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« Élection = prison des peuples »
Quelqu’un 😇 a tiré quelques mots de mon dernier entretien chez Éric Morillot (Les Incorrectibles, 23 juin 2024) pour en faire une gentille (mais profonde 🙂) chansonnette 🎼 Il a noté les paroles qu’il a choisies dans la description de sa vidéo : Sur plan politique je suis un peu désespéré parce que je trouve que nos discussions sont oiseuses elles ne servent à rien et je trouve qu’on n’avance pas. En fait, nous sommes, nous…
« Amérique Latine : attention danger ! » – Conférence à Marseille le 28 juin 2024 par Maurice Lemoine, Romain Migus et Charles Hoareau
Il se passe des tas de choses importantes (en bien et en mal) et méconnues en Amérique latine, notamment sur le plan constituant. L’Amérique du sud est le lieu d’expériences démocratiques passionnantes et nous devrions les étudier soigneusement pour progresser sur nos propres projets démocratiques. Le site les2rives.info est une mine insondable sur tout ce qui concerne l’Amérique latine. C’est une chance de pouvoir écouter et questionner ces vrais connaisseurs sur les sujets institutionnels…
SOUVERAINETÉ, populaire ou nationale, ok mais, bon sang, QUI VA L’ÉCRIRE ?!? Conférence d’Étienne Chouard à Marseille, 28 mai 2024
La vidéo de notre rencontre à Marseille fin mai, que je vous ai annoncée ici, a été préparée et publiée par RSI (mille mercis à eux), et je la republie sur ma propre chaîne pour essayer de lui donner un peu plus de visibilité, si c’est possible : https://www.youtube.com/watch?v=Klt5j04rYks Au plaisir de lire vos commentaires, ici (sur le blog), sous la vidéo YouTube, sous le tweet ou sous un des billets Facebook ou Telegram 🙂 Amitiés à tous. Étienne.…
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Format grille – Format articles complets
Rendez-vous à NIORT samedi 13 avril avec Philippe Pascot
Encore une belle rencontre en perspective, avec l’ami Philippe Pascot, infatigable sentinelle du peuple, à NIORT samedi prochain, 13 avril 2019 🙂

L’événement Facebook : https://www.facebook.com/events/542194679617181/
On sera bientôt tous gilets jaunes, et tout pourra enfin changer 🙂
Hâte de vous y retrouver.
Étienne.
Fil facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157048880412317
[Edit :
Les talibantifas ont intimidé le maire qui a retiré au dernier moment l’autorisation pour la salle…
On va se réunir devant la salle comme des Gaulois réfractaires, prenez de quoi vous couvrir et de quoi vous asseoir 🙂
/Edit]
[Lumineux et important] Juan Branco analyse le mouvement des Gilets jaunes et l’aveuglement du régime en réaction
Toujours passionnant, important, éclairant : Juan :
https://youtu.be/mLYMKHZM5q0
Il serait utile de retranscrire cette synthèse, je crois.
Il faut vraiment qu’on parle ensemble (tous les deux, publiquement pour démultiplier rapidement la prise de conscience générale) de la préparation du moment juste après le changement de régime, du processus constituant populaire, des articles les plus importants pour le peuple, dans la phase de transition et dans la suivante.
Étienne.

Apprenons à écrire nous-mêmes notre contrat social, notre constitution, en peuple digne de ce nom.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157047754427317 (publication mystérieusement supprimée après 1⁄2 heure… => je republie :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157047781642317
Rendez-vous mardi prochain, 9 avril 2019, à BÉZIERS


Le Midi Libre annonce cette rencontre sans malveillance aucune, merci à eux :
Béziers : Etienne Chouard invité des « gilets jaunes » mardi à Zinga Zanga
Etienne Chouard lors de son passage à Bagnols-sur-Cèze.
Une réunion citoyenne et constructive est organisée pour dialoguer, partager et comprendre le RIC.
Après la projets du film de François Ruffin la semaine dernière à Monciné, la manifestation de samedi en ville, les « gilets jaunes » de Béziers vont accueillir, mardi 9 avril, à 19 h, salle Zinga Zanga, Etienne Chouard.
Il s’agit d’une réunion citoyenne et constructive pour dialoguer, partager et comprendre le RIC (référendum d’initiative citoyenne) souhaité par la plupart des manifestants.
Un professeur d’économie
Étienne Chouard est professeur de droit et d’économie, spécialiste de la Constitution de la République française et auteur, entre autres, du livre Notre cause commune, qui se veut apporter « des réflexions approfondies sur les solutions à trouver ensemble pour sortir de cette crise de la République ».
Les Biterrois intéressés sont donc invités à venir proposer des idées, réfléchir et trouver des solutions ensemble.
MIDI LIBRE
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157047003472317
[Bouleversant, poignant, révoltant] « Gilets jaunes », « lycéens » ou simples « passants » : LA VIE D’APRÈS DES ÉBORGNÉS
AFP, Guillaume Daudin, Sami Acef, Rémi Banet, François D’Astier, Fred Bourgeais, Jacky Fong, Clara Morineau le Jeudi 4 avril 2019
https://factuel.afp.com/gjeborgnes
Des vies « gâchées », de l’incompréhension ou de la colère : pendant deux mois, l’AFP a recueilli le témoignage de 14 « gilets jaunes » mais aussi de « passants » ou « lycéens » grièvement blessés à l’oeil au cours des manifestations des derniers mois, au coeur des accusations de violences contre les forces de l’ordre.
A l’instar de Jérôme Rodrigues, l’une des têtes d’affiche des « gilets jaunes », les regards mutilés de Vanessa, Patrick ou Alexandre ont été érigés en symbole des « violences policières ». 23 personnes ont affirmé avoir perdu leur oeil depuis novembre, selon les recensements faits par le journaliste indépendant David Dufresne et son projet « Allô place Beauvau ? » ou par le collectif militant « Désarmons-les ».
L’AFP a pu obtenir le témoignage de 14 de ces éborgnés, tandis que 9 ont décliné ‑leurs noms sont grisés dans notre tableau récapitulatif, au bas de cette infographie- (cliquez sur les noms en bleu pour en savoir plus).
Ils sont 21 hommes et 2 femmes, âgés de 14 à 59 ans, blessés à Paris, Bordeaux, Toulouse, La Réunion… Souvent, ce sont des « gilets jaunes » revendiqués, parfois des « lycéens » ou de simple « passants », contestant tout lien avec le mouvement.
Beaucoup rendent le lanceur de balles de défense (LBD) responsable de leur blessure, mais certains pointent aussi du doigt les grenades GLI-F4, celles de désencerclement, les « DMP », voire des grenades lacrymogènes.
Jeudi 4 avril, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a indiqué sur France 2 que « s’il y a eu des fautes, il y aura des sanctions », ne concédant que des « fautes marginales » des forces de l’ordre, dont il a défendu l’action.
La plupart ont un diagnostic net concernant l’un de leurs yeux : pour 14 d’entre eux, selon les certificats médicaux consultés par l’AFP, la vue est perdue et/ou l’oeil n’est plus. Deux pronostics sont en évolution péjorative, vers la cécité. Dans au moins un cas, enfin, la blessure est moins visible, l’oeil toujours présent, mais seules quelques formes apparaissent.
Si certains essaient de donner un sens à cet événement, comme Patrice, 49 ans, qui y voit un « passeport pour un combat contre les armes dites non létales », ils sont nombreux à broyer du noir, pour certains prostrés chez eux ou vivant comme des « taupes », dans le noir. « J’aurais préféré prendre dix ans de prison », se désole Alexandre. L’un a même affirmé à l’AFP avoir fait une tentative de suicide.
Deux options pour découvrir ces témoignages :
– En vidéos, sur notre chaîne YouTube.
– En infographie interactive, ci-dessous.
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David BREIDENSTEIN :
40 ans, blessé à Paris le 16 mars
Je suis parti de Troyes en train, avec une quarantaine de Troyens. On est descendu à la gare de l’Est, on est monté jusqu’à place de l’Etoile. C’était au moins la septième fois que je venais à Paris [depuis le début du mouvement, ndlr]. Je suis « gilet jaune » depuis le début.
On est remonté vers l’Etoile, ça a commencé à charger, du coup on est redescendu avec une paire de gilets jaunes. Là ça commençait à gazer un peu, ils ont tiré des grenades pour disperser un peu tout le monde, du coup on s’est écarté. J’étais en train de marcher, j’ai tourné la tête et j’ai pris le tir. On a l’impression de recevoir un gros parpaing dans la tête, tellement la force elle est monumentale. C’est énorme, ça m’a couché, ça m’a foutu par terre. J’avais juste mon gilet jaune, mon sac à dos, ma clope et c’est tout. J’étais une cible, je marchais tranquillement, je courais pas, j’étais fatigué.
Je bosse dans une usine de forge, je fais tout ce qui est pièces d’Airbus, et tout. Je suis scieur, au débitage acier. On fait des pièces, il y a des réglages à faire sur les machines, il y a plein de contrôles à faire. Donc sans mon œil je ne sais pas comment ça va se passer. Là je suis chez moi, je suis enfermé avec les volets fermés tellement ça fatigue l’autre œil. Dès qu’il y a un peu de soleil, ou le reflet de la télé, ça me fait mal aux yeux, ça me fatigue. Du coup je redors parfois une petite heure pour reposer un peu les yeux mais c’est très très fatigant ●
David Breidenstein a déposé plainte
“On a l’impression de recevoir un gros parpaing dans la tête“
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Franck DIDRON :
20 ans, blessé à Paris le 1er décembre
Aujourd’hui on revendique beaucoup de choses différentes, et c’est une bonne chose, parce que des gens rejoignent le mouvement pour différents motifs, mais quand j’ai commencé à manifester c’était pour des raisons de pouvoir d’achat. Les fins de mois pour moi c’était la merde (sic), j’avais beaucoup trop de mal à les finir.
Quand j’ai appris que ce mouvement existait j’ai foncé pour aller manifester. C’était la toute première fois que j’allais manifester pour ce mouvement [le 1er décembre, ndlr].
J’étais dans un groupe de manifestants pacifiques. On était encerclé de CRS. Mon téléphone a sonné, c’était ma mère qui m’appelait pour me demander des nouvelles parce qu’elle voyait à la télé que le climat était anormal. Je rassurais ma mère. Des gilets jaunes m’ont dit « attention les CRS chargent », je regarde à droite, à gauche, et au moment où je tourne ma tête pour regarder derrière je reçois une balle de LBD 40.
Depuis que j’ai été blessé je me demande pourquoi il m’a tiré dessus ce CRS. Où était l’acte de violence ? J’aimerais bien que ce CRS se manifeste, qu’il vienne devant moi, et que droit dans les yeux il me dise pourquoi il m’a tiré dessus. Parce que là il a gâché ma vie.
Le plus compliqué, c’est d’apprécier les distances, quand tu te sers un verre d’eau. Il faut tout réapprendre. Moi j’étais paysagiste, depuis trois ans dans une entreprise. J’intervenais principalement chez des personnes âgées, mais depuis j’ai beaucoup de mal à retrouver du boulot…. Je ne pense pas qu’un patron va reprendre un ouvrier comme moi avec un œil en moins. Il ne va pas pas prendre le risque de mettre un autre ouvrier en danger. Pour retrouver du travail ça va être super compliqué ●
Franck Didron a déposé plainte, et a été auditionné par l’IGPN selon son avocat.
“Il a gâché ma vie“
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Alexandre FREY :
37 ans, blessé à Paris le 8 décembre
J’ai un enfant et je me demande ce que va devenir la France. Elle part mal, les gens crèvent de faim. La misère, je la vois tous les jours quand je viens travailler à Paris, c’est effroyable. Je voulais crier ma colère, me battre pour que mon fils et ceux de mes proches aient un avenir. C’était ma deuxième manifestation à Paris. Paris c’est la capitale, c’est symbolique, c’était important d’y manifester. Je ne suis pas leader, mais je n’ai pas peur de manifester, donc j’étais souvent en première ligne, ils ont dû me prendre pour un leader.
On est partis pour les Champs vers 10 heures. Dès qu’on a franchi la Seine, j’ai compris que ce n’était pas une manifestation comme les autres. C’était bloqué de tous les côtés, comme une souricière. Ca tirait de partout, ça cramait, c’était la guerre. (…) A un moment donné, mon ami est touché à la jambe. Je le réconforte, je le mets sur le côté. On nous met encore en joue. Là je la prends dans l’œil, elle m’explose l’œil, l’orbite, la rétine, tout. Je ne tombe pas, mais mes amis me disent ‘t’as plus d’œil, t’as plus d’œil !’.
Ce jour-là ils ont tout confondu, ils ont eu plus peur que nous j’ai l’impression. J’ai pas cassé de vitrine, pas tapé un flic, mais même si j’avais cassé une vitrine j’aurais pas mérité ça.
J’ai 37 ans, ma vie est gâchée. J’aurais préféré prendre dix ans de prison. On peut me donner toutes les indemnités du monde, on m’a pris une partie de moi, ce qui m’est arrivé est marqué sur mon visage.
J’espère que je pourrai retravailler. Je fais de la régie, dans le milieu il faut bien présenter. Il faut que je m’adapte à ma nouvelle vie : marcher c’est plus la même chose, conduire ou aller à la piscine j’y pense même plus.
J’en veux même pas aux flics (…) J’en veux juste à ces politiciens, qui donnent des ordres effroyables.
Je suis toujours gilet jaune. Ces gens sur les ronds-points sont incroyables. J’ai des petites vieilles qui me donnent 10 euros en me disant « tiens, pour t’aider » alors qu’elles gagnent 600 € par mois ●
Alexandre Frey a déposé plainte, l’IGPN a été saisie
“J’aurais préféré prendre dix ans de prison“
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Patrick GALLIAND :
59 ans, blessé à Paris le 24 novembre
On s’était rendu avec quelques amis à cette manifestation parce qu’on avait estimé que c’était important d’exprimer notre mécontentement.
La manifestation était bon enfant, ça chantait ça braillait… rien de spécial et puis d’un seul coup, des gaz lacrymogènes nous sont arrivés dessus… Puis des charges de police. N’ayant pas l’intention de rentrer dans ce genre d’événements avec bagarres, on s’est mis avec notre groupe d’amis dans une rue parallèle pour être plus au calme. On s’est mis en retrait et puis à un moment on a entendu ‘Ils chargent ! Ils chargent !’. Et là j’ai entendu une très forte détonation et j’ai eu un choc à la tête, à l’œil. J’avais l’œil en sang.
D’abord c’est la stupéfaction. On ne comprend pas. Puis très vite c’est de la colère. Contre les politiques, les policiers. J’ai la chance d’avoir été très soutenu par mon employeur, mes amis et ma famille. Tout le monde ne l’a pas (…). (Dans mon travail), je suis amené à monter sur des toitures, sur des machines : il y a un risque que je ne voie pas un endroit où je pose le pied (…). Si je bricole maintenant, je mets systématiquement mes lunettes de sécurité parce que s’il arrive quoi que ce soit à mon autre œil, c’est fini, je suis aveugle.
Aller à la manifestation des blessés était important pour témoigner mais y aller m’a demandé un effort énorme. Des gens faisaient péter des pétards. Chaque détonation, pour moi, c’était un vent de panique ●
Patrick Galliand a déposé plainte, l’IGPN a été saisie
“Une partie de mes plaisirs s’en va “
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Vanessa LANGARD :
34 ans, blessée à Paris le 15 décembre
Je m’occupe de ma grand-mère, je suis son auxiliaire de vie, elle vit ici, avec moi, dans cet appartement. Il n’y a rien pour elle. Quand on vit seule, on peut pas vivre. Les retraites, c’est le 1er motif pour lequel je manifestais. L’Etat me paie 380€, c’est ma famille qui me paie un complément de salaire. Macron a parlé des fainéants, mais le 19 décembre, moi, j’avais un 2e travail qui allait commencer dans les écoles, en plus de celui de décoratrice sur verre. Je ne pense pas que j’étais une fainéante. Maintenant, ce n’est plus possible. Je ne manifestais quasiment jamais : quand j’avais 16 ans, oui, j’avais manifesté contre Le Pen…
Après les images des week-ends précédents, la priorité était de faire attention. Contrairement aux autres manifs c’était très calme, j’étais étonnée (…). On tombe sur une barre de CRS. On fait demi-tour, on marche. Des policiers en civil arrivent, ils tirent. Je me fais impacter. Ma meilleure amie entend « pouh ! pouh ! ». Elle tourne la tête, un truc noir tombe par terre. « C’est pas de la lacrymo », se dit-elle…Pour moi, plein de choses se sont effacées.
Mais des images que j’ai vues, je suis à terre, le crâne éclaté, on voit l’os. Mon amie est traumatisée, elle m’a cru morte. Quatre personnes qui font demi-tour en se prenant la main pour pas se perdre, je ne pense pas qu’on était dangereux. A ce moment-là, il n’y avait ni menaces, ni cris, ni personnes qui jetaient de choses.
J’ai eu deux interventions à l’hôpital : pour l’hémorragie cranienne, puis pour me poser trois plaques de métal. C’est en sortant que ça a été beaucoup plus compliqué. Mon œil ne peut pas être opéré, il ne se réparera jamais. C’est touché à l’intérieur : j’ai des trous au niveau du nerf optique.
L’handicap de mon handicap c’est qu’il ne se voit pas. J’ai des maux de tête, de la fatigue, les gens ne vont pas comprendre que je sois KO parce que j’ai une apparence normale. J’ai l’impression de ne plus être moi-même.
Je prenais soin de moi-même, j’adorais me maquiller, m’apprêter, maintenant je ne peux plus. Ma vie désormais c’est un combat au quotidien. J’ai un an de rééducation devant moi : mon visage et surtout le cerveau. Je ne retiens plus du tout. Les connexions ne se font plus ●
Vanessa Langard a déposé plainte, l’IGPN a été saisie
“J’ai l’impression de ne plus être moi-même“
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Gwendal LEROY :
27 ans, blessé à Rennes le 19 janvier
Le mouvement des gilets jaunes c’est quelque chose d’historique : dans la rue, dans un cortège de manifestation un samedi on voit de tout. Des chômeurs, des salariés, des retraités, des gens de tous corps, de tous métiers. Tout le monde est dans la rue, il n’y a pas d’histoire de syndicats, c’est vraiment citoyen. Oui, c’est vraiment quelque chose d’historique. (Quand) il y a une loi qui passe ou autre qui attaque un certain métier, (comme) les routiers, personne ne vient en aide à chaque fois à telle ou telle classe de métier qui se fait attaquer. Du coup, à chaque fois les lois passent. Si par exemple une loi mauvaise passe vis-à-vis des infirmières, il faudrait que tout le monde aille dans la rue, et là je peux vous dire les lois ne passeraient pas. Mais les gens ne sentent plus concernés.
(Ça) m’est arrivé, je crois rue du Maréchal Joffre. On avait vraiment décidé de partir, il était 18 heures et quelque, on avait deux heures de route. Et en remontant la rue, arrivés au niveau des arrêts de bus, j’ai entendu une grenade atterrir à mes pieds. On entend le bruit, donc forcément (on se dit) : ‘qu’est-ce que c’est ?’, on se retourne et donc là j’ai vu un flash, une explosion, violente. Tout de suite j’ai senti quelque chose qui m’a percuté le visage. Je n’estimais pas encore avoir perdu l’usage de (mon) oeil.
A l’hôpital, quelqu’un s’est approché de moi. Il a soulevé la paupière de l’oeil gauche et, c’est là que j’ai compris que c’était grave, parce qu’il a appelé, enfin il a hurlé « on le prend en charge tout de suite ! ».
Je ne sais même pas si j’ai encore accepté en fait, c’est ça le truc. Je ne sais pas si j’ai pris pleinement conscience, que cela va être définitif et à vie.
Il y a des prises de conscience temporaires. Il y a des moment où on est assis sur une chaise et là pendant 10–15 secondes on va être plus lucide, on va se dire « ah ouais, j’ai perdu un oeil. Et c’est à ces moments-là précisément que soit ça passe moralement, soit psychologiquement, (sinon) la journée elle est dans les chaussettes.
J’étais cariste. Je ne sais pas si c’est possible encore de conduire un chariot élévateur. Et puis, il y a la partie « comment trouver un travail » : quel employeur voudrait d’une entre guillemets « personne qui n’aurait qu’un oeil » alors qu’il y a énormément de personnes sur le marché (qui ont) deux yeux ●
Gwendal Leroy a déposé plainte
“Je ne sais pas si j’ai pris pleinement conscience, que cela va être définitif et à vie“
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Fiorina LIGNIER :
20 ans, blessée à Paris le 8 décembre
Je n’avais jamais manifesté de ma vie, je ne suis pas investie en politique. Au départ, je pensais que le président Macron allait réagir mais pas du tout, il a fait le sourd. Ce sont des problèmes qui touchent tout le monde et si personne ne bouge, ça ne changera pas. Donc j’ai voulu y aller moi-même pour porter la parole des « gilets jaunes ». Certes ça ne touche pas les jeunes mais ça nous touchera dans cinq ans. On est la 6e puissance économique mondiale et nos retraités sont obligés de retravailler, c’est aberrant ! La veille de l’Acte 4, on a donc décidé d’aller à Paris avec Jacob (son petit-ami depuis deux ans, NDLR)
Vers 14H00, des casseurs commencent à s’attaquer aux boutiques. Nous sommes tout en haut des Champs au milieu d’une bonne centaine de « gilets jaunes » très calmes. Il n’y a pas de casseurs parmi nous, personne n’a le visage masqué ni l’air violent. Avec Jacob, nous ne portons pas de gilet jaune : les magasins étaient en rupture de stock. Des gendarmes mobiles nous empêchent de reculer. Les policiers chargent et à ce moment-là je reçois une grenade. Je ressens une décharge dans tout le corps. J’ai un trou noir de quelques secondes. Je subis une première opération d’urgence pour resuturer l’oeil. Je suis ensuite hospitalisée pendant 16 jours à La Salpêtrière où j’ai subi une deuxième opération pour restructurer la face. On me dit tout de suite que j’ai perdu l’usage de mon œil.
On va m’enlever l’œil car j’ai des douleurs quand il bouge. Je dors énormément. Je ne peux pas rester trop debout, ma tête tourne encore beaucoup. Les douches, c’est compliqué. Mon muscle pour ouvrir la paupière ne fonctionne plus, il a été sectionné, mais à des moments l’œil s’ouvre et je n’arrive pas à le refermer (…) Je n’arrive plus à lire. C’est plus du tout la même vie, c’est tout au ralenti. Même le ménage j’ai du mal : je range 10 minutes et je suis essoufflée. C’est très rare que les volets soient ouverts, je vis comme une taupe. J’ai des sensations fantômes.
La cagnotte (de 50.000 euros, ndlr), je trouve ça énorme. Autant de solidarité ! J’ai du mal à réaliser parce que je suis étudiante donc 50.000 euros … c’est un pactole ●
Fiorina Lignier a déposé plainte, l’IGPN a été saisie
“Je vis comme une taupe“
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Jean-Marc MICHAUD :
41 ans, blessé à Bordeaux le 8 décembre
On était là pacifiquement, pas en agresseurs. Si j’avais voulu aller « taper » du CRS, j’y serais allé avec 50 potes, pas avec ma petite femme (…). Merde ! On a quand même a le droit de gueuler, on n’en veut plus de cette France politicarde qui s’en met plein les poches, qui ne pense qu’aux riches.
Mes premières manifestations ça ne craignait pas, c’était à Rochefort, il y a 75% de retraités. Comme cela faisait un mois que je n’avais pas vu ma femme, (aller manifester) c’était l’occasion de passer un petit moment ensemble et de s’amuser car c’était très festif.
Vers 16h30/17H00 ça a commencé à dénégérer, les premières lacrymo et grenades. (…) Il y a une charge de « baqueux » qui nous allument. On part, on se cache derrière un mur, je pousse ma femme et moi je me mets (les mains) en l’air (il mime le geste, ndlr) et là ils m’ont abattu comme un chien, à 5⁄6 mètres, 7 mètres maximum (…). Je me suis réveillé le dimanche soir à l’hopîtal, en chambre stérile, branché de partout. (…) Puis j’ai vu ma femme entrer, en combinaison (…). J’en ai pleuré.
Pour l’instant il n’y a pas de futur, il n’y a que le présent. Et je pense que toutes les victimes sont comme ça.
Physiquement je me sens bien, je suis combatif. Par contre, moralement j’ai des faiblesses. La perte d’un oeil, c’est quelque chose de très dur.
J’étais très sportif, je faisais du kayak en mer, j’allais pêcher… Il y a beaucoup de choses que je ne peux plus faire. J’étais horticulteur. Dernièrement, je taillais les vignes chez un viticulteur mais je ne peux plus car je n’ai plus la 3D.
Je n’arrive plus à prendre ma femme dans mes bras. Je n’arrive même pas à me regarder dans une glace, je ne me suis pas rasé depuis. Je ne me reconnais pas. Quand j’arriverai à m’accepter, alors j’accepterai les câlins de ma femme ●
L’IGPN a été saisie
“Quand j’arriverai à m’accepter, alors j’accepterai les câlins de ma femme“
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Patrice PHILIPPE :
49 ans, blessé à Paris le 8 décembre
J’étais à Paris le 8 décembre 2018. Paris c’est symbolique, c’est la capitale, je me suis dit que j’allais apporter un peu plus de jaune sur les Champs-Elysées. C’était ma première manifestation. Je suis parti la fleur au fusil. Une chose importante : mon père est un ancien gendarme mobile. Je ne montais à Paris pas pour péter du flic.Le matin, c’était bon enfant.
A 11h00, je prends un premier tir de LBD dans le poignet (…). Cela montait crescendo dans la violence, des gilets jaunes commençaient à desceller des pavés sur les Champs-Elysées (…).
A un moment, je veux sortir. Je me rends compte que c’est impossible (…). Ce phénomène de nasse, de tout fermer, moi j’appelle ça du tir au pigeon (…). Sur un mouvement de recul des gilets jaunes, je m’avance sans signe d’agression. Je voulais aller discuter avec un gendarme pour qu’il me laisse sortir (…) et là une déflagration, une grenade qui m’assourdit, qui me désoriente, et quelques secondes plus tard le tir de LBD dans l’œil. Je titube (…). Le premier gilet jaune qui me voit, quand je vois son visage horrifié, je me dis que je ne suis pas bien, je fais quelques pas et je tombe.
J’ai la « chance » de garder mon œil intact (dans sa forme) mais il y a eu destruction de la rétine (…) et derrière du nerf optique. Je ne verrai plus de cet œil (…).
Mon métier de chauffeur routier c’était une passion, ça faisait 25 ans, j’étais arrivé au summum de la profession : je faisais du convoi exceptionnel (…). J’ai une fille de 14 ans, je ne veux pas me laisser glisser sur un terrain dépressif, je me dois d’être debout (…). Je n’ai pas envie de finir dans (une structure spécialisée) en train d’enfiler des pieds de chaises.
Que peut faire un borgne ? (…) Même si le mouvement s’épuise je serai encore là (..). Ils m’ont donné le passeport pour un combat bien plus important à mes yeux (sourire), contre les armes dites non létales ●
Patrice Philippe a déposé plainte, l’IGGN a été saisie
“Que peut faire un borgne ?“
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Cédric POSE :
34 ans, blessé à La Possession le 27 novembre
J’étais pas manifestant, j’étais pour les gilets jaunes, je les soutenais. Ce jour-là j’étais à la maison en train de faire la cuisine pour des amis gilets jaunes.
Je suis sorti de la maison pour appeler pour venir manger, j’ai eu un coup dans l’oeil par les forces de l’ordre. J’étais pas trop loin d’eux, on m’a visé, et des amis ont confirmé que c’était des forces de l’ordre qui ont tiré sur moi.
L’oeil gauche, j’ai perdu la vue complètement, j’ai plus de vision et à partir de maintenant, je peux plus faire grand-chose. L’oeil droit, la vision baisse.
J’essaie de surmonter petit à petit car comme vous voyez là, j’ai ma petite maison, je suis seul. Pour le moment je ne peux plus travailler. Vu que je ne peux plus faire grand-chose, pour moi c’est pas facile, dans la vie en ce moment. De temps en temps, mes amis passent me voir pour prendre des nouvelles. Vu que je suis blessé, j’ai plus vraiment le temps d’être avec eux ●
Cédric Pose a déposé plainte, aucune enquête n’a été ouverte
“J’ai ma petite maison, je suis seul, je cherche à surmonter ça“
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Ninef RADJAH :
36 ans, blessé à Toulon le 12 janvier
Ninef Radjah était à Toulon pour un rendez-vous qui a été annulé. Il a donc passé l’après-midi « à traîner, discuter avec des amis », explique-t-il, mais assure ne pas être « gilet jaune » et ne pas avoir participé à la manifestation. Vers 18H00, il était sur l’avenue de la République, une rue qui longe la rade de Toulon fermée à la circulation en raison de la manifestation, « une bouteille à la main en train de boire, de profiter de la vie ».
La manifestation s’achève, quelques « gilets jaunes » restent sur l’avenue alors que la nuit commence à tomber. Ninef « regarde ce qui se passe et ne se sent pas concerné par les forces de l’ordre qui sont sur place », poursuit son avocat. « Les forces de l’ordre, sans raison, se mettent à charger », selon le récit qu’a fait Ninef Radjah à son avocat, Me Caporossi. « Il a un moment d’hésitation, ne comprend pas trop ce qui se passe », quand il se retrouve blessé, rapporte encore Me Caporossi. « J’ai vu des hommes en noir charger, j’ai lâché ma bouteille, j’ai couru après avoir senti quelque chose à la tête », décrit pour sa part Ninef Radjah quand il est interrogé sur le moment précis de sa blessure.
Aujourd’hui, il se bat « pour ne pas tomber dans la dépression ». « Il a mal à la tête, dort 17 heures par jour », assurent Cynthia Cazorla, un témoin, et son avocat ●
Ninef Radjah a déposé plainte, l’IGPN a été saisie
“J’étais une bouteille à la main en train de boire, de profiter de la vie“
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Jérôme RODRIGUES :
39 ans, blessé à Paris le 26 janvier
Moi, j’étais sorti dans la rue pour essayer de faire comprendre à ce gouvernement qu’il est important qu’aujourd’hui, le peuple français puisse vivre dignement du salaire qu’il gagne, du travail qu’il accomplit – moi j’ai des valeurs de travail, j’ai été élevé de cette manière-là -, et qu’il est regrettable qu’il ne l’entende pas. Un mouvement comme celui des « gilets jaunes », je l’attendais depuis des années. On aurait dû faire ça en 2008 pendant la crise des banques qu’on nous a demandé de renflouer (…). J’ai pas attendu que Macron dise de traverser la rue, j’ai traversé la France pour trouver du boulot et ça marche pas.
Je vois une équipe de jaunes qui sont amis avec moi qui venaient justement de se faire gazer. Je leur disais « partez d’ici les gars, allez pas vous blesser, allez pas perdre un œil ». Je vois une escouade de policiers qui commence à se mettre un petit peu en action. Je sais que je ne les gêne pas à l’instant T, mais j’ai ce mouvement de recul. Je me dis « recule-toi, les mecs ils vont se mettre au boulot on va pas les déranger ». Et là, patatras, je me prends une grenade au niveau des pieds qui m’abrutit l’espace d’une seconde, et une à deux secondes après un énorme impact au niveau de l’œil suite au tir de LBD que j’ai subi.
Aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe ? Deux vies déglinguées. La mienne. Et le policier qui m’a tiré dessus, il va lui arriver quoi à lui ? Il a peut-être une femme et des enfants. Alors il a respecté un ordre, il est dans son bon droit, certes, mais peut-être qu’il a aussi une vie détruite derrière.
Ça me dérange d’être un symbole. Je me battais pour remplir le frigo, le RIC (référendum d’initiative citoyenne, ndlr) et la fin des privilèges et je m’aperçois qu’aujourd’hui je vais devoir mener un nouveau combat. J’ai pris conscience que ma voix a l’air d’avoir de l’importance. Lorsque ça a commencé, je m’étais senti investi d’une mission en tant que témoin-acteur. Aujourd’hui, j’ai une nouvelle responsabilité qui m’incombe, c’est d’essayer d’emmener le mouvement plus loin ●
Jérôme Rodrigues a déposé plainte, l’IGPN a été saisie
“Ça me dérange d’être un symbole“
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Ritchie ALEXIS :
34 ans, blessé à Saint-Paul le 19 novembre
Habitant de Saint-Paul, Ritchie Alexis a été sollicité par un ami pour venir rencontrer des manifestants et « leur dire de se calmer pour que l’image du quartier ne soit pas ternie », affirme son avocat Me Rémy Boniface, du barreau de Saint-Denis à La Réunion. Cet homme de 34 ans, « respecté par tous » et « connu pour son tempérament calme » a tenté d’apaiser la situation lors de tensions entre les forces de l’ordre et des jeunes dans le quartier de La Grande Fontaine, détaille l’avocat.
Selon son avocat, Ritchie Alexis, après avoir « calmé les esprits » une première fois dans la matinée, est rentré chez lui pour déjeuner, puis a rejoint une nouvelle fois les manifestants « vers 16 heures ». La situation est tendue : « des jeunes ont dressé un barrage sur une route et font face aux forces de l’ordre ». Me Rémy Boniface raconte que Ritchie s’est alors dirigé vers les manifestants « pour leur demander de se calmer ». « Alors qu’il n’y a eu aucune sommation de la part des forces de l’ordre, mon client entend une première détonation, puis une seconde, c’est à ce moment qu’il reçoit un projectile dans l’oeil », assure le conseil.
« Il y a beaucoup de chagrin et d’incompréhension. Il veut connaître la vérité. Il n’est pas en colère, il admet que même des membres des forces de l’ordre peuvent se tromper et avoir tiré sur lui par erreur, mais il veut que les auteurs reconnaissent leur erreur », explique son avocat ●
Ritchie Alexis n’a pas encore déposé plainte, aucune enquête n’a été ouverte
“Il veut que les auteurs reconnaissent leur erreur“
Son avocat
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J‑L :
17 ans, blessé à Béziers le 6 décembre
J., sortait de son établissement scolaire, où se déroulaient des heurts entre lycéens, « gilets jaunes » et policiers, selon son père. « Mon fils n’était ni manifestant, ni gilet jaune », insiste-t-il auprès de l’AFP.
Lors de cette manifestation, le jeune homme a été touché à l’oeil gauche « sans aucun doute possible » par un tir de LBD40, affirme son père. « Il sortait tout simplement de son lycée », déplore-t-il.
Opéré le 14 décembre, le jeune homme a subi une reconstruction faciale mais a perdu l’usage de son oeil gauche.
Son père, qui attend désormais que « justice soit faite », avait lancé à la télévision un appel à témoins. Il souhaite que l’origine de la blessure de son fils soit reconnue et qu’il y ait une indemnisation ●
J. a déposé plainte, l’IGPN a été saisie
“Il sortait tout simplement de son lycée“
Son père
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Jacky SINEDIA :
58 ans, blessé à Saint-Louis le 27 novembre
Agent d’entretien à Saint-Louis, Jacky Sinédia était en chemin pour la maison de sa grand-mère, assure-t-il à l’AFP. Il affirme également qu’il ne soutient pas les « gilets jaunes », « ne participait pas du tout à la manifestation » et « n’a rien à voir » avec le mouvement.
« Il y avait des affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants. Il y avait beaucoup de bruit, on entendait les explosions des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes, les gens criaient et couraient partout », raconte Jacky Sinédia.
Le père de famille de 58 ans prend « peur pour sa fille et son petit-fils », réfugiés chez sa grand-mère, et sort de chez sa belle-mère pour tenter de les rejoindre. « J’étais à peine dans la rue que j’ai reçu un projectile en plein dans mon oeil gauche, j’ai cru que j’allais mourir et puis il y a eu un trou noir », dit-il.
Depuis les événements, Jacky Sinédia est en congé maladie. Il explique être très atteint psychologiquement. « Tous les soirs, j’entends encore les cris des gens et les bruits des explosions ». Il ajoute : « je veux que cette affaire aille jusqu’au bout, je ne suis pas un animal sur qui on tire et qu’on enterre dans un coin. Je n’ai rien fait de mal, je n’ai agressé personne, je veux réparation pour avoir l’esprit en paix, être clair dans ma tête » ●
Jacky Sinédia a déposé plainte, aucune enquête n’a été ouverte
“J’ai cru que j’allais mourir et puis il y a eu un trou noir“
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Olivier FOSTIER :
49 ans, blessé à Charleville-Mézières le 23 mars
Je vais régulièrement dans les manifestations des gilets jaunes, surtout par refus de la politique actuelle. On est régulièrement en fin de cortège. C’est même la première fois de ma vie que je vais manifester. Macron n’est peut-être pas responsable de tout, on ne lui demande même pas de donner tout, mais les gens veulent du travail et vivre dignement de ce travail.
Je marchais tranquillement, sans gilet jaune en plus. Une grenade arrive devant moi. Je me retourne pour me protéger des gaz, et là je reçois quelque chose. Une grenade ou un tir de LBD. C’est comme si on enfonçait un burin dans l’oeil. Je me suis mis à genoux, je ne tenais plus debout. Les pompiers sont arrivés immédiatement d’autant qu’il y avait eu un accident de voiture tout près.
L’oeil est perdu. L’os en dessous est fracturé. À terme, il y aura sans doute la pose d’une prothèse. Le moral ça va mais je commence à m’inquiéter parce que je me réveille plusieurs fois dans la nuit. J’ai vu un psychologue qui m’a dit que le contrecoup allait arriver plus tard.
Pour le travail je ne sais pas, je suis attaché d’exploitation dans le milieu de la propreté (dans 4 départements du Grand Est, ndlr). Je me déplace énormément, est-ce que cela va aller avec la conduite d’un véhicule ? Je suis aussi très souvent devant un ordinateur, je ne pense pas que cela soit sans conséquences ●
Olivier Fostier a déposé plainte
Source : AFP,
https://factuel.afp.com/gjeborgnes

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Régis de Castelnau : « LOI ANTICASSEURS CENSURÉE »… COMMENT SE MOQUER DU MONDE !
Régis de Castelnau :
Victoire , le Conseil constitutionnel de Fabius et Juppé a censuré une mesure phare de la loi anti-casseurs !
Ah les braves gens ! Victoire ! Victoire ! La liberté triomphe ! Alléluia, faites sonner les cloches dans tout le pays ! Comment le petit freluquet de l’Élysée et le barbu du Havre ils n’ont pas été mouchés !
« Heuh, mais Tonton, pourquoi tu tousses ? Pourquoi tu tords le nez ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? T’es jamais content Tonton !
– Ben c’est seulement la disposition relative à l’interdiction administrative préalable de manifester ordonnée par le préfet qui a été retoquée. Elle était intenable et son annulation était inéluctable, mais LE RESTE, TOUT LE RESTE DE CETTE LOI SCÉLÉRATE A ÉTÉ VALIDÉ. Pour que ça passe tranquille dans les bruits de l’orchestre.
– Ah merde !
– En plus le Conseil n’a pas invalidé le principe (liberticide) de l’interdiction préalable. Il a été malin, il faut lire le considérant numéro 24 qui se conclut par la phrase : « Dès lors, les dispositions contestées laissent à l’autorité administrative une latitude excessive dans l’appréciation des motifs susceptibles de justifier l’interdiction. ». Joli, non ? Si on lit bien on comprend que si le texte avait été un peu plus rigoureux et avait laissé au préfet une latitude qui ne soit pas « excessive » pour porter atteinte à une liberté fondamentale, eh bien cela aurait pu coller.
– Tu crois ?
– C’est assez évident, parce qu’en fait le considérant numéro 24 explique en détail ce qu’il aurait fallu faire pour que ça passe. Voilà ce que nous disent les sages : « Ainsi, le législateur n’a pas imposé que le comportement en cause présente nécessairement un lien avec les atteintes graves à l’intégrité physique ou les dommages importants aux biens ayant eu lieu à l’occasion de cette manifestation. Il n’a pas davantage imposé que la manifestation visée par l’interdiction soit susceptible de donner lieu à de tels atteintes ou dommages. En outre, l’interdiction peut être prononcée sur le fondement de tout agissement, que celui-ci ait ou non un lien avec la commission de violences. Enfin, tout comportement, quelle que soit son ancienneté, peut justifier le prononcé d’une interdiction de manifester. » L’interdiction administrative individuelle préalable est une hérésie au regard des principes qui guident les libertés publiques constitutionnelles dont fait partie le droit de manifestation. ELLE EST ICI VALIDÉE DANS SON PRINCIPE ! Il suffit simplement de l’aménager comme la décision elle-même le conseille. On peut même dire qu’elle fournit le mode d’emploi. Message reçu et il ne faut pas être grand clerc pour imaginer qu’Emmanuel Macron et sa petite bande vont très bien le comprendre et remettre leur ouvrage sur le métier à la première occasion.
– Donc on se fout de nous ?
– Faut croire. Il y avait un indice qui permettait de prévoir cette entourloupe. À votre avis, qui a déféré au Conseil constitutionnel la loi anticasseurs pour qu’il en examine la constitutionnalité ? Eh bien, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République c’est le président d’icelle. Pour se donner le beau rôle, Emmanuel Macron a utilisé l’article 61 de la constitution et ajouté son nom à ceux des parlementaires qui avaient utilisé leurs propres prérogatives. Tout ceci était cousu de fil blanc. »
Laurent Fabius et Alain Juppé ont un point commun : ils sortent tous les deux de l’École Normale Supérieure et de l’ENA . Malheureusement cela ne garantit pas l’exercice d’un minimum de probité républicaine.
Félicitations également aux parlementaires LR qui en proposant et en votant cette loi liberticide ont prêté la main à cette opération.
Régis de Castelnau
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La grande leçon d’humanité des Inuits : L’ENTRAIDE, si naturelle qu’il ne faut pas dire merci
[IMPORTANT. On ne s’en lasse pas. À connaître et à faire connaître. À ruminer longuement 🙂 ]
La grande lecon d’humanité des Inuits : L’ENTRAIDE, si naturelle qu’il ne faut pas dire merci : dire merci suppose que celui qui a aidé aurait pu ne pas le faire ; alors que NOUS DEVONS TOUS le faire… PARCE QUE nous sommes humains… Magnifique.
(Leçon inoubliable via David Graeber, et son livre immense « Dette 5000 ans d’histoire ».)
C’était sur le toit de ma maison, au calme, il y a quelques années.
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Rendez-vous le 4 avril à 19 h sur Sud Radio, c’est Jeudi Chouard #4 : « COMMENT VOULONS-NOUS DÉSIGNER NOS REPRÉSENTANTS ? »
Sur Sud Radio, un nouveau « Jeudi Chouard, les citoyens constituants ont la parole » s’approche, le 4 avril 2019 à 19 h ; ce sera le n°4, avec Élisabeth Lévy cette fois.
La semaine dernière, avec Régis de Castelnau, nous n’avons pas (du tout) fini de réfléchir au sujet « À qui servent les représentants ? Et qui est légitime pour le décider ? »
Donc, on remet le couvert (à propos des élus et des représentants), mais cette fois, je voudrais essayer de mieux éviter de sortir du sujet. Je vous propose de nous concentrer cette fois sur la seule PROCÉDURE DE DÉSIGNATION des représentants : élection ? tirage au sort ? ou une combinaison des deux ?
Cette semaine, on posera la question de fond : « COMMENT VOULONS-NOUS DÉSIGNER NOS REPRÉSENTANTS ? »
Je résumerai d’abord les reproches les plus graves que je formule contre l’élection (sujet central pour moi, vous le savez, et que je vais sans doute pouvoir creuser un peu mercredi prochain, 10 avril avec Raphaël Enthoven, je suis content : ce sera sur Sud radio, bien sûr, avec Éric Morillot en direct à 19 h).
Mais j’aimerais ensuite surtout vous présenter UNE PROCÉDURE COMBINÉE, avec d’abord des élections libres (de personnes jugées valeureuses sans qu’elles aient été candidates), et puis ensuite des tirages au sort (parmi ces élus issus d’élections libres).
Cette proposition concerne les gilets jaunes, comme les autres, car cette procédure, si l’idée leur plait, pourra très bien servir sur un rond-point occupé ou sur un péage libéré (rendu aux usagers), pour désigner librement des représentants dignes de ce nom.
Et puis, pour passer ensuite aux travaux pratiques, je viendrai avec une PREMIÈRE MOUTURE D’ARTICLE de constitution pour instituer cette procédure mixte, une sorte de brouillon que nous discuterons avec mes invités, s’ils le veulent bien (c’est la particularité de cette émission : on donne le spectacle de simples citoyens qui s’entraînent vraiment, concrètement, à instituer eux-mêmes la puissance politique dont ils ont besoin pour garantir ensuite la justice, la paix et la prospérité).
Proposition d’article (c’est un brouillon, un premier jet, à corriger, raturer, compléter, c’est précisément l’exercice de vous y coller 🙂 ) :
Désignation des représentants (mandataires) du peuple :
Article X : chaque citoyen désigne tous les ans (le jour de la Fête des Valeureux, le 21 mars, jour férié, chômé et payé), entre 0 et 10 (?) personnes qu’il connaît bien et qu’il juge particulièrement aptes (valeureux) pour servir le bien commun pendant un temps limité, sans que ces personnes aient été candidates.
Le Corps de Valeureux est ainsi composé de la première moitié de toutes les personnes les plus désignées (librement).
C’est dans ce Corps des Valeureux que seront tirés au sort les différents acteurs politiques désignés pour servir le bien commun pendant une période d’une semaine à un an.
Les tirés au sort ne peuvent refuser la charge qu’en cas de force majeure (à discuter : peuvent-ils refuser ?).
Les tirés au sort sont indemnisés du double de leurs revenus habituels (à creuser), comme le sont aussi leurs employeurs (pour qu’ils puissent leur garder leur place dans l’entreprise).
Il est question que Maxime Nicolle soit avec nous ce 4 avril, Emmanuel (Wikicrate) aussi, et peut-être Juan Branco (on verra). J’ai hâte de voir les modifications qu’on va imaginer ensemble.
Didier (Maïsto) et Dominique (Gaigne) nous aideront à garder le contact avec vous, en lisant vos commentaires en direct et en sélectionnant ceux qui leur paraissent particulièrement utiles, si vous avez des suggestions de correction. Nota : ce serait bien que vous restiez bien « sur la balle » (si vous posez des tas de questions en dehors du sujet, on n’avance pas du tout comme prévu 🙂 ).
Rappel du conducteur de la semaine passée, qui peut encore largement servir cette semaine : Vous pouvez télécharge le pdf ici (2 pages)..
Sauf que je viendrai avec d’autres livres 🙂 Ce sera une série de surprises, mais tous sont épatants, je le garantis formellement 🙂
Cette fois encore, j’ai hâte d’y être. Ça va être très chouette (vous savez que la chouette était l’animal mascotte de la démocratie athénienne : l’animal qui voit clair même la nuit, quand personne n’y voit rien 🙂 ).
Étienne.
PS : la semaine prochaine, le 11 avril, avec Régis, on va sans doute recevoir Jean Bricmont, et nous poser avec lui la question de fond : « À quoi sert la liberté d’expression en démocratie ? ». J’ai hâte de voir les articles de constitution qu’on va concevoir ensemble à ce sujet, avec vous.
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Étienne Chouard : la célèbre citation attribuée à Churchill sur la démocratie est une fake news
Pierrick Tillet (yéti blog) : « La pire des fake news est celle qui a fini par tellement s’enraciner dans la mémoire collective qu’elle apparaît comme une vérité incontestable. Ainsi la célèbre citation attribuée à Churchill sur la démocratie :
« La démocratie est la pire forme de gouvernement à l’exception de tous les autres. »
Or il s’agit d’une citation tronquée, nettoyée des passages pour faire dire à Churchill le contraire de ce qu’il voulait exprimer.
Sur le plateau de CNews, Étienne Chouard a recadré Pascal Praud en lisant la citation complète de Winston Churchill. La voici avec les passages « nettoyés » rétablis (soulignés en gras) :
« On a pu dire que la démocratie était la pire forme de gouvernement à l’exception de tous les autres, mais il existe le sentiment largement partagé dans notre pays que le peuple doit être souverain, souverain de façon continue et que l’opinion publique exprimée par tous les moyens constitutionnels devraient façonner, guider, contrôler les actions des ministres qui en sont les serviteurs et non les maîtres » (Winston Churchill).
Voilà de quoi en boucher un coin à tous les « démocrates » de plateau-télé qui commencent à nous gonfler sérieux ! Merci, Étienne.« Pierrick Tillet.
Source : Yéti blog,

https://yetiblog.org/archives/16447
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[Étienne : ] De rien, cher Pierrick 🙂
La citation réelle, avec des dizaines d’autres importantes, est dans mon petit livre (qui ne me quitte pas et que je lis simplement ici, à l’antenne) « NOTRE CAUSE COMMUNE » :

https://www.maxmilo.com/produit/notre–cause–commune/
Je lis, page 88 :
« Beaucoup de formes de gouvernement ont été testées, et seront testées dans ce monde de péché et de malheur. Personne ne prétend que la démocratie est parfaite ou omnisciente. En effet, on a pu dire qu’elle était la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps ; mais il existe le sentiment, largement partagé dans notre pays, que le peuple doit être souverain, souverain de façon continue, et que l’opinion publique, exprimée par tous les moyens constitutionnels, devrait façonner, guider et contrôler les actions de ministres qui en sont les serviteurs et non les maîtres.
[…]
Un groupe d’hommes qui a le contrôle de la machine et une majorité parlementaire a sans aucun doute le pouvoir de proposer ce qu’il veut sans le moindre égard pour le fait que le peuple l’apprécie ou non, ou la moindre référence à sa présence dans son programme de campagne.
[…]
Le parti adverse doit-il vraiment être autorisé à faire adopter des lois affectant le caractère même de ce pays dans les dernières années de ce Parlement sans aucun appel au droit de vote du peuple, qui l’a placé là où il est ? Non, Monsieur, la démocratie dit : « Non, mille fois non. Vous n’avez pas le droit de faire passer, dans la dernière phase d’une législature, des lois qui ne sont pas acceptées ni désirées par la majorité populaire.
[…]
W. Churchill, discours du 11 novembre 1947. »
Source originale : https://api.parliament.uk/historic–hansard/commons/1947/nov/11/parliament–bill
Étienne.
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Soutien fraternel de Bernard Friot
https://m.youtube.com/watch?v=OGhHsRlezdE&feature=share
Cher Bernard, penseur immense de la sécurité sociale et de l’émancipation des travailleurs par eux-mêmes, mais aussi affectueux et courageux.
Cette amitié fidèle me donne beaucoup de force.
Étienne.
Rendez-vous demain, Jeudi Chouard #3, 28 mars 2019 19 h, sur le thème QUI SERVENT LES ÉLUS ? ET SURTOUT QUI EST LÉGITIME POUR FIXER LES RÈGLES DE LA REPRÉSENTATION ?
Salut à tous.
. Ce soir, mercredi à 19 h, je serai en direct sur BTLV avec Didier Maïsto 🙂
. Demain matin, de 9h à 10h30, en direct sur Cnews avec Pascal Praud, qui m’a dit hier vouloir en savoir plus sur cette idée bizarre du tirage au sort, et aussi sur le RIC 🙂
. Et demain soir, c’est Jeudi Chouard : les citoyens constituants ont la parole, cette semaine avec Régis de Castelneau.
Le thème de fond sur la démocratie en sera :
#3 : QUI SERVENT LES ÉLUS ? ET SURTOUT QUI EST LÉGITIME POUR FIXER LES RÈGLES DE LA REPRÉSENTATION ?
Je vous donne, dans le fichier pdf ci-dessous, mes idées de fil conducteur pour cette troisième émission (attention, il y a 2 pages) :
Jeudi Chouard, les citoyens constituants ont la parole #3 Qui servent les élus ?Vous pouvez télécharge le pdf ici (2 pages).
Je vais essayer de répondre à vos question en deuxième heure. Soyez indulgent, ce n’est pas facile de tout faire en même temps.
Préparez-nous de belles et bonnes questions, comme notre cerveau collectif sait si bien le faire.
Hâte de vous retrouver.
Étienne.
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Toulouse : Les citoyens vont pouvoir voter pour dire s’ils sont favorables au RIC… ou pas
Nous devrions tous organiser nous-mêmes, localement, les consultations que nous jugeons utiles au bien commun.
36 000 communes, 36 000 initiatives de ce type… Expansion formidable prévisible de l’aspiration populaire à décider.
Il faut qu’on devienne beaucoup plus nombreux : tous gilets jaunes constituants… Bon courage à tous 🙂
Étienne.
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Toulouse : Les citoyens vont pouvoir voter pour dire s’ils sont favorables au RIC… ou pas
DÉMOCRATIE Les organisateurs veulent donner la possibilité à tous les citoyens de s’exprimer sur cette proposition portée par les « gilets jaunes »

Lors d’une manifestation des « gilets jaunes » à Toulouse. — F. Scheiber / SIPA
- Depuis le début du mouvement, les « gilets jaunes » plaident pour la mise en place du référendum d’initiative citoyenne (RIC).
- Les 24 et 31 mars prochains, les Toulousains pourront voter pour dire s’ils sont favorables ou non au RIC en toutes matières.
- Des débats sont organisés en amont de ce vote pour que chacun puisse se faire une idée sur le sujet.
C’est devenu un leitmotiv, une des premières revendications des « gilets jaunes » depuis le 17 novembre dernier. Pendant des décennies, la proposition d’instaurer un référendum d’initiative citoyenne (RIC) a été le combat des chantres de cet outil de démocratie directe.
Comme Yvan Bachaud, un des membres de l’association « Article 3 », qui militait en sa faveur bien avant le début du mouvement. En janvier dernier, il a participé à l’organisation dupremier vote sur le RIC, à Saint-Clair du Rhône, en Isère.
Une idée que six Toulousains ont décidé d’appliquer à la Ville rose. « Il y a encore quelque temps les gens ne s’intéressaient plus à l’exercice du pouvoir, nous, nous voulons donner aux gens l’envie de se ressaisir de leur avenir. Au lieu de donner leur voix pour quelqu’un, là, c’est pour une idée », explique Arthur, un des membres de l’association « Article 3 Toulouse ».
Les dates des débats et scrutins organisées par l’association – Article 3 Toulouse
« Le scrutin local aura lieu les 24 et 31 mars avec l’objectif de faire une expérimentation, sans a priori. Ce n’est pas pour clore le débat, mais au contraire pour l’alimenter. Ce qui nous importe c’est d’avoir un taux de participation pour que cela ait une valeur morale », poursuit Sylvain, qui travaille dans le secteur médical.
Ouvert à tous
Un vote loin d’être réservé aux seuls « gilets jaunes », mais bien ouvert à tous les citoyens, électeurs ou pas. Il se déroulera dans les mêmes conditions que n’importe quelle élection, avec urnes, isoloirs et papiers au grammage près.
« Nous avons fait une demande à la mairie des listes électorales de Toulouse et nous avons sélectionné les bureaux de vote 8, 9, 10, 11 et 12 de la première circonscription, soit 4.000 à 5.000 électeurs. Une urne leur sera réservée, deux autres urnes seront disponibles pour tous ceux qui veulent s’exprimer », détaille Antoine, un des bénévoles.
Les résultats de ce premier test citoyen n’auront aucune valeur légale mais seront remis aux maires de quartier. « Ça donnera peut-être envie à des gens de faire la même chose », espère Antoine.
Source : 20 minutes, https://www.20minutes.fr/societe/2467595–20190308-toulouse-citoyens-vont-pouvoir-voter-dire-favorables-ric
Ce soir (21 mars 2019), sur Sud Radio, c’est « Jeudi Chouard, l’heure des citoyens constituants » #2 🙂 et on va se demander, cette semaine avec Élisabeth Lévy, À QUOI SERVENT LES JOURNALISTES ?
Ce soir (21 mars 2019), sur Sud Radio, c’est « Jeudi Chouard, l’heure des citoyens constituants » #2 🙂 et on va se demander, cette semaine avec Élisabeth Lévy, À QUOI SERVENT LES JOURNALISTES ?
On va bien sûr dénoncer (entre autres) la corruption du journalisme économique et financier (et donc de l’opinion publique) rendue possible par L’ACHAT DES MÉDIAS PAR LES BANQUES.
Je vais essayer d’organiser en deuxième heure la plage horaire consacrée à répondre à VOS QUESTIONS.
Pour parler des « dérives » du journalisme en France, j’ai invité, mais au dernier moment et c’est compliqué pour tout le monde de démarrer sur les chapeaux de roues, Viktor Dedaj Juan Branco (il faudra bien dénoncer le scandale du comportement journalistique à propos de Julian Assange) et Denis Robert. Je vais aussi appeler Henri Maler, bien sûr, et je pense aussi à Romain Migus (mais il est encore au Venezuela), Maurice Lemoine (du Diplo), Romaric Godin, et évidemment Laurent Mauduit Tous ces vrais journalistes (de fait) sont invités dans cette émission dédiée à la promotion d’un processus constituant populaire : j’aimerais écrire avec eux quelques articles de constitution, ici sur les journalistes et sur les lanceurs d’alerte (et sur d’autres sujets qui leur paraîtraient importants).
Jeudi Chouard, les citoyens constituants ont la parole #2 Les journalistes font-ils bien leur travailProposition de fil conducteur de la première heure, au format pdf :
https://www.chouard.org/wp–content/uploads/2019/03/Jeudi–Chouard–les–citoyens–constituants–ont–la–parole–2–Les–journalistes–font–ils–bien–leur–travail.pdf
Hâte d’être à ce soir (je vous écris dans le bus) 🙂
Et puis demain, c’est Longwy (près de Metz).
Étienne.
PS : l’adresse de la playlist de Sud Radio #JeudiChouard 🙂
https://youtu.be/iEuvWhzQQ7U&list=PLaXVMKmPLMDSBxphlcbU9hXeMmE92bVG8
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Scandale : Macron‑L’éborgneur privatise nos aéroports à 6 h du matin !
Faute de constitution digne de ce nom, nous sommes TOUS IMPUISSANTS devant le spectacle scandaleux du bal des traîtres qui pillent le bien commun.
PAR RIC, NOUS RÉSISTERIONS VICTORIEUSEMENT À TOUTES CES FÉLONIES.
Coup de gueule matinal de Mélenchon à l’assemblée sur une des infinies conséquences de notre impuissance :
Scandale : #Macron privatise nos aéroports à 6h du matin !
https://youtu.be/SCFQmQ7lfKQ&feature=youtu.be
« Six heures moins dix du matin. J’ai honte pour nous tous de ce que nous sommes en train de faire. »#Privatisations #ADP #Acte18 #ActesXVIII #MarchePourClimat pic.twitter.com/uOCI2Kxfce
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 16 mars 2019

La priorité absolue est évidemment de DEVENIR NOMBREUX À VOULOIR ENSEMBLE instituer nous-mêmes notre puissance politique pour nous défendre contre les gredins, les canailles, les fripouilles et tous les voleurs de pouvoir comme le sont les serviles godillots (parlementaires, journalistiques et autres) de la macronie.
Et nous sommes les seuls, nous autres, simples citoyens, à être à la fois aptes et légitimes pour NOUS CONSTITUER NOUS-MÊMES en peuple d’adultes politiques.
Exemplaires, les Gilets Jaunes nous montrent le chemin, en devenant rapidement et unitairement constituants.
Partout sur terre, nous devrions devenir TOUS GILETS JAUNES CONSTITUANTS !
Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.
#CitoyensConstituants
Étienne.
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Voir aussi ceci, chez Libération :
Comment la privatisation d’ADP a‑t‑elle pu être votée à 6 heures du matin avec 45 députés présents ?
Malgré les critiques, l’adoption du projet de loi ouvrant la cession d’Aéroports de Paris, de la Française des jeux et la cession de parts dans Engie a été validée de façon régulière.
Question posée le 19/03/2019
Bonjour,
Vous nous avez posé cette question que nous avons raccourcie : « Bonjour, comment est-il possible que des lois (comme samedi à 6 heures du matin) soient votées avec 45 députés présents sur 577 ?! Pas de quorum donc ? Comment et pourquoi cela est-il légal ? C’est un non-sens qu’il n’y ait pas une obligation de présence soit sur la totalité, soit les trois quarts des élus (a aménagé en fonction des lois votées). Idem pour les horaires, des horaires décents (qui éviteraient d’utiliser cette technique pour dissuader les élus de province par exemple de venir) et des horaires et un ordre du jour précis (ce qui n’est pas le cas actuellement). Et enfin, quels sont les recours que nous citoyens nous avons pour nous insurger contre ce fonctionnement qui est une farce de démocratie ?! Je ne comprends pas que les journalistes d’investigation n’aient jamais dénoncé cela. On l’apprend par Mélenchon qui, seul, le dénonce depuis presque deux ans maintenant !»
Des conditions de vote très critiquées
Le projet de loi de « croissance et transformation des entreprises » a été adopté par 27 députés (sur 45 votants) en nouvelle lecture par l’Assemblée nationale samedi aux alentours de six heures du matin, clôturant une séance de près de neuf heures et trois jours de débats. Le texte doit effectuer un dernier aller-retour avec le Sénat pour être définitivement validé par les députés. Pour rappel, plusieurs mesures du projet de loi sont particulièrement critiquées, notamment la cession du groupe Aéroports de Paris (ADP) pour une durée de soixante-dix ans et le transfert au privé de la majorité du capital de la Française des jeux.
VOUS NOUS AVEZ AUSSI DEMANDÉLes dividendes d’ADP, de la FDJ et d’Engie à l’Etat sont-ils supérieurs aux rendements perçus en cas de privatisation ?
Les conditions du scrutin ont ajouté à la polémique. Lors de son intervention précédant le vote, Jean-Luc Mélenchon a estimé que débattre dans ce contexte était « une folie » : « Il est six heures moins le quart du matin. La première chose à dire, à cette heure, est une protestation contre une telle situation. Ceux qui l’apprendront – car nous le ferons savoir – comprendront quelle folie il y a – même en nouvelle lecture – à débattre à cinq heures du matin des discriminations à l’embauche, à trois heures du tarif de l’électricité, et à cette heure-ci de tout ce que nous avons entendu. Tout cela est absurde. C’est une folie ! C’est certainement la forme la plus grave de dysfonctionnement de la vie du Parlement que cette situation dans laquelle nous nous plaçons à intervalle régulier. » Ses propos diffusés sur la chaîne YouTube du leader de la France insoumise et sur Twitter ont été très relayés sur les réseaux sociaux.

Le quorum n’est pas obligatoire
L’article 61 du règlement de l’Assemblée nationale dispose que « l’Assemblée est toujours en nombre pour délibérer et pour régler son ordre du jour ». Autrement dit, il n’y a pas de minimum de députés nécessaires pour voter une loi ou un amendement, comme nous l’expliquions dans une réponse précédente. Il existe une exception à cette norme. Un président d’un groupe peut demander au président de l’Assemblée, avant le début du vote, de vérifier que la majorité absolue des 577 députés, ce qu’on appelle le quorum, soit présente. Si tel n’est pas le cas, la séance est suspendue et le scrutin reporté.
Toutefois, cette pratique est limitée par plusieurs règles. D’abord, la majorité des membres du groupe à l’origine de la demande doit être présente dans l’hémicycle et la majorité absolue des députés de l’Assemblée, elle, doit se trouver « dans l’enceinte du Palais ». Par ailleurs, le délai de report du scrutin est d’au minimum quinze minutes. Après ce quart d’heure, « le vote est alors valable, quel que soit le nombre des présents », précise le règlement.
Ainsi, samedi matin, les 45 votants étaient en nombre suffisant pour voter, même s’ils représentaient que 7,8% de l’effectif total. A noter que 47 députés étaient présents en tout. Richard Ferrand, député du Finistère et président de l’Assemblée nationale, ainsi que Francis Vercamer, député du Nord et président de la séance, ne pouvaient pas participer au vote.
Une séance en cours peut être prolongée dans la nuit
Autre critique : l’heure du scrutin, 6h15 du matin. D’après le règlement de l’Assemblée nationale, « l’Assemblée se réunit l’après-midi de 15 heures à 20 heures et en soirée de 21h30 à 1 heure le lendemain. Lorsque l’Assemblée tient séance le matin, elle se réunit de 9h30 à 13 heures ». Mais il existe la possibilité (ce n’est pas une obligation) de repousser ces horaires le soir afin d’«achever une discussion en cours ».
Cordialement
Gaël Giraud chez Thinkerview : Tsunami financier, désastre humanitaire ?
Passionnant, passionnant passionnant !
Une pensée puissante et généreuse, claire, honnête et souvent lumineuse.
Encore une excellente vidéo Thinkerview.
Merci à toute sa jeune équipe 🙂
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Ce soir (21 mars 2019), sur Sud Radio, c’est « Jeudi Chouard, l’heure des citoyens constituants » 🙂 et on va se demander, cette semaine avec Élisabeth Lévy, À QUOI SERVENT LES JOURNALISTES ?
On va bien sûr dénoncer (entre autres) la corruption du journalisme économique et financier (et donc de l’opinion publique) rendue possible par L’ACHAT DES MÉDIAS PAR LES BANQUES.
Je vais essayer d’organiser en deuxième heure la plage horaire consacrée à répondre à VOS QUESTIONS.
Pour parler des « dérives » du journalisme en France, j’ai invité, mais au dernier moment et c’est compliqué pour tout le monde de démarrer sur les chapeaux de roues, Viktor Dedaj, Juan Branco (il faudra bien dénoncer le scandale du comportement journalistique à propos de Julian Assange) et Denis Robert. Je vais aussi appeler Henri Maler, bien sûr, et je pense aussi à Romain Migus (mais il est encore au Venezuela), Maurice Lemoine (du Diplo), Romaric Godin, et évidemment Laurent Mauduit. Tous ces vrais journalistes (de fait) sont invités dans cette émission dédiée à la promotion d’un processus constituant populaire : j’aimerais écrire avec eux quelques articles de constitution, ici sur les journalistes et sur les lanceurs d’alerte (et sur d’autres sujets qui leur paraîtraient importants).
Hâte d’être à ce soir (je vous écris dans le train) 🙂
Et puis demain, c’est Longwy (près de Metz).
Étienne.
PS : l’adresse de la playlist de Sud Radio Jeudi Chouard 🙂
https://youtu.be/iEuvWhzQQ7U&list=PLaXVMKmPLMDSBxphlcbU9hXeMmE92bVG8
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157006078582317
Vente à vil prix des biens publics (Aéroport de Paris etc.) aux parrains des gredins. #mafiapoliticienne
Merci Nicole Ferroni, pour ça :
Mais diagnostiquer L’ERREUR (en riant), c’est empêcher de diagnostiquer la TRAHISON (sérieusement).
Nos prétendus « représentants » ne servent PAS les intérêts de ceux qui les ont élus (ils les ruinent, même !), mais ils servent les intérêts de ceux qui les ont fait élire (les banques et les multinationales, avec les MÉDIAS qu’ils ont achetés pour ça).
Rappel (sept 2014, chez Taddéï) : https://facebook.com/story.php?story_fbid=1044208348997585&id=183950378356724&_rdr
La vente à vil prix des trésors du pays aux gredins mafieux qui ont porté le despote au pouvoir n’est pas une succession d’erreurs, c’est une succession de hautes trahisons.
Et nous n’avons ni journalistes dignes de ce nom (capables de s’y opposer réellement), ni constitution digne de ce nom (écrite par le peuple en personne) pour nous y opposer nous-mêmes efficacement.
PAR RIC, NOUS EMPÊCHERIONS TOUTES CES FORFAITURES – ET NOUS PUNIRIONS TOUTES CES FRIPOUILLES.
Cherchez la cause des causes.
Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.
Et devenons tous des #GiletsJaunesConstituants, vite !
Demain, c’est « Jeudi Chouard, l’heure des citoyens constituants », de 19h à 21h sur Sud Radio, et on posera la question À QUOI SERVENT LES JOURNALISTES ? (en distinguant, bien sûr, selon qu’on soit en démocratie ou en oligarchie), avec Élisabeth Lévy comme contradicteur cette semaine. J’ai plein d’idées, on ne va pas s’ennuyer 🙂 merci Didier ! 🙂
Étienne.

Apprenons à écrire nous-mêmes notre contrat social, notre constitution, en peuple digne de ce nom.
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https://facebook.com/story.php?story_fbid=10157003866302317&id=600922316
Rendez-vous à Villerupt (à 50 km au nord de Metz et près de Longwy), vendredi prochain, 22 mars 2019 à 19 h, avec Maxime (Fly Rider)
• L’événement FB : https://www.facebook.com/events/341013499954413/
• Le lien pour s’inscrire : https://yurplan.com/event/TOUT–SAVOIR–SUR–LE–RIC–CHOUARD–FLY–RIDER/40422
On va parler de RIC et de MAC (mandataires assujettis aux citoyens), et j’espère qu’on va faire ensemble de beaux et utiles ateliers constituants 🙂
Hâte de vous retrouver 🙂
Étienne.
Ps : on va sans doute faire un atelier constituant sur l’article 27 : « Tout mandat impératif est nul. »
On a plein d’idées de corrections 🙂
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[Best of] Pour une vraie démocratie : les fondements d’Étienne Chouard
Éric Schemoul a composé une compilation sur mon travail.
Merci Éric 🙂
C’est un gros boulot, bien utile sans doute. Ce sera même un travail précieux si c’est cette compilation-là qui, finalement, tourne beaucoup partout sur terre…
Il l’a appelée :
Pour une vraie démocratie : les fondements d’Étienne Chouard
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[Enthousiasmant] Juan Branco analyse le mouvement des gilets jaunes
Magnifique jeune homme !
C’est enthousiasmant de clarté et de force au service du peuple.
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Mika Cla nous demande de l’aide : Aidez moi à chiffrer « l’évaporation fiscale ». Il ne manque pas 100 milliards, il manque bien plus !
Mika Cla nous demande de l’aide :
« Aidez moi à chiffrer « l’évaporation fiscale ».
(Travail pour le cerveau collectif)
___________ IMPÔTS ____________
Il ne manque pas 100 Milliards, il manque bien plus !
Bonjour,
Je propose un travail collectif.
Malgré des montants très importants, quand on parle de fiscalité, il règne un flou certain.
En réalité il faut compter différentes catégories, que je définis ainsi :
A • LA FRAUDE : impôts dus et non payés.
B • L’ÉVASION : impôts soustraits « légalement » par déplacement à l’étranger de sièges sociaux.
C • LES NICHES : mécanisme « légaux » qui permettent de moins payer en restant en France.
D • L’OPTIMISATION : regroupe en partie l’évasion et les niches, mais pas que. Elle joue aussi sur des montages très complexes, à la limite de la légalité ou carrément illégaux. C’est bien une catégorie en plus.
E • LA NON TAXATION DES FMN multinationales (spécial GAFAM).
F • L’IMPÔT NÉGATIF (CICE et autres mécanismes).
G • LES ARNAQUES FISCALES : ce sont des mécanismes par lesquels nous nous faisons littéralement arnaquer/piller (exemples : arnaques à la taxe CO2, carrousel de TVA, Cumex (fraude aux dividendes)…).
H • LA NON TAXATION, ce sont des impôts dus mais non levés (comme sur les SUPERMARCHÉS, mais aussi par des mécanismes proche de l’évasion. Cette catégorie peut donc recouper une partie des catégories précédentes. Par contre c’est bien distinct des GAFAM (catégorie E).
I • FRAUDE A LA TVA : TVA due mais non payée.
J • FRAUDE SOCIALE (cotisations non payées et allocations perçues à tort).
K • FRAUDE A L’ARGENT DETTE.
L • PRIVATISATION DES PARA-IMPÔTS (comme les péages des autoroutes, parkings, etc.).
M • AUTRES
C’est parce que ces catégories sont mal définies et mal identifiées que le brouillard occulte des chiffres vertigineux.
Voilà mon chiffrage. Il est rendu très difficile par le manque de définition. Je pense que certains se recoupent mais sans certitude. C’est pour cela que je propose un travail collectif, pour affiner, et améliorer ces valeurs.
A • fraude 80 milliards,
B • évasion 90–120 mds,
C • niches 100 mds,
D • optimisation (en dizaine de milliards, mais combien non comptés dans évasions et niches ?
E • non-taxation des multinationales 60−80−100−120 ? (spécial GAFAM),
F • impôts négatifs (CICE et autres mécanisme) 60 milliards environ,
G • arnaques fiscales (taxe CO2, carrousel de TVA, Cumex (fraude aux dividendes);..) 10/20/30 ? Chiffrage difficile vu la nature,
H • non taxation, chiffrage difficile et sujet à de forts écarts. Je ne le chiffre pas pour le moment. Ils concernent les sociétés taxées en France (hors GAFAM donc),
I • fraude à la TVA 15 mds,
J • fraude aux cotisations sociales 30 mds,
K • art 123 de Lisbonne 45 Mds (intérêt d’une dette fabriquée de toute pièce),
L • Autoroutes. Se chiffre en milliards par an. On peut aussi y mettre les feux-portiques sur les routes de Sarkozy…
M • exemple : sauvetage des banques (hors de prix) et très variable selon les crises comme en 2008, prime à la casse auto, aides diverses…
Au bas mot 480 Mds par an et c’est sans les parties non chiffrées !
(C’est l’équivalent du budget de l’état)
C’est un crime, un pillage !
Ces chiffres sont sujets à modification, vous verrez en cherchant qu’il est très difficile pour un chiffre publié de trouver une seule estimation consensuelle, mais qu’en plus il est difficile de savoir ce qu’il recouvre exactement.
Et quand, en plus, les politiques accusent nos modes de vies, nos hôpitaux, nos retraites, … C’est un crime en bande organisée.
Un travail collectif s’impose (sans taxe là !!)
NB : critiquez, modifiez, améliorez, précisez, sourcez… un travail collectif, c’est fait pour cela.
Polémiquez sans insulter, la polémique est vitale pour progresser, l’insulte ne fait que blesser, diviser, crisper et donc servir ceux qui se goinfrent avec les catégories si dessus.
Mika Cla
Notes post-billet
Rajouter la CASSE SOCIALE ORGANISÉE (travailleurs détachés…).
Etienne Chouard, j’espère vraiment que vous puissiez prendre connaissance et aider la communauté à consolider et affiner ces chiffres.
Ils sont vertigineux, et notre esclavage est là. Nous devons faire connaître (après vérification complète) pour mettre les politiques et les citoyens devant la réalité. »
Fil Facebook correspondant à ce billet :
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Fin du grand débat, début du grand débarras ! Lettre ouverte de Frédéric LORDON à Emmanuel MACRON. Bourse du Travail Paris 14 mars 2019
Fil Facebook correspondant à ce billet :
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