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Rdz-vs à l’Université d’été rassemblante 2025, les 13 et 14 septembre dans les environs de Castres (Tarn)
Chers amis, Je vous invite à nous rejoindre les 13 et 14 septembre 2025, autour de Castres, lors d’un événement qui va être à la fois agréable, utile et important : Le site de l’événement, pour s’informer et pour s’inscrire : https://uer2025.fr/ Le programme : https://uer2025.fr/programme Présentation (sur le site) : Célébrons, ensemble, nos belles valeurs d’intégrité, de courage, d’humanité et de solidarité ! Vous voulez en être ? Inscrivez-vous maintenant ! Pourquoi m’inscrire MAINTENANT ?1)…
[ABUS DE POUVOIR MÉDICAL] « PFIZER PAPERS, Les crimes de Pfizer contre l’humanité », un livre-enquête important de Naomi Wolf et 3 250 experts coordonnés par Amy Kelly
Chers amis, Je suis en train de lire un livre important, impressionnant, révoltant, voulu par Naomi Wolf et réalisé avec 3 250 experts de WarRoom et DailyClout coordonnés par Amy Kelly pour lire, comprendre et vulgariser les 450 000 pages de documents que Pfizer a fournis à la FDA pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de leur poison fallacieusement nommé « vaccin COVID ». https://www.editionsmarcopietteur.com/393-pfizer-papers.html Poursuivie en justice par l’avocat Aaron Siri,…
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[Courageusement] invité par Denis Robert sur Le Média TV mardi 21 mai 2019 : élections européennes, gilets jaunes, RIC et règles de la représentation
La semaine qui a précédé https://youtu.be/zMtmZQ4lb2g (celle dont 3 minutes ont été copieusement montées en épingle et déformées par les acteurs mainstream du système de domination parlementaire — acteurs qui me tapent dessus depuis dix ans et qui ont simplement profité d’une nouvelle maladresse pour redoubler leurs coups, tout ça pour éviter à tout prix de débattre loyalement sur le fond des sujets les plus importants), la semaine précédente, donc, Denis Robert m’avait gentiment – et courageusement – invité sur Le Média TV, le mardi 21 mai 2019, pour évoquer les gilets jaunes et les élections européennes. Voici l’émission complète (que j’avais oublié de vous signaler à l’époque) :
• Ma première intervention est à la min 1h26’45 : l’UE est un outil de dépossession politique absolue, qui nous conduit comme d’habitude à élire plutôt qu’à voter, mais en éloignant encore davantage (et pour toujours) les représentants des représentés ; les professionnels de la politique nous privent de toute possibilité de décider quoi que ce soit ; il faudrait distinguer les deux mots voter (= décider) et élire (= renoncer à voter = contraire de la démocratie = mise à l’écart du peuple depuis l’origine en 1789 avec Sieyes) ; notre vieux système de domination parlementaire national est encore renforcé (et gravement) en devenant international (européen) ; particularité remarquable — historique ! — des gilets jaunes qui deviennent constituants, qui écrivent eux-même le RIC qu’ils veulent ; ce n’est pas aux représentants d’écrire les règles de la représentation : c’est aux aux représentés, qui sont les seuls à être à la fois aptes et légitimes pour écrire la constitution…
• Et surtout, ma 2ème intervention à la minute 1h49’50 : j’interpelle face à face un député, Renaud Muselier, en déplorant que ces grands privilégiés détruisent une à une toutes les protections sociales sans souffrir eux-mêmes des plaies qu’ils infligent au corps social et en toute impunité (sans que leurs victimes, mal représentées, aient la moindre institution pour résister aux mauvais coups de leurs représentants).
Ce serait bien, peut-être, d’isoler ces deux passages dans une vidéo spéciale.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
[Édit : certains commentaires entretiennent un ressentiment (contre Denis) que j’estime être un contresens. Je recopie ci-dessous une explication que j’ai rédigée pour Sigolene mais qui devrait aider d’autres personnes à comprendre mon point de vue :
« Chère Sigolene,
Je dis des choses importantes dans cette vidéo (grâce au courage de Denis, qui a bravé l’interdit de me donner la parole malgré les menaces des antifa-natiques), et originales : ce n’est pas tous les matins qu’on est en face d’un élu qu’on peut interpeler, en direct, avec du temps et du calme. Je l’ai interpelé sur son salaire obscène, sur ses privilèges révoltants, sur sa scandaleuse impunité après avoir commis le crime antisocial de la désindexation des retraites, je lui ai signalé la mutation formidable – historique – des gilets jaunes en citoyens constituants (écrivant d’ores et déjà, un peu partout dans le pays, le RIC qu’ils veulent EUX et le salaire des élus qui devrait être égal au salaire médian des électeurs)…
Le spectacle public de cette interpellation (d’un représentant par un représenté, qui conteste jusqu’à sa légitimité), nous le devons au courage de Denis (et ce n’était qu’un début).
C’était AVANT le 10 juin et on voit bien la bienveillance de Denis. Arrêtez de lui coller une responsabilité qui n’est pas la sienne : ceux qui me tapent dessus (par derrière et à plusieurs, sans me permettre de me défendre : Libération, Les Inrocks, L’Obs et tous les complices du système de domination parlementaire) sont les vrais affreux (ça fait dix ans qu’ils me tapent dessus aussi malhonnêtement ; ils tapent simplement plus fort que jamais, toujours pour se dispenser d’un débat de fond loyal qu’ils craignent plus que tout, mais rien n’a changé sur le fond ; c’est une variation d’intensité), affeux qui ont exploité malhonnêtement MA maladresse.
Denis est un type bien.
Étienne. »]
[GILETS JAUNES – Passionnant et important] Comprendre la situation au Venezuela (et en Amérique Latine) avec Romain Migus
Chers amis,
Je vais vous parler d’un jeune homme épatant, enthousiasmant, important.

Il s’appelle Romain Migus et c’est un des meilleurs connaisseurs du Venezuela que je connaisse. Son blog est une source d’informations précieuse pour contredire et invalider les mensonges quotidiens de la presse française (toute entière vendue aux ultra-riches) sur le Venezuela.
Les analyses de Romain sont souvent reprises sur le site Le Grand Soir, que je considère comme un des cinq ou six meilleurs sites d’information en France (avec Les Crises, RT France, Le Saker francophone, Investig’Action et le CADTM, notamment).
Je vais regrouper dans ce billet quelques perles récentes de Romain. Vous allez voir comme c’est excitant et stimulant :
• D’abord, ce formidable entretien de Romain avec Blanca Eekhout, Ministre des Communes, sur l’organisation de la démocratie vénézuélienne — en comparaison (pour l’instant), la France peut rougir de honte pour sa nullité crasse en matière démocratique :
Interview de Blanca Eekhout, ministre des Communes de la République Bolivarienne du Venezuela
Depuis l’étranger, le Venezuela est souvent dépeint comme une dictature, où le chef de l’Etat, Nicolas Maduro, règnerait de manière autoritaire et violente sans prendre en compte les aspirations populaires. Cette description se heurte pourtant à une réalité qu’il est impossible de nier : le chavisme et le président Maduro possèdent le soutien d’une partie non négligeable de la population vénézuélienne. La propagande du système médiatique [français] ne permet donc pas de répondre à la question : Pourquoi ?
Un des éléments de réponse est à chercher du coté de la démocratie directe et participative implantée au Venezuela depuis l’avènement d’Hugo Chávez au pouvoir. Cet aspect central de la Révolution Bolivarienne est systématiquement nié par le système médiatique. Les luttes du Peuple vénézuélien au sein du système de Conseils communaux et des Communes socialistes sont invisibilisés. Nous sommes donc allés interviewer Blanca Eekhout, ministre des Communes afin qu’elle explique au lecteur francophone l’originalité et la robustesse de la démocratie vénézuélienne.
Blanca est une militante sociale de la première heure, elle a été la fondatrice de nombreux médias associatifs comme Catia Tv, et est devenu la première présidente de la chaine publique ViVe TV, puis de VTV. Élu députée en 2010, elle deviendra vice-présidente de l’Assemblée nationale de 2011 à 2015. Cette jeune femme, qui a consacré sa vie à la lutte sociale et à l’approfondissement de la démocratie dans son pays, a occupé plusieurs postes de la haute fonction publique. Elle a été Ministre de la Communication et de l’Information (2009−2010), Ministre de la Femme et de l’Égalité des genres (2016−2018). Elle est aujourd’hui Ministre des Communes depuis septembre 2018.
Le Ministère des Communes est situé dans le centre de Caracas dans un immeuble où furent relogés plusieurs vendeurs ambulants, il y a quelques années. Il apparaissait logique que ce ministère central déserte les quartiers administratifs traditionnels pour s’implanter aux côtés du Peuple. La ministre nous recevra dans son modeste bureau où trône côte à côte un portrait d’Hugo Chávez et de Josefa Camejo, une héroïne de la guerre d’indépendance du Venezuela : bon résumé iconographique du parcours politique de notre interlocutrice.
Pendant que Blanca répondait avec fougue et passion à mes questions, je pensais aux revendications des Gilets jaunes français, exprimées à plusieurs milliers de kilomètres de Caracas. En cause ? Les thèmes évoqués par la ministre vénézuélienne : l’Assemblée Constituante et la mobilisation populaire pour écrire la nouvelle Charte suprême, les modalités du référendum révocatoire pour tous les élus, la force des conseils communaux et des communes —où toutes les décisions sont prises lors d’Assemblées générales—, la nécessité d’inventer de nouvelles formes de propriété pour développer le pays. Les paroles de Blanca Eekhout fusent comme une rafale de AK47, chaque balle est un concept qui fait écho aux préoccupations politiques exprimées sur les ronds-points de France.
L’autre son de cloche que vous pouvez lire ci-dessous témoigne de l’extraordinaire vivacité démocratique du Venezuela, qui marque la colonne vertébrale du projet politique de la Révolution bolivarienne. On comprend mieux alors la terrible violence politique et médiatique qui s’abat contre ce Peuple. La démocratie participative vénézuélienne doit être absolument balayée pour enrayer le risque de voir fleurir 1, 2, 3 Blanca. Pour que ce modèle ne donne pas d’idées à d’autres et ne menace pas le système politique encore dominant… pour l’instant.
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Avec Blanca Eeckout, Caracas 2019.
Romain Migus : Quelles sont les racines de la démocratie participative au Venezuela ? Comment s’est construit le modèle démocratique de la Révolution Bolivarienne ?
Blanca Eekhout : Il faut commencer par le début de notre mouvement politique, ou en tout cas par la prise de pouvoir par le Commandant Chávez. Sa première action du gouvernement fut de convoquer un processus national constituant. Hugo Chávez a appelé le Peuple à refonder notre République. Avant cela, tout notre cadre juridique était déterminé par le pouvoir en place, par les oligarchies mais aussi par la dépendance historique héritée de notre histoire coloniale. Donc, refonder notre République a impliqué de changer de charte suprême, mais le plus important était de savoir qui allait participer à ce débat. La première action a donc consisté à convoquer un référendum pour mettre en place ce processus constituant. Ce fait politique extraordinaire avait pour racine historique le Congrès d’Angostura, réalisé sous l’égide de notre Libérateur Simon Bolivar, en 1819 (1). Bolivar donnera un discours historique lors de ce congrès et rappellera notamment : « Heureux le citoyen qui invoque et convoque son peuple, consulte la volonté du souverain ». C’est pour cette raison qu’au Venezuela, à partir de 1999, une fois que la nouvelle constitution est approuvée, notre démocratie est devenue participative et « protagonique ».
R.M : Excuse-moi de t’interrompre, mais pourrais-tu expliquer à nos lecteurs comment se sont organisés les comités constituants ? Comment s’est déroulé le débat au sein de la population pour nourrir de projets cette Assemblée Nationale Constituante ?
B.E : D’abord, il y a eu une élection nationale pour choisir nos représentants : il y avait des indigènes, des travailleurs et travailleuses, les femmes en tant que mouvement, les pêcheurs, les paysans, toutes les forces sociales, ceux qui étaient invisibles, ceux qui n’avaient jamais été consultés sur le destin de leur patrie ni sur les lois qui régissaient leur vie. Mais la véritable consultation a été réalisée lors d’assemblées de rue. On a créé différents mécanismes par lesquels on systématisait les propositions ; des camions recueillaient les propositions à travers tout le territoire national. Les mouvements initiaux, ceux du mouvement ouvrier, paysan, participaient par des lettres de propositions et de requêtes historiques.
Ce fut une consultation nationale très, très large et complète car le modèle duquel nous voulions sortir avait eu comme objectif l’application des mesures néolibérales dictées par le FMI et la Banque Mondiale. Ceci avait provoqué une réponse forte de la part du peuple qui était descendu dans la rue en 1989. Cet événement, que nous appelons le Caracazo avait été réprimé de façon très violente. Toutes les demandes qui s’étaient exprimées en réaction contre le modèle néolibéral ont fini par se trouver recueillies dans le processus constituant, en tant que demande de la République, pour garantir le droit à la Sécurité Sociale, la réaffirmation de notre droit à l’éducation gratuite, à la santé gratuite, à la redistribution des revenus, à la reconnaissance des droits indigènes, etc.
Au début, nous avions une révolte nationale mais nous n’avions pas encore un développement des mouvements sociaux suffisamment organisé. C’est la convocation du président à une Assemblée Nationale Constituante qui fait que nombre de ces mouvements se regroupent comme force nationale. On reconnaît alors, par exemple, la communication comme un droit de l’homme ; pour la première fois, les médias alternatifs commencent à occuper l’espace hertzien alors que dans le vieux modèle précédent, ceux-ci étaient considérés comme illégaux, pirates, et étaient sanctionnés. Nous avons mis en marche un processus de révision de la question pétrolière, ainsi que de la question agraire pour face à toutes ces pratiques terribles de saccage de la terre par les grands propriétaires ; c’est pour cela que le mouvement paysan avance à partir du processus constituant. Ce processus a été une impulsion pour que se développent, se consolident et se renforcent les différents mouvements sociaux dans notre pays.

« Nous sommes un Peuple constituant et souverain »
R.M : On peut dire que le processus constituant marque le départ d’une nouvelle démocratie. En quoi est-elle différente de la démocratie représentative dans laquelle vit la majorité des peuples du monde ?
B.E : En premier lieu, nous, nous avons innové en ce qui concerne l’exercice permanent du pouvoir et de la non-délégation de la volonté. C’est-à-dire que pour le peuple vénézuélien, notre souveraineté réside dans le peuple, elle ne peut pas être déléguée. C’est pour cela que nous dépassons le modèle de la démocratie représentative dans lequel tous les cinq ou six ans, selon les élections, le peuple finit par déléguer à un autre son droit de souveraineté. Dans le cas du Venezuela, il ne peut pas être délégué même si nous réaffirmons l’élection directe et universelle. Nous avons d’ailleurs, au Venezuela, battu des records, car nous avons eu 25 processus électoraux. Nous avons inclus lors de notre Constituante, la possibilité pour les citoyens d’organiser des référendum révocatoire à mi-mandat pour tous les élus. Nous avons été le premier pays à faire un référendum révocatoire pour le président de la République. Nous avons organisé un référendum révocatoire au président Chavez ; et il a été confirmé dans ses fonctions.
Mais, au Venezuela, je disais que l’exercice de la démocratie et de la participation n’est pas délimité par des élections au terme d’un quinquennat ou sextennat. D’abord, nous élargissons les pouvoirs. Des trois pouvoirs traditionnels en démocratie (exécutif, législatif et judiciaire), nous en avons rajouté deux : le pouvoir électoral et le pouvoir moral. Le pouvoir électoral est devenu un pouvoir avec suffisamment de force et d’autonomie pour garantir des élections libres, directes, transparentes, totalement automatisées(2). Quant au pouvoir moral, il traite tout ce qui a à voir avec la défense du peuple (3), la fiscalité ; il est devenu un pouvoir important à l’intérieur de la République.
En plus de cela, nous avons établi quelque chose de plus important et de nouveau, c’est le renforcement du pouvoir populaire. Le pouvoir populaire, c’est l’exercice permanent de l’autogouvernement sur le territoire. Nous avons approuvé des lois pour organiser ce pouvoir populaire, et qui déterminent l’organisation, le développement économique de tout ce qui est ce modèle de transfert d’attributions politiques, de gestions de ressources économiques. C’est ce qui nous donne aujourd’hui une force dans le pays.
R.M : Avant de s’attaquer à l’expérience des communes, on va déjà parler des conseils communaux. La première loi de Conseil communal a été votée en 2006 et, je crois qu’il y a eu de nombreuses modifications pour l’adapter peu à peu à la réalité concrète. Ceci démontre aussi que le Venezuela est en train d’inventer un nouveau système et qu’au début en tout cas, il a tâtonné. On va poser une question basique, mais essentiel pour nos lecteurs qui ne savent rien ou presque du modèle de démocratie vénézuélienne : qu’est-ce qu’un conseil communal ? En quoi consiste-t-il ?
B.E : La loi des Conseils Communaux garantit l’exercice, à tous les niveaux territoriaux de nos communautés de voisinage, à tous les citoyens d’un territoire, de se réunir en Assemblée citoyenne. Ils décident des processus d’actions au cours d’une prise de parole générale. Grâce à des élections directes, lors des assemblées territoriales, il est décidé par l’Assemblée générale de qui est à la tête des projets, des comités, et de la mise en marche des politiques publiques sur le territoire. Nous avons également une loi pour organiser l’économie populaire, nous avons les lois qui régissent l’organisation des communes, ainsi que des lois de communication qui relèvent également du pouvoir populaire.
R.M : Qui décide du rayon d’action du Conseil Communal ? Par qui va-t-il être composé ? Quelle est la relation avec l’Etat et les échelons administratifs de la démocratie représentative qui continuent d’exister ?
B.E : Au sein du Conseil communal, les gens décident, en Assemblée de l’espace territorial qui va délimiter l’action de leur conseil. Les citoyens doivent être disposés à se regrouper volontairement en fonction de la délimitation géographique de leur territoire. Il y a des conseils communaux beaucoup plus petits, il y en a de plus grands ; s’ils se constituent dans les zones urbanisées, la population se concentre dans un immeuble, et cela peut dépendre de l’urbanisme. Dans les immeubles d’un même quartier, il peut y avoir deux ou même trois conseils communaux. L’assemblée de citoyens décide également de la capacité d’organisation. Pour nous, l’assemblée citoyenne est l’instance de délibération la plus importante ; c’est ce qu’il y a écrit dans l’article 20 de notre loi des Conseils Communaux (4). Elle est aussi l’organe de décision pour l’exercice du pouvoir des communautés de voisinage : la participation et le protagonisme populaire. Les décisions du conseil communal doivent s’appliquer de manière obligatoire. Le conseil communal est reconnu par toutes les autres autorités qu’elles soient municipales ou régionales. Les conseils communaux dans une communauté paysanne peuvent être constitués par un plus petit nombre de familles en raison de l’immensité de l’espace et de la faible concentration de population. Ainsi, les assemblées de citoyens établissent eux-mêmes la délimitation de leur espace territorial.

R.M : Comment les gens s’organisent-ils au sein du Conseil communal ?
B.E : Dans le Conseil communal, il y a des comités de santé, d’éducation, de culture, d’alimentation, de communication populaire, il y a aussi un comité de d’équité et d’égalité entre les genres, et bien d’autres comités en fonction de la réalité de la vie sur le territoire du Conseil communal. Mais il y a également un comité qui se charge de la question de l’économie et un autre qui se charge de la sécurité. Par sécurité nous n’entendons pas seulement la sécurité inter-personnelle, mais aussi la sécurité et la défense intégrale de notre territoire qui est constamment menacé par une invasion étrangère.
R.M : Combien de conseils communaux y a‑t‑il sur tout le territoire vénézuélien ?
B.E : En ce moment, il y en a 47.834. Cela représente l’équivalent de 14 millions de personnes.
R.M : Cet approfondissement de la démocratie directe et du pouvoir populaire vous a amené à reconsidérer le thème de la propriété (de la terre et des moyens de productions). Comment ces deux thèmes s’articulent-ils ? Pourquoi, aux cotés de la propriété privé ou publique avez-vous dû inclure la propriété sociale directe et indirecte ? Comment s’interconnectent l’économie populaire et le pouvoir populaire ?
B.E : Les unités de production familiale, nombre d’entre elles sont également discutées en assemblée citoyenne. Le développement d’une unité de production familiale, une Entreprise de Production Sociale, nombres de réalisations de ce type naissent dans le débat lors de l’assemblée de citoyens. En ce moment, nous sommes encore en train de travailler pour amplifier les types de propriété, non seulement les types d’organisation de propriété sociale mais aussi les types de propriété individuelle, familiale qui existent dans la commune et se mettent au service de la commune. Nous avons encore beaucoup à faire en ce qui concerne le développement d’un modèle économique communal, d’un circuit économique communal.
Les initiatives et les expériences de quelques communes sont extraordinaires, mais nous ne sommes pas encore parvenus à une articulation totale. Nous avons des systèmes de monnaie ou de banque communale qui existent, mais le développement est inégal. Il y a des communes qui ont réussi à dépasser les attentes même de ce que permettait la capacité productive et d’autres qui ne sont pas parvenues à s’articuler au niveau économique et continuent d’être des expériences isolées. Aujourd’hui, nous faisons un travail important pour systématiser la propriété sociale et collective. Nous nous inspirons aussi des conseils paysans qui ne fonctionnent pas tous selon la propriété sociale. Les paysans ont la propriété de leur terre, propriété individuelle ou familiale, et néanmoins, à partir d’expérience coopératives, ils finissent par se rassembler pour que s’ajoute toute la production d’une commune à un effort collectif bien que la propriété soit diversifiée. Les mécanismes et les types de propriété sont diversifiés sur le territoire communal et nous affrontons un défi énorme qui consiste à garantir que tout permette l’autogestion, l’autonomie alimentaire et le renforcement économique sur le territoire.
R.M : Venons-en à la Commune. Qu’appelez-vous une Commune au Venezuela ? Comment expliquerais-tu à une personne qui ignore tout de ce processus politique de premier ordre, ce qu’est une commune et comment fonctionne-t-elle ? Quelle est la relation de la Commune avec les Conseils communaux ?
B.E : Peut-être que la première chose serait de dire qu’il s’agit d’un regroupement de conseils communaux mais c’est beaucoup plus que cela. L’idée est que toutes les forces et les mouvements présents sur un territoire forment une commune. En plus des Conseils communaux, on trouve dans la Commune les conseils de jeunesse, les conseils paysans, les Conseils de production des travailleurs ; tout ce qui fait la vie politique et économique d’un territoire vient former la commune. Les différents comités qui forment un conseil communal ont ensuite un porte-parole, qui, dans la commune, participe aux instances d’autogouvernement. Un porte-parole de chaque conseil communal siège au parlement de la commune. L’idée est que cela constitue un système d’agrégation et détermine une nouvelle géométrie du pouvoir. L’objectif est qu’à un moment donné, ce modèle communal dépasse les structures héritées de notre vieil état, où le modèle administratif est basé sur la mairie, ou le gouvernement régional. Ces structures qui nous viennent de la colonisation sont très liées au vieux modèle de démocratie représentative. Elles ne relèvent pas du système permanent et direct d’autogouvernement du peuple sur un territoire qu’il a lui-même décidé. Aujourd’hui au Venezuela, il existe 3078 communes de ce type. Dans la commune et le conseil communal, l’assemblée de citoyens est l’instance supérieure, raison pour laquelle elle permet une démocratie permanente qui ne peut être déléguée. C’est une démocratie pleine, elle est participative, protagonique.
R.M : Quelle est la relation entre cet État communal qui prend forme et les structures traditionnelles de l’État vénézuélien ?
B.E : Les vieilles structures de l’État, les mairies, les conseils municipaux, les gouvernements régionaux, continuent d’avoir un rôle. Nous les avons maintenus, nous les avons rénovés, nous continuons d’organiser des élections — que le chavisme vient de gagner, d’ailleurs — mais nous croyons que, si le pouvoir réside dans le peuple, l’exercice de démocratie par ce souverain qu’est le peuple doit être permanent, et le développement de politiques publiques doit être également entre les mains du peuple. C’est pourquoi, pour nous, le pouvoir de la commune et du conseil communal constitue la base de ce que doit être le nouvel État, un État véritablement populaire, un État qui rompt avec la bureaucratie, avec l’héritage de ce modèle de fausse démocratie bourgeoise et représentative. Nous sommes dans un processus d’invention permanente avec des erreurs et des réussites mais nous essayons de construire un autre modèle. Nous ne pouvons être protagonistes de notre processus politique qu’en le faisant, qu’en nous rencontrant, qu’en débattant, qu’en le discutant dans le même temps où nous sommes un acteur protagonique de ce changement.

Assemblée générale pour élire l’autogouvernement de la Commune Simon Bolivar dans l’Etat rural d’Apure (photo : Carolina Cruz)
R.M : Si le Conseil communal dépend en partie des instances administratives locales ou nationales pour financer ses projets, la Commune entend être véritablement autonome. Qu’en est-il de l’économie communale ?
B.E : La commune a son mode de fonctionnement propre mais elle intègre les initiatives de l’Etat central comme la création de comité pour la protection sociale ou le Carnet de la Patrie (5). Elle se charge aussi de nouvelles tâches. A cause de la guerre que nous subissons, les Comités locaux d’approvisionnement et de production (CLAP) ont été créés et se chargent de la distribution directe de l’alimentation dans la Commune, maison par maison (5).
Il faut que la Commune soit autosuffisante dans le temps, et qu’elle ait les capacités de produire dans tous les secteurs : agricole, touristique et même dans l’industrie communale car nous avons développé, grâce à l’investissement de l’État, des processus industriels communaux qui garantissent tant l’approvisionnement au niveau de la commune que l’échange et l’apport au niveau national. Le développement économique de la commune est un élément fondamental pour qu’une commune soit une commune. Dans ces temps de guerre, la production est une impérieuse nécessité. Mais il y a aussi des processus différenciés : la capacité de production n’est pas la même dans une zone urbanisée que dans une communauté rurale.
R.M : Évidemment.
B.E : Néanmoins, dans les communes urbaines, nous avons des boulangeries communales, des potagers communaux, les gens commencent surtout à développer l’activité textile et nous avons obtenu, qu’à l’intérieur d’une commune urbaine, il existe des brigades de production auxquelles l’Etat a attribué des terres pour qu’ils produisent dans des zones rurales et rapportent les produits en zone urbaine.
R.M : Quel est le lien entre l’État, le Ministère des Communes, dont tu es la plus haute représentante, et les communes elles-mêmes ? C’est-à-dire entre cet État hérité mais également nécessaire pour appliquer une macro-politique, et les forces populaires organisées ?
B.E : Le Ministère des Communes promeut l’organisation de la Commune, il facilite les mécanismes pour qu’elle soit légale, pour qu’elle s’organise, pour que l’on forme les citoyens et citoyennes et qu’ils puissent se constituer en conseils communaux puis en commune. Ainsi, l’une des principales tâches est de promouvoir l’organisation du peuple pour qu’il parvienne à établir ses propres mécanismes d’autogouvernement. L’un des éléments également important, c’est la formation. D’une part, dans le processus de production et d’autre part dans la mise en marche des politiques sur le territoire, des politiques publiques qui se font au niveau de la commune. Nous soutenons de fait tous les leaderships naissants pour que se constituent des Communes.
Mais, il y a un autre élément qui représente une tâche importante pour nous en tant que ministère. Il nous faut permettre l’articulation nationale de toutes les communes. Le commandant Chávez disait qu’une commune isolée pouvait même être contre-révolutionnaire. La seule façon pour qu’elle soit révolutionnaire, profondément démocratique et transformatrice, c’est qu’il y ait un tissu social communal, qu’il y ait une véritable articulation entre toutes les communes. Nous favorisons l’organisation de Congrès et de rencontres entre les communes. Lors d’une récente rencontre nationale que nous avons organisé, a surgit l’idée de la création d’une Université des Communes. Ou plutôt devrais-je dire d’une Multiversité plutôt qu’Université. Tout ce travail de mise en relation dépend du Ministère. Celui-ci apporte, lorsque cela est nécessaire, des ressources pour le développement d’initiatives de production, des semences pour l’agriculture, des outils, des machines.
Mais l’organisation des communes ne peut relever exclusivement de la responsabilité du Ministère des Communes. Il existe un tel niveau de développement des forces communales qu’elles-mêmes sont et doivent être promotrices de la création d’autres communes, et organisatrices de ce grand mouvement communal national. Nous sommes donc dans une phase de transfert de pouvoir et d’attributions que détient le Ministère aux communes. Pour l’organisation du territoire, l’un des mécanismes est : « la commune sème d’autres communes ». Une commune pionnière, entreprenante qui s’est développée de façon importante économiquement, socialement et au niveau politique devient un facteur multiplicateur des communes à partir de son fonctionnement.

La ministre des Communes Blanca Eeckhout lors d’un échange avec les comuneros
R.M : Quels sont vos prochains défis politiques ?
B.E : Nous pensons que l’exercice permanent de la démocratie est plus que jamais nécessaire. C’est pourquoi, il nous faut accélérer le transfert de nouvelles attributions au mouvement communal. Nous sommes actuellement dans une phase d’organisation d’élections pour garantir le renouvellement des leaderships, et le renforcement des assemblées citoyennes. Et nous organisons ceci dans un scénario complexe, à cause de toutes les menaces et les attaques contre notre pays, ainsi que la guerre économique qui s’abat contre le Venezuela.
R.M : Dernière question, quelle est l’importance du thème de la démocratie pour la Révolution Bolivarienne au Venezuela ?
B.E : La Révolution bolivarienne au Venezuela existe parce qu’il y a un peuple organisé qui exerce le pouvoir. Sans cela, nous n’aurions pas pu supporter les terribles attaques dont nous sommes victimes depuis vingt ans. On nous a appliqué toutes les doctrines de guerre pour transformer le Venezuela en un État voyou, failli, nous vivons sous la menace permanente de coups d’état et d’une intervention militaire. Dans ces circonstances, dans les moments les plus difficiles, la Révolution a toujours convoqué le peuple souverain, comme ce fut le cas encore lors du processus constituant que nous avons initié en 2017.
Cette année là, alors que nous affrontions depuis plusieurs semaines un épisode insurrectionnel qui pouvait provoquer une guerre civile dans le pays, le président Nicolas Maduro a décidé de consulter le peuple, et de convoquer de nouveau une Assemblée Constituante. Ce processus a été encore plus démocratique que celui que nous avons fait en 1999 car le processus d’élections a été territorial et par secteurs de la population. Nous avons choisi de façon directe nos propres porte-paroles pour les personnes âgées, pour les personnes présentant un handicap, pour les paysans, pour les pêcheurs, pour la jeunesse, pour les travailleurs, pour les communes, pour toutes les forces vives de notre pays. Il y a des représentants de tous les secteurs dans notre Assemblée Nationale Constituante.
Actuellement, il y a un débat sur tout, ouvert, acharné, mais ce qui était fondamental pour aller à cette Assemblée Nationale Constituante, ce fut de chercher la paix. Ce qui démontre que la démocratie apporte la paix, la vraie démocratie, celle qui ne réduit pas la volonté du peuple, qui n’est pas la démocratie représentative. La démocratie participative et protagonique est une garantie de paix et c’est la garantie d’une Patrie. Dans les moments les plus difficiles, notre président Nicolas Maduro, de même que le Commandant Chavez avant lui, a constamment appelé au dialogue, à la négociation, à écouter les autres, et il a assumé au sein de ce dialogue des engagements énormes, comme rénover tous les pouvoirs au beau milieu d’une guerre.
En 2017 et 2018, au milieu de la guerre économique (6), de la guerre terroriste, de la tentative de guerre civile (7), nous avons convoqué un processus constituant et nous avons gagné. La voix du peuple est la voix de Dieu, elle s’est manifestée et nous avons retrouvé la paix le lendemain de l’élection des députés constituants. Puis, nous avons convoqué des élections municipales et régionales et enfin une élection présidentielle, et nous avons gagné. Je crois que, difficilement, en plein état de siège, en situation de blocus, un gouvernement se soumet à autant d’élections comme nous l’avons fait. C’est la confiance du peuple, c’est l’exercice direct et réel de la volonté du peuple de vivre en démocratie et d’avoir la paix. Devant toutes les menaces de la barbarie fasciste, je ne crois pas qu’il existe d’autres façons de garantir notre révolution, si ce n’est par une démocratie totale. Parce que, ainsi, c’est le peuple entier qui est concerné et qui s’unit pour la défendre.
C’est cela un peuple en mouvement. Et pour être en mouvement, il doit être protagoniste de son destin. Il ne peut être un « invité de pierre ». C’est pourquoi, malgré les mensonges médiatiques, malgré le fait que des millions d’hommes et de femmes ont été rendu complètement invisibles, ils continuent de défendre cette révolution. Si nous résistons et que nous continuons d’avancer, c’est parce que le peuple est un véritable acteur politique, parce que cette démocratie est une vraie démocratie.
Extrait de notre rencontre avec Blanca Eekhout (en français)
Cette interview serait sûrement encore un fichier .mp3 dissimulé dans un des nombreux dossiers de mon ordinateur sans l’aide précieuse et admirable de Sylvie Carrasco qui nous a aidé à la transcrire et à la traduire. Qu’elle en soit mille fois remerciée.
Notes ajoutées par nous :
(1) Convoqué par Simon Bolivar le 15 février 1819 dans la ville d’Angostura (actuelle Ciudad Bolivar) au Venezuela, cette Assemblée constituante avait pour but d’organiser administrativement et législativement les territoires libérés de l’Empire espagnol ou en passe de l’être.
(2) Pour connaître comment fonctionne le pouvoir électoral, et le système électoral vénézuélien, lire Romain Migus, « Tout comprendre à la nouvelle offensive contre le Venezuela », Venezuela en Vivo, 09/01/2018, https://www.romainmigus.info/2019/01/tout–comprendre–sur–la–nouvelle.html
(3) Le défenseur du Peuple est une figure équivalente au Défenseur des droits, en France.
(4) « Ley Organica de los Consejos Comunales », publié au journal officiel nº39.335, 28/12/2009, disponible sur http://www.minci.gob.ve/wp-content/uploads/downloads/2012/11/LEY-CONSEJOS-COMUNALES‑6–11–2012-WEB.pdf
(5) Pour comprendre le système du Carnet de la Patrie ou des CLAP, lire Romain Migus, « Entre mesures d’urgence et construction de l’Etat. Chroniques d’en bas nº4 », Venezuela en Vivo, 02/08/2018,
(6) Pour se rendre compte de la férocité de la guerre économique contre le Venezuela, lire Romain Migus, « Chronologie actualisée des sanctions économiques contre le Venezuela », Venezuela en Vivo, https://www.romainmigus.info/2019/01/chronologie–des–sanctions–economiques.html
(7) Lire Maurice Lemoine, Chronique d’une déstabilisation, Montreuil : éd. Le Temps des Cerises, 2019.
• Ensuite, je vous signale ce tout récent entretien, passionnant et important, de Romain Migus avec Vincent Lapierre (lui aussi un connaisseur du Venezuela), exposé à écouter le crayon à la main pour mieux fixer les noms et les dates :
Comprendre la situation au Venezuela
• Ensuite, cet entretien de Romain avec l’excellent Michel Collon (Investig’Action) :
Qu’est-ce que les Gilets Jaunes en ont à foutre du Venezuela ?
GILETS JAUNES ET AMÉRIQUE LATINE
https://www.facebook.com/migusromain/posts/1298868853596563
*Texte traduit par Claudia Karlinsky
1. Le PIB de la ville de Buenos Aires représente 25% du PIB national ; Ka Nation 13–08–20022.Ana Maria Fernandez, “ El mar en una botella ”, publié par la revue “ El campo grupal ” AÑO4, n°32-Marzo 2002, Buenos Aires,
3. Pour voir une analyse minutieuse par rapport aux années quatre-vingt-dix en Amérique Latine voir Brieger, Pedro : “ De la década perdida a la década del mito neoliberal ”.In La globalizacion economico-fiannciera. Su impacto en América Latina (AAVV) Ed. CLASCO5.Clarin, 10 juin 1999
6. Clarin, 23 novembre 2001
7. Clarin, 17 décembre 1999
8. Ariel Ogando : Desocupados y cortes de ruta en el noroeste argentino ”. in Revista Herramienta n°15. Buenos Aires, Automne 2001
9. Voir Tony Flores. De la culpa a la autogestion. Un recorrido del movimiento de Trabajadores Desocupas de La Matanza. MTD Editora, Buenos Aires, décembre 2002.
10. Voir le travail de Nicola Inigo Carrera et Maria Cella Cotarelo “ Clase y protesta social en la Argentina de los “ 90 ”. Agencia Wayruro, 26 juin 2001.
11. “ Una investigacion de la UBA sobre las fabricas recuperadas por sus obreros ” in Pagina 12, 5 janvier 2003
12. Pour comprendre en profondeur le phénomène des “ nouveaux pauvres ” voir l’excellent travail d’Alberto Minujin et Gabriel Kessler “ La nueva pobreza en la Argentina. ” Buenos Aires. Ed Planeta, 1995
13. Voir Pedro Brieger “ Testimonio de una pueblada ”, in El GRANO DE ARENA n° 120, 26/12/2001
14. Voir Emilio Cafassi : Olla a presion (cacerolazos, piquetes y asambleas sobre fuego argentino. Univ. De Buenos Aires, avril 2002, Pgs 79–82
15. Avant De la Rua, les présidents suivants sont tombés suite à des mobilisations populaires : Fernando Collor de Melho au Brésil, en décembre 1992, Carlos Andrés Perez au Vénézuela en mai 1993, Abdala Bucaram en Equateur en février 1997, Raul Cubas Grau au Paraguay en Mars 1999, Jamil Mahuad en Equateur en janvier 2000 et Alberto Fujimori au Pérou en novembre 2000.
16. Alejandro Horowicz, dans Oscar Caram ‘que se vaya todo’, Manuel Suarez Editor, Buenos Aires 2002, pag. 22.
17. Pagina/12, 20 janvier 2001
18. Asucena , Assemblée d’Almagro ; in Oscar Caram, opus cité page 30
19. S’il est vrai que l’essor de ces assemblées semble la conséquence du ras le bol public face aux conduites peu dignes de confiance de la classe politique, l’on doit tenir compte du fait que de tels mécanismes de délibération populaire renferment un danger, de par leur nature, on peut les rapprocher de l’inquiétant modèle de décision des “ soviets ”, (La Nacion , 14 fdévrier 2002)
20. Denis et Joelle Chassin : Pour comprendre la crise argentine. Institut d’études poliitques. Strasbourg.Janvier 2003, pag. 186
21. Pollo (pseudonyme) “ Para militantes y militados ”, 13 février 2002, in www. Indymedia.org 5e22.Modesto Emilio Guerrero : “ Emergencia y desafios de las asambleas barriales ”, Revista Herramienta N°19, Automne 2002, Buenos Aires.“
23. Modesto Emilio Guerrero ; “ Emergencia y desafios de las asambleas barriales ”, Revista Herramienta N° 19, Automne 2002, Buenos Aires, Argentine.
24. Julieta Mira y Carlos Juarez Aldazabal “ Cultura y politica en un barrio : La trama de la Asamblea de Palermo Viejo ”. Soutenance présentée aux Vèmes journées de sociologie de la UBA, novembre 2002
26. Gustavo Vera, Asamblea Popular 20 décembre, Parc Avellaneda ; in Oscar Caram, Opus.Cité page 80
27. Entrevue avec Anibal Quijano, Buenos Aires, Juillet 2002.
28. Cristina Feijoo et Lucio Salas Oroño ; “ Las asambleas y el movimiento social ”. In qué son las Asambleas populares. Ed. Continente/Pena Lillo ; Buenos Aires 2002..Pag.2429. Entrevue avec Toty Flores, janvier 2003.30. Entrevue avec Silvano Villagra, janvier 2003.
Michel Collon résume son livre (important) : « les 7 péchés d’Hugo Chavez » :

https://www.legrandsoir.info/les–7–peches–d–hugo–chavez.html
Voici aussi un débat très intéressant sur le Venezuela, sur RT France avec Frédéric Taddéi, en janvier 2019, où Romain Migus est accompagné de Maurice Lemoine (une autre référence absolue pour comprendre l’Amérique Latine, de mon point de vue) pour contrer les erreurs de Renaud Girard et Gabriel Giménez-Roche :
Interdit d’interdire : La crise vénézuélienne : le débat
Il faut aussi signaler une passionnante série d’articles de Romain pour comprendre la guerre qui vient contre le Venezuela :
Comprendre la Guerre qui vient
Romain Migus : « La guerre contre le Venezuela a déjà commencé. Mais une offensive d’envergure est en train de se préparer contre le pays caribéen, que seule la capitulation totale, ou la disparition du camp bolivarien, pourraient endiguer. Comme ces options ne sont pas à l’ordre du jour, le conflit militaire contre le Venezuela prend chaque jour un peu plus forme.
Comment comprendre la guerre qui s’annonce ? Quels seront les acteurs impliqués dans ce conflit ? Quelles seront les stratégies mises en place pour dévaster le pays ? Dans cette analyse en cinq parties, nous tenterons d’apporter des éléments de réponse pour que nos lecteurs comprennent toutes les dimensions d’un affrontement qui paraît inéluctable. »
1ère partie : Le rôle des Etats-Unis et de leurs alliés (22÷05÷2019). Lire l’article
2ème partie : Constitution d’une armée parallèle (03÷06÷2019). Lire l’article
3ème partie : Les combattants vénézuéliens (déserteurs, civils et criminels) (07÷06÷2019). Lire l’article
4ème partie : Les éléments étrangers (mercenaires, paramilitaires et forces spéciales) (11÷06÷2019) Lire l’article
5ème partie : La stratégie d’agression contre le Venezuela. (19÷06÷2019). Lire l’article
Tout ça est passionnant, je trouve, très proche des préoccupations des gilets jaunes constituants français, très utile pour tenir bon et pour progresser.
Bon travail à tous pour découvrir tout ça.
Étienne.
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[Moment rare] Interdit d’interdire : Olivier Berruyer et Jean-Michel Aphatie – Information ou propagande ?
Un échange rarissime, et intéressant, sur RT (forcément) (puisque c’est presque le dernier grand média libre du pays) :
On y parle des violences policières très mal couvertes par les gens comme Apathie, des critiques de l’UE et de l’euro pas couvertes non plus par Apathie et ses complices, de pluralisme de la presse en danger, du fléau de la traque gouvernementale aux opposants via les dernières lois comme celle sur les « fake news », et de la dérive autoritaire du régime Macron sous l’œil indifférent de des prétendus « journalistes » (incapables de dire du mal de Big Brother Macron et des ravages qu’il cause au pays).
On y parle d’Assange, de son emprisonnement pour avoir révélé des choses vraies, des protestations de l’ONU et des ONG contre les mauvais traitements qu’on lui inflige, et du silence de la presse française sur ce point (avec la technique fourbe de la page 27) : je trouve scandaleux le mépris assumé d’Apathie pour la torture du journaliste Julian Assange ; au moins, ici, c’est prouvé. Il y a des gens à qui le qualificatif d’ennemi du peuple va comme un gant (de fer).
On y parle aussi du RIC, outil démocratique par excellence dans un système de domination parlementaire : je trouve aussi scandaleuse l’incompétence crasse d’Apathie sur ce sujet, dont il ose pourtant parler avec aplomb un peu partout. Apathie essaie (deux fois) de se servir des controverses qu’il entretient lui-même sur Chouard comme épouvantail à moineaux pour détourner les regards du RIC ; mais Olivier esquive bien.
Apathie évoque même les ateliers constituants populaires (en soulignant qu’il aime beaucoup le droit constitutionnel), mais c’est pour les trouver absolument ridicules (sans le moindre argument bien sûr).
Merci à Frédéric Taddéi d’organiser des moments comme celui-là. Merci à Carla Costantini, surtout 🙂
Amitiés à tous.
N’oubliez pas de faire des ateliers constituants tous les jours, avec vos voisins, avec vos copains, avec vos frangins, avec vos cousins… Vous allez progressivement (et sans l’aide d’aucun chef) devenir tous très bons pour écrire le contrat de travail de vos représentants. Et, le moment voulu, c’est ça qui va tout changer.
Étienne.
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[APPAUVRISSEMENT général pendant que les ultra-riches se goinfrent] Scandale de NOTRE DÉSINDUSTRIALISATION, VOULUE ET IMPOSÉE depuis 40 ans par Pompidou (banquier) et ses successeurs, eux aussi vendus aux plus riches. Les gilets jaunes construisent déjà l’alternative : ateliers constituants, RICs sauvages…
Pierre Lévy, fondateur du journal Ruptures radicalement eurocritique, vient de publier sa troisième émission télévisée, « Le Point de Ruptures », et cette fois, nous avons travaillé sur le petit livre (très stimulant) de Pierre Vermeren, « La France qui déclasse. Les gilets jaunes, une jacquerie du 21e siècle » (Tallandier 2019).
https://www.tallandier.com/livre/la–france–qui–declasse/
Voici notre entretien :
Nous avons donc parlé de la scandaleuse désindustrialisation VOLONTAIRE (appauvrissement continu, régression historique, mise en dépendance dangereuse et non nécessaire) décidée sans débat public ni accord populaire — et sans aucune remise en cause malgré les innombrables résultats catastrophiques pour le pays.
Le livre de Pierre Vermuren propose un état des lieux tonique et documenté de quarante ans de ce j’appelle des « trahisons » et que l’auteur appelle « un gâchis ». Après que Pierre ait résumé le panorama (effrayant) des résultats (cataclysmiques) des politiques pensées et imposées par nos prétendues « élites » depuis 40 ans, sans avoir jamais eu aucune responsabilité à assumer, j’ai insisté sur les diableries du libre-échange et de la « dette publique » (qui sont dans l’ADN de l’UE), et de l’euro fort (qui est dans l’ADN de l’euro, comme autant d’instruments de torture des peuples et de « tiermondisation ».
Tous les pays qui ont appliqué le libre-échange (L‑É) se sont ruinés.
Tous.
. Tous les pays développés se sont protégés.
Tous.
. Le L‑É est une idéologie criminelle, toujours imposée par un empire à ses colonies.
. En Europe, l’Allemagne se comporte comme la tête de pont d’un empire, prédatrice et cruelle (voyez comme elle pille encore la Grèce), et la France se comporte comme une colonie, servile et rançonnée, dont les « élites » corrompues trahissent leur pays à tout propos.
. Partout sur terre, les multinationales martyrisent les pays colonisés, dirigés par des traîtres.
Je voulais signaler ici un livre très important : « Comment les pays riches sont devenus riches et pourquoi les pays pauvres restent pauvres » d’Erik Reinert, avec une préface exceptionnelle (un vrai bon livre en soi) de Claude Rochet :

https://books.google.fr/books?id=nmHLDAAAQBAJ.….
Le livre de Pierre est un bon livre. Mais, j’en ai souligné une (grande) lacune, dans son évocation des gilets jaunes : pas un mot n’a été dit, alors que c’est une innovation historique et porteuse de grands espoirs inédits, de l’action révolutionnaire des gilets jaunes, avec leurs RICs SAUVAGES (déclenchés sans l’aide des élus) et leurs ateliers constituants (transformant des foules d’électeurs enfants en citoyens adultes), partout dans le pays.
Les gilets jaunes sont exemplaires, en ténacité, en volonté d’unité, et en créativité ; ils montrent le chemin de l’émancipation au reste de la population : nous sommes en train d’apprendre nous-mêmes à écrire nous-mêmes le contrat de travail de nos représentants (notre constitution en peuple digne de ce nom), et nous n’avons pas besoin de nos maîtres pour nous émanciper de la sorte.
Merci à tous pour votre soutien, très émouvant et très important : vous êtes pour moi comme une armure contre les mauvais coups des ennemis du peuple : nous sommes déjà en train de nous émanciper sans eux.
Restez unis.
Et continuez, inlassablement, à transformer les autres en constituants. On ne progresser que par éducation populaire, entre nous.
On grandit ensemble.
Étienne.
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Pour soutenir l’équipe de Ruptures, qui prépare chaque semaine un bon outil pour s’informer avec sérieux sur les responsabilités unioneuropéennes du désastre économique, politique et social que nous vivons tous, je conseille de s’abonner au journal :
https://ruptures-presse.fr/abonnement/
Il n’y aura plus de Jeudi Chouard sur Sud Radio pour quelque temps
Chers amis,
Il n’y aura plus de Jeudi Chouard sur Sud Radio pour quelque temps.
Pour retirer à Didier Maisto ce fardeau (imaginez la pression qu’il subit depuis dix jours par ma faute), je lui ai demandé d’arrêter. Il a accepté. C’est sage.
Je voudrais dire toute ma reconnaissance à cet homme, que je trouve bon et courageux. Je l’ai vu se transformer depuis des mois, semaine après semaine, et rallier la cause du peuple, des gilets jaunes et de la démocratie, contre vents et marées. Pas évident et pas facile quand on est à sa place. Je le trouve admirable.
Je pense que je vais continuer, même si, là, je suis épuisé.
Il est question de créer ma chaîne Youtube, librement.
Merci pour toutes vos marques de sympathie, merci pour vos innombrables et émouvants encouragements, ici et sur tous les forums. Vous êtes pour moi comme une armure, qui me permet de tenir sous les coups des usurpateurs et des exploiteurs.
Là, j’aspire à me reposer, me ressourcer, pendant l’été.
Il paraît que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.
On verra.
La lutte continue.
Fraternellement.
Étienne.
Le Point de Ruptures N°2 : que se cache-t-il derrière « le populisme » ?, avec Pierre Lévy et Pierre-Yves Rougeyron
À la suite des élections européennes, on parle ici « des populismes », mot important et positif utilisé comme une insulte par les démophobes, ennemis du peuple, d’abord au singulier pour dire « extrême droite et démagogue », puis mis au pluriel pour y fourrer « la gauche radicale ».
On parle aussi un peu des gilets jaunes constituants et des RICs SAUVAGES qui se multiplient un peu partout dans le pays :
[Important] L’Italie est-elle en train de créer une monnaie parallèle ? par Martine Orange, Mediapart
L’Italie est-elle en train de créer une monnaie parallèle ? par Martine ORANGE, Mediapart
« Officiellement, il ne s’agit que d’une motion de principe, sans autre portée. Mais cette motion a été votée à l’unanimité par la chambre des députés italienne le 28 mai. Et c’est cette unanimité qui inquiète d’abord nombre de responsables européens. Toutes tendances confondues, les députés ont approuvé le principe de créer des titres de paiement appelés mini-BOTs (Buoni ordinari del tesoro). Sorte de bons ordinaires du Trésor à court terme, ils sont censés pouvoir être utilisés pour payer les créances intérieures de l’État italien.
Tout de suite après le vote, le premier ministre Giuseppe Conte et le ministre des finances Giovanni Tria ont dit tout le mal qu’ils pensaient de cette initiative parlementaire, assurant que jamais ils n’auraient recours à de tels instruments. Mais ces annonces n’ont pas suffi à calmer le monde financier et les responsables européens. De nombreux analystes s’interrogent sur les intentions du gouvernement italien, dominé par le chef de la Ligue, Matteo Salvini. Va-t-il ou non utiliser ces nouveaux titres ? Ceux-ci pourraient-ils être assimilés à une monnaie parallèle, au risque de miner l’euro ?
La menace est prise tellement au sérieux que le président de la BCE, Mario Draghi, s’est senti obligé lors d’une conférence de presse du 6 juin de commenter cette initiative italienne, dans l’espoir de l’arrêter au plus vite. « Les mini-BOTs sont soit de la monnaie, alors ils sont illégaux, soit de la dette et alors l’endettement italien va encore augmenter. Je ne pense pas qu’il y ait une troisième possibilité », a‑t‑il expliqué. Signe de l’inquiétude grandissante, l’ancien vice-président de la BCE, Vitor Constâncio, est à son tour intervenu pour essayer de tuer dans l’œuf l’idée italienne. « Ce genre de “bons” a déjà été expérimenté en Argentine ou en Autriche, dans les années 1930. Cela n’a jamais fonctionné », insiste-t-il, après avoir rappelé que ces instruments seraient contraires aux traités européens.
Le responsable de la Ligue, Matteo Slavini, pendant la campagne des élections européennes. © Reuters
C’est l’économiste Claudio Borghi, conseiller de la Ligue et maintenant président de la commission du budget de l’Assemblée nationale, qui est à l’origine de l’idée des mini-BOTs. Militant de longue date pour la sortie de l’euro, il ne parle plus depuis son élection – tout comme la Ligue, d’ailleurs – d’une sortie brutale de la monnaie unique. Trop dangereux. Mais marqué par la crise européenne et le traitement réservé à la Grèce, il a promu l’idée de créer des instruments de paiement qui pourraient permettre de redonner des marges de manœuvre économiques et budgétaires au gouvernement italien dans le cadre des traités existants, et servir de moyens alternatifs en cas de crise. Et, avec cette idée, la Ligue a convaincu son allié gouvernemental, le Mouvement Cinq Étoiles (M5S).
Selon le mécanisme imaginé par Borghi, les mini-BOTs seraient des titres de paiement – comme une sorte de reconnaissance de dette –, pouvant aller de 1 à 500 euros, émis par le Trésor italien pour faire face aux retards de paiement de l’État à l’égard de ses fournisseurs. L’État italien pourrait aussi les émettre comme des lettres de crédit pour les contribuables qui bénéficient de remboursement. Ces titres, sans limite de temps, seraient garantis par l’État, et pourraient être acceptés comme paiement pour les impôts. Les particuliers, en revanche, ne seraient pas obligés de les accepter.
Pour les deux alliés de la coalition gouvernementale, ce système aurait le mérite de permettre à l’Italie de sortir du carcan de l’austérité imposé par l’euro, sans enfreindre les traités européens. D’après leurs premières estimations, entre 50 et 100 milliards d’euros pourraient être émis sous la forme de mini-BOTs, ce qui permettrait, selon eux, de relancer l’économie.
Quelles sont les intentions réelles de Matteo Salvini ? Prépare-t-il sans le dire une sortie de l’euro ? Ou cherche-t-il avec les mini-BOTs à se donner un moyen de pression pour mieux négocier des marges de manœuvre avec Bruxelles ? À ce stade, personne ne sait répondre. Les responsables européens regardent en tout cas son initiative comme une menace susceptible d’ébranler tout l’édifice européen.
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La Ligue et M5S se défendent aujourd’hui de toute volonté de sortir de l’euro, en utilisant les mini-BOTs. Pour le responsable de M5S, Luigi Di Maio, il s’agit juste d’une idée pour payer les arriérés dus par l’État. « Si c’est une proposition pour accélérer le paiement des dettes commerciales de l’administration publique, discutons-en », dit-il. Depuis la crise, de nombreuses PME accusent l’État de les avoir mises en difficulté, faute de payer à temps ses factures.Mais pour les détracteurs de ce projet, les mini-BOTs sont bien plus qu’un moyen de sécuriser la dette existante : ils constituent une menace de monnaie parallèle. Comment empêcher en fait que ces titres ne deviennent pas des titres de paiement pour les transactions courantes entre particuliers ?
Le risque de voir les mini-BOTs se transformer en une monnaie parallèle à l’euro est d’autant plus grand que la Ligue met tout en œuvre pour créer cette confusion. En début d’année, elle a fait adopter une disposition législative pour rappeler que l’or déposé à la Banque d’Italie appartient bien à l’État. Elle aimerait aussi donner aux titres émis l’aspect de billets, en reprenant certains modèles de la lire, ce qui confirmerait son statut de monnaie.
Insensiblement, le gouvernement italien est ainsi en train de mettre en place, à travers le Trésor public, les moyens pour créer une sorte de banque centrale autonome du système de l’euro, susceptible d’émettre sa propre monnaie et de la garantir. Dès lors, la BCE, qui est garante de l’émission et du contrôle de la monnaie, perdrait tout contrôle sur une partie des émissions en euros. Au risque de saper toute la crédibilité de la monnaie européenne.
Monnaie ou dette ?
Le deuxième risque, aux yeux des responsables européens, est que le gouvernement italien utilise les mini-BOTs pour s’affranchir de toute discipline budgétaire. Ces titres, préviennent-ils, ne pourraient être assimilés qu’à des instruments de dette et donc contribuer à la dette totale de l’Italie, déjà énorme : 133 % du PIB.
Surtout, insistent-ils, si les contribuables paient leurs impôts avec des mini-BOTs, cela ne pourrait que diminuer les revenus de l’État italien en euros et poser des questions sur sa capacité à honorer le service de sa dette à l’extérieur. Ce doute, à terme, risque de porter atteinte à la signature de l’Italie et plus généralement de la zone euro, voire de relancer une crise, préviennent-ils. Sur les marchés financiers, le spread (différence) entre les taux italiens et les taux allemands, qui servent de référence sur le marché obligataire de la zone euro, est déjà de plus de 2,5 %.
La défiance des responsables européens à l’égard du gouvernement italien est totale. Et les critiques fusent. « Quand nous examinons l’économie italienne, nous voyons les dommages causés par les choix politiques récents. Le chemin pour le redressement et la croissance italienne ne passe pas par dépenser plus quand il n’y a pas les marges de manœuvre financière pour le faire », dit Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne.
Pour la troisième fois depuis 2008, l’Italie est en récession. Faute d’activité et de rentrées suffisantes, l’État italien a le plus grand mal à tenir ses engagements budgétaires : le déficit pourrait atteindre 2,5 % au lieu des 2 % prévus, selon les calculs européens. Il y a quinze jours, la Commission européenne a engagé les premières étapes pour déclencher une nouvelle procédure pour déficit excessif contre Rome. Elle considère que le gouvernement ne prend pas les mesures suffisantes pour stabiliser sa situation économique et financière et réduire son endettement.
Le ministre italien des finances Giovanni Tria et le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno. © Reuters
Même si le premier ministre réaffirme sa volonté de s’en tenir strictement aux cadres imposés par la Commission européenne – il a menacé de démissionner la semaine dernière s’il ne parvenait pas à un accord gouvernemental sur ce point –, la Ligue conteste de plus en plus ouvertement les règles et les contraintes budgétaires imposées par Bruxelles. « Nous ne sommes pas la Grèce. Nous sommes des contributeurs nets au budget européen. Nous avons un excédent commercial, nous avons un budget primaire [avant service de la dette – ndlr] excédentaire. Nous ne demandons rien à personne. Et nous sommes en meilleure forme que la France », s’indigne Claudio Borghi, qui aimerait voir les mini-BOTs entrer en action au plus vite.
Alors que le ton est déjà monté très haut entre Rome et Bruxelles, il pourrait monter encore plus haut à partir de septembre, au moment des négociations sur le budget de 2020. La Ligue a déjà fait savoir qu’il était hors de question de respecter les règles européennes et d’appliquer des mesures d’austérité et de consolidation budgétaire alors que le pays est en pleine récession. « Je ne vais pas me suicider pour des règles imbéciles. Tant que le chômage n’est pas tombé à 5 %, nous avons le droit d’investir. Nous avons des régions où le chômage des jeunes est supérieur à 50 % », a déclaré Matteo Salvini devant un auditoire de la Ligue tout acquis à sa cause.
Le leader du parti d’extrême droite souhaite imposer dans le cadre du prochain budget une forte diminution des impôts, notamment pour les plus aisés, pour relancer l’activité. Cela pourrait peut-être à très court terme faire remonter la croissance italienne. Mais les effets de ces mesures retombent comme un soufflé, comme le prouve l’amnistie fiscale décrétée par Donald Trump. Dix-huit mois plus tard, il n’y a plus rien sauf des dettes supplémentaires. Les réductions fiscales pourraient coûter à l’Italie 1 % à 2 % d’endettement supplémentaire, selon de premières estimations.
Tout cela est impensable pour la Commission européenne. Pour elle, il faut s’en tenir aux règles, rien qu’aux règles. Mais derrière son opposition à la politique d’extrême droite de Matteo Salvini se cache aussi un déni à l’égard de l’Italie. À aucun moment, Bruxelles n’a voulu admettre les critiques et encore moins apporter le moindre remède à une construction de la zone euro mal faite qui s’est traduite par un effondrement économique de l’Italie.
Depuis son entrée dans l’euro, le pays stagne. Il n’a pas retrouvé aujourd’hui son niveau d’activité de 2007. Des régions entières dans le sud sont sinistrées. Son système bancaire est miné par les mauvaises créances et les impayés. Même s’il respecte nombre de règles européennes, comme celle portant sur le déficit budgétaire depuis 2005, il n’est pas parvenu à reconstituer les ressources suffisantes pour relancer son économie et diminuer son endettement.
Face à cette situation, l’Europe s’en est sortie jusqu’à présent en invoquant « l’irresponsabilité » italienne. Sans se poser la moindre question sur son action et ses conséquences. Car la montée en puissance de l’extrême droite et de Matteo Salvini se nourrit de ce terreau de désastre économique. De cela non plus, les responsables européens ne se sont pas excusés.
La situation est arrivée à un tel point de tension avec Rome que Bruxelles devrait cependant s’interroger sur les réponses à apporter à l’Italie. Car cette fois, l’Europe risque de ne pas pouvoir retenter un coup d’État larvé, comme elle l’a fait au sommet de Cannes de 2011 pour écarter Silvio Berlusconi du pouvoir. Cette fois, l’extrême droite italienne s’est dotée de moyens de riposte.
Car dans ce bras de fer, les mini-BOTs prennent l’allure d’une arme de dissuasion massive, tant leur charge représente un caractère détonant pour l’ensemble de la zone euro. « L’Union européenne devrait agir avec précaution […], le danger est que plus Salvini se trouve politiquement “cornérisé”, plus il risque de recourir à cet instrument. Et quand il le fera, la crise de l’Eurozone resurgira. Et cette fois, la BCE pourrait ne pas être capable de venir à la rescousse », avertit Wolfgang Münchau, éditorialiste du Financial Times.
L’enchaînement, qui pourrait conduire à une nouvelle crise, n’est pas assuré. Mais les risques sont bien là. À tout moment, l’Europe pourrait voir resurgir la crise qui n’a pas été traitée, mais seulement anesthésiée grâce à la politique monétaire de la BCE. Et cette fois, le danger est plus pressant. L’Italie n’est pas la Grèce : c’est la troisième puissance économique de l’Europe.
Martine Orange, Mediapart.
Jeudi Chouard #14, jeudi 13 juin 2019, avec François Bégaudeau
Ce soir, 13 juin 2019, c’est Jeudi Chouard #14 sur Sud radio, et cette fois, j’ai le vif plaisir, l’honneur, l’émotion, de recevoir François Bégaudeau.

J’aime lire et écouter cet homme : il pense.
Librement.
Je voudrais parler avec lui de son dernier livre, « Histoire de ta bêtise », plein de pépites, de phrases qui claquent et de bons sujets de conversation politique.
Je voudrais aussi creuser quelques points importants évoqués dans son entretien chez Thinkerview, passionnant lui aussi.
ThinkerView : François Bégaudeau : Gilets Jaunes, Populisme, Bourgeois :
Sud radio, les Incorrectibles : François Bégaudeau : « le bourgeois de gauche oublie qu’il est de gauche »
https://youtu.be/YcWsaNtRHX vidéo censurée
=> copie retrouvée sur le net (il est question de mon travail à partir de 26:18) :
J’aimerais parler avec François :
. du concept de « peuple », du « populisme »,
. de la gauche et de la droite,
. de l’intérêt général, de la volonté générale, de la loi, du législateur, du RIC,
. des communs et de leur gestion, d’Elinor Ostrom, de projets communs qui soient davantage qu’un « salmigondis unanimiste » (p. 82) 🙂
. de la nécessaire morale et des redoutables pharisiens (prêchant cruellement une morale qu’ils ne respectent pas eux-mêmes),
. des vertus de l’indignation,
. du rôle central de l’isoloir dans la liberté d’opiner (sans pression), du fait qu’une assemblée ne pense pas (Alain) et que, in fine, c’est chacun qui opine (co-décide) seul APRÈS avoir bien débattu,
. de l’impossibilité de décider sans vote,
. des « riches » et du « capital »,
. de la nécessité – ou pas – d’un État (sous contrôle populaire) pour établir un société anarchiste (authentiquement démocratique), de James C. Scott (Petit éloge de l’anarchisme),
. de la façon de penser contre soi par le jeu de bonnes institutions (une vraie mise en scène des conflits, une obligation à écouter nos pires ennemis avant de décider quoi que ce soit),
. de l’idée d’un processus constituant populaire pour protéger durablement les populations du monde contre l’arbitraire – et même contre le capitalisme…
. de Bernanos (La France contre les robots) et du Comité invisible (À nos amis)..
. du temps qui passe et de la lutte quotidienne, physique, pour arracher au capital du temps pour soi.…
. de la bêtise (?) et du cynisme (indifférence à la souffrance d’autrui),
. du « complotisme » et des étiquettes (personne n’aime être étiqueté),
. d’Henri Guillemin,
. du mérite et de la responsabilité,
. de l’école,
. de la société (fiction utile ?),
. du jansénisme,
. de Foucault, de sa détestation de « toute la tradition socialiste » (1977) et de son rôle conceptuel dans le néolibéralisme, scientisme ennemi de toute forme d’autorité politique (scientisme commun à l’URSS et à l’UE), rôle souligné par Alain Supiot (Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres),
. de l’apport de Deleuze dans la pensée (mystérieux pour moi),
. de l’importance d’être reconnu par ses pairs (Cf. Thorstein Veblen et la rivalité ostentatoire) et de ne pas être reconnu par les pauvres (p. 93),
. de l’identité, que François juge être « une fable » (p. 94), de l’utilité des fables 🙂 , de Régis Debray (Éloge des frontières),
. du mot d’ordre des bourgeois : « tout sauf les classes ! » (p. 95),
Je voudrais aussi lire des passages puissants de son livre.
Rien ne me ferait plus plaisir que de passer mon procès de l’élection au feu de son esprit critique.
J’ai particulièrement hâte d’y être.
Du fond du cœur, je remercie tout ceux qui comprennent le sens de mon travail et qui m’aident, un peu partout dans le pays et sur Internet, à résister à la domination.
Étienne.
Étienne Chouard : « Je ne suis évidemment pas négationniste, ni antisémite, les chambres à gaz sont une horreur absolue qui ont tué des foules d’innocents, toutes les erreurs, toutes les manipulations et toutes les idéologies de domination devraient pouvoir être publiquement contestées en toute liberté, la Shoah est une des pires atrocités de l’histoire humaine, et tout mon travail depuis 15 ans consiste précisément à élaborer ensemble des STRUCTURES d’origine populaire qui empêchent durablement que de tels crimes puissent se reproduire. »
J’ai toujours été (et j’ai toujours dit être) sur la ligne de Noam Chomsky, que j’admire en tous points :

Je ne suis évidemment pas négationniste, ni antisémite, les chambres à gaz sont une horreur absolue qui ont tué des foules d’innocents, toutes les erreurs, toutes les manipulations et toutes les idéologies de domination devraient pouvoir être publiquement contestées en toute liberté, la Shoah est une des pires atrocités de l’histoire humaine, et tout mon travail depuis 15 ans consiste précisément à élaborer ensemble des STRUCTURES d’origine populaire qui empêchent durablement que de tels crimes puissent se reproduire.
Je précise formellement ces pensées personnelles car le microcosme politicien et journalistique est en train de faire tourner en boucle quelques mots que j’ai osé dire à Denis Robert et Mathias Enthoven il y a quelques jours sur Le Média : « je ne sais pas », en les déformant et en les montant en épingle.
Je voudrais remercier Denis Robert et Mathias Enthoven qui m’ont offert ce jour-là une possibilité de m’expliquer publiquement sur les controverses qui circulent à mon sujet, et je souligne que je prends leur invitation et cet entretien comme des actes à la fois exigeants et non malveillants.
Je trouve que la plupart des commentaires sous la vidéo, qui s’indignent des conditions de l’entretien, sont des contresens : Denis et Mathias cherchent à comprendre honnêtement qui je suis, en se parlant à cœur ouvert, sans a priori.
Je dois bien reconnaître que je suis maladroit ; mais le lynchage médiatique qui s’organise subitement autour de ces maladresses ressemble plus à un règlement de comptes pour se débarrasser facilement d’un opposant politique qu’à une véritable indignation bien fondée.
En fait, je devrais carrément refuser de m’exprimer sur ces sujets, qui servent surtout aux puissants du moment à museler leurs opposants politiques.
Je propose d’en reparler (un peu) jeudi prochain sur Sud radio, avec Didier Maïsto et Élisabeth Lévy, et peut-être aussi avec François Bégaudeau.
[Edit – Voilà l’entretien en question :
Sud Radio ! Y a du peuple, Seul contre tous ! Etienne Chouard débat avec Elisabeth Lévy – 13/06/19
]
Étienne.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157210192657317
Quelques sources sur ce sujet, que je découvre et travaille, progressivement, depuis le jour de cette émission (28 mai) :
https://phdn.org/negation/index.html
https://www.youtube.com/watch?time_continue=757&v=8XALDqt2Qeg
Rendez-vous à BAYONNE le 10 juin : perspectives pratiques ouvertes — et travaillées un peu partout en France et dans d’autres pays — par les Citoyens constituants depuis 2005, puis par les Gilets jaunes constituants depuis le mois de décembre 2018
Rendez-vous à BAYONNE le 10 juin 🙂
• Rencontre sur quelques ronds-points dans la matinée,
• Ateliers constituants (sur les médias) l’après midi,
• Conf-débat le soir, sur les perspectives pratiques ouvertes — et travaillées un peu partout en France et dans d’autres pays — par les Citoyens constituants depuis 2005, puis par les Gilets jaunes constituants depuis le mois de décembre 2018 :
Événement FB : https://www.facebook.com/events/440288913463402/
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[Entretien TED historique, à ne pas oublier et à faire connaître partout] Julian Assange : pourquoi le monde a besoin de WikiLeaks
À écouter plusieurs fois, dont une fois le crayon à la main, pour apprécier, goûter, la pensée, l’action, le courage, la voix, le regard, le sourire, et finalement l’importance de ce journaliste exemplaire.
Penser à activer les sous-titres français, puis penser à les retirer pour se concentrer sur l’image et sur le son original)
Un nouveau VOYAGE À LONDRES (pour soutenir Julian) est prévu le 12 juin :
Fil Facebook correspondant à ce billet :
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Passionnante Monique Pinçon-Charlot sur Thinkerview : Casse sociale, le début ?
[RIC ETM EPNM] Jeudi Chouard #13, 6 juin 2019 : LÉGITIMITÉ vs LÉGALITÉ, et ÉTAT DES LIEUX sur le foisonnement d’initiatives locales, souvent Gilets jaunes, autour du RIC
Demain, 6 juin 2019, à 20 h, ce sera Jeudi Chouard #13 sur Sud radio, on va beaucoup parler du RIC (ETM en toutes matières et EPNM écrit par nous-mêmes), et ça va sans doute être passionnant.
[Edit : Voici les vidéos :
Y a du peuple, seul contre tous ! #13 (6÷6÷2019) Etienne Chouard avec Gil Mihaely :
1) Macron peut-il être réélu en 2022 ?
2) L’écologie est-elle compatible avec la mondialisation ? (1h) :
Jeudi Chouard #13 (6÷6÷2019) LÉGITIMITÉ des RIC SAUVAGES – État des lieux du foisonnement des initiatives locales « Gilets Jaunes Constituants » dans le pays (3h) :
]
Je recevrai d’abord Quentin Chardon, étudiant en 5ème année de droit que je trouve particulièrement efficace dans l’art d’expliquer (vous allez voir comme il est clair et convaincant), pour qu’il nous explique le concept essentiel de LÉGITIMITÉ, à bien distinguer, évidemment, de celui de LÉGALITÉ, et vous verrez son talent à choisir ses exemples… Je trouve ce jeune homme épatant 🙂
Et on appliquera ensuite ce concept de légitimité aux RICS SAUVAGES (qui se multiplient un peu partout), ainsi qu’à toutes les initiatives populaires qu’on détaillera pendant la soirée, mais aussi aux actions des élus, présidents et autres représentants.
Ensuite d’autres personnes vont enchaîner sur des descriptions des innombrables initiatives locales qui se multiplient autour du RIC : RIC sauvages (légitimes ou pas ?), projets de listes RIC pour les prochaines municipales un peu partout (surtout dans les toutes petites communes, plus facilement gagnables), etc.
Je recevrai donc Hakim Löwe, qui bosse depuis vingt ans sur la démocratie et sur l’intelligence collective, l’éducation populaire. Il fait beaucoup d’AG sur le RIC (on commence d’ailleurs à l’appeler « Monsieur RIC » 🙂 ). Il est bourré de talents pédagogiques et il fait souvent des ateliers, des exercices et des simulations en taille réelle… Il vient de fonder « Objectif RIC », https://objectif-ric.org/, et il va nous en parler.
Je recevrai aussi Mike TDi, un autre personnage ravigotant, qui, lui, bosse sur le projet « Culture RIC », https://culture-ric.fr/, et vous allez voir que ça décoiffe : il s’agit de regrouper et de décrire toutes les initiatives relatives au RIC dans le pays, c’est enthousiasmant.
J’espère que Daniel Vienne, celui qui, depuis début décembre, donne vie à de nombreuses idées pour promouvoir le RIC à partir de Saint-Clair-du-Rhône, voudra bien intervenir aussi, pour donner toutes les pistes d’actions, concrètes et prometteuses, qu’il imagine (et il en imagine tous les jours de nouvelles, il pétille d’idées sans arrêt 🙂 ).
Priscillia (Ludoski) sera là, elle aussi, pour questionner la légitimité de nombreuses actions qu’elle a eu à connaître autour des gilets jaunes.
Dominique Gaigne sera là également, fidèle au poste 🙂
Et Didier (Maïsto) sera demain soir avec nous, comme ange gardien de Sud radio 🙂
On sera huit en tout. C’est beaucoup. Je pense qu’il faudra que Didier, Priscillia et moi parlions moins que d’habitude 🙂 pour laisser de la place à tous ces méconnus connaisseurs du RIC.
Tout ça, j’en suis sûr, va donner la pèche à tout le monde (et aussi plein d’idées pratiques d’organisation), par le simple fait de savoir tout ce qu’inventent et mettent en place les Gilets jaunes (sans qu’aucun média mainstream n’en parle jamais, évidemment).
J’ai très hâte d’être à demain soir 🙂
Merci à tous pour tous vos vibrants messages, vous êtes vraiment très gentils ; vous me donnez beaucoup de force en restant unis et déterminés sur l’essentiel : il ne faut pas élire l’assemblée constituante, il faut que ce soit des simples citoyens qui écrivent (et défendent ensuite) la Constitution ; il faut que le processus constituant soit populaire, strictement.
Étienne.
PS : exceptionnellement, de 19 h à 20 h, je n’aurai pas comme contradicteur Régis ou Élisabeth (qui sont retenus), mais Gil Mahaely, co-fondateur de Causeur.
Voici maintenant quelques documents pour vous donner une idée du foisonnement dont on va parler demain :
OBJECTIF RIC
(présenté par Hakim)
Depuis la fin de l’année 2018, l’introduction dans notre système constitutionnel d’une procédure de référendum d’initiative citoyenne (RIC), parfois aussi appelée référendum d’initiative populaire, est d’actualité. Déjà institutionnalisée dans bien des pays d’Europe et d’ailleurs sous diverses modalités, cette procédure a été popularisée en France à l’aune du mouvement des « gilets jaunes ». Depuis, les sondages ont montré qu’une majorité des Françaises et Français s’estime favorable à son institutionnalisation, dépassant ainsi largement le soutien au mouvement des « gilets jaunes ».
Le projet « Objectif RIC » entend organiser la co-construction citoyenne d’une proposition d’objet législatif répondant à cette attente et adaptée au système politique français. Cette élaboration se veut démocratiquement exemplaire, contradictoire et transparente.
Elle se décomposera en trois étapes :
1/ des auditions exhaustives des analyses, des propositions et des prises de positions politiques quant au RIC ;
2/ des ateliers inclusifs et normés de co-construction de propositions :
3/ une votation finale de la proposition retenue.
« Objectif RIC » rassemble désormais plusieurs centaines de volontaires et organise d’ores-et-déjà la première phase de l’élaboration d’un RIC français.
CULTURE-RIC
https://culture-ric.fr/
(présenté par Mike TDi)
- Raison d’être
☞ Au préalable, définissons : « consensus » et « consentement »
– La recherche, dans chaque étape, le plus de « légitimité » et de « représentativité » comme fil conducteur non négociable.
- La méthode
☞ Au préalable définissons « les grands principes » et « les modalités »
En 1) Faisons l’inventaire de ce que doit être ou permettre le RIC et ce qu ‘il ne doit pas être ou ne pas permettre, et faisons la différence entre ses grands principes et ses modalités d’application.
En 2) Déterminons le processus d’un RIC, trouvons les grandes étapes et les sous étapes successives de la naissance d’une problématique à l’application de la décision prise par RIC.
En 3) Trouvons ces fameuses modalités d’application qui devront respecter l’avis des Français 1) et 2).
À cette étape, ce « cadre » dans lequel les propositions de RIC ont intérêt à rentrer le plus possible, remplacent potentiellement le cadre de la photo de Macron dans 80 % des Mairies…
En 4) Écrivons le projet de loi constitutionnelle et organique nécessaire pour que cela respecte 1), 2) et 3)
À cette Etape, le RIC écrit par nous-mêmes remplace la photo de Macron à l’Elysée.
En 5) Trouvons la solution pour instaurer le RIC Consenti par les citoyen(ne)s dans notre constitution. Introduction au Municipalisme (Daniel) ?
En 6) Inspirons les pays voisins avec le premier RIC démocratique.
- Les outils :
• Carte des ateliers citoyens, locaux + en ligne + ceux recensent des « copains » + éventuellement ceux voulant transmettre de l’info (en ligne ou localement)
• Agenda des agendas RIC ( conférences, réunions ateliers locales ou en lignes + divers )
• La biblio-RIC , tout ce que l’on trouve et que l’on a le temps de trier et classer autour du ric
• Les réseaux sociaux, Facebook, Discord (et NEXXO)
. Facebook page Culture-RIC (actuellement 1500 abonnés)
. Discord permet les réunions en ligne et le stockage thématisé de liens d’informations (pratique et performant mais pas accessible au plus grand nombre)
• Le SITE WEB qui est comme le RIC, à l’initiative des citoyens. et actuellement en construction
. site ouvert avec 20% de taux de remplissage d’infos (appel à compétences)
. Il coûte un temps de DINGUE ! (question de savoir si on veut aller plus vite ou plus pro etc) et de toute façon va falloir aider tsha tsha parce qu’elle se met en danger dans son taf là )
- Les perspectives :
« Créer c’est résister et résister c’est créer » CNR
• Outils de versionning (plateforme classique amelioré ou spécifique)
• Outils de votation numérique et vocal
• Tout ce que l’on n’a pas encore pensé mais que l’intelligence collective nous promet
CONCLUSION
L’image de la cocotte minute, le gouvernement a posé et fermé le couvercle, ce qui mécaniquement augmente la pression qui ne se voit pas mais se ressent toujours… On va l’entendre siffler et bientôt ça sentira bon partout dans la maison .
ACTUALITÉ DU RIC (juin 2019)
RÉCAPITULATIF DES INITIATIVES CITOYENNES AUTOUR DU RIC (élaboré par Leo Girod)
TABLEAU « TOUT SUR LE RIC » :
Attention, il y a SIX FEUILLES (onglets en bas du tableau ci-dessu). Ce tableau est d’une richesse inouïe. Merci Léo !!!
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Premier échange de vues avec Charles Gave (29 mai 2019)
https://youtu.be/9RlzyDMSBk4&feature=youtu.be
Cet échange m’a paru vraiment très court… 🙂
Hâte de recommencer, pour approfondir quelques sujets importants :
. Qui est légitime pour créer la monnaie, avec quels risques et avec quels effets ?
. À qui sert le libre-échange ?
. Quel est le bon rôle pour l’État en matière économique et financière ? Faut-il réguler les activités privées ou les déréguler ?
. Le « libéralisme » est-il bon pour tout le monde ? ou bien libéral pour quelques uns et esclavagiste pour le plus grand nombre ?
. Quand le chômage martyrise la société, faut-il mener des politiques de l’offre ou des politiques de la demande ?
. Faut-il abandonner aux experts (les prétendus « économistes ») la prise des décisions ?
Etc.
Après les élections européennes : entretien avec Coralie Delaume et Pierre Levy (Ruptures Presse)
Première émission du Point de Ruptures – Rôle des médias, vote écolo, souveraineté bafouée, etc. : le décryptage des européennes
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Notre régime actuel et les outils démocratiques possibles : rendez-vous à BAYONNE lundi prochain, 10 juin 2019
Rendez-vous à BAYONNE lundi prochain, 10 juin 2019
• Rencontre sur quelques ronds-points dans la matinée,
• Ateliers constituants (sur les médias) l’après midi,
• Conf-débat le soir, sur la critique citoyenne du « régime » actuel et sur les perspectives démocratiques ouvertes — et travaillées un peu partout en France et dans d’autres pays — par les Citoyens constituants depuis 2005, puis par les Gilets jaunes constituants depuis décembre 2018.
Hâte de vous y retrouver.
Ces déplacements permanents sont éreintants, évidemment, mais ils sont surtout passionnants et émouvants.
Sacrée tranche de vie, je peux vous dire…
Merci à vous tous qui donnez du temps et de l’énergie pour que le mouvement continue sans trop se diviser et en restant bien concentré sur l’essentiel.
Étienne.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157186674852317
Franck Lepage (mars 2019) : gilets jaunes, RIC écrit par nous-mêmes = institution subversive maximale, résistance radicale au capitalisme, lutte des classes, écologistes = opposition contrôlée, violences…
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://facebook.com/story.php?story_fbid=10157183303882317&id=600922316
Jeudi Chouard #12, 30 mai 2019 : FRANC CFA et GBAGBO – L’exemple africain pour comprendre quelques rouages importants de l’asservissement des peuples (et pour organiser la résistance partout sur terre) ; avec Nicolas AGBOHOU, Bernard HOUDIN et François MATTEI
Chers amis,
Comme vous le savez, je travaille depuis quinze ans principalement sur trois chantiers : la démocratie (nécessairement instituée par les peuples eux-mêmes), la monnaie (nécessairement sous contrôle citoyen) et l’Union européenne (prison marchande 2.0 dont il faudrait s’échapper au plus vite).
Ce sont les deux premiers chantiers (droit des peuples à décider d’eux-mêmes et asservissement par le contrôle de la monnaie – et par la dette) que je vous propose de travailler ce soir, avec deux grands scandales à l’étranger : le franc CFA, encore imposé par la France à 14 pays africains et le coup d’État français contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Vous allez voir que ces deux coups de force perpétrés à l’étranger, à l’aide d’une puissante corruption politicienne, poussent à réfléchir…
[Édit : voici la vidéo :
(2 juin) ÉC]
Ce soir, jeudi 30 mai 2019, à 20h, je recevrai sur Sud radio, en direct :
1) Nicolas AGBOHOU, qui a écrit « Le franc CFA et l’euro contre l’Afrique » (éditions Solidarité mondiale, sept. 2012) :

https://www.sangonet.com/Promoa/CFA–EuroAfri.html
Pour Jean ZIEGLER (écrivain et Professeur à l’Université de Genève en Suisse) :
» Nicolas AGBOHOU [docteur en économie politique] a écrit un livre de révolte, intelligent et puissant. Livre d’économiste d’abord. En homme de science, érudit et précis. L’auteur démontre le mécanisme de la répression monétaire des anciennes colonies de la France. Le maintien du Franc CFA, en d’autres termes : la camisole de force des pays africains enserrés dans la zone franc, est pour lui la première cause de la persistante misère, de l’humiliation permanente, du sous-développement devenu réalité minérale des pays d’Afrique francophone…
Nicolas AGBOHOU défend sa thèse avec un langage vif, tranché et une foule d’arguments logiques et d’énoncés pertinents. Il est le contraire de ces scientifiques désincarnés et mornes qui, usant de leur érudition, énoncent des évidences, puis éteignent la lumière et sortent du champ de bataille. AGBOHOU est Africain, passionnément. C’est un patriote continental. Un homme en révolte. Bref : un intellectuel engagé au service des luttes populaires et des lumières à venir.
AGBOHOU appelle donc à la renaissance, à la revitalisation des mémoires, à l’insurrection des consciences. Quelles humiliations ne subissent-ils pas, les Africaines et Africains de cette fin de millénaire !
Ce livre est nécessaire. Il faut le diffuser largement et le lire avec attention. »
2) Bernard HOUDIN qui a écrit « GBAGBO, un homme, un destin » (éditions Max Milo, déc. 2018) :

https://www.maxmilo.com/produit/gbagbo–un–homme–un–destin/
En 2000, à la surprise générale, l’opposant Laurent Gbagbo gagne les élections en Côte d’Ivoire, vitrine de la « Françafrique » depuis l’époque d’Houphouët-Boigny.
Cette victoire historique et démocratique ne va pas être « acceptée » par l’ex-puissance coloniale. Au prix d’une intervention militaire, le 11 avril 2011, Nicolas Sarkozy va installer au pouvoir Alassane Ouattara et orchestrer, avec Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), le transfert de Laurent Gbagbo à La Haye.Après sept ans de détention et trois ans de procès au cours duquel sont apparues au grand jour les manipulations et errances de la justice internationale, l’heure de la vérité a sonné. S’appuyant sur des documents confidentiels, en particulier entre les autorités françaises et la CPI, l’auteur franco-ivoirien retrace la vraie histoire de ce combat sans merci pour la souveraineté de la Côte d’Ivoire.
et 3) François MATTEI, qui a écrit, avec Laurent Gbagbo lui-même, « LIBRE, pour la vérité et la justice » (éditions Max Milo, nov. 2018)

https://www.maxmilo.com/produit/libre/
Chassé du pouvoir manu militari par l’armée française le 11 avril 2011, à l’issue de l’élection présidentielle contestée de novembre 2010 en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a été accusé de crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye le 5 décembre 2011.
Ce livre, écrit à partir de 2012, grâce à de très nombreuses visites et entretiens en prison, est le seul à avoir été réalisé avec la participation du président ivoirien pendant son incarcération et son procès.
Ce témoignage unique apparaît plus que jamais comme un document pour l’histoire, parce qu’il met en lumière les manipulations du scrutin de 2010, les connivences entre la France de Nicolas Sarkozy et la CPI pour se débarrasser de Laurent Gbagbo, jusqu’aux montages et manœuvres dilatoires qui ont entaché « le Gbagbogate ».
À l’occasion de nouvelles rencontres avec François Mattei, Laurent Gbagbo revient sur ses sept années de prison, en donne le sens et dévoile sa vision de l’avenir. Celle, quoi qu’il arrive, d’un homme libre.
Pour vous préparer à cette soirée, je vous propose de voir les quelques documents suivants :
- ITV (août 2017) de Nicolas Agbohou sur Africa 24 :
- ITV (fév 2019) de Bernard Houdin sur TV5 Monde Afrique :
https://afrique.tv5monde.com/videos/magazines/et-si-vous-me-disiez-toute-la-verite/season-2018–2019/episode-21–2
- ITV (fin mai 2019) de Bernard Houdin par Michel Collon (passionnant) :
- ITV (janv 2019) de Bernard Houdin sur L’Opinion :
https://youtu.be/4lzL3ztR8wc
- ITV radio de Bernard Houdin sur Abidjan TV :
- ITV (janv 2019) de Francois Mattei sur Sputnik :
- ITV passionnante (janv 2019) de Francois Mattei par Bercoff sur Sud radio :
https://youtu.be/ClyFe_wIc38
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https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157175467317317
DÉMOCRATIE DIRECTE OU RIC ? : rendez-vous à TOULOUSE le 9 juin au Parc des Expositions, avec Christian Laurut

https://www.facebook.com/events/897498767309181/
Ça va être une très chouette rencontre 🙂
Étienne.
Voir aussi Démocratie directe : avantages et inconvénients
⚠ INSCRIPTION nécessaire en ligne sur HelloAsso : frama.link/npUfBDFF
Le nombre de place est limité, ATTENTION ⚠
Les « VRAIS DÉBATS citoyens » des #Giletsjaunes présentent « VERS LA DÉMOCRATIE… » 📣
✅ Dimanche 9 juin de 10H à 19H.
✅ HALL 8 Parc des Expositions à #Toulouse, métro Palais de Justice
✅ Buvette et restauration sur place. Vegans bienvenus.
⏱ 10H00 : Accueil : LA DÉMOCRATIE EN QUESTION
🔸 LE RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) par Etienne Chouard
🔸 LA DÉMOCRATIE DIRECTE par Christian Laurut
🔸 QUESTIONS DU PUBLIC AUX INTERVENANTS
⏱ 12H30 : Pause repas
⏱ 13H45 : Reprise. STRATÉGIE DE CHANGEMENT DE RÉGIME POLITIQUE & PROCESSUS CONSTITUANT,
🔸DÉBAT E. Chouard / C. Laurut / AVEC LE PUBLIC.
🔸 VOTATION SYMBOLIQUE au sujet du REFERENDUM CONSTITUTIONNEL (Approuvez-vous que les citoyens écrivent eux-même la constitution)
🔸 ATELIER CONSTITUANT
⏱ 18H30 : Conclusion et fin.
#GJ #France #YellowVests #Giletjaune #Démocratie
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Première partie :
Deuxième partie :
Ateliers constituants l’après-midi :

![[ABUS DE POUVOIR MÉDICAL] « PFIZER PAPERS, Les crimes de Pfizer contre l’humanité », un livre-enquête important de Naomi Wolf et 3 250 experts coordonnés par Amy Kelly](https://www.chouard.org/wp-content/uploads/2025/06/Vignette-r-pfizer-papers.jpg)


















