Articles du blog

Les derniers articles du blog

« Emmanuel Macron est un traître absolu, OK mais, plutôt que s’en prendre aux tyrans, on devrait s’en prendre à la tyrannie (et penser à nos institutions) » – Les incorrectibles, 23 juin 2024

J’ai rejoint Éric Morillot à Paris pour un nou­vel entre­tien « Les incor­rec­tibles », publié le 23 juin 2024 : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​f​s​P​w​I​1​T​k​ssw Si vous pre­nez des notes en regar­dant l’en­tre­tien et que vous créez votre propre petit som­maire minu­té que vous nous enver­rez en com­men­taire, vous me ren­drez un vrai ser­vice 🙏 Voi­ci celui pro­po­sé par Éric en des­crip­tion de la vidéo You­Tube : Eric Morillot reçoit Etienne Chouard pour une ana­lyse cri­tique du sys­tème poli­tique actuel.…

lire plus
Rendez-vous ce vendredi, à 11 h (20 h en Nouvelle Calédonie), pour une réflexion constituante populaire

Rendez-vous ce vendredi, à 11 h (20 h en Nouvelle Calédonie), pour une réflexion constituante populaire

https://​www​.face​book​.com/​g​u​e​n​o​l​i​t​t​o​/​p​o​s​t​s​/​p​f​b​i​d​0​S​e​p​k​L​j​w​T​a​f​E​P​Q​5​V​P​m​N​i​J​v​h​b​f​Y​L​P​L​G​U​N​Z​8​4​p​k​M​R​E​s​4​K​F​Y​v​y​g​5​r​c​H​9​A​t​w​E​e​x​S​Y​D​7​nxl

lire plus

Étienne Chouard au Québec : ATELIERS CONSTITUANTS à Montréal, 2 juin 2024

Dimanche 2 juin 2024, dès le len­de­main de mon arri­vée au Qué­bec, j’ai pas­sé une jour­née à ani­mer des ate­liers consti­tuants, et j’ai trou­vé ça for­mi­dable : j’é­tais très heu­reux d’en­fin ren­con­trer les citoyens consti­tuants qué­bé­cois 🙂 Ah ! Comme je remer­cie Sté­phane (Blais) et ses amis d’a­voir orga­ni­sé et per­mis tout ca ! Mer­ci mer­ci Mer­ci 🙏 Comme d’ha­bi­tude, ceux qui pren­dront la peine, pen­dant qu’ils regardent cette vidéo, de noter le minutage…

lire plus

Tous les articles du blog

For­mat grille – For­mat articles complets

Rendez-vous sur la belle île lointaine de La Réunion les 12, 13 et 14 mai 2019

J’ai bien de la chance…

Same­di soir, je pars retrou­ver les gilets jaunes (actuels et futurs) de La Réunion 🙂

On se retrouve le 12 mai à Saint-Benoît, le 13 mai à Saint-Leu et le 14 mai à Saint-Pierre. Peut-être pour­­rai-je aus­si voler un peu, comme la der­nière fois 🙂

Mer­ci à tous pour cette pluie quo­ti­dienne de mes­sages affec­tueux qui me donnent bien de la force ; on gran­dit ensemble.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​2​4​7​8​8​6​6​7​317

Jeudi Chouard #9 (9 mai 2019, avec Régis de Castelnau) sera consacré à l’idée d’une constitution provisoire de transition, avec Yves Chouard, Emmanuel Valette (Wikicrate) et Sophie Norton

Chers amis,

Demain soir, pour ce Jeu­di Chouard #9 sur Sud Radio, avec Régis de Cas­tel­nau, nous écou­te­rons trois per­sonnes qui ont beau­coup tra­vaillé à l’i­dée d’une consti­tu­tion pro­vi­soire de tran­si­tion : Yves Chouard (qui n’est pas de ma famille, et qui défend le pro­jet nom­mé « le phoe­nix fran­çais »), Emma­nuel Valette (par­fois appe­lé Wiki­crate sur Face­book), et Sophie Nor­ton (qui vien­dra spé­cia­le­ment de Nan­cy pour nous pré­sen­ter sa proposition).

• La pro­po­si­tion d’Yves est consul­table ici : http://lephoenixfrancais.e‑monsite.com/medias/files/livret-constitution-transitoire-1-.pdf

• La pro­po­si­tion d’Em­ma­nuel est consul­table ici : http://​wiki​cra​tie​.fr/​d​o​c​u​m​e​n​t​s​/​C​P​T​.​pdf

• La pro­po­si­tion de Nan­cy est consul­table ici : http://​consti​tu​-citoyens​.mon​site​-orange​.fr/

Vous devriez IMPRIMER les trois pro­po­si­tions, pour les avoir sous les yeux pen­dant l’é­mis­sion, et pour y noter vos propres idées 🙂 

Nous leur demanderons :
. pour­quoi un tel pro­jet est important,
. ce qu’il faut abso­lu­ment pré­voir dans un tel texte,
. les qua­li­tés qu’ils trouvent à leur propre proposition,
. et (avec bien­veillance) les reproches qu’ils pour­raient faire aux autres pro­po­si­tions, sachant qu’au final ce serait bien de tous tom­ber d’ac­cord sur un seul texte qui fasse l’u­na­ni­mi­té au sein du peuple.

Pro­ba­ble­ment allons-nous mener devant vous (et j’es­père avec vous) des ate­liers constituants 🙂

Hâte d’y être.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​2​1​3​6​7​7​3​2​317

Appre­nons à écrire nous-mêmes notre contrat social, notre consti­tu­tion, en peuple digne de ce nom.

Jean Bricmont analyse ici l’UE et les élections européennes, en s’appuyant sur les livres de Coralie Delaume, David Cayla et Olivier Delorme

Jean Bric­mont étu­die le pro­jet pro­fon­dé­ment anti­dé­mo­cra­tique et anti­so­cial appe­lé « Union Européenne » :

https://​you​tu​.be/​F​c​m​3​D​h​R​V​P​b​w​&​f​e​a​t​u​r​e​=​y​o​u​t​u​.be

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​2​1​2​0​9​6​7​7​317

Rendez-vous à Paris le 10 mai pour un débat et des ateliers constituants sur le thème « mise en scène des conflits par l’intelligence collective »

Encore une ren­contre épa­tante pro­gram­mée la semaine pro­chaine, le len­de­main de Jeu­di Chouard 🙂 

Période pal­pi­tante, enthousiasmante… 

Mer­ci à tous les neu­rones du cer­veau col­lec­tif consti­tuant qui gran­dit à toute vitesse.

La Jus­tice se relève et va faire face à l’adversité.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​1​5​4​4​7​7​7​7​317

Le procès de Julian Assange est infiniment plus grand qu’Assange lui-même (Caitlin Johnstone, sur Le Grand Soir)

Pour être à l’heure à Paris ce soir chez @Sud radio avec Didier Mais­to pour ce pro­chain Jeu­di Chouard (émis­sion qui sera avec Michel Col­lon, pré­ci­sé­ment sur la dia­bo­li­sa­tion des oppo­sants poli­tiques), je reviens vite de Londres, où j’ai retrou­vé 80 gilets jaunes fran­çais venus comme moi par la route dans la nuit pour défendre Julian Assange, jour­na­liste lan­ceur d’a­lerte qui va être dépor­té vers un camp de tor­ture de l’empire amé­ri­cain (qui l’or­donne à sa colo­nie anglaise).

Je pro­fite de cet évé­ne­ment dra­ma­tique (la dépor­ta­tion d’un jour­na­liste vers la tor­ture par la patrie même qui a inven­té et défen­du le libre jour­na­lisme comme contre-pou­­voir fon­da­teur de la liber­té) pour rap­pe­ler un texte impor­tant, à connaître et à faire connaître : à dupli­quer et à dis­tri­buer et à affi­cher, dans votre entre­prise, dans votre salon, dans toutes les sta­tions de bus et de métro, etc..

Bon cou­rage à tous et mer­ci pour ce que vous faites pour le bon­heur et pour la liberté.

Étienne.

———

Le pro­cès de Julian Assange est infi­ni­ment plus grand qu’Assange lui-même

Cait­lin JOHNSTONE

La mère de Julian Assange a rap­por­té hier que le fon­da­teur de Wiki­Leaks n’a pas été auto­ri­sé à rece­voir de visi­teurs pen­dant sa déten­tion à la pri­son de Bel­marsh, y com­pris des méde­cins et ses avo­cats. Les méde­cins qui ont visi­té Assange à l’ambassade de l’Équateur ont attes­té qu’il avait un besoin urgent de soins médi­caux. Bel­marsh est une pri­son de haute sécu­ri­té, par­fois appe­lée le « Guan­ta­na­mo Bay du Royaume-Uni ».

Et pour­tant, on nous demande de croire que cela a quelque chose à voir avec une pré­ten­due vio­la­tion de la liber­té sous cau­tion et une demande d’extradition US pour des crimes infor­ma­tiques pré­su­més pas­sibles d’une peine maxi­male de cinq ans. Si vous faites un zoom arrière et écou­tez les bavar­dages moins éclai­rés des pro­pa­gan­distes et des consom­ma­teurs des médias de masse occi­den­taux, vous consta­te­rez aus­si que les gens croient que cela aurait quelque chose à voir avec la Rus­sie et des accu­sa­tions de viol.

En fait, rien de tout cela n’est vrai. Assange est empri­son­né dans des condi­tions dra­co­niennes pour son jour­na­lisme, et uni­que­ment pour son jour­na­lisme. L’administration Oba­ma s’est abs­te­nue de le pour­suivre après la publi­ca­tion des fuites de Man­ning par Wiki­Leaks, crai­gnant que cela ne mette en dan­ger la liber­té de la presse, et l’administration Oba­ma n’avait pas plus de preuves à sa dis­po­si­tion que l’administration Trump n’en a aujourd’hui. Le « crime » dont est accu­sé Assange n’est rien d’autre que les pra­tiques jour­na­lis­tiques habi­tuelles des jour­na­listes d’investigation, y com­pris la pro­tec­tion des sources et l’encouragement de ces der­nières à obte­nir davan­tage de maté­riel. La seule chose qui a chan­gé, c’est que la Mai­­son-Blanche est de plus en plus dis­po­sée à pour­suivre les jour­na­listes qui pra­tiquent le jour­na­lisme, et il y a de nom­breuses rai­sons de croire qu’une fois extra­dé aux Etats-Unis, il fera l’objet d’accusations beau­coup plus graves. Ils ne se donnent pas tout ce mal pour une vio­la­tion de la liber­té sous cau­tion et une peine maxi­male de cinq ans.

Mais si vous faites encore un zoom arrière, dans le grand sché­ma des choses, cela n’a presque rien à voir avec Assange. Bien sûr, Assange a été une épine dans le pied de ceux qui dirigent l’alliance trans­na­tio­nale des puis­sances occi­den­tales, et s’ils avaient le choix, ils pré­fé­re­raient évi­dem­ment le voir en pri­son ou mort plu­tôt que libre et vivant. Mais ce n’est pas pour cela que les gens d’influence cor­rom­pus qui étranglent notre monde se démènent. Ils veulent s’emparer de quelque chose de beau­coup, beau­coup plus gros. Assange n’est qu’une étape sur cette voie.

Comme je l’ai déjà écrit, la per­sé­cu­tion d’Assange vise en fait à créer un pré­cé­dent juri­dique qui per­met­tra au gou­ver­ne­ment US d’emprisonner des jour­na­listes qui ten­te­raient de lui deman­der des comptes en fai­sant du jour­na­lisme. La rai­son pour laquelle vous voyez à pré­sent l’expression « Assange n’est pas un jour­na­liste » constam­ment bêlée par­tout dans le monde par les laquais de l’empire est qu’ils ont besoin d’un contre-nar­­ra­­tif. Le fait indis­cu­table est que ce pré­cé­dent consti­tue­ra une menace pour les jour­na­listes du monde entier, leur contre-argu­­ment est donc qu’Assange n’est pas un jour­na­liste (ce ne sont que des conne­ries, soit-dit en pas­sant), et que cela ne crée­ra donc pas un pré­cé­dent pour les jour­na­listes. Comme si leur défi­ni­tion per­son­nelle de ce qu’est un « vrai jour­na­liste » sera la même que celle du gou­ver­ne­ment US pour déter­mi­ner s’il convient ou non de pour­suivre quelqu’un pour des actes simi­laires à ceux d’Assange. La défi­ni­tion du jour­na­lisme selon le gou­ver­ne­ment US sera celle qui lui conviendra.

Mais pour avoir une vue d’ensemble de ce que ces salauds veulent faire, nous devons faire encore un zoom arrière.

Dans le roman de science-fic­­tion Ender’s Game [La Stra­té­gie Ender – NdT], le jeune pro­ta­go­niste frappe vio­lem­ment un autre gar­çon qui le tyran­ni­sait, et le tue. Lorsque ses supé­rieurs lui demandent d’expliquer son geste, le gar­çon, qui a été éle­vé et for­mé pour deve­nir un savant stra­té­gique, explique qu’il ne l’a pas fait par malice envers le tyran, ni même pour gagner le com­bat, mais pour gagner tous les com­bats futurs. Si les enfants à l’école voient de quelle sau­va­ge­rie il est capable et savent qu’il ne faut pas l’embêter, il n’aura plus jamais à combattre.

Si ça vous paraît un peu socio­pa­thique, c’est parce que ça l’est. Et, avec la dif­fé­rence notable que les rôles du tyran et de la vic­time sont inver­sés, c’est exac­te­ment le prin­cipe que nous voyons être appli­qué à Assange.

Le monde entier voit le trai­te­ment infli­gé à Assange. Peu importe à quel point votre cer­veau est lavé, peu importe si vous détes­tez cet homme ou non, vous voyez. Et vous en tirez une leçon. Et cette leçon est la sui­vante : si vous faites quelque chose de simi­laire, vous subi­rez le même sort. C’est là le véri­table objec­tif de la per­sé­cu­tion d’Assange, et cela n’affecte pas seule­ment un édi­teur aus­tra­lien enfer­mé dans une cel­lule bri­tan­nique, ni même les jour­na­listes d’investigation du monde entier qui sont inté­res­sés à pra­ti­quer l’art per­du de deman­der des comptes au pou­voir en fai­sant du jour­na­lisme, mais tous ceux qui consomment les médias.

Et ça marche. Je sais que ça marche parce que ça marche avec moi. Si vous avez des infor­ma­tions qui incri­minent les per­sonnes les plus puis­santes du monde, je vous le dis tout net, gar­­dez-les pour vous. Don­­nez-les à quelqu’un d’autre, lit­té­ra­le­ment à n’importe qui d’autre, parce que je suis moi-même beau­coup trop lâche et j’ai beau­coup trop à perdre en m’impliquant dans tout ce qui pour­rait me conduire à pour­rir dans une cel­lule de pri­son à l’étranger. J’ai des enfants. Je suis amou­reuse. Je ne peux pas et ne veux pas m’engager dans cette voie. Et si c’est vrai pour moi, je sais avec cer­ti­tude que c’est vrai aus­si pour d’innombrables autres. Ils ont bru­ta­li­sé les lan­ceurs d’alerte au point que cela a cer­tai­ne­ment eu un effet dis­sua­sif sur ceux qui, autre­ment, pour­raient deve­nir des sources de fuites impor­tantes. Et main­te­nant, ils bru­ta­lisent aus­si les jour­na­listes qui publient ces fuites. Les chances qu’une per­sonne prête à dénon­cer un pou­voir ren­contre un jour­na­liste dis­po­sé à l’aider tendent rapi­de­ment vers zéro.

Ils essaient de gagner ce com­bat contre Assange d’une manière bru­tale pour s’assurer qu’ils gagne­ront tous les com­bats futurs.

C’est pour­quoi il est abso­lu­ment stu­pide qu’une conver­sa­tion se foca­lise sur Assange, l’homme, que ce soit pour en dire du mal ou du bien.

L’autre jour, j’ai publié un méga-article atta­quant les prin­ci­pales calom­nies que j’ai rele­vées sur Assange. Il y en a 27 au total jusqu’à pré­sent, et j’en ajou­te­rai bien­tôt d’autres. Cette mon­tagne de calom­nies existe parce qu’au lieu de prê­ter atten­tion aux dan­gers qui façonnent le monde et qui menacent de rendre impos­sible toute oppo­si­tion aux diri­geants de l’empire US qui nous entraînent vers l’extinction ou la dys­to­pie, les gens parlent de la per­son­na­li­té d’Assange, s’il a net­toyé ou non la litière de son chat à l’ambassade .

Le revers de la médaille, ce sont les gens qui se fixent sur Assange en tant que héros, ce qui peut bien sûr aider à atti­rer l’attention sur son sort et donc pré­sen­ter un cer­tain avan­tage, mais en fin de compte, c’est aus­si l’arbre qui cache la forêt. C’est beau­coup, beau­coup plus grand qu’Assange, et nous devons nous y oppo­ser pour des rai­sons qui sont beau­coup, beau­coup plus impor­tantes que le carac­tère d’un homme qui, selon ce que nous aurions lu, serait sym­pa­thique ou non.

Ne per­dez jamais de vue ceci : l’intimidation des lan­ceurs d’alerte et des édi­teurs menace d’éradiquer la véri­té sur les com­por­te­ments de notre espèce, aban­don­nant ain­si notre des­tin aux caprices des plus puis­sants. Les per­sonnes les plus puis­santes sont celles qui se consacrent le plus à la recherche du pou­voir, celles qui sont assez socio­pathes pour mar­cher sur la tête de n’importe qui et faire tout ce qu’il faut pour obte­nir le plus de contrôle pos­sible sur le plus d’êtres humains pos­sible. Si nous per­met­tons à la véri­té d’être inti­mi­dée et réduite au silence, c’est à eux que nous confie­rons les com­mandes de notre monde.

Et ne per­dez jamais de vue ceci non plus : avec l’emprisonnement et la per­sé­cu­tion de Julian Assange, tous ces oppres­seurs socio­pathes se sont démas­qués. Ils ont arra­ché le masque de Big Bro­ther et révé­lé leurs âmes sombres. Si cet atta­che­ment sou­dain aux détails juri­diques du pro­to­cole de mise en liber­té sous cau­tion et du pro­to­cole de pro­tec­tion des sources jour­na­lis­tiques res­semble en tous points à la per­sé­cu­tion d’un jour­na­liste pour avoir publié des faits, c’est parce que c’est exac­te­ment le cas. Ne lais­sez per­sonne vous faire croire le contraire, et ne man­quez pas cette occa­sion rare de mon­trer à vos sem­blables com­ment nos oppres­seurs viennent de révé­ler leur véri­table nature.

Cait­lin Johnstone

Source : Le Grand Soir (site impor­tant à consul­ter souvent) :
https://​www​.legrand​soir​.info/​l​e​–​p​r​o​c​e​s​–​d​e​–​j​u​l​i​a​n​–​a​s​s​a​n​g​e​–​e​s​t​–​i​n​f​i​n​i​m​e​n​t​–​p​l​u​s​–​g​r​a​n​d​–​q​u​–​a​s​s​a​n​g​e​–​l​u​i​–​m​e​m​e​.​h​tmlq+

Cette semaine, 2 rendez-vous avec Michel Collon, sur le thème « Propagande de guerre et diabolisation des opposants » : 1) Jeudi Chouard #8 sur Sud radio le jeudi 2 mai (19h-22h), et 2) débats le samedi 4 mai (12h30-18h) à Paris avec l’asso Miguel Angel, Philippe Pascot, Laurent Doré, Priscillia Ludosky, François Boulo, Robert Charvin et Michel Collon

Cette semaine, je vais ren­con­trer deux fois Michel Col­lon :


• D’a­bord à Jeu­di Chouard #8 sur Sud Radio, ce jeu­di 2 mai 2019 : [média­bo­li­sa­tion, médias en guerre] Pro­pa­gande de guerre et dia­bo­li­sa­tion des opposants

- Pour com­men­cer, de 19 h à 20h, débats sur l’ac­tua­li­té avec Éli­sa­beth Lévy. 

À cause des coups que la presse libre (sans carte) prend presque tous les jours, on va sans doute encore par­ler de l’im­por­tance d’une presse libre en démo­cra­tie, puis, peut-être, de ce qui se sera pas­sé la veille – 1er mai – à Paris, et aus­si le jour-même – 2 mai – à Londres avec la com­mis­sion d’ex­tra­di­tion de Julian Assange.

- Ensuite, à par­tir de 20 h, j’au­rai donc le plai­sir et l’hon­neur de rece­voir Michel Col­lon, ami belge à qui je porte une grande estime, un résis­tant cou­ra­geux et géné­reux, ani­ma­teur infa­ti­gable du site Inves­tig’Ac­tion.

On par­le­ra de son prin­ci­pal sujet de recherche, abso­lu­ment cen­tral en démo­cra­tie : pour­quoi et com­ment les grands médias conduisent les peuples à accep­ter et même à vou­loir les guerres et à dis­cré­di­ter les oppo­sants poli­tiques – et ain­si évi­ter les révolutions.
Michel parle de « média­bo­li­sa­tion des gilets jaunes ». Il nous décri­ra bien ce qu’il appelle les 5 prin­cipes de la pro­pa­gande de guerre.

Vous allez voir, ce type est passionnant 🙂


Et puis je vais revoir Michel same­di 4 mai à Paris, pour une confé­­rence-débat avec Pris­cil­lia Ludos­ky, Fran­çois Bou­lo et Robert Char­vin. Voi­ci l’affiche :


Semaine très char­gée pour moi : le 1er mai à Paris, le soir départ pour Londres, le 2 mai au matin à Londres pour sou­te­nir Julian Assange, le 2 au soir Jeu­di Chouard #8 sur Sud radio, le 3 mai soi­rée gilets jaunes à Mul­house, le 4 mai retour à Paris pour un sit­ting #gilets­jau­nes­cons­ti­tuants l’a­près-midi avec l’é­quipe de Sophie Tis­sier, sui­vi d’un grand débat sur la média­bo­li­sa­tion des gilets jaunes avec Pris­cil­lia, Fran­çois et Michel, et le 5 mai Saint-Étienne encore pour une confé­rence et des ate­liers consti­tuants avec les gilets jaunes du coin… Retour à Aix le dimanche soir à pas d’heure… Vie de fou, mais hâte de vous revoir tous.

Bon cou­rage, bande de virus 🙂

Étienne.

PS : nous avions fait ensemble, Michel et moi, il y a peu de temps, une émis­sion, chez lui près de Bruxelles :


À connaître : contre la pro­pa­gande de guerre, ne ratez pas les tra­vaux de Daniele Gan­ser, Anne Morel­li et Jacques Pau­wels :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​8​/​1​0​/​0​5​/​c​o​n​t​r​e​–​l​a​–​g​u​e​r​r​e​–​q​u​i​–​v​i​e​n​t​–​d​a​n​i​e​l​e​–​g​a​n​s​e​r​–​l​o​t​a​n​–​a​l​l​i​a​n​c​e​–​p​o​u​r​–​l​a​–​g​u​e​r​r​e​–​u​s​a​–​m​e​n​s​o​n​g​e​s​–​e​t​–​m​o​r​t​s​–​p​a​r​–​m​i​l​l​i​o​n​s​–​a​n​n​e​–​m​o​r​e​l​l​i​–​j​a​c​q​u​e​s​–​p​a​u​w​e​ls/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

Rendez-vous vendredi 26 avril à Roanne

L’é­vé­ne­ment Facebook :
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​3​8​1​9​6​6​6​9​5​9​7​8​0​76/

On va bien par­ler du RIC, on va faire de beaux ate­liers consti­tuants popu­laires, on va décrire et tra­vailler de nou­velles ini­tia­tives citoyennes, vous allez voir, ça va être passionnant.

Hâte d’y être 🙂

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​8​1​6​7​2​0​4​7​317

Jeudi Chouard #7 avec Alexandre Langlois : « À QUOI SERT LA POLICE ? (et les forces armées en général…) Et QUI EST LÉGITIME pour décider de ces missions et pour contrôler leur exécution ? », jeudi 25 avril 2019 à 19 h sur Sud Radio

Les semaines passent vite. Demain, jeu­di 25 avril 2019 de 19 h à 21 h (ou 22 h 🙂 ), nous rece­vrons Alexandre Lan­glois, for­mi­dable lan­ceur d’a­lerte de la police fran­çaise, et je pro­pose que nous trai­tions ensemble de la ques­tion démo­cra­tique de fond : « à quoi sert la police (et les forces armées en géné­ral) ? Et qui est légi­time pour déci­der de ces mis­sions et pour contrô­ler que tout se passe comme pré­vu ? »

Après une pre­mière par­tie de débat autour de l’ac­tua­li­té (la liber­té de la presse est-elle en dan­ger ?), avec Régis de Cas­tel­nau, Phi­lippe David et Didier Maïs­to, j’es­saie­rai 🙂 d’in­ci­ter mes inter­lo­cu­teurs à écrire et amé­lio­rer un ou deux articles de consti­tu­tion rela­tifs à la mis­sion et aux contrôles popu­laires des forces armées.

Comme d’ha­bi­tude, donc, je vou­drais don­ner le spec­tacle d’a­te­liers consti­tuants popu­laires, pour aider cette idée d’une cause com­mune uni­ver­selle à se pro­pa­ger dans toutes les couches de la socié­té, de façon à pré­pa­rer la popu­la­tion à un (pro­chain) pro­ces­sus consti­tuant populaire.

Régis de Cas­tel­nau, avo­cat, nous aide­ra à rédi­ger l’ar­ticle qui met en oeuvre (et aus­si celui qui contrôle) LA JUSTICE à ce sujet. Ça pro­met d’être passionnant.

Hâte de ren­con­trer Alexandre, que je trouve lumi­neux, hon­nête et courageux.

Étienne.

PS : j’a­vais déjà mené une réflexion sur le contrôle des forces armées, en juin 2014 avec Laurent Hen­nin­ger, au milieu de tas de pneus au Palais de Tokyo, à Paris. Je rap­pelle ici cet échange, je suis sûr que ça vous intéressera 🙂

Forces armées : débat avec Etienne Chouard et Laurent Henninger (juin 2014)

PPS : je vais vous par­ler du magni­fique dis­cours sur les gardes natio­nales de Robes­pierre. Le voici :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​R​O​B​E​S​P​I​E​R​R​E​_​D​I​S​C​O​U​R​S​_​S​U​R​_​L​_​O​R​G​A​N​I​S​A​T​I​O​N​_​D​E​S​_​G​A​R​D​E​S​_​N​A​T​I​O​N​A​L​E​S​_​d​e​c​e​m​b​r​e​_​1​7​9​0​_​r​.​pdf

PPS : la semaine pro­chaine, je reçois Michel Col­lon, un autre cher­cheur mili­tant belge que j’aime beau­coup, spé­cia­liste des média­men­songes et de la pro­pa­gande de guerre. Vous ver­rez, cet homme est pas­sion­nant et son tra­vail est important.


Rap­pels pour ceux qui ne connaissent pas Alexandre Lan­glois :

Alexandre Langlois sur Thinkerview : Violences policières et Gilets Jaunes

Alexandre Langlois sur Le Média : Gilets jaunes : un policier met en cause le gouvernement

Alexandre Langlois au JT de RT France : Gilets jaunes : quels remèdes face à la violence pendant les manifestations ?

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​8​7​0​3​0​1​2​2​317

Jeudi Chouard #6, 18 avril 2019, autour de la question : À QUOI SERT LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ? avec Jean Bricmont

Mémoire fil­mée de nos échanges (bien inté­res­sants) de jeu­di dernier :

19 h – 20h : Sud Radio Y a du peuple, Seul contre tous ! 184
Étienne Chouard débat avec Éli­sa­beth Lévy
1. Notre-Dame : un réfé­ren­dum pour accep­ter de dépen­ser tant d’argent là, alors que l’É­tat en manque tant pour les hôpi­taux, la jus­tice, les EHPAD, les écoles, les ser­vices publics ?
2. À quoi sert la liber­té d’expression ?

https://​you​tu​.be/​o​F​H​m​1​u​b​f​9​S​M​&​a​p​p​=​d​e​s​k​top

20 h – 22 h : Sud Radio Jeu­di Chouard, L’heure des citoyens consti­tuants ! #6 184
avec Didier Maïs­to, Jean Bric­mont et Ronald Maz­zo­le­ni (habi­tué du blog du Plan C) :
À QUOI SERT LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ?
À résis­ter aux pou­voirs (poli­tiques et économiques) :
1. cas des oppo­sants politiques
2. cas des lan­ceurs d’alerte

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​7​2​5​4​5​4​3​2​317

[Trahison des élites] mécanismes du VOL DES COMMUNS par nos prétendus « représentants »

Histoire des PRIVATISATIONS

On devrait arrê­ter de par­ler de « capi­ta­lisme » et pré­fé­rer le mot CRAPULISME, comme consé­quence cau­che­mar­desque du faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois).

NOTRE CAUSE COMMUNE, urgente et incan­des­cente, c’est d’ap­prendre dès aujourd’­hui à INSTITUER NOUS-MÊMES NOTRE PUISSANCE POLITIQUE, pour résis­ter enfin vic­to­rieu­se­ment aux para­sites mar­chands (la classe oisive) qui ont pris le contrôles des socié­tés humaines depuis 200 ans. 

Le dra­peau du grand bou­le­ver­se­ment sera #Citoyens­Cons­ti­tuants

Étienne.

Appre­nons à écrire nous-mêmes notre contrat social, notre consti­tu­tion, en peuple digne de ce nom.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10157073662242317&id=600922316

Jeudi Chouard #6, 18 avril 2019, sur Sud Radio : « À quoi sert la liberté d’expression en démocratie ? » avec Jean Bricmont et Ronald Mazzoleni

Plus que jamais en retard sur tout, je vous confirme le jour-même que la 6ème émis­sion de « Jeu­di Chouard, les citoyens consti­tuants ont la parole », ce 18 avril 2109 à 20 h sur les chaînes You­tube et Face­book de Sud radio, sera consa­crée à la ques­tion « À quoi sert la liber­té d’ex­pres­sion en démo­cra­tie ? », et que j’au­rai le plai­sir de rece­voir deux chers amis belges : Jean Bric­mont (phy­si­cien, grand connais­seur de Noam Chom­sky et phi­lo­sophe rigou­reux sur la liber­té d’ex­pres­sion) et Ronald Maz­zo­le­ni (com­men­ta­teur pas­sion­nant du blog).

J’ai bon espoir de rédi­ger avec eux un bon article de consti­tu­tion d’o­ri­gine citoyenne sur ce point pré­cis de la liber­té d’ex­pres­sion des citoyens d’un pays démocratique.

J’es­père qu’on pour­ra prendre quelques unes de vos ques­tions (c’est vrai­ment dif­fi­cile, quand il y a un invi­té, de s’en détacher).

Pen­dant la pre­mière heure (« Y’a du peuple, seul contre tous » à 19h), je serai avec Éli­sa­beth Lévy, d’a­bord d’a­bord autour de l’ac­tua­li­té (on voit venir l’in­cen­die de Notre Dame de Paris…), et ensuite autour de ce thème de l’im­por­tance d’une vraie liber­té d’ex­pres­sion, aus­si bien pour pro­té­ger les oppo­sants et une presse plu­ra­liste contre les pou­voirs poli­tiques, que pour pro­té­ger les lan­ceurs d’a­lertes contre les pou­voirs économiques.

Hâte de vous y retrouver.

Étienne.


Res­sources, texes et cita­tions utiles :

Décla­ra­tion des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

Article 10
Nul ne doit être inquié­té pour ses opi­nions, même reli­gieuses, pour­vu que leur mani­fes­ta­tion ne trouble pas l’ordre public éta­bli par la loi.

Article 11
La libre com­mu­ni­ca­tion des pen­sées et des opi­nions est un des droits les plus pré­cieux de l’homme : tout citoyen peut donc par­ler, écrire, impri­mer libre­ment, sauf à répondre de l’a­bus de cette liber­té dans les cas déter­mi­nés par la loi.

Source : Conseil consti­tu­tion­nel


Charte des droits fon­da­men­taux de l’U­nion euro­péenne, Article 11 – Liber­té d’ex­pres­sion et d’information
1. Toute per­sonne a droit à la liber­té d’ex­pres­sion. Ce droit com­prend la liber­té d’o­pi­nion et la liber­té de rece­voir ou de com­mu­ni­quer des infor­ma­tions ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingé­rence d’au­to­ri­tés publiques et sans consi­dé­ra­tion de frontières.
2. La liber­té des médias et leur plu­ra­lisme sont respectés.
https://​fra​.euro​pa​.eu/​f​r​/​c​h​a​r​t​e​r​p​e​d​i​a​/​a​r​t​i​c​l​e​/​1​1​–​l​i​b​e​r​t​e​–​d​e​x​p​r​e​s​s​i​o​n​–​e​t​–​d​i​n​f​o​r​m​a​t​ion


« La liber­té de tout dire n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réser­ver la liber­té de tout faire. Quand il est per­mis de tout dire, la véri­té parle d’elle-même et son triomphe est assu­ré. » Jean-Paul Marat « Les Chaînes de l’esclavage »


Pour­quoi nous vou­lons abo­lir le délit d’opinion ?

La liber­té d’ex­pres­sion est une valeur humaine dans sa liber­té même de dire l’in­hu­main. Les opi­nions racistes, xéno­phobes, sexistes, sadiques, hai­neuses, mépri­santes ont autant le droit de s’ex­pri­mer que les natio­na­lismes, les croyances reli­gieuses, les idéo­lo­gies sec­taires, les clans cor­po­ra­tistes qui les encou­ragent ouver­te­ment ou sour­noi­se­ment selon les fluc­tua­tions de l’i­gno­mi­nie déma­go­gique. Les lois qui les répriment, telle, en France, la loi Gays­sot de 1992, s’en prennent au « pué­ril revers des choses » sans tou­cher aux causes. Elles exor­cisent le mal au lieu de le pré­ve­nir et de le gué­rir. Elles sub­sti­tuent la sanc­tion à l’é­du­ca­tion. Ce ne sont pas les pro­pos qui doivent être condam­nés, ce sont les voies de fait. Ce ne sont pas les dis­cours igno­mi­nieux du popu­lisme qui doivent faire l’ob­jet de pour­suites – sans quoi il fau­drait dénon­cer aus­si leur impré­gna­tion sour­noise et leur pré­sence mas­quée dans les décla­ra­tions déma­go­giques de la poli­tique clien­té­liste et bien-pen­sante -, ce sont les vio­lences à l’en­contre des biens et des per­sonnes, per­pé­trées par les sec­ta­teurs de la barbarie.

Le sens com­mun montre qu’il est incon­sé­quent d’in­ter­dire Mon Com­bat de Hit­ler, Baga­telles pour un mas­sacre de Céline, les Pro­to­coles des sages de Sion, ou les ouvrages révi­sion­nistes, et de tolé­rer par ailleurs les pro­pos miso­gynes de Paul de Tarse et du Coran, les dia­tribes anti­sé­mites de saint Jérôme et de Luther, un livre truf­fé d’in­fa­mies comme la Bible, l’ex­hi­bi­tion com­plai­sante des vio­lences qui forment la matière ordi­naire de l’in­for­ma­tion, l’af­fi­chage omni­pré­sent du men­songe publi­ci­taire et tant de contre­vé­ri­tés his­to­riques, enté­ri­nées par l’his­toire offi­cielle. Mieux vaut ne pas l’ou­blier : une fois ins­tau­rée, la cen­sure ne connaît pas de limites, car la puri­fi­ca­tion éthique se nour­rit de la cor­rup­tion qu’elle dénonce.

On ne com­bat pas et on ne décou­rage pas la bêtise et l’i­gno­mi­nie en leur inter­di­sant de s’ex­pri­mer : la meilleure cri­tique d’un état de fait déplo­rable consiste à créer la situa­tion qui y remé­die. La bêtise, l’in­fa­mie, la pen­sée ignoble sont les sanies d’une sen­si­bi­li­té bles­sée.  Les empê­cher de s’é­cou­ler, c’est enve­ni­mer la bles­sure au lieu d’en diag­nos­ti­quer les causes afin d’y por­ter remède. Si nous ne vou­lons pas qu’une aber­ra­tion finisse par infec­ter le tis­su social comme une tumeur maligne, nous devons la recon­naître pour ce qu’elle est  : le symp­tôme d’un malaise dans l’in­di­vi­du et dans la société.

Ce n’est pas le symp­tôme qui est condam­nable, c’est notre peu
d’empressement à éra­di­quer des condi­tions qui pro­pagent le pru­rit, l’ab­cès, la peste. Au sou­ci d’é­cra­ser l’in­fâme, mieux vaut secon­der le désir de vivre mieux – c’est-à-dire plus humainement.

Raoul Vanei­gem – Rien n’est sacré, tout peut se dire.


Dans les États qui jux­ta­posent à la puis­sance légis­la­tive des Chambres la pos­si­bi­li­té de demandes popu­laires de réfé­ren­dums, c’est le peuple qui monte au rang suprême par l’ac­qui­si­tion du pou­voir de pro­non­cer le rejet ou l’a­dop­tion défi­ni­tive des déci­sions parlementaires.

Du coup le Par­le­ment se trouve rame­né au rang de simple auto­ri­té : il ne repré­sente plus la volon­té géné­rale que pour cher­cher et pro­po­ser l’ex­pres­sion qu’il convient de don­ner à celle-ci ; il ne rem­plit ain­si qu’of­fice de fonctionnaire.

Le véri­table sou­ve­rain c’est alors le peuple.

Car­ré de Mal­berg, dans un article de 1931 « Réfé­ren­dum Ini­tia­tive popu­laire », cité Dans « La démo­cra­tie locale et le réfé­ren­dum » de Marion Pao­let­ti, chez l’Harmattan page 89.


La liber­té de la presse, c’est la liber­té pour la presse de ne pas être un métier.
Marx.


« Sous le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, sur­tout, c’est-à-dire, quand ce n’est point le peuple qui fait les lois, mais un corps de repré­sen­tants, l’exercice de ce droit sacré [la libre com­mu­ni­ca­tion des pen­sées entre les citoyens] est la seule sau­ve­garde du peuple contre le fléau de l’oligarchie. Comme il est dans la nature des choses que les repré­sen­tants peuvent mettre leur volon­té par­ti­cu­lière à la place de la volon­té géné­rale, il est néces­saire que la voix de l’opinion publique reten­tisse sans cesse autour d’eux, pour balan­cer la puis­sance de l’intérêt per­son­nel et les pas­sions indi­vi­duelles ; pour leur rap­pe­ler, et le but de leur mis­sion et le prin­cipe de leur auto­ri­té.

Là, plus qu’ailleurs, la liber­té de la presse est le seul frein de l’ambition, le seul moyen de rame­ner le légis­la­teur à la règle unique de la légis­la­tion. Si vous l’enchaînez, les repré­sen­tants, déjà supé­rieurs à toute auto­ri­té, déli­vrés encore de la voix impor­tune de ces cen­seurs, éter­nel­le­ment cares­sés par l’intérêt et par l’adulation, deviennent les pro­prié­taires ou les usu­frui­tiers pai­sibles de la for­tune et des droits de la nation ; l’ombre même de la sou­ve­rai­ne­té dis­pa­raît, il ne reste que la plus cruelle, la plus indes­truc­tible de toutes les tyran­nies ; c’est alors qu’il est au moins dif­fi­cile de contes­ter la véri­té de l’anathème fou­droyant de Jean-Jacques Rous­seau contre le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif absolu. » 

Robes­pierre, Le Défen­seur de la Consti­tu­tion, n° 5, 17 juin 1792.


« Ou tu défends la liber­té d’expression pour des opi­nions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout. Même Hit­ler et Sta­line étaient ravis de défendre la liber­té d’expression pour des idées qui leur conve­naient. Voi­là les enjeux essen­tiels. Pour pou­voir élu­der ce débat, il y a tou­jours le flot de men­songes habi­tuels. » Noam Chomsky


« Quant à la liber­té de pen­ser, on dit vrai dans une large mesure quand on dit que sans elle il n’y a pas de pen­sée. Mais il est plus vrai encore de dire que quand la pen­sée n’existe pas, elle n’est pas non plus libre. » Simone Weil.


« On mesure le degré de liber­té d’une socié­té non pas à la façon dont elle traite les bons citoyens, obéis­sants et confor­mistes mais à la façon dont elle traite ses dis­si­dents et ceux qui résistent à l’or­tho­doxie. » Alexandre Astier.


« Il y a dans la Consti­tu­tion du 24 juin 1793 un article que je trouve tout à fait déli­cieux : « La loi doit pro­té­ger la liber­té publique et indi­vi­duelle contre l’op­pres­sion de ceux qui gou­vernent. » (Article 9.) »
Cathe­rine Baker, « Insou­mis­sion à l’é­cole obli­ga­toire » (1995), p22.


« La liber­té n’est pas mena­cée seule­ment par les régimes tota­li­taires ou auto­ri­taires. Elle l’est aus­si, de manière plus cachée mais non moins forte, par l’a­tro­phie du conflit et de la cri­tique, l’ex­pan­sion de l’a­mné­sie et de l’ir­re­le­vance, l’in­ca­pa­ci­té crois­sante de mettre en ques­tion le pré­sent et les ins­ti­tu­tions exis­tantes. » Cor­né­lius Cas­to­ria­dis, « La « fin de la phi­lo­so­phie » ? », in Les Car­re­fours du labyrinthe.


« Le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif devient bien­tôt le plus cor­rom­pu des gou­ver­ne­ments si le peuple cesse d’inspecter ses représentants.
Le pro­blème des Fran­çais, c’est qu’ils donnent trop à la confiance, et c’est ain­si qu’on perd la liberté.
Il est vrai que cette confiance est infi­ni­ment com­mode : elle dis­pense du soin de veiller, de pen­ser et de juger. »
Madame Rol­land (1789), citée par Rosan­val­lon (2006, n°3, min. 2:37).


« Aus­si, le plus grand mal­heur qui puisse arri­ver à un État libre, où le prince est puis­sant et entre­pre­nant, c’est qu’il n’y ait ni dis­cus­sions publiques, ni effer­ves­cence, ni par­tis. Tout est per­du, quand le peuple devient de sang-froid, et que sans s’in­quié­ter de la conser­va­tion de ses droits, il ne prend plus de part aux affaires : au lieu qu’on voit la liber­té sor­tir sans cesse des feux de la sédi­tion. » Jean-Paul Marat, « Les chaînes de l’esclavage » (1774).


« Ce qu’il faut sau­ve­gar­der avant tout, ce qui est le bien ines­ti­mable conquis par l’homme à tra­vers tous les pré­ju­gés, toutes les souf­frances et tous les com­bats, c’est cette idée qu’il n’y a pas de véri­té sacrée, c’est-à-dire inter­dite à la pleine inves­ti­ga­tion de l’homme ; c’est ce qu’il y a de plus grand dans le monde, c’est la liber­té sou­ve­raine de l’esprit ; c’est qu’aucune puis­sance ou inté­rieure ou exté­rieure, aucun pou­voir, aucun dogme ne doit limi­ter le per­pé­tuel effort et la per­pé­tuelle recherche de la race humaine […] ; c’est que toute véri­té qui ne vient pas de nous est un men­songe. » Chris­to­pher Hill, « 1640 : la révo­lu­tion anglaise » (1940).


« Il est donc incon­tes­table, et c’est la maxime fon­da­men­tale de tout le droit poli­tique, que les peuples se sont don­né des chefs pour défendre leur liber­té et non pour les asser­vir. » Jean-Jacques Rous­seau, « Dis­cours sur l’origine des inéga­li­tés par­mi les hommes » (1754).


Pour res­ter libre, il faut être sans cesse en garde contre ceux qui gou­vernent : rien de plus aisé que de perdre celui qui est sans défiance ; et la trop grande sécu­ri­té des peuples est tou­jours l’a­vant-cou­reur de leur servitude.

Mais comme une atten­tion conti­nuelle sur les affaires publiques est au-des­­sus de la por­tée de la mul­ti­tude, trop occu­pée d’ailleurs de ses propres affaires, il importe qu’il y ait dans l’État des hommes qui tiennent sans cesse leurs yeux ouverts sur le cabi­net, qui suivent les menées du gou­ver­ne­ment, qui dévoilent ses pro­jets ambi­tieux, qui sonnent l’a­larme aux approches de la tem­pête, qui réveillent la nation de sa léthar­gie, qui lui découvrent l’a­bîme qu’on creuse sous ses pas, et qui s’empressent de noter celui sur qui doit tom­ber l’in­di­gna­tion publique. Aus­si, le plus grand mal­heur qui puisse arri­ver à un État libre, où le prince est puis­sant et entre­pre­nant, c’est qu’il n’y ait ni dis­cus­sions publiques, ni effer­ves­cence, ni partis. 

Tout est per­du, quand le peuple devient de sang-froid, et que sans s’in­quié­ter de la conser­va­tion de ses droits, il ne prend plus de part aux affaires : au lieu qu’on voit la liber­té sor­tir sans cesse des feux de la sédition.

Jean-Paul Marat, « Les chaînes de l’esclavage » (1774).


« Appre­nez donc que, hors ce qui concerne la dis­ci­pline mili­taire, c’est-à-dire, le manie­ment et la tenue des armes, les exer­cices et les évo­lu­tions, la marche contre les enne­mis des lois et de l’É­tat, les sol­dats de la patrie ne doivent aucune obéis­sance à leurs chefs ; que loin de leur être sou­mis, ils en sont les arbitres ; que leur devoir de citoyen les oblige d’exa­mi­ner les ordres qu’ils en reçoivent, d’en peser les consé­quences, d’en pré­ve­nir les suites. Ain­si lorsque ces ordres sont sus­pects, ils doivent res­ter dans l’i­nac­tion ; lorsque ces ordres blessent les droits de l’homme, ils doivent y oppo­ser un refus for­mel ; lorsque ces ordres mettent en dan­ger la liber­té publique, ils doivent en punir les auteurs ; lorsque ces ordres attentent à la patrie, ils doivent tour­ner leurs armes contre leurs offi­ciers. Tout ser­ment contraire à ces devoirs sacrés, est un sacri­lège qui doit rendre odieux celui qui l’exige, et mépri­sable celui qui le prête. »

Marat, « L’Ami du Peuple », 8 juillet 1790.


« Le droit qu’ont les citoyens de s’as­sem­bler où il leur plaît, et quand il leur plaît, pour s’oc­cu­per de la chose publique, est inhé­rent à tout peuple libre.
Sans ce droit sacré, l’é­tat est dis­sous, et le sou­ve­rain est anéan­ti ; car, dès que les citoyens ne peuvent plus se mon­trer en corps, il ne reste dans l’É­tat que des indi­vi­dus iso­lés ; la nation n’existe plus.
On voit avec quelle adresse les pères conscrits ont anéan­ti la sou­ve­rai­ne­té du peuple, tout en ayant l’air d’as­su­rer la liber­té indi­vi­duelle. En Angle­terre, toute assem­blée pai­sible est licite : la loi ne défend que les attrou­pe­ments sédi­tieux. Voi­là la liberté. »
Marat 16–17 août 1792.


« Quand on me contre­dit, on éveille mon atten­tion, mais non ma colère : je m’a­vance vers celui qui me contre­dit, qui m’ins­truit. La cause de la véri­té devrait être la cause com­mune de l’un et de l’autre. […]

Je fais fête à la véri­té et je la ché­ris en quelque main que je la trouve et je me livre à elle et lui tends mes armes vain­cues d’aus­si loin que je la vois appro­cher. Et, pour­vu qu’on n’y pro­cède pas avec l’air trop impé­rieux d’un maître d’é­cole, je prête l’é­paule aux reproches que l’on fait sur mes écrits ; je les ai même sou­vent modi­fiés plus pour une rai­son de civi­li­té que pour une rai­son d’a­mé­lio­ra­tion, car j’aime à favo­ri­ser et à encou­ra­ger la liber­té de ceux qui me font des cri­tiques par ma faci­li­té à céder, même à mes dépens. Tou­te­fois il est assu­ré­ment dif­fi­cile d’at­ti­rer à cela les hommes de mon temps : ils n’ont pas le cou­rage de cri­ti­quer les autres parce qu’ils n’ont pas le cou­rage de sup­por­ter de l’être, et ils parlent tou­jours avec dis­si­mu­la­tion en pré­sence les uns des autres. Je prends un si grand plai­sir à être jugé et connu qu’il m’est pour ain­si dire indif­fé­rent que ce soit de l’une ou de l’autre des deux façons. Ma pen­sée se contre­dit elle-même si sou­vent, et se condamne, qu’il revient au même pour moi qu’un autre le fasse, vu prin­ci­pa­le­ment que je ne donne à sa cri­tique que l’im­por­tance que je veux. »

Mon­taigne, « Essais », livre 3, cha­pitre 8 « Sur l’art de la conver­sa­tion », p 1119.


« Nous n’apprenons à dis­cu­ter que pour contre­dire, et, cha­cun contre­di­sant et étant contre­dit, il en résulte que tout le pro­fit de la dis­cus­sion, c’est de rui­ner et anéan­tir la véri­té. » Mon­taigne, « Essais », livre 3, cha­pitre 8 « Sur l’art de la conver­sa­tion », p 1121.


« Je hais la ser­vi­tude comme la source de tous les maux du genre humain. Les tyrans et leurs flat­teurs crient sans cesse : peuples, por­tez vos fers sans mur­mure car le pre­mier des biens est le repos ; ils mentent : c’est la liber­té. » Jean-Jacques Rous­seau, « Frag­ment de lettre à Chris­tophe de Beau­mont », 1763.


« Vous n’avez plus de tête : on vous l’a cou­pée en vous cou­pant la parole, en vous volant les mots. La liber­té, c’est d’avoir com­pris cela : qu’on va sans tête. Nous sommes enfu­més, enfer­més par nous-mêmes, et nous ne pou­vons comp­ter sur per­sonne pour nous déli­vrer. Pri­son modèle où les gar­diens sont les déte­nus eux-mêmes. » D’après Arnaud Upins­ky et Mar­cel Jullian.


Atten­tion ! Dans le texte sui­vant, la pre­mière par­tie est superbe, légen­daire, une invi­ta­tion à exer­cer libre­ment son esprit cri­tique, un pilier de la légende des Lumières. Mais ensuite, on com­prend que cette liber­té n’est pré­vue que pour les savants, en qua­li­té de savant ! Pour ce qui concerne les autres, nous sommes appa­rem­ment condam­nés à obéir ser­vi­le­ment ! Donc, exer­çons notre esprit cri­tique… sur l’idéologie des Lumières elle-même…

——

Qu’est-ce que les Lumières ? (selon Emma­nuel Kant)

1. La sor­tie de l’homme de sa mino­ri­té dont il est lui-même res­pon­sable. Mino­ri­té, c’est-à-dire inca­pa­ci­té de se ser­vir de son enten­de­ment (pou­voir de pen­ser) sans la direc­tion d’autrui, mino­ri­té dont il est lui-même res­pon­sable (faute) puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement mais dans un manque de déci­sion et de cou­rage de s’en ser­vir sans la direc­tion d’autrui.

Sapere aude ! (Ose pen­ser) Aie le cou­rage de te ser­vir de ton propre enten­de­ment. Voi­là la devise des Lumières.

2. La paresse et la lâche­té sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affran­chi depuis long­temps d’une (de toute) direc­tion étran­gère, reste cepen­dant volon­tiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit facile à d’autres de se poser en tuteur des pre­miers. Il est si aisé d’être mineur ! Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un direc­teur qui me tient lieu de conscience, un méde­cin qui décide pour moi de mon régime, etc., je n’ai vrai­ment pas besoin de me don­ner de peine moi-même. Je n’ai pas besoin de pen­ser pour­vu que je puisse payer ; d’autres se char­ge­ront bien de ce tra­vail ennuyeux. 

Que la grande majo­ri­té des hommes (y com­pris le sexe faible tout entier) tienne aus­si pour très dan­ge­reux ce pas en avant vers leur majo­ri­té, outre que c’est une chose pénible, c’est ce à quoi s’emploient fort bien les tuteurs qui très aima­ble­ment (par bon­té) ont pris sur eux d’exercer une haute direc­tion sur l’humanité.

Après avoir ren­du bien sot leur bétail (domes­tique) et avoir soi­gneu­se­ment pris garde que ces pai­sibles créa­tures n’aient pas la per­mis­sion d’oser faire le moindre pas, hors du parc ou ils les ont enfer­mé. Ils leur montrent les dan­gers qui les menace, si elles essayent de s’aventurer seules au dehors. Or, ce dan­ger n’est vrai­ment pas si grand, car elles appren­draient bien enfin, après quelques chutes, à mar­cher ; mais un acci­dent de cette sorte rend néan­moins timide, et la frayeur qui en résulte, détourne ordi­nai­re­ment d’en refaire l’essai.

[…]

4. Mais qu’un public s’éclaire lui-même, rentre davan­tage dans le domaine du pos­sible, c’est même pour peu qu’on lui en laisse la liber­té, à peu près inévi­table. Car on ren­con­tre­ra tou­jours quelques hommes qui pensent de leur propre chef, par­mi les tuteurs paten­tés (atti­trés) de la masse et qui, après avoir eux-mêmes secoué le joug de la (leur) mino­ri­té, répan­dront l’esprit d’une esti­ma­tion rai­son­nable de sa valeur propre et de la voca­tion de chaque homme à pen­ser par soi-même. 

Notons en par­ti­cu­lier que le public qui avait été mis aupa­ra­vant par eux sous ce joug, les force ensuite lui-même à se pla­cer des­sous, une fois qu’il a été inci­té à l’insurrection par quelques-uns de ses tuteurs inca­pables eux-mêmes de toute lumière : tant il est pré­ju­di­ciable d’inculquer des pré­ju­gés parce qu’en fin de compte ils se vengent eux-mêmes de ceux qui en furent les auteurs ou de leurs devanciers. 

Aus­si un public ne peut-il par­ve­nir que len­te­ment aux lumières. Une révo­lu­tion peut bien entraî­ner une chute du des­po­tisme per­son­nel et de l’oppression inté­res­sée ou ambi­tieuse, (cupide et auto­ri­taire) mais jamais une vraie réforme de la méthode de pen­ser ; tout au contraire, de nou­veaux pré­ju­gés sur­gi­ront qui ser­vi­ront, aus­si bien que les anciens de lisière à la grande masse pri­vée de pensée.

5. […] Mais quelle limi­ta­tion est contraire aux lumières ? Laquelle ne l’est pas, et, au contraire lui est avan­ta­geuse ? – Je réponds : l’usage public de notre propre rai­son doit tou­jours être libre, et lui seul peut ame­ner les lumières par­mi les hommes ; mais son usage pri­vé peut être très sévè­re­ment limi­té, sans pour cela empê­cher sen­si­ble­ment le pro­grès des lumières. J’entends par usage public de notre propre rai­son celui que l’on en fait comme savant devant l’ensemble du public qui lit. J’appelle usage pri­vé celui qu’on a le droit de faire de sa rai­son dans un poste civil ou une fonc­tion déter­mi­née qui vous sont confiés. Or il y a pour maintes affaires qui concourent à l’intérêt de la com­mu­nau­té un cer­tain méca­nisme qui est néces­saire et par le moyen duquel quelques membres de la com­mu­nau­té doivent se com­por­ter pas­si­ve­ment afin d’être tour­nés, par le gou­ver­ne­ment, grâce à une una­ni­mi­té arti­fi­cielle, vers des fins publiques ou du moins pour être empê­chés de détruire ces fins. Là il n’est donc pas per­mis de rai­son­ner ; il s’agit d’obéir. Mais, qu’une pièce (élé­ment) de la machine se pré­sente en même temps comme membre d’une com­mu­nau­té, et même de la socié­té civile uni­ver­selle, en qua­li­té de savant, qui, en s’appuyant sur son propre enten­de­ment, s’adresse à un public par des écrits : il peut en tout cas rai­son­ner, sans qu’en pâtissent les affaires aux­quelles il est pré­po­sé par­tiel­le­ment en tant que membre pas­sif. Il serait très dan­ge­reux qu’un offi­cier à qui un ordre a été don­né par son supé­rieur, vou­lût rai­son­ner dans son ser­vice sur l’opportunité ou l’utilité de cet ordre ; il doit obéir. 

Emma­nuel Kant (1724−1804), « Qu’est-ce que les Lumières ? » (1784).


« Ceux qui sont pour la liber­té sans agi­ta­tion sont des gens qui veulent la pluie sans orage. » Mark Twain.


« Il y a des gens qui, à pro­pos de cer­tains pro­blèmes, font preuve d’une grande tolé­rance. C’est sou­vent parce qu’ils s’en foutent. » Mark Twain.


« Et quand même tous les vents de la doc­trine auraient libre cours sur Terre, si la Véri­té est en lice, c’est lui faire injure que dou­ter de sa force, en met­tant en place cen­sure et inter­dic­tion. Que la Faus­se­té s’empoigne avec elle ; qui a jamais vu que la Véri­té ait le désa­van­tage dans une ren­contre libre et ouverte ? Aucune cen­sure n’a le poids de sa réfu­ta­tion. » John Mil­ton, « Pour la liber­té d’imprimer sans auto­ri­sa­tion ni cen­sure » (1644).


« Les des­potes eux-mêmes ne nient pas que la liber­té ne soit excel­lente ; seule­ment ils ne la veulent que pour eux-mêmes, et ils sou­tiennent que tous les autres en sont tout à fait indignes. » Alexis de Toc­que­ville, « L’An­cien Régime et la Révo­lu­tion », 1866 [décri­vant hon­nê­te­ment le fond de l’idéologie escla­va­giste dite libérale].


Un domp­teur de cirque par­vient à dres­ser un élé­phant en recou­rant à une tech­nique très simple : alors que l’animal est encore jeune, il lui attache une patte à un tronc d’arbre très solide. Mal­gré tous ses efforts, l’éléphanteau n’arrive pas à se libé­rer. Peu à peu, il s’habitue à l’idée que le tronc est plus fort que lui. Une fois qu’il est deve­nu un adulte doté d’une force colos­sale, il suf­fit de lui pas­ser une corde au pied et de l’attacher à un jeune arbre. Il ne cher­che­ra même pas à se libérer.

Comme ceux des élé­phants, nos pieds sont entra­vés par des liens fra­giles. Mais, comme nous avons été accou­tu­més dès l’enfance à la puis­sance du tronc d’arbre, nous n’osons pas lutter.

Sans savoir qu’il nous suf­fi­rait d’un geste de cou­rage pour décou­vrir toute notre liberté.

Pau­lo Coel­ho, « Maktub ».


« Pri­ver un homme des moyens que la nature et l’art ont mis en son pou­voir de com­mu­ni­quer ses sen­ti­ments et ses idées, pour empê­cher qu’il n’en fasse un mau­vais usage, ou bien enchaî­ner sa langue de peur qu’il ne calom­nie, ou lier ses bras de peur qu’il ne les tourne contre ses sem­blables, tout le monde voit que ce sont là des absur­di­tés du même genre, que cette méthode est tout sim­ple­ment le secret du des­po­tisme qui, pour rendre les hommes sages et pai­sibles, ne connaît pas de meilleur moyens que d’en faire des ins­tru­ments pas­sifs ou de vils automates. » 

Robes­pierre, « Dis­cours sur la liber­té de la presse », pro­non­cé à la Socié­té des Amis de la Consti­tu­tion le 11 mai 1791, et uti­li­sé en par­tie devant l’Assemblée Natio­nale le 22 août 1791.


« Si dans l’intérieur d’un État vous n’entendez le bruit d’aucun conflit, vous pou­vez être sûr que la liber­té n’y est pas. » Montesquieu.


« Toutes les opi­nions, y com­pris les erreurs, sont d’un grand ser­vice pour atteindre rapi­de­ment la plus haute vérité.
Tuer un bon livre, c’est à peu près comme tuer un homme.
Qu’on me donne la liber­té de connaître, de m’exprimer et de dis­pu­ter libre­ment, selon ma conscience, avant toute autre liberté. » 

John Mil­ton, Pour la liber­té d’imprimer, sans auto­ri­sa­tion ni cen­sure (1644).


« L’ordre social n’aura vrai­ment atteint le degré de per­fec­tion auquel on doit tendre sans cesse, qu’à l’époque où aucun article des lois ne sera obli­ga­toire qu’après avoir été sou­mis immé­dia­te­ment à l’examen de tout individu (…). 

Je pro­pose pour cette fois, de bor­ner ce droit indi­vi­duel aux seuls articles rela­tifs à la consti­tu­tion ; mais c’est dans l’espérance que les pro­grès de la rai­son et l’effet que des ins­ti­tu­tions plus légales et plus justes pro­dui­ront néces­sai­re­ment dans les esprits, per­met­tront à une autre époque d’étendre ce même droit à d’autres classes de lois, et suc­ces­si­ve­ment de l’étendre à toutes » 

« Les hommes ont tel­le­ment pris l’habitude d’obéir à d’autres hommes, que la liber­té est, pour la plu­part d’entre eux, le droit de n’être sou­mis qu’à des maîtres choi­sis par eux-mêmes. Leurs idées ne vont pas plus loin, et c’est là que s’arrête le faible sen­ti­ment de leur indépendance.
(…)
Presque par­tout cette demi-liber­­té est accom­pa­gnée d’orages ; alors on les attri­bue à l’abus de la liber­té, et l’on ne voit pas qu’ils naissent pré­ci­sé­ment de ce que la liber­té n’est pas entière ; on cherche à lui don­ner de nou­velles chaînes, lorsqu’il fau­drait son­ger, au contraire, à bri­ser celles qui lui restent. »

Condor­cet, 1789 :
Sur la néces­si­té de faire rati­fier la consti­tu­tion par les citoyens.


L’homme est né pour le bon­heur et pour la liber­té et par­tout il est esclave et mal­heu­reux ! La socié­té a pour but la conser­va­tion de ses droits et la per­fec­tion de son être ; et par­tout la socié­té le dégrade et l’op­prime ! Le temps est arri­vé de le rap­pe­ler à ses véri­tables destinées.
(…)
Pour rem­plir votre mis­sion, il faut faire pré­ci­sé­ment tout le contraire de ce qui a exis­té avant vous.

Jus­qu’i­ci l’art de gou­ver­ner n’a été que l’art de dépouiller et d’as­ser­vir le grand nombre au pro­fit du petit nombre, et la légis­la­tion, le moyen de réduire ces atten­tats en sys­tème. Les rois et les aris­to­crates ont très bien fait leur métier : c’est à vous main­te­nant de faire le vôtre, c’est-à-dire de rendre les hommes heu­reux et libres par les lois.

Robes­pierre.
(Pour le bon­heur et pour la liber­té, actua­li­té d’un homme irré­cu­pé­rable, La Fabrique, 2000)


« L’anarchisme est cette ten­dance, pré­sente dans toute l’his­toire de la pen­sée et de l’a­gir humains, qui nous incite à vou­loir iden­ti­fier les struc­tures coer­ci­tives, auto­ri­taires et hié­rar­chiques de toutes sortes pour les exa­mi­ner et mettre à l’é­preuve leur légi­ti­mi­té ; lors­qu’il arrive que ces struc­tures ne peuvent se jus­ti­fier — ce qui est le plus sou­vent le cas — l’a­nar­chisme nous porte à cher­cher à les éli­mi­ner et à ain­si élar­gir l’es­pace de la liber­té. » Noam Chomsky.


« L’ac­cep­ta­tion d’une croyance n’est-elle pas un cou­vercle mis sur cette peur, sur cette peur de n’être rien du tout, d’être vide ? 

Et pour­tant un réci­pient n’est uti­li­sable que lors­qu’il est vide et un esprit qui est rem­pli de croyances, de dogmes, d’af­fir­ma­tions, de cita­tions est en véri­té un esprit sté­rile, une machine à répé­ti­tion. » Jid­du Kri­sh­na­mur­ti (1895−1986) La pre­mière et la der­nière liber­té, 1964.


« La véri­té est le nom que les plus forts donnent à leur opi­nion. » Alphonse Karr (1808−1890)


La liber­té seule­ment pour les par­ti­sans du gou­ver­ne­ment, pour les membres d’un par­ti, aus­si nom­breux soient-ils, ce n’est pas la liber­té. La liber­té, c’est tou­jours la liber­té de celui qui pense autre­ment. Non pas par fana­tisme de la « jus­tice », mais parce que tout ce qu’il y a d’ins­truc­tif, de salu­taire et de puri­fiant dans la liber­té poli­tique tient à cela et perd de son effi­ca­ci­té quand la « liber­té » devient un privilège.

Rosa Luxem­bourg (La révo­lu­tion russe).


« La pen­sée facile consiste à choi­sir son camp, accu­mu­ler les savoirs et igno­rer l’autre côté.
Il s’ensuit une boi­te­rie logique qui donne une image hémi­plé­gique du psy­chisme humain. » Boris Cyrul­nik, De chair et d’âme.


« La déli­bé­ra­tion sera, en effet, meilleure si tous déli­bèrent en com­mun, le peuple avec les notables, ceux-ci avec la masse. » Aris­tote, Les Poli­tiques IV, 14, 1298‑b.


« Le mot isé­go­ria, le droit pour tous de par­ler à l’as­sem­blée, était quel­que­fois employé par les écri­vains grecs comme un syno­nyme de ‘démo­cra­tie’. »

Moses I. Fin­ley, « Démo­cra­tie antique et démo­cra­tie moderne » (1972), p 64.


La pen­sée facile consiste à choi­sir son camp, accu­mu­ler les savoirs et igno­rer l’autre côté.

Il s’ensuit une boi­te­rie logique qui donne une image hémi­plé­gique du psy­chisme humain.

Boris Cyrul­nik, De chair et d’âme.


« La déli­bé­ra­tion sera, en effet, meilleure si tous déli­bèrent en com­mun, le peuple avec les notables, ceux-ci avec la masse. »
Aris­tote, Les Poli­tiques IV, 14, 1298‑b.


« Tout endoc­tri­ne­ment faci­li­té par l’ignorance de l’informé, ne lui pré­sen­tant qu’un aspect des choses, ten­dant à lui impo­ser des auto­ma­tismes de pen­sée et de com­por­te­ment, occul­tant les opi­nions contraires en décré­tant qu’elles sont erro­nées ou ten­tant de les pré­sen­ter de telle sorte qu’elles perdent aus­si­tôt toute cohé­rence face à la solu­tion pré­pa­rée par celui qui informe, indi­vi­du ou ins­ti­tu­tion, est l’expression d’un mépris pro­fond de l’homme.

C’est consi­dé­rer qu’il est inca­pable de se faire une opi­nion per­son­nelle parce qu’ignorant, ce qui est vrai, mais au lieu de com­bler son igno­rance en lui four­nis­sant des opi­nions et des infor­ma­tions dif­fé­rentes ou contraires, c’est le trom­per que de ne lui mon­trer qu’un aspect des choses. C’est le consi­dé­rer comme un sous-homme, c’est faire preuve d’un véri­table racisme. 

Le rôle d’un pou­voir ne devrait pas être de « for­mer » l’opinion, mais de lui four­nir des élé­ments d’information nom­breux et dif­fé­ren­ciés per­met­tant à chaque indi­vi­du de remettre en cause chaque jour les bases de la péren­ni­té de ce pou­voir même. 

Autre­ment dit, ce serait alors se sup­pri­mer tout pou­voir cen­tra­li­sé. Ce serait de four­nir à chaque indi­vi­du les moyens d’apporter sa part ima­gi­na­tive à la construc­tion jamais finie de la socié­té humaine. »

Hen­ri Labo­rit, La Nou­velle Grille.


Puri­fi­ca­tion linguistique

« Vous n’ap­pré­ciez pas réel­le­ment le nov­langue, Wins­ton, dit-il presque tris­te­ment. Au fond, vous auriez pré­fé­ré res­ter fidèle à l’an­cien lan­gage, à son impré­ci­sion et ses nuances inutiles (…).
Ne voyez-vous pas que le but du nov­langue est de res­treindre les limites de la pen­sée ? À la fin, nous ren­drons lit­té­ra­le­ment impos­sible le crime par la pen­sée, car il n’y aura plus de mots pour l’ex­pri­mer. Tous les concepts néces­saires seront expri­més cha­cun exac­te­ment par un seul mot dont le sens sera rigou­reu­se­ment déli­mi­té. La Révo­lu­tion sera com­plète quand le lan­gage sera par­fait. Vers 2050, plus tôt pro­ba­ble­ment, toute connais­sance de l’an­cienne langue aura dis­pa­ru. Toute lit­té­ra­ture du pas­sé aura été détruite. Chau­cer, Sha­kes­peare, Mil­ton, Byron n’exis­te­ront plus qu’en ver­sion nov­langue. Même la lit­té­ra­ture du Par­ti chan­ge­ra. Même les slo­gans chan­ge­ront. Com­ment pour­­rait-il y avoir une devise comme « La liber­té, c’est l’es­cla­vage », alors que le concept même de liber­té aura été abo­li ? En fait, il n’y aura pas de pen­sée telle que nous la com­pre­nons main­te­nant. Ortho­doxie signi­fie non pen­sant, qui n’a pas besoin de pen­sée. L’or­tho­doxie, c’est l’inconscience.
George Orwell (1903–1950),« 1984 » (1949).


« Comme le sou­li­gnait John Stuart Mill, pou­voir cri­ti­quer sans aucune crainte les lois de New­ton et voir qu’elles résistent à ces cri­tiques est une des rai­sons de croire aux lois de New­ton. Si on pour­sui­vait devant les tri­bu­naux tous ceux qui contestent la vali­di­té des lois de la phy­sique, il n’y aurait plus aucune rai­son d’y croire. La même chose est vraie, a for­tio­ri, pour la sociologie. »

Jean Bric­mont, la Répu­blique des Cen­seurs, 2014 (p24).


« À chaque époque, il existe des libres pen­seurs, c’est-à-dire des gens qui n’ap­par­tiennent à aucune secte, n’adhèrent à aucune reli­gion, s’in­té­ressent aux faits avant de par­ler de valeurs, jugent de la véri­té d’une opi­nion indé­pen­dam­ment de la per­sonne qui l’é­nonce, qui écoutent dif­fé­rents points de vue, hésitent, doutent et dis­cutent avec tout le monde. Ils pensent que cha­cun a le droit d’ex­pri­mer son opinion.

En face d’eux, il y a les fana­tiques, les clé­ri­caux, les obs­cu­ran­tistes, qui font exac­te­ment le contraire. Ils tiennent (plus ou moins) à jour leurs fiches, sur­veillent qui parle avec qui et lancent des cam­pagnes de haine et de dif­fa­ma­tion contre les libres pen­seurs. Ils cen­surent tout ce qu’ils peuvent. Ils croient incar­ner la lutte du Bien contre le Mal.

Mal­heu­reu­se­ment, de nos jours, les fana­tiques, les clé­ri­caux et les obs­cu­ran­tistes ne parlent que de démo­cra­tie et de droits de l’homme, de lutte contre la haine, l’ex­trême-droite, le racisme et l’antisémitisme.

Cela a pour effet d’é­ga­rer un cer­tain nombre d’es­prits faibles qui se pensent comme étant de gauche tout en n’é­tant que des vic­times de l’illu­sion consis­tant à croire que l’on appar­tient au camp du Bien et qui se privent et tentent de pri­ver les autres des res­sources de l’es­prit critique. »

Jean Bric­mont, juin 2016.


Les livres auto­ri­sés par la cen­sure ne font qu’exprimer les idées reçues de l’époque.
Fran­cis Bacon.

[Gilets jaunes constituants sur le RIC] Rendez-vous à Alès vendredi 19 avril 2019 à 18 h, avec les Colibris

Il y aura Céline-élo­­die Duche­min, Tris­tan et Camille 🙂

L’é­vé­ne­ment Facebook :
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​4​5​5​3​1​5​9​2​1​9​1​0​1​01/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​p​h​o​t​o​.​p​h​p​?​f​b​i​d​=​1​0​1​5​7​0​6​7​4​9​6​1​1​7​3​1​7​&​s​e​t​=​a​.​1​0​1​5​0​2​7​9​4​4​5​9​0​7​3​1​7​&​t​y​p​e​=​3​&​t​h​e​a​ter

Le martyr de Julian Assange est le crime et la honte inexpiables des journalistes et des politiciens du monde entier

Le mar­tyr de Julian Assange est le crime et la honte inex­piables des jour­na­listes et des poli­ti­ciens du monde entier, qui l’au­ront lais­sé tor­tu­rer et cre­ver sans le protéger.

Mer­ci RT.

Fil fb cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​face​book​.com/​s​t​o​r​y​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​1​0​1​5​7​0​5​8​5​4​8​3​7​7​3​1​7​&​i​d​=​6​0​0​9​2​2​316

La vidéo (sans pubs) de notre deuxième rencontre, avec Raphaël, sur Sud radio

https://​you​tu​.be/​O​H​b​g​i​b​G​_​ySo

Qu’en pen­­sez-vous ?
On pro­gresse, non ?

Mer­ci Didier (Maïs­to), de rendre ça pos­sible : c’est bon pour l’in­té­rêt géné­ral, ça paci­fie­ra la socié­té, de rendre ain­si pos­sibles de vrais débats sur ce qui compte le plus pour la Cité. Mer­ci pour cette incroyable prise de risque per­son­nel que tu assumes pour que le peuple soit mieux repré­sen­té. C’est his­to­rique, je pense. 

Étienne.

[Arrestation de Julian ASSANGE à Londres] Rendez-vous avec Viktor Dedaj ce Jeudi Chouard #5, 20 h sur Sud radio

Salut,

Julian Assange, vient d’être arrê­té par la police anglaise.

Scot­land Yard vient de recon­naître que l’ar­res­ta­tion a eu lieu sur injonc­tion des USA…

L’ex­tra­di­tion du Royaume ‑uni vers les USA est très facile, sans dos­sier, donc sans pos­si­bi­li­té de se défendre.

Notre meilleur lan­ceur d’a­lerte, héros mon­dial, exemple vivant de jour­na­lisme, sen­ti­nelle du peuple, va bien­tôt finir à Guan­ta­na­mo, tor­tu­ré puis assas­si­né par les chiens de l’empire.

Et nos salauds de « jour­na­listes », lit­té­ra­le­ment ven­dus aux riches, vont se taire et lais­ser faire au lieu de tem­pê­ter et de résis­ter… Ces ven­dus seront d’ailleurs eux-mêmes sur les pro­chaines char­rettes de l’empire (les USA ont prévenu).

Tout ça est à pleurer.

Wiki­leaks le sen­tait venir

Je vous pro­pose de faire, ce jeu­di Chouard #5, juste après ma deuxième ren­contre avec Raphaël (19h-20h), un « spé­cial Assange » avec Vik­tor Dedaj (et Didier Maïs­to et Régis de Cas­tel­nau) : 20 h sur Sud radio, live You­tube et live Facebook.

Juan Bran­co ne pour­ra pas venir, mais on tâche­ra d’a­voir avec lui un échange téléphonique.

À tout à l’heure.

Étienne.

LIBÉREZ ASSANGE !

PS : je serai au jour­nal de RT France à 15 h.

PPS : la page dédiée à Julian sur Le Grand Soir :
https://www.legrandsoir.info/julian-assange-prisonnier-politique-depuis-2012–9.html

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​0​5​5​1​2​6​2​1​7​317

Edit :
Voi­ci la vidéo de notre rencontre :

Deuxième rencontre avec Raphaël Enthoven, sur Sud Radio, jeudi 11 avril 2019 de 19 h à 20 h.

Je suis content de bien­tôt recom­men­cer à « construire nos désac­cords » avec Raphaël, sur le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif (fal­la­cieu­se­ment éti­que­té « démo­cra­tie représentative »).

Notre deuxième ren­contre est pro­gram­mée demain, jeu­di 11 avril 201 à 19h, sur Sud Radio (juste avant Jeu­di Chouard #5 qui aura lieu à 20 h).

À  pro­pos des commentaires :

Je demande un peu solen­nel­le­ment à tous ceux qui com­men­te­ront cet échange d’es­sayer d’être exem­plaires, en évi­tant les attaques ad homi­nem, les pro­cès d’in­ten­tion, et bien sûr les insultes : tâchez de bien res­ter sur les idées, les faits, les argu­ments. Raphaël et moi, mal­gré nos pro­fonds désac­cords de fond, essayons d’être exem­plaires sur ces échanges, de faire comme tous les citoyens devraient peut-être faire en poli­tique, c’est-à-dire nous contre­dire poli­ment, hon­nê­te­ment, res­pec­tueu­se­ment, en cher­chant cha­cun où nous nous trom­pons, en cher­chant à com­prendre qu’est-ce qui fait que l’autre a un point de vue aus­si dif­fé­rent du nôtre… Ce serait vrai­ment chouette (démo­cra­tique) que les com­men­ta­teurs fassent, eux aus­si, un effort pour être exemplaires.

Au plai­sir de vous retrouver.

Étienne.

[RussEurope-en-Exil] A propos du livre d’Etienne Chouard, « Notre Cause Commune », par Jacques Sapir

Je remer­cie Jacques Sapir du fond du cœur pour tous ses pré­cieux com­men­taires sur mon tra­vail. Je remer­cie aus­si Oli­vier Ber­ruyer de publier cette recension :

https://​www​.les​-crises​.fr/​r​u​s​s​e​u​r​o​p​e​–​e​n​–​e​x​i​l​–​a​–​p​r​o​p​o​s​–​d​u​–​l​i​v​r​e​–​d​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​r​d​–​n​o​t​r​e​–​c​a​u​s​e​–​c​o​m​m​u​n​e​–​p​a​r​–​j​a​c​q​u​e​s​–​s​a​p​ir/

[Jacques Sapir : ] Etienne Chouard vient de publier Notre Cause Com­mune[1], un livre où, à par­tir du mou­ve­ment des Gilets Jaunes, il fait un pro­cès en règle de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive avec l’apologie du réfé­ren­dum et du tirage au sort. C’est un livre impor­tant, et qui cho­que­ra cer­tains à gauche, et c’est tant mieux. Mais, ce livre devrait les inci­ter à réflé­chir à ce qu’ils appellent « démo­cra­tie ». J’ai ren­con­tré Etienne Chouard à deux reprises, quand il fut invi­té dans l’émission Rus­sEu­rope Express ou j’interviens sur Sput­nik France[2]. Disons le d’emblée, Etienne Chouard ne cor­res­pond nul­le­ment à la cari­ca­ture qu’une cer­taine presse veut en dres­ser. Ce n’est ni un « com­plo­tiste », ni un dan­ge­reux exci­té, mais bien quelqu’un avec qui on a plai­sir à dis­cu­ter à débattre, même si l’on n’est pas tou­jours d’accord avec lui, et peut-être sur­tout si l’on n’est pas d’accord. C’est quelqu’un qui m’a impres­sion­né par la qua­li­té de son écoute et par son humi­li­té qui est tout sauf feinte. La forme d’interdiction de parole dont il est l’objet dans les médias « offi­ciels » est par­ti­cu­liè­re­ment cho­quante. Au-delà, les ques­tions qu’il pose dans son ouvrage sont des ques­tions fondamentales.

Une uto­pie politique

Le livre est construit en 8 cha­pitres de taille diverse. Etienne Chouard pré­sente le pour­quoi du com­ment il s’est inté­res­sé à la ques­tion poli­tique et a été conduit à remettre en cause le prin­cipe de l’élection, dont il fait le « pro­cès » au cha­pitre 2. Il cherche à mon­trer au cha­pitre 3 com­ment l’élection tend à infan­ti­li­ser les citoyens, et sou­tient, au cha­pitre 4, qu’elle porte au pou­voir les « pires ». Dans le cha­pitre 5 il dresse un état des lieux des pra­tiques du tirage au sort, puis déve­loppe, dans le cha­pitre 6 l’idée d’une consti­tu­tion qui serait direc­te­ment écrite par les citoyens au tra­vers d’atelier consti­tuant. Le cha­pitre 7 pré­sente diverses réfé­rences sur la notion de démo­cra­tie, sur le pro­ces­sus élec­to­ral et sur le tirage au sort. Le cha­pitre 8, qui sert de conclu­sion, reprend le mou­ve­ment des Gilets Jaunes, veut en mon­trer l’exemplarité, pré­sente une liste de doléances et insiste sur le Réfé­ren­dum d’Initiative Citoyenne (RIC) comme point cen­tral de ce mou­ve­ment. Il y a à l’évidence un esprit uto­pique qui anime Etienne Chouard. Le terme ne doit pas être pris dans son sens péjo­ra­tif, car nous avons besoin d’utopies. Hen­ri Maler n’avait-il pas inti­tu­lé, il y a quelques années, un de ses livres Convoi­ter l’Impossible [3]?

On peut tom­ber d’accord avec Etienne Chouard sur une série de points. Quand il dresse le bilan d’une cor­rup­tion, tant maté­rielle que morale d’une par­tie du per­son­nel poli­tique, quand il insiste sur la dépos­ses­sion de la sou­ve­rai­ne­té, dont les suites du réfé­ren­dum de 2005 furent un exemple fla­grant, quand il montre l’inefficacité du sys­tème poli­tique actuel, on peut très faci­le­ment tom­ber d’accord avec lui. De même, l’apologie des pra­tiques réfé­ren­daires et du RIC pour ten­ter d’insuffler un nou­vel esprit démo­cra­tique dans le sys­tème poli­tique touche un point juste. Il en va de même, sur un mode plus mineur, avec la pra­tique du tirage du sort. Cette der­nière est bien admise pour les jurés des assises. Pour­quoi ne serait-elle pas éten­due au sys­tème politique ?

Il y a un autre point sur lequel on se retrou­ve­ra avec Etienne Chouard, c’est évi­dem­ment sur l’importance du poli­tique (et non de « la » poli­tique). La dénon­cia­tion à laquelle il pro­cède de l’envahissement des choix sup­po­sés « tech­niques » dans des domaines qui relèvent du poli­tique est une évi­dence. Elle n’est pas nou­velle et de nom­breux auteurs depuis les débuts du XXème siècle l’ont fait.

Mais, der­rière ces points s’en cachent d’autres qui, eux, posent pro­blèmes. On vou­drait donc ici en faire une liste non exhaus­tive pour pré­ci­ser aus­si les points de diver­gence et de désac­cord avec Etienne Chouard. Ces points sont-ils déci­sifs et en mesure de conduire à un rejet total des thèses de ce livre ? Je ne le pense pas, et je crois très sin­cè­re­ment que des com­pro­mis peuvent être trou­vés. En tout état de cause, on ne perd pas son temps à lire Etienne Chouard, car les ques­tions qu’il pose sont des ques­tions de la plus haute importance.

Le fond et la forme

Venons en donc aux points de désac­cords. La pre­mier, et sans doute le plus essen­tiel, est qu’Etienne Chouard confond sou­vent les prin­cipes et les formes d’application de ces der­niers, ce que l’on appelle les « formes phé­no­mé­nales ». On en trouve un exemple à pro­pos de ce qu’est une Consti­tu­tion. Cette der­nière est tou­jours double, avec un énon­cé des prin­cipes (quels qu’ils soient) et des condi­tions d’application de ces dits prin­cipes. Il en est ain­si quand il voue à la même détes­ta­tion le régime repré­sen­ta­tif du sys­tème poli­tique de la IIIème Répu­blique, de la IVème et de la Vème. Or, si l’on peut dire que tous ces sys­tèmes poli­tiques ont été repré­sen­ta­tifs, il est faux de dire qu’ils ont tous été por­teurs des mêmes défauts. Il y a une notion qui échappe com­plè­te­ment à l’analyse, c’est celle de « rap­port de force ». Or, sui­vant la nature du rap­port de forces, sui­vant aus­si le cadre ins­ti­tu­tion­nel, le régime repré­sen­ta­tif peut être accep­table ou deve­nir la pire des choses. N’oublions jamais que c’est une assem­blée issue d’un régime repré­sen­ta­tif, celle des débuts de la IVème Répu­blique, qui vota une grande par­tie du sys­tème social que Macron et ses sbires veulent aujourd’hui détruire. Le contexte his­to­rique compte, et son absence dans ce livre est un grand défaut.

De même quand Etienne Chouard écrit : « …pour soi­gner un mal, pour régler un pro­blème, inutile de s’en prendre aux consé­quences, bien sûr, mais inutile de s’en prendre même aux causes diverses (puisque tout est mul­ti­fac­to­riel) : il y a tou­jours une cause déter­mi­nante (pas la seule mais une qui déter­mine toutes les autres) : c’est elle qui nous faut, c’est elle qu’il faut cher­cher… »[4]. Une telle affir­ma­tion peut être juste tout comme elle peut être fausse. Il y a des fois où les causes sont trop entre­mê­lées pour pou­voir être dis­tin­guées. Ensuite, quand bien même exis­te­rait une cause déter­mi­nante, ce qui peut sur­ve­nir, quelle garan­tie avons nous que cette cause est déter­mi­nante de manière géné­rale ou du fait d’un cadre ins­ti­tu­tion­nel qui lui-même est sujet à évo­lu­tion ? Quand des auteurs (et j’en fait par­tie) relions les désordres de l’économie fran­çaise à l’existence de l’euro, c’est parce que nous assu­mons un cadre ins­ti­tu­tion­nel qui implique qu’il ne pour­ra pas y avoir de flux de trans­ferts mas­sifs et que la France est et sera dans une situa­tion où les droits de douane sont faibles ou inexis­tants. Ce n’est qu’à ces condi­tions que l’on peut dire que l’euro est la source prin­ci­pale des désordres éco­no­miques que la France connaît.

Toute ten­ta­tive de hié­rar­chi­sa­tion des causes implique que l’on pré­cise bien ce qui est secon­daire de ce qui est prin­ci­pal, les liens de cau­sa­li­té et le contexte qui rend ces liens per­ti­nents. Un exemple de confu­sion peut être trou­vé dans le dia­gramme en arbo­res­cence qui suit cette cita­tion, et qui montre bien qu’Etienne Chouard ne s’est pas livré à un tra­vail sérieux de décons­truc­tion de la ques­tion. On note­ra que ce dia­gramme pré­sente des « doubles emplois » comme le chô­mage, les bas salaires et les « injus­tices sociales ». Je conçois, ayant été pro­fes­seur comme l’est Etienne Chouard, que l’on puisse avoir besoin de sim­pli­fier pour être péda­go­gique, mais ici on est clai­re­ment au-delà de la simplification.

La démo­cra­tie dans une socié­té hétérogène

Un deuxième pro­blème vient de ce qu’Etienne Chouard me semble assu­mer la vue d’une socié­té glo­ba­le­ment uni­fiée et homo­gène (les « petits » face au « gros », les « domi­nés » face aux « domi­nants », et ne tient aucun compte de l’hétérogénéité qui existe dans toute socié­té, mais en par­ti­cu­lier dans les socié­tés modernes.

Ce pro­blème est mani­feste quand Etienne Chouard fait réfé­rences aux formes antiques de la démo­cra­tie, où le nombre de citoyens était fort réduit. Ici, il aurait bien fait avant que d’entrer dans des com­pa­rai­sons, de lire le livre de Clau­dia Moat­ti et de Michelle Riot-Sar­­cey Pour­quoi se réfé­rer au pas­sé[5]. On ne convoque pas impu­né­ment le pas­sé au pré­sent. Pour­tant, en dépit du risque de l’anachronisme, la com­pa­rai­son peut être faite car elle est lourde de sens. Dans son petit livre publié en 2002, l’historien bri­tan­nique Fer­gus Mil­lar, posait d’ailleurs fort bien cette ques­tion[6]. Ici encore il faut lais­ser la parole à Clau­dia Moat­ti qui écrit, dans un autre livre, les choses sui­vantes : « Pour­quoi une ancienne socié­té fon­da­men­ta­le­ment inéga­li­taire et ses idéaux aris­to­cra­tiques gardent jusqu’à aujourd’hui encore une telle force d’attraction pour ceux qui tentent de pen­ser la liber­té répu­bli­caine ? Pour­quoi donc le détour par l’antique s’impose-t-il de manière aus­si insis­tante ? »[7].

La rai­son dans cette force d’attraction, une rai­son qui est per­ma­nente depuis la Révo­lu­tion de 1789 jusqu’à nos jours c’est l’idée que ce qui se joue en per­ma­nence dans la poli­tique c’est l’affrontement entre le peuple et une couche domi­nante, qu’on l’appelle oli­gar­chie ou aris­to­cra­tie. C’est pour­quoi le sort tra­gique de Tibe­rius Grac­chus, puis celui de son frère Caius Grac­chus, conti­nue de nous par­ler[8]. C’est pour­quoi nous pou­vons aus­si nous retrou­ver dans la lutte impla­cable des popu­lares, les par­ti­sans du peuple, contre les opti­mates, les par­ti­sans du Sénat, dans les per­son­nages de Marius et de Syl­la. Ce der­nier nous est aus­si fami­lier par un vers de Vic­tor Hugo, tiré du poème Ulti­ma Ver­ba publié dans Les Cha­ti­ments en 1853 :

« Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encore Syl­la ; »

Ce n’est pas pour rien si le nom de Syl­la détour­na le mot de « dic­ta­ture » de son ancienne signi­fi­ca­tion, où ce mot dési­gnait une magis­tra­ture excep­tion­nelle, mais pré­vue dans le cadre de la Répu­blique, pour deve­nir un syno­nyme de Tyran­nie[9].

Alors, oui, il nous faut pen­ser la ques­tion de l’unité du peuple, mais non comme un résul­tat pré­exis­tant, comme un état géné­ral qui aurait pu être recou­vert de « divi­sions » issues de la poli­tique des « domi­nants », mais bien comme un état à construire, et une construc­tion elle-même néces­sai­re­ment tem­po­raire et liée à un contexte pré­cis. Il faut donc rap­pe­ler que quand nous par­lons d’un « peuple » nous ne par­lons pas d’une com­mu­nau­té eth­nique ou reli­gieuse, mais de cette com­mu­nau­té poli­tique d’individus ras­sem­blés qui prend son ave­nir en mains[10]. Le « peuple » auquel on se réfère est un peuple « pour soi », qui se construit dans l’action et non pas un peuple « en soi », ce qui ne serait qu’une « mul­ti­tude ». Se réfé­rer à cette notion de sou­ve­rai­ne­té, vou­loir la défendre et la faire vivre, se défi­nir donc comme sou­ve­rai­niste, implique de com­prendre que nous vivons dans des socié­tés hété­ro­gènes et que l’unité de ces der­nières se construit, et se construit avant tout poli­ti­que­ment. Cette uni­té n’est jamais don­née ni natu­relle[11].

L’individu limi­té

Le troi­sième pro­blème, dont Etienne Chouard a d’ailleurs recon­nu la per­ti­nence lors de la pre­mière émis­sion que nous fîmes ensemble, c’est la ques­tion de la satu­ra­tion de l’esprit humain par des signaux ou des infor­ma­tions trop nom­breuses, une ques­tion qui conduit, alors, à une forme de spé­cia­li­sa­tion du per­son­nel poli­tique. Très clai­re­ment, Etienne Chouard a fait sienne les vues qua­si­ment anar­chiste du Lénine de l’Etat et a Révo­lu­tion[12], un ouvrage rédi­gé en 1917 avant que les Bol­ché­viques ne soient confron­tés à l’épreuve du pou­voir. Ce livre est aus­si por­teur d’une uto­pie, tout comme celui d’Etienne Chouard. Mais, avec le recul, et sans més­es­ti­mer la ques­tion des rap­ports de forces, nous pou­vons ana­ly­ser ce qui a empê­ché le rêve de démo­cra­tie directe.

Cela est connu en éco­no­mie. Her­bert Simon nous invite à consi­dé­rer comme un pro­ces­sus empreint de sub­jec­ti­vi­té le trai­te­ment même du signal pour en extraire l’information[13]. Que ce soit pour des rai­sons d’incomplétude radi­cale du cata­logue d’évaluation ou du fait de la limite impo­sée par le temps de la déci­sion, appli­ca­tion du prin­cipe de contrainte tem­po­relle, le pro­ces­sus d’interprétation est incom­plet. Il est sou­mis à des règles d’évaluation et d’arrêt, ain­si que des rou­tines qui sont propres à chaque indi­vi­du. Il en résulte que l’excès de signaux est aus­si pro­blé­ma­tique du point de vue de la déci­sion que la pénu­rie d’information. Ain­si : “Dans un monde où l’attention est une res­source rare, l’information peut être un luxe coû­teux, car elle détourne notre atten­tion de ce qui est impor­tant vers ce qui est secon­daire.” [14]C’est ce pro­blème qui rend indis­pen­sable des formes de repré­sen­ta­tion et qui condamne les formes sim­plistes de la démo­cra­tie directe.

La ques­tion de la déli­bé­ra­tion, et du vote, a été ana­ly­sée par de nom­breux auteurs. Le Para­doxe de Condor­cet, qu’il fau­drait en réa­li­té appe­ler « Para­doxe de Bor­da » ou para­doxe du scru­tin, montre que, dans un choix déli­bé­ra­tif avec vote, quel que soit l’ordre de pré­fé­rence des votants, il est pos­sible que le résul­tat du scru­tin ne cor­res­ponde à l’échelle de pré­fé­rence d’aucun des votants, autre­ment dit que le choix col­lec­tif ne satis­fasse aucun des par­ti­ci­pants indi­vi­duels[15]. Mais, le para­doxe de Condor­cet s’appuie sur une vision fausse des pré­fé­rences indi­vi­duelles, ce qui avait été pres­sen­tie par Mau­rice Allais[16], et ce qui a été démon­tré dans les tra­vaux des années 1980 et 1990[17]. Le contexte est donc essen­tiel pour la for­ma­tion des pré­fé­rences indi­vi­duelles. Cette ques­tion du contexte implique que l’on ne peut par­ler au sujet d’une démo­cra­tie « décon­tex­tua­li­sée ». On revient donc au pro­blème récur­rent dans le livre d’Etienne Chouard, cette « dé-contex­­tua­­li­­sa­­tion » de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive[18]. Que cette der­nière soit aujourd’hui en crise est une évi­dence. Mais, la construc­tion de cette crise en prin­cipe par la dé-contex­­tua­­li­­sa­­tion dans le but de ser­vir de mar­che­pied à l’utopie de la démo­cra­tie directe et de la non-pro­­fes­­sion­­na­­li­­sa­­tion de la classe poli­tique pose un réel problème.

Les sub­ven­tions aux pro­duits de pre­mière nécessité

Le der­nier point qui pique dans le livre se trouve au cha­pitre 8. C’est la pro­po­si­tion de sub­ven­tion­ner les pro­duits de « pre­mière néces­si­té »[19]. On glis­se­ra sur le pro­blème (réel) de la défi­ni­tion de « pre­mière néces­si­té ». On glis­se­ra aus­si sur la ques­tion d’une appli­ca­tion de taux de TVA dif­fé­ren­ciés, ce qui est déjà le cas. Mais, l’idée d’une sub­ven­tion directe pose d’autres problèmes.

Ce ne peut être, au mieux, qu’une mesure d’urgence, qui ne peut être prise que dans des cir­cons­tances par­ti­cu­lières. Encore faut-il savoir qu’en sor­tir est extrê­me­ment dif­fi­cile. Le cas de la sub­ven­tion aux prix du car­bu­rant au Vene­zue­la en est un exemple. La sub­ven­tion va tout autant au com­mer­çant de la classe moyenne qui roule dans un gros 4 x 4 (et qui n’en a pas besoin) qu’aux ouvriers et aux pay­sans (qui eux en ont besoin). Lors de mon pre­mier séjour dans ce pays (en 2009) j’avais inter­pel­lé Nico­las Madu­ro (alors Chan­ce­lier du gou­ver­ne­ment) sur ce point. La réponse que j’avais obte­nue était cohé­rente à défaut d’être satis­fai­sante : il fal­lait sub­ven­tion­ner les agri­cul­teurs aux­quels on don­nait des terres pour qu’ils puissent rame­ner leurs récoltes sur les mar­chés des villes (la popu­la­tion est à 90% urbaine). J’avais pro­po­sé un sys­tème de cou­pons per­met­tant d’acheter du car­bu­rant à la place de ces prix anor­ma­le­ment bas, idée qui avait sem­blé rai­son­nable à cer­tains de mes inter­lo­cu­teurs, mais ces der­niers m’avaient objec­té qu’elle serait lourde à mettre en place. Quand je suis reve­nu en 2013, l’ensemble du gou­ver­ne­ment se plai­gnait de la contre­bande de car­bu­rant vers la Colom­bie, un phé­no­mène qui créait une « éco­no­mie de l’ombre » impor­tante et dom­ma­geable. Mais, cette contre­bande ne fai­sait qu’exploiter la dif­fé­rence entre le litre de gazole du côté Véné­zué­lien et du côté Colom­bien de la frontière !

A chaque fois qu’un gou­ver­ne­ment a vou­lu sub­ven­tion­ner des pro­duits de consom­ma­tion (comme l’URSS à par­tir de 1954 pour cer­taines consom­ma­tions ali­men­taires) il a créé des dis­tor­sions de prix rela­tifs extrê­me­ment impor­tantes, dis­tor­sions qui ont contri­bué à modi­fier la struc­ture de la pro­duc­tion[20]. Dans les années 1960 les pay­sans russes nour­ris­saient ain­si leur bétail avec du pain dont le prix (sub­ven­tion­né) était bien plus faible que le fourrage…

Bref, si je suis conscient d’un pro­blème évident quant à la consom­ma­tion des plus pré­caires dans notre pays, je pense que c’est une erreur de ten­ter de le résoudre par une sub­ven­tion des prix des pro­duits de « pre­mière néces­si­té ». Mieux vau­drait attri­buer en fonc­tion du reve­nu, de manière dégres­sive pour évi­ter ce que l’on appelle des « effets de seuil », des chèques qui ne seraient uti­li­sables QUE pour ache­ter cer­tains pro­duits et que les com­mer­çants pour­raient ame­ner aux recettes du Tré­sor pour obte­nir de la mon­naie. Ce sys­tème serait l’équivalent des « food stamps »[21] qui sont aujourd’hui uti­li­sés aux Etats-Unis. Ce sys­tème, qui n’est pas par­fait car il intro­duit une dépen­dance directe des per­sonnes béné­fi­ciaires face aux agences d’Etat, et indi­rec­te­ment pose un pro­blème pour la démo­cra­tie, mais il per­met cepen­dant d’éviter les désordres qu’introduirait la sub­ven­tion aux prix des produits.

Fon­da­men­ta­le­ment, la véri­table solu­tion passe plus par une hausse des reve­nus, et donc du SMIC entre autres, mais cette solu­tion ne pour­ra être mise en cause que sur la base d’une sor­tie de l’euro.

Une syn­thèse possible ?

Ces cri­tiques n’empêchent pas de trou­ver plu­sieurs points extrê­me­ment posi­tifs dans ce livre. Et, sur cette base, on peut ten­ter d’imaginer ce que pour­rait être un com­pro­mis entre l’utopie, car c’est bien de cela qu’il s’agit, que pro­pose Etienne Chouard et un sys­tème réa­liste. Une piste pos­sible pour­rait pro­ve­nir d’une lec­ture appro­fon­die de la cita­tion de Ray­mond Car­ré de Mal­berg, grand juriste fran­çais, que l’on trouve à la p. 62. Le sens pro­fond de ce qu’écrit Car­ré de Mal­berg, c’est qu’une délé­ga­tion de la sou­ve­rai­ne­té est pos­sible, à la condi­tion qu’elle se fasse dans des formes légales et que le contrôle du délé­ga­taire sur le délé­gué soit éta­bli et main­te­nu. Si l’on admet que le peuple est le seul sou­ve­rain, la ques­tion d’une délé­ga­tion par­tielle des pou­voirs peut se poser comme une forme de réponse aux pro­blèmes dont on a par­lé plus haut, comme celui de l’attention limi­té et de la satu­ra­tion de l’esprit humain par un excès de signaux et d’information. Nous aurions alors un Par­le­ment, assu­ré­ment élu dans un sys­tème fai­sant une plus large place à la plu­ra­li­té des opi­nions, mais contre­ba­lan­cé par un usage impor­tant du réfé­ren­dum, ce der­nier ayant tou­jours la prééminence.

On peut aus­si ima­gi­ner que, comme c’est déjà le cas pour la sépa­ra­tion du domaine de la loi et du règle­ment, la Consti­tu­tion pré­voit que tout sujet sur lequel le peuple s’est expri­mé par réfé­ren­dum ne peut être à nou­veau tran­ché que par un autre réfé­ren­dum. D’une manière géné­rale, on peut consi­dé­rer qu’il convient de for­te­ment aug­men­ter l’importance de la pro­cé­dure réfé­ren­daire, et d’ouvrir bien plus lar­ge­ment la pos­si­bi­li­té de réfé­ren­dum. De ce point de vue, et sous réserve que des garde-fous (en par­ti­cu­lier au sujet du réfé­ren­dum révo­ca­toire) soient éta­blis, le réfé­ren­dum d’initiative citoyenne appa­raît comme un ins­tru­ment utile pour com­battre la crise de la démo­cra­tie que nous traversons.

De même, la ques­tion du tirage au sort doit être abor­dée sérieu­se­ment. Il fonc­tionne déjà dans la socié­té actuelle pour les jurys des assises. Pour­quoi ne pas l’étendre à tout ce qui relè­ve­rait des com­mis­sions de contrôle ou de sur­veillance des organes de pou­voir ? Si le tirage au sort est inadap­té quand il s’agit de repré­sen­ter les opi­nions et les inté­rêts exis­tant dans une socié­té, il est bien plus jus­ti­fié quand il s’agit de dési­gner les per­sonnes qui devront véri­fier et contrô­ler des organes de pou­voir, que ce soit au niveau natio­nal ou au niveau local. Quant au pro­ces­sus consti­tuant, Chouard a une pré­fé­rence pour le tirage au sort après dis­cus­sion dans des comi­tés locaux. L’idée est sym­pa­thique, mais elle sup­pose que le niveau d’activité des comi­tés locaux soit constant, que l’on ne soit jamais confron­té à une « fatigue » de la poli­tique. Or, dans le monde réel, c’est très exac­te­ment ce qui se passe. Rap­pe­lons que les « soviets » en Rus­sie, qui n’étaient autres que des comi­tés locaux tels que ceux qu’anticipe Chouard, se sont vidés de leur sub­stance et ce avant même que le pou­voir issu de la Révo­lu­tion de 1917 ne cherche à les contrô­ler[22]. L’hypothèse que fait Etienne Chouard que le niveau d’activité poli­tique de la popu­la­tion reste constant n’est pas véri­fiée par l’expérience his­to­rique. C’est d’ailleurs aus­si la rai­son pour laquelle l’idée défen­due par Lénine dans l’Etat et la Révo­lu­tion a rapi­de­ment dis­pa­ru du pro­gramme défen­du par le pou­voir issu de la Révo­lu­tion. Mais, ceci étant dit, la construc­tion col­lec­tive des choix poli­tiques est une néces­si­té impé­ra­tive. Cette construc­tion ne peut être per­ma­nente, mais dire cela ne signi­fie pas non plus qu’elle ne puisse être. Il faut donc dis­tin­guer entre choix fon­da­men­taux, qui pour­raient don­ner lieu à une pro­cé­dure réfé­ren­daire, et choix secon­daires qui seraient lais­sés au Parlement.

Etienne Chouard conti­nue son com­bat. On peut pen­ser qu’il a rai­son sur cer­tains points, tort sur d’autres, mais il est et il sera un des inter­lo­cu­teurs obli­gés dans le débat sur l’état et sur les formes de la démo­cra­tie. En cela, il faut invi­ter tous ceux qui pensent que ce débat est aujourd’hui cru­cial à lire et à dis­cu­ter son livre.

Jacques Sapir.

_________
Notes :[1] Chouard E., (2019) Notre Cause Com­mune, Paris, Max Milo édi­tions.

[2] Les émis­sions du 13 février et du 8 mars 2019 sont en ligne sur You­tube, et l’on peut y accé­der par la page de Sput­nik, https://​fr​.sput​nik​news​.com/​r​a​d​i​o​_​s​a​p​ir/

[3] Maler H., (1995), Convoi­ter l’Impossible, Albin Michel, Paris.

[4] Chouard E., (2019) Notre Cause Com­mune, op.cit., p. 15.

[5] Moat­ti C. et Riot-Sar­­cey M., (edits), (2018), Pour­quoi se réfé­rer au pas­sé, Paris, Edi­tions de l’Atelier, 2018.

[6] Mil­lar, F. (2002), The Roman Repu­blic in poli­ti­cal thought. Bran­deis, Hanover.

[7] Moat­ti C., (2018), Res publi­ca – His­toire romaine de la chose publique, Paris, Fayard, coll. Ouver­tures„ p.8

[8] Nico­let C., Les Gracques, Paris, Fayard, coll. Fol­lio, 1967

[9] Hinard F. (ed), His­toire romaine T1, Des ori­gines à Auguste, Fayard Paris, 2000,

[10] Et l’on avoue ici plus qu’une influence de Lukacs G., His­toire et conscience de classe. Essais de dia­lec­tique mar­xiste. Paris, Les Édi­tions de Minuit, 1960, 383 pages. Col­lec­tion « Arguments »

[11] Cette ques­tion est lar­ge­ment trai­tée dans le livre écrit pour le Haut Col­lège d’Economie de Mos­cou, Sapir J., (2001), K Eko­no­mit­ches­koj teo­rii neod­no­rod­nyh sis­tem – opyt iss­le­do­va­ni­ja decen­tra­li­zo­van­noj eko­no­mi­ki (Théo­rie éco­no­mique des sys­tèmes hété­ro­gènes – Essai sur l’étude des éco­no­mies décen­tra­li­sées) – tra­duc­tion de E.V. Vino­gra­do­va et A.A. Kat­cha­nov, Presses du Haut Col­lège d’Économie, Mos­cou. Une par­tie de l’argumentation est reprise sous une forme dif­fé­rente dans Sapir J., Les trous noirs de la science éco­no­mique – Essai sur l’impossibilité de pen­ser le temps et l’argent, Albin Michel, Paris, 2000.

[12] Lénine, V., (1917, 1951) L’État et la Révo­lu­tion, édi­tion en langues étran­gères, Mos­cou, 132 p.

[13] Simon H.A., (1972), “Theo­ries of boun­ded ratio­na­li­ty”, in C.B. Rad­ner et R. Rad­ner (eds.), Deci­sion and Orga­ni­za­tion, North Hol­land, Amster­dam, 1972, pp. 161–176

[14] Simon H.A., (1978), “Ratio­na­li­ty as a pro­cess and as a Pro­duct of thought” in Ame­ri­can Eco­no­mic Review, vol. 68, n°2, pp. 1–16, p. 13.

[15] K. Arrow Social Choice and Indi­vi­dual Values, New Haven, Yale Uni­ver­si­ty Press, 1951, p. 2. Pour une ana­lyse du texte de Condor­cet, et la généa­lo­gie du pro­blème, G.-G. Gran­ger, La Mathé­ma­tique Sociale du Mar­quis de Condor­cet, Paris, PUF, 1956 (ch. 3).

[16] Allais M., (1953), « Le Com­por­te­ment de l’homme ration­nel devant le risque : cri­tique des pos­tu­lats et axiomes de l’école amé­ri­caine », in Eco­no­me­tri­ca, vol. 21, p. 503–546. Apple­by L. et C. Star­mer, “Indi­vi­dual Choice Under Uncer­tain­ty : A review of Expe­ri­men­tal Evi­dence, Past and Present” in J.D. Hey et J. Lam­bert (edits.), Sur­veys in the Eco­no­mics of Uncer­tain­ty, Basil Bla­ck­well, Oxford-New York, 1987, pp. 24–45.

[17] Sapir J., (2005), Quelle Eco­no­mie pour le XXIème Siècle ?, Paris, Odile Jacob, chap. 1.

[18] Chouard E., (2019) Notre Cause Com­mune, op.cit., p. 26–27 notamment.

[19] Chouard E., (2019) Notre Cause Com­mune, op.cit., p. 122.

[20] Sapir J., (1989), Les Fluc­tua­tions Eco­no­miques en URSS, 1941–1985, Paris, Edi­tions de l’EHESS.

[21] Ou Sup­ple­men­tal Nutri­tion Assis­tance Pro­gramhttps://​www​.fns​.usda​.gov/​s​n​a​p​/​s​u​p​p​l​e​m​e​n​t​a​l​–​n​u​t​r​i​t​i​o​n​–​a​s​s​i​s​t​a​n​c​e​–​p​r​o​g​r​a​m​–​s​nap

[22] Fer­ro M. (1967−1976), La Révo­lu­tion de 1917, Paris, Aubier Mon­taigne, 2 volumes.