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« Amérique Latine : attention danger ! » – Conférence à Marseille le 28 juin 2024 par Maurice Lemoine, Romain Migus et Charles Hoareau

« Amérique Latine : attention danger ! » – Conférence à Marseille le 28 juin 2024 par Maurice Lemoine, Romain Migus et Charles Hoareau

Il se passe des tas de choses impor­tantes (en bien et en mal) et mécon­nues en Amé­rique latine, notam­ment sur le plan consti­tuant. L’A­mé­rique du sud est le lieu d’ex­pé­riences démo­cra­tiques pas­sion­nantes et nous devrions les étu­dier soi­gneu­se­ment pour pro­gres­ser sur nos propres pro­jets démo­cra­tiques. Le site les2​rives​.info est une mine inson­dable sur tout ce qui concerne l’A­mé­rique latine. C’est une chance de pou­voir écou­ter et ques­tion­ner ces vrais connais­seurs sur les sujets institutionnels…

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SOUVERAINETÉ, populaire ou nationale, ok mais, bon sang, QUI VA L’ÉCRIRE ?!? Conférence d’Étienne Chouard à Marseille, 28 mai 2024

La vidéo de notre ren­contre à Mar­seille fin mai, que je vous ai annon­cée ici, a été pré­pa­rée et publiée par RSI (mille mer­cis à eux), et je la repu­blie sur ma propre chaîne pour essayer de lui don­ner un peu plus de visi­bi­li­té, si c’est pos­sible : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​K​l​t​5​j​0​4​r​Yks Au plai­sir de lire vos com­men­taires, ici (sur le blog), sous la vidéo You­Tube, sous le tweet ou sous un des billets Face­book ou Tele­gram 🙂 Ami­tiés à tous. Étienne.…

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« Les techniciens de la monnaie nous privent d’un pouvoir essentiel  : gérer notre monnaie » – Entretien avec France Soir, mars 2024

Mer­ci à l’é­quipe de France-Soir pour cette nou­velle invi­ta­tion (voir par­tie 1), pour par­ler cette fois de l’en­jeu socié­tal majeur de la créa­tion moné­taire publique. ENTRETIEN ESSENTIEL – Après un pre­mier entre­tien sur l’actualité et la situa­tion poli­tique en France, l’essayiste, Etienne Chouard, nous pro­pose un échange sur la ges­tion de la mon­naie par les citoyens et une réflexion glo­bale sur l’économie. Selon l’ancienne figure intel­lec­tuelle de l’opposition au trai­té de Lis­bonne, le peuple a…

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For­mat grille – For­mat articles complets

[Pulvérisation des États nations] APPEL DES GRECS pour l’indépendance, la paix et l’intégrité territoriale des États

L’ap­pel des Grecs aux autres nations, que je repro­duis ci-des­­sous, vient de me par­ve­nir par l’in­ter­mé­diaire de Chris­ti­na Komi, une femme for­mi­dable, fran­­co-grecque, qui nous a fait récem­ment (en novembre à Nice) une bonne syn­thèse sur les révol­tantes souf­frances impo­sées aux Grecs au pré­texte de « dette publique » (vidéo à la fin de ce billet).

Voi­ci cet appel :

Fête de l’indépendance :
Appel de la Grèce aux autres nations

À l’oc­ca­sion de la fête d’in­dé­pen­dance de la Grèce sur l’Em­pire Otto­man, le 25/3/1821, fai­sant écho aux grandes mani­fes­ta­tions des citoyens grecs à Thes­sa­lo­nique (28÷1÷2018 ; 500.000), à Athènes (4÷2÷2018 ; 1.500.000), à Patras (à venir, le 4/3/2018), à New York devant le siège de l’O­NU (à venir, le 18/4/2018),

les orga­ni­sa­tions grecques ΠΛΑΤΦΟΡΜΑ ΠΟΛΙΤΙΚΟΣ ΔΙΑΛΟΓΟΣ (Plate-forme Dia­logue Poli­tique), METΩΠΟ ΓΙΑ ΜΙΑ ΕΛΕΥΘΕΡΗ ΕΛΛΑΔΑ (Front pour une Grèce libre), et ΔΕΠΟΛ (Union Démo­cra­tique de citoyens) ont le plai­sir de vous invi­ter à une MANIFESTATION POUR L’INDÉPENDANCE, LA PAIX ET L’INTÉGRITÉ TERRITORIALE DES ÉTATS, à Paris, PLACE DE LA NATION, le dimanche 25 mars 2018, 10 h – 14 h.

Mani­fes­ta­tion à Thes­sa­lo­nique le 21 jan­vier 2018

* * *

À l’ère où le capi­ta­lisme sans fron­tières écrase tout sur son pas­sage, et où nos diri­geants optent pour une « mon­dia­li­sa­tion » au béné­fice unique des banques et des mul­ti­na­tio­nales, on nous pré­sente l’é­cla­te­ment de nos États comme un phé­no­mène natu­rel et iné­luc­table. Au même moment, on nous mar­tèle que les « mino­ri­tés » (eth­niques, raciales ou reli­gieuses) de l’Eu­rope « se réveillent », que leurs reven­di­ca­tions iden­ti­taires sont légi­times entraî­nant le mor­cel­le­ment et l’affaiblissement de l’É­tat sou­ve­rain dont elles font partie.

Est-ce vrai­ment cela que nous voulons ?

Une nou­velle fois, les Bal­kans sont au bord d’une guerre dont l’Allemagne réuni­fiée est le moteur.

Dans le but d’as­phyxier la Rus­sie, l’O­TAN avance ses pions reniant ain­si l’engagement fait à Gor­bat­chev lors de la réuni­fi­ca­tion des deux Alle­magnes. Les der­niers bouts de l’ex-You­go­sla­vie intègrent un à un l’OTAN.

L’u­sage du nom « Macé­doine » qui appar­tient à la Grèce depuis 3.000 ans et qui désigne le nord de la Grèce — la terre des rois macé­do­niens Phi­lippe et Alexandre — est deve­nu, depuis Tito, mais sur­tout depuis ces 35 der­nières années, un objet de mar­chan­dage aux mains des uns et des autres : en pre­mier lieu l’OTAN ; ensuite la classe poli­ti­cienne grecque asser­vie et ven­due, sans oublier les fal­si­fi­ca­teurs de l’His­toire qui depuis des « Centres de recherche » alle­mands (tel l’ECMI « Centre pour la pro­tec­tion des Mino­ri­tés » à Flens­bourg) incitent les popu­la­tions de la Sla­vie du sud à croire qu’ils sont les des­cen­dants d’A­lexandre le Grand…

Der­rière la pres­sion exer­cée aujourd’­hui sur le gou­ver­ne­ment d’A­thènes — celui qui finit le sale bou­lot de ses pré­dé­ces­seurs, le bra­dage du pays, l’hu­mi­lia­tion, la tra­hi­son et le géno­cide du peuple grec — pour céder le nom « Macé­doine » à nos voi­sins du nord, il y a l’ex­pan­sion conti­nue de l’OTAN.

Le peuple grec, plus affai­bli que jamais, est aujourd’­hui som­mé de se défaire de son his­toire et de son ter­ri­toire natio­nal. La seule ces­sion du nom d’une région grecque à un pays étran­ger ouvre ain­si la porte à l’ir­ré­den­tisme du nou­veau pays, menant en toute vitesse à l’am­pu­ta­tion de la région grecque limi­trophe, qui porte le nom de Macé­doine, sous le pré­texte de l’unification d’un sup­po­sé peuple macé­do­nien en une seule et grande Macé­doine qui n’aura plus rien à voir avec la Grèce…

Dans tout cela la Tur­quie ne reste pas en retrait. Elle sou­tient acti­ve­ment l’ir­ré­den­tisme de Skop­jie. Pour com­plé­ter le tableau, les der­nières pro­vo­ca­tions de la Tur­quie dans la mer Égée (12 février), res­tées sans réponse de la part du régime grec actuel, exposent le pays, dont le sort est à pré­sent livré aux mains de l’Em­pire Nord-Atlan­­tique et des cha­ro­gnards spé­cu­la­teurs, à un déchi­re­ment très violent. Il faut tenir compte aus­si des actes de pira­tage com­mis par la flotte navale turc qui a empê­ché le der­rick Ita­lien d’arriver à la zone éco­no­mique exclu­sive de la Répu­blique de Chypre pour explo­rer les gise­ments de gaz.

Est-ce que la France, l’Italie, l’Es­pagne et les autres pays seront épar­gnés par ce mor­cel­le­ment pla­ni­fié et volon­taire ? Le « Centre Euro­péen des Mino­ri­tés » (ECMI), fon­dé en Alle­magne en 1996, auto-pro­­cla­­mé pro­tec­teur des « mino­ri­tés » s’en occupe dûment.

Bour­gui­gnons, Alsa­ciens, Occi­tans, Cata­lans… l’i­mage d’une carte euro­péenne d’É­tats écla­tés, en une cen­taine de petits can­tons « indé­pen­dants » autour d’une grande Alle­magne unie et forte n’est autre que le rêve alle­mand qui est de retour.

RESTERONS-NOUS PASSIFS ?
LE LAISSERONS-NOUS PASSER ?
NON ! LES ÉNORMES MANIFESTATIONS DE THESSALONIQUE (21÷1÷2018) ET D’ATHÈNES (04÷2÷2018) NOUS ONT OUVERT LA VOIE.
CONTINUONS !
REJOIGNEZ-NOUS LE 25 MARS À PARIS, PLACE DE LA NATION !
On fini­ra cette jour­née fes­tive par un syr­ta­ki géant !

 


Chris­ti­na m’a éga­le­ment trans­mis deux textes à la fois éton­nants et inquié­tants, de Ioan­nis Mazis, pro­fes­seur de géo­gra­phie à l’U­ni­ver­si­té d’A­thènes, textes que je publie ici avec son autorisation :

Affaiblissement des États Nations dans les Balkans via la « découverte » d’ethnies par les Allemands

Docu­ment télé­char­geable ici.


Qui se cache derrière Skopje ?

Docu­ment télé­char­geable ici.


Tout ça me rap­pelle évi­dem­ment ce que dénonce Fran­çois Asse­li­neau avec cou­rage depuis long­temps, l’Eu­rope des régions eth­niques :

https://​www​.upr​.fr/​t​a​g​/​e​u​r​o​p​e​–​d​e​s​–​r​e​g​i​o​n​s​–​e​t​h​n​i​q​ues


Enfin, je vous signale ci-des­­sous l’en­re­gis­tre­ment vidéo de notre récente ren­contre à Nice (le 3 novembre 2017) ; Chris­ti­na avait pré­pa­ré une inter­ven­tion très inté­res­sante, je trouve :

QUI VEUT LA PEAU DE LA FRANCE ?

https://​you​tu​.be/​J​q​L​E​z​v​Y​S​V78

J’é­voque à la minute 40:46 un docu­ment révol­tant qui dénonce le scan­dale abso­lu du mar­tyr des Grecs ; le voici :

Informations venant de Grèce (Stathis Kouvelakis, juin 2016)

Informations_venant_de_Grece_Stathis_Kouvelakis_juin_2016.pdf

Le docu­ment ci-des­­sus (très impor­tant) est la retrans­crip­tion de l’in­ter­ven­tion sui­vante, à connaître et à faire connaître : c’est notre propre ave­nir qui se déroule dans le labo­ra­toire grec de la tyran­nie qui vient :

Voi­ci aus­si le DÉBAT qui a sui­vi, avec la salle, le 3 novembre 2017 à Nice :

httpv://www.youtube.com/watch?v=n326T-vUtGU

Voi­ci enfin le texte de l’in­ter­ven­tion de Chris­ti­na Komi, DETTE ET INDÉPENDANCE, ana­lyse du labo­ra­toire de dévas­ta­tion oli­gar­chique qu’est la Grèce depuis quelques années, aver­tis­se­ment et alarme pour les autres nations européennes :

Texte télé­char­geable ici.


Si vous avez des pré­ci­sions ou des nou­velles sur ce pro­jet oli­gar­chique d’a­to­mi­sa­tion des uni­tés poli­tiques euro­péennes, je suis pre­neur, bien sûr.

Bien à vous tous.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​1​1​0​7​4​2​4​4​7​317

Réflexions sur les partis politiques : Simone Weil, Robert Michels, ÉLECTION vs TIRAGE AU SORT, renfort de Jean-Claude Bourret

Un coup de pouce inat­ten­du — et sym­pa­thique — de la part de Jean-Claude Bour­ret, à l’oc­ca­sion d’une nou­velle réédi­tion du texte for­mi­dable de Simone Weil : « Note sur la sup­pres­sion géné­rale des par­tis politiques ».

Je pro­fite de cette occa­sion pour rap­pe­ler quelques réflexions anciennes sur les partis : 

Le texte ori­gi­nal (inté­gral) de Simone Weil :
Note sur la sup­pres­sion géné­rale des par­tis politiques


 télé­char­geable ici : https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​S​i​m​o​n​e​_​W​eil Note_sur_la_suppression_generale_des_partis_politiques.pdf

Une vidéo (sur le toit de ma mai­son 🙂 ) où je dis tout le bien que je pense, à la fois du texte de Simone Weil, et du livre de Robert Michels : « Les par­tis poli­tiques. Essai sur les ten­dances oli­gar­chiques des démo­cra­ties » :

Un com­men­taire que tout ça m’ins­pire aujourd’hui ; 

OK pour détailler les nom­breux aspects mal­fai­sants des par­tis — et de l’es­prit d’or­tho­doxie, si bien décrit par Jean Gre­nier) —, mais, à mon avis, on ne peut pas inter­dire les par­tis : les hommes don­ne­ront jus­qu’à leur vie (!) pour gar­der les par­tis TANT QUE la cause pre­mière des par­tis, l’é­lec­tion-par­mi-des-can­di­dats-qu’on-peut-aider, sera en vigueur. C’est l’é­lec­tion qui rend néces­saires et dési­rables les par­tis. Renon­cez à l’é­lec­tion et vous serez débar­ras­sé des par­tis, sans même avoir à les inter­dire : les par­tis dis­pa­raî­tront faute d’in­té­rêt à ce qu’ils survivent.

C’est la pro­cé­dure de l’é­lec­tion (moteur cen­tral de l’o­li­gar­chie ET poi­son mor­tel pour la démo­cra­tie) dont il faut débar­ras­ser les corps sociaux qui aspirent à une démo­cra­tie vraie.

Donc, pour prendre à la racine le pro­blème des par­tis poli­tiques, voir ceci : 

L’en­tre­tien avec Nata­cha Polo­ny, où je résume les termes d’un néces­saire pro­cès de l’é­lec­tion :
httpv://youtu.be/Pvn1AWl0zHc

Le pro­cès de l’é­lec­tion plus en détail :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​N​e​c​e​s​s​a​i​r​e​_​p​r​o​c​e​s​_​d​e​_​l​_​e​l​e​c​t​i​o​n​.​pdf


 
Bon cou­rage à vous, bande de virus 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​1​0​1​9​2​9​5​8​2​317

[Mémoire des luttes] Vivre l’Utopie, pendant la « guerre d’Espagne », et à Marinaleda

Ana a publié ceci aujourd’­hui. Je le relaie ici :

« Au cas où on confon­drait encore anar­chie et bande à Bonnot …

His­toire :
**********

httpv://www.youtube.com/watch?v=Tu6ppQiVqmI
httpv://www.youtube.com/watch?v=_KcY2PPuMEM

httpv://www.youtube.com/watch?v=Ta7OTzIckKU

Plus au présent :
******************

httpv://www.youtube.com/watch?v=r8JcmhbasRw

httpv://www.youtube.com/watch?v=CBI_jiEnyAg

Liens you­tube en pagaille :
****************************
https://www.youtube.com/results?search_query=vivre+l%27utopie+espagne

Ana Saillans. »


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​9​8​9​6​9​1​7​7​317

Rap­pels : https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​6​/​0​2​/​1​1​/​f​i​l​m​–​p​a​s​s​i​o​n​n​a​n​t​–​v​i​v​r​e​–​l​u​t​o​p​i​e​–​m​e​m​o​i​r​e​–​d​e​s​–​l​u​t​t​e​s​–​o​u​v​r​i​e​r​e​s​–​a​n​a​r​c​h​i​s​t​e​s​–​p​o​u​r​–​l​a​–​j​u​s​t​i​c​e​–​e​t​–​p​o​u​r​–​l​a​–​p​a​i​x​–​e​n​–​a​u​t​o​g​e​s​t​i​o​n​–​p​e​n​d​a​n​t​–​l​a​–​g​u​e​r​r​e​–​d​e​s​p​a​g​ne/

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012%2F05%2F21%2F223-vivre-l-utopie-memoire-des-luttes-ouvrieres-anarchistes-pour-la-justice-et-la-paix

Prochain atelier constituant à Paris : demain samedi 10 mars

Le pro­chain ate­lier consti­tuant à Paris est pré­vu demain same­di 10 mars 2018, il est orga­ni­sé par Les Citoyens Consti­tuants : inscrivez-vous 🙂

http://​ate​liers​cons​ti​tuants​.org

Pré­sen­ta­tion sur le site :

Same­di 10 mars de 13h00 à 18h30
Depuis 2015, nous avons orga­ni­sé trente ate­liers consti­tuants sur le thème des règles de la consti­tuante.

À chaque fois nous pro­po­sons éga­le­ment aux par­ti­ci­pants qui le sou­haitent écrire des articles de la Consti­tu­tion mais les par­ti­ci­pants semblent sen­sibles à l’i­dée que nous ne sommes pas suf­fi­sa­ment repré­sen­ta­tifs pour être une assem­blée légitimes
pour le faire. Belle matu­ri­té démo­cra­tique ! Alors, forts de notre légi­ti­mi­té d’i­ni­tia­teurs, nous écri­vons des pro­po­si­tions de règles de l’as­sem­blée constituante.

Chaque ate­lier fait l’ob­jet d’un compte-ren­­du que vous pou­vez visua­li­ser ici.

Nous avons aus­si ce réca­pi­tu­la­tif.

Notre com­mis­sion char­gée de prendre note du tra­vail effec­tué durant les ate­liers consti­tuants s’or­ga­nise et tra­vaille déjà depuis plu­sieurs mois à faire la syn­thèses des tra­vaux effec­tués afin de for­ma­li­ser et pré­pa­rer le tra­vail des pro­chains ateliers.

L’autre but que s’est fixé cette com­mis­sion sera de pro­po­ser, sur les bases du tra­vail effec­tué durant les ate­liers un texte sur les règles de la constituante.

Vous pou­vez, si vous le sou­hai­tez, visua­li­ser la syn­thèse pré­pa­rée par cette com­mis­sion pour faci­li­ter le tra­vail du pro­chain atelier.

Vous pour­rez ain­si visualiser
1. Les articles déjà validés,
2. Ceux à retravailler
3. Avoir une idée des débats qui ont eu lieu dans les thématiques
suivantes :

1. Rôle et contrôle de l’As­sem­blée Consti­tuante,

2. Struc­ture de l’As­sem­blée Consti­tuante,

3. Moda­li­té de créa­tion de la Consti­tu­tion.

4. Consti­tu­tion pro­vi­soire allé­gée de tran­si­tion pen­dant les tra­vaux de la Constituante.

5. Pro­gramme de tran­si­tion Consti­tu­tion­nel entre les ins­ti­tu­tions actuelles et la Consti­tu­tion pro­vi­soire allègée.

Voi­ci les dates des pro­chains ate­liers consti­tuants orga­ni­sés sur Paris par l’as­so­cia­tion Les Citoyens Consti­tuants jus­qu’en juin 2018 :

Same­di 10 mars : Ins­crip­tions ICI

Dates et ins­crip­tions pour les ate­liers sui­vants en 2018 :
Le 31ème : 19 mai.
Le 32ème : 23 juin.


Pour pré­pa­rer une assem­blée consti­tuante tirée au sort !
Les ate­liers consti­tuants c’est LA pra­tique de réap­pro­pria­tion de la poli­tique (au sens de la vie publique) par les citoyens.

Aujourd’­hui les déci­sions poli­tiques sont prises par les plus riches (plou­to­cra­tie) qui, par le biais de  la presse qui leur appar­tient, et des élus dont ils financent les cam­pagnes élec­to­rales et nous les fai­sant choi­sir en creux (c’est à dire en éli­mi­nant ceux dont on ne veut abso­lu­ment pas) grâce à un mode de scru­tin sur lequel nous n’a­vons rien à dire.

Pour se réap­pro­prier la poli­tique de façon démo­cra­tique, il faut que nous les citoyens lamb­das puis­sions écrire les règles consti­tuantes qui encadrent la façon dont nous accor­dons notre confiance, à des gens qui agissent pour le bien com­mun, com­ment nous pour­rions les contrô­ler, les révoquer …

Dans un pre­mier temps, tout le monde doit par­ti­ci­per à ces dis­cus­sions à ces débats pour s’i­ni­tier à ces pro­blé­ma­tiques.

Dans un deuxième temps, quand nous serons des mil­lions à avoir com­pris cela, on pour­ra pré­pa­rer la mise en place d’une assem­blée consti­tuante tirée au sort pour figer sous forme d’ar­ticles les thèmes éma­nant de la
volon­té du peuple.

Les espoirs sus­ci­tés et déçus se trou­ve­ront satisfaits
Venez dans nos ate­liers d’é­cri­ture de la Constitution.

Ou encore mieux : lan­­cez-vous à en orga­ni­ser vous-même !

Struc­ture exemple d’une consti­tu­tion citoyenne : à débattre
Plus de 100 consti­tu­tions tra­duites en français :

Aucune n’a été écrite par des citoyens lamb­das, elles ne sont pas des modèles, mais on peut s’en ins­pi­rer libre­ment pour com­prendre ce qu’une consti­tu­tion contient habi­tuel­le­ment, et ima­gi­ner ce qu’elle pour­rait contenir.

http://​mjp​.univ​-perp​.fr/​c​o​n​s​t​i​t​/​c​o​n​s​t​i​t​i​n​t​r​o​.​h​t​m​#​doc

 Notions pour une consti­tu­tion démocratique :

Une erreur à ne pas com­mettre : la consti­tu­tion doit fédé­rer un peuple et non le cliver.

Elle ne doit pas défi­nir une poli­tique mais don­ner un cadre dans lequel on débat paci­fi­que­ment pour la défi­nir. Tout comme on choi­sit dans quelle salle débattre ou que l’on défi­nit dans quelle langue on échangera.

Loin de nier les cli­vages de la socié­té elle vise à leur don­ner un cadre pour s’ex­pri­mer respectueusement.

Et per­mettre au peuple de déci­der de quelle façon il garde la main sur ses repré­sen­tants afin que ceux-ci res­tent ses ser­vi­teurs et non des dirigeants.

Infor­ma­tions et inscription :
http://​ate​liers​cons​ti​tuants​.org

Sur l’importance (pour nous tous) des idées anarchistes (c’est-à-dire démocratiques)

Sur l’im­por­tance (pour nous tous) des idées anar­chistes (c’est-à-dire démo­cra­tiques), un petit extrait, bien dense, de l’en­tre­tien de l’é­té der­nier chez les jeunes gens de Thin­ker­view :

httpv://www.youtube.com/watch?v=xoh-2dsG7tY

Mer­ci à ALEX 2.0 d’a­voir mis en valeur ce pas­sage important.

L’en­tre­tien Thin­ker­view complet :
httpv://www.youtube.com/watch?v=DROqR_7EKvs

On pour­rait, si l’i­dée vous plaît, signa­ler ici, dans nos com­men­taires, pour ceux qui débarquent 🙂 , quelques syn­thèses bien denses (en texte ou en vidéo) sur les idées anarchistes. 

Au pas­sage, je vous signale un petit livre pas­sion­nant et impor­tant (je le mets tou­jours dans la poche inté­rieure de mon man­teau, tou­jours prêt à lire/annoter dès que j’ai un moment à attendre), de Nor­mand Baillar­geon, qui s’intitule
« L’ordre moins le pou­voir. His­toire et actua­li­té de l’a­nar­chisme ». J’a­dore ce livre.

Mer­ci à vous tous d’être tou­jours là ; j’ai sou­vent l’im­pres­sion que notre cer­veau col­lec­tif me donne presque toute ma force.

Étienne.

fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​8​7​3​5​2​3​1​7​317

Le livre essen­tiel de Ber­nard Char­bon­neau, L’État :

L’ex­trait pas­sion­nant lu par Julien Roux qui me l’a fait découvrir :

Le livre que je montre dans l’ex­trait Thinkerview :
Ber­nard Char­bon­neau & Jacques Ellul. Deux liber­taires gas­cons unis par une pen­sée commune


https://​lagran​de​mue​.word​press​.com/​2​0​1​7​/​0​1​/​2​3​/​s​t​o​p​p​e​z​–​l​e​s​–​m​a​c​h​i​n​e​s​–​l​i​s​e​z​–​e​l​l​u​l​–​l​i​s​e​z​–​c​h​a​r​b​o​n​n​e​au/

Quelques extraits com­men­tés : https://​iatrans​hu​ma​nisme​.com/​2​0​1​7​/​0​1​/​2​9​/​b​e​r​n​a​r​d​–​c​h​a​r​b​o​n​n​e​a​u​–​j​a​c​q​u​e​s​–​e​l​l​u​l​–​d​e​u​x​–​l​i​b​e​r​t​a​i​r​e​s​–​g​a​s​c​o​n​s​–​u​n​i​s​–​p​a​r​–​u​n​e​–​p​e​n​s​e​e​–​c​o​m​m​u​ne/

[Autogestion en pratique – Grecs épatants] La démocratie comme patron #DATAGUEULE 79

httpv://youtu.be/NWGwItMvOYE

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​8​4​9​6​6​0​9​7​317

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[edit] J’ai trou­vé ce matin, dans un de vos com­men­taires (fb), un texte que j’ai trou­vé à la fois long et extrê­me­ment inté­res­sant, qui expose des argu­ments CONTRE l’au­to­ges­tion, contre les syn­di­cats, et en fait contre toute forme de repré­sen­ta­tion et même d’organisation 🙂
C’est donc très radi­cal, mais je trouve que ces nom­breux argu­ments devraient nous conduire à y réflé­chir ensemble. J’a­joute donc ce lien au billet d’o­ri­gine pour vous inci­ter à le com­men­ter, s’il vous plaît : 

Pers­pec­tives sur les Conseils, la Ges­tion Ouvrière et la Gauche Alle­mande, par Pierre Guillaume, (1974) :
http://​auf​he​bung​.fr/​t​e​x​t​e​s​/​p​i​e​r​r​e​_​g​u​i​l​l​a​u​m​e​/​p​e​r​s​p​e​c​t​i​v​e​s​_​s​u​r​_​l​e​s​_​c​o​n​s​e​i​l​s​_​l​a​_​g​e​s​t​i​o​n​_​o​u​v​r​i​e​r​e​_​e​t​_​l​a​_​g​a​u​c​h​e​_​a​l​l​e​m​a​n​de/

[/edit]

« Les profiteurs de la crise », énième symptôme de la marchandisation des hommes rendus politiquement impuissants à y résister, impuissance organisée au plus haut niveau du droit, dans la constitution

Quand vous souf­frez d’un mal, inutile de gémir sur les consé­quences : cher­chez la cause des causes.

L’au­to­ri­sa­tion par la loi des « rachats d’en­tre­prises » traite les col­lec­tifs de tra­vail comme de vul­gaires mar­chan­dises, à vendre ou à liquider. 

C’est « du droit », mais à l’é­vi­dence, c’est un droit écrit par les mar­chands au pro­fit des marchands.

La liber­té des pro­prié­taires et la ser­vi­tude des tra­vailleurs sont pro­gram­mées dans la consti­tu­tion, au plus haut niveau du droit.

Tant que nous serons démis­sion­naires du pro­ces­sus consti­tuant, nous serons les esclaves des négriers et des usu­riers. NOTRE IMPUISSANCE EST TOTALEMENT DE NOTRE FAUTE : soyez réso­lus de ne plus ser­vir et vous voi­là libres (Étienne de la Boé­tie). Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Nous ne sommes pas des vic­times, nous sommes idiots. 

Vos ate­liers consti­tuants quo­ti­diens, avec vos proches et avec vos voi­sins, si vous vous en occu­pez enfin, seront un OUTIL D’ÉDUCATION POPULAIRE RADICALE : un outil qui pren­dra LOGIQUEMENT nos maux à leur RACINE. 

Le fait que ça ne se passe pas encore à grande échelle n’est PAS « la faute des autres ». Notre dis­trac­tion per­ma­nente, notre inca­pa­ci­té à res­ter concen­trés sur l’es­sen­tiel (qui est APPRENDRE À INSTITUER NOUS-MÊMES NOTRE PUISSANCE À NOUS DÉFENDRE), sont bien plus déci­sives que les mani­gances et intrigues des puis­sants du moment.

• Je vous sug­gère, par exemple, de bos­ser sur LES MÉDIAS (outil cen­tral et stra­té­gique des riches pour dés­in­for­mer les pauvres) : écri­vez ensemble le ou les articles qui garan­ti­raient dura­ble­ment que l’o­pi­nion des citoyens soit cor­rec­te­ment (contra­dic­toi­re­ment et loya­le­ment) éclairée. 

• Je sug­gère aus­si que vous réflé­chis­siez aux articles qui per­met­traient de ne pas limi­ter la démo­cra­tie (vraie) aux déci­sions prises au niveau de la nation, mais qui impo­se­raient aus­si LA DÉMOCRATIE DANS TOUS LES GROUPES DE TRAVAIL (ce qu’on appelle aujourd’­hui les « entreprises »).

Bon cou­rage à tous, bande de virus 🙂 

Étienne.


Nom­breuses res­sources sur vos ate­liers constituants :

Le wiki des GV, Catégorie:Atelier constituant :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant


https://www.chouard.org/tag/ateliers-constituants‑2/

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Les Sujets Qui Fâchent #1 : Le Venezuela. Maurice Lemoine est l’invité de Gérard Miller sur Le Média, pour nous réinformer sur Maduro, et c’est passionnant

Une demi-heure pas­sion­nante de réin­for­ma­tion sur le Vene­zue­la, sur Le Média.


https://www.lemediatv.fr/video/les-sujets-qui-fachent-1-venezuela-02092018–1732

J’é­prouve depuis long­temps un pro­fond res­pect pour Mau­rice Lemoine, que je lis depuis plus de dix ans dans le Diplo et qui pré­sente tou­jours les ana­lyses les plus nuan­cées et les plus fiables sur l’A­mé­rique latine. Cet entre­tien est vrai­ment très inté­res­sant et je le trouve évi­dem­ment trop court 🙂

Mer­ci à Gérard Mil­ler d’a­voir vou­lu cet entre­tien, qui a quand même une autre allure que la hon­teuse pro­pa­gande de guerre dont on nous rebat les oreilles sur les médias mainstream.

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Chomsky : comment détruire un service public ? En baissant son financement (c’est la technique de base avant de privatiser)

Noam CHOMSKY : « COMMENT DÉTRUIRE UN SERVICE PUBLIC ?
En bais­sant son finan­ce­ment. Il ne fonc­tion­ne­ra plus. Les gens s’énerveront, ils vou­dront autre chose. C’est la tech­nique de base pour pri­va­ti­ser un ser­vice public. »


Extrait de la VIDÉO Noam Chom­sky, « Requiem for the Ame­ri­can Dream »
Vidéo dis­po­nible en sep­tembre 2018 chez Les Mutins de Pangée :
http://​www​.les​mu​tins​.org/​n​o​a​m​–​c​h​o​m​s​k​y​–​r​e​q​u​i​e​m​–​p​o​u​r​–​l​e​–​r​eve

Le petit LIVRE de Chom­sky, « Requiem pour le rêve amé­ri­cain », est épa­tant (comme tout ce qu’é­crit Chomsky) :


https://​edi​tions​.flam​ma​rion​.com/​C​a​t​a​l​o​g​u​e​/​c​l​i​m​a​t​s​/​e​s​s​a​i​s​/​r​e​q​u​i​e​m​–​p​o​u​r​–​l​e​–​r​e​v​e​–​a​m​e​r​i​c​ain


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Une alternative monétaire enthousiasmante : LA MONNAIE LIBRE, Ğ1 (june) – entretien avec Stéphane Laborde, concepteur de la Théorie Relative de la Monnaie (TRM)

Chers amis,

Comme vous le savez peut-être, je réflé­chis depuis plus de dix ans aux alter­na­tives moné­taires, en y cher­chant le moyen de notre éman­ci­pa­tion poli­tique et éco­no­mique : selon moi, aucune réelle sou­ve­rai­ne­té poli­tique n’est conce­vable sans une réelle sou­ve­rai­ne­té moné­taire ; autre­ment dit, toutes les alter­na­tives moné­taires ne sont pas éman­ci­pantes pour le corps social. 

Il y a bien long­temps que je vous parle de la mon­naie libre, comme une des deux plus pro­met­teuses alter­na­tives moné­taires que je connaisse, avec le char­ta­lisme (qui va beau­coup plus loin que la « mon­naie pleine »). 

Sté­phane Laborde, grand ama­teur de mathé­ma­tiques et d’é­checs, a conçu la Théo­rie Rela­tive de la Mon­naie (TRM), et cette théo­rie assez épa­tante vient de prendre corps et vie, au prin­temps 2017, à tra­vers une vraie MONNAIE, LIBRE, qui s’ap­pelle Ğ1 (pro­non­cer june) mémo­ri­sée et sécu­ri­sée dans une base de don­nées par­ta­gée (libre, évi­dem­ment) gérée sur duni​ter​.org.

Je vous pré­sente ici un entre­tien récent avec Sté­phane, à la mai­son, au cours duquel il nous explique cette nou­velle pos­si­bi­li­té moné­taire offerte aux humains, dans la plus rigou­reuse liber­té et la plus par­faite éga­li­té : soit on le veut et on les rejoint, tout sim­ple­ment, soit on ne le veut pas et ça fonc­tion­ne­ra quand même, sans nous ; pas besoin d’at­tendre que nous soyons tous convain­cus. Pas besoin non plus d’at­tendre le feu vert d’une auto­ri­té pri­vi­lé­giée : on peut s’en ser­vir ici et main­te­nant, sans attendre. C’est pour ça que c’est enthou­sias­mant, et c’est une de ses grandes forces, et même une exclu­si­vi­té déci­sive, de la mon­naie libre : on peut tous s’en ser­vir, tout de suite, librement.

Je vois trois grandes forces à cette alter­na­tive monétaire : 

La per­ti­nence de son fon­de­ment : une pro­duc­tion inva­riante de valeur éco­no­mique de réfé­rence par tous les êtres humains vivants qui le souhaitent.

La per­ma­nence éga­li­taire et auto­nome de sa pro­duc­tion, et donc de sa répartition.

La liber­té abso­lue d’y adhé­rer ou pas, dès aujourd’­hui : il suf­fit de le vou­loir pour com­men­cer le changement.

 
Il me semble que la TRM, deve­nue aujourd’­hui bien réelle et bien pra­tique avec la Ğ1 (june), devrait être décou­verte, tra­vaillée et appri­voi­sée par tous les citoyens qui cherchent à se libé­rer de la tyran­nie ban­caire, et ce mal­gré la cor­rup­tion pro­fonde de l’É­tat par les usu­riers (ceux qui ont volé aux peuples la créa­tion monétaire).

Voyez vous-même :

#1 Cesium et la Monnaie Libre Ğ1 :

 
 

#2 La monnaie libre Ğ1 :

 
 

#3 Légalité et anonymat dans la monnaie libre Ğ1 :

 
 

#4 La toile de confiance de la monnaie libre Ğ1 :

 
 

#5 Théorie relative de la monnaie, la relativité des valeurs :

Cette der­nière par­tie est vrai­ment essen­tielle : j’en ai com­pris l’im­por­tance en la regar­dant à nou­veau, mais le crayon à la main. Voi­ci mes notes (la vidéo est en dessous) :

Avec la Ğ1, on met fin à la rare­té moné­taire : « il pleut tou­jours un peu » dit Stéphane 🙂

Je demande à Sté­phane com­ment on peut être sûr, avec la Ğ1 (june), qu’on aura tou­jours assez de mon­naie pour nos échanges. Je lui rap­pelle que mon intui­tion est qu’il existe une cor­ré­la­tion étroite entre le chô­mage et le manque de mon­naie. Nous devrions ins­ti­tuer une puis­sance publique char­ta­liste, c’est-à-dire dotée du pou­voir de créa­tion moné­taire, quand elle dépense, et de des­truc­tion moné­taire, quand elle per­çoit l’im­pôt, et par-là même ren­due capable d’être employeur en der­nier res­sort en créant toute la mon­naie néces­saire pour don­ner du tra­vail à tout le monde (ce pro­cé­dé anti­chô­mage étant non infla­tion­niste puisque toute cette nou­velle mon­naie a une vraie contre­par­tie avec le tra­vail effec­tué en échange). Peut-on faire de même avec la mon­naie libre ?

Sté­phane confirme que rien de tel n’est pré­vu dans la TRM et dans la Ğ1, aucune créa­tion sup­plé­men­taire n’est pos­sible, même en cas de chô­mage de masse : la mon­naie libre éta­blit un droit poli­tique essen­tiel, un droit indi­vi­duel, le droit pour chaque être humain de créer lui-même la mon­naie, un DU (Divi­dende Uni­ver­sel) de 10 Ğ1 chaque jour, de façon rigou­reu­se­ment éga­li­taire avec ses congé­nères humains. La mon­naie libre est donc hors de por­tée pour les accu­mu­la­teurs et pour les impos­teurs, mais elle ne per­met à per­sonne (pas même à l’É­tat) de créer plus ou moins de junes selon d’autres cri­tères que cette rigou­reuse éga­li­té fondatrice.

Sté­phane sou­ligne cepen­dant que la mon­naie libre n’in­ter­dit pas d’u­ti­li­ser aus­si une mon­naie char­ta­liste ; elle laisse les hommes libres, bien sûr, de créer et d’u­ti­li­ser d’autres mon­naies par ailleurs. Les deux tech­niques peuvent donc coexis­ter, un peu de la même façon que la Suisse uti­lise à la fois le franc suisse et le WIR.

Par ailleurs, je rap­pelle mon inté­rêt pour les mon­naies « fon­dantes » (l’i­dée géniale de Sil­vio Gesell, 1911), pour dis­sua­der tout le monde (par construc­tion) d’ac­cu­mu­ler les signes moné­taires et donc pour favo­ri­ser une cir­cu­la­tion per­ma­nente de ces signes (cette cir­cu­la­tion étant un puis­sant fac­teur de pros­pé­ri­té générale).

Mais Sté­phane n’aime pas que je parle de « mon­naie fon­dante » (il déteste ça, même 🙂 ). Il me conseille avec insis­tance d’u­ti­li­ser nous-mêmes « le module Gali­lée » (voir ici) pour com­prendre l’at­trac­tion méca­nique vers la moyenne. Sté­phane sou­ligne que, si on a trop de mon­naie au-des­­sus de la moyenne, alors on peut consi­dé­rer qu’il faille les dépen­ser sans trop tar­der, parce qu’on va conver­ger vers la moyenne (simu­la­tion réa­li­sable avec le module Gali­lée). Mais si on est en des­sous de la moyenne et qu’on ne dépense pas (ou qu’on équi­libre ses échanges acheteur/vendeur, ce qui revient au même), on peut consi­dé­rer qu’il faille gar­der ses DU afin de conver­ger vers la moyenne. 

Je signale à Sté­phane que, pré­ci­sé­ment, c’est cette inci­ta­tion des plus riches (en mon­naie, et par rap­port à la moyenne) à dépen­ser leurs signes moné­taires, que je trouve très posi­tive, très utile, et qui m’a fait par­ler de « mon­naie fon­dante » (ce qui a le don de le mettre en pétard 🙂 ). Et là, Sté­phane semble accep­ter cette for­mu­la­tion ce qui se passe vrai­ment avec la Ğ1 : « elle est fon­dante pour les riches en mon­naie » ! Eh bien ça me va, moi ! C’é­tait donc ça qui gênait tant mon Sté­phane pré­fé­ré : c’est l’im­pré­ci­sion de l’ex­pres­sion « mon­naie fon­dante » : elle n’est pas du tout fon­dante pour tout le monde : elle n’est fon­dante que pour les riches en mon­naie (par rap­port à la moyenne), alors que pour les pauvres en mon­naie (par rap­port à la moyenne), elle est même l’in­verse ! Bon, eh bien c’est pas­sion­nant et très satis­fai­sant, tout ça 🙂

Ensuite (vers la minute 15), je reviens sur la bizar­re­rie (des temps modernes) qui consiste à impo­ser une uni­té de mesure variable, un éta­lon qui change de valeur tout le temps (si le mètre chan­geait de lon­gueur selon le cas ou si le kilo chan­geait de poids sans arrêt, ce ne serait pas très pra­tique…). Or, il me semble que la situa­tion actuelle des mon­naies est pré­ci­sé­ment celle-là : nous comp­tons les valeurs éco­no­miques avec un éta­lon (l’eu­ro par exemple) dont la valeur change tout le temps, au gré des caprices des mar­chés et de l’in­fla­tion. Et je résume ma ques­tion : la Ğ1 nous four­­nit-elle un éta­lon de valeur stable ?

Là, il va se pas­ser quelques minutes où j’ai l’im­pres­sion que se déve­loppent entre nous quelques mal­en­ten­dus… Sté­phane récuse le concept d’é­ta­lon : « par rap­port à quoi ? me demande-t-il… Sur­tout pas par rap­port à la richesse ! Ce n’est pas du tout ce que dit la TRM… il n’existe pas de vitesse abso­lue, pas plus de valeur abso­lue, tout est rela­tif… » etc. 

Et je laisse fina­le­ment Sté­phane par­ler et déve­lop­per ses argu­ments… jus­qu’à ce qu’il dise enfin (vers la minute 18’45) : « il n’y a pas de chose qui soit inva­riante dans l’espace et dans le temps en termes de conver­sions éco­no­miques. Ça, c’est le prin­cipe au fon­de­ment de la TRM. Du coup, c’est la réfu­ta­tion du fait qu’il puisse exis­ter une telle chose [l’étalon intan­gible de valeur que je cherche pour mesu­rer nos échanges]. […] L’invariance, c’est quelque chose de fon­da­men­tal en sciences […] et l’économie est la seule acti­vi­té un peu chif­frée qui sort de cette exi­gence et qui dit du même coup un peu n’importe quoi… [ 🙂 ] et la TRM consiste à réfu­ter toutes les théo­ries éco­no­miques dont le flou artis­tique montre qu’elles ne reposent sur pas grand-chose, et à prou­ver ceci : il est pos­sible de trou­ver une valeur éco­no­mique qui pos­sède une pro­prié­té d’invariance, et cette pro­prié­té ce n’est pas du tout un taux de conver­sion qui serait stable (puisque ça n’existe pas, puisque les valeurs éco­no­miques sont relatives). » 

Je demande alors (min 20) « Alors ça veut dire quoi, ‘pro­prié­té d’invariance’, si ça ne veut pas dire que ça ne varie pas ? » (là, il me semble que ma ques­tion for­mule bien une forme de désar­roi 🙂 ) Et là, je laisse par­ler mon Sté­phane… qui n’arrive pas à me répondre et qui joue aux devi­nettes (pas faciles 🙂 )… mais il va finir par le dire, patience… 🙂 

À 21:45, je tente ma chance : « OK, alors qu’est-ce qui est inva­riant dans la TRM ? » et là, la lumière se fait 🙂 et Sté­phane dit : « ce qui est inva­riant dans la TRM, c’est L’HOMME COMME CRÉATEUR DE VALEUR ÉCONOMIQUE »

[Là, j’ai une pen­sée pour mon ami Ber­nard Friot, qui mar­tèle par­tout que notre tra­vail est la seule source de valeur éco­no­mique, que le capi­tal est une confis­ca­tion, que les « inves­tis­seurs » sont des voleurs 🙂 et que l’enjeu essen­tiel de la lutte poli­tique et sociale moderne c’est d’affirmer qui crée la valeur éco­no­mique.]

Sté­phane conti­nue : « Il faut donc qu’on crée une valeur éco­no­mique qui soit fon­dée sur l’homme pour être inva­riante et donc pour faire un bon can­di­dat pour la mon­naie (comme la vitesse de la lumière est un bon can­di­dat pour ser­vir de réfé­rence à toutes les uni­tés mesures phy­siques parce que c’est un inva­riant physique). »

23:40 « Qu’est-ce qui carac­té­rise l’activité éco­no­mique ? C’est l’homme. Les hommes, plu­tôt.
Qu’est-ce qui, chez les hommes, pos­sède une pro­prié­té d’invariance ? Il y a leur espé­rance de vie moyenne là où ils se trouvent
Est-ce que je peux ima­gi­ner une valeur éco­no­mique qui pos­sé­de­rait une telle pro­prié­té d’invariance ? Oui. D’a­bord, une valeur éco­no­mique, ça se pro­duit, et donc je peux ins­ti­tuer une pro­duc­tion inva­riante.
Et comme l’espérance de vie humaine est limi­tée, je peux trou­ver une bonne valeur pour cette inva­riance, qui tienne compte de l’espérance de vie humaine ; je peux faire conver­ger cette valeur en demi-vie, je fais quelques cal­culs et on trouve une bonne valeur (ce n’est pas une valeur abso­lue, c’est une bonne valeur), qui est autour de 10% par an, pour une pro­duc­tion inva­riante. Inva­riante par rap­port à quoi ? Par rap­port à l’homme. Donc, c’est l’homme qui est pro­duc­teur de cette valeur, et il la pro­duit au même rythme à la fois dans l’espace et dans le temps, et pour cette rai­son, la mon­naie libre pos­sède un inva­riant qui est le divi­dende, qui est un inva­riant par rap­port à la masse moné­taire, par rap­port à l’homme. Elle est inva­riante en termes de créa­tion, de pro­duc­tion. Point, ter­mi­né. Après, est-ce que c’est un bon can­di­dat pour faire une mon­naie ? c’est pas à moi de le dire : si les hommes en veulent, eh bien c’est pos­sible, et s’ils n’en veulent pas, elle ne vau­dra rien. Et puis, il peut y avoir des hommes qui la choi­sissent et d’autres qui ne la choi­sissent pas. »

Bon, là (25:40), je n’ai pas oublié ma ques­tion et je résume : « Bon, ok, donc la mon­naie libre sera un éta­lon à géo­mé­trie variable comme toutes les autres mon­naie. » Sté­phane refuse le mot éta­lon « parce qu’on est pas­sé à la rela­ti­vi­té depuis 1905, il serait temps d’en tenir compte » [bande de rin­gards 🙂 ] J’ose insis­ter encore un peu : « c’est quand même l’objectif de la mon­naie, que de per­mettre d’étalonner, c’est-à-dire de gra­duer, et donc de mesu­rer, la valeur… Sans mon­naie, c’est vrai­ment com­pli­qué de mesu­rer la valeur. » Sté­phane me dit alors : « oui, mais ce n’est pas parce que tu veux mesu­rer que la mesure est sta­tique ! » Je réponds : « ok, je n’ai jamais dit, bien sûr, que ce sont les valeurs qui sont sta­tiques, mais c’est l’étalon qui doit l’être pour que ce soit com­mode, quoi… »

Sté­phane insiste alors : « mais la créa­tion du DU, elle est per­ma­nente. La vitesse de la lumière est inva­riante, le DU est inva­riant. Voi­là. Elle est sta­tique jus­te­ment de ce point de vue-là. Alors que, si on tou­chait à la créa­tion moné­taire, on bri­se­rait cette per­ma­nence. Au lieu que ce soit un éta­lon fixe, c’est un éta­lon en mou­ve­ment, en créa­tion per­ma­nente, jus­te­ment [un éta­lon relatif ?] ».

« Le DU est la seule valeur éco­no­mique par­ta­gée dont la pro­duc­tion soit invariante. »

Bon, je ne suis pas sûr d’avoir par­fai­te­ment tout com­pris 🙂 mais j’ai beau­coup appris, cette fois encore, et je sens qu’il y a là un for­mi­dable poten­tiel d’émancipation poli­tique, d’application immé­diate pour cha­cun (qui le décide librement) :


Voi­là.
La play­list de ces cinq par­ties se trouve ici :

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Pour ceux qui veulent bos­ser l’i­dée géniale de la mon­naie libre, voi­ci quelques LIENS UTILES : 

Césium : https://​duni​ter​.org/​f​r​/​m​o​n​n​a​i​e​–​l​i​b​r​e​–​g​1​/​o​b​t​e​n​i​r​–​d​e​s​–​g1/

Duni­ter : https://​duni​ter​.org/​fr/

Pour la partie théorique : 

- Théo­rie rela­tive de la mon­naie (TRM) : http://​trm​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/

- Module Gali­lée : http://​rml​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/​m​o​d​u​l​es/ (ceux qui l’ont fait ont pro­duit posts et vidéos réfé­ren­cés dans la page)

- Module Yoland Bres­son : http://​rml​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/​m​o​d​u​l​e​s​/​m​o​d​u​l​e​_​y​o​l​a​n​d​_​b​r​e​s​s​o​n​.​h​tml

- Play­list vidéo de confé­rences sur la TRM : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​l​i​s​t​=​P​L​0​U​D​q​L​t​X​e​v​v​H​1​w​8​3​d​l​X​v​s​7​P​m​L​K​a​J​l​F​n​M​x​&​v​=​l​j​f​l​I​–​J​A​sbc

- Le pod­cast mon­naie libre fort de 86 émis­sions à ce jour : http://​mon​naie​libre​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/

- Jeter un oeil sur une ana­lyse rela­ti­viste de la mon­naie domi­nante ne peut pas faire de mal : http://​www​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/​2​0​1​8​/​0​1​/​m​a​s​s​e​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​–​e​–​d​e​c​e​m​b​r​e​–​2​0​1​7​–​l​e​–​r​s​a​–​e​n​f​o​n​c​e​r​a​–​t​–​i​l​–​l​e​–​r​e​c​o​r​d​–​h​i​s​t​o​r​i​q​u​e​–​d​e​–​9​0​8​–​e​n​–​2​0​1​8​.​h​tml

Pour la partie pratique : 

- Jeu Ğeco­no­mi­cus, la play­list vidéo : https://​you​tu​.be/​Q​d​A​z​q​Q​r​4​C​T​4​&​i​n​d​e​x​=​1​&​l​i​s​t​=​P​L​0​U​D​q​L​t​X​e​v​v​H​Y​5​r​A​y​F​t​q​l​5​9​3​1​V​q​Y​y​R​aoK

- https://​duni​ter​.org/​f​r​/​w​i​k​i​/​l​i​c​e​n​c​e​–​g1/

- Le forum géné­ral pour toutes les ques­tions autour de la mon­naie libre : https://​forum​.mon​naie​-libre​.fr

- Le forum tech­nique (pour les infor­ma­ti­ciens) : https://​forum​.duni​ter​.org/

La Théorie Relative de la Monnaie par S. Laborde en 1 h 15 (2014)

La Théorie Relative de la Monnaie en 30 min (2016)

Rap­pel : je vous conseille de revoir cette ren­contre mémo­rable (en 2014), où Sté­phane Laborde et Jean-Bap­­tiste Ber­sac nous avaient expli­qué les ver­tus de la TRM et du char­ta­lisme, et où j’a­vais pré­ci­sé de mon côté ce qui m’in­té­res­sait au plus haut point dans ces deux alternatives :

httpv://www.youtube.com/watch?v=kvjstlFaxUw

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​2​5​7​4​0​2​7​2​317

ON FAIT QUOI ? #01 : Comment les riches ont pris le pouvoir

Pre­mière par­tie de notre ren­contre du 25 nov. der­nier avec Gré­go­ry Tabibian. 

httpv://www.youtube.com/watch?v=L0aB_P0nFnk

Mer­ci Greg (on a du bou­lot, pour trai­ter les commentaires…) 🙂

Étienne.

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PS : à pro­pos du paci­fisme comme patho­lo­gie, j’en par­lais en 2016, et je crois que nous devrions tous abso­lu­ment lire ça : 

Le pacifisme comme pathologie (par Derrick Jensen)


http://​par​tage​-le​.com/​2​0​1​5​/​1​2​/​l​e​–​p​a​c​i​f​i​s​m​e​–​c​o​m​m​e​–​p​a​t​h​o​l​o​g​i​e​–​p​a​r​–​d​e​r​r​i​c​k​–​j​e​n​s​en/

PPS : quand je parle de 35 mil­lions de vues, je fais réfé­rence à cet extrait de CSOJ début sept 2014 et à ces seules 4 copies sur Facebook :

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​2​0​7​0​8​9​7​2​317


Faute d’une constitution digne de ce nom pour contrôler et punir les représentants, les « grands élus » sont des voleurs et des lâches

Les « élus » qui nous tra­hissent, nous étranglent et nous volent chaque jour davan­tage, ceux qui n’hé­sitent pas à nous ser­rer la cein­ture avec une scan­da­leuse et non néces­saire aus­té­ri­té, se servent eux-mêmes à mil­lions dans les caisses publiques, sans tam­bour ni trompette.

Hausse de 40 % des indem­ni­tés des grands élus, une nuit de fête, sans joute ver­bale, en tapinois :
http://​www​.laga​zet​te​des​com​munes​.com/​5​4​8​1​3​3​/​h​a​u​s​s​e​–​d​e​–​4​0​–​d​e​s​–​i​n​d​e​m​n​i​t​e​s​–​d​e​s​–​g​r​a​n​d​s​–​e​l​u​s​–​l​e​–​c​o​u​p​–​d​e​–​g​u​e​u​l​e​–​d​u​n​–​p​e​t​i​t​–​m​a​i​re/

Ma sug­ges­tion du jour pour un article pour une consti­tu­tion d’o­ri­gine citoyenne : 

Toute norme (loi, règle­ment, trai­té ou autre règle géné­rale) adop­tée pen­dant les vacances sco­laires ou un soir de fête est NULLE tant qu’elle n’a pas été vali­dée par un référendum. 

Je vous pro­pose de faire un mini-ate­­lier consti­tuant, là, tout de suite, pen­dant quelques ins­tants, pour trou­ver une meilleure for­mu­la­tion. C’est facile, pre­nez une feuille et un crayon, et entraî­­nez-vous réel­le­ment à inns­ti­tuer vous-même votre souveraineté.

Je vous sug­gère aus­si, en com­plé­ment de soins indi­vi­duels (comme vic­time de viol aggra­vé – quo­ti­dien, en bande et en réci­dive), de lire tous les livres de Phi­lippe Pas­cot : ça va ache­ver de vous réveiller.


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​p​i​l​l​e​u​r​s​–​d​e​t​at/

Étienne.

#pas­de­dé­mo­cra­tie­sans­ci­toyens­cons­ti­tuants

#pas­de­ci­toyens­cons­ti­tuants­san­sa­te­liers­cons­ti­tuants

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​0​9​7​2​3​2​1​2​317

Synthèse remarquable mais incomplète sur les ordonnances scélérates, imposées par les GOPÉ de l’UE

Syn­thèse remar­quable, une fois de plus, de Jean-Luc Mélen­chon contre la « loi tra­vail » encore aggra­vée par les godillots du tyran, les valets « élus » de l’u­su­rier « élu ».

Mer­ci.

httpv://youtu.be/DTJB3AqxS6k

Mais il manque pour­tant à cette syn­thèse une par­tie essen­tielle : Fran­çois Asse­li­neau a rai­son de sou­li­gner l’in­co­hé­rence qui consiste à ain­si déplo­rer les consé­quences cruelles des causes pro­fondes qu’on ne veut pas com­battre : la pré­ten­due « Union euro­péenne » est, avec les GOPÉ notam­ment mais pas seule­ment, le car­can qui aurait contraint tout élu quel qu’il soit à détruire le code du tra­vail, les ser­vices publics, et toutes les ins­ti­tu­tions de la sécu­ri­té sociale ; et c’est ce même car­can qui contrain­dra tout pré­sident à nous mar­ty­ri­ser plus dure­ment chaque jour tant que nous n’en serons pas sortis. 

Il faut sor­tir de l’UE comme on s’é­chappe d’une pri­son politique. 

Naï­ve­ment peut-être, je sou­haite un rap­pro­che­ment entre la FI et l’U­PR, qui asso­cie­rait en un même mou­ve­ment de résis­tance à l’oc­cu­pa­tion une grande ambi­tion de jus­tice sociale et sa condi­tion sine qua non, la sor­tie immé­diate de l’UE, de l’eu­ro et de l’OTAN.

En atten­dant, j’in­vite tous mes frères humains (et mes soeurs aus­si, cela va sans dire) à se trans­for­mer en citoyens dignes de ce nom, c’est-à-dire en adultes poli­tiques, par une pra­tique quo­ti­dienne des ate­liers consti­tuants, de manière à deve­nir pro­gres­si­ve­ment capables, le jour venu, d’ins­ti­tuer eux-mêmes la socié­té qu’ils dési­rent profondément. 

Bon cou­rage à tous les virus démo­cra­tiques, qui fini­ront bien par rendre mor­tel­le­ment malade le monstre oli­gar­chique né de l’é­lec­tion, grâce à l’an­ti­dote natu­rel et uni­ver­sel qu’est le tirage au sort, qui retire aux riches le moyen d’a­che­ter le pou­voir politique.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​0​8​6​6​9​2​3​2​317

[Déjà un an de censure par diffamation] Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allégations mensongères du journal Le Monde sur son prétendu « Décodex »

Le 1er février est le jour anni­ver­saire de la créa­tion en France par le jour­nal Le Monde d’un lamen­table outil-de-cen­­sure-des-concur­­rents-gênants, inti­tu­lé « Décodex ».

Je com­mé­more ce jour de deuil pour la liber­té de la presse en France par cette demande de publi­ca­tion d’un droit de réponse :


Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allé­ga­tions men­son­gères du jour­nal Le Monde sur son pré­ten­du « Décodex »

Le Monde me fait l’immense hon­neur de se pen­cher sur mes tra­vaux, que je mène depuis plus de dix ans, sur le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, sur les cri­tères de la démo­cra­tie, sur le pro­ces­sus consti­tuant néces­sai­re­ment popu­laire, sur le tirage au sort en poli­tique et sur la sou­ve­rai­ne­té moné­taire et poli­tique, pour qu’advienne enfin une vraie liber­té, une vraie éga­li­té et une vraie fra­ter­ni­té au sein des peuples et entre les peuples du monde entier.

Son inté­rêt est cepen­dant tout rela­tif en ce qu’il s’accompagne d’une mise à l’index d’écrits qu’il n’a pro­ba­ble­ment jamais consultés.

C’est ain­si que mes deux pages etienne​.chouard​.free​.fr et chouard​.org (Blog du Plan C) ont été clas­sées par­mi les sites peu fiables par le tris­te­ment célèbre DÉCODEX, fruit bizarre d’accords finan­ciers entre le quo­ti­dien fran­çais et de grands groupes amé­ri­cains du type Google (Cf. Le Monde, « Google finance de plus en plus l’innovation dans les médias fran­çais », édi­tion du 17 novembre 2016, annon­çant la créa­tion d’un « futur ser­vice de démon­tage des rumeurs »).

Le motif avan­cé ? « la dif­fu­sion des théo­ries sur un pré­ten­du « nou­vel ordre mon­dial » sans preuve ni véri­fi­ca­tion » (sic).

Pour­tant, aucune des trois « enquêtes » men­tion­nées en des­sous dudit clas­se­ment ne fait état d’un quel­conque écrit par lequel j’affirmerais l’existence d’un pré­ten­du « nou­vel ordre mon­dial ».

Ni l’article de l’Express du 17 novembre 2014, ni celui des Inro­ckup­tibles du 23 novembre 2014, ni celui de l’Obs du 26 mars 2012, tous trois cités comme sources du DÉCODEX, n’autorisent le juge­ment péremp­toire, mal­veillant, défi­ni­tif, des jour­na­listes du Monde sur ma per­sonne et mes idées.


« Déco­dex », usine à « fake news »

Au sur­plus, l’emploi de l’expression « nou­vel ordre mon­dial » pour­­rait-il seule­ment jus­ti­fier ladite mise à l’index quand on sait qu’elle est com­mu­né­ment employée tant par Le Monde lui-même — qui l’évoque dans des mil­liers (!) de pages (source) — que par d’éminentes per­son­na­li­tés intel­lec­tuelles ou poli­tiques (Kis­sin­ger, Atta­li, https://​you​tu​.be/​a​e​X​h​E​p​7​d​hvw, https://​you​tu​.be/​t​x​u​k​r​5​z​g​Hnw, etc.) ?

Le seul point com­mun de ces trois « enquêtes », d’inégales fac­tures, est la richesse immense des pro­prié­taires des médias qui les ont publiées, soit pré­ci­sé­ment les per­sonnes qui peuvent légi­ti­me­ment se consi­dé­rer mena­cées par les thèses poli­tiques pro­fon­dé­ment popu­laires que je défends avec ardeur.

La haine que le DÉCODEX exprime est celle des riches contre le peuple com­pris dans sa défi­ni­tion concrète, réelle et pro­lé­taire, qui est à l’origine des grèves et des révolutions.

Je défends prin­ci­pa­le­ment une idée ori­gi­nale et puis­sante d’auto-émancipation des peuples par rap­port à leurs exploi­teurs, à tra­vers des ate­liers consti­tuants popu­laires : je pré­tends que ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’écrire les règles du pou­voir, ce n’est pas aux pro­fes­sion­nels de la poli­tique d’écrire ou de révi­ser la constitution.

Seuls les citoyens sont légi­times et capables pour rédi­ger, pour révi­ser et pour pro­té­ger une consti­tu­tion digne de ce nom.

L’enjeu socié­tal majeur de cette idée est de reti­rer aux plus riches le contrôle poli­tique des socié­tés humaines, 1) en rem­pla­çant le faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres par­mi des can­di­dats que les riches peuvent aider) par un vrai suf­frage uni­ver­sel (voter les lois), et 2) en contrô­lant sévè­re­ment les cinq pou­voirs (légis­la­tif, exé­cu­tif, judi­ciaire, moné­taire et média­tique) par des Chambres de contrôles tirées au sort.

Il est notam­ment une idée puis­sante que je défends de toutes mes forces et qui déplaît peut-être sou­ve­rai­ne­ment aux richis­simes pro­prié­taires du Monde (et qui expli­que­rait peut-être la cam­pagne de déni­gre­ment que je subis depuis le grand suc­cès de la courte vidéo de mon pas­sage à Ce soir ou jamais au début sep­tembre 2014, plus de 35 mil­lions de vues sur Face­book, https://​you​tu​.be/​9​K​y​P​J​f​Y​U​XZc dans laquelle je dénonce pré­ci­sé­ment l’achat des jour­naux par des mil­liar­daires pour gagner les élec­tions et nous impo­ser leur droit), ce qui défrise peut-être les subor­don­nés des riches pro­prié­taires du Monde, donc, c’est cette idée que l’information du peuple ne devrait jamais pou­voir être appro­priée par per­sonne et qu’une consti­tu­tion digne de ce nom pré­voi­rait assu­ré­ment que tout jour­nal doit appar­te­nir à ses jour­na­listes et ne peut en aucun cas être ache­té comme une mar­chan­dise (que ce soit par une entre­prise ou par un particulier).

Le déni­gre­ment, qui est l’âme de ce DÉCODEX, ridi­cule entre­prise de cen­sure ani­mée par des jour­na­listes quelque peu fati­gués par avance des enquêtes qu’ils n’ont pas com­men­cées, exprime le véri­table but pour­sui­vi qui n’est ni la véri­té ni l’information du public : il s’agit de dis­cré­di­ter une opi­nion poli­tique en la décla­rant non fiable sans même l’avoir jamais discutée.

Étienne CHOUARD.


Pour résu­mer, le jour­nal d’information dit « de réfé­rence », Le Monde, une fois annexé par trois mil­liar­daires, laisse tran­quille ses faux « concur­rents » (qui sont plus des com­plices que des concur­rents depuis qu’ils ont été ache­tés eux aus­si par les mêmes mil­liar­daires), et dénigre gra­ve­ment ses prin­ci­paux concur­rents (les jour­na­listes ama­teurs, indé­pen­dants), ce qui est à la fois déloyal et illégal.

1) Per­son­nel­le­ment, je ne parle JAMAIS de « nou­vel ordre mon­dial » : ce n’est pas mon sujet et ce n’est pas mon approche de l’injustice sur terre. Les com­men­ta­teurs de mon blog peuvent par­fois l’évoquer (et alors ?), mais moi jamais.

2) Le Monde lui-même ne prouve pas (et ne véri­fie pas davan­tage) ses propres allégations :
a) d’une part, les trois articles qu’il cite comme « preuves » de son men­songe sont issus de jour­naux qui appar­tiennent aux mêmes mil­liar­daires que Le Monde, et
b) d’autre part, ces trois articles n’utilisent même pas l’expression incri­mi­née (« nou­vel ordre mon­dial »)… Ces pré­ten­dues « preuves » sont donc com­plè­te­ment « bidons ».

3) Le Monde évoque lui-même ce « nou­vel ordre mon­dial », qu’il inter­dit aux autres d’évoquer, dans des mil­liers de ses pages.

Confor­mé­ment aux lois contre la calom­nie, je demande donc au jour­nal Le Monde d’afficher sur sa page dif­fa­ma­toire (per­ma­nente) du pré­ten­du Déco­dex un droit de réponse (per­ma­nent), sous la forme résu­mée suivante :

Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allé­ga­tions men­son­gères du jour­nal Le Monde sur son pré­ten­du « Déco­dex » : https://www.chouard.org/2018/02/01/droit-de-reponse-d-etienne-chouard-aux-allegations-mensongeres-du-journal-le-monde-sur-son-pretendu-decodex‑2/


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​9​3​8​3​2​6​6​7​317

Les simples citoyens sont les seuls à être à la fois capables et légitimes pour écrire une constitution digne de ce nom (rappel 🙂 )

On se recon­centre sur l’essentiel ?

Les simples citoyens sont les seuls à être à la fois capables et légi­times pour écrire une consti­tu­tion digne de ce nom :

POURQUOI RÉÉCRIRE LA CONSTITUTION ? (1÷4) : « Les constitutions du monde, pour l’instant, nous tiennent À L’ÉCART »

httpv://www.youtube.com/watch?v=_YXZrz1e_h0

POURQUOI NE VOULONS-NOUS PAS RÉÉCRIRE LA CONSTITUTION ? 24 « Qu’est-ce qui manque à cette idée forte, cette CAUSE COMMUNE de l’humanité, pour se répandre plus rapidement ? »

httpv://youtu.be/W7OefdGEFMs

ATELIERS CONSTITUANTS : COMMENT RÉÉCRIRE LA CONSTITUTION ? (3÷4)

httpv://youtu.be/eTesYR-_ikE

[ÉMANCIPATION] ET SI NOUS RÉÉCRIVIONS LA CONSTITUTION ? Vidéo 4/4

httpv://youtu.be/kFJQY94NJ2I

Mille mer­cis aux jeunes gens d’In­form’Ac­tion à Toulouse 🙂

Faites pas­ser 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce rappel :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​6​8​7​4​9​8​6​2​317

[Scandale] Lactalis au-dessus des lois — et protégée par l’indifférence des prétendus « ministres »…

Incroyable… Les réponses de ce « ministre » sont lit­té­ra­le­ment scandaleuses.

Les pré­ten­dus « repré­sen­tants res­pon­sables » poli­tiques sont en fait des traîtres irresponsables.

Ils sont (et ils res­te­ront) impu­nis parce que nous n’a­vons pas de consti­tu­tion digne de ce nom (consti­tu­tion dont les acteurs poli­tiques auraient peur et qui leur serait inac­ces­sible) : si on veut une vraie consti­tu­tion, il fau­dra apprendre à l’é­crire nous-mêmes (dans des ate­liers consti­tuants populaires).

Le faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois) donne le pou­voir aux riches et les pires gouvernent.

Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir : ce n’est pas aux « élus » d’é­crire ou de révi­ser la constitution.

Pas de démo­cra­tie sans tirage au sort.

Étienne.

L’é­mis­sion inté­grale en replay :
https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france‑2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-16-janvier-2018_2553523.html

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​5​3​0​6​7​9​5​2​317

[Prétendu « complotisme » de nos meilleurs lanceurs d’alerte] Remarquable réponse de Peter Dale Scott à l’article de Marianne sur le concept « d’État profond »

Je repro­duis ici inté­gra­le­ment le remar­quable droit de réponse de Peter Dale Scott au jour­nal Marianne, qui l’a trai­té de « conspi­ra­tion­niste » pour ses études (abso­lu­ment for­mi­dables) sur l’É­tat pro­fond amé­ri­cain. Je recom­mande d’ailleurs cha­leu­reu­se­ment tous les livres de Peter Dale Scott, tous très soli­de­ment docu­men­tés et lit­té­ra­le­ment bouleversants.

On com­mence à voir clai­re­ment 1) que l’ac­cu­sa­tion-même de « com­plo­tisme » n’est qua­si­ment plus uti­li­sée que par des col­la­bos du sys­tème de domi­na­tion, dont le sale bou­lot est d’empêcher qu’on puisse même dési­gner l’op­pres­seur, et 2) que les cibles de cette accu­sa­tion de « com­plo­tisme » sont sou­vent les plus valeu­reux résis­tants. « Com­plo­tiste » et « conspi­ra­tion­niste » deviennent ain­si pro­gres­si­ve­ment une sorte de légion d’hon­neur des vrais résistants.

Bon cou­rage à tous les intré­pides (et indis­pen­sables) dénon­cia­teurs de com­plots, par­tout sur terre.

Étienne.

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Réponse de Peter Dale Scott à l’article de Marianne sur le concept « d’Etat profond »

Source : Marianne : https://​www​.marianne​.net/​d​e​b​a​t​t​o​n​s​/​t​r​i​b​u​n​e​s​/​r​e​p​o​n​s​e​–​d​e​–​p​e​t​e​r​–​d​a​l​e​–​s​c​o​t​t​–​n​o​t​r​e​–​a​r​t​i​c​l​e​–​s​u​r​–​l​e​–​c​o​n​c​e​p​t​–​d​–​e​t​a​t​–​p​r​o​f​ond

Peter Dale Scott (avec Maxime Chaix) :

J’ai été récem­ment déni­gré sur Marianne, et les accu­sa­tions portent gra­ve­ment atteinte à mon hon­neur ain­si qu’à ma répu­ta­tion. Je suis donc tenu d’exercer mon droit de réponse. En effet, selon Marianne, « le concept [d’État pro­fond] séduit aus­si les conspi­ra­tion­nistes et plus par­ti­cu­liè­re­ment l’auteur cana­dien Peter Dale Scott » – une affir­ma­tion qui ne peut que me dis­cré­di­ter. M’assimilant à tort à l’extrême droite, votre maga­zine rap­pelle ensuite qu’un ancien conseiller de Marine Le Pen avait évo­qué mes tra­vaux lors d’une inter­view. Homme de gauche et défen­seur de la non-vio­­lence, j’ai œuvré pen­dant des décen­nies pour dif­fu­ser les idées huma­nistes de Jür­gen Haber­mas, d’Han­nah Arendt, de Mario Savio ou de Czesław Miłosz. Au demeu­rant, je peine à com­prendre com­ment l’on peut me repro­cher le fait qu’un géo­po­li­ti­cien – qui a depuis rom­pu avec le FN et que je ne connais pas per­son­nel­le­ment –, ait appré­cié mes écrits.

Marianne m’attribue ensuite une défi­ni­tion de l’État pro­fond qui n’est pas la mienne, expli­quant que je por­te­rais « la vision, beau­coup plus com­plo­tiste, “d’un État dans l’État” », une notion que je cri­tique pour­tant dans mon der­nier livre. J’ai donc deman­dé à mon édi­teur de publier le second cha­pitre de cet ouvrage paru en 2015. J’espère que cette démarche contri­bue­ra à enri­chir le débat sur cette ques­tion, et qu’elle prou­ve­ra à vos lec­teurs que j’écris non pas des diva­ga­tions com­plo­tistes, mais des ana­lyses rigou­reuses et soli­de­ment docu­men­tées. D’ailleurs, puisque ma cré­di­bi­li­té est mise en cause, je me dois de rap­pe­ler que de nom­breux experts ont mis en avant la qua­li­té de mes recherches.

En effet, mon livre La Route vers le nou­veau désordre mon­dial a été vive­ment recom­man­dé par le géné­ral d’armée Ber­nard Nor­lain, qui l’a recen­sé en 2011 alors qu’il diri­geait la pres­ti­gieuse Revue Défense Natio­nale. Au vu de sa car­rière, nul ne peut soup­çon­ner ce géné­ral 5 étoiles d’être un « conspi­ra­tion­niste », bien au contraire. À la suite de cette recen­sion, mon ouvrage a été conseillé par le géné­ral Alain Lam­balle (Le Milieu des Empires), et par l’École mili­taire spé­ciale de Saint-Cyr. Ce livre est éga­le­ment dis­po­nible à la biblio­thèque de Sciences Po Paris, un ins­ti­tut où j’ai étu­dié en 1950, et il a été recom­man­dé par le géo­po­li­ti­cien Jean-Marie Col­lin – qui vient d’ailleurs de rem­por­ter un prix Nobel de la paix à titre col­lec­tif pour son tra­vail au sein du réseau ICAN. Ce livre a aus­si été recen­sé posi­ti­ve­ment dans le maga­zineDiplo­ma­tie, et il a fait l’objet d’une cri­tique élo­gieuse de la part de Jean-Loup Feltz dans la revue Afrique contem­po­raine, qui dépend de l’Agence Fran­çaise de Déve­lop­pe­ment. Ayant recom­man­dé mes tra­vaux, ces experts sont-ils, eux aus­si, des « conspi­ra­tion­nistes » ? On peut légi­ti­me­ment en douter.

Inti­tu­lé La Machine de guerre amé­ri­caine et publié en 2012, mon second ouvrage tra­duit en fran­çais a connu le même suc­cès chez les spé­cia­listes. En effet, le géné­ral Nor­lain l’a vive­ment conseillé dans la Revue Défense Natio­nale, puis le lieu­­te­­nant-colo­­nel et his­to­rien Rémy Porte l’a recen­sé posi­ti­ve­ment. Ce livre fut éga­le­mentrecom­man­dé par Daniel Ells­berg – le pré­cur­seur des lan­ceurs d’alerte actuels –, etL’Humanité l’a chro­ni­qué favo­ra­ble­ment, à l’instar du maga­zine Diplo­ma­tie qui l’a mis en avant à l’occasion d’une nou­velle inter­view. Comme le pré­cé­dent et le sui­vant, ce livre est dis­po­nible à la biblio­thèque de Sciences Po Paris. Par ailleurs, ma concep­tion de l’État pro­fond expli­ci­tée dans cet ouvrage a été reprise par le com­mis­saire divi­sion­naire, ex-offi­­cier de la DST et cri­mi­no­logue Jean-Fran­­çois Gay­raud. Ain­si, réduire ma vision du sys­tème de l’État pro­fond à une « nou­velle marotte du FN souf­flée par Trump » me semble un peu léger.

Der­nier livre de la tri­lo­gie, L’État pro­fond amé­ri­cain résume, selon Daniel Ells­berg, « plus de quatre décen­nies de recherches « , qua­li­fiant cette ana­lyse de  » méti­cu­leuse, brillante et magis­trale. » Ancien spé­cia­liste au Penta­gone et à la RAND Cor­po­ra­tion, M. Ells­berg est décrit comme un pion­nier par Edward Snow­den et d’autres lan­ceurs d’alerte. Sou­li­gnons éga­le­ment que mon livre a été recom­man­dé dans le numé­ro 100 de la Revue Inter­na­tio­nale et Stra­té­gique de l’IRIS, qui nous en offre un per­ti­nent résu­mé. Il a éga­le­ment été conseillé dans Paris Match par le grand repor­ter Fran­çois de Labarre, qui a jugé mon ouvrage suf­fi­sam­ment cré­dible pour le recen­ser favo­ra­ble­ment en tant que « livre de la semaine ».

Vous en convien­drez, les experts, auteurs, jour­na­listes, maga­zines, revues et jour­naux pré­ci­tés ne sont aucu­ne­ment « conspi­ra­tion­nistes ». J’espère donc que ma réponse per­met­tra de laver mon hon­neur, et de cla­ri­fier uti­le­ment ma défi­ni­tion de l’État pro­fond. Bien enten­du, libre à qui­conque de la cri­ti­quer, mais je pré­fé­re­rais qu’on le fasse après l’avoir étu­diée sérieu­se­ment, sans m’associer à des idées extré­mistes que je com­bats depuis des décennies.

Peter Dale Scott.

——

Vous pou­vez feuille­ter ci-des­­sous le pré­cieux cha­pitre 2 du livre L’É­tat pro­fond amé­ri­cain, cha­pitre offert par les Édi­tions Demi-Lune (très cou­ra­geux éditeur) :

Fichier pdf à télé­char­ger ici :
http://www.editionsdemilune.com/media/extraits/l‑etat-profond-americain/EDL-EPA-Chapitre‑2.pdf


Voi­ci donc les trois pré­cieux bou­quins cités dans ce droit de réponse, trois livres que vous devriez tous avoir chez vous, à la fois pour les lire et pour les faire connaître autour de vous. Ces livres sont pa-ssio-nnants :


http://​www​.edi​tions​de​mi​lune​.com/​l​a​–​r​o​u​t​e​–​v​e​r​s​–​l​e​–​n​o​u​v​e​a​u​–​d​e​s​o​r​d​r​e​–​m​o​n​d​i​a​l​–​p​–​3​6​.​h​tml



http://​www​.edi​tions​de​mi​lune​.com/​l​a​–​m​a​c​h​i​n​e​–​d​e​–​g​u​e​r​r​e​–​a​m​e​r​i​c​a​i​n​e​–​p​–​4​5​.​h​tml



http://​www​.edi​tions​de​mi​lune​.com/​l​e​t​a​t​–​p​r​o​f​o​n​d​–​a​m​e​r​i​c​a​i​n​–​p​–​5​8​.​h​t​m​l​?​z​e​n​i​d​=​a​2​1​2​b​3​d​8​2​2​7​3​2​b​5​3​c​d​7​4​c​b​c​2​5​a​6​d​6​118


Rap­pel du billet que j’a­vais publié sur ce der­nier livre en juillet 2015 : 

[Passionnant et important] Peter Dale Scott, « L’État profond américain. La finance, le pétrole et la guerre perpétuelle ».

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​5​/​0​7​/​1​8​/​p​a​s​s​i​o​n​n​a​n​t​–​e​t​–​i​m​p​o​r​t​a​n​t​–​p​e​t​e​r​–​d​a​l​e​–​s​c​o​t​t​–​l​e​t​a​t​–​p​r​o​f​o​n​d​–​a​m​e​r​i​c​a​i​n​–​l​a​–​f​i​n​a​n​c​e​–​l​e​–​p​e​t​r​o​l​e​–​e​t​–​l​a​–​g​u​e​r​r​e​–​p​e​r​p​e​t​u​e​l​le/


Enfin, je vous recom­mande cette très inté­res­sante vidéo où Peter Dale Scott explique (en fran­çais !) son tra­vail à l’é­quipe de Thinkerview :

httpv://www.youtube.com/watch?v=i4dcmJALM8k

Peter Dale Scott, pro­fes­seur émé­rite de Lit­té­ra­ture anglaise à l’U­ni­ver­si­té de Ber­ke­ley, Cali­for­nie. Il a tra­vaillé durant quatre ans (1957−1961) pour le ser­vice diplo­ma­tique cana­dien. Expert dans les domaines des opé­ra­tions secrètes et du tra­fic de drogue inter­na­tio­nal. Il est connu pour ses posi­tions anti-guerre et ses cri­tiques à l’en­contre de la poli­tique étran­gère des États-Unis.

Salut à tous, bande de virus 🙂

Étienne.

 


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​4​1​6​9​3​0​6​2​317

[À propos du complotisme évident des « anticomplotistes »] Frédéric Lordon : « Contre les ‘fake-news’, Macron décodeur-en-chef »

Macron décodeur-en-chef

par Fré­dé­ric Lor­don, 8 jan­vier 2018
https://blog.mondediplo.net/2018–01–08-Macron-decodeur-en-chef

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Gérôme, « La Véri­té sor­tant du puits armée de son mar­ti­net pour châ­tier l’humanité », 1896

« Alors les Déco­deurs se réveillèrent, et ils virent qu’ils avaient l’air con… »Lamen­ta­tions, cha­pitre 2, ver­set 2 (révi­sé)

Par un effet de retour, que deux inno­cents grecs, Jocaste et Laïos, avaient bien expé­ri­men­té en leur temps, voi­là donc les Déco­deurs vic­times du tra­gique des­tin qu’ils ont eux-mêmes conscien­cieu­se­ment œuvré à mettre en branle. L’histoire com­mence comme la charge de la bri­gade légère (ou lourde ?). La véri­té est en dan­ger, elle appelle à la res­cousse. Mais qui pour lui venir en aide ? Qui sinon des voca­tions pures ? La presse libre et indé­pen­dante, la presse démo­cra­tique. Elle vole au secours.

On en était là de l’épopée, les Déco­deurs assu­raient la main­te­nance de la véri­té en régime de croi­sière, bref les choses allaient gen­ti­ment leur train, quand plus sérieux qu’eux arrive leur indi­quer d’autres manières : la dis­tri­bu­tion des gom­mettes fai­sant un peu léger, on y met­tra main­te­nant les moyens de l’État.

Et voi­là com­ment on se retrouve avec un pro­jet de loi sur les fake news (1).

Il n’était pas besoin d’être grand clerc pour aper­ce­voir dès le départ que tout s’était mis de tra­vers dans cette his­toire, et pour­sui­vrait de même. Il fal­lait d’abord que la presse de ser­vice s’abuse consi­dé­ra­ble­ment quant à son propre cré­dit dans la popu­la­tion pour s’imaginer en rem­part de cor­rec­tion, elle dont la mis­sion d’intoxiquer n’est même plus vécue comme une mis­sion tant elle est deve­nue une nature seconde. Il fal­lait ensuite ne pas craindre les balles per­dues du fusil à tirer dans les coins, les médias rec­ti­fi­ca­teurs, à défaut d’avoir son­gé à se blin­der le fon­de­ment, étant voués à se retrou­ver eux-mêmes rec­ti­fiés par der­rière, c’est-à-dire sys­té­ma­ti­que­ment inter­ro­gés pour leur sub­stan­tielle contri­bu­tion au faux géné­ral de l’époque. Ce qu’un mini­mum de décence réflexive – ou de régu­la­tion du ridi­cule – a man­qué à pro­duire : un réveil, il se pour­rait que la loi anti fake news de Macron y par­vienne, mais trop tard et avec quelques effets rétro­ac­tifs pénibles. En tout cas, et c’est le moins qu’on puisse dire, l’annonce n’a pas fait pous­ser des cris de triomphe dans les rédac­tions, même les plus en pointe dans la croi­sade du vrai – où, pour la pre­mière fois, on per­çoit comme un léger sen­ti­ment d’alarme. On aurait pu ima­gi­ner une sorte d’exultation à la recon­nais­sance suprême du bien-fon­­dé de la cause. L’ambiance est plu­tôt à une vague intui­tion du péril. De fait, le pas de trop est celui qui jette d’un coup une lumière un peu bla­farde sur tout l’édifice.

Égoutiers de l’Internet ?

Car il devient de plus en plus dif­fi­cile de se décla­rer sol­dat de la véri­té. L’enrôlement plus ou moins cra­po­teux au ser­vice du grand capi­tal numé­rique n’était déjà pas bien glo­rieux – on ne s’était d’ailleurs pas trop pré­ci­pi­té pour faire la publi­ci­té de ces col­la­bo­ra­tions. On apprend en effet depuis peu que bon nombre de rédac­tions touchent de Google et Face­book pour mettre à dis­po­si­tion des équipes de jour­­na­­listes-rec­­ti­­fi­­ca­­teurs aidant à pur­ger les tuyaux. Il faut vrai­ment que l’argent manque pour accep­ter ain­si de se trans­for­mer en égou­tiers de l’Internet pour le compte des Com­pa­gnies des Eaux qui pros­pèrent en sur­face. Bien sûr ça n’est pas de cette manière qu’on pré­sente les choses, cepen­dant même ré-enjo­­li­­vée en cause com­mune de la véri­té démo­cra­tique, l’association nor­ma­li­sa­trice avec les gros­siums de la don­née pro­duit déjà un effet bizarre.

Il faut sans doute être un Déco­deur, ou en l’occurrence un Dés­in­toxi­ca­teur (Libé­ra­tion), pour se pro­me­ner dans cet envi­ron­ne­ment en toute inno­cence, et même cas­ser le mor­ceau avec une par­faite can­deur : « Nous, par exemple, on tra­vaille pour Face­book, comme un cer­tain nombre de médias en France tra­vaillent pour Face­book et rému­né­rés par Face­book pour faire le ménage dans les conte­nus qui cir­culent », déclare Cédric Mathiot avec une com­plète absence de malice (2) – on voit très bien Hubert Beuve-Méry ou Sartre envi­sa­geant de « faire le ménage dans les conte­nus » en com­pa­gnie d’IBM ou de (la nom­mée avec pré­science) Control Data Corporation.

On vou­drait donc éclai­rer l’égoutier heu­reux sur les com­man­di­taires pour qui il pousse le balai : Google News par exemple a consi­dé­ré récem­mentqu’un site comme le World Socia­list Web­site (WSW) méri­tait d’être éva­cué comme de la déjec­tion ordi­naire. C’est que Chris Hedges y a don­né un entre­tien aver­tis­sant des risques de cen­sure par Google – qui n’a pas plu à Google. Le mal­heu­reux Hedges a donc aus­si­tôt dis­pa­ru des réfé­ren­ce­ments par Google News. Quant au WSW, il a vu sa fré­quen­ta­tion ache­mi­née par Google chu­ter de 74 %. Comme le net­toyage est géné­ral, treize des prin­ci­paux sites de gauche état­su­niens dégrin­golent de 55 % (3). À Libé­ra­tion donc, pour le compte de Face­book, ou de qui vou­dra (paie­ra), et au nom de la véri­té, les Dés­in­toxi­ca­teurs « font le ménage » – des mots par­fai­te­ment choi­sis pour signi­fier une tonique pro­messe de démocratie.

Lire aus­si , « Cen­sure et chaus­settes roses », Le Monde diplo­ma­tique, jan­vier 2018.

C’est tou­jours le même éton­ne­ment, éter­nel­le­ment renou­ve­lé, que d’entendre un Déco­deur ou assi­mi­lé prendre la parole pour livrer sa phi­lo­so­phie du métier, à chaque fois la même confir­ma­tion per­for­ma­tive du nau­frage de pen­sée en quoi consistent les idées mêmes de fake news ou de post-véri­­té. Plus qu’un éton­ne­ment en fait, une sorte de ver­tige : le Dés­in­toxi­ca­teur ne voit même pas le pro­blème. On note­ra à sa décharge que ses employeurs semblent ne pas l’avoir vu davan­tage. À moins que leur situa­tion de tré­so­re­rie les ait dis­sua­dés de le regar­der trop long­temps. Mais alors pour­quoi, en si bon che­min, se mettre à tous­so­ter au moment de rece­voir les consé­cra­tions de la loi ? Un rude objec­teur remar­que­rait qu’à l’inverse de Google et Face­book, la loi, elle, ne paye pas. Ne res­tent que les incom­mo­di­tés de la com­pro­mis­sion – rache­tés par rien. Ça n’est pas faux.

… ou attachés de bureau au ministère de l’intérieur ?

C’est même si vrai que, jusque dans les direc­tions de médias les plus fana­tiques, on pressent confu­sé­ment la mau­vaise affaire sym­bo­lique de se retrou­ver trop visi­ble­ment absor­bées dans le pro­ces­sus en cours de fusion orga­nique des puis­sances : capi­tal, État, médias. Les dis­tinc­tions ins­ti­tu­tion­nelles pure­ment nomi­nales – « les entre­prises », « les médias », « le gou­ver­ne­ment » –, deve­nues entiè­re­ment fac­tices, feuilles de vigne recou­vrant une indif­fé­ren­cia­tion déjà per­cep­tible de tous, n’en étaient que plus dra­ma­ti­que­ment pré­cieuses, pré­ci­sé­ment parce que c’est tout ce qu’il reste : des noms usi­tés, pour tra­ves­tir le réel, au tra­vers des­quels on com­mence quand même à voir a gior­no, mais vitaux pour ten­ter de pré­ser­ver les der­niers sem­blants. Libé­ra­tion passe la loque pour Face­book, c’est déjà un peu lourd – si c’est rému­né­ra­teur. Mais cou­ler cet atte­lage dans un minis­tère de l’intérieur éten­du, ça va deve­nir trop – et finir par se voir.

Car voi­là toute l’affaire : c’est qu’à un pro­ces­sus de fusion externe, en répond un autre, interne – à l’appareil d’État. Et les deux entrent en coa­les­cence pour pro­duire un résul­tat tout à fait inédit. Le pro­ces­sus interne est celui qui voit la dif­fé­ren­cia­tion fonc­tion­nelle de l’appareil d’État s’effacer ten­dan­ciel­le­ment pour le mena­cer de s’effondrer en un double minis­tère sec – dont un gigan­tesque minis­tère de l’intérieur. De quoi en effet l’État s’occupe-t-il essen­tiel­le­ment désor­mais ? De deux choses : le ser­vice du capi­tal, et le contrôle des popu­la­tions. Les inéga­li­tés en fusée et l’État social conduit au déla­bre­ment par pau­pé­ri­sa­tion déli­bé­rée du côté du Minis­tère des amis, il ne reste for­cé­ment plus que des solu­tions de « main­tien de l’ordre » du côté du Minis­tère des incon­vé­nients. De ce côté-là, la fusion jus­­tice-police est déjà bien avan­cée – il suf­fit de se repas­ser les exploits des pro­cu­reurs, de leurs réqui­si­tion, de leurs appels, depuis l’affaire Ada­ma Trao­ré jusqu’à celle du quai de Val­my, et chaque fois qu’il s’agit de prendre le par­ti de la police ou d’avoir affaire à quelque forme de contes­ta­tion. Comme il se doit, l’ensemble coer­ci­tif est par­ache­vé par l’état d’urgence qui, conver­ti en droit ordi­naire, offre les moyens d’une toute nou­velle poli­tique de « pré­ven­tion » : sur­veiller les oppo­sants poli­tiques, si besoin est frap­per ou inti­mi­der les élé­ments un peu remuants.

Lire aus­si , « La loi des sus­pects », Le Monde diplo­ma­tique, juillet 2017.

La pré­ven­tion remonte main­te­nant d’un cran quand elle envi­sage de sur­veiller non pas des agi­tés décla­rés, mais la cir­cu­la­tion des idées qui pour­raient en conduire d’autres à l’agitation. C’est en ce point pré­cis que les deux pro­ces­sus de fusion, interne et externe, se ren­contrent, au moment où les médias se retrouvent inté­grés dans la grande divi­sion du tra­vail de sur­veillance, et comme délé­ga­taires d’une nou­velle mis­sion de main­tien de l’ordre – de l’ordre des esprits. Mais sans avoir rien deman­dé, et en se trou­vant un peu embar­ras­sés, for­cé­ment, de cette attri­bu­tion de fait, sinon de droit. C’est que l’image de soi en défen­seur de la liber­té en prend un vieux coup de se voir « rouage externe » du grand minis­tère de l’intérieur, par ailleurs en train de réduire à lui une bonne moi­tié de la struc­ture gouvernementale.

Si elle est oxy­mo­rique, l’idée de « rouage externe » dit pour­tant bien ce qu’il y a à dire : l’effacement des fron­tières ins­ti­tu­tion­nelles et l’intégration pro­gres­sive de tous les pou­voirs dans un com­plexe unique. L’absorption com­plète des médias dans le capi­tal est déjà une évi­dence quand dix mil­liar­daires contrôlent 90 % de la dif­fu­sion des quo­ti­diens natio­naux (4). Mais leur satel­li­sa­tion par un appa­reil éta­tique de contrôle de l’information vraie fait par­tie de ces varia­tions de degré qui menacent d’une modi­fi­ca­tion qua­li­ta­tive de la perception.

Médias français : qui possède quoi (1er décembre 2016)

Voi­là donc le tra­gique des­tin. Les médias ont cru se sau­ver de la misère et de la décon­si­dé­ra­tion en jouant comme der­nière car­touche la croi­sade contre les fake news. Mais plus puis­sant et plus oppor­tu­niste qu’eux vient ramas­ser la mise et s’établir comme le Par­rain de la véri­té – en les vas­sa­li­sant de fait. Ça n’est pas que les médias n’aient pas déjà lar­ge­ment pris le pli de la vas­sa­li­té : quand Le Monde ou L’Obs se retrouvent dans la main de Xavier Niel qui ne cache rien de son idée géné­rale de la presse –« quand des jour­na­listes m’emmerdent, je prends une par­ti­ci­pa­tion dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix » (5) –, quand Libé­ra­tion ouL’Express se voient en équi­valent numé­rique de l’ancien radio-réveil offert avec un abon­ne­ment, en l’occurrence à un four­nis­seur d’accès, on ne se sent pas exac­te­ment fouet­té par le grand vent de la liberté.

Mais, signe des temps, si, néces­si­té fai­sant loi, l’on s’est très bien accom­mo­dé du der­nier degré de vas­sa­li­sa­tion éco­no­mique, on conti­nue de faire des mines au moment d’entrer dans l’orbite de l’État. C’est qu’on ten­tait de sur­vivre en trayant la rente morale offerte par des Erdoğan, Orban, Pou­tine et des Kim Jong variés. L’exercice de la pos­ture va deve­nir plus dif­fi­cile dans ces condi­tions où soi-même on consulte au minis­tère. On était Samuel Laurent ou Cédric Mathiot quand même, c’est-à-dire pas n’importe quoi, et voi­là qu’on se réveille comme chef de bureau à la sous-direc­­tion de la véri­té au minis­tère de l’intérieur. Tech­ni­cien de sur­face chez Face­book à la rigueur, mais cadre B de la fonc­tion publique, non !

La vérité de « la vérité »

Ça n’est pas tant, ici, que le chan­ge­ment de degré pro­duise le chan­ge­ment de nature, mais qu’il le révèle – car il était acquis depuis un cer­tain temps déjà. En réa­li­té la per­cep­tion com­men­çait d’être acquise elle aus­si, mais il est indé­niable que le patro­nage éta­tique dans la cer­ti­fi­ca­tion de la véri­té lui fait connaître un fameux pro­grès. Et, coïn­ci­dence mal­heu­reuse, en venant miner la stra­té­gie rési­duelle même que déployaient les médias pour plan­quer la merde au chat : quand on croule sous le poids de ses propres man­que­ments, qu’on est sous le feu de la cri­tique, et qu’on n’a aucune inten­tion de rien chan­ger, il reste tou­jours la pos­si­bi­li­té de reprendre l’initiative en inven­tant des croi­sades subal­ternes : le com­plo­tisme et lesfake news.

Choix ter­ri­ble­ment mal ins­pi­rés en fait puisqu’ils étaient l’un comme l’autre sus­cep­tibles de se retour­ner en incri­mi­na­tion des incri­mi­na­teurs. L’obsession du com­plo­tisme en dit au moins aus­si long sur l’existence réelle de délires conspi­ra­tion­nistes que sur un cer­tain tour d’esprit propre aux hommes de pou­voir qui vivent objec­ti­ve­ment dans l’élément du com­plot, et dont les jour­na­listes, quoique demi-sels d’antichambre, ont fini par s’imprégner à force de proxi­mi­té. Si bien que la chasse aux com­plo­tistes a tout d’une mani­fes­ta­tion de mau­vaise conscience pro­jec­tive (6) – mais évi­dem­ment par­fai­te­ment mécon­nue comme telle (voir aus­si l’encadré ci-dessous).

Le cas de la fake news est plus déses­pé­rant encore. Il y a d’abord l’indigence intrin­sèque de la notion, révé­lée par ses phi­lo­sophes mêmes :« fake news », nous aver­tit Cédric Mathiot, « a un sens très par­ti­cu­lier »– qui jus­ti­fie donc l’intervention d’intellectuels spé­ci­fiques – : il s’agit d’« une véri­table volon­té de trom­pe­rie, (d’)une infor­ma­tion fausse, fabri­quée à des­sein pour trom­per ». L’idée, d’une nou­veau­té lit­té­ra­le­ment ter­ras­sante, méri­tait bien de rece­voir son concept à part entière, et sur­tout d’être dite en anglais. Car on n’avait jamais rien vu de tel – même pas en fran­çais. « Un sens très par­ti­cu­lier » donc. Pour commencer.

Mais si c’était là le seul pro­blème de la fake newsHélas son incon­vé­nient prin­ci­pal est ailleurs : là encore, dans sa traî­tresse réver­si­bi­li­té. Car évo­quer la pro­pa­ga­tion de fausses nou­velles fait imman­qua­ble­ment reve­nir en mémoire l’édifiant bilan de la presse offi­cielle en cette matière, depuis ce qu’Acrimed appelle assez jus­te­ment le jour­na­lisme de pré­fec­ture (7) jusqu’à la pré­pa­ra­tion du ter­rain pour des guerres à morts par mil­liers (8) (mais le compte Twit­ter de BHL ne risque rien). De même, donc, que pour le com­plo­tisme de l’anticomplotisme, la chasse à la fake news est la mau­vaise conscience ren­ver­sée de la fake news ins­ti­tu­tion­nelle. Repro­dui­sant par-là le sys­tème géné­ral des auto­ri­sa­tions dif­fé­ren­tielles propre aux inéga­li­tés sociales, sys­tème par lequel le même acte est jugé dif­fé­rem­ment selon la posi­tion sociale des com­met­tants, la dénon­cia­tion de la fake news des gueux a pour objet de faire oublier la fake news des puis­sants (ou des bons puis­sants contre les mau­vais), la fake news pro­té­gée par les habi­tudes de la res­pec­ta­bi­li­té et les tolé­rances de l’entre-soi.

Mais elle vise plus encore à sub­sti­tuer sa ques­tion secon­daire à une ques­tion prin­ci­pale, par le pro­jet de réor­ga­ni­ser tout le débat sur les médias autour du pro­blème somme toute inepte de la « véri­té » – car il est inepte une fois qu’on a accor­dé cette tri­via­li­té que tout com­mence avec l’établissement cor­rect des faits –, quand le seul pro­blème impor­tant est celui de la déten­tion – action­na­riale. Que le fonc­tion­ne­ment géné­ral de l’information soit infi­ni­ment moins affec­té par quelques cin­glés qui délirent, ou quelques offi­cines qui intriguent, que par le fait mas­sif de la pro­prié­té capi­ta­liste concen­trée, c’est ce que peinent visi­ble­ment à com­prendre les demeu­rés du fact-che­­cking qui font la chasse aux mouches pen­dant que le gros ani­mal est dans leur dos.

Ça n’est donc même pas que la diver­sion « fake news » tourne court, c’est qu’elle revient façon mani­velle. Mais la foi­rade est com­plète quand le nou­veau par­te­na­riat des médias et du par­quet (si les pre­miers ne s’y trouvent pas embar­qués de leur com­plet aval) achève de mettre en pleine lumière l’indésirable véri­té de la « lutte pour la véri­té ». Il n’y avait plus que l’idéologie pro­fes­sion­nelle de la cor­po­ra­tion pour croire à cette vaste blague de la presse contre-pou­­voir, quand tout atteste qu’elle est pas­sée entiè­re­ment du côté des pou­voirs. Au moins res­­tait-il ce qu’il fal­lait de dis­tinc­tions for­melles pour faire per­du­rer l’illusion auprès des moins aver­tis. Évi­dem­ment, si les médias ins­tallent leurs « cel­lules » quelque part entre le palais de jus­tice et la pré­fec­ture de police, tout ça va deve­nir plus compliqué.

Politique-fake news

Que tout se voie davan­tage, c’était bien une pré­vi­sible némé­sis pour les médias du macro­nisme. Car s’il y a une maxime carac­té­ris­tique du macro­nisme, c’est bien moins « En marche » que « Tout est clair ». Avec Macron tout est deve­nu très clair, tout a été por­té à un suprême degré de clar­té. L’État est pré­si­dé par un ban­quier, il offre au capi­tal le sala­riat en chair à sau­cisse, il sup­prime l’ISF, il bas­tonne pauvres et migrants, dix ans plus tard et après n’avoir rien com­pris, il rejoue la carte de la finance. Tout devient d’une cris­tal­line sim­pli­ci­té. En même temps – comme dirait l’autre – il n’a pas encore com­plè­te­ment rejoint son lieu natu­rel, le lieu du cynisme avoué et du grand éclat de rire ; et la guerre aux pauvres ouverte en actes ne par­vient pas encore à se décla­rer en mots. Il faut donc pré­tendre l’exact contraire de ce qu’on fait, scru­pule rési­duel qui met tout le dis­cours gou­ver­ne­men­tal sous une vive ten­sion… et, par consé­quent, vaut à ses porte-parole un rap­port disons tour­men­té à la véri­té. Se peut-il que le schème géné­ral de l’inversion, qui rend assez bien compte des obses­sions anti­com­plo­tistes et anti-fake news, trouve, à cet étage aus­si, à s’appliquer ? C’est à croire, parce que la masse du faux a pris des pro­por­tions inouïes, et qu’il n’a jamais autant impor­té d’en redi­ri­ger l’inquiétude ailleurs, n’importe où ailleurs. On doit prier dans les bureaux pour que se fassent connaître en nombre de nou­veaux fadas, des équi­va­lents fonc­tion­nels de la Piz­ze­ria Comet Ping Pong (9), des hackers russes, des allu­més des chem­trails ou de n’importe quoi pour­vu qu’on puisse dire que le faux, c’est eux. Mais qu’heureusement l’État de médias veille.

Lire aus­si , « Macron ou le rêve patro­nal en ordon­nances », Le Monde diplo­ma­tique, décembre 2017.

En atten­dant que ces faux adver­saires et vrais ren­forts arrivent, et qu’on puisse lan­cer contre eux la bri­gade très légère des fact-che­­ckers, éven­tuel­le­ment accom­pa­gnée d’un panier à salade, il faut bien par­ler quand on est ministre et qu’on n’a pas réus­si à évi­ter tous les micros (vrai­ment, on com­prend qu’ils se planquent). Muriel Péni­caud explique sans cil­ler que la nou­velle dis­po­si­tion des rup­tures conven­tion­nelles consti­tue « un atout pour les sala­riés » (10). La même, qui a consti­tué une par­tie de son patri­moine par des plus-values sur stock-options consé­cu­tives à ses licen­cie­ments, est bien par­tie pour éco­no­mi­ser 49 000 euros d’ISF – et l’on se demande ce qui, de ce fait ou de la fausse nou­velle d’un compte de Macron aux Baha­mas, offense le plus l’esprit public. En tout cas Ben­ja­min Gri­veaux n’en jure pas moins que « le gou­ver­ne­ment ne fait pas de cadeaux aux riches » (11). Gérard Col­lomb affirme, lui, qu’avec la loi anti­ter­ro­riste« nous sor­tons de l’état d’urgence ». Édu­qués à faire où on leur dit de faire, les médias ont répé­té à l’unisson. Avec évi­dem­ment un niveau de dis­so­nance à y lais­ser la san­té men­tale : « sur le fond, les mesures d’exception vont deve­nir la norme » écrivent ain­si Les Échos – qui n’en titrent pas moins « Macron tire un trait sur l’état d’urgence » (12). On rap­porte que Col­lomb en a marre de « pas­ser pour le facho de ser­vice ». Mais c’est qu’il lui revient fonc­tion­nel­le­ment le mau­vais bout dans la ficelle de la double véri­té – allez, c’est le bout où l’on récu­père quand même l’admiration de l’extrême droite. Le bon bout, Macron se l’est gar­dé pour lui : « nous devons accueillir les réfu­giés, c’est notre devoir et notre hon­neur ».

Tout ça fait déjà beau­coup, mais le men­songe s’élève pour ain­si dire au car­ré quand il est celui d’un dis­cours qui porte sur le men­songe. Éle­vant tout cet ensemble à un point de per­fec­tion, et se ren­dant elle-même au tré­fonds de l’abaissement, la ministre de la culture n’hésite pas à décla­rer que la future loi sur les fake news vise « à pré­ser­ver la liber­té d’expression » (13). Boucle bou­clée – et le minis­tère de l’intérieur a main­te­nant éga­le­ment absor­bé une direc­tion de la culture rectifiée.

S’il faut conser­ver quelque chose de la phi­lo­so­phie du Dés­in­toxi­ca­teur, accor­­dons-lui que le concept de la fake news est bien là, dans sa pure­té : nous avons affaire à un ensemble de dires outra­geu­se­ment faux,« fabri­qués à des­sein pour trom­per ». Pré­vi­sible iro­nie, la loi sur les fake news est bien le ter­mi­nus de la véri­té – mais rejoint au nom de la lutte contre la post-véri­­té. Que la némé­sis de la presse macro­nienne advienne par Macron lui-même, n’est-ce pas fina­le­ment dans la logique des choses ? Ce n’est plus un gou­ver­ne­ment, c’est une fan­fare à fake news. Tous les ins­tru­men­tistes semblent bour­rés, en tout cas cornent à tout va. Mais en fait sous la férule et dans la crainte du chef d’orchestre. Et, comme le veut cette forme ren­ver­sée de cohé­rence désor­mais fami­lière, le tout selon une par­ti­tion atta­quant les liber­tés au nom de la lutte contre« l’illibéralisme ».

Remar­quable tra­jec­toire, même si elle n’est faite que pour éton­ner les « fai­seurs de bar­rage ». Pré­tex­tée par les outrances de Trump, la course à la véri­té s’achève dans un deve­­nir-Trump de Macron, qui plus est embar­quant la presse des vraies-news dans ce grand huit d’où l’on aura sans doute à ramas­ser quelques déso­rien­tés. Que Macron se mette à avoir des airs de Trump, ce sont leurs poli­tiques fis­cales sem­blables qui l’ont déjà lais­sé entre­voir (14). Voi­là qu’ils se res­semblent main­te­nant par leur com­mune obses­sion pour les fake news, simul­ta­né­ment pro­pa­ga­teurs – bien sûr pas encore au même degré de gros­siè­re­té – et pro­met­tant de les éra­di­quer. Comme l’autre, Macron a visi­ble­ment envie d’être quelque chose in chief. Pour­quoi pas Deco­der in chief alors ?

On devrait tenir pour un symp­tôme sérieux qu’un gou­ver­nant se prenne d’obsession pour les fake news : le symp­tôme de celui qui, tra­quant les offenses à la véri­té, révèle qu’il est lui-même en déli­ca­tesse avec la véri­té. Nous en savons main­te­nant assez pour voir que la poli­tique entière de Macron n’est qu’une gigan­tesque fake news – par­ache­vée, en bonne logique, par une loi sur les fake news. Entre le par­quet et les cel­lules de Déco­deurs, il y a de la catas­trophe logique dans l’air, et de la souf­france au tra­vail qui s’annonce. Ou peut-être pas.

Obsessions complotistes, obsessions anticomplotistes

On com­prend sans peine que Libé­ra­tion et Le Monde, mais par­mi tant d’autres, se soient fait une joie de l’étude Fon­da­tion Jean-Jau­­rès-Ipsos sur les ten­dances com­plo­tistes de la popu­la­tion. Les deux prin­ci­pales écu­ries à Déco­deurs n’allaient tout de même pas lais­ser pas­ser ce caviar d’une jus­ti­fi­ca­tion en quelque sorte onto­lo­gique. Ni la presse en géné­ral man­quer une occa­sion de réaf­fir­mer que le mono­pole de l’information vraie comme de la pen­sée juste lui appar­tient. On note­ra au pas­sage comme est bien conçue cette « étude », qui accole les 75 % de la popu­la­tion mani­fes­tant une défiance envers les médias avec le reste de la benne à com­plo­tistes, l’idée étant de sug­gé­rer, comme il se doit, que dou­ter des médias et battre la cam­pagne conspi­ra­tion­niste, c’est tout un. À l’évidence, ce qu’on pour­ra main­te­nant appe­ler le « mas­sif du pou­voir », atta­qué de toutes parts, n’est plus capable, pour se main­te­nir dans son mono­pole de la direc­tion géné­rale, de trou­ver d’autre solu­tion que… la dis­qua­li­fi­ca­tion de la popu­la­tion même : elle est éco­no­mi­que­ment illet­trée, poli­ti­que­ment errante, et d’une cré­du­li­té vicieuse.

On sait donc main­te­nant avec une cer­ti­tude scien­ti­fique au moins égale à celle de l’institut Ipsos que le mas­sif du pou­voir a per­du tout moyen de com­prendre ce qui lui arrive – état de stu­pi­di­té qui fait pres­sen­tir les condi­tions dans les­quelles, inca­pable de la moindre rec­ti­fi­ca­tion de tra­jec­toire, il fini­ra : mal (car il fini­ra bien un jour). Il a notam­ment per­du les moyens de com­prendre ce qui se joue avec l’inflammation conspi­ra­tion­niste – dont il reste à prou­ver, tous effets de loupe des réseaux sociaux mis à part, qu’elle a effec­ti­ve­ment crû. C’est que Rudy Reichs­tadt et la Fon­da­tion Jean Jau­rès se seraient sans doute empres­sés de comp­ta­bi­li­ser comme com­plo­tistes les « satel­lites détra­quant la météo » qui fai­saient les beaux jours des comp­toirs des années 60 – et les satel­lites étaient russes !

Que la pen­sée publique erre dans le mou­ve­ment natu­rel de faire sens de ce qui lui arrive, c’est un fait dont la nou­veau­té his­to­rique deman­de­rait à être beau­coup dis­cu­tée. Que, par un effet para­doxal, l’ampleur des élu­cu­bra­tions ait crû à pro­por­tion de l’élévation du niveau géné­ral d’étude, c’est-à-dire du nombre des gens s’estimant auto­ri­sés à « avoir des idées » sur le cours du monde, et à les dire, main­te­nant même à les publier, c’est pro­ba­ble­ment une piste plus robuste. Que l’obstination des pou­voirs à confis­quer la conduite des affaires publiques en en dis­si­mu­lant à peu près tout des gou­ver­nés, fouette la pro­duc­tion popu­laire des conjec­tures, qui plus est dans un contexte d’illégitimité crois­sante des gou­ver­nants, et avec néces­sai­re­ment la crois­sance, là encore sim­ple­ment pro­por­tion­nelle, de sa part éga­rée, ce serait aus­si une piste à creu­ser. Mais on com­prend que ni Le Monde ni Libé­ra­tion n’en aient la moindre envie. Quant à la cabane de jar­din de la rue de Sol­fé­ri­no (la Fon­da­tion Jean Jau­rès) il y a beau temps qu’elle a per­du le der­nier outil qui lui per­met­trait de creu­ser quoi que ce soit.

 

Fré­dé­ric Lordon

________________
Notes :

(1) Annon­cé par Emma­nuel Macron lors des voeux à la presse, 4 jan­vier 2018.

(2) Cédric Mathiot, Jour­nal de 13 heures, France Inter, 30 décembre 2017.

(3) Andre Damon, « Google ren­force la mise sur liste noire des sites Web des jour­na­listes de gauche », World Socia­list Web­site, 20 octobre 2017. Voir éga­le­ment : Pierre Rim­bert, « Cen­sure et chaus­settes roses », Le Monde Diplo­ma­tique, jan­vier 2018.

(4) Agnès Rous­seaux, « Le pou­voir d’influence déli­rant des dix mil­liar­daires qui contrôlent la presse fran­çaise », Bas­ta­mag, 3 avril 2017 ; voir aus­si la carte « Médias fran­çais : qui pos­sède quoi ? », régu­liè­re­ment mise à jour sur le site du Monde Diplo­ma­tique.

(5) Pro­pos rap­por­té par Odile Benya­­hia-Koui­­der dans Un si petit monde, Fayard, 2011.

(6) Voir « Le com­plo­tisme de l’anticomplotisme », Le Monde Diplo­ma­tique, octobre 2017.

(7) Fré­dé­ric Lemaire, « Dés­in­for­ma­tion sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes : les médias au garde-à-vous », Acri­med, 2 jan­vier 2018.

(8) Pierre Rim­bert, « Les chauf­fards du bobard », Le Monde Diplo­ma­tique, jan­vier 2017.

(9) Une rumeur pro­pa­gée sur Inter­net pen­dant la cam­pagne de 2016 a accu­sé Hil­la­ry Clin­ton de diri­ger un réseau pédo­phile à par­tir de la Piz­ze­ria Comet Ping Pong…

(10) Le 79, France Inter, 4 jan­vier 2018.

(11) BFM-TV, 4 jan­vier 2018.

(12) Les Échos, 31 octobre 2017.

(13) AFP, 4 jan­vier 2018.

(14) Tho­mas Piket­ty, « Trump, Macron : même com­bat », Le Monde, 12 décembre 2017.

Source : https://blog.mondediplo.net/2018–01–08-Macron-decodeur-en-chef


Mon com­men­taire :

Je trouve tor­dantes l’i­mage et sa légende 🙂
Et, comme d’ha­bi­tude, quelques savou­reuses formulations.

Juger une per­sonne (ou un groupe de per­sonnes, ou un média) EN BLOC, plu­tôt que juger ses idées (ou ses croyances, ou ses « infor­ma­tions ») UNE PAR UNE, est un com­por­te­ment tyran­nique, une gros­sière et trom­peuse approxi­ma­tion, une forme de « racisme », qui enferme un tout dans une de ses par­ties, comme si cette par­tie était défi­ni­ti­ve­ment, onto­lo­gi­que­ment (par son être même), l’es­sence du tout.

Fré­dé­ric mérite PARFOIS lui-même, bien sûr, les reproches (D’INJONCTION AUTORITAIRE À LA PURETÉ TOTALE) qu’il for­mule ici (avec rai­son) à l’é­gard des cen­seurs pré­ten­du­ment « déco­deurs ». Pour­tant, je ne le réduis pas à ce qu’il a pu dire ou faire un jour et que je consi­dère comme erreur ou faute ; je conti­nue à le lire et à l’ai­mer pour ce qu’il fait bien.

J’aime cette pen­sée de Jean Gre­nier (qui était le pro­fes­seur de phi­lo de Camus), que je trouve fondamentale :
« IL CONVIENT DE DISSOCIER LES IDÉES, AVANT ET AFIN D’ASSOCIER LES CŒURS. »

Pas mieux.

Étienne.

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Des mots, des mots… DÉMOCRATIE ? #DATAGUEULE 74

httpv://www.youtube.com/watch?v=xM8asdR5ufY

Inutile de pré­ci­ser le plai­sir que je res­sens à voir appa­raître ce bon tra­vail de syn­thèse : ça germe 🙂

« L’ha­bit ne fait pas le moine » lol 🙂

J’ai hâte de voir si l’é­quipe tonique de Data­Gueule va abor­der le point stra­té­gique de la consti­tu­tion et du pro­ces­sus consti­tuant, et sur­tout quelle légi­ti­mi­té elle va recon­naître au peuple (direc­te­ment, et pas seule­ment par réfé­ren­dum) dans ce processus. 

Peut-être diront-ils un mot des pers­pec­tives radi­cales qu’ouvrent les ate­liers consti­tuants popu­laires, pro­li­fiques et contagieux 🙂

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TOUT L’ARGENT QU’ON DONNE AUX HYPER-RICHES EST PERDU POUR LA SOCIÉTÉ, il faut arrêter « la politique de l’offre », c’est une folie !

Tout l’argent qu’on donne aux hyper-riches est per­du pour la socié­té : ils ne le dépen­se­ront jamais (car tous leurs besoins sont satis­faits depuis long­temps et pour tou­jours), ILS VONT LE « PLACER », CE QUI VEUT DIRE QU’IL FAUDRA LE LEUR RENDRE (!) ET AVEC INTÉRÊTS en plus (!!) => Donc, tout l’argent qui arrive dans la poche des hyper-riches y est aus­si­tôt fixé comme avec un élas­tique ; il est per­du pour la socié­té, il ne cir­cu­le­ra plus librement.

Les hyper-riches sont comme « UN SIPHON À POGNON », qui vide pro­gres­si­ve­ment le corps social des signes moné­taires cir­cu­lants dont le peuple a pour­tant tou­jours un besoin vital. 

Dès lors, cet argent confis­qué MANQUE cruel­le­ment à la socié­té : l’in­suf­fi­sance de demande sol­vable (salaires insuf­fi­sants pour ache­ter toute la pro­duc­tion) étrique les bons de com­mandes et dés­in­cite à inves­tir ; CE MANQUE D’ARGENT-CIRCULANT EMPÊCHE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE, IL ENTRAÎNE PROGRESSIVEMENT CHÔMAGE, misère, mal­heur, et en plus… doci­li­té des esclaves. Le résul­tat s’ap­pelle L’AUSTÉRITÉ.

(Ce qu’on appelle trop gen­ti­ment) « LES INÉGALITÉS » SONT UNE PLAIE DE LA SOCIÉTÉ. 

Une socié­té bien orga­ni­sée ne lais­se­rait pas croître les inéga­li­tés sans limite.

Pour que l’é­co­no­mie fonc­tionne, c’est aux PAUVRES (les 99%) qu’il faut don­ner de la mon­naie, parce que, EUX, ILS LA DÉPENSENT, ET DONC ELLE CIRCULE, et donc elle sert plu­sieurs fois, la mon­naie cir­cu­lante rend pos­sible tous nos échanges et donc notre acti­vi­té vitale. Le résul­tat s’ap­pelle LA PROSPÉRITÉ.

C’est une « poli­tique de la demande » (Quan­ti­ta­tive Easing QE for the people) qu’il faut aux peuples du monde.

Mais la cor­rup­tion géné­rale (sys­té­mique) de la classe poli­ti­cienne — pré­ci­sé­ment par les hyper-riches, qui sont INSATIABLES — inter­dit abso­lu­ment de mener une telle politique.

Nous avons besoin d’une vraie consti­tu­tion, ET DONC DE CITOYENS CONSTITUANTS.

Je vous sou­haite pour 2018 de mener libre­ment autour de vous d’in­nom­brables mini-ate­­liers consti­tuants popu­laires et contagieux 🙂

Bonne année, bande de virus 🙂

Étienne.

« L’argent, comme le fumier, ne fruc­ti­fie que si l’on prend soin de l’épandre. »
Fran­cis Bacon (1561−1626).

« Pre­miè­re­ment, un État très petit, où le peuple soit facile à ras­sem­bler, et où chaque citoyen puisse aisé­ment connaître tous les autres ; secon­de­ment, une grande sim­pli­ci­té de mœurs qui pré­vienne la mul­ti­tude d’af­faires et de dis­cus­sions épi­neuses ; ensuite beau­coup d’é­ga­li­té dans les rangs et dans les for­tunes, sans quoi l’é­ga­li­té ne sau­rait sub­sis­ter long­temps dans les droits et l’au­to­ri­té ; enfin peu ou point de luxe, car ou le luxe est l’ef­fet des richesses, ou il les rend néces­saires ; il cor­rompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la pos­ses­sion, l’autre par la convoi­tise ; il vend la patrie à la mol­lesse, à la vani­té ; il ôte à l’É­tat tous ses citoyens pour les asser­vir les uns aux autres, et tous à l’opinion. »
Jean-Jacques Rous­seau, ‘Du contrat social ou Prin­cipes du droit poli­tique’ (1762), livre III, cha­pitre 4 ‘De la démocratie’.

« Un ‘inves­tis­seur’, c’est un mec qui te pique ton pognon [en te ver­sant un mini salaire pour ton maxi tra­vail, et en gar­dant le reste]… et puis qui te le prête ! »
Ber­nard Friot.

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