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Voyage constituant au Québec, début juin 2024

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Chers amis, Je vais enfin ren­con­trer les copains qué­bé­cois consti­tuants 🤗 On va évi­dem­ment réflé­chir ensemble à une consti­tu­tion d’o­ri­gine citoyenne pour le Qué­bec libre 🙂 Je pars pour Mont­réal ce 1er juin et mon périple dure­ra une quin­zaine de jours. Je vous com­mu­nique ci-des­sous ce que je sais des étapes où nous pour­rions nous ren­con­trer. Hâte de vous voir. Ami­tiés. Étienne. Le pre­mier ate­lier consti­tuant aura lieu dimanche 2 juin, sous forme de webi­naire, dont voici…

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Affiche « Élire n’est pas voter » à coller sur les panneaux électoraux pour le 9 juin

Affiche « Élire n’est pas voter » à coller sur les panneaux électoraux pour le 9 juin

Les col­lec­tifs Espoir RIC et Culture RIC ont conçu une affiche pour infor­mer sur le RIC « Élire n’est pas voter » qui sera col­lée sur de nom­breux pan­neaux élec­to­raux n°2 à l’oc­ca­sion des euro­péennes ! Des cen­taines de béné­voles se sont don­né beau­coup de peine pour obte­nir le droit d’u­ti­li­ser les espaces de publi­ci­té dédiés aux élec­tions… Si l’af­fiche n’est pas déjà sur les pan­neaux des bureaux de vote à proxi­mi­té de chez vous… ce serait gen­til de la col­ler par vous-même 🙂 Tout est expliqué…

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For­mat grille – For­mat articles complets

[Précieuse compilation scientifique contre le néolibéralisme et les voleurs de pouvoirs] « L’ENTRAIDE, L’AUTRE LOI DE LA JUNGLE », plus importante que la compétition !

Chers amis,

Voi­ci d’ex­cel­lentes nou­velles regrou­pées en un seul livre, impor­tantes et déci­sives : depuis quelques années, des scien­ti­fiques du monde entier sont en train de PROUVER que LA loi de la jungle, celle qui compte le plus, par­tout dans le monde vivant, y com­pris chez les hommes évi­dem­ment, la loi déci­sive qui per­met de sur­vivre, en fait, ce n’est pas la com­pé­ti­tion, c’est l’entraide !

Depuis des années, je vous parle de Dar­win et de Kro­pot­kine (un prince russe deve­nu anar­chiste qui a, lui aus­si, écrit un livre pas­sion­nant inti­tu­lé L’En­traide), mais là, c’est tout un archi­pel de scien­ti­fiques très modernes qui apportent d’a­bord 1) un fon­de­ment scien­ti­fique solide à ce que pré­tendent les démo­crates (les humains ne demandent qu’à s’en­trai­der quand l’en­vi­ron­ne­ment s’y prête), et sur­tout 2) un argu­ment majeur pour dis­cré­di­ter les couillon­nades des pré­ten­dus « éco­no­mistes » (qui nous voient tous comme des êtres égoïstes mus par leur seul inté­rêt, et qui nous imposent, sur ce fon­de­ment extra­va­gant, des poli­tiques publiques scan­da­leu­se­ment antisociales).

Je suis en train de dévo­rer un livre pas­sion­nant, inti­tu­lé L’en­traide, l’autre loi de la jungle, de Pablo Ser­vigne et Gau­thier Cha­pelle, et il me semble que tous les humains sou­cieux de jus­tice et de paix devraient lire ce for­mi­dable tra­vail de com­pi­la­tion scien­ti­fique, le crayon à la main. Ce livre nous offre une véri­table armu­re­rie intel­lec­tuelle, éco­no­mique et poli­tique, contre les néo­li­bé­raux et contre les voleurs de pouvoirs.

http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-L_Entraide-9791020904409–1‑1–0‑1.html

Pour com­men­cer, Pablo Ser­vigne pré­sente ici son pré­cieux bou­quin en quelques minutes :
httpv://www.youtube.com/watch?v=-gB5x4LshGo

Je repro­duis aus­si ci-des­­sous la pré­face et l’in­tro­duc­tion, alléchantes :

Pré­face d’A­lain Caillé :

Quel beau sym­bole, au fond ! Deux bio­lo­gistes de for­ma­tion demandent à un socio­logue de pré­fa­cer leur excellent livre. Qui ne parle que très peu de socio­lo­gie, à moins qu’il ne parle que de ça. Tout dépend, évi­dem­ment, de ce qu’on entend par socio­lo­gie. Et aus­si par bio­lo­gie, et, au-delà, par science éco­no­mique, phi­lo­so­phie, etc. On l’au­ra com­pris : en met­tant au jour une « autre loi de la jungle », pas celle du struggle for life ou de la loi du plus fort, mais aus­si ou plus puis­sante qu’elle, la loi de la coopé­ra­tion et de l’en­traide, Pablo Ser­vigne et Gau­thier Cha­pelle bous­culent bien des fron­tières ins­ti­tuées entre les dis­ci­plines scien­ti­fiques — des fron­tières trop sou­vent héris­sées de bar­ri­cades et de bar­be­lés. Et ils ouvrent la pers­pec­tive de démarches de pen­sée géné­ra­listes et syn­thé­tiques qu’on avait trop tôt décla­rées impos­sibles, voire indé­si­rables. L’am­bi­tion est grande. Il ne s’a­git de rien moins que de « com­prendre la nature coopé­ra­tive de l’être humain dans le sillage de celle des autres orga­nismes vivants ». Sur ce sujet, écrivent nos auteurs, « pen­dant des années les résul­tats, les hypo­thèses et les théo­ries de chaque dis­ci­pline sont res­tés contra­dic­toires. Aucun tableau glo­bal n’é­mer­geait, il y avait trop de fos­sés entre les dis­ci­plines, et cha­cune tra­vaillait en igno­rant les autres. Ce n’est que très récem­ment que des pro­grès ful­gu­rants ont per­mis de pro­po­ser une struc­ture glo­bale de cette « autre loi de la jungle » ». C’est de ces « pro­grès ful­gu­rants » qu’ils nous font part.

Avant de ten­ter de pré­ci­ser en quelques mots en quoi ces pro­grès nous importent, je vou­drais sou­li­gner la flui­di­té et la maes­tria péda­go­gique avec les­quelles nos auteurs nous font entrer dans un uni­vers infi­ni­ment com­plexe qu’ils rendent aisé­ment acces­sible. Par­mi bien d’autres exemples, on peut évo­quer le pas­sage où ils nous expliquent la for­ma­tion d’un récif coral­lien à la manière d’une recette de cui­sine (p. 260–261).

Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas par­ti­cu­liè­re­ment pas­sion­nés par les virus, bac­té­ries, archées, cya­no­bac­té­ries ou autres bac­té­ries dino­fla­gel­lées, on pour­rait résu­mer le tout par cette belle for­mule de Vic­tor Hugo, pla­cée en exergue du livre : « Rien n’est soli­taire, tout est soli­daire. » Des virus et des bac­té­ries aux socié­tés humaines les plus vastes et les plus com­plexes, L’En­traide — dont le titre est emprun­té au prince anar­chiste Kro­pot­kine et lui rend hom­mage — décrit à toutes les échelles du vivant, indé­fi­ni­ment emboî­tées les unes dans les autres, tous les entre­croi­se­ments pos­sibles de lutte et de riva­li­té, d’une part, de coopé­ra­tion, d’en­traide et de réci­pro­ci­té (directe, indi­recte ou ren­for­cée), de l’autre, que ce soit entre des orga­nismes d’une même espèce ou d’es­pèces dif­fé­rentes. Selon que c’est la coopé­ra­tion ou la lutte qui pré­do­mine, on obtient une des six formes de rela­tion sui­vantes : sym­biose (ou mutua­lisme), coexis­tence, com­men­sa­lisme, amen­sa­lisme, pré­da­tion (para­si­tisme) ou compétition.

De cette vaste syn­thèse, la leçon essen­tielle qui se dégage, à l’in­verse de tous les dar­wi­nismes pri­maires (que ne par­ta­geait nul­le­ment Dar­win lui-même…), est que, en matière d’é­vo­lu­tion, la clé du suc­cès n’est pas la lutte pour la vie, mais bien plu­tôt l’en­traide. Ou, pour le dire plus pré­ci­sé­ment, selon la for­mu­la­tion de deux bio­lo­gistes théo­ri­ciens de l’é­vo­lu­tion, David S. et Edward O. Wil­son (eh oui ! Edward Wil­son, l’in­ven­teur de la socio­bio­lo­gie, dont on consta­te­ra qu’il a radi­ca­le­ment inver­sé son pro­pos ini­tial, au grand dam de ses adeptes et dis­ciples) : « L’é­goïsme sup­plante l’al­truisme au sein des groupes. Les groupes altruistes sup­plantent les groupes égoïstes. Tout le reste n’est que com­men­taire. » Ou encore : dans l’ordre du vivant, des socié­tés bac­té­riennes aux socié­tés humaines, la coopé­ra­tion est hié­rar­chi­que­ment supé­rieure à la compétition.

Cette décou­verte, ici minu­tieu­se­ment argu­men­tée et docu­men­tée, consti­tue un apport essen­tiel, tant au plan théo­rique qu’é­thique et poli­tique — deux plans d’ailleurs tou­jours étroi­te­ment imbri­qués. Où en sommes-nous, en effet ? En science sociale — en éco­no­mie, bien sûr, mais aus­si en socio­lo­gie et en phi­lo­so­phie morale et poli­tique —, le dogme domi­nant depuis les années 1970–1980 est que, dans la vie sociale, tout — actions, normes, ins­ti­tu­tions, croyances, etc. — s’ex­plique par le jeu des inté­rêts en conflit, conscient ou incons­cient. C’est la même croyance qui a domi­né en bio­lo­gie, avec la socio­bio­lo­gie pre­mière manière et avec la théo­rie du gène égoïste. C’est ce que j’ap­pelle l’axio­ma­tique de l’in­té­rêt, ou encore l’u­ti­li­ta­risme1.

Cette croyance hégé­mo­nique est au cœur du néo­li­bé­ra­lisme. Elle s’est éta­blie avant même que ne com­mence à triom­pher à l’é­chelle pla­né­taire un capi­ta­lisme ren­tier et spé­cu­la­tif, et elle a per­mis son essor. L’un, en effet, ne va pas sans l’autre. Pour pou­voir affir­mer que la seule forme de coor­di­na­tion effi­cace, et donc sou­hai­table, entre les humains est le Mar­ché, il faut se convaincre et convaincre le plus grand nombre que nous ne sommes que des Homo œco­no­mi­cus, « mutuel­le­ment indif­fé­rents », comme le disait par exemple le phi­lo­sophe star de la fin du XXe siècle, John Rawls. Après, le pas est facile à fran­chir : si la seule chose qui nous anime est notre inté­rêt per­son­nel, et si la forme pre­mière ou ultime de celui-ci est l’ap­pât du gain moné­taire, alors libre à cha­cun de cher­cher à s’en­ri­chir par tous les moyens pos­sibles, le plus rapi­de­ment pos­sible. Plus aucune digue ne doit venir conte­nir l’ex­pan­sion conti­nue des mar­chés spé­cu­la­tifs, fut-ce au risque de la mon­tée inexo­rable de la cor­rup­tion, voire de la criminalité.

Après les livres de Mat­thieu Ricard ou de Jacques Lecomte, qui avaient ouvert une pre­mière brèche, L’Entraide vient à point pour nous aider à décons­truire cette croyance hégé­mo­nique. Dans le champ des sciences sociales, nous étions un peu seuls, au MAUSS2, à nous y oppo­ser depuis une tren­taine d’an­nées, et à plai­der pour une science sociale géné­ra­liste qui ne repo­se­rait pas sur l’axio­ma­tique uti­li­ta­riste de l’in­té­rêt, mais pren­drait au contraire comme point de départ la décou­verte de l’an­thro­po­logue Mar­cel Mauss dans son célèbre Essai sur le don (1924) : celle que, au cœur du rap­port social, on trouve non pas le mar­ché, le contrat ou le don­­nant-don­­nant, mais ce qu’il appelle la triple obli­ga­tion de don­ner, rece­voir et rendre. Ou, si l’on pré­fère, la loi de la réci­pro­ci­té. Quelle avan­cée que de décou­vrir avec P. Ser­vigne et G. Cha­pelle que, muta­tis mutan­dis, cette loi ne concerne pas seule­ment le monde humain, mais l’en­semble du vivant ! Tout ce qu’ils nous exposent est par­fai­te­ment congruent avec le « para­digme du don » éla­bo­ré peu à peu dans le cadre de La Revue du MAUSS.

Il n’est pas dif­fi­cile d’en déduire les impli­ca­tions éthiques et poli­tiques. Rien n’est plus urgent désor­mais que de com­battre la déme­sure, l’hu­bris, la soif de toute-puis­­sance qu’a­li­mente le néo­li­bé­ra­lisme et qui conduit l’hu­ma­ni­té à sa perte. Jus­qu’i­ci, une des prin­ci­pales rai­sons de notre inca­pa­ci­té à sor­tir du néo­li­bé­ra­lisme pla­né­taire a été un cer­tain défi­cit de res­sources théo­riques. Mais c’est aus­si le manque d’une phi­lo­so­phie poli­tique, lar­go sen­su, qui nous per­mette d’al­ler au-delà des grandes idéo­lo­gies de la moder­ni­té — libé­ra­lisme, socia­lisme, anar­chisme ou com­mu­nisme. C’est cette éla­bo­ra­tion doc­tri­nale qu’a­morcent les auteurs mon­dia­le­ment connus qui se recon­naissent sous la ban­nière du convi­via­lisme3. P. Ser­vigne (qui compte par­mi eux) et G. Cha­pelle y contri­buent de manière déci­sive. Un bel exemple d’entraide.

Alain Caillé

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Notes de la préface :

  1. Qui consti­tue la matrice de l’é­co­no­misme, c’est-à-dire de la croyance que seule l’é­co­no­mie importe. Depuis les années 2000, en science sociale, la mode a tour­né à un décons­truc­tion­nisme géné­ra­li­sé. Il s’a­git de mon­trer que toutes les normes ou ins­ti­tu­tions exis­tantes ont été construites his­to­ri­que­ment, qu’elles n’ont donc aucune natu­ra­li­té, mais se révèlent au contraire arbi­traires. D’où il est ten­tant de conclure qu’on pour­rait, voire qu’on devrait, les décons­truire. Il ne serait pas dif­fi­cile de prou­ver que cette pos­ture théo­rique repré­sente l’a­va­tar ultime d’un éco­no­misme généralisé.
  2. Cf. www​.revue​du​mauss​.com et www​.jour​nal​du​mauss​.net.
  3. Cf. www​.les​con​vi​via​listes​.org. Le Mani­feste convi­via­liste (consul­table et télé­char­geable sur le site), signé par soixante-quatre auteurs alter­na­tifs et enga­gés, bien­tôt rejoints par des dizaines d’autres à tra­vers le monde, a été publié en 2013 aux édi­tions Le Bord de l’eau. Il a été tra­duit, en abré­gé ou in exten­so, dans une bonne dizaine de langues (dont le japo­nais, le chi­nois, le turc ou l’hé­breu). Son pre­mier mérite est d’énon­cer des valeurs com­munes, uni­ver­sa­li­sables, sur les­quelles ont pu se mettre d’ac­cord des intel­lec­tuels ins­crits dans des hori­zons idéo­lo­giques très divers, allant de la gauche de gauche au centre-gauche, ou droit, voire un peu au-delà à droite quant aux sym­pa­thies. Conver­gence essen­tielle, car on ne sor­ti­ra de l’hé­gé­mo­nie du néo­li­bé­ra­lisme que grâce à un large consen­sus mon­dial. Une des thèses cen­trales du Mani­feste (ins­pi­rée de Mar­cel Mauss) est que le pro­blème poli­tique pre­mier est de per­mettre aux humains de « coopé­rer en s’op­po­sant sans se mas­sa­crer ». En lisant Ser­vigne et Cha­pelle, on découvre que c’est très exac­te­ment le pro­blème auquel le vivant en géné­ral a trou­vé une réponse.

INTRODUCTION

L’âge de l’entraide

Connais­­sez-vous cette his­toire ? C’est un mythe des années 1980, mais on dit qu’il vient d’une époque bien plus loin­taine. Il était une fois la vie, une arène impi­toyable où des mil­lions de gla­dia­teurs se bat­taient et s’en­tre­tuaient. Pas de cadeaux, pas de quar­tier, pas de pitié. L’a­gres­si­vi­té était deve­nue un atout essen­tiel, c’é­tait une ques­tion de sur­vie. Dans ce monde, l’in­tel­li­gence — par­don, la ruse — ser­vait à pas­ser devant les autres, ou, mieux, à les enfon­cer. Il fal­lait sur­veiller ses arrières. « Que le meilleur gagne ! » enten­­dait-on à l’en­vi. Le grand man­geait le petit, le plus rapide man­geait le plus lent, le plus fort man­geait le plus faible. C’é­tait comme ça depuis la nuit des temps, disaient les sages. Si vous ne fai­siez pas par­tie des gagnants, c’é­tait pas de chance. D’ailleurs, c’é­tait sûre­ment un peu de votre faute… « Bon sang ! Rele­­vez-vous, bat­­tez-vous ! Gagner ! Réus­sir ! Vous ne com­pre­nez donc pas ? »

Ce mythe a la vie dure. On dit qu’il se raconte encore de nos jours, un peu par­tout dans le monde. Entre employés pour grim­per dans la hié­rar­chie des orga­ni­sa­tions, ou entre ces der­nières pour conqué­rir des parts de mar­ché. On raconte que, au plus haut niveau de l’É­tat, c’est l’ob­ses­sion de la com­pé­ti­ti­vi­té, ou la bataille pour la conquête du pou­voir. Ailleurs, c’est la lutte entre les équipes de foot, les can­di­dats aux grandes écoles, les deman­deurs d’emploi…

Bien enten­du, ce ne sont pas de vraies guerres ; elles sont simu­lées, cathar­tiques, par­fois théâ­trales. Il paraît qu’elles cana­lisent les pul­sions humaines pour nous empê­cher de som­brer. Mais empêchent-elles les vrais affron­te­ments, délits, crimes, conflits armés, guerres des classes, guerres des peuples ou guerres contre le vivant ?

La loi de la jungle

Si vous obser­vez les êtres vivants (les « autres qu’­hu­mains ») à tra­vers ce filtre, celui de la com­pé­ti­tion, le tableau vous sau­te­ra aux yeux : le lion mange l’an­ti­lope, les chim­pan­zés s’en­tre­tuent, les jeunes arbres jouent des coudes pour l’ac­cès à la lumière, les cham­pi­gnons et les microbes ne se font pas de cadeaux. Le mythe se déploie à la lumière de cet uni­vers impi­toyable. L’é­tat de nature est syno­nyme de chaos, de lutte, de pillage et de vio­lence. C’est la loi de la jungle, la « loi du plus fort », la « guerre de tous contre tous », selon l’ex­pres­sion d’un des pères du libé­ra­lisme, le phi­lo­sophe Tho­mas Hobbes.

Les mythes donnent une cou­leur au monde. Et une idée répé­tée mille fois finit par deve­nir vraie. Faites l’ex­pé­rience autour de vous : dites que l’être humain est natu­rel­le­ment altruiste, et l’on vous pren­dra pro­ba­ble­ment pour un naïf ou un idéa­liste. Dites qu’il est natu­rel­le­ment égoïste, et vous aurez les faveurs des « réalistes ».

Depuis le siècle der­nier, la culture occi­den­tale, moderne et uti­li­ta­riste, est effec­ti­ve­ment deve­nue hyper­tro­phiée en com­pé­ti­tion, délais­sant sa par­tie géné­reuse, altruiste et bien­veillante, pas­sa­ble­ment atro­phiée. L’en­traide ? Mais qui y croit encore ? Par­fois elle resur­git mira­cu­leu­se­ment, à la faveur d’un fait divers excep­tion­nel rela­té au 20 Heures ou dans une vidéo ani­ma­lière sur Inter­net vision­née des mil­lions de fois. Fascinant !

Soyons sin­cère : qui n’a jamais res­sen­ti cette pro­fonde joie d’ai­der un proche ou de se voir tendre la main ? Et que se passe-t-il quand une région est sinis­trée par une inon­da­tion ? Y a‑t‑il plus de pillages que d’actes de soli­da­ri­té ? À l’é­vi­dence, non ! Les voi­sins se serrent les coudes, d’autres accourent des alen­tours et prennent des risques insen­sés pour sau­ver ceux qui doivent l’être. Des incon­nus, à des cen­taines ou des mil­liers de kilo­mètres de là, s’or­ga­nisent et envoient de l’argent. Plus lar­ge­ment, la sécu­ri­té sociale, la redis­tri­bu­tion des richesses, l’aide huma­ni­taire, l’é­cole ou encore les coopé­ra­tives ne sont-elles pas d’in­croyables ins­ti­tu­tions d’en­traide ? Pour­quoi cela nous est-il deve­nu si invisible ?

Un exa­men atten­tif de l’é­ven­tail du vivant — des bac­té­ries aux socié­tés humaines en pas­sant par les plantes et les ani­maux — révèle que l’en­traide est non seule­ment par­tout, mais pré­sente depuis la nuit des temps. C’est simple : tous les êtres vivants sont impli­qués dans des rela­tions d’en­traide. Tous. L’en­traide n’est pas un simple fait divers, c’est un prin­cipe du vivant. C’est même un méca­nisme de l’é­vo­lu­tion du vivant : les orga­nismes qui sur­vivent le mieux aux condi­tions dif­fi­ciles ne sont pas les plus forts, ce sont ceux qui arrivent à coopérer.

En réa­li­té, dans la jungle, il règne un par­fum d’en­traide que nous ne per­ce­vons plus. Ce livre sera une ten­ta­tive de grande et pro­fonde inspiration.

Hémi­plé­giques à en mourir

L’a­gres­si­vi­té et la com­pé­ti­tion existent dans le monde vivant : il ne s’a­git pas de le nier. C’est par exemple la com­pé­ti­tion qui per­met d’é­vi­ter que des bac­té­ries patho­gènes n’en­va­hissent l’é­co­sys­tème micro­bien de notre bouche. Elle aus­si qui per­met aux félins de conser­ver leur ter­ri­toire, ou encore à cer­tains humains de sti­mu­ler leur goût de l’ef­fort, voire leur esprit d’é­quipe. Le sport tel que nous le pra­ti­quons est une façon ritua­li­sée de cana­li­ser la com­pé­ti­tion. Cette der­nière nous force à nous dépas­ser, et, pour cer­tains, à « don­ner le meilleur d’eux-mêmes ».

Mais la com­pé­ti­tion a aus­si de sérieux incon­vé­nients. Elle est épui­sante. La plu­part des ani­maux et des plantes l’ont bien com­pris : ils la mini­misent et évitent au maxi­mum les com­por­te­ments d’a­gres­sion, car ils ont trop à perdre. C’est trop ris­qué, trop fati­gant. Pour un indi­vi­du bien équi­pé, bien entraî­né et psy­cho­lo­gi­que­ment au meilleur de sa forme, la com­pé­ti­tion est un défi qui per­met de pro­gres­ser grâce à un effort puis­sant (et le plus court pos­sible). Mais, pour les autres, ceux qui ne sont pas prêts, ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas entrer dans l’a­rène, ou ceux qui y sont depuis trop long­temps, cet effort est une source infi­nie de stress.

De plus, la com­pé­ti­tion sépare ; elle fait res­sor­tir les dif­fé­rences. Les com­pé­ti­teurs foca­lisent leur atten­tion sur ce petit « del­ta », ce petit quelque chose qui les dif­fé­ren­cie de leurs concur­rents et qu’il faut gar­der secret, car il leur per­met­tra de gagner la course. Ne dit-on pas : « J’ai fait la dif­fé­rence » ? La com­pé­ti­tion ne favo­rise pas le lien, elle pousse à tri­cher, détourne du bien com­mun. En effet, pour­quoi inves­tir dans le com­mun si cela peut favo­ri­ser les concurrents ?

Au fond, qu’est-ce que « gagner » ? Se retrou­ver sur la pre­mière marche du podium… dra­ma­ti­que­ment seul ? Atti­rer le regard des autres par des pas­sions tristes comme l’en­vie, la jalou­sie ou même le res­sen­ti­ment ? Contri­buer à créer une pla­nète qui compte 99 % de « per­dants » ?

En pous­sant le culte de la com­pé­ti­tion à son extrême, et en l’ins­ti­tu­tion­na­li­sant, notre socié­té n’a pas seule­ment engen­dré un monde violent, elle a sur­tout ôté une grande par­tie de son sens à la vie. La com­pé­ti­tion sans limite est une invi­ta­tion — voire une obli­ga­tion — à une course à l’in­fi­ni. Le déli­te­ment des liens entre humains et des liens avec le vivant a créé un grand vide, un immense besoin de conso­la­tion, que nous ten­tons de com­bler en per­ma­nence par l’ac­cu­mu­la­tion fré­né­tique d’ob­jets, de tro­phées, de conquêtes sexuelles, de drogues ou de nour­ri­ture. La déme­sure, que les Grecs appe­laient l’hu­bris, devient alors la seule manière d’être au monde.

Com­pé­ti­tion, expan­sion infi­nie et décon­nexion du monde vivant sont trois mythes fon­da­teurs de notre socié­té depuis déjà plu­sieurs siècles. Leur méca­nique s’est révé­lée extrê­me­ment toxique : de la même manière qu’une cel­lule en expan­sion per­pé­tuelle finit par détruire l’or­ga­nisme dont elle fait par­tie, un orga­nisme qui détruit l’en­vi­ron­ne­ment dans lequel il vit et empoi­sonne ses voi­sins finit par mou­rir seul dans un désert.

Nous avons mal­heu­reu­se­ment dépas­sé l’é­tape du simple aver­tis­se­ment. C’est là notre réa­li­té. Notre rap­port au monde a pro­vo­qué des bas­cu­le­ments irré­ver­sibles : cer­tains sys­tèmes natu­rels qui consti­tuent la bio­sphère ont été gra­ve­ment désta­bi­li­sés, au point de mena­cer sérieu­se­ment les condi­tions de sur­vie de nom­breuses espèces sur terre, y com­pris la nôtre. Et c’est sans comp­ter sur la fin immi­nente de l’ère des éner­gies fos­siles, l’é­pui­se­ment des res­sources miné­rales, les pol­lu­tions géné­ra­li­sées, l’ex­trême fra­gi­li­té de notre sys­tème éco­no­mique et finan­cier ou la crois­sance des inéga­li­tés entre pays et du nombre de réfu­giés. Nous avons là une situa­tion qui res­semble à un immense jeu de domi­nos instable, c’est-à-dire aux pré­mices d’un effon­dre­ment de civi­li­sa­tion1.

Le bilan des pos­sibles formes que pour­rait prendre cet enchaî­ne­ment de catas­trophes est appe­lé la col­lap­so­lo­gie2 une dis­ci­pline qui, au-delà de sa fonc­tion d’in­for­ma­tion, per­met de mettre en lien dif­fé­rents milieux et dif­fé­rentes sen­si­bi­li­tés : éco­lo­gistes, sur­vi­va­listes, uni­ver­si­taires, mili­taires, ingé­nieurs, pay­sans, acti­vistes, artistes, poli­ti­ciens, etc. Au cours de nos ren­contres avec tous ces acteurs pré­oc­cu­pés par la situa­tion, nous avons été frap­pés de consta­ter à quel point la ques­tion de l’en­traide était récur­rente et urgente. Fré­quentes étaient les ques­tions et les réac­tions telles que : « Com­ment faire pour que tout cela ne dégé­nère pas ? », « Nous allons tout droit vers un scé­na­rio à la Mad Max,.. Il fau­drait faire res­sor­tir le meilleur de l’être humain pour l’é­vi­ter ! », « Nous sommes égoïstes, les gens vont s’entretuer ! »

Si le cli­mat éco­no­mique, poli­tique et social se dégrade rapi­de­ment, notre ima­gi­naire, lui, gavé de cette mono­cul­ture de la com­pé­ti­tion, pro­dui­ra tou­jours la même his­toire : la guerre de tous contre tous et l’a­gres­si­vi­té pré­ven­tive. Par une pro­phé­tie auto-réa­­li­­sa­­trice, les « croyants » se pré­pa­re­ront à la vio­lence dans un cli­mat de peur et crée­ront les condi­tions par­faites pour que naissent de vraies ten­sions. Alors qu’un autre scé­na­rio, celui de la coopé­ra­tion, pour­rait tout aus­si bien émer­ger… si tant est que nous l’in­cluions dans le champ des possibles !

Ce livre est né de l’i­dée d’ex­plo­rer les condi­tions d’é­mer­gence des com­por­te­ments d’en­traide. À l’é­tin­celle de départ — une curio­si­té scien­ti­fique qui date de plus de dix ans — s’est récem­ment ajou­té un élan pour contac­ter une autre mytho­lo­gie, enri­chir un autre ima­gi­naire, racon­ter de belles his­toires bien enra­ci­nées dans révo­lu­tion du vivant, avec le sou­ci de mini­mi­ser les dégâts de cette spi­rale d’au­to­des­truc­tion et de vio­lence, et, pour­quoi pas, de contri­buer à favo­ri­ser une spi­rale vertueuse.

L’émergence d’une autre loi de la jungle

Nous ne sommes ni les seuls ni les pre­miers à pen­ser l’en­traide. Ces der­nières années, les articles scien­ti­fiques sur ce sujet se sont enchaî­nés à un rythme effré­né. Mais ils res­tent mal­heu­reu­se­ment rela­ti­ve­ment inac­ces­sibles au grand public et rares dans les cur­sus sco­laires. Il en va de même pour la longue filia­tion intel­lec­tuelle phi­lo­so­phique et reli­gieuse qui remonte à l’An­ti­qui­té et prend une dimen­sion véri­ta­ble­ment scien­ti­fique au XIXe siècle sous la plume, entre autres, du natu­ra­liste Charles Dar­win, du socio­logue Alfred Vic­tor Espi­nas, du géo­graphe Pierre Kro­pot­kine ou encore de l’an­thro­po­logue Mar­cel Mauss.

Qu’on ne s’y trompe pas : les héri­tiers de ces idées « naïves » sont nom­breux. On pense au mou­ve­ment du MAUSS3, lan­cé en 1981 par Alain Caillé et qui aujourd’­hui regroupe un grand panel d’in­tel­lec­tuels sous la ban­nière (très sti­mu­lante !) du convi­via­lisme4. On pense aus­si au tour d’ho­ri­zon natu­ra­liste de Jean-Marie Pelt (La Soli­da­ri­té chez les plantes, les ani­maux, les humains, 2004), ain­si qu’aux monu­men­tales syn­thèses de Jacques Lecomte (La Bon­té humaine, 2012), de Mat­thieu Ricard (Plai­doyer pour l’al­truisme, 2013) et de Pierre Dar­dot et Chris­tian Laval (Com­muns, 2014). Phi­lo­sophes, mana­gers, éco­logues, éco­no­mistes, anthro­po­logues ou socio­logues se démènent pour remettre sur le devant de la scène des notions aus­si démo­dées et rin­gardes que l’al­truisme5, la bon­té6, la gen­tillesse7, l’as­so­cia­tion8, l’é­ga­li­té9, les com­muns10, l’empathie11 ou la soli­da­ri­té12.

La force de cette culture renais­sante et émer­gente est de ne pas se conten­ter de res­ter dans les biblio­thèques. Elle sort dans la rue, trans­forme le monde grâce à de nou­veaux modes de consom­ma­tion, de tra­vail, de construc­tion, d’ap­pren­tis­sage,   de   com­mu­ni­ca­tion,   de  ges­tion13  ou de pro­duc­tion14. L’é­mer­gence d’une culture des biens com­muns, du peer-to-peer et de la col­la­bo­ra­tion prend une dimen­sion mon­diale et touche tous les sec­teurs. Il est trop tard pour l’arrêter.

Au siècle der­nier, notre monde est deve­nu extrê­me­ment per­for­mant en matière de méca­nismes de com­pé­ti­tion. Il est grand temps de deve­nir tout aus­si com­pé­tents en matière de coopé­ra­tion, de bien­veillance et d’al­truisme. L’autre objec­tif de ce livre est d’ap­por­ter une pierre à cet édi­fice, de par­ti­ci­per à la struc­tu­ra­tion de cette nou­velle culture. En pui­sant dans plu­sieurs dis­ci­plines, de l’é­tho­lo­gie à l’an­thro­po­lo­gie en pas­sant par l’é­co­no­mie, la psy­cho­lo­gie, la bio­lo­gie, la socio­lo­gie ou les neu­ros­ciences, nous pro­po­sons un tour d’ho­ri­zon des plus récentes décou­vertes sur cette ten­dance très puis­sante qu’ont les êtres vivants (et pas seule­ment les humains) à s’as­so­cier. L’i­dée d’in­clure le reste du monde vivant dans la syn­thèse était d’ar­ri­ver à déga­ger des prin­cipes géné­raux et une archi­tec­ture géné­rale de ce que l’on pour­rait désor­mais appe­ler « l’autre loi de la jungle ».

Le chan­tier du siècle

Notre sur­prise a été de consta­ter l’in­croyable diver­si­té des pro­ces­sus, des sen­ti­ments et des méca­nismes à l’œuvre depuis la nuit des temps. Mais com­ment nom­mer ce monde infi­ni­ment com­plexe, riche et colo­ré ? Com­ment nom­mer cette ten­dance qui décrit aus­si bien une asso­cia­tion entre bac­té­ries qu’une entente entre humains ou entre grands singes impli­quant des sen­ti­ments aus­si sub­tils que l’al­truisme, la bon­té, l’a­mi­tié, la gra­ti­tude, la récon­ci­lia­tion ou le sens de la jus­tice ? Nous avions besoin d’un terme qui inclue à la fois les actes et les inten­tions, mais aus­si tous les orga­nismes vivants et tous les processus.

Nous avons choi­si le terme d’entraide, conscients qu’il n’a pas la même défi­ni­tion pour tous, et qu’il peut par­fois impli­quer une touche d’an­thro­po­mor­phisme, sur­tout lors­qu’il s’a­git de décrire les com­por­te­ments d’êtres vivants qui ne nous res­semblent en rien. Mais ce mot a aujourd’­hui l’a­van­tage d’être à la fois bien accep­té par le lan­gage cou­rant et suf­fi­sam­ment oublié des sciences pour être à l’a­bri d’une défi­ni­tion trop étroite. C’est aus­si et sur­tout un clin d’œil au grand géo­graphe et anar­chiste Pierre Kro­pot­kine, l’un des pion­niers de cette aven­ture scien­ti­fique, qui écri­vit en 1902 une remar­quable syn­thèse dont le titre, Mutual Aid, fut tra­duit par son ami, le non moins géo­graphe et anar­chiste Éli­sée Reclus, par « entr’aide », mot qu’il offrit à la langue fran­çaise15.

Le sujet est évi­dem­ment colos­sal. Chaque cha­pitre de notre livre pour­rait faire l’ob­jet d’un trai­té de plu­sieurs tomes ! Le but n’é­tait pas d’en faire un tra­vail ency­clo­pé­dique, mais d’é­ta­blir des ponts entre les dis­ci­plines, en par­ti­cu­lier entre les sciences humaines et les sciences bio­lo­giques. Voir leur dis­ci­pline cro­quée à grands traits génère évi­dem­ment d’i­né­vi­tables frus­tra­tions chez les spé­cia­listes, et il en va de même pour nous, qui aurions aimé par­ta­ger encore plus d’ex­tra­or­di­naires détails des méca­nismes du vivant16.

Nous avons démar­ré ce chan­tier il y a une dou­zaine d’an­nées, avec autant d’en­thou­siasme que de naï­ve­té. Notre label « bio­lo­gique17 » ne nous avait pas pré­pa­rés à absor­ber les incroyables avan­cées des sciences humaines, ni les para­doxes qui émer­geaient de ce foi­son­ne­ment de décou­vertes18. Explo­rer tout cela a été une véri­table aven­ture qui n’a fait qu’at­ti­ser tou­jours davan­tage notre curio­si­té. Ce bilan est donc loin d’être défi­ni­tif, et il se révèle être au final une invi­ta­tion à conti­nuer l’exploration.

Ce livre n’est pas un trai­té de col­lap­so­lo­gie, ni une cri­tique de la socié­té de consom­ma­tion et du capi­ta­lisme, pas plus qu’une ency­clo­pé­die natu­ra­liste ou un trai­té phi­lo­so­phique. C’est une ten­ta­tive pour faire du lien entre tout cela et poser un jalon sur le che­min de notre génération.

Nous com­men­ce­rons notre voyage en tor­dant le cou au mythe d’une nature agres­sive où ne régne­rait qu’une seule loi. Puis nous décou­vri­rons au fil des cha­pitres les méca­nismes et les sub­ti­li­tés de l’en­traide humaine. Enfin, nous ter­mi­ne­rons en reve­nant à l’en­semble du monde vivant, ce qui nous per­met­tra d’ef­fleu­rer quelques grands prin­cipes de la vie sur terre.

Pablo Ser­vigne et Gau­thier Chapelle

______________________
Notes de l’introduction :

  1. Pour l’ins­tant, les pays indus­tria­li­sés sont rela­ti­ve­ment épar­gnés, mais uni­que­ment grâce à un fra­gile écran de tech­no­lo­gie… qui dépend de res­sources éner­gé­tiques et miné­rales de moins en moins accessibles.
  2. Ser­vigne et Ste­vens R. (2015).
  3. Mou­ve­ment anti-uti­­li­­ta­­riste en sciences sociales. Voir ia pré­face de ce livre, ain­si que le site de La Revue du MAUSS, www​.revue​du​mauss​.com​.fr/.
  4. Mani­feste des convi­via­listes (2013) ; Alain Caillé (dir.) et les Convi­­via-listes (2016); www​.les​con​vi​via​listes​.org.
  5. Kou­rils­ky (2009) ; Kou­rils­ky (2011) ; Ricard (2013) ; Ricard et Sin­ger (dir.) (2015).
  6. Lecomte (2012).
  7. Jaf­fe­lin (2015); Mar­tin (2014).
  8. Laville(2010).
  9. Wil­kin­son et Pickett (2013).
  10. Dar­dot et Laval (2014) ; Coriat (dir.) (2015).
  11. De Waal (2009) ; Rif­kin (2011).
  12. Pelt (2004) ; Supiot (dir.) (2015) ; Mathe­vet (2011).
  13. Mal­gré les pro­grès récents de cer­taines entre­prises, force est de consta­ter la conster­nante iner­tie de ce milieu. Gau­thier Cha­pelle a été conseiller en déve­lop­pe­ment durable (en bio­mi­mé­tisme) pen­dant dix ans pour les entre­prises. Il s’ef­for­çait de leur mon­trer que, en s’ins­pi­rant des rela­tions d’en­traide du monde vivant, leur orga­ni­sa­tion serait non seule­ment durable, mais bien plus effi­cace. Mal­heu­reu­se­ment, il s’est sou­vent ren­du compte que de nom­breuses entre­prises ne vou­laient pas prendre le risque de chan­ger leur struc­ture et leur rai­son d’être.
  14. Pour un tour d’ho­ri­zon, voir Novel (2013) ; Riot, Novel (2012) ; Filip-povaf­­coord.) (2015). Sur les moyens de com­mu­ni­ca­tion, voir Rif­kin (2014); Bau­wens (2015). Sur les entre­prises, voir Laloux (2015); Lecomte (2016). Sur l’éner­gie, voir Rif­kin (2012).
  15. L’a­pos­trophe dis­pa­rut en 1931. À ce sujet, lire Enckell (2009).
  16. Nous n’a­vons mal­heu­reu­se­ment pu inclure dans ce tra­vail qu’en­vi­ron un tiers de notre biblio­gra­phie, et nous sommes conscients que celle-ci ne doit repré­sen­ter qu’une petite par­tie de ce qui est dis­po­nible sur le sujet…
  17. Nous sommes tous deux agro­nomes de for­ma­tion et spé­cia­listes de bio­lo­gie ani­male. Nous avons sur­tout le point com­mun d’é­prou­ver, depuis notre plus tendre enfance, un grand malaise à bai­gner dans ce mythe d’une nature cruelle, agres­sive et com­pé­ti­tive. Cela ne colle ni avec notre expé­rience, ni avec nos obser­va­tions, ni avec notre res­sen­ti. Même si notre sen­si­bi­li­té natu­ra­liste nous a vac­ci­nés contre une telle soupe idéo­lo­gique, il nous a tout de même fal­lu plus de vingt-cinq ans pour trans­for­mer cette intui­tion en cer­ti­tude, et quelques années de plus pour ins­crire cette der­nière dans une syn­thèse cohérente.
  18. Pen­dant des années, les résul­tats, les hypo­thèses et les théo­ries de chaque dis­ci­pline sont res­tés contra­dic­toires. Aucun tableau glo­bal n’é­mer­geait. Il y avait trop de fos­sés entre les dis­ci­plines, et cha­cune tra­vaillait en igno­rant les autres. Ce n’est que très récem­ment que des pro­grès ful­gu­rants ont per­mis de pro­po­ser une struc­ture glo­bale de cette « autre loi de la jungle ».

* * * * *

Source : « L’En­traide. L’autre loi de la jungle », livre de Gau­thier Cha­pelle et Pablo Ser­vigne, édi­tions Les Liens Qui Libèrent, 2017 http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-L_Entraide-9791020904409–1‑1–0‑1.html

Enfin, le som­maire montre bien que ce livre est d’une richesse inouïe pour tous les huma­nistes (concen­­trez-vous, chaque ligne compte, ce bou­quin est un bijou) :

Table

Pré­face, par Alain Caillé

Intro­duc­tion. L’âge de l’entraide
La loi de la jungle
Hémi­plé­giques à en mourir
L’é­mer­gence d’une autre loi de la jungle
Le chan­tier du siècle

Cha­pitre 1. His­toire d’un oubli

Par­tout, tout le temps, et de toutes les couleurs
Entre sem­blables
Entre loin­tains cousins
Entre orga­nismes qui n’ont rien à voir
Nos plus loin­tains ancêtres, cham­pions de l’en­traide toutes caté­go­ries
Toutes les cou­leurs de la « symbiodiversité »
Nous sommes une inex­tri­cable pelote d’interdépendances
Remettre les pen­dules à l’heure

Pour­quoi la socié­té ne l’a pas vue — Une his­toire de mythes
Kro­pot­kine, le prince anar­chiste à contre-courant
Les oeillères de notre société

Pour­quoi la science ne l’a pas vue – Une his­toire de gènes
Avant les années 1970
Vie, mort et renais­sance de la socio­bio­lo­gie, 1970–2000
La renais­sance des années 2000

Cha­pitre 2. L’en­traide spontanée

Contrai­re­ment aux idées reçues
Où vit l’Homo oeco­no­mi­cus ?
Ce qui émerge en situa­tion de crise
Ce qui émerge du stress et de l’inconnu

Com­ment expli­quer ces automatismes ?
La fin des modèles simplistes
Un auto­ma­tisme malléable

Cha­pitre 3. Les méca­nismes du groupe

Le noyau dur de l’en­traide : la réciprocité
L’o­bli­ga­tion de rendre
Les racines de la réciprocité

Le pas­sage au groupe : la réci­pro­ci­té étendue
La répu­ta­tion (la réci­pro­ci­té indirecte)
Récom­penses et puni­tions (la réci­pro­ci­té renforcée)

Les très grands groupes : la réci­pro­ci­té invisible
Les normes sociales
Les ins­ti­tu­tions

Cha­pitre 4. L’es­prit du groupe

Un moment magique : quand le groupe fait corps
Le sen­ti­ment de sécurité
Le sen­ti­ment d’égalité
Le sen­ti­ment de confiance
La nais­sance d’un superorganisme

Vers des prin­cipes universels ?
Les « fon­da­men­taux », une mise en pratique
Les prin­cipes d’une bonne gouvernance

L’en­traide pous­sée à l’extrême
La dis­so­lu­tion du soi
L’ex­tase collective
La fer­me­ture du groupe

Un moment tra­gique : quand l’en­traide s’effondre

Cha­pitre 5. Au-delà du groupe

Le prin­cipe du grand méchant loup
La com­pé­ti­tion avec d’autres groupes
Un envi­ron­ne­ment hostile
Un objec­tif com­mun à atteindre

Les groupes peuvent-ils s’entraider ?
Dépas­ser la com­pé­ti­tion entre les groupes
Les mêmes méca­nismes qu’au niveau inférieur
Une limite de taille ?
L’op­por­tu­ni­té des catas­trophes globales

Cha­pitre 6. Depuis la nuit des temps

L’évolution de l’en­traide humaine
S’as­so­cier pour survivre
Une bande de pri­mates immatures

L’é­vo­lu­tion de l’en­traide entre semblables
« L’u­nion fait la force » : la puis­sance de la sélec­tion de groupe
« Win­ter is coming » : la puis­sance du milieu hostile
Les autres forces évolutives

L’é­vo­lu­tion de l’en­traide entre espèces
Avoir besoin de l’autre
par­fois de manière réciproque
au point de ne plus pou­voir s’en passer
Encore et tou­jours le milieu hostile

Une source infi­nie d’innovation
L’en­traide appelle l’entraide
Se trans­for­mer au contact des autres
Pas­ser au niveau supérieur
Com­ment l’en­traide a chan­gé la face du monde

Conclu­sion. Le nou­veau visage de l’entraide
Bien plus qu’une simple loi de la jungle
Les grands prin­cipes de l’entraide
Vers une nou­velle vision de l’entraide

Épi­logue. Pour quel monde ?
Allons-nous nous entretuer ?
Vers une autre mythologie
Au-delà de l’humanité

Annexe. De la « nou­velle socio­bio­lo­gie »

Trem­ble­ment de terre au pays de la sociobiologie
Le secret devait se trou­ver dans les gènes
La lente tra­hi­son du père fondateur
La puis­sance d’un seul homme

Les diverses forces évo­lu­tives à l’o­ri­gine de l’entraide
À l’o­ri­gine de la socio­bio­lo­gie : sélec­tion  de paren­tèle et altruisme réciproque
La décou­verte d’autres voies : réci­pro­ci­té indi­recte et sélec­tion spatiale
Vers une socio­bio­lo­gie plus ouverte et plus complexe

Gra­ti­tude

Réfé­rences

Biblio­gra­phie sélective
Les ouvrages indis­pen­sables en français
Les indis­pen­sables en anglais

 

En lisant ce livre, j’ai décou­vert, com­man­dé et com­men­cé une autre perle : « La bon­té humaine. Altruisme, empa­thie, géné­ro­si­té » de Jacques Lecomte… et je me régale… 🙂

https://​www​.odi​le​ja​cob​.fr/​c​a​t​a​l​o​g​u​e​/​p​s​y​c​h​o​l​o​g​i​e​/​p​s​y​c​h​o​l​o​g​i​e​–​g​e​n​e​r​a​l​e​/​b​o​n​t​e​–​h​u​m​a​i​n​e​_​9​7​8​2​7​3​8​1​2​7​1​0​5​.​php

Je ran­ge­rai ces pré­cieux outils avec mes livres de Jean-Marie Pelt (« La loi de la jungle » 2003, « La soli­da­ri­té chez les plantes, les ani­maux, les humains » 2004), et à côté des livres épa­tants de Frans de Waal (notam­ment « L’âge de l’empathie » 2009), sur le (grand) rayon « Res­pect et exem­pla­ri­té des ani­maux / éthique / bien-mal / humanité-animalité ».

Bonne lec­ture à tous, bande de virus 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​0​1​5​2​3​0​1​7​317

[Souveraineté, guerres et responsabilités] Oliver Stone : « On attend un leader français ou européen comme De Gaulle »

Entre­tien inté­res­sant d’O­li­ver Stone, sur RT en français :


https://​fran​cais​.rt​.com/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​4​6​6​4​5​–​o​l​i​v​e​r​–​s​t​o​n​e​–​o​n​–​e​s​p​e​r​e​–​l​e​a​d​e​r​–​f​r​a​n​c​a​i​s​–​e​u​r​o​p​e​e​n​–​d​e​–​g​a​u​lle

httpv://www.youtube.com/watch?v=TunXXfe85lk

Rap­pel :

• les entre­tiens d’O­li­ver Stone avec Pou­tine (dif­fu­sés sur France 3 en juin 2017, très inté­res­sants) dont il est ques­tion ci-dessus :

1. https://​rutube​.ru/​v​i​d​e​o​/​f​a​2​c​5​4​4​9​5​5​8​9​b​a​5​a​b​4​0​b​f​5​4​c​7​8​b​2​7​e​e1/

2. https://​rutube​.ru/​v​i​d​e​o​/​1​6​2​6​c​1​2​9​2​2​8​8​4​3​4​5​4​0​d​3​0​c​6​f​6​8​5​d​5​4​37/

3. https://​rutube​.ru/​v​i​d​e​o​/​e​6​5​6​3​0​b​b​9​a​3​e​f​c​6​e​8​a​b​0​9​a​a​c​b​7​a​1​d​9​aa/

4. https://​rutube​.ru/​v​i​d​e​o​/​e​8​1​0​2​5​a​c​1​7​6​c​d​b​8​a​3​8​1​1​4​b​b​0​5​d​3​6​e​3​0e/

• Je n’ar­rive pas à retrou­ver la vidéo du débat qui a sui­vi la dif­fu­sion de ce long film sur France 3, avec Hubert Védrine.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​8​6​5​5​8​6​9​7​317

[Dès 2008] Faute de constitution digne de ce nom, Bolloré acquiert la totalité de l’institut de sondage CSA !

Le groupe Bol­lo­ré acquiert la tota­li­té de l’ins­ti­tut de son­dage CSA !


https://​temps​reel​.nou​ve​lobs​.com/​m​e​d​i​a​s​/​m​e​d​i​a​s​–​p​o​u​v​o​i​r​s​/​2​0​0​8​0​7​1​0​.​O​B​S​2​3​2​8​/​l​e​–​g​r​o​u​p​e​–​b​o​l​l​o​r​e​–​a​c​q​u​i​e​r​t​–​l​a​–​t​o​t​a​l​i​t​e​–​d​e​–​l​–​i​n​s​t​i​t​u​t​–​d​e​–​s​o​n​d​a​g​e​–​c​s​a​.​h​tml

La France est un pays sans consti­tu­tion digne de ce nom.

Une vraie consti­tu­tion inter­di­rait le contrôle de l’in­for­ma­tion par les plus riches.

#Pas­De­Dé­mo­cra­tie­Sans­Ci­toyens­Cons­ti­tuants

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​8​6​2​6​6​1​3​2​317

Projet d’expérimentation démocratique, mobilisation des volontaires : nouveau Mumble d’information prévu le 25 janvier 2018

Comme vous le savez, je sou­tiens tota­le­ment le pro­jet lan­cé par Maxime Péroud. Ce pro­jet consiste à simu­ler le fonc­tion­ne­ment d’une assem­blée déli­bé­ra­tive stric­te­ment démo­cra­tique et à éla­bo­rer son règle­ment inté­rieur. Les tra­vaux qui y sont pré­vus s’annoncent pas­sion­nants autant qu’indispensables.

Je vous en avais lon­gue­ment par­lé dans un article en sep­tembre, article que je vous recom­mande de lire si vous ne connais­siez pas déjà ce projet :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​7​/​0​9​/​0​9​/​p​r​o​j​e​t​–​d​e​x​p​e​r​i​m​e​n​t​a​t​i​o​n​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​–​e​l​a​b​o​r​e​r​–​e​n​s​e​m​b​l​e​–​l​e​–​r​e​g​l​e​m​e​n​t​–​i​n​t​e​r​i​e​u​r​–​d​e​–​n​o​s​–​p​r​o​c​h​a​i​n​e​s​–​a​s​s​e​m​b​l​e​e​s​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​s​–​a​v​e​c​–​m​a​x​i​m​e​–​p​e​r​o​ud/

Pour que ce pro­jet puisse démar­rer, il lui faut un tout petit nombre de volon­taires sup­plé­men­taires qui vien­dront com­plé­ter l’équipe déjà réunie et qui attend impa­tiem­ment de com­men­cer les travaux. 

Après avoir vision­né la longue vidéo de pré­sen­ta­tion du pro­jet pré­pa­rée par Maxime (cf mon article de sep­tembre), venez par­ti­ci­per au pro­chain Mumble d’information sur ce pro­jet. Ins­­cri­­vez-vous sur FB : 


https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​1​7​4​6​9​8​4​6​6​4​7​0​6​88/

(et lisez bien la des­crip­tion de l’événement 🙂 )

Vous pou­vez aus­si vous ins­crire sans Face­book, bien sûr 🙂 :
https://​exp​-demo​.jim​do​.com/​c​o​n​t​a​c​t​–​i​n​s​c​r​i​p​t​i​on/

Salut à tous 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant au pre­mier billet annon­çant le Mumble du 8 jan­vier 2008 :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​8​5​9​9​1​5​3​2​317

Deuxième fil Face­book cor­res­pon­dant au billet annon­çant le Mumble du 25 jan­vier 2008 :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​4​0​3​6​5​4​3​7​317

Guillaume Meurice questionne nos prétendus « représentants » sur le CETA, et leur niveau d’incompétence et/ou de traîtrise est consternant

httpv://www.youtube.com/watch?v=QJ60l_DyXAg

Mer­ci Guillaume.

#pas­de­dé­mo­cra­tie­sans­ti­ra­geau­sort­de­las­sem­blée­cons­ti­tuante

Pour plus d’info : 

Stop CETA, Stop TAFTA : la même lutte


https://​france​.attac​.org/​n​o​s​–​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​n​o​t​e​s​–​e​t​–​r​a​p​p​o​r​t​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​s​t​o​p​–​c​e​t​a​–​s​t​o​p​–​t​a​f​t​a​–​l​a​–​m​e​m​e​–​l​u​tte

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​5​9​2​8​2​5​3​7​317

Invité chez Natacha Polony : « LA DÉMOCRATIE, C’EST LE PEUPLE QUI EXERCE LE POUVOIR. NOUS NE SOMMES PAS EN DÉMOCRATIE ».

Voi­ci un chouette entre­tien, avec Nata­cha Polo­ny, ven­dre­di der­nier (24÷11÷2017), pour défendre l’i­dée d’un néces­saire pro­ces­sus consti­tuant populaire : 

Vous allez trou­ver que je radote, bien sûr 🙂 mais j’es­père que ça va vous inté­res­ser, et qu’on renou­vel­le­ra l’expérience.

Nous devrions sou­te­nir Polo­ny TV (j’y suis abon­né depuis le début ; il n’y a pas tant de télés que ça, pour défendre la sou­ve­rai­ne­té populaire) :
https://​www​.face​book​.com/​P​o​l​o​n​y​tv/

Bon cou­rage à tous, bande de virus démocratiques 🙂

Étienne.

PS : le pré­cieux petit livre édi­té par La Relève et La Peste est dis­po­nible à cette adresse 🙂 :


https://lareleveetlapeste.fr/produit/manifeste‑1/


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​2​9​3​0​1​1​3​2​317

[MAGNIFIQUE] Pour nos ateliers constituants quotidiens, une application formidable : jecris​la​cons​ti​tu​tion​.fr

Chers amis,

Aujourd’­hui, je vous pré­sente un site for­mi­dable, conçu et réa­li­sé tout exprès pour nous, citoyens consti­tuants, un site que Tris­tan, un jeune homme qui vit dans le midi, nous pré­pare depuis des mois et des mois, en immer­sion totale. C’est un bou­lot de dingue et le résul­tat est épa­tant. Je suis heu­reux, j’es­père que ce magni­fique outil va nous aider à nous retrou­ver mal­gré les dis­tances, à pro­gres­ser tech­ni­que­ment et à nous mobi­li­ser davan­tage en res­tant bien concen­trés sur l’essentiel. 

Vers le prin­temps de cette année (2017), Tris­tan m’a deman­dé de l’ai­der à pré­pa­rer le cahier des charges d’un site spé­cia­le­ment dédié aux citoyens consti­tuants, pour nous aider à tra­vailler des articles de consti­tu­tion, par­fois seuls et par­fois ensemble.

Voi­ci ce que ma mémoire a conser­vé de ce cahier des charges d’un logi­ciel idéal pour des citoyens consti­tuants (ça res­semble beau­coup — en mieux ! — à la wiki­cons­ti­tu­tion que j’a­vais créée en jan­vier 2006, que nous avions uti­li­sée pen­dant presque 10 ans, et qui est mal­heu­reu­se­ment tom­bée en panne il y a quelques années) :

J’ai sug­gé­ré que ce logi­ciel nous aide d’a­bord dans notre tra­vail PERSONNEL :

Un logi­ciel idéal pour­rait nous aider à écrire —et orga­ni­ser entre eux— des articles, avec des com­men­taires en petite taille pour expli­quer les rai­sons pro­fondes des articles impor­tants ; il pour­rait offrir la pos­si­bi­li­té de mettre en forme les carac­tères (gras, ita­liques, liens HT, etc.) et de tout corriger/améliorer à tout moment ; il per­met­trait de dis­po­ser de plu­sieurs niveaux de plan (selon la per­sonne qui rédige) ; il aide­rait à dépla­cer des par­ties entières sim­ple­ment. Ce serait bien que cha­cun puisse déve­lop­per et mémo­ri­ser son propre pro­jet de consti­tu­tion ; éven­tuel­le­ment en s’ins­pi­rant de consti­tu­tions exis­tantes, expo­sées dans le site même et dont on pour­rait impor­ter un ou plu­sieurs articles bien faits. Il fau­drait qu’on puisse sau­ve­gar­der tout ça sim­ple­ment chez nous de temps en temps. Il fau­drait que cha­cun puisse choi­sir de mon­trer son tra­vail aux autres, ou bien de res­ter « chez lui », à l’a­bri des regards, au moins pen­dant une phase « débu­tant » ; cha­cun pour­rait invi­ter telle ou telle per­sonne amie (mais pas les autres pour l’ins­tant — et puis un jour, plus tard, invi­ter tout le monde 🙂 ) à venir voir son pro­jet constituant.

Pour tra­vailler ENSEMBLE, ce logi­ciel idéal per­met­trait d’al­ler LIRE le pro­jet d’autres citoyens consti­tuants ; il pro­po­se­rait pour chaque article de chaque pro­jet une zone de DISCUSSION et une pos­si­bi­li­té de VOTER (en posi­tif et en néga­tif (!)… quel pénible ce Chouard 🙂 ), avec pos­si­bi­li­té de chan­ger d’a­vis à tout moment (vote modi­fiable) ; cha­cun pour­rait ensuite aller sur le site et deman­der la LISTE des articles les plus dis­cu­tés en ce moment, les plus votés (ou les moins votés, aus­si) et par­ti­ci­per aux échanges qui l’in­té­ressent et voter à son tour. Quand des gens com­mentent ou votent un article que l’on a écrit, il fau­drait que le logi­ciel nous écrive un MAIL pour nous aler­ter et pour qu’on puisse réagir rapidement.

Tou­jours sur le tra­vail ENSEMBLE, le logi­ciel pro­po­se­rait un CHANTIER COMMUN, une consti­tu­tion col­la­bo­ra­tive cen­trale, dont les pro­po­si­tions d’ar­ticles adop­tés seraient les plus votées à un moment donné. 

Encore sur le tra­vail ENSEMBLE, le logi­ciel per­met­trait d’or­ga­ni­ser et de mémo­ri­ser des ATELIERS, en nous aidant à pro­po­ser (et à consul­ter) des ren­­dez-vous (agen­das par zones géo­gra­phiques, ou pas) pour réunir, autant de fois que l’on vou­drait, un petit nombre (8−10) de RÉDACTEURS, accom­pa­gnés d’un nombre illi­mi­té de SPECTATEURS, dotés du droit de dis­cu­ter en marge de l’a­te­lier (un ‘chat’ paral­lèle à l’a­te­lier) et de voter les articles en cours de dis­cus­sion. Les échanges seraient plu­tôt ÉCRITS (mais on doit pou­voir ouvrir une fenêtre Mumble à côté pour ceux qui veulent du son) et on gar­de­rait une TRACE de tout ça, pour l’his­toire, traces indexées je ne sais com­ment 🙂 Pen­dant l’a­te­lier, on pour­rait impor­ter dans la dis­cus­sion un article qu’on a écrit ou qu’on a lu et qui nous semble bien, pour le mon­trer aux autres. On pour­rait mettre en forme (gras, cou­leurs…) et cor­ri­ger (édi­ter) nos inter­ven­tions. Etc.

J’en oublie, évi­dem­ment… 🙂 Regar­dez les démos de Tris­tan, ci-des­­sous, c’est magnifique.

 
Et depuis le prin­temps (!!), ce cher Tris­tan bosse comme un fou, très per­fec­tion­niste et incroya­ble­ment dévoué !

Aujourd’­hui, son « enfant » logi­ciel est né. Il est là : http://​jecris​la​cons​ti​tu​tion​.fr/


Pour nous aider, Tris­tan a pré­pa­ré de très belles pages d’EX­PLI­CA­TIONS, en textes et images :

http://​jecris​la​cons​ti​tu​tion​.fr/​a​i​d​e​/​f​a​i​r​e​–​u​n​–​t​our


Tris­tan nous a aus­si pré­pa­ré (je trouve le dévoue­ment de ce jeune homme très émou­vant) 4 courtes vidéos de PRÉSENTATION, pour ceux qui pré­fèrent les démos animées :

1. Jecris­La­Cons­ti­tu­tion – Intro­duc­tion : pour­quoi s’entraîner à écrire la Consti­tu­tion ? (12 min)
httpv://www.youtube.com/watch?v=0viDmOIEPQk&feature=youtu.be

2. Jecris­La­Cons­ti­tu­tion – 13 : Pré­sen­ta­tion page « Ma Consti­tu­tion » (7 min)
httpv://www.youtube.com/watch?v=781PnAqcfno

3. Jecris­La­Cons­ti­tu­tion – 23 : Pré­sen­ta­tion page « Consti­tu­tion Col­la­bo­ra­tive » (5 min)
httpv://youtu.be/Y8v5ANIZCkY

4. Jecris­La­Cons­ti­tu­tion – 3/3 : Pré­sen­ta­tion page « Ate­liers Consti­tuants » (8 min)
httpv://youtu.be/16kV5Z6IqVs


Je suis tout ému de vous pré­sen­ter tout ça, j’ai l’im­pres­sion d’être immen­sé­ment débi­teur envers ce jeune homme si cou­ra­geux et si généreux.

Je vous demande, s’il vous plaît, de lui faire hon­neur et de l’ai­der, de le remer­cier, et de l’encourager.

On peut l’ai­der finan­ciè­re­ment, évi­dem­ment, et je crois que c’est bien bien bien mérité !
http://​jecris​la​cons​ti​tu​tion​.fr/​a​i​d​e​/​n​o​u​s​–​s​o​u​t​e​nir

Je vais com­men­cer à créer ma propre page, et aus­si regar­der ce que vous nous signa­lez de votre côté.

Mer­ci Tris­tan, merci ! 🙂 

Au plai­sir de vous retrou­ver bien­tôt dans ces ate­liers, bande de virus 🙂

Étienne.

Page Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​2​6​3​9​4​5​1​7​317

[EMPOISONNEMENT UNIVERSEL] DEMAIN, TOUS CRÉTINS, EMPOISONNÉS PAR « LE CAPITALISME » (qu’on ferait mieux d’appeler le crapulisme)

https://www.arte.tv/fr/videos/069096–000‑A/demain-tous-cretins/

Pas­sion­nant repor­tage sur Arte (à voir vite avant qu’il ne dis­pa­raisse des écrans), que je recoupe avec le bou­quin for­mi­dable, cap­ti­vant et pro­fon­dé­ment révol­tant, de 

Fabrice Nicolino, « UN EMPOISONNEMENT UNIVERSEL.
Comment les produits chimiques ont envahi la planète »


http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Un_empoisonnement_universel-401–1‑1–0‑1.html


Mon com­men­taire :

Dans une consti­tu­tion digne de ce nom, le « lob­bying » (comme le « pan­tou­flage ») serait qua­li­fié de TRAFIC D’INFLUENCE CRIMINEL — au lieu d’être léga­li­sé, et même encou­ra­gé (!), dans nos régimes klep­to­cra­tiques, où les plus grands voleurs, men­teurs et empoi­son­neurs achètent tous les pou­voirs grâce au faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois).

Et dans une consti­tu­tion digne de ce nom, les riches indus­triels et ban­quiers per­draient tout leur pou­voir d’in­fluence sur les repré­sen­tants poli­tiques 1) grâce à l’ins­ti­tu­tion mas­sive du tirage au sort (au moins dans le pro­ces­sus consti­tuant et dans les organes de contrôles) et 2) grâce à la socia­li­sa­tion de tous les outils d’in­for­ma­tion (les grands médias et évi­dem­ment les ins­ti­tuts de son­dage et de statistiques).

C’est à vous (et pas « aux autres ») de pré­pa­rer cette révo­lu­tion démo­cra­tique, dans vos ate­liers consti­tuants quotidiens 🙂 

 
Com­ment ça « tu radotes… » ? 🙂

Je vais vous offrir ce week-end un outil épa­tant pour vous aider à orga­ni­ser vos ateliers 🙂

Salut à tous, bande de virus 🙂

Étienne.

[Edit, 1er déc. 9h] 

Sébas­tien Mischel me signale (sur Face­book) le « debun­king » sui­vant, de Mar­tin Cla­vey sur « The sound of science », qui cri­tique sévè­re­ment le docu­men­taire d’Arte : 

Tous pris pour des crétins devant Arte

https://​www​.soun​dof​science​.fr/​644

Mon com­men­taire :

C’est tou­jours inté­res­sant, de voir des avis très oppo­sés au sien, de façon à modé­rer son opi­nion. Ici, je retiens que l’au­teur condamne sur­tout le ton alar­miste et des approxi­ma­tions « hasar­deuses », ain­si qu’un conflit d’in­té­rêts non avoué. 

Je trouve cette cri­tique utile mais pas déci­sive : je reste sur mon inté­rêt vif pour ce film d’Arte parce qu’on y trouve des infor­ma­tions impor­tantes et qu’on peut com­prendre (et admettre) la peur bien réelle (et donc les extra­po­la­tions liées à ces peurs) de ceux qui ont conçu ce repor­tage, car nous avons, nous aus­si, bien d’autres sources d’information qui confirment les rai­sons d’être très inquiets de l’empoisonnement de la pla­nète par les indus­triels mus par le seul profit.

Et puis aus­si, pas déci­sive parce que des points inquié­tants ou inté­res­sants (comme le cas des retar­da­teurs de feu réim­po­sés par les indus­triels après leur inter­dic­tion) ne sont pas debunkés.

Quant au conflit d’in­té­rêts, je le trouve véniel et pas évident : il fau­drait entendre ce que l’ac­cu­sée avance pour sa défense ; ce qu’elle fait des sommes gagnées, par exemple, pour­rait désac­ti­ver com­plè­te­ment l’accusation. 

Certes, les auteurs du repor­tage sont affec­tés par un biais de confir­ma­tion (nous avons tous ten­dance à pri­vi­lé­gier les infor­ma­tions qui confirment ce que nous croyons déjà, et à mini­mi­ser les infor­ma­tions qui contre­disent nos croyances du moment), COMME NOUS TOUS, TOUT LE TEMPS, et comme l’au­teur du debun­king aus­si, bien sûr. 

Il est impor­tant de connaître ce biais et d’in­té­grer cette conscience dans nos com­por­te­ments. Ain­si, je vois bien que beau­coup de contes­ta­taires du sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taires sont, comme moi, très inquiets de l’é­vo­lu­tion de nos régimes poli­tiques vers une ten­dance auto­ri­taire, arbi­traire et escla­va­giste, et que nous récol­tons donc sur­tout les infor­ma­tions qui vont dans ce sens plu­tôt que les dis­cours ras­su­rants que nous consi­dé­rons comme léni­fiants. Je vois aus­si que sou­vent nous exa­gé­rons, nous for­çons le trait pour accé­lé­rer la prise de conscience et pour favo­ri­ser la mobi­li­sa­tion. C’est un biais, c’est vrai. Mais on en trouve bien d’autres de toutes parts. Beau­coup de jour­na­listes, et même des scien­ti­fiques, font ain­si du sen­sa­tion­na­lisme, tous les jours, pour toutes sortes de bonnes ou mau­vaises rai­sons. C’est humain, pour­­rait-on dire. Il vaut mieux le savoir, certes, mais c’est exa­gé­ré de le diaboliser.

Enfin, je trouve bien des cri­tiques déri­soires dans ce papier : je ne trouve pas convain­cants, par exemple, la cri­tique du titre (sur­tout que le titre du debun­king est lui-même une exa­gé­ra­tion, juste pour faire un bon jeu de mot), ni le pro­cès d’in­ten­tion (« les auteurs prennent volon­tai­re­ment tous leurs audi­teurs pour des idiots »). Glo­ba­le­ment, je trouve que le debun­king coupe sou­vent les che­veux en quatre pour faire de gros reproches sur des défauts sans gravité.

Bon, en tout cas, c’est tou­jours inté­res­sant d’en­tendre plu­sieurs sons de cloche.

Mer­ci à Sébas­tien d’a­voir signa­lé ça. Un cer­veau col­lec­tif, c’est vrai­ment plus inté­res­sant qu’un cer­veau isolé 🙂

Étienne.

[/Edit]

 
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​2​4​4​1​8​6​5​2​317

[Représentant enthousiasmant] Nième reddition des comptes volontaire de François Ruffin

Ah ! J’aime ce type 🙂
Fran­çois est un repré­sen­tant digne de ce nom, qui reste à la fois proche, simple, exi­geant et courageux…
… et marrant 🙂

Nième red­di­tion des comptes volon­taire de Fran­çois Ruffin : 

httpv://youtu.be/e9_v0-qH4vU

Mer­ci François.

Abon­­nez-vous à sa chaîne pour res­ter au courant :

https://​www​.you​tube​.com/​c​h​a​n​n​e​l​/​U​C​I​Q​G​S​p​7​9​v​V​c​h​0​v​O​3​E​f​q​i​f_w


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​2​3​3​8​0​1​9​2​317

Union européenne. Amnesty découvre que des équipements de torture illégaux (sic) sont en vente à Paris (au salon « Milipol »)

Des cher­cheurs d’Am­nes­ty Inter­na­tio­nal ont décou­vert des équi­pe­ments de tor­ture illé­gaux, notam­ment des matraques à pointes, des fourches anti­émeute à pointes envoyant des décharges élec­triques, des gilets envoyant des décharges élec­triques et de lourdes entraves pour les pieds, ven­dues par des entre­prises chi­noises sur le salon Mili­pol, qui pré­sente des équi­pe­ments mili­taires et de police et qui se tient à Paris cette semaine.

L’im­por­ta­tion et l’ex­por­ta­tion d’é­qui­pe­ments de tor­ture sont inter­dites dans l’U­nion euro­péenne (UE) depuis 2006. En 2016, l’UE a éga­le­ment inter­dit la pro­mo­tion et l’ex­po­si­tion de ces équi­pe­ments dans les salons professionnels.

Cer­tains de ces articles décou­verts par Amnes­ty Inter­na­tio­nal figu­raient dans des cata­logues pré­sen­tés à Mili­pol, et d’autres étaient expo­sés au salon, et l’on se demande com­ment ils ont pu être impor­tés dans l’UE.

[…] Lire la suite : 

https://​www​.amnes​ty​.org/​f​r​/​l​a​t​e​s​t​/​n​e​w​s​/​2​0​1​7​/​1​1​/​e​u​–​a​m​n​e​s​t​y​–​d​i​s​c​o​v​e​r​s​–​g​r​u​e​s​o​m​e​–​i​l​l​e​g​a​l​–​t​o​r​t​u​r​e​–​e​q​u​i​p​m​e​n​t​–​f​o​r​–​s​a​l​e​–​i​n​–​p​a​r​is/

Hum.

1) Par déduc­tion du titre, je note qu’il existe des « équi­pe­ments de tor­ture légaux » qui pour­raient donc être en vente libre. (J’au­rais pré­fé­ré que « ins­tru­ment de tor­ture illé­gal » soit un pléo­nasme, dans un état de droit digne de ce nom, mais ce n’est pas le cas.)

2) Je vois là sur­tout une mani­fes­ta­tion de plus de ce que Big Bro­ther (Orwell, 1984) a déjà le champ presque libre, et je pense que c’est grâce à NOTRE DÉMISSION du pro­ces­sus constituant. 

Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.

Les vio­lences poli­cières et patro­nales sont le résul­tat d’une même cause pre­mière, qui est NOTRE CAUSE COMMUNE : ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pouvoir.
Et c’est donc à nous, les autres, de le faire.

Vous et moi — et tous les humains sur terre — ne vivrons une socié­té de jus­tice et de pros­pé­ri­té par­ta­gée QUE QUAND nous serons deve­nus capables de VOULOIR ins­ti­tuer nous-mêmes, ensemble, cette socié­té, où tout pou­voir sera sou­mis à la vigi­lance de vrais citoyens et crain­dra de réelles puni­tions, et où la rota­tion des charges poli­tiques sera impo­sée sévèrement.

Nos que­relles quo­ti­diennes, qui res­tent toutes *légis­la­tives* (sur « la poli­tique qu’il fau­drait mener », alors que nous sommes tous ins­ti­tu­tion­nel­le­ment impuis­sants à chan­ger quoi que ce soit), me font pen­ser à des bagarres sté­riles de déte­nus dans une cel­lule de pri­son, sur le sujet inutile de savoir ce qu’on devrait faire si nous nous étions éva­dés, SANS S’OCCUPER DE LA PORTE — qui n’est pour­tant pas ver­rouillée (!) et qu’il suf­fi­rait de pous­ser ensemble pour nous échapper.

Un com­men­taire (et plein d’autres pho­tos de cet incroyable « salon ») sur rezo​.net (où j’ai décou­vert cette information) :
« C’est pas le stand qu’il fal­lait fer­mer, mais le salon. »
https://​seen​this​.net/​m​e​s​s​a​g​e​s​/​6​4​6​857


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​1​5​6​4​7​4​6​2​317

Nouvo RTS (Suisse) : Et si on tirait au sort nos politiciens au lieu de les élire ? (Vidéo)

Char­ly Pache nous signale un petit docu­men­taire inté­res­sant (en Suisse) sur le tirage au sort en politique :
 

Ça germe 🙂

Faites pas­ser 🙂
 
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Rap­pel : vous devriez mener vous-même
LE NÉCESSAIRE PROCÈS CITOYEN DE L’ÉLECTION :
 
• une vidéo :
Pour com­prendre l’in­té­rêt cen­tral du tirage au sort, je vous pro­pose de faire ensemble le pro­cès de l’é­lec­tion : dans cette vidéo, j’ob­serve que chaque vice de l’é­lec­tion cor­res­pond à une ver­tu du tirage au sort :
httpv://www.youtube.com/watch?v=Pm_ebQrLt6s
 
• le texte :
Pour ins­ti­tuer une démo­cra­tie digne de ce nom, il fau­dra bien que les citoyens deviennent consti­tuants et conduisent eux-mêmes
LE PROCÈS DE L’ÉLECTION Les citoyens sont les seuls légi­times pour choi­sir entre élec­tion et tirage au sort :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​N​e​c​e​s​s​a​i​r​e​_​p​r​o​c​e​s​_​d​e​_​l​_​e​l​e​c​t​i​o​n​.​pdf


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[ROBOTS TUEURS] Big Brother n’aura bientôt plus besoin de snipers, si nous n’apprenons pas (très vite) à limiter nous-mêmes ses pouvoirs. Lisez Grégoire Chamayou : Théorie du drone !

Les ateliers constituants populaires (quotidiens et contagieux) ne sont pas « théoriques » : ils sont une réaction sociale de survie, pragmatique et ultra-prioritaire

À lire absolument : 

Théorie du drone, par Grégoire Chamayou

https://​lafa​brique​.atheles​.org/​l​i​v​r​e​s​/​t​h​e​o​r​i​e​d​u​d​r​o​ne/
Nom­breux extraits dans ma page ‘Pré­cieuses pépites’ (cher­chez ‘Cha­mayou’) :

« Les grandes conquêtes impé­riales qui furent les nôtres à l’autre bout de la terre parce que nous pos­sé­dions la mitrailleuse Maxim et, qu’en face, ils n’avaient que des sagaies, nous revien­dront en mémoire à la vue de ces nou­veaux exploits, où le sang ne cou­le­ra plus, ou du moins plus de notre côté, car nous aurons les groupes télé­chi­riques [machines com­man­dées à dis­tance], alors qu’eux, les pauvres, n’auront que du napalm et du gaz mou­tarde à leur opposer. »
Ano­nyme, 14 mai 1964, cité par Gré­goire Cha­mayou dans « Théo­rie du drone », p 39.

Les res­sorts dif­fé­ren­tiels de l’indignation morale ont leurs mys­tères. Tan­dis que la chasse vir­tuelle aux ani­maux sus­ci­tait un scan­dale à peu près uni­ver­sel, la chasse à l’homme télé­com­man­dée pou­vait, à la même époque, prendre tran­quille­ment son essor, dans des formes simi­laires, sans que per­sonne, par­mi ces mêmes acteurs, n’y trou­vât rien à redire.
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 49.

Une guerre qui requiert de notre part une chasse à l’homme internationale.
George W. Bush, 14 février 2003, cité par Gré­goire Cha­mayou dans « Théo­rie du drone », p 49.

En 2001, Donald Rum­sfeld s’était convain­cu que « les tech­niques uti­li­sées par les Israé­liens contre les Pales­ti­niens pou­vaient tout sim­ple­ment être déployées à grande échelle ». Il pen­sait sur­tout aux pro­grammes d’ « assas­si­nats ciblés » dont l’État d’Israël venait de recon­naître offi­ciel­le­ment l’existence. Les ter­ri­toires occu­pés étant deve­nus, comme l’explique Eyal Weiz­man, « le plus grand labo­ra­toire du monde pour les tha­na­to­tac­tiques aéro­por­tées », il n’était pas éton­nant que celles-ci soient expor­tées.

Mais il res­tait un pro­blème : « com­ment orga­ni­ser le dépar­te­ment de la Défense pour les chasses à l’homme ? À l’évidence, confiait Rum­sfeld en 2002, nous ne sommes pas bien orga­ni­sés pour cela à l’heure actuelle. » L’appareil mili­taire états-unien n’était pas prêt, au début des années 2000, a assu­rer effi­ca­ce­ment à l’échelle mon­diale des mis­sions habi­tuel­le­ment dévo­lues à la police dans l’espace domes­tique : l’identification, la traque, la loca­li­sa­tion et la cap­ture ─ mais plu­tôt dans les faits, l’élimination phy­sique ─ d’individus suspects.
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 50.

 
Quoi qu’il en soit, il fal­lut s’attacher à défi­nir et impo­ser une nou­velle doc­trine stra­té­gique. Des cher­cheurs tra­vaillèrent à énon­cer les « prin­cipes théo­riques de la chasse à l’homme » des­ti­nés à ser­vir de cadre à ces opé­ra­tions. George A. Craw­ford les résu­ma dans un rap­port publié en 2009 […] Ce texte, qui se pro­po­sait de « faire de la chasse à l’homme un des fon­de­ments de la stra­té­gie état­su­nienne », en appe­lait notam­ment à créer une « agence natio­nale de la chasse à l’homme », ins­tru­ment indis­pen­sable pour « bâtir une force de chasse à l’homme du futur ».
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 51.

David Rohde, jour­na­liste au New York Times kid­nap­pé en 2008 et déte­nu au Wazi­ris­tan pen­dant sept mois, fut l’un des pre­miers occi­den­taux à décrire les effets que cette sur­veillance létale per­sis­tante pro­duit sur les popu­la­tions qui la subissent. Évo­quant un « enfer sur terre », il ajoute : « les drones étaient ter­ri­fiants. Depuis le sol, il est impos­sible de déter­mi­ner qui ou quoi ils sont en train de tra­quer pen­dant qu’ils décrivent des cercles au-des­­sus de votre tête. Le bour­don­ne­ment loin­tain du moteur sonne comme le rap­pel constant d’une mort immi­nente. […] Tout le monde a peur tout le temps. »
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 67.

« C’est le plus étrange des rituels bureau­cra­tiques : toutes les semaines, plus d’une cen­taine de membres du ten­ta­cu­laire appa­reil de sécu­ri­té natio­nale se réunissent par télé­con­fé­rence sécu­ri­sée pour dis­ser­ter des bio­gra­phies de ter­ro­ristes pré­su­més et dési­gner au pré­sident ceux qui doivent être les pro­chains à mou­rir. » Cette réunion heb­do­ma­daire a été sur­nom­mée, à Washing­ton, le « mar­di de la ter­reur ». Une fois éta­blie, la liste des nomi­nés part à la Mai­son blanche, où le pré­sident [Oba­ma] approuve per­son­nel­le­ment, de façon orale, chaque nom. La « kill list » ayant ain­si été vali­dée, les drones se chargent du reste.

Les cri­tères per­ti­nents, pour l’établissement de ces listes de condam­nés à mort sans pro­cès, demeurent incon­nus. L’administration se refuse à toute pré­ci­sion en la matière.
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 69.

 
Avec le concept de « guerre glo­bale contre la ter­reur », la vio­lence armée a per­du ses bornes tra­di­tion­nelles : indé­fi­nie dans le temps, elle l’est aus­si dans l’espace. Le monde entier, dit-on, est un champ de bataille. Mais il serait plus exact de dire un ter­rain de chasse. Car si le rayon de la vio­lence armée se glo­ba­lise, c’est au nom des impé­ra­tifs de la traque.
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 79.

Comme le rap­pellent les théo­ri­ciens de la chasse à l’homme, « les fron­tières sou­ve­raines comptent par­mi les meilleurs alliés » qu’un fugi­tif puisse avoir.

La Com­mon Law anglaise auto­ri­sait autre­fois, dans les cam­pagnes, à « mener la chasse aux bêtes de proie nui­sibles, tels les renards et les putois, jusque sur la pro­prié­té d’autrui ; parce que détruire de telles créa­tures était répu­té d’intérêt public ». C’est ce genre de droit que vou­draient aujourd’hui s’arroger les États-Unis, pour des proies humaines, à l’échelle du monde. Il faut, résu­mait Paul Wol­fo­witz, « leur dénier tout sanctuaire ».

Ce qui se des­sine, c’est un pou­voir inva­sif se fon­dant moins sur une notion de droit de conquête que de droit de pour­suite. Un droit d’intrusion et d’empiètement uni­ver­sel qui auto­ri­se­rait à cou­rir sus à la proie par­tout où elle se réfugie […]

En deve­nant stra­to­sphé­rique, le pou­voir impé­rial modi­fie son rap­port à l’espace. Il s’agit moins d’occuper un ter­ri­toire que de le contrô­ler par le haut en s’assurant la maî­trise des airs. Eyal Weiz­man explique en ces termes tout un pan de la stra­té­gie israé­lienne contem­po­raine, qu’il décrit comme une « poli­tique de la ver­ti­ca­li­té ». Dans ce modèle, « tech­no­lo­gie plu­tôt qu’occupation », il s’agit de « main­te­nir la domi­na­tion sur des zones éva­cuées par d’autres moyens que le contrôle ter­ri­to­rial ». À cette ver­ti­ca­li­sa­tion du pou­voir cor­res­pond une forme d’autorité hors-sol, où tout, chaque indi­vi­du, chaque mai­son, chaque rue, « même le plus petit évé­ne­ment sur le ter­rain peut être sur­veillé, sou­mis à des mesures de police ou détruit depuis le ciel.
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 80.

Lorsqu’elle est éta­blie, le but immé­diat d’une « kill box » [zone des­si­née sur une carte géo­gra­phique] est d’autoriser les forces aériennes à conduire des opé­ra­tions contre des cibles de sur­face sans autre coor­di­na­tion avec le com­man­de­ment. […] chaque cube devient alors une « zone auto­nome d’opération » pour les uni­tés com­bat­tantes qui en ont la charge. En clair, dans un cube don­né, feu à volon­té. Une « kill box » est une zone de tue­rie temporaire.
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 83. 

 
Il s’agit en fait de nano-drones, des robots insectes auto­nomes capables de marau­der en essaim et de « navi­guer dans des espaces de plus en plus confi­nés ». Grâce à des engins de ce type, la vio­lence armée pour­rait s’exercer dans de tout petits espaces, dans des micro-cubes de mort. Plu­tôt que de détruire tout un immeuble pour éli­mi­ner un indi­vi­du, minia­tu­ri­ser l’arme, pas­ser dans les embra­sures et confi­ner l’impact de l’explosion télé­com­man­dée à une seule pièce, voire à un seul corps. Votre chambre ou votre bureau deviennent une zone de guerre. […]

En redé­fi­nis­sant la notion de zone de conflit armé comme un lieu mobile rat­ta­ché à la per­sonne de l’ennemi, on en arrive à reven­di­quer, sous cou­vert de droit des conflits armés, l’équivalent d’un droit à l’exécution extra­ju­di­ciaire éten­du au monde entier, même en zone de paix, contre tout sus­pect, hors pro­cé­dure, y com­pris contre ses propres citoyens.
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 85–87.

La guerre de gué­rilla a tou­jours posé pro­blème à des grandes puis­sances régu­liè­re­ment empê­trées dans des conflits asy­mé­triques. […] Le drone appa­raît comme la réponse tar­dive à ce pro­blème his­to­rique : il retourne contre la gué­rilla, mais sous une forme radi­ca­le­ment abso­lu­ti­sée, son vieux prin­cipe : pri­ver l’ennemi d’ennemi. Un par­ti­san confron­té à une armée de drones ne dis­pose plus d’aucune cible à attaquer.
Gré­goire Cha­mayou, « Théo­rie du drone », p 93. 

Si vous faites quelque chose pen­dant suf­fi­sam­ment long­temps, le monde fini­ra par l’accepter. […] Le droit inter­na­tio­nal pro­gresse par des vio­la­tions. Nous avons inven­té la thèse de l’assassinat ciblé et il nous a fal­lu l’imposer.
Daniel Reis­ner, ancien direc­teur du dépar­te­ment juri­dique de l’armée israé­lienne, cité par Gré­goire Cha­mayou dans « Théo­rie du drone », p 231.


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[No News] Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »

Oli­vier Ber­ruyer publie ce soir un billet impor­tant : ça se confirme, les « évé­ne­ments de la place Maï­dan » étaient bien un coup d’É­tat fomen­té par des nazis, acti­ve­ment sou­te­nus dans leurs crimes par « l’U­nion euro­péenne » (cette « grande inven­tion à qui l’on doit la paix sur le conti­nent… gna gna gna »). Un enquê­teur ita­lien a recueilli le témoi­gnage stu­pé­fiant de sni­pers du Maï­dan : les ordres de tirer, à la fois sur la police et sur les mani­fes­tants, venaient de l’opposition…

https://​www​.les​-crises​.fr/​n​o​–​n​e​w​s​–​t​e​m​o​i​g​n​a​g​e​–​d​e​s​–​s​n​i​p​e​r​s​–​d​u​–​m​a​s​s​a​c​r​e​–​d​u​–​m​a​i​d​a​n​–​l​e​s​–​o​r​d​r​e​s​–​v​e​n​a​i​e​n​t​–​d​e​–​l​–​o​p​p​o​s​i​t​i​on/

Donc, le site citoyen les​-crises​.fr nous informe, il tra­duit l’en­quête ita­lienne pour qu’on puisse la lire et en juger.
Pen­dant ce temps, les auto­pro­cla­més « grands médias de réfé­rence » (que j’ap­pelle, moi, « La Prav­da des mil­liar­daires ») font SILENCE sur cette infor­ma­tion… Tout en conti­nuant, bien sûr, à don­ner des leçons de pro­fes­sion­na­lisme (et à impo­ser leur cen­sure) à tous les ama­teurs qui pré­tendent par­ti­ci­per libre­ment à l’in­for­ma­tion de la population.

Mer­ci à Oli­vier, et à toute l’é­quipe du site les​-crises​.fr. Avec vous, on a des jour­na­listes dignes de ce nom.

Je repro­duis ci-des­­sous la tota­li­té de cet impor­tant billet.

Étienne.


[Oli­vier Ber­ruyer] Je vous pro­pose aujourd’hui la tra­duc­tion que nous avons réa­li­sée ce week-end (mer­ci aux volon­taires – sur­tout à Clé­ment, ain­si qu’ à JMB) d’un incroyable repor­tage pas­sé le 1511 dans l’émission Matrix de la chaîne de télé­vi­sion ita­lienne Canale 5 – sorte d’Envoyé spé­cial sur une des grandes chaînes de télé­vi­sion ita­liennes – qui indique avoir retrou­vé des sni­pers qui ont tiré sur les gens à Maï­dan, et qui déclarent que c’était à la demande de l’opposition pour semer le chaos.

Nous res­te­rons rela­ti­ve­ment pru­dents à ce stade, mais tout ceci néces­si­te­rait un enquête urgente et appro­fon­die de la Jus­tice et des grands médias – du moins s’ils ne veulent pas ali­men­ter le “com­plo­tisme”, d’autant que, depuis 5 jours, aucun grand média n’a repris ces infor­ma­tions, à l’exception du grand jour­nal ita­lien Il Gior­nale, dans un texte que nous avons aus­si tra­duit (voir ci-après).

Rap­pe­lons aus­si que nous par­lons ici du mas­sacre du 20 février (82 morts ce jour là). Les forces de l’ordre ont aus­si tiré à d’autres moment sur des émeu­tiers armés, géné­ra­le­ment quand eux-même leur tiraient dessus.

Bel exemple du vrai pro­blème qui nous frappe régu­liè­re­ment : non pas desFake news, mais des No news des grands médias, qui empêchent de bien com­prendre les problèmes.

J’aimerais la tra­duire en russe et ukrai­nien au plus vite, ain­si qu’en anglais et alle­mand. Nous avons besoin de volon­taires pour ces quatre langues. Mer­ci de nous contac­ter ici.

Voi­ci donc ce repor­tage dif­fu­sé le 15/11/17 sur Canale 5 :

(voir sur Dailymotion)

Verbatim du reportage précédent de Canale 5 (si vous n’avez pas vu la vidéo) :

Il y a quatre ans, le 20 février 2014 sur la place de l’Indépendance à Kiev en Ukraine, 80 mani­fes­tants ont été tués par de mys­té­rieux tireurs d’élite.

Deux jours après, Ianou­ko­vytch, le pré­sident ukrai­nien pro-Pou­­tine pro-russe, doit fuir, le régime ukrai­nien change et les rebelles prennent le palais pré­si­den­tiel et le pouvoir.

Que s’est-il pas­sé depuis ? Avons-nous échap­pé à une guerre euro­péenne due à l’ingérence russe dans les affaires ukrai­niennes ? Et sur­tout, nous, Euro­péens, nos entre­prises le constatent tous les jours,nous payons le prix d’un embar­go qui, depuis ce moment-là, est diri­gé contre la Russie.

Ce soir, grâce à Gian Mica­les­sin, nous vous mon­trons un docu­men­taire à cou­per le souffle. C’est un scoop inter­na­tio­nal. Gian Mica­les­sin a retrou­vé trois per­sonnes, trois tireurs d’élite, trois res­pon­sables de ces morts qui, vous le ver­rez dans le docu­men­taire, n’étaient pas pro-russes, mais étaient en contact avec des offi­ciels et des mili­taires américains.

“Que s’est-il pas­sé ? Quelqu’un a été tou­ché ! Je n’arrive pas à y croire. C’est arri­vé ici même… Un homme à côté de moi a été touché !”

“C’était à l’aube. J’ai enten­du le bruit et le sif­fle­ment des pro­jec­tiles. Un homme a été tou­ché à la tête par un tireur d’élite !”

Ils nous avaient don­né l’ordre de tirer tant sur les poli­ciers que sur les mani­fes­tants, sans distinction.

D’où viennent les tirs ? Les tirs pro­ve­naient de l’intérieur de l’hôtel Ukraine.

Gian Mica­les­sin, repor­ter de guerre. — Bon­soir, où les avez-vous ren­con­trés ? — Je les ai ren­con­trés après un an de recherches, deux d’entre eux à Skopje, la capi­tale de la Macé­doine, un troi­sième dans un autre pays d’Europe de l’Est qu’on m’a deman­dé de ne pas révéler.

— Donc c’étaient des pro-rebelles ? — C’étaient des Géor­giens envoyés par leur pré­sident géor­gien de l’époque, Saa­ka­ch­vi­li, pour prendre part à l’opposition ukrainienne.

— Donc ce n’étaient pas des Russes qui ont tiré, c’est bien ça, votre thèse ? — On n’a jamais accu­sé les Russes d’avoir tiré, seule­ment d’avoir sou­te­nu le gou­ver­ne­ment qui aurait tiré sur les manifestants.

Mais cette thèse ne tient plus debout selon ces 3 témoi­gnages. Regar­dez le témoignage.”

Depuis 3 mois, la place Maï­dan, au coeur de la capi­tale ukrai­nienne, est occu­pée par les mani­fes­tants qui demandent au gou­ver­ne­ment du pré­sident Vik­tor Ianou­ko­vytch de signer l’accord d’association
à l’Union euro­péenne. Le matin du 18 février, les heurts se font plus san­glants. On compte déjà une tren­taine de morts. Le pire arrive le matin du 20 février. Un groupe de mys­té­rieux tireurs ouvre le feu
sur les mani­fes­tants et les poli­ciers. En quelques heures, on compte envi­ron 80 cadavres. Le len­de­main, Ianou­ko­vytch fuit à l’étranger. Le 22 février, l’opposition prend le pou­voir. Mais qui a tiré sur
la foule et les policiers ?

Jusqu’à ce jour, la thèse offi­cielle parle d’un mas­sacre ordon­né par le gou­ver­ne­ment pro-russe. Cette thèse appa­raît rapi­de­ment très dou­teuse. Le pre­mier à la contes­ter est le ministre des Affaires étran­gères esto­nien Urmas Paet. Après son retour d’un séjour à Kiev effec­tué seule­ment 5 jours après le mas­sacre, Paet trans­met à la com­mis­saire des Affaires étran­gères de l’UE Cathe­rine Ash­ton les révé­la­tions d’une doc­teure ukrai­nienne qui a exa­mi­né les cadavres de la place Maï­dan. La conver­sa­tion télé­pho­nique inter­cep­tée et dif­fu­sée par les médias est déconcertante.

“Ce qui est assez inquié­tant… Olga le dit aus­si, c’est que toutes les preuves montrent que les per­sonnes tuées par les tireurs, de part et d’autre, à la fois chez les poli­ciers et les gens dans la rue, ont été tuées par les mêmes tireurs embus­qués… Bien sûr, c’est… Oui, mais… Ensuite, elle m’a aus­si mon­tré des pho­tos. Elle parle en tant que méde­cin, elle dit que l’écriture est la même, le type de balles est le même. Et ce qui m’inquiète vrai­ment, c’est que main­te­nant, la nou­velle coa­li­tion refuse d’enquêter sur ce qui s’est vrai­ment pas­sé, et qu’il y a une convic­tion de plus en plus forte que der­rière les tireurs embus­qués, il n’y avait pas Ianou­ko­vytch mais quelqu’un de la nou­velle coalition…”

Nous avons ren­con­tré quelques membres d’un groupe qui ce jour-là a ouvert le feu sur la foule. Ce sont des Géor­giens, mais à l’époque, en février 2014, ils étaient par­mi les mani­fes­tants qui occu­paient la place Maï­dan et l’hôtel Ukraine.

L’histoire com­mence à Tbi­lis­si par de nom­breux acteurs cachés en cou­lisses. Le pre­mier, l’ancien pré­sident géor­gien Mikheïl Saa­ka­ch­vi­li, a par­ti­ci­pé en août 2008 à une guerre brève mais san­glante avec la Rus­sie de Vla­di­mir Pou­tine. Le second est son conseiller mili­taire, Mamu­ka Mamou­la­ch­vi­li. Envoyé à Kiev pour appuyer les mani­fes­ta­tions de la place Maï­dan, il devien­dra com­man­dant d’une uni­té de volon­taires géor­giens enga­gés dans les affron­te­ments avec les insur­gés pro-russes du Donbass.

La pre­mière ren­contre a eu lieu avec Mamou­la­ch­vi­li. “Nous nous sommes pré­sen­tés à 25 dans le bureau du mou­ve­ment natio­nal, et sur les 25, 10 ont signé. Vous voyez ceci ? C’est une pièce d’identité à mon nom. C’était le lais­­sez-pas­­ser d’une uni­té com­po­sée d’anciens poli­ciers et per­son­nel mili­taire. Elle était struc­tu­rée comme une uni­té mili­taire. De fait, c’était un ser­vice de sécu­ri­té. Il avait été créé par Mikheïl Saa­ka­ch­vi­li. Nous devions aller en Ukraine. Nous n’avions pas le choix”.

Dans un autre pays de l’Europe de l’Est qu’on nous a deman­dé de ne pas révé­ler, nous avons ren­con­tré Alexan­der. Comme les deux autres, lui aus­si vient de Géor­gie, et comme les deux autres, il a aus­si pris part
aux évé­ne­ments tra­giques de la place Maï­dan. Lui aus­si a fait par­tie des ser­vices de sécu­ri­té de Saa­ka­ch­vi­li, et avant cela il a été tireur d’élite dans l’armée géor­gienne. C’est pour cette rai­son qu’il a été choi­si par Mamu­ka Maoulachvili.

“Mamu­ka m’a d’abord deman­dé si j’étais vrai­ment tireur d’élite dans l’armée géor­gienne. Alors si c’est vrai, me dit-il, tu dois aller à Kiev. Le 15 jan­vier, nous sommes par­tis. Dans l’avion, j’ai
reçu mon pas­se­port et un autre pas­se­port avec ma pho­to mais avec un nom et un pré­nom dif­fé­rents. Puis ils nous ont don­né 1 000 dol­lars a cha­cun avec la pro­messe de nous en don­ner encore 5 000 par la suite. Nous devions nous occu­per des pro­vo­ca­tions. C’était nous qui devions pro­vo­quer les Ber­kout, les forces spé­ciales de la police. Notre rôle était de les pro­vo­quer afin de les pous­ser contre la foule. Vers le 15 et le 16 février, la situa­tion a com­men­cé à deve­nir chaque jour de plus en plus grave. Désor­mais tout était hors de contrôle, et on com­men­çait à entendre les pre­miers tirs. Avec la mon­tée des ten­sions, de nou­veaux pro­ta­go­nistes sont appa­rus. Un jour, vers le 15 février, Mamou­la­ch­vi­li est venu en per­sonne dans notre tente. Il y avait avec lui un autre homme en uni­forme. Il nous l’a pré­sen­té et a dit que c’était un ins­truc­teur, un mili­taire américain.”

L’américain s’appelle Brian Chris­to­pher Boyen­ger. C’est un ancien offi­cier et tireur d’élite de la 101e divi­sion aéro­por­tée des États-Unis. Après Maï­dan, il se dépla­ce­ra sur le front du Don­bass, où il com­bat­tra dans les rangs de la Légion géor­gienne. “Nous étions tou­jours en contact avec ce Brian, qui était un homme de Mamou­la­ch­vi­li. C’était lui qui nous don­nait les ordres. Moi, je devais suivre toutes ses instructions.”

Les pre­miers soup­çons de la pré­sence d’armes à feu dans les rangs des mani­fes­tants impliquent Ser­gueï Pachins­ki, un lea­der de la place Maï­dan, deve­nu ensuite pré­sident du Par­le­ment de Kiev. Le 18 février, est appa­ru du coffre d’une voi­ture arrê­tée par les mani­fes­tants un fusil mitrailleur avec une lunette de pré­ci­sion. Quelques secondes après, Pachins­ky est arri­vé et a deman­dé qu’on laisse pas­ser cette voi­ture. Le 1er avril, les mili­tants du groupe d’extrême droite Pra­vy Sek­tor quittent Kiev, en empor­tant d’étranges sacs dans les­quels, pré­­tendent-ils, se trouvent des ins­tru­ments de musique.

“À cette époque, tous les chefs de l’opposition se trou­vaient régu­liè­re­ment à l’hôtel Ukraine. Pachins­ki et trois autres per­sonnes, par­mi les­quelles se trou­vait aus­si Para­ssiouk, ont appor­té à l’hôtel les sacs avec les armes. Ce sont eux qui les ont aus­si appor­tées dans ma chambre.” Ce Para­ssiouk, recon­nu par Koba, est Volo­di­mir Para­ssiouk, un des lea­ders de la mani­fes­ta­tion de la place Maï­dan. Quelques jours plus tard, il devien­dra célèbre en lan­çant un ulti­ma­tum mena­çant de des­ti­tuer manu mili­ta­ri le pré­sident Vik­tor Ianu­ko­vytch. “Si avant demain 10 heures, vous ne deman­dez pas offi­ciel­le­ment la démis­sion de Ianou­ko­vytch, nous vous atta­que­rons avec des armes… C’est juré !”

Lorsqu’est arri­vé Mamou­la­ch­vi­li, je lui ai éga­le­ment deman­dé « — Qu’est-ce qui se passe ? À quoi servent ces armes ? Tout va bien ? » « — Koba, les choses sont en train de se com­pli­quer, nous devons com­men­cer à faire feu », m’a‑t‑il répon­du. « Nous nous ne pou­vons pas attendre des élec­tions pré­si­den­tielles anti­ci­pées. » J’étais là, à l’hôtel Ukraine. Le 18 février, quelqu’un a appor­té des armes dans ma chambre. Dans cette chambre, il y avait deux Litua­niens avec moi. Ce sont eux qui ont pris les armes.

Mamou­la­ch­vi­li est arri­vé à l’hôtel et nous a expli­qué qu’il y aurait une fusillade, à un autre endroit, le matin sui­vant. Il n’était pas seul, il était avec Brian. Avec eux, il y avait aus­si une autre per­sonne que je ne connais­sais pas. Si je me sou­viens bien, cela devait être le 15 ou le 16 février. Pachins­ki nous a ordon­né de ras­sem­bler nos affaires, et nous a emme­né dans le palais du Conser­va­toire. Je suis entré dans le palais
avec l’ensemble de mon groupe. Pachins­ki est arri­vé avec d’autres per­sonnes. Tous étaient mas­qués. En voyant leurs sacs, j’ai com­pris tout de suite qu’ils étaient armés. Ils ont sor­ti les armes de leurs sacs et les ont dis­tri­buées aux groupes présents.

Seul Pachins­ki s’exprimait. C’est lui qui don­nait les ordres. Il nous expli­qua que les Ber­kout, les forces spé­ciales de la police, ris­quaient de don­ner l’assaut au bâti­ment. Il disait que nous devions résis­ter coûte que coûte. On ne nous avait pas dit qu’il fal­lait tuer des per­sonnes. Nous devions tirer afin de créer du chaos et de la confusion.”

“Bon sang, tu as enten­du ? Ce sont des tirs ! Sois pru­dent ! Il y a un autre bles­sé. Ces fils de p….. sont en train de tirer ! De là-bas, de là-bas. — De l’hôtel Ukraine, c’est ça ? — Oui, de cette ter­rasse. Les salauds, ils sont en train de nous tirer depuis l’hôtel Ukraine. Bang ! Puis un autre Bang, comme ça. Un tir puis une pause. Ça venait de l’autre côté de l’hôtel.”

“À ce moment-là, j’ai enten­du des tirs qui venaient de la chambre d’à côté. Au même moment, les Litua­niens ont ouvert la fenêtre. L’un d’eux a tiré par la fenêtre tan­dis que l’autre l’a refer­mée après. Je ne réus­sis­sais pas à com­prendre ce qui se pas­sait. Pachins­ki criait à tout le monde de se tenir prêts, de prendre les armes et le reste du maté­riel. Alors on s’est tous levés et on lui a don­né les ins­truc­tions. Nous devions tirer par à‑coups de deux ou trois. Nous avons tous com­men­cé à tirer deux ou trois coups à la fois. Pachins­ki se dépla­çait d’un groupe à l’autre, et il y avait tou­jours près de lui cet homme plus jeune, celui qui s’appelait Para­ssiouk. Nous n’avions pas vrai­ment le choix, on nous avait don­né l’ordre de tirer soit sur les Ber­kout, la police, soit sur les mani­fes­tants, sans faire de dif­fé­rence. C’est pour cela que j’étais com­plè­te­ment ter­ri­fié et stu­pé­fait. Alors que depuis les étages supé­rieurs de l’hôtel Ukraine on tire sur la foule, les mani­fes­tants de la place Maï­dan se sont réfu­giés dans l’hôtel. C’est ain­si que les vic­times se sont retrou­vées à côté de leurs assas­sins. À l’intérieur, c’était un tel chaos qu’on ne com­pre­nait même pas qui était qui. Il y avait plein de gens.”

Dans le salon recou­vert de cadavres, de sang et de bles­sés, une camé­ra filme des hommes armés qui s’éloignent après avoir tiré sur la foule. “C’était un cau­che­mar, c’était ter­rible. Quand nous sommes sor­tis de l’hôtel Ukraine, dans la rue, il y avait des incen­dies et des poli­ciers bles­sés. Il y avait des scènes ter­ri­fiantes. Nous avons aban­don­né les armes là. L’ordre était de tout lais­ser et de par­tir, de quit­ter le bâti­ment le plus vite pos­sible. On enten­dait des cris, il y avait des morts et tout autour beau­coup de blessés.

Ma pre­mière et seule pen­sée a été de m’en aller rapi­de­ment avant que je sois repé­ré, autre­ment ils m’auraient réduit en pièces sur place. Quelqu’un criait déjà qu’il y avait des tireurs. Je savais bien de quoi ils par­laient. Et puis j’ai vu des morts, tous ces bles­sés qu’on empor­tait et j’ai repris mes sens. À ce moment-là je n’avais pas encore réa­li­sé, je n’étais pas prêt. Mais après j’ai com­pris. Nous avions été uti­li­sés. Uti­li­sés et pié­gés. La déci­sion de par­ler, de tout racon­ter, je ne l’ai pas prise tout de suite. Elle a mûri len­te­ment avec le temps. En véri­té, il n’y a aucun motif pour m’inculper. On ne peut m’accuser de rien selon les bases légales de mon pays. Et de toute façon je suis un sol­dat, je n’ai peur de rien, pas même de mourir.”

“— Ton scoop, Gian Mica­les­sin, montre que ce sont elles, les fake news, les fables selon les­quelles c’est la révo­lu­tion de la place Maï­dan qui a fait sau­ter le méchant pré­sident pro-russe sans les armes et par les réseaux sociaux. C’est une tout autre his­toire qui s’est pas­sée sur cette place”. “— Mal­heu­reu­se­ment cette fake news, comme tu dis, était la véri­té offi­cielle, cette véri­té offi­cielle qu’on nous a ser­vi pen­dant au moins quatre ans, et qui nous a coû­té très cher à nous, les Ita­liens. Embar­go, et risque de guerre”. “— Mais alors, der­rière ces tireurs que tu as ren­con­trés, qui disent ne pas avoir peur pour leur vie parce que ce sont des sol­dats, en réa­li­té, com­ment peut-on croire qu’ils n’avaient pas com­pris, naï­ve­ment, avoir été les ins­tru­ments d’une révolte qui ne leur appar­te­nait pas ?”

“— Eh bien, ils pen­saient seule­ment accom­plir un tra­vail. Il y a eu une révo­lu­tion sem­blable, la soi-disant révo­lu­tion rose en Géor­gie, à laquelle ils par­ti­ci­pèrent sous les ordres de Saa­ka­ch­vi­li. Celle-là s’est conclue
de manière paci­fique. Donc ici aus­si ils ont pen­sé jusqu’au 18 et 19 qu’ils n’auraient pas à prendre les armes, que tout pou­vait se dérou­ler comme une simple révolte. Ces jours-là, clai­re­ment, quand la média­tion euro­péenne a déci­dé de faire des élec­tions anti­ci­pées pour voir ce que vou­lait le peuple, les chefs de l’opposition en déci­dèrent autrement.”

“— De mas­sa­crer leur propre peuple pour créer une révolte ?” “— C’est ce qu’ils nous apprennent dans ce film”. “— Incroyable, vrai­ment. Mer­ci Gian Mica­les­sin”. “— Mer­ci à vous.”

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La version des Snipers sur le massacre de Kiev : « Les ordres venaient de l’opposition »

Source : Gian Mica­les­sin, Il Gior­nale, 15/11/2017

« Ils ont tous com­men­cé à tirer deux ou trois coups à chaque fois. Cela à duré de 15 à 20 minutes. Nous n’avions pas le choix. On nous a don­né l’ordre de tirer tant sur la police que sur les mani­fes­tants sans faire de différence. »

« J’étais tota­le­ment stu­pé­fait. » C’est ain­si que le Géor­gien Alexan­der Reva­zi­sh­vil­li se remé­more la fusillade tra­gique du 24 février 2014, à Kiev quant un groupe de mys­té­rieux tireurs ouvrirent le feu sur la foule et sur les poli­ciers, mas­sa­crant plus de 80 per­sonnes. Ce mas­sacre a hor­ri­fié le monde et chan­gé le des­tin de l’Ukraine en for­çant la fuite du pré­sident pro-russe Vik­tor Ianou­ko­vytch accu­sé d’avoir orga­ni­sé la fusillade. Mais ce mas­sacre a éga­le­ment chan­gé le des­tin de l’Europe et de notre pays en déclen­chant la crise menant aux sanc­tions contre la Rus­sie de Pou­tine. Sanc­tions qui sont reve­nues en boo­me­rang sur l’économie italienne.

Les confes­sions de Reva­zi­sh­vil­li et des deux autres Géor­giens – recueillies par l’auteur du docu­ment « Ukraine, les véri­tés cachées » dif­fu­sée ce soir à 23h30 sur Matrix, Canal 5 – révèlent une toute autre véri­té bien décon­cer­tante. Celle d’un mas­sacre our­di et exé­cu­tée par la même oppo­si­tion qui a accu­sé Ianou­ko­vytch et ses alliés russes.

Reva­zi­sh­vil­li et ses deux com­pa­gnons – ren­con­trés et inter­viewés dans le docu­men­taire – sont un ancien membre des ser­vices de sécu­ri­té de l’ex-président géor­gien Mikheil Saa­ka­ch­vi­li et deux ex-mili­­tants de son propre par­ti. Recru­tés à Tbi­li­si par Mamu­ka Mamu­la­sh­vi­li, le conseiller mili­taire de Saa­ka­sh­vi­li, ils sont char­gés d’appuyer – avec d’autres volon­taires géor­giens et litua­niens – les démons­tra­tions en cours à Kiev, moyen­nant une prime de cinq mille dol­lars chacun.

Munis de faux pas­se­ports, ils arrivent en Ukraine pour coor­don­ner les démons­tra­tions et pour pro­vo­quer la police ukrai­nienne, ini­tia­le­ment sans uti­li­ser d’armes. Celles-ci entre­ront en scène le 18 février et seront dis­tri­buées entre les dif­fé­rents groupes de Géor­giens et de Litua­niens par Mamu­la­sh­vi­li et par d’autres diri­geants de l’opposition ukrai­nienne. « Chaque sac conte­nait trois ou quatre armes, il y avait des pis­to­lets Maka­rov, des fusils mitrailleurs AKM, des cara­bines ain­si que des paquets de car­touches ». Le len­de­main Mamu­la­sh­vi­li et les chefs des pro­tes­ta­taires expliquent aux volon­taires qu’ils devront affron­ter un assaut de la police dans le palais du conser­va­toire et dans l’hôtel Ukraïna.

On leur explique que, dans ce cas, il fau­dra tirer sur la place et semer le chaos. Mais un des pro­ta­go­nistes recon­nait avoir reçu une autre expli­ca­tion plus exhaus­tive. « Quand Mamu­la­sh­vi­li est arri­vé, je le lui ai éga­le­ment deman­dé. Si les choses se com­pliquent, alors nous devrons com­men­cer à tirer » – m’a‑t‑il répon­du. « Nous ne pou­vons pas aller aux élec­tions pré­si­den­tielles anti­ci­pées. Mais sur qui devons-nous tirer ?, lui ai-je deman­dé. Il m’a répon­du que le qui et le où n’avaient pas d’importance, il fal­lait tirer par­tout afin de créer le chaos ».

Cela n’avait pas d’importance si nous tirions sur un arbre, une bar­ri­cade ou sur ceux qui lan­çaient des cock­tails molo­tov. Un autre volon­taire le confirme : ce qui comp­tait était de semer la confu­sion. « J’entendais des hur­le­ments », confesse Alexan­der – il y avait de nom­breux bles­sés. Ma seule pré­oc­cu­pa­tion était de par­tir aus­si vite que pos­sible avant qu’ils ne me détectent. Autre­ment, ils m’auraient mis en pièces. Quelqu’un criait déjà qu’il y avait des tireurs d’élite. Quatre ans après les faits, Alexan­der et ses deux com­pa­gnons disent n’avoir pas encore reçu la moindre récom­pense, rai­son pour laquelle ils ont déci­dés de dire la véri­té sur ceux qui les ont uti­li­sés et aban­don­nés. « Sur le moment je n’ai pas réa­li­sé. Je n’étais pas prêt. Puis j’ai com­pris. Nous avons été uti­li­sés et piégés. »

Source : Gian Mica­les­sin, Il Gior­nale, 15/11/2017

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[Oli­vier Ber­ruyer :] Comme rap­pe­lé dans le repor­tage, ce n’est pas la pre­mière fois que ce scan­dale “d’attaque sous faux dra­peau” à Maï­dan ressort.

Nous avions ain­si pré­sen­té sur ce site en mars et avril 2014 :

1/ L’interception d’une com­mu­ni­ca­tion en off entre un ministre esto­nien sur place, rela­tant les doutes à Cathe­rine Ash­ton :

2/ ce beau repor­tage de la télé­vi­sion alle­mande ARD :

3/ On a appris mi-mai 2014 que la plu­part des balles mor­telles ne venaient pas des forces de police et que la plu­part des preuves (armes, balles, douilles, docu­ments) avaient été per­dues ou volées. (Source).

J’indiquais “À ce stade de mani­pu­la­tion, il est qua­si cer­tain que des sni­pers put­schistes ont tiré à la fois sur les forces de l’ordre et sur les mani­fes­tants désar­més, et sont res­pon­sable d’une bonne par­tie des décès.”…

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Au niveau des pro­pa­gandes, on se rap­pel­le­ra ceci :

Pour “l’enquête sur les vio­lences qui ont frap­pé le pays”, on repas­se­ra, donc…

Tout s’explique : Fran­çois Hol­lande avait une connexion men­tale directe avec le peuple ukrai­nien et connais­sait ses aspi­ra­tions (pas de bol, il était pré­sident de la France…)

2 mars 2014, BHL, deuxième adresse au Maidan

Peuple du Maidan !

Vous avez, à mains presque nues, fait recu­ler les mili­ciens Berkout.

Vous avez, seuls ou presque, mis en fuite Ianoukovitch.

Vous avez, avec un sang-froid digne des grands peuples, infli­gé une défaite his­to­rique à la tyrannie.

Et donc vous êtes, non seule­ment des Euro­péens, mais les meilleurs des Européens.

Euro­péens vous l’êtes, certes, par l’histoire ; mais aus­si, désor­mais, par le sang versé.

Euro­péens vous l’êtes, certes, parce que vous êtes les fils de Vol­taire, de Vic­tor Hugo et de Taras Chev­chen­ko ; mais vous l’êtes aus­si parce que, pour la pre­mière fois, ici, sur le Mai­dan, des jeunes sont morts avec, entre les bras, le dra­peau étoi­lé de l’Europe.

On a vou­lu vous calomnier.

On a dit que vous étiez les conti­nua­teurs de la mémoire noire de l’Europe. Eh non ! C’est le contraire ! Ces ver­tus de résis­tance qui font le génie de l’Europe et qu’un grand Fran­çais, le Géné­ral de Gaulle, a por­tées à leur som­met, c’est vous qui les incar­niez pen­dant ces jour­nées san­glantes ; et le natio­­nal-socia­­lisme, l’antisémitisme, le fas­cisme qui furent la honte de notre conti­nent étaient du côté de vos ennemis.

Je m’incline devant vos morts.

Je m’incline devant votre bra­voure et vous dis plus que jamais : « bien­ve­nue dans la Mai­son commune ». 

BHL

(Source)


La longue “martyrologie” des lecteurs du Monde

Une pièce de plus dans la longue “mar­ty­ro­lo­gie” de l’information en France… (avec Pio­tr Smo­lar, envoyé spé­cial du Monde en Ukraine au moment des faits)

Source : les​-crises​.fr, https://​www​.les​-crises​.fr/​n​o​–​n​e​w​s​–​t​e​m​o​i​g​n​a​g​e​–​d​e​s​–​s​n​i​p​e​r​s​–​d​u​–​m​a​s​s​a​c​r​e​–​d​u​–​m​a​i​d​a​n​–​l​e​s​–​o​r​d​r​e​s​–​v​e​n​a​i​e​n​t​–​d​e​–​l​–​o​p​p​o​s​i​t​i​on/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​7​9​8​8​3​2​7​6​2​317

« Vaincre Macron », le nouveau livre de Bernard Friot, plus incisif, plus bouleversant et plus important que jamais

Chers amis,

Il y a quelques années, en juin 2010, j’ai décou­vert Franck Lepage (dans une magni­fique émis­sion de Daniel Mer­met), et Franck m’a fait ensuite décou­vrir le tra­vail for­mi­dable de Ber­nard Friot. Depuis, nous sommes deve­nus amis tous les trois et je trouve que Ber­nard pro­gresse sans cesse (Franck aus­si, d’ailleurs) : son dis­cours est de plus en plus pré­cis et péné­trant, son diag­nos­tic et sa pro­po­si­tion sont de plus en plus puis­sants, de mieux en mieux argumentés. 

Si vous ne connais­sez pas cette alter­na­tive, c’est le moment de la décou­vrir, avec ce nou­veau livre (petit et pas cher) qui en pro­pose une syn­thèse très claire. Il s’in­ti­tule « Vaincre Macron » (je n’aime pas trop ce titre) mais il dépasse bien sûr (de loin) les pro­blèmes de per­sonnes et vise le cœur (les ins­ti­tu­tions) du sys­tème dit « capi­ta­liste » : déci­der QUI est légi­time pour attri­buer la VALEUR économique ?

• Je repro­duis ici sa courte intro­duc­tion, que je trouve puis­sante, ain­si que son plan.
• Je vous signale ensuite la vidéo d’une bonne confé­rence où Ber­nard décrit l’es­sen­tiel de son nou­veau livre.
• Je vous signale aus­si une confé­rence que Ber­nard donne ce soir, à Mar­seille, ain­si qu’un ate­lier qu’il anime demain après-midi.
• je vous rap­pelle enfin que l’as­so­cia­tion « Réseau sala­riat » a besoin de notre aide à tous pour conti­nuer la bagarre.

https://​ladis​pute​.atheles​.org/​e​c​o​n​o​m​i​e​t​r​a​v​a​i​l​/​v​a​i​n​c​r​e​m​a​c​ron

Intro­duc­tion

Pour vaincre Macron, il faut prendre la mesure de son entre­prise. Et, pour cela, com­men­cer par le com­men­ce­ment : le prin­temps des peuples tel qu’il jaillit au len­de­main de la Seconde Guerre mon­diale, comme en témoignent des docu­men­taires comme La Sociale (1) ou L’Es­prit de 45 (2), et la réponse que lui oppose dès le début des années 1950 la construc­tion de ce qui devien­dra l’U­nion euro­péenne. L’éner­gie que va déployer la classe diri­geante dans la consti­tu­tion de cette der­nière ne peut se com­prendre que si on se libère de la lec­ture sopo­ri­fique de la Libé­ra­tion qui en fait un moment de cir­cons­tances excep­tion­nelles ayant per­mis un meilleur par­tage des richesses entre le capi­tal et le tra­vail au béné­fice des tra­vailleurs. Je mon­tre­rai qu’au contraire les len­de­mains de la Seconde Guerre mon­diale sont une période révo­lu­tion­naire, c’est-à-dire un moment où le mode de pro­duc­tion est mis en cause : ce qui se joue, ce n’est pas la répar­ti­tion de ce qui est pro­duit, mais la pro­duc­tion elle-même et ses deux ins­ti­tu­tions essen­tielles, le régime de pro­prié­té de l’ou­til de tra­vail et le sta­tut du pro­duc­teur. Le mar­ché com­mun puis l’U­nion euro­péenne vont être mis en place pour res­tau­rer le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste que les ins­ti­tu­tions révo­lu­tion­naires, créées après 1945, ont subverti.

Tant que l’on ne prend pas la mesure de cette sub­ver­sion, soi­gneu­se­ment niée dans l’his­toire offi­cielle, on ne com­prend pas la « réforme » que vont impul­ser les gou­ver­ne­ments réunis dans l’U­nion, en s’ap­puyant les uns sur les autres, à par­tir de l’Acte unique mis en musique par Jacques Delors, dans les années 1980. La par­ti­tion fran­çaise de la chose a été pour l’es­sen­tiel écrite par Phi­lippe Seguin et Michel Rocard, entre 1986 et 1991. Les gou­ver­ne­ments qui leur suc­cé­de­ront vont l’in­ter­pré­ter ins­tru­ment par ins­tru­ment, avec une grande appli­ca­tion et une grande constance, mais avec une médiocre ampleur de vue, liée aux escar­mouches de l’al­ter­nance droite/gauche, que leur repro­che­ront le MEDEF et la CFDT. Aujourd’­hui, avec la pré­si­dence d’Em­ma­nuel Macron, la classe diri­geante se débar­rasse des pesan­teurs de l’al­ter­nance, l’es­prit du couple Seguin-Rocard est à nou­veau à l’œuvre avec le carac­tère sys­té­ma­tique de la réforme et son ins­crip­tion dans les clous impo­sés par l’U­nion euro­péenne. Le MEDEF et la CFDT applau­dissent avec la rete­nue qui sied au par­tage des rôles entre les ins­tances de l’é­co­no­mique et celles du politique.

À quoi s’at­taque la réforme ? C’est l’ob­jet du pre­mier cha­pitre. Il est consa­cré au récit des pré­mices d’une ins­ti­tu­tion com­mu­niste du tra­vail telle que l’i­ni­tient, en 1946, le Par­ti com­mu­niste et les mili­tants de la CGT emme­nés pour l’es­sen­tiel par les anciens de la CGT-Uni­­taire. « Com­mu­niste » – et c’est ain­si qu’on entend ce terme dans cet ouvrage – parce quelle est le che­min de sor­tie du capi­ta­lisme : le com­mu­nisme ne se défi­nit pas autre­ment qu’empiriquement, par les ins­ti­tu­tions d’une autre pra­tique de la valeur éco­no­mique que l’ac­tion des tra­vailleurs orga­ni­sés par­vient à impo­ser. Contre les ins­ti­tu­tions capi­ta­listes de la valeur que sont la pro­prié­té lucra­tive, le finan­ce­ment de l’in­ves­tis­se­ment à cré­dit, la rému­né­ra­tion des tra­vailleurs au prix de leur force de tra­vail, les mili­tants construisent, comme je le mon­tre­rai : la copro­prié­té d’u­sage de l’ou­til de tra­vail, la sub­ven­tion de l’in­ves­tis­se­ment et le salaire à vie, en s’ap­puyant sur les acquis anti­ca­pi­ta­listes de la codi­fi­ca­tion du tra­vail qui avait démar­ré au tour­nant du XXe siècle, sous l’im­pul­sion de la CGT et de la SFIO nais­santes. Et leur dyna­mique ne s’ar­rête pas avec l’ex­pul­sion des ministres com­mu­nistes en 1947 : les trois décen­nies sui­vantes connaî­tront une conso­li­da­tion sub­stan­tielle des conquêtes de 1946. Pour­quoi 1946 et non pas 1945 ? Pour­quoi ces gros mots de révo­lu­tion et de com­mu­nisme ? Je m’en expli­que­rai, bien sûr. Mais j’a­lerte tout de suite le lec­teur : ce pre­mier cha­pitre inter­roge la fable de « 1945 », et les gros mots sont néces­saires pour refaire vivre l’his­toire popu­laire révo­lu­tion­naire qui nous a été volée.

Le deuxième cha­pitre ins­crit les ini­tia­tives d’Em­ma­nuel Macron dans la « réforme » menée par la classe diri­geante depuis les années 1980. Il sort sa com­pré­hen­sion de l’im­passe dans laquelle la mise l’in­vo­ca­tion du néo­li­bé­ra­lisme. Ce terme recouvre des inter­pré­ta­tions dif­fé­rentes, mais leur déno­mi­na­teur com­mun est l’ab­sence de lutte de classes. Le capi­ta­lisme serait un « sys­tème » qui certes bouge pour se repro­duire, d’où sa pério­di­sa­tion, mais, ses dépla­ce­ments relè­ve­raient d’une cause interne : épui­se­ment du for­disme, baisse du taux de pro­fit, carac­tère mor­ti­fère du féti­chisme de la valeur, pour reprendre quelques-unes des expli­ca­tions avan­cées pour défi­nir le néo­li­bé­ra­lisme. Le pos­tu­lat de la science sociale, fût-elle cri­tique, est qu’il n’y a qu’une seule classe pour soi, c’est-à-dire consciente de ses inté­rêts et orga­ni­sée pour les pro­mou­voir : la bour­geoi­sie. Les tra­vailleurs ne peuvent mener qu’un conflit de répar­ti­tion : au mieux faire bou­ger le cur­seur à leur avan­tage dans la répar­ti­tion de la « valeur », hypo­sta­siée dans sa forme capi­ta­liste de valeur d’é­change. Dans cette pers­pec­tive, la réforme ferait recu­ler les droits des tra­vailleurs pour res­tau­rer un par­tage de la « valeur » à l’a­van­tage du capi­tal. Je pro­pose une tout autre inter­pré­ta­tion : la réforme est une contre-révo­­lu­­tion, qui vise à res­tau­rer la pra­tique capi­ta­liste du régime de pro­prié­té et du sta­tut du pro­duc­teur. Le deuxième cha­pitre s’in­té­resse sur­tout au sta­tut du producteur.

Contre le sta­tut com­mu­niste du pro­duc­teur qui s’est affir­mé for­te­ment jusque dans les années 1970 – autour de la géné­ra­li­sa­tion du salaire à la qua­li­fi­ca­tion atta­ché à la per­sonne -, la classe diri­geante a entre­pris, depuis les années 1980, de rem­pla­cer ce der­nier par deux piliers de res­sources sans lien avec la qua­li­fi­ca­tion : un pre­mier pilier dit « non contri­bu­tif » uni­ver­sel, for­fai­taire, fis­ca­li­sé, dont la forme la plus abou­tie est le reve­nu uni­ver­sel, et un second pilier « contri­bu­tif » ados­sé au mar­ché des capi­taux, qui réas­signe les tra­vailleurs à la per­for­mance mar­chande en « sécu­ri­sant leurs par­cours » à coups de comptes indi­vi­duels, dont la forme la plus abou­tie est le compte per­son­nel d’ac­ti­vi­té (CPA). Sur cette base, elle tente aujourd’­hui de faire reve­nir le tra­vail à l’in­vi­si­bi­li­té qu’il subis­sait avant la conquête du code du tra­vail en rem­pla­çant ce der­nier par le pré­ten­du dia­logue social.

Le der­nier cha­pitre pro­pose un che­min pour vaincre Macron. Le lec­teur en devine d’emblée la bous­sole. La réponse offen­sive à une contre-révo­­lu­­tion capi­ta­liste ne peut être que la pour­suite déli­bé­rée de la révo­lu­tion com­mu­niste du tra­vail : copro­prié­té d’u­sage des entre­prises par les sala­riés et pour cela sub­ven­tion de l’in­ves­tis­se­ment et salaire à vie. Il faut pour­suivre la socia­li­sa­tion sala­riale de la valeur en dou­blant le mon­tant des coti­sa­tions actuelles pour les affec­ter à la géné­ra­li­sa­tion du salaire à vie et à la sub­ven­tion de l’in­ves­tis­se­ment, afin de rendre effec­tifs les droits éco­no­miques à attri­buer à cha­cun à sa majo­ri­té, car – et ce sera le point cen­tral du cha­pitre – les per­sonnes doivent être titu­laires de leur salaire et de leur outil de tra­vail pour pou­voir réel­le­ment déci­der de la valeur économique.

Je ne sous-estime pas le chan­ge­ment de la culture mili­tante qu’ap­pelle un tel che­min com­mu­niste. Ou plu­tôt des deux cultures mili­tantes qui s’op­posent à la réforme. Celle de la gauche de gauche mène la riposte à la réforme en appe­lant les citoyens et les tra­vailleurs à se mobi­li­ser pour une bonne poli­tique publique, pour un bon usage de l’argent par une bonne fis­ca­li­té, une bonne créa­tion moné­taire et un bon cré­dit public, pour de bons pôles publics dans des sec­teurs d’ac­ti­vi­té déci­sifs. « Bon » signi­fie ici : per­met­tant la muta­tion éco­lo­gique de l’ap­pa­reil pro­duc­tif, garan­tis­sant des droits d’in­ter­ven­tion des tra­vailleurs, assu­rant le par­tage du tra­vail pour tous. L’autre culture mili­tante, celle des alter­na­tifs de l’i­ci et main­te­nant, se situe plu­tôt dans la dis­si­dence avec le sou­ci de démon­trer qu’une pro­duc­tion non capi­ta­liste est pos­sible mal­gré tout à l’é­che­lon local, dans le sou­ci du sens de ce qui est pro­duit et de la façon dont il l’est. Ces mili­tants sont défiants vis-à-vis des ins­ti­tu­tions de l’é­co­no­mie, qu’il s’a­gisse de la valeur, du tra­vail, de la mon­naie, et pré­co­nisent la décrois­sance en témoi­gnant d’un mode de vie conforme à leurs convic­tions. Ces deux types de mili­tance, qui sou­vent s’i­gnorent ou se méfient l’un de l’autre, sont de fait les deux pieds avec les­quels nous pou­vons sor­tir du sur­place de la défaite ou de la mar­gi­na­li­té pour mettre en marche l’al­ter­na­tive com­mu­niste à la contre-révo­­lu­­tion réfor­ma­trice. Mais cela ne sera pos­sible que si les uns et les autres dépassent leur com­mune céci­té sur le déjà-là com­mu­niste du tra­vail : les pre­miers pour sor­tir d’une attente d’un salut venu de pou­voirs publics sou­te­nus par une mobi­li­sa­tion mili­tante et fon­der leur riposte sur la pour­suite de la conquête de droits éco­no­miques des tra­vailleurs per­met­tant leur sou­ve­rai­ne­té effec­tive sur le tra­vail, les seconds pour sor­tir de leur vision péjo­ra­tive de l’é­co­no­mie, et tra­vailler à l’af­fer­mis­se­ment d’ins­ti­tu­tions macro­so­ciales du travail.

Vaincre Macron, faut-il le pré­ci­ser, n’est pas sépa­rable d’une vic­toire sur le Front natio­nal, ce joker que la classe diri­geante garde en main. Que cette classe en soit, aujourd’­hui, à se décou­vrir au point de lais­ser tom­ber le masque de l’al­ter­nance entre le Par­ti socia­liste et Les Répu­bli­cains montre l’im­por­tance de l’obs­tacle qu’elle veut vaincre : le refus popu­laire de la façon dont elle orga­nise la pro­duc­tion. C’est au tra­vail, c’est dans l’en­tre­prise, c’est sur le ter­rain de la pro­duc­tion quelle va gagner ou perdre. Sa force tient dans le sen­ti­ment très répan­du qu’il n’y a pas d’al­ter­na­tive à ce qu’elle impose en la matière à des tra­vailleurs exas­pé­rés mais rési­gnés. Vaincre Macron repose donc sur la capa­ci­té de trans­for­mer un refus popu­laire désar­mé en adhé­sion à une pra­tique de chan­ge­ment de la pro­duc­tion, de la recherche, de l’en­tre­prise et du tra­vail qui les sor­ti­ra de l’or­nière capi­ta­liste, parce qu’elle fera des tra­vailleurs eux-mêmes les déci­deurs de ce qui est pro­duit : où, com­ment, par qui, avec quel finan­ce­ment, avec quelle place pour nos acti­vi­tés dans la divi­sion inter­na­tio­nale du tra­vail. Il n’y a pas besoin d’al­ler cher­cher cette pra­tique dans l’u­to­pie, il faut géné­ra­li­ser et radi­ca­li­ser ce qui est déjà-là : la copro­prié­té d’u­sage de l’ou­til de tra­vail par les inté­res­sés sans sou­mis­sion à des pro­prié­taires lucra­tifs ; le salaire à vie qui, en libé­rant les per­sonnes des aléas d’une rému­né­ra­tion liée à l’emploi ou au béné­fice, leur per­met de prendre des ini­tia­tives et d’in­ter­ve­nir effi­ca­ce­ment dans les déci­sions éco­no­miques ; la sub­ven­tion de l’in­ves­tis­se­ment ain­si débar­ras­sé du chan­tage des prêteurs.

Retrou­ver la dyna­mique de ces ins­ti­tu­tions, mises en dif­fi­cul­té par la contre-révo­­lu­­tion réfor­ma­trice, va nous faire renouer avec l’ex­ten­sion consi­dé­rable du champ du tra­vail qu’elles ont ren­du pos­sible en trans­for­mant en tra­vailleurs pro­duc­tifs des fonc­tion­naires, des parents, des soi­gnants, des retrai­tés, des chô­meurs : autant de caté­go­ries, notons-le, dont le tra­vail pro­duc­tif laisse une empreinte éco­lo­gique faible, ce qui montre que l’on peut étendre le champ du tra­vail en har­mo­nie avec le vivant, dès lors qu’on mar­gi­na­lise une pro­duc­tion capi­ta­liste indif­fé­rente jus­qu’à la folie à la valeur d’u­sage de ce qui est pro­duit. Il faut beau­coup plus de tra­vail pour pro­duire bio et c’est bien meilleur pour la pour­suite de notre exis­tence sur terre. Sor­tir le tra­vail du car­can capi­ta­liste est urgent pour la démo­cra­tie : le débat public sera pour­ri par la xéno­pho­bie tant que nous accep­te­rons le mot d’ordre inad­mis­sible du « par­tage du tra­vail », qui sup­pose que le tra­vail est en quan­ti­té limi­tée. Alors que si nous libé­rons la pro­duc­tion de l’im­passe pro­duc­ti­viste capi­ta­liste nous pour­rons l’en­ri­chir de l’ap­port de tous les tra­vailleurs qui le dési­rent. Cet apport sera d’au­tant plus pos­sible que les deux types de mili­tance que j’ai évo­qués auront comme sou­ci com­mun de béné­fi­cier de l’ap­port aigu de celles et ceux qui se vivent comme les indi­gènes de la Répu­blique. Face à une bour­geoi­sie aujourd’­hui ras­sem­blée der­rière Emma­nuel Macron pour une contre-révo­­lu­­tion à nou­veau sys­té­ma­ti­sée, seul trou­ve­ra le che­min de la vic­toire un sala­riat très ouvert qui se construi­ra dans sa lutte pour pour­suivre la révo­lu­tion com­mu­niste de la production.

[…]

Lire la suite, pas­sion­nante, dans ce petit livre important :
https://​ladis​pute​.atheles​.org/​e​c​o​n​o​m​i​e​t​r​a​v​a​i​l​/​v​a​i​n​c​r​e​m​a​c​ron

1. Gilles Per­ret, La Sociale, Rouge Pro­duc­tions, 2016.
2. Ken Loach, L’Es­prit de 45, Why Not Pro­duc­tion, 2013.


PLAN

Intro­duc­tion

Cha­pitre pre­mier La révo­lu­tion com­mu­niste du travail

1. La créa­tion conflic­tuelle du régime géné­ral de Sécu­ri­té sociale en 1946
2. Contrat de tra­vail et salaire : des ins­ti­tu­tions anticapitalistes
3. Les pré­mices d’une pro­duc­tion com­mu­niste à grande échelle

Cha­pitre 2 La réforme, une contre-révolution

1. Une ins­ti­tu­tion du tra­vail hors de toute qualification
2. Un droit de la per­sonne hors de tout lien avec la valeur
3. L’in­vi­si­bi­li­sa­tion du tra­vail par le dia­logue social

Cha­pitre 3 Pour­suivre la pra­tique com­mu­niste du travail

1. Don­ner un nou­vel hori­zon au travail
2. Atta­cher à la per­sonne les droits de sou­ve­rai­ne­té sur la valeur
3. Cen­trer la démo­cra­tie sur le travail
4. Pour­suivre le geste de créa­tion du régime géné­ral en 1946

Conclu­sion
Index des matières 

httpv://www.youtube.com/watch?v=zqofNMYIlb4

Ber­nard sera ce soir, 18 novembre 2017, à Mar­seille, Théâtre Maze­nod, 88 rue d’Au­bagne, à 18h30 :

Bernard Friot : Conférence gesticulée « Oui à la révolution communiste du travail »

http://​www​.reseau​-sala​riat​.info/​e​8​1​c​4​3​4​a​9​e​3​6​1​9​c​e​6​5​0​f​7​4​d​5​0​7​6​5​8​a​d​3​?​l​a​n​g​=fr

Ber­nard sera encore à Mar­seille dimanche matin, 19 novembre 2017, Mars Media Lab (Urban­Prod), 18 rue Col­bert, de 14 h à 17 h :

Atelier-Formation sur le salaire à vie avec Bernard Friot

http://​www​.reseau​-sala​riat​.info/​d​c​0​8​0​6​b​0​1​b​7​5​d​e​b​0​a​a​0​1​9​b​d​0​d​5​3​8​3​f​0​d​?​l​a​n​g​=fr

• Enfin, il faut signa­ler « Réseau Sala­riat », qui est la struc­ture asso­cia­tive qui sou­tient le tra­vail de Ber­nard Friot, et que nous devrions tous aider du mieux que nous pouvons :

http://​www​.reseau​-sala​riat​.info/​?​l​a​n​g​=fr

Voi­là. Si vous ne connais­sez pas Friot, vous devriez le décou­vrir, et le faire connaître autour de vous 🙂

Ami­tiés.

Étienne.

Post scrip­tum : un der­nier mot pour évo­quer, sans la déve­lop­per, la petite pointe de tris­tesse que je res­sens tou­jours quand je vois ces amis chers (dont le trouve les idées impor­tantes au point que je les intègre en pro­fon­deur dans mon propre tra­vail) ne pas inté­grer (du tout) dans leur propre ana­lyse l’ac­ti­vi­té popu­laire consti­tuante pour sor­tir de la pri­son juri­dique où nous sommes tous enfer­més (depuis que les riches nous ont impo­sé leur défi­ni­tion humi­liante du « suf­frage uni­ver­sel » : élire des maîtres au lieu de voter les lois).
Je garde cette tris­tesse au fond de moi, sans en rajou­ter ; je me dis que toutes les graines mettent du temps à ger­mer puis à pous­ser, et qu’il ne sert à rien de s’impatienter.


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​7​9​2​6​6​1​4​0​2​317

Qui peut écrire une constitution ? (vidéo 5 minutes)

httpv://youtu.be/L16AnwkkD6c

Par­­lez-en entre vous. 

Et autour de vous.


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​7​8​7​8​8​7​5​5​7​317

Rap­pel : les 12 vidéos de « Deve­nons citoyens ! » Entre­tiens à pro­pos d’une démo­cra­tie digne de ce nom :

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​5​/​1​1​/​1​1​/​d​e​v​e​n​o​n​s​–​c​i​t​o​y​e​n​s​–​e​n​t​r​e​t​i​e​n​s​–​a​–​p​r​o​p​o​s​–​d​u​n​e​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​d​i​g​n​e​–​d​e​–​c​e​–​n​om/

1 Quels sont les défauts du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif ? (5 min.)
2 Quels sont les grands prin­cipes de la démo­cra­tie ? (5 min.)
3 La répu­blique favo­­rise-t-elle la démo­cra­tie ? (5 min.)
4 Le public aux mains des inté­rêts pri­vés (4 min.)
5 Indi­vi­dua­lisme et démo­cra­tie : ce n’est pas un pro­blème (7 min.)
6 Faut-il un « chef » dans une démo­cra­tie ? (6 min.)
7 Com­ment être effi­cace pour réta­blir une vraie démo­cra­tie ? (5 min.)
8 Étienne Chouard est-il un gou­rou de la démo­cra­tie ? (6 min.)
9 Qui peut écrire une consti­tu­tion ? (5 min.)
10 Démo­cra­tie, reli­gions et laï­ci­té (4 min.)
11 Com­ment se finance une démo­cra­tie ? (10 min.)
12 Conseils de lec­tures anti-escla­­va­­gistes (12 min.)

10ème anniversaire du verdict condamnant injustement Jamal Zougam, véritable nouveau Dreyfus, pour les attentats de Madrid en 2004. Une enquête bouleversante de Cyrille Martin.

Chers amis,

Je vous pro­pose de décou­vrir ci-des­­sous une enquête remar­quable, menée par un simple citoyen, Cyrille Mar­tin, pour dis­cul­per un pauvre homme broyé par « La Jus­tice » et crou­pis­sant injus­te­ment en pri­son depuis plus de 10 ans pour que nos socié­tés puissent mau­dire un bouc émissaire.

Je vous laisse lire Cyrille et sur­tout voir son film, vrai­ment bien fait, je trouve.

La vidéo pro­po­sée en bonus est très bonne aus­si : je trouve Daniele Gan­ser épa­tant, admi­rable ; je vous en repar­le­rai (je suis en train de dévo­rer son der­nier livre « les guerres illé­gales de l’O­TAN », aux édi­tions Demi-Lune).

Étienne.



Cyrille Martin :

« Il y a 10 ans, le 31 octobre 2007, la Jus­tice espa­gnole ren­dait son ver­dict dans l’affaire des ter­ribles atten­tats de Madrid du 11 mars 2004 (Ato­cha, 191 morts). Après avoir sus­pec­té l’ETA, l’enquête s’était diri­gée vers de sup­po­sés dji­ha­distes, au pre­mier rang des­quels le maro­cain Jamal Zou­gam, qui fut condam­né à la réclu­sion à per­pé­tui­té, accu­sé d’être l’un des poseurs de bombes.

Ce juge­ment est remis en ques­tion par un docu­men­taire, réa­li­sé en auto­pro­duc­tion par l’auteur de ces lignes. Inti­tu­lé ’Un nou­veau Drey­fus, Jamal Zou­gam, bouc émis­saire des atten­tats de Madrid ?’, ce docu­men­taire est construit sur la com­pa­rai­son des images des jour­naux télé­vi­sés avec celles des enre­gis­tre­ments vidéos du pro­cès. Il montre que, dans cer­tains cas sen­sibles, on conti­nue sur le vieux conti­nent à condam­ner à per­pé­tui­té des boucs émis­saires dont le seul tort est d’avoir la ’mau­vaise’ reli­gion du moment. Que ce soit par l’intermédiaire de la Jus­tice espa­gnole ou de la Jus­tice européenne.

La ver­sion espa­gnole du docu­men­taire (dif­fu­sée sur inter­net et sur la chaîne lati­­no-amé­­ri­­caine Tele­Sur) a com­men­cé à bri­ser le tabou qui entoure cette affaire en Espagne. Nous vous pro­po­sons l’interview de la famille de Jamal Zou­gam, réa­li­sée suite à cette dif­fu­sion par l’un des rares médias espa­gnols à cri­ti­quer le ver­dict, eles​pa​nol​.com. Ain­si que le bonus à cette ver­sion espa­gnole : une inter­view vidéo en fran­çais de l’historien Daniele Gan­ser, qui bat en brèche l’idée que le ter­ro­risme serait aujourd’hui néces­sai­re­ment isla­miste (sans pour autant reve­nir à l’accusation d’ETA, idée encore sou­te­nue dans cer­tains médias espagnols). »

Le docu­men­taire en fran­çais :


Interview de la famille de Jamal Zougam, Eles​pa​nol​.com, 10 et 12 mars 2017 :

La famille Zou­gam est musul­mane mais elle a des goût occi­den­taux. Les filles sont en jeans et ne portent pas le voile. Moha­med [frère de Jamal] aime les Beatles et Mike Old­field. « A mon tra­vail à la banque, tout le monde m’a cru dès le début et ils m’ont trai­té comme si j’étais une vic­time de plus de cet atten­tat, même si je n’avais pas de proches dans ces trains » assure Sami­ra [sa soeur]. « Pareil à la mai­son » ajoute Moha­med. « Les voi­sins n’ont pas chan­gé avec nous. Parce qu’ils sentent qu’on n’est pas des mau­vaises gens. »

Ce matin-là, jure Moha­med, ce fut la rou­tine habi­tuelle. « Quand je me suis levé, il était là, devant moi. Je ne l’oublierai jamais. Il était com­plè­te­ment endor­mi. Il dort comme une souche, pas moyen de le réveiller quand il dort ». « Moi je n’ai pas été appe­lé à décla­rer au pro­cès », dit Sami­ra. « Je crois que ça a été à cause d’une erreur de notre avo­cat José Luis Abas­cal. Il ne se réunis­sait même pas avec nous. Il ne nous consul­tait pas. »

Cinq fois par semaine, Zou­gam a le droit de faire un appel télé­pho­nique de cinq minutes. Et sa famille peut lui rendre visite une fois par mois. « Il a été en régime d’isolement total jusqu’à il y a deux ans. Tou­jours seul, même pen­dant qu’il était dans la cour. Il a de l’arthrose et il souffre beau­coup du froid, mais per­sonne ne règle ça » dit Samira.

Ques­tions à Aicha, mère de Jamal Zou­gam, qui rompt 13 années de silence :

Com­ment savez-vous que votre fils est innocent ?

Parce qu’il n’a rien fait. Parce qu’il était avec moi la nuit du 10 mars. Il est ren­tré du gym­nase, en sueur, vers minuit… Et il serait allé poser des bombes au matin ? Puis il serait allé au tra­vail ? Ce matin-là on a dis­cu­té, la télé­vi­sion était allu­mée. Son frère est par­ti au tra­vail en pre­mier et lui est res­té dis­cu­ter avec moi.

Est-ce vrai que la veille des atten­tats, Jamal avait visi­té un appar­te­ment à louer pour emmé­na­ger avec sa femme ?

C’est vrai. Il est allé voir le loge­ment, il a lais­sé la pho­to­co­pie de sa carte d’identité au pro­prié­taire. Et il est allé au tra­vail. La police et la Jus­tice le savent, parce qu’ils sont allé voir le pro­prié­taire… Mais tout a été étouf­fé ensuite.

Cette infor­ma­tion n’est pas sor­tie, ensuite, pen­dant le procès ?

Ils ne vou­laient pas, ils ne me lais­saient même pas par­ler pen­dant le pro­cès. Ce salaud [le juge Gomez Ber­mu­dez] ne m’a même pas lais­sé par­ler. Il m’a dit « C’est bon, c’est bon. Tais-toi ». Mais il s’agit de mon fils, je devais par­ler ! Pour­quoi ? Pour­quoi ne m’ont-ils pas lais­ser par­ler ? [A la fin de l’entretien, elle s’excuse pour ce coup de sang : « C’est à cause de cette impuissance »]

Ce n’est pas vrai que vous avez logé chez vous Abou Mughen ?

Jamais. Je ne le connais même pas. Écou­tez, per­sonne n’est venu chez moi. Tout les voi­sins me connaissent. Je n’ai pas démé­na­gé. Ils sont tous gen­tils avec moi.

Croyez-vous que votre fils a été choi­si inten­tion­nel­le­ment, ou sim­ple­ment qu’il n’a pas eu de chance ?

Ils l’ont choisi.

Pour­quoi ?

Je ne le sais pas. Je ne sais pas. Parce qu’ils n’avaient per­sonne d’autre.

Jamal a dit pen­dant le pro­cès que ça pour­rait être pour se ven­ger du fait qu’il ait refu­sé l’offre du CNI [les ser­vices de ren­sei­gne­ment] de col­la­bo­rer avec eux.

Ils lui avaient dit qu’ils arran­ge­raient le venue de son père du Maroc… mais il n’a pas voulu.

Qui aurait com­mis les atten­tats selon vous ?

Je ne sais pas. Je ne peux pas… je ne sais pas. La police ? Je ne sais pas. Beau­coup de gens.

Que pen­­sez-vous d’Al Qae­da et de l’État Islamique ?

Du mal, beau­coup de mal. Les bar­bus je ne peux même plus les voir à la télé­vi­sion. Je vous jure. Je vois les gens qui vont voi­lés, comme ça, au Maroc, et je dis « Regarde la fille de p… A cause de ces gens mon fils est en prison. »

Votre fils est condam­né sur la base du témoi­gnage de deux femmes rou­maines. Pour­quoi croyez-vous qu’elles aient décla­ré l’avoir vu dans les trains ?

Parce qu’elles ont été payées, et bien payées [Elles ont reçu une indem­ni­té et une régu­la­ri­sa­tion en tant que vic­times, note du tra­duc­teur]. Pour­quoi aucun espa­gnol n’est venu dire qu’il l’avait vu ? Seule­ment des rou­maines ? Il y en a eu quatre ou cinq. Mais pas d’espagnols, ni maro­cains, ni ita­liens. Seule­ment des rou­mains… parce qu’elles ont tou­ché. Je demande au gou­ver­ne­ment qu’il rouvre le dos­sier de mon fils, parce qu’il n’a rien fait. S’il vous plaît.

Avez-vous vu le docu­men­taire du fran­çais Cyrille Mar­tin, qui défend l’innocence de votre fils ?

Non. Je n’aime pas voir mon fils dans ce pro­cès, ni me rap­pe­ler des images de cette époque. Je ne peux pas. Mais ses frères et sœurs l’ont vu et ils disent qu’il raconte les choses telles qu’elles se sont passées.

Après tout ce qui s’est pas­sé, vous regret­tez d’être venue en Espagne ?

Oui… Vous savez que ça fait 13 ans que mon fils est en pri­son et per­sonne ne parle de lui, alors que tout le monde sait qu’il n’a rien fait. Il y en a qui ont les preuves de ça. Ils ne veulent pas par­ler. Tout le monde la ferme. Pour­quoi ? Parce qu’il est maro­cain ? Pour­quoi ? Beau­coup de gens ont com­mis des erreurs et per­sonne ne veut parler.

 

Bonus de la ver­sion espa­gnole du docu­men­taire, une inter­view exclu­sive en fran­çais de Daniele Ganser :

Cyrille Mar­tin

Source : Le Grand Soir :
https://​www​.legrand​soir​.info/​1​0​e​m​e​–​a​n​n​i​v​e​r​s​a​i​r​e​–​d​u​–​v​e​r​d​i​c​t​–​c​o​n​d​a​m​n​a​n​t​–​i​n​j​u​s​t​e​m​e​n​t​–​j​a​m​a​l​–​z​o​u​g​a​m​–​v​e​r​i​t​a​b​l​e​–​n​o​u​v​e​a​u​–​d​r​e​y​f​u​s​–​p​o​u​r​–​l​e​s​–​a​t​t​e​n​t​a​t​s​–​d​e​–​m​a​d​r​i​d​.​h​tml

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​7​8​5​5​4​1​7​4​2​317

Jean-Luc Mélenchon : « IL FAUT RÉGLER LA QUESTION DE LA DETTE »

Nous, on en parle (et on la dénonce cen­tra­le­ment) depuis plus de 10 ans (mi 2006, aler­tés par André-Jacques Hol­becq), mais c’est vrai que lui, là, main­te­nant qu’il a bien com­pris le méca­nisme, il en parle assez bien 🙂

JLM va peut-être finir par admettre l’ul­tra prio­ri­té de la sor­tie de l’UE 😉

Rap­pels (entre autres) :

Pre­miers cris d’a­lerte contre le scan­dale de la « dette publique » sur le forum du Plan C, le 20 août 2006 :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​i​d​=81

Sur le forum : com­pi­la­tion du fil très important
« Reprendre le pou­voir sur notre mon­naie » (1200 pages, pdf, 10 Mo) : 

https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​R​e​p​r​e​n​d​r​e​_​l​e​_​p​o​u​v​o​i​r​_​s​u​r​_​n​o​t​r​e​_​m​o​n​n​a​i​e​.​pdf

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

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Proposition à soutenir sur « Parlement&Citoyens » : Instaurer le référendum d’initiative populaire RIC en toutes matières dans l’article 3 de notre Constitution

Une très bonne pro­po­si­tion, que nous devrions tous sou­te­nir du mieux que nous le pou­vons, sur le site « Par­le­ment & Citoyens » :

Ins­tau­rer le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire RIC en toutes matières dans l’article 3 de notre Constitution

======================

Des­crip­tion :
M. Cas­ta­ner a affir­mé au nom du gou­ver­ne­ment, et nous en sommes ravis : « aujourd’­hui on veut sor­tir de cette théo­rie des droits for­mels qui sont sur le papier mais qui ne sont pas la réalité. »

Chris­tophe Cas­ta­ner, délé­gué géné­ral “En marche” et porte-parole du gou­ver­ne­ment, a annon­cé le 30 août sur BFM :
(ici à 07:55) « la fin d’un monde poli­tique » qui se conten­tait de don­ner des « droits théo­riques » sans se pré­oc­cu­per des « droits réels ».

Il a pris l’exemple de Lio­nel Jos­pin qui avait fait voter « le droit au loge­ment oppo­sable à tous ». C’est à dire que « tout le monde a droit au loge­ment » avec la réa­li­té que l’on constate.

Le CLIC (Comi­té de Liai­son pour l’Initiative Citoyenne), pro­pose jus­te­ment de modi­fier l’article 3 de notre Consti­tu­tion. L’art. 3 attri­bue la sou­ve­rai­ne­té natio­nale et en fixe les moda­li­tés d’exercice, mais ce n’est qu’un droit pure­ment théo­rique. En effet, les citoyens n’ont pen­dant 5 ans aucun pou­voir d’agir sur leurs repré­sen­tants, et cela quoi qu’ils fassent ! Quant aux réfé­ren­dums, en 60 ans, il n’y en a eu que 9, dont 2 étaient de purs plé­bis­cites, et le der­nier réfé­ren­dum de 2005 (il y a 12 ans !) a vu ses 55% de NON trans­for­més en OUI en 2008 par le Congrès. (voir Note)

Le peuple dis­po­se­ra d’un “droit réel” avec cette simple modi­fi­ca­tion de l’article 3 :

Pro­po­si­tion de loi consti­tu­tion­nelle du CLIC
Article 3 :
“La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne en toutes matières, y com­pris consti­tu­tion­nelle et de rati­fi­ca­tion des trai­tés ; cet article ne peut être modi­fié que par voie référendaire.
Si la loi orga­nique fixant les moda­li­tés de ce réfé­ren­dum n’a pas été pro­mul­guée dans les six mois sui­vant l’adoption de cet article, l’assemblée natio­nale est dis­soute ; les élec­tions géné­rales ont lieu vingt jours au moins et qua­rante jours au plus après la dissolution.”

Expli­ca­tion de cette for­mu­la­tion : Le réfé­ren­dum d’initiative exclu­si­ve­ment par­le­men­taire, men­son­gè­re­ment nom­mé « réfé­ren­dum d’initiative par­ta­gée” par la qua­si tota­li­té des médias et des élus, ins­crit dans l’article 11 de la Consti­tu­tion en juillet 2008, n’est entré en vigueur que le 1er jan­vier 2015. Six ans et demi après son adop­tion par le Congrès !

Note

1° Pour l’exercice de la sou­ve­rai­ne­té par la voie de ses représentants.

Quoi que fassent les élus – et jus­qu’au contraire de cer­taines pro­messes – pen­dant 5 ANS, les élec­teurs ne peuvent pas reprendre la parole pour déci­der de ce qui pour­tant les regarde. En effet, ils ne dis­posent pas du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne en toutes matières qui leur per­met­trait d’en appe­ler à l’arbitrage du corps électoral.

Une loi esti­mée inap­pro­priée ou injuste pour­rait faire l’objet d’un réfé­ren­dum abro­ga­tif ou d’un veto sus­pen­sif provisoire. 

Une pro­messe qui “ tar­de­rait à venir” pour­rait être sou­mise rapi­de­ment au peuple deve­nu souverain.

2° Pour l’exercice de la sou­ve­rai­ne­té par la voie du réfé­ren­dum (à l’initiative du Pré­sident de la République)

Depuis l’adoption de la Consti­tu­tion de la Vème Répu­blique en 1958, envi­ron 60 ans, il n’y a eu que 9 réfé­ren­dums à l’initiative du Pré­sident ! Un tous les 6 à 7 ans. (Et encore il y en a eu 2 qui étaient de purs “plé­bis­cites”.)

Au lieu d’utiliser la voie du Congrès, F.Mitterrand et J.Chirac, abso­lu­ment cer­tains de la réponse OUI, ont uti­li­sé la voie coû­teuse du réfé­ren­dum pour “jouer les démo­crates” à bon compte !

Objec­tif
Obte­nir le RIC !

Le Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Citoyenne, per­met à des citoyens esti­mant cer­taines lois inap­pro­priées ou injustes, de ten­ter de les faire abro­ger, mais il leur per­met éga­le­ment d’en adop­ter de nou­velles éla­bo­rées par des citoyens com­pé­tents et moti­vés. Le réfé­ren­dum d’initiative citoyenne est la condi­tion sine qua non d’une rela­tion de confiance entre citoyens et élus.

On ne peut faire confiance à des élus qui – pen­dant 5 ans – confisquent le pou­voir au peuple « dit » souverain.

Un nombre utile de citoyens « com­pé­tents et moti­vés » dans un domaine, ne vien­dra assi­dû­ment « par­ti­ci­per », que quand il pour­ra en appe­ler à l’arbitrage du corps élec­to­ral s’il estime ne pas avoir été suf­fi­sam­ment enten­du par les élus. On ne fait pas dis­cu­ter uti­le­ment des pots de terre et des pots de fer.

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https://​par​le​ment​-et​-citoyens​.fr/​p​r​o​j​e​c​t​s​/​p​e​t​i​t​i​o​n​–​l​e​g​i​s​l​a​t​i​v​e​/​c​o​l​l​e​c​t​/​d​e​p​o​s​e​z​–​v​o​t​r​e​–​p​e​t​i​t​i​o​n​/​p​r​o​p​o​s​a​l​s​/​i​n​s​t​a​u​r​a​t​i​o​n​–​d​u​–​r​e​f​e​r​e​n​d​u​m​–​d​–​i​n​i​t​i​a​t​i​v​e​–​c​i​t​o​y​e​nne

J’ai voté moi-même avec ce commentaire
(l’an­tienne d’Étienne 🙂 ) :

« Dans une vraie démo­cra­tie, les citoyens votent eux-mêmes les lois => donc, pas besoin de référendum.

Mais dans une « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » (qui est un oxy­more, une trom­pe­rie), le mini­mum, pour que les élec­teurs ne soient pas com­plè­te­ment sans défense contre les abus de pou­voir, le mini­mum est d’ins­ti­tuer un VRAI RIC.

Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pouvoir.

Si on veut une consti­tu­tion digne de ce nom, il fau­dra apprendre à l’é­crire nous-mêmes, dans des mini-ate­­liers consti­tuants popu­laires, pro­li­fiques et contagieux. »

__________________

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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Proposition à soutenir sur « Parlement&Citoyens » : Instaurer le référendum d’initiative populaire RIC en toutes matières dans l’article 3 de notre Constitution

Une très bonne pro­po­si­tion, que nous devrions tous sou­te­nir du mieux que nous le pou­vons, sur le site « Par­le­ment & Citoyens » :
Ins­tau­rer le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire RIC en toutes matières dans l’article 3 de notre Constitution
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Description :
M. Cas­ta­ner a affir­mé au nom du gou­ver­ne­ment, et nous en sommes ravis : « aujourd’­hui on veut sor­tir de cette théo­rie des droits for­mels qui sont sur le papier mais qui ne sont pas la réalité. »
Chris­tophe Cas­ta­ner, délé­gué géné­ral “En marche” et porte-parole du gou­ver­ne­ment, a annon­cé le 30 août sur BFM :
(ici à 07:55) « la fin d’un monde poli­tique » qui se conten­tait de don­ner des « droits théo­riques » sans se pré­oc­cu­per des « droits réels ».
Il a pris l’exemple de Lio­nel Jos­pin qui avait fait voter « le droit au loge­ment oppo­sable à tous ». C’est à dire que « tout le monde a droit au loge­ment » avec la réa­li­té que l’on constate.
Le CLIC (Comi­té de Liai­son pour l’Initiative Citoyenne), pro­pose jus­te­ment de modi­fier l’article 3 de notre Consti­tu­tion. L’art. 3 attri­bue la sou­ve­rai­ne­té natio­nale et en fixe les moda­li­tés d’exercice, mais ce n’est qu’un droit pure­ment théo­rique. En effet, les citoyens n’ont pen­dant 5 ans aucun pou­voir d’agir sur leurs repré­sen­tants, et cela quoi qu’ils fassent ! Quant aux réfé­ren­dums, en 60 ans, il n’y en a eu que 9, dont 2 étaient de purs plé­bis­cites, et le der­nier réfé­ren­dum de 2005 (il y a 12 ans !) a vu ses 55% de NON trans­for­més en OUI en 2008 par le Congrès. (voir Note)
Le peuple dis­po­se­ra d’un “droit réel” avec cette simple modi­fi­ca­tion de l’article 3 :
Pro­po­si­tion de loi consti­tu­tion­nelle du CLIC
Article 3 :
“La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne en toutes matières, y com­pris consti­tu­tion­nelle et de rati­fi­ca­tion des trai­tés ; cet article ne peut être modi­fié que par voie référendaire.
Si la loi orga­nique fixant les moda­li­tés de ce réfé­ren­dum n’a pas été pro­mul­guée dans les six mois sui­vant l’adoption de cet article, l’assemblée natio­nale est dis­soute ; les élec­tions géné­rales ont lieu vingt jours au moins et qua­rante jours au plus après la dissolution.”
Expli­ca­tion de cette for­mu­la­tion : Le réfé­ren­dum d’initiative exclu­si­ve­ment par­le­men­taire, men­son­gè­re­ment nom­mé « réfé­ren­dum d’initiative par­ta­gée” par la qua­si tota­li­té des médias et des élus, ins­crit dans l’article 11 de la Consti­tu­tion en juillet 2008, n’est entré en vigueur que le 1er jan­vier 2015. Six ans et demi après son adop­tion par le Congrès !
Note
1° Pour l’exercice de la sou­ve­rai­ne­té par la voie de ses représentants.
Quoi que fassent les élus – et jus­qu’au contraire de cer­taines pro­messes – pen­dant 5 ANS, les élec­teurs ne peuvent pas reprendre la parole pour déci­der de ce qui pour­tant les regarde. En effet, ils ne dis­posent pas du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne en toutes matières qui leur per­met­trait d’en appe­ler à l’arbitrage du corps électoral.
Une loi esti­mée inap­pro­priée ou injuste pour­rait faire l’objet d’un réfé­ren­dum abro­ga­tif ou d’un veto sus­pen­sif provisoire.
Une pro­messe qui “ tar­de­rait à venir” pour­rait être sou­mise rapi­de­ment au peuple deve­nu souverain.
2° Pour l’exercice de la sou­ve­rai­ne­té par la voie du réfé­ren­dum (à l’initiative du Pré­sident de la République)
Depuis l’adoption de la Consti­tu­tion de la Vème Répu­blique en 1958, envi­ron 60 ans, il n’y a eu que 9 réfé­ren­dums à l’initiative du Pré­sident ! Un tous les 6 à 7 ans. (Et encore il y en a eu 2 qui étaient de purs “plé­bis­cites”.)
Au lieu d’utiliser la voie du Congrès, F.Mitterrand et J.Chirac, abso­lu­ment cer­tains de la réponse OUI, ont uti­li­sé la voie coû­teuse du réfé­ren­dum pour “jouer les démo­crates” à bon compte !
Objectif
Obte­nir le RIC !
Le Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Citoyenne, per­met à des citoyens esti­mant cer­taines lois inap­pro­priées ou injustes, de ten­ter de les faire abro­ger, mais il leur per­met éga­le­ment d’en adop­ter de nou­velles éla­bo­rées par des citoyens com­pé­tents et moti­vés. Le réfé­ren­dum d’initiative citoyenne est la condi­tion sine qua non d’une rela­tion de confiance entre citoyens et élus.
On ne peut faire confiance à des élus qui – pen­dant 5 ans – confisquent le pou­voir au peuple « dit » souverain.
Un nombre utile de citoyens « com­pé­tents et moti­vés » dans un domaine, ne vien­dra assi­dû­ment « par­ti­ci­per », que quand il pour­ra en appe­ler à l’arbitrage du corps élec­to­ral s’il estime ne pas avoir été suf­fi­sam­ment enten­du par les élus. On ne fait pas dis­cu­ter uti­le­ment des pots de terre et des pots de fer.
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https://​par​le​ment​-et​-citoyens​.fr/​p​r​o​j​e​c​t​s​/​p​e​t​i​t​i​o​n​–​l​e​g​i​s​l​a​t​i​v​e​/​c​o​l​l​e​c​t​/​d​e​p​o​s​e​z​–​v​o​t​r​e​–​p​e​t​i​t​i​o​n​/​p​r​o​p​o​s​a​l​s​/​i​n​s​t​a​u​r​a​t​i​o​n​–​d​u​–​r​e​f​e​r​e​n​d​u​m​–​d​–​i​n​i​t​i​a​t​i​v​e​–​c​i​t​o​y​e​nne

J’ai voté moi-même avec ce commentaire
(l’an­tienne d’Étienne 🙂 ) :

« Dans une vraie démo­cra­tie, les citoyens votent eux-mêmes les lois => donc, pas besoin de référendum.
Mais dans une « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » (qui est un oxy­more, une trom­pe­rie), le mini­mum, pour que les élec­teurs ne soient pas com­plè­te­ment sans défense contre les abus de pou­voir, le mini­mum est d’ins­ti­tuer un VRAI RIC.
Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pouvoir.
Si on veut une consti­tu­tion digne de ce nom, il fau­dra apprendre à l’é­crire nous-mêmes, dans des mini-ate­­liers consti­tuants popu­laires, pro­li­fiques et contagieux. »

__________________
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​7​7​8​0​1​7​0​4​7​317