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Pour Ainsi Dire : Discussion 1, 2 et 3

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Affaire Denis Robert, tirage au sort des élus… Entretien sur France Soir

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Essai pour un contrôle populaire des institutions – DÉFINITION, FORCE ET ENJEUX DE LA CONSTITUTION : pourquoi nous sommes complètement fous de ne pas nous y intéresser en priorité absolue (3 vidéos intégrales et texte)

Essai pour un contrôle populaire des institutions – DÉFINITION, FORCE ET ENJEUX DE LA CONSTITUTION : pourquoi nous sommes complètement fous de ne pas nous y intéresser en priorité absolue (3 vidéos intégrales et texte)

Chers amis, Je réca­pi­tule, sur ma chaîne et dans ce billet, les vidéos que j’ai conçues et publiées pour Une Nôtre His­toire pour faire le point sur la démo­cra­tie et les ins­ti­tu­tions, en insis­tant évi­dem­ment sur l’im­por­tance prio­ri­taire d’un pro­ces­sus consti­tuant popu­laire et per­ma­nent (PCPP). La nou­veau­té, ici, c’est que TOUS les ENJEUX POLITIQUES sont pré­sen­tés en une seule vidéo de 53 minutes (la troi­sième). Je joins à ces trois vidéos le texte cor­res­pon­dant, pour ceux qui pré­fèrent lire.…

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For­mat grille – For­mat articles complets

« Les profiteurs de la crise », énième symptôme de la marchandisation des hommes rendus politiquement impuissants à y résister, impuissance organisée au plus haut niveau du droit, dans la constitution

Quand vous souf­frez d’un mal, inutile de gémir sur les consé­quences : cher­chez la cause des causes.

L’au­to­ri­sa­tion par la loi des « rachats d’en­tre­prises » traite les col­lec­tifs de tra­vail comme de vul­gaires mar­chan­dises, à vendre ou à liquider. 

C’est « du droit », mais à l’é­vi­dence, c’est un droit écrit par les mar­chands au pro­fit des marchands.

La liber­té des pro­prié­taires et la ser­vi­tude des tra­vailleurs sont pro­gram­mées dans la consti­tu­tion, au plus haut niveau du droit.

Tant que nous serons démis­sion­naires du pro­ces­sus consti­tuant, nous serons les esclaves des négriers et des usu­riers. NOTRE IMPUISSANCE EST TOTALEMENT DE NOTRE FAUTE : soyez réso­lus de ne plus ser­vir et vous voi­là libres (Étienne de la Boé­tie). Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Nous ne sommes pas des vic­times, nous sommes idiots. 

Vos ate­liers consti­tuants quo­ti­diens, avec vos proches et avec vos voi­sins, si vous vous en occu­pez enfin, seront un OUTIL D’ÉDUCATION POPULAIRE RADICALE : un outil qui pren­dra LOGIQUEMENT nos maux à leur RACINE. 

Le fait que ça ne se passe pas encore à grande échelle n’est PAS « la faute des autres ». Notre dis­trac­tion per­ma­nente, notre inca­pa­ci­té à res­ter concen­trés sur l’es­sen­tiel (qui est APPRENDRE À INSTITUER NOUS-MÊMES NOTRE PUISSANCE À NOUS DÉFENDRE), sont bien plus déci­sives que les mani­gances et intrigues des puis­sants du moment.

• Je vous sug­gère, par exemple, de bos­ser sur LES MÉDIAS (outil cen­tral et stra­té­gique des riches pour dés­in­for­mer les pauvres) : écri­vez ensemble le ou les articles qui garan­ti­raient dura­ble­ment que l’o­pi­nion des citoyens soit cor­rec­te­ment (contra­dic­toi­re­ment et loya­le­ment) éclairée. 

• Je sug­gère aus­si que vous réflé­chis­siez aux articles qui per­met­traient de ne pas limi­ter la démo­cra­tie (vraie) aux déci­sions prises au niveau de la nation, mais qui impo­se­raient aus­si LA DÉMOCRATIE DANS TOUS LES GROUPES DE TRAVAIL (ce qu’on appelle aujourd’­hui les « entreprises »).

Bon cou­rage à tous, bande de virus 🙂 

Étienne.


Nom­breuses res­sources sur vos ate­liers constituants :

Le wiki des GV, Catégorie:Atelier constituant :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Cat%C3%A9gorie:Atelier_constituant


https://www.chouard.org/tag/ateliers-constituants‑2/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​5​5​6​5​0​4​7​7​317

Les Sujets Qui Fâchent #1 : Le Venezuela. Maurice Lemoine est l’invité de Gérard Miller sur Le Média, pour nous réinformer sur Maduro, et c’est passionnant

Une demi-heure pas­sion­nante de réin­for­ma­tion sur le Vene­zue­la, sur Le Média.


https://www.lemediatv.fr/video/les-sujets-qui-fachent-1-venezuela-02092018–1732

J’é­prouve depuis long­temps un pro­fond res­pect pour Mau­rice Lemoine, que je lis depuis plus de dix ans dans le Diplo et qui pré­sente tou­jours les ana­lyses les plus nuan­cées et les plus fiables sur l’A­mé­rique latine. Cet entre­tien est vrai­ment très inté­res­sant et je le trouve évi­dem­ment trop court 🙂

Mer­ci à Gérard Mil­ler d’a­voir vou­lu cet entre­tien, qui a quand même une autre allure que la hon­teuse pro­pa­gande de guerre dont on nous rebat les oreilles sur les médias mainstream.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​4​8​5​7​0​3​4​2​317

Chomsky : comment détruire un service public ? En baissant son financement (c’est la technique de base avant de privatiser)

Noam CHOMSKY : « COMMENT DÉTRUIRE UN SERVICE PUBLIC ?
En bais­sant son finan­ce­ment. Il ne fonc­tion­ne­ra plus. Les gens s’énerveront, ils vou­dront autre chose. C’est la tech­nique de base pour pri­va­ti­ser un ser­vice public. »


Extrait de la VIDÉO Noam Chom­sky, « Requiem for the Ame­ri­can Dream »
Vidéo dis­po­nible en sep­tembre 2018 chez Les Mutins de Pangée :
http://​www​.les​mu​tins​.org/​n​o​a​m​–​c​h​o​m​s​k​y​–​r​e​q​u​i​e​m​–​p​o​u​r​–​l​e​–​r​eve

Le petit LIVRE de Chom­sky, « Requiem pour le rêve amé­ri­cain », est épa­tant (comme tout ce qu’é­crit Chomsky) :


https://​edi​tions​.flam​ma​rion​.com/​C​a​t​a​l​o​g​u​e​/​c​l​i​m​a​t​s​/​e​s​s​a​i​s​/​r​e​q​u​i​e​m​–​p​o​u​r​–​l​e​–​r​e​v​e​–​a​m​e​r​i​c​ain


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​4​3​7​7​7​8​6​2​317

Une alternative monétaire enthousiasmante : LA MONNAIE LIBRE, Ğ1 (june) – entretien avec Stéphane Laborde, concepteur de la Théorie Relative de la Monnaie (TRM)

Chers amis,

Comme vous le savez peut-être, je réflé­chis depuis plus de dix ans aux alter­na­tives moné­taires, en y cher­chant le moyen de notre éman­ci­pa­tion poli­tique et éco­no­mique : selon moi, aucune réelle sou­ve­rai­ne­té poli­tique n’est conce­vable sans une réelle sou­ve­rai­ne­té moné­taire ; autre­ment dit, toutes les alter­na­tives moné­taires ne sont pas éman­ci­pantes pour le corps social. 

Il y a bien long­temps que je vous parle de la mon­naie libre, comme une des deux plus pro­met­teuses alter­na­tives moné­taires que je connaisse, avec le char­ta­lisme (qui va beau­coup plus loin que la « mon­naie pleine »). 

Sté­phane Laborde, grand ama­teur de mathé­ma­tiques et d’é­checs, a conçu la Théo­rie Rela­tive de la Mon­naie (TRM), et cette théo­rie assez épa­tante vient de prendre corps et vie, au prin­temps 2017, à tra­vers une vraie MONNAIE, LIBRE, qui s’ap­pelle Ğ1 (pro­non­cer june) mémo­ri­sée et sécu­ri­sée dans une base de don­nées par­ta­gée (libre, évi­dem­ment) gérée sur duni​ter​.org.

Je vous pré­sente ici un entre­tien récent avec Sté­phane, à la mai­son, au cours duquel il nous explique cette nou­velle pos­si­bi­li­té moné­taire offerte aux humains, dans la plus rigou­reuse liber­té et la plus par­faite éga­li­té : soit on le veut et on les rejoint, tout sim­ple­ment, soit on ne le veut pas et ça fonc­tion­ne­ra quand même, sans nous ; pas besoin d’at­tendre que nous soyons tous convain­cus. Pas besoin non plus d’at­tendre le feu vert d’une auto­ri­té pri­vi­lé­giée : on peut s’en ser­vir ici et main­te­nant, sans attendre. C’est pour ça que c’est enthou­sias­mant, et c’est une de ses grandes forces, et même une exclu­si­vi­té déci­sive, de la mon­naie libre : on peut tous s’en ser­vir, tout de suite, librement.

Je vois trois grandes forces à cette alter­na­tive monétaire : 

La per­ti­nence de son fon­de­ment : une pro­duc­tion inva­riante de valeur éco­no­mique de réfé­rence par tous les êtres humains vivants qui le souhaitent.

La per­ma­nence éga­li­taire et auto­nome de sa pro­duc­tion, et donc de sa répartition.

La liber­té abso­lue d’y adhé­rer ou pas, dès aujourd’­hui : il suf­fit de le vou­loir pour com­men­cer le changement.

 
Il me semble que la TRM, deve­nue aujourd’­hui bien réelle et bien pra­tique avec la Ğ1 (june), devrait être décou­verte, tra­vaillée et appri­voi­sée par tous les citoyens qui cherchent à se libé­rer de la tyran­nie ban­caire, et ce mal­gré la cor­rup­tion pro­fonde de l’É­tat par les usu­riers (ceux qui ont volé aux peuples la créa­tion monétaire).

Voyez vous-même :

#1 Cesium et la Monnaie Libre Ğ1 :

 
 

#2 La monnaie libre Ğ1 :

 
 

#3 Légalité et anonymat dans la monnaie libre Ğ1 :

 
 

#4 La toile de confiance de la monnaie libre Ğ1 :

 
 

#5 Théorie relative de la monnaie, la relativité des valeurs :

Cette der­nière par­tie est vrai­ment essen­tielle : j’en ai com­pris l’im­por­tance en la regar­dant à nou­veau, mais le crayon à la main. Voi­ci mes notes (la vidéo est en dessous) :

Avec la Ğ1, on met fin à la rare­té moné­taire : « il pleut tou­jours un peu » dit Stéphane 🙂

Je demande à Sté­phane com­ment on peut être sûr, avec la Ğ1 (june), qu’on aura tou­jours assez de mon­naie pour nos échanges. Je lui rap­pelle que mon intui­tion est qu’il existe une cor­ré­la­tion étroite entre le chô­mage et le manque de mon­naie. Nous devrions ins­ti­tuer une puis­sance publique char­ta­liste, c’est-à-dire dotée du pou­voir de créa­tion moné­taire, quand elle dépense, et de des­truc­tion moné­taire, quand elle per­çoit l’im­pôt, et par-là même ren­due capable d’être employeur en der­nier res­sort en créant toute la mon­naie néces­saire pour don­ner du tra­vail à tout le monde (ce pro­cé­dé anti­chô­mage étant non infla­tion­niste puisque toute cette nou­velle mon­naie a une vraie contre­par­tie avec le tra­vail effec­tué en échange). Peut-on faire de même avec la mon­naie libre ?

Sté­phane confirme que rien de tel n’est pré­vu dans la TRM et dans la Ğ1, aucune créa­tion sup­plé­men­taire n’est pos­sible, même en cas de chô­mage de masse : la mon­naie libre éta­blit un droit poli­tique essen­tiel, un droit indi­vi­duel, le droit pour chaque être humain de créer lui-même la mon­naie, un DU (Divi­dende Uni­ver­sel) de 10 Ğ1 chaque jour, de façon rigou­reu­se­ment éga­li­taire avec ses congé­nères humains. La mon­naie libre est donc hors de por­tée pour les accu­mu­la­teurs et pour les impos­teurs, mais elle ne per­met à per­sonne (pas même à l’É­tat) de créer plus ou moins de junes selon d’autres cri­tères que cette rigou­reuse éga­li­té fondatrice.

Sté­phane sou­ligne cepen­dant que la mon­naie libre n’in­ter­dit pas d’u­ti­li­ser aus­si une mon­naie char­ta­liste ; elle laisse les hommes libres, bien sûr, de créer et d’u­ti­li­ser d’autres mon­naies par ailleurs. Les deux tech­niques peuvent donc coexis­ter, un peu de la même façon que la Suisse uti­lise à la fois le franc suisse et le WIR.

Par ailleurs, je rap­pelle mon inté­rêt pour les mon­naies « fon­dantes » (l’i­dée géniale de Sil­vio Gesell, 1911), pour dis­sua­der tout le monde (par construc­tion) d’ac­cu­mu­ler les signes moné­taires et donc pour favo­ri­ser une cir­cu­la­tion per­ma­nente de ces signes (cette cir­cu­la­tion étant un puis­sant fac­teur de pros­pé­ri­té générale).

Mais Sté­phane n’aime pas que je parle de « mon­naie fon­dante » (il déteste ça, même 🙂 ). Il me conseille avec insis­tance d’u­ti­li­ser nous-mêmes « le module Gali­lée » (voir ici) pour com­prendre l’at­trac­tion méca­nique vers la moyenne. Sté­phane sou­ligne que, si on a trop de mon­naie au-des­­sus de la moyenne, alors on peut consi­dé­rer qu’il faille les dépen­ser sans trop tar­der, parce qu’on va conver­ger vers la moyenne (simu­la­tion réa­li­sable avec le module Gali­lée). Mais si on est en des­sous de la moyenne et qu’on ne dépense pas (ou qu’on équi­libre ses échanges acheteur/vendeur, ce qui revient au même), on peut consi­dé­rer qu’il faille gar­der ses DU afin de conver­ger vers la moyenne. 

Je signale à Sté­phane que, pré­ci­sé­ment, c’est cette inci­ta­tion des plus riches (en mon­naie, et par rap­port à la moyenne) à dépen­ser leurs signes moné­taires, que je trouve très posi­tive, très utile, et qui m’a fait par­ler de « mon­naie fon­dante » (ce qui a le don de le mettre en pétard 🙂 ). Et là, Sté­phane semble accep­ter cette for­mu­la­tion ce qui se passe vrai­ment avec la Ğ1 : « elle est fon­dante pour les riches en mon­naie » ! Eh bien ça me va, moi ! C’é­tait donc ça qui gênait tant mon Sté­phane pré­fé­ré : c’est l’im­pré­ci­sion de l’ex­pres­sion « mon­naie fon­dante » : elle n’est pas du tout fon­dante pour tout le monde : elle n’est fon­dante que pour les riches en mon­naie (par rap­port à la moyenne), alors que pour les pauvres en mon­naie (par rap­port à la moyenne), elle est même l’in­verse ! Bon, eh bien c’est pas­sion­nant et très satis­fai­sant, tout ça 🙂

Ensuite (vers la minute 15), je reviens sur la bizar­re­rie (des temps modernes) qui consiste à impo­ser une uni­té de mesure variable, un éta­lon qui change de valeur tout le temps (si le mètre chan­geait de lon­gueur selon le cas ou si le kilo chan­geait de poids sans arrêt, ce ne serait pas très pra­tique…). Or, il me semble que la situa­tion actuelle des mon­naies est pré­ci­sé­ment celle-là : nous comp­tons les valeurs éco­no­miques avec un éta­lon (l’eu­ro par exemple) dont la valeur change tout le temps, au gré des caprices des mar­chés et de l’in­fla­tion. Et je résume ma ques­tion : la Ğ1 nous four­­nit-elle un éta­lon de valeur stable ?

Là, il va se pas­ser quelques minutes où j’ai l’im­pres­sion que se déve­loppent entre nous quelques mal­en­ten­dus… Sté­phane récuse le concept d’é­ta­lon : « par rap­port à quoi ? me demande-t-il… Sur­tout pas par rap­port à la richesse ! Ce n’est pas du tout ce que dit la TRM… il n’existe pas de vitesse abso­lue, pas plus de valeur abso­lue, tout est rela­tif… » etc. 

Et je laisse fina­le­ment Sté­phane par­ler et déve­lop­per ses argu­ments… jus­qu’à ce qu’il dise enfin (vers la minute 18’45) : « il n’y a pas de chose qui soit inva­riante dans l’espace et dans le temps en termes de conver­sions éco­no­miques. Ça, c’est le prin­cipe au fon­de­ment de la TRM. Du coup, c’est la réfu­ta­tion du fait qu’il puisse exis­ter une telle chose [l’étalon intan­gible de valeur que je cherche pour mesu­rer nos échanges]. […] L’invariance, c’est quelque chose de fon­da­men­tal en sciences […] et l’économie est la seule acti­vi­té un peu chif­frée qui sort de cette exi­gence et qui dit du même coup un peu n’importe quoi… [ 🙂 ] et la TRM consiste à réfu­ter toutes les théo­ries éco­no­miques dont le flou artis­tique montre qu’elles ne reposent sur pas grand-chose, et à prou­ver ceci : il est pos­sible de trou­ver une valeur éco­no­mique qui pos­sède une pro­prié­té d’invariance, et cette pro­prié­té ce n’est pas du tout un taux de conver­sion qui serait stable (puisque ça n’existe pas, puisque les valeurs éco­no­miques sont relatives). » 

Je demande alors (min 20) « Alors ça veut dire quoi, ‘pro­prié­té d’invariance’, si ça ne veut pas dire que ça ne varie pas ? » (là, il me semble que ma ques­tion for­mule bien une forme de désar­roi 🙂 ) Et là, je laisse par­ler mon Sté­phane… qui n’arrive pas à me répondre et qui joue aux devi­nettes (pas faciles 🙂 )… mais il va finir par le dire, patience… 🙂 

À 21:45, je tente ma chance : « OK, alors qu’est-ce qui est inva­riant dans la TRM ? » et là, la lumière se fait 🙂 et Sté­phane dit : « ce qui est inva­riant dans la TRM, c’est L’HOMME COMME CRÉATEUR DE VALEUR ÉCONOMIQUE »

[Là, j’ai une pen­sée pour mon ami Ber­nard Friot, qui mar­tèle par­tout que notre tra­vail est la seule source de valeur éco­no­mique, que le capi­tal est une confis­ca­tion, que les « inves­tis­seurs » sont des voleurs 🙂 et que l’enjeu essen­tiel de la lutte poli­tique et sociale moderne c’est d’affirmer qui crée la valeur éco­no­mique.]

Sté­phane conti­nue : « Il faut donc qu’on crée une valeur éco­no­mique qui soit fon­dée sur l’homme pour être inva­riante et donc pour faire un bon can­di­dat pour la mon­naie (comme la vitesse de la lumière est un bon can­di­dat pour ser­vir de réfé­rence à toutes les uni­tés mesures phy­siques parce que c’est un inva­riant physique). »

23:40 « Qu’est-ce qui carac­té­rise l’activité éco­no­mique ? C’est l’homme. Les hommes, plu­tôt.
Qu’est-ce qui, chez les hommes, pos­sède une pro­prié­té d’invariance ? Il y a leur espé­rance de vie moyenne là où ils se trouvent
Est-ce que je peux ima­gi­ner une valeur éco­no­mique qui pos­sé­de­rait une telle pro­prié­té d’invariance ? Oui. D’a­bord, une valeur éco­no­mique, ça se pro­duit, et donc je peux ins­ti­tuer une pro­duc­tion inva­riante.
Et comme l’espérance de vie humaine est limi­tée, je peux trou­ver une bonne valeur pour cette inva­riance, qui tienne compte de l’espérance de vie humaine ; je peux faire conver­ger cette valeur en demi-vie, je fais quelques cal­culs et on trouve une bonne valeur (ce n’est pas une valeur abso­lue, c’est une bonne valeur), qui est autour de 10% par an, pour une pro­duc­tion inva­riante. Inva­riante par rap­port à quoi ? Par rap­port à l’homme. Donc, c’est l’homme qui est pro­duc­teur de cette valeur, et il la pro­duit au même rythme à la fois dans l’espace et dans le temps, et pour cette rai­son, la mon­naie libre pos­sède un inva­riant qui est le divi­dende, qui est un inva­riant par rap­port à la masse moné­taire, par rap­port à l’homme. Elle est inva­riante en termes de créa­tion, de pro­duc­tion. Point, ter­mi­né. Après, est-ce que c’est un bon can­di­dat pour faire une mon­naie ? c’est pas à moi de le dire : si les hommes en veulent, eh bien c’est pos­sible, et s’ils n’en veulent pas, elle ne vau­dra rien. Et puis, il peut y avoir des hommes qui la choi­sissent et d’autres qui ne la choi­sissent pas. »

Bon, là (25:40), je n’ai pas oublié ma ques­tion et je résume : « Bon, ok, donc la mon­naie libre sera un éta­lon à géo­mé­trie variable comme toutes les autres mon­naie. » Sté­phane refuse le mot éta­lon « parce qu’on est pas­sé à la rela­ti­vi­té depuis 1905, il serait temps d’en tenir compte » [bande de rin­gards 🙂 ] J’ose insis­ter encore un peu : « c’est quand même l’objectif de la mon­naie, que de per­mettre d’étalonner, c’est-à-dire de gra­duer, et donc de mesu­rer, la valeur… Sans mon­naie, c’est vrai­ment com­pli­qué de mesu­rer la valeur. » Sté­phane me dit alors : « oui, mais ce n’est pas parce que tu veux mesu­rer que la mesure est sta­tique ! » Je réponds : « ok, je n’ai jamais dit, bien sûr, que ce sont les valeurs qui sont sta­tiques, mais c’est l’étalon qui doit l’être pour que ce soit com­mode, quoi… »

Sté­phane insiste alors : « mais la créa­tion du DU, elle est per­ma­nente. La vitesse de la lumière est inva­riante, le DU est inva­riant. Voi­là. Elle est sta­tique jus­te­ment de ce point de vue-là. Alors que, si on tou­chait à la créa­tion moné­taire, on bri­se­rait cette per­ma­nence. Au lieu que ce soit un éta­lon fixe, c’est un éta­lon en mou­ve­ment, en créa­tion per­ma­nente, jus­te­ment [un éta­lon relatif ?] ».

« Le DU est la seule valeur éco­no­mique par­ta­gée dont la pro­duc­tion soit invariante. »

Bon, je ne suis pas sûr d’avoir par­fai­te­ment tout com­pris 🙂 mais j’ai beau­coup appris, cette fois encore, et je sens qu’il y a là un for­mi­dable poten­tiel d’émancipation poli­tique, d’application immé­diate pour cha­cun (qui le décide librement) :


Voi­là.
La play­list de ces cinq par­ties se trouve ici :

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Pour ceux qui veulent bos­ser l’i­dée géniale de la mon­naie libre, voi­ci quelques LIENS UTILES : 

Césium : https://​duni​ter​.org/​f​r​/​m​o​n​n​a​i​e​–​l​i​b​r​e​–​g​1​/​o​b​t​e​n​i​r​–​d​e​s​–​g1/

Duni­ter : https://​duni​ter​.org/​fr/

Pour la partie théorique : 

- Théo­rie rela­tive de la mon­naie (TRM) : http://​trm​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/

- Module Gali­lée : http://​rml​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/​m​o​d​u​l​es/ (ceux qui l’ont fait ont pro­duit posts et vidéos réfé­ren­cés dans la page)

- Module Yoland Bres­son : http://​rml​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/​m​o​d​u​l​e​s​/​m​o​d​u​l​e​_​y​o​l​a​n​d​_​b​r​e​s​s​o​n​.​h​tml

- Play­list vidéo de confé­rences sur la TRM : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​l​i​s​t​=​P​L​0​U​D​q​L​t​X​e​v​v​H​1​w​8​3​d​l​X​v​s​7​P​m​L​K​a​J​l​F​n​M​x​&​v​=​l​j​f​l​I​–​J​A​sbc

- Le pod­cast mon­naie libre fort de 86 émis­sions à ce jour : http://​mon​naie​libre​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/

- Jeter un oeil sur une ana­lyse rela­ti­viste de la mon­naie domi­nante ne peut pas faire de mal : http://​www​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/​2​0​1​8​/​0​1​/​m​a​s​s​e​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​–​e​–​d​e​c​e​m​b​r​e​–​2​0​1​7​–​l​e​–​r​s​a​–​e​n​f​o​n​c​e​r​a​–​t​–​i​l​–​l​e​–​r​e​c​o​r​d​–​h​i​s​t​o​r​i​q​u​e​–​d​e​–​9​0​8​–​e​n​–​2​0​1​8​.​h​tml

Pour la partie pratique : 

- Jeu Ğeco­no­mi­cus, la play­list vidéo : https://​you​tu​.be/​Q​d​A​z​q​Q​r​4​C​T​4​&​i​n​d​e​x​=​1​&​l​i​s​t​=​P​L​0​U​D​q​L​t​X​e​v​v​H​Y​5​r​A​y​F​t​q​l​5​9​3​1​V​q​Y​y​R​aoK

- https://​duni​ter​.org/​f​r​/​w​i​k​i​/​l​i​c​e​n​c​e​–​g1/

- Le forum géné­ral pour toutes les ques­tions autour de la mon­naie libre : https://​forum​.mon​naie​-libre​.fr

- Le forum tech­nique (pour les infor­ma­ti­ciens) : https://​forum​.duni​ter​.org/

La Théorie Relative de la Monnaie par S. Laborde en 1 h 15 (2014)

La Théorie Relative de la Monnaie en 30 min (2016)

Rap­pel : je vous conseille de revoir cette ren­contre mémo­rable (en 2014), où Sté­phane Laborde et Jean-Bap­­tiste Ber­sac nous avaient expli­qué les ver­tus de la TRM et du char­ta­lisme, et où j’a­vais pré­ci­sé de mon côté ce qui m’in­té­res­sait au plus haut point dans ces deux alternatives :

httpv://www.youtube.com/watch?v=kvjstlFaxUw

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​2​5​7​4​0​2​7​2​317

ON FAIT QUOI ? #01 : Comment les riches ont pris le pouvoir

Pre­mière par­tie de notre ren­contre du 25 nov. der­nier avec Gré­go­ry Tabibian. 

httpv://www.youtube.com/watch?v=L0aB_P0nFnk

Mer­ci Greg (on a du bou­lot, pour trai­ter les commentaires…) 🙂

Étienne.

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PS : à pro­pos du paci­fisme comme patho­lo­gie, j’en par­lais en 2016, et je crois que nous devrions tous abso­lu­ment lire ça : 

Le pacifisme comme pathologie (par Derrick Jensen)


http://​par​tage​-le​.com/​2​0​1​5​/​1​2​/​l​e​–​p​a​c​i​f​i​s​m​e​–​c​o​m​m​e​–​p​a​t​h​o​l​o​g​i​e​–​p​a​r​–​d​e​r​r​i​c​k​–​j​e​n​s​en/

PPS : quand je parle de 35 mil­lions de vues, je fais réfé­rence à cet extrait de CSOJ début sept 2014 et à ces seules 4 copies sur Facebook :

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​2​0​7​0​8​9​7​2​317


Faute d’une constitution digne de ce nom pour contrôler et punir les représentants, les « grands élus » sont des voleurs et des lâches

Les « élus » qui nous tra­hissent, nous étranglent et nous volent chaque jour davan­tage, ceux qui n’hé­sitent pas à nous ser­rer la cein­ture avec une scan­da­leuse et non néces­saire aus­té­ri­té, se servent eux-mêmes à mil­lions dans les caisses publiques, sans tam­bour ni trompette.

Hausse de 40 % des indem­ni­tés des grands élus, une nuit de fête, sans joute ver­bale, en tapinois :
http://​www​.laga​zet​te​des​com​munes​.com/​5​4​8​1​3​3​/​h​a​u​s​s​e​–​d​e​–​4​0​–​d​e​s​–​i​n​d​e​m​n​i​t​e​s​–​d​e​s​–​g​r​a​n​d​s​–​e​l​u​s​–​l​e​–​c​o​u​p​–​d​e​–​g​u​e​u​l​e​–​d​u​n​–​p​e​t​i​t​–​m​a​i​re/

Ma sug­ges­tion du jour pour un article pour une consti­tu­tion d’o­ri­gine citoyenne : 

Toute norme (loi, règle­ment, trai­té ou autre règle géné­rale) adop­tée pen­dant les vacances sco­laires ou un soir de fête est NULLE tant qu’elle n’a pas été vali­dée par un référendum. 

Je vous pro­pose de faire un mini-ate­­lier consti­tuant, là, tout de suite, pen­dant quelques ins­tants, pour trou­ver une meilleure for­mu­la­tion. C’est facile, pre­nez une feuille et un crayon, et entraî­­nez-vous réel­le­ment à inns­ti­tuer vous-même votre souveraineté.

Je vous sug­gère aus­si, en com­plé­ment de soins indi­vi­duels (comme vic­time de viol aggra­vé – quo­ti­dien, en bande et en réci­dive), de lire tous les livres de Phi­lippe Pas­cot : ça va ache­ver de vous réveiller.


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​p​i​l​l​e​u​r​s​–​d​e​t​at/

Étienne.

#pas­de­dé­mo­cra­tie­sans­ci­toyens­cons­ti­tuants

#pas­de­ci­toyens­cons­ti­tuants­san­sa­te­liers­cons­ti­tuants

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​0​9​7​2​3​2​1​2​317

Synthèse remarquable mais incomplète sur les ordonnances scélérates, imposées par les GOPÉ de l’UE

Syn­thèse remar­quable, une fois de plus, de Jean-Luc Mélen­chon contre la « loi tra­vail » encore aggra­vée par les godillots du tyran, les valets « élus » de l’u­su­rier « élu ».

Mer­ci.

httpv://youtu.be/DTJB3AqxS6k

Mais il manque pour­tant à cette syn­thèse une par­tie essen­tielle : Fran­çois Asse­li­neau a rai­son de sou­li­gner l’in­co­hé­rence qui consiste à ain­si déplo­rer les consé­quences cruelles des causes pro­fondes qu’on ne veut pas com­battre : la pré­ten­due « Union euro­péenne » est, avec les GOPÉ notam­ment mais pas seule­ment, le car­can qui aurait contraint tout élu quel qu’il soit à détruire le code du tra­vail, les ser­vices publics, et toutes les ins­ti­tu­tions de la sécu­ri­té sociale ; et c’est ce même car­can qui contrain­dra tout pré­sident à nous mar­ty­ri­ser plus dure­ment chaque jour tant que nous n’en serons pas sortis. 

Il faut sor­tir de l’UE comme on s’é­chappe d’une pri­son politique. 

Naï­ve­ment peut-être, je sou­haite un rap­pro­che­ment entre la FI et l’U­PR, qui asso­cie­rait en un même mou­ve­ment de résis­tance à l’oc­cu­pa­tion une grande ambi­tion de jus­tice sociale et sa condi­tion sine qua non, la sor­tie immé­diate de l’UE, de l’eu­ro et de l’OTAN.

En atten­dant, j’in­vite tous mes frères humains (et mes soeurs aus­si, cela va sans dire) à se trans­for­mer en citoyens dignes de ce nom, c’est-à-dire en adultes poli­tiques, par une pra­tique quo­ti­dienne des ate­liers consti­tuants, de manière à deve­nir pro­gres­si­ve­ment capables, le jour venu, d’ins­ti­tuer eux-mêmes la socié­té qu’ils dési­rent profondément. 

Bon cou­rage à tous les virus démo­cra­tiques, qui fini­ront bien par rendre mor­tel­le­ment malade le monstre oli­gar­chique né de l’é­lec­tion, grâce à l’an­ti­dote natu­rel et uni­ver­sel qu’est le tirage au sort, qui retire aux riches le moyen d’a­che­ter le pou­voir politique.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​0​0​8​6​6​9​2​3​2​317

[Déjà un an de censure par diffamation] Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allégations mensongères du journal Le Monde sur son prétendu « Décodex »

Le 1er février est le jour anni­ver­saire de la créa­tion en France par le jour­nal Le Monde d’un lamen­table outil-de-cen­­sure-des-concur­­rents-gênants, inti­tu­lé « Décodex ».

Je com­mé­more ce jour de deuil pour la liber­té de la presse en France par cette demande de publi­ca­tion d’un droit de réponse :


Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allé­ga­tions men­son­gères du jour­nal Le Monde sur son pré­ten­du « Décodex »

Le Monde me fait l’immense hon­neur de se pen­cher sur mes tra­vaux, que je mène depuis plus de dix ans, sur le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, sur les cri­tères de la démo­cra­tie, sur le pro­ces­sus consti­tuant néces­sai­re­ment popu­laire, sur le tirage au sort en poli­tique et sur la sou­ve­rai­ne­té moné­taire et poli­tique, pour qu’advienne enfin une vraie liber­té, une vraie éga­li­té et une vraie fra­ter­ni­té au sein des peuples et entre les peuples du monde entier.

Son inté­rêt est cepen­dant tout rela­tif en ce qu’il s’accompagne d’une mise à l’index d’écrits qu’il n’a pro­ba­ble­ment jamais consultés.

C’est ain­si que mes deux pages etienne​.chouard​.free​.fr et chouard​.org (Blog du Plan C) ont été clas­sées par­mi les sites peu fiables par le tris­te­ment célèbre DÉCODEX, fruit bizarre d’accords finan­ciers entre le quo­ti­dien fran­çais et de grands groupes amé­ri­cains du type Google (Cf. Le Monde, « Google finance de plus en plus l’innovation dans les médias fran­çais », édi­tion du 17 novembre 2016, annon­çant la créa­tion d’un « futur ser­vice de démon­tage des rumeurs »).

Le motif avan­cé ? « la dif­fu­sion des théo­ries sur un pré­ten­du « nou­vel ordre mon­dial » sans preuve ni véri­fi­ca­tion » (sic).

Pour­tant, aucune des trois « enquêtes » men­tion­nées en des­sous dudit clas­se­ment ne fait état d’un quel­conque écrit par lequel j’affirmerais l’existence d’un pré­ten­du « nou­vel ordre mon­dial ».

Ni l’article de l’Express du 17 novembre 2014, ni celui des Inro­ckup­tibles du 23 novembre 2014, ni celui de l’Obs du 26 mars 2012, tous trois cités comme sources du DÉCODEX, n’autorisent le juge­ment péremp­toire, mal­veillant, défi­ni­tif, des jour­na­listes du Monde sur ma per­sonne et mes idées.


« Déco­dex », usine à « fake news »

Au sur­plus, l’emploi de l’expression « nou­vel ordre mon­dial » pour­­rait-il seule­ment jus­ti­fier ladite mise à l’index quand on sait qu’elle est com­mu­né­ment employée tant par Le Monde lui-même — qui l’évoque dans des mil­liers (!) de pages (source) — que par d’éminentes per­son­na­li­tés intel­lec­tuelles ou poli­tiques (Kis­sin­ger, Atta­li, https://​you​tu​.be/​a​e​X​h​E​p​7​d​hvw, https://​you​tu​.be/​t​x​u​k​r​5​z​g​Hnw, etc.) ?

Le seul point com­mun de ces trois « enquêtes », d’inégales fac­tures, est la richesse immense des pro­prié­taires des médias qui les ont publiées, soit pré­ci­sé­ment les per­sonnes qui peuvent légi­ti­me­ment se consi­dé­rer mena­cées par les thèses poli­tiques pro­fon­dé­ment popu­laires que je défends avec ardeur.

La haine que le DÉCODEX exprime est celle des riches contre le peuple com­pris dans sa défi­ni­tion concrète, réelle et pro­lé­taire, qui est à l’origine des grèves et des révolutions.

Je défends prin­ci­pa­le­ment une idée ori­gi­nale et puis­sante d’auto-émancipation des peuples par rap­port à leurs exploi­teurs, à tra­vers des ate­liers consti­tuants popu­laires : je pré­tends que ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’écrire les règles du pou­voir, ce n’est pas aux pro­fes­sion­nels de la poli­tique d’écrire ou de révi­ser la constitution.

Seuls les citoyens sont légi­times et capables pour rédi­ger, pour révi­ser et pour pro­té­ger une consti­tu­tion digne de ce nom.

L’enjeu socié­tal majeur de cette idée est de reti­rer aux plus riches le contrôle poli­tique des socié­tés humaines, 1) en rem­pla­çant le faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres par­mi des can­di­dats que les riches peuvent aider) par un vrai suf­frage uni­ver­sel (voter les lois), et 2) en contrô­lant sévè­re­ment les cinq pou­voirs (légis­la­tif, exé­cu­tif, judi­ciaire, moné­taire et média­tique) par des Chambres de contrôles tirées au sort.

Il est notam­ment une idée puis­sante que je défends de toutes mes forces et qui déplaît peut-être sou­ve­rai­ne­ment aux richis­simes pro­prié­taires du Monde (et qui expli­que­rait peut-être la cam­pagne de déni­gre­ment que je subis depuis le grand suc­cès de la courte vidéo de mon pas­sage à Ce soir ou jamais au début sep­tembre 2014, plus de 35 mil­lions de vues sur Face­book, https://​you​tu​.be/​9​K​y​P​J​f​Y​U​XZc dans laquelle je dénonce pré­ci­sé­ment l’achat des jour­naux par des mil­liar­daires pour gagner les élec­tions et nous impo­ser leur droit), ce qui défrise peut-être les subor­don­nés des riches pro­prié­taires du Monde, donc, c’est cette idée que l’information du peuple ne devrait jamais pou­voir être appro­priée par per­sonne et qu’une consti­tu­tion digne de ce nom pré­voi­rait assu­ré­ment que tout jour­nal doit appar­te­nir à ses jour­na­listes et ne peut en aucun cas être ache­té comme une mar­chan­dise (que ce soit par une entre­prise ou par un particulier).

Le déni­gre­ment, qui est l’âme de ce DÉCODEX, ridi­cule entre­prise de cen­sure ani­mée par des jour­na­listes quelque peu fati­gués par avance des enquêtes qu’ils n’ont pas com­men­cées, exprime le véri­table but pour­sui­vi qui n’est ni la véri­té ni l’information du public : il s’agit de dis­cré­di­ter une opi­nion poli­tique en la décla­rant non fiable sans même l’avoir jamais discutée.

Étienne CHOUARD.


Pour résu­mer, le jour­nal d’information dit « de réfé­rence », Le Monde, une fois annexé par trois mil­liar­daires, laisse tran­quille ses faux « concur­rents » (qui sont plus des com­plices que des concur­rents depuis qu’ils ont été ache­tés eux aus­si par les mêmes mil­liar­daires), et dénigre gra­ve­ment ses prin­ci­paux concur­rents (les jour­na­listes ama­teurs, indé­pen­dants), ce qui est à la fois déloyal et illégal.

1) Per­son­nel­le­ment, je ne parle JAMAIS de « nou­vel ordre mon­dial » : ce n’est pas mon sujet et ce n’est pas mon approche de l’injustice sur terre. Les com­men­ta­teurs de mon blog peuvent par­fois l’évoquer (et alors ?), mais moi jamais.

2) Le Monde lui-même ne prouve pas (et ne véri­fie pas davan­tage) ses propres allégations :
a) d’une part, les trois articles qu’il cite comme « preuves » de son men­songe sont issus de jour­naux qui appar­tiennent aux mêmes mil­liar­daires que Le Monde, et
b) d’autre part, ces trois articles n’utilisent même pas l’expression incri­mi­née (« nou­vel ordre mon­dial »)… Ces pré­ten­dues « preuves » sont donc com­plè­te­ment « bidons ».

3) Le Monde évoque lui-même ce « nou­vel ordre mon­dial », qu’il inter­dit aux autres d’évoquer, dans des mil­liers de ses pages.

Confor­mé­ment aux lois contre la calom­nie, je demande donc au jour­nal Le Monde d’afficher sur sa page dif­fa­ma­toire (per­ma­nente) du pré­ten­du Déco­dex un droit de réponse (per­ma­nent), sous la forme résu­mée suivante :

Droit de réponse d’Étienne Chouard aux allé­ga­tions men­son­gères du jour­nal Le Monde sur son pré­ten­du « Déco­dex » : https://www.chouard.org/2018/02/01/droit-de-reponse-d-etienne-chouard-aux-allegations-mensongeres-du-journal-le-monde-sur-son-pretendu-decodex‑2/


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​9​3​8​3​2​6​6​7​317

Les simples citoyens sont les seuls à être à la fois capables et légitimes pour écrire une constitution digne de ce nom (rappel 🙂 )

On se recon­centre sur l’essentiel ?

Les simples citoyens sont les seuls à être à la fois capables et légi­times pour écrire une consti­tu­tion digne de ce nom :

POURQUOI RÉÉCRIRE LA CONSTITUTION ? (1÷4) : « Les constitutions du monde, pour l’instant, nous tiennent À L’ÉCART »

httpv://www.youtube.com/watch?v=_YXZrz1e_h0

POURQUOI NE VOULONS-NOUS PAS RÉÉCRIRE LA CONSTITUTION ? 24 « Qu’est-ce qui manque à cette idée forte, cette CAUSE COMMUNE de l’humanité, pour se répandre plus rapidement ? »

httpv://youtu.be/W7OefdGEFMs

ATELIERS CONSTITUANTS : COMMENT RÉÉCRIRE LA CONSTITUTION ? (3÷4)

httpv://youtu.be/eTesYR-_ikE

[ÉMANCIPATION] ET SI NOUS RÉÉCRIVIONS LA CONSTITUTION ? Vidéo 4/4

httpv://youtu.be/kFJQY94NJ2I

Mille mer­cis aux jeunes gens d’In­form’Ac­tion à Toulouse 🙂

Faites pas­ser 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce rappel :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​6​8​7​4​9​8​6​2​317

[Scandale] Lactalis au-dessus des lois — et protégée par l’indifférence des prétendus « ministres »…

Incroyable… Les réponses de ce « ministre » sont lit­té­ra­le­ment scandaleuses.

Les pré­ten­dus « repré­sen­tants res­pon­sables » poli­tiques sont en fait des traîtres irresponsables.

Ils sont (et ils res­te­ront) impu­nis parce que nous n’a­vons pas de consti­tu­tion digne de ce nom (consti­tu­tion dont les acteurs poli­tiques auraient peur et qui leur serait inac­ces­sible) : si on veut une vraie consti­tu­tion, il fau­dra apprendre à l’é­crire nous-mêmes (dans des ate­liers consti­tuants populaires).

Le faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois) donne le pou­voir aux riches et les pires gouvernent.

Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir : ce n’est pas aux « élus » d’é­crire ou de révi­ser la constitution.

Pas de démo­cra­tie sans tirage au sort.

Étienne.

L’é­mis­sion inté­grale en replay :
https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france‑2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-16-janvier-2018_2553523.html

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​5​3​0​6​7​9​5​2​317

[Prétendu « complotisme » de nos meilleurs lanceurs d’alerte] Remarquable réponse de Peter Dale Scott à l’article de Marianne sur le concept « d’État profond »

Je repro­duis ici inté­gra­le­ment le remar­quable droit de réponse de Peter Dale Scott au jour­nal Marianne, qui l’a trai­té de « conspi­ra­tion­niste » pour ses études (abso­lu­ment for­mi­dables) sur l’É­tat pro­fond amé­ri­cain. Je recom­mande d’ailleurs cha­leu­reu­se­ment tous les livres de Peter Dale Scott, tous très soli­de­ment docu­men­tés et lit­té­ra­le­ment bouleversants.

On com­mence à voir clai­re­ment 1) que l’ac­cu­sa­tion-même de « com­plo­tisme » n’est qua­si­ment plus uti­li­sée que par des col­la­bos du sys­tème de domi­na­tion, dont le sale bou­lot est d’empêcher qu’on puisse même dési­gner l’op­pres­seur, et 2) que les cibles de cette accu­sa­tion de « com­plo­tisme » sont sou­vent les plus valeu­reux résis­tants. « Com­plo­tiste » et « conspi­ra­tion­niste » deviennent ain­si pro­gres­si­ve­ment une sorte de légion d’hon­neur des vrais résistants.

Bon cou­rage à tous les intré­pides (et indis­pen­sables) dénon­cia­teurs de com­plots, par­tout sur terre.

Étienne.

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Réponse de Peter Dale Scott à l’article de Marianne sur le concept « d’Etat profond »

Source : Marianne : https://​www​.marianne​.net/​d​e​b​a​t​t​o​n​s​/​t​r​i​b​u​n​e​s​/​r​e​p​o​n​s​e​–​d​e​–​p​e​t​e​r​–​d​a​l​e​–​s​c​o​t​t​–​n​o​t​r​e​–​a​r​t​i​c​l​e​–​s​u​r​–​l​e​–​c​o​n​c​e​p​t​–​d​–​e​t​a​t​–​p​r​o​f​ond

Peter Dale Scott (avec Maxime Chaix) :

J’ai été récem­ment déni­gré sur Marianne, et les accu­sa­tions portent gra­ve­ment atteinte à mon hon­neur ain­si qu’à ma répu­ta­tion. Je suis donc tenu d’exercer mon droit de réponse. En effet, selon Marianne, « le concept [d’État pro­fond] séduit aus­si les conspi­ra­tion­nistes et plus par­ti­cu­liè­re­ment l’auteur cana­dien Peter Dale Scott » – une affir­ma­tion qui ne peut que me dis­cré­di­ter. M’assimilant à tort à l’extrême droite, votre maga­zine rap­pelle ensuite qu’un ancien conseiller de Marine Le Pen avait évo­qué mes tra­vaux lors d’une inter­view. Homme de gauche et défen­seur de la non-vio­­lence, j’ai œuvré pen­dant des décen­nies pour dif­fu­ser les idées huma­nistes de Jür­gen Haber­mas, d’Han­nah Arendt, de Mario Savio ou de Czesław Miłosz. Au demeu­rant, je peine à com­prendre com­ment l’on peut me repro­cher le fait qu’un géo­po­li­ti­cien – qui a depuis rom­pu avec le FN et que je ne connais pas per­son­nel­le­ment –, ait appré­cié mes écrits.

Marianne m’attribue ensuite une défi­ni­tion de l’État pro­fond qui n’est pas la mienne, expli­quant que je por­te­rais « la vision, beau­coup plus com­plo­tiste, “d’un État dans l’État” », une notion que je cri­tique pour­tant dans mon der­nier livre. J’ai donc deman­dé à mon édi­teur de publier le second cha­pitre de cet ouvrage paru en 2015. J’espère que cette démarche contri­bue­ra à enri­chir le débat sur cette ques­tion, et qu’elle prou­ve­ra à vos lec­teurs que j’écris non pas des diva­ga­tions com­plo­tistes, mais des ana­lyses rigou­reuses et soli­de­ment docu­men­tées. D’ailleurs, puisque ma cré­di­bi­li­té est mise en cause, je me dois de rap­pe­ler que de nom­breux experts ont mis en avant la qua­li­té de mes recherches.

En effet, mon livre La Route vers le nou­veau désordre mon­dial a été vive­ment recom­man­dé par le géné­ral d’armée Ber­nard Nor­lain, qui l’a recen­sé en 2011 alors qu’il diri­geait la pres­ti­gieuse Revue Défense Natio­nale. Au vu de sa car­rière, nul ne peut soup­çon­ner ce géné­ral 5 étoiles d’être un « conspi­ra­tion­niste », bien au contraire. À la suite de cette recen­sion, mon ouvrage a été conseillé par le géné­ral Alain Lam­balle (Le Milieu des Empires), et par l’École mili­taire spé­ciale de Saint-Cyr. Ce livre est éga­le­ment dis­po­nible à la biblio­thèque de Sciences Po Paris, un ins­ti­tut où j’ai étu­dié en 1950, et il a été recom­man­dé par le géo­po­li­ti­cien Jean-Marie Col­lin – qui vient d’ailleurs de rem­por­ter un prix Nobel de la paix à titre col­lec­tif pour son tra­vail au sein du réseau ICAN. Ce livre a aus­si été recen­sé posi­ti­ve­ment dans le maga­zineDiplo­ma­tie, et il a fait l’objet d’une cri­tique élo­gieuse de la part de Jean-Loup Feltz dans la revue Afrique contem­po­raine, qui dépend de l’Agence Fran­çaise de Déve­lop­pe­ment. Ayant recom­man­dé mes tra­vaux, ces experts sont-ils, eux aus­si, des « conspi­ra­tion­nistes » ? On peut légi­ti­me­ment en douter.

Inti­tu­lé La Machine de guerre amé­ri­caine et publié en 2012, mon second ouvrage tra­duit en fran­çais a connu le même suc­cès chez les spé­cia­listes. En effet, le géné­ral Nor­lain l’a vive­ment conseillé dans la Revue Défense Natio­nale, puis le lieu­­te­­nant-colo­­nel et his­to­rien Rémy Porte l’a recen­sé posi­ti­ve­ment. Ce livre fut éga­le­mentrecom­man­dé par Daniel Ells­berg – le pré­cur­seur des lan­ceurs d’alerte actuels –, etL’Humanité l’a chro­ni­qué favo­ra­ble­ment, à l’instar du maga­zine Diplo­ma­tie qui l’a mis en avant à l’occasion d’une nou­velle inter­view. Comme le pré­cé­dent et le sui­vant, ce livre est dis­po­nible à la biblio­thèque de Sciences Po Paris. Par ailleurs, ma concep­tion de l’État pro­fond expli­ci­tée dans cet ouvrage a été reprise par le com­mis­saire divi­sion­naire, ex-offi­­cier de la DST et cri­mi­no­logue Jean-Fran­­çois Gay­raud. Ain­si, réduire ma vision du sys­tème de l’État pro­fond à une « nou­velle marotte du FN souf­flée par Trump » me semble un peu léger.

Der­nier livre de la tri­lo­gie, L’État pro­fond amé­ri­cain résume, selon Daniel Ells­berg, « plus de quatre décen­nies de recherches « , qua­li­fiant cette ana­lyse de  » méti­cu­leuse, brillante et magis­trale. » Ancien spé­cia­liste au Penta­gone et à la RAND Cor­po­ra­tion, M. Ells­berg est décrit comme un pion­nier par Edward Snow­den et d’autres lan­ceurs d’alerte. Sou­li­gnons éga­le­ment que mon livre a été recom­man­dé dans le numé­ro 100 de la Revue Inter­na­tio­nale et Stra­té­gique de l’IRIS, qui nous en offre un per­ti­nent résu­mé. Il a éga­le­ment été conseillé dans Paris Match par le grand repor­ter Fran­çois de Labarre, qui a jugé mon ouvrage suf­fi­sam­ment cré­dible pour le recen­ser favo­ra­ble­ment en tant que « livre de la semaine ».

Vous en convien­drez, les experts, auteurs, jour­na­listes, maga­zines, revues et jour­naux pré­ci­tés ne sont aucu­ne­ment « conspi­ra­tion­nistes ». J’espère donc que ma réponse per­met­tra de laver mon hon­neur, et de cla­ri­fier uti­le­ment ma défi­ni­tion de l’État pro­fond. Bien enten­du, libre à qui­conque de la cri­ti­quer, mais je pré­fé­re­rais qu’on le fasse après l’avoir étu­diée sérieu­se­ment, sans m’associer à des idées extré­mistes que je com­bats depuis des décennies.

Peter Dale Scott.

——

Vous pou­vez feuille­ter ci-des­­sous le pré­cieux cha­pitre 2 du livre L’É­tat pro­fond amé­ri­cain, cha­pitre offert par les Édi­tions Demi-Lune (très cou­ra­geux éditeur) :

Peter Dale Scott, L’É­tat pro­fond amé­ri­cain, cha­pitre 2

Fichier pdf à télé­char­ger ici :
http://www.editionsdemilune.com/media/extraits/l‑etat-profond-americain/EDL-EPA-Chapitre‑2.pdf


Voi­ci donc les trois pré­cieux bou­quins cités dans ce droit de réponse, trois livres que vous devriez tous avoir chez vous, à la fois pour les lire et pour les faire connaître autour de vous. Ces livres sont pa-ssio-nnants :


http://​www​.edi​tions​de​mi​lune​.com/​l​a​–​r​o​u​t​e​–​v​e​r​s​–​l​e​–​n​o​u​v​e​a​u​–​d​e​s​o​r​d​r​e​–​m​o​n​d​i​a​l​–​p​–​3​6​.​h​tml



http://​www​.edi​tions​de​mi​lune​.com/​l​a​–​m​a​c​h​i​n​e​–​d​e​–​g​u​e​r​r​e​–​a​m​e​r​i​c​a​i​n​e​–​p​–​4​5​.​h​tml



http://​www​.edi​tions​de​mi​lune​.com/​l​e​t​a​t​–​p​r​o​f​o​n​d​–​a​m​e​r​i​c​a​i​n​–​p​–​5​8​.​h​t​m​l​?​z​e​n​i​d​=​a​2​1​2​b​3​d​8​2​2​7​3​2​b​5​3​c​d​7​4​c​b​c​2​5​a​6​d​6​118


Rap­pel du billet que j’a­vais publié sur ce der­nier livre en juillet 2015 : 

[Passionnant et important] Peter Dale Scott, « L’État profond américain. La finance, le pétrole et la guerre perpétuelle ».

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​5​/​0​7​/​1​8​/​p​a​s​s​i​o​n​n​a​n​t​–​e​t​–​i​m​p​o​r​t​a​n​t​–​p​e​t​e​r​–​d​a​l​e​–​s​c​o​t​t​–​l​e​t​a​t​–​p​r​o​f​o​n​d​–​a​m​e​r​i​c​a​i​n​–​l​a​–​f​i​n​a​n​c​e​–​l​e​–​p​e​t​r​o​l​e​–​e​t​–​l​a​–​g​u​e​r​r​e​–​p​e​r​p​e​t​u​e​l​le/


Enfin, je vous recom­mande cette très inté­res­sante vidéo où Peter Dale Scott explique (en fran­çais !) son tra­vail à l’é­quipe de Thinkerview :

httpv://www.youtube.com/watch?v=i4dcmJALM8k

Peter Dale Scott, pro­fes­seur émé­rite de Lit­té­ra­ture anglaise à l’U­ni­ver­si­té de Ber­ke­ley, Cali­for­nie. Il a tra­vaillé durant quatre ans (1957−1961) pour le ser­vice diplo­ma­tique cana­dien. Expert dans les domaines des opé­ra­tions secrètes et du tra­fic de drogue inter­na­tio­nal. Il est connu pour ses posi­tions anti-guerre et ses cri­tiques à l’en­contre de la poli­tique étran­gère des États-Unis.

Salut à tous, bande de virus 🙂

Étienne.

 


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​4​1​6​9​3​0​6​2​317

[À propos du complotisme évident des « anticomplotistes »] Frédéric Lordon : « Contre les ‘fake-news’, Macron décodeur-en-chef »

Macron décodeur-en-chef

par Fré­dé­ric Lor­don, 8 jan­vier 2018
https://blog.mondediplo.net/2018–01–08-Macron-decodeur-en-chef

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Gérôme, « La Véri­té sor­tant du puits armée de son mar­ti­net pour châ­tier l’humanité », 1896

« Alors les Déco­deurs se réveillèrent, et ils virent qu’ils avaient l’air con… »Lamen­ta­tions, cha­pitre 2, ver­set 2 (révi­sé)

Par un effet de retour, que deux inno­cents grecs, Jocaste et Laïos, avaient bien expé­ri­men­té en leur temps, voi­là donc les Déco­deurs vic­times du tra­gique des­tin qu’ils ont eux-mêmes conscien­cieu­se­ment œuvré à mettre en branle. L’histoire com­mence comme la charge de la bri­gade légère (ou lourde ?). La véri­té est en dan­ger, elle appelle à la res­cousse. Mais qui pour lui venir en aide ? Qui sinon des voca­tions pures ? La presse libre et indé­pen­dante, la presse démo­cra­tique. Elle vole au secours.

On en était là de l’épopée, les Déco­deurs assu­raient la main­te­nance de la véri­té en régime de croi­sière, bref les choses allaient gen­ti­ment leur train, quand plus sérieux qu’eux arrive leur indi­quer d’autres manières : la dis­tri­bu­tion des gom­mettes fai­sant un peu léger, on y met­tra main­te­nant les moyens de l’État.

Et voi­là com­ment on se retrouve avec un pro­jet de loi sur les fake news (1).

Il n’était pas besoin d’être grand clerc pour aper­ce­voir dès le départ que tout s’était mis de tra­vers dans cette his­toire, et pour­sui­vrait de même. Il fal­lait d’abord que la presse de ser­vice s’abuse consi­dé­ra­ble­ment quant à son propre cré­dit dans la popu­la­tion pour s’imaginer en rem­part de cor­rec­tion, elle dont la mis­sion d’intoxiquer n’est même plus vécue comme une mis­sion tant elle est deve­nue une nature seconde. Il fal­lait ensuite ne pas craindre les balles per­dues du fusil à tirer dans les coins, les médias rec­ti­fi­ca­teurs, à défaut d’avoir son­gé à se blin­der le fon­de­ment, étant voués à se retrou­ver eux-mêmes rec­ti­fiés par der­rière, c’est-à-dire sys­té­ma­ti­que­ment inter­ro­gés pour leur sub­stan­tielle contri­bu­tion au faux géné­ral de l’époque. Ce qu’un mini­mum de décence réflexive – ou de régu­la­tion du ridi­cule – a man­qué à pro­duire : un réveil, il se pour­rait que la loi anti fake news de Macron y par­vienne, mais trop tard et avec quelques effets rétro­ac­tifs pénibles. En tout cas, et c’est le moins qu’on puisse dire, l’annonce n’a pas fait pous­ser des cris de triomphe dans les rédac­tions, même les plus en pointe dans la croi­sade du vrai – où, pour la pre­mière fois, on per­çoit comme un léger sen­ti­ment d’alarme. On aurait pu ima­gi­ner une sorte d’exultation à la recon­nais­sance suprême du bien-fon­­dé de la cause. L’ambiance est plu­tôt à une vague intui­tion du péril. De fait, le pas de trop est celui qui jette d’un coup une lumière un peu bla­farde sur tout l’édifice.

Égoutiers de l’Internet ?

Car il devient de plus en plus dif­fi­cile de se décla­rer sol­dat de la véri­té. L’enrôlement plus ou moins cra­po­teux au ser­vice du grand capi­tal numé­rique n’était déjà pas bien glo­rieux – on ne s’était d’ailleurs pas trop pré­ci­pi­té pour faire la publi­ci­té de ces col­la­bo­ra­tions. On apprend en effet depuis peu que bon nombre de rédac­tions touchent de Google et Face­book pour mettre à dis­po­si­tion des équipes de jour­­na­­listes-rec­­ti­­fi­­ca­­teurs aidant à pur­ger les tuyaux. Il faut vrai­ment que l’argent manque pour accep­ter ain­si de se trans­for­mer en égou­tiers de l’Internet pour le compte des Com­pa­gnies des Eaux qui pros­pèrent en sur­face. Bien sûr ça n’est pas de cette manière qu’on pré­sente les choses, cepen­dant même ré-enjo­­li­­vée en cause com­mune de la véri­té démo­cra­tique, l’association nor­ma­li­sa­trice avec les gros­siums de la don­née pro­duit déjà un effet bizarre.

Il faut sans doute être un Déco­deur, ou en l’occurrence un Dés­in­toxi­ca­teur (Libé­ra­tion), pour se pro­me­ner dans cet envi­ron­ne­ment en toute inno­cence, et même cas­ser le mor­ceau avec une par­faite can­deur : « Nous, par exemple, on tra­vaille pour Face­book, comme un cer­tain nombre de médias en France tra­vaillent pour Face­book et rému­né­rés par Face­book pour faire le ménage dans les conte­nus qui cir­culent », déclare Cédric Mathiot avec une com­plète absence de malice (2) – on voit très bien Hubert Beuve-Méry ou Sartre envi­sa­geant de « faire le ménage dans les conte­nus » en com­pa­gnie d’IBM ou de (la nom­mée avec pré­science) Control Data Corporation.

On vou­drait donc éclai­rer l’égoutier heu­reux sur les com­man­di­taires pour qui il pousse le balai : Google News par exemple a consi­dé­ré récem­mentqu’un site comme le World Socia­list Web­site (WSW) méri­tait d’être éva­cué comme de la déjec­tion ordi­naire. C’est que Chris Hedges y a don­né un entre­tien aver­tis­sant des risques de cen­sure par Google – qui n’a pas plu à Google. Le mal­heu­reux Hedges a donc aus­si­tôt dis­pa­ru des réfé­ren­ce­ments par Google News. Quant au WSW, il a vu sa fré­quen­ta­tion ache­mi­née par Google chu­ter de 74 %. Comme le net­toyage est géné­ral, treize des prin­ci­paux sites de gauche état­su­niens dégrin­golent de 55 % (3). À Libé­ra­tion donc, pour le compte de Face­book, ou de qui vou­dra (paie­ra), et au nom de la véri­té, les Dés­in­toxi­ca­teurs « font le ménage » – des mots par­fai­te­ment choi­sis pour signi­fier une tonique pro­messe de démocratie.

Lire aus­si , « Cen­sure et chaus­settes roses », Le Monde diplo­ma­tique, jan­vier 2018.

C’est tou­jours le même éton­ne­ment, éter­nel­le­ment renou­ve­lé, que d’entendre un Déco­deur ou assi­mi­lé prendre la parole pour livrer sa phi­lo­so­phie du métier, à chaque fois la même confir­ma­tion per­for­ma­tive du nau­frage de pen­sée en quoi consistent les idées mêmes de fake news ou de post-véri­­té. Plus qu’un éton­ne­ment en fait, une sorte de ver­tige : le Dés­in­toxi­ca­teur ne voit même pas le pro­blème. On note­ra à sa décharge que ses employeurs semblent ne pas l’avoir vu davan­tage. À moins que leur situa­tion de tré­so­re­rie les ait dis­sua­dés de le regar­der trop long­temps. Mais alors pour­quoi, en si bon che­min, se mettre à tous­so­ter au moment de rece­voir les consé­cra­tions de la loi ? Un rude objec­teur remar­que­rait qu’à l’inverse de Google et Face­book, la loi, elle, ne paye pas. Ne res­tent que les incom­mo­di­tés de la com­pro­mis­sion – rache­tés par rien. Ça n’est pas faux.

… ou attachés de bureau au ministère de l’intérieur ?

C’est même si vrai que, jusque dans les direc­tions de médias les plus fana­tiques, on pressent confu­sé­ment la mau­vaise affaire sym­bo­lique de se retrou­ver trop visi­ble­ment absor­bées dans le pro­ces­sus en cours de fusion orga­nique des puis­sances : capi­tal, État, médias. Les dis­tinc­tions ins­ti­tu­tion­nelles pure­ment nomi­nales – « les entre­prises », « les médias », « le gou­ver­ne­ment » –, deve­nues entiè­re­ment fac­tices, feuilles de vigne recou­vrant une indif­fé­ren­cia­tion déjà per­cep­tible de tous, n’en étaient que plus dra­ma­ti­que­ment pré­cieuses, pré­ci­sé­ment parce que c’est tout ce qu’il reste : des noms usi­tés, pour tra­ves­tir le réel, au tra­vers des­quels on com­mence quand même à voir a gior­no, mais vitaux pour ten­ter de pré­ser­ver les der­niers sem­blants. Libé­ra­tion passe la loque pour Face­book, c’est déjà un peu lourd – si c’est rému­né­ra­teur. Mais cou­ler cet atte­lage dans un minis­tère de l’intérieur éten­du, ça va deve­nir trop – et finir par se voir.

Car voi­là toute l’affaire : c’est qu’à un pro­ces­sus de fusion externe, en répond un autre, interne – à l’appareil d’État. Et les deux entrent en coa­les­cence pour pro­duire un résul­tat tout à fait inédit. Le pro­ces­sus interne est celui qui voit la dif­fé­ren­cia­tion fonc­tion­nelle de l’appareil d’État s’effacer ten­dan­ciel­le­ment pour le mena­cer de s’effondrer en un double minis­tère sec – dont un gigan­tesque minis­tère de l’intérieur. De quoi en effet l’État s’occupe-t-il essen­tiel­le­ment désor­mais ? De deux choses : le ser­vice du capi­tal, et le contrôle des popu­la­tions. Les inéga­li­tés en fusée et l’État social conduit au déla­bre­ment par pau­pé­ri­sa­tion déli­bé­rée du côté du Minis­tère des amis, il ne reste for­cé­ment plus que des solu­tions de « main­tien de l’ordre » du côté du Minis­tère des incon­vé­nients. De ce côté-là, la fusion jus­­tice-police est déjà bien avan­cée – il suf­fit de se repas­ser les exploits des pro­cu­reurs, de leurs réqui­si­tion, de leurs appels, depuis l’affaire Ada­ma Trao­ré jusqu’à celle du quai de Val­my, et chaque fois qu’il s’agit de prendre le par­ti de la police ou d’avoir affaire à quelque forme de contes­ta­tion. Comme il se doit, l’ensemble coer­ci­tif est par­ache­vé par l’état d’urgence qui, conver­ti en droit ordi­naire, offre les moyens d’une toute nou­velle poli­tique de « pré­ven­tion » : sur­veiller les oppo­sants poli­tiques, si besoin est frap­per ou inti­mi­der les élé­ments un peu remuants.

Lire aus­si , « La loi des sus­pects », Le Monde diplo­ma­tique, juillet 2017.

La pré­ven­tion remonte main­te­nant d’un cran quand elle envi­sage de sur­veiller non pas des agi­tés décla­rés, mais la cir­cu­la­tion des idées qui pour­raient en conduire d’autres à l’agitation. C’est en ce point pré­cis que les deux pro­ces­sus de fusion, interne et externe, se ren­contrent, au moment où les médias se retrouvent inté­grés dans la grande divi­sion du tra­vail de sur­veillance, et comme délé­ga­taires d’une nou­velle mis­sion de main­tien de l’ordre – de l’ordre des esprits. Mais sans avoir rien deman­dé, et en se trou­vant un peu embar­ras­sés, for­cé­ment, de cette attri­bu­tion de fait, sinon de droit. C’est que l’image de soi en défen­seur de la liber­té en prend un vieux coup de se voir « rouage externe » du grand minis­tère de l’intérieur, par ailleurs en train de réduire à lui une bonne moi­tié de la struc­ture gouvernementale.

Si elle est oxy­mo­rique, l’idée de « rouage externe » dit pour­tant bien ce qu’il y a à dire : l’effacement des fron­tières ins­ti­tu­tion­nelles et l’intégration pro­gres­sive de tous les pou­voirs dans un com­plexe unique. L’absorption com­plète des médias dans le capi­tal est déjà une évi­dence quand dix mil­liar­daires contrôlent 90 % de la dif­fu­sion des quo­ti­diens natio­naux (4). Mais leur satel­li­sa­tion par un appa­reil éta­tique de contrôle de l’information vraie fait par­tie de ces varia­tions de degré qui menacent d’une modi­fi­ca­tion qua­li­ta­tive de la perception.

Médias français : qui possède quoi (1er décembre 2016)

Voi­là donc le tra­gique des­tin. Les médias ont cru se sau­ver de la misère et de la décon­si­dé­ra­tion en jouant comme der­nière car­touche la croi­sade contre les fake news. Mais plus puis­sant et plus oppor­tu­niste qu’eux vient ramas­ser la mise et s’établir comme le Par­rain de la véri­té – en les vas­sa­li­sant de fait. Ça n’est pas que les médias n’aient pas déjà lar­ge­ment pris le pli de la vas­sa­li­té : quand Le Monde ou L’Obs se retrouvent dans la main de Xavier Niel qui ne cache rien de son idée géné­rale de la presse –« quand des jour­na­listes m’emmerdent, je prends une par­ti­ci­pa­tion dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix » (5) –, quand Libé­ra­tion ouL’Express se voient en équi­valent numé­rique de l’ancien radio-réveil offert avec un abon­ne­ment, en l’occurrence à un four­nis­seur d’accès, on ne se sent pas exac­te­ment fouet­té par le grand vent de la liberté.

Mais, signe des temps, si, néces­si­té fai­sant loi, l’on s’est très bien accom­mo­dé du der­nier degré de vas­sa­li­sa­tion éco­no­mique, on conti­nue de faire des mines au moment d’entrer dans l’orbite de l’État. C’est qu’on ten­tait de sur­vivre en trayant la rente morale offerte par des Erdoğan, Orban, Pou­tine et des Kim Jong variés. L’exercice de la pos­ture va deve­nir plus dif­fi­cile dans ces condi­tions où soi-même on consulte au minis­tère. On était Samuel Laurent ou Cédric Mathiot quand même, c’est-à-dire pas n’importe quoi, et voi­là qu’on se réveille comme chef de bureau à la sous-direc­­tion de la véri­té au minis­tère de l’intérieur. Tech­ni­cien de sur­face chez Face­book à la rigueur, mais cadre B de la fonc­tion publique, non !

La vérité de « la vérité »

Ça n’est pas tant, ici, que le chan­ge­ment de degré pro­duise le chan­ge­ment de nature, mais qu’il le révèle – car il était acquis depuis un cer­tain temps déjà. En réa­li­té la per­cep­tion com­men­çait d’être acquise elle aus­si, mais il est indé­niable que le patro­nage éta­tique dans la cer­ti­fi­ca­tion de la véri­té lui fait connaître un fameux pro­grès. Et, coïn­ci­dence mal­heu­reuse, en venant miner la stra­té­gie rési­duelle même que déployaient les médias pour plan­quer la merde au chat : quand on croule sous le poids de ses propres man­que­ments, qu’on est sous le feu de la cri­tique, et qu’on n’a aucune inten­tion de rien chan­ger, il reste tou­jours la pos­si­bi­li­té de reprendre l’initiative en inven­tant des croi­sades subal­ternes : le com­plo­tisme et lesfake news.

Choix ter­ri­ble­ment mal ins­pi­rés en fait puisqu’ils étaient l’un comme l’autre sus­cep­tibles de se retour­ner en incri­mi­na­tion des incri­mi­na­teurs. L’obsession du com­plo­tisme en dit au moins aus­si long sur l’existence réelle de délires conspi­ra­tion­nistes que sur un cer­tain tour d’esprit propre aux hommes de pou­voir qui vivent objec­ti­ve­ment dans l’élément du com­plot, et dont les jour­na­listes, quoique demi-sels d’antichambre, ont fini par s’imprégner à force de proxi­mi­té. Si bien que la chasse aux com­plo­tistes a tout d’une mani­fes­ta­tion de mau­vaise conscience pro­jec­tive (6) – mais évi­dem­ment par­fai­te­ment mécon­nue comme telle (voir aus­si l’encadré ci-dessous).

Le cas de la fake news est plus déses­pé­rant encore. Il y a d’abord l’indigence intrin­sèque de la notion, révé­lée par ses phi­lo­sophes mêmes :« fake news », nous aver­tit Cédric Mathiot, « a un sens très par­ti­cu­lier »– qui jus­ti­fie donc l’intervention d’intellectuels spé­ci­fiques – : il s’agit d’« une véri­table volon­té de trom­pe­rie, (d’)une infor­ma­tion fausse, fabri­quée à des­sein pour trom­per ». L’idée, d’une nou­veau­té lit­té­ra­le­ment ter­ras­sante, méri­tait bien de rece­voir son concept à part entière, et sur­tout d’être dite en anglais. Car on n’avait jamais rien vu de tel – même pas en fran­çais. « Un sens très par­ti­cu­lier » donc. Pour commencer.

Mais si c’était là le seul pro­blème de la fake newsHélas son incon­vé­nient prin­ci­pal est ailleurs : là encore, dans sa traî­tresse réver­si­bi­li­té. Car évo­quer la pro­pa­ga­tion de fausses nou­velles fait imman­qua­ble­ment reve­nir en mémoire l’édifiant bilan de la presse offi­cielle en cette matière, depuis ce qu’Acrimed appelle assez jus­te­ment le jour­na­lisme de pré­fec­ture (7) jusqu’à la pré­pa­ra­tion du ter­rain pour des guerres à morts par mil­liers (8) (mais le compte Twit­ter de BHL ne risque rien). De même, donc, que pour le com­plo­tisme de l’anticomplotisme, la chasse à la fake news est la mau­vaise conscience ren­ver­sée de la fake news ins­ti­tu­tion­nelle. Repro­dui­sant par-là le sys­tème géné­ral des auto­ri­sa­tions dif­fé­ren­tielles propre aux inéga­li­tés sociales, sys­tème par lequel le même acte est jugé dif­fé­rem­ment selon la posi­tion sociale des com­met­tants, la dénon­cia­tion de la fake news des gueux a pour objet de faire oublier la fake news des puis­sants (ou des bons puis­sants contre les mau­vais), la fake news pro­té­gée par les habi­tudes de la res­pec­ta­bi­li­té et les tolé­rances de l’entre-soi.

Mais elle vise plus encore à sub­sti­tuer sa ques­tion secon­daire à une ques­tion prin­ci­pale, par le pro­jet de réor­ga­ni­ser tout le débat sur les médias autour du pro­blème somme toute inepte de la « véri­té » – car il est inepte une fois qu’on a accor­dé cette tri­via­li­té que tout com­mence avec l’établissement cor­rect des faits –, quand le seul pro­blème impor­tant est celui de la déten­tion – action­na­riale. Que le fonc­tion­ne­ment géné­ral de l’information soit infi­ni­ment moins affec­té par quelques cin­glés qui délirent, ou quelques offi­cines qui intriguent, que par le fait mas­sif de la pro­prié­té capi­ta­liste concen­trée, c’est ce que peinent visi­ble­ment à com­prendre les demeu­rés du fact-che­­cking qui font la chasse aux mouches pen­dant que le gros ani­mal est dans leur dos.

Ça n’est donc même pas que la diver­sion « fake news » tourne court, c’est qu’elle revient façon mani­velle. Mais la foi­rade est com­plète quand le nou­veau par­te­na­riat des médias et du par­quet (si les pre­miers ne s’y trouvent pas embar­qués de leur com­plet aval) achève de mettre en pleine lumière l’indésirable véri­té de la « lutte pour la véri­té ». Il n’y avait plus que l’idéologie pro­fes­sion­nelle de la cor­po­ra­tion pour croire à cette vaste blague de la presse contre-pou­­voir, quand tout atteste qu’elle est pas­sée entiè­re­ment du côté des pou­voirs. Au moins res­­tait-il ce qu’il fal­lait de dis­tinc­tions for­melles pour faire per­du­rer l’illusion auprès des moins aver­tis. Évi­dem­ment, si les médias ins­tallent leurs « cel­lules » quelque part entre le palais de jus­tice et la pré­fec­ture de police, tout ça va deve­nir plus compliqué.

Politique-fake news

Que tout se voie davan­tage, c’était bien une pré­vi­sible némé­sis pour les médias du macro­nisme. Car s’il y a une maxime carac­té­ris­tique du macro­nisme, c’est bien moins « En marche » que « Tout est clair ». Avec Macron tout est deve­nu très clair, tout a été por­té à un suprême degré de clar­té. L’État est pré­si­dé par un ban­quier, il offre au capi­tal le sala­riat en chair à sau­cisse, il sup­prime l’ISF, il bas­tonne pauvres et migrants, dix ans plus tard et après n’avoir rien com­pris, il rejoue la carte de la finance. Tout devient d’une cris­tal­line sim­pli­ci­té. En même temps – comme dirait l’autre – il n’a pas encore com­plè­te­ment rejoint son lieu natu­rel, le lieu du cynisme avoué et du grand éclat de rire ; et la guerre aux pauvres ouverte en actes ne par­vient pas encore à se décla­rer en mots. Il faut donc pré­tendre l’exact contraire de ce qu’on fait, scru­pule rési­duel qui met tout le dis­cours gou­ver­ne­men­tal sous une vive ten­sion… et, par consé­quent, vaut à ses porte-parole un rap­port disons tour­men­té à la véri­té. Se peut-il que le schème géné­ral de l’inversion, qui rend assez bien compte des obses­sions anti­com­plo­tistes et anti-fake news, trouve, à cet étage aus­si, à s’appliquer ? C’est à croire, parce que la masse du faux a pris des pro­por­tions inouïes, et qu’il n’a jamais autant impor­té d’en redi­ri­ger l’inquiétude ailleurs, n’importe où ailleurs. On doit prier dans les bureaux pour que se fassent connaître en nombre de nou­veaux fadas, des équi­va­lents fonc­tion­nels de la Piz­ze­ria Comet Ping Pong (9), des hackers russes, des allu­més des chem­trails ou de n’importe quoi pour­vu qu’on puisse dire que le faux, c’est eux. Mais qu’heureusement l’État de médias veille.

Lire aus­si , « Macron ou le rêve patro­nal en ordon­nances », Le Monde diplo­ma­tique, décembre 2017.

En atten­dant que ces faux adver­saires et vrais ren­forts arrivent, et qu’on puisse lan­cer contre eux la bri­gade très légère des fact-che­­ckers, éven­tuel­le­ment accom­pa­gnée d’un panier à salade, il faut bien par­ler quand on est ministre et qu’on n’a pas réus­si à évi­ter tous les micros (vrai­ment, on com­prend qu’ils se planquent). Muriel Péni­caud explique sans cil­ler que la nou­velle dis­po­si­tion des rup­tures conven­tion­nelles consti­tue « un atout pour les sala­riés » (10). La même, qui a consti­tué une par­tie de son patri­moine par des plus-values sur stock-options consé­cu­tives à ses licen­cie­ments, est bien par­tie pour éco­no­mi­ser 49 000 euros d’ISF – et l’on se demande ce qui, de ce fait ou de la fausse nou­velle d’un compte de Macron aux Baha­mas, offense le plus l’esprit public. En tout cas Ben­ja­min Gri­veaux n’en jure pas moins que « le gou­ver­ne­ment ne fait pas de cadeaux aux riches » (11). Gérard Col­lomb affirme, lui, qu’avec la loi anti­ter­ro­riste« nous sor­tons de l’état d’urgence ». Édu­qués à faire où on leur dit de faire, les médias ont répé­té à l’unisson. Avec évi­dem­ment un niveau de dis­so­nance à y lais­ser la san­té men­tale : « sur le fond, les mesures d’exception vont deve­nir la norme » écrivent ain­si Les Échos – qui n’en titrent pas moins « Macron tire un trait sur l’état d’urgence » (12). On rap­porte que Col­lomb en a marre de « pas­ser pour le facho de ser­vice ». Mais c’est qu’il lui revient fonc­tion­nel­le­ment le mau­vais bout dans la ficelle de la double véri­té – allez, c’est le bout où l’on récu­père quand même l’admiration de l’extrême droite. Le bon bout, Macron se l’est gar­dé pour lui : « nous devons accueillir les réfu­giés, c’est notre devoir et notre hon­neur ».

Tout ça fait déjà beau­coup, mais le men­songe s’élève pour ain­si dire au car­ré quand il est celui d’un dis­cours qui porte sur le men­songe. Éle­vant tout cet ensemble à un point de per­fec­tion, et se ren­dant elle-même au tré­fonds de l’abaissement, la ministre de la culture n’hésite pas à décla­rer que la future loi sur les fake news vise « à pré­ser­ver la liber­té d’expression » (13). Boucle bou­clée – et le minis­tère de l’intérieur a main­te­nant éga­le­ment absor­bé une direc­tion de la culture rectifiée.

S’il faut conser­ver quelque chose de la phi­lo­so­phie du Dés­in­toxi­ca­teur, accor­­dons-lui que le concept de la fake news est bien là, dans sa pure­té : nous avons affaire à un ensemble de dires outra­geu­se­ment faux,« fabri­qués à des­sein pour trom­per ». Pré­vi­sible iro­nie, la loi sur les fake news est bien le ter­mi­nus de la véri­té – mais rejoint au nom de la lutte contre la post-véri­­té. Que la némé­sis de la presse macro­nienne advienne par Macron lui-même, n’est-ce pas fina­le­ment dans la logique des choses ? Ce n’est plus un gou­ver­ne­ment, c’est une fan­fare à fake news. Tous les ins­tru­men­tistes semblent bour­rés, en tout cas cornent à tout va. Mais en fait sous la férule et dans la crainte du chef d’orchestre. Et, comme le veut cette forme ren­ver­sée de cohé­rence désor­mais fami­lière, le tout selon une par­ti­tion atta­quant les liber­tés au nom de la lutte contre« l’illibéralisme ».

Remar­quable tra­jec­toire, même si elle n’est faite que pour éton­ner les « fai­seurs de bar­rage ». Pré­tex­tée par les outrances de Trump, la course à la véri­té s’achève dans un deve­­nir-Trump de Macron, qui plus est embar­quant la presse des vraies-news dans ce grand huit d’où l’on aura sans doute à ramas­ser quelques déso­rien­tés. Que Macron se mette à avoir des airs de Trump, ce sont leurs poli­tiques fis­cales sem­blables qui l’ont déjà lais­sé entre­voir (14). Voi­là qu’ils se res­semblent main­te­nant par leur com­mune obses­sion pour les fake news, simul­ta­né­ment pro­pa­ga­teurs – bien sûr pas encore au même degré de gros­siè­re­té – et pro­met­tant de les éra­di­quer. Comme l’autre, Macron a visi­ble­ment envie d’être quelque chose in chief. Pour­quoi pas Deco­der in chief alors ?

On devrait tenir pour un symp­tôme sérieux qu’un gou­ver­nant se prenne d’obsession pour les fake news : le symp­tôme de celui qui, tra­quant les offenses à la véri­té, révèle qu’il est lui-même en déli­ca­tesse avec la véri­té. Nous en savons main­te­nant assez pour voir que la poli­tique entière de Macron n’est qu’une gigan­tesque fake news – par­ache­vée, en bonne logique, par une loi sur les fake news. Entre le par­quet et les cel­lules de Déco­deurs, il y a de la catas­trophe logique dans l’air, et de la souf­france au tra­vail qui s’annonce. Ou peut-être pas.

Obsessions complotistes, obsessions anticomplotistes

On com­prend sans peine que Libé­ra­tion et Le Monde, mais par­mi tant d’autres, se soient fait une joie de l’étude Fon­da­tion Jean-Jau­­rès-Ipsos sur les ten­dances com­plo­tistes de la popu­la­tion. Les deux prin­ci­pales écu­ries à Déco­deurs n’allaient tout de même pas lais­ser pas­ser ce caviar d’une jus­ti­fi­ca­tion en quelque sorte onto­lo­gique. Ni la presse en géné­ral man­quer une occa­sion de réaf­fir­mer que le mono­pole de l’information vraie comme de la pen­sée juste lui appar­tient. On note­ra au pas­sage comme est bien conçue cette « étude », qui accole les 75 % de la popu­la­tion mani­fes­tant une défiance envers les médias avec le reste de la benne à com­plo­tistes, l’idée étant de sug­gé­rer, comme il se doit, que dou­ter des médias et battre la cam­pagne conspi­ra­tion­niste, c’est tout un. À l’évidence, ce qu’on pour­ra main­te­nant appe­ler le « mas­sif du pou­voir », atta­qué de toutes parts, n’est plus capable, pour se main­te­nir dans son mono­pole de la direc­tion géné­rale, de trou­ver d’autre solu­tion que… la dis­qua­li­fi­ca­tion de la popu­la­tion même : elle est éco­no­mi­que­ment illet­trée, poli­ti­que­ment errante, et d’une cré­du­li­té vicieuse.

On sait donc main­te­nant avec une cer­ti­tude scien­ti­fique au moins égale à celle de l’institut Ipsos que le mas­sif du pou­voir a per­du tout moyen de com­prendre ce qui lui arrive – état de stu­pi­di­té qui fait pres­sen­tir les condi­tions dans les­quelles, inca­pable de la moindre rec­ti­fi­ca­tion de tra­jec­toire, il fini­ra : mal (car il fini­ra bien un jour). Il a notam­ment per­du les moyens de com­prendre ce qui se joue avec l’inflammation conspi­ra­tion­niste – dont il reste à prou­ver, tous effets de loupe des réseaux sociaux mis à part, qu’elle a effec­ti­ve­ment crû. C’est que Rudy Reichs­tadt et la Fon­da­tion Jean Jau­rès se seraient sans doute empres­sés de comp­ta­bi­li­ser comme com­plo­tistes les « satel­lites détra­quant la météo » qui fai­saient les beaux jours des comp­toirs des années 60 – et les satel­lites étaient russes !

Que la pen­sée publique erre dans le mou­ve­ment natu­rel de faire sens de ce qui lui arrive, c’est un fait dont la nou­veau­té his­to­rique deman­de­rait à être beau­coup dis­cu­tée. Que, par un effet para­doxal, l’ampleur des élu­cu­bra­tions ait crû à pro­por­tion de l’élévation du niveau géné­ral d’étude, c’est-à-dire du nombre des gens s’estimant auto­ri­sés à « avoir des idées » sur le cours du monde, et à les dire, main­te­nant même à les publier, c’est pro­ba­ble­ment une piste plus robuste. Que l’obstination des pou­voirs à confis­quer la conduite des affaires publiques en en dis­si­mu­lant à peu près tout des gou­ver­nés, fouette la pro­duc­tion popu­laire des conjec­tures, qui plus est dans un contexte d’illégitimité crois­sante des gou­ver­nants, et avec néces­sai­re­ment la crois­sance, là encore sim­ple­ment pro­por­tion­nelle, de sa part éga­rée, ce serait aus­si une piste à creu­ser. Mais on com­prend que ni Le Monde ni Libé­ra­tion n’en aient la moindre envie. Quant à la cabane de jar­din de la rue de Sol­fé­ri­no (la Fon­da­tion Jean Jau­rès) il y a beau temps qu’elle a per­du le der­nier outil qui lui per­met­trait de creu­ser quoi que ce soit.

 

Fré­dé­ric Lordon

________________
Notes :

(1) Annon­cé par Emma­nuel Macron lors des voeux à la presse, 4 jan­vier 2018.

(2) Cédric Mathiot, Jour­nal de 13 heures, France Inter, 30 décembre 2017.

(3) Andre Damon, « Google ren­force la mise sur liste noire des sites Web des jour­na­listes de gauche », World Socia­list Web­site, 20 octobre 2017. Voir éga­le­ment : Pierre Rim­bert, « Cen­sure et chaus­settes roses », Le Monde Diplo­ma­tique, jan­vier 2018.

(4) Agnès Rous­seaux, « Le pou­voir d’influence déli­rant des dix mil­liar­daires qui contrôlent la presse fran­çaise », Bas­ta­mag, 3 avril 2017 ; voir aus­si la carte « Médias fran­çais : qui pos­sède quoi ? », régu­liè­re­ment mise à jour sur le site du Monde Diplo­ma­tique.

(5) Pro­pos rap­por­té par Odile Benya­­hia-Koui­­der dans Un si petit monde, Fayard, 2011.

(6) Voir « Le com­plo­tisme de l’anticomplotisme », Le Monde Diplo­ma­tique, octobre 2017.

(7) Fré­dé­ric Lemaire, « Dés­in­for­ma­tion sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes : les médias au garde-à-vous », Acri­med, 2 jan­vier 2018.

(8) Pierre Rim­bert, « Les chauf­fards du bobard », Le Monde Diplo­ma­tique, jan­vier 2017.

(9) Une rumeur pro­pa­gée sur Inter­net pen­dant la cam­pagne de 2016 a accu­sé Hil­la­ry Clin­ton de diri­ger un réseau pédo­phile à par­tir de la Piz­ze­ria Comet Ping Pong…

(10) Le 79, France Inter, 4 jan­vier 2018.

(11) BFM-TV, 4 jan­vier 2018.

(12) Les Échos, 31 octobre 2017.

(13) AFP, 4 jan­vier 2018.

(14) Tho­mas Piket­ty, « Trump, Macron : même com­bat », Le Monde, 12 décembre 2017.

Source : https://blog.mondediplo.net/2018–01–08-Macron-decodeur-en-chef


Mon com­men­taire :

Je trouve tor­dantes l’i­mage et sa légende 🙂
Et, comme d’ha­bi­tude, quelques savou­reuses formulations.

Juger une per­sonne (ou un groupe de per­sonnes, ou un média) EN BLOC, plu­tôt que juger ses idées (ou ses croyances, ou ses « infor­ma­tions ») UNE PAR UNE, est un com­por­te­ment tyran­nique, une gros­sière et trom­peuse approxi­ma­tion, une forme de « racisme », qui enferme un tout dans une de ses par­ties, comme si cette par­tie était défi­ni­ti­ve­ment, onto­lo­gi­que­ment (par son être même), l’es­sence du tout.

Fré­dé­ric mérite PARFOIS lui-même, bien sûr, les reproches (D’INJONCTION AUTORITAIRE À LA PURETÉ TOTALE) qu’il for­mule ici (avec rai­son) à l’é­gard des cen­seurs pré­ten­du­ment « déco­deurs ». Pour­tant, je ne le réduis pas à ce qu’il a pu dire ou faire un jour et que je consi­dère comme erreur ou faute ; je conti­nue à le lire et à l’ai­mer pour ce qu’il fait bien.

J’aime cette pen­sée de Jean Gre­nier (qui était le pro­fes­seur de phi­lo de Camus), que je trouve fondamentale :
« IL CONVIENT DE DISSOCIER LES IDÉES, AVANT ET AFIN D’ASSOCIER LES CŒURS. »

Pas mieux.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​2​8​3​8​7​5​6​2​317

Des mots, des mots… DÉMOCRATIE ? #DATAGUEULE 74

httpv://www.youtube.com/watch?v=xM8asdR5ufY

Inutile de pré­ci­ser le plai­sir que je res­sens à voir appa­raître ce bon tra­vail de syn­thèse : ça germe 🙂

« L’ha­bit ne fait pas le moine » lol 🙂

J’ai hâte de voir si l’é­quipe tonique de Data­Gueule va abor­der le point stra­té­gique de la consti­tu­tion et du pro­ces­sus consti­tuant, et sur­tout quelle légi­ti­mi­té elle va recon­naître au peuple (direc­te­ment, et pas seule­ment par réfé­ren­dum) dans ce processus. 

Peut-être diront-ils un mot des pers­pec­tives radi­cales qu’ouvrent les ate­liers consti­tuants popu­laires, pro­li­fiques et contagieux 🙂

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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TOUT L’ARGENT QU’ON DONNE AUX HYPER-RICHES EST PERDU POUR LA SOCIÉTÉ, il faut arrêter « la politique de l’offre », c’est une folie !

Tout l’argent qu’on donne aux hyper-riches est per­du pour la socié­té : ils ne le dépen­se­ront jamais (car tous leurs besoins sont satis­faits depuis long­temps et pour tou­jours), ILS VONT LE « PLACER », CE QUI VEUT DIRE QU’IL FAUDRA LE LEUR RENDRE (!) ET AVEC INTÉRÊTS en plus (!!) => Donc, tout l’argent qui arrive dans la poche des hyper-riches y est aus­si­tôt fixé comme avec un élas­tique ; il est per­du pour la socié­té, il ne cir­cu­le­ra plus librement.

Les hyper-riches sont comme « UN SIPHON À POGNON », qui vide pro­gres­si­ve­ment le corps social des signes moné­taires cir­cu­lants dont le peuple a pour­tant tou­jours un besoin vital. 

Dès lors, cet argent confis­qué MANQUE cruel­le­ment à la socié­té : l’in­suf­fi­sance de demande sol­vable (salaires insuf­fi­sants pour ache­ter toute la pro­duc­tion) étrique les bons de com­mandes et dés­in­cite à inves­tir ; CE MANQUE D’ARGENT-CIRCULANT EMPÊCHE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE, IL ENTRAÎNE PROGRESSIVEMENT CHÔMAGE, misère, mal­heur, et en plus… doci­li­té des esclaves. Le résul­tat s’ap­pelle L’AUSTÉRITÉ.

(Ce qu’on appelle trop gen­ti­ment) « LES INÉGALITÉS » SONT UNE PLAIE DE LA SOCIÉTÉ. 

Une socié­té bien orga­ni­sée ne lais­se­rait pas croître les inéga­li­tés sans limite.

Pour que l’é­co­no­mie fonc­tionne, c’est aux PAUVRES (les 99%) qu’il faut don­ner de la mon­naie, parce que, EUX, ILS LA DÉPENSENT, ET DONC ELLE CIRCULE, et donc elle sert plu­sieurs fois, la mon­naie cir­cu­lante rend pos­sible tous nos échanges et donc notre acti­vi­té vitale. Le résul­tat s’ap­pelle LA PROSPÉRITÉ.

C’est une « poli­tique de la demande » (Quan­ti­ta­tive Easing QE for the people) qu’il faut aux peuples du monde.

Mais la cor­rup­tion géné­rale (sys­té­mique) de la classe poli­ti­cienne — pré­ci­sé­ment par les hyper-riches, qui sont INSATIABLES — inter­dit abso­lu­ment de mener une telle politique.

Nous avons besoin d’une vraie consti­tu­tion, ET DONC DE CITOYENS CONSTITUANTS.

Je vous sou­haite pour 2018 de mener libre­ment autour de vous d’in­nom­brables mini-ate­­liers consti­tuants popu­laires et contagieux 🙂

Bonne année, bande de virus 🙂

Étienne.

« L’argent, comme le fumier, ne fruc­ti­fie que si l’on prend soin de l’épandre. »
Fran­cis Bacon (1561−1626).

« Pre­miè­re­ment, un État très petit, où le peuple soit facile à ras­sem­bler, et où chaque citoyen puisse aisé­ment connaître tous les autres ; secon­de­ment, une grande sim­pli­ci­té de mœurs qui pré­vienne la mul­ti­tude d’af­faires et de dis­cus­sions épi­neuses ; ensuite beau­coup d’é­ga­li­té dans les rangs et dans les for­tunes, sans quoi l’é­ga­li­té ne sau­rait sub­sis­ter long­temps dans les droits et l’au­to­ri­té ; enfin peu ou point de luxe, car ou le luxe est l’ef­fet des richesses, ou il les rend néces­saires ; il cor­rompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la pos­ses­sion, l’autre par la convoi­tise ; il vend la patrie à la mol­lesse, à la vani­té ; il ôte à l’É­tat tous ses citoyens pour les asser­vir les uns aux autres, et tous à l’opinion. »
Jean-Jacques Rous­seau, ‘Du contrat social ou Prin­cipes du droit poli­tique’ (1762), livre III, cha­pitre 4 ‘De la démocratie’.

« Un ‘inves­tis­seur’, c’est un mec qui te pique ton pognon [en te ver­sant un mini salaire pour ton maxi tra­vail, et en gar­dant le reste]… et puis qui te le prête ! »
Ber­nard Friot.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​p​h​o​t​o​.​p​h​p​?​f​b​i​d​=​1​0​1​5​5​9​1​2​2​1​7​9​6​2​3​1​7​&​s​e​t​=​a​.​1​0​1​5​0​3​7​6​9​0​8​5​1​7​3​1​7​.​4​0​2​8​8​2​.​6​0​0​9​2​2​3​1​6​&​t​y​p​e​=​1​&​t​h​e​a​ter

[Précieuse compilation scientifique contre le néolibéralisme et les voleurs de pouvoirs] « L’ENTRAIDE, L’AUTRE LOI DE LA JUNGLE », plus importante que la compétition !

Chers amis,

Voi­ci d’ex­cel­lentes nou­velles regrou­pées en un seul livre, impor­tantes et déci­sives : depuis quelques années, des scien­ti­fiques du monde entier sont en train de PROUVER que LA loi de la jungle, celle qui compte le plus, par­tout dans le monde vivant, y com­pris chez les hommes évi­dem­ment, la loi déci­sive qui per­met de sur­vivre, en fait, ce n’est pas la com­pé­ti­tion, c’est l’entraide !

Depuis des années, je vous parle de Dar­win et de Kro­pot­kine (un prince russe deve­nu anar­chiste qui a, lui aus­si, écrit un livre pas­sion­nant inti­tu­lé L’En­traide), mais là, c’est tout un archi­pel de scien­ti­fiques très modernes qui apportent d’a­bord 1) un fon­de­ment scien­ti­fique solide à ce que pré­tendent les démo­crates (les humains ne demandent qu’à s’en­trai­der quand l’en­vi­ron­ne­ment s’y prête), et sur­tout 2) un argu­ment majeur pour dis­cré­di­ter les couillon­nades des pré­ten­dus « éco­no­mistes » (qui nous voient tous comme des êtres égoïstes mus par leur seul inté­rêt, et qui nous imposent, sur ce fon­de­ment extra­va­gant, des poli­tiques publiques scan­da­leu­se­ment antisociales).

Je suis en train de dévo­rer un livre pas­sion­nant, inti­tu­lé L’en­traide, l’autre loi de la jungle, de Pablo Ser­vigne et Gau­thier Cha­pelle, et il me semble que tous les humains sou­cieux de jus­tice et de paix devraient lire ce for­mi­dable tra­vail de com­pi­la­tion scien­ti­fique, le crayon à la main. Ce livre nous offre une véri­table armu­re­rie intel­lec­tuelle, éco­no­mique et poli­tique, contre les néo­li­bé­raux et contre les voleurs de pouvoirs.

http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-L_Entraide-9791020904409–1‑1–0‑1.html

Pour com­men­cer, Pablo Ser­vigne pré­sente ici son pré­cieux bou­quin en quelques minutes :
httpv://www.youtube.com/watch?v=-gB5x4LshGo

Je repro­duis aus­si ci-des­­sous la pré­face et l’in­tro­duc­tion, alléchantes :

Pré­face d’A­lain Caillé :

Quel beau sym­bole, au fond ! Deux bio­lo­gistes de for­ma­tion demandent à un socio­logue de pré­fa­cer leur excellent livre. Qui ne parle que très peu de socio­lo­gie, à moins qu’il ne parle que de ça. Tout dépend, évi­dem­ment, de ce qu’on entend par socio­lo­gie. Et aus­si par bio­lo­gie, et, au-delà, par science éco­no­mique, phi­lo­so­phie, etc. On l’au­ra com­pris : en met­tant au jour une « autre loi de la jungle », pas celle du struggle for life ou de la loi du plus fort, mais aus­si ou plus puis­sante qu’elle, la loi de la coopé­ra­tion et de l’en­traide, Pablo Ser­vigne et Gau­thier Cha­pelle bous­culent bien des fron­tières ins­ti­tuées entre les dis­ci­plines scien­ti­fiques — des fron­tières trop sou­vent héris­sées de bar­ri­cades et de bar­be­lés. Et ils ouvrent la pers­pec­tive de démarches de pen­sée géné­ra­listes et syn­thé­tiques qu’on avait trop tôt décla­rées impos­sibles, voire indé­si­rables. L’am­bi­tion est grande. Il ne s’a­git de rien moins que de « com­prendre la nature coopé­ra­tive de l’être humain dans le sillage de celle des autres orga­nismes vivants ». Sur ce sujet, écrivent nos auteurs, « pen­dant des années les résul­tats, les hypo­thèses et les théo­ries de chaque dis­ci­pline sont res­tés contra­dic­toires. Aucun tableau glo­bal n’é­mer­geait, il y avait trop de fos­sés entre les dis­ci­plines, et cha­cune tra­vaillait en igno­rant les autres. Ce n’est que très récem­ment que des pro­grès ful­gu­rants ont per­mis de pro­po­ser une struc­ture glo­bale de cette « autre loi de la jungle » ». C’est de ces « pro­grès ful­gu­rants » qu’ils nous font part.

Avant de ten­ter de pré­ci­ser en quelques mots en quoi ces pro­grès nous importent, je vou­drais sou­li­gner la flui­di­té et la maes­tria péda­go­gique avec les­quelles nos auteurs nous font entrer dans un uni­vers infi­ni­ment com­plexe qu’ils rendent aisé­ment acces­sible. Par­mi bien d’autres exemples, on peut évo­quer le pas­sage où ils nous expliquent la for­ma­tion d’un récif coral­lien à la manière d’une recette de cui­sine (p. 260–261).

Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas par­ti­cu­liè­re­ment pas­sion­nés par les virus, bac­té­ries, archées, cya­no­bac­té­ries ou autres bac­té­ries dino­fla­gel­lées, on pour­rait résu­mer le tout par cette belle for­mule de Vic­tor Hugo, pla­cée en exergue du livre : « Rien n’est soli­taire, tout est soli­daire. » Des virus et des bac­té­ries aux socié­tés humaines les plus vastes et les plus com­plexes, L’En­traide — dont le titre est emprun­té au prince anar­chiste Kro­pot­kine et lui rend hom­mage — décrit à toutes les échelles du vivant, indé­fi­ni­ment emboî­tées les unes dans les autres, tous les entre­croi­se­ments pos­sibles de lutte et de riva­li­té, d’une part, de coopé­ra­tion, d’en­traide et de réci­pro­ci­té (directe, indi­recte ou ren­for­cée), de l’autre, que ce soit entre des orga­nismes d’une même espèce ou d’es­pèces dif­fé­rentes. Selon que c’est la coopé­ra­tion ou la lutte qui pré­do­mine, on obtient une des six formes de rela­tion sui­vantes : sym­biose (ou mutua­lisme), coexis­tence, com­men­sa­lisme, amen­sa­lisme, pré­da­tion (para­si­tisme) ou compétition.

De cette vaste syn­thèse, la leçon essen­tielle qui se dégage, à l’in­verse de tous les dar­wi­nismes pri­maires (que ne par­ta­geait nul­le­ment Dar­win lui-même…), est que, en matière d’é­vo­lu­tion, la clé du suc­cès n’est pas la lutte pour la vie, mais bien plu­tôt l’en­traide. Ou, pour le dire plus pré­ci­sé­ment, selon la for­mu­la­tion de deux bio­lo­gistes théo­ri­ciens de l’é­vo­lu­tion, David S. et Edward O. Wil­son (eh oui ! Edward Wil­son, l’in­ven­teur de la socio­bio­lo­gie, dont on consta­te­ra qu’il a radi­ca­le­ment inver­sé son pro­pos ini­tial, au grand dam de ses adeptes et dis­ciples) : « L’é­goïsme sup­plante l’al­truisme au sein des groupes. Les groupes altruistes sup­plantent les groupes égoïstes. Tout le reste n’est que com­men­taire. » Ou encore : dans l’ordre du vivant, des socié­tés bac­té­riennes aux socié­tés humaines, la coopé­ra­tion est hié­rar­chi­que­ment supé­rieure à la compétition.

Cette décou­verte, ici minu­tieu­se­ment argu­men­tée et docu­men­tée, consti­tue un apport essen­tiel, tant au plan théo­rique qu’é­thique et poli­tique — deux plans d’ailleurs tou­jours étroi­te­ment imbri­qués. Où en sommes-nous, en effet ? En science sociale — en éco­no­mie, bien sûr, mais aus­si en socio­lo­gie et en phi­lo­so­phie morale et poli­tique —, le dogme domi­nant depuis les années 1970–1980 est que, dans la vie sociale, tout — actions, normes, ins­ti­tu­tions, croyances, etc. — s’ex­plique par le jeu des inté­rêts en conflit, conscient ou incons­cient. C’est la même croyance qui a domi­né en bio­lo­gie, avec la socio­bio­lo­gie pre­mière manière et avec la théo­rie du gène égoïste. C’est ce que j’ap­pelle l’axio­ma­tique de l’in­té­rêt, ou encore l’u­ti­li­ta­risme1.

Cette croyance hégé­mo­nique est au cœur du néo­li­bé­ra­lisme. Elle s’est éta­blie avant même que ne com­mence à triom­pher à l’é­chelle pla­né­taire un capi­ta­lisme ren­tier et spé­cu­la­tif, et elle a per­mis son essor. L’un, en effet, ne va pas sans l’autre. Pour pou­voir affir­mer que la seule forme de coor­di­na­tion effi­cace, et donc sou­hai­table, entre les humains est le Mar­ché, il faut se convaincre et convaincre le plus grand nombre que nous ne sommes que des Homo œco­no­mi­cus, « mutuel­le­ment indif­fé­rents », comme le disait par exemple le phi­lo­sophe star de la fin du XXe siècle, John Rawls. Après, le pas est facile à fran­chir : si la seule chose qui nous anime est notre inté­rêt per­son­nel, et si la forme pre­mière ou ultime de celui-ci est l’ap­pât du gain moné­taire, alors libre à cha­cun de cher­cher à s’en­ri­chir par tous les moyens pos­sibles, le plus rapi­de­ment pos­sible. Plus aucune digue ne doit venir conte­nir l’ex­pan­sion conti­nue des mar­chés spé­cu­la­tifs, fut-ce au risque de la mon­tée inexo­rable de la cor­rup­tion, voire de la criminalité.

Après les livres de Mat­thieu Ricard ou de Jacques Lecomte, qui avaient ouvert une pre­mière brèche, L’Entraide vient à point pour nous aider à décons­truire cette croyance hégé­mo­nique. Dans le champ des sciences sociales, nous étions un peu seuls, au MAUSS2, à nous y oppo­ser depuis une tren­taine d’an­nées, et à plai­der pour une science sociale géné­ra­liste qui ne repo­se­rait pas sur l’axio­ma­tique uti­li­ta­riste de l’in­té­rêt, mais pren­drait au contraire comme point de départ la décou­verte de l’an­thro­po­logue Mar­cel Mauss dans son célèbre Essai sur le don (1924) : celle que, au cœur du rap­port social, on trouve non pas le mar­ché, le contrat ou le don­­nant-don­­nant, mais ce qu’il appelle la triple obli­ga­tion de don­ner, rece­voir et rendre. Ou, si l’on pré­fère, la loi de la réci­pro­ci­té. Quelle avan­cée que de décou­vrir avec P. Ser­vigne et G. Cha­pelle que, muta­tis mutan­dis, cette loi ne concerne pas seule­ment le monde humain, mais l’en­semble du vivant ! Tout ce qu’ils nous exposent est par­fai­te­ment congruent avec le « para­digme du don » éla­bo­ré peu à peu dans le cadre de La Revue du MAUSS.

Il n’est pas dif­fi­cile d’en déduire les impli­ca­tions éthiques et poli­tiques. Rien n’est plus urgent désor­mais que de com­battre la déme­sure, l’hu­bris, la soif de toute-puis­­sance qu’a­li­mente le néo­li­bé­ra­lisme et qui conduit l’hu­ma­ni­té à sa perte. Jus­qu’i­ci, une des prin­ci­pales rai­sons de notre inca­pa­ci­té à sor­tir du néo­li­bé­ra­lisme pla­né­taire a été un cer­tain défi­cit de res­sources théo­riques. Mais c’est aus­si le manque d’une phi­lo­so­phie poli­tique, lar­go sen­su, qui nous per­mette d’al­ler au-delà des grandes idéo­lo­gies de la moder­ni­té — libé­ra­lisme, socia­lisme, anar­chisme ou com­mu­nisme. C’est cette éla­bo­ra­tion doc­tri­nale qu’a­morcent les auteurs mon­dia­le­ment connus qui se recon­naissent sous la ban­nière du convi­via­lisme3. P. Ser­vigne (qui compte par­mi eux) et G. Cha­pelle y contri­buent de manière déci­sive. Un bel exemple d’entraide.

Alain Caillé

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Notes de la préface :

  1. Qui consti­tue la matrice de l’é­co­no­misme, c’est-à-dire de la croyance que seule l’é­co­no­mie importe. Depuis les années 2000, en science sociale, la mode a tour­né à un décons­truc­tion­nisme géné­ra­li­sé. Il s’a­git de mon­trer que toutes les normes ou ins­ti­tu­tions exis­tantes ont été construites his­to­ri­que­ment, qu’elles n’ont donc aucune natu­ra­li­té, mais se révèlent au contraire arbi­traires. D’où il est ten­tant de conclure qu’on pour­rait, voire qu’on devrait, les décons­truire. Il ne serait pas dif­fi­cile de prou­ver que cette pos­ture théo­rique repré­sente l’a­va­tar ultime d’un éco­no­misme généralisé.
  2. Cf. www​.revue​du​mauss​.com et www​.jour​nal​du​mauss​.net.
  3. Cf. www​.les​con​vi​via​listes​.org. Le Mani­feste convi­via­liste (consul­table et télé­char­geable sur le site), signé par soixante-quatre auteurs alter­na­tifs et enga­gés, bien­tôt rejoints par des dizaines d’autres à tra­vers le monde, a été publié en 2013 aux édi­tions Le Bord de l’eau. Il a été tra­duit, en abré­gé ou in exten­so, dans une bonne dizaine de langues (dont le japo­nais, le chi­nois, le turc ou l’hé­breu). Son pre­mier mérite est d’énon­cer des valeurs com­munes, uni­ver­sa­li­sables, sur les­quelles ont pu se mettre d’ac­cord des intel­lec­tuels ins­crits dans des hori­zons idéo­lo­giques très divers, allant de la gauche de gauche au centre-gauche, ou droit, voire un peu au-delà à droite quant aux sym­pa­thies. Conver­gence essen­tielle, car on ne sor­ti­ra de l’hé­gé­mo­nie du néo­li­bé­ra­lisme que grâce à un large consen­sus mon­dial. Une des thèses cen­trales du Mani­feste (ins­pi­rée de Mar­cel Mauss) est que le pro­blème poli­tique pre­mier est de per­mettre aux humains de « coopé­rer en s’op­po­sant sans se mas­sa­crer ». En lisant Ser­vigne et Cha­pelle, on découvre que c’est très exac­te­ment le pro­blème auquel le vivant en géné­ral a trou­vé une réponse.

INTRODUCTION

L’âge de l’entraide

Connais­­sez-vous cette his­toire ? C’est un mythe des années 1980, mais on dit qu’il vient d’une époque bien plus loin­taine. Il était une fois la vie, une arène impi­toyable où des mil­lions de gla­dia­teurs se bat­taient et s’en­tre­tuaient. Pas de cadeaux, pas de quar­tier, pas de pitié. L’a­gres­si­vi­té était deve­nue un atout essen­tiel, c’é­tait une ques­tion de sur­vie. Dans ce monde, l’in­tel­li­gence — par­don, la ruse — ser­vait à pas­ser devant les autres, ou, mieux, à les enfon­cer. Il fal­lait sur­veiller ses arrières. « Que le meilleur gagne ! » enten­­dait-on à l’en­vi. Le grand man­geait le petit, le plus rapide man­geait le plus lent, le plus fort man­geait le plus faible. C’é­tait comme ça depuis la nuit des temps, disaient les sages. Si vous ne fai­siez pas par­tie des gagnants, c’é­tait pas de chance. D’ailleurs, c’é­tait sûre­ment un peu de votre faute… « Bon sang ! Rele­­vez-vous, bat­­tez-vous ! Gagner ! Réus­sir ! Vous ne com­pre­nez donc pas ? »

Ce mythe a la vie dure. On dit qu’il se raconte encore de nos jours, un peu par­tout dans le monde. Entre employés pour grim­per dans la hié­rar­chie des orga­ni­sa­tions, ou entre ces der­nières pour conqué­rir des parts de mar­ché. On raconte que, au plus haut niveau de l’É­tat, c’est l’ob­ses­sion de la com­pé­ti­ti­vi­té, ou la bataille pour la conquête du pou­voir. Ailleurs, c’est la lutte entre les équipes de foot, les can­di­dats aux grandes écoles, les deman­deurs d’emploi…

Bien enten­du, ce ne sont pas de vraies guerres ; elles sont simu­lées, cathar­tiques, par­fois théâ­trales. Il paraît qu’elles cana­lisent les pul­sions humaines pour nous empê­cher de som­brer. Mais empêchent-elles les vrais affron­te­ments, délits, crimes, conflits armés, guerres des classes, guerres des peuples ou guerres contre le vivant ?

La loi de la jungle

Si vous obser­vez les êtres vivants (les « autres qu’­hu­mains ») à tra­vers ce filtre, celui de la com­pé­ti­tion, le tableau vous sau­te­ra aux yeux : le lion mange l’an­ti­lope, les chim­pan­zés s’en­tre­tuent, les jeunes arbres jouent des coudes pour l’ac­cès à la lumière, les cham­pi­gnons et les microbes ne se font pas de cadeaux. Le mythe se déploie à la lumière de cet uni­vers impi­toyable. L’é­tat de nature est syno­nyme de chaos, de lutte, de pillage et de vio­lence. C’est la loi de la jungle, la « loi du plus fort », la « guerre de tous contre tous », selon l’ex­pres­sion d’un des pères du libé­ra­lisme, le phi­lo­sophe Tho­mas Hobbes.

Les mythes donnent une cou­leur au monde. Et une idée répé­tée mille fois finit par deve­nir vraie. Faites l’ex­pé­rience autour de vous : dites que l’être humain est natu­rel­le­ment altruiste, et l’on vous pren­dra pro­ba­ble­ment pour un naïf ou un idéa­liste. Dites qu’il est natu­rel­le­ment égoïste, et vous aurez les faveurs des « réalistes ».

Depuis le siècle der­nier, la culture occi­den­tale, moderne et uti­li­ta­riste, est effec­ti­ve­ment deve­nue hyper­tro­phiée en com­pé­ti­tion, délais­sant sa par­tie géné­reuse, altruiste et bien­veillante, pas­sa­ble­ment atro­phiée. L’en­traide ? Mais qui y croit encore ? Par­fois elle resur­git mira­cu­leu­se­ment, à la faveur d’un fait divers excep­tion­nel rela­té au 20 Heures ou dans une vidéo ani­ma­lière sur Inter­net vision­née des mil­lions de fois. Fascinant !

Soyons sin­cère : qui n’a jamais res­sen­ti cette pro­fonde joie d’ai­der un proche ou de se voir tendre la main ? Et que se passe-t-il quand une région est sinis­trée par une inon­da­tion ? Y a‑t‑il plus de pillages que d’actes de soli­da­ri­té ? À l’é­vi­dence, non ! Les voi­sins se serrent les coudes, d’autres accourent des alen­tours et prennent des risques insen­sés pour sau­ver ceux qui doivent l’être. Des incon­nus, à des cen­taines ou des mil­liers de kilo­mètres de là, s’or­ga­nisent et envoient de l’argent. Plus lar­ge­ment, la sécu­ri­té sociale, la redis­tri­bu­tion des richesses, l’aide huma­ni­taire, l’é­cole ou encore les coopé­ra­tives ne sont-elles pas d’in­croyables ins­ti­tu­tions d’en­traide ? Pour­quoi cela nous est-il deve­nu si invisible ?

Un exa­men atten­tif de l’é­ven­tail du vivant — des bac­té­ries aux socié­tés humaines en pas­sant par les plantes et les ani­maux — révèle que l’en­traide est non seule­ment par­tout, mais pré­sente depuis la nuit des temps. C’est simple : tous les êtres vivants sont impli­qués dans des rela­tions d’en­traide. Tous. L’en­traide n’est pas un simple fait divers, c’est un prin­cipe du vivant. C’est même un méca­nisme de l’é­vo­lu­tion du vivant : les orga­nismes qui sur­vivent le mieux aux condi­tions dif­fi­ciles ne sont pas les plus forts, ce sont ceux qui arrivent à coopérer.

En réa­li­té, dans la jungle, il règne un par­fum d’en­traide que nous ne per­ce­vons plus. Ce livre sera une ten­ta­tive de grande et pro­fonde inspiration.

Hémi­plé­giques à en mourir

L’a­gres­si­vi­té et la com­pé­ti­tion existent dans le monde vivant : il ne s’a­git pas de le nier. C’est par exemple la com­pé­ti­tion qui per­met d’é­vi­ter que des bac­té­ries patho­gènes n’en­va­hissent l’é­co­sys­tème micro­bien de notre bouche. Elle aus­si qui per­met aux félins de conser­ver leur ter­ri­toire, ou encore à cer­tains humains de sti­mu­ler leur goût de l’ef­fort, voire leur esprit d’é­quipe. Le sport tel que nous le pra­ti­quons est une façon ritua­li­sée de cana­li­ser la com­pé­ti­tion. Cette der­nière nous force à nous dépas­ser, et, pour cer­tains, à « don­ner le meilleur d’eux-mêmes ».

Mais la com­pé­ti­tion a aus­si de sérieux incon­vé­nients. Elle est épui­sante. La plu­part des ani­maux et des plantes l’ont bien com­pris : ils la mini­misent et évitent au maxi­mum les com­por­te­ments d’a­gres­sion, car ils ont trop à perdre. C’est trop ris­qué, trop fati­gant. Pour un indi­vi­du bien équi­pé, bien entraî­né et psy­cho­lo­gi­que­ment au meilleur de sa forme, la com­pé­ti­tion est un défi qui per­met de pro­gres­ser grâce à un effort puis­sant (et le plus court pos­sible). Mais, pour les autres, ceux qui ne sont pas prêts, ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas entrer dans l’a­rène, ou ceux qui y sont depuis trop long­temps, cet effort est une source infi­nie de stress.

De plus, la com­pé­ti­tion sépare ; elle fait res­sor­tir les dif­fé­rences. Les com­pé­ti­teurs foca­lisent leur atten­tion sur ce petit « del­ta », ce petit quelque chose qui les dif­fé­ren­cie de leurs concur­rents et qu’il faut gar­der secret, car il leur per­met­tra de gagner la course. Ne dit-on pas : « J’ai fait la dif­fé­rence » ? La com­pé­ti­tion ne favo­rise pas le lien, elle pousse à tri­cher, détourne du bien com­mun. En effet, pour­quoi inves­tir dans le com­mun si cela peut favo­ri­ser les concurrents ?

Au fond, qu’est-ce que « gagner » ? Se retrou­ver sur la pre­mière marche du podium… dra­ma­ti­que­ment seul ? Atti­rer le regard des autres par des pas­sions tristes comme l’en­vie, la jalou­sie ou même le res­sen­ti­ment ? Contri­buer à créer une pla­nète qui compte 99 % de « per­dants » ?

En pous­sant le culte de la com­pé­ti­tion à son extrême, et en l’ins­ti­tu­tion­na­li­sant, notre socié­té n’a pas seule­ment engen­dré un monde violent, elle a sur­tout ôté une grande par­tie de son sens à la vie. La com­pé­ti­tion sans limite est une invi­ta­tion — voire une obli­ga­tion — à une course à l’in­fi­ni. Le déli­te­ment des liens entre humains et des liens avec le vivant a créé un grand vide, un immense besoin de conso­la­tion, que nous ten­tons de com­bler en per­ma­nence par l’ac­cu­mu­la­tion fré­né­tique d’ob­jets, de tro­phées, de conquêtes sexuelles, de drogues ou de nour­ri­ture. La déme­sure, que les Grecs appe­laient l’hu­bris, devient alors la seule manière d’être au monde.

Com­pé­ti­tion, expan­sion infi­nie et décon­nexion du monde vivant sont trois mythes fon­da­teurs de notre socié­té depuis déjà plu­sieurs siècles. Leur méca­nique s’est révé­lée extrê­me­ment toxique : de la même manière qu’une cel­lule en expan­sion per­pé­tuelle finit par détruire l’or­ga­nisme dont elle fait par­tie, un orga­nisme qui détruit l’en­vi­ron­ne­ment dans lequel il vit et empoi­sonne ses voi­sins finit par mou­rir seul dans un désert.

Nous avons mal­heu­reu­se­ment dépas­sé l’é­tape du simple aver­tis­se­ment. C’est là notre réa­li­té. Notre rap­port au monde a pro­vo­qué des bas­cu­le­ments irré­ver­sibles : cer­tains sys­tèmes natu­rels qui consti­tuent la bio­sphère ont été gra­ve­ment désta­bi­li­sés, au point de mena­cer sérieu­se­ment les condi­tions de sur­vie de nom­breuses espèces sur terre, y com­pris la nôtre. Et c’est sans comp­ter sur la fin immi­nente de l’ère des éner­gies fos­siles, l’é­pui­se­ment des res­sources miné­rales, les pol­lu­tions géné­ra­li­sées, l’ex­trême fra­gi­li­té de notre sys­tème éco­no­mique et finan­cier ou la crois­sance des inéga­li­tés entre pays et du nombre de réfu­giés. Nous avons là une situa­tion qui res­semble à un immense jeu de domi­nos instable, c’est-à-dire aux pré­mices d’un effon­dre­ment de civi­li­sa­tion1.

Le bilan des pos­sibles formes que pour­rait prendre cet enchaî­ne­ment de catas­trophes est appe­lé la col­lap­so­lo­gie2 une dis­ci­pline qui, au-delà de sa fonc­tion d’in­for­ma­tion, per­met de mettre en lien dif­fé­rents milieux et dif­fé­rentes sen­si­bi­li­tés : éco­lo­gistes, sur­vi­va­listes, uni­ver­si­taires, mili­taires, ingé­nieurs, pay­sans, acti­vistes, artistes, poli­ti­ciens, etc. Au cours de nos ren­contres avec tous ces acteurs pré­oc­cu­pés par la situa­tion, nous avons été frap­pés de consta­ter à quel point la ques­tion de l’en­traide était récur­rente et urgente. Fré­quentes étaient les ques­tions et les réac­tions telles que : « Com­ment faire pour que tout cela ne dégé­nère pas ? », « Nous allons tout droit vers un scé­na­rio à la Mad Max,.. Il fau­drait faire res­sor­tir le meilleur de l’être humain pour l’é­vi­ter ! », « Nous sommes égoïstes, les gens vont s’entretuer ! »

Si le cli­mat éco­no­mique, poli­tique et social se dégrade rapi­de­ment, notre ima­gi­naire, lui, gavé de cette mono­cul­ture de la com­pé­ti­tion, pro­dui­ra tou­jours la même his­toire : la guerre de tous contre tous et l’a­gres­si­vi­té pré­ven­tive. Par une pro­phé­tie auto-réa­­li­­sa­­trice, les « croyants » se pré­pa­re­ront à la vio­lence dans un cli­mat de peur et crée­ront les condi­tions par­faites pour que naissent de vraies ten­sions. Alors qu’un autre scé­na­rio, celui de la coopé­ra­tion, pour­rait tout aus­si bien émer­ger… si tant est que nous l’in­cluions dans le champ des possibles !

Ce livre est né de l’i­dée d’ex­plo­rer les condi­tions d’é­mer­gence des com­por­te­ments d’en­traide. À l’é­tin­celle de départ — une curio­si­té scien­ti­fique qui date de plus de dix ans — s’est récem­ment ajou­té un élan pour contac­ter une autre mytho­lo­gie, enri­chir un autre ima­gi­naire, racon­ter de belles his­toires bien enra­ci­nées dans révo­lu­tion du vivant, avec le sou­ci de mini­mi­ser les dégâts de cette spi­rale d’au­to­des­truc­tion et de vio­lence, et, pour­quoi pas, de contri­buer à favo­ri­ser une spi­rale vertueuse.

L’émergence d’une autre loi de la jungle

Nous ne sommes ni les seuls ni les pre­miers à pen­ser l’en­traide. Ces der­nières années, les articles scien­ti­fiques sur ce sujet se sont enchaî­nés à un rythme effré­né. Mais ils res­tent mal­heu­reu­se­ment rela­ti­ve­ment inac­ces­sibles au grand public et rares dans les cur­sus sco­laires. Il en va de même pour la longue filia­tion intel­lec­tuelle phi­lo­so­phique et reli­gieuse qui remonte à l’An­ti­qui­té et prend une dimen­sion véri­ta­ble­ment scien­ti­fique au XIXe siècle sous la plume, entre autres, du natu­ra­liste Charles Dar­win, du socio­logue Alfred Vic­tor Espi­nas, du géo­graphe Pierre Kro­pot­kine ou encore de l’an­thro­po­logue Mar­cel Mauss.

Qu’on ne s’y trompe pas : les héri­tiers de ces idées « naïves » sont nom­breux. On pense au mou­ve­ment du MAUSS3, lan­cé en 1981 par Alain Caillé et qui aujourd’­hui regroupe un grand panel d’in­tel­lec­tuels sous la ban­nière (très sti­mu­lante !) du convi­via­lisme4. On pense aus­si au tour d’ho­ri­zon natu­ra­liste de Jean-Marie Pelt (La Soli­da­ri­té chez les plantes, les ani­maux, les humains, 2004), ain­si qu’aux monu­men­tales syn­thèses de Jacques Lecomte (La Bon­té humaine, 2012), de Mat­thieu Ricard (Plai­doyer pour l’al­truisme, 2013) et de Pierre Dar­dot et Chris­tian Laval (Com­muns, 2014). Phi­lo­sophes, mana­gers, éco­logues, éco­no­mistes, anthro­po­logues ou socio­logues se démènent pour remettre sur le devant de la scène des notions aus­si démo­dées et rin­gardes que l’al­truisme5, la bon­té6, la gen­tillesse7, l’as­so­cia­tion8, l’é­ga­li­té9, les com­muns10, l’empathie11 ou la soli­da­ri­té12.

La force de cette culture renais­sante et émer­gente est de ne pas se conten­ter de res­ter dans les biblio­thèques. Elle sort dans la rue, trans­forme le monde grâce à de nou­veaux modes de consom­ma­tion, de tra­vail, de construc­tion, d’ap­pren­tis­sage,   de   com­mu­ni­ca­tion,   de  ges­tion13  ou de pro­duc­tion14. L’é­mer­gence d’une culture des biens com­muns, du peer-to-peer et de la col­la­bo­ra­tion prend une dimen­sion mon­diale et touche tous les sec­teurs. Il est trop tard pour l’arrêter.

Au siècle der­nier, notre monde est deve­nu extrê­me­ment per­for­mant en matière de méca­nismes de com­pé­ti­tion. Il est grand temps de deve­nir tout aus­si com­pé­tents en matière de coopé­ra­tion, de bien­veillance et d’al­truisme. L’autre objec­tif de ce livre est d’ap­por­ter une pierre à cet édi­fice, de par­ti­ci­per à la struc­tu­ra­tion de cette nou­velle culture. En pui­sant dans plu­sieurs dis­ci­plines, de l’é­tho­lo­gie à l’an­thro­po­lo­gie en pas­sant par l’é­co­no­mie, la psy­cho­lo­gie, la bio­lo­gie, la socio­lo­gie ou les neu­ros­ciences, nous pro­po­sons un tour d’ho­ri­zon des plus récentes décou­vertes sur cette ten­dance très puis­sante qu’ont les êtres vivants (et pas seule­ment les humains) à s’as­so­cier. L’i­dée d’in­clure le reste du monde vivant dans la syn­thèse était d’ar­ri­ver à déga­ger des prin­cipes géné­raux et une archi­tec­ture géné­rale de ce que l’on pour­rait désor­mais appe­ler « l’autre loi de la jungle ».

Le chan­tier du siècle

Notre sur­prise a été de consta­ter l’in­croyable diver­si­té des pro­ces­sus, des sen­ti­ments et des méca­nismes à l’œuvre depuis la nuit des temps. Mais com­ment nom­mer ce monde infi­ni­ment com­plexe, riche et colo­ré ? Com­ment nom­mer cette ten­dance qui décrit aus­si bien une asso­cia­tion entre bac­té­ries qu’une entente entre humains ou entre grands singes impli­quant des sen­ti­ments aus­si sub­tils que l’al­truisme, la bon­té, l’a­mi­tié, la gra­ti­tude, la récon­ci­lia­tion ou le sens de la jus­tice ? Nous avions besoin d’un terme qui inclue à la fois les actes et les inten­tions, mais aus­si tous les orga­nismes vivants et tous les processus.

Nous avons choi­si le terme d’entraide, conscients qu’il n’a pas la même défi­ni­tion pour tous, et qu’il peut par­fois impli­quer une touche d’an­thro­po­mor­phisme, sur­tout lors­qu’il s’a­git de décrire les com­por­te­ments d’êtres vivants qui ne nous res­semblent en rien. Mais ce mot a aujourd’­hui l’a­van­tage d’être à la fois bien accep­té par le lan­gage cou­rant et suf­fi­sam­ment oublié des sciences pour être à l’a­bri d’une défi­ni­tion trop étroite. C’est aus­si et sur­tout un clin d’œil au grand géo­graphe et anar­chiste Pierre Kro­pot­kine, l’un des pion­niers de cette aven­ture scien­ti­fique, qui écri­vit en 1902 une remar­quable syn­thèse dont le titre, Mutual Aid, fut tra­duit par son ami, le non moins géo­graphe et anar­chiste Éli­sée Reclus, par « entr’aide », mot qu’il offrit à la langue fran­çaise15.

Le sujet est évi­dem­ment colos­sal. Chaque cha­pitre de notre livre pour­rait faire l’ob­jet d’un trai­té de plu­sieurs tomes ! Le but n’é­tait pas d’en faire un tra­vail ency­clo­pé­dique, mais d’é­ta­blir des ponts entre les dis­ci­plines, en par­ti­cu­lier entre les sciences humaines et les sciences bio­lo­giques. Voir leur dis­ci­pline cro­quée à grands traits génère évi­dem­ment d’i­né­vi­tables frus­tra­tions chez les spé­cia­listes, et il en va de même pour nous, qui aurions aimé par­ta­ger encore plus d’ex­tra­or­di­naires détails des méca­nismes du vivant16.

Nous avons démar­ré ce chan­tier il y a une dou­zaine d’an­nées, avec autant d’en­thou­siasme que de naï­ve­té. Notre label « bio­lo­gique17 » ne nous avait pas pré­pa­rés à absor­ber les incroyables avan­cées des sciences humaines, ni les para­doxes qui émer­geaient de ce foi­son­ne­ment de décou­vertes18. Explo­rer tout cela a été une véri­table aven­ture qui n’a fait qu’at­ti­ser tou­jours davan­tage notre curio­si­té. Ce bilan est donc loin d’être défi­ni­tif, et il se révèle être au final une invi­ta­tion à conti­nuer l’exploration.

Ce livre n’est pas un trai­té de col­lap­so­lo­gie, ni une cri­tique de la socié­té de consom­ma­tion et du capi­ta­lisme, pas plus qu’une ency­clo­pé­die natu­ra­liste ou un trai­té phi­lo­so­phique. C’est une ten­ta­tive pour faire du lien entre tout cela et poser un jalon sur le che­min de notre génération.

Nous com­men­ce­rons notre voyage en tor­dant le cou au mythe d’une nature agres­sive où ne régne­rait qu’une seule loi. Puis nous décou­vri­rons au fil des cha­pitres les méca­nismes et les sub­ti­li­tés de l’en­traide humaine. Enfin, nous ter­mi­ne­rons en reve­nant à l’en­semble du monde vivant, ce qui nous per­met­tra d’ef­fleu­rer quelques grands prin­cipes de la vie sur terre.

Pablo Ser­vigne et Gau­thier Chapelle

______________________
Notes de l’introduction :

  1. Pour l’ins­tant, les pays indus­tria­li­sés sont rela­ti­ve­ment épar­gnés, mais uni­que­ment grâce à un fra­gile écran de tech­no­lo­gie… qui dépend de res­sources éner­gé­tiques et miné­rales de moins en moins accessibles.
  2. Ser­vigne et Ste­vens R. (2015).
  3. Mou­ve­ment anti-uti­­li­­ta­­riste en sciences sociales. Voir ia pré­face de ce livre, ain­si que le site de La Revue du MAUSS, www​.revue​du​mauss​.com​.fr/.
  4. Mani­feste des convi­via­listes (2013) ; Alain Caillé (dir.) et les Convi­­via-listes (2016); www​.les​con​vi​via​listes​.org.
  5. Kou­rils­ky (2009) ; Kou­rils­ky (2011) ; Ricard (2013) ; Ricard et Sin­ger (dir.) (2015).
  6. Lecomte (2012).
  7. Jaf­fe­lin (2015); Mar­tin (2014).
  8. Laville(2010).
  9. Wil­kin­son et Pickett (2013).
  10. Dar­dot et Laval (2014) ; Coriat (dir.) (2015).
  11. De Waal (2009) ; Rif­kin (2011).
  12. Pelt (2004) ; Supiot (dir.) (2015) ; Mathe­vet (2011).
  13. Mal­gré les pro­grès récents de cer­taines entre­prises, force est de consta­ter la conster­nante iner­tie de ce milieu. Gau­thier Cha­pelle a été conseiller en déve­lop­pe­ment durable (en bio­mi­mé­tisme) pen­dant dix ans pour les entre­prises. Il s’ef­for­çait de leur mon­trer que, en s’ins­pi­rant des rela­tions d’en­traide du monde vivant, leur orga­ni­sa­tion serait non seule­ment durable, mais bien plus effi­cace. Mal­heu­reu­se­ment, il s’est sou­vent ren­du compte que de nom­breuses entre­prises ne vou­laient pas prendre le risque de chan­ger leur struc­ture et leur rai­son d’être.
  14. Pour un tour d’ho­ri­zon, voir Novel (2013) ; Riot, Novel (2012) ; Filip-povaf­­coord.) (2015). Sur les moyens de com­mu­ni­ca­tion, voir Rif­kin (2014); Bau­wens (2015). Sur les entre­prises, voir Laloux (2015); Lecomte (2016). Sur l’éner­gie, voir Rif­kin (2012).
  15. L’a­pos­trophe dis­pa­rut en 1931. À ce sujet, lire Enckell (2009).
  16. Nous n’a­vons mal­heu­reu­se­ment pu inclure dans ce tra­vail qu’en­vi­ron un tiers de notre biblio­gra­phie, et nous sommes conscients que celle-ci ne doit repré­sen­ter qu’une petite par­tie de ce qui est dis­po­nible sur le sujet…
  17. Nous sommes tous deux agro­nomes de for­ma­tion et spé­cia­listes de bio­lo­gie ani­male. Nous avons sur­tout le point com­mun d’é­prou­ver, depuis notre plus tendre enfance, un grand malaise à bai­gner dans ce mythe d’une nature cruelle, agres­sive et com­pé­ti­tive. Cela ne colle ni avec notre expé­rience, ni avec nos obser­va­tions, ni avec notre res­sen­ti. Même si notre sen­si­bi­li­té natu­ra­liste nous a vac­ci­nés contre une telle soupe idéo­lo­gique, il nous a tout de même fal­lu plus de vingt-cinq ans pour trans­for­mer cette intui­tion en cer­ti­tude, et quelques années de plus pour ins­crire cette der­nière dans une syn­thèse cohérente.
  18. Pen­dant des années, les résul­tats, les hypo­thèses et les théo­ries de chaque dis­ci­pline sont res­tés contra­dic­toires. Aucun tableau glo­bal n’é­mer­geait. Il y avait trop de fos­sés entre les dis­ci­plines, et cha­cune tra­vaillait en igno­rant les autres. Ce n’est que très récem­ment que des pro­grès ful­gu­rants ont per­mis de pro­po­ser une struc­ture glo­bale de cette « autre loi de la jungle ».

* * * * *

Source : « L’En­traide. L’autre loi de la jungle », livre de Gau­thier Cha­pelle et Pablo Ser­vigne, édi­tions Les Liens Qui Libèrent, 2017 http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-L_Entraide-9791020904409–1‑1–0‑1.html

Enfin, le som­maire montre bien que ce livre est d’une richesse inouïe pour tous les huma­nistes (concen­­trez-vous, chaque ligne compte, ce bou­quin est un bijou) :

Table

Pré­face, par Alain Caillé

Intro­duc­tion. L’âge de l’entraide
La loi de la jungle
Hémi­plé­giques à en mourir
L’é­mer­gence d’une autre loi de la jungle
Le chan­tier du siècle

Cha­pitre 1. His­toire d’un oubli

Par­tout, tout le temps, et de toutes les couleurs
Entre sem­blables
Entre loin­tains cousins
Entre orga­nismes qui n’ont rien à voir
Nos plus loin­tains ancêtres, cham­pions de l’en­traide toutes caté­go­ries
Toutes les cou­leurs de la « symbiodiversité »
Nous sommes une inex­tri­cable pelote d’interdépendances
Remettre les pen­dules à l’heure

Pour­quoi la socié­té ne l’a pas vue — Une his­toire de mythes
Kro­pot­kine, le prince anar­chiste à contre-courant
Les oeillères de notre société

Pour­quoi la science ne l’a pas vue – Une his­toire de gènes
Avant les années 1970
Vie, mort et renais­sance de la socio­bio­lo­gie, 1970–2000
La renais­sance des années 2000

Cha­pitre 2. L’en­traide spontanée

Contrai­re­ment aux idées reçues
Où vit l’Homo oeco­no­mi­cus ?
Ce qui émerge en situa­tion de crise
Ce qui émerge du stress et de l’inconnu

Com­ment expli­quer ces automatismes ?
La fin des modèles simplistes
Un auto­ma­tisme malléable

Cha­pitre 3. Les méca­nismes du groupe

Le noyau dur de l’en­traide : la réciprocité
L’o­bli­ga­tion de rendre
Les racines de la réciprocité

Le pas­sage au groupe : la réci­pro­ci­té étendue
La répu­ta­tion (la réci­pro­ci­té indirecte)
Récom­penses et puni­tions (la réci­pro­ci­té renforcée)

Les très grands groupes : la réci­pro­ci­té invisible
Les normes sociales
Les ins­ti­tu­tions

Cha­pitre 4. L’es­prit du groupe

Un moment magique : quand le groupe fait corps
Le sen­ti­ment de sécurité
Le sen­ti­ment d’égalité
Le sen­ti­ment de confiance
La nais­sance d’un superorganisme

Vers des prin­cipes universels ?
Les « fon­da­men­taux », une mise en pratique
Les prin­cipes d’une bonne gouvernance

L’en­traide pous­sée à l’extrême
La dis­so­lu­tion du soi
L’ex­tase collective
La fer­me­ture du groupe

Un moment tra­gique : quand l’en­traide s’effondre

Cha­pitre 5. Au-delà du groupe

Le prin­cipe du grand méchant loup
La com­pé­ti­tion avec d’autres groupes
Un envi­ron­ne­ment hostile
Un objec­tif com­mun à atteindre

Les groupes peuvent-ils s’entraider ?
Dépas­ser la com­pé­ti­tion entre les groupes
Les mêmes méca­nismes qu’au niveau inférieur
Une limite de taille ?
L’op­por­tu­ni­té des catas­trophes globales

Cha­pitre 6. Depuis la nuit des temps

L’évolution de l’en­traide humaine
S’as­so­cier pour survivre
Une bande de pri­mates immatures

L’é­vo­lu­tion de l’en­traide entre semblables
« L’u­nion fait la force » : la puis­sance de la sélec­tion de groupe
« Win­ter is coming » : la puis­sance du milieu hostile
Les autres forces évolutives

L’é­vo­lu­tion de l’en­traide entre espèces
Avoir besoin de l’autre
par­fois de manière réciproque
au point de ne plus pou­voir s’en passer
Encore et tou­jours le milieu hostile

Une source infi­nie d’innovation
L’en­traide appelle l’entraide
Se trans­for­mer au contact des autres
Pas­ser au niveau supérieur
Com­ment l’en­traide a chan­gé la face du monde

Conclu­sion. Le nou­veau visage de l’entraide
Bien plus qu’une simple loi de la jungle
Les grands prin­cipes de l’entraide
Vers une nou­velle vision de l’entraide

Épi­logue. Pour quel monde ?
Allons-nous nous entretuer ?
Vers une autre mythologie
Au-delà de l’humanité

Annexe. De la « nou­velle socio­bio­lo­gie »

Trem­ble­ment de terre au pays de la sociobiologie
Le secret devait se trou­ver dans les gènes
La lente tra­hi­son du père fondateur
La puis­sance d’un seul homme

Les diverses forces évo­lu­tives à l’o­ri­gine de l’entraide
À l’o­ri­gine de la socio­bio­lo­gie : sélec­tion  de paren­tèle et altruisme réciproque
La décou­verte d’autres voies : réci­pro­ci­té indi­recte et sélec­tion spatiale
Vers une socio­bio­lo­gie plus ouverte et plus complexe

Gra­ti­tude

Réfé­rences

Biblio­gra­phie sélective
Les ouvrages indis­pen­sables en français
Les indis­pen­sables en anglais

 

En lisant ce livre, j’ai décou­vert, com­man­dé et com­men­cé une autre perle : « La bon­té humaine. Altruisme, empa­thie, géné­ro­si­té » de Jacques Lecomte… et je me régale… 🙂

https://​www​.odi​le​ja​cob​.fr/​c​a​t​a​l​o​g​u​e​/​p​s​y​c​h​o​l​o​g​i​e​/​p​s​y​c​h​o​l​o​g​i​e​–​g​e​n​e​r​a​l​e​/​b​o​n​t​e​–​h​u​m​a​i​n​e​_​9​7​8​2​7​3​8​1​2​7​1​0​5​.​php

Je ran­ge­rai ces pré­cieux outils avec mes livres de Jean-Marie Pelt (« La loi de la jungle » 2003, « La soli­da­ri­té chez les plantes, les ani­maux, les humains » 2004), et à côté des livres épa­tants de Frans de Waal (notam­ment « L’âge de l’empathie » 2009), sur le (grand) rayon « Res­pect et exem­pla­ri­té des ani­maux / éthique / bien-mal / humanité-animalité ».

Bonne lec­ture à tous, bande de virus 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​0​1​5​2​3​0​1​7​317

[Souveraineté, guerres et responsabilités] Oliver Stone : « On attend un leader français ou européen comme De Gaulle »

Entre­tien inté­res­sant d’O­li­ver Stone, sur RT en français :


https://​fran​cais​.rt​.com/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​4​6​6​4​5​–​o​l​i​v​e​r​–​s​t​o​n​e​–​o​n​–​e​s​p​e​r​e​–​l​e​a​d​e​r​–​f​r​a​n​c​a​i​s​–​e​u​r​o​p​e​e​n​–​d​e​–​g​a​u​lle

httpv://www.youtube.com/watch?v=TunXXfe85lk

Rap­pel :

• les entre­tiens d’O­li­ver Stone avec Pou­tine (dif­fu­sés sur France 3 en juin 2017, très inté­res­sants) dont il est ques­tion ci-dessus :

1. https://​rutube​.ru/​v​i​d​e​o​/​f​a​2​c​5​4​4​9​5​5​8​9​b​a​5​a​b​4​0​b​f​5​4​c​7​8​b​2​7​e​e1/

2. https://​rutube​.ru/​v​i​d​e​o​/​1​6​2​6​c​1​2​9​2​2​8​8​4​3​4​5​4​0​d​3​0​c​6​f​6​8​5​d​5​4​37/

3. https://​rutube​.ru/​v​i​d​e​o​/​e​6​5​6​3​0​b​b​9​a​3​e​f​c​6​e​8​a​b​0​9​a​a​c​b​7​a​1​d​9​aa/

4. https://​rutube​.ru/​v​i​d​e​o​/​e​8​1​0​2​5​a​c​1​7​6​c​d​b​8​a​3​8​1​1​4​b​b​0​5​d​3​6​e​3​0e/

• Je n’ar­rive pas à retrou­ver la vidéo du débat qui a sui­vi la dif­fu­sion de ce long film sur France 3, avec Hubert Védrine.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​8​6​5​5​8​6​9​7​317

[Dès 2008] Faute de constitution digne de ce nom, Bolloré acquiert la totalité de l’institut de sondage CSA !

Le groupe Bol­lo­ré acquiert la tota­li­té de l’ins­ti­tut de son­dage CSA !


https://​temps​reel​.nou​ve​lobs​.com/​m​e​d​i​a​s​/​m​e​d​i​a​s​–​p​o​u​v​o​i​r​s​/​2​0​0​8​0​7​1​0​.​O​B​S​2​3​2​8​/​l​e​–​g​r​o​u​p​e​–​b​o​l​l​o​r​e​–​a​c​q​u​i​e​r​t​–​l​a​–​t​o​t​a​l​i​t​e​–​d​e​–​l​–​i​n​s​t​i​t​u​t​–​d​e​–​s​o​n​d​a​g​e​–​c​s​a​.​h​tml

La France est un pays sans consti­tu­tion digne de ce nom.

Une vraie consti­tu­tion inter­di­rait le contrôle de l’in­for­ma­tion par les plus riches.

#Pas­De­Dé­mo­cra­tie­Sans­Ci­toyens­Cons­ti­tuants

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​8​6​2​6​6​1​3​2​317

Projet d’expérimentation démocratique, mobilisation des volontaires : nouveau Mumble d’information prévu le 25 janvier 2018

Comme vous le savez, je sou­tiens tota­le­ment le pro­jet lan­cé par Maxime Péroud. Ce pro­jet consiste à simu­ler le fonc­tion­ne­ment d’une assem­blée déli­bé­ra­tive stric­te­ment démo­cra­tique et à éla­bo­rer son règle­ment inté­rieur. Les tra­vaux qui y sont pré­vus s’annoncent pas­sion­nants autant qu’indispensables.

Je vous en avais lon­gue­ment par­lé dans un article en sep­tembre, article que je vous recom­mande de lire si vous ne connais­siez pas déjà ce projet :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​7​/​0​9​/​0​9​/​p​r​o​j​e​t​–​d​e​x​p​e​r​i​m​e​n​t​a​t​i​o​n​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​–​e​l​a​b​o​r​e​r​–​e​n​s​e​m​b​l​e​–​l​e​–​r​e​g​l​e​m​e​n​t​–​i​n​t​e​r​i​e​u​r​–​d​e​–​n​o​s​–​p​r​o​c​h​a​i​n​e​s​–​a​s​s​e​m​b​l​e​e​s​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​s​–​a​v​e​c​–​m​a​x​i​m​e​–​p​e​r​o​ud/

Pour que ce pro­jet puisse démar­rer, il lui faut un tout petit nombre de volon­taires sup­plé­men­taires qui vien­dront com­plé­ter l’équipe déjà réunie et qui attend impa­tiem­ment de com­men­cer les travaux. 

Après avoir vision­né la longue vidéo de pré­sen­ta­tion du pro­jet pré­pa­rée par Maxime (cf mon article de sep­tembre), venez par­ti­ci­per au pro­chain Mumble d’information sur ce pro­jet. Ins­­cri­­vez-vous sur FB : 


https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​1​7​4​6​9​8​4​6​6​4​7​0​6​88/

(et lisez bien la des­crip­tion de l’événement 🙂 )

Vous pou­vez aus­si vous ins­crire sans Face­book, bien sûr 🙂 :
https://​exp​-demo​.jim​do​.com/​c​o​n​t​a​c​t​–​i​n​s​c​r​i​p​t​i​on/

Salut à tous 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant au pre­mier billet annon­çant le Mumble du 8 jan­vier 2008 :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​8​5​9​9​1​5​3​2​317

Deuxième fil Face­book cor­res­pon­dant au billet annon­çant le Mumble du 25 jan­vier 2008 :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​9​4​0​3​6​5​4​3​7​317

Guillaume Meurice questionne nos prétendus « représentants » sur le CETA, et leur niveau d’incompétence et/ou de traîtrise est consternant

httpv://www.youtube.com/watch?v=QJ60l_DyXAg

Mer­ci Guillaume.

#pas­de­dé­mo­cra­tie­sans­ti­ra­geau­sort­de­las­sem­blée­cons­ti­tuante

Pour plus d’info : 

Stop CETA, Stop TAFTA : la même lutte


https://​france​.attac​.org/​n​o​s​–​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​n​o​t​e​s​–​e​t​–​r​a​p​p​o​r​t​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​s​t​o​p​–​c​e​t​a​–​s​t​o​p​–​t​a​f​t​a​–​l​a​–​m​e​m​e​–​l​u​tte

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​8​5​9​2​8​2​5​3​7​317