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NEXUS : Les 25 ans ! La Grande Soirée de Conférences du 5 sept 2025 à Paris (L’INTÉGRALE)

On a eu la chance de vivre une belle soi­rée, ce 5 sep­tembre der­nier, pour le 25e anni­ver­saire de Nexus. Voi­ci la vidéo de toute le soi­rée : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​o​T​P​C​1​D​l​o​ajU Des­crip­tion de la vidéo : Une nuit pas comme les autres… Revi­vez notre incroyable soi­rée des 25 ans de Nexus qui a fait salle comble le 5 sep­tembre 2025 ! Un Véri­table Suc­cès ! Plus de 800 per­sonnes se sont réunies pour célé­brer avec nous un quart de siècle d’indépendance de l’in­for­ma­tion, d’idées libres, de…

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Rdz-vs à l’Université d’été rassemblante 2025, les 13 et 14 septembre dans les environs de Castres (Tarn)

Rdz-vs à l’Université d’été rassemblante 2025, les 13 et 14 septembre dans les environs de Castres (Tarn)

Chers amis, Je vous invite à nous rejoindre les 13 et 14 sep­tembre 2025, autour de Castres, lors d’un évé­ne­ment qui va être à la fois agréable, utile et impor­tant : Le site de l’é­vé­ne­ment, pour s’in­for­mer et pour s’ins­crire : https://​uer2025​.fr/ Le pro­gramme : https://​uer2025​.fr/​p​r​o​g​r​a​mme Pré­sen­ta­tion (sur le site) : Célé­brons, ensemble, nos belles valeurs d’in­té­gri­té, de cou­rage, d’hu­ma­ni­té et de soli­da­ri­té ! Vous vou­lez en être ? Ins­cri­vez-vous main­te­nant ! Pour­quoi m’ins­crire MAINTENANT ?1)…

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[ABUS DE POUVOIR MÉDICAL] « PFIZER PAPERS, Les crimes de Pfizer contre l’humanité », un livre-enquête important de Naomi Wolf et 3 250 experts coordonnés par Amy Kelly

[ABUS DE POUVOIR MÉDICAL] « PFIZER PAPERS, Les crimes de Pfizer contre l’humanité », un livre-enquête important de Naomi Wolf et 3 250 experts coordonnés par Amy Kelly

Chers amis, Je suis en train de lire un livre impor­tant, impres­sion­nant, révol­tant, vou­lu par Nao­mi Wolf et réa­li­sé avec 3 250 experts de War­Room et Dai­ly­Clout coor­don­nés par Amy Kel­ly pour lire, com­prendre et vul­ga­ri­ser les 450 000 pages de docu­ments que Pfi­zer a four­nis à la FDA pour obte­nir l’au­to­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché (AMM) de leur poi­son fal­la­cieu­se­ment nom­mé « vac­cin COVID ». https://​www​.edi​tions​mar​co​piet​teur​.com/​3​9​3​-​p​f​i​z​e​r​-​p​a​p​e​r​s​.​h​tml Pour­sui­vie en jus­tice par l’a­vo­cat Aaron Siri,…

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For­mat grille – For­mat articles complets

[Courageusement] invité par Denis Robert sur Le Média TV mardi 21 mai 2019 : élections européennes, gilets jaunes, RIC et règles de la représentation

La semaine qui a pré­cé­dé https://​you​tu​.be/​z​M​t​m​Z​Q​4​l​b2g (celle dont 3 minutes ont été copieu­se­ment mon­tées en épingle et défor­mées par les acteurs mains­tream du sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire — acteurs qui me tapent des­sus depuis dix ans et qui ont sim­ple­ment pro­fi­té d’une nou­velle mal­adresse pour redou­bler leurs coups, tout ça pour évi­ter à tout prix de débattre loya­le­ment sur le fond des sujets les plus impor­tants), la semaine pré­cé­dente, donc, Denis Robert m’a­vait gen­ti­ment – et cou­ra­geu­se­ment – invi­té sur Le Média TV, le mar­di 21 mai 2019, pour évo­quer les gilets jaunes et les élec­tions euro­péennes. Voi­ci l’é­mis­sion com­plète (que j’a­vais oublié de vous signa­ler à l’époque) :

• Ma pre­mière inter­ven­tion est à la min 1h26’45  : l’UE est un outil de dépos­ses­sion poli­tique abso­lue, qui nous conduit comme d’ha­bi­tude à élire plu­tôt qu’à voter, mais en éloi­gnant encore davan­tage (et pour tou­jours) les repré­sen­tants des repré­sen­tés ; les pro­fes­sion­nels de la poli­tique nous privent de toute pos­si­bi­li­té de déci­der quoi que ce soit ; il fau­drait dis­tin­guer les deux mots voter (= déci­der) et élire (= renon­cer à voter = contraire de la démo­cra­tie = mise à l’é­cart du peuple depuis l’o­ri­gine en 1789 avec Sieyes) ; notre vieux sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire natio­nal est encore ren­for­cé (et gra­ve­ment) en deve­nant inter­na­tio­nal (euro­péen) ; par­ti­cu­la­ri­té remar­quable — his­to­rique ! — des gilets jaunes qui deviennent consti­tuants, qui écrivent eux-même le RIC qu’ils veulent ; ce n’est pas aux repré­sen­tants d’é­crire les règles de la repré­sen­ta­tion : c’est aux aux repré­sen­tés, qui sont les seuls à être à la fois aptes et légi­times pour écrire la constitution…

• Et sur­tout, ma 2ème inter­ven­tion à la minute 1h49’50 : j’in­ter­pelle face à face un dépu­té, Renaud Muse­lier, en déplo­rant que ces grands pri­vi­lé­giés détruisent une à une toutes les pro­tec­tions sociales sans souf­frir eux-mêmes des plaies qu’ils infligent au corps social et en toute impu­ni­té (sans que leurs vic­times, mal repré­sen­tées, aient la moindre ins­ti­tu­tion pour résis­ter aux mau­vais coups de leurs représentants).

Ce serait bien, peut-être, d’i­so­ler ces deux pas­sages dans une vidéo spéciale.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10157412239722317&id=600922316&preview_rid=10157417597517317


[Édit : cer­tains com­men­taires entre­tiennent un res­sen­ti­ment (contre Denis) que j’es­time être un contre­sens. Je reco­pie ci-des­­sous une expli­ca­tion que j’ai rédi­gée pour Sigo­lene mais qui devrait aider d’autres per­sonnes à com­prendre mon point de vue : 

« Chère Sigolene,

Je dis des choses impor­tantes dans cette vidéo (grâce au cou­rage de Denis, qui a bra­vé l’in­ter­dit de me don­ner la parole mal­gré les menaces des anti­­fa-natiques), et ori­gi­nales : ce n’est pas tous les matins qu’on est en face d’un élu qu’on peut inter­pe­ler, en direct, avec du temps et du calme. Je l’ai inter­pe­lé sur son salaire obs­cène, sur ses pri­vi­lèges révol­tants, sur sa scan­da­leuse impu­ni­té après avoir com­mis le crime anti­so­cial de la dés­in­dexa­tion des retraites, je lui ai signa­lé la muta­tion for­mi­dable – his­to­rique – des gilets jaunes en citoyens consti­tuants (écri­vant d’ores et déjà, un peu par­tout dans le pays, le RIC qu’ils veulent EUX et le salaire des élus qui devrait être égal au salaire médian des électeurs)… 

Le spec­tacle public de cette inter­pel­la­tion (d’un repré­sen­tant par un repré­sen­té, qui conteste jus­qu’à sa légi­ti­mi­té), nous le devons au cou­rage de Denis (et ce n’é­tait qu’un début). 

C’é­tait AVANT le 10 juin et on voit bien la bien­veillance de Denis. Arrê­tez de lui col­ler une res­pon­sa­bi­li­té qui n’est pas la sienne : ceux qui me tapent des­sus (par der­rière et à plu­sieurs, sans me per­mettre de me défendre : Libé­ra­tion, Les Inrocks, L’Obs et tous les com­plices du sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire) sont les vrais affreux (ça fait dix ans qu’ils me tapent des­sus aus­si mal­hon­nê­te­ment ; ils tapent sim­ple­ment plus fort que jamais, tou­jours pour se dis­pen­ser d’un débat de fond loyal qu’ils craignent plus que tout, mais rien n’a chan­gé sur le fond ; c’est une varia­tion d’in­ten­si­té), affeux qui ont exploi­té mal­hon­nê­te­ment MA maladresse. 

Denis est un type bien.

Étienne. »]

[GILETS JAUNES – Passionnant et important] Comprendre la situation au Venezuela (et en Amérique Latine) avec Romain Migus

Chers amis,

Je vais vous par­ler d’un jeune homme épa­tant, enthou­sias­mant, important.

Il s’ap­pelle Romain Migus et c’est un des meilleurs connais­seurs du Vene­zue­la que je connaisse. Son blog est une source d’in­for­ma­tions pré­cieuse pour contre­dire et inva­li­der les men­songes quo­ti­diens de la presse fran­çaise (toute entière ven­due aux ultra-riches) sur le Venezuela.

Les ana­lyses de Romain sont sou­vent reprises sur le site Le Grand Soir, que je consi­dère comme un des cinq ou six meilleurs sites d’in­for­ma­tion en France (avec Les Crises, RT France, Le Saker fran­co­phone, Inves­tig’Ac­tion et le CADTM, notamment).

Je vais regrou­per dans ce billet quelques perles récentes de Romain. Vous allez voir comme c’est exci­tant et stimulant :


• D’a­bord, ce for­mi­dable entre­tien de Romain avec Blan­ca Eekhout, Ministre des Com­munes, sur l’or­ga­ni­sa­tion de la démo­cra­tie véné­zué­lienne — en com­pa­rai­son (pour l’ins­tant), la France peut rou­gir de honte pour sa nul­li­té crasse en matière démocratique :

Interview de Blanca Eekhout, ministre des Communes de la République Bolivarienne du Venezuela

https://​www​.romain​mi​gus​.info/​2​0​1​9​/​0​6​/​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​p​a​r​t​i​c​i​p​a​t​i​v​e​–​a​u​.​h​tml

Depuis l’étranger, le Vene­zue­la est sou­vent dépeint comme une dic­ta­ture, où le chef de l’Etat, Nico­las Madu­ro, règne­rait de manière auto­ri­taire et vio­lente sans prendre en compte les aspi­ra­tions popu­laires. Cette des­crip­tion se heurte pour­tant à une réa­li­té qu’il est impos­sible de nier : le cha­visme et le pré­sident Madu­ro pos­sèdent le sou­tien d’une par­tie non négli­geable de la popu­la­tion véné­zué­lienne. La pro­pa­gande du sys­tème média­tique [fran­çais] ne per­met donc pas de répondre à la ques­tion : Pourquoi ?

Un des élé­ments de réponse est à cher­cher du coté de la démo­cra­tie directe et par­ti­ci­pa­tive implan­tée au Vene­zue­la depuis l’avènement d’Hugo Chá­vez au pou­voir. Cet aspect cen­tral de la Révo­lu­tion Boli­va­rienne est sys­té­ma­ti­que­ment nié par le sys­tème média­tique. Les luttes du Peuple véné­zué­lien au sein du sys­tème de Conseils com­mu­naux et des Com­munes socia­listes sont invi­si­bi­li­sés. Nous sommes donc allés inter­vie­wer Blan­ca Eekhout, ministre des Com­munes afin qu’elle explique au lec­teur fran­co­phone l’originalité et la robus­tesse de la démo­cra­tie vénézuélienne. 

Blan­ca est une mili­tante sociale de la pre­mière heure, elle a été la fon­da­trice de nom­breux médias asso­cia­tifs comme Catia Tv, et est deve­nu la pre­mière pré­si­dente de la chaine publique ViVe TV, puis de VTV. Élu dépu­tée en 2010, elle devien­dra vice-pré­­si­­dente de l’Assemblée natio­nale de 2011 à 2015.  Cette jeune femme, qui a consa­cré sa vie à la lutte sociale et à l’approfondissement de la démo­cra­tie dans son pays, a occu­pé plu­sieurs postes de la haute fonc­tion publique. Elle a été Ministre de la Com­mu­ni­ca­tion et de l’Information (2009−2010), Ministre de la Femme et de l’Égalité des genres (2016−2018). Elle est aujourd’hui Ministre des Com­munes depuis sep­tembre 2018. 

Le Minis­tère des Com­munes est situé dans le centre de Cara­cas dans un immeuble où furent relo­gés plu­sieurs ven­deurs ambu­lants, il y a quelques années. Il appa­rais­sait logique que ce minis­tère cen­tral déserte les quar­tiers admi­nis­tra­tifs tra­di­tion­nels pour s’implanter aux côtés du Peuple. La ministre nous rece­vra dans son modeste bureau où trône côte à côte un por­trait d’Hugo Chá­vez et de Jose­fa Came­jo, une héroïne de la guerre d’indépendance du Vene­zue­la : bon résu­mé ico­no­gra­phique du par­cours poli­tique de notre interlocutrice. 

Pen­dant que Blan­ca répon­dait avec fougue et pas­sion à mes ques­tions, je pen­sais aux reven­di­ca­tions des Gilets jaunes fran­çais, expri­mées à plu­sieurs mil­liers de kilo­mètres de Cara­cas. En cause ? Les thèmes évo­qués par la ministre véné­zué­lienne : l’Assemblée Consti­tuante et la mobi­li­sa­tion popu­laire pour écrire la nou­velle Charte suprême, les moda­li­tés du réfé­ren­dum révo­ca­toire pour tous les élus, la force des conseils com­mu­naux et des com­munes —où toutes les déci­sions sont prises lors d’Assemblées géné­rales—, la néces­si­té d’inventer de nou­velles formes de pro­prié­té pour déve­lop­per le pays. Les paroles de Blan­ca Eekhout fusent comme une rafale de AK47, chaque balle est un concept qui fait écho aux pré­oc­cu­pa­tions poli­tiques expri­mées sur les ronds-points de France. 

L’autre son de cloche que vous pou­vez lire ci-des­­sous témoigne de l’extraordinaire viva­ci­té démo­cra­tique du Vene­zue­la, qui marque la colonne ver­té­brale du pro­jet poli­tique de la Révo­lu­tion boli­va­rienne. On com­prend mieux alors la ter­rible vio­lence poli­tique et média­tique qui s’abat contre ce Peuple. La démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive véné­zué­lienne doit être abso­lu­ment balayée pour enrayer le risque de voir fleu­rir 1, 2, 3 Blan­ca. Pour que ce modèle ne donne pas d’idées à d’autres et ne menace pas le sys­tème poli­tique encore domi­nant… pour l’instant.  


Avec Blan­ca Eeckout, Cara­cas 2019. 

Romain Migus Quelles sont les racines de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive au Vene­zue­la ? Com­ment s’est construit le modèle démo­cra­tique de la Révo­lu­tion Bolivarienne ? 

Blan­ca Eekhout : Il faut com­men­cer par le début de notre mou­ve­ment poli­tique, ou en tout cas par la prise de pou­voir par le Com­man­dant Chá­vez. Sa pre­mière action du gou­ver­ne­ment fut de convo­quer un pro­ces­sus natio­nal consti­tuant. Hugo Chá­vez a appe­lé le Peuple à refon­der notre Répu­blique. Avant cela, tout notre cadre juri­dique était déter­mi­né par le pou­voir en place, par les oli­gar­chies mais aus­si par la dépen­dance his­to­rique héri­tée de notre his­toire colo­niale. Donc, refon­der notre Répu­blique a impli­qué de chan­ger de charte suprême, mais le plus impor­tant était de savoir qui allait par­ti­ci­per à ce débat. La pre­mière action a donc consis­té à convo­quer un réfé­ren­dum pour mettre en place ce pro­ces­sus consti­tuant. Ce fait poli­tique extra­or­di­naire avait pour racine his­to­rique le Congrès d’Angostura, réa­li­sé sous l’égide de notre Libé­ra­teur Simon Boli­var, en 1819 (1). Boli­var don­ne­ra un dis­cours his­to­rique lors de ce congrès et rap­pel­le­ra notam­ment : « Heu­reux le citoyen qui invoque et convoque son peuple, consulte la volon­té du sou­ve­rain ». C’est pour cette rai­son qu’au Vene­zue­la, à par­tir de 1999, une fois que la nou­velle consti­tu­tion est approu­vée, notre démo­cra­tie est deve­nue par­ti­ci­pa­tive et « protagonique ».

R.M : Excuse-moi de t’interrompre, mais pour­­rais-tu expli­quer à nos lec­teurs com­ment se sont orga­ni­sés les comi­tés consti­tuants ? Com­ment s’est dérou­lé le débat au sein de la popu­la­tion pour nour­rir de pro­jets cette Assem­blée Natio­nale Constituante ?

B.E : D’abord, il y a eu une élec­tion natio­nale pour choi­sir nos repré­sen­tants : il y avait des indi­gènes, des tra­vailleurs et tra­vailleuses, les femmes en tant que mou­ve­ment, les pêcheurs, les pay­sans, toutes les forces sociales, ceux qui étaient invi­sibles, ceux qui n’avaient jamais été consul­tés sur le des­tin de leur patrie ni sur les lois qui régis­saient leur vie. Mais la véri­table consul­ta­tion a été réa­li­sée lors d’assemblées de rue. On a créé dif­fé­rents méca­nismes par les­quels on sys­té­ma­ti­sait les pro­po­si­tions ; des camions recueillaient les pro­po­si­tions à tra­vers tout le ter­ri­toire natio­nal. Les mou­ve­ments ini­tiaux, ceux du mou­ve­ment ouvrier, pay­san, par­ti­ci­paient par des lettres de pro­po­si­tions et de requêtes historiques.

Ce fut une consul­ta­tion natio­nale très, très large et com­plète car le modèle duquel nous vou­lions sor­tir avait eu comme objec­tif l’application des mesures néo­li­bé­rales dic­tées par le FMI et la Banque Mon­diale. Ceci avait pro­vo­qué une réponse forte de la part du peuple qui était des­cen­du dans la rue en 1989. Cet évé­ne­ment, que nous appe­lons le Cara­ca­zo avait été répri­mé de façon très vio­lente. Toutes les demandes qui s’étaient expri­mées en réac­tion contre le modèle néo­li­bé­ral ont fini par se trou­ver recueillies dans le pro­ces­sus consti­tuant, en tant que demande de la Répu­blique, pour garan­tir le droit à la Sécu­ri­té Sociale, la réaf­fir­ma­tion de notre droit à l’éducation gra­tuite, à la san­té gra­tuite, à la redis­tri­bu­tion des reve­nus, à la recon­nais­sance des droits indi­gènes, etc.

Au début, nous avions une révolte natio­nale mais nous n’avions pas encore un déve­lop­pe­ment des mou­ve­ments sociaux suf­fi­sam­ment orga­ni­sé. C’est la convo­ca­tion du pré­sident à une Assem­blée Natio­nale Consti­tuante qui fait que nombre de ces mou­ve­ments se regroupent comme force natio­nale. On recon­naît alors, par exemple, la com­mu­ni­ca­tion comme un droit de l’homme ; pour la pre­mière fois, les médias alter­na­tifs com­mencent à occu­per l’espace hert­zien alors que dans le vieux modèle pré­cé­dent, ceux-ci étaient consi­dé­rés comme illé­gaux, pirates, et étaient sanc­tion­nés. Nous avons mis en marche un pro­ces­sus de révi­sion de la ques­tion pétro­lière, ain­si que de la ques­tion agraire pour face à toutes ces pra­tiques ter­ribles de sac­cage de la terre par les grands pro­prié­taires ; c’est pour cela que le mou­ve­ment pay­san avance à par­tir du pro­ces­sus consti­tuant. Ce pro­ces­sus a été une impul­sion pour que se déve­loppent, se conso­lident et se ren­forcent les dif­fé­rents mou­ve­ments sociaux dans notre pays.


« Nous sommes un Peuple consti­tuant et souverain » 

R.M : On peut dire que le pro­ces­sus consti­tuant marque le départ d’une nou­velle démo­cra­tie. En quoi est-elle dif­fé­rente de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive dans laquelle vit la majo­ri­té des peuples du monde ?

B.E : En pre­mier lieu, nous, nous avons inno­vé en ce qui concerne l’exercice per­ma­nent du pou­voir et de la non-délé­­ga­­tion de la volon­té. C’est-à-dire que pour le peuple véné­zué­lien, notre sou­ve­rai­ne­té réside dans le peuple, elle ne peut pas être délé­guée. C’est pour cela que nous dépas­sons le modèle de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive dans lequel tous les cinq ou six ans, selon les élec­tions, le peuple finit par délé­guer à un autre son droit de sou­ve­rai­ne­té. Dans le cas du Vene­zue­la, il ne peut pas être délé­gué même si nous réaf­fir­mons l’élection directe et uni­ver­selle. Nous avons d’ailleurs, au Vene­zue­la, bat­tu des records, car nous avons eu 25 pro­ces­sus élec­to­raux. Nous avons inclus lors de notre Consti­tuante, la pos­si­bi­li­té pour les citoyens d’organiser des réfé­ren­dum révo­ca­toire à mi-man­­dat pour tous les élus. Nous avons été le pre­mier pays à faire un réfé­ren­dum révo­ca­toire pour le pré­sident de la Répu­blique. Nous avons orga­ni­sé un réfé­ren­dum révo­ca­toire au pré­sident Cha­vez ; et il a été confir­mé dans ses fonctions.

Mais, au Vene­zue­la, je disais que l’exercice de la démo­cra­tie et de la par­ti­ci­pa­tion n’est pas déli­mi­té par des élec­tions au terme d’un quin­quen­nat ou sex­ten­nat. D’abord, nous élar­gis­sons les pou­voirs. Des trois pou­voirs tra­di­tion­nels en démo­cra­tie (exé­cu­tif, légis­la­tif et judi­ciaire), nous en avons rajou­té deux : le pou­voir élec­to­ral et le pou­voir moral. Le pou­voir élec­to­ral est deve­nu un pou­voir avec suf­fi­sam­ment de force et d’autonomie pour garan­tir des élec­tions libres, directes, trans­pa­rentes, tota­le­ment auto­ma­ti­sées(2). Quant au pou­voir moral, il traite tout ce qui a à voir avec la défense du peuple (3), la fis­ca­li­té ; il est deve­nu un pou­voir impor­tant à l’intérieur de la République.

En plus de cela, nous avons éta­bli quelque chose de plus impor­tant et de nou­veau, c’est le ren­for­ce­ment du pou­voir popu­laire. Le pou­voir popu­laire, c’est l’exercice per­ma­nent de l’autogouvernement sur le ter­ri­toire. Nous avons approu­vé des lois pour orga­ni­ser ce pou­voir popu­laire, et qui déter­minent l’organisation, le déve­lop­pe­ment éco­no­mique de tout ce qui est ce modèle de trans­fert d’attributions poli­tiques, de ges­tions de res­sources éco­no­miques. C’est ce qui nous donne aujourd’hui une force dans le pays.

R.M : Avant de s’attaquer à l’expérience des com­munes, on va déjà par­ler des conseils com­mu­naux. La pre­mière loi de Conseil com­mu­nal a été votée en 2006  et, je crois qu’il y a eu de nom­breuses modi­fi­ca­tions pour l’adapter peu à peu à la réa­li­té concrète. Ceci démontre  aus­si que le Vene­zue­la est en train d’inventer un nou­veau sys­tème et qu’au début en tout cas, il a tâton­né. On va poser une ques­tion basique, mais essen­tiel pour nos lec­teurs qui ne savent rien ou presque du modèle de démo­cra­tie véné­zué­lienne : qu’est-ce qu’un conseil com­mu­nal ? En quoi consiste-t-il ?

B.E : La loi des Conseils Com­mu­naux garan­tit l’exercice, à tous les niveaux ter­ri­to­riaux de nos com­mu­nau­tés de voi­si­nage, à tous les citoyens d’un ter­ri­toire, de se réunir en Assem­blée citoyenne. Ils décident des pro­ces­sus d’actions au cours d’une prise de parole géné­rale. Grâce à des élec­tions directes, lors des assem­blées ter­ri­to­riales, il est déci­dé par l’Assemblée géné­rale de qui est à la tête des pro­jets, des comi­tés, et de la mise en marche des poli­tiques publiques sur le ter­ri­toire. Nous avons éga­le­ment une loi pour orga­ni­ser l’économie popu­laire, nous avons les lois qui régissent l’organisation des com­munes, ain­si que des lois de com­mu­ni­ca­tion qui relèvent éga­le­ment du pou­voir populaire.

R.M : Qui décide du rayon d’action du Conseil Com­mu­nal ? Par qui va-t-il être com­po­sé ? Quelle est la rela­tion avec l’Etat et les éche­lons admi­nis­tra­tifs de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive qui conti­nuent d’exister ?

B.E : Au sein du Conseil com­mu­nal, les gens décident, en Assem­blée de l’espace ter­ri­to­rial qui va déli­mi­ter l’action de leur conseil.  Les citoyens doivent être dis­po­sés à se regrou­per volon­tai­re­ment en fonc­tion de la déli­mi­ta­tion géo­gra­phique de leur ter­ri­toire. Il y a des conseils com­mu­naux beau­coup plus petits, il y en a de plus grands ; s’ils se consti­tuent dans les zones urba­ni­sées, la popu­la­tion se concentre dans un immeuble, et cela peut dépendre de l’urbanisme. Dans les immeubles d’un même quar­tier, il peut y avoir deux ou même trois conseils com­mu­naux. L’assemblée de citoyens décide éga­le­ment de la capa­ci­té d’organisation. Pour nous, l’as­sem­blée citoyenne est l’instance de déli­bé­ra­tion la plus impor­tante ; c’est ce qu’il y a écrit dans l’article 20 de notre loi des Conseils Com­mu­naux (4). Elle est aus­si l’organe de déci­sion pour l’exercice du pou­voir des com­mu­nau­tés de voi­si­nage : la par­ti­ci­pa­tion et le pro­ta­go­nisme popu­laire. Les déci­sions du conseil com­mu­nal doivent s’appliquer de manière obli­ga­toire. Le conseil com­mu­nal est recon­nu par toutes les autres auto­ri­tés qu’elles soient muni­ci­pales ou régio­nales. Les conseils com­mu­naux dans une com­mu­nau­té pay­sanne peuvent être consti­tués par un plus petit nombre de familles en rai­son de l’immensité de l’espace et de la faible concen­tra­tion de popu­la­tion. Ain­si, les assem­blées de citoyens éta­blissent eux-mêmes la déli­mi­ta­tion de leur espace territorial.

R.M : Com­ment les gens s’organisent-ils au sein du Conseil communal ? 

B.E : Dans le Conseil com­mu­nal, il y a des comi­tés de san­té, d’éducation, de culture, d’alimentation, de com­mu­ni­ca­tion popu­laire, il y a aus­si un comi­té de d’équité et d’égalité entre les genres, et bien d’autres comi­tés en fonc­tion de la réa­li­té de la vie sur le ter­ri­toire du Conseil com­mu­nal. Mais il y a éga­le­ment un comi­té qui se charge de la ques­tion de l’économie et un autre qui se charge de la sécu­ri­té. Par sécu­ri­té nous n’entendons pas seule­ment la sécu­ri­té inter-per­­son­­nelle, mais aus­si la sécu­ri­té et la défense inté­grale de notre ter­ri­toire qui est constam­ment mena­cé par une inva­sion étrangère.

R.M : Com­bien de conseils com­mu­naux y a‑t‑il sur tout le ter­ri­toire vénézuélien ? 

B.E : En ce moment, il y en a 47.834. Cela repré­sente l’équivalent de 14 mil­lions de personnes.

R.M : Cet appro­fon­dis­se­ment de la démo­cra­tie directe et du pou­voir popu­laire vous a ame­né à recon­si­dé­rer le thème de la pro­prié­té (de la terre et des moyens de pro­duc­tions). Com­ment ces deux thèmes s’articulent-ils ? Pour­quoi, aux cotés de la pro­prié­té pri­vé ou publique avez-vous dû inclure la pro­prié­té sociale directe et indi­recte ? Com­ment s’interconnectent l’économie popu­laire et le pou­voir populaire ?

B.E : Les uni­tés de pro­duc­tion fami­liale, nombre d’entre elles sont éga­le­ment dis­cu­tées en assem­blée citoyenne. Le déve­lop­pe­ment d’une uni­té de pro­duc­tion fami­liale, une Entre­prise de Pro­duc­tion Sociale, nombres de réa­li­sa­tions de ce type naissent dans le débat lors de l’assemblée de citoyens. En ce moment, nous sommes encore en train de tra­vailler pour ampli­fier les types de pro­prié­té, non seule­ment les types d’organisation de pro­prié­té sociale mais aus­si les types de pro­prié­té indi­vi­duelle, fami­liale qui existent dans la com­mune et se mettent au ser­vice de la com­mune. Nous avons encore beau­coup à faire en ce qui concerne le déve­lop­pe­ment d’un modèle éco­no­mique com­mu­nal, d’un cir­cuit éco­no­mique communal.

Les ini­tia­tives et les expé­riences de quelques com­munes sont extra­or­di­naires, mais nous ne sommes pas encore par­ve­nus à une arti­cu­la­tion totale. Nous avons des sys­tèmes de mon­naie ou de banque com­mu­nale qui existent, mais le déve­lop­pe­ment est inégal. Il y a des com­munes qui ont réus­si à dépas­ser les attentes même de ce que per­met­tait la capa­ci­té pro­duc­tive et d’autres qui ne sont pas par­ve­nues à s’articuler au niveau éco­no­mique et conti­nuent d’être des expé­riences iso­lées. Aujourd’hui, nous fai­sons un tra­vail impor­tant pour sys­té­ma­ti­ser la pro­prié­té sociale et col­lec­tive. Nous nous ins­pi­rons aus­si des conseils pay­sans qui ne fonc­tionnent pas tous selon la pro­prié­té sociale. Les pay­sans ont la pro­prié­té de leur terre, pro­prié­té indi­vi­duelle ou fami­liale, et néan­moins, à par­tir d’expérience coopé­ra­tives, ils finissent par se ras­sem­bler pour que s’ajoute toute la pro­duc­tion d’une com­mune à un effort col­lec­tif bien que la pro­prié­té soit diver­si­fiée. Les méca­nismes et les types de pro­prié­té sont diver­si­fiés sur le ter­ri­toire com­mu­nal et nous affron­tons un défi énorme qui consiste à garan­tir que tout per­mette l’autogestion, l’autonomie ali­men­taire et le ren­for­ce­ment éco­no­mique sur le territoire.

R.M : Venons-en à la Com­mune. Qu’appelez-vous une Com­mune au Vene­zue­la ? Com­ment expli­­que­­rais-tu à une per­sonne qui ignore tout de ce pro­ces­sus poli­tique de pre­mier ordre, ce qu’est une com­mune et com­ment fonc­­tionne-t-elle ? Quelle est la rela­tion de la Com­mune avec les Conseils communaux ?

B.E : Peut-être que la pre­mière chose serait de dire qu’il s’agit d’un regrou­pe­ment de conseils com­mu­naux mais c’est beau­coup plus que cela. L’idée est que toutes les forces et les mou­ve­ments pré­sents sur un ter­ri­toire forment une com­mune.  En plus des Conseils com­mu­naux, on trouve dans la Com­mune les conseils de jeu­nesse, les conseils pay­sans, les Conseils de pro­duc­tion des tra­vailleurs ; tout ce qui fait la vie poli­tique et éco­no­mique d’un ter­ri­toire vient for­mer la com­mune.  Les dif­fé­rents comi­tés qui forment un conseil com­mu­nal ont ensuite un porte-parole, qui, dans la com­mune, par­ti­cipe aux ins­tances d’autogouvernement. Un porte-parole de chaque conseil com­mu­nal siège au par­le­ment de la com­mune. L’idée est que cela consti­tue un sys­tème d’agrégation et déter­mine une nou­velle géo­mé­trie du pou­voir. L’objectif est qu’à un moment don­né, ce modèle com­mu­nal dépasse les struc­tures héri­tées de notre vieil état, où le modèle admi­nis­tra­tif est basé sur la mai­rie, ou le gou­ver­ne­ment régio­nal. Ces struc­tures qui nous viennent de la colo­ni­sa­tion sont très liées au vieux modèle de démo­cra­tie repré­sen­ta­tive. Elles ne relèvent pas du sys­tème per­ma­nent et direct d’autogouvernement du peuple sur un ter­ri­toire qu’il a lui-même déci­dé. Aujourd’hui au Vene­zue­la, il existe 3078 com­munes de ce type. Dans la com­mune et le conseil com­mu­nal, l’assemblée de citoyens est l’instance supé­rieure, rai­son pour laquelle elle per­met une démo­cra­tie per­ma­nente qui ne peut être délé­guée. C’est une démo­cra­tie pleine, elle est par­ti­ci­pa­tive, protagonique.

R.M : Quelle est la rela­tion entre cet État com­mu­nal qui prend forme et les struc­tures tra­di­tion­nelles de l’État vénézuélien ?

B.E : Les vieilles struc­tures de l’État, les mai­ries, les conseils muni­ci­paux, les gou­ver­ne­ments régio­naux, conti­nuent d’avoir un rôle. Nous les avons main­te­nus, nous les avons réno­vés, nous conti­nuons d’organiser des élec­tions — que le cha­visme vient de gagner, d’ailleurs — mais nous croyons que, si le pou­voir réside dans le peuple, l’exercice de démo­cra­tie par ce sou­ve­rain qu’est le peuple doit être per­ma­nent, et le déve­lop­pe­ment de poli­tiques publiques doit être éga­le­ment entre les mains du peuple. C’est pour­quoi, pour nous, le pou­voir de la com­mune et du conseil com­mu­nal consti­tue la base de ce que doit être le nou­vel État, un État véri­ta­ble­ment popu­laire, un État qui rompt avec la bureau­cra­tie, avec l’héritage de ce modèle de fausse démo­cra­tie bour­geoise et repré­sen­ta­tive. Nous sommes dans un pro­ces­sus d’invention per­ma­nente avec des erreurs et des réus­sites mais nous essayons de construire un autre modèle. Nous ne pou­vons être pro­ta­go­nistes de notre pro­ces­sus poli­tique qu’en le fai­sant, qu’en nous ren­con­trant, qu’en débat­tant, qu’en le dis­cu­tant dans le même temps où nous sommes un acteur pro­ta­go­nique de ce changement.


Assem­blée géné­rale pour élire l’au­to­gou­ver­ne­ment de la Com­mune Simon Boli­var dans l’E­tat rural d’A­pure (pho­to : Caro­li­na Cruz) 

R.M : Si le Conseil com­mu­nal dépend en par­tie des ins­tances admi­nis­tra­tives locales ou natio­nales pour finan­cer ses pro­jets, la Com­mune entend être véri­ta­ble­ment auto­nome. Qu’en est-il de l’é­co­no­mie communale ?

B.E : La com­mune a son mode de fonc­tion­ne­ment propre mais elle intègre les ini­tia­tives de l’Etat cen­tral comme la créa­tion de comi­té pour la pro­tec­tion sociale ou le Car­net de la Patrie (5). Elle se charge aus­si de nou­velles tâches. A cause de la guerre que nous subis­sons, les Comi­tés locaux d’approvisionnement et de pro­duc­tion (CLAP) ont été créés et se chargent de la dis­tri­bu­tion directe de l’alimentation dans la Com­mune, mai­son par mai­son (5).

Il faut que la Com­mune soit auto­suf­fi­sante dans le temps, et qu’elle ait les capa­ci­tés de pro­duire dans tous les sec­teurs : agri­cole, tou­ris­tique et même dans l’industrie com­mu­nale car nous avons déve­lop­pé, grâce à l’investissement de l’État, des pro­ces­sus indus­triels com­mu­naux qui garan­tissent tant l’approvisionnement au niveau de la com­mune que l’échange et l’apport au niveau natio­nal. Le déve­lop­pe­ment éco­no­mique de la com­mune est un élé­ment fon­da­men­tal pour qu’une com­mune soit une com­mune. Dans ces temps de guerre, la pro­duc­tion est une impé­rieuse néces­si­té. Mais il y a aus­si des pro­ces­sus dif­fé­ren­ciés : la capa­ci­té de pro­duc­tion n’est pas la même dans une zone urba­ni­sée que dans une com­mu­nau­té rurale.

R.M : Évi­dem­ment.

B.E : Néan­moins, dans les com­munes urbaines, nous avons des bou­lan­ge­ries com­mu­nales, des pota­gers com­mu­naux, les gens com­mencent sur­tout à déve­lop­per l’activité tex­tile et nous avons obte­nu, qu’à l’intérieur d’une com­mune urbaine, il existe des bri­gades de pro­duc­tion aux­quelles l’Etat a attri­bué des terres pour qu’ils pro­duisent dans des zones rurales et rap­portent les pro­duits en zone urbaine.

R.M : Quel est le lien entre l’État, le Minis­tère des Com­munes, dont tu es la plus haute repré­sen­tante, et les com­munes elles-mêmes ? C’est-à-dire entre cet État héri­té mais éga­le­ment néces­saire pour appli­quer une macro-poli­­tique, et les forces popu­laires organisées ?

B.E : Le Minis­tère des Com­munes pro­meut l’organisation de la Com­mune, il faci­lite les méca­nismes pour qu’elle soit légale, pour qu’elle s’organise, pour que l’on forme les citoyens et citoyennes et qu’ils puissent se consti­tuer en conseils com­mu­naux puis en com­mune. Ain­si, l’une des prin­ci­pales tâches est de pro­mou­voir l’organisation du peuple pour qu’il par­vienne à éta­blir ses propres méca­nismes d’autogouvernement. L’un des élé­ments éga­le­ment impor­tant, c’est la for­ma­tion. D’une part, dans le pro­ces­sus de pro­duc­tion et d’autre part dans la mise en marche des poli­tiques sur le ter­ri­toire, des poli­tiques publiques qui se font au niveau de la com­mune. Nous sou­te­nons de fait tous les lea­der­ships nais­sants pour que se consti­tuent des Communes.

Mais, il y a un autre élé­ment qui repré­sente une tâche impor­tante pour nous en tant que minis­tère. Il nous faut per­mettre l’articulation natio­nale de toutes les com­munes. Le com­man­dant Chá­vez disait qu’une com­mune iso­lée pou­vait même être contre-révo­­lu­­tion­­naire. La seule façon pour qu’elle soit révo­lu­tion­naire, pro­fon­dé­ment démo­cra­tique et trans­for­ma­trice, c’est qu’il y ait un tis­su social com­mu­nal, qu’il y ait une véri­table arti­cu­la­tion entre toutes les com­munes. Nous favo­ri­sons l’organisation de Congrès et de ren­contres entre les com­munes. Lors d’une récente ren­contre natio­nale que nous avons orga­ni­sé, a sur­git l’idée de la créa­tion d’une Uni­ver­si­té des Com­munes. Ou plu­tôt devrais-je dire d’une Mul­ti­ver­si­té plu­tôt qu’Université. Tout ce tra­vail de mise en rela­tion dépend du Minis­tère. Celui-ci apporte, lorsque cela est néces­saire, des res­sources pour le déve­lop­pe­ment d’initiatives de pro­duc­tion, des semences pour l’agriculture, des outils, des machines.

Mais l’organisation des com­munes ne peut rele­ver exclu­si­ve­ment de la res­pon­sa­bi­li­té du Minis­tère des Com­munes. Il existe un tel niveau de déve­lop­pe­ment des forces com­mu­nales qu’elles-mêmes sont et doivent être pro­mo­trices de la créa­tion d’autres com­munes, et orga­ni­sa­trices de ce grand mou­ve­ment com­mu­nal natio­nal. Nous sommes donc dans une phase de trans­fert de pou­voir et d’attributions que détient le Minis­tère aux com­munes. Pour l’organisation du ter­ri­toire, l’un des méca­nismes est : « la com­mune sème d’autres com­munes ». Une com­mune pion­nière, entre­pre­nante qui s’est déve­lop­pée de façon impor­tante éco­no­mi­que­ment, socia­le­ment et au niveau poli­tique devient un fac­teur mul­ti­pli­ca­teur des com­munes à par­tir de son fonctionnement.


La ministre des Com­munes Blan­ca Eeck­hout lors d’un échange avec les comu­ne­ros 

R.M : Quels sont vos pro­chains défis politiques ?

B.E : Nous pen­sons que l’exercice per­ma­nent de la démo­cra­tie est plus que jamais néces­saire. C’est pour­quoi, il nous faut accé­lé­rer le trans­fert de nou­velles attri­bu­tions au mou­ve­ment com­mu­nal. Nous sommes actuel­le­ment dans une phase d’organisation d’élections pour garan­tir le renou­vel­le­ment des lea­der­ships, et le ren­for­ce­ment des assem­blées citoyennes. Et nous orga­ni­sons ceci dans un scé­na­rio com­plexe, à cause de toutes les menaces et les attaques contre notre pays, ain­si que la guerre éco­no­mique qui s’abat contre le Venezuela.

R.M : Der­nière ques­tion, quelle est l’importance du thème de la démo­cra­tie pour la  Révo­lu­tion Boli­va­rienne au Venezuela ? 

B.E : La Révo­lu­tion boli­va­rienne au Vene­zue­la existe parce qu’il y a un peuple orga­ni­sé qui exerce le pou­voir. Sans cela, nous n’aurions pas pu sup­por­ter les ter­ribles attaques dont nous sommes vic­times depuis vingt ans. On nous a appli­qué toutes les doc­trines de guerre pour trans­for­mer le Vene­zue­la en un État voyou, failli, nous vivons sous la menace per­ma­nente de coups d’état et d’une inter­ven­tion mili­taire. Dans ces cir­cons­tances, dans les moments les plus dif­fi­ciles, la Révo­lu­tion a tou­jours convo­qué le peuple sou­ve­rain, comme ce fut le cas encore lors du pro­ces­sus consti­tuant que nous avons ini­tié en 2017.

Cette année là, alors que nous affron­tions depuis plu­sieurs semaines un épi­sode insur­rec­tion­nel qui pou­vait pro­vo­quer une guerre civile dans le pays, le pré­sident Nico­las Madu­ro a déci­dé de consul­ter le peuple, et de convo­quer de nou­veau une Assem­blée Consti­tuante. Ce pro­ces­sus a été encore plus démo­cra­tique que celui que nous avons fait en 1999 car le pro­ces­sus d’élections a été ter­ri­to­rial et par sec­teurs de la popu­la­tion. Nous avons choi­si de façon directe nos propres porte-paroles pour les per­sonnes âgées, pour les per­sonnes pré­sen­tant un han­di­cap, pour les pay­sans, pour les pêcheurs, pour la jeu­nesse, pour les tra­vailleurs, pour les com­munes, pour toutes les forces vives de notre pays. Il y a des repré­sen­tants de tous les sec­teurs dans notre Assem­blée Natio­nale Constituante.

Actuel­le­ment, il y a un débat sur tout, ouvert, achar­né, mais ce qui était fon­da­men­tal pour aller à cette Assem­blée Natio­nale Consti­tuante, ce fut de cher­cher la paix. Ce qui démontre que la démo­cra­tie apporte la paix, la vraie démo­cra­tie, celle qui ne réduit pas la volon­té du peuple, qui n’est pas la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive. La démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive et pro­ta­go­nique est une garan­tie de paix et c’est la garan­tie d’une Patrie. Dans les moments les plus dif­fi­ciles, notre pré­sident Nico­las Madu­ro, de même que le Com­man­dant Cha­vez avant lui, a constam­ment appe­lé au dia­logue, à la négo­cia­tion, à écou­ter les autres, et il a assu­mé au sein de ce dia­logue des enga­ge­ments énormes, comme réno­ver tous les pou­voirs au beau milieu d’une guerre.

En 2017 et 2018, au milieu de la guerre éco­no­mique (6), de la guerre ter­ro­riste, de la ten­ta­tive de guerre civile (7), nous avons convo­qué un pro­ces­sus consti­tuant et nous avons gagné. La voix du peuple est la voix de Dieu, elle s’est mani­fes­tée et nous avons retrou­vé la paix le len­de­main de l’élection des dépu­tés consti­tuants. Puis, nous avons convo­qué des élec­tions muni­ci­pales et régio­nales et enfin une élec­tion pré­si­den­tielle, et nous avons gagné. Je crois que, dif­fi­ci­le­ment, en plein état de siège, en situa­tion de blo­cus, un gou­ver­ne­ment se sou­met à autant d’élections comme nous l’avons fait. C’est la confiance du peuple, c’est l’exercice direct et réel de la volon­té du peuple de vivre en démo­cra­tie et d’avoir la paix. Devant toutes les menaces de la bar­ba­rie fas­ciste, je ne crois pas qu’il existe d’autres façons de garan­tir notre révo­lu­tion, si ce n’est par une démo­cra­tie totale. Parce que, ain­si, c’est le peuple entier qui est concer­né et qui s’unit pour la défendre.

C’est cela un peuple en mou­ve­ment. Et pour être en mou­ve­ment, il doit être pro­ta­go­niste de son des­tin. Il ne peut être un « invi­té de pierre ». C’est pour­quoi, mal­gré les men­songes média­tiques, mal­gré le fait que des mil­lions d’hommes et de femmes ont été ren­du com­plè­te­ment invi­sibles, ils conti­nuent de défendre cette révo­lu­tion. Si nous résis­tons et que nous conti­nuons d’avancer, c’est parce que le peuple est un véri­table acteur poli­tique, parce que cette démo­cra­tie est une vraie démocratie.


Extrait de notre ren­contre avec Blan­ca Eekhout (en français)

Cette inter­view serait sûre­ment encore un fichier .mp3 dis­si­mu­lé dans un des nom­breux dos­siers de mon ordi­na­teur sans l’aide pré­cieuse et admi­rable de Syl­vie Car­ras­co qui nous a aidé à la trans­crire et à la tra­duire. Qu’elle en soit mille fois remerciée. 

Notes ajou­tées par nous :

(1)  Convo­qué par Simon Boli­var le 15 février 1819 dans la ville d’Angostura (actuelle Ciu­dad Boli­var) au Vene­zue­la, cette Assem­blée consti­tuante avait pour but d’organiser admi­nis­tra­ti­ve­ment et légis­la­ti­ve­ment les ter­ri­toires libé­rés de l’Empire espa­gnol ou en passe de l’être.

(2)  Pour connaître com­ment fonc­tionne le pou­voir élec­to­ral, et le sys­tème élec­to­ral véné­zué­lien, lire Romain Migus, « Tout com­prendre à la nou­velle offen­sive contre le Vene­zue­la », Vene­zue­la en Vivo, 09/01/2018, https://​www​.romain​mi​gus​.info/​2​0​1​9​/​0​1​/​t​o​u​t​–​c​o​m​p​r​e​n​d​r​e​–​s​u​r​–​l​a​–​n​o​u​v​e​l​l​e​.​h​tml

(3)  Le défen­seur du Peuple est une figure équi­va­lente au Défen­seur des droits, en France.

(4)  « Ley Orga­ni­ca de los Conse­jos Comu­nales », publié au jour­nal offi­ciel nº39.335, 28/12/2009, dis­po­nible sur http://www.minci.gob.ve/wp-content/uploads/downloads/2012/11/LEY-CONSEJOS-COMUNALES‑6–11–2012-WEB.pdf

(5)  Pour com­prendre le sys­tème du Car­net de la Patrie ou des CLAP, lire Romain Migus, « Entre mesures d’ur­gence et construc­tion de l’E­tat. Chro­niques d’en bas nº4 », Vene­zue­la en Vivo, 02/08/2018,

https://​www​.romain​mi​gus​.info/​2​0​1​8​/​0​8​/​e​n​t​r​e​–​m​e​s​u​r​e​s​–​d​u​r​g​e​n​c​e​–​e​t​–​c​o​n​s​t​r​u​c​t​i​o​n​.​h​tml

(6)  Pour se rendre compte de la féro­ci­té de la guerre éco­no­mique contre le Vene­zue­la, lire Romain Migus, « Chro­no­lo­gie actua­li­sée des sanc­tions éco­no­miques contre le Vene­zue­la », Vene­zue­la en Vivohttps://​www​.romain​mi​gus​.info/​2​0​1​9​/​0​1​/​c​h​r​o​n​o​l​o​g​i​e​–​d​e​s​–​s​a​n​c​t​i​o​n​s​–​e​c​o​n​o​m​i​q​u​e​s​.​h​tml

(7)  Lire Mau­rice Lemoine, Chro­nique d’une désta­bi­li­sa­tion, Mon­treuil : éd. Le Temps des Cerises, 2019.

 

 

Source : https://​www​.romain​mi​gus​.info/​2​0​1​9​/​0​6​/​l​a​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​–​p​a​r​t​i​c​i​p​a​t​i​v​e​–​a​u​.​h​tml



• Ensuite, je vous signale ce tout récent entre­tien, pas­sion­nant et impor­tant, de Romain Migus avec Vincent Lapierre (lui aus­si un connais­seur du Vene­zue­la), expo­sé à écou­ter le crayon à la main pour mieux fixer les noms et les dates :

Comprendre la situation au Venezuela



• Ensuite, cet entre­tien de Romain avec l’ex­cellent Michel Col­lon (Inves­tig’Ac­tion) :

Qu’est-ce que les Gilets Jaunes en ont à foutre du Venezuela ?



GILETS JAUNES ET AMÉRIQUE LATINE


https://​www​.face​book​.com/​m​i​g​u​s​r​o​m​a​i​n​/​p​o​s​t​s​/​1​2​9​8​8​6​8​8​5​3​5​9​6​563

*Texte tra­duit par Clau­dia Karlinsky

1. Le PIB de la ville de Bue­nos Aires repré­sente 25% du PIB natio­nal ; Ka Nation 13–08–20022.Ana Maria Fer­nan­dez, “ El mar en una botel­la ”, publié par la revue “ El cam­po gru­pal ” AÑO4, n°32-Marzo 2002, Bue­nos Aires,

3. Pour voir une ana­lyse minu­tieuse par rap­port aux années quatre-vingt-dix en Amé­rique Latine voir Brie­ger, Pedro : “ De la déca­da per­di­da a la déca­da del mito neo­li­be­ral ”.In La glo­ba­li­za­cion eco­­no­­mi­­co-fiann­­cie­­ra. Su impac­to en Amé­ri­ca Lati­na (AAVV) Ed. CLASCO5.Clarin, 10 juin 1999

6. Cla­rin, 23 novembre 2001

7. Cla­rin, 17 décembre 1999

8. Ariel Ogan­do : Deso­cu­pa­dos y cortes de ruta en el noroeste argen­ti­no ”. in Revis­ta Her­ra­mien­ta n°15. Bue­nos Aires, Automne 2001

9. Voir Tony Flores. De la culpa a la auto­ges­tion. Un recor­ri­do del movi­mien­to de Tra­ba­ja­dores Deso­cu­pas de La Matan­za. MTD Edi­to­ra, Bue­nos Aires, décembre 2002.

10. Voir le tra­vail de Nico­la Inigo Car­re­ra et Maria Cel­la Cota­re­lo “ Clase y pro­tes­ta social en la Argen­ti­na de los “ 90 ”. Agen­cia Way­ru­ro, 26 juin 2001.

11. “ Una inves­ti­ga­cion de la UBA sobre las fabri­cas recu­pe­ra­das por sus obre­ros ” in Pagi­na 12, 5 jan­vier 2003

12. Pour com­prendre en pro­fon­deur le phé­no­mène des “ nou­veaux pauvres ” voir l’excellent tra­vail d’Alberto Minu­jin et Gabriel Kess­ler “ La nue­va pobre­za en la Argen­ti­na. ” Bue­nos Aires. Ed Pla­ne­ta, 1995

13. Voir Pedro Brie­ger “ Tes­ti­mo­nio de una pue­bla­da ”, in El GRANO DE ARENA n° 120, 26/12/2001

14. Voir Emi­lio Cafas­si : Olla a pre­sion (cace­ro­la­zos, piquetes y asam­bleas sobre fue­go argen­ti­no. Univ. De Bue­nos Aires, avril 2002, Pgs 79–82

15. Avant De la Rua, les pré­si­dents sui­vants sont tom­bés suite à des mobi­li­sa­tions popu­laires : Fer­nan­do Col­lor de Mel­ho au Bré­sil, en décembre 1992, Car­los Andrés Per­ez au Véné­zue­la en mai 1993, Abda­la Buca­ram en Equa­teur en février 1997, Raul Cubas Grau au Para­guay en Mars 1999, Jamil Mahuad en Equa­teur en jan­vier 2000 et Alber­to Fuji­mo­ri au Pérou en novembre 2000.

16. Ale­jan­dro Horo­wicz, dans Oscar Caram ‘que se vaya todo’, Manuel Sua­rez Edi­tor, Bue­nos Aires 2002, pag. 22.

17. Pagina/12, 20 jan­vier 2001

18. Asu­ce­na , Assem­blée d’Almagro ; in Oscar Caram, opus cité page 30

19. S’il est vrai que l’essor de ces assem­blées semble la consé­quence du ras le bol public face aux conduites peu dignes de confiance de la classe poli­tique, l’on doit tenir compte du fait que de tels méca­nismes de déli­bé­ra­tion popu­laire ren­ferment un dan­ger, de par leur nature, on peut les rap­pro­cher de l’inquiétant modèle de déci­sion des “ soviets ”, (La Nacion , 14 fdé­vrier 2002)

20. Denis et Joelle Chas­sin : Pour com­prendre la crise argen­tine. Ins­ti­tut d’études poliitques. Strasbourg.Janvier 2003, pag. 186

21. Pol­lo (pseu­do­nyme) “ Para mili­tantes y mili­ta­dos ”, 13 février 2002, in www. Indy​me​dia​.org 5e22.Modesto Emi­lio Guer­re­ro : “ Emer­gen­cia y desa­fios de las asam­bleas bar­riales ”, Revis­ta Her­ra­mien­ta N°19, Automne 2002, Bue­nos Aires.“

23. Modes­to Emi­lio Guer­re­ro ; “ Emer­gen­cia y desa­fios de las asam­bleas bar­riales ”, Revis­ta Her­ra­mien­ta N° 19, Automne 2002, Bue­nos Aires, Argentine.

24. Julie­ta Mira y Car­los Jua­rez Alda­za­bal “ Cultu­ra y poli­ti­ca en un bar­rio : La tra­ma de la Asam­blea de Paler­mo Vie­jo ”. Sou­te­nance pré­sen­tée aux Vèmes jour­nées de socio­lo­gie de la UBA, novembre 2002

26. Gus­ta­vo Vera, Asam­blea Popu­lar 20 décembre, Parc Avel­la­ne­da ; in Oscar Caram, Opus.Cité page 80

27. Entre­vue avec Ani­bal Qui­ja­no, Bue­nos Aires, Juillet 2002.

28. Cris­ti­na Fei­joo et Lucio Salas Oroño ; “ Las asam­bleas y el movi­mien­to social ”. In qué son las Asam­bleas popu­lares. Ed. Continente/Pena Lil­lo ; Bue­nos Aires 2002..Pag.2429. Entre­vue avec Toty Flores, jan­vier 2003.30. Entre­vue avec Sil­va­no Vil­la­gra, jan­vier 2003.

Source : https://​www​.romain​mi​gus​.info/​2​0​1​9​/​0​5​/​p​e​d​r​o​–​b​r​i​e​g​e​r​–​l​e​s​–​a​s​s​e​m​b​l​e​e​s​–​d​e​–​v​o​i​s​i​n​s​.​h​tml


Michel Collon résume son livre (important) : « les 7 péchés d’Hugo Chavez » :


https://​www​.legrand​soir​.info/​l​e​s​–​7​–​p​e​c​h​e​s​–​d​–​h​u​g​o​–​c​h​a​v​e​z​.​h​tml


Voi­ci aus­si un débat très inté­res­sant sur le Vene­zue­la, sur RT France avec Fré­dé­ric Tad­déi, en jan­vier 2019, où Romain Migus est accom­pa­gné de Mau­rice Lemoine (une autre réfé­rence abso­lue pour com­prendre l’A­mé­rique Latine, de mon point de vue) pour contrer les erreurs de Renaud Girard et Gabriel Giménez-Roche :

Interdit d’interdire : La crise vénézuélienne : le débat


Il faut aus­si signa­ler une pas­sion­nante série d’ar­ticles de Romain pour com­prendre la guerre qui vient contre le Venezuela :

Com­prendre la Guerre qui vient 

Romain Migus : « La guerre contre le Vene­zue­la a déjà com­men­cé. Mais une offen­sive d’envergure est en train de se pré­pa­rer contre le pays cari­béen, que seule la capi­tu­la­tion totale, ou la dis­pa­ri­tion du camp boli­va­rien, pour­raient endi­guer. Comme ces options ne sont pas à l’ordre du jour, le conflit mili­taire contre le Vene­zue­la prend chaque jour un peu plus forme.

Com­ment com­prendre la guerre qui s’annonce ? Quels seront les acteurs impli­qués dans ce conflit ? Quelles seront les stra­té­gies mises en place pour dévas­ter le pays ? Dans cette ana­lyse en cinq par­ties, nous ten­te­rons d’apporter des élé­ments de réponse pour que nos lec­teurs com­prennent toutes les dimen­sions d’un affron­te­ment qui paraît inéluctable. »

1ère par­tie : Le rôle des Etats-Unis et de leurs alliés (22÷05÷2019). Lire l’ar­ticle
2ème par­tie : Consti­tu­tion d’une armée paral­lèle (03÷06÷2019). Lire l’ar­ticle
3ème par­tie : Les com­bat­tants véné­zué­liens (déser­teurs, civils et cri­mi­nels) (07÷06÷2019). Lire l’ar­ticle 
4ème par­tie : Les élé­ments étran­gers (mer­ce­naires, para­mi­li­taires et forces spé­ciales) (11÷06÷2019) Lire l’ar­ticle
5ème par­tie : La stra­té­gie d’a­gres­sion contre le Vene­zue­la. (19÷06÷2019). Lire l’ar­ticle


Tout ça est pas­sion­nant, je trouve, très proche des pré­oc­cu­pa­tions des gilets jaunes consti­tuants fran­çais, très utile pour tenir bon et pour progresser.

Bon tra­vail à tous pour décou­vrir tout ça.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​3​2​5​4​4​1​3​2​7​317

[Moment rare] Interdit d’interdire : Olivier Berruyer et Jean-Michel Aphatie – Information ou propagande ?

Un échange raris­sime, et inté­res­sant, sur RT (for­cé­ment) (puisque c’est presque le der­nier grand média libre du pays) : 

On y parle des vio­lences poli­cières très mal cou­vertes par les gens comme Apa­thie, des cri­tiques de l’UE et de l’eu­ro pas cou­vertes non plus par Apa­thie et ses com­plices, de plu­ra­lisme de la presse en dan­ger, du fléau de la traque gou­ver­ne­men­tale aux oppo­sants via les der­nières lois comme celle sur les « fake news », et de la dérive auto­ri­taire du régime Macron sous l’œil indif­fé­rent de des pré­ten­dus « jour­na­listes » (inca­pables de dire du mal de Big Bro­ther Macron et des ravages qu’il cause au pays).

On y parle d’As­sange, de son empri­son­ne­ment pour avoir révé­lé des choses vraies, des pro­tes­ta­tions de l’O­NU et des ONG contre les mau­vais trai­te­ments qu’on lui inflige, et du silence de la presse fran­çaise sur ce point (avec la tech­nique fourbe de la page 27) : je trouve scan­da­leux le mépris assu­mé d’A­pa­thie pour la tor­ture du jour­na­liste Julian Assange ; au moins, ici, c’est prou­vé. Il y a des gens à qui le qua­li­fi­ca­tif d’enne­mi du peuple va comme un gant (de fer).

On y parle aus­si du RIC, outil démo­cra­tique par excel­lence dans un sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire : je trouve aus­si scan­da­leuse l’in­com­pé­tence crasse d’A­pa­thie sur ce sujet, dont il ose pour­tant par­ler avec aplomb un peu par­tout. Apa­thie essaie (deux fois) de se ser­vir des contro­verses qu’il entre­tient lui-même sur Chouard comme épou­van­tail à moi­neaux pour détour­ner les regards du RIC ; mais Oli­vier esquive bien.

Apa­thie évoque même les ate­liers consti­tuants popu­laires (en sou­li­gnant qu’il aime beau­coup le droit consti­tu­tion­nel), mais c’est pour les trou­ver abso­lu­ment ridi­cules (sans le moindre argu­ment bien sûr).

Mer­ci à Fré­dé­ric Tad­déi d’organiser des moments comme celui-là. Mer­ci à Car­la Cos­tan­ti­ni, surtout 🙂

Ami­tiés à tous. 

N’ou­bliez pas de faire des ate­liers consti­tuants tous les jours, avec vos voi­sins, avec vos copains, avec vos fran­gins, avec vos cou­sins… Vous allez pro­gres­si­ve­ment (et sans l’aide d’au­cun chef) deve­nir tous très bons pour écrire le contrat de tra­vail de vos repré­sen­tants. Et, le moment vou­lu, c’est ça qui va tout changer.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​2​6​8​7​4​5​6​4​2​317

[APPAUVRISSEMENT général pendant que les ultra-riches se goinfrent] Scandale de NOTRE DÉSINDUSTRIALISATION, VOULUE ET IMPOSÉE depuis 40 ans par Pompidou (banquier) et ses successeurs, eux aussi vendus aux plus riches. Les gilets jaunes construisent déjà l’alternative : ateliers constituants, RICs sauvages…

Pierre Lévy, fon­da­teur du jour­nal Rup­tures radi­ca­le­ment euro­cri­tique, vient de publier sa troi­sième émis­sion télé­vi­sée, « Le Point de Rup­tures », et cette fois, nous avons tra­vaillé sur le petit livre (très sti­mu­lant) de Pierre Ver­me­ren, « La France qui déclasse. Les gilets jaunes, une jac­que­rie du 21e siècle » (Tal­lan­dier 2019).


https://​www​.tal​lan​dier​.com/​l​i​v​r​e​/​l​a​–​f​r​a​n​c​e​–​q​u​i​–​d​e​c​l​a​s​se/

Voi­ci notre entretien :

Nous avons donc par­lé de la scan­da­leuse dés­in­dus­tria­li­sa­tion VOLONTAIRE (appau­vris­se­ment conti­nu, régres­sion his­to­rique, mise en dépen­dance dan­ge­reuse et non néces­saire) déci­dée sans débat public ni accord popu­laire — et sans aucune remise en cause mal­gré les innom­brables résul­tats catas­tro­phiques pour le pays.

Le livre de Pierre Ver­mu­ren pro­pose un état des lieux tonique et docu­men­té de qua­rante ans de ce j’ap­pelle des « tra­hi­sons » et que l’au­teur appelle « un gâchis ». Après que Pierre ait résu­mé le pano­ra­ma (effrayant) des résul­tats (cata­clys­miques) des poli­tiques pen­sées et impo­sées par nos pré­ten­dues « élites » depuis 40 ans, sans avoir jamais eu aucune res­pon­sa­bi­li­té à assu­mer, j’ai insis­té sur les dia­ble­ries du libre-échange et de la « dette publique » (qui sont dans l’ADN de l’UE), et de l’eu­ro fort (qui est dans l’ADN de l’eu­ro, comme autant d’ins­tru­ments de tor­ture des peuples et de « tiermondisation ».

Tous les pays qui ont appli­qué le libre-échange (L‑É) se sont ruinés.

Tous.

. Tous les pays déve­lop­pés se sont protégés.

Tous.

. Le L‑É est une idéo­lo­gie cri­mi­nelle, tou­jours impo­sée par un empire à ses colonies.

. En Europe, l’Al­le­magne se com­porte comme la tête de pont d’un empire, pré­da­trice et cruelle (voyez comme elle pille encore la Grèce), et la France se com­porte comme une colo­nie, ser­vile et ran­çon­née, dont les « élites » cor­rom­pues tra­hissent leur pays à tout propos. 

. Par­tout sur terre, les mul­ti­na­tio­nales mar­ty­risent les pays colo­ni­sés, diri­gés par des traîtres.

Je vou­lais signa­ler ici un livre très impor­tant : « Com­ment les pays riches sont deve­nus riches et pour­quoi les pays pauvres res­tent pauvres » d’E­rik Rei­nert, avec une pré­face excep­tion­nelle (un vrai bon livre en soi) de Claude Rochet :


https://​books​.google​.fr/​b​o​o​k​s​?​i​d​=​n​m​H​L​D​A​A​A​Q​BAJ.….

Le livre de Pierre est un bon livre. Mais, j’en ai sou­li­gné une (grande) lacune, dans son évo­ca­tion des gilets jaunes : pas un mot n’a été dit, alors que c’est une inno­va­tion his­to­rique et por­teuse de grands espoirs inédits, de l’ac­tion révo­lu­tion­naire des gilets jaunes, avec leurs RICs SAUVAGES (déclen­chés sans l’aide des élus) et leurs ate­liers consti­tuants (trans­for­mant des foules d’é­lec­teurs enfants en citoyens adultes), par­tout dans le pays.

Les gilets jaunes sont exem­plaires, en téna­ci­té, en volon­té d’u­ni­té, et en créa­ti­vi­té ; ils montrent le che­min de l’é­man­ci­pa­tion au reste de la popu­la­tion : nous sommes en train d’ap­prendre nous-mêmes à écrire nous-mêmes le contrat de tra­vail de nos repré­sen­tants (notre consti­tu­tion en peuple digne de ce nom), et nous n’a­vons pas besoin de nos maîtres pour nous éman­ci­per de la sorte.

Mer­ci à tous pour votre sou­tien, très émou­vant et très impor­tant : vous êtes pour moi comme une armure contre les mau­vais coups des enne­mis du peuple : nous sommes déjà en train de nous éman­ci­per sans eux.

Res­tez unis.

Et conti­nuez, inlas­sa­ble­ment, à trans­for­mer les autres en consti­tuants. On ne pro­gres­ser que par édu­ca­tion popu­laire, entre nous.

On gran­dit ensemble.

Étienne.

Fil face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​2​6​5​4​0​4​9​1​2​317



https://​rup​tures​-presse​.fr/​a​c​t​u​/​t​r​o​i​s​i​e​m​e​–​e​m​i​s​s​i​o​n​–​p​o​i​n​t​–​r​u​p​t​u​r​e​s​–​v​e​r​m​e​r​e​n​–​c​h​o​u​a​r​d​–​l​e​vy/

Pour sou­te­nir l’é­quipe de Rup­tures, qui pré­pare chaque semaine un bon outil pour s’in­for­mer avec sérieux sur les res­pon­sa­bi­li­tés unio­neu­ro­péennes du désastre éco­no­mique, poli­tique et social que nous vivons tous, je conseille de s’a­bon­ner au journal :
https://​rup​tures​-presse​.fr/​a​b​o​n​n​e​m​e​nt/

Il n’y aura plus de Jeudi Chouard sur Sud Radio pour quelque temps

Chers amis,

Il n’y aura plus de Jeu­di Chouard sur Sud Radio pour quelque temps. 

Pour reti­rer à Didier Mais­to ce far­deau (ima­gi­nez la pres­sion qu’il subit depuis dix jours par ma faute), je lui ai deman­dé d’ar­rê­ter. Il a accep­té. C’est sage. 

Je vou­drais dire toute ma recon­nais­sance à cet homme, que je trouve bon et cou­ra­geux. Je l’ai vu se trans­for­mer depuis des mois, semaine après semaine, et ral­lier la cause du peuple, des gilets jaunes et de la démo­cra­tie, contre vents et marées. Pas évident et pas facile quand on est à sa place. Je le trouve admirable.

Je pense que je vais conti­nuer, même si, là, je suis épuisé.
Il est ques­tion de créer ma chaîne You­tube, librement.

Mer­ci pour toutes vos marques de sym­pa­thie, mer­ci pour vos innom­brables et émou­vants encou­ra­ge­ments, ici et sur tous les forums. Vous êtes pour moi comme une armure, qui me per­met de tenir sous les coups des usur­pa­teurs et des exploiteurs.

Là, j’as­pire à me repo­ser, me res­sour­cer, pen­dant l’été.

Il paraît que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.
On verra.

La lutte continue. 

Fra­ter­nel­le­ment.

Étienne.

Le Point de Ruptures N°2 : que se cache-t-il derrière « le populisme » ?, avec Pierre Lévy et Pierre-Yves Rougeyron

À la suite des élec­tions euro­péennes, on parle ici « des popu­lismes », mot impor­tant et posi­tif uti­li­sé comme une insulte par les démo­phobes, enne­mis du peuple, d’abord au sin­gu­lier pour dire « extrême droite et déma­gogue », puis mis au plu­riel pour y four­rer « la gauche radicale ».

On parle aus­si un peu des gilets jaunes consti­tuants et des RICs SAUVAGES qui se mul­ti­plient un peu par­tout dans le pays :

[Important] L’Italie est-elle en train de créer une monnaie parallèle ? par Martine Orange, Mediapart

L’Italie est-elle en train de créer une mon­naie paral­lèle ? par Mar­tine ORANGE, Mediapart

Source : Media­part, https://www.mediapart.fr/journal/economie/170619/l‑italie-est-elle-en-train-de-creer-une-monnaie-parallele

« Offi­ciel­le­ment, il ne s’agit que d’une motion de prin­cipe, sans autre por­tée. Mais cette motion a été votée à l’unanimité par la chambre des dépu­tés ita­lienne le 28 mai. Et c’est cette una­ni­mi­té qui inquiète d’abord nombre de res­pon­sables euro­péens. Toutes ten­dances confon­dues, les dépu­tés ont approu­vé le prin­cipe de créer des titres de paie­ment appe­lés mini-BOTs (Buo­ni ordi­na­ri del teso­ro). Sorte de bons ordi­naires du Tré­sor à court terme, ils sont cen­sés pou­voir être uti­li­sés pour payer les créances inté­rieures de l’État italien.

Tout de suite après le vote, le pre­mier ministre Giu­seppe Conte et le ministre des finances Gio­van­ni Tria ont dit tout le mal qu’ils pen­saient de cette ini­tia­tive par­le­men­taire, assu­rant que jamais ils n’auraient recours à de tels ins­tru­ments. Mais ces annonces n’ont pas suf­fi à cal­mer le monde finan­cier et les res­pon­sables euro­péens. De nom­breux ana­lystes s’interrogent sur les inten­tions du gou­ver­ne­ment ita­lien, domi­né par le chef de la Ligue, Mat­teo Sal­vi­ni. Va-t-il ou non uti­li­ser ces nou­veaux titres ? Ceux-ci pour­­raient-ils être assi­mi­lés à une mon­naie paral­lèle, au risque de miner l’euro ?

La menace est prise tel­le­ment au sérieux que le pré­sident de la BCE, Mario Dra­ghi, s’est sen­ti obli­gé lors d’une confé­rence de presse du 6 juin de com­men­ter cette ini­tia­tive ita­lienne, dans l’espoir de l’arrêter au plus vite. « Les mini-BOTs sont soit de la mon­naie, alors ils sont illé­gaux, soit de la dette et alors l’endettement ita­lien va encore aug­men­ter. Je ne pense pas qu’il y ait une troi­sième pos­si­bi­li­té », a‑t‑il expli­qué. Signe de l’inquiétude gran­dis­sante, l’ancien vice-pré­­sident de la BCE, Vitor Constân­cio, est à son tour inter­ve­nu pour essayer de tuer dans l’œuf l’idée ita­lienne. « Ce genre de “bons” a déjà été expé­ri­men­té en Argen­tine ou en Autriche, dans les années 1930. Cela n’a jamais fonc­tion­né »insiste-t-il, après avoir rap­pe­lé que ces ins­tru­ments seraient contraires aux trai­tés européens.

Le responsable de la Ligue, Matteo Slavini, pendant la campagne des élections européennes. © ReutersLe res­pon­sable de la Ligue, Mat­teo Sla­vi­ni, pen­dant la cam­pagne des élec­tions euro­péennes. © Reuters
 
C’est l’économiste Clau­dio Bor­ghi, conseiller de la Ligue et main­te­nant pré­sident de la com­mis­sion du bud­get de l’Assemblée natio­nale, qui est à l’origine de l’idée des mini-BOTs. Mili­tant de longue date pour la sor­tie de l’euro, il ne parle plus depuis son élec­tion – tout comme la Ligue, d’ailleurs – d’une sor­tie bru­tale de la mon­naie unique. Trop dan­ge­reux. Mais mar­qué par la crise euro­péenne et le trai­te­ment réser­vé à la Grèce, il a pro­mu l’idée de créer des ins­tru­ments de paie­ment qui pour­raient per­mettre de redon­ner des marges de manœuvre éco­no­miques et bud­gé­taires au gou­ver­ne­ment ita­lien dans le cadre des trai­tés exis­tants, et ser­vir de moyens alter­na­tifs en cas de crise. Et, avec cette idée, la Ligue a convain­cu son allié gou­ver­ne­men­tal, le Mou­ve­ment Cinq Étoiles (M5S).

Selon le méca­nisme ima­gi­né par Bor­ghi, les mini-BOTs seraient des titres de paie­ment – comme une sorte de recon­nais­sance de dette –, pou­vant aller de 1 à 500 euros, émis par le Tré­sor ita­lien pour faire face aux retards de paie­ment de l’État à l’égard de ses four­nis­seurs. L’État ita­lien pour­rait aus­si les émettre comme des lettres de cré­dit pour les contri­buables qui béné­fi­cient de rem­bour­se­ment. Ces titres, sans limite de temps, seraient garan­tis par l’État, et pour­raient être accep­tés comme paie­ment pour les impôts. Les par­ti­cu­liers, en revanche, ne seraient pas obli­gés de les accepter.

Pour les deux alliés de la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale, ce sys­tème aurait le mérite de per­mettre à l’Italie de sor­tir du car­can de l’austérité impo­sé par l’euro, sans enfreindre les trai­tés euro­péens. D’après leurs pre­mières esti­ma­tions, entre 50 et 100 mil­liards d’euros pour­raient être émis sous la forme de mini-BOTs, ce qui per­met­trait, selon eux, de relan­cer l’économie.

Quelles sont les inten­tions réelles de Mat­teo Sal­vi­ni ? Pré­­pare-t-il sans le dire une sor­tie de l’euro ? Ou cherche-t-il avec les mini-BOTs à se don­ner un moyen de pres­sion pour mieux négo­cier des marges de manœuvre avec Bruxelles ? À ce stade, per­sonne ne sait répondre. Les res­pon­sables euro­péens regardent en tout cas son ini­tia­tive comme une menace sus­cep­tible d’ébranler tout l’édifice européen.

La Ligue et M5S se défendent aujourd’hui de toute volon­té de sor­tir de l’euro, en uti­li­sant les mini-BOTs. Pour le res­pon­sable de M5S, Lui­gi Di Maio, il s’agit juste d’une idée pour payer les arrié­rés dus par l’État. « Si c’est une pro­po­si­tion pour accé­lé­rer le paie­ment des dettes com­mer­ciales de l’administration publique, dis­­cu­­tons-en », dit-il. Depuis la crise, de nom­breuses PME accusent l’État de les avoir mises en dif­fi­cul­té, faute de payer à temps ses factures.Mais pour les détrac­teurs de ce pro­jet, les mini-BOTs sont bien plus qu’un moyen de sécu­ri­ser la dette exis­tante : ils consti­tuent une menace de mon­naie paral­lèle. Com­ment empê­cher en fait que ces titres ne deviennent pas des titres de paie­ment pour les tran­sac­tions cou­rantes entre particuliers ?

Le risque de voir les mini-BOTs se trans­for­mer en une mon­naie paral­lèle à l’euro est d’autant plus grand que la Ligue met tout en œuvre pour créer cette confu­sion. En début d’année, elle a fait adop­ter une dis­po­si­tion légis­la­tive pour rap­pe­ler que l’or dépo­sé à la Banque d’Italie appar­tient bien à l’État. Elle aime­rait aus­si don­ner aux titres émis l’aspect de billets, en repre­nant cer­tains modèles de la lire, ce qui confir­me­rait son sta­tut de monnaie.

Insen­si­ble­ment, le gou­ver­ne­ment ita­lien est ain­si en train de mettre en place, à tra­vers le Tré­sor public, les moyens pour créer une sorte de banque cen­trale auto­nome du sys­tème de l’euro, sus­cep­tible d’émettre sa propre mon­naie et de la garan­tir. Dès lors, la BCE, qui est garante de l’émission et du contrôle de la mon­naie, per­drait tout contrôle sur une par­tie des émis­sions en euros. Au risque de saper toute la cré­di­bi­li­té de la mon­naie européenne.

Monnaie ou dette ?

Le deuxième risque, aux yeux des res­pon­sables euro­péens, est que le gou­ver­ne­ment ita­lien uti­lise les mini-BOTs pour s’affranchir de toute dis­ci­pline bud­gé­taire. Ces titres, pré­­viennent-ils, ne pour­raient être assi­mi­lés qu’à des ins­tru­ments de dette et donc contri­buer à la dette totale de l’Italie, déjà énorme : 133 % du PIB.

Sur­tout, insistent-ils, si les contri­buables paient leurs impôts avec des mini-BOTs, cela ne pour­rait que dimi­nuer les reve­nus de l’État ita­lien en euros et poser des ques­tions sur sa capa­ci­té à hono­rer le ser­vice de sa dette à l’extérieur. Ce doute, à terme, risque de por­ter atteinte à la signa­ture de l’Italie et plus géné­ra­le­ment de la zone euro, voire de relan­cer une crise, pré­­viennent-ils. Sur les mar­chés finan­ciers, le spread (dif­fé­rence) entre les taux ita­liens et les taux alle­mands, qui servent de réfé­rence sur le mar­ché obli­ga­taire de la zone euro, est déjà de plus de 2,5 %.

La défiance des res­pon­sables euro­péens à l’égard du gou­ver­ne­ment ita­lien est totale. Et les cri­tiques fusent. « Quand nous exa­mi­nons l’économie ita­lienne, nous voyons les dom­mages cau­sés par les choix poli­tiques récents. Le che­min pour le redres­se­ment et la crois­sance ita­lienne ne passe pas par dépen­ser plus quand il n’y a pas les marges de manœuvre finan­cière pour le faire »dit Val­dis Dom­brovs­kis, vice-pré­­sident de la Com­mis­sion européenne. 

Pour la troi­sième fois depuis 2008, l’Italie est en réces­sion. Faute d’activité et de ren­trées suf­fi­santes, l’État ita­lien a le plus grand mal à tenir ses enga­ge­ments bud­gé­taires : le défi­cit pour­rait atteindre 2,5 % au lieu des 2 % pré­vus, selon les cal­culs euro­péens. Il y a quinze jours, la Com­mis­sion euro­péenne a enga­gé les pre­mières étapes pour déclen­cher une nou­velle pro­cé­dure pour défi­cit exces­sif contre Rome. Elle consi­dère que le gou­ver­ne­ment ne prend pas les mesures suf­fi­santes pour sta­bi­li­ser sa situa­tion éco­no­mique et finan­cière et réduire son endettement.

Le ministre italien des finances Giovanni Tria et le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno. © ReutersLe ministre ita­lien des finances Gio­van­ni Tria et le pré­sident de l’Eurogroupe, Mario Cen­te­no. © Reuters

Même si le pre­mier ministre réaf­firme sa volon­té de s’en tenir stric­te­ment aux cadres impo­sés par la Com­mis­sion euro­péenne – il a mena­cé de démis­sion­ner la semaine der­nière s’il ne par­ve­nait pas à un accord gou­ver­ne­men­tal sur ce point –, la Ligue conteste de plus en plus ouver­te­ment les règles et les contraintes bud­gé­taires impo­sées par Bruxelles. « Nous ne sommes pas la Grèce. Nous sommes des contri­bu­teurs nets au bud­get euro­péen. Nous avons un excé­dent com­mer­cial, nous avons un bud­get pri­maire [avant ser­vice de la dette – ndlr] excé­den­taire. Nous ne deman­dons rien à per­sonne. Et nous sommes en meilleure forme que la France », s’indigne Clau­dio Bor­ghi, qui aime­rait voir les mini-BOTs entrer en action au plus vite.

Alors que le ton est déjà mon­té très haut entre Rome et Bruxelles, il pour­rait mon­ter encore plus haut à par­tir de sep­tembre, au moment des négo­cia­tions sur le bud­get de 2020. La Ligue a déjà fait savoir qu’il était hors de ques­tion de res­pec­ter les règles euro­péennes et d’appliquer des mesures d’austérité et de conso­li­da­tion bud­gé­taire alors que le pays est en pleine réces­sion. « Je ne vais pas me sui­ci­der pour des règles imbé­ciles. Tant que le chô­mage n’est pas tom­bé à 5 %, nous avons le droit d’investir. Nous avons des régions où le chô­mage des jeunes est supé­rieur à 50 % », a décla­ré Mat­teo Sal­vi­ni devant un audi­toire de la Ligue tout acquis à sa cause.

Le lea­der du par­ti d’extrême droite sou­haite impo­ser dans le cadre du pro­chain bud­get une forte dimi­nu­tion des impôts, notam­ment pour les plus aisés, pour relan­cer l’activité. Cela pour­rait peut-être à très court terme faire remon­ter la crois­sance ita­lienne. Mais les effets de ces mesures retombent comme un souf­flé, comme le prouve l’amnistie fis­cale décré­tée par Donald Trump. Dix-huit mois plus tard, il n’y a plus rien sauf des dettes sup­plé­men­taires. Les réduc­tions fis­cales pour­raient coû­ter à l’Italie 1 % à 2 % d’endettement sup­plé­men­taire, selon de pre­mières estimations.

Tout cela est impen­sable pour la Com­mis­sion euro­péenne. Pour elle, il faut s’en tenir aux règles, rien qu’aux règles. Mais der­rière son oppo­si­tion à la poli­tique d’extrême droite de Mat­teo Sal­vi­ni se cache aus­si un déni à l’égard de l’Italie. À aucun moment, Bruxelles n’a vou­lu admettre les cri­tiques et encore moins appor­ter le moindre remède à une construc­tion de la zone euro mal faite qui s’est tra­duite par un effon­dre­ment éco­no­mique de l’Italie.

Depuis son entrée dans l’euro, le pays stagne. Il n’a pas retrou­vé aujourd’hui son niveau d’activité de 2007. Des régions entières dans le sud sont sinis­trées. Son sys­tème ban­caire est miné par les mau­vaises créances et les impayés. Même s’il res­pecte nombre de règles euro­péennes, comme celle por­tant sur le défi­cit bud­gé­taire depuis 2005, il n’est pas par­ve­nu à recons­ti­tuer les res­sources suf­fi­santes pour relan­cer son éco­no­mie et dimi­nuer son endettement.

Face à cette situa­tion, l’Europe s’en est sor­tie jusqu’à pré­sent en invo­quant « l’irresponsabilité » ita­lienne. Sans se poser la moindre ques­tion sur son action et ses consé­quences. Car la mon­tée en puis­sance de l’extrême droite et de Mat­teo Sal­vi­ni se nour­rit de ce ter­reau de désastre éco­no­mique. De cela non plus, les res­pon­sables euro­péens ne se sont pas excusés.

La situa­tion est arri­vée à un tel point de ten­sion avec Rome que Bruxelles devrait cepen­dant s’interroger sur les réponses à appor­ter à l’Italie. Car cette fois, l’Europe risque de ne pas pou­voir reten­ter un coup d’État lar­vé, comme elle l’a fait au som­met de Cannes de 2011 pour écar­ter Sil­vio Ber­lus­co­ni du pou­voir. Cette fois, l’extrême droite ita­lienne s’est dotée de moyens de riposte.

Car dans ce bras de fer, les mini-BOTs prennent l’allure d’une arme de dis­sua­sion mas­sive, tant leur charge repré­sente un carac­tère déto­nant pour l’ensemble de la zone euro. « L’Union euro­péenne devrait agir avec pré­cau­tion […], le dan­ger est que plus Sal­vi­ni se trouve poli­ti­que­ment “cor­né­ri­sé”, plus il risque de recou­rir à cet ins­tru­ment. Et quand il le fera, la crise de l’Eurozone resur­gi­ra. Et cette fois, la BCE pour­rait ne pas être capable de venir à la res­cousse »aver­tit Wolf­gang Mün­chau, édi­to­ria­liste du Finan­cial Times.

L’enchaînement, qui pour­rait conduire à une nou­velle crise, n’est pas assu­ré. Mais les risques sont bien là. À tout moment, l’Europe pour­rait voir resur­gir la crise qui n’a pas été trai­tée, mais seule­ment anes­thé­siée grâce à la poli­tique moné­taire de la BCE. Et cette fois, le dan­ger est plus pres­sant. L’Italie n’est pas la Grèce : c’est la troi­sième puis­sance éco­no­mique de l’Europe.

Mar­tine Orange, Mediapart.

https://www.mediapart.fr/journal/economie/170619/l‑italie-est-elle-en-train-de-creer-une-monnaie-parallele

Jeudi Chouard #14, jeudi 13 juin 2019, avec François Bégaudeau

Ce soir, 13 juin 2019, c’est Jeu­di Chouard #14 sur Sud radio, et cette fois, j’ai le vif plai­sir, l’hon­neur, l’é­mo­tion, de rece­voir Fran­çois Bégaudeau.

J’aime lire et écou­ter cet homme : il pense.
Librement.

Je vou­drais par­ler avec lui de son der­nier livre, « His­toire de ta bêtise », plein de pépites, de phrases qui claquent et de bons sujets de conver­sa­tion politique.

Je vou­drais aus­si creu­ser quelques points impor­tants évo­qués dans son entre­tien chez Thin­ker­view, pas­sion­nant lui aussi.

Thin­ker­View : Fran­çois Bégau­deau : Gilets Jaunes, Popu­lisme, Bourgeois :

Sud radio, les Incor­rec­tibles : Fran­çois Bégau­deau : « le bour­geois de gauche oublie qu’il est de gauche »
https://​you​tu​.be/​Y​c​W​s​a​N​t​RHX vidéo censurée
=> copie retrou­vée sur le net (il est ques­tion de mon tra­vail à par­tir de 26:18) :

J’ai­me­rais par­ler avec François :
. du concept de « peuple », du « populisme »,
. de la gauche et de la droite,
. de l’in­té­rêt géné­ral, de la volon­té géné­rale, de la loi, du légis­la­teur, du RIC,
. des com­muns et de leur ges­tion, d’E­li­nor Ostrom, de pro­jets com­muns qui soient davan­tage qu’un « sal­mi­gon­dis una­ni­miste » (p. 82) 🙂
. de la néces­saire morale et des redou­tables pha­ri­siens (prê­chant cruel­le­ment une morale qu’ils ne res­pectent pas eux-mêmes),
. des ver­tus de l’indignation,
. du rôle cen­tral de l’i­so­loir dans la liber­té d’o­pi­ner (sans pres­sion), du fait qu’une assem­blée ne pense pas (Alain) et que, in fine, c’est cha­cun qui opine (co-décide) seul APRÈS avoir bien débattu,
. de l’im­pos­si­bi­li­té de déci­der sans vote,
. des « riches » et du « capital »,
. de la néces­si­té – ou pas – d’un État (sous contrôle popu­laire) pour éta­blir un socié­té anar­chiste (authen­ti­que­ment démo­cra­tique), de James C. Scott (Petit éloge de l’anarchisme),
. de la façon de pen­ser contre soi par le jeu de bonnes ins­ti­tu­tions (une vraie mise en scène des conflits, une obli­ga­tion à écou­ter nos pires enne­mis avant de déci­der quoi que ce soit),
. de l’i­dée d’un pro­ces­sus consti­tuant popu­laire pour pro­té­ger dura­ble­ment les popu­la­tions du monde contre l’ar­bi­traire – et même contre le capitalisme…
. de Ber­na­nos (La France contre les robots) et du Comi­té invi­sible (À nos amis)..
. du temps qui passe et de la lutte quo­ti­dienne, phy­sique, pour arra­cher au capi­tal du temps pour soi.…
. de la bêtise (?) et du cynisme (indif­fé­rence à la souf­france d’autrui),
. du « com­plo­tisme » et des éti­quettes (per­sonne n’aime être étiqueté),
. d’Hen­ri Guillemin,
. du mérite et de la responsabilité,
. de l’école,
. de la socié­té (fic­tion utile ?),
. du jansénisme,
. de Fou­cault, de sa détes­ta­tion de « toute la tra­di­tion socia­liste » (1977) et de son rôle concep­tuel dans le néo­li­bé­ra­lisme, scien­tisme enne­mi de toute forme d’au­to­ri­té poli­tique (scien­tisme com­mun à l’URSS et à l’UE), rôle sou­li­gné par Alain Supiot (Du gou­ver­ne­ment par les lois à la gou­ver­nance par les nombres),
. de l’ap­port de Deleuze dans la pen­sée (mys­té­rieux pour moi),
. de l’im­por­tance d’être recon­nu par ses pairs (Cf. Thor­stein Veblen et la riva­li­té osten­ta­toire) et de ne pas être recon­nu par les pauvres (p. 93),
. de l’i­den­ti­té, que Fran­çois juge être « une fable » (p. 94), de l’u­ti­li­té des fables 🙂 , de Régis Debray (Éloge des frontières),
. du mot d’ordre des bour­geois : « tout sauf les classes ! » (p. 95),

Je vou­drais aus­si lire des pas­sages puis­sants de son livre.

Rien ne me ferait plus plai­sir que de pas­ser mon pro­cès de l’é­lec­tion au feu de son esprit critique.

J’ai par­ti­cu­liè­re­ment hâte d’y être.

Du fond du cœur, je remer­cie tout ceux qui com­prennent le sens de mon tra­vail et qui m’aident, un peu par­tout dans le pays et sur Inter­net, à résis­ter à la domination.

Étienne.

Étienne Chouard : « Je ne suis évidemment pas négationniste, ni antisémite, les chambres à gaz sont une horreur absolue qui ont tué des foules d’innocents, toutes les erreurs, toutes les manipulations et toutes les idéologies de domination devraient pouvoir être publiquement contestées en toute liberté, la Shoah est une des pires atrocités de l’histoire humaine, et tout mon travail depuis 15 ans consiste précisément à élaborer ensemble des STRUCTURES d’origine populaire qui empêchent durablement que de tels crimes puissent se reproduire. »

J’ai tou­jours été (et j’ai tou­jours dit être) sur la ligne de Noam Chom­sky, que j’ad­mire en tous points : 

Je ne suis évi­dem­ment pas néga­tion­niste, ni anti­sé­mite, les chambres à gaz sont une hor­reur abso­lue qui ont tué des foules d’in­no­cents, toutes les erreurs, toutes les mani­pu­la­tions et toutes les idéo­lo­gies de domi­na­tion devraient pou­voir être publi­que­ment contes­tées en toute liber­té, la Shoah est une des pires atro­ci­tés de l’his­toire humaine, et tout mon tra­vail depuis 15 ans consiste pré­ci­sé­ment à éla­bo­rer ensemble des STRUCTURES d’o­ri­gine popu­laire qui empêchent dura­ble­ment que de tels crimes puissent se reproduire.

Je pré­cise for­mel­le­ment ces pen­sées per­son­nelles car le micro­cosme poli­ti­cien et jour­na­lis­tique est en train de faire tour­ner en boucle quelques mots que j’ai osé dire à Denis Robert et Mathias Entho­ven il y a quelques jours sur Le Média : « je ne sais pas », en les défor­mant et en les mon­tant en épingle.

Je vou­drais remer­cier Denis Robert et Mathias Entho­ven qui m’ont offert ce jour-là une pos­si­bi­li­té de m’ex­pli­quer publi­que­ment sur les contro­verses qui cir­culent à mon sujet, et je sou­ligne que je prends leur invi­ta­tion et cet entre­tien comme des actes à la fois exi­geants et non malveillants. 

Je trouve que la plu­part des com­men­taires sous la vidéo, qui s’in­dignent des condi­tions de l’en­tre­tien, sont des contre­sens : Denis et Mathias cherchent à com­prendre hon­nê­te­ment qui je suis, en se par­lant à cœur ouvert, sans a priori.

Je dois bien recon­naître que je suis mal­adroit ; mais le lyn­chage média­tique qui s’or­ga­nise subi­te­ment autour de ces mal­adresses res­semble plus à un règle­ment de comptes pour se débar­ras­ser faci­le­ment d’un oppo­sant poli­tique qu’à une véri­table indi­gna­tion bien fondée.

En fait, je devrais car­ré­ment refu­ser de m’ex­pri­mer sur ces sujets, qui servent sur­tout aux puis­sants du moment à muse­ler leurs oppo­sants politiques.

Je pro­pose d’en repar­ler (un peu) jeu­di pro­chain sur Sud radio, avec Didier Maïs­to et Éli­sa­beth Lévy, et peut-être aus­si avec Fran­çois Bégaudeau.

[Edit – Voi­là l’en­tre­tien en question :
Sud Radio ! Y a du peuple, Seul contre tous ! Etienne Chouard débat avec Eli­sa­beth Lévy – 13/06/19

]

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​2​1​0​1​9​2​6​5​7​317


Quelques sources sur ce sujet, que je découvre et tra­vaille, pro­gres­si­ve­ment, depuis le jour de cette émis­sion (28 mai) :

https://​phdn​.org/​n​e​g​a​t​i​o​n​/​i​n​d​e​x​.​h​tml

https://​ici​.radio​-cana​da​.ca/​n​o​u​v​e​l​l​e​/​7​0​3​5​5​1​/​v​i​s​i​t​e​–​c​a​m​p​–​p​h​o​t​o​r​e​p​o​r​t​age

https://​www​.ama​zon​.fr/​v​o​i​x​–​s​o​u​s​–​c​e​n​d​r​e​–​S​o​n​d​e​r​k​o​m​m​a​n​d​o​s​–​d​A​u​s​c​h​w​i​t​z​–​B​i​r​k​e​n​a​u​/​d​p​/​2​2​5​3​1​1​5​258

https://​www​.ama​zon​.fr/​S​o​n​d​e​r​k​o​m​m​a​n​d​o​–​D​a​n​s​–​l​e​n​f​e​r​–​c​h​a​m​b​r​e​s​–​g​a​z​/​d​p​/​2​2​5​3​1​2​8​910

https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​t​i​m​e​_​c​o​n​t​i​n​u​e​=​7​5​7​&​v​=​8​X​A​L​D​q​t​2​Qeg

Rendez-vous à BAYONNE le 10 juin : perspectives pratiques ouvertes — et travaillées un peu partout en France et dans d’autres pays — par les Citoyens constituants depuis 2005, puis par les Gilets jaunes constituants depuis le mois de décembre 2018

Ren­­dez-vous à BAYONNE le 10 juin 🙂
• Ren­contre sur quelques ronds-points dans la matinée,
• Ate­liers consti­tuants (sur les médias) l’a­près midi,
• Conf-débat le soir, sur les pers­pec­tives pra­tiques ouvertes — et tra­vaillées un peu par­tout en France et dans d’autres pays — par les Citoyens consti­tuants depuis 2005, puis par les Gilets jaunes consti­tuants depuis le mois de décembre 2018 :

Évé­ne­ment FB : https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​4​4​0​2​8​8​9​1​3​4​6​3​4​02/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​8​6​6​7​4​8​5​2​317

[Entretien TED historique, à ne pas oublier et à faire connaître partout] Julian Assange : pourquoi le monde a besoin de WikiLeaks

À écou­ter plu­sieurs fois, dont une fois le crayon à la main, pour appré­cier, goû­ter, la pen­sée, l’ac­tion, le cou­rage, la voix, le regard, le sou­rire, et fina­le­ment l’im­por­tance de ce jour­na­liste exemplaire.
Pen­ser à acti­ver les sous-titres fran­çais, puis pen­ser à les reti­rer pour se concen­trer sur l’i­mage et sur le son original)

Un nou­veau VOYAGE À LONDRES (pour sou­te­nir Julian) est pré­vu le 12 juin : 

https://yurplan.com/event/Soutien-Julian-Assange-le-12–06–2019-a-Londres/44517?fbclid=IwAR22DjEO56u1IBuvLVuU2jS-N9iLINUmYkYe-mVrgxoVs78KCu1rtfBHJEs#/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​9​7​4​0​5​2​3​2​317

[RIC ETM EPNM] Jeudi Chouard #13, 6 juin 2019 : LÉGITIMITÉ vs LÉGALITÉ, et ÉTAT DES LIEUX sur le foisonnement d’initiatives locales, souvent Gilets jaunes, autour du RIC

Demain, 6 juin 2019, à 20 h, ce sera Jeu­di Chouard #13 sur Sud radio, on va beau­coup par­ler du RIC (ETM en toutes matières et EPNM écrit par nous-mêmes), et ça va sans doute être passionnant.

[Edit : Voi­ci les vidéos : 

Y a du peuple, seul contre tous ! #13 (6÷6÷2019) Etienne Chouard avec Gil Mihaely :
1) Macron peut-il être réélu en 2022 ?
2) L’é­co­lo­gie est-elle com­pa­tible avec la mon­dia­li­sa­tion ? (1h) :

Jeu­di Chouard #13 (6÷6÷2019) LÉGITIMITÉ des RIC SAUVAGES – État des lieux du foi­son­ne­ment des ini­tia­tives locales « Gilets Jaunes Consti­tuants » dans le pays (3h) :


]

Je rece­vrai d’a­bord Quen­tin Char­don, étu­diant en 5ème année de droit que je trouve par­ti­cu­liè­re­ment effi­cace dans l’art d’ex­pli­quer (vous allez voir comme il est clair et convain­cant), pour qu’il nous explique le concept essen­tiel de LÉGITIMITÉ, à bien dis­tin­guer, évi­dem­ment, de celui de LÉGALITÉ, et vous ver­rez son talent à choi­sir ses exemples… Je trouve ce jeune homme épatant 🙂 

Et on appli­que­ra ensuite ce concept de légi­ti­mi­té aux RICS SAUVAGES (qui se mul­ti­plient un peu par­tout), ain­si qu’à toutes les ini­tia­tives popu­laires qu’on détaille­ra pen­dant la soi­rée, mais aus­si aux actions des élus, pré­si­dents et autres représentants.

Ensuite d’autres per­sonnes vont enchaî­ner sur des des­crip­tions des innom­brables ini­tia­tives locales qui se mul­ti­plient autour du RIC : RIC sau­vages (légi­times ou pas ?), pro­jets de listes RIC pour les pro­chaines muni­ci­pales un peu par­tout (sur­tout dans les toutes petites com­munes, plus faci­le­ment gagnables), etc.

Je rece­vrai donc Hakim Löwe, qui bosse depuis vingt ans sur la démo­cra­tie et sur l’in­tel­li­gence col­lec­tive, l’é­du­ca­tion popu­laire. Il fait beau­coup d’AG sur le RIC (on com­mence d’ailleurs à l’ap­pe­ler « Mon­sieur RIC » 🙂 ). Il est bour­ré de talents péda­go­giques et il fait sou­vent des ate­liers, des exer­cices et des simu­la­tions en taille réelle… Il vient de fon­der « Objec­tif RIC », https://​objec​tif​-ric​.org/, et il va nous en parler.

Je rece­vrai aus­si Mike TDi, un autre per­son­nage ravi­go­tant, qui, lui, bosse sur le pro­jet « Culture RIC », https://​culture​-ric​.fr/, et vous allez voir que ça décoiffe : il s’a­git de regrou­per et de décrire toutes les ini­tia­tives rela­tives au RIC dans le pays, c’est enthousiasmant. 

J’es­père que Daniel Vienne, celui qui, depuis début décembre, donne vie à de nom­breuses idées pour pro­mou­voir le RIC à par­tir de Saint-Clair-du-Rhône, vou­dra bien inter­ve­nir aus­si, pour don­ner toutes les pistes d’ac­tions, concrètes et pro­met­teuses, qu’il ima­gine (et il en ima­gine tous les jours de nou­velles, il pétille d’i­dées sans arrêt 🙂 ).

Pris­cil­lia (Ludos­ki) sera là, elle aus­si, pour ques­tion­ner la légi­ti­mi­té de nom­breuses actions qu’elle a eu à connaître autour des gilets jaunes.

Domi­nique Gaigne sera là éga­le­ment, fidèle au poste 🙂

Et Didier (Maïs­to) sera demain soir avec nous, comme ange gar­dien de Sud radio 🙂

On sera huit en tout. C’est beau­coup. Je pense qu’il fau­dra que Didier, Pris­cil­lia et moi par­lions moins que d’ha­bi­tude 🙂 pour lais­ser de la place à tous ces mécon­nus connais­seurs du RIC.

Tout ça, j’en suis sûr, va don­ner la pèche à tout le monde (et aus­si plein d’i­dées pra­tiques d’or­ga­ni­sa­tion), par le simple fait de savoir tout ce qu’in­ventent et mettent en place les Gilets jaunes (sans qu’au­cun média mains­tream n’en parle jamais, évidemment).

J’ai très hâte d’être à demain soir 🙂

Mer­ci à tous pour tous vos vibrants mes­sages, vous êtes vrai­ment très gen­tils ; vous me don­nez beau­coup de force en res­tant unis et déter­mi­nés sur l’es­sen­tiel : il ne faut pas élire l’as­sem­blée consti­tuante, il faut que ce soit des simples citoyens qui écrivent (et défendent ensuite) la Consti­tu­tion ; il faut que le pro­ces­sus consti­tuant soit popu­laire, strictement.

Étienne.

PS : excep­tion­nel­le­ment, de 19 h à 20 h, je n’au­rai pas comme contra­dic­teur Régis ou Éli­sa­beth (qui sont rete­nus), mais Gil Mahae­ly, co-fon­­da­­teur de Cau­seur.


Voi­ci main­te­nant quelques docu­ments pour vous don­ner une idée du foi­son­ne­ment dont on va par­ler demain : 

OBJECTIF RIC

https://​objec​tif​-ric​.org/

(pré­sen­té par Hakim)

Depuis la fin de l’année 2018, l’introduction dans notre sys­tème consti­tu­tion­nel d’une pro­cé­dure de réfé­ren­dum d’initiative citoyenne (RIC), par­fois aus­si appe­lée réfé­ren­dum d’initiative popu­laire, est d’actualité. Déjà ins­ti­tu­tion­na­li­sée dans bien des pays d’Europe et d’ailleurs sous diverses moda­li­tés, cette pro­cé­dure a été popu­la­ri­sée en France à l’aune du mou­ve­ment des « gilets jaunes ». Depuis, les son­dages ont mon­tré qu’une majo­ri­té des Fran­çaises et Fran­çais s’estime favo­rable à son ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion, dépas­sant ain­si lar­ge­ment le sou­tien au mou­ve­ment des « gilets jaunes ».

Le pro­jet « Objec­tif RIC » entend orga­ni­ser la co-construc­­tion citoyenne d’une pro­po­si­tion d’objet légis­la­tif répon­dant à cette attente et adap­tée au sys­tème poli­tique fran­çais. Cette éla­bo­ra­tion se veut démo­cra­ti­que­ment exem­plaire, contra­dic­toire et transparente. 

Elle se décom­po­se­ra en trois étapes : 

1/ des audi­tions exhaus­tives des ana­lyses, des pro­po­si­tions et des prises de posi­tions poli­tiques quant au RIC ; 

2/ des ate­liers inclu­sifs et nor­més de co-construc­­tion de propositions : 

3/ une vota­tion finale de la pro­po­si­tion retenue. 

« Objec­tif RIC » ras­semble désor­mais plu­sieurs cen­taines de volon­taires et orga­nise d’ores-et-déjà la pre­mière phase de l’élaboration d’un RIC français.

 


CULTURE-RIC

https://​culture​-ric​.fr/

(pré­sen­té par Mike TDi)

- Rai­son d’être


☞ Au préa­lable, défi­nis­sons : « consen­sus » et « consentement »

– La recherche, dans chaque étape, le plus de « légi­ti­mi­té » et de « repré­sen­ta­ti­vi­té » comme fil conduc­teur non négociable. 

- La méthode 


☞ Au préa­lable défi­nis­sons « les grands prin­cipes » et « les modalités » 

En 1) Fai­sons l’inventaire de ce que doit être ou per­mettre le RIC et ce qu ‘il ne doit pas être ou ne pas per­mettre, et fai­sons la dif­fé­rence entre ses grands prin­cipes et ses moda­li­tés d’application.

En 2) Déter­mi­nons le pro­ces­sus d’un RIC, trou­vons les grandes étapes et les sous étapes suc­ces­sives de la nais­sance d’une pro­blé­ma­tique à l’application de la déci­sion prise par RIC. 

En 3) Trou­vons ces fameuses moda­li­tés d’application qui devront res­pec­ter l’a­vis des Fran­çais 1) et 2).

À cette étape, ce « cadre » dans lequel les pro­po­si­tions de RIC ont inté­rêt à ren­trer le plus pos­sible, rem­placent poten­tiel­le­ment le cadre de la pho­to de Macron dans 80 % des Mairies…

En 4) Écri­vons le pro­jet de loi consti­tu­tion­nelle et orga­nique néces­saire pour que cela res­pecte 1), 2) et 3) 

À cette Etape, le RIC écrit par nous-mêmes rem­place la pho­to de Macron à l’Elysée.

En 5) Trou­vons la solu­tion pour ins­tau­rer le RIC Consen­ti par les citoyen(ne)s dans notre consti­tu­tion. Intro­duc­tion au Muni­ci­pa­lisme (Daniel) ?

En 6) Ins­pi­rons les pays voi­sins avec le pre­mier RIC démocratique.

- Les outils :

• Carte des ate­liers citoyens, locaux + en ligne + ceux recensent des « copains » + éven­tuel­le­ment ceux vou­lant trans­mettre de l’info (en ligne ou localement) 

• Agen­da des agen­das RIC ( confé­rences, réunions ate­liers locales ou en lignes + divers )

• La biblio-RIC , tout ce que l’on trouve et que l’on a le temps de trier et clas­ser autour du ric

• Les réseaux sociaux, Face­book, Dis­cord (et NEXXO)
. Face­book page Culture-RIC (actuel­le­ment 1500 abonnés)
. Dis­cord per­met les réunions en ligne et le sto­ckage thé­ma­ti­sé de liens d’informations (pra­tique et per­for­mant mais pas acces­sible au plus grand nombre) 

• Le SITE WEB qui est comme le RIC, à l’initiative des citoyens. et actuel­le­ment en construction
. site ouvert avec 20% de taux de rem­plis­sage d’infos (appel à compétences)
. Il coûte un temps de DINGUE ! (ques­tion de savoir si on veut aller plus vite ou plus pro etc) et de toute façon va fal­loir aider tsha tsha parce qu’elle se met en dan­ger dans son taf là )

- Les perspectives : 

« Créer c’est résis­ter et résis­ter c’est créer » CNR

• Outils de ver­sion­ning (pla­te­forme clas­sique ame­lio­ré ou spécifique)
• Outils de vota­tion numé­rique et vocal
• Tout ce que l’on n’a pas encore pen­sé mais que l’intelligence col­lec­tive nous promet

CONCLUSION


L’image de la cocotte minute, le gou­ver­ne­ment a posé et fer­mé le cou­vercle, ce qui méca­ni­que­ment aug­mente la pres­sion qui ne se voit pas mais se res­sent tou­jours… On va l’entendre sif­fler et bien­tôt ça sen­ti­ra bon par­tout dans la maison .

 


ACTUALITÉ DU RIC (juin 2019)
RÉCAPITULATIF DES INITIATIVES CITOYENNES AUTOUR DU RIC (élaboré par Leo Girod)

TABLEAU « TOUT SUR LE RIC » :


https://​docs​.google​.com/​s​p​r​e​a​d​s​h​e​e​t​s​/​d​/​1​0​Q​z​v​–​g​W​9​K​–​E​j​i​S​H​g​a​E​a​8​v​–​1​W​Z​M​h​j​X​W​H​4​2​T​8​y​z​w​b​7​0​H​4​/​e​dit

Atten­tion, il y a SIX FEUILLES (onglets en bas du tableau ci-des­­su). Ce tableau est d’une richesse inouïe. Mer­ci Léo !!!

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​9​5​4​5​7​6​1​7​317

Premier échange de vues avec Charles Gave (29 mai 2019)

https://​you​tu​.be/​9​R​l​z​y​D​M​S​B​k​4​&​f​e​a​t​u​r​e​=​y​o​u​t​u​.be

Cet échange m’a paru vrai­ment très court… 🙂

Hâte de recom­men­cer, pour appro­fon­dir quelques sujets importants :

. Qui est légi­time pour créer la mon­naie, avec quels risques et avec quels effets ?

. À qui sert le libre-échange ?

. Quel est le bon rôle pour l’État en matière éco­no­mique et finan­cière ? Faut-il régu­ler les acti­vi­tés pri­vées ou les déréguler ?

. Le « libé­ra­lisme » est-il bon pour tout le monde ? ou bien libé­ral pour quelques uns et escla­va­giste pour le plus grand nombre ?

. Quand le chô­mage mar­ty­rise la socié­té, faut-il mener des poli­tiques de l’offre ou des poli­tiques de la demande ?

. Faut-il aban­don­ner aux experts (les pré­ten­dus « éco­no­mistes ») la prise des décisions ? 

Etc.

Après les élections européennes : entretien avec Coralie Delaume et Pierre Levy (Ruptures Presse)

 

Première émission du Point de Ruptures – Rôle des médias, vote écolo, souveraineté bafouée, etc. : le décryptage des européennes

https://​rup​tures​-presse​.fr/​a​c​t​u​/​v​i​d​e​o​–​r​u​p​t​u​r​e​s​–​p​o​i​n​t​–​e​u​r​o​p​e​e​n​n​es/

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Notre régime actuel et les outils démocratiques possibles : rendez-vous à BAYONNE lundi prochain, 10 juin 2019

Ren­­dez-vous à BAYONNE lun­di pro­chain, 10 juin 2019

• Ren­contre sur quelques ronds-points dans la matinée,
• Ate­liers consti­tuants (sur les médias) l’a­près midi,
• Conf-débat le soir, sur la cri­tique citoyenne du « régime » actuel et sur les pers­pec­tives démo­cra­tiques ouvertes — et tra­vaillées un peu par­tout en France et dans d’autres pays — par les Citoyens consti­tuants depuis 2005, puis par les Gilets jaunes consti­tuants depuis décembre 2018.

Hâte de vous y retrouver.
Ces dépla­ce­ments per­ma­nents sont érein­tants, évi­dem­ment, mais ils sont sur­tout pas­sion­nants et émouvants.
Sacrée tranche de vie, je peux vous dire…

Mer­ci à vous tous qui don­nez du temps et de l’énergie pour que le mou­ve­ment conti­nue sans trop se divi­ser et en res­tant bien concen­tré sur l’essentiel.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

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Franck Lepage (mars 2019) : gilets jaunes, RIC écrit par nous-mêmes = institution subversive maximale, résistance radicale au capitalisme, lutte des classes, écologistes = opposition contrôlée, violences…

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​face​book​.com/​s​t​o​r​y​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​1​0​1​5​7​1​8​3​3​0​3​8​8​2​3​1​7​&​i​d​=​6​0​0​9​2​2​316

Jeudi Chouard #12, 30 mai 2019 : FRANC CFA et GBAGBO – L’exemple africain pour comprendre quelques rouages importants de l’asservissement des peuples (et pour organiser la résistance partout sur terre) ; avec Nicolas AGBOHOU, Bernard HOUDIN et François MATTEI

Chers amis,

Comme vous le savez, je tra­vaille depuis quinze ans prin­ci­pa­le­ment sur trois chan­tiers : la démo­cra­tie (néces­sai­re­ment ins­ti­tuée par les peuples eux-mêmes), la mon­naie (néces­sai­re­ment sous contrôle citoyen) et l’U­nion euro­péenne (pri­son mar­chande 2.0 dont il fau­drait s’é­chap­per au plus vite).

Ce sont les deux pre­miers chan­tiers (droit des peuples à déci­der d’eux-mêmes et asser­vis­se­ment par le contrôle de la mon­naie – et par la dette) que je vous pro­pose de tra­vailler ce soir, avec deux grands scan­dales à l’é­tran­ger : le franc CFA, encore impo­sé par la France à 14 pays afri­cains et le coup d’État fran­çais contre Laurent Gbag­bo en Côte d’I­voire. Vous allez voir que ces deux coups de force per­pé­trés à l’é­tran­ger, à l’aide d’une puis­sante cor­rup­tion poli­ti­cienne, poussent à réfléchir…

[Édit : voi­ci la vidéo :

(2 juin) ÉC]

Ce soir, jeu­di 30 mai 2019, à 20h, je rece­vrai sur Sud radio, en direct :

1) Nicolas AGBOHOU, qui a écrit « Le franc CFA et l’euro contre l’Afrique » (éditions Solidarité mondiale, sept. 2012) :


https://​www​.san​go​net​.com/​P​r​o​m​o​a​/​C​F​A​–​E​u​r​o​A​f​r​i​.​h​tml

Pour Jean ZIEGLER (écri­vain et Pro­fes­seur à l’U­ni­ver­si­té de Genève en Suisse) :

 » Nico­las AGBOHOU [doc­teur en éco­no­mie poli­tique] a écrit un livre de révolte, intel­li­gent et puis­sant. Livre d’économiste d’abord. En homme de science, éru­dit et pré­cis. L’auteur démontre le méca­nisme de la répres­sion moné­taire des anciennes colo­nies de la France. Le main­tien du Franc CFA, en d’autres termes : la cami­sole de force des pays afri­cains enser­rés dans la zone franc, est pour lui la pre­mière cause de la per­sis­tante misère, de l’humiliation per­ma­nente, du sous-déve­­lop­­pe­­ment deve­nu réa­li­té miné­rale des pays d’Afrique francophone…

Nico­las AGBOHOU défend sa thèse avec un lan­gage vif, tran­ché et une foule d’arguments logiques et d’énoncés per­ti­nents. Il est le contraire de ces scien­ti­fiques dés­in­car­nés et mornes qui, usant de leur éru­di­tion, énoncent des évi­dences, puis éteignent la lumière et sortent du champ de bataille. AGBOHOU est Afri­cain, pas­sion­né­ment. C’est un patriote conti­nen­tal. Un homme en révolte. Bref : un intel­lec­tuel enga­gé au ser­vice des luttes popu­laires et des lumières à venir.

AGBOHOU appelle donc à la renais­sance, à la revi­ta­li­sa­tion des mémoires, à l’insurrection des consciences. Quelles humi­lia­tions ne subissent-ils pas, les Afri­caines et Afri­cains de cette fin de millénaire !

Ce livre est néces­saire. Il faut le dif­fu­ser lar­ge­ment et le lire avec attention. »


2) Bernard HOUDIN qui a écrit « GBAGBO, un homme, un destin » (éditions Max Milo, déc. 2018) :


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​g​b​a​g​b​o​–​u​n​–​h​o​m​m​e​–​u​n​–​d​e​s​t​in/

En 2000, à la sur­prise géné­rale, l’opposant Laurent Gbag­bo gagne les élec­tions en Côte d’Ivoire, vitrine de la « Fran­ça­frique » depuis l’époque d’Houphouët-Boigny.
Cette vic­toire his­to­rique et démo­cra­tique ne va pas être « accep­tée » par l’ex-puissance colo­niale. Au prix d’une inter­ven­tion mili­taire, le 11 avril 2011, Nico­las Sar­ko­zy va ins­tal­ler au pou­voir Alas­sane Ouat­ta­ra et orches­trer, avec Luis More­­no-Ocam­­po, le pro­cu­reur de la Cour pénale inter­na­tio­nale (CPI), le trans­fert de Laurent Gbag­bo à La Haye.

Après sept ans de déten­tion et trois ans de pro­cès au cours duquel sont appa­rues au grand jour les mani­pu­la­tions et errances de la jus­tice inter­na­tio­nale, l’heure de la véri­té a son­né. S’appuyant sur des docu­ments confi­den­tiels, en par­ti­cu­lier entre les auto­ri­tés fran­çaises et la CPI, l’auteur fran­­co-ivoi­­rien retrace la vraie his­toire de ce com­bat sans mer­ci pour la sou­ve­rai­ne­té de la Côte d’Ivoire.


et 3) François MATTEI, qui a écrit, avec Laurent Gbagbo lui-même, « LIBRE, pour la vérité et la justice » (éditions Max Milo, nov. 2018)


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​l​i​b​re/

Chas­sé du pou­voir manu mili­ta­ri par l’armée fran­çaise le 11 avril 2011, à l’issue de l’élection pré­si­den­tielle contes­tée de novembre 2010 en Côte d’Ivoire, Laurent Gbag­bo a été accu­sé de crimes contre l’humanité devant la Cour pénale inter­na­tio­nale (CPI) de La Haye le 5 décembre 2011.

Ce livre, écrit à par­tir de 2012, grâce à de très nom­breuses visites et entre­tiens en pri­son, est le seul à avoir été réa­li­sé avec la par­ti­ci­pa­tion du pré­sident ivoi­rien pen­dant son incar­cé­ra­tion et son procès.

Ce témoi­gnage unique appa­raît plus que jamais comme un docu­ment pour l’histoire, parce qu’il met en lumière les mani­pu­la­tions du scru­tin de 2010, les conni­vences entre la France de Nico­las Sar­ko­zy et la CPI pour se débar­ras­ser de Laurent Gbag­bo, jusqu’aux mon­tages et manœuvres dila­toires qui ont enta­ché « le Gbagbogate ».

À l’occasion de nou­velles ren­contres avec Fran­çois Mat­tei, Laurent Gbag­bo revient sur ses sept années de pri­son, en donne le sens et dévoile sa vision de l’avenir. Celle, quoi qu’il arrive, d’un homme libre.


Pour vous pré­pa­rer à cette soi­rée, je vous pro­pose de voir les quelques docu­ments suivants : 

- ITV (août 2017) de Nico­las Agbo­hou sur Afri­ca 24 : 

- ITV (fév 2019) de Ber­nard Hou­din sur TV5 Monde Afrique :

https://afrique.tv5monde.com/videos/magazines/et-si-vous-me-disiez-toute-la-verite/season-2018–2019/episode-21–2

- ITV (fin mai 2019) de Ber­nard Hou­din par Michel Col­lon (pas­sion­nant) :

- ITV (janv 2019) de Ber­nard Hou­din sur L’Opinion :

https://​you​tu​.be/​4​l​z​L​3​z​t​R​8wc

- ITV radio de Ber­nard Hou­din sur Abid­jan TV :

- ITV (janv 2019) de Fran­cois Mat­tei sur Sputnik : 

- ITV pas­sion­nante (janv 2019) de Fran­cois Mat­tei par Ber­coff sur Sud radio :

https://​www​.sudra​dio​.fr/​m​o​n​d​e​/​f​r​a​n​c​o​i​s​–​m​a​t​t​e​i​–​l​a​u​r​e​n​t​–​g​b​a​g​b​o​–​e​s​t​–​u​n​–​v​r​a​i​–​d​e​m​o​c​r​ate

https://​you​tu​.be/​C​l​y​F​e​_​w​I​c38


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https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​7​5​4​6​7​3​1​7​317

DÉMOCRATIE DIRECTE OU RIC ? : rendez-vous à TOULOUSE le 9 juin au Parc des Expositions, avec Christian Laurut


https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​8​9​7​4​9​8​7​6​7​3​0​9​1​81/

Ça va être une très chouette rencontre 🙂

Étienne.

Voir aus­si Démo­cra­tie directe : avan­tages et inconvénients


⚠ INSCRIPTION néces­saire en ligne sur Hel­loAs­so : fra​ma​.link/​n​p​U​f​B​DFF
Le nombre de place est limi­té, ATTENTION ⚠

Les « VRAIS DÉBATS citoyens » des #Gilets­jaunes pré­sentent « VERS LA DÉMOCRATIE… » 📣

✅ Dimanche 9 juin de 10H à 19H.
✅ HALL 8 Parc des Expo­si­tions à #Tou­louse, métro Palais de Justice
✅ Buvette et res­tau­ra­tion sur place. Vegans bienvenus.

⏱ 10H00 : Accueil : LA DÉMOCRATIE EN QUESTION

🔸 LE RIC (Réfé­ren­dum d’Initiative Citoyenne) par Etienne Chouard
🔸 LA DÉMOCRATIE DIRECTE par Chris­tian Laurut
🔸 QUESTIONS DU PUBLIC AUX INTERVENANTS

⏱ 12H30 : Pause repas

⏱ 13H45 : Reprise. STRATÉGIE DE CHANGEMENT DE RÉGIME POLITIQUE & PROCESSUS CONSTITUANT,

🔸DÉBAT E. Chouard / C. Lau­rut / AVEC LE PUBLIC.
🔸 VOTATION SYMBOLIQUE au sujet du REFERENDUM CONSTITUTIONNEL (Approu­­vez-vous que les citoyens écrivent eux-même la constitution)
🔸 ATELIER CONSTITUANT

⏱ 18H30 : Conclu­sion et fin.

#GJ #France #Yel­low­Vests #Gilet­jaune #Démo­cra­tie

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Pre­mière partie :

Deuxième par­tie :

Ate­liers consti­tuants l’après-midi :