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Le combat pour une démocratie véritable : instituer le pouvoir des citoyens avec le RIC – Vidéo : DEVENIR UN ADULTE POLITIQUE

J’ai répon­du récem­ment aux ques­tions de Kate, pour le Média en 4−4−2, et voi­ci leur (gen­tille) pré­sen­ta­tion et la vidéo qui vient d’être publiée : Le com­bat d’Étienne Chouard pour une démo­cra­tie plus juste : Redon­ner le pou­voir aux citoyens avec le RIC Dans cette nou­velle inter­view du Média en 442, notre jour­na­liste Kate donne la parole à Etienne Chouard, ancien pro­fes­seur de droit et d’é­co­no­mie et mili­tant poli­tique depuis plus de 20 ans. Il sera ques­tion du RIC, du Plan C et du tirage au…

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Pour Ainsi Dire – 39 – Conversation avec Étienne Chouard : 5. Monnaie

Nos dis­cus­sions conti­nuent, éton­nantes, enri­chis­santes (à mon goût), entre un liber­ta­rien anar-capi­ta­liste et un démo­crate key­né­sien Cette fois-ci, on s’empaille (sans mal­veillance) sur le sujet cen­tral de la mon­naie. Vos com­men­taires sont sou­vent très inté­res­sants (sur la chaine You­Tube, sur le blog, sur Twit­ter X et ailleurs), mer­ci à tous pour votre intel­li­gence construc­tive, sou­vent dévouée à la jus­tice et à la paix, avec cha­cun son chemin…

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Interdit d’interdire – Le référendum d’initiative citoyenne en débat [Vidéo supprimée ou censurée]

Cette vidéo impor­tante (de jan­vier 2019) ayant com­plè­te­ment dis­pa­ru du web, je la repu­blie ici, sur ma propre chaîne You­tube : https://www.youtube.com/watch?v=o‑wi2AxMod4 Aus­si­tôt recen­su­rée par You­Tube 🙄, il fau­dra aller sur Ody­see pour la voir : Sur le Blog, je l’an­non­çais ici : https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​9​/​0​1​/​0​6​/in… Invi­té chez Tad­déï, sur RT France (Inter­dit d’Interdire en direct de 19 h à 20 h), pour défendre le RIC et les #Gilets­Jau­nes­Cons­ti­tuants, face à une per­son­na­li­té (prof…

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For­mat grille – For­mat articles complets

Invité demain chez Taddéï, sur RT France, pour parler des #GiletsJaunes

Bonne nou­velle : je suis invi­té demain soir, lun­di 10 décembre 2018 à 19 h, chez Tad­déï sur RT France, pour par­ler des #Gilets­Jaunes 🙂 et, bien sûr, de reven­di­ca­tions démo­cra­tiques dignes de ce nom, notam­ment une vraie puis­sance popu­laire (directe), pour que les pauvres puissent se défendre contre les riches. 

Mer­ci RT.

https://​fran​cais​.rt​.com/​m​a​g​a​z​i​n​e​s​/​i​n​t​e​r​d​i​t​–​d​–​i​n​t​e​r​d​ire

Marianne bat­tue retire elle-même son bâillon…
Elle va bien­tôt apprendre à ins­ti­tuer elle-même sa propre puissance.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​7​4​2​6​7​5​5​2​317

Ateliers constituants et RIC (référendum d’initiative citoyenne en toutes matières), explications théoriques et conseils pratiques

https://​you​tu​.be/​i​Y​g​X​k​s​R​p​xb0
[Des idées, des argu­ments, des pistes, des exemples, pour les réflexions citoyennes sur les péages et les ronds-points]

Les idées d’a­te­liers consti­tuants (les articles les plus impor­tants d’une consti­tu­tion digne de ce nom) dont je parle un à un dans cette confé­rence sont dans le docu­ment sui­vant (à impri­mer chez vous et à cor­ri­ger à votre façon, le crayon à la main) :

https://​old​.chouard​.org/​D​o​c​u​m​e​n​t​s​_​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​s​/​E​u​r​o​p​e​/​0​2​_​C​o​m​p​a​r​a​i​s​o​n​_​d​e​_​p​r​o​j​e​t​s​_​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​s​.​pdf

Le RÉFÉRENDUM des GILETS JAUNES avec Fly Rider, Etienne Chouard, Yvan Bachaud et Léo Girod

Mer­ci à tous ceux qui ont ren­du pos­sible cette très chouette rencontre. 

La révolte des Gilets jaunes est une chance his­to­rique, pour les dam­nés de la terre, de s’en prendre enfin, libre­ment, aux CAUSES pre­mières de leur misère (qui se trouvent dans l’an­ti­cons­ti­tu­tion de 1958), au lieu d’en res­ter aux CONSÉQUENCES de leur impuis­sance (impôts écra­sants et injustes, salaires de misère, ser­vices publics et pro­tec­tions en cours de des­truc­tion…).

Si les tra­vailleurs veulent s’é­man­ci­per de leurs maîtres, aus­si riches qu’in­sa­tiables, il fau­dra qu’ils apprennent à ins­ti­tuer EUX-MÊMES leur puis­sance poli­tique.

L’exi­gence prio­ri­taire du RIC est la pre­mière marche d’une trans­for­ma­tion inté­rieure, d’é­lec­teur (enfant poli­tique, « inca­pable » par construc­tion) en citoyen (adulte poli­tique, « sou­ve­rain » par construc­tion).

La ques­tion déci­sive qui devrait cou­rir à tra­vers les conver­sa­tions des gilets jaunes, sur les péages et sur les ronds-points occu­pés, devrait être : COMMENT ALLONS-NOUS INSTITUER NOUS-MÊMES, DURABLEMENT, NOTRE PUISSANCE POLITIQUE ?
ALLEZ, ON S’EXERCE À ÉCRIRE DES ARTICLES, ENSEMBLE, LIBREMENT…

C’est le moment, il faut sai­sir cette occa­sion his­to­rique, plu­tôt qu’al­ler se frit­ter avec les CRS.

Gilets Jaunes, vous êtes légi­times à deve­nir constituants !

Soyez réso­lus de ne plus ser­vir, et vous voi­là libres.

Étienne.

L’an­ti­dote démo­cra­tique dans un sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire : le RIC, réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne en toutes matières

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https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​7​2​9​0​2​8​5​2​317

APPEL DES GILETS JAUNES DE COMMERCY À LA FORMATION D’ASSEMBLÉES POPULAIRES : « Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer. »

For­mi­dable tour­nure ins­ti­tu­tion­nelle – et donc radi­cale, et donc pos­si­ble­ment uni­taire, vrai­ment uni­taire, enfin ! – que prend ce mou­ve­ment popu­laire historique :

httpv://www.youtube.com/watch?v=dfLIYpJHir4

https://​lun​di​.am/​A​P​P​E​L​D​E​S​–​G​I​L​E​T​S​–​J​A​U​N​E​S​–​D​E​–​C​O​M​M​E​R​C​Y​–​A​–​D​E​S​–​A​S​S​E​M​B​L​E​E​S​–​P​O​P​U​L​A​I​R​E​S​–​P​A​R​T​OUT

« Ce n’est pas pour mieux com­prendre notre colère et nos reven­di­ca­tions que le gou­ver­ne­ment veut des « repré­sen­tants » : c’est pour nous enca­drer et nous enter­rer ! Comme avec les direc­tions syn­di­cales, il cherche des inter­mé­diaires, des gens avec qui il pour­rait négo­cier. Sur qui il pour­ra mettre la pres­sion pour apai­ser l’éruption. Des gens qu’il pour­ra ensuite récu­pé­rer et pous­ser à divi­ser le mou­ve­ment pour l’enterrer. »

REFUSONS LA RÉCUPÉRATION !
VIVE LA DÉMOCRATIE DIRECTE !
PAS BESOIN DE ’REPRÉSENTANTS’ RÉGIONAUX !

Depuis près de deux semaines le mou­ve­ment des gilets jaunes a mis des cen­taines de mil­liers de per­sonnes dans les rues par­tout en France, sou­vent pour la pre­mière fois. Le prix du car­bu­rant a été la goutte de gasoil qui a mis le feu à la plaine. La souf­france, le ras-le-bol, et l’injustice n’ont jamais été aus­si répan­dus. Main­te­nant, par­tout dans le pays, des cen­taines de groupes locaux s’organisent entre eux, avec des manières de faire dif­fé­rentes à chaque fois.

Ici à Com­mer­cy, en Meuse, nous fonc­tion­nons depuis le début avec des assem­blées popu­laires quo­ti­diennes, où chaque per­sonne par­ti­cipe à éga­li­té. Nous avons orga­ni­sé des blo­cages de la ville, des sta­­tions-ser­­vices, et des bar­rages fil­trants. Dans la fou­lée nous avons construit une cabane sur la place cen­trale. Nous nous y retrou­vons tous les jours pour nous orga­ni­ser, déci­der des pro­chaines actions, dia­lo­guer avec les gens, et accueillir celles et ceux qui rejoignent le mou­ve­ment. Nous orga­ni­sons aus­si des « soupes soli­daires » pour vivre des beaux moments ensemble et apprendre à nous connaître. En toute égalité.

Mais voi­là que le gou­ver­ne­ment, et cer­taines franges du mou­ve­ment, nous pro­posent de nom­mer des repré­sen­tants par région ! C’est à dire quelques per­sonnes qui devien­draient les seuls « inter­lo­cu­teurs » des pou­voirs publics et résu­me­raient notre diversité.

Mais nous ne vou­lons pas de « repré­sen­tants » qui fini­raient for­cé­ment par par­ler à notre place !

À quoi bon ? À Com­mer­cy une délé­ga­tion ponc­tuelle a ren­con­tré le sous-pré­­fet, dans les grandes villes d’autres ont ren­con­tré direc­te­ment le Pré­fet : ceux ci-font DÉJÀ remon­ter notre colère et nos reven­di­ca­tions. Ils savent DÉJÀ qu’on est déter­mi­nés à en finir avec ce pré­sident haï, ce gou­ver­ne­ment détes­table, et le sys­tème pour­ri qu’ils incarnent !

Et c’est bien ça qui fait peur au gou­ver­ne­ment ! Car il sait que s’il com­mence à céder sur les taxes et sur les car­bu­rants, il devra aus­si recu­ler sur les retraites, les chô­meurs, le sta­tut des fonc­tion­naires, et tout le reste ! Il sait aus­si TRÈS BIEN qu’il risque d’intensifier UN MOUVEMENT GÉNÉRALISÉ CONTRE LE SYSTÈME !

Ce n’est pas pour mieux com­prendre notre colère et nos reven­di­ca­tions que le gou­ver­ne­ment veut des « repré­sen­tants » : c’est pour nous enca­drer et nous enter­rer ! Comme avec les direc­tions syn­di­cales, il cherche des inter­mé­diaires, des gens avec qui il pour­rait négo­cier. Sur qui il pour­ra mettre la pres­sion pour apai­ser l’éruption. Des gens qu’il pour­ra ensuite récu­pé­rer et pous­ser à divi­ser le mou­ve­ment pour l’enterrer.

Mais c’est sans comp­ter sur la force et l’intelligence de notre mou­ve­ment. C’est sans comp­ter qu’on est bien en train de réflé­chir, de s’organiser, de faire évo­luer nos actions qui leur foutent tel­le­ment la trouille et d’amplifier le mouvement !

Et puis sur­tout, c’est sans comp­ter qu’il y a une chose très impor­tante, que par­tout le mou­ve­ment des gilets jaunes réclame sous diverses formes, bien au-delà du pou­voir d’achat ! Cette chose, c’est le pou­voir au peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est un sys­tème nou­veau où « ceux qui ne sont rien » comme ils disent avec mépris, reprennent le pou­voir sur tous ceux qui se gavent, sur les diri­geants et sur les puis­sances de l’argent. C’est l’égalité. C’est la jus­tice. C’est la liber­té. Voi­là ce que nous vou­lons ! Et ça part de la base !

Si on nomme des « repré­sen­tants » et des « porte-paroles », ça fini­ra par nous rendre pas­sifs. Pire : on aura vite fait de repro­duire le sys­tème et fonc­tion­ner de haut en bas comme les cra­pules qui nous dirigent. Ces soi-disant « repré­sen­tants du peuple » qui s’en mettent plein des poches, qui font des lois qui nous pour­rissent la vie et qui servent les inté­rêts des ultra-riches !

Ne met­tons pas le doigt dans l’engrenage de la repré­sen­ta­tion et de la récu­pé­ra­tion. Ce n’est pas le moment de confier notre parole à une petite poi­gnée, même s’ils semblent hon­nêtes. Qu’ils nous écoutent tous ou qu’ils n’écoutent personne !

Depuis Com­mer­cy, nous appe­lons donc à créer par­tout en France des comi­tés popu­laires, qui fonc­tionnent en assem­blées géné­rales régu­lières. Des endroits où la parole se libère, où on ose s’exprimer, s’entraîner, s’entraider. Si délé­gués il doit y avoir, c’est au niveau de chaque comi­té popu­laire local de gilets jaunes, au plus près de la parole du peuple. Avec des man­dats impé­ra­tifs, révo­cables, et tour­nants. Avec de la trans­pa­rence. Avec de la confiance.

Nous appe­lons aus­si à ce que les cen­taines de groupes de gilets jaunes se dotent d’une cabane comme à Com­mer­cy, ou d’une « mai­son du peuple » comme à Saint-Nazaire, bref, d’un lieu de ral­lie­ment et d’organisation ! Et qu’ils se coor­donnent entre eux, au niveau local et dépar­te­men­tal, en toute égalité !

C’est comme ça qu’on va gagner, parce que ça,là-haut, ils n’ont pas l’habitude de le gérer ! Et ça leur fait très peur.

Nous ne nous lais­se­rons pas diri­ger. Nous ne nous lais­se­rons pas divi­ser et récupérer.

Non aux repré­sen­tants et aux porte-paroles auto­pro­cla­més ! Repre­nons le pou­voir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité !

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !!

Si vous vous retrou­vez dans les bases de cet appel chez vous, dans votre groupe local de gilets jaunes, ou autre, contac­­tez-nous sur [email protected] et coor­­don­­nons-nous sur la base d’assemblées popu­laires et égalitaires !


À ceux qui vont à Paris demain, RESTEZ CALMES, envers et contre tout, mal­gré les pro­vo­ca­tions et les injustes vio­lences qui vont vous éner­ver, vous révolter.

Une grande foule ne réflé­chit pas, c’est impré­vi­sible, mani­pu­lable et dangereux.

Votre immense puis­sance, inédite, his­to­rique, actuel­le­ment, sur chaque point de blo­cage, c’est votre froide déter­mi­na­tion, votre calme réflexion, votre refus de la repré­sen­ta­tion, votre totale dis­per­sion géo­gra­phique ET votre gran­dis­sante concen­tra­tion sur UNE idée démo­cra­tique : l’ins­ti­tu­tion de la puis­sance popu­laire par le RIC en toutes matières.

Cette dis­per­sion géo­gra­phique + concen­tra­tion poli­tique radi­cale vous rend invul­né­rables, insai­sis­sables, redoutables.

Votre regrou­pe­ment à Paris par mil­lions va créer une fra­gi­li­té, un risque de fin pré­ma­tu­ré, faites atten­tion, res­tez calmes et déter­mi­nés, unis puis­sam­ment autour d’une idée, la puis­sance popu­laire qu’il s’a­git d’instituer.

Soyez forts, pas impa­tients, pas violents.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

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Gilets jaunes, un mouvement révolutionnaire ? Échanges avec Philippe Pascot et Jean Lassalle sur BTLV

httpv://www.youtube.com/watch?v=0Q66npBPWes

Mon com­men­taire de ce for­mi­dable graffiti 🙂 :

Pour avoir un pré­sident des pauvres, il faut chan­ger la constitution. 

Et, pour écrire une consti­tu­tion digne de ce nom, il faut des Gilets jaunes qui se trans­forment en citoyens constituants. 

On n’a pas besoin de maîtres qui se déguisent en repré­sen­tants, il nous faut des repré­sen­tants qui res­tent les ser­vi­teurs du bien com­mun : ce sont des PROCÉDURES (de dési­gna­tion et de contrôle et de révo­ca­tion et de puni­tion) qui peuvent garan­tir cette fia­bi­li­té des représentants. 

Et c’est com­plè­te­ment idiot de lais­ser écrire et modi­fier ces pro­cé­dures fon­da­trices par les repré­sen­tants eux-mêmes !… 

Voi­là l’im­passe poli­tique où est coin­cée l’Hu­ma­ni­té depuis tou­jours et dont les Gilets Jaunes sont en train de sor­tir, en se caillant sur des péages et des ronds-points, et en deve­nant consti­tuants débu­tants, loin de Paris mais la tête bien sur les épaules.

Étienne.

Rendez-vous ce soir, mercredi 5 déc, avec Philippe Pascot, sur BTLV, à propos des Gilets Jaunes.

Ren­­dez-vous ce soir, mer­cre­di 5 déc, avec Phi­lippe Pas­co­tet et Jean Las­salle, sur BTLV, à pro­pos des #Gilets­Jaunes :


https://​www​.face​book​.com/​b​t​l​v​.​f​r​/​p​o​s​t​s​/​2​2​5​0​9​1​0​7​9​4​9​4​1​122

Ce serait bien qu’on ait le temps d’ex­pli­quer pour­quoi le RIC est une reven­di­ca­tion fon­da­men­tale, qui nous don­ne­ra accès à tout le reste, pour­quoi cette reven­di­ca­tion peut pas­ser si (et seule­ment si) on ne défend qu’elle et elle seule, et pour­quoi si on la mélange à d’autres reven­di­ca­tions on n’ob­tien­dra rien d’important. 

Mais il fau­drait aus­si évo­quer le risque de l’es­ca­lade vio­lente, qui pour­rait ser­vir à légi­ti­mer la mise en place d’une dic­ta­ture (c’est ce qui s’est sou­vent pas­sé après les « révo­lu­tions de cou­leur »), ici comme ailleurs en Europe. 

On devrait dis­cu­ter de cette manière que je pro­pose de déjouer les plans des mon­dia­listes en pro­fi­tant de cette insur­rec­tion pour faire mon­ter le niveau de conscience et d’exi­gence popu­laire à toute vitesse avec des ate­liers consti­tuants sur tous les points de blo­cages, au lieu de nous regrou­per comme pré­vu par nos maîtres pour ten­ter de ren­ver­ser vio­lem­ment cette marion­nette de Macron en lui don­nant nous-même le pré­texte de notre asser­vis­se­ment total.

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

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Soutenez la proposition GILETS JAUNES : PRIORITÉ UNIQUE au Référendum d’Initiative Citoyenne, le RIC

[À faire tour­ner sur tous les péages, ronds-points et lieux d’ac­tion des #gilets­jaunes – URGENT]

Sou­te­nez la pro­po­si­tion GILETS JAUNES :
PRIORITÉ UNIQUE au Réfé­ren­dum d’Initiative Citoyenne, le RIC

Le pou­voir de L’INITIATIVE : le réfé­ren­dum d’initiative citoyenne, c’est la pos­si­bi­li­té pour le peuple (100 000 per­sonnes, par exemple) de se poser à lui-même les ques­tions qu’il juge impor­tantes, et ensuite d’y répondre (à la majo­ri­té), en déci­dant effec­ti­ve­ment, en pas­sant au-des­­sus de ses repré­sen­tants du moment. Cette ins­ti­tu­tion existe déjà (avec des « garde-fous ») en Suisse, en Ita­lie, au Vene­zue­la et dans de nom­breux États américains.

Consta­tant la sou­mis­sion des gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs aux lob­bys, nous esti­mons essen­tiel de nous doter d’un outil durable qui per­met­tra aux dif­fé­rentes reven­di­ca­tions DU PEUPLE d’aboutir. Nous vous pro­po­sons de nous unir autour d’une seule et unique reven­di­ca­tion : le réfé­ren­dum d’initiative citoyenne.

Il faut pré­ci­ser qu’il existe quatre sortes de RIC, très com­plé­men­taires (étu­diez et enri­chis­sez vous-même les exemples) :

• Par réfé­ren­dum légis­la­tif, les citoyens seraient appe­lés à se pro­non­cer pour une loi (que les dépu­tés ne veulent pas).

Par exemple, un RIC légis­la­tif pour l’interdiction des para­dis fis­caux, ou un RIC légis­la­tif pour fixer le salaire mini­mum, la pen­sion de retraite mini­mum, le salaire maximum.

• Par réfé­ren­dum abro­ga­toire, les citoyens seraient appe­lés à se pro­non­cer sur l’abrogation, totale ou par­tielle, d’un trai­té, d’une loi ou d’un acte ayant valeur de loi.

Par exemple, un RIC abro­ga­toire pour annu­ler la « loi tra­vail », un autre RIC abro­ga­toire pour abro­ger les « ordon­nances Macron », ou un RIC abro­ga­toire pour inva­li­der la loi sur la hausse de la CSG, ou encore pour sup­pri­mer les lois de dés­in­dexa­tion des salaires et des retraites, ou encore un RIC pour annu­ler abso­lu­ment toutes les « niches fis­cales » et « le ver­rou de Ber­cy » (la liste est longue, des lois scé­lé­rates que le peuple pour­ra détruire grâce au RIC).

• Par réfé­ren­dum consti­tuant, les citoyens pour­raient révi­ser eux-mêmes leur constitution.

Par exemple : un RIC consti­tuant pour chan­ger le sta­tut des élus, des ministres, pour régler leurs salaires, leur totale absence de pri­vi­lèges, un RIC consti­tuant pour éta­blir leur véri­table res­pon­sa­bi­li­té, un RIC consti­tuant pour garan­tir leur hon­nê­te­té (en impo­sant par exemple un casier judi­ciaire vierge aux can­di­dats à l’élection), un RIC consti­tuant pour sor­tir le Trai­té de Lis­bonne de notre Consti­tu­tion, un RIC consti­tuant pour natio­na­li­ser toutes les banques et pour rendre le mono­pole de la créa­tion moné­taire à la puis­sance publique (natio­nale et locale)…

• Par réfé­ren­dum révo­ca­toire, les citoyens pour­raient obte­nir, à tout moment, la des­ti­tu­tion d’un repré­sen­tant, d’un élu, d’un ministre, d’un haut fonctionnaire… 

On vous laisse ima­gi­ner des exemples…


Le fait de ne pas nous dis­per­ser et de nous concen­trer sur cet UNIQUE objec­tif pré­sente plu­sieurs AVANTAGES importants :

- Pour les Gilets Jaunes, c’est plus facile de res­ter très sou­dés, très unis, très déter­mi­nés jusqu’au bout, autour d’une seule idée, sur­tout si elle est très simple et très impor­tante. Les Gilets Jaunes n’auront qu’un seul argu­men­taire à tra­vailler pour pré­pa­rer leurs futurs débats. Le RIC est facile à défendre : La démo­cra­tie, c’est le peuple qui décide, donc le RIC est fon­da­men­ta­le­ment démo­cra­tique. Point barre.

- Pour les poli­ti­ciens, c’est beau­coup plus dif­fi­cile de nous pri­ver du RIC l’air de rien, en nous accor­dant d’autres choses moins importantes.

- En plus, ce sera même très gênant pour les poli­ti­ciens et les jour­na­listes d’ARGUMENTER contre le RIC (et ils y seront contraints si le RIC est la seule reven­di­ca­tion) : com­ment vont-ils arri­ver à cacher qu’ils sont pro­fon­dé­ment anti­dé­mo­crates, si nous n’avons qu’une seule reven­di­ca­tion, fon­da­men­ta­le­ment démocratique ?

- Et puis, sur­tout, sur­tout, le RIC, c’est la puis­sance popu­laire éta­blie DURABLEMENT, et donc le che­min enfin pos­sible vers TOUTES les reven­di­ca­tions actuelles des Gilets Jaunes, et même de beau­coup plus encore, plus tard, pas à pas.

POUR QUE LE PEUPLE DEVIENNE ENFIN SOUVERAIN,
SOYONS UNIS PAR UNE IDÉE FORTE,

VOTEZ, PARTAGEZ.

La péti­tion est là : 
https://www.change.org/p/gilets-jaunes-occitanie-pour-un-référendum-d-initiative-citoyenne

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​6​2​1​5​7​9​3​7​317


Et, pen­dant que vous y êtes, signez aus­si la péti­tion sur le même sujet impor­tant, excel­lente péti­tion POUR LE RIC EN TOUTES MATIÈRES, sur le site de l’as­so­cia­tion « Article 3 » : 
https://​www​.face​book​.com/​a​r​t​i​c​l​e​t​r​o​i​s​/​p​h​o​t​o​s​/​a​.​5​3​6​6​0​1​8​9​3​0​8​5​9​1​6​/​6​7​5​4​6​5​8​3​5​8​6​6​1​8​7​/​?​t​y​p​e​=​3​&​t​h​e​a​t​e​r​&​h​c​_​l​o​c​a​t​i​o​n​=​ufi

Réflexions sur ce magnifique élan populaire des #giletsjaunes : il ne faut pas accepter d’être représentés, il faut apprendre à constituer.

Je crois que, si ce mou­ve­ment popu­laire des #gilets­jaunes est repré­sen­té, il sera rapi­de­ment tra­hi et dévoyé : quel que soit leur mode de dési­gna­tion (élec­tion ou tirage au sort ou autre), les repré­sen­tants ne seront pas ache­tés, bien sûr, mais INTIMIDÉS ET TROMPÉS (mal­gré leur hon­nê­te­té et leur bonne volon­té) par un pou­voir qui sait très bien cor­rompre, à huis clos, par la PEUR et par le MENSONGE, plus que par l’ap­pât du gain : tout ce qu’il faut au pou­voir pour cor­rompre cette révo­lu­tion gran­dis­sante de gilets jaunes, ce sont des représentants.

Alors que, si ce mou­ve­ment sait refu­ser toute forme de repré­sen­ta­tion, il reste insai­sis­sable (et donc invul­né­rable), ce qui lui donne le temps de faire mon­ter, par édu­ca­tion popu­laire, le niveau de conscience et d’exi­gence au sein de CHACUN des simples citoyens qui com­posent le mouvement. 

Il faut que, sur les ronds-points et sur tous les points de ras­sem­ble­ment, les élec­teurs se trans­forment TOUT SEULS en citoyens consti­tuants, de façon auto­nome, sans sau­veur, sans lea­der, sans intel­lec­tuel de réfé­rence, toutes per­son­na­li­tés qui seraient autant de talons d’A­chille pour dis­cré­di­ter le mouvement.

Cet immense mou­ve­ment est une chance his­to­rique, pour une *mul­ti­tude* d’é­lec­teurs infan­ti­li­sés, de se méta­mor­pho­ser SANS L’AIDE D’AUCUNE AUTORITÉ MORALE RASSURANTE en *peuple* de citoyens dignes de ce nom, c’est-à-dire en constituants.

La colonne ver­té­brale de ce mou­ve­ment volon­tai­re­ment désor­ga­ni­sé (pour res­ter incor­rup­tible) devrait être une et UNE SEULE IDÉE forte et radi­cale, qui serait une bonne cause com­mune, vrai­ment com­mune et vrai­ment capable à elle seule d’en­traî­ner ensuite tous les bou­le­ver­se­ments néces­saires de jus­tice sociale.

À mon avis, cette idée cen­trale et déci­sive devrait être : « CE N’EST PAS AUX HOMMES AU POUVOIR D’ÉCRIRE LES RÈGLES DU POUVOIR ; SI ON VEUT UNE VRAIE PUISSANCE POLITIQUE POPULAIRE, IL NOUS FAUT UNE VRAIE CONSTITUTION, ET IL FAUDRA APPRENDRE À L’ÉCRIRE NOUS-MÊMES. »

Les gilets jaunes semblent, ces jours-ci, choi­sir le RIC (réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne) comme cause com­mune et c’est déjà tout à fait ines­pé­ré et enthou­sias­mant – même si ce sera sans doute insuf­fi­sant (car le fait d’a­voir ache­té TOUS les médias per­met aux puis­sants d’in­toxi­quer l’o­pi­nion et donc de dévoyer tous les RIC). C’est déjà un pas immense vers la méta­mor­phose en consti­tuants que d’être d’ac­cord pour faire de l’ins­ti­tu­tion du RIC une prio­ri­té natio­nale non négociable.

De la même façon qu’il ne faut sur­tout pas élire une assem­blée consti­tuante (parce que l’é­lec­tion est une démis­sion), il ne faut pas accep­ter d’être repré­sen­té : il faut exi­ger de voter.

ÉLIRE N’EST PAS VOTER, c’en est même la néga­tion. Un citoyen digne de ce nom vote lui-même les lois aux­quelles il consent à obéir.

Bon cou­rage à tous, le peuple uni ne peut pas perdre : res­tez sou­dés sur l’idée.

Étienne Chouard.

#pas­de­dé­mo­cra­tie­sans­ti­ra­geau­sort
#pas­de­dé­mo­cra­tie­sans­ci­toyens­cons­ti­tuants

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PS : la mul­ti­pli­ca­tion des gilets jaunes posés sous les pare-brises des autos est très spec­ta­cu­laire à la cam­pagne et TRÈS MOBILISATRICE, c’est vrai­ment une chouette idée💡 🙂

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PPS : si on mélange la reven­di­ca­tion du RIC avec d’autres reven­di­ca­tions, c’en est fini du RIC ! Les élus savent par­fai­te­ment que le RIC est une arme redou­table pour le peuple contre leur tyran­nie, et je pense que les poli­ti­ciens et les « jour­na­listes » pré­fé­re­raient tous mou­rir plu­tôt que l’ac­cep­ter… DONC, si on défend plu­sieurs reven­di­ca­tions, le RIC sera évi­dem­ment mis de côté et enter­ré par nos maîtres et nous serons « Gros-Jean comme devant »… ALORS QUE nos maîtres ne pour­ront pas nous trom­per de la sorte si le RIC est LA SEULE REVENDICATION, abso­lu­ment prio­ri­taire et non négo­ciable. Ils ne peuvent pas avouer pour­quoi ils détestent le RIC.

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​p​h​o​t​o​.​p​h​p​?​f​b​i​d​=​1​0​1​5​6​7​4​9​8​7​8​3​9​2​3​1​7​&​s​e​t​=​a​.​1​0​1​5​0​2​7​9​4​4​5​9​0​7​3​1​7​&​t​y​p​e​=​3​&​t​h​e​a​ter


Mon inter­face habi­tuelle d’ad­mi­nis­tra­tion du blog est en panne depuis quelques semaines, ce qui m’a conduit mal­heu­reu­se­ment à ralen­tir mes inter­ven­tions ici (et à ne me ser­vir que de Face­book et Twee­ter, grrr). Je vais repro­duire ci-des­­sous, et dans les com­men­taires de ce billet, les quelques textes et vidéos que j’ai moi-même publiés ou relayés ces der­niers temps à pro­pos des gilets jaunes.

Mar­tin, retraité :
httpv://www.youtube.com/watch?v=0lV49r3lw6o

Cri de détresse d’une GJ devant les CRS :

Le 24 novembre, j’ai publié ceci : 

Comme Léo, je trouve que ce for­mi­dable élan de révolte popu­laire des « Gilets Jaunes », contre le racket des pré­ten­dues « élites », ne peut ser­vir à quelque chose QUE SI tous ces citoyens POLARISENT leurs volon­tés sur UNE SEULE CAUSE COMMUNE, bien choi­sie, radi­cale, décisive.

Or, puisque 80% des citoyens sou­tiennent les Gilets Jaunes ET QUE 80% des citoyens sont favo­rables à l’ins­ti­tu­tion du Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Citoyenne, il me semble que c’est une occa­sion en or pour défendre cette idée à la fois très simple et très pro­fon­dé­ment révo­lu­tion­naire du RIC (révo­lu­tion­naire **SEULEMENT SI ce sont de simples citoyens et pas des poli­ti­ciens qui en écrivent les règles**, natu­rel­le­ment, car vous savez bien que, si ce sont des élus qui l’ins­ti­tuent, ils écri­ront un fake RIC, comme l’ac­tuel article 11 de notre anticonstitution).

Il me semble qu’au­cun oli­garque, aucun jour­na­liste ven­du aux riches, aucun col­la­bo du sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire ne pour­ra trou­ver à redire publi­que­ment à cet objec­tif très évi­dem­ment démo­cra­tique et irré­pro­chable (« le peuple uni réclame le RIC, le vrai : en toutes matières »). Ils seront obli­gés de bre­douiller de mau­vaises excuses pour le refu­ser et leur mal­hon­nê­te­té se ver­ra plus que jamais au grand jour, comme par l’ef­fet d’un puis­sant révélateur.

C’est la pre­mière fois, je crois, que je change mon image de pro­fil, et je le fais parce que je trouve ce signe de ral­lie­ment intel­li­gent et puis­sant, oppor­tun. Il devrait deve­nir une prio­ri­té abso­lue pour les révol­tés en jaune, à mon avis :

LE RIC EST UNE BONNE CAUSE COMMUNE DE RÉSISTANCE À L’OPPRESSION

Étienne.

. http://​www​.arti​cle3​.fr/​i​n​f​o​r​m​a​t​i​o​n​s​/​d​e​f​i​n​i​t​i​o​n​–​d​u​–​ric
. http://www.article3.fr/in…/proposition-loi-constitutionnelle
. http://​etre​ci​toyen​.org/​r​e​f​e​r​e​n​d​u​m​–​i​n​i​t​i​a​t​i​v​e​–​c​i​t​o​y​e​nne

——

Léo Girod : « Avec le RIC – Réfé­ren­dum d’Initiative Citoyenne en toutes matières, les citoyens auraient le contrôle sur leurs élus, leurs lois, leurs taxes… Ils seraient enfin souverains !

Si les gilets jaunes avaient le RIC pour unique reven­di­ca­tion, ils l’obtiendraient, il en serait fini des taxes injustes, et si ce n’é­tait pas le cas… au moins tous les Fran­çais en enten­draient par­ler, et ce serait une grande avancée.

arti​cle3​.fr/​p​e​t​i​t​ion

clic​-ric​.org

En l’absence de reven­di­ca­tion concrète, ces mani­fes­ta­tions n’ont aucun sens…
Dans le meilleur des cas, le gou­ver­ne­ment pour­rait recu­ler, ou inven­ter des petits cadeaux fis­caux pour faire pas­ser la pilule. Mais le plus pro­bable est encore qu’il ne se passe rien.
Exi­geons le RIC ! »

Vidéos sur le RIC : https://​le​-demo​crate​.fr/​v​i​d​e​o​s​/​ric

Léo Girod

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​p​h​o​t​o​.​p​h​p​?​f​b​i​d​=​1​0​1​5​6​7​3​8​6​9​5​3​8​2​3​1​7​&​s​e​t​=​a​.​4​8​6​5​9​6​4​4​2​3​1​6​&​t​y​p​e​=​3​&​t​h​e​a​ter

Autre fil sur le même sujet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​3​8​1​9​2​2​0​7​317


Le 24 novembre, Cora­lie Delaume :

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https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​3​7​6​2​2​3​9​7​317


Le 24 novembre aussi : 

« Il semble que ces images incroyables — 3 ou 4 jeunes hommes armés frap­pant de toutes leurs forces (avec la loi pour eux) un vieil homme désar­mé pro­tes­tant sim­ple­ment contre la misère — révèlent, une fois de plus, un pro­blème majeur : NOUS N’AVONS PAS DE CONSTITUTION.

Quand vous ferez (enfin) vos propres ate­liers consti­tuants, pen­sez à bien réflé­chir aux contre-pou­­voirs qui s’oc­cu­pe­ront de la police. »

Vidéo : https://​www​.face​book​.com/​s​m​o​o​t​h​i​i​/​v​i​d​e​o​s​/​5​4​1​2​5​1​4​9​9​7​0​6​5​17/

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Le 24 éga­le­ment, j’ai relayé cette réflexion de Jean Bricmont : 

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Le 22 novembre, j’a­vais relayé ceci, du Grand Soir : 

Théophraste R. (Le Grand Soir) : « Vivent les gilets jaunes (même si cet accessoire vestimentaire est moche et leurs porteurs hors la loi) !

La Révo­lu­tion fran­çaise (par­fai­te­ment illé­gale), qui émer­veilla le monde et à laquelle la France doit encore son pres­tige au-delà de ses fron­tières ne fut auto­ri­sée par per­sonne et elle fut mar­quée par des périodes de violence.

Je cherche vai­ne­ment ce qui fut grand dans le pas­sé et, en même temps, légal.

• La lutte contre l’esclavage ? Non.
• Les révoltes ouvrières pour des jour­nées de 12 heures ?
• Celles des Canuts de Lyon ou des vigne­rons de l’Hérault ? Non.
• Les mani­fes­ta­tions et arrêts de tra­vail pour une ½ jour­née de repos heb­do­ma­daire ? Non.
• Les grèves pour la recon­nais­sance des syn­di­cats ? Non.
• Les luttes pour l’abolition du tra­vail des enfants ? Non.
• Les luttes des « suf­fra­gettes » pour le droit de vote des femmes ? Non.
• La Résis­tance contre les nazis ? Non.
• Les luttes pour la léga­li­sa­tion de l’avortement ? Non.

Et de quel côté était la vraie vio­lence (1) ?

En son Palais de l’Elysée, le monarque Macron 1er a deman­dé au prince Phi­lippe de faire dire par des crieurs de rue que les mani­fes­ta­tions des Gilets Jaunes sont illé­gales, que les che­­vau-légers du lieu­te­nant de police Cas­ta­ner sau­ront les mater, sur­tout s’ils approchent du Palais. Les acci­dents de calèches, les bagarres de rue, leur seront impu­tés, ain­si que les chutes de neige, la dis­pa­ri­tion du peigne de Muriel Péni­caud, l’écroulement du pont de Gênes, les rup­tures de caté­naires, les tex­tos de Trump, le mau­vais goût ves­ti­men­taire d’Angela Mer­kel, les abus sexuels dans les pres­by­tères, la mort des abeilles, l’arrestation de Car­los Ghosn, les incen­dies en Cali­for­nie et les retards de livrai­son par les grands cou­tu­riers à la Reine Bri-Bri de Tro­gneux des sept tenues heb­do­ma­daires (qu’elle paie avec sa retraite de prof). »

Théo­phraste R. (Citoyen en marche, mais hors des clous, toujours).

Note (1). Voir mon billet d’hier où Jau­rès a tout bien expli­qué en peu de mots.
Source : Le Grand Soir, https://​www​.legrand​soir​.info/​v​i​v​e​n​t​–​l​e​s​–​g​i​l​e​t​s​–​j​a​u​n​e​s​–​m​e​m​e​–​s​–​i​l​s​–​s​o​n​t​–​m​o​c​h​e​s​–​e​t​–​h​o​r​s​–​l​a​–​l​o​i​.​h​tml

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​3​3​2​6​5​4​3​7​317


Le 21 j’a­vais trou­vé ceci intéressant :

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​3​1​9​5​0​3​0​2​317


Le 21 nov, le relais d’Osons cau­ser de l’ap­pel des gilets jaunes de Saint-Nazaire :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​3​1​6​4​3​1​4​7​317


Et puis encore d’autres billets FB rela­tifs aux GJ : 

Le 21 novembre, Franck Lepage chez Le Média TV :

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​3​2​1​4​8​2​0​2​317

Le 21 novembre : Mer­ci à Jean Lassalle
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​3​1​7​8​9​6​0​7​317

Le 21 novembre : Ils ne sont grands, Régis, que parce que nous sommes à genoux
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​3​1​6​2​1​4​4​7​317

Le 19 novembre : Patrice : « Qu’elle ne soit pas morte pour rien »
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​2​6​5​2​2​0​6​7​317


L’a­vis de Franck Lepage :
https://​www​.face​book​.com/​p​e​r​m​a​l​i​n​k​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​2​1​7​0​9​6​8​7​9​6​4​9​0​0​4​0​&​i​d​=​1​5​2​5​9​4​6​1​0​7​6​5​8​982

L’a­vis de Fran­çois Ruf­fin : Sur les Champs-Ély­­sées, Fran­çois Ruf­fin se réjouit de voir la France « pas­ser à l’action » :
https://​www​.huf​fing​ton​post​.fr/​2​0​1​8​/​1​1​/​2​4​/​s​u​r​–​l​e​s​–​c​h​a​m​p​s​–​e​l​y​s​e​e​s​–​f​r​a​n​c​o​i​s​–​r​u​f​f​i​n​–​s​e​–​r​e​j​o​u​i​t​–​d​e​–​l​a​–​f​r​a​n​c​e​–​q​u​i​–​s​e​–​r​e​v​e​i​l​l​e​_​a​_​2​3​5​9​9​1​96/

L’a­vis de Régis de Castelnau :
https://​www​.face​book​.com/​r​e​g​i​s​.​d​e​c​a​s​t​e​l​n​a​u​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​8​1​2​0​5​6​4​3​4​812

L’a­na­lyse (très appro­fon­die) de Jacques : Com­ment faire gagner les Gilets jaunes ? Une ana­lyse théo­rique, poli­tique et stra­té­gique par Jacques Niko­noff, Gilet jaune, uni­ver­si­taire, pré­sident du Par­ti de la démon­dia­li­sa­tion (Par­dem)
http://​www​.par​dem​.org/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​l​u​t​t​e​s​/​8​9​6​–​c​o​m​m​e​n​t​–​f​a​i​r​e​–​g​a​g​n​e​r​–​l​e​s​–​g​i​l​e​t​s​–​j​a​u​nes

Très intéressant, « ON REPREND LA MAIN » :


https://​onre​prend​la​main​.eu

[LE VENEZUELA RÉSISTE] Comprendre le Venezuela bolivarien, rdz-vs à Marseille samedi 1er décembre 2018, 18h

J’ai ren­con­tré récem­ment Romain Migus, que je lis sou­vent sur le net, et qui est encore plus pas­sion­nant en vrai que sur papier 🙂 Pen­dant notre conver­sa­tion, je n’ai pas vu le temps pas­ser, et à peine l’ai-je quit­té que j’a­vais hâte de le retrou­ver… C’est un des connais­seurs impor­tants du for­mi­dable labo­ra­toire démo­cra­tique qu’est sou­vent l’A­mé­rique latine.

Je le lis sur­tout sur Le Grand Soir (un des 4 ou 5 grands sites d’in­for­ma­tion incon­tour­nables en France, à mon avis, avec les-crises, RT, Le Saker fran­co­phone et Media­part). Je vous recom­mande tous ses articles, c’est passionnant.

Nous pour­rons l’en­tendre (et lui poser mille ques­tions) le 1er décembre pro­chain, à Mar­seille à 18 h, Théâtre de la Comé­die – 107 bd Jeanne D’Arc, avec Mau­rice Lemoine, un autre jour­na­liste qui a toute mon admi­ra­tion depuis presque 15 ans :

L’an­nonce sur le blog de Romain :
https://​www​.romain​mi​gus​.info/​2​0​1​8​/​1​1​/​v​e​n​e​z​u​e​l​a​–​d​e​b​a​t​–​m​a​r​s​e​i​l​l​e​–​l​e​–​1​e​r​.​h​tml

La page Face­book de l’événement :
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​6​5​3​9​9​9​4​7​1​6​6​2​3​97/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​7​2​9​8​0​2​0​6​7​317

LA CASTE, COMMENT S’EN DÉBARRASSER ? COMMENT LA REMPLACER ? François Ruffin invite Laurent Mauduit, Denis Robert et Monique Pinçon-Charlot

J’ai beau­coup de res­pect et d’ad­mi­ra­tion pour les quatre vrais jour­na­listes qui se ren­contrent ici, quatre vraies sen­ti­nelles du peuple :

httpv://www.youtube.com/watch?v=5svq2j34jVY

Mais je note, bien sûr (vous, vous l’a­vez bien sen­ti, vous aus­si, n’est-ce pas ?), que, par­mi leurs pro­po­si­tions cen­trales « pour se débar­ras­ser de la caste et la rem­pla­cer », PAS UN SEUL de ces (authen­tiques) résis­tants ne pense au pro­ces­sus consti­tuant, ni au rem­pla­ce­ment du faux « suf­frage uni­ver­sel » par le tirage au sort, ni au vote des lois par les citoyens eux-mêmes, ni au réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire, ni aux Chambres de contrôles tirées au sort, etc.

Je pense que, s’ils n’y pensent pas (encore) spon­ta­né­ment, c’est parce qu’ils n’ont pas encore ani­mé (ni même par­ti­ci­pé à) un ate­lier consti­tuant populaire 🙂

Ça vien­dra, je suis sûr.

Étienne.


À lire d’eux : 

François Ruffin : LEUR GRANDE TROUILLE. Journal intime de mes « pulsions protectionnistes »


https://​www​.actes​-sud​.fr/​c​a​t​a​l​o​g​u​e​/​p​o​c​h​e​b​a​b​e​l​/​l​e​u​r​–​g​r​a​n​d​e​–​t​r​o​u​i​l​l​e​–​b​a​bel

Laurent Mauduit : LA CASTE. Enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir


https://​edi​tions​la​de​cou​verte​.fr/​c​a​t​a​l​o​g​u​e​/​i​n​d​e​x​–​L​a​_​c​a​s​t​e​–​9​7​8​2​3​4​8​0​3​7​7​0​2​.​h​tml

Denis Robert : LES PRÉDATEURS. Des milliardaires contre les États.


https://​www​.lisez​.com/​l​i​v​r​e​–​g​r​a​n​d​–​f​o​r​m​a​t​/​l​e​s​–​p​r​e​d​a​t​e​u​r​s​/​9​7​8​2​7​4​9​1​5​5​937

Monique Pinçon-Charlot : LE PRÉDATEURS AU POUVOIR. Main basse sur notre avenir.


http://​www​.edi​tions​tex​tuel​.com/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​c​a​t​=​0​2​0​4​0​7​&​i​d​=​678

[Très intéressant (mais pas assez radical pour la solution)] COMMENT ACHETER UN ÉLECTEUR ? Julia Cagé l’explique à Gérard Miller sur Le Média TV

httpv://youtu.be/3eg9dLYyGko

Le livre de Julia CAGÉ : « Le prix de la démocratie »


https://​www​.fayard​.fr/​d​o​c​u​m​e​n​t​s​–​t​e​m​o​i​g​n​a​g​e​s​/​l​e​–​p​r​i​x​–​d​e​–​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​9​7​8​2​2​1​3​7​0​4​616

Mes com­men­taires (l’an­tienne d’Étienne) : 

le faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire-des-maîtres-par­mi-des-can­di­dats-que‑l’on-peut-aider au lieu de voter les lois) donne tou­jours le pou­voir aux plus riches (ceux qui ont le plus de moyens d’aider).

Cher­chez la cause des causes.
Hippocrate.

Démocratie :
un homme = une voix POUR VOTER LES LOIS
(PAS POUR ÉLIRE UN MAÎTRE !)


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https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​6​9​5​6​8​3​8​6​2​317

Rendez-vous aux 12e Rencontres de la MONNAIE LIBRE à Bordeaux du 17 au 25 novembre, en partenariat avec les Colibris. J’y interviens le 23 novembre, pour parler de la Ğ1 (june) avec Stéphane Laborde

On va encore par­ler de mon­naie et de sou­ve­rai­ne­té monétaire 🙂
Je suis heu­reux de vous retrou­ver aux 12e Ren­contres de la MONNAIE LIBRE avec Les Coli­bris à Bor­deaux le 23 novembre 2018, d’a­bord à 18h, puis à 20 h pour un débat avec Sté­phane Laborde, auteur de la TRM, Théo­rie Rela­tive de la Mon­naie.

L’an­nonce sur le site de Duni­ter : https://​rml12​.duni​ter​.io/

Le pro­gramme : https://​rml12​.duni​ter​.io/​p​r​o​g​r​a​m​m​e​.​h​tml

À 18h je par­le­rai seul, puis à 20h je serai avec Sté­phane Laborde :


Pour bos­ser la mon­naie libre (et la com­pa­rer aux autres alter­na­tives moné­taires prometteuses) :

Lan­ce­ment de la 1ère mon­naie libre offi­cielle : Ğ1 !
https://​www​.mon​naie​li​breoc​ci​ta​nie​.org/​2​0​1​7​/​0​3​/​2​0​/​l​a​n​c​e​m​e​n​t​–​d​e​–​p​r​e​m​i​e​r​e​–​m​o​n​n​a​i​e​–​l​i​b​r​e​–​o​f​f​i​c​i​e​l​l​e​–​g1/

https://​www​.face​book​.com/​m​o​n​n​a​i​e​.​l​i​b​r​e​.​o​c​c​i​t​a​n​ie/

Une alter­na­tive moné­taire enthou­sias­mante : LA MONNAIE LIBRE, Ğ1 (june) – entre­tien avec Sté­phane Laborde, concep­teur de la Théo­rie Rela­tive de la Mon­naie (TRM)
https://​www​.chouard​.org/​b​l​o​g​/​2​0​1​8​/​0​2​/​1​3​/​u​n​e​–​a​l​t​e​r​n​a​t​i​v​e​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​–​e​n​t​h​o​u​s​i​a​s​m​a​n​t​e​–​l​a​–​m​o​n​n​a​i​e​–​l​i​b​r​e​–​e​n​t​r​e​t​i​e​n​–​a​v​e​c​–​s​t​e​p​h​a​n​e​–​l​a​b​o​r​d​e​–​c​o​n​c​e​p​t​e​u​r​–​d​e​–​l​a​–​t​h​e​o​r​i​e​–​r​e​l​a​t​i​v​e​–​d​e​–​l​a​–​m​o​n​n​a​i​e​–​t​rm/

On com­pare Mon­naie char­tale et Mon­naie libre avec Sté­phane Laborde et Jean-Bap­­tiste Bersac :
httpv://www.youtube.com/watch?v=kvjstlFaxUw

J’é­voque en 10 minutes avec Nou­velle Donne (à Amiens) le lien entre la sou­ve­rai­ne­té moné­taire et le chômage : 
httpv://www.youtube.com/watch?v=_oGksbBNWys

Par­ler de lois ou même de consti­tu­tion sans par­ler de créa­tion moné­taire ne sert à RIEN : pas de sou­ve­rai­ne­té sans sou­ve­rai­ne­té monétaire :

À bien­tôt, bande de virus 🙂

Étienne.

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​6​9​3​5​2​8​3​5​7​317

Confé­rence :

Débat avec Sté­phane Laborde :

[Magnifique François Ruffin !] « En quelle langue faut-il donc vous le dire ? Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) est une gabegie ! »

À faire pas­ser par­tout, à retrans­crire et à relire, à affi­cher par­tout, dans les écoles et dans les facul­tés, dans les bureaux, dans les usines, dans les maga­sins, chez les méde­cins, dans les palais de jus­tice, dans les pri­sons, dans les com­mis­sa­riats, dans les casernes, dans les hôpi­taux et les hos­pices, dans toutes les salles d’at­tente, le long de toutes les files d’at­tente, chez nous dans l’en­trée au salon et ailleurs, à pla­car­der dans les rues et les ave­nues, sur les portes cochères des ban­quiers et des grands bour­geois, sur les murs de toutes les salles de rédac­tion ven­dues aux milliardaires…

httpv://www.youtube.com/watch?v=2UyaNPzu4W4

Mer­ci François !

Étienne.


Le texte (à pla­car­der par­tout) est là :
https://​fran​cois​ruf​fin​.fr/​c​i​c​e​–​c​y​r​a​no/

« Madame la ministre, mon­sieur le ministre, mon­sieur le rap­por­teur géné­ral, en quelle langue faut-il donc vous le dire ? 

En anglais : what a waste ! En ita­lien :che spre­co ! Je veux bien, même, essayer en chi­nois : touome lang fei ! 

En fran­çais, tout de même : quelle gabe­gie ! Quel gâchis colossal ! 

J’ai décou­vert le scan­dale, un matin, en écou­tant la radio – je rou­lais dans mon Ber­lin­go : « D’après un rap­port de France Stra­té­gie, le cré­dit d’impôt pour la com­pé­ti­ti­vi­té et l’emploi aurait per­mis de créer ou de sau­ve­gar­der 100 000 emplois. » C’est le genre de cal­cul que j’aime bien faire dans ma tête ; ça fait pas­ser le temps au volant. Allons‑y ensemble : le CICE coûte aux alen­tours de 20 mil­liards d’euros par an ; si l’on divise cette somme par 100 000 emplois, on obtient 200 000. 

J’ai dit à mon col­la­bo­ra­teur, Vincent, qui était à côté de moi : « Tu te rends compte : 200 000 euros par emploi et par an ! C’est pas pos­sible, j’ai dû m’emmêler dans les zéros… » Sur le siège pas­sa­ger, Vincent a véri­fié sur son télé­phone por­table : « C’est bien ça : 200 000 euros par an pour un emploi. »

Cela parais­sait tel­le­ment incroyable, tel­le­ment déli­rant, tel­le­ment sur­réa­liste ! Si j’étais infor­ma­ti­cien, je fabri­que­rais un « conver­tis­seur de CICE ». Vous sai­si­riez le nom d’un métier, « infir­mier » par exemple. C’est la débâcle dans les hôpi­taux, on le sait tous : les patients attendent des nuits entières aux urgences ; les éta­blis­se­ments pari­siens épuisent leurs sala­riés ; dans d’autres, le per­son­nel apporte son propre papier toi­lette. Bref, l’hôpital est au bord de la crise de nerfs. Donc, embau­cher des infir­miers, qui est contre ? Eh bien, ces 20 mil­liards de CICE, ça fait 625 000 infirmiers !

Mais vous avez rai­son : il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Avec mon conver­tis­seur, cha­cun pour­rait se faire son propre mix, ses embauches idéales : des accom­pa­gnants pour les enfants han­di­ca­pés, des ani­ma­teurs pour le péri­sco­laire, des auxi­liaires pour les per­sonnes âgées, des ins­pec­teurs du tra­vail… et tout ça, par cen­taines de mil­liers. Est-ce que vous sai­sis­sez, main­te­nant, l’énormité de ces 20 milliards ?

Et à qui pro­fite ce CICE ? Pour moi­tié aux mul­ti­na­tio­nales. Le pre­mier béné­fi­ciaire dans le pri­vé, c’est Car­re­four, Car­re­four qui licen­cie 4 500 cais­sières et autres employés, Car­re­four qui reçoit, néan­moins, 130 mil­lions d’euros au titre du CICE, le cré­dit d’impôt pour la com­pé­ti­ti­vi­té et l’emploi.

Emploi, emploi… Ça ne vous choque pas ? Dans tout le pays, il n’y a qu’ici que ça ne choque pas ! Tous les experts vous le disent : le cré­dit d’impôt pour la com­pé­ti­ti­vi­té et l’emploi est une gabe­gie. Le comi­té de sui­vi de France Stra­té­gie le dit. La fédé­ra­tion « Tra­vail, emploi et poli­tiques publiques » du CNRS le dit. Le labo­ra­toire inter­dis­ci­pli­naire d’évaluation des poli­tiques publiques le dit. Toutes ces études abou­tissent à la même conclu­sion : un effet quasi-nul.

Mal­gré ces rap­ports, ces études, ces éva­lua­tions, que déci­­dez-vous ? Que déci­­dez-vous après la sup­pres­sion de l’impôt de soli­da­ri­té sur la for­tune, après la flat tax, après la sup­pres­sion de l’exit tax, après la baisse de l’impôt sur les socié­tés ? Vous déci­dez de pour­suivre le CICE, de le péren­ni­ser en allé­ge­ments de charges et même, pour cette année, de le dou­bler, en le fai­sant pas­ser à 40 mil­liards d’euros. Qua­rante mil­liards, c’est, pour 2018, douze fois le bud­get de l’agriculture, qua­torze fois celui de la culture, quatre fois celui de l’écologie !

Mais vous êtes sourds. 

Vous êtes sourds aux faits ; vous êtes sourds aux Fran­çais ; vous êtes aveu­glés par votre dogme. Ces cher­cheurs, de France Stra­té­gie ou du CNRS, devraient aban­don­ner leur langue conve­nue et conve­nable. Ils devraient vous l’écrire en très grand, en lettres cli­gno­tantes, tout en klaxon­nant : gas­pillage ! Gas­pillage ! Gas­pillage !

Ou alors, comme Cyra­no de Ber­ge­rac, ils devraient vous le déclamer. 

Géné­reux : « Moi, si j’avais un tel magot dans ma besace, /Il fau­drait sur le champ que je le par­ta­geasse ! »

Curieux : « Dites-moi, de quoi sert ce fabu­leux pécule ? /Ai­­mez-vous à ce point les très grandes for­tunes / Que pater­nel­le­ment vous vous pré­oc­cu­pâtes / De leur tendre ce chèque de 40 000 patates ? »

Dra­ma­tique : « Ô rage ! Ô déses­poir ! C’est le peuple que l’on saigne ! /Mais pour les mil­lion­naires, quelle for­mi­dable aubaine ! »

Agres­sif : « Le voi­là donc, mon­sieur, votre « pognon de dingue » /Pour que l’oligarchie fasse fol­le­ment la bringue ! »

Qua­rante mil­liards, donc ! Qua­rante mil­liards ! Et en même temps, vous osez. En même temps, vous osez geler les pen­sions de retraite. En même temps, vous osez geler les allo­ca­tions familiales.

En même temps, vous osez geler les pen­sions d’invalidité.

Vous vous rat­tra­pez sur les familles pauvres, sur les per­sonnes âgées, sur les per­sonnes han­di­ca­pées. Sur elles, vous allez grat­ter 7 mil­liards. À elles, vous criez la néces­si­té de l’effort bud­gé­taire. Vous osez. Bra­vo ! Cha­peau !

Victor Hugo écrivait : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. »
[Aujourd’hui,] vous êtes les maîtres d’œuvre de cette injustice ! Vous êtes le bras armé de cette iniquité ! »

Fran­çois Ruffin. 

Sa chaîne You­tube : https://​www​.you​tube​.com/​c​h​a​n​n​e​l​/​U​C​I​Q​G​S​p​7​9​v​V​c​h​0​v​O​3​E​f​q​i​f_w

 

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

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[MONNAIE D’ÉTAT] Rendez-vous samedi 3 novembre 2018 à Paris, pour découvrir la première traduction française du livre de Knapp, « Théorie étatique de la monnaie » (chartalisme), par Ronald Mazzoleni

Chers amis,

Vous savez que, depuis des années, je défends ardem­ment le char­ta­lisme (la mon­naie d’É­tat sous contrôle citoyen) comme for­mi­dable alter­na­tive moné­taire, à la fois contre le chô­mage et pour nous éman­ci­per poli­ti­que­ment (de l’as­ser­vis­se­ment finan­cier, de l’É­tat et de la socié­té, mis en place pro­gres­si­ve­ment par les banques privées).

Eh bien voi­ci que Ronald Maz­zo­le­ni, un lec­teur du blog que j’aime par­ti­cu­liè­re­ment lire, vient de tra­duire en fran­çais, et c’est la toute pre­mière fois je crois, les trois pre­miers cha­pitres, les plus impor­tants, du grand livre fon­da­teur du char­ta­lisme, écrit par G. F. Knapp, et qui s’ap­pelle « Théo­rie éta­tique de la monnaie ».

Knapp_Theorie_etatique_de_la_monnaie


Fichier à télécharger :

Remarque impor­tante : Ronald et moi vous invi­tons à lui faire connaître toutes vos remarques (coquilles, erreurs, com­plé­ments, sug­ges­tions…) à cette adresse : gfknapp[at]outlook.fr
Ronald réper­cu­te­ra le plus vite pos­sible vos sug­ges­tions dans ce texte et je télé­char­ge­rai le texte mis à jour au fur et à mesure.
De cette façon, de façon col­lec­tive, ce docu­ment impor­tant devien­dra plus fiable et plus fort. 


Dès que Ronald m’a envoyé ce texte, j’é­tais évi­dem­ment heu­reux et tout exci­té (cette tra­duc­tion en fran­çais est un évé­ne­ment pour nous), et je me suis aper­çu rapi­de­ment que c’est quand même un livre dif­fi­cile à lire pour le grand public car Knapp a créé une série de mots nou­veaux pour expli­quer sa théo­rie, et ce lan­gage tech­nique forme une sorte de bar­rière pour les débutants.

Il m’a sem­blé que Ronald, celui qui venait de tra­duire ce livre, et qui venait donc de pas­ser des mois en immer­sion totale dans cette théo­rie moné­taire impor­tante, était le mieux à même de nous l’ex­po­ser, puis de répondre à nos ques­tions. J’ai donc pro­po­sé à Ronald de nous pré­pa­rer une syn­thèse orale en 2 ou 3 heures et de venir nous la pré­sen­ter à Paris (il habite en Bel­gique). Il a accep­té et je vou­drais cha­leu­reu­se­ment le remer­cier car tout ça est un immense et dif­fi­cile tra­vail et Ronald n’est pas fami­lier avec les conférences. 

Je suis sûr que vous ferez bon accueil à Ronald et à son tra­vail de pré­sen­ta­tion de Knapp. Vous vous en dou­tez, c’est un sujet tech­nique qui s’a­dresse à un public inté­res­sé par ces ques­tions, et très impor­tant pour nous per­mettre de bâtir ensuite nous-mêmes, de façon pra­tique, les ins­ti­tu­tions moné­taires correspondantes.

Ren­­dez-vous, donc, same­di 3 novembre 2018 à 14 h à Paris, 14 rue de Patay, pour décou­vrir ensemble la pre­mière tra­duc­tion fran­çaise du livre de Knapp, « Théo­rie éta­tique de la mon­naie » (char­ta­lisme), par Ronald Maz­zo­le­ni. Ronald aura besoin de 2 h 30 pour son inter­ven­tion, puis nous pour­rons lui poser toutes nos ques­tions. Pen­sez à prendre du papier et un crayon 🙂

La page Face­book et le cour­riel pour vous ins­crire (ça faci­li­te­ra la tâche des orga­ni­sa­teurs de savoir que vous venez 🙂 ) :

. https://m.facebook.com/2087573818239868/posts/2087599251570658/

. [email protected]

Hâte de vous y retrouver 🙂

Étienne.


Georg Frie­drich Knapp

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​6​7​1​0​3​7​2​8​2​317


Pour bosser la question :

• Le site de Jean-Bap­­tiste Ber­sac (« Frap­per monnaie ») :
http://​frap​per​mon​naie​.word​press​.com/

• La page du livre (pas­sion­nant !) dédié au chartalisme :
http://​frap​per​mon​naie​.word​press​.com/​l​e​–​l​i​v​r​e​–​n​e​o​c​h​a​r​t​a​l​i​s​te/

• Ma propre page (fouillis et lacu­naire, bien sûr, comme un marque de fabrique de cher­cheur débor­dé, par­don par­don par­don) dédiée aux pro­blèmes monétaires :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​m​o​n​n​a​i​e​.​php

• La page Wiki­pé­dia (et ses réfé­rences externes) :
https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​h​a​r​t​a​l​i​sme

• La page du blog d’An­dré-Jacques Hol­becq sur le chartalisme :
https://​post​jo​rion​.word​press​.com/​c​a​t​e​g​o​r​y​/​c​h​a​r​t​a​l​i​s​me/

Rappel de quelques billets de ce blog décrivant le chartalisme :

Pour­quoi il ne faut sur­tout pas rem­bour­ser la dette publique :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​1​0​/​0​1​/​p​o​u​r​q​u​o​i​–​i​l​–​n​e​–​f​a​u​t​–​s​u​r​t​o​u​t​–​p​a​s​–​r​e​m​b​o​u​r​s​e​r​–​l​a​–​d​e​t​t​e​–​p​u​b​l​i​q​ue/

Les peuples crèvent par manque d’argent : c’est l’É­tat qui doit créer l’argent AVANT qu’on le lui rende en impôts, et sur­tout pas le contraire :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​0​5​/​3​0​/​c​h​a​r​t​a​l​i​s​m​e​–​l​e​s​–​p​e​u​p​l​e​s​–​c​r​e​v​e​n​t​–​p​a​r​–​m​a​n​q​u​e​–​d​a​r​g​e​n​t​–​c​e​s​t​–​l​e​t​a​t​–​q​u​i​–​d​o​i​t​–​c​r​e​e​r​–​l​a​r​g​e​n​t​–​a​v​a​n​t​–​q​u​o​n​–​l​e​–​l​u​i​–​r​e​n​d​e​–​e​n​–​i​m​p​o​t​s​–​e​t​–​p​a​s​–​l​e​–​c​o​n​t​r​a​i​re/

Entre­tien pour Thin­ker­view, été 2017, je décris le char­ta­lisme et son enjeu immense à par­tir de 1h30 :

Ate­lier sur les alter­na­tives moné­taires, Paris, 14 juin 2018 :
https://www.chouard.org/2018/06/06/atelier-sur-les-alternatives-monetaires-a-paris-jeudi-14-juin-2018–18h-avec-les-citoyens-constituants/

Épou­van­tails (« gare à l’hy­per­in­fla­tion gna­gna­gna ») ou refla­tion ? Relan­cer la demande avec de l’he­li­cop­ter-money, vite !
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​1​0​/​1​2​/​e​p​o​u​v​a​n​t​a​i​l​s​–​o​u​–​r​e​f​l​a​t​i​o​n​–​r​e​l​a​n​c​e​r​–​l​a​–​d​e​m​a​n​d​e​–​a​v​e​c​–​d​e​–​l​h​e​l​i​c​o​p​t​e​r​–​m​o​n​e​y​–​v​i​te/

Révo­lu­tion moné­taire, char­ta­lisme : sor­tir de l’aus­té­ri­té sans sor­tir de l’eu­ro grâce à la mon­naie fis­cale com­plé­men­taire (Libé­ra­tion, mars 2017) :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​7​/​0​3​/​1​3​/​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​–​c​h​a​r​t​a​l​i​s​m​e​–​s​o​r​t​i​r​–​d​e​–​l​a​u​s​t​e​r​i​t​e​–​s​a​n​s​–​s​o​r​t​i​r​–​d​e​–​l​e​u​r​o​–​g​r​a​c​e​–​a​–​l​a​–​m​o​n​n​a​i​e​–​f​i​s​c​a​l​e​–​c​o​m​p​l​e​m​e​n​t​a​i​r​e​–​l​i​b​e​r​a​t​i​on/

Révo­lu­tion moné­taire : débat avec Sté­phane Laborde (mon­naie libre, la G1 « june ») et Jean-Bap­­tiste Ber­sac (Char­ta­lisme, mon­naie d’État) :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​0​9​/​2​5​/​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​–​d​e​b​a​t​–​a​v​e​c​–​s​t​e​p​h​a​n​e​–​l​a​b​o​r​d​e​–​e​t​–​j​e​a​n​–​b​a​p​t​i​s​t​e​–​b​e​r​s​a​c​–​l​e​s​–​p​e​r​s​p​e​c​t​i​v​e​s​–​d​e​m​a​n​c​i​p​a​t​i​o​n​–​p​o​l​i​t​i​q​u​e​–​o​f​f​e​r​t​e​s​–​p​a​r​–​l​e​–​c​h​a​r​t​a​l​i​s​m​e​–​e​t​–​p​a​r​–​l​a​–​t​h​e​o​r​i​e​–​r​e​l​a​t​i​v​e​–​d​e​–​l​a​–​m​o​n​n​a​i​e​–​t​rm/

15 minutes avec Nou­velle Donne à Amiens : pen­ser à relier le chô­mage à « la dette publique » qui est un coup d’É­tat ban­caire – Rem­bour­ser la dette publique est une folie récessive :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​0​9​/​1​1​/​1​5​–​m​i​n​u​t​e​s​–​a​v​e​c​–​n​o​u​v​e​l​l​e​–​d​o​n​n​e​–​s​u​r​–​l​e​–​c​h​o​m​a​g​e​–​d​e​t​t​e​–​p​u​b​l​i​q​u​e​–​c​o​m​m​e​–​c​o​u​p​–​d​e​t​a​t​–​b​a​n​c​a​i​r​e​–​e​t​–​r​e​m​b​o​u​r​s​e​m​e​n​t​–​d​e​–​l​a​–​d​e​t​t​e​–​p​u​b​l​i​q​u​e​–​c​o​m​m​e​–​s​o​u​r​c​e​–​i​n​f​a​i​l​l​i​b​l​e​–​d​e​–​c​r​i​s​e​–​m​a​j​e​u​r​e​–​c​h​a​r​t​a​l​i​s​m​e​–​ue/

Contro­verse sur la mon­naie et les banques : mes réponses à Alain Bei­tone qui conteste l’al­ter­na­tive char­ta­liste et dénonce une vision pré­ten­du­ment « complotiste » :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​8​/​0​9​/​0​2​/​c​o​n​t​r​o​v​e​r​s​e​–​s​u​r​–​l​a​–​m​o​n​n​a​i​e​–​e​t​–​l​e​s​–​b​a​n​q​u​e​s​–​m​e​s​–​r​e​p​o​n​s​e​s​–​a​–​a​l​a​i​n​–​b​e​i​t​o​n​e​–​q​u​i​–​c​o​n​t​e​s​t​e​–​l​a​l​t​e​r​n​a​t​i​v​e​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​–​c​h​a​r​t​a​l​i​s​t​e​–​c​r​e​a​t​i​o​n​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​–​p​u​b​l​i​q​u​e​–​e​t​–​m​a​–​v​i​s​i​o​n​–​c​o​m​p​l​o​t​i​s​t​e​–​d​e​s​e​s​p​e​r​a​n​t​e​–​q​ui/

Jour­née à Nîmes (avril 2018) avec Gilles (Heu?reka) pour étu­dier les alter­na­tives monétaires :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​8​/​0​4​/​3​0​/​r​d​z​–​v​s​–​a​–​n​i​m​e​s​–​l​e​–​2​0​–​m​a​i​–​2​0​1​8​–​t​o​u​t​e​–​l​a​–​j​o​u​r​n​e​e​–​a​v​e​c​–​h​e​u​r​e​k​a​–​g​i​l​l​e​s​–​p​o​u​r​–​a​n​a​l​y​s​e​r​–​e​t​–​c​o​m​p​a​r​e​r​–​l​e​s​–​d​i​f​f​e​r​e​n​t​e​s​–​a​l​t​e​r​n​a​t​i​v​e​s​–​p​o​u​r​–​u​n​e​–​s​o​u​v​e​r​a​i​n​e​t​e​–​m​o​n​e​t​a​i​r​e​–​d​i​g​n​e​–​d​e​–​c​e​–​n​om/

« MÉLENCHONGATE » : DEMANDEZ LE PROGRAMME ! (Régis de Castelnau, Vu du droit)

Encore une très inté­res­sante ana­lyse de Régis de Cas­tel­nau, sur son blog Vu du droithttp://​www​.vudu​droit​.com/​2​0​1​8​/​1​0​/​m​e​l​e​n​c​h​o​n​g​a​t​e​–​d​e​m​a​n​d​e​z​–​p​r​o​g​r​a​m​me/ :

« MÉLENCHONGATE » :
DEMANDEZ LE PROGRAMME !

J’avais conclu mon pré­cé­dent article rela­tif à ce que l’on va désor­mais appe­ler le « Mélen­chon­gate » en pré­ve­nant le patron de la France Insou­mise qu’il allait vivre des moments assez dif­fi­ciles et qu’il devait s’y pré­pa­rer. A‑t‑il com­pris ce qui l’attendait ?

L’utilisation cynique de la vio­lence d’État

On pas­se­ra rapi­de­ment sur l’outrance mal­adroite de ses réac­tions, où il n’a pas com­pris que l’imprécation furieuse, registre où il excelle, n’était vrai­ment pas adap­tée. Pas plus que ses atti­tudes pré­cé­dentes face aux opé­ra­tions judi­ciaires contre ses adver­saires poli­tiques. D’ailleurs, ses excès semblent le fruit d’une dou­lou­reuse sur­prise face à l’utilisation cynique de la vio­lence d’État par le pou­voir. Com­ment ose-t-on infli­ger à Jean-Luc Mélen­chon, pour­tant consa­cré « adver­saire et non enne­mi » sur le Vieux-Port, le même trai­te­ment qu’à Sar­ko­zy, Fillon et Le Pen ? Depuis le temps Jean-Luc Mélen­chon, vous devriez savoir qu’en matière de jus­tice poli­tique, la recherche de la conni­vence avec celui qui tient le manche est tou­jours vouée à l’échec, mais éga­le­ment que l’innocence ne pro­tège de rien. Là comme ailleurs seul compte le rap­port de force, et pri­vi­lé­gier la tac­tique au détri­ment de la défense des prin­cipes est tou­jours un très mau­vais placement.

Alors bien sûr cher Mon­sieur Mélen­chon, vos empor­te­ments ont per­mis aux gens d’en haut d’exprimer la haine qu’ils vous portent. Non seule­ment ce n’est pas grave mais cela va pré­sen­ter quelques avan­tages. D’abord ces gens-là, par­mi les­quels tous les anciens amis du PS que vous essayez actuel­le­ment de débau­cher, vous com­bat­tront tou­jours, quoi qu’il arrive, puisqu’ils ont défi­ni­ti­ve­ment choi­si le camp d’en face. Quant aux couches popu­laires, celles à qui vous devriez vous adres­ser autre­ment qu’en enfi­lant les gilets de sau­ve­tage de l’Aquarius, il y a long­temps qu’elles ne sont plus dupes et qu’elles savent très bien à quoi s’en tenir concer­nant l’attitude et les dis­cours des ser­vi­teurs de l’oligarchie. À quelque chose mal­heur est bon, vous pour­rez ain­si comp­ter ceux qui vous ont sou­te­nu dans l’épreuve.

Répé­tons une fois de plus que l’opération du 16 octobre avec ses 15 (17 ?) per­qui­si­tions n’a pas pu être orga­ni­sée sans que non seule­ment le pou­voir exé­cu­tif soit au cou­rant, mais ait pris lui-même la déci­sion. Tout per­met de l’affirmer et notam­ment, au-delà de l’expérience pro­fes­sion­nelle, l’utilisation du simple bon sens. Une opé­ra­tion de cette ampleur, le jour de l’annonce du rema­nie­ment, menée par le par­quet mobi­li­sant 100 poli­ciers (!) et diri­gée contre un des pre­miers par­tis d’opposition, sans que les ser­vices de la place Ven­dôme et notam­ment le Garde des Sceaux soient au cou­rant ? Sans que Madame Bel­lou­bet l’ait déci­dé en liai­son étroite avec l’Élysée ? Une telle mobi­li­sa­tion poli­cière sans que le minis­tère de l’intérieur ne soit au cou­rant et ait don­né son feu vert ? Il faut être sérieux.

Deman­dez le programme !

Je ne pense pas m’avancer beau­coup, en disant que la fameuse enquête pré­li­mi­naire a dû déjà être fruc­tueuse et que le par­quet dis­pose d’un dos­sier bien étof­fé. De la même façon il me semble pro­bable que la déci­sion de l’ouverture de l’information judi­ciaire et la sai­sine d’un ou plu­sieurs juges d’instruction est déjà prise, et les magis­trats ins­truc­teurs choi­sis. Lors du déclen­che­ment de l’affaire Fillon par le Par­quet Natio­nal Finan­cier, tout le monde savait à l’avance dans le monde judi­ciaire qui serait le juge d’instruction dési­gné et que le can­di­dat LR serait immé­dia­te­ment mis en examen.

Avec le grand cirque média­­ti­­co-judi­­ciaire qui va se dérou­ler, le raid du 16 octobre va rapi­de­ment appa­raître comme un léger hors‑d’œuvre. Col­lec­tion de convo­ca­tions diverses et variées aux diri­geants et col­la­bo­ra­teurs de la France Insou­mise. Soit pour des mises en exa­men spec­ta­cu­laires avec des qua­li­fi­ca­tions sonores, de celles qui enjo­livent les man­chettes, « escro­que­ries en bande orga­ni­sée, détour­ne­ment de fonds publics en réunion, blan­chi­ment de fraude fis­cale etc. etc. ». Soit pour des gardes à vue fati­gantes dont les durées seront fonc­tions des qua­li­fi­ca­tions et pour­ront aller jusqu’à 96 heures… Nou­velles per­qui­si­tions bien sûr chez les mêmes, avec des écoutes télé­pho­niques tous azi­muts. La presse sera comme d’habitude scru­pu­leu­se­ment ali­men­tée de copies par­tielles de pro­­cès-ver­­baux, de pièces de pro­cé­dure de toute nature, de trans­crip­tions tra­fi­quées d’écoutes télé­pho­niques. Il est d’ailleurs pro­bable que les inter­lo­cu­teurs pri­vi­lé­giés sont déjà choi­sis, l’officine Media­part, fidèle et zélé petit télé­gra­phiste du pou­voir étant bien sûr de la fête. Et dans les médias, la sur­en­chère et l’effet de meute joue­ront à fond. Et natu­rel­le­ment comme d’habitude aus­si toutes les plaintes pour vio­la­tion du secret de l’instruction (pro­té­gé, il faut le rap­pe­ler, par la loi), seront soi­gneu­se­ment ran­gées par le par­quet avec les autres dans l’armoire pré­vue à cet effet. Et comme d’habitude encore, rapi­de­ment cou­verts de pous­sière, ils ne don­ne­ront jamais lieu à la moindre investigation.

Alors j’espère, qu’à la France Insou­mise on ne va plus entendre psal­mo­dier l’incantation imbé­cile : « il faut faire confiance à la Jus­tice ! ». Tout le sys­tème judi­ciaire d’un pays démo­cra­tique repose sur la défiance qu’il faut avoir vis-à-vis de l’institution. Sinon, pour­quoi avoir un avo­cat ? Pour­quoi celui-ci doit-il dis­po­ser de pré­ro­ga­tives et de pri­vi­lèges impor­tants ? Pour­quoi le double degré de juri­dic­tion, pour­quoi la col­lé­gia­li­té, pour­quoi toutes ces règles de pro­cé­dure ? Parce que l’on donne l’usage de la vio­lence légi­time de l’État à des Hommes faillibles qu’il faut impé­ra­ti­ve­ment enca­drer en rap­pe­lant « qu’adversaire achar­née de l’arbitraire, la forme est- la sœur jumelle de la liberté ». 

Il y a ensuite l’autre incan­ta­tion : « mais puisqu’on n’a rien fait ! » Je par­tage depuis long­temps l’opinion du car­di­nal de Riche­lieu qui disait : « Don­­nez-moi deux lignes de la main d’un homme, et j’y trou­ve­rai de quoi suf­fire à sa condam­na­tion. » Je sais bien qu’en France où l’on pré­fère l’ordre à la jus­tice, pré­tendre que l’innocence ne pro­tège de rien est blas­phé­ma­toire, alors que c’est pour­tant la réalité. 

CE QUI PROTÈGE L’INNOCENT C’EST LE DÉBAT CONTRADICTOIRE DANS LE RESPECT DES RÈGLES ET DES PRINCIPES FONDAMENTAUX, DEVANT DES JUGES IMPARTIAUX.

On ajou­te­ra que dans les affaires poli­­ti­­co-judi­­ciaires le risque est moins la sanc­tion finale si elle arrive un jour, que dans les mises en cause et le cirque média­tique qui les accom­pagne. Après son démar­rage en fan­fare, l’affaire Fillon a dor­mi pai­si­ble­ment pen­dant près de deux ans. Les objec­tifs qui avaient jus­ti­fié l’urgence ini­tiale ayant été atteints avec l’élimination du can­di­dat de droite. La par­ti­cu­la­ri­té de ces affaires, et cela se véri­fie à chaque fois, est que chaque empor­te­ment média­tique pro­vo­qué par des révé­la­tions oppor­tunes issues des dos­siers judi­ciaires, est tou­jours direc­te­ment cor­ré­lé à une actua­li­té poli­tique concer­nant les mis en cause. Et c’est jus­te­ment cette expé­rience de ce qui s’est pro­duit pour Nico­las Sar­ko­zy, Fran­çois Fillon et Marine Le Pen, pour ne citer que les lea­ders poli­tiques oppo­sés au pou­voir de Hol­lande puis de Macron, qui per­mettent de faire ces prévisions.

En route vers le gou­ver­ne­ment des juges ?

Mais il y a deux autres fac­teurs qui viennent nour­rir ce diag­nos­tic. Tout d’abord Emma­nuel Macron lui-même a déli­vré le ver­dict et annon­cé à quelle sauce celui dont il avait dit qu’il n’était pas son enne­mi va être dévo­ré. « L’autorité judi­ciaire est une auto­ri­té indé­pen­dante dans notre pays, et j’en suis le garant. Pour tout le monde. N’en déplaise à cer­tains, il n’y a pas d’exception ». Invo­ca­tion habi­tuelle du man­tra « indé­pen­dance » qui n’a aucun sens dès lors que l’on n’en fait pas uni­que­ment le moyen de ce qui est essen­tiel à l’office du juge : l’impartialité. Et là, le pré­sident de la Répu­blique sait par­fai­te­ment à quoi s’en tenir, il dis­pose d’un haut appa­reil judi­ciaire qui n’a plus besoin de rece­voir des ordres pour agir selon ses vœux. Il existe désor­mais des conni­vences socio­lo­giques, poli­tiques pro­fes­sion­nelles et idéo­lo­giques qui rendent en par­tie inutile la mise en place de cour­roies de trans­mis­sion. C’est ici le deuxième fac­teur qui per­met de pré­voir ce qui va se pas­ser. Dans la conduite des affaires poli­tiques, les juri­dic­tions soi-disant spé­cia­li­sées se sont trans­for­mées en juri­dic­tions d’exception appuyées par les chambres d’instruction et vali­dées par la Cour de cas­sa­tion. Uti­li­sant des méthodes et met­tant en place des juris­pru­dences qui portent direc­te­ment atteinte à la liber­té politique.

Arrê­­tons-nous sur les ques­tions en cause dans les deux dos­siers qui concernent Jean-Luc Mélen­chon et la France Insou­mise, les atta­chés par­le­men­taires et les frais de cam­pagne élec­to­rale. Les lois de 1988 et 1990 et les textes qui les ont com­plé­tées ont mis en place un sys­tème de finan­ce­ment public de la vie poli­tique. Dont les trois prin­cipes essen­tiels étaient, le finan­ce­ment par l’État en fonc­tion des résul­tats élec­to­raux, la limi­ta­tion des dépenses pen­dant les cam­pagnes élec­to­rales, le contrôle finan­cier enfin exer­cé par la Com­mis­sion natio­nale des comptes de cam­pagne et des finan­ce­ments poli­tiques (CNCCFP). Ce contrôle porte sur les recettes des par­tis afin d’éviter les dons inter­dits, et sur les dépenses en période élec­to­rale. Mais le contrôle des dépenses, ne doit por­ter que sur la réa­li­té celle-ci afin de véri­fier si celles-ci n’ont pas été mino­rées pour empê­cher le dépas­se­ment du pla­fond avec toutes les consé­quences désa­gréables qui en découlent. Mais, la stra­té­gie élec­to­rale est libre et la com­mis­sion natio­nale ne peut pas déter­mi­ner à la place du can­di­dat ou du par­ti les dépenses qui étaient bonnes pour sa stra­té­gie. Si un can­di­dat pense que c’est bon pour son image de cir­cu­ler en Fer­ra­ri, c’est son droit le plus strict. De même s’il pense qu’il faut s’adresser à un grand trai­teur plu­tôt que de deman­der à ses mili­tants de pas­ser chez Picard sur­ge­lés, c’est éga­le­ment sa liber­té. À condi­tion d’inscrire les fac­tures cor­res­pon­dantes à leur prix réel dans le compte de cam­pagne. Les magis­trats du pôle finan­cier ont trou­vé une astuce pour contour­ner cette évi­dence. Comme l’État rem­bourse une par­tie des frais de cam­pagne aux can­di­dats qui ont atteint un pour­cen­tage mini­mum, leur rai­son­ne­ment consiste à dire que du fait de ce ver­se­ment de fonds publics le juge a un droit de regard sur la nature des dépenses expo­sées. Il peut contrô­ler si elles étaient bien jus­ti­fiées par la cam­pagne mais du point de vue du juge. Donc adieu la Fer­ra­ri, le trai­teur Le Nôtre et les rému­né­ra­tions consé­quentes éven­tuel­le­ment ver­sées à la socié­té de Madame Chi­ki­rou. Ou tout autres dépenses qui auront l’heur de déplaire au pré­sident de la Com­mis­sion natio­nale ou au juge d’instruction. Qui pour­ront ain­si les qua­li­fier d’escroquerie non pas vis-à-vis du can­di­dat, des équipes de cam­pagnes, ou des mili­tants mais vis-à-vis de l’État rem­bour­seur. Adieu la liber­té d’organiser votre cam­pagne comme vous l’entendez, cette pré­ro­ga­tive appar­tient désor­mais au juge.

Aucune sur­prise quand on voit de quelle façon la même Cour de cas­sa­tion, sui­vant le pôle finan­cier, a balan­cé par-des­­sus les mou­lins les prin­cipes de liber­té poli­tique et de sépa­ra­tion des pou­voirs à pro­pos des assis­tants par­le­men­taires. Un cer­tain nombre de moyens maté­riels sont mis à la dis­po­si­tion de celui qui a recueilli les suf­frages néces­saires pour deve­nir repré­sen­tant de la nation. Il n’a de compte à rendre sur l’exécution de son man­dat qu’à ses élec­teurs. Le choix des assis­tants par­le­men­taires l’organisation et la nature du tra­vail qu’ils effec­tuent relèvent de sa liber­té poli­tique. Dans une affaire qui concer­nait le Sénat et en jus­ti­fiant indi­rec­te­ment le raid judi­ciaire contre Fran­çois Fillon, la Cour de cas­sa­tion vient de consi­dé­rer que le juge avait un droit de regard sur l’organisation de leur tra­vail par les par­le­men­taires. C’est aus­si ce qui s’est pas­sé dans l’affaire Fillon et ce qui se pas­se­ra dans l’affaire Mélen­chon. Nou­velles atteintes aux prin­cipes, et par la grâce de la cour suprême, les dépu­tés de la Répu­blique devront renon­cer à la liber­té d’exécuter leur man­dat comme ils l’entendent, c’est désor­mais le juge qui impo­se­ra ses choix.

La liber­té poli­tique sous la grêle

Cette volon­té deve­nue évi­dente de la haute fonc­tion publique judi­ciaire de s’abstraire des prin­cipes fon­da­men­taux de la liber­té poli­tique et de la sépa­ra­tion des pou­voirs génère des dérives par­ti­cu­liè­re­ment inquié­tantes. Inquié­tude ren­for­cée par le fait qu’aux pro­cé­dures spec­ta­cu­laires diri­gées contre les repré­sen­tants de l’opposition poli­tique, s’ajoute une pas­si­vi­té trou­blante vis-à-vis des affaires concer­nant les entou­rages du pou­voir. Com­ment ne pas soup­çon­ner que la ges­tion de ces dos­siers puisse être conduite par des sub­jec­ti­vi­tés poli­tiques et idéo­lo­giques qui n’ont rien à y faire ?

Ce que nous rap­pelle l’agression média­­ti­­co-judi­­ciaire dont sont l’objet aujourd’hui, Jean-Luc Mélen­chon et son orga­ni­sa­tion poli­tique c’est bien l’existence de ces dérives dan­ge­reuses pour les liber­tés publiques. Alors quoi qu’on pense de Jean-Luc Mélen­chon, il est néces­saire aujourd’hui de le défendre. Parce que ce sera défendre nos liber­tés et « quand elles sont sous la grêle, fol qui fait le délicat ».

Régis de Castelnau.

Source : Vu du droit, http://​www​.vudu​droit​.com/​2​0​1​8​/​1​0​/​m​e​l​e​n​c​h​o​n​g​a​t​e​–​d​e​m​a​n​d​e​z​–​p​r​o​g​r​a​m​me/

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​6​5​9​5​8​2​4​1​2​317

[Mémoire des luttes] L’invention du capitalisme : comment des paysans autosuffisants ont été changés en esclaves salariés pour l’industrie (Yasha Levine, sur par​tage​-le​.com)

Source : Par​tage​-le​.com, http://​par​tage​-le​.com/​2​0​1​8​/​1​0​/​l​i​n​v​e​n​t​i​o​n​–​d​u​–​c​a​p​i​t​a​l​i​s​m​e​–​c​o​m​m​e​n​t​–​d​e​s​–​p​a​y​s​a​n​s​–​a​u​t​o​s​u​f​f​i​s​a​n​t​s​–​o​n​t​–​e​t​e​–​c​h​a​n​g​e​s​–​e​n​–​e​s​c​l​a​v​e​s​–​s​a​l​a​r​i​e​s​–​p​o​u​r​–​l​i​n​d​u​s​t​r​i​e​–​p​a​r​–​y​a​s​h​a​–​l​e​v​i​ne/

« …il faut être idiot pour ne pas com­prendre que les classes popu­laires doivent être main­te­nues dans la pau­vre­té, sans quoi elles ne seront jamais laborieuses. »
— Arthur Young (1771)

La doc­trine éco­no­mique de notre culture sti­pule que le capi­ta­lisme est syno­nyme de liber­té indi­vi­duelle et de socié­tés libres, n’est-ce pas ? Eh bien, si vous vous êtes déjà dit que cette logique était une belle conne­rie, je vous recom­mande la lec­ture d’un livre inti­tu­lé The Inven­tion of Capi­ta­lism (L’invention du capi­ta­lisme, non tra­duit), écrit par un his­to­rien de l’économie du nom de Michael Per­el­man, contraint de s’exiler à Chi­co State, une uni­ver­si­té per­due dans la Cali­for­nie rurale, pour son manque de sym­pa­thie envers l’économie de mar­ché. Per­el­man a uti­li­sé son temps d’exil d’une des meilleures manières pos­sibles, explo­rant et fouillant les tra­vaux et la cor­res­pon­dance d’Adam Smith et de ses contem­po­rains afin d’écrire une his­toire de la créa­tion du capi­ta­lisme allant au-delà du conte de fées super­fi­ciel qu’est La Richesse des nations ; il nous pro­pose ain­si de lire les pre­miers capi­ta­listes, éco­no­mistes, phi­lo­sophes, prêtres et poli­ti­ciens dans leurs propres mots. Et ce n’est pas beau à voir.

L’étude de l’histoire expose clai­re­ment le fait qu’Adam Smith et ses amis par­ti­sans du lais­­ser-faire étaient en fait une bande de cryp­­to-éta­­tistes, qui avaient besoin de poli­tiques gou­ver­ne­men­tales bru­tales pour contraindre la pay­san­ne­rie anglaise à deve­nir une main d’œuvre capi­ta­liste docile prête à accep­ter l’esclavage salarial.

Fran­cis Hut­che­son, duquel Adam Smith apprit toute la ver­tu de la liber­té natu­relle, écrit : « c’est un des grands des­seins des lois civiles que de ren­for­cer les lois de la nature par des sanc­tions poli­tiques… La popu­lace doit être édu­quée et gui­dée par les lois vers les meilleures méthodes dans la ges­tion de ses affaires et dans l’exercice de l’art mécanique. »

Eh oui, au contraire de ce qui est sou­vent sug­gé­ré, la tran­si­tion vers une socié­té capi­ta­liste ne s’est pas faite natu­rel­le­ment ou sans dou­leur. Les pay­sans anglais, voyez-vous, n’avaient aucune envie d’abandonner leurs com­mu­nau­tés rurales et leurs terres afin de tra­vailler pour des salaires plus que pré­caires dans d’atroces et dan­ge­reuses usines, ins­tal­lées par une nou­velle et riche classe de pro­prié­taires ter­riens capi­ta­listes. Et pour de bonnes rai­sons. Selon les esti­ma­tions four­nies par Adam Smith lui-même, avec un salaire ouvrier dans l’Écosse d’alors, un pay­san d’usine devait tri­mer plus de trois jours durant pour pou­voir se payer une paire de chaus­sures pro­duites com­mer­cia­le­ment. Autre­ment, il pou­vait fabri­quer ses propres chaus­sures tra­di­tion­nelles en uti­li­sant son propre cuir, en quelques heures, et pas­ser le reste du temps à s’enivrer à la bière. Quel cruel dilemme.

Seule­ment, pour faire mar­cher le capi­ta­lisme, les capi­ta­listes avaient besoin d’une main d’œuvre peu chère et abon­dante. Que faire alors ? Appe­ler la Garde Nationale !

Face à une pay­san­ne­rie qui ne vou­lait pas être réduite en escla­vage, phi­lo­sophes, éco­no­mistes, poli­ti­ciens, mora­listes et hommes d’affaires com­men­cèrent à plé­bis­ci­ter l’action gou­ver­ne­men­tale. Avec le temps, ils mirent en place une série de lois et de mesures cali­brées pour for­cer les pay­sans à se sou­mettre en détrui­sant leurs moyens d’autosuffisance traditionnels.

« Les actes bru­taux asso­ciés au pro­ces­sus de dépos­ses­sion de la capa­ci­té d’une majo­ri­té de la popu­la­tion à être auto­suf­fi­sante appa­raissent bien éloi­gnés de la répu­ta­tion de lais­­ser-faire de l’économie poli­tique clas­sique, écrit Per­el­man. En réa­li­té, la dépos­ses­sion de la majo­ri­té des petits pro­duc­teurs et la construc­tion du lais­­ser-faire sont étroi­te­ment liés, à tel point que Marx, ou du moins ses tra­duc­teurs, don­nèrent un nom à cette expro­pria­tion des masses :« l’accumulation pri­mi­tive ». »

Per­el­man sou­ligne les nom­breuses poli­tiques qui for­cèrent les pay­sans hors de leurs terres — de la mise en place des Game Laws (lois sur la chasse) empê­chant les pay­sans de chas­ser, à la des­truc­tion de la pro­duc­ti­vi­té pay­sanne par la divi­sion des com­muns en par­celles plus petites — mais les par­ties les plus inté­res­santes du livre sont incon­tes­ta­ble­ment celles où le lec­teur découvre les com­plaintes et autres gémis­se­ments des col­lègues pro­­to-capi­­ta­­listes d’Adam Smith se lamen­tant de ce que les pay­sans sont trop indé­pen­dants et à leurs affaires pour pou­voir être effi­ca­ce­ment exploi­tés, et essayant de trou­ver un moyen de les for­cer à accep­ter une vie d’esclavage salarial.

Ce pam­phlet de l’époque illustre bien l’attitude géné­rale des capi­ta­listes envers les pay­sans auto­suf­fi­sants et prospères :

« Pos­sé­der une vache ou deux, un porc et quelques oies exalte natu­rel­le­ment le pay­san… À flâ­ner après son bétail, il devient indo­lent. Des quarts, des moi­tiés, voire des jour­nées entières de tra­vail sont imper­cep­ti­ble­ment per­dues. La jour­née de tra­vail devient repous­sante ; et l’aversion aug­mente avec la com­plai­sance. Enfin, la vente d’un veau ou d’un porc à moi­tié nour­ri donne les moyens d’ajouter l’intempérance à l’oisiveté. »

Tan­dis qu’un autre pam­phlé­taire écrivait :

« Je ne peux pas conce­voir de plus grande malé­dic­tion pour un groupe de per­sonnes que d’être jeté sur un ter­rain où la pro­duc­tion des moyens de sub­sis­tance et de la nour­ri­ture serait prin­ci­pa­le­ment spon­ta­née, et où le cli­mat ne requer­rait ou n’admettrait que peu de vête­ments ou de couvertures. »

John Bel­lers, « phi­lan­thrope » qua­ker et pen­seur éco­no­mique, consi­dé­rait les pay­sans indé­pen­dants comme une menace l’empêchant de contraindre les pauvres dans des usines-pri­­sons où ils vivraient, tra­vaille­raient et pro­dui­raient un pro­fit de 45% à des­ti­na­tion des aris­to­crates propriétaires :

« Nos Forêts et grands Com­muns (poussent les Pauvres qui y habitent à deve­nir presque des Indiens) et sont une menace à l’Industrie, ain­si que des Ber­ceaux d’Oisiveté et d’Insolence. »

Daniel Defoe, écri­vain et com­mer­çant, notait quant à lui que dans les High­lands écos­sais, « on était extrê­me­ment bien four­ni en pro­vi­sions […] gibier à foi­son, en toute sai­son, jeune ou vieux, qu’ils tuent de leurs pis­to­lets quand ils en trouvent ».

Pour Tho­mas Pen­nant, un bota­niste, l’autosuffisance gâchait une popu­la­tion pay­sanne sinon par­fai­te­ment correcte :

« Les mœurs des indi­gènes des High­lands peuvent être résu­mées en quelques mots : indo­lence maxi­male, sauf lorsqu’ils sont sti­mu­lés par la guerre ou par quelque amusement. »

Si avoir un esto­mac bien rem­pli et une terre pro­duc­tive consti­tuait le pro­blème, alors la solu­tion pour bien dres­ser ces fai­gnants était évi­dente : virons-les de leurs terres et affamons-les !

Arthur Young, auteur popu­laire et pen­seur éco­no­mique res­pec­té par John Stuart Mill, écri­vait en 1771 qu’il « faut être idiot pour ne pas com­prendre que les classes popu­laires doivent être main­te­nues dans la pau­vre­té, sans quoi elles ne seront jamais labo­rieuses ». Sir William Temple, poli­ti­cien et patron de Jona­than Swift, était d’accord et sug­gé­rait qu’il fal­lait taxer la nour­ri­ture, autant que pos­sible, afin de sau­ver les classes popu­laires d’une vie « de paresse et de débauche ».

Temple défen­dait éga­le­ment le tra­vail des enfants à l’usine, dès quatre ans, arguant « qu’ainsi, nous espé­rons que la nou­velle géné­ra­tion sera si bien habi­tuée à l’emploi per­ma­nent qu’il lui sera, à terme, agréable et diver­tis­sant. » Pour d’autres, quatre ans, ce n’était pas assez. Selon Per­el­man, « John Locke, sou­vent vu comme un phi­lo­sophe de la liber­té, défen­dait le tra­vail dès l’âge de trois ans ». Le tra­vail des enfants exci­tait éga­le­ment Defoe, qui se réjouis­sait de ce que « des enfants de quatre ou cinq ans […] pou­vaient cha­cun gagner leur propre pain ». Mais trêve de digression.

Même David Hume, le grand huma­niste, van­tait la pau­vre­té et la faim comme des expé­riences posi­tives pour les classes popu­laires, et blâ­mait même la « pau­vre­té » de la France sur son cli­mat favo­rable et ses sols fertiles :

« Les années de pénu­rie, à condi­tion qu’elle ne soit pas extrême, on observe tou­jours que les pauvres tra­vaillent plus, et vivent réel­le­ment mieux. »

Le révé­rend Joseph Town­send croyait que res­treindre l’accès à la nour­ri­ture était la voie à suivre :

« Contraindre [direc­te­ment] et juri­di­que­ment [au tra­vail] […] est reçu avec trop de pro­tes­ta­tions, de vio­lences et de bruit, […] tan­dis que la faim est non seule­ment un moyen de pres­sion pai­sible, silen­cieux et inces­sant, mais en tant que meilleure moti­va­tion natu­relle au tra­vail, elle appelle les plus puis­sants efforts […]. La faim domp­te­rait les plus rebelles des ani­maux, elle incul­que­rait décence et civi­li­té, obéis­sance et assu­jet­tis­se­ment aux plus bru­taux, aux plus obs­ti­nés et aux plus pervers. »

Patrick Col­qu­houn, un mar­chand qui mon­ta la pre­mière « police de pré­ven­tion » pri­vée d’Angleterre pour empê­cher les tra­vailleurs des docks d’arrondir leurs maigres salaires avec de la mar­chan­dise volée, four­nit ce qui est peut-être l’explication la plus lucide sur la manière dont la faim et la pau­vre­té sont cor­ré­lés à la pro­duc­ti­vi­té et la créa­tion de richesse :

« La pau­vre­té est l’état et la condi­tion sociale de l’individu qui n’a pas de force de tra­vail en réserve ou, en d’autres termes, pas de biens ou de moyens de sub­sis­tance autres que ceux pro­cu­rés par l’exercice constant du tra­vail dans les dif­fé­rentes occu­pa­tions de la vie. La pau­vre­té est donc l’ingrédient le plus néces­saire et indis­pen­sable de la socié­té, sans lequel les nations et les com­mu­nau­tés ne pour­raient exis­ter dans l’état de civi­li­sa­tion. C’est le des­tin de l’homme. C’est la source de la richesse, car sans pau­vre­té, il ne pour­rait y avoir de tra­vail ; et il ne pour­rait donc y avoir de biens, de raf­fi­ne­ments, de conforts, et de béné­fices pour les riches. »

La for­mule de Col­qu­houn est si juste qu’elle méri­té d’être répé­tée. Car ce qui était vrai à l’époque l’est encore aujourd’hui :

« La pau­vre­té est donc l’ingrédient le plus néces­saire et indis­pen­sable de la socié­té […], c’est la source de la richesse, car sans pau­vre­té, il n’y aurait pas de tra­vail ; et il ne pour­rait donc y avoir de biens, de raf­fi­ne­ments, de conforts, et de béné­fices pour les riches. »

Yasha Levine


Article ori­gi­nal (en anglais) : http://​exi​le​don​line​.com/​r​e​c​o​v​e​r​e​d​–​e​c​o​n​o​m​i​c​–​h​i​s​t​o​r​y​–​e​v​e​r​y​o​n​e​–​b​u​t​–​a​n​–​i​d​i​o​t​–​k​n​o​w​s​–​t​h​a​t​–​t​h​e​–​l​o​w​e​r​–​c​l​a​s​s​e​s​–​m​u​s​t​–​b​e​–​k​e​p​t​–​p​o​o​r​–​o​r​–​t​h​e​y​–​w​i​l​l​–​n​e​v​e​r​–​b​e​–​i​n​d​u​s​t​r​i​o​u​s​/​#​m​o​r​e​–​2​9​048

Tra­duc­tion : Alice Tréga

Édi­tion : Nico­las Casaux

Source : Par​tage​-le​.com, http://​par​tage​-le​.com/​2​0​1​8​/​1​0​/​l​i​n​v​e​n​t​i​o​n​–​d​u​–​c​a​p​i​t​a​l​i​s​m​e​–​c​o​m​m​e​n​t​–​d​e​s​–​p​a​y​s​a​n​s​–​a​u​t​o​s​u​f​f​i​s​a​n​t​s​–​o​n​t​–​e​t​e​–​c​h​a​n​g​e​s​–​e​n​–​e​s​c​l​a​v​e​s​–​s​a​l​a​r​i​e​s​–​p​o​u​r​–​l​i​n​d​u​s​t​r​i​e​–​p​a​r​–​y​a​s​h​a​–​l​e​v​i​ne/

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​6​5​8​6​0​0​3​3​2​317

[Passionnant et important] L’école post-keynésienne, une alternative à découvrir (et à travailler)

Les affreuses déci­sions poli­tiques actuelles S’APPUIENT SUR (et trouvent une légi­ti­mi­té appa­rente dans) LA DOXA (pen­sée éco­no­mique domi­nante) — archi-fausse — qui s’ap­pelle fal­la­cieu­se­ment « libé­ra­lisme ». Il est donc impor­tant, autant que pos­sible, d’ap­puyer sur des cher­cheurs paten­tés notre dénon­cia­tion de cette doxa criminelle.

À l’oc­ca­sion de la paru­tion de la pre­mière grande syn­thèse en fran­çais sur l’é­cole post-key­­né­­sienne, Roma­ric Godin (Media­part) reçoit Vir­gi­nie Mon­voi­sin et Dany Lang :

httpv://youtu.be/ZBKM95gtmB8

Le livre :
http://www.seuil.com/ouvrage/l‑economie-post-keynesienne-eric-berr/9782021377880

Le concept (essen­tiel de mon point de vue) d’État-employeur-en-der­­nier-res­­sort est ici défendu. 

Hâte de lire ce livre, je vous en reparlerai.

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​6​5​7​4​0​7​4​1​2​317

[IMPORTANT] Bernard Friot : « la cotisation sociale, ce n’est pas une ponction, c’est un supplément ! C’est ça qui faut bien comprendre. Parce que sinon, après, on va penser qu’il faut taxer le capital pour financer la Sécu »

Il y a quelque temps, je vous ai par­lé d’une nou­velle confé­rence de Ber­nard Friot : [IMPORTANT et TRÈS ORIGINAL, PASSIONNANT] Ber­nard Friot : His­toire et enjeu de la sécu­ri­té sociale et des coti­sa­tions.

J’a­vais alors sug­gé­ré de retrans­crire cette confé­rence, et l’un d’entre vous, Pas­cal, a com­men­cé… Mer­ci à lui !

Voi­ci donc, le début de cette confé­rence de Ber­nard Friot, à pro­pos de son livre « Puis­sance du salariat » :


https://​www​.reseau​-sala​riat​.info/​9​b​0​f​6​6​c​9​9​2​4​c​6​3​f​d​4​b​c​6​d​6​1​5​6​4​f​9​7​4​6​6​.​p​d​f​?​r​e​v​i​s​i​o​n​=​1​5​1​1​8​7​0​655

Ber­nard Friot : « Autour de cet ouvrage, puis­sance du sala­riat, j’ai pré­vu un petit topo intro­duc­tif… Ce que j’ai vou­lu, c’est, parce que ça me semble être des ques­tions qui aujourd’­hui sont vrai­ment en débat et qui font l’ob­jet de beau­coup de troubles, c’est, à tra­vers l’his­toire de la coti­sa­tion, com­prendre ses rela­tions avec l’im­pôt et avec l’épargne.

Parce que, qu’il s’a­gisse de la capi­ta­li­sa­tion ou qu’il s’a­gisse de la CSG, la coti­sa­tion est prise dans un étau, et bien sou­vent on n’ar­rive pas à s’y retrou­ver dans cette affaire, sur­tout si des gens comme Piket­ty arrivent et assi­milent la coti­sa­tion à l’im­pôt, de sorte que, je crois, on est dans l’in­ca­pa­ci­té de com­prendre la signi­fi­ca­tion de la cotisation.

Alors, je vais pas­ser par son his­toire pour essayer de poser un cer­tain nombre de repères.

Je vais d’a­bord voir coti­sa­tion et impôt et ensuite coti­sa­tion et épargne.

Coti­sa­tion et impôt

La pre­mière coti­sa­tion impor­tante qui ait exis­té en France, c’est la coti­sa­tion famille. C’est par ça que la sécu démarre en France. Ce sont les allo­ca­tions fami­liales qui, jusque dans les années 50, sont le cœur de la sécu­ri­té sociale. Théo­ri­que­ment, la moi­tié de la coti­sa­tion de sécu­ri­té sociale va aux allo­ca­tions fami­liales – si on prend par exemple la situa­tion de 1946, la coti­sa­tion à la sécu­ri­té sociale, c’est 36 % du salaire brut : la moi­tié (16%) va aux allo­ca­tions fami­liales et 16 % vont aux assu­rances sociales, c’est-à-dire san­té et vieillesse, qui sont liées depuis la loi de 1930. La sécu­ri­té sociale c’est la réuni­fi­ca­tion de la légis­la­tion sur les assu­rances sociales de 1930 et sur les allo­ca­tions fami­liales de 1932.

Que signi­fie le fait de finan­cer par le salaire les allo­ca­tions fami­liales (alors que de très nom­breux pays choi­sissent de les finan­cer par l’impôt) ?

Lorsque Croi­sat est ministre com­mu­niste du tra­vail de fin 45 à début 47, il fait la loi d’août 46 sur les allo­ca­tions fami­liales et puis met en place les caisses de sécu­ri­té sociale dans le pre­mier semestre 46, et il double le taux de coti­sa­tion à la sécu­ri­té sociale, il triple les pres­ta­tions fami­liales, de sorte qu’à la fin des années 40, dans une famille popu­laire moyenne – donc de 3 enfants en moyenne –, le salaire c’est pour moi­tié les allo­ca­tions fami­liales ; des allo­ca­tions fami­liales qui sont indexées sur les salaires. Ce n’est pas un for­fait qui bou­ge­rait en fonc­tion de telle ou telle déci­sion poli­tique : c’est un salaire indexé sur les salaires, le salaire des ouvriers de la Région Pari­sienne ; c’est ça, la règle de l’in­dexa­tion des pres­ta­tions fami­liales, des allo­ca­tions fami­liales. Donc, la moi­tié du salaire d’une famille ouvrière, c’est le salaire des emplois des parents, et l’autre moi­tié c’est le salaire des allo­ca­tions familiales.

Qu’est-ce que ça veut dire, ça ? Ça veut dire que nous n’a­vons pas du tout construit « un droit de l’en­fant » — ça, c’est ce que l’on fait lorsque l’on fis­ca­lise le dis­po­si­tif. On n’a pas non plus fait « une poli­tique de lutte contre la pau­vre­té ». Toutes les poli­tiques fami­liales qui sont à base d’im­pôt sont des poli­tiques de lutte contre la pau­vre­té, ou alors des poli­tiques de droits de l’en­fant – avec un for­fait par enfant à la nais­sance, de type Europe nordique.

Là, ce que nous avons construit, c’est tout à fait autre chose. C’est du salaire pour l’ac­ti­vi­té d’é­du­ca­tion, un salaire qui est la moi­tié du salaire, ce n’est pas tout à fait n’im­porte quoi.

C’est-à-dire que les allo­ca­tions fami­liales en tant qu’élément du salaire recon­naissent de la valeur éco­no­mique au tra­vail des parents. Le salaire, c’est ce qui recon­naît que nous pro­dui­sons de la valeur éco­no­mique. Ça, je le montre dans « l’en­jeu du salaire » qui est un autre ouvrage mais dont j’a­vais dis­cu­té déjà ici en début d’an­née ou à la fin de l’an dernier.

Là, on a donc quelque chose d’as­sez inouï : la recon­nais­sance que des gens qui n’ont ni employeur, ni action­naire, qui ne pro­duisent pas de mar­chan­dises, qui n’o­béissent pas à la loi de la valeur, c’est-à-dire à la dic­ta­ture du temps comme mesure de la valeur, sont pro­duc­tifs et sont payés. Ils sont payés.

Et c’est une recon­nais­sance que l’ac­ti­vi­té d’é­du­ca­tion des enfants, c’est du tra­vail, c’est-à-dire, ce n’est pas sim­ple­ment quelque chose d’u­tile (ça, c’est l’ac­ti­vi­té), mais c’est quelque chose qui, utile, pro­duit éga­le­ment de la valeur éco­no­mique, recon­nue par du salaire.

Et il a une assez forte résis­tance popu­laire, fina­le­ment, [en pré­fé­rant] l’i­dée de mettre les allo­ca­tions fami­liales sous condi­tion de res­sources, de les fis­ca­li­ser, etc. La coti­sa­tion, c’est ce qui pose l’ac­ti­vi­té pro­duc­tive de son titu­laire, parce que le salaire, c’est ce qui nous pose comme pro­duc­teur de valeur éco­no­mique : pour reprendre un exemple archi-cou­­rant, si je conduis mes gamins à l’é­cole, je ne suis pas répu­té pro­duire de la valeur éco­no­mique ; mais, si c’est une assis­tante mater­nelle, elle va être payée parce que, là, la même acti­vi­té, la même valeur d’u­sage, est répu­tée dou­blée d’une valeur éco­no­mique — voyez que c’est une conven­tion, au demeu­rant : la valeur éco­no­mique, c’est une conven­tion sociale — mais pré­ci­sé­ment, la coti­sa­tion sociale, c’est ce qui met ses titu­laires dans le champ de la valeur éco­no­mique et donc dans la pro­duc­tion de valeur.

Les allo­ca­tions fami­liales ne sont pas de la lutte contre la pau­vre­té (parce que, de fait, le fait d’a­voir une famille génère de la pau­vre­té, ou de la pau­vre­té rela­tive d’a­voir une famille) ; ce n’est pas non plus un droit de l’en­fant, qui démar­re­rait au pre­mier enfant, etc., qu’on pour­rait for­fai­ti­ser, etc. etc. Ça n’a jamais été ça. C’est la recon­nais­sance par du salaire que édu­quer des enfants, c’est du tra­vail et pas sim­ple­ment de l’activité.

(8’25) Si on prend main­te­nant la deuxième occa­sion de confron­ta­tion entre la coti­sa­tion et l’impôt (la pre­mière, c’est donc les allo­ca­tions fami­liales : nous choi­sis­sons le salaire pour les allo­ca­tions fami­liales et non pas l’im­pôt, avec cette signi­fi­ca­tion que je viens de don­ner), la deuxième confron­ta­tion, c’est à pro­pos de la mala­die. Alors, bon, la mala­die, il y a une vieille tra­di­tion mutua­liste, disons au XIXème siècle, mais qui ne couvre quand même pas grand-chose, c’est facul­ta­tif, etc. C’est la loi sur les assu­rances sociales qui a ren­du obli­ga­toire une coti­sa­tion mala­die en 1930. Cette coti­sa­tion mala­die, elle va pra­ti­que­ment ne ser­vir à rien et les caisses vont être lar­ge­ment excé­den­taires, encore une fois elles iront ali­men­ter le défi­cit des allo­ca­tions fami­liales. Qui elles, bien que col­lec­tant l’é­qui­valent de la moi­tié de la sécu­ri­té sociale sont défi­ci­taires. Jusque dans les années 50. Ensuite, les courbes vont s’in­ver­ser. Je vous donne les élé­ments his­to­riques à par­tir des­quels on peut réflé­chir sur la signi­fi­ca­tion de l’ins­ti­tu­tion. Dans les années 30, les caisses d’as­su­rances sociales sont très lar­ge­ment excé­den­taires parce qu’il n’y a pra­ti­que­ment pas d’oc­ca­sion de dépen­ser la coti­sa­tion mala­die : les méde­cins ne sont pas conven­tion­nés (donc il n’y pas de rem­bour­se­ment de la méde­cine de ville par l’as­su­rance mala­die, par les assu­rances sociales), il y a un refus médi­cal du conven­tion­ne­ment, le syn­di­ca­lisme médi­cal est né en 1930 en réac­tion à la légis­la­tion des assu­rances sociales. Ils seront conven­tion­nés en 61, à par­tir de 61. Donc, pen­dant 30 ans nous avons une coti­sa­tion qui ne peut pas être du tout affec­tée au rem­bour­se­ment de la méde­cine de ville. Quant à la méde­cine hos­pi­ta­lière, il est inter­dit à ceux qui sont sol­vables d’al­ler à l’hôpital, l’hôpital est réser­vé aux insolvables.

C’est Vichy, je crois, qui, en 42, auto­rise les assu­rés sociaux à aller à l’hô­pi­tal : ils sont sol­vables puis­qu’ils sont assu­rés sociaux. Ils ont le droit d’al­ler à l’hô­pi­tal mais l’hô­pi­tal reste un lieu extrê­me­ment peu sani­ta­ri­sé : la sani­ta­ri­sa­tion de l’hô­pi­tal ça va être après la réforme Debré (Debré grand-père… Robert…) en 58, qui va créer les CHU, etc., qui va sani­ta­ri­ser l’ap­pa­reil de soins – jusque-là c’est un appa­reil extrê­me­ment peu sani­ta­ri­sé. Donc, la cou­ver­ture popu­laire de la san­té, c’est l’im­pôt. C’est les Offices d’hy­giène sociale qui fleu­rissent dans les années 30. C’est tout ce socia­lisme muni­ci­pal qui crée de la san­té publique. La san­té publique et qui va être encore accen­tuée par Vichy, Vichy créant la PMI, la méde­cine du tra­vail. Mais déjà, donc, le socia­lisme muni­ci­pal, le com­mu­nisme muni­ci­pal, avait créé des Offices d’hy­giène sociale un peu par­tout en France, donc c’est la san­té publique, c’est l’im­pôt qui assure la santé.

Alors, les choses vont se ren­ver­ser dans les années 60, assez tar­di­ve­ment fina­le­ment, lorsque le conven­tion­ne­ment des méde­cins, des libé­raux, se fait en 61, à par­tir de 61 parce que l’É­tat peut impo­ser des conven­tions dépar­te­men­tales et non plus indi­vi­duelles. Et puis, d’autre part, parce qu’on a une sani­ta­ri­sa­tion de l’hô­pi­tal qui a com­plè­te­ment chan­gé la donne. C’est vrai­ment ce qui est finan­cé par l’as­su­rance mala­die qui est l’es­sen­tiel de l’offre de soins.

Donc, qu’est-ce que signi­fie le fait, dans les années 60, d’af­fir­mer la coti­sa­tion ? La coti­sa­tion mala­die aug­mente pour assu­rer l’in­ves­tis­se­ment – les CHU ont été construits sans appel au mar­ché des capi­taux, sans appel à la pro­prié­té lucra­tive. Ils ont été construits par une hausse du taux de coti­sa­tion, tout comme les allo­ca­tions fami­liales ont été construites par une cotisation.

Ça veut dire quoi rela­ti­ve­ment à l’im­pôt ? Ça veut dire que la Sécu­ri­té sociale, ça génère du com­mun, pas du public. Ce n’est pas un ser­vice public, la Sécu­ri­té sociale. Jus­qu’en 61 (parce que de Gaulle va mettre bon ordre à tout ça, mais jus­qu’en 61), les caisses sont gérées par un Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion qui a une com­pé­tence géné­rale, le Direc­teur a une com­pé­tence limi­tée, il est élu par le Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, les Caisses de Sécu­ri­té sociale obéissent à un prin­cipe tout à fait démo­cra­tique : l’é­lec­tion des Direc­tions, et les admi­nis­tra­teurs ce sont des admi­nis­tra­teurs sala­riés : les employeurs repré­sentent seule­ment le quart des admi­nis­tra­teurs, les admi­nis­tra­teurs pour trois quart sont des sala­riés élus sur des listes par des élec­tions dites sociales, qui sont des élec­tions abso­lu­ment majeures en 1947, en 50, en 55, en 62 — de Gaulle les retarde, elles auraient dû avoir lieu en 60 mais il les a retar­dées jus­qu’en 62, fina­le­ment il les sup­prime en 67, mais…

Un dis­po­si­tif qui gère l’é­qui­valent d’une fois et demie le bud­get de l’É­tat dans un pro­ces­sus excep­tion­nel­le­ment démo­cra­tique. C’est très pas­sion­nant quand on fait l’his­toire de la démo­cra­tie sociale. On se bat les flancs, là aujourd’­hui, pour faire la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, voir com­ment la socié­té civile pour­rait je ne sais pas quoi… tout ça qui est en géné­ral bidon… Là, nous avons eu effec­ti­ve­ment une expé­rience tout à fait inté­res­sante. Bon, encore une fois, de Gaulle ne pou­vait pas sup­por­ter… il l’a sup­pri­mée, mais enfin le MEDEF, le CNPF, ne pou­vait pas sup­por­ter : il a trou­vé en de Gaulle un allié pour [la sup­pri­mer], mais quand même, nous avons 15 années extrê­me­ment inté­res­santes qui n’op­posent pas le public au pri­vé, qui affirment le com­mun. La coti­sa­tion c’est du com­mun, ce n’est pas du public. La sécu, ce n’est pas un ser­vice public, c’est autre chose, beau­coup plus inno­vant. Et qui va, par exemple, per­mettre le libre choix. Vous avez de la gra­tui­té et du libre choix, c’est inté­res­sant comme dis­po­si­tif. Quand on com­pare à des dis­po­si­tifs fis­ca­li­sés dans les­quels le libre choix du méde­cin est absent… Là, vous avez un dis­po­si­tif de com­mun qui à la fois sol­va­bi­lise et en même temps assure le libre choix. La coti­sa­tion me semble extrê­me­ment supé­rieure à l’impôt.

S’a­gis­sant des allo­ca­tions fami­liales, parce qu’elles innovent incroya­ble­ment en disant que des parents qui ne relèvent pas du mar­ché du tra­vail, qui ne mettent pas en valeur de capi­taux, qui ne pro­duisent pas de mar­chan­dises, enfin etc., pro­duisent de la valeur éco­no­mique recon­nue dans ce qui fait la moi­tié du salaire de ces familles.

Donc, ça, c’est une inno­va­tion déci­sive quant à la défi­ni­tion de ce que c’est que tra­vailler. Tra­vailler, ce n’est pas avoir un emploi au ser­vice d’un employeur pour mettre en valeur du capi­tal. Tra­vailler, c’est être dans la situa­tion où sont les parents et per­ce­voir du salaire qui n’est pas du tout lié à l’emploi. La Sécu­ri­té sociale, c’est une décon­nexion entre salaire et emploi, qui affirme que l’on tra­vaille hors emploi.

C’est le cas aus­si, évi­de­ment, de l’as­su­rance mala­die, bien sûr, mais là, ce n’est pas dif­fé­rent de l’im­pôt, de ce point de vue-là : pour l’as­su­rance mala­die, l’es­sen­tiel des soi­gnants sont des gens qui ne relèvent pas de l’emploi, soit parce qu’ils sont tra­vailleurs indé­pen­dants, soit parce qu’ils sont fonc­tion­naires de la fonc­tion publique hos­pi­ta­lière. Et la coti­sa­tion affirme que ces per­­sonnes-là ne sont pas [comme les] reli­gieuses dans les années 50, c’est-à-dire des femmes qui pro­duisent des valeurs d’u­sage mais pas de valeur éco­no­mique. Les soins ne sont pas [à l’époque] répu­tés pro­duire de la valeur économique.

Dans les années 60, la hausse de la coti­sa­tion va géné­rer une hausse du PIB qui cor­res­pond à la recon­nais­sance de la valeur éco­no­mique pro­duite par les soignants.

Donc, la coti­sa­tion, là aus­si, en matière de mala­die, affirme que des fonc­tion­naires, qui ne pro­duisent pas de mar­chan­dises et qui ne mettent en valeur aucun capi­tal, tra­vaillent. C’est une affir­ma­tion d’une autre conven­tion de tra­vail que la conven­tion capi­ta­liste qui, elle, sup­pose, pour qu’il y ait tra­vail, qu’il y ait un mar­ché du tra­vail, une pro­prié­té lucra­tive, et une mesure de la valeur par le temps de travail.

Là, on a tout à fait autre chose : soit des libé­raux conven­tion­nés de sec­teur 1 (le sec­teur 2 n’existe pas encore, nous sommes là dans le sec­teur 1), soit l’é­lite du corps médi­cal qui est sala­riée dans les CHU, [sont dans] cette conven­tion de tra­vail (qui ne met en valeur aucun capi­tal et qui ne repose pas sur le mar­ché du tra­vail) [qui] est répu­tée pro­duire de la valeur éco­no­mique, et c’est la coti­sa­tion sociale qui le fait, ça.

La coti­sa­tion sociale ce n’est pas une ponc­tion, c’est un sup­plé­ment. C’est ça qui faut bien com­prendre, parce que sinon, après, on va pen­ser qu’il faut taxer le capi­tal pour finan­cer la Sécu par exemple, ce qui n’a jamais jamais été dans la tra­di­tion Fran­çaise : on s’en est bien gar­dé au contraire.

Sinon, c’est mettre la sécu sous la dépen­dance de la bonne san­té du capi­tal : c’est gênant…

Ce n’est pas une taxe, la coti­sa­tion. Lorsque Croi­sat double le taux de coti­sa­tion, il triple les pres­ta­tions fami­liales. Qu’est-ce qu’il fait ? Il entraîne une hausse des prix, puisque, s’il y a des coti­sa­tions plus éle­vées, cela va être réper­cu­té sur les prix. Cette hausse des prix va géné­rer une créa­tion moné­taire pour faire cir­cu­ler cette mar­chan­dise à prix plus éle­vé. Et cette créa­tion moné­taire n’est pas infla­tion­niste parce que, en face, [il y a une valeur éco­no­mique créée] (pour qu’une mon­naie ne soit pas infla­tion­niste, il faut qu’il y ait de la valeur éco­no­mique en face)…

Et vous voyez que c’est une affir­ma­tion anta­go­nique de la logique du capi­tal — c’est pour ça que c’est en per­ma­nence contes­té (même dans nos têtes, l’idéologie de nos têtes étant l’idéologie domi­nante – les idées domi­nantes sont les idées de la classe domi­nante comme disait Marx, c’est bien vrai) : le capi­tal, en per­ma­nence, dit : « mais non, on ne peut pas créer de valeur en dehors de la logique du capi­tal, et la Sécu, c’est une ponc­tion pour des acti­vi­tés, certes utiles, mais non pro­duc­tives : ce n’est pas pro­duc­tif d’é­du­quer des enfants, ce n’est pas pro­duc­tif de soi­gner ». Ça, c’est le dis­cours du capi­tal, mais ce que nous avons mis en place avec la coti­sa­tion, aus­si bien fami­liale que mala­die, c’est l’af­fir­ma­tion qu’on tra­vaille alors même qu’on n’o­béit pas à la défi­ni­tion et à la pra­tique capi­ta­listes du travail.

Parce qu’on n’est pas sur un mar­ché du tra­vail, les fonc­tion­naires ont un grade, ils ne sont pas payés pour leur poste, ils sont payés pour leur grade. Donc, il n’y a pas de mar­ché du tra­vail et il n’y a pas d’ac­tion­naires, ni de valeur tra­vail, c’est-à-dire de mesure de la valeur par le temps de travail.

Dès qu’arrive  le New Public Mana­ge­ment à l’hôpital, on s’a­per­çoit que, effec­ti­ve­ment, le capi­ta­lisme, lui, repose sur le temps, puisque, aus­si­tôt, c’est la dic­ta­ture du temps et l’ap­pré­cia­tion de toute chose par le temps de production. »

[…]

Ber­nard Friot.

Mer­ci à Pas­cal, pour cette pre­mière retrans­crip­tion (de cette confé­rence qu’on peut écou­ter ).

Les cotisations, Franck Lepage en parle si bien :

httpv://www.youtube.com/watch?v=dNKgU5y2xIk

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​6​5​1​4​3​1​6​9​7​317

[Passionnant] Pierre Conesa explique l’influence de l’Arabie Saoudite en France (pour Critique de la raison européenne)

Pierre Cone­sa, invi­té par Cri­tique de la Rai­son Euro­péenne (étu­diants de Sciences Po), est tout à fait passionnant :

httpv://www.youtube.com/watch?v=qQdZoV7gFqM

Rap­pel : Pierre Cone­sa a écrit le livre « DR. SAOUD ET MR. DJIHAD, La diplo­ma­tie reli­gieuse de l’A­ra­bie saoudite » :


https://​www​.lisez​.com/​l​i​v​r​e​–​g​r​a​n​d​–​f​o​r​m​a​t​/​d​r​–​s​a​o​u​d​–​e​t​–​m​r​–​d​j​i​h​a​d​/​9​7​8​2​2​2​1​1​9​5​642

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​6​5​0​7​6​5​5​2​7​317

Denis Robert : LES MILLIARDAIRES, PRÉDATEURS CORRUPTEURS QUI NOUS FONT LES POCHES

De mon point de vue, Denis Robert est un héros, un exemple aca­dé­mique de jour­na­liste — « sen­ti­nelle du peuple » comme on appe­lait les jour­na­listes en 1789. 

Son der­nier livre est une nou­velle bombe contre la cor­rup­tion poli­tique par les mil­liar­daires, qu’on devrait lire et tra­vailler dans les écoles avant chaque ate­lier constituant.


https://​www​.lisez​.com/​l​i​v​r​e​–​g​r​a​n​d​–​f​o​r​m​a​t​/​l​e​s​–​p​r​e​d​a​t​e​u​r​s​/​9​7​8​2​7​4​9​1​5​5​937

Il en parle ici avec Le Média TV :
httpv://www.youtube.com/watch?v=aCcjA7QVUdY&feature=youtu.be

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​6​4​8​4​3​7​4​1​2​317