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« Élection = prison des peuples »

Quelqu’un 😇 a tiré quelques mots de mon der­nier entre­tien chez Éric Morillot (Les Incor­rec­tibles, 23 juin 2024) pour en faire une gen­tille (mais pro­fonde 🙂) chan­son­nette 🎼 Il a noté les paroles qu’il a choi­sies dans la des­crip­tion de sa vidéo : Sur plan poli­tique je suis un peu déses­pé­ré parce que je trouve que nos dis­cus­sions sont oiseuses elles ne servent à rien et je trouve qu’on n’a­vance pas. En fait, nous sommes, nous…

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« Amérique Latine : attention danger ! » – Conférence à Marseille le 28 juin 2024 par Maurice Lemoine, Romain Migus et Charles Hoareau

« Amérique Latine : attention danger ! » – Conférence à Marseille le 28 juin 2024 par Maurice Lemoine, Romain Migus et Charles Hoareau

Il se passe des tas de choses impor­tantes (en bien et en mal) et mécon­nues en Amé­rique latine, notam­ment sur le plan consti­tuant. L’A­mé­rique du sud est le lieu d’ex­pé­riences démo­cra­tiques pas­sion­nantes et nous devrions les étu­dier soi­gneu­se­ment pour pro­gres­ser sur nos propres pro­jets démo­cra­tiques. Le site les2​rives​.info est une mine inson­dable sur tout ce qui concerne l’A­mé­rique latine. C’est une chance de pou­voir écou­ter et ques­tion­ner ces vrais connais­seurs sur les sujets institutionnels…

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SOUVERAINETÉ, populaire ou nationale, ok mais, bon sang, QUI VA L’ÉCRIRE ?!? Conférence d’Étienne Chouard à Marseille, 28 mai 2024

La vidéo de notre ren­contre à Mar­seille fin mai, que je vous ai annon­cée ici, a été pré­pa­rée et publiée par RSI (mille mer­cis à eux), et je la repu­blie sur ma propre chaîne pour essayer de lui don­ner un peu plus de visi­bi­li­té, si c’est pos­sible : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​K​l​t​5​j​0​4​r​Yks Au plai­sir de lire vos com­men­taires, ici (sur le blog), sous la vidéo You­Tube, sous le tweet ou sous un des billets Face­book ou Tele­gram 🙂 Ami­tiés à tous. Étienne.…

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For­mat grille – For­mat articles complets

Rendez-vous à NIORT samedi 13 avril avec Philippe Pascot

Encore une belle ren­contre en pers­pec­tive, avec l’a­mi Phi­lippe Pas­cot, infa­ti­gable sen­ti­nelle du peuple, à NIORT same­di pro­chain, 13 avril 2019 🙂

L’é­vé­ne­ment Face­book : https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​5​4​2​1​9​4​6​7​9​6​1​7​1​81/

On sera bien­tôt tous gilets jaunes, et tout pour­ra enfin changer 🙂

Hâte de vous y retrouver.

Étienne.

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​4​8​8​8​0​4​1​2​317

[Edit :

Les tali­ban­ti­fas ont inti­mi­dé le maire qui a reti­ré au der­nier moment l’au­to­ri­sa­tion pour la salle… 

On va se réunir devant la salle comme des Gau­lois réfrac­taires, pre­nez de quoi vous cou­vrir et de quoi vous asseoir 🙂

/Edit]

[Lumineux et important] Juan Branco analyse le mouvement des Gilets jaunes et l’aveuglement du régime en réaction

Tou­jours pas­sion­nant, impor­tant, éclai­rant : Juan :

https://​you​tu​.be/​m​L​Y​M​K​H​Z​M​5q0

Il serait utile de retrans­crire cette syn­thèse, je crois.

Il faut vrai­ment qu’on parle ensemble (tous les deux, publi­que­ment pour démul­ti­plier rapi­de­ment la prise de conscience géné­rale) de la pré­pa­ra­tion du moment juste après le chan­ge­ment de régime, du pro­ces­sus consti­tuant popu­laire, des articles les plus impor­tants pour le peuple, dans la phase de tran­si­tion et dans la suivante.

Étienne.

Appre­nons à écrire nous-mêmes notre contrat social, notre consti­tu­tion, en peuple digne de ce nom.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​4​7​7​5​4​4​2​7​317 (publi­ca­tion mys­té­rieu­se­ment sup­pri­mée après 12 heure… => je republie :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​4​7​7​8​1​6​4​2​317

Rendez-vous mardi prochain, 9 avril 2019, à BÉZIERS

Le Midi Libre annonce cette ren­contre sans mal­veillance aucune, mer­ci à eux :

Béziers : Etienne Chouard invité des « gilets jaunes » mardi à Zinga Zanga

https://​www​.midi​libre​.fr/​2​0​1​9​/​0​4​/​0​7​/​b​e​z​i​e​r​s​–​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​r​d​–​i​n​v​i​t​e​–​d​e​s​–​g​i​l​e​t​s​–​j​a​u​n​e​s​–​m​a​r​d​i​–​a​–​z​i​n​g​a​–​z​a​n​g​a​,​8​1​1​6​3​0​6​.​php

Etienne Chouard lors de son passage à Bagnols.Etienne Chouard lors de son pas­sage à Bagnols-sur-Cèze.

Une réunion citoyenne et construc­tive est orga­ni­sée pour dia­lo­guer, par­ta­ger et com­prendre le RIC.

Après la pro­jets du film de Fran­çois Ruf­fin la semaine der­nière à Mon­ci­né, la mani­fes­ta­tion de same­di en ville, les « gilets jaunes » de Béziers vont accueillir, mar­di 9 avril, à 19 h, salle Zin­ga Zan­ga, Etienne Chouard.

Il s’agit d’une réunion citoyenne et construc­tive pour dia­lo­guer, par­ta­ger et com­prendre le RIC (réfé­ren­dum d’initiative citoyenne) sou­hai­té par la plu­part des manifestants.

Un professeur d’économie

Étienne Chouard est pro­fes­seur de droit et d’économie, spé­cia­liste de la Consti­tu­tion de la Répu­blique fran­çaise et auteur, entre autres, du livre Notre cause com­mune, qui se veut appor­ter « des réflexions appro­fon­dies sur les solu­tions à trou­ver ensemble pour sor­tir de cette crise de la République ».

Les Biter­rois inté­res­sés sont donc invi­tés à venir pro­po­ser des idées, réflé­chir et trou­ver des solu­tions ensemble.

MIDI LIBRE

https://​www​.midi​libre​.fr/​2​0​1​9​/​0​4​/​0​7​/​b​e​z​i​e​r​s​–​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​r​d​–​i​n​v​i​t​e​–​d​e​s​–​g​i​l​e​t​s​–​j​a​u​n​e​s​–​m​a​r​d​i​–​a​–​z​i​n​g​a​–​z​a​n​g​a​,​8​1​1​6​3​0​6​.​php

 
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​4​7​0​0​3​4​7​2​317

[Bouleversant, poignant, révoltant] « Gilets jaunes », « lycéens » ou simples « passants » : LA VIE D’APRÈS DES ÉBORGNÉS

AFP, Guillaume Dau­din, Sami Acef, Rémi Banet, Fran­çois D’As­tier, Fred Bour­geais, Jacky Fong, Cla­ra Mori­neau le Jeu­di 4 avril 2019

https://​fac​tuel​.afp​.com/​g​j​e​b​o​r​g​nes

Des vies « gâchées », de l’in­com­pré­hen­sion ou de la colère : pen­dant deux mois, l’AFP a recueilli le témoi­gnage de 14 « gilets jaunes » mais aus­si de « pas­sants » ou « lycéens » griè­ve­ment bles­sés à l’oeil au cours des mani­fes­ta­tions des der­niers mois, au coeur des accu­sa­tions de vio­lences contre les forces de l’ordre.

A l’ins­tar de Jérôme Rodrigues, l’une des têtes d’af­fiche des « gilets jaunes », les regards muti­lés de Vanes­sa, Patrick ou Alexandre ont été éri­gés en sym­bole des « vio­lences poli­cières ». 23 per­sonnes ont affir­mé avoir per­du leur oeil depuis novembre, selon les recen­se­ments faits par le jour­na­liste indé­pen­dant David Dufresne et son pro­jet « Allô place Beau­vau ? » ou par le col­lec­tif mili­tant « Désarmons-les ».

L’AFP a pu obte­nir le témoi­gnage de 14 de ces ébor­gnés, tan­dis que 9 ont décli­né ‑leurs noms sont gri­sés dans notre tableau réca­pi­tu­la­tif, au bas de cette info­­gra­­phie- (cli­quez sur les noms en bleu pour en savoir plus).

Ils sont 21 hommes et 2 femmes, âgés de 14 à 59 ans, bles­sés à Paris, Bor­deaux, Tou­louse, La Réunion… Sou­vent, ce sont des « gilets jaunes » reven­di­qués, par­fois des « lycéens » ou de simple « pas­sants », contes­tant tout lien avec le mouvement.
Beau­coup rendent le lan­ceur de balles de défense (LBD) res­pon­sable de leur bles­sure, mais cer­tains pointent aus­si du doigt les gre­nades GLI-F4, celles de désen­cer­cle­ment, les « DMP », voire des gre­nades lacrymogènes.

Jeu­di 4 avril, le ministre de l’In­té­rieur Chris­tophe Cas­ta­ner a indi­qué sur France 2 que « s’il y a eu des fautes, il y aura des sanc­tions », ne concé­dant que des « fautes mar­gi­nales » des forces de l’ordre, dont il a défen­du l’action.

La plu­part ont un diag­nos­tic net concer­nant l’un de leurs yeux : pour 14 d’entre eux, selon les cer­ti­fi­cats médi­caux consul­tés par l’AFP, la vue est per­due et/ou l’oeil n’est plus. Deux pro­nos­tics sont en évo­lu­tion péjo­ra­tive, vers la céci­té. Dans au moins un cas, enfin, la bles­sure est moins visible, l’oeil tou­jours pré­sent, mais seules quelques formes apparaissent.
Si cer­tains essaient de don­ner un sens à cet évé­ne­ment, comme Patrice, 49 ans, qui y voit un « pas­se­port pour un com­bat contre les armes dites non létales », ils sont nom­breux à broyer du noir, pour cer­tains pros­trés chez eux ou vivant comme des « taupes », dans le noir. « J’au­rais pré­fé­ré prendre dix ans de pri­son », se désole Alexandre. L’un a même affir­mé à l’AFP avoir fait une ten­ta­tive de suicide.

Deux options pour décou­vrir ces témoignages :
– En vidéos, sur notre chaîne YouTube.
– En info­gra­phie inter­ac­tive, ci-dessous.

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David BREIDENSTEIN :
40 ans, bles­sé à Paris le 16 mars

Je suis par­ti de Troyes en train, avec une qua­ran­taine de Troyens. On est des­cen­du à la gare de l’Est, on est mon­té jus­qu’à place de l’E­toile. C’é­tait au moins la sep­tième fois que je venais à Paris [depuis le début du mou­ve­ment, ndlr]. Je suis « gilet jaune » depuis le début.

On est remon­té vers l’E­toile, ça a com­men­cé à char­ger, du coup on est redes­cen­du avec une paire de gilets jaunes. Là ça com­men­çait à gazer un peu, ils ont tiré des gre­nades pour dis­per­ser un peu tout le monde, du coup on s’est écar­té. J’é­tais en train de mar­cher, j’ai tour­né la tête et j’ai pris le tir. On a l’impression de rece­voir un gros par­paing dans la tête, tel­le­ment la force elle est monu­men­tale. C’est énorme, ça m’a cou­ché, ça m’a fou­tu par terre. J’avais juste mon gilet jaune, mon sac à dos, ma clope et c’est tout. J’étais une cible, je mar­chais tran­quille­ment, je cou­rais pas, j’étais fatigué.

Je bosse dans une usine de forge, je fais tout ce qui est pièces d’Airbus, et tout. Je suis scieur, au débi­tage acier. On fait des pièces, il y a des réglages à faire sur les machines, il y a plein de contrôles à faire. Donc sans mon œil je ne sais pas com­ment ça va se pas­ser. Là je suis chez moi, je suis enfer­mé avec les volets fer­més tel­le­ment ça fatigue l’autre œil. Dès qu’il y a un peu de soleil, ou le reflet de la télé, ça me fait mal aux yeux, ça me fatigue. Du coup je redors par­fois une petite heure pour repo­ser un peu les yeux mais c’est très très fatigant ●

David Brei­den­stein a dépo­sé plainte

“On a l’impression de rece­voir un gros par­paing dans la tête“

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Franck DIDRON :
20 ans, bles­sé à Paris le 1er décembre

Aujourd’­hui on reven­dique beau­coup de choses dif­fé­rentes, et c’est une bonne chose, parce que des gens rejoignent le mou­ve­ment pour dif­fé­rents motifs, mais quand j’ai com­men­cé à mani­fes­ter c’é­tait pour des rai­sons de pou­voir d’a­chat. Les fins de mois pour moi c’é­tait la merde (sic), j’a­vais beau­coup trop de mal à les finir.

Quand j’ai appris que ce mou­ve­ment exis­tait j’ai fon­cé pour aller mani­fes­ter. C’é­tait la toute pre­mière fois que j’al­lais mani­fes­ter pour ce mou­ve­ment [le 1er décembre, ndlr].

J’é­tais dans un groupe de mani­fes­tants paci­fiques. On était encer­clé de CRS. Mon télé­phone a son­né, c’é­tait ma mère qui m’ap­pe­lait pour me deman­der des nou­velles parce qu’elle voyait à la télé que le cli­mat était anor­mal. Je ras­su­rais ma mère. Des gilets jaunes m’ont dit « atten­tion les CRS chargent », je regarde à droite, à gauche, et au moment où je tourne ma tête pour regar­der der­rière je reçois une balle de LBD 40.

Depuis que j’ai été bles­sé je me demande pour­quoi il m’a tiré des­sus ce CRS. Où était l’acte de vio­lence ? J’ai­me­rais bien que ce CRS se mani­feste, qu’il vienne devant moi, et que droit dans les yeux il me dise pour­quoi il m’a tiré des­sus. Parce que là il a gâché ma vie.

Le plus com­pli­qué, c’est d’ap­pré­cier les dis­tances, quand tu te sers un verre d’eau. Il faut tout réap­prendre. Moi j’é­tais pay­sa­giste, depuis trois ans dans une entre­prise. J’in­ter­ve­nais prin­ci­pa­le­ment chez des per­sonnes âgées, mais depuis j’ai beau­coup de mal à retrou­ver du bou­lot…. Je ne pense pas qu’un patron va reprendre un ouvrier comme moi avec un œil en moins. Il ne va pas pas prendre le risque de mettre un autre ouvrier en dan­ger. Pour retrou­ver du tra­vail ça va être super compliqué ●

Franck Didron a dépo­sé plainte, et a été audi­tion­né par l’IGPN selon son avocat.

“Il a gâché ma vie“

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Alexandre FREY :
37 ans, bles­sé à Paris le 8 décembre

J’ai un enfant et je me demande ce que va deve­nir la France. Elle part mal, les gens crèvent de faim. La misère, je la vois tous les jours quand je viens tra­vailler à Paris, c’est effroyable. Je vou­lais crier ma colère, me battre pour que mon fils et ceux de mes proches aient un ave­nir. C’é­tait ma deuxième mani­fes­ta­tion à Paris. Paris c’est la capi­tale, c’est sym­bo­lique, c’é­tait impor­tant d’y mani­fes­ter. Je ne suis pas lea­der, mais je n’ai pas peur de mani­fes­ter, donc j’é­tais sou­vent en pre­mière ligne, ils ont dû me prendre pour un leader.

On est par­tis pour les Champs vers 10 heures. Dès qu’on a fran­chi la Seine, j’ai com­pris que ce n’é­tait pas une mani­fes­ta­tion comme les autres. C’é­tait blo­qué de tous les côtés, comme une sou­ri­cière. Ca tirait de par­tout, ça cra­mait, c’é­tait la guerre. (…) A un moment don­né, mon ami est tou­ché à la jambe. Je le récon­forte, je le mets sur le côté. On nous met encore en joue. Là je la prends dans l’œil, elle m’ex­plose l’œil, l’or­bite, la rétine, tout. Je ne tombe pas, mais mes amis me disent ‘t’as plus d’œil, t’as plus d’œil !’.

Ce jour-là ils ont tout confon­du, ils ont eu plus peur que nous j’ai l’im­pres­sion. J’ai pas cas­sé de vitrine, pas tapé un flic, mais même si j’a­vais cas­sé une vitrine j’au­rais pas méri­té ça.

J’ai 37 ans, ma vie est gâchée. J’au­rais pré­fé­ré prendre dix ans de pri­son. On peut me don­ner toutes les indem­ni­tés du monde, on m’a pris une par­tie de moi, ce qui m’est arri­vé est mar­qué sur mon visage.

J’es­père que je pour­rai retra­vailler. Je fais de la régie, dans le milieu il faut bien pré­sen­ter. Il faut que je m’a­dapte à ma nou­velle vie : mar­cher c’est plus la même chose, conduire ou aller à la pis­cine j’y pense même plus.

J’en veux même pas aux flics (…) J’en veux juste à ces poli­ti­ciens, qui donnent des ordres effroyables.

Je suis tou­jours gilet jaune. Ces gens sur les ronds-points sont incroyables. J’ai des petites vieilles qui me donnent 10 euros en me disant « tiens, pour t’ai­der » alors qu’elles gagnent 600 € par mois ●

Alexandre Frey a dépo­sé plainte, l’IGPN a été saisie

“J’au­rais pré­fé­ré prendre dix ans de prison“

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Patrick GALLIAND :
59 ans, bles­sé à Paris le 24 novembre

On s’é­tait ren­du avec quelques amis à cette mani­fes­ta­tion parce qu’on avait esti­mé que c’é­tait impor­tant d’ex­pri­mer notre mécontentement.

La mani­fes­ta­tion était bon enfant, ça chan­tait ça braillait… rien de spé­cial et puis d’un seul coup, des gaz lacry­mo­gènes nous sont arri­vés des­sus… Puis des charges de police. N’ayant pas l’in­ten­tion de ren­trer dans ce genre d’événements avec bagarres, on s’est mis avec notre groupe d’a­mis dans une rue paral­lèle pour être plus au calme. On s’est mis en retrait et puis à un moment on a enten­du ‘Ils chargent ! Ils chargent !’. Et là j’ai enten­du une très forte déto­na­tion et j’ai eu un choc à la tête, à l’œil. J’a­vais l’œil en sang.

D’a­bord c’est la stu­pé­fac­tion. On ne com­prend pas. Puis très vite c’est de la colère. Contre les poli­tiques, les poli­ciers. J’ai la chance d’a­voir été très sou­te­nu par mon employeur, mes amis et ma famille. Tout le monde ne l’a pas (…). (Dans mon tra­vail), je suis ame­né à mon­ter sur des toi­tures, sur des machines : il y a un risque que je ne voie pas un endroit où je pose le pied (…). Si je bri­cole main­te­nant, je mets sys­té­ma­ti­que­ment mes lunettes de sécu­ri­té parce que s’il arrive quoi que ce soit à mon autre œil, c’est fini, je suis aveugle.

Aller à la mani­fes­ta­tion des bles­sés était impor­tant pour témoi­gner mais y aller m’a deman­dé un effort énorme. Des gens fai­saient péter des pétards. Chaque déto­na­tion, pour moi, c’é­tait un vent de panique ●

Patrick Gal­liand a dépo­sé plainte, l’IGPN a été saisie

“Une par­tie de mes plai­sirs s’en va “

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Vanes­sa LANGARD :
34 ans, bles­sée à Paris le 15 décembre

Je m’oc­cupe de ma grand-mère, je suis son auxi­liaire de vie, elle vit ici, avec moi, dans cet appar­te­ment. Il n’y a rien pour elle. Quand on vit seule, on peut pas vivre. Les retraites, c’est le 1er motif pour lequel je mani­fes­tais. L’E­tat me paie 380€, c’est ma famille qui me paie un com­plé­ment de salaire. Macron a par­lé des fai­néants, mais le 19 décembre, moi, j’a­vais un 2e tra­vail qui allait com­men­cer dans les écoles, en plus de celui de déco­ra­trice sur verre. Je ne pense pas que j’é­tais une fai­néante. Main­te­nant, ce n’est plus pos­sible. Je ne mani­fes­tais qua­si­ment jamais : quand j’a­vais 16 ans, oui, j’a­vais mani­fes­té contre Le Pen…

Après les images des week-ends pré­cé­dents, la prio­ri­té était de faire atten­tion. Contrai­re­ment aux autres manifs c’é­tait très calme, j’é­tais éton­née (…). On tombe sur une barre de CRS. On fait demi-tour, on marche. Des poli­ciers en civil arrivent, ils tirent. Je me fais impac­ter. Ma meilleure amie entend « pouh ! pouh ! ». Elle tourne la tête, un truc noir tombe par terre. « C’est pas de la lacry­mo », se dit-elle…Pour moi, plein de choses se sont effacées.

Mais des images que j’ai vues, je suis à terre, le crâne écla­té, on voit l’os. Mon amie est trau­ma­ti­sée, elle m’a cru morte. Quatre per­sonnes qui font demi-tour en se pre­nant la main pour pas se perdre, je ne pense pas qu’on était dan­ge­reux. A ce moment-là, il n’y avait ni menaces, ni cris, ni per­sonnes qui jetaient de choses.

J’ai eu deux inter­ven­tions à l’hô­pi­tal : pour l’hé­mor­ra­gie cra­nienne, puis pour me poser trois plaques de métal. C’est en sor­tant que ça a été beau­coup plus com­pli­qué. Mon œil ne peut pas être opé­ré, il ne se répa­re­ra jamais. C’est tou­ché à l’in­té­rieur : j’ai des trous au niveau du nerf optique.

L’han­di­cap de mon han­di­cap c’est qu’il ne se voit pas. J’ai des maux de tête, de la fatigue, les gens ne vont pas com­prendre que je sois KO parce que j’ai une appa­rence nor­male. J’ai l’im­pres­sion de ne plus être moi-même.

Je pre­nais soin de moi-même, j’a­do­rais me maquiller, m’ap­prê­ter, main­te­nant je ne peux plus. Ma vie désor­mais c’est un com­bat au quo­ti­dien. J’ai un an de réédu­ca­tion devant moi : mon visage et sur­tout le cer­veau. Je ne retiens plus du tout. Les connexions ne se font plus ●

Vanes­sa Lan­gard a dépo­sé plainte, l’IGPN a été saisie

“J’ai l’im­pres­sion de ne plus être moi-même“

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Gwen­dal LEROY :
27 ans, bles­sé à Rennes le 19 janvier

Le mou­ve­ment des gilets jaunes c’est quelque chose d’his­to­rique : dans la rue, dans un cor­tège de mani­fes­ta­tion un same­di on voit de tout. Des chô­meurs, des sala­riés, des retrai­tés, des gens de tous corps, de tous métiers. Tout le monde est dans la rue, il n’y a pas d’his­toire de syn­di­cats, c’est vrai­ment citoyen. Oui, c’est vrai­ment quelque chose d’his­to­rique. (Quand) il y a une loi qui passe ou autre qui attaque un cer­tain métier, (comme) les rou­tiers, per­sonne ne vient en aide à chaque fois à telle ou telle classe de métier qui se fait atta­quer. Du coup, à chaque fois les lois passent. Si par exemple une loi mau­vaise passe vis-à-vis des infir­mières, il fau­drait que tout le monde aille dans la rue, et là je peux vous dire les lois ne pas­se­raient pas. Mais les gens ne sentent plus concernés.

(Ça) m’est arri­vé, je crois rue du Maré­chal Joffre. On avait vrai­ment déci­dé de par­tir, il était 18 heures et quelque, on avait deux heures de route. Et en remon­tant la rue, arri­vés au niveau des arrêts de bus, j’ai enten­du une gre­nade atter­rir à mes pieds. On entend le bruit, donc for­cé­ment (on se dit) : ‘qu’est-ce que c’est ?’, on se retourne et donc là j’ai vu un flash, une explo­sion, vio­lente. Tout de suite j’ai sen­ti quelque chose qui m’a per­cu­té le visage. Je n’es­ti­mais pas encore avoir per­du l’u­sage de (mon) oeil.

A l’hô­pi­tal, quel­qu’un s’est appro­ché de moi. Il a sou­le­vé la pau­pière de l’oeil gauche et, c’est là que j’ai com­pris que c’é­tait grave, parce qu’il a appe­lé, enfin il a hur­lé « on le prend en charge tout de suite ! ».

Je ne sais même pas si j’ai encore accep­té en fait, c’est ça le truc. Je ne sais pas si j’ai pris plei­ne­ment conscience, que cela va être défi­ni­tif et à vie.

Il y a des prises de conscience tem­po­raires. Il y a des moment où on est assis sur une chaise et là pen­dant 10–15 secondes on va être plus lucide, on va se dire « ah ouais, j’ai per­du un oeil. Et c’est à ces moments-là pré­ci­sé­ment que soit ça passe mora­le­ment, soit psy­cho­lo­gi­que­ment, (sinon) la jour­née elle est dans les chaussettes.

J’é­tais cariste. Je ne sais pas si c’est pos­sible encore de conduire un cha­riot élé­va­teur. Et puis, il y a la par­tie « com­ment trou­ver un tra­vail » : quel employeur vou­drait d’une entre guille­mets « per­sonne qui n’au­rait qu’un oeil » alors qu’il y a énor­mé­ment de per­sonnes sur le mar­ché (qui ont) deux yeux ●

Gwen­dal Leroy a dépo­sé plainte

“Je ne sais pas si j’ai pris plei­ne­ment conscience, que cela va être défi­ni­tif et à vie“

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Fio­ri­na LIGNIER :
20 ans, bles­sée à Paris le 8 décembre

Je n’a­vais jamais mani­fes­té de ma vie, je ne suis pas inves­tie en poli­tique. Au départ, je pen­sais que le pré­sident Macron allait réagir mais pas du tout, il a fait le sourd. Ce sont des pro­blèmes qui touchent tout le monde et si per­sonne ne bouge, ça ne chan­ge­ra pas. Donc j’ai vou­lu y aller moi-même pour por­ter la parole des « gilets jaunes ». Certes ça ne touche pas les jeunes mais ça nous tou­che­ra dans cinq ans. On est la 6e puis­sance éco­no­mique mon­diale et nos retrai­tés sont obli­gés de retra­vailler, c’est aber­rant ! La veille de l’Acte 4, on a donc déci­dé d’al­ler à Paris avec Jacob (son petit-ami depuis deux ans, NDLR)

Vers 14H00, des cas­seurs com­mencent à s’at­ta­quer aux bou­tiques. Nous sommes tout en haut des Champs au milieu d’une bonne cen­taine de « gilets jaunes » très calmes. Il n’y a pas de cas­seurs par­mi nous, per­sonne n’a le visage mas­qué ni l’air violent. Avec Jacob, nous ne por­tons pas de gilet jaune : les maga­sins étaient en rup­ture de stock. Des gen­darmes mobiles nous empêchent de recu­ler. Les poli­ciers chargent et à ce moment-là je reçois une gre­nade. Je res­sens une décharge dans tout le corps. J’ai un trou noir de quelques secondes. Je subis une pre­mière opé­ra­tion d’ur­gence pour resu­tu­rer l’oeil. Je suis ensuite hos­pi­ta­li­sée pen­dant 16 jours à La Sal­pê­trière où j’ai subi une deuxième opé­ra­tion pour restruc­tu­rer la face. On me dit tout de suite que j’ai per­du l’u­sage de mon œil.

On va m’en­le­ver l’œil car j’ai des dou­leurs quand il bouge. Je dors énor­mé­ment. Je ne peux pas res­ter trop debout, ma tête tourne encore beau­coup. Les douches, c’est com­pli­qué. Mon muscle pour ouvrir la pau­pière ne fonc­tionne plus, il a été sec­tion­né, mais à des moments l’œil s’ouvre et je n’ar­rive pas à le refer­mer (…) Je n’ar­rive plus à lire. C’est plus du tout la même vie, c’est tout au ralen­ti. Même le ménage j’ai du mal : je range 10 minutes et je suis essouf­flée. C’est très rare que les volets soient ouverts, je vis comme une taupe. J’ai des sen­sa­tions fantômes.

La cagnotte (de 50.000 euros, ndlr), je trouve ça énorme. Autant de soli­da­ri­té ! J’ai du mal à réa­li­ser parce que je suis étu­diante donc 50.000 euros … c’est un pactole ●

Fio­ri­na Lignier a dépo­sé plainte, l’IGPN a été saisie

“Je vis comme une taupe“

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Jean-Marc MICHAUD :
41 ans, bles­sé à Bor­deaux le 8 décembre

On était là paci­fi­que­ment, pas en agres­seurs. Si j’a­vais vou­lu aller « taper » du CRS, j’y serais allé avec 50 potes, pas avec ma petite femme (…). Merde ! On a quand même a le droit de gueu­ler, on n’en veut plus de cette France poli­ti­carde qui s’en met plein les poches, qui ne pense qu’aux riches.

Mes pre­mières mani­fes­ta­tions ça ne crai­gnait pas, c’é­tait à Roche­fort, il y a 75% de retrai­tés. Comme cela fai­sait un mois que je n’a­vais pas vu ma femme, (aller mani­fes­ter) c’é­tait l’oc­ca­sion de pas­ser un petit moment ensemble et de s’a­mu­ser car c’é­tait très festif.

Vers 16h30/17H00 ça a com­men­cé à déné­gé­rer, les pre­mières lacry­mo et gre­nades. (…) Il y a une charge de « baqueux » qui nous allument. On part, on se cache der­rière un mur, je pousse ma femme et moi je me mets (les mains) en l’air (il mime le geste, ndlr) et là ils m’ont abat­tu comme un chien, à 56 mètres, 7 mètres maxi­mum (…). Je me suis réveillé le dimanche soir à l’ho­pî­tal, en chambre sté­rile, bran­ché de par­tout. (…) Puis j’ai vu ma femme entrer, en com­bi­nai­son (…). J’en ai pleuré.

Pour l’ins­tant il n’y a pas de futur, il n’y a que le pré­sent. Et je pense que toutes les vic­times sont comme ça.

Phy­si­que­ment je me sens bien, je suis com­ba­tif. Par contre, mora­le­ment j’ai des fai­blesses. La perte d’un oeil, c’est quelque chose de très dur.

J’é­tais très spor­tif, je fai­sais du kayak en mer, j’al­lais pêcher… Il y a beau­coup de choses que je ne peux plus faire. J’é­tais hor­ti­cul­teur. Der­niè­re­ment, je taillais les vignes chez un viti­cul­teur mais je ne peux plus car je n’ai plus la 3D.

Je n’ar­rive plus à prendre ma femme dans mes bras. Je n’ar­rive même pas à me regar­der dans une glace, je ne me suis pas rasé depuis. Je ne me recon­nais pas. Quand j’ar­ri­ve­rai à m’ac­cep­ter, alors j’ac­cep­te­rai les câlins de ma femme ●

L’IGPN a été saisie

“Quand j’ar­ri­ve­rai à m’ac­cep­ter, alors j’ac­cep­te­rai les câlins de ma femme“

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Patrice PHILIPPE :
49 ans, bles­sé à Paris le 8 décembre

J’é­tais à Paris le 8 décembre 2018. Paris c’est sym­bo­lique, c’est la capi­tale, je me suis dit que j’al­lais appor­ter un peu plus de jaune sur les Champs-Ely­­sées. C’é­tait ma pre­mière mani­fes­ta­tion. Je suis par­ti la fleur au fusil. Une chose impor­tante : mon père est un ancien gen­darme mobile. Je ne mon­tais à Paris pas pour péter du flic.Le matin, c’é­tait bon enfant.

A 11h00, je prends un pre­mier tir de LBD dans le poi­gnet (…). Cela mon­tait cres­cen­do dans la vio­lence, des gilets jaunes com­men­çaient à des­cel­ler des pavés sur les Champs-Elysées (…).

A un moment, je veux sor­tir. Je me rends compte que c’est impos­sible (…). Ce phé­no­mène de nasse, de tout fer­mer, moi j’ap­pelle ça du tir au pigeon (…). Sur un mou­ve­ment de recul des gilets jaunes, je m’a­vance sans signe d’a­gres­sion. Je vou­lais aller dis­cu­ter avec un gen­darme pour qu’il me laisse sor­tir (…) et là une défla­gra­tion, une gre­nade qui m’as­sour­dit, qui me déso­riente, et quelques secondes plus tard le tir de LBD dans l’œil. Je titube (…). Le pre­mier gilet jaune qui me voit, quand je vois son visage hor­ri­fié, je me dis que je ne suis pas bien, je fais quelques pas et je tombe.

J’ai la « chance » de gar­der mon œil intact (dans sa forme) mais il y a eu des­truc­tion de la rétine (…) et der­rière du nerf optique. Je ne ver­rai plus de cet œil (…).

Mon métier de chauf­feur rou­tier c’é­tait une pas­sion, ça fai­sait 25 ans, j’é­tais arri­vé au sum­mum de la pro­fes­sion : je fai­sais du convoi excep­tion­nel (…). J’ai une fille de 14 ans, je ne veux pas me lais­ser glis­ser sur un ter­rain dépres­sif, je me dois d’être debout (…). Je n’ai pas envie de finir dans (une struc­ture spé­cia­li­sée) en train d’en­fi­ler des pieds de chaises.

Que peut faire un borgne ? (…) Même si le mou­ve­ment s’é­puise je serai encore là (..). Ils m’ont don­né le pas­se­port pour un com­bat bien plus impor­tant à mes yeux (sou­rire), contre les armes dites non létales ●

Patrice Phi­lippe a dépo­sé plainte, l’IG­GN a été saisie

“Que peut faire un borgne ?“

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Cédric POSE :
34 ans, bles­sé à La Pos­ses­sion le 27 novembre

J’é­tais pas mani­fes­tant, j’é­tais pour les gilets jaunes, je les sou­te­nais. Ce jour-là j’é­tais à la mai­son en train de faire la cui­sine pour des amis gilets jaunes.

Je suis sor­ti de la mai­son pour appe­ler pour venir man­ger, j’ai eu un coup dans l’oeil par les forces de l’ordre. J’é­tais pas trop loin d’eux, on m’a visé, et des amis ont confir­mé que c’é­tait des forces de l’ordre qui ont tiré sur moi.

L’oeil gauche, j’ai per­du la vue com­plè­te­ment, j’ai plus de vision et à par­tir de main­te­nant, je peux plus faire grand-chose. L’oeil droit, la vision baisse.

J’es­saie de sur­mon­ter petit à petit car comme vous voyez là, j’ai ma petite mai­son, je suis seul. Pour le moment je ne peux plus tra­vailler. Vu que je ne peux plus faire grand-chose, pour moi c’est pas facile, dans la vie en ce moment. De temps en temps, mes amis passent me voir pour prendre des nou­velles. Vu que je suis bles­sé, j’ai plus vrai­ment le temps d’être avec eux ●

Cédric Pose a dépo­sé plainte, aucune enquête n’a été ouverte

“J’ai ma petite mai­son, je suis seul, je cherche à sur­mon­ter ça“

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Ninef RADJAH :
36 ans, bles­sé à Tou­lon le 12 janvier

Ninef Rad­jah était à Tou­lon pour un ren­­dez-vous qui a été annu­lé. Il a donc pas­sé l’a­près-midi « à traî­ner, dis­cu­ter avec des amis », explique-t-il, mais assure ne pas être « gilet jaune » et ne pas avoir par­ti­ci­pé à la mani­fes­ta­tion. Vers 18H00, il était sur l’a­ve­nue de la Répu­blique, une rue qui longe la rade de Tou­lon fer­mée à la cir­cu­la­tion en rai­son de la mani­fes­ta­tion, « une bou­teille à la main en train de boire, de pro­fi­ter de la vie ».

La mani­fes­ta­tion s’a­chève, quelques « gilets jaunes » res­tent sur l’a­ve­nue alors que la nuit com­mence à tom­ber. Ninef « regarde ce qui se passe et ne se sent pas concer­né par les forces de l’ordre qui sont sur place », pour­suit son avo­cat. « Les forces de l’ordre, sans rai­son, se mettent à char­ger », selon le récit qu’a fait Ninef Rad­jah à son avo­cat, Me Capo­ros­si. « Il a un moment d’hé­si­ta­tion, ne com­prend pas trop ce qui se passe », quand il se retrouve bles­sé, rap­porte encore Me Capo­ros­si. « J’ai vu des hommes en noir char­ger, j’ai lâché ma bou­teille, j’ai cou­ru après avoir sen­ti quelque chose à la tête », décrit pour sa part Ninef Rad­jah quand il est inter­ro­gé sur le moment pré­cis de sa blessure.

Aujourd’­hui, il se bat « pour ne pas tom­ber dans la dépres­sion ». « Il a mal à la tête, dort 17 heures par jour », assurent Cyn­thia Cazor­la, un témoin, et son avocat ●

Ninef Rad­jah a dépo­sé plainte, l’IGPN a été saisie

“J’é­tais une bou­teille à la main en train de boire, de pro­fi­ter de la vie“

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Jérôme RODRIGUES :
39 ans, bles­sé à Paris le 26 janvier

Moi, j’é­tais sor­ti dans la rue pour essayer de faire com­prendre à ce gou­ver­ne­ment qu’il est impor­tant qu’au­jourd’­hui, le peuple fran­çais puisse vivre digne­ment du salaire qu’il gagne, du tra­vail qu’il accom­plit – moi j’ai des valeurs de tra­vail, j’ai été éle­vé de cette manière-là -, et qu’il est regret­table qu’il ne l’en­tende pas. Un mou­ve­ment comme celui des « gilets jaunes », je l’at­ten­dais depuis des années. On aurait dû faire ça en 2008 pen­dant la crise des banques qu’on nous a deman­dé de ren­flouer (…). J’ai pas atten­du que Macron dise de tra­ver­ser la rue, j’ai tra­ver­sé la France pour trou­ver du bou­lot et ça marche pas.

Je vois une équipe de jaunes qui sont amis avec moi qui venaient jus­te­ment de se faire gazer. Je leur disais « par­tez d’ici les gars, allez pas vous bles­ser, allez pas perdre un œil ». Je vois une escouade de poli­ciers qui com­mence à se mettre un petit peu en action. Je sais que je ne les gêne pas à l’instant T, mais j’ai ce mou­ve­ment de recul. Je me dis « recule-toi, les mecs ils vont se mettre au bou­lot on va pas les déran­ger ». Et là, pata­tras, je me prends une gre­nade au niveau des pieds qui m’abrutit l’espace d’une seconde, et une à deux secondes après un énorme impact au niveau de l’œil suite au tir de LBD que j’ai subi.

Aujourd’­hui, qu’est-ce qui se passe ? Deux vies déglin­guées. La mienne. Et le poli­cier qui m’a tiré des­sus, il va lui arri­ver quoi à lui ? Il a peut-être une femme et des enfants. Alors il a res­pec­té un ordre, il est dans son bon droit, certes, mais peut-être qu’il a aus­si une vie détruite derrière.

Ça me dérange d’être un sym­bole. Je me bat­tais pour rem­plir le fri­go, le RIC (réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne, ndlr) et la fin des pri­vi­lèges et je m’a­per­çois qu’au­jourd’­hui je vais devoir mener un nou­veau com­bat. J’ai pris conscience que ma voix a l’air d’a­voir de l’im­por­tance. Lorsque ça a com­men­cé, je m’é­tais sen­ti inves­ti d’une mis­sion en tant que témoin-acteur. Aujourd’­hui, j’ai une nou­velle res­pon­sa­bi­li­té qui m’in­combe, c’est d’es­sayer d’emmener le mou­ve­ment plus loin ●

Jérôme Rodrigues a dépo­sé plainte, l’IGPN a été saisie

“Ça me dérange d’être un symbole“

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Rit­chie ALEXIS :
34 ans, bles­sé à Saint-Paul le 19 novembre

Habi­tant de Saint-Paul, Rit­chie Alexis a été sol­li­ci­té par un ami pour venir ren­con­trer des mani­fes­tants et « leur dire de se cal­mer pour que l’i­mage du quar­tier ne soit pas ter­nie », affirme son avo­cat Me Rémy Boni­face, du bar­reau de Saint-Denis à La Réunion. Cet homme de 34 ans, « res­pec­té par tous » et « connu pour son tem­pé­ra­ment calme » a ten­té d’a­pai­ser la situa­tion lors de ten­sions entre les forces de l’ordre et des jeunes dans le quar­tier de La Grande Fon­taine, détaille l’avocat.

Selon son avo­cat, Rit­chie Alexis, après avoir « cal­mé les esprits » une pre­mière fois dans la mati­née, est ren­tré chez lui pour déjeu­ner, puis a rejoint une nou­velle fois les mani­fes­tants « vers 16 heures ». La situa­tion est ten­due : « des jeunes ont dres­sé un bar­rage sur une route et font face aux forces de l’ordre ». Me Rémy Boni­face raconte que Rit­chie s’est alors diri­gé vers les mani­fes­tants « pour leur deman­der de se cal­mer ». « Alors qu’il n’y a eu aucune som­ma­tion de la part des forces de l’ordre, mon client entend une pre­mière déto­na­tion, puis une seconde, c’est à ce moment qu’il reçoit un pro­jec­tile dans l’oeil », assure le conseil.

« Il y a beau­coup de cha­grin et d’incompréhension. Il veut connaître la véri­té. Il n’est pas en colère, il admet que même des membres des forces de l’ordre peuvent se trom­per et avoir tiré sur lui par erreur, mais il veut que les auteurs recon­naissent leur erreur », explique son avocat ●

Rit­chie Alexis n’a pas encore dépo­sé plainte, aucune enquête n’a été ouverte

“Il veut que les auteurs recon­naissent leur erreur“
Son avocat

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J‑L :
17 ans, bles­sé à Béziers le 6 décembre

J., sor­tait de son éta­blis­se­ment sco­laire, où se dérou­laient des heurts entre lycéens, « gilets jaunes » et poli­ciers, selon son père. « Mon fils n’é­tait ni mani­fes­tant, ni gilet jaune », insiste-t-il auprès de l’AFP.

Lors de cette mani­fes­ta­tion, le jeune homme a été tou­ché à l’oeil gauche « sans aucun doute pos­sible » par un tir de LBD40, affirme son père. « Il sor­tait tout sim­ple­ment de son lycée », déplore-t-il.

Opé­ré le 14 décembre, le jeune homme a subi une recons­truc­tion faciale mais a per­du l’u­sage de son oeil gauche.

Son père, qui attend désor­mais que « jus­tice soit faite », avait lan­cé à la télé­vi­sion un appel à témoins. Il sou­haite que l’o­ri­gine de la bles­sure de son fils soit recon­nue et qu’il y ait une indemnisation ●

J. a dépo­sé plainte, l’IGPN a été saisie

“Il sor­tait tout sim­ple­ment de son lycée“
Son père

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Jacky SINEDIA :
58 ans, bles­sé à Saint-Louis le 27 novembre

Agent d’en­tre­tien à Saint-Louis, Jacky Siné­dia était en che­min pour la mai­son de sa grand-mère, assure-t-il à l’AFP. Il affirme éga­le­ment qu’il ne sou­tient pas les « gilets jaunes », « ne par­ti­ci­pait pas du tout à la mani­fes­ta­tion » et « n’a rien à voir » avec le mouvement.

« Il y avait des affron­te­ments entre les forces de l’ordre et les mani­fes­tants. Il y avait beau­coup de bruit, on enten­dait les explo­sions des gre­nades lacry­mo­gènes et des gre­nades assour­dis­santes, les gens criaient et cou­raient par­tout », raconte Jacky Sinédia.

Le père de famille de 58 ans prend « peur pour sa fille et son petit-fils », réfu­giés chez sa grand-mère, et sort de chez sa belle-mère pour ten­ter de les rejoindre. « J’é­tais à peine dans la rue que j’ai reçu un pro­jec­tile en plein dans mon oeil gauche, j’ai cru que j’al­lais mou­rir et puis il y a eu un trou noir », dit-il.

Depuis les évé­ne­ments, Jacky Siné­dia est en congé mala­die. Il explique être très atteint psy­cho­lo­gi­que­ment. « Tous les soirs, j’en­tends encore les cris des gens et les bruits des explo­sions ». Il ajoute : « je veux que cette affaire aille jus­qu’au bout, je ne suis pas un ani­mal sur qui on tire et qu’on enterre dans un coin. Je n’ai rien fait de mal, je n’ai agres­sé per­sonne, je veux répa­ra­tion pour avoir l’es­prit en paix, être clair dans ma tête » ●

Jacky Siné­dia a dépo­sé plainte, aucune enquête n’a été ouverte

“J’ai cru que j’al­lais mou­rir et puis il y a eu un trou noir“

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Oli­vier FOSTIER :
49 ans, bles­sé à Char­­le­­ville-Mézières le 23 mars

Je vais régu­liè­re­ment dans les mani­fes­ta­tions des gilets jaunes, sur­tout par refus de la poli­tique actuelle. On est régu­liè­re­ment en fin de cor­tège. C’est même la pre­mière fois de ma vie que je vais mani­fes­ter. Macron n’est peut-être pas res­pon­sable de tout, on ne lui demande même pas de don­ner tout, mais les gens veulent du tra­vail et vivre digne­ment de ce travail.

Je mar­chais tran­quille­ment, sans gilet jaune en plus. Une gre­nade arrive devant moi. Je me retourne pour me pro­té­ger des gaz, et là je reçois quelque chose. Une gre­nade ou un tir de LBD. C’est comme si on enfon­çait un burin dans l’oeil. Je me suis mis à genoux, je ne tenais plus debout. Les pom­piers sont arri­vés immé­dia­te­ment d’au­tant qu’il y avait eu un acci­dent de voi­ture tout près.

L’oeil est per­du. L’os en des­sous est frac­tu­ré. À terme, il y aura sans doute la pose d’une pro­thèse. Le moral ça va mais je com­mence à m’in­quié­ter parce que je me réveille plu­sieurs fois dans la nuit. J’ai vu un psy­cho­logue qui m’a dit que le contre­coup allait arri­ver plus tard.

Pour le tra­vail je ne sais pas, je suis atta­ché d’ex­ploi­ta­tion dans le milieu de la pro­pre­té (dans 4 dépar­te­ments du Grand Est, ndlr). Je me déplace énor­mé­ment, est-ce que cela va aller avec la conduite d’un véhi­cule ? Je suis aus­si très sou­vent devant un ordi­na­teur, je ne pense pas que cela soit sans conséquences ●

Oli­vier Fos­tier a dépo­sé plainte

Source : AFP,
https://​fac​tuel​.afp​.com/​g​j​e​b​o​r​g​nes

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​4​5​9​3​0​4​5​2​317

Régis de Castelnau : « LOI ANTICASSEURS CENSURÉE »… COMMENT SE MOQUER DU MONDE !

Régis de Castelnau : 

Vic­toire , le Conseil consti­tu­tion­nel de Fabius et Jup­pé a cen­su­ré une mesure phare de la loi anti-casseurs !

Ah les braves gens ! Vic­toire ! Vic­toire ! La liber­té triomphe ! Allé­luia, faites son­ner les cloches dans tout le pays ! Com­ment le petit fre­lu­quet de l’Élysée et le bar­bu du Havre ils n’ont pas été mouchés !

« Heuh, mais Ton­ton, pour­quoi tu tousses ? Pour­quoi tu tords le nez ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? T’es jamais content Tonton !

– Ben c’est seule­ment la dis­po­si­tion rela­tive à l’interdiction admi­nis­tra­tive préa­lable de mani­fes­ter ordon­née par le pré­fet qui a été reto­quée. Elle était inte­nable et son annu­la­tion était iné­luc­table, mais LE RESTE, TOUT LE RESTE DE CETTE LOI SCÉLÉRATE A ÉTÉ VALIDÉ. Pour que ça passe tran­quille dans les bruits de l’orchestre.

– Ah merde !

– En plus le Conseil n’a pas inva­li­dé le prin­cipe (liber­ti­cide) de l’interdiction préa­lable. Il a été malin, il faut lire le consi­dé­rant numé­ro 24 qui se conclut par la phrase : « Dès lors, les dis­po­si­tions contes­tées laissent à l’autorité admi­nis­tra­tive une lati­tude exces­sive dans l’appréciation des motifs sus­cep­tibles de jus­ti­fier l’interdiction. ». Joli, non ? Si on lit bien on com­prend que si le texte avait été un peu plus rigou­reux et avait lais­sé au pré­fet une lati­tude qui ne soit pas « exces­sive » pour por­ter atteinte à une liber­té fon­da­men­tale, eh bien cela aurait pu coller.

– Tu crois ?

– C’est assez évident, parce qu’en fait le consi­dé­rant numé­ro 24 explique en détail ce qu’il aurait fal­lu faire pour que ça passe. Voi­là ce que nous disent les sages : « Ain­si, le légis­la­teur n’a pas impo­sé que le com­por­te­ment en cause pré­sente néces­sai­re­ment un lien avec les atteintes graves à l’intégrité phy­sique ou les dom­mages impor­tants aux biens ayant eu lieu à l’occasion de cette mani­fes­ta­tion. Il n’a pas davan­tage impo­sé que la mani­fes­ta­tion visée par l’interdiction soit sus­cep­tible de don­ner lieu à de tels atteintes ou dom­mages. En outre, l’interdiction peut être pro­non­cée sur le fon­de­ment de tout agis­se­ment, que celui-ci ait ou non un lien avec la com­mis­sion de vio­lences. Enfin, tout com­por­te­ment, quelle que soit son ancien­ne­té, peut jus­ti­fier le pro­non­cé d’une inter­dic­tion de mani­fes­ter. » L’interdiction admi­nis­tra­tive indi­vi­duelle préa­lable est une héré­sie au regard des prin­cipes qui guident les liber­tés publiques consti­tu­tion­nelles dont fait par­tie le droit de mani­fes­ta­tion. ELLE EST ICI VALIDÉE DANS SON PRINCIPE ! Il suf­fit sim­ple­ment de l’aménager comme la déci­sion elle-même le conseille. On peut même dire qu’elle four­nit le mode d’emploi. Mes­sage reçu et il ne faut pas être grand clerc pour ima­gi­ner qu’Emmanuel Macron et sa petite bande vont très bien le com­prendre et remettre leur ouvrage sur le métier à la pre­mière occasion.

– Donc on se fout de nous ?

– Faut croire. Il y avait un indice qui per­met­tait de pré­voir cette entour­loupe. À votre avis, qui a défé­ré au Conseil consti­tu­tion­nel la loi anti­cas­seurs pour qu’il en exa­mine la consti­tu­tion­na­li­té ? Eh bien, pour la pre­mière fois dans l’histoire de la Ve Répu­blique c’est le pré­sident d’icelle. Pour se don­ner le beau rôle, Emma­nuel Macron a uti­li­sé l’article 61 de la consti­tu­tion et ajou­té son nom à ceux des par­le­men­taires qui avaient uti­li­sé leurs propres pré­ro­ga­tives. Tout ceci était cou­su de fil blanc. »

Laurent Fabius et Alain Jup­pé ont un point com­mun : ils sortent tous les deux de l’École Nor­male Supé­rieure et de l’ENA . Mal­heu­reu­se­ment cela ne garan­tit pas l’exercice d’un mini­mum de pro­bi­té républicaine.

Féli­ci­ta­tions éga­le­ment aux par­le­men­taires LR qui en pro­po­sant et en votant cette loi liber­ti­cide ont prê­té la main à cette opération.

Régis de Castelnau

https://​www​.vudu​droit​.com/​2​0​1​9​/​0​4​/​l​o​i​–​a​n​t​i​c​a​s​s​e​u​r​s​–​c​e​n​s​u​r​e​e​–​c​o​m​m​e​n​t​–​s​e​–​m​o​q​u​e​r​–​d​u​–​m​o​n​de/

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La grande leçon d’humanité des Inuits : L’ENTRAIDE, si naturelle qu’il ne faut pas dire merci

[IMPORTANT. On ne s’en lasse pas. À connaître et à faire connaître. À rumi­ner longuement 🙂 ]

La grande lecon d’hu­ma­ni­té des Inuits : L’ENTRAIDE, si natu­relle qu’il ne faut pas dire mer­ci : dire mer­ci sup­pose que celui qui a aidé aurait pu ne pas le faire ; alors que NOUS DEVONS TOUS le faire… PARCE QUE nous sommes humains… Magnifique.

(Leçon inou­bliable via David Grae­ber, et son livre immense « Dette 5000 ans d’histoire ».)

C’é­tait sur le toit de ma mai­son, au calme, il y a quelques années.

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Rendez-vous le 4 avril à 19 h sur Sud Radio, c’est Jeudi Chouard #4 : « COMMENT VOULONS-NOUS DÉSIGNER NOS REPRÉSENTANTS ? »

Sur Sud Radio, un nou­veau « Jeu­di Chouard, les citoyens consti­tuants ont la parole » s’ap­proche, le 4 avril 2019 à 19 h ; ce sera le n°4, avec Éli­sa­beth Lévy cette fois.

La semaine der­nière, avec Régis de Cas­tel­nau, nous n’a­vons pas (du tout) fini de réflé­chir au sujet « À qui servent les repré­sen­tants ? Et qui est légi­time pour le décider ? »

Donc, on remet le cou­vert (à pro­pos des élus et des repré­sen­tants), mais cette fois, je vou­drais essayer de mieux évi­ter de sor­tir du sujet. Je vous pro­pose de nous concen­trer cette fois sur la seule PROCÉDURE DE DÉSIGNATION des repré­sen­tants : élec­tion ? tirage au sort ? ou une com­bi­nai­son des deux ? 

Cette semaine, on pose­ra la ques­tion de fond : « COMMENT VOULONS-NOUS DÉSIGNER NOS REPRÉSENTANTS ? »

Je résu­me­rai d’a­bord les reproches les plus graves que je for­mule contre l’é­lec­tion (sujet cen­tral pour moi, vous le savez, et que je vais sans doute pou­voir creu­ser un peu mer­cre­di pro­chain, 10 avril avec Raphaël Entho­ven, je suis content : ce sera sur Sud radio, bien sûr, avec Éric Morillot en direct à 19 h). 

Mais j’ai­me­rais ensuite sur­tout vous pré­sen­ter UNE PROCÉDURE COMBINÉE, avec d’a­bord des élec­tions libres (de per­sonnes jugées valeu­reuses sans qu’elles aient été can­di­dates), et puis ensuite des tirages au sort (par­mi ces élus issus d’é­lec­tions libres).

Cette pro­po­si­tion concerne les gilets jaunes, comme les autres, car cette pro­cé­dure, si l’i­dée leur plait, pour­ra très bien ser­vir sur un rond-point occu­pé ou sur un péage libé­ré (ren­du aux usa­gers), pour dési­gner libre­ment des repré­sen­tants dignes de ce nom.

Et puis, pour pas­ser ensuite aux tra­vaux pra­tiques, je vien­drai avec une PREMIÈRE MOUTURE D’ARTICLE de consti­tu­tion pour ins­ti­tuer cette pro­cé­dure mixte, une sorte de brouillon que nous dis­cu­te­rons avec mes invi­tés, s’ils le veulent bien (c’est la par­ti­cu­la­ri­té de cette émis­sion : on donne le spec­tacle de simples citoyens qui s’en­traînent vrai­ment, concrè­te­ment, à ins­ti­tuer eux-mêmes la puis­sance poli­tique dont ils ont besoin pour garan­tir ensuite la jus­tice, la paix et la prospérité). 

Pro­po­si­tion d’ar­ticle (c’est un brouillon, un pre­mier jet, à cor­ri­ger, ratu­rer, com­plé­ter, c’est pré­ci­sé­ment l’exer­cice de vous y coller 🙂 ) : 

Dési­gna­tion des repré­sen­tants (man­da­taires) du peuple :

Article X : chaque citoyen désigne tous les ans (le jour de la Fête des Valeu­reux, le 21 mars, jour férié, chô­mé et payé), entre 0 et 10 (?) per­sonnes qu’il connaît bien et qu’il juge par­ti­cu­liè­re­ment aptes (valeu­reux) pour ser­vir le bien com­mun pen­dant un temps limi­té, sans que ces per­sonnes aient été candidates.

Le Corps de Valeu­reux est ain­si com­po­sé de la pre­mière moi­tié de toutes les per­sonnes les plus dési­gnées (libre­ment).

C’est dans ce Corps des Valeu­reux que seront tirés au sort les dif­fé­rents acteurs poli­tiques dési­gnés pour ser­vir le bien com­mun pen­dant une période d’une semaine à un an.

Les tirés au sort ne peuvent refu­ser la charge qu’en cas de force majeure (à dis­cu­ter : peuvent-ils refuser ?).

Les tirés au sort sont indem­ni­sés du double de leurs reve­nus habi­tuels (à creu­ser), comme le sont aus­si leurs employeurs (pour qu’ils puissent leur gar­der leur place dans l’entreprise).

 
Il est ques­tion que Maxime Nicolle soit avec nous ce 4 avril, Emma­nuel (Wiki­crate) aus­si, et peut-être Juan Bran­co (on ver­ra). J’ai hâte de voir les modi­fi­ca­tions qu’on va ima­gi­ner ensemble. 

Didier (Maïs­to) et Domi­nique (Gaigne) nous aide­ront à gar­der le contact avec vous, en lisant vos com­men­taires en direct et en sélec­tion­nant ceux qui leur paraissent par­ti­cu­liè­re­ment utiles, si vous avez des sug­ges­tions de cor­rec­tion. Nota : ce serait bien que vous res­tiez bien « sur la balle » (si vous posez des tas de ques­tions en dehors du sujet, on n’a­vance pas du tout comme prévu 🙂 ).

Rap­pel du conduc­teur de la semaine pas­sée, qui peut encore lar­ge­ment ser­vir cette semaine : Vous pou­vez télé­charge le pdf ici (2 pages)..

Sauf que je vien­drai avec d’autres livres 🙂 Ce sera une série de sur­prises, mais tous sont épa­tants, je le garan­tis formellement 🙂

Cette fois encore, j’ai hâte d’y être. Ça va être très chouette (vous savez que la chouette était l’a­ni­mal mas­cotte de la démo­cra­tie athé­nienne : l’a­ni­mal qui voit clair même la nuit, quand per­sonne n’y voit rien 🙂 ).

Étienne.

PS : la semaine pro­chaine, le 11 avril, avec Régis, on va sans doute rece­voir Jean Bric­mont, et nous poser avec lui la ques­tion de fond : « À quoi sert la liber­té d’ex­pres­sion en démo­cra­tie ? ». J’ai hâte de voir les articles de consti­tu­tion qu’on va conce­voir ensemble à ce sujet, avec vous.

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Appre­nons à écrire nous-mêmes notre contrat social, notre consti­tu­tion, en peuple digne de ce nom.

Étienne Chouard : la célèbre citation attribuée à Churchill sur la démocratie est une fake news

Pier­rick Tillet (yéti blog) : « La pire des fake news est celle qui a fini par tel­le­ment s’enraciner dans la mémoire col­lec­tive qu’elle appa­raît comme une véri­té incon­tes­table. Ain­si la célèbre cita­tion attri­buée à Chur­chill sur la démocratie :

« La démo­cra­tie est la pire forme de gou­ver­ne­ment à l’exception de tous les autres. »

Or il s’agit d’une cita­tion tron­quée, net­toyée des pas­sages pour faire dire à Chur­chill le contraire de ce qu’il vou­lait exprimer.

Sur le pla­teau de CNews, Étienne Chouard a reca­dré Pas­cal Praud en lisant la cita­tion com­plète de Wins­ton Chur­chill. La voi­ci avec les pas­sages « net­toyés » réta­blis (sou­li­gnés en gras) :

« On a pu dire que la démo­cra­tie était la pire forme de gou­ver­ne­ment à l’exception de tous les autres, mais il existe le sen­ti­ment lar­ge­ment par­ta­gé dans notre pays que le peuple doit être sou­ve­rain, sou­ve­rain de façon conti­nue et que l’opinion publique expri­mée par tous les moyens consti­tu­tion­nels devraient façon­ner, gui­der, contrô­ler les actions des ministres qui en sont les ser­vi­teurs et non les maîtres » (Wins­ton Churchill).

Voi­là de quoi en bou­cher un coin à tous les « démo­crates » de pla­­teau-télé qui com­mencent à nous gon­fler sérieux ! Mer­ci, Étienne.« Pier­rick Tillet.

Source : Yéti blog,

https://​yeti​blog​.org/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​1​6​447

————

[Étienne : ] De rien, cher Pierrick 🙂

La cita­tion réelle, avec des dizaines d’autres impor­tantes, est dans mon petit livre (qui ne me quitte pas et que je lis sim­ple­ment ici, à l’an­tenne) « NOTRE CAUSE COMMUNE » :


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​n​o​t​r​e​–​c​a​u​s​e​–​c​o​m​m​u​ne/

Je lis, page 88 :

« Beau­coup de formes de gou­ver­ne­ment ont été tes­tées, et seront tes­tées dans ce monde de péché et de mal­heur. Per­sonne ne pré­tend que la démo­cra­tie est par­faite ou omni­sciente. En effet, on a pu dire qu’elle était la pire forme de gou­ver­ne­ment à l’ex­cep­tion de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps ; mais il existe le sen­ti­ment, lar­ge­ment par­ta­gé dans notre pays, que le peuple doit être sou­ve­rain, sou­ve­rain de façon conti­nue, et que l’o­pi­nion publique, expri­mée par tous les moyens consti­tu­tion­nels, devrait façon­ner, gui­der et contrô­ler les actions de ministres qui en sont les ser­vi­teurs et non les maîtres.

[…]

Un groupe d’hommes qui a le contrôle de la machine et une majo­ri­té par­le­men­taire a sans aucun doute le pou­voir de pro­po­ser ce qu’il veut sans le moindre égard pour le fait que le peuple l’ap­pré­cie ou non, ou la moindre réfé­rence à sa pré­sence dans son pro­gramme de campagne.

[…]

Le par­ti adverse doit-il vrai­ment être auto­ri­sé à faire adop­ter des lois affec­tant le carac­tère même de ce pays dans les der­nières années de ce Par­le­ment sans aucun appel au droit de vote du peuple, qui l’a pla­cé là où il est ? Non, Mon­sieur, la démo­cra­tie dit : « Non, mille fois non. Vous n’a­vez pas le droit de faire pas­ser, dans la der­nière phase d’une légis­la­ture, des lois qui ne sont pas accep­tées ni dési­rées par la majo­ri­té populaire.

[…]

W. Chur­chill, dis­cours du 11 novembre 1947. »

Source ori­gi­nale : https://​api​.par​lia​ment​.uk/​h​i​s​t​o​r​i​c​–​h​a​n​s​a​r​d​/​c​o​m​m​o​n​s​/​1​9​4​7​/​n​o​v​/​1​1​/​p​a​r​l​i​a​m​e​n​t​–​b​ill

Étienne.

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Soutien fraternel de Bernard Friot

https://m.youtube.com/watch?v=OGhHsRlezdE&feature=share

Cher Ber­nard, pen­seur immense de la sécu­ri­té sociale et de l’é­man­ci­pa­tion des tra­vailleurs par eux-mêmes, mais aus­si affec­tueux et courageux. 

Cette ami­tié fidèle me donne beau­coup de force.

Étienne.

Rendez-vous demain, Jeudi Chouard #3, 28 mars 2019 19 h, sur le thème QUI SERVENT LES ÉLUS ? ET SURTOUT QUI EST LÉGITIME POUR FIXER LES RÈGLES DE LA REPRÉSENTATION ?

Salut à tous.

. Ce soir, mer­cre­di à 19 h, je serai en direct sur BTLV avec Didier Maïsto 🙂

. Demain matin, de 9h à 10h30, en direct sur Cnews avec Pas­cal Praud, qui m’a dit hier vou­loir en savoir plus sur cette idée bizarre du tirage au sort, et aus­si sur le RIC 🙂

. Et demain soir, c’est Jeu­di Chouard : les citoyens consti­tuants ont la parole, cette semaine avec Régis de Castelneau.

Le thème de fond sur la démo­cra­tie en sera : 

#3 : QUI SERVENT LES ÉLUS ? ET SURTOUT QUI EST LÉGITIME POUR FIXER LES RÈGLES DE LA REPRÉSENTATION ?

Je vous donne, dans le fichier pdf ci-des­­sous, mes idées de fil conduc­teur pour cette troi­sième émis­sion (atten­tion, il y a 2 pages) :

Jeu­di Chouard, les citoyens consti­tuants ont la parole #3 Qui servent les élus ?

Vous pou­vez télé­charge le pdf ici (2 pages).

Je vais essayer de répondre à vos ques­tion en deuxième heure. Soyez indul­gent, ce n’est pas facile de tout faire en même temps.
Pré­­pa­­rez-nous de belles et bonnes ques­tions, comme notre cer­veau col­lec­tif sait si bien le faire.

Hâte de vous retrouver.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

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Toulouse : Les citoyens vont pouvoir voter pour dire s’ils sont favorables au RIC… ou pas

Nous devrions tous orga­ni­ser nous-mêmes, loca­le­ment, les consul­ta­tions que nous jugeons utiles au bien commun.

36 000 com­munes, 36 000 ini­tia­tives de ce type… Expan­sion for­mi­dable pré­vi­sible de l’as­pi­ra­tion popu­laire à décider.

Il faut qu’on devienne beau­coup plus nom­breux : tous gilets jaunes consti­tuants… Bon cou­rage à tous 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

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Toulouse : Les citoyens vont pouvoir voter pour dire s’ils sont favorables au RIC… ou pas

DÉMOCRATIE Les orga­ni­sa­teurs veulent don­ner la pos­si­bi­li­té à tous les citoyens de s’ex­pri­mer sur cette pro­po­si­tion por­tée par les « gilets jaunes »

Lors d'une manifestation des "gilets jaunes" à Toulouse.
Lors d’une manifestation des « gilets jaunes » à Toulouse. — F. Scheiber / SIPA
 
  • Depuis le début du mou­ve­ment, les « gilets jaunes » plaident pour la mise en place du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne (RIC).
  • Les 24 et 31 mars pro­chains, les Tou­lou­sains pour­ront voter pour dire s’ils sont favo­rables ou non au RIC en toutes matières.
  • Des débats sont orga­ni­sés en amont de ce vote pour que cha­cun puisse se faire une idée sur le sujet.

 
C’est deve­nu un leit­mo­tiv, une des pre­mières reven­di­ca­tions des « gilets jaunes » depuis le 17 novembre der­nier. Pen­dant des décen­nies, la pro­po­si­tion d’instaurer un réfé­ren­dum d’initiative citoyenne (RIC) a été le com­bat des chantres de cet outil de démo­cra­tie directe.

Comme Yvan Bachaud, un des membres de l’as­so­cia­tion « Article 3 », qui mili­tait en sa faveur bien avant le début du mou­ve­ment. En jan­vier der­nier, il a par­ti­ci­pé à l’organisation dupre­mier vote sur le RIC, à Saint-Clair du Rhône, en Isère.

Une idée que six Tou­lou­sains ont déci­dé d’appliquer à la Ville rose. « Il y a encore quelque temps les gens ne s’intéressaient plus à l’exercice du pou­voir, nous, nous vou­lons don­ner aux gens l’envie de se res­sai­sir de leur ave­nir. Au lieu de don­ner leur voix pour quelqu’un, là, c’est pour une idée », explique Arthur, un des membres de l’association « Article 3 Toulouse ».

Cha­cun pour­ra mettre son bul­le­tin dans l’urne pour dire oui ou non au RIC en toutes matières : pour pro­po­ser des lois, révo­quer des res­pon­sables poli­tiques, modi­fier la Consti­tu­tion ou encore abro­ger une loi. Pour se faire une idée sur la ques­tion et avoir toutes les cartes en main, deux débats auront lieu en amont du vote, ce dimanche et jeu­di prochain.

 

Les dates des débats et scrutins organisées par l'association Les dates des débats et scrutins organisées par l’association – Article 3 Toulouse

 
« Le scru­tin local aura lieu les 24 et 31 mars avec l’objectif de faire une expé­ri­men­ta­tion, sans a prio­ri. Ce n’est pas pour clore le débat, mais au contraire pour l’alimenter. Ce qui nous importe c’est d’avoir un taux de par­ti­ci­pa­tion pour que cela ait une valeur morale », pour­suit Syl­vain, qui tra­vaille dans le sec­teur médical.

Ouvert à tous

Un vote loin d’être réser­vé aux seuls « gilets jaunes », mais bien ouvert à tous les citoyens, élec­teurs ou pas. Il se dérou­le­ra dans les mêmes condi­tions que n’importe quelle élec­tion, avec urnes, iso­loirs et papiers au gram­mage près.

« Nous avons fait une demande à la mai­rie des listes élec­to­rales de Tou­louse et nous avons sélec­tion­né les bureaux de vote 8, 9, 10, 11 et 12 de la pre­mière cir­cons­crip­tion, soit 4.000 à 5.000 élec­teurs. Une urne leur sera réser­vée, deux autres urnes seront dis­po­nibles pour tous ceux qui veulent s’exprimer », détaille Antoine, un des bénévoles.

Les résul­tats de ce pre­mier test citoyen n’auront aucune valeur légale mais seront remis aux maires de quar­tier. « Ça don­ne­ra peut-être envie à des gens de faire la même chose », espère Antoine.

Source : 20 minutes, https://www.20minutes.fr/societe/2467595–20190308-toulouse-citoyens-vont-pouvoir-voter-dire-favorables-ric

Ce soir (21 mars 2019), sur Sud Radio, c’est « Jeudi Chouard, l’heure des citoyens constituants » #2 🙂 et on va se demander, cette semaine avec Élisabeth Lévy, À QUOI SERVENT LES JOURNALISTES ?

Ce soir (21 mars 2019), sur Sud Radio, c’est « Jeu­di Chouard, l’heure des citoyens consti­tuants » #2 🙂 et on va se deman­der, cette semaine avec Éli­sa­beth Lévy, À QUOI SERVENT LES JOURNALISTES ? 

On va bien sûr dénon­cer (entre autres) la cor­rup­tion du jour­na­lisme éco­no­mique et finan­cier (et donc de l’o­pi­nion publique) ren­due pos­sible par L’ACHAT DES MÉDIAS PAR LES BANQUES. 

Je vais essayer d’or­ga­ni­ser en deuxième heure la plage horaire consa­crée à répondre à VOS QUESTIONS. 

Pour par­ler des « dérives » du jour­na­lisme en France, j’ai invi­té, mais au der­nier moment et c’est com­pli­qué pour tout le monde de démar­rer sur les cha­peaux de roues, Vik­tor Dedaj Juan Bran­co (il fau­dra bien dénon­cer le scan­dale du com­por­te­ment jour­na­lis­tique à pro­pos de Julian Assange) et Denis Robert. Je vais aus­si appe­ler Hen­ri Maler, bien sûr, et je pense aus­si à Romain Migus (mais il est encore au Vene­zue­la), Mau­rice Lemoine (du Diplo), Roma­ric Godin, et évi­dem­ment Laurent Mau­duit Tous ces vrais jour­na­listes (de fait) sont invi­tés dans cette émis­sion dédiée à la pro­mo­tion d’un pro­ces­sus consti­tuant popu­laire : j’ai­me­rais écrire avec eux quelques articles de consti­tu­tion, ici sur les jour­na­listes et sur les lan­ceurs d’a­lerte (et sur d’autres sujets qui leur paraî­traient importants).

Jeu­di Chouard, les citoyens consti­tuants ont la parole #2 Les jour­na­listes font-ils bien leur travail

Pro­po­si­tion de fil conduc­teur de la pre­mière heure, au for­mat pdf :
https://​www​.chouard​.org/​w​p​–​c​o​n​t​e​n​t​/​u​p​l​o​a​d​s​/​2​0​1​9​/​0​3​/​J​e​u​d​i​–​C​h​o​u​a​r​d​–​l​e​s​–​c​i​t​o​y​e​n​s​–​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​s​–​o​n​t​–​l​a​–​p​a​r​o​l​e​–​2​–​L​e​s​–​j​o​u​r​n​a​l​i​s​t​e​s​–​f​o​n​t​–​i​l​s​–​b​i​e​n​–​l​e​u​r​–​t​r​a​v​a​i​l​.​pdf


Hâte d’être à ce soir (je vous écris dans le bus) 🙂

Et puis demain, c’est Longwy (près de Metz).

Étienne.

PS : l’a­dresse de la play­list de Sud Radio #Jeu­di­Chouard 🙂
https://​you​tu​.be/​i​E​u​v​W​h​z​Q​Q​7​U​&​l​i​s​t​=​P​L​a​X​V​M​K​m​P​L​M​D​S​B​x​p​h​l​c​b​U​9​h​X​e​M​m​E​9​2​b​VG8

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​0​6​6​9​0​1​8​7​317

Scandale : Macron‑L’éborgneur privatise nos aéroports à 6 h du matin !

Faute de consti­tu­tion digne de ce nom, nous sommes TOUS IMPUISSANTS devant le spec­tacle scan­da­leux du bal des traîtres qui pillent le bien commun.

PAR RIC, NOUS RÉSISTERIONS VICTORIEUSEMENT À TOUTES CES FÉLONIES.

Coup de gueule mati­nal de Mélen­chon à l’as­sem­blée sur une des infi­nies consé­quences de notre impuissance : 

La prio­ri­té abso­lue est évi­dem­ment de DEVENIR NOMBREUX À VOULOIR ENSEMBLE ins­ti­tuer nous-mêmes notre puis­sance poli­tique pour nous défendre contre les gre­dins, les canailles, les fri­pouilles et tous les voleurs de pou­voir comme le sont les ser­viles godillots (par­le­men­taires, jour­na­lis­tiques et autres) de la macronie.

Et nous sommes les seuls, nous autres, simples citoyens, à être à la fois aptes et légi­times pour NOUS CONSTITUER NOUS-MÊMES en peuple d’a­dultes politiques. 

Exem­plaires, les Gilets Jaunes nous montrent le che­min, en deve­nant rapi­de­ment et uni­tai­re­ment constituants.
Par­tout sur terre, nous devrions deve­nir TOUS GILETS JAUNES CONSTITUANTS !

Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pouvoir.

#Citoyens­Cons­ti­tuants

Étienne.

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Voir aus­si ceci, chez Libération :

Comment la privatisation d’ADP a‑t‑elle pu être votée à 6 heures du matin avec 45 députés présents ?

Vote à l’As­sem­blée natio­nale le same­di 16 mars sur ADP Adrien Qua­ten­nens

Malgré les critiques, l’adoption du projet de loi ouvrant la cession d’Aéroports de Paris, de la Française des jeux et la cession de parts dans Engie a été validée de façon régulière.

Ques­tion posée le 19/03/2019

Bon­jour,

Vous nous avez posé cette ques­tion que nous avons rac­cour­cie : « Bon­jour, com­ment est-il pos­sible que des lois (comme same­di à 6 heures du matin) soient votées avec 45 dépu­tés pré­sents sur 577 ?! Pas de quo­rum donc ? Com­ment et pour­quoi cela est-il légal ? C’est un non-sens qu’il n’y ait pas une obli­ga­tion de pré­sence soit sur la tota­li­té, soit les trois quarts des élus (a amé­na­gé en fonc­tion des lois votées). Idem pour les horaires, des horaires décents (qui évi­te­raient d’utiliser cette tech­nique pour dis­sua­der les élus de pro­vince par exemple de venir) et des horaires et un ordre du jour pré­cis (ce qui n’est pas le cas actuel­le­ment). Et enfin, quels sont les recours que nous citoyens nous avons pour nous insur­ger contre ce fonc­tion­ne­ment qui est une farce de démo­cra­tie ?! Je ne com­prends pas que les jour­na­listes d’investigation n’aient jamais dénon­cé cela. On l’apprend par Mélen­chon qui, seul, le dénonce depuis presque deux ans maintenant !»

Des conditions de vote très critiquées

Le pro­jet de loi de « crois­sance et trans­for­ma­tion des entre­prises » a été adop­té par 27 dépu­tés (sur 45 votants) en nou­velle lec­ture par l’Assemblée natio­nale same­di aux alen­tours de six heures du matin, clô­tu­rant une séance de près de neuf heures et trois jours de débats. Le texte doit effec­tuer un der­nier aller-retour avec le Sénat pour être défi­ni­ti­ve­ment vali­dé par les dépu­tés. Pour rap­pel, plu­sieurs mesures du pro­jet de loi sont par­ti­cu­liè­re­ment cri­ti­quées, notam­ment la ces­sion du groupe Aéro­ports de Paris (ADP) pour une durée de soixante-dix ans et le trans­fert au pri­vé de la majo­ri­té du capi­tal de la Fran­çaise des jeux.

VOUS NOUS AVEZ AUSSI DEMANDÉLes divi­dendes d’ADP, de la FDJ et d’Engie à l’Etat sont-ils supé­rieurs aux ren­de­ments per­çus en cas de privatisation ?

Les condi­tions du scru­tin ont ajou­té à la polé­mique. Lors de son inter­ven­tion pré­cé­dant le vote, Jean-Luc Mélen­chon a esti­mé que débattre dans ce contexte était « une folie » : « Il est six heures moins le quart du matin. La pre­mière chose à dire, à cette heure, est une pro­tes­ta­tion contre une telle situa­tion. Ceux qui l’apprendront – car nous le ferons savoir – com­pren­dront quelle folie il y a – même en nou­velle lec­ture – à débattre à cinq heures du matin des dis­cri­mi­na­tions à l’embauche, à trois heures du tarif de l’électricité, et à cette heure-ci de tout ce que nous avons enten­du. Tout cela est absurde. C’est une folie ! C’est cer­tai­ne­ment la forme la plus grave de dys­fonc­tion­ne­ment de la vie du Par­le­ment que cette situa­tion dans laquelle nous nous pla­çons à inter­valle régu­lier. » Ses pro­pos dif­fu­sés sur la chaîne You­Tube du lea­der de la France insou­mise et sur Twit­ter ont été très relayés sur les réseaux sociaux.

Vidéo intégrée

Jean-Luc Mélen­chon

@JLMelenchon

« Six heures moins dix du matin. J’ai honte pour nous tous de ce que nous sommes en train de faire. »#Pri­va­ti­sa­tions #ADP #Acte18 #ActesX­VIII #Mar­che­Pour­Cli­mat

Sur Face­book, une publi­ca­tion de la page « Pers­pi­cace ?» repre­nant le détail du scru­tin affi­ché dans l’hémicycle le matin du vote a été par­ta­gée près de 60 000 fois. 

Le quorum n’est pas obligatoire

L’article 61 du règle­ment de l’Assemblée natio­nale dis­pose que « l’Assemblée est tou­jours en nombre pour déli­bé­rer et pour régler son ordre du jour ». Autre­ment dit, il n’y a pas de mini­mum de dépu­tés néces­saires pour voter une loi ou un amen­de­ment, comme nous l’expliquions dans une réponse pré­cé­dente. Il existe une excep­tion à cette norme. Un pré­sident d’un groupe peut deman­der au pré­sident de l’Assemblée, avant le début du vote, de véri­fier que la majo­ri­té abso­lue des 577 dépu­tés, ce qu’on appelle le quo­rum, soit pré­sente. Si tel n’est pas le cas, la séance est sus­pen­due et le scru­tin reporté.

Tou­te­fois, cette pra­tique est limi­tée par plu­sieurs règles. D’abord, la majo­ri­té des membres du groupe à l’origine de la demande doit être pré­sente dans l’hémicycle et la majo­ri­té abso­lue des dépu­tés de l’Assemblée, elle, doit se trou­ver « dans l’enceinte du Palais ». Par ailleurs, le délai de report du scru­tin est d’au mini­mum quinze minutes. Après ce quart d’heure, « le vote est alors valable, quel que soit le nombre des pré­sents », pré­cise le règlement.

Ain­si, same­di matin, les 45 votants étaient en nombre suf­fi­sant pour voter, même s’ils repré­sen­taient que 7,8% de l’effectif total. A noter que 47 dépu­tés étaient pré­sents en tout. Richard Fer­rand, dépu­té du Finis­tère et pré­sident de l’Assemblée natio­nale, ain­si que Fran­cis Ver­ca­mer, dépu­té du Nord et pré­sident de la séance, ne pou­vaient pas par­ti­ci­per au vote.

Une séance en cours peut être prolongée dans la nuit

Autre cri­tique : l’heure du scru­tin, 6h15 du matin. D’après le règle­ment de l’Assemblée natio­nale, « l’Assemblée se réunit l’après-midi de 15 heures à 20 heures et en soi­rée de 21h30 à 1 heure le len­de­main. Lorsque l’Assemblée tient séance le matin, elle se réunit de 9h30 à 13 heures ». Mais il existe la pos­si­bi­li­té (ce n’est pas une obli­ga­tion) de repous­ser ces horaires le soir afin d’«ache­ver une dis­cus­sion en cours ».

Cor­dia­le­ment

Emma Dona­da

Source : Libé­ra­tion, https://​www​.libe​ra​tion​.fr/​c​h​e​c​k​n​e​w​s​/​2​0​1​9​/​0​3​/​2​0​/​c​o​m​m​e​n​t​–​l​a​–​p​r​i​v​a​t​i​s​a​t​i​o​n​–​d​–​a​d​p​–​a​–​t​–​e​l​l​e​–​p​u​–​e​t​r​e​–​v​o​t​e​e​–​a​–​6​–​h​e​u​r​e​s​–​d​u​–​m​a​t​i​n​–​a​v​e​c​–​4​5​–​d​e​p​u​t​e​s​–​p​r​e​s​e​n​t​s​_​1​7​1​6​269

Gaël Giraud chez Thinkerview : Tsunami financier, désastre humanitaire ?

Pas­sion­nant, pas­sion­nant passionnant !

Une pen­sée puis­sante et géné­reuse, claire, hon­nête et sou­vent lumineuse. 

Encore une excel­lente vidéo Thinkerview.
Mer­ci à toute sa jeune équipe 🙂

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Ce soir (21 mars 2019), sur Sud Radio, c’est « Jeu­di Chouard, l’heure des citoyens consti­tuants » 🙂 et on va se deman­der, cette semaine avec Éli­sa­beth Lévy, À QUOI SERVENT LES JOURNALISTES ?

On va bien sûr dénon­cer (entre autres) la cor­rup­tion du jour­na­lisme éco­no­mique et finan­cier (et donc de l’o­pi­nion publique) ren­due pos­sible par L’ACHAT DES MÉDIAS PAR LES BANQUES.

Je vais essayer d’or­ga­ni­ser en deuxième heure la plage horaire consa­crée à répondre à VOS QUESTIONS.

Pour par­ler des « dérives » du jour­na­lisme en France, j’ai invi­té, mais au der­nier moment et c’est com­pli­qué pour tout le monde de démar­rer sur les cha­peaux de roues, Vik­tor Dedaj, Juan Bran­co (il fau­dra bien dénon­cer le scan­dale du com­por­te­ment jour­na­lis­tique à pro­pos de Julian Assange) et Denis Robert. Je vais aus­si appe­ler Hen­ri Maler, bien sûr, et je pense aus­si à Romain Migus (mais il est encore au Vene­zue­la), Mau­rice Lemoine (du Diplo), Roma­ric Godin, et évi­dem­ment Laurent Mau­duit. Tous ces vrais jour­na­listes (de fait) sont invi­tés dans cette émis­sion dédiée à la pro­mo­tion d’un pro­ces­sus consti­tuant popu­laire : j’ai­me­rais écrire avec eux quelques articles de consti­tu­tion, ici sur les jour­na­listes et sur les lan­ceurs d’a­lerte (et sur d’autres sujets qui leur paraî­traient importants).

Hâte d’être à ce soir (je vous écris dans le train) 🙂

Et puis demain, c’est Longwy (près de Metz).

Étienne.

PS : l’a­dresse de la play­list de Sud Radio Jeu­di Chouard 🙂
https://​you​tu​.be/​i​E​u​v​W​h​z​Q​Q​7​U​&​l​i​s​t​=​P​L​a​X​V​M​K​m​P​L​M​D​S​B​x​p​h​l​c​b​U​9​h​X​e​M​m​E​9​2​b​VG8

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​0​6​0​7​8​5​8​2​317

Vente à vil prix des biens publics (Aéroport de Paris etc.) aux parrains des gredins. #mafiapoliticienne

Mer­ci Nicole Fer­ro­ni, pour ça :

Mais diag­nos­ti­quer L’ERREUR (en riant), c’est empê­cher de diag­nos­ti­quer la TRAHISON (sérieu­se­ment).

Nos pré­ten­dus « repré­sen­tants » ne servent PAS les inté­rêts de ceux qui les ont élus (ils les ruinent, même !), mais ils servent les inté­rêts de ceux qui les ont fait élire (les banques et les mul­ti­na­tio­nales, avec les MÉDIAS qu’ils ont ache­tés pour ça). 

Rap­pel (sept 2014, chez Tad­déï) : https://​face​book​.com/​s​t​o​r​y​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​1​0​4​4​2​0​8​3​4​8​9​9​7​5​8​5​&​i​d​=​1​8​3​9​5​0​3​7​8​3​5​6​7​2​4​&​_​rdr

La vente à vil prix des tré­sors du pays aux gre­dins mafieux qui ont por­té le des­pote au pou­voir n’est pas une suc­ces­sion d’er­reurs, c’est une suc­ces­sion de hautes trahisons.

Et nous n’a­vons ni jour­na­listes dignes de ce nom (capables de s’y oppo­ser réel­le­ment), ni consti­tu­tion digne de ce nom (écrite par le peuple en per­sonne) pour nous y oppo­ser nous-mêmes efficacement. 

PAR RIC, NOUS EMPÊCHERIONS TOUTES CES FORFAITURES – ET NOUS PUNIRIONS TOUTES CES FRIPOUILLES.

Cher­chez la cause des causes.

Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pouvoir.

Et deve­nons tous des #Gilets­Jau­nes­Cons­ti­tuants, vite ! 

Demain, c’est « Jeu­di Chouard, l’heure des citoyens consti­tuants », de 19h à 21h sur Sud Radio, et on pose­ra la ques­tion À QUOI SERVENT LES JOURNALISTES ? (en dis­tin­guant, bien sûr, selon qu’on soit en démo­cra­tie ou en oli­gar­chie), avec Éli­sa­beth Lévy comme contra­dic­teur cette semaine. J’ai plein d’i­dées, on ne va pas s’en­nuyer 🙂 mer­ci Didier ! 🙂

Étienne.

Appre­nons à écrire nous-mêmes notre contrat social, notre consti­tu­tion, en peuple digne de ce nom.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​face​book​.com/​s​t​o​r​y​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​1​0​1​5​7​0​0​3​8​6​6​3​0​2​3​1​7​&​i​d​=​6​0​0​9​2​2​316

Rendez-vous à Villerupt (à 50 km au nord de Metz et près de Longwy), vendredi prochain, 22 mars 2019 à 19 h, avec Maxime (Fly Rider)

• L’é­vé­ne­ment FB : https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​3​4​1​0​1​3​4​9​9​9​5​4​4​13/

• Le lien pour s’ins­crire : https://​yur​plan​.com/​e​v​e​n​t​/​T​O​U​T​–​S​A​V​O​I​R​–​S​U​R​–​L​E​–​R​I​C​–​C​H​O​U​A​R​D​–​F​L​Y​–​R​I​D​E​R​/​4​0​422

On va par­ler de RIC et de MAC (man­da­taires assu­jet­tis aux citoyens), et j’es­père qu’on va faire ensemble de beaux et utiles ate­liers constituants 🙂

Hâte de vous retrouver 🙂

Étienne.

Ps : on va sans doute faire un ate­lier consti­tuant sur l’ar­ticle 27 : « Tout man­dat impé­ra­tif est nul. »

On a plein d’i­dées de corrections 🙂

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10157008600542317&id=600922316

[Best of] Pour une vraie démocratie : les fondements d’Étienne Chouard

Éric Sche­moul a com­po­sé une com­pi­la­tion sur mon travail. 

Mer­ci Éric 🙂 

C’est un gros bou­lot, bien utile sans doute. Ce sera même un tra­vail pré­cieux si c’est cette com­­pi­­la­­tion-là qui, fina­le­ment, tourne beau­coup par­tout sur terre…

Il l’a appelée :

Pour une vraie démocratie : les fondements d’Étienne Chouard

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​9​9​7​4​5​4​6​3​2​317

Mika Cla nous demande de l’aide : Aidez moi à chiffrer « l’évaporation fiscale ». Il ne manque pas 100 milliards, il manque bien plus !

Mika Cla nous demande de l’aide : 

« Aidez moi à chif­frer « l’é­va­po­ra­tion fiscale ».

(Tra­vail pour le cer­veau collectif) 

___________ IMPÔTS ____________

Il ne manque pas 100 Mil­liards, il manque bien plus ! 

Bon­jour,

Je pro­pose un tra­vail collectif. 

Mal­gré des mon­tants très impor­tants, quand on parle de fis­ca­li­té, il règne un flou certain. 

En réa­li­té il faut comp­ter dif­fé­rentes caté­go­ries, que je défi­nis ainsi :

A • LA FRAUDE : impôts dus et non payés.

B • L’ÉVASION : impôts sous­traits « léga­le­ment » par dépla­ce­ment à l’é­tran­ger de sièges sociaux. 

C • LES NICHES : méca­nisme « légaux » qui per­mettent de moins payer en res­tant en France.

D • L’OPTIMISATION : regroupe en par­tie l’é­va­sion et les niches, mais pas que. Elle joue aus­si sur des mon­tages très com­plexes, à la limite de la léga­li­té ou car­ré­ment illé­gaux. C’est bien une caté­go­rie en plus. 

E • LA NON TAXATION DES FMN mul­ti­na­tio­nales (spé­cial GAFAM).

F • L’IMPÔT NÉGATIF (CICE et autres mécanismes).

G • LES ARNAQUES FISCALES : ce sont des méca­nismes par les­quels nous nous fai­sons lit­té­ra­le­ment arnaquer/piller (exemples : arnaques à la taxe CO2, car­rou­sel de TVA, Cumex (fraude aux dividendes)…).

H • LA NON TAXATION, ce sont des impôts dus mais non levés (comme sur les SUPERMARCHÉS, mais aus­si par des méca­nismes proche de l’é­va­sion. Cette caté­go­rie peut donc recou­per une par­tie des caté­go­ries pré­cé­dentes. Par contre c’est bien dis­tinct des GAFAM (caté­go­rie E).

I • FRAUDE A LA TVA : TVA due mais non payée. 

J • FRAUDE SOCIALE (coti­sa­tions non payées et allo­ca­tions per­çues à tort).

K • FRAUDE A L’ARGENT DETTE.

L • PRIVATISATION DES PARA-IMPÔTS (comme les péages des auto­routes, par­kings, etc.).

M • AUTRES

C’est parce que ces caté­go­ries sont mal défi­nies et mal iden­ti­fiées que le brouillard occulte des chiffres vertigineux.

Voi­là mon chif­frage. Il est ren­du très dif­fi­cile par le manque de défi­ni­tion. Je pense que cer­tains se recoupent mais sans cer­ti­tude. C’est pour cela que je pro­pose un tra­vail col­lec­tif, pour affi­ner, et amé­lio­rer ces valeurs. 

A • fraude 80 milliards, 

B • éva­sion 90–120 mds, 

C • niches 100 mds, 

D • opti­mi­sa­tion (en dizaine de mil­liards, mais com­bien non comp­tés dans éva­sions et niches ?

E • non-taxa­­tion des mul­ti­na­tio­nales 60−80−100−120 ? (spé­cial GAFAM),

F • impôts néga­tifs (CICE et autres méca­nisme) 60 mil­liards environ,

G • arnaques fis­cales (taxe CO2, car­rou­sel de TVA, Cumex (fraude aux divi­dendes);..) 10/20/30 ? Chif­frage dif­fi­cile vu la nature,

H • non taxa­tion, chif­frage dif­fi­cile et sujet à de forts écarts. Je ne le chiffre pas pour le moment. Ils concernent les socié­tés taxées en France (hors GAFAM donc),

I • fraude à la TVA 15 mds,

J • fraude aux coti­sa­tions sociales 30 mds, 

K • art 123 de Lis­bonne 45 Mds (inté­rêt d’une dette fabri­quée de toute pièce),

L • Auto­routes. Se chiffre en mil­liards par an. On peut aus­si y mettre les feux-por­­tiques sur les routes de Sarkozy… 

M • exemple : sau­ve­tage des banques (hors de prix) et très variable selon les crises comme en 2008, prime à la casse auto, aides diverses… 

Au bas mot 480 Mds par an et c’est sans les par­ties non chiffrées ! 

(C’est l’é­qui­valent du bud­get de l’état)
C’est un crime, un pillage ! 

Ces chiffres sont sujets à modi­fi­ca­tion, vous ver­rez en cher­chant qu’il est très dif­fi­cile pour un chiffre publié de trou­ver une seule esti­ma­tion consen­suelle, mais qu’en plus il est dif­fi­cile de savoir ce qu’il recouvre exactement. 

Et quand, en plus, les poli­tiques accusent nos modes de vies, nos hôpi­taux, nos retraites, … C’est un crime en bande organisée. 

Un tra­vail col­lec­tif s’im­pose (sans taxe là !!)

NB : cri­ti­quez, modi­fiez, amé­lio­rez, pré­ci­sez, sour­cez… un tra­vail col­lec­tif, c’est fait pour cela. 

Polé­mi­quez sans insul­ter, la polé­mique est vitale pour pro­gres­ser, l’in­sulte ne fait que bles­ser, divi­ser, cris­per et donc ser­vir ceux qui se goinfrent avec les caté­go­ries si dessus.

Mika Cla

Notes post-billet

Rajou­ter la CASSE SOCIALE ORGANISÉE (tra­vailleurs détachés…).

Etienne Chouard, j’es­père vrai­ment que vous puis­siez prendre connais­sance et aider la com­mu­nau­té à conso­li­der et affi­ner ces chiffres. 

Ils sont ver­ti­gi­neux, et notre escla­vage est là. Nous devons faire connaître (après véri­fi­ca­tion com­plète) pour mettre les poli­tiques et les citoyens devant la réalité. »

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​6​9​9​5​1​9​8​8​2​2​317