion.  Il échoue quand la résis­tance des « vic­times » est consciente et bien orga­ni­sée. Les Etats-Unis ont été vain­cus au Viet­nam, le peuple pales­ti­nien résiste depuis plus de soixante ans, les Etats-Unis ont certes plon­gé l’Irak dans le chaos mais ils n’ont pas réus­si à contrô­ler et exploi­ter ce pays comme Bush l’espérait, des coups d’Etat ont échoué en Boli­vie, en Equa­teur, au Vene­zue­la. Bref, le monde est une lutte entre des forces oppo­sées, ce ne sont pas tou­jours les mêmes qui gagnent et beau­coup dépend de l’unité et de la conscience des popu­la­tions. Leurs agres­sions et com­plots peuvent donc être mis en échec si la popu­la­tion a été bien pré­pa­rée à résis­ter. Ce qui com­mence par une bonne infor­ma­tion sur la réa­li­té des choses.

Et pour bien s’informer, il faut rompre consciem­ment et entiè­re­ment avec les deux fan­tasmes : le com­plo­tisme et la naï­ve­té. Car nous nous trou­vons face à deux dan­gers : voir des com­plots par­tout et voir des com­plots nulle part. La pre­mière théo­rie nous pro­pose une expli­ca­tion bidon qui ne per­met pas de com­prendre la socié­té, ni de la trans­for­mer. En cachant les vraies cibles, elle fait le jeu du pou­voir. La seconde théo­rie veut nous pous­ser à faire confiance aux diri­geants poli­tiques qui nous diraient la véri­té. Toutes deux sont des pièges parallèles.

Voir des com­plots par­tout ? Au lieu d’étudier soi­gneu­se­ment les méca­nismes du capi­ta­lisme, le com­plo­tisme est une expli­ca­tion pares­seuse que cer­tains veulent impo­ser aux masses pour les empê­cher de réflé­chir et pour les mani­pu­ler. Sou­vent en vue de s’emparer du pou­voir. Hit­ler par­lait du « grand com­plot judéo-bol­­ché­­vique » et au début il ton­nait, en paroles, contre les banques, mais il était payé par les grands ban­quiers et indus­triels alle­mands et toute son action les a ser­vis[14].

Voir des com­plots nulle part ? Ceux qui ne voient de com­plots « nulle part » devraient alors à nous expli­quer à quoi servent les ser­vices secrets ! Les vingt mille employés de la CIA sont-ils payés pour jouer aux mots croi­sés ou pour com­plo­ter ? C’est le moment de citer cette plai­san­te­rie fort en vogue en Amé­rique latine : « Pour­quoi n’y a‑t‑il jamais eu de coup d’Etat aux Etats-Unis ? » Réponse : « Parce que c’est le seul pays où il n’y pas d’ambassade des Etats-Unis ! ».

Et quand la NSA espionne le monde entier, vous croyez que c’est juste contre le ter­ro­risme ou pour aider secrè­te­ment les entre­prises US à affai­blir leurs rivales étran­gères ? La théo­rie de la naï­ve­té, fran­che­ment, ne vaut pas mieux que la théo­rie du complot !

Fina­le­ment, com­ment arri­ver à une vision objec­tive de l’Histoire et des conflits actuels ? A mon sens, il faut dire qu’il y a eu des com­plots dans l’Histoire, assez bien même (pen­sons aux nom­breux coups pour rem­pla­cer un diri­geant par un autre), mais qu’ils ne font pas l’Histoire, ils n’en consti­tuent pas l’essence. Ils ne sont qu’un moyen par­mi d’autres pour défendre des intérêts.

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  1. Pourquoi certains parlent-ils tant de « théorie du complot » ?

Alors, si je dénonce clai­re­ment le com­plo­tisme, pour­quoi cer­tains m’accusent-ils quand même d’être un « com­plo­tiste » ? Et suis-je le seul ?

En fait, pas du tout, dès que quelqu’un cri­tique la poli­tique inter­na­tio­nale des Etats-Unis, de la France ou d’Israël, en mon­trant son carac­tère glo­bal, il se voit accu­sé de « théo­rie du complot ».

Voi­ci une petite liste (très incom­plète) des “dia­bo­li­sés” : Zie­gler, Cha­vez, Cas­tro, Le Grand Soir, Lor­don, Ruf­fin, Kempf, Carles, Gresh, Bric­mont, Bour­dieu, Morin, Mer­met, Boni­face, Ender­lin, Cas­sen, Siné, Bové, Péan, Godard, Jean Fer­rat, Sey­mour Hersh, Wiki­leaks, et même des ana­lystes juifs : Hes­sel, Chom­sky, Finkelstein.

En fait, c’est très pra­tique. Vous n’avez pas d’arguments à oppo­ser aux faits avan­cés ? Alors, trai­tez sim­ple­ment vos adver­saires de « com­plo­tistes », et le tour est joué : plus besoin d’argumenter sur les faits, plus besoin de réfu­ter les preuves ! La « théo­rie du com­plot », c’est le truc de l’avocat qui sait que son dos­sier est pourri.

J’en ai eu per­son­nel­le­ment la preuve quand j’ai débat­tu avec Hen­ri Guai­no (auteur des dis­cours de Sar­ko­zy). J’exposais concrè­te­ment les crimes de ses amis des mul­ti­na­tio­nales fran­çaises au Mali et au Niger. N’ayant rien à répondre, tout ce qu’il a trou­vé à sor­tir, c’est « théo­rie du com­plot » ! [15]

Nous avons vu que « théo­rie du com­plot » était au départ un concept pro­gres­siste déve­lop­pé par Hof­stad­ter pour rendre compte des délires et fan­tasmes de la pen­sée d’extrême droite. Mal­heu­reu­se­ment, selon une méthode assez typique, il fut ensuite récu­pé­ré et mani­pu­lé par la CIA à par­tir de 1963. Il s’agissait alors de dis­cré­di­ter ceux qui deman­daient une véri­table enquête sur l’assassinat du pré­sident Ken­ne­dy : par un homme seul ou bien par une conspi­ra­tion ? Et depuis lors, « théo­rie du com­plot » est constam­ment uti­li­sé par les res­pon­sables des Etats-Unis pour dis­cré­di­ter les cri­tiques et refu­ser de débattre sur les faits. Car le meilleur moyen de mani­pu­ler, de divi­ser et de battre les pro­gres­sistes, c’est d’utiliser et détour­ner leurs propres argu­ments, tant les idées conser­va­trices sont en soi inconsistantes.

Si ça se limi­tait à cela, ce ne serait pas un si grand pro­blème. Mais ces der­nières années a été relan­cée dans les médias et sur Inter­net une cam­pagne sys­té­ma­tique contre cer­tains ana­lystes arbi­trai­re­ment éti­que­tés « com­plo­tistes ». A par­tir de quand ? A par­tir du mas­sacre de Gaza, en jan­vier 2009, quand Israël se retrou­va de plus en plus cri­ti­qué et iso­lé dans l’opinion publique internationale.

Cette cam­pagne ne tombe pas du ciel. Enfin un peu quand même : disons, du som­met de l’Etat. Aux USA, le site offi­ciel du Dépar­te­ment d’Etat brode pas mal sur le thème « com­plo­tisme et anti­sé­mi­tisme ». De même, en France, après Sar­ko­zy, le pré­sident Hol­lande a exploi­té le filon devant le lob­by pro-Israël du CRIF :

« L’antisémitisme a chan­gé de visage. (…) aujourd’hui, il se nour­rit aus­si de la haine d’Israël. Il importe ici les conflits du Moyen Orient. Il éta­blit de façon obs­cure la culpa­bi­li­té des juifs dans le mal­heur des peuples. Il entre­tient les théo­ries du com­plot qui se dif­fusent sans limite. Celles même qui ont conduit au pire. Nous devons prendre conscience que les thèses com­plo­tistes prennent leur dif­fu­sion par inter­net et les réseaux sociaux. Or nous devons nous sou­ve­nir que c’est d’abord par le verbe que s’est pré­pa­rée l’extermination. Nous devons agir au niveau euro­péen et même inter­na­tio­nal pour qu’un cadre juri­dique puisse être défi­ni et que les pla­te­formes inter­net qui gèrent les réseaux sociaux soient mises devant leurs res­pon­sa­bi­li­tés, et que des sanc­tions soient pro­non­cées en cas de man­que­ments. »[16]

Confon­dant avec mau­vaise foi l’antisémitisme (racisme anti-juifs) et l’antisionisme (refus du colo­nia­lisme israé­lien, c’est-à-dire d’un Etat théo­cra­tique repo­sant sur une dis­cri­mi­na­tion eth­nique, bref un Etat com­plè­te­ment anti­dé­mo­cra­tique), le pré­sident Hol­lande cri­mi­na­lise ceux qui sont soli­daires des Pales­ti­niens. Il les assi­mile car­ré­ment aux nazis et cherche en fait à nous inter­dire de par­ler contre la poli­tique d’Israël. La thèse « théo­rie du com­plot » pré­pare donc une très grave attaque contre la liber­té d’expression.

Tou­jours proche de l’Elysée, Ber­­nard-Hen­­ri Lévy emboîte évi­dem­ment le pas en accu­sant « cette mala­die moderne qui s’appelle le com­plo­tisme »[17] et en orga­ni­sant un « débat » en 2012 contre « le conspi­ra­tion­nisme ». Comme le fit remar­quer un spec­ta­teur, aucun contra­dic­teur ne fut invi­té. Cet homme qui jouit d’une énorme for­tune, accu­mu­lée sur le dos de tra­vailleurs afri­cains du bois, mal payés, mal soi­gnés et car­ré­ment volés par sa socié­té fami­liale, se per­met de don­ner au monde entier des leçons de digni­té humaine et de rigueur de pensée.

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Des lob­byistes mani­pu­lant les textes

Alors est-ce un hasard si les poli­tiques fuient tout débat contra­dic­toire et s’ils sont rem­pla­cés par quelques pseu­­do-jour­­na­­listes proches d’Israël et des néo-cons US ? Dans ce lob­by d’un nou­veau genre, on retrouve Caro­line Fou­rest, Rudy Reichs­tadt et Ornel­la Guyet. Tous trois ont coopé­ré avec des think tanks de droite radi­cale, US ou fran­çais[18].

Faut-il alors s’étonner que Caro­line Fou­rest me traite de « com­plo­tiste », Rudy Reichs­tadt de « conspi­ra­tion­niste » et Ornel­la Guyet (sou­vent cachée sous divers pseu­dos anti­fas­cistes) de « confu­sion­niste » ? Tiens, pour­quoi a‑t‑elle sor­ti ce curieux concept ? Parce qu’elle se ren­dait compte que les autres accu­sa­tions ne tenaient pas debout ? Pour faire preuve d’originalité ? L’explication est peut-être plus simple : per­sonne ne com­prend ce terme qui ne veut rien dire, et dès lors com­ment vou­­lez-vous réfu­ter un concept aus­si… confus ? C’est pratique.

Les mani­pu­la­tions et les sources d’extrême droite de ce trio ont été expo­sées très clai­re­ment par divers cri­tiques : Fou­rest ici[19], Reichs­tadt et son site Conspi­ra­cy Watch ici[20] et Guyet, démas­quée par Le Grand Soir, Acri­med et Le Monde Diplo­ma­tique, ici[21]. Ces obsé­dés de la théo­rie du com­plot ont en com­mun deux caractéristiques :

Pre­mière carac­té­ris­tique : la mani­pu­la­tion des textes. Ils ne cherchent pas la véri­té mais cachent ou déforment sys­té­ma­ti­que­ment mes textes qui gênent leurs thèses. Ou alors ils me prêtent des ami­tiés avec des gens que je ne sou­tiens pas (et par­fois même ne connais pas !), espé­rant ain­si salir en amal­ga­mant. Tout ceci n’a rien à voir avec le jour­na­lisme dont ils se réclament, ce sont en fait des pro­cu­reurs achar­nés qui enquêtent tou­jours à charge et écartent tout ce qui contre­dit leurs accu­sa­tions. Ce ne sont pas des jour­na­listes, mais des lobbyistes.

Ils se com­portent ain­si avec toutes leurs « cibles ». D’une façon si mal­hon­nête que Pas­cal Boni­face leur a consa­cré un livre : « Les intel­lec­tuels faus­saires ». Comme l’a indi­qué Fran­çois Ruf­fin (men­suel Fakir, éga­le­ment dia­bo­li­sé), les dia­bo­li­seurs appliquent une recette mal­hon­nête : « D’abord cari­ca­tu­rer à l’extrême de façon à don­ner une image sim­pliste de l’adversaire. Puis conclure, du soi-disant « sim­plisme » de ces « néo-gau­­chistes » à leur pré­ten­due adop­tion géné­ra­li­sée de la théo­rie du com­plot. »[22].

Deuxième carac­té­ris­tique : la lâche­té. Les dia­bo­li­seurs refusent soi­gneu­se­ment de débattre avec ceux qu’ils dia­bo­lisent. Voi­là qui est sur­pre­nant : ils se déso­lent qu’un large public sombre dans le com­plo­tisme en étant influen­cé et mani­pu­lé par des gens comme moi. Mais chaque fois que je leur ai pro­po­sé un débat contra­dic­toire et publié sur mon site Investig’Action, ce qui leur aurait don­né une chance extra­or­di­naire de faire reve­nir au ber­cail toutes ces bre­bis éga­rées, ils ont lâche­ment refu­sé. Pour­quoi ? La seule expli­ca­tion est qu’ils savent qu’ils mentent, ils savent que leurs argu­ments reposent sur des fal­si­fi­ca­tions de textes.

Le débat sur le com­plo­tisme est un faux débat agi­té pour faire diver­sion. La véri­té est beau­coup plus simple : dans les luttes sociales comme dans les luttes Nord – Sud, domi­nants et domi­nés éla­borent des stra­té­gies pour l’emporter, c’est tout à fait nor­mal. Ces stra­té­gies com­portent des com­bats idéo­lo­giques, des affron­te­ments ouverts et aus­si des com­plots. Tout ne se ramène pas aux com­plots mais ils font par­tie de la stra­té­gie de lutte. En accu­sant de « com­plo­tisme », on veut décou­ra­ger de dénon­cer les stra­té­gies néo­co­lo­niales et guerrières.

Reste une ques­tion : pour­quoi dépen­ser tant d’énergie à dia­bo­li­ser ? Faire chan­ger d’avis ceux qui me lisent ? Impos­sible : ils savent que j’ai écrit exac­te­ment le contraire de ce qu’ils m’attribuent. Mais alors quel est le véri­table objec­tif des dia­bo­li­seurs ? Il s’agit de faire peur à ceux qui ne me connaissent pas. Il s’agit de dres­ser un mur entre les gens qui se posent des ques­tions sans avoir les moyens d’y répondre et nous qui appor­tons des réponses avec des faits concrets. Il s’agit de rabattre les hési­tants vers la ver­sion offi­cielle. Ridi­cu­li­ser les citoyens qui mettent en doute la ver­sion offi­cielle, mar­te­ler que le pou­voir est hon­nête mal­gré ses défauts et qu’il ne faut ne pas se poser de ques­tions : à qui cela profite-t-il ?

Pour le com­prendre, il ne faut pas se limi­ter à par­cou­rir telle ou attaque cir­cu­lant en boucle sur le Net mais il faut abso­lu­ment regar­der l’ensemble de ce que ces gens ont écrit. Afin de com­prendre dans quel camp ils se rangent et où ils veulent nous embarquer.

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Caro­line Fou­rest : une complotiste ?

Pre­nons le cas de Fou­rest. Par­mi les médias qui la citent com­plai­sam­ment comme « experte du com­plo­tisme », lequel ira creu­ser un peu et signa­ler l’article qu’elle a publié dans le Wall Street Jour­nal (jour­nal patro­nal des Etats-Unis), article inti­tu­lé « La Guerre pour l’Eurabie »[23] ? Selon Fou­rest, l’Europe serait en train d’être enva­hie par les Arabes. Mani­pu­lés par l’islamisme, ces immi­grants inca­pables de s’intégrer repré­sen­te­raient une menace pour la démo­cra­tie. Au point que Londres serait deve­nue « Londonistan ».

Cette thèse déli­rante, elle l’a reco­piée direc­te­ment de trois idéo­logues d’extrême droite. L’un s’appelle Nor­man Pod­ho­retz, c’est un auteur US qui a constam­ment mené cam­pagne pour bom­bar­der l’Iran : « prin­ci­pal foyer de l’idéologie isla­­mo-fas­­ciste contre laquelle nous nous bat­tons depuis le 11 sep­tembre »[24]. Une autre source est Daniel Pipes, autre idéo­logue US d’extrême droite, auteur de La Menace de l’Islam, s’est notam­ment signa­lé en sou­te­nant le xéno­phobe hol­lan­dais Geert Wilders.

Mais la créa­trice ori­gi­nelle du terme Eur­abia, c’est  Bat Ye’or, essayiste bri­tan­nique porte-parole du lob­by pro-Israël. Voi­ci com­ment est pré­sen­té son livre « Eur­abia – L’axe euro-arabe » : « Depuis plus de trois décen­nies, l’Europe pla­ni­fie avec les pays de la Ligue arabe la fusion des deux rives de la Médi­ter­ra­née. Par le « Dia­logue euro-arabe », elle a déve­lop­pé une struc­ture d’alliances, et sou­vent d’allégeances, avec le monde arabe. Elle sacri­fie son indé­pen­dance poli­tique tout comme ses valeurs cultu­relles et spi­ri­tuelles en échange de garan­ties (quelque peu illu­soires) contre le ter­ro­risme et d’avantages éco­no­miques que lui dis­pensent les pays arabes. Si ces der­niers four­nissent à l’Europe des hydro­car­bures, s’ils lui offrent des mar­chés, ce n’est pas sans lui impo­ser des contre­par­ties : ils exigent d’elle une ouver­ture sans cesse accrue à leur culture, à leur langue, à leur reli­gion – l’islam -, à leurs émi­grants, qu’ils veulent tou­jours plus nom­breux. Ils arrachent aux pays d’accueil des condi­tions visant à main­te­nir ces émi­grants dans leur culture d’origine au lieu de faci­li­ter leur inté­gra­tion. Enfin l’alliance euro-arabe se base sur une poli­tique com­mune hos­tile à Israël et aux Etats-Unis. C’est une stra­té­gie de subor­na­tion de l’Europe qui est ain­si mise en œuvre par les pays arabes, avec l’active com­pli­ci­té des ins­tances diri­geantes euro­péennes : la Com­mis­sion euro­péenne pilote un puis­sant dis­po­si­tif finan­cier ser­vant cette poli­tique ; elle a déployé une immense toile média­tique fabri­quant le « poli­ti­que­ment cor­rect eur­abien » ; elle a enré­gi­men­té les ins­ti­tu­tions sco­laires et uni­ver­si­taires, et par­fois même les Eglises, dans cette entre­prise de déna­tu­ra­tion de l’identité européenne ».

 Résu­mons cette thèse Eur­abia : les pays arabes appliquent un plan secret d’islamisation de l’Europe et les élites euro­péennes sont com­plices. Si ça n’est pas une théo­rie du com­plot, nous sommes le Pape ! Il est donc éton­nant de consta­ter que les médias si élo­gieux sur Fou­rest se taisent com­plè­te­ment sur ce concept Eur­abia, clé de voute de sa « pen­sée ». Pour­tant, une ana­lyse rapide per­met d’y retrou­ver tous les cri­tères per­met­tant de défi­nir une théo­rie com­plo­tiste selon Hof­stad­ter : 1. La conspi­ra­tion dure depuis plu­sieurs décen­nies. 2. Allé­geance à une puis­sance étran­gère (le monde arabe). 3. L’Europe sacri­fie ses valeurs. 4. Les Arabes imposent leur langue, leur reli­gion et leurs valeurs. 5. L’axe euro-arabe est hos­tile à Israël et aux Etats-Unis. 6. Les diri­geants euro­péens laissent faire ou sont com­plices. 7. Tout cela consti­tue une entre­prise pour déna­tu­rer l’identité européenne.

Le pro­blème ne se limite pas à Fou­rest. Le site Conspi­ra­cy Watch est aus­si éri­gé en « expert » du com­plo­tisme par cer­tains médias, les­quels oublient de men­tion­ner que Reichs­tadt y reco­pie les thèses les plus racistes des néo­cons US et israéliens.

Leur père spi­ri­tuel, Pierre André Taguieff, est sou­vent pré­sen­té comme un pen­seur, grand théo­ri­cien du conspi­ra­tion­nisme. En réa­li­té Taguieff a gros­siè­re­ment contre­fait la grille d’analyse de Richard Hof­stad­ter, en la fusion­nant au prêche isla­mo­phobe et bel­li­queux de Daniel Pipes et Bat Ye’or. De 2009 à 2013, Taguieff a publié ses nom­breuses « ana­lyses » sur le site dreuz​.info. Ce site isla­mo­phobe d’extrême droite voit en Oba­ma un « anti­sé­mite », qui nom­me­rait un peu par­tout des « frères musul­mans », ce qui serait nor­mal vu son second pré­nom « Hus­sein » [25]. On voit le niveau, et ces gens-là nous donnent des leçons sur ce qu’est le complotisme !

Ain­si, Lévy, Fou­rest, Reichs­tadt, Guyet se sont ins­tau­rés en une véri­table police de la pen­sée unique. Pour étouf­fer tout ques­tion­ne­ment. A tra­vers nous, ce qu’ils attaquent c’est en fait le droit de tous les citoyens de s’informer libre­ment. Evi­dem­ment, quand on voit leurs méthodes de faus­saires, on doit vrai­ment se deman­der pour­quoi tant de médias les reco­pient com­plai­sam­ment alors que ces accu­sa­tions ne tiennent pas debout ? Dans quel inté­rêt ? Ceci nous amène à notre der­nière question…

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  1. Les médias font-ils le jeu du complotisme ?

Cette ques­tion pour­ra sem­bler bizarre puisque les médias domi­nants ne cessent de mettre en garde contre le com­plo­tisme. Mais peut-être faut-il y regar­der de plus près ? Cer­tains jour­na­listes aiment à se moquer du public qui serait por­té à « croire n’importe quoi sur Inter­net » et à tom­ber dans le com­plo­tisme. Ce sen­ti­ment de supé­rio­ri­té me semble dépla­cé. Pour deux raisons.

Pre­mière rai­son : ces « grands jour­na­listes » ne sont-ils pas eux-mêmes tom­bés dans de nom­breuses théo­ries du complot ?

– En Rou­ma­nie, en décembre 1989, ils annoncent un char­nier de 4.632 vic­times des émeutes, tués par balles ou éven­trés à la baïon­nette. « Hor­rible char­nier des vic­times des mani­fes­ta­tions de dimanche », affirme Le Monde. « Bou­che­rie » titre Libé­ra­tion, « Chambres de tor­ture où, sys­té­ma­ti­que­ment, on défi­gu­rait à l’acide les visages des dis­si­dents et des lea­ders ouvriers », révèle El Pais. « Ceau­ces­cu, atteint de leu­cé­mie, aurait besoin de chan­ger son sang tous les mois », explique le scien­ti­fique TF1. En fait, ce grand com­plot de Ceau­ces­cu n’a jamais exis­té comme nous l’expliquions dès ces « révé­la­tions » et comme les grands médias ont dû le recon­naître deux semaines plus tard [26]. Le char­nier était tota­le­ment bidon.

– En 1990, ces mêmes médias annoncent que Sad­dam Hus­sein dont les troupes ont enva­hi le Koweit a fait voler toutes les cou­veuses d’une mater­ni­té à Koweit-City, condam­nant les bébés à une mort atroce. Bidon aussi.

– En 1999, ils jus­ti­fient les bom­bar­de­ments de l’Otan contre la You­go­sla­vie par l’existence d’un « Plan Fer-à-Che­­val » serbe pour vider le Koso­vo de ses habi­tants alba­nais. Ce com­plot n’existait que dans l’imagination fer­tile des conseillers com du ministre alle­mand de la Guerre Rudolf Scharping.

– En 2003, l’invasion de l’Irak est jus­ti­fiée par le fait que Sad­dam Hus­sein cache­rait des armes de des­truc­tion mas­sive (chi­miques et bio­lo­giques) pou­vant nous mena­cer. Bidon encore.

– En 2011, le bom­bar­de­ment de la Libye est jus­ti­fié par le fait que Kadha­fi pré­voi­rait d’exterminer les popu­la­tions résis­tantes et aurait déjà mas­sa­cré six mille per­sonnes en quelques jours. Bidon toujours.

Et on pour­rait ajou­ter de nom­breux autres exemples. Bref, ces grands médias don­neurs de leçons sont tom­bés dans tous les pièges de la pro­pa­gande de guerre des trente der­nières années. Pire : ils ont cen­su­ré nos infos quand nous don­nions l’alerte. Bref, on peut se deman­der qui doit prendre des leçons de vigilance.

Deuxième rai­son pour être moins arro­gant : en conti­nuant à défendre bec et ongles la ver­sion offi­cielle sur les guerres, en refu­sant de cri­ti­quer leurs propres erreurs et en refu­sant tout débat public sur la fia­bi­li­té de l’info, les médias domi­nants ne créent-ils pas eux-mêmes ce réflexe de méfiance géné­ra­li­sée dont ils souffrent aujourd’hui ?

  • Quand les revues stra­té­giques des USA, ou d’autres puis­sances occi­den­tales (Strat­for, Rand Cor­po­ra­tion, Forei­gn Affairs, etc.) exposent une ver­sion tota­le­ment contraire à ce qu’on raconte à l’opinion publique, pour­quoi les médias n’en parlent-ils pas ? Un seul exemple, Georges Fried­man, direc­teur de Strat­for (proche du Penta­gone) : « Les évé­ne­ments du début 2014 en Ukraine (furent) le coup d’Etat le plus fla­grant de l’histoire. » «  Tout le Maï­dan (…) Les USA ont ouver­te­ment sou­te­nu les mou­ve­ments pour les droits de l’homme, y com­pris finan­ciè­re­ment (…) Les Russes n’ont pas com­pris ce qui se pas­sait » « Les USA ne cherchent pas à « vaincre » la Ser­bie, l’Iran ou l’Irak, il leur faut y répandre le chaos, de façon à empê­cher ces pays de deve­nir trop forts. »[27] Quand nous on écrit la moi­tié de ça, on se fait trai­ter de complotiste !
  • Quand Oba­ma affirme lui-même : « Le lea­der­ship amé­ri­cain implique de for­cer la main des Etats qui ne font pas ce que nous vou­lons qu’ils fassent. (…)Les Etats-Unis comptent sur la force mili­taire et d’autres leviers pour atteindre leurs buts. (…) Nous sommes le plus grand, le plus puis­sant pays sur terre. Nous accep­tons cette res­pon­sa­bi­li­té. Mon admi­nis­tra­tion est très agres­sive dans ses efforts pour essayer de résoudre les pro­blèmes. » [28], on aime­rait que les médias nous expliquent si Oba­ma est aus­si un complotiste ?
  • Quand les emails d’Hillary Clin­ton confirment ce que nous disions dès le départ, à savoir que le but de Sar­ko­zy était de faire main basse sur le pétrole et l’or libyens, on aime­rait que les médias nous expliquent si Clin­ton est aus­si une complotiste ?

Selon moi, ces deux rai­sons (tom­ber soi-même dans des théo­ries du com­plot et refu­ser le débat) font que les médias domi­nants sont eux-mêmes res­pon­sables de la mon­tée du sen­ti­ment com­plo­tiste. Les gens ont de bonnes rai­sons de se méfier, ils ont été tant de fois ber­nés, et tant d’innocents ont été tués à cause de ces média­men­songes ! On dira que les jour­na­listes n’en sont pas eux-mêmes res­pon­sables, que cela pro­vient de conseillers en com et en mani­pu­la­tions ? Sans doute, mais alors pour­quoi ne pas lan­cer une grande enquête et un débat sur ces mani­pu­la­tions ? Ne fau­­drait-il pas mettre les gens en garde contre la pro­pa­gande de guerre qui se répète à chaque fois ? Les trai­ter en adultes ?

En refu­sant de le faire, en conti­nuant à infor­mer comme si on nous disait tou­jours ou presque tou­jours la véri­té, les médias poussent les gens à cher­cher l’explication ailleurs. Et vu qu’il n’y a mal­heu­reu­se­ment pas d’éducation aux médias dans les écoles, il est alors inévi­table qu’une par­tie de ce public méfiant tombe dans les fan­tasmes répan­dus sur Internet.

Mais si les jour­na­listes se méfiaient un peu plus, on n’aurait pas le coup des armes de des­truc­tion mas­sive à chaque guerre. Bref, les médias ne sont pas inno­cents, ils sont les pre­miers res­pon­sables de ce qu’ils déplorent sans l’analyser sérieu­se­ment et sans se remettre en ques­tion. A mes yeux, le com­plo­tisme est l’enfant non recon­nu des médias dominants.

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La seule pro­fes­sion qui ne fasse jamais d’erreurs ?

Lan­cer à tout bout de champ l’étiquette « com­plo­tiste » me paraît un aveu d’impuissance du jour­na­liste qui craint d’engager un débat démo­cra­tique sur la façon dont l’info peut être mani­pu­lée d’en haut. Mal­heu­reu­se­ment, il semble qu’il soit inter­dit à cer­tains jour­na­listes d’avouer qu’ils se sont trom­pés ou ont été trom­pés. Comme si cette pro­fes­sion était la seule à ne jamais com­mettre d’erreurs.

En réa­li­té, quel jour­na­liste ne s’est jamais trom­pé ? Mais les auto­cri­tiques sont raris­simes. On ne peut pas ris­quer de faire bais­ser l’audimat et perdre des recettes publi­ci­taires ? Il sem­ble­rait que les médias appliquent la recette néga­tion­niste de Manuel Valls refu­sant d’analyser les causes, c’est l’eurojihadisme « Expli­quer, c’est déjà un peu excu­ser »[29]. Pratique !

On ne débat pas ! Ain­si, quand l’hebdomadaire L’Express – Le Vif consacre un dos­sier au conspi­ra­tion­nisme, une « experte » en com, Aurore Vande Win­kel, y recom­mande de ne jamais invi­ter les « com­plo­tistes » à l’écran. Même pour les réfu­ter car, « s’ils le fai­saient, ils en « conta­mi­ne­raient » (sic) d’autres. Ce que les médias doivent faire, c’est don­ner la parole à des experts extrê­me­ment poin­tus qui démon­te­ront leurs argu­ments un par un. (…) Il faut prio­ri­tai­re­ment réta­blir la confiance de la popu­la­tion dans les gou­ver­ne­ments et les médias »[30]. Ici, n’est-ce pas le tiroir-caisse qui parle ? Et quel mépris pour les gens, sup­po­sés inca­pables de se faire leur opi­nion par eux-mêmes entre deux points de vue ! Mais, ser­vice public ou ser­vice pri­vé, les gens vous paient pour les infor­mer cor­rec­te­ment, pas pour répé­ter les com­mu­ni­qués des autorités !

Le mépris, Hen­ri Maler (Acri­med) le consi­dère comme une défaillance grave des médias domi­nants : « Trop rares sont les enquêtes jour­na­lis­tiques qui (…) dans les grands médias, ne se bornent pas à dénon­cer des « cer­veaux malades » et tentent de répondre à des argu­ments répu­tés « conspi­ra­tion­nistes » en s’adressant à de vastes publics qui doutent. Les expli­ca­tions jour­na­lis­tiques, quand elles existent, sont dif­fu­sées par des médias dont l’audience reste limi­tée. Voir du conspi­ra­tion­nisme par­tout inter­dit aux jour­na­listes de lui faire face quand il est avé­ré. » Et il pro­pose une autre méthode : « À ces défaites du jour­na­lisme, un seul remède : un peu moins d’imprécations et un plus de jour­na­lisme ! »[31]

Le phi­lo­sophe Laurent Paillard pense aus­si qu’il faut abso­lu­ment débattre sur les infos : « La cri­tique des médias ins­pi­rée de la socio­lo­gie est le meilleur anti­dote à la théo­rie du com­plot. Elle montre en effet que l’absence de plu­ra­lisme est l’effet d’une logique de classe et pas le résul­tat d’un pacte secret. »[32]

Logique de classe ? Le manque d’objectivité des médias domi­nants et leur sou­mis­sion à l’ordre éta­bli néces­sitent en effet des ana­lyses socio­lo­giques dont Her­man et Chom­sky ont brillam­ment mon­tré l’exemple dans Manu­fac­tu­ring Consent (La Fabri­ca­tion du Consen­te­ment) en 1988 [33]. Les conte­nus média­tiques sont influen­cés par quatre grands fac­teurs : pro­prié­té des médias (aux mains du 1%), publi­ci­té enva­his­sante des mul­ti­na­tio­nales (idem), liai­sons entre pou­voirs éco­no­miques, poli­tiques et média­tiques (idem), et enfin domi­na­tion – consciente ou non – de l’idéologie domi­nante (aus­si celle du 1%).

On ne déve­lop­pe­ra pas ici cette ana­lyse que nous avons menée ailleurs. Mais il convient de réfu­ter l’idée que tout le pro­blème vien­drait du manque de temps dont les jour­na­listes dis­posent pour bien tra­vailler. Certes, il y a la pres­sion du « tou­jours plus vite ! », mais elle n’explique pas tout. Il faut dis­tin­guer deux caté­go­ries. On a d’un côté les jour­na­listes (la grande majo­ri­té) à qui leur patron ne laisse pas le temps de bien tra­vailler, véri­fier, recou­per, enquê­ter. Ceux-là, on ne peut que les plaindre : dans l’info-marchandise (c’est-à-dire l’info sup­port de pub), il n’est pas « ren­table » de pra­ti­quer la rigueur qu’on leur avait ensei­gnée dans (cer­taines) écoles de journalisme.

Mais de l’autre côté, on a aus­si le jour­na­liste qui fait ses choix poli­tiques, consciem­ment, aux côtés du 1%, et qui se prend pour Dieu-je-sais-tout. Par exemple, sur Arte, voi­ci com­ment Daniel Leconte a intro­duit une grande soi­rée cen­sée démas­quer les com­plo­tistes : « On croyait tout savoir. Eh bien, paraît-il qu’on avait tort.[34] « Tout savoir », c’est ça votre défi­ni­tion du bon jour­na­liste ?! Mais n’est-ce pas exac­te­ment le contraire ? Cher­cher et creu­ser ce qu’il ne sait pas pour bien nous l’expliquer ? En fait, Leconte ne manque pas de temps, il manque de dignité.

Le même mépris du citoyen spec­ta­teur se retrouve chez Fou­rest. Voi­ci com­ment en février 2013, elle pré­sen­tait son émis­sion « Les obsé­dés du com­plot » sur France 5 : « Ils voient des com­plots par­tout et ont fait de la mani­pu­la­tion par les médias leur unique grille de lec­ture du monde et de l’actualité. Ce sont les « obsé­dés du com­plot », ces tri­bus d’internautes sou­mis à des mer­ce­naires de la pro­pa­gande pas­sés maîtres dans l’art de dés­in­for­mer pour radi­ca­li­ser les iden­ti­tés et dis­cré­di­ter la démo­cra­tie en même temps que la presse. » Admi­rez les divers trucs…

  • Des « tri­bus d’internautes » : des sau­vages au fond, mais heu­reu­se­ment, une anthro­po­logue n’écoutant que son cou­rage va nous délivrer !
  • Des « inter­nautes sou­mis ». Inca­pables donc de réflé­chir par eux-mêmes.
  • « Mani­pu­lés » par « des mer­ce­naires ». Bien sûr, Fou­rest ne cite pas de noms ici pour évi­ter un pro­cès qu’elle per­drait. Juste, elle insi­nue que les gens qui n’adorent pas la poli­tique de Washing­ton ou de Tel-Aviv sont for­cé­ment payés. Des traîtres, on vous dit.
  • Traîtres à quoi ? « A la démo­cra­tie ». Qui, comme cha­cun le sait, fonc­tionne admi­ra­ble­ment, les citoyens étant tous enchan­tés qu’on écoute si bien leurs besoins.
  • Et traîtres aus­si envers « la presse ». Qui, cha­cun le sait aus­si, n’a ces­sé de dire la véri­té sur toutes les guerres. Fou­rest se gar­de­ra bien de dire qui la paie pour répandre ses bobards.

Fou­rest ne tra­vaille pas comme jour­na­liste, mais comme lob­byiste. Elle ne cherche pas la véri­té, mais le rôle de chien de garde. Alors, quand on nous balance cette éti­quette « obsé­dés du com­plot », il fau­dra tou­jours se deman­der qui parle, quels sont ses anté­cé­dents, quels inté­rêts il ou elle défend. Il fau­dra tou­jours dépas­ser le jeu des éti­quettes, véri­fier les textes et ana­ly­ser le fond des dos­siers. Se faire son opi­nion par soi-même, ne croire per­sonne sur parole.

 

Conclusion

Résu­mons notre analyse :

  1. Oui, les com­plots existent. Dans l’économie, dans la poli­tique, dans les guerres.
  2. Mais ils ne consti­tuent pas l’explication essen­tielle du fonc­tion­ne­ment de notre socié­té. Le com­plo­tisme est une impasse qui empêche de comprendre.
  3. Les obsé­dés de la « théo­rie du com­plot » font ain­si diver­sion pour cacher leur absence d’arguments.
  4. Les médias, en refu­sant le débat sur leurs man­que­ments, font le jeu du complotisme.

Investig’Action, par contre, tra­vaille à pro­po­ser des expli­ca­tions qui ne soient pas sim­plistes, mais objec­tives. Prendre en compte la com­plexi­té des situa­tions, en extraire les inté­rêts essen­tiels qui s’affrontent, éclai­rer les méthodes de dés­in­for­ma­tion qui cachent ces inté­rêts. Et expo­ser tout cela sim­ple­ment dans un lan­gage acces­sible à tous. Parce que la véri­té est au ser­vice des gens.

Michel Col­lon.

Source : Investig’Action

___________________
Notes :

[1] La res­pon­sa­bi­li­té de la CIA a été décrite dans un rap­port interne The Bat­tle for Iran vers 1975, éta­blie par James Risen (New York Times) en 2000 et fina­le­ment recon­nue en… 2009 par Oba­ma dans son Dis­cours du Caire :  « The Uni­ted States played a role in the over­throw of a demo­cra­ti­cal­ly elec­ted Ira­nian government. »

[2] William Col­by, direc­teur de la CIA (1973 à 1976) a recon­nu que la CIA avait dépen­sé sept mil­lions $ sur injonc­tion de Kis­sin­ger pour « ali­men­ter un cli­mat pro­pice au coup d’État ». 30 ans de CIA, 1978.

[3] Inter­view au Nou­vel Obser­va­teur, 15 jan­vier 1998.

[4] Inter­view Demo­cra­cy Now, 2 mars 2007.

[5] http://​www​.inde​pendent​.co​.uk/​n​e​w​s​/​u​k​/​p​o​l​i​t​i​c​s​/​t​o​n​y​–​b​l​a​i​r​–​a​n​d​–​i​r​a​q​–​t​h​e​–​d​a​m​n​i​n​g​–​e​v​i​d​e​n​c​e​–​8​5​6​3​1​3​3​.​h​tml

[6] Michel Col­lon, Israël, par­­lons-en!, Investig’Action, 2010, p 348.

[7] Michel Col­lon, Je suis ou je ne suis pas Char­lie ?, Investig’Action, 2015, p. 232.

[8] Obser­va­toire du néo-conser­­va­­tisme, Hofts­tad­ter et les théo­ries du com­plot, https://​anti​cons​.word​press​.com/​t​a​g​/​h​o​f​s​t​a​d​t​er/

[9] https://​anti​cons​.word​press​.com/​2​0​1​5​/​0​4​/​2​8​/​t​h​e​o​r​i​e​–​d​u​–​c​o​m​p​l​o​t​–​c​o​m​m​e​n​t​–​l​e​–​b​e​s​t​–​s​e​l​l​e​r​–​d​e​–​r​i​c​h​a​r​d​–​h​o​f​s​t​a​d​t​e​r​–​l​e​–​s​t​y​l​e​–​p​a​r​a​n​o​i​a​q​u​e​–​f​u​t​–​d​e​t​o​u​r​n​e​–​p​a​r​–​l​e​s​–​n​e​o​–​c​o​n​s​e​r​v​a​t​e​u​r​s​–​12/

[10] http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​f​u​t​u​r​s​/​2​0​1​3​/​1​2​/​0​4​/​c​a​r​t​e​l​–​d​e​s​–​t​a​u​x​–​l​–​u​e​–​i​n​f​l​i​g​e​–​1​7​–​m​i​l​l​i​a​r​d​–​d​–​e​u​r​o​s​–​d​–​a​m​e​n​d​e​s​–​a​–​8​–​b​a​n​q​u​e​s​_​9​6​4​103

[11] Month­ly Review (USA), mais 1949.

[12] Michel Col­lon et Denise Vin­de­vo­gel, 14–18, on croit mou­rir pour la patrie, on meurt pour des indus­triels (vidéo), http://www.michelcollon.info/14–18-On-croit-mourir-pour-la.html

[13] https://​boua​ma​mas​.word​press​.com/​2​0​1​6​/​0​1​/​0​1​/​d​e​–​l​e​s​p​r​i​t​–​d​u​–​1​1​–​j​a​n​v​i​e​r​–​a​–​l​a​–​d​e​c​h​e​a​n​c​e​–​d​e​–​l​a​–​n​a​t​i​o​n​a​l​i​t​e​–​c​h​r​o​n​i​q​u​e​–​d​u​n​e​–​a​n​n​e​e​–​d​e​–​r​e​g​r​e​s​s​i​o​n​–​c​u​l​t​u​r​a​l​i​s​te/

[14] Jacques Pau­wels, Big busi­ness avec Hit­ler, Aden, Bruxelles, 2013. Kurt Goss­wei­ler, Hit­ler, L’irrésistible ascen­sion ?, Aden, 2006.

[15] Ce Soir ou jamais, https://​you​tu​.be/​7​a​0​V​H​V​6​_​7os

[16] http://www.lepoint.fr/societe/au-memorial-de-la-shoah-hollande-pourfend-la-theorie-du-complot-et-le-negationnisme-27–01–2015–1899969_23.php

[17] www​.bfmtv​.com/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​b​h​l​–​v​i​c​t​i​m​e​–​d​u​–​c​o​m​p​l​o​t​i​s​m​e​–​e​n​–​t​u​n​i​s​i​e​–​8​4​4​1​0​0​.​h​tml

[18] Fou­rest : Aus­si avec le PDG de Total en mars 2012 et à Tel-Aviv http://​www​.ojim​.fr/​p​o​r​t​r​a​i​t​s​/​c​a​r​o​l​i​n​e​–​f​o​u​r​e​st/. Guyet : http://​www​.upr​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​u​p​r​–​p​a​r​t​i​–​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​q​u​i​–​v​e​u​t​–​n​u​i​r​e​–​a​–​l​u​p​r​–​d​r​–​j​e​k​y​l​l​–​m​r​s​–​h​y​d​e​–​l​a​n​t​i​f​a​s​c​i​s​t​e​–​b​o​u​t​o​l​e​a​u​–​e​t​–​l​a​–​t​r​e​s​–​a​m​e​r​i​c​a​n​o​p​h​i​l​e​–​p​r​o​f​e​s​s​o​r​–​g​u​yet

[19] Lien Lettre à Karim Fadoul. Voir aus­si mon livre, Je suis ou je ne suis pas Char­lie, cha­pitre 9. LIEN

[20] https://​anti​cons​.word​press​.com/​2​0​1​3​/​0​9​/​0​9​/​r​u​d​y​–​r​e​i​c​h​s​t​a​d​t​–​o​p​p​o​r​t​u​n​i​s​t​e​–​n​e​o​–​c​o​n​s​e​r​v​a​t​e​ur/

[21] http://​www​.legrand​soir​.info/​a​n​a​l​y​s​e​–​d​e​–​l​a​–​c​u​l​t​u​r​e​–​d​u​–​m​e​n​s​o​n​g​e​–​e​t​–​d​e​–​l​a​–​m​a​n​i​p​u​l​a​t​i​o​n​–​a​–​l​a​–​m​a​r​i​e​–​a​n​n​e​–​b​o​u​t​o​l​e​a​u​–​o​r​n​e​l​l​a​–​g​u​y​e​t​–​s​u​r​–​u​n​–​s​i​t​e​–​a​l​t​e​r​.​h​tml Voir aus­si : http://​free​.niooz​.fr/​o​r​n​e​l​l​a​–​g​u​y​e​t​–​l​–​a​r​c​h​e​t​y​p​e​–​d​e​–​l​a​–​d​e​s​i​n​f​o​r​m​a​t​i​o​n​–​a​n​t​i​c​o​n​s​–​o​b​s​e​r​v​a​t​o​i​r​e​–​d​u​–​n​e​o​–​c​o​n​s​e​r​v​a​t​i​s​m​e​–​4​1​9​8​5​3​9​.​s​h​tml

[22] Fran­çois Ruf­fin, L’air du soup­çon, Fakir, 10 sep­tembre 2013.

[23] http://​www​.wsj​.com/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​S​B​1​1​0​7​2​9​5​5​9​3​1​0​2​4​2​790

[24] The Case for Bom­bing Iran, andry​noss​.net, jiuin 2007.

[25] http://​www​.dreuz​.info/​2​0​0​9​/​0​6​/​0​8​/​a​r​t​i​c​l​e​–​3​2​3​9​2​6​64/ http://​www​.dreuz​.info/​2​0​1​5​/​0​9​/​2​9​/​b​a​r​a​c​k​–​o​b​a​m​a​–​n​e​s​t​–​p​a​s​–​m​u​s​u​l​m​a​n​–​m​a​i​s​–​c​o​m​m​e​–​i​l​–​l​e​s​–​a​i​m​e​–​r​e​g​a​r​d​e​z​–​s​a​–​n​o​u​v​e​l​l​e​–​t​r​o​u​v​a​i​lle

 

[26] Soli­daire (Bel­gique), 10 jan­vier 1990.

[27] Kom­mer­sant, 19 décembre 2014.

[28] Barack Oba­ma « Natio­nal Secu­ri­ty Stra­te­gy », USA 2015.

[29] https://​jea​ny​ves​nau​.com/​2​0​1​6​/​0​1​/​1​1​/​m​a​n​u​e​l​–​v​a​l​l​s​–​e​x​p​l​i​q​u​e​r​–​c​e​s​t​–​d​e​j​a​–​v​o​u​l​o​i​r​–​u​n​–​p​e​u​–​e​x​c​u​s​e​r​–​c​o​m​m​e​n​t​–​f​a​u​t​–​i​l​–​e​n​t​e​n​d​r​e​–​l​e​–​p​r​e​m​i​e​r​–​m​i​n​i​s​t​re/

[30] L’Express – Le Vif, 6 février 2015.

[31] www​.acri​med​.org/​J​o​u​r​n​a​l​i​s​m​e​–​c​o​n​t​r​e​–​c​o​m​p​l​o​t​i​s​m​e​–​d​e​s​–​i​m​p​r​e​c​a​t​e​u​r​s​–​q​u​i​–​s​e​–​p​r​e​n​n​e​n​t​–​p​o​u​r​–​des

[32] « Opé­ra­tion Cor­rea : un film anti­dote à la théo­rie du com­plot », Laurent Paillard, Les ZIndigné(e)s no 24)

[33] Voir aus­si notre Atten­tion, médias!, 1992 (épui­sé).

[34] http://​www​.acri​med​.org/​A​r​t​e​–​e​t​–​l​a​–​t​h​e​o​r​i​e​–​d​u​–​c​o​m​p​l​o​t​–​u​n​e​–​e​m​i​s​s​i​o​n​–​d​e​–​p​r​o​p​a​g​a​n​d​e​–​d​e​–​D​a​n​i​e​l​–​L​e​c​o​nte

Source : http://​www​.inves​ti​gac​tion​.net/​c​o​m​p​l​o​t​i​s​t​e​–​moi

Manifeste n° 1 : NOUS NE SOMMES PAS EN DÉMOCRATIE ! (édition La Relève et la Peste)

La jeune équipe de La Relève et La Peste vient de publier une chouette mise en page et une belle réa­li­sa­tion (beau papier, belle impres­sion, reliure cou­sue en fil rouge…) du texte dans lequel je pro­pose que, comme des adultes poli­tiques, nous com­pa­rions enfin, point par point, élec­tion et tirage au sort.


http://lareleveetlapeste.fr/manifeste-numero‑1/

 
C’est un peu « mon pre­mier livre », tout petit 🙂 

En fait, c’est un cha­pitre avant-coureur…

Pour vous procurer ce « manifeste n°1 » :

http://lareleveetlapeste.fr/produit/manifeste‑1/

Vous pou­vez voir le texte et la vidéo cor­res­pon­dante ici :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​6​/​1​2​/​2​1​/​v​i​d​e​o​–​e​t​–​t​e​x​t​e​–​l​a​n​t​i​d​o​t​e​–​u​n​i​v​e​r​s​e​l​–​a​u​–​c​a​p​i​t​a​l​i​s​m​e​–​c​e​–​s​e​r​a​–​u​n​–​p​e​u​p​l​e​–​d​e​v​e​n​u​–​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​–​c​a​p​a​b​l​e​–​d​e​–​c​o​n​d​u​i​r​e​–​l​u​i​–​m​e​m​e​–​l​e​–​p​r​o​c​e​s​–​d​e​–​l​e​l​e​c​t​i​on/

Je me demande bien ce que vous allez pen­ser de cette ver­sion papier 🙂

Etienne.


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​0​6​3​7​4​2​1​9​2​317

[Très intéressant] Rencontre « La France Insoumise » / « Les Citoyens Constituants »

httpv://www.youtube.com/watch?v=CEmK0eirBEU

Mer­ci à Emma­nuel, mer­ci à Raphaël, mer­ci à Alexis (je ne connais pas le pré­nom des autres inter­ve­nants) 🙂 pour ce moment très intéressant. 

[Edit, après une nuit à rumi­ner tout ça] 

On voit dans cette rencontre
• des argu­ments pour défendre l’i­dée de tirer au sort TOUTE l’As­sem­blée constituante,
• et des argu­ments (de bonne foi) pour RENONCER DE FAIT à ce tirage au sort… 

Mal­heu­reu­se­ment, ça confirme ce que je pense depuis des années : si des idées vrai­ment démo­cra­tiques (tirer au sort TOUTE l’Assemblée consti­tuante, ins­ti­tuer un RIC en TOUTES matières, etc.) sont défen­dues par des pro­fes­sion­nels de la poli­tique, même sin­cè­re­ment dévoués au bien com­mun, les élus (et les can­di­dats à l’élection) dévoie­ront l’idée et fina­le­ment, de fait, ils la tor­pille­ront (à cause du conflit d’intérêts).

On le voit ici avec le tirage au sort de l’As­sem­blée consti­tuante : l’i­dée est « appro­priée » par « France Insou­mise » (FI) et donc… assas­si­née 🙁 Je viens de lire le livret « Assem­blée consti­tuante » de FI : 

Constituante : changer de République pour faire place au Peuple

https://​ave​ni​ren​com​mun​.fr/​l​i​v​r​e​t​–​a​s​s​e​m​b​l​e​e​–​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​te/

Et je vois dans ce livret, que le peuple est, pré­ci­sé­ment, encore une fois, métho­di­que­ment et astu­cieu­se­ment, tenu à l’é­cart. Je cite (p 15) : 

« Des règles claires et vertueuses

Afin d’éviter que la future assem­blée consti­tuante ne soit pha­go­cy­tée par le per­son­nel poli­tique et les pra­tiques de la Ve Répu­blique, il est néces­saire de fixer un cer­tain nombre de règles, notam­ment sur la com­po­si­tion de l’assemblée consti­tuante et les moda­li­tés de dési­gna­tion de ses membres.

Il paraît per­ti­nent de com­bi­ner élec­tion, pour per­mettre au peuple de tran­cher entre des orien­ta­tions pro­gram­ma­tiques dis­tinctes, et tirage au sort, pour diver­si­fier le recru­te­ment des membres de l’assemblée constituante. 

Afin de déter­mi­ner la part d’élection et la part de tirage au sort, le plus sage (et le plus démo­cra­tique) sera de s’en remettre à la sou­ve­rai­ne­té popu­laire. Le jour du scru­tin, chaque citoyen·ne pour­ra choi­sir soit de voter pour des candidat·e·s (chaque liste obtien­dra un nombre de sièges pro­por­tion­nel aux suf­frages qu’elle aura recueillis), soit d’exprimer sa pré­fé­rence pour une dési­gna­tion par tirage au sort (si X % optent pour le tirage au sort, X % des sièges sont pour­vus par tirage au sort).

En outre, afin de pré­ve­nir d’éventuels conflits d’intérêts, aucun par­le­men­taire pré­sent ou pas­sé ne pour­ra sié­ger au sein de l’assemblée consti­tuante, dont les membres ne pour­ront eux-mêmes pas se por­ter candidat·e·s aux fonc­tions poli­tiques qu’ils auront ins­ti­tuées lors de l’entrée en vigueur de la nou­velle Constitution. » 

Source : https://​ave​ni​ren​com​mun​.fr/​l​i​v​r​e​t​–​a​s​s​e​m​b​l​e​e​–​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​te/

 
Mon commentaire :

1) Le tirage au sort n’est PAS défen­du pour sup­pri­mer le conflit d’intérêts (inac­cep­table et déci­sif) au sein de cette assem­blée : le tirage au sort est défen­du « pour diver­si­fier le recru­te­ment » (sic)…
C’est n’avoir pas com­pris (et ne pas expli­quer aux gens) l’idée fon­da­men­tale du conflit d’intérêts — qui pour­rit (for­cé­ment) le pro­ces­sus constituant.

2) D’autre part, en pré­voyant que les élec­teurs déci­de­ront eux-mêmes de la pro­por­tion de tirage au sort de l’Assemblée consti­tuante, les can­di­dats à l’élection savent bien que le tirage au sort est encore lar­ge­ment mécon­nu et très mal défen­du par lémé­dias (la Prav­da des milliardaires).

=> Donc, comme pré­vu, de la part des pro­fes­sion­nels de la poli­tique, enter­re­ment de pre­mière classe pour une idée fondamentale 🙁

—–

On peut d’ailleurs dire la même chose du Réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire (RIC), qui est réduit par France insou­mise au seul réfé­ren­dum révo­ca­toire, ce qui exclut donc, sans le dire clai­re­ment et sans dire pour­quoi, le réfé­ren­dum légis­la­tif, le réfé­ren­dum abro­ga­toire et le réfé­ren­dum constituant.

On peut dire la même chose de la sor­tie de l’UE, qui n’est pas défen­due assez clai­re­ment par France insou­mise, je trouve : cette his­toire de « rené­go­cia­tion » fait pen­ser à l’affreuse arnaque de Tsi­pras : AUCUNE rené­go­cia­tion n’est pos­sible dans le car­can des deux trai­tés (TUE et TFUE), toute modi­fi­ca­tion requiert (et même plu­sieurs fois !) L’UNANIMITÉ des 28 pays membres (art. 48 TUE). Pour­quoi pré­tendre encore que les trai­tés sont renégociables ?

Bref, cet entre­tien montre des mili­tants DE BONNE FOI qui confrontent des argu­ments inté­res­sants, mais l’idée cen­trale qui, à mon avis, est la seule qui per­met­tra au peuple de voir un jour ins­ti­tuer sa puis­sance poli­tique et de sor­tir du capi­ta­lisme (l’idée que s’il veut une consti­tu­tion digne de ce nom, il fau­dra que le peuple l’écrive LUI-MÊME, SANS ÉLIRE des repré­sen­tants), cette idée cen­trale, donc, a bien été dévoyée, et fina­le­ment tuée, comme je le redoutais.

Il y a des années que je dis que SEULS les simples citoyens peuvent défendre la vraie démo­cra­tie, que les « élus » n’en vou­dront jamais, qu’ils pré­fé­re­ront mou­rir que de voir ins­ti­tuer une vraie démo­cra­tie. Les faits confirment (pour l’instant) ce pronostic.

J’es­père donc que vous ne renon­cez pas à votre pra­tique quo­ti­dienne des ate­liers consti­tuants contagieux.
On ne s’en sor­ti­ra pas sans cette édu­ca­tion popu­laire fondamentale.

Et ne nous lais­sons pas hys­té­ri­ser par cette fichue pro­cé­dure de l’élection, qui nous fait chaque fois croire qu’il y a un enjeu, alors qu’il n’y en pas : quelle que soit l’option que nous choi­si­rons (vote A, vote B, abs­ten­tion), nous la per­drons. Il ne faut sur­tout pas nous déchi­rer entrer nous lors des échéances élec­to­rales, qui nous jettent les uns contre les autres et nous divisent dramatiquement.

Bon cou­rage à tous.

Étienne.


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​0​5​9​4​1​8​5​9​7​317

[Révolution monétaire – Chartalisme] Sortir de l’austérité sans sortir de l’euro… grâce à la monnaie fiscale complémentaire (Libération)

Je vous signale deux docu­ments inté­res­sants sur les causes (et solu­tions) moné­taires de « la crise » :

1) D’a­bord, une courte vidéo, bien inté­res­sante, à écou­ter le crayon à la main :

Jean-Michel Naulot : CRISE FINANCIÈRE, pourquoi les gouvernements ne font rien

httpv://www.youtube.com/watch?v=TPox2yLANbg

Avec un livre qui devrait être inté­res­sant, (com­man­dé mais pas encore reçu => je vous en reparlerai) :


http://​www​.seuil​.com/​o​u​v​r​a​g​e​/​e​v​i​t​e​r​–​l​–​e​f​f​o​n​d​r​e​m​e​n​t​–​j​e​a​n​–​m​i​c​h​e​l​–​n​a​u​l​o​t​/​9​7​8​2​0​2​1​3​4​0​358


2) Mais sur­tout une tri­bune magni­fique, brève et puis­sante, de quelques éco­no­mistes que j’aime bien, dans Libé­ra­tion — alors ça, ça vaut de l’or : appré­ciez chaque phrase, c’est vrai­ment bien que l’i­dée char­ta­liste germe ain­si aus­si puissamment 🙂

Sortir de l’austérité sans sortir de l’euro… grâce à la monnaie fiscale complémentaire

Par Tho­mas Cou­trot , Domi­nique Pli­hon , Woj­tek Kali­nows­ki , Bru­no Thé­ret , Gaël Giraud , Vincent Gayon , Jean-Michel Ser­vet Jérôme Blanc , Marie Fare et Ben­ja­min Lemoine — 8 mars 2017
Sortir de l’austérité sans sortir de l’euro… grâce à la monnaie fiscale complémentaire
Sor­tir de l’austérité sans sor­tir de l’euro… grâce à la mon­naie fis­cale com­plé­men­taireAFP

Intro­duire des liqui­di­tés dans une éco­no­mie en crise grâce à une mon­naie com­plé­men­taire, ados­sée aux recettes fis­cales à venir, per­met­trait d’imaginer d’autres poli­tiques sans pour autant remettre en ques­tion la mon­naie com­mune. Cela per­met­trait une sta­bi­li­sa­tion de la zone euro.


Via les cré­dits qu’elles accordent, les banques com­mer­ciales pri­vées dis­posent dans la zone euro d’un qua­si mono­pole de créa­tion de la mon­naie. Après les injec­tions mas­sives de liqui­di­tés à bas coût de la Banque cen­trale euro­péenne (BCE) au sys­tème ban­caire pri­vé, il est clair que ce mono­pole enferme l’économie euro­péenne dans une trappe défla­tion­niste. Dans les périodes réces­sives, les banques com­mer­ciales sont struc­tu­rel­le­ment inca­pables d’assurer une créa­tion contra­cy­clique de mon­naie de cré­dit des­ti­née aux sec­teurs pro­duc­tifs. Pour nour­rir leurs pro­fits, elles dirigent l’essentiel de leurs liqui­di­tés vers les mar­chés finan­ciers où elles ali­mentent de dan­ge­reuses bulles spé­cu­la­tives. Aus­si, de nom­breux éco­no­mistes et cer­tains poli­tiques s’accordent sur la néces­si­té de reti­rer aux banques leur pri­vi­lège de créa­tion de la mon­naie, et la Suisse vote­ra sur cette ques­tion en 2018. Néan­moins une telle réforme sup­pose dans l’Union euro­péenne (UE) un accord entre Etats membres qui, dans son état actuel, n’est pas prêt d’aboutir. Que faire d’autre ? Sor­tir de l’euro ?

L’accession en Grèce en 2015 de Syri­za au gou­ver­ne­ment a conduit à envi­sa­ger une autre stra­té­gie qui, déci­dée par un Etat, lui per­met­trait de sor­tir d’une poli­tique d’austérité sans remettre en cause l’unité de la zone euro : injec­ter de la liqui­di­té par l’émission d’une mon­naie fis­cale com­plé­men­taire à l’euro. Dans cette stra­té­gie, l’euro est conser­vé en tant que mon­naie com­mune de cours légal dans tous les Etats membres, mais est com­plé­té par un moyen de paie­ment natio­nal consti­tué de bons du Tré­sor de faible déno­mi­na­tion – de 5 à 50 euros – et de durée limi­tée mais renou­ve­lable. Ados­sés comme toute dette publique aux recettes fis­cales à venir, ces bons seraient libel­lés en euro-franc, et main­te­nus à pari­té avec l’euro sans pour autant être conver­tibles sur les mar­chés des changes.

Il ne s’agit donc pas d’émettre une mon­naie ayant cours légal, mais de pro­po­ser des titres de cré­dit des­ti­nés au règle­ment des salaires des fonc­tion­naires, des pres­ta­tions sociales et des achats publics, dépenses qui sont de fac­to de la dette publique de court terme. Ils seraient réci­pro­que­ment accep­tés en paie­ment des impôts et, grâce à cette der­nière garan­tie, pour­raient cir­cu­ler en tant que moyens de paie­ment au niveau national.

Face aux poli­tiques d’austérité prô­nées actuel­le­ment, il y a urgence à émettre ce type de mon­naie par­tout où la mon­naie unique conduit à la réces­sion, au chô­mage de masse, à la mon­tée de l’insécurité sociale et à l’abandon des inves­tis­se­ments de long terme indis­pen­sables à la tran­si­tion éco­lo­gique. Mais le couple mon­naie com­mune – mon­naie fis­cale com­plé­men­taire n’est pas seule­ment une solu­tion d’urgence ; c’est aus­si poten­tiel­le­ment un outil durable de sta­bi­li­sa­tion moné­taire de la zone euro. En effet, la réduc­tion de la dette publique par auto­fi­nan­ce­ment de la dette flot­tante et l’amélioration du solde des échanges exté­rieurs par réduc­tion des impor­ta­tions (la cir­cu­la­tion géo­gra­phi­que­ment limi­tée de l’euro-franc inci­te­rait à relo­ca­li­ser la pro­duc­tion) réduisent la dépen­dance exté­rieure des Etats à l’égard tant de la finance inter­na­tio­nale que des mar­chés exté­rieurs qui sont la source prin­ci­pale de son instabilité.

Cette forme de liqui­di­té émise par les Etats sans pas­ser par les banques n’est pas nou­velle, et sa com­bi­nai­son avec une mon­naie com­mune dans un sys­tème poli­tique de type fédé­ral a été expé­ri­men­tée avec suc­cès dans les années 30 aux Etats-Unis et, plus récem­ment, entre 1984 et 2003 en Argen­tine. Ces expé­riences montrent que, sous cer­taines condi­tions, un tel dis­po­si­tif moné­taire rem­plit son office de réduc­tion de la dette publique et de redy­na­mi­sa­tion de l’économie locale, sans créer de ten­sion infla­tion­niste ni de décro­chage entre la mon­naie locale et la mon­naie centrale.

En l’état actuel des trai­tés euro­péens, la stra­té­gie ici pro­po­sée est conforme au prin­cipe de sub­si­dia­ri­té qui recon­naît à tout Etat membre de l’Union la capa­ci­té de prendre des ini­tia­tives propres en matière de poli­tique fis­cale et bud­gé­taire. Les Etats ne sont nul­le­ment obli­gés de se sou­mettre aux mar­chés et aux banques com­mer­ciales pour se finan­cer, sur­tout à court terme. Rien ne les empêche de dis­po­ser de leurs propres sys­tèmes de paie­ment, dès lors que ceux-ci rem­plissent les condi­tions de sécu­ri­té requises.

Se doter d’une mon­naie fis­cale natio­nale – en France, l’euro-franc – com­plé­men­taire à l’euro ban­caire per­met­trait de finan­cer les ser­vices publics et de mettre fin aux poli­tiques d’austérité actuelles qui menacent le pro­jet euro­péen lui-même. C’est une poli­tique réa­liste qui peut être déci­dée immé­dia­te­ment et uni­la­té­ra­le­ment au niveau natio­nal sans aller à l’encontre des trai­tés euro­péens. Mais pour assu­rer le suc­cès de l’euro-franc, il ne suf­fit pas que l’Etat en garan­tisse l’acceptabilité en l’instituant comme moyen d’acquitter des impôts et en sta­bi­li­sant sa valeur à la pari­té avec l’euro. Il doit aus­si être sou­te­nu par une large par­tie de la popu­la­tion qui le recon­naisse comme un ins­tru­ment cré­dible de sor­tie de l’austérité. Pour cela, une frac­tion des euro-francs créés pour­rait être dis­tri­buée aux PME et aux ménages endet­tés comme moyen de règle­ment de leurs dettes (pri­vées). Cette mesure ferait d’une pierre quatre coups : par ce jubi­lé par­tiel des dettes, elle met­trait fin à l’excès d’endettement pri­vé, cause prin­ci­pale de la réces­sion dont souffre notre éco­no­mie ; loin de péna­li­ser les créan­ciers rési­dents, elle les sécu­ri­se­rait, vu le contexte d’une sol­va­bi­li­té très incer­taine ; elle accom­pli­rait le quan­ti­ta­tive easing for the people (« assou­plis­se­ment moné­taire pour les gens ») dont Mario Dra­ghi recon­naît qu’il est de nature à relan­cer l’économie euro­péenne et l’emploi ; elle met­trait en cir­cu­la­tion une mon­naie com­plé­men­taire à une échelle qu’aucune des mon­naies locales qui s’inventent aujourd’hui ne peut ambitionner.

Bien sûr, d’autres moyens d’assurer la confiance dans cette mon­naie sont par­fai­te­ment conce­vables. Gageons qu’un tel euro-franc ne tar­de­rait pas à être imi­té par nos voi­sins, ce qui redon­ne­rait du même coup sa légi­ti­mi­té à un euro deve­nu mon­naie commune.

Tho­mas Cou­trot , Domi­nique Pli­hon , Woj­tek Kali­nows­ki , Bru­no Thé­ret , Gaël Giraud Vincent Gayon , Jean-Michel Ser­vet , Jérôme Blanc , Marie Fare , Ben­ja­min Lemoine

Source : « Libé­ra­tion », http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​d​e​b​a​t​s​/​2​0​1​7​/​0​3​/​0​8​/​s​o​r​t​i​r​–​d​e​–​l​–​a​u​s​t​e​r​i​t​e​–​s​a​n​s​–​s​o​r​t​i​r​–​d​e​–​l​–​e​u​r​o​–​g​r​a​c​e​–​a​–​l​a​–​m​o​n​n​a​i​e​–​f​i​s​c​a​l​e​–​c​o​m​p​l​e​m​e​n​t​a​i​r​e​_​1​5​5​4​260

 
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On ne se sortira du pétrin qu’en reprenant la création monétaire aux banques commerciales
(qui nous l’ont volée !)

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[Edit 24h après : je viens de rece­voir le livre. Je vous ai scanné/OCRisé la table des matières :]

Jean-Michel NAULOT, « Évi­ter l’ef­fon­dre­ment. Les poli­tiques nous pré­parent une catas­trophe finan­cière pire que le pré­cé­dente » (Seuil, 2017)


http://​www​.seuil​.com/​o​u​v​r​a​g​e​/​e​v​i​t​e​r​–​l​–​e​f​f​o​n​d​r​e​m​e​n​t​–​j​e​a​n​–​m​i​c​h​e​l​–​n​a​u​l​o​t​/​9​7​8​2​0​2​1​3​4​0​358

Table

Remer­cie­ments           9

Aver­tis­se­ment  11

1. UNE GÉNÉRATION QUI A FAIT MONTER LES « POPULISMES » 15

Res­pon­sable et cou­pable       15

Depuis le milieu des années 1980, ils sont habi­tés par les démons du dog­ma­tisme  18

Le débat actuel révèle une grande méfiance à l’é­gard de la démo­cra­tie directe       20

L’ob­ses­sion du fédé­ra­lisme et l’ob­ses­sion du tout-libé­­ral sont les ter­reaux du popu­lisme     23

La géné­ra­tion aux com­mandes est non seule­ment res­pon­sable mais cou­pable         26

La gauche, amie de la finance, a per­du ses marques 27

La droite, amie de la mon­naie unique, a elle aus­si per­du ses marques         29

Le conte de fées d’un libé­ra­lisme qui dope la crois­sance       32

Le fan­tasme de la mon­naie unique qui apporte la puis­sance et la pros­pé­ri­té           41

L’ins­tru­men­ta­li­sa­tion de la dette publique : vrai­ment des cigales, les citoyens ?       44

La jeu­nesse oubliée     47

Il faut savoir dire « non »         50

2. CE VOLCAN FINANCIER QUI NOUS MENACE …59

Pour­quoi la pro­chaine crise risque d’être pire encore        59

Savoir résis­ter au « syn­drome de Gri­gnan » ! 61

Le pro­blème, ce n’est pas la petite aiguille, mais la bulle . 63

La mon­naie n’est pas un voile 65

La créa­tion moné­taire extra­va­gante des banques cen­trales et des banques com­mer­ciales  67

L’his­toire agi­tée des banques cen­trales indé­pen­dantes .…71

Le monarque moné­taire 74

Défaillances des banques : insuf­fi­sance d’é­thique ou insuf­fi­sance de régu­la­tion ? 81

Le régu­la­teur sou­vent en retard sur l’in­no­va­tion finan­cière des banques     83

Nou­velles règles ban­caires : une simple remise à niveau      86 

La pon­dé­ra­tion des risques a intro­duit un biais inéga­li­taire dans l’al­lo­ca­tion des finan­ce­ments 87

La fable des méga-banques qui pour­raient faire faillite sans faire appel au contri­buable   89

Banques sys­té­miques : leur taille ne devient-elle pas un pro­blème ? 95

La tyran­nie accep­tée des mar­chés finan­ciers 96

1) La moi­tié des tran­sac­tions sur les mar­chés d’ac­tions est déré­gle­men­tée 98

2) Sur les grandes valeurs cotées, en Europe et aux États-Unis, plus de la moi­tié des tran­sac­tions est due au tra­ding à haute fré­quence alors que l’u­ti­li­té éco­no­mique et sociale de cette pra­tique est proche de zéro 101

3) Le mon­tant des pro­duits déri­vés reste qua­si­ment inchan­gé 103

4) Les hedge funds ont un effet de levier (une capa­ci­té spé­cu­la­tive) non régle­men­té 112

5) La qua­­si-tota­­li­­té des hedge funds est domi­ci­liée dans les para­dis fis­caux 115

6) Les mar­chés de matières pre­mières sont domi­nés à plus de 80 % par des acteurs finan­ciers et non par les indus­triels 116

7) La finance de l’ombre (la finance peu ou pas régle­men­tée) repré­sente plus du tiers de la finance mon­diale 118

8) La poli­tique de limi­ta­tion des émis­sions de gaz à effet de serre est confiée aux mar­chés finan­ciers 123

Une dette mon­diale à un niveau his­to­rique 130

Comme en 1929, comme en 2007–2008, les condi­tions d’une crise sys­té­mique sont réunies            133

À la veille de la crise de 1929 135

À la veille de la crise de 2007–2008   136

En 2017          138

Quatre foyers de crise conti­nuent de se déve­lop­per 139

États-Unis : défi­cits et inéga­li­tés 140

Zone euro : la crise tou­jours là 143

Chine : dés­équi­libres héri­tés de 2007–2008   144

Japon : la dette 145

Une réa­li­té de plus en plus évi­dente : le ralen­tis­se­ment de la crois­sance mon­diale 146

Une absence de gou­ver­nance inter­na­tio­nale face à la menace d’une crise grave 148

3. LES « MENOTTES » DE L’EURO 151

Un système moné­taire au bord de la faillite            151

Nais­sance de l’eu­ro : un copier-col­­ler de l’or­do­li­bé­ra­lisme alle­mand 154

L’Al­le­magne a réus­si à impo­ser un ordre juri­dique à la zone euro 158

Une flexi­bi­li­té sociale qui prend ses dis­tances avec l’é­co­no­mie sociale de mar­ché 160

L’aus­té­ri­té comme seul hori­zon 163

Les règles bud­gé­taires du trai­té de Maas­tricht ont été dur­cies une pre­mière fois avec le Pacte de sta­bi­li­té et de crois­sance en 1997     165

À la fin de l’an­née 2010, la Com­mis­sion euro­péenne a mis en place le « Semestre euro­péen », un pro­gramme de tra­vail très contrai­gnant afin de peser for­te­ment sur les poli­tiques éco­no­miques et bud­gé­taires de la zone euro   166

Le Semestre euro­péen a été com­plé­té par des textes légis­la­tifs très impor­tants, le six-pack puis le two-pack          167

Pour « faci­li­ter » la réa­li­sa­tion de ce tra­vail, la Com­mis­sion uti­lise de plus en plus dans ses dis­cus­sions avec les États les « lignes direc­trices inté­grées »  170

Le TSCG (Pacte bud­gé­taire), rati­fié à l’au­tomne 2012, a cou­ron­né ce pro­ces­sus d’in­tru­sion dans les poli­tiques bud­gé­taires natio­nales en trans­po­sant une « règle d’or » ins­pi­rée de celle qui figure dans la Loi fon­da­men­tale alle­mande de 1949           171

La pra­tique sinistre de la déva­lua­tion interne            174

Le biais inéga­li­taire de la zone euro 180

Un taux de change de l’eu­ro qui ne convient à per­sonne, sauf à l’Al­le­magne 186

Dix ans d’eu­ro, tous à l’hos­to ! 192

Le coût finan­cier des crises    194

Pre­mier coup de canif de la BCE dans l’in­ter­dic­tion de finan­cer les États    194

Deuxième coup de canif : les finan­ce­ments illi­mi­tés à un État en dif­fi­cul­té (OMT)     195

Troi­sième coup de canif : le quan­ti­ta­tive easing          197

Le finan­ce­ment des banques cen­trales du Sud par les banques cen­trales du Nord   198

Le finan­ce­ment des États par les États           199

Ges­tion de la crise grecque : la honte de l’Eu­rope    199

Aide à la Grèce : vingt-cinq fois le mon­tant de l’aide à l’Ar­gen­tine    200

Une ges­tion cala­mi­teuse de la crise par la troï­ka      202

13 juillet 2015 : une jour­née noire dans l’his­toire de l’Eu­rope           203

Et la démo­cra­tie dans tout cela ?       205

Les « menottes » de l’eu­ro      208

Ces éco­no­mistes qui avaient mis en garde     210

Une pen­sée unique qui tue la poli­tique          214

La bulle Dra­ghi          219

4. RESTAURER LA PRIMAUTÉ DU POLITIQUE 225

Réar­ti­cu­ler gou­ver­nance inter­na­tio­nale et sou­ve­rai­ne­té éco­no­mique natio­nale   225

1) Réduire l’hy­per­tro­phie de la finance, c’est-à-dire le dés­équi­libre entre la finance et l’é­co­no­mie réelle, grâce à une meilleure gou­ver­nance inter­na­tio­nale           227

Renon­cer au double dis­cours sur la réforme de la finance    228

Com­ment évi­ter les pièges ten­dus par les lob­bies ? Quelques règles simples de bonne conduite     235

S’in­ter­dire tout ce qui pour­rait conduire à une forme de conni­vence            236

Évi­ter le dés­équi­libre des rap­ports de force lors des négo­cia­tions    238

Fixer des délais rap­pro­chés pour la mise en place des réformes      238

Faire des textes simples          240

Ne pas don­ner trop d’im­por­tance aux consul­ta­tions publiques         240

Ten­ter de détec­ter les risques liés à l’in­no­va­tion finan­cière sans attendre l’ac­ci­dent de mar­ché      241

Se méfier de ceux qui évoquent en per­ma­nence l’é­thique et la trans­pa­rence            242

Être peu récep­tif à l’ar­gu­ment de la « liqui­di­té du mar­ché »    243

Rete­nir une défi­ni­tion stricte du mar­ket making         243

Don­ner la prio­ri­té à la maî­trise du risque sys­té­mique sur la com­pé­ti­ti­vi­té de la place finan­cière    244

Revoir les sta­tuts des banques cen­trales pour limi­ter leur dépen­dance à l’é­gard des mar­chés finan­ciers    245

Réfor­mer la « boîte noire » de la pon­dé­ra­tion des risques et les struc­tures ban­caires pour remettre les banques au ser­vice de l’é­co­no­mie réelle    248

Dix mesures pour assai­nir en pro­fon­deur les mar­chés finan­ciers     255

Pre­mière mesure : le pas­sage de toutes les tran­sac­tions de pro­duits déri­vés par des ins­ti­tu­tions spé­cia­li­sées super­vi­sées par la BCE      256

Deuxième mesure : la limi­ta­tion de l’ef­fet de levier des hedge funds 258

Troi­sième mesure : le trai­te­ment des opé­ra­tions de bourse sur les seuls mar­chés régle­men­tés        260

Qua­trième mesure : la taxa­tion des ordres du tra­ding à haute fré­quence      262

Cin­quième mesure : l’in­ter­dic­tion aux acteurs finan­ciers de spé­cu­ler sur les matières pre­mières    263

Sixième mesure : la trans­pa­rence et l’en­re­gis­tre­ment des opé­ra­tions trai­tées dans le sha­dow ban­king 263

Sep­tième mesure : l’o­bli­ga­tion faite aux gérants de hedge funds de domi­ci­lier leurs fonds à l’en­droit où ils les gèrent            265

Hui­tième mesure : l’har­mo­ni­sa­tion fis­cale en Europe 267

Neu­vième mesure : l’har­mo­ni­sa­tion des normes comp­tables autour de cri­tères ins­pi­rés par le bon sens et la néces­si­té d’as­su­rer la sta­bi­li­té finan­cière          269

Dixième mesure : la mise en place d’une taxe car­bone euro­péenne   271

Une gou­ver­nance inter­na­tio­nale entre les mains des gou­ver­ne­ments et non des ban­quiers cen­traux          273

2) Réta­blir notre sou­ve­rai­ne­té éco­no­mique en redon­nant de la flexi­bi­lité moné­taire et bud­gé­taire à la zone euro    276

Des diri­geants poli­tiques enfin tou­chés par la grâce dans le débat sur l’eu­ro ? La parole à Léon Blum     277

Sor­tir de l’entre-deux par plus d’in­té­gra­tion poli­tique ne peut se faire sans réfé­ren­dum      280

Un big-bang ins­ti­tu­tion­nel qui serait plein de dan­gers          285

Les peuples n’at­tendent pas plus d’in­té­gra­tion mais au contraire plus d’in­dé­pen­dance et de flexi­bi­li­té       289

La refon­da­tion des trai­tés exige d’a­bord l’as­sou­plis­se­ment des cri­tères bud­gé­taires de Maas­tricht et de la règle d’or du TSCG (Pacte bud­gé­taire)        289

La refon­da­tion des trai­tés exige aus­si de revoir entiè­re­ment les moda­li­tés de fonc­tion­ne­ment de la mon­naie unique            291

N’ayons pas peur des tur­bu­lences pro­vo­quées par la tran­si­tion vers un sys­tème plus flexible !       294

3) Gou­ver­nance inter­na­tio­nale et sou­ve­rai­neté éco­no­mique sont deux notions com­plé­men­taires et non pas oppo­sées, deux fils conduc­teurs face à la mon­dia­li­sa­tion    299

Res­tau­rer la pri­mau­té du poli­tique pour évi­ter un effon­dre­ment       300

Maî­tri­ser le capi­ta­lisme finan­cier, cette face noire de la mon­dia­li­sa­tion       301

Le débat sur la mon­dia­li­sa­tion est légi­time et néces­saire       302

Conclu­sion

Agir main­te­nant        305


Rap­pel de quatre billets mémo­rables publiés sur ce blog sur ce thème : 

• CHARTALISME : les peuples crèvent par MANQUE D’ARGENT. C’est L’ÉTAT qui DOIT créer l’argent, AVANT qu’on le lui rende en impôts, et PAS LE CONTRAIRE (30 mai 2014)

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​0​5​/​3​0​/​c​h​a​r​t​a​l​i​s​m​e​–​l​e​s​–​p​e​u​p​l​e​s​–​c​r​e​v​e​n​t​–​p​a​r​–​m​a​n​q​u​e​–​d​a​r​g​e​n​t​–​c​e​s​t​–​l​e​t​a​t​–​q​u​i​–​d​o​i​t​–​c​r​e​e​r​–​l​a​r​g​e​n​t​–​a​v​a​n​t​–​q​u​o​n​–​l​e​–​l​u​i​–​r​e​n​d​e​–​e​n​–​i​m​p​o​t​s​–​e​t​–​p​a​s​–​l​e​–​c​o​n​t​r​a​i​re/

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• Révolution monétaire – Débat avec Stéphane Laborde et Jean-Baptiste Bersac : les perspectives d’émancipation politique offertes par le chartalisme et par la théorie relative de la monnaie (TRM) (25 sept 2014)

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​0​9​/​2​5​/​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​–​d​e​b​a​t​–​a​v​e​c​–​s​t​e​p​h​a​n​e​–​l​a​b​o​r​d​e​–​e​t​–​j​e​a​n​–​b​a​p​t​i​s​t​e​–​b​e​r​s​a​c​–​l​e​s​–​p​e​r​s​p​e​c​t​i​v​e​s​–​d​e​m​a​n​c​i​p​a​t​i​o​n​–​p​o​l​i​t​i​q​u​e​–​o​f​f​e​r​t​e​s​–​p​a​r​–​l​e​–​c​h​a​r​t​a​l​i​s​m​e​–​e​t​–​p​a​r​–​l​a​–​t​h​e​o​r​i​e​–​r​e​l​a​t​i​v​e​–​d​e​–​l​a​–​m​o​n​n​a​i​e​–​t​rm/

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• ÉPOUVANTAILS (PRÉTENDUE MENACE D’HYPERINFLATION) OU REFLATION (RETOUR VOLONTAIRE À L’INFLATION) ? RELANCER LA DEMANDE AVEC DE L’HELICOPTER MONEY. VITE !

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​1​0​/​1​2​/​e​p​o​u​v​a​n​t​a​i​l​s​–​o​u​–​r​e​f​l​a​t​i​o​n​–​r​e​l​a​n​c​e​r​–​l​a​–​d​e​m​a​n​d​e​–​a​v​e​c​–​d​e​–​l​h​e​l​i​c​o​p​t​e​r​–​m​o​n​e​y​–​v​i​te/

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À pro­pos des gou­ver­ne­ments qui ne font « rien » (rien pour nous mais tout pour les banques), NE RATEZ PAS ÇA : 

Histoire détaillée d’un odieux complot, celui de la dérégulation financière : INSIDE JOB, enquête essentielle pour comprendre la prochaine « crise » et l’énorme trahison des « élites »

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​6​/​0​2​/​2​0​/​h​i​s​t​o​i​r​e​–​d​e​t​a​i​l​l​e​e​–​d​u​n​–​o​d​i​e​u​x​–​c​o​m​p​l​o​t​–​c​e​l​u​i​–​d​e​–​l​a​–​d​e​r​e​g​u​l​a​t​i​o​n​–​f​i​n​a​n​c​i​e​r​e​–​i​n​s​i​d​e​–​j​o​b​–​e​n​q​u​e​t​e​–​e​s​s​e​n​t​i​e​l​l​e​–​p​o​u​r​–​c​o​m​p​r​e​n​d​r​e​–​l​a​–​p​r​o​c​h​a​i​n​e​–​c​r​i​se/


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​0​5​0​3​4​0​2​7​7​317

[Vidéo] Entretien autour de vos questions, avec Nicolas Clément (Paris, 23 février 2017)

De pas­sage à Paris pour ren­con­trer Fran­cis Cou­sin, ren­contre éton­nante dont je vous par­le­rai demain ou après-demain, j’ai pas­sé un moment avec Nico­las Clé­ment, jeune homme qui m’a posé tout un tas de ques­tions adres­sées par vous via le net 🙂 

Un bon sou­ve­nir, immor­ta­li­sé grâce à Raphaël Ber­land, du Cercle des volon­taires, tou­jours dis­po­nible et serviable :

httpv://www.youtube.com/watch?v=3TTCXLQn9xw

Je radote, par­don, mais je laboure 🙂 avec votre aide.

Je vou­drais remer­cier ici, cha­leu­reu­se­ment et par­ti­cu­liè­re­ment, deux per­sonnes qui m’aident énor­mé­ment, tous les jours, à semer, dans toutes les par­ties de la popu­la­tion, vrai­ment toutes, des graines d’idées de démo­cra­tie vraie, pour qu’un jour appa­raissent par­tout, vrai­ment par­tout, des citoyens dignes de ce nom c’est-à-dire des citoyens constituants.

Je remer­cie d’a­bord Nico­las Clé­ment, qui publie chaque jour, sur sa page Face­book et sur celle appe­lée Le​-Mes​sage​.org, des extraits inci­sifs, des rap­pels impor­tants, des illus­tra­tions per­cu­tantes, et aujourd’hui un entre­tien ori­gi­nal. Ça se voit, je crois, qu’on est tout heu­reux de se ren­con­trer enfin, en chair et en os, à cette occasion 🙂

Je remer­cie aus­si Raphaël Ber­land, qui anime le Cercle des Volon­taires, média libre, jour­na­liste authen­tique, et qui filme, monte et publie depuis long­temps mon tra­vail et mes ren­contres, courageusement. 

Mer­ci aus­si, évi­dem­ment, à tous ceux qui font comme eux dans leur coin, dis­crè­te­ment mais efficacement.

Bon cou­rage à tous, bande de virus 🙂

Étienne.


[Liste des ques­tions avec timeline]

0,00,12 : Introduction

0,00,30 : Q1 : J’ai­me­rais savoir, ne le connais­sant pas très bien, s’il a l’in­ten­tion de mener une action pour ren­ver­ser l’o­li­gar­chie en place, étant don­né que nos « élus » ne par­ti­ront pas d’eux-mêmes. En gros, se sent-il meneur de mou­ve­ment ou se contente-t-il d’im­plan­ter des idées ? 

0,02,43 : Q2 : À quel moment et par quel moyen, il esti­me­ra que la masse cri­tique de gens infor­més est atteinte (pour qu’un chan­ge­ment advienne) ?

0,04,04 : Q3 : Que pense-t-il du sys­tème sco­laire qui consiste à pas­ser de la hachette au taille crayon la moindre petite branche qui ne vou­drait pas pous­ser droit ?

0,10,48 : Q4 : Est-il liber­taire ?

0,16,28 : Q5 : Pense-t-il qu’un tirage au sort des élus est com­pa­tible avec des médias de masse diri­gés par des mono­poles non démo­cra­tiques ? Que pense-t-il de la place des lob­bys dans les consul­ta­tions et exper­tises sur les­quelles les déci­sion­naires s’ap­puient ? Que fau­­drait-il pour lui pour que des déci­sions démo­cra­tiques ne soient pas sous influence ? (Com­pi­lées)

0,20,18 : Q6 : Dans la mesure où il faut au moins que des moda­li­tés de vote soient fixées pour prendre une déci­sion col­lec­tive, quels sont – s’il y en a – les prin­cipes fon­da­men­taux de la démo­cra­tie, ceux qui enca­dre­raient l’é­cri­ture des tout pre­miers articles d’une constitution ? 

0,26,26 : Q7 : N’est-il pas pré­fé­rable de tra­vailler seul sur quelques articles avant de faire un atelier ?

0,36,08 : Q8 : Dans la mesure où il défend une poli­tique de non pro­fes­sion­nels, pense-t-il que c’est éga­le­ment une néces­si­té que la jus­tice, la police soit non pro­fes­sion­nelles ?

0,43,25 : Q9 : Le franc CFA, est-ce une grosse escro­que­rie fran­çaise à l’é­chelle de l’É­tat ? Aucun de nos gou­ver­nants n’en parle, pour­quoi ? Est-ce un sujet tabou ? 

Je pro­fite de cette ques­tion pour évo­quer briè­ve­ment UN NOUVEAU PARADIGME MONÉTAIRE, que je trouve très pro­met­teur et dont la gauche (tout le monde, en fait) a bien besoin, à mon avis. Une nou­velle orga­ni­sa­tion qui chan­ge­rait tout en per­met­tant aux puis­sances publiques de finan­cer libre­ment les pro­jets qu’elles jugent utiles au bien com­mun. Mais cette nou­velle orga­ni­sa­tion moné­taire, nous seuls, simples citoyens, pou­vons la vou­loir (et l’ins­ti­tuer), jamais les élus des banques ne le feront. Jamais. C’est à nous de réflé­chir à ça, sans quoi per­sonne ne le fera

1,04,24 : Q10 : Encou­­rages-tu l’abs­ten­tion­nisme qui s’or­ga­nise en ce moment ? Et consi­­dères-tu que cette démarche sera effi­cace ou alors qu’elle n’au­ra aucun impact posi­tif ? Que penses-tu des Bureaux d’Abstention ? 

1,11,50 : Q11 : Que pense-t-il de Mélen­chon et des idées qu’il lui reprend en par­tie ? Pense-t-il que c’est utile à la cause ou néfaste qu’un per­son­nage comme lui (fai­sant par­tie inté­grante du sys­tème) la reprenne ?

1,19,41 : Q12 : J’ai une seule et unique ques­tion, qui me paraît très impor­tante à l’ap­proche des pré­si­den­tielles, afin que lui et Jean-Luc Mélen­chon puissent débattre ensemble dans une émis­sion télé ou tout autre moyen médiatique. 

1,23,11 : Q13 : Êtes-vous pour un retour à la monar­chie ?

1,26,15 : Q14 : Que penses-t-il du Déco­dex ?

1,36,32 : Q15 : Dans l’ordre chro­no­lo­gique idéal, pen­­sez-vous qu’il faille prio­ri­tai­re­ment chan­ger de consti­tu­tion puis sor­tir de l’UE ou l’inverse ? 

1,38,32 : Conseils de lectures

1,47,43 : Q16 : Vas-tu écrire un livre ? 😉

1,51,20 : Conclusion

Liste des ques­tions éta­blie à par­tir de :
https://​www​.face​book​.com/​N​i​c​o​l​a​s​C​l​e​m​e​n​t​F​r​/​p​o​s​t​s​/​1​3​1​7​9​9​5​6​6​4​9​0​4​904

Georg Frie­drich Knapp – Théo­rie éta­tique de la monnaie
(en anglais seule­ment, pour l’ins­tant, malheureusement)

Joseph Tchund­jang Poue­mi – Mon­naie, ser­vi­tude, liber­té : la répres­sion moné­taire de l’Afrique

Nico­las Agbo­hou – Le Franc CFA et l’Eu­ro contre Afrique

James C. Scott – Zomia ou l’art de ne pas être gouverné

Michelle Zan­­ca­­ri­­ni-Four­­nel – Les luttes et les rêves

Denis Dupré – Camp planétaire

Joseph E. Sti­glitz – L’eu­ro, Com­ment la mon­naie unique menace l’a­ve­nir de l’Europe

Joseph Mor­net – Psy­cho­thé­ra­pie institutionnelle

[Réfé­rences]
L’association Les Citoyens Consti­tuants : http://​www​.les​ci​toyens​cons​ti​tuants​.org/

Péda­go­gie Frei­net : https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dagogie_Freinet

Vidéo sur l’é­cole de Sum­me­rhill : https://​www​.face​book​.com/​l​e​.​m​e​s​s​a​g​e​.​o​r​g​/​v​i​d​e​o​s​/​1​0​3​8​2​6​0​1​3​6​2​5​9​0​73/

[Cita­tions importantes]

« Appre­nez donc que, hors ce qui concerne la dis­ci­pline mili­taire, c’est-à-dire, le manie­ment et la tenue des armes, les exer­cices et les évo­lu­tions, la marche contre les enne­mis des lois et de l’É­tat, les sol­dats de la patrie ne doivent aucune obéis­sance à leurs chefs ; que loin de leur être sou­mis, ils en sont les arbitres ; que leur devoir de citoyen les oblige d’exa­mi­ner les ordres qu’ils en reçoivent, d’en peser les consé­quences, d’en pré­ve­nir les suites. Ain­si lorsque ces ordres sont sus­pects, ils doivent res­ter dans l’i­nac­tion ; lorsque ces ordres blessent les droits de l’homme, ils doivent y oppo­ser un refus for­mel ; lorsque ces ordres mettent en dan­ger la liber­té publique, ils doivent en punir les auteurs ; lorsque ces ordres attentent à la patrie, ils doivent tour­ner leurs armes contre leurs offi­ciers. Tout ser­ment contraire à ces devoirs sacrés, est un sacri­lège qui doit rendre odieux celui qui l’exige, et mépri­sable celui qui le prête. »
Marat, « L’Ami du Peuple », 8 juillet 1790.

« Les lois consti­tu­tion­nelles tracent les règles qu’il faut obser­ver pour être libre ; mais c’est la force publique qui nous rend libres de fait, en assu­rant l’exécution des lois. La plus inévi­table de toutes les lois, la seule qui soit tou­jours sûre d’être obéie, c’est la loi de la force. L’homme armé est le maître de celui qui ne l’est pas ; un grand corps armé, tou­jours sub­sis­tant au milieu d’un peuple qui ne l’est pas, est néces­sai­re­ment l’arbitre de sa des­ti­née ; celui qui com­mande à ce corps, qui le fait mou­voir à son gré, pour­ra bien­tôt tout asser­vir. Plus la dis­ci­pline sera sévère, plus le prin­cipe de l’obéissance pas­sive & de la subor­di­na­tion abso­lue sera rigou­reu­se­ment main­te­nu ; plus le pou­voir de ce chef sera ter­rible ; car la mesure de sa force sera la force de tout le grand corps dont il est l’âme ; & fut-il vrai qu’il ne vou­lût pas en abu­ser actuel­le­ment, ou que des cir­cons­tances extra­or­di­naires empê­chassent qu’il pût le vou­loir impu­né­ment, il n’en reste pas moins cer­tain que, par­tout où une sem­blable puis­sance existe sans contre­poids, le peuple n’est pas libre ; en dépit de toutes les lois consti­tu­tion­nelles du monde ; car l’homme libre n’est pas celui qui n’est point actuel­le­ment oppri­mé ; c’est celui qui est garan­ti de l’oppression par une force constante & suffisante. »
Robes­pierre, Dis­cours sur l’organisation des gardes natio­nales, publié mi-décembre 1790 / uti­li­sé devant l’Assemblée Natio­nale les 27 & 28 avril 1791

« Sitôt que le ser­vice public cesse d’être la prin­ci­pale affaire des citoyens, et qu’ils aiment mieux ser­vir de leur bourse que de leur per­sonne, l’É­tat est déjà près de sa ruine. Faut-il mar­cher au com­bat ? ils payent des troupes et res­tent chez eux ; faut-il aller au conseil ? ils nomment des dépu­tés et res­tent chez eux. À force de paresse et d’argent, ils ont enfin des sol­dats pour asser­vir la patrie, et des repré­sen­tants pour la vendre.

C’est le tra­cas du com­merce et des arts, c’est l’a­vide inté­rêt du gain, c’est la mol­lesse et l’a­mour des com­mo­di­tés, qui changent les ser­vices per­son­nels en argent. On cède une par­tie de son pro­fit pour l’aug­men­ter à son aise. Don­nez de l’argent, et bien­tôt vous aurez des fers. Ce mot de finance est un mot d’es­clave, il est incon­nu dans la cité. Dans un pays vrai­ment libre, les citoyens font tout avec leurs bras, et rien avec de l’argent ; loin de payer pour s’exemp­ter de leurs devoirs, ils paye­raient pour les rem­plir eux-mêmes. Je suis bien loin des idées com­munes ; je crois les cor­vées moins contraires à la liber­té que les taxes.

Mieux l’État est consti­tué, plus les affaires publiques l’emportent sur les pri­vées, dans l’es­prit des citoyens. Il y a même beau­coup moins d’af­faires pri­vées, parce que la somme du bon­heur com­mun four­nis­sant une por­tion plus consi­dé­rable à celui de chaque indi­vi­du, il lui en reste moins à cher­cher dans les soins par­ti­cu­liers. Dans une cité bien conduite, cha­cun vole aux assem­blées ; sous un mau­vais gou­ver­ne­ment, nul n’aime à faire un pas pour s’y rendre, parce que nul ne prend inté­rêt à ce qui s’y fait, qu’on pré­voit que la volon­té géné­rale n’y domi­ne­ra pas, et qu’en­fin les soins domes­tiques absorbent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleures, les mau­vaises en amènent de pires. Sitôt que quel­qu’un dit des affaires de l’É­tat : Que m’im­porte ? on doit comp­ter que l’É­tat est perdu.

L’at­tié­dis­se­ment de l’a­mour de la patrie, l’ac­ti­vi­té de l’in­té­rêt pri­vé, l’im­men­si­té des États, les conquêtes, l’a­bus du gou­ver­ne­ment, ont fait ima­gi­ner la voie des dépu­tés ou repré­sen­tants du peuple dans les assem­blées de la nation. C’est ce qu’en cer­tain pays on ose appe­ler le tiers état. Ain­si l’in­té­rêt par­ti­cu­lier de deux ordres est mis au pre­mier et second rang ; l’in­té­rêt public n’est qu’au troisième.

La sou­ve­rai­ne­té ne peut être repré­sen­tée, par la même rai­son qu’elle peut être alié­née ; elle consiste essen­tiel­le­ment dans la volon­té géné­rale, et la volon­té ne se repré­sente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les dépu­tés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses repré­sen­tants, ils ne sont que ses com­mis­saires ; ils ne peuvent rien conclure défi­ni­ti­ve­ment. Toute loi que le peuple en per­sonne n’a pas rati­fiée est nulle ; ce n’est point une loi. Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’é­lec­tion des membres du par­le­ment : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liber­té, l’u­sage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. »
Jean-Jacques Rous­seau, Du contrat social (1762),
Cha­pitre 3.15 : Des dépu­tés ou repré­sen­tants (extrait)

[À lire absolument : ]
Le char­ta­lisme : https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​h​a​r​t​a​l​i​sme


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​0​3​4​1​2​6​5​6​7​317

[Scandale : Al Capone nomme et paie ses juges] « IMPUNITÉS, une justice à deux vitesses » : Vincent Le Coq nous explique en détail (preuves à l’appui) comment les politiciens les plus influents maîtrisent les magistrats (!) en maîtrisant leur carrière

Il y a quelques jours, j’ai reçu à la mai­son un homme passionnant.

Il s’ap­pelle Vincent Le Coq, il a été avo­cat pen­dant 10 ans de sa vie, il enseigne le droit public depuis 2000, mais il est sur­tout deve­nu un puits de science à pro­pos des dif­fé­rents moyens pour les poli­ti­ciens de n’a­voir, le plus sou­vent, rien à craindre des magistrats (!).
Scan­dale absolu.
Ana­to­mie de graves per­ver­sions institutionnelles.

Nous n’a­vons pas de consti­tu­tion : une consti­tu­tion digne de ce nom ne per­met­trait JAMAIS les incroyables IMPUNITÉS et injus­tices que Vincent Le Coq décrit (très pré­ci­sé­ment) dans son der­nier livre (je vous par­le­rai plus tard de ses autres livres, bien gra­ti­nés également) :

http://​www​.nou​veau​-monde​.net/​l​i​v​r​e​/​?​G​C​O​I​=​8​4​7​3​6​1​0​0​6​1​5​560

Je trouve ce livre facile à lire, pas­sion­nant, bien docu­men­té et pré­ci­sé­ment sour­cé, page après page. Le réqui­si­toire est sévère.

Vincent m’ap­prend que, sur les quelque 6 000 magis­trats du pays, une cen­taine seule­ment sont nom­més aux postes déci­sifs (ceux qui décident si les juge­ments auront lieu ou pas), et ils sont nom­més par l’exé­cu­tif, c’est-à-dire par les poli­ti­ciens les plus influents qui sont déjà par­ve­nus aux manettes du pou­voir et pour les­quels le risque de cor­rup­tion (par les plus riches) est le plus intense. Comme dit Vincent, c’est comme si Al Capone choi­sis­sait et payait ses propres juges (avec de l’argent public, en plus).

Vincent est inta­ris­sable, c’est un dic­tion­naire vivant des affaires poli­­ti­­co-judi­­ciaires ; il n’ar­rête pas de don­ner de mul­tiples exemples pour chaque tur­pi­tude dénon­cée. Il fau­dra abso­lu­ment tour­ner des vidéos avec lui.

Bien sûr, dès notre pre­mière ren­contre, on a fait très vite… un ate­lier constituant 🙂
Je relis mes notes prises à la hâte, et j’y trouve :

Article x : Le Conseil Natio­nal de la Magis­tra­ture (CSM) est com­po­sé d’un cin­quième de magis­trats, d’un cin­quième d’a­vo­cats et de pro­fes­sion­nels du droit, tous tirés au sort sur leurs listes pro­fes­sion­nelles pour 5 ans non renou­ve­lables, et de trois cin­quièmes de simples citoyens, eux aus­si tirés au sort sur les listes élec­to­rales pour x ans.

Le CSM est char­gé de l’a­van­ce­ment et de la dis­ci­pline des magis­trats, en pro­mou­vant les bons magis­trats et en sanc­tion­nant ou révo­quant les mauvais.

La fonc­tion de juge est rigou­reu­se­ment incom­pa­tible avec la par­ti­ci­pa­tion à une socié­té dont les membres se jurent secrè­te­ment et à vie fidé­li­té et assis­tance mutuelle (francs-maçons ou autres).

 
Il me semble que Vincent Le Coq est à un citoyen à faire connaître et à pro­té­ger, comme d’autres lan­ceurs d’a­lerte, tels Phi­lippe Pas­cot et Oli­vier Ber­ruyer (modestes, ils ne me lais­se­raient pas les qua­li­fier ain­si, mais je fais ce que je veux 🙂 je les trouve admirables).

J’ai deman­dé à Vincent de nous rédi­ger une tri­bune, une sorte de résu­mé pour com­prendre en quelques mots l’in­té­rêt de son livre pour tous les citoyens.

Voi­ci son texte :

« IMPUNITÉS, une justice à deux vitesses »

« Selon que vous serez puis­sant ou misé­rable, les juge­ments de cours vous ren­dront blanc ou noir ». Cela, on le sait depuis Jean de La Fon­taine. Plus près de nous, en pleine audience cor­rec­tion­nelle au len­de­main de la loi d’amnistie de 1990 un ténor du bar­reau de Mar­seille avait deman­dé au tri­bu­nal : « Dites-nous une fois pour toutes au-des­­sous de quelle somme on va en prison ».

Mais com­­ment- tech­­ni­­que­­ment- les magis­trats s’y prennent-ils pour écrire qu’une chose est son contraire ? Com­ment par­­viennent-ils à décla­rer qu’un homme poli­tique pris les deux bras dans la bas­sine de confi­ture est inno­cent dans le strict res­pect des formes qui gou­vernent la pro­cé­dure pénale ? C’est à cette ques­tion qu’Impunité Une jus­tice à deux vitesses tente de répondre. 

Pour béné­fi­cier de l’effet de légi­ti­ma­tion du droit, le pro­cès pénal inten­té à un homme poli­tique doit en effet scru­pu­leu­se­ment pré­ser­ver les formes de la pro­cé­dure pénale dont chaque étape est conscien­cieu­se­ment pervertie.

On ne peut évi­dem­ment conce­voir de pro­cès à défaut d’infraction. Mais un fait peut être ou ne pas être une infrac­tion, selon l’appréciation du magistrat.

Au len­de­main du dépôt de bilan de la com­pa­gnie aérienne pri­vée Eur­alair, l’enquête avait démon­tré que Ber­na­dette Chi­rac avait effec­tué six dépla­ce­ments gra­tuits, notam­ment dans son fief cor­ré­zien, pour un mon­tant total de 47 000 euros envi­ron. En termes stric­te­ment juri­diques, ces voyages sont autant de recels d’abus de bien social. Ber­na­dette Chi­rac épouse du pré­sident de la Répu­blique, qui n’est donc pro­té­gée par aucune immu­ni­té, semble des­ti­née à com­pa­raître en cor­rec­tion­nelle. Mais c’est sans comp­ter sur les res­sources de l’enquête pré­li­mi­naire, ver­rouillée par le par­quet de Paris, lequel est direc­te­ment sou­mis au ministre de la Jus­tice, lui-même pla­cé sous l’autorité du mari de Madame. L’enquête pré­li­mi­naire concer­nant la socié­té Eur­alair dure­ra deux ans.

À l’issue de cette période d’intense réflexion, le pro­cu­reur de la Répu­blique de Paris consi­dère que les voyages gra­tuits sont « de simples “gestes com­mer­ciaux” d’Euralair pour assu­rer sa pro­mo­tion auprès des ser­vices publics ».

À sup­po­ser que le fait com­mis soit qua­li­fié d’infraction, les pour­suites ne peuvent évi­dem­ment être enga­gées que si l’infraction n’est pas prescrite.

DSK a ten­té d’abuser de la jeune jour­na­liste Tris­tane Banon. Le par­quet a éta­bli le fait. Reste à savoir si, lorsque la vic­time dépose plainte, cette agres­sion sexuelle est ou non pres­crite. En droit, celle-ci peut indif­fé­rem­ment être qua­li­fié de ten­ta­tive de viol ou d’attentat à la pudeur. La qua­li­fi­ca­tion de ten­ta­tive de viol entraî­ne­rait une pres­crip­tion de dix ans. En effet, le viol est un crime et la ten­ta­tive punis­sable au même titre que l’infraction. Avec la qua­li­fi­ca­tion d’attentat à la pudeur, c’est-à-dire un délit, la pres­crip­tion est réduite à trois ans.

Le 13 octobre 2011, le pro­cu­reur de la Répu­blique de Paris décide que l’agression sexuelle com­mise un jour de 2007 sur Tris­tane Banon, dans un appar­te­ment de la rue Mayet, est un atten­tat à la pudeur, donc prescrite.

Il arrive mal­gré toutes les embûches pro­cé­du­rales que cer­tains hommes poli­tiques soient par­fois jugés. Trouve à s’appliquer le double degré de juri­dic­tions. Une savante construc­tion dans laquelle la condam­na­tion de pre­mière ins­tance a pour seul objet de don­ner satis­fac­tion à l’opinion publique. Elle est dépour­vue d’effectivité, puisque la déci­sion d’appel se sub­sti­tue à la première.

En pre­mière ins­tance, alors qu’il était pour­sui­vi pour emplois fic­tifs, Alain Jup­pé était condam­né à dix-huit mois de pri­son avec sur­sis, et dix ans d’inéligibilité. La cour d’appel de Ver­sailles a réduit la peine infli­gée en pre­mière ins­tance à qua­torze mois de pri­son avec sur­sis, et à un an la peine d’inéligibilité. Com­ment ? En recon­fi­gu­rant l’infraction, tout sim­ple­ment. Dis­pa­ru, l’abus de confiance aggra­vé. Dis­pa­rue la com­pli­ci­té d’abus de confiance aggra­vé. Dis­pa­ru, le recel de détour­ne­ment de fonds publics. Dis­pa­ru, le détour­ne­ment de fonds publics.

S’il n’a tou­jours pas obte­nu gain de cause à ce stade de la pro­cé­dure, l’homme poli­tique indé­li­cat peut évi­dem­ment rejouer en sai­sis­sant la Cour de cas­sa­tion. Au terme de plu­sieurs longues années, après de mul­tiples ren­vois, c’est un dos­sier très ancien qui est jugé. Or, selon une règle non écrite, un dos­sier ancien béné­fi­cie tou­jours de la man­sué­tude du juge.

La Cour de cas­sa­tion a reje­té, en mars 2015 le pour­voi de Jean et Xavière Tibe­ri, condam­nés en 2013 à une peine de pri­son, sage­ment assor­tie du sur­sis, dans l’affaire des faux élec­teurs du 5ème arron­dis­se­ment. Les faits remon­taient à 1997. Sitôt connue cette déci­sion Jean Tibé­ri, 79 ans, a expri­mé son inten­tion de sai­sir la CEDH, laquelle ne devrait rendre sa déci­sion avant trois ou quatre ans…

Impu­ni­té Une jus­tice à deux vitesses étu­die, étape par étape- de l’engagement des pour­suites à l’arrêt défi­ni­tif – l’ensemble des phases d’un pro­cès pénal inten­té à un homme poli­tique et montre qu’il s’agit d’un simulacre.

Demeure une der­nière ques­tion : Pour­quoi cer­tains magis­trats prêtent-ils de si bonne grâce leur concours à cette paro­die de jus­tice ? Deux réponses peuvent être avan­cées, qui ne s’excluent nul­le­ment mais au contraire s’additionnent et se combinent.

Les Fran­çais croient que les déci­sions de jus­tice sont ren­dues pour réta­blir le droit, alors que les magis­trats sont dès leur plus jeune âge péné­trés de la convic­tion que leur mis­sion prin­ci­pale est la pré­ser­va­tion de l’ordre éta­bli. L’ordre public est incon­tes­ta­ble­ment trou­blé par une infrac­tion com­mise par la France  » d’en bas  » et il convient donc de sanc­tion­ner l’infracteur vite et fort. À l’inverse, lorsque l’indélicat appar­tient à la France  » d’en haut « , ce n’est pas l’illégalité com­mise qui remet en cause l’équilibre de la socié­té que les magis­trats ont mis­sion de défendre mais sa sanc­tion. Il est donc du plus haut inté­rêt d’innocenter judi­ciai­re­ment le res­pon­sable poli­tique. La ques­tion de savoir s’il est ou non cou­pable de faits délic­tueux qui lui sont repro­chés n’a évi­dem­ment, au regard de cet objec­tif supé­rieur, aucune importance. 

Cette atti­tude de la jus­tice est soli­de­ment ren­for­cée en France par la cir­cons­tance que les hommes poli­tiques maî­trisent par les nomi­na­tions la car­rière des magis­trats appe­lés à les juger. 

Réagis­sant à l’annonce de l’inculpation pro­chaine d’Henri Emma­nuel­li en sa qua­li­té de tré­so­rier du PS, l’actuel pré­sident du Conseil consti­tu­tion­nel, et à ce titre en charge du res­pect du droit, Laurent Fabius, déclare en avoir  » assez de tous ces Jean-Pierre, Van Ruym­beke et autre Fal­cone « . De fait, Éric de Mont­gol­fier, Renaud Van Ruym­beke ou encore Albert Lévy n’ont pas eu la car­rière que leurs qua­li­tés pou­vaient leur per­mettre d’espérer.

Dans la France contem­po­raine, l’accès aux plus hautes fonc­tions de la hié­rar­chie judi­ciaire sup­pose de la part des magis­trats car­rié­ristes bien des accommodements.

Dans ce contexte, qui pour­rait sérieu­se­ment s’étonner que les Fran­çais aient moins confiance que la plu­part des habi­tants des pays riches en leur jus­tice ? Le sys­tème judi­ciaire est, ou devrait être, une ins­ti­tu­tion non par­ti­sane. Pour­tant, selon une étude com­pa­ra­tive, les Fran­çais sont près de 20 % à décla­rer n’avoir aucune confiance en la jus­tice. Ils ne sont pré­cé­dés que par les Turcs et les Belges. À l’inverse, une telle défiance s’exprime uni­que­ment chez 7 % des Alle­mands et 2, 2 % des Danois.

En se refu­sant à condam­ner les hommes poli­tiques cou­pables pour pré­ser­ver les appa­rences, les magis­trats sont par­ve­nus à la fois à faire déses­pé­rer les Fran­çais de la pro­bi­té de l’ensemble de la classe poli­tique et de la cré­di­bi­li­té de l’institution judiciaire.

Impu­ni­té Une jus­tice à deux vitesses appelle à un sur­saut de la magis­tra­ture. La condam­na­tion des cou­pables est la condi­tion indis­pen­sable pour por­ter cré­dit à la relaxe des inno­cents et redon­ner aux Fran­çais confiance dans les ins­ti­tu­tions de la République.

Vincent Le Coq
Février 2017

Je vais aus­si rendre hom­mage à l’é­di­teur de ce livre, Nou­veau Monde Édi­tions, que je trouve cou­ra­geux, car, à publier une attaque aus­si fron­tale contre les magis­trats qui ont, pré­ci­sé­ment, tous les pou­voirs pour l’at­ta­quer et le « juger », il prend là un sacré risque. Chapeau.

4ème de couverture :

Nous ne sommes pas tous égaux devant la jus­tice. Trop sou­vent, les tri­bu­naux font preuve d’un remar­quable laxisme quand les délin­quants sont des hommes poli­tiques. L’Angolagate, les affaires Kara­chi et Clears­tream sont autant d’exemples de cette impunité.

Pre­mier livre à atta­quer l’hypocrisie du sys­tème judi­ciaire fran­çais, cet ouvrage pré­sente une ana­lyse inédite des « affaires » de ces der­nières décen­nies. Il montre com­bien l’exercice du droit pro­cède d’une mise en scène et son inter­pré­ta­tion de l’arbitraire des juges. Car l’indépendance de la jus­tice est dou­ble­ment fra­gi­li­sée : chaque phase de la pro­cé­dure per­met de pro­té­ger les jus­ti­ciables pri­vi­lé­giés et chaque faille dans la sépa­ra­tion des pou­voirs offre aux magis­trats de for­mi­dables avan­ce­ments de car­rière. Sin­gu­liè­re­ment, ceux qui atteignent les plus hautes fonc­tions ont su prendre les « bonnes » déci­sions dans leurs emplois pré­cé­dents. À l’inverse, les juges opi­niâtres qui n’écoutent pas les conseils de leur hié­rar­chie vont au-devant des ennuis…

En pré­ser­vant l’avenir de nom­breux hommes d’État par des peines insi­gni­fiantes, les magis­trats conduisent les citoyens à déses­pé­rer non seule­ment de leur per­son­nel poli­tique, mais éga­le­ment de leur jus­tice. Ce livre appelle à un sur­saut : la condam­na­tion des cou­pables paraît indis­pen­sable pour por­ter cré­dit à la relaxe des inno­cents et redon­ner aux Fran­çais confiance dans leurs institutions.

Je trouve enfin inté­res­sant de vous don­ner le plan du livre. En deux mots, c’est pourquoi/comment 🙂

1) POURQUOI les juges ont inté­rêt à inno­cen­ter les hommes poli­tiques influents (les seconds cou­teaux on s’en fout) (100 p)

2) COMMENT ils font (200 p)

Table des matières

Aver­tis­se­ment
Introduction

PREMIÈRE PARTIE : Les règles du jeu

La jus­tice pénale, ana­lyse juri­dique.….….….….….…19
Les pour­suites d’une part, l’ins­truc­tion et le juge­ment de l’autre
La dis­tinc­tion des magistrats
La magis­tra­ture debout
– Au ser­vice de la carrière
– Au ser­vice de la justice
La magis­tra­ture assise
L’or­ga­ni­sa­tion mili­taire de la magistrature
– L’adhé­sion aux valeurs de la hiérarchie
– De bonnes déci­sions pour de belles carrières

L’ac­ti­vi­té juri­dic­tion­nelle, ana­lyse poli­tique.….….….….….….… 50

La magis­tra­ture, une pro­fes­sion d’ir­res­pon­sables.….….….….… 54
La triple impu­ni­té du juge
L’é­lu­sion de la res­pon­sa­bi­li­té pénale
– Le cadre professionnel
– Le faux sem­blant de la réforme de 2006
– Hors le cadre professionnel
L’argent des autres : l’é­lu­sion de la res­pon­sa­bi­li­té civile
L’é­lu­sion de la res­pon­sa­bi­li­té disciplinaire
– La paresse
– L’erreur
– La faute
Une limite sacrée : la per­sonne du magistrat

Les magis­trats, une pro­fes­sion for­te­ment (auto) pro­té­gée.… 80
La pro­tec­tion de la décision
La pro­tec­tion du juge
– L’au­to­pro­tec­tion du corps
– Les pour­suites diri­gées contre les opi­nions critiques
• L’outrage
• Le qua­­si-racket judiciaire

Les récom­penses pour ser­vices ren­dus.….….….….….….….….… 96
Les hochets de la République
La car­rière politique
L’entreprise

SECONDE PARTIE : Le jeu des apparences

La bataille de l’o­pi­nion publique.….….….….….….….….….…… 107
La néga­tion de la faute
La mise en cause de la légi­ti­mi­té de la procédure
La mise en cause de la légi­ti­mi­té des magistrats

Liber­té, liber­té ché­rie.….….….….….….….….….….….….….….…. 127
Les condi­tions d’in­car­cé­ra­tion dans les pri­sons françaises
Géné­ra­li­tés sur la déten­tion provisoire
Les pré­cau­tions textuelles
La pra­tique des juges d’instruction
La réac­tion du per­son­nel politique
La réac­tion de la presse plu­ra­liste et indépendante
La réforme législative
Un juge dédié : le juge des liber­tés et de la détention
Une règle de pro­cé­dure déro­ga­toire de la liber­té de parole du parquetier

Avec le temps, va, tout s’en va.….….….….….….….….….….….. 139
La pres­crip­tion constatée
La pres­crip­tion débattue
La pres­crip­tion choisie
La pres­crip­tion contournée
La pres­crip­tion obtenue

Attrape-moi si tu veux.….….….….….….….….….….….….….…… 149
Déten­tion d’une par­tie d’arme et poursuites
Déten­tion d’arme et classement
Déten­tion d’une par­tie d’arme et absence de poursuites
Usage (pré­su­mé) d’une arme et absence de poursuites

Cir­cu­lez, y a rien à voir.….….….….….….….….….….….….….….. 154
Le clas­se­ment « pur et simple »
Le clas­se­ment « sous condi­tion » : l’i­ma­gi­naire au ser­vice du pouvoir

Le choix des maux.….….….….….….….….….….….….….….….… 160
La qua­li­fi­ca­tion mino­rant l’infraction
La qua­li­fi­ca­tion niant l’infraction
La qua­li­fi­ca­tion inven­tant l’infraction

L’en­quête de l’homme lige.….….….….….….….….….….….….…. 166

L’ou­bli de la loi.….….….….….….….….….….….….….….….….….. 169

Le détour évi­table.….….….….….….….….….….….….….….….…. 171

La tuile mais pas tou­jours.….….….….….….….….….….….….….. 173
La mise en scène du com­bat judiciaire
– La cri­tique viru­lente du juge
– Le rôle émi­nent de la presse dans la mise en scène du combat
Por­traits de juges en pied
La réa­li­té de l’op­po­si­tion entre le magis­trat ins­truc­teur et l’homme poli­tique poursuivi
– Le finan­ce­ment du Par­ti communiste
– L’af­faire Boulin

L’i­né­ga­li­té devant le savoir.….….….….….….….….….….….….… 188
L’in­com­pé­tence en matière finan­cière et comptable
Le pôle finan­cier de la cour d’ap­pel de Paris
– La résis­tible créa­tion du pôle
– Le sou­tien de la hié­rar­chie judi­ciaire à la classe politique
– La fin du pôle

L’i­né­ga­li­té devant le vou­loir.….….….….….….….….….….….….. 200

L’in­dé­pen­dance certes, mais pas la liber­té.….….….….….….…. 202
Le réqui­si­toire introductif
Les réqui­si­toires supplétifs
Le refus de réqui­si­toire supplétif
Les rai­sons du choix entre accord et refus du supplétif
Les véri­fi­ca­tions som­maires à effec­tuer d’urgence
Le poker men­teur du parquet

Magis­trat hexa­go­nal, cor­rup­tion sans fron­tière.….….….….…. 214
Les para­dis fiscaux
Libre cir­cu­la­tion des capitaux
Com­pé­tence natio­nale des magistrats
Un obs­tacle nom­mé Jacques Toubon
L’Ap­pel de Genève
L’im­pos­sible réforme

Les moyens de l’i­nef­fi­ca­ci­té.….….….….….….….….….….….….. 224
Le nombre des inspecteurs
Les ins­truc­tions de la hiérarchie
Les erreurs, bourdes et autres loupés
Le refus de par­ti­ci­per à la mani­fes­ta­tion de la vérité
Les moyens de rétorsion
– La mutation
– La révocation
La promotion

Le tu et le su.….….….….….….….….….….….….….….….….….….. 238
Le res­pect du secret de l’ins­truc­tion, arme du parquet
La vio­la­tion du secret de l’ins­truc­tion, arme du parquet
La vio­la­tion du secret de l’ins­truc­tion, arme des juges d’instruction

La chambre des évêques.….….….….….….….….….….….….….… 245
Le double degré de juridiction
Le fonc­tion­ne­ment de la chambre des évêques
L’ap­pel de l’or­don­nance d’informer
L’ap­pel des des déci­sions et actes du juge d’instruction

La désta­bi­li­sa­tion du juge.….….….….….….….….….….….….…. 256
Les écoutes
Pri­vé de vie privée
Ah ! quel mal­heur d’être un gendre

L’é­li­mi­na­tion du gêneur.….….….….….….….….….….….….….…. 264
Le chan­ge­ment par la promotion
Le des­sai­sis­se­ment de la procédure
Le chan­ge­ment au prix d’un détour­ne­ment de procédure

La résis­tible dis­pa­ri­tion du juge d’ins­truc­tion.….….….….…… 273
Le pro­jet de la classe politique
– Le tra­vail de réflexion des commissions
– La mani­pu­la­tion de l’émotion
La résis­tance du juge d’instruction

Le joker.….….….….….….….….….….….….….….….….….….….…. 279
Les contrats à l’ex­port : les rétrocommissions
La Com­mis­sion consul­ta­tive du secret de la défense natio­nale (CCSDN)
L’af­faire Elf
Les fré­gates de Taïwan
– La conclu­sion du contrat
– L’a­dop­tion de l’avenant
– Le secret-défense
Le péri­mètre du secret-défense

Le non-lieu.….….….….….….….….….….….….….….….….….….… 294

Le mot de la fin.….….….….….….….….….….….….….….….….…. 297
L’a­na­lyse « juri­dique » du dos­sier par le parquet
Le choix du rédacteur
Le choix de la date de clô­ture de l’instruction

Le choix du cen­seur.….….….….….….….….….….….….….….….. 300
Le choix de la juridiction
Le choix de la date d’audience

Le droit, mais pas que.….….….….….….….….….….….….….…… 305
Le péri­mètre des débats
La néga­tion de l’infraction
Sévé­ri­té pour les fautes, clé­mence de leur sanction

Le mar­gouillat et le cro­co­dile.….….….….….….….….….….….… 308
La clé­mence sys­té­ma­tique du juge
La relaxe : la parole irré­cu­sable du res­pon­sable politique
Le finan­ce­ment des par­tis politiques
Res­pon­sa­bi­li­té des tré­so­riers, irres­pon­sa­bi­li­té des présidents
Le « casse du siècle »
Le finan­ce­ment du RPF
L’ex­cep­tion du finan­ce­ment du Par­ti républicain
Des condam­na­tions tou­jours pro­non­cées avec tact et sens de la mesure

Une chance au grat­tage, une chance au tirage.….….….….…… 322
La cri­tique de la déci­sion de justice
De l’u­ti­li­té de l’appel
– la rééva­lua­tion de l’infraction
– La recon­fi­gu­ra­tion de l’infraction

Le numé­ro magique.….….….….….….….….….….….….….….…… 330
Le désastre
Les chaises musicales

Rien ne va plus.….….….….….….….….….….….….….….….….….. 337
L’é­li­mi­na­tion (judi­ciaire) des rénovateurs
– Un cor­rom­pu sans corrupteur
– Un autre cor­rom­pu sans corrupteur
L’é­li­mi­na­tion (judi­ciaire) d’un concur­rent à l’é­lec­tion présidentielle
– Bref retour sur une longue carrière
– L’Angolagate
– La qua­li­fi­ca­tion hau­te­ment fan­tai­siste de tra­fic d’armes
– La remise de médaille
– L’appel

Conclu­sion.….….….….….….….….….….….….….….….….….….…. 359
Défaite de la justice
Vic­toire de la corruption
Vers la démocratie ?

* * * * *

Bon, dès que pos­sible, il fau­dra que je vous scanne quelques pages de ce livre, parce que c’est quand même très grave ; il vaut mieux lire ça assis.
Ça énerve, quoi…

Bonne lec­ture, bande de virus 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​0​1​5​9​3​3​1​0​7​317 pour vos ate­liers consti­tuants de ce soir, de demain et pour encore quelques jours 🙂

Lisez le pas­sion­nant résu­mé que nous a rédi­gé Vincent :

Glos­saire

Comme la jus­tice est sou­vent com­pa­rée à un théâtre, je me pro­pose de pré­sen­ter les per­son­nages puis la dramaturgie.

LES PERSONNAGES

Magis­tra­ture du siège magis­tra­ture debout

Sta­tu­tai­re­ment et fonc­tion­nel­le­ment, sta­tu­tai­re­ment parce que fonc­tion­nel­le­ment, la magis­tra­ture se divise en deux caté­go­ries dis­tinctes. Les juges du siège et le par­quet. Cette dif­fé­rence entre ces deux types de magis­trats orga­nise une sépa­ra­tion entre la pour­suite d’une part et l’instruction et le juge­ment de seconde part.

Le par­quet

Les magis­trats aux­quels la loi a confié l’exercice de l’action publique ne sont pas véri­ta­ble­ment des juges, mais les membres du Minis­tère public. À la dif­fé­rence des magis­trats du siège qui sont inamo­vibles, ils sont amo­vibles. Le trait fon­da­men­tal de l’organisation du Minis­tère public, et qui tient à ce qu’il repré­sente le pou­voir exé­cu­tif, est la subor­di­na­tion hié­rar­chique. De là, le carac­tère hié­rar­chi­sé de ce corps pla­cé sous la dépen­dance du gou­ver­ne­ment. Les magis­trats du Minis­tère public au contraire reçoivent des ordres de leurs supé­rieurs hié­rar­chiques aux­quels ils doivent obéir.

C’est pré­ci­sé­ment la dépen­dance étroite de l’exécutif dans laquelle le par­quet est tenu qui a conduit la Cour Euro­péenne de sau­ve­garde des Droits de l’Homme (CEDH) à décla­rer, dans l’affaire de l’avocate France Mou­lin le 23 novembre 2010, que « les membres du minis­tère public, en France, ne rem­plissent pas l’exigence d’indépendance à l’égard de l’exécutif ». Une juri­dic­tion inter­na­tio­nale affirme donc qu’en France la magis­tra­ture debout serait plu­tôt cou­chée.

Le par­quet a la maî­trise du pro­cès et le pou­voir poli­tique a la maî­trise du par­quet. Le pou­voir poli­tique a donc la maî­trise du pro­cès fait à l’un des siens, comme à un opposant.

Effet direct de la cen­tra­li­sa­tion fran­çaise, 80 % des affaires déli­cates se traitent à Paris. En rai­son de l’implantation des socié­tés du CAC 40 à la Défense, après le par­quet de Paris, le par­quet de Nan­terre est donc stra­té­gique pour le pou­voir politique.

Un magis­trat, Didier Gal­lot, a pu écrire : « à Paris, le pro­cu­reur de la Répu­blique et le pro­cu­reur près la cour d’appel ne sont que les sup­plé­tifs zélés de l’exécutif ». Les magis­trats du par­quet sont divi­sés en grades hié­rar­chi­sés. Voi­ci la pré­sen­ta­tion offi­cielle de la ques­tion : http://​www​.jus​tice​.gouv​.fr/​_​t​e​l​e​c​h​a​r​g​e​m​e​n​t​/​d​o​c​/​P​r​e​s​e​n​t​a​t​i​o​n​_​d​u​_​m​e​t​i​e​r​_​d​e​_​p​r​o​c​u​r​e​u​r​_​d​e​_​l​a​_​R​e​p​u​b​l​i​q​u​e​.​pdf

Les juges du siège

Les magis­trats du siège, qui ont en charge l’instruction ou com­posent les juri­dic­tions répres­sives de juge­ment, n’ont à rece­voir d’ordre de per­sonne et jugent uni­que­ment d’après leur conscience

Le stade de l’instruction

Juge d’instruction

« Véri­table Janus du monde judi­ciaire, le juge d’instruction pré­sente un double visage. (…) S’il dis­pose de pou­voirs pré­ju­di­ciables aux liber­tés, il repré­sente, par son exis­tence même, une garan­tie fon­da­men­tale en tant que magis­trat dont l’indépendance à l’égard du pou­voir exé­cu­tif est assu­rée par la Consti­tu­tion. » (Renaud Van Ruymbeke)

Chambre de l’instruction

Le prin­cipe du double degré de juri­dic­tions qui s’applique au stade du juge­ment trouve éga­le­ment à s’appliquer au stade de l’instruction. Les déci­sions du juge d’instruction peuvent être défé­rées à la chambre de l’instruction, autre­fois dénom­mée chambre d’accusation.

Le chambre de l’instruction a long­temps été sur­nom­mée par les pra­ti­ciens la « chambre des évêques » en rai­son de sa pro­pen­sion à vali­der sys­té­ma­ti­que­ment le tra­vail des magis­trats ins­truc­teurs. Mais à l’occasion, elle sait veiller effi­ca­ce­ment à ce qu’ils ne s’égarent pas, notam­ment lorsque le juge d’instruction croit pou­voir appli­quer au puis­sant la dure­té d’une jus­tice réser­vée au simple citoyen.

Le stade du jugement

Tri­bu­nal correctionnel

Chambre du tri­bu­nal de grande ins­tance, le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel est com­po­sé de trois magis­trats pro­fes­sion­nels assis­tés d’un gref­fier. L’un des trois juges pré­side le tribunal.

Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel juge les délits (vol, escro­que­rie, abus de confiance, coups et bles­sures graves…) com­mis par des per­sonnes majeures. (http://​www​.jus​tice​.gouv​.fr/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​–​d​e​–​l​a​–​j​u​s​t​i​c​e​–​1​0​0​3​1​/​l​o​r​d​r​e​–​j​u​d​i​c​i​a​i​r​e​–​1​0​0​3​3​/​t​r​i​b​u​n​a​l​–​c​o​r​r​e​c​t​i​o​n​n​e​l​–​1​2​0​2​8​.​h​tml)

Cour d’appel

Chaque cour com­prend des chambres spé­cia­li­sées (en matière civile, sociale, com­mer­ciale et pénale) com­po­sées cha­cune de trois magis­trats pro­fes­sion­nels : un pré­sident de chambre et deux conseillers.

La cour d’ap­pel réexa­mine les affaires déjà jugées en pre­mier degré (1er res­sort ou 1ère ins­tance) en matière civile, com­mer­ciale, sociale ou pénale. (http://​www​.jus​tice​.gouv​.fr/​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​–​d​e​–​l​a​–​j​u​s​t​i​c​e​–​1​0​0​3​1​/​l​o​r​d​r​e​–​j​u​d​i​c​i​a​i​r​e​–​1​0​0​3​3​/​c​o​u​r​–​d​a​p​p​e​l​–​1​2​0​2​6​.​h​tml)

Cour de cassation

La Cour de cas­sa­tion est la plus haute juri­dic­tion de l’ordre judi­ciaire fran­çais. Sié­geant dans l’enceinte du palais de jus­tice de Paris, la juri­dic­tion suprême a pour mis­sion de contrô­ler l’exacte appli­ca­tion du droit par les tri­bu­naux et les cours d’appel, garan­tis­sant ain­si une inter­pré­ta­tion uni­forme de la loi. (https://​www​.cour​de​cas​sa​tion​.fr)

 

LES ACTES DE LA PIÈCE

Les par­que­tiers ont la maî­trise de l’ensemble la pro­cé­dure par le choix ini­tial des pour­suites, puis celui de l’étendue de l’instruction par le biais des réqui­si­toires. Il leur appar­tient enfin de sou­te­nir l’accusation devant les juri­dic­tions de pre­mière ins­tance, d’appel comme devant la Cour de cassation.

La pres­crip­tion

L’idée qui domine cette ques­tion est que le temps doit faire son œuvre et que, pour une infrac­tion qui n’a pas été rapi­de­ment pour­sui­vie et qui est tom­bée dans l’oubli, sa pour­suite crée­rait un nou­veau désordre.

La durée de la pres­crip­tion, modi­fiée par la loi du 16 février der­nier, dis­tingue les contra­ven­tions, les délits et les crimes. Mais à peine pré­ci­sée la durée, se pose la ques­tion du point de départ du délai de pres­crip­tion. Il faut en effet dis­tin­guer en droit les infrac­tions selon qu’elles sont ins­tan­ta­nées, suc­ces­sives ou continues.

Sur­tout la grande liber­té dans la qua­li­fi­ca­tion des faits que le code de pro­cé­dure pénale accorde au par­quet per­met au pro­cu­reur de la Répu­blique, pour des faits iden­tiques à rete­nir l’une ou l’autre des qua­li­fi­ca­tions pos­sibles, et en déduire que les­dits faits sont pres­crits ou sus­cep­tibles de poursuites.

L’opportunité des poursuites

Le prin­cipe de l’opportunité des pour­suites per­met au pro­cu­reur de la Répu­blique, en pré­sence d’une infrac­tion consti­tuée, et par­fois alors pour­tant que l’auteur est par­fai­te­ment iden­ti­fié, de ne pas la poursuivre.

Les juristes ortho­doxes ne manquent jamais de jus­ti­fier l’existence de ce prin­cipe qui « consti­tue l’indispensable sou­pape du sys­tème géné­ral de la pour­suite, sans quoi on abou­ti­rait à un auto­ma­tisme aveugle et sans nuances, à un écra­se­ment de l’individu par l’implacable méca­nique de la loi » (Mau­rice Ayda­lot, ancien Pre­mier pré­sident de la Cour de cassation).

Le clas­se­ment sans suite

Le rôle des pro­cu­reurs est un rôle dif­fé­rent de celui des autres magis­trats. Ce qui fait leur par­ti­cu­la­ri­té, c’est qu’ils ont un pou­voir d’opportunité, qui leur per­met, pour des rai­sons d’équité ou de paix sociale, de ne pas pour­suivre une infrac­tion juri­di­que­ment constituée.

L’enquête pré­li­mi­naire

Les inves­ti­ga­tions du par­quet, pré­ci­sé­ment parce qu’elles sont conçues pour demeu­rer « pré­li­mi­naires » n’offrent ni les garan­ties, ni le cadre juri­dique d’une véri­table ins­truc­tion. A la dif­fé­rence du juge d’instruction, le pro­cu­reur de la Répu­blique ne peut impo­ser aucune mesure coer­ci­tive. C’est ain­si notam­ment qu’une per­qui­si­tion ne peut être réa­li­sée qu’avec l’accord de la per­sonne objet de l’enquête.

Cette pro­cé­dure donne en revanche à l’exécutif la pleine et entière maî­trise du temps judi­ciaire. Elle per­met, au choix, de diluer la pro­cé­dure dans le temps ou au contraire d’accélérer la pro­cé­dure. Elle per­met enfin de les enterrer.

Le rap­pel à la loi

Le rap­pel à la loi pré­sente l’intérêt d’éviter radi­ca­le­ment la sai­sine d’un tri­bu­nal, ouverte par le pro­cu­reur de la Répu­blique, après avoir été ouverte par lui, la pro­cé­dure est pres­te­ment clô­tu­rée par le pro­cu­reur de la République.

La cita­tion directe

Entre les mains du pro­cu­reur de la Répu­blique, la sai­sine directe per­met au par­quet de ren­voyer devant la juri­dic­tion de juge­ment des accu­sés sur la base d’un dos­sier incom­plet, ce qui per­met d’éviter la mise en cause de cer­tains inter­ve­nants, voire plus radi­ca­le­ment de sai­sir la juri­dic­tion de juge­ment d’un dos­sier insuf­fi­sant pour entraî­ner quelque condam­na­tion que ce soit.

L’ouverture d’une instruction

L’ouverture d’une ins­truc­tion impose la dési­gna­tion d’un juge d’instruction, qui, à la dif­fé­rence du pro­cu­reur de la Répu­blique, est un magis­trat sta­tu­tai­re­ment indépendant.

Cette indé­pen­dance n’implique tou­te­fois pas une perte totale du contrôle de la pro­cé­dure par le pou­voir poli­tique, via le parquet.

« Dans une affaire sen­sible, un juge d’instruction peut, bien sûr, n’en faire qu’à sa tête- du moins pour un temps. Mais la voie est sans issue. S’il avance dans son enquête en menant une guerre ouverte contre le par­quet, si l’institution ne relaie pas son tra­vail, au moins a mini­ma, le dos­sier finit imman­qua­ble­ment dans les oubliettes du Palais de jus­tice, où s’entassent les pro­cé­dures annu­lées ou blo­quées, reje­tées par le sys­tème. » (Eva Joly)

Les réqui­si­toires

Pas davan­tage qu’ils ne dis­posent d’un pou­voir d’auto-saisine, les juges d’instruction ne déter­minent les faits qu’ils ont à ins­truire. C’est le par­quet qui détient le pou­voir de déli­mi­ter le péri­mètre de leur sai­sine. Le juge d’instruction ne peut en effet ins­truire que sur les faits visés par le réqui­si­toire intro­duc­tif du pro­cu­reur de la République.

Le réqui­si­toire introductif

Entre deux qua­li­fi­ca­tions pos­sibles, il est loi­sible au par­quet de rete­nir celle qui est le moins répri­mée, voire plus radi­ca­le­ment celle qui ne peut abou­tir. Donc le code de pro­cé­dure pénale offre pro­cu­reur de la Répu­blique, dont la car­rière est entiè­re­ment entre les mains des hommes poli­tiques, la facul­té de cali­brer au pro­fit des hommes au pou­voir, la qua­li­fi­ca­tion juri­dique à retenir.

Le réqui­si­toire supplétif

Lorsqu’un juge d’instruction découvre des faits nou­veaux, il ne peut sor­tir du cadre de sa « sai­sine » et a l’obligation d’alerter le par­quet pour obte­nir la déli­vrance d’un réqui­si­toire sup­plé­tif. Cette for­ma­li­té est exi­gée sous peine de vicier la procédure.

Lorsque le pou­voir sou­haite empê­cher le juge d’instruction de mettre à jour cer­tains pans du dos­siers, le pro­cu­reur refuse au juge les réquisitoires.

Le non-lieu

Le non-lieu signi­fie en effet qu’au terme de ses inves­ti­ga­tions, le juge d’instruction ayant consta­té qu’il n’existe pas de charges suf­fi­santes à son encontre, il n’y a pas lieu de ren­voyer l’accusé devant un tri­bu­nal pour être jugé puisqu’il appa­raît dès le stade de l’instruction qu’il n’a com­mis aucune infraction.

Si le code de pro­cé­dure pénale n’avait pas pré­vu le non-lieu, une per­sonne contre laquelle aucune charge ne peut être rete­nue au terme de l’instruction devrait tout de même être ren­voyée devant un tri­bu­nal pour que celui-ci abou­tisse au même constat que le juge d’instruction.

Le juge­ment

Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel peut soit pro­non­cer la relaxe du pré­ve­nu, s’il estime que la preuve de sa culpa­bi­li­té n’a pas été rap­por­tée, soit le condam­ner. La sanc­tion prend la forme d’une peine de pri­son, assor­tie ou non d’un sur­sis, qui peut lui-même être par­tiel ou total et/ou d’une amende.

Il convient de dis­tin­guer l’amende qui est une peine per­çue par le tré­sor public des dom­­mages-inté­­rêts qui sont ver­sés à la vic­time à titre de répa­ra­tion d’un préjudice.

L’appel

L’architecture des juri­dic­tions de même que l’organisation géné­rale de la pro­cé­dure pénale sont entiè­re­ment amé­na­gées afin que chaque plai­deur puisse faire entendre sa cause à deux reprises, par deux juri­dic­tions dif­fé­rentes, qui étu­dient l’ensemble de l’affaire. Les pro­fes­seurs de droit exposent doc­te­ment que « l’appel est une voie de recours ordi­naire et de réfor­ma­tion, qui per­met un nou­vel exa­men de l’affaire au fond devant une juri­dic­tion supé­rieure et tra­duit la règle du double degré de juri­dic­tion ». En appli­ca­tion de l’effet dévo­lu­tif de l’appel, la cour exa­mine, à la suite du tri­bu­nal, l’intégralité du dos­sier, l’analyse du droit comme l’appréciation des faits.

Fai­sant pré­va­loir sur cette des­crip­tion aca­dé­mique le bon sens, Maître René Flo­riot consta­tait voi­ci un demi-siècle que « la cour infirme, c’est-à-dire qu’elle prend le contre-pied de ce qu’ont déci­dé les juges du pre­mier degré une fois sur quatre. Quand une déci­sion de jus­tice est infir­mée, il est cer­tain que l’une au moins des deux juri­dic­tions s’est trompée… ».

La cas­sa­tion

Les arrêts ren­dus par les cours d’appel sont eux-mêmes sus­cep­tibles d’un nou­veau contrôle por­tant cette fois seule­ment sur la bonne appli­ca­tion, par les juges du fond, des exi­gences du droit.

Selon un son­dage datant de 1997, 75 % des Fran­çais igno­raient le rôle d’un pro­cu­reur.  Je viens de réa­li­ser un rapide son­dage auprès de trois potes. Il révèle que 100 % des lec­teurs de ce blog le connaissent.

Vincent Le Coq.

Macron a bien claqué un Smic par jour pendant 3 ans ! (+ 25 questions à lui poser sur des bizarreries sur son patrimoine) (1÷5), par Olivier Berruyer sur les​-crises​.fr

Je vous signale (et vous devriez faire connaître autour de vous) l’en­quête exem­plaire d’Oli­vier Ber­ruyer, enquête qui fait honte aux pré­ten­dus « jour­na­listes pro­fes­sion­nels » du pays, pré­ten­dus « jour­na­listes » en fait tous ven­dus comme des mar­chan­dises à 10 mil­liar­daires et qui, pour le compte de leurs maîtres, nous rebattent les oreilles tous les jours avec Macron, le pro­chain bour­reau du peuple vou­lu par la Banque, sans jamais évo­quer ses évi­dentes tur­pi­tudes financières.

Je repro­duis ci-des­­sous tout l’ar­ticle d’O­li­vier pour rendre hom­mage à son énorme travail.
Vous devriez cepen­dant consul­ter l’o­ri­gi­nal, mis à jour et sur­tout com­men­té par la très per­ti­nente col­lec­ti­vi­té des lec­teurs du site les​-crises​.fr.

Macron a bien claqué un Smic par jour pendant 3 ans ! (+ 25 questions à lui poser sur des bizarreries sur son patrimoine) (1÷5)

Retour sur le patri­moine d’Emmanuel Macron. La presse refuse à l’évidence de trai­ter ce pro­blème sérieu­se­ment.

Cette nou­velle ana­lyse fait suite à ce pre­mier billet, fon­dé à l’époque sur les révé­la­tions du Canard Enchaî­né du 1er juin 2016 – M. Macron refu­sant tou­jours de répondre aux ques­tions pré­cises. J’ai donc déve­lop­pé dans ce billet plus pré­ci­sé­ment les choses, tout en sachant que, si les ordres de gran­deur sont très clairs, il reste des détails à pré­ci­ser pour pré­ci­ser cette étude, que seul M. Macron peut donner.

Je rap­pelle enfin que ce blog est apo­li­tique, et ne vise per­sonne en par­ti­cu­lier. Il cherche sim­ple­ment à jouer un rôle de vigie citoyenne et à orga­ni­ser du débat par­ti­ci­pa­tif pour faire avan­cer la recherche de la Vérité.

Série : Le Phénomène Macron…

Som­maire

0. Résumé pour ceux qui ne veulent pas tout lire 🙂

Ce billet est très dense et com­plet. Il montre au pas­sage la dif­fé­rence de trai­te­ment qu’il est pos­sible de faire dans l’analyse des deux décla­ra­tions de patri­moine de vingt lignes de M. Macron, selon que l’on sou­haite être exhaus­tif (comme ici) ou selon qu’on soit un grand titre de presse.

Si vous ne vou­lez pas tout lire, je résume mes prin­ci­pales ques­tions à M. Macron ici :

  1. M. Macron, vous avez gagné (sur­tout chez Roth­schild) ≈ 2,7 mil­lions d’euros bruts entre 2011 et 2013, soit ≈ 1,4 mil­lion d’euros nets après impôts. Vous décla­rez un patri­moine qua­si nul en 2014. Cela signi­fie­rait une dila­pi­da­tion d’environ 1 SMIC PAR JOUR durant 3 ans. Votre porte-parole a indi­qué que vous aviez « pas mal dépen­sé ». Pour­­riez-vous vous expli­quer, et jus­ti­fier la réa­li­té et la com­po­si­tion de ces dépenses ?(Ques­tion 2)
  2. M. Macron, en 2007, à 30 ans, vous déci­dez d’acheter un appar­te­ment. Vous gagnez alors envi­ron 40 000 € par an, et n’avez guère d’apport per­son­nel. Vous choi­sis­sez un appar­te­ment de 83 m² à Paris à 890 000 €, soit un inves­tis­se­ment de plus de 1 000 000 € avec tra­vaux et frais de notaire. En théo­rie, cela signi­fie donc aux taux d’intérêts de 2007 plus de 40 000 € de simple charge d’intérêts par an. Pour­quoi un tel choix aus­si dis­pro­por­tion­né avec vos reve­nus ? (Ques­tion 4)
  3. M. Macron, pour finan­cer votre achat, vous emprun­tez en 2007 selon vos décla­ra­tions au JDD 550 000 € à votre ami mul­ti­mil­lion­naire, le regret­té Hen­ry Her­mand, et 400 000 €au Cré­dit Mutuel. Le tout avec 40 000 € de reve­nus annuels. Com­ment les avez-vous convain­cus – sur­tout la Banque – que vous auriez un jour assez d’argent pour les rem­bour­ser ? Saviez-vous  donc que vous devien­driez asso­­cié-gérant chez Roth­schild 5 ans plus tard ? (Ques­tion 5)
  4. M. Macron, sans le prêt de 550 000 € sans inté­rêts à débour­ser (seule­ment en 2022) de votre ami mul­ti­mil­lion­naire, le regret­té Hen­ry Her­mand, vous n’auriez jamais pu ache­ter votre appar­te­ment en 2007. Êtes-vous inter­ve­nu à l’Élysée ou à Ber­cy sur des affaires le concer­nant lui ou son sec­teur d’activité (immo­bi­lier, start-up, presse…) ? (Ques­tion 6)
  5. M. Macron, vous décla­rez avoir ache­té en 2007 votre appar­te­ment 960 000 € avec tra­vaux. Vous avez esti­mé vous-même votre appar­te­ment 935 000 € en 2014. Comme le sou­ligne le Canard enchaî­né, les prix ont aug­men­té de 33 % dans votre quar­tier durant ces 7 ans. Vous avez indi­qué au Canard enchaî­né avoir “ache­té cher“. “Ache­ter cher”, ici, ce serait donc avoir payé au moins 250 000 € de trop pour un appar­te­ment qui n’était en plus pas du tout dans vos moyens de l’époque.  Pour­­riez-vous donc nous expli­quer pour­quoi vous êtes un des très rares Pari­siens en moins-value dans cette période ?(Ques­tion 9)
  6. M. Macron, vous pas­sez chez Roth­schild d’une rému­né­ra­tion en rythme annuel de 137 000 € en 2009 à 2 600 000 € en 2012. Une telle pro­gres­sion sala­riale est-elle fré­quente ? Puisque vous avez appa­rem­ment dila­pi­dé presque tout cet argent en 3 ans, pour­quoi avoir quit­té Roth­schild en 2012 ? Êtes-vous cen­sé y reve­nir si vous per­dez en avril ? (Ques­tion 11)
  7. On lit sur le site du maga­zine Capi­tal (06÷11÷2014) que vous auriez appe­lé en 2013 la rap­por­teure PS du pro­jet de loi  de sépa­ra­tion des banques « plu­sieurs fois pour lui deman­der de reti­rer deux amen­de­ments non favo­rables à [vos] amis ban­quiers. Elle avait fait la sourde oreille. » Pou­­vez-vous nous confir­mer ces faits et vous en expli­quer ? Pou­­vez-vous nous confir­mer qu’ils n’ont aucun lien avec la ques­tion pré­cé­dente ?  (Ques­tions 12 et 25)
  8. Selon vos décla­ra­tions au JDD, vous gagnez 1 500 000 € après impôts chez Roth­schild essen­tiel­le­ment en 2011-12. Il semble bien que mi-2012, vous emprun­tiez 200 000 € de plus au Cré­dit mutuel. Est-ce vrai ? Pour­quoi aug­men­ter votre endet­te­ment ban­caire dans ces condi­tions, sur­tout d’un tel mon­tant ?  (Ques­tion 13)
  9. M. Macron, mal­gré vos plan­tu­reux reve­nus, vous emprun­tez au Cré­dit Mutuel le 23/11/2011 “350 000 € pour des tra­vaux dans la rési­dence secon­daire” – qui appar­tient à votre épouse. À quoi cor­res­pondent ces gigan­tesques tra­vaux ? N’est-ce pas un peu exces­sif, sur­tout quand on a appa­rem­ment déjà du mal à se désen­det­ter ? (Ques­tion 16)
  10. M. Macron, un LDD de 40 000 €, c’est une pos­si­bi­li­té réser­vée aux anciens ministres ? Pour les autres per­sonnes, c’est nor­ma­le­ment limi­té à 12 000 €, non ? (hors inté­rêts capi­ta­li­sés) Est-ce une erreur de sai­sie dans votre décla­ra­tion ? (Ques­tion 18)
  11. D’après le site de réfé­rence societe​.com, votre asso­cia­tion de finan­ce­ment aurait un code d’activité NAF 6622Z, qui est celui des Agents et cour­tiers d’assurance. Est-ce une simple erreur de plus ? (Ques­tion 23)
  12. M. Macron, vous avez cer­ti­fié avoir ache­té : 140 000 € 2/ une Volks­wa­gen EOS en 2005 (à 28 ans) 3/ d’occasion 4/ que vous avez esti­mée à 6 000 € en 2014. Or 1/ la VW EOS n’est com­mer­cia­li­sée qu’à par­tir de 2006 2/ mi-2006, le modèle le plus cher neuf vaut 36 000 € 3/ la plu­part des modèles de 2006 valent 10 à 12 k€ en 2014 440 000 € semblent être supé­rieurs à votre rému­né­ra­tion annuelle 2005. D’où vient le sou­ci ? Esti­­mez-vous impor­tant qu’un ministre rem­plisse avec soin les 20 lignes de sa décla­ra­tion pour que les citoyens puissent exer­cer un contrôle démocratique ?

Ques­tion bonus : M. Macron, que pen­­sez-vous de cette décla­ra­tion de Charles de Gaulle ? « Mon seul adver­saire, celui de la France, n’a jamais ces­sé d’être l’Argent. » [Charles de Gaulle, 11 décembre 1969, dis­cus­sion avec André Mal­raux, cité dans Les chênes qu’on abat, Gallimard)

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AVERTISSEMENT : On pren­dra donc les ana­lyses avec pru­dence. Il s’agit sim­ple­ment d’aiguillonner les jour­na­listes pour qu’ils creusent eux-mêmes ces ques­tions, et enquêtent enfin sérieu­se­ment sur ce sujet qu’ils laissent de côté depuis 8 mois.

Je com­plé­te­rai / modi­fie­rai au mieux, en fonc­tion des retours que fera M. Macron ce qui n’est qu’un pre­mier jet, afin que les lec­teurs spé­cia­listes puissent réagir et nous aider à amé­lio­rer l’étude – objet même de cet espace d’échange par­ti­ci­pa­tif qui ne pré­tend déte­nir aucune vérité.

Les conclu­sions à ce stade sont simples :

  • pri­mo, il se confirme qu’Emmanuel Macron a bien consom­mé (et pas pas seule­ment dépen­sé – bref l’argent a été “cla­qué”, ou don­né) en moyenne un SMIC par jour durant 3 ans. Ce qui est par­fai­te­ment légal au demeu­rant ; il ne s’agit pas de remettre en ques­tion l’honnêteté de M. Macron, mais sim­ple­ment de com­prendre com­ment a géré ses propres affaires quelqu’un qui demande à gérer le pays ;
  • de nom­breuses autres ques­tions, impor­tantes, se posent sur ses choix finan­ciers, et méritent des réponses d’Emmanuel Macron, afin de com­prendre sa rela­tion à l’argent. J’en pose 25 pour illus­trer, sans pré­tendre être exhaustif.

Bref, aux jour­na­listes d’agir, désor­mais.

I. Retour sur notre analyse du Patrimoine Macron l’été 2016

Par ailleurs, M. Macron a évi­dem­ment droit au res­pect de sa vie pri­vée en géné­ral, mais les infor­ma­tions ten­dant à éclai­rer ses moti­va­tions, son rap­port à l’argent, ses capa­ci­tés de ges­tion, ses rela­tions, son éthique, son carac­tère ne peuvent être balayées d’un revers de la main, quand on brigue la magis­tra­ture suprême. Savoir si une per­sonne qui veut gérer le pays a bien géré sa vie n’est pas anec­do­tique pour moi. Le reste – y com­pris les sales rumeurs per­son­nelles qui sont sor­ties sur M. Macron -, elles, doivent être balayées. Der­nier point, oui on parle d’argent pri­vé et pas d’argent public ; mais encore faut-il que l’argent pri­vé l’ait été léga­le­ment (je n’ai aucun doute sur ce point concer­nant M. Macron) mais aus­si éthi­que­ment (c’est-à-dire qu’il doit être ni plus ni moins la simple contre­par­tie du tra­vail four­ni durant la période rémunérée).

Petit rap­pel pour commencer.

Le 1er juin 2016, l’indispensable Canard Enchaî­né fai­sait les révé­la­tions sui­vantes (Source) :

Bref :


Par consé­quent, très éton­né par le refus de M. Macron de répondre aux ques­tions du Canard enchaî­né (ce n’est jamais très bon signe), et, plus encore, par le manque de curio­si­té de la presse, j’ai déci­dé d’analyser le patri­moine d’Emmanuel Macron, et d’en faire un billet ; devant tant de cachot­te­ries, je le fais évi­dem­ment très sérieu­se­ment, mais j’utilise un ton un peu gouailleur.  L’article se dif­fuse un peu en juin, avant de “buz­zer” très for­te­ment en jan­­vier-février, et d’atteindre le record de 180 000 vues.

Comme c’est une ana­lyse fina­le­ment assez simple (regar­dez vous-même à quoi res­semble la décla­ra­tion de patri­moine – 19 lignes !), cela montre déjà qu’il y a un sou­ci avec les médias, car il leur aurait été assez facile de faire la même chose – d’autant que cer­tains ont pré­ten­du avoir enquê­té sérieusement.

La conclu­sion du billet pré­cé­dent est qu’il me sem­blait y avoir un pro­blème avec le patri­moine de M. Macron, ou plu­tôt qu’il était hors normes : il avait gagné vrai­ment beau­coup d’argent chez Roth­schild mais en 2014 avait un patri­moine rachi­tique, voire, selon mes pre­mières esti­ma­tions, légè­re­ment néga­tif – en tout cas disons vrai­ment faible – ayant appa­rem­ment un peu plus de dettes que d’actifs.

La dif­fi­cul­té de l’estimation était qu’on ne connais­sait pas sa part dans l’appartement com­mun avec son épouse et qu’il avait un prêt appa­rem­ment in fine (voir plus bas) dont il n’avait pas indi­qué les inté­rêts qui seraient ver­sés à terme (tout en bas, “inté­rêts capitalisés”).

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On se demande d’ailleurs pour­quoi la HATVP auto­rise à ne pas indi­quer le mon­tant esti­ma­tif de ces inté­rêts. Il est vrai que pour les autres prêts, amor­tis­sables annuel­le­ment, on consi­dère que ce sont des charges de l’année, et cela ne figure pas comme une dette dans un cal­cul de patri­moine. Mais ici, si on a bien affaire à un prêt in fine (amor­tis­sable plus ou moins régu­liè­re­ment – qui a d’ailleurs été pro­ro­gé), le mon­tant qui s’accumule est tel qu’il faut le connaitre pour appré­cier le patri­moine réel…

Remarque métho­do­lo­gique : j’avais esti­mé le cumul final de ces inté­rêts à 159 000 € envi­ron jusqu’au terme de 2022 avec un taux d’intérêt que j’estimais à 3 % ; on a appris ce mois-ci que le taux était en fait de 3,5 %, ce qui aurait alors abou­ti à 189 000 € au final. Mais le prêt a été rem­bour­sé en 2016. On pour­rait bien enten­du faire les choses dif­fé­rem­ment – les lec­teurs comp­tables l’auront noté -, plu­sieurs méthodes sont défen­dables. Mais je retiens celle de la prise en compte de l’estimation rétro­ac­tive des inté­rêts fina­le­ment dus main­te­nant qu’on connait la fin de l’histoire (si tous les inté­rêts ont bien été payés à la fin). Cela per­met pour moi de per­ce­voir au mieux l’évolution réelle du patri­moine de M. Macron, et elle semble très bien col­ler à la réa­li­té main­te­nant que ce prêt a été sol­dé. On arrive à 130 000 € environ.

On voit que ce n’est pas rien du tout. Mais ce point est à confir­mer, il y a très peu d’informations dessus.

Un autre point m’avait beau­coup éton­né : le fait que M. Macron soit vrai­ment un énarque Ins­pec­teur Géné­ral des Finances (IGF) “anti-sys­­tème” – situa­tion qu’à l’époque, il ne le reven­di­quait alors pas encore. Car il n’est pas com­mun de voir une per­sonne de ce pro­fil refu­ser d’entrer dans la logique ban­caire actuelle et de ne pas leur deman­der un prêt. 🙂 Je plaisante.

Mais, plus sérieu­se­ment, l’important est que ce prêt dont on parle de 550 000 € a été sous­crit auprès… d’un ami mul­ti­mil­lion­naire de M. Macron –  sans  aucun rem­bour­se­ment les pre­mières années ! Et comme on l’a vu, il refu­sait alors fer­me­ment d’en dévoi­ler l’identité au Canard enchaî­né – ce qui me sem­blait très gênant quand on est ministre de l’Économie. Comme je l’ai écrit en juin :

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Voi­là où nous en étions l’été 2016. Pour­sui­vons l’analyse aujourd’hui, Emma­nuel Macron n’étant plus ministre.

II. Henry Hermand, le multimillionnaire bienfaiteur d’Emmanuel Macron

Mon billet de juin com­men­çait par ces mots assez clairs :

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Eh bien, fina­le­ment, rien ne se pas­sa, aucun jour­na­liste n’étudia alors ce sujet.

Cepen­dant, en aout 2016, on a appris inci­dem­ment, noyé dans un article de BFM, l’identité de la “banque très pri­vée” de M. Macron : il s’agissait d’Henry Her­mand, son “par­rain” en politique :

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Hen­ry Her­mand est la 288e for­tune française…

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…avec 220 mil­lions d’euros. On apprend aus­si dans l’article à pro­pos de M. Her­mand (92 ans) que :

  • “Il se dit même que l’ancien ministre ne pren­drait aucune déci­sion impor­tante sans consul­ter le nona­gé­naire, qui ne cesse de chan­ter les louanges de son protégé.” ;
  • “Je lui apporte mon expé­rience, des années de vie poli­tique. Je suis un peu l’homme de l’ombre”, recon­naît Hen­ry Her­mand, celui qui “évite de trop par­ler de (lui)” et “donne des idées” ;
  • “Je lui ai fait ren­con­trer des milieux d’affaires, on a eu des réunions en Angle­terre et il y aura des contacts directs entre Emma­nuel Macron et la pré­si­dence des États-Unis” ;
  • Le men­tor prête même ses bureaux à “En Marche”.

En fait, c’était même car­ré­ment son témoin de mariage en 2007.

À part cette infor­ma­tion étran­ge­ment sor­tie des limbes, rien d’autre ne s’est passé….

…jusqu’à ce que mon article “buzze” un peu fin jan­vier, et oblige la presse à enfin s’intéresser un peu à ce sujet non anecdotique.

Mais avant de regar­der ceci, nous allons nous pen­cher de nou­veau sur le patri­moine d’Emmanuel Macron, dis­po­sant de nou­velles informations.

III. Le patrimoine d’Emmanuel Macron

La régle­men­ta­tion actuelle, votée après l’affaire Cahu­zac, est une très belle avan­cée au niveau de la trans­pa­rence, recon­­nais­­sons-le – sans elle, ce billet n’existerait pas.

Mais beau­coup de chausse-trappes sont lais­sées pour rendre dif­fi­cile le contrôle réel du patri­moine des élus.

L’idée de base est simple :

  • on regarde le patri­moine du ministre à son entrée au gouvernement ;
  • on regarde les reve­nus du ministre avant et pen­dant sa par­ti­ci­pa­tion au gouvernement ;
  • on regarde le patri­moine du ministre à sa sor­tie du gouvernement ;
  • et on ana­lyse pour voir si tout est normal.

On note que c’est un contrôle vrai­ment mini­mal, il est peu pro­bable que beau­coup de choses se passent en 2 ou 3 ans au gou­ver­ne­ment, mais c’est un début.

C’est plu­tôt tout au long de la car­rière poli­tique des élus qu’il faut faire ce sui­vi – et on en est loin. C’est d’ailleurs une vraie bonne ques­tion pour la pré­si­den­tielle, à poser aux can­di­dats – avec d’autres.

Alors comme M. Macron a quit­té le gou­ver­ne­ment, sa décla­ra­tion de sor­tie vient d’être publiée sur le site de la Haute Auto­ri­té pour la Trans­pa­rence de la Vie Poli­tique, où je me suis rendu :

Pas­sons sur l’arrivée sur le site, j’imagine payé clas­si­que­ment les yeux de la tête à une agence de com’ afin d’avoir une page d’accueil qui fait mal à la tête quand on arrive des­sus (oubliez le fond vidéo en page d’accueil les amis 😉 ), mais où ne trouve pas faci­le­ment voire du tout ce qu’on vient cher­cher. Parce que si on trouve ensuite très faci­le­ment la très récente décla­ra­tion de sor­tie de M. Macron, dépo­sée le 26 jan­vier 2017 :

le PETIT sou­ci est qu’on ne trouve plus les anciennes décla­ra­tions de reve­nus et de situa­tion patri­mo­niale à l’entrée au gou­ver­ne­ment en 2014 ! (ou alors, ils les ont très bien cachées, ce qui revient au même).

Pas grave, on ne me la fait pas, et je m’en étais bien dou­té : j’avais donc archi­vé ces décla­ra­tions sur ce blog. Elles sont là, avec la der­nière que j’archive aus­si : 2014 reve­nus / 2014 Patri­moine Entrée / 2016 Patri­moine Sor­tie. Voi­là – de rien. 🙂

Ah oui, je remer­cie aus­si la HATVP pour son humour :

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“Pour faci­li­ter les choses, on ne vous donne pas de don­nées Excel, mais des pdf à res­sai­sir à la main” => Mer­ci pour ce moment, la HATVP !

J’ai un un petit mes­sage per­son­nel à la HATVP – des fois qu’ils veulent amé­lio­rer le modèle sachant qu’il y en aura plein à rem­plir dans 2 mois… 🙂  Pas­sez donc la liste si vous vou­lez gagner du temps.

Je peux même leur en sug­gé­rer d’autres, de ma main, vu le temps per­du inutilement

  • “Toi aus­si cherche des heures les anciennes déclarations !”
  • “On a chan­gé le for­mat entre 2014 et 2016, ça ne vous gêne pas au moins ?”
  • “On a rajou­té aus­si les comptes finan­ciers des conjoints sans trop le dire. Et on ne vous donne aucune infor­ma­tion sur leur patri­moine, donc c’est super utile pour com­prendre les évo­lu­tions de patri­moine de l’élu.”
  • “Ah, et les comptes des conjoints on les a bien mélan­gés avec les comptes de l’élu – vous ferez bien atten­tion de ne pas vous plan­ter, comme on a plan­qué leurs noms, une erreur est si vite arrivée…”
  • “On ne vous met pas les condi­tions des prêts (type, taux d’intérêt, condi­tions de rem­bour­se­ment, garan­ties…), c’est acces­soire pour com­prendre un patri­moine, non ?”
  • “On ne vous met pas les quote-part des couples pour les biens com­muns, c’est acces­soire pour com­prendre un patri­moine, non ?”
  • “On ne vous dit pas si les emprunts sont conjoints ou pas, ni les quote-parts dans le pre­mier cas”
  • “C’est quoi des inté­rêts capi­ta­li­sés sur un emprunt in fine ?”
  • “Bien sûr, tous les reve­nus indi­qués sont bruts, on en vous donne pas les reve­nus nets après tous les impôts, c’est acces­soire pour com­prendre l’évolution d’un patri­moine entre deux dates, non ?”
  • “Et on ne met pas le total de chaque poste de patri­moine, ce serait trop simple, faites-le avec votre calculatrice…”
  • “Et bien sûr, on ne met pas le total géné­ral du patri­moine du ministre à la fin – vu que c’est le but même de cet exer­cice de trans­pa­rence – ce serait trop simple, faites-le avec votre calculatrice…”

=> “Mer­ci pour ce moment” de recherche pénible, chers élus et la HATVP !

Mais reve­nons à notre mou­ton. Il y a une évo­lu­tion majeure sur le patri­moine de M. Macron entre 2014 et 2016 : il a reven­du son appar­te­ment et donc sol­dé ses emprunts – ce qui sim­pli­fie consi­dé­ra­ble­ment l’analyse de son patri­moine, mer­ci à lui. 🙂

Je rap­pelle en effet qu’il est assez dif­fi­cile d’y voir clair sur le patri­moine immo­bi­lier ; l’appartement pari­sien a été acquis en com­mun avec son épouse, mais il semble bien que ce soit lui qui ait sous­crit per­son­nel­le­ment la plu­part des emprunts (ce qui parait logique vu les faibles reve­nus de son épouse par rap­port à lui). Ce serait à confir­mer, la décla­ra­tion HATVP est très peu claire. Je fais donc à ce stade une hypo­thèse, qu’il fau­dra confir­mer : l’appartement a été acquis par une quote-part de 90 % Macron 10 % sa femme ; et que les dettes sont bien 100 % à M. Macron. Au final, on ver­ra que cette hypo­thèse change peu de choses au final – l’appartement ayant été depuis revendu.

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Je vais vous faire gagner du temps, nous n’allons pas entrer de nou­veau dans les détails. Je vous pro­pose l’exercice que la HATVP devrait faire si la Trans­pa­rence était vrai­ment son but. On arrive à ceci :

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N.B. : je rap­pelle qu’il y a 2 incon­nues sur 2014 : pri­mo la quote-part de M. Macron sur son appar­te­ment et secun­do le mon­tant des inté­rêts du prêt in fine qu’il a payés à M. Her­mand en 2016. Ces esti­ma­tions me semblent logiques, rai­son­nables et pru­dentes ; elles sont à confir­mer. Cepen­dant, comme nous dis­po­sons d’une vision réelle et sans aucune hypo­thèse majeure pour le patri­moine en 2016, les hypo­thèses sur 2014 ont donc peu d’impact pour l’analyse.

On peut syn­thé­ti­ser le patri­moine ainsi :

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ou ain­si :

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Il y a plein de ques­tions qui se posent en ana­ly­sant la décla­ra­tion de M. Macron. Mais de très loin, de très très loin, la prin­ci­pale est la dis­pro­por­tion de son patri­moine qua­si inexis­tant avec les reve­nus pha­rao­niques qu’il a encais­sés et que voilà :

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C’est à dire avec ceci : près de 3,4 mil­lions d’euros bruts gagnés entre 2009 et 2016 (en rouge les gains chez Roth­schild, en bleu hors Rothschild) !

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Ce qui repré­sente envi­ron 1 800 000 euros nets après impôts sur la période de 8 ans ici présentée.

Et c’est encore plus fla­grant quand on regarde seule­ment 2011–2013, années de l’explosion des reve­nus chez Rothschild :

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Par prudence, au vu des hypothèses prises, on indique seulement “proche de 0” pour son patrimoine, plutôt que “négatif”

Comme on a sa décla­ra­tion de patri­moine de 2014, on constate qu’il a donc consom­mé envi­ron 2,6 mil­lions d’euros bruts, donc envi­ron 1,4 mil­lion d’euros nets en 3 ans, rame­nant son patri­moine net à presque rien (lar­ge­ment néga­tif pour moi).

Cela repré­sente donc envi­ron 1 250 € consom­més par jour, soit plus d’un SMIC consom­mé par jour.

C’est d’ailleurs indi­qué dans la presse, mais non dit clai­re­ment – on en repar­le­ra dans le pro­chain billet :

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(Ou alors qu’il s’explique enfin clairement)

Et c’est là que c’est très éton­nant : com­ment Emma­nuel Macron a‑t‑il pu consom­mer plus d’un SMIC par jour pen­dant 3 ans ?

Et on parle bien ici de consom­ma­tion, pas de simples dépenses : le patri­moine doit baisser.

Ce n’est pas si dur de dépen­ser 1 SMIC par jour : par exemple, il “suf­fit” d’acheter une voi­ture à 30 000 € par mois – ou un yacht ou des tonnes de bijoux à sa femme… Mais dans ces cas, si l’argent est bien dépen­sé, il n’est PAS consom­mé. En début de mois, il y avait 30 000 € sur un compte en banque, à la fin, il n’y sont plus, mais on a dans son patri­moine une voi­ture à 30 000 € : le patri­moine n’a pas baissé.

Dans le cas de M. Macron, il faut vrai­ment le “perdre”, bref le “cla­quer” : man­ger du caviar tous les jours, ache­ter et jeter un cos­tume tous les jours, tout don­ner aux bonnes œuvres, perdre au poker – je ne sais pas… Mais j’avoue que j’aimerais bien savoir car cela dépasse un peu mon enten­de­ment – c’est sim­ple­ment ce que je demande depuis 8 mois...

Et on voit que c’est la bonne piste – on y revien­dra, mais son porte-parole a indi­qué ça cette semaine :

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Il serait inté­res­sant d’en savoir plus ce “train de vie”…

Train de vie, qui, en plus d’être fran­che­ment hal­lu­ci­nant (ok pour un prince saou­dien qui par­court le monde, mais là on parle d’un ban­quier d’affaires et d’un secré­taire géné­ral adjoint de la pré­si­dence de la Répu­blique, acti­vi­tés peu connues pour leur temps libre), a la sin­gu­lière par­ti­cu­la­ri­té (contrai­re­ment à un prince saou­dien… 🙂 ) de le conduire à un patri­moine néga­tif – bref, tech­ni­que­ment, Macron était rui­né mi-2016 !

Donc la presse devrait ces­ser de s’intéresser à “pour­quoi il ne paye pas d’ISF”, car il y a pro­ba­ble­ment pas mal de SDF plus riches que lui (il leur suf­fit de pas avoir trop de dettes…), vu qu’il pos­sède net­te­ment moins que rien…

Mais cette ques­tion, cen­trale, est loin d’être la seule. Comme on le ver­ra, en voi­ci d’autres…

IV. 20 questions à Emmanuel Macron sur son patrimoine (Spécial Journalistes)

Le jour­na­lisme d’investigation sombre chaque jour de plus en plus, trans­for­mé en “jour­na­lisme CTRL+F” type “Pana­ma papers” livrés à domi­cile, ou simple “twee­tage” sans fin. On constate donc qu’il ne semble ni vou­loir ni même avoir encore les maigres capa­ci­tés d’investigation néces­saires à ana­ly­ser cor­rec­te­ment le patri­moine de M. Macron, et à le ques­tion­ner. Je n’aurais pas dû lui faire confiance en juin. 😉

Je vais donc rédi­ger les ques­tions que je sou­hai­te­rais poser à M. Macron sur son patri­moine – que je poste aux bons soins d’Internet, dès fois qu’un vrai jour­na­liste ce soit per­du sur ce blog… 😉

Ques­tion n°1 : M. Macron, pou­­vez-vous nous confir­mer que vous n’avez rien oublié de décla­rer ? Je ne remets pas du tout en cause votre pro­bi­té, mais vous com­pren­drez qu’on puisse se poser des ques­tions au vu de l’analyse de vos décla­ra­tions. Je pense plu­tôt à des inves­tis­se­ments légaux par­ti­cu­liers (par ex. inves­tis­se­ments pro­duc­tifs, je ne sais pas) qu’on pour­rait même ima­gi­ner, étran­ge­ment, pou­voir ne pas être décla­rés à la HATVP (c’est une simple hypo­thèse ; mais dans ce cas, il y aurait un sou­ci avec les règles de décla­ra­tion). Je ne crois pas du tout à un sou­ci de type “compte à l’étranger” car, dans ce cas, on ne révèle évi­dem­ment pas les reve­nus gar­gan­tuesques au fisc – qui s’est d’ailleurs pen­ché sur vos décla­ra­tions… J’ai aus­si bien noté votre :

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Ques­tion n°2 : M. Macron, pour­­riez-vous me confir­mer les ordres de gran­deur de mon étude pré­cé­dente svp ? Avez-vous donc bien aujourd’hui un patri­moine nul après avoir gagné plus de 1,8 mil­lion d’euros après impôts ? Confir­­mez-vous que vous avez bien toutconsom­mé ? Quelles étaient vos dépenses men­suelles moyennes en 2011 et 2012 ? Pour­­rais-je avoir sim­ple­ment votre solde total de tré­so­re­rie men­suel “dépenses/recettes” durant cette époque ? Com­ment consomme-t-on autant d’argent aus­si vite ? Quels ont été vos 10 plus gros postes de consom­ma­tion (res­tau­rants, habille­ment, voyages, cadeaux, dons aux œuvres, boites de nuit, poker, etc. — je ne sais pas —) cumu­lés sur la période ? Quand avez-vous trou­vé le temps de tant dépen­ser – Roth­schild puis l’Élysée lais­sant nor­ma­le­ment très peu de temps libre ? Vos reve­nus ayant chu­té, avez-vous faci­le­ment pu mettre fin à une telle fré­né­sie de dépenses ? Pour­­riez-vous nous prou­ver la réa­li­té de telles dépenses qui n’ont lais­sé aucune trace dans votre patri­moine ? Accep­­te­­riez-vous de man­da­ter une très haute per­son­na­li­té du Com­mis­sa­riat aux Comptes fran­çais, et lui confier l’intégralité de vos comptes, afin qu’il en fasse une syn­thèse (dans les 2 ou 3 semaines) ?

J’ai ensuite plu­sieurs ques­tions concer­nant votre appar­te­ment et votre endet­te­ment. Mais avant une ques­tion simple, par curiosité :

Ques­tion n°3 : M. Macron, on apprend dans la presse que vous avez contrac­té un prêt fami­lial de 50 000 € étant jeune. À quelle date, auprès de qui et dans quel but ? Vos deux parents sont méde­cins, vous avez fait Sciences Po dont les frais de sco­la­ri­té (au vu de leur situa­tion) + les frais de vie pari­sienne pour­raient cor­res­pondre à ce mon­tant. Ensuite, vous êtes deve­nu fonc­tion­naire “sala­rié” en entrant à l’ENA. Me confir­­mez-vous que ce prêt a ser­vi uni­que­ment à payer vos études ? À Sciences-Po uni­que­ment ? Mais je com­prends mal : les droits d’inscription croissent avec les reve­nus des parents ; ceux-ci ne vous ont pas aidé ? Mais alors pour­quoi être res­té rat­ta­ché à eux, et ne pas avoir deman­dé des droits réduits, voire une bourse ? Ou ce prêt n’a‑t‑il alors rien à voir avec vos études – pour l’apport pour votre appar­te­ment par exemple ? Pour votre voi­ture ? Je demande, car on constate aisé­ment une nette ten­dance au sur­en­det­te­ment et aux dépenses appa­rem­ment fré­né­tiques de votre part (enfin, si en on croit vos décla­ra­tions), et je me demande quand tout ceci a commencé.

Ques­tion n°4 : M. Macron, en 2007, à 30 ans, jeune marié, vous déci­dez d’acheter un appar­te­ment – avec, appa­rem­ment, une faible quote-part de votre épouse, qui gagne peu. Vous gagnez alors envi­ron 40 000 € par an (Source : AFP) :

Vous choi­sis­sez un appar­te­ment de 85 m² à Paris, que vous payez 890 000 €  et y faites alors 70 000 € de tra­vaux (réa­li­sés à l’achat j’imagine, vu le mon­tant éle­vé ?), por­tant l’investissement à 960 000 € (hors droit de muta­tion – 60 000 € de plus envi­ron).  Bref, on est donc à plus de 1 000 000 € d’euros d’investissement, le tout avec très peu d’apport per­son­nel, un emprunt d’au moins 900 000 € (voire 950 000 € – et on ne sait pas si votre femme en a fait un en plus de son côté) et un couple gagnant a prio­ri moins de 90 000 € par an. Or, à l’époque, les taux d’intérêt sont non négligeables :

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Dans votre situa­tion, dans l’absolu, et avec assu­rance, s’il fal­lait tout emprun­ter clas­si­que­ment, vous auriez eu un taux d’intérêt autour de 4,5 %, soit, pour vos 950 k€ emprun­tés, une simple charge d’intérêts la pre­mière année de plus de 40 000 €, soit envi­ron 60 000 € avec de l’amortissement, soit autour de 70 % de taux d’endettement du ménage – déli­rant… Qu’est-ce qui vous a fait pen­ser que cet inves­tis­se­ment était dans vos moyens ? Vos proches ont-ils ten­té de vous en dissuader ?

Ques­tion n°5 : M. Macron, vous avez donc beau­coup de chance, votre “banque très pri­vée” Hen­ry Her­mand vient vous aider, et vous prête 550 000 € sur 10 ans, sorte de prêt in fine, avec inté­rêts a prio­ri payables à la fin. [Rap­pel sur un prêt in fine de 550 000 € : vous emprun­tez 550 000 € ; ne payez stric­te­ment rien pen­dant 10 ans ; et au bout de 10 ans vous devez rem­bour­ser d’un coup les 550 000 € + tous les inté­rêts capi­ta­li­sés depuis l’origine, ce qui est énorme. Pra­tique mais… dan­ge­reux, il faut être sûr d’avoir l’argent à la fin, et donc, en l’espèce, être sûr et cer­tain d’avoir une énorme pro­gres­sion de reve­nus…]. Pour­­riez-vous tout d’abord nous en four­nir le plan d’amortissement théo­rique à l’origine, et réel main­te­nant qu’il est soldé ?

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Au vu de votre situa­tion finan­cière de très jeune fonc­tion­naire en 2007, com­ment diable avez-vous convain­cu M. Her­mand que vous seriez mil­lion­naire en 2011–2012, après une pro­gres­sion de car­rière inouïe chez Rot­sh­child (et donc que vous étiez un Mozart de la banque pri­vée – où vous n’aviez encore jamais mis les pieds…) – et que vous pour­riez donc lui rem­bour­ser ces sommes extra­va­gantes emprun­tées ? Quel était d’ailleurs, en gros, votre patri­moine net en 2007 ? Était-il déjà néga­tif ? Mais avez-vous déjà eu un patri­moine net positif ?

Je dis ça, car des lec­teurs pour­raient se deman­der si votre car­rière n’avait pas été pré­dé­fi­nie bien en amont, comme un plan écrit à l’avance pour les 15 ans à venir. Comme nous lut­tons ici contre le conspi­ra­tion­nisme, je ne peux y croire. Pour­­riez-vous cepen­dant nous indi­quer la véri­té ? Pour­quoi et com­ment croyiez-vous tel­le­ment “en votre ave­nir” ? (Source : JDD 1202)

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On croit rêver qu’un journaliste écrive ça sans se poser de questions…

Qu’avez-vous expli­qué à M. Her­mand ? Accep­­te­­riez-vous de refaire l’exercice pour moi : “Nous sommes en 2007, vous n’avez pas un sou, vous venez d’emprunter 400 000 € (appa­rem­ment) au Cré­dit Mutuel, et vous devez me convaincre de vous prê­ter 550 000 € à me rem­bour­ser dans 10 ans ; com­ment me convainquez-vous ?”

Ques­tion n°6 : M. Macron, durant votre période à l’Élysée puis au gou­ver­ne­ment, avez-vous eu à trai­ter de sujets tou­chant de près ou de loin à une des très nom­breuses acti­vi­tés de M. Her­mand ? Pour­quoi avoir refu­sé de révé­ler son nom au Canard enchaî­né en mai 2016 ? Ne trou­­vez-vous pas gênant, qu’un Ministre de l’Économie doive autant d’argent à un mul­ti­mil­lion­naire – tout res­pec­table qu’il fût ?

Ques­tion n°7 : M. Macron, Votre pro­jet immo­bi­lier était tota­le­ment impos­sible sans l’énorme aide de M. Her­mand. Avez-vous son­gé, plu­tôt qu’à accep­ter de telles lar­gesses, à vous rabattre sur, soit une loca­tion, soit un appar­te­ment bien plus modeste ? Avez-vous envi­sa­gé un achat en petite cou­ronne, comme la plu­part des pri­­mo-accé­­dants de 30 ans ?

Ques­tion n°8 : M. Macron, M. Her­mand était votre témoin de mariage, on peut com­prendre son aide et ses lar­gesses. Il a com­plé­té votre emprunt auprès du Cré­dit Mutuel pour votre appar­te­ment, qui était de 350 000 € ou plu­tôt 400 000 € – les sources divergent (JDD pour­tant à 1 semaine d’écart 1202 et 1902 ?) Pour­­riez-vous nous en four­nir le plan d’amortissement ?

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JDD 12/02/16 : Prêt a priori personnel de M. Macron : 350 + 550 = 900 k€

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JDD 19/02/16 : Prêt a priori personnel de M. Macron : 950 k€ (on va y arriver…)

Ma ques­tion est très simple : mais com­ment diable avez-vous pu convaincre le Cré­dit Mutuel de finan­cer un tel pro­jet “Folie des gran­deurs” vu vos reve­nus à l’époque (sachant que, à moins d’être devin, vous ne pou­viez savoir vous-même que vous seriez mil­lion­naire 5 ans plus tard), qui fai­sait explo­ser l’endettement de votre couple ? Je veux bien que vous croyiez “en votre ave­nir” – mais com­ment la banque a‑t‑elle pu y croire elle aus­si, sur quelles bases ? Vous êtes-vous adres­sé clas­si­que­ment à votre agence ban­caire, ou avez-vous deman­dé un appui quel­conque, par exemple via votre réseau de l’Inspection des Finances ou d’Henri Hermand ?

Le Cré­dit Mutuel n’a‑t‑il pas tiqué ? Que vous-a-t-il conseillé ? Com­ment a‑t‑il pu accep­ter un tel risque ? Quelles étaient vos garan­ties pour un pro­jet aus­si déme­su­ré, sans apport per­son­nel réel ou presque ? Quel était votre cau­tion­ne­ment ? M. Her­mand s’est-il por­té garant pour vous ? Si oui, sur toute la somme ?

Com­ment ont-ils pu savoir au Cré­dit Mutuel que vous gagne­riez des mil­lions 5 ans plus tard chez Rot­sh­child après une pro­gres­sion de car­rière inouïe ? Mais quel est votre secret M. Macron ?

Ques­tion n°9 : M. Macron, vous avez esti­mé vous-même votre appar­te­ment 935 000 € en 2014. Comme le sou­ligne le Canard enchaî­né, les prix ont aug­men­té de 33 % dans votre quar­tier en 7 ans.

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Sa valeur était donc nor­ma­le­ment d’environ 935 0001,33 ≈ 700 000 € en 2007. Vous y avez certes fait 70 000 € de tra­vaux à l’achat, dont disons 50 000 € de non somp­tuaires et valo­ri­sables dans le prix. Cela signi­fie que le prix d’achat réel de votre appar­te­ment a été de 890 000 + 50 000 = 940 000 €. Vous auriez donc, selon ce pre­mier cal­cul, payé 34 % trop cher.

2e cal­cul : basons-nous sur un prix de vente consta­té de 980 000 € en 2016. Selon l’INSEE, les prix pari­siens n’ont pas aug­men­té entre mi-2014 et mi-2016 , votre appar­te­ment aurait donc pris 33 % depuis 2007, ce qui le met­trait alors à l’époque à 980 0001,33 ≈ 735 000 €, soit28 % trop cher.

Vous recon­nais­sez vous même dans le Canard : J’ai ache­té cher“. “Cher” repré­sente ici envi­ron +30 %, soit 220 000 € de trop.

La ques­tion est donc simple, M. Macron : la situa­tion finan­cière de votre couple ne vous per­met­tait clai­re­ment pas, nor­ma­le­ment, d’acheter un 85 m² dans Paris sans apport per­son­nel réel. Pour­quoi diable alors sur­payer un appar­te­ment plus de 200 000 € ? Qu’avait donc de si spé­cial cet appar­te­ment ? Où est l’erreur de rai­son­ne­ment – car il doit for­cé­ment y en avoir une, non ?

Ques­tion n°10 : M. Macron, com­ment avez-vous trou­vé votre appar­te­ment en 2007 ? Êtes-vous pas­sé par une agence ? Si oui, laquelle ? Pour­­riez-vous l’autoriser à répondre à mes ques­tions, afin d’avoir son esti­ma­tion du bien à l’époque ? Connais­­siez-vous le ven­deur ? M. Her­mand connais­­sait-il le ven­deur ? Un de vos proches connais­­sait-il cet heu­reux ven­deur avant la vente ? Avez-vous eu à trai­ter d’autres affaires avec le ven­deur durant votre pas­sage à l’Élysée ou à Bercy ?

Ques­tion n°11 : M. Macron, obser­vons votre pro­gres­sion de car­rière (la par­tie gauche du tableau surtout) :

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2008 arri­vée ; 2009 : Direc­teur ; 2010 Gérant ; 2011 : asso­­cié-Gérant et donc, 2012 l’Élysée. Est-ce une pro­gres­sion nor­male chez Roth­schild ? Y a‑t‑il beau­coup de pré­cé­dents ? Pou­­vez-vous en citer ?

Après, il est vrai que votre ancien patron chez Roth­schild, Fran­çois Hen­rot, en expose bien cer­taines rai­sons, c’est à ne pas manquer… 🙂

Ques­tion n°12 : M. Macron, vous êtes un homme culti­vé et brillant, il n’y a pas de doute.  Votre situa­tion patri­mo­niale montre clai­re­ment que vous n’êtes pas un homme d’argent – mais bien au contraire, un homme de dettes. Chez Roth­schild, vous gagnez 1,4 mil­lion d’euros en 2011 et 1 mil­lion d’euros en 2012. Vous avez presque tout dépen­sé immé­dia­te­ment – je parie­rais presque qu’il y a plu­sieurs mois où vous consom­mez même 2 SMIC par jour en moyenne, vous offrant un train de vie de nabab. Vous y avez déjà répon­du, mais j’aimerais, bien plus de pré­ci­sions : pour­quoi avez-vous tout quit­té en 2012 pour aller gagner une misère à l’Élysée ? Vous n’aimez pas l’argent, vous avez le sens de l’État, tout­ça­tout­ça, oui, je sais.

Mais on parle de 1,4 mil­lion d’euro en 2011 chez Rothschild.

Et 1 mil­lion d’euros en 2012 – atten­tion, seule­ment du 1er jan­vier 2012 au 15 mai 2012, jour de votre nomination.

Et vous avez tout lais­sé tom­ber, ces­sant du jour au len­de­main votre consom­ma­tion débridée ?

Mais quel était votre plan de car­rière alors ? Reve­nir chez Roth­schild en 2017 en cas de défaite de Hol­lande ? D’ailleurs, y retour­­ne­­rez-vous si vous per­dez en mai ? Le tra­jet Roth­­schild-Ély­­sée-Roth­­schild  est-il une piste (la Com­mis­sion de déon­to­lo­gie de la fonc­tion publique étant clai­re­ment en coma dépas­sé depuis des années – cf. cette émis­sion de France Culture sur ce scandale) ?

Durant votre période à l’Élysée puis au gou­ver­ne­ment, avez-vous eu à trai­ter de sujets tou­chant de près ou de loin à une des très nom­breuses acti­vi­tés de la banque Roth­schild – et donc à l’organisation du sec­teur ban­caire ? Par exemple, quelle était votre posi­tion lors des débats sur le pro­jet de loi mort-né de scis­sion des banques – ana­lyse de Finance Watch ici ?

Ques­tion n°13 : M. Macron, pas­sons à l’époque Roth­schild et aux impacts que l’afflux d’argent a eus sur votre patri­moine. Vous gagnez donc près de 1,5 mil­lion d’euros en 3 ans à par­tir de 2010. C’est bien­ve­nu puisque vous démar­rez la période avec envi­ron 1 030 000 € de dettes (l’effet magique du prêt in fine avec les inté­rêts qui courent… + 50 000 € de dette fami­liale). Que faites-vous alors au niveau de vos dettes ? On n’a pas le détail, on en est donc réduit à quelques sup­po­si­tions (à confir­mer ou à infir­mer, mer­ci d’avance) :

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On note 3 évo­lu­tions impor­tantes dans cette période 2011–2012 :

  • le prêt “Banque très pri­vée Her­mand” est rem­bour­sé en par­tie pour 350 000 € (je vois mal com­ment vous auriez com­men­cé à rem­bour­ser avant, mais vous nous direz) ; ne res­tent en 2014 que 200 000 € à rem­bour­ser. Il a en revanche été pro­ro­gé de 5 ans pour le solde de 100 000 € et les intérêts ;
  • le prêt immo­bi­lier de la rési­dence prin­ci­pale est “refi­nan­cé” à hau­teur de… 600 000 € sur 20 ans. Comme il était a prio­ri de 400 000 € en 2007 (cf. JDD v2), il devait res­ter en 2012 un capi­tal res­tant dû d’environ 330 000 € . L’encours de cet emprunt a donc été aug­men­té de 270 000 € ; 
  • un nou­vel emprunt est effec­tué pour 350 000 € pour des “tra­vaux dans la rési­dence secondaire”.

Or : ‑350 + 270 + 350 = + 270

Ain­si, M. Macron, quand, endet­té à hau­teur de 1 mil­lion d’euros, vous gagnez 1,5 mil­lion d’euros – selon les décla­ra­tions de votre porte-parole (cf. JDD) :

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vous arri­vez donc à presque tout consom­mer votre nou­veau capi­tal, et à emprun­ter près de 300 000 euros de plus… Est-ce exact ? Trou­­vez-vous ceci nor­mal ? Pou­­vez-vous nous expli­quer votre addic­tion à la dette ?

Ques­tion n°14 : M. Macron, pour­quoi rem­bour­ser 300 000 € à M. Her­mand, et pas la tota­li­té pour vous libé­rer de cette contrainte et rem­bour­ser votre ami qui a blo­qué pour vous un demi-mil­­lion sans inté­rêt pen­dant 10 ans (inté­rêts payables à la fin) ? Pour­quoi avoir deman­dé à pro­lon­ger le prêt 5 ans de plus pour le solde d’intérêt et de 100 000 € ?

Ques­tion n°15 : M. Macron, pour­quoi avoir refi­nan­cé en 2012 votre ancien cré­dit (de 400 000 ou 350 000 € à l’origine ?) en le pas­sant à 600 000 €, alors que vous crou­liez sous l’argent ? Pour­quoi ne pas avoir rem­bour­sé tous vos prêts avant 2016 ? Y a‑t‑il un lien avec la faillite de votre “banque très pri­vée” après 92 ans de lucra­tive acti­vi­té – je veux dire avec le fait que M. Her­mand, grand résis­tant, soit mal­heu­reu­se­ment décé­dé fin 2016 ? (je vous pré­sente mes condoléances)

Ques­tion n°16 : M. Macron, mal­gré vos plan­tu­reux reve­nus de 2011 chez Roth­schild, vous emprun­tez au Cré­dit Mutuel le 23/11/2011 “350 000 € pour des tra­vaux dans la rési­dencesecon­daire” – qui appar­tient à votre épouse. À quoi cor­res­pondent ces gigan­tesques tra­vaux ? C’était à ce point un tau­dis ? N’est-ce pas un peu exces­sif, sur­tout quand on a appa­rem­ment déjà du mal à se désen­det­ter ? Est-ce parce que, là-encore, vous avez “ache­té cher” à vos arti­sans ? (Voir les infor­ma­tions ici et ).

La maison secondaire des Macron

Ques­tion n°17 : M. Macron, com­ment avez-vous trou­vé un acqué­reur pour votre appar­te­ment en 2016 ? Êtes-vous pas­sé par une agence ? Si oui, laquelle ? Pour­­riez-vous l’autoriser à répondre à mes ques­tions, afin d’avoir son esti­ma­tion du bien ? L’acheteur a ache­té 980 000 € en 2016 un bien que vous esti­miez à 935 000 € en 2014, les prix n’ayant pas bou­gé. Soit 5 % plus cher. Connais­­siez-vous l’acheteur aupa­ra­vant ? M. Her­mand connais­­sait-il l’acheteur ? Un de vos proches connais­­sait-il l’acheteur ? Avez-vous eu à inter­ve­nir sur des dos­siers de l’acheteur durant votre période à l’Élysée ou à Bercy ?

Ques­tion n°18 : M. Macron, com­ment faites-vous pour avoir un Livret de Déve­lop­pe­ment Durable de 40 000 € – alors que les LDD sont limi­tés à 12 000 € (hors inté­rêts capi­ta­li­sés, mais ils ne peuvent évi­dem­ment atteindre ce chiffre) (Source) ?

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Je pense que c’est sim­ple­ment un livret ban­caire clas­sique, mais enfin, il n’y a que 18 lignes rem­plies dans votre décla­ra­tion de 2016 : cela aurait été res­pec­tueux de les ren­sei­gner avec soin…

Ques­tion n°19 : M. Macron, vous aviez en 2014 une voi­ture que vous indi­quez avoir “ache­tée d’occasion” à 28 ans, en 2005, 40 000 € :

Il se trouve que 40 000 € cor­res­pondent nor­ma­le­ment à votre niveau de salaire annuel de l’époque (Source : JDD 1202 – je le remets) :

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Com­ment avez-vous finan­cé son achat ? Est-ce à ça qu’ont ser­vi les fameux 50 000 € de “prêt fami­lial” ? Une telle dépense somp­tuaire vous semble-t-elle nor­male ? Là encore, saviez-vous à 28 ans que vous seriez mil­lion­naire 7 ans plus tard ? Si oui, com­ment ? Si non, com­ment expli­quer un tel achat ?

Ques­tion n°20 : M. Macron, pour­quoi avoir récem­ment reven­du votre voi­ture ? Pour­quoi n’en avez-vous plus pour votre cam­pagne ? Dom­mage, c’était une jolie “Voi­ture du peuple” (Volks-wagen) de “gauche” – ache­tée cepen­dant 40 000 € d’occasion (sic.) (sources ici et ) :

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Ques­tion n°21 – et der­nière, en bonus, puisque liée au jour­nal le Monde : M. Macron, chan­geons de sujet, éloi­­gnons-nous de votre patri­moine. Cette incroyable his­toire racon­tée par le grand jour­na­liste Adrien de Tri­cor­not est-elle vraie ? Avez-vous ren­con­tré un des ache­teurs poten­tiels du Monde (tiens, tiens…) en 2010 en douce alors que vous conseilliez béné­vo­le­ment la socié­té des jour­na­listes (cf aus­si Media­part) ?

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Voi­là !


V. Questions de plus suite à Mise-à-jour participative n°1

EDIT 2602 : MERCI aux lec­teurs. Toute la force de ce blog est jus­te­ment de s’enrichir mutuel­le­ment. Au vu des riches retours, j’ai d’autres ques­tions à M. Macron.

Com­plé­ments à la ques­tion n°17

Petite incise – amu­sante – , sur la  vente de l’appartement. En octobre 2015, la presse indique que M. Macron a mis son appar­te­ment de 83 m² du XVe arron­dis­se­ment en vente, pour “ache­ter plus petit” (Source) :

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Il semble bien en effet que M. Macron n’ait aucune détestation pour les riches… Quant à “préserver le même train de vie”, comment dire… ?

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Oh, oui, qui pourrait penser à la “folie des grandeurs” : il quitte un 83 m² pour acheter “plus petit”… (Source)

En sep­tembre 2016, on apprend (Source) :

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Fina­le­ment, c’est vrai qu’on est plus à l’aise dans 150 m² “plut petit” que 83 m²… Mais bon, c’est vrai que 200 €, c’est beau­coup pour les petites gens comme vous…

Par ailleurs, comme, en octobre 2015, un autre article à la plume toute puja­das­sique (Source) posait la ques­tion de la plus-value :

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La réponse est simple : presque AUCUNE ! Emma­nuel Macron est quand même un des très rares Pari­siens à avoir ache­té un appar­te­ment de 83 m² en 2007, et à l’avoir reven­du en 2016 presque sans plus-value (et en perte nette si on compte les frais de notaires et les travaux…)

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=> Moins-value sur l’opération immo­bi­lière complète…

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=> En 9 ans, hors plus-ou-moins-value, il aurait été plus inté­res­sant à M. Macron de louer que d’acheter. Je pré­cise pour les lec­teurs, ne faites pas l’erreur de Macron, n’investissez pas sur un coup de tête ! Les prix sont très éle­vés, les pers­pec­tives de plus-values sont faibles, vous voyez qu’en 10 ans on ne ren­ta­bi­lise déjà l’investissement – il faut donc être sûr de res­ter 1015 ans dans l’appartement pour acheter…

Réponse à la ques­tion n°17

Le sujet m’ayant intri­gué, j’ai du coup enquê­té ce week-end.

J’étais embê­té avec les 980 k€ de prix de vente de son appar­te­ment, vrai­ment très élevé :

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Mais ne connais­sant pas le quar­tier exact du XVe, tout était possible.

J’ai donc cher­ché et, fina­le­ment, très faci­le­ment trou­vé l’ancienne adresse de M. Macron (sérieu­se­ment, M. Macron, il ne faut pas lais­ser ses cor­don­nées per­son­nelles et télé­pho­niques dans l’annuaire sur Inter­net quand on est ministre, c’est dan­ge­reux –pen­sez vrai­ment à la liste rouge (je ne mets évi­dem­ment pas le lien…). Et bien enten­du, pen­sez aus­si à sécu­ri­ser aus­si votre site Inter­net sérieusement.).

Si je ne me trompe pas, votre ancien appar­te­ment est donc celui-ci, tout en haut, non ? (enfin, un des deux… Cor­­ri­­gez-moi svp. J’ai véri­fié et vali­dé l’adresse mais je ne sais pas si c’est la bonne photo)

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Mignon, mais ce n’est pas Versailles non plus… C’était bien là ou pas ?

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Bon, j’avoue très sym­pa donc, un duplex de 62m² avec une dépen­dance au des­sus et la grande ter­rasse ? Ça aug­mente donc le prix, c’est normal.

Voi­ci l’estimation faite ce jour par le déci­dé­ment très effi­cace Meilleur​sa​gents​.com :

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Ain­si, le prix de vente de votre appar­te­ment est donc appa­rem­ment nor­mal – on va lais­ser le jeune couple qui vous l’a ache­té tran­quille alors. 🙂

C’est donc bien le prix d’achat en 2007 et lui seul qui n’était abso­lu­ment pas nor­mal – ain­si que votre esti­ma­tion de 2014 à 935 k€, 7 à 8 % trop basse je dirais. Tsss.

Mais du coup, vous (ou un de vos proches) le connais­siez ou pas l’ingénieur qui vous l’a ven­du ? Car au prix de 890 k€ en 2007, il a vrai­ment eu du bol de tom­ber sur un Ins­pec­teur Géné­ral des Finances comme vous dites-moi…

Ques­tion n°22  : Reve­nons à l’ancienne voi­ture de M. Macron. Pas pour faire une fixa­tion, mais il me semble inté­res­sant de voir quels ont été les choix à 28 ans d’une per­sonne qui veut diri­ger le pays à 40… La déclaration :

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Une Volk­wa­gen EOS ache­tée 40 000 € d’occasion en 2005, valant 6 000 € en 2014 donc, hmmm ?

1/ Date de début de pro­duc­tion de cette voi­ture : mi-2006 (source : Wiki­pe­dia, LaCen­trale)

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2/ Prix maxi­mum neuve cata­logue mi-2006 (hors options, certes…) neuve : 36 000 € (source :Cata­logue Construc­teur Volks­wa­gen 08/2006)

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3/ Prix de revente de l’occasion en 2014 (source : La Cen­trale en 2014) : autour de 10 000 à 14 000 €. À moins d’être cabos­sée, elle valait vrai­ment vrai­sem­bla­ble­ment plus de 6 000 €. M. Macron pour­­rait-il nous dire à com­bien il l’a revendue ?

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On disait donc “Une Volks­wa­gen EOS ache­tée 40 000 € d’occasion en 2005, valant 6 000 € en 2014”. Kamoulox !

M. Macron, pou­­vez-vous expli­quer ceci ? Quelle était le modèle de votre EOS et ses options ? Vous sem­blez avoir négo­cié la voi­ture comme votre appar­te­ment, fina­le­ment. Mais M. Macron, avez-vous déjà fait une bonne affaire finan­cière dans votre vie ? C’est appa­rem­ment fort agréable de faire des affaires avec vous – une vraie poule aux oeufs d’or en somme…

Ques­tion n°23  : D’après le site de réfé­rence societe​.com, votre asso­cia­tion de finan­ce­ment a un code d’activité NAF 6622Z, qui est celui des Agents et cour­tiers d’assurance. Sérieu­se­ment ?

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Par exemple, celle de Mélen­chon en comparaison :

ou Sar­ko­zy 2012 :

Bref :

Ques­tion n°24  : M. Macron, j’ai appris que votre asso­cia­tion de finan­ce­ment est pré­si­dée par Chris­tian Dar­gnat, ex-direc­­teur géné­ral de BNP Pari­bas Asset Mana­ge­ment – ouf, j’ai eu peur que cela manque de ban­quiers par chez vous 🙂 .

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Votre QG de cam­pagne vient de s’installer dans 1 000 m² dans le XVe.

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Je n’ai pas trou­vé le tout nou­veau pro­prié­taire à qui vous louez votre QG, l’immeuble ayant été ven­du fin 2016 par… BNP.

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Ma ques­tion est sim­ple­ment : y‑a‑t-il un lien, un sou­tien de la BNP durant votre compagne ?

Ques­tion n°25  – en lien avec la ques­tion 12 : Le maga­zine Capi­tal de novembre 2014 rap­porte ceci :

“Le nou­veau ministre est un redou­table séduc­teur. « Je me sou­viens d’un dîner à l’Elysée durant lequel il a mis les équipes de Mer­kel dans sa poche, et en alle­mand s’il vous plaît », se sou­vient Lau­rence Pari­sot, l’ex-présidente du Medef. Mais il sait aus­si mettre la pres­sion. La dépu­tée socia­liste des Hautes-Alpes, Karine Ber­ger, en témoigne. Lors du vote sur la loi de sépa­ra­tion des banques de dépôt et d’investissement en début de man­dat, le jeune secré­taire géné­ral adjoint de l’Elysée avait appe­lé l’élue plu­sieurs fois pour lui deman­der de reti­rer deux amen­de­ments non favo­rables à ses amis ban­quiers. Elle avait fait la sourde oreille. Pas­ser en force : Pigasse aus­si sait faire…

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M. Macron, que cela vous inspire-t-il ?

À suivre…


VI. Et comme il vaut mieux en rire…

Mon­sieur Macron, je vous remer­cie d’avoir pris le temps de me lire – et je compte sur vous pour les réponses… (Sources  : L’Express et Paris Match)

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Tu m’étonnes qu’il ne veuille pas qu’on s’intéresse à ses décla­ra­tions de patri­moine… Et ce sont les mêmes qui sont dans des gou­ver­ne­ments qui t’expliquent que, pas de sou­ci, le gou­ver­ne­ment doit pou­voir t’espionner parce que “Quand on n’a rien à cacher… etc.”

J’imagine que la presse va se ruer sur tout ça, et on aura des réponses cette semaine :

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Je vous recom­mande de lire main­te­nant le billet sur l’analyse de la cou­ver­ture média­tique de cette affaire ici…

Pour conclure, je pré­fère en rire, et vous laisse avec ceci – comme l’a dit un com­men­ta­teur : “Trois petits tours et puits sans fonds !” (mer­ci JB) 🙂

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Qui perd gagne en effet…

P.S. je dédie ce billet au jour­nal Le Mondeet sur­tout à Jérôme Feno­glio, aux Déco­deurs, àSamuel Laurent, à Adrien Séné­cat (vous com­pre­nez pour­quoi j’avais mieux à faire qu’à répondre à vos enfan­tillages obs­cènes sur Twit­ter, je tra­vaille moi…) -, et à la clique de Néo-conser­­va­­teurs fran­çais, prin­ci­pa­le­ment Rudy Reichs­datd et Nico­las Ten­zer.

Il ne m’a pas échap­pé que leur stu­pé­fiant achar­ne­ment dif­fa­ma­toire à mon encontre – et dont ils répon­dront – a com­men­cé très peu de temps après ma pre­mière ana­lyse du patri­moine de leur can­di­dat Macron.

C’est pro­ba­ble­ment du hasard (ça arrive), bien enten­du, mais j’avoue que cela m’a clai­re­ment fait sus­pec­ter que j’avais peut-être dû appro­cher d’un  gros loup, et qu’il fal­lait que je m’y replonge très sérieusement.

C’est donc fait.

Qu’ils en soient remer­ciés, car, vrai­ment, sans eux, ce billet n’aurait pas exis­té (bien joué, j’avais déci­dé de ne pas m’occuper des pré­si­den­tiables !). 🙂

P.P.S. Sou­­te­­nez-nous sur Twit­ter en vous abon­nant à @OBer­ruyer – il y a encore des choses crous­tillantes à venir ce week-end et la semaine prochaine…

P.P.S : déso­lé pour les coquilles, elles seront cor­ri­gées ce soir… C’est beau­coup de bou­lot pour une per­sonne seule.

Oli­vier Berruyer

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Je vous conseille de lire l’ar­ticle mis à jour — et les très pré­cieux com­men­taires — sur le blog d’Oli­vier, les​-crises​.fr (site majeur, à consul­ter tous les jours en ces temps trou­blés et riches en graves com­plots des riches contre les pauvres) :

Source : http://​www​.les​-crises​.fr/​m​a​c​r​o​n​–​a​–​b​i​e​n​–​c​l​a​q​u​e​–​u​n​–​s​m​i​c​–​p​a​r​–​j​o​u​r​–​p​e​n​d​a​n​t​–​3​–​a​n​s​–​2​0​–​q​u​e​s​t​i​o​n​s​–​a​–​l​u​i​–​p​o​s​e​r​–​s​u​r​–​d​e​s​–​b​i​z​a​r​r​e​r​i​e​s​–​s​u​r​–​s​o​n​–​p​a​t​r​i​m​o​i​ne/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​0​1​2​0​1​6​6​2​7​317

[Émancipation de nos maîtres « élus »] STADES CITOYENS : remplir des stades, le 22 avril prochain, pour animer nous-mêmes le débat public en tant que simples citoyens

Je vou­drais, en vous la signa­lant, aider une ini­tia­tive qui pour­rait deve­nir très inté­res­sante si nous y par­ti­ci­pions tous un peu.
Il s’a­git de l’o­pé­ra­tion STADES CITOYENS :

Il s’a­git d’un évé­ne­ment ne s’appuyant que sur la volon­té des citoyens et le finan­ce­ment par les citoyens, avec pour ambi­tion de rendre visible les solu­tions citoyennes faci­le­ment appro­priables, ain­si que d’expérimenter les outils de l’intelligence col­lec­tive, les inno­va­tions démo­cra­tiques. Créer du lien ! Relier les col­lec­tifs et les citoyens ! 

Le site : https://​sta​des​ci​toyens​.fr/​q​u​e​s​t​i​o​ns/

La page Face­book : https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​8​3​1​3​3​5​5​2​3​6​7​4​3​01/

On s’ins­crit là : https://​www​.hel​loas​so​.com/​a​s​s​o​c​i​a​t​i​o​n​s​/​s​t​a​d​e​s​–​c​i​t​o​y​e​n​s​/​e​v​e​n​e​m​e​n​t​s​/​s​t​a​d​e​s​–​c​i​t​o​y​ens

httpv://www.youtube.com/watch?v=iUHK4ppyo04

Dans les grands thèmes pré­vus à débattre, per­son­nel­le­ment, j’au­rais plu­tôt pen­sé à :

• « Pour­quoi et com­ment sor­tir de l’UE, de l’O­TAN et de l’OMC »

• « Pour­quoi et com­ment reti­rer aux banques la créa­tion moné­taire et la rendre à la puis­sance publique »

• « Pour­quoi et com­ment ins­ti­tuer le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne (RIC) en tous domaines dans un sys­tème représentatif »

• « Pour­quoi et com­ment réécrire une consti­tu­tion digne de ce nom sans aucun pro­fes­sion­nel de la politique »

• « Faut-il élire des maîtres ou voter nos lois pour vivre en démocratie »

• « Pour­quoi et com­ment inter­dire aux élus condam­nés en jus­tice de se repré­sen­ter aux élections »

• « La sou­ve­rai­ne­té popu­laire, est-ce élire des maîtres hors contrôle ou tirer au sort des égaux sous contrôle »

• « Pour­quoi et com­ment inter­dire le contrôle des médias par les plus riches »

• « Qui est légi­time pour écrire les règles concer­nant les élus (salaires, retraites, impôts, res­pon­sa­bi­li­té pénale, pres­crip­tion, règles élec­to­rales…) ? Les élus eux-mêmes ? ou des citoyens tirés au sort ? »

• « Orga­ni­sa­tion des 80 000 citoyens du Stade de France en groupes de 5 à 8 pour faire des ate­liers constituants »

🙂

Mais il est peut-être encore temps d’a­jou­ter des thèmes 🙂

Bon cou­rage à tous ! (pour vos ate­liers consti­tuants quotidiens) 🙂

Étienne.

PS : dans la vidéo ci-des­­sus, on évoque encore cette cita­tion bidon, de Chur­chill, qui aurait dit « la démo­cra­tie, c’est le pire des sys­tèmes à l’ex­cep­tion de tous les autres »… ce qui sous-entend que les citoyens n’ont qu’à se satis­faire du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif plou­to­cra­tique qui leur est impo­sé depuis 200 ans, TINA quoi (there is no alter­na­tive)… En fait Chur­chill n’a pas du tout dit cela, il a même dit pré­ci­sé­ment LE CONTRAIRE Voi­ci la cita­tion complète :

« Beau­coup de formes de gou­ver­ne­ment ont été tes­tées, et seront tes­tées dans ce monde de péché et de mal­heur. Per­sonne ne pré­tend que la démo­cra­tie est par­faite ou omni­sciente. En effet, on a pu dire qu’elle était la pire forme de gou­ver­ne­ment à l’ex­cep­tion de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps ; mais il existe le sen­ti­ment, lar­ge­ment par­ta­gé dans notre pays, que le peuple doit être sou­ve­rain, sou­ve­rain de façon conti­nue, et que l’o­pi­nion publique, expri­mée par tous les moyens consti­tu­tion­nels, devrait façon­ner, gui­der et contrô­ler les actions de ministres qui en sont les ser­vi­teurs et non les maîtres.
[…]
Un groupe d’hommes qui a le contrôle de la machine et une majo­ri­té par­le­men­taire a sans aucun doute le pou­voir de pro­po­ser ce qu’il veut sans le moindre égard pour le fait que le peuple l’ap­pré­cie ou non, ou la moindre réfé­rence à sa pré­sence dans son pro­gramme de campagne.
[…]
Le par­ti adverse doit-il vrai­ment être auto­ri­sé à faire adop­ter des lois affec­tant le carac­tère même de ce pays dans les der­nières années de ce Par­le­ment sans aucun appel au droit de vote du peuple, qui l’a pla­cé là où il est ? Non, Mon­sieur, la démo­cra­tie dit : « Non, mille fois non. Vous n’a­vez pas le droit de faire pas­ser, dans la der­nière phase d’une légis­la­ture, des lois qui ne sont pas accep­tées ni dési­rées par la majo­ri­té populaire. […] »

W Chur­chill, dis­cours du 11 novembre 1947.

C’est quand même pas pareil, non ?

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Page Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​0​0​3​5​6​2​2​7​7​317

Formidable François Ruffin aux Césars : « Le ‘libre-échange’ ça suffit ! » On va délocaliser nos « élites », trop coûteuses et pas rentables, licencier les « élus » qui ruinent en douce ceux qui les traitent pourtant le mieux du monde pour les ‘représenter’, rendre flexibles et mobiles et précaires les artistes-vedettes, les journalistes et les parlementaires qui trahissent ceux qui les paient

For­mi­dable cri de rage contre le ‘libre-échange’ et les ‘délo­ca­li­sa­tions’ !

Mer­ci François.

On devrait être des mil­lions, des mil­liards, à par­ta­ger ce cri de colère déter­mi­née. Le « libre-échange » ça suf­fit ! On va délo­ca­li­ser nos « élites », trop coû­teuses et pas ren­tables, licen­cier les « élus » qui ruinent en douce ceux qui les traitent pour­tant le mieux du monde pour les ‘repré­sen­ter’, rendre flexibles et mobiles et pré­caires et dociles les jour­na­listes et les par­le­men­taires qui tra­hissent ceux qui les paient… Bien­tôt ! Jus­tice au peuple !

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Edit : À ceux (UPR et autres) qui reprochent amè­re­ment à Fran­çois Ruf­fin de ne pas dénon­cer ici expli­ci­te­ment le piège poli­tique de la pré­ten­due « union » euro­péenne, je vou­drais dire deux choses : 

1) Fran­çois, avec Fakir, est sans doute un des tout meilleurs résis­tants au piège dia­bo­lique de l’UE. Je ne déve­loppe pas ce point évident, il suf­fit de lire Fakir et les livres de François.

2) Fran­çois insiste ici (et cette insis­tance ciblée fait pré­ci­sé­ment l’in­té­rêt et la force du cri) sur un aspect psy­cho­lo­gique essen­tiel (mais sou­vent très mal étu­dié par nous, je le réa­lise ici) pour le fonc­tion­ne­ment pra­ti­co­pra­tique du piège libré­chan­giste : les mul­ti­na­tio­nales (seuls grands gagnants et donc prin­ci­paux pro­pa­gan­distes du ‘libre-échange’) ont besoin de RELAIS pour mar­te­ler leur pro­pa­gande et for­ger l’o­pi­nion, et elles ont pris soin, c’est très astu­cieux, de PROTÉGER les prin­ci­paux relais (artistes vedettes, jour­na­listes, pro­fes­seurs, intel­lec­tuels, par­le­men­taires…) contre les méfaits de tous côtés du ‘libre-échange’ (délo­ca­li­sa­tions, dés­in­dus­tria­li­sa­tion, chô­mage, misère), ce qui conduit ces relais à l’in­dif­fé­rence par rap­port au piège, puis­qu’ils n’en souffrent pas.

Je trouve donc à la fois ori­gi­nale et bien ciblée cette inter­pel­la­tion aux pri­vi­lé­giés, car elle peut en réveiller/conscientiser quelques uns : en effet, tous les artistes vedettes ne sont pas en toute connais­sance de cause des pro­fi­teurs insen­sibles aux causes de la misère du monde ; tous les jour­na­listes ne sont pas consciem­ment des cyniques ven­dus à des mil­liar­daires ; tous les par­le­men­taires ne sont pas sciem­ment des cor­rom­pus traîtres à la patrie et indif­fé­rents au sort des ouvriers et employés 🙂

Donc oui, mer­ci Fran­çois Ruffin !!! 🙂

Étienne.

Edit bis : Oli­vier Ber­ruyer a bien sûr relayé cette vidéo, sui­vie de celle ci-des­­sous, « 100% RUFFIN », et il l’a retrans­crite et commentée :

« Sous les applau­dis­se­ments de la salle, il monte sur scène en arbo­rant non plus comme à l’accoutumée son fameux t‑shirt “I love Ber­nard” mais un t‑shirt à l’effigie de Vincent Bol­lo­ré “I love Vincent”. La céré­mo­nie est, en effet dif­fu­sée sur Canal +, pro­prié­té de l’industriel breton.

“Mon film, il parle d’une usine qui part en Pologne et qui laisse der­rière un paquet de misère et un paquet de détresse. Et au moment où je vous parle, c’est une usine d’Amiens, qui s’appelle Whirl­pool, qui fabrique des sèche-linges, qui subit la même his­toire puisque main­te­nant ça part là aus­si en Pologne (…) Ça fait main­te­nant trente ans que ça dure dans l’ameublement, dans le tex­tile, dans la chi­mie, dans la métal­lur­gie, ain­si de suite. Pour­quoi ça dure depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont tou­chés, et donc on n’en a rien à foutre. Si c’étaient des acteurs qui étaient mis en concur­rence de la même manière avec des acteurs rou­mains, ça pose­rait pro­blème immé­dia­te­ment. Si c’étaient des jour­na­listes, quand on touche à l’avance fis­cale des jour­na­listes, ça fait des débats, il y’a des tri­bunes dans les jour­naux. Mais ima­gi­nons que ce soient les dépu­tés, qu’on dise que les dépu­tés ne sont pas assez com­pé­ti­tifs. Un dépu­té fran­çais coûte 7610 euros par mois, un dépu­té polo­nais coûte 2000 euros par mois (…) Mais ima­gi­nons qu’on dise : demain, il faut délo­ca­li­ser l’hémicycle à Varsovie.

Donc dans ce pays, il y’a peut-être des sans-dents, il y’a sur­tout des diri­geants sans cran. Donc Fran­çois Hol­lande, main­te­nant, il a l’occasion de mon­trer sur le der­nier fil que son adver­saire, c’est la finance, qu’il peut faire des réqui­si­tions, qu’il peut inter­dire les pro­duits Whirl­pool sur le ter­ri­toire fran­çais. Qu’il puisse sor­tir de l’impuissance et se bou­ger le cul.”

Lors de ce dis­cours, le camé­ra­man de Canal finit par ne plus faire de plan large sur le rédac­teur en chef de “Fakir” mais se contente d’un plan res­ser­ré afin de cacher son t‑shirt. »

Mer­ci au (très pré­cieux) blog les​-crises​.fr 🙂

———–

À connaître absolument : 

• For­mi­dable Fran­çois Ruffin : 

Vidéo ouverte à mes élus pleurnicheurs : crétins ou hypocrites ?

httpv://youtu.be/3cS3nusCLwk

• Fakir : « Faut-il faire sau­ter Bruxelles ? »
http://​www​.fakir​presse​.info/​B​a​l​a​d​e​–​a​–​E​u​r​o​l​a​n​d​–​686

• Le for­mi­dable bou­quin de Fran­çois Ruf­fin : « Leur Grande Trouille.
Jour­nal intime de mes pul­sions pro­tec­tion­nistes », à ne pas rater :
http://​www​.actes​-sud​.fr/​c​a​t​a​l​o​g​u​e​/​p​o​c​h​e​b​a​b​e​l​/​l​e​u​r​–​g​r​a​n​d​e​–​t​r​o​u​i​l​l​e​–​b​a​bel

• À lire aus­si : « Le scan­dale des délo­ca­li­sa­tions » d’É­ric Laurent :
http://​www​.eric​-laurent​.com/​p​a​g​e​s​/​L​E​_​S​C​A​N​D​A​L​E​_​D​E​S​_​D​E​L​O​C​A​L​I​S​A​T​I​O​N​S​–​4​3​7​6​7​8​9​.​h​tml

• Et puis aus­si les enquêtes for­mi­dables de Fakir contre le piège dia­bo­lique de l’UE ; par exemple, com­ment les tyrans euro­crates veulent cas­ser le CDI et com­ment ils y arriveront :
httpv://www.youtube.com/watch?v=MLK95_p8zI0&feature=youtu.be

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​9​9​7​7​0​9​7​5​2​317

[La vidéo] « L’État et les banques, 5 ans après, le hold-up continue » par Myret Zaki et Étienne Chouard

Ah mais quel bon­heur ! de retrou­ver Myret à Genève, ma chère Myret, enfin ! 🙂

On jubi­lait de se revoir, tous les deux. Soif de pro­gres­ser ensemble à nou­veau, 5 ans après.

Mer­ci à ceux qui ont orga­ni­sé et immor­ta­li­sé cette rencontre.

Pre­mière partie :

httpv://youtu.be/ckIGqArQI2E

La vidéo de la par­tie ‘débat avec la salle’ arrive bien­tôt (2 heures for­mi­dables de plus 🙂 ).
Je l’a­jou­te­rai ici même.

Edit:voici les ÉCHANGES AVEC LA SALLE :

httpv://youtu.be/ymHJd_m3r5o

Il faut abso­lu­ment que je revienne vite à Genève : les mili­tants suisses font un bou­lot épa­tant sur la mon­naie (vous en ver­rez des aper­çus dans la vidéo des débats). Je vou­drais fil­mer des ate­liers consti­tuants avec Fran­çois sur la mon­naie et sur la sub­si­dia­ri­té (qu’il connaît mieux que per­sonne), et je vou­drais bien com­prendre les avan­cées que la (joyeuse et enthou­sias­mante) bande AAA+ (Assem­blée des Action­naires Actifs Posi­tifs [de la BNS, banque natio­nale suisse] : voir http://​aaa​po​si​tifs​.ch/ , https://​www​.you​tube​.com/​p​l​a​y​l​i​s​t​?​l​i​s​t​=​P​L​Y​V​U​a​e​J​f​8​O​A​A​Z​Z​p​O​0​E​q​1​S​m​z​w​d​4​L​P​h​6​C​9​s​&​a​p​p​=​d​e​s​k​top
et http://​desie​ben​thal​.blog​spot​.fr/​2​0​1​7​/​0​2​/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​–​l​a​g​–​d​e​–​l​a​–​b​n​s​.​h​t​m​l​?​m=1) est en train de mettre au point sur la comp­ta­bi­li­té moné­taire publique. Le niveau monte.

À l’oc­ca­sion, il fau­dra iso­ler en vidéos plus petites cer­tains pas­sages de cette longue ren­contre (4 heures bien utiles, de mon point de vue).
Si quel­qu’un pou­vait aus­si se dévouer pour rédi­ger le plan minu­té de cette ren­contre, ce serait super 🙂

Ami­tiés à tous.

Étienne.

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​9​8​7​0​4​6​5​9​7​317

Olivier Berruyer : « APPEL AUX DONS : J’ai VRAIMENT besoin de vous pour défendre ce blog ! » (les​-crises​.fr)

Chers amis,

Oli­vier Ber­ruyer a besoin de nous. Comme d’autres, qui résistent cha­cun à leur manière aux inti­mi­da­tions et aux médias-men­­songes de l’empire du moment, il fait l’ob­jet d’une sale cam­pagne de calom­nies croi­sées (ça me rap­pelle bien des choses). Il a besoin de sous pour se défendre et, comme nous avons besoin de lui pour nous défendre, je pense que nous devrions l’aider. 

Cha­cun fera comme il le peut, libre­ment, bien sûr, et je suis sûr qu’on l’ai­de­ra sub­stan­tiel­le­ment. Voi­ci la page par laquelle il nous appelle à l’aide :

APPEL AUX DONS : J’ai VRAIMENT besoin de vous pour défendre ce blog !


http://​www​.les​-crises​.fr/​a​i​d​e​–​j​a​i​–​b​e​s​o​i​n​–​d​e​–​v​o​u​s​–​p​o​u​r​–​d​e​f​e​n​d​r​e​–​c​e​–​b​l​og/


Je pro­fite de l’oc­ca­sion, que me donne cet appel à notre soli­da­ri­té pour défendre le bien com­mun, pour rap­pe­ler que Sté­pha­nie Gibaud, cou­ra­geuse et pré­cieuse lan­ceuse d’a­lerte, a aus­si vrai­ment besoin d’aide. Voyez ces deux liens :

http://​www​.leet​chi​.com/​c​/​s​o​l​i​d​a​r​i​t​e​–​d​e​–​g​i​b​a​u​d​–​s​t​e​p​h​a​nie

http://​lemur​de​sin​sou​mis​.fr/


Je met­trai ci-des­­sous, en com­men­taires, dif­fé­rents liens concer­nant ces bagarres pour le bien com­mun menées par de simples citoyens contre les puis­sants du moment. Vous allez voir comme les calom­nia­teurs sont vrai­ment de fief­fés men­teurs sous fausse ban­nière, et vous ver­rez comme il y a les mêmes outre-Atlan­­tique : « anti­fas » « anti­cons­pis » « anti­com­plo­tistes » du monde entier, tous unis pour aider l’Em­pire à impo­ser la guerre par­tout dans ses pro­vinces.

Je compte sur vous pour aider Oli­vier du mieux que vous le pouvez. 

Il fau­dra sans doute qu’on s’aide de plus en plus les uns les autres, au fur et à mesure que les guerres vont s’ap­pro­cher et que seront dénon­cés et mar­ty­ri­sés ceux qui s’op­posent à ces guerres.

Bon cou­rage à tous 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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[Pourriture politicienne aggravée] Les « élus » s’auto-amnistient en douce, en réduisant fortement leurs propres délais privilégiés de prescription pénale ; et, en même temps, ces gredins hors contrôle doublent les délais de prescription pour tous les autres citoyens !

Encore un bon sujet pour votre ate­lier consti­tuant quo­ti­dien : est-ce aux « élus » d’é­crire eux-mêmes les règles concer­nant les « élus » ? Et si vous répon­dez « évi­dem­ment non », écri­vez concrè­te­ment (vous-même, main­te­nant) l’ar­ticle de consti­tu­tion qui pré­voit com­ment faire autrement.

[NB : la pres­crip­tion est l’ex­tinc­tion de l’ac­tion publique après un cer­tain temps d’i­nac­tion. Elle est com­pré­hen­sible et nor­male. Ce qui est scan­da­leux, c’est que les « élus » s’oc­troient à eux-mêmes des condi­tions favo­rables de pres­crip­tion, ce qui revient à s’ab­soudre eux-mêmes de leurs propres turpitudes.]

 
Article du Canard enchaîné :

« C’est une auto-amnis­­tie, c’est abso­lu­ment incroyable dans le contexte actuel ! » s’é­trangle un haut magis­trat. L’ob­jet de son cour­roux ? Un dis­cret amen­de­ment modi­fiant la loi sur la « pres­crip­tion pénale ». Voté le 11 février, il concerne les infrac­tions dites « occultes » ou « dis­si­mu­lées », comme les abus de biens sociaux, les détour­ne­ments de fonds et autres délits finan­ciers. Aujourd’­hui, faute de loi pré­cise, la juris­pru­dence fait cou­rir le délai de pres­crip­tion à par­tir du jour où les faits sont décou­verts, et non de celui où ils sont com­mis : le but est d’empêcher que ces affaires « astu­cieuses » soient enterrées.

Douze ans de bonheur

Glis­sée, qua­si en douce, par le séna­teur LR Fran­­çois-Noël Buf­fet, rap­por­teur de la loi, une dis­po­si­tion « déro­ga­toire » bou­le­verse cette saine logique. À l’a­ve­nir, « le délai ne pour­ra excé­der douze ans » et par­ti­ra « à comp­ter du jour où l’in­frac­tion [aura] été com­mise ». Un beau cadeau octroyé au monde des affaires, qui rêvait de cette réforme depuis des lustres. Un exemple au hasard ? Révé­lé en jan­vier 2017, l’emploi, par son époux, de Péné­lope Fillon en tant qu’at­ta­chée par­le­men­taire entre 1998 et 2012 peut aujourd’­hui faire l’objet d’une enquête sur l’en­semble de ces années. Avec la nou­velle loi, les enquê­teurs ne pour­ront remon­ter que sur une période de douze ans. De 1998 à 2005, tout est oublié, péri­mé, terminé.

Détail cocasse : dans la même loi, toutes les autres infrac­tions ont, au contraire, vu leurs délais de pres­crip­tion dou­blés. Désor­mais, il fau­dra vingt ans au lieu de dix pour qu’un crime échappe aux foudres judi­ciaires, et six ans au lieu de trois s’il s’a­git d’un délit.

Et cette réforme va coû­ter bon­bon. L’é­tude d’im­pact pré­voit « de 10 000 à 25 000 affaires en plus par an », impli­quant « un coût sup­plé­men­taire annuel com­pris entre 3,7 mil­lions d’eu­ros et 9,3 mil­lions ». Voi­là qui tombe à pic pour le bud­get de la Jus­tice, sinis­tré, et pour les tri­bu­naux, qui manquent déjà de magistrats.

L’en­semble devrait être adop­té défi­ni­ti­ve­ment le 16 février par l’As­sem­blée. On ne sau­ra jamais com­bien de « ouf » de sou­la­ge­ment auront salué le vote…

Domi­nique Simon­not, Le Canard enchaîné.

 
C’est sans doute un excellent sujet pour votre ate­lier consti­tuant quo­ti­dien 🙂 Est-ce aux « élus » d’é­crire eux-mêmes les règles concer­nant les « élus » ?

À l’é­vi­dence, une fois de plus, ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir (prin­cipe fon­da­men­tal dont tout humain sur terre devrait se sen­tir per­son­nel­le­ment responsable). 

Mais alors, com­ment devrait-on, d’a­près vous, si vous étiez consti­tuant, déter­mi­ner et modi­fier les règles concer­nant le train de vie et la res­pon­sa­bi­li­té pénale des « élus » ? Qui est légi­time (et sûr) pour défi­nir le sta­tut de l’é­lu ? Les élus ? ou les citoyens ?

Faut-il, par exemple, ins­ti­tuer une Chambre de Contrôle des Élus ? tirée au sort ? capable d’a­gir en jus­tice contre ceux qu’elle contrôle et seule habi­li­tée à fixer les règles spé­ci­fiques de tous les repré­sen­tants du peuple ? Com­bien de membres ? Simples citoyens ou experts ? Quelle durée du man­dat ? Qui la sai­sit ? Peut-elle se sai­sir elle-même ?

Quels sont les sujets qu’il faut (évi­dem­ment) reti­rer de la com­pé­tence des élus ?
Leur salaire ? Leur temps de tra­vail ? Leurs obli­ga­tions d’as­si­dui­té ? Leurs indem­ni­tés ? Leur taux d’im­po­si­tion ? Leur régime social (retraite, etc.) ? Leur obli­ga­tion de rendre des comptes direc­te­ment aux citoyens ? Leur res­pon­sa­bi­li­té pénale ? Les dif­fé­rentes sanc­tions cor­res­pon­dant à leurs obli­ga­tions ? Autres ? Par­­lez-en entre vous, y com­pris avec des inconnus. 

Je vous invite à écrire des articles là-des­­sus. Et à nous faire connaître ici les pro­po­si­tions d’ar­ticles qui vous semblent utiles à notre cer­veau col­lec­tif qui gran­dit chaque jour. Ce sera, comme tout ate­lier consti­tuant, un excellent exer­cice pour vous redres­ser, pour vous trans­for­mer en sou­ve­rain, pra­ti­que­ment, concrè­te­ment, pour pas­ser de l’en­fance (élec­teur obéis­sant) à l’âge adulte (citoyen constituant). 

Bon cou­rage à tous.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​9​7​5​4​9​3​1​3​2​317

Liberté d’expression, un bon sujet pour vos prochains ateliers constituants, présenté par Normand Baillargeon

Très inté­res­sante vidéo, signa­lée par Jean Bric­mont, enquête de Marie-Eve Trem­blay publiée par ICI Grand Mont­réal, avec des inter­ven­tions par­faites d’un humain que j’ap­pré­cie au plus haut point, Nor­mand Baillar­geon :

On a le même pro­blème en France. (Je ne déve­loppe pas 🙂 )

Une consti­tu­tion digne de ce nom — c’est-à-dire écrite, et sur­tout défen­due, par des citoyens consti­tuants — ins­ti­tue­rait sans doute une vraie liber­té d’ex­pres­sion, accom­pa­gnée peut-être d’un organe de contrôle (tiré au sort ?) pour empê­cher à la fois les cen­sures illé­gi­times évo­quées dans la vidéo et les expres­sions hys­té­riques effec­ti­ve­ment dangereuses. 

Tout ça est un thème par­fait pour votre ate­lier consti­tuant de ce soir ou de demain 🙂

PS : on doit à Nor­mand la publi­ca­tion récente d’un petit livre magni­fique, « Idéaux poli­tiques » de Ber­trand Rus­sell :


http://​eco​so​ciete​.org/​l​i​v​r​e​s​/​i​d​e​a​u​x​–​p​o​l​i​t​i​q​ues

Fil FB cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​9​6​6​2​9​7​2​4​7​317

Contre toute forme de « fascisme », les ateliers constituants (Toulon du 9/2/2017, vidéo intro)

Lio­nel vient de publier le petit entre­tien que j’ai eu avec lui (à Tou­lon) juste avant de me rendre à l’a­te­lier consti­tuant du 9 février 2017.

On voit bien la crève que j’ai attra­pée à Bruxelles le same­di pré­cé­dent, et que j’ai empor­tée à Genève le same­di sui­vant. Pardon 🙂

httpv://youtu.be/7k7FHIjAdeM


Quelques res­sources utiles pour ceux qui veulent démar­rer sans moi leurs mini-ate­­liers consti­tuants conta­gieux per­son­nels (cus­to­mi­sés) 🙂

• Le très pré­cieux wiki des GV : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant

• La page ‘Calen­drier’ de l’as­so­cia­tion Citoyens consti­tuants : http://​ate​liers​cons​ti​tuants​.org/

• La page ‘Archives des ate­liers » de l’as­so­cia­tion Citoyens Consti­tuants http://​www​.les​ci​toyens​cons​ti​tuants​.org/​c​a​t​e​g​o​r​y​/​l​e​s​–​a​t​e​l​i​e​r​s​–​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​ts/

• La page du tag ‘Ate­liers consti­tuants’ de ce blog : https://www.chouard.org/tag/ateliers-constituants‑2/

• Une confé­rence assez détaillée (2h, sur l’île de La Réunion en nov 2012) pour don­ner des exemples de chan­tiers et de méthodes :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​3​/​0​7​/​0​3​/​3​3​3​–​p​r​e​p​a​r​a​t​i​o​n​–​d​–​u​n​–​a​t​e​l​i​e​r​–​c​o​n​s​t​i​t​u​ant

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​9​6​3​5​2​4​3​1​7​317


J’ai chan­gé le titre de ce billet, parce que le pas­sage impor­tant de cet entre­tien, à la fin, était mal mis en valeur par mon pre­mier titre. 

La vidéo s’est inter­rom­pue auto­ma­ti­que­ment (au bout de 20 min, tas de fer­raille… 🙂 ) alors que j’é­tais en train de dire un truc très impor­tant : les ate­liers consti­tuants sont anti­fas­cistes (mais vrai­ment, hein, radi­ca­le­ment, et sans deve­nir nous-mêmes des brutes comme les pré­ten­dus « anti­fas »), mais les ate­liers consti­tuants sont éga­le­ment anti­ca­pi­ta­listes (cou­pé dans la vidéo) : dans un peuple deve­nu consti­tuant, il n’y aura plus de place pour les tyrans, ni pour les grands mar­chands.

Il fau­dra, un de ces jours, qu’on filme une vidéo dédiée à ce double point. Ça fera aus­si un thème de cha­pitre pour un livre, sans doute 😉

Lio­nel me signale qu’il a aus­si mon­té ce petit teaser :

httpv://youtu.be/idOoAwtlZBo

[Interview RT] Le journal Le Monde devient un problème pour la Démocratie

Contrai­re­ment aux pré­ten­dus « jour­na­listes » du jour­nal « Le Monde », « jour­nal de réfé­rence » lit­té­ra­le­ment — et scan­da­leu­se­ment — ven­du à 3 mil­liar­daires, je trouve Oli­vier Ber­ruyer admi­rable et exem­plaire.

C’est, plus que jamais, l’oc­ca­sion de lire tous les jours — et de faire connaître à tous vos proches ! — un des meilleurs sites d’in­for­ma­tion du pays (Oli­vier ne me lais­se­rait pas dire ça sans ten­ter de mini­mi­ser son rôle, mais je fais ce que je veux 🙂 ), les​-crises​.fr. C’est très facile : il suf­fit de glis­ser un rac­cour­ci de son adresse dans le groupe Démar­rage du menu Démar­rer, et ce site de salut public devient alors gra­tui­te­ment votre jour­nal quo­ti­dien, un des tout meilleurs cer­veaux col­lec­tifs du pays.

Lisez ce récent billet : 

[Interview RT] Le Monde devient un problème pour la Démocratie

Oli­vier Berruyer : 

« Je com­prends mal pour­quoi Le Monde conti­nue à trou­ver d’une telle impor­tance que je sois dans leur liste Mac­car­thyste avec d’autres petits blogs.

Très bien, je me charge d’en faire de la publi­ci­té en ce cas.

Et ne me sor­tez pas le cou­plet “la télé des russes”, j’ai contac­té les Amé­ri­cains, et un des plus grands jour­na­listes amé­ri­cains, son­né par ce que vous me faites, m’a accor­dé une tri­bune invi­té dans son site…

Mer­ci beau­coup Le Monde – ce suc­cès inter­na­tio­nal, je vous le dois…

Il est impor­tant de se mobi­li­ser, sinon il va être très dif­fi­cile à n’importe qui de créer et tenir un blog, si la police du Monde veille…

(je tien­drai les lec­teurs infor­més de tous les déve­lop­pe­ments de ce dossier) » 

OB

Lire la suite :
http://​www​.les​-crises​.fr/​i​n​t​e​r​v​i​e​w​–​r​t​–​l​e​–​m​o​n​d​e​–​d​e​v​i​e​n​t​–​u​n​–​p​r​o​b​l​e​m​e​–​p​o​u​r​–​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​ie/

Source : les​-crises​.fr Oli­vier Berruyer

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​9​6​2​2​4​0​5​1​2​317

Portrait de Philippe Pascot, le chasseur d’élus crapuleux, et soutien de Philippe à l’idée des Citoyens Constituants

Un article très inté­res­sant dans la revue « Les Inro­ckup­tibles » sur notre meilleure sen­ti­nelle anti-corruption : 

Portrait de Philippe Pascot, le chasseur d’élus crapuleux


http://​www​.lesin​rocks​.com/​2​0​1​7​/​0​2​/​1​1​/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​p​o​r​t​r​a​i​t​–​d​e​–​p​h​i​l​i​p​p​e​–​p​a​s​c​o​t​–​c​h​a​s​s​e​u​r​–​d​e​l​u​s​–​c​r​a​p​u​l​e​u​x​–​1​1​9​1​1​3​32/

J’ai hâte de lire son qua­trième livre. 

Je remer­cie Phi­lippe Pas­cot du fond du cœur pour son sou­tien déter­mi­né. Il faut du cou­rage pour me défendre ain­si, mor­di­cus, et Phi­lippe sait très bien ce qu’il risque, et il le fait quand même. Ce type n’est pas seule­ment excep­tion­nel­le­ment utile au bien com­mun, il est aus­si cou­ra­geux. Un chic type. C’est émou­vant. Merci.

httpv://youtu.be/ppvM0sCbm_I

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​9​6​0​0​7​1​6​0​7​317

« En attendant la prochaine conférence de Myret Zaki et d’Etienne Chouard à Genève » : un chouette résumé de la précédente rencontre (vidéo dense, 30 min)

Chers amis,

Comme vous le savez, je retourne à Genève same­di pro­chain.

Pour nous mettre (tous) en appé­tit, Greg a pré­pa­ré un résu­mé (très dense) en 30 minutes de la pré­cé­dente rencontre :

(ça devrait bien vous plaire 🙂 )

httpv://www.youtube.com/watch?v=YyY9OXjscKU&feature=youtu.be

Mer­ci Greg 🙂


[Rap­pel] La confé­rence de 2011 (inté­grale, 2h30, 1 mil­lion de vues) :
httpv://www.youtube.com/watch?v=TLjq25_ayWM

Ah ! J’ai hâte de retrou­ver ma chère Myret ! 🙂

Quand Le Monde ressuscite L’Index de l’Église catholique… [Magnifique travail d’alerte du site les​-crises​.fr sur « Le naufrage des Décodeurs du Monde »]

Sur mon site d’in­for­ma­tion pré­fé­ré, les​-crises​.fr, je découvre un scan­da­leux (et com­plè­te­ment ridi­cule) pro­jet de Police de la Pen­sée du jour­nal Le Monde :

Pour l’ins­tant, Oli­vier a rédi­gé 5 billets (vrai­ment inté­res­sants) sur cette affaire. À mon avis, il y en aura d’autres. À suivre :

  • Billet 2 : Le Deco­dex du Monde déco­dé : du tra­vail de pro !

    Mais quel bou­lot ! Il faut lire ça : la nul­li­té de ce pro­jet « deco­dex »  (et de ses ani­ma­teurs) est confon­dante. Il faut faire connaître autour de nous le tra­vail de désen­fu­mage d’O­li­vier Berruyer.

 

Et comme le dit le grand Edward Snowden

« Le pro­blème des “Fake News” (fausses nou­velles) ne se résout pas en espé­rant faire inter­ve­nir un arbitre, mais plu­tôt parce que nous, en tant que par­ti­ci­pants, en tant que citoyens, en tant qu’utilisateurs de ces ser­vices, nous nous aidons mutuellement.

La réponse aux fausses infor­ma­tions, ce n’est pas la cen­sure. La réponse aux fausses infor­ma­tions, c’est plus d’informations, dis­cu­tées en commun.

Trop de gens dépendent d’une seule source, comme Face­book, pour s’informer. Lorsque vous allez sur votre page Face­book, c’est Face­book qui décide quelles nou­velles vous voyez sur votre page. Ils créent plus de silence qu’ils ne créent d’informations.

Vous com­pre­nez à quel point il est dan­ge­reux qu’une entre­prise puisse avoir assez de pou­voir pour remo­de­ler notre façon de penser.

Nous devons mettre en pra­tique et répandre l’idée que la pen­sée cri­tique est aujourd’hui plus impor­tante que jamais, étant don­né que les men­songes semblent deve­nir très popu­laires. »

[Edward Snow­den, News­week, Per­iscope,  https://​you​tu​.be/​B​U​C​C​C​E​K​r​U​8​oet The Inde­pen­dant – 11/2016]

 
Quand je constate que j’ap­pa­rais moi-même dans les gom­mettes oranges de ce pro­jet décon­nant (à côté de Fakir, c’est un hon­neur), je m’a­muse, car Adrien Sene­cat, pré­ten­dant éva­luer et cen­su­rer tout le pays, arrive lui-même à dif­fu­ser une fausse nou­velle (il me pré­sente comme « ex-prof », alors que je suis en train de cor­ri­ger mes copies…) en rédi­geant à peine 50 mots 🙂 C’est vrai­ment mar­rant.

 

La pré­ten­tion des pré­ten­dus « jour­na­listes », hon­teu­se­ment ven­dus aux banques et aux mil­liar­daires de l’ar­me­ment (ceci est abso­lu­ment fac­tuel), la pré­ten­tion de ces sinistres ven­dus, donc, à nous impo­ser ce que nous pour­rions lire et à nous inter­dire ce que nous ne pour­rions pas lire est à la fois révol­tante et ridicule.

Je remer­cie Oli­vier (Ber­ruyer) pour son tra­vail her­cu­léen, tous les jours et ici encore, pour nous infor­mer du mieux qu’il peut. Chez moi, le site les​-crises​.fr s’ouvre tout seul quand mon PC démarre et c’est abso­lu­ment pas­sion­nant tous les jours. 

La dif­fa­ma­tion du site les​-crises​.fr par le jour­nal Le Monde est une honte pour ce canard, qui se désho­nore encore un peu de la sorte  ; c’est une honte éga­le­ment pour la pro­fes­sion qui ne pro­teste ni contre cette dif­­fa­­ma­­tion-là, ni contre cette incroyable liste de dénon­cia­tions calom­nieuses.

Ce gros tra­vail d’O­li­vier sur le décon­nant Deco­dex est de salu­bri­té publique et mérite d’être lar­ge­ment dif­fu­sé, je trouve.

On se retrouve jeu­di à Tou­lon, et same­di à Genève. Hâte de vous revoir.

Salut à tous.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​4​9​4​8​4​3​3​2​7​2​317