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S/O Chouard (petit rap à partir d’un extrait de Thinkerview)

🙂 Il paraît que S/O est un code entre rap­peurs… aucune idée du sens que ça peut avoir 🙂 https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​W​X​-​c​Q​d​H​a​3RA Pen­sez à venir nous aider sur chouard​.org/​a​gir 🙏 Étienne.

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️POURQUOI nous ne sommes PAS en DÉMOCRATIE ! Création monétaire, processus constituant, élire ou voter, tirage au sort, RIC, et puis… AGIR ! Étienne Chouard 3h40 chez Greg Tabibian (J’suis pas content)

Je connais Greg depuis long­temps et, cette fois, à par­tir d’un nou­vel entre­tien que nous avons eu au prin­temps à Paris, il nous a pré­pa­ré un mon­tage remar­quable Quel bou­lot ! Mer­ci Greg Les com­men­taires sur You­tube sont vrai­ment gen­tils mer­ci à tous Mais si vous vou­lez me faire plai­sir, me don­ner du cou­rage, m’ai­der quoi, il faut arrê­ter de glan­der et vous mettre à consti­tuer Et, en plus, il faut répandre la bonne parole autour de vous (comme…

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« Emmanuel Macron est un traître absolu, OK mais, plutôt que s’en prendre aux tyrans, on devrait s’en prendre à la tyrannie (et penser à nos institutions) » – Les incorrectibles, 23 juin 2024

J’ai rejoint Éric Morillot à Paris pour un nou­vel entre­tien « Les incor­rec­tibles », publié le 23 juin 2024 : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​f​s​P​w​I​1​T​k​ssw Si vous pre­nez des notes en regar­dant l’en­tre­tien et que vous créez votre propre petit som­maire minu­té que vous nous enver­rez en com­men­taire, vous me ren­drez un vrai ser­vice 🙏 Voi­ci celui pro­po­sé par Éric en des­crip­tion de la vidéo You­Tube : Eric Morillot reçoit Etienne Chouard pour une ana­lyse cri­tique du sys­tème poli­tique actuel.…

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For­mat grille – For­mat articles complets

Jeremy Corbyn, le futur Premier Ministre du Royaume-Uni ? par Gideon Levy (Haaretz)

Gideon Levy (Haa­retz) : « Jere­my Cor­byn est l’exemple même de l’homme de gauche qui a lut­té toute sa vie pour les valeurs aux­quelles il croit. Les Israé­liens le consi­dèrent comme une sorte d’alien – la gauche ici n’a jamais été diri­gée par un Cor­byn israé­lien, ni d’ailleurs, par qui que ce soit qui lui arrive à la cheville


Jere­my Corbyn

Cor­byn est un homme cou­ra­geux. Il a voté 553 fois au Par­le­ment contre des posi­tions de son par­ti, et pour­tant il a conquis sa direc­tion. Il a voté contre la guerre en Irak, contre les armes nucléaires et contre la domi­na­tion bri­tan­nique en Irlande du Nord. Il a par­ti­ci­pé acti­ve­ment à Amnes­ty Inter­na­tio­nal contre Augus­to Pino­chet et a été arrê­té lors de mani­fes­ta­tions anti-apar­­theid en Afrique du Sud.

Avec une telle conscience morale et un tel cou­rage, il n’aurait pu aller nulle part en Israël, à l’exception de Brea­king the Silence. En Grande-Bre­­tagne, il a de bonnes chances d’être élu au poste de pre­mier ministre. Rien n’est plus agréable à ima­gi­ner et n’inspire plus d’espoir que cette pers­pec­tive. Qui­conque veut voir le monde prendre des mesures contre l’occupation israé­lienne devrait rêver de Corbyn.

Cor­byn est deve­nu le nou­vel enne­mi des Juifs. Vik­tor Orban est un juste par­mi les nations ; le droit amé­ri­cain est le rocher d’Israël et son sau­veur ; Rodri­go Duterte, le diri­geant phi­lip­pin qui a appe­lé à tuer des mil­lions de per­sonnes « comme Hit­ler », est le bien­ve­nu en Israël – mais Cor­byn est l’ennemi du peuple.

L’establishment juif en Grande-Bre­­tagne et la pro­pa­gande israé­lienne ont lan­cé un contrat sur sa tête, pour l’empêcher d’être élu : C’est un anti­sé­mite, le par­ti tra­vailliste est anti­sé­mite, les Juifs en Grande-Bre­­tagne sont en « dan­ger exis­ten­tiel », comme l’ont cla­mé trois jour­naux juifs bri­tan­niques dans un édi­to­rial commun.

Alors que la situa­tion de n’importe quel juif en Grande-Bre­­tagne est meilleure, plus sûre, plus éga­li­taire et plus libre que celle de n’importe quel citoyen arabe en Israël, sans par­ler des Pales­ti­niens dans les ter­ri­toires occu­pés, l’appel à l’aide déses­pé­ré de l’establishment juif a sou­le­vé un tol­lé contre Corbyn.

La presse israé­lienne s’est empres­sée de se joindre à la cam­pagne d’incitation – en qua­li­fiant toutes les décla­ra­tions des tra­vaillistes d’antisémites. Peter Wills­man, membre du par­ti, a qua­li­fié les rab­bins qui accu­saient son par­ti d’antisémitisme de « juifs fana­tiques de Trump » – gevalt (*) de l’antisémitisme ! Cer­tains com­men­ta­teurs ont accu­sé Cor­byn de trop s’excuser, d’autres de ne pas assez s’excuser. Même une excel­lente jeune jour­na­liste comme Anto­nia Yamin de Kan s’est empres­sée de se joindre à la croisade.

Disons-le clai­re­ment : Cor­byn est un oppo­sant achar­né et constant de la poli­tique d’occupation israé­lienne. C’est son droit ; en tant qu’homme de gauche sin­cère, c’est même son devoir. A la marge du par­ti tra­vailliste, il y a sans doute des cercles anti­sé­mites ; Cor­byn a décla­ré il y a quelques jours dans un édi­to­rial du Guar­dian qu’ils n’avaient pas leur place dans son par­ti. La ten­ta­tive, du par­ti tra­vailliste de don­ner au terme anti­sé­mite une défi­ni­tion moins large que la défi­ni­tion cou­rante de l’International Holo­caust Remem­brance Alliance, n’en fait pas néces­sai­re­ment un par­ti antisémite.

Mais la pro­pa­gande judéo-israé­­lienne est rodée : quand on reproche à Israël sa loi sur l’apartheid et le meurtre de 160 mani­fes­tants non armés à la fron­tière de Gaza, sa seule réponse est d’accuser ceux qui le cri­tiquent d’antisémitisme. Ça marche, ça per­met à Israël de pas­ser d’accusé à procureur.

Israël a pro­mul­gué une loi disant qu’il est l’État-nation du peuple juif. En d’autres termes, tout ce que fait Israël est fait au nom de l’ensemble du peuple juif. Cela n’est pas sans conséquences.

Quand un tireur d’élite israé­lien tue un homme sans jambes en fau­teuil rou­lant et une infir­mière, il le fait au nom de tous les juifs. Du coup, la poli­tique d’Israël attise l’antisémitisme dans le monde entier. Cette poli­tique peut et devrait être cri­ti­quée, comme le fait le par­ti tra­vailliste, et Cor­byn, et le bâillon­ner, en qua­li­fiant toute cri­tique d’antisémite, est scan­da­leux. Cela aug­mente encore l’antisémitisme et le sen­ti­ment que les Juifs se com­portent en tyrans qui usent et abusent du chan­tage émotionnel.

Hajo Meyer, un sur­vi­vant hol­lan­dais de l’Holocauste et mili­tant des droits de l’homme, a dit :  » Autre­fois, un anti­sé­mite était un homme qui détes­tait les Juifs. Aujourd’hui, un anti­sé­mite est un homme que les Juifs détestent. »

Ces­sez la cam­pagne d’incitation contre Cor­byn et sou­­hai­­tez-lui bonne chance : il a une conscience, et j’espère qu’il sera le pro­chain pre­mier ministre bri­tan­nique. Cela pour­rait être aus­si une bonne chose pour Israël. »

Gideon Levy

Tra­duc­tion : Domi­nique Muselet

Note :
(*) Sei­gneur ! en yiddish

Source : Le Grand Soir, https://​www​.legrand​soir​.info/​j​e​r​e​m​y​–​c​o​r​b​y​n​–​l​e​–​f​u​t​u​r​–​p​r​e​m​i​e​r​–​m​i​n​i​s​t​r​e​–​d​u​–​r​o​y​a​u​m​e​–​u​n​i​–​h​a​a​r​e​t​z​.​h​tml

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​5​2​3​3​7​3​6​0​2​317

À lire :
Gideon Levy, Gaza – Articles pour Haa­retz, 2006–2009 (La Fabrique) :


http://​lafa​brique​.fr/​g​a​za/

[STARVE THE BEAST] « Pour aller toujours plus vite, on les rend grabataires » : lettre des infirmières du CHU de Grenoble

« Alerte. Les infir­mières et infir­miers du CHU de Gre­noble font part de leur déses­poir dans une lettre ouverte à des­ti­na­tion de leur direc­tion mais éga­le­ment de la France entière et des auto­ri­tés. La situa­tion cri­tique qu’ils et elles décrivent en EHPAD et USLD fait froid dans le dos. La dyna­mique mana­gé­riale appli­quée aux soins de san­té – où le chiffre passe avant tout – s’attaque au sens même du tra­vail d’infirmier, ren­dant les soins de moins en moins effi­caces, éven­tuel­le­ment, au pro­fit du sec­teur pri­vé. Selon eux, le dan­ger pour les patients est mani­feste et les acci­dents risquent de se mul­ti­plier. Les hôpi­taux, une entre­prise comme les autres ? »

[Mr mon­dia­li­sa­tion]


Com­mu­ni­qué CGT du CHU de Gre­noble – 04.76.76.51.03 – [email protected] :

« Lettre à la direction du CHU de Grenoble Alpes concernant la situation catastrophique en gériatrie (Soins de Longue Durée et EHPAD) »

Ceci est un cri d’alarme, un cri de désespoir, car nous n’avons plus le temps. Nous n’avons plus le temps de soi­gner ni de prendre soin, nous n’avons plus le temps d’exercer notre métier. En tant que soi­gnants, nous sommes en première ligne. Nous subis­sons nous-mêmes et voyons les patients subir les conséquences délétères de la poli­tique du chiffre qui est menée par­tout au CHU. L’EHPAD et le SLD sont des lieux de vie, les gens qui y vivent y subissent au quo­ti­dien, et ce jusqu’à leur mort, les conséquences de cette poli­tique gestionnaire.

Régulièrement, mes collègues se retrouvent seul·e infirmier·ère pour 40 résidents. Avez-vous une idée de ce que cela signi­fie de tra­vailler dans ces condi­tions ? À l’aide d’un cal­cul simple on se rend compte que, sur un ser­vice de 7h30, une fois retirées les 30 minutes de trans­mis­sions orales, il ne reste à l’ infirmier·ère que 10,5 minutes par patient.

Mais ces 10,5 minutes ne sont même pas du temps de présence consacré à chaque patient, car il faut déduire le temps que l’infirmier·ère passe à : vérifier les pres­crip­tions, piler les médicaments si nécessaire (envi­ron 14 des patients), vali­der les actes dans le logi­ciel, faire les trans­mis­sions avec le médecin, préparer les per­fu­sions, faire les trans­mis­sions écrites, gérer les imprévus, répondre au téléphone et aux familles, ran­ger la phar­ma­cie, etc.

La situa­tion des aides​-soi​gnants​.es n’est pas plus enviable, d’autant plus que si l’infirmier·ère n’a que peu de temps pour réaliser les soins qui lui sont propres alors il/elle n’en n’aura pas pour réaliser les soins d’hygiène et de confort avec les aides-soignants·es.

Les conséquences de ce manque de temps sur les patients ? De la dou­leur et de la souf­france provoquées par des gestes trop rapides des soi­gnants, une douche par semaine au mieux, des pan­se­ments non renouvelés à temps, des escarres qui se développent par manque de temps avec les patients pour les mobi­li­ser, des résidents réveillés très tôt pour pou­voir finir nos tours de soin, au détriment de leur santé et de leur confort, des pertes d’autonomie accélérées par manque de temps pour les accom­pa­gner dans les gestes de la vie quo­ti­dienne, gestes qu’on fait à leur place pour gagner du temps. Pour aller tou­jours plus vite, on les rend gra­ba­taires. Même d’un point de vue pure­ment comp­table cela n’a pas de sens : une fois gra­ba­taires, ces patients nécessitent encore plus de temps et de moyens.

Si on ne se fie qu’aux plan­nings, si on ne se fie qu’aux actes de soin dont la case « validé » a bien été cochée, alors on pour­rait pen­ser (le pen­­sez-vous d’ailleurs&bnsp;?) que tout va pour le mieux puisque « le tra­vail est fait ». Alors oui, les cases, sont bien cochées, les médicaments sont donnés, les corps sont lavés mais à quel prix ? Au prix d’une mal­trai­tance institutionnalisée qui est dirigée bien évidement contre les patients mais également contre les soi­gnants qui se voient, malgré eux, col­la­bos de cette poli­tique du chiffre.

Ce sont nous, les ouvriers du soin, qui en arri­vons, malgré nous, à mal­trai­ter ces corps, à mal­me­ner ces gens pour qui le quo­ti­dien de leurs dernières années consiste à ne croi­ser que des per­sonnes pressées, des per­sonnes stressées qui n’ont pas le temps de prendre soin d’eux correctement.

Le jour où il y aura des morts, des morts prématurées, chez les patients comme chez le per­son­nel,ce jour-là il fau­dra assu­mer, c’est à dire répondre de vos actes et en accep­ter les conséquences. Je dis cela non comme une menace mais comme une triste prémonition d’une conséquence de la poli­tique actuelle.

Aujourd’hui, quelques voix se lèvent mais glo­ba­le­ment pour­quoi ça conti­nue de tour­ner ? Tout sim­ple­ment parce que les prin­ci­paux intéressés n’osent rien dire :

– Les patients sont bien sou­vent trop faibles pour dire quoi que ce soit et quand bien même : seraient-ils entendus ?

– Les familles, quant à elles, se plaignent régulièrement auprès des soi­gnants mais ne vont pas plus haut dans la hiérarchie, et de toute façon, ont-elles d’autres choix ? qui est capable d’assumer à domi­cile un parent gra­ba­taire ? L’institution est pour eux la seule solution.

– Enfin, les soi­gnants, com­plices malgré eux, ont bien sou­vent honte ou alors sont résignés. Épui­sés par les efforts per­ma­nents qui leurs sont demandés (finir en retard, faire des heures supplémentaires, reve­nir sur les jours de repos, tra­vailler en 12h, faire des « soirs-matins »…) et lorsque la colère éclate, mal­heu­reu­se­ment elle ne dépasse que rare­ment les murs des offices de soin.

Aujourd’hui, si je vous écris cette lettre, c’est parce que je ne me recon­nais plus dans la soi­gnante que l’institution me force à être et je ne sup­porte plus l’impact que cela a sur ma vie. Je sou­haite qu’un jour, je n’aille plus tra­vailler en gériatrie avec « la boule au ventre » mais avec plai­sir. Plai­sir généré par la satis­fac­tion de prendre soin, la satis­fac­tion de faire le tra­vail que j’aime et de le faire bien, la satis­fac­tion d’apporter un peu de sou­rire, un peu de bon­heur à ces per­sonnes qui vivent leurs dernières années.

On ne compte plus les arrêts de tra­vail et les départ pour burn-out, vous pous­sez le per­son­nel à bout en ne leur don­nant pas les moyens d’exercer leur métier cor­rec­te­ment. Métier exi­geant qui demande de l’attention et des responsabilités, la spécificité de chaque ser­vice requiert une exper­tise qui n’est plus recon­nue. Le recours mas­sif à l’intérim le montre bien et crée un désengagement de la part du personnel.

Je ne cherche pas votre com­pas­sion, je ne me bats pas pour mon confort mais pour défendre un trai­te­ment digne des patients, une qua­lité de soin, cette même qua­lité qui fait tant votre fierté lorsqu’on voit appa­raître le CHUGA dans le clas­se­ment des meilleurs hôpi­taux. Cette qua­lité dont vous vous van­tez mais qui est illu­soire, à force de réduction de per­son­nel, elle n’existe plus à l’hôpital, et en gériatrie encore moins qu’ailleurs.

DU PERSONNEL ET DES MOYENS VITE !!!!!

Com­mu­ni­qué CGT du CHU de Gre­noble – 04.76.76.51.03 – [email protected]

Source : Mr Mon­dia­li­sa­tion, https://​mrmon​dia​li​sa​tion​.org/​p​o​u​r​–​a​l​l​e​r​–​t​o​u​j​o​u​r​s​–​p​l​u​s​–​v​i​t​e​–​o​n​–​l​e​s​–​r​e​n​d​–​g​r​a​b​a​t​a​i​r​es/. « Notre parole est libre, indé­pen­dante et gra­tuite grâce à vous. Afin de per­pé­tuer ce tra­vail,sou­­te­­nez-nous aujourd’hui par un thé 🙂  »


Mon com­men­taire :

L’ap­pau­vris­se­ment de l’É­tat, l’aus­té­ri­té impo­sée aux per­son­nels et l’as­sas­si­nat pro­gram­mé des ser­vices publics, sont VOULUS comme tels par des voleurs, des cri­mi­nels, qui trans­forment pro­gres­si­ve­ment les ser­vices publics en centres de pro­fit. La doc­trine de ces gre­dins a un slo­gan offi­ciel (pas du tout secret), depuis presque 50 ans (Rea­gan, That­cher, Pino­chet et leurs Chi­ca­go boys dans les années 70) : ce slo­gan cri­mi­nel est STARVE THE BEAST, affa­mer la bête, rui­ner l’É­tat, qui est le seul acteur capable de s’op­po­ser aux riches, de limi­ter la pré­da­tion de la socié­té par les riches, et que les riches veulent mettre hors d’é­tat de leur nuire.

Cha­cun de ces crimes contre l’in­té­rêt géné­ral est JUSTIFIÉ auprès de l’o­pi­nion publique, légi­ti­mé par les >jour­na­listes< (presque tous ven­dus aux riches), ren­du « tech­ni­que­ment néces­saire et utile » (!), par le fait de DÉPENSER MOINS D’ARGENT PUBLIC : coû­ter moins cher, ce serait être >évi­dem­ment< plus >effi­cace<.

C’est ce gros­sier men­songe qui nous conduit à accep­ter l’inacceptable. 

Mais le manque d’argent pour les ser­vices publics est — pré­ci­sé­ment — une construc­tion poli­tique (cri­mi­nelle) non néces­saire : si des per­son­nels et des équi­pe­ments sont néces­saires au bien com­mun et si les res­sources (en humains et en biens) sont dis­po­nibles, IL FAUT CRÉER L’ARGENT cor­res­pon­dant au tra­vail per­met­tant de ser­vir le bien com­mun. Une telle nou­velle mon­naie ayant une bonne contre­par­tie (le tra­vail utile cor­res­pon­dant) ne serait nul­le­ment infla­tion­niste et serait au contraire source de prospérité. 

Les pré­ten­dus >res­pon­sables< qui ne créent pas la mon­naie néces­saire au fonc­tion­ne­ment des ser­vices publics et qui, au contraire, assas­sinent les ser­vices publics au nom de la >rigueur bud­gé­taire publique<, ces gens-là sont soit des comp­tables incom­pé­tents qui devraient être révo­qués et rem­pla­cés (s’ils sont de bonne foi, intoxi­qués dans leur enfance dans les >grandes écoles< par une doxa éco­no­mique scan­da­leuse), soit des traîtres cri­mi­nels qui devraient être enfer­més (s’ils sont de mau­vaise foi, aux ordres de La Banque et/ou de puis­sances étrangères).

À l’é­vi­dence, nous n’a­vons pas de Constitution.

Une Consti­tu­tion digne de ce nom (donc écrite d’a­bord et pro­té­gée ensuite par les citoyens eux-mêmes) per­met­trait aux citoyens de contrô­ler et de révo­quer les poli­ti­ciens mal­fai­sants, et garan­ti­rait que la puis­sance publique soit vrai­ment maître de la création/destruction moné­taire (sous contrôle citoyen quo­ti­dien), ce qui don­ne­rait à cette puis­sance publique la capa­ci­té réelle d’être à la fois *employeur en der­nier res­sort* et pour­voyeur gra­tuit de bons ser­vices publics, bien équi­pés et bien contrô­lés : san­té, jus­tice, édu­ca­tion, infor­ma­tion, trans­port, dis­tri­bu­tion, etc.

Où en êtes-vous, bande de virus, pen­dant ces vacances, avec vos mini-ate­­liers consti­tuants popu­laires contagieux ?

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​5​0​6​2​5​4​5​7​2​317

[Fake news débitées au km par les prétendus « News checkers »] Le EU DisinfoLab à l’origine d’une intox : l’affaire Benalla, produit de la « russosphère » ?

[Fake news débi­tées au km par les pré­ten­dus « News che­ckers »] Encore une enquête remar­quable d’O­li­vier Ber­ruyer, sur les​-crises​.fr :

Le EU DisinfoLab à l’origine d’une intox : l’affaire Benalla, produit de la « russosphère » ?


https://​www​.les​-crises​.fr/​n​i​c​o​l​a​s​–​v​a​n​d​e​r​b​i​e​s​t​–​e​t​–​l​e​–​e​u​–​d​i​s​i​n​f​o​l​a​b​–​a​–​l​–​o​r​i​g​i​n​e​–​d​–​u​n​e​–​i​n​t​o​x​–​l​–​a​f​f​a​i​r​e​–​b​e​n​a​l​l​a​–​p​r​o​d​u​i​t​–​d​e​–​l​a​–​r​u​s​s​o​s​p​h​e​re/

« Après le Brexit, l’élection de Trump, la Cata­logne, les fausses infor­ma­tions lors de l’élection de Macron, les https://​you​tu​.be/​p​E​B​9​L​w​m​u​pQs en Syrie, la cybe­rat­taque des JO de Pyeong­chang, la Vague de Froid de l’hiver der­nier, etc, voi­ci aujourd’hui l’ombre russe dans… l’affaire Benalla.

Cette nar­ra­tive est venue de l’association “EU Disin­fo­Lab”, par la voix du cofon­da­teur Nico­las Van­der­biest et de son pré­sident Alexandre Alaphilippe.

Nous allons donc pré­sen­ter cette asso­cia­tion, puis ses récents tra­vaux et enfin ana­ly­ser les réac­tions de la presse.

  1. EU Disin­fo­Lab et sa galaxie
  2. Le Moni­to­ring des élec­tions fran­çaises de 2017 par EU DisinfoLab
  3. L’étude de Nico­las Van­der­biest sur l’affaire Benalla
  4. Les tweets de Nico­las Van­der­biest sur le “gon­flage numé­rique” de l’affaire Benalla
  5. “L’écosystème rus­so­phile” de Nico­las Vanderbiest
  6. De la dés­in­for­ma­tion par les grands médias à la récu­pé­ra­tion politique
  7. Fact-che­­cking de Nico­las Van­der­biest : la vic­time crimméenne
  8. Des erreurs et biais gro­tesques dis­qua­li­fiant l’étude ?

[…] Lire la suite, enquête appro­fon­die, sur les​-crise​.fr :
https://​www​.les​-crises​.fr/​n​i​c​o​l​a​s​–​v​a​n​d​e​r​b​i​e​s​t​–​e​t​–​l​e​–​e​u​–​d​i​s​i​n​f​o​l​a​b​–​a​–​l​–​o​r​i​g​i​n​e​–​d​–​u​n​e​–​i​n​t​o​x​–​l​–​a​f​f​a​i​r​e​–​b​e​n​a​l​l​a​–​p​r​o​d​u​i​t​–​d​e​–​l​a​–​r​u​s​s​o​s​p​h​e​re/


Mon com­men­taire :

Et les pré­ten­dus « jour­na­listes » (désor­mais tous ven­dus aux plus grands voleurs) du pays « France » (franc signi­fie libre) qui voient des >com­plots russes< par­tout (et qui pré­tendent voir aus­si des >com­plo­tistes< para­noïaques par­tout — non mais regar­dez qui parle, sans blague !) et qui relaient et ampli­fient ces conne­ries rus­so­phobes sur la « rus­so­sphère » par­tout dans leurs pages, sans jamais rien démen­tir même quand il devient évident qu’ils ont publié de la m…

Une fois de plus, les médias des riches nous intoxiquent pour nous conduire à vou­loir leur sale guerre. Le grand George Orwell avait bien expli­qué (dans 1984) que Big Bro­ther avait besoin d’une guerre per­ma­nente pour légi­ti­mer sa contrainte totale sur la popu­la­tion, et com­ment la dés­in­for­ma­tion sys­té­ma­tique était un autre outil cen­tral de domination.

J’es­père que vous, au moins, dans vos ate­liers consti­tuants quo­ti­diens, vous bos­sez sur vos pro­jets d’ar­ticles de consti­tu­tion sur l’in­dé­pen­dance des jour­na­listes et sur le contrôle de la qua­li­té de l’in­for­ma­tion des citoyens 🙂

 
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​4​8​7​3​9​9​7​5​7​317

La souveraineté monétaire *rend possible* la souveraineté politique — et pas l’inverse.

Un nou­veau résu­mé (14 min) de mon tra­vail, en cet été 2018 :

La sou­ve­rai­ne­té moné­taire rend pos­sible la sou­ve­rai­ne­té poli­tique — et pas l’inverse. 
Les deux sou­ve­rai­ne­tés doivent être ins­ti­tuées *ensemble*, et seuls des citoyens dignes de ce nom (donc consti­tuants) sont à la fois légi­times et aptes pour le faire, en personne. 

Jamais les « élus » des banques n’ins­ti­tue­ront autre chose que la sou­ve­rai­ne­té de leurs maîtres financiers.
Si on veut s’é­man­ci­per des tra­vaux for­cés au ser­vice des usu­riers, il faut qu’on s’en occupe nous-mêmes per­son­nel­le­ment, ce soir, demain soir, le plus sou­vent pos­sible, opi­niâ­tre­ment, contagieusement.

Je ne connais pas de meilleur plan de lutte contre toute forme de tyran­nie sur terre.

Mer­ci à Vincent Lapierre de relayer à son tour cette idée très radi­ca­le­ment anti­fas­ciste des ate­liers consti­tuants populaires.

Étienne.


Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​4​7​9​2​3​7​5​6​2​317

Rétablir les faits : Que se passe-t-il réellement au Nicaragua ? (Popular Resistance, traduit par Viktor Dedaj pour Le Grand Soir)

Encore un article pas­sion­nant et impor­tant, sur le site impor­tant d’in­for­ma­tion quo­ti­dienne qu’est Le Grand Soir. 

Mer­ci Vik­tor, pour la tra­duc­tion et pour le signalement.

On recon­naît le mode opé­ra­toire du putsch néo­na­zi en Ukraine orga­ni­sé et sou­te­nu par les USA et l’UE.

Étienne.

Rétablir les faits : Que se passe-t-il réellement au Nicaragua ? (Popular Resistance, traduit par Viktor Dedaj pour Le Grand Soir)

10 juillet 2018 – Il y a beau­coup d’informations fausses et inexactes sur le Nica­ra­gua dans les médias. Même à gauche, cer­tains ont sim­ple­ment répé­té les affir­ma­tions dou­teuses de CNN et des médias oli­gar­chiques du Nica­ra­gua pour sou­te­nir la des­ti­tu­tion du pré­sident Orte­ga. Le récit de mani­fes­tants non vio­lents contre les esca­drons anti-émeute et les para­mi­li­taires pro-gou­­ver­­ne­­men­­taux n’a pas été remis en ques­tion par les médias internationaux.

Cet article cherche à réta­blir les faits, à décrire ce qui se passe au Nica­ra­gua et pour­quoi. Au moment où nous écri­vons ces lignes, le coup d’Etat semble échouer, les gens se sont ral­liés pour la paix (comme l’a mon­tré cette marche mas­sive pour la paix du same­di 7 juillet) et la véri­té est en train de sor­tir (par exemple, la https://​you​tu​.be/​S​e​u​e​3​a​Q​8​-hM catho­lique le 9 juillet). Il est impor­tant de com­prendre ce qui se passe parce que le Nica­ra­gua est un exemple des types de coups d’État vio­lents que les États-Unis et les riches uti­lisent pour mettre en place des gou­ver­ne­ments néo­li­bé­raux domi­nés par le monde des affaires. Si les gens com­prennent ces tac­tiques, celles-ci seront moins efficaces.

Brouiller les inté­rêts de classe

Les experts amé­ri­cains tirent en par­tie leur infor­ma­tion des médias, comme La Pren­sa de Jaime Cha­­mor­­ro-Car­­de­­nal et Confi­den­cial de la même famille oli­gar­chique, qui sont les élé­ments les plus actifs des médias pro-coup. La répé­ti­tion et l’amplification de leur récit délé­gi­ti­ment le gou­ver­ne­ment san­di­niste et demande la red­di­tion incon­di­tion­nelle de Daniel Orte­ga comme la seule option accep­table. Ces experts four­nissent une cou­ver­ture à des inté­rêts internes et externes néfastes qui ont pour objec­tif de contrô­ler le pays le plus pauvre et pour­tant riche en res­sources de l’Amérique centrale.

La ten­ta­tive de coup d’Etat a mis en évi­dence les divi­sions de classe au Nica­ra­gua. Pie­ro Coen, l’homme le plus riche du Nica­ra­gua, pro­prié­taire de toutes les opé­ra­tions natio­nales de Wes­tern Union et d’une entre­prise agro­chi­mique, est arri­vé per­son­nel­le­ment le pre­mier jour des pro­tes­ta­tions à l’Université Poly­tech­nique de Mana­gua, pour encou­ra­ger les étu­diants à conti­nuer à pro­tes­ter, en pro­met­tant son soutien.

L’oligarchie tra­di­tion­nelle du Nica­ra­gua, diri­gée poli­ti­que­ment par la famille Cha­mor­ro, publie des ulti­ma­tums constants au gou­ver­ne­ment par l’intermédiaire de ses médias et finance les bar­rages rou­tiers qui para­lysent le pays depuis huit semaines.

L’Église catho­lique, long­temps alliée aux oli­garques, a mis tout son poids der­rière la créa­tion et le main­tien d’actions anti­gou­ver­ne­men­tales, y com­pris ses uni­ver­si­tés, ses écoles secon­daires, ses églises, ses comptes ban­caires, ses véhi­cules, ses tweets, ses ser­mons domi­ni­caux et un effort tota­le­ment par­ti­san pour ser­vir de média­teur au Dia­logue natio­nal. Des évêques ont pro­fé­ré des menaces de mort contre le pré­sident et sa famille, et un prêtre a été fil­mé en train de super­vi­ser la tor­ture des San­di­nistes. Le pape Fran­çois a appe­lé à un dia­logue de paix, et même convo­qué le car­di­nal Leo­nal­do Brenes et l’évêque Rolan­do Alva­rez à une réunion pri­vée au Vati­can, déclen­chant des rumeurs selon les­quelles les mon­señores nica­ra­guayens étaient ser­mon­nés pour leur impli­ca­tion évi­dente dans le conflit qu’ils étaient offi­ciel­le­ment en train d’arbitrer. L’église reste l’un des rares piliers qui main­tiennent le coup d’Etat en vie.

Une affir­ma­tion cou­rante est que Orte­ga s’est allié à l’oligarchie tra­di­tion­nelle, mais c’est tout le contraire. C’est le pre­mier gou­ver­ne­ment depuis l’indépendance du Nica­ra­gua qui ne com­prend pas un membre de l’oligarchie. Depuis les années 1830 jusqu’aux années 1990, tous les gou­ver­ne­ments nica­ra­guayens – même pen­dant la Révo­lu­tion san­di­niste – com­pre­naient des membres des ’grandes familles’, Cha­mor­ro, Car­de­nal, Bel­li, Pel­las, Lacayo, Mon­tea­legre, Gur­dián. Depuis 2007, ce n’est plus cas, ce qui explique pour­quoi ces familles appuient le coup d’État.

Les détrac­teurs d’Ortega affirment que son dia­logue tri-par­­tite, entre syn­di­cats, capi­ta­listes et l’État consti­tue une alliance avec les grandes entre­prises. En fait, ce pro­ces­sus a per­mis d’obtenir le taux de crois­sance le plus éle­vé d’Amérique cen­trale et des aug­men­ta­tions annuelles du salaire mini­mum de 5 à 7 % supé­rieures à l’inflation, amé­lio­rant ain­si les condi­tions de vie des tra­vailleurs et per­met­tant aux gens de sor­tir de la pau­vre­té. Le pro­jet Bor­gen de lutte contre la pau­vre­té rap­porte que la pau­vre­té a chu­té de 30 pour cent entre 2005 et 2014.

Le gou­ver­ne­ment diri­gé par le FSLN a mis en place un modèle éco­no­mique basé sur l’investissement public et le ren­for­ce­ment du filet de sécu­ri­té pour les pauvres. Le gou­ver­ne­ment inves­tit dans l’infrastructure, le trans­port en com­mun, l’entretien de l’eau et de l’électricité dans le sec­teur public et a trans­fé­ré les ser­vices pri­va­ti­sés, par exemple, les soins de san­té et l’éducation pri­maire dans le sec­teur public. Ceci a assu­ré une struc­ture éco­no­mique stable qui favo­rise l’économie réelle par rap­port à l’économie spé­cu­la­tive. La part du lion de l’infrastructure au Nica­ra­gua a été construite au cours des 11 der­nières années, ce qui est com­pa­rable à l’époque du New Deal aux États-Unis, y com­pris les cen­trales élec­triques à éner­gies renou­ve­lables à tra­vers le pays.

Ce que les com­men­ta­teurs libé­raux et même de gauche négligent, c’est que contrai­re­ment au gou­ver­ne­ment Lula au Bré­sil, qui a réduit la pau­vre­té par des ver­se­ments d’argent aux familles pauvres, le Nica­ra­gua a redis­tri­bué le capi­tal pro­duc­tif afin de déve­lop­per une éco­no­mie popu­laire auto­suf­fi­sante. Le modèle FSLN doit être com­pris comme un modèle qui met l’accent sur l’économie popu­laire plu­tôt que sur l’État ou les sphères capitalistes.

Alors que le sec­teur pri­vé emploie envi­ron 15% des tra­vailleurs nica­ra­guayens, le sec­teur infor­mel emploie plus de 60%. Le sec­teur infor­mel a béné­fi­cié d’investissements publics de 400 mil­lions de dol­lars, dont une grande par­tie pro­vient des fonds de l’alliance ALBA pour finan­cer des micro­cré­dits pour les petites et moyennes entre­prises agri­coles. Ces entre­prises sont sou­te­nues aus­si par les poli­tiques visant à faci­li­ter le cré­dit, l’équipement, la for­ma­tion, le bétail, les semences et le car­bu­rant sub­ven­tion­né. Les petits et moyens pro­duc­teurs du Nica­ra­gua ont conduit le pays à pro­duire 80 à 90 % de sa pro­duc­tion ali­men­taire et à mettre fin à sa dépen­dance aux prêts du FMI.

En tant que tels, les tra­vailleurs et les pay­sans – dont beau­coup sont des tra­vailleurs indé­pen­dants et qui ont accé­dé au capi­tal pro­duc­tif par la Révo­lu­tion san­di­niste et les luttes qui ont sui­vi – repré­sentent un sujet poli­tique impor­tant du déve­lop­pe­ment social stable de l’après-guerre de la der­nière décen­nie, y com­pris les cen­taines de mil­liers de pay­sans qui ont reçu des titres fon­ciers et près du quart du ter­ri­toire natio­nal attri­bué à titre col­lec­tif en tant que ter­ri­toire des nations autoch­tones. Les mou­ve­ments sociaux des tra­vailleurs, des pay­sans et des groupes indi­gènes ont été la base du sou­tien popu­laire qui a rame­né le FSLN au pouvoir.

L’octroi de titres fon­ciers et l’aide aux petites entre­prises ont éga­le­ment mis l’accent sur l’égalité des femmes, ce qui a per­mis au Nica­ra­gua d’avoir le niveau d’inégalité entre les sexes le plus bas d’Amérique latine et de se clas­ser 12e sur 145 pays dans le monde, juste der­rière l’Allemagne.

Au fil du temps, le gou­ver­ne­ment du FSLN a incor­po­ré ce sec­teur indé­pen­dant mas­sif, ain­si que les tra­vailleurs maqui­la­do­ra (c’est-à-dire les tra­vailleurs du tex­tile dans les usines étran­gères situées dans les zones franches créées par les gou­ver­ne­ments néo­li­bé­raux pré­cé­dents), dans le sys­tème de soins de san­té et de retraite, ce qui a fait croître les enga­ge­ments finan­ciers, ce qui exi­geait une nou­velle for­mule pour assu­rer la sta­bi­li­té fis­cale. Les réformes pro­po­sées à la sécu­ri­té sociale ont déclen­ché des pro­tes­ta­tions du sec­teur pri­vé et des étu­diants le 18 avril. Le lob­by des entre­prises a appe­lé à la pro­tes­ta­tion lorsque Orte­ga a pro­po­sé d’augmenter de 3,5 % les coti­sa­tions patro­nales aux fonds de pen­sion et de san­té, alors que les coti­sa­tions des tra­vailleurs n’étaient que légè­re­ment aug­men­té de 0,75 %, et de trans­fé­rer 5 % des pen­sions des retrai­tés à leur fonds de soins de san­té. La réforme a éga­le­ment mis fin à une échap­pa­toire qui per­met­tait aux per­sonnes à reve­nu éle­vé de décla­rer un faible reve­nu afin d’avoir accès aux pres­ta­tions de santé.

Il s’agissait d’une contre-pro­­po­­si­­tion à celle du FMI de rele­ver l’âge de la retraite et de plus que dou­bler le nombre de semaines que les tra­vailleurs devraient coti­ser à la caisse de retraite pour avoir accès aux pres­ta­tions. Le fait que le gou­ver­ne­ment se soit sen­ti assez fort pour refu­ser les demandes d’austérité du FMI et du lob­by des entre­prises était un signe que le pou­voir de négo­cia­tion du capi­tal pri­vé a dimi­nué, alors que la crois­sance éco­no­mique impres­sion­nante du Nica­ra­gua, une aug­men­ta­tion de 38% du PIB entre 2006–2017, a été tirée par les petits pro­duc­teurs et les dépenses publiques. Cepen­dant, l’opposition a uti­li­sé des publi­ci­tés mani­pu­la­trices sur Face­book pré­sen­tant la réforme comme une mesure d’austérité, plus des fausses nou­velles de la mort d’un étu­diant le 18 avril, pour pro­vo­quer des pro­tes­ta­tions à tra­vers le pays le 19 avril. Aus­si­tôt, la machine à chan­ger de régime s’est mise en marche.

Le Dia­logue natio­nal montre les inté­rêts de classe dans le conflit. L’Alliance civique pour la jus­tice et la démo­cra­tie de l’opposition a comme figures clés : José Adan Aguirre, chef du lob­by des entre­prises pri­vées ; Maria Nel­ly Rivas, direc­trice de Car­gill au Nica­ra­gua et direc­trice de la Chambre de com­merce États-Unis-Nica­­ra­­gua ; les étu­diants d’universités pri­vées du Mou­ve­ment du 19 avril ; Michael Hea­ly, direc­teur d’une socié­té sucrière colom­bienne et chef du lob­by agroa­li­men­taire ; Juan Sebas­tian Cha­mor­ro, qui repré­sente l’oligarchie dégui­sé en socié­té civile ; Car­los Tun­ner­mann, 85 ans, ex-ministre san­di­niste et ex-chan­­ce­­lier de l’Université natio­nale ; Aza­lea Solis, direc­trice d’une orga­ni­sa­tion fémi­niste finan­cée par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain ; et Medar­do Mai­re­na, un ’lea­der pay­san’ finan­cé par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain, qui a vécu 17 ans au Cos­ta Rica avant d’être dépor­té en 2017 pour tra­fic d’êtres humains. Tun­ner­mann, Solis et les étu­diants du 19 avril sont tous asso­ciés au Mou­ve­ment pour la Réno­va­tion du San­di­nisme (MRS), un petit par­ti san­di­niste qui mérite néan­moins une atten­tion particulière.

Dans les années 1980, de nom­breux cadres supé­rieurs du Front san­di­niste étaient, en fait, les enfants de cer­taines des célèbres familles oli­gar­chiques, comme les frères Car­de­nal et une par­tie de la famille Cha­mor­ro, en charge res­pec­ti­ve­ment des minis­tères de la Culture et de l’Éducation et des médias du gou­ver­ne­ment révo­lu­tion­naire. Après la défaite élec­to­rale du FSLN en 1990, les enfants de l’oligarchie ont pro­vo­qué un exode du par­ti. Avec eux, cer­tains des cadres intel­lec­tuels, mili­taires et du ren­sei­gne­ment les plus remar­quables ont quit­té et for­mé, au fil du temps, le MRS. Le nou­veau par­ti a renon­cé au socia­lisme, blâ­mé Daniel Orte­ga pour toutes les erreurs de la Révo­lu­tion et, avec le temps, s’est empa­ré de la sphère des orga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales (ONG) au Nica­ra­gua, y com­pris les orga­ni­sa­tions fémi­nistes, éco­lo­gistes, les jeunes, les médias et les orga­ni­sa­tions de défense des droits de l’homme.

Depuis 2007, le MRS est deve­nu de plus en plus proche de l’extrême droite du Par­ti répu­bli­cain amé­ri­cain. Depuis l’éclatement de la vio­lence en avril, beau­coup sinon la plu­part des sources citées par les médias occi­den­taux (y com­pris, ce qui est inquié­tant, Demo­cra­cy Now ! d’Amy Good­man), pro­viennent de ce par­ti, qui a le sou­tien de moins de 2% de l’électorat nica­ra­guayen. Cela per­met aux oli­garques d’exprimer leur vio­lente ten­ta­tive de réins­tal­ler le néo­li­bé­ra­lisme dans un dis­cours qui sonne de gauche d’anciens san­di­nistes cri­tiques à l’égard du gou­ver­ne­ment Ortega.

C’est une farce de pré­tendre que les tra­vailleurs et les pay­sans sont der­rière les troubles. Vía Cam­pe­si­na, le Syn­di­cat natio­nal des agri­cul­teurs et des éle­veurs, l’Asso­cia­tion des tra­vailleurs ruraux, le Front natio­nal des tra­vailleurs, la nation indi­gène Mayan­gna et d’autres mou­ve­ments et orga­ni­sa­tions ont récla­mé sans équi­voque la fin de la vio­lence et annon­cé leur sou­tien au gou­ver­ne­ment Orte­ga. Cette agi­ta­tion est une opé­ra­tion de chan­ge­ment de régime à grande échelle menée par des oli­garques des médias, un réseau d’ONG finan­cé par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain, des élé­ments armés de familles de pro­prié­taires ter­riens de l’élite et l’Église catho­lique, et a ouvert la voie aux car­tels de la drogue et au crime orga­ni­sé pour prendre pied au Nicaragua.

L’éléphant dans la pièce

Ce qui nous amène à l’implication du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain dans le coup d’Etat violent.

Comme Tom Ricker l’a signa­lé au début de cette crise poli­tique, il y a plu­sieurs années, le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain a déci­dé de finan­cer le sec­teur de la socié­té civile des ONG au lieu de finan­cer les par­tis poli­tiques de l’opposition, qui ont per­du une énorme légi­ti­mi­té au Nica­ra­gua. Le Natio­nal Endow­ment for Demo­cra­cy (NED) a don­né plus de 700 000 $ pour bâtir une oppo­si­tion au gou­ver­ne­ment en 2017, et a accor­dé plus de 4,4 mil­lions de dol­lars depuis 2014. L’objectif prin­ci­pal de ce finan­ce­ment était de ’four­nir une stra­té­gie coor­don­née et une voix média­tique pour les groupes d’opposition au Nica­ra­gua’. Ricker ajoute :

« Le résul­tat de cette construc­tion cohé­rente et du finan­ce­ment des res­sources de l’opposition a été de créer une chambre d’écho ampli­fiée par les com­men­ta­teurs des médias inter­na­tio­naux – dont la plu­part n’ont pas de pré­sence au Nica­ra­gua et s’appuient sur ces sources secondaires. »

Le père fon­da­teur de NED, Allen Wein­stein, a décrit NED comme une façade de la CIA : « Beau­coup de ce que nous fai­sons aujourd’hui a été fait clan­des­ti­ne­ment il y a 25 ans par la CIA. » Au Nica­ra­gua, plu­tôt que la droite tra­di­tion­nelle, le NED finance les orga­ni­sa­tions affi­liées à la MRS qui émettent des cri­tiques sup­po­sé­ment de gauche contre le gou­ver­ne­ment. Les mili­tants du chan­ge­ment de régime uti­lisent des slo­gans, des chan­sons et des sym­boles san­di­nistes alors même qu’ils brûlent des monu­ments his­to­riques, repeignent par des­sus les marques rouges et noires des mar­tyrs tom­bés au champ d’honneur et attaquent phy­si­que­ment les membres du par­ti sandiniste.

Par­mi les groupes d’opposition du Dia­logue natio­nal, l’organisation fémi­niste Aza­lea Solis et l’organisation pay­sanne Medar­do Mai­re­na sont finan­cées par des sub­ven­tions NED, tan­dis que les étu­diants du 19 avril séjournent dans des hôtels et font des voyages payés par Free­dom House, un autre organe de chan­ge­ment de régime finan­cé par NED et USAID. NED finance éga­le­ment Confi­den­cial, l’organisation média­tique des Cha­mor­ro. Les sub­ven­tions du NED financent l’Institute of Stra­te­gic Stu­dies and Public Poli­cy (IEEPP), dont le direc­teur exé­cu­tif, Felix Mara­dia­ga, est un autre cadre de MRS très proche de l’ambassade des États-Unis. En juin, Mara­dia­ga a été accu­sé d’avoir diri­gé un réseau cri­mi­nel appe­lé Viper qui, depuis le cam­pus occu­pé de l’UPOLI, a orga­ni­sé des vols de voi­tures, des incen­dies cri­mi­nels et des meurtres afin de créer le chaos et la panique pen­dant les mois d’avril et mai.

Mara­dia­ga a gran­di aux États-Unis et est deve­nu membre de l’Aspen Lea­der­ship Ins­ti­tute, avant d’étudier les poli­tiques publiques à Har­vard. Il a été secré­taire au minis­tère de la Défense du der­nier pré­sident libé­ral, Enrique Bolaños. Il est un « Young Glo­bal Lea­der » au Forum éco­no­mique mon­dial et, en 2015, le Chi­ca­go Coun­cil on Glo­bal Affairs lui a décer­né la bourse Gus Hart, bourse déjà décer­née dans le pas­sé à la dis­si­dente cubaine Yoa­ni Sán­chez et à Hen­rique Capriles Radons­ki, le lea­der de l’opposition véné­zué­lienne qui a atta­qué l’ambassade cubaine lors de la ten­ta­tive de coup d’État de 2002.

Fait remar­quable, Mara­dia­ga n’est pas le seul diri­geant de la ten­ta­tive de coup d’État à faire par­tie du réseauAspen World Lea­der­ship Net­work. Maria Nel­ly Rivas, direc­trice au Nica­ra­gua du géant amé­ri­cain Car­gill, est l’un des prin­ci­paux porte-parole de l’Alliance civique de l’opposition. M. Rivas, qui dirige actuel­le­ment laChambre de com­merce États-Unis-Nica­­ra­­gua, est en cours de pré­pa­ra­tion en vue des pro­chaines élec­tions pré­si­den­tielles. Sous ces lea­ders pré­pa­rés aux États-Unis, il y a un réseau de plus de 2 000 jeunes qui ontreçu une for­ma­tion avec des fonds NED sur des sujets tels que les com­pé­tences en matière de médias sociaux pour la défense de la démo­cra­tie. Ce bataillon de guer­riers des médias sociaux a été en mesure de façon­ner et de contrô­ler immé­dia­te­ment l’opinion publique sur Face­book en cinq jours, du 18 au 22 avril, ce qui a don­né lieu à des mani­fes­ta­tions vio­lentes et spon­ta­nées dans tout le pays.

Sur la violence

L’une des façons dont les repor­tages sur le Nica­ra­gua se sont écar­tés le plus de la véri­té est de qua­li­fier l’opposition de ’non-vio­­lente’. Le scé­na­rio de vio­lence, cal­qué sur les mani­fes­ta­tions gua­rim­bas de 2014 et 2017 au Vene­zue­la, consiste à orga­ni­ser des attaques armées contre les bâti­ments du gou­ver­ne­ment, à inci­ter la police à envoyer des esca­drons anti-émeute, à s’engager dans des confron­ta­tions fil­mées et à publier en ligne des images mon­tées en pré­ten­dant que le gou­ver­ne­ment est violent à l’encontre des mani­fes­tants non violents.

Plus de 60 bâti­ments gou­ver­ne­men­taux ont été incen­diés, des écoles, des hôpi­taux, des centres de san­té atta­qués, 55 ambu­lances endom­ma­gées, au moins 112 mil­lions de dol­lars en dom­mages aux infra­struc­tures, de petites entre­prises ont été fer­mées et 200 000 emplois ont été per­dus, ce qui a eu un impact éco­no­mique dévas­ta­teur pen­dant les mani­fes­ta­tions. Outre des mil­liers de bles­sés, 15 étu­diants et 16 poli­ciers ont été tués, ain­si que plus de 200 San­di­nistes kid­nap­pés, dont beau­coup ont été tor­tu­rés publi­que­ment. Lesatro­ci­tés vio­lentes de l’opposition ont été pré­sen­tées à tort comme une répres­sion gou­ver­ne­men­tale. S’il est impor­tant de défendre le droit du public à pro­tes­ter, quelles que soient ses opi­nions poli­tiques, il est mal­hon­nête d’ignorer que la stra­té­gie de l’opposition exige et se nour­rit de vio­lence et de morts.

Les infor­ma­tions natio­nales et inter­na­tio­nales font état de morts et de bles­sés dus à la ’répres­sion’ sans expli­quer le contexte. Les cock­tails Molo­tov, les lan­ceurs de mor­tier, les pis­to­lets et les fusils d’assaut uti­li­sés par les groupes d’opposition sont igno­rés par les médias, et lorsque des sym­pa­thi­sants san­di­nistes, des poli­ciers ou des pas­sants sont tués, ils sont faus­se­ment comp­tés comme vic­times de la répres­sion de l’État. Les allé­ga­tions explo­sives lan­cées par l’opposition telles que les mas­sacres d’enfants et les meurtres de femmes, se sont révé­lées fausses, et les cas de tor­ture, de dis­pa­ri­tions et d’exécutions extra­ju­di­ciaires par les forces de police n’ont pas été cor­ro­bo­rés par des preuves ou une pro­cé­dure régulière.

Bien qu’il existe des preuves à l’appui de l’allégation de l’opposition selon laquelle des tireurs d’élite tuent des mani­fes­tants, il n’y a pas d’explication logique pour que l’État uti­lise des tireurs d’élite pour aug­men­ter le nombre de morts, et les contre-mani­­fes­­tants ont éga­le­ment été vic­times de tirs de tireurs d’élite, sug­gé­rant la pré­sence d’un pro­vo­ca­teur ’tiers’ dans la vio­lence désta­bi­li­sante. Lorsqu’une famille san­di­niste entière a été brû­lée à mort à Mana­gua, les médias d’opposition ont tous cité un témoin qui affir­mait que la police avait mis le feu à la mai­son, alors que la mai­son se trou­vait dans un quar­tier bar­ri­ca­dé inter­dit à la police.

La Police natio­nale du Nica­ra­gua est recon­nue depuis long­temps pour son modèle de police com­mu­nau­taire (contrai­re­ment à la police mili­ta­ri­sée dans la plu­part des pays d’Amérique cen­trale), son manque rela­tif de cor­rup­tion et ses hauts gra­dés majo­ri­tai­re­ment fémi­nins. La stra­té­gie du coup d’État a cher­ché à détruire la confiance du public dans la police par l’utilisation fla­grante de fausses nou­velles, comme les nom­breuses fausses allé­ga­tions d’assassinats, de pas­sages à tabac, de tor­ture et de dis­pa­ri­tions au cours de la semaine du 17 au 23 avril. Plu­sieurs jeunes dont les pho­tos ont été prises lors de ras­sem­ble­ments d’opposition en tant que vic­times de la vio­lence poli­cière se sont révé­lés vivants et en bonne santé.

La police a été tota­le­ment inadap­tée et sous-pré­­pa­­rée aux affron­te­ments armés. Les attaques contre plu­sieurs bâti­ments publics la même nuit et les pre­miers grands incen­dies cri­mi­nels ont conduit les fonc­tion­naires à tenir des veillées avec des barils d’eau et, sou­vent, des bâtons et des pierres, pour repous­ser les assaillants. L’opposition, frus­trée de ne pas par­ve­nir à plus de conflits avec les poli­ciers, a com­men­cé à construire des bar­rages rou­tiers à tra­vers le pays et à brû­ler les mai­sons des San­di­nistes, et même à tirer et brû­ler des familles san­di­nistes dans des crimes de haine atroces. Contrai­re­ment à la ver­sion des évé­ne­ments de La Pren­sa, les Nica­ra­guayens ont res­sen­ti le manque de pré­sence poli­cière et l’absence de sécu­ri­té dans leurs quar­tiers, alors que beau­coup étaient les cibles de la violence.

Depuis mai, la stra­té­gie de l’opposition a été de construire des bar­rages rou­tiers armés à tra­vers le pays, en blo­quant les trans­ports et en pié­geant les gens. Les bar­rages rou­tiers, géné­ra­le­ment construits avec de gros pavés, sont tenus par 5 à 100 hommes armés avec des ban­da­nas ou des masques. Alors que les médias parlent de jeunes idéa­listes qui contrôlent les bar­rages rou­tiers, la grande majo­ri­té des bar­rages rou­tiers sontcontrô­lés par des hommes rému­né­rés qui viennent d’un milieu de petite délin­quance. Là où de grandes zones urbaines sont blo­quées et inter­dits au gou­ver­ne­ment et aux forces de police, les acti­vi­tés liées à la drogue s’intensifient, et les gangs de la drogue contrôlent main­te­nant de nom­breux bar­rages rou­tiers et paient les salaires.

Ces bar­rages rou­tiers ont été les centres de vio­lence, les tra­vailleurs qui doivent pas­ser par des bar­rages rou­tiers sont sou­vent volés, frap­pés, insul­tés et, s’ils sont soup­çon­nés d’être san­di­nistes, ligo­tés, désha­billés,tor­tu­rés, peints en bleu et blanc et par­fois tués. Il y a trois cas de per­sonnes qui sont morts dans des ambu­lances inca­pables de fran­chir les bar­rages rou­tiers, et un cas d’une fillette de 10 ans enle­vée et vio­lée au bar­rage rou­tier de Las Made­ras. Lorsque les voi­sins orga­ni­sés ou la police fran­chissent les bar­rages rou­tiers, les groupes armés s’enfuient et se regroupent pour brû­ler des bâti­ments, kid­nap­per ou bles­ser des gens par ven­geance. Toutes les vic­times que cette vio­lence pro­duit sont comp­tées par les médias grand public comme des vic­times de la répres­sion. Un men­songe total.

Le gou­ver­ne­ment nica­ra­guayen a fait face à cette situa­tion en main­te­nant en grande par­tie la police à l’écart des rues, pour évi­ter les ren­contres et les accu­sa­tions de répres­sion. En même temps, plu­tôt que d’arrêter sim­ple­ment des mani­fes­tants vio­lents, ce qui aurait cer­tai­ne­ment don­né à l’opposition les morts au com­bat dont elle avait besoin, le gou­ver­ne­ment a appe­lé à un dia­logue natio­nal, sous la média­tion de l’Église catho­lique, dans le cadre duquel l’opposition peut pré­sen­ter toute pro­po­si­tion de réforme poli­tique et des droits de l’homme. Le gou­ver­ne­ment a créé une com­mis­sion par­le­men­taire pour la véri­té et la paix et a lan­cé une enquête indé­pen­dante auprès du minis­tère public.

La police n’étant plus dans les rues, la vio­lence de l’opposition s’est inten­si­fiée tout au long des mois de mai et juin. En consé­quence, un pro­ces­sus d’autodéfense de voi­si­nage s’est déve­lop­pé. Des familles dépla­cées, des jeunes qui ont été bat­tus, volés ou tor­tu­rés, des vété­rans de l’insurrection de 1979 et/ou de la guerre contre la Contra, orga­nisent des veillées autour du quar­tier géné­ral du Front san­di­niste dans chaque ville. Dans de nom­breux endroits, ils ont construit des bar­ri­cades contre les attaques de l’opposition et ont été faus­se­ment éti­que­tés comme forces para­mi­li­taires par les médias. Dans les villes qui n’ont pas de telles bar­ri­cades orga­ni­sées par la com­mu­nau­té, le bilan humain de la vio­lence de l’opposition est beau­coup plus lourd. L’Union natio­nale des étu­diants nica­ra­guayens a été par­ti­cu­liè­re­ment visée par la vio­lence de l’opposition. Un délé­gué étu­diant du Dia­logue natio­nal, Leo­nel Morales, a été kid­nap­pé, abat­tu d’une balle dans l’abdomen et jeté dans un fos­sé en juin, afin de sabo­ter le dia­logue et le punir pour avoir contes­té le droit des étu­diants du 19 avril de par­ler au nom de tous les étu­diants nicaraguayens.

Depuis avril, quatre grands ras­sem­ble­ments de l’opposition ont été orga­ni­sés pour mobi­li­ser les Nica­ra­guayens de la classe moyenne supé­rieure qui vivent dans les ban­lieues entre Mana­gua et Masaya. Ces ras­sem­ble­ments met­taient en vedette tout le gra­tin de la haute socié­té, dont des reines de beau­té, des pro­prié­taires d’entreprises et des oli­garques, ain­si que des étu­diants uni­ver­si­taires du Mou­ve­ment du 19 avril, le haut lieu moral de l’opposition.

Trois mois après le début du conflit, aucun des morts ne fai­sait par­tie de la bour­geoise. Tous sont issus des classes popu­laires du Nica­ra­gua. Mal­gré les annonces d’une de répres­sion totale, la bour­geoi­sie se sent par­fai­te­ment en sécu­ri­té pour par­ti­ci­per à des mani­fes­ta­tions publiques de jour – bien que le der­nier ras­sem­ble­ment en jour­née se soit sol­dée par une attaque chao­tique de mani­fes­tants contre des squat­ters sur une pro­prié­té de Pie­ro Coen, curieu­se­ment, l’homme le plus riche du Nica­ra­gua. Les attaques armées noc­turnes sont géné­ra­le­ment menées par des gens qui viennent de quar­tiers pauvres, dont beau­coup sont payés deux à quatre fois le salaire mini­mum jour­na­lier pour chaque nuit de destruction.

Mal­heu­reu­se­ment, la plu­part des orga­ni­sa­tions nica­ra­guayennes de défense des droits de l’homme sont finan­cées par NED et contrô­lées par le Mou­ve­ment pour la réno­va­tion san­di­niste. Ces orga­ni­sa­tions ont accu­sé le gou­ver­ne­ment nica­ra­guayen de dic­ta­ture et de géno­cide tout au long de la pré­si­dence d’Ortega. Les orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales de défense des droits humains, y com­pris Amnes­ty Inter­na­tio­nal, ont été cri­ti­quées pour leurs rap­ports par­tiaux, qui ne contiennent aucune des infor­ma­tions four­nies par le gou­ver­ne­ment ou des indi­vi­dus qui s’identifient comme Sandinistes.

Le gou­ver­ne­ment a invi­té la Com­mis­sion inter­amé­ri­caine des droits de l’homme (CIDH) de l’OEA, une enti­té basée à Washing­ton, notoi­re­ment hos­tile aux gou­ver­ne­ments de gauche, à enquê­ter sur les évé­ne­ments vio­lents du mois d’avril et à déter­mi­ner s’il y a eu répres­sion. La nuit d’une escar­mouche contro­ver­sée sur l’autoroute à l’extérieur de l’Université agraire de Mana­gua a mis fin à une trêve négo­ciée de 48 heures, le direc­teur de la CIDH, Pau­lo Abrao Abrao, a visi­té le site pour décla­rer son sou­tien à l’opposition. La CIDH aigno­ré la vio­lence géné­ra­li­sée de l’opposition et n’a ren­du compte que de la vio­lence défen­sive du gou­ver­ne­ment. Non seule­ment elle a été caté­go­ri­que­ment reje­tée par le ministre des affaires étran­gères du Nica­ra­gua Denis Mon­ca­da comme une ’insulte à la digni­té du peuple nica­ra­guayen’, mais une réso­lu­tion approu­vant le rap­port de la CIDH n’a été sou­te­nue que par dix pays sur 34.

Pen­dant ce temps, le Mou­ve­ment du 19 avril, com­po­sé d’étudiants ou d’anciens étu­diants uni­ver­si­taires en faveur d’un chan­ge­ment de régime, a envoyé une délé­ga­tion à Washing­ton et a réus­si à alié­ner une grande par­tie de la socié­té nica­ra­guayenne en sou­riant aux camé­ras avec des membres inter­ven­tion­nistes d’extrême droite du Congrès amé­ri­cain, dont le repré­sen­tant Ilea­na Ros Leh­ti­nen, le séna­teur Mar­co Rubio et le séna­teur Ted Cruz. Les diri­geants du M19 ont éga­le­ment applau­di les aver­tis­se­ments bel­li­queux lan­cés par le vice-pré­­sident Mike Pence selon les­quels le Nica­ra­gua figure sur la courte liste des pays qui connaî­tront bien­tôt ce qui signi­fie la liber­té selon l’administration Trump, et ont ren­con­tré le par­ti ARENA d’El Sal­va­dor, connu pour ses liens avec les esca­drons de la mort qui ont assas­si­né le théo­lo­gien Oscar Rome­ro, l’archevêque de la théo­lo­gie de la libé­ra­tion. Au Nica­ra­gua, la masse cri­tique d’étudiants a ces­sé de mani­fes­ter il y a des semaines, les grandes mani­fes­ta­tions civiques d’avril et de mai ont dimi­nué, et les mêmes vieux visages fami­liers de la droite nica­ra­guayenne se retrouvent devant la note à payer des dégâts maté­riels mas­sifs et des pertes de vie.

Pour­quoi le Nicaragua ?

Orte­ga a rem­por­té son troi­sième man­dat en 2016 avec 72,4 % des suf­frages avec un taux de par­ti­ci­pa­tion de 66 %, très éle­vé par rap­port aux élec­tions US. Non seule­ment le Nica­ra­gua a mis en place une éco­no­mie qui traite les pauvres comme des pro­duc­teurs, avec des résul­tats remar­quables pour amé­lio­rer leur niveau de vie en 10 ans, mais il a aus­si un gou­ver­ne­ment qui rejette constam­ment l’impérialisme amé­ri­cain, s’alliant à Cuba, au Vene­zue­la et à la Pales­tine, et exprime son sou­tien à l’indépendance por­to­ri­caine et à une solu­tion paci­fique à la crise coréenne. Le Nica­ra­gua est membre de l’Alliance boli­va­rienne des Amé­riques et de la Com­mu­nau­té des États d’Amérique latine et des Caraïbes, une alter­na­tive lati­­no-amé­­ri­­caine à l’OEA, dont ni les États-Unis ni le Cana­da ne font par­tie. Il s’est éga­le­ment allié à la Chine pour un pro­jet de canal et à la Rus­sie pour la coopé­ra­tion en matière de sécu­ri­té. Pour toutes ces rai­sons, les États-Unis veulent mettre en place un gou­ver­ne­ment nica­ra­guayen favo­rable aux États-Unis.

Plus impor­tant est l’exemple que le Nica­ra­gua a don­né pour un modèle social et éco­no­mique réus­si en dehors de la sphère de domi­na­tion US. Géné­rant plus de 75% de son éner­gie à par­tir de sources renou­ve­lables, le Nica­ra­gua était le seul pays ayant l’autorité morale pour s’opposer à l’Accord de Paris sur le cli­mat, le jugeant insuf­fi­sant (il a rejoint le trai­té un jour après que Trump ait reti­ré les Etats-Unis, décla­rant ’nous nous sommes oppo­sés à l’accord de Paris par res­pon­sa­bi­li­té, les Etats-Unis s’y opposent par irres­pon­sa­bi­li­té’). Le gou­ver­ne­ment FMLN d’El Sal­va­dor, bien que poli­ti­que­ment moins domi­nant que le Front san­di­niste, a pris l’exemple de la bonne gou­ver­nance au Nica­ra­gua, inter­di­sant récem­ment l’exploitation minière et la pri­va­ti­sa­tion de l’eau. Même le Hon­du­ras, l’éternel bas­tion de la puis­sance US en Amé­rique cen­trale, avait mon­tré des signes d’un dépla­ce­ment vers la gauche, jusqu’au coup d’État mili­taire sou­te­nu par les États-Unis en 2009. Depuis lors, il y a eu une répres­sion mas­sive des mili­tants sociaux, une élec­tion clai­re­ment volée en 2017, et le Hon­du­ras a per­mis l’expansion des bases mili­taires amé­ri­caines près de la fron­tière nicaraguayenne.

En 2017, la Chambre des repré­sen­tants des États-Unis a adop­té à l’unanimité la Nica­ra­guan Invest­ment Condi­tio­na­li­ty Act (NICA Act), qui, si elle est adop­tée par le Sénat, obli­ge­ra le gou­ver­ne­ment US à oppo­ser son veto aux prêts consen­tis par des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales au gou­ver­ne­ment nica­ra­guayen. Cetimpé­ria­lisme US para­ly­se­ra la capa­ci­té du Nica­ra­gua à construire des routes, à moder­ni­ser les hôpi­taux, à construire des usines d’énergie renou­ve­lable et à pas­ser de l’élevage exten­sif à des sys­tèmes inté­grés d’élevage et de fores­te­rie, entre autres consé­quences. Il peut aus­si signi­fier la fin de nom­breux pro­grammes sociaux popu­laires, comme l’électricité sub­ven­tion­née, des tarifs d’autobus stables et le trai­te­ment médi­cal gra­tuit des mala­dies chroniques.

Le pou­voir exé­cu­tif amé­ri­cain a uti­li­sé la Glo­bal Magnits­ky Act pour cibler les finances des diri­geants de la Cour suprême élec­to­rale, de la police natio­nale, du gou­ver­ne­ment de la ville de Mana­gua et de l’ALBA au Nica­ra­gua. Les poli­ciers et les bureau­crates de la san­té publique se sont enten­dus dire que leurs visas US avaient été révo­qués. La ques­tion n’est pas de savoir si ces fonc­tion­naires ont ou n’ont pas com­mis des actes qui méritent leur répri­mande au Nica­ra­gua, mais si le gou­ver­ne­ment US a la juri­dic­tion pour inti­mi­der et s’en prendre aux fonc­tion­naires nicaraguayens.

Alors que la vio­lence sadique se pour­suit, la stra­té­gie des put­schistes visant à chas­ser le gou­ver­ne­ment a échoué. La réso­lu­tion de la crise poli­tique pas­se­ra par des élec­tions, et le FSLN est sus­cep­tible de rem­por­ter ces élec­tions, à moins d’une nou­velle offen­sive dra­ma­tique et impro­bable de la part de l’opposition de droite.

Une guerre des classes à l’envers

Il est impor­tant de com­prendre la nature des coups d’État amé­ri­cains et oli­gar­chiques de cette époque et le rôle des médias et de la trom­pe­rie des ONG parce qu’elle se répète dans de nom­breux pays d’Amérique latine et dans d’autres pays. On peut s’attendre à une attaque simi­laire contre Andrés Manuel López Obra­dor, récem­ment élu au Mexique, s’il cherche à obte­nir les chan­ge­ments qu’il a promis.

Les États-Unis cherchent à domi­ner le Nica­ra­gua depuis le milieu du XIXe siècle. Les riches du Nica­ra­gua ont cher­ché le retour de la gou­ver­nance alliée aux Etats-Unis depuis que les San­di­nistes ont pris le pou­voir. Cet échec du coup d’État ne signi­fie pas la fin de leurs efforts ou la fin de la dés­in­for­ma­tion dans les médias. Savoir ce qui se passe réel­le­ment et par­ta­ger cette infor­ma­tion est l’antidote pour les vaincre au Nica­ra­gua et dans le monde entier.

Le Nica­ra­gua est une guerre de classes à l’envers. Le gou­ver­ne­ment a rele­vé le niveau de vie de la majo­ri­té pauvre en redis­tri­buant les richesses. Les oli­garques et les Etats-Unis, inca­pables d’installer le néo­li­bé­ra­lisme par le biais d’élections, ont créé une crise poli­tique, mise en évi­dence par une fausse cou­ver­ture média­tique pour for­cer Orte­ga à démis­sion­ner. Le coup d’État échoue, la véri­té émerge et ne doit pas être oubliée.

Kevin Zeese, Nils McCune

Kevin Zeese est un avo­cat qui codi­rige Popu­lar Resis­tance, basée aux Etats-Unis. Nils McCune fait par­tie de l’équipe tech­nique de l’IALA Mesoa­me­ri­ca (Ins­ti­tut agroé­co­lo­gique d’Amérique latine au Nica­ra­gua) et est cher­cheur à l’Université du Michigan.

Tra­duc­tion « bon, avec ça, y’en a qui devraient com­prendre, non ? » par Vik­tor Dedaj pour le Grand Soir avec pro­ba­ble­ment toutes les fautes et coquilles habituelles

»» https://​popu​lar​re​sis​tance​.org/​c​o​r​r​e​c​t​i​n​g​–​t​h​e​–​r​e​c​o​r​d​–​w​h​a​t​–​i​s​–​r​e​a​l​l​y​–​h​a​p​p​e​n​i​n​g​–​i​n​–​n​i​c​a​r​a​g​ua/

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[Passionnant] La démocratie contre les experts. Les esclaves publics en Grèce ancienne.

Un livre pas­sion­nant, de Pau­lin Ismard :

« Sup­po­sons un ins­tant que le diri­geant de la Banque de France, le direc­teur de la police et celui des Archives natio­nales soient des esclaves, pro­prié­tés à titre col­lec­tif du peuple fran­çais. Ima­gi­nons, en somme, une Répu­blique dans laquelle cer­tains des plus grands ser­vi­teurs de l’État seraient des esclaves.

Ils étaient archi­vistes, poli­ciers ou véri­fi­ca­teurs de la mon­naie : tous esclaves, quoique jouis­sant d’une condi­tion pri­vi­lé­giée, ils furent les pre­miers fonc­tion­naires des cités grecques. En confiant à des esclaves de telles fonc­tions, qui requé­raient une exper­tise dont les citoyens étaient bien sou­vent dénués, il s’agissait pour la cité de pla­cer hors du champ poli­tique un cer­tain nombre de savoirs spé­cia­li­sés, dont la maî­trise ne devait légi­ti­mer la déten­tion d’aucun pou­voir. Sur­tout, la démo­cra­tie directe, telle que la conce­vaient les Grecs, impli­quait que l’ensemble des pré­ro­ga­tives poli­tiques soit entre les mains des citoyens. Le recours aux esclaves assu­rait ain­si que nul appa­reil admi­nis­tra­tif ne pou­vait faire obs­tacle à la volon­té du peuple. En ren­dant invi­sibles ceux qui avaient la charge de son admi­nis­tra­tion, la cité conju­rait l’apparition d’un État qui puisse se consti­tuer en ins­tance auto­nome et, le cas échéant, se retour­ner contre elle.

Que la démo­cra­tie se soit construite en son ori­gine contre la figure de l’expert gou­ver­nant, mais aus­si selon une concep­tion de l’État qui nous est radi­ca­le­ment étran­gère, voi­là qui devrait nous intriguer. »


Pau­lin Ismard est maître de confé­rences en his­toire grecque à l’université Paris 1 Pan­­théon-Sor­­bonne. Il a récem­ment publié L’Événement Socrate (Flam­ma­rion, 2013, prix du livre d’histoire du Sénat 2014).

Source : http://​www​.seuil​.com/​o​u​v​r​a​g​e​/​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​c​o​n​t​r​e​–​l​e​s​–​e​x​p​e​r​t​s​–​p​a​u​l​i​n​–​i​s​m​a​r​d​/​9​7​8​2​0​2​1​1​2​3​623

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Quand le politique primait sur l’expert

https://​you​tu​.be/​s​J​6​7​I​R​2​q​a​l​Y​&​f​e​a​t​u​r​e​=​y​o​u​t​u​.be

Avec son ouvrage sti­mu­lant, La Démo­cra­tie contre les experts. Les esclaves publics en Grèce ancienne, l’historien Pau­lin Ismard fait revivre un monde où le poli­tique refu­sait de délé­guer son pou­voir à des spé­cia­listes de la gou­ver­nance, et avait inven­té pour cela une concep­tion de l’État où des esclaves, sou­mis à l’autorité des citoyens, se char­geaient d’une par­tie de l’administration de la Cité. [Media­part]

Alternatives monétaires : vidéo de notre rencontre de Nîmes, avec Gilles (Heu?reka)

Voi­ci enfin la trace d’une chouette ren­contre, le 20 mai 2018 à Nîmes, avec Gilles, qui anime l’ex­cel­lente chaîne You­tube Heu?reka.

Vous allez voir : Gilles explique vrai­ment bien, je trouve, et même si vous connais­sez déjà le sujet moné­taire, vous trou­ve­rez sûre­ment des façons inté­res­santes de pré­sen­ter les pro­blèmes et les solutions.

httpv://www.youtube.com/watch?v=JOzFirevxCk

Mille mer­cis à Tris­tan (« Je deviens citoyen ») d’a­voir orga­ni­sé et per­mis tout ça.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

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Rendez-vous vendredi prochain, 29 juin 2018, 17h30, à Aix-en-Provence, aux 3C : Comment penser, renouveler et mettre en œuvre la Démocratie aujourd’hui ?

Chers amis,

Cette fois, je ne vais pas faire des cen­taines de km pour vous rejoindre 🙂 Je vous pro­pose de nous voir ven­dre­di pro­chain, 29 juin 2018, à 17h, à Aix-en-Pro­­vence, aux 3C, sur le thème :

Comment penser, renouveler et mettre en œuvre la Démocratie aujourd’hui ? Modèles, modalités, enjeux à l’heure du néolibéralisme

Café phi­lo ani­mé par Jacques Roux et Phi­lippe Mengue (phi­lo­sophes et démo­crates convain­cus). Avec la pré­sence excep­tion­nelle d’É­tienne Chouard (blo­gueur défen­seur de la démocratie).

Ques­tion­ner la chose publique en ce qu’elle a de plus noble, débattre de la démo­cra­tie, voi­là ce que pro­pose ce café philo :

  • En quoi l’émancipation poli­tique pro­­cède-t-elle de l’émancipation moné­taire ? La démo­cra­tie comme concept est-elle de gauche ou à gauche ?
  • Est-elle com­pa­tible avec la chose « libérale » ?
  • Peut-elle exis­ter comme objet dans le monde « libéral » ?
  • Le par­le­men­ta­risme de la repré­sen­ta­tion per­­met-il la par­ti­ci­pa­tion du plus grand nombre ?
  • Les oli­gar­chies par­le­men­taires ont-elles besoin de la réfé­rence men­tale à un monarque ?
  • L’élection d’un repré­sen­tant consti­­tue-t-elle un acte de par­ti­ci­pa­tion à la vie politique ?
  • Peut-on se pas­ser de la repré­sen­ta­tion parlementaire ?
  • Quelle démo­cra­tie pour anni­hi­ler toute forme de domination ?

Venez nom­breux débattre citoyen­ne­ment et paci­fi­que­ment avec nous !

Café Cultu­rel Citoyen – 3C
Le ven­dre­di 29 juin 2018 à 17h30
Entrée libre.
www​.cafe​cul​tu​rel​ci​toyen​.org

23 bou­le­vard Carnot
13100 Aix-en-Provence
09 72 36 46 47

Annonce : http://​www​.jour​nal​ven​ti​lo​.fr/​a​g​e​n​d​a​/​d​i​v​e​r​s​/​8​6​1​9​4​/​c​o​m​m​e​n​t​–​p​e​n​s​e​r​–​r​e​n​o​u​v​e​l​e​r​–​e​t​–​m​e​t​t​r​e​–​e​n​–​o​e​u​v​r​e​–​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​a​u​j​o​u​r​d​–​h​u​i​–​m​o​d​e​l​e​s​–​m​o​d​a​l​i​t​e​s​–​e​n​j​e​u​x​–​a​–​l​–​h​e​u​r​e​–​d​u​–​n​e​o​l​i​b​e​r​a​l​i​sme

 
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

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[AUTODÉFENSE] Il faut absolument défendre nous-mêmes nos LANCEURS D’ALERTE, les AIDER financièrement, maintenant, massivement, régulièrement

Voi­ci mon inter­ven­tion à Paris, courte mais dense, le 28 avril 2018, à pro­pos de la lutte héroïque — et très emblé­ma­tique — de Mar­tine Don­nette et Claude Diot contre les monstres cri­mi­nels de la grande dis­tri­bu­tion (qui cor­rompent et déser­ti­fient le pays) :

httpv://www.youtube.com/watch?v=qtCPCo4y7qE&feature=youtu.be

J’y parle du livre de Mar­tine, très émouvant :

Et puis du livre de Sté­pha­nie, très important :

J’au­rais dû y évo­quer la chaîne You­tube de Mar­tine, « En toute fran­chise », et son site web, aux­quels il faut s’a­bon­ner pour res­ter bien au cou­rant des luttes en cours : 

https://​www​.you​tube​.com/​u​s​e​r​/​E​n​T​o​u​t​e​F​r​a​n​c​h​ise

https://​www​.hel​loas​so​.com/​a​s​s​o​c​i​a​t​i​o​n​s​/​e​n​–​t​o​u​t​e​–​f​r​a​n​c​h​i​s​e​?​b​a​n​n​e​r​=​T​rue

Site où l’on peut lui don­ner de l’argent (1€ par mois, par exemple, ce serait formidable) :

https://​www​.hel​loas​so​.com/​a​s​s​o​c​i​a​t​i​o​n​s​/​e​n​–​t​o​u​t​e​–​f​r​a​n​c​h​i​s​e​/​f​o​r​m​u​l​a​i​r​e​s/1

Et je vous signale aus­si un site impor­tant, PASSEUR D’ALERTES, à consul­ter sou­vent et à aider aus­si, qui regroupe toutes les nou­velles sur nos lan­ceurs d’a­lertes. C’est un tra­vail de romain, ce site est pré­cieux pour nous, il est com­plè­te­ment béné­vole, c’est du dévoue­ment pur et nous ne sommes pas assez nom­breux à aider son ani­ma­trice, Caro­line Chaumet-Delattre :


https://​pas​seur​da​lertes​.org/

Un grand mer­ci aus­si à la for­mi­dable équipe de Nexus, mer­ci au cou­rage épa­tant de l’é­di­teur Max Milo, mer­ci à l’in­fa­ti­gable dévoue­ment au bien com­mun de https://​you​tu​.be/​J​n​g​N​y​f​T​b​R4g, mer­ci à ceux qui nous accueillent mal­gré les calom­nies, comme Nan­cy et l’as­so­cia­tion Miguel Angel, et mer­ci à tous les obs­curs et dévoués qui aident les lan­ceurs d’a­lerte, cha­cun dans leur coin, du mieux qu’ils peuvent.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​3​7​9​0​2​4​1​9​7​317

[AU DIABLE L’AUSTÉRITÉ !] Atelier sur les ALTERNATIVES MONÉTAIRES, à Paris, jeudi 14 juin 2018, 18h, avec LES CITOYENS CONSTITUANTS

Chers amis,

Je vous pro­pose de nous retrou­ver à Paris la semaine pro­chaine, pour réflé­chir ensemble aux meilleures alter­na­tives moné­taires que l’es­pèce humaine devrait apprendre à mettre en place elle-même pour échap­per — ou au moins sur­vivre — à l’ef­fon­dre­ment qui vient.

Je vou­drais notam­ment vous deman­der de m’ai­der à illus­trer / ima­ger / résu­mer la com­pa­rai­son entre les vices du sys­tème actuel et les ver­tus du sys­tème char­ta­liste, en asso­cia­tion avec des mon­naies locales com­plé­men­taires (libres ?). Nous aurons un tableau en papier et plein de crayons 🙂 Si nous arri­vions à pro­duire des ébauches de sché­mas éclai­rants et inter­pel­lants, je serais le plus heu­reux des hommes 🙂

Je vous invi­te­rai éga­le­ment à rédi­ger des articles de consti­tu­tion ins­ti­tuant ces alter­na­tives moné­taires sans empri­son­ner les géné­ra­tions futures dans nos vues actuelles : les garan­ties durables d’un débat public loyal per­ma­nent sont plus impor­tantes que la per­fec­tion illu­soire d’un choix figé, même bien pensé.

On sera inci­tés à bien res­ter sur le plan consti­tu­tion­nel par Les Citoyens Consti­tuants (LCC), que je suis heu­reux de retrou­ver à cette occasion.

Je remer­cie Nan­cy — et l’as­so­cia­tion Miguel Angel — pour sa gen­tille invi­ta­tion, dans cette grande salle où elle nous a déjà accueillis pour faire connaître la lutte héroïque de Mar­tine Don­nette contre les géants de la grande dis­tri­bu­tion.

· L’an­nonce par l’association :

À vos agendas !

Alter­na­tives monétaires
avec Étienne Chouard
Jeu­di 14 juin 2018 de 18h à 22h 

Par­ti­ci­pez à un nou­veau for­mat de confé­rence inter­ac­tive (et ate­liers avec sablier pour garan­tir le temps de parole !)
Nous espé­rons que vous serez nom­breux à venir par­ta­ger cette expérience. 

LIEU : ass. Miguel Angel 14 rue de Patay, 75013 Paris

ACCUEIL : 17h30-18h

DROIT D’ENTRÉE : Par­ti­ci­pa­tion libre.

(Nous sug­gé­rons une par­ti­ci­pa­tion aux frais de 5 €, ou plus si vous le pou­vez. Il ne faut sur­tout pas que l’as­pect finan­cier soit un frein à cette rencontre.)

INSCRIPTION et ren­sei­gne­ments complémentaires :

par mail : [email protected] (Nan­cy Gomez)

ou FB 🙂 (Nan­cy Invi­ta­tion)

C’est une acti­vi­té béné­vole aus­si n’hésitez pas si vous le vou­lez à me pro­po­ser votre aide pour la mise en place, le ran­ge­ment, l’accueil… un grand merci !

· L’é­vé­ne­ment FB créé par LCC : https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​2​4​6​8​0​9​3​6​9​2​3​0​7​23/)

Au plai­sir de vous revoir, bande de virus démo­cra­tiques, et de tra­vailler ensemble concrè­te­ment à un monde meilleur.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

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Wikipédia, outil de calomnie et de mensonge pour ses parties politiques (et économiques), comme tous les autres médias vendus : l’Affaire Philip Cross, par Craig Murray

Pour sim­pli­fier l’ac­cès aux savoirs SCIENTIFIQUES ET HISTORIQUE, Wiki­pé­dia est un outil péda­go­gique sou­vent très utile, évi­dem­ment ; mais dans les domaines POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES, où les voleurs de pou­voir (et les voleurs tout court, comme les indus­triels et les ban­quiers) ont beau­coup à gagner ou à perdre — et où il y a donc de puis­santes rai­sons pour men­tir —, Wiki­pé­dia est un outil de mani­pu­la­tion et de men­songe, exac­te­ment comme les autres médias ache­tés par les riches pour dés­in­for­mer les citoyens, en dis­cré­di­tant fal­la­cieu­se­ment les oppo­sants et en flat­tant per­ni­cieu­se­ment les dominants.

Pour preuve, par exemple, l’ar­ticle pas­sion­nant ci-des­­sous, de Craig Murray.

C’est ain­si que ma propre page Wiki­pé­dia est pro­gres­si­ve­ment deve­nue un outil de calom­nie mal­veillante chi­mi­que­ment pure — avec inter­dic­tion de m’y défendre moi-même…

Étienne.

Est-ce que le fait d’être libre n’offre pas for­cé­ment l’ob­jet libre aux plus riches (le pri­vant rapi­de­ment de réelle liberté) ?


L’Affaire Philip Cross par Craig Murray [Trad.]

Note Sove­rain : Cet article de Craig Mur­ray met en évi­dence les liens entre Wiki­pé­dia, géné­ra­le­ment répu­tée pour être une ency­clo­pé­die libre et par­ti­ci­pa­tive (et donc une réfé­rence dans le domaine de l’information), et la manière dont elle est uti­li­sée à des fins (géo)politiques avec la com­pli­ci­té sup­po­sée de son fon­da­teur et de cer­tains rédac­teurs. Cet article traite de l’affaire « Phi­lip Cross », un uti­li­sa­teur de Wiki­pé­dia qui a un grand nombre de révi­sions à son actif, toutes en faveur des médias néo-conser­­va­­teurs bri­tan­niques et en défa­veur des médias indé­pen­dants et alter­na­tifs. Cet article apporte des élé­ments de réponse pour juger de la neu­tra­li­té de Wiki­pé­dia, et per­met d’avoir un aper­çu des dif­fi­cul­tés ren­con­trées par d’autres per­sonnes phy­siques ou morales (par­tis poli­tiques, asso­cia­tions), même en France, pour dis­po­ser d’une page objective.

Craig Mur­ray : « Phi­lip Cross » n’a pas eu un seul jour de répit sur sa page Wiki­pe­dia depuis presque cinq ans. « Il » a édi­té tous les jours du 29 août 2013 au 14 mai 2018. Y com­pris cinq jours de Noël. Ça fait 1 721 jours consé­cu­tifs de révisions.

133 612 modi­fi­ca­tions ont été appor­tées à Wiki­pé­dia au nom de « Phi­lip Cross » sur une période de 14 ans. C’est plus de 30 édi­tions par jour, sept jours sur sept. Et je ne l’utilise pas au sens figu­ré : Les révi­sions Wiki­pe­dia sont enre­gis­trées dans le temps, et si vous les tra­cez, la carte de temps pour l’activité Wiki­pe­dia de « Phi­lip Cross » est éton­nante si il s’agit d’un seul individu :

L’activité se déroule comme une hor­loge, sept jours sur sept, toutes les heures de la jour­née, sans varia­tion signi­fi­ca­tive. Si « Phi­lip Cross » est vrai­ment un indi­vi­du, on ne peut nier qu’il soit mala­di­ve­ment obsé­dé. Je ne suis pas psy­chiatre, mais à mes yeux tout à fait inex­pé­ri­men­tés, cela res­semble au com­por­te­ment d’un psy­cho­tique déran­gé sans acti­vi­tés sociales en dehors de son domi­cile, sans tra­vail (ou un patron incroya­ble­ment tolé­rant), vivant sa vie à tra­vers un écran. Je dirige ce qui est sans doute le blog poli­tique le plus lu au Royaume-Uni, et je ne passe pas autant de temps sur Inter­net que « Phi­lip Cross ». Ma « time­card » montre les endroits où je regarde le foot­ball le same­di, je vais boire le ven­dre­di, je vais au super­mar­ché et me pro­me­ner ou sor­tir en famille le dimanche, et en géné­ral, je me détends beau­coup plus et je lis des livres le soir. Cross n’a pas les sché­mas d’activité d’un être humain nor­mal et par­fai­te­ment équilibré.

Il y a trois options. « Phi­lip Cross » est soit une per­sonne très étrange en effet, soit une fausse per­sonne dégui­sant une acti­vi­té payante pour contrô­ler le conte­nu de wiki­pe­dia, soit une vraie per­sonne de façade pour une telle opé­ra­tion en son nom.

Pour­quoi cette qua­li­fi­ca­tion d’obsessionnel com­pul­sif sans amis – pour prendre l’explication offi­cielle – est justifiée ?

Parce que le but de l’opération « Phi­lip Cross » est de sys­té­ma­ti­que­ment atta­quer et de miner la répu­ta­tion de ceux qui jouent un rôle de pre­mier plan dans la remise en cause du dis­cours domi­nant des entre­prises et des médias d’Etat, en par­ti­cu­lier dans les affaires étran­gères. « Phi­lip Cross » cherche aus­si sys­té­ma­ti­que­ment à faire briller la répu­ta­tion des jour­na­listes des médias grand public et d’autres per­son­na­li­tés qui jouent un rôle de pre­mier plan dans la pro­mo­tion de la pro­pa­gande néo­con­ser­va­trice et dans la pro­mo­tion des inté­rêts d’Israël.

C’est impor­tant parce qu’un lec­teur ordi­naire qui tombe sur un article ques­tion­nant (disons le comme ça) le récit offi­ciel sur les Skri­pals, est très sus­cep­tible de se tour­ner vers Wiki­pe­dia pour obte­nir des infor­ma­tions sur l’auteur de l’article. En termes simples, le but de l’opération « Phi­lip Cross » est de s’assurer que si ce lec­teur recherche une per­sonne anti­mi­li­ta­riste comme John Pil­ger, ils conclu­ront qu’ils ne sont pas du tout fiables et peu dignes de confiance, alors que s’ils recherchent un jour­na­liste MSM de droite, ils conclu­ront qu’ils sont un modèle de ver­tu et qu’il faut leur faire plei­ne­ment confiance.

Le trai­te­ment « Phi­lip Cross » est réser­vé non seule­ment aux par­ti­sans de l’aile gauche, mais à tous les scep­tiques du néo-conser­­va­­tisme et qui s’opposent aux « guerres d’intervention ». La liste des vic­times de Cross com­prend Alex Sal­mond, Peter Oborne, John Pil­ger, Owen Jones, Jere­my Cor­byn, Tim Hay­ward, Diane Abbott, Neil Clark, Lind­sey Ger­man, Vanes­sa Bee­ley et George Gal­lo­way. Comme on peut s’y attendre, « Phi­lip Cross » est par­ti­cu­liè­re­ment actif dans la modi­fi­ca­tion des articles de Wiki­pe­dia des médias alter­na­tifs et des sites de cri­tique MSM. « Phi­lip Cross » a fait 36 révi­sions à la page Wiki­pe­dia de The Cana­ry et, de façon stu­pé­fiante, plus de 800 révi­sions sur Media Lens. George Gal­lo­way reste la cible favo­rite de l’opération « Phi­lip Cross » avec un nombre incroyable de 1 800 révisions.

Tout aus­si révé­la­teurs sont les gens que « Phi­lip Cross » cherche à pro­té­ger et à pro­mou­voir. Sarah Smith, l’uber-syndicaliste de la BBC Scot­land, a deman­dé à « Phi­lip Cross » de sup­pri­mer les réfé­rences de son entrée sur Wiki­pe­dia aux liens fami­liaux qui (ahem) ont pu l’aider dans sa car­rière. La dépu­tée Ruth Smeeth, de Labour Friends of Israel, a fait réfé­rence au câble diplo­ma­tique amé­ri­cain Wiki­leaks qui a mon­tré qu’elle était une infor­ma­trice à l’ambassade des États-Unis sur les secrets du Par­ti tra­vailliste, sup­pri­mé par « Phi­lip Cross ». La chro­ni­queuse de droite Mela­nie Phil­lips et son déni du chan­ge­ment cli­ma­tique s’est fait exci­ser par Cross.

« Phi­lip Cross » ne se contente pas de veiller et pro­tè­ger soi­gneu­se­ment la page Wiki­pe­dia de l’éditrice du Guar­dian Kathe­rine Viner, qui a chan­gé sa plume pour le camp néo-con, mais Phi­lip Cross a aus­si rédi­gé la page hagio­gra­phique (NDLT : écri­ture de la vie des saints) ori­gi­nale. Le contact MI6 du Guar­dian, Luke Har­ding, est par­ti­cu­liè­re­ment pris en charge par Cross, de même que leurs obses­sifs anti-cor­­byn Nick Cohen et Jona­thon Freed­land. Il en va de même pour Mur­doch, David Aaro­no­vitch et Oli­ver Kamm.

Il ne fait aucun doute que Kamm, chef de file du Murdoch’s Times, est en lien avec l’opération « Phi­lip Cross ». Beau­coup de gens croient que Kamm et Cross sont la même per­sonne, ou que Kamm fait par­tie d’une per­sonne mul­tiple. Six fois j’ai eu per­son­nel­le­ment des modi­fi­ca­tions hos­tiles à ma page Wiki­pe­dia par « Phi­lip Cross » faites en liai­son directe avec des attaques de Kamm, soit sur Twit­ter, dans un édi­to­rial du Times ou dans le maga­zine Pros­pect. Au total, « Phi­lip Cross » a effec­tué 275 modi­fi­ca­tions sur ma page Wiki­pe­dia. Il s’agit notam­ment d’appeler ma femme strip-tea­­seuse, de sup­pri­mer ma pho­to, de sup­pri­mer ma réponse aux attaques lan­cées contre moi par Kamm et Har­ding, entre autres, et de sup­pri­mer mon refus de tous les hon­neurs alors que j’étais diplo­mate britannique.

Neil Clark et Peter Oborne sont unes des nom­breuses vic­times de Phi­lip Cross sur Wiki­pe­dia en même temps que les attaques de Kamm sur d’autres médias. Clark pour­suit Kamm en jus­tice pour har­cè­le­ment cri­mi­nel – et « Phi­lip Cross » a sup­pri­mé toute réfé­rence à ce fait de la page Wiki­pe­dia de Kamm.

Ce qui est clair, c’est que Kamm et Cross ont des opi­nions poli­tiques extrê­me­ment simi­laires, et que la ligne de démar­ca­tion entre ceux qu’ils attaquent et ceux qu’ils défendent est basée clai­re­ment sur les prin­cipes du Mani­feste d’Euston (NDLT : une décla­ra­tion de prin­cipes d’un groupe de jour­na­listes et acti­vistes libé­raux basés au Royaume-Uni). C’est peut-être un peu flou, mais il s’agit en fait d’une impor­tante décla­ra­tion blai­rite de sou­tien à Israël et aux guerres néo-conser­­va­­trices d’intervention, et elle était liée à la fon­da­tion de la Hen­ry Jack­son Socie­ty. Qui est res­pon­sable de l’édition de la page Wiki­pe­dia du Mani­feste d’Euston ? « Phi­lip Cross ».

Ce qui est par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant, c’est que les posi­tions de « Phi­lip Cross » sont exac­te­ment les mêmes que celles de Jim­my Wales, le fon­da­teur de Wiki­pe­dia. Jim­my Wales a été sur Twit­ter ces trois der­niers jours extrê­me­ment gros­sier et désa­gréable pour qui­conque remet­tait en ques­tion les acti­vi­tés de Phi­lip Cross. Son enga­ge­ment en faveur de la liber­té de Cross d’opérer sur Wiki­pe­dia serait bien plus impres­sion­nant si l’opération Cross ne fai­sait pas la pro­mo­tion des propres opi­nions de Wales. Jim­my Wales s’est acti­ve­ment pro­non­cé contre Jere­my Cor­byn, sou­tient le bom­bar­de­ment de la Syrie, sou­tient Israël, est tel­le­ment blai­rite qu’il a épou­sé la secré­taire de Blair, et siège au conseil d’administration de Guar­dian Media Group Ltd aux côtés de Kathe­rine Viner.

L’attitude extrê­me­ment défen­sive et le carac­tère sur­na­tu­rel des réponses twit­ter de Wales sur l’opération « Phi­lip Cross » est très révé­la­teur. Pour­quoi pen­­sez-vous qu’il réagit ain­si ? C’est assez inté­res­sant. Le bras men­diant de Wiki­pe­dia UK, Wiki­me­dia UK, les a rejoint avec des réponses hos­tiles iden­tiques à tous ceux qui remettent en ques­tion Cross.

En réponse, de nom­breuses per­sonnes ont envoyé des preuves à Jim­my Wales, qu’il a igno­rées, tan­dis que sa  » fon­da­tion  » s’est fâchée contre ceux qui remettent en ques­tion les acti­vi­tés de Phi­lip Cross.

Wiki­me­dia est arri­vé sans y être invi­té dans un fil twit­ter dis­cu­tant des acti­vi­tés « Phi­lip Cross » et a immé­dia­te­ment com­men­cé à atta­quer les gens qui remettent en ques­tion la légi­ti­mi­té de Cross. Quelqu’un voit-il quelque chose d’insultant dans mon tweet ?

Je le répète, la coïn­ci­dence des opi­nions poli­tiques de Phi­lip Cross avec celles de Jim­my Wales, alliée à l’hostilité immé­diate de Wales et de Wiki­me­dia à l’égard de qui­conque remet en ques­tion les acti­vi­tés de Cross – sans avoir besoin d’examiner des preuves – sou­lève un grand nombre de questions.

Phi­lip Cross ne cherche pas à cacher son mobile ou sa haine de ceux dont il attaque les pages de Wiki­pe­dia. Il les raille ouver­te­ment sur Twit­ter. La mal­hon­nê­te­té évi­dente de ses révi­sions est évi­dente pour tout le monde.

Dans le pas­sé, j’ai échan­gé des mes­sages avec « Phi­lip Cross ». Il dit qu’il est une per­sonne, et qu’il édite en lien avec les tweets d’Oliver Kamm parce qu’il suit Kamm et que ses tweets l’inspirent à édi­ter. Il dit qu’il a ren­con­tré Kamm et admet être en contact élec­tro­nique avec lui. Cet échange que j’ai eu avec Cross, c’était il y a quelques années. Com­mu­ni­ca­tion plus récente avec Cross (qui a main­te­nant chan­gé son ID Twit­ter en « Julian »).

a été moins coopé­ra­tif et il n’a pas répondu :

George Gal­lo­way offre une récom­pense de £1,000 pour le nom et l’adresse de « Cross » afin qu’il puisse éga­le­ment inten­ter une action en justice.

Je pense que Phi­lip Cross est pro­ba­ble­ment une per­sonne phy­sique, mais qu’il fait la cou­ver­ture d’un groupe agis­sant sous son nom. Il est incon­tes­table, en fait le gou­ver­ne­ment s’en est van­té, que le MOD et le GCHQ ont tous deux des opé­ra­tions de « cyber­guerre » visant à défendre le récit « offi­ciel » contre les médias alter­na­tifs, et c’est pré­ci­sé­ment le but de l’opération « Phi­lip Cross » sur Wiki­pe­dia. L’extrême régu­la­ri­té de la pro­duc­tion plaide contre le fait que « Phi­lip Cross » soit une opé­ra­tion à un seul homme ou béné­vole. Je n’exclus cepen­dant pas la pos­si­bi­li­té qu’il ne soit vrai­ment qu’un seul fana­tique extrê­me­ment obsé­dé par la droite.

Enfin, il convient de noter que sur Wiki­pe­dia, une cam­pagne visant à ren­for­cer la nar­ra­tion des médias grand public et à déni­grer les sources alter­na­tives pré­sente l’énorme avan­tage que seule l’information pro­ve­nant des médias grand public est auto­ri­sée dans les articles politiques.

En conclu­sion, quelques images des pages de révi­sion des articles de Wiki­pe­dia pour don­ner un petit aper­çu de ce dont je parle :

Je m’inquiète un peu, de peur de deve­nir moi-même obsé­dé. Trou­­vez-vous cela aus­si fas­ci­nant que moi ?

Craig Mur­ray.

Source ori­gi­nale : https://​www​.craig​mur​ray​.org​.uk/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​2​0​1​8​/​0​5​/​t​h​e​–​p​h​i​l​i​p​–​c​r​o​s​s​–​a​f​f​a​ir/

Source en fran­çais : https://​www​.sove​rain​.fr/​l​a​f​f​a​i​r​e​–​p​h​i​l​i​p​–​c​r​o​ss/

 

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François Ruffin, représentant exemplaire et enthousiasmant, jour après jour

PAYSANS, CE JEU FINIRA-T-IL BIENTÔT ?

PLAIDOYER POUR LES POULES, VACHES, COCHONS

François Ruffin chez Bourdin

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Mer­ci François.
Étienne.

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Rendez-vous à Toulon le 24 mai 2018, à 18 h, avec les Indignés, autour du dernier film sur Chomsky

L’é­vé­ne­ment Facebook :
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Aude Lancelin, sur la scandaleuse appropriation des médias (y compris des prétendus « Reporters sans frontières », apparemment) par les ultrariches, en France comme ailleurs

Remar­quable syn­thèse, en 7 min, sur la scan­da­leuse appro­pria­tion des médias (y com­pris des pré­ten­dus « Repor­ters sans fron­tières », appa­rem­ment) par les ultra­riches, en France comme ailleurs. 

Mer­ci Aude Lancelin.


Ça me rap­pelle évi­dem­ment ma propre syn­thèse, en 3 min en 2014, qui reliait cette hon­teuse main­mise média­tique à l’es­cro­que­rie his­to­rique du faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois), à notre impuis­sance poli­tique popu­laire et à sa cause pre­mière : notre démis­sion du pro­ces­sus constituant :

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

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[Ennemis du peuple] Ceux qui se prennent pour « les élus » sont les fléaux de l’humanité. L’antidote universel contre leur accès au pouvoir est le tirage au sort, mais celui-ci ne sera institué et protégé que par des citoyens devenus personnellement et massivement constituants

Pen­dant que nos « élus de la répu­blique » détruisent impu­né­ment une à une toutes les pro­tec­tions sociales et toutes les ins­ti­tu­tions de l’é­tat de droit (au pro­fit des usu­riers, leurs maîtres), les nou­veaux nazis du moment — « élus de dieu » israé­liens et amé­ri­cains « sio­nistes » —, racistes, colo­nia­listes, impé­ria­listes, ter­ro­ristes, dépor­teurs, géno­ci­daires, assas­sins, voleurs, men­teurs, espion­neurs, vio­leurs, exploi­teurs, empoi­son­neurs, affa­meurs, bom­bar­deurs, impo­sant à Gaza, comme exemple inti­mi­dant de ter­reur impé­riale, des camps de concen­tra­tion et d’ex­ter­mi­na­tion, un apar­theid abject et les pires crimes contre l’hu­ma­ni­té, ces nou­veaux monstres tota­li­taires conduisent impu­né­ment le monde entier vers une nou­velle tue­rie géné­rale, men­son­gè­re­ment dra­pés dans l’ex­pres­sion « démo­cra­tie », avec l’a­val dégoû­tant, écœu­rant, révol­tant, des faux « jour­na­listes » qu’ils ont tous pour­ris en les ache­tant avec leur sale fausse monnaie 🙁

Putain d’im­puis­sance poli­tique de merde…

Au diable les « élus », au diable !

Étienne.


Bruno Guigue : Massacre colonial pour “un jour de gloire”

55 morts et 2400 bles­sés dont 1200 par balles. C’est le der­nier bilan de la san­glante jour­née du 14 mai 2018 dans la bande de Gaza. Mais pour Neta­nya­hou, c’est un “jour glo­rieux”. Lors de la céré­mo­nie d’inauguration de l’ambassade amé­ri­caine à Jéru­sa­lem, il a remer­cié Donald Trump avec des tré­mo­los dans la voix. “Quel jour glo­rieux ! Sou­­ve­­nez-vous tou­jours de ce moment, c’est un jour his­to­rique. C’est un grand jour pour Jéru­sa­lem et pour l’État d’Israël. Un jour qui res­te­ra dans nos mémoires pour des géné­ra­tions et des géné­ra­tions”. Cette jour­née res­te­ra dans les mémoires, en effet, mais pour ce qu’elle est vrai­ment : un nou­veau mas­sacre colonial.

Déver­sant un déluge de feu sur des mani­fes­tants pales­ti­niens désar­més, l’appareil répres­sif israé­lien s’est sur­pas­sé dans l’horreur. Où sont ses lau­da­teurs habi­tuels, tou­jours prompts à répé­ter le laïus offi­ciel sur cette ver­tueuse armée israé­lienne péné­trée d’impératifs moraux et sou­cieuse d’épargner les civils ? On ne les entend guère, ils rasent les murs. Quand les cou­ra­geux pion­niers de l’idéal sio­niste se livrent à un pogrom en direct, ces impos­teurs fiel­leux et abon­nés aux pla­­teaux-télé ont la mine basse et le regard chafouin.

Mais peu importe. D’autres se mettent à l’ouvrage, bien déci­dés à maquiller la scène de crime. Hypo­crites, les médias fran­çais prennent le relais, nous expli­quant du bout des lèvres que “les ten­sions sont vives” et qu’il y a des “affron­te­ments à la fron­tière”. Quel sens de l’euphémisme ! On se demande bien, d’ailleurs, de quelle fron­tière il s’agit, car Israël n’en a aucune. La bande de Gaza est un mor­ceau libé­ré – et assié­gé – de la Pales­tine his­to­rique. Lorsque ses habi­tants veulent se rendre dans une autre région de la Pales­tine, ils rentrent chez eux, tout sim­ple­ment. Par­ler de fron­tière, c’est faire comme si l’occupation était légale, c’est joindre le men­songe à la jus­ti­fi­ca­tion du for­fait colonial.

Cette jour­née du 14 mai est la plus meur­trière depuis la guerre de l’été 2014 contre Gaza. Mais une fois de plus, dès qu’il s’agit de nom­mer l’oppression subie par les Pales­ti­niens, les mots sont démo­né­ti­sés, vidés de leur sub­stance, frap­pés par une cen­sure invi­sible. On connaît la ren­gaine : “Israël a le droit de se défendre”, les colo­nies sont des “implan­ta­tions », les résis­tants des “ter­ro­ristes”, le mur de sépa­ra­tion “un mur de sécu­ri­té”, Israël une “démo­cra­tie”, les mani­fes­tants de Gaza des “pro­vo­ca­teurs” et des “extré­mistes”. Dans cette nov­langue inva­sive, les expres­sions appa­rem­ment les plus ano­dines sont trompeuses.

Au nom de la diplo­ma­tie euro­péenne, Fede­ri­ca Moghe­ri­ni, par exemple, appelle “toutes les par­ties à agir avec la plus grande rete­nue, afin d’éviter des pertes de vies humaines sup­plé­men­taires”. On savait déjà que l’UE ne ser­vait à rien, mais il faut avouer que cette inuti­li­té finit par se voir de très loin. Dans le même registre, “la France, elle, appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de res­pon­sa­bi­li­té afin de pré­ve­nir un nou­vel embra­se­ment au Proche-Orient”, déclare le ministre fran­çais des Affaires étran­gères, Jean-Yves Le Drian.

Sour­noises à l’excès, ces for­mules laissent entendre que deux peuples s’affrontent sur le champ de bataille, alors qu’il s’agit de la révolte d’un peuple colo­ni­sé contre le colo­ni­sa­teur. Elles font comme si le conflit pro­ve­nait d’une double intran­si­geance et qu’il suf­fi­sait, au fond, de rame­ner à la rai­son les forces anta­go­nistes pour réta­blir la paix. On sait ce que signi­fie cet angé­lisme de façade : il s’agit d’obtenir la red­di­tion de ceux qui pro­testent contre l’occupation. D’une lutte de libé­ra­tion, cette rhé­to­rique léni­fiante fait une obs­cure que­relle. Son arti­fice, dans le meilleur des cas, consiste à ren­voyer dos-à-dos l’occupant et l’occupé, comme si les res­pon­sa­bi­li­tés étaient partagées.

En atten­dant, la débauche de vio­lence de l’occupant fait renaître l’atmosphère san­gui­naire des pires mas­sacres colo­niaux. Enra­ci­née dans les esprits par une idéo­lo­gie raciste, la dia­bo­li­sa­tion du Pales­ti­nien auto­rise toutes les trans­gres­sions. Des citoyens israé­liens s’installent sur les mira­dors pour assis­ter en direct aux tirs à balles réelles sur cibles humaines. Quel beau spec­tacle ! Après tout, les héros de “Tsa­hal” excellent dans leur spé­cia­li­té. Flin­guer des civils, hommes, femmes et enfants confon­dus, c’est quand même plus facile que vaincre le Hez­bol­lah au Liban-Sud ou aller cher­cher le com­bat­tant pales­ti­nien, à la baïon­nette, dans les ruelles obs­cures de Gaza.

“Nos sol­dats défendent nos fron­tières”, déclare Neta­nya­hou. Va-t-il éga­le­ment pro­cla­mer l’époustouflante vic­toire de sa vaillante armée ? Déjà, durant l’été 2014, le bom­bar­de­ment mas­sif et meur­trier d’un immense camp de réfu­giés était cen­sé rele­ver, dans la nov­langue sio­niste, du para­digme de la vic­toire mili­taire. Comme si le bilan de ce bain de sang per­pé­tré à dis­tance pou­vait s’apparenter à celui d’une guerre rem­por­tée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux sol­dats d’une armée digne de ce nom, l’Etat-colon se van­tait de ses tur­pi­tudes. Aujourd’hui encore, comme un serial killer de série B, il se regarde dans le miroir, fas­ci­né par sa propre image mortifère.

Bru­no Guigue.
 
https://​www​.legrand​soir​.info/​m​a​s​s​a​c​r​e​–​c​o​l​o​n​i​a​l​–​p​o​u​r​–​u​n​–​j​o​u​r​–​d​e​–​g​l​o​i​r​e​.​h​tml

Démocratie(s) ? Le film enquête de #DATAGUEULE

Comme 7 818 autres, il y a un an, j’ai modes­te­ment aidé l’é­quipe de DATAGUEULE à pro­duire le film que voi­ci, sur un sujet qui occupe toute ma vie depuis 13 ans. 

C’est un bon film, tonique et par­fois très agréa­ble­ment déca­pant, qui aide­ra sans doute à éveiller des tas d’é­lec­teurs endormis 🙂

Je note, bien sûr, et je me réjouis, que la ques­tion fon­da­men­tale de la qua­li­té du pro­ces­sus consti­tuant appa­raisse et pro­gresse dans la plu­part des enquêtes sur nos pré­ten­dues « démocraties ».

Mais je m’at­triste cepen­dant que la mise en accu­sa­tion fron­tale du faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois) et l’ar­gu­men­ta­tion posi­tive du tirage au sort (sur­tout pour la très déci­sive Assem­blée consti­tuante – et pour le stra­té­gique Conseil consti­tu­tion­nel), res­tent aus­si timides et encore secon­daires, dans les ana­lyses de 2018.

Comme je suis très admi­ra­tif du tra­vail de Jo Spie­gel (à côté de qui j’ai fait une confé­rence et une émis­sion de radio, à Stras­bourg en novembre 2017), j’ai évi­dem­ment beau­coup aimé les 10 minutes qui lui sont ici consacrées.

httpv://youtu.be/RAvW7LIML60

Donc, pas un mot sur l’i­dée des ate­liers consti­tuants popu­laires, auto­nomes et conta­gieux, par édu­ca­tion popu­laire, sans maîtres. Comme si cela n’exis­tait pas, depuis 10 ans. Alors que rien ne chan­ge­ra, cer­tai­ne­ment, fon­da­men­ta­le­ment, sans la trans­for­ma­tion auto­nome et mas­sive des élec­­teurs-enfants en citoyens-adultes.

Pas grave. Fais ce que tu dois, et advienne que pour­ra. Cette idée fini­ra par ger­mer par­tout, puis­sante et déter­mi­nante : ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir.

Bon cou­rage, bande de virus 🙂

Étienne.

« Démo­cra­tie » : l’ha­bit ne fait pas le moine 🙂 

Rdz-vs à Nîmes, le 20 mai 2018, toute la journée, avec Heu?reka (Gilles) pour analyser et comparer les différentes alternatives pour une souveraineté monétaire digne de ce nom

Chers amis,

Je vais vous par­ler d’un jeune homme que je trouve épa­tant : il s’ap­pelle Gilles et il anime une chaîne You­tube de grande qua­li­té, qui s’ap­pelle Heu?reka et qui parle beau­coup de mon­naie, de créa­tion moné­taire, de dettes, de banques et d’é­co­no­mie en géné­ral, tou­jours dans un sou­ci exem­plaire de pédagogie :

Cha­cune de ses vidéos est très riche et bien faite, incite à réflé­chir et aide à com­prendre les arnaques des « éco­no­mistes » de banque qu’on entend tous les jours sur toutes les ondes (tous les jour­naux du pays ont été ache­tés par les ultra-riches, ce qui per­met une dés­in­for­ma­tion géné­rale à pro­pos de « la finance »).

Par exemple, sa der­nière vidéo, sur l’é­tat de la Grèce avant les rapines et la dévas­ta­tion actuelles, est vrai­ment très intéressante :

La crise de l’€ part 06 : La Grèce – Heu?reka #24–6

httpv://www.youtube.com/watch?v=eqIZGw6n7hU

Bien sûr, en l’é­cou­tant sur la genèse du mar­tyr des Grecs, je bouillais d’en­vie d’ex­pri­mer de nom­breuses remarques et ajouts, et de poser de mul­tiples ques­tions, gar­dant en tête cette confé­rence his­to­rique avec Myret Zaki, en 2011 à Genève, où Myret nous avait expli­qué les causes réelles de la catas­trophe grecque : un coup ! un coup de tra­ders, un coup de bluff contre « la dette publique » (quel scan­dale, cette expres­sion) d’un pays par­ti­cu­liè­re­ment faible de la zone euro… et au final, une « dette publique » inique, énorme, non néces­saire et cri­mi­nelle. Je vous rap­pelle (et je vous recom­mande cha­leu­reu­se­ment) cette impor­tante vidéo :

httpv://www.youtube.com/watch?v=TLjq25_ayWM

Bon, eh bien figu­­rez-vous que nous allons nous ren­con­trer, Gilles et moi, avec vous si vous le vou­lez, à Nîmes, le 20 mai pro­chain, pour une jour­née entière consa­crée aux alter­na­tives monétaires :

Mer­ci à Tris­tan d’or­ga­ni­ser cette ren­contre. Tris­tan est ce jeune homme au dévoue­ment exem­plaire qui nous a pro­gram­mé cet outil for­mi­dable (sur mesure) pour mener à dis­tance nos ate­liers consti­tuants per­son­nels : http://​jecris​la​cons​ti​tu​tion​.fr/

http://jecrislaconstitution.fr/

Début de la mati­née : Gilles nous pré­pare en ce moment un expo­sé de syn­thèse à sa manière sur la mon­naie et, connais­sant son soin habi­tuel, j’ai très hâte de décou­vrir son tra­vail sur ce sujet vital pour les sociétés. 

Puis, nous croi­se­rons nos points de vue : j’ai­me­rais connaître le regard de Gilles sur les deux alter­na­tives moné­taires que je pré­fère aujourd’­hui : le char­ta­lisme et la mon­naie libre (la Ğ1, pro­non­cer « june » ), et la façon dont on pour­rait les com­bi­ner entre le niveau natio­nal et le niveau local. 

Nous évo­que­rons cer­tai­ne­ment bien d’autres alter­na­tives pos­sibles, avec leurs avan­tages et incon­vé­nients. On par­le­ra sans doute du Cré­dit social (défen­du par le major Dou­glas et Louis Even) et de l’i­ni­tia­tive suisse « Mon­naie pleine » qui va être votée en juin pro­chain. Nous aurons sûre­ment aus­si l’oc­ca­sion d’é­vo­quer des sujets connexes mor­ti­fères, comme https://​you​tu​.be/​C​N​P​W​Z​x​H​m​chE (aux effets dévas­ta­teurs sur les monnaies). 

Puis nous répon­drons à vos ques­tions, jus­qu’à la fin de la mati­née.

L’a­près-midi, Gilles est d’ac­cord pour com­men­cer par un ate­lier consti­tuant tous les deux sur la mon­naie. Puis, vous vous y met­trez vous-mêmes 🙂 par groupes. Il s’a­git de faire mar­cher notre cer­veau col­lec­tif pour pro­duire des articles de consti­tu­tion en matière moné­taire (aus­si bien au niveau natio­nal que local). 

Sans doute fau­­dra-t-il rédi­ger à part des par­ties de glos­saire pour expli­quer aux simples citoyens (en annexe de la consti­tu­tion) cer­tains termes tech­niques (avec des sché­mas et des exemples). 

Si de pro­fonds désac­cords se font jour au sein d’un groupe, au lieu de se dis­pu­ter, nous nous entraî­ne­rons à « construire nos désac­cords », sans les tran­cher tout de suite, en notant côte-à-côte les dif­fé­rentes options incom­pa­tibles (et qui néces­sitent donc un choix) qui se pré­sentent au débat public.

On fini­ra la jour­née par une mise en com­mun des pro­po­si­tions des dif­fé­rents groupes.

Tout cela devrait être fil­mé (pour ceux qui ne pour­ront pas être avec nous) et je rêve qu’on puisse, à cette occa­sion, uti­li­ser l’ou­til de Tris­tan, http://​jecris​la​cons​ti​tu​tion​.fr/, pour tra­vailler en direct avec les citoyens inté­res­sés mais éloignés .

J’ai hâte d’y être et de vous y retrouver 🙂 

Étienne.

PS : ceux qui comptent venir seraient très gen­tils de le dire (en cli­quant sur Par­ti­cipe) sur la page de l’é­vé­ne­ment fb :
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​1​3​8​1​0​7​6​7​7​8​7​0​4​6​72/
Ça aide­ra beau­coup Tristan​​ à nous rece­voir comme il faut.

À midi, on se débrouille pour déjeu­ner (sans comp­ter sur Tris­tan), soit avec un pique-nique sor­ti du sac, soit en allant dans un des nom­breux res­tau­rants alentour.

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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​2​2​2​2​0​1​4​5​7​317


Pre­mières traces de ce qui fut une très chouette rencontre :

Comprendre la souveraineté monétaire (1ère partie 🙂 ) :

httpv://www.youtube.com/watch?v=GNKnwz-RSoQ

Rendez-vous à Paris, samedi 28 avril 2018, pour découvrir (et encourager) les lanceurs d’alerte Martine Donnette et Claude Diot dans leur bagarre héroïque, seuls contre des ennemis du peuple géants : les grandes surfaces, qui doivent plus de 400 milliards à l’État ! qui ne les leur réclame pas !!!

Chers amis,

Je vous donne ren­­dez-vous à Paris, same­di pro­chain, dans 3 jours (je suis très en retard, par­don), pour décou­vrir (et encou­ra­ger) deux lan­ceurs d’a­lerte for­mi­dables, Mar­tine Don­nette et Claude Diot, dans leur bagarre héroïque, seuls contre des enne­mis du peuple géants : les grandes sur­faces — et leurs nom­breux com­plices dans les admi­nis­tra­tions publiques !

L’his­toire de Mar­tine Don­nette et Claude Diot (et de leur asso­cia­tion, « En toute fran­chise ») est à la fois conster­nante, révol­tante et exem­plaire : Mar­tine et Claude sont des gens simples, mais je les consi­dère comme des héros : ce qu’ils font est incroyable, et admi­rable. Leur opi­niâ­tre­té et leur cou­rage sont stu­pé­fiants. Moi, ils me bluffent.

L’É­tat fran­çais pour­rait récu­pé­rer 418 mil­liards d’eu­ros (418 G€ de recettes !) auprès des grandes sur­faces qui construisent sur des sur­faces illé­gales ET IL NE LE FAIT PAS ! Cor­rup­tion ouverte et géné­ra­li­sée ! Il faut aider et relayer les vaillants lan­ceurs d’a­lerte qui dénoncent cet immense SCANDALE : 418 Mds d’€ de RECETTES PERDUES (pour les Bouches-du-Rhône seulement) !

httpv://youtu.be/Ma3v-Sgh-Us

Ce qui me choque le plus, en décou­vrant cette his­toire très émou­vante, c’est le peu d’aide dont dis­posent Mar­tine et Claude : ces deux citoyens se dévouent au bien com­mun depuis près de 30 ans (30 ans !) pour pro­té­ger les com­mer­çants indé­pen­dants, les citoyens, les finances publiques et l’en­vi­ron­ne­ment, et ils en sont réduits à men­dier chaque mois quelques euros pour sur­vivre et conti­nuer à agir ! C’est juste incroyable. Il y a en France envi­ron 2 mil­lions de com­mer­çants indé­pen­dants (2 mil­lions !) ; il suf­fi­rait que cha­cun de ces com­mer­çants leur donne un euro (un euro, bon sang !) pour que leurs meilleurs défen­seurs, Mar­tine et Claude, dis­posent enfin de moyens consi­dé­rables pour être infi­ni­ment plus effi­caces et plus rapides. Et pour­tant, la presque tota­li­té des com­mer­çants, tout en leur disant « c’est super ce que vous faites, bra­vo, conti­nuez… », ne leur donnent RIEN. Cet égoïsme stu­pide (qui fini­ra par la dis­pa­ri­tion com­plète des petits com­mer­çants, et du tis­su social qui va avec eux) me déses­père, je dois dire.

Nous autres simples citoyens, c’est pareil : que fai­­sons-nous pour aider finan­ciè­re­ment les dif­fé­rents lan­ceurs d’a­lerte dans leur bagarre pour le bien com­mun contre les ban­dits qu’ils dénoncent ? PRESQUE RIEN. C’est vrai­ment lamen­table. J’es­père que ce n’est pas défi­ni­tif, j’es­père que nous allons prendre conscience du besoin (évident) de tous les lan­ceurs d’a­lerte d’être aidés financièrement .

En tout cas, moi, je vais à Paris pour les aider comme je peux. Et je vous invite, si vous le pou­vez, à venir vous aussi.

Je vais vous don­ner ci-des­­sous quelques docu­ments pour com­prendre les enjeux immenses de la lutte de Mar­tine Don­nette et de Claude Diot :

• D’a­bord, un repor­tage d’É­lise Lucet, sur ces deux héros et sur l’in­croyable cor­rup­tion des pou­voirs publics par la grande dis­tri­bu­tion (cor­rup­tion active, avec des valises de billets…) :

(Ne ratez pas ça, ça démé­nage : vous trou­vez là LES PREUVES de la cor­rup­tion à grande échelle des poli­tiques par la grande distribution.)

Dossiers Noirs de la Grande Distribution Pieces à Conviction FR3

httpv://www.youtube.com/watch?v=o49g000wozs

Dans ce repor­tage, on apprend (entre autres) qu’en 2004, 9 % des sur­faces de vente sont illi­cites = 7 000 000 m² illi­cites soit avec 150 euros/jour/m2 d’in­frac­tion = (sur 300 jours d’ex­ploi­ta­tion commerciale/an) = 315 milliards/an ==> 4 410 mil­liards sur 14 ans (depuis 2004).

• Une élue cou­ra­geuse, Danielle Simon­net, a com­pris tout récem­ment l’im­por­tance pour nous tous de la bagarre his­to­rique de Mar­tine et Claude contre les grandes sur­faces, et elle résume ça en 2 minutes :

Danielle SIMONNET : « Grande Distribution, le scandale à 418 milliards d’€ ! »

httpv://www.youtube.com/watch?v=R6r7dFPPvcQ

• Mar­tine a pré­pa­ré une courte syn­thèse (10 minutes) du cas d’é­cole qu’est le Car­re­four Vitrolles (près de Mar­seille) qui per­met de com­prendre le mode opé­ra­toire com­mun à tous ces gre­dins à tra­vers le pays :

L’INTÉGRALE DU DOSSIER CARREFOUR

httpv://www.youtube.com/watch?v=JGKpMhFSVKQ

Vous allez voir ici la rigueur de Mar­tine et Claude, la pré­ci­sion des pièces avan­cées, leurs dos­siers sont solides et docu­men­tés (il y a des caves entières de tels dos­siers chez Mar­tine !) et l’É­tat ne s’en sert pas !!! ni les fonc­tion­naires, ni les juges !!! C’est soit une gabe­gie totale, soit une cor­rup­tion géné­ra­li­sée, mais c’est digne d’une répu­blique bananière !

• Mar­tine résume encore tout ça, en 8 minutes cette fois :

Martine Donnette le 10 octobre 2017

httpv://www.youtube.com/watch?v=IlI1mA87HKs

Les consé­quences de l’ex­pan­sion incon­trô­lée des grandes sur­faces sont :
• la ruine et la des­truc­tion des com­mer­çants indépendants, 
• la sup­pres­sion des emplois liés au petit com­merce (les grandes sur­faces détruisent infi­ni­ment plus d’emplois qu’elles n’en créent), 
• la des­truc­tion du tis­su social urbain, 
• l’é­tran­gle­ment des PME, four­nis­seurs des grandes sur­faces (et celui de tous les sala­riés de leur filière) via quelques cen­trales d’a­chat surpuissantes, 
• la déser­ti­fi­ca­tion du territoire, 
• les ravages éco­lo­giques avec imper­méa­bi­li­sa­tion des sols et la perte de zones immenses de terres fertiles. 
• la consti­tu­tion pro­gres­sive, par accu­mu­la­tion, d’en­ti­tés IRRESPONSABLES ET CUPIDES « TOO BIG TO FAIL » (trop grandes pour faire faillite) et « TOO BIG TO JAIL » (trop grandes pour aller en pri­son), can­cer aus­si grave qu’en matière ban­caire, capable de prendre en otage la socié­té entière avec la menace d’in­ter­rompre une fonc­tion vitale.

Et tout ça conti­nue et redouble aujourd’­hui, faute d’in­ter­ven­tion des pou­voirs publics POUR CAUSE DE CORRUPTION GÉNÉRALISÉE ET AU PLUS HAUT NIVEAU (voir pre­mière vidéo « Pièces à convic­tion » ci dessus) !

• Mar­tine a aus­si écrit UN LIVRE, émou­vant, que je suis en train de lire et que je vous recom­mande : c’est un cas d’é­cole de dévoue­ment et de cou­rage, face à une adver­si­té impla­cable et des adver­saires puis­sants et cruels, « Seule face aux géants », chez Max Milo, édi­teur qu’il faut saluer pour les ser­vices qu’il rend au bien com­mun, je trouve :


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​s​e​u​l​e​–​f​a​c​e​–​a​u​x​–​g​e​a​n​ts/

France-Info a fait une courte mais fidèle recen­sion de ce livre (5 minutes) :
httpv://www.youtube.com/watch?v=k‑KJaJAmnvA

• La cou­ra­geuse revue NEXUS, qui orga­nise la ren­contre de same­di, a consa­cré deux numé­ros au tra­vail de Mar­tine : le n°109 (pages 14 et s.) et le n°114 (pages 16 et s.).

(Nexus est cette revue qui a réa­li­sé deux belles enquêtes et deux beaux articles, hon­nêtes et pas­sion­nants, sur les ate­liers consti­tuants popu­laires que je défends depuis plus de 10 ans : dans le n°78 et le n°96. Je remer­cie du fond du cœur cette équipe de jour­na­listes qui fait mille fois mieux son bou­lot d’in­for­ma­tion hon­nête que les pré­ten­dus « jour­na­listes » mainsream.)

• Mar­tine a conçu un dia­po­ra­ma pas­sion­nant pour com­prendre les étapes de la scan­da­leuse DÉRÉGULATION des grandes sur­faces depuis des décennies :

COMMENT LA GRANDE DISTRIBUTION EST DEVENUE AUSSI PUISSANTE

httpv://www.youtube.com/watch?v=s82NJCnjnNU

Cette cor­rup­tion patiente des pou­voirs publics par la grande dis­tri­bu­tion depuis les années 80, que réca­pi­tule ici Mar­tine, me rap­pelle, bien sûr, la déré­gu­la­tion finan­cière catas­tro­phique, obte­nue par les banques et démon­trée brillam­ment dans ce film impor­tant qu’est Inside Job, que je vous recom­mande très cha­leu­reu­se­ment, et dont j’a­vais publié le script inté­gral dans un pdf de 80 pages. Vous devriez voir ce film et lire ce texte le crayon à la main, c’est la meilleure enquête que je connaisse sur la pré­ten­due « crise » finan­cière de 2008 :

Histoire détaillée d’un odieux complot, celui de la dérégulation financière : INSIDE JOB, enquête essentielle pour comprendre la prochaine « crise » et l’énorme trahison des « élites »

https://​www​.chouard​.org/​b​l​o​g​/​2​0​1​6​/​0​2​/​2​0​/​h​i​s​t​o​i​r​e​–​d​e​t​a​i​l​l​e​e​–​d​u​n​–​o​d​i​e​u​x​–​c​o​m​p​l​o​t​–​c​e​l​u​i​–​d​e​–​l​a​–​d​e​r​e​g​u​l​a​t​i​o​n​–​f​i​n​a​n​c​i​e​r​e​–​i​n​s​i​d​e​–​j​o​b​–​e​n​q​u​e​t​e​–​e​s​s​e​n​t​i​e​l​l​e​–​p​o​u​r​–​c​o​m​p​r​e​n​d​r​e​–​l​a​–​p​r​o​c​h​a​i​n​e​–​c​r​i​se/

Texte intégral du film-événement « INSIDE JOB. Autopsie d’une crise financière annoncée »

https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​I​n​s​i​d​e​_​j​o​b​_​t​e​x​t​e​_​i​n​t​e​g​r​a​l​_​e​n​_​f​r​a​n​c​a​i​s​.​pdf

La chaîne You­tube de Mar­tine, « En toute franchise » : 
https://​www​.you​tube​.com/​c​h​a​n​n​e​l​/​U​C​M​1​a​N​_​G​h​5​1​a​e​y​g​l​T​–​n​p​2​ocw

• La page Face­book de Mar­tine, « En toute franchise » :
https://​www​.face​book​.com/​a​s​s​o​.​e​n​t​o​u​t​e​f​r​a​n​c​h​ise

La ren­contre de same­di, pen­dant 3 heures, dont le som­maire est vrai­ment très inté­res­sant, sera retrans­mise en live sur Face­book, sur la page du maga­zine Nexus :
https://​www​.face​book​.com/​m​a​g​a​z​i​n​e​.​n​e​x​us/


Et, pour finir, voi­ci quelques pen­sées col­la­té­rales à pro­pos des lan­ceurs d’alerte,
si impor­tants pour nous tous, si mar­ty­ri­sés par les pou­voirs, et si peu aidés par nous :

• Il y a une jeune femme, Caro­line Chau­­met-Delattre, qui se dévoue, elle aus­si, pour com­pi­ler sur un site, https://​pas​seur​da​lertes​.org/, (https://​www​.face​book​.com/​p​a​s​s​e​u​r​d​a​l​e​r​t​es/ sur Face­book) toutes les actions des divers lan­ceurs d’a­lerte à sou­te­nir. C’est un endroit pas­sion­nant et impor­tant. Elle aus­si, méri­te­rait qu’on l’aide : qu’on l’aide à aider les lan­ceurs d’alerte !

• Je rap­pelle ici l’exis­tence de deux lan­ceurs d’a­lerte géants que sont Julian Assange (celui qui a créé Wiki­leaks, et qui est empri­son­né depuis des années à Londres, démo­cra­tie de mes fesses, par­don, alors que c’est un héros) et Edward Snow­den (celui qui a révé­lé la sur­veillance géné­ra­li­sée de la NSA sur la terre entière, et qui est, depuis, en exil en Rus­sie, soi-disant le pays du mal incar­né, alors que c’est un héros).

• Je rap­pelle aus­si le dénue­ment scan­da­leux de Sté­pha­nie Gibaud (qui a révé­lé l’é­va­sion fis­cale en Suisse et qui a per­mis à son pays de récu­pé­rer plus de 10 mil­liards d’eu­ros (!!!) et qui est plus tra­quée que remer­ciée). On peut l’ai­der direc­te­ment ou en ache­tant ses livres : « La femme qui en savait vrai­ment trop » et « La traque des lan­ceurs d’a­lerte »

• Je pense aus­si à Phi­lippe Pas­cot, grand dénon­cia­teur d’é­lus véreux devant l’É­ter­nel. Il faut lire ses livres, ils sont tous écrits au vitriol anti-cor­­rup­­tion. Voyez ceci :

[Délits d’élus, pilleurs d’État…] « ALLEZ (presque tous) VOUS FAIRE… » – Philippe Pascot publie le 4e tome de sa (précieuse) encyclopédie des turpitudes des voleurs de pouvoir ( + 3 vidéos)

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​7​/​0​4​/​0​7​/​d​e​l​i​t​s​–​d​e​l​u​s​–​p​i​l​l​e​u​r​s​–​d​e​t​a​t​–​a​l​l​e​z​–​p​r​e​s​q​u​e​–​t​o​u​s​–​v​o​u​s​–​f​a​i​r​e​–​p​h​i​l​i​p​p​e​–​p​a​s​c​o​t​–​p​u​b​l​i​e​–​l​e​–​4​e​–​t​o​m​e​–​d​e​–​s​a​–​p​r​e​c​i​e​u​s​e​–​e​n​c​y​c​l​o​p​e​d​i​e​–​d​e​s​–​t​u​r​p​i​t​u​d​e​s​–​d​e​s​–​v​o​l​e​u​r​s​–​d​e​–​p​o​u​v​o​ir/

• Je vous rap­pelle enfin l’ex­cellent livre de Vincent Le Coq et Anne-Sophie Poi­roux, « Le ‘tou­jours moins cher’ : à quel prix ? Grande dis­tri­bu­tion, élus, État, Jus­tice : une ‘entente’ cor­diale », chez Yves Michel, autre édi­teur courageux :


http://​www​.yves​mi​chel​.org/​p​r​o​d​u​c​t​–​p​a​g​e​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​l​e​–​t​o​u​j​o​u​r​s​–​m​o​i​n​s​–​c​h​e​r​–​a​–​q​u​e​l​–​p​r​ix/

À same­di, j’es­père, en vrai ou en live sur Facebook 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​2​1​1​7​4​5​9​6​2​317

PS : vous com­pre­nez pour­quoi j’ai tar­dé à vous annon­cer cette ren­contre ? J’a­vais mille choses à vous dire à pro­pos de Mar­tine et Claude 🙂 Et encore, je suis sûr que j’en ai oublié plein…


COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, le 17 avril 2018.

CONFÉRENCE

Grande dis­tri­bu­tion : Ber­cy va-t-il récu­pé­rer les 418 000 000 000 € d’infractions non per­çues par l’État ?

Nous étions hier, lun­di 16 avril, avec l’association En Toute Fran­chise, Des Terres pas d’Hypers et Danielle Simon­net, Conseillère de Paris, devant le minis­tère de l’Économie et des Finances afin d’interpeller Bru­no Le Maire sur les 418 mil­liards € que doit la Grande Dis­tri­bu­tion par ses nom­breuses ins­tal­la­tions illi­cites sur la seule région Paca (cumul des infrac­tions de 5e classe non récla­mées par l’État depuis plus de 30 ans). L’association En Toute Fran­chise a déjà envoyé son enquête à l’Elysée, et Emma­nuel Macron a répon­du le 9 octobre 2017 que le dos­sier a été trans­mis à Bru­no Le Maire (voir cour­rier plus bas). En Toute Fran­chise est encore sans nou­velle du ministre à ce jour.

Danielle Simon­net nous a appor­té son sou­tien et va faire le relais de cette enquête que l’association En Toute Fran­chise mène depuis plus de 20 ans. « Je pense qu’il faut détruire les édi­fices illé­gaux de la grande dis­tri­bu­tion. De la même manière, les grandes enseignes qui ne res­pectent pas leurs obli­ga­tions fis­cales, il faut les réqui­si­tion­ner », explique Danielle Simonnet.

Ni Ber­cy, ni Mati­gnon, ni l’Élysée, ne semblent prêts à réa­li­ser un mora­toire, et à contrô­ler les grandes sur­faces qui croissent dans l’irrespect total des zones pro­té­gées, agri­coles, et inondables.

Après 20 ans d’enquête, l’association En Toute Fran­chise a cal­cu­lé le coût total de ces infrac­tions (infrac­tion de 5e classe) à plus de 418 mil­liards d’euros pour la seule région Paca. Que fait l’État ? Cela repré­sente plus d’un quart de la dette française !

Nous orga­ni­sons une confé­rence le 28 avril pro­chain à Paris pour expli­quer le détail de cette enquête.

Inter­ve­nants : Mar­tine Don­nette (En Toute Fran­chise), Jac­que­line Lor­thiois (socio-éco­­no­­miste), Robert Levesque (agro­nome Groupe Car­ma), Ber­trand Veau (maire de Tour­nus), Phi­lippe Pas­cot (écri­vain), Étienne Chouard (ensei­gnant).

Same­di 28 avril à 14h : 14, rue de Patay, Paris 13e

Contact presse : [email protected] / Tél. : 01 47 41 35 61

Marc Daoud, Direc­teur de la publication
22 rue Pas­teur, 92380 Garches
01.47.41.35.61 – 06.13.69.02.28
MAGAZINE NEXUS
www​.nexus​.fr


Edit : la vidéo de cette chouette ren­contre est dis­po­nible ici : https://​www​.face​book​.com/​m​a​g​a​z​i​n​e​.​n​e​x​u​s​/​v​i​d​e​o​s​/​1​0​1​6​0​2​0​7​5​3​1​1​8​5​2​44/