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« Emmanuel Macron est un traître absolu, OK mais, plutôt que s’en prendre aux tyrans, on devrait s’en prendre à la tyrannie (et penser à nos institutions) » – Les incorrectibles, 23 juin 2024

J’ai rejoint Éric Morillot à Paris pour un nou­vel entre­tien « Les incor­rec­tibles », publié le 23 juin 2024 : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​f​s​P​w​I​1​T​k​ssw Si vous pre­nez des notes en regar­dant l’en­tre­tien et que vous créez votre propre petit som­maire minu­té que vous nous enver­rez en com­men­taire, vous me ren­drez un vrai ser­vice 🙏 Voi­ci celui pro­po­sé par Éric en des­crip­tion de la vidéo You­Tube : Eric Morillot reçoit Etienne Chouard pour une ana­lyse cri­tique du sys­tème poli­tique actuel.…

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Rendez-vous ce vendredi, à 11 h (20 h en Nouvelle Calédonie), pour une réflexion constituante populaire

Rendez-vous ce vendredi, à 11 h (20 h en Nouvelle Calédonie), pour une réflexion constituante populaire

https://​www​.face​book​.com/​g​u​e​n​o​l​i​t​t​o​/​p​o​s​t​s​/​p​f​b​i​d​0​S​e​p​k​L​j​w​T​a​f​E​P​Q​5​V​P​m​N​i​J​v​h​b​f​Y​L​P​L​G​U​N​Z​8​4​p​k​M​R​E​s​4​K​F​Y​v​y​g​5​r​c​H​9​A​t​w​E​e​x​S​Y​D​7​nxl

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Étienne Chouard au Québec : ATELIERS CONSTITUANTS à Montréal, 2 juin 2024

Dimanche 2 juin 2024, dès le len­de­main de mon arri­vée au Qué­bec, j’ai pas­sé une jour­née à ani­mer des ate­liers consti­tuants, et j’ai trou­vé ça for­mi­dable : j’é­tais très heu­reux d’en­fin ren­con­trer les citoyens consti­tuants qué­bé­cois 🙂 Ah ! Comme je remer­cie Sté­phane (Blais) et ses amis d’a­voir orga­ni­sé et per­mis tout ca ! Mer­ci mer­ci Mer­ci 🙏 Comme d’ha­bi­tude, ceux qui pren­dront la peine, pen­dant qu’ils regardent cette vidéo, de noter le minutage…

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For­mat grille – For­mat articles complets

[STARVE THE BEAST] « Pour aller toujours plus vite, on les rend grabataires » : lettre des infirmières du CHU de Grenoble

« Alerte. Les infir­mières et infir­miers du CHU de Gre­noble font part de leur déses­poir dans une lettre ouverte à des­ti­na­tion de leur direc­tion mais éga­le­ment de la France entière et des auto­ri­tés. La situa­tion cri­tique qu’ils et elles décrivent en EHPAD et USLD fait froid dans le dos. La dyna­mique mana­gé­riale appli­quée aux soins de san­té – où le chiffre passe avant tout – s’attaque au sens même du tra­vail d’infirmier, ren­dant les soins de moins en moins effi­caces, éven­tuel­le­ment, au pro­fit du sec­teur pri­vé. Selon eux, le dan­ger pour les patients est mani­feste et les acci­dents risquent de se mul­ti­plier. Les hôpi­taux, une entre­prise comme les autres ? »

[Mr mon­dia­li­sa­tion]


Com­mu­ni­qué CGT du CHU de Gre­noble – 04.76.76.51.03 – [email protected] :

« Lettre à la direction du CHU de Grenoble Alpes concernant la situation catastrophique en gériatrie (Soins de Longue Durée et EHPAD) »

Ceci est un cri d’alarme, un cri de désespoir, car nous n’avons plus le temps. Nous n’avons plus le temps de soi­gner ni de prendre soin, nous n’avons plus le temps d’exercer notre métier. En tant que soi­gnants, nous sommes en première ligne. Nous subis­sons nous-mêmes et voyons les patients subir les conséquences délétères de la poli­tique du chiffre qui est menée par­tout au CHU. L’EHPAD et le SLD sont des lieux de vie, les gens qui y vivent y subissent au quo­ti­dien, et ce jusqu’à leur mort, les conséquences de cette poli­tique gestionnaire.

Régulièrement, mes collègues se retrouvent seul·e infirmier·ère pour 40 résidents. Avez-vous une idée de ce que cela signi­fie de tra­vailler dans ces condi­tions ? À l’aide d’un cal­cul simple on se rend compte que, sur un ser­vice de 7h30, une fois retirées les 30 minutes de trans­mis­sions orales, il ne reste à l’ infirmier·ère que 10,5 minutes par patient.

Mais ces 10,5 minutes ne sont même pas du temps de présence consacré à chaque patient, car il faut déduire le temps que l’infirmier·ère passe à : vérifier les pres­crip­tions, piler les médicaments si nécessaire (envi­ron 14 des patients), vali­der les actes dans le logi­ciel, faire les trans­mis­sions avec le médecin, préparer les per­fu­sions, faire les trans­mis­sions écrites, gérer les imprévus, répondre au téléphone et aux familles, ran­ger la phar­ma­cie, etc.

La situa­tion des aides​-soi​gnants​.es n’est pas plus enviable, d’autant plus que si l’infirmier·ère n’a que peu de temps pour réaliser les soins qui lui sont propres alors il/elle n’en n’aura pas pour réaliser les soins d’hygiène et de confort avec les aides-soignants·es.

Les conséquences de ce manque de temps sur les patients ? De la dou­leur et de la souf­france provoquées par des gestes trop rapides des soi­gnants, une douche par semaine au mieux, des pan­se­ments non renouvelés à temps, des escarres qui se développent par manque de temps avec les patients pour les mobi­li­ser, des résidents réveillés très tôt pour pou­voir finir nos tours de soin, au détriment de leur santé et de leur confort, des pertes d’autonomie accélérées par manque de temps pour les accom­pa­gner dans les gestes de la vie quo­ti­dienne, gestes qu’on fait à leur place pour gagner du temps. Pour aller tou­jours plus vite, on les rend gra­ba­taires. Même d’un point de vue pure­ment comp­table cela n’a pas de sens : une fois gra­ba­taires, ces patients nécessitent encore plus de temps et de moyens.

Si on ne se fie qu’aux plan­nings, si on ne se fie qu’aux actes de soin dont la case « validé » a bien été cochée, alors on pour­rait pen­ser (le pen­­sez-vous d’ailleurs&bnsp;?) que tout va pour le mieux puisque « le tra­vail est fait ». Alors oui, les cases, sont bien cochées, les médicaments sont donnés, les corps sont lavés mais à quel prix ? Au prix d’une mal­trai­tance institutionnalisée qui est dirigée bien évidement contre les patients mais également contre les soi­gnants qui se voient, malgré eux, col­la­bos de cette poli­tique du chiffre.

Ce sont nous, les ouvriers du soin, qui en arri­vons, malgré nous, à mal­trai­ter ces corps, à mal­me­ner ces gens pour qui le quo­ti­dien de leurs dernières années consiste à ne croi­ser que des per­sonnes pressées, des per­sonnes stressées qui n’ont pas le temps de prendre soin d’eux correctement.

Le jour où il y aura des morts, des morts prématurées, chez les patients comme chez le per­son­nel,ce jour-là il fau­dra assu­mer, c’est à dire répondre de vos actes et en accep­ter les conséquences. Je dis cela non comme une menace mais comme une triste prémonition d’une conséquence de la poli­tique actuelle.

Aujourd’hui, quelques voix se lèvent mais glo­ba­le­ment pour­quoi ça conti­nue de tour­ner ? Tout sim­ple­ment parce que les prin­ci­paux intéressés n’osent rien dire :

– Les patients sont bien sou­vent trop faibles pour dire quoi que ce soit et quand bien même : seraient-ils entendus ?

– Les familles, quant à elles, se plaignent régulièrement auprès des soi­gnants mais ne vont pas plus haut dans la hiérarchie, et de toute façon, ont-elles d’autres choix ? qui est capable d’assumer à domi­cile un parent gra­ba­taire ? L’institution est pour eux la seule solution.

– Enfin, les soi­gnants, com­plices malgré eux, ont bien sou­vent honte ou alors sont résignés. Épui­sés par les efforts per­ma­nents qui leurs sont demandés (finir en retard, faire des heures supplémentaires, reve­nir sur les jours de repos, tra­vailler en 12h, faire des « soirs-matins »…) et lorsque la colère éclate, mal­heu­reu­se­ment elle ne dépasse que rare­ment les murs des offices de soin.

Aujourd’hui, si je vous écris cette lettre, c’est parce que je ne me recon­nais plus dans la soi­gnante que l’institution me force à être et je ne sup­porte plus l’impact que cela a sur ma vie. Je sou­haite qu’un jour, je n’aille plus tra­vailler en gériatrie avec « la boule au ventre » mais avec plai­sir. Plai­sir généré par la satis­fac­tion de prendre soin, la satis­fac­tion de faire le tra­vail que j’aime et de le faire bien, la satis­fac­tion d’apporter un peu de sou­rire, un peu de bon­heur à ces per­sonnes qui vivent leurs dernières années.

On ne compte plus les arrêts de tra­vail et les départ pour burn-out, vous pous­sez le per­son­nel à bout en ne leur don­nant pas les moyens d’exercer leur métier cor­rec­te­ment. Métier exi­geant qui demande de l’attention et des responsabilités, la spécificité de chaque ser­vice requiert une exper­tise qui n’est plus recon­nue. Le recours mas­sif à l’intérim le montre bien et crée un désengagement de la part du personnel.

Je ne cherche pas votre com­pas­sion, je ne me bats pas pour mon confort mais pour défendre un trai­te­ment digne des patients, une qua­lité de soin, cette même qua­lité qui fait tant votre fierté lorsqu’on voit appa­raître le CHUGA dans le clas­se­ment des meilleurs hôpi­taux. Cette qua­lité dont vous vous van­tez mais qui est illu­soire, à force de réduction de per­son­nel, elle n’existe plus à l’hôpital, et en gériatrie encore moins qu’ailleurs.

DU PERSONNEL ET DES MOYENS VITE !!!!!

Com­mu­ni­qué CGT du CHU de Gre­noble – 04.76.76.51.03 – [email protected]

Source : Mr Mon­dia­li­sa­tion, https://​mrmon​dia​li​sa​tion​.org/​p​o​u​r​–​a​l​l​e​r​–​t​o​u​j​o​u​r​s​–​p​l​u​s​–​v​i​t​e​–​o​n​–​l​e​s​–​r​e​n​d​–​g​r​a​b​a​t​a​i​r​es/. « Notre parole est libre, indé­pen­dante et gra­tuite grâce à vous. Afin de per­pé­tuer ce tra­vail,sou­­te­­nez-nous aujourd’hui par un thé 🙂  »


Mon com­men­taire :

L’ap­pau­vris­se­ment de l’É­tat, l’aus­té­ri­té impo­sée aux per­son­nels et l’as­sas­si­nat pro­gram­mé des ser­vices publics, sont VOULUS comme tels par des voleurs, des cri­mi­nels, qui trans­forment pro­gres­si­ve­ment les ser­vices publics en centres de pro­fit. La doc­trine de ces gre­dins a un slo­gan offi­ciel (pas du tout secret), depuis presque 50 ans (Rea­gan, That­cher, Pino­chet et leurs Chi­ca­go boys dans les années 70) : ce slo­gan cri­mi­nel est STARVE THE BEAST, affa­mer la bête, rui­ner l’É­tat, qui est le seul acteur capable de s’op­po­ser aux riches, de limi­ter la pré­da­tion de la socié­té par les riches, et que les riches veulent mettre hors d’é­tat de leur nuire.

Cha­cun de ces crimes contre l’in­té­rêt géné­ral est JUSTIFIÉ auprès de l’o­pi­nion publique, légi­ti­mé par les >jour­na­listes< (presque tous ven­dus aux riches), ren­du « tech­ni­que­ment néces­saire et utile » (!), par le fait de DÉPENSER MOINS D’ARGENT PUBLIC : coû­ter moins cher, ce serait être >évi­dem­ment< plus >effi­cace<.

C’est ce gros­sier men­songe qui nous conduit à accep­ter l’inacceptable. 

Mais le manque d’argent pour les ser­vices publics est — pré­ci­sé­ment — une construc­tion poli­tique (cri­mi­nelle) non néces­saire : si des per­son­nels et des équi­pe­ments sont néces­saires au bien com­mun et si les res­sources (en humains et en biens) sont dis­po­nibles, IL FAUT CRÉER L’ARGENT cor­res­pon­dant au tra­vail per­met­tant de ser­vir le bien com­mun. Une telle nou­velle mon­naie ayant une bonne contre­par­tie (le tra­vail utile cor­res­pon­dant) ne serait nul­le­ment infla­tion­niste et serait au contraire source de prospérité. 

Les pré­ten­dus >res­pon­sables< qui ne créent pas la mon­naie néces­saire au fonc­tion­ne­ment des ser­vices publics et qui, au contraire, assas­sinent les ser­vices publics au nom de la >rigueur bud­gé­taire publique<, ces gens-là sont soit des comp­tables incom­pé­tents qui devraient être révo­qués et rem­pla­cés (s’ils sont de bonne foi, intoxi­qués dans leur enfance dans les >grandes écoles< par une doxa éco­no­mique scan­da­leuse), soit des traîtres cri­mi­nels qui devraient être enfer­més (s’ils sont de mau­vaise foi, aux ordres de La Banque et/ou de puis­sances étrangères).

À l’é­vi­dence, nous n’a­vons pas de Constitution.

Une Consti­tu­tion digne de ce nom (donc écrite d’a­bord et pro­té­gée ensuite par les citoyens eux-mêmes) per­met­trait aux citoyens de contrô­ler et de révo­quer les poli­ti­ciens mal­fai­sants, et garan­ti­rait que la puis­sance publique soit vrai­ment maître de la création/destruction moné­taire (sous contrôle citoyen quo­ti­dien), ce qui don­ne­rait à cette puis­sance publique la capa­ci­té réelle d’être à la fois *employeur en der­nier res­sort* et pour­voyeur gra­tuit de bons ser­vices publics, bien équi­pés et bien contrô­lés : san­té, jus­tice, édu­ca­tion, infor­ma­tion, trans­port, dis­tri­bu­tion, etc.

Où en êtes-vous, bande de virus, pen­dant ces vacances, avec vos mini-ate­­liers consti­tuants popu­laires contagieux ?

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​5​0​6​2​5​4​5​7​2​317

[Fake news débitées au km par les prétendus « News checkers »] Le EU DisinfoLab à l’origine d’une intox : l’affaire Benalla, produit de la « russosphère » ?

[Fake news débi­tées au km par les pré­ten­dus « News che­ckers »] Encore une enquête remar­quable d’O­li­vier Ber­ruyer, sur les​-crises​.fr :

Le EU DisinfoLab à l’origine d’une intox : l’affaire Benalla, produit de la « russosphère » ?


https://​www​.les​-crises​.fr/​n​i​c​o​l​a​s​–​v​a​n​d​e​r​b​i​e​s​t​–​e​t​–​l​e​–​e​u​–​d​i​s​i​n​f​o​l​a​b​–​a​–​l​–​o​r​i​g​i​n​e​–​d​–​u​n​e​–​i​n​t​o​x​–​l​–​a​f​f​a​i​r​e​–​b​e​n​a​l​l​a​–​p​r​o​d​u​i​t​–​d​e​–​l​a​–​r​u​s​s​o​s​p​h​e​re/

« Après le Brexit, l’élection de Trump, la Cata­logne, les fausses infor­ma­tions lors de l’élection de Macron, les https://​you​tu​.be/​p​E​B​9​L​w​m​u​pQs en Syrie, la cybe­rat­taque des JO de Pyeong­chang, la Vague de Froid de l’hiver der­nier, etc, voi­ci aujourd’hui l’ombre russe dans… l’affaire Benalla.

Cette nar­ra­tive est venue de l’association “EU Disin­fo­Lab”, par la voix du cofon­da­teur Nico­las Van­der­biest et de son pré­sident Alexandre Alaphilippe.

Nous allons donc pré­sen­ter cette asso­cia­tion, puis ses récents tra­vaux et enfin ana­ly­ser les réac­tions de la presse.

  1. EU Disin­fo­Lab et sa galaxie
  2. Le Moni­to­ring des élec­tions fran­çaises de 2017 par EU DisinfoLab
  3. L’étude de Nico­las Van­der­biest sur l’affaire Benalla
  4. Les tweets de Nico­las Van­der­biest sur le “gon­flage numé­rique” de l’affaire Benalla
  5. “L’écosystème rus­so­phile” de Nico­las Vanderbiest
  6. De la dés­in­for­ma­tion par les grands médias à la récu­pé­ra­tion politique
  7. Fact-che­­cking de Nico­las Van­der­biest : la vic­time crimméenne
  8. Des erreurs et biais gro­tesques dis­qua­li­fiant l’étude ?

[…] Lire la suite, enquête appro­fon­die, sur les​-crise​.fr :
https://​www​.les​-crises​.fr/​n​i​c​o​l​a​s​–​v​a​n​d​e​r​b​i​e​s​t​–​e​t​–​l​e​–​e​u​–​d​i​s​i​n​f​o​l​a​b​–​a​–​l​–​o​r​i​g​i​n​e​–​d​–​u​n​e​–​i​n​t​o​x​–​l​–​a​f​f​a​i​r​e​–​b​e​n​a​l​l​a​–​p​r​o​d​u​i​t​–​d​e​–​l​a​–​r​u​s​s​o​s​p​h​e​re/


Mon com­men­taire :

Et les pré­ten­dus « jour­na­listes » (désor­mais tous ven­dus aux plus grands voleurs) du pays « France » (franc signi­fie libre) qui voient des >com­plots russes< par­tout (et qui pré­tendent voir aus­si des >com­plo­tistes< para­noïaques par­tout — non mais regar­dez qui parle, sans blague !) et qui relaient et ampli­fient ces conne­ries rus­so­phobes sur la « rus­so­sphère » par­tout dans leurs pages, sans jamais rien démen­tir même quand il devient évident qu’ils ont publié de la m…

Une fois de plus, les médias des riches nous intoxiquent pour nous conduire à vou­loir leur sale guerre. Le grand George Orwell avait bien expli­qué (dans 1984) que Big Bro­ther avait besoin d’une guerre per­ma­nente pour légi­ti­mer sa contrainte totale sur la popu­la­tion, et com­ment la dés­in­for­ma­tion sys­té­ma­tique était un autre outil cen­tral de domination.

J’es­père que vous, au moins, dans vos ate­liers consti­tuants quo­ti­diens, vous bos­sez sur vos pro­jets d’ar­ticles de consti­tu­tion sur l’in­dé­pen­dance des jour­na­listes et sur le contrôle de la qua­li­té de l’in­for­ma­tion des citoyens 🙂

 
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​4​8​7​3​9​9​7​5​7​317

La souveraineté monétaire *rend possible* la souveraineté politique — et pas l’inverse.

Un nou­veau résu­mé (14 min) de mon tra­vail, en cet été 2018 :

La sou­ve­rai­ne­té moné­taire rend pos­sible la sou­ve­rai­ne­té poli­tique — et pas l’inverse. 
Les deux sou­ve­rai­ne­tés doivent être ins­ti­tuées *ensemble*, et seuls des citoyens dignes de ce nom (donc consti­tuants) sont à la fois légi­times et aptes pour le faire, en personne. 

Jamais les « élus » des banques n’ins­ti­tue­ront autre chose que la sou­ve­rai­ne­té de leurs maîtres financiers.
Si on veut s’é­man­ci­per des tra­vaux for­cés au ser­vice des usu­riers, il faut qu’on s’en occupe nous-mêmes per­son­nel­le­ment, ce soir, demain soir, le plus sou­vent pos­sible, opi­niâ­tre­ment, contagieusement.

Je ne connais pas de meilleur plan de lutte contre toute forme de tyran­nie sur terre.

Mer­ci à Vincent Lapierre de relayer à son tour cette idée très radi­ca­le­ment anti­fas­ciste des ate­liers consti­tuants populaires.

Étienne.


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​4​7​9​2​3​7​5​6​2​317

Rétablir les faits : Que se passe-t-il réellement au Nicaragua ? (Popular Resistance, traduit par Viktor Dedaj pour Le Grand Soir)

Encore un article pas­sion­nant et impor­tant, sur le site impor­tant d’in­for­ma­tion quo­ti­dienne qu’est Le Grand Soir. 

Mer­ci Vik­tor, pour la tra­duc­tion et pour le signalement.

On recon­naît le mode opé­ra­toire du putsch néo­na­zi en Ukraine orga­ni­sé et sou­te­nu par les USA et l’UE.

Étienne.

Rétablir les faits : Que se passe-t-il réellement au Nicaragua ? (Popular Resistance, traduit par Viktor Dedaj pour Le Grand Soir)

10 juillet 2018 – Il y a beau­coup d’informations fausses et inexactes sur le Nica­ra­gua dans les médias. Même à gauche, cer­tains ont sim­ple­ment répé­té les affir­ma­tions dou­teuses de CNN et des médias oli­gar­chiques du Nica­ra­gua pour sou­te­nir la des­ti­tu­tion du pré­sident Orte­ga. Le récit de mani­fes­tants non vio­lents contre les esca­drons anti-émeute et les para­mi­li­taires pro-gou­­ver­­ne­­men­­taux n’a pas été remis en ques­tion par les médias internationaux.

Cet article cherche à réta­blir les faits, à décrire ce qui se passe au Nica­ra­gua et pour­quoi. Au moment où nous écri­vons ces lignes, le coup d’Etat semble échouer, les gens se sont ral­liés pour la paix (comme l’a mon­tré cette marche mas­sive pour la paix du same­di 7 juillet) et la véri­té est en train de sor­tir (par exemple, la https://​you​tu​.be/​S​e​u​e​3​a​Q​8​-hM catho­lique le 9 juillet). Il est impor­tant de com­prendre ce qui se passe parce que le Nica­ra­gua est un exemple des types de coups d’État vio­lents que les États-Unis et les riches uti­lisent pour mettre en place des gou­ver­ne­ments néo­li­bé­raux domi­nés par le monde des affaires. Si les gens com­prennent ces tac­tiques, celles-ci seront moins efficaces.

Brouiller les inté­rêts de classe

Les experts amé­ri­cains tirent en par­tie leur infor­ma­tion des médias, comme La Pren­sa de Jaime Cha­­mor­­ro-Car­­de­­nal et Confi­den­cial de la même famille oli­gar­chique, qui sont les élé­ments les plus actifs des médias pro-coup. La répé­ti­tion et l’amplification de leur récit délé­gi­ti­ment le gou­ver­ne­ment san­di­niste et demande la red­di­tion incon­di­tion­nelle de Daniel Orte­ga comme la seule option accep­table. Ces experts four­nissent une cou­ver­ture à des inté­rêts internes et externes néfastes qui ont pour objec­tif de contrô­ler le pays le plus pauvre et pour­tant riche en res­sources de l’Amérique centrale.

La ten­ta­tive de coup d’Etat a mis en évi­dence les divi­sions de classe au Nica­ra­gua. Pie­ro Coen, l’homme le plus riche du Nica­ra­gua, pro­prié­taire de toutes les opé­ra­tions natio­nales de Wes­tern Union et d’une entre­prise agro­chi­mique, est arri­vé per­son­nel­le­ment le pre­mier jour des pro­tes­ta­tions à l’Université Poly­tech­nique de Mana­gua, pour encou­ra­ger les étu­diants à conti­nuer à pro­tes­ter, en pro­met­tant son soutien.

L’oligarchie tra­di­tion­nelle du Nica­ra­gua, diri­gée poli­ti­que­ment par la famille Cha­mor­ro, publie des ulti­ma­tums constants au gou­ver­ne­ment par l’intermédiaire de ses médias et finance les bar­rages rou­tiers qui para­lysent le pays depuis huit semaines.

L’Église catho­lique, long­temps alliée aux oli­garques, a mis tout son poids der­rière la créa­tion et le main­tien d’actions anti­gou­ver­ne­men­tales, y com­pris ses uni­ver­si­tés, ses écoles secon­daires, ses églises, ses comptes ban­caires, ses véhi­cules, ses tweets, ses ser­mons domi­ni­caux et un effort tota­le­ment par­ti­san pour ser­vir de média­teur au Dia­logue natio­nal. Des évêques ont pro­fé­ré des menaces de mort contre le pré­sident et sa famille, et un prêtre a été fil­mé en train de super­vi­ser la tor­ture des San­di­nistes. Le pape Fran­çois a appe­lé à un dia­logue de paix, et même convo­qué le car­di­nal Leo­nal­do Brenes et l’évêque Rolan­do Alva­rez à une réunion pri­vée au Vati­can, déclen­chant des rumeurs selon les­quelles les mon­señores nica­ra­guayens étaient ser­mon­nés pour leur impli­ca­tion évi­dente dans le conflit qu’ils étaient offi­ciel­le­ment en train d’arbitrer. L’église reste l’un des rares piliers qui main­tiennent le coup d’Etat en vie.

Une affir­ma­tion cou­rante est que Orte­ga s’est allié à l’oligarchie tra­di­tion­nelle, mais c’est tout le contraire. C’est le pre­mier gou­ver­ne­ment depuis l’indépendance du Nica­ra­gua qui ne com­prend pas un membre de l’oligarchie. Depuis les années 1830 jusqu’aux années 1990, tous les gou­ver­ne­ments nica­ra­guayens – même pen­dant la Révo­lu­tion san­di­niste – com­pre­naient des membres des ’grandes familles’, Cha­mor­ro, Car­de­nal, Bel­li, Pel­las, Lacayo, Mon­tea­legre, Gur­dián. Depuis 2007, ce n’est plus cas, ce qui explique pour­quoi ces familles appuient le coup d’État.

Les détrac­teurs d’Ortega affirment que son dia­logue tri-par­­tite, entre syn­di­cats, capi­ta­listes et l’État consti­tue une alliance avec les grandes entre­prises. En fait, ce pro­ces­sus a per­mis d’obtenir le taux de crois­sance le plus éle­vé d’Amérique cen­trale et des aug­men­ta­tions annuelles du salaire mini­mum de 5 à 7 % supé­rieures à l’inflation, amé­lio­rant ain­si les condi­tions de vie des tra­vailleurs et per­met­tant aux gens de sor­tir de la pau­vre­té. Le pro­jet Bor­gen de lutte contre la pau­vre­té rap­porte que la pau­vre­té a chu­té de 30 pour cent entre 2005 et 2014.

Le gou­ver­ne­ment diri­gé par le FSLN a mis en place un modèle éco­no­mique basé sur l’investissement public et le ren­for­ce­ment du filet de sécu­ri­té pour les pauvres. Le gou­ver­ne­ment inves­tit dans l’infrastructure, le trans­port en com­mun, l’entretien de l’eau et de l’électricité dans le sec­teur public et a trans­fé­ré les ser­vices pri­va­ti­sés, par exemple, les soins de san­té et l’éducation pri­maire dans le sec­teur public. Ceci a assu­ré une struc­ture éco­no­mique stable qui favo­rise l’économie réelle par rap­port à l’économie spé­cu­la­tive. La part du lion de l’infrastructure au Nica­ra­gua a été construite au cours des 11 der­nières années, ce qui est com­pa­rable à l’époque du New Deal aux États-Unis, y com­pris les cen­trales élec­triques à éner­gies renou­ve­lables à tra­vers le pays.

Ce que les com­men­ta­teurs libé­raux et même de gauche négligent, c’est que contrai­re­ment au gou­ver­ne­ment Lula au Bré­sil, qui a réduit la pau­vre­té par des ver­se­ments d’argent aux familles pauvres, le Nica­ra­gua a redis­tri­bué le capi­tal pro­duc­tif afin de déve­lop­per une éco­no­mie popu­laire auto­suf­fi­sante. Le modèle FSLN doit être com­pris comme un modèle qui met l’accent sur l’économie popu­laire plu­tôt que sur l’État ou les sphères capitalistes.

Alors que le sec­teur pri­vé emploie envi­ron 15% des tra­vailleurs nica­ra­guayens, le sec­teur infor­mel emploie plus de 60%. Le sec­teur infor­mel a béné­fi­cié d’investissements publics de 400 mil­lions de dol­lars, dont une grande par­tie pro­vient des fonds de l’alliance ALBA pour finan­cer des micro­cré­dits pour les petites et moyennes entre­prises agri­coles. Ces entre­prises sont sou­te­nues aus­si par les poli­tiques visant à faci­li­ter le cré­dit, l’équipement, la for­ma­tion, le bétail, les semences et le car­bu­rant sub­ven­tion­né. Les petits et moyens pro­duc­teurs du Nica­ra­gua ont conduit le pays à pro­duire 80 à 90 % de sa pro­duc­tion ali­men­taire et à mettre fin à sa dépen­dance aux prêts du FMI.

En tant que tels, les tra­vailleurs et les pay­sans – dont beau­coup sont des tra­vailleurs indé­pen­dants et qui ont accé­dé au capi­tal pro­duc­tif par la Révo­lu­tion san­di­niste et les luttes qui ont sui­vi – repré­sentent un sujet poli­tique impor­tant du déve­lop­pe­ment social stable de l’après-guerre de la der­nière décen­nie, y com­pris les cen­taines de mil­liers de pay­sans qui ont reçu des titres fon­ciers et près du quart du ter­ri­toire natio­nal attri­bué à titre col­lec­tif en tant que ter­ri­toire des nations autoch­tones. Les mou­ve­ments sociaux des tra­vailleurs, des pay­sans et des groupes indi­gènes ont été la base du sou­tien popu­laire qui a rame­né le FSLN au pouvoir.

L’octroi de titres fon­ciers et l’aide aux petites entre­prises ont éga­le­ment mis l’accent sur l’égalité des femmes, ce qui a per­mis au Nica­ra­gua d’avoir le niveau d’inégalité entre les sexes le plus bas d’Amérique latine et de se clas­ser 12e sur 145 pays dans le monde, juste der­rière l’Allemagne.

Au fil du temps, le gou­ver­ne­ment du FSLN a incor­po­ré ce sec­teur indé­pen­dant mas­sif, ain­si que les tra­vailleurs maqui­la­do­ra (c’est-à-dire les tra­vailleurs du tex­tile dans les usines étran­gères situées dans les zones franches créées par les gou­ver­ne­ments néo­li­bé­raux pré­cé­dents), dans le sys­tème de soins de san­té et de retraite, ce qui a fait croître les enga­ge­ments finan­ciers, ce qui exi­geait une nou­velle for­mule pour assu­rer la sta­bi­li­té fis­cale. Les réformes pro­po­sées à la sécu­ri­té sociale ont déclen­ché des pro­tes­ta­tions du sec­teur pri­vé et des étu­diants le 18 avril. Le lob­by des entre­prises a appe­lé à la pro­tes­ta­tion lorsque Orte­ga a pro­po­sé d’augmenter de 3,5 % les coti­sa­tions patro­nales aux fonds de pen­sion et de san­té, alors que les coti­sa­tions des tra­vailleurs n’étaient que légè­re­ment aug­men­té de 0,75 %, et de trans­fé­rer 5 % des pen­sions des retrai­tés à leur fonds de soins de san­té. La réforme a éga­le­ment mis fin à une échap­pa­toire qui per­met­tait aux per­sonnes à reve­nu éle­vé de décla­rer un faible reve­nu afin d’avoir accès aux pres­ta­tions de santé.

Il s’agissait d’une contre-pro­­po­­si­­tion à celle du FMI de rele­ver l’âge de la retraite et de plus que dou­bler le nombre de semaines que les tra­vailleurs devraient coti­ser à la caisse de retraite pour avoir accès aux pres­ta­tions. Le fait que le gou­ver­ne­ment se soit sen­ti assez fort pour refu­ser les demandes d’austérité du FMI et du lob­by des entre­prises était un signe que le pou­voir de négo­cia­tion du capi­tal pri­vé a dimi­nué, alors que la crois­sance éco­no­mique impres­sion­nante du Nica­ra­gua, une aug­men­ta­tion de 38% du PIB entre 2006–2017, a été tirée par les petits pro­duc­teurs et les dépenses publiques. Cepen­dant, l’opposition a uti­li­sé des publi­ci­tés mani­pu­la­trices sur Face­book pré­sen­tant la réforme comme une mesure d’austérité, plus des fausses nou­velles de la mort d’un étu­diant le 18 avril, pour pro­vo­quer des pro­tes­ta­tions à tra­vers le pays le 19 avril. Aus­si­tôt, la machine à chan­ger de régime s’est mise en marche.

Le Dia­logue natio­nal montre les inté­rêts de classe dans le conflit. L’Alliance civique pour la jus­tice et la démo­cra­tie de l’opposition a comme figures clés : José Adan Aguirre, chef du lob­by des entre­prises pri­vées ; Maria Nel­ly Rivas, direc­trice de Car­gill au Nica­ra­gua et direc­trice de la Chambre de com­merce États-Unis-Nica­­ra­­gua ; les étu­diants d’universités pri­vées du Mou­ve­ment du 19 avril ; Michael Hea­ly, direc­teur d’une socié­té sucrière colom­bienne et chef du lob­by agroa­li­men­taire ; Juan Sebas­tian Cha­mor­ro, qui repré­sente l’oligarchie dégui­sé en socié­té civile ; Car­los Tun­ner­mann, 85 ans, ex-ministre san­di­niste et ex-chan­­ce­­lier de l’Université natio­nale ; Aza­lea Solis, direc­trice d’une orga­ni­sa­tion fémi­niste finan­cée par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain ; et Medar­do Mai­re­na, un ’lea­der pay­san’ finan­cé par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain, qui a vécu 17 ans au Cos­ta Rica avant d’être dépor­té en 2017 pour tra­fic d’êtres humains. Tun­ner­mann, Solis et les étu­diants du 19 avril sont tous asso­ciés au Mou­ve­ment pour la Réno­va­tion du San­di­nisme (MRS), un petit par­ti san­di­niste qui mérite néan­moins une atten­tion particulière.

Dans les années 1980, de nom­breux cadres supé­rieurs du Front san­di­niste étaient, en fait, les enfants de cer­taines des célèbres familles oli­gar­chiques, comme les frères Car­de­nal et une par­tie de la famille Cha­mor­ro, en charge res­pec­ti­ve­ment des minis­tères de la Culture et de l’Éducation et des médias du gou­ver­ne­ment révo­lu­tion­naire. Après la défaite élec­to­rale du FSLN en 1990, les enfants de l’oligarchie ont pro­vo­qué un exode du par­ti. Avec eux, cer­tains des cadres intel­lec­tuels, mili­taires et du ren­sei­gne­ment les plus remar­quables ont quit­té et for­mé, au fil du temps, le MRS. Le nou­veau par­ti a renon­cé au socia­lisme, blâ­mé Daniel Orte­ga pour toutes les erreurs de la Révo­lu­tion et, avec le temps, s’est empa­ré de la sphère des orga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales (ONG) au Nica­ra­gua, y com­pris les orga­ni­sa­tions fémi­nistes, éco­lo­gistes, les jeunes, les médias et les orga­ni­sa­tions de défense des droits de l’homme.

Depuis 2007, le MRS est deve­nu de plus en plus proche de l’extrême droite du Par­ti répu­bli­cain amé­ri­cain. Depuis l’éclatement de la vio­lence en avril, beau­coup sinon la plu­part des sources citées par les médias occi­den­taux (y com­pris, ce qui est inquié­tant, Demo­cra­cy Now ! d’Amy Good­man), pro­viennent de ce par­ti, qui a le sou­tien de moins de 2% de l’électorat nica­ra­guayen. Cela per­met aux oli­garques d’exprimer leur vio­lente ten­ta­tive de réins­tal­ler le néo­li­bé­ra­lisme dans un dis­cours qui sonne de gauche d’anciens san­di­nistes cri­tiques à l’égard du gou­ver­ne­ment Ortega.

C’est une farce de pré­tendre que les tra­vailleurs et les pay­sans sont der­rière les troubles. Vía Cam­pe­si­na, le Syn­di­cat natio­nal des agri­cul­teurs et des éle­veurs, l’Asso­cia­tion des tra­vailleurs ruraux, le Front natio­nal des tra­vailleurs, la nation indi­gène Mayan­gna et d’autres mou­ve­ments et orga­ni­sa­tions ont récla­mé sans équi­voque la fin de la vio­lence et annon­cé leur sou­tien au gou­ver­ne­ment Orte­ga. Cette agi­ta­tion est une opé­ra­tion de chan­ge­ment de régime à grande échelle menée par des oli­garques des médias, un réseau d’ONG finan­cé par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain, des élé­ments armés de familles de pro­prié­taires ter­riens de l’élite et l’Église catho­lique, et a ouvert la voie aux car­tels de la drogue et au crime orga­ni­sé pour prendre pied au Nicaragua.

L’éléphant dans la pièce

Ce qui nous amène à l’implication du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain dans le coup d’Etat violent.

Comme Tom Ricker l’a signa­lé au début de cette crise poli­tique, il y a plu­sieurs années, le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain a déci­dé de finan­cer le sec­teur de la socié­té civile des ONG au lieu de finan­cer les par­tis poli­tiques de l’opposition, qui ont per­du une énorme légi­ti­mi­té au Nica­ra­gua. Le Natio­nal Endow­ment for Demo­cra­cy (NED) a don­né plus de 700 000 $ pour bâtir une oppo­si­tion au gou­ver­ne­ment en 2017, et a accor­dé plus de 4,4 mil­lions de dol­lars depuis 2014. L’objectif prin­ci­pal de ce finan­ce­ment était de ’four­nir une stra­té­gie coor­don­née et une voix média­tique pour les groupes d’opposition au Nica­ra­gua’. Ricker ajoute :

« Le résul­tat de cette construc­tion cohé­rente et du finan­ce­ment des res­sources de l’opposition a été de créer une chambre d’écho ampli­fiée par les com­men­ta­teurs des médias inter­na­tio­naux – dont la plu­part n’ont pas de pré­sence au Nica­ra­gua et s’appuient sur ces sources secondaires. »

Le père fon­da­teur de NED, Allen Wein­stein, a décrit NED comme une façade de la CIA : « Beau­coup de ce que nous fai­sons aujourd’hui a été fait clan­des­ti­ne­ment il y a 25 ans par la CIA. » Au Nica­ra­gua, plu­tôt que la droite tra­di­tion­nelle, le NED finance les orga­ni­sa­tions affi­liées à la MRS qui émettent des cri­tiques sup­po­sé­ment de gauche contre le gou­ver­ne­ment. Les mili­tants du chan­ge­ment de régime uti­lisent des slo­gans, des chan­sons et des sym­boles san­di­nistes alors même qu’ils brûlent des monu­ments his­to­riques, repeignent par des­sus les marques rouges et noires des mar­tyrs tom­bés au champ d’honneur et attaquent phy­si­que­ment les membres du par­ti sandiniste.

Par­mi les groupes d’opposition du Dia­logue natio­nal, l’organisation fémi­niste Aza­lea Solis et l’organisation pay­sanne Medar­do Mai­re­na sont finan­cées par des sub­ven­tions NED, tan­dis que les étu­diants du 19 avril séjournent dans des hôtels et font des voyages payés par Free­dom House, un autre organe de chan­ge­ment de régime finan­cé par NED et USAID. NED finance éga­le­ment Confi­den­cial, l’organisation média­tique des Cha­mor­ro. Les sub­ven­tions du NED financent l’Institute of Stra­te­gic Stu­dies and Public Poli­cy (IEEPP), dont le direc­teur exé­cu­tif, Felix Mara­dia­ga, est un autre cadre de MRS très proche de l’ambassade des États-Unis. En juin, Mara­dia­ga a été accu­sé d’avoir diri­gé un réseau cri­mi­nel appe­lé Viper qui, depuis le cam­pus occu­pé de l’UPOLI, a orga­ni­sé des vols de voi­tures, des incen­dies cri­mi­nels et des meurtres afin de créer le chaos et la panique pen­dant les mois d’avril et mai.

Mara­dia­ga a gran­di aux États-Unis et est deve­nu membre de l’Aspen Lea­der­ship Ins­ti­tute, avant d’étudier les poli­tiques publiques à Har­vard. Il a été secré­taire au minis­tère de la Défense du der­nier pré­sident libé­ral, Enrique Bolaños. Il est un « Young Glo­bal Lea­der » au Forum éco­no­mique mon­dial et, en 2015, le Chi­ca­go Coun­cil on Glo­bal Affairs lui a décer­né la bourse Gus Hart, bourse déjà décer­née dans le pas­sé à la dis­si­dente cubaine Yoa­ni Sán­chez et à Hen­rique Capriles Radons­ki, le lea­der de l’opposition véné­zué­lienne qui a atta­qué l’ambassade cubaine lors de la ten­ta­tive de coup d’État de 2002.

Fait remar­quable, Mara­dia­ga n’est pas le seul diri­geant de la ten­ta­tive de coup d’État à faire par­tie du réseauAspen World Lea­der­ship Net­work. Maria Nel­ly Rivas, direc­trice au Nica­ra­gua du géant amé­ri­cain Car­gill, est l’un des prin­ci­paux porte-parole de l’Alliance civique de l’opposition. M. Rivas, qui dirige actuel­le­ment laChambre de com­merce États-Unis-Nica­­ra­­gua, est en cours de pré­pa­ra­tion en vue des pro­chaines élec­tions pré­si­den­tielles. Sous ces lea­ders pré­pa­rés aux États-Unis, il y a un réseau de plus de 2 000 jeunes qui ontreçu une for­ma­tion avec des fonds NED sur des sujets tels que les com­pé­tences en matière de médias sociaux pour la défense de la démo­cra­tie. Ce bataillon de guer­riers des médias sociaux a été en mesure de façon­ner et de contrô­ler immé­dia­te­ment l’opinion publique sur Face­book en cinq jours, du 18 au 22 avril, ce qui a don­né lieu à des mani­fes­ta­tions vio­lentes et spon­ta­nées dans tout le pays.

Sur la violence

L’une des façons dont les repor­tages sur le Nica­ra­gua se sont écar­tés le plus de la véri­té est de qua­li­fier l’opposition de ’non-vio­­lente’. Le scé­na­rio de vio­lence, cal­qué sur les mani­fes­ta­tions gua­rim­bas de 2014 et 2017 au Vene­zue­la, consiste à orga­ni­ser des attaques armées contre les bâti­ments du gou­ver­ne­ment, à inci­ter la police à envoyer des esca­drons anti-émeute, à s’engager dans des confron­ta­tions fil­mées et à publier en ligne des images mon­tées en pré­ten­dant que le gou­ver­ne­ment est violent à l’encontre des mani­fes­tants non violents.

Plus de 60 bâti­ments gou­ver­ne­men­taux ont été incen­diés, des écoles, des hôpi­taux, des centres de san­té atta­qués, 55 ambu­lances endom­ma­gées, au moins 112 mil­lions de dol­lars en dom­mages aux infra­struc­tures, de petites entre­prises ont été fer­mées et 200 000 emplois ont été per­dus, ce qui a eu un impact éco­no­mique dévas­ta­teur pen­dant les mani­fes­ta­tions. Outre des mil­liers de bles­sés, 15 étu­diants et 16 poli­ciers ont été tués, ain­si que plus de 200 San­di­nistes kid­nap­pés, dont beau­coup ont été tor­tu­rés publi­que­ment. Lesatro­ci­tés vio­lentes de l’opposition ont été pré­sen­tées à tort comme une répres­sion gou­ver­ne­men­tale. S’il est impor­tant de défendre le droit du public à pro­tes­ter, quelles que soient ses opi­nions poli­tiques, il est mal­hon­nête d’ignorer que la stra­té­gie de l’opposition exige et se nour­rit de vio­lence et de morts.

Les infor­ma­tions natio­nales et inter­na­tio­nales font état de morts et de bles­sés dus à la ’répres­sion’ sans expli­quer le contexte. Les cock­tails Molo­tov, les lan­ceurs de mor­tier, les pis­to­lets et les fusils d’assaut uti­li­sés par les groupes d’opposition sont igno­rés par les médias, et lorsque des sym­pa­thi­sants san­di­nistes, des poli­ciers ou des pas­sants sont tués, ils sont faus­se­ment comp­tés comme vic­times de la répres­sion de l’État. Les allé­ga­tions explo­sives lan­cées par l’opposition telles que les mas­sacres d’enfants et les meurtres de femmes, se sont révé­lées fausses, et les cas de tor­ture, de dis­pa­ri­tions et d’exécutions extra­ju­di­ciaires par les forces de police n’ont pas été cor­ro­bo­rés par des preuves ou une pro­cé­dure régulière.

Bien qu’il existe des preuves à l’appui de l’allégation de l’opposition selon laquelle des tireurs d’élite tuent des mani­fes­tants, il n’y a pas d’explication logique pour que l’État uti­lise des tireurs d’élite pour aug­men­ter le nombre de morts, et les contre-mani­­fes­­tants ont éga­le­ment été vic­times de tirs de tireurs d’élite, sug­gé­rant la pré­sence d’un pro­vo­ca­teur ’tiers’ dans la vio­lence désta­bi­li­sante. Lorsqu’une famille san­di­niste entière a été brû­lée à mort à Mana­gua, les médias d’opposition ont tous cité un témoin qui affir­mait que la police avait mis le feu à la mai­son, alors que la mai­son se trou­vait dans un quar­tier bar­ri­ca­dé inter­dit à la police.

La Police natio­nale du Nica­ra­gua est recon­nue depuis long­temps pour son modèle de police com­mu­nau­taire (contrai­re­ment à la police mili­ta­ri­sée dans la plu­part des pays d’Amérique cen­trale), son manque rela­tif de cor­rup­tion et ses hauts gra­dés majo­ri­tai­re­ment fémi­nins. La stra­té­gie du coup d’État a cher­ché à détruire la confiance du public dans la police par l’utilisation fla­grante de fausses nou­velles, comme les nom­breuses fausses allé­ga­tions d’assassinats, de pas­sages à tabac, de tor­ture et de dis­pa­ri­tions au cours de la semaine du 17 au 23 avril. Plu­sieurs jeunes dont les pho­tos ont été prises lors de ras­sem­ble­ments d’opposition en tant que vic­times de la vio­lence poli­cière se sont révé­lés vivants et en bonne santé.

La police a été tota­le­ment inadap­tée et sous-pré­­pa­­rée aux affron­te­ments armés. Les attaques contre plu­sieurs bâti­ments publics la même nuit et les pre­miers grands incen­dies cri­mi­nels ont conduit les fonc­tion­naires à tenir des veillées avec des barils d’eau et, sou­vent, des bâtons et des pierres, pour repous­ser les assaillants. L’opposition, frus­trée de ne pas par­ve­nir à plus de conflits avec les poli­ciers, a com­men­cé à construire des bar­rages rou­tiers à tra­vers le pays et à brû­ler les mai­sons des San­di­nistes, et même à tirer et brû­ler des familles san­di­nistes dans des crimes de haine atroces. Contrai­re­ment à la ver­sion des évé­ne­ments de La Pren­sa, les Nica­ra­guayens ont res­sen­ti le manque de pré­sence poli­cière et l’absence de sécu­ri­té dans leurs quar­tiers, alors que beau­coup étaient les cibles de la violence.

Depuis mai, la stra­té­gie de l’opposition a été de construire des bar­rages rou­tiers armés à tra­vers le pays, en blo­quant les trans­ports et en pié­geant les gens. Les bar­rages rou­tiers, géné­ra­le­ment construits avec de gros pavés, sont tenus par 5 à 100 hommes armés avec des ban­da­nas ou des masques. Alors que les médias parlent de jeunes idéa­listes qui contrôlent les bar­rages rou­tiers, la grande majo­ri­té des bar­rages rou­tiers sontcontrô­lés par des hommes rému­né­rés qui viennent d’un milieu de petite délin­quance. Là où de grandes zones urbaines sont blo­quées et inter­dits au gou­ver­ne­ment et aux forces de police, les acti­vi­tés liées à la drogue s’intensifient, et les gangs de la drogue contrôlent main­te­nant de nom­breux bar­rages rou­tiers et paient les salaires.

Ces bar­rages rou­tiers ont été les centres de vio­lence, les tra­vailleurs qui doivent pas­ser par des bar­rages rou­tiers sont sou­vent volés, frap­pés, insul­tés et, s’ils sont soup­çon­nés d’être san­di­nistes, ligo­tés, désha­billés,tor­tu­rés, peints en bleu et blanc et par­fois tués. Il y a trois cas de per­sonnes qui sont morts dans des ambu­lances inca­pables de fran­chir les bar­rages rou­tiers, et un cas d’une fillette de 10 ans enle­vée et vio­lée au bar­rage rou­tier de Las Made­ras. Lorsque les voi­sins orga­ni­sés ou la police fran­chissent les bar­rages rou­tiers, les groupes armés s’enfuient et se regroupent pour brû­ler des bâti­ments, kid­nap­per ou bles­ser des gens par ven­geance. Toutes les vic­times que cette vio­lence pro­duit sont comp­tées par les médias grand public comme des vic­times de la répres­sion. Un men­songe total.

Le gou­ver­ne­ment nica­ra­guayen a fait face à cette situa­tion en main­te­nant en grande par­tie la police à l’écart des rues, pour évi­ter les ren­contres et les accu­sa­tions de répres­sion. En même temps, plu­tôt que d’arrêter sim­ple­ment des mani­fes­tants vio­lents, ce qui aurait cer­tai­ne­ment don­né à l’opposition les morts au com­bat dont elle avait besoin, le gou­ver­ne­ment a appe­lé à un dia­logue natio­nal, sous la média­tion de l’Église catho­lique, dans le cadre duquel l’opposition peut pré­sen­ter toute pro­po­si­tion de réforme poli­tique et des droits de l’homme. Le gou­ver­ne­ment a créé une com­mis­sion par­le­men­taire pour la véri­té et la paix et a lan­cé une enquête indé­pen­dante auprès du minis­tère public.

La police n’étant plus dans les rues, la vio­lence de l’opposition s’est inten­si­fiée tout au long des mois de mai et juin. En consé­quence, un pro­ces­sus d’autodéfense de voi­si­nage s’est déve­lop­pé. Des familles dépla­cées, des jeunes qui ont été bat­tus, volés ou tor­tu­rés, des vété­rans de l’insurrection de 1979 et/ou de la guerre contre la Contra, orga­nisent des veillées autour du quar­tier géné­ral du Front san­di­niste dans chaque ville. Dans de nom­breux endroits, ils ont construit des bar­ri­cades contre les attaques de l’opposition et ont été faus­se­ment éti­que­tés comme forces para­mi­li­taires par les médias. Dans les villes qui n’ont pas de telles bar­ri­cades orga­ni­sées par la com­mu­nau­té, le bilan humain de la vio­lence de l’opposition est beau­coup plus lourd. L’Union natio­nale des étu­diants nica­ra­guayens a été par­ti­cu­liè­re­ment visée par la vio­lence de l’opposition. Un délé­gué étu­diant du Dia­logue natio­nal, Leo­nel Morales, a été kid­nap­pé, abat­tu d’une balle dans l’abdomen et jeté dans un fos­sé en juin, afin de sabo­ter le dia­logue et le punir pour avoir contes­té le droit des étu­diants du 19 avril de par­ler au nom de tous les étu­diants nicaraguayens.

Depuis avril, quatre grands ras­sem­ble­ments de l’opposition ont été orga­ni­sés pour mobi­li­ser les Nica­ra­guayens de la classe moyenne supé­rieure qui vivent dans les ban­lieues entre Mana­gua et Masaya. Ces ras­sem­ble­ments met­taient en vedette tout le gra­tin de la haute socié­té, dont des reines de beau­té, des pro­prié­taires d’entreprises et des oli­garques, ain­si que des étu­diants uni­ver­si­taires du Mou­ve­ment du 19 avril, le haut lieu moral de l’opposition.

Trois mois après le début du conflit, aucun des morts ne fai­sait par­tie de la bour­geoise. Tous sont issus des classes popu­laires du Nica­ra­gua. Mal­gré les annonces d’une de répres­sion totale, la bour­geoi­sie se sent par­fai­te­ment en sécu­ri­té pour par­ti­ci­per à des mani­fes­ta­tions publiques de jour – bien que le der­nier ras­sem­ble­ment en jour­née se soit sol­dée par une attaque chao­tique de mani­fes­tants contre des squat­ters sur une pro­prié­té de Pie­ro Coen, curieu­se­ment, l’homme le plus riche du Nica­ra­gua. Les attaques armées noc­turnes sont géné­ra­le­ment menées par des gens qui viennent de quar­tiers pauvres, dont beau­coup sont payés deux à quatre fois le salaire mini­mum jour­na­lier pour chaque nuit de destruction.

Mal­heu­reu­se­ment, la plu­part des orga­ni­sa­tions nica­ra­guayennes de défense des droits de l’homme sont finan­cées par NED et contrô­lées par le Mou­ve­ment pour la réno­va­tion san­di­niste. Ces orga­ni­sa­tions ont accu­sé le gou­ver­ne­ment nica­ra­guayen de dic­ta­ture et de géno­cide tout au long de la pré­si­dence d’Ortega. Les orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales de défense des droits humains, y com­pris Amnes­ty Inter­na­tio­nal, ont été cri­ti­quées pour leurs rap­ports par­tiaux, qui ne contiennent aucune des infor­ma­tions four­nies par le gou­ver­ne­ment ou des indi­vi­dus qui s’identifient comme Sandinistes.

Le gou­ver­ne­ment a invi­té la Com­mis­sion inter­amé­ri­caine des droits de l’homme (CIDH) de l’OEA, une enti­té basée à Washing­ton, notoi­re­ment hos­tile aux gou­ver­ne­ments de gauche, à enquê­ter sur les évé­ne­ments vio­lents du mois d’avril et à déter­mi­ner s’il y a eu répres­sion. La nuit d’une escar­mouche contro­ver­sée sur l’autoroute à l’extérieur de l’Université agraire de Mana­gua a mis fin à une trêve négo­ciée de 48 heures, le direc­teur de la CIDH, Pau­lo Abrao Abrao, a visi­té le site pour décla­rer son sou­tien à l’opposition. La CIDH aigno­ré la vio­lence géné­ra­li­sée de l’opposition et n’a ren­du compte que de la vio­lence défen­sive du gou­ver­ne­ment. Non seule­ment elle a été caté­go­ri­que­ment reje­tée par le ministre des affaires étran­gères du Nica­ra­gua Denis Mon­ca­da comme une ’insulte à la digni­té du peuple nica­ra­guayen’, mais une réso­lu­tion approu­vant le rap­port de la CIDH n’a été sou­te­nue que par dix pays sur 34.

Pen­dant ce temps, le Mou­ve­ment du 19 avril, com­po­sé d’étudiants ou d’anciens étu­diants uni­ver­si­taires en faveur d’un chan­ge­ment de régime, a envoyé une délé­ga­tion à Washing­ton et a réus­si à alié­ner une grande par­tie de la socié­té nica­ra­guayenne en sou­riant aux camé­ras avec des membres inter­ven­tion­nistes d’extrême droite du Congrès amé­ri­cain, dont le repré­sen­tant Ilea­na Ros Leh­ti­nen, le séna­teur Mar­co Rubio et le séna­teur Ted Cruz. Les diri­geants du M19 ont éga­le­ment applau­di les aver­tis­se­ments bel­li­queux lan­cés par le vice-pré­­sident Mike Pence selon les­quels le Nica­ra­gua figure sur la courte liste des pays qui connaî­tront bien­tôt ce qui signi­fie la liber­té selon l’administration Trump, et ont ren­con­tré le par­ti ARENA d’El Sal­va­dor, connu pour ses liens avec les esca­drons de la mort qui ont assas­si­né le théo­lo­gien Oscar Rome­ro, l’archevêque de la théo­lo­gie de la libé­ra­tion. Au Nica­ra­gua, la masse cri­tique d’étudiants a ces­sé de mani­fes­ter il y a des semaines, les grandes mani­fes­ta­tions civiques d’avril et de mai ont dimi­nué, et les mêmes vieux visages fami­liers de la droite nica­ra­guayenne se retrouvent devant la note à payer des dégâts maté­riels mas­sifs et des pertes de vie.

Pour­quoi le Nicaragua ?

Orte­ga a rem­por­té son troi­sième man­dat en 2016 avec 72,4 % des suf­frages avec un taux de par­ti­ci­pa­tion de 66 %, très éle­vé par rap­port aux élec­tions US. Non seule­ment le Nica­ra­gua a mis en place une éco­no­mie qui traite les pauvres comme des pro­duc­teurs, avec des résul­tats remar­quables pour amé­lio­rer leur niveau de vie en 10 ans, mais il a aus­si un gou­ver­ne­ment qui rejette constam­ment l’impérialisme amé­ri­cain, s’alliant à Cuba, au Vene­zue­la et à la Pales­tine, et exprime son sou­tien à l’indépendance por­to­ri­caine et à une solu­tion paci­fique à la crise coréenne. Le Nica­ra­gua est membre de l’Alliance boli­va­rienne des Amé­riques et de la Com­mu­nau­té des États d’Amérique latine et des Caraïbes, une alter­na­tive lati­­no-amé­­ri­­caine à l’OEA, dont ni les États-Unis ni le Cana­da ne font par­tie. Il s’est éga­le­ment allié à la Chine pour un pro­jet de canal et à la Rus­sie pour la coopé­ra­tion en matière de sécu­ri­té. Pour toutes ces rai­sons, les États-Unis veulent mettre en place un gou­ver­ne­ment nica­ra­guayen favo­rable aux États-Unis.

Plus impor­tant est l’exemple que le Nica­ra­gua a don­né pour un modèle social et éco­no­mique réus­si en dehors de la sphère de domi­na­tion US. Géné­rant plus de 75% de son éner­gie à par­tir de sources renou­ve­lables, le Nica­ra­gua était le seul pays ayant l’autorité morale pour s’opposer à l’Accord de Paris sur le cli­mat, le jugeant insuf­fi­sant (il a rejoint le trai­té un jour après que Trump ait reti­ré les Etats-Unis, décla­rant ’nous nous sommes oppo­sés à l’accord de Paris par res­pon­sa­bi­li­té, les Etats-Unis s’y opposent par irres­pon­sa­bi­li­té’). Le gou­ver­ne­ment FMLN d’El Sal­va­dor, bien que poli­ti­que­ment moins domi­nant que le Front san­di­niste, a pris l’exemple de la bonne gou­ver­nance au Nica­ra­gua, inter­di­sant récem­ment l’exploitation minière et la pri­va­ti­sa­tion de l’eau. Même le Hon­du­ras, l’éternel bas­tion de la puis­sance US en Amé­rique cen­trale, avait mon­tré des signes d’un dépla­ce­ment vers la gauche, jusqu’au coup d’État mili­taire sou­te­nu par les États-Unis en 2009. Depuis lors, il y a eu une répres­sion mas­sive des mili­tants sociaux, une élec­tion clai­re­ment volée en 2017, et le Hon­du­ras a per­mis l’expansion des bases mili­taires amé­ri­caines près de la fron­tière nicaraguayenne.

En 2017, la Chambre des repré­sen­tants des États-Unis a adop­té à l’unanimité la Nica­ra­guan Invest­ment Condi­tio­na­li­ty Act (NICA Act), qui, si elle est adop­tée par le Sénat, obli­ge­ra le gou­ver­ne­ment US à oppo­ser son veto aux prêts consen­tis par des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales au gou­ver­ne­ment nica­ra­guayen. Cetimpé­ria­lisme US para­ly­se­ra la capa­ci­té du Nica­ra­gua à construire des routes, à moder­ni­ser les hôpi­taux, à construire des usines d’énergie renou­ve­lable et à pas­ser de l’élevage exten­sif à des sys­tèmes inté­grés d’élevage et de fores­te­rie, entre autres consé­quences. Il peut aus­si signi­fier la fin de nom­breux pro­grammes sociaux popu­laires, comme l’électricité sub­ven­tion­née, des tarifs d’autobus stables et le trai­te­ment médi­cal gra­tuit des mala­dies chroniques.

Le pou­voir exé­cu­tif amé­ri­cain a uti­li­sé la Glo­bal Magnits­ky Act pour cibler les finances des diri­geants de la Cour suprême élec­to­rale, de la police natio­nale, du gou­ver­ne­ment de la ville de Mana­gua et de l’ALBA au Nica­ra­gua. Les poli­ciers et les bureau­crates de la san­té publique se sont enten­dus dire que leurs visas US avaient été révo­qués. La ques­tion n’est pas de savoir si ces fonc­tion­naires ont ou n’ont pas com­mis des actes qui méritent leur répri­mande au Nica­ra­gua, mais si le gou­ver­ne­ment US a la juri­dic­tion pour inti­mi­der et s’en prendre aux fonc­tion­naires nicaraguayens.

Alors que la vio­lence sadique se pour­suit, la stra­té­gie des put­schistes visant à chas­ser le gou­ver­ne­ment a échoué. La réso­lu­tion de la crise poli­tique pas­se­ra par des élec­tions, et le FSLN est sus­cep­tible de rem­por­ter ces élec­tions, à moins d’une nou­velle offen­sive dra­ma­tique et impro­bable de la part de l’opposition de droite.

Une guerre des classes à l’envers

Il est impor­tant de com­prendre la nature des coups d’État amé­ri­cains et oli­gar­chiques de cette époque et le rôle des médias et de la trom­pe­rie des ONG parce qu’elle se répète dans de nom­breux pays d’Amérique latine et dans d’autres pays. On peut s’attendre à une attaque simi­laire contre Andrés Manuel López Obra­dor, récem­ment élu au Mexique, s’il cherche à obte­nir les chan­ge­ments qu’il a promis.

Les États-Unis cherchent à domi­ner le Nica­ra­gua depuis le milieu du XIXe siècle. Les riches du Nica­ra­gua ont cher­ché le retour de la gou­ver­nance alliée aux Etats-Unis depuis que les San­di­nistes ont pris le pou­voir. Cet échec du coup d’État ne signi­fie pas la fin de leurs efforts ou la fin de la dés­in­for­ma­tion dans les médias. Savoir ce qui se passe réel­le­ment et par­ta­ger cette infor­ma­tion est l’antidote pour les vaincre au Nica­ra­gua et dans le monde entier.

Le Nica­ra­gua est une guerre de classes à l’envers. Le gou­ver­ne­ment a rele­vé le niveau de vie de la majo­ri­té pauvre en redis­tri­buant les richesses. Les oli­garques et les Etats-Unis, inca­pables d’installer le néo­li­bé­ra­lisme par le biais d’élections, ont créé une crise poli­tique, mise en évi­dence par une fausse cou­ver­ture média­tique pour for­cer Orte­ga à démis­sion­ner. Le coup d’État échoue, la véri­té émerge et ne doit pas être oubliée.

Kevin Zeese, Nils McCune

Kevin Zeese est un avo­cat qui codi­rige Popu­lar Resis­tance, basée aux Etats-Unis. Nils McCune fait par­tie de l’équipe tech­nique de l’IALA Mesoa­me­ri­ca (Ins­ti­tut agroé­co­lo­gique d’Amérique latine au Nica­ra­gua) et est cher­cheur à l’Université du Michigan.

Tra­duc­tion « bon, avec ça, y’en a qui devraient com­prendre, non ? » par Vik­tor Dedaj pour le Grand Soir avec pro­ba­ble­ment toutes les fautes et coquilles habituelles

»» https://​popu​lar​re​sis​tance​.org/​c​o​r​r​e​c​t​i​n​g​–​t​h​e​–​r​e​c​o​r​d​–​w​h​a​t​–​i​s​–​r​e​a​l​l​y​–​h​a​p​p​e​n​i​n​g​–​i​n​–​n​i​c​a​r​a​g​ua/

URL de cet article sur Le Grand Soir :
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[Passionnant] La démocratie contre les experts. Les esclaves publics en Grèce ancienne.

Un livre pas­sion­nant, de Pau­lin Ismard :

« Sup­po­sons un ins­tant que le diri­geant de la Banque de France, le direc­teur de la police et celui des Archives natio­nales soient des esclaves, pro­prié­tés à titre col­lec­tif du peuple fran­çais. Ima­gi­nons, en somme, une Répu­blique dans laquelle cer­tains des plus grands ser­vi­teurs de l’État seraient des esclaves.

Ils étaient archi­vistes, poli­ciers ou véri­fi­ca­teurs de la mon­naie : tous esclaves, quoique jouis­sant d’une condi­tion pri­vi­lé­giée, ils furent les pre­miers fonc­tion­naires des cités grecques. En confiant à des esclaves de telles fonc­tions, qui requé­raient une exper­tise dont les citoyens étaient bien sou­vent dénués, il s’agissait pour la cité de pla­cer hors du champ poli­tique un cer­tain nombre de savoirs spé­cia­li­sés, dont la maî­trise ne devait légi­ti­mer la déten­tion d’aucun pou­voir. Sur­tout, la démo­cra­tie directe, telle que la conce­vaient les Grecs, impli­quait que l’ensemble des pré­ro­ga­tives poli­tiques soit entre les mains des citoyens. Le recours aux esclaves assu­rait ain­si que nul appa­reil admi­nis­tra­tif ne pou­vait faire obs­tacle à la volon­té du peuple. En ren­dant invi­sibles ceux qui avaient la charge de son admi­nis­tra­tion, la cité conju­rait l’apparition d’un État qui puisse se consti­tuer en ins­tance auto­nome et, le cas échéant, se retour­ner contre elle.

Que la démo­cra­tie se soit construite en son ori­gine contre la figure de l’expert gou­ver­nant, mais aus­si selon une concep­tion de l’État qui nous est radi­ca­le­ment étran­gère, voi­là qui devrait nous intriguer. »


Pau­lin Ismard est maître de confé­rences en his­toire grecque à l’université Paris 1 Pan­­théon-Sor­­bonne. Il a récem­ment publié L’Événement Socrate (Flam­ma­rion, 2013, prix du livre d’histoire du Sénat 2014).

Source : http://​www​.seuil​.com/​o​u​v​r​a​g​e​/​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​c​o​n​t​r​e​–​l​e​s​–​e​x​p​e​r​t​s​–​p​a​u​l​i​n​–​i​s​m​a​r​d​/​9​7​8​2​0​2​1​1​2​3​623

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Quand le politique primait sur l’expert

https://​you​tu​.be/​s​J​6​7​I​R​2​q​a​l​Y​&​f​e​a​t​u​r​e​=​y​o​u​t​u​.be

Avec son ouvrage sti­mu­lant, La Démo­cra­tie contre les experts. Les esclaves publics en Grèce ancienne, l’historien Pau­lin Ismard fait revivre un monde où le poli­tique refu­sait de délé­guer son pou­voir à des spé­cia­listes de la gou­ver­nance, et avait inven­té pour cela une concep­tion de l’État où des esclaves, sou­mis à l’autorité des citoyens, se char­geaient d’une par­tie de l’administration de la Cité. [Media­part]

Alternatives monétaires : vidéo de notre rencontre de Nîmes, avec Gilles (Heu?reka)

Voi­ci enfin la trace d’une chouette ren­contre, le 20 mai 2018 à Nîmes, avec Gilles, qui anime l’ex­cel­lente chaîne You­tube Heu?reka.

Vous allez voir : Gilles explique vrai­ment bien, je trouve, et même si vous connais­sez déjà le sujet moné­taire, vous trou­ve­rez sûre­ment des façons inté­res­santes de pré­sen­ter les pro­blèmes et les solutions.

httpv://www.youtube.com/watch?v=JOzFirevxCk

Mille mer­cis à Tris­tan (« Je deviens citoyen ») d’a­voir orga­ni­sé et per­mis tout ça.

Étienne.

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Rendez-vous vendredi prochain, 29 juin 2018, 17h30, à Aix-en-Provence, aux 3C : Comment penser, renouveler et mettre en œuvre la Démocratie aujourd’hui ?

Chers amis,

Cette fois, je ne vais pas faire des cen­taines de km pour vous rejoindre 🙂 Je vous pro­pose de nous voir ven­dre­di pro­chain, 29 juin 2018, à 17h, à Aix-en-Pro­­vence, aux 3C, sur le thème :

Comment penser, renouveler et mettre en œuvre la Démocratie aujourd’hui ? Modèles, modalités, enjeux à l’heure du néolibéralisme

Café phi­lo ani­mé par Jacques Roux et Phi­lippe Mengue (phi­lo­sophes et démo­crates convain­cus). Avec la pré­sence excep­tion­nelle d’É­tienne Chouard (blo­gueur défen­seur de la démocratie).

Ques­tion­ner la chose publique en ce qu’elle a de plus noble, débattre de la démo­cra­tie, voi­là ce que pro­pose ce café philo :

  • En quoi l’émancipation poli­tique pro­­cède-t-elle de l’émancipation moné­taire ? La démo­cra­tie comme concept est-elle de gauche ou à gauche ?
  • Est-elle com­pa­tible avec la chose « libérale » ?
  • Peut-elle exis­ter comme objet dans le monde « libéral » ?
  • Le par­le­men­ta­risme de la repré­sen­ta­tion per­­met-il la par­ti­ci­pa­tion du plus grand nombre ?
  • Les oli­gar­chies par­le­men­taires ont-elles besoin de la réfé­rence men­tale à un monarque ?
  • L’élection d’un repré­sen­tant consti­­tue-t-elle un acte de par­ti­ci­pa­tion à la vie politique ?
  • Peut-on se pas­ser de la repré­sen­ta­tion parlementaire ?
  • Quelle démo­cra­tie pour anni­hi­ler toute forme de domination ?

Venez nom­breux débattre citoyen­ne­ment et paci­fi­que­ment avec nous !

Café Cultu­rel Citoyen – 3C
Le ven­dre­di 29 juin 2018 à 17h30
Entrée libre.
www​.cafe​cul​tu​rel​ci​toyen​.org

23 bou­le­vard Carnot
13100 Aix-en-Provence
09 72 36 46 47

Annonce : http://​www​.jour​nal​ven​ti​lo​.fr/​a​g​e​n​d​a​/​d​i​v​e​r​s​/​8​6​1​9​4​/​c​o​m​m​e​n​t​–​p​e​n​s​e​r​–​r​e​n​o​u​v​e​l​e​r​–​e​t​–​m​e​t​t​r​e​–​e​n​–​o​e​u​v​r​e​–​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​a​u​j​o​u​r​d​–​h​u​i​–​m​o​d​e​l​e​s​–​m​o​d​a​l​i​t​e​s​–​e​n​j​e​u​x​–​a​–​l​–​h​e​u​r​e​–​d​u​–​n​e​o​l​i​b​e​r​a​l​i​sme

 
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[AUTODÉFENSE] Il faut absolument défendre nous-mêmes nos LANCEURS D’ALERTE, les AIDER financièrement, maintenant, massivement, régulièrement

Voi­ci mon inter­ven­tion à Paris, courte mais dense, le 28 avril 2018, à pro­pos de la lutte héroïque — et très emblé­ma­tique — de Mar­tine Don­nette et Claude Diot contre les monstres cri­mi­nels de la grande dis­tri­bu­tion (qui cor­rompent et déser­ti­fient le pays) :

httpv://www.youtube.com/watch?v=qtCPCo4y7qE&feature=youtu.be

J’y parle du livre de Mar­tine, très émouvant :

Et puis du livre de Sté­pha­nie, très important :

J’au­rais dû y évo­quer la chaîne You­tube de Mar­tine, « En toute fran­chise », et son site web, aux­quels il faut s’a­bon­ner pour res­ter bien au cou­rant des luttes en cours : 

https://​www​.you​tube​.com/​u​s​e​r​/​E​n​T​o​u​t​e​F​r​a​n​c​h​ise

https://​www​.hel​loas​so​.com/​a​s​s​o​c​i​a​t​i​o​n​s​/​e​n​–​t​o​u​t​e​–​f​r​a​n​c​h​i​s​e​?​b​a​n​n​e​r​=​T​rue

Site où l’on peut lui don­ner de l’argent (1€ par mois, par exemple, ce serait formidable) :

https://​www​.hel​loas​so​.com/​a​s​s​o​c​i​a​t​i​o​n​s​/​e​n​–​t​o​u​t​e​–​f​r​a​n​c​h​i​s​e​/​f​o​r​m​u​l​a​i​r​e​s/1

Et je vous signale aus­si un site impor­tant, PASSEUR D’ALERTES, à consul­ter sou­vent et à aider aus­si, qui regroupe toutes les nou­velles sur nos lan­ceurs d’a­lertes. C’est un tra­vail de romain, ce site est pré­cieux pour nous, il est com­plè­te­ment béné­vole, c’est du dévoue­ment pur et nous ne sommes pas assez nom­breux à aider son ani­ma­trice, Caro­line Chaumet-Delattre :


https://​pas​seur​da​lertes​.org/

Un grand mer­ci aus­si à la for­mi­dable équipe de Nexus, mer­ci au cou­rage épa­tant de l’é­di­teur Max Milo, mer­ci à l’in­fa­ti­gable dévoue­ment au bien com­mun de https://​you​tu​.be/​J​n​g​N​y​f​T​b​R4g, mer­ci à ceux qui nous accueillent mal­gré les calom­nies, comme Nan­cy et l’as­so­cia­tion Miguel Angel, et mer­ci à tous les obs­curs et dévoués qui aident les lan­ceurs d’a­lerte, cha­cun dans leur coin, du mieux qu’ils peuvent.

Étienne.

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[AU DIABLE L’AUSTÉRITÉ !] Atelier sur les ALTERNATIVES MONÉTAIRES, à Paris, jeudi 14 juin 2018, 18h, avec LES CITOYENS CONSTITUANTS

Chers amis,

Je vous pro­pose de nous retrou­ver à Paris la semaine pro­chaine, pour réflé­chir ensemble aux meilleures alter­na­tives moné­taires que l’es­pèce humaine devrait apprendre à mettre en place elle-même pour échap­per — ou au moins sur­vivre — à l’ef­fon­dre­ment qui vient.

Je vou­drais notam­ment vous deman­der de m’ai­der à illus­trer / ima­ger / résu­mer la com­pa­rai­son entre les vices du sys­tème actuel et les ver­tus du sys­tème char­ta­liste, en asso­cia­tion avec des mon­naies locales com­plé­men­taires (libres ?). Nous aurons un tableau en papier et plein de crayons 🙂 Si nous arri­vions à pro­duire des ébauches de sché­mas éclai­rants et inter­pel­lants, je serais le plus heu­reux des hommes 🙂

Je vous invi­te­rai éga­le­ment à rédi­ger des articles de consti­tu­tion ins­ti­tuant ces alter­na­tives moné­taires sans empri­son­ner les géné­ra­tions futures dans nos vues actuelles : les garan­ties durables d’un débat public loyal per­ma­nent sont plus impor­tantes que la per­fec­tion illu­soire d’un choix figé, même bien pensé.

On sera inci­tés à bien res­ter sur le plan consti­tu­tion­nel par Les Citoyens Consti­tuants (LCC), que je suis heu­reux de retrou­ver à cette occasion.

Je remer­cie Nan­cy — et l’as­so­cia­tion Miguel Angel — pour sa gen­tille invi­ta­tion, dans cette grande salle où elle nous a déjà accueillis pour faire connaître la lutte héroïque de Mar­tine Don­nette contre les géants de la grande dis­tri­bu­tion.

· L’an­nonce par l’association :

À vos agendas !

Alter­na­tives monétaires
avec Étienne Chouard
Jeu­di 14 juin 2018 de 18h à 22h 

Par­ti­ci­pez à un nou­veau for­mat de confé­rence inter­ac­tive (et ate­liers avec sablier pour garan­tir le temps de parole !)
Nous espé­rons que vous serez nom­breux à venir par­ta­ger cette expérience. 

LIEU : ass. Miguel Angel 14 rue de Patay, 75013 Paris

ACCUEIL : 17h30-18h

DROIT D’ENTRÉE : Par­ti­ci­pa­tion libre.

(Nous sug­gé­rons une par­ti­ci­pa­tion aux frais de 5 €, ou plus si vous le pou­vez. Il ne faut sur­tout pas que l’as­pect finan­cier soit un frein à cette rencontre.)

INSCRIPTION et ren­sei­gne­ments complémentaires :

par mail : [email protected] (Nan­cy Gomez)

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Au plai­sir de vous revoir, bande de virus démo­cra­tiques, et de tra­vailler ensemble concrè­te­ment à un monde meilleur.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

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Wikipédia, outil de calomnie et de mensonge pour ses parties politiques (et économiques), comme tous les autres médias vendus : l’Affaire Philip Cross, par Craig Murray

Pour sim­pli­fier l’ac­cès aux savoirs SCIENTIFIQUES ET HISTORIQUE, Wiki­pé­dia est un outil péda­go­gique sou­vent très utile, évi­dem­ment ; mais dans les domaines POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES, où les voleurs de pou­voir (et les voleurs tout court, comme les indus­triels et les ban­quiers) ont beau­coup à gagner ou à perdre — et où il y a donc de puis­santes rai­sons pour men­tir —, Wiki­pé­dia est un outil de mani­pu­la­tion et de men­songe, exac­te­ment comme les autres médias ache­tés par les riches pour dés­in­for­mer les citoyens, en dis­cré­di­tant fal­la­cieu­se­ment les oppo­sants et en flat­tant per­ni­cieu­se­ment les dominants.

Pour preuve, par exemple, l’ar­ticle pas­sion­nant ci-des­­sous, de Craig Murray.

C’est ain­si que ma propre page Wiki­pé­dia est pro­gres­si­ve­ment deve­nue un outil de calom­nie mal­veillante chi­mi­que­ment pure — avec inter­dic­tion de m’y défendre moi-même…

Étienne.

Est-ce que le fait d’être libre n’offre pas for­cé­ment l’ob­jet libre aux plus riches (le pri­vant rapi­de­ment de réelle liberté) ?


L’Affaire Philip Cross par Craig Murray [Trad.]

Note Sove­rain : Cet article de Craig Mur­ray met en évi­dence les liens entre Wiki­pé­dia, géné­ra­le­ment répu­tée pour être une ency­clo­pé­die libre et par­ti­ci­pa­tive (et donc une réfé­rence dans le domaine de l’information), et la manière dont elle est uti­li­sée à des fins (géo)politiques avec la com­pli­ci­té sup­po­sée de son fon­da­teur et de cer­tains rédac­teurs. Cet article traite de l’affaire « Phi­lip Cross », un uti­li­sa­teur de Wiki­pé­dia qui a un grand nombre de révi­sions à son actif, toutes en faveur des médias néo-conser­­va­­teurs bri­tan­niques et en défa­veur des médias indé­pen­dants et alter­na­tifs. Cet article apporte des élé­ments de réponse pour juger de la neu­tra­li­té de Wiki­pé­dia, et per­met d’avoir un aper­çu des dif­fi­cul­tés ren­con­trées par d’autres per­sonnes phy­siques ou morales (par­tis poli­tiques, asso­cia­tions), même en France, pour dis­po­ser d’une page objective.

Craig Mur­ray : « Phi­lip Cross » n’a pas eu un seul jour de répit sur sa page Wiki­pe­dia depuis presque cinq ans. « Il » a édi­té tous les jours du 29 août 2013 au 14 mai 2018. Y com­pris cinq jours de Noël. Ça fait 1 721 jours consé­cu­tifs de révisions.

133 612 modi­fi­ca­tions ont été appor­tées à Wiki­pé­dia au nom de « Phi­lip Cross » sur une période de 14 ans. C’est plus de 30 édi­tions par jour, sept jours sur sept. Et je ne l’utilise pas au sens figu­ré : Les révi­sions Wiki­pe­dia sont enre­gis­trées dans le temps, et si vous les tra­cez, la carte de temps pour l’activité Wiki­pe­dia de « Phi­lip Cross » est éton­nante si il s’agit d’un seul individu :

L’activité se déroule comme une hor­loge, sept jours sur sept, toutes les heures de la jour­née, sans varia­tion signi­fi­ca­tive. Si « Phi­lip Cross » est vrai­ment un indi­vi­du, on ne peut nier qu’il soit mala­di­ve­ment obsé­dé. Je ne suis pas psy­chiatre, mais à mes yeux tout à fait inex­pé­ri­men­tés, cela res­semble au com­por­te­ment d’un psy­cho­tique déran­gé sans acti­vi­tés sociales en dehors de son domi­cile, sans tra­vail (ou un patron incroya­ble­ment tolé­rant), vivant sa vie à tra­vers un écran. Je dirige ce qui est sans doute le blog poli­tique le plus lu au Royaume-Uni, et je ne passe pas autant de temps sur Inter­net que « Phi­lip Cross ». Ma « time­card » montre les endroits où je regarde le foot­ball le same­di, je vais boire le ven­dre­di, je vais au super­mar­ché et me pro­me­ner ou sor­tir en famille le dimanche, et en géné­ral, je me détends beau­coup plus et je lis des livres le soir. Cross n’a pas les sché­mas d’activité d’un être humain nor­mal et par­fai­te­ment équilibré.

Il y a trois options. « Phi­lip Cross » est soit une per­sonne très étrange en effet, soit une fausse per­sonne dégui­sant une acti­vi­té payante pour contrô­ler le conte­nu de wiki­pe­dia, soit une vraie per­sonne de façade pour une telle opé­ra­tion en son nom.

Pour­quoi cette qua­li­fi­ca­tion d’obsessionnel com­pul­sif sans amis – pour prendre l’explication offi­cielle – est justifiée ?

Parce que le but de l’opération « Phi­lip Cross » est de sys­té­ma­ti­que­ment atta­quer et de miner la répu­ta­tion de ceux qui jouent un rôle de pre­mier plan dans la remise en cause du dis­cours domi­nant des entre­prises et des médias d’Etat, en par­ti­cu­lier dans les affaires étran­gères. « Phi­lip Cross » cherche aus­si sys­té­ma­ti­que­ment à faire briller la répu­ta­tion des jour­na­listes des médias grand public et d’autres per­son­na­li­tés qui jouent un rôle de pre­mier plan dans la pro­mo­tion de la pro­pa­gande néo­con­ser­va­trice et dans la pro­mo­tion des inté­rêts d’Israël.

C’est impor­tant parce qu’un lec­teur ordi­naire qui tombe sur un article ques­tion­nant (disons le comme ça) le récit offi­ciel sur les Skri­pals, est très sus­cep­tible de se tour­ner vers Wiki­pe­dia pour obte­nir des infor­ma­tions sur l’auteur de l’article. En termes simples, le but de l’opération « Phi­lip Cross » est de s’assurer que si ce lec­teur recherche une per­sonne anti­mi­li­ta­riste comme John Pil­ger, ils conclu­ront qu’ils ne sont pas du tout fiables et peu dignes de confiance, alors que s’ils recherchent un jour­na­liste MSM de droite, ils conclu­ront qu’ils sont un modèle de ver­tu et qu’il faut leur faire plei­ne­ment confiance.

Le trai­te­ment « Phi­lip Cross » est réser­vé non seule­ment aux par­ti­sans de l’aile gauche, mais à tous les scep­tiques du néo-conser­­va­­tisme et qui s’opposent aux « guerres d’intervention ». La liste des vic­times de Cross com­prend Alex Sal­mond, Peter Oborne, John Pil­ger, Owen Jones, Jere­my Cor­byn, Tim Hay­ward, Diane Abbott, Neil Clark, Lind­sey Ger­man, Vanes­sa Bee­ley et George Gal­lo­way. Comme on peut s’y attendre, « Phi­lip Cross » est par­ti­cu­liè­re­ment actif dans la modi­fi­ca­tion des articles de Wiki­pe­dia des médias alter­na­tifs et des sites de cri­tique MSM. « Phi­lip Cross » a fait 36 révi­sions à la page Wiki­pe­dia de The Cana­ry et, de façon stu­pé­fiante, plus de 800 révi­sions sur Media Lens. George Gal­lo­way reste la cible favo­rite de l’opération « Phi­lip Cross » avec un nombre incroyable de 1 800 révisions.

Tout aus­si révé­la­teurs sont les gens que « Phi­lip Cross » cherche à pro­té­ger et à pro­mou­voir. Sarah Smith, l’uber-syndicaliste de la BBC Scot­land, a deman­dé à « Phi­lip Cross » de sup­pri­mer les réfé­rences de son entrée sur Wiki­pe­dia aux liens fami­liaux qui (ahem) ont pu l’aider dans sa car­rière. La dépu­tée Ruth Smeeth, de Labour Friends of Israel, a fait réfé­rence au câble diplo­ma­tique amé­ri­cain Wiki­leaks qui a mon­tré qu’elle était une infor­ma­trice à l’ambassade des États-Unis sur les secrets du Par­ti tra­vailliste, sup­pri­mé par « Phi­lip Cross ». La chro­ni­queuse de droite Mela­nie Phil­lips et son déni du chan­ge­ment cli­ma­tique s’est fait exci­ser par Cross.

« Phi­lip Cross » ne se contente pas de veiller et pro­tè­ger soi­gneu­se­ment la page Wiki­pe­dia de l’éditrice du Guar­dian Kathe­rine Viner, qui a chan­gé sa plume pour le camp néo-con, mais Phi­lip Cross a aus­si rédi­gé la page hagio­gra­phique (NDLT : écri­ture de la vie des saints) ori­gi­nale. Le contact MI6 du Guar­dian, Luke Har­ding, est par­ti­cu­liè­re­ment pris en charge par Cross, de même que leurs obses­sifs anti-cor­­byn Nick Cohen et Jona­thon Freed­land. Il en va de même pour Mur­doch, David Aaro­no­vitch et Oli­ver Kamm.

Il ne fait aucun doute que Kamm, chef de file du Murdoch’s Times, est en lien avec l’opération « Phi­lip Cross ». Beau­coup de gens croient que Kamm et Cross sont la même per­sonne, ou que Kamm fait par­tie d’une per­sonne mul­tiple. Six fois j’ai eu per­son­nel­le­ment des modi­fi­ca­tions hos­tiles à ma page Wiki­pe­dia par « Phi­lip Cross » faites en liai­son directe avec des attaques de Kamm, soit sur Twit­ter, dans un édi­to­rial du Times ou dans le maga­zine Pros­pect. Au total, « Phi­lip Cross » a effec­tué 275 modi­fi­ca­tions sur ma page Wiki­pe­dia. Il s’agit notam­ment d’appeler ma femme strip-tea­­seuse, de sup­pri­mer ma pho­to, de sup­pri­mer ma réponse aux attaques lan­cées contre moi par Kamm et Har­ding, entre autres, et de sup­pri­mer mon refus de tous les hon­neurs alors que j’étais diplo­mate britannique.

Neil Clark et Peter Oborne sont unes des nom­breuses vic­times de Phi­lip Cross sur Wiki­pe­dia en même temps que les attaques de Kamm sur d’autres médias. Clark pour­suit Kamm en jus­tice pour har­cè­le­ment cri­mi­nel – et « Phi­lip Cross » a sup­pri­mé toute réfé­rence à ce fait de la page Wiki­pe­dia de Kamm.

Ce qui est clair, c’est que Kamm et Cross ont des opi­nions poli­tiques extrê­me­ment simi­laires, et que la ligne de démar­ca­tion entre ceux qu’ils attaquent et ceux qu’ils défendent est basée clai­re­ment sur les prin­cipes du Mani­feste d’Euston (NDLT : une décla­ra­tion de prin­cipes d’un groupe de jour­na­listes et acti­vistes libé­raux basés au Royaume-Uni). C’est peut-être un peu flou, mais il s’agit en fait d’une impor­tante décla­ra­tion blai­rite de sou­tien à Israël et aux guerres néo-conser­­va­­trices d’intervention, et elle était liée à la fon­da­tion de la Hen­ry Jack­son Socie­ty. Qui est res­pon­sable de l’édition de la page Wiki­pe­dia du Mani­feste d’Euston ? « Phi­lip Cross ».

Ce qui est par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant, c’est que les posi­tions de « Phi­lip Cross » sont exac­te­ment les mêmes que celles de Jim­my Wales, le fon­da­teur de Wiki­pe­dia. Jim­my Wales a été sur Twit­ter ces trois der­niers jours extrê­me­ment gros­sier et désa­gréable pour qui­conque remet­tait en ques­tion les acti­vi­tés de Phi­lip Cross. Son enga­ge­ment en faveur de la liber­té de Cross d’opérer sur Wiki­pe­dia serait bien plus impres­sion­nant si l’opération Cross ne fai­sait pas la pro­mo­tion des propres opi­nions de Wales. Jim­my Wales s’est acti­ve­ment pro­non­cé contre Jere­my Cor­byn, sou­tient le bom­bar­de­ment de la Syrie, sou­tient Israël, est tel­le­ment blai­rite qu’il a épou­sé la secré­taire de Blair, et siège au conseil d’administration de Guar­dian Media Group Ltd aux côtés de Kathe­rine Viner.

L’attitude extrê­me­ment défen­sive et le carac­tère sur­na­tu­rel des réponses twit­ter de Wales sur l’opération « Phi­lip Cross » est très révé­la­teur. Pour­quoi pen­­sez-vous qu’il réagit ain­si ? C’est assez inté­res­sant. Le bras men­diant de Wiki­pe­dia UK, Wiki­me­dia UK, les a rejoint avec des réponses hos­tiles iden­tiques à tous ceux qui remettent en ques­tion Cross.

En réponse, de nom­breuses per­sonnes ont envoyé des preuves à Jim­my Wales, qu’il a igno­rées, tan­dis que sa  » fon­da­tion  » s’est fâchée contre ceux qui remettent en ques­tion les acti­vi­tés de Phi­lip Cross.

Wiki­me­dia est arri­vé sans y être invi­té dans un fil twit­ter dis­cu­tant des acti­vi­tés « Phi­lip Cross » et a immé­dia­te­ment com­men­cé à atta­quer les gens qui remettent en ques­tion la légi­ti­mi­té de Cross. Quelqu’un voit-il quelque chose d’insultant dans mon tweet ?

Je le répète, la coïn­ci­dence des opi­nions poli­tiques de Phi­lip Cross avec celles de Jim­my Wales, alliée à l’hostilité immé­diate de Wales et de Wiki­me­dia à l’égard de qui­conque remet en ques­tion les acti­vi­tés de Cross – sans avoir besoin d’examiner des preuves – sou­lève un grand nombre de questions.

Phi­lip Cross ne cherche pas à cacher son mobile ou sa haine de ceux dont il attaque les pages de Wiki­pe­dia. Il les raille ouver­te­ment sur Twit­ter. La mal­hon­nê­te­té évi­dente de ses révi­sions est évi­dente pour tout le monde.

Dans le pas­sé, j’ai échan­gé des mes­sages avec « Phi­lip Cross ». Il dit qu’il est une per­sonne, et qu’il édite en lien avec les tweets d’Oliver Kamm parce qu’il suit Kamm et que ses tweets l’inspirent à édi­ter. Il dit qu’il a ren­con­tré Kamm et admet être en contact élec­tro­nique avec lui. Cet échange que j’ai eu avec Cross, c’était il y a quelques années. Com­mu­ni­ca­tion plus récente avec Cross (qui a main­te­nant chan­gé son ID Twit­ter en « Julian »).

a été moins coopé­ra­tif et il n’a pas répondu :

George Gal­lo­way offre une récom­pense de £1,000 pour le nom et l’adresse de « Cross » afin qu’il puisse éga­le­ment inten­ter une action en justice.

Je pense que Phi­lip Cross est pro­ba­ble­ment une per­sonne phy­sique, mais qu’il fait la cou­ver­ture d’un groupe agis­sant sous son nom. Il est incon­tes­table, en fait le gou­ver­ne­ment s’en est van­té, que le MOD et le GCHQ ont tous deux des opé­ra­tions de « cyber­guerre » visant à défendre le récit « offi­ciel » contre les médias alter­na­tifs, et c’est pré­ci­sé­ment le but de l’opération « Phi­lip Cross » sur Wiki­pe­dia. L’extrême régu­la­ri­té de la pro­duc­tion plaide contre le fait que « Phi­lip Cross » soit une opé­ra­tion à un seul homme ou béné­vole. Je n’exclus cepen­dant pas la pos­si­bi­li­té qu’il ne soit vrai­ment qu’un seul fana­tique extrê­me­ment obsé­dé par la droite.

Enfin, il convient de noter que sur Wiki­pe­dia, une cam­pagne visant à ren­for­cer la nar­ra­tion des médias grand public et à déni­grer les sources alter­na­tives pré­sente l’énorme avan­tage que seule l’information pro­ve­nant des médias grand public est auto­ri­sée dans les articles politiques.

En conclu­sion, quelques images des pages de révi­sion des articles de Wiki­pe­dia pour don­ner un petit aper­çu de ce dont je parle :

Je m’inquiète un peu, de peur de deve­nir moi-même obsé­dé. Trou­­vez-vous cela aus­si fas­ci­nant que moi ?

Craig Mur­ray.

Source ori­gi­nale : https://​www​.craig​mur​ray​.org​.uk/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​2​0​1​8​/​0​5​/​t​h​e​–​p​h​i​l​i​p​–​c​r​o​s​s​–​a​f​f​a​ir/

Source en fran­çais : https://​www​.sove​rain​.fr/​l​a​f​f​a​i​r​e​–​p​h​i​l​i​p​–​c​r​o​ss/

 

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François Ruffin, représentant exemplaire et enthousiasmant, jour après jour

PAYSANS, CE JEU FINIRA-T-IL BIENTÔT ?

PLAIDOYER POUR LES POULES, VACHES, COCHONS

François Ruffin chez Bourdin

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Mer­ci François.
Étienne.

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Rendez-vous à Toulon le 24 mai 2018, à 18 h, avec les Indignés, autour du dernier film sur Chomsky

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Aude Lancelin, sur la scandaleuse appropriation des médias (y compris des prétendus « Reporters sans frontières », apparemment) par les ultrariches, en France comme ailleurs

Remar­quable syn­thèse, en 7 min, sur la scan­da­leuse appro­pria­tion des médias (y com­pris des pré­ten­dus « Repor­ters sans fron­tières », appa­rem­ment) par les ultra­riches, en France comme ailleurs. 

Mer­ci Aude Lancelin.


Ça me rap­pelle évi­dem­ment ma propre syn­thèse, en 3 min en 2014, qui reliait cette hon­teuse main­mise média­tique à l’es­cro­que­rie his­to­rique du faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois), à notre impuis­sance poli­tique popu­laire et à sa cause pre­mière : notre démis­sion du pro­ces­sus constituant :

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[Ennemis du peuple] Ceux qui se prennent pour « les élus » sont les fléaux de l’humanité. L’antidote universel contre leur accès au pouvoir est le tirage au sort, mais celui-ci ne sera institué et protégé que par des citoyens devenus personnellement et massivement constituants

Pen­dant que nos « élus de la répu­blique » détruisent impu­né­ment une à une toutes les pro­tec­tions sociales et toutes les ins­ti­tu­tions de l’é­tat de droit (au pro­fit des usu­riers, leurs maîtres), les nou­veaux nazis du moment — « élus de dieu » israé­liens et amé­ri­cains « sio­nistes » —, racistes, colo­nia­listes, impé­ria­listes, ter­ro­ristes, dépor­teurs, géno­ci­daires, assas­sins, voleurs, men­teurs, espion­neurs, vio­leurs, exploi­teurs, empoi­son­neurs, affa­meurs, bom­bar­deurs, impo­sant à Gaza, comme exemple inti­mi­dant de ter­reur impé­riale, des camps de concen­tra­tion et d’ex­ter­mi­na­tion, un apar­theid abject et les pires crimes contre l’hu­ma­ni­té, ces nou­veaux monstres tota­li­taires conduisent impu­né­ment le monde entier vers une nou­velle tue­rie géné­rale, men­son­gè­re­ment dra­pés dans l’ex­pres­sion « démo­cra­tie », avec l’a­val dégoû­tant, écœu­rant, révol­tant, des faux « jour­na­listes » qu’ils ont tous pour­ris en les ache­tant avec leur sale fausse monnaie 🙁

Putain d’im­puis­sance poli­tique de merde…

Au diable les « élus », au diable !

Étienne.


Bruno Guigue : Massacre colonial pour “un jour de gloire”

55 morts et 2400 bles­sés dont 1200 par balles. C’est le der­nier bilan de la san­glante jour­née du 14 mai 2018 dans la bande de Gaza. Mais pour Neta­nya­hou, c’est un “jour glo­rieux”. Lors de la céré­mo­nie d’inauguration de l’ambassade amé­ri­caine à Jéru­sa­lem, il a remer­cié Donald Trump avec des tré­mo­los dans la voix. “Quel jour glo­rieux ! Sou­­ve­­nez-vous tou­jours de ce moment, c’est un jour his­to­rique. C’est un grand jour pour Jéru­sa­lem et pour l’État d’Israël. Un jour qui res­te­ra dans nos mémoires pour des géné­ra­tions et des géné­ra­tions”. Cette jour­née res­te­ra dans les mémoires, en effet, mais pour ce qu’elle est vrai­ment : un nou­veau mas­sacre colonial.

Déver­sant un déluge de feu sur des mani­fes­tants pales­ti­niens désar­més, l’appareil répres­sif israé­lien s’est sur­pas­sé dans l’horreur. Où sont ses lau­da­teurs habi­tuels, tou­jours prompts à répé­ter le laïus offi­ciel sur cette ver­tueuse armée israé­lienne péné­trée d’impératifs moraux et sou­cieuse d’épargner les civils ? On ne les entend guère, ils rasent les murs. Quand les cou­ra­geux pion­niers de l’idéal sio­niste se livrent à un pogrom en direct, ces impos­teurs fiel­leux et abon­nés aux pla­­teaux-télé ont la mine basse et le regard chafouin.

Mais peu importe. D’autres se mettent à l’ouvrage, bien déci­dés à maquiller la scène de crime. Hypo­crites, les médias fran­çais prennent le relais, nous expli­quant du bout des lèvres que “les ten­sions sont vives” et qu’il y a des “affron­te­ments à la fron­tière”. Quel sens de l’euphémisme ! On se demande bien, d’ailleurs, de quelle fron­tière il s’agit, car Israël n’en a aucune. La bande de Gaza est un mor­ceau libé­ré – et assié­gé – de la Pales­tine his­to­rique. Lorsque ses habi­tants veulent se rendre dans une autre région de la Pales­tine, ils rentrent chez eux, tout sim­ple­ment. Par­ler de fron­tière, c’est faire comme si l’occupation était légale, c’est joindre le men­songe à la jus­ti­fi­ca­tion du for­fait colonial.

Cette jour­née du 14 mai est la plus meur­trière depuis la guerre de l’été 2014 contre Gaza. Mais une fois de plus, dès qu’il s’agit de nom­mer l’oppression subie par les Pales­ti­niens, les mots sont démo­né­ti­sés, vidés de leur sub­stance, frap­pés par une cen­sure invi­sible. On connaît la ren­gaine : “Israël a le droit de se défendre”, les colo­nies sont des “implan­ta­tions », les résis­tants des “ter­ro­ristes”, le mur de sépa­ra­tion “un mur de sécu­ri­té”, Israël une “démo­cra­tie”, les mani­fes­tants de Gaza des “pro­vo­ca­teurs” et des “extré­mistes”. Dans cette nov­langue inva­sive, les expres­sions appa­rem­ment les plus ano­dines sont trompeuses.

Au nom de la diplo­ma­tie euro­péenne, Fede­ri­ca Moghe­ri­ni, par exemple, appelle “toutes les par­ties à agir avec la plus grande rete­nue, afin d’éviter des pertes de vies humaines sup­plé­men­taires”. On savait déjà que l’UE ne ser­vait à rien, mais il faut avouer que cette inuti­li­té finit par se voir de très loin. Dans le même registre, “la France, elle, appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de res­pon­sa­bi­li­té afin de pré­ve­nir un nou­vel embra­se­ment au Proche-Orient”, déclare le ministre fran­çais des Affaires étran­gères, Jean-Yves Le Drian.

Sour­noises à l’excès, ces for­mules laissent entendre que deux peuples s’affrontent sur le champ de bataille, alors qu’il s’agit de la révolte d’un peuple colo­ni­sé contre le colo­ni­sa­teur. Elles font comme si le conflit pro­ve­nait d’une double intran­si­geance et qu’il suf­fi­sait, au fond, de rame­ner à la rai­son les forces anta­go­nistes pour réta­blir la paix. On sait ce que signi­fie cet angé­lisme de façade : il s’agit d’obtenir la red­di­tion de ceux qui pro­testent contre l’occupation. D’une lutte de libé­ra­tion, cette rhé­to­rique léni­fiante fait une obs­cure que­relle. Son arti­fice, dans le meilleur des cas, consiste à ren­voyer dos-à-dos l’occupant et l’occupé, comme si les res­pon­sa­bi­li­tés étaient partagées.

En atten­dant, la débauche de vio­lence de l’occupant fait renaître l’atmosphère san­gui­naire des pires mas­sacres colo­niaux. Enra­ci­née dans les esprits par une idéo­lo­gie raciste, la dia­bo­li­sa­tion du Pales­ti­nien auto­rise toutes les trans­gres­sions. Des citoyens israé­liens s’installent sur les mira­dors pour assis­ter en direct aux tirs à balles réelles sur cibles humaines. Quel beau spec­tacle ! Après tout, les héros de “Tsa­hal” excellent dans leur spé­cia­li­té. Flin­guer des civils, hommes, femmes et enfants confon­dus, c’est quand même plus facile que vaincre le Hez­bol­lah au Liban-Sud ou aller cher­cher le com­bat­tant pales­ti­nien, à la baïon­nette, dans les ruelles obs­cures de Gaza.

“Nos sol­dats défendent nos fron­tières”, déclare Neta­nya­hou. Va-t-il éga­le­ment pro­cla­mer l’époustouflante vic­toire de sa vaillante armée ? Déjà, durant l’été 2014, le bom­bar­de­ment mas­sif et meur­trier d’un immense camp de réfu­giés était cen­sé rele­ver, dans la nov­langue sio­niste, du para­digme de la vic­toire mili­taire. Comme si le bilan de ce bain de sang per­pé­tré à dis­tance pou­vait s’apparenter à celui d’une guerre rem­por­tée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux sol­dats d’une armée digne de ce nom, l’Etat-colon se van­tait de ses tur­pi­tudes. Aujourd’hui encore, comme un serial killer de série B, il se regarde dans le miroir, fas­ci­né par sa propre image mortifère.

Bru­no Guigue.
 
https://​www​.legrand​soir​.info/​m​a​s​s​a​c​r​e​–​c​o​l​o​n​i​a​l​–​p​o​u​r​–​u​n​–​j​o​u​r​–​d​e​–​g​l​o​i​r​e​.​h​tml

Démocratie(s) ? Le film enquête de #DATAGUEULE

Comme 7 818 autres, il y a un an, j’ai modes­te­ment aidé l’é­quipe de DATAGUEULE à pro­duire le film que voi­ci, sur un sujet qui occupe toute ma vie depuis 13 ans. 

C’est un bon film, tonique et par­fois très agréa­ble­ment déca­pant, qui aide­ra sans doute à éveiller des tas d’é­lec­teurs endormis 🙂

Je note, bien sûr, et je me réjouis, que la ques­tion fon­da­men­tale de la qua­li­té du pro­ces­sus consti­tuant appa­raisse et pro­gresse dans la plu­part des enquêtes sur nos pré­ten­dues « démocraties ».

Mais je m’at­triste cepen­dant que la mise en accu­sa­tion fron­tale du faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois) et l’ar­gu­men­ta­tion posi­tive du tirage au sort (sur­tout pour la très déci­sive Assem­blée consti­tuante – et pour le stra­té­gique Conseil consti­tu­tion­nel), res­tent aus­si timides et encore secon­daires, dans les ana­lyses de 2018.

Comme je suis très admi­ra­tif du tra­vail de Jo Spie­gel (à côté de qui j’ai fait une confé­rence et une émis­sion de radio, à Stras­bourg en novembre 2017), j’ai évi­dem­ment beau­coup aimé les 10 minutes qui lui sont ici consacrées.

httpv://youtu.be/RAvW7LIML60

Donc, pas un mot sur l’i­dée des ate­liers consti­tuants popu­laires, auto­nomes et conta­gieux, par édu­ca­tion popu­laire, sans maîtres. Comme si cela n’exis­tait pas, depuis 10 ans. Alors que rien ne chan­ge­ra, cer­tai­ne­ment, fon­da­men­ta­le­ment, sans la trans­for­ma­tion auto­nome et mas­sive des élec­­teurs-enfants en citoyens-adultes.

Pas grave. Fais ce que tu dois, et advienne que pour­ra. Cette idée fini­ra par ger­mer par­tout, puis­sante et déter­mi­nante : ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir.

Bon cou­rage, bande de virus 🙂

Étienne.

« Démo­cra­tie » : l’ha­bit ne fait pas le moine 🙂 

Rdz-vs à Nîmes, le 20 mai 2018, toute la journée, avec Heu?reka (Gilles) pour analyser et comparer les différentes alternatives pour une souveraineté monétaire digne de ce nom

Chers amis,

Je vais vous par­ler d’un jeune homme que je trouve épa­tant : il s’ap­pelle Gilles et il anime une chaîne You­tube de grande qua­li­té, qui s’ap­pelle Heu?reka et qui parle beau­coup de mon­naie, de créa­tion moné­taire, de dettes, de banques et d’é­co­no­mie en géné­ral, tou­jours dans un sou­ci exem­plaire de pédagogie :

Cha­cune de ses vidéos est très riche et bien faite, incite à réflé­chir et aide à com­prendre les arnaques des « éco­no­mistes » de banque qu’on entend tous les jours sur toutes les ondes (tous les jour­naux du pays ont été ache­tés par les ultra-riches, ce qui per­met une dés­in­for­ma­tion géné­rale à pro­pos de « la finance »).

Par exemple, sa der­nière vidéo, sur l’é­tat de la Grèce avant les rapines et la dévas­ta­tion actuelles, est vrai­ment très intéressante :

La crise de l’€ part 06 : La Grèce – Heu?reka #24–6

httpv://www.youtube.com/watch?v=eqIZGw6n7hU

Bien sûr, en l’é­cou­tant sur la genèse du mar­tyr des Grecs, je bouillais d’en­vie d’ex­pri­mer de nom­breuses remarques et ajouts, et de poser de mul­tiples ques­tions, gar­dant en tête cette confé­rence his­to­rique avec Myret Zaki, en 2011 à Genève, où Myret nous avait expli­qué les causes réelles de la catas­trophe grecque : un coup ! un coup de tra­ders, un coup de bluff contre « la dette publique » (quel scan­dale, cette expres­sion) d’un pays par­ti­cu­liè­re­ment faible de la zone euro… et au final, une « dette publique » inique, énorme, non néces­saire et cri­mi­nelle. Je vous rap­pelle (et je vous recom­mande cha­leu­reu­se­ment) cette impor­tante vidéo :

httpv://www.youtube.com/watch?v=TLjq25_ayWM

Bon, eh bien figu­­rez-vous que nous allons nous ren­con­trer, Gilles et moi, avec vous si vous le vou­lez, à Nîmes, le 20 mai pro­chain, pour une jour­née entière consa­crée aux alter­na­tives monétaires :

Mer­ci à Tris­tan d’or­ga­ni­ser cette ren­contre. Tris­tan est ce jeune homme au dévoue­ment exem­plaire qui nous a pro­gram­mé cet outil for­mi­dable (sur mesure) pour mener à dis­tance nos ate­liers consti­tuants per­son­nels : http://​jecris​la​cons​ti​tu​tion​.fr/

http://jecrislaconstitution.fr/

Début de la mati­née : Gilles nous pré­pare en ce moment un expo­sé de syn­thèse à sa manière sur la mon­naie et, connais­sant son soin habi­tuel, j’ai très hâte de décou­vrir son tra­vail sur ce sujet vital pour les sociétés. 

Puis, nous croi­se­rons nos points de vue : j’ai­me­rais connaître le regard de Gilles sur les deux alter­na­tives moné­taires que je pré­fère aujourd’­hui : le char­ta­lisme et la mon­naie libre (la Ğ1, pro­non­cer « june » ), et la façon dont on pour­rait les com­bi­ner entre le niveau natio­nal et le niveau local. 

Nous évo­que­rons cer­tai­ne­ment bien d’autres alter­na­tives pos­sibles, avec leurs avan­tages et incon­vé­nients. On par­le­ra sans doute du Cré­dit social (défen­du par le major Dou­glas et Louis Even) et de l’i­ni­tia­tive suisse « Mon­naie pleine » qui va être votée en juin pro­chain. Nous aurons sûre­ment aus­si l’oc­ca­sion d’é­vo­quer des sujets connexes mor­ti­fères, comme https://​you​tu​.be/​C​N​P​W​Z​x​H​m​chE (aux effets dévas­ta­teurs sur les monnaies). 

Puis nous répon­drons à vos ques­tions, jus­qu’à la fin de la mati­née.

L’a­près-midi, Gilles est d’ac­cord pour com­men­cer par un ate­lier consti­tuant tous les deux sur la mon­naie. Puis, vous vous y met­trez vous-mêmes 🙂 par groupes. Il s’a­git de faire mar­cher notre cer­veau col­lec­tif pour pro­duire des articles de consti­tu­tion en matière moné­taire (aus­si bien au niveau natio­nal que local). 

Sans doute fau­­dra-t-il rédi­ger à part des par­ties de glos­saire pour expli­quer aux simples citoyens (en annexe de la consti­tu­tion) cer­tains termes tech­niques (avec des sché­mas et des exemples). 

Si de pro­fonds désac­cords se font jour au sein d’un groupe, au lieu de se dis­pu­ter, nous nous entraî­ne­rons à « construire nos désac­cords », sans les tran­cher tout de suite, en notant côte-à-côte les dif­fé­rentes options incom­pa­tibles (et qui néces­sitent donc un choix) qui se pré­sentent au débat public.

On fini­ra la jour­née par une mise en com­mun des pro­po­si­tions des dif­fé­rents groupes.

Tout cela devrait être fil­mé (pour ceux qui ne pour­ront pas être avec nous) et je rêve qu’on puisse, à cette occa­sion, uti­li­ser l’ou­til de Tris­tan, http://​jecris​la​cons​ti​tu​tion​.fr/, pour tra­vailler en direct avec les citoyens inté­res­sés mais éloignés .

J’ai hâte d’y être et de vous y retrouver 🙂 

Étienne.

PS : ceux qui comptent venir seraient très gen­tils de le dire (en cli­quant sur Par­ti­cipe) sur la page de l’é­vé­ne­ment fb :
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​1​3​8​1​0​7​6​7​7​8​7​0​4​6​72/
Ça aide­ra beau­coup Tristan​​ à nous rece­voir comme il faut.

À midi, on se débrouille pour déjeu­ner (sans comp­ter sur Tris­tan), soit avec un pique-nique sor­ti du sac, soit en allant dans un des nom­breux res­tau­rants alentour.

—–

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​2​2​2​2​0​1​4​5​7​317


Pre­mières traces de ce qui fut une très chouette rencontre :

Comprendre la souveraineté monétaire (1ère partie 🙂 ) :

httpv://www.youtube.com/watch?v=GNKnwz-RSoQ

Rendez-vous à Paris, samedi 28 avril 2018, pour découvrir (et encourager) les lanceurs d’alerte Martine Donnette et Claude Diot dans leur bagarre héroïque, seuls contre des ennemis du peuple géants : les grandes surfaces, qui doivent plus de 400 milliards à l’État ! qui ne les leur réclame pas !!!

Chers amis,

Je vous donne ren­­dez-vous à Paris, same­di pro­chain, dans 3 jours (je suis très en retard, par­don), pour décou­vrir (et encou­ra­ger) deux lan­ceurs d’a­lerte for­mi­dables, Mar­tine Don­nette et Claude Diot, dans leur bagarre héroïque, seuls contre des enne­mis du peuple géants : les grandes sur­faces — et leurs nom­breux com­plices dans les admi­nis­tra­tions publiques !

L’his­toire de Mar­tine Don­nette et Claude Diot (et de leur asso­cia­tion, « En toute fran­chise ») est à la fois conster­nante, révol­tante et exem­plaire : Mar­tine et Claude sont des gens simples, mais je les consi­dère comme des héros : ce qu’ils font est incroyable, et admi­rable. Leur opi­niâ­tre­té et leur cou­rage sont stu­pé­fiants. Moi, ils me bluffent.

L’É­tat fran­çais pour­rait récu­pé­rer 418 mil­liards d’eu­ros (418 G€ de recettes !) auprès des grandes sur­faces qui construisent sur des sur­faces illé­gales ET IL NE LE FAIT PAS ! Cor­rup­tion ouverte et géné­ra­li­sée ! Il faut aider et relayer les vaillants lan­ceurs d’a­lerte qui dénoncent cet immense SCANDALE : 418 Mds d’€ de RECETTES PERDUES (pour les Bouches-du-Rhône seulement) !

httpv://youtu.be/Ma3v-Sgh-Us

Ce qui me choque le plus, en décou­vrant cette his­toire très émou­vante, c’est le peu d’aide dont dis­posent Mar­tine et Claude : ces deux citoyens se dévouent au bien com­mun depuis près de 30 ans (30 ans !) pour pro­té­ger les com­mer­çants indé­pen­dants, les citoyens, les finances publiques et l’en­vi­ron­ne­ment, et ils en sont réduits à men­dier chaque mois quelques euros pour sur­vivre et conti­nuer à agir ! C’est juste incroyable. Il y a en France envi­ron 2 mil­lions de com­mer­çants indé­pen­dants (2 mil­lions !) ; il suf­fi­rait que cha­cun de ces com­mer­çants leur donne un euro (un euro, bon sang !) pour que leurs meilleurs défen­seurs, Mar­tine et Claude, dis­posent enfin de moyens consi­dé­rables pour être infi­ni­ment plus effi­caces et plus rapides. Et pour­tant, la presque tota­li­té des com­mer­çants, tout en leur disant « c’est super ce que vous faites, bra­vo, conti­nuez… », ne leur donnent RIEN. Cet égoïsme stu­pide (qui fini­ra par la dis­pa­ri­tion com­plète des petits com­mer­çants, et du tis­su social qui va avec eux) me déses­père, je dois dire.

Nous autres simples citoyens, c’est pareil : que fai­­sons-nous pour aider finan­ciè­re­ment les dif­fé­rents lan­ceurs d’a­lerte dans leur bagarre pour le bien com­mun contre les ban­dits qu’ils dénoncent ? PRESQUE RIEN. C’est vrai­ment lamen­table. J’es­père que ce n’est pas défi­ni­tif, j’es­père que nous allons prendre conscience du besoin (évident) de tous les lan­ceurs d’a­lerte d’être aidés financièrement .

En tout cas, moi, je vais à Paris pour les aider comme je peux. Et je vous invite, si vous le pou­vez, à venir vous aussi.

Je vais vous don­ner ci-des­­sous quelques docu­ments pour com­prendre les enjeux immenses de la lutte de Mar­tine Don­nette et de Claude Diot :

• D’a­bord, un repor­tage d’É­lise Lucet, sur ces deux héros et sur l’in­croyable cor­rup­tion des pou­voirs publics par la grande dis­tri­bu­tion (cor­rup­tion active, avec des valises de billets…) :

(Ne ratez pas ça, ça démé­nage : vous trou­vez là LES PREUVES de la cor­rup­tion à grande échelle des poli­tiques par la grande distribution.)

Dossiers Noirs de la Grande Distribution Pieces à Conviction FR3

httpv://www.youtube.com/watch?v=o49g000wozs

Dans ce repor­tage, on apprend (entre autres) qu’en 2004, 9 % des sur­faces de vente sont illi­cites = 7 000 000 m² illi­cites soit avec 150 euros/jour/m2 d’in­frac­tion = (sur 300 jours d’ex­ploi­ta­tion commerciale/an) = 315 milliards/an ==> 4 410 mil­liards sur 14 ans (depuis 2004).

• Une élue cou­ra­geuse, Danielle Simon­net, a com­pris tout récem­ment l’im­por­tance pour nous tous de la bagarre his­to­rique de Mar­tine et Claude contre les grandes sur­faces, et elle résume ça en 2 minutes :

Danielle SIMONNET : « Grande Distribution, le scandale à 418 milliards d’€ ! »

httpv://www.youtube.com/watch?v=R6r7dFPPvcQ

• Mar­tine a pré­pa­ré une courte syn­thèse (10 minutes) du cas d’é­cole qu’est le Car­re­four Vitrolles (près de Mar­seille) qui per­met de com­prendre le mode opé­ra­toire com­mun à tous ces gre­dins à tra­vers le pays :

L’INTÉGRALE DU DOSSIER CARREFOUR

httpv://www.youtube.com/watch?v=JGKpMhFSVKQ

Vous allez voir ici la rigueur de Mar­tine et Claude, la pré­ci­sion des pièces avan­cées, leurs dos­siers sont solides et docu­men­tés (il y a des caves entières de tels dos­siers chez Mar­tine !) et l’É­tat ne s’en sert pas !!! ni les fonc­tion­naires, ni les juges !!! C’est soit une gabe­gie totale, soit une cor­rup­tion géné­ra­li­sée, mais c’est digne d’une répu­blique bananière !

• Mar­tine résume encore tout ça, en 8 minutes cette fois :

Martine Donnette le 10 octobre 2017

httpv://www.youtube.com/watch?v=IlI1mA87HKs

Les consé­quences de l’ex­pan­sion incon­trô­lée des grandes sur­faces sont :
• la ruine et la des­truc­tion des com­mer­çants indépendants, 
• la sup­pres­sion des emplois liés au petit com­merce (les grandes sur­faces détruisent infi­ni­ment plus d’emplois qu’elles n’en créent), 
• la des­truc­tion du tis­su social urbain, 
• l’é­tran­gle­ment des PME, four­nis­seurs des grandes sur­faces (et celui de tous les sala­riés de leur filière) via quelques cen­trales d’a­chat surpuissantes, 
• la déser­ti­fi­ca­tion du territoire, 
• les ravages éco­lo­giques avec imper­méa­bi­li­sa­tion des sols et la perte de zones immenses de terres fertiles. 
• la consti­tu­tion pro­gres­sive, par accu­mu­la­tion, d’en­ti­tés IRRESPONSABLES ET CUPIDES « TOO BIG TO FAIL » (trop grandes pour faire faillite) et « TOO BIG TO JAIL » (trop grandes pour aller en pri­son), can­cer aus­si grave qu’en matière ban­caire, capable de prendre en otage la socié­té entière avec la menace d’in­ter­rompre une fonc­tion vitale.

Et tout ça conti­nue et redouble aujourd’­hui, faute d’in­ter­ven­tion des pou­voirs publics POUR CAUSE DE CORRUPTION GÉNÉRALISÉE ET AU PLUS HAUT NIVEAU (voir pre­mière vidéo « Pièces à convic­tion » ci dessus) !

• Mar­tine a aus­si écrit UN LIVRE, émou­vant, que je suis en train de lire et que je vous recom­mande : c’est un cas d’é­cole de dévoue­ment et de cou­rage, face à une adver­si­té impla­cable et des adver­saires puis­sants et cruels, « Seule face aux géants », chez Max Milo, édi­teur qu’il faut saluer pour les ser­vices qu’il rend au bien com­mun, je trouve :


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​s​e​u​l​e​–​f​a​c​e​–​a​u​x​–​g​e​a​n​ts/

France-Info a fait une courte mais fidèle recen­sion de ce livre (5 minutes) :
httpv://www.youtube.com/watch?v=k‑KJaJAmnvA

• La cou­ra­geuse revue NEXUS, qui orga­nise la ren­contre de same­di, a consa­cré deux numé­ros au tra­vail de Mar­tine : le n°109 (pages 14 et s.) et le n°114 (pages 16 et s.).

(Nexus est cette revue qui a réa­li­sé deux belles enquêtes et deux beaux articles, hon­nêtes et pas­sion­nants, sur les ate­liers consti­tuants popu­laires que je défends depuis plus de 10 ans : dans le n°78 et le n°96. Je remer­cie du fond du cœur cette équipe de jour­na­listes qui fait mille fois mieux son bou­lot d’in­for­ma­tion hon­nête que les pré­ten­dus « jour­na­listes » mainsream.)

• Mar­tine a conçu un dia­po­ra­ma pas­sion­nant pour com­prendre les étapes de la scan­da­leuse DÉRÉGULATION des grandes sur­faces depuis des décennies :

COMMENT LA GRANDE DISTRIBUTION EST DEVENUE AUSSI PUISSANTE

httpv://www.youtube.com/watch?v=s82NJCnjnNU

Cette cor­rup­tion patiente des pou­voirs publics par la grande dis­tri­bu­tion depuis les années 80, que réca­pi­tule ici Mar­tine, me rap­pelle, bien sûr, la déré­gu­la­tion finan­cière catas­tro­phique, obte­nue par les banques et démon­trée brillam­ment dans ce film impor­tant qu’est Inside Job, que je vous recom­mande très cha­leu­reu­se­ment, et dont j’a­vais publié le script inté­gral dans un pdf de 80 pages. Vous devriez voir ce film et lire ce texte le crayon à la main, c’est la meilleure enquête que je connaisse sur la pré­ten­due « crise » finan­cière de 2008 :

Histoire détaillée d’un odieux complot, celui de la dérégulation financière : INSIDE JOB, enquête essentielle pour comprendre la prochaine « crise » et l’énorme trahison des « élites »

https://​www​.chouard​.org/​b​l​o​g​/​2​0​1​6​/​0​2​/​2​0​/​h​i​s​t​o​i​r​e​–​d​e​t​a​i​l​l​e​e​–​d​u​n​–​o​d​i​e​u​x​–​c​o​m​p​l​o​t​–​c​e​l​u​i​–​d​e​–​l​a​–​d​e​r​e​g​u​l​a​t​i​o​n​–​f​i​n​a​n​c​i​e​r​e​–​i​n​s​i​d​e​–​j​o​b​–​e​n​q​u​e​t​e​–​e​s​s​e​n​t​i​e​l​l​e​–​p​o​u​r​–​c​o​m​p​r​e​n​d​r​e​–​l​a​–​p​r​o​c​h​a​i​n​e​–​c​r​i​se/

Texte intégral du film-événement « INSIDE JOB. Autopsie d’une crise financière annoncée »

https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​I​n​s​i​d​e​_​j​o​b​_​t​e​x​t​e​_​i​n​t​e​g​r​a​l​_​e​n​_​f​r​a​n​c​a​i​s​.​pdf

La chaîne You­tube de Mar­tine, « En toute franchise » : 
https://​www​.you​tube​.com/​c​h​a​n​n​e​l​/​U​C​M​1​a​N​_​G​h​5​1​a​e​y​g​l​T​–​n​p​2​ocw

• La page Face­book de Mar­tine, « En toute franchise » :
https://​www​.face​book​.com/​a​s​s​o​.​e​n​t​o​u​t​e​f​r​a​n​c​h​ise

La ren­contre de same­di, pen­dant 3 heures, dont le som­maire est vrai­ment très inté­res­sant, sera retrans­mise en live sur Face­book, sur la page du maga­zine Nexus :
https://​www​.face​book​.com/​m​a​g​a​z​i​n​e​.​n​e​x​us/


Et, pour finir, voi­ci quelques pen­sées col­la­té­rales à pro­pos des lan­ceurs d’alerte,
si impor­tants pour nous tous, si mar­ty­ri­sés par les pou­voirs, et si peu aidés par nous :

• Il y a une jeune femme, Caro­line Chau­­met-Delattre, qui se dévoue, elle aus­si, pour com­pi­ler sur un site, https://​pas​seur​da​lertes​.org/, (https://​www​.face​book​.com/​p​a​s​s​e​u​r​d​a​l​e​r​t​es/ sur Face­book) toutes les actions des divers lan­ceurs d’a­lerte à sou­te­nir. C’est un endroit pas­sion­nant et impor­tant. Elle aus­si, méri­te­rait qu’on l’aide : qu’on l’aide à aider les lan­ceurs d’alerte !

• Je rap­pelle ici l’exis­tence de deux lan­ceurs d’a­lerte géants que sont Julian Assange (celui qui a créé Wiki­leaks, et qui est empri­son­né depuis des années à Londres, démo­cra­tie de mes fesses, par­don, alors que c’est un héros) et Edward Snow­den (celui qui a révé­lé la sur­veillance géné­ra­li­sée de la NSA sur la terre entière, et qui est, depuis, en exil en Rus­sie, soi-disant le pays du mal incar­né, alors que c’est un héros).

• Je rap­pelle aus­si le dénue­ment scan­da­leux de Sté­pha­nie Gibaud (qui a révé­lé l’é­va­sion fis­cale en Suisse et qui a per­mis à son pays de récu­pé­rer plus de 10 mil­liards d’eu­ros (!!!) et qui est plus tra­quée que remer­ciée). On peut l’ai­der direc­te­ment ou en ache­tant ses livres : « La femme qui en savait vrai­ment trop » et « La traque des lan­ceurs d’a­lerte »

• Je pense aus­si à Phi­lippe Pas­cot, grand dénon­cia­teur d’é­lus véreux devant l’É­ter­nel. Il faut lire ses livres, ils sont tous écrits au vitriol anti-cor­­rup­­tion. Voyez ceci :

[Délits d’élus, pilleurs d’État…] « ALLEZ (presque tous) VOUS FAIRE… » – Philippe Pascot publie le 4e tome de sa (précieuse) encyclopédie des turpitudes des voleurs de pouvoir ( + 3 vidéos)

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​7​/​0​4​/​0​7​/​d​e​l​i​t​s​–​d​e​l​u​s​–​p​i​l​l​e​u​r​s​–​d​e​t​a​t​–​a​l​l​e​z​–​p​r​e​s​q​u​e​–​t​o​u​s​–​v​o​u​s​–​f​a​i​r​e​–​p​h​i​l​i​p​p​e​–​p​a​s​c​o​t​–​p​u​b​l​i​e​–​l​e​–​4​e​–​t​o​m​e​–​d​e​–​s​a​–​p​r​e​c​i​e​u​s​e​–​e​n​c​y​c​l​o​p​e​d​i​e​–​d​e​s​–​t​u​r​p​i​t​u​d​e​s​–​d​e​s​–​v​o​l​e​u​r​s​–​d​e​–​p​o​u​v​o​ir/

• Je vous rap­pelle enfin l’ex­cellent livre de Vincent Le Coq et Anne-Sophie Poi­roux, « Le ‘tou­jours moins cher’ : à quel prix ? Grande dis­tri­bu­tion, élus, État, Jus­tice : une ‘entente’ cor­diale », chez Yves Michel, autre édi­teur courageux :


http://​www​.yves​mi​chel​.org/​p​r​o​d​u​c​t​–​p​a​g​e​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​l​e​–​t​o​u​j​o​u​r​s​–​m​o​i​n​s​–​c​h​e​r​–​a​–​q​u​e​l​–​p​r​ix/

À same­di, j’es­père, en vrai ou en live sur Facebook 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​2​1​1​7​4​5​9​6​2​317

PS : vous com­pre­nez pour­quoi j’ai tar­dé à vous annon­cer cette ren­contre ? J’a­vais mille choses à vous dire à pro­pos de Mar­tine et Claude 🙂 Et encore, je suis sûr que j’en ai oublié plein…


COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, le 17 avril 2018.

CONFÉRENCE

Grande dis­tri­bu­tion : Ber­cy va-t-il récu­pé­rer les 418 000 000 000 € d’infractions non per­çues par l’État ?

Nous étions hier, lun­di 16 avril, avec l’association En Toute Fran­chise, Des Terres pas d’Hypers et Danielle Simon­net, Conseillère de Paris, devant le minis­tère de l’Économie et des Finances afin d’interpeller Bru­no Le Maire sur les 418 mil­liards € que doit la Grande Dis­tri­bu­tion par ses nom­breuses ins­tal­la­tions illi­cites sur la seule région Paca (cumul des infrac­tions de 5e classe non récla­mées par l’État depuis plus de 30 ans). L’association En Toute Fran­chise a déjà envoyé son enquête à l’Elysée, et Emma­nuel Macron a répon­du le 9 octobre 2017 que le dos­sier a été trans­mis à Bru­no Le Maire (voir cour­rier plus bas). En Toute Fran­chise est encore sans nou­velle du ministre à ce jour.

Danielle Simon­net nous a appor­té son sou­tien et va faire le relais de cette enquête que l’association En Toute Fran­chise mène depuis plus de 20 ans. « Je pense qu’il faut détruire les édi­fices illé­gaux de la grande dis­tri­bu­tion. De la même manière, les grandes enseignes qui ne res­pectent pas leurs obli­ga­tions fis­cales, il faut les réqui­si­tion­ner », explique Danielle Simonnet.

Ni Ber­cy, ni Mati­gnon, ni l’Élysée, ne semblent prêts à réa­li­ser un mora­toire, et à contrô­ler les grandes sur­faces qui croissent dans l’irrespect total des zones pro­té­gées, agri­coles, et inondables.

Après 20 ans d’enquête, l’association En Toute Fran­chise a cal­cu­lé le coût total de ces infrac­tions (infrac­tion de 5e classe) à plus de 418 mil­liards d’euros pour la seule région Paca. Que fait l’État ? Cela repré­sente plus d’un quart de la dette française !

Nous orga­ni­sons une confé­rence le 28 avril pro­chain à Paris pour expli­quer le détail de cette enquête.

Inter­ve­nants : Mar­tine Don­nette (En Toute Fran­chise), Jac­que­line Lor­thiois (socio-éco­­no­­miste), Robert Levesque (agro­nome Groupe Car­ma), Ber­trand Veau (maire de Tour­nus), Phi­lippe Pas­cot (écri­vain), Étienne Chouard (ensei­gnant).

Same­di 28 avril à 14h : 14, rue de Patay, Paris 13e

Contact presse : [email protected] / Tél. : 01 47 41 35 61

Marc Daoud, Direc­teur de la publication
22 rue Pas­teur, 92380 Garches
01.47.41.35.61 – 06.13.69.02.28
MAGAZINE NEXUS
www​.nexus​.fr


Edit : la vidéo de cette chouette ren­contre est dis­po­nible ici : https://​www​.face​book​.com/​m​a​g​a​z​i​n​e​.​n​e​x​u​s​/​v​i​d​e​o​s​/​1​0​1​6​0​2​0​7​5​3​1​1​8​5​2​44/

[Ennemis du peuple] La sécession des « élites » et l’abolition de la démocratie (Coralie Delaume, Christopher Lasch)

Encore une ana­lyse remar­quable de Cora­lie Delaume (L’a­rène nue), cette jeune femme épa­tante pla­cée à mes côtés chez Tad­déi en 2014 et qui m’a aidé (vers la min 11:40) à résis­ter aux énormes men­songes de Jacques Attali :

(900 000 vues 🙂 ).

Voi­ci son article :


FIGAROVOX/TRIBUNE – Cora­lie Delaume ana­lyse les rai­sons de la frac­ture qu’elle observe entre les « élites », une classe mino­ri­taire de pri­vi­lé­giés, et la masse qui n’a pas accès aux études pres­ti­gieuses ou qui n’a pas son mot à dire dans les orien­ta­tions éco­no­miques de l’U­nion européenne.


Cora­lie Delaume est essayiste, co-auteur de La fin de l’U­nion euro­péenne (Micha­lon, 2017) et ani­ma­trice du site L’a­rène nue.


La Révolte des élites et la tra­hi­son de la démo­cra­tie est le titre d’un livre du socio­logue amé­ri­cain Chris­to­pher Lasch, publié à titre post­hume en 1995. Bien sûr, l’ou­vrage ana­ly­sait l’A­mé­rique de son temps. Pour­tant, il s’ap­plique par­fai­te­ment à la France et à l’Eu­rope d’au­jourd’­hui, dont il semble avoir anti­ci­pé l’é­vo­lu­tion des classes favo­ri­sées avec une acui­té visionnaire.

Le livre pose l’hy­po­thèse que ce n’est plus la « révolte des masses » qui menace désor­mais la vie démo­cra­tique, mais la cou­pure de plus en plus pro­non­cée entre le peuple et les « élites ». Une cou­pure tant éco­no­mique et maté­rielle qu’é­du­ca­tive et intel­lec­tuelle, dont résulte le repli sur eux-mêmes des pri­vi­lé­giés. Ces der­niers ne parlent plus qu’à leurs pareils, c’est-à-dire non seule­ment à ceux qui béné­fi­cient d’un même niveau de richesses, mais éga­le­ment à ceux qui par­tagent le même niveau d’ins­truc­tion. Ils adorent mettre en scène leur pou­voir et le font de mille façons : exhi­bi­tion des signes exté­rieurs de richesse, bien sûr, mais éga­le­ment – et de plus en plus – de leur patri­moine cultu­rel. Le dis­cours, ahu­ris­sant de cuis­tre­rie, du pré­sident Macron sur l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle (29 mars 2018) en est un exemple qui confine au gro­tesque. En revanche, ils n’as­sument plus que de mau­vaise grâce les charges et res­pon­sa­bi­li­tés qui devraient leur incom­ber, et pré­fèrent le ser­vice de leur inté­rêt bien com­pris à celui d’un « inté­rêt géné­ral », dont ils ne conçoivent même plus qu’il pût exister.

Vingt ans après Lasch, le phé­no­mène du sépa­ra­tisme éli­taire qu’il voyait poindre dans son pays vient de faire l’ob­jet, pour la France cette fois, d’une étude chif­frée. Jérôme Four­quet a en effet publié, pour le compte de la Fon­da­tion Jean Jau­rès, une note au titre évo­ca­teur : « 1985–2017, quand les classes favo­ri­sées ont fait séces­sion ». Il y explique notam­ment que la cohé­sion de la socié­té fran­çaise « est mise à mal aujourd’­hui par un pro­ces­sus presque invi­sible à l’œil nu, mais néan­moins lourd de consé­quences : un sépa­ra­tisme social qui concerne toute une par­tie de la frange supé­rieure de la socié­té, les occa­sions de contacts et d’in­te­rac­tions entre les caté­go­ries supé­rieures et le reste de la popu­la­tion étant en effet de moins en moins nombreuses ».

Le dépé­ris­se­ment du cadre natio­nal per­met aux « élites » de vivre de plus en plus dans une sorte d’al­ter-monde en suspension.

Le son­deur illustre ensuite. Il note que le cœur des grandes villes est mas­si­ve­ment inves­ti par les cadres, cer­tains centres urbains leur tenant désor­mais lieu de ghet­tos dorés. Les CSP+ sont ain­si pas­sés de 25 % à 46 % de la popu­la­tion pari­sienne en 30 ans, cepen­dant que le pour­cen­tage des ouvriers a décru, pas­sant de 18 % à 7 %. Four­quet ana­lyse ensuite la déser­tion de l’en­sei­gne­ment public et la sco­la­ri­sa­tion mas­sive des enfants de cadres dans le pri­vé, le sépa­ra­tisme élec­to­ral des plus aisés ou, pour les cas extrêmes, l’exil fis­cal, ce der­nier signant le refus d’une par­tie de la popu­la­tion de finan­cer le fonc­tion­ne­ment la col­lec­ti­vi­té dans son ensemble. Pour l’au­teur de l’é­tude, nous fai­sons face à l’«autonomisation d’une par­tie des caté­go­ries les plus favo­ri­sées, qui se sentent de moins en moins liées par un des­tin com­mun au reste de la col­lec­ti­vi­té natio­nale ». On voit en effet com­bien le phé­no­mène est lié au dépé­ris­se­ment du cadre natio­nal, dépé­ris­se­ment qui per­met aux « élites » de vivre de plus en plus dans une sorte d’al­ter-monde en sus­pen­sion, cepen­dant que les autres sont rivés à un ici-bas qui com­mence à se chan­ger en friche, et fini­ra par se muer en jungle.

Jérôme Four­quet n’est pas le pre­mier à faire ce constat. L’an­thro­po­logue Emma­nuel Todd l’a fait éga­le­ment, et donne dans son der­nier ouvrage (Où en sommes nous, Seuil, 2017) une expli­ca­tion convain­cante. Pour lui, c’est la frac­ture édu­ca­tive qui est en cause, le déve­lop­pe­ment de l’é­du­ca­tion supé­rieure ayant eu un effet per­vers inat­ten­du en tron­çon­nant le corps social en deux caté­go­ries de per­sonnes : les édu­qués supé­rieurs et les autres. Alors que la mas­si­fi­ca­tion des édu­ca­tions pri­maire et secon­daire avait contri­bué à éga­li­ser le niveau édu­ca­tif géné­ral et favo­ri­sé l’é­pa­nouis­se­ment de la démo­cra­tie, c’est à l’in­verse qu’on assiste aujourd’­hui. La rai­son en est simple : l’é­du­ca­tion supé­rieure ne s’est pas (encore?) géné­ra­li­sée.«L’ac­cès uni­ver­sel à l’ins­truc­tion pri­maire puis secon­daire avait nour­ri un sub­cons­cient social éga­li­taire ; le pla­fon­ne­ment de l’é­du­ca­tion supé­rieure a engen­dré, (…) un sub­cons­cient social inéga­li­taire », énonce le chercheur.

De ce « sub­cons­cient inéga­li­taire », on per­çoit chaque jour les effets. On constate que ne se mélangent plus guère ces édu­qués supé­rieurs contents d’eux, étran­ge­ment per­sua­dés de ne rien devoir qu’à leur talent. De toute façon, ils sont suf­fi­sam­ment nom­breux pour pou­voir fonc­tion­ner en cir­cuit fer­mé et pour ne plus avoir à s’a­dres­ser qu’aux autres « mani­pu­la­teurs de sym­boles », ain­si que l’é­co­no­miste Robert Reich qua­li­fiait les gagnants de la mon­dia­li­sa­tion, ces diplô­més, plu­ri­lingues, mobiles, à l’aise dans le domaine de la com­mu­ni­ca­tion et qui font l’o­pi­nion. Car ce sont eux, bien sûr, qui tiennent les plumes et parlent dans les micros. Ils nous font par­ta­ger leur manière propre d’ap­pré­hen­der la masse des « gens qui ne sont rien » comme dirait Macron, autre­ment dit des gens qui ne sont pas comme eux. Ils nous les peignent comme fri­leux, « réacs », hos­tiles de façon pri­mi­tive et irra­tion­nelle aux réformes ain­si qu’à tout type chan­ge­ment. Ils nous expliquent que s’ils votent « popu­liste », c’est parce qu’ils sont xéno­phobes, et que s’ils votent mal aux réfé­ren­dums c’est parce qu’ils ne com­prennent pas les ques­tions. Peut-être cette par­ti­tion de la socié­té devrait-elle nous conduire à recon­si­dé­rer le contour des classes sociales ? Si celles-ci existent encore (et c’est évi­dem­ment le cas) la séces­sion des « élites » n’est pas seule­ment le fait des « riches » et des pro­prié­taires des moyens de pro­duc­tions. Elle est éga­le­ment celui des déten­teurs d’un capi­tal édu­ca­tif et cultu­rel, lequel s’hé­rite de plus en plus d’ailleurs, sur fond de des­truc­tion de l’é­cole publique et de dégrais­sage per­pé­tuel du « Mammouth ».

Le dégrais­sage concerne d’ailleurs l’en­semble de l’ap­pa­reil d’É­tat et des ser­vices publics, ceux-ci ayant le tort de pré­sen­ter des ver­tus éga­li­sa­trices qui entravent le sépa­ra­tisme éli­taire. Pour leur régler leur compte, les pays euro­péens membres de l’UE ont inven­té un pré­texte ingé­nieux et unique au monde : la néces­site de res­pec­ter les « cri­tères de conver­gence » de Maas­tricht. Notam­ment celui des 3 % de défi­cit public, et c’est en son nom que les gou­ver­ne­ments détruisent ou vendent tout le patri­moine col­lec­tif. La France vient d’ailleurs de pas­ser sous la barre fati­dique (2,6 % pour 2017), avant même d’a­voir fini de bra­der la SNCF.

La construc­tion euro­péenne est un for­mi­dable outil de déres­pon­sa­bi­li­sa­tion des « élites » nationales.

D’une manière géné­rale, la construc­tion euro­péenne est un for­mi­dable outil de déres­pon­sa­bi­li­sa­tion des « élites » natio­nales, notam­ment des élites poli­tiques. Celles-ci, toutes ointes qu’elles sont de la légi­ti­mi­té offerte par le suf­frage uni­ver­sel, n’en assument pas pour autant les vraies charges. La capa­ci­té à faire les grands choix a été mas­si­ve­ment trans­fé­rée au niveau supra­na­tio­nal, qui lui ne rend pas de comptes. Les diri­geants de la Banque cen­trale euro­péenne ne rendent pas de compte pour la poli­tique moné­taire qu’ils conduisent. La Com­mis­sion de Bruxelles ne risque pas d’af­fron­ter une grève pour s’être mêlée d’un peu trop près, dans le cadre du « Semestre euro­péen », du conte­nu des bud­gets des États membres. La Cour de jus­tice de l’UE ne risque pas la sanc­tion des citoyens (de quel État au demeu­rant?) pour les juris­pru­dences de déré­gu­la­tion éco­no­mique qu’elle pond à la chaîne. De toute façon, en « consti­tu­tion­na­li­sant » les trai­tés euro­péens de sa propre ini­tia­tive via des arrêts datant des années 1960, la Cour a très tôt per­mis que ces trai­tés et tous les élé­ments de poli­tique éco­no­mique qu’ils contiennent, se situent au-des­­sus des lois dans la hié­rar­chie des normes des États-membres. C’est-à-dire hors de por­tée des Par­le­ments, donc des électeurs.

La manière dont est orga­ni­sée l’UE a pour effet de décor­ré­ler les élec­tions (qui ont lieu au niveau natio­nal) et la prise de déci­sion (qui se fait à l’é­che­lon supra­na­tio­nal), ce qui en fait une véri­table machine de défi­le­ment au ser­vice « d’é­lites » poli­tiques en rup­ture de ban avec leurs nations d’o­ri­gines – et qui res­semblent bien plus à une oli­gar­chie qu’à une véri­table élite désor­mais. Par ailleurs, l’UE offre de mul­tiples pos­si­bi­li­tés d’é­vi­te­ment fis­cal grâce à ses para­dis fis­caux inté­grés (Irlande, Luxem­bourg…). Enfin, la libre cir­cu­la­tion du capi­tal et du tra­vail dans le Mar­ché unique contri­bue à mettre les deux en concur­rence au pro­fit du plus mobile et du rapide (le capi­tal) et au détri­ment du plus séden­taire (le tra­vail). Le tout pour la grande joie des caté­go­ries pos­sé­dantes, cette fois.

Dans ce cadre, il n’est pas éton­nant qu’un poli­tiste spé­cia­li­sé sur les ques­tions euro­péennes tel le Bul­gare Ivan Kras­tev, consacre de longues pages de son der­nier ouvrage (Le des­tin de l’Eu­rope, Pre­mier Paral­lèle, 2017), à décrire le phé­no­mène de séces­sion des classes diri­geantes à l’é­chelle conti­nen­tale. « Les élites aris­to­cra­tiques tra­di­tion­nelles avaient des devoirs et des res­pon­sa­bi­li­tés, et leur édu­ca­tion les pré­pa­rait à se mon­trer à leur hau­teur », écrit-il. « En com­pa­rai­son, les nou­velles élites sont for­mées pour gou­ver­ner mais sont tout sauf prêtes au sacri­fice ». Pas même au sacri­fice finan­cier, aurait-il pu ajou­ter, en tout cas de moins en moins puisque l’op­ti­mi­sa­tion fis­cale est deve­nue l’un des sports phares de notre époque. Puis Kras­tev d’a­jou­ter : « La nature et la conver­ti­bi­li­té des com­pé­tences des nou­velles élites les affran­chissent très concrè­te­ment de leur propre nation. Elles ne dépendent pas des sys­tèmes édu­ca­tifs publics natio­naux (leurs enfants étu­dient dans les éta­blis­se­ments pri­vés) ni des sys­tèmes de pro­tec­tion sociale natio­naux (elles peuvent se per­mettre les meilleurs éta­blis­se­ments hos­pi­ta­liers). Elles ont per­du la capa­ci­té de par­ta­ger les pas­sions et les émo­tions de leur communauté ».

En même temps que l’on « dépasse » les nations et que l’on détruit l’É­tat, c’est la démo­cra­tie qu’on abolit.

Dès lors, la mon­tée de ce qu’on appelle « les popu­lismes » cor­res­pon­drait avant tout à une quête de loyau­té. D’ailleurs, le dis­cours « sou­ve­rai­niste » ou anti-mon­­dia­­li­­sa­­tion des­dits « popu­listes » est pro­ba­ble­ment l’une des clés de leur suc­cès. Il cor­res­pond à un désir de plus en plus pro­fond, de la part des peuples, de « rapa­trier » leurs classes diri­geantes, afin qu’elles ne se défilent plus. Afin qu’il rede­vienne pos­sible d’exi­ger qu’elles assument leurs devoirs autant qu’elles jouissent de leurs droits, et qu’elles rendent à la col­lec­ti­vi­té une part au moins de ce qu’elles ont reçu, c’est-à-dire beau­coup (sécu­ri­té des biens et des per­sonnes, sys­tème de san­té, sys­tème édu­ca­tif, etc.). Enfin et concer­nant le per­son­nel poli­tique, son « rapa­trie­ment » et le fait de refaire coïn­ci­der les man­dats natio­naux avec la conduite effec­tive des poli­tiques, est le seul moyen de rendre à nou­veau pos­sible l’exer­cice d’un contrôle démo­cra­tique normal.

Cela est-il pos­sible ? Le moins que l’on puisse dire est que pour l’heure, on n’en prend pas le che­min. À l’in­verse et jour après jour, en même temps que l’on « dépasse » les nations et que l’on détruit l’É­tat, c’est la démo­cra­tie qu’on abolit.

Cora­lie Delaume.

Source : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/04/20/31003–20180420ARTFIG00185-la-secession-des-elites-ou-comment-la-democratie-est-en-train-d-etre-abolie-par-coralie-delaume.php


Mon com­men­taire :

Comme tout être vivant, un corps social qui n’a plus de défenses immu­ni­taires est voué à dis­pa­raître. En deve­nant des CITOYENS CONSTITUANTS, les élec­teurs, enfants impo­tents, se trans­forment en « glo­bules blancs », sol­dats actifs et résis­tants, contre les enne­mis du pays, agents de l’é­tran­ger et autres dangers.

Si nous deve­nons des mil­lions à avoir appris à consti­tuer (et à enfin VOULOIR consti­tuer), en prio­ri­té, rien ne nous arrê­te­ra, ça adviendra.

Ce qui nous manque, et qui entre­tient éter­nel­le­ment notre fai­blesse, c’est notre dis­per­sion sur les innom­brables consé­quences de notre impuis­sance poli­tique. Les ate­liers consti­tuants nous FOCALISENT SUR L’ESSENTIEL, SUR UNE CAUSE COMMUNE : CELLE DE NOTRE IMPUISSANCE POLITIQUE, NOTRE DÉMISSION DU PROCESSUS CONSTITUANT.

Et les enne­mis du peuple savent bien qu’il est hau­te­ment stra­té­gique de divi­ser pour régner. Et tous les sujets légis­la­tifs sont par­faits pour nous conduire à nous entre-déchi­­rer. À nous de les repé­rer et de les éviter.

À vous de déci­der, libre­ment, de votre rôle per­son­nel dans la sur­vie de votre Cité.

Mer­ci pour tous vos gen­tils mes­sages, vous me don­nez ma force.
Mais n’ou­bliez pas d’ap­prendre à consti­tuer 🙂 Vous ne pou­vez pas mieux m’ai­der qu’en deve­nant, vous aus­si, constituant.

Bien ami­ca­le­ment.

Étienne.

PS : n’ou­bliez pas d’es­sayer l’ou­til for­mi­dable que Tris­tan Matrixien nous a pro­gram­mé pour orga­ni­ser nos ate­liers, c’est une mer­veille : http://​jecris​la​cons​ti​tu​tion​.fr/

PPS : [Ne ratez pas ça] J’a­vais publié en 2011 un cha­pitre for­mi­dable du livre impor­tant de Chris­to­pher Lasch dont parle Cora­lie : « L’ART PERDU DE LA CONTROVERSE » :

Chavez défend son peuple contre les banques ! ce qui me fait penser au populisme défendu par Christopher LASCH

http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​2​/​0​7​/​1​1​5​–​c​h​a​v​e​z​–​d​e​f​e​n​d​–​s​o​n​–​p​e​u​p​l​e​–​c​o​n​t​r​e​–​l​e​s​–​b​a​n​q​ues

PPPS : « Il convient de dis­so­cier les idées, avant et afin d’associer les cœurs. »
Jean Gre­nier, Essai sur l’es­prit d’or­tho­doxie (1938). [For­mi­dable réflexion contre l’es­prit de parti.]


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​2​0​8​3​1​4​5​2​7​317

Comme Tsipras en Grèce, Macron, traître à la patrie, vend tous les biens publics et ruine le pays

Privatisations : une rente perpétuelle et sans risque pour le privé

19 avril 2018 par Mar­tine Orange (Media­part)

C’est un pro­gramme de pri­va­ti­sa­tion cal­qué sur celui impo­sé par la Troï­ka à l’Europe du Sud que pré­pare l’exé­cu­tif. Aéro­ports régio­naux, ports, bar­rages… les actifs stra­té­giques, les mono­poles natu­rels, les biens com­muns sont appe­lés à être dila­pi­dés. Sous cou­vert de moder­ni­té, le gou­ver­ne­ment réta­blit la rente per­pé­tuelle pour le privé.

Le gou­ver­ne­ment fran­çais n’a même pas besoin des équipes de la Troï­ka. Il a déci­dé de mener ses fameuses réformes struc­tu­relles, en sui­vant à la lettre le pro­gramme de pri­va­ti­sa­tions impo­sé dans toute l’Europe du Sud au moment de la crise de l’euro. Il va beau­coup plus loin que la ces­sion de par­ti­ci­pa­tions dans des entre­prises indus­trielles ou de ser­vice (Engie, France Télé­com). Toutes les socié­tés qui sont consi­dé­rées dans le domaine réga­lien de l’État, toutes les infra­struc­tures essen­tielles, consti­tuant des mono­poles natu­rels, sont dési­gnées pour être ven­dues. Ce sont les actifs qui inté­ressent le plus le capi­tal pri­vé : ils forment des pas­sages obli­gés et sont sans risque. En un mot, le gou­ver­ne­ment pré­pare le grand bra­dage du patri­moine natio­nal, en confiant tout ce qui peut consti­tuer une rente au privé.

À aucun moment dans sa cam­pagne pré­si­den­tielle, Emma­nuel Macron n’avait souf­flé mot d’un tel pro­jet, pas plus qu’il n’avait évo­qué la réforme de la SNCF ou la pri­va­ti­sa­tion de la RATP. Pour jus­ti­fier une telle dila­pi­da­tion des biens natio­naux, le gou­ver­ne­ment, comme à son habi­tude, avance la néces­si­té de chan­ger, de bou­ger avec son temps. L’argent tiré de ces pri­va­ti­sa­tions devant ser­vir à ali­men­ter un fonds d’investissement public pour aider les socié­tés de la « start-up nation ». Mais der­rière cet affi­chage high-tech, il s’agit bien d’un vrai pro­gramme d’austérité volon­taire, d’un assè­che­ment des recettes publiques, d’une pri­va­tion d’actifs essentiels.

À chaque début de plan d’aide, les équipes de la Troï­ka n’ont pas man­qué d’exiger la vente des lote­ries natio­nales. Pour ces tenants achar­nés du néo­li­bé­ra­lisme, l’État n’a pas à conser­ver des entre­prises juteuses, qui dis­posent sou­vent d’un mono­pole sur les jeux et apportent des recettes aux finances publiques. En Espagne, comme en Grèce, ils ont donc recom­man­dé de vendre au plus vite ces socié­tés de jeux.

Le gou­ver­ne­ment de Zapa­te­ro a renon­cé en 2011, au der­nier moment, à pri­va­ti­ser sa lote­rie natio­nale, jugeant l’opération trop pré­ju­di­ciable aux inté­rêts publics : elle l’aurait pri­vé de recettes, mais aurait aus­si accen­tué les risques de cor­rup­tion et de blan­chi­ment sur un sec­teur tou­jours à la mer­ci des mafias. Le gou­ver­ne­ment de Rajoy n’est pas reve­nu sur cette déci­sion. Le gou­ver­ne­ment grec, lui, a dû s’incliner. Dès 2013, il a bra­dé la socié­té qui avait le mono­pole des jeux de hasard en Grèce pour la lais­ser aux mains d’un milliardaire.

Pour sa pre­mière grande pri­va­ti­sa­tion, le gou­ver­ne­ment fran­çais a natu­rel­le­ment choi­si la Fran­çaise des jeux. Une idée qui tient à cœur à Emma­nuel Macron qui, lorsqu’il était ministre de l’économie, mili­tait pour sa pri­va­ti­sa­tion rapide. Mais son pro­jet s’était heur­té au refus du ministre du bud­get, Chris­tian Eckert. Celui-ci ne voyait aucun inté­rêt pour l’État à se pri­ver de ren­trées d’argent assu­rées, ain­si que d’un contrôle et d’une capa­ci­té d’intervention sur ce sec­teur très vulnérable.

Les grin­cheux étant par­tis, les bonnes idées peuvent être reprises. Il y a quinze jours, le ministre des finances, par l’entremise du JDD, a donc annon­cé la pri­va­ti­sa­tion à venir de la socié­té qui a le mono­pole des jeux de loto en France. Prin­ci­pal action­naire de la socié­té de jeux, avec 72 % du capi­tal (le reste appar­tient pour l’instant aux sala­riés et aux dis­tri­bu­teurs de lote­rie), il se pro­pose d’en vendre une grande par­tie, pour ne gar­der que 25 à 30 %, choi­sis­sant ain­si de se pri­ver d’une bonne cen­taine de mil­lions d’euros de divi­dendes par an. Il est pré­vu que les taxes per­çues sur les jeux – trois mil­liards par an envi­ron à ce jour – doivent com­pen­ser ce manque à gagner. Quant à la sur­veillance du sec­teur, la régle­men­ta­tion exis­tante est cen­sée suffire.En pré­vi­sion de cette opé­ra­tion, la pré­si­dente de la Fran­çaise des jeux, l’ex-socia­liste Sté­phane Pal­lez, a publié ses der­niers résul­tats, en se féli­ci­tant de leur pro­gres­sion : une pro­gres­sion du mon­tant des mises de 17% en 3 ans, un résul­tat net de 181 mil­lions d’eu­ros, en hausse de 2,8 % sur un an. Dans son grand plan de « trans­for­ma­tion et de crois­sance », la Fran­çaise des jeux se donne pour objec­tif de conqué­rir un mil­lion de clients sup­plé­men­taires d’i­ci à 2020. Il paraît que l’E­tat met tout en œuvre pour lut­ter contre  l’ad­dic­tion aux jeux

La deuxième pri­va­ti­sa­tion annon­cée, celle d’Aéro­ports de Paris (ADP), n’est pas plus sur­pre­nante. Là aus­si, le gou­ver­ne­ment fran­çais marche dans les pas de la Troï­ka. À chaque fois, celle-ci a exi­gé que les gou­ver­ne­ments de l’Europe du Sud en dif­fi­cul­té cèdent ces infra­struc­tures essentielles.

 © ADP© ADP

 

 
En 2012, Vin­ci a ain­si obte­nu la conces­sion des dix aéro­ports por­tu­gais sur cin­quante ans, pour un peu plus de 3 mil­liards d’euros. La Grèce s’est vu impo­ser à son tour la pri­va­ti­sa­tion de ses qua­torze aéro­ports régio­naux. Après avoir ten­té de résis­ter, le gou­ver­ne­ment d’Alexis Tsi­pras a fini par s’incliner face aux injonc­tions de la Troï­ka. Un consor­tium alle­mand, emme­né par le groupe Fra­port, a obte­nu la conces­sion des qua­torze aéro­ports sur qua­rante ans pour 1,2 mil­liard d’euros. Une par­tie de cette somme a été avan­cée par la Banque euro­péenne d’investissement, le reste est finan­cé à cré­dit. Et le grou­pe­ment est exemp­té de toute taxe locale et fon­cière. Il lui a fal­lu aus­si céder ses ports, désor­mais aux mains des Chi­nois, ses auto­routes, ses réseaux de trans­port d’énergie. L’Espagne, une fois de plus, fait un peu de résis­tance. Sous la pres­sion des créan­ciers, le gou­ver­ne­ment de Zapa­te­ro avait envi­sa­gé de pri­va­ti­ser la socié­té publique qui gère les 46 aéro­ports du pays, l’AENA. Mais il avait dû renon­cer à ce pro­jet face à l’hostilité de l’opinion publique. Fin 2017, le gou­ver­ne­ment de droite a repris le pro­jet, mais en pré­ci­sant qu’il ne s’agissait que d’une pri­va­ti­sa­tion par­tielle. Il entend conser­ver 51 % du capi­tal de la socié­té qui doit être intro­duite en Bourse.

La France en est déjà à l’étape sui­vante. Trans­for­mée en socié­té ano­nyme en 2005, ADP a été intro­duite en Bourse l’année sui­vante et l’État n’en détient déjà plus que 50,6 %. Contre quelque 8 mil­liards d’euros, le gou­ver­ne­ment est prêt à céder l’ensemble de sa par­ti­ci­pa­tion dans le cadre d’une conces­sion exor­bi­tante de tout droit com­mun, allant de 70 à 90 ans !

Le cadeau ne s’arrête pas là. Contrai­re­ment à ce qui a été fait en Grande-Bre­­tagne, où le régu­la­teur avait impo­sé lors de la pri­va­ti­sa­tion des aéro­ports lon­do­niens une scis­sion entre Hea­throw et les deux autres aéro­ports de la capi­tale afin de main­te­nir une concur­rence, l’heureux gagnant aura la main à la fois sur l’ensemble du troi­sième aéro­port du monde, Rois­­sy-Charles-de-Gaulle, et sur Orly.

De plus, le béné­fi­ciaire va héri­ter d’un contrat de conces­sion rédi­gé par l’administration du minis­tère des trans­ports, bâti sur le même modèle que les conces­sions auto­rou­tières : l’augmentation du tra­fic et des tarifs, les inves­tis­se­ments à réa­li­ser, l’évolution des effec­tifs, la rému­né­ra­tion annuelle du capi­tal. Les méca­nismes d’indexation sont conçus de telle sorte que les tarifs, comme l’a dénon­cé à plu­sieurs reprises la Cour des comptes pour les auto­routes, ne peuvent jamais bais­ser. En dix ans, les tarifs de rede­vances de Rois­sy et d’Orly ont aug­men­té de 49,5 %, alors que l’inflation n’a pro­gres­sé que de 13,9 % et que le tra­fic pas­sa­ger a aug­men­té de 29 %.

Pas besoin d’être grand devin pour com­prendre quelle sera la pente sui­vie par les tarifs dans les années qui viennent. On repar­le­ra alors des dif­fi­cul­tés éco­no­miques d’Air France, pre­mier client d’ADP, et des néces­saires plans de réduc­tion d’emplois pour l’aider à faire face.

Tout est à vendre

En outre, ADP béné­fi­cie­ra des rede­vances des acti­vi­tés com­mer­ciales liées aux aéro­ports (bou­tiques, centres com­mer­ciaux). Celles-ci repré­sentent désor­mais 83 % de son résul­tat opé­ra­tion­nel cou­rant, mais ne sont jamais prises en compte dans le cal­cul des charges d’exploitation et des péages deman­dés aux com­pa­gnies aériennes qui, contrai­re­ment aux autres aéro­ports dans le monde, ont aus­si assu­mé les charges de sécu­ri­té. Pour faire bonne mesure, le gou­ver­ne­ment s’apprête éga­le­ment à rétro­cé­der une par­tie des immenses emprises fon­cières (des mil­liers d’hectares) acquises au fil des années, à la suite d’expropriations impo­sées par l’État au nom de l’intérêt géné­ral et qui sont désor­mais la pro­prié­té d’Aéroports de Paris.

Le nom de l’heureux gagnant est déjà sur toutes les lèvres. Sans sur­prise, Vin­ci, qui a enga­gé la même tac­tique de gri­gno­tage du capi­tal qu’il avait adop­tée en 2005 pour la pri­va­ti­sa­tion de auto­routes du Sud – il détient déjà 8 % d’ADP – devrait l’emporter. Il faut bien savoir récom­pen­ser les sou­tiens des pre­mières heures : Xavier Huillard, PDG de Vin­ci, était au pre­mier rang lors de la réunion Confluences à Lyon, à l’au­tomne 2016, quand Emma­nuel Macron se pré­pa­rait à lan­cer sa cam­pagne. Il faut aus­si dédom­ma­ger l’aventure avor­tée de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Offi­ciel­le­ment, l’État doit au moins 200 mil­lions d’euros à Vin­ci pour la rup­ture de la conces­sion, bien que le groupe n’ait rien per­du dans cette affaire. Car en même temps que la conces­sion de NDDL, où il a enga­gé très peu de frais, il avait obte­nu, jus­te­ment pour faire face aux tra­vaux du nou­vel aéro­port, la conces­sion de l’aéroport de Nantes, qui lui rap­porte plu­sieurs dizaines de mil­lions d’euros par an.

Le port du Havre. © DrLe port du Havre. © Dr

 
Mais la grande bra­de­rie ne va pas s’arrêter là. Inter­ro­gé dans le cadre de la com­mis­sion d’enquête par­le­men­taire sur Alstom, Mar­tin Vial, pré­sident de l’Agence des par­ti­ci­pa­tions de l’État (APE), a indi­qué qu’une grande révi­sion du por­te­feuille des par­ti­ci­pa­tions de l’État avait été menée et qu’à l’avenir l’État se devait d’être plus sélectif.Dans cette grande révi­sion, ce n’est pas seule­ment le groupe ADP qui doit être cédé, mais toutes les grandes infra­struc­tures stra­té­giques de la France. Pour­sui­vant dans la fou­lée de la pri­va­ti­sa­tion des aéro­ports de Nice et Lyon, ain­si que de la désas­treuse vente de l’aéroport de Tou­louse menée par Emma­nuel Macron, alors ministre de l’économie, le gou­ver­ne­ment entend liqui­der les ports de Mar­seille, Fos, Le Havre, Dun­kerque, Rouen, Saint-Nazaire et La Rochelle, comme les aéro­ports de Bor­deaux, Mul­house, Stras­bourg et Mont­pel­lier.  La liste n’est pas exhaus­tive. Car tout est à vendre.

« L’E­tat se pré­pare à vendre 25 des 81 par­ti­ci­pa­tions qu’il détient », s’a­larme le dépu­té LR Oli­vier Mar­leix, pré­sident de la com­mis­sion d’en­quête par­le­men­taire sur Alstom, inquiet de ce désar­me­ment éco­no­mique en pré­pa­ra­tion.. Il faut aus­si ajou­ter les bar­rages et sans doute, à terme, une par­tie du réseau fer­ro­viaire pour les lignes des­ti­nées uni­que­ment au fret, comme le gou­ver­ne­ment en caresse le projet.

Qu’est-ce qui peut jus­ti­fier un tel bra­dage du patri­moine, des biens com­muns de la nation ? Cette poli­tique ne peut qu’aboutir non seule­ment à assé­cher les finances publiques de toute ren­trée finan­cière sup­plé­men­taire en dehors de l’impôt, mais à pri­ver l’État de tout levier de contrôle, de tout moyen sur des pans entiers du ter­ri­toire, sur les actifs les plus éco­no­mi­que­ment indis­pen­sables, qui béné­fi­cient d’un mono­pole naturel.

Dans ses expli­ca­tions devant les par­le­men­taires, le direc­teur géné­ral de l’APE jus­ti­fie l’évolution du por­te­feuille des actifs de l’État au nom des chan­ge­ments indus­triels, des rup­tures tech­no­lo­giques, de la fameuse dis­rup­tion pro­vo­quée par le numé­rique. Mais il existe des choses qui ne changent pas, jus­te­ment dans ces périodes de bou­le­ver­se­ment. Et ce sont jus­te­ment les infra­struc­tures jugées essen­tielles au nom de la sécu­ri­té de l’État et de la pré­ser­va­tion du contrôle éco­no­mique du ter­ri­toire. Les États-Unis, cen­sés être le modèle néo­li­bé­ral par excel­lence, en sont si conscients qu’en 2007, le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain a déci­dé d’élargir ses dis­po­si­tifs de sécu­ri­té et de contrôle, qui lui donnent un droit de veto sur toutes les opé­ra­tions, aux infra­struc­tures jugées stra­té­giques ou d’importance vitale. D’ailleurs, les grands aéro­ports et les grands ports amé­ri­cains sont tous sous contrôle public.

Les notions mêmes d’actifs stra­té­giques et de sou­ve­rai­ne­té semblent être étran­gères aux dif­fé­rents direc­teurs de l’APE, audi­tion­nés par la com­mis­sion d’enquête par­le­men­taire(lire ici, ici ou ). La sou­ve­rai­ne­té ? Cela leur paraît un concept désuet, dans ces temps de mon­dia­li­sa­tion et de finan­cia­ri­sa­tion. De toute façon, à les entendre, l’État a tous les « leviers en main » : il y a des régulateurs.

Compte tenu des expé­riences pas­sées, il y a tout à craindre. L’exemple des auto­routes est là pour le rap­pe­ler. Contre l’avis des par­le­men­taires qui sou­hai­taient la reprise en main éta­tique des auto­routes, Emma­nuel Macron, alors ministre de l’économie, a impo­sé au contraire leur pro­lon­ga­tion en leur concoc­tant de tels contrats qu’il n’a jamais vou­lu les rendre publics mal­gré le juge­ment du tri­bu­nal administratif.

La poli­tique du gou­ver­ne­ment, cen­sée être éclai­rée et de bon sens, va même à l’encontre de ses réfé­rences éco­no­miques, à com­men­cer par leur maître à tous, Adam Smith. Dans La Richesse des nations, celui-ci pré­co­ni­sait que les routes et les canaux appar­tiennent à l’État car ces voies de trans­port, infra­struc­tures indis­pen­sables, ne pou­vaient pas être sou­mises à la concur­rence. Depuis, des cen­taines de tra­vaux d’économistes ont cher­ché à cer­ner ce qu’étaient des mono­poles natu­rels, des infra­struc­tures indis­pen­sables. Une écra­sante majo­ri­té d’entre eux abou­tit à la même conclu­sion : il ne peut y avoir de concur­rence dans de telles situa­tions. Lais­ser de tels actifs aux mains du pri­vé revient à lui accor­der une rente indue, qui appau­vrit l’ensemble des agents économiques.

Or c’est pré­ci­sé­ment ce que pro­jette le gou­ver­ne­ment. Il décide de mettre aux mains du pri­vé des moyens essen­tiels au pays, à com­men­cer par Aéro­ports de Paris, des mono­poles natu­rels comme les ports. Et compte tenu des condi­tions de conces­sion qu’il pré­voit – 40, 50, 90 ans –, c’est une rente per­pé­tuelle et sans risque, puisqu’elle n’est consti­tuée que par des pas­sages obli­gés, qui est offerte au capi­tal pri­vé. Le gou­ver­ne­ment pre­nant tous les risques, en déci­dant de sou­te­nir des acti­vi­tés à risque, les « start-uppers ». Le monde à l’envers.

Sous cou­vert de moder­ni­té, la pré­si­dence d’Emmanuel Macron « s’inscrit dans un temps de res­tau­ra­tion », relève l’économiste Jean-Michel Ser­vet, pro­fes­seur à l’Institut des hautes études inter­na­tio­nales et du déve­lop­pe­ment à Genève. « En 1825 fut adop­tée la loi dite du “mil­liard des émi­grés”, une rente de 3 % payée par l’État, pour indem­ni­ser les émi­grés “spo­liés” par la confis­ca­tion et la vente de leurs biens fon­ciers trente ans plus tôt sous la Révo­lu­tion », pour­­suit-il. Et c’est bien de cela qu’il s’agit der­rière tous ces pro­grammes de pri­va­ti­sa­tion : indem­ni­ser le capi­tal pri­vé, qui s’estime « spo­lié » depuis des années des biens com­muns qui lui avaient échap­pé, et qui désor­mais réclame la recons­ti­tu­tion de sa rente.

Mar­tine Orange, Media­part (abon­­nez-vous)

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Pour info :

Le mot COMPRADOR (du por­tu­gais, signi­fiant « ache­teur » 1) dési­gnait à l’é­poque colo­niale un autoch­tone, fon­dé de pou­voir d’une firme étran­gère, qui ser­vait d’in­ter­mé­diaire dans des opé­ra­tions finan­cières et mar­chandes entre les Euro­péens et les autoch­tones en Asie du Sud-Est, notam­ment à par­tir des comp­toirs por­tu­gais comme Macao et Guangz­hou (Can­ton) en Chine.

Ces com­pra­dores étaient sou­vent riches. Robert Hotung, un célèbre com­pra­dor de la fin du xixe siècle au ser­vice du conglo­mé­rat com­mer­cial bri­tan­nique Jar­dine, Mathe­son & Co. était l’homme le plus riche de Hong Kong à l’âge de 35 ans. Sous la pre­mière répu­blique de Chine (1912−1949) il y eut plu­sieurs com­pra­dores notables, comme Zhang Jia­hao de Shan­ghai et Tong King-sing du Guangdong.

Le terme a été uti­li­sé par les mar­xistes pour décrire en pre­mier lieu la bour­geoi­sie por­tuaire d’A­mé­rique Latine, direc­te­ment liée aux capi­taux étran­gers. Il a éga­le­ment été très uti­li­sé pour la Chine et on le trouve dans un article de Mao Zedong de mars 19262. Selon Trots­ky, la bour­geoi­sie russe d’a­vant 1917 avait « des carac­tères de plus en plus mar­qués de com­pra­do­risme », à l’i­mage de celle de la Chine.

La théo­rie mar­xiste de l’im­pé­ria­lisme recon­naît clas­si­que­ment deux types de bour­geoi­sie : la bour­geoi­sie natio­nale – indé­pen­dante, avec des inté­rêts et une culture propres, et dont l’exis­tence est liée à un État-nation – et la bour­geoi­sie « com­pra­dor » – inféo­dée au capi­tal étran­ger, sou­vent comme simple inter­mé­diaire vers un ter­ri­toire don­né, tirant sa posi­tion domi­nante du com­merce avec l’é­tran­ger. Il s’a­git d’un phé­no­mène typique des pays colo­ni­sés. À par­tir de ces deux notions, le théo­ri­cien mar­xiste Nicos Pou­lant­zas (1936 – 1979) a avan­cé son concept de bour­geoi­sie inté­rieure comme étant celle qui a inté­rio­ri­sé dans son propre cal­cul éco­­no­­mi­­co-poli­­tique les inté­rêts d’un capi­tal étran­ger.

Source : wiki­pé­dia, https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​o​m​p​r​a​dor

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