Articles du blog
Les derniers articles du blog
« Amérique Latine : attention danger ! » – Conférence à Marseille le 28 juin 2024 par Maurice Lemoine, Romain Migus et Charles Hoareau
Il se passe des tas de choses importantes (en bien et en mal) et méconnues en Amérique latine, notamment sur le plan constituant. L’Amérique du sud est le lieu d’expériences démocratiques passionnantes et nous devrions les étudier soigneusement pour progresser sur nos propres projets démocratiques. Le site les2rives.info est une mine insondable sur tout ce qui concerne l’Amérique latine. C’est une chance de pouvoir écouter et questionner ces vrais connaisseurs sur les sujets institutionnels…
SOUVERAINETÉ, populaire ou nationale, ok mais, bon sang, QUI VA L’ÉCRIRE ?!? Conférence d’Étienne Chouard à Marseille, 28 mai 2024
La vidéo de notre rencontre à Marseille fin mai, que je vous ai annoncée ici, a été préparée et publiée par RSI (mille mercis à eux), et je la republie sur ma propre chaîne pour essayer de lui donner un peu plus de visibilité, si c’est possible : https://www.youtube.com/watch?v=Klt5j04rYks Au plaisir de lire vos commentaires, ici (sur le blog), sous la vidéo YouTube, sous le tweet ou sous un des billets Facebook ou Telegram 🙂 Amitiés à tous. Étienne.…
« Les techniciens de la monnaie nous privent d’un pouvoir essentiel : gérer notre monnaie » – Entretien avec France Soir, mars 2024
Merci à l’équipe de France-Soir pour cette nouvelle invitation (voir partie 1), pour parler cette fois de l’enjeu sociétal majeur de la création monétaire publique. ENTRETIEN ESSENTIEL – Après un premier entretien sur l’actualité et la situation politique en France, l’essayiste, Etienne Chouard, nous propose un échange sur la gestion de la monnaie par les citoyens et une réflexion globale sur l’économie. Selon l’ancienne figure intellectuelle de l’opposition au traité de Lisbonne, le peuple a…
Tous les articles du blog
Format grille – Format articles complets
[Pulvérisation des États nations] APPEL DES GRECS pour l’indépendance, la paix et l’intégrité territoriale des États
L’appel des Grecs aux autres nations, que je reproduis ci-dessous, vient de me parvenir par l’intermédiaire de Christina Komi, une femme formidable, franco-grecque, qui nous a fait récemment (en novembre à Nice) une bonne synthèse sur les révoltantes souffrances imposées aux Grecs au prétexte de « dette publique » (vidéo à la fin de ce billet).
Voici cet appel :
Fête de l’indépendance :
Appel de la Grèce aux autres nations
À l’occasion de la fête d’indépendance de la Grèce sur l’Empire Ottoman, le 25/3/1821, faisant écho aux grandes manifestations des citoyens grecs à Thessalonique (28÷1÷2018 ; 500.000), à Athènes (4÷2÷2018 ; 1.500.000), à Patras (à venir, le 4/3/2018), à New York devant le siège de l’ONU (à venir, le 18/4/2018),
les organisations grecques ΠΛΑΤΦΟΡΜΑ ΠΟΛΙΤΙΚΟΣ ΔΙΑΛΟΓΟΣ (Plate-forme Dialogue Politique), METΩΠΟ ΓΙΑ ΜΙΑ ΕΛΕΥΘΕΡΗ ΕΛΛΑΔΑ (Front pour une Grèce libre), et ΔΕΠΟΛ (Union Démocratique de citoyens) ont le plaisir de vous inviter à une MANIFESTATION POUR L’INDÉPENDANCE, LA PAIX ET L’INTÉGRITÉ TERRITORIALE DES ÉTATS, à Paris, PLACE DE LA NATION, le dimanche 25 mars 2018, 10 h – 14 h.
Manifestation à Thessalonique le 21 janvier 2018
* * *
À l’ère où le capitalisme sans frontières écrase tout sur son passage, et où nos dirigeants optent pour une « mondialisation » au bénéfice unique des banques et des multinationales, on nous présente l’éclatement de nos États comme un phénomène naturel et inéluctable. Au même moment, on nous martèle que les « minorités » (ethniques, raciales ou religieuses) de l’Europe « se réveillent », que leurs revendications identitaires sont légitimes entraînant le morcellement et l’affaiblissement de l’État souverain dont elles font partie.
Est-ce vraiment cela que nous voulons ?
Une nouvelle fois, les Balkans sont au bord d’une guerre dont l’Allemagne réunifiée est le moteur.
Dans le but d’asphyxier la Russie, l’OTAN avance ses pions reniant ainsi l’engagement fait à Gorbatchev lors de la réunification des deux Allemagnes. Les derniers bouts de l’ex-Yougoslavie intègrent un à un l’OTAN.
L’usage du nom « Macédoine » qui appartient à la Grèce depuis 3.000 ans et qui désigne le nord de la Grèce — la terre des rois macédoniens Philippe et Alexandre — est devenu, depuis Tito, mais surtout depuis ces 35 dernières années, un objet de marchandage aux mains des uns et des autres : en premier lieu l’OTAN ; ensuite la classe politicienne grecque asservie et vendue, sans oublier les falsificateurs de l’Histoire qui depuis des « Centres de recherche » allemands (tel l’ECMI « Centre pour la protection des Minorités » à Flensbourg) incitent les populations de la Slavie du sud à croire qu’ils sont les descendants d’Alexandre le Grand…
Derrière la pression exercée aujourd’hui sur le gouvernement d’Athènes — celui qui finit le sale boulot de ses prédécesseurs, le bradage du pays, l’humiliation, la trahison et le génocide du peuple grec — pour céder le nom « Macédoine » à nos voisins du nord, il y a l’expansion continue de l’OTAN.
Le peuple grec, plus affaibli que jamais, est aujourd’hui sommé de se défaire de son histoire et de son territoire national. La seule cession du nom d’une région grecque à un pays étranger ouvre ainsi la porte à l’irrédentisme du nouveau pays, menant en toute vitesse à l’amputation de la région grecque limitrophe, qui porte le nom de Macédoine, sous le prétexte de l’unification d’un supposé peuple macédonien en une seule et grande Macédoine qui n’aura plus rien à voir avec la Grèce…
Dans tout cela la Turquie ne reste pas en retrait. Elle soutient activement l’irrédentisme de Skopjie. Pour compléter le tableau, les dernières provocations de la Turquie dans la mer Égée (12 février), restées sans réponse de la part du régime grec actuel, exposent le pays, dont le sort est à présent livré aux mains de l’Empire Nord-Atlantique et des charognards spéculateurs, à un déchirement très violent. Il faut tenir compte aussi des actes de piratage commis par la flotte navale turc qui a empêché le derrick Italien d’arriver à la zone économique exclusive de la République de Chypre pour explorer les gisements de gaz.
Est-ce que la France, l’Italie, l’Espagne et les autres pays seront épargnés par ce morcellement planifié et volontaire ? Le « Centre Européen des Minorités » (ECMI), fondé en Allemagne en 1996, auto-proclamé protecteur des « minorités » s’en occupe dûment.
Bourguignons, Alsaciens, Occitans, Catalans… l’image d’une carte européenne d’États éclatés, en une centaine de petits cantons « indépendants » autour d’une grande Allemagne unie et forte n’est autre que le rêve allemand qui est de retour.
RESTERONS-NOUS PASSIFS ?
LE LAISSERONS-NOUS PASSER ?
NON ! LES ÉNORMES MANIFESTATIONS DE THESSALONIQUE (21÷1÷2018) ET D’ATHÈNES (04÷2÷2018) NOUS ONT OUVERT LA VOIE.
CONTINUONS !
REJOIGNEZ-NOUS LE 25 MARS À PARIS, PLACE DE LA NATION !
On finira cette journée festive par un syrtaki géant !
Christina m’a également transmis deux textes à la fois étonnants et inquiétants, de Ioannis Mazis, professeur de géographie à l’Université d’Athènes, textes que je publie ici avec son autorisation :
Affaiblissement des États Nations dans les Balkans via la « découverte » d’ethnies par les Allemands
Document téléchargeable ici.
Qui se cache derrière Skopje ?
Document téléchargeable ici.
Tout ça me rappelle évidemment ce que dénonce François Asselineau avec courage depuis longtemps, l’Europe des régions ethniques :
https://www.upr.fr/tag/europe–des–regions–ethniques
Enfin, je vous signale ci-dessous l’enregistrement vidéo de notre récente rencontre à Nice (le 3 novembre 2017) ; Christina avait préparé une intervention très intéressante, je trouve :
QUI VEUT LA PEAU DE LA FRANCE ?
https://youtu.be/JqLEzvYSV78
J’évoque à la minute 40:46 un document révoltant qui dénonce le scandale absolu du martyr des Grecs ; le voici :
Informations venant de Grèce (Stathis Kouvelakis, juin 2016)
Informations_venant_de_Grece_Stathis_Kouvelakis_juin_2016.pdf
Le document ci-dessus (très important) est la retranscription de l’intervention suivante, à connaître et à faire connaître : c’est notre propre avenir qui se déroule dans le laboratoire grec de la tyrannie qui vient :
—
Voici aussi le DÉBAT qui a suivi, avec la salle, le 3 novembre 2017 à Nice :
httpv://www.youtube.com/watch?v=n326T-vUtGU
Voici enfin le texte de l’intervention de Christina Komi, DETTE ET INDÉPENDANCE, analyse du laboratoire de dévastation oligarchique qu’est la Grèce depuis quelques années, avertissement et alarme pour les autres nations européennes :
Texte téléchargeable ici.
Si vous avez des précisions ou des nouvelles sur ce projet oligarchique d’atomisation des unités politiques européennes, je suis preneur, bien sûr.
Bien à vous tous.
Étienne.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156110742447317
Réflexions sur les partis politiques : Simone Weil, Robert Michels, ÉLECTION vs TIRAGE AU SORT, renfort de Jean-Claude Bourret
Un coup de pouce inattendu — et sympathique — de la part de Jean-Claude Bourret, à l’occasion d’une nouvelle réédition du texte formidable de Simone Weil : « Note sur la suppression générale des partis politiques ».
Je profite de cette occasion pour rappeler quelques réflexions anciennes sur les partis :
• Le texte original (intégral) de Simone Weil :
Note sur la suppression générale des partis politiques
téléchargeable ici : https://old.chouard.org/Europe/Simone_Weil Note_sur_la_suppression_generale_des_partis_politiques.pdf

• Une vidéo (sur le toit de ma maison 🙂 ) où je dis tout le bien que je pense, à la fois du texte de Simone Weil, et du livre de Robert Michels : « Les partis politiques. Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties » :
• Un commentaire que tout ça m’inspire aujourd’hui ;
OK pour détailler les nombreux aspects malfaisants des partis — et de l’esprit d’orthodoxie, si bien décrit par Jean Grenier) —, mais, à mon avis, on ne peut pas interdire les partis : les hommes donneront jusqu’à leur vie (!) pour garder les partis TANT QUE la cause première des partis, l’élection-parmi-des-candidats-qu’on-peut-aider, sera en vigueur. C’est l’élection qui rend nécessaires et désirables les partis. Renoncez à l’élection et vous serez débarrassé des partis, sans même avoir à les interdire : les partis disparaîtront faute d’intérêt à ce qu’ils survivent.
C’est la procédure de l’élection (moteur central de l’oligarchie ET poison mortel pour la démocratie) dont il faut débarrasser les corps sociaux qui aspirent à une démocratie vraie.
Donc, pour prendre à la racine le problème des partis politiques, voir ceci :
• L’entretien avec Natacha Polony, où je résume les termes d’un nécessaire procès de l’élection :
httpv://youtu.be/Pvn1AWl0zHc
• Le procès de l’élection plus en détail :
https://old.chouard.org/Europe/Necessaire_proces_de_l_election.pdf
Bon courage à vous, bande de virus 🙂
Étienne.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156101929582317
[Mémoire des luttes] Vivre l’Utopie, pendant la « guerre d’Espagne », et à Marinaleda
Ana a publié ceci aujourd’hui. Je le relaie ici :
« Au cas où on confondrait encore anarchie et bande à Bonnot …
Histoire :
**********
httpv://www.youtube.com/watch?v=Tu6ppQiVqmI
httpv://www.youtube.com/watch?v=_KcY2PPuMEM
httpv://www.youtube.com/watch?v=Ta7OTzIckKU
Plus au présent :
******************
httpv://www.youtube.com/watch?v=r8JcmhbasRw
httpv://www.youtube.com/watch?v=CBI_jiEnyAg
Liens youtube en pagaille :
****************************
https://www.youtube.com/results?search_query=vivre+l%27utopie+espagne
Ana Saillans. »

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156098969177317
Prochain atelier constituant à Paris : demain samedi 10 mars
Le prochain atelier constituant à Paris est prévu demain samedi 10 mars 2018, il est organisé par Les Citoyens Constituants : inscrivez-vous 🙂
http://ateliersconstituants.org
Présentation sur le site :
| Samedi 10 mars de 13h00 à 18h30 | |
| Depuis 2015, nous avons organisé trente ateliers constituants sur le thème des règles de la constituante. À chaque fois nous proposons également aux participants qui le souhaitent écrire des articles de la Constitution mais les participants semblent sensibles à l’idée que nous ne sommes pas suffisament représentatifs pour être une assemblée légitimes Chaque atelier fait l’objet d’un compte-rendu que vous pouvez visualiser ici. Nous avons aussi ce récapitulatif. Notre commission chargée de prendre note du travail effectué durant les ateliers constituants s’organise et travaille déjà depuis plusieurs mois à faire la synthèses des travaux effectués afin de formaliser et préparer le travail des prochains ateliers. L’autre but que s’est fixé cette commission sera de proposer, sur les bases du travail effectué durant les ateliers un texte sur les règles de la constituante. Vous pouvez, si vous le souhaitez, visualiser la synthèse préparée par cette commission pour faciliter le travail du prochain atelier. Vous pourrez ainsi visualiser 1. Rôle et contrôle de l’Assemblée Constituante, 2. Structure de l’Assemblée Constituante, 3. Modalité de création de la Constitution. 4. Constitution provisoire allégée de transition pendant les travaux de la Constituante. 5. Programme de transition Constitutionnel entre les institutions actuelles et la Constitution provisoire allègée. Voici les dates des prochains ateliers constituants organisés sur Paris par l’association Les Citoyens Constituants jusqu’en juin 2018 : Samedi 10 mars : Inscriptions ICI Dates et inscriptions pour les ateliers suivants en 2018 : | |
| Pour préparer une assemblée constituante tirée au sort ! | |
| Les ateliers constituants c’est LA pratique de réappropriation de la politique (au sens de la vie publique) par les citoyens. Aujourd’hui les décisions politiques sont prises par les plus riches (ploutocratie) qui, par le biais de la presse qui leur appartient, et des élus dont ils financent les campagnes électorales et nous les faisant choisir en creux (c’est à dire en éliminant ceux dont on ne veut absolument pas) grâce à un mode de scrutin sur lequel nous n’avons rien à dire. Pour se réapproprier la politique de façon démocratique, il faut que nous les citoyens lambdas puissions écrire les règles constituantes qui encadrent la façon dont nous accordons notre confiance, à des gens qui agissent pour le bien commun, comment nous pourrions les contrôler, les révoquer … | Dans un premier temps, tout le monde doit participer à ces discussions à ces débats pour s’initier à ces problématiques. Dans un deuxième temps, quand nous serons des millions à avoir compris cela, on pourra préparer la mise en place d’une assemblée constituante tirée au sort pour figer sous forme d’articles les thèmes émanant de la Les espoirs suscités et déçus se trouveront satisfaits Ou encore mieux : lancez-vous à en organiser vous-même ! |
| Structure exemple d’une constitution citoyenne : à débattre | |
| Plus de 100 constitutions traduites en français : Aucune n’a été écrite par des citoyens lambdas, elles ne sont pas des modèles, mais on peut s’en inspirer librement pour comprendre ce qu’une constitution contient habituellement, et imaginer ce qu’elle pourrait contenir. http://mjp.univ-perp.fr/constit/constitintro.htm#doc | |
| Notions pour une constitution démocratique : Une erreur à ne pas commettre : la constitution doit fédérer un peuple et non le cliver. Elle ne doit pas définir une politique mais donner un cadre dans lequel on débat pacifiquement pour la définir. Tout comme on choisit dans quelle salle débattre ou que l’on définit dans quelle langue on échangera. Loin de nier les clivages de la société elle vise à leur donner un cadre pour s’exprimer respectueusement. Et permettre au peuple de décider de quelle façon il garde la main sur ses représentants afin que ceux-ci restent ses serviteurs et non des dirigeants. | |
Informations et inscription :
http://ateliersconstituants.org
Sur l’importance (pour nous tous) des idées anarchistes (c’est-à-dire démocratiques)
Sur l’importance (pour nous tous) des idées anarchistes (c’est-à-dire démocratiques), un petit extrait, bien dense, de l’entretien de l’été dernier chez les jeunes gens de Thinkerview :
httpv://www.youtube.com/watch?v=xoh-2dsG7tY
Merci à ALEX 2.0 d’avoir mis en valeur ce passage important.
L’entretien Thinkerview complet :
httpv://www.youtube.com/watch?v=DROqR_7EKvs
On pourrait, si l’idée vous plaît, signaler ici, dans nos commentaires, pour ceux qui débarquent 🙂 , quelques synthèses bien denses (en texte ou en vidéo) sur les idées anarchistes.
Au passage, je vous signale un petit livre passionnant et important (je le mets toujours dans la poche intérieure de mon manteau, toujours prêt à lire/annoter dès que j’ai un moment à attendre), de Normand Baillargeon, qui s’intitule
« L’ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l’anarchisme ». J’adore ce livre.
Merci à vous tous d’être toujours là ; j’ai souvent l’impression que notre cerveau collectif me donne presque toute ma force.
Étienne.
fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156087352317317
Le livre essentiel de Bernard Charbonneau, L’État :

L’extrait passionnant lu par Julien Roux qui me l’a fait découvrir :
Le livre que je montre dans l’extrait Thinkerview :
Bernard Charbonneau & Jacques Ellul. Deux libertaires gascons unis par une pensée commune
Quelques extraits commentés : https://iatranshumanisme.com/2017/01/29/bernard–charbonneau–jacques–ellul–deux–libertaires–gascons–unis–par–une–pensee–commune/
[Autogestion en pratique – Grecs épatants] La démocratie comme patron #DATAGUEULE 79
httpv://youtu.be/NWGwItMvOYE

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156084966097317
——
[edit] J’ai trouvé ce matin, dans un de vos commentaires (fb), un texte que j’ai trouvé à la fois long et extrêmement intéressant, qui expose des arguments CONTRE l’autogestion, contre les syndicats, et en fait contre toute forme de représentation et même d’organisation 🙂
C’est donc très radical, mais je trouve que ces nombreux arguments devraient nous conduire à y réfléchir ensemble. J’ajoute donc ce lien au billet d’origine pour vous inciter à le commenter, s’il vous plaît :
Perspectives sur les Conseils, la Gestion Ouvrière et la Gauche Allemande, par Pierre Guillaume, (1974) :
http://aufhebung.fr/textes/pierre_guillaume/perspectives_sur_les_conseils_la_gestion_ouvriere_et_la_gauche_allemande/
[/edit]
« Les profiteurs de la crise », énième symptôme de la marchandisation des hommes rendus politiquement impuissants à y résister, impuissance organisée au plus haut niveau du droit, dans la constitution
Quand vous souffrez d’un mal, inutile de gémir sur les conséquences : cherchez la cause des causes.
L’autorisation par la loi des « rachats d’entreprises » traite les collectifs de travail comme de vulgaires marchandises, à vendre ou à liquider.
C’est « du droit », mais à l’évidence, c’est un droit écrit par les marchands au profit des marchands.
La liberté des propriétaires et la servitude des travailleurs sont programmées dans la constitution, au plus haut niveau du droit.
Tant que nous serons démissionnaires du processus constituant, nous serons les esclaves des négriers et des usuriers. NOTRE IMPUISSANCE EST TOTALEMENT DE NOTRE FAUTE : soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libres (Étienne de la Boétie). Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes idiots.
Vos ateliers constituants quotidiens, avec vos proches et avec vos voisins, si vous vous en occupez enfin, seront un OUTIL D’ÉDUCATION POPULAIRE RADICALE : un outil qui prendra LOGIQUEMENT nos maux à leur RACINE.
Le fait que ça ne se passe pas encore à grande échelle n’est PAS « la faute des autres ». Notre distraction permanente, notre incapacité à rester concentrés sur l’essentiel (qui est APPRENDRE À INSTITUER NOUS-MÊMES NOTRE PUISSANCE À NOUS DÉFENDRE), sont bien plus décisives que les manigances et intrigues des puissants du moment.
• Je vous suggère, par exemple, de bosser sur LES MÉDIAS (outil central et stratégique des riches pour désinformer les pauvres) : écrivez ensemble le ou les articles qui garantiraient durablement que l’opinion des citoyens soit correctement (contradictoirement et loyalement) éclairée.
• Je suggère aussi que vous réfléchissiez aux articles qui permettraient de ne pas limiter la démocratie (vraie) aux décisions prises au niveau de la nation, mais qui imposeraient aussi LA DÉMOCRATIE DANS TOUS LES GROUPES DE TRAVAIL (ce qu’on appelle aujourd’hui les « entreprises »).
Bon courage à tous, bande de virus 🙂
Étienne.
Nombreuses ressources sur vos ateliers constituants :

https://www.chouard.org/tag/ateliers-constituants‑2/

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156055650477317
Les Sujets Qui Fâchent #1 : Le Venezuela. Maurice Lemoine est l’invité de Gérard Miller sur Le Média, pour nous réinformer sur Maduro, et c’est passionnant
Une demi-heure passionnante de réinformation sur le Venezuela, sur Le Média.

https://www.lemediatv.fr/video/les-sujets-qui-fachent-1-venezuela-02092018–1732
J’éprouve depuis longtemps un profond respect pour Maurice Lemoine, que je lis depuis plus de dix ans dans le Diplo et qui présente toujours les analyses les plus nuancées et les plus fiables sur l’Amérique latine. Cet entretien est vraiment très intéressant et je le trouve évidemment trop court 🙂
Merci à Gérard Miller d’avoir voulu cet entretien, qui a quand même une autre allure que la honteuse propagande de guerre dont on nous rebat les oreilles sur les médias mainstream.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156048570342317
Chomsky : comment détruire un service public ? En baissant son financement (c’est la technique de base avant de privatiser)

Noam CHOMSKY : « COMMENT DÉTRUIRE UN SERVICE PUBLIC ?
En baissant son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront, ils voudront autre chose. C’est la technique de base pour privatiser un service public. »
Extrait de la VIDÉO Noam Chomsky, « Requiem for the American Dream »
Vidéo disponible en septembre 2018 chez Les Mutins de Pangée :
http://www.lesmutins.org/noam–chomsky–requiem–pour–le–reve
Le petit LIVRE de Chomsky, « Requiem pour le rêve américain », est épatant (comme tout ce qu’écrit Chomsky) :
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156043777862317
Une alternative monétaire enthousiasmante : LA MONNAIE LIBRE, Ğ1 (june) – entretien avec Stéphane Laborde, concepteur de la Théorie Relative de la Monnaie (TRM)
Chers amis,
Comme vous le savez peut-être, je réfléchis depuis plus de dix ans aux alternatives monétaires, en y cherchant le moyen de notre émancipation politique et économique : selon moi, aucune réelle souveraineté politique n’est concevable sans une réelle souveraineté monétaire ; autrement dit, toutes les alternatives monétaires ne sont pas émancipantes pour le corps social.
Il y a bien longtemps que je vous parle de la monnaie libre, comme une des deux plus prometteuses alternatives monétaires que je connaisse, avec le chartalisme (qui va beaucoup plus loin que la « monnaie pleine »).
Stéphane Laborde, grand amateur de mathématiques et d’échecs, a conçu la Théorie Relative de la Monnaie (TRM), et cette théorie assez épatante vient de prendre corps et vie, au printemps 2017, à travers une vraie MONNAIE, LIBRE, qui s’appelle Ğ1 (prononcer june) mémorisée et sécurisée dans une base de données partagée (libre, évidemment) gérée sur duniter.org.

Je vous présente ici un entretien récent avec Stéphane, à la maison, au cours duquel il nous explique cette nouvelle possibilité monétaire offerte aux humains, dans la plus rigoureuse liberté et la plus parfaite égalité : soit on le veut et on les rejoint, tout simplement, soit on ne le veut pas et ça fonctionnera quand même, sans nous ; pas besoin d’attendre que nous soyons tous convaincus. Pas besoin non plus d’attendre le feu vert d’une autorité privilégiée : on peut s’en servir ici et maintenant, sans attendre. C’est pour ça que c’est enthousiasmant, et c’est une de ses grandes forces, et même une exclusivité décisive, de la monnaie libre : on peut tous s’en servir, tout de suite, librement.
Je vois trois grandes forces à cette alternative monétaire :
• La pertinence de son fondement : une production invariante de valeur économique de référence par tous les êtres humains vivants qui le souhaitent.
• La permanence égalitaire et autonome de sa production, et donc de sa répartition.
• La liberté absolue d’y adhérer ou pas, dès aujourd’hui : il suffit de le vouloir pour commencer le changement.
Il me semble que la TRM, devenue aujourd’hui bien réelle et bien pratique avec la Ğ1 (june), devrait être découverte, travaillée et apprivoisée par tous les citoyens qui cherchent à se libérer de la tyrannie bancaire, et ce malgré la corruption profonde de l’État par les usuriers (ceux qui ont volé aux peuples la création monétaire).
Voyez vous-même :
#1 Cesium et la Monnaie Libre Ğ1 :
#2 La monnaie libre Ğ1 :
#3 Légalité et anonymat dans la monnaie libre Ğ1 :
#4 La toile de confiance de la monnaie libre Ğ1 :
#5 Théorie relative de la monnaie, la relativité des valeurs :
Cette dernière partie est vraiment essentielle : j’en ai compris l’importance en la regardant à nouveau, mais le crayon à la main. Voici mes notes (la vidéo est en dessous) :
Avec la Ğ1, on met fin à la rareté monétaire : « il pleut toujours un peu » dit Stéphane 🙂
Je demande à Stéphane comment on peut être sûr, avec la Ğ1 (june), qu’on aura toujours assez de monnaie pour nos échanges. Je lui rappelle que mon intuition est qu’il existe une corrélation étroite entre le chômage et le manque de monnaie. Nous devrions instituer une puissance publique chartaliste, c’est-à-dire dotée du pouvoir de création monétaire, quand elle dépense, et de destruction monétaire, quand elle perçoit l’impôt, et par-là même rendue capable d’être employeur en dernier ressort en créant toute la monnaie nécessaire pour donner du travail à tout le monde (ce procédé antichômage étant non inflationniste puisque toute cette nouvelle monnaie a une vraie contrepartie avec le travail effectué en échange). Peut-on faire de même avec la monnaie libre ?
Stéphane confirme que rien de tel n’est prévu dans la TRM et dans la Ğ1, aucune création supplémentaire n’est possible, même en cas de chômage de masse : la monnaie libre établit un droit politique essentiel, un droit individuel, le droit pour chaque être humain de créer lui-même la monnaie, un DU (Dividende Universel) de 10 Ğ1 chaque jour, de façon rigoureusement égalitaire avec ses congénères humains. La monnaie libre est donc hors de portée pour les accumulateurs et pour les imposteurs, mais elle ne permet à personne (pas même à l’État) de créer plus ou moins de junes selon d’autres critères que cette rigoureuse égalité fondatrice.
Stéphane souligne cependant que la monnaie libre n’interdit pas d’utiliser aussi une monnaie chartaliste ; elle laisse les hommes libres, bien sûr, de créer et d’utiliser d’autres monnaies par ailleurs. Les deux techniques peuvent donc coexister, un peu de la même façon que la Suisse utilise à la fois le franc suisse et le WIR.
Par ailleurs, je rappelle mon intérêt pour les monnaies « fondantes » (l’idée géniale de Silvio Gesell, 1911), pour dissuader tout le monde (par construction) d’accumuler les signes monétaires et donc pour favoriser une circulation permanente de ces signes (cette circulation étant un puissant facteur de prospérité générale).
Mais Stéphane n’aime pas que je parle de « monnaie fondante » (il déteste ça, même 🙂 ). Il me conseille avec insistance d’utiliser nous-mêmes « le module Galilée » (voir ici) pour comprendre l’attraction mécanique vers la moyenne. Stéphane souligne que, si on a trop de monnaie au-dessus de la moyenne, alors on peut considérer qu’il faille les dépenser sans trop tarder, parce qu’on va converger vers la moyenne (simulation réalisable avec le module Galilée). Mais si on est en dessous de la moyenne et qu’on ne dépense pas (ou qu’on équilibre ses échanges acheteur/vendeur, ce qui revient au même), on peut considérer qu’il faille garder ses DU afin de converger vers la moyenne.
Je signale à Stéphane que, précisément, c’est cette incitation des plus riches (en monnaie, et par rapport à la moyenne) à dépenser leurs signes monétaires, que je trouve très positive, très utile, et qui m’a fait parler de « monnaie fondante » (ce qui a le don de le mettre en pétard 🙂 ). Et là, Stéphane semble accepter cette formulation ce qui se passe vraiment avec la Ğ1 : « elle est fondante pour les riches en monnaie » ! Eh bien ça me va, moi ! C’était donc ça qui gênait tant mon Stéphane préféré : c’est l’imprécision de l’expression « monnaie fondante » : elle n’est pas du tout fondante pour tout le monde : elle n’est fondante que pour les riches en monnaie (par rapport à la moyenne), alors que pour les pauvres en monnaie (par rapport à la moyenne), elle est même l’inverse ! Bon, eh bien c’est passionnant et très satisfaisant, tout ça 🙂
Ensuite (vers la minute 15), je reviens sur la bizarrerie (des temps modernes) qui consiste à imposer une unité de mesure variable, un étalon qui change de valeur tout le temps (si le mètre changeait de longueur selon le cas ou si le kilo changeait de poids sans arrêt, ce ne serait pas très pratique…). Or, il me semble que la situation actuelle des monnaies est précisément celle-là : nous comptons les valeurs économiques avec un étalon (l’euro par exemple) dont la valeur change tout le temps, au gré des caprices des marchés et de l’inflation. Et je résume ma question : la Ğ1 nous fournit-elle un étalon de valeur stable ?
Là, il va se passer quelques minutes où j’ai l’impression que se développent entre nous quelques malentendus… Stéphane récuse le concept d’étalon : « par rapport à quoi ? me demande-t-il… Surtout pas par rapport à la richesse ! Ce n’est pas du tout ce que dit la TRM… il n’existe pas de vitesse absolue, pas plus de valeur absolue, tout est relatif… » etc.
Et je laisse finalement Stéphane parler et développer ses arguments… jusqu’à ce qu’il dise enfin (vers la minute 18’45) : « il n’y a pas de chose qui soit invariante dans l’espace et dans le temps en termes de conversions économiques. Ça, c’est le principe au fondement de la TRM. Du coup, c’est la réfutation du fait qu’il puisse exister une telle chose [l’étalon intangible de valeur que je cherche pour mesurer nos échanges]. […] L’invariance, c’est quelque chose de fondamental en sciences […] et l’économie est la seule activité un peu chiffrée qui sort de cette exigence et qui dit du même coup un peu n’importe quoi… [ 🙂 ] et la TRM consiste à réfuter toutes les théories économiques dont le flou artistique montre qu’elles ne reposent sur pas grand-chose, et à prouver ceci : il est possible de trouver une valeur économique qui possède une propriété d’invariance, et cette propriété ce n’est pas du tout un taux de conversion qui serait stable (puisque ça n’existe pas, puisque les valeurs économiques sont relatives). »
Je demande alors (min 20) « Alors ça veut dire quoi, ‘propriété d’invariance’, si ça ne veut pas dire que ça ne varie pas ? » (là, il me semble que ma question formule bien une forme de désarroi 🙂 ) Et là, je laisse parler mon Stéphane… qui n’arrive pas à me répondre et qui joue aux devinettes (pas faciles 🙂 )… mais il va finir par le dire, patience… 🙂
À 21:45, je tente ma chance : « OK, alors qu’est-ce qui est invariant dans la TRM ? » et là, la lumière se fait 🙂 et Stéphane dit : « ce qui est invariant dans la TRM, c’est L’HOMME COMME CRÉATEUR DE VALEUR ÉCONOMIQUE »
[Là, j’ai une pensée pour mon ami Bernard Friot, qui martèle partout que notre travail est la seule source de valeur économique, que le capital est une confiscation, que les « investisseurs » sont des voleurs 🙂 et que l’enjeu essentiel de la lutte politique et sociale moderne c’est d’affirmer qui crée la valeur économique.]
Stéphane continue : « Il faut donc qu’on crée une valeur économique qui soit fondée sur l’homme pour être invariante et donc pour faire un bon candidat pour la monnaie (comme la vitesse de la lumière est un bon candidat pour servir de référence à toutes les unités mesures physiques parce que c’est un invariant physique). »
23:40 « Qu’est-ce qui caractérise l’activité économique ? C’est l’homme. Les hommes, plutôt.
Qu’est-ce qui, chez les hommes, possède une propriété d’invariance ? Il y a leur espérance de vie moyenne là où ils se trouvent
Est-ce que je peux imaginer une valeur économique qui posséderait une telle propriété d’invariance ? Oui. D’abord, une valeur économique, ça se produit, et donc je peux instituer une production invariante.
Et comme l’espérance de vie humaine est limitée, je peux trouver une bonne valeur pour cette invariance, qui tienne compte de l’espérance de vie humaine ; je peux faire converger cette valeur en demi-vie, je fais quelques calculs et on trouve une bonne valeur (ce n’est pas une valeur absolue, c’est une bonne valeur), qui est autour de 10% par an, pour une production invariante. Invariante par rapport à quoi ? Par rapport à l’homme. Donc, c’est l’homme qui est producteur de cette valeur, et il la produit au même rythme à la fois dans l’espace et dans le temps, et pour cette raison, la monnaie libre possède un invariant qui est le dividende, qui est un invariant par rapport à la masse monétaire, par rapport à l’homme. Elle est invariante en termes de création, de production. Point, terminé. Après, est-ce que c’est un bon candidat pour faire une monnaie ? c’est pas à moi de le dire : si les hommes en veulent, eh bien c’est possible, et s’ils n’en veulent pas, elle ne vaudra rien. Et puis, il peut y avoir des hommes qui la choisissent et d’autres qui ne la choisissent pas. »
Bon, là (25:40), je n’ai pas oublié ma question et je résume : « Bon, ok, donc la monnaie libre sera un étalon à géométrie variable comme toutes les autres monnaie. » Stéphane refuse le mot étalon « parce qu’on est passé à la relativité depuis 1905, il serait temps d’en tenir compte » [bande de ringards 🙂 ] J’ose insister encore un peu : « c’est quand même l’objectif de la monnaie, que de permettre d’étalonner, c’est-à-dire de graduer, et donc de mesurer, la valeur… Sans monnaie, c’est vraiment compliqué de mesurer la valeur. » Stéphane me dit alors : « oui, mais ce n’est pas parce que tu veux mesurer que la mesure est statique ! » Je réponds : « ok, je n’ai jamais dit, bien sûr, que ce sont les valeurs qui sont statiques, mais c’est l’étalon qui doit l’être pour que ce soit commode, quoi… »
Stéphane insiste alors : « mais la création du DU, elle est permanente. La vitesse de la lumière est invariante, le DU est invariant. Voilà. Elle est statique justement de ce point de vue-là. Alors que, si on touchait à la création monétaire, on briserait cette permanence. Au lieu que ce soit un étalon fixe, c’est un étalon en mouvement, en création permanente, justement [un étalon relatif ?] ».
« Le DU est la seule valeur économique partagée dont la production soit invariante. »
Bon, je ne suis pas sûr d’avoir parfaitement tout compris 🙂 mais j’ai beaucoup appris, cette fois encore, et je sens qu’il y a là un formidable potentiel d’émancipation politique, d’application immédiate pour chacun (qui le décide librement) :
Voilà.
La playlist de ces cinq parties se trouve ici :

___________
Pour ceux qui veulent bosser l’idée géniale de la monnaie libre, voici quelques LIENS UTILES :
Césium : https://duniter.org/fr/monnaie–libre–g1/obtenir–des–g1/
Duniter : https://duniter.org/fr/
Pour la partie théorique :
- Théorie relative de la monnaie (TRM) : http://trm.creationmonetaire.info/
- Module Galilée : http://rml.creationmonetaire.info/modules/ (ceux qui l’ont fait ont produit posts et vidéos référencés dans la page)
- Module Yoland Bresson : http://rml.creationmonetaire.info/modules/module_yoland_bresson.html
- Playlist vidéo de conférences sur la TRM : https://www.youtube.com/watch?list=PL0UDqLtXevvH1w83dlXvs7PmLKaJlFnMx&v=ljflI–JAsbc
- Le podcast monnaie libre fort de 86 émissions à ce jour : http://monnaielibre.creationmonetaire.info/
- Jeter un oeil sur une analyse relativiste de la monnaie dominante ne peut pas faire de mal : http://www.creationmonetaire.info/2018/01/masse–monetaire–e–decembre–2017–le–rsa–enfoncera–t–il–le–record–historique–de–908–en–2018.html
Pour la partie pratique :
- Jeu Ğeconomicus, la playlist vidéo : https://youtu.be/QdAzqQr4CT4&index=1&list=PL0UDqLtXevvHY5rAyFtql5931VqYyRaoK
- https://duniter.org/fr/wiki/licence–g1/
- Le forum général pour toutes les questions autour de la monnaie libre : https://forum.monnaie-libre.fr
- Le forum technique (pour les informaticiens) : https://forum.duniter.org/
La Théorie Relative de la Monnaie par S. Laborde en 1 h 15 (2014)
La Théorie Relative de la Monnaie en 30 min (2016)
Rappel : je vous conseille de revoir cette rencontre mémorable (en 2014), où Stéphane Laborde et Jean-Baptiste Bersac nous avaient expliqué les vertus de la TRM et du chartalisme, et où j’avais précisé de mon côté ce qui m’intéressait au plus haut point dans ces deux alternatives :
httpv://www.youtube.com/watch?v=kvjstlFaxUw
——————
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156025740272317
ON FAIT QUOI ? #01 : Comment les riches ont pris le pouvoir
Première partie de notre rencontre du 25 nov. dernier avec Grégory Tabibian.
httpv://www.youtube.com/watch?v=L0aB_P0nFnk
Merci Greg (on a du boulot, pour traiter les commentaires…) 🙂
Étienne.
—————–
PS : à propos du pacifisme comme pathologie, j’en parlais là en 2016, et je crois que nous devrions tous absolument lire ça :
Le pacifisme comme pathologie (par Derrick Jensen)
—
PPS : quand je parle de 35 millions de vues, je fais référence à cet extrait de CSOJ début sept 2014 et à ces seules 4 copies sur Facebook :

—
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156020708972317
Faute d’une constitution digne de ce nom pour contrôler et punir les représentants, les « grands élus » sont des voleurs et des lâches
Les « élus » qui nous trahissent, nous étranglent et nous volent chaque jour davantage, ceux qui n’hésitent pas à nous serrer la ceinture avec une scandaleuse et non nécessaire austérité, se servent eux-mêmes à millions dans les caisses publiques, sans tambour ni trompette.
Hausse de 40 % des indemnités des grands élus, une nuit de fête, sans joute verbale, en tapinois :
http://www.lagazettedescommunes.com/548133/hausse–de–40–des–indemnites–des–grands–elus–le–coup–de–gueule–dun–petit–maire/
Ma suggestion du jour pour un article pour une constitution d’origine citoyenne :
Toute norme (loi, règlement, traité ou autre règle générale) adoptée pendant les vacances scolaires ou un soir de fête est NULLE tant qu’elle n’a pas été validée par un référendum.
Je vous propose de faire un mini-atelier constituant, là, tout de suite, pendant quelques instants, pour trouver une meilleure formulation. C’est facile, prenez une feuille et un crayon, et entraînez-vous réellement à innstituer vous-même votre souveraineté.
Je vous suggère aussi, en complément de soins individuels (comme victime de viol aggravé – quotidien, en bande et en récidive), de lire tous les livres de Philippe Pascot : ça va achever de vous réveiller.

https://www.maxmilo.com/produit/pilleurs–detat/
Étienne.
#pasdedémocratiesanscitoyensconstituants
#pasdecitoyensconstituantssansateliersconstituants
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156009723212317
Synthèse remarquable mais incomplète sur les ordonnances scélérates, imposées par les GOPÉ de l’UE
Synthèse remarquable, une fois de plus, de Jean-Luc Mélenchon contre la « loi travail » encore aggravée par les godillots du tyran, les valets « élus » de l’usurier « élu ».
Merci.
httpv://youtu.be/DTJB3AqxS6k
Mais il manque pourtant à cette synthèse une partie essentielle : François Asselineau a raison de souligner l’incohérence qui consiste à ainsi déplorer les conséquences cruelles des causes profondes qu’on ne veut pas combattre : la prétendue « Union européenne » est, avec les GOPÉ notamment mais pas seulement, le carcan qui aurait contraint tout élu quel qu’il soit à détruire le code du travail, les services publics, et toutes les institutions de la sécurité sociale ; et c’est ce même carcan qui contraindra tout président à nous martyriser plus durement chaque jour tant que nous n’en serons pas sortis.
Il faut sortir de l’UE comme on s’échappe d’une prison politique.
Naïvement peut-être, je souhaite un rapprochement entre la FI et l’UPR, qui associerait en un même mouvement de résistance à l’occupation une grande ambition de justice sociale et sa condition sine qua non, la sortie immédiate de l’UE, de l’euro et de l’OTAN.
En attendant, j’invite tous mes frères humains (et mes soeurs aussi, cela va sans dire) à se transformer en citoyens dignes de ce nom, c’est-à-dire en adultes politiques, par une pratique quotidienne des ateliers constituants, de manière à devenir progressivement capables, le jour venu, d’instituer eux-mêmes la société qu’ils désirent profondément.
Bon courage à tous les virus démocratiques, qui finiront bien par rendre mortellement malade le monstre oligarchique né de l’élection, grâce à l’antidote naturel et universel qu’est le tirage au sort, qui retire aux riches le moyen d’acheter le pouvoir politique.
Étienne.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10156008669232317

[Déjà un an de censure par diffamation] Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allégations mensongères du journal Le Monde sur son prétendu « Décodex »
Le 1er février est le jour anniversaire de la création en France par le journal Le Monde d’un lamentable outil-de-censure-des-concurrents-gênants, intitulé « Décodex ».

Je commémore ce jour de deuil pour la liberté de la presse en France par cette demande de publication d’un droit de réponse :
Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allégations mensongères du journal Le Monde sur son prétendu « Décodex »
Le Monde me fait l’immense honneur de se pencher sur mes travaux, que je mène depuis plus de dix ans, sur le gouvernement représentatif, sur les critères de la démocratie, sur le processus constituant nécessairement populaire, sur le tirage au sort en politique et sur la souveraineté monétaire et politique, pour qu’advienne enfin une vraie liberté, une vraie égalité et une vraie fraternité au sein des peuples et entre les peuples du monde entier.
Son intérêt est cependant tout relatif en ce qu’il s’accompagne d’une mise à l’index d’écrits qu’il n’a probablement jamais consultés.
C’est ainsi que mes deux pages etienne.chouard.free.fr et chouard.org (Blog du Plan C) ont été classées parmi les sites peu fiables par le tristement célèbre DÉCODEX, fruit bizarre d’accords financiers entre le quotidien français et de grands groupes américains du type Google (Cf. Le Monde, « Google finance de plus en plus l’innovation dans les médias français », édition du 17 novembre 2016, annonçant la création d’un « futur service de démontage des rumeurs »).
Le motif avancé ? « la diffusion des théories sur un prétendu « nouvel ordre mondial » sans preuve ni vérification » (sic).
Pourtant, aucune des trois « enquêtes » mentionnées en dessous dudit classement ne fait état d’un quelconque écrit par lequel j’affirmerais l’existence d’un prétendu « nouvel ordre mondial ».
Ni l’article de l’Express du 17 novembre 2014, ni celui des Inrockuptibles du 23 novembre 2014, ni celui de l’Obs du 26 mars 2012, tous trois cités comme sources du DÉCODEX, n’autorisent le jugement péremptoire, malveillant, définitif, des journalistes du Monde sur ma personne et mes idées.

« Décodex », usine à « fake news »
Au surplus, l’emploi de l’expression « nouvel ordre mondial » pourrait-il seulement justifier ladite mise à l’index quand on sait qu’elle est communément employée tant par Le Monde lui-même — qui l’évoque dans des milliers (!) de pages (source) — que par d’éminentes personnalités intellectuelles ou politiques (Kissinger, Attali, https://youtu.be/aeXhEp7dhvw, https://youtu.be/txukr5zgHnw, etc.) ?
Le seul point commun de ces trois « enquêtes », d’inégales factures, est la richesse immense des propriétaires des médias qui les ont publiées, soit précisément les personnes qui peuvent légitimement se considérer menacées par les thèses politiques profondément populaires que je défends avec ardeur.
La haine que le DÉCODEX exprime est celle des riches contre le peuple compris dans sa définition concrète, réelle et prolétaire, qui est à l’origine des grèves et des révolutions.
Je défends principalement une idée originale et puissante d’auto-émancipation des peuples par rapport à leurs exploiteurs, à travers des ateliers constituants populaires : je prétends que ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, ce n’est pas aux professionnels de la politique d’écrire ou de réviser la constitution.
Seuls les citoyens sont légitimes et capables pour rédiger, pour réviser et pour protéger une constitution digne de ce nom.
L’enjeu sociétal majeur de cette idée est de retirer aux plus riches le contrôle politique des sociétés humaines, 1) en remplaçant le faux « suffrage universel » (élire des maîtres parmi des candidats que les riches peuvent aider) par un vrai suffrage universel (voter les lois), et 2) en contrôlant sévèrement les cinq pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire, monétaire et médiatique) par des Chambres de contrôles tirées au sort.
Il est notamment une idée puissante que je défends de toutes mes forces et qui déplaît peut-être souverainement aux richissimes propriétaires du Monde (et qui expliquerait peut-être la campagne de dénigrement que je subis depuis le grand succès de la courte vidéo de mon passage à Ce soir ou jamais au début septembre 2014, plus de 35 millions de vues sur Facebook, https://youtu.be/9KyPJfYUXZc dans laquelle je dénonce précisément l’achat des journaux par des milliardaires pour gagner les élections et nous imposer leur droit), ce qui défrise peut-être les subordonnés des riches propriétaires du Monde, donc, c’est cette idée que l’information du peuple ne devrait jamais pouvoir être appropriée par personne et qu’une constitution digne de ce nom prévoirait assurément que tout journal doit appartenir à ses journalistes et ne peut en aucun cas être acheté comme une marchandise (que ce soit par une entreprise ou par un particulier).
Le dénigrement, qui est l’âme de ce DÉCODEX, ridicule entreprise de censure animée par des journalistes quelque peu fatigués par avance des enquêtes qu’ils n’ont pas commencées, exprime le véritable but poursuivi qui n’est ni la vérité ni l’information du public : il s’agit de discréditer une opinion politique en la déclarant non fiable sans même l’avoir jamais discutée.
Étienne CHOUARD.
Pour résumer, le journal d’information dit « de référence », Le Monde, une fois annexé par trois milliardaires, laisse tranquille ses faux « concurrents » (qui sont plus des complices que des concurrents depuis qu’ils ont été achetés eux aussi par les mêmes milliardaires), et dénigre gravement ses principaux concurrents (les journalistes amateurs, indépendants), ce qui est à la fois déloyal et illégal.
1) Personnellement, je ne parle JAMAIS de « nouvel ordre mondial » : ce n’est pas mon sujet et ce n’est pas mon approche de l’injustice sur terre. Les commentateurs de mon blog peuvent parfois l’évoquer (et alors ?), mais moi jamais.
2) Le Monde lui-même ne prouve pas (et ne vérifie pas davantage) ses propres allégations :
a) d’une part, les trois articles qu’il cite comme « preuves » de son mensonge sont issus de journaux qui appartiennent aux mêmes milliardaires que Le Monde, et
b) d’autre part, ces trois articles n’utilisent même pas l’expression incriminée (« nouvel ordre mondial »)… Ces prétendues « preuves » sont donc complètement « bidons ».
3) Le Monde évoque lui-même ce « nouvel ordre mondial », qu’il interdit aux autres d’évoquer, dans des milliers de ses pages.
Conformément aux lois contre la calomnie, je demande donc au journal Le Monde d’afficher sur sa page diffamatoire (permanente) du prétendu Décodex un droit de réponse (permanent), sous la forme résumée suivante :
Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allégations mensongères du journal Le Monde sur son prétendu « Décodex » : https://www.chouard.org/2018/02/01/droit-de-reponse-d-etienne-chouard-aux-allegations-mensongeres-du-journal-le-monde-sur-son-pretendu-decodex‑2/
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155993832667317
Les simples citoyens sont les seuls à être à la fois capables et légitimes pour écrire une constitution digne de ce nom (rappel 🙂 )
On se reconcentre sur l’essentiel ?
Les simples citoyens sont les seuls à être à la fois capables et légitimes pour écrire une constitution digne de ce nom :

POURQUOI RÉÉCRIRE LA CONSTITUTION ? (1÷4) : « Les constitutions du monde, pour l’instant, nous tiennent À L’ÉCART »
httpv://www.youtube.com/watch?v=_YXZrz1e_h0
POURQUOI NE VOULONS-NOUS PAS RÉÉCRIRE LA CONSTITUTION ? 2⁄4 « Qu’est-ce qui manque à cette idée forte, cette CAUSE COMMUNE de l’humanité, pour se répandre plus rapidement ? »
httpv://youtu.be/W7OefdGEFMs
ATELIERS CONSTITUANTS : COMMENT RÉÉCRIRE LA CONSTITUTION ? (3÷4)
httpv://youtu.be/eTesYR-_ikE
[ÉMANCIPATION] ET SI NOUS RÉÉCRIVIONS LA CONSTITUTION ? Vidéo 4/4
httpv://youtu.be/kFJQY94NJ2I
Mille mercis aux jeunes gens d’Inform’Action à Toulouse 🙂
Faites passer 🙂
Étienne.
Fil Facebook correspondant à ce rappel :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155968749862317
[Scandale] Lactalis au-dessus des lois — et protégée par l’indifférence des prétendus « ministres »…
Incroyable… Les réponses de ce « ministre » sont littéralement scandaleuses.
Les prétendus « représentants responsables » politiques sont en fait des traîtres irresponsables.
Ils sont (et ils resteront) impunis parce que nous n’avons pas de constitution digne de ce nom (constitution dont les acteurs politiques auraient peur et qui leur serait inaccessible) : si on veut une vraie constitution, il faudra apprendre à l’écrire nous-mêmes (dans des ateliers constituants populaires).
Le faux « suffrage universel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois) donne le pouvoir aux riches et les pires gouvernent.
Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir : ce n’est pas aux « élus » d’écrire ou de réviser la constitution.
Pas de démocratie sans tirage au sort.
Étienne.
L’émission intégrale en replay :
https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france‑2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-16-janvier-2018_2553523.html
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155953067952317
[Prétendu « complotisme » de nos meilleurs lanceurs d’alerte] Remarquable réponse de Peter Dale Scott à l’article de Marianne sur le concept « d’État profond »
Je reproduis ici intégralement le remarquable droit de réponse de Peter Dale Scott au journal Marianne, qui l’a traité de « conspirationniste » pour ses études (absolument formidables) sur l’État profond américain. Je recommande d’ailleurs chaleureusement tous les livres de Peter Dale Scott, tous très solidement documentés et littéralement bouleversants.
On commence à voir clairement 1) que l’accusation-même de « complotisme » n’est quasiment plus utilisée que par des collabos du système de domination, dont le sale boulot est d’empêcher qu’on puisse même désigner l’oppresseur, et 2) que les cibles de cette accusation de « complotisme » sont souvent les plus valeureux résistants. « Complotiste » et « conspirationniste » deviennent ainsi progressivement une sorte de légion d’honneur des vrais résistants.
Bon courage à tous les intrépides (et indispensables) dénonciateurs de complots, partout sur terre.
Étienne.
——————
Réponse de Peter Dale Scott à l’article de Marianne sur le concept « d’Etat profond »
Peter Dale Scott (avec Maxime Chaix) :
J’ai été récemment dénigré sur Marianne, et les accusations portent gravement atteinte à mon honneur ainsi qu’à ma réputation. Je suis donc tenu d’exercer mon droit de réponse. En effet, selon Marianne, « le concept [d’État profond] séduit aussi les conspirationnistes et plus particulièrement l’auteur canadien Peter Dale Scott » – une affirmation qui ne peut que me discréditer. M’assimilant à tort à l’extrême droite, votre magazine rappelle ensuite qu’un ancien conseiller de Marine Le Pen avait évoqué mes travaux lors d’une interview. Homme de gauche et défenseur de la non-violence, j’ai œuvré pendant des décennies pour diffuser les idées humanistes de Jürgen Habermas, d’Hannah Arendt, de Mario Savio ou de Czesław Miłosz. Au demeurant, je peine à comprendre comment l’on peut me reprocher le fait qu’un géopoliticien – qui a depuis rompu avec le FN et que je ne connais pas personnellement –, ait apprécié mes écrits.
Marianne m’attribue ensuite une définition de l’État profond qui n’est pas la mienne, expliquant que je porterais « la vision, beaucoup plus complotiste, “d’un État dans l’État” », une notion que je critique pourtant dans mon dernier livre. J’ai donc demandé à mon éditeur de publier le second chapitre de cet ouvrage paru en 2015. J’espère que cette démarche contribuera à enrichir le débat sur cette question, et qu’elle prouvera à vos lecteurs que j’écris non pas des divagations complotistes, mais des analyses rigoureuses et solidement documentées. D’ailleurs, puisque ma crédibilité est mise en cause, je me dois de rappeler que de nombreux experts ont mis en avant la qualité de mes recherches.
En effet, mon livre La Route vers le nouveau désordre mondial a été vivement recommandé par le général d’armée Bernard Norlain, qui l’a recensé en 2011 alors qu’il dirigeait la prestigieuse Revue Défense Nationale. Au vu de sa carrière, nul ne peut soupçonner ce général 5 étoiles d’être un « conspirationniste », bien au contraire. À la suite de cette recension, mon ouvrage a été conseillé par le général Alain Lamballe (Le Milieu des Empires), et par l’École militaire spéciale de Saint-Cyr. Ce livre est également disponible à la bibliothèque de Sciences Po Paris, un institut où j’ai étudié en 1950, et il a été recommandé par le géopoliticien Jean-Marie Collin – qui vient d’ailleurs de remporter un prix Nobel de la paix à titre collectif pour son travail au sein du réseau ICAN. Ce livre a aussi été recensé positivement dans le magazineDiplomatie, et il a fait l’objet d’une critique élogieuse de la part de Jean-Loup Feltz dans la revue Afrique contemporaine, qui dépend de l’Agence Française de Développement. Ayant recommandé mes travaux, ces experts sont-ils, eux aussi, des « conspirationnistes » ? On peut légitimement en douter.
Intitulé La Machine de guerre américaine et publié en 2012, mon second ouvrage traduit en français a connu le même succès chez les spécialistes. En effet, le général Norlain l’a vivement conseillé dans la Revue Défense Nationale, puis le lieutenant-colonel et historien Rémy Porte l’a recensé positivement. Ce livre fut égalementrecommandé par Daniel Ellsberg – le précurseur des lanceurs d’alerte actuels –, etL’Humanité l’a chroniqué favorablement, à l’instar du magazine Diplomatie qui l’a mis en avant à l’occasion d’une nouvelle interview. Comme le précédent et le suivant, ce livre est disponible à la bibliothèque de Sciences Po Paris. Par ailleurs, ma conception de l’État profond explicitée dans cet ouvrage a été reprise par le commissaire divisionnaire, ex-officier de la DST et criminologue Jean-François Gayraud. Ainsi, réduire ma vision du système de l’État profond à une « nouvelle marotte du FN soufflée par Trump » me semble un peu léger.
Dernier livre de la trilogie, L’État profond américain résume, selon Daniel Ellsberg, « plus de quatre décennies de recherches « , qualifiant cette analyse de » méticuleuse, brillante et magistrale. » Ancien spécialiste au Pentagone et à la RAND Corporation, M. Ellsberg est décrit comme un pionnier par Edward Snowden et d’autres lanceurs d’alerte. Soulignons également que mon livre a été recommandé dans le numéro 100 de la Revue Internationale et Stratégique de l’IRIS, qui nous en offre un pertinent résumé. Il a également été conseillé dans Paris Match par le grand reporter François de Labarre, qui a jugé mon ouvrage suffisamment crédible pour le recenser favorablement en tant que « livre de la semaine ».
Vous en conviendrez, les experts, auteurs, journalistes, magazines, revues et journaux précités ne sont aucunement « conspirationnistes ». J’espère donc que ma réponse permettra de laver mon honneur, et de clarifier utilement ma définition de l’État profond. Bien entendu, libre à quiconque de la critiquer, mais je préférerais qu’on le fasse après l’avoir étudiée sérieusement, sans m’associer à des idées extrémistes que je combats depuis des décennies.
Peter Dale Scott.
——
Vous pouvez feuilleter ci-dessous le précieux chapitre 2 du livre L’État profond américain, chapitre offert par les Éditions Demi-Lune (très courageux éditeur) :
Fichier pdf à télécharger ici :
http://www.editionsdemilune.com/media/extraits/l‑etat-profond-americain/EDL-EPA-Chapitre‑2.pdf
Voici donc les trois précieux bouquins cités dans ce droit de réponse, trois livres que vous devriez tous avoir chez vous, à la fois pour les lire et pour les faire connaître autour de vous. Ces livres sont pa-ssio-nnants :

http://www.editionsdemilune.com/la–route–vers–le–nouveau–desordre–mondial–p–36.html

http://www.editionsdemilune.com/la–machine–de–guerre–americaine–p–45.html

http://www.editionsdemilune.com/letat–profond–americain–p–58.html?zenid=a212b3d822732b53cd74cbc25a6d6118
Rappel du billet que j’avais publié sur ce dernier livre en juillet 2015 :
[Passionnant et important] Peter Dale Scott, « L’État profond américain. La finance, le pétrole et la guerre perpétuelle ».
Enfin, je vous recommande cette très intéressante vidéo où Peter Dale Scott explique (en français !) son travail à l’équipe de Thinkerview :
httpv://www.youtube.com/watch?v=i4dcmJALM8k
Peter Dale Scott, professeur émérite de Littérature anglaise à l’Université de Berkeley, Californie. Il a travaillé durant quatre ans (1957−1961) pour le service diplomatique canadien. Expert dans les domaines des opérations secrètes et du trafic de drogue international. Il est connu pour ses positions anti-guerre et ses critiques à l’encontre de la politique étrangère des États-Unis.
Salut à tous, bande de virus 🙂
Étienne.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155941693062317
[À propos du complotisme évident des « anticomplotistes »] Frédéric Lordon : « Contre les ‘fake-news’, Macron décodeur-en-chef »
Macron décodeur-en-chef
par Frédéric Lordon, 8 janvier 2018
https://blog.mondediplo.net/2018–01–08-Macron-decodeur-en-chef

Gérôme, « La Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l’humanité », 1896
« Alors les Décodeurs se réveillèrent, et ils virent qu’ils avaient l’air con… »Lamentations, chapitre 2, verset 2 (révisé)
Par un effet de retour, que deux innocents grecs, Jocaste et Laïos, avaient bien expérimenté en leur temps, voilà donc les Décodeurs victimes du tragique destin qu’ils ont eux-mêmes consciencieusement œuvré à mettre en branle. L’histoire commence comme la charge de la brigade légère (ou lourde ?). La vérité est en danger, elle appelle à la rescousse. Mais qui pour lui venir en aide ? Qui sinon des vocations pures ? La presse libre et indépendante, la presse démocratique. Elle vole au secours.
On en était là de l’épopée, les Décodeurs assuraient la maintenance de la vérité en régime de croisière, bref les choses allaient gentiment leur train, quand plus sérieux qu’eux arrive leur indiquer d’autres manières : la distribution des gommettes faisant un peu léger, on y mettra maintenant les moyens de l’État.
Et voilà comment on se retrouve avec un projet de loi sur les fake news (1).
Il n’était pas besoin d’être grand clerc pour apercevoir dès le départ que tout s’était mis de travers dans cette histoire, et poursuivrait de même. Il fallait d’abord que la presse de service s’abuse considérablement quant à son propre crédit dans la population pour s’imaginer en rempart de correction, elle dont la mission d’intoxiquer n’est même plus vécue comme une mission tant elle est devenue une nature seconde. Il fallait ensuite ne pas craindre les balles perdues du fusil à tirer dans les coins, les médias rectificateurs, à défaut d’avoir songé à se blinder le fondement, étant voués à se retrouver eux-mêmes rectifiés par derrière, c’est-à-dire systématiquement interrogés pour leur substantielle contribution au faux général de l’époque. Ce qu’un minimum de décence réflexive – ou de régulation du ridicule – a manqué à produire : un réveil, il se pourrait que la loi anti fake news de Macron y parvienne, mais trop tard et avec quelques effets rétroactifs pénibles. En tout cas, et c’est le moins qu’on puisse dire, l’annonce n’a pas fait pousser des cris de triomphe dans les rédactions, même les plus en pointe dans la croisade du vrai – où, pour la première fois, on perçoit comme un léger sentiment d’alarme. On aurait pu imaginer une sorte d’exultation à la reconnaissance suprême du bien-fondé de la cause. L’ambiance est plutôt à une vague intuition du péril. De fait, le pas de trop est celui qui jette d’un coup une lumière un peu blafarde sur tout l’édifice.
Égoutiers de l’Internet ?
Car il devient de plus en plus difficile de se déclarer soldat de la vérité. L’enrôlement plus ou moins crapoteux au service du grand capital numérique n’était déjà pas bien glorieux – on ne s’était d’ailleurs pas trop précipité pour faire la publicité de ces collaborations. On apprend en effet depuis peu que bon nombre de rédactions touchent de Google et Facebook pour mettre à disposition des équipes de journalistes-rectificateurs aidant à purger les tuyaux. Il faut vraiment que l’argent manque pour accepter ainsi de se transformer en égoutiers de l’Internet pour le compte des Compagnies des Eaux qui prospèrent en surface. Bien sûr ça n’est pas de cette manière qu’on présente les choses, cependant même ré-enjolivée en cause commune de la vérité démocratique, l’association normalisatrice avec les grossiums de la donnée produit déjà un effet bizarre.
Il faut sans doute être un Décodeur, ou en l’occurrence un Désintoxicateur (Libération), pour se promener dans cet environnement en toute innocence, et même casser le morceau avec une parfaite candeur : « Nous, par exemple, on travaille pour Facebook, comme un certain nombre de médias en France travaillent pour Facebook et rémunérés par Facebook pour faire le ménage dans les contenus qui circulent », déclare Cédric Mathiot avec une complète absence de malice (2) – on voit très bien Hubert Beuve-Méry ou Sartre envisageant de « faire le ménage dans les contenus » en compagnie d’IBM ou de (la nommée avec préscience) Control Data Corporation.
On voudrait donc éclairer l’égoutier heureux sur les commanditaires pour qui il pousse le balai : Google News par exemple a considéré récemmentqu’un site comme le World Socialist Website (WSW) méritait d’être évacué comme de la déjection ordinaire. C’est que Chris Hedges y a donné un entretien avertissant des risques de censure par Google – qui n’a pas plu à Google. Le malheureux Hedges a donc aussitôt disparu des référencements par Google News. Quant au WSW, il a vu sa fréquentation acheminée par Google chuter de 74 %. Comme le nettoyage est général, treize des principaux sites de gauche étatsuniens dégringolent de 55 % (3). À Libération donc, pour le compte de Facebook, ou de qui voudra (paiera), et au nom de la vérité, les Désintoxicateurs « font le ménage » – des mots parfaitement choisis pour signifier une tonique promesse de démocratie.
Lire aussi , « Censure et chaussettes roses », Le Monde diplomatique, janvier 2018.
C’est toujours le même étonnement, éternellement renouvelé, que d’entendre un Décodeur ou assimilé prendre la parole pour livrer sa philosophie du métier, à chaque fois la même confirmation performative du naufrage de pensée en quoi consistent les idées mêmes de fake news ou de post-vérité. Plus qu’un étonnement en fait, une sorte de vertige : le Désintoxicateur ne voit même pas le problème. On notera à sa décharge que ses employeurs semblent ne pas l’avoir vu davantage. À moins que leur situation de trésorerie les ait dissuadés de le regarder trop longtemps. Mais alors pourquoi, en si bon chemin, se mettre à toussoter au moment de recevoir les consécrations de la loi ? Un rude objecteur remarquerait qu’à l’inverse de Google et Facebook, la loi, elle, ne paye pas. Ne restent que les incommodités de la compromission – rachetés par rien. Ça n’est pas faux.
… ou attachés de bureau au ministère de l’intérieur ?
C’est même si vrai que, jusque dans les directions de médias les plus fanatiques, on pressent confusément la mauvaise affaire symbolique de se retrouver trop visiblement absorbées dans le processus en cours de fusion organique des puissances : capital, État, médias. Les distinctions institutionnelles purement nominales – « les entreprises », « les médias », « le gouvernement » –, devenues entièrement factices, feuilles de vigne recouvrant une indifférenciation déjà perceptible de tous, n’en étaient que plus dramatiquement précieuses, précisément parce que c’est tout ce qu’il reste : des noms usités, pour travestir le réel, au travers desquels on commence quand même à voir a giorno, mais vitaux pour tenter de préserver les derniers semblants. Libération passe la loque pour Facebook, c’est déjà un peu lourd – si c’est rémunérateur. Mais couler cet attelage dans un ministère de l’intérieur étendu, ça va devenir trop – et finir par se voir.
Car voilà toute l’affaire : c’est qu’à un processus de fusion externe, en répond un autre, interne – à l’appareil d’État. Et les deux entrent en coalescence pour produire un résultat tout à fait inédit. Le processus interne est celui qui voit la différenciation fonctionnelle de l’appareil d’État s’effacer tendanciellement pour le menacer de s’effondrer en un double ministère sec – dont un gigantesque ministère de l’intérieur. De quoi en effet l’État s’occupe-t-il essentiellement désormais ? De deux choses : le service du capital, et le contrôle des populations. Les inégalités en fusée et l’État social conduit au délabrement par paupérisation délibérée du côté du Ministère des amis, il ne reste forcément plus que des solutions de « maintien de l’ordre » du côté du Ministère des inconvénients. De ce côté-là, la fusion justice-police est déjà bien avancée – il suffit de se repasser les exploits des procureurs, de leurs réquisition, de leurs appels, depuis l’affaire Adama Traoré jusqu’à celle du quai de Valmy, et chaque fois qu’il s’agit de prendre le parti de la police ou d’avoir affaire à quelque forme de contestation. Comme il se doit, l’ensemble coercitif est parachevé par l’état d’urgence qui, converti en droit ordinaire, offre les moyens d’une toute nouvelle politique de « prévention » : surveiller les opposants politiques, si besoin est frapper ou intimider les éléments un peu remuants.
Lire aussi , « La loi des suspects », Le Monde diplomatique, juillet 2017.
La prévention remonte maintenant d’un cran quand elle envisage de surveiller non pas des agités déclarés, mais la circulation des idées qui pourraient en conduire d’autres à l’agitation. C’est en ce point précis que les deux processus de fusion, interne et externe, se rencontrent, au moment où les médias se retrouvent intégrés dans la grande division du travail de surveillance, et comme délégataires d’une nouvelle mission de maintien de l’ordre – de l’ordre des esprits. Mais sans avoir rien demandé, et en se trouvant un peu embarrassés, forcément, de cette attribution de fait, sinon de droit. C’est que l’image de soi en défenseur de la liberté en prend un vieux coup de se voir « rouage externe » du grand ministère de l’intérieur, par ailleurs en train de réduire à lui une bonne moitié de la structure gouvernementale.
Si elle est oxymorique, l’idée de « rouage externe » dit pourtant bien ce qu’il y a à dire : l’effacement des frontières institutionnelles et l’intégration progressive de tous les pouvoirs dans un complexe unique. L’absorption complète des médias dans le capital est déjà une évidence quand dix milliardaires contrôlent 90 % de la diffusion des quotidiens nationaux (4). Mais leur satellisation par un appareil étatique de contrôle de l’information vraie fait partie de ces variations de degré qui menacent d’une modification qualitative de la perception.
Médias français : qui possède quoi (1er décembre 2016)
Voilà donc le tragique destin. Les médias ont cru se sauver de la misère et de la déconsidération en jouant comme dernière cartouche la croisade contre les fake news. Mais plus puissant et plus opportuniste qu’eux vient ramasser la mise et s’établir comme le Parrain de la vérité – en les vassalisant de fait. Ça n’est pas que les médias n’aient pas déjà largement pris le pli de la vassalité : quand Le Monde ou L’Obs se retrouvent dans la main de Xavier Niel qui ne cache rien de son idée générale de la presse –« quand des journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix » (5) –, quand Libération ouL’Express se voient en équivalent numérique de l’ancien radio-réveil offert avec un abonnement, en l’occurrence à un fournisseur d’accès, on ne se sent pas exactement fouetté par le grand vent de la liberté.
Mais, signe des temps, si, nécessité faisant loi, l’on s’est très bien accommodé du dernier degré de vassalisation économique, on continue de faire des mines au moment d’entrer dans l’orbite de l’État. C’est qu’on tentait de survivre en trayant la rente morale offerte par des Erdoğan, Orban, Poutine et des Kim Jong variés. L’exercice de la posture va devenir plus difficile dans ces conditions où soi-même on consulte au ministère. On était Samuel Laurent ou Cédric Mathiot quand même, c’est-à-dire pas n’importe quoi, et voilà qu’on se réveille comme chef de bureau à la sous-direction de la vérité au ministère de l’intérieur. Technicien de surface chez Facebook à la rigueur, mais cadre B de la fonction publique, non !
La vérité de « la vérité »
Ça n’est pas tant, ici, que le changement de degré produise le changement de nature, mais qu’il le révèle – car il était acquis depuis un certain temps déjà. En réalité la perception commençait d’être acquise elle aussi, mais il est indéniable que le patronage étatique dans la certification de la vérité lui fait connaître un fameux progrès. Et, coïncidence malheureuse, en venant miner la stratégie résiduelle même que déployaient les médias pour planquer la merde au chat : quand on croule sous le poids de ses propres manquements, qu’on est sous le feu de la critique, et qu’on n’a aucune intention de rien changer, il reste toujours la possibilité de reprendre l’initiative en inventant des croisades subalternes : le complotisme et lesfake news.
Choix terriblement mal inspirés en fait puisqu’ils étaient l’un comme l’autre susceptibles de se retourner en incrimination des incriminateurs. L’obsession du complotisme en dit au moins aussi long sur l’existence réelle de délires conspirationnistes que sur un certain tour d’esprit propre aux hommes de pouvoir qui vivent objectivement dans l’élément du complot, et dont les journalistes, quoique demi-sels d’antichambre, ont fini par s’imprégner à force de proximité. Si bien que la chasse aux complotistes a tout d’une manifestation de mauvaise conscience projective (6) – mais évidemment parfaitement méconnue comme telle (voir aussi l’encadré ci-dessous).
Le cas de la fake news est plus désespérant encore. Il y a d’abord l’indigence intrinsèque de la notion, révélée par ses philosophes mêmes :« fake news », nous avertit Cédric Mathiot, « a un sens très particulier »– qui justifie donc l’intervention d’intellectuels spécifiques – : il s’agit d’« une véritable volonté de tromperie, (d’)une information fausse, fabriquée à dessein pour tromper ». L’idée, d’une nouveauté littéralement terrassante, méritait bien de recevoir son concept à part entière, et surtout d’être dite en anglais. Car on n’avait jamais rien vu de tel – même pas en français. « Un sens très particulier » donc. Pour commencer.
Mais si c’était là le seul problème de la fake news… Hélas son inconvénient principal est ailleurs : là encore, dans sa traîtresse réversibilité. Car évoquer la propagation de fausses nouvelles fait immanquablement revenir en mémoire l’édifiant bilan de la presse officielle en cette matière, depuis ce qu’Acrimed appelle assez justement le journalisme de préfecture (7) jusqu’à la préparation du terrain pour des guerres à morts par milliers (8) (mais le compte Twitter de BHL ne risque rien). De même, donc, que pour le complotisme de l’anticomplotisme, la chasse à la fake news est la mauvaise conscience renversée de la fake news institutionnelle. Reproduisant par-là le système général des autorisations différentielles propre aux inégalités sociales, système par lequel le même acte est jugé différemment selon la position sociale des commettants, la dénonciation de la fake news des gueux a pour objet de faire oublier la fake news des puissants (ou des bons puissants contre les mauvais), la fake news protégée par les habitudes de la respectabilité et les tolérances de l’entre-soi.
Mais elle vise plus encore à substituer sa question secondaire à une question principale, par le projet de réorganiser tout le débat sur les médias autour du problème somme toute inepte de la « vérité » – car il est inepte une fois qu’on a accordé cette trivialité que tout commence avec l’établissement correct des faits –, quand le seul problème important est celui de la détention – actionnariale. Que le fonctionnement général de l’information soit infiniment moins affecté par quelques cinglés qui délirent, ou quelques officines qui intriguent, que par le fait massif de la propriété capitaliste concentrée, c’est ce que peinent visiblement à comprendre les demeurés du fact-checking qui font la chasse aux mouches pendant que le gros animal est dans leur dos.
Ça n’est donc même pas que la diversion « fake news » tourne court, c’est qu’elle revient façon manivelle. Mais la foirade est complète quand le nouveau partenariat des médias et du parquet (si les premiers ne s’y trouvent pas embarqués de leur complet aval) achève de mettre en pleine lumière l’indésirable vérité de la « lutte pour la vérité ». Il n’y avait plus que l’idéologie professionnelle de la corporation pour croire à cette vaste blague de la presse contre-pouvoir, quand tout atteste qu’elle est passée entièrement du côté des pouvoirs. Au moins restait-il ce qu’il fallait de distinctions formelles pour faire perdurer l’illusion auprès des moins avertis. Évidemment, si les médias installent leurs « cellules » quelque part entre le palais de justice et la préfecture de police, tout ça va devenir plus compliqué.
Politique-fake news
Que tout se voie davantage, c’était bien une prévisible némésis pour les médias du macronisme. Car s’il y a une maxime caractéristique du macronisme, c’est bien moins « En marche » que « Tout est clair ». Avec Macron tout est devenu très clair, tout a été porté à un suprême degré de clarté. L’État est présidé par un banquier, il offre au capital le salariat en chair à saucisse, il supprime l’ISF, il bastonne pauvres et migrants, dix ans plus tard et après n’avoir rien compris, il rejoue la carte de la finance. Tout devient d’une cristalline simplicité. En même temps – comme dirait l’autre – il n’a pas encore complètement rejoint son lieu naturel, le lieu du cynisme avoué et du grand éclat de rire ; et la guerre aux pauvres ouverte en actes ne parvient pas encore à se déclarer en mots. Il faut donc prétendre l’exact contraire de ce qu’on fait, scrupule résiduel qui met tout le discours gouvernemental sous une vive tension… et, par conséquent, vaut à ses porte-parole un rapport disons tourmenté à la vérité. Se peut-il que le schème général de l’inversion, qui rend assez bien compte des obsessions anticomplotistes et anti-fake news, trouve, à cet étage aussi, à s’appliquer ? C’est à croire, parce que la masse du faux a pris des proportions inouïes, et qu’il n’a jamais autant importé d’en rediriger l’inquiétude ailleurs, n’importe où ailleurs. On doit prier dans les bureaux pour que se fassent connaître en nombre de nouveaux fadas, des équivalents fonctionnels de la Pizzeria Comet Ping Pong (9), des hackers russes, des allumés des chemtrails ou de n’importe quoi pourvu qu’on puisse dire que le faux, c’est eux. Mais qu’heureusement l’État de médias veille.
Lire aussi , « Macron ou le rêve patronal en ordonnances », Le Monde diplomatique, décembre 2017.
En attendant que ces faux adversaires et vrais renforts arrivent, et qu’on puisse lancer contre eux la brigade très légère des fact-checkers, éventuellement accompagnée d’un panier à salade, il faut bien parler quand on est ministre et qu’on n’a pas réussi à éviter tous les micros (vraiment, on comprend qu’ils se planquent). Muriel Pénicaud explique sans ciller que la nouvelle disposition des ruptures conventionnelles constitue « un atout pour les salariés » (10). La même, qui a constitué une partie de son patrimoine par des plus-values sur stock-options consécutives à ses licenciements, est bien partie pour économiser 49 000 euros d’ISF – et l’on se demande ce qui, de ce fait ou de la fausse nouvelle d’un compte de Macron aux Bahamas, offense le plus l’esprit public. En tout cas Benjamin Griveaux n’en jure pas moins que « le gouvernement ne fait pas de cadeaux aux riches » (11). Gérard Collomb affirme, lui, qu’avec la loi antiterroriste« nous sortons de l’état d’urgence ». Éduqués à faire où on leur dit de faire, les médias ont répété à l’unisson. Avec évidemment un niveau de dissonance à y laisser la santé mentale : « sur le fond, les mesures d’exception vont devenir la norme » écrivent ainsi Les Échos – qui n’en titrent pas moins « Macron tire un trait sur l’état d’urgence » (12). On rapporte que Collomb en a marre de « passer pour le facho de service ». Mais c’est qu’il lui revient fonctionnellement le mauvais bout dans la ficelle de la double vérité – allez, c’est le bout où l’on récupère quand même l’admiration de l’extrême droite. Le bon bout, Macron se l’est gardé pour lui : « nous devons accueillir les réfugiés, c’est notre devoir et notre honneur ».
Tout ça fait déjà beaucoup, mais le mensonge s’élève pour ainsi dire au carré quand il est celui d’un discours qui porte sur le mensonge. Élevant tout cet ensemble à un point de perfection, et se rendant elle-même au tréfonds de l’abaissement, la ministre de la culture n’hésite pas à déclarer que la future loi sur les fake news vise « à préserver la liberté d’expression » (13). Boucle bouclée – et le ministère de l’intérieur a maintenant également absorbé une direction de la culture rectifiée.
S’il faut conserver quelque chose de la philosophie du Désintoxicateur, accordons-lui que le concept de la fake news est bien là, dans sa pureté : nous avons affaire à un ensemble de dires outrageusement faux,« fabriqués à dessein pour tromper ». Prévisible ironie, la loi sur les fake news est bien le terminus de la vérité – mais rejoint au nom de la lutte contre la post-vérité. Que la némésis de la presse macronienne advienne par Macron lui-même, n’est-ce pas finalement dans la logique des choses ? Ce n’est plus un gouvernement, c’est une fanfare à fake news. Tous les instrumentistes semblent bourrés, en tout cas cornent à tout va. Mais en fait sous la férule et dans la crainte du chef d’orchestre. Et, comme le veut cette forme renversée de cohérence désormais familière, le tout selon une partition attaquant les libertés au nom de la lutte contre« l’illibéralisme ».
Remarquable trajectoire, même si elle n’est faite que pour étonner les « faiseurs de barrage ». Prétextée par les outrances de Trump, la course à la vérité s’achève dans un devenir-Trump de Macron, qui plus est embarquant la presse des vraies-news dans ce grand huit d’où l’on aura sans doute à ramasser quelques désorientés. Que Macron se mette à avoir des airs de Trump, ce sont leurs politiques fiscales semblables qui l’ont déjà laissé entrevoir (14). Voilà qu’ils se ressemblent maintenant par leur commune obsession pour les fake news, simultanément propagateurs – bien sûr pas encore au même degré de grossièreté – et promettant de les éradiquer. Comme l’autre, Macron a visiblement envie d’être quelque chose in chief. Pourquoi pas Decoder in chief alors ?
On devrait tenir pour un symptôme sérieux qu’un gouvernant se prenne d’obsession pour les fake news : le symptôme de celui qui, traquant les offenses à la vérité, révèle qu’il est lui-même en délicatesse avec la vérité. Nous en savons maintenant assez pour voir que la politique entière de Macron n’est qu’une gigantesque fake news – parachevée, en bonne logique, par une loi sur les fake news. Entre le parquet et les cellules de Décodeurs, il y a de la catastrophe logique dans l’air, et de la souffrance au travail qui s’annonce. Ou peut-être pas.
Obsessions complotistes, obsessions anticomplotistes
On comprend sans peine que Libération et Le Monde, mais parmi tant d’autres, se soient fait une joie de l’étude Fondation Jean-Jaurès-Ipsos sur les tendances complotistes de la population. Les deux principales écuries à Décodeurs n’allaient tout de même pas laisser passer ce caviar d’une justification en quelque sorte ontologique. Ni la presse en général manquer une occasion de réaffirmer que le monopole de l’information vraie comme de la pensée juste lui appartient. On notera au passage comme est bien conçue cette « étude », qui accole les 75 % de la population manifestant une défiance envers les médias avec le reste de la benne à complotistes, l’idée étant de suggérer, comme il se doit, que douter des médias et battre la campagne conspirationniste, c’est tout un. À l’évidence, ce qu’on pourra maintenant appeler le « massif du pouvoir », attaqué de toutes parts, n’est plus capable, pour se maintenir dans son monopole de la direction générale, de trouver d’autre solution que… la disqualification de la population même : elle est économiquement illettrée, politiquement errante, et d’une crédulité vicieuse.
On sait donc maintenant avec une certitude scientifique au moins égale à celle de l’institut Ipsos que le massif du pouvoir a perdu tout moyen de comprendre ce qui lui arrive – état de stupidité qui fait pressentir les conditions dans lesquelles, incapable de la moindre rectification de trajectoire, il finira : mal (car il finira bien un jour). Il a notamment perdu les moyens de comprendre ce qui se joue avec l’inflammation conspirationniste – dont il reste à prouver, tous effets de loupe des réseaux sociaux mis à part, qu’elle a effectivement crû. C’est que Rudy Reichstadt et la Fondation Jean Jaurès se seraient sans doute empressés de comptabiliser comme complotistes les « satellites détraquant la météo » qui faisaient les beaux jours des comptoirs des années 60 – et les satellites étaient russes !
Que la pensée publique erre dans le mouvement naturel de faire sens de ce qui lui arrive, c’est un fait dont la nouveauté historique demanderait à être beaucoup discutée. Que, par un effet paradoxal, l’ampleur des élucubrations ait crû à proportion de l’élévation du niveau général d’étude, c’est-à-dire du nombre des gens s’estimant autorisés à « avoir des idées » sur le cours du monde, et à les dire, maintenant même à les publier, c’est probablement une piste plus robuste. Que l’obstination des pouvoirs à confisquer la conduite des affaires publiques en en dissimulant à peu près tout des gouvernés, fouette la production populaire des conjectures, qui plus est dans un contexte d’illégitimité croissante des gouvernants, et avec nécessairement la croissance, là encore simplement proportionnelle, de sa part égarée, ce serait aussi une piste à creuser. Mais on comprend que ni Le Monde ni Libération n’en aient la moindre envie. Quant à la cabane de jardin de la rue de Solférino (la Fondation Jean Jaurès) il y a beau temps qu’elle a perdu le dernier outil qui lui permettrait de creuser quoi que ce soit.
Frédéric Lordon
________________
Notes :
(1) Annoncé par Emmanuel Macron lors des voeux à la presse, 4 janvier 2018.
(2) Cédric Mathiot, Journal de 13 heures, France Inter, 30 décembre 2017.
(3) Andre Damon, « Google renforce la mise sur liste noire des sites Web des journalistes de gauche », World Socialist Website, 20 octobre 2017. Voir également : Pierre Rimbert, « Censure et chaussettes roses », Le Monde Diplomatique, janvier 2018.
(4) Agnès Rousseaux, « Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui contrôlent la presse française », Bastamag, 3 avril 2017 ; voir aussi la carte « Médias français : qui possède quoi ? », régulièrement mise à jour sur le site du Monde Diplomatique.
(5) Propos rapporté par Odile Benyahia-Kouider dans Un si petit monde, Fayard, 2011.
(6) Voir « Le complotisme de l’anticomplotisme », Le Monde Diplomatique, octobre 2017.
(7) Frédéric Lemaire, « Désinformation sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes : les médias au garde-à-vous », Acrimed, 2 janvier 2018.
(8) Pierre Rimbert, « Les chauffards du bobard », Le Monde Diplomatique, janvier 2017.
(9) Une rumeur propagée sur Internet pendant la campagne de 2016 a accusé Hillary Clinton de diriger un réseau pédophile à partir de la Pizzeria Comet Ping Pong…
(10) Le 7⁄9, France Inter, 4 janvier 2018.
(11) BFM-TV, 4 janvier 2018.
(12) Les Échos, 31 octobre 2017.
(13) AFP, 4 janvier 2018.
(14) Thomas Piketty, « Trump, Macron : même combat », Le Monde, 12 décembre 2017.
Source : https://blog.mondediplo.net/2018–01–08-Macron-decodeur-en-chef
Mon commentaire :
Je trouve tordantes l’image et sa légende 🙂
Et, comme d’habitude, quelques savoureuses formulations.
Juger une personne (ou un groupe de personnes, ou un média) EN BLOC, plutôt que juger ses idées (ou ses croyances, ou ses « informations ») UNE PAR UNE, est un comportement tyrannique, une grossière et trompeuse approximation, une forme de « racisme », qui enferme un tout dans une de ses parties, comme si cette partie était définitivement, ontologiquement (par son être même), l’essence du tout.
Frédéric mérite PARFOIS lui-même, bien sûr, les reproches (D’INJONCTION AUTORITAIRE À LA PURETÉ TOTALE) qu’il formule ici (avec raison) à l’égard des censeurs prétendument « décodeurs ». Pourtant, je ne le réduis pas à ce qu’il a pu dire ou faire un jour et que je considère comme erreur ou faute ; je continue à le lire et à l’aimer pour ce qu’il fait bien.
J’aime cette pensée de Jean Grenier (qui était le professeur de philo de Camus), que je trouve fondamentale :
« IL CONVIENT DE DISSOCIER LES IDÉES, AVANT ET AFIN D’ASSOCIER LES CŒURS. »
Pas mieux.
Étienne.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155928387562317
Des mots, des mots… DÉMOCRATIE ? #DATAGUEULE 74
httpv://www.youtube.com/watch?v=xM8asdR5ufY
Inutile de préciser le plaisir que je ressens à voir apparaître ce bon travail de synthèse : ça germe 🙂
« L’habit ne fait pas le moine » lol 🙂

J’ai hâte de voir si l’équipe tonique de DataGueule va aborder le point stratégique de la constitution et du processus constituant, et surtout quelle légitimité elle va reconnaître au peuple (directement, et pas seulement par référendum) dans ce processus.
Peut-être diront-ils un mot des perspectives radicales qu’ouvrent les ateliers constituants populaires, prolifiques et contagieux 🙂
—
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155917787457317
TOUT L’ARGENT QU’ON DONNE AUX HYPER-RICHES EST PERDU POUR LA SOCIÉTÉ, il faut arrêter « la politique de l’offre », c’est une folie !

Tout l’argent qu’on donne aux hyper-riches est perdu pour la société : ils ne le dépenseront jamais (car tous leurs besoins sont satisfaits depuis longtemps et pour toujours), ILS VONT LE « PLACER », CE QUI VEUT DIRE QU’IL FAUDRA LE LEUR RENDRE (!) ET AVEC INTÉRÊTS en plus (!!) => Donc, tout l’argent qui arrive dans la poche des hyper-riches y est aussitôt fixé comme avec un élastique ; il est perdu pour la société, il ne circulera plus librement.
Les hyper-riches sont comme « UN SIPHON À POGNON », qui vide progressivement le corps social des signes monétaires circulants dont le peuple a pourtant toujours un besoin vital.
Dès lors, cet argent confisqué MANQUE cruellement à la société : l’insuffisance de demande solvable (salaires insuffisants pour acheter toute la production) étrique les bons de commandes et désincite à investir ; CE MANQUE D’ARGENT-CIRCULANT EMPÊCHE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE, IL ENTRAÎNE PROGRESSIVEMENT CHÔMAGE, misère, malheur, et en plus… docilité des esclaves. Le résultat s’appelle L’AUSTÉRITÉ.
(Ce qu’on appelle trop gentiment) « LES INÉGALITÉS » SONT UNE PLAIE DE LA SOCIÉTÉ.
Une société bien organisée ne laisserait pas croître les inégalités sans limite.
Pour que l’économie fonctionne, c’est aux PAUVRES (les 99%) qu’il faut donner de la monnaie, parce que, EUX, ILS LA DÉPENSENT, ET DONC ELLE CIRCULE, et donc elle sert plusieurs fois, la monnaie circulante rend possible tous nos échanges et donc notre activité vitale. Le résultat s’appelle LA PROSPÉRITÉ.
C’est une « politique de la demande » (Quantitative Easing QE for the people) qu’il faut aux peuples du monde.
Mais la corruption générale (systémique) de la classe politicienne — précisément par les hyper-riches, qui sont INSATIABLES — interdit absolument de mener une telle politique.
Nous avons besoin d’une vraie constitution, ET DONC DE CITOYENS CONSTITUANTS.
Je vous souhaite pour 2018 de mener librement autour de vous d’innombrables mini-ateliers constituants populaires et contagieux 🙂
Bonne année, bande de virus 🙂
Étienne.
—
—
« L’argent, comme le fumier, ne fructifie que si l’on prend soin de l’épandre. »
Francis Bacon (1561−1626).
« Premièrement, un État très petit, où le peuple soit facile à rassembler, et où chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres ; secondement, une grande simplicité de mœurs qui prévienne la multitude d’affaires et de discussions épineuses ; ensuite beaucoup d’égalité dans les rangs et dans les fortunes, sans quoi l’égalité ne saurait subsister longtemps dans les droits et l’autorité ; enfin peu ou point de luxe, car ou le luxe est l’effet des richesses, ou il les rend nécessaires ; il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l’État tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion. »
Jean-Jacques Rousseau, ‘Du contrat social ou Principes du droit politique’ (1762), livre III, chapitre 4 ‘De la démocratie’.
« Un ‘investisseur’, c’est un mec qui te pique ton pognon [en te versant un mini salaire pour ton maxi travail, et en gardant le reste]… et puis qui te le prête ! »
Bernard Friot.
–
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10155912217962317&set=a.10150376908517317.402882.600922316&type=1&theater








