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Répudiation des dettes souveraines : une ligne du temps (Éric Toussaint, CADTM)
Éric Toussaint a préparé une passionnante « TimeLine » (sorte de frise historique interactive) sur les dettes souveraines de par le monde, et cette fresque importante est publiée sur le site du CADTM :

http://www.cadtm.org/Repudiation–des–dettes–souveraines
À connaître et à faire connaître.
Présentation par le CADTM :
« Depuis le début du 19e siècle, de nombreux États ont perdu leur autonomie, de l’Amérique Latine à la Tunisie, l’Égypte, l’Empire Ottoman ou encore la Grèce. La dette a été utilisée comme une arme de domination et de spoliation.
Contrairement à la narration dominante, les pays de la périphérie endettés ne sont pas responsables des crises de dettes souveraines, qui la plupart du temps trouvent leur origine dans les pays capitalistes les plus puissants et se transforment en crises de grande échelle qui impactent les pays de la périphérie. Ce ne sont pas les dépenses publiques excessives mais plutôt les conditions imposées par les créanciers qui entraînent l’accumulation de dettes insoutenables. Les crises de la dette et leurs conséquences sont toujours gérées au profit des grandes banques et des gouvernements des grandes puissances, qui les soutiennent. Les classes dominantes des pays endettés sont complices.
Cette dictature de la dette n’est pas inéluctable. Au cours des 2 derniers siècles, plusieurs États ont répudié leur dette avec succès. Éric Toussaint passe en revue les répudiations réalisées par le Mexique, les États-Unis, Cuba, le Costa Rica et la Russie des soviets.
Cette chronologie captivante, sous la forme du ligne du temps illustrée, donne des points de repère indispensables pour comprendre la mécanique implacable de la dette et l’évolution du monde capitaliste au cours des deux derniers siècles.
Pour mieux comprendre cette ligne du temps, il est recommandé de lire le livre « Le Système dette » qui sera publié le 8 novembre 2017 par les éditions Les Liens qui Libèrent. »
CADTM
Cette histoire mondiale de la résistance populaire aux usuriers devrait faire partie de la culture générale de tout citoyen du monde digne de ce nom, et c’est à lire là : http://www.cadtm.org/Repudiation–des–dettes–souveraines
Je rappelle que UN ÉTAT DIGNE DE CE NOM N’EMPRUNTE PAS LA MONNAIE DONT IL A BESOIN POUR LES SERVICES PUBLICS, IL LA CRÉE.
LE CONCEPT MÊME DE « DETTE PUBLIQUE » EST UN AVEU DE TRAHISON DES « REPRÉSENTANTS ».
Chaque citoyen du monde devrait absolument connaître le CHARTALISME : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chartalisme
ÉLUS POURRIS ET IMPUNIS bien dénoncés par Philippe Pascot
Je trouve Philippe Pascot de plus en plus pugnace et efficace.
httpv://youtu.be/XFqmMdlJ_i0
Merci Philippe, pour nous tous.
Lisez (et faites lire autour de vous) les livres de Pascot : ce sont des bombes contre les crapules qui nous oppriment.
Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir. C’est aux simples citoyens (donc à l’exclusion absolue de tous les professionnels de la politique) d’écrire et de modifier la constitution, c’est-à-dire les modalités pratico-pratiques de la puissance populaire et les contrôles pratico-pratiques de tous les pouvoirs.
La solution à l’impuissance populaire ne viendra pas des « élus », jamais.
Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour nous émanciper, devenir adultes politiques, par éducation populaire, dans nos mini-ateliers constituants, prolifiques et contagieux.
Un citoyen digne de ce nom est constituant et vigilant. Sinon, c’est un enfant.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155737380837317

Rendez-vous à Nice, les 3 et 4 novembre 2017, pour travailler sur la création monétaire, sur l’endettement général de la société, sur le martyr des Grecs, précurseur des ravages à venir pour tous les pays endettés par l’UE, Usure Européenne, et sur les solutions possibles
Je vous donne rendez-vous les 3 et 4 novembre à Nice où je suis invité par le CNR 06 pour réfléchir ensemble à la (scandaleuse) création monétaire privée, à la (scandaleuse) dette publique, à l’exemple du (scandaleux) martyr des Grecs sur l’autel de l’UE (Usure Européenne), sur la responsabilité centrale de nos « représentants » « élus », et sur les solutions possibles.
De mon point de vue, notre pays est désormais gouverné par les (serviteurs des) banquiers (usuriers de métier) qui détruisent un à un tous les services publics, toutes les institutions de sécurité sociale, volent nos impôts, pillent les biens publics, et installent progressivement les conditions du chaos. Trahis par les prétendues « élites », nous sommes en train de devenir une colonie d’un empire. Mais nous sommes gouvernés par les usuriers parce que nous l’acceptons — en adorant le faux « suffrage universel » qui, pourtant, toujours et partout, donne littéralement le pouvoir aux riches. Un peuple devenu constituant reprendrait la création monétaire aux banques privées et instituerait lui-même les conditions durables de sa prospérité, à commencer par sa puissance politique, au quotidien, loi par loi.

La rencontre s’intitule « QUI VEUT LA PEAU DE LA FRANCE ? Université populaire du 06 sur la dette et la création monétaire, et sur les possibilités de résistance des communes ».
J’aurai le plaisir de m’entretenir avec https://youtu.be/2rJmom6StXw sur le cas terrible de la Grèce, et avec René Teboul sur la monnaie et la dette.
Je dois intervenir deux fois : le vendredi soir, je prévois de travailler le problème : le mode opératoire et les conséquences dramatiques de l’endettement général (en utilisant notamment les exemples des PSD, de la Grèce et de la France) ; et le samedi matin, je compte envisager les solutions : les alternatives, monétaires et institutionnelles (elles sont fortement interdépendantes), et ce que nous pouvons faire personnellement pour les mettre en place bientôt.
Pour que vous puissiez vous faire une idée des autres personnes qui sont invitées à cette rencontre, je vous signale ces deux documents :
• Kristina KOMI résume ici l’épouvantable laboratoire grec à partir de la minute 4’30 (et le MES à partir de 7’10) :
httpv://www.youtube.com/watch?v=2rJmom6StXw
• René TEBOUL a produit ce document, très intéressant, contre la (délirante mais dominante) « théorie de l’offre » :
« La théorie de l’offre au cœur de la politique économique libérale » :
http://uppae.fr/wp-content/uploads/2017/06/La-the%CC%81orie-de-loffre.docx
—
Le lieu de cette rencontre, paraît-il très agréable, est le Relais International de la Jeunesse « Clairvallon » :
http://www.clajsud.com/relaisclajnice.html
L’événement Facebook explique comment on s’inscrit : https://www.facebook.com/events/131091610980578
On peut trouver ces informations hors de Facebook, sur le blog de Lucien Pons :

http://lucien-pons.over-blog.com/2017/10/l‑association-comite-pour-une-nouvelle-resistance-cnr-organise-sa-premiere-universite-populaire-qui-veut-la-peau-de-la-france.html
Je viendrai avec une valise de bouquins importants sur ces sujets essentiels 🙂
J’ai hâte de vous y retrouver 🙂
Étienne.
Les élites n’ont plus aucune crédibilité. Une interview passionnante du journaliste Chris Hedges (traduite par le Saker francophone)
Le Saker francophone vient de traduire un nouvel entretien de David North avec Chris Hedges, que je trouve admirable, daté du 6 octobre 2017 sur le Word Socialist Web Site :

David North : – Comment interprétez-vous cette fixation sur la Russie et toute cette réinterprétation de l’élection présidentielle comme si elle avait été manipulée par Poutine ?
Chris Hedges : – C’est aussi ridicule que pour les armes de destruction massive de Saddam Hussein. C’est une accusation absolument non fondée utilisée pour instiller cette idée très effrayante : les critiques du capitalisme d’entreprise et de l’impérialisme sont des agents étrangers travaillant pour la Russie.
Je ne doute pas que les Russes investissent temps, énergie et argent pour tenter d’influer sur les événements ayant cours aux États-Unis de manière à servir leurs intérêts, comme nous l’avons fait et le faisons encore en Russie et dans bien d’autres pays du monde. Je ne dis donc pas qu’il n’y a pas eu d’influence ou tentative d’influence sur certains événements.
Mais l’idée que les Russes aient pu faire basculer les élections en faveur de Trump est absurde. Tout cela est fondé sur l’affirmation non prouvée que la Russie a fourni les courriels piratés de Podesta à WikiLeaks, et que leur publication a poussé des dizaines, voir des centaines de milliers de partisans de Clinton à voter Trump. Cela n’a aucun sens. Soit ça, soit, selon le directeur du renseignement national, que Russia Today America, où j’anime une émission, a manipulé tout le monde pour qu’ils votent pour le Green Party.
Cette obsession pour la Russie est une tactique utilisée par l’élite dirigeante, en particulier le Parti démocrate, afin d’éviter de faire face à une réalité très désagréable : leur impopularité est le résultat de leur politique de désindustrialisation et de l’assaut contre les travailleurs et les pauvres de couleur. C’est le résultat d’accords commerciaux désastreux comme l’ALENA qui ont supprimé des emplois syndiqués bien rémunérés et les ont expédiés dans des endroits comme le Mexique, où les travailleurs sans avantages sociaux reçoivent 3 $ de l’heure. C’est le résultat de l’explosion d’un système d’incarcération de masse, entamé par Bill Clinton avec sa loi sur la criminalité de 1994, qui a entrainé le triplement et le quadruplement des peines d’emprisonnement. C’est le résultat de la réduction des services gouvernementaux de base, y compris, bien sûr, ceux du service de santé, que Clinton a éviscérés ; la déréglementation, une infrastructure en décomposition, qui touche même les écoles publiques, et l’évitement fiscal de facto par les entreprises. C’est le résultat de la transformation du pays en une oligarchie. La révolte nativiste de droite et l’insurrection avortée au sein du Parti démocrate ont du sens quand on voit ce qu’ils ont fait au pays.
Les forces de police ont été transformées en entités quasi militaires qui terrorisent les communautés marginales, où les gens ont été privés de tous leurs droits et sur qui on peut tirer en toute impunité. Plus de trois personnes sont tuées par jour, c’est un fait. L’État tire sur les pauvres gens de couleur ou les emprisonne comme une forme de contrôle social. Et il est tout disposé à employer la même forme de contrôle social sur n’importe quel autre segment de la population qui deviendrait rétive.
Le Parti démocrate, en particulier, conduit toute cette chasse aux sorcières russe. Il ne peut pas reconnaître sa complicité dans la destruction de nos libertés civiles, mais rappelez-vous que l’attaque de Barack Obama contre les libertés civiles a été pire que celle de George W. Bush, et dans la destruction de notre économie et de nos institutions démocratiques.
Des politiciens comme les Clinton, Pelosi et Schumer sont des créations de Wall Street. C’est pourquoi ils ont été si virulents pour repousser les partisans de Sanders dans le Parti démocrate. Sans l’argent de Wall Street, ils n’auraient pas le pouvoir politique. Le Parti démocrate ne fonctionne pas comme un vrai parti. Il s’agit surtout de mobiliser une masse de gens et d’en faire un outil de relations publiques en agitation perpétuelle, tout cela financé par des grosses entreprises. La base du parti n’a pas vraiment son mot à dire dans sa direction ou la politique qu’il mène, comme l’ont découvert Bernie Sanders et ses partisans. Ils ne sont que des accessoires dans un théâtre politique stérile.
Les élites de ce parti, rongées par la cupidité, la myopie et un profond cynisme, ont une emprise mortelle sur le processus politique. Elles ne vont pas lâcher prise, même si tout doit imploser.
– Chris, vous avez travaillé pour le New York Times. Quand était-ce, exactement ?
– De 1990 à 2005.
– Puisque vous avez l’expérience de cette institution, quels changements y voyez-vous ? Nous savons qu’elle s’est faite un lectorat parmi la classe moyenne supérieure aisée.
– Le New York Times cible les 30 millions d’Américains formant la classe moyenne supérieure et les riches. C’est un journal national ; seul environ 11% de son lectorat réside à New York. Il est très facile de voir à qui s’adresse leTimes en consultant ses sections spéciales sur l’immobilier, la mode, les affaires ou le tourisme. Ici, des articles expliquent la difficulté d’entretenir, par exemple, une deuxième maison dans les Hamptons. Il lui arrive de faire de bonnes enquêtes, bien que peu souvent. Il couvre les affaires étrangères. Il reflète essentiellement la pensée des élites. Je lis le Times tous les jours, peut-être pour équilibrer la lecture de votre site web.
– Eh bien, j’espère que nous lire fait plus que de l’équilibrer.
– Oui, c’est le cas. Le Times a toujours été une publication élitiste, mais il a complètement embrassé l’idéologie du néo-conservatisme et du néolibéralisme dans une période de détresse financière, quand Abe Rosenthal en était le rédacteur en chef. C’est lui qui a créé les sections spéciales s’adressant à l’élite. Et il a imposé une censure de facto pour exclure les critiques du capitalisme sans entraves et de l’impérialisme, tels que Noam Chomsky ou Howard Zinn. Il a harcelé des journalistes comme Sydney Schanberg, qui a défié les promoteurs immobiliers de New York, ou Raymond Bonner, qui a enquêté sur le massacre El Mozote au Salvador.
Il déjeunait chaque semaine, avec son éditeur, William F. Buckley. Cette bascule dans les bras des forces les plus rétrogrades du capitalisme d’entreprise et des partisans de l’impérialisme américain a, pendant un certain temps, permis au journal de devenir très rentable. Puis l’essor de l’internet, la perte d’annonces publicitaires, qui représentaient environ 40% de l’ensemble des revenus des journaux, ont touché le Times comme tous les autres. L’information papier a perdu le monopole qui autrefois reliait les vendeurs aux acheteurs. Les journaux sont piégés dans un vieux système d’information sur lequel ils collent une étiquette d’« objectivité » et d’« équilibre », des formules conçues pour cacher le fait qu’ils servent les puissants et les riches et obscurcissent la vérité. Mais, comme toutes les cours byzantines, le Times continuera à s’accrocher à son Saint Graal.
Le sérieux intellectuel du journal, en particulier la Revue des livres et la Revue de la semaine, a été dégradé par Bill Keller, lui-même un néocon, qui, en tant que chroniqueur, fut une des pom-pom girls de la guerre en Irak. Il a amené des personnages comme Sam Tanenhaus. À ce moment-là, le journal a embrassé, sans aucune dissidence, l’idéologie utopique du néolibéralisme et la primauté du pouvoir des grandes entreprises comme étant la voie inévitable du progrès humain. Le Times, comme les écoles de commerce, les départements d’économie des universités et les experts promus par le milieu des grosses entreprises, ont propagé l’idée absurde que nous serions tous mieux lotis si nous prosternions tous les secteurs de la société devant les exigences du marché. Il faut une sorte de stupidité incroyable pour y croire. On a vu des étudiants de la Harvard Business School faire des études de cas sur Enron et de son brillant business model, jusqu’à ce qu’Enron s’effondre et soit exposé comme une gigantesque escroquerie. En réalité cela n’a jamais été un débat d’idées. C’était juste de la pure cupidité. Elle a été imposée par des personnes soi-disant les mieux instruites parmi nous, comme Larry Summers, qui propageait le mensonge que notre déclin est dû à des niveaux d’instruction déficients. Il est surtout dû à une élite amorale et en faillite et aux institutions financières criminelles qui les ont rendus riches.
La pensée critique, sur la page opinion, la Revue de la semaine ou la Revue des livres, qui n’avait jamais été très pointue, s’est complètement évaporée sous Keller. La globalisation y était au-delà de toute critique. Le Times, comme toutes les institutions d’élite, est devenu une chambre d’écho hermétiquement scellée ; ils ne se rendent pas compte à quel point ils sont devenu ridicules et à coté de la plaque. Thomas Friedman et David Brooks pourraient tout aussi bien écrire pour The Onion.
Je travaillais à l’étranger. Je n’étais pas très présent dans la salle de rédaction, mais le journal est un endroit confit d’angoisse. Les règles ne sont pas écrites sur les murs, mais tout le monde connaît, même si elle n’est pas clairement articulée, la devise non officielle du journal : ne pas s’aliéner de manière significative ceux sur qui nous dépendons pour l’argent et l’accès ! Vous pouvez quelquefois les critiquer. Mais si vous êtes un journaliste sérieux, comme Charlie Leduff ou Sydney Schanberg, qui veulent donner une voix à des gens qui n’en ont pas ou aborder les questions raciales, de classe, d’exploitation capitaliste ou d’empire, vous pouvez alors rapidement devenir un problème pour la direction et être expulsé. Ceux qui progressent dans ce type d’organisation et détiennent le pouvoir sont des carriéristes avérés. Leur loyauté est à la mesure de leur ambition et de la stature et la rentabilité de l’institution, ce qui explique pourquoi la hiérarchie du journal est remplie de gens médiocres. Le carriérisme est le plus grand talon d’Achille du journal. Il ne manque pas de talent. Mais il manque d’indépendance intellectuelle et de courage moral. Cela me rappelle Harvard.
– Revenons à cette histoire de piratage russe. Vous avez soulevé la capacité de générer une histoire, qui n’a absolument aucun fondement factuel, rien que des affirmations de diverses agences de renseignement, présentées comme une information ne pouvant être remise en question. Quelle est votre avis sur ce point ?
– Les réseaux d’informations télévisées, notamment CNN et MSNBC, ne font pas de journalisme, ou à peine. Leurs célèbres journalistes ne sont que des représentants de l’élite. Ils amplifient et spéculent sur les commérages de la cour, ce que sont toutes les accusations à propos de la Russie, et ils répètent ce qu’on leur dit de répéter. Ils sacrifient le journalisme et la vérité pour l’audience et le profit. Ces informations câblées constituent l’un des nombreux flux de revenus d’une structure d’entreprise. Ils sont en concurrence avec d’autres sources de revenus. Le directeur de CNN, Jeff Zucker, qui a aidé à créer la personnalité fictive de Donald Trump dansCelebrity Apprentice, a transformé la politique sur CNN en une émission de télé-réalité 24 heures sur 24. Toute nuance, ambiguïté, signification et profondeur, ainsi que tout fait vérifiable, sont sacrifiés pour un divertissement salace. Le mensonge, le racisme, la bigoterie et les théories du complot sont publiés et considérés comme de l’information sérieuse, souvent par des personnes dont le trait de caractère dominant est leur déséquilibre. C’est de l’information burlesque.
Je faisais partie de l’équipe d’enquête du New York Times pendant la période précédant la guerre en Irak. J’étais basé à Paris et couvrait al-Qaïda en Europe et au Moyen-Orient. Lewis Scooter Libby, Dick Cheney, Richard Perle et peut-être quelqu’un travaillant pour une agence de renseignement, allaient confirmer toute l’histoire que l’administration tentait de lancer. Les règles journalistiques du Times disent que vous ne pouvez pas publier un article basé sur une unique source. Mais si vous avez trois ou quatre sources prétendument indépendantes confirmant le même récit, alors vous pouvez y aller, c’est ce qu’ils ont fait. L’article n’a pas enfreint les règles enseignées à l’école de journalisme de Columbia, et malgré tout, ce qu’ils ont écrit était pur mensonge.
Tout l’exercice relevait du burlesque. La Maison Blanche allait raconter une histoire bidon à Judy Miller ou à Michael Gordon, puis ensuite déclarerait :« comme le Times le montre… ». Cela a permis de donner à ces mensonges le vernis de l’indépendance et du journalisme de renom. Ce fut un échec institutionnel massif, que le journal n’a jamais reconnu.
– La CIA invente l’histoire, puis le Times la vérifie auprès de ceux qui l’ont inventée.
– Ce n’est pas toujours inventé. Et cela n’est pas venu de la CIA. La CIA ne soutenait pas l’hystérie sur les « armes de destruction massive ».
– Ça marche aussi dans l’autre sens ?
– Bien sûr. Parce que si vous essayez d’avoir accès à un haut fonctionnaire, vous allez constamment faire des demandes, et ce sera ces fonctionnaires qui décideront quand ils veulent vous voir. Et quand ils veulent vous voir, c’est généralement parce qu’ils ont quelque chose à vous vendre.
– Le discours anti-russe des médias a été adopté par de larges portions de ce qui se présente comme la « gauche ».
– Eh bien, ne me lancez pas sur la gauche américaine. Tout d’abord, il n’y a pas de gauche américaine, pas de gauche digne de ce nom, qui comprenne les théories politiques ou révolutionnaires, qui soit imprégnée d’étude économique, qui comprend comment fonctionnent les systèmes de pouvoir, en particulier le pouvoir corporatif et impérial. La gauche est prise dans le même genre de culte de la personnalité qui afflige le reste de la société. Elle se concentre sur Trump, comme si Trump était le problème central. Trump est le résultat, le symptôme d’un système défaillant et d’une démocratie dysfonctionnelle, il n’est pas la maladie.
Si vous tentez de débattre de cela avec la plupart de ceux qui sont supposément de gauche, ils réduisent la discussion à cette vision caricaturale de la politique.
La gauche sérieuse dans ce pays a été décimée. Cela a commencé avec la suppression des mouvements radicaux sous Woodrow Wilson, puis les « Red Scares » dans les années 1920, quand ils ont pratiquement détruit notre mouvement syndical et notre presse radicale, puis toutes les purges des années 1950. Pour faire bonne mesure, ils ont purgé la classe libérale – regardez ce qu’ils ont fait à Henry Wallace – de sorte que les « libéraux » de la guerre froide assimilaient le capitalisme à la démocratie et l’impérialisme à la liberté. J’ai vécu en Suisse et en France. Il y a encore quelques restes d’une gauche militante en Europe, ce qui donne aux Européens une base sur laquelle s’appuyer. Mais ici, nous avons presque à recommencer de zéro.
Je me bats en permanence contre les Antifas et le Black Bloc. Je pense qu’ils sont une sorte de poster pour enfants pour ce que je considérerais comme une phénoménale immaturité politique. La résistance n’est pas une forme de catharsis personnelle. Nous ne combattons pas la montée du fascisme dans les années 1930. Les élites que nous devons renverser ont déjà le pouvoir. Et à moins que nous ne construisions un vaste mouvement de résistance populaire, qui exigera beaucoup de patience et d’organisation parmi les travailleurs et les travailleuses, nous allons être progressivement terrassés.
Trump n’est donc pas le problème. Mais cette phrase seule va tuer la plupart des discussions avec des gens qui se considèrent comme faisant partie de la gauche.
Le pouvoir des grandes entreprises rend très difficile de gagner sa vie si vous vous accrochez à cette critique radicale. Vous ne serez jamais titularisé. Vous n’obtiendrez probablement pas de rendez-vous académiques. Vous ne gagnerez pas de prix. Vous ne recevrez pas de subventions. Le New York Times, si même il décidait d’examiner votre livre, le remettrait à un mandarin dévoué comme George Packer pour qu’il le détruise, comme il l’a fait avec mon dernier livre. Les écoles d’élite, et j’ai enseigné en tant que professeur invité dans quelques-unes d’entre elles, Princeton et Columbia par exemple, reproduisent la structure et les objectifs des entreprises. Si vous voulez passer par un comité de doctorat, vous devez le jouer vraiment, vraiment, en toute sécurité. Vous ne devez pas contester la position favorable aux grandes entreprises qui imprègne l’institution et est imposée par des dons de celles ci et les diktats des riches anciens étudiants. La moitié des membres de la plupart de ces conseils d’administration devraient être en prison !
Au XVIIe siècle en Grande-Bretagne, la spéculation était un crime. Les spéculateurs étaient pendus. Aujourd’hui, ils dirigent l’économie et le pays. Ils ont accaparé les richesses pour détruire la vie intellectuelle, culturelle et artistique du pays et étouffer notre démocratie. Il y a un mot pour ces gens : des traîtres.
– Quel est, selon vous, l’impact de la politique identitaire aux États-Unis ?
– Eh bien, la politique identitaire montre bien l’immaturité de la gauche. Le pouvoir des grandes entreprises a adopté la politique identitaire. Nous avons vu où la politique identitaire nous a amenés avec Barack Obama, pire que nulle part. Il n’était, comme l’a dit Cornel West, qu’une mascotte noire pour Wall Street, et maintenant il donne des conférences très bien payées en récompense pour nous avoir vendus.
Mon anecdote préférée à propos de la politique identitaire : Cornel West et moi-même, ainsi que d’autres, avons dirigé une marche des sans-abris à la session de la Convention nationale démocrate, à Philadelphie. Il y avait un rassemblement cette nuit-là, des centaines de personnes, surtout des partisans de Bernie Sanders en colère. On m’avait demandé de venir y parler. Et dans l’arrière-salle, il y avait un groupe de jeunes militants qui disait : « Nous ne laisserons pas le Blanc parler en premier ». Puis l’un d’eux se leva et prononça un discours enjoignant tout le monde à voter pour Hillary Clinton. C’est en quelque sorte là où la politique d’identité vous mène. Il y a une grande différence entre les leurres qu’utilisent le capitalisme d’entreprise et l’impérialisme, comme Corey Booker et Van Jones, et de véritables militants comme Glen Ford et Ajamu Baraka. Le pouvoir des grandes entreprises sélectionne et encourage soigneusement les femmes ou les personnes de couleur qui vont servir de leurres, de masques, pour mieux cacher leur cruauté et leur exploitation des gens.
De toute évidence, il est extrêmement important que ces voix soient entendues, mais pas celles qui sont vendues à l’élite au pouvoir. Le mouvement féministe en est un parfait exemple. Le vieux féminisme, que j’admire, le genre de féminisme d’Andrea Dworkin, était d’autonomiser les femmes opprimées. Cette forme de féminisme n’a pas tenté de justifier la prostitution en tant que travail sexuel. Il savait qu’il est tout aussi injuste d’abuser d’une femme dans un atelier de misère que dans le commerce du sexe. La nouvelle forme de féminisme est un exemple du poison du néolibéralisme. Il s’agit d’avoir une femme PDG ou une femme présidente, qui, comme Hillary Clinton, servira les systèmes d’oppression. Cette forme de féminisme prétend que la prostitution n’est qu’une question de choix. Quelle femme, ayant un revenu stable et la sécurité, choisirait d’être violée pour gagner sa vie ? La politique identitaire est une non-politique.
– Je crois que vous avez parlé lors d’une conférence sur la Convergence socialiste où vous avez critiqué Obama et Sanders, et vous avez été hué.
– Ah oui ? Je ne m’en souviens même pas. J’ai été hué pour avoir critiqué Obama dans beaucoup d’endroits, y compris à Berkeley. J’ai dû supporter cela pendant longtemps en tant que supporter et auteur des discours de Ralph Nader. Les gens n’aiment pas que l’illusion qu’ils entretiennent pour leurs personnalités, leurs acteurs, leurs sauveurs politiques, soit brisée ; toutes des personnalités créées par les industries de relations publiques. Ils ne veulent pas faire le dur travail de comprendre vraiment comment le pouvoir fonctionne et de s’organiser pour le faire changer.
– Vous avez mentionné que vous lisiez le World Socialist Web Site depuis un certain temps. Vous savez que nous sommes tout à fait en dehors de ce cadre.
– Je ne suis pas marxiste. Je ne suis pas trotskiste. Mais j’aime le site. Vous faites des analyses sérieuses sur des questions importantes et d’une manière différente des autres sites. Vous vous souciez de choses qui sont importantes pour moi : l’incarcération de masse, les droits et les luttes de la classe ouvrière et les crimes de l’empire. Je suis depuis longtemps un lecteur du site.
– Une grande partie de ceux qui prétendent être de gauche, c’est-à-dire la pseudo-gauche, reflète les intérêts de la classe moyenne aisée.
– Précisément. Pendant que tout le monde est en train de plaider pour le multiculturalisme dans les institutions dirigeantes, cela signifie en réalité filtrer quelques personnes de couleur ou des femmes dans les départements universitaires ou les salles de rédaction, tout en lançant cet assaut économique contre les travailleurs pauvres et en particulier les pauvres de couleur vivant dans les poches désindustrialisées des États-Unis. Très peu de ces multiculturalistes arrivent à en prendre conscience. Je suis tout à fait pour la diversité, mais pas quand celle-ci est aux dépens de la justice économique. Cornel West a été l’un des grands champions, non seulement de la tradition prophétique noire, la plus importante tradition intellectuelle de notre histoire, mais aussi un appel au clairon pour la justice, sous toutes ses formes. Il ne peut y avoir de justice raciale sans justice économique. Et tandis que ces institutions élitistes incorporent quelques marionnettes symboliques dans leur hiérarchie, elles continuent à brutaliser la classe ouvrière et les pauvres, en particulier les pauvres de couleur.
Une grande partie de la gauche est trompée par le stratagème de la politique identitaire. C’est un activisme de boutiquier. Il permet au système des grosses entreprises, celui que nous devons détruire, de rester intact. Il lui donne même un visage amical.
– Revenons à la question de la Russie : où cela nous mène-t-il ? Cette atteinte aux droits démocratiques est-elle si sérieuse ? Nous appelons cela le nouveau maccarthysme. Est-ce, à votre avis, une analogie légitime ?
– Oui, bien sûr, c’est du maccarthysme nouveau. Mais reconnaissons à quel point nos voix sont presque inaudibles.
– Je ne suis pas d’accord avec vous là-dessus.
– Eh bien, non audible dans le sens où nous ne sommes pas entendus par la masse populaire. Quand je vais au Canada, je suis sur CBC aux heures de grande écoute. C’est la même chose en France. Cela n’arrive jamais ici. PBS etNPR ne vont jamais le faire. Ils ne vont pas non plus le faire pour tout autre critique sérieux du capitalisme ou de l’impérialisme.
S’il y a un débat sur l’attaque contre la Syrie, par exemple, le débat portera sur bombarder la Syrie ou bombarder la Syrie et envoyer des troupes, comme si c’était les deux seules options. De même avec les soins de santé. Allons-nous adopter Obamacare, une création de la Heritage Foundation, en ligue avec les industries pharmaceutique et les assurances, ou pas d’assurance santé ? Les soins de santé universels pour tous ne sont pas discutés. Nous sommes donc en marge. Mais cela ne signifie pas que nous ne sommes pas dangereux. Le néolibéralisme et la mondialisation sont des idéologies zombies. Elles n’ont plus de crédibilité. L’escroquerie a été découverte. Les oligarques mondiaux sont haïs et vilipendés. L’élite n’a aucun contre-argument face à notre critique. Ils ne peuvent donc pas se permettre de nous avoir dans leurs pattes. À mesure que l’élite du pouvoir deviendra plus effrayée, ils utiliseront des formes de contrôle plus sévères, y compris l’instrument contondant de la censure et de la violence.
– Je pense que cela peut être une grosse erreur de se concentrer sur le sentiment d’isolement ou de marginalisation. Je vais faire une prédiction. Vous aurez, probablement plus tôt que vous ne le pensez, plus de demandes d’interviews et de temps de télévision. Nous sommes dans une période de crise politique colossale. Nous allons voir de plus en plus l’émergence de la classe ouvrière comme force politique puissante.
– C’est pourquoi nous sommes une cible. Avec la banqueroute de l’idéologie dominante, la faillite de la classe libérale américaine et de la gauche américaine, ceux qui tiennent à la profondeur intellectuelle et à l’examen des systèmes de pouvoir, y compris dans l’économie, la culture et la politique, doivent être réduits au silence.
Chris Hedges
Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone
Source : Le Saker francophone, http://lesakerfrancophone.fr/les–elites–nont–plus–aucune–credibilite–une–interview–du–journaliste–chris–hedges
Fil Facebook correspondant à ce billet :
Emmanuel Todd (2013) : « la notion même d’austérité est véhiculée par des pourris ! »
httpv://www.youtube.com/watch?v=iaN_1ojdeok
« Toute personne qui prône l’austérité devrait faire l’objet d’une enquête de moralité »…
Retranscription (merci Nicole Aune 🙂 ) :
Emmanuel Todd.
« La notion même d’austérité est véhiculée par des pourris ! »Avril 2013
« Jean-Jacques Bourdin : et tous ces dirigeants, chefs du gouvernement, chefs d’Etat, professeurs d’austérité ou de rigueur à travers l’Europe qui sévissent… La rigueur, l’austérité c’est le dogme.
Emmanuel Todd : mais là, ce qui est formidable, c’est que la vérité est en train de sortir sur les partisans de l’austérité. Je trouve que l’affaire Cahuzac est une très bonne nouvelle pour la démocratie en France. Cahuzac s’était fait une image… Il s’occupait du budget, il était là pour tenir les comptes de l’État, pour mettre en place la rigueur et l’austérité, et tout d’un coup on s’aperçoit que le type qui est là pour gérer l’austérité, le père la Vertu est un pourri. Ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est s’imaginer que c’est une exception ! En vérité, tout ce qui sort petit à petit, c’est que la notion même d’austérité est véhiculée par des gens qui ne sont pas nets, est véhiculée par des pourris.
Jean-Jacques Bourdin : ils ont des rapports étranges avec l’argent
Emmanuel Todd : je vais vous donner les deux exemples, les pères la vertu : Monti en Italie et le mec de la banque centrale Draghi, qui sont des gens qui avaient des liens avec la banque Goldman Sachs, donc avec la spéculation. Et le dernier exemple qui vient de sortir, c’était dans toute la presse, un article fait par deux professeurs, publié dans une revue de Harvard, qui essayaient d’établir que les pays à gros déficit public avaient de grosses difficultés. Et ce qu’il vient d’exploser c’est que l’article n’est pas sérieux, fonctionne avec un calcul qui est faux, ça veut dire que la corruption a atteint la science.
Maintenant je vous propose une règle opératoire et je le propose à tous les gens qui s’occupent d’informations et de journalisme : Toute personne qui prône l’austérité devrait faire l’objet d’une enquête de moralité. Les gens pour lesquels on devrait exiger la transparence, ce sont les gens qui réclament l’austérité. C’est systémique, c’est quoi, l’austérité ? On culpabilise les gens, on leur dit : l’État a trop dépensé et l’Etat c’est les Français. On essaye de culpabiliser le citoyen de base sur le budget de l’État.
C’est quoi la dette publique ? Ce sont des riches qui ont prêté leur trop d’argent à l’État. Donc les gens qui gèrent la rigueur, les gens qui veulent maintenir l’État en état de servir les intérêts de la dette publique sont des gens qui travaillent pour les riches.
Jean-Jacques Bourdin : les financiers, les marchés financiers…
Emmanuel Todd : je veux dire que la rigueur, c’est quelque chose qui a pour objet d’éviter ce qui apparaîtra un jour comme inévitablement nécessaire, c’est-à-dire le défaut sur les dettes. Hier, je lisais un article sur le grand journal financier anglais Financial Times, un article qui disait que les banquiers centraux ne comprenaient plus ce qu’il se passait, il y avait l’expression “ volent à l’aveugle “… Je dirais ça aux gens, ils seraient dans un état d’inquiétude extrême sur les classes dirigeantes, mais c’était écrit noir sur blanc sur le Financial Times d’hier.
Ce qui me fascinait, c’est que, évidement les banquiers centraux (ou pas, d’ailleurs) ne peuvent pas comprendre ce qui se passe parce qu’ils ne peuvent pas accepter la réalité de ce qui se passe.
C’est quoi la réalité de ce qui se passe ? Les inégalités ont fortement augmenté dans l’ensemble du monde. Les inégalités, c’est l’écrasement des revenus des gens d’en bas (les gens d’en bas, c’est tout le monde pour moi), et l’accumulation exagérée de pognon (disons les choses par leur petit nom simple et familier) en haut de la structure sociale ; et les gens qui sont en haut de la structure sociale et qui ont déjà trop d’argent prêtent cet argent (parce que les riches ont leurs problèmes et il faut faire quelque chose de cet argent) et il est évident que tous les mécanismes de correction, de gestion de la dette, etc. des sociétés avancées ne peuvent pas fonctionner si de plus en plus d’argent va aux gens qui ont trop d’argent.
Donc, inévitablement, le mur de la réalité qui est devant tous les gouvernements occidentaux et le gouvernement français en particulier, c’est que, si on veut faire redémarrer les économies occidentales, il va falloir effacer des dettes, il va falloir spolier les riches. Moi ça ne me fait pas peur. »

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155700616642317
Bruno Parmentier : Nourrir l’humanité ? [Thinkerview, EN DIRECT]
Ce type est passionnant, et c’est maintenant 🙂
httpv://www.youtube.com/watch?v=l9VGz9Lrt70
Merci Thinkerview 🙂
Olivier Berruyer résume l’essentiel économique en 1min20 : LES USA LITTÉRALEMENT PILLÉS PAR LES 1%
Remarquable Olivier Berruyer (en déc 2013, l’essentiel éco en 1 minute 20) :
les USA littéralement pillés par les 1%
httpv://www.youtube.com/watch?v=VywB2SXWi_I&feature=youtu.be
« Le 1 % le + riche a capté TOUTE la richesse créée, et a continué à piquer EN PLUS sur la part de revenu des 99 % (les + pauvres) »
« Donc, les États-Unis, c’est 99 % de la population qui est toujours en récession depuis 2009 et 1 % pour qui ça va beaucoup mieux, MAIS EN MOYENNE ÇA VA… »
La crapulerie des économistes prostitués aux ultra-riches, c’est de ne raisonner qu’en moyenne.
Merci Olivier.
Merci Thinkerview pour l’entretien.
Et merci Benoît, pour l’extrait sur mesure 🙂

À votre avis, pour la France et l’Europe, c’est différent ou c’est pareil ?

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[vidéo 10 min] Techniques simples pour passer d’électeur à adulte bien constitué !
Notre Benoît préféré nous a choisi et placé, au montage de son extrait, de très chouettes images d’ateliers constituants :
httpv://www.youtube.com/watch?v=5nJztS0vtxE&feature=youtu.be
En fait, depuis 12 ans que je suis devenu un activiste, sans l’avoir vraiment décidé, rien ne me fait plus plaisir que ce spectacle d’une humanité qui se rencontre, qui échange, qui se réveille, cette âme humaine qui s’instruit seule et sans maître (© Jacotot 1818 / Rancière 1987). Rien ne m’enthousiasme autant que ces réunions politiques d’électeurs (enfants) devenant librement constituants (adultes). Je ressens intensément qu’il s’y passe quelque chose d’important.
Il faut vraiment qu’on fasse une collecte d’idées de bonnes scénettes à placer dans notre prochain film « la grande métamorphose démocratique » 🙂
Bon courage, bande de virus 🙂
Étienne.
PS : la courte vidéo ci-dessus est extraite de l’entretien suivant :
Nouvel entretien avec La Mutinerie : à propos des élections (toujours gagnées par les pires ennemis du bien commun), de l’opposition contrôlée (divisée), des prétendus « antifas », et bien sûr des ateliers constituants ; vous trouverez à cette adresse un plan détaillé et minuté (grâce au dévouement de Catherine).
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155633819567317
[Vidéo] BONUS : l’interview avec Inform’Action Toulouse sans coupure : un film pour mobiliser plus vite les découragés et tous les endormis ? & quelques mots pour les antifas
Les jeunes gens épatants d’Inform’Action à Toulouse viennent de finir de monter l’entretien que j’ai eu avec Arthur en mai dernier.
httpv://www.youtube.com/watch?v=_0pC3dsqN‑0
J’y note deux choses importantes :
- Une (première) série d’idées de scènes que pourrait mettre en images un film cherchant à inspirer une envie démocratique à tous les découragés et à tous les endormis (projet de scénario à creuser ensemble, si vous voulez bien).
- Quelques mots à destination des antifas sincères qui me détestent comme si j’étais un monstre ultra dangereux.
Merci à tous, pour toute l’énergie et pour les encouragements que vous me transmettez tous les jours.
Étienne.
Rappel : cet entretien (annoncé ici) a eu lieu le 20 mai 2017 à Toulouse,
et la conférence et les ateliers de cette journée ont fait l’objet de 4 chouettes vidéos :
https://www.youtube.com/watch?v=_YXZrz1e_h0
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155628931552317
[Vidéo] BONUS : l’interview avec Inform’Action Toulouse sans coupure : un film pour mobiliser plus vite les découragés et tous les endormis ? & quelques mots pour les antifas
Les jeunes gens épatants d’Inform’Action à Toulouse viennent de finir de monter l’entretien que j’ai eu avec Arthur en mai dernier.
httpv://www.youtube.com/watch?v=_0pC3dsqN‑0
J’y note deux choses importantes :
– Une (première) série d’idées de scènes que pourrait mettre en images un film cherchant à inspirer une envie démocratique à tous les découragés et à tous les endormis (projet de scénario à creuser ensemble, si vous voulez bien).
– Quelques mots à destination des antifas sincères qui me détestent comme si j’étais un monstre ultra dangereux.
Merci à tous, pour toute l’énergie et pour les encouragements que vous me transmettez tous les jours.
Étienne.
Rappel : cet entretien (annoncé ici) a eu lieu le 20 mai 2017 à Toulouse,
et la conférence et les ateliers de cette journée ont fait l’objet de 4 chouettes vidéos :
https://www.youtube.com/watch?v=_YXZrz1e_h0
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« Est-ce que le peuple est trop con pour s’occuper lui-même de ses affaires ? », question posée par Thinkerview
On me pose la question : « Est-ce que le peuple est trop con pour s’occuper lui-même de ses affaires ? »,
Autrement dit : « N’est-il pas utopique d’être démocrate ? »
httpv://www.youtube.com/watch?v=fKLeUZZM1f8
À l’occasion de ma réponse (« La prétendue ‘connerie’ n’est pas une nature (définitive) mais un état (temporaire), qui est sciemment entretenu par les riches dans les classes populaires, mais qui peut changer »), j’évoque la confusion entretenue par de prétendus « antifas ».
En faisant du « racisme » le critère prioritaire et imposé pour désigner les adversaires du bien commun, on coupe en deux la classe des prolétaires, on nous divise profondément sur un point de clivage second et on rend notre classe sociale impuissante à résister à la classe des grands possédants.
Certes, le racisme est une pensée faible, nuisible, dangereuse et condamnable, mais 1) ça n’est pas une nature (il n’y a pas une race des racistes, à vie), le racisme est une opinion, qui peut donc changer, mais surtout, 2) la lutte contre « le racisme » (l’anti-racisme) n’est évidemment pas la priorité pour venir à bout de l’oppression universelle et de la dévastation capitaliste.
Pendant que les militants de gauche font « la chasse » (sic !) aux « racistes » (resic), les banquiers se goinfrent, se marrent et trinquent à la santé des « antifas » dévoyés. Le fascisme est financier et les complots des banquiers doivent être connus et dénoncés par toute l’humanité.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155622594242317
Itv complète avec Thinkerview :
https://youtu.be/DROqR_7EKvs
Entretien du 4 août avec Thinkerview : retranscription intégrale, par Catherine Vergnaud
Chers amis,
Au beau milieu des vacances d’été, au calme, j’ai rencontré pendant deux heures les jeunes gens de la chaîne Thinkerview :
httpv://www.youtube.com/watch?v=DROqR_7EKvs
Depuis, Catherine a réalisé un travail de romain pour retranscrire l’intégralité de cet entretien, en y ajoutant de nombreux liens pour expliciter et approfondir des points importants. C’est publié sur le (luxuriant) Wiki des GVs :

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Interview_de_%C3%89tienne_Chouard_par_Thinkerview
Quel boulot, mais quel boulot !!!
Mille mercis, Catherine, tu es épatante 🙂
Je remercie du fond du cœur tous ceux qui m’aident ainsi, comme ils peuvent, courageusement, opiniâtrement, à semer un peu partout ces graines d’émancipation populaire et de démocratie vraie : ce que je fais n’aurait aucune portée sans eux, sans vous tous.
On n’est forts qu’ensemble.
Merci beaucoup.
Étienne.
- 1 Résumé détaillé et minuté de l’entretien : Avis sur la géopolitique, la finance, le terrorisme, le Hacking… :
- 2 PRIVILÈGES DE L’ARISTOCRATIE ; ÉNERGIE, PRODUCTION, PUBLICITÉ ; QI
- 2.1 - (0′20″) Les privilèges de l’aristocratie
- 2.1.1 Août 1789
- 2.1.2 Actuellement
- 2.1.2.1 Le 1er privilège est la création monétaire : la perte de la création monétaire par les peuples est une perte de leur souveraineté politique
- 2.1.2.2 - (2′26″) La Banque Centrale Européenne : trahison de l’Intérêt général et perte du contrôle citoyen par l’abandon de la création monétaire à la BCE
- 2.1.2.3 - (3′14″) Rôle de la BCE : contrôle de la masse monétaire. Le rapport entre l’inflation, le chômage et la monnaie. Le chômage comme outil de chantage, de terreur, de docilité
- 2.1.2.4 - (5′19″) Déflation, stagflation
- 2.1.2.5 - (6′27″) Indexation des salaires sur les prix lors des 30 glorieuses/désinflation compétitive des 30 piteuses
- 2.1.2.6 - (8′40″) Keynes/Hayek
- 2.2 - (10′07″) Énergie, consommation, production, extractivisme, publicité : problème de maturité sociétale, problème politique laissé entre les mains des plus riches et non du peuple délibérant et décidant
- 2.3 - (13′07″) Baisse du Quotient Intellectuel : peuple trop con pour s’occuper du bien commun ?
- 2.1 - (0′20″) Les privilèges de l’aristocratie
- 3 ATELIERS CONSTITUANTS
- 3.1 - (15′00″) Ateliers constituants, Jacques Testart, Yves Sintomer, Tocqueville : expériences et changement en acte pour s’occuper du bien commun, école de civisme
- 3.2 - (17′25″) C’est quoi votre société rêvée quand vous expliquez les ateliers constituants ?
- 3.2.1 L’idée des ateliers constituants : passer du statut d’électeur et d’enfant politique au statut d’adulte. C’est être au-dessus des élus et devenir souverain. La Constitution est un texte politique et non juridique
- 3.2.2 - (20′36″) Si on faisait un parti politique l’idée serait dévoyée, les ateliers constituants doivent arriver à se développer en éducation populaire et de façon désorganisée
- 3.3 - (22′00″) Et si cela na marche pas, on fait quoi ? : Le réalisme, le « faire ensemble » comme le travail de la frugalité heureuse de Pierre Rabhi et non subir l’insupportable dû aux inégalités
- 3.4 - (24′00″) Ami imaginaire ? : Méchanceté, compétition/gentillesse, bonté et coopération – Charles Darwin
- 3.5 - ( 25′00″) Le dilemme du prisonnier : la compétition, la guerre. Sortir du dilemme du prisonnier par la parole, parole pour prendre les décisions politiques à tous les échelons, de la commune au monde
- 3.6 - (26′37″) En combien de temps ? : Si je me donne du mal c’est que j’imagine que cela peut se faire
- 3.7 - (27′20″) Et tu crées et entretiens peut-être de l’espoir pour rien ? : Y a‑t‑il un enjeu ?
- 3.8 - (27′36″) Questions personnelles
- 3.9 - (28′34″) Si ton modèle utopique d’atelier constituant où le pouvoir est canalisé par le peuple responsable, devenu adulte, qui s’est donné les moyens pour pouvoir comprendre le système qui l’entoure, on va où et on fait quoi ?
- 3.9.1 Ce que feront les humains de la souveraineté qu’ils auront récupéré en devenant constituant sera certainement meilleur que ce qui est fait par ceux qui sont mus par le profit
- 3.9.2 - (30′02″) La prise de contrôle des grands marchands pour accéder au pouvoir politique leur a permis d’écrire la Constitution, d’instaurer l’élection et de faire les lois – Adam Smith : « Méfiez-vous des marchands, ne laissez pas les marchands écrire les lois »
- 3.9.3 - (31« 45′) Ce n’est pas une fatalité si on devient constituant, vigilant, exigeant et sans abandonner la souveraineté à des représentants, si on s’occupe des pouvoirs et de la limite des pouvoirs
- 4 QUESTIONS DIVERSES
- 4.1 - (33« 28′) Pourquoi on ne voit jamais un top-modèle sortir avec un mineur, un ouvrier,… ? : Argent et classes sociales
- 4.2 Est-ce qu’Internet fracture ces classes là ? : Possiblement encore, pas toujours, voir le travail de Bernard Manin. On ne progresse que dans la contradiction
- 4.3 - (36« 17′) Le point de vue des royalistes et leur recherche du bien commun. Discuter avec des royalistes n’implique pas de devenir royaliste
- 5 LES ANTIFAS
- 5.1 - (38« 37′) Que disent les antifas ? : Les antifas disent que je suis la principale tête de pont du fascisme en France
- 5.2 T’as essayé de discuter avec eux ? : Jamais eu de débat
- 5.3 »Est-ce que tu leur a proposé en direct ? : Bien sûr
- 5.4 Avec qui voudrais-tu discuter ? : Avec n’importe qui
- 5.5 Y a‑t‑il eu des menaces ? : Oui, de l’intimidation auprès de ceux de gauche qui m’invitent et qui finalement renoncent. Un processus constituant, à mon avis, doit pourtant intégrer tout le monde. On ne va pas faire une Constitution de gauche
- 6 L’ASSEMBLÉE NATIONALE
- 6.1 - (41« 20′) Est-ce que tu penses que l’Assemblée Nationale n’est pas un peu le bordel avec tous les macronistes qui partent dans tous les sens ? : Le groupe parlementaire de la France Insoumise fait la démonstration d’un travail remarquable
- 6.2 - (42′10″) Dans la 5ème République les députés ayant eu l’investiture du chef de leur parti, dépendent du parti, votent comme le chef du parti, ne peuvent faire leur rôle de contrôle de l’exécutif et de contre-pouvoir. C’est d’ailleurs un sujet d’atelier constituant : comment un Parlement peut-il faire son rôle de contrôle de l’exécutif et de contre-pouvoir quand l’Assemblée Nationale est élue ?
- 7 LE VENEZUELA
- 7.1 - (43′30″) Qu’est-ce qui se passe actuellement au Venezuela ? : Cela ressemble beaucoup à une provocation financée de l’extérieur, un peu comme pour la Place Maïdan en Ukraine
- 7.2 - (44′23″) Les policiers vénézuéliens, on le voit bien aussi, de temps en temps ce sont des fous-furieux : Il y a sûrement des abominations du côté de la police aussi. Je me trompe peut-être mais comme pour Maïdan, reconnu comme financé par les États-Unis par Victoria Nuland, avec le renversement d’un gouvernement élu en Ukraine, je vois la même chose pour le Venezuela
- 7.3 - ( 45′59″) Cela doit nous donner des idées pour les ateliers constituants : comment donner de la force à une démocratie qui va avoir ce même genre de faiblesse – en cas de tentative de renversement de notre gouvernement par un gouvernement étranger et création d’un chaos par la violence ?
- 7.4 - (46′48″) Un pays comme le Venezuela ayant des médias d’opposition féroces contre le chef de l’État ne peut être une dictature
- 7.5 - (48′12″) Hambourg, le G20, les gens qui caillassent, qui manifestent, c’est les États-Unis qui les boostent ? C’est qui alors ?
- 8 LES ANTIFAS (suite)
- 8.1 - (48′36″) C’est des résistants les antifas quand ils manifestent contre le G 20 ?
- 8.2 - (48′48″) Est-ce que les antifas qui protègent les zones humides ce sont des résistants ? : Je les vois plutôt calomnier les gens de gauche qui défendent la nation, la souveraineté et la résistance aux projets impériaux tels Bricmont, Collon
- 8.3 - (50′09″) Est-ce que cela peut être instrumentalisé à dessein, pour parasiter ces idées là ? : Les antifas sont instrumentalisés, c’est certain. Expérience unique d’un échange à Die avec un antifa, argument contre argument et il n’y a pas eu un de ses arguments qui ait tenu
- 9 LA CORÉE DU NORD
- 9.1 - (51′35″) Informations données par les médias Mainstream/informations données par les médias alternatifs tel le Saker Francophone : caricature du mal, diabolisation de la Corée du Nord/points de vue des coréens du Nord sur la destruction il y a quelques décennies de leur pays par les États-Unis quand les coréens du Nord n’ont pas voulu avoir un pays capitaliste
- 9.2 - (54′38″) Quand on voit des exécutions de dignitaires coréens qui ne sont pas d’accord avec le leader charismatique… : Je pense que les coréens du Nord sont des humains comme nous, aspirant au bien commun, à la paix, à la tranquillité mais qu’ils doivent se comporter différemment de nous car ils ont été dévastés par les États-Unis
- 9.3 - (56′28″) L’arme nucléaire comme arme de dissuasion des faibles. Est-il illégitime pour un pays continuellement menacé comme la Corée du Nord d’avoir l’arme nucléaire ? Les coréens proposent de détruire leurs armes nucléaires s’ils ne sont plus harcelés, menacés
- 10 LE DÉCODEX
- 11 VOTER OU NON
- 11.1 - (1h00’00″) Est-ce que tu votes, est-ce que tu ne votes pas ? : Le suffrage universel est un faux suffrage universel, le suffrage universel digne de ce nom serait de voter nous-mêmes nos lois et non de désigner nos maîtres. Les suisses avec le référendum d’initiative populaire ne votent pas toutes leurs lois non plus
- 11.2 - (1h01’47″) Le gouvernement représentatif est une anti-démocratie, il a été pensé contre la démocratie, notamment par Sieyes un des pères fondateurs. Nous n’avons pas écrit nos règles, notre Constitution
- 11.3 - (1h02’36″) Je vote pour un moindre mal
- 11.4 - (1h02’48″)Qu’est-ce que tu penses de la moralisation de la vie politique ? : Elle ne viendra jamais des élus qui sont en conflit d’intérêt. Le conflit d’intérêt c’est quand l’intérêt personnel est contraire à l’intérêt général
- 11.5 - (1h04’01) Les parlementaires, les ministres, les pouvoirs quand ils écrivent la Constitution sont en conflit d’intérêt, ils écrivent le texte qu’ils devraient craindre. Leur honneur serait de refuser de participer à une Assemblée Constituante
- 12 LIVRES
- 12.1 - (1h04’57″) Tu nous as amené des bouquins, tu voulais nous parler de quoi ?
- 12.1.1 « L’Étique Hacker », Pekka Himanen . Quatre points importants qui amènent cinq valeurs : 1 – passion, 2 – liberté, 3 – désintéressement financier, 4 – éthique, 5 – créativité et offrande au monde
- 12.1.2 - (1h08’34″) « Pierre-Joseph Proudhon – l’anarchie sans le désordre », Thibault ISABEL. la 3ème voie entre le capitalisme et le communisme marxiste, l’univers de la vraie démocratie
- 12.1.3 - (1h10’58″) Les pirates, la société des pirates. « Les hors-la-loi de l’Atlantique », Marcus Rediker. Chez les pirates il y a des contre-pouvoirs pensés avec des pouvoirs institués seulement quand cela est nécessaire
- 12.2 - (1h11’24″) Est-ce que tu ne trouves pas qu’on est en guerre en ce moment et que toutes les démocraties sont en train d’élire un Kaiser ?
- 12.2.1 « 1984 », Georges Orwell. Le monde totalitaire décrit dans le livre vaut autant pour les sociétés capitalistes
- 12.2.2 - (1h12’27″) Les règles supérieures, l’état de droit, la Constitution, le philosophe Alain « Propos sur les pouvoirs » : Un citoyen est vigilant sinon ce n’est pas un citoyen – seul antidote au monde totalitaire. Nous devrions surveiller les acteurs politiques ; écrire, étudier et commenter ensemble les règles supérieures en éducation populaire ; ne pas roupiller.
- 12.1 - (1h04’57″) Tu nous as amené des bouquins, tu voulais nous parler de quoi ?
- 13 LES HACKERS
- 13.1 - (1h14’14″) Est-ce que les hackers sont le système immunitaire ? : Les hackers sont dévoués et vont aider à résister à la surveillance généralisée mais le pouvoir sait très bien corrompre les résistances, non en donnant de l’argent mais en donnant du pouvoir et notamment aux hackers particulièrement brillants
- 13.2 - ( 1h15’50″) …Ce n’est pas le pouvoir qu’ils cherchent mais simplement ils sont dégoûtés de la passivité intellectuelle et du misérabilisme de l’impuissance des moutons… : La passivité n’est pas une nature mais un état, ce n’est pas définitif. L’exemple que je connais bien c’est le mien
- 13.3 - (1h17’08″) Dissocier racisme de fascisme, appeler extrême droite les gens au pouvoir aujourd’hui, parler du fascisme financier ; les antifas me le reprochent. La division entre raciste et anti-raciste rend incapable de résister à l’empire et affaiblit
- 13.4 - (1h17’56″) Cela veut dire quoi résister à l’empire ? C’est quoi l’empire ? : L’empire cherche et crée la division et la zizanie (les antifas aussi). Être unis pour résister
- 14 TRANSHUMANISME & CO
- 14.1 - (1h19’05″) Qu’est-ce sur tu penses du mouvement transhumaniste, accélérationniste ?
- 14.2 - (1h19’19″) Les problèmes scientifiques devraient être soumis au vrai débat démocratique avec mise en scène des conflits. Conférences citoyennes de Jacques Testart
- 14.3 - (1h20’00″) Le transhumanisme pour toi ? : Une manifestation de l’hubris, une démesure quand il n’y a plus de limites. La science devrait être contrôlée démocratiquement
- 14.4 - (1h21’49″) Le nucléaire aurait dû passer le cap du contrôle démocratique. Ne pas laisser la souveraineté aux militaires de décider, le nucléaire est une extravagance dangereuse et aux risques énormes. C’est un problème politique et non technique : « qui prend les décisions et comment une grande entreprise peut-elle avoir tant de pouvoir d’influence sur les représentants politiques ? »
- 15 LE SYSTÈME FINANCIER
- 15.1 - (1h24’09″) Toi, qui es prof, est-ce que le système financier peut supporter une décroissance ? : Saturation de l’endettement ; coup d’état bancaire de 2007–2008 et régulation des banques – livre « La finance de l’ombre a pris le contrôle » ; enquête sur les causes et conséquences de la crise bancaire – film « Inside job » ; développement en réaction d’un système de financement hors régulation, hors contrôle étatique et prenant tous les risques – emprunt à taux zéro et ensuite spéculation grâce aux prêts donnés
- 15.2 - (1h29’23″) Qu’est-ce que tu penses du Protocole de Bâle sur les fonds propres ? : Ce sont les banquiers qui écrivent les règles de la régulation des banques
- 15.3 - (1h30’00″) C’est quoi la solution à tout ça ? : Les solutions sont politiques ; banque publique, reprendre le pouvoir politique de création monétaire ; création monétaire par le peuple lui-même ou l’État, une puissance publique crée par un peuple qui a besoin d’argent n’emprunte pas l’argent il le crée, pas de souveraineté et d’intérêt général sans cela ; « employeur au dernier ressort » pour supprimer le chômage
- 15.4 - (1h33’05″) Qu’est-ce que tu penses de Ricardo : Fils de banquier, il prône une politique économique de banquier
- 16 LIVRES (suite)
- 16.1 - (1h33’23″) Allez, montre-nous un autre livre. : « Du nouvel esprit des lois et de la monnaie », Valérie Bugault et Jean Rémy ; politique démocratie, monnaie ; très bonne préface sur le fascisme financier
- 16.2 - (1h33’18″) « Reprendre le contrôle de la dette », Lord Adair Turner ; il dénonce ce qui ne va pas dans le système
- 16.3 - (1h35’16″) « Principes élémentaires de la propagande de guerre », Anne Morelli ; 10 principes à connaître, toujours d’actualité ; les enfants devraient être formés à repérer dans les discours d’un État, d’une puissance politique, l’intoxication, la désinformation qui précèdent la guerre.
- 17 QUESTIONS DU TCHAT
- 17.1 - (1h39’16″) Qu’est-ce que tu penses de la crypto-monnaie, le Bitcoin, l’Ether ? : Le Bitcoin est une monnaie de propriétaire, le Chartalisme est une solution monétaire plus facile, accessible avec la récupération et le contrôle de la création monétaire mais pas une grande révolution bien que cela puisse tout changer ; la monnaie libre est plus révolutionnaire, plus émancipatrice – Stéphane Laborde et la Théorie Relative de la Monnaie
- 17.2 - (1h42’08″) Qu’est-ce qu’il pense de l’Assemblée Constituante telle qu’elle est proposée par la France Insoumise ? : C’est déjà formidable de la voir apparaître dans un programme politique, ce n’est pas du tout parfait parce que c’est compliqué pour eux de défendre correctement le tirage au sort pourtant essentiel pour avoir une Assemblée Constituante sans aucun conflit d’intérêt
- 17.3 - (1h43’54″) Civic Tech cela te parle ? : Non, je ne sais pas ce que c’est
- 17.4 - (1h44’06″) Est-ce que vous préparez un effondrement économique ? : Je ne vois pas comment l’éviter
- 17.5 - ( 1h44’35″) Tu vas faire quoi si là il y a l’Union Européenne qui a fait passer un texte pour pouvoir se renflouer sur les comptes ? : Ils vont tout prendre comme en Argentine
- 17.5.1 - ( 1h44’48″) Tu comptes faire quoi dans ces cas là, tu descends dans la rue avec des coupes-coupes, aller chercher les gens, tu fais quoi ? : Il faudrait faire de la politique et ne pas en arriver là
- 17.5.2 - (1h45’11″) Qu’est-ce que que cela te fait quand ils passent un texte pour pouvoir se renflouer sur les comptes des particuliers, cela te fait chaud au cœur ? : 12 ans que je dis que l’Union Européenne est un projet de banques et multinationales depuis le début
- 17.6 - (1h45’45″) C’est l’effondrement, tu le vois ? Tu te prépares à quelque chose ou pas ?
- 17.6.1 Est-ce que tu as fait une base de défense chez toi comme certains le font sur Internet ?’ : Réfléchir à être autonome, il faudrait que les graines qu’on est en train de développer pour organiser une société en évitant cette dinguerie meurtrière survivent au chaos à venir
- 17.6.2 Quels conseils pourrais-tu donner aux gens qui se préparent à un hypothétique effondrement ? : Garder de quoi donner aux enfants qui suivront des graines et ne pas avoir tout à reconstruire
- 17.7 - (1h48’11″) Le Brexit, le Frexit, le xit ; qu’est ce que tu en penses ? : Il faut sortir de l’Union Européenne
- 17.8 - (1h48’20″) Qu’est-ce que tu penses des flux migratoires ? : Ils viennent des pays pauvres, colonisés, maltraités
- 17.8.1 Il n’y a pas assez de place pour développer le pays ? : Surtout il faudrait les aider
- 17.8.2 C’est facile de les aider quand on a un chômage dingue ? : Le chômage est une construction politique, un outil tyrannique et terroriste des riches qui dirigent ; si nous reprenons le contrôle politique il n’y a plus de chômage
- 17.8.3 Est-ce que les riches ont besoin d’immigration ? : Oui pour tirer les salaires vers le bas
- 17.9 - (1h55’07″) Qu’est-ce que tu penses du Salaire Universel ? : Pas le salaire de base des libéraux pour qu’on vivent comme des manants mais le Salaire à Vie de Bernard Friot bien plus émancipant
- 18 LIVRES (suite 2)
- 18.1 - (1h50’42″) T’as un autre bouquin à nous montrer ? : « La gouvernance par les nombres », Alain Supiot ; il décortique l’utopie libérale de gouvernement scientifique par les nombres, un projet de dépolitisation de la société
- 18.2 - (1h53’41″) « Le toujours moins cher à quel prix ? », Vicent Le Coq et Anne-Sophie Poiroux ; petit livre sur le fléau de la grande distribution ; le sujet pourrait faire l’objet d’ateliers constituants
- 18.3 - (1h54’24″) « Bernard Charbonneau & Jacques Ellul – Deux libertaires gascons unis par une pensée commune », Préparation et choix d’extraits par Jean Bernard-Maugiron ; deux pensées de deux amis qui se nourrissent mutuellement ; les anarchistes ont pensé la société démocratique dont il nous faut
- 18.4 - (1h55’38″) « Camp planétaire : un danger bien réel », Denis Dupré ; synthèse de la surveillance, de l’enfermement, des techniques de domestication humaine aujourd’hui
- 18.5 - (1h56’04″) « Henri Guillemin et la Commune – le Moment du Peuple », Actes de colloque ; un contre-historien qui écrit notre histoire mais vu du peuple ; C’est très important de comprendre ce qu’il s’est passé dans la Commune de Paris ; intervention de l’historienne Annie Lacroix-Riz dé-constructrice des mensonges d’avant et de la 2ème Guerre mondiale
- 19 CONSEIL
- 20 QUESTIONS DU TCHAT (suite)
- 20.1 - (2h01’08″) Est-ce que tu connais l’économie basée sur les ressources ? : Passionnant mais il manque l’aspect politique, le contrôle des pouvoirs, des assemblées de citoyen, une agora, une assemblée législative ; le bien commun doit être géré par nous-mêmes et non uniquement par des ingénieurs et scientifiques
- 20.2 - (2h02’56″) Le Comité Invisible ? : Pas de processus constituant, très peu de tirage au sort
- 20.3 - (2h03’32″) La destitution, de Macron, de qui tu veux ? : La révocation est le B‑A‑BA de la démocratie ; nous avons pensé à 4 référendums d’initiative populaire : révocatoire, législatif (voter une loi), législatif abrogatoire (abroger une loi), constituant
- 20.4 - (2h05’39″) Etienne Chouard, merci.
- 21 Pour continuer à s’informer
- 22 CONSEIL
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[Projet d’expérimentation démocratique] Élaborer ensemble le RÈGLEMENT INTÉRIEUR de nos prochaines assemblées démocratiques, avec Maxime Péroud
Fin juillet, j’ai rencontré Maxime Péroud pendant tout un après-midi au jardin du Luxembourg, à Paris et, quelques jours avant, nous avions eu une longue conversation téléphonique. Maxime a une étonnante expérience professionnelle dans l’organisation de projets et on sent ce goût de la bonne organisation à tout instant quand il parle : il est précis, rigoureux, attentif et respectueux, d’une civilité parfaite, on dirait qu’il pense à tout 🙂
Maxime est l’initiateur d’un grand projet démocratique, très organisé, très concret, cohérent avec nos travaux sur la Constitution, complémentaire avec nos ateliers constituants populaires. Ce projet consiste à simuler, avec une trentaine de participants, une assemblée démocratique délibérante comme il en sera prévu certainement dans la future Constitution. Au cours de ces séances parlementaires simulées, l’équipe de ce projet élaborera le règlement intérieur de cette assemblée tout en respectant ce règlement dans sa version en cours d’élaboration.
Je suis sûr que cette équipe va nous rendre un fier service, à nous autres apprentis démocrates constituants, car il est peu probable que nous disposions spontanément d’un bon règlement intérieur (vraiment démocratique) sans eux, le jour où les oligarques vont se faire chasser du pouvoir. Le règlement-intérieur-démocratique-prêt‑à‑l’emploi que cette équipe va mettre au point pourra aussi servir à toutes sortes d’assemblées « autonomes » (pour l’instant sans relation avec d’autres instances de pouvoir).
Voici ce que Maxime m’a écrit pour me présenter la raison d’être de son projet :
1. Nous voulons qu’un jour – appelons-le le jour J – notre pays devienne une démocratie pour la première fois de son histoire. Les pouvoirs seront organisés de manière à servir durablement l’intérêt général et, pour ce faire, seront entre les mains du peuple ou sous son contrôle effectif.
Cela signifie que, le jour J, ces pouvoirs auront été organisés sous forme provisoire par une Pré-Constitution rédigée nécessairement avant le jour J par des citoyens volontaires. Cette Pré-Constitution prévoira certainement une Assemblée Constituante qui, après le jour J, repartira de cette Pré-Constitution provisoire pour établir la 1ère Constitution (réellement) démocratique.
2. Pour pouvoir servir, cette Pré-Constitution devra obligatoirement être considérée comme légitime par la majeure partie des forces démocrates du moment. Or, il existe déjà de nombreuses variantes de projets de Constitution et, chaque année, il en émerge de nouvelles. Aucune d’entre elles ne peut correspondre à la future Pré-Constitution car elle provient d’un petit groupe et sera contestée par les autres groupes.
La seule solution pour élaborer une Pré-Constitution suffisamment légitime pour pouvoir organiser provisoirement les pouvoirs le jour J est de l’élaborer en Assemblée Pré-Constituante, une assemblée certainement composée de plusieurs centaines de citoyens volontaires issus des différents mouvements (associations, partis, groupes, …) se revendiquant ou pas « démocrates ».
3. La première question que se posera cette Assemblée Constituante sera la suivante : « comment allons-nous travailler, selon quelles règles du jeu : règles pour les débats, les votations, règles de comportements, etc. ? »
Ces règles feront l’objet d’un document essentiel : le règlement intérieur de cette Assemblée Pré-Constituante. Sans ce règlement, pas de travaux possibles !
4. Nous devons dès maintenant réfléchir à ces règles de fonctionnement d’une grande assemblée démocratique de manière à pouvoir livrer à la Pré-Constituante une version avancée d’un règlement intérieur. La Pré-Constituante n’aura plus qu’à le finaliser pendant ses premières séances, après quoi elle sera « opérationnelle ».
Lui livrer ce règlement intérieur lui fera gagner un temps considérable car l’élaboration de ce règlement n’est pas simple et va prendre beaucoup de temps : il n’aura rien à voir avec le « petit protocole de sociocratie délibérative » utilisé actuellement dans les ateliers constituants. Ce protocole ne peut servir qu’à des petits groupes de travail. Il est totalement inadapté à des assemblées délibérantes de plusieurs centaines de citoyens ! Il suffit d’imaginer à quel point ces assemblées seraient inefficaces si les débats y avaient lieu en levant la main pour partager une idée spontanée.
Une assemblée délibérante de plusieurs centaines de citoyens ne pourra élaborer efficacement des textes complexes que si les débats portent sur des propositions et des amendements rédigés et mis à la disposition de tous les parlementaires avant les séances. Un peu à la manière de notre Assemblée Nationale actuelle, à ceci près (et la nuance est de taille !) que le règlement intérieur garantira la stricte égalité politique des parlementaires et les obligera à des débats rationnels servant l’intérêt général. Le règlement intérieur à élaborer sera donc lui-même un texte complexe.
5. Nous proposons de constituer une première équipe projet visant à établir une version simplifiée d’un tel règlement intérieur mais aussi de l’expérimenter pour en garantir la pertinence. L’idée est de conduire ces travaux en simulant, à effectif réduit, les séances d’une telle assemblée qui mettrait au point son propre règlement intérieur, séances qui seraient elles-mêmes régies par le règlement intérieur en cours d’élaboration.
La préparation de projet a demandé plusieurs centaines d’heures de travail depuis 2015. Les appels à volontaires ont démarré en automne 2016. Beaucoup ont trouvé le projet intéressant et 23 d’entre eux se sont déjà engagés à participer au projet dans sa durée. Il manque encore 7 volontaires pour que les travaux puissent démarrer (données actualisées au 23 décembre) .
Le projet est totalement indépendant de l’écriture de la Constitution mais en même temps il lui est complémentaire.
Pour bien le comprendre, il faut prendre le temps de se documenter sur ce projet qui s’annonce comme une véritable aventure politique passionnante mais aussi exigeante.
Une vidéo très didactique en 10 parties explique le déroulement et les attendus du projet à l’aide de nombreux schémas :
https://youtu.be/67CAAMppJbU.
httpv://youtu.be/67CAAMppJbU
Pour ceux que le projet intéresse ou interpelle, des Mumble d’information sont organisés environ toutes les 2 à 3 semaines pour leur permettre de poser leurs questions et présenter leurs commentaires et objections. Maxime Péroud anime ces réunions et répond à chaque fois aussi clairement que possible à ces questions et objections. Les Mumble sont annoncés sur Facebook en tant qu’événement et font l’objet d’annonces sous forme de publication sur plusieurs groupes : « Gentils Virus (groupe en construction) » et « Le Message.org ».
L’événement correspondant au Mumble est créé initialement sur la page de Maxime Péroud.
L’avenir ne se construit pas seulement dans les ateliers constituants et assez peu en discutant de l’actualité. Nous devons aussi élaborer les textes de demain et nous organiser pour être capables de le faire en grand nombre, en complément de nos actions dites « de terrain. »
J’ai écouté, le crayon à la main, la vidéo de Maxime en 10 parties, je l’ai trouvée vraiment très intéressante et originale. Puis, j’ai posé toutes sortes de questions à Maxime 🙂 Je lui ai présenté les objections qui m’étaient venues à l’esprit en l’écoutant et ce qu’il m’a répondu m’a paru en tous points raisonnable : tout ça me paraît bien pensé. Je voudrais donc soutenir ce projet, lui donner un peu de ma force, car il m’apparaît comme utile, et même nécessaire, pour préparer la démocratie de demain. Je vous encourage donc à vous y intéresser et, pour commencer, à regarder cette vidéo puis à participer à l’un des prochains Mumble d’information.
Merci pour tout ce que vous faites, bande de virus 🙂
Étienne.
PS : Maxime a créé un site où ce projet important est bien détaillé :

https://exp-demo.jimdo.com/
Il y a aussi un événement Facebook qui nous invite tous à un prochain Mumble d’information, le jeudi 25 janvier 2018 à 20h30, pour parler de tout ça en direct :
https://www.facebook.com/events/174698466470688/
Inscrivez-vous 🙂
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Formidable Mabrouka, députée constituante tunisienne, ciselant l’essentiel comme un bijou, en 10 minutes
Extrait important de l’audition de Mabrouka M’barek par l’équipe de La France Insoumise, en 2016 :
Sacré bon virus démocratique, n’est-ce pas ? 🙂
Merci Mabrouka, pour ce précieux témoignage et pour ce puissant plaidoyer pour des assemblées constituantes populaires, donc tirées au sort.
À connaître et à faire connaître.
Merci Benoît, de réactiver ainsi nos plus belles perles 🙂
Étienne.
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Les Gentils Virus : Étude d’une communauté politique alternative, par Simon HECKLER
Vous souhaitez mieux connaître le mouvement des Gentils Virus ?
Un Mémoire universitaire effectué par un étudiant, Simon Heckler, actuellement doctorant et extérieur au mouvement, va répondre à votre curiosité !
Je recommande à tous la lecture de cette étude ; c’est bien intéressant, même quand on est déjà au courant 🙂
Merci Simon, pour ce gros boulot, très utile, je trouve.

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Les_Gentils_Virus…alternative
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Un livre pour les citoyens constituants en herbe : « Comment changer une constitution ? Les nouveaux processus constituants. »

« Comment changer une constitution ? Les nouveaux processus constituants », c’est le titre d’un nouveau livre publié chez nos frères québécois, sous la direction de Eugénie Brouillet et Louis Massicotte, qui devrait bien intéresser les citoyens constituants apprentis que nous sommes 🙂
Merci à Benoît qui nous a signalé ça dès le mois de juin (j’avais complètement raté ça) et merci à Catherine et Léo qui l’ont remis sur le dessus de la pile, et exposé dans le (très précieux) wiki des GVs pour qu’on ne le rate pas :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Comment_changer_une_constitution_%3F
L’auteur résume son propos :
httpv://youtu.be/pLHBEuC2u4o
Je viens à peine de commander ce livre, je ne sais donc pas encore ce qu’il vaut vraiment, mais je suis sûr qu’on va y trouver des tas de choses utiles pour notre réflexion sur la nécessité absolue d’un processus constituant populaire pour établir une démocratie digne de ce nom.
Extrait du livre :
Bon, et nous… il faut qu’on écrive un livre — théorique et pratique — sur les ateliers constituants 🙂
hum 🙂
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En Syrie, le plus grand fiasco de la CIA ? par Maxime Chaix, sur Middle East Eye
Chers amis,
Je relaie ci-dessous, intégralement, un texte important de Maxime Chaix, qui fait le point sur les manœuvres secrètes de la CIA pour déstabiliser la Syrie et en renverser « le régime ».
[Quand « les médias » (La Pravda des milliardaires) vous parlent d’un « régime » (sic), c’est que les bombardiers sont prêts, et qu’il ne reste plus qu’à vous préparer psychologiquement pour accepter (et même vouloir) que ces bombardiers décollent en votre nom. Un gouvernement régulier que les médias de l’empire appellent « régime » peut se faire du souci : ça va bientôt barder pour lui, ses opposants « modérés » vont devenir surpuissants et surarmés, et sa population va beaucoup souffrir.]
Maxime Chaix, c’est ce jeune homme courageux qui, par ailleurs, traduit les livres formidables de Peter Dale Scott sur l’État profond aux USA, livres publiés chez le non moins courageux éditeur Demi-Lune.
Tous les trois (auteur traducteur et éditeur) sont évidemment traités de « complotistes » par les comploteurs et leurs complices, inversion accusatoire qui devient (presque à tous les coups) la légion d’honneur de la vraie bonne résistance à l’oppression. De ceux qui ne sont pas traités de « complotisme » ou de « confusionnisme », le système de domination parlementaire (dit « capitaliste ») n’a rien à craindre. Au contraire, ceux qui sont calomniés de cette façon prouvent ainsi leur effective dangerosité contre les tyrans du moment et méritent le soutien des simples citoyens.
À mon avis, un journaliste (ou un militant humaniste) qui s’interdit de dénoncer les complots qu’il détecte ne sert plus à rien, pour la société qu’il prétend défendre. Je dis bien À RIEN. Il s’est auto-désactivé et le système de domination n’a plus rien à craindre de lui ; et nous, nous n’avons plus rien d’important à attendre de lui. Il ne faut pas nous laisser intimider par ces ridicules accusations de « complotisme ». Il faut être courageux, là.
Bref. Je soumets à votre esprit critique ce papier que je trouve important (et sérieusement documenté).
Étienne.
AVANT-PROPOS DE L’AUTEUR :
Comme Étienne me l’a pertinemment signalé, mon article ci-dessous ne traite pas des innombrables exactions commises par les forces syriennes et leurs alliés. Il a raison de le souligner, car nous ne pouvons cautionner de tels actes. Or, ces crimes ont été largement dénoncés par les médias, les ONG et les gouvernements occidentaux. Au contraire, la guerre secrète de la CIA et de ses partenaires en Syrie fut littéralement occultée par une majorité de la presse occidentale, en particulier dans les médias francophones. Pourtant, comme je tente de le démontrer dans l’article suivant, cette gigantesque opération clandestine a considérablement aggravé ce conflit, ayant massivement armé et soutenu les milices jihadistes au Moyen-Orient – dont al-Qaïda et Daech –, dans l’objectif de renverser Bachar el-Assad. À l’heure où nous sommes frappés par ces mêmes réseaux terroristes, ces politiques secrètes et irresponsables des puissances de l’OTAN et de leurs alliés moyen-orientaux doivent être dénoncées et combattues. C’est l’objectif principal de cet article, qui synthétise mes investigations sur cet aspect crucial mais encore trop méconnu de la guerre en Syrie. D’avance, je vous remercie de relayer cette analyse si vous estimez qu’elle est pertinente, utile et intéressante.
Informativement vôtre,
Maxime Chaix
En Syrie, le plus grand fiasco de la CIA ?
Source : Middle East Eye, http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/en–syrie–le–plus–grand–fiasco–de–la–cia–139175839
Alors qu’il n’est plus tabou de critiquer le rôle trouble des puissances moyen-orientales dans le renforcement des réseaux djihadistes au Moyen-Orient, la coresponsabilité de leurs partenaires de l’OTAN ne peut et ne doit plus être éludée
Récemment, le Washington Post a annoncé la fin du soutien de la CIA en faveur des rebelles « modérés », confirmant qu’en 2015, ceux-ci menaçaient de renverser Bachar el-Assad mais que cette issue chaotique fut empêchée par l’intervention militaire directe de la Russie cette même année. Chaotique, car le chroniqueur du Post, David Ignatus, vient de souligner dans ce même journal que Washington et ses alliés ne pouvaient proposer d’alternative politique viable, démocrate et modérée face au gouvernement syrien.
D’après le spécialiste de la Syrie Charles Lister, qui regrette ouvertement la fin de cette guerre secrète coordonnée par la CIA, l’Agence aurait constitué une force de 45 000 combattants à travers cette opération, dont nous savons depuis janvier 2016 qu’elle a pour nom de code « Timber Sycamore ».
Les rebelles « modérés » appuyés par la CIA et ses partenaires ont combattu jusqu’en janvier 2014 aux côtés de la milice terroriste qui allait devenir l’ « État islamique » six mois plus tard
Or, comme le rappelle l’universitaire américain Joshua Landis, ces rebelles « modérés » appuyés par la CIA et ses partenaires ont combattu jusqu’en janvier 2014 aux côtés de la milice terroriste qui allait devenir l’ « État islamique » (EI) six mois plus tard, lors de la proclamation du « califat » par Abou Bakr al-Baghdadi. Cet argument est confirmé par l’expert de la Syrie Fabrice Balanche, qui a souligné à l’auteur de ces lignes que « les rebelles n’ont combattu Daech qu’à partir de l’hiver 2013–2014. Avant cette période, ils étaient main dans la main avec cette organisation. »
Depuis qu’ils ont rompu avec l’EI, ces groupes soutenus par la CIA et ses alliés se sont majoritairement coordonnés avec la branche d’al-Qaïda en Syrie, qui s’est appelée le Front al-Nosra jusqu’en juillet 2016, avant de changer de nom et de rompre superficiellement son allégeance au réseau de feu Oussama ben Laden.
Abou Bakr al-Baghdadi, leader de l’État islamique, a proclamé son « califat » en 2014 (AFP)
Comme le New York Times le soulignait en octobre dernier, lors de la bataille finale pour la reprise d’Alep-Est, « onze parmi la vingtaine de groupes rebelles menant l’offensive ont été approuvés par la CIA et ont reçu des armes de l’Agence, d’après Charles Lister, un chercheur et spécialiste de la Syrie au Middle East Institute, à Washington. […] Monsieur Lister et d’autres experts ont déclaré que la vaste majorité des factions rebelles approuvées par les États-Unis à Alep combattaient en pleine ville, et qu’ils pilonnaient massivement les troupes du gouvernement syrien en appui des combattants affiliés à al-Qaïda, qui se chargeaient de l’essentiel des combats sur la ligne de front. “La triste vérité, cependant, est que ces groupes soutenus par les États-Unis [et leurs alliés] restent d’une manière ou d’une autre dépendants des factions affiliées à al-Qaïda dans ces opérations, en termes d’organisation et de puissance de feu”, selon l’experte Genevieve Casagrande, une spécialiste de la Syrie au sein de l’Institute for the Study of War à Washington. »
Comment la CIA et ses alliés ont soutenu le djihad en Syrie
Plusieurs éléments troublants sont à relever dans cette opération. Tout d’abord, sachant que les États-Unis se revendiquent en guerre contre le terrorisme depuis septembre 2001, appuyer pendant près de cinq ans des groupes qui combattent aux côtés d’al-Qaïda n’a pas semblé poser problème aux décideurs américains et à leurs alliés occidentaux – ce qui est pour le moins déroutant.
Et comme l’a pertinemment souligné Joshua Landis, le gouvernement des États-Unis savait depuis le milieu de l’année 2012 que les armes livrées massivement par la CIA et une quinzaine de services spéciaux depuis la Turquie et la Jordanie équipaient principalement des groupes djihadistes, un processus dévoilé par le New York Times en octobre 2012.
Comme l’auteur de ces lignes avait eu l’occasion de le défendre, le réseau qui a majoritairement bénéficié de ces milliers de tonnes d’armements a été le Front al-Nosra ; ce fut d’ailleurs le cas jusqu’à récemment dans le gouvernorat d’Idleb, dont la capitale vient d’être prise par cette organisation, aujourd’hui rebaptisée Hayat Tahrir al-Cham.
Ces graves dérives ont été notamment confirmées par le journaliste spécialisé Gareth Porter, dans un article explicitement intitulé « Comment les États-Unis ont armé des terroristes en Syrie ». « Cet afflux massif d’armes [coordonné par la CIA] vers le territoire syrien, ainsi que l’entrée de 20 000 combattants étrangers dans ce pays – et ce principalement depuis la Turquie –, ont largement défini la nature de cette guerre », a souligné Gareth Porter en se référant au vaste réseau de trafic d’armes mis en place par la CIA et ses alliés depuis les Balkans et la Libye, de même qu’à l’acquisition de 15 000 missiles TOW made in USA par l’Arabie saoudite. Fabriqués par Raytheon, ces missiles antichars ont été introduits en masse dans ce conflit à partir de 2014, et les pertes infligées aux forces syriennes avec ces armements auraient été le principal facteur de l’intervention militaire russe au début de l’automne 2015.
Dans cet article solidement documenté, Gareth Porter ajoute que « les armes [injectées par la CIA et ses partenaires dans le conflit syrien] ont contribué à faire de la branche d’al-Qaïda en Syrie […] et de ses proches alliés la plus puissante des forces anti-Assad dans ce pays – et elles ont aussi permis l’émergence de Daech ».
Les forces de Bachar al-Assad et de ses alliés ont repris Alep des mains de l’opposition syrienne en décembre 2016 (Reuters)
Rappelons qu’à l’origine, le Front al-Nosra et le futur « État islamique » ne faisaient qu’un avant leur scission au printemps 2013, qui déboucha sur une guerre fratricide entre ces deux factions. Plus exactement, les combattants majoritairement irakiens de ce qui était alors appelé l’ « État islamique d’Irak » (EII) ont fondé, à partir de l’été 2011, la milice qui allait devenir le Front al-Nosra en janvier 2012.
Encore aujourd’hui à la tête de ce réseau, leur leader, Mohammed al-Joulani, un djihadiste syrien ayant affronté la coalition de George W. Bush en Irak, avait été chargé par Abou Bakr al-Baghdadi de combattre les forces de Bachar el-Assad en 2011. D’après Foreign Policy, lors de cette scission d’avril 2013 entre ces deux entités terroristes, « une large majorité de commandants et de combattants d’al-Nosra en Syrie ne suivirent pas [leur chef al-Joulani] » et prêtèrent allégeance au futur « calife » d’al-Baghdadi, ce qui aurait représenté « jusqu’à 15 000 combattants sur environ 20 000 », d’après une estimation du chercheur Fabrice Balanche.
Le gigantesque trafic d’armes et de munitions organisé par la CIA pour équiper les rebelles en Syrie a, directement ou non, profité à Daech. Le fait que si peu d’experts et de journalistes occidentaux l’aient souligné (ou remarqué) est incompréhensible
Toujours selon Foreign Policy, « partout dans le nord de la Syrie, Daech s’empara des quartiers généraux d’al-Nosra, des caches de munitions et des dépôts d’armes » durant cette séparation, qui conduisit à la création de l’ « État islamique en Irak et au Levant » (EIIL), rebaptisé « État islamique » au milieu de l’année suivante.
En d’autres termes, le gigantesque trafic d’armes et de munitions organisé par la CIA pour équiper les rebelles en Syrie a, directement ou non, profité à Daech et favorisé sa montée en puissance dès janvier 2012. Le fait que si peu d’experts et de journalistes occidentaux l’aient souligné (ou remarqué) est incompréhensible.
Derrière l’alibi des « rebelles modérés »
Même conséquence pour le versant « formation militaire » de ce programme de l’Agence et de ses alliés, qui a conduit les Forces spéciales détachées auprès de la CIA à entraîner malgré elles une forte proportion de djihadistes officieusement affiliés à al-Nosra ou à Daech – selon des sources anonymes du SOCOM et de l’Agence qui étaient directement impliquées dans cette opération.
Des combattants du Front al-Nosra traversent la ville syrienne d’Alep en mai 2015 (AFP)
En clair, de nombreux mercenaires anti-Assad recrutés par la CIA ont dissimulé leur appartenance à (ou leur attrait pour) ces groupes terroristes, le processus de sélection des combattants étant particulièrement laxiste. Or, la simple existence de cette procédure a permis à la CIA de maintenir une façade de respectabilité en affirmant qu’elle ne formait que des « rebelles modérés ».
En réalité, pour quiconque s’affranchit de cette notion orwellienne, les dynamiques de cette opération peuvent être résumées ainsi : supervisés par la CIA et quatorze autres services spéciaux, dont ceux de la France, du Royaume-Uni, d’Israël, de la Turquie, de l’Arabie saoudite et du Qatar, le financement, la formation et l’approvisionnement en armes des rebelles depuis les territoires turc et jordanien ont profité à l’ensemble des groupes armés, y compris à Daech et au Front al-Nosra.
En des termes plus parlants, qui sont ceux du spécialiste Sam Heller, « la majeure partie du soutien américain fut dirigée vers des factions de l’“Armée syrienne libre” (ASL), qui ont en fait servi d’auxiliaires et de sources d’armements à de plus puissantes factions islamistes et djihadistes, dont la branche d’al-Qaïda en Syrie ».
Supervisés par la CIA et quatorze autres services spéciaux, dont ceux de la France, du Royaume-Uni, d’Israël, de la Turquie, de l’Arabie saoudite et du Qatar, le financement, la formation et l’approvisionnement en armes des rebelles depuis les territoires turc et jordanien ont profité à l’ensemble des groupes armés, y compris Daech et al-Nosra
Ces dérives ne furent toutefois pas systématiquement intentionnelles. L’exemple de « Cheg Cheg », devenu le plus grand trafiquant d’armes syrien durant cette guerre, pourrait l’illustrer. Mort dans l’explosion de son véhicule en avril 2016, ce baron de la contrebande d’armements avait vendu à des intermédiaires bédouins un certain nombre d’armes issues des bases supervisées par la CIA, dont la mise en place en Turquie et en Jordanie avait dynamisé ses affaires. Or, ces intermédiaires les avaient achetées pour le compte du malnommé « État islamique », ce que « Cheg Cheg » n’ignorait pas.
À l’origine de ces révélations, le quotidien émirati TheNational.ae évoqua des transferts « involontaires » d’armements de la CIA et de ses alliés vers l’EI, à travers les réseaux de « Cheg Cheg ». Pourtant, selon différentes enquêtes approfondies, dont une récemment publiée par le JDD, il ne fait plus aucun doute que les services spéciaux des pétromonarchies du Golfe – essentiellement ceux de l’Arabie saoudite – ont sciemment armé Daech en Syrie comme en Irak, en particulier via une ligne d’approvisionnement Balkans-Moyen-Orient mise en place avec l’aide discrète de la CIA à partir de janvier 2012.
Ambassadeur américain en Syrie de 2011 à 2014, Robert S. Ford est persuadé de l’implication de l’Agence dans ces manœuvres, qui furent d’après lui « strictement confinées aux réseaux des services secrets ». Étonnamment, cette enquête du JDD ne fait pas mention de ce rôle central de la CIA dans la création de ce trafic d’armes produites dans les Balkans. Toutefois, son auteur a répondu à une demande de clarification en soulignant que « les propos de Robert S. Ford, qui s’est exprimé plus en détail sur ce sujet dans le New York Times, portent davantage sur l’approvisionnement en armes du Front al-Nosra… dont a ensuite profité Daech. »
Une telle franchise est malheureusement trop rare dans les médias occidentaux, et en particulier francophones. En réalité, alors qu’il n’est plus tabou de critiquer le rôle trouble des puissances moyen-orientales dans le renforcement des réseaux djihadistes en Irak et au Levant, la coresponsabilité de leurs partenaires de l’OTAN dans ces politiques catastrophiques ne peut et ne doit plus être éludée par les médias.
L’opération Timber Sycamore : un fiasco historique
Pour dresser le bilan de cette désastreuse politique, que la majorité de la presse occidentale a dissimulée au profit d’une narration séduisante impliquant des rebelles « modérés » n’ayant qu’un poids limité sur le terrain, on peut dire que la CIA et ses partenaires ont imposé à la Syrie une guerre secrète meurtrière, et que celle-ci a eu comme conséquence des dizaines de milliers de morts dans les rangs de l’armée syrienne et de leurs alliés, ainsi qu’un nombre indéterminé de victimes civiles, de blessés, de réfugiés et de déplacés internes.
Un Syrien porte deux enfants blessées après une attaque aérienne à Hamouria, dans la Ghouta orientale, en avril 2017 (AFP)
Cette coresponsabilité majeure des puissances occidentales dans ce conflit a été durablement occultée du débat public, à travers ce qui pourrait être considéré un jour comme l’un des plus grands échecs collectifs de l’histoire du journalisme contemporain.
Cette coresponsabilité majeure des puissances occidentales dans ce conflit a été durablement occultée du débat public, à travers ce qui pourrait être considéré un jour comme l’un des plus grands échecs collectifs de l’histoire du journalisme contemporain
Bien qu’indiscutablement condamnable, le gouvernement Assad a bénéficié d’un soutien populaire suffisant pour tenir face à la rébellion, et il s’est maintenu au pouvoir grâce à l’intervention décisive de la Russie, ce qui n’avait pas été anticipé par les stratèges d’Obama.
Censées être en guerre contre le jihadisme depuis l’automne 2001, les puissances occidentales ont fait le pari cynique de couvrir diplomatiquement et d’aider militairement leurs alliés régionaux dans leur soutien en faveur de groupes extrémistes éprouvant la même détestation à l’égard de notre modèle démocratique qu’envers l’État syrien laïc et ses alliés russes et chiites.
Provoquant un véritable désastre humanitaire, la fulgurante montée en puissance de Daech en 2014 est en bonne partie la conséquence de cette politique inconsciente et court-termiste, dont l’Arabie saoudite a été le principal financeur – le rôle de nos « alliés » turc et pétromonarchiques dans l’essor du djihad armé dans cette région (et au-delà) n’ayant d’ailleurs jamais fait l’objet d’une quelconque protestation officielle de la part d’États occidentaux pourtant frappés par le terrorisme.
Après d’innombrables hésitations, ces derniers ont fini par accepter le réel. De ce fait, ils ont progressivement abandonné l’objectif de renverser Bachar al-Assad ; et ils ont mis en priorité la lutte contre un monstre Frankenstein en grande partie engendré par leurs propres errements stratégiques et diplomatiques, encouragés dans ces dérives par leurs « alliés » néo-ottomans et wahhabites.
À l’aune du sévère bilan que l’on peut dresser de l’interventionnisme occidental au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Afrique du Nord, il serait plus que jamais salutaire que les journalistes, les experts et d’éventuels lanceurs d’alertes dénoncent plus explicitement le rôle majeur de nos États dans l’élaboration, la conduite et la dissimulation de ces politiques clandestines inconsidérées.
À LIRE : La politique d’Obama en Syrie et l’illusion de puissance américaine au Moyen-Orient
En attendant, espérons que le potentiel aggiornamento du président français Emmanuel Macron sur le dossier syrien, et la conclusion du programme anti-Assad de la CIA décrétée par son homologue américain, marquent la fin durable de ces stratégies aventuristes à l’origine de tant de souffrances et de destructions – officiellement imposées au nom de la démocratie, de la paix et des droits de l’homme.
Dans tous les cas, au regard des conséquences dramatiques de cette ultime guerre secrète de la CIA – que le Washington Post avait décrite en juin 2015 comme étant « l’une [de ses] plus vastes opérations clandestines » –, il n’est pas impossible que les historiens la considèrent un jour comme le plus grand fiasco de l’Agence ; un désastre aux conséquences potentiellement plus graves que celles de la baie des Cochons, ou de la tentative de recrutement de deux futurs pirates de l’air du 11 septembre par la CIA et les services secrets saoudiens. Comme l’avait relaté un ex-agent spécial du FBI à l’auteur de ces lignes, cette opération illégale conduisit l’Agence à dissimuler à la police fédérale la présence de ces hommes de Ben Laden aux États-Unis, ce qui aurait empêché le Bureau de déjouer ces attentats.
Visiblement, cette tragédie était bien loin dans les mémoires des responsables du programme Timber Sycamore, qui ont massivement armé la nébuleuse terroriste contre laquelle les autorités américaines et leurs alliés se revendiquent en guerre depuis 2001.
Maxime Chaix.
- Maxime Chaix est traducteur et journaliste indépendant, spécialisé dans les domaines du renseignement, des opérations clandestines, des questions stratégiques, de la criminalité financière et du terrorisme global. Il est diplômé d’un Master 2 « Histoire, théorie et pratique des droits de l’Homme » à la Faculté de Droit de Grenoble. En 2015, il a lancé son propre site afin de regrouper ses différents articles et traductions. Depuis 2014, il a notamment écrit pour dedefensa.org, Paris Match, et le Club de Mediapart.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.
Source : Middle East Eye, http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/en–syrie–le–plus–grand–fiasco–de–la–cia–139175839
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La supercherie du droit-de‑l’hommisme, par Bruno Guigue
Encore un texte remarquable de Bruno Guigue :
La supercherie du droit-de‑l’hommisme

La sélectivité du droit-de‑l’hommisme permet de comprendre pourquoi la condamnation des violations incriminées épouse toujours un axe nord-sud. Aucune ONG vénézuélienne ne mène campagne contre la mainmise d’une poignée de milliardaires sur la quasi-totalité des médias en France ou aux USA. En revanche, les ONG occidentales dénoncent sans relâche les violations de la liberté de la presse au Vénézuéla, alors que la presse, loin d’y être opprimée par le pouvoir, appartient à une poignée de capitalistes qui combattent le gouvernement.
Hormis les réactionnaires qui pensent que les hiérarchies sociales sont fondées en nature et qu’il y a des hommes faits pour commander et d’autres pour obéir, tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut défendre les droits de l’homme. Mais il faut admettre que les uns et les autres ne parlent pas de la même chose. Si l’on entend par cette expression la possibilité pour chacun de jouir du bien commun, alors l’accès à l’emploi, au logement, aux soins et à l’éducation fait partie des droits de l’homme – ou des droits humains, ne jouons pas sur les mots – au même titre que la liberté d’expression ou le choix de son orientation sexuelle. Prendre au sérieux les droits de l’homme, c’est y inclure les droits collectifs, c’est-à-dire la possibilité de vivre dans des conditions matérielles décentes.
Les militants des droits de l’homme, pourtant, ne s’intéressent qu’aux droits individuels et délaissent ostensiblement les droits collectifs. Que des individus soient emprisonnés ou empêchés de s’exprimer par des gouvernements autoritaires leur est insupportable, mais que des masses d’affamés subissent la loi d’airain du capital mondialisé leur est indifférent. Leur compassion pour l’humanité souffrante est étrangement sélective. Ils ne se mobilisent que pour des minorités ou des individus isolés, ils agissent au cas par cas en sélectionnant les individus ou les groupes qu’ils jugent dignes de leur attention, et on ne les voit jamais prendre fait et cause pour une classe socialement opprimée.
Le vocabulaire de la plupart des ONG – majoritairement anglo-saxonnes – en témoigne clairement. Elles entendent combattre la discrimination et non l’exploitation, l’exclusion et non la pauvreté, la privation de liberté infligée à quelques-uns et non la misère imposée au grand nombre. Leur philosophie est celle de l’individualisme libéral, qui ne connaît que des individus porteurs de droits et se soucie peu de savoir s’il y a parmi eux des riches et des pauvres. Ne parlons pas de la lutte des classes, ce gros mot qu’elles ne veulent même pas entendre prononcer. La seule lutte qui compte à leurs yeux, c’est celle qui vise à aligner des individus abstraits sur un standard restreint aux libertés formelles – et individuelles – en oubliant allègrement que ces libertés n’existent que sous certaines conditions.
Pour tout dire, le droit-de‑l’hommisme ordinaire occulte le fait que ces libertés individuelles ne sont effectives que si les droits collectifs sont garantis par des structures sociales qui les favorisent. En d’autres termes, les droits individuels ne sont réels que si les individus sont correctement nourris, logés, éduqués et soignés, et ces conditions ne sont réunies à leur tour que si un rapport de forces entre classes sociales les inscrit dans la durée. Bref, les droits-de‑l’hommistes oublient tout bonnement que les individus ne sont rien sans la société et que les droits individuels dont on réclame l’application ne sont que du vent si la société est divisée en dominants et dominés.
Cette indifférence aux conditions d’exercice des droits dont ils font pourtant leur fonds de commerce n’est pas étonnante. Petits-bourgeois des pays riches, les défenseurs des droits de l’homme défendent les droits dont ils jouissent, dont ils pourraient jouir ou dont ils voudraient que jouissent ceux qui leur ressemblent. Pourquoi dépenseraient-ils leur énergie à lutter contre la faim dans le monde quand leur assiette est pleine ? Pourquoi se battraient-ils pour l’appropriation collective des richesses puisqu’ils n’ont aucun problème de fin de mois ? En luttant pour les droits de l’homme, ils aspergent d’eau bénite leurs états d’âme de nantis que leurs conditions d’existence n’amènent jamais à interroger les ressorts de l’oppression et de l’injustice qu’ils ont constamment à la bouche, mais sans savoir de quoi ils parlent.
Que les pauvres soient pauvres importe peu à leurs yeux, car les pauvres revendiquent en général autre chose que la reconnaissance de droits individuels rendus impossibles par l’absence de droits collectifs. Lorsque l’extrême richesse côtoie l’extrême pauvreté, revendiquer la liberté d’expression avec un minimum de sérieux impliquerait d’exiger l’expropriation des capitalistes qui contrôlent la presse afin de créer les conditions d’une information plus objective. Mais on n’a jamais entendu un droit-de‑l’hommiste formuler ce genre de revendication. Le contrôle des médias ne s’expose à sa foudre vengeresse que s’il est exercé par de méchants dictateurs qui défient le nouvel ordre mondial. Pour les autres, il n’y a pas de problème.
Sélective, cette indignation pseudo-humaniste choisit ses victimes. Les autres peuvent crever. Lors de la chute du communisme, en 1991, les organisations droits-de‑l’hommistes ont crié victoire. L’idéologie des droits de l’homme ayant été inventée pour lutter contre l’URSS, cette victoire finale sembla consacrer leur vision du monde. Mais aucune de ces organisations n’a souligné que les prisons soviétiques étaient vides depuis longtemps et que le totalitarisme dont la philosophie politique des années 70 faisait un mal absolu était une coquille vide. On ne s’émut pas davantage, chez les humanistes, en constatant que sous la présidence Eltsine (1991−2000) l’espérance de vie régressa de dix ans sous l’effet des réformes structurelles dictées à la Russie par le FMI. C’est normal. Les petits vieux qui meurent en masse dans le paradis capitaliste n’intéressent pas les défenseurs des droits de l’homme.
L’humanité souffrante dont se soucient des ONG pétries d’humanisme se résume à un agrégat indistinct d’individus abstraits, atomisés, dont le sort n’est intéressant que s’il témoigne d’une violation de leurs droits individuels, de préférence dans un pays exotique dont le procès est instruit par la doxa occidentale. Mais on n’a jamais vu “Amnesty International” – dont le seul intitulé relève de la publicité mensongère – s’insurger contre le fait que 800 millions de personnes souffrent de malnutrition, ou que des centaines de milliers d’ouvrières sont surexploitées par les multinationales occidentales dans les “maquiladoras” de la frontière mexicaine. On répondra sans doute que ce n’est pas l’objet social de cette organisation, et je répondrai à mon tour que c’est précisément le problème sur lequel il convient d’insister.
Cette triple sélectivité dans le choix des droits en question, des individus concernés, et enfin des pays sur lesquels on braque le projecteur, explique donc beaucoup de choses. Elle explique que l’on fasse le tri parmi les victimes en évitant soigneusement d’incriminer les structures – celles de l’exploitation capitaliste mondialisée – qui sont responsables de 90% des malheurs qui frappent l’humanité. Elle explique aussi la fascination des ONG droits-de‑l’hommistes pour la défense des LGBT. La lutte contre les discriminations qu’ils subissent est légitime, mais il faut être lucide sur l’effet de cantonnement qu’elle génère. Car cette cause, aux yeux du droit-de‑l’hommisme petit-bourgeois, présente l’avantage de transcender la division sociale, d’évacuer la question des rapports de classe, bref de conférer à la lutte pour les droits humains une universalité abstraite qui sert les intérêts dominants.
La sélectivité du droit-de‑l’hommisme permet aussi de comprendre pourquoi la condamnation des violations incriminées épouse toujours un axe nord-sud. Aucune ONG vénézuélienne ne mène campagne contre la mainmise d’une poignée de milliardaires sur la quasi-totalité des médias en France ou aux USA. En revanche, les ONG occidentales dénoncent sans relâche les violations de la liberté de la presse au Vénézuéla, alors que la presse, loin d’y être opprimée par le pouvoir, appartient à une poignée de capitalistes qui combattent le gouvernement. Machine de guerre contre les Etats récalcitrants, le droit-de‑l’hommisme bénéficie donc de financements colossaux, à l’image de ces “Casques blancs” qui jouent au djihadiste côté cour et au brancardier côté jardin grâce aux 15 millions de dollars versés par des fondations britanniques. Moyennant une trousse à maquillage, ils arrivent même à fabriquer des victimes pour émouvoir le populo scotché devant les petites lucarnes.
Ces exemples montrent également que la fonction expresse de l’idéologie droit-de‑l’hommiste – servie par ces appareils idéologiques de masse que sont les ONG – est de saper la souveraineté des Etats qu’elle a pris pour cibles. De la fondation de George Soros aux officines qui participent aux conflits armés sous couvert d’action humanitaire en passant par les révolutions de couleur organisées de l’étranger, la galaxie droit-de‑l’hommiste intervient partout, distribuant subventions, éléments de langage et certificats de moralité à qui-mieux-mieux dans le seul but de semer le désordre dans des pays dont la liste est fournie par la CIA et dont le seul tort est de faire obstacle à l’hégémonisme occidental. La Russie en sait quelque chose, et on comprend qu’elle ait neutralisé cette poignée d’exhibitionnistes à moitié débiles (Femen) dont l’activisme desservait les intérêts du peuple russe.
Savamment orchestrée au nom des droits de l’homme, toute cette agitation a pour but de vider de sa substance le droit des peuples à s’organiser comme ils l’entendent. Dirigée contre le droit des nations à disposer d’elles-mêmes, cette ingérence fait peser une menace d’implosion sur les sociétés dont l’essor ou la résistance déplaît à Washington, Londres ou Paris. Pratiquée à grande échelle, l’intervention militaire chez les autres n’a pas toujours donné les résultats escomptés. Elle est désormais remplacée par cette épée de Damoclès planant sur la tête de tous ceux qui osent défier l’Empire et contester le monopole du dollar. Faute de pouvoir vitrifier ses opposants étrangers à l’arme lourde, un Occident arrogant brandit alors l’étendard de l’internationalisme humanitaire. Relayé par un gauchisme qui dissout ses illusions perdues dans le pathos et oublie Trotsky avec BHL, il agite frénétiquement le miroir aux alouettes des droits de l’homme, éblouissant beaucoup de bonnes âmes qui ne voient pas que cette idéologie est le faux-nez de l’impérialisme.
L’Occident a beau croire qu’il a découvert la pierre philosophale, la conception des droits de l’homme, pourtant, n’est pas univoque. Pour les Chinois, le premier des droits est celui de ne pas mourir de faim. Cette priorité n’est pas celle de la gauche occidentale, sinon elle mobiliserait davantage d’énergie à lutter contre la faim dans le monde qu’à promouvoir les droits des minorités. Mais cette divergence n’est pas une raison suffisante pour dire que les idées chinoises ne valent rien. “A plusieurs, nous sommes moins sujets à l’erreur que lorsque nous sommes seuls à décider”, disait Aristote. On veut bien admettre qu’un milliard 379 millions de Chinois puissent se tromper, mais on peine à croire que ce soit le cas tout le temps, d’autant que leur pays qui était un champ de ruines en 1949 est aujourd’hui la première puissance économique du monde. A défaut de quelques coups bien mérités sur le museau, un peu d’humilité éloignerait homo occidentalis de son penchant indécrottable à donner des leçons à la terre entière.
Bruno GUIGUE
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Article signalé par l’excellent site de désintoxication anticapitaliste Le Grand Soir.
Une bonne synthèse (vidéo) de l’essentiel, pour cette rentrée qui s’annonce agitée : monnaie, chômage, démocratie, citoyens constituants…
Une bonne synthèse (vidéo) de l’essentiel, qu’on peut rappeler autour de nous pendant cette nouvelle rentrée, qui s’annonce agitée :
httpv://youtu.be/82yRDQ5XlJU
Merci à Léo, et à tous les adorables virus (c’est nouveau ça vient de sortir 🙂 ) qui donnent tant d’énergie et d’inventivité, depuis des années, malgré les difficultés et les calomnies, discrètement et courageusement, pour que progresse l’idée (anticapitaliste et antifasciste) que « ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ». Je vous remercie du fond du cœur ; c’est dans votre ardeur que je puise la mienne. J’aime notre cerveau collectif. Merci à tous, vraiment.
Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155577904507317
« Portrait d’un tueur : LE STRESS » : illustration chez les babouins de la centralité du TIRAGE AU SORT dans une société apaisée et heureuse, débarrassée du stress imposé par ses mâles alpha
Je vous recommande ce documentaire animalier, très intéressant et d’une portée politique fondamentale.
L’intérêt de ce reportage va croissant et culmine à la fin. J’y retrouve cette idée essentielle, développée par Platon (déjà !) : *** le pire qui puisse arriver à une société est de laisser ceux qui veulent le pouvoir (les mâles alpha) y accéder ***, car ces individus-là dégradent la vie des autres en terrorisant (stressant) tout le monde, directement ou indirectement, consciemment ou pas.
À partir de la minute 41, notez cette expérience — lourde de sens politique pour nous tous — d’une société « normale » de babouins (société où règne la terreur quotidienne pour le plus grand nombre d’être agressé et harcelé par un mâle alpha), société « normale-stressée » littéralement transformée, et DURABLEMENT, en société apaisée et bienveillante, « exceptionnelle-destressée », heureuse en un mot, transformation déclenchée accidentellement par l’empoisonnement général (et la mort) de tous ses mâles alpha.
Conclusion : pour apaiser nos sociétés, je ne dis pas de tuer tous nos mâles alpha, mais au moins de les priver mécaniquement de tout pouvoir. C’est donc une éducation populaire centrale, à réaliser nous-mêmes pendant des décennies : pour vivre heureux, nos petits d’hommes doivent apprendre leur responsabilité personnelle à priver de pouvoir ceux qui désirent le pouvoir.
Vous me voyez venir 🙂 C’est peut-être le rôle principal (même si ce n’est pas le seul) du tirage au sort en politique que de priver les dominants de la possibilité de dominer.
Je vous laisse apprécier :
httpv://youtu.be/_sE7c52qzWk
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